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Liturgie

  • Samedi des quatre temps de l’Avent

    Le samedi des quatre temps de l’Avent a toujours été un jour d’ordinations sacerdotales, et dans les premiers siècles de l’Eglise romaine c’était même le seul jour où se conféraient les ordinations. C’était à l’issue d’une longue vigile qui se poursuivait par la messe. Comme à tous les samedis des quatre temps, la vigile comportait notamment 12 lectures, en grec et en latin. Saint Grégoire le Grand en réduisit le nombre de moitiés, et ce sont les lectures de la messe actuelle (en forme extraordinaire, est-il besoin de préciser), lorsqu’il y a des ordinations. Les rubriques de 1960 ont inventé une « messe plus brève », hors ordinations, qui ne garde que deux lectures.

    Ceux qui connaissent l’abbé Joachim Le Palud auront une petite pensée d’action de grâces : c’est aujourd’hui le 70e anniversaire liturgique de son ordination. (C’était le 23 décembre 1944.)

    Il est notable que, dans la messe de ce jour, même dans sa formule longue, il n’y a aucune allusion aux ordinations. Toute la liturgie est concentrée sur l’Avent, sur le Mystère qui vient. Et, pour la première fois ce mystère est nommé : c’est dans la deuxième collecte :

    Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui sub peccáti jugo et vetústa servitúte deprímimur, exspectáta unigéniti Fílii tui nova nativitáte liberémur.

    Faites, nous vous le demandons, Dieu tout puissant, que nous qui sommes écrasés sous le joug du péché et un vieil esclavage, nous soyons libérés par la nativité de ton Fils unique, cette nouveauté que nous attendons.

    *

    O clavis David

    O Clef de David, * et sceptre de la maison d’Israël ; qui ouvrez, et nul ne peut fermer ; qui fermez, et nul ne peut ouvrir : venez, et tirez de la prison le captif qui est assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort.

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  • Vendredi des quatre temps de l’Avent

    L’évangile de mercredi était celui de l’Annonciation, l’évangile de ce jour est celui de la Visitation. En attendant la Nativité. Les antiennes des laudes et des petites heures continuent d’insister sur l’attente du Sauveur :

    Soyez persévérants *, et vous verrez le secours du Seigneur sur vous.

    Vers vous, Seigneur, * j’ai élevé mon âme, venez et délivrez-moi ; vers vous je me suis réfugié, Seigneur.

    Venez, Seigneur, * et ne tardez pas ; remettez les péchés d’Israël, votre peuple.

    Dieu viendra du Liban, * et sa splendeur brillera comme ta lumière.

    Pour moi, * je porterai mes regards sur le Seigneur, et j’attendrai le Dieu, mon Sauveur.

    La quatrième est particulièrement mystérieuse : Deus a Libano veniet. Elle l’est d’autant plus qu’il s’agit d’une citation d’Habacuc, qui introduit aux laudes précisément le cantique d’Habacuc, mais que dans le cantique on chante : « Deus ab Austro veniet » : Dieu viendra du sud !

    Le texte d’Habacuc est celui de la Vulgate, donc de saint Jérôme. Lequel, quand il avait rédigé un commentaire d’Habacuc, donnait : « Deus a Theman veniet ». Ce qui correspond au texte de la Septante… et au texte massorétique. Chez les pères, on trouve Theman (mais personne ne sait où c’est), ou Austro, mais aussi Africo (tant qu’à venir du sud…). Ce qui est étonnant est que la version « Dieu viendra du Liban » se trouve exclusivement dans l’antienne grégorienne, dont la base de donnée Cantus recense pas moins de 93 manuscrits, la plupart indiquant qu’il s’agit d’une antienne pour ce jour.

    *

    O radix Jesse

    O Racine de Jessé, * qui êtes comme l’étendard des peuples, devant qui les rois fermeront leur bouche, et dont les Nations imploreront le secours : venez nous délivrer, maintenant ne tardez plus.

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  • Il a découvert le trésor qu’on lui avait caché

    L'abbé Antoine-Marie Petit, 34 ans, est arrivé à Arreau (Hautes-Pyrénées) il y a un an et trois mois. Depuis septembre dernier il célèbre la messe de saint Pie V dans l’église du village tous les dimanches à 18h. La Dépêche du Midi (de la famille Baylet, rad-soc laïcarde de choc) lui consacre un article d’autant plus étonnant qu’il est sympathique. J’en extrais seulement les propos du prêtre :

    « Cette messe m'a été demandée par des fidèles. Ce n'est pas un retour en arrière, mais une découverte. J'avais l'impression qu'on m'avait caché un trésor. Et un trésor, c'est fait pour être partagé.»

    «Tous les prêtres peuvent dire cette messe. Benoît XVI a rendu cette pratique possible en juillet 2007.»

    «Une messe, c'est public. Vient qui veut. Lors d'une messe en français, on fonctionne avec l'intellect. Avec une messe en latin, on comprend au niveau du cœur. Il n'est pas nécessaire de connaître le latin. On rentre dans une prière qui ne nous appartient pas et c'est très beau.»

    (Via Paix liturgique)

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  • O Adonai

    Les signes diacritiques ajoutés au mot YHWH dans les bibles en hébreu indiquaient (et indiquent toujours, du reste), que le nom ineffable doit se prononcer Adonaï. C’est-à-dire Seigneur. Mon Seigneur. Tel est le titre qu’a gardé l’antienne O de ce jour.

    Qui est ce Seigneur ? Le deuxième répons des matines en donne un portrait complet en trois phrases :

    . Praecursor pro nobis ingreditur Agnus sine macula, * Secundum ordinem Melchisedech Pontifex factus in aeternum, et in saeculum saeculi.
    . Ipse est rex iustitiae cuius generatio non habet finem.
    . Secundum ordinem Melchisedech Pontifex factus in aeternum, et in saeculum saeculi.

    Marchant devant nous, l’Agneau sans tache s’avance pour nous, ayant été fait Pontife, selon l’ordre de Melchisédech, pour l’éternité et les siècles des siècles. Lui-même est le Roi de justice, dont la génération n’a pas de fin.

    O Adonaï, * et Conducteur de la maison d’Israël, qui avez apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné la loi sur le Sinaï : venez pour nous racheter par la puissance de votre bras.

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  • Mercredi des quatre temps de l’Avent

    Ce jour où les fidèles sont appelés deux fois à la pénitence (férie de l’Avent, quatre temps) est aussi un jour de fête…

    Dom Guéranger :

    « En l’Office des Matines, l’Église ne lit rien aujourd’hui du prophète Isaïe ; elle se contente de rappeler le passage de l’Évangile de saint Luc dans lequel est racontée l’Annonciation de la Sainte Vierge, et lit ensuite un fragment du Commentaire de saint Ambroise sur ce même passage. Le choix de cet Évangile, qui est le même que celui de la Messe, selon l’usage de toute l’année, a donné une célébrité particulière au Mercredi de la troisième semaine de l’Avent. On voit, par d’anciens Ordinaires à l’usage de plusieurs Églises insignes, tant Cathédrales qu’Abbatiales, que l’on transférait les fêtes qui tombaient en ce Mercredi ; qu’on ne disait point ce jour-là, à genoux, les prières fériales ; que l’Évangile Missus est, c’est-à-dire de l’Annonciation, était chanté à Matines par le Célébrant revêtu d’une chape blanche, avec la croix, les cierges et l’encens, et au son de la grosse cloche ; que, dans les Abbayes, l’Abbé devait une homélie aux Moines, comme aux fêtes solennelles. C’est même à cet Usage que nous sommes redevables des quatre magnifiques Sermons de saint Bernard sur les louanges de la Sainte Vierge, et qui sont intitulés : Super Missus est. »

    Cette année, ce mercredi est le 17 décembre, donc le premier jour des « féries majeures », qui ont des antiennes propres aux laudes et aux heures, et qui ont une grande antienne O aux vêpres.

