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Liturgie

  • Saint Sébastien

    Après cela, ce préfet dénonça Sébastien à l’empereur Dioclétien, qui, l’ayant appelé, lui dit : « Ingrat, je t’ai placé au premier rang dans mon palais, et toi tu as travaillé contre moi et mes dieux ! » Et Sébastien : « Pour toi et pour l’État romain j’ai toujours prié Dieu, qui est dans le Ciel. » Alors Dioclétien le fit attacher à un poteau au milieu du champ de Mars, et ordonna à ses soldats de le percer de flèches. Et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu’il fut tout couvert de pointes comme un hérisson ; après quoi, le croyant mort, ils l’abandonnèrent. Et voici que peu de jours après, saint Sébastien, debout sur l’escalier du palais, aborda les deux empereurs et leur reprocha durement le mal qu’ils faisaient aux chrétiens. Et les empereurs dirent : « N’est-ce point là Sébastien, que nous avons fait tuer à coups de flèches ? » Et Sébastien : « Le Seigneur a daigné me rappeler à la vie, afin qu’une fois encore je vienne à vous, et vous reproche le mal que vous faites aux serviteurs du Christ ! » Alors les empereurs le firent frapper de verges jusqu’à ce que mort s’ensuivît, et ils firent jeter son corps à l’égout, pour empêcher que les chrétiens ne le vénérassent comme la relique d’un martyr. Mais, dès la nuit suivante, saint Sébastien apparut à sainte Lucine, lui révéla où était son corps, et lui ordonna de l’ensevelir auprès des restes des apôtres : ce qui fut fait. Il subit le martyre vers l’an du Seigneur 187.

    Légende dorée

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    (Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile)

  • Saints Marius, Marthe, Audifax et Abachus

    Nous célébrons aujourd’hui une famille de martyrs. Une famille de quatre membres, morts le même jour pour le Christ, quel admirable spectacle ! Quelle leçon nous donnent-ils ! Nous avons besoin non seulement de chrétiens à la foi forte, mais encore de familles courageuses dans la foi, de familles qui ne forment qu’un cœur par l’amour et le dévouement pour le Christ.

    Bien que les nombreux grands saints du moyen âge et des temps modernes soient plus connus et plus près de nous par le temps, nous devons cependant être remplis du plus grand respect, quand nous célébrons la fête des anciens martyrs. Quelle force dans la foi, quel courage dans les souffrances, quel amour pour le Christ se manifestent dans leur mort héroïque, qui les rend si semblables à Notre-Seigneur ! Ils sont la semence d’où est sortie la riche moisson des peuples, d’où nous sommes sortis nous-mêmes.

    Avec quelle ferveur se célèbre le Saint-Sacrifice, un jour de fête de martyr ! L’Église nous transporte au tombeau du martyr, sur lequel nous célébrons les saints mystères. Les martyrs renouvellent là le sacrifice de leur vie et l’unissent au Sacrifice rédempteur du Christ. Nous recevons une part de leur foi courageuse et nous sommes associés à leur gloire. Le martyre est une continuation et un renouvellement de la mort du Christ dans son corps mystique.

    Dom Pius Parsch

  • Salvos nos fac

    En cette semaine dite « pour l’unité des chrétiens », du 18 au 25 janvier, on peut célébrer la messe votive officiellement appelée depuis 1960 « pro Ecclesiae unitate » (pour l’unité de l’Eglise), et auparavant « ad tollendum schisma » (pour supprimer le schisme), ou appelée selon son introït Salvos nos fac.

    Cette messe (« pour l’unité des chrétiens »... dans l'unique Eglise) avait été composée en Avignon en 1392 à l’initiative de Clément VII pour mettre fin au Grand Schisme d’Occident. Le pape avait prescrit de la célébrer tous les premiers jeudis du mois. Elle fut inscrite dans les missels et y resta après la fin du schisme (mais elle finit par disparaître des missels, et a réapparu à la faveur  de l'œcuménisme). On l’appelait « pro sedacione scismatis » ou « pro unione ecclesie ».

    Saint Pie V la conserva mais la modifia. Il changea le graduel et l’alléluia. A l’origine le graduel était composé du premier et du dernier verset du psaume 132 qui avait toujours été le chant de l’unité : Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum… Le verset d’alléluia était composé d’un extrait du psaume 67 :

    Dominus nomen illi qui inhabitare facit unanimes in domo

    (ce qui permet de constater qu’en Avignon on avait toujours le psautier romain)

    et d’un verset du psaume 146 :

    Ædificans Jerusalem Dominus,
    dispersiones Israëlis congregabit.

    Pour une raison inconnue, les experts de saint Pie V ont substitué aux versets sur l’unité des versets qui demandent la paix. (Le formulaire originel est resté dans le missel dominicain.)

    Et surtout ils ont supprimé ce qui était une particularité de cette messe, les prières après le Pater.

    Des prières du même type existaient déjà au XIIIe siècle pour la récupération de la Terre Sainte ; puis, lors de la querelle entre Jean XXII et l’empereur (et l’élection de l’anti-pape Nicolas V), Jean XXII reprit le formulaire ; et Clément VII le reprit à son tour, changeant le psaume et les oraisons.

    Il était ainsi stipulé qu’après « Sed libera nos a malo », on se mettait à genoux pour réciter le psaume 66 (Deus misereatur nostri), avec Gloria Patri. Puis trois fois Kyrie eleison, puis le Pater. Et ensuite :

    ℣. Salvos fac reges.

