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Liturgie

  • L’Immaculée Conception

    Le propre de cette messe a été composé par dom Joseph Pothier, moine de Solesmes et grand spécialiste du chant grégorien, mort un 8 décembre à 88 ans…

    Pour l’offertoire il reprend et adapte non pas une mélodie du répertoire ancien (ou des centons), mais une mélodie semble-t-il composée par son aîné à Solesmes dom Fonteinne, l’auteur génial de la mélodie actuelle du Stabat Mater. C’est une authentique réussite de vrai plain chant traditionnel : fraîcheur, clarté et joie de la fête de la Première Née.

    Le voici par les moines du Barroux :

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  • Saint Ambroise

    Début du De officiis.

    Je pense ne pas paraître prétentieux, en prenant parmi mes fils l'attitude d'enseigner, puisque le maître lui-même de l'humilité a dit : « Venez, mes fils, écoutez-moi ; je vous enseignerai la crainte du Seigneur. » [psaume 33] Et l'on peut voir là l'humilité de sa modestie et sa grâce. En disant en effet : « la crainte du Seigneur », qui paraît être commune à tous, il a fourni la marque de sa modestie. Et cependant puisque cette crainte même est le début de la sagesse et l'artisan de la béatitude, car ceux qui craignent Dieu sont bienheureux, il a manifesté à l'évidence qu'il était un maître pour l'enseignement de la sagesse et un guide pour l'acquisition de la béatitude.

    Quant à nous, donc, attentifs à imiter sa modestie, mais sans avoir la prétention de nous attribuer sa grâce, ce que l'Esprit de sagesse lui a infusé, ce qui à travers lui nous a été manifesté et nous a été découvert par sa vue et son exemple, nous vous le transmettons comme à nos enfants ; aussi bien ne pouvons-nous désormais esquiver le devoir d'enseigner, qu'à notre corps défendant nous a imposé la charge du sacerdoce : « Dieu en effet a donné à certains d'être apôtres, et à certains d'être prophètes, à d'autres d'être prédicateurs de l'Évangile et à d'autres d'être pasteurs et docteurs. » Je ne revendique donc pas pour moi la gloire des apôtres ; qui en effet le ferait, sinon ceux que le Fils de Dieu en personne a choisis ? Je ne revendique pas le charisme des prophètes, la puissance des prédicateurs de l'Évangile, la vigilance des pasteurs ; mais je souhaite seulement d'obtenir l'application attentive aux divines Écritures, que l'apôtre a placée en dernier lieu parmi les devoirs des saints ; et celle-là même je la souhaite afin de pouvoir apprendre, par souci d'enseigner. Unique est en effet le vrai maître, celui qui, seul, n'a pas appris ce qu'il devait enseigner à tous, tandis que les hommes apprennent d'abord ce qu'ils doivent enseigner, et reçoivent de lui ce qu'ils doivent transmettre aux autres.

    Or cette chance même ne m'a pas été donnée. Pour moi en effet, arraché aux magistratures et aux insignes de la fonction publique en vue du sacerdoce, je me suis mis à vous enseigner ce que moi-même je n'ai pas appris. Et ainsi il m'est arrivé de commencer à enseigner avant que d'apprendre. Il me faut donc en même temps apprendre et enseigner puisque je n'ai pas eu le loisir d'apprendre auparavant.

    [Saint Ambroise avait été bombardé évêque de Milan - résidence du co-empereur Valentinien - alors qu'il n'était même pas baptisé.]

  • Saint Nicolas

    L’hymne des laudes dans plusieurs bréviaires des XIVe et XVe siècles, avec diverses variantes. Version donnée dans l’Année liturgique, traduction de dom Guéranger.

    Cleri patrem et patronum
    Nicolaum praedicet,
    Laete promens vocis sonum
    Clerus, et magnificet :
    Se cor promptum, se cor pronum
    Sono vocis ampliet.

    Que le clergé, déployant la voix et les chants de l’allégresse, exalte et préconise Nicolas, du clergé le père et le patron ! Que le cœur prompt et docile se dilate au son de la voix.

    Graecus omnis et Latinus,
    Lingua, tribus, natio :
    Orbis terrae, maris sinus,
    Sexus et conditio ;
    Hospes, cives, peregrinus
    Pari psallat studio.

