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Liturgie

  • Saint Jérôme

    Tel un autre Jean-Baptiste, Jérôme, couvert d’un cilice et nourri de jeûne, ressemble à l’une de ces plantes tropicales qui se dressent au milieu du désert. Son rugissement est entendu jusqu’aux extrêmes confins de la terre, car, tandis que chaque jour des caravanes d’évêques et de fidèles affluaient à Bethléem pour voir Jérôme et conférer avec lui, là où n’atteignait pas sa voix arrivaient ses écrits, dans lesquels ou il expliquait les saintes Écritures, ou il discutait avec les hérétiques. Un témoin oculaire, Sulpice Sévère, écrit à son sujet : « II est continuellement plongé dans les études et sur les livres ; il ne se donne de repos ni jour ni nuit, il est sans cesse occupé ou à lire, ou à écrire. » Saint Jérôme mourut, presque nonagénaire, le 30 septembre 420, et fut enseveli à Bethléem, près de la Crèche du Seigneur.

    Rome, qui le vit une première fois dans ses murs jeune étudiant, puis, aux côtés du pape Damase, tout appliqué à aider le Pontife dans l’expédition des affaires ecclésiastiques du monde entier, doit à saint Jérôme — un jour même candidat à la chaire de saint Pierre — sa version des Livres saints, l’introduction du chant alléluiatique à la messe dominicale, la diffusion de la vie monastique au sein du patriciat, et, enfin, la célébration quotidienne de l’office divin.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Saint Michel

    Antienne d’offertoire (Apocalypse 8,3-4)

    Stetit Angelus iuxta aram templi, habens thuríbulum áureum in manu sua, et data sunt ei incénsa multa : et ascéndit fumus aromátum in conspéctu Dei, allelúia.

    L’Ange se plaça devant l’autel du temple, ayant un encensoir d’or dans sa main ; et il lui fut donné beaucoup de parfums : et la fumée des parfums monta devant Dieu, alléluia.

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    Par les moniales d’Argentan
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  • Saint Venceslas

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    Saint Venceslas est le souverain éternel des Tchèques. C’est pourquoi le jour de sa fête (qui est fête nationale) et en quelques autres occasions exceptionnelles on porte en procession sa véritable tête couronnée.

    Dans le Trésor de la cathédrale Saint-Guy, au cœur du Château de Prague, dans une pièce munie de sept verrous dont ont la clef chacun des sept personnages principaux de l’Etat et de l’Eglise, il y a les joyaux de la Couronne de Bohême, dont la couronne dite de saint Wenceslas, ornée de 96 pierres précieuses (dont le plus gros rubis serti connu), qui est en fait celle du couronnement de Charles IV en 1346, et dont une copie trône dans la salle Vladislav du Château.

    Le roi de Bohême ne portait cette couronne que le jour de son couronnement, car le véritable roi de Bohême est toujours saint Venceslas. Il est assez remarquable que les joyaux de la couronne ne sont sortis de leur salle quasi-secrète qu’en de très rares occasions, dont... l’entrée en fonction du nouveau président de la République.

    Le plus célèbre des chants tchèques est naturellement une prière à saint Wenceslas. C’est peut-être aussi le plus ancien chant européen non liturgique qui ait été chanté sans discontinuer depuis le XIIe siècle.

    Svatý Václave,
    vévodo české země,
    kníže náš,
    pros za ny Boha,
    svatého Ducha!
    Kryrieleison.

    Saint Venceslas,
    Duc de Bohême,
    notre prince,
    prie pour nous Dieu
    le Saint-Esprit
    Kyrie eleison!

    Nebeské toť dvorstvo krásné
    blaze tomu ktož tam pojde
    život věčny
    oheň jasný
    svatého Ducha
    Kyrieleison.

    La cour céleste est merveilleuse,
    bienheureux qui y va
    vie éternelle,
    feu clair
    du Saint-Esprit
    Kyrieleison!

    Pomoci tvé žádámy,
    smiluj se nad námi,
    utěš smutné,
    odžeň vše zlé,
    svatý Václave!
    Kyrieleison.

    Nous demandons ton aide,
    aie pitié de nous
    réconforte ceux qui sont tristes,
    chasse tout mal,
    saint Venceslas!
    Kyrieleison!

  • Saints Côme et Damien

    Voici cinq peintures représentant le miracle de saint Côme et saint Damien réalisant la première greffe d’un membre. La première est de Fra Angelico, la deuxième est anonyme et date de 1495, la troisième date également de 1495 et est attribuée au maître de Los Balbases, la quatrième est de Fernando del Rincon (vers 1510-1520 - et ici on a carrément apporté le cadavre entier du "maure-Ethiopien", qui se retrouve avec une jambe blanche), la cinquième est anonyme (vers 1600).

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    Voici un texte tiré d’un site de « travaux personnels encadrés » sur les greffes d’organe, qui décrit ces tableaux.

    L’idée de substituer un élément du corps défaillant  par un élément sain provenant d’une autre personne, date du IIIe siècle. En effet, c’est à cette époque que les frères jumeaux, Côme et Damien, d’origine arabe, exerçaient gratuitement la médecine dans une ville de Cilicie, une région de l’actuelle Syrie : ils étaient alors surnommés  anargyroi , c'est-à-dire sans argent. Ils attirèrent alors un grand nombre de gens à la foi chrétienne.

    Cependant, les deux frères sont surtout connus pour avoir réussi miraculeusement la première greffe d’un membre : alors que la jambe du Diacre Giustiniano était atteinte d'un cancer, Côme et Damien amputèrent le membre malade et le remplacèrent par celui d’un éthiopien récemment décédé. Les auteurs de cet exploit devinrent les saints patrons des médecins et des chirurgiens.

    Malgré le fait que la date ainsi que l'identité de leur auteur demeurent souvent inconnues, nombreuses sont les toiles et fresques représentant l'évènement: les trois suivantes en sont des exemples.

    En comparant ces tableaux de manière attentive, de nombreux points communs peuvent être relevés. Ainsi, une construction commune de ces tableaux peut être établie:

    Au premier plan, le membre défaillant qui a été coupé est exposé  de manière inévitable, aux yeux de tous. Déposé au pied du lit, il est d’une blancheur exagérée et se vide parfois même de son sang. Le membre s’oppose en tout point avec celui qui est en train d’être greffé, noir et sain.

    Au second plan, le lit du Diacre ainsi que ce dernier occupent une grande partie de la largeur des tableaux. C’est donc au centre que les  principaux éléments se trouvent : Le greffé, allongé ou presque, est toujours dans des draps blancs, partiellement recouvert d’une couverture. Cette couleur, symbole de la pureté, attire le regard et s’oppose au sombre fond des tableaux. Souvent, il porte un bonnet et ses mains sont posées sur son abdomen : cela traduit sont état valétudinaire.

    Au troisième plan, Côme et Damien sont représentés avec des vêtements liturgiques. Ils sont aussi dotés d’une auréole, signe de leur sainteté. Leurs mains sont toujours en contact avec le membre à greffer et ils sont les seuls à participer à l’intervention, même si dans certaine représentation, des anges les assistent. De plus, les regards des deux frères sont automatiquement tournés vers le membre greffé : les axes qu’ils forment se croisent sur le cœur du tableau, là où il faut que nous regardions.

    Au quatrième plan, le sombre fond du tableau représente les lieux de l’événement  avec des architectures spécifiques à l’église et à d’autres monuments religieux.

