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Liturgie

  • Nativité de saint Jean Baptiste

    Le plus grand des hommes a donc été envoyé pour rendre témoignage à Celui qui est plus qu'un homme. Quand en effet celui que nul ne surpassa parmi les enfants des femmes, s'écrie: « Je ne suis pas le Christ », et que devant le Christ il s'humilie, c'est que sûrement le Christ est plus qu'un homme. Veux-tu aller à Jean, le plus grand des hommes? Mais le Christ est plus qu'un homme. Ainsi donc en voyant le précurseur, cherche le Juge; crains le Juge en entendant la voix de son héraut. Jean est un envoyé; il a prédit l'apparition prochaine du Messie. Quel témoignage lui rend-il ? Ecoute : « Je ne mérite pas, dit-il, de dénouer les courroies de sa chaussure ». — Comprends-tu bien, ô homme, ce que tu ferais alors? — « Quiconque s'abaisse sera élevé ». — Que dit-il encore du Christ? « Nous avons tous reçu de sa plénitude ». Tous, qu'est-ce à dire? C'est que patriarches, prophètes ou apôtres sacrés, envoyés avant ou après l'Incarnation, « nous avons tous reçu de sa plénitude ». Nous sommes comme des vases; il est, lui, la Source.

    Si donc nous avons bien compris ce mystère, Jean, mes frères, est un homme, le Christ est Dieu. Que l'homme donc s'humilie; c'est Dieu qui doit être élevé. Pour apprendre à l'homme à s'humilier, Jean est né le jour où commencent à décroître les jours; et pour enseigner qu'il faut exalter Dieu, le Christ est né le jour où les jours commencent à croître. Mystère profond ! Si nous célébrons la naissance de Jean comme celle du Christ, c'est que cette naissance aussi est remplie d'enseignements sacrés. De quels enseignements ? De ceux qui nous montrent en quoi consiste notre grandeur. Afin de croître divinement, diminuons humainement. Humilions-nous en nous-mêmes pour grandir en Dieu. (In homine minuamur, in Deo crescamus. In nobis humiliemur, ut in illo exaltemur.)

    Les morts différentes de Jean et du Christ nous montrent aussi cette grande vérité d'une manière frappante. Pour dire à l'homme de diminuer, Jean a perdu la tête; pour lui dire aussi combien il doit exalter Dieu, le Christ a été élevé en croix. Jean a été envoyé pour nous servir de modèle et pour nous attacher au Verbe. Tant que puisse se vanter l'orgueil humain, si éminente que soit la sainteté dont il se flatte, qui jamais égalera Jean ? Toi qui t'estimes grand, jamais, qui que tu sois, tu ne seras ce qu'il était. Il n'était pas né encore, et déjà par son tressaillement dans le sein maternel il prédisait la prochaine naissance du Seigneur. Est-il rien de plus sublime que cette sainteté? Imite-la, écoute ce qu'il dit du Christ : « Nous avons tous reçu de sa plénitude». C'est le flambeau qui te montre durant la nuit la source où lui-même a bu : « Nous avons tous reçu de sa plénitude. — Nous tous » : il est la Fontaine, nous sommes des vases; il est le Jour, nous sommes des flambeaux. Triste faiblesse humaine ! c'est avec un flambeau qu'on cherche le jour.

    Saint Augustin, sermon 289, 5.

  • Le Très Saint Cœur de Jésus

    Si l'on pèse bien, en effet, les arguments sur lesquels se fonde le culte du Cœur transpercé de Jésus, il est évident pour tout le monde qu'il ne s'agit pas là d'une dévotion quelconque qu'il est loisible à chacun de sous estimer et de dédaigner, mais d'un hommage religieux apte entre tous à conduire à la perfection chrétienne. Car si la dévotion, selon la traditionnelle définition théologique proposée par S. Thomas, « n'est rien d'autre, semble-t-il, qu'une volonté de se donner avec empressement à ce qui regarde le service de Dieu », peut on concevoir un service de Dieu plus convenable et plus nécessaire, plus noble aussi et plus doux, que celui qui prétend servir son amour ? Y a-t-il aux yeux de Dieu rien de plus agréable et de plus précieux que ce service voué à la divine charité, et ce par un motif d'amour ? Car tout service spontanément offert est un don, et l'amour « est le premier de tous, celui par lequel tous les autres dons gratuits sont octroyés ». Il faut donc faire le plus grand cas de cette dévotion, grâce à laquelle l'homme honore et aime Dieu davantage et se dédie plus facilement et plus aisément à la divine charité ; dévotion que notre Rédempteur a daigné proposer et recommander lui même au peuple chrétien, et que les Souverains Pontifes ont défendu dans des documents mémorables et qu’ils ont couvert de grands éloges. Il serait téméraire et dommageable et ce serait offenser Dieu lui même que de faire peu de cas de cet insigne bienfait donné par Jésus Christ à son Église.

