08 novembre 2009

23e dimanche après la Pentecôte

Par rapport à saint Marc et à saint Luc, Saint Matthieu résume l'épisode de la guérison de l'hémorroïsse et de la résurrection de la fille du "chef".

De ce fait, il souligne le parallélisme entre les deux miracles, qui ont un même point central : le toucher. La femme malade sera guérie si elle touche le vêtement de Jésus. La jeune fille ressuscite quand Jésus lui prend la main. Le chef lui avait demandé de venir lui « imposer la main ». Un geste qui deviendra essentiel dans plusieurs sacrements. Le Verbe incarné agit par le contact de son corps. Ce contact, par les sacrements, donne la vie. Car le sang, c'est la vie : l'hémorroïsse perdait peu à peu sa vie. Et la résurrection de la jeune fille montre que le contact avec le Christ peut nous rendre la vraie vie à tout moment : « Lève-toi, toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera » (Ephésiens, 5, 14).

07 novembre 2009

De la Sainte Vierge le samedi

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La Vierge noire de Saint-Gervazy en Auvergne (XIIe siècle).
(NB. Le site n’est pas à jour. La Vierge noire est aujourd’hui revenue dans son église.)

06 novembre 2009

Plasmator hominis Deus

Plasmator hominis Deus,
Qui cuncta solus ordinans,
Humum iubes producere
Reptantis et ferae genus:

Qui magna rerum corpora,
Dictu iubentis vivida,
Ut serviant per ordinem,
Subdens dedisti homini :

Repelle a servis tuis,
Quidquid per immunditiam,
Aut moribus se suggerit,
Aut actibus se interserit.

Da gaudiorum præmia,
Da gratiarum munera :
Dissolve litis vincula,
Astringe pacis fœdera.

Præsta, Pater piissime,
Patrique compar Unice,
Cum Spiritu Paraclito
Regnans per omne sæculum. Amen.

Seigneur, qui de ta main fis l'homme à ton image,
Et voulus que la terre, à ton dernier « Je veux »,
Répondît par le prompt ouvrage
De la bête farouche et du reptile affreux ;

Qui soumis d'un seul mot les masses les plus fières,
Les plus énormes corps qu'eût animés ta voix,
Leurs fureurs les plus carnassières,
A vivre sous notre ordre et recevoir nos lois :

Délivre-nous, ô Dieu, par ta bonté céleste,
De tout ce qu'ici-bas l'impureté des cœurs,
Par un épanchement funeste,
Ou mêle aux actions, ou coule dans les mœurs.

Fais un don de ta joie aux âmes des fidèles,
Par celui de ta grâce affermis tes bienfaits,
Romps l'attachement aux querelles,
Et redouble les nœuds d'une éternelle paix.

Accordez ces faveurs à nos humbles prières,
Père incompréhensible, Homme-Dieu Jésus-Christ,
Qui dans le séjour des lumières
Régnez tous deux sans fin avec le Saint-Esprit.

(Hymne des vêpres du vendredi, attribué à saint Grégoire le Grand, traduction Pierre Corneille.)

05 novembre 2009

Nox atra rerum contegit

Nox atra rerum contegit
Terræ colores omnium :
Nos confitentes poscimus
Te, iuste iudex cordium :

Ut auferas piacula,
Sordesque mentis abluas :
Donesque, Christe, gratiam
Ut arceantur crimina.

Mens ecce torpet impia,
Quam culpa mordet noxia :
Obscura gestit tollere
Et te, Redemptor, quærere.

Repelle tu caliginem
Intrinsecus quam maxime,
Ut in beato gaudeat
Se collocari lumine.

Præsta Pater piissime,
Patrique compar Unice,
Cum Spiritu Paraclito,
Regnans per omne sæculum. Amen.

De toutes les couleurs que distinguait la vue,
L'obscure nuit n'a fait qu'une couleur :
Juste Juge des cœurs, notre ardeur assidue
Demande ici tes yeux et ta faveur.

Qu'ainsi, prompt à guérir nos mortelles blessures,
Ton feu divin dans nos cœurs répandu,
Consume pour jamais leurs passions impures,
Pour n'y laisser que l'amour qui t'est dû.

