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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2662

  • Toujours Prada. Et Tiffany

    La villa où a séjourné Nicolas Sarkozy durant ses vacances américaines à Wolfeboro « a été louée par nos amis, les Cromback et les Agostinelli qui nous ont invités à y séjourner avec nos enfants », aurait déclaré le Président lui-même à des journalistes du Monde.

    Agnès Cromback est la présidente du joaillier Tiffany-France, tandis que Mathilde Agostinelli, responsable de la communication de Prada-France, est une amie de Cécilia Sarkozy, et la belle-sœur du porte-parole adjoint de l’Elysée.

    Le coût de la location de la villa sur les bords du lac Winnipesaukee a été estimé à 22.000 euros la semaine.

    Le problème n’est pas que les Sarkozy aient des goûts de luxe. Le problème est que le président de la République se fait ainsi l’obligé de puissances commerciales et financières.

    Le généreux Pierre Botton, et son gendre politicien Michel Noir, furent lourdement condamnés pour beaucoup, beaucoup moins que cela. On voit la dérive.

    D’autre part on peut considérer qu’il n’est guère opportun qu’un président français nouvellement élu passe ses premières vacances à l’étranger, particulièrement aux Etats-Unis. Après les éloges dithyrambiques qu’il fait de ce pays, il semble montrer qu’il le préfère à la France. Et sans doute n’est-ce pas seulement une apparence.

  • Contre-jihad aux Philippines

    Au moins 16 soldats et 42 islamistes ont été tués ce samedi dans des combats entre l'armée philippine et des combattants du groupe Abou Sayyaf, dans l'île de Basilan, selon des sources militaires.

    Les forces philippines ont déclenché en début de semaine une nouvelle offensive contre les guérilleros de ce mouvement dans le sud de l'archipel.

    Environ 12.000 soldats sont actuellement déployés à Jolo et à Basilan où près de 20.000 habitants ont déjà fui les combats.

  • Scandit ad Æthera

    Même pour ceux qui se sont résolus à ce qu’il n’y ait plus d’octave de l’Assomption, ce samedi ne peut être un samedi ordinaire. Il reste dans la lumière de la glorification de la Mère de Dieu.

    Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine cite une strophe d’un poète qu’il ne nomme pas et que personne, semble-t-il, n’a pu identifier. Tout le mystère y est contenu en quelques mots :

    Scandit ad Æthera
    Virgo puerpera,
    Virgula Jesse.
    Non sine corpore,
    Sed sine tempore,
    Tendit ad esse.

    Elle monte au Ciel, la Vierge Mère, le rameau de Jessé, non pas sans son corps, mais en dehors du temps, elle se dirige vers Celui qui est.

    (Saint Augustin, par exemple, souligne que l’éternité est "sine tempore", sans succession du temps, en dehors du temps auquel est soumise la créature. L’Assomption est « sine tempore », comme l’Immaculée Conception. Le corps "sine tempore" est celui de la résurrection. Le mot « esse » fait sans doute référence à saint Thomas d’Aquin, qui enseigne que Dieu est « ipsum esse subsistens », le seul être subsistant en lui-même, l’acte pur d’être : Je suis celui qui suis.)

  • Le feuilleton des déductions sur les emprunts

    Le Conseil constitutionnel avait été saisi par les parlementaires socialistes qui lui avaient demandé de censurer les articles 1 (heures supplémentaires), 11 (bouclier fiscal) et 16 (exonérations d’ISF pour investissements dans les PME) du « paquet fiscal » adopté définitivement le 1er août. Le Conseil constitutionnel a rejeté ces demandes, mais s’est autosaisi de l’article 5, celui qui correspond à l’une des promesses phares de Nicolas Sarkozy : le crédit d’impôt pour les intérêts payés au titre des cinq premières années de remboursement des prêts immobiliers contractés pour l’achat d’une résidence principale.

    On se souvient que cette promesse avait fait l’objet de pataquès entre la présidentielle et les législatives.

    Christine Boutin, ministre du Logement, avait déclaré que c’était à partir de l’élection du président de la République que cette mesure serait applicable, au motif que la loi ne peut pas être rétroactive (argument stupide, puisque la loi ne pourrait être votée que dans les mois suivant l’élection et serait donc de toute façon rétroactive si elle s’appliquait à partir du 6 mai). Eric Woerth expliquait lui aussi quelques jours plus tard que la mesure ne s’appliquerait qu’aux « résidences principales dont l’acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007 ». Ce qui avait provoqué une vive réaction de Nicolas Sarkozy, réaffirmant que la disposition concernerait tous les emprunts en cours, comme il s’y était engagé pendant la campagne présidentielle.

    Seulement voilà. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article, non pas au motif de la rétroactivité, curieusement, mais parce que, si cet avantage « répond pour les prêts futurs à un objectif d’intérêt général qui est de favoriser l’accession à la propriété, il n’en va pas de même pour les prêts déjà accordés, car, par définition, pour ceux-ci, le contribuable est déjà propriétaire de son habitation principale ». « Il s’agit alors d’un soutien au pouvoir d’achat au bénéfice des seuls contribuables propriétaires de leur habitation principale », ce qui constitue une « rupture d’égalité entre contribuables ». En outre, le Conseil constitutionnel juge que le coût de la mesure, 7,7 milliards d’euros, est « hors de proportion avec l’effet incitatif attendu ».

