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Liturgie

  • Première

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    Où ça ? A la prestigieuse académie militaire de West Point, le 11 janvier dernier. Une grand-messe solennelle comme on n’en avait pas vu depuis plus de 60 ans.

    Célébrée par le P. Donald Kloster, vicaire de la paroisse Sainte-Marie de Norwalk, avec comme diacre le P Michael Novajovsky, curé de la cathédrale de Bridgeport, et sous-diacre le P. Timothy Iannacone, vicaire de la paroisse Saint Pie X de Fairfield.

    La schola de 9 hommes était dirigée par le maître de chœur de Sainte-Marie de Norwalk (où est célébrée la messe grégorienne en forme extraordinaire tous les dimanches matins).

  • Saint Antoine

    Antonii pro meritis,
    Ejusque gestis inclitis,
    Claris quoque virtutibus,
    Exultet caelum laudibus.

    Pour les mérites d’Antoine, et ses actions fameuses, et aussi ses glorieses vertus, que le ciel exulte de louanges.

    Natus ex digno genere,
    Verbo puer et opere,
    Festinavit ad meritum,
    Deus, tuorum militum.

    Né dans une digne famille, enfant par la parole et l’action, il se hâta vers les mérites, ô Dieu, de tes soldats.

    Tempus aetatis tenerae
    Non deducebat temere,
    Te diligendo intime,
    Lucis creator optime.

    Ce n’est pas de façon inconsidérée qu’il a passé le temps de ses tendres années, mais en t’aimant intimement, grand créateur de la lumière.

    Hic satanae blanditias
    Contempsit et insidias,
    Tuo fretus solatio,
    Iesu, nostra redemptio.

    Il méprisa les séductions et les pièges de Satan, ayant confiance en ton secours, Jésus notre rédemption.

    Omni degebat tempore
    Poenas ferens in corpore,
    Memor tuorum operum,
    Conditor alme siderum.

    En tout temps il passait en portant des châtiments en son corps, se souvenant de tes œuvres, saint créateur des astres.

    Noctes orationibus
    Deduxit et laboribus,
    Nec cessavit ab opere
    Iam lucis orto sidere.

    Il passa ses nuits dans la prière et les labeurs, et il n’arrêta jamais son travail, quand l’astre de la lumière était levé.

    Ieiuniis se macerans,
    Verberibus se lacerans,
    Desiderabat ingredi
    Ad cœnam Agni providi.

    Se mortifiant par des jeûnes, se lacérant par des fouets, il désirait entrer au banquet de l’Agneau qui y pourvoit.

    Virtutum tandem titulis
    Imbutus et miraculis
    Migravit ad te Dominum,
    Iesu, corona virginum.

    Plein des honneurs des vertus et de miracles, il migra vers toi Seigneur Jésus couronne des vierges.

    Sit laus Patri cum Filio
    Semper in caeli solio,
    Nosque replendo caelitus,
    Veni, creator Spiritus. Amen.

    Louange soit au Père avec le Fils, à jamais sur le trône du Ciel, et pour nous remplir viens, venant du Ciel, Esprit créateur, amen.

    Cette hymne se trouvait dans un bréviaire de Passau, imprimé en 1490, alors que Passau (Bavière) était une vaste principauté épiscopale de la vallée du Danube. On remarque deux exemples des jeux verbaux que les hymnographes du moyen âge affectionnaient : la première lettre de chaque strophe compose le nom Anthonius, et chaque dernier vers est le premier vers d’une hymne célèbre (respectivement du commun des apôtres, du commun des martyrs, des vêpres du dimanche, de l’Ascension, de l’Avent, de l’heure de prime, des vêpres du temps pascal, du commun des vierges, de la Pentecôte).

  • Saint Marcel

    Autrefois – au temps des plus anciens sacramentaires - l’évangile de la messe de saint Marcel était celui de la parabole des talents, qui se termine par : « entre dans la joie de ton seigneur ». L’antienne de communion reprenait la fin de cet évangile :

    Dómine, quinque talénta tradidísti mihi, ecce, ália quinque superlucrátus sum. Euge, serve bone et fidélis, quia in pauca fuísti fidélis, supra multa te constítuam, intra in gáudium Dómini tui.

    Seigneur, vous m’avez remis cinq talents ; voici que j’en ai gagné cinq autres. C’est bien, bon et fidèle serviteur ; parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.

