24 novembre 2014

Saint Jean de la Croix

Les théologiens enseignent que la foi est une habitude certaine et obscure, infuse dans l'âme; on l'appelle une habitude obscure, parce qu'elle nous incline à croire les vérités que Dieu nous a révélées, cl qui surpassent nos lumières naturelles et la capacité de notre esprit. Cette lumière étant infiniment plus grande que la nôtre, elle est, à l’égard de l'âme, aussi obscure que des ténèbres très épaisses, parce qu'une lumière très éclatante éteint une lumière très petite, comme nous voyons que les rayons du soleil font disparaître les autres lumières, et qu'ils nous éblouissent la vue, ou plutôt nous aveuglent, n'y ayant nulle proportion entre la grandeur excessive de leur lumière et la faiblesse extrême de nos yeux. De la même manière, la lumière de la foi surpasse, par sa grandeur excessive et par son infusion surnaturelle, la lumière de notre entendement, parce qu'il ne peut connaître de lui-même que les choses naturelles, quoique Dieu puisse l'élever par une puissance extraordinaire à la connaissance des choses surnaturelles. C'est pourquoi il ne saurait avoir la connaissance des objets, de quelque nature qu'ils soient, que par le moyen des sens extérieurs et des images que l'imagination lui présente, comme des tableaux ressemblant aux choses que les sens perçoivent; si bien que c'est la puissance et l’objet qui forment la connaissance. De sorte que si on racontait à un homme des choses dont il n'aurait ni acquis la connaissance, ni vu la ressemblance en peinture ou en quelque autre manière, il ne les connaîtrait pas plus que si on ne lui en avait point parlé. Par exemple, si on lui soutenait qu'il y a, dans une île, une espèce d'animal qu'il n'aurait jamais vu, et dont il ne trouverait aucune ressemblance dans les animaux qui lui sont connus, il n'en concevrait aucune idée, quoiqu'on lui en rapportât beaucoup de choses. De même, si on faisait à un aveugle-né la description de la couleur blanche ou rouge, il ne lui en resterait ni espèce dans l'imagination, ni connaissance dans l'esprit, parce qu'il n'en aurait point de figure ressemblante, n'ayant rien vu de semblable.

Ainsi, avec quelque proportion, la foi nous propose des choses que nous n'avons vues ni dans elles-mêmes, ni dans des objets naturels qui puissent nous en tracer l'image ; si bien que, n'étant pas proportionnées à nos sens, nous ne pouvons pas les connaître naturellement. Il faut donc que Dieu nous les révèle, et que, quand on nous les enseigne, nous les croyions, en soumettant notre entendement et ses lumières naturelles aux lumières divines de la foi, et en nous aveuglant nous-mêmes pour suivre ses connaissances obscures ; car, comme dit saint Paul, la foi vient de l'ouïe, et l'ouïe de la parole de Jésus-Christ (Rom., X, 17). Ce n'est pas une science qui entre dans l'esprit par nos sens, mais c'est le consentement que l'âme donne aux choses qui entrent par l'ouïe.

Cependant les exemples que nous avons apportés ne font pas assez concevoir combien la foi surpasse notre entendement. Il est constant qu'elle est beaucoup plus élevée au-dessus de nos lumières naturelles, que nous ne l'avons fait comprendre ; car, bien loin de nous donner une science évidente, elle surmonte tellement toutes nos connaissances, qu'on n'en peut juger comme il faut, quelque parfaite contemplation que nous ayons. Nous parvenons aux autres sciences par la lumière de l'entendement ; mais il est nécessaire de renoncer à ces lumières pour obtenir de Dieu la connaissance que la foi nous donne. L'entendement s'obscurcit même par sa propre lumière, afin d'être éclairé des lumières de la foi, selon le langage d'Isaïe: Si vous ne croyez pas, dit-il, vous ne persévérerez pas (Isaï., VII, 9). Il est donc constant que la foi est une obscure nuit au regard de l'âme, que c'est par cette obscurité que la foi l'éclaire; que plus elle l'obscurcit, plus elle lui communique ses lumières et ses connaissances; car, pour reprendre la pensée du prophète, la foi l'éclairé en l'aveuglant, puisqu'elle ne l'élève à l'intelligence surnaturelle des choses divines que par la créance que l'âme y donne aveuglément.

Ainsi la foi est très bien figurée par la nuée qui couvrait les Israélites en entrant dans la mer Rouge, et qui les dérobait à la vue des Égyptiens lorsque ceux-ci les poursuivaient : de sorte néanmoins que la même nuée éclairait ce peuple fidèle, et qu'elle était tout à la fois ténébreuse et éclatante : ce qui est digne d'admiration, et ce qui nous montre que la foi est tout ensemble obscure et claire, et qu'elle obscurcit, comme une nuit, la lumière naturelle de l'entendement, et éclaire l'âme d'une lumière surnaturelle, afin que le disciple devienne semblable à son maître (Exod., XIV, 19, 20). Car l'homme, vivant comme il vit dans les ténèbres, ne pouvait être illuminé d'une manière convenable que par les ténèbres, comme le prophète-roi nous l'apprend par ces belles paroles : Le jour découvre la parole au jour, et la nuit enseigne la science à la nuit (Psal., XVIII, 5) : c'est-à-dire, le jour, qui est Dieu considéré dans sa félicité éternelle, où il y a un jour perpétuel, découvre et communique sa divine parole, qui est son Fils, aux anges et aux bienheureux qui sont appelés des jours, afin qu'ils le connaissent parfaitement et qu'ils en jouissent sans interruption. Et la nuit, qui est la foi que les chrétiens suivent sur la terre, enseigne la science a l'Église militante, et conséquemment à chacune des âmes qui sont aussi appelées des nuits, parce que la lumière de gloire ne les éclaire pas, et que la foi les dépouille de leurs lumières naturelles.

Il faut donc conclure que la foi est une nuit très obscure, et qu'elle éclaire néanmoins l'âme dans ses ténèbres, comme David l'exprime dans un autre psaume, quand il dit que la nuit l'illumine et fait toutes ses délices. Comme s'il disait que la nuit de la foi est sa lumière, et qu'elle le conduit dans les douceurs de ses plus hautes contemplations et de sa plus étroite union avec Dieu, pour nous faire entendre que l'âme doit être dans les ténèbres afin d'être remplie de lumières divines, et d'aller sûrement à Dieu par le chemin qu'elle a commencé de tenir.

La montée du Carmel, livre II, chapitre 3

06:21 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

23 novembre 2014

24e dimanche après la Pentecôte

La liturgie prévoit 24 dimanches après la Pentecôte (bien que les chants du propre s’arrêtent au 23e). Mais il y a généralement davantage de dimanches entre la Pentecôte et l’Avent. Il est rare qu’il y ait juste 24 dimanches et qu’on n’ait pas besoin de compléter avec les dimanches après l’Epiphanie qui n’ont pas été célébrés. C’est le cas cette année. Et si j’en crois le calendrier liturgique tridentin perpétuel, ce n’était pas arrivé depuis 2003.

A son second avènement, le Christ, comme il le dit lui-même dans l’évangile de cet ultime dimanche, sera « comme l’éclair sort de l’orient et paraît jusqu’à l’occident ». Lors du premier avènement, il était caché, au second avènement « nul n’aura besoin de se demander si le Christ est venu », comme dit saint Jean Chrysostome, car « quand un éclair se produit nous n’avons pas besoin de demander s’il y a eu un éclair ».

Cet éclair part de l’orient et va vers l’occident comme le soleil. Comme le soleil qui est l’image du Christ dans le psaume 18, qui bondit comme un géant et va d’une extrémité du ciel à l’autre.

La différence est que l’éclair est instantané. Car alors il n’y a plus de temps (cf. Apocalypse 10, 6).

Et « partout où sera le corps, là s’assembleront les aigles ».

Le corps, au sens de cadavre, souligne saint Jérôme, car le mot traduit le grec ptoma. Or ptoma, c’est ce qui est tombé, comme en latin cadaver vient du verbe cadere, tomber. L’image renvoie au livre de Job, quand Dieu, parlant de l’aigle, dit : « partout où sera le cadavre, il sera là aussitôt. » Du moins selon la Vulgate… car si saint Jérôme a écrit « cadaver », la Septante dit : « des tués ».

Ce corps est tombé foudroyé. C’est le corps du Christ foudroyé par l’éclair qui est le Christ (« J’ai le pouvoir de donner ma vie et de la reprendre »). Le corps tombé en terre et qui meurt pour pouvoir fructifier. Le corps eucharistique qui nourrit les élus devenus des aigles. Saint Jérôme : « On dit que les aigles et les vautours (les vautours ne sont pas dans l’évangile, mais dans Job, auquel saint Jérôme renvoie implicitement) sentent les cadavres, même d’au-delà des mers, et se rassemblent sur cette proie. Si donc des oiseaux sans raison sentent par leur sens naturel où gît un petit cadavre, et dont ils sont séparés par de si grands espaces et par les flots de la mer, combien plus nous et toute la multitude des croyants nous nous empresserons vers Celui dont l’éclair sort de l’orient et paraît jusqu’à l’occident ! »

06:33 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

22 novembre 2014

Sainte Cécile

Le culte de sainte Cécile a sans doute donné lieu au plus étonnant quiproquo de l’histoire de l’Eglise, et de la musique.

