Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liturgie

  • Mardi des Rogations

    Mgr Centène Rogations.jpg

    Nous voici rassemblés une fois encore pour célébrer les Rogations et je remercie les CPCR de nous offrir le cadre de cette célébration.

    Depuis le V° siècle, l’Eglise a pris l’habitude de consacrer tous les ans trois jours consécutifs au jeûne et à la prière pour les fruits de la terre. C’est une manière pour nous de reconnaître la Seigneurie de Dieu sur la Création et de dire qu’elle est dans cette création la juste place de l’homme. La liturgie est une catéchèse, la liturgie est une école de vie. Aujourd’hui, elle nous rappelle que Dieu est le Maître de la création parce qu’il en est l’auteur et parce que par sa Providence il en assure l’ordre et le maintien.

    Comme les lectures de cette messe viennent de nous le rappeler, l’homme n’est que le gérant de la création et il n’y trouve sa place de façon harmonieuse que dans le respect des lois de la nature. La liberté de l’homme trouve sa juste place dans l’espace aménagé par le respect de ces lois. L’homme n’est pas au-dessus de la nature, il ne peut en modifier les règles. Il est un des éléments d’un ordonnancement qui le dépasse et si Dieu lui a confié la gérance de la création c’est pour qu’il la gouverne dans le respect des règles établies par le Créateur. Son intelligence lui permet de découvrir ces règles. La raison éclairée par la foi lui permet de connaître ces règles pour en tirer le meilleur parti. Ainsi, le grain qui tombe dans la bonne terre donne du fruit à raison de cent ou soixante ou trente pour un, tandis que celui qui tombe dans les ronces est étouffé. C’est la loi de la nature dont on ne peut pas s’abstraire mais qu’il faut connaître et aimer. Le cantique de l’offertoire nous le rappellera. Ceux qui vivent au contact de la terre le savent. La terre nous enseigne…la terre ne ment pas.

    Ce qui est vrai pour la nature extérieure à l’homme est vrai aussi pour l’homme lui-même, pour la nature humaine. Lorsque les lois humaines prétendent s’affranchir de la loi naturelle, alors c’est le règne de l’arbitraire qui commence, avec tout ce que cela comporte d’injustice, d’iniquité, de chaos !

    L’homme est créé à l’image de Dieu et il trouve son bonheur quand il cultive la ressemblance avec son divin modèle. Quand il prétend se faire l’égal de Dieu et dicter ses propres lois, c’est une tragédie qui commence. La Bible nous rappelle quelques-unes de ces tragédies : le péché originel, Sodome et Gomorrhe, la Tour de Babel. Et le démon est toujours prêt à nous suggérer de nouvelles aventures qui nous conduiront vers de nouvelles tragédies.

    Pendant cette messe, nous demanderons au Seigneur de faire de nous de bons gérants de la création, de bons intendants de la nature humaine, toujours soucieux de bien connaître la loi naturelle pour qu’elle soit le véritable espace de liberté dans lequel nos vies pourront se développer dans l’harmonie.

    Mais l’homme n’est pas seulement le gérant de la création ; il en est aussi le Prêtre. C’est à lui qu’il appartient de présenter à Dieu les fruits de la terre et de son travail pour que Dieu les transforme en source de grâce. C’est à lui qu’il appartient d’assumer la louange silencieuse qui monte de la terre pour la présenter au Seigneur d’une manière rationnelle. C’est à lui qu’il appartient d’intercéder pour le monde animé et inanimé. C’est à lui qu’il appartient de rendre gloire à Dieu pour la beauté de l’ordre créé qui se découvre à son intelligence émerveillée pour l’heureuse alternance des saisons qui donne sa fécondité à la terre, pour le don de la vie qui ouvre un avenir. Et c’est tout le sens de la procession de ce jour.

    Ce rôle de prêtre, l’homme ne l’assume pas tout seul : Il l’assume dans la communion des saints. Et c’est la raison pour laquelle nous avons demandé leur intercession en chantant leurs litanies. Il l’assume en Eglise et c’est la raison pour laquelle nous sommes tous là aujourd’hui : évêque, prêtres, religieux, religieuses, Peuple fidèle. Il l’assume dans le Christ Jésus vrai Dieu et vrai homme et c’est la raison pour laquelle les prières des Rogations trouvent leur place dans les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension où Jésus introduit notre humanité auprès du Père. Alors que Jésus s’apprête à s’élever au-dessus de la terre pour retourner au Père dont il est venu, nous voulons le charger de toutes nos intentions de prière pour qu’il les lui présente.

    Nous voulons lui demander de ne pas oublier la terre sur laquelle il a vécu, l’humanité qu’il a voulu partager. Nous voulons lui dire avec le Bon Larron : « Seigneur, souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton Royaume ! »

    Voilà, Frères et Sœurs, les quelques réflexions que nous inspire aujourd’hui la célébration des Rogations. Intériorisons-les dans le silence, faisons-les nôtres afin que notre existence soit conforme à notre prière et que notre façon de vivre soit en harmonie avec notre façon de célébrer. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

    Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, Rogations 2013 (à Notre-Dame de Fatima, Bieuzy-Lanvaux).

  • La messe à la réserve indienne

    « Quand l’Eglise est venue dans notre réserve en 1884, dit un ancien, il était vraiment facile pour les Indiens d’être catholiques. Il y avait tellement de choses qui étaient naturelles pour nous. Comme le prêtre priant vers l’est : nous priions vers l’est bien avant l’arrivée des Robes Noires. Dans les années 60, l’Eglise a changé, et beaucoup de gens ont quitté l’Eglise parce qu’ils ressentaient que l’Eglise leur avait menti. On leur avait dit que c’était important, que cela faisait partie du divin, et tout à coup ça n’avait plus d’importance du tout. Notre peuple a ressenti qu’on lui avait menti, comme l’homme blanc l’avait fait si souvent auparavant. »

    En 2015, un couple de « coordinateurs de la vie paroissiale » s’est installé dans cette réserve où il n’y avait plus de prêtre à plein temps mais qui est toujours la Mission Saint-Paul. Le prêtre avec qui ces coordinateurs étaient en relation est un jeune prêtre ordonné il y a un an et demi, le P. Garrett Nelson. Avec quatre autres jeunes prêtres du diocèse, il a constitué une sorte de fraternité informelle dont le ciment est l’amour de la liturgie traditionnelle. C’est le P. Nelson qui a demandé aux coordinateurs s’il pourrait célébrer la messe de saint Pie V à la réserve. Ce fut une messe de Requiem. Qui fit forte impression sur les Indiens.

    L’objectif est désormais d’avoir la messe tous les dimanches dans la réserve. La messe de 1884, célébrée vers l’est.

    Mais le P. Nelson, outre sa « responsabilité pastorale spéciale » à la Mission Saint-Paul, est vicaire de trois paroisses et a d’autres responsabilités dans trois autres églises de ce très vaste diocèse du Montana…

    (Rorate Caeli)

  • Lundi des Rogations

    Il est commandé en un autre endroit de prier sans cesse, non seulement durant le jour, mais même la nuit. Vous voyez, en effet, que cet homme qui alla trouver son ami au milieu de la nuit, lui demandant trois pains, et persistant à les demander, ne fut pas privé de l’objet de sa prière. Que signifient ces trois pains, si ce n’est l’aliment des célestes mystères ? Si vous aimez le Seigneur votre Dieu, vous pourrez mériter ses dons non seulement pour vous, mais encore pour les autres. Qui est plus notre ami que celui qui a livré son corps pour nous ? C’est à cet ami que David, au milieu de la nuit, a demandé ces pains, et il les a reçus. Car il les demandait, quand il disait : « Au milieu de la nuit je me levais pour vous louer ; » c’est pourquoi il a mérité ces pains qu’il nous a présentés pour nous en nourrir. Il les demanda encore, lorsqu’il dit : « Je laverai chaque nuit mon lit de mes pleurs. » Il ne craignait pas d’interrompre le sommeil de celui qu’il sait veiller toujours. Aussi, nous souvenant de ces paroles des Écritures, implorons le pardon de nos péchés en persévérant jour et nuit dans la prière. Car si un homme aussi saint que David, occupé du gouvernement de tout un royaume, louait Dieu sept fois le jour, et était appliqué sans cesse à lui offrir les sacrifices du matin et du soir, que nous faut-il faire, nous qui devons prier d’autant plus que nous défaillons plus souvent, à cause de la fragilité de la chair et de l’esprit ; nous qui, las de la route et fatigués cruellement par notre course en ce monde et par les détours de cette vie, devons prier afin que le pain qui refait ne puisse nous manquer, lui qui fortifie le cœur de l’homme. Ce n’est pas seulement au milieu de la nuit que le Seigneur nous apprend qu’il faut veiller, mais à tous les instants pour ainsi dire. En effet il vient et le soir, et à la seconde et à la troisième veille, et il a coutume de frapper à la porte. « Heureux les serviteurs que le Seigneur, quand il viendra, trouvera veillant ! »

    Saint Ambroise, commentaire de l’évangile selon saint Luc, lecture des matines avant 1960.

  • Ad cenam Agni providi

    L’hymne des vêpres au temps pascal, chanté par des maîtres de chœur, à Fontevraud, le 23 juillet 1989, sous la direction de Dom Le Feuvre.
    podcast

     Ad cenam Agni próvidi,
    Et stolis albis cándidi,
    Post tránsitum maris Rubri
    Christo canámus Príncipi.

    Invités au repas de l’Agneau,
    revêtus de nos robes blanches,
    après avoir passé la mer rouge,
    chantons au Christ notre Chef.

