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Liturgie

  • Saint Joseph Calasanz

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    (…) Il est prouvé en effet, par des documents sérieux et indubitables que Calasance fonda la première école publique de l'Europe pour l'instruction gratuite des enfants pauvres et abandonnés; il le fit dans cette ville de Rome, à l'église de Sainte Dorothée, près du pont de Xyste, en l'année 1597. C'est d'ailleurs depuis son ordination sacerdotale reçue en Espagne, sa patrie, alors qu'il était Vicaire général du diocèse d'Orgel, que le Serviteur de Dieu se sentit appelé d'en haut à s'attaquer à cette œuvre si salutaire et si indispensable à son époque. On raconte, en effet, que lorsqu'il séjournait dans cette ville, il entendit une voix intime lui répéter à plusieurs reprises : Va à Rome, Joseph, va à Rome. Comme, l'esprit divisé, il hésitait, il vit en songe une multitude innombrable d'enfants. Lui-même exhortait ces esprits encore tendres et ces cœurs juvéniles et les instruisait dans les domaines de la piété et des lettres en les enseignant. Joseph se souvint de cette vision lorsque, venu à Rome, il vit un jour, en traversant une place publique, une véritable armée d'enfants exposant des choses honteuses avec une telle licence qu'ils faisaient la preuve plus que suffisante de leur précoce corruption. Sitôt qu'il a reconnu ces choses, il est pris de pitié, et entend en lui-même ces paroles du Saint-Esprit : « Voilà que le pauvre est abandonné : tu seras le secours de l'orphelin. » Calasance fonde alors, comme Nous l'avons dit, ces Ecoles qu'il voulut qu'on appela pies, montrant ainsi clairement leur nature et leur fin. Notre Seigneur et sa très Sainte Mère ne cessaient jamais de les protéger manifestement au travers des difficultés, adversités et nombreuses persécutions. Beaucoup de Nos prédécesseurs, depuis leur fondation, leur témoignèrent leur faveur bienveillante.

    Clément VIII, en effet, dès qu'il eut connaissance de la décision de Calasance d'éduquer gratuitement les enfants du peuple, couvrit l'entreprise de son patronage et il eût approuvé officiellement les Écoles pies s'il n'en avait été empêché par la mort. Paul V déclara que l'œuvre de Joseph avait « Dieu pour auteur » et en 1617, institua la Congrégation des Écoles Pies qu'il voulut qu'on nommât de son nom « Pauline ». Grégoire XV à qui Joseph, éclairé par la lumière divine, avait prédit son élection au Souverain Pontificat, fut le principal ami du Saint et de ses compagnons : par sa Constitution apostolique « In supremo apostolatus solio » de l'an 1621, il éleva la Congrégation Pauline au rang d'Ordre religieux et approuva peu après ses Constitutions; Urbain VIII défendit que d'autres usent du nom des Écoles Pies dans un but lucratif; Alexandre VII introduisit la cause de Béatification de Joseph; Clément IX approuva et confirma toutes les faveurs et tous les privilèges concédés par Grégoire XV à l'ordre des Écoles Pies; Clément XI déclara de même solennellement que la mission de Joseph lui avait été inspirée du ciel spécialement « pour montrer l'exemple d'une éducation universelle chrétienne et populaire ». Benoît XIV ensuite, qui appela Calasance le « Job de la loi de grâce », le plaça au nombre des « Bienheureux » il y a exactement deux siècles, comme Nous le disions plus haut. Clément XIII le recensa dans l'album des Saints en l'année 1767. Enfin Benoît XV, d'heureuse mémoire, à notre époque en un document édité en 1917, sanctionna hautement le primat du Saint fondateur des Écoles pies en ce qui concerne l'éducation gratuite des enfants pauvres. Rien d'étonnant dès lors si les Écoles pies, appuyées par de tels secours célestes, encouragées par tant de louanges et de suffrages et protégées contre leurs détracteurs, ont pu se répandre en peu de temps en Italie, en Europe et en Amérique, produire partout des fruits abondants de vertu, et de science et y fleurir encore aujourd'hui pour l'ornement et la joie de la Sainte Église et pour l'utilité de la jeunesse chrétienne. De celle-ci, Saint Joseph Calasance doit être considéré comme un des Pères les plus importants et un Maître très aimé. Nous avons rappelé toutes ces choses à votre souvenir et désirons nous attacher à suivre les traces de tous les Pontifes romains qui Nous précédèrent dans cette chaire de Pierre durant ces trois derniers siècles. Notre cher fils, le Procureur général de l'ordre des Pauvres Clercs réguliers des Écoles pies de la Mère de Dieu, exprimant le vœu de tout son Ordre, Nous a demandé humblement mais instamment de perpétuer la mémoire de la célébration de ce double centenaire dont Nous avons parlé et de daigner choisir dans Notre bienveillance, Saint Joseph Calasance comme Patron de l'éducation populaire, suivant un vœu déjà ancien des fils de Calasance, autrefois manifesté au Siège Apostolique. Nous avons bien volontiers décidé d'accéder à ce désir. C'est pourquoi, ayant pris l'avis de Notre Vénérable Frère le Cardinal S. E. R. Clément Micara, évêque de Velletri, et Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites, par la teneur des présentes Lettres, et la plénitude de Notre pouvoir Apostolique, Nous constituons, choisissons et déclarons à jamais Saint Joseph Calasance, Confesseur, Patron céleste auprès de Dieu de toutes les écoles chrétiennes populaires existantes partout dans le monde, nonobstant toutes choses contraires.

    Lettre de Pie XII, 13 août 1948, à l’occasion du troisième centenaire de la mort de saint Joseph Calasanz. Si Benoît XIV (avant même d’être pape et de le béatifier) avait appelé Joseph le « Job de la loi de grâce », c’est parce qu’entre autres avanies, il avait été emprisonné par l’Inquisition, et qu’il vit peu avant sa mort sa congrégation florissante supprimée par un pape…

  • Saint Zéphyrin

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    Louis Sébastien Le Nain de Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, tome 3, seconde édition, 1701

  • La messe à Quimper

    On me signale, en commentaire de ma note sur l’arrivée dans le diocèse de Quimper de l’abbé Loïc Courtois, que ce prêtre de la Fraternité Saint Pierre (ordonné en 2012, à Bordeaux depuis 2014) célébrera la messe selon la forme extraordinaire tous les dimanches à partir du 11 septembre en l’église Saint-Mathieu à Quimper (c’est l’église de ma confirmation…).

  • Saint Louis

    Les trois collectes de la messe, commentées par le bienheureux cardinal Schuster.

    Deus, qui beátum Ludovícum Confessórem tuum de terréno regno ad cæléstis regni glóriam transtulísti : eius, quǽsumus, méritis et intercessióne ; Regis regum Iesu Christi, Fílii tui, fácias nos esse consórtes : Qui tecum vivit et regnat.

    « Seigneur, qui avez fait passer du trône terrestre au trône céleste le bienheureux roi Louis ; par ses mérites et son intercession faites que nous aussi méritions d’avoir part à l’héritage du Christ Jésus, Roi des rois ». Aujourd’hui l’Église, dans cette première collecte, rappelle les fidèles au sens de cette dignité royale que, par notre incorporation au Christ Roi et Prêtre, nous avons obtenue dans le sacrement du Baptême. Si les chrétiens appartiennent tous à cette dynastie sacrée instituée par le Christ, — regale sacerdotium — il convient qu’ils sachent se dominer et tiennent leurs passions assujetties. On attribue à saint Colomban une belle parole qui se rapporte à cette liberté royale que doit garder intacte le chrétien. A un roi tyran, ce saint abbé dit un jour : si aufers libertatem, aufers dignitatem [si tu enlèves la liberté, tu enlève la dignité].

    Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, sicut beátus Ludovícus Conféssor tuus, spretis mundi oblectaméntis, soli Regi Christo placére stúduit ; ita eius orátio nos tibi reddat accéptos. Per eúndem Dóminum.

