01 août 2014

Les 7 frères Maccabées

Les 7 frères martyrs dont on fait mémoire en ce jour, depuis toujours et sous toutes les latitudes (les plus anciens calendriers occidentaux et orientaux s’accordent sur le 1er août) n’étaient pas de la famille des héros Maccabées, dont deux livres de la Bible narrent les exploits pour rétablir les traditions judaïques dans un pays asservi et hellénisé. D’ailleurs on ne connaît même pas leurs noms. Ce qui est unique dans l’histoire de la liturgie, au moins quand les martyrs célébrés sont peu nombreux – mais on voit que même les 40 martyrs de Sébaste ont tous un nom.

Ce qui est unique également, dans la liturgie latine traditionnelle, est cette célébration de saints de l’Ancien Testament. On peut voir dans un sermon de saint Grégoire de Nazianze que ce culte était tout aussi insolite en Orient à son époque :

« Bien que leur culte ne soit pas établi en certains lieux, parce qu’ils n’ont pas soutenu leur combat après la venue du Christ, ils méritent cependant que tout le monde honore la générosité et la constance qu’ils ont montrées à observer les lois et les coutumes de leurs ancêtres. Puisqu’ils ont enduré le martyre avant la passion de Jésus-Christ, que n’auraient-ils point fait, s’ils avaient été persécutés après Jésus-Christ, avec l’exemple de la mort qu’il a soufferte pour notre salut ? Si telle a été leur vertu en l’absence de tout modèle, ne seraient-ils pas descendus avec plus d’ardeur dans la lice, ayant sous les yeux l’exemple du Sauveur ? Et même une raison mystérieuse et intime, très plausible pour moi et qui doit l’être à toutes les personnes qui aiment Dieu, porte à croire qu’aucun de ceux qui furent couronnés du martyre avant la venue de Jésus-Christ, n’a pu obtenir cette gloire que par la foi en Jésus-Christ. »

En effet, c’est dans la foi en Jésus-Christ que les martyrs de l’Ancien Testament purent puiser leur héroïsme. Et le récit du martyre de ces sept frères (en 166 avant Jésus-Christ) annonce quasi littéralement (hormis le prétexte de leur condamnation à mort) les récits de martyres chrétiens.

Il y a une autre raison à ce culte sans équivalent dans le calendrier liturgique. Ou plutôt un autre aspect de la raison invoquée par saint Grégoire de Nazianze : c’est que plusieurs de ces martyrs tiennent des propos qui sont les plus précis et explicites actes de foi en la résurrection – selon le Christ - que l’on puisse trouver dans l’Ancien Testament.

Le deuxième dit :

— Toi, ô le plus scélérat des hommes, tu nous perds pour la vie présente; mais le Roi du monde nous ressuscitera pour la vie éternelle, nous qui serons morts pour Ses lois.

Le troisième dit :

— J'ai reçu ces membres du Ciel; mais je les méprise maintenant à cause des lois de Dieu, parce que j'espère qu'Il me les rendra un jour.

Le quatrième dit :

— Il est avantageux que ceux qui sont livrés à la mort par les hommes puissent attendre de Dieu qu'Il les ressuscitera; car pour toi il n'y aura pas de résurrection pour la vie.

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31 juillet 2014

Saint Ignace de Loyola

Les différents textes de cette messe rappellent très clairement la vie et les maximes du saint. L’Introït reproduit la grande devise de son institut : « Omnia ad majorem Dei gloriam. — Tout pour la plus grande gloire de Dieu ». A l’Épître, saint Ignace raconte ses labeurs évangéliques et nous exhorte à l’imiter. L’Évangile, récit de la mission des soixante-douze disciples, le range parmi les grands missionnaires qui parcoururent l’univers au nom du Sauveur. Le texte de la Communion est remarquablement frappant : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu’il s’allume ? » Ignem — Ignace ; il fut un vrai Prométhée qui transmit le feu divin à la terre. Et ce feu, où le recevons-nous de nouveau, lorsque notre cœur est froid ? Dans l’Eucharistie. La Secrète nous dit que Dieu « a placé la source de toute sainteté dans les mystères sacro-saints ».

Dom Pius Parsch

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30 juillet 2014

Saints Abdon et Sennen

Ces deux Persans furent martyrisés à Rome par Dèce, vers 250. Ils furent ensevelis au cimetière de Pontien, où se trouve la peinture représentant le Christ qui leur donne la couronne :

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Puis leurs corps furent transférés en la basilique Saint-Marc (de Rome) et leur tombeau se trouve sous cet autel :

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Un saint prêtre du Vallespir alla à Rome demander au pape des reliques pour conjurer divers fléaux. Il revint avec des reliques d’Abdon et Sennen, qui sont dans ces reliquaires à Arles-sur-Tech :

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Il y a aussi à Arles-sur-Tech la « Sainte Tombe », un sarcophage paléo-chrétien, dont on extrait chaque année, au jour de la fête des saints Abdon et Sennen (qui ont été rayés du nouveau calendrier…) une eau miraculeuse. En 1910, l'abbé Craste, curé-doyen d'Arles, avait publié un ouvrage dans lequel il mettait au défi les "libres-penseurs" d'expliquer la présence de l'eau dans le sarcophage, leur promettant une récompense de mille francs si le mystère était éclairci. Personne n'a gagné cette somme, qui avait été déposée chez maître de Noëll, notaire à Arles-sur-Tech.

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21 juillet 2014

Saint Laurent de Brindes

Pour mener la vie spirituelle, qui nous est commune avec les anges et les esprits célestes, créés comme nous à l'image et ressemblance de Dieu, il faut nécessairement le pain de la grâce du Saint-Esprit et de l'amour de Dieu. La grâce et l'amour ne sont rien sans la foi, car sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Et la foi ne peut naître sans la prédication de la parole de Dieu: La foi naît de ce qu'on entend; et ce qu'on entend, c'est l'annonce de la parole du Christ. La prédication de la parole de Dieu est donc nécessaire à la vie spirituelle, de même que les semailles à la vie corporelle. Aussi le Christ a-t-il dit: Le semeur est sorti pour semer. Celui qui est sorti pour semer, c'est le héraut de la justice, et ce héraut, nous savons par l'Écriture que ce fut Dieu lorsqu'il donna de vive voix, du haut du ciel, la loi de justice à tout le peuple dans le désert. Parfois ce fut l'Ange du Seigneur qui reprocha au peuple sa transgression de la loi divine, au lieu des Pleurs; si bien que tous les fils d'Israël, en entendant le discours de l'Ange, eurent le cœur transpercé et pleurèrent avec de grands cris. Moïse aussi prêcha la loi du Seigneur à tout le peuple, dans les champs de Moab, comme le rapporte le Deutéronome. Enfin le Christ, Dieu et homme, est venu prêcher la parole du Seigneur et envoya les Apôtres faire de même, comme auparavant il avait envoyé les prophètes. La prédication est donc une fonction apostolique, angélique, chrétienne, divine. Car la parole de Dieu est pourvue d'une valeur infinie, puisqu'elle est comme le trésor de tous les biens. C'est d'elle que viennent la foi, l'espérance, la charité, toutes les vertus, tous les dons de l'Esprit Saint, toutes les béatitudes évangéliques, toutes les bonnes œuvres, tous les mérites de la vie, toute la gloire du paradis: Accueillez la parole semée en vous, car elle peut sauver vos âmes. La parole de Dieu est une lumière pour l'intelligence, un feu pour la volonté afin que l'homme puisse connaître Dieu et l'aimer. Et pour l'homme intérieur, qui vit du Saint-Esprit par la grâce, elle est du pain et de l'eau. Mais du pain plus doux que le miel et le rayon, de l'eau meilleure que le vin et le lait. Elle est, pour l'âme spirituelle, un trésor de mérites, c'est pourquoi elle est appelée or et pierre très précieuse. Contre le cœur obstiné dans ses vices, elle est comme un marteau ; contre la chair, le monde et le démon, elle est une épée qui met à mort tout péché.

Extrait d’un sermon de carême

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20 juillet 2014

6e dimanche après la Pentecôte

L’évangile de ce dimanche est le récit de la seconde multiplication des pains, selon saint Marc.

Il y a deux multiplications des pains parce que le Fils de Dieu s’est livré d’abord pour les juifs, ensuite pour les païens.

Les deux épisodes sont presque semblables, et ne diffèrent vraiment que par le lieu et les chiffres : par les données symboliques.

La première multiplication des pains a lieu en Galilée, et les bénéficiaires sont des juifs, dont le livre sacré est le Pentateuque, d’où les cinq pains (le peuple du Pentateuque étant donc au nombre de 5.000), et qui sont issus des 12 tribus d’Israël, d’où les 12 corbeilles.

La seconde multiplication des pains a lieu en Décapole païenne, et saint Marc (ou plutôt Jésus lui-même) insiste sur le fait que l’auditoire est païen en soulignant que « plusieurs d’entre eux sont venus de loin » (en fait tous les païens « viennent de loin » quand ils se convertissent). Cette fois il y a sept pains : le chiffre de la création et donc de la perfection cosmique. Le Christ est venu sauver tous les hommes, et même renouveler l’univers. Et il restera donc sept corbeilles de pain. Et il y a 4.000 hommes, le peuple venu des quatre points cardinaux dans l’Eglise.