    On peut aussi ajouter que les auréoles, la  lumière blanche et les anges sont des éléments qui témoignent de la présence de Dieu.

    Selon la tradition, c’est dans un songe que Côme et Damien vinrent substituer la jambe, même si les effets furent bien réels. D’autre part ils sont en costumes de chirurgiens, et non en habits liturgiques (malgré ce que paraît montrer le maître de Balbases).

    Voici le texte de la Légende dorée.

    Le pape Félix, aïeul de saint Grégoire, fit construire à Rome une magnifique église en l’honneur des saints Côme et Damien. En cette église se trouvait un serviteur des saints martyrs auquel un chancre avait dévoré toute une jambe. Or, voilà que, pendant son sommeil, lui apparurent les saints Côme et Damien qui portaient avec eux des onguents et des instruments. L'un dit à l’autre : « Où aurons-nous de quoi remplir la place où nous couperons la chair gâtée ? » Alors l’autre répondit : « Dans le cimetière de saint Pierre-aux-Liens, se trouve un Ethiopien nouvellement enseveli; apporte de sa chair pour remplacer celle-ci. » Il s'en alla donc en toute hâte au cimetière et apporta la jambe du maure. Ils coupèrent ensuite celle du malade, lui mirent à la place la jambe du maure, oignirent la plaie avec soin; après quoi ils portèrent la jambe du malade au corps du maure. Comme cet homme en s'éveillant ne ressentait plus de douleur, il porta la main à sa jambe, et n'y trouva rien d'endommagé. Il prit donc une chandelle, et ne voyant aucune plaie sur la jambe, il pensait que ce n'était plus lui, mais que c'était un autre qui était à sa place. Enfin revenu à soi, il sauta tout joyeux hors du lit, et raconta à tout le monde ce qu'il avait vu en dormant et comment il avait été guéri. On envoya de suite au cimetière, et on trouva la jambe du maure coupée et celle de l’autre mise dans le tombeau.

  • Adonai Domine

    ℟. Adonai, Domine, Deus magne et mirabilis, qui dedisti salutem in manu feminae. * Exaudi preces servorum tuorum.
    ℣. Benedictus es, Domine, qui non derelinquis praesumentes de te, et de sua virtute gloriantes humilias.
    ℟. Exaudi preces servorum tuorum.

    Adonaï, Seigneur Dieu, grand et merveilleux, qui a apporté le salut par la main d’une femme, exauce les prières de tes serviteurs. Tu es béni, Seigneur, toi qui n’abandonnes pas ceux qui présument de toi, et qui humilie ceux qui se glorifient de leur puissance ; exauce les prières de tes serviteurs.

    Ce répons des matines célèbre Judith, qui en tuant Holopherne a sauvé le peuple d’Israël. C’est une création liturgique qui utilise deux expressions du cantique de Judith : 16,16 : Adonai, Domine, magnus es tu, et 16,7 : et tradidit eum in manus feminæ, et un verset de la prière du peuple en Judith 6,15 : non derelinquis præsumentes de te : et præsumentes de se, et de sua virtute gloriantes, humilias. On y ajoute la formule « Exaudi preces servorum tuorum » qui ne se trouve pas dans le livre, mais qui ressemble beaucoup à une formule de litanies. Or, selon une spécialiste de la question, ce répons pourrait provenir d’une antienne des Rogations dans l’antique liturgie gallicane.

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    Fribourg, antiphonaire des cordeliers, autour de 1300. On voit au-dessus du répons (avec sa belle lettrine) l’antienne de Magnificat de samedi dernier, constituée de la même phrase. On constate aussi (inscription en rouge*) qu’il s’agit, dans cet antiphonaire, de la lecture biblique et de la liturgie de la 3e semaine de septembre, et non de la 4e comme dans les livres tridentins.

    * Le mot correct est "rubrique", ce qui veut dire précisément "en rouge".

  • 19e dimanche après la Pentecôte

    Salus pópuli ego sum, dicit Dóminus : de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos : et ero illórum Dóminus in perpétuum.

    Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur, dans toutes leurs tribulations, s’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai leur Seigneur à jamais.

    L’introït de ce dimanche est le seul de tout le temporal à ne pas être pris d’un psaume, ou d’un autre texte de l’Ecriture. Par son premier mot « salus » il évoque les saints Côme et Damien, les saints médecins anargyres et martyrs, car cette messe était dans l’antiquité la messe du dimanche avant la fête des saints Côme et Damien, le 27 septembre, comme c'est le cas cette année, et la station romaine était dans leur église. Les deux médecins soignaient aussi efficacement que gratuitement : ils étaient le salut du peuple, en rendant la santé, le même mot évoquant à la fois le retour à la santé et le salut éternel, comme on le voit souvent dans l’Evangile quand Jésus dit au malade qu’il a guéri : « Ta foi t’a sauvé. » Or bien sûr le véritable salut du peuple, le salut éternel, c’est le Christ, auquel renvoient nos deux médecins.

    Au VIIIe siècle, Grégoire II fit de cet introït celui du jeudi de la mi-carême, qui célèbre précisément les saints Côme et Damien (sanctórum tuórum Cosmæ et Damiáni beáta sollémnitas, dit la collecte). Cette messe de la mi-carême est vraiment centrée sur l’activité des guérisseurs comme symbole du salut éternel. Celle de ce dimanche l’est moins, mais la collecte demande bien que nous soyons « dispos de corps et d’esprit », et la prière après la communion est très… médicale, insistant sur le remède divin qu’on vient de prendre :

    Tua nos, Dómine, medicinális operátio, et a nostris perversitátibus cleménter expédiat, et tuis semper fáciat inhærére mandátis. Per Dóminum.

    Que ton opération médicinale, Seigneur, nous débarrasse de nos perversités et nous rendent toujours attachés à tes commandements.

    Sur l’évangile de ce dimanche, voir ici et .

  • Samedi des quatre temps

    Mense séptimo festa celebrábitis, cum in tabernáculis habitáre fécerim fílios Israël, cum edúcerem eos de terra Ægýpti, ego Dóminus, Deus vester.

    Le verset pour la Communion est tiré du Lévitique. « Le septième mois, vous célébrerez la fête commémorative du temps où je fis habiter sous les tentes les fils d’Israël, alors que moi, le Seigneur, votre Dieu, je les tirai de l’Égypte. » Cette solennité prélude à celle que nous célébrerons dans le tabernacle céleste, alors que les six mois étant écoulés qui figurent le temps pénible de la vie présente, Dieu nous introduira dans le sabbat de son repos. En ce septième temps, déjà sanctifié et béni par le Seigneur dès l’origine du monde, nous élèverons à Dieu un hymne d’action de grâces, et ce sera l’hymne de la revanche, le chant de ceux qui ont été sauvés des ondes de la mer Rouge, le cantique des rapatriés.

    Perfíciant in nobis, Dómine, quǽsumus, tua sacraménta quod cóntinent : ut, quæ nunc spécie gérimus, rerum veritáte capiámus. Per Dóminum.

    Nous vous en supplions, Seigneur, que vos sacrements perfectionnent en nous la grâce qu’ils renferment, en sorte que nous recevions la réalité de ce que nous accomplissons maintenant en figure.