    Aujourd’hui O Sapientia, que voici chantée par les frères étudiants dominicains d’Oxford :

    O Sagesse, * qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, atteignant d’une extrémité à une autre extrémité, et disposant toutes choses avec force et douceur : venez pour nous enseigner la voie de la prudence. (Ecclésiastique 24, 3 ; Sagesse 8, 1 ; Isaïe 40, 14)

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  • Saint Eusèbe de Verceil

    L’admiration d’Ambroise [de Milan] pour Eusèbe se fondait avant tout sur le fait que l’évêque de Verceil gouvernait son diocèse par le témoignage de sa vie : « Il gouvernait son Église par l’austérité du jeûne ». De fait, Ambroise était fasciné, comme il le reconnaît lui-même, par l’idéal monastique de la contemplation de Dieu, à laquelle Eusèbe s’était livré sur le modèle du prophète Élie. Ambroise note qu’Eusèbe commença par rassembler son clergé in vita communis, et le forma à « l’observance des règles monastiques, bien que vivant au milieu de la ville ». L’évêque et son clergé devaient partager les problèmes de leurs concitoyens, et ils les faisaient de façon crédible précisément en cultivant en même temps une citoyenneté différente, celle du ciel (cf. He 13, 14). Ainsi ont-ils construit une véritable citoyenneté, une véritable solidarité entre les citoyens de Verceil.

    C’est ainsi que, tandis qu’il faisait sienne la cause de la sancta plebs de Verceil, Eusèbe vivait au milieu de la ville comme un moine, ouvrant la cité à Dieu. Ce « caractère monastique » n’ôte donc rien à l’exemplarité de son dynamisme pastoral : il semble ainsi, entre autres choses, qu’il ait institué à Verceil des lieux paroissiaux en vue d’un service ecclésial ordinaire et stable, et qu’il ait promu des sanctuaires mariaux pour la conversion des populations rurales païennes. Plutôt même, un tel caractère conférait une dimension particulière aux relations entre l’évêque et sa ville. Comme auparavant les Apôtres, pour lesquels Jésus pria lors de la Dernière Cène, les pasteurs et les fidèles de l’Église « sont dans le monde » (Jn 17, 11), mais « ne sont pas du monde ». C’est pourquoi les pasteurs, comme le leur rappelait Eusèbe, doivent exhorter les fidèles à ne pas considérer les cités du monde comme leurs demeures stables, mais doivent rechercher la Cité future, la Jérusalem définitive du ciel. Cette « réserve eschatologique » permet aux pasteurs et aux fidèles de conserver la juste échelle des valeurs, sans jamais se plier aux modes du moment ou aux prétentions injustes du pouvoir politique en place. La notion authentique des valeurs, semble nous enseigner Eusèbe par toute sa vie, n’est pas donnée par les empereurs d’hier ou d’aujourd’hui, mais par Jésus-Christ, l’Homme parfait, égal au Père dans la divinité et pourtant homme comme nous. Se référant à cette échelle des valeurs, Eusèbe ne se lasse pas de « recommander chaudement » à ses fidèles de « garder la foi avec le plus grand soin, de maintenir la concorde, d’être assidus à l’oraison ».

    Benoît XVI

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  • Lundi de la troisième semaine de l’Avent

    A Patre, Unigenite, ad nos venis per Virginem, baptismi rore consecrans, cunctos fide regenerans.

    Fils unique du Père, vous descendez à nous par la Vierge, pour nous bénir de la rosée baptismale, et nous régénérer tous par la foi.

    De coelo celsus prodiens, excepit formam hominis, victor a morte rediens, gaudia vitae largiens.

    Parti des hauteurs du ciel, un Dieu a pris la forme d’un homme, pour retourner ensuite, vainqueur de la mort, en nous laissant les joies d’une vie nouvelle.

    Hoc te, Redemptor, quaesumus, illabere propitius, clarumque nostris cordibus lumen praebe deificum.

    C’est pourquoi nous vous prions, ô Rédempteur ! Descendez dans votre miséricorde, et répandez en nos cœurs les clartés de la lumière déifiante.

    Deo Patri sit gloria ejusque soli Filio cum Spiritu Paraclito, in sempiterna saecula. Amen.

    Gloire soit à Dieu le Père, à son Fils unique, et à l’Esprit consolateur, dans les siècles éternels. Amen.

    (Bréviaire Mozarabe, hymne de la deuxième semaine de l’Avent, dans l’Année liturgique de dom Guéranger.)

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  • Troisième dimanche de l’Avent

    « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, je le répète : réjouissez-vous. »

    La cause de cette joie, qui transforme le violet en rose, est que le Seigneur vient, comme le souligne saint Paul juste après.

    C’est ce que nous disait, notamment, l’invitatoire des matines depuis le début de ce temps de l’Avent : Le Roi qui doit venir, venez, adorons-le. Mais il n’est plus seulement celui qui doit venir, il vient positivement, et l’invitatoire des matines nous dit maintenant : Il est déjà proche, le Seigneur, venez, adorons-le.

    Il suffit de citer les antiennes des premières vêpres, qui seront répétées à laudes, aux petites heures et aux deuxièmes vêpres, pour voir l’insistance sur ce thème :

    Le Seigneur viendra et il ne tardera pas, et il illuminera ce qui est caché dans les ténèbres, et il se manifestera à toutes les nations, alléluia.

    Jérusalem, réjouis-toi d’une grande joie, parce qu’un Sauveur viendra à toi, alléluia. 

    J’établirai dans Sion le salut, et dans Jérusalem ma gloire, alléluia.

    Les montagnes et toutes les collines seront abaissées ; les chemins tortueux seront redressés, et les raboteux deviendront des voies aplanies : venez, Seigneur, et ne tardez pas, alléluia.

    Vivons justement et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’avènement du Seigneur.

    Cela vient renforcer ce que disent les antiennes des matines depuis le premier dimanche de l'Avent :

    Voici que viendra le Roi, le Très-Haut, avec une grande puissance, pour sauver les nations, alléluia.

    Fortifiez les mains languissantes, prenez courage et dites : Voici notre Dieu viendra et il nous sauvera, alléluia.

    Réjouissez-vous tous et livrez-vous à la joie, car voici que le Seigneur de la vengeance viendra, il amènera la rétribution, il viendra lui-même et nous sauvera.

    Réjouis-toi et livre-toi à la joie, fille de Jérusalem ; voici que ton Roi vient à toi ; Sion, ne crains pas, car ton salut viendra bientôt.

    Notre Roi, le Christ, viendra, lui que Jean a prédit être l’Agneau qui doit venir.

    Voici que je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, dit le Seigneur ; c’est de donner à chacun selon ses œuvres.

    L’Ange Gabriel parla à Marie, disant : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes.

    Marie dit : Quelle pensez-vous que soit cette salutation ? Parce que mon âme a été troublée, et que je dois enfanter un Roi qui ne violera pas ma virginité.

    En l’avènement du souverain Roi, que les cœurs des hommes soient purifiés afin que nous marchions à sa rencontre d’une manière digne : car voici qu’Il vient et Il ne tardera pas.

