16 septembre 2009

Ennio Morricone, « Mission » et la liturgie

Ennio Morricone a deux casquettes : la musique de film, où il utilise de façon géniale et le plus souvent imperceptible des thèmes de musique classique, et sa musique « personnelle », qui est très différente. La première est très connue, la seconde ne l'est pas. Zenit l'a rencontré, et voici ce qu'il dit de sa musique pour le film Mission (où, pour le coup, le thème de hautbois vient évidemment de Mahler) :

A propos de « Mission », il déclare que le meilleur de cette partition du film était son « effet technique et spirituel ». Il veut dire par là la façon dont cette musique réussit à combiner trois thèmes musicaux du film. La présence de violons et du hautbois du père Gabriel représente « l'expérience de l'évolution de la musique instrumentale à la Renaissance ». Le film passe ensuite à d'autres formes de musique apparues avec la réforme de l'Eglise entreprise par le Concile de Trente, et se termine sur la musique des natifs Indiens. Il en est résulté un thème « contemporain » dans lequel les trois instruments- les instruments surgis de la Renaissance, ceux de la musique réformée post-conciliaire et les mélodies ethniques - s'harmonisent tout à la fin du film. « Le premier et le second thème vont ensemble, le premier et le troisième peuvent aller ensemble, et le second et le troisième vont ensemble », explique Morricone. « Cela était mon miracle technique qui, je le crois, fut une grande bénédiction ».

Et voici ce qu'il dit à propos de Benoît XVI et de la réforme liturgique :

Il voit en lui « un pape d'un esprit d'une grande noblesse, un homme d'une grande culture et aussi d'une grande force ». Il est particulièrement élogieux sur les efforts que fait Benoît XVI pour réformer la liturgie - un sujet qui tient très à cœur à E. Morricone. « Aujourd'hui, l'Eglise a commis une grosse erreur, en revenant en arrière de 500 ans avec des guitares et des chants populaires », argumente-t-il. « Je n'aime pas du tout ça. Le chant grégorien est une tradition vitale et importante de l'Eglise, et gâcher cela avec des mélanges de paroles religieuses et profanes d'enfants, de chants occidentaux est extrêmement grave, extrêmement grave ». Il affirme que c'est un retour en arrière parce la même chose est arrivée avant le Concile de Trente, quand des chanteurs mélangeaient le profane avec la musique sacrée. « Il [le pape] fait bien d'y remédier », fait-il observer. « Il devrait le faire avec encore plus de fermeté. Quelques Eglises en ont tenu compte, mais d'autres non ».

(Ennio Morricone est l'un des premiers à avoir répondu à l'invitation lancée par le pape à 500 artistes, pour une rencontre le 21 novembre prochain à la chapelle Sixtine « pour renouer les liens entre culture et religion », et à l'occasion des 10 ans de la très remarquable Lettre aux artistes de Jean-Paul II.)

04 mai 2009

Le pape critique musical

Nouvelle critique musicale de Benoît XVI, de haute volée, en commentaire du concert qui lui a été offert par le président de la République italienne à l'occasion du quatrième anniversaire de son Pontificat.

J'ai trouvé le choix des compositions très adapté au temps liturgique que nous vivons : le temps de Pâques. La Symphonie n°95 de Haydn - que nous avons écoutée en premier - semble contenir en elle un itinéraire que nous pourrions qualifier de « pascal ». Elle commence en effet dans la tonalité de do mineur, et à travers un parcours toujours parfaitement équilibré, mais non exempt d'un caractère dramatique, se termine en do majeur. Cela fait penser à l'itinéraire de l'âme - représentée particulièrement par le violoncelle - vers la paix et la sérénité. Tout de suite après, la Symphonie n°35 de Mozart est presque parvenue à amplifier et couronner l'affirmation de la vie sur la mort, de la joie sur la mélancolie. En effet, le sens de la fête domine incontestablement en elle. La progression est très dynamique, et dans le final, irrésistible même - et ici nos instrumentistes virtuoses nous ont fait sentir combien la force peut s'harmoniser avec la grâce. C'est ce qui se produit au plus haut degré - si on me permet ce rapprochement - dans l'amour de Dieu, dans lequel puissance et grâce coïncident.