L’autre différence est que Jésus précise : « Voilà trois jours qu’ils restent près de moi. »

Ces trois jours renvoient à la sortie d’Egypte, quand Moïse disait au pharaon que le peuple hébreu avait besoin de trois jours pour aller sacrifier à son Dieu dans le désert. La multiplication des pains a lieu sur une hauteur dans un désert : Jésus est donc Dieu.

Ces trois jours renvoient aussi aux noces de Cana, qui ont lieu mystérieusement un « troisième jour ». Noces de Cana où l’eau changée en vin annonce l’eucharistie, comme la multiplication des pains.

Enfin ces trois jours annoncent le mystère pascal. « Les douze tribus d’Israël retournent au désert, pour être rassasiées d’un pain supérieur à la manne, mais le monde païen, symbolisé par le chiffre 7, devient lui aussi l’objet de la compassion divine et découvre, après les trois jours de la passion et de la mort, le pain qui rassasie parce qu’il est la présence qui comble » (Jean Radermakers s.j.).

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19 juillet 2014

Saint Vincent de Paul

Un extrait de l’étonnante lettre à M. de Comet, où il raconte sa captivité à Tunis.

Je fus vendu à un pêcheur, qui fut contraint de se défaire bientôt de moi, pour n’avoir rien de si contraire que la mer, et depuis par le pêcheur à un vieillard, médecin spagirique, souverain tireur de quintessences, homme fort humain et traitable, lequel, à ce qu’il me disait, avait travaillé cinquante ans à la recherche de la pierre philosophale, et en vain quant à la pierre, mais fort heureusement à une sorte de transmutation des métaux. En foi de quoi, je lui ai vu souvent fondre autant d’or que d’argent ensemble, les mettre en petites lamines, et puis mettre un lit de quelques poudres, puis un autre de lamines, et puis un autre de poudres dans un creuset ou vase à fondre des orfèvres, le tenir au feu vingt-quatre heures, puis l’ouvrir et trouver l’argent être devenu or ; et plus souvent encore congeler ou fixer de l’argent vif en fin argent, qu’il vendait pour donner aux pauvres. Mon occupation était à tenir le feu à dix ou douze fourneaux ; en quoi, Dieu merci, je n’avais plus de peine que de plaisir. Il m’aimait fort et se plaisait fort de me discourir de l’alchimie et plus de sa loi, à laquelle il faisait tous ses efforts de m’attirer, me promettant force richesses et tout son savoir.

Dieu opéra toujours en moi une croyance de délivrance par les assidues prières que je lui faisais et à la sainte Vierge Marie, par la seule intercession de laquelle je crois fermement avoir été délivré. L’espérance et ferme croyance donc que j’avais de vous revoir, Monsieur, me fit être assidu à le prier de m’enseigner le moyen de guérir de la gravelle, en quoi je lui voyais journellement faire miracle ; ce qu’il fit ; voire me fit préparer et administrer les ingrédients. (…)

Je fus donc avec ce vieillard depuis le mois de septembre 1605 jusques au mois d’août prochain, qu’il fut pris et mené au grand sultan pour travailler pour lui mais en vain, car il mourut de regret par les chemins. Il me laissa à un sien neveu, vrai anthropomorphite, qui me revendit tôt après la mort de son oncle, parce qu’il ouit dire comme M. de Brèves, ambassadeur pour le roi en Turquie, venait, avec bonnes et expresses patentes du Grand Turc, pour recouvrer les esclaves chrétiens.

Un renégat de Nice, en Savoie, ennemi de nature, m’acheta et m’en emmena en son temat ; ainsi s’appelle le bien que l’on tient comme métayer du Grand Seigneur, car le peuple n’a rien ; tout est au sultan. Le temat de celui-ci était dans la montagne, où le pays est extrêmement chaud et désert. L’une des trois femmes qu’il avait (comme grecque-chrétienne, mais schismatique) avait un bel esprit et m’affectionnait fort ; et plus à la fin, une naturellement turque, qui servit d’instrument à l’immense miséricorde de Dieu pour retirer son mari de l’apostasie et le remettre au giron de l’Église, fit me délivrer de mon esclavage. Curieuse qu’elle était de savoir notre façon de vivre, elle me venait voir tous les jours aux champs où je fossoyais, et après tout me commanda de chanter louanges à mon Dieu. Le ressouvenir du Quomodo cantabimus in terra aliena des enfants d’Israël captifs en Babylone me fit commencer, avec la larme à l’œil, le psaume Super flumina Babylonis et puis le Salve, Regina, et plusieurs autres choses ; en quoi elle prit autant de plaisir que la merveille en fut grande. Elle ne manqua point de dire à son mari, le soir, qu’il avait eu tort de quitter sa religion, qu’elle estimait extrêmement bonne, pour un récit que je lui avais fait de notre Dieu et quelques louanges que je lui avais chantées en sa présence ; en quoi, disait-elle, elle avait un si divin plaisir qu’elle ne croyait point que le paradis de ses pères et celui qu’elle espérait fut si glorieux, ni accompagné de tant de joie que le plaisir qu’elle avait pendant que je louais mon Dieu, concluant qu’il y avait quelque merveille.

Cet autre Caïphe ou ânesse de Balaam fit, par ses discours, que son mari me dit dès le lendemain qu’il ne tenait qu’à commodité que nous ne nous sauvassions en France, mais qu’il y donnerait tel remède, dans peu de temps, que Dieu y serait loué. Ce peu de jours furent dix mois qu’il m’entretint en ces vaines, mais à la fin exécutées espérances, au bout desquels nous nous sauvâmes avec un petit esquif et nous rendîmes, le vingt-huitième de juin, à Aigues-Mortes et tôt après en Avignon, où Monseigneur le vice-légat reçut publiquement le renégat, avec la larme à l’œil et le sanglot au gosier, dans l’église de Saint-Pierre, à l’honneur de Dieu et édification des spectateurs. Mondit seigneur nous a retenus tous deux pour nous mener à Rome, où il s’en va tout aussitôt que son successeur à la trienne qu’il acheva le jour de la saint Jean, sera venu. Il a promis au pénitent de le faire entrer à l’austère couvent des Fate ben fratelli où il s’est voué, et à moi de me faire pourvoir de quelque bon bénéfice. Il me fait cet honneur de me fort aimer et caresser, pour quelques secrets d’alchimie que je lui ai appris, desquels il fait plus d’état, dit-il, que si io li avesse datto un monte di oro, parce qu’il y a travaillé tout le temps de sa vie et qu’il ne respire autre contentement.

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18 juillet 2014

Sainte Symphorose et ses fils

Huit jours après la fête des sept fils martyrs de sainte Félicité, voici la fête de sainte Symphorose et de ses sept fils martyrs.

L’une et l’autre paraissent évidemment décalquées du martyre des sept frères Maccabées et de leur mère, raconté dans la Bible. Pourtant l’histoire de sainte Félicité et de ses sept fils ne peut être mise en doute que par de faux experts de particulière impiété et mauvaise foi, puisqu’il s’agit d’une des plus anciennes fêtes romaines de martyrs, avec ses quatre messes (aux quatre lieux du martyre), et même cinq avec la vigile.

Sainte Félicité et ses fils furent mis à mort à Rome sous Marc-Aurèle, l’empereur philosophe, vers 162. Sainte Symphorose et ses sept fils les avaient précédés : sous le raffiné Hadrien, à Tivoli, peu après la fin de la construction de la fameuse villa d’Hadrien (134), classée au patrimoine mondial de l’Unesco parce qu’elle « reproduit les meilleurs éléments des cultures matérielles d'Égypte, de Grèce et de Rome sous la forme d'une “cité idéale” ». Or c’est précisément à cause de cette « cité idéale » que Symphorose et ses fils furent mis à mort : les prêtres païens ne pouvaient pas procéder aux sacrifices de la dédicace à cause des prières chrétiennes…

Le martyrologe d’avant la révolution liturgique dit :

« A Tivoli, sainte Symphorose, épouse du martyr saint Gétule, avec ses sept fils. Sous l’empereur Adrien, après l’avoir frappée pendant quelque temps au visage, on la suspendit par les cheveux, puis on la précipita, une grosse pierre au cou, dans le fleuve. Ses fils furent attachés sur des pieux et leurs membres disloqués au moyen de poulies ; ils souffrirent le martyre de diverses manières. »

Pour le nouveau martyrologe, on a décidé que cette histoire n’était « pas crédible ». On a décidé que les soi-disant fils étaient divers martyrs dont on avait regroupé la fête avec celle de Symphorose. Et on en a supprimé le culte.

Pourtant le cardinal Schuster, qui écrivait lui aussi au XXe siècle et qui est, lui, béatifié, affirmait :

« Le texte de leurs Actes n’est pas le texte primitif ; cependant, au milieu de quelques scories se trouve beaucoup d’or, en sorte que, dans l’ensemble, cette narration est considérée comme authentique. »

Depuis 1762 cette fête est supplantée par celle de saint Camille de Lellis. Laquelle cependant n’est jamais entrée dans les calendriers bénédictins, qui ont toujours et seulement en ce 18 juillet la commémoraison des martyrs de Tivoli.

