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Liturgie

  • Mardi de la quatrième semaine de carême

    Il y a trois fois le nom de Moïse dans la première lecture de la messe de ce jour, et trois fois aussi dans l’évangile. Dans la première lecture, Dieu parle deux fois à Moïse après lui avoir donné la Loi sur le Sinaï, et Moïse répond par une prière pour demander à Dieu de ne pas anéantir le peuple qui s’est mis à adorer le veau d’or. Dans l’évangile, Jésus parle trois fois de Moïse qui a donné la Loi : « et aucun de vous n’accomplit la Loi »…

    Le seul qui accomplit la Loi, c’est Jésus. Il va l’accomplir dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Moïse avait sauvé le peuple de l’anéantissement pour qu’il puisse continuer vers la terre promise. Jésus sauve les hommes pour leur donner la vie éternelle.

    Moïse est le personnage central dans les répons des matines de cette semaine, puisque la lecture biblique est celle de l’Exode. Pourtant le premier répons de ce jour n’évoque pas Moïse. Il nous plonge tout à coup dans la Passion. A partir de la phrase de Jésus qui suit immédiatement celle que j’ai citée : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? ». Le répons met cette question en relation avec les propos de Jésus lors de la fête de la Dédicace, quand les Juifs veulent le lapider, et devant Anne lors de son premier interrogatoire.

    ℟. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité ? Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? ℣. J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres bonnes, pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me faire mourir ? ℟. Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?

  • Lundi de la quatrième semaine de carême

    « Les Juifs lui dirent : Quel signe nous montres-tu pour agir de la sorte ? » Et le Seigneur : « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours. Les Juifs lui dirent donc: On a mis quarante-six ans à le bâtir, et vous tu dis : je le relèverai en trois jours? » Ils étaient chair et comprenaient tout dans un sens charnel, et Jésus-Christ leur parlait dans un sens spirituel. Lequel d’entre eux aurait pu comprendre de quel temple il parlait ? Pour nous, nous n’avons nul besoin de chercher longtemps ce qu’il voulait dire ; il nous l’a fait connaître par son Evangéliste, il nous a dit de quel temple il voulait parler. « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours. On a mis quarante-six ans à le bâtir, et tu le relèveras en trois jours ? Mais, ajoute l’Evangéliste, il parlait du temple de son corps. C’est un fait avéré : le Sauveur a été mis à mort et est ressuscité trois jours après. Cette vérité est aujourd’hui connue de nous tous ; si elle est impénétrable pour les Juifs, c’est qu’ils se tiennent hors de 1’Eglise ; nous en avons la claire vue, parce que nous savons en qui nous croyons. Bientôt nous célébrerons la solennité anniversaire de la destruction et de la réédification de ce temple ; nous exhortons ceux d’entre vous qui seraient encore catéchumènes à s’y préparer, afin de recevoir la grâce. Voici le moment favorable pour engendrer ce qui doit naître alors. Cette vérité, nous la connaissons donc.

    Mais peut-être voulez-vous apprendre de notre bouche si les quarante-six années employées à bâtir le temple n’indiquent pas quelque mystère. Assurément il y aurait beaucoup à dire à ce sujet : quoi qu’il en soit, nous vous dirons ce qui n’exige pas de longs développements et ce que vous pouvez facilement comprendre. Si je ne me trompe, mes frères, nous vous l’avons dit hier, Adam a été un simple homme; et néanmoins il était le genre humain tout entier. Voilà, s’il vous en souvient, ce que nous avons dit. Cet homme unique s’est comme fractionné dans les autres hommes ; mais en dépit de cette dispersion de 1ui~même, il est recueilli pour ainsi dire et comme réuni de nouveau en un seul par le lien de la société et de la concorde des esprits. Ce pauvre unique, cet Adam gémit, mais il se renouvelle en Jésus-Christ ; car ce nouvel Adam est venu sans le péché, afin de détruire en sa chair le péché du vieil Adam et de refaire en sa personne un Adam qui fût l’image de Dieu ; le corps de Jésus-Christ vient donc d’Adam: c’est d’Adam qu’a été formé ce temple détruit par les Juifs et relevé par Dieu après trois jours ; car il a ressuscité sa chair. C’est la preuve qu’il était Dieu, égal à son Père. Mes frères, l’Apôtre a dit : « C’est Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts ». De qui parle-t-il ? Du Père. « Jésus-Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à la mort de la croix; c’est pourquoi Dieu l’a tiré d’entre les morts et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. » Le Seigneur est donc sorti vivant d’entre les morts, et il a été exalté. Par qui ? Par le Père à qui il dit dans un psaume: « Rétablis-moi, et je les punirai. ». Donc c’est le Père qui l’a ressuscité. Le Fils ne s’est donc pas ressuscité lui-même ? Mais que fait le Père sans son Verbe ? Que fait le Père indépendamment de son Fils unique ? Ecoute : voici la preuve de la divinité du Fils : « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours. » A-t-il dit: détruisez ce temple, et mon Père le rétablira en trois jours ? Non; mais comme, lorsque le Père ressuscite un mort, le Fils ressuscite avec lui ; ainsi, lorsque le Fils ressuscite un mort, le Père le ressuscite aussi, parce que le Fils a dit: « Mon Père et moi nous sommes un. »