    ℟. Et exaudi nos in die qua invocaverimus te.

    ℣.Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hereditati tuae.

    ℟. Et rege eos, et extolle illos usque in aeternum.

    ℣.Fiat pax in virtute tua.

    ℟. Et abundantia in turribus tuis.

    ℣.Domine exaudi orationem meam.

    ℟. Et clamor meus ad te veniat.

    ℣.Dominus vobiscum.

    ℟. Et cum spiritu tuo.

    Oratio. Deus qui errata corrigis (c’est l’oraison de la messe).

    Alia Oratio. Ecclesiae tuae, quaesumus, Domine, preces placatus admitte, ut destructis adversitatibus et erroribus universis, secura tibi serviat libertate. Per Dominum…

    Alia oratio. Hostium nostrorum, quaesumus, Domine, elide superbiam, et eorum contumaciam dexterae tuae virtute prosterne.

    Alia oratio. Deus a quo sancta desideria, recta consilia et justa sunt opera, da servis tuis illam, quam mundus dare non potest, pacem, ut et corda nostra mandatis tuis dedita, et hostium sublata formidine, tempora sint tua protectione tranquilla. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

    On pourra lire ici un historique complet de cette messe, par Robert Amiet.

  • Saint Antoine

    Antoine se resserrant ainsi lui-même dans ces étroites limites s’en alla dans des sépulcres fort éloignés du bourg ; et après avoir prié l’un de ses amis de lui apporté du pain de temps en temps, il entra dans l’un de ces sépulcres et ferma la porte sur lui, demeurant ainsi tout seul. Le démon ne pouvant le souffrir, et craignant que dans peu de temps le désert ne soit rempli de solitaires, il vint de nuit avec une grande troupe de ses compagnons, et le battit de telle sorte qu’il le laissa par terre tout couvert de plaies et sans pouvoir dire une seule parole, à cause de l’excès des douleurs qu’il ressentait, et qu’il assurait depuis avoir été telles qu’elles ne peuvent être égalées par tous les tourments que les hommes pourraient nous faire endurer. Mais la providence de Dieu qui n’abandonne jamais ceux qui espèrent en lui, fit que son ami vint le lendemain pour lui apporter du pain. Ayant ouvert la porte et l’ayant trouvé étendu par terre comme mort, il le porta sur ses épaules dans l’église du bourg et il le mit à terre. Plusieurs de ses proches et des habitants du lieu y accoururent et s’assirent auprès de lui, le considérant comme mort. Environ vers minuit, Antoine revenant à lui, vit qu’ils s’étaient tous endormis et que son ami seul veillait. Alors il lui fit signe de venir à lui et le pria que sans éveiller personne, il le reportât dans le sépulcre où il l’avait pris. Ce qu’il fit. Antoine referma la porte comme de coutume et continua d’y demeurer seul. Ne pouvant se tenir debout à cause des blessures qu’il avait reçues du démon, il priait couché par terre ; et après avoir achevé sa prière, il criait à haute voix : « Me voici. Antoine n’appréhende point les maux que tu peux lui faire ; et quand tu m’en ferais encore de beaucoup plus grands, rien ne saurait me séparer de l’amour de Jésus-Christ (Rm 8, 35). Il chantait aussi ce verset de psaume : Même si des armées venaient m’attaquer, mon cœur ne serait point touché de crainte (Ps 28, 3). C’était là les pensées et les paroles de ce saint solitaire.

    Mais ce capital et irréconciliable ennemi des saints, s’étonnant de ce qu’après avoir été si maltraité par lui, il ait encore la hardiesse de revenir, assembla ces autres malheureux esprits qui, comme des chiens enragés, sont toujours prêts à déchirer les gens de bien, et tout transporté de dépit et de fureur, il leur dit : « Vous voyez comment nous n’avons pu dompter cet homme, ni par l’esprit de fornication, ni par les douleurs que nous lui avons fait souffrir en son corps ; mais qu’au contraire il a encore la hardiesse de nous défier. Préparons-nous donc à l’attaquer d’une autre manière, puisqu’il ne nous est pas difficile d’inventer diverses sortes de méchancetés pour nuire aux hommes. A la suite de ces paroles, cette troupe infernale fit un tel vacarme que toute la demeure d’Antoine en fut ébranlée, et les quatre murailles de sa cellule étant entrouvertes les démons y entrèrent en foule, et prenant la forme de toutes sortes de bêtes farouches et de serpents, remplirent sur le champ ce lieu de diverses figures de lions, d’ours, de léopards, de taureaux, de loups, d’aspics, de scorpions et d’autres serpents ; chacun d’eux jetait des cris conformes à sa nature. Les lions rugissaient comme s’ils voulaient le dévorer ; les taureaux semblaient être prêts à le percer de leurs cornes ; et les loups à se jeter sur lui avec furie ; les serpents se traînant contre terre, s’élançaient vers lui, et il n’y avait pas un seul de tous ces animaux dont le regard ne fut aussi cruel que farouche, et dont le sifflement ou les cris ne fussent horribles à entendre.