Elle est la sainte patronne des musiciens à cause de la première antienne des laudes et des vêpres :

Cantantibus organis Caecilia Domino decantabat, dicens : Fiat cor meum immaculatum, ut non confundar.

Tandis que résonnaient les instruments de musique, Cécile répétait sans cesse au Seigneur : Que mon cœur soit sans tache, afin que je ne sois pas confondue.

Le verbe « decantare » veut dire d’abord chanter sans discontinuer, mais il perd le plus souvent son origine musicale et ne veut plus dire que « répéter tout le temps la même chose », ce qui est le cas ici.

Donc sainte Cécile répète, plutôt qu’elle ne chante. Elle répète « dans son cœur », comme le précise le premier répons des matines (qui reproduit le texte exact de la Passion de sainte Cécile). Donc en silence. Quoique dans ce répons le mot le plus chanté soit decantabat...

« Cantantibus organis » : pendant que jouaient les instruments de musique. A partir du moyen âge on a même pris « organis » pour des orgues (de fait le mot vient de là), et l’on a commencé à représenter sainte Cécile jouant de l’orgue, et on l’a ensuite représentée sur des buffets d’orgues.

Or, non seulement elle ne jouait d’aucun instrument de musique, mais elle n’écoutait pas cette musique dont parle l’antienne. Cette musique était celle du cortège de ses noces. Et elle ne voulait pas se marier. Pendant que jouait la musique, elle s’enfermait à l’intérieur d’elle-même pour répéter : Seigneur, faites que je reste pure de cœur et de corps : « Fiat, Domine, cor meum et corpus meum immaculatum », comme le chante le répons.

Bref, non seulement sainte Cécile n’est pas musicienne, mais elle ne veut pas entendre la musique...

Voici le répons, dans le codex 611(89) d’Einsiedeln, début du XIVe siècle :

Einsiedeln codex 611(89).jpg

℟. Cantantibus organis Caecilia virgo in corde suo soli Domino decantabat, dicens: * Fiat, Domine, cor meum et corpus meum immaculatum, ut non confundar.
℣. Biduanis et triduanis ieiuniis orans, commendabat Domino quod timebat.
℟. Fiat, Domine, cor meum et corpus meum immaculatum, ut non confundar.

Au son des instruments de musique, la vierge Cécile répétait en son cœur au seul Seigneur, disant : Que mon cœur et mon corps soient purs, Seigneur, pour que je ne sois pas confondue. Elle recommandait au Seigneur, par des prières et des jeûnes de deux et trois jours, ce qu’elle craignait (de perdre).

06:35 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (6)

21 novembre 2014

Présentation de la bienheureuse Vierge Marie

Venue d’Orient où elle était célébrée depuis très longtemps, cette fête est arrivée dans la liturgie latine de façon 100% française.

En effet, c’est Philippe de Maizières, chancelier du roi de Chypre Pierre II de Lusignan, qui, envoyé en Avignon, vanta tellement cette fête (il y avait assisté à Jérusalem) que le pape Grégoire XI, Pierre Roger de Beaufort, l’inscrivit au calendrier de la curie. C’était en 1372.

En 1373, le roi de France Charles V introduisait la fête dans sa chapelle. En 1374, il écrivait au Collège de Navarre (le plus important de Paris, fondé 70 ans plus tôt par Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, sur les lieux qui sont aujourd’hui ceux de Polytechnique) :

« Charles, par la grâce de Dieu roi des Francs, à nos bien-aimés : salut en Celui qui ne cesse point d’honorer sa Mère sur la terre. Entre les autres objets de notre sollicitude, souci journalier et diligente méditation, le premier qui occupe à bon droit nos pensées est que la bienheureuse Vierge et très sainte Impératrice soit honorée par nous d’un très grand amour et louée comme il convient à la vénération qui lui est due. Car c’est un devoir pour nous de lui rendre gloire ; et nous qui élevons vers elle en haut les vœux de notre âme, nous savons quelle protectrice incomparable elle est pour tous, quelle puissante médiatrice auprès de son béni Fils pour ceux qui l’honorent avec un cœur pur... Et c’est pourquoi, voulant exciter notre fidèle peuple à solenniser ladite fête comme Nous-même nous proposons de le faire, Dieu aidant, chacune des années de notre vie, nous en adressons l’Office à votre dévotion à cette fin d’augmenter vos joies. » (Cité dans L’Année liturgique)

La fête de la Présentation de la Sainte Vierge au Temple de Jérusalem se répandit donc en France, puis dans le reste de l’Eglise latine, à partir de Rome où le pape retourna en 1376.

En 1568, saint Pie V supprimait cette fête (comme celle de sainte Anne), parce qu’elle n’avait pas de fondement scripturaire et qu’il ne fallait pas donner d’arguments aux protestants… Mais elle ne disparut pas et Sixte-Quint la rétablit en 1585. En 1602 Clément VIII l’élevait au rang de double majeur en lui donnant un nouvel office, qui est en fait (comme la messe) le commun des fêtes de la Sainte Vierge, mais avec une oraison propre, un texte de saint Jean Damascène qui rappelle le fait de la présentation de Marie au Temple, et la très belle antienne du Magnificat :

Beata Dei genitrix, Maria, Virgo perpetua, templum Domini, sacrarium Spiritus Sancti : sola sine exemplo placuisti Domino Jesu Christo, alleluia.

Bienheureuse Marie, Mère de Dieu toujours vierge, temple du Seigneur, sanctuaire du Saint-Esprit, vous seule avez plu à notre Seigneur Jésus-Christ d’une manière sans exemple, alléluia.

06:24 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

20 novembre 2014

Bravo Mgr Conley

Mgr James Conlay, évêque de Lincoln dans le Nebraska, a publié dans son journal diocésain un article dans lequel il explique les raisons de célébrer la messe ad orientem, déclare que les prêtres de la cathédrale célébreront ad orientem les dimanches de l’Avent, et que lui-même célébrera ad orientem la messe de minuit. Il saisit l’occasion de l’Avent pour expliquer la symbolique de l’assemblée et du pasteur tous tournés vers le crucifix, vers l’autel, vers l’Orient d’où vient le Seigneur.

Sa cathédrale est la cathédrale du Christ ressuscité, en anglais « the risen Christ » : le Christ qui s’est levé, Oriens.

Saint Félix de Valois

Deus, qui beatum Felicem Confessorem tuum ex eremo ad munus redimendi captivos coelitus vocare dignatus es: praesta, quaesumus; ut per gratiam tuam ex peccatorum nostrorum captivitate, ejus intercessione liberati, ad coelestem patriam perducamur. Per Dominum nostrum Jesum Christum…

O Dieu, qui, par une inspiration céleste, avez daigné appeler votre bienheureux confesseur Félix, de la solitude du désert à l’œuvre du rachat des captifs ; faites, s’il vous plaît, que son intercession nous obtienne de vous la grâce d’être délivrés de l’esclavage de nos péchés, et de parvenir à la patrie céleste.

Voir ma note de l’an dernier sur ce saint qui n’existe pas mais qui continue d’être fécond et a même encore donné son nom à une paroisse 27 ans après sa suppression du calendrier pour non-existence. Je donnais alors le lien vers le site des Trinitaires de Cerfroid. Il paraît être en sommeil, mais il y a aussi, notamment, un blog.

06:14 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

19 novembre 2014

Sainte Elisabeth de Hongrie

A l’âge de 18 ans, Ludovic, après la mort de son père, commença à régner sur la Thuringe. Mais Elisabeth devint l’objet de critiques voilées, car sa façon de se comporter ne correspondait pas à la vie de la cour. Ainsi, la célébration du mariage se déroula elle aussi sans faste, et les dépenses pour le banquet furent en partie dévolues aux pauvres. Dans sa profonde sensibilité, Elisabeth voyait les contradictions entre la foi professée et la pratique chrétienne. Elle ne supportait pas les compromis. Un jour, en entrant dans l’église en la fête de l’Assomption, elle enleva sa couronne, la déposa devant la croix et demeura prostrée au sol, le visage couvert. Lorsque sa belle-mère lui reprocha son geste, elle répondit: «Comment moi, misérable créature, puis-je continuer de porter une couronne de dignité terrestre, lorsque je vois mon Roi Jésus Christ couronné d’épines?». Elle se comportait devant Dieu comme envers ses sujets. Dans les Dépositions des quatre demoiselles de compagnie, nous trouvons ce témoignage: «Elle ne consommait aucune nourriture sans s’assurer auparavant qu’elle provenait des propriétés et des biens légitimes de son époux. Tout en s’abstenant des biens procurés de façon illicite, elle se prodiguait pour dédommager ceux qui avaient subi une violence» (nn. 25 et 37). Un véritable exemple pour tous ceux qui occupent des rôles de guide: l’exercice de l’autorité, à tous les niveaux, doit être vécu comme un service à la justice et à la charité, dans la recherche constante du bien commun.