    Et la préface propre de cette messe faisait déjà écho à l’évangile, se terminant par l’annonce de la même récompense :

    Vere dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus : Qui glorificaris in tuorum confessione sanctorum, et non solum excellentioribus praemiis martyrum tuorum merita gloriosa prosequeris, sed etiam sacra Mysteria competentibus servitiis exsequentes, gaudium Domini sui tribuis benignus intrare. Per Christum.

    Il est vraiment digne et juste, équitable et salutaire, de te rendre grâces toujours et partout, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, qui es glorifié par la confession de tes saints. Non seulement tu honores les glorieux mérites de tes martyrs des plus excellentes récompenses, mais aussi, dans ta bonté, tu accordes à ceux qui par un service approprié accomplissent les mystères sacrés d’entrer dans la joie de leur Seigneur.

    Car au-dessus des récompenses que nous pouvons recevoir d'en-haut il y a celle qui consiste non à recevoir mais à entrer dans la joie divine.

  • Saint Paul premier ermite

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    Mosaïque de saint Paul de Thèbes, dans le monastère qui porte son nom dans le désert d'Egypte. On voit le palmier qui "lui fournissait tout ce qui lui était nécessaire pour sa nourriture et son vêtement" (saint Jérôme) et qui l'abritait même sous ses branches, le corbeau qui lui apportait en outre un demi-pain chaque jour (un pain entier quand saint Antoine vint le visiter), et les deux lions qui creusèrent le tombeau du saint.

    Tropaire de saint Paul de Thèbes, par Nicodème Kabarnos.

     

    Θείου Πνεύματος, τὴ ἐπινεύσει, πρῶτος ὤκησας, ἐν τὴ ἐρήμω, Ἥλιου τὸν ζηλωτὴν μιμησάμενος καὶ δι' ὀρνέου τραφεῖς ὡς ἰσάγγελος, ὑπ' Ἀντωνίου τῷ κόσμῳ ἐγνώρισαι. Παῦλε ὅσιε, Χριστὸν τὸν Θεὸν ἱκέτευε, δωρήσασθαι ἠμὶν τὸ μέγα ἔλεος.

    A l’instigation de l’Esprit divin, tu habitas, le premier, au désert, imitant le zèle d’Élie et recevant ta nourriture d’un oiseau ; par Antoine le monde t’a connu comme semblable aux anges ; vénérable Paul, supplie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

  • Saint Hilaire

    Il faut considérer aussi dans le sommeil d'Adam et la création d'Ève la révélation figurée du mystère caché qui avait pour objet le Christ et l'Église ; cette révélation nous offre en effet des motifs de croire à la résurrection des corps en même temps que sa figure. De fait, dans la création de la femme, ce n'est plus du limon qui est pris, la terre n'est plus modelée pour prendre la forme d'un corps, le souffle de Dieu ne transforme plus la matière inanimée en une âme vivante ; mais la chair croît sur l'os, la perfection du corps est donnée à la chair et la force de l'esprit s'ajoute à la perfection du corps. Cette ordonnance de la résurrection, Dieu l'a annoncée par Ézéchiel, enseignant à propos des réalités à venir ce que peut sa puissance. Tout en effet y concourt : la chair est là, l'esprit vole, aucune de ses œœuvres n'est perdue pour Dieu qui, pour l'animation du corps humain qui est son œœuvre a trouvé présentes ces choses qui n'étaient pas. Or, d'après l'Apôtre, c'est un "dessein caché en Dieu depuis l'origine des siècles" que "les Gentils soient cohéritiers et membres du même corps et participants de sa promesse dans le Christ", "qui a la puissance, d'après le même Apôtre, de reformer le corps de notre humilité à la ressemblance du corps de sa gloire". Ainsi donc, après le sommeil de sa Passion, l'Adam céleste, au réveil de sa Résurrection, reconnaît dans l'Église son os, sa chair non plus créés du limon et prenant vie sous le souffle, mais croissant sur l'os et, de corps fait corps, atteignant sa perfection sous le vol de l'esprit. Ceux en effet qui sont dans le Christ ressusciteront selon le Christ en qui dès maintenant est consommée la résurrection de toute la chair, parce que Lui-même naît en notre chair avec la puissance de Dieu en laquelle son Père l'a engendré avant les siècles. Et puisque le Juif et le Grec, le barbare et le Scythe, l'esclave et l'homme libre, l'homme et la femme, tous sont une seule chose dans le Christ, étant donné que la chair est reconnue comme issue de la chair, que l'Église est le Corps du Christ et que le Mystère qui est en Adam et Ève est une prophétie concernant le Christ et l'Église, tout ce qui a été préparé par le Christ à l'Église pour la consommation des temps a déjà été accompli en Adam et Ève au commencement du siècle présent.