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17 juillet 2014

Saint Alexis

En toi nous reconnaissons
l'homme de Dieu par le nom et par les faits,
car tu brillas par tes vertus,
en acquérant sur terre la gêne, l'immense pauvreté;
tes miracles ont affermi
les croyants dans la foi;
intercède pour qu'à nos âmes soient données
la paix et la grâce du salut.

Sous la rosée d'amour divin,
Alexis, tu as éteint
le brûlant amour de la chair,
car tu échangeas le lit nuptial pour la demeure de l'Epoux
et les charnelles voluptés
pour la ressemblance avec les Anges de Dieu;
avec eux intercède pour qu'à nos âmes soient données
la paix et la grâce du salut.

Tu demeures, inconnu,
à la porte de tes nobles parents,
bienheureux Père, longtemps accablé,
insulté par tes propres serviteurs;
tu te révèles, en mourant,
par les miracles accomplis,
chassant les esprits pernicieux
et guérissant les maladies.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit,
Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Stichère du lucernaire (vêpres) de la fête de saint Alexis, dans la liturgie byzantine. Comme je le soulignais l’an dernier, chaque strophe de cet office (sans même parler des textes antiques sur lesquels il est fondé) est une claque retentissante pour les misérables « experts » qui ont supprimé saint Alexis du (néo)calendrier en prétendant que c’était une légende occidentale inventée au moyen âge : il est impensable que les orthodoxes, après le schisme, aient composé un office d'après une légende occidentale...

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16 juillet 2014

Commémoraison de la bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel

Les carmes ont tenté de faire remonter leur ordre au prophète Elie, sur le mont Carmel. La légende du bréviaire est émouvante, en ce qu’elle tentait encore, avant la réforme de 1963, de faire remonter l’ordre du carmel aux premiers chrétiens. En fait, on sait que l’origine lointaine de l’ordre est un prêtre de Calabre qui s’était installé au XIe siècle sur le mont Carmel où il trouva des ruines d'anciens monastères, et qui fit de nombreux disciples, lesquels durent s’exiler à Chypre, puis en Europe, après les croisades. L’ordre eut un énorme succès : il n’y a guère de ville en Europe qui n’ait une rue des Carmes. Les plus grands saints du Carmel sont saint Jean de la Croix et les deux saintes Thérèse.

Le saint jour de la Pentecôte, les Apôtres, divinement inspirés, parlaient en diverses langues et faisaient beaucoup de prodiges par l’invocation du très auguste nom de Jésus. Or, on rapporte qu’en ce même jour, nombre d’hommes, qui avaient marché sur les traces des saints Prophètes Élie et Elisée, et que Jean-Baptiste, par sa prédication, avait préparés à l’avènement du Christ, ayant reconnu et constaté la vérité des choses, embrassèrent la foi de l’Évangile. Ayant eu le bonheur de jouir des entretiens et de l’intimité de la bienheureuse Vierge Marie, ils commencèrent à la vénérer et à l’aimer tout particulièrement. Les premiers d’entre les Chrétiens, ils construisirent un sanctuaire à la Vierge très pure, sur le mont Carmel, à l’endroit même où Élie avait jadis vu s’élever une nuée, figure de la Vierge.

Ils se réunissaient donc plusieurs fois le jour dans le nouvel oratoire, et honoraient par de pieuses pratiques, des prières et des louanges, la très sainte Vierge, en qualité d’insigne protectrice de leur Ordre. Aussi, commença-t-on dès lors à les appeler partout : les Frères de la Bienheureuse Marie du Mont-Carmel. Non contents de ratifier cette dénomination, les souverains Pontifes accordèrent des indulgences spéciales à ceux qui désigneraient sous ce titre l’Ordre en général et les Frères en particulier. Avec l’honneur de son nom et sa tutélaire bienveillance, la sainte Vierge leur octroya généreusement la marque distinctive d’un scapulaire sacré. Elle le donna au bienheureux Simon, religieux anglais, pour distinguer cet Ordre saint de tous les autres, et le préserver des malheurs à venir. Mais, parce que cet Ordre n’était pas répandu en Europe, on multiplia les instances auprès d’Honorius III, afin qu’il le supprimât. C’est alors que la très bonne et compatissante Vierge Marie apparut pendant la nuit à ce Pape et lui signifia d’accorder sa bienveillance à l’Institut et à ses membres.

Ce n’est pas seulement en ce monde que la sainte Vierge a voulu combler de prérogatives un Ordre qui lui est si cher. Une pieuse croyance admet volontiers que, dans l’autre monde aussi (car sa puissance et sa miséricorde étendent en tous lieux leur influence), elle soulage, par un effet de son amour vraiment maternel, ceux de ses enfants qui subissent l’expiation du purgatoire, et les introduit le plus tôt possible dans la patrie céleste, grâce à son intervention, lorsque, enrôlés dans la confrérie du scapulaire, ils ont pratiqué de légères abstinences, récité les quelques prières prescrites et gardé la chasteté, eu égard à leur état de vie. Ainsi comblé de tant et de si grandes faveurs, cet Ordre institua une solennelle Commémoraison de la bienheureuse Vierge Marie, à célébrer perpétuellement chaque année en l’honneur de cette Vierge glorieuse.

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15 juillet 2014

Saint Henri

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Le couronnement d’Henri II, dans le Sacramentaire d’Henri II, réalisé du vivant de l'empereur à l'abbaye Saint-Emmeran de Ratisbonne entre 1002 et 1014 (Bibliothèque d’Etat de Bavière)

Deus, qui hodiérna die beátum Henrícum Confessórem tuum e terréni cúlmine impérii ad regnum ætérnum transtulísti : te súpplices exorámus ; ut, sicut illum, grátiæ tuæ ubertáte prævéntum, illécebras sǽculi superáre fecísti, ita nos fácias, eius imitatióne, mundi huius blandiménta vitáre, et ad te puris méntibus perveníre. Per Dóminum nostrum...

O Dieu, en ce jour, vous avez fait passer le bienheureux Henri, votre Confesseur, du sommet de l’empire de la terre au royaume du ciel : nous vous demandons en suppliant que, comme en le prévenant par l’abondance de votre grâce, vous l’avez fait triompher des attraits du siècle, vous nous fassiez aussi, à son imitation, éviter les séductions du monde et parvenir jusqu’à vous avec des cœurs purs.

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11 juillet 2014

Saint Pie Ier

Pastorem vero nuperrime temporibus nostris in urbe Roma Hermas conscripsit, sedente in cathedra urbis Romæ Ecclesiæ Pio episcopo fratre eius.

Récemment, en nos temps, Hermas écrivit à Rome le ‘Pasteur’, son frère Pie, évêque, siégeant sur la chaire de l’Église de la ville de Rome.

C’est ce qu’on lit dans le « Fragment de Muratori », qui est le plus ancien canon des Ecritures, et cette phrase est celle qui permet de dater le texte vers l’époque de saint Pie Ier, donc à la fin du IIe siècle.

La famille Pudens, qui avait autrefois accueilli saint Pierre, fit d’une de ses maisons une église confiée aux frères Hermas et Pie, qui y firent de nombreux baptêmes. Cette église, qui était donc l’église du pape, est sans doute la plus ancienne de Rome. C’est la basilique Pudentienne, ou « du Pasteur », devenue Sainte-Pudentienne, et l’on voit encore les restes du baptistère dans le chœur.

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10 juillet 2014

Les sept frères martyrs, saintes Rufine et Seconde

La fête des sept frères martyrs (et de leur mère Félicité qui, ayant été martyrisée plus tard, fut ensuite célébrée le 23 novembre, avant de disparaître derrière saint Clément*) est l’une des plus anciennes fêtes de martyrs à Rome. Et c’était aux temps antiques une très grande fête, que le cardinal Schuster raconte par le menu. Elle était précédée d’une vigile jeûnée, avec une messe propre, et le jour de la fête on célébrait quatre messes, aux quatre lieux du martyre des sept frères : Félix et Philippe au cimetière de Priscille, Vital, Martial et Alexandre au cimetière des Jordani, Silain au cimetière de Maxime, Janvier au cimetière de Prétextat. La crypte de ce dernier fut retrouvée au XIXe siècle par le grand découvreur de tombeaux Jean-Baptiste De Rossi, avec l’inscription du pape saint Damase :

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Le cardinal Schuster cite une belle préface du sacramentaire léonien pour cette fête :

Vere dignum et justum est... Quoniam magna sunt opera tua, Domine, et immensa magnalia, per quæ nobis lætitia hodiernæ felicitatis accessit. Vere enim Felicitatis filii, et vera est suorum Felicitas Filiorum ; quos et casto fœtu sancti coniugii Mater fœcunda progenuit, et rursus, confessionis sacrosanctæ visceribus Martyr beata conceptos, per fidem denuo felicius peperit Martyres ad coronam. Per Christum Dominum nostrum…

Car vos œuvres sont grandes, Seigneur, et immenses vos hauts-faits, par lesquels nous est donnée la joie de la félicité d’aujourd’hui. En effet ce sont vraiment des fils de Félicité, et elle est la vraie Félicité de ses Fils ; la Mère féconde les a engendrés dans le mariage saint, et de nouveau, la bienheureuse martyre a conçu par les entrailles de la sacrosainte confession, et par la foi elle donna naissance avec encore plus de félicité à des martyrs promis à la couronne.

