25 octobre 2014

Una voce : des échos du jubilé

L’association Una Voce a fêté son cinquantenaire les 4 et 5 octobre derniers. On trouvera un certain nombre d’échos vidéo des conférences et des tables rondes, et de la messe de Mgr Aillet, sur la « chaîne » dédiée à cet événement sur YouTube.

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Un message de Benoît XVI

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Les organisateurs du pèlerinage de Populus Summorum Pontificum avaient invité Benoît XVI à la messe célébrée ce midi par le cardinal Burke à l'autel de la chaire de saint Pierre à la basilique Saint-Pierre de Rome. La réponse de Benoît XVI a été rendue publique avant la messe du… « grand cardinal » :

« Je suis très heureux que l’usus antiquus vive maintenant dans la pleine paix de l’Eglise, aussi chez les jeunes, soutenue et célébrée par de grands cardinaux. Spirituellement je serai avec vous. Mon état de “moine cloîtré” ne me permet pas d'être présent à l’extérieur. Je ne sors de ma clôture que dans des cas particuliers, invité personnellement par le Pape. »

N.B. On lira avec intérêt l'allocution de Benoît XVI à l'université pontificale urbanienne, sur le dialogue et la mission, traduite par Benoît et moi, qui est la première intervention importante du pape émérite.

De la Sainte Vierge le samedi

Amplectamur Mariæ vestigia, fratres mei, et devotissima supplicatione beatis illius pedibus provolvamur. Teneamus eam, nec dimittamus, donec benedixerit nobis: potens est enim. Nempe vellus est medium inter rorem et aream: mulier inter solem et lunam: Maria inter Christum et Ecclesiam constituta. Sed forte miraris, non tam vellus opertum rore, quam amictam sole mulierem. Magna siquidem familiaritas, sed mira omnino vicinitas solis, et mulieris. Quomodo enim in tam vehementi fervore tam fragilis natura subsistit? Merito quidem admiraris Moses sancte, et curiosius desideras intueri. Verumtamen solve calceamenta de pedibus tuis, et involucra pone carnalium cogitationum, si accedere concupiscis.

Embrassons, mes frères, les pas de Marie et prosternons-nous à ses pieds dans une instante supplication. Retenons-la, empêchons-la de s'éloigner avant de nous avoir bénis (1), car elle est puissante. Elle est la toison interposée entre le ciel et l’aire (2), la femme entre le soleil et la lune (3) : Marie établie entre le Christ et l'Église. Mais une toison imprégnée de rosée étonne moins vos esprits qu'une femme vêtue de soleil (3). C'est en effet une union très étroite, et ce rapprochement entre le soleil et une femme a bien de quoi nous surprendre. Comment une nature aussi frêle peut-elle subsister dans une pareille fournaise ? C’est à juste titre que tu t’étonnes, ô saint Moïse, et que tu désires voir cela de plus près. Mais quitte tes chaussures et débarrasse-toi de toute pensée charnelle, si tu désires t’approcher (4).

1. Genèse 32, 26.
2. Juges 6, 36-40.
3. Apocalypse 12, 1.
4. Exode 3, 2-5.

(Lecture des matines pour les samedis d’octobre : extrait du sermon de saint Bernard pour le dimanche dans l'octave de l'Assomption.)

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24 octobre 2014

Saint Raphaël

Voici le dernier répons des matines, avant qu’elles soient subitement rétrécies (en 1960) :

℟. Tempus est ut revertar ad eum, qui me misit, dixit Angelus Raphael; * Vos autem benedicite Dominum, et narrate omnia mirabilia eius.
℣. Confitemini ei coram omnibus viventibus, quia fecit vobiscum misericordiam suam.
℟. Vos autem benedicite Dominum, et narrate omnia mirabilia eius.

Il est temps que je retourne vers celui qui m’a envoyé, dit l’Ange Raphaël. Mais vous, bénissez le Seigneur, et racontez toutes ses merveilles. Rendez-lui gloire devant tous les vivants, parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde. Mais vous, bénissez le Seigneur, et racontez toutes ses merveilles.

On remarquera que les premiers mots de ce répons, qui provient du livre de Tobie comme tout ce qui concerne Raphaël, ont été mis dans la bouche du Seigneur, pour un répons des matines de l’Ascension inspiré de divers versets de l’Evangile de saint Jean (celui qui est modifié par Tobie est 7, 33 : « vado ad eum qui misit me ») :

℣. Tempus est ut revertar ad eum qui misit me, dicit Dominus : nolite contristari nec turbetur cor vestrum ; * rogo pro vobis Patrem ut ipse vos custodiat, alleluia alléluia.
℟. Nisi ego abiero Paraclitus non veniet;
dum assumptus fuero mittam vobis eum.

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23 octobre 2014

Saint Antoine-Marie Claret

Pendant ma deuxième année de philosophie à Vic, il m'est arrivé ce qui suit: au cours de l’hiver, j'ai été enrhumé et on m'obligea à garder le lit. Un jour, alors que j'étais au lit, à dix heures et demie, une terrible tentation me survint [contre la chasteté]. J'ai eu aussitôt recours à la Sainte Vierge, j'ai invoqué mon ange gardien et je me suis adressé aux saints pour lesquels j'avais une plus grande dévotion. Je m'efforçais de fixer mon attention sur des objets quelconques pour me distraire et faire évanouir la tentation. Je faisais des signes de croix en demandant à Dieu de me délivrer de ces mauvaises pensées, mais en vain.

Finalement, je me suis retourné de l’autre côté de mon lit pour voir si la tentation m'abandonnerait. Tout à coup, je vois la très sainte Vierge qui se présente à moi, très gracieuse et très belle; sa robe était rouge foncé et son manteau bleu. J'ai vu entre ses bras une grosse guirlande formée des plus belles roses. J'en avais vu de belles à Barcelone, mais jamais d'aussi splendides que ces fleurs du ciel. Que tout me paraissait merveilleux! Bien qu'étendu dans mon lit, je me voyais sous la forme d'un enfant très beau, agenouillé et les mains jointes. Je ne perdais pas de vue la très sainte Vierge, fixant mes yeux sur elle, et je me souviens d'avoir eu cette pensée: "Comment! C’est une femme et c'est-elle qui t'enlève toutes ses mauvaises pensées." La Mère de Dieu m'adressa la parole: "Antoine, me dit-elle, si tu vaincs, tu auras cette couronne". J'étais si ému que je n'arrivais pas à dire un seul mot. Et je vis qu'elle me plaçait sur la tête une couronne de roses qu'elle avait à la main droite, indépendamment de la guirlande dont j'ai déjà parlé. Je me voyais couronné de roses, toujours sous la forme de ce petit enfant et je ne disais pas un mot.

J'ai vu aussi un groupe de saints qui étaient à la droite de Marie, dans une attitude de prière. Je ne les ai pas reconnus; l’un d'eux semblait être saint Étienne. Je croyais en ce moment, et je le crois encore, que c'était mes saints patrons, qui priaient et intercédaient afin que je ne succombe pas à la tentation. Ensuite, j'ai vu, à ma gauche, un grand nombre de démons qui se repliaient en ordre, comme des soldats après une bataille, et je me disais: "Quelle troupe nombreuse et redoutable !" Pendant toute cette scène, je demeurais muet de saisissement et je ne me rendais pas compte de ce qui se passait. Dès que la scène s'évanouit, je me suis senti délivré de la tentation et rempli d'un contentement si grand que je ne comprenais pas ce qui m'était arrivé.

Et pourtant, je sais pertinemment que je ne dormais pas et que je n'éprouvais ni vertiges ni d'autres malaises capables de produire une telle illusion. Ce qui me donne à croire que c'était une réalité et une grâce spéciale de la très sainte Vierge, c'est que j'ai été immédiatement délivré de la tentation et que pendant de longues années, jamais je n'ai éprouvé aucune tentation contre la chasteté. Si j'en ai ressenti, elles ont été si faibles qu'elles ne méritent pas le nom de tentations. Gloire à Mariel Victoire de Marie !

Autobiographie, 95-98

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22 octobre 2014

Trois répons des Machabées

Les trois répons des matines de ce jour sont composés d’expressions prises dans les deux livres des Machabées qui sont la lecture du mois d’octobre.

℟. Refulsit sol in clypeos aureos, et resplenduerunt montes ab eis: * Et fortitudo Gentium dissipata est.
℣. Erat enim exercitus magnus valde et fortis et appropiavit Judas, et exercitus ejus in prælio.
℟. Et fortitudo Gentium dissipata est.

Le soleil envoya son éclat sur les boucliers d’or et les montagnes en resplendirent, et la force des païens fut anéantie. Car c’était une armée très grande et puissante et Judas s’approcha, avec son armée, dans la bataille. Et la force des païens fut anéantie.

 ℟. Ornaverunt faciem templi coronis aureis, et dedicaverunt altare Domino: * Et facta est laetitia magna in populo.
℣. In hymnis et confessionibus benedicebant Dominum.
℟. Et facta est laetitia magna in populo.

Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d'or, et ils dédicacèrent l’autel au Seigneur. Et y eut une très grande joie parmi le peuple. Ils bénissaient le Seigneur par des hymnes et des chants de reconnaissance. Et y eut une très grande joie parmi le peuple.

