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Liturgie

  • Dans l’octave de l’Assomption

    Suite du sermon de saint Jean Damascène (lecture des matines)

    Poussons un cri de guerre, élevons la clameur de nos âmes devant l'arche du Seigneur Dieu, et nous verrons tomber les murs de Jéricho, c'est-à-dire les forteresses hostiles des puissances adverses. Avec David bondissons dans l'Esprit : car l'arche du Seigneur aujourd'hui est entrée dans son repos. Avec Gabriel, le chef des anges, écrions-nous : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » Réjouis-toi, inépuisable océan de la joie ! Réjouis-toi, seul remède capable de chasser la tristesse ! Sois dans la joie, toi le baume qui apaise la douleur de tous les cœurs ! Sois dans la joie, toi par qui la mort est expulsée, tandis que la vie fait son entrée !

    Et toi, le plus saint des tombeaux sacrés, du moins après le tombeau vivifiant du Seigneur, qui fut le berceau de la Résurrection, je m'adresserai à toi comme à un être vivant : où est l'or sans alliage que les mains des Apôtres déposèrent en toi comme un trésor ? Où est la richesse inépuisable ? Où est l'objet précieux reçu de Dieu ? Où est la table vivante, le livre nouveau dans lequel, ineffablement, la Parole divine s'est inscrite sans le secours de la main ? Où est l'abîme de la grâce, l'océan des guérisons ? Où est la source génératrice de vie ? Où est le corps de la Mère de Dieu, objet de tant de vœux et de tant d'amour?

    Pourquoi cherchez-vous dans un tombeau celle qui fut élevée aux demeures célestes ? Pourquoi me demander compte de sa perte ? Je n'ai pas le pouvoir de m'opposer aux ordres divins. Laissant son linceul, le corps saint et sacré, qui m'a communiqué sa sainteté, m'a embaumé de son parfum et a fait de moi un temple divin, ce corps a été enlevé et s'en est allé, escorté des anges, des archanges et de toutes les puissances célestes. Maintenant les anges m'entourent. Maintenant en moi la divine grâce réside. Me voici devenu pour les malades, le remède qui chasse tous les maux. Je suis une source éternelle de guérison; je suis la terreur qui met en fuite les démons; je suis la ville de refuge pour ceux qui recourent à moi.

    Premier répons :

    R/. Vidi speciósam sicut colúmbam, ascendéntem désuper rivos aquárum, cuius inæstimábilis odor erat nimis in vestiméntis eius ; * Et sicut dies verni circúmdabant eam flores rosárum et lília convállium. V/. Quæ est ista quæ ascéndit per desértum sicut vírgula fumi ex aromátibus myrrhæ et thuris ? * Et sicut dies verni circúmdabant eam flores rosárum et lília convállium.

    Je l’ai vue belle comme une colombe qui s’élève au-dessus des rives des eaux ; un parfum inestimable se trouvait en abondance dans ses vêtements : Et les fleurs des rosiers, et les lis des vallées l’entouraient comme un jour de printemps. Quelle est celle-ci, qui monte par le désert comme une colonne de fumée d’aromates, de myrrhe et d’encens ? Et les fleurs des rosiers, et les lis des vallées l’entouraient comme un jour de printemps.

    (Inspiré du Cantique des cantiques et de Ecclésiastique 50).

  • Dans l’octave de l’Assomption

    Le 1er novembre 1950, Pie XII proclamait le dogme de l’Assomption. Je n’ai toujours pas compris la raison de ce geste. Toutes les Eglises, d’Orient et d’Occident, ont toujours célébré l’Assomption ou Dormition de la Mère de Dieu. En outre Pie XII ne définit rien, contrairement à ce qu’il affirme, et reste en deçà de ce que dit la tradition :

    … pronuntiamus, declaramus et definimus divinitus revelatum dogma esse : Immaculatam Deiparam semper Virginem Mariam, expleto terrestris vitae cursu, fuisse corpore et anima ad caelestem gloriam assumptam.

    Il évite de préciser que la Sainte Vierge est morte et ressuscitée. Il s’agit uniquement d’une proclamation de… ce que les Eglises d’Orient et d’Occident proclament chaque année le 15 août depuis des temps immémoriaux.