Effrayés des péchés dont le poids les accable,
Tes serviteurs voudraient se relever :
Ils implorent, Seigneur, ta bonté secourable,
Et dans ton sang cherchent à se laver.

Seconde leurs efforts, dissipe l'ombre noire,
Qui dès longtemps les tient enveloppés ;
Et que l'heureux séjour d'une immortelle gloire
Soit l'objet seul de leurs cœurs détrompés.

Exauce, Père saint, notre ardente prière,
Verbe son Fils, Esprit leur nœud divin,
Dieu qui, tout éclatant de ta propre lumière,
Règnes au ciel sans principe et sans fin.

(Hymne des matines du jeudi, « traduction » de Jean Racine)

04 novembre 2009

Saint Charles Borromée

Il est le fils cadet d'une noble famille italienne. Il naît à Arona, au château Borromée au sein de l'opulence et des grandeurs. Sa vocation se révèle d'une manière si remarquable, que son père le destine au service des autels.

Neveu du Pape Pie IV, nommé cardinal à 22 ans, il reçoit les plus hautes et les plus délicates missions.

Il reste laïc, grand amateur de chasse et de musique de chambre. Mais la conscience de son devoir est telle qu'il s'impose dans la vie mondaine et brillante de Rome, par sa rigueur et son travail. Au moment de la mort subite de son frère aîné, alors qu'il pourrait quitter l'Église pour la charge de chef d'une grande famille, il demande à devenir prêtre. Désormais, il accomplit par vocation ce qu'il réalisait par devoir.

Devenu archevêque de Milan, il crée des séminaires pour la formation des prêtres. Il prend soin des pauvres alors qu'il vit lui-même pauvrement. Il soigne lui-même les pestiférés quand la peste ravage Milan en 1576. Il demande à tous les religieux de se convertir en infirmiers. Les années passent. Malgré le poids des années, il n'arrête pas de se donner jusqu'à l'épuisement. «Pour éclairer, la chandelle doit se consumer,» dit-il à ceux qui lui prêchent le repos.

Il meurt à l'âge de 46 ans.

(Lu sur le site de la paroisse Saint-Charles Borromée, diocèse de Sault Sainte-Marie, Ontario, Canada.)

03 novembre 2009

Rerum, Deus, tenax vigor

Rerum, Deus, tenax vigor,
Immotus in te permanens,
Lucis diurnæ tempora
successibus determinans :

Largire clarum vespere,
Quo vita numquam decidat,
Sed præmium mortis sacræ
Perennis instet gloria.

Præsta, Pater piissime,
Patrique compar Unice,
Cum Spiritu Paraclito
Regnans per omne sæculum. Amen.

Immuable vigueur qui soutiens toutes choses,
Qu'à toutes on voit présider,
Qui de tous les moments absolument disposes,
Les fais s'entre-produire et s'entre-succéder,

Donne un soir éclairé, qui fermant notre vie
Nous ouvre un tranquille avenir,
Où pour prix d'une course heureusement finie
Nous trouvions une gloire à ne jamais finir.

Que le Père et le Fils accordent cette grâce
A l'humble ferveur de nos vœux,
Eux qui règnent sans fin dans cet immense espace
Que remplit l'Esprit Saint, qui n'est qu'un avec eux.

(Hymne de none, traduction Pierre Corneille.)