 ℟. In hymnis et confessionibus benedicebant Dominum: * Qui magna fecit in Israël, et victoriam dedit illis Dominus omnipotens.
℣.Ornaverunt faciem templi coronis aureis, et dedicaverunt altare Domino.
℟. Qui magna fecit in Israël, et victoriam dedit illis Dominus omnipotens.

Avec hymnes et acclamations ils bénissaient le Seigneur, qui a fait de grandes choses pour Israël ; et il leur a donné la victoire, le Seigneur tout-puissant. Ils ornèrent la façade du temple de couronnes d'or et dédicacèrent l'autel au Seigneur, qui a fait de grandes choses pour Israël ; et il leur a donné la victoire, le Seigneur tout-puissant.

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21 octobre 2014

Saint Hilarion

Il avait en horreur sur toutes choses les solitaires qui, par une espèce d'infidélité, mettaient ce qu'ils avaient en réserve, et prenaient trop de soin ou de leur dépense, ou de leurs habits, ou de quelqu'une de ces autres choses qui passent avec le siècle. Ainsi il ne voulait plus voir l'un d'entre eux qui demeurait à cinq milles de lui, parce qu'il avait appris qu'il gardait son petit jardin avec trop de soin, de crainte que l'on y prît quelque chose, et qu'il avait un peu d'argent. Ce frère, se voulant réconcilier avec lui, venait souvent voir les autres frères, et particulièrement Hesychius, que saint Hilarion aimait avec une extrême tendresse, et lui apporta un jour une botte de pois chiches encore tout verts. Hesychius les ayant servis le soir sur la table, le vieillard s'écria qu'il ne pouvait souffrir cette puanteur, et demanda d'où ils venaient. Hesychius répondant que c'étaient les prémices du jardin d'un des frères qui les avait apportées, « ne sentez-vous pas, » repartit le saint, « cette effroyable puanteur, et combien ces pois chiches sentent l'avarice? Envoyez-les aux bœufs, envoyez-les à d'autres animaux, et vous verrez s'ils en mangeront. » Hesychius ayant obéi et les ayant portés dans l'étable, les bœufs, tout épouvantés et mugissant extraordinairement, rompirent leurs cordes et s'enfuirent de çà et de là; car le vieillard avait le don de connaître, par l'odeur des corps, des habits et des autres choses auxquelles on avait touché, à quel démon ou à quel vice on était assujetti.

Saint Jérôme, Vie de saint Hilarion, XI.

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20 octobre 2014

Encore un évêque…

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C’était le 11 octobre, la messe du pèlerinage annuel Peregrinatio Fidei, organisé par des fidèles de la « forme extraordinaire », au sanctuaire de la Très Sainte Vierge Marie Reine de Hongrie de Matraverebely.

Le célébrant est Mgr Lajos Varga, évêque auxiliaire de Vac. Le prêtre assistant est un prémontré, le « diacre » est le curé de Janok, en slovaque Janik, un village slovaque à la frontière hongroise, le « sous-diacre » un prémontré nommé Orban… les chants étaient assurés par le Capitulum Laicorum Sancti Michaelis Archangeli.

Saint Jean de Kenty

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 (P. René Moreau sj, Saints et saintes de Dieu)

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19 octobre 2014

19e dimanche après la Pentecôte

La parabole des invités aux noces, chez saint Matthieu, ressemble beaucoup à une parabole, également des invités aux noces, chez saint Luc, mais elle est aussi très différente. Ou bien saint Luc a coupé le milieu et la fin, ou bien ce sont deux paraboles distinctes à partir de la même image du roi offrant un banquet pour les noces de son fils.

Il semble bien que la seconde solution soit la bonne. Car si l’on examine le texte de saint Matthieu, on constate que la parabole comporte deux parties. La première contient une reprise, spécialement dramatique dans le contexte, de la parabole des vignerons homicides, que saint Matthieu venait de rapporter. Dans cette parabole, Jésus annonçait que la vigne serait enlevée aux mauvais vignerons, qui seraient tués, et donnée à d’autres vignerons, et il dit explicitement que le royaume de Dieu sera enlevé aux juifs et donné aux païens.

Dans la parabole des invités aux noces, la réaction des invités, qui tuent les envoyés, comme du roi qui brûle leur ville, paraît pour le moins très excessive. C’est un rappel de ce qu’il venait de dire et en même temps une explication de la parabole : les juifs sont invités, mais ils tuent les envoyés, eh bien moi je vais détruire leur ville : c’est une première annonce de la ruine de Jérusalem.

Et cette première partie de la parabole se termine comme celle de saint Luc : allez par les chemins et faites entrer tous ceux que vous trouverez.

A cela près que saint Matthieu précise : les serviteurs rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais et les bons.

Cela montre que la parabole de saint Matthieu, jusqu’ici, a un aspect historique, un peu à la façon des vignerons homicides, mais en se concentrant sur la venue du Fils. Les juifs le rejettent et le tuent, leur ville est détruite, les païens sont conviés à entrer dans l’Eglise, bons et mauvais, bon grain et ivraie.

Mais ici vient ce que certains appellent la seconde parabole, qui est plutôt une seconde partie : on passe de l’Eglise (de la terre) au Royaume. Où les mauvais ne sont pas admis. Ils ont eu tout le temps de s’amender quand ils étaient dans l’Eglise. Mais voici que le temps se renverse en éternité, où seul est admis le vêtement de noces. On remarque un intéressant changement de vocabulaire. Dans la première partie, les « serviteurs » sont en grec des douloi, en latin des servi, c’est-à-dire des esclaves. Dans la deuxième partie, les « serviteurs », qui sont a priori les mêmes, sont en grec des diakonoi, en latin des ministri : des ministres (du culte), des diacres (le mot grec désignait déjà des agents des cultes païens), des assistants du grand prêtre de la liturgie céleste.

NB. Aujourd'hui, à la demande de l'évêque d'Islamabad, c'est une journée mondiale de prière pour Asia Bibi, qui est en prison depuis juin 2009, condamnée à mort en première instance en novembre 2010, dont la condamnation a été confirmée en appel avant-hier, et qui demeure d'une inébranlable fermeté dans la foi catholique.

Le mari d'Asia Bibi, Ashiq Masih, avec deux de leurs cinq enfants et Shahbaz Bhatti, alors ministre, assassiné le 2 mars 2011 :

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Les trois filles d'Asia Bibi avec une photo de leur mère :

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17 octobre 2014

Sainte Marguerite Marie Alacoque

Une fois que l’on travaillait à un ouvrage commun, je me retirai en un petit coin pour être plus proche du saint Sacrement. Mon Dieu me faisait là de très grandes grâces. Et, comme on me faisait la guerre de ce que j'allais en ce lieu, je répondis avec une grande imprudence que je n'irais plus. Mais, je fus si fort pressée d'y retourner que je ne pus résister. Ce qui, m'ayant fait peine, je le fus dire à ma supérieure qui me dit que je ne devais pas laisser d'y aller. Y étant donc retournée, j’aperçus une multitude d’esprits bienheureux qui me dirent être destinés à honorer Jésus-Christ au très saint Sacrement ; et si je voulais entrer dans leur association, ils m’y recevraient, mais qu’il fallait commencer à vivre de leur vie, à quoi ils m’aideraient de tout leur pouvoir et suppléeraient à mon impuissance à lui rendre les hommages d’amour qu’il désirait de moi ; et qu’il fallait, en échange, que je suppléasse à l’impuissance qu’ils avaient de souffrir ; et qu’ainsi, nous unirions l’amour souffrant et l’amour jouissant. Ils me firent voir notre association écrite dans le sacré Cœur de Jésus-Christ.

Ecrits par ordre de la Mère de Saumaise, 56

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16 octobre 2014

Sainte Edwige

En parcourant la Basse-Silésie, les touristes tomberont souvent sur les traces de Sainte Édwige. De nombreuses églises portent son nom, de nombreux endroits sont liés avec elle. Sainte Édwige est un personnage historique durablement liée avec la Basse-Silésie et sa vie est richement documentée. Édwige, la fille du comte Berthold d’Andechs, est arrivée en Basse-Silésie au milieu du XIIe siècle en tant qu’épouse du prince Henri le Barbu. Elle était célèbre pour son style de vie profondément religieux et ascétique. D’autre part, elle s’est fait connaître comme une personne sensible à la souffrance et à la misère des autres, en particulier pour ceux de basse condition. C’est justement grâce à son insistance qu’Henri le Barbu a financé la construction du premier monastère de moniales de l’Ordre cistercien de Trzebnica. Immédiatement après, une nouvelle église dédiée à Notre-Dame et à Saint-Barthélemy l’Apôtre : Le Saint favori du prince. Sainte Édwige a passé les derniers jours de sa longue vie dans le monastère de Trzebnica, où elle mourut à l’âge de 70 ans. Le 16 octobre 1243, elle fut enterrée dans l’église du monastère, et 24 ans après sa mort le pape Clément IV l’a proclamée Sainte.

Le Pèlerinage au tombeau de Sainte Édwige de Silésie à Trzebnica est une tradition particulière, dont les origines remontent au milieu du XIIIe siècle. Sainte Édwige est considérée comme la patronne de la Silésie. Elle est la patronne des couples, des mariages et des familles, la patronne de la réconciliation et de l’entente Germano-Polonaise.

En profitant du fait que nous sommes à Trzebnica, nous pouvons nous promener en suivant le Grand Parcours de Sainte Édwige. C’est un chemin urbain de plusieurs kilomètres, au cours duquel les pèlerins s’arrêtent à sept pierres de méditation, pour réfléchir aux sept vertus de Sainte Édwige.