    Que tous, Grecs, Latins, langues, tribus, nations ; étendue des terres, profondeurs des mers ; sexes, conditions, hôtes, citoyens, étrangers ; tous chantent avec un pareil enthousiasme.

    Semper dedit, dat et dabit
    Cunctis beneficia
    Praesul, cujus nomen abit
    Nunquam e memoria ;
    Quisque mœstus germinabit,
    Florens sicut lilia.

    Il n’a cessé, ne cesse, ne cessera de nous combler tous de ses bienfaits, cet immortel Prélat, dont le nom ne s’échappera jamais de notre mémoire. Par lui, tout homme qui sema dans la tristesse fleurira comme le lis.

    Hic in carne constitutus
    Carnis spernens opera,
    Nihil agens aut locutus,
    Nisi salutifera ;
    Vinclis carnis absolutus
    Tandem scandit aethera.

    Ce héros magnanime, revêtu de la chair, méprisa les œuvres de la chair, ne faisant, ne disant rien que de salutaire ; délivré des liens du corps, il vole enfin au séjour éthéré.

    Quae sit virtus charitatis
    Hoc praesenti saeculo,
    Oleum declarat satis,
    Quod manat de tumulo
    Et dat munus sanitatis
    Imploranti populo.

    Quelle fut sa vertu de charité, l’huile qui coule de son tombeau le déclare assez hautement jusqu’en ce siècle même ; elle donne au peuple qui implore son assistance le bienfait de la santé.

    Sit laus summae Trinitati,
    Virtus et Victoria,
    Quae det nobis ut beati
    Nicolai gaudia
    Assequamur laureati,
    Post vitam in patria. Amen.

    Louange à la souveraine Trinité : à elle puissance et victoire ; qu’elle daigne nous accorder d’entrer, après la vie, chargés de palmes, dans la patrie des cieux, en part des joies éternelles de Nicolas. Amen.

  • Saint Sabbas

    Martyrologe :

    « A Mutala en Cappadoce, saint Sabbas abbé ; en Palestine, il fut, par la sainteté de sa vie, d’une grande édification, il combattit sans relâche pour la foi orthodoxe contre les adversaires du concile de Chalcédoine. »

    Dom Guéranger note que saint Sabbas est « le seul personnage de l’Ordre monastique dont l’Église fasse mention en ses Offices dans tout le cours de l’Avent ».

    Mais ce n’a toujours été qu’une mémoire. Le cardinal Schuster précise : « En Occident, la dévotion envers saint Sabbas demeura à peu près localisée à Rome ; les latins n’ont jamais attribué beaucoup d’importance à cette grande figure du monachisme, à qui pourtant les Orientaux donnent les titres de “plein de l’Esprit de Dieu, le sanctifié, l’habitant de la Cité sainte, l’étoile du désert, le patriarche des moines”. »

    Dès l’âge de huit ans Sabbas se fit moine, dans le monastère de Flavien l’évêque d’Antioche. A 17 ans il reçut la tonsure. Il vécut la vie cénobitique jusqu’à 30 ans puis se fit ermite. Comme de nombreux disciples venaient à lui il fonda en 484 le monastère qui porte son nom dans la vallée du Cédron, au sud de Jérusalem. Puis il en fonda d’autres. Il mourut à plus de 90 ans. Son corps fut enlevé par les Croisés et transporté en l’église Saint-Antoine de Venise. Paul VI le rendit à son monastère.

    Saint Sabbas est connu non seulement comme un grand fondateur de monastères et un vaillant défenseur de l’orthodoxie contre le monophysisme et l’origénisme, mais aussi comme l’auteur du Typikon qui, fondu avec celui de la Grande Eglise de Constantinople, a réglé l’office divin byzantin jusqu’à nos jours.

