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Religion

  • Rosaire musulman ?

    Il devrait y avoir des limites au délire du « vivre ensemble ». On comprend qu’en Indonésie les catholiques marchent sur des œufs et fassent des efforts désespérés pour montrer aux musulmans qu’ils sont eux aussi des êtres humains, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi. Surtout quand on est évêque.

    Selon l’agence Fides, l’archevêque de Djakarta, Mgr Ignazio Suharyo, a déclaré que le Rosaire est une prière appréciée également par les musulmans.

    Mais « Sainte Marie, Mère de Dieu », c’est le blasphème le plus épouvantable pour un musulman. Laisser entendre qu’un musulman pourrait invoquer 153 fois la « Mère de Dieu » est une imposture. Non seulement stupide, mais évidemment dangereuse en raison d’éventuelles représailles, dans un pays où 23% des étudiants jugent que « l’Etat islamique vaut la peine de se battre pour lui afin que soient mis en œuvre des enseignements islamiques plus cohérents ».

    Ou alors les mots n’ont plus de sens.

  • Jean-Paul II de Ploërmel

    • L’ahurissante réaction du vicaire général de Vannes à l’arrêt du Conseil d’Etat sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel ayant, quand même, provoqué une considérable émotion chez les fidèles, et au-delà, le diocèse a publié un « communiqué officiel » qui a davantage de tenue. Même si on se demande où le diocèse a vu la « laïcité équilibrée » dont il parle. Et qui, même si par miracle elle existait, serait détruite par la loi de 1905 chaque fois que quelqu’un y a recours… comme le montre l’exemple de Ploërmel.

    • La vraie bonne nouvelle est que, selon l’association de défense de la statue, la municipalité de Ploërmel, qui refusait de lui vendre le terrain, a changé d’avis et propose désormais de le faire. Or l’association a les moyens d’acquérir la parcelle et de financer la question juridique.

    • L’ancien maire Paul Anselin, qui a fait ériger la statue et qui est secrétaire général de l’association, fait savoir par le même courrier qu’il va rencontrer le sculpteur, Zurab Tsereteli. On suppose qu’il lui fera part notamment de cette importante étude juridique de Charles Prats, publiée par Dalloz, montrant que l’artiste peut facilement bloquer la décision du Conseil d’Etat.

  • Honte vaticane

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    La Poste de la Cité du Vatican édite ce timbre, commémorant le « 5e centenaire de la Réforme protestante ».

    C’est le crucifix qui se trouve au-dessus du portail de l’église de Wittemberg où Luther, le 31 octobre 1517, afficha ses 95 thèses, aujourd’hui gravées dans le bronze.

    A gauche, Luther et la Bible. A droite, Mélanchton et la Confession d’Augsbourg…

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  • Pernicieux

    Ceux qui ont lancé le hashtag #MontreTaCroix voulaient bien faire, sans aucun doute. Mais ils contribuent à obscurcir le problème au lieu de le montrer au grand jour.

    Cette profusion de photos de croix dans des lieux publics laisse entendre que le Conseil d’Etat a jugé de façon arbitraire et partiale contre le monument de Ploërmel.

    Or, tout au contraire, le Conseil d’Etat a simplement appliqué la loi, et il ne pouvait pas faire autrement. La loi de 1905 interdit explicitement l’érection de tout symbole religieux, à l’avenir, dans l’espace public. Eriger une croix sur une place de Ploërmel est donc interdit. Depuis 1905.

    C’est donc la loi de persécution de 1905 qu’il faut combattre, et non le Conseil d’Etat.

    C’est ce que j’avais déjà souligné, sans être entendu, même de mes amis, dans l’affaire de l’interdiction des crèches de Noël. Finalement, le Conseil d’Etat a tranché que, si ce n’était pas un symbole religieux mais une tradition culturelle, on pouvait installer une crèche de Noël dans l’espace public. Désormais, se féliciter d’un jugement qui justifie l’installation de telle crèche de Noël, c’est se féliciter que la crèche de Noël n’ait rien à voir avec la religion…

    C’est surtout oublier que la loi de persécution reste intacte. Et chaque fois qu’on critique un jugement du Conseil d’Etat au lieu de souligner qu’il ne fait qu’appliquer la loi en la matière, on conforte la loi de persécution puisqu’on ne la combat pas, puisqu’on fait semblant de l’ignorer. Et c'est dramatiquement le cas quand on accumule des photos de croix anciennes pour montrer que le Conseil d'Etat est injuste...

