Mohamed Ahmed Higazi, le jeune Egyptien qui demande à être reconnu comme chrétien sur ses papiers d’identité, vit désormais dans la clandestinité. « Je reçois des menaces de mort sur mon téléphone portable, chaque fois que je change de numéro, des fanatiques l’obtiennent et m’appellent en menaçant de me liquider », a-t-il confié à l’AFP. Et d’ajouter ce propos que devraient méditer les naïfs : « Le danger ne vient pas seulement des extrémistes, un citoyen ordinaire pourrait me tuer de son propre chef, convaincu d’avoir ainsi servi l’islam. »
Intéressant propos, également, de son beau-père, qui va intenter un procès pour que sa fille Zeinab, également convertie (elle se fait appeler Catherine) divorce d’avec l’apostat : « Je veux que les juges la fasse divorcer et qu’elle retourne chez moi, même morte. »
Un quotidien a publié un sondage où les oulémas se déclarent unanimes sur « la nécessité de tuer l’apostat ».
C’est en quelque sorte une réponse au mufti de la république, qui affirmait le mois dernier qu’un musulman pouvait choisir une autre religion.
Interrogé sur ce problème, cheikh Tantaoui, l’imam d’Al Azhar, a déclaré que « l’islam peut se passer de ceux qui optent pour l’apostasie », mais a refusé de dire si la mort était le châtiment adéquat.
Mohamed Higazi n’a pas le soutien de l’Eglise copte. « Il n’existe aucun lien entre l’Eglise et l’affaire Higazi », qui n’est « qu’un coup médiatique », affirme le P. Morcos, un proche du pape Chenouda III. Le même P. Morcos révèle que l’Eglise a fait pression pour que le premier avocat d’Higazi jette l’éponge...
Il est arrivé que la hiérarchie copte se montre plus courageuse. En l’occurrence, cette attitude montre que la situation est très mauvaise et que l’Eglise copte doit jouer profil bas, très bas.
Le P. Morcos ajoute : « L’Eglise ne se livre pas au prosélytisme. » L’explication est là. Le prosélytisme lui est strictement interdit, et soutenir Higazi serait un casus belli aux conséquences imprévisibles.
Telle est la situation de nos frères coptes.
Tel est l’islam, « modéré », en Egypte.