*

Ce texte est repris tel quel d’un dépliant touristique polonais en français.

En ces temps troublés du synode, on priera donc sainte Edwige, « patronne des couples, des mariages et des familles ».

Rappelons aussi que c’est en cette fête d’une sainte polonaise que le cardinal Wojtyla fut élu pape – le « pape de la famille », comme dit François, mais soigneusement exclu du synode…

Et c’est aussi l'anniversaire de l'ordination épiscopale de mon évêque :

Deus, omnium fidelium pastor et rector, famulum tuum Raymundum, quem pastorem ecclesiæ Venetensi præesse voluisti, propitius respice : da ei, quæsumus, verbo et exemplo, quibus præest, proficere : ut ad vitam, una cum grege sibi credito, perveniat sempiternam. Per Dominum nostrum…

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15 octobre 2014

"Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison"

C’est ce qu’a déclaré le cardinal Raymond Leo Burke à propos du rapport à mi-parcours du synode. Dans une magnifique interview pour Il Foglio, traduite par Benoît et moi et à lire intégralement.

Extrait :

Q. Les réformateurs ne pensent pas à ces catholiques qui ont maintenu leur famille ensemble, même dans des situations dramatiques, renonçant à refaire leur vie?

R. Beaucoup de gens qui ont fait cet effort me demandent maintenant s'ils ont tout faux. Ils demandent s'ils ont gâché leurs vies dans des sacrifices inutiles. Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison.

Q. Ne pensez-vous pas que la crise de la morale est liée à la crise liturgique?

R. Certainement. Dans la période post-conciliaire, il a eu une baisse dans la vie de foi et de la discipline ecclésiale, mise en évidence surtout par la crise de la liturgie. La liturgie est devenue une activité anthropocentrique, elle a fini par refléter les idées de l'homme plutôt que le droit de Dieu à être adoré comme Lui-même le demande. De là, suit également dans le domaine moral l'attention presque exclusive aux besoins et aux désirs des hommes, plutôt qu'à ce que le Créateur a écrit dans le cœur de toutes les créatures. La lex orandi est toujours liée à la lex credendi. Si l'homme ne prie pas bien, alors il ne croit pas bien et donc il ne se comporte pas bien. Quand je vais célébrer la messe traditionnelle, par exemple, je vois tellement de belles jeunes familles avec de nombreux enfants. Je ne pense pas que ces familles n'ont pas de problèmes, mais il est évident qu'elles ont plus de force pour les affronter. Tout cela doit signifier quelque chose. La liturgie est l'expression la plus parfaite, la plus complète de notre vie dans le Christ et quand tout cela diminue ou est trahi, chaque aspect de la vie des fidèles est blessé.

Sainte Thérèse

On célèbre aujourd’hui la naissance au ciel de sainte Thérèse, qui est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582… Mais ce jour marque aussi le début de l’année sainte Thérèse, pour le 500e anniversaire de la sainte d’Avila, née le 28 mars 1515.

*

Amoureuse du Seigneur, cette illustre femme ne désira rien d’autre que lui plaire en tout. En effet, un saint n’est pas celui qui accomplit de grandes entreprises en se fondant sur l’excellence de ses qualités humaines, mais celui qui permet avec humilité au Christ de pénétrer dans son âme, d’agir à travers sa personne, d’être Lui le véritable acteur de toutes ses actions et ses désirs, celui qui inspire toute initiative et soutient tout silence.

Se laisser guider de cette façon par le Christ n’est possible que pour celui qui a une intense vie de prière. Celle-ci consiste, avec les paroles de la sainte d’Avila, à «un commerce d’amitié, où l’âme s’entretient seul à seul avec Celui dont elle sait qu’elle est aimée» (Livre de la Vie, 8 et 5). La réforme de l’ordre du Carmel naît de la prière et tend vers la prière. En promouvant un retour radical à la Règle primitive, en s’éloignant de la Règle mitigée, sainte Thérèse de Jésus voulait promouvoir une forme de vie qui favorise la rencontre personnelle avec le Seigneur, pour laquelle il suffit de «se mettre en solitude, qu’elle regarde en elle-même, et qu’elle ne s’étonne pas d’y rencontrer un hôte si bon» (Chemin de perfection, 28, 2). Le monastère de San José naît précisément afin que ses filles soient dans les meilleures dispositions pour trouver Dieu et établir une relation profonde et intime avec Lui.

Sainte Thérèse propose une nouvelle façon d’être carmélite dans un monde à son tour nouveau. Ce furent «des temps durs» (Livre de la Vie, 33, 5). Et en ces temps, selon cette Maîtresse de l’esprit, «les amis du Seigneur doivent être forts pour soutenir les faibles» (ibid. 15, 5). Et elle insistait de façon éloquente: «Le monde est en feu; on veut, pour ainsi dire, condamner une seconde fois Jésus Christ, puisqu’on suscite mille faux témoins; on veut renverser l’Eglise: et nous perdrions le temps en des demandes qui, si Dieu les exauçait, ne serviraient peut-être qu’à fermer à une âme la porte du ciel! Non, mes sœurs, ce n’est pas le temps de traiter avec Dieu des affaires peu importantes» (Chemin de perfection, 1, 5). Dans la conjoncture actuelle, cette réflexion, qui nous illumine et nous interpelle tant, faite il y a plus de quatre siècles par la Sainte Mystique, ne nous apparaît-elle pas familière?

L’objectif ultime de la réforme de sainte Thérèse et de la création de nouveaux monastères, dans un monde ayant peu de valeurs spirituelles, était de protéger par la prière l’œuvre apostolique; proposer un style de vie évangélique qui soit un modèle pour celui qui cherchait un chemin de perfection, à partir de la conviction que toute réforme personnelle et ecclésiale authentique passe par la reproduction toujours perfectionnée en nous de la «configuration» au Christ (cf. Ga 4, 19). Ce fut précisément là l’engagement de la sainte et de ses filles. Et ce fut précisément l’engagement de ses fils carmes, qui ne visaient à rien d’autre qu’à «progresser dans la vertu». Dans ce sens, Thérèse écrit: «[Il me semble en effet que] il nous apprécie plus si, à travers sa miséricorde, nous réussissons à lui gagner une âme à travers nos efforts et notre prière, plus que par tant d’autres services que nous pourrions lui rendre» (Livre des fondations, 1, 7). Face à l’oubli de Dieu, la sainte, docteur de l’Eglise, encourage des communautés de prière, qui protègent par leur ferveur ceux qui proclament partout le Nom du Christ, afin qu’ils prient pour les besoins de l’Eglise et portent au cœur du Sauveur le cri de tous les peuples.

Benoît XVI

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14 octobre 2014

Saint Calixte

Saint Calixte Ier pourrait être appelé le pape de la miséricorde. Et les pères du synode feraient bien de méditer son pontificat. Car il mit en œuvre non pas la caricature et l’imposture d’un Kasper, mais la véritable et authentique miséricorde.

Et la providence a voulu que la collecte de sa messe, qui ne comporte même pas son nom parce qu’on ne savait rien de lui, soit précisément l’expression de son enseignement :

Deus, qui nos conspicis ex nostra infirmitate deficere : ad amorem tuum nos misericorditer per Sanctorum tuorum exempla restaura.

O Dieu, qui nous voyez défaillir à cause de notre faiblesse, raffermissez-nous miséricordieusement dans votre amour au moyen des exemples de vos Saints.

On ne savait rien de saint Calixte avant le milieu du XIXe siècle, quand on découvrit les Philosophumena, un gros livre contre les hérésies où l’un des hérétiques était… Calixte. Or l’auteur des Philosophumena reproche au pape un intolérable laxisme, au nom de la miséricorde. En effet, Calixte considérait que tout péché pouvait être remis si le pécheur le regrettait et s’en confessait, même ceux que l’on considérait le plus souvent comme impardonnables : l’apostasie, le meurtre, l’adultère. Il considérait également qu’on ne devait pas déposer un évêque sous prétexte qu’il avait commis un péché mortel.

Tertullien critiquera sévèrement lui aussi ces nouveautés. Mais Tertullien mourra en dehors de l’Eglise... Et la doctrine de Calixte deviendra celle de l’Eglise : c’est la plus grande miséricorde envers le pécheur, de tout pécheur, mais à condition qu’il se reconnaisse pécheur, et non qu’on lui fasse croire qu’il ne l’est pas vraiment…

Toujours en rapport avec le synode, saint Calixte avait innové en admettant le mariage entre les femmes libres et les esclaves, ce que la loi civile interdisait, et il montrait ainsi la supériorité du mariage religieux sur le mariage civil. Aujourd’hui on prétend au contraire revaloriser le mariage civil... alors qu’en France les évêques auraient dû s’inspirer de saint Calixte pour décider que si le mariage civil reconnaît l’union de personnes de même sexe, l’obligation du mariage civil devient caduque pour les catholiques.