    Ceci étant, il est hors de doute que les fidèles qui rendent hommage au Sacré-Cœur du Rédempteur satisfont par là au très grave devoir qu’ils ont de servir Dieu, en même temps que de se consacrer totalement à leur Créateur et Rédempteur, eux mêmes et tout ce qui est leur - sentiments intimes ou activités – et d’obéir ainsi au divin commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta vigueur ». Ils ont en outre la ferme certitude d'être poussés à honorer Dieu non pas d’abord par intérêt personnel concernant le corps ou l'âme, la vie présente ou la vie éternelle, mais bien à raison de la bonté de Dieu lui même, auquel ils s'efforcent de rendre hommage en en répondant à son amour, en l'adorant et en lui témoignant la reconnaissance qu’ils lui doivent. Entendu autrement le culte du Sacré-Cœur de Jésus ne répondrait pas au caractère authentique de la religion chrétienne, car l'homme n'aurait plus alors principalement en vue par cet hommage l'amour divin ; et il arrive parfois qu'on doive, à juste titre, reprocher un amour et un souci excessifs de soi-même à ceux qui comprennent mal cette très noble dévotion ou ne la mettent pas convenablement en pratique. Que tous se persuadent donc bien que, dans la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, ce n'est pas aux œuvres extérieures de piété que revient la première place ; et l'essentiel n'est pas dans les bienfaits à obtenir : car si le Christ Seigneur a voulu les garantir par des promesses privées, c'est afin de pousser les hommes à remplir avec plus de ferveur les grands devoirs de la religion catholique, à savoir l'amour et l'expiation, et à pourvoir également au mieux, par là même, à leur avantage spirituel.

    Pie XII, encyclique Haurietis aquas, 62-63.

  • Saint Paulin de Nole

    La vie de saint Paulin de Nole (et d’abord de Bordeaux) est fascinante. Ce personnage était l’un des plus riches et influents sénateurs romains. Il devint même consul de Rome. Puis il quitta tout et fonda un hospice à Nole. Il aurait bien accepté de devenir portier, mais on le fit prêtre, puis évêque. Il eut une importante correspondance avec saint Augustin.

    La dernière lettre que nous ayons de lui est adressée à « ses enfants » Eucher et Galla et commence par l’évocation de ses « chers fils » Gelase, Augende et Tigride. Il ne s’agit pas de ses enfants : Paulin eut seulement un fils qui mourut en bas âge. Eucher est saint Eucher, futur évêque de Lyon, qui vit alors avec sa femme Galla dans les îles de Lérins (à Lero, comme le précise Paulin). Alors que ce « vénérable père Honoré » est saint Honorat, fondateur de l’abbaye de Lérins et futur archevêque d’Arles. Gelase, Augende et Tigride sont des moines de Lérins qui ont été envoyés par saint Honorat visiter saint Paulin. Cet environnement de sainteté, partout où se pose le regard, est émouvant. (On peut continuer longtemps, car Paulin avait connu saint Martin, il écrivait aussi à saint Sulpice Sévère et à saint Alypius de Tagasthe, le grand ami de saint Augustin, à saint Amand, saint Delphin, saint Apre, saint Victrice….)

    Paulin Evêque à mes très chers, très honorables, et très saints enfants Eucher et Galla.