    Antoine étant ainsi accablé par eux et percé de coup, sentait bien augmenter en son corps le nombre de ses blessures ; mais son esprit incapable d’étonnement, résistait à tous ces efforts avec une confiance invincible. Et alors que ses gémissements témoignaient de l’excessive douleur que son corps ressentait de tant de plaies, son esprit demeurait toujours dans la même vigilance ; et il disait aux démons, comme en se moquant d’eux : si vous aviez quelque force, un de vous suffirait pour me combattre ;; mais parce que Dieu anéantit toute votre puissance, vous tâchez par votre grand nombre de me donner de la crainte, et rien ne montre davantage votre faiblesse que le fait d’avoir été réduits à prendre la forme de ces animaux déraisonnables. Il ajoutait à cela avec une grande confiance : si vous avez quelque force, et si Dieu vous a donné la puissance de me nuire, pourquoi tardez-vous davantage à me la faire sentir ; et si vous n’en avez point, pourquoi faites-vous tant d’efforts inutilement ? Ignorez-vous que le signe de la croix, et la foi que j’ai en Notre Seigneur sont pour moi comme un rempart inébranlable contre toutes vos entreprises et tous vos assauts ?

    Les démons ayant essayé en vain tous les moyens en leur pouvoir, grinçaient des dents de rage en voyant qu’il se moquait d’eux ainsi alors qu’ils prétendaient se moquer de lui. Jésus-Christ n’abandonnant pas son fidèle serviteur dans un si grand combat, vint du ciel à son secours. Antoine levant les yeux vit le comble du bâtiment s’entrouvrir, et un rayon resplendissant dissiper les ténèbres et l’environner de lumière. Soudain tous le démons disparurent, toutes se douleurs cessèrent, et le bâtiment fut rétabli en son premier état. Antoine connut aussitôt que le Seigneur était venu pour l’assister, remplissait ce lieu-là de sa présence, et ayant encore davantage repris ses esprits, et se trouvant soulagé de tous ses maux, il dit en adressant la parole à cette divine lumière : Où étais-tu, mon Seigneur, et mon Maître ? Et pourquoi n’es-tu pas venu dès le commencement, afin d’adoucir mes douleurs ? Alors il entendit une voix qui lui répondit : Antoine, j’étais ici ; mais je voulais être spectateur de ton combat ; et maintenant je vois que tu as résisté courageusement sans céder aux efforts de tes ennemis. Je t’assisterai toujours et rendrai ton nom célèbre par toute la terre. Ayant entendu ces paroles, il se leva pour prier, et sentit en lui tant de vigueur qu’il connut que Dieu lui avait rendu beaucoup plus de force qu’il n’en avait auparavant. Il avait alors environ trente-cinq ans.

    Vie de saint Antoine, par saint Athanase, chapitre 5.

    *

    C'est le 146e anniversaire de l'apparition de Notre Dame à Pontmain (fête liturgique dans mon diocèse).

  • Saint Marcel Ier

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    Les vies des saints, par le RP François Giry, 1719. (Sur la page de titre est écrit: "Ce livre est du monastère de la Visitation Sainte-Marie d'Orléans." Il a été numérisé par Google à... l'université du Michigan.)

  • Deuxième dimanche après l’Epiphanie

    Antienne de communion

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     Par l’Institut Saint-Philippe-Neri de Berlin.

    Commentaire de dom Ludovic Baron.

    Il dit, le Seigneur : Remplissez les vases d'eau et portez au maître d'hôtel.
    Quand il eut goûté, le maître d'hôtel,
    L'eau devenue du vin, il dit à l ‘époux :
    Tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant.
    Ce miracle que fit Jésus fut le premier devant ses disciples. Jean II, 7.

    C'est le résumé de l'épisode des noces de Cana. En ces quelques lignes, faites des mots essentiels de l'Evangile, tient tout le drame.

    Ce rappel du miracle dans l'antienne de la Communion le met en plein relief comme figure de l'Eucharistie. Au moment où elle goûte la suavité du pain et du vin devenus le corps et le sang du Christ, l'Eglise se chante à elle-même les paroles qui en furent l'annonce prochaine et, dans la joie de sa vie renouvelée, les fait monter vers le Christ Jésus comme l'hommage de son amour reconnaissant...Servasti vinum bonum usque adhuc.

    LA MÉLODIE

    Elle se plie avec une admirable souplesse au caractère et à l'action des personnages. Il y en a trois : le récitant, Notre Seigneur et le maître d'hôtel.

    C'est le récitant qui commence. Il annonce les paroles divines. Deux mots très simples et sur un ton empreint de gravité, comme il convient. Notez de quelle dévotion il enveloppe Dominus.

    Le chant de Notre seigneur est très discret, comme fut son geste. Il n'y a pour ainsi dire pas de mélodie ; juste assez pour revêtir les mots de sa bonté douce et si simple, avec une légère insistance sur aqua, la matière du miracle, et une délicate nuance de joie sur ferté architriclino.

    Le récitant décrit alors le maître d'hôtel goûtant le vin nouveau. La description est très réaliste. Le motif de gystasset, avec le si bécarre et le si bémol à une note d'intervalle, a quelque chose d'incertain qui rend parfaitement l'étonnement du brave homme. Cet étonnement devient plus marqué sur aquam vinum factam, à la faveur peut-être de la sonorité de la voyelle a quatre fois répétée, puis fait place soudain, sur dicit sponso, à la joie qui va éclater.

    Elle éclate en effet sur les lèvres du chef, sonore et quelque peu exubérante ; mais il est si heureux d'être enfin tiré d'angoisse ! Il souligne même d'un accent de délectation le mot bonum et va jusqu'à mettre une pointe de finesse sur usque adhuc ; par quoi il apprécie à sa juste valeur le bon tour que l'époux joue à ses hôtes en gardant, contrairement à la coutume, le bon vin pour la fin.