Elisabeth pratiquait assidûment les œuvres de miséricorde: elle donnait à boire et à manger à ceux qui frappaient à sa porte, elle procurait des vêtements, elle payait les dettes, elle prenait soin des malades et enterrait les morts. En descendant de son château, elle se rendait souvent avec ses servantes dans les maisons des pauvres, apportant du pain, de la viande, de la farine et d’autres aliments. Elle remettait la nourriture personnellement et contrôlait avec attention les vêtements et les lits des pauvres. Ce comportement fut rapporté à son mari, qui non seulement n’en fut pas ennuyé, mais qui répondit aux accusateurs: «Tant qu’elle ne vend pas le château, j’en suis content!». C’est dans ce contexte que se situe le miracle du pain transformé en roses: alors qu’Elisabeth marchait sur la route avec son tablier rempli de pain pour les pauvres, elle rencontra son mari qui lui demanda ce qu’elle portait. Elle ouvrit son tablier et, au lieu du pain, apparurent des roses magnifiques. Ce symbole de charité est présent de nombreuses fois dans les représentations de sainte Elisabeth.

Son mariage fut profondément heureux: Elisabeth aidait son mari à élever ses qualités humaines à un niveau surnaturel, et lui, en échange, protégeait sa femme dans sa générosité envers les pauvres et dans ses pratiques religieuses. Toujours plus admiratif en raison de la foi profonde de son épouse, Ludovic, se référant à son attention envers les pauvres, lui dit: «Chère Elisabeth, c’est le Christ que tu as lavé, nourri et dont tu as pris soin». Un témoignage clair de la façon dont la foi et l’amour envers Dieu et envers le prochain renforcent la vie familiale et rendent l’union matrimoniale encore plus profonde.

Benoît XVI

06:11 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

18 novembre 2014

Dédicace des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul

« Pour célébrer les saints Apôtres, dit malicieusement L’Année liturgique, il nous plaît d’emprunter aux bibliothèques de nos frères séparés d’Angleterre cette Séquence que la vénérable Église d’York chantait encore, il y a quatre siècles, en leur honneur. »

In sollemni memoria
Apostolorum principis,
Piæ laudis harmonia
Lætis resonet canticis.

En cette mémoire solennelle du Prince des Apôtres, que l’harmonie de notre louange, inspirée par l’amour, se fasse jour en cantiques joyeux.

Veneremur simul pari
Dignum laude venerari
Apostolum gentium;
Ut quos amor vita junxit,
Nec mors ipsa post disjunxit
Jungat et præconium.

Avec lui vénérons, digne comme lui de nos chants, l’Apôtre des nations ; ainsi la louange réunira ceux que l’amour unit dans la vie et que la mort elle-même n’a pu séparer.

Horum laus est quod destructa
Romanæ potentiæ idolatria,
Jam fundata et firmata
Ibidem orbem gubernat Ecclesia.

Leur louange, c’est que dans Rome, siège de l’empire, ils renversèrent l’idolâtrie ; que dans cette Rome, l’Église fondée et soutenue par eux gouverne l’univers.

Fide Petri fundamentum
Pauli tenet firmamentum
Dogmate Ecclesia;
Clavis huic potentiæ,
Illi cessit scientiæ
Juncta ad officia.

Le fondement de l’Église, c’est la foi de Pierre, comme la doctrine de Paul en est le soutien ; au premier la clef signifiant la puissance, au second celle qui ouvre les horizons de la science : toutes deux concourent à l’œuvre commune.

Petro namque sub pastore
Gratulatur et rectore
Inter fluctus sæculi;
Pauli viget ex doctrina,
Vitæ sumpta medicina
Grex fidelis populi.

Car c’est ainsi que le troupeau, que le peuple fidèle se félicite, au milieu des tempêtes de cette vie, d’avoir en Pierre un pasteur et un guide ; tandis que Paul par ses enseignements le fortifie, l’anime et le guérit dans ses maux.

Iste verbo instruit,
Ille cœlum aperit
Verbo vitæ credulis,
Et quod unus prædicat
Alter verum comprobat
Crebris hoc miraculis.

L’un répand la parole de vie, l’autre aux croyants de cette parole ouvre les cieux ; ce que l’un prêche, l’autre en montre la vérité par des miracles sans nombre.

Hic Judæos, ille gentes
Viam vitæ nescientes
Ad salutem convocat;
Ambo præsunt convocatis,
Ambo certant desolatis,
Hostis ne prevaleat.

Ils appellent au salut, celui-ci les Juifs, celui-là les nations ignorantes du chemin de la vie ; tous deux dirigent les appelés, tous deux combattent pour eux, repoussant l’assaut de l’ennemi,

Contra summæ potentiæ
Consurgunt imperium,
Unus crucis, alter ensis
Perpessus supplicium.

Ne craignant pas de faire face à la force toute-puissante de l’empire, encourant l’un le supplice de la croix, l’autre celui du glaive.

Sicque una urbe mortem
Una die passi, sortem
Ad justorum transmeant;
Qui malorum nos exsortes
Sua prece et consortes
Beatorum faciant. Amen.

En la même ville, en un même jour, ils souffrent la mort et passent aux cieux où sont récompensés les justes. Puissent-ils, priant pour nous, nous préserver de tout mal, et nous amener à partager leur bienheureux sort. Amen.

06:06 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

17 novembre 2014

Saint Grégoire le Thaumaturge

Une nuit, alors qu’il réfléchissait sur le discours de la foi et qu’il échafaudait des raisonnements de toutes sortes - car il y avait alors des gens qui falsifiaient la pieuse doctrine et, par l’habileté de leurs argumentations, rendaient souvent la vérité incertaine, même pour ceux qui la connaissaient bien -, alors donc qu’il veillait et réfléchissait à cela, lui apparut en vision un personnage âgé ayant l’aspect d’un homme, dont le vêtement manifestait le caractère sacré, qui annonçait une grande vertu par la grâce de son visage et la dignité de son maintien.

Frappé de stupeur à ce spectacle, il se leva de son lit et lui demanda qui il était et à quelle fin il venait. Celui-ci apaisa le trouble de sa pensée d’une voix douce et lui dit qu’il lui était apparu sur ordre de Dieu en raison des questions controversées autour de lui, pour que lui soit révélée la vérité de la foi pieuse. Lui reprit courage à ces paroles et le regarda avec joie et étonnement. Ensuite celui-ci, ayant tendu la main droite devant lui, comme pour lui montrer avec les doigts tendus ce qui apparaissait sur le côté, lui fit tourner le regard par sa main tendue et voir en face une autre apparition sous l’aspect d’une femme, bien supérieure à une apparition humaine. Lui, à nouveau frappé de stupeur, détourna son visage; il était incapable de voir ce spectacle, car ses yeux ne pouvaient supporter l’apparition. Ce qu’il y avait de tout à fait extraordinaire dans cette vision, c’était, alors que la nuit était profonde, qu’une lumière brillait sur ceux qui lui étaient apparus, comme si une lampe brillante était allumée. Comme ses yeux ne pouvaient supporter l’apparition, il entendit ceux qui lui étaient apparus s’entretenir au cours d’une conversation sur l’objet de sa recherche; grâce à eux, non seulement il fut instruit de la véritable connaissance de la foi, mais il reconnut grâce à leurs noms ceux qui lui étaient apparus, chacun d’entre eux appelant l’autre de son propre nom.

On dit en effet qu’il entendit celle qui était apparue sous l’aspect d’une femme exhorter l’évangéliste Jean à révéler au jeune homme le mystère de la vérité, et celui-ci lui répondre qu’il était prêt à accorder cela à la mère du Seigneur, puisque ce lui était agréable. Ayant ainsi exposé la question de manière convenable et bien claire, ils disparurent ensuite de sa vue. Et lui aussitôt mit par écrit cette divine mystagogie et c’est d’après elle qu’il annonça ensuite la parole dans l’église ; il laissa à ses successeurs, comme un héritage, cet enseignement donné par Dieu. C’est grâce à lui que, jusqu’à ce jour, le peuple de chez eux, qui est resté exempt de toute hérésie, est initié aux mystères. Les paroles de cette mystagogie sont les suivantes :

Un seul Dieu,
père du Verbe vivant (qui est sagesse subsistante, puissance et caractère éternels),
parfait géniteur du parfait,
père du Fils monogène.
Un seul seigneur,
unique de l’unique,
Dieu de dieu,
caractère et image de la divinité,
verbe agissant,
sagesse qui embrasse l’ordonnance de l’univers,
et puissance qui a faite toute la création,
Fils véritable du Père véritable,
invisible de l’invisible,
ineffable de l’ineffable,
immortel de l’immortel,
éternel de l’éternel.
Un seul Esprit saint,
qui tient son existence de Dieu,
et est apparu par le Fils (aux hommes),
image parfaite du Fils parfait,
vie, cause des vivants,
sainteté, dispensateur de sanctification,
dans lequel sont manifestés Dieu le Père,
celui qui est au-dessus de tout et en tout,
et Dieu le Fils,
celui par qui sont toutes choses.
Trinité parfaite,
qui n’est divisée ni distinguée ni selon la gloire, ni selon l’éternité, ni selon la royauté.

(Donc il n’y a rien de créé ni d’esclave dans la Trinité, ni de surajouté comme si cela n’existait pas auparavant, mais avait été introduit par la suite. Donc le Fils n’a jamais fait défaut au Père ni l’Esprit au Fils, mais la même Trinité est toujours immuable et sans changement).

Saint Grégoire de Nysse, Vie de Grégoire le Thaumaturge, 22-25. (Ce texte vient de paraître dans la collection des Sources chrétiennes, avec la vie de saint Basile par le même saint Grégoire de Nysse.)