    Cependant, que signifie ce nombre de quarante-six ? Nous avons montré hier qu’Adam se trouve dans toutes les parties du monde ; les lettres initiales de quatre mots grecs nous ont servi à le faire. Si, en effet, tu unis l’un sous l’autre les quatre noms des quatre parties dont le monde se compose, c’est-à-dire l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi, ce qui a fait dire au Seigneur que lorsqu’il viendra juger, il rassemblera ses élus des quatre vent ; si donc tu écris ces quatre noms, l’Orient, anatole, l’Occident, dysis, le Nord, arctos, le Midi, mesembria, les premières lettres de ces quatre mots, anatole, dysis, arctos, mesembria, te donneront le nom d’Adam. Mais comment y trouvons-nous aussi le nombre quarante-six ? En ce que le corps de Jésus-Christ venait d’Adam. Chez les Grecs, les lettres servent de chiffres. Notre lettre a, s’écrit dans leur langue, alpha, et s’appelle alpha, un. Si, pour compter un nombre, ils emploient le bêta, qui est leur b, cette lettre représente le chiffre deux ; gamma, trois ; delta, quatre, et ainsi de suite pour toutes les autres lettres. Ce que nous appelons m, ils l’appellent my, et cette lettre, dans les nombres, équivaut à quarante, en grec, tessarakonta. Voyez maintenant quel nombre forment les lettres qui composent le nom d’Adam, et vous trouverez les quarante-six années employées à la construction du temple. Le mot Adam se compose d’un alpha, un ; d’un delta, quatre, ce qui signifie déjà cinq ; puis d’un autre alpha, un ; ce qui fait six ; il y a enfin un my, quarante ; en tout quarante-six. Mes frères, nos anciens pères ont dit tout cela avant nous et ils ont trouvé dans ces quatre lettres le nombre quarante-six. Et parce que Notre Seigneur Jésus-Christ a reçu son corps d’Adam, sans en recevoir le péché, il y a pris le temple de son corps sans y prendre l’iniquité qui devait être chassée du temple. Cette chair qu’il a reçue d’Adam (Marie, en effet, descendait d’Adam, et la chair du Seigneur était de Marie), les Juifs l’ont crucifiée. Mais il devait ressusciter après trois jours, ce corps que les Juifs devaient faire mourir sur la croix. Ils ont détruit le temple bâti en quarante-six ans, et lui l’a ressuscité en trois jours.

    Saint Augustin

  • Quatrième dimanche de carême

    L’un des noms traditionnels du quatrième dimanche de carême est le « dimanche de la rose », à cause de la rose d’or que le pape bénit en ce jour avant de la donner à quelqu’un qu’il veut spécialement honorer.

    Cette tradition de la rose d’or paraît anecdotique, mais elle est « immémoriale », ce qui est le signe d’une vraie tradition. Et il est toujours réjouissant de voir la critique historique mise en échec. Le premier témoignage que nous en ayons est celui du pape Léon IX, en 1051, mais il en parle comme d’une ancienne coutume.