    En outre c’est un geste d’hostilité envers les orthodoxes, qui célébraient cette fête avant les Latins, et qui n’admettent pas qu’on proclame des dogmes après les grands conciles du premier millénaire.

    Sans doute Pie XII avait-il le dessein de donner plus d’éclat à cette fête, et d’attirer davantage l’attention sur sa signification.

    Or, à peine quatre ans et demi plus tard, le 23 mars 1955, il supprime l’octave de l’Assomption (en même temps que toutes les octaves hormis Noël, Pâques et Pentecôte). Curieuse façon de rehausser l’éclat d’une fête, que de supprimer son octave. Il est clair qu’il y avait trop d’octaves qui s’étaient accumulées au fil de siècles, mais s’il y en avait une à garder en dehors des trois citées, c’était bien celle de la principale fête de Notre Dame.

    D’autre part, au fil du temps, et surtout récemment, on avait, en outre, malencontreusement ajouté des fêtes dans l’octave de l’Assomption, qui l'oblitéraient quelque peu : celle de saint Hyacinthe (au XVIIe siècle), de sainte Jeanne de Chantal (1779), de saint Joachim (1911), de saint Jean Eudes (1928).

    J’omets à dessein la fête de saint Bernard, le 20 août, qui fut la première, et qui aurait dû rester la seule. Saint Bernard, mort le 20 août, dans l’octave de l’Assomption, est un des plus grands chantres de Marie, et son plus grand sermon marial, chef-d’œuvre absolu, est celui qu’il écrivit pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption. Ce seul fait aurait dû empêcher de supprimer cette octave…

    Le bréviaire monastique, jusqu’à la suppression de l’octave, n’avait que la fête de saint Bernard. Il y avait ainsi une parfaite unité liturgique de la semaine, car on ne quittait Marie que pour Bernard qui parlait de Marie, et après avoir lu aux matines une partie du deuxième sermon de saint Jean Damascène sur la dormition, on embrayait, dès le 19, avec des extraits des sermons de saint Bernard sur l’Assomption. (Et cette année, la fête de saint Bernard étant supplantée par le dimanche, l'octave est complète.)

    J’avoue que je ne peux pas me résoudre à abandonner cette merveille. Cette année je ne fais donc pas semblant de respecter le calendrier de 1960.

    Voici donc le deuxième jour dans l’octave de l’Assomption. Voici la lecture des matines, extraite de l’homélie de saint Jean Damascène [entre crochets le passage qui ne se trouve pas dans le bréviaire].

    Quant à nous, comme celui que nous adorons est Dieu, un Dieu qui n'est pas venu du non-être à l'existence, mais qui est éternel engendré de l'éternel, qui dépasse toute cause, parole, idée soit de temps soit de nature, c'est la Mère de Dieu que nous honorons et vénérons. Nous ne voulons pas dire qu'il tienne d'elle la naissance intemporelle de sa divinité - la génération du Verbe de Dieu est hors du temps et éternelle comme le Père - mais nous confessons une seconde naissance, par incarnation volontaire, et de celle-ci nous connaissons la cause et nous la proclamons par nos louanges. Il se fait chair, celui qui est éternellement incorporel, "à cause de nous et à cause de notre salut", pour sauver le semblable par le semblable. Et s'incarnant, il naît de cette Vierge sacrée sans union humaine, restant lui-même Dieu tout entier, et tout entier devenu homme; pleinement Dieu avec sa chair, et pleinement homme avec son infinie divinité. C'est en reconnaissant ainsi cette Vierge comme Mère de Dieu que nous célébrons sa dormition [: nous ne l'appelons pas une déesse - loin de nous ces fables de l'imposture grecque! puisque nous annonçons aussi sa mort. Mais nous la reconnaissons pour la Mère de Dieu incarné].

    Célébrons-la aujourd'hui, par des chants sacrés, nous qui avons été enrichis au point d'être le peuple du Christ et de porter ce nom ! Honorons-la par des stations nocturnes ! Réjouissons-la par la pureté de l'âme et du corps, elle qui réellement est plus pure que tous les êtres sans exception après Dieu car le semblable se plaît au semblable. Rendons-lui hommage par notre miséricorde et notre compassion à l'égard des indigents. Si rien ne fait honneur à Dieu comme la miséricorde, qui contestera que sa Mère soit honorée par les mêmes sentiments, elle qui a mis à notre disposition cet abîme ineffable, l'amour de Dieu pour nous ?