    Si réaliste qu'elle soit, cette interprétation est exacte. Tout cela se trouve dans la mélodie et rien ne s'oppose, ni dans le texte ni dans le contexte du récit évangélique au caractère qu'elle donne aux personnages. Mais l'expression n'est pas toute là. Cette antienne en effet n'a pas pour seul objet, ni même pour objet principal, de nous chanter le miracle de Cana. A travers le drame historique qu'elle fait revivre, un autre drame se joue : le drame liturgique de l'Eucharistie figurée, annoncée, réalisée : et c'est pour chanter ce drame-là qu'elle a été faite. Les personnages en sont réels et vivants : c'est l'Eglise qui, par la voix du récitant, nous présente la scène et nous annonce les acteurs ; c'est le Christ qui change le pain et le vin en son corps et son sang et, dans la communion, nous en lui ; ce sont toutes les âmes enfin, nous tous, qui à travers ce chant du maître d'hôtel disons au Christ, l'Epoux de nos âmes, notre joie reconnaissante pour la nourriture et le breuvage aux suavités inexprimables qu'il nous dispense à la table de ses noces. Si donc nous nous contentons de chanter le drame historique sous le drame liturgique nous ne comprenons pas la pièce et nous lui enlevons, faute de l'avoir découverte, son expression vraie.

    Il nous faut donc entrer, en la chantant, dans les personnages du drame actuel et les vivre. Il passera alors dans la mélodie quelque chose de plus profond, de plus spirituel qui atténuera ce qu'il peut y avoir de trop humain ici ou là ; et elle aura toute son expression.

  • Saint Hilaire

    Ex quo Relligio, tot procerum parens,
    Gallos addiderit Christianum gregi,
    Quis par Hilario ? quis generosius
    Natum de Patre vindicat ?

    Depuis le jour où l'Eglise, mère féconde de tant d'hommes illustres, réunit les Gaulois à son troupeau, quel homme parmi eux a été comparable à Hilaire ? Quel docteur a vengé avec plus de courage le Fils engendré par le Père ?

    Insignes titulos, eloquium grave,
    Dotes innumeras plebs sacra concinat :
    Laus suprema fides, qua genitum Deo
    Altis vocibus asserit.

    Célèbre, ô peuple fidèle, les titres de gloire qui le recommandent, la dignité de son élocution, les qualités nombreuses qui brillèrent en lui ; mais son suprême honneur, c'est la foi, par laquelle il proclame hautement le Fils de Dieu.

    Si non tincta fuit sanguine profluo
    Clara fronte micans infula nobilis,
    Curis mille litat : martyrii decus
    Supplet continuus labor.

    La mitre qui brille sur son auguste front n'a pas été teinte de son sang ; mais sa vie a été en proie à mille épreuves ; ses fatigues incessantes ont compense pour lui l'honneur du martyre.

    Hoc Nicaena fides vindice nititur :
    Frustra tartareus concutit hanc furor;
    Hic oris gladio fulgurat aureo,
    Vastantes abigens lupos.

    La foi de Nicée resplendit par les efforts d'un tel vengeur ; en vain la fureur des enfers s'efforce d'en renverser le Symbole ; Hilaire lance les éclairs de sa parole semblable à un glaive d'or ; il chasse les loups dévastateurs.

    Quo vultu reducem grex pius excipit !
    Quas post longa metit proelia laureas !
    Te, Martine, docet quam pede strenuo
    Virtutum rapias viam.

    Avec quel transport le fidèle troupeau reçoit, à son retour, le Pontife exilé ! Après ses longs combats, que de lauriers Hilaire moissonne ! O Martin ! c'est alors qu'il t'enseigne à marcher d'un pas ferme dans le sentier des vertus.

    Patri maxima laus, maxima Filio,
    Foecundo generat quem Pater in sinu,
    Equum Principio, numine comparem:
    Sacro maxima Flamini. Amen.

    Louange suprême au Père ; honneur égal au Fils que le Père engendre de son sein fécond : au Fils, égal au Principe, semblable en divinité ; louange pareille à l'Esprit divin ! Amen.

    (Hymne au propre de Poitiers)

  • Baptême de Notre Seigneur

    Dom Guéranger cite cette belle préface du missel ambrosien :

    Vere dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi semper hic et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus, qui te nobis super Jordanis alveum de coelis in voce tonitrui praebuisti, ut Salvatorem coeli demonstrares, et te Patrem aeterni luminis ostenderes, coelos aperuisti, aerem benedixisti, fontem purificasti: et tuum unicum Filium per speciem columbae Sancto Spiritu declarasti. Susceperunt hodie fontes benedictionem tuam, et abstulerunt maledictionem nostram, ita ut credentibus purificationem omnium delictorum exhibeant, et Dei filios adoptione faciant ad vitam aeternam. Nam quos ad temporalem vitam carnalis nativitas fuderat, quos mors per praevaricationem ceperat, hos vita aeterna recipiens, ad regni coelorum gloriam revocavit.

    Il est véritablement digne, juste, équitable et salutaire, que nous vous rendions grâces partout et toujours, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, qui vous êtes manifesté à nous du haut du ciel, dans une voix tonnante, sur les eaux du Jourdain; pour nous montrer le Sauveur céleste, et vous manifester à nous comme le Père de la lumière éternelle, vous avez ouvert les cieux, sanctifié les airs, purifié la fontaine, et désigné votre Fils unique par l’Esprit Saint apparaissant sous la forme d’une colombe. Aujourd’hui les eaux ont reçu votre bénédiction et ont enlevé notre malédiction ; elles ont reçu la vertu de produire dans les croyants la purification de tous les péchés, et d’opérer l’adoption des enfants de Dieu pour la vie éternelle. Ceux que la naissance charnelle avait produits pour la vie du temps, ceux que, par suite de leur prévarication, la mort tenait en sa puissance, la vie éternelle les a reçus et les a rappelés à la gloire du céleste royaume.