    « Comme le bienheureux confesseur Louis, ayant méprisé les délices du monde, s’efforça de plaire uniquement à Dieu ; ainsi nous vous demandons. Seigneur, que son intercession nous rende agréables à Vous ». Il n’est rien de plus vil que de transiger avec sa conscience pour ne pas déplaire aux hommes. Avec la meilleure bonne volonté, avec le tact et la prudence la plus circonspecte, il est impossible de contenter tout le monde. Saint Paul essaya de le faire, mais lui-même écrivit : Si adhuc hominibus placerem, Christi servus non essem [si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ]. Le Psalmiste a un mot très fort contre ces lâches victimes du respect humain : disperdet ossa eorum qui hominibus placent, quoniam Deus sprevit eos [Dieu a brisé les os de ceux qui cherchent à plaire aux hommes, parce qu’il les a méprisés].

    Deus, qui beátum Confessórem tuum Ludovícum mirificásti in terris, et gloriósum in cælis fecísti : eúndem, quǽsumus, Ecclésiæ tuæ constítue defensórem. Per Dóminum nostrum.

    « Seigneur, qui avez rendu illustre sur la terre, puis glorieux dans le ciel, le bienheureux confesseur Louis, établissez-le aussi défenseur de votre Église ». Le nombre est-il assez grand, de ceux qui évoquent avec passion les noms des souverains des anciennes dynasties françaises ? Et pourtant, le nom de saint Louis IX exprime encore, pour cette nation, tout un programme et un idéal de foi, de pureté, de valeur et d’honneur qui élève les lis de la vraie France catholique d’autant plus haut qu’est descendue davantage dans la fange la faction jacobine adverse, destructrice de sa propre patrie.

  • Double première en Ecosse

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    L’évêque de Dunkeld, Mgr Stephen Robson, a conféré dimanche le sacrement de confirmation à trois enfants selon le rite traditionnel. Puis il a assisté à une première messe célébrée selon la forme extraordinaire par l’abbé Ninian Doohan, qu’il a ordonné en la fête de l’Assomption en sa cathédrale de Dundee (la vénérable cathédrale de Dunkeld étant occupée par la soi-disant « Eglise d’Ecosse » depuis quelques siècles). - Photos ici.

    La messe traditionnelle a commencé à être célébrée à la chapelle Saint-Joseph, dans le complexe des bâtiments diocésains, l’an dernier (par un prêtre de la FSSP), au rythme d’une fois par mois. C’est désormais deux fois par mois…

  • Saint Barthélemy

    Dans le calendrier byzantin, saint Bathélemy est fêté le 11 juin, en même temps que saint Baranabé. Et le 25 août (donc demain) a lieu la fête de la translation de ses reliques. Lucernaire :

    Disons à juste titre bienheureux
    l'illustre Barthélemy
    comme un soleil aux mille feux, comme un astre sans déclin,
    comme le ciel vivant qui décrit
    la gloire salutaire de notre Dieu,
    le héraut divin, le flambeau des nations,
    le fleuve répandant les flots du savoir
    pour en abreuver tous les cœurs.

    Tes voyages en mer,
    saint apôtre Barthélemy,
    ont laissé voir une splendeur qui dépasse tout esprit;
    déposé dans un cercueil, en effet,
    de l'Orient jusqu'à l'Occident
    tu voguas en compagnie
    d'illustres Martyrs qui te faisaient une escorte d'honneur
    sur l'ordre du Seigneur tout-puissant.

    Tu sanctifias les flots
    par ton admirable traversée
    et tu arrivas sur l'île de Lipari,
    fleurant bon la myrrhe et guérissant les douleurs incurables,
    devenant un sauveur pour ses habitants,
    un refuge, un protecteur,
    un défenseur auprès du Roi qui sauve l'univers,
    bienheureux apôtre Barthélemy.

    (…)

    Ton chemin passa sur la mer,
    ton sentier sur les grandes eaux,
    lorsque tu partis de l'Orient,
    déjà mort depuis de longues années,
    illustre apôtre Barthélemy,
    car les Justes sont vivants pour les siècles
    selon le dessein providentiel de ton Maître, le Christ notre Dieu;
    saint Apôtre, supplie-le
    de nous accorder la grâce du salut.

    Il existe plusieurs versions de la vie et de la mort de saint Barthélemy, et du destin de ses reliques. La liturgie byzantine illustre la version selon laquelle le corps de saint Barthélémy, martyrisé en Arménie et enterré sur le lieu de son martyre, où se produisaient de nombreux miracles, fut transféré dans la ville nouvelle d’Anastasiopolis, construite par l’empereur Anastase (491-518) à l’est de l’empire. Lorsque la ville fut prise par l’empereur perse Chosroès, en 573, les chrétiens prirent les reliquaires de saint Barthélemy et de quatre autres saints et s’enfuirent. Ils furent rattrapés sur la Mer Noire par les païens qui jetèrent les reliquaires à la mer. Or ceux-ci surnagèrent et traversèrent les mers. Celui de saint Barthélemy s’échoua sur l’île de Lipari. Ce qui fut révélé en songe à l’évêque Agathon qui alla avec son clergé récupérer les reliques, et les installer avec tous les honneurs dans sa cathédrale, qui devint, et qui est toujours, la cathédrale Saint-Barthélemy. De la myrrhe découlait du reliquaire de l’apôtre, qui guérissait les malades. (En 839 les Sarrasins prirent et dévastèrent l’île. Les reliques de saint Barthélemy furent transférées à Bénévent. Et ensuite à Rome, par Othon III, dans la basilique de l’île Tibérine qu’il fit édifier à cet effet.)

  • Saint Philippe Béniti

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    Entré dans l’ordre des Servites, Philippe Béniti (en italien Benizi) se fit le grand propagateur de cette institution nouvellement créée, puis en devint le général. Un jour, dans un faubourg de Sienne, il donna son manteau à un lépreux quasiment nu. Lequel fut aussitôt guéri. Les cardinaux étaient alors réunis pour trouver un successeur à Clément IV. Le miracle était le signe que le nouveau pape devait être Philippe Béniti, déjà connu pour sa sainteté et sa sagesse. Mais Philippe alla se cacher dans une grotte du mont Amiata, où il demeura jusqu’à l’élection de Grégoire X. Cette grotte a été depuis lors transformée en chapelle. Tout près se trouvent les « bains de saint Philippe », dont les eaux étaient connues depuis l’antiquité et qui deviendront une station thermale réputée lorsque les Médicis iront s’y faire soigner. Ces eaux chaudes extrêmement calcaires (et riches en sulfate de magnésium) forment des concrétions spectaculaires.

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  • Orientation

    Conversio. Jésus, notre prêtre, se retourne, les bras ouverts, pour lui ouvrir Son cœur, vers le corps fait d’âmes dont Il convoie vers Son Père l’imploration. Ainsi fait Son représentant à la messe quand il se tourne vers le peuple en disant: Dominus vobiscum.

    Et à ce propos qu’il me soit permis d’exprimer mon peu de goût pour l’usage qui tend à s’établir, ou, paraît-il, à se rétablir, de dire toute la messe, face au peuple. J’y trouve un contresens liturgique. Le prêtre parle à Dieu au nom du peuple, il doit donc tourner le visage vers Dieu, de même que l’Eglise est orientée vers le Soleil levant. De temps en temps seulement il se retourne vers le peuple, comme pour lui dire de faire attention, pour l’associer à l’acte auguste qu’il est en train d’accomplir et pour lui dire : Respice in faciem Christi tui. La raison de la messe, ce n’est pas essentiellement le bien du peuple, c’est la gloire de Dieu. Il fallait trouver un moyen qui est celui de ces conversions répétées pour apporter et apporter encore l’assistance, à l’assistance pour la faire participer aux différentes phases de l’acte sacrificiel. De là l’importance de traduire par un mouvement physique les invitations rituelles.

    J’ai trouvé ce texte dans le livre de Paul Claudel sur le Cantique des cantiques (p. 409). A priori il ne fait que dire ce que nous pensons. Sauf qu’il a été écrit en… 1944. Indice parmi d’autres que non seulement « le Concile » n’a pas demandé de célébrer la messe à l’envers, mais qu’il n’y est même pour rien.

  • Le Cœur immaculé de Marie

    Acte de consécration des prêtres au Cœur immaculé de Marie, par Benoît XVI, le 12 mai 2010 à Fatima.

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    Mère Immaculée,
    en ce lieu de grâce,
    convoqués par l’amour de ton Fils Jésus,
    Grand et Eternel Prêtre,
    nous, fils dans le Fils et ses prêtres,
    nous nous consacrons à ton Cœur maternel,
    pour accomplir fidèlement la Volonté du Père.