    Cujus corpus sanctíssimum
    In ara crucis tórridum,
    Cruóre ejus róseo
    Gustándo vívimus Deo.

    En goûtant sa chair toute sainte
    brulée sur l’autel de la Croix,
    en goûtant le vin de son sang,
    nous vivons de la vie de Dieu.

    Protécti Paschæ véspere
    A devastánte Angelo,
    Erépti de duríssimo
    Pharaónis império.

    Protégés au soir de la Pâque
    contre l’Ange exterminateur,
    nous avons été arrachés
    au dur pouvoir de Pharaon.

    Jam pascha nostrum Christus est,
    Qui immolátus agnus est :
    Sinceritátis ázyma
    Caro eius obláta est.

    C’est le Christ qui est notre Pâque,
    qui est l’agneau immolé ;
    azyme de sincérité,
    c’est sa chair qui est livrée.

    O vere digna hóstia,
    Per quam fracta sunt tártara,
    Redémpta plebs captiváta,
    Réddita vitæ prǽmia.

    O victime vraiment digne
    brisant la porte des enfers :
    le peuple captif est racheté,
    les biens de la vie sont rendus.

    Consúrgit Christus túmulo,
    Victor redit de bárathro,
    Tyránnum trudens vínculo
    Et Paradísum réserans.

    Le Christ se lève de la tombe ;
    il revient de l’abîme en vainqueur,
    poussant le tyran enchaîné,
    rouvrant l’entrée du Paradis.

    Quǽsumus, Auctor ómnium,
    In hoc pascháli gáudio,
    Ab omni mortis ímpetu
    Tuum defénde pópulum.

    Nous vous prions, Auteur de toute chose,
    en cette joie pascale
    de tout assaut de la mort
    défendez votre peuple.

    Glória tibi Dómine,
    Qui surrexísti a mórtuis,
    Cum Patre et almo Spíritu,
    In sempitérna sǽcula. Amen.

    Gloire à Vous, Seigneur,
    ressuscité d’entre les morts ;
    avec le Père et l’Esprit bienfaisant,
    dans les siècles éternels.
    Ainsi soit-il.

  • In diademate

    ℟. In diademate capitis Aaron magnificentia Domini sculpta erat: * Dum perficeretur opus Dei, alleluia, alleluia, alleluia.
    ℣. In veste enim poderis quam habebat, totus erat orbis terrarum, et parentum magnalia in quatuor ordinibus lapidum sculpta erant.
    ℟. Dum perficeretur opus Dei, alleluia, alleluia, alleluia.
    Glória…
    ℟. Dum perficeretur opus Dei, alleluia, alleluia, alleluia.

    Sur le diadème de la tête d’Aaron étaient sculptées les magnificences du Seigneur, tandis que s’accomplissait l’œuvre de Dieu, alléluia, alléluia, alléluia. Car en la longue robe qu’il portait se trouvait toute l’orbe de la terre, et les grandeurs des ancêtres étaient sculptées sur quatre rangs de pierres, tandis que s’accomplissait l’œuvre de Dieu, alléluia, alléluia, alléluia.

    Ce répons des matines figure parmi les répons de ces jours-ci qui sont centrés sur l’Apocalypse. Or il s’inspire du livre de la Sagesse (18,24), évoquant le jour où Aaron le grand prêtre intercéda dans le désert pour le peuple rebelle et arrêta le massacre que Dieu avait décidé pour le punir. Il est manifeste que ce verset, qui se trouve enfoui dans le long exposé des antithèses entre le sort des Egyptiens et celui des Hébreux, a été extrait de son contexte parce qu’il montre en Aaron la figure du Christ vrai grand prêtre intercédant pour le peuple, et que la figure ici décrite est proche de celle de ce « Fils d’homme vêtu d’une longue robe » qui apparaît à saint Jean dès le début de l’Apocalypse. On trouve dans les deux textes le même mot « poderes », directement repris du grec, qui veut dire « descendant jusqu’aux pieds ». Il s’agit de la robe représentant tout le cosmos. Quant au diadème, il renvoie aux « nombreux diadèmes » que porte dans l’Apocalypse le « Verbe de Dieu » sur son cheval blanc, où est « écrit son nom que personne ne connaît si ce n’est lui-même ».

  • Agni paschalis

    Séquence de Notker (840-912) de l’abbaye de Saint-Gall, pour le mardi de Pâques. Traduction de dom Guéranger. En raison de la vaste inversion poétique du début, destinée à commencer par l’expression « Agneau pascal », les deux premiers vers, qui forment la première « strophe », sont, pour nous autres, incompréhensibles tels quels. La construction selon l’ordre français des mots donnerait : Omnes christianae animae se prabeant dignas, moribus sinceris, esu potuque Agni paschalis. Que toutes les âmes chrétiennes se montrent dignes, par leurs mœurs pures, de manger et boire l’Agneau pascal.

    Agni paschalis esu
    potuque dignas,

    Le jour est venu où le festin de l'Agneau pascal nous convie ;

    Moribus sinceris praebeant
    omnes se Christianae animae,
    Pro quibus se Deo hostias
    obtulit ipse summus Pontifex.
    Quarum frons in postis est modum,
    ejus illita
    sacrosancto cruore
    et tuta a clade canopica,

    Que les âmes chrétiennes se montrent dignes, par une vie pure, d'un tel mets et d'un tel breuvage. C'est pour elles que l'Agneau, Pontife souverain, s'est offert à Dieu. Comme les portes des Israélites, leur front est marqué de son sang. Ce sang divin les met à couvert du désastre qui fond sur l'Egypte,

    Qua[rum] crudeles hostes
    in mari Rubro sunt obruti.
    Renes constringant ad pudicitiam.
    Pedes tutentur adversus viperas.

    Lorsque ce cruel ennemi est submergé dans la mer Rouge. Que les fidèles aient la ceinture, symbole de pureté ; que leurs pieds soient chaussés contre la morsure des serpents ;

    Baculosque
    spiritales contra
    canes jugiter
    manu bajulent.
    Ut pascha Jesu
    mereantur sequi,
    quo de barathro,
    victor rediit.

    Qu'ils tiennent sans cesse à la main le bâton spirituel, pour repousser les chiens infernaux : Ainsi ils mériteront d'avoir part à la Pâque de Jésus, cette Pâque qui l'a vu remonter victorieux du tombeau.

    En redivivus
    mundus ornatibus
    Christo consurgens
    fideles admonet,

    La nature qui renaît plus brillante et plus belle au moment où ressuscite le Christ, apprend aux fidèles

    Post mortem melius
    cum eo victuros. Amen.

    De quelle vie supérieure ils doivent vivre avec lui, après avoir passé par la mort. Amen.

  • 3e dimanche après Pâques

    Ce dimanche marque un tournant dans le temps pascal. La liturgie nous détourne déjà de la seule contemplation du Christ ressuscité pour nous tourner vers l’Ascension, la Pentecôte, et le temps de l’Eglise. Autrement dit le temps de notre pèlerinage sur terre, où nous sommes soumis pour "un peu" aux souffrances de la femme qui accouche.

    Aux matines la lecture est celle de l’Apocalypse. Les répons de Pâques ont disparu. Trois répons chantent le triomphe du Christ selon l’Apocalypse, le Christ ressuscité mais surtout celui qui vient à la fin du temps, à la fin des épreuves des hommes, trois autres répons montrent que ce choix de l’Apocalypse est surtout motivé par l’annonce du temps de l’Eglise, épouse du Christ.

    Voici ces trois répons. Le premier est celui qui reprend les termes de l’Apocalypse pour chanter la venue de l’épouse de l’Agneau, l’Eglise figurée par la Jérusalem céleste. Le deuxième chante l’Eglise qui est la vigne du Seigneur, selon les termes de l’Ecclésiastique. Le troisième chante l’amour du Christ pour son Eglise selon le Cantique des cantiques (les textes sont des versions plus anciennes que la Vulgate, ce qui montre l’antiquité de ces chants) :

    ℟. Locútus est ad me unus ex septem Angelis, dicens : Veni, osténdam tibi novam nuptam, sponsam Agni : * Et vidi Jerúsalem descendéntem de cælo, ornátam monílibus suis, allelúia, allelúia, allelúia. ℣. Et sústulit me in spíritu in montem magnum et altum. * Et vidi Jerúsalem descendéntem de cælo, ornátam monílibus suis, allelúia, allelúia, allelúia.

    Un des sept Anges me parla, disant : Viens, je te montrerai la nouvelle épousée, l’épouse de l’Agneau. Et je vis Jérusalem qui descendait du ciel, ornée de ses colliers, alléluia, alléluia, alléluia. Et il me transporta en esprit sur une montagne grande et haute. Et je vis Jérusalem qui descendait du ciel, ornée de ses colliers, alléluia, alléluia, alléluia.

    ℟. Ego sicut vitis fructificávi suavitátem odóris, allelúia : * Transíte ad me, omnes qui concupíscitis me, et a generatiónibus meis adimplémini, allelúia, allelúia. ℣. In me omnis grátia viæ et veritátis : in me omnes spes vitæ et virtútis. * Transíte ad me, omnes qui concupíscitis me, et a generatiónibus meis adimplémini, allelúia, allelúia.

    Moi, comme une vigne, j’ai produit des fruits d’une odeur suave, alléluia. Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et remplissez-vous de mes régénérations, alléluia, alléluia. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité : en moi toute l’espérance de la vie et de la vertu. Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et remplissez-vous de mes régénérations, alléluia, alléluia.