  • Manifeste magnum est

    L’antienne de Benedictus attire l’attention sur le dernier verset du chapitre 3 de la première épître à Timothée, résumé fulgurant de la mission du Christ, auquel a été ajouté un alléluia fort bienvenu…

    Maniféste magnum est pietátis sacraméntum, quod manifestátum est in carne, iustificátum est in spíritu, appáruit Angelis, prædicátum est Géntibus, créditum est in mundo, assúmptum est in glória, allelúia.

    Assurément il est grand le mystère de la piété, qui a été manifesté dans la chair, justifié par l'Esprit, est apparu aux anges, a été proclamé chez les païens, cru dans le monde, élevé dans la gloire, alléluia.

  • A Hethe

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    A priori ce n’est pas un événement que Mgr Longley, archevêque de Birmingham, célèbre une messe basse dans la « forme extraordinaire » en l’église de Hethe. On sait que Mgr Longley est « latin mass friendly ».

    Mais à Hethe ? Evidemment vous n’en avez jamais entendu parler. Moi non plus jusqu’à ce matin. Hethe, au centre même de l’Angleterre, est un village de 275 habitants où il n’y a rien à voir. Un village où, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, il n’y eut qu’une dizaine de catholiques, tous employés par le propriétaire terrien installé dans une commune voisine. Il n’y avait de messe que dans leur chapelle privée. En 1830 il y eut un nouveau propriétaire qui ferma la chapelle. Alors on construisit une petite église néo-gothique sur le territoire de Hethe…

    Je suppose que c’est un habitant tradi de Hethe qui a invité l’archevêque. Mais je ne peux m’empêcher de comparer… Mon évêque est plus « latin mass friendly » que Mgr Longley. Mais je gage que s’il venait dire une messe dans l’église de mon village, ça provoquerait une bronca dans le « doyenné » et sans doute dans tout le diocèse. Sans oublier que l’archevêque se rend dans un territoire anglican…

    La question est de savoir si la situation est plus apaisée que chez nous en Angleterre, ou… si l’Angleterre est devenue un tel désert spirituel (Hethe : lande, terrain non cultivé) que tout le monde s’en fout…

  • Vilis in pannis, pretiosus in stellis

     Dieu lui-même, qui avait ordonné dans la loi qu’on lui offrît les prémices, s’étant fait homme, demanda aussi les prémices des peuples. Les bergers furent les prémices des Juifs ; les Mages devinrent les prémices des Gentils. Ceux-là sont attirés de près, ceux-ci amenés de loin. « Où est, disent-ils, celui qui est né Roi des Juifs ? » Hérode, roi des Juifs, avait déjà des fils. Archélaos était né dans un palais ; le Christ, dans un logis qui ne lui appartenait pas. Archélaos, à sa naissance, fut couché dans un lit d’argent ; mais le Christ nouveau-né est déposé dans une crèche étroite : et cependant on néglige celui qui est né dans un palais, et l’on recherche celui qui est né sous un abri emprunté. Les Mages ne nomment même pas le premier ; mais, ayant trouvé le second, ils se prosternent et l’adorent.

    Quel est donc ce Roi des Juifs ? Il est pauvre et riche, humble et grand. Quel est donc, ce Roi des Juifs que l’on porte comme un enfant, et que l’on adore comme un Dieu (portatur ut parvulus, adoratur ut Deus) ? Il est petit dans la crèche, immense dans le Ciel (parvus in praesepio, immensus in coelo) : vil dans les langes, et glorieusement manifesté dans le firmament (vilis in pannis, pretiosus in stellis).

    O Hérode, pourquoi te troubler ainsi ? Ce roi qui est né, ne vient pas pour vaincre les rois en leur faisant la guerre ; mais il va les subjuguer d’une manière merveilleuse, en mourant. II n’est pas né pour te succéder ; mais pour que le monde croie fidèlement en lui. Il vient, non pour combattre durant sa vie ; mais pour triompher par sa mort.

    Cet enfant que les Mages appellent en ce moment le Roi des Juifs, est aussi le Créateur et le Seigneur des Anges. Si tu crains l’enfance muette de ce nouveau-né, tu dois redouter bien davantage sa toute-puissance pour le jour où il sera ton Juge. Ne le crains pas comme un successeur à ton trône, mais redoute en lui le juste Juge qui condamnera ton infidélité. « Allez, leur dit-il, et puis venez me rapporter ce que vous aurez trouvé, afin que moi aussi, j’aille l’adorer. » O ruse artificieuse ! ô incrédulité impie ! ô perversité hypocrite ! Le sang des Innocents que tu as si cruellement répandu, atteste ce que tu voulais faire de cet enfant.

    Saint Fulgence, lecture des matines avant la suppression de l’octave de l’Epiphanie.

  • Omnes

    La liturgie continue de chanter l’Epiphanie. Les antiennes du Benedictus et du Magnificat, en ce jour, insistent sur l’universalité du salut. La deuxième est une citation littérale d’Isaïe (60,6), qui est également le début du graduel de l’Epiphanie et le texte d’un répons bref. La première paraît également tirée du même chapitre d’Isaïe, mais en fait elle est nettement plus proche de Tobie 13,14 (dans la Vulgate).

