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Liturgie

  • Saint Didace (Diègue)

    Omnípotens sempitérne Deus, qui dispositióne mirábili infírma mundi éligis, ut fórtia quæque confúndas : concéde propítius humilitáti nostræ ; ut, piis beáti Dídaci Confessóris tui précibus, ad perénnem in cælis glóriam sublimári mereámur. Per Dóminum nostrum.

    Dieu tout-puissant et éternel qui, par une disposition admirable, faites choix de ce qui est faible en ce monde pour confondre ce qui est fort ; daignez accorder à notre humilité que par les pieuses prières du bienheureux Diego , votre Confesseur, nous méritions d’être élevés à la gloire éternelle des cieux. »

    C’est la demande que l’Église fait monter vers le Seigneur à toutes les heures liturgiques de cette fête qui est la vôtre, ô Diego. Appuyez ses supplications ; votre crédit est grand près de Celui que vous suivîtes avec tant d’amour dans la voie de l’humilité et de la pauvreté volontaire. Voie royale en toute vérité, puisque c’est elle qui vous amène aujourd’hui à ce trône dont l’éclat fait pâlir tous les trônes de la terre. Même ici-bas, combien à cette heure votre humaine renommée dépasse celle de tant de vos contemporains non moins oubliés qu’ils furent illustres un jour ! C’est la sainteté qui distribue les seules couronnes durables pour les siècles présents comme pour les éternels ; car c’est en Dieu qu’est le dernier mot comme la suprême raison de toute gloire, de même qu’en lui est le principe de la seule vraie félicité pour cette vie et pour l’autre. Puissions-nous tous, à votre exemple et par votre aide, ô Diego, en faire la bienheureuse expérience.

    L’Année liturgique

    San Diego de Alcalá par Zurbaran, 1653.

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  • Saint Martin Ier

    Des odes des matines dans la liturgie byzantine le 13 avril.

    Toi qui pour le Christ notre Dieu souffris tant de peines, Martin, puis vers la vie sans peine es parti après avoir si bien combattu, allège les pénibles douleurs de mon âme, afin qu'illuminé par tes prières je te puisse chanter.

    L'Un de la sainte Trinité, tu as enseigné qu'il avait deux natures, deux volontés et doubles énergies: tel est le Christ, suprême Dieu, et tous ceux qui ne l'ont pas ainsi vénéré, tu les as rejetés, saint pontife Martin.

    Ces infirmes d’esprit qui, sans raison, attribuaient au Christ une seule volonté, clairement tu les réfutas, pape Martin, dans la vérité de ta doctrine et l'éminence de ta foi; aussi dans l'allégresse tu t'écrias: Chantons pour le Seigneur, car il s'est couvert de gloire.

    Etant plein de zèle pour Dieu, tu réunis un synode sacré et tu fis prévaloir la doctrine de l'Eglise, bienheureux pape Martin.

    Vénérable Père, tu réfutas au milieu du synode Serge et Pyrrhus ainsi que Théodore et Cyr et ceux qui avec eux imitèrent leur folie.

    Emmené de force, Père saint, exilé de Rome, tu as dû circuler, éclairer le monde, tel un soleil émettant les rayons de la vraie foi.

    Injustement chassé de ton trône, tu préféras, en juste, souffrir l'injustice des humains, afin de garder sain et sauf le juste enseignement de l'Eglise, Père saint.

    Au milieu des iniques tenant bon en loyal athlète, Pontife divin, accablé par eux et ridiculisé, traîné de force, mais en vain, tu demeuras immuable en ton esprit.

    Tu considéras comme flèches d'enfants les outrages de ceux qui vainement t'accablèrent, pape Martin: fermement tu supportas, Bienheureux, d'être déplacé, chargé de chaînes et mis en prison.

    Par tes paroles sacrées, tu as clairement affermi la doctrine sainte et renversé la foule des hérétiques, en supportant les outrages, la prison et l'exil.