    On remarque que non seulement le verbe « venir » se trouve dans presque toutes les antiennes, mais qu’il s’y trouve même deux fois dans plusieurs d’entre elles. Et il en est de même des répons de ce dimanche. Voici le premier, où une citation d’Habacuc garde l’intensif hébreu qui fait répéter le mot… venir :

    . Ecce apparebit Dominus super nubem candidam, * Et cum eo sanctorum millia: et habebit in vestimento, et in femore suo scriptum: Rex regum, et Dominus dominantium.
    .  Apparebit in finem, et non mentietur; si moram fecerit, exspecta eum, quia veniens veniet.
    . Et cum eo sanctorum millia: et habebit in vestimento, et in femore suo scriptum: Rex regum, et Dominus dominantium.

    Voici que le Seigneur apparaîtra sur la nuée brillante, et des milliers de saints autour de Lui, et il y aura écrit sur ses vêtements et sur sa ceinture : Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Il viendra certainement et il ne trompe pas, s’il tarde espère en lui, car venant il viendra.

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  • Un séminaire "Summorum pontificum" au Bénin

    Le 8 décembre, en la fête de l’Immaculée Conception, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, a consacré la toute nouvelle chapelle Saint-Louis du nouveau séminaire "Providentia Dei" voulu par Mgr Pascal N’Koué, archevêque de Parakou au Bénin.

    Mgr Aillet de Bayonne et Mgr James de Nantes, ainsi que le père abbé du Barroux, dom Louis-Marie assistaient également à la cérémonie. L’abbé Guimon représentait Notre Dames des Armées de Versailles où l’association ND de l’Atacora a très largement aidé au financement de la chapelle. Le diocèse d’Avignon finançant la bibliothèque du séminaire.

    C’est à l’abbé Denis Le Pivain, prêtre du diocèse d’Avignon, que Mgr N’Koué a confié le soin de faire sortir de terre ce séminaire et d’en assurer la direction dès son ouverture en octobre dernier.

    Mgr N’Koué, qui avait installé la messe tridentine dans son ancien diocèse de Natitingou avant le motu proprio de 2007, tient à ce que ce nouveau grand séminaire enseigne aux futurs prêtres les deux formes du rite romain.

    L’avant-veille de la consécration, Mgr N’Koué annonçait à un millier de fidèles (rassemblés pour fêter les 70 ans de l’archidiocèse de Parakou) qu’il avait décidé avec ses prêtres une large présence de la forme extraordinaire dans ses paroisses dans les mois à venir.

    On peut encore aider ce projet :

    Diocèse d’Avignon (séminaire au Bénin) : http://diocese-avignon.fr/don/

    ND de l’Atacora : 6, rue des Etats Généraux 78000 Versailles

    *

    Ces informations ont été envoyées par Yann Baly, qui était sur place, et qui a également envoyé des photos. Voici l’entrée et la sortie. D’autres photos sur le Forum catholique.

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  • Sainte Lucie

    Voici la quatrième de nos Vierges sages, la vaillante Lucie. Son nom glorieux étincelle au sacré Diptyque du Canon de la Messe, à côté de ceux d’Agathe, d’Agnès et de Cécile ; mais, dans les jours de l’Avent, le nom de Lucie annonce la Lumière qui approche, et console merveilleusement l’Église. Lucie est aussi une des trois gloires de la Sicile chrétienne ; elle triomphe à Syracuse, comme Agathe brille à Catane, comme Rosalie embaume Palerme de ses parfums. Fêtons-la donc avec amour, afin qu’elle nous soit en aide en ce saint temps, et nous introduise auprès de Celui dont l’amour l’a rendue victorieuse du monde. Comprenons encore que si le Seigneur a voulu que le berceau de son Fils parût ainsi entouré d’une élite de Vierges, et s’il ne s’est pas contenté d’y faire paraître des Apôtres, des Martyrs et des Pontifes, c’est afin qu’au milieu de la joie d’un tel Avènement, les enfants de l’Eglise n’oublient pas d’apporter à la crèche du Messie, avec la foi qui l’honore comme le souverain Seigneur, cette pureté du cœur et des sens que rien ne saurait remplacer dans ceux qui veulent approcher de Dieu.

    Dom Guéranger

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  • Jerusalem plantabis vineam in montibus tuis

    . Jerusalem plantabis vineam in montibus tuis: exsultabis, quoniam dies Domini veniet: surge Sion, convertere ad Dominum Deum tuum: gaude et laetare Iacob: * Quia de medio gentium Salvator tuus veniet.
    . Exsulta satis filia Sion: jubila filia Jerusalem.
    . Quia de medio gentium Salvator tuus veniet.

    Jérusalem, tu planteras une vigne sur tes montagnes : tu tressailliras de joie, parce que le jour du Seigneur viendra ; lève-toi, Sion, retourne au Seigneur ton Dieu ; Jacob, réjouis-toi, et sois dans l’allégresse, parce que ton Sauveur viendra du milieu des nations. Tressaille d’une joie parfaite, fille de Sion ; jubile, fille de Jérusalem, parce que ton Sauveur viendra du milieu des nations.

    Répons de matines, inspiré notamment de Jérémie 31 5-7 ; le verset est Zacharie 9, 9.

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    Klosterneuburg, antiphonaire du XIIe siècle

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  • Saint Damase

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    Vies des saints ou abrégé de l’histoire des pères, des martyrs et autres saints pour tous les jours de l’année, édité sans nom d’auteur par J.-J. Blaise, Paris, 1825.

    Dans ce récit, il manque la mention des nombreuses épitaphes conçues par saint Damase pour les tombeaux des martyrs et gravées dans le marbre « en caractères spéciaux et très beaux que nous devons au calligraphie Furius Dionysius Philocalus », comme le précise le bienheureux cardinal Schuster (voir ici). Il manque aussi, curieusement, la demande que fit saint Damase à saint Jérôme de faire une nouvelle édition latine du Nouveau Testament. Saint Jérôme fit seulement une révision des quatre Evangiles. (Et c’est huit ans après la mort de Damase qu’il commença la traduction de l’Ancien Testament d’après le texte hébreu.)

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  • Montes Israel

    . Montes Israel, ramos vestros expandite, et florete, et fructus facite: * Prope est ut veniat dies Domini.
    .Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum: aperiatur terra, et germinet Salvatorem.
    . Prope est ut veniat dies Domini.

    Montagnes d’Israël, étendez vos rameaux, et fleurissez, et produisez des fruits : le jour du Seigneur est près de venir. Cieux, versez votre rosée d’en haut, et que les nuées pleuvent le Juste ; que la terre s’ouvre et qu’elle germe le Sauveur. 

    Répons des matines, inspiré d’Ezéchiel 36, 8 et d’Isaïe 45, 8.

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    Antiphonaire cistercien de l’abbaye de Salzinnes, Namur, 1555 (se trouve à l’université Sainte-Marie de Halifax, Canada).

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  • L’Immaculée Conception

    « Chantons tous une hymne de victoire pour les merveilles de notre Dieu qui de son bras puissant a sauvé Israël en se couvrant de gloire. »

    Anne, en ce jour nous célébrons ta Conception, car, délivrée des liens de la stérilité, tu as conçu la Vierge, offrant un abri à celui que nul espace ne contient.

    Exauçant la prière de tes justes aïeux, Seigneur, tu accomplis ce que te demandaient tes saints ancêtres et leur as accordé comme fruit de leurs entrailles ta Mère immaculée.

    Anne dans sa gloire maintenant conçoit puis enfantera la Vierge pure qui, à son tour, en la chair doit concevoir et enfanter le Seigneur incorporel, le Christ, suprême bonté.