    Omnes nationes venient a longe, portantes munera sua, alleluia.

    Toutes les nations viendront de loi, portant leurs dons, alléluia.

    Omnes de Saba venient, aurum et thus deferentes, alleluia, alleluia.

    Ils viendront tous de Saba, apportant l’or et l’encens, alléluia, alléluia.

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    On voit les deux antiennes au milieu de cette page de l’antiphonaire des cordeliers de Fribourg. On constate que la deuxième dit « Omnes de Salba ». Il ne semble pas qu’il y ait d’autres manuscrits avec ce « Salba ». Il est curieux qu’un religieux aussi compétent, qui chaque année pendant un bonne semaine chantait l’or et l’encens de Saba, et connaissait la « reine de Saba », ait pu commettre cette faute (?).

  • In columbæ specie

    ℟. In colúmbæ spécie Spíritus Sanctus visus est, Patérna vox audíta est:
    * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
    . Cæli apérti sunt super eum, et vox Patris intónuit.
    ℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

    On vit le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, et on entendit la voix du Père : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances. Les cieux lui furent ouverts et la voix du Père se fit entendre. Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

    Ce deuxième répons des matines était aussi le deuxième répons des matines de l’Epiphanie. Il nous plonge dans l’un des deux autres mystères de ce temps : le baptême du Seigneur, qui est l’unique mystère que célèbrent les byzantins en ces jours.

    Voici la partition des cordeliers de Fribourg (vers 1300). On notera comment la clef de fa sur la troisième ligne devient subrepticement une clef d’ut sur la quatrième ligne, au milieu d’un mot (dilectus). On notera aussi que les diphtongues ae ont disparu : columbe, celi.

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    Je n’ai pas trouvé d’enregistrement de cette pièce, alors que l’an dernier j’avais trouvé un enregistrement du premier répons : Tria sunt munera.

  • Sancta et immaculata virginitas

    ℟. Sancta et immaculata virginitas, quibus te laudibus efferam nescio:
    * Quia quem coeli capere non poterant, tuo gremio contulisti.
    . Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui.
    ℟. Quia quem coeli capere non poterant, tuo gremio contulisti.

    Sainte et immaculée Virginité, je ne sais par quelles louanges vous exalter : Car vous avez renfermé dans votre sein celui que les cieux ne peuvent contenir. Bénie êtes-vous entre les femmes, et béni est le fruit de votre sein. Car vous avez renfermé dans votre sein celui que les cieux ne peuvent contenir.

    « Si l’on veut savoir véritablement la place que tient Notre Dame dans la prière officielle et vivante de l’Eglise qu’est la liturgie, c’est peut-être moins dans les fêtes qui lui sont spécialement consacrées qu’on a la chance de la trouver, que dans la liturgie de tout le cycle de Noël (Avent et Temps de Noël). Et peut-être est-ce là qu’il faut chercher les traces les plus anciennes du culte qui lui a été rendu. » C’est ce que dit dom Joseph Gajard dans son étude sur Notre Dame et l’Art grégorien. On en a un exemple ce jour avec les deux répons des matines, qui sont tous deux à la louange de la Vierge Mère (c’était déjà ceux du troisième nocturne des matines de dimanche dernier). Voici le premier, chanté par les moines de Montserrat, et avec l’antiphonaire d’Einsiedeln (début du XIVe siècle).
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  • Sainte Geneviève

    . Nova bella elegit Dominus ; mulier timens Dominum custodit civitatem, * Dumque una virgo praeliabatur, stellae adversus Attilam pugnaverunt.
    . Per fidem unius, fortes facti sunt omnes in bello, et castra verterunt exterorum. * Dumque una virgo praeliabatur, stellae adversus Attilam pugnaverunt.

    Le Seigneur a choisi une nouvelle forme de guerre : une femme craignant Dieu garde la cité, * Et tandis que la vierge combattait seule, les étoiles combattirent contre Attila.
    Par la foi d'une seule tous ont été rendus courageux dans la guerre, et ont renversé le camp des étrangers. * Et tandis que la vierge combattait seule, les étoiles combattirent contre Attila.

    Ce répons des matines, dans le propre de Paris, est inspiré par le cantique de Débora (Juges 5). Le verset qui commence par Nova bella elegit Dominus est aussi celui du graduel de la messe de sainte Jeanne d’Arc. On notera qu’il est propre à la Vulgate. L’hébreu massorétique, et le grec de la Septante, ont : « Il (le peuple) choisit de nouveaux dieux ». Le texte de la Vulgate est mieux en situation, à la fois dans le contexte, et dans le déroulement de l’histoire sainte, Débora étant la première femme d’Israël qui sauve le peuple, parce que Dieu a choisi cette nouvelle forme de combat, celui qui donne une « mère » au peuple élu…