Saint Calixte, priez pour le synode…

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13 octobre 2014

Saint Edouard le Confesseur

Saint Edouard, pendant son exil en Normandie, avait fait vœu d’aller visiter le tombeau de saint Pierre à Rome, si Dieu mettait fin aux malheurs de sa famille. Lorsqu’il se fut solidement établi sur le trône, il prépara de riches offrandes pour l’autel du Prince des Apôtres, et disposa tout pour se mettre en état de passer en Italie. Ayant convoqué ensuite l’assemblée générale de la nation, il y déclara l’engagement qu’il avait contracté, et fit sentir l’obligation où il était de témoigner à Dieu sa reconnaissance. Il proposa ensuite les moyens qui lui paraissaient les plus propres à faire fleurir le commerce et à maintenir la paix ; il finit par mettre ses sujets sous la protection du Ciel. Les principaux de l’assemblée alléguèrent les raisons les plus fortes pour le dissuader de l’exécution de son dessein. Après avoir loué sa piété, ils lui représentèrent avec larmes les dangers auxquels l’Etat serait exposé ; qu’on aurait à craindre tout à la fois les ennemis du dedans et du dehors ; qu’ils s’imaginaient déjà voir toutes les calamités tomber sur le royaume.

Edouard fut si touché de leurs raisons et de leurs prières, qu’il promit, avant de rien entreprendre, de consulter Léon IX, qui occupait alors la chaire de Pierre. Il envoya à Rome, pour ce sujet, Aëlred, archevêque d’York, Herman, évêque de Winchester, et deux abbés. Le Pape, persuadé que le roi ne pouvait quitter ses Etats sans exposer son peuple à de grands dangers, le dispensa de l’accomplissement de son vœu ; mais ce fut à condition qu’il distribuerait aux pauvres l’argent qu’il aurait dépensé en venant à Rome, et qu’il bâtirait ou doterait un monastère en l’honneur de saint Pierre.

Sébert, roi des Est-Angles, avait fondé la cathédrale de Saint-Paul de Londres. Quelques auteurs lui ont aussi attribué la fondation d’un monastère en l’honneur de saint Pierre, qui était hors les murs et au couchant de la ville. On dit que ce monastère occupait l’emplacement d’un ancien temple d’Apollon, qu’un tremblement de terre avait renversé : mais le silence de saint Bède le Vénérable fait croire qu’il fut bâti quelques années plus tard par quelque particulier et qu’il était peu de chose dans son origine. On l’appelait Torney. Des Danois l’ayant détruit, le roi Edgard le fit reconstruire. Saint Edouard, après l’avoir réparé, y fit des donations considérables ; il voulut encore qu’il fut honoré d’exemptions et de privilèges ; ce qu’il obtint du pape Nicolas II en 1059. On lui donna le nom de Westminster, à cause de sa situation. Il est devenu fort célèbre depuis par le sacre des rois et par la sépulture des grands hommes du royaume. C’était l’abbaye la plus riche de toute l’Angleterre lorsqu’on y détruisit tous les monastères. (…)

S’étant trouvé mal à la cérémonie de dédicace de l’église de Westminster dont nous avons parlé plus haut, il n’y assista pas moins jusqu’à la fin ; mais fut obligé de se mettre au lit à l’issue de la cérémonie. Il ne pensa plus dès lors qu’à se préparer à la mort par des actes fervents de piété et par la réception des sacrements. Tous les seigneurs de sa cour témoignaient la douleur la plus vive. Voyant la reine fondre en larmes, saint Edouard lui dit : « Ne pleurez plus ; je ne mourrai point, mais je vivrai ; j’espère en quittant cette terre de mort entrer dans la terre des vivants pour y jouir du bonheur des saints. » Il la recommanda ensuite à Harold et à d’autres seigneurs, et il leur déclara qu’elle était restée vierge. Il expira tranquillement le 5 janvier 1066, dans la 64e année de son âge et après un règne de 23 ans.

(Vie des pères, martyrs et autres principaux saints, par l’abbé Godescard)

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12 octobre 2014

18e dimanche après la Pentecôte

Le Christ accomplit des mystères divins, en ses actions humaines et sous des apparences visibles, il opère des œuvres invisibles : la lecture de ce jour nous le montre. « Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. Il vint dans sa ville. » N’est-ce pas celui-là même qui, après avoir repoussé les flots, met à nu les tréfonds de la mer, de sorte que le peuple d’Israël passe à pied sec au milieu des eaux figées d’étonnement, comme dans un creux entre des montagnes ? N’est-ce pas lui qui incline les vagues de la mer sous les pieds de Pierre si bien qu’une route d’eau offre aux pas d’un homme un sillage solide ? Alors, pourquoi refuse-t-il pour lui-même les services de la mer, et recourt-il à ceux d’un batelier pour traverser un si petit lac ?

« Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. » Et quoi d’étonnant, frères ? Le Christ est venu se charger de nos faiblesses et nous donner sa force, chercher ce qui est humain, accorder ce qui est divin, accepter des injures, rendre des dignités, porter des maux, apporter la guérison ; car le médecin qui ne porte pas l’infirmité ne sait pas guérir, et celui qui n’a pas été malade avec le malade ne peut pas apporter au malade la guérison.

Le Christ donc, s’il était demeuré dans sa puissance, n’aurait rien eu de commun avec les hommes ; et s’il n’avait pas assumé la condition de la nature charnelle, c’est en vain qu’il aurait revêtu la chair.

« Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. Il vint dans sa ville. » Le Créateur des choses, le Seigneur de l’univers, après s’être mis à l’étroit pour nous dans notre chair, commence par avoir une patrie humaine, commence par être citoyen d’une ville de Judée, commence par avoir des parents, lui qui est le père de tous les parents. N’est-ce pas l’amour qui invite, la charité qui attire, l’affection qui triomphe, la bonté qui persuade ceux que la tyrannie a chassés, que la crainte a dispersés, que la contrainte a bannis ?

*

Ce que l’on vient de lire est le début du sermon 50 de saint Pierre Chrysologue sur l’évangile de ce dimanche. C’est la lecture des matines, qui s’arrête donc avant le miracle de la guérison du paralytique. Il s’agit même du commentaire de la seule première phrase de l’évangile, à laquelle on ne prête guère attention, et qui contient pourtant des vérités essentielles : toute l’étendue du mystère de l’incarnation.

Du reste c’est bien un commentaire de la guérison du paralytique : « car le médecin qui ne porte pas l’infirmité ne sait pas guérir, et celui qui n’a pas été malade avec le malade ne peut pas apporter au malade la guérison ».

Et la dernière phrase de cet évangile, à laquelle on ne prête guère attention non plus (en raison de l’importance cruciale du miracle où Jésus affirme clairement sa divinité) est la suite logique du mystère de l’incarnation évoqué dans la première phrase : «  Les foules, voyant cela, furent remplies de crainte, et glorifièrent Dieu, qui avait donné un tel pouvoir aux hommes. » Aux hommes, au pluriel, ce qui surprend, puisqu’on vient de nous montrer le pouvoir du Christ, et non « des hommes ». Mais c’est que le Christ poursuivra sa mission par l’Eglise, l’Eglise incarnée, des hommes, qui disposeront de ses sacrements pour guérir les âmes.

L’offertoire de ce dimanche, dans sa version complète, est sans aucun doute le plus long de l’année liturgique. C’est quasiment un oratorio de plain chant. Dommage qu’on ne l’entende jamais. Mais il est vrai qu’il doit durer, sans traîner, près de vingt minutes… Ce qui est un peu long pour un offertoire, même de la messe de saint Pie V…

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11 octobre 2014

La maternité de la Très Sainte Vierge Marie

"Mère de Dieu", Theotokos, est le titre attribué officiellement à Marie au V siècle, plus exactement lors du Concile d'Ephèse de 431, mais qui s'était déjà affirmé dans la dévotion du peuple chrétien à partir du III siècle, dans le contexte des discussions enflammées de cette période sur la personne du Christ. On soulignait, par ce titre, que le Christ est Dieu et qu'il est réellement né, comme un homme, de Marie: on préservait ainsi son unité de vrai Dieu et de vrai homme. En vérité, même si le débat semblait porter sur Marie, celui-ci concernait essentiellement son Fils. Voulant sauvegarder la pleine humanité de Jésus, certains Pères suggéraient un terme plus atténué:  au lieu du titre de Theotokos, ils proposaient celui de Christotokos, "Mère du Christ"; cela fut cependant vu à juste titre comme une menace contre la doctrine de la pleine unité de la divinité avec l'humanité du Christ. C'est pourquoi, après une longue discussion, lors du Concile d'Ephèse de 431, comme je l'ai dit, furent solennellement confirmées, d'une part, l'unité des deux natures, divine et humaine, en la personne du Fils de Dieu (cf. DS, n. 250) et, de l'autre, la légitimité de l'attribution à la Vierge du titre de Theotokos, Mère de Dieu  (ibid., n. 251).

Après ce Concile, on enregistra une véritable explosion de dévotion mariale et de nombreuses églises dédiées à la Mère de Dieu furent construites. Parmi celles-ci domine la Basilique Sainte-Marie-Majeure, ici à Rome. La doctrine concernant Marie, Mère de Dieu, trouva en outre une nouvelle confirmation dans le Concile de Chalcédoine (451), au cours duquel le Christ fut déclaré "vrai Dieu et vrai homme [...] né pour nous et pour notre salut de Marie, Vierge et Mère de Dieu, dans son humanité" (DS, n. 301). Comme on le sait, le Concile Vatican II a recueilli dans un chapitre de la Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, le huitième, la doctrine sur Marie, réaffirmant sa maternité divine. Le chapitre s'intitule: "La Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l'Eglise".

