29 octobre 2008

Blabla polonais sur l’euro

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé hier que le gouvernement avait adopté une feuille de route pour l’adhésion de la Pologne à la zone euro « d’ici la fin de 2011 ». C’est-à-dire le 1er janvier 2012, mais il dit « fin 2011 » parce que le mois dernier il avait parlé d’une adhésion en 2011…

Il a présenté son calendrier au président Lech Kaczynski, et celui-ci a déclaré : « Je ne me passionne pas pour l'euro autant que le ministre des Finances Jacek Rostowski, mais je suis prêt à en discuter. »

Ce propos a surpris les observateurs, qui y voient une étonnante et subite conversion du président polonais, car celui-ci s’était toujours prononcé contre une adhésion rapide et après un référendum.

Et les mêmes observateurs soulignent que le président prend ainsi une position différente de celle de son jumeau, alors que jusqu’ici ils ont toujours été exactement sur la même ligne sur tous les sujets : la veille, Jaroslaw Kaczynski avait encore réclamé un référendum sur l’euro.

Mais il suffit d’écouter attentivement ce qu’a dit le président. « Je ne me passionne pas… mais on peut en discuter… » Il a ajouté : « Il est bon qu'une telle perspective existe et que nos partenaires le sachent. Cela stabilise notre situation. » Aujourd’hui. Demain, on verra… Pour le moment ça ne coûte rien de faire croire à nos partenaires qu’on va y aller, si c’est bon pour nous de le faire croire…

Pas besoin d’en dire plus. Lech Kaczynski sait très bien que l'entrée dans la zone euro exige une modification de la Constitution, votée à la majorité des trois cinquièmes…

Ou bien… un référendum…

03 juillet 2008

Kaczynski et le traité : des précisions

L’AFP s’est entretenue avec le président polonais Lech Kaczynski, qui précise sa position :

« Si l'Irlande prend une autre décision, non pas sous pression, (...) mais de la même manière que celle qui a été prise, la Pologne ne posera pas d'obstacle. Moi-même, je ne poserai pas d'obstacle puisque le Parlement polonais a déjà approuvé le traité. »

Il ajoute :

« Faire pression aboutit parfois à un effet contraire à celui qui était escompté… » « Ma motivation c'est de ne pas violer le principe de l'unanimité. Si maintenant un pays se trouve sous la contrainte, ce principe n'existe plus. »

Sur le fond, vu le traitement infligé à l’Irlande :

« Même si je heurte de front les autres pays de l'UE, il faut répondre à la question de savoir, que doit être l'UE dans l'avenir ? Une Union dominée par les plus grands où les moins grands ne jouent qu'un rôle complémentaire, ou bien une Union démocratique de 27 pays et davantage dans l'avenir ? »

Et Lech Kaczynski rappelle qu’il y a une autre condition pour sa signature. Il l’avait déjà énoncée, puis on l’avait oubliée, mais elle est toujours là : que les décisions touchant à l'UE soient prises avec le triple accord du gouvernement, du parlement et du président, afin que le président ait autant de pouvoir que les deux autres institutions sur les questions européennes. « Je pourrai signer le traité quand nous aurons une législation appropriée », dit-il.

Et il souligne qu'il aurait fait valoir cette condition même si les Irlandais avaient dit oui.

14 juin 2008

Affaire classée

Le parquet de Torun indique avoir classé l'affaire du père Tadeusz Rydzyk, directeur de Radio Maryja, poursuivi pour propos « antisémites ».

En juillet 2007, les médias avaient fait un large écho d'une conférence donnée par le père Rydzyk à l'école de journalisme dont il est fondateur, dans laquelle il se prononçait contre  les dédommagements aux juifs. Il disait notamment : "Vous savez, il est question que la Pologne donne 65 milliards de dollars. Ils viendront vous voir et diront: rendez-moi ce manteau. Enlève ce pantalon! Donne les chaussures!"

Les propos du père Rydzyk "ne contenaient pas d'éléments interdits par la loi", souligne le parquet dans un communiqué.

17 avril 2008

Bonne nouvelle polonaise

Le pape a nommé Mgr Leszk Glodz archevêque de Gdansk.

Mgr Glodz, qui a le grade de général dans l’armée polonaise dont il a longtemps été l’aumônier, était le responsable des médias au sein du conseil permanent de l’épiscopat, où il a toujours défendu Radio Maryja.

11 avril 2008

Suspense polonais

Le président polonais Lech Kaczynski a signé hier la loi votée par le Parlement adoptant le traité de Lisbonne. Mais le ministère des Affaires étrangères a souligné que cette signature n’équivalait pas à la ratification définitive du traité. En effet, la loi qu’il a signée l’autorise à ratifier le traité. Ce qu’il n’a pas fait...

En vertu de l’accord passé avec le Premier ministre Donald Tusk, la ratification doit s’accompagner d’une résolution des députés concernant la souveraineté polonaise et le respect du caractère chrétien de la société polonaise, résolution qui s’accompagne elle-même d’un amendement précisant les modalités de la coopération entre le gouvernement, le Parlement et le président de la République dans les dossiers européens (en clair, une prééminence du Président). Or, si la résolution a été adoptée par les députés, l’amendement ne l’a pas encore été.