    Par elle nos hostilités séculaires avec le Créateur ont pris fin. Par elle notre réconciliation avec Lui fut proclamée, la paix et la grâce nous furent données, les hommes unissent leurs chœurs à ceux des anges, et nous voilà faits enfants de Dieu, nous qui étions auparavant un objet de mépris ! Par elle nous avons vendangé le raisin qui donne la vie; d'elle nous avons cueilli le germe de l'incorruptibilité. De tous les biens elle est devenue pour nous la médiatrice. En elle Dieu s'est fait homme, et l'homme est devenu Dieu. Quoi de plus paradoxal ? Quoi de plus heureux ?

    Le premier répons des matines, tiré essentiellement du psaume 44 :

    ℟. Diffúsa est grátia in lábiis tuis : * Proptérea benedíxit te Deus in ætérnum. ℣. Myrrha, et gutta, et cásia a vestiméntis tuis, a dómibus ebúrneis, ex quibus delectavérunt te fíliæ regum in honóre tuo. * Proptérea benedíxit te Deus in ætérnum.

    La grâce est répandue sur vos lèvres : c’est pourquoi le Seigneur vous a bénie pour l’éternité. La myrrhe, l’aloès et la cannelle s’exhalent de vos vêtements et de vos maisons d’ivoire, dont vous ont fait présent des filles de rois pour vous honorer. C’est pourquoi le Seigneur vous a bénie pour l’éternité.

  • Assomption

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    Inimicítias ponam inter te et mulíerem, et semen tuum et semen illíus.

    Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien.

    L'offertoire Inimicitias diffère profondément, comme sens et comme ligne, de tout ce qui précède, tout autant que de l'ancien offertoire Assumpta est, à la joie méditative. Les paroles, empruntées au récit de la chute originelle, du début de la Genèse, ont été choisies pour la Messe de l’Assomption parce qu’elles sont le premier texte scripturaire établissant l’antagonisme entre la Vierge et le démon et son triomphe total sur lui. C’est avec la promesse voilée de la Rédemption, l’annonce de la grandeur incomparable de la nouvelle Eve, de l’opposition irréductible créée par Dieu lui-même entre elle et Satan. Toute la vertu du texte est dans le contraste définitif entre l’une et l’autre. Et c’est précisément ce contraste que s’attache et réussit à peindre la mélodie choisie, du deuxième mode, adaptée de l’Exaltabo te du Mercredi des Cendres, lourde, grave, austère et d’une vigueur saisissante.

    Dom Joseph Gajard, 1951.

    Le chœur de Solesmes, sous la direction de Dom Gajard, 1955 :
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  • Vigile de l’Assomption

    Les deux tropaires du début de la petite Paraclisis, par le P. Maximos Fahmé, selon la tradition d’Alep.

     
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    Le Seigneur est Dieu et il nous est apparu. Pauvres pécheurs que nous sommes, accourons avec ardeur auprès de la Mère de Dieu et, contrits, tombons à genoux devant elle en criant du fond de l’âme : Ô Souveraine, prends pitié de nous et viens à notre secours. Hâte-toi car nous périssons sous la multitude de nos iniquités. Ne renvoie pas tes serviteurs déçus, car tu es pour nous l’unique espoir.


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    Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant à jamais et dans les siècles des siècles.

    Ô Mère de Dieu, nous ne cesserons jamais, malgré notre indignité, de proclamer tes grandeurs. Si tu ne te constituais pas notre intercesseur, qui nous délivrerait de tels dangers, ou qui nous garderait libres jusqu’à présent ? Nous ne nous éloignerons pas de toi, ô Souveraine, car tu sauves toujours tes serviteurs de toutes sortes de difficultés.

    (La petite Paraclisis est un office qui se chante tous les soirs du « carême de la Mère de Dieu », du 1er au 14 août – sauf à la Transfiguration – en préparation de la fête de la Dormition de la Mère de Dieu dans la liturgie byzantine.)

  • 10e dimanche après la Pentecôte

    Dum clamárem ad Dóminum, exaudívit vocem meam, ab his, qui appropínquant mihi : et humiliávit eos, qui est ante sǽcula et manet in ætérnum : jacta cogitátum tuum in Dómino, et ipse te enútriet.