    La montagne sainte que d'avance en l'Esprit le Prophète a vue et dont s'est détachée une pierre pour briser les temples des faux dieux par divine puissance, c'est toi, ô Vierge immaculée.

    « Dans l'abîme jadis fut culbutée par la puissance invincible toute l'armée de Pharaon, et maintenant le Verbe fait chair a supprimé le poids de nos péchés, le Seigneur que nous glorifions, car il s'est couvert de gloire. »

    La joie du monde en ce jour est annoncée, elle change en allégresse les douleurs maternelles : la stérilité de la nature désormais deviendra mère de beaucoup d'enfants, comblée par les œuvres de la grâce de Dieu.

    L'agréable palais qui recevra le Christ, le sublime ciel plus vaste que les cieux en ce jour commence d'exister comme effet d'une prière et comme résultat d'une promesse inébranlable à jamais.

    La pourpre du Christ en ce jour est annoncée : toute pure, elle est tissée dans un sein stérile ; c'est d'elle que le Roi de la création viendra au monde en toute sa splendeur, portant la nature des mortels.

    En toi, Dame souveraine, au plus haut point la nature humaine trouve sa joie et sa fierté, proclamant l'étrange merveille de ta pureté et, dans l'allégresse te chantant, te glorifie, Epouse de Dieu.

    Liturgie byzantine, canon des matines, 1ère ode

    (NB. Dans le calendrier byzantin, la fête de "la Conception de sainte Anne mère de la Théotokos" est le 9 décembre)

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  • Cæli enarrant gloriam Dei (ps. 18*) ou : Ad orientem

    Ce matin en disant l’office je voyais à l’horizon le noir de la nuit se transformer en une écharpe bleu foncé, qui s’éclaircit lentement, et peu à peu se mit en place un somptueux décor de nuages qui se colorait en rose et orangé sur le ciel devenu améthyste. Et cela au fil des antiennes des laudes : « Ecce in nubibus cæli… » Voici que dans les nuées du ciel le Seigneur viendra avec grande puissance, alléluia… Voici qu’il apparaîtra, le Seigneur, il ne nous trompera pas ; s’il prend son temps, attends-le, car il viendra et il ne tardera pas… Voici que notre Seigneur viendra avec puissance, et il illuminera les yeux de ses serviteurs, alléluia.

    Peu à peu la lumière se faisait plus vive, les couleurs s’éclaircissaient, le décor était de plus en plus triomphant, écrin de couleurs éclatantes et trône impérial, n’attendant plus que le Souverain, le Soleil de gloire.

    C’était l’heure de prime. Et à l’instant même où je dis l’antienne de prime :

    Ecce in nubibus cæli Dominus veniet cum potestate magna alleluia,

    à cet instant même le soleil parut. Et immédiatement, tout le décor fut balayé comme par un grand coup de pinceau instantané, il fut tout entier englouti dans la lumière, tout l’horizon fut embrasé et il n’y avait plus qu’une seule couleur, celle du cœur de la flamme.

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    * Psaume 18

    Cæli enárrant glóriam Dei * et ópera mánuum ejus annúntiat firmaméntum (…)
    In sole pósuit tabernáculum suum * et ipse tamquam sponsus procédens de thálamo suo
    Exsultávit ut gigas ad curréndam viam * a summo cælo egréssio ejus
    Et occúrsus ejus usque ad summum ejus * nec est qui se abscóndat a calóre ejus

    Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce les œuvres de ses mains. (…)
    Dans le soleil il a planté sa tente ; et il est lui-même comme un époux sortant de sa chambre nuptiale.
    Il a bondi comme un géant pour parcourir son chemin. Son départ est de l’extrémité du ciel,
    Et son arrivée à l’extrémité du ciel ; personne n’est à l’abri de sa chaleur.

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  • Deuxième dimanche de l’Avent

    Dimanche dernier nous entendions mainte parole de pénitence et d’avertissement, nous entendions le grondement du tonnerre annonçant le retour du Seigneur pour juger le monde. Aujourd’hui nous entendons seulement des messages joyeux. Nous pouvons les résumer dans cette parole : voici venir le royaume de Dieu. Nous savons déjà ce qu’il faut entendre par ce mot. Le royaume de Dieu a sa manifestation extérieure dans l’Église, l’Épouse du Christ ; dans nos âmes, c’est la vie divine ; du point de vue du Christ, c’est son corps mystique. C’est ce royaume de Dieu que veut instaurer le Seigneur qui va venir. Aujourd’hui nous devons apprendre de nouveau à apprécier le grand bonheur de faire partie du royaume de Dieu. Ce dimanche est une fête du royaume de Dieu. La liturgie nous le montre d’abord dans le symbole de Jérusalem.

    Jérusalem. — Aujourd’hui, l’Église occidentale se rend à la messe à « Jérusalem ». L’église de station, « Sainte-Croix de Jérusalem » était considérée par les chrétiens de Rome comme leur Jérusalem.

    Que signifie pour nous Jérusalem ? Dans les fouilles des cités antiques, il n’est pas rare de découvrir un certain nombre de couches superposées. La ville a été détruite par la main des ennemis et sur ses fondements on en a bâti une nouvelle ; aujourd’hui les fouilles font apparaître ces couches différentes, on trouve pour ainsi dire des villes superposées. Notre Jérusalem présente trois ou même quatre de ces couches.

    Nous voyons d’abord apparaître la Jérusalem du pays de Judée, cette ville vénérable où le Seigneur Jésus a commencé sa mission de Rédempteur, où il a souffert, où il est mort. C’est la Jérusalem juive pour laquelle nous devons avoir un grand respect. Celui qui a le bonheur de faire un pèlerinage en Terre Sainte pénétrera avec un frisson dans cette ville.

    Pourtant cette Jérusalem est périmée. Sur ces fondements, une autre Jérusalem s’est bâtie : la Jérusalem des chrétiens qui est le royaume de Dieu sur la terre, la sainte Église. Cette Jérusalem est toujours debout, c’est elle que le divin Roi doit visiter à Noël. Nous comprenons maintenant pourquoi, dans cette semaine, on nous parlera tant de Jérusalem. Nous devons commencer dès maintenant nos préparatifs pour la visite du grand Roi. Nous devons orner cette Jérusalem et lui donner sa parure de fête. Nous devons mettre en état les chemins et les rues pour que le Sauveur puisse venir. Maintenant aussi, nous comprenons la parole du Précurseur : « Préparez les voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers, toute vallée sera comblée et toute montagne sera abaissée ». Quel message nous apporte donc, aujourd’hui, notre sainte Mère l’Église ? Le Seigneur vient dans la Jérusalem des chrétiens, dans l’Église.

    Mais cette ville a encore un troisième étage. Au-dessus de la seconde Jérusalem s’en élèvera une troisième, la Jérusalem céleste, quand les temps seront accomplis.

    L’Église pense déjà à cette Jérusalem dans ses chants. Dans l’Avent nous attendons aussi le Sauveur qui doit venir au dernier jour pour nous introduire tous dans la Jérusalem céleste.

    Enfin nous pouvons découvrir une quatrième Jérusalem, c’est notre âme. Le Roi veut aussi faire son entrée dans cette Jérusalem et c’est cette Jérusalem qu’il nous importe spécialement d’orner et de préparer — cela aussi est une tâche de l’Avent.