Après quoi les voix humaines - le chœur - entrent pour ainsi dire en scène , comme pour donner une voix à ce que la musique avait déjà voulu exprimer. Et ce n'est pas un hasard si le premier mot est « Magnificat ». Sortie du cœur de Marie - objet de prédilection de Dieu pour son humilité -, ce mot est devenu le chant quotidien de l'Église, précisément en cette heure des vêpres, un moment qui invite à la méditation sur le sens de la vie et de l'histoire. Le Magnificat préfigure clairement la Résurrection, c'est-à-dire la victoire du Christ :  Dieu a réalisé en Lui ses promesses, et sa miséricorde s'est révélée dans toute sa puissance paradoxale. Jusque là : la « parole ».

Et la musique de Vivaldi ? Avant tout il convient de noter que les airs chantés par les solistes ont été composés expressément pour quelques chanteuses parmi ses élèves à l'Hôpital vénitien de la Pitié : cinq orphelines douées d'extraordinaires qualités vocales. Comment ne pas penser à l'humilité de la jeune Marie, dont Dieu tira de « grandes choses » ? Ainsi, ces cinq « solo » représentent presque la voix de la Vierge, tandis que les parties chorales expriment l'Eglise-Communauté. Toutes les deux, Marie et l'Église, sont unies dans l'unique cantique de louange au « Saint », au Dieu qui, avec la puissance de l'amour, réalise dans l'histoire son dessein de justice. Enfin, le Chœur a donné sa voix à ce sublime chef-d'œuvre qu'est l'Ave verum Corpus de Mozart. Ici, la méditation cède le pas à la contemplation : le regard de l'âme se pose sur le Très saint Sacrement, pour y reconnaître le Corpus Domini, ce Corps qui a vraiment été immolé sur la croix et dont a jailli la source du salut universel. Mozart composa ce motet peu avant sa mort, et en lui, on peut dire que la musique devient vraiment prière, abandon du cœur à Dieu, avec un sens profond de paix.

28 mars 2009

La résurrection du Quatuor des Evangélistes

Les "Evangélistes", unique quatuor d'instruments à cordes réalisé par un grand maître de la lutherie et conservé depuis le XIXe siècle, viennent de reprendre vie sous les doigts de quatre musiciens heureux, les Modigliani.

Le plus grand luthier français du XIXe siècle, Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875), a fabriqué en 1863 ces deux violons, cet alto et ce violoncelle dans un même bois, en caressant l'espoir qu'ils soient joués uniquement ensemble.

Le modèle de Vuillaume était le fameux violon "Messie" (1716) de Stradivarius. Filant la métaphore religieuse, le luthier français a donné aux instruments de son quatuor les noms des quatre évangélistes, gravés sur la table d'harmonie des instruments: saint Jean pour le premier violon, saint Marc pour le second, saint Matthieu pour l'alto et saint Luc pour le violoncelle.

Depuis, mystérieusement, les "Evangélistes" n'ont quasiment pas été joués dans leur configuration de quatuor. Le luthier Etienne Vatelot les a acquis en 1973, puis conservés discrètement durant 35 ans dans son atelier parisien, repoussant même les convoitises d'un grand musicien.

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26 août 2008

Benoît XVI parle de Schubert

Lors d’un concert donné dimanche en son honneur à Castel Gandolfo, le pape Benoît XVI a pu entendre Le Voyage d’Hiver, de Schubert, dans une version pour violoncelle et piano.

Dans son allocution, à l'issue du concert, il a notamment déclaré :

« Elle est méritée, la reconnaissance qui est attribuée universellement à cet illustre génie de la musique, qui honore la civilisation européenne, et la grande culture et la spiritualité de l'Autriche chrétienne et catholique ».