La qualification de Mère de Dieu est donc le titre fondamental sous lequel la Communauté des croyants honore, pourrions-nous dire depuis toujours, la Sainte Vierge. Celle-ci exprime bien la mission de Marie dans l'histoire du salut. (…)

C'est du titre de "Mère de Dieu" que dérivent ensuite tous les autres titres avec lesquels l'Eglise honore la Vierge, mais celui-ci est le titre fondamental. Nous pensons au privilège de l'"Immaculée Conception", c'est-à-dire au fait qu'elle soit exempte du péché depuis sa conception: Marie fut préservée de toute tache de péché, car elle devait être la Mère du Rédempteur. Cela est également valable pour le titre de l'"Assomption": Celle qui avait engendré le Sauveur ne pouvait pas être sujette à la corruption dérivant du péché. Et nous savons que tous ces privilèges ne sont pas accordés pour éloigner Marie de nous, mais au contraire pour la rendre proche; en effet, étant totalement avec Dieu, cette Femme est très proche de nous et nous aide comme une mère et comme une sœur. La place unique et singulière que Marie possède dans la communauté des croyants dérive également de sa vocation fondamentale à être la Mère du Rédempteur. Précisément en tant que telle, Marie est également la Mère du Corps mystique du Christ, qui est l'Eglise. C'est donc à juste titre que, durant le Concile Vatican II, le 21 novembre 1964, Paul VI attribua solennellement à Marie le titre de "Mère de l'Eglise".

Précisément parce qu'elle est la Mère de l'Eglise, la Vierge est également la Mère de chacun de nous, qui sommes les membres du Corps mystique du Christ. De la Croix, Jésus a confié sa Mère à chacun de ses disciples et, dans le même temps, il a confié chacun de ses disciples à l'amour de sa Mère. L'évangéliste Jean conclut son récit bref et suggestif par les mots suivants:  "Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui" (Jn 19, 27). Telle est la traduction du texte grec:  "èis tà ìdia", il l'accueillit dans sa propre réalité, dans son propre être. Si bien qu'elle fait partie de sa vie et que les deux vies s'interpénètrent; et cette façon de l'accepter dans sa propre vie (èis tà ìdia) est le testament du Seigneur. Au moment suprême de l'accomplissement de la mission messianique, Jésus laisse donc à chacun de ses disciples, comme héritage précieux, sa propre Mère, la Vierge Marie.

Benoît XVI, catéchèse du 2 janvier 2008

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10 octobre 2014

Saint François de Borgia

Lu sur le site Tombes et sépultures dans les cimetières et autres lieux :

L’idée d’un saint présent au cœur de la sulfureuse famille Borgia a des airs de pure galéjade et pourtant…

Petit-fils de Juan Borgia, le duc de Gandie, arrière-petit-fils du pape Alexandre VI, Borgia était le plus grand seigneur du royaume de Valence. Il alla parfaire son éducation à la cour royale de Tordesillas où la reine d’Espagne, Jeanne la Folle, était enfermée. Il devint  un ami très proche de Charles Quint dont il jouissait  de toute la faveur et qui le nomma vice-roi de la Catalogne.

Ecuyer de l’impératrice Isabelle, femme de Charles Quint, il eut en charge d’accompagner sa dépouille mortelle jusque Grenade. Déjà très éprouvé par sa mort, François dut faire face à une épreuve qui le bouleversa. Arrivé à Grenade, le clergé voulant s’assurer qu’il s’agissait bien de la dépouille de la souveraine ouvrit le cercueil et découvrit un corps dans un état de décomposition avancée.  François Borgia, à la vue de ce corps décomposé, fit vœu de se consacrer à Dieu s’il perdait sa femme.

Devenu veuf, ordonné prêtre en 1551, il entra dans la Compagnie de Jésus, en fut nommé général et n’eut de cesse de développer et d’organiser son ordre. On le retrouva aussi sur le front de missions diplomatiques comme tenter de marier Marguerite de France à Sébastien, roi de Portugal, plutôt qu’à l’hérétique futur Henri IV.

Son humilité et sa réputation de saint homme le firent surpasser en tout ses illustres prédécesseurs. Quand Charles Quint se retira à Yuste, François était l’un des rares dont l’empereur acceptait les visites avec plaisir.

Puis un jour, pour avoir négligé de soigner une pleurésie, François tomba gravement malade à Ferrare et mourut peu après à Rome dans les échos du massacre de la Saint-Barthélemy.

Ses funérailles romaines furent à la hauteur de sa renommée. Il fut inhumé un temps dans l'église du Gesù à Rome. Puis, en 1607, à la demande de son petit-fils, premier ministre du roi Philippe III d’Espagne, et de Gaspard de Borgia alors ambassadeur d’Espagne, on entama la procédure de béatification.

En 1617, sa dépouille fut transférée à Madrid dans un délire de solennités. Sept ans plus tard, le 21 novembre 1624, jour de sa béatification, son corps fut promené dans un Madrid en liesse.

François de Borgia fut canonisé le 11 avril 1671. Épargné par le décret de Joseph Bonaparte qui, en 1809, ordonnait la confiscation de tous les lieux saints et des objets précieux, le reliquaire d'argent contenant les restes du saint, après des diverses vicissitudes, fut confié, en 1901, à l'église de la compagnie de Jésus de Madrid. En mai 1931, lors des manifestations anticléricales, ses reliques disparurent en grande partie dans l’incendie qui ravagea l’église.

Voir aussi :

Le témoignage de sainte Thérèse

La mort de saint François de Borgia

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09 octobre 2014

Saints Denis, Rustique et Eleuthère

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Décollation de saint Denis, missel de l’abbaye Saint-Denis, XIIIe siècle. L’enluminure est le D qui commence la collecte de la messe de la fête (on remarque que Dionysium est écrit « dyoni(sium) ») :

Deus, qui hodiérna die beátum Dionýsium, Mártyrem tuum atque Pontíficem, virtúte constantiæ in passióne roborásti, quique illi, ad prædicándum géntibus glóriam tuam, Rústicum et Eleuthérium sociáre dignátus es : tríbue nobis, quǽsumus ; eórum imitatióne, pro amóre tuo próspera mundi despícere, et nulla eius advérsa formidáre. Per Dóminum…

O Dieu, qui, en ce jour, avez fortifié le bienheureux Denis, votre Martyr et Pontife, lui donnant la constance dans l’épreuve du martyre, et qui avez daigné lui associer Rustique et Éleuthère, pour annoncer votre gloire aux Gentils ; faites-nous, s’il vous plaît, la grâce de mépriser, à leur exemple et pour l’amour de vous, les prospérités du monde et de ne craindre aucune de ses adversités.

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Décollation des saints Denis, Rustique et Eleuthère, dans une édition française de la Légende dorée de Jacques de Voragine, datant de 1380 environ. On peut lire : « Denys ariopagite fu conútis a la foy jesu crist de pol le beneoit (apostre) » (Denys l’aréopagite fut converti à la foi de Jésus-Christ par l’apôtre saint Paul).

Ces deux livres sont conservés à la Bibliothèque Mazarine.

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08 octobre 2014

Sainte Brigitte

Ce qui suit est le chapitre 41 du premier livre des Révélations de sainte Brigitte. Il n’est pas du tout dans mon intention d’appliquer au pape actuel ce qui est dit du pape d’alors. Mais seulement de montrer qu’être catholique ne signifie pas être à plat ventre devant le pape quel qu’il soit.

*

Je suis le Créateur de toutes choses.  Je suis engendré du Père avant les astres, et suis inséparablement en mon Père, et mon Père est en moi, et un Esprit en tous deux. 

Partant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu.  Je suis celui qui a promis à Abraham l’héritage éternel.  J’ai tiré, par Moïse, mon peuple de l’Égypte.  Je suis le même qui parlait par la bouche des prophètes.  Mon Père m’a envoyé dans les entrailles de la Vierge, ne se séparant pas de moi, mais demeurant inséparable avec moi, afin que l’homme, se retirant, retournât à Dieu par mon amour.

Or, maintenant, en la présence de mes troupes célestes, de vous, qui voyez en moi et savez en moi toutes choses, néanmoins, pour l’instruction de mon épouse ici présente, qui ne peut comprendre les choses spirituelles que par les choses corporelles, je me plains devant vous de cinq hommes qui sont ici présents, parce qu’ils m’offensent en plusieurs choses. Car comme autrefois par le mot Israël j’entendais en la loi ancienne tout le peuple d’Israël, de même par ces cinq hommes, j’entends tous les hommes du monde.

Le premier est le gouverneur de l’Église ; le deuxième son clergé ; les Juifs sont le troisième, les païens le quatrième, mes amis le cinquième.

Mais de vous, ô Judée ! j’en excepte tous les Juifs qui sont secrètement chrétiens, et qui me servent avec un amour sincère, une foi droite et par des œuvres parfaites.  Mais de vous, païens, j’en excepte tous ceux qui marcheraient par la voie de mes commandements, s’ils savaient comment et s’ils étaient instruits, et ceux qui font de bonnes œuvres autant qu’ils peuvent ; ils ne seront aucunement jugés avec vous.

Donc, maintenant, je me plains de vous, ô chef de mon Église ! qui êtes assis sur le siège que j’ai donné à Pierre et à ses successeurs, pour y être assis avec une triple dignité et une triple autorité :

1° afin qu’ils aient le pouvoir de lier et de délier les âmes du péché ;

2° afin qu’ils ouvrent le ciel aux pénitents ;

3° afin qu’ils le ferment aux maudits et à ceux qui me méprisent.