    ℟. Véniens a Líbano quam pulchra facta est, allelúia : * Et odor vestimentórum eius super ómnia arómata, allelúia, allelúia. ℣. Favus distíllans lábia ejus, mel et lac sub lingua eius. * Et odor vestimentórum eius super ómnia arómata, allelúia, allelúia. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. * Et odor vestimentórum ejus super ómnia arómata, allelúia, allelúia.

    Qu’elle a été faite belle cette épouse, venant du Liban, alléluia. L’odeur de ses vêtements est au-dessus de tous les aromates, alléluia, alléluia. Un rayon de miel distille de ses lèvres, le miel et le lait sont sous sa langue. L’odeur de ses vêtements est au-dessus de tous les aromates, alléluia, alléluia. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. L’odeur de ses vêtements est au-dessus de tous les aromates, alléluia, alléluia.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Porta hæc clausa erit, et non aperiétur. Pulchre quidam portam clausam, per quam solus Dóminus Deus Israël ingréditur, et dux cui porta clausa est, Maríam Vírginem intélligunt, quæ et ante partum et post partum virgo permánsit. Etenim témpore, quo Angelus loquebátur: Spíritus Sanctus véniet super te, et virtus Altíssimi obumbrábit te: quod autem nascétur ex te Sanctum, vocábitur Fílius Dei; et quando natus est, virgo permánsit ætérna; ad confundéndos eos, qui arbitrántur eam post nativitátem Salvatóris habuísse de Ioseph fílios, ex occasióne fratrum eius, qui vocántur in Evangélio.

    Cette porte sera fermée, et on ne l’ouvrira point. Il y en a qui par cette porte fermée, par laquelle il n’y a que le Seigneur Dieu d’Israël qui entre, sans même qu’elle s’ouvre pour lui faire passage, entendent fort bien la Vierge Marie, qui étant vierge avant que d’enfanter Jésus-Christ, est encore demeurée vierge après l’avoir enfanté. Car elle était vierge non seulement lorsque l’ange lui disait : "Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu." Mais elle est aussi demeurée vierge pour toujours, même après la naissance de celui qui lui avait été annoncé. Ce qui s’est fait pour confondre ceux qui s’imaginent qu’après la naissance du Sauveur elle a eu des enfants de Joseph, parce qu’il y a des personnes que l’Evangile appelle les frères de Jésus-Christ.

    Saint Jérôme, commentaire d’Ezéchiel, lecture des matines, traduction du Breviarium benedictinum (1725)

  • Selfies liturgiques

    Lu sur Paix liturgique :

    En marge de son intervention, le cardinal Sarah, a révélé qu’il avait, le samedi précédent, demandé au Pape François de réfléchir à l’irruption des tablettes et des selfies lors des cérémonies : « Nous avons transformé nos liturgies en spectacles. Si nous voulons retrouver la vraie liturgie, a-t-il dit au Saint-Père, vous avez le pouvoir de chasser les photographes de l’autel. »

    On parie ?

    François ayant fondé son pontificat sur la mise en scène de sa personne (cf. le bon billet de Sandro Magister), je parie qu’il ne se passera rien. Ou plutôt que ce sera de pire en pire, comme tout le reste.

  • Aurora lucis rutilat

    L’hymne des laudes au temps pascal est une hymne ambrosienne. C’est-à-dire qu’elle était traditionnellement attribuée à saint Ambroise. On peut toujours l’appeler ainsi, car même si elle n’est (peut-être) pas de l’évêque de Milan (on n’a seulement pas la preuve qu’elle l’est) elle est de son style et de son époque. Il est ahurissant de penser qu’en un temps où personne ne contestait cette attribution le pape Urbain VIII ait entrepris de la défigurer sous prétexte de la « corriger » et d’imposer sa version dans le bréviaire romain.

    La voici par les moines de Solesmes en 1955.
    podcast

    Avec une traduction aussi littérale que possible. J’ai déjà donné ici la traduction de Pierre Corneille, et , celle de Lemaître de Sacy.

    Aurora lucis rutilat
    caelum laudibus intonat
    mundus exultans jubilat
    gemens infernus ululat

    L’aurore de la Lumière rutile
    Le ciel résonne de louanges
    Le monde exultant jubile
    L’enfer gémissant hulule

    Cum Rex ille fortissimus
    mortis confractis viribus
    pede conculcans tartara
    solvit a pœna miseros

    Quand ce Roi très fort
    Ayant brisé les puissances de la mort
    Foulant du pied le tartare
    Délivre les malheureux de leur peine.

    Ille qui clausus lapide
    custoditur sub milite
    triumphans pompa nobili
    victor surgit de funere

    Lui qui enfermé par une pierre
    est gardé par des soldats
    Triomphant en noble pompe
    Vainqueur il surgit du tombeau.

    Solutis jam gemitibus
    et inferni doloribus
    Quia surrexit Dominus
    resplendens clamat angelus

    Sont maintenant anéantis les gémissements
    et les douleurs des enfers
    Puisqu’il est ressuscité le Seigneur
    Clame l’ange resplendissant.

    Quæsumus, Auctor omnium
    in hoc Paschali gaudio
    ab omni mortis impetu
    tuum defende populum

    Nous te demandons, auteur de toutes choses
    Dans cette joie pascale
    De tout assaut de mort
    Défends ton peuple.

    Gloria tibi Domine
    qui surrexisti a mortuis
    cum Patre et Sancto Spiritu
    in sempiterna sæcula. Amen.

    Gloire à toi Seigneur
    Qui es ressuscité des morts
    Avec le Père et le Saint-Esprit
    Dans les siècles éternels. Amen.

    hy-aurora_lucis_rutila-solesmes.png

  • Saint Justin

    26561_second_apology_of_justin_martyr.jpg

    Moi-même, lorsque j'étais disciple de Platon, entendant les accusations portées contre les chrétiens et les voyant intrépides en face de la mort et de ce que les hommes redoutent, je me disais qu'il était impossible qu'ils vécussent dans le mal et dans l'amour des plaisirs. Quel homme adonné au plaisir et à la débauche, aimant à se repaître de la chair humaine, pourrait courir au-devant de la mort et supporter la privation de ses biens ? Ne chercherait-il pas à tout prix à jouir toujours de la vie présente, à se soustraire aux magistrats, bien loin de s'exposer à la mort en se dénonçant lui-même ? Voici ce qu'ont fait les hommes impies, à l'instigation des démons. Ils ont condamné à mort plusieurs des nôtres, sur ces calomnies répandues contre nous ; ils ont mis à la question nos serviteurs, des enfants, de faibles femmes, et par des tortures effroyables ils les ont forcés à nous imputer ces crimes fameux, qu'ils commettent eux-mêmes ouvertement. Que nous importe, puisque nous sommes innocents? Le Dieu non engendré et ineffable est témoin de nos pensées et de nos actions. Pourquoi en effet ne pas confesser en public que tout cela est bien ? Pourquoi ne pas dire que c'est là une philosophie divine; que nous célébrons par l'homicide les mystères de Kronos; que, quand nous nous abreuvons de sang, comme on dit, nous faisons comme l'idole que vous honorez, qui est arrosée non seulement du sang des animaux, mais de sang humain, quand vous offrez, par les mains du plus illustre et du plus noble d'entre vous, une libation du sang des hommes tués; que nous imitons Zeus et les autres dieux en nous livrant sans retenue à des crimes contre nature et à l'adultère? Pourquoi ne pas chercher notre justification dans les écrits d'Épicure et des poètes ? Nous cherchons au contraire à inspirer l'horreur de ces choses, nous apprenons à fuir ceux qui les pratiquent et leurs imitateurs, et c'est encore ce que nous nous efforçons de faire, dans ce discours, et c'est pour cela qu'on nous poursuit de tous côtés. Peu nous importe ; nous savons que le Dieu juste voit tout. Plût au ciel que encore maintenant, du haut d'une tribune on entendît retentir ces tragiques paroles : « Rougissez, rougissez de charger des innocents de vos propres crimes, d'imputer vos fautes, les vôtres et celles de vos dieux, à des hommes qui n'y ont pas la moindre part. Repentez-vous et changez de conduite. »

    Voyant donc que, pour détourner les autres hommes, les mauvais démons jetaient ainsi le discrédit sur la doctrine divine des chrétiens, je me moquai et des mensonges et des calomnies et de l'opinion de la multitude. Je suis chrétien, je m'en fais gloire, et, je l'avoue, tout mon désir est de le paraître. Ce n'est pas que la doctrine de Platon soit étrangère à celle du Christ, mais elle ne lui est pas en tout semblable, non plus que celle des autres, Stoïciens, poètes ou écrivains. Chacun d'eux en effet a vu du Verbe divin disséminé dans le monde ce qui était en rapport avec sa nature, et a pu exprimer ainsi une vérité partielle ; mais en se contredisant eux-mêmes dans les points essentiels, ils montrent qu'ils n'ont pas une science supérieure et une connaissance irréfutable. Tout ce qu'ils ont enseigné de bon nous appartient, à nous chrétiens. Car après Dieu nous adorons et nous aimons le Verbe né du Dieu non engendré et ineffable, puisqu’il s'est fait homme pour nous, afin de nous guérir de nos maux en y prenant part. Les écrivains ont pu voir indistinctement la vérité, grâce à la semence du Verbe qui a été déposée en eux. Mais autre chose est de posséder une semence et une ressemblance proportionnée à ses facultés, autre chose l'objet même dont la participation et l'imitation procède de la grâce qui vient de lui.