    Nous sommes conscients que, sans Jésus,
    nous ne pouvons rien faire de bon (cf. Jn 15, 5)
    et que, seulement par Lui, avec Lui et en Lui,
    nous serons pour le monde
    des instruments de salut.

    Épouse de l’Esprit Saint,
    obtiens-nous l’inestimable don
    d’être transformés dans le Christ.
    Par la puissance même de l’Esprit qui,
    étendant sur Toi son ombre,
    t’a rendue Mère du Sauveur,
    aide-nous afin que le Christ, ton Fils,
    naisse aussi en nous.
    Que l’Église puisse ainsi
    être renouvelée par de saints prêtres,
    transfigurée par la grâce de Celui
    qui fait toutes choses nouvelles.

    Mère de Miséricorde,
    c’est ton Fils Jésus qui nous a appelés
    à devenir comme Lui :
    lumière du monde et sel de la terre
    (cf. Mt 5, 13-14).

    Aide-nous,
    par ta puissante intercession,
    à ne jamais trahir cette sublime vocation,
    à ne pas céder à nos égoïsmes,
    aux séductions du monde
    et aux suggestions du Malin.

    Préserve-nous par ta pureté,
    garde-nous par ton humilité
    et enveloppe-nous de ton amour maternel,
    qui se reflète en de nombreuses âmes
    consacrées à toi,
    devenues pour nous
    d’authentiques mères spirituelles.

    Mère de l’Église,
    nous, prêtres,
    nous voulons être des pasteurs
    qui ne paissent pas pour eux-mêmes,
    mais qui se donnent à Dieu pour leurs frères,
    trouvant en cela leur bonheur.
    Non seulement en paroles, mais par notre vie,
    nous voulons répéter humblement,
    jour après jour,
    notre « me voici ».

    Guidés par toi,
    nous voulons être des Apôtres
    de la Miséricorde Divine,
    heureux de célébrer chaque jour
    le Saint Sacrifice de l’Autel
    et d’offrir à tous ceux qui nous le demandent
    le Sacrement de la Réconciliation.

    Avocate et Médiatrice de la grâce,
    Toi qui es entièrement immergée
    dans l’unique médiation universelle du Christ,
    demande à Dieu, pour nous,
    un cœur complètement renouvelé,
    qui aime Dieu de toutes ses forces
    et serve l’humanité comme toi-même tu l’as fait.

    Redis au Seigneur
    cette parole efficace :
    « ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3),
    afin que le Père et le Fils répandent sur nous,
    comme dans une nouvelle effusion
    l’Esprit Saint.

    Plein d’émerveillement et de gratitude
    pour ta présence continuelle au milieu de nous,
    au nom de tous les prêtres,
    moi aussi je veux m’exclamer :
    « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 43)

    Notre Mère depuis toujours,
    ne te lasse pas de « nous visiter »,
    de nous consoler, de nous soutenir.
    Viens à notre secours
    et libère-nous des dangers
    qui nous menacent.
    Par cet acte d’abandon et de consécration,
    nous voulons t’accueillir de façon
    plus profonde et radicale,
    pour toujours et pleinement,
    dans notre existence humaine et sacerdotale.

    Que ta présence fasse refleurir le désert
    de nos solitudes et briller le soleil
    sur nos obscurités,
    qu’elle fasse revenir le calme après la tempête,
    afin que chaque homme voie le salut
    du Seigneur,
    qui a le nom et le visage de Jésus,
    réfléchi dans nos cœurs,
    pour toujours unis au tien !

    Ainsi soit-il !

  • 14e dimanche après la Pentecôte

    Ce dimanche est selon la façon traditionnelle de compter (hélas abandonnée en 1960) le 4e dimanche d’août. Dans le bréviaire monastique, comme avant 1960 dans le bréviaire romain, il y a au deuxième nocturne des matines une lecture qui est le début de l’exposition du « sens moral » du livre de Job par saint Grégoire le Grand. Voici ce texte dans la traduction du « sieur de Laval », pseudonyme de Louis-Charles d’Albert, duc de Luynes (1666).

    Il y avait dans la terre d’Hus un homme qui s’appelait Job. Puisque le nom de Job signifie : plein de douleur, et celui de Hus : plein de conseil, c’est avec raison qu’ils figurent l’un et l’autre chacun des élus ; d’autant que celui qui, ressentant de la douleur des choses présentes, aspire continuellement aux éternelles, habite sans doute dans une âme qui prend un salutaire conseil. Car il y a des personnes qui négligent de telle sorte le règlement de leur vie, que, ne recherchant que les seuls biens passagers et ne pensant pas seulement aux éternels ou les méprisant lorsqu’ils y pensent, ils n’en ressentent pas la moindre douleur et sont incapables de prendre quelque bon conseil et de former aucun dessein qui soit salutaire. Ils ne font nulle attention sur les biens célestes qu’ils ont perdus, et, misérables qu’ils sont en un état si funeste, ils s’estiment bienheureux dans la possession des biens de la terre. Ils n’élèvent jamais les yeux de leur âme vers la lumière de la vérité, pour laquelle la Bonté de Dieu les avait formés. Ils n’aspirent point par les élans de leurs désirs vers les joies ineffables de la céleste patrie, mais s’oubliant malheureusement eux-mêmes dans la jouissance de ces choses basses auxquelles ils se sont abandonnés, ils aiment ce lieu d’exil où ils ont été relégués comme si c’était leur véritable patrie, et se réjouissent dans les ténèbres de leur aveuglement déplorable, comme s’ils étaient éclairés de la plus brillante lumière.

    Les élus, au contraire, voyant que tout ce qui est passager n’est rien, n’aspirent qu’au bonheur pour lequel ils ont été mis au monde. Et comme hors de Dieu, rien n’est capable de les satisfaire, après s’être inutilement lassés dans la vaine recherche des biens périssables, toutes leurs pensées vont se reposer dans l’espérance et la contemplation de leur Créateur. Ils brûlent du désir d’être associés à la bienheureuse compagnie des célestes citoyens. Quoiqu’ils soient encore en ce monde, ils sortent néanmoins en esprit comme hors du monde. Ils déplorent continuellement le malheureux exil auquel ils sont relégués, et ils s’élèvent sans cesse par les élans de leur amour vers la sublime patrie.

    De sorte que, considérant avec douleur que ce qu’ils ont perdu est éternel, ils forment le conseil si salutaire de mépriser tout ce qui, étant sujet au temps, ne fait que passer ; et plus la lumière de ce divin conseil éclaire leur âme, pour lui faire abandonner les biens périssables, plus la douleur, dont ils sont touchés, s’accroît de ce que cette lumière et cette sagesse ne sont pas encore arrivées au comble de leur dernière perfection. Et c’est ce qui fait dire à Salomon : Celui qui augmente sa science augmente sa douleur (Eccl. 1,18) puisqu’il ressent d’autant plus de douleur d’être retenu dans les choses basses et terrestres qu’il connaît plus clairement les biens sublimes qu’il ne possède pas encore. C’est donc avec beaucoup de raison qu’il est dit ici que Job habitait dans la terre d’Hus ; puisque, ainsi que nous venons de le faire voir, l’esprit affligé de chaque élu est rempli d’un sage conseil et d’une science salutaire.

    Il faut aussi remarquer qu’il n’y a nulle peine et nulle douleur d’esprit dans les actions inconsidérées et imprudentes. Car ceux qui agissent sans conseil et sans prévoyance, et qui s’abandonnent aveuglément à la fortune et au hasard des événements, ne sont nullement tourmentés par l’inquiétude et par toutes ces différentes pensées qui fatiguent un esprit qui délibère. Mais celui qui fixe solidement son esprit par la maturité du conseil et de la raison s’observe avec circonspection et avec prudence dans toutes ses actions ; et de peur qu’il ne soit surpris par quelque événement inopiné et quelque obstacle imprévu, il examine d’abord la chose, en la sondant doucement par sa prévoyance, et comme avec le pied de sa pensée, afin que, lorsqu’il lui faudra agir, la crainte ne le retienne pas ; que lorsqu’il lui faudra différer, l’inconsidération ne le précipite point ; que dans le mal, la concupiscence ne le surmonte point à guerre ouverte et que la vaine gloire ne le fasse tomber dans des pièges secrets et cachés. Il est donc vrai de dire que Job habite dans la terre d’Hus lorsque l’esprit d’un élu est d’autant plus fatigué par le travail de marcher dans la voie étroite qu’il fait plus d’efforts pour se conduire en toutes ses actions avec conseil, avec prudence.