    Traité des mystères

  • La Sainte Famille

    Allelúia, allelúia. Vere tu es Rex abscónditus, Deus Israël Salvátor. Allelúia.

    Allelúia, allelúia. Vous êtes vraiment un roi caché, le Dieu d’Israël, le Sauveur. Alléluia.

    Par les « Edmundite Novices » : les novices de la Society of Saint Edmund (créée Société de saint Edme par le Père Muard dans le diocèse de Sens, mais qui n’existe plus qu’aux Etats-Unis, dans le Vermont - et là où ils sont envoyés puisqu’ils sont missionnaires).

    L’enregistrement date de 1961. Les novices sont dirigés par Marie Pierik (1884-1966) missionnaire du plain chant aux Etats-Unis, auteur de The spirit of gregorian chant (1939), The song of the Church (1947), Gregorian chant analyzed and studied (1951), The psalter in the Temple and the Church (1957), Dramatic and symbolic elements in gregorian chant (1963).

  • De la Sainte Vierge le samedi

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    Mosaïque de la basilique de Lourdes, Melchior Doze, 1893.

    Ingréditur hæc mundi ínfima Jesus Christus Fílius Dei de cælésti sede descéndens, et a patérna glória non recédens, novo órdine, nova nativitáte generátus. Novo órdine, quia, invisíbilis in suis, visíbilis factus est in nostris; incomprehensíbilis vóluit comprehéndi; ante témpora manens, esse cœpit ex témpore. Nova autem nativitáte génitus est, concéptus a Vírgine, natus ex Vírgine, sine patérnæ carnis concupiscéntia, sine matérnæ integritátis injúria, quia futúrum hóminum Salvatórem talis ortus decébat, qui et in se habéret humánæ substántiæ natúram, et humánæ carnis inquinaménta nescíret.

    Jésus-Christ, le Fils de Dieu, fait son entrée dans la bassesse de ce monde. Il descend de son siège céleste sans quitter la gloire de son Père. Il est engendré par une disposition nouvelle, par une naissance nouvelle. Disposition nouvelle, car, invisible en lui-même, il se rend visible en notre nature ; insaisissable, il veut être saisi ; lui qui subsiste avant le temps, il commence à exister dans le temps. Il est engendré aussi par une naissance nouvelle ; conçu par une vierge, né d’une vierge, sans intervention d’un père, sans préjudice pour l’intégrité de sa mère ; telle est la naissance qui convenait au futur Sauveur des hommes, lui qui posséderait en soi la nature de la condition humaine tout en ignorant les souillures de la chair humaine.

    Saint Léon le Grand, sermon 22 (lecture des matines)

  • Orta lux mirifice

    Orta lux mirifice,
    Praevisa prophetice,
    Nunc lucis deificae
    Monstrat ortum.

    Un astre au lever merveilleux, annoncé par les Prophètes, signale aujourd'hui le lever du divin Soleil.

    Hac Magus instruitur,
    Herodes concutitur,
    Ad Jesum gens ducitur,
    Pacis portum.

    Cet astre vient éclairer les Mages ; Hérode en est ébranlé ; la Gentilité aborde à Jésus, le port de la paix.

    Stella prodit Puerum,
    Conditorem siderum,
    Et ultorem scelerum,
    Deum fortem.

    L'étoile annonce l'Enfant créateur des astres, vengeur des crimes, le Dieu fort.

    Quem mystico munere
    Monstrat cuncta regere
    Et tandem redimere
    Nos per mortem.

    Des présents mystiques le proclament arbitre du monde , et notre Rédempteur par sa mort.

    Hic aquis abluitur,
    Et aquis infunditur
    Virtus qua diluitur
    Adae noxa.

    Il est plongé dans les eaux, et dans les eaux il répand une vertu qui efface le péché d'Adam.

    Columba conspicitur,
    Vox Patris complectitur
    Natum, quo dignoscitur
    Ejus doxa.

    La Colombe paraît, la voix du Père adopte le Fils, dont la gloire éclate par ces prodiges.

    Joannis praeconium
    Profert testimonium,
    Et sumit initium
    Lex amoris.

    La parole de Jean rend son témoignage, et la loi d'amour prend commencement.