* Elle est néanmoins très présente dans la messe de ce jour.

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09 juillet 2014

Le psaume 28

Le psaume 28 est un des textes les plus extraordinaires du psautier. Déjà il attire l’attention par son style particulièrement archaïque, avec ses sept propositions sans verbe commençant par « Vox Domini » : voix du Seigneur. On remarque aussi que le nombre se décompose en 2 et 8 : il insiste donc sur le caractère christique du psaume : 8, nombre du Christ, 2, nombre du Christ aussi par les deux natures et les deux préceptes de la charité. En outre, 2+8=10, les dix commandements. 28, c’est aussi 4x7 (le 4 de la création : membres de l’homme, éléments, points cardinaux ; le 7 de la totalité de la création par la Trinité). Et encore, le nombre 28 est un nombre parfait. Le nombre parfait est celui qui est le même que la somme de ses diviseurs. Les deux premiers nombres parfaits sont 6 (1+2+3) et 28 (1+2+4+7+14), et tous les suivants se terminent par 6 ou 28. (6 est un nombre parfait parce que la création a été faite en 6 jours et qu’elle a été refaite par le Christ crucifié le 6e jour à la 6e heure.)

Enfin, en opérant ce qu’on appelle une agrégation, c’est-à-dire en additionnant les chiffres à partir de 1, on s’aperçoit qu’on arrive à 28 quand on a tout additionné jusqu’au 7 (1+2+3+4+5+6+7). Or dans le psaume 28 il y a sept fois la « Voix du Seigneur ». Ce psaume a été logiquement choisi pour être le premier psaume des matines de l’Epiphanie : la voix du Seigneur sur les eaux. C’est donc de ce point de vue le psaume du baptême du Christ, qui est l’un des mystères de l’Epiphanie, et le premier que célèbrent les matines, comme on le voit aussi par les deux premiers répons. Baptême où l’on voit le Saint-Esprit venir sur Jésus sous l’apparence d’une colombe, et donc apporter ses sept dons : le 7 de l’agrégation qui fait 28, et qui multiplié par 4 faire encore 28.

Mais ce psaume est aussi un psaume de l’Epiphanie, de la Manifestation divine, par sa façon de révéler le Dieu caché en son centre même.

Car il est construit comme une double boîte, qui renferme un trésor : le Christ qui attend qu’on aille le chercher.

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La première boîte est constituée par les deux premiers et les deux derniers versets.

Dans les deux premiers versets, on a quatre fois l’expression « Apportez au Seigneur ». Dans les deux derniers versets, on a quatre fois le mot « le Seigneur » comme sujet de quatre actions. Quatre et quatre font huit, le huit qui est le nombre du Christ.

Ce huit se divise donc en deux. On ouvre la boîte, et l’on trouve les versets centraux, qui comportent sept fois l’expression « Voix du Seigneur » (1).

Sept est le nombre de la perfection. Il est constitué de 4 et 3. Or il y a d’abord quatre fois la « voix du Seigneur », puis un verset qui ne comporte pas cette expression, puis trois fois la « voix du Seigneur ».

On ouvre la seconde boîte, divisée en quatre et trois. Et l’on découvre « le bien-aimé ». Qui était annoncé par la boîte quatre et trois, puisque quatre est le nombre de l’homme et trois le nombre de Dieu : le bien-aimé est le fils de l’homme et le fils de Dieu. Et le bien-aimé était annoncé dès la première boîte, puisque huit est le nombre du Christ.

Au cœur de ce psaume, de façon un peu décalée à cause de la dissymétrie du nombre 7, mais au centre exact si l’on ajoute une doxologie, on a donc le bien-aimé. Le bien-aimé qui est comme un fils de licornes. Ou plutôt « comme le fils des licornes ». Le fils unique de toutes les licornes. C’est-à-dire Celui qui concentre en sa personne toute la puissance de toutes les licornes (de toutes les « cornes uniques »), or la licorne est le symbole de la puissance, la puissance à l’état brut, qui peut servir pour le bien comme pour le mal, pour persécuter le fils de l’homme, comme dans le psaume 21, ou qui est l’exaltation même du fils de l’homme, du bien-aimé, au centre de ce psaume, au milieu de l’orage apocalyptique de Dieu qui se rend présent.

Ce psaume est d’autre part un psaume de sacrifice. Les « afferte » du début sont des appels à apporter l’animal du sacrifice : des petits de béliers, précise le premier verset. Le dernier verset nous donnera le fruit du sacrifice : la puissance, la bénédiction et la paix. Au centre du psaume a eu lieu le sacrifice : celui du Bien Aimé, bien plus que fils de bélier, fils de licornes.

(1) « Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j'allais écrire ; et j'entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l'écris pas » (Apocalypse 10, 3-4).

Traduction française

Apportez au Seigneur, fils de Dieu, apportez au Seigneur les fils des béliers.

Apportez au Seigneur gloire et honneur, apportez au Seigneur la gloire de son nom, adorez le Seigneur en son saint parvis.

Voix du Seigneur sur les eaux : le Dieu de majesté a tonné, le Seigneur au-dessus des grandes eaux.

Voix du Seigneur en force, voix du Seigneur en magnificence.

Voix du Seigneur brisant les cèdres ; et il brisera, le Seigneur, les cèdres du Liban.

Et il les mettra en pièces comme le veau du Liban, et le bien-aimé est comme un fils de licornes.

Voix du Seigneur fendant la flamme de feu, voix du Seigneur qui ébranle le désert, et le Seigneur agitera le désert de Cadès.

Voix du Seigneur préparant les cerfs, et elle mettra à nu les forêts. Et dans son temple tous diront sa gloire.

Le Seigneur fait habiter le déluge, et le Seigneur siégera, roi pour l’éternité.

Le Seigneur donnera la force à son peuple, le Seigneur bénira son peuple dans la paix.

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08 juillet 2014

Sainte Elisabeth de Portugal

Opes decúsque régium relíqueras,
Elísabeth, Dei dicáta númini :
Recépta nunc beáris inter Angelos ;
Libens ab hóstium tuére nos dolis.

Tu as renoncé à l’opulence et aux honneurs du trône,
Élisabeth, pour te consacrer au service de la divine majesté :
admise parmi les Anges et désormais bienheureuse,
qu’il te plaise de nous protéger contre des ennemis perfides.

Præi, viámque, dux salútis, índica :
Sequémur : O sit una mens fidélium,
Odor bonus sit omnis áctio, tuis
Id ínnuit rosis opérta cáritas.

Sois notre guide et montre-nous le chemin du salut :
nous te suivrons : Oh ! puissent les fidèles avoir un même esprit,
que toutes leurs actions soient de bonne odeur,
comme ta charité dissimulée sous des roses.

Beáta cáritas, in arce síderum
Potens locáre nos per omne sǽculum :
Patríque, Filióque summa glória,
Tibíque laus perénnis, alme Spíritus.
Amen.

Bienheureuse charité, tu as le pouvoir de nous placer
pour toujours au plus haut des cieux ;
gloire souveraine au Père et au Fils,
et à vous, Esprit vivifiant, louange éternelle.
Amen.

Hymne des laudes, d’Urbain VIII. La « charité dissimulée sous des roses » fait allusion à un miracle : un jour de plein hiver qu’Elisabeth allait porter de l’argent à des pauvres, serrant des pièces dans sa robe, elle rencontra son mari le roi qui commençait à trouver que la générosité de sa femme devenait excessive. Mais celle-ci étendit sa robe et au lieu de pièces de monnaie il tomba des roses. Un miracle semblable (avec des pains au lieu de pièces) est attribué à sa grand-tante sainte Elisabeth de Hongrie.

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07 juillet 2014

Saints Cyrille et Méthode

On connaît la vie des deux frères. Au temps d’Hadrien II, Rome les vit entrer triomphalement dans ses murs, suivis d’une troupe choisie de disciples chargés d’un précieux fardeau : les reliques du martyr Clément trouvées par eux en Chersonèse.

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Derrière le cercueil porté par des diacres, marche d’abord le pape Nicolas Ier avec les deux frères Cyrille et Méthode, à droite et à gauche. Le Pontife est revêtu de la chasuble et du pallium, et son front est couronné du regnum ; tandis que les apôtres des Slaves ont une simple chasuble sous laquelle descendent, sur la tunique, les bandes de l’étole. Deux clercs portent les férules épiscopales des deux frères, et le Pape n’en a pas. Il est remarquable que le nimbe rond orne seulement la tête de Nicolas et de saint Cyrille ; on s’explique d’ailleurs facilement l’absence de ce signe de vénération liturgique autour de la tête de Méthode. Le peintre romain du XIe siècle n’avait connaissance que de la vénération dont était l’objet dans la Ville la mémoire de Nicolas Ier et de Cyrille, et il ignorait entièrement le sort de l’autre apôtre des Slaves mort en 885 en Moravie.