  • Saint Bernard

    Saint Bernard a bien mérité d’être appelé « le dernier des Pères de l’Eglise ». Car ses écrits sont de la même eau, ou plutôt du même vin, du même Esprit. Et il brille comme l’héritier à la fois d’Origène et de saint Augustin, seul de son espèce.

    En outre, le style de saint Bernard est une constante source d’émerveillement. Il peut écrire des paragraphes entièrement tissés de citations de l’Ecriture, et qui sont pourtant caractéristiques de sa spiritualité. Et il est un tel virtuose des parallèles, des oppositions, multipliant les assonances et les allitérations, que cela frôlerait parfois la préciosité si ce n’était au service d’une pensée aussi profonde, d’une exégèse aussi inspirée. Exemple célèbre, avec chiasme et double paronomase, comme disent les grammairiens : « Iesus mel in ore, in aure melos, in corde iubilus » (Jésus miel dans la bouche, dans l’oreille mélodie, dans le cœur jubilation : sermon 15 sur le Cantique).

    C’est pourquoi, si l’on connaît un peu de latin, il faut absolument lire saint Bernard dans le texte. Aucune traduction ne peut rendre compte de son génie de la langue latine, de son caractère éminemment poétique au service du Mystère.

    Quelques spécialistes ont étudié son style. Christine Mohrmann a montré que certains passages étaient de véritables poèmes, avec une métrique et des rimes. Ainsi la fin célèbre de la deuxième homélie « à la louange de la Vierge Mère » est-elle un hymne à l’Etoile de la Mer que l’on peut très facilement découper en vers :

    O quisquis te intelligis
    in huius saeculi profluvio
    magis inter procellas et tempestates fluctuare,
    quam per terram ambulare
    ne avertas oculos a fulgore huius sideris,
    si non vis obrui procellis !

    Ô qui que tu sois, qui te vois,
    dans les fluctuations de ce monde,
    ballotté au milieu des bourrasques et des tempêtes
    plutôt que marchant sur la terre ferme,
    ne détourne pas les yeux de l'éclat de cet astre
    si tu ne veux pas être submergé par les flots.

    Si insurgant venti tentationum,
    si incurras scopulos tribulationum,
    respice stellam,
    voca Mariam.

    Si se lèvent les vents de la tentation,
    si tu cours aux écueils des épreuves,
    regarde l'étoile,
    appelle Marie.

    Si iactaris superbiae undis
    si ambitionis,
    si detractionis,
    si aemulationis
    respice stellam,
    voca Mariam.

    Si tu es secoué par les vagues de l'orgueil,
    ou de l'ambition,
    ou de la médisance,
    ou de la jalousie,
    regarde l'étoile,
    appelle Marie.

    Si iracundia,
    aut avaritia
    aut carnis illecebra
    naviculam concusserit mentis,
    respice ad Mariam.

    Si la colère,
    ou l'avarice,
    ou les attraits de la chair
    ébranlent la nacelle de ton âme,
    regarde vers Marie.

    Si criminum immanitate turbatus,
    conscientiae foeditate confusus,
    iudicii horrore perterritus,
    barathro incipias absorberi tristitiae
    desperationis abysso
    cogita Mariam.

    Si troublé par l'énormité de tes fautes,
    accablé par la souillure de ta conscience,
    épouvanté par l'horreur du jugement,
    tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse,
    dans l'abîme du désespoir,
    pense à Marie.

    In periculis,
    in angustiis,
    in rebus dubiis
    Mariam cogita,
    Mariam invoca.

    Dans les dangers,
    les angoisses,
    les doutes,
    pense à Marie,
    invoque Marie.

    Non recedat ab ore,
    non recedat a corde,
    et ut impetres ejus orationis suffragium,
    non deseras conversationis exemplum.

    Qu'elle ne quitte pas ta bouche,
    qu'elle ne quitte pas ton cœur.
    Et pour obtenir le secours de ses prières,
    ne t'écarte pas de l'exemple de sa vie.

    Ipsam sequens non devias,
    Ipsam rogans non desperas,
    Ipsam cogitans, non erras.

    En la suivant, impossible de s'égarer ;
    en la priant, de te décourager ;
    en pensant à elle, d'errer.

    Ipsa tenente non corruis,
    Ipsa protegente non metuis,
    Ipsa duce non fatigaris,
    Ipsa propitia pervenis.

    Ta main dans la sienne, pas de chute ;
    sous sa protection, pas de crainte ;
    sous sa conduite, pas de fatigue ;
    avec son appui, tu touches au but.

    Et sic in temetipso experiris
    quam merito dictum sit :
    Et nomen Virginis Maria.

    Et ainsi, en toi-même, tu expérimenteras
    comme est juste cette parole:
    Et le nom de la Vierge était Marie.

    (Traduction Sources chrétiennes)

  • Saint Jean Eudes

    L’intérêt, pour moi, de ces notes liturgiques quotidiennes, est que je découvre des saints que, sans cela, je n’aurais jamais cherché à connaître. Année après année, je les connais mieux. Il en est que j’apprécie de plus en plus, d’autres que j’aime de moins en moins. Au nombre de ces derniers est saint Jean Eudes. J’ai toujours eu en horreur son expression « Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie », qui dénote une abyssale incompréhension du symbolisme de l’unique Sacré Cœur, et je suis chaque année plus atterré de voir cette expression reprise dans l’oraison de la messe.

    Si l’on peut comprendre cette expression, c’est seulement dans le cadre du sentimentalisme dégoulinant de la piété de saint Jean Eudes. Sentimentalisme qui va de pair avec son mépris de la liturgie (qui ne lui est pas propre mais est pire encore que celui dont témoignait avant lui sainte Thérèse d’Avila). Ainsi dans ses séminaires disait-on les vêpres et les complies à 14h et les matines à 17h45. Et dans l’emploi du temps détaillé on ne voit pas d’heure pour la messe…

    Cette année je tombe sur une lettre « à la Sœur Marie de Taillepied ». Elle commence ainsi :

    Au nom et de la part de Jésus qui est votre tout et le mien, ma très chère Sœur, en sa personne, en son esprit et en son amour, je vous donne pour ce mois et pour votre éternité la grande solennité de Jésus, que nous célébrons le vingt de ce mois.

    C'est une des trois grandes solennités qui se font continuellement dans le ciel. Si Notre-Seigneur vous y appelle bientôt, vous l'y ferez avec joie et grande réjouissance, pendant que nous la ferons ici-bas en douleur et en angoisse. Nous solenniserons, vous et moi, une même fête, mais hélas ! ce sera d'une manière bien différente.

    Je ne puis penser à ceci sans larmes et sans soupirs. Hélas ! qui ne soupirerait et ne pleurerait amèrement ? Je ne pleure point sur vous, mais sur moi. Ah ! ma chère et bien-aimée Sœur, si vous avez quelque petit grain de charité pour votre pauvre Père, suppliez Notre-Seigneur, lorsque vous serez auprès de lui, de me tirer bientôt hors de ce lieu de péché et d'imperfections, pour me mettre en un lieu et dans un état où on l'aime purement, parfaitement et continuellement.

    La fête dont il parle fut inventée moins de 20 ans avant cette lettre, par Bérulle, qui la fit célébrer à l’Oratoire le 28 janvier. On voit que saint Jean Eudes, quittant l'Oratoire, l’avait transférée motu proprio au 20 janvier… Et il ose parler de cette invention, qui ne correspond à rien dans l’année liturgique, et qui n’entrera jamais dans le calendrier romain, comme « une des trois grandes solennités qui se font continuellement dans le ciel »…

    P.S. Je découvre qu'il parlait aussi du "Divin Cœur de Jésus et de Marie". Quand on pense qu'il fallait parfois des théologiens coupeurs de cheveux en 16 pour découvrir pourquoi le Saint-Office avait condamné tel livre (sans en donner la raison), et qu'il n'y a jamais eu de mise en garde contre une telle expression dont on a canonisé l'auteur...