    Saint Justin, Apologie au Sénat romain, XII-XIII, traduction Louis Pautigny

  • Saint Herménégilde

    En ce temps-là, Jésus dit à la foule : Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple…

    L’évangile est celui de la messe Statuit : Si quis venit, justement pour mettre en relief les circonstances spéciales du martyre d’Herménégilde qui, pour défendre la foi catholique, n’hésita pas à prendre les armes contre son propre père qui était arien. Finalement il succomba, victime de la perfidie de son père ; mais, monté au ciel, il lui obtint de se convertir au moment de sa mort, et, avec le salut de l’âme du vieux roi. Dieu lui accorda aussi le retour de toute la nation visigothe à la foi catholique.

    Si l’on juge héroïque l’acte du moine qui abandonne ses parents et sa famille et court se réfugier dans la paix du cloître, que devra-t-on dire de la vertu de ce jeune prince qui, pour défendre la foi de Nicée et son peuple tyrannisé, va jusqu’à prendre les armes contre son père hérétique ? La charité de Dieu devait vraiment être parfaite dans son cœur, puisqu’elle lui fit mépriser jusqu’aux sentiments les plus doux de la nature, par zèle pour l’honneur dû à la divinité du Sauveur.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • A propos de la communion…

    Le site New Liturgical Movement fait remarquer que, si la réforme liturgique avait notamment pour but de permettre aux fidèles d’entendre davantage de textes bibliques au cours des messes sur trois ans, les versets 27-29 du chapitre 11 de la première épître de saint Paul aux Corinthiens ne sont jamais lus, alors qu’on les trouve trois fois dans l’année dans la « forme extraordinaire ».

    Que disent ces versets ?

    C'est pourquoi quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que l'homme s'éprouve donc lui-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice. Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur.

  • Chorus novæ Hierusalem

    En ce jour, dans son Année liturgique, dom Guéranger donne cette hymne de Fulbert de Chartres que l’on trouvait dans l’ancienne liturgie « romaine-française ».

    Chorus novæ Hierusalem
    Novam mellis dulcedinem
    Promat, colens cum sobriis
    Paschale festum gaudiis.

    Chœurs de la Jérusalem nouvelle, célébrez la douceur du miel nouveau ; livrez-vous aux joies innocentes, en cette solennité pascale.

    Quo Christus, invictus leo,
    Dracone surgens obruto,
    Dum voce viva personat,
    A morte functos excitat.

    Aujourd'hui, le Christ, lion invincible, foule le dragon et se lève du tombeau : sa voix éclatante retentit ; elle appelle les morts à la vie.

    Quam devorarat improbus
    Prædam refudit tartarus:
    Captivitate libera
    Jesum sequuntur agmina.

    Le perfide tartare rend la proie qu'il avait dévorée; une foule affranchie de la captivité suit Jésus montant vers la lumière.

    Triumphat ille splendide,
    Et dignus amplitudine,
    Soli polique patriam
    Unam facit rempublicam.

    Son triomphe est splendide; il est digne du triomphateur qui, unissant le ciel et la terre, en fait un seul et même empire.

    Ipsum canendo supplices,
    Regem precemur milites,
    Ut in suo clarissimo
    Nos ordinet palatio.

    Nous, ses soldats, célébrons notre Roi ; prions-le humblement de nous donner place en sa cour magnifique.

    Per sæcla metæ nescia
    Patri supremo gloria,
    Honorque sit cum Filio
    Et Spiritu Paraclito. Amen.

    Au Père suprême soit la gloire ! honneur au Fils ! honneur à l'Esprit Paraclet, dans les siècles sans fin ! Amen.

  • Saint Léon le Grand

    Pontife bienheureux * que fit briller l'onction du sacerdoce, * tu as resplendi sous l'éclat de tes vertus.
    Ayant pressé ton esprit * comme grappe mûre, tu as offert * à tous l'allègre coupe de ta sagesse.
    De Pierre le coryphée * tu es devenu, sur son trône, l'héritier, * toi qui avais son esprit et son zèle pour la foi.
    Par la splendeur de ta doctrine tu dissipas * les sombres ténèbres de l'hérésie, * Pontife du Seigneur, divinement inspiré.

    T'empressant d'apporter à l'Eglise du Christ * la stèle de l'orthodoxie, très-sage Léon, * tu l'as relevée; car, en sa possession, * elle a fait disparaître * les phalanges et les assemblées des hérétiques impies.
    Comblé de la grâce céleste de Dieu, * tu as défendu les enseignements de l'Eglise, * Père illustre, bienheureux Léon, * car tu t'es opposé * à tous les bavardages des hérétiques impies.
    Illuminé par la plus brillante clarté, * tu as clairement exposé * l'ineffable et divine incarnation, * parlant de double nature * et de double énergie dans le Verbe incarné.

    Comme un lion, en vérité, * Bienheureux, tu as chassé * les renards qui prêchaient la confusion * et tu inspiras de la crainte aux impies * par ton rugissement royal.
    Sous le jet de tes enseignements * tu as couvert jusqu'aux traces * des hérésies combattant la divinité, * et tu fis sortir de sa cachette la vérité, * vénérable Père et Pontife sacré.
    De l'occident tu t'es levé * comme l'aurore, Trois-fois-heureux, * émettant pour l'Eglise, comme des rayons, * l'éventail de tes enseignements * pour répandre sur nos âmes la clarté.

    Tu as été le héraut * de la double énergie du Christ Sauveur; * car tu as affirmé * que chacune de ses deux natures * agit en communion avec l'autre, * bienheureux Pontife aux-divines-pensées.
    Tu as reconnu que le Verbe * est égal à son Père en fait de puissance: * tu as cru qu'il s'est incarné * et déclaré qu'il agit selon les particularités de la chair, * sans confondre les deux natures et sans qu'elles subissent de changement.

    Le successeur de saint Pierre * ayant hérité non seulement son trône, * mais encore son zèle ardent, * produit, par divine inspiration, * le tome qui devait bouleverser * les hérésies soutenant le mélange et la confusion.
    Serviteur des mystères ineffables, * tu as prêché, par divine inspiration, * que le Fils unique, le Christ et Seigneur * est né du Père avant les siècles, * que pour nous il fut enfanté par la Vierge * et que, dépassant la nature, il nous est devenu consubstantiel.

    Tu n'as pas donné de sommeil à tes yeux * que tu n'aies totalement déraciné * l'erreur du fol Eutychès, * en t'écriant: Seigneur notre Dieu, * tu es béni dans les siècles.
    Ayant enseigné que le Christ notre Dieu * est une seule personne en deux natures, * en deux énergies et volontés, * tu chantes désormais: Tu es béni, * Seigneur Dieu, dans les siècles.

    Resplendissant comme un soleil, * tu t'es levé de l'occident, * merveille étonnante, en vérité, * pour assécher, Pontife saint, * le mélange et la confusion d'Eutychès * et retrancher la division de Nestorius, * car tu enseignas à adorer le Christ comme unique en deux natures, * sans division ni changement ni confusion.
    Poussé par Dieu, tu as inscrit * les enseignements de la foi * comme sur les tables divinement gravées, * tel un second Moïse apparaissant * au peuple chrétien et à l'assemblée des saints Docteurs * en t'écriant: Bénissez, * et vous, prêtres, célébrez, * peuple, exalte le Christ dans les siècles.
    Comme incarné tu reconnus * celui qui est tout d'abord incorporel, * le Verbe du Père, l'unique Fils coéternel, * comme soumis au temps l'Intemporel, * et tu enseignas qu'est circonscrit dans un corps * celui qui ne connaît pas de limites, comme Dieu créateur, * en t'écriant: Vous les prêtres, bénissez, * peuple, exalte le Christ dans les siècles.

    Désormais tu rayonnes, Pontife du Christ, * paré de la couronne de splendeur * et revêtu de justice, comme Prêtre fidèle, en vérité; * dans le Paradis de délices où tu exultes, Bienheureux, * sans cesse prie le Maître pour les brebis de ton bercail.
    Là où les Patriarches maintenant * siègent sur des trônes selon leur rang, * illustre Léon, tu as mérité de demeurer * en véritable patriarche, resplendissant de grâce et de foi; * c'est pourquoi tous ensemble et sans cesse nous te disons bienheureux.
    Te soustrayant aux remous de cette vie, * tu as rejoint le Christ, excellent pontife Léon, * pour jouir du repos en un lieu de fraîcheur, * là où se trouvent les torrents de délices, la lumière sans soir, * l'ineffable allégresse et l'éternelle jubilation.

    Liturgie byzantine, odes des matines

  • Deuxième dimanche après Pâques

    Répons des matines :

    ℟. Surréxit pastor bonus, qui ánimam suam pósuit pro óvibus suis, et pro grege suo mori dignátus est : * Allelúia, allelúia, allelúia. ℣. Etenim Pascha nostrum immolátus est Christus. * Allelúia, allelúia, allelúia. Glória Patri et Filio et Spiritui Sancto, * Allelúia, allelúia, allelúia.

    ℟. Il est ressuscité, le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, et qui a daigné mourir pour son troupeau : * Alléluia, alléluia, alléluia. ℣. Car notre Pâque, le Christ, a été immolé. Alléluia. * Alléluia, alléluia, alléluia. Gloire au Père au Fils et au Saint-Esprit, * Alléluia, alléluia, alléluia.