    Notre Seigneur et notre Dieu soit béni de la bonté qu'il a eue de satisfaire mes désirs, m'ayant donné plus de satisfaction que je ne souhaitais dans la visite que m'ont rendue mes très chers fils Gelase, Augende, et Tigride , qui m'ont été envoyés par notre illustre frère en Jésus-Christ, le vénérable Prêtre Honoré, à qui Dieu a inspiré comme à vous le soin de me consoler. Car leur ayant demandé avec empressement l'état de votre santé, et ce que vous faisiez (non que je doutasse de Vos saintes occupations) ils me répondirent que grâces à. Dieu vous vous portiez très bien, que vous étiez toujours saintement occupés à la pratique de la vertu, que vous travailliez tous deux conjointement à renoncer au monde, et que vous ne pensiez qu'aux moyens d'acquérir le Ciel.

    Je me souvenais bien que ces chers enfants qui m'avaient rendu visite de votre part l’année passée, m'avoient appris le lieu de votre demeure aussi bien que celle du vénérable Père Honoré, et qu'ils m'avoient dit que vous n'étiez pas beaucoup éloignés les uns des autres, n'étant séparés que par un petit rocher, qui divise deux îles, dont l’une se nomme Lero et l'autre Lérins.

    C’est pourquoi ceux-ci m'ayant dit qu'ils venaient du Monastère de Lérins, je me suis en même temps souvenu du nom de l'autre île, où vous vous êtes retirés pour être éloignés du bruit et du commerce du monde. C'est ce qui m'a donné occasion de vous écrire, pour vous marquer la reconnaissance que j'aurai toute ma vie de la bonté que vous avez pour moi, et qui me fait croire que mes lettres ne vous seront pas désagréables, vous étant particulièrement rendues par ces chers enfants que vous aimez, et qui ont eu la charité de s'en charger.

    Recevez donc avec plaisir dans ce peu de paroles les marques de la tendresse de cœur et de la parfaite amitié que j'ai pour vous. Regardez, et conservez cette lettre comme un gage de la charité qui doit nous unir intimement. J’espère que Vous la recevrez en parfaite santé, et que si vous trouvez occasion de me récrire par les mêmes Messagers, vous le ferez au plus tôt.

    Je crois que vous m'auriez fait cet honneur, si vous aviez su que ces chers enfants venaient directement chez moi. Comme je sais qu'ils sont vos voisins, je leur demandai s'ils vous avaient vus avant leur départ, et ils me dirent qu'ils n'avoient pu avoir cette satisfaction, et qu'ayant été pressés de s'embarquer, ils n'avaient pu vous aller dire adieu.

    Quoique que l'assurance qu'ils m'ont donnée de votre santé me réjouisse beaucoup, néanmoins, comme vous savez que le Royaume de Dieu ne consiste pas dans les paroles, mais dans la vertu, et que la charité, qui en fait la plénitude, et la souveraine perfection, demande des effets, je vous prie de me donner au plus tôt de vos lettres, où je puisse voir les marques de votre constante amitié.

    Ce n'est pas que je ne sois pleinement persuadé de la bonté que vous avez pour moi ; et je fais un si grand fond sur la fermeté, et la sincérité de votre amitié, que je crois que vous pensez à moi-même durant votre silence. Car comme notre connaissance ne s'est point faite par les sentiments de la nature, ni de la manière ordinaire que se forme l’amitié, mais seulement par les lumières, et les mouvements de la grâce, qui nous a unis dans le sein de Jésus-Christ, nous avons lieu de croire que cette union, étant fondée sur Jésus-Christ, sera invariable ; car quelle force, ou quel oubli pourrait diviser ce que Dieu a parfaitement uni.

    Que le Seigneur vous bénisse du haut de Sion, de cette bénédiction dont est béni l'homme qui craint le Seigneur ; afin que vous viviez longtemps dans une parfaite union conjugale, que vous ayez aussi la satisfaction de voir vos enfants bénis de Dieu ; que tous ensemble vous voyiez les biens de la Jérusalem céleste ; et que vous demeuriez éternellement en la maison du Seigneur. C'est ce que je vous souhaite de tout mon cœur, mes très chers et très honorables enfants, avec qui je suis uni intimement par les liens de la charité.

    (Traduction de 1703, sans doute de Claude de Santeul)

  • 07-07-07 : dix ans

    Une messe traditionnelle sera célébrée à Notre-Dame de Paris le 7 juillet prochain par le chanoine Marc Guelfucci, curé de Saint-Eugène Sainte-Cécile, à l'occasion du dixième anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum.