    Au moyen âge, le pape bénissait la rose en son palais du Latran (en l’oignant du Saint-Chrême), se rendait à cheval, accompagné des cardinaux, à la basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem, tenant la rose à la main, prononçait un discours sur la rose, célébrait la messe, puis revenait au Latran, et donnait la rose au préfet de Rome qui tenait l’étrier et l’aidait à descendre de cheval. Puis ce fut à un prince qui se trouvait là. Par la suite la rose fut envoyée à un roi qui avait rendu un grand service à la papauté. Puis, à partir du XVIIIe siècle, elle ne fut plus donnée qu’à une reine ou une princesse, sans doute parce qu’on n’offre des fleurs qu’à une femme… On perdait de vue le symbolisme de la rose. Et après la Seconde Guerre mondiale, comme on n’avait plus guère de reines ou de princesses catholiques à honorer, la tradition s’étiola. Paul VI ne donna que cinq roses d’or, à des sanctuaires (dont Fatima). Jean-Paul II poursuivit en ce sens, mais ne donna que quatre roses d’or au cours de son très long pontificat. En revanche, Benoît XVI les a multipliées. On passe d’un extrême à l’autre… Certes, rien ne s’oppose à ce que le pape bénisse plusieurs roses, mais on perd le symbole de l’unicité de la rose, de son caractère exceptionnel ; et c’est le dimanche de la rose, pas des roses…

    La prière de bénédiction de la rose fait allusion à la liturgie du jour : c’est le dimanche de Laetare, où la joie change la couleur des ornements du violet en… rose. Le pape porte cette rose « si agréable par son aspect et son parfum », qui est « signe de joie spirituelle », afin que le peuple de Dieu, « étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère ».

    La joie, c’est le Fils. La rose d’or, ointe du Saint-Chrême, c’est le Christ (la fleur issue de la tige de Jessé). Il fut un temps où la rose d’or était teinte de rouge, car il s’agit d’une rose rouge : le rouge du sang du sacrifice. Les roses représentées dans les églises sont des roses à plusieurs rangs de cinq pétales – et la fleur de l’églantine, de fait, a cinq pétales – ce qui représente les cinq plaies du Christ, la corolle étant la coupe recueillant le sang. Mais cette rose est en or, parce que le Christ est ressuscité.

    Dieu est amour, et la rose est le symbole de l’amour, l’amour qui se donne, mais qui fleurit sur les épines : la Passion.

    La rose est bénie le quatrième dimanche de carême parce que le printemps est là, qui fait refleurir la nature, et parce que s’annonce la Pâque du vrai printemps spirituel qui fait refleurir les âmes et rétablit l’entrée du paradis, le jardin primordial.

    La rose est le Christ, aussi, parce que le Christ est la rosée. En latin, comme en français, c’est presque le même mot. Or la rosée est la bénédiction venue du ciel. La Bible fait plusieurs fois écho au fait naturel qu’au Proche Orient la rosée est nécessaire à la vie des plantes dans les longues périodes où il ne pleut pas, et en souligne la charge symbolique. Jusqu’à désigner la rosée comme symbole du Verbe. « Que ma parole s’écoule comme la rosée », dit Moïse au début de son cantique. « Je serai comme la rosée, Israël germera comme le lis », dit Dieu par Osée. Faisant référence au double miracle de la toison de Gédéon (Juges, 6), une antienne de la fête de la Circoncision chante : « Comme la rosée sur la toison, tu es descendu pour nous sauver. » Y fait écho le chant de l’Avent : « Rorate cæli » : Cieux, faites descendre la rosée.

    La rose bénie est la rosée de bénédiction. Celle que chante le psaume 132 : « Ah ! comme il est bon et comme il est joyeux d’habiter en frères, ensemble ! C'est comme un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. C'est comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur la montagne de Sion. Car c'est là que le Seigneur a envoyé la bénédiction, et la vie à jamais. »

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    La rose d’or offerte par Jean XXII au prince Rodolphe de Nidau (de Neuchatel), en 1330, parce qu’il avait chassé l’empereur Louis IV de Rome et d’Italie. Elle fut confectionnée en Avignon par Minucchio, l’un des meilleurs orfèvres siennois de la cour du pape. C’est la seule que l’on puisse voir en France (au Musée de Cluny), et l’une des trois roses médiévales qui subsistent : les bénéficiaires les fondaient pour récupérer l’or…

  • Annonciation

    Cette séduction dont avait été misérablement victime Eve, vierge en pouvoir de mari, a été dissipée par la bonne nouvelle de vérité magnifiquement annoncée par l’ange à Marie, elle aussi vierge en pouvoir de mari. De même que celle-là avait été séduite par le discours d’un ange, de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci fut instruite de la bonne nouvelle par le discours d’un ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole ; et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d'obéir à Dieu, afin que de la vierge Eve, la Vierge Marie devienne l'avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été contrebalancée par l'obéissance d'une Vierge.

    Saint Irénée

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    El Greco, 1600

     

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    Fontgombault, 1975

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  • Vendredi de la troisième semaine de carême

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    Jésus lui dit : Va, appelle ton mari, et viens ici. La femme répondit : Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu as eu raison de dire : Je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris, et maintenant celui que tu as n’est pas ton mari ; en cela, tu dis vrai.