    Lorsque je criais vers le Seigneur, il a exaucé ma voix, me mettant à l’abri de ceux qui m’assiégeaient. Il les a humiliés, lui qui est avant tous les siècles et demeure à jamais. Jetez vos préoccupations aux mains du Seigneur, et lui-même vous nourrira.

    Le texte de l’antienne d’introït de ce dimanche est une libre adaptation de formules du psaume 54, prises dans les versets 17-23, en mélangeant diverses versions, puisque « exaudivit » vient du psautier romain qui suit le texte grec (la Vulgate, manifestement corrigée d'après l'hébreu par saint Jérôme, a « salvabit » - sauvera, et non a exaucé), mais que le psautier romain a « appropriant » alors que la Vulgate, et avant elle celle de saint Augustin et celle de saint Hilaire, ont « appropinquant ». Pour la dernière phrase, la grande majorité des anciennes versions (dont le psautier romain) a « cogitatum », comme notre antienne, mais saint Augustin avait déjà « curam », comme la Vulgate. On constate aussi que le premier mot ne figure dans aucune version du psaume, et que si l’on chante « dum », le missel dit « cum »…

    Le chant est un chant de victoire contre les ennemis, avec cette magnifique montée sur… humiliavit : le Seigneur les a humiliés et je m’en félicite avec une joie triomphante (on se demande comment dom Pius Parsch pouvait le trouver « triste »…), et la fin est un acte de confiance absolue en Dieu, s’abîmant dans la contemplation.

    10th Sunday after Pentecost: Introit from Corpus Christi Watershed on Vimeo.

  • Sainte Claire

    Lettre apostolique de Pie XII

    Par un bienfait de la divine Sagesse le génie de l'homme brille d'un plus vif éclat et fait, surtout de nos jours, des découvertes qui suscitent l'admiration générale. Et l'Eglise, qui ne se montra jamais contraire au progrès de la civilisation et de la technique, encourage cette assistance nouvelle apportée à la culture et à la vie journalière, et s'en sert même volontiers pour l'enseignement de la vérité et l'extension de la religion. Parmi ces inventions si utiles, la Télévision a sa place, elle qui "permet en effet de voir et d'entendre à distance des événements à l'instant même où ils se produisent, et cela de façon si suggestive que l'on croit y assister." (Litt. Encycl. "Miranda prorsus", 8 sept. 1957). Ce merveilleux instrument - comme chacun le sait et Nous l'avons dit clairement Nous-même - peut être la source des très grands biens, mais aussi de profonds malheurs en raison de l'attraction singulière qu'il exerce sur les esprits à l'intérieur même de la maison familiale. Aussi Nous a-t-il semblé bon de donner à cette invention une sauvegarde céleste qui interdise ses méfaits et en favorise un usage honnête, voir salutaire. On a souhaité pour ce patronage sainte Claire. On rapporte en effet qu'à Assise, une nuit de Noël, Claire, alitée dans son couvent par la maladie, entendit les chants fervents qui accompagnaient les cérémonies sacrées et vit la crèche du Divin Enfant, comme si elle était présente en personne dans l'église franciscaine. Dans la splendeur de la gloire de son innocence et la clarté qu'elle jette sur nos si profondes ténèbres, que Claire protège donc cette technique et donne à l'appareil translucide de faire briller la vérité et la vertu, soutiens nécessaires de la société. Nous avons donc décidé d'accueillir avec bienveillance les prières que Nous ont adressées à ce sujet Notre Vénérable Frère Joseph Placide Nicolini, évêque d'Assise, les Supérieurs des quatre familles franciscaines, enfin d'autres personnes remarquables, et qu'ont approuvées de nombreux Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, des Archevêques et des Evêques. En conséquence, ayant consulté la Sacrée Congrégation des Rites, de science certaine et après mûre réflexion, en vertu de la plénitude du pouvoir Apostolique, par cette Lettre et pour toujours, Nous faisons, Nous constituons et Nous déclarons Sainte Claire, vierge d'Assise, céleste Patronne auprès de Dieu de la Télévision, en lui attribuant tous les privilèges et honneurs liturgiques qu'un tel patronage comporte, nonobstant toutes choses contraires. Nous annonçons, Nous établissons, Nous ordonnons que cette présente Lettre soit ferme et valide, qu'elle sorte et produise tous ses effets dans leur intégrité et leur plénitude, maintenant et à l'avenir, pour ceux qu'elle concerne ou pourra concerner; qu'il en faut régulièrement juger et décider ainsi; que dès maintenant est tenu pour nul et sans effet tout ce qui pourrait être tenté par quiconque, en vertu de n'importe quelle autorité, en connaissance de cause ou par ignorance, contre les mesures décrétées par cette Lettre.