    Laetatur convivium
    Cum facit officium
    Vini, liquor fontium,
    Melioris.

    Les conviés sont dans la joie, quand l'eau des fontaines vient faire l'office d'un vin généreux.

    In Virginis clausula,
    Sponsae sine macula,
    Dulci nubit copula
    Verbum Patris.

    Au sein d'une Vierge, épouse sans tache, le Verbe du Père contracte une alliance d'amour.

    Abluens piacula,
    Nostra solvat vincula,
    Protegens in saecula
    Prece Matris. Amen.

    Qu'il daigne laver nos crimes, délier nos chaînes,nous protéger à jamais, par les prières de sa Mère. Amen.

    Traduction dom Guéranger. Cette séquence se trouve dans le "Missel de Fontevrault" imprimé à Paris en 1534.

  • Nuntium vobis fero

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    Bréviaire de Paris, XIIIe siècle, BNF.

    Cette hymne se trouve dans les manuscrits rassemblant les écrits de Fulbert de Chartres et de ses disciples. On la trouve aussi, du vivant même de Fulbert, dans l’Hymnaire de Moissac. Il pourrait donc éventuellement être plus ancien. On l’incluait souvent au moyen âge dans les « jeux liturgiques » de l’Epiphanie (Les trois rois). Texte donné dans l’Année liturgique, traduction dom Guéranger.

    Nuntium vobis fero de supernis
    Natus est Christus, Dominator orbis,
    In Bethlehem Judae; sic enim Propheta
    Dixerat ante.

    Je viens du ciel vous apprendre la nouvelle : « Le Christ, le Seigneur du monde, est né en Bethléhem; ainsi le Prophète l’avait annoncé. »

    Hunc canit laetus chorus Angelorum,
    Stella declarat, veniunt Eoi
    Principes, dignum celebrare cultum,
    Mystica dona.

    Ainsi chante, dans sa joie, le chœur angélique. L’étoile, à son tour, annonce le nouveau-né ; les princes de l’Orient viennent lui rendre leur culte par des présents mystiques.

    Thus Deo, myrrham tribuunt sepulchro,
    Auream Regi speciem decenti,
    Dum colunt unum, meminere Trino
    Tres dare terna.

    A la divinité ils consacrent l’encens, au sépulcre la myrrhe, l’or à la royauté ; en adorant Celui qui est unique, les trois Mages voulurent offrir trois dons au Dieu triple en personnes.

    Gloriam trinae monadi canamus,
    Cum Deo divae Genitore Proli,
    Flamini nec non ab utroque fuse
    Corde fideli. Amen.

    Chantons d’un cœur plein de foi gloire à la triple Monade, au Dieu Père, au Fils divin, à l’Esprit qui procède et du Père et du Fils. Amen.

  • Deus, Dei Filius

    Ceci est la quatrième des… 17 oraisons des matines de la fête de « l’Apparition du Seigneur » dans la liturgie mozarabe (traduction de dom Guéranger) :

    Deus, Dei Filius, Patris ineffabilis Virtus, qui novo sidere in Gentibus Rex regum ostenderis magnus, et in civitate illa beata appares gloriosus: quem insulae tremunt : cui principes et nationes Gentium obsequuntur, dum tibi omnia regna cedunt, tibi regum diademata substernuntur; dignare jam gratia nostris te ostendere sensibus pium, et in conversationibus manifestum: ut primitias Spiritus habentes, ea tibi semper munera dedicemus, per quae introire beatam illam Hierusalem placitis cordibus mereamur, ut tibi mundissimum aurum nostrorum operum deferentes, regni tui mereamur esse participes. Amen.

    O Dieu ! Fils de Dieu, ineffable Vertu du Père, qui, par le lever d’un nouvel astre, apparaissez aux Gentils comme le puissant Roi des rois, et manifestez votre gloire dans l’heureuse Cité; vous, devant qui tremblent les îles de la terre, à qui les princes et les nations des Gentils obéissent : en ce jour où tous les royaumes s’abaissent devant vous, et les diadèmes des rois sont déposés à vos pieds, daignez, par votre grâce, vous montrer miséricordieux à nos âmes, et apparaître visible dans nos œuvres, afin que, possédant les prémices de l’Esprit, nous puissions vous offrir les présents par lesquels nos cœurs, devenus agréables à vos yeux, mériteront d’entrer en l’heureuse Jérusalem, où nous pourrons vous présenter l’or très pur de nos œuvres, et devenir participants de votre royaume. Amen.