    Dans la collecte d’action de grâces, on demande au Seigneur que la divine grâce dont l’Eucharistie est la source vive, obtienne en nous sa pleine efficacité ; en sorte que cette union mystique de notre âme avec Dieu, telle qu’elle est en ce moment symbolisée par le Sacrement, atteigne dans le ciel toute sa perfection. La divine Eucharistie est, en effet, une grâce — étymologiquement, Eucharistie signifie la bonne grâce — et une promesse. C’est une grâce, en tant qu’elle nous rend capables de participer à la nature divine, en nous entraînant à une vie de sainteté et de perfection ; mais en même temps elle est aussi une promesse, parce que Jésus, au dire de saint Jean, donne gratiam pro gratia, et quand, au ciel, Il soustraira à notre foi les Espèces du Sacrement, Il donnera à notre amour, précisément grâce à l’Eucharistie, tout ce que notre cœur, ici-bas, se promettait d’atteindre.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Vendredi des quatre temps de septembre

    Accépta tibi sint, Dómine, quǽsumus, nostri dona ieiúnii : quæ et expiándo nos tua grátia dignos effíciant, et ad sempitérna promíssa perdúcant. Per Dóminum.

    Nous vous en supplions, Seigneur, que l’offrande de notre jeûne vous soit agréable ; qu’en nous faisant expier nos fautes, il nous rende dignes de votre grâce et qu’il nous conduise aux biens éternels que vous nous avez promis.

    La secrète, en une phrase très concise, nous décrit bien l’origine liturgique de l’antique abstinence romaine. On ne jeûne jamais sans que le divin Sacrifice consacre l’abstinence du peuple, l’offre à Dieu avec la Passion du Rédempteur et marque le terme du jeûne lui-même. C’est pourquoi aujourd’hui l’offrande eucharistique que la communauté chrétienne a présentée à l’autel est appelée le don commun du jeûne sacré. Les fruits qu’on en attend sont : l’expiation du péché, la convenable préparation et coopération à la grâce, et finalement l’obtention de l’éternité tant de fois promise.

    Remarquons l’ordre de ce triple effet. Il faut d’abord écarter l’obstacle qui soustrait coupablement l’âme à l’influence miséricordieuse du Saint-Esprit, et cela s’obtient en excitant en elle les sentiments de foi et de contrition qui ramènent à Dieu ; alors commence la vie de grâce de l’âme, laquelle vie comporte nécessairement une courageuse coopération de la part de l’homme. —- Non ego, sed gratia Dei mecum, disait saint Paul. — Ensuite vient le dernier et définitif développement de cette vie surnaturelle, alors que la grâce se transforme en lumière de gloire.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Saint Thomas de Villeneuve

    Fils de meuniers castillans, on l’envoya étudier à l’université d’Alcala, où il fut nommé professeur dès qu’il eut terminé ses études. Puis il devient professeur à l’université de Salamanque. Mais bientôt il se fit ermite de saint Augustin, et il devint provincial de l’ordre.

    Charles Quint, qui lui avait donné le titre de chapelain royal, voulut le faire archevêque de Grenade, mais il refusa. Il fut ensuite contraint d’accepter l’archevêché de Valence. Il quitta sa cellule en pleurant et se rendit dans la ville à pied. Au moment de son arrivée, la pluie tomba en abondance après une longue période de sécheresse. Ses chanoines lui offrirent quatre mille ducats pour son ameublement. Il les fit distribuer aux pauvres.

    Surnommé “l’aumônier” en raison de ses œuvres de charité (et béatifié par Paul V sous le nom de “bienheureux Thomas l’Aumônier”), il dépensait ainsi tous ses revenus, au point qu’il mourut sur un lit que lui prêta celui à qui il l’avait donné. Convoqué au Concile de Trente, il ne put s’y rendre à cause de sa santé ; mais il invita les évêques de sa province à se réunir auprès de lui et leur remit ses travaux après en avoir discuté avec eux. Il eut ainsi sur le concile une grand influence. Par ses écrits ascétiques et mystiques, il est l’un des grands représentants de l’Ecole spirituelle espagnole du XVIe siècle. Il nous reste de nombreux sermons de lui. J’en avais donné un échantillon l'an dernier (mais je ne sais plus du tout où je l’avais trouvé).

    Il a été canonisé par le pape Alexandre VII, le 1er novembre 1658. À cette occasion l’église paroissiale de Castel Gandolfo a été restaurée et lui a été dédiée.

  • Saint Matthieu

    Jésus, sortant de là, vit un homme, appelé Matthieu, assis au bureau des impôts. Et Il lui dit: Suis-Moi. Et se levant, il Le suivit. Matthieu 9,9

    Mais d’où vient que Jésus-Christ n’a point appelé l’apôtre dont nous venons de lire la vocation, avec saint. Pierre, saint Jean et le autres? Il avait choisi, pour appeler ceux-ci, le temps où il savait que ces hommes répondraient à leur vocation. De même il appela saint Matthieu lorsqu’il eut la certitude que ce publicain se rendrait à sa parole. C’est ainsi encore qu’il pêcha saint Paul, après sa résurrection. Car celui qui sonde les cœurs et qui voit à nu les pensées des hommes, n’ignorait pas le moment le plus propre pour se faire suivre de chacun de ses apôtres. Il n’appela point d’abord saint Matthieu, parce que son cœur était encore trop endurci ; mais après tant de miracles, et cette grande réputation qu’il s’était acquise, il l’appela enfin, parce qu’il savait qu’il ne lui résisterait pas.

    Mais nous devons admirer ici la grande humilité de cet évangéliste, qui ne dissimule point sa vie passée, et qui marque expressément son nom de "Matthieu", lorsque tous les autres le cachent et l’appellent Lévi.

    Pourquoi marque-t-il qu’il était « assis au bureau des impôts »? C’est pour faire voir la force toute-puissante de Celui qui l’appela, et qui le choisit pour son disciple, avant qu’il eût renoncé à une profession si déshonorante, avant qu’il eût cessé ses coupables exactions et lorsqu’il y était actuellement occupé. C’est ainsi qu’il appela ensuite le bienheureux apôtre saint Paul, lorsqu’il était plein de rage et de furie contre les disciples. Ce saint apôtre exprime lui-même quelle était la toute-puissance de Celui qui l’appelait, lorsqu’il dit aux Galates : « Vous savez, mes frères, de quelle manière j’ai vécu autrefois dans le judaïsme, avec quelle fureur je persécutais l’Eglise de Dieu. »

    Il appela encore les pêcheurs, lorsqu’ils étaient à leurs filets. Mais cette occupation, qui était celle de bons paysans, d’hommes rustiques et simples, n’avait cependant rien d’infamant: au lieu que le métier de publicain était rempli d’injustice, de cruauté et d’infamie, et passait pour un trafic honteux, pour un gain illicite, et pour un vol qui s’exerçait sous le couvert des lois. Cependant Jésus-Christ ne rougit point d’avoir pour disciples des hommes de cette sorte.

    Mais devons-nous nous étonner que le Sauveur n’ait point rougi d’appeler un publicain, lui qui n’a pas rougi d’appeler à lui une femme impudique, qui lui a permis de baiser ses pieds, et de les arroser de ses larmes? C’est pour cela qu’il était venu. Ce n’est pas tant le corps qu’il a voulu affranchir de ses maladies que l’âme qu’il a désiré guérir de sa malice. Il le fit bien voir à propos du paralytique. Avant d’appeler à lui un publicain, et de l’admettre au nombre de ses disciples, ce qui aurait pu scandaliser, il prit la précaution de faire voir qu’il lui appartenait de remettre les péchés.

    Car qui peut trouver étrange que Celui qui est assez puissant pour guérir les péchés des hommes, appelle un pécheur et en fasse un apôtre?