02 novembre 2009

Commémoration de tous les fidèles défunts

La commémoration de tous les fidèles défunts incite à penser aux morts en général, aux morts de sa famille en particulier, et, par contrecoup, à notre propre mort. Il y a des gens qui ne pensent jamais à la mort. Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible. Car enfin, s'il y a une seule chose dont on soit certain pour l'avenir, et il n'y en a aucune autre dont nous puissions être certains, c'est que nous allons mourir. C'est donc un événement essentiel. C'est même le seul événement essentiel de notre vie à venir. Or on se prépare pour tous les grands événements. Il faut donc se préparer à la mort. Maintenant, et tout le temps. Cela n'a rien de sinistre. Car penser à la mort, c'est penser à Dieu. C'est se mettre en présence de Dieu, amour, lumière, liberté, miséricorde, plénitude de vie. Si l'on pensait à la mort en permanence, on ne pècherait pas, comme l'ont dit et répété les maîtres spirituels. C'est pourquoi saint Barsanuphe de Gaza donnait cette consigne : « Sois vigilant et attends la mort. » Cette veille constante est un enseignement du Seigneur dans l'Evangile. Il s'agit de veiller en attendant... l'Epoux, qui arrive au milieu de la nuit. Veiller consiste à tenir toujours allumée la lampe de la charité : l'amour de Dieu et du prochain. Attendre la mort, non seulement ce n'est pas triste, mais c'est le secret de la joie.

01 novembre 2009

La Toussaint

Cette année, la Toussaint tombe un dimanche. Le dimanche qui suit la fête du Christ Roi. Ce jour du Seigneur est plus que tout autre le jour du Royaume, le Royaume de Dieu qui est le royaume des saints. Ceux-ci ne sont pas les sujets du roi mais des participants de sa royauté. « Les saints règnent avec Jésus-Christ », rappelle le Concile de Trente.

Ce règne est présent, car l'Eglise est déjà le royaume de Jésus-Christ, « de sorte que dès à présent les saints de Dieu règnent avec lui, mais autrement qu'ils ne régneront plus tard », souligne saint Augustin dans la Cité de Dieu.

Saint Augustin précise : « Ceux-là seuls règnent avec lui qui font ce que dit l'Apôtre : "Si vous êtes ressuscités avec Jésus-Christ, goûtez les choses du ciel, où Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu". (...) Ceux-là règnent avec lui, qui sont tellement dans son royaume qu'ils sont eux-mêmes son royaume. »

31 octobre 2009

Le préfet de la Congrégation pour la liturgie célèbre la Toussaint selon l’ancien missel

Lu sur le blog Summorum Pontificum :

Le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, célèbre ce dimanche 1er  novembre, en la fête de la Toussaint, une Messe solennelle pontificale en l'église Ss. Trinità dei Pelligrini, à 10 h 30.

Cette église est le siège de la paroisse personnelle que le Saint Père, en qualité d'évêque de Rome, a accordée à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.

(Ce n'est certes pas la première fois que le cardinal Cañizares Llovera célèbre la messe de saint Pie V, mais à ma connaissance c'est la première fois depuis qu'il est le chef du dicastère en charge de la liturgie de l'Eglise. C'est donc un événement, dont le sens n'échappera à personne...)

Vigile de la Toussaint

Préparons nos âmes aux grâces que le ciel s'apprête à verser sur la terre, en retour des hommages de celle-ci. Telle  sera demain l'allégresse de l'Eglise, qu'elle semblera déjà se croire en possession de l'éternité. Aujourd'hui pourtant, c'est sous les livrées de la pénitence qu'elle se montre à nos yeux, confessant bien qu'elle n'est qu'une exilée. Avec elle, jeûnons  et prions. Nous aussi, que sommes-nous que des voyageurs, en ce monde où tout passe et se hâte de mourir? D'années en années, la solennité qui va s'ouvrir compte parmi nos compagnons d'autrefois des élus nouveaux qui bénissent nos pleurs et sourient à nos chants d'espérance. D'années en années, le terme se rapproche où nous-mêmes, admis à la fête des cieux, recevrons l'hommage de ceux qui nous suivent, et leur tendrons la main pour les aider à nous rejoindre au pays du bonheur sans fin. Sachons, dès cette heure, affranchir nos âmes; gardons nos cœurs libres, au sein des vaines sollicitudes, des plaisirs faux d'une terre étrangère: il n'est pour l'exilé d'autre souci que celui de son bannissement, d'autre joie que celle où il trouve l'avant-goût de la patrie.

(L'Année liturgique)

[La vigile de la Toussaint a été supprimée en 1955, en même temps que celles de l'Épiphanie, de l'Immaculée Conception, et des Apôtres à l'exception de celle des saints Pierre et Paul. Mais elle figure toujours dans le calendrier bénédictin du Barroux. Donc je la garde aussi.]

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