Bienheureux cardinal Schuster

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06 juillet 2014

4e dimanche après la Pentecôte

« Nous aussi qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons intérieurement tandis que nous attendons (...) la Rédemption de notre corps. » Dans l'épître aux Romains, saint Paul voit cette « rédemption du corps » dans une dimension anthropologique et en même temps cosmique. La création en effet « était soumise à la contingence ». Toute la création visible, tout le cosmos, porte en lui les effets du péché de l'homme. « Toute la création gémit et souffre jusqu’à ce jour dans les douleurs de l’enfantement. » Et en même temps, toute « la création (...) attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » et « elle nourrit l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu ».

La rédemption de notre corps, selon Paul, est l’objet de l’espérance. Cette espérance a été implantée dans le cœur de l'homme, dans un certain sens, immédiatement après le premier péché. Il suffit de rappeler les paroles du livre de la Genèse qui ont été traditionnellement définies comme le « proto-évangile » (Genèse 3, 15)et donc, pourrait-on dire, comme le début de la Bonne Nouvelle, la première annonce du salut. La rédemption du corps est liée, selon les paroles de l'épître aux Romains, précisément à cette espérance selon laquelle – comme nous le lisons – « nous avons été sauvés ». Par l’espérance, qui remonte aux origines mêmes de l’homme, la rédemption du corps a sa dimension anthropologique : elle est la rédemption de l'homme. En même temps elle irradie, en un certain sens, sur toute la création qui, depuis l’origine, a été liée d’une manière particulière à l'homme et lui a été subordonnée. La rédemption du corps est donc la rédemption du monde : elle a une dimension cosmique.

En présentant dans l’épître aux Romains l’image « cosmique » de la rédemption, Paul de Tarse place l'homme en son centre même, exactement comme « à l’origine » celui-ci avait été placé au centre de l'image de la création. C'est précisément cet homme, ce sont les êtres humains, qui possèdent « les prémices de l'Esprit », qui gémissent intérieurement en attendant la rédemption de leur corps. Le Christ, qui est venu pour révéler pleinement l'homme à lui-même et lui faire découvrir la sublimité de sa vocation, parle dans l'Evangile de la profondeur divine même du mystère de la rédemption qui trouve précisément en Lui son sujet « historique » spécifique. Par conséquent, le Christ parle au nom de cette espérance qui a été implantée dans le cœur de l'homme déjà dans le « proto-évangile ». Le Christ donne son accomplissement à cette espérance, non seulement par les paroles de son enseignement, mais surtout par le témoignage de sa mort et de sa résurrection. Ainsi donc, la rédemption du corps a déjà été accomplie dans le Christ. En Lui a été confirmée cette espérance dans laquelle « nous avons été sauvés ». Et en même temps, cette espérance a été rouverte à nouveau vers son accomplissement définitif eschatologique. « La révélation des fils de Dieu » dans le Christ a été définitivement orientée vers cette « liberté et gloire » à laquelle doivent participer définitivement les « enfants de Dieu ».

Saint Jean-Paul II, La théologie du corps (éditions du Cerf, 2014, p. 431).

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05 juillet 2014

Saint Antoine Marie Zaccaria

Fondateur des Clercs de saint Paul, dits barnabites, il fut canonisé par Léon XIII en 1897. La messe est déjà moderne à la façon de la récente révolution liturgique : outre l’épître, sont de saint Paul aussi (pour insister lourdement sur « clercs de saint Paul ») l’introït, le graduel, l’alléluia et la communion, avec des versets qui font spécifiquement allusion à la vie du saint, de même que l’épître, l’évangile et les oraisons…

On remarquera spécialement la postcommunion :

Cælésti dape, qua pasti sumus, Dómine Iesu Christe, eo corda nostra caritátis igne flamméscant : quo beátus Antónius María salutáris hóstiæ vexíllum, contra Ecclésiæ tuæ hostes, éxtulit ad victóriam : Qui vivis…

Seigneur Jésus-Christ, que par le banquet céleste où nous avons reçu notre nourriture, notre cœur s’enflamme de ce feu de la charité, par lequel le bienheureux Antoine-Marie a élevé contre les ennemis de votre Église, l’étendard de l’hostie salutaire.

Il s’agit d’une allusion à l’adoration eucharistique des quarante heures. Cette dévotion commença à Milan en 1527, à l’instigation d’un certain Jean-Antoine Bellotti, mais c’est saint Antoine Marie Zaccaria qui fut aussitôt son grand promoteur. Dès 1592, Clément VII recommandait cette dévotion et en fixait les règles dans sa constitution Graves et diuturnae. La prière de 40 heures devant le Saint-Sacrement symbolise les 40 heures pendant lesquelles le Christ est resté au tombeau. Mais ce nombre de 40 est aussi, notamment, celui de la pénitence, d’où les quarante heures qui furent instituées juste avant le carême (en réparation des péchés du carnaval).

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04 juillet 2014

De la férie

Ce jour de férie on peut dire la messe de dimanche dernier, ce qui tombe bien puisque cette messe a été empêchée par la fête des apôtres Pierre et Paul. Dans l’évangile il y a deux paraboles, dont celle de la drachme égarée. Voici le commentaire qu’en fait saint Grégoire le Grand.

Le texte poursuit : «Ou bien, quelle femme, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n’allume une lampe, ne met sa maison sens dessus dessous et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle trouve la drachme perdue?» C’est une seule et même personne que symbolisent le pasteur [le berger qui a perdu une brebis] et la femme, car c’est une seule et même personne qui est Dieu et Sagesse de Dieu. Et comme les drachmes sont frappées d’une image, la femme a perdu sa drachme lorsque l’homme, qui avait été créé à l’image de Dieu, s’est, en péchant, écarté de la ressemblance qu’il avait avec son Créateur. Mais la femme a allumé sa lampe, parce que la Sagesse de Dieu s’est manifestée dans une nature humaine. La lampe est en effet une lumière dans un vase de terre cuite; or qu’est-ce qu’une lumière dans un vase de terre cuite, sinon la divinité dans la chair? C’est de ce vase de terre cuite, c’est-à-dire de son corps, que la Sagesse en personne affirme : «Ma force s’est desséchée comme un vase de terre cuite.» (Ps 22, 16). Puisque la terre cuite se durcit dans le feu, sa force s’est desséchée comme un vase de terre cuite : la chair qu’il avait assumée a été endurcie par les tourments de sa Passion en vue de la gloire de sa Résurrection.

La femme, ayant allumé sa lampe, a mis sa maison sens dessus dessous : dès que la divinité de la Sagesse a brillé à travers sa chair, toute notre conscience en a été secouée. Car la maison est mise sens dessus dessous quand la conscience de l’homme se trouble à la vue de ses fautes. L’expression «mettre sens dessus dessous» ne diffère pas beaucoup du verbe «nettoyer» qu’on lit à sa place en d’autres manuscrits*; en effet, un esprit dévoyé ne peut être nettoyé de ses vices invétérés que si l’on commence par le mettre sens dessus dessous par la crainte. C’est donc une fois qu’elle a mis la maison sens dessus dessous que la femme retrouve la drachme, puisque c’est par l’ébranlement profond de sa conscience que l’homme est rétabli à la ressemblance de son Créateur.

«Et quand elle l’a trouvée, elle assemble ses amies et ses voisines, et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, la drachme que j’avais perdue!”›» Qui sont amies et voisines, sinon les puissances du Ciel dont j’ai parlé plus haut? Elles sont d’autant plus près de la Sagesse céleste que la grâce d’une contemplation continuelle les en approche davantage. Ne manquons pas ici de nous demander pourquoi cette femme qui figure la Sagesse de Dieu nous est montrée en possession de dix drachmes, et pourquoi elle en perd une et la retrouve après l’avoir cherchée. Le Seigneur a créé la nature des anges et des hommes pour le connaître, et du fait qu’il les a voulus destinés à l’éternité, il les a assurément créés à sa ressemblance. Ainsi, cette femme avait dix drachmes, parce qu’il y a neuf chœurs des anges, mais qu’afin de compléter le nombre des élus, l’homme fut créé en guise de dixième, et qu’après sa faute, celui-ci n’a pas péri loin de son Créateur : la Sagesse éternelle, qui brillait en la chair par ses miracles, l’a sauvé au moyen de la lumière [de sa divinité] allumée en un vase de terre cuite.

Saint Grégoire le Grand, homélie 34 sur les Evangiles.

* Le texte de saint Grégoire a « evertit » : mettre sens dessus dessous. C’est le mot que l’on trouve dans presque tous les manuscrits latins. Le pape docteur connaît toutefois aussi la leçon « everrit » : balayer, nettoyer. C’est celle qui sera retenue par la Vulgate sixto-clémentine, et cela montre l’excellence du travail réalisé par les éditeurs de la Vulgate. En effet, dans le texte grec on a « saroo » : balayer, nettoyer. « Evertit » est donc une faute : on voit tout de suite qu’un « r » a été pris pour un « t ». Ce qui ne change rien, évidemment, à la pertinence du commentaire de saint Grégoire.