Mais tout cela est hélas sans importance.

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02 avril 2008

Pologne : la ratification en marche

Les députés polonais ont approuvé hier la ratification du traité de Lisbonne, par 384 voix contre 56 et 12 abstentions.

Ils ont également voté, conformément à l’accord intervenu entre le Premier ministre Donald Tusk et le président Lech Kaczynski, une « résolution » proclamant le respect des traditions chrétiennes de la Pologne, la supériorité de la Constitution polonaise sur le droit européen, et un engagement à modifier la loi fondamentale afin de donner davantage de pouvoirs au Président de la République dans les matières européennes.

Jaroslaw Kaczynski voulait que cela figure dans un préambule à la loi de ratification. Finalement c’est donc une résolution à part. Quoi qu’il en soit cela n’a aucune valeur juridique et relève de la pétition de principe. Voire même de la désinformation, car le traité de Lisbonne consacre le fait déjà bien établi, depuis longtemps, que le droit européen prime les constitutions nationales.

Les Kaczynski voulaient sans doute trouver un compromis entre l’aile nationaliste et l’aile euro-compatible de leur parti. C’est raté. Le tiers des députés du PiS n’a pas suivi la consigne de voter en faveur de la ratification.

Le texte doit être voté aujourd’hui par le Sénat. Le président aura 21 jours pour le signer. Selon Piot Moszynski, pour RFI, « il menace de ne pas le faire si les garanties réclamées par le PiS ne sont pas inscrites dans une nouvelle loi introduisant les changements exigés par le Traité de Lisbonne dans la législation polonaise. Seulement, les experts jugent ces garanties non conformes à la Constitution. Ainsi , la loi en question risquerait d’être invalidée par la Cour constitutionnelle. Dans ce cas, le conflit politique à grande échelle repartirait de plus belle ».

Mais tout cela finalement pour rien. Si l’on voulait garantir la souveraineté polonaise, il ne fallait pas signer le traité à Lisbonne...

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18 mars 2008

Pologne : la ratification bloquée

Après le coup d’éclat de Jaroslaw Kaczynski, chef de l’opposition, menaçant de ne pas voter le projet de loi de ratification du traité de Lisbonne si l’on n’y ajoute pas un préambule garantissant la souveraineté du pays, le texte a été renvoyé en commission.

Dans le même temps, Lech Kaczynski, président de la République, a déposé son propre projet de loi de ratification, soutenant ainsi la démarche de son jumeau.

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13 mars 2008

Le traité de Lisbonne menacé... en Pologne ?

Le projet de loi de ratification du traité de Lisbonne est actuellement en discussion au Parlement polonais. Jaroslaw Kaczynski, ex-Premier ministre et aujourd’hui chef de l’opposition (tandis que son frère jumeau est toujours président de la République) pose comme condition au vote des députés du PiS l’adoption par le Parlement d’un préambule stipulant la primauté de la Constitution polonaise sur les traités européens, spécifiant que « la République polonaise reste et restera un Etat souverain ».

« Si on décide de faire passer en force la version de la ratification proposée par le gouvernement, nous serons obligés de voter contre ou de nous abstenir, ce qui reviendra au même », prévient-il. En effet, cette loi doit recueillir les deux tiers des voix pour être adoptée, et le PiS a un peu plus du tiers des députés.

« Les Kaczynski ont dépassé les bornes, je ne les laisserai pas faire », s’est emporté le Premier ministre Donald Tusk. Et son directeur de cabinet menace les Kaczynski d’un référendum.

Pourquoi pas ?

Selon le directeur de cabinet et les observateurs, un référendum serait une défaite cuisante pour les Kaczynski.

Mais si les Kaczynski évoluent comme on le voit (être dans l’opposition peut faire ouvrir les yeux...), pourquoi pas le peuple polonais ? L’axe de la campagne vient d’être donné par l’ancien Premier ministre : le traité européen détruit la souveraineté de la Pologne, il faut donc le rejeter. Il ne faut pas sous-estimer le patriotisme polonais, même anesthésié par l’entrée dans l’Union européenne...

10 décembre 2007

La Pologne lève son veto

Le gouvernement polonais de Donald Tusk a levé le veto du gouvernement précédent à la création d’une Journée européenne contre la peine de mort. Les ministres de la Justice de l’UE ont donc pu voter la création de cette journée, lors de leur réunion de vendredi dernier.

(Sur ce sujet, voir mes notes 1, 2, 3.)

23 novembre 2007

Donald Tusk renonce à la Charte

Le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk annonce qu’il renonce à supprimer du traité de Lisbonne la dérogation obtenue par le gouvernement Kaczynski concernant la Charte des droits fondamentaux. « Je vais respecter les résultats des négociations de mes prédécesseurs », a-t-il dit.

« Nos partenaires dans l’Union européenne comprennent notre situation », a-t-il ajouté.

En fait, l’essentiel, pour l’UE, est que la Pologne ratifie le traité, avec ou sans la Charte... Or pour le ratifier il faut une majorité des deux tiers à la Diète. Donc il faut l’aval du parti des frères Kaczynski...

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