06:15 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

16 novembre 2014

23e dimanche après la Pentecôte

Du point de vue des antiphonaires grégoriens, ce dimanche est le dernier de l’année. Les chants du 23e dimanche sont en effet repris les dimanches suivants s’il reste des dimanches avant l’Avent. La raison en est qu’autrefois c’était effectivement le dernier dimanche de l’année liturgique. Rupert de Deutz, au début du XIIe siècle, expliquait, parmi d’autres, qu’en ce dernier dimanche l’Eglise célébrait l’entrée des juifs dans l’Eglise, qui doit se produire avant la fin du monde. Il le faisait par l’intermédiaire d’une lecture allégorique de l’histoire de Joseph en Egypte.

Ainsi dès l’introït le Seigneur dit par la bouche de Jérémie qu’il ramènera les hébreux captifs de tous les lieux. Rupert se concentre sur les premiers mots de cet introït :

« Le Seigneur dit : Mes pensées sont des pensées de paix et non d’affliction. Ses pensées sont toutes de paix en effet, puisqu’il promet d’admettre au banquet de sa grâce les Juifs ses frères selon la chair, réalisant ce qui avait été figuré dans l’histoire du patriarche Joseph. Les frères de ce dernier, qui l’avaient vendu, vinrent à lui poussés par la faim, lorsqu’il étendait sa domination sur toute la terre d’Égypte ; ils furent reconnus, reçus par lui, et lui-même fit avec eux un grand festin : ainsi notre Seigneur, régnant sur tout le monde et nourrissant abondamment du pain de vie les Égyptiens, c’est-à-dire les Gentils, verra revenir à lui les restes des fils d’Israël ; reçus en la grâce de celui qu’ils ont renié et mis à mort, il leur donnera place à sa table, et le vrai Joseph s’abreuvera délicieusement avec ses frères. »

Délivrés de leur captivité spirituelle, les juifs devenus chrétiens chanteront l’action de grâces du graduel : « Vous nous avez délivrés, Seigneur, de ceux qui nous persécutaient. »

L’alléluia et l’offertoire sont le début du De Profundis, car c’est la supplication des frères de Joseph, dont les lointains descendants diront au véritable Joseph ce qu’ils disaient alors : « Nous te conjurons d’oublier le crime de tes frères. »

Et la communion (« En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous le recevrez et cela vous sera donné ») « est la réponse de ce même Joseph disant, comme autrefois le premier : Ne craignez point. Vous aviez formé contre moi un dessein mauvais ; mais Dieu l’a fait tourner au bien, afin de m’élever comme vous voyez maintenant et de sauver beaucoup de peuples. Ne craignez donc point : je vous nourrirai, vous et vos enfants. »

Rupert expliquait aussi en ce sens l’évangile qui était alors celui de la multiplication des pains. Mais l’évangile actuel du 23e dimanche est beaucoup plus clairement lié à ce thème : Jésus guérit (« sauve ») une païenne sur le chemin alors qu’il va « sauver » - ressusciter - la fille du chef (de la synagogue). Saint Jérôme souligne d’une part que le huitième miracle de l’évangile de saint Matthieu devait être la guérison de la fille du chef, mais que la païenne sur le chemin, volant ce huitième miracle, a repoussé celui de la jeune juive à la neuvième place ; d’autre part que la femme est malade depuis 12 ans et que la jeune fille a 12 ans (selon saint Luc). Le Royaume (nombre 8) était préparé pour les juifs, mais ce sont les païens qui y entrent d’abord, comme par effraction. Les juifs ne pourront y entrer qu’au terme des 12 années de l’histoire du monde, où depuis le début les païens étaient malades.

06:48 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

15 novembre 2014

Saint Albert le Grand

Que Dieu, infiniment bon, se soit uni, entre toutes les créatures, la seule créature humaine, au point qu'on puisse dire vraiment que Dieu est homme et que l'homme est Dieu, et tout ce que Dieu a par nature, l'homme le possède par grâce, cela ne doit-il pas provoquer en notre âme une joie véritable ? « Dieu ne s'est pas uni aux Anges, mais au sang d'Abraham » (Héb. 2, 16). « N'est-ce pas quelque chose de grand et de merveilleux, s'écrie saint Jean Chrysostome, que notre chair soit assise, au ciel, bien haut, et que les Anges et les Archanges l'adorent ! »

Autre motif de joie : Dieu nous a rendus certains du bonheur éternel, bonheur garanti par les promesses de la loi et des prophètes et par son propre serment : « le serment qu'il fit à Abraham, notre père » (Luc 1, 73), bonheur assuré par le don spécial des Évangélistes, par le témoignage des Apôtres, par le don de l'Esprit Saint au baptême, – l'Esprit est le gage de notre héritage – par les arrhes, c'est-à-dire l'avant-goût de ce bonheur, dans la dévotion et la douceur de Dieu, par le Christ, le Fils unique de Dieu, qui est notre otage. Saint Paul (Phil. 4, 4) nous exhorte à cette double joie. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur (à cause de l'union de Dieu avec notre nature) ; je vous le dis encore, réjouissez-vous (à cause de la certitude du bonheur éternel). »

C'est une preuve de la vraie joie, et un bon motif, pour quelqu'un, de se réjouir vraiment, que d'avoir l'assurance, par inspiration intérieure, de la rémission de ses péchés qui avaient si gravement offensé Dieu et les créatures et avaient fait perdre, au pécheur lui-même, avec toutes les grâces reçues, le droit d'en recevoir encore à l'avenir. Marie-Madeleine a eu cette certitude lorsque Notre Seigneur lui dit : « Beaucoup de péchés lui seront remis parce qu'elle a beaucoup aimé » (Luc 7, 47). Saint François aussi : il lui fut révélé que ses fautes, jusqu'à la plus petite partie, lui étaient tout à fait remises.

Une autre marque de joie et une nouvelle raison de se réjouir, c'est l'assurance intérieure que l'on est fils de Dieu et héritier du royaume céleste. L'Esprit Saint nous donne cette assurance : « Il rend lui-même témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ » (Rom. 8, 16-17). L'apôtre saint Paul avait cette certitude : « J'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie... ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ » (Rom. 8, 38-39).

Saint Albert le Grand, le Paradis de l’âme, XXIII, 3-4.

06:06 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

14 novembre 2014

Saint Josaphat

La messe (de ce jour) a des rapports voulus avec les textes de la liturgie grecque. C’est ainsi que l’Introït est emprunté à celle-ci et que les deux lectures sont également utilisées à la messe de rite grec d’un martyr pontife. La messe débute avec solennité : « Réjouissons-nous tous dans le Seigneur en ce jour de fête que nous célébrons en l’honneur de saint Josaphat, martyr… » Le leitmotiv de la messe est celui-ci : « Je suis le Bon Pasteur ; je connais les miens... » Nous l’entendons répéter trois fois : à l’Oraison, à l’Évangile et à la Communion. La parabole du Bon Pasteur se réalise doublement à la messe : dans le Christ et en saint Josaphat. Le Christ manifeste dans chaque messe son dévouement de pasteur pour ses brebis ; saint Josaphat est une reproduction et un membre du Christ qui continue sa Passion dans ses martyrs ; la messe célèbre le sacrifice de sa mort. Nous, qui sommes au Saint-Sacrifice mystiquement unis au Christ et aussi à saint Josaphat, nous voulons avoir part à l’amour, à la fidélité et au dévouement des deux Pasteurs. La belle Épître, tout à fait liturgique, tirée de la lettre aux Hébreux produit le plus grand effet. Là le souverain sacerdoce du Christ s’exprime clairement : le Christ, le Grand Prêtre éternel offre son sacrifice sanglant ; ce sacrifice trouve sa continuation à la messe, offerte par le sacerdoce des ministres consacrés de l’Église et par le sacerdoce commun du peuple.

Dom Pius Parsch

06:30 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

13 novembre 2014

Saint Didace (Diego)

Sa charité le portait à corriger avec grand zèle ceux qu’il voyait offenser Dieu ; si quelqu’un mourait sans se confesser il s’en affligeait, et faisait de très ferventes prières pour tâcher de détourner ce malheur des autres ; il faisait plusieurs pénitences pour les péchés d’autrui, afin d’apaiser le courroux du Ciel qu’ils irritaient. Il donnait l’aumône avec tant de largesse que les supérieurs étaient obligés de la blâmer de profusion, mais il leur répondait avec confiance, que cette charité, au lieu de leur ôter ce qui leur était nécessaire, l’augmentait ; il n’était pas trompé dans son espérance, car Dieu lui faisait porter des vivres si abondamment que chacun admirait d’où il pouvait tirer de quoi satisfaire aux nécessités des religieux, et à celles de tant de pauvres qu’il assistait ; si quelquefois il se trouvait dépourvu de ce qu’il aurait eu besoin pour les contenter, il leur en témoignait son déplaisir par ses larmes, et tâchait de les consoler par la douceur de ses paroles. Son esprit était toujours attentif à la prière ou vocale ou mentale ; un crucifix était l’objet ordinaire de sa vue, et un chapelet le gage des mains ; aussi son oraison devint-elle si efficace qu’il obtint la guérison de plusieurs malades, et le soulagement de plusieurs malheureux.