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03 juillet 2014

Saint Irénée

Dieu sera glorifié dans l'ouvrage par lui modelé, lorsqu'il l'aura rendu conforme et semblable à son Fils. Car, par les Mains du Père, c'est-à-dire par le Fils et l'Esprit, c'est l'homme, et non une partie de l'homme, qui devient à l'image et à la ressemblance de Dieu. Or l'âme et l'esprit peuvent être une partie de l'homme, mais nullement l'homme : l'homme parfait, c'est le mélange et l'union de l'âme qui a reçu l'Esprit du Père et qui a été mélangée à la chair modelée selon l'image de Dieu. Et c'est pourquoi l'Apôtre dit : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits. » Sous ce nom de « parfaits », il désigne ceux qui ont reçu l'Esprit de Dieu et qui parlent toutes les langues grâce à cet Esprit, comme lui-même les parlait, et comme nous entendons aussi nombre de frères dans l'Église, qui possèdent des charismes prophétiques, parlent toutes sortes de langues grâce à l'Esprit, manifestent les secrets des hommes pour leur profit et exposent les mystères de Dieu. Ces hommes-là, l'Apôtre les nomme également « spirituels » : spirituels, ils le sont par une participation de l'Esprit, mais non par une évacuation et une suppression de la chair. En effet, si l'on écarte la substance de la chair, c'est-à-dire de l'ouvrage modelé, pour ne considérer que ce qui est proprement esprit, une telle chose n'est plus l'homme spirituel, mais l'« esprit de l'homme» ou l'« Esprit de Dieu ». En revanche, lorsque cet esprit, en se mélangeant à l'âme, s'est uni à l'ouvrage modelé, grâce à cette effusion de l'Esprit se trouve réalisé l'homme spirituel et parfait, et c'est celui-là même qui a été fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Quand au contraire l'Esprit fait défaut à l'âme, un tel homme, restant en toute vérité psychique et charnel, sera imparfait, possédant bien l'image de Dieu dans l'ouvrage modelé, mais n'ayant pas reçu la ressemblance par le moyen de l'Esprit. De même donc que cet homme est imparfait, de même aussi, si l'on écarte l'image et si l'on rejette l'ouvrage modelé, on ne peut plus avoir affaire à l'homme, mais, ainsi que nous l'avons dit, à une partie de l'homme ou à quelque chose d'autre que l'homme. Car la chair modelée, à elle seule, n'est pas l'homme parfait : elle n'est que le corps de l'homme, donc une partie de l'homme. L'âme, à elle seule, n'est pas davantage l'homme : elle n'est que l'âme de l'homme, donc une partie de l'homme. L'esprit non plus n'est pas l'homme : on lui donne le nom d'esprit, non celui d'homme. C'est le mélange et l'union de toutes ces choses qui constitue l'homme parfait. Et c'est pourquoi l'Apôtre, s'expliquant lui-même, a clairement défini l'homme parfait et spirituel, bénéficiaire du salut, lorsqu'il dit dans sa première épître aux Thessaloniciens : « Que le Dieu de paix vous sanctifie en sorte que vous soyez pleinement achevés, et que votre être intégral — à savoir votre esprit, votre âme et votre corps — soit conservé sans reproche pour l'avènement du Seigneur Jésus. » Quel motif avait-il donc de demander pour ces trois choses, à savoir l'âme, le corps et l'esprit, une intégrale conservation pour l'avènement du Seigneur, s'il n'avait su que toutes les trois doivent être restaurées et réunies et qu'il n'y a pour elles qu'un seul et même salut ? C'est pour cela qu'il dit « pleinement achevés » ceux qui présentent sans reproche ces trois choses au Seigneur. Sont donc parfaits ceux qui, tout à la fois, possèdent l'Esprit de Dieu demeurant toujours avec eux et se maintiennent sans reproche quant à leurs âmes et quant à leurs corps, c'est-à-dire conservent la foi envers Dieu et gardent la justice envers le prochain.

Adversus Haereses, V, 6

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02 juillet 2014

Visitation

Quand Elisabeth salua sa jeune parente qui arrivait de Nazareth, Marie lui répondit par le Magnificat. En saluant Marie, Elisabeth avait commencé par l'appeler «bénie», à cause du «fruit de son sein», puis «bienheureuse» en raison de sa foi (cf. Lc 1, 42. 45). Ces deux bénédictions se référaient directement au moment de l'Annonciation. Or, à la Visitation, lorsque la salutation d'Elisabeth rend témoignage à ce moment primordial, la foi de Marie devient encore plus consciente et trouve une nouvelle expression. Ce qui, lors de l'Annonciation, restait caché dans les profondeurs de l'«obéissance de la foi», se libère maintenant, dirait-on, comme une flamme claire, vivifiante, de l'esprit. Les expressions utilisées par Marie au seuil de la maison d'Elisabeth constituent une profession de foi inspirée, dans laquelle la réponse à la parole de la Révélation s'exprime par l'élévation spirituelle et poétique de tout son être vers Dieu. Dans ces expressions sublimes, qui sont à la fois très simples et pleinement inspirées par les textes sacrés du peuple d'Israël, transparaît l'expérience personnelle de Marie, l'extase de son cœur. En elles resplendit un rayon du mystère de Dieu, la gloire de sa sainteté ineffable, l'éternel amour qui, comme un don irrévocable, entre dans l'histoire de l'homme.

Marie est la première à participer à cette nouvelle révélation de Dieu et, en elle, à ce nouveau don que Dieu fait de lui-même. C'est pourquoi elle proclame: «Il a fait pour moi des merveilles; Saint est son nom». Ses paroles reflètent la joie de l'esprit, difficile à exprimer: «Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur». Car «la profonde vérité ... sur Dieu et sur le salut de l'homme resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le médiateur et la plénitude de toute la Révélation». Dans l'exultation de son cœur, Marie proclame qu'elle s'est trouvée au centre même de cette plénitude du Christ. En elle s'est accomplie, elle en a bien conscience, la promesse faite à nos pères, et avant tout «en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais»; et donc vers elle, comme Mère du Christ, s'oriente toute l'économie du salut, dans laquelle, «d'âge en âge», se manifeste le Dieu de l'Alliance, celui qui «se souvient de son amour».

Saint Jean-Paul II, Redemptoris Mater

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01 juillet 2014

Le Précieux Sang

Lettre de SS Pie XII au RP Kramer, supérieur général des Missionnaires du Précieux Sang, 10 mai 1949

Il y aura bientôt un siècle que Notre Prédécesseur d'immortelle mémoire, Pie IX, a institué dans l'Eglise universelle la fête du Précieux Sang de Jésus-Christ, par un Décret de la S. Congrégation des Rites [10 août 1849]. Il est dès lors normal que votre Compagnie, auquel ce culte tient particulièrement à cœur, désire commémorer dignement cet événement, comme Nous l'avons appris par vos lettres.

Nous louons fortement votre projet, et Nous avons confiance que la célébration de ce centenaire vise spécialement à rappeler aux hommes, souvent oublieux des bienfaits dont Notre Sauveur nous a gratifiés en versant son sang, qu'ils doivent méditer cet amour infini d'une âme attentive et s'efforcent à l'appliquer à eux-mêmes. Que tous se souviennent que le prix divin de notre rédemption fut offert au Père éternel afin de nous délivrer de la captivité du démon et de nous restituer dans l'adoption des fils de Dieu, c'est pourquoi que chacun ayant détesté ses péchés, s'efforce de réparer pour sa part les injures faites à Notre Rédempteur et L'entoure d'un amour sans bornes, prouvé par les témoignages d'une vie menée à nouveau suivant les mœurs chrétiennes.

Puisque le Christ a sanctifié la douleur humaine en versant son sang, que tous apprennent donc à supporter d'un esprit apaisé et tourné vers le ciel, leurs épreuves et leurs misères se rappelant cette parole divine : « Celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre n'est pas digne de moi » (Matth. X, 38). Et, de même que notre Sauveur a voulu adoucir nos peines au milieu de ses supplices les plus affreux, apprenons donc à son exemple, à soulager les souffrances et les douleurs des autres en leur fournissant des remèdes et des consolations dans toute la mesure possible.

Voilà ce qu'enseigne le Sang très précieux de Jésus-Christ qu'il ne versa pas seulement autrefois par ses blessures mais qu'il offre encore aujourd'hui pour nous tous dans le sacrifice Eucharistique en hostie propitiatoire.

Méditez ces vérités d'une âme attentive, vous surtout dont l'Institut a pris le nom de ce culte, proposez-le en méditation à tous les autres chaque fois que l'occasion vous en est donnée, alors il est certain que la prochaine célébration du centenaire aura les fruits les plus salutaires.

Qu'elle en soit l'auspice ainsi que le témoignage de Notre bienveillance, cette Bénédiction apostolique que Nous vous accordons volontiers, cher fils, ainsi qu'à tous les membres de votre famille religieuse.

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30 juin 2014

Commémoraison de saint Paul

Cette fête est le dédoublement de celle d’hier. Autrefois, à Rome, les deux fêtes avaient lieu le 29 juin, avec une messe à Saint-Pierre et une messe à Saint-Paul. Y fait écho Prudence, dans le poème du Peristephanon consacré à cette fête, où l’on trouve, unique fois dans la littérature latine, le mot « bifestus », dans le dernier vers : « diem bifestum » : le « jour de bifête ».