    François Fillon a affirmé hier soir que le gouvernement proposerait dans les prochains jours « un nouveau dispositif » permettant à ceux qui ont souscrit un emprunt de pouvoir bénéficier néanmoins du crédit d’impôt.

    Aujourd’hui, Christine Lagarde a constaté que, vu la décision du Conseil constitutionnel, c’est seulement à compter de l’entrée en vigueur de la loi que les intérêts seront déductibles (à condition, ce qu’elle ne dit pas, de faire l’impasse sur la critique concernant le coût de la mesure...). Toutefois, le gouvernement va mettre en place un « mécanisme » devant permettre de déduire les intérêts « au moins à tous ceux qui ont signé des promesses d’achat ou commencé à souscrire des emprunts depuis l’élection du président de la République ». Et en ce qui concerne les emprunts souscrits avant le 6 mai, « on est en train de travailler sur un texte qui sera proposé ultérieurement à l’automne »...

    Dur, dur...

  • Langue de bois

    Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, est rentrée plus tôt que prévu de ses vacances, à cause de la crise boursière.

    Telle est l’information objective... et officielle : « La ministre est rentrée de façon anticipée en raison de la situation boursière », faisait savoir hier matin le ministère.

    Mais devant les journalistes, Christine Lagarde a déclaré : « Je n’ai pas interrompu mes vacances, je suis rentrée ce matin comme prévu. »

    La raison de ce mensonge, c’est qu’elle est revenue pour rassurer les Français. Pour leur dire notamment qu’il n’y a pas à s’inquiéter. Et s’il n’y a pas à s’inquiéter elle n’avait évidemment pas à revenir de vacances avant terme.

    Donc il n’y a pas de risque de krach, il n’y a qu’une correction un peu brutale du marché, il n’y aura « pas de contamination » à l’économie française, car celle-ci « repose sur des fondements solides », et l’industrie bancaire est « extrêmement solide », et la BCE a « très bien fait son travail », etc.

    Sur sa lancée, Christine Lagarde a également déclaré qu’elle maintenait les prévisions de croissance pour 2007, car « les fondamentaux de l’économie sont bons et nous laissent escompter un troisième trimestre, puis surtout un quatrième trimestre de bon augure, et certainement meilleur que le deuxième ». Moins mauvais, veut-elle dire : le taux de croissance pour le deuxième trimestre a été de 0,3%, alors que la prévision était de 0,6%. Ce qui fait que plus aucun économiste ne croit à la prévision d’une croissance de 2,25-2,5 % sur l’année.

    Et tant qu’on y est, allons-y pour un satisfecit sur l’emploi... Le chiffre des créations d’emploi en 2007 sera « très satisfaisant », car « le rythme est bon, encourageant ».

    Or l’emploi dans le secteur concurrentiel n’a augmenté que de 3.700 postes au deuxième trimestre, c’est-à-dire qu’il est « resté stable », comme disent les spécialistes. Le rythme dont parle Christine Lagarde s’appelle le point mort.

    On voit que Christine Lagarde est revenu en forme de ses vacances. En virtuose de la langue de bois.

  • « Surveillance judiciaire »

    L’agresseur du petit Ennis à Roubaix s’appelle Francis Evrard. Il avait été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion pour attentat à la pudeur avec violences sur mineur. En 1985, il avait été condamné à quatre ans de prison pour attentat à la pudeur. En 1989, il avait été condamné à 27 ans de réclusion pour viol sur mineurs, dont 18 ans de sûreté. Selon le procureur, « il avait purgé l’intégralité de sa peine. » C’est-à-dire qu’il est sorti au bout des 18 ans de « sûreté », alors qu’il était condamné à rester en prison jusqu’en 2016.

    Il était placé, nous dit-on, sous le régime de la surveillance judiciaire, qui est ordonné s’il y a un risque de récidive. La mesure a été prononcée après un examen psychiatrique qui a confirmé la dangerosité de l’individu.

    En effet, chaque fois que Francis Evrard est sorti de prison, il a récidivé. Mais on l’a laissé sortir, une fois de plus. « Sous surveillance judiciaire », c’est-à-dire sans surveillance. Il était censé prévenir de ses déplacements (s’il vous plaît, cher Monsieur, ayez l’obligeance de nous prévenir) et s’abstenir de tout contact avec des mineurs (s’il vous plaît, cher Monsieur, évitez de rencontrer des enfants), et il avait rendez-vous avec le juge d’application des peines le 24 août...

    Francis Evrard s’inscrit dans la longue liste des multirécidivistes dangereux que la justice remet en liberté sans le moindre état d’âme, en sachant pertinemment qu’ils vont récidiver.

    Le petit Ennis a eu plus de chance que les victimes de Pierre Bodein.