    Donnée à Rome, près Saint Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 14 février 1957, de Notre Pontificat la 19ème année.

    PIUS PP. XII

  • Saint Tiburce et Sainte Suzanne

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    Selon la tradition, sainte Suzanne fut décapitée dans sa maison pendant la persécution de Dioclétien, et son oncle le pape saint Caïus aurait décidé de faire de cette maison une église en l’honneur de la martyre.

    Ce qui est certain est qu’il y a une église de Rome qui remonte au début du IVe siècle, d’abord appelée de saint Caïus, puis de sainte Suzanne au moins depuis la fin du VIe siècle.

    Cette église Sainte-Suzanne aux Thermes de Dioclétien, plusieurs fois reconstruite, a aujourd’hui la physionomie qui lui fut donnée sous Sixte Quint à la fin du XVIe siècle.

    De chaque côté de la nef, six immenses peintures, façon tapisseries-, racontent l’histoire de sainte Suzanne… : l’autre, celle du livre de Daniel (le martyre de sainte Suzanne est représenté dans le chœur).

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    En 1921, Benoît XV confia cette église à la communauté américaine (elle se trouvait alors à côté de l’ambassade américaine). Mais c’était aussi la chapelle des cisterciennes « de Sainte-Suzanne », qui n’apprécièrent pas d’être ainsi dépossédées et qui dans les années 80 firent fermer l’église sous prétexte de délabrement, changèrent les serrures, chassèrent les prêtres, mirent leurs affaires sur le trottoir et apposèrent des plaques : « Propriété des cisterciennes ». Mais après les travaux de restauration l’église fut de nouveau attribuée à la communauté américaine. Jean-Paul assista à l’inauguration officielle en juin 1993, et le cardinal Law, qui en était titulaire depuis 1985, put prendre possession de son titre…

    Sur sainte Suzanne voir aussi ici.

    Sur saint Tiburce voir ici.

  • Saint Laurent

    Conféssio et pulchritúdo in conspéctu eius : sánctitas et magnificéntia in sanctificatióne eius.

    La louange et la beauté sont en sa présence : la sainteté et la magnificence dans sa sanctification.

    Les antiennes d’introït et d’offertoire sont sur le même texte, et dans le même mode de mi, mais la première a davantage d’éclat (le 3e mode monte plus haut que le 4e), et la seconde médite le saint sacrifice.

    Les voici par les moniales d’Argentan.


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  • Sainte Edith Stein, l'Europe, et la Pologne

    Le 9 août est la fête de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, Edith Stein, canonisée en 1998 par Jean-Paul II qui l’a proclamée co-patronne de l’Europe l’année suivante. A l’occasion du 75e anniversaire de sa bienheureuse mort à Auschwitz le 9 août 1942, le conseil permanent de la Conférence des évêques de Pologne a publié une lettre dont voici la fin :

    « A l'heure où nous commémorons le 75e anniversaire de la mort de sainte sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, nous sommes témoins d'un certain processus culturel très significatif. Il s'agit d'un abandon explicite et pleinement conscient de l'Europe comprise comme Europe de l'Esprit. En contradiction avec l'appel de Saint Jean-Paul II Le Grand, l'Europe veut oublier ses racines chrétiennes et vivre à tout prix “comme si Dieu n'existait pas”. Par conséquent, une fois de plus, la célèbre phrase de Fiodor Dostoïevski est confirmée : «  Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis ». On proclame le droit à l’euthanasie ainsi que le droit des femmes à tuer leur propre enfant avant la naissance, l'institution du mariage est remise en cause en tant qu'union d'une femme et d'un homme, et l’on promeut l’idéologie du gender. A la lumière de ces tendances, sainte Edith Stein, apparaît aujourd'hui sans équivoque comme un symbole de refus. Sa vie montre combien est grande une personne qui cherche Dieu avec courage et une grande honnêteté intellectuelle et combien le monde qui rejette Dieu devient tragique.