    Vénérable Père, à tes yeux tu n'as pas donné de repos que tu ne sois devenu l'habitation de Dieu et n'aies renversé l'erreur de l'hérésie grâce aux leviers de tes combats de témoin.

    Furieusement, comme fauves, les ennemis, te liant avec des chaînes, t'ont traîné au milieu de la ville en se moquant de toi, t'accablant d'insultes, de calomnies et te rudoyant sans pudeur.

    A tes pieds de pontife gît le Malin et les bouches indiscrètes des méchants par ta parole furent fermées, alors que le divin enseignement, Père Théophore, s'est montré plus resplendissant que le soleil.

    Ils ont tendu tes bras sans pitié et de cordes t'ont lié les égarés, pontife sacré, pape Martin, toi qui enchaînais toute erreur et déchirais les liens des hérésies grâce aux arrêts de tes divins enseignements.

    Devant le tribunal qui te jugeait tu comparus, condamnant l'erreur de ceux qui professaient une seule volonté en Christ; et la couronne des Témoins fut ta parure, pour avoir mérité la gloire qui leur revient.

    Ceux qui voulaient priver le Christ de la double énergie et volonté, Père, t'ont privé de ton trône en reléguant dans un lointain exil celui qui chantait: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

    Passant des années sous bonne garde comme gardien d'une foi sans faille, tu as dissipé les ténèbres des hérésies et tu as éclairé les fidèles pour qu'ils chantent: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

    Alors que tu luttais contre le froid et le gel, en tes longues infirmités, la grâce de Dieu vint te réchauffer en fortifiant celui qui chantait dans l'Esprit: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

    Comme un lion tu t'élanças avec assurance et fermeté sur les iniques Théodore, Serge, Cyr et Pyrrhus; et ceux qui partageaient leur doctrine, tu les as chassés de l'Eglise du Christ.

    Unie par nature, en personnes est distinguée la très-sainte Trinité: le Père tout-puissant, le Fils consubstantiel et l'Esprit saint; chantons-lui: Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

    Affligé que tu étais par la dureté de l'exil, les maladies et toutes sortes de vexations, en témoin tu as reçu la couronne des martyrs.

    Persécuté pour la justice, tu méritas la béatitude que Dieu même a formulée, pape Martin qui as chassé du milieu de l'Eglise l'injuste hérésie.

    De Pierre ayant orné le trône divin et sur sa pierre sainte ayant gardé l'Eglise inébranlable, Martin, avec lui tu as été glorifié.

    Reprenant l'hymne du Trois fois saint à la langue enflammée des Anges divins, chantons, fidèles: «Saint, saint, saint» d'un même chœur à la divine Trinité.

    Devenu confesseur et martyr, pontife sacré, sublime Martin, tu as mérité de te réjouir avec les chœurs des patriarches: c'est pourquoi nous, les fidèles, te disons bienheureux.

    Comme soleil resplendissant ayant surgi, bienheureux, du couchant, c'est toute la terre que tu éclairas des rayons de la foi, et tu chassas les profondes ténèbres de l'hérésie.

    Debout dans sa maison de notre Dieu, célébrons à nouveau les combats, les exploits de confesseur de notre Père Martin aux célestes pensées, et de tout cœur disons-le bienheureux.

    Ta mémoire bienheureuse a resplendi comme l'astre du Jour illuminant jusqu'au bout du monde tous ceux qui t'acclament par des hymnes méritées, Père Martin que Dieu même a glorifié.