    Sur le bon Pasteur, voir ici, et .

    bon-pasteur-1.jpg

    (Monastère de Kykkos, Chypre)

  • Samedi de la deuxième semaine après Pâques

    Ce jour est le premier samedi où l’on célèbre la Sainte Vierge depuis le… 9 janvier (et encore, uniquement parce que Pie XII a malencontreusement supprimé l’octave de l’Epiphanie). Pour samedi dernier, samedi de Pâques, dom Guéranger donnait dans son Année liturgique « cette Prose touchante tirée des anciens Missels des Eglises d'Allemagne ». (Plutôt que de donner la traduction fleurie de dom Guéranger je propose une traduction littérale, en pensant toujours à ceux qui souhaitent apprendre un peu le latin liturgique.)

    Resurgenti tuo nato,
    Mater, plaude, qui prostrato
    Regnat mortis principe;
    Tuum virgo pone luctum,
    Jesum ventris tui fructum
    Redivivum suscipe.

    A ton fils qui ressuscite applaudis, ô mère, lui qui règne, ayant renversé le prince de la mort. Ô Vierge dépose ta douleur, reçois Jésus, le fruit de tes entrailles, qui revit.

    Morte prolis cruciata,
    Corde dure sauciata
    Passionis gladio:
    Voce jubilationis,
    Jam de resurrectionis
    Jocundare gaudio.

    Toi qui eus par la mort de ton fils sur la croix le cœur rudement blessé par le glaive de la Passion, réjouis-toi maintenant en faisant entendre ta jubilation au sujet de la résurrection.

    Crucifixum, qui surrexit
    De sepulchro teque vexit
    Sua in palatia,
    Nobis placa, supplicamus
    A peccatis ut surgamus
    Ad æterna gaudia. Amen.

    Le crucifié qui est ressuscité du sépulcre et t’a transportée dans son palais, apaise-le à notre sujet, nous t’en supplions, afin que nous ressuscitions du péché pour aller aux joies éternelles. Amen.

  • Vendredi de la deuxième semaine après Pâques

    Dans la liturgie byzantine c’est le vendredi après le « dimanche de Thomas », et voici le premier cathisme des matines, qui nous rappelle qu’il y a deux semaines c’était le vendredi saint.

    Ami des hommes, nous nous prosternons devant l’arbre de ta Croix:
    sur lui tu fus cloué, toi la Vie de l’univers;
    au bon Larron qui, dans la foi, se tourna vers toi,
    Sauveur, tu as ouvert le Paradis;
    et il obtint la béatitude éternelle en te criant:
    Souviens-toi de moi, Seigneur;
    tout comme lui, reçois-nous qui te crions:
    nous avons tous péché,
    ne nous méprise pas, dans ta bonté.

    Les soldats gardant ton sépulcre, Sauveur,
    furent terrassés par la splendeur
    de l’Ange qui se manifesta
    pour annoncer aux femmes ta sainte Résurrection;
    et toi qui nous délivres de la mort,
    nous te glorifions et nous prosternons devant toi,
    Ressuscité du tombeau et notre unique Dieu.

    Seigneur, gloire des combats et couronne des vainqueurs,
    tu es la parure des Martyrs glorieux:
    par leur constance dans les épreuves ils ont mis en fuite les impies
    et du ciel ils ont reçu la victoire par la puissance de Dieu;
    Seigneur, accorde-nous,
    par leurs prières la grâce du salut.

  • Rex sempiterne Domine

    L’hymne des matines au temps pascal date d’au moins le VIIe siècle puisque saint Bède (672-735) le cite comme exemple de poésie liturgique où le rythme se fonde sur les accents et non plus sur les mètres classiques. C’est d’ailleurs ce fait qui a valu à cet hymne d’être proprement massacré par Urbain VIII qui voulut le « corriger » et n’arriva qu’à la défigurer, plus encore que les autres. Il est devenu « Rex sempiterne cælitus », mais il semble que ces hymnes d’Urbain VIII ne se soient guère imposés en France avant l’adoption des livres romains au cours du XIXe siècle, et les livres monastiques ont toujours gardé la version originelle.

    Voici Rex sempiterne Domine, chanté par les moniales de l’abbaye d’Ozon (1960).
    podcast

    J’en donne une traduction aussi littérale que possible. Le sommet de l’œuvre est la merveilleuse expression « Et nos Deo conjungeres Per carnis contubernium ». Jésus est venu pour nous unir à Dieu en venant vivre sous notre tente humaine. Contubernium, c’est le fait pour des soldats de vivre sous la même tente… Le mot a fini par signifier cohabitation, et union conjugale (mot qui est déjà dans le verbe précédent : conjungere).

    Rex sempiterne, Domine,
    Rerum Creator omnium,
    Qui eras ante sæcula
    Semper cum Patre Filius :

    Roi éternel, Seigneur, Créateur de toutes choses, qui étais avant les siècles, Fils toujours avec le Père.

    Qui mundi in primordio
    Adam plasmasti hominem :
    Cui tuæ imagini
    Vultum dedisti similem :

    Toi qui au commencement du monde as façonné l’homme Adam, à qui tu as donné un visage semblable à ton image.

    Quem diabolus deceperat,
    Hostis humani generis :
    Cujus tu formam corporis
    Assumere dignatus es :

    Lui que trompa le diable, l’ennemi du genre humain, lui dont tu as daigné assumer la forme de son corps.

    Ut hominem redimeres
    Quem ante jam plasmaveras :
    Et nos Deo conjungeres
    Per carnis contubernium.

    Afin de racheter l’homme que tu avais façonné auparavant, et nous unir à Dieu par la cohabitation dans la chair.

    Quem editum ex Virgine
    Pavescit omnis anima :
    Per quem et nos resurgere
    Devota mente credimus :

    Toi qui enfanté de la Vierge nourrit toute âme, par qui nous croyons en esprit de piété que nous aussi nous ressusciterons.

    Qui nobis in baptismate
    Donasti indulgentiam,
    qui tenebamur vinculis
    Ligati conscientiæ :

    Toi qui nous a donné l’indulgence dans le baptême, à nous qui étions tenus ligotés par les liens de la conscience.

    Qui crucem propter hominem
    Suscipere dignatus es :
    Dedisti tuum Sanguinem,
    Nostræ salutis pretium.

    Toi qui a daigné porté la croix pour l’homme, tu as donné ton sang comme prix de notre salut.

    Quæsumus, Auctor omnium,
    In hoc Paschali gaudio,
    Ab omni mortis impetu
    Tuum defende populum.

    Nous te demandons, Auteur de tout, dans cette joie pascale, défends ton peuple de tout assaut de mort.

    Gloria tibi, Domine,
    Qui surrexisti a mortuis,
    Cum Patre et Sancto Spiritu,
    In sempiterna sæcula. Amen.

    Gloire à toi, Seigneur, qui es ressuscité des morts, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles éternels. Amen.

  • Ecce dies celebris

    Pour ce mercredi de la deuxième semaine après Pâques, dom Guéranger donne la première séquence de Pâques composée par Adam de Saint Victor. Une bonne occasion d’apprendre le latin, avec ces vers faciles (faciles à lire, mais écrits par un orfèvre).

    Ecce dies celebris!
    Lux succedit tenebris,
    Morti resurrectio.
    Laetis cedant tristia,
    Cum sit major gloria
    Quam prima confusio;
    Umbram fugat veritas,
    Vetustatem novitas,
    Luctum consolatio.

    Voici le jour glorieux : la lumière succède aux ténèbres, la résurrection à la mort. Que la joie fasse place à la tristesse ; car la gloire est plus grande que ne fut l'ignominie. L'ombre fuit devant la vérité, l'antique loi devant la nouvelle; la consolation a remplacé le deuil.

    Pascha novum colite;
    Quod praeit in capite,
    Membra sperent singula.
    Pascha novum Christus est,
    Quid pro nobis passus est,
    Agnus sine macula.

    Venez fêter la Pâque nouvelle; que les membres espèrent pour eux-mêmes la gloire qui déjà brille en leur chef. Notre nouvelle Pâque, c'est le Christ, lui qui souffrit pour nous, Agneau sans tache.

    Hosti qui nos circuit
    Praedam Christus eruit:
    Quod Samson praecinuit,
    Dum leonem lacerat.
    David, fortis viribus,
    A leonis unguibus
    Et ab ursi faucibus
    Gregem patris liberat.

    L'ennemi qui rôde autour de nous avait saisi sa proie; le Christ la lui arrache. C'est la victoire que figurait Samson, lorsqu'il déchira le lion furieux; et David, jeune et robuste, lorsqu'il sauva le troupeau de son père des griffes du lion et de la dent de l'ours.

    Qui in morte plures stravit,
    Samson, Christum figuravit,
    Cujus mors victoria.
    Samson dictus Sol eorum:
    Christus lux est electorum,
    Quos illustrat gratia.

    Samson immolant par sa mort ses nombreux ennemis, présageait encore le Christ, dont la mort a été la victoire; Samson, dont le nom exprime le Soleil, rappelle le Christ, lumière des élus que sa grâce illumine.

    Jam de Crucis sacro vecte
    Botrus fluit in dilectae
    Penetral ecclesiae.
    Jam, calcato torculari,
    Musto gaudent ebriari
    Gentium primitiae.

    Sous le pressoir sacré de la croix, la grappe s'épanche dans le sein de l'Eglise bien-aimée; exprimé par la violence, le vin coule, et sa liqueur plonge dans une joyeuse ivresse les prémices de la gentilité.

    Saccus scissus et pertusus
    In regales transit usus:
    Saccus fit soccus gratiae,
    Caro victrix miseriae.

    Le sac lacéré par tant de blessures devient un ornement royal : cette chair qui a vaincu la souffrance est transformée en une parure de gloire.