    J'ajoute qu'il n'y a aucun parti politique qui ait dans son programme une abrogation de la loi de persécution anticatholique, et, pire encore, qu'il n'y a aucun évêque qui ne le demande (c'est même tout le contraire). C'est pourquoi #MontreTaCroix est à côté de la plaque, complètement inopérant.

  • Hallucinant

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    Dans la cathédrale d’Orléans. La plaque a été inaugurée par l’évêque Blaquart. Il est urgent de faire lire le cardinal Müller.

  • Le cardinal Müller se lâche

    C’est l’un des paradoxes de ce calamiteux pontificat : c’est maintenant qu’il n’est plus aux commandes du dicastère de la foi que le cardinal Müller défend la foi (peut défendre la foi), et de façon incisive et sans concession. Manifestement irrité par la célébration de Luther qui envahit le champ catholique jusqu’au pape, il répond au secrétaire général de la conférence épiscopale italienne, Mgr Galantino (proche de François) qui a fait déborder le vase en qualifiant l’action de Luther d’« événement du Saint-Esprit ». Il est clair que, in fine, le cardinal Müller vise François lui-même.

    Extraits :

    Il y a une grande confusion aujourd’hui dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Eglise, il n’y eut pas en réalité une réforme mais une révolution, c’est-à-dire un bouleversement total des fondements de la foi catholique. Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance.

    Dans le livre écrit par Luther en 1520, De captivitate Babylonica ecclesiae, il semble tout à fait clair que Luther a tourné le dos à tous les principes de la foi catholique, de l’Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique et du magistère du Pape et des Conciles, et de l’épiscopat. En ce sens, il a travesti le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’on l’a explicité au Moyen Age, en venant jusqu’à nier le sacrement, signe efficace de la grâce qui s’y trouve ; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective. (…)

    Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit ». Au contraire, elle était dirigée contre le Saint-Esprit.

    Il n’est pas non plus exact d’affirmer que Luther avait au départ de bonnes intentions, en signifiant ainsi que c’était donc l’attitude rigide de l’Eglise qui l’avait poussé sur le mauvais chemin. Ce n’est pas vrai (…)

    Il n’est davantage exact que l’Eglise a refusé le dialogue (…).

    Dans la confusion actuelle qui touche un si grand nombre on en est arrivé à mettre la réalité sens dessus dessous : ils considèrent le pape comme infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent que cela est faillible. (…)

    Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non-catholiques d’aujourd’hui, afin de se rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique, et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique, autre chose est de ne pas comprendre ou de falsifier ce qui s’est passé il y a cinq cents ans, et l’effet désastreux que cela a eu. (…)

    Il faut évidemment tout lire, en remerciant Jeanne Smits d’avoir traduit ce texte auquel on pourra désormais avoir recours sans modération.

  • En Pologne

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    Jeudi 19 octobre, 33e anniversaire de l’assassinat du bienheureux P. Jerzy Popiełuszko, cérémonie officielle devant sa tombe dans le jardin de l’église Saint-Stanislas-Kostka après la messe célébrée par Mgr Piotr Jarecki, évêque auxiliaire de Varsovie. L’homme à genoux est le ministre de la Défense nationale, Antoni Macierewicz. Etaient également présents Mariusz Błaszczak, le ministre de l’Intérieur, Beata Kempa, ministre sans portefeuille et chef de la chancellerie du Premier ministre, Joachim Brudziński, vice-président de la Diète, Andrzej Dera, secrétaire d’Etat à la chancellerie du président de la République, le P. Zbigniew Kras, chapelain de la présidence de la République, Jarosław Kaczyński, président du PiS… Ainsi que le frère et la sœur du P. Jerzy.