  • Æterne rerum Conditor

    Lorsque saint Benoît dans sa Règle fixe l’ordonnancement de l’office divin, il utilise plusieurs fois le seul mot « ambrosianum » pour indiquer l’hymne. On chante « l’ambrosien ». Personne n’aurait alors mis en doute, ni longtemps après, que toutes ces hymnes étaient de saint Ambroise. Bien entendu la critique moderne a enlevé à l’évêque de Milan la paternité de ces poèmes, sauf pour quatre d’entre eux, parce qu’il y a un problème : on a la preuve formelle qu’ils sont de saint Ambroise. Ainsi en est-il de l’hymne des laudes du dimanche, que cite saint Augustin en disant explicitement que c’est de saint Ambroise. Or personne me semble-t-il n’a encore osé mettre en doute la parole de saint Augustin parlant de son père spirituel…

    Voici cette hymne, avec la traduction de Lemaistre de Sacy pour les Heures de Port Royal. Il est alternativement proche et loin du texte… Ce qui est curieux est que, alors que le thème conducteur du poème est le chant du coq (on l’appelait « ad galli cantum », au chant du coq), puisque c’est l’heure où l’on chante les laudes, Lemaistre de Sacy dit obstinément « l’oiseau »…

    A la fin de la strophe « Hoc nauta… », la traduction suppose qu’on a compris le texte latin : Pierre « devient l’immobile rocher » parce qu’il a lavé sa faute dans les larmes au chant du coq. Quant au premier vers de la traduction de cette strophe, il ne correspond à rien dans le texte (« l’œil du monde » est le soleil que le chant du coq annonce).

    Ætérne rerum Cónditor,
    Noctem diémque qui régis,
    Et témporum das témpora,
    Ut álleves fastídium.

    Dieu dont l'art conduisant les étoiles errantes
    Au vif éclat des jours mêle l'horreur des nuits,
    Et par leurs courses différentes
    Soulage nos travaux, et charme nos ennuis.

    Præco diéi jam sonat,
    Noctis profúndæ pérvigil,
    Noctúrna lux viántibus
    A nocte noctem ségregans.

    L'oiseau qui hait la nuit et qui veille en son ombre,
    Appelant la clarté, frappe l'air de ses chants.
    Et déjà quelque lueur sombre,
    Formant un jour sans jour fait entrevoir les champs.

    Hoc excitátus Lúcifer
    Solvit polum calígine:
    Hoc omnis errónum cohors
    Viam nocéndi déserit.

    L'astre qui du soleil devance la carrière
    De l'Olympe obscurci tire le voile épais,
    Et chasse en montrant sa lumière
    Le timide voleur dans les sombres forêts.

    Hoc nauta vires cólligit,
    Pontíque mitéscunt freta:
    Hoc, ipsa petra Ecclésiæ,
    Canénte, culpam díluit.

    Au chant de cet oiseau qui prévient l'œil du monde,
    La mer calmant ses flots rassure le nocher,
    Pierre sort de sa nuit profonde
    Et devient pour jamais l'immobile rocher.

    Surgámus ergo strénue:
    Gallus jacéntes éxcitat,
    Et somnoléntos íncrepat,
    Gallus negántes árguit.

    Loin donc, loin le sommeil dont l'appât nous surmonte,
    La voix de cet oiseau condamne nos froideurs;
    Sa diligence est notre honte.
    Et ses cris redoublés réveillent les pécheurs.

    Gallo canénte, spes redit,
    Ægris salus refúnditur,
    Mucro latrónis cónditur,
    Lapsis fides revértitur.

    À ce chant l'aquilon retient sa fière haleine,
    Le malade en ses maux trouve soulagement
    Le voleur fuit, craignant la peine,
    Et la mourante foi renaît heureusement.

    Jesu, labéntes réspice,
    Et nos vidéndo córrige:
    Si réspicis, lapsi stabunt,
    Fletúque culpa sólvitur.

    Ô Jésus, vois du ciel nos chutes lamentables,
    Et que ton doux regard guérisse nos langueurs.
    C'est ce regard qui nous rend stables
    C'est lui qui nous relève et nous lave en nos pleurs.

    Tu, lux, refúlge sénsibus,
    Mentísque somnum díscute:
    Te nostra vox primum sonet,
    Et vota solvámus tibi.