    Sous l’emblème des cinq premiers maris, les cinq sens du corps sont désignés comme les époux de l’âme. Car à sa naissance, et avant d’avoir l’usage de son esprit et de sa raison, chaque homme n’a pour le régir que ses sens corporels. Ce qui tombe sous le sens de l’ouïe, de la vue, de l’odorat, du goût, du toucher, voilà chez le petit enfant tout l’objet de ses répugnances ou de ses désirs. Ce qui flatte ses sens, il le recherche, il repousse ce qui les blesse; car ce qui les flatte est plaisir, ce qui les blesse est douleur. C’est donc sous l’influence de ces cinq sens comme d’autant de maris que l’âme vit d’abord, parce que c’est par eux qu’elle est régie.

    Pourquoi leur donne-t-on le nom de maris ? Parce qu’ils sont légitimes. C’est Dieu qui les a formés, c’est Dieu qui les a donnés à l’âme. Elle est infirme tant qu’elle demeure sous la loi des sens et qu’elle agit sous l’autorité de ces cinq maris ; mais aussitôt que le temps est venu de délivrer la raison de leur influence, si l’âme se laisse diriger par une règle de conduite supérieure, et par les leçons de la sagesse, alors succèdent à l’empire et à l’influence des sens l’empire et l’influence d’un seul véritable et légitime mari, meilleur que les autres; et ce mari la gouverne mieux, la dirige, la cultive, la prépare dans le sens de l’éternité. Loin de nous imprimer une direction qui aboutisse à l’éternité, les sens ne nous portent que vers les choses du temps, soit pour nous les faire désirer, soit pour nous en inspirer le dégoût. Mais dès que l’entendement pénétré par la sagesse a pris le gouvernement de l’âme, il ne lui apprend plus uniquement à éviter les fossés et à suivre le chemin droit que les yeux indiquent à son âme débile, ou à écouter avec plaisir les sons mélodieux et à fermer les oreilles aux sons discordants, à se complaire aux odeurs agréables et à repousser les odeurs nauséabondes, à aimer le miel et à détester le vinaigre, à toucher avec plaisir ce qui est poli et à éprouver une sensation désagréable au contact des aspérités. Toutes ces connaissances, l’âme infirme en avait besoin. Dans quel sens l’entendement y ajoute-t-il sa direction ? Il vient discerner, non plus le blanc du noir, mais le juste de l’injuste, le bien du mal, l’utile de l’inutile, la chasteté de l’impudicité, l’une pour l’aimer, l’autre pour la fuir; la charité de la haine, la première pour y demeurer, la seconde pour s’en garantir.

    Chez cette femme, les cinq premiers maris n’avaient pas encore cette sorte de successeur; car, où l’entendement ne succède pas aux sens, là règne l’erreur, elle domine en maître. En effet, dès qu’elle commence à devenir capable de raisonner, l’âme se laisse conduire par la sagesse ou par l’erreur. Or, l’erreur ne gouverne pas, elle conduit aux abîmes. Après avoir subi l’empire de ses sens, cette femme était donc encore en butte à l’erreur, et l’erreur la ballottait comme aurait fait un vent violent. Cette erreur n’était pas un mari légitime, mais un adultère; c’est pourquoi le Seigneur lui répond : « Tu as dit avec justesse : Je n’ai pas de mari, car tu as eu cinq maris ». Les cinq sens de ton corps ont été tes maîtres; tu es parvenue à l’âge de raison, mais non à la sagesse; tu es tombée dans l’erreur : aussi, « après ces cinq maris, celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ». Mais s’il n’était pas le mari, qu’était-il donc, sinon un adultère? « Appelle-le », non « l’adultère », mais « ton mari », afin de m’entendre selon l’Esprit, et non selon l’erreur qui te donnerait de moi de fausses idées. En effet, c’était de la part de cette femme une erreur de penser à l’eau du puits de Jacob, quand c’était du Saint-Esprit que lui parlait le Seigneur. Pourquoi se trompait-elle, sinon parce qu’elle vivait avec un adultère, au lieu de vivre avec son mari légitime? Débarrasse-toi donc de cet adultère qui te corrompt: « va, et appelle ton mari ». Appelle-le et reviens, et tu me comprendras.