    Quia regem peremerunt,
    Dei regnum perdiderunt:
    Sed non deletur penitus
    Cain, in signum positus.

    Pour avoir immolé le roi, le juif a perdu le royaume ; nouveau Caïn, il est exposé en exemple, et le signe dont il est marqué ne s’effacera pas.

    Reprobatus et abjectus
    Lapis iste, nunc electus,
    In tropaeum stat erectus,
    Et in caput anguli.
    Culpam delens, non naturam,
    Novam creat creaturam,
    Tenens in se ligaturam
    Utriusque populi.

    La pierre qu'il a rejetée et réprouvée est maintenant la pierre élue ; posée à la tête de l'angle, elle y brille comme un trophée. Par elle le péché est ôté, mais non la nature ; elle donne à l'homme un nouvel être, et réunis par elle, les deux peuples n'en forment plus qu'un seul.

    Capiti sit gloria,
    Membrisque concordia! Amen.

    Donc soit gloire au Chef, et concorde entre les membres ! Amen.

  • Saint Vincent Ferrier

    Voici les répons des matines, dans le propre dominicain, cités par dom Guéranger.

    ℟. Summus Parens, ac rector gentium, in vespere labentis saeculi, novum vatem misit Vincentium, christiani magistrum populi : refert instare Dei judicium, * Quod spectabunt cunctorum oculi. ℣. Timete Deum, clamat sœpius : venit hora judicii ejus. * Quod spectabunt cunctorum oculi.

    Le Père souverain, celui qui gouverne les peuples, sur le soir du monde qui s'affaisse, a envoyé Vincent comme un nouveau prophète chargé d'instruire le peuple chrétien; Vincent annonce que le jugement de Dieu est proche, * Ce jugement que tous les hommes doivent voir de leurs yeux. - Il s'écrie souvent : Craignez Dieu ; l'heure de son jugement est arrivée. * Ce jugement que tous les hommes doivent voir de leurs yeux.

    ℟. Christi viam secutus arduam, a terrenis procul illecebris, veritatem reddit conspicuam, profligatis errorum tenebris: * Oram illuminat occiduam, toto factus in orbe celebris. ℣. Cujus doctrina sole gratior, sermo erat flammis ardentior. * Oram illuminat occiduam, toto factus in orbe celebris.

    Marchant à la suite du Christ par la voie difficile, il s'éloigna des plaisirs terrestres ; il fit briller l'éclat de la vérité ; il dissipa les ténèbres de l'erreur ; * Il resplendit dans les régions de l'Occident, et tout l'univers retentit de sa renommée. - Sa doctrine éclatait comme un soleil ; sa parole était ardente comme la flamme. * Il resplendit dans les régions de l'Occident, et tout l'univers retentit de sa renommée.

    ℟. Nocte sacris incumbens litteris, contemplatur vigil in studio : mane pulchri ad instar sideris, miro lucet doctrinæ radio : * Morbos omnis vespere generis salutari pellens remedio. ℣. Nulla præterit hora temporis, qua non recti quia agat operis. * Morbos omnis vespere generis salutari pellens remedio.

    La nuit, il s'appliquait aux lettres, veillant dans la contemplation ; au matin, comme un bel astre, il lançait les rayons de la doctrine; * Le soir, il appliquait à tous les maux un remède salutaire. - Pas une heure de sa vie ne s'écoulait, sans qu'il l'eût remplie par quelque action sainte. * Le soir, il appliquait à tous les maux un remède salutaire.

    ℟. Verba perennis vitæ proferens, animos inflammat adstantium : pectoribus humanis inserens amorem donorum cœlestium, de virtutibus alta disserens ; * Fraenare docet omne vitium. ℣. Illum avida turba sequitur, dum hoc ore divino loquitur. * Fraenare docet omne vitium.

    Proférant les paroles de l'éternelle vie, il enflammait l'âme de ses auditeurs ; il faisait pénétrer dans le cœur des hommes l'amour des dons célestes ; traitant des vertus avec une science profonde, * Il enseignait à dompter tous les vices. - Une foule avide de l'entendre le suivait, lorsqu'il énonçait de sa bouche divine. * Il enseignait à dompter tous les vices.

    Dom Guéranger cite également cette antienne :

    Qui prophetico fretus lumine, mira de mundi fine docuit, in occiduo terra; cardine, ut sol Vincentius occubuit : et septus Angelorum agmine, lucidas cœli sedes tenuit.

    Rempli d'un esprit prophétique, Vincent parla merveilleusement sur la fin du monde ; comme un soleil, il se coucha à l'Occident de la terre, et escorté d'une troupe d'Anges, il monta aux lumineuses demeures du ciel.

    L’Occident de la terre, c’est Vannes. Mais le diocèse de Vannes fête saint Vincent Ferrier le 5 mai, parce que le 5 avril tombe trop souvent pendant la Semaine Sainte ou la Semaine de Pâques.

    D’autre part, pour les bénédictins, c’est la fête de saint Benoît, transférée du 21 mars. C’est presque un record (le record doit être le 6 avril)…

  • Dimanche in albis

    Dimanche « in albis depositis », celui des vêtements blancs qui ont été déposés la veille. Dimanche de saint Thomas (l'incrédule). Dimanche de « Quasi modo », premiers mots de l’introït, que voici par les moines de Solesmes.
    podcast

    Quasi modo géniti infántes, allelúia : rationabiles, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia allelúia.

    Exsultáte Deo, adiutóri nostro : iubiláte Deo Jacob.

    Comme des enfants nouveau-nés, alléluia ; désirez ardemment le lait spirituel, alléluia, alléluia, alléluia.

    Tressaillez d’allégresse en Dieu notre protecteur ; chantez avec transport en l’honneur du Dieu de Jacob.

    in_quasi_modo.jpg

    C’est aussi, depuis la canonisation de sainte Faustine, le dimanche de la Divine Miséricorde. Voici ce que lui dit Jésus un jour de juin 1937 :

    « Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en Ma Miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres, à la confiance en l’abîme de ma miséricorde. Ma fille, écris sur ma miséricorde pour les âmes tourmentées. Les âmes qui s’adressent à ma miséricorde me réjouissent. A de telles âmes, J’accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux punir même le plus grand pécheur s’il invoque ma pitié, mais je l’excuse en mon insondable et inconcevable miséricorde. Avant de venir comme Juge équitable, j’ouvre d’abord toutes grandes les portes de ma miséricorde. Qui ne veut passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice. »

  • Samedi in albis

    C’est le samedi in albis deponendis : le jour où les nouveaux baptisés de la nuit pascale doivent « déposer » le vêtement blanc qu’ils avaient alors revêtu. Ce vêtement symbolisait le Christ, conformément à la parole de saint Paul aux Galates : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ », parole ornée d’un alléluia pour donner l’antienne de communion de ce jour. Le symbole de ce que l’on dépose n’est donc plus le Christ, que l’on a revêtu pour toujours, mais au contraire ce qui n’est pas digne du Christ, de l’alter Christus qu’est le chrétien. Et c’est ce symbolisme inversé que la liturgie souligne, par le même saint Paul, dans l’épître qui commence par « Deponentes » : déposant… toute malice, toute ruse, toute dissimulation…

    L’évangile est celui qui nous montre Jésus lui-même qui a « déposé » son vêtement blanc, lors de sa résurrection, en nous y laissant l’empreinte du Crucifié.

    Les traductions de ce texte sont toutes mauvaises, y compris, ici, par exception, la Vulgate, parce que les traducteurs latins ne « voyaient » pas la scène que saint Jean a vue et que nous connaissons désormais par le Linceul de Turin.

    Il faut coller de très près au texte grec, sans s’inquiéter de ce qui paraît incongru si l’on fait abstraction du Linceul. Mais en gardant à l’esprit cette précision capitale de l’évangile : Jean entra, « et il vit, et il crut ». Il croit, immédiatement, à la résurrection, parce que ce qu’il voit lui prouve la résurrection.

    Or que voit-il ? Il voit des « othonia » qui « gisent », et le « soudarion » « qui était sur la tête de Jésus », « mais à part enveloppé dans, en un lieu » : telle est la traduction littérale. « entetyligmenos » ne veut dire ni « plié » ni « enroulé », mais uniquement « enveloppé dans ».

    Le sens le plus courant de « khoris » est « à part », « séparément ». Mais un sens très attesté est aussi : « différemment ».

    Le mot « othonia », quant à lui, désigne des pièces de lin. Qui peuvent être des « bandelettes », notamment funéraires, et c’est ainsi qu’on le traduit le plus souvent, ou des pièces bien plus grandes, au point que ce mot, bien qu’au pluriel, désignait aussi un linceul. On a une confirmation de cela dans l’évangile de saint Luc, qui nous dit d’abord que Joseph d’Arimathie prend le corps de Jésus et « l’enveloppe dans » - c’est le même verbe que nous venons de voir - dans un « sindon », un linceul, sans avoir le temps de s’occuper davantage du corps. Or, quelques versets plus loin, saint Luc parle de saint Pierre qui va au tombeau le matin et voit des « othonia ». Ces « othonia » sont donc le linceul.

    Qu’est-ce que le « soudarion », l’autre linge dont seul parle saint Jean ? Il s’agit du bonnet qui « était sur sa tête », qui enserrait la tête du mort notamment pour qu’il garde la bouche fermée. C’est ce que l’on voit sur le Linceul de Turin de chaque côté du visage, et sous le visage. Ce bonnet pourrait bien être la « sainte coiffe de Cahors ».