    Sans toi, divin flambeau, l'âme d'ombre est couverte.
    Rayonne dans sa nuit, frappe-la de tes feux,
    Que par toi notre bouche ouverte
    Ferme ses premiers sons pour te rendre nos vœux.

    Deo Patri sit glória,
    Eiúsque soli Fílio,
    Cum Spíritu Paráclito,
    Nunc et per omne sǽculum.
    Amen.

    Adorons un Dieu seul en trois indivisible,
    Père, Fils, Esprit-Saint, d'éternelle grandeur.
    Le Père, soleil invisible,
    Le Fils, son clair rayon, l'Esprit, leur vive ardeur.

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  • Saint André Avellin

    Décret de canonisation du bienheureux André Avellin, tel qu’il figure à la fin de l’Abrégé de la vie de S. André Avellin par Olympe du Marché (1713).

    Sur le bruit de la sainteté et des miracles qui ont rendu célèbre le Bienheureux André Avellin, les procès furent faits selon les Décrets de la sacrée Congrégation des Rites, et les rapports des trois Auditeurs de la sacrée Rote ayant été entendus : la Congrégation des Rites ayant elle-même examiné et approuvé les vertus et les miracles du Bienheureux, elle prononça le 31 août de l'an 1614 le Décret que l'on pourrait avec la permission du Saint-Père procéder à la Béatification et à la Canonisation : c'est pourquoi le Pape Urbain VIII d'heureuse mémoire, accorda par des Lettres en forme de Bref la Béatification du fidèle serviteur de Dieu Avellin. Et ayant prononcé ensuite ses Décrets généraux dus au Culte, la cause fut reprise dans son entier, l'an 1652, et il fut déclaré par la sacrée Congrégation que le Culte des Bienheureux lui était dû.

    Le bruit de la sainteté et des miracles du serviteur de Dieu Avellin croissant de jour en jour, on en fit de nouveaux procès dans les villes de Naples et d'Anglone, et des relations de tout ce qui était arrivé depuis qu'on avait accordé le Culte audit Bienheureux ; et le tout ayant été trouvé en forme, par la Congrégation des Rites, fut rapporté par le Cardinal Pamphile, dans une Congrégation tenue devant le Saint-Père, le 31 mai 1701, qui ayant demandé s'il y avoir eu des miracles certains et avérés depuis la béatification du fidèle serviteur de Dieu, en choisit trois parmi le nombre qu'on en rapporta, avec les suffrages des Consulteurs et des Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux.

    Le premier, de la guérison soudaine de Jacques Sorio, dont la moitié du corps était devenue paralytique.

    Le second, la guérison soudaine que reçut Jean-Baptiste Corizzo d'un grand mal de tête, sans qu'il parût rien au dehors.

    Et le troisième la guérison soudaine de Scipion Arleo, d'une grande contusion au front, et d'un relâchement de tous les nerfs du col.

    Le 18 novembre de l’an 1704, les Consulteurs ayant été appelés de nouveau, et le Cardinal Pamphile ayant pris selon le Décret une Relation pleine et distincte de tout ce qui était contenu dans les procès touchant la sainteté, les vertus du Bienheureux, et les miracles qu'il a faits depuis sa Béatification, la sacrée Congrégation a déclaré d'un consentement unanime que l'on pouvait, avec la permission du Saint-Père, procéder selon le Rit de la Sainte Eglise Romaine, et les règles des saints Canons, à une solennelle Canonisation du Bienheureux André Avellin. C'est pourquoi afin que l'Ordre des Théatins, que les vertus du Bienheureux rendent déjà si éclatant, puisse encore avec son secours profiter de son exemple, afin que tous les autres Ordres religieux puissent croître de plus en plus en observance, en zèle des âmes, et en amour de Dieu, afin que dans ces temps de trouble, au milieu des fléaux de la guerre, et des ténèbres de l’erreur, qui se répand de tous côtés, la paix et la lumière céleste soient accordées à tout le monde : N. S. P. le Pape Clément XI, après avoir prié, et ordonné des prières publiques, après avoir entendu plusieurs fois le Secrétaire et le Promoteur de la Foi, a ordonné que l'on expédiât ce présent Décret de Canonisation le douzième jour de mai 1707, et il en célébra la solennité le 22 mai 1711, et le douzième juin suivant fit expédier une Bulle, pour accorder une Indulgence plénière pour tous les fidèles qui, confessés, et communiés, visiteront l'église des Théatins, un des jours de l'octave qu'on célébrera la Canonisation, et la dite Bulle a été visée par son Eminence Monseigneur le Cardinal de Noailles archevêque de Paris, et permis d’être publiée.