    Saint Augustin

  • Jeudi de la troisième semaine de carême

    Dans l’évangile de ce jour, on voit d’abord Jésus faire un miracle, son deuxième miracle selon saint Luc. Il sort de la synagogue où il vient de guérir un possédé. Il entre chez saint Pierre, et guérit la belle-mère de l’apôtre, qui souffrait d’une forte fièvre. Un miracle atypique : Luc ne rapporte explicitement ni profession de foi, ni paroles, ni gestes. Il dit seulement que Jésus « debout au-dessus d’elle commanda à la fièvre et elle la laissa ». Peu après, le soir venu (après l’heure de clôture du sabbat), on voit Jésus opérer de nombreuses guérisons. Ici saint Luc précise que Jésus leur imposait les mains. Puis il s’en va dans un lieu désert, mais la foule le suit et tente de le retenir. Alors il leur dit qu’il doit annoncer la bonne nouvelle (evangelizare) du Royaume de Dieu dans d'autres villes que Capharnaum. « Car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »

    Juste après les premiers miracles, Jésus parle, pour la première fois, de sa mission, qui est de prêcher le Royaume de Dieu. Le théologien protestant Philippe Menoud (par ailleurs très hétérodoxe), montre bien la connexion entre la parole et les miracles :

    Ce sont deux moyens de révélation qui s'appuient l'un l'autre pour ainsi dire ; la parole rappelle que la valeur du miracle n'est pas dans sa forme, mais dans son contenu, et ce contenu, c'est l'annonce de la Rédemption. D'autre part, le miracle rappelle que cette parole de salut n'est pas une simple parole vide et vaine, mais une parole-énergie, une parole-acte, la parole de Celui pour lequel dire et faire sont un.

    - Sur l’introït de la messe de ce jour (Salus populi), voir ici.

    - Sur la « bienheureuse solennité des saints Côme et Damien » en ce jour, voir ici.

  • Mercredi de la troisième semaine de carême

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    Audíte et intellígite traditiónes, quas Dóminus dedit nobis.

    Écoutez et comprenez les traditions que le Seigneur nous a données.

    L’antienne de Benedictus des laudes de ce jour est un étonnant raccourci de l’évangile de la messe.

    « Audíte et intellígite », c’est ce que dit le Seigneur aux « foules » en répondant aux scribes et aux pharisiens qui se disent choqués de voir les apôtres « transgresser la tradition des anciens » en ne se lavant pas les mains pour manger.

    Écoutez et comprenez quoi ? Que ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme, mais ce qui sort de la bouche. Ce propos (et son explication peu après) – et les propos de ce genre – ce sont donc « les traditions que le Seigneur nous a données ».

    Dans l’évangile il est seulement question de la « tradition des anciens », que les apôtres transgressent. Il n’est pas question des « traditions que le Seigneur nous a données ». La liturgie souligne ainsi que le Seigneur nous a bel et bien donné des traditions.

    Celles des scribes et des pharisiens étaient tout humaines : « votre tradition », dit deux fois Jésus, par laquelle « vous videz la parole de Dieu », composée de « préceptes humains » précise-t-il en citant Isaïe ; celles du Seigneur sont divines.

    Saint Paul dénoncera également la « tradition des hommes », avant de dire : « Que personne ne vous juge sur la nourriture ou la boisson » (Colossiens 2,16), et il dit aux Thessaloniciens (II, 2,15) : « Frères, tenez ferme et gardez les traditions dont vous avez été instruits par nous soit de vive voix soit par lettre. » Phrase importante qui montre que ces traditions transmises par saint Paul sont des éléments de la Tradition : éléments écrits et éléments oraux.

    Audíte et intellígite traditiónes, quas Dóminus dedit nobis…

  • Mardi de la troisième semaine de carême

    La « station » romaine de ce jour est en l’église Sainte-Pudentienne, érigée au lieu où se trouvait la maison du sénateur Pudens qu’évoque saint Paul (en même temps notamment que saint Lin) à la fin de sa deuxième épître à Timothée.

    Bienheureux cardinal Schuster :

    La domus Pudentiana [maison de sainte Pudentienne] ou le titulus sancti Pudentis [église de saint Pudens] fut l’un des plus anciens titres urbains, et rien jusqu’à présent ne dément l’antique tradition ecclésiastique qui veut qu’elle ait été sanctifiée par le séjour de Pierre dans la maison du sénateur Pudens. Les souvenirs du pape saint Pie Ier, de son frère Hermas l’auteur apocalyptique du Pastor, de Priscille, de Pudentienne, de Praxède, de Justin le Philosophe, d’Hippolyte le Docteur, se groupent tous sur le Viminal, et se rattachent à l’histoire de la maison de Pudens, en sorte qu’il semble qu’elle ait vraiment été au IIe siècle la résidence pontificale.