On trouvera l’intégralité de ce texte, et sa traduction, sur l’inépuisable site Introibo. En voici le début et la fin :

Plus solito coeunt ad gaudia ; dic, amice, quid sit ?
Romam per omnem cursitant ovantque.

Il se fait un concours inusité à quelque fête. Dis-moi, ami, que se passe-t-il ? Rome entière est en mouvement et en joie.

Festus apostolici nobis redit hic dies triumfi,
Pauli atque Petri nobilis cruore.
Unus utrumque dies, pleno tamen innovatus anno,
vidit superba morte laureatum.

C’est le jour où nous célébrons le triomphe des Apôtres, jour ennobli par le sang de Pierre et de Paul. Le même jour, à la distance d’une année, les a vus couronnés par une glorieuse mort.

(…)

Ecce duas fidei summo patre conferente dotes,
urbi colendas quas dedit togatae.
Aspice, per bifidas plebs Romula funditur plateas,
lux in duobus fervet una festis.
Nos ad utrumque tamen gressu properemus incitato,
et his et illis perfruamur hymnis.

Tels sont les deux trésors que notre foi doit au Père souverain et qu’il donne à fêter à la Ville des toges. Voyez le peuple romain se répandre en deux courants : un même jour est animé par deux fêtes. Hâtons-nous de nous rendre à toutes deux, pour entendre les chants ici et là.

Ibimus ulterius, qua fert via pontis Hadriani,
laevam deinde fluminis petemus.
Transtiberina prius solvit sacra pervigil sacerdos,
mox huc recurrit duplicatque vota.

Nous irons au delà du pont d’Hadrien, puis nous gagnerons la rive gauche. De même le Pontife commence par célébrer après la vigile au delà du Tibre, puis se rend là-bas et renouvelle son offrande.

Haec didicisse sat est Romae tibi : tu domum reversus
diem bifestum sic colas memento.

Qu’il te suffise d’avoir appris ceci à Rome : de retour chez toi, n’oublie pas de célébrer ce jour de double fête.

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29 juin 2014

Saint Pierre et saint Paul

En union avec nos frères syriaques particulièrement éprouvés ces temps-ci, cette hymne de leur office de nuit de cette fête, traduite et publiée dans L’Année liturgique :

Le Christ a péché Simon le pêcheur ; depuis lors, en guise de poissons, Simon pêche les hommes, les amenant à la vie. Il a jeté son filet sur Rome même, et l’a retiré plein ; il a lié la lionne ainsi qu’une brebis, l’amenant à l’Église ; et elle aussitôt, prenant les idoles en horreur, tourna le dos à ces ouvrages de main d’homme et adora la croix du Sauveur. Béni, ô vous qui fîtes choix des Apôtres et glorifiez leur nom !

Combien douce fut la parole de Jésus à Simon fait prince de ses frères, lorsqu’il lui disait, le créant Pontife : « Je t’établis sur ma maison et te confie mon trésor céleste ; en tes mains sont les clefs du ciel et de l’abîme. Si tu lies, je lierai moi aussi ; quand tu délieras, je le ferai avec toi ; prie pour les pécheurs, tu seras exaucé !

« Si tu m’aimes, Simon fils de Jean, pais mes brebis ; restaure par la foi ceux qu’a brisés l’erreur, guéris les malades par la vertu du remède des cieux, avec la croix chasse les loups et rassemble les agneaux au bercail de la vie. Alors les célestes phalanges crieront dans les hauteurs : Béni soit celui qui a magnifié son Église ! »

Devant celui qui vous a choisis présentez-vous, ô Apôtres : suppliez-le que schismes et querelles cessent enfin dans l’Église et parmi des frères ; car les sophistes, hélas ! nous assiègent, obscurcissant la foi de leurs arguties. Seigneur, l’Église dans laquelle votre parole a été annoncée, qu’elle soit le creuset éprouvant tout discours comme la fournaise éprouve l’or ; et que vos prêtres chantent ici-bas, dans la pureté de la foi : Béni soit celui qui a magnifié son Église !

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28 juin 2014

Une première aujourd’hui à Chartres

Pour la première fois sont ordonnés prêtres aujourd’hui dans une cathédrale française, et l’une des plus prestigieuses, celle de Chartres, trois diacres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre. Par Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Oloron et Lescar.

L’abbé John Berg, supérieur général de la FSSP, salue un « geste fort » de l’évêque de Chartres, Mgr Pansard : « En nous ouvrant sa cathédrale, il montre que nous avons toute notre place dans l’Église. »

Vigile des saints Pierre et Paul

Cette messe semble plus ancienne que celle de la fête. Le thème principal est la prédiction du Seigneur annonçant à Pierre qu’il mourrait sur la croix. Ce thème retentit déjà dans l’Introït. Le psaume directeur est le psaume 18 qui, depuis l’antiquité, est appelé « Apóstolus », et fait allusion à la prédication apostolique.

La leçon nous raconte la guérison du paralytique par saint Pierre (c’est la leçon du premier nocturne de la fête). L’Apôtre est le chef de l’Église, et l’Église nous dit aujourd’hui et chaque jour : « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche ».

L’Évangile nous transporte sur les bords du lac de Génésareth. Là, le Seigneur ressuscité et glorifié prend avec ses disciples un mystérieux repas ; il fait de Pierre le pasteur de son Église et il lui annonce en même temps son martyre : « Par ces paroles, il indiquait par quelle mort il glorifierait Dieu ». Nous aussi nous devons être aujourd’hui Pierre.

A la Communion, le Seigneur demande à chacun de nous : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Répondons : « Tu sais tout, tu sais aussi que je t’aime ».

Dom Pius Parsch

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27 juin 2014

Sacré Cœur

Sainte Gertrude, le Héraut de l’Amour divin, III, 7

Le jour des saints Innocents, comme elle désirait se préparer à recevoir la sainte communion, et s'en trouvait empêchée par de nombreuses distractions, elle implora le secours divin et reçut du Seigneur cette miséricordieuse réponse : « Si une âme éprouvée par la tentation se réfugie près de moi, c'est bien d'elle que je puis dire : « Una est columba mea, tanquam electa ex millibus, qui in uno oculorum suorum transvulnerat Cor meum divinum : Ma colombe est unique, choisie entre mille ; par un seul de ses regards elle a transpercé mon divin Cœur. » Si je croyais ne pouvoir la secourir dans ce péril, mon âme en éprouverait une si profonde douleur que toutes les joies du ciel ne suffiraient pas à adoucir ma peine. Dans mon humanité unie à la divinité, mes bien-aimés trouvent sans cesse un avocat qui me force à prendre pitié de leurs diverses misères. - Mais, mon Seigneur, reprit-elle, comment votre corps immaculé qui ne fut en proie à aucune contradiction, pourra-t-il vous incliner à la compassion pour nos misères si diverses? » Le Seigneur répondit: « On s'en convaincra aisément, pour peu que l'on comprenne cette parole que I'Apôtre a dite de moi : « Debuit per omnia fratribus assimilari, ut misericors fieret (Heb., II, 17): II a dû être en tout semblable à ses frères, pour devenir miséricordieux. » Puis il ajouta : « Le regard unique par lequel ma bien-aimée me perce le cœur est cette espérance tranquille et assurée, qui l'oblige à reconnaître que je peux et que je veux l'aider fidèlement en toutes choses. Cette confiance fait pour ainsi dire violence à ma tendresse, et je deviens impuissant à lui résister.- Seigneur, reprit celle-ci, si l'espérance est un si grand bien et que nul ne la possède sans un don spécial de votre part, en quoi donc peut démériter celui qui ne l'a pas? » Le Seigneur répondit: « II est au moins possible à tous de vaincre la pusillanimité en méditant les nombreux passages des Écritures qui inspirent la confiance, et chacun peut s'efforcer de dire de bouche, sinon de tout son cœur, ces paroles de Job : « Etsi in profundum inferni demersus fuero, inde me liberabis », et cette autre : « Etiamsi occideris me, in te sperabo : Quand même je serais plongé dans les profondeurs de l'enfer, vous m'en délivreriez », et  « Quand même vous me tueriez, j'espérerais en vous » (Job, xiii, 15.)

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26 juin 2014

L’archevêque de Santa Fe célèbre le motu proprio

Vu sur Rorate Caeli :

Mgr Michael J. Sheehan, archevêque de Santa Fe (Nouveau-Mexique) célébrera une grand- messe pontificale selon la « forme extraordinaire » le 7 juillet, jour du septième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum, en l’église Saint Thomas d’Aquin de Rio Rancho.

17:00 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

Saints Jean et Paul

Sur Introibo:

Martyrs sous Julien l’apostat en 362 ; culte immédiat.