    Au temps de Samgar, fils d'Anath, au temps de Jahel, les routes étaient abandonnées, et ceux qui voyageaient marchaient par des sentiers détournés. On a cessé de voir de vaillants hommes dans Israël. Il ne s'en trouvait plus, jusqu'à ce que Débora se fût élevée, jusqu'à ce qu'il se fût élevé une mère en Israël. Le Seigneur a choisi de nouveaux combats, et Il renverse Lui-même les portes des ennemis; tandis qu'auparavant on ne voyait ni bouclier ni lance parmi quarante mille Israélites. Mon cœur aime les princes d'Israël. Vous qui vous êtes exposés volontairement au péril, bénissez le Seigneur. (…) Qu'au lieu où les chars ont été brisés, l'armée des ennemis taillée en pièces, on publie la justice du Seigneur et Sa clémence envers les braves d'Israël. Alors le peuple du Seigneur a paru aux portes des villes, et il s'est acquis la principauté. Lève-toi, lève-toi, Débora; lève-toi, lève-toi, et chante un cantique… (Juges 5,6-12, traduction Fillion)

  • Le Très Saint Nom de Jésus

    Ce n’est pas sans raison que l’Esprit Saint compare à l’huile le nom de l’époux, et qu’il inspire à l’épouse de crier à l’époux : « Votre nom est une huile répandue. » En effet, l’huile éclaire, nourrit, et sert à oindre. Elle entretient le feu, elle nourrit le corps, elle adoucit la douleur : c’est une lumière, un aliment, un remède. Voyez maintenant s’il n’en est pas de même du nom de l’époux ? Prêché, il éclaire ; médité, il nourrit ; invoqué, il adoucit et fortifie.

    Examinons chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait jailli dans le monde cette si grande et si soudaine lumière de la foi, sinon de la prédication du nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce nom béni que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? N’est-ce pas à ceux qui sont illuminés par l’éclat de ce nom, et qui voient en cette lumière une autre lumière, que saint Paul dit à bon droit : « Autrefois vous étiez ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? » C’est ce nom que le même Apôtre a reçu ordre de porter devant les rois, les Gentils et les enfants d’Israël. Et il portait ce nom comme un flambeau, il en éclairait sa patrie, et il criait partout : « La nuit est déjà fort avancée, et le jour approche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière ; comme durant le jour, marchons honnêtement. » Et il montrait à tous la lumière sur le chandelier. annonçant en tous lieux Jésus, et Jésus crucifié.

    Combien cette lumière a resplendi et frappé de son éclat les yeux de tous les spectateurs, lorsque, sortant comme un éclair de la bouche de Pierre, elle affermit les jambes et les pieds d’un boiteux et rendit la vue à beaucoup d’aveugles spirituels ? N’a-t-elle pas jeté des flammes lorsque Pierre dit : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi, et marche. »

    Or, le nom de Jésus n’est pas seulement lumière, mais il est aussi nourriture. Ne vous sentez-vous pas fortifiés toutes les fois que vous vous en souvenez ? Qu’y a-t-il qui nourrisse autant l’esprit de celui qui y pense ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, repose les cœurs agités, donne de l’énergie aux vertus, développe les habitudes bonnes et justes, entretient les chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est arrosée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel. Quand vous écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le nom de Jésus. Une conférence ou un entretien ne me plaît pas, si je n’y entends résonner le nom de Jésus. Jésus, c’est un miel à la bouche, une mélodie à l’oreille, une jubilation pour le cœur [Jesus mel in ore, in aure melos, in corde jubilus].

    Mais ce nom est encore un remède. L’un de nous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur, que de là il passe à sa bouche, et aussitôt que ce divin nom a paru comme un astre qui se lève et répand sa lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ? Court-il même, en se désespérant, dans les filets de la mort ? S’il invoque ce nom de vie, ne recommencera-t-il pas sur-le-champ à respirer et à vivre ?

    Saint Bernard, lecture des matines (Sermon 15 sur le Cantique des cantiques)

    • Sur les trois Jésus de l'Ancien Testament, voir ma note de l'an dernier.

  • Noël

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    Cette Nativité est de Bicci di Lorenzo. Elle appartenait à un particulier de Cologne jusqu’au début de ce mois, et elle était prêtée au musée Wallraf-Richartz. Elle a été vendue le 6 décembre dernier chez Sotheby pour 368.750 £. On risque donc de ne plus pouvoir la voir.

    Bicci di Lorenzo, de Florence, était un « traditionaliste » en peinture. En bref il peignait comme les artistes d’une ou deux générations précédentes, à cette époque de la Renaissance où le style changeait très vite. Ainsi cette Nativité, peinte au début des années 1430, est sans doute la dernière à faire clairement référence à l’icône byzantine de la Nativité qui servait de modèle aux peintres italiens jusqu’au siècle précédent. Il a supprimé le haut (les anges et les mages) et la scène du bain, mais il a gardé l’essentiel.

    Il s’agit encore d’une peinture a tempera à l’œuf sur panneau de peuplier. Bicci a ajouté la sommaire cabane devenue courante dans les représentations de la Nativité, mais il a conservé la grotte à fond noir, l’enfant emmailloté de bandelettes funéraires et couché dans un cercueil, saint Joseph pensif et même triste (sans qu’on voie le diable en vieux berger qui lui a instillé le doute), et la Mère de Dieu qui ne regarde pas l’enfant. Dans les icônes – le plus souvent - elle est couchée et regarde le spectateur, avec ce regard qui a l’air de dire : ce que vous voyez ce n’est pas la naissance de mon enfant, c’est l’annonce du drame du vendredi saint quand je le déposerai au sépulcre, car c’est à ce prix que vous serez sauvé, et non par la guimauve et les paillettes. On peut remarquer aussi que les deux bergers ont exactement la posture des deux (à cinq) bergers sur les icônes.

    (Bien sûr il ne s'agit que d'un aspect de l'inépuisable mystère de la Nativité, celui qui voit d'emblée la "kénose" jusqu'au bout. Mais c'est un aspect assez important pour que ce soit devenu le thème central de l'icône canonique.)