« En présentant le Voyage d'hiver à ses amis, Schubert a dit : ‘Je vous chanterai un cycle de Lieder qui m'ont impliqué plus qu'il ne m'était jamais arrivé auparavant. Ils me plaisent plus que tous et ils vous plairont aussi'. Ce sont des paroles auxquelles nous pouvons consentir nous aussi, après les avoir écoutés à la lumière de l'espérance de notre foi. Le jeune Schubert, spontané et exubérant, a réussi nous à communiquer à nous aussi ce soir ce qu'il a vécu et ce dont il a fait l'expérience. »

« Nous venons de goûter le chef d'œuvre des Lieder de Schubert : Die Winterreise (le Voyage d'hiver). On compte 24 Lieder composés sur des textes de Wilhelm Müller, dans lesquels Schubert exprime une atmosphère intense de triste solitude, qu'il ressentait particulièrement étant donné l'état d'âme de prostration causée par sa longue maladie, et par une succession de nombreuses déceptions sentimentales et professionnelles. C'est un voyage tout intérieur, que le célèbre compositeur autrichien écrivit en 1827, à un an seulement de sa mort prématurée qui le saisit à 31 ans. »

« Lorsque Schubert prend un texte poétique dans son univers sonore, il l'interprète à travers un réseau mélodique qui pénètre l'âme avec douceur, en portant celui qui l'écoute à éprouver le même regret brûlant éprouvé par le musicien, le même rappel de ces vérités du cœur qui vont au-delà de tout jugement. C'est ainsi que naît une fresque qui parle de quotidien sincère, de nostalgie, d'introspection, d'avenir ».

« Tout ré-affleure au long du parcours : la neige, le paysage, les objets, les personnes, les événements, dans un flux brûlant de souvenirs. En particulier, ce fut pour moi une expérience nouvelle et belle d'écouter cette œuvre dans la version qui nous a été proposée, c'est-à-dire avec le violoncelle à la place de la voix humaine. Nous n'entendions pas les paroles de la poésie, mais leur reflet et les sentiments qui y sont contenus avec la ‘voix' quasi humaine du violoncelle. »

C'est un très beau commentaire. Comme on l'avait déjà remarqué, Joseph Ratzinger aurait pu aussi être un remarquable critique musical...

02 juillet 2008

Mozart assassiné (une fois de plus)

Lu dans L’Express à propos du Festival d'Aix-en-Provence :

Les célébrations ont commencé le samedi 27 juin au Théâtre de l'Archevêché avec Zaïde, un opéra inachevé qui n'offre qu'une quarantaine de minutes de musique, pas des plus inspirées. Alors que l'oeuvre est généralement présenté en version de concert, le metteur en scène américain Peter Sellars a transformé ces ébauches en un spectacle de deux heures, en allemand. Par la magie de la bien-pensance, le sujet d'origine (une aimable turquerie, genre badin du XVIIIe siècle) est devenu une laborieuse dénonciation de "l'esclavage moderne" et une réflexion "sur les rapports entre le monde occidental et l'Islam". On est bien loin des intensions de Mozart et le directeur du Festival, Bernard Foccroulle, a cru bon d'assortir ces huit représentations de Zaïde d'un colloque intitulé "Pour en finir avec l'esclavage" animé par un journaliste de Libération.

23 mai 2008

Trois nouvelles œuvres de Mozart ?

Les archives du monastère de Jasna Gora (Czestochowa) renferment 3.000 partitions musicales manuscrites, dont 18 attribuées à Mozart. Les musicologues polonais ont récemment constaté que 3 de ces œuvres ne figuraient pas au catalogue Koechel et sont inconnues. En outre, il se pourrait que ces œuvres soient de la période viennoise de Mozart, autrement dit de sa maturité.

Les Polonais ont pris contact avec des experts de Salzbourg et de Vienne.

16 avril 2008

Une Médée antiraciste et blasphématoire

Evénement à Bruxelles. Le nouveau metteur en scène chouchou des bobos, Krzysztof Warlikowski, qui avait déjà « démythifié » notamment Parsifal à l’Opéra de Paris (avec une affiche montrant un crucifix utilisé comme un pistolet), donne sa vision de Médée de Cherubini au théâtre de la Monnaie.