    Ce même jour, la conférence des évêques de Pologne demandait de prier pour la canonisation de Jerzy Popiełuszko.

  • La laïcité comme on l’aime

    La Poste polonaise a mis en circulation le 14 octobre un timbre commémorant le centenaire de la création de la Milice de l’Immaculée, le 16 octobre 1917, par saint Maximilien Kolbe.

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    La veille, 13 octobre, la Poste polonaise a mis en circulation un timbre à l’effigie de l’icône de la Mère de Dieu de Piekary, important sanctuaire et lieu de pèlerinage situé près de Katowice. Le timbre a été conçu par un postier habitant la commune limitrophe. C’est lui qui le présente. L’oblitération montre le calice offert au sanctuaire par Jean III Sobieski alors qu’il allait à Vienne combattre les Turcs en 1683.

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  • Il faut que ce soit des “évangéliques”

    Le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) a remis un rapport au Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur la liberté de conscience en France.

    En 2018, ce sera le tour de la France, notamment, de faire l’objet d’un rapport du Conseil des droits de l’homme. Toute association peut lui fournir des éléments. Ce que fait donc le Cnef.

    Et il fait bien. On aurait aimé que ce fût la Conférence épiscopale. Mais nos évêques n’ont rien à redire sur la liberté de conscience en France…

    Ce sont donc ces protestants qui mettent le doigt sur les atteintes de l’Etat français aux droits de l’homme, aux droits du croyant, et ils suggèrent « 12 recommandations » dont voici les principales :

    - amender la loi Taubira pour permettre aux élus « de ne pas célébrer de mariages de couples de personnes de même sexe lorsque leurs convictions s’y opposent ».

    - ajouter une clause de conscience dans le Code de la santé publique, « notamment dans les domaines de la procréation et de la fin de vie », pour tous les personnels soignants.

    - « veiller à ce que les programmes de l’Éducation nationale […] respectent la liberté de pensée, de conscience et de religion des élèves et de leurs parents, notamment s’agissant de l’éducation à la sexualité et du fait religieux ».

    - exiger que la liberté religieuse, y compris celle de changer de religion, soit garantie pour les réfugiés et demandeurs d’asile. (Les évangéliques ont été en pointe pour dénoncer les pressions exercées sur les migrants qui veulent se convertir au christianisme – jusqu’à l’assassinant d’un Iranien à Grande-Synthe).

    - concernant le délit d’entrave numérique à l’avortement, faire en sorte « que la liberté d’expression et de communication soit garantie pour permettre la mise à disposition d’informations pluralistes sur ce sujet délicat ».

    - concernant « l’homophobie », « redéfinir plus clairement les délits d’expression afin qu’ils ne reposent pas sur une perception subjective de la supposée “victime” mais sur des faits objectifs », et « préserver le pluralisme des opinions et de leur expression publique ».

    Le Cnef déplore d’autre part que « plus aucun ministre du culte ou théologien » ne siège au sein du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) depuis l’an dernier.

    « Nous espérons un rappel à l’ordre de l’ONU envers la France, pour que la liberté de conscience, d’expression et de culte soit réellement respectée », dit Romain Choisnet, directeur de la communication du Cnef.

  • Pas d’accord

    Le blog Rorate Caeli rapporte, dans le cadre de la « belle restauration » de la cathédrale Saint-Patrick de New York, la « déconstruction de la statue moderniste de sainte Elizabeth Ann Stutton » et son remplacement par un autel orné d’un panneau sculpté. « Quoique le haut-relief soit d’un dessin un peu moderne, dit Rorate Caeli, il montre les Sœurs de la charité dans leurs vêtements pré-Vatican II »…

    Je regrette, mais la statue (et le fond qui va avec) était d’une réelle et profonde beauté, élevant clairement l’âme vers le sacré, témoignant de l’humilité et de la charité de sainte Elizabeth Ann Stutton, alors que le panneau, réalisé par une brave religieuse, n’est qu’un maladroit, triste et niais pastiche des panneaux gothiques, dépourvu de toute valeur esthétique et religieuse.

    La tradition catholique, ce n’est pas remplacer par du mauvais vieux ce qui par chance est du bon contemporain.

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