    La canonisation eut lieu le 22 mars 1712. Les temps de trouble sont la guerre de succession d’Espagne qui ravage toute l’Europe, et les ténèbres de l’erreur sont sans doute le jansénisme (Clément XI est l’auteur de la bulle Unigenitus). On notera aussi que Clément XI doit être un des très rares papes (le seul après le premier siècle ?) à avoir été consacré « évêque de Rome » (en 1700 il était cardinal depuis 10 ans mais fut ordonné prêtre à la mort d’Innocent XII, juste avant le conclave, et fut ordonné évêque une semaine après son élection au siège de Pierre). Pourquoi c’est le cardinal de Noailles qui a visé la bulle, au moment même où il était impliqué dans le parti janséniste, mystère…

  • Ridicules

    Les évêques vont publier une nouvelle traduction du missel de Paul VI. Mgr de Kerimel retrace les longues étapes du processus, les sessions, les relectures, les allers-retours entre la commission et les évêques et entre les évêques et Rome… La nouvelle édition typique du missel de Paul VI en latin date de 2002, revue en 2008. La nouvelle version française, qui a été adoptée par vote en mars 2017, sera prête… dans un an si tout se passe bien.

    Puis il donne un exemple des modifications apportées. Un seul exemple :

    Dans le Credo par exemple, nous ne dirons plus “de même nature que le Père”, mais “consubstantiel au Père”. Une formule plus affinée sur le plan théologique.

    Plus affinée, en effet. Et tellement nouvelle que c’est celle du Credo depuis que le Credo existe…

  • Dédicace de Saint-Jean de Latran

    L’hymne des laudes, ci-dessous, est la suite de l’hymne des vêpres et des matines Urbs Jerusalem beata. La voici avec la traduction de Lemaistre de Sacy, et chantée par le moines de Fontgombault.

    Anguláris fundaméntum
    lapis Christus missus est,
    qui paríetum compáge
    in utróque néctitur,
    quem Sion sancta suscépit,
    in quo credens pérmanet.

    Le Messie adorable est la pierre angulaire,
    Qui des murs précieux que notre foi révère
    Est le ferme soutien ;
    De la sainte Sion, c’est la base immobile,
    Et sur elle est fondé l’inébranlable asile
    Du fidèle chrétien.

    Omnis illa Deo sacra
    et dilécta cívitas,
    plena módulis in laude
    et canóre júbilo,
    trinum Deum unicúmque
    cum fervóre prædicat.

    Cette grande Cité, qui par un noble zèle
    A consacré ses soins à la gloire immortelle
    Du Dieu qui la défend,
    Par ses chants, ses transports d’allégresse publique,
    Célèbre nuit et jour d’un Etre en trois unique
    Le pouvoir triomphant.

    Hoc in templo, summe Deus,
    exorátus ádveni,
    et cleménti bonitáte
    precum vota súscipe;
    largam benedictiónem
    hic infúnde júgiter.

    Toi donc, divin Sauveur, objet de nos louanges,
    Descends et viens régner au milieu de tes anges
    Sur ces sacrés autels ;
    Là, reçois les tributs de notre amour sincère ;
    Là, toujours de ta foi le flambeau salutaire
    Luise aux faibles mortels.