    Mais après avoir vu la puissance du Maître qui appelle, admirez la soumission du disciple qui obéit. Il ne résiste point; il ne témoigne point de défiance en disant en lui-même : Que veut dire cet homme? N’est-il pas visible qu’il me trompe en m’appelant à lui, moi qui suis un publicain et un pécheur? Il ne s’arrête point à des pensées que lui auraient pu inspirer une humilité fausse et indiscrète; mais il suit Jésus-Christ avec tant de promptitude, qu’il ne prend pas même le temps d’en aller demander avis à ses proches.

    Le publicain obéit avec la même docilité que les pêcheurs. Ils avaient à l’instant quitté leurs filets, leur barque et leur père, celui-ci renonce de même à cette banque et au gain qu’il en retirait. Il témoigne combien il était disposé et préparé à tout. Il rompt tout d’un coup tous les liens et tous les engagements du siècle; et cette prompte obéissance rend témoignage à la sagesse et à la grâce pleine d’à-propos de Celui qui l’appelait.

    Saint Jean Chrysostome, homélie 30 sur saint Matthieu

  • Saint Eustache

    Un jour que, se livrant à l’exercice de la chasse, il poursuivait un cerf d’une taille prodigieuse qui fuyait devant lui, cet animal s’arrêta tout à coup et Eustache put voir, entre ses bois, une image grandiose et resplendissante de notre Seigneur Jésus-Christ attaché en croix.

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    On l’exposa aux lions avec sa femme et ses enfants ; la douceur que ces animaux montrèrent à leur égard ayant irrité l’Empereur, celui-ci ordonna d’enfermer les saints Confesseurs dans un taureau d’airain, rougi par le feu qui brûlait au-dessous. Consommant ainsi leur martyre et chantant les louanges divines, ils s’envolèrent vers la félicité éternelle, le douze des calendes d’octobre.

  • Saint Janvier

    Le soir même de l'exécution, vers neuf heures, deux personnes, pareilles à deux ombres, s'avançaient timidement vers le forum désert, en cherchant des yeux les trois cadavres, que l'on avait laissés sur le lieu même du supplice.

    La lune, qui venait de se lever, répandait sa lumière sur la plaine jaunâtre de la Solfatare, de sorte que l'on pouvait distinguer chaque objet dans tous ses détails.

    Les deux personnages qui hantaient seuls ce lieu désolé étaient, l'un un vieillard, l'autre une vieille femme.

    Tous deux s'observèrent un instant avec défiance, puis, enfin, se décidèrent à marcher l'un vers l'autre.

    Arrivés à la distance de trois pas seulement, tous deux portèrent la main à leur front en faisant le signe de la croix.

    S'étant alors reconnus pour chrétiens :

    – Bonjour, mon frère, dit la femme !

    – Bonjour, ma sœur, dit le vieillard.

    – Qui êtes-vous ?

    – Un ami de saint Janvier. Et vous ?

    – Une de ses parentes.

    – De quel pays êtes-vous ?

    – De Naples. Et vous ?

    – De Pouzzoles. Qui vous amène à cette heure ?

    – Je viens pour recueillir le sang du martyr. Et vous ?

    – Je viens pour ensevelir son corps.

    – Voici les deux fioles avec lesquelles il a dit sa dernière messe, et qu'il m'a données en sortant de l'église et en m'ordonnant de boire l'eau et le vin qui y restaient. J'étais paralytique, ne pouvant remuer ni bras ni jambes depuis dix ans ; mais à peine, selon l'ordre du bienheureux saint Janvier, eus-je vidé les fioles, que je me levai et que je marchai.

    – Et moi, j'étais aveugle. Je demandai au martyr, au moment où il marchait au supplice, un souvenir de lui : il me promit de me donner, après sa mort, le mouchoir avec lequel on lui banderait les yeux. Au moment même où le bourreau lui trancha la tête, il m'apparut, me donna le mouchoir, m'ordonna de l'appuyer sur mes yeux et de venir le soir ensevelir son corps. Je ne savais comment exécuter la seconde partie de son ordre ; car j'étais aveugle ; mais à peine eus-je porté la relique sainte à mes paupières, que, pareil à saint Paul sur la route de Damas, je sentis tomber les écailles de mes yeux, et me voici prêt à obéir aux ordres du bienheureux martyr.

    – Soyez béni, mon frère ! car je sais maintenant que vous étiez bien véritablement l'ami de saint Janvier, qui m'est apparu en même temps qu'a vous pour m'ordonner une seconde fois de recueillir son sang.

    – Soyez bénie, ma sœur ! car, à mon tour, je vois que vous êtes bien véritablement sa parente. Mais, à propos, j'oubliais une chose...

    – Laquelle ?

    – Il m'a bien recommandé de chercher un doigt qui lui a été coupé en même temps que la tête, et de les réunir religieusement à ses saintes reliques.

    – Il m'a dit de même que je trouverais dans son sang un fétu de paille, et m'a ordonné de le garder avec soin dans la plus petite des deux fioles.

    – Cherchons, ma sœur.

    – Cherchons, mon frère.

    – Heureusement, la lune nous éclaire.

    – C'est encore un bienfait du saint ; car, depuis un mois, la lune était couverte de nuages.

    – Voici le doigt que je cherchais.

    – Voici le fétu de paille dont on m'a parlé.

    Et, tandis que le vieillard de Pouzzoles plaçait dans un coffre le corps, la tête et le doigt du martyr, la vieille femme napolitaine, agenouillée pieusement, recueillait, avec une éponge, jusqu'à la dernière goutte du sang précieux et en remplissait les deux fioles que le saint lui avait données.

    C'est ce même sang qui, depuis quinze siècles et demi, se met en ébullition, chaque fois qu'on le rapproche du saint, et c'est dans cette ébullition prodigieuse, inexplicable, et qui se produit deux fois par an, que consiste le fameux miracle de saint Janvier, qui fait tant de bruit de par le monde et que, de gré ou de force, Championnet comptait bien obtenir du saint.

    Alexandre Dumas, La San-Felice, chapitre 96. On lira le chapitre entier, qui est entièrement sur saint Janvier, ici.

  • 18e dimanche après la Pentecôte

    Introït de la messe de ce dimanche, par les moines de Santo Domingo de Silos.

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    Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui vous attendent afin que vos prophètes soient trouvés fidèles : exaucez les prières de votre serviteur, et celles d’Israël votre peuple.

    Je me suis réjoui de ces mots qui m’ont été dits : Nous irons dans la maison du Seigneur.

    Sur l’évangile de ce jour, voir ici et . Et le commentaire du bréviaire (saint Pierre Chrysologue), qui s’en tient de façon insolite mais à dessein à la première phrase.

    Sur l’offertoire, voir ici.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Sacraméntum reconcilatiónis nostræ, ante témpora æterna dispósitum, nullæ implébant figuræ; quia nondum supervenerat Spíritus Sanctus in Vírginem nec virtus Altíssimi obumbraverat ei, ut, et intra intemeráta víscera, ædificante sibi Sapiéntia domum, Verbum caro fieret, et, forma Dei ac forma servi in unam conveniénte personam, Creator témporum nascerétur in témpore, et, per quem facta sunt ómnia, ipse inter ómnia gignerétur. Nisi enim novus homo, factus in similitúdinem carnis peccati, nostram susciperet vetustátem, et, consubstantialis Patri, consubstantialis esse dignarétur et matri, naturámque sibi nostram solus a peccáto liber uníret; sub iugo diaboli generáliter tenerétur humana captivas.