    « Prions donc Notre Père Très Bon par l'intercession de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) pour demander la grâce de la conversion de l'Europe et qu'elle obtienne le courage de revenir à ses racines chrétiennes. Demandons pour nous tous qui faisons partie de cette Europe, qu'à l'exemple de sa Sainte Patronne, nous ayons le courage de témoigner que l'unique source de bénédiction pour tous les peuples est le Christ qui a offert pour nous sa vie sur la Croix, et qui est ressuscité, nous donnant l'espoir de la vie éternelle. »

    Et voici la lettre intégrale, grâce à la traduction de notre ami Bertrand.

    Lire la suite

  • Vigile de saint Laurent

    « Mon serviteur, ne crains pas ; car je suis avec toi, dit le Seigneur. Si tu passes par le feu, sa flamme ne te sera point funeste et son odeur ne laissera en toi nulle trace. Je te délivrerai de la main des méchants, je t’arracherai aux mains des forts » [1]. C’est l’heure du combat où la Sagesse, plus puissante que le feu et la flamme [2], appelle Laurent à conquérir le laurier de victoire dont son nom même était l’annonce.

    Les trois jours sont enfin passés pour le diacre de Sixte, et pour lui aussi l’exil va finir ; rejoignant son Pontife à l’autel des cieux, il n’en sera plus désormais séparé. Mais, avant d’aller prendre au Sacrifice éternel la part glorieuse qui lui revient par le droit de son Ordre, il faut que sur cette terre, où se jettent dans le temps qui passe les semences de l’immuable éternité, il justifie de la fidélité vaillante qui sied au lévite de l’éternelle loi d’amour.

    Laurent est prêt. « Éprouvez le ministre auquel vous avez confié la dispensation du sang du Seigneur ». C’était sa parole à Sixte II [3]. Selon la recommandation du Pontife, il a distribué aux pauvres les trésors de l’Église ; dès ce matin, par deux fois la sainte Liturgie le constate en ses chants [4]. Mais il sait que livrer toute la substance de sa maison pour l’amour, ce n’est donner rien qui vaille [5], et il aspire à se livrer lui-même. Dans l’allégresse de sa générosité débordante, il salue l’holocauste dont on dirait qu’il sent s’élever déjà le parfum suave et fort. Aussi peut-il chanter à l’Offertoire de cette Messe de Vigile qui célèbre sa fidélité, son espérance, sa propre oblation en abordant l’arène : « Ma prière est pure, et c’est pourquoi je demande que ma voix soit entendue au ciel ; car là est mon juge, mon témoin est dans les hauteurs des cieux : que ma supplication s’élève au Seigneur » [6].

    Prière sublime, dont les accents pénètrent en effet la nue [7] ! Dès maintenant nous pouvons le dire avec l’Église, sa race sera puissante sur la terre [8], cette race de nouveaux chrétiens nés du sang du martyr [9]. Car dans la personne de Romain, le néophyte gagné par ses premiers tourments et qui le précède au ciel, nous en saluons aujourd’hui même les prémices fortunées. Réunissons, comme fait l’Église, le soldat et le diacre en notre prière.

    L’Année Liturgique

    1. Deuxième répons des matines de la fête (inspiré d’Isaïe 43 et de Jérémie 15) : Puer meus, noli timere, quia ego tecum sum, dicit Dóminus: * Si transíeris per ignem, flamma non nocébit tibi, et odor ignis non erit in te. Liberábo te de manu pessimórum et éruam te de manu fortium.
    2. Cf. Lampades ejus lampades ignis atque flammarum. Cantique des cantiques, 8,6.
    3. Selon saint Ambroise, De officiis, 1,41.
    4. Introït et Graduel : Dispérsit, dedit paupéribus : justítia ejus manet in sǽculum sǽculi. (Psaume 111)
    5. Si dederit homo omnem substantiam domus suæ pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. (Cantique des cantiques 8,7)
    6. Orátio mea munda est : et ídeo peto, ut detur locus voci meæ in cælo : quia ibi est judex meus, et cónscius meus in excélsis : ascéndat ad Dóminum deprecátio mea. (Job 16)
    7. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. (Ecclésiastique 35,21)
    8. Potens in terra erit semen ejus : generátio rectórum benedicétur. (Verset du Graduel, psaume 111)
    9. Tertullien, Apologétique, 50.