Mais vous, qui deviez délier les âmes et me les présenter, vous en êtes le meurtrier ; car j’ai établi Pierre pasteur et gardien de mes brebis, et vous en êtes le dispensateur et celui qui les blesse.  Or, vous êtes pire que Lucifer, car lui m’enviait et ne désirait tuer autre que moi, afin qu’il régnât à ma place, mais vous êtes pire que lui, attendu que, non seulement vous me tuez, me repoussant de vous par plusieurs mauvaises œuvres, mais vous tuez les âmes par votre mauvais exemple.

J’ai racheté de mon sang les âmes, et je vous les ai confiées comme à un fidèle ami : mais vous, vous les livrez à mon ennemi duquel je les avais rachetées.  Vous êtes plus injuste que Pilate, qui ne condamnait à mort autre que moi : mais non seulement vous me jugez comme celui qui n’a aucun pouvoir et qui est indigne de tout bien, mais vous condamnez même les âmes innocentes et vous pardonnez aux coupables.  Vous m’êtes plus ennemi que Judas, qui me vendit seul : et vous, vous ne me vendez pas seul, mais aussi les âmes de mes élus par un sale lucre et par une vanité de nom : Vous êtes plus abominable que les Juifs, car ils crucifièrent seulement mon corps, mais vous
crucifiez et punissez les âmes de mes élus, auxquelles votre malice et votre transgression sont plus amères que le couteau tranchant.

Et partant, parce que vous êtes semblables à Lucifer, que vous êtes plus injuste que Pilate, plus cruel que Judas et plus abominable que les Juifs, je me plains avec raison de vous.

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07 octobre 2014

Notre Dame du Rosaire

Voulant faire apprécier sa grâce et confondre la sagesse humaine, Dieu daigna prendre chair d’une femme, mais d’une vierge, afin de restituer la ressemblance par un semblable, de guérir le contraire par un contraire, d’arracher l’épine vénéneuse et d’effacer, avec une souveraine puissance, la cédule du péché. Eve a été l’épine, en blessant, et Marie, la rose, en gagnant l’affection de tous. Eve a été l’épine inoculant la mort à tous, et Marie la rose qui nous a tous guéris. Marie fut une rose blanche par la virginité, et rouge par la charité ; blanche par la chasteté de son corps, rouge par la ferveur de son esprit ; blanche en recherchant la vertu, rouge en foulant aux pieds les vices ; blanche par la pureté des affections, rouge par la mortification de la chair ; blanche en aimant Dieu, rouge en compatissant au prochain.

« Le Verbe s’est fait chair, » et déjà il habite en nous. Il habite dans notre mémoire, il habite dans notre pensée, car il descend jusque dans notre imagination elle-même. Comment cela, dites-vous ? En gisant sur la paille de la crèche, en reposant sur un sein virginal, en prêchant sur la montagne, en passant la nuit en prières, en se laissant suspendre à la croix et défigurer par le trépas, en se montrant « libre entre les morts » et en commandant à l’enfer ; en ressuscitant le troisième jour, en montrant à ses Apôtres, dans les traces des clous, les signes de sa victoire, enfin en s’élevant devant eux au plus haut du ciel.

Est-ce que chacun de ces faits n’inspire pas des pensées vraies, pieuses, saintes ? Quand je les repasse dans mon esprit, c’est à Dieu que je pense, et dans ces mystères, je trouve mon Dieu. Méditer ces choses, selon moi, c’est sagesse, et, à mon jugement, c’est prudence que d’en ramener le souvenir, souvenir dont la douceur est comme l’amande du fruit produit en abondance par la verge d’Aaron, et que Marie est allée cueillir dans les hauteurs des cieux, pour le répandre sur nous à profusion. Oui, c’est bien au plus haut des cieux qu’elle est allée le prendre, et par delà les Anges, quand elle a reçu le Verbe du sein de Dieu même, pour nous enrichir. C’est dans les hauteurs et plus haut que les Anges, que Marie a reçu le Verbe, du sein même du Père.

Cette lecture des matines de la fête d’aujourd’hui est tirée d’un sermon qui fut attribué à saint Bernard mais n’est pas de lui (premier paragraphe), et du sermon de saint Bernard sur la nativité de la Sainte Vierge, dit « l’Aqueduc ».

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06 octobre 2014

Saint Bruno

Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de divine jouissance à ceux qui les aiment, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience. Ici en effet, les hommes forts peuvent se recueillir autant qu’ils le désirent, demeurer en eux-mêmes, cultiver assidûment les germes des vertus et se nourrir avec bonheur des fruits du paradis. Ici on s’efforce d’acquérir cet œil dont le clair regard blesse l’époux d’un amour pur et limpide qui voit Dieu. Ici on s’adonne à un loisir bien rempli et l’on s’immobilise dans une action tranquille. Ici Dieu donne à ses athlètes, pour le labeur du combat la récompense désirée : une paix que le monde ignore et la joie dans l’Esprit Saint. Telle est cette belle Rachel, à l’aspect agréable ; bien qu’elle donnât à Jacob moins d’enfants que Lia, il la préférait à celle-ci, plus féconde, mais au regard obscurci. Les fils de la contemplation sont plus rares en effet que les fils de l’action ; cependant Joseph et Benjamin sont chéris par leur père plus que les autres frères. Telle est cette meilleure part que Marie a choisie et qui ne sera pas enlevée. Telle est la belle Sunamite, cette vierge qui seule dans tous le pays d’Israël fut trouvée digne de choyer et réchauffer David devenu vieux. Comme je voudrais, frère très cher, que tu l’aimes par dessus tout, afin que, réchauffé entre ses bras tu brûles du divin amour. Que cette charité vienne à s’établir en ton cœur et bientôt la gloire du monde, cette caressante et trompeuse séductrice te paraîtrait misérable ; tu rejetterais aisément les richesses dont le souci alourdit l’âme ; tu te dégoûterais des plaisirs, si nuisibles au corps comme à l’esprit.

Extrait de la lettre de saint Bruno à Raoul le Verd

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05 octobre 2014

17e dimanche après la Pentecôte

Voilà donc le divin Maître qui interroge les Juifs, et ils ne répondent point, parce qu’ils ne veulent pas être ses disciples; si maintenant il nous interrogeait, que répondrions-nous? Cette interrogation mit les Juifs en défaut, qu’elle profite aux chrétiens; loin de se troubler, qu’ils s’instruisent. Ce n’est point pour s’instruire que le Seigneur nous interroge, mais il interroge en docteur. Ces malheureux Juifs devaient lui répondre, c’est à vous de nous l’apprendre. Ils aimèrent mieux se taire dans un dépit orgueilleux, que s’instruire par une humble confession. Que le Maître nous parle donc, et voyons ce que nous répondrons à cette question. « Que vous semble-t-il du Christ? De qui est-il Fils? » Répondons ce que répondirent les Juifs, mais sans nous arrêter où ils s’arrêtèrent. Rappelons-nous cet Evangile que nous croyons. « Livre de la génération de Jésus-Christ, Fils de David » (Matth. 1, 1). Que la question que l’on nous adresse ne nous fasse point oublier que le Christ est Fils de David, ainsi que nous le rappelle saint Paul. Courage donc, ô chrétien; « souviens-toi que le Christ Jésus, Fils de David, est ressuscité d’entre les morts » (II Tim. 2, 8). Que l’on nous interroge donc, et répondons. « Que vous semble-t-il du Christ? De qui est-il Fils?» Que toutes les bouches chrétiennes redisent eu plein accord: « De David ». Que le Maître continue, et nous dise: « Comment donc David, parlant par l’Esprit-Saint, l’appelle-t-il son Seigneur? Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite jusqu’à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied. » Comment pourrons-nous répondre, si vous ne nous l’apprenez? Maintenant que nous l’avons appris, nous disons: « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu; toutes choses ont été faites par vous ». Voilà le Seigneur de David. Mais à cause de l’infirmité de notre chair, parce que nous n’étions qu’une chair sans espoir: «Le Verbe s’est fait chair et a demeuré parmi nous»; voilà le Fils de David. Assurément, Seigneur, ayant la nature divine, vous n’avez pas cru qu’il y eût usurpation à vous dire semblable à Dieu; aussi êtes-vous le Seigneur de David; mais, vous vous êtes abaissé jusqu’à prendre la forme de l’esclave (Philipp. II, 7): voilà le Fils de David. Aussi, dans votre question, quand vous demandez: « Comment est-il son Fils? » vous n’avez point nié que vous fussiez son Fils, mais seulement demandé comment cela pouvait se faire. David l’appelle son Seigneur, dites-vous; de quelle manière donc est il son Fils? Sans le nier, je vous demande comment, pour eux, avec cette Ecriture qu’ils lisaient sans la comprendre, s’ils eussent voulu à cette demande se rappeler cette manière, ils eussent répondu: Pourquoi nous interroger? « Voilà que la Vierge concevra et mettra au monde un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie : Dieu avec nous » (Isaïe 7, 14). Donc, la Vierge concevra, et cette Vierge, de la race de David, mettra au monde un fils, qui sera Fils de David. Car Joseph et Marie étaient de la maison, et de la famille de David. Donc, cette Vierge enfanta, en sorte que son Fils est le Fils de David. Mais au Fils qu’elle a mis au monde, « on donnera le nom d’Emmanuel, ou Dieu avec nous ». Voilà comment nous avons le Seigneur de David.