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  • Sainte Barbe

    On lit dans L’année liturgique :

    L’Église Romaine n’a consacré qu’une simple Commémoration à sainte Barbe, dans l’Office de saint Pierre Chrysologue. (…) Nous n’en devons pas moins rendre nos hommages fervents à cette glorieuse Martyre, si célèbre dans tout l’Orient, et dont l’Église Romaine a depuis longtemps adopté le culte. Ses actes, pour n’être pas de la première antiquité, n’ont rien que de glorieux à Dieu et d’honorable à la Sainte. Rendons hommage à la fidélité avec laquelle cette Vierge attendit l’Époux, qui ne manqua pas à l’heure dite, et qui fut pour elle un Époux de sang, comme parle l’Écriture, parce qu’il avait reconnu la force de son amour. (…) Nous nous bornerons à extraire des livres liturgiques de nos églises cette gracieuse Antienne composée dans les temps chevaleresques :

    O divinæ bonitatis immensa clementia, quæ Barbaram illustravit vero claritatis lumine, ut terrenæ dignitatis contempto splendore, divinitatis conscia effici mereretur: hæc velut lilium inter spinas enituit, et lux in tenebris eluxit. Alleluia.

    O Miséricorde immense de la divine bonté, qui a glorifié Barbe par la splendeur de la seule véritable lumière, et l’a rendue digne de s’unir à la Divinité, après qu’elle eût méprisé les honneurs de la terre ! Elle a brillé comme un lis entre les épines ; elle a lui comme la lumière dans les ténèbres. Alléluia.

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    Tout autour de cette peinture d’autel représentant sainte Barbe avec saint Félix et saint Adaucte (Wilhelm Kalteysen, Wrocław, 1447), court cette inscription :

    O sanctissima et gloriossima virgo sancta Barbara. Subveni michi misero peccatori sicut tu ipsa promissisti omnibus invocantibus nomen tuum in angustyis et necessitatibus facta es pia auxiliatris. Excurge sancta virgo Barbara in occursum meum juva es apud altissimum judiceum confundantur inimici mei qui detrahunt anime mee ut auferant eam. O Virgo custodi me.

    O très sainte et très glorieuse vierge sainte Barbe, secours-moi misérable pécheur comme tu l’as promis à tous ceux qui invoquent ton nom, dans les angoisses et les nécessités tu t’es faite pieuse auxiliatrice. Lève-toi, sainte vierge Barbe, tu es mon aide au jugement du Très-Haut, que mes ennemis soient confondus qui s’en prennent à mon âme pour me l’ôter. O vierge garde-moi.

  • Saint François Xavier

    Il est étonnant de voir comment les plus grands peintres classiques ne cherchent même pas à rendre vraisemblables leurs scènes d’art « sacré ». Ainsi en est-il par exemple de ces deux tableaux, l’un de Rubens, intitulé « Les miracles de saint François Xavier », l’autre de Poussin intitulé « Saint François-Xavier rappelant à la vie la fille d'un habitant de Cangoxima » (Kagoshima). Dans le premier il n’y a guère que le chapeau orangé, au milieu, qui peut laisser entendre que nous serions quelque part en Orient (mais le temple est gréco-romain) ; dans le second il n’y a strictement rien qui évoque le Japon… Et rien non plus ne caractérise le saint représenté.

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    En revanche la peinture de Jacques-Emile Lafon qui orne un mur de Saint-Sulpice (1859) montre des personnages… exotiques (même si le temple à gauche ressemble à celui de Rubens). Et à vrai dire, dans sa simplicité presque fruste et sa composition basique, il me touche bien plus que les deux autres.

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  • Sainte Bibiane

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    Le martyre de sainte Bibiane par Pascual Pérez, dit El mixtequito (1663-1731), église Saint-Joseph de Puebla (Mexique)

    Au temps de l’Avent, l’Église célèbre entre autres la mémoire de cinq illustres Vierges. La première, sainte Bibiane, que nous fêtons aujourd’hui, est romaine ; la seconde, sainte Barbe, est l’honneur des Églises de l’Orient ; la troisième, sainte Eulalie de Mérida, est l’une des principales gloires de l’Église d’Espagne ; la quatrième, sainte Lucie, appartient à l’heureuse Sicile ; la cinquième enfin, sainte Odile, est réclamée parla France. Ces cinq Vierges prudentes ont allumé leur lampe et ont veillé, attendant l’arrivée de l’Époux ; et si grande a été leur constance et leur fidélité, que quatre d’entre elles ont versé leur sang pour l’amour de Celui qu’elles attendaient. Fortifions-nous par un si grand exemple ; et puisque, comme parle l’Apôtre, nous n’avons pas encore résisté jusqu’au sang ; n’allons pas plaindre notre peine et nos fatigues durant les veilles du Seigneur, que nous poursuivons dans l’espoir de le voir bientôt.