  • Saint Agapit

    Agapit est un martyr de Préneste, recensé aujourd’hui dans le Martyrologe Hiéronymien : In civitate Prenestina, milliario XXXIII, Agapiti.

    Félix III lui éleva un sanctuaire près de la basilique de Saint-Laurent ; aussi sa fête pénétra-t-elle dans le Sacramentaire Léonien. Il s’agit donc d’un culte populaire et ancien, même dans la Ville éternelle.

    On croit généralement que saint Agapit souffrit le martyre sous Aurélien ; — sa basilique sépulcrale se trouvait in agro, un peu en dehors de Préneste, et on en a découvert les ruines grandioses.

    Bienheureux cardinal Schuster

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    Les Actes de ces divers martyrs sont de valeur inégale. Ceux de sainte Restituta ont été rédigés à une époque trop tardive pour qu’on puisse s’appuyer sur leur témoignage. Bien que la Passion de saint Agapit ne se présente pas d’abord sous des apparences meilleures, certains passages de l’interrogatoire ont de la vraisemblance.

    Seigneur, dit au président un employé de l’officium, si tu écoutes les discours de ce sacrilège obstiné, tu ne pourras jamais le vaincre par des paroles. Interroge-le sur les richesses patrimoniales qu’il a portées de Rome en venant ici, de peur que ce qui devait servir à la république ne lui fasse défaut.

    Le magistrat suivit ce conseil ; et, après qu’Agapit eut courageusement confessé devant lui le Christ mort sur la croix, il lui dit brusquement :

    Tous ces blasphèmes seront punis des supplices les plus cruels ; mais, auparavant, dis-moi où sont les trésors que tu as apportés ici après avoir vendu ton patrimoine.

    Agapit répondit :

    Les richesses que j’ai retirées de mon patrimoine et que tu me demandes avec tant d’avidité sont déposées et conservées dans le trésor de mon Christ, d’où les voleurs ne peuvent approcher.

    Pas plus que le juge de saint Laurent, le président qui interrogeait Agapit n’entendit les obscurités volontaires de ce langage mystique, et ne comprit que tout le bien du martyr avait été dépensé en aumônes : aussi, usant peut-être de la liberté laissée aux magistrats dans les procès des chrétiens par l’indifférence du gouvernement provisoire, proposa-t-il à Agapit une sorte de marché :

    Il y a longtemps, dit-il, que je souffre patiemment tes propos insensés. Je t’avertis donc que tu as un choix à faire : vois ce que tu préféreras, ou de nous montrer les trésors cachés dans ta maison, et de te retirer en paix, ou de sacrifier aux dieux immortels. Car j’ai compassion de ton jeune âge, et j’admire comment un enfant de quinze ans à peine ne craint pas de mourir de l’horrible mort des chrétiens.

    Cette préoccupation des richesses du martyr, ces pressantes questions pour découvrir le lieu où se cachent de prétendus trésors, sont un des traits caractéristiques de la dernière moitié du troisième siècle. Le jeune martyr protesta que tous ses biens avaient été irrévocablement déposés dans le trésor du Christ, et refusa de sacrifier : d’après ses Actes dégagés de ce qui sent l’amplification et la légende, il fut d’abord exposé aux bêtes dans l’amphithéâtre de Préneste, où deux lions se couchèrent à ses pieds ; conduit ensuite hors des murs, il fut décapité : les chrétiens déposèrent son corps dans un sarcophage neuf et l’enterrèrent à un mille de la cité.

    Paul Allard, Les dernières persécutions du IIIe siècle, ch. 5.

  • Saint Hyacinthe

    Lu sur le site du couvent des dominicains de Cracovie :

    Les premiers dominicains sont arrivés à Cracovie de Bologne en 1222, sous l’impulsion de l’évêque Iwo Odrowąż. On leur a donné l’église de la Sainte Trinité, où un cloître a été érigé en 1223. En 1250 ils ont commencé la construction d’un plus grand bâtiment, la basilique actuelle. Depuis le XVe siècle l’église a connu de très nombreuses transformations. L’incendie dévastateur de Cracovie en 1850 n’a pas épargné ni l’église ni le cloître. Après cet incendie l’église a été complètement restaurée.

    L’église des dominicains est une basilique à trois nefs, étroite et haute de style gothique, construite en pierre et en brique, avec un chœur allongé, fermé en son extrémité par un mur droit. Parmi ses nombreuses chapelles, celle qui attire le plus l’attention est la Chapelle de saint Hyacinthe. Elle abrite le tombeau en marbre du premier dominicain polonais, fondateur de la province polonaise.

    Une autre chapelle qui mérite d’être visitée est la Chapelle du Rosaire où se trouve l’icône de la Vierge du Rosaire.

    A l’heure actuelle, dans le couvent il y a le Collège de Philosophie et de Théologie, une maison de formation, une bibliothèque d’études ainsi que les archives de la province. Les pièces du couvent sont utilisés pour les rencontres des étudiants ( à l’aumônerie qui s’appelle Beczka – « le fût »), des jeunes des écoles secondaires (Przystań – « le port »), des tertiaires dominicains, du groupe de prière (Communauté de Saint Hyacinthe), de l’aumônerie des personnes handicapées (Klika) ainsi que de nombre d’autres groupes de prière et de formation. Les frères assurent également le service pastoral aux moniales et sœurs dominicaines, aux étudiants, familles et fiancés. Toute la journée, le sacrement de réconciliation est célébré dans la Basilique de la Sainte Trinité.

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    (Le blason que l'on voit sous l'autel du tombeau de saint Hyacinthe est celui du clan Odrowąż auquel appartenaient le saint et l'évêque de Cracovie de l'époque.)

    C'est au sanctuaire Saint-Hyacinthe de Legnica qu'a eu lieu récemment un miracle eucharistique.

  • Saint Joachim

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    Saint Joachim était de Nazareth en Galilée, et il était marié depuis vingt ans à sainte Anne de Bethléem. Tous deux vivaient de façon irréprochable et très pieuse, mais ils n’avaient pas d’enfants. Un jour que Joachim, avec quelques-uns de sa tribu, allait au Temple de Jérusalem pour présenter une offrande, le grand prêtre le prit à parti et lui demanda comment lui, qui était stérile, osait se présenter au Temple de Dieu en compagnie de ceux qui ne l’étaient pas. Puisque Dieu l’avait jugé indigne d’avoir des enfants, ses dons n’étaient pas dignes de Dieu.

    *

    Rempli de confusion, Joachim ne voulut pas rentrer chez lui, de peur de s'entendre adresser les mêmes reproches par ceux de sa tribu. Il se retira dans la campagne avec ses troupeaux. Quelque temps plus tard, un ange lui apparut, pour lui annoncer que ses prières étaient exaucées : « J'ai vu ta honte, et j'ai entendu les reproches de stérilité qui t’ont été adressés à tort. Dieu est le vengeur du péché, mais non de la nature, et s'il a fermé le sein d'une femme c'est pour le rendre fécond plus tard d'une manière qui paraisse plus merveilleuse, et pour faire connaître que l’enfant qui naît alors, loin d'être le fruit de la passion, sera un don de Dieu. » Anne concevra et mettra au monde une fille, que vous appellerez Marie, et elle deviendra la mère du Fils du Très-Haut. Le signe que ce que je dis est vrai : quand tu arriveras à Jérusalem, tu rencontreras ta femme près de la Porte Dorée.

    *

    Pendant ce temps-là, Anne était chez elle, seule, très triste d’avoir été abandonnée par son cher Joachim, sans même savoir où il était allé. Or l’ange apparut également à Anne, et lui dit les mêmes choses qu’il avait dites à Joachim.

    *

    Joachim et Anne crurent aux paroles de l’ange et partirent vers la Porte Dorée, où ils se rencontrèrent et s’étreignirent. Ils adorèrent le Seigneur puis rentrèrent chez eux. Anne conçut et mit au monde une fille qu’ils appelèrent Marie.

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    (Fresques de Kernascléden, XVe siècle, photographiées par mon fils Arzvaël)

  • Assomption

    Triptyque de l’Assomption, par le « maître de Cési », début du XIVe siècle, Musée Marmottan-Monet, Paris.

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  • 13e dimanche après la Pentecôte

    Introït

    Réspice, Dómine, in testaméntum tuum, et ánimas páuperum tuórum ne derelínquas in finem : exsúrge, Dómine, et iúdica causam tuam, et ne obliviscáris voces quæréntium te.