Saint Augustin, commentaire du psaume 109.

• Sur l’offertoire de ce dimanche, voir ici.

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04 octobre 2014

Saint François d’Assise

La treizième année de son renoncement au monde, il se rendit en Syrie et s'exposa à des dangers de toutes sortes pour arriver jusqu'au soudan de Babylone. Il y avait alors entre les chrétiens et les Sarrasins une guerre implacable ; les camps des deux armées étaient fort rapprochés, et l'on ne pouvait passer de l'un dans l'autre sans péril d'être massacré, car le soudan avait promis une pièce d'or à tous ceux qui lui apporteraient la tête d'un chrétien. Mais le vaillant soldat de Jésus-Christ, plein de l'espoir d'être bientôt au terme de ses vœux, résolut de se mettre en route, sans se laisser effrayer par la mort , ou plutôt excité par son désir. Après avoir prié, se sentant fortifié par le Seigneur, il redisait avec confiance ces paroles du Prophète : Quand je marcherais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrais aucun mal, parce que vous êtes avec moi. Ayant donc pris pour compagnon frère Illuminé, homme vraiment digne de ce nom par ses lumières et sa vertu, il se mit en route. Bientôt ils rencontrèrent deux brebis. A cette vue, le saint rempli de joie dit à son compagnon : « Ayez confiance dans le Seigneur, mon frère, car en nous s'accomplit cette parole de l'Evangile : Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » Lorsqu'ils se furent avancés plus loin, ils trouvèrent les gardes avancés des Sarrasins, qui, comme des loups, accoururent et se saisirent brutalement des serviteurs de Dieu, leur firent subir des traitements cruels, et après les avoir accablés d'injures et de coups, les chargèrent de chaînes. Enfin, après les avoir maltraités et affligés de toute façon, par une disposition de la divine Providence ils les conduisirent au soudan, selon le désir du saint. Celui-ci leur avant demandé qui les avait envoyés et quel était le but de leur voyage, François lui répondit sans s'effrayer : « Je ne viens point de la part d'un homme, mais de la part du Dieu très-haut, afin de vous montrer à vous et à votre peuple la voie du salut, et de vous annoncer l'Evangile de vérité. » Ensuite il prêcha avec un tel courage, une telle force et une telle ardeur au soudan le Dieu en trois personnes et Jésus-Christ sauveur de tous les hommes, qu'en lui s'accomplissait clairement cette promesse du Seigneur : Je mettrai en votre bouche des paroles et une sagesse auxquelles vos ennemis ne pourront résister, et qu'ils ne pourront contredire. En effet, le soudan voyant le zèle admirable et la vertu du serviteur de Dieu, l'écoutait volontiers et le pressait avec instance de prolonger son séjour auprès de lui; mais François, éclairé d'en haut, lui dit : « Si vous voulez vous convertir à Jésus-Christ, vous et votre peuple, je demeurerai de grand cœur avec vous. Mais si vous hésitez à abandonner la loi de Mahomet pour la foi du Sauveur, faites allumer un grand feu : je le traverserai avec vos prêtres, et vous serez à même de juger alors quelle est la croyance la plus certaine et la plus sainte, et celle qui mérite l'adhésion de vos cœurs. » — « Je ne pense pas, répondit le soudan, qu'aucun de nos prêtres consentît pour la défense de sa foi à s'exposer au feu ou à subir quelque autre genre de tourment. » En effet, il avait vu un de ses prêtres, homme de zèle et déjà avancé en âge, prendre la fuite, en entendant les propositions de François. Alors le saint ajouta : « Si vous voulez me promettre pour vous et pour votre peuple d'embrasser la foi de Jésus-Christ dans le cas où je sortirai sain et sauf du milieu des flammes, je les traverserai seul. Si le feu me fait sentir ses ardeurs, vous l'attribuerez à mes péchés ; mais si la puissance du Seigneur me protège, vous reconnaîtrez que le Christ est la vertu et la sagesse de Dieu, qu'il est le Dieu véritable et le Sauveur de tous les hommes. » Le soudan déclara qu'il n'osait accepter une telle proposition dans la crainte de voir son peuple se soulever. Cependant il lui offrit des présents considérables et d'un grand prix. L'homme de Dieu, plein de mépris pour les choses de ce monde, et avide seulement du salut des âmes, méprisa tout cela comme de la boue. Mais ce refus, qui montrait en lui un si parfait contempteur des biens terrestres, lui gagna encore davantage l'affection du soudan ; et quoiqu'il ne voulût ou n'osât embrasser la foi chrétienne, il supplia cependant le saint d'accepter ses dons afin de les distribuer pour son salut aux pauvres chrétiens ou aux églises. François, qui avait en horreur de porter le fardeau des richesses et ne voyait d'ailleurs aucun sentiment de vraie piété dans l'âme du soudan, n'acquiesça en aucune façon à ce qu'il souhaitait. Ensuite, reconnaissant qu'il n'aurait aucun succès auprès de cette nation et qu'il ne pouvait obtenir l'objet de ses désirs, averti par une révélation du ciel, il revint en Europe.

Saint Bonaventure, Legenda minor.

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03 octobre 2014

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Au soir d’Amour, parlant sans parabole
Jésus disait : "Si quelqu’un veut m’aimer
Toute sa vie qu’il garde ma Parole
Mon Père et moi viendrons le visiter.
Et de son cœur faisant notre demeure
Venant à lui, nous l’aimerons toujours !…
Rempli de paix, nous voulons qu’il demeure
En notre Amour !…"

Vivre d’Amour, c’est te garder Toi-Même
Verbe incréé, Parole de mon Dieu,
Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t’aime
L’Esprit d’Amour m’embrase de son feu
C’est en t’aimant que j’attire le Père
Mon faible cœur le garde sans retour.
O Trinité ! vous êtes Prisonnière
De mon Amour !…

Vivre d’Amour, c’est vivre de ta vie,
Roi glorieux, délice des élus.
Tu vis pour moi, caché dans une hostie
Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !
A des amants, il faut la solitude
Un cœur à cœur qui dure nuit et jour
Ton seul regard fait ma béatitude
Je vis d’Amour !…

Vivre d’Amour, ce n’est pas sur la terre
Fixer sa tente au sommet du Thabor.
Avec Jésus, c’est gravir le Calvaire,
C’est regarder la Croix comme un trésor !…
Au Ciel je dois vivre de jouissance
Alors l’épreuve aura fui pour toujours
Mais exilée je veux dans la souffrance
Vivre d’Amour.

Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
Sans réclamer de salaire ici-bas
Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas !…
Au Cœur Divin, débordant de tendresse
J’ai tout donné… légèrement je cours
Je n’ai plus rien que ma seule richesse
Vivre d’Amour.

Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte
Tout souvenir des fautes du passé.
De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
En un instant l’amour a tout brûlé…..
Flamme divine, ô très douce Fournaise !
En ton foyer je fixe mon séjour
C’est en tes feux que je chante à mon aise :
« Je vis d’Amour !… »

Vivre d’Amour, c’est garder en soi-même
Un grand trésor en un vase mortel
Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême
Ah je suis loin d’être un ange du ciel !…
Mais si je tombe à chaque heure qui passe
Me relevant tu viens à mon secours,
A chaque instant tu me donnes ta grâce
Je vis d’Amour.

Vivre d’Amour, c’est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes sœurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J’ai ma devise écrite sur ma voile :
« Vivre d’Amour. »

Vivre d’Amour, lorsque Jésus sommeille
C’est le repos sur les flots orageux
Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t’éveille
J’attends en paix le rivage des cieux…
La Foi bientôt déchirera son voile
Mon Espérance est de te voir un jour
La Charité enfle et pousse ma voile
Je vis d’Amour !…

Vivre d’Amour, c’est, ô mon Divin Maître
Te supplier de répandre tes Feux
En l’âme sainte et sacrée de ton Prêtre
Qu’il soit plus pur qu’un séraphin des cieux !…
Ah ! glorifie ton Eglise Immortelle
A mes soupirs, Jésus ne sois pas sourd
Moi son enfant, je m’immole pour elle
Je vis d’Amour.

Vivre d’Amour, c’est essuyer ta Face
C’est obtenir des pécheurs le pardon
O Dieu d’Amour ! qu’ils rentrent dans ta grâce
Et qu’à jamais ils bénissent ton Nom….
Jusqu’à mon cœur retentit le blasphème
Pour l’effacer, je veux chanter toujours :
"Ton Nom Sacré, je l’adore et je l’Aime
Je vis d’Amour !…"

Vivre d’Amour, c’est imiter Marie,
Baignant de pleurs, de parfums précieux,
Tes pieds divins, qu’elle baise ravie
Les essuyant avec ses longs cheveux…
Puis se levant, elle brise le vase
Ton Doux Visage elle embaume à son tour.
Moi, le parfum dont j’embaume ta Face
C’est mon Amour !…

« Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
Me dit le monde, " Ah ! cessez de chanter,
Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
Utilement sachez les employer !…"
T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !…
Tous mes parfums sont à toi sans retour,
Je veux chanter en sortant de ce monde :
« Je meurs d’Amour ! »

Mourir d’Amour, c’est un bien doux martyre
Et c’est celui que je voudrais souffrir.
O Chérubins ! accordez votre lyre,
Car je le sens, mon exil va finir !…
Flamme d’Amour, consume-moi sans trêve
Vie d’un instant, ton fardeau m’est bien lourd !
Divin Jésus, réalise mon rêve :
Mourir d’Amour !…

Mourir d’Amour, voilà mon espérance
Quand je verrai se briser mes liens
Mon Dieu sera ma Grande Récompense
Je ne veux point posséder d’autres biens.
De son Amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel… voilà ma destinée :
Vivre d’Amour !!!…

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02 octobre 2014

Les saints anges gardiens

Des Exercices de sainte Gertrude, premier exercice, pour recouvrer l’innocence baptismale, traduction du Père Emmanuel.