    Le mystère de notre réconciliation, ordonné avant tous les siècles, ne s’accomplissait par aucune figure de l’Ancien Testament ; parce que le Saint-Esprit n’était pas encore survenu en Marie, et que la vertu du Très-Haut ne l’avait pas encore environnée de son ombre, afin que la Sagesse éternelle se bâtissant elle-même une maison le Verbe se fît chair dans les chastes entrailles de cette sainte Vierge, et que par l’union de la forme de Dieu avec la forme d’esclave en une seule personne, le Créateur des temps naquît dans le temps, et celui par qui toutes choses ont été faites fût engendré lui-même parmi toutes les choses qui ont été faites par lui. Car tout le genre humain serait demeuré captif sous le joug du démon, si le nouvel homme ne se fût revêtu de la nature du vieil homme, en prenant la ressemblance de la chair du péché ; si le fils consubstantiel au Père n’avait daigné se faire aussi consubstantiel à sa mère, et si celui qui est seul exempt du péché n’avait uni notre nature à la sienne.

    Saint Léon le Grand, lettre à l’impératrice Pulchérie, lecture des matines en septembre. Traduction du Breviarium Benedictinum de 1725.

    Cet extrait a été choisi à cause de la magnifique expression « consubstantialis Patri, consubstantialis esse dignarétur et matri ». Le Fils, consubstantiel au Père, est également consubstantiel à sa mère. Cette lettre est l’une de celles que saint Léon écrivit le 13 juin 449, la plus connue étant celle qui est désignée sous le titre de « Tome à Flavien ». Saint Léon prépare (avec l’impératrice) un « deuxième concile d’Ephèse », qui tournera en « brigandage », mais le « Tome à Flavien » deviendra le grand document de référence du concile de Chalcédoine, lequel définira que le Fils est « consubstantiel au Père, selon la Divinité, et consubstantiel à nous, selon l'humanité ».

  • Saints Corneille (pape) et Cyprien (évêque)

    Fin du traité de saint Cyprien sur le Pater (vers le milieu du IIIe siècle).

    Quant à l’heure de la prière, nous voyons que les trois enfants captifs à Babylone observaient l’heure de tierce, de sexte et de none, pour figurer sans doute la Trinité divine qui devait se manifester plus tard. De la première ,heure ou de prime jusqu’à tierce nous trouvons trois heures; nous trouvons le même nombre de tierce à sexte et de sexte à none: la Trinité se manifeste donc par trois espaces réguliers, composés chacun de trois heures. Déjà depuis longtemps les serviteurs du vrai Dieu, éclairés par l’Esprit-Saint, avaient déterminé, ces heures pour les consacrer à la prière, et les événements ont montré que cette conduite des justes avait quelque chose de mystérieux et de sacré. Car c’est à l’heure de tierce que le Saint-Esprit descendit sur les apôtres pour accomplir la promesse divine. C’est à l’heure de sexte que Pierre, priant sur le toit de sa maison et doutant encore s’il devait accorder aux idolâtres le sacrement de la régénération, entendit la voix de Dieu qui lui ordonnait d’admettre tous ,les hommes à la grâce du salut. C’est à l’heure de sexto que le Seigneur, crucifié pour nous, lava jusqu’à l’heure de none nos péchés avec son sang, et remporta cette victoire qui fut pour nous la rédemption et la vie.

    Mais pour nous, mes frères bien-aimés, les mystères de la loi nouvelle nous font une obligation de prier plus souvent. Nous devons prier le matin, pour célébrer, par cet hommage, la résurrection du Seigneur. C’est ce que l’Esprit nous enseigne dans les psaumes : Mon roi et mon Dieu, je vous adresserai ma prière et dès le matin vous entendrez ma voix. Dès le matin je me tiendrai en votre présence et je vous contemplerai (Psal., V.). Le (237) Seigneur nous dit encore par la bouche d’un de ses prophètes: Dès le point du jour ils veilleront devant moi en disant: Allons et convertissons-nous au Seigneur notre Dieu (Os., VII.).

    Au coucher du soleil et à la fin du jour, nous devons encore remplir le devoir de la prière. Le Christ est le véritable soleil et la véritable lumière. Lorsqu’au déclin du jour, nous demandons que la lumière brille de nouveau sur nous, nous implorons la venue du Christ qui nous donnera la grâce de l’éternelle clarté. Or, que le Christ soit désigné par le jour, c’est ce que l’Esprit-Saint nous apprend dans les psaumes. La pierre que les ouvriers ont repoussée est devenue pierre angulaire de l’édifice. C’est le Seigneur qui a fait cette pierre et elle est admirable à nos yeux. C’est le jour que le Seigneur a fait; marchons et réjouissons-nous à sa lumière (Os., VII.).

    Le Christ est de même désigné par le soleil comme nous l’atteste Malachie : Pour vous qui craignez le nom du Seigneur, le soleil de justice se lèvera sur vous et ses rayons apporteront le salut (Malach., IV.). Si l’Écriture nous représente le Christ comme le véritable soleil et le véritable jour, il n’y a pas d’heure où les chrétiens ne doivent l’adorer. Nous donc qui jouissons de la lumière de la nouvelle alliance, passons tout le jour en prière, et, quand les lois de la nature nous ramènent la nuit, que les ténèbres ne nous inspirent aucun effroi, car nous sommes fils de la lumière et le jour brille toujours pour nous. Celui qui porte la lumière dans son coeur peut-il être dans les ténèbres? Celui qui trouve dans le Christ et le jour et le soleil peut-il regretter l’absence d’un astre matériel ? Donc, encore une fois, puisque la lumière du Christ brille toujours sur nous, n’interrompons pas notre prière, même pendant la nuit. Ainsi Anne, la veuve de Phanuel, priant et veillant sans relâche, mérita de voir le Christ, comme le rapporte l’Évangile : Elle ne s’éloignait pas du temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière (Luc, II.).

    Les gentils qui n’ont pas encore été éclairés ou les juifs déserteurs de la lumière, qui sont restés dans les ténèbres, peuvent ignorer ces vérités. Pour nous, mes frères bien-aimés, qui sommes toujours dans la lumière du Seigneur et qui nous rappelons la dignité où nous élève la grâce divine, ne mettons aucune différence entre le jour et la nuit. Sachons que nous marchons toujours à la lumière, et ne nous laissons pas arrêter par les ténèbres que nous avons quittées. Dan~la nuit, ne suspendons pas nos prières, acquittons-nous-en avec le même soin. Rendus par la grâce de Dieu et par notre seconde naissance à la vie spirituelle, commençons sur la terre la vie du ciel. Là, sans craindre la nuit, nous posséderons le jour véritable; veillons donc ici-bas comme si nous étions toujours dans la lumière. Au ciel nous prierons toujours, toujours nous rendrons à Dieu des actions de grâces; agissons de même sur la terre, et que nos prières et nos actions de grâces ne cessent jamais.

    Rappels

    L’an dernier j’ai publié la fin de la dernière lettre de saint Cyprien à saint Corneille, avant le martyre de ce dernier, et la dernière lettre de saint Cyprien (à son Eglise de Carthage) avant son propre martyre.

    En 2013 j’avais publié un extrait des Actes du martyre de Cyprien.

    Et en 2009 un texte de l’abbé Serralda (extrait de Le Berbère lumière de l'Occident).

  • Un inédit grégorien

    En 1978, les moniales d’Argentan avaient enregistré un disque de pièces des fêtes de sainte Marie Madeleine et de saint André. Il n’était jamais sorti. Voici cet enregistrement, remastérisé, en CD. Vu la qualité exceptionnelle du chant de ces moniales, c’est un événement.