    Hic promereántur omnes
    petíta acquírere
    et adépta possidére
    cum sanctis perénniter,
    paradísum introíre
    transláti in réquiem.

    Là, puissions-nous toujours par nos pures offrandes
    De tes rares bontés sur nos humbles demandes
    Attirer les effets ;
    De tes dons obtenus faire un heureux usage,
    Et voir un jour en nous le céleste héritage
    Couronner tes bienfaits.

    Glória et honor Deo
    usquequáque altíssimo,
    una Patri Filióque
    atque Sancto Flámini,
    quibus laudes et potéstas
    per ætérna sǽcula.
    Amen.

    Règne, ô Père éternel, qui te voyant toi-même
    Produis ton Verbe égal à ta grandeur suprême,
    Ta gloire et ta clarté ;
    Règne, ô Fils, qui formas ce que le monde enserre ;
    Règne, Esprit de tout être au ciel et dans la terre,
    Nœud, vie, âme, unité. Ainsi soit-il.


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  • Rerum Deus tenax vigor

    Rerum, Deus, tenax vigor,
    Immotus in te permanens,
    Lucis diurnæ tempora
    successibus determinans :

    Immuable vigueur qui soutiens toutes choses,
    Qu'à toutes on voit présider,
    Qui de tous les moments absolument disposes,
    Les fais s'entre-produire et s'entre-succéder,

    Largire clarum vespere,
    Quo vita numquam decidat,
    Sed præmium mortis sacræ
    Perennis instet gloria.

    Donne un soir éclairé, qui fermant notre vie
    Nous ouvre un tranquille avenir,
    Où pour prix d'une course heureusement finie
    Nous trouvions une gloire à ne jamais finir.

    Præsta, Pater piissime,
    Patrique compar Unice,
    Cum Spiritu Paraclito
    Regnans per omne sæculum. Amen.

    Que le Père et le Fils accordent cette grâce
    A l'humble ferveur de nos vœux,
    Eux qui règnent sans fin dans cet immense espace
    Que remplit l'Esprit Saint, qui n'est qu'un avec eux.

    (Hymne de none, traduction Pierre Corneille. C’est assurément sa meilleure traduction des hymnes des petites heures. Et depuis dix ans chaque jour à cette heure je pense à dom Gérard qui ne reprit pas connaissance après avoir dit cette hymne. « Pour prix d'une course heureusement finie nous trouvions une gloire à ne jamais finir… »)

    Au-dessus,ton simple par la Schola des étudiants d'Amsterdam.

    En dessous, ton de fête ambrosien par la Schola ambrosiana Mediolanensis.

  • Rector potens

    Rector potens, verax Deus,
    Qui temperas rerum vices,
    Splendore mane instruis,
    Et ignibus meridiem;

    Gouverneur tout-puissant de cette masse entière,
    Dieu, par qui chaque heure a son tour,
    Qui dépars au matin l'éclat de la lumière,
    Et gardes la chaleur pour le plus haut du jour,

    Extingue flammas litium,
    Aufer calorem noxium,
    Confer salutem corporum,
    Veramque pacem cordium.

    Eteinds ces feux trop vifs d'où naissent les querelles ;
    Chasse toute nuisible ardeur ;
    Donne au corps la santé, l'effet aux vœux fidèles,
    La sainte joie à l'âme, et le vrai calme au cœur.

    Præsta, Pater piissime,
    Patrique compar Unice,
    cum Spiritu Paraclito
    regnans per omne sæculum. Amen.

    Que le Père et le Fils accordent cette grâce
    A l'humble ferveur de nos vœux,
    Eux qui règnent sans fin dans cet immense espace
    Que remplit l'Esprit Saint, qui n'est qu'un avec eux.