Pour que le Seigneur te donne un ange qui te guide en ton chemin, dis :

O Jésus, Prince de la paix, Ange du grand conseil, sois toi-même à ma droite toujours, comme le guide et le gardien de mon pèlerinage, pour que rien ne m’ébranle et ne me fasse m’éloigner de toi; et daigne envoyer du haut du ciel ton saint Ange, qui sous ta garde miséricordieuse soit en sollicitude pour moi, me conduise selon ton bon plaisir, et par ton chemin me ramène à toi parfaite. Amen.

Pour saluer et recevoir ton Ange, dis:

Salut, saint Ange de Dieu, gardien de mon âme et de mon corps; par le très doux cœur du Fils de Dieu Jésus-Christ, pour l’amour de Celui qui t’a créée et moi aussi, pour l’amour de Celui qui m’a confiée à toi lors de mon Baptême, reçois-moi en la garde de ta très fidèle paternité: afin que par ton aide, je traverse le torrent de cette vie sans souiller mes pieds, jusqu’à ce que j’arrive avec toi joyeuse à la vue de cette face d’où découle le miel, face que tu vois, toi; à la vue très réjouissante de cette suprême Divinité, dont la douceur surpasse toute suavité.

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01 octobre 2014

Saint Remi

Remi, docteur illustre et confesseur glorieux du Seigneur, eut sa naissance prédite comme il suit par un ermite. Les Vandales avaient ravagé toute la France, et un saint reclus aveugle adressait de fréquentes prières au Seigneur pour la paix de l’Eglise des Gaules, quand un ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Apprends que la femme appelée Cilinie enfantera un fils du nom de Remi; il délivrera sa nation des incursions des méchants. » A son réveil, il courut immédiatement à la maison de Cilinie et raconta sa vision. Comme elle n'en croyait rien à raison de sa vieillesse, il répondit : « Quand tu allaiteras ton enfant, tu oindras avec soin mes yeux de ton lait et aussitôt tu me rendras la vue. » Toutes ces choses étant ainsi arrivées successivement, Remi quitta le monde et s'enferma dans la retraite. Sa réputation grandit, et à l’âge de 22 ans, il fut élu par le peuple archevêque de Reims. Or, sa mansuétude était telle que les oiseaux venaient jusque sur sa table manger dans sa main les miettes du repas. Ayant reçu l’hospitalité pendant quelque temps chez une matrone possédant une modique quantité de vin, Remi entra dans le cellier, fit le signe de la croix sur le tonneau, se mit en prières, et aussitôt le vin monta, de telle sorte qu'il se répandait au milieu du cellier.

Or, en ce temps-là, Clovis, roi de France, était païen et il n'avait pu être converti par son épouse qui était très chrétienne ; mais quand il vit venir contre lui une armée innombrable d'Allemands, il fit vœu au Seigneur Dieu qu'adorait sa femme de recevoir la foi de J.-C., s'il lui  accordait la victoire sur ses ennemis. Il l’obtint à son souhait; il alla donc trouver saint Remi et lui demanda le baptême. Quand on vint aux fonts baptismaux, il ne s'y trouvait pas de saint chrême, mais voici qu'une colombe apporta, dans son bec, une ampoule avec du chrême, dont le pontife oignit le roi. Or, cette ampoule est gardée dans l’église de Reims et les rois de France en ont été sacrés jusqu'aujourd'hui.

Longtemps après, Guénebauld, homme de grande prudence, s'étant marié à la nièce de saint Remi, les deux époux se délièrent mutuellement par esprit de religion, et Guénebauld fut ordonné évêque de Laon par saint Remi. Mais comme Guénebauld laissait trop souvent venir sa femme chez lui pour l’instruire, dans ces fréquents entretiens, son esprit se laissa enflammer de concupiscence et tous les deux tombèrent dans le péché. Sa femme conçut et enfanta un fils ; elle en instruisit l’évêque, et celui-ci, tout confus, lui fit dire: « Puisque l’enfant a été acquis par larcin, je veux qu'il soit appelé Larron. » Or, afin qu'aucun soupçon ne se fît jour, Guénebault laissa venir sa femme chez soi comme auparavant; mais quand ils eurent pleuré leur péché premier, ils tombèrent encore dans une nouvelle faute. Après avoir donné le jour à une fille et l’avoir mandé à l’évêque, celui-ci répondit : « Appelez cette fille Renarde. » Enfin revenu à lui, Guénebault alla trouver saint Remi, et, se jetant à ses pieds, il voulut ôter son étole de son cou. Saint Remi l’en empêcha et ayant appris de sa bouche les malheurs dans lesquels il était tombé, il le consola avec douceur, l’enferma dans une étroite cellule l’espace de sept ans, et lui-même gouverna son église dans l’intérim. La septième année, le jour de la cène du Seigneur, Guénebault était en oraison lorsqu'un ange lui apparut, lui déclarant que son péché était pardonné et lui commandant de sortir de sa retraite. Comme il répondait : « Je ne puis, car mon seigneur Remi a fermé la porte et l’a scellée de son sceau, » l’ange lui dit : « Afin que vous sachiez que le ciel vous est ouvert, votre cellule va être ouverte sans que le sceau soit rompu. » Il parlait encore que la porte s'ouvrit. Alors Guénebault se jetant en travers de la porte, les bras en forme de croix, dit : « Quand bien même mon Seigneur J.-C. viendrait, ici pour moi, je n'en sortirai pas, à moins que mon seigneur Remi qui  m’y a enfermé n'y vienne. » Sur l’avis de l’ange, saint Remi vint à Laon et rétablit Guénebauld sur son siège. Il persévéra dans les bonnes œuvres jusqu'à sa mort, et il eut pour successeur son fils Larron, qui fut saint aussi. Enfin saint Remi, tout éclatant de vertus, reposa en paix l’an 500 du Seigneur.

Jacques de Voragine, La légende dorée. Ce texte, inspiré de Grégoire de Tours et de Hincmar, est pour une fête de saint Remi qui avait lieu le 14 janvier, jour de sa naissance au ciel. Il y a un autre texte de Jacques de Voragine sur saint Remi pour la fête d’aujourd’hui, qui était la fête de la translation de ses reliques. (Guénebauld, ou Génebaud, fut de fait le premier évêque de Laon, et son fils Larron lui succéda.)

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30 septembre 2014

Saint Jérôme

Le « Prologue de Tobie », dans la Vulgate clémentine, également reproduit dans la récente Vulgate de Stuttgart, est une lettre de saint Jérôme expliquant pourquoi et comment il a traduit ce livre. La lettre est adressée à ses amis saint Chromace, évêque d’Aquilée, et saint Héliodore, évêque d’Altino.

« En vérité, je ne saurais comprendre votre empressement ; vous voulez absolument que je traduise en latin un livre écrit en chaldéen, je veux dire le livre de Tobie, que les Hébreux retranchent du nombre des livres canoniques pour le mettre au nombre des apocryphes. Je vous ai obéi, mais ce n'a pas été sans me faire violence ; car les Hébreux nous font un procès sur cela, et nous accusent de traduire en latin des livres qui ne sont point dans leur canon. Leurs plaintes ne m'ont pourtant pas empêché de poursuivre mon travail, persuadé qu'il était plus à propos d'obéir à des évêques que de craindre les murmures des pharisiens. Comme donc le chaldéen approche beaucoup de l'hébreu, je me suis servi d'un homme qui parlait parfaitement bien l'une et l'autre langue, et après avoir fait venir un copiste, je lui ai dicté en latin tout ce que celui-là m'exprimait en hébreu. J'ai consacré un jour tout entier à cet ouvrage.

« Je n'en veux point d'autre récompense que le secours de vos prières et le plaisir de savoir que vous êtes contents de mon travail. »

La première fois que j’ai lu ce texte (en latin) je me suis dit que j’avais dû mal comprendre. Mais saint Jérôme affirme réellement qu’il a traduit le livre de Tobie d’hébreu en latin en une seule journée. C’est un élément qu’il convient de garder en mémoire quand les exégètes qui méprisent la Vulgate prétendent que saint Jérôme n’avait pas une bonne connaissance de l’hébreu, voire même n’avait qu’une connaissance rudimentaire de cette langue…

On remarquera aussi que pour saint Jérôme il n’existait qu’un texte araméen de Tobie. Texte aujourd’hui perdu. Les traductions modernes de la Bible sont celles de textes grecs d’un texte sans doute hébreu lui aussi disparu, et qui sont différents. Or le texte de saint Jérôme, donc le texte de la Vulgate, est d’un plus grand intérêt pour le chrétien, comme je l’ai récemment signalé.

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29 septembre 2014

Dédicace de Saint-Michel

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Bienheureux cardinal Schuster

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