    O vierge très prudente, Bibiane ! Vous avez traversé sans faiblir la longue veille de cette vie ; et l’huile ne manquait pas à votre lampe, quand soudain l’Époux est arrivé. Vous voici maintenant, pour l’éternité, dans le séjour des noces éternelles, où le Bien-Aimé paît au milieu des lis. Du lieu de votre repos, souvenez-vous de ceux qui vivent encore dans l’attente de ce même Époux dont les embrassements éternels vous sont réservés pour les siècles des siècles. Nous attendons la Naissance du Sauveur du monde, qui doit être la fin du péché et le commencement de la justice ; nous attendons la venue de ce Sauveur dans nos âmes, afin qu’il les vivifie et qu’il se les unisse par son amour ; nous attendons enfin le Juge des vivants et des morts. Vierge très sage, fléchissez, par vos tendres prières, ce Sauveur, cet Époux, ce Juge ; afin que sa triple visite, opérée successivement en nous, soit pour nous le principe et la consommation de cette union divine à laquelle nous devons tous aspirer. Priez aussi, Vierge très fidèle, pour l’Église de la terre qui vous a enfantée à l’Église du ciel, et qui garde si religieusement vos précieuses dépouilles Obtenez-lui cette fidélité parfaite qui la rende toujours digne de Celui qui est son Époux aussi bien que le vôtre, et qui, l’ayant enrichie de ses dons les plus magnifiques et fortifiée des promesses les plus inviolables, veut cependant qu’elle demande et que nous demandions pour elle les grâces qui doivent la conduire au terme glorieux vers lequel elle aspire.

    Dom Guéranger

  • Il y a 50 ans (6) : l’Avent (3)

    Dans son livre sans équivalent « The collects of the Roman Missals » (muni du Nihil obstat et de l’Imprimatur), Lauren Pristas, professeur émérite de théologie à l’Université Caldwell (New-Jersey), analyse de façon très précise les différences entre les collectes des dimanches de l’Avent dans le missel traditionnel et dans le néo-missel. Voici l’essentiel de sa conclusion.

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  • Il y a 50 ans (5) : l’Avent (2)

    La nouvelle postcommunion du premier dimanche de l’Avent a été fabriquée à partir d’une collecte de l’Ascension (sic) et d’une secrète du mois de septembre du sacramentaire de Vérone. L’un des grands principes de la « restauration » (le troisième) était de respecter la fonction des oraisons : ici on a pris une collecte et une secrète pour faire une postcommunion

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  • Il y a 50 ans (4) : l’Avent (1)

    Pour détruire rationnellement la liturgie, la commission ad hoc devait être assistée de sous-commissions. Dont une sur le calendrier, et une sur les collectes (les oraisons de la messe). La première question que se posa la sous-commission du calendrier fut celle-ci : doit-on laisser l’Avent comme premier temps de l’année liturgique, ou doit-on en faire le denier temps ? Sic. Ce n’est pas une blague. Le prétexte était que l’Avent annonce aussi le retour du Christ… Finalement on décida de garder l’Avent au début de l’Année liturgique…

    Pendant ce temps, la sous-commission des collectes élaborait les grands principes qui allaient commander son dur travail :

    1. Ne pas répéter.
    2. Corriger les textes corrompus.
    3. Supprimer ce qui ne correspond pas à la vie de l’Eglise aujourd’hui, et les adapter aux besoins de la vie chrétienne de nos jours. (Cela deviendra ensuite : les rendre conformes aux « aspirations contemporaines » et adaptées à « la mentalité contemporaine ». Sic !)
    4. Respecter les genres littéraires et les fonctions liturgiques (collectes, offertoire, postcommunion).
    5. Toutes les oraisons sont adressées au Père.
    6. Créer de nouvelles oraisons par centonisation, des oraisons entièrement nouvelles ne sont pas exclues.

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