30 juin 2009

Lech Kaczynski et le traité

Le président polonais Lech Kaczynski déclare qu'il ne signera la ratification du traité de Lisbonne que si l'Irlande et l'Allemagne le ratifient. En reportant sa signature, souligne-t-il, il « défend le droit du peuple irlandais à prendre une décision souveraine ».

18 mai 2009

La Commission européenne et la chute du communisme

La Commission européenne a produit un clip vidéo visant à célébrer le 20ème anniversaire de la chute du communisme en Europe, et l'a envoyé pour avis aux 27 pays membres.

La réponse de la Pologne est cinglante. Dans une lettre adressée à Margot Wallström, le représentant permanent de la Pologne auprès de l'Union européenne, Jan Tombinski, dénonce une série d'« omissions, de raccourcis, d'erreurs flagrantes et d'utilisation malheureuse de matériel vidéo », qui ont pour résultat de délivrer un « message injuste et non professionnel ».

L'élément le plus ahurissant est que le seul personnage polonais qui apparaisse dans le clip soit « le dernier dirigeant communiste » (Jaruzelski) et qu'on n'y voie aucune des « légendes mondialement connues du plus grand mouvement anticommuniste, y compris Jean-Paul II et son message universel de liberté et de réconciliation ».

L'élément le plus débile (et qui montre le professionnalisme de la très coûteuse commission de la propagande européenne) est que pour illustrer les manifestations de Solidarnosc (en 1980) on montre une manifestation de soutien à un journal fondé en 1993...

Jan Tombinski dénonce également le fait qu'on présente la chute du Mur comme un événement tombé du ciel, sans faire mention de ce qui y a conduit : « Berlin 53, Budapest 56, Prague 68, Gdansk 70 and 80 », et tout ce qui s'est passé en Europe centrale et orientale dans les années et les mois qui ont précédé cet événement : « C'est comme si on essayait de jouer l'Hymne à la Joie sur une seule corde : ça ne sonne tout simplement pas comme la vérité ».

18 février 2009

La Pologne reste en dehors de la zone euro

Face aux sirènes européistes qui se font entendre en Pologne, selon lesquelles le pays devrait d'urgence intégrer la zone euro pour résister à la crise, alors que le zloty a beaucoup baissé, le président de la banque centrale polonaise, Slawomir Skrzypek, a déclaré : "Nous n'y sommes pas préparés. Le cours du zloty n'est pas suffisamment stable pour pouvoir entrer dans le système ERM2. Il n'y a pas d'arguments économiques pour y entrer cette année. La thèse selon laquelle une entrée rapide dans le système ERM2 aiderait à stabiliser le cours du zloty est incompréhensible."

Le gouvernement de Donald Tusk avait fixé le cap de 2012 pour l'entrée de son pays dans la zone euro. Mai il a dit récemment que, en raison des bouleversements sur les marchés internationaux, ce cap pourrait être repoussé.

29 octobre 2008

Blabla polonais sur l’euro

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé hier que le gouvernement avait adopté une feuille de route pour l’adhésion de la Pologne à la zone euro « d’ici la fin de 2011 ». C’est-à-dire le 1er janvier 2012, mais il dit « fin 2011 » parce que le mois dernier il avait parlé d’une adhésion en 2011…

Il a présenté son calendrier au président Lech Kaczynski, et celui-ci a déclaré : « Je ne me passionne pas pour l'euro autant que le ministre des Finances Jacek Rostowski, mais je suis prêt à en discuter. »

Ce propos a surpris les observateurs, qui y voient une étonnante et subite conversion du président polonais, car celui-ci s’était toujours prononcé contre une adhésion rapide et après un référendum.

Et les mêmes observateurs soulignent que le président prend ainsi une position différente de celle de son jumeau, alors que jusqu’ici ils ont toujours été exactement sur la même ligne sur tous les sujets : la veille, Jaroslaw Kaczynski avait encore réclamé un référendum sur l’euro.

Mais il suffit d’écouter attentivement ce qu’a dit le président. « Je ne me passionne pas… mais on peut en discuter… » Il a ajouté : « Il est bon qu'une telle perspective existe et que nos partenaires le sachent. Cela stabilise notre situation. » Aujourd’hui. Demain, on verra… Pour le moment ça ne coûte rien de faire croire à nos partenaires qu’on va y aller, si c’est bon pour nous de le faire croire…

Pas besoin d’en dire plus. Lech Kaczynski sait très bien que l'entrée dans la zone euro exige une modification de la Constitution, votée à la majorité des trois cinquièmes…

Ou bien… un référendum…

03 juillet 2008

Kaczynski et le traité : des précisions

L’AFP s’est entretenue avec le président polonais Lech Kaczynski, qui précise sa position :

« Si l'Irlande prend une autre décision, non pas sous pression, (...) mais de la même manière que celle qui a été prise, la Pologne ne posera pas d'obstacle. Moi-même, je ne poserai pas d'obstacle puisque le Parlement polonais a déjà approuvé le traité. »

Il ajoute :

« Faire pression aboutit parfois à un effet contraire à celui qui était escompté… » « Ma motivation c'est de ne pas violer le principe de l'unanimité. Si maintenant un pays se trouve sous la contrainte, ce principe n'existe plus. »

Sur le fond, vu le traitement infligé à l’Irlande :

« Même si je heurte de front les autres pays de l'UE, il faut répondre à la question de savoir, que doit être l'UE dans l'avenir ? Une Union dominée par les plus grands où les moins grands ne jouent qu'un rôle complémentaire, ou bien une Union démocratique de 27 pays et davantage dans l'avenir ? »

Et Lech Kaczynski rappelle qu’il y a une autre condition pour sa signature. Il l’avait déjà énoncée, puis on l’avait oubliée, mais elle est toujours là : que les décisions touchant à l'UE soient prises avec le triple accord du gouvernement, du parlement et du président, afin que le président ait autant de pouvoir que les deux autres institutions sur les questions européennes. « Je pourrai signer le traité quand nous aurons une législation appropriée », dit-il.