    La mosaïque de l’abside est de la fin du IVe siècle, mais sa partie basse a été détruite par la « restauration » de 1588.

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    L’antienne d’offertoire de la messe de ce jour est la même que celle du troisième dimanche après l’Epiphanie et que celle du Jeudi Saint. Mais on constate qu’elle convient particulièrement à la messe chantée dans cette église, devant cette représentation du Christ : « Dextera Domini » : la main droite du Seigneur montre sa puissance… D’autant que sa main gauche porte le livre où il est écrit : « Dominus conservator ecclesiae Pudentianae » : le Seigneur est le protecteur de l’assemblée qui se réunit dans l’église de Pudentienne.

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    Déxtera Dómini fecit virtútem, déxtera Dómini exaltávit me : non móriar, sed vivam, et narrábo ópera Dómini.

    La droite du Seigneur a fait éclater sa puissance, la droite du Seigneur m’a exalté Je ne mourrai point, mais je vivrai, et je raconterai les œuvres du Seigneur.

    Par les moines de Ligugé, 1958 :
    podcast

    Mais ce jour, chez les bénédictins:

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  • Le dominicain des cordeliers

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    A l’église Notre-Dame des Cordeliers de Laval, il y a la messe traditionnelle depuis 2007. Instituée par l’évêque d’alors, Mgr Maillard, juste avant qu’il devienne archevêque de Bourges. Son successeur Mgr Scherrer confia cet apostolat à l’Institut du Christ Roi. Depuis octobre 2014, il est passé aux dominicains de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier de Chémeré-le-Roi qui s’occupent déjà de l’abbaye de La Roë, avec la collaboration du Père Augustin Pic de Rennes. Le Père Pic est aujourd’hui le desservant principal de l’église des Cordeliers, et il a relancé la page Facebook de cette communauté, depuis le 15 janvier, quand Mgr Scherrer est venu célébrer une grand messe solennelle pontificale.

    On découvre que la messe est également célébrée plusieurs fois par semaine, et qu’il y a d’autres éléments de vie paroissiale : catéchisme, chapelets, chemin de croix, répétitions de la chorale…

    La page Facebook permet de découvrir (ou pour les paroissiens de retrouver) le sermon du Père Pic. Concis, profond, clair. Celui d’hier est en ligne. A partir du commandement de saint Paul « Soyez les imitateurs de Dieu », il souligne d’abord que cela se trouve déjà dans Platon, en relation avec l’image de Dieu et la ressemblance de Dieu, puis il montre que seul le christianisme (et d’abord le Christ) peut réaliser ce que demande l’apôtre : « L’essentiel de sa leçon est que tout homme est à l’image de Dieu, que cette image doit se refaire et s’achever dans une ressemblance parfaite à Dieu et que le moyen d’y parvenir est précisément l’imitation. » Avec cette précision : « L’imitation n’a rien à voir avec un mimétisme, purement extérieur, mais a tout d’une loi interne, qui est loi de restauration et de croissance, qui est loi d’amour... »

  • Saint Joseph

    Tu as droit au même honneur que les Anges, les Prophètes, les Martyrs, Bienheureux, et tu es devenu le compagnon des Apôtres en vérité; te magnifiant avec eux sans cesse, je vénère, saint Joseph, ta mémoire sacrée.a

    Issu de race royale, tu épousas la Reine immaculée qui devait enfanter ineffablement le Roi, Jésus, bienheureux Joseph, élu entre tous parmi les fils de la terre.

    Fortifié par la puissance de l'Esprit, Bienheureux, paré de vertus, dans un âge fort avancé tu as rejoint splendidement tes Pères, saint Joseph, sublime Père adoptif de la lumière issue de Dieu le Père.

    Ta mémoire, Bienheureux, invite les confins du monde à la joie, à la louange du Verbe qui t'a glorifié; toi qui te tiens auprès du Christ avec confiance supplie-le sans cesse, pour que nous soyons sauvés de toute épreuve, nous qui te célébrons.

    Tu fus le gardien de l'Immaculée qui sans faille gardait sa virginité et de laquelle s'incarna le Verbe Dieu, la laissant Vierge même après l'ineffable enfantement, avec elle, Joseph porteur-de-Dieu (théophore), souviens-toi de nous tous.

    Liturgie byzantine, 26 décembre, matines, ode 9.