    Donc saint Jean voit ce tissu qui enserrait la tête. Il le voit « enveloppé dans ». Dans quoi ? Dans le linceul. Dans la partie repliée du grand linceul qui fait deux fois la taille d’un corps. La tête était au milieu du linceul, qui couvre les deux faces du corps. Le linceul, restant exactement comme il était lors de la mise au tombeau, s’est affaissé sur lui-même par l’absence du corps, et le « soudarion » s’est trouvé coincé dans le linceul, enveloppé par le linceul qui s’est affaissé tout autour. Il gît aussi, mais « différemment », parce qu’il est resté « dans » le linceul.

    « En un lieu », c’est-à-dire non pas ailleurs, mais « eis hena », « en un seul » et même lieu, en ce même lieu, en ce lieu unique.

    Voilà pourquoi Jean vit, et crut : il vit la scène exactement comme il l’avait vue la veille au soir, à la différence près qu’il n’y avait plus de corps, et que ce corps avait disparu sans toucher en quoi que ce soit à la disposition de la mise au tombeau. S’il avait vu des bandelettes éparpillées et un autre tissu roulé ou plié dans un coin, il n’aurait pas été saisi par la foi en la résurrection, mais il aurait demandé, comme Marie Madeleine, où on l’avait mis…

    Le-Saint-Suaire-Turin.jpg

    Peinture sur toile attribuée à Jean-Baptiste della Rovere, vers 1560-1627. (Giovanni Battista et son frère Giovanni Mauro étaient connus comme « I Fiamminghini », les Flamands, parce que leur père était d’Anvers. Rien à voir donc avec la famille du pape Jules II et des ducs d’Urbino.)

  • Vendredi de Pâques

    Toujours dans la lumière de la nuit pascale, la liturgie de ce vendredi de Pâques célèbre encore le baptême, et avec insistance.

    L’introït est le verset 53 du psaume 77. Ce psaume est celui qui évoque une première fois l’Exode (c’est là que la manne est qualifiée de « pain du ciel » et de « pain des anges »), et qui, devant l’infidélité du peuple élu, recommence toute l’histoire à partir des plaies d’Egypte. C’est alors que vient le verset 53, auquel la liturgie ajoute l’alléluia pascal :

    Edúxit eos Dóminus in spe, allelúia : et inimícos eórum opéruit mare, allelúia, allelúia, allelúia.

    Le Seigneur les conduisit dans l’espérance, et leurs ennemis il les recouvrit de la mer.

    La première partie du verset annonce le verset suivant : « Et il les introduisit dans la montagne de sa sanctification, la montagne que sa droite avait acquise » (oui, je sais, personne ne traduit ainsi, mais c’est le texte). La seconde partie renvoie textuellement au texte de l’Exode (14,28) où « les eaux reviennent et recouvrent les chars et les chevaux de toute l’armée du pharaon ». Verset qui se termine par : « Et il n’en resta pas un seul. » Car tel est l’effet du baptême, qui noie tous les ennemis, en plongeant le néophyte dans la mort du Christ. De même que tous les méchants disparurent lors du Déluge, et que seules huit personnes furent sauvées dans l’arche, figure également du baptême comme le souligne saint Pierre dans l’épître.

    Et dans l’évangile, tout à la fin de l’évangile de saint Matthieu, Jésus envoie les apôtres baptiser toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ce qui est chanté aussi dans l’antienne de communion.

    Le chant de l’antienne d’introït est très simple et discret. Il met d’abord en valeur le mot « espérance » (que de nombreuses traductions escamotent !), puis il s’anime sur les « ennemis ». A la fin, les deux premiers alléluia chantent la victoire, et le dernier se fond dans la contemplation du quatrième mode.

    Je n’ai pas trouvé sur internet d’interprétation correcte de cet introït. Le voici dans le beau codex Bodmer 74, le graduel de Sainte Cécile du Trastevere, de 1071 (avec même l’indication que la station est à Sainte-Marie des Martyrs).

    Eduxit eos.jpg

    Eduxit.jpg

  • Une confirmation par l’anthropologie contemporaine

    La messe de 18h30, ce soir, en l’église Santa Maria a Calchera de Brescia, en Italie, sera célébrée selon la forme extraordinaire, et elle sera suivie d’une conférence de Luigi Martinelli, un jeune metteur en scène qui a obtenu son master en Sciences et techniques des arts et du théâtre grâce à un mémoire intitulé Les formes du sacré : la performance dans le rite romain, dont il a fait un livre préfacé par Mgr Nicola Bux.

    L’intérêt du travail de Luigi Martinelli est qu’il a étudié le rite romain traditionnel en se servant des concepts élaborés par l’anthropologue Victor Turner, principalement celui de « performance » qui a fait l’objet de ses deux derniers livres.

    Voici les deux paragraphes centraux d’une interview de Luigi Martinelli, traduits par Paix liturgique :

    Si je m’arrête sur la liturgie romaine traditionnelle, c’est bien parce que la performance corporelle et sensorielle y tient un rôle fondamental. Celle-ci communique efficacement à l’homme l’essence du contenu de la foi qui est célébrée. Elle manifeste le sens du sacré en faisant appel à la sensibilité physique de l’homme par des sollicitations extérieures aussi efficaces que la distribution intelligente du silence « actif » aux moments clés du rite ; l’importance accordée à une certaine typologie de chant, le grégorien, et à la seule musique de l’orgue pour accompagner le recueillement ; la parole vivante de la langue sacrée qui émancipe les mots de l’urgence de devoir signifier en remettant à l’honneur la valeur de la vocalité ; l’importance réservée aux actions, aux gestes, aux postures ; l’orientation dans l’espace et la verticalité. Tout est construit autour d’éléments performants susceptibles de générer réalité et expérience. Le rite romain traditionnel est un agrégat d’éléments rituels « ésotériques », dans la mesure où ils ne s’adressent pas prioritairement à notre sphère rationnelle mais à notre perception sensible qui transcende notre raison humaine. Il ne s’agit pas d’une simple liturgie de mots, conceptuelle, pas plus qu’il ne s’agit d’une commémoration ou d’une observation distante pour satisfaire ses préférences esthétiques, mais d’une expérience concrète de la réalité, une liturgie qui interpelle nos sens en engageant d’un même coup notre corps, notre esprit, notre âme dans la célébration des Saints Mystères.

    La réforme liturgique a porté quasi exclusivement sur le legomenon : les mots, les textes, les traductions, les simplifications linguistiques et sémantiques, dans le but d’éduquer et d’instruire les consciences des fidèles en favorisant leur compréhension intellectuelle du rite. La logique suivie est éminemment moderne. C’est celle de la dévaluation du rituel, qui consiste à détourner l’attention de sa puissance émotive vers sa signification, dans l’illusion que comprendre le rite c’est le vivre. Cette dérive rationaliste et logocentrique de la liturgie a restreint l’importance du corps et de la corporéité, comme la valeur des sens et de la sensibilité, dans l’action de communiquer et d’exprimer. En fait, la forme ordinaire se caractérise par son usage de la langue commune qui a créé un espace pour la verbosité ; par sa réduction du silence ; par sa limitation de la performance physique, de la formalité et de la répétitivité des gestes ; par l’émergence de la communauté comme sujet de la célébration, phénomène favorisé par le recours abondant au chant communautaire ; par un agencement différent de l’espace pour faciliter la conversation horizontale des humains. Ainsi, d’une liturgie du corps, on est passé à une liturgie de la tête. De fait, dans la forme ordinaire, les textes récités ou proclamés sont prédominants au détriment de la performance corporelle, de la puissance de l’action, du geste, du mouvement, du son, en d’autres termes, la re-présentation performantielle a été mise de côté. L’ensemble de ces facteurs a conduit à la prédominance du contenu sur la forme, avec pour conséquence l’affaiblissement de la liturgie et la perte du sens du sacré qui en découle.

    Cela dit, c’est un peu enfoncer les portes ouvertes de dire que la réforme liturgique a détruit le rite : elle avait clairement pour but de détruire cette chose de sauvages qu'étudient les anthropologues pour aboutir à une liturgie d’hommes civilisés à la foi adulte…

  • Jeudi de Pâques

    L’évangile de ce jour, ainsi que les antiennes du Benedictus et du Magnificat, célèbrent Marie Madeleine venant au tombeau et rencontrant le Christ ressuscité : Noli me tangere.

    Le deuxième répons des matines est très remarquable. C’est Marie Madeleine qui chante la Rencontre. Or le texte commence comme un répons de l’octave de la Nativité, où c’est Marie, la Mère de Dieu, qui chante de la même façon : Congratulámini mihi, omnes qui dilígitis Dóminum. Réjouissez-vous avec moi, vous tous qui aimez le Seigneur…

    Pourquoi ? parce que, comme j’étais petite, j’ai plu au Très-Haut, et de mes entrailles j’ai engendré un Dieu et un homme, chante Marie le jour de la Circoncision.

    Parce que celui que je cherchais m’est apparu : alors que je pleurais devant le tombeau, j’ai vu mon Seigneur, chante Marie Madeleine.