Extraits du compte-rendu dithyrambique de Yacine Leforestier pour l’AFP :

Le metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski a réussi un coup de maître en ressuscitant la Médée de Cherubini en immigrée rejetée par son pays d’exil, dans une production pleine de trouvailles et d’échos contemporains.

Humiliée, poignante de désespoir, c’est en étrangère arabe immigrée, quelque part dans un Occident chrétien contemporain sûr de ses valeurs, que le metteur en scène campe l’héroïne tragique. Vivant dans l’exil, Médée est rejetée par son entourage, en termes souvent très crus. Warlikowski a réécrit les dialogues parlés de l’opéra de la fin du XVIIIe siècle (1797) pour les plonger dans les dures réalités du XXIe siècle. « Je te donne un seul conseil : casse-toi, personne ne veut de toi ici », éructe Jason. « Vous êtes tous les mêmes, toi et les tiens, des criminels ! », lui lance le père de Jason, Créon.

Warlikowski n’oublie pas aussi d’égratigner quelques-unes des icônes de sa très catholique Pologne natale, celle de la Vierge Marie , qui parfois se confond avec la provocante Médée, celle encore de la pureté de la maternité, ou les rites ecclésiastiques.

Sa mise en scène, qui suggère parfois un décor de banlieue aux murs tagués, est pleine d’ingénuosité (sic), avec un gigantesque miroir au fond de la scène qui renvoie les spectateurs à eux-mêmes [déjà vu maintes fois...].

Warlikowski utilise abondamment la vidéo et multiplie les clins d’œil contemporains : Médée apparaît sur scène avec des airs manifestes d’Amy Winehouse, la chanteuse pop britannique, les bras généreusement tatoués, les cheveux noir ébène en choucroute, moulée dans une robe de cuir lascive.

Le résultat est plus que probant.

Extrait du compte-rendu tout aussi dithyrambique de La Libre Belgique  :

Et Médée ? Robe en latex moulant, talon aiguilles et tatouages, elle est d'abord Amy Winehouse dans son voyage d'autodestruction, deviendra un instant Vierge Marie d'apparition avec sa perruque blonde et son manteau bleu, pour terminer en ménagère fatiguée, pliant dans un tiroir les pyjamas ensanglantés de ses fils assassinés avant d'allumer une cigarette, de l'écraser rageusement sur son miroir puis de quitter la scène dans un silence de mort.

28 mai 2007

Lundi de Pentecôte

Luther n’avait pas eu l’impiété de supprimer l’octave de la Pentecôte. De ce fait, à Leipzig comme dans le reste de la chrétienté, le lundi et le mardi de la Pentecôte étaient fériés, et le peuple chrétien, protestant ou catholique, continuait de méditer sur le grand mystère.

Pourquoi, à Leipzig ? Parce que si Luther avait fait comme Paul VI et ses experts, nous aurions été privés de cinq cantates de Jean-Sébastien Bach. Il en a en effet composé trois pour le lundi de Pentecôte, deux pour le mardi (du moins c’est ce qui nous reste).

Or, en outre, l’une de ces cantates, la BWV 68 pour le « deuxième jour de la Pentecôte » de 1725, est l’une des plus belles.

Le chœur d’entrée, d’une lumineuse sérénité, est composé sur le choral Also hat Gott die Welt geliebt, qui reprend le début du discours de Jésus à Nicodème dans l’évangile du jour : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique… Dans ce « don » d'amour se récapitule tout le parcours de Jésus-Christ, et toute l’année liturgique, depuis la Nativité jusqu’à la Pentecôte. Et dans sa prière musicale, Bach le montre en faisant allusion à la Nativité de façon très subtile : la mélodie originelle du choral est imperceptible à celui qui n’y fait pas attention, mais elle est soulignée par un cor discret : le cor est l’instrument que Bach utilise pour symboliser l’incarnation.