    Ut quid, Deus, reppulísti in finem : irátus est furor tuus super oves páscuæ tuæ ? Glória Patri…

    Ayez égard à votre alliance, Seigneur, n’abandonnez pas à la fin les âmes de vos pauvres. Levez-vous, Seigneur et jugez votre cause, et n’oubliez pas les appels de ceux qui vous cherchent.

    Pourquoi, ô Dieu, nous avez-vous rejetés finalement ? Pourquoi votre colère s’est-elle allumée contre les brebis de vos pâturages ?

    Sur l’évangile, nouveau paradoxe sur un autre bon Samaritain, voir ici.

    Sur « Jésus épistate », voir ici.

    Sur l’antienne de communion, voir ici.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Fuit vir unus de Ramáthaim Sophim, de monte Ephraim. Potest, huius montis nómine, beatíssima semper Virgo Maria, Dei Génitrix, designari. Mons quippe fuit, quæ omnem electæ creaturæ altitúdinem, electiónis suæ dignitate, transcéndit. An non mons sublimis Maria, quæ, ut ad conceptiónem æterni Verbi pertingeret, meritórum vérticem, supra omnes Angelórum choros, usque ad sólium Deitátis eréxit? Huius enim montis præcellentíssimam dignitátem Isaías vatícinans, ait: Erit in novíssimis diébus præparátus mons domus Dómini in vértice móntium. Mons quippe in vértice móntium fuit, quia altitúdo Maríæ supra omnes Sanctos refulsit.

    « Il y eut un homme de Ramathaim Sophim, de la montagne d’Ephraïm » (I Rois 1,1). La très sainte Mère de Dieu Marie toujours vierge peut être désignée par ce nom de “montagne”. Elle fut de fait une montagne, elle qui par la dignité de son élection a transcendé toute hauteur de créature élue. N’est-elle pas, Marie, une montagne sublime, elle qui, afin qu’elle atteigne à la conception du Verbe éternel, éleva le sommet de ses mérites au-dessus des chœurs des anges, jusqu’au trône de la Divinité ? C’est de la très éminente dignité de cette montagne que prophétisa Isaïe, disant : « Il y aura dans les derniers jours une montagne préparée pour être la maison du Seigneur au sommet des montagnes. » En effet elle fut une montagne au sommet des montagnes, car la hauteur de Marie resplendit au-dessus de tous les saints.

    Saint Grégoire le Grand, commentaire des livres des Rois, lecture des matines. (L'homme de Ramathaim Sophim est le mari d'Anne, laquelle va chanter pour la naissance miraculeuse de son enfant - Samuel - un cantique qui préfigure le Magnificat.)

  • Sainte Claire

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    (Fresque de l'église Saint-Damien d'Assise)

    Or il ne parut pas à la glorieuse vierge Claire que le monastère de Saint-Ange-in-Panzo fût ce quelle souhaitait. Son âme angélique n'y goûtait pas le parfait repos, car elle ne trouvait pas qu'il fût apte au service de Dieu, ni assez solitaire pour l'oraison.

    Son père saint François, pensant tout de même, vint avec plusieurs de ses saints compagnons l'en retirer pour la conduire en l'église de Saint-Damien afin qu'elle y demeurât. Là, comme en un port sûr et définitif, Claire jeta l'ancre, y enfermant toute son âme et décidée à ne jamais sortir pour quoi que ce fût. Son cœur ne fut effrayé ni par la solitude du lieu, ni par son austérité, ni par sa pauvreté; il était seulement embrasé de l'amour du divin époux Jésus-Christ ; pour Dieu elle s'enfermait volontairement en cet étroit refuge pareil à une prison.

    La très douce vierge était alors âgée de dix-huit ans environ ; c'était en l'an du Seigneur 1212, sous le pontificat d'Innocent III, en la sixième année de la vocation de saint François.

    C'est dans cette église de Saint-Damien que le séraphique François, priant un jour et regardant ardemment avec des yeux remplis de larmes le crucifix, mérita d'entendre la gracieuse voix de Jésus-Christ qui lui dit trois fois : « Va et répare ma maison qui, comme tu le vois, tombe en ruines. »

    C'est pour la réparation de cette église bénie que ce bienheureux donna ses fatigues et ses sueurs, après avoir offert au pauvre prêtre qui s'en occupait beaucoup d'argent, que celui-ci n'avait pas accepté par crainte du père de François.

    C'est en ce lieu que le mystique François, éclairé par l'Esprit-Saint, monta un jour sur un mur pendant qu'il réparait l'église et cria en français aux pauvres gens ses voisins:

    «— Venez et aidez-moi dans l'œuvre de Saint-Damien, car ici viendront beaucoup de saintes femmes qui glorifieront grandement le Père céleste par la perfection de leur vie. »

    Là aussi le très doux Saint s'était caché, jadis, pour fuir la colère paternelle.

    En ce pauvre lieu, pareil à une chartreuse bien loin des tempêtes du monde, Claire cela volontairement son corps pour l'amour de son divin époux. Elle peut véritablement être appelée colombe d'argent car, de même que la colombe bâtit son nid dans les murailles, ainsi Claire fit le sien entre les murs de cette pauvre petite église de Saint-Damien et elle y engendra à Dieu une nombreuse famille de vierges.

    Ainsi fut établi le premier monastère de l'ordre des Pauvres Dames.

    Claire courut la première dans la voie de la pénitence afin que toutes celles qui suivraient puissent marcher sur ses traces et vaincre comme elle le démon dans les combats contre le monde et la chair.

    En cet étroit refuge, elle vécut quarante-deux années, brisant sous de dures disciplines le fragile albâtre de son corps virginal. L'église de Dieu était remplie des suaves parfums qui émanaient d'une aussi bonne vie. On peut dire réellement que ce fut une vie glorieuse, lorsque l'on considère les âmes innombrables que la très pure vierge attira à Dieu par ses exemples.

    Vie de sainte Claire par Thomas de Celano, chapitre 7. (On remarque l’allusion au Cantique des cantiques  associé au verset 14 du psaume 67, l’un des plus obscurs du psautier, et des plus cités…)

  • Sainte Suzanne

    « A Rome, sainte Suzanne, vierge de haute naissance et nièce du pape Caïus, décapitée ; elle mérita ainsi la palme du martyre », dit le Martyrologe.

    Et le bréviaire, après la notice sur saint Tiburce : « Le même jour, Suzanne, vierge d’une grande noblesse, qui avait refusé l’alliance de Galère Maxime, fils de l’empereur Dioclétien, à cause de son vœu de virginité, et que de nombreux supplices n’avaient pu détourner de sa résolution sainte, fut décapitée dans sa propre maison, sur l’ordre de l’Empereur. C’est ainsi qu’elle monta au ciel, couronnée de la double gloire de la virginité et du martyre. »

    A Rome il y a une église Sainte-Suzanne depuis la fin du VIe siècle. C’est l’église de la station du samedi de la troisième semaine de carême, où on lit le si beau récit de la délivrance de (l’autre) Suzanne au livre de Daniel.

    Le nom de Suzanne vient de l’hébreu chochana, le lys. Le lys des vallées du Cantique des cantiques.

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    Sainte Suzanne, dans l'église qui porte son nom, dans le village qui porte son nom, en Mayenne.

  • Saint Laurent

    N'omettons pas non plus saint Laurent qui, voyant son évêque, Sixte, mené au martyre, se mit à pleurer, non pas sur la passion de l'évêque, mais sur le fait que lui restait en arrière. C'est pourquoi il se mit à l'interpeller en ces termes : « Où t'en vas-tu, père, sans ton fils ? où, saint évêque, te hâtes-tu sans ton diacre ? Jamais, d'habitude, tu n'offrais le sacrifice sans ton serviteur. Qu'est-ce donc, père, qui t'a déplu en moi ? M'as-tu par hasard reconnu comme indigne ? Essaie au moins de savoir si tu as choisi un serviteur approprié. A celui à qui tu as confié la sanctification du sang du Seigneur, à qui tu as confié de partager avec toi la distribution du sacrement, à celui-là tu refuses de partager avec toi l'effusion de ton sang ? Prends garde que ton jugement ne soit mis en cause, tandis qu'on loue ton courage. Rejeter le disciple porte préjudice à la fonction du maître. Que dire du fait que des hommes illustres, supérieurs, l'emportent par les combats de leurs disciples, plus que par les leurs ? Enfin, Abraham offrit son fils, Pierre envoya devant lui Étienne. Et toi, père, montre en ton fils ton courage, offre celui que tu as formé, afin que, sans inquiétude pour ton jugement, avec une noble escorte, tu parviennes à la couronne ».