    NB. Il y a désormais 22 disques (sic) des moniales d'Argentan entièrement mis en ligne sur Gregorian Chant.

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  • Notre Dame des sept douleurs

    La façon traditionnelle de chanter le Stabat Mater en Corse vient d’Italie, où la strophe Sancta Mater istud agas Crucifixi fige plagas cordi meo valide est chantée en italien et sert de refrain (dans une version légèrement différente de ce qu’elle est généralement en Italie).

    Stabat Mater dolorosa
    Juxta crucem lacrimosa
    dum pendebat Filius.

    Debout, la Mère des douleurs,
    Près de la croix était en larmes,
    Quand son Fils pendait au bois.

    Santa Madre questo fate,
    che le piaghe del Signore
    siano impresse nel mio cuore.

    Sainte Mère, faites
    que les plaies du Seigneur
    soient gravées dans mon cœur.

    Cuius animam gementem,
    contristatam et dolentem,
    pertransivit gladius.

    Alors, son âme gémissante,
    Toute triste et toute dolente,
    Un glaive le transperça.

    Santa Madre questo fate,
    che le piaghe del Signore
    siano impresse nel mio cuore

    ...

    Quando corpus morietur,
    fac ut animæ donetur
    Paradisi gloria. Amen.

    À l’heure où mon corps va mourir,
    À mon âme, fais obtenir
    La gloire du paradis. Amen.

    Le voici par A Cunfraterna di a Serra, à la Trinité des monts, Rome, le 17 avril 2010.

    Et par Meridianu, en l’église Saint-Georges d’Algajola, Balagne, le 25 avril 2013.

    Enfin, l’interprétation des Donni di l’Esiliu, qui ne reprend pas la strophe italienne : ce sont les trois premières strophes et la dernière.

    Stabat Mater dolorosa
    Juxta crucem lacrimosa
    dum pendebat Filius.

    O quam tristis et afflicta
    fuit illa benedicta
    Mater Unigeniti.

    Quæ mœrebat et dolebat,
    Pia Mater cum videbat
    Nati pœnas incliti.

    Quando corpus morietur,
    fac ut animæ donetur
    Paradisi gloria. Amen.

  • Exaltation de la Sainte Croix

    Lucernaire des grandes vêpres de la fête de « l’Exaltation universelle de la précieuse et vivifiante Croix »:

    La Croix exaltée invite l'entière création à chanter la Passion immaculée de celui qui y fut élevé; sur elle en effet il mit à mort notre meurtrier, ressuscita les morts et leur rendit la première beauté pour en faire les citoyens de la céleste patrie, dans sa miséricorde et son extrême bonté; aussi dans l'allégresse exaltons le nom du Seigneur et magnifions sa condescendance infinie.

    Etendant les mains vers le ciel et faisant fuir Amalec le tyran, Moïse te préfigura, précieuse Croix, fierté des croyants et soutien des Martyrs, ornement des Apôtres, salut des Justes et de tous les Saints; aussi, à la vue de ton exaltation se réjouit l'entière création en cette fête glorifiant le Christ qui dans son extrême bonté grâce à toi réunit ce qui était divisé.

    Ô vénérable Croix, toi qu'entourent les chœurs des Anges dans la joie, en ce jour exaltée, tu relèves divinement tous ceux que la nourriture dérobée fit chasser du Paradis et précipiter dans la mort; aussi, t'embrassant de cœur et de lèvres, fidèlement nous puisons en toi la sanctification et nous chantons: Exaltez le Christ, le Dieu de suprême bonté, et prosternez-vous devant l'escabeau de ses pieds.

    Gloire au Père... Maintenant…

    Venez, tous les peuples, prosternons-nous devant l'arbre de bénédiction par lequel nous vint l'éternelle justification; car celui qui sous l'arbre défendu séduisit notre premier Père jadis s'est laissé prendre au piège de la Croix; en quelle immense chute est entraîné celui qui imposa sa tyrannie au roi de la création! Dieu lui-même par son sang efface le venin du serpent, et l'antique malédiction à juste titre méritée est annulée par l'injuste jugement qui condamne l'innocent; le mal causé par un arbre jadis devait trouver guérison en l'arbre de la Croix et l'Impassible par sa Passion délivrer de ses propres passions celui qui fut maudit sous l'arbre défendu. Gloire à ton œuvre de salut: par elle, ô Christ notre Dieu, tu as sauvé l'univers dans ta divine bonté et ton amour pour les hommes.

    (Tout petit) extrait de ces vêpres célébrées par le patriarche orthodoxe de Moscou en sa cathédrale l’an dernier (la fête est le 27 septembre dans leur calendrier, bien que ce soit le 14 dans le calendrier byzantin normal) :

  • Glagolitique

    Tout mélomane qui aime la musique slave connaît la Messe glagolitique de Janacek, qui est l’un des principaux chefs-d’œuvre de ce compositeur… païen. La messe glagolitique est la messe romaine traduite à l’époque des saints Cyrille et Méthode en slavon (selon l'alphabet glagolitique, puisque c'est lui qui a ce nom), et elle développa des chants spécifiquement slavons quoique sur la liturgie romaine (avec quelques autres particularités, dont un cierge supplémentaire pour le canon, comme dans le rite dominicain). Je ne crois pas que cette liturgie existe toujours en Bohème, le pays de Janacek, ni ailleurs en Europe centrale. J’ai appris récemment (par le CD Dalmatica) qu’il en restait des vestiges sur la côte croate, et j’apprends maintenant par le blog New Liturgical Movement qu’elle est célébrée, de façon semble-t-il habituelle, en quelques îles, dont Iž, au large de Zadar.

    Le Gloria (Slava) de la messe des saints apôtres Pierre et Paul, le 29 juin dernier, a été enregistré en vidéo.

    J’ai trouvé aussi des extraits des premières vêpres de la même fête, en 2015.

    Et des extraits de la messe et de la procession de l’Assomption, le 15 août dernier.

    Malheureusement il ne s’agit pas de messes glagolitiques traditionnelles, selon le dernier missel édité en 1927, mais de messes de Paul VI avec des chants glagolitiques. Mais une vraie messe glagolitique, une messe basse selon le missel de 1927, a été célébrée le 1er septembre dernier à Zagreb, par… l’abbé Mateusz Markiewicz, de l’Institut du Bon Pasteur à Bordeaux… (à la demande des traditionalistes locaux - qui n’arrivent pas à avoir une messe latine habituelle).

    On trouve quelques autres vidéos sur internet. Notamment celle-ci, qui me paraît particulièrement représentative. Il s’agit d’un extrait, malheureusement, du psaume 50, tel qu'il est chanté notamment aux obsèques, par les chantres de Šepurina, sur une autre île, ici en concert à Iž.

    Et des extraits de l’office du vendredi saint, toujours à Iž :

     

    Et les lamentations de la Mère de Dieu :

  • Le Très Saint Nom de Marie

    Les chants de la messe sont pris d’autres fêtes de la Sainte Vierge. L’antienne d’offertoire est… Ave Maria.

    La voici par les moines de Montserrat. Oui, c’est emphatique à l’excès, mais quand on célèbre le nom de Marie, on ne chipote pas sur l'enthousiasme…


    podcast

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    Ave, María, grátia plena ; Dóminus tecum : benedícta tu in muliéribus, et benedíctus fructus ventris tui.