    Au point culminant du Cycle de Noël, à l’Épiphanie, l’Église nous annoncera le message de joie : « Illumine-toi Jérusalem, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » C’est là le but. Aujourd’hui, pour recevoir la visite du grand Roi, nous devons faire des préparatifs dans Jérusalem. C’est la tâche de cette semaine. L’Église dit dans son oraison : « Éveille nos cœurs pour préparer les voies à ton Fils unique, afin que nous puissions le servir avec un cœur purifié ». Nous devons préparer cette Jérusalem en lui donnant les ornements des jours de fête, nous devons construire des routes afin que l’Époux puisse venir. Au temps de l’empire romain, les empereurs aimaient à se rendre de ville en ville et à les visiter, on appelait ces visites : épiphanie ou parousie. C’était pour les villes honorées de cette visite un événement capital ; des mois entiers, on faisait des préparatifs, on construisait des rues... Faisons de même dans la Jérusalem de notre âme.

    Dom Pius Parsch

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  • Saint Nicolas

    Dans son Année liturgique, dom Guéranger cite le répons suivant :

    . Ex ejus tumba marmorea sacrum resudat oleum, quo liniti sanantur caeci : * Surdis auditus redditur : et debilis quisque sospes regreditur. . Catervatim ruunt populi cernere cupientes quae per eum fiunt mirabilia. * Surdis bilis quisque sospes regreditur auditus redditur : et debilis quisque sospes regreditur.

     . De son tombeau de marbre, découle une huile sacrée qui guérit les aveugles dont les yeux en sont oints, * Rend l’ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles. . Les peuples courent en foule, empressés de voir les merveilles qui se font par l’entremise de Nicolas. * Cette huile rend l’ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles.

    Après avoir cité d’autres textes liturgiques sur saint Nicolas, il donne aussi la séquence qui fut la plus populaire, et qui a servi de type à de nombreuses autres. Or cette séquence fut souvent incluse dans le répons Ex ejus tumba, qui était le dernier des matines. C’est ce que l’on voir par exemple dans le manuscrit slovaque ci après (Bratislava IIb). Le répons Ex ejus tumba commence à la fin de la première page (le E en bleu). La séquence commence à la deuxième page (S rouge), et se poursuit sur la page suivante où chaque vers commence par une lettrine. Le dernier mot est « sospes » qui renvoie à la fin du répons : « sospes egreditur ».

    Sospitati dedit aegros olei perfusio.
    Nicolaus naufragantum adfuit praesidio.
    Relevavit a defunctis defunctum in bivio.
    Baptizatur auri viso Judaeus indicio.
    Vas in mari mersum, patri redditur cum filio.
    O quam probat Sanctum Dei farris augmentatio !
    Ergo laudes Nicolao concinat haec concio.
    Nam qui corde poscit illum, propulsato vitio, sospes regreditur.

    Les malades sont rendus à la santé par l’huile miraculeuse. Au milieu du naufrage, Nicolas est d’un puissant secours. Il ressuscite du tombeau un mort étendu sur le chemin. Un juif aperçoit de l’or, et demande le Baptême. Nicolas retire de l’eau le vase et l’enfant qu’il rend à son père ! Oh ! qu’il parut bien le Saint de Dieu, quand il multiplia la farine dans la disette ! Qu’ainsi les louanges de Nicolas soient chantées en cette assemblée. Car quiconque le prie de cœur, met le vice en fuite, et s’en retourne guéri.

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  • Le rite ambrosien

    Vient de paraître l’ordinaire de la messe en rite ambrosien dans une brochure bilingue latin-italien réalisée par Signum ambrosianum, disponible en format PDF. Munie du Nihil obstat et de l’imprimatur de l’archevêché de Milan.

    On y trouve aussi ce qui précède la messe dominicale : l’Asperges me particulier (avec tout le psaume Miserere), et les 12 Kyrie de la procession d’entrée.

    Et la partition de tout ce qui est chanté. (On peut constater par exemple que le Gloria qui figure dans ce livret n'a rien à voir avec ce que nous appelons le "Gloria ambrosien". Il est proche de notre Gloria XI : sans doute parce qu'il s'agit aussi du Gloria de la messe dominicale per annum.)

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  • Rorate cæli desuper

    Voici le célèbre chant de l’Avent Rorate cæli, avec la traduction de dom Guéranger. On dit souvent que c’est un centon d’Isaïe. J’ai cherché les références. Le refrain et les deux premières strophes sont en effet des citations d’Isaïe, légèrement modifiées, surtout raccourcies. Mais dans la troisième il y a deux citations (modifiées) de l’Exode et la fin est un morceau d’antienne ; et la quatrième provient essentiellement d’un répons de l’Avent inspiré par divers textes prophétiques. Si quelqu’un a d’autres précisions, elles seront les bienvenues. Il y a deux ans j’avais mis un enregistrement qui permet de suivre la partition.

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum (Isaïe 45, 8). (bis)

    Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

    Ne irascaris Domine, ne ultra memineris iniquitatis, ecce civitas sancta facta est deserta, Sion deserta est, Jerusalem desolata est, domus sanctificationis tuæ et gloriæ tuæ, ubi laudaverunt te patres nostri (Isaïe 64, 9-11).

    Rorate caeli desuper, et nubes pluant justum.

    Ne vous irritez plus, Seigneur, ne vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre culte et à votre gloire, où nos pères ont chanté vos louanges.

    Peccavimus, et facti sumus tamquam immundus nos, et cecidimus quasi folium universi. et iniquitates nostræ quasi ventus abstulerunt nos, abscondisti faciem tuam a nobis, et allisisti nos in manu iniquitatis nostræ (Isaïe 64, 6-7).

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum.

    Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre face à nos regards, et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.

    Vide Domine afflictionem populi tui (Exode 3, 7), et mitte quem missurus es (Exode 4, 13) : emitte Agnum dominatorem terræ, de petra deserti ad montem filiæ Sion (Isaïe 16, 1) ut auferat ipse jugum captivitatis nostræ (antienne de Magnificat, lundi de la deuxième semaine de l'Avent, cf. Isaïe 10, 27).

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum.

    Voyez, Seigneur, l'affliction de votre peuple, et envoyez Celui que vous devez envoyer. Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre; qu'il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu'il enlève lui-même le joug de notre captivité.

    Consolamini, consolamini, popule meus (Isaïe 40, 1) : cito veniet salus tua ; quare mœrore consumeris, quia innovavit te dolor? Salvabo te, noli timere, ego enim sum Dominus Deus tuus, Sanctus Israel, redemptor tuus (Répons Jerusalem du deuxième dimanche de l’Avent, inspiré des prophètes, dont Isaïe 41, 14 et 48, 17).

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum.

    Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut: pourquoi te consumes-tu dans la tristesse? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.

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  • La tradition liturgique a le vent en poupe dans les universités américaines.

    Le blog New Liturgical Movement reprend et illustre un article paru sur un blog du site de la Cardinal Newman’s Society, montrant que grandit dans les universités américaines le soutien aux pratiques liturgiques traditionnelles.

    Au Christendom College de Front Royal, en Virginie, le prêtre célèbre ad orientem deux fois par semaine dans la forme extraordinaire, et deux fois dans la forme ordinaire, une en anglais, une en latin. Le chapelain explique : « L’introduction progressive et la célébration occasionnelle de la messe ad orientem sur le campus, à côté de la célébration versus populum, permet aux étudiants de découvrir la façon traditionnelle et historique de célébrer l’eucharistie sans les heurter et aide à montrer et renforcer pour eux l’herméneutique de continuité, dont parlait Benoît XVI, entre les messes de la période préconciliaire et de la période postconciliaire. »

    Les messes célébrées ad orientem donnent aux étudiants l’occasion de « participer à la prière liturgique qui les conduit à la contemplation », dit le P. Hildebrand Garceau, aumônier au Thomas Aquinas College de Santa Paula en Californie. « Tous font face à l’orient liturgique dans un même mouvement de prière et d’offrande. Cela semble aider grandement à réduire les distractions et à aider les étudiants à se concentrer sur l’action liturgique de la plus puissante prière de l’univers : la Sainte Messe. » La messe est dire chaque matin dans la forme extraordinaire, et les étudiants ont ainsi « une messe respectueuse, calme, contemplative ».