Sa patience était si grande, que dans les plus fâcheuses maladies, et même à son agonie, il ne fit jamais paraître aucun signe qu’il souffrît quelque douleur. La foi qu’il avait pour tous les saints mystères de notre religion lui faisait concevoir une si ferme confiance en la miséricorde de Dieu qu’il croyait avec certitude qu’on en pouvait obtenir tout ce qu’on lui demanderait, et les merveilles qui lui sont arrivées sont une preuve fort évidente de son sentiment. Revenant de Cerrage à Saint-Lucar de Baramède, qui en est éloigné de neuf lieues, avec Frère Etienne, ils passèrent par le bourg des Palais pour demander l’aumône, mais Dieu permit qu’ils n’y trouvèrent rien pour se rafraîchir ; ils poursuivirent leur chemin à jeun, et son compagnon se trouva las et si faible qu’il fut obligé de lui demander s’il ne pensait pas à manger ; jetez votre pensée en Dieu, lui répondit le saint, il a nourri cinq mille hommes dans le désert, il ne nous délaissera pas sans secours ; sa confiance ne fut pas vaine, car comme ils eurent passé plus avant par une plaine vaste et déserte, ils trouvèrent du pain, du vin, du poisson et des oranges sur une nappe blanche ; ils regardèrent de tous côtés pour voir s’il y avait quelqu’un pour qui ce régal eût été préparé, et comme personne ne parut dans tout le voisinage qui était fort découvert, ils connurent que c’était un présent de la providence de Dieu, et s’en servirent avec mille actions de grâces à leur Bienfaiteur.

Un garçon du bourg de Cerrage, qui est à quatre lieues de Séville, alla se cacher dans un four pour éviter la colère de sa mère qui le voulait battre, et s’y endormit ; cette femme qui ne le savait pas là mit du bois dedans, et l’alluma ; l’enfant s’éveilla sentant l’ardeur de la flamme qui le brûlait, et la mère voyant ce malheur criait au secours tout éplorée ; Frère Didace arriva sur ce désastre, et dit à cette femme qu’elle courût à l’église pour implorer l’aide de la Sainte Vierge ; elle le crut, cependant il se mit en prière devant la bouche du four, et l’enfant en sortit sans aucun dommage : ce miracle étonna tous les voisins, ils conduisirent le garçon à l’église pour rendre grâces à sa Libératrice, et les chanoines l’habillèrent d’une robe blanche pour marquer la joie de sa délivrance. Ce prodige qui rendit célèbre cette chapelle de la Mère de Dieu fit aussi éclater le mérite du saint, de sorte que sa réputation s’étendit partout et Dieu l’augmenta depuis par plusieurs autres merveilles.

Annales des Frères mineurs, composées en latin par le très-révérend père Luc Wadinghes, hibernien, professeur en théologie du même ordre, censeur de la souveraine Inquisition de Rome, et gardien du collège de saint Isidore dans la même Ville, abrégées et traduites en français par le R.P. Silvestre Castet, récollet. (De Jésus-Christ l’an 1441, X-XII.)

06:49 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

12 novembre 2014

Saint Martin Ier

Le bienheureux cardinal Schuster écrit à la date du 16 septembre :

Ce jour est aussi l’anniversaire de la mort du saint Pontife qui, pour la foi orthodoxe, défendue par lui contre l’hérétique basileus de Byzance, finit ses jours en exil dans la Chersonèse. Il mourut le jour de sainte Euphémie de l’an 655. Obiit autem idem sanctissimus Martinus papa, recens revera confessor et martyr Christi... mense septembrio, die sextadecima, in qua felicissimae martyris et fidem custodientis orthodoxam Euphemiae celebratur memoria... Positus est autem in tumulis Sanctorum extra muros Chersonitarum civitatis... in templo sanctissimae Dei genitricis.

Le Liber Pontificalis fait déjà allusion aux prodiges qui s’accomplissaient à Cherson, sur la tombe du Pontife exilé. Vers 730, de nombreux miracles s’y opéraient encore et Grégoire II les mentionne dans une lettre à Léon Ier l’Isaurien.

On ne sait pas si le corps de saint Martin fut jamais transféré à Rome, aussi semble-t-il que sa fête, fixée par le Missel actuel au 12 novembre, soit plutôt la solennité romaine de saint Martin de Tours, laquelle, à cause du natale de saint Mennas, qui tombe le 11, était renvoyée au lendemain.

Le pape Martin était encore en vie quand, à Rome, par suite des prescriptions impériales, on lui donna pour successeur Eugène Ier. Le pieux Pontife céda à la violence, et pour l’amour de l’unité ecclésiastique, il finit par approuver cette élection. Dans une lettre de septembre 655, saint Martin décrit à un ami l’extrême misère où il était laissé dans son exil, mais il assure qu’il ne cesse pas de prier Dieu pour l’Église de Rome et pour son propre successeur sur la Chaire apostolique.

06:35 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (3)

11 novembre 2014

Saint Martin

De l’avis général, l’hymne des vêpres et des matines des confesseurs Iste confessor a été composé (ou peut-être, ou sans doute) pour la fête de saint Martin, et la troisième strophe évoque les miracles qui eurent lieu sur son tombeau. Il s’agit d’une hymne ancienne, du VIIIe siècle, en strophes dites saphiques – terme qui paraît incongru pour un texte sacré mais indique que ce mètre fut inventé par Sapho, pour des poèmes fort peu sacrés… La strophe saphique se compose de trois vers « grands saphiques » de 11 pieds et d’un vers « adonique » de 5 pieds. (L’hymne à saint Jean Baptiste Ut queant laxis, dont on a tiré les notes de la gamme musicale, est également en strophes saphiques.)

Après l’hymne on lira sa traduction par Pierre Corneille. Et l’on constatera que l’adaptation de la deuxième strophe est aussi virtuose qu’est franchement nulle la troisième (à cause surtout, du « qui ravagent leurs veines », qui ne correspond à rien dans le texte mais est laborieusement inventé pour rimer avec soudaines).

Iste confessor Domini sacratus
Festa plebs cujus celebrat per orbem,
Hodie lætus meruit secreta,
Scandere Cæli.

Qui pius, prudens, humilis, pudicus,
Sobrius, castus fuit et quietus
Vita, dum presens vegetavit ejus
Corporis artus.

Ad sacrum cujus tumulum frequenter,
Membra languentem modo sanitati,
Quo libet morbo fuerint gravata,
Restituuntur.

Unde nunc noster chorus in honorem
Ipsius hymnum canit nunc libenter,
Ut piis ejus meritis juvemur
Omne per ævum.

Sit salus illi decus atque virtus,
Qui supra cæli residens cacumen,
Totius mundi machinam gubernat,
Trinus et unus. Amen.

Ce digne confesseur, dont le peuple en ces lieux
Honore la mémoire et célèbre la fête,
D’un empire aujourd’hui fit la sainte conquête,
Et prit sa place dans les cieux.

Tant qu’il vécut sur terre, on vit sa piété
Par un divin accord s’unir à la prudence,
Sa pudeur conspirer avec la tempérance,
Son calme avec l’humilité,

Autour de son tombeau les malades rangés
Reçoivent chaque jour des guérisons soudaines,
Et les maux les plus grands qui ravagent leurs veines
Sont d’autant plus tôt soulagés.

C’est donc avec raison que nos chœurs aujourd’hui
Font résonner une hymne et des vœux à sa gloire,
Afin que son mérite aide à notre victoire
A monter au ciel après lui.

Gloire à l’unique Auteur de ce vaste univers !
Gloire, honneur et louange à sa bonté divine,
Dont l’absolu vouloir gouverne la machine
Du ciel, de la terre et des mers ! Amen.

06:51 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

10 novembre 2014

Saint Tryphon

Tryphon_of_Campsada.jpg

Saint Tryphon était né à Lampsaque, aujourd’hui Lapseki en Turquie sur les Dardanelles. Jeune homme, il gardait les oies. Mais il était rempli de l’Esprit Saint et guérissait les malades. En Orient il est connu comme un saint anargyre, celui qui guérit gratuitement. A cette époque la fille de l’empereur de Rome, Gordien, était possédée par un démon. Un jour le démon finit par dire qu’il ne serait expulsé que par Tryphon. Gordien envoya chercher les hommes nommés Tryphon, qui furent incapables de guérir la fille, jusqu’à ce qu’on trouve le Tryphon des oies de Lampsaque. Il arriva et expulsa le démon, qu’il fit apparaître sous les traits d’un horrible chien noir qu’il obligea à dire qui il était et qu’il n’avait aucun pouvoir sur les chrétiens.

Sous l’empereur Dèce, qui avait succédé à Philippe qui avait succédé à Gordien, il fut dénoncé comme propagateur du christianisme. Il fut conduit à Nicée où après d’horribles tortures on lui trancha la tête.

Il y avait, dit-on, au moins sept églises dédiées à Tryphon à Constantinople. Et une à Rome, où l’on vénérait ses reliques avec celles de deux autres martyrs dont on ne sait rien, Respice et Nymphe. Cette église était (et est toujours dans les livres liturgiques) la station papale du samedi après les cendres, mais sous Clément VIII, comme l’édifice menaçait ruine, la station fut transférée à l’église voisine de Saint-Augustin.

Depuis 1725 sa fête est supplantée par celle de saint André Avellin.