    Je vous salue, Marie, pleine de grâce : le Seigneur est avec vous : vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de votre sein est béni. (Le texte est celui de l’Evangile, Luc 1,28 et 42.)

  • 17e dimanche après la Pentecôte

    Voici le graduel, l’alléluia et la communion de cette messe par la Schola Peregrina, qui chante aux messes « selon la forme extraordinaire » au Texas.

    Beáta gens, cuius est Dóminus Deus eórum : pópulus, quem elégit Dóminus in hereditátem sibi. Verbo Dómini cæli firmáti sunt : et spíritu oris eius omnis virtus eórum.

    Bienheureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, le peuple que le Seigneur a choisi pour son héritage. Les cieux ont été faits par le verbe du Seigneur et toute leur beauté vient du souffle de sa bouche.

    Allelúia, allelúia. Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te pervéniat. Allelúia.

    Alléluia, alléluia. Seigneur, écoutez ma prière et que mes cris parviennent jusqu’à vous. Alléluia.

     Vovéte et réddite Dómino, Deo vestro, omnes, qui in circúitu eius affértis múnera : terríbili, et ei qui aufert spíritum príncipum : terríbili apud omnes reges terræ.

    Exprimez tous vos vœux au Seigneur votre Dieu et rendez-lui hommage, vous tous qui apportez vos dons dans l’enceinte de son temple ; faites des vœux à ce Dieu puissant qui écrase l’orgueil des princes, à ce Dieu terrible qui se montre terrible parmi les rois de la terre.

    *

    Sur l’évangile, voir ici.

    Sur l’offertoire, voir ici.

  • Saint Nicolas de Tolentino

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    Ce saisissant tableau peint en 1457 par Giovanni di Paolo montre saint Nicolas de Tolentino sauvant des naufragés. L’œuvre avait été commandée pour une église de Montepulciano. Le peintre avait à sa disposition le récit du naufrage par les rescapés – miraculés – gardé à Sienne. Ce sont les naufragés qui disaient avoir vu saint Nicolas de Tolentino les sauver, son corps rayonnant de lumière, tandis que les mats se cassaient et que les voiles s’envolaient.

  • Saint Gorgon

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    Source

  • Nativité de la Sainte Vierge

    Nativitas tua Dei Genitrix Virgo gaudium annuntiavit universo mundo ; ex te enim ortus est sol justitiae, Christus Deus noster: qui solvens maledictionem, dedit benedictionem, et confundens mortem, donavit nobis vitam sempiternam.

    Ta naissance, ô Vierge, Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l'univers ; car c’est de toi que s'est levé le Soleil de justice, le Christ notre Dieu, qui, nous libérant de la malédiction, nous a donné la bénédiction, et confondant la mort, nous a donné la vie éternelle.

    Antienne du Magnificat, par les moines de Kergonan. Le texte de cette antienne vient directement de la liturgie byzantine : c’est exactement celui du tropaire de la fête (première fête de l'année liturgique, qui commence le 1er septembre, et première des 12 grandes fêtes), que voici en grec par le chantre Nicodème Kabarnos :

    On le trouvera aussi ici en arabe, par le P. Maximos Fahmé.

  • Quis mihi tribuat

    ℟. Quis mihi tribuat, ut in inferno protegas me, et abscondas me, donec pertranseat furor tuus Domine, nisi tu, qui solus es Deus ?
    * Et constituas mihi tempus, in quo recorderis mei ?
    ℣. Numquid sicut dies hominis, dies tui, ut quaeras iniquitatem meam ; cum sit nemo, qui de manu tua possit eruere ?
    ℟. Et constituas mihi tempus, in quo recorderis mei ?

    Qui m'accordera que tu me caches dans le séjour des morts jusqu'à ce que ta fureur soit passée, si ce n’est toi, qui seul es Dieu ? et que tu me marques un temps où tu te souviendras de moi ? Est-ce qu’ils sont comme les jours de l'homme, tes jours, pour que tu cherches mon iniquité ; quand personne ne peut échapper à ta main ?

    (Ce tragique répons des matines est constitué de citations du livre de Job, chapitre 14 verset 13, avec ajout, au milieu, de la fin du verset 4., et chapitre 10 versets 5a, 6a, 7b...)

  • Induta est

    ℟. Induta est caro mea putredine et sordibus pulveris, cutis mea aruit et contracta est:
    * Memento mei, Domine, quoniam ventus est vita mea.
    ℣. V. Dies mei velocius transierunt quam a texente tela succiditur, et consumpti sunt absque ulla spe.
    ℟. Memento mei, Domine, quoniam ventus est vita mea.

    Ma chair est couverte de pourriture et d'une sale poussière; ma peau est toute sèche et contractée. Souvenez-vous de moi, Seigneur, parce que ma vie n'est qu'un vent.
    Mes jours ont passé plus vite que la toile n'est coupée par le tisserand, et ils se sont consumés sans aucune espérance.

    Ce répons des matines est constitué des versets 5, 6 et 7a du chapitre 7 du livre de Job, qui est la lecture des matines cette semaine et la semaine prochaine.

    Voici ce répons tel qu’il figure sur l’antiphonaire de Klosterneuburg, en Autriche, au XIVe siècle. On constate que, curieusement, le chant n’est pas indiqué. Et le même répons sur l’antiphonaire de la cathédrale de Plock, en Pologne, au siècle suivant (il commence en bas de la page). On constate qu’il a été écrit à la place d’un autre qui a été effacé, et que le nouveau est nettement plus long que l’ancien…

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  • Saint Laurent Justinien

    Venez, ô vous qui cherchez la paix, qui aimez le bien immuable, qui avez jusqu'ici travaillé en vain, qui êtes accablés sous l'amour de ce monde périssable. Venez, dis-je, et je vous raconterai gratuitement combien de choses Dieu a faites à mon âme. Je vous communiquerai, pour la gloire de Dieu et votre avancement, ce que j'ai perçu secrètement dans le plus intime de mon cœur. J'étais à une époque semblable à vous, cherchant avec un désir inquiet et bouillant la paix dans les choses extérieures, sans la trouver. Enfin, prévenu par la grâce divine, pendant que je travaillais ainsi, une personne très belle, plus resplendissante que le soleil, plus odoriférante que le baume, daigna m'apparaître; j'ignorais absolument son nom. Elle s'approcha, d'un visage gracieux, et d'une voix douce me dit : « O jeune homme, qui devez être aimé en moi, pourquoi répandez-vous votre cœur, et, poursuivant la paix, vous dispersez-vous dans une multitude de choses ? Ce que vous cherchez est en moi; ce que vous désirez, je vous le promets et vous le garantis, si cependant vous voulez m'avoir pour épouse. » A la parole de cette personne, je le confesse, mon, cœur défaillit, et je fus transpercé du trait de son amour. Une certaine joie inaccoutumée remplit mon âme, et tout ce qui est au dedans de moi fut inondé d'une spirituelle allégresse. Dans cet état, comme je souhaitais beaucoup savoir son nom, sa dignité, sa naissance, elle ajouta qu'elle s'appelait et qu'elle était la Sagesse de Dieu, qui, dans la plénitude des temps, pour la réconciliation des hommes, a pris la forme humaine, et, invisible auparavant avec le Père, a pris de sa mère la nature visible, afin d'être plus facile à aimer. Lorsque j'y eus consenti avec une joie immense, elle me donna le baiser de paix et s'en alla. Et alors et depuis, la flamme de son amour s'est accrue, le souvenir en est resté vivant, l'abondance de sa douceur persévère. C'est donc elle que j'aime comme mon épouse, c'est elle que j'embrasse comme mes délices, c'est par elle que j'ai goûté, de quelque façon, le bien de la paix, que je cherchais auparavant. C'est pourquoi je vous exhorte tous avec confiance de courir à elle, sachant qu'elle reçoit avec beaucoup de joie tous ceux qui s'en approchent, qu'elle les enivre du breuvage de la paix, si bien qu'ils ne peuvent plus avoir soif.