    Rendez-vous dans une semaine si Dieu veut.

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  • Vigile de la Nativité

    Dès l’invitatoire des matines, l’Eglise chante :

    Hodie scietis quia veniet Dominus : et mane videbitis gloriam eius.

    Aujourd’hui, vous saurez qu’il va venir le Seigneur, et demain matin, vous verrez sa gloire.

    C’est ce que Moïse dit aux Hébreux pour leur annoncer la manne et arrêter leurs récriminations. Mais voici la vraie manne, le Pain descendu du Ciel à Beth-Lehem, la maison du Pain.

    L’introït de la messe ajoute qu’il vient pour nous sauver. Le verset de psaume est, comme il est normal, un premier verset, celui du psaume 23. Il indique bien que le Seigneur qui vient est le roi de la création. Mais il annonce surtout l’offertoire, un autre verset de ce même psaume, qui demande qu’on lève les portes pour qu’entre le roi de gloire.


    Hódie sciétis, quia véniet Dóminus et salvábit nos : et mane vidébitis glóriam eius.

    . Dómini est terra, et plenitúdo eius : orbis terrárum, et univérsi, qui hábitant in eo.

    Aujourd’hui, vous saurez que le Seigneur va venir et qu’il nous sauvera. Et demain matin, vous le verrez dans sa gloire.

    Au Seigneur appartient la terre et tout ce qui la remplit, l’univers et tous ceux qui l’habitent.

    Le graduel de la messe reprend la même antienne, et y ajoute un verset du psaume messianique, psaume de l’Avent, 79 (avec la variante du psautier romain par rapport à la Vulgate : « appare » au lieu de « manifestare ») :

    Hódie sciétis, quia véniet Dóminus et salvábit nos : et mane vidébitis glóriam eius

    . Qui regis Israël, inténde : qui dedúcis, velut ovem, Joseph : qui sedes super Chérubim, appáre coram Ephraim, Béniamin, et Manásse.

    Aujourd’hui, vous saurez que le Seigneur va venir et qu’il nous sauvera. Et demain matin, vous verrez sa gloire.

    ℣. Ecoute, Pasteur d’Israël, toi qui mènes le peuple de Joseph comme un berger son troupeau. Toi dont le trône est porté par les Chérubins, montre-toi aux descendants d’Éphraïm, de Benjamin et de Manassé.

     

    "Hodie scietis" se trouve aussi dans un répons des matines, dans une antienne de laudes (qui est aussi l'antienne de tierce), dans le répons des laudes, qui revient encore dans les vêpres de l’office monastique (moines de l’abbaye de Beuron) :
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  • Vendredi de la 4e semaine de l’Avent

    Antienne du Benedictus

    Ecce compléta sunt ómnia, quæ dicta sunt per Angelum de Vírgine María.

    Voici que sont accomplies toutes les choses que l’Ange a dites de la Vierge Marie.

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    *

    Antienne O du Magnificat

    O Emmánuel, Rex et légifer noster, exspectátio Géntium, et Salvátor eárum : veni ad salvándum nos, Dómine, Deus noster.

    O Emmanuel, notre Roi et notre Législateur, Attente des Nations et leur Sauveur : venez nous sauver, Seigneur notre Dieu.

    *

    O Emmanuel, de Paweł Łukaszewski, par le Chœur du Trinity College, direction Stephen Layton (CD Hyperion).
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  • Jeudi de la quatrième semaine de l’Avent

    Le Soleil sans déclin va se lever de virginales entrailles pour illuminer l'entière création. Dans la pureté de nos regards et la sainteté de nos actions partons à sa rencontre, préparons-nous maintenant à recevoir en esprit celui qui vient parmi les siens selon son bon plaisir par un enfantement merveilleux, afin de ramener au Paradis ceux qui étaient exilés du séjour de l'Eden, dans sa miséricorde, en naissant à Bethléem.

    Le Verbe de Dieu, porté sur les épaules des Chérubins et dans sa personne s'unissant à la chair, a demeuré dans le sein d'une Vierge, il s'est fait homme mortel et vient naître au pays de Juda. Sainte Grotte, prépare-toi comme un vaste palais pour le Roi de l'univers, et toi, Crèche, comme un trône flamboyant où le Christ comme un enfant sera couché par la Vierge Marie pour rappeler sa créature, ainsi qu'il l'a voulu.

    La Vierge va te déposer dans la crèche des bestiaux, toi le Verbe éternel de notre Dieu qui acceptes un début dans le temps, d'une façon qui dépasse notre esprit, pour me sauver de la démence contractée par jalousie du serpent; et tu te laisses langer pour déchirer les liens et les bandes de mes péchés dans ton amour des hommes et ton unique bonté, afin que je te chante et glorifie et me prosterne joyeux devant ta venue dans la chair par laquelle je suis délivré.

    Liturgie byzantine, lucernaire

    *

    Antienne O du Magnificat

    O Rex Géntium, et desiderátus eárum, lapísque anguláris, qui facis útraque unum : veni, et salva hóminem, quem de limo formásti.

    O Roi des Nations et objet de leurs désirs, Pierre angulaire, qui réunissez en vous les deux (peuples) : venez et sauvez l’homme, que vous avez formé du limon.

     

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    O Rex gentium, de Paweł Łukaszewski, par le Chœur du Trinity College, direction Stephen Layton (CD Hyperion).
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