La Nativité sera ensuite célébrée de façon plus directe dans l’air de basse : Du bist geboren mir zugute : Tu es né pour mon bien, et ce sont tous les bienfaits apportés par le Christ qui sont ici célébrés, affirmés avec autorité, dans leur globalité.

Mais il y a d’abord l’air de soprano, d’une joie aussi spontanée que sans mélange, et qu’accompagne un violoncelle piccolo jubilant : Mon cœur plein de foi, exulte, chante, réjouis-toi, ton Jésus est là… Cet air se termine de façon insolite par un trio hautbois, violon, violoncelle, qui est une merveilleuse dentelle sonore, comme un vitrail d’église de campagne sur lequel joue le soleil de printemps.

Entre les deux airs, le récitatif de basse fait allusion à l’épître du jour : Je suis comme Pierre…

Le chœur final est composé sur une des paroles du Christ à Nicodème : Celui qui croit en lui ne sera pas jugé, mais celui qui ne croira pas en lui est déjà jugé, car il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. C’est une fugue à deux sujets qui s’affrontent (celui qui croit, celui qui ne croit pas), avant de se conclure sereinement sur le premier thème. Cette fugue, où l’orchestre s’enrichit de trois trombones, a une saveur étrangement archaïque par rapport aux deux airs qui ont précédé. On peut y voir une allusion au fait que la Pentecôte de la nouvelle alliance accomplit la Pentecôte de l’ancienne alliance, dans le nom de Jésus qui sauve.

Désolé, mais je préfère ce lundi de Pentecôte luthérien en musique à l’anonyme « lundi de la 8e semaine du temps ordinaire »

27 avril 2007

Rostropovitch

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Communiqué du Front National

L’immense violoncelliste Mstislav Rostropovitch, membre de l’Institut de France, restera dans l’histoire comme l’un des plus grands interprètes de la seconde moitié du XXe siècle, et aussi comme l’un des véritables héros du combat anticommuniste.

Chacun se souvient de son concert improvisé au pied du Mur de Berlin qui venait d’être enfoncé. Mais on doit se souvenir d’abord qu’il hébergea chez lui Alexandre Soljenitsyne malade et traqué, et qu’il envoya à la Pravda , pour défendre l’écrivain, une lettre ouverte qui lui valut l’exil et la terrible qualité d’apatride.

La disparition de ce géant de la musique et de la liberté, qui fut avec Boris Elstine, qui vient lui aussi de mourir, le défenseur de la démocratie lors de la tentative de putsch de 1991, souligne à quel point sont misérables les manœuvres du Parlement européen en faveur de l’opération politicienne de l’ancien militant stalinien Bronislaw Geremek contre sa patrie.

28 février 2007

Stupidité française

Le directeur de l’Opéra de Paris, Gérard Mortier, ancien directeur du Théâtre de la Monnaie et du Festival de Salzbourg, est nommé directeur de l’Opéra de la Ville de New York (NYCO) à partir de 2009.

Gérard Mortier n’a pas demandé à partir de Paris. Il est simplement victime de la limite d’âge. En France, tout fonctionnaire doit partir à la retraite à 65 ans dernier carat.

En l’occurrence, on ne regrettera pas ce personnage, promoteur des metteurs en scène qui détruisent les œuvres lyriques au gré de leurs « relectures » délirantes ou militantes.

C’est le principe qui est absurde, et qui peut nous priver d’hommes de grand talent et les envoyer dans des pays où l’on ne pense pas qu’à 65 ans on ne puisse plus avoir de projet artistique…

Du reste Gérard Mortier sera remplacé à Paris par Nicolas Joël, qui est quant à lui un très remarquable directeur d’opéra, comme il l’a montré à Toulouse. Même s’il est encore jeune, lui aussi sera atteint, dans 12 ans, par la limite d’âge. Et devra s’expatrier pour continuer ses activités… Car lorsqu’on fait ce genre de travail, on ne prend pas sa retraite à 65 ans.

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