Et il souligne qu'il aurait fait valoir cette condition même si les Irlandais avaient dit oui.

14 juin 2008

Affaire classée

Le parquet de Torun indique avoir classé l'affaire du père Tadeusz Rydzyk, directeur de Radio Maryja, poursuivi pour propos « antisémites ».

En juillet 2007, les médias avaient fait un large écho d'une conférence donnée par le père Rydzyk à l'école de journalisme dont il est fondateur, dans laquelle il se prononçait contre  les dédommagements aux juifs. Il disait notamment : "Vous savez, il est question que la Pologne donne 65 milliards de dollars. Ils viendront vous voir et diront: rendez-moi ce manteau. Enlève ce pantalon! Donne les chaussures!"

Les propos du père Rydzyk "ne contenaient pas d'éléments interdits par la loi", souligne le parquet dans un communiqué.

17 avril 2008

Bonne nouvelle polonaise

Le pape a nommé Mgr Leszk Glodz archevêque de Gdansk.

Mgr Glodz, qui a le grade de général dans l’armée polonaise dont il a longtemps été l’aumônier, était le responsable des médias au sein du conseil permanent de l’épiscopat, où il a toujours défendu Radio Maryja.

11 avril 2008

Suspense polonais

Le président polonais Lech Kaczynski a signé hier la loi votée par le Parlement adoptant le traité de Lisbonne. Mais le ministère des Affaires étrangères a souligné que cette signature n’équivalait pas à la ratification définitive du traité. En effet, la loi qu’il a signée l’autorise à ratifier le traité. Ce qu’il n’a pas fait...

En vertu de l’accord passé avec le Premier ministre Donald Tusk, la ratification doit s’accompagner d’une résolution des députés concernant la souveraineté polonaise et le respect du caractère chrétien de la société polonaise, résolution qui s’accompagne elle-même d’un amendement précisant les modalités de la coopération entre le gouvernement, le Parlement et le président de la République dans les dossiers européens (en clair, une prééminence du Président). Or, si la résolution a été adoptée par les députés, l’amendement ne l’a pas encore été.

Mais tout cela est hélas sans importance.

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02 avril 2008

Pologne : la ratification en marche

Les députés polonais ont approuvé hier la ratification du traité de Lisbonne, par 384 voix contre 56 et 12 abstentions.

Ils ont également voté, conformément à l’accord intervenu entre le Premier ministre Donald Tusk et le président Lech Kaczynski, une « résolution » proclamant le respect des traditions chrétiennes de la Pologne, la supériorité de la Constitution polonaise sur le droit européen, et un engagement à modifier la loi fondamentale afin de donner davantage de pouvoirs au Président de la République dans les matières européennes.

Jaroslaw Kaczynski voulait que cela figure dans un préambule à la loi de ratification. Finalement c’est donc une résolution à part. Quoi qu’il en soit cela n’a aucune valeur juridique et relève de la pétition de principe. Voire même de la désinformation, car le traité de Lisbonne consacre le fait déjà bien établi, depuis longtemps, que le droit européen prime les constitutions nationales.

Les Kaczynski voulaient sans doute trouver un compromis entre l’aile nationaliste et l’aile euro-compatible de leur parti. C’est raté. Le tiers des députés du PiS n’a pas suivi la consigne de voter en faveur de la ratification.

Le texte doit être voté aujourd’hui par le Sénat. Le président aura 21 jours pour le signer. Selon Piot Moszynski, pour RFI, « il menace de ne pas le faire si les garanties réclamées par le PiS ne sont pas inscrites dans une nouvelle loi introduisant les changements exigés par le Traité de Lisbonne dans la législation polonaise. Seulement, les experts jugent ces garanties non conformes à la Constitution. Ainsi , la loi en question risquerait d’être invalidée par la Cour constitutionnelle. Dans ce cas, le conflit politique à grande échelle repartirait de plus belle ».

Mais tout cela finalement pour rien. Si l’on voulait garantir la souveraineté polonaise, il ne fallait pas signer le traité à Lisbonne...

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18 mars 2008

Pologne : la ratification bloquée

Après le coup d’éclat de Jaroslaw Kaczynski, chef de l’opposition, menaçant de ne pas voter le projet de loi de ratification du traité de Lisbonne si l’on n’y ajoute pas un préambule garantissant la souveraineté du pays, le texte a été renvoyé en commission.

Dans le même temps, Lech Kaczynski, président de la République, a déposé son propre projet de loi de ratification, soutenant ainsi la démarche de son jumeau.

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