  • Saint Hyacinthe

    Polonais de Silésie, Hyacinthe fit son noviciat dominicain sous la houlette de saint Dominique en personne, et il retourna en Pologne fonder des couvents et mener de grandes campagnes d’évangélisation jusqu’en Prusse orientale et en Russie.

    Favorisé de plusieurs apparitions ou monitions de la Vierge, il mourut à Cracovie le jour de l’Assomption 1257.

    Il avait une immense réputation de thaumaturge, et son culte commença dès après sa mort. Mais il ne fut canonisé qu’en 1594. Il est le saint patron du diocèse de Cracovie.

    On le représente avec un ciboire et une statue de la Vierge. Cette iconographie fait référence à l’un des innombrables épisodes miraculeux de sa vie (dont il est impossible de démêler ceux qui sont vrais et ceux que la ferveur populaire a généreusement ajoutés) : les Tatars envahissant sa mission en Ukraine, il prit le ciboire pour empêcher la profanation des hosties. Alors qu’il s’enfuyait, il entendit une voix qui venait de la statue de la Sainte Vierge et lui demandait de la prendre aussi. Or cette grande statue de marbre ne pouvait pas être déplacée par un homme seul. Saint Hyacinthe la prit sans y penser, et l’emporta jusqu’à Cracovie comme si elle ne pesait rien.

    On se demandera comment il se fait qu’on ne rencontre jamais de Polonais qui s’appellent Hyacinthe, alors que le saint est si populaire. C’est qu’en Pologne il est connu sous le nom de Jacek. De même saint Adalbert, qui est l’un de saints patrons de la Pologne (et de Bohême) est Wojciech (Vojtech en Bohême).

  • Merkel au Groenland

    Angela Merkel est partie pour le Groenland, où elle doit, nous dit-on, se rendre compte de visu des conséquences du réchauffement climatique.

    Elle pourra vérifier que la grande île à laquelle les Vikings avaient donné le nom de « pays vert », en raison de sa végétation abondante, est couverte de glace...

  • Encore un

    Le ravisseur présumé du petit Enis, à Roubaix, a déjà fait vingt ans de prison pour des agressions sexuelles sur mineurs. Il était en liberté conditionnelle depuis le mois dernier.

    Il y a donc eu un juge, conseillé par des « experts », pour remettre en liberté, avant la fin de sa peine, un homme ouvertement considéré comme « très dangereux ».

    Grâce au plan Alerte Enlèvement, l’enfant et son ravisseur ont été retrouvés en quelques heures. Rachida Dati souligne que ce plan, mis en place l’an dernier, a « démontré à nouveau son efficacité ».

    Certes. Mais c’est l’efficacité de la justice qui laisse à désirer.

     

    Addendum. Le vice-procureur de Lille fait savoir que l'enfant a subi des sévices sexuels, et que son ravisseur présumé sera mis en examen pour enlèvement et viol aggravé.

    L'Elysée annonce dans un communiqué que le président Sarkozy tiendra lundi une réunion avec le Premier ministre et les ministres de la Justice, de l'Intérieur et de la Santé pour "étudier les mesures qu'il convient de prendre pour garantir que les personnes condamnées pour des agressions graves, notamment d'ordre sexuel, ne soient plus en situation de recommencer de tels actes une fois purgée leur peine de prison".

    C'est devenu systématique. On fait semblant de découvrir un problème quand un drame se produit, et dans l'urgence on prétend remédier à la situation.

    Le communiqué dit : "une fois purgée leur peine de prison". Et si, déjà, ils la purgeaient ?

  • Les Pasdarans classés « terroristes » ?

    Selon des sources américaines aussi anonymes qu’officielles (sic), les Etats-Unis ont l’intention d’inscrire les Pasdarans iraniens, les Gardiens de la révolution islamique, sur la liste des organisations terroristes.

    Cela pourrait être un pas de plus vers la guerre contre l’Iran. En s’en prenant aux Pasdarans, Washington donnerait le signal qu’il est prêt à agir de manière unilatérale. Mais cette annonce n’a peut-être pour seul but (en tout cas dans un premier temps) que de faire pression sur le conseil de sécurité de l’ONU pour que soient adoptées des sanctions plus fermes contre l’Iran.

    S’en prendre aux Pasdarans, c’est s’en prendre au principal pilier du régime iranien, et aujourd’hui au régime lui-même, puisque Mahmoud Ahmadinedjad et cinq ministres sont des leurs. Et les Etats-Unis ostraciseraient ainsi pour la première fois une structure militaire gouvernementale : ils alignent 100.000 soldats, et ont un meilleur armement que l’armée régulière.

    Mais en outre, les Pasdarans sont devenus une gigantesque puissance économique. D’abord présents dans l’industrie d’armement et dans le BTP, ils ont diversifié leurs activités, et l’arrivée des leurs au gouvernement leur a permis d’obtenir de gros contrats de développement de l’industrie gazière. Or, leur coller l’étiquette terroriste, c’est interdire toute transaction financière et commerciale avec eux.

    La réaction a été sans surprise : « L’âme des Gardiens a terrifié les ennemis de ce régime et de la révolution... La victoire historique sera avec les fils de l’islam contre les infidèles du monde... »