    Fasciculus amoris, c. 16

    Cité par Rohrbacher, Histoire universelle de l’Eglise catholique, t.9.

    On trouve sur Google Books son Traité de la spirituelle et chaste alliance du Verbe avec l'âme, dont j’avais cité l’an dernier les magnifiques dernières pages.

  • 16e dimanche après la Pentecôte

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    podcast

    (Concert des maîtres de chœur, direction dom Le Feuvre, Fontevraud, juillet 1991)

    Allelúia,Allelúia. Cantáte Dómino cánticum novum : quia mirabília fecit Dóminus. Allelúia

    LE TEXTE
    Chantez au Seigneur un cantique nouveau, Car des merveilles il a faites le Seigneur.
    Ps. XCVII. 1.

    Invitation à louer le Seigneur en action de grâces des merveilles qu’il a faites. Ces merveilles ne sont pas précisées, mais on pense naturellement à celles qui ont été évoquées à l’Epître et que le Graduel vient de chanter : la gloire que le Seigneur dans sa miséricorde fait sortir pour nous de nos tribulation, et sa propre gloire, déjà éclatante pour qui sait la voir, et qui brillera d’un éclat éblouissant, dans la Jérusalem céleste, aux yeux qui auront reçu la puissance de la contempler.

    LA MÉLODIE
    Une invitation à chanter, et qui chante déjà. Quelle admirable vocalise que ce cantate plein de joie, d’entrain, d’élan qui balance ses neumes si souples entre les notes longues. Le mouvement mène tout vers Dóminus qui reçoit une belle nuance de vénération ; mais, juste en passant, car la thésis continue sur cánticum novum de plus en plus paisible.
    Il reprend sur quia au début de la deuxième phrase. Doucement d’abord ; il y a comme un recueillement de l’âme sur ces merveilles qu’elle découvre, d’abord en elle, et tout autour d’elle, jusqu’en l’insondable éternité. A mesure qu’elles sont évoquées, la mélodie s’exalte sur mirabília mais sans retrouver le brillant éclat de cantate ; quelque chose du recueillement demeure jusqu’à la fin, où il est d’ailleurs tout à fait à sa place sur le nom divin.

    Dom Ludovic Baron

    *

    Sur l’évangile de ce dimanche, voir ici.

    Sur les cantates de Bach illustrant l’évangile de ce dimanche, voir ici.

    Sur l’offertoire de ce dimanche, voir ici.

  • Italo-albanais

    Merci à New Liturgical Movement d’attirer notre attention sur cette vidéo qui relate l’intégralité de la messe de consécration épiscopale de Mgr Giorgio Demetrio Gallaro, le 28 juin dernier à Piana degli Albanese, en Sicile. C’est d’une ampleur d’autant plus impressionnante qu’il s’agit d’une des plus petites Eglises catholiques : l’Eglise grecque-catholique italo-albanaise, qui compte quelque… 60.000 baptisés. Elle a deux éparchies, celle de Piana degli Albanese (ville de 6.000 habitants) en Sicile, l’autre étant Lungro degli Italo-Albanese en Calabre (à quoi s’ajoute le monastère basilien de Grottaferrata près de Rome).

    Il y en a qui savent garder leurs traditions, en plénitude, à travers les vicissitudes de l’histoire…

  • Saint Pie X

    Qui pourrait, en effet, Vénérables Frères, ne pas sentir son âme saisie de crainte et de tristesse à voir la plupart des hommes, tandis qu'on exalte par ailleurs et à juste titre les progrès de la civilisation, se déchaîner avec un tel acharnement les uns contre les autres, qu'on dirait un combat de tous contre tous ? Sans doute, le désir de la paix est dans tous les cœurs, et il n'est personne qui ne l'appelle de tous ses vœux. Mais cette paix, insensé qui la cherche en dehors de Dieu ; car, chasser Dieu, c'est bannir la justice; et, la justice écartée, toute espérance de paix devient une chimère. "La paix est l'œuvre de la justice". Il en est, et en grand nombre, Nous ne l'ignorons pas, qui, poussés par l'amour de la paix, c'est-à-dire de la tranquillité de l'ordre, s'associent et se groupent pour former ce qu'ils appellent le parti de l'ordre. Hélas ! vaines espérances, peines perdues ! De partis d'ordre capables de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n'y en a qu'un: le parti de Dieu. C'est donc celui-là qu'il nous faut promouvoir; c'est à lui qu'il nous faut amener le plus d'adhérents possible, pour peu que nous ayons à cœur la sécurité publique.

    Toutefois, Vénérables Frères, ce retour des nations au respect de la majesté et de la souveraineté divine, quelques efforts que nous fassions d'ailleurs pour le réaliser, n'adviendra que par Jésus-Christ. L'Apôtre, en effet, nous avertit que "personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé et qui est le Christ Jésus". C'est lui seul "que le Père a sanctifié et envoyé dans ce monde", "splendeur du Père et figure de sa substance", vrai Dieu et vrai homme, sans lequel nul ne peut connaître Dieu comme il faut, car "personne n'a connu le Père si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils aura voulu le révéler".

    D'où il suit que tout restaurer dans le Christ et ramener les hommes à l'obéissance divine sont une seule et même chose. Et c'est pourquoi le but vers lequel doivent converger tous nos efforts, c'est de ramener le genre humain à l'empire du Christ. Cela fait, l'homme se trouvera, par là même, ramené à Dieu. Non pas, voulons-Nous dire, un Dieu inerte et insoucieux des choses humaines, comme les matérialistes l'ont forgé dans leurs folles rêveries, mais un Dieu vivant et vrai, en trois personnes dans l'unité de nature, auteur du monde, étendant à toute chose son infinie providence, enfin législateur très juste qui punit les coupables et assure aux vertus leur récompense.

    Or, où est la voie qui nous donne accès auprès de Jésus-Christ ? Elle est sous nos yeux : c'est l'Eglise. Saint Jean Chrysostome nous le dit avec raison : "L'Eglise est ton espérance, l'Eglise est ton salut, l'Eglise est ton refuge".

    C'est pour cela que le Christ l'a établie, après l'avoir acquise au prix de son sang, pour cela qu'il lui a confié sa doctrine et les préceptes de sa loi, lui prodiguant en même temps les trésors de la grâce divine pour la sanctification et le salut des hommes.

    Vous voyez donc, Vénérables Frères, quelle œuvre nous est confiée à Nous et à vous. Il s'agit de ramener les sociétés humaines, égarées loin de la sagesse du Christ, à l'obéissance de l'Eglise; l'Eglise, à son tour, les soumettra au Christ, et le Christ à Dieu. Que s'il Nous est donné, par la grâce divine, d'accomplir cette œuvre, Nous aurons la joie de voir l'iniquité faire place à la justice, et Nous serons heureux d'entendre "une grande voix disant du haut des cieux: Maintenant c'est le salut, et la vertu, et le royaume de notre Dieu et la puissance de son Christ".

    Saint Pie X, encyclique E supremi, 4 octobre 1903