06:55 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

09 novembre 2014

Dédicace de l’archibasilique du Très Saint Sauveur

saintjeandelatran.jpg

Au début du IIIe siècle, Constantin donna à l’Eglise le palais des Laterani, qui devint la résidence des papes. Selon la tradition c’est saint Sylvestre qui en 337 y installa sa chaire, le siège apostolique, et consacra l’autel de ce qui devint la basilique du pape. En 1307 le pape s’en alla résider à Avignon, et quand il revint à Rome, ce fut pour s’installer au Vatican. La basilique Saint-Pierre, sur la tombe de saint Pierre, allait donc devenir la basilique du pape. Néanmoins tout nouveau pape allait continuer à « prendre possession » de la basilique du Latran, comme de son église propre. De ce fait il n’a pas toujours été très clair de savoir laquelle était la cathédrale de Rome, même si l’on considérait l’autel du Latran comme le premier autel de la chrétienté.

Saint Pie V inscrivit au calendrier liturgique la fête de la dédicace du Latran, et celle de la dédicace des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul (le 18 novembre) comme fêtes doubles, donc à égalité. En 1897, Léon XIII les éleva toutes deux au rang de double majeure. C’est saint Pie X qui fit la différence, et régla liturgiquement la question, en faisant de la dédicace du Latran une fête double de deuxième classe.

Selon la tradition le 9 novembre est le jour de la dédicace de la première église par saint Sylvestre. Mais on n’a aucune trace d’une célébration de la dédicace du Latran avant le XIIe siècle. C’est pourquoi, explique le cardinal Schuster, la messe et l’office sont du commun de la Dédicace, alors que les anciennes messes de dédicace d’églises sont des messes propres du saint titulaire de l’église (comme celle de saint Michel ou de sainte Marie Majeure).

Ainsi, si elle avait été ancienne, la messe de ce jour serait une messe de la Transfiguration, puisque le titulaire de la basilique est le Très Saint Sauveur dans sa Transfiguration.

La notice du bréviaire dit qu’on célèbre cette fête le 9 novembre « parce que c’est en ce jour que la première dédicace publique d’une église a été faite à Rome et que l’image du Sauveur apparut au peuple romain, peinte sur la muraille ».

Il y a toujours au Latran l’image dite « achéropite » (non faite de main d’homme) du Sauveur, mais elle n’est pas sur la muraille. C’est une icône byzantine que les spécialistes datent du VIe siècle.

Curieusement, le martyrologe romain, à la date du 9 novembre, indique aussi : « A Beyrouth, en Syrie, commémoration de l’Image du Sauveur qui, crucifiée par des juifs, versa tant de sang que les Eglises d’Orient et d’Occident en reçurent en abondance. » (1)

A partir du IXe siècle se développa, d’abord en Catalogne, une dévotion de la Passio Imaginis Christi, la passion de l’image du Christ. Il y eut bientôt dans toute la Catalogne des autels et des chapelles de la « Passió de la Imatge del Crist », célébrée le 9 novembre. Dévotion qui s’étendit plus ou moins dans le reste de l’Europe après le XIe siècle, et on trouve une « Missa in solemitate Iconis Dominji Salvatoris », au 9 novembre, dans le missel romain imprimé à Venise en 1515.

(1) Beryti, in Syria, commemoratio Imaginis Salvatoris, quae, a Judaeis crucifixa, tam copiosum emisit sanguinem, ut Orientales et Occidentales Ecclesiae ex eo ubertim acceperint.

06:11 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (6)

08 novembre 2014

Et in utero accepit et peperit filium

Accessi, inquit, ad prophétissam, et in útero accépit et péperit fílium. Quod Maria prophétissa fúerit, ad quam proxime accessit Isaías per prænotiónem spíritus, nemo contradixerit, qui sit memor verbórum Maríæ, quæ prophetico affláta spíritu elocuta est. Quid enim ait? Magníficat ánima mea Dóminum: et exsultávit spíritus meus in Deo, salutári meo. Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ: ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes. Quod si animum accommodáveris univérsis eius verbis, non útique per dissídium negáveris eam fuisse prophétissam, quod Dómini Spíritus in eam supervénerit, et virtus Altíssimi obumbráverit ei.

« Je m'approchai de la prophétesse, et elle conçut et enfanta un fils » (Isaïe, 8,3). Que Marie fût la prophétesse, dont s’est approché Isaïe par une prédiction de l’esprit, personne ne dira le contraire, si l’on se souvient des paroles de Marie, qui a parlé sous l’inspiration de l’Esprit. Car que dit-elle ? « Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit exulte en Dieu mon sauveur. Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante, voici en effet que désormais toutes les générations me diront bienheureuse. » Si tu appliques ton attention à toutes ces paroles, tu ne peux absolument pas nier qu’elle fût la prophétesse, car l’Esprit du Seigneur vint sur elle, et la puissance du Très-Haut la prit sous son ombre.

Saint Basile, traité sur Isaïe. (Lecture des matines de l’office de la Sainte Vierge en novembre.)

06:32 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

07 novembre 2014

Super muros tuos Jerusalem

℟. Super muros tuos Jerusalem constitui custodes: * Tota die et nocte non tacebunt laudare nomen Domini.
℣. Prædicabunt populis fortitudinem meam, et annuntiabunt Gentibus gloriam meam.
℟. Tota die et nocte non tacebunt laudare nomen Domini.

Sur tes murs, Jérusalem, j’ai posté des gardes ; tout au long du jour et de la nuit ils ne cesseront de louer le nom du Seigneur. Ils prêcheront aux peuples ma force, et annonceront aux païens ma gloire.

Répons des matines, d’après Isaïe 62, 6 et 66, 19.

On remarquera comment le chant, au début, imite les créneaux des murailles, avant de s’épanouir sur Jérusalem. Et le même motif revient sur « tota die et nocte », montrant que les gardes ne s’arrêtent jamais de parcourir la muraille.

GetFile.gif

06:55 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

06 novembre 2014

Les faux prophètes comme des renards

Je trouve que la lecture des matines, ce jour, n’est pas sans rapport avec l’actualité… Je pense que chacun peut reconnaître les prophètes dont il est ici question… C’est dans le livre d’Ezéchiel, chapitre 13, traduction Fillion :

Ainsi parle le Seigneur Dieu: Malheur aux prophètes insensés, qui suivent leur propre esprit, et qui ne voient rien! Tes prophètes, Israël, ont été comme des renards dans les déserts. Vous n'êtes pas montés contre l'ennemi, et vous ne vous êtes pas opposés comme un mur pour la maison d'Israël, pour tenir ferme dans le combat au jour du Seigneur. Ils ont des visions vaines, et ils prophétisent le mensonge, en disant: Ainsi parle le Seigneur, quoique le Seigneur ne les ait pas envoyés, et ils persistent à affirmer ce qu'ils ont dit. Les visions que vous avez ne sont-elles pas vaines, et les oracles que vous annoncez ne sont-ils pas mensonges? Et vous dites: Ainsi parle le Seigneur, quoique Je n'aie point parlé.

C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur Dieu: Parce que vous avez dit des choses vaines et que vous avez eu des visions de mensonge, voici, Je viens à vous, dit le Seigneur Dieu. Ma main sera sur les prophètes qui ont des visions vaines, et qui prophétisent le mensonge; il ne feront point partie de l'assemblée de Mon peuple, ils ne seront pas inscrits dans le livre de la maison d'Israël, et ils n'entreront pas dans la terre d'Israël; et vous saurez que Je suis le Seigneur Dieu. Car ils ont séduit Mon peuple, en disant: Paix, lorsqu'il n'y avait point de paix; et quand Mon peuple bâtissait une muraille, ils l'ont enduite d'argile, sans y mêler de la paille.

Dis à ceux qui enduisent la muraille sans y rien mêler, qu'elle tombera; car il viendra une pluie violente, et Je ferai tomber de grosses pierres qui l'accableront, et souffler un vent d'orage qui la reversera. Et voici que la muraille est tombée: ne vous dira-t-on pas: Où est l'enduit dont vous l'avez enduite?

C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur Dieu: Je ferai éclater le vent des tempêtes dans Mon indignation, une pluie violente surviendra dans Ma fureur, et de grosses pierres tomberont dans Ma colère pour détruire. Et Je renverserai la muraille que vous avez enduite sans rien mêler à l'argile, Je la mettrai au niveau du sol, et ses fondements apparaîtront; et elle tombera, et Israël sera détruit avec elle, et vous saurez que Je suis le Seigneur.

J'assouvirai Mon indignation contre la muraille et contre ceux qui l'enduisent sans y mettre du mortier, et Je vous dirai: La muraille n'est plus, ni ceux qui l'avaient enduite, ces prophètes d'Israël, qui prophétisent sur Jérusalem, et qui voient pour elle des visions de paix, lorsqu'il n'y a pas de paix, dit le Seigneur Dieu.

06:44 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

05 novembre 2014

Une messe historique à Norwich

Le 1er novembre, Mgr Alan Hopes, évêque du diocèse d’East Anglia (Norfolk, Suffolk, Cambridgeshire et Peterborough) a célébré une grand-messe pontificale de la Toussaint selon la forme extraordinaire en sa cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Norwich (photos).

Ce diocèse a été érigé en 1976 et c’est donc la première fois, souligne Messa in latino, qu’une messe pontificale traditionnelle y est célébrée depuis… 1558, quand Elizabeth imposa le culte anglican.