    La Nativité chantée par Marie l’Immaculée Mère de Dieu. La Résurrection chantée par la Pécheresse Marie de Magdala…

    Et, dans le verset, Marie Madeleine cite… saint Grégoire le Grand. Car elle emprunte au pape liturge et docteur son magnifique commentaire : « Recedéntibus discípulis, non recedébam, et amóris eius igne succénsa, ardébam desidério » : alors que les disciples se retiraient, je ne me suis pas retirée, et enflammée du feu de son amour, je brûlais de désir. C’est en fait un résumé de ce que dit saint Grégoire : « Il faut considérer à ce sujet avec quelle force l’amour divin s’était allumé dans l’âme de cette femme, qui ne quittait point le sépulcre du Seigneur bien que les disciples se retirassent. Elle cherchait avec soin celui qu’elle n’avait pas trouvé, elle pleurait en le cherchant, et, embrasée du feu de son amour, elle brûlait du désir de retrouver celui qu’elle croyait enlevé. »

    Admirable définition du quaerere Deum, la recherche de Dieu : ce n’est pas un hasard si Marie Madeleine est la patronne des contemplatifs. Et ce n’est donc pas un hasard non plus si ce répons est du troisième mode, le mode dit « mystique ». Alors que celui de la Circoncision est du septième mode, dit « angélique », celui de Puer natus est nobis du jour de Noël et du Gloria des messes de la Sainte Vierge.

    congra.jpg

  • Mercredi de Pâques

    L’évangile de ce jour est l’épisode très mystérieux de la pêche miraculeuse après la Résurrection. « Hoc est magnum sacramentum in magno Joannis Evangelio », comme dit saint Augustin. Voilà un grand mystère dans le grand Evangile de Jean…

    C’est le chapitre 21 (7x3), alors que le chapitre 20 se terminait par une conclusion générale : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. »

    On y voit 7 disciples, on dirait bien apôtres, mais parmi eux le mystérieux Nathanaël ; 5 sont nommés, 2 ne le sont pas. Autour de Pierre, Jacques et Jean, ils sont retournés à la pêche, alors qu’ils avaient tout quitté pour suivre Jésus (c’est la conclusion même de la pêche miraculeuse dont parlait saint Luc), et que nous sommes dans le temps de l’Eglise, de l’apostolat. Et non dans celui du développement de la poissonnerie de Capharnaum.

    Ils pêchent mais ils ne prennent rien. Jusqu’à ce que Jésus, sur le rivage, leur dise de jeter le filet à droite. Ils le font, et le filet se remplit de 153 gros poissons, au point qu’ils ont du mal à le tirer jusqu’au rivage.

    Sur tous les points le récit est soigneusement différent de celui de la pêche miraculeuse de saint Luc. Là, Jésus se trouvait dans la barque. Ici, il est sur la rive. Là, Jésus dit aux pêcheurs (Pierre – qui n’est encore que Simon -, Jacques et Jean) de jeter leurs filets en eau profonde. Ici, il leur dit de jeter le filet à droite. Là, ils prirent tellement de poissons (sans autre précision) que les filets se rompaient, et que les barques enfonçaient. Ici, ils prennent 153 gros poissons qu’ils tirent sur le rivage.

    Le récit de saint Luc symbolise la vie de l’Eglise, qui sous la houlette du Christ rassemble toutes sortes de gens, des bons et des mauvais, au point qu’il y aura des schismes (c’est le mot grec utilisé pour parler de la déchirure des filets), et que le poids des mauvais pourra avoir l’air de faire sombrer la barque de Pierre.

    Le récit de saint Jean, après la fin de son Evangile, montre l’entrée dans le Royaume. Jésus est sur la terre ferme, sur le rivage de l’éternité, en son Royaume. Les apôtres sont sur la mer de ce monde, mais cette pêche est la dernière, c’est celle du rassemblement des élus : ils jettent le filet seulement du côté droit : celui des élus, et ils les amènent sur le rivage de l’éternité (sans schisme – le texte le précise, et sans surcharge) : dans le Royaume, où les attend le Christ ressuscité. (Sur les 153, voir ma note de l’an dernier.)

    Cette scène est si mystérieuse qu’on ne fait pas toujours attention aux détails. Notamment à ce que voient les disciples quand ils descendent des bateaux : « Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des braises disposées, du poisson dessus, et du pain. »

    Il y a déjà du poisson avant que les apôtres en apportent de leur pêche. Du poisson rôti : c’est le Christ crucifié (ichtys), et du pain, c’est le corps du Christ. Jésus leur demande alors d’apporter des poissons qu’ils viennent de prendre : c’est la participation des fidèles au sacrifice et à la glorification du Christ, ils deviennent un avec lui-même.

    Puis il leur dit : « Venez, mangez. » Et il leur donne du poisson et du pain. Comme dans l’épisode de la multiplication des pains, celle que saint Jean a racontée, avec 5 pains d’orge et 2 poissons : les nombres des disciples de cette scène.

    Mais l’évangéliste se garde de donner la moindre explication. Il signale seulement que c’est la troisième fois que Jésus s’est manifesté à ses disciples après sa résurrection d’entre les morts. Un autre troisième jour. Celui des chrétiens.

  • Mardi de Pâques

    Traduction d’un texte de Vultus Christi, le blog des moines du prieuré de Silvestream (Irlande) :

    Aujourd’hui nous avons le troisième introït de Pâques. Le premier, le matin du dimanche de Pâques, nous a permis d’entendre et de participer à la conversation ineffable du Fils Ressuscité avec son Père : « Je suis ressuscité et je suis toujours avec toi, alléluia. Tu as posé ta main sur moi, alléluia. Merveilleuse est ta science, alléluia, alléluia. » Le deuxième, hier matin, s’adressait aux nouveaux baptisés : « Le Seigneur vous a amenés dans un pays où coulent le lait et le miel, alléluia. Que la loi du Seigneur soit toujours dans votre bouche, alléluia, alléluia. »

    L’introït d’aujourd’hui, tiré du livre de l’Ecclésiastique, rappelle ce qui est arrivé aux catéchumènes dans la nuit de Pâques : « Il leur a donné à boire l’eau de la sagesse, alléluia. Elle s’affermira en eux et elle ne fléchira pas, alléluia. Et elle les élèvera pour toujours, alléluia. »

    Cette eau de la sagesse est l’eau même que Notre Seigneur a promis à la Samaritaine au troisième dimanche de carême : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, dit Jésus, n’aura plus jamais soif, mais l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant en vie éternelle. » C’est l’eau de la grâce divine, l’eau de la vie trinitaire qui jaillit du côté ouvert du Seigneur crucifié et ressuscité, irriguant l’âme des baptisés, et rendant l’Eglise resplendissante de sainteté. C’est un flux d’eau indéfectible. C’est un torrent impétueux qui ne sera jamais à sec, parce que sa source est en Dieu. Ceux qui cèdent à sa puissance seront transportés en Dieu pour vivre dans son Amour et sa Lumière pour toujours.

    Aqua sapientiae, l’eau de la sagesse, nous parvient, et irrigue nos âmes, par les canaux des sacrements. Celui qui reste à l’écart des sacrements va souffrir de sécheresse spirituelle. Les fruits du Saint-Esprit vont se raréfier. Ceux qui apparaîtront encore seront dérisoires et, finalement, se dessécheront. Le péché crée un blocage dans l’irrigation de l’âme. La confession et l’absolution enlèvent les obstacles qui entravent le flux de la grâce. Beaucoup d’entre vous ont les yeux tournés vers la fête de la Divine Miséricorde dimanche prochain : le sacrement de pénitence renouvelle la grâce du baptême, et ouvre le cœur à l’eau vive qui jaillit du Cœur transpercé du Christ Miséricordieux.

    Voici cet introït par les moniales d’Argentan. L’image générale que donne la musique est, me semble-t-il, la fermeté que donne cette eau à celui qui la boit, fermeté qui s’épanouit dans la vie éternelle. Et on remarque sur « in aeternum » la même formule que le début de l’alléluia qui précédait. L’alléluia pascal nous introduit dans l’éternité.
    podcast

    introit.jpg

  • Lundi de Pâques

    henryii1349724023114.jpg

    "Livre des péricopes" de saint Henri II
    (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

    podcast

    Offertoire de la messe du lundi de Pâques, par les moines de Ligugé, 1973

     

    Angelus Dómini descéndit de cælo, et dixit muliéribus : Quem quǽritis, surréxit, sicut dixit, allelúia.

    Un Ange du Seigneur descendit du ciel et dit aux femmes : Celui que vous cherchez est ressuscité, comme il l’a dit, alléluia.

    angelus.jpg

  • Pâques

    resurrection1361138128489.jpg

    Quid.jpg

    Dis-nous, Marie, qu'as-tu vu en chemin ?
    (Giotto)
    podcast

    Séquence Victimi paschali laudes, par les moines de Solesmes, 1980

    Víctimæ pascháli laudes ímmolent Christiáni.
    A la victime pascale, que les Chrétiens immolent des louanges.

    Agnus rédemit oves : Christus ínnocens Patri reconciliávit peccatóres.
    L’Agneau a racheté les brebis : le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec son Père.

    Mors et vita duéllo conflixére mirándo : dux vitæ mórtuus regnat vivus.
    La vie et la mort se sont affronté en un duel prodigieux : l’Auteur de la vie était mort, il règne vivant.

    Dic nobis, María, quid vidísti in via ?
    J’ai vu le tombeau du Christ vivant, et la gloire du ressuscité,

    Angélicos testes, sudárium et vestes.
    les témoins angéliques, le suaire et les linceuls.

    Surréxit Christus, spes mea : præcédet vos in Galilǽam.
    Il est ressuscité, le Christ, mon espérance : il vous précèdera en Galilée.

    Scimus Christum surrexísse a mórtuis vere : tu nobis, victor Rex, miserére.
    Nous le savons : le Christ est ressuscité des morts : ô Vous, Roi vainqueur, ayez pitié de nous.