Les pseudo-experts® nient l’existence de ces deux Saints : pour eux, le 26 juin est l’anniversaire de la dédicace de la basilique de Pammachius sur le Cœlius au IVe siècle, dédiée à St Jean-Baptiste et à l’apôtre Paul au Ve siècle. La fête est attestée dans le sacramentaire de Vérone au VIe siècle. A l’appui de cette théorie se trouve le fait qu’il est hors de coutume dans la Rome chrétienne antique d’enterrer des martyrs dans l’enceinte de l’Urbs. La fête fut donc supprimée dans le calendrier réformé.

Contre cette théorie iconoclaste, on peut élever de nombreuses objections :
- la date du martyre (362) est trop récente pour qu’une légende apocryphe ait pu se diffuser : ce martyre n’a pas eu lieu au temps des catacombes, mais après l’édit de Milan, sous la persécution de Julien l’apostat, à une époque donc où l’on n’est plus dans les Actes enjolivés des martyrs des premiers siècles, mais dans l’hagiographie historique ;
- nous sommes au IVème siècle : l’objection de ne plus enterrer de martyrs dans la Ville n’est plus pertinente. D’autant plus que le martyre a été consommé dans la maison même des deux saints ;
- la popularité de la fête, précédée d’une vigile, ne peut s’expliquer pour la simple dédicace d’une église ;
- les preuves historiques, comme l’inscription votive du Pape Damase, élu en 366, donc cinq années après le Martyr, tout comme les fouilles de la basilique indiquant le culte des martyrs sur le lieu même ;
- l’inscription des deux saints au Canon Romain ;
- le témoignage de St Hilaire de Poitiers, mort en 367, consacrant une église dans sa ville épiscopale…

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25 juin 2014

Saint Guillaume de Verceil

Né de parents nobles, à Verceil, en Piémont, Guillaume avait à peine achevé sa quatorzième année, qu’embrasé des ardeurs d’une admirable piété il entreprit de se rendre en pèlerinage à Compostelle, au célèbre sanctuaire de saint Jacques. Il fit ce voyage, vêtu d’une seule tunique, ceint d’un double cercle de fer et nu-pieds ; il y souffrit du froid et de la chaleur, de la faim et de la soif et l’accomplit au péril même de sa vie.

De retour en Italie, Guillaume médita un nouveau pèlerinage au saint sépulcre du Seigneur ; mais divers obstacles très sérieux s’opposèrent à son projet, la divine Providence entravant les desseins du jeune homme, pour tourner vers des œuvres plus élevées et plus parfaites ses religieux penchants. C’est alors qu’il passa deux ans au mont Solicchio, priant assidûment, prolongeant ses veilles, couchant sur la dure, et multipliant ses jeûnes ; ayant, par le secours divin, rendu la vue à un aveugle, le bruit du miracle se répandit, aussi Guillaume, qui ne pouvait plus rester caché, songea de nouveau à se rendre à Jérusalem, et, plein de joie, se mit en route. Mais Dieu, qui voulait de lui une vie plus utile et plus profitable pour l’Italie et d’autres contrées, lui apparut et l’avertit de renoncer à sa résolution.

Gagnant donc le mont Virgilien, appelé depuis mont de la Vierge, il bâtit avec une rapidité étonnante un monastère au sommet, en dépit des difficultés que présente ce lieu inaccessible. Des compagnons laïques et religieux s’adjoignirent à lui, et Guillaume les forma à un genre de vie parfaitement en rapport avec les préceptes et les conseils de l’Évangile, tant par des lois déterminées, qu’il tira en grande partie de celles instituées par saint Benoît, que par sa parole et les exemples de sa très sainte vie.

D’autres monastères s’élevèrent dans la suite, et de jour en jour la sainteté de Guillaume brillant davantage, de tous côtés l’on vint à lui, attiré par le parfum de cette sainteté et par la renommée de ses miracles. Car, à son intercession, la parole était rendue aux muets, l’ouïe aux sourds, la vigueur aux membres desséchés, la santé à tous ceux qu’affligeaient les plus diverses et les plus irrémédiables maladies. Il changea l’eau en vin, et accomplit une multitude d’autres merveilles, entre lesquelles on ne peut taire le trait suivant : une femme perdue ayant été envoyée pour tenter sa chasteté, il se roula, sans éprouver aucun mal, sur des charbons ardents répandus sur le sol. Roger roi de Naples, ayant eu connaissance de ce fait, conçut dès lors une vénération profonde pour l’homme de Dieu.

Après avoir annoncé le moment de sa mort, au roi et à d’autres personnes, Guillaume, illustre par ses vertus et ses miracles, s’endormit dans le Seigneur, l’an du salut mil cent quarante-deux.

(bréviaire)

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24 juin 2014

Nativité de saint Jean Baptiste

Voici une séquence d’Adam de Saint-Victor, avec une traduction du XVe siècle, dont j’ai modernisé l’orthographe et quelques rares mots de façon à ce qu’il n’y ait pas besoin d’une traduction de la traduction…

Ad honorem tuum, Christe,
Recolat Ecclesia
Præcursoris et Baptistæ
Tui natalitia.

Doux Jésus-Christ, à ton honneur
Doit sainte Eglise en vérité
Du Baptiste et du précurseur
Recorder la nativité.

Laus est Regis in præconis
Ipsius præconio,
Quem virtutum ditat donis,
Sublimat officio.

Adonc est bien loué le roi,
Quand sont message l’est pour soi ;
Celui que de vertus fait riche
Grandement exhausse en office.

Promittente Gabriele
Seniori filium,
Hæsitavit, et loquelæ
Perdidit officium.

Gabriel au vieillard promit
Que sa femme un fils aurait ;
Mais en doutant de ce qu’il dit,
Perdit la parole par droit.

Puer nascitur, novæ legis
Novi regis
Præco, tuba, signifer.
Vox præit verbum,
Paranymphus sponsi sponsum,
Solis ortum lucifer.

L’enfant est né, de la nouvelle loi
Bannière, trompe et messager du Roi.
La voix par droit la parole devance,
Devant l’époux son messager s’avance,
Du jour l’étoile est du soleil monstrance.

Verbo mater,
Scripto pater
Nomen edit parvulo,
Et soluta
Lingua muta
Patris est a vinculo.

La mère de l’enfant a dit
Le nom, le père l’a écrit
Et la langue du père mu
Du lien déliée fut.

Est cælesti præsignatus
Johanncs oraculo,
Et ab ipso præmonstratus
Uteri latibulo.

D’inspiration divine
Jean porte le signe :
Dieu fut de lui montré présent
Qui au ventre était secrètement.

Quod ætate præmatura
Datur hæres, id figura
Quod infecunda
Diu parens, res profunda !

Ce qui fut donné
Au premier âge
Tu fus figuré,
Si tu es bien sage,
Profonde est la chose
Quand a enfanté
La mère qui close
A longtemps été.

Contra carnis quidem jura
Johannis hæc genitura :
Talem gratia
Partum format, non natura.

Contre charnelle ordonnance
Est de Jean l’engendrure :
Par grâce de Dieu et plaisance
Est formé, non pas par nature.

Alvo Deum virgo claudit,
Clauso clausus hic applaudit
De ventris angustia.
Agnum monstrat in aperto
Vox clamantis in deserto,
Vox Verbi prænuntia.

Dieu Vierge en son corps enclos ;
Jean à l’huis enclos se réjouit,
Qui encore était au ventre étroit ;
La voix du criant au désert
Démontra l’agneau en apert,
Car la voix du fils de Dieu annonçait.

Ardens fide, verbo lucens,
Et ad veram lucem ducens
Multa docet millia.
Non lux iste, sed lucerna ;
Christus vero lux æterna,
Lux illustrans omnia.

Par foi ardente, par dit luisant,
A vraie lumière menant,
Moult de milliers endoctrine.
Celui-là n’est pas lumière véritable,
Mais la lanterne de clarté perdurable,
Jésus qui le monde enlumine.

Cilicina tectus veste,
Pellis cinctus strophium,
Cum locustis mel Silvestre
Sumpsit in edulium.

De haire il avait vêture
Et de peau il avait ceinture ;
Bêtes et miel sauvage était
La nourriture qu’il prenait.

Attestante sibi Christo,
Non surrexit major isto
Natus de muliere :
Sese Christus sic excepit,
Qui de carne carnem cepit
Sine carnis opere.

Jésus-Christ en témoigne
Qu’onques plus grand ne s’éleva
Né de femme naturellement.
Ainsi Jésus s’en excepta,
Quand de la chair sa chair prit
Sans charnelle conception.

Martyr Dei,
Licet rei
Simus, nec idonei
Tuæ laudi,
Te laudantes
Et sperantes,
De tua clementia,
Nos exaudi.

Doux martyr, combien que coupables
Soyons, et non pas convenables
De tes louanges annoncer,
Nous, te louant en espérance,
Te supplions que par clémence
Tu nous veuilles exaucer.

Tuo nobis in natale
Da promissum gaudium,
Nec nos minus triumphale
Delectet martyrium.

En ta nativité nous donne
De joie promission ;
Quand du martyre as la couronne,
Nous ayons délectation.

Veneramur
Et miramur
In te tot mysteria :
Per te frui
Christus sui
nobis præsentia ! Amen.

Tant de mystères de toi
En louant nous honorons ;
Dieu par toi nous donne de foi
Avoir consolation ! Amen.

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