    Au Thomas More College de Merrimack, New Hampshire, on a commencé à célébrer la messe traditionnelle ad orientem tous les vendredis, à la demande des étudiants, « particulièrement impressionnés » par le silence. Un silence qui leur est « très utile », souligne le P. John Healy. Lequel ajoute que les évêques des diocèses où la forme extraordinaire est célébrée notent une forte participation de le jeune génération : cela donne espoir pour la liturgie et la tradition de l’Eglise.

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  • Saint Pierre Chrysologue

    Quand la vierge conçoit ou enfante tout en demeurant vierge, ce n’est pas la coutume qui le veut, mais le miracle; non la raison, mais la vertu; non la nature, mais Son Auteur. Ce n’est pas un événement commun, mais unique; quelque chose de divin, non d’humain. Que le philosophe cesse donc de se pressurer le cerveau : la naissance du Christ ne s’explique pas par les lois de la nature, mais par la toute-puissance divine. Elle est honorable à Dieu, non injurieuse. Ce n’est pas au détriment de la Déité qu’elle a été le sacrement de la miséricorde. Elle a été la réparation du salut humain, mais ne fut jamais une diminution de la substance divine. Celui qui, sans naître, a fait l’homme d’un limon intact, c’est le Même qui, en naissant, a fait l’Homme d’un corps intact. La main qui, avec bonté, prit du limon pour façonner notre corps, a pris également la chair avec bonté pour restaurer notre être. Que le Créateur soit dans sa créature, que Dieu se trouve dans la chair, c’est un honneur qui est rendu à la créature, sans porter aucun préjudice au Créateur. Celui qui voit là-dedans un outrage à la divinité, croit donc que le limon est plus précieux que la chair. Peut-être regrette-t-il que l’outrage apporté par le limon à la divinité se soit changé  en un ennoblissement de la chair et en une glorification de l’homme !

    Homme, pourquoi es-tu si vil à tes yeux, toi qui es si précieux aux yeux de Dieu ? Puisque tu es si honoré par Dieu, pourquoi t’avilis-tu ainsi ? Pourquoi cherches-tu d’où tu viens, au lieu d’essayer de découvrir pourquoi tu as été fait ? Toute cette maison du monde que tu vois n’a-t-elle pas été faite pour toi ? C’est pour toi  que la lumière resplendit afin de chasser les ténèbres qui t’entourent de toute part. C’est pour toi que la nuit est plus fraîche. C’est pour toi que les jours sont mesurés. C’est pour toi que le ciel brille de l’éclat du soleil, de la lune et des étoiles. C’est pour toi que la terre est remplie de fleurs, de bosquets et de fruits. C’est pour toi qu’a été crée dans l’air, dans les champs, dans les cours d’eau magnifiques une multitude admirable d’êtres vivants, pour que la solitude d’un triste monde ne déteigne pas sur la joie du nouveau monde. La raison pour laquelle Dieu t’a fait à partir de la terre, c’est pour que tu sois le maître des choses terrestres; et que tu leur sois apparenté, en partageant la même substance. Bien que tu proviennes de la terre, Il ne t’a quand même pas mis sur un pied d’égalité avec les choses terrestres, puisque, avec ton âme céleste, tu es l’égal des créatures célestes. Et pour que, avec Dieu, tu possèdes une raison en commun, et que tu aies un corps semblable à celui des animaux, Dieu t’a donné une âme qui vient du ciel, et un corps qui provient de la terre. Pour qu’en toi, une concorde soit nouée entre le Ciel et la terre.

    Se demandant ce qu’Il pouvait bien encore ajouter pour te faire honneur, ton Créateur a inventé ceci : Il a incrusté en toi Son image, pour que le Créateur invisible soit rendu présent sur la terre par Son image visible. Et Il t’a donné à toi Son pouvoir sur les choses terrestres, pour que le vicaire du Seigneur ne soit pas frustré de la possession du monde dans toute son étendue. Et s’il en est bien ainsi, pourquoi penses-tu que Dieu subit une avanie quand Il tire avec clémence de Lui-même ce qu’Il fait en toi par Lui-même; et quand Il a voulu, en toute vérité, être vu dans l’homme, dans lequel Il avait voulu auparavant qu’on voie Son image ? A celui qui avait autrefois reçu d’être la similitude divine, Dieu lui donne d’être lui-même Celui que représente l’image. La vierge a conçu, la vierge a enfanté. Que cette conception ne te bouleverse pas; que cette naissance ne te déboussole pas, puisque la pudeur virginale rachète tout ce qu’il y a d’humain. Où se trouve la lésion de la pudeur, là où la Déité s’est associé l’intégrité qui lui est toujours amie; là où l’entremetteur est un ange; où le chaperon est la fidélité, où le mariage est la chasteté, où l’engagement réciproque est la vertu, où le juge est la conscience, où la cause est celle de Dieu, où la conception se fait dans le respect de l’intégrité, l’enfantement dans la virginité, où la mère est en même temps vierge ?

    Sermon 148 (extrait)

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  • Saint François Xavier

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    Vie de saint François Xavier, par le Père Bouhours, 1826

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  • Sainte Bibiane

    L'église de Sainte-Bibiane s'élève dans le beau désert de l’Esquilin, non loin de Sainte-Marie-Majeure. Le chemin d'herbe et de murailles qui mène à ce sanctuaire n'est jamais abandonné. C'est une des promenades de la méditation et de la prière, une des routes fréquentées par la douleur en quête d'espérance et de secours.

    Aujourd'hui, c'était un chemin d'allégresse, animé et saintement joyeux de la foule des pèlerins. Prêtres de tout rang, laïques de tout âge et de toute condition, princes, prélats, et pauvres allaient et revenaient, mêlés aux graves et charmantes files des écoles monastiques, si pittoresques dans leurs costumes amples et variés.

    L'humble église, humble, non indigente, tendue d'étoffes à franges d'or, jonchée de rameaux odorants, riante de la lumière des cierges et de la lumière du jour, étalait ses richesses sur les  autels parés de fleurs. O tombeaux embaumés ! O Rome, terre des vivants ! Les voilà, ces restes offerts à la dent des chiens, la voilà, cette enfant qui a vu périr son père et sa mère et sa sœur et qui n'a pas été vaincue, cette vaillante qui a été plus forte que l'empereur et que l’enfer ! L'Apostat n'ayant pu flétrir cette fleur, posa sur elle son pied brutal et crut l'avoir écrasée : la voilà fraîche et odorante dans le quinzième siècle de sa floraison ! Et toi, l'Apostat, où es-tu ?

    Où es-tu, et qu'as-tu emporté de l'empire ? Où est ta pourpre ignominieuse ? Où sont tes ossements que la mort et la vie ont également souillés ? Si l’on découvrait ta tombe, quel hommage  lui serait rendu, et que penserait le monde des hommes qui oseraient y répandre l’infection de leur encens ?