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  • Une double première

    Alex Stewart et Krzysztof Sanetra ont été ordonnés prêtres samedi pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre au sanctuaire Sainte-Marie de Warrington par Mgr Malcolm McMahon, archevêque de Liverpool.

    C’est la première fois qu’un évêque anglais confère des ordinations selon la « forme extraordinaire ». C’est la première fois en Angleterre que sont ordonnés des prêtres selon le rite traditionnel depuis la réforme liturgique.

  • Sainte Julienne Falconieri

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    On représente la fondatrice des sœurs Servites avec une hostie sur la poitrine, parce qu’en ses derniers instants, alors qu’elle ne pouvait plus communier depuis longtemps en raison de ses vomissements, elle obtint de son confesseur de voir et adorer la sainte hostie. Laquelle disparut des mains du prêtre. Et quand on prépara le corps de Julienne pour les funérailles, on découvrit sur sa peau comme une hostie gravée avec un crucifix.

    Ses derniers mots furent : « Dulcis mi Jesu ».

    Et sa prière préférée était :

    « Nemo tollat a corde meo amorem meum crucifixum » : que personne n’enlève de mon cœur mon amour crucifié. (On peut voir qu'il y a une faute sur la médaille...)

  • 2e dimanche après la Pentecôte

    Factus est Dóminus protéctor meus, et edúxit me in latitúdinem : salvum me fecit, quóniam vóluit me.
    Díligam te. Dómine, virtus mea : Dóminus firmaméntum meum et refúgium meum et liberátor meus.

    Le Seigneur s’est fait mon protecteur et il m’a conduit au large : il m’a sauvé, parce qu’il m’aime.
    Je vous aimerai, Seigneur, ma force : Le Seigneur est mon ferme appui, et mon refuge et mon libérateur.

    Le Seigneur m'a conduit au large, il m'a sauvé parce qu'il m'a voulu. Ce superbe verset du psaume 17 est l'introït de ce dimanche, qu'on n'entend guère dans les paroisses ou quasi-paroisses tradi parce que l'on y célèbre la solennité transférée de la Fête Dieu.

    Voici cet introït, magnifiquement chanté... par je ne sais pas qui...

    • Sur l'évangile de ce dimanche, voir ma note de 2014.

  • Saint Grégoire Barbarigo

    Fête ajoutée au missel et au bréviaire lors de la réforme de 1960 (par volonté personnelle de Mgr Roncalli devenu Jean XXIII - mais est-ce bien raisonnable d'imposer sa dévotion privée au calendrier universel ?), avec cette oraison propre :

    Deus, qui beátum Gregórium Confessórem tuum atque Pontifícem pastorali sollicitudine, et páuperum miseratióne claréscere voluisti : concéde propítius ; ut, cujus mérita celebrámus, caritátis imitémur exémpla. Per Dóminum...

    Dieu, qui avez voulu que le bienheureux Grégoire, votre évêque et confesseur, soit un modèle rayonnant de zèle pastoral et de compassion envers les pauvres, faites, dans votre bonté, qu'en célébrant ses mérites, nous imitions aussi ses exemples de charité.

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    Peinture vénitienne du milieu du XVIIIe siècle, dans la bibliothèque du séminaire de Padoue. Sur saint Grégoire Barbarigo, voir ma note de l’an dernier.

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  • Summe Deus clementiæ

    Aujourd’hui est une férie. La messe est normalement celle du premier dimanche après la Pentecôte. Naguère, toutefois, c’était le vendredi dans l’octave de la Fête Dieu. Restons un peu dans cette lumière avec l’hymne de prime dans l’office de Liège qui précédait celui composé par saint Thomas d’Aquin.

    Summe Deus clementiæ,
    Qui ob salutem mentium
    Cœlestis alimoniæ
    Nobis præstas remedium :

    Souverain Dieu de clémence, qui, pour le salut des âmes, nous offres le remède d’un céleste aliment :

    Mores, vitam et opera
    Rege momentis omnibus,
    Et beatis accelera
    Vitam dare cum civibus.

    Dirige à tous les instants nos mœurs, notre vie et nos œuvres ; ne tarde pas à nous donner de vivre en compagnie des habitants du bienheureux séjour.