    Alors Sixte de dire : « Non, mon fils je ne te délaisse ni ne t'abandonne, mais de plus grands combats te sont réservés. Nous, en notre qualité de vieillard, nous recevons un plus léger combat à accomplir, mais toi, en ta qualité de jeune homme, t'attend un plus glorieux triomphe sur le tyran. Tu viendras bientôt, cesse de pleurer, dans trois jours tu me suivras : à l'évêque et à son lévite convient l'intervalle de ce nombre. Il ne t'appartenait pas de vaincre sous un maître, comme si tu cherchais un aide. Pourquoi réclames-tu le partage de ma passion ? Je t'en laisse le legs tout entier. Pourquoi recherches-tu ma présence ? Que les disciples faibles précèdent le maître, mais que les courageux le suivent, afin que vainquent sans maître ceux qui n'ont plus besoin de l'enseignement du maître. C'est ainsi également qu'Élie délaissa Elisée. Je te confie donc l'héritage de notre courage ».

    Telle était la querelle, digne sujet de rivalité, assurément, entre l'évêque et son serviteur, afin de savoir qui souffrirait le premier pour le nom du Christ. On raconte que, lors de tragédies, de grands applaudissements du théâtre étaient soulevés quand Pylade se disait Oreste et qu'Oreste, comme il l'était, affirmait être Oreste : le premier afin d'être exécuté à la place d'Oreste, et Oreste, pour ne pas souffrir que Pylade fût exécuté à sa place. Mais ils n'avaient pas le droit de vivre du fait que l'un et l'autre étaient coupables de parricide, l'un parce qu'il l'avait accompli, l'autre parce qu'il avait aidé. Ici, personne encore ne pressait saint Laurent, si ce n'est l'amour du don de soi ; cependant lui-même aussi, après trois jours, alors que, pour avoir joué le tyran , il était placé sur un gril et brûlé, déclara : « C'est rôti, retourne et mange ». Ainsi par le courage de l'âme, il vainquait la nature du feu.

    Saint Ambroise, De Officiis, livre 1, 41.

  • 11e dimanche après la Pentecôte

    Introït

    Deus in loco sancto suo : Deus qui inhabitáre facit unánimes in domo : ipse dabit virtútem et fortitúdinem plebi suæ.

    Exsúrgat Deus, et dissipéntur inimíci eius : et fúgiant, qui odérunt eum, a fácie eius.

    Dieu est dans son lieu saint, Dieu qui fait habiter dans sa maison les hommes unis : il donnera la force et le courage à son peuple.

    Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dispersés, et que ceux qui le haïssent fuient de devant sa face.

     

     *

    Et maintenant je vais à l’université d’été du Centre Charlier et de Chrétienté-Solidarité.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    L’introït des messes de la Sainte Vierge n’est pas un verset de psaume, ni même un extrait d’un livre de la Bible, mais une adaptation de deux vers du poète Sedulius, du début du IVe siècle.

    C’est dans le deuxième livre de son Carmen Paschale. Il interrompt son poème, où il évoque alors la nativité du Christ, pour s’exclamer : « Salut, sainte mère ». C’est certainement l’une des toutes premières prières à la Sainte Vierge. La voici dans son intégralité :

    Salve, sancta parens, enixa puerpera regem,
    Qui caelum terramque tenet per saecula, cuius
    Numen et aeterno conplectens omnia gyro
    Imperium sine fine manet; quae ventre beato
    Gaudia matris habens cum virginitatis honore.
    Nec primam similem visa es nec habere sequentem:
    Sola sine exemplo placuisti femina Christo.

    Salut, sainte Mère, jeune accouchée qui a enfanté le roi qui soutient le ciel et la terre dans tous les siècles, dont la divinité et l’empire, qui renferme tout dans un cercle éternel, demeure sans fin. C’est toi qui as conçu dans ton sein bienheureux les joies de la mère avec l’honneur de la virginité. On n’a jamais vu et on n’en verra jamais de semblable : tu es, sans précédent, la seule femme qui ait plu au Christ.

    Cette strophe a été citée en son entier par saint Bède, dans son commentaire sur saint Luc, passage qui fut la lecture du troisième nocturne des matines de l’Assomption dans divers bréviaires notamment français.

    Le dernier vers se trouve tel quel, comme verset d’un office marial, dans un antiphonaire polonais du XIVe siècle. Légèrement modifié, on le trouve comme verset de la fête de l’Assomption dans divers anciens antiphonaires :

    Sola namque sine exemplo placuisti femina Christo.

    Le « namque », double coordination, est plutôt curieux puisqu’il ne coordonne rien et qu’il ne figure pas dans le texte originel…

    On trouve aussi ce vers, sous une autre forme, inclus dans l’antienne du Benedictus… de l’office de la Sainte Vierge le samedi :

    Sola sine exemplo placuisti Domino nostro Jesu Christo.

  • Sainte Marthe

    Il est curieux que l’Eglise ait choisi comme évangile celui où Marthe se plaint que sa sœur ne l’aide pas. On nous dit que c’est pour insister sur l’hospitalité chrétienne, dont Marthe est ici une belle figure. « Une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. » Mais l’enseignement de ce passage est surtout que l’union à Dieu est tout et que tout le reste, représenté par Marthe, est sans intérêt à côté du bonheur de la communion avec les Personnes divines.

    Beaucoup de chrétiens, d’ailleurs, ne comprennent pas cet évangile. Je me rappelle que ma grand-mère disait : « Voilà Jésus qui arrive avec toute sa troupe, ç’est du boulot de donner à manger à tant d’hommes jeunes, et Marthe est toute seule, et elle dit à Jésus de demander à sa sœur de l’aider, et lui, il répond qu’elle a choisi la meilleure part ? Eh bien moi j’aurais dit : Démerdez-vous, si c’est comme ça ! » Et comme ma grand-mère ne disait pas habituellement de mots grossiers, celui-là exprimait le degré de sa révolte.

    Or il y a un autre évangile de sainte Marthe, qui constitue quant à lui sans conteste un magnifique éloge de la sœur de Marie, c’est son dialogue avec Jésus qui arrive après la mort de Lazare. Il est vrai que ce passage se trouve dans l’évangile du vendredi de la quatrième semaine de carême, et qu’il constitue aussi l’évangile de la messe des morts (ce qui est tout à fait remarquable). Marthe montre ici quelle est sa foi, une foi véritablement extraordinaire quand on pense que nous sommes non seulement avant la Pentecôte mais avant la Passion et la Résurrection. Et quand on la compare à diverses réactions des apôtres…

    - Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.

    - Ton frère ressuscitera.

    - Je sais qu’il ressuscitera à la Résurrection, au dernier jour.

    - Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il est mort, et quiconque vit et croit en moi ne mourra pas dans l’éternité. Crois-tu cela ?

    - Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde.

    En grec, « je crois » est ici au parfait. Ce qui montre précisément la… perfection de la foi de Marthe : « j’ai mis ma foi pleine et entière, pour toujours, de façon inébranlable, dans cette vérité que tu es le Fils de Dieu », avec l’article défini : le seul et unique Fils de Dieu.

  • Saints Nazaire et Celse

    Longtemps après [le martyre de saint Nazaire et saint Celse, vers 68], le Seigneur révéla à saint Ambroise [en 395] où se trouvaient leurs restes. Celui-ci laissa Celse où il était. Le corps de Nazaire fut trouvé avec son sang frais comme s'il venait d'être enseveli, et répandant une merveilleuse odeur ; il était entier, sans corruption, avec ses cheveux et sa barbe. Il en fit la translation à l’église des apôtres et l’ensevelit avec honneur. Dans la suite il fit aussi l’élévation de saint Celse qu'il plaça dans la même église. Ils souffrirent sous Néron, qui commença, à régner vers l’an du Seigneur 57.