    Je promenai mes yeux sur cette foule prosternée autour de Bibiane. Il y avait des Français, des Anglais, des Espagnols, des Allemands, des Polonais. Comme nous sortions, entraient les élèves de la Propagande, enfants de races inconnues des Romains. Nazaréen, tu es vainqueur !

    Sainte Bibiane est célébrée le 2 décembre, au temps de l'Avent, où l’Eglise se réjouit du prochain avènement du Sauveur. Quatre autres vierges sont honorées durant cette période. Fleurs très-pures, placées sur le seuil de Bethléem, à dessein choisies de différentes nations. Bibiane, la fleur romaine ; Barbe, la fleur d'Orient ; Eulalie, le parfum des Espagnes ; Luce, la bonne odeur de la Sicile ; et ces quatre sont empourprées de leur sang. Odile est le lis donné par la France. Vierges prudentes, dit l'Abbé de  Solesmes, elles ont allumé leurs lampes et veillé en attendant l'Epoux.

    Louis Veuillot, Le parfum de Rome

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  • Aspiciens a longe

    ℟. Aspíciens a longe, ecce video Dei poténtiam veniéntem, et nébulam totam terram tegéntem. * Ite obviam ei, et dícite: * Núntia nobis, si tu es ipse, * Qui regnatúrus es in pópulo Israël.
    ℣.Quique terrígenæ, et fílii hóminum, simul in unum dives et pauper. Ite obviam et, et dícite.
    ℣.Qui regis Israël, inténde, qui dedúcis velut ovem Ioseph. Núntia nobis, si tu es ipse.
    ℣.Tóllite portas, príncipes, vestras, et elevámini portæ æternáles, et introíbit Rex glóriæ. Qui regnatúrus es in pópulo Israël.
    Glória Patri et Filio et Spiritui Sancto.
    ℟. Aspíciens a longe, ecce video Dei poténtiam veniéntem, et nébulam totam terram tegéntem. * Ite obviam ei, et dícite: * Núntia nobis, si tu es ipse, * Qui regnatúrus es in pópulo Israël.

    Guettant de loin, voici que je vois venir la puissance de Dieu, et une nuée recouvrant toute la terre. Allez à sa rencontre, et dites : Annoncez-nous si c’est bien vous
    qui allez régner sur le peuple d’Israël.

    Vous tous, nés de la terre, et enfants des hommes : ensemble, dans l’unité, le riche et le pauvre.

    Pasteur d’Israël, prêtez l’oreille : vous qui conduisez Joseph comme une brebis.

    Levez vos portes, princes : et élevez-vous, portes éternelles : et il fera son entrée.

    Ce grand répons, avec trois versets qui sont trois versets de psaumes différents, est le premier répons des matines du premier dimanche de l’Avent, donc le premier répons de l’année liturgique. Contrairement à ceux qui le suivent, il n’est pas repris dans la liturgie quotidienne.

     

    Addendum

    Le blog New Liturgical Movement en donne un enregistrement.

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  • Premier dimanche de l’Avent

    L’Avent représente, dans l’Année liturgique, les temps qui ont précédé la venue du Messie; ce fut une période d’attente pénible, mais aussi de désir, d’espoir et déjà de joie.

    Nous avons à la revivre. Nous avons, nous aussi, attendre le Messie et à attendre dans la même ferveur que les Prophètes, le peuple juif, Notre Dame, Elisabeth, Zacharie...

    Il semble que cela devrait se faire comme naturellement, car les textes sont là - et plus encore peut-être, la mélodie - qui nous meuvent d'un sentiment à l’autre, selon le jeu des scènes et des personnages ; nous n’avons qu’à nous laisser mener.

    En fait, il n'en va pas ainsi.

    Beaucoup trouvent difficile de réaliser sur le champ, en plénitude et vérité, ces sentiments d’attente; car le Messie est déjà venu et, par le fait, les mots d’espoir et de désir par lesquels ils l’appellent ne sont pour eux qu’artificiels, ils ne correspondent à aucune réalité ; on ne saurait appeler quelqu’un qui est là, ni désirer que vienne celui qui est déjà venu.

    A cette difficulté il existe trois solutions.

    La première est d’ordre historique, si l’on peut dire. Il est bien certain que, pour nous, la naissance du Christ étant un fait passé, nous ne saurions diriger vers cet événement historique nos espoirs, nos désirs et nos appels. Mais, pour Dieu, à qui tout est présent, il n'y a ni passé, ni futur. Il est au dessus du temps. Au moment où les Juifs de l’Ancien Testament prononçaient les paroles qui composent la liturgie actuelle de l’Avent, Il les entendait; mais, dans le même acte, Il entendait aussi tous ceux qui, dans la suite des siècles, les rediraient, et toutes, celles des juifs d’hier et celles des chrétiens d’aujourd’hui et de tous les temps, avaient sur lui l’influence réelle qu’Il a bien voulu leur donner dans la disposition des causes secondes. En deux mots, nos supplications qui, pour nous, sont postérieures à l’Incarnation, pour Lui, ne le sont pas.

    Dès lors, nous pouvons les dire en toute vérité et sincérité. Dans la liturgie de l’Avent, sur notre plan temporel, nous jouons des personnages historiques; et sur le plan de Dieu, nous vivons la réalité, la grande réalité du drame éternel, étant ainsi, en toute vérité, et du passé et du présent.

    La seconde solution est d’ordre mystique.

    Ce n’est pas seulement pour les hommes de son temps qui le virent dans la chair, que le Christ est venu: c’est pour tous les hommes de tous les temps. Il continue donc de venir. Les textes sont là indéniables : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviendrai vers vous... Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons en lui... » Il vient en chacun de ceux qui veulent bien le recevoir, selon un mode spirituel, mystérieux, mais réel.

    Les voies qu'il emprunte sont multiples. Il a lui-même institué la principale : les sacrements, l’Eucharistie, entre tous, le premier. Il en a inspiré une autre: la liturgie.

    Sous le symbolisme des mystères de sa vie qui se déroulent tout au long de l’année, il revit, et ses paroles et ses gestes, à travers l’Eglise, produisent, dans l’âme bien disposée, l’augmentation de charité qui le fait venir à un titre nouveau et nous établit nous-mêmes, avec lui, en des rapports plus intimes.

    A Noël, il vient donc en toute vérité dans l’Eglise et dans les âmes. Il s’ensuit que notre attente, nos désirs, nos appels peuvent être réels et contribuer efficacement à le faire venir avec plus de plénitude.

    La troisième solution est basée sur la venue du Christ dans la gloire à la fin du monde. Vers ce dernier acte de sa royauté terrestre, toute créature soupire. Sa naissance à Bethléem en a été le prélude, sa venue dans les âmes, par les sacrements et la liturgie, en est la préparation; tout va vers là comme vers sa fin. Les textes liturgiques de l’Avent peuvent donc être entendus dans le sens de cet ultime avènement. Aussi bien, les prophètes l’avaient-ils vu en même temps que le premier.

    Ici il n’y a plus aucune difficulté : nous pouvons espérer, désirer, appeler le Christ, car en vérité il viendra.

    De ces trois solutions, laquelle choisir ? Si le texte n’en impose aucune, chacun est libre de son choix. Le mieux est de les prendre toutes les trois car elles se complètent l’une l’autre. Réunissant ainsi, dans un même acte, le désir du Christ qui est venu, du Christ qui vient et du Çhrist qui doit venir, on a alors l’idée splendide du Christ total : Heri, hodie… et in sæcula ; et les textes prennent tout leur sens et toute leur vie. La mélodie aussi ; car il n’y a aucun doute que celui qui l’a composée ne les compris de la sorte.