    (Hymne de sexte, attribué à saint Ambroise, traduction Pierre Corneille, mieux inspiré que pour tierce, sauf au premier vers...)

  • Nunc, Sancte, nobis, Spiritus

    Nunc, Sancte, nobis, Spiritus,
    Unum Patri cum Filio,
    Dignare promptus ingeri
    Nostro refusus pectori.

    Pur amour, Esprit Saint, qui n'êtes qu'une essence
    Avecque le Père et le Fils,
    Daignez par une prompte et bénigne influence
    Verser du haut du ciel vos dons dans nos esprits.

    Os, lingua, mens, sensus, vigor
    Confessionem personent.
    Flammescat igne caritas,
    Accéndat ardor proximos.

    Que nos bouches, nos cœurs, et nos sens, et nos forces,
    Rendent gloire à leur souverain ;
    Que de la charité les brillantes amorces
    Par un ardent exemple embrasent le prochain.

    Præsta, Pater piissime,
    Patríque compar Unice,
    Cum Spiritu Paraclito
    Regnans per omne sæculum. Amen.

    Que le Père et le Fils accordent cette grâce
    A l'humble ferveur de nos vœux,
    Eux qui règnent sans fin dans cet immense espace
    Que remplit l'Esprit Saint, qui n'est qu'un avec eux.

    (Hymne de Tierce, attribué à saint Ambroise, traduction de Pierre Corneille qui était manifestement en panne d’inspiration…)

  • Vidi Dominum sedentem

    Les lectures bibliques de novembre, indiquées dans les matines, sont les livres des prophètes à partir d’Ezéchiel. Les répons qui accompagnent les "leçons" des matines sont donc les « répons des prophètes ». Le premier d’entre eux, tiré… d’Isaïe (dans une version qui combine curieusement la Septante et la Vulgate), était l’occasion d’élaborer des lettrines dans les livres liturgiques. En voici quelques exemples.

    ℟. Vidi Dóminum sedéntem super sólium excélsum et elevátum, et plena erat omnis terra majestáte eius:
    * Et ea, quæ sub ipso erant, replébant templum.
    . Séraphim stábant super illud: sex alæ uni, et sex alæ álteri.
    ℟. Et ea, quæ sub ipso erant, replébant templum.

    J’ai vu le Seigneur qui siégeait sur un trône au plus haut et élevé, et la terre était pleine de sa majesté. Et ce qui était sous lui remplissait le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus, six ailes l’un, et six ailes l’autre.

    Screenshot_2018-11-04 ALO docView - Antiphonarium Benedictinum Pars aestiva (1400).png

    Antiphonaire bénédictin de Saint-Lambrecht, 1400 (université de Graz).

    Screenshot_2018-11-04 JPEG Viewer.png

    Antiphonaire cistercien du XIIIe siècle (Bibliothèque nationale de Vienne)

    Screenshot_2018-11-04 e-codices – Virtual Manuscript Library of Switzerland.png

    Antiphonaire des cordeliers de Fribourg, après 1260 (université de Fribourg).

    Screenshot_2018-11-04 e-codices – Virtual Manuscript Library of Switzerland.jpg

    Antiphonaire de Hartker, fin du Xe siècle (Saint-Gall).

    Screenshot_2018-11-04 Handschriften Antiphonarium Benedictinum [491.png

    Antiphonaire bénédictin, abbaye de Reichenau, XIIe siècle (Karlsruhe).

    Screenshot_2018-11-04 Antiphonarium Massiliense .png

    Antiphonaire de Marseille, Arles, XIIIe siècle (BNF).

    Screenshot_2018-11-04 Bréviaire de Paris, noté Calendriers Seconde partie.png

    Bréviaire de Paris, XIIIe siècle (BNF).

    Screenshot_2018-11-04 Digitale Bibliothek - Münchener Digitalisierungszentrum.png

    Antiphonaire du XVIe siècle, Cologne (Bibliothèque d’Etat de Bavière).