    Au sujet de ce martyr, voici ce que saint Ambroise dit dans la Préface : « Le saint martyr Nazaire, illustre par le sang généreux qu'il a répandu, a mérité de monter au royaume du ciel. En souffrant tout ce que les tourments ont de plus cruel, il surmontait la rage des tyrans par sa constance et il ne céda jamais devant les menaces des persécuteurs, car il avait pour le soutenir au milieu de ses combats Notre Seigneur Jésus-Christ qui combattait avec lui. Alors il est conduit au temple pour immoler aux idoles profanes; mais fort du secours divin, il est à peine entré que ces simulacres sont réduits par lui en poussière. Pour ce fait, il est conduit au milieu de la mer, et, soutenu par les anges, il marche à pied sec sur les flots. O heureux et noble combattant du Seigneur qui en attaquant le prince du monde a rendu une multitude innombrable de peuple participante de la vie éternelle ! O grand et ineffable mystère, qu'il y ait plus de joie dans l’Église de ce qu'ils ont mérité le salut, qu'il n'y a d'allégresse dans le monde pour les avoir punis ! O bienheureuse mère qui tire de la gloire des tourments de ses enfants qu'elle conduit au tombeau sans pleurs et sans gémissements, et sans cesser de célébrer leurs louanges quand ils sont passés aux royaumes célestes ! O témoin merveilleux, resplendissant d'un éclat céleste, dont les vertus répandent une odeur plus pénétrante et plus suave que les aromates de Saba ! »

    Jacques de Voragine, Légende dorée

  • Depuis cent ans...

    L’église Sainte-Brigitte de Portland (dans la banlieue nord-ouest de la ville, dans l’Oregon, et juste de l’autre côté de la rivière c’est Vancouver) a été consacrée par Mgr Alexander Christie, archevêque d’Oregon City, le 16 juillet 1916. Alors on commença à y célébrer la messe. Cent ans plus tard, on continue d’y célébrer la messe. La même messe. Celle de saint Pie V. Il n’y a eu aucune interruption, ce qui est rarissime, peut-être unique au monde, pour une église paroissiale.

    C’est seulement en 1954 qu’un prêtre fut nommé à demeure. Jusque-là c’était un prêtre qui venait d’ailleurs pour célébrer la messe. Le prêtre qui fut nommé était l’abbé Milan Mikulich, un Croate, qui était également chargé de l’apostolat auprès des Croates, Slovènes, Tchèques et Slovaques de Portland. Les paroissiens achetèrent alors une parcelle de terre pour construire une nouvelle église, celle que l’on voit aujourd’hui. Une parcelle assez grande pour que l’abbé Mikulich plante un verger que l’on allait appeler « la forêt croate ».

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    Au moment de la réforme liturgique, l’abbé Mikulich voulut garder la messe telle qu’elle était. Ses paroissiens aussi. Et il réussit à obtenir un indult de Paul VI lui permettant de le faire. Grâce à un ami cardinal, disait-il. Grâce manifestement au cardinal Seper, qui était croate, et qui était alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    En 1995, l’abbé Mikulich retourna en Croatie. Il fut remplacé par l’abbé Joseph Browne, qui continua de célébrer la messe selon « les deux formes du rite romain ». Et depuis 2009 c’est un prêtre d’origine vietnamienne, l’abbé Luan Tran.

    Ainsi la messe traditionnelle n’a-t-elle jamais cessé d’être célébrée dans cette église, en accord avec l’archevêché. Et, cent ans après la consécration de la première chapelle, l’actuel archevêque de Portland, Mgr Alexander K. Sample, sera à la tête du pèlerinage Summorum Pontificum, en octobre prochain…

    (C’est dans l’église Sainte-Brigitte qu’eut lieu en 1990 l’« apparition américaine » de la Sainte Vierge à Mirjana, la « voyante » de Medjugorje, dont l’abbé Mikulich avait organisé le voyage.)

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    Sur la pancarte actuelle on constate que la messe traditionnelle est la messe principale (à 9h30, la messe "en anglais" étant à 8h). Une photo prise il y a quelques années montre que c’était alors le contraire. Bref, la messe traditionnelle est (re)devenue la messe principale à Sainte Brigitte, en plein accord avec l’archevêque, qui d'ailleurs la célèbre éventuellement dans sa cathédrale.

  • Saint Pantaléon

    Selon la tradition orientale, ses parents l’appelèrent Pantaléon ou Pantoléon (tout-lion) lorsqu’il naquit à Nicomédie. Il devint médecin des pauvres et faisait des merveilles, puis il se convertit et fit des miracles. Selon certains c’est à son baptême (par saint Hermolaüs) que son nom devint Panteleimon (tout compatissant, tout miséricordieux), sous lequel il est vénéré en Orient. Après avoir notamment guéri un aveugle, ce saint anargyre (qui guérit sans demander d'argent) fut condamné à mort et décapité le 27 juillet 305.

    On a longtemps parlé d’un ampoule contenant du sang de saint Pantaléon à Ravello, en Italie du sud, qui se liquéfiait tous les 27 juillet, comme celui de saint Janvier à Naples le jour de sa fête. Cette ampoule n’existe plus, mais il y en a une autre (ou la même, ou une partie du sang de la même) à Madrid, au monastère royal de l’Incarnation. Et le sang de saint Pantaléon se liquéfie tous les 27 juillet devant des foules de fidèles, pèlerins et curieux.

    Ce sang a sans doute été donné au monastère par Jean de Zuniga, comte de Miranda, vice-roi de Catalogne et de... Naples, lorsque sa fille Aldonce devint religieuse au monastère de l’Incarnation (au début du XVIIe siècle).

    L’Inquisition espagnole, qui ne plaisantait pas comme chacun le sait, fit une enquête sur le phénomène. Sept fois de suite, entre 1723 et 1730, elle envoya diverses personnes de confiance voir de près ce qui se passait le 27 juillet. Il en résulta un document intitulé Rapport sur la liquéfaction du sang du glorieux martyr saint Pantaléon (conservé au monastère), concluant qu’il n’y avait aucune supercherie et que le phénomène avait vraiment lieu.

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    (Saint Pantaléon était très populaire à Venise, où il est appelé Pantalon. Ce nom devint dans la commedia dell’arte celui d’un personnage odieux et grotesque vêtu d’une longue culotte, d’où le nom de ce vêtement aujourd’hui…)

  • Sainte Anne

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    (Sainte Anne, grand-mère des Bretons, par Anie Mouroux, vers 1930, faïencerie Henriot, Quimper)

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  • Mgr Wintzer et la messe

    Riposte catholique publie la réaction de Mgr Wintzer, le nouvel archevêque de Poitiers, à la demande du cardinal Sarah de célébrer la messe ad orientem.

    Sans surprise, il s’agit d’un refus ferme et définitif, en tout cas pour les messes dominicales, parce qu’elles sont… « festives »…

    Mais oui.

    On remarquera que Mgr Wintzer ne fait aucune allusion à la tradition liturgique de l’Eglise, aux traditions tant d’Orient que d’Occident…

    Et pour cause… Il se retrouverait tout seul dans son ghetto moderniste.

    Et quand je parle de tradition, j’y inclus Vatican II, qui n’a nullement édicté, ni demandé, que le prêtre tourne le dos à Dieu (O Oriens). (Sinon évidemment le cardinal Sarah ne parlerait pas ainsi.)

    Mais quand un évêque catholique parle de ce qui doit se faire dans la liturgie sans évoquer le moindre élément de la tradition catholique, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche…

    Et je suis toujours sidéré de voir un évêque afficher fièrement son mépris du symbolisme sacré.

    Cette réaction montre d'autre part que l'idéologie "œcuméniste" n'a rien à voir avec l'œcuménisme. Car il se trouve que toutes les églises orthodoxes et orientales non-orthodoxes ont une liturgie orientée, et aussi les protestants les plus proches du catholicisme. Mgr Wintzer leur crache à la figure.

  • Saint Jacques

    Santiago Matamoros...

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    (Cordoue)

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    (Burgos)

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    (Valladolid)

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    (Pazo de Raxoi)

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    (Cuzco XVIIe)

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    (José Maria Casado del Alisal, 1885)

    Et, comme le signale Abenaton, à Compostelle, saint Jacques cueille des fleurs... En voyant la photo sur Google je croyais que c'était pour une fête, mais apparemment c'est en permanence. Le printemps perpétuel pour masquer le jihad...

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