Mgr Alan Hopes est évêque d’East Anglia depuis l’an dernier. Auparavant il était auxiliaire de Westminster, et déjà connu pour sa bienveillance envers l’usus antiquior. (Ancien pasteur anglican, il a été également la cheville ouvrière de la création de l'ordinariat Notre Dame de Walsingham.)

Malheureusement la « vraie » superbe cathédrale (normande) de Norwich reste aux mains des anglicans…

Indicabo tibi homo, quid sit bonum

℟. Indicabo tibi homo, quid sit bonum: aut quid Dominus requirat a te: * Facere judicium et justitiam, et sollicitum ambulare cum Deo tuo.
℣. Spera in Domino, et fac bonitatem, et inhabita terram.
℟. Facere iudicium et iustitiam, et sollicitum ambulare cum Deo tuo.

Je t’indiquerai, homme, ce qui est bon, ou ce que le Seigneur réclame de toi : faire le jugement et la justice, et marcher dans la crainte avec ton Dieu. Espère dans le Seigneur, et fais ce qui est bon, et habite la terre.

Ce répons des matines est tiré de Michée 6, 8, dans une version qui n’est pas exactement celle de la Vulgate. Le verset est le verset 3 du psaume 36, dont il manque la fin (qui paraît bien sous-entendue) : et pasceris in divitiis ejus : et tu seras nourri de ses richesses. Ces mots figuraient pourtant dans les anciens livres, comme en témoigne cet antiphonaire bénédictin de 1400 :

GetFile.jpg

06:15 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (3)

04 novembre 2014

Saint Charles Borromée

Karlskirche_Wien_(Frontalansicht).jpg

Karlskirche_-_Wien_031.jpg

bild08.jpg

bild05.jpg

L’église Saint-Charles-Borromée de Vienne, que les Autrichiens appellent simplement Karlskirche, est considérée comme l’une des plus belles églises baroques d’Europe centrale. Elle a été construite entre 1716 et 1737, suite à un vœu de l’empereur Charles VI lors d’une épidémie de peste. Charles Borromée, qui est le grand évêque de Milan de la contre-réforme, modèle de l’application du concile de Trente, fut célèbre aussi pour son abnégation lors d’une épidémie de peste, bravant la contagion pour secourir son peuple (la peinture ci-dessus est l'apothéose de saint Charles Borromée, dans la Karlskirche).

C’est dans cette église que le cardinal Burke va célébrer une messe pontificale, cet après-midi, dans le rite établi selon les prescriptions du concile de Trente.

11:39 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

03 novembre 2014

Exemplaire cardinal Burke

Accueillir des homosexuels. Agir avec miséricorde. Ne pas juger... Quand celui qui donne l’exemple de tout cela, concrètement, en vérité (et en toute discrétion), est l’affreux idéologue, le doctrinaire buté, l’ultra-conservateur, la figure de proue des cardinaux les plus réactionnaires, et que le pape met au placard des vieilleries : le cardinal Raymond Leo Burke.

Jeanne Smits raconte le témoignage de l’ancien militant homosexuel Eric Hess que LifeSiteNews a trouvé dans un magazine pro-vie.

Il y a l’attitude exemplaire et « productive » de Mgr Burke.

Il y a aussi cette terrible confidence d’Eric Hess revenu à l’Eglise et vivant dans la chasteté : « Il raconte comment certains prêtres – pour la plupart âgés de 50 ou 60 ans tentèrent, jusque dans le confessionnal, de le détourner de cette voie en l’assurant que Dieu voulait le voir “réactiver” son homosexualité. »

*

Dans une interview au magazine espagnol Vida nueva, le cardinal Burke déclare : « Nombreux sont ceux qui m’ont exprimé leurs inquiétudes. A ce moment très critique, il y a un fort sentiment que l’Eglise est un navire sans gouvernail. (…) J’ai un total respect du ministère pétrinien, et je ne veux pas avoir l’air d’être celui qui parle contre le pape, (…) ils ont un peu le mal de mer parce qu’il leur semble que le navire de l’Eglise a perdu sa boussole. »

*

Le cardinal Burke est à Vienne, à l’invitation de l’association Una Voce Austria, notamment pour présenter la traduction allemande du livre Demeurer dans la vérité du Christ. Demain, il célébrera une grand messe pontificale selon la forme extraordinaire en l’église Saint Charles Borromée – le jour de sa fête. Le lendemain matin, le cardinal Burke devait célébrer une messe basse en l’église Saint-Léopold, suivie d’un petit déjeuner dans la salle paroissiale. Mais la paroisse Saint-Léopold est administrée par les chanoines de Klosterneuburg, et le « prévôt » des chanoines (qui est aussi abbé primat de tous les chanoines augustins) a interdit au curé de Saint-Léopold d’accueillir le cardinal Burke…

Le prévôt et abbé primat est le Père Bernhard Backovsky. Il était considéré comme de tendance traditionnelle. Du temps de Benoît XVI. Comme chacun sait ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. Surtout quand on le confond avec le Saint-Esprit.

Commémoraison de tous les fidèles défunts

Les Matines des morts commencent par le bel invitatoire : Regem, cui omnia vivunt, venite adoremus : « Venez, adorons le Roi pour qui tout être vit. » Dans les leçons du premier nocturne, c’est Job, l’homme patient, la figure saisissante de ceux qui souffrent en purgatoire, qui implore la délivrance de ses cruelles souffrances dont il trace le tableau en gémissant et dont il désire connaître la cause. Au second nocturne, nous lisons un passage du livre de saint Augustin sur la sollicitude à témoigner aux défunts. Ce vénérable monument nous expose le prix qu’il faut attacher au corps humain, la piété avec laquelle on doit enterrer les cadavres et le devoir de prier pour les morts, à l’exemple de l’Église qui offre prières et sacrifice de la messe pour ceux envers qui elle peut quelque chose. Dans les leçons du troisième nocturne, l’Apôtre des nations proclame notre foi à la résurrection du Christ. Les antiennes, qui expriment ordinairement les sentiments des âmes souffrantes, produisent une impression particulièrement saisissante. Les psaumes qu’elles encadrent font entendre tour à tour le chant de la pénitence (1er et 3e nocturnes) et l’espérance du pardon (2e nocturne). — Les Laudes des morts expriment les sentiments d’une joyeuse espérance qui sont disséminés dans tout l’office. Elles commencent heureusement par le psaume 50, un psaume de la pénitence, mais elles passent bien vite au sentiment de joyeuse reconnaissance pour la moisson (ps. 64), à l’ardent désir de l’union à Dieu (ps. 62), à la joie de la résurrection (Cantique et ps. 150). Le cantique d’Ezéchias peint justement à merveille le passage des feux du purgatoire à la félicité du ciel.

Dom Pius Parsch

(Sur la raison de cette commémoraison le 3 et non le 2, voir ici.)

06:00 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (5)

02 novembre 2014

21e dimanche après la Pentecôte

La parabole que conte Jésus dans l’évangile de ce dimanche est une illustration de ce qu’il vient de répondre à Pierre qui lui demandait si l’on devait pardonner jusqu’à sept fois. Jésus lui a répondu qu’on ne doit pas pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois. Le nombre 7 multiplié par 10 puis par lui-même ne donne pas un nombre mais une indéfinité : on doit toujours pardonner, sans aucun calcul d’aucune sorte. Comme Dieu pardonne.

Alors Jésus raconte la parabole de cet « homme roi » qui découvre qu’un serviteur lui doit 10.000 talents. Aujourd’hui cela ne nous dit rien. Mais pour Pierre et les autres apôtres, la somme est inimaginable. Du reste aucun serviteur ne peut devoir 10.000 talents : l’équivalent d’au moins 60 millions de deniers, quelque chose comme 25 à 30 tonnes d’argent, cinquante fois plus que les impôts perçus par Hérode. Ces 10.000 talents sont l’équivalent du « 70 fois 7 fois ». Du reste, le mot grec pour dire 10.000 est le mot qui a donné « myriade ». Et déjà en grec, s’il voulait bien dire 10.000, il signifiait souvent « innombrable ». Comme on le voit aussi dans la première épître aux Corinthiens : « Dans l’église, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue ». Et la « myriade » d’hommes dont il est question au premier verset du chapitre 12 de l’évangile de saint Luc en grec a été traduit dans la Vulgate par « multis ».

Donc les apôtres ont aussitôt compris que Jésus parlait d’une dette incommensurable, d’autant qu’ils venaient d’entendre les « 70 fois 7 fois » du pardon : il ne parlait pas d’une dette d’argent, mais de celle du Pater : « dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris ».

Ce que confirme la suite de la parabole, puisque celui qui se reconnaît débiteur insolvable de « l’homme roi » refuse de remettre sa dette à son compagnon qui lui doit 100 deniers. Soit six cent mille fois moins. Et toutefois ce n’est pas rien : c’est plus de trois mois de salaire d’un ouvrier. Car il faut garder en tête qu’on parle du pardon des offenses. Jésus ne parle pas du pardon des offenses les plus minimes, mais de vraies offenses, qui font vraiment mal.

En bref, si tu n’arrives pas à pardonner une offense qui, convertie en frappe au porte-monnaie, équivaut à trois mois de salaire, comment veux-tu que Dieu te pardonne tes péchés, qui sont incommensurables, parce que tout péché est une blessure infligée à la bonté et à la beauté infinies de Dieu.