    Dom Ludovic Baron

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  • De la Sainte Vierge le samedi

    O gloriosa Domina,
    Excelsa super sidera,
    Qui te creavit provide
    Lactasti sacro ubere.

    Quod Heva tristis abstulit,
    Tu reddis almo germine:
    Intrent ut astra flebiles,
    Caeli fenestra facta es.

    Tu regis alti janua,
    Et porta lucis fulgida:
    Vitam datam per Virginem
    Gentes redemptae plaudite.

    Gloria tibi Domine,
    Qui natus es de Virgine,
    Cum Patre, et Sancto Spiritu
    In sempiterna saecula.
    Amen.

    O glorieuse Dame
    Plus élevée que les astres,
    Celui qui t'a créée avec prévoyance,
    Tu l'as allaité de ton sein sacré.

    Ce que la triste Eve nous ravit,
    Tu le rends par le saint Germe.
    Qu'ils entrent comme des astres, les affligés
    Tu as été faite fenêtre du ciel.

    Tu es l'accès du grand Roi
    La porte éclatante de la lumière.
    Une vierge vous donne la vie.
    Peuples rachetés, applaudissez.

    Gloire à toi, Seigneur,
    Qui es né de la Vierge,
    Gloire au Père et à l'Esprit Saint
    Pendant tous les siècles des siècles.
    Ainsi soit-il.

    (Hymne des laudes, bréviaire bénédictin)

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  • Muro tuo inexpugnabili circumcinge nos

    ℟. Muro tuo inexpugnabili circumcinge nos, Domine, et armis tuae potentiae protege nos semper: * Libera, Domine Deus Israël, clamantes ad te.
    ℣. Erue nos in mirabilibus tuis, et da gloriam nomini tuo.
    ℟. Libera, Domine Deus Israël, clamantes ad te.

    Entoure-nous de ton mur inexpugnable, Seigneur, et protège-nous toujours par les armes de ta puissance. Libère, Seigneur Dieu d’Israël, ceux qui crient vers toi. Délivre-nous par tes merveilles, et donne la gloire à ton nom.

    Répons des matines. Le verset vient du livre de Daniel, 3, 43. Mais je n’arrive pas à trouver d’où vient le répons. On trouve aussi « Muro tuo inexpugnabili circumcinge nos, Domine » à la fin d’un répons qui commence par une citation du psaume 54 : « Praecipita, Domine, omnes operarios iniquitatis… », mais il n'y a rien qui ressemble à cela dans le psaume 54.

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  • Saint Goustan

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    Les vies des saints de Bretagne-Armorique, par Fr. Albert Le Grand, de Morlaix, religieux, prêtre, de l'ordre des frères prédicateurs, profès du couvent de Rennes

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  • Saint Pierre d’Alexandrie

    Ce jour on célèbre saint Silvestre, l’abbé bénédictin, qui clôt l’année liturgique comme l’autre saint Silvestre clôt l’année civile.

    Mais on fait aussi mémoire de saint Pierre d’Alexandrie, directeur du didascalée (après notamment Clément d’Alexandrie et Origène), patriarche et martyr, que les byzantins qualifient de « sceau et terme de la persécution » (celle de Dioclétien, en 311).

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    Le bréviaire disait ceci :

    Pierre, Évêque d’Alexandrie, après Théonas, homme d’une éminente sainteté, fut, par l’éclat de ses vertus et de sa doctrine, non seulement la lumière de l’Égypte, mais encore celle de toute l’Église de Dieu. Pendant la persécution de Maximin Galère, il supporta la rigueur de ces temps-là avec tant de courage, que beaucoup de Chrétiens, témoins de son admirable patience, firent de grands progrès dans la pratique des vertus. Il fut le premier à séparer de la communion des fidèles, Arius, Diacre d’Alexandrie, parce qu’il favorisait le schisme de Mélèce. Lorsque Pierre eut été condamné par Maximin à la peine capitale, les Prêtres Achillas et Alexandre allèrent le trouver dans sa prison, pour intercéder auprès de lui en faveur d’Arius ; mais il leur répondit que, pendant la nuit, Jésus lui était apparu, portant une tunique déchirée, et que, lui en ayant demandé la cause, le Sauveur lui avait dit : « C’est Arius qui a déchiré ainsi mon vêtement, qui est l’Église. » Puis leur ayant prédit qu’ils lui succéderaient dans l’épiscopat, il leur défendit de recevoir dans leur communion Arius, qu’il savait mort devant Dieu. Les événements ne tardèrent pas à montrer que cette révélation était vraiment de Dieu. Enfin, la douzième année de son épiscopat, le sixième jour des calendes de décembre, ayant eu la tête tranchée, il alla recevoir la couronne du martyre.

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  • Sainte Catherine

    « A la tête de ses chars le Pharaon fut englouti grâce au bâton de Moïse autrefois, merveilleusement, lorsqu'en forme de croix il frappa la mer et la fendit, mais il sauva Israël qui put fuir et passer à pied sec en chantant un cantique au Seigneur. »

    Par les prières de Catherine, ta sainte martyre, Seigneur, illumine le regard ténébreux de mon âme; et pour faire disparaître les nuages de mes péchés funestes, ô Christ, accorde-moi la splendeur de sa propre clarté.

    Guidée en droite ligne par les divins préceptes du Seigneur et brûlant d'amour pour lui, tu marchas vers les combats, Catherine, avec empressement, et tu frappas de stupeur l'esprit des tyrans par la sagesse et la grâce de tes discours.

    Dirigée sur les flots par la main puissante du Christ, glorieuse Martyre, tu échappas à la tempête des faux dieux, et sans éclaboussure naviguas sous la voile de la Croix et les souffles divins de l'Esprit, en chantant un cantique au Seigneur.

    Parée de splendeur virginale, très-sage Catherine, et possédant la divine connaissance qui te vint du ciel, animée d'un courage viril, tu as couvert de confusion les autorités suprêmes d'un savoir mensonger et sur elles l'emportas de vive force.

    Le fait de proclamer que tu es la pure Mère de Dieu nous détourne de toute hérésie, car tu as enfanté, divine Génitrice, celui qui s'est fait chair sans changement, celui qui domine l'entière création, l'éternelle Parole de Dieu.

    *

    « Au commencement, par ton intelligence, tu affermis les cieux et tu fondas la terre sur les eaux: ô Christ, rends-moi ferme sur la pierre de tes commandements, car nul n'est saint hormis toi, le seul Ami des hommes. »

    Par un élan volontaire tu avanças, pour imiter le Christ, de plein gré vers ta passion; et, remportant la victoire brillamment sur le prince ténébreux de ce monde, tu obtins la couronne, Catherine divinement inspirée.

    Enonçant clairement, avec la force de ton esprit, l'enseignement de la connaissance de Dieu, tu mis en échec les tyrans, qui roulèrent dans le gouffre des impies, illustre Martyre que la divine sagesse illuminait.

    Celui qui chuchota aux oreilles d'Eve l'égalité avec Dieu par une frêle vierge est écrasé maintenant, car la martyre Catherine, armée de la croix, a confondu celui qui se vantait sans mesure.

    Par la force de la Vie qui s'est levée de ton sein sur le monde, relève mon âme réduite à la mort, efface les cicatrices et les marques du péché, seule Génitrice immaculée de notre Dieu.

    (Liturgie byzantine, Matines de la fête, Canon de sainte Catherine, de saint Théophane l’Hymnographe, odes 1 et 3.)

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