Et, in fine, Jésus insiste : il ne s’agit pas de pardonner en paroles, du bout des lèvres, ou en faisant des restrictions mentales, mais « de tout son cœur ». Comme « l’homme roi » avait remis sa dette au serviteur parce qu’il avait été ému par sa supplication. Le grec emploie le verbe formé sur le mot splagkhna, qui veut dire entrailles, et spécifiquement les entrailles de la mère, traduisant l’hébreu hesed, qui est la plus profonde miséricorde. Quand nous demandons pardon à Dieu, il en est remué dans ses entrailles maternelles. Puisque nous devons être parfaits comme notre Père céleste est parfait, nous aussi devons faire miséricorde à celui qui nous a blessé. Comme une mère, sans compter.

06:03 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

01 novembre 2014

Toussaint

Aujourd'hui, l'Eglise fête sa dignité de "mère des saints, image de la cité céleste" (A. Manzoni), et manifeste sa beauté d'épouse immaculée du Christ, source et modèle de toute sainteté. Elle ne manque certes pas de fils contestataires et rebelles, mais c'est dans les saints qu'elle reconnaît ses traits caractéristiques, et c'est précisément en eux qu'elle goûte sa joie la plus profonde. Dans la première Lecture, l'auteur du Livre de l'Apocalypse les décrit comme "une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue" (Ap 7, 9). Ce peuple comprend les saints de l'Ancien Testament, à partir d'Abel le juste et du fidèle Patriarche Abraham, ceux du Nouveau Testament, les nombreux martyrs du début du christianisme, les bienheureux et saints des siècles successifs, jusqu'aux témoins du Christ de notre époque. Ils sont tous unis par la volonté d'incarner l'Evangile dans leur existence, sous l'impulsion de l'éternel animateur du Peuple de Dieu qu'est l'Esprit Saint.

Mais "à quoi sert notre louange aux saints, à quoi sert notre tribut de gloire, à quoi sert cette solennité elle-même?" C'est par cette question que commence une célèbre homélie de saint Bernard pour le jour de la Toussaint. C'est une question que nous pourrions nous poser également aujourd'hui. Et la réponse que le saint nous donne est tout aussi actuelle: "Nos saints - dit-il - n'ont pas besoin de nos honneurs et ils ne reçoivent rien de notre culte. Pour ma part, je dois confesser que, lorsque je pense aux saints, je sens brûler en moi de grands désirs." Telle est donc la signification de la solennité d'aujourd'hui: en regardant l'exemple lumineux des saints, réveiller en nous le grand désir d'être comme les saints: heureux de vivre proches de Dieu, dans sa lumière, dans la grande famille des amis de Dieu. Etre saint signifie: vivre dans la proximité de Dieu, vivre dans sa famille. Et telle est notre vocation à tous, répétée avec vigueur par le Concile Vatican II, et reproposée aujourd'hui de façon solennelle à notre attention.

Mais comment pouvons-nous devenir saints, amis de Dieu? On peut répondre à cette interrogation tout d'abord par une négation: pour être saint, il n'est pas nécessaire d'accomplir des actions et des œuvres extraordinaires, ni de posséder des charismes exceptionnels. On peut ensuite répondre par une affirmation: il est nécessaire avant tout d'écouter Jésus, et de le suivre sans se décourager face aux difficultés. "Si quelqu'un me sert - nous avertit-Il - qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera" (Jn 12, 26). Celui qui a confiance en Lui et l'aime d'un amour sincère, comme le grain de blé tombé en terre, accepte de mourir à lui-même. En effet, il sait que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, et que celui qui se donne, se perd, et trouve précisément ainsi la vie. (cf. Jn 12, 24-25). L'expérience de l'Eglise démontre que toute forme de sainteté, tout en suivant des parcours différents, passe toujours par le chemin de la croix, le chemin du renoncement à soi-même. Les biographies des saints décrivent des hommes et des femmes qui, dociles aux desseins divins, ont parfois affronté des épreuves et des souffrances indescriptibles, des persécutions et le martyre. Ils ont persévéré dans leur engagement, "ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve - lit-on dans l'Apocalypse - ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau" (v. 14). Leurs noms sont inscrits dans le livre de la vie (cf. Ap 20, 12); leur demeure éternelle est le Paradis. L'exemple des saints est pour nous un encouragement à suivre les mêmes pas, à ressentir la joie de celui qui a confiance en Dieu, car l'unique cause véritable de tristesse et de malheur pour l'être humain est de vivre loin de Lui.

Benoît XVI, homélie de la Toussaint 2006

06:40 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

31 octobre 2014

Vigile de la Toussaint

Préparons nos âmes aux grâces que le ciel s'apprête à verser sur la terre, en retour des hommages de celle-ci. Telle  sera demain l'allégresse de l'Eglise, qu'elle semblera déjà se croire en possession de l'éternité. Aujourd'hui pourtant, c'est sous les livrées de la pénitence qu'elle se montre à nos yeux, confessant bien qu'elle n'est qu'une exilée. Avec elle, jeûnons  et prions. Nous aussi, que sommes-nous que des voyageurs, en ce monde où tout passe et se hâte de mourir? D'années en années, la solennité qui va s'ouvrir compte parmi nos compagnons d'autrefois des élus nouveaux qui bénissent nos pleurs et sourient à nos chants d'espérance. D'années en années, le terme se rapproche où nous-mêmes, admis à la fête des cieux, recevrons l'hommage de ceux qui nous suivent, et leur tendrons la main pour les aider à nous rejoindre au pays du bonheur sans fin. Sachons, dès cette heure, affranchir nos âmes; gardons nos cœurs libres, au sein des vaines sollicitudes, des plaisirs faux d'une terre étrangère: il n'est pour l'exilé d'autre souci que celui de son bannissement, d'autre joie que celle où il trouve l'avant-goût de la patrie.

L'Année liturgique

[Mon bréviaire ayant été imprimé en 1955, quelques jours ou quelques semaines avant les premiers coups de pioche de la révolution liturgique – qui allaient supprimer la plupart des vigiles -, j’ai toujours célébré ce jour la vigile de la Toussaint. Et je la garde d’autant plus que les moines du Barroux la gardent aussi.]

06:26 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (3)

30 octobre 2014

Exaudiat Dominus orationes vestras

℟. Exaudiat Dominus orationes vestras et reconcilietur vobis nec vos deserat in tempore malo * Dominus Deus noster.
℣. Det vobis cor omnibus ut colatis eum et faciatis ejus voluntatem.
℟. Dominus Deus noster.

Que le Seigneur exauce vos prières, qu’il se réconcilie avec vous, et qu’il ne vous abandonne pas au temps mauvais, le Seigneur notre Dieu. Qu’il vous donne à tous un cœur pour l’honorer et pour faire sa volonté, le Seigneur notre Dieu.

(Répons des matines, II Machabées 1, 5 et 3)

10:45 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

29 octobre 2014

Psaume 45

Deus noster refúgium et virtus * adjútor in tribulatiónibus quæ invenérunt nos nimis
Proptérea non timébimus dum turbábitur terra * et transferéntur montes in cor maris
Sonuérunt et turbátæ sunt aquæ eórum * conturbáti sunt montes in fortitúdine ejus
Flúminis ímpetus lætíficat civitátem Dei * sanctificávit tabernáculum suum Altíssimus
Deus in médio ejus non commovébitur * adjuvábit eam Deus mane dilúculo
Conturbátæ sunt gentes et inclináta sunt regna * dedit vocem suam, mota est terra
Dóminus virtútum nobíscum * suscéptor noster Deus Jacob
Veníte et vidéte ópera Dómini † quæ pósuit prodígia super terram * áuferens bella usque ad finem terræ
Arcum cónteret, et confrínget arma * et scuta combúret igni
Vacáte et vidéte quóniam ego sum Deus * exaltábor in géntibus et exaltábor in terra
Dóminus virtútum nobíscum * suscéptor noster Deus Jacob
Glória Patri et Fílio * et Spirítui Sancto
Sicut erat in princípio et nunc, et semper * et in sǽcula sæculórum amen

Notre Dieu est notre refuge et notre force, une aide dans les tribulations qui ont tellement fondu sur nous.
C’est pourquoi nous n’aurons pas peur quand la terre sera ébranlée, et que les montagnes seront transportées au cœur de la mer.
Leurs eaux ont retenti, et ont été ébranlées ; les montagnes ont été bouleversées par sa puissance.
L’élan du fleuve réjouit la Cité de Dieu ; le Très-Haut a sanctifié son tabernacle.
Dieu est en son milieu, elle ne sera pas troublée ; Dieu l’aidera le matin au point du jour.
Les nations ont été troublées, et les royaumes ont fléchi ; il a donné de la voix, la terre a été ébranlée.
Le Seigneur des puissances est avec nous ; il est notre soutien le Dieu de Jacob.
Venez et voyez les œuvres du Seigneur, les prodiges qu’il a faits sur la terre, faisant cesser les guerres jusqu’aux extrémités de la terre.
Il brisera l’arc, et mettra les armes en pièces, et consumera les boucliers par le feu.
Tenez-vous cois, et voyez que c’est moi qui suis Dieu : je serai exalté parmi les nations, et je serai exalté sur la terre.
Le Seigneur des puissances est avec nous ; il est notre soutien le Dieu de Jacob.

06:12 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)