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Famille

  • Avec François c’est le divorce pour tous

    J’ai signalé hier les dernières insultes de François, envers les jeunes, qui sont des inconscients, et les prêtres, qui ne savent même pas leur dire ce qu’est le mariage.

    Mais le plus grave est la conséquence pratique du propos. C’est pourquoi il a été aussitôt corrigé par les services de communication du Vatican. « La grande majorité des mariages sacramentels sont nuls » est devenu : « Une partie des mariages sacramentels ».

    Mais ce que le pape a réellement dit avait déjà été diffusé dans le monde entier.

    Et il a réellement dit ce qu’il voulait dire : c’est dans la ligne des synodes et de l’exhortation apostolique, et de la réforme de la procédure de reconnaissance de nullité.

    Si la grande majorité des mariages sont nuls, il va de soi que la quasi totalité des demandes de reconnaissance de nullité émanent de couples dont le mariage est nul a priori, et donc qu’il faut tout simplement reconnaître la nullité de façon quasi automatique (quasi, parce qu’il y a toujours des exceptions).

    Ainsi François institue-t-il le divorce catholique pour tous. Pour tous ceux, et ils sont la grande majorité, dont il proclame que leur mariage était nul.

    Tel est le but réel de la réforme de la procédure : donner la reconnaissance de nullité à tous ceux qui la demandent (ce qui fait tomber toutes les objections des spécialistes en la matière, sur la compétence des évêques, etc.).

    Et c’est un aboutissement spectaculaire de l’idéologie bergoglienne : on ne touche pas à la doctrine (le mariage reste ce qu’il est dans le catéchisme et dans le droit canon), mais elle est mise au placard, annihilée dans les faits par la praxis, par la magnifiquement miséricordieuse pastorale de l’Eglise hôpital de campagne… qui conduit les gens en enfer. Et détruit l’Eglise catholique.

    PS. Je découvre qu'il a dit aussi à propos de ceux qui cohabitent sans être mariés: « J'ai vu tant de fidélité dans ces cohabitations, tant de fidélité. Je suis sûr que ceci est un vrai mariage, ils ont la grâce du mariage justement par la fidélité qu'ils ont. » Mais jusqu'où les évêques, les cardinaux, vont-ils laisser aller l'entreprise de démolition Bergoglio ? Que leur faut-il pour réagir ?

  • Les Roumains pour la famille

    La Coalition pour la famille, en Roumanie, avait annoncé en février dernier qu’elle avait recueilli plus de 2 millions de signatures (alors que 500.000 suffisaient) pour que la Constitution soit modifiée afin de préciser que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme.

    La Coalition a déposé aujourd’hui au Parlement sa demande d’amendement constitutionnel, appuyée par… plus de 3 millions de signatures de personnes inscrites sur les listes électorales (dans un pays de 20 millions d’habitants).

  • Efficace

    Dans un entretien à Elle, numéro paru hier en Ile-de-France et aujourd’hui en province, François Hollande annonce que le ministère de la Famille va devenir le ministère des Familles, afin de prendre en compte toutes les sortes de familles, à commencer par les soi-disant familles homosexuelles.

    Sur certains sujets, François Hollande est d’une efficacité fulgurante. Car c’est hier même qu’il a pris le décret supprimant rétroactivement la famille de l’organigramme du gouvernement pour la remplacer par la négation de la famille. Et le décret pris hier a été publié aujourd’hui dans le Journal Officiel

    C’est donc officiel : la famille n’existe plus. C’est du moins ce que prétend ce gouvernement négationniste qui ne recule devant aucun affront totalitaire à la loi naturelle.

  • Les Roumains pour la famille

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    La Coalition pour la famille, en Roumanie, a annoncé mardi sur sa page Facebook avoir recueilli 2.164.156 signatures pour que le mariage soit défini dans la Constitution comme l’union d’un homme et d’une femme. Ce qui est un succès colossal pour cette initiative, qui a été signée par 46% des électeurs inscrits dans un département (Damboita), et 48% dans un autre (Ialomita).

    La Coalition est formée de 23 associations, dont l’Association des familles catholiques de Roumanie Vladimir Ghika, Famille traditionnelle, Pro Vita Bucarest… Le comité d’initiative est composé de 16 membres, orthodoxes, catholiques, grecs-catholiques, baptistes, pentecôtistes. Le bon œcuménisme en action… L’initiative a reçu le soutien officiel du saint synode de l’Eglise orthodoxe.

    Il faut collecter 500.000 signatures de personnes ayant le droit de vote, en six mois, pour obtenir un référendum. La collecte a commencé le 25 novembre dernier, après la publication de la proposition de loi au Journal Officiel. Le 29 janvier, la Coalition pour la famille annonçait avoir récolté 825.000 signatures, mais continuait la collecte pour montrer qu’il s’agissait d’un mouvement de fond.

    La Coalition demande que l’article 48-1 de la Constitution soit rédigé ainsi : « La famille est fondée sur le mariage libre entre un homme et une femme, sur leur égalité et sur les droits et devoirs des parents d’assurer la croissance, l’éducation et l’instruction des enfants. »

    La proposition de loi constitutionnelle doit être adoptée par une majorité des deux tiers dans les deux chambres. La révision devient définitive après un référendum organisé dans les 30 jours. C’est bien parti…

  • Fière décadence

    Le Premier ministre canadien Justin Trudeau annonce sur Twitter qu’il a « très hâte » de participer à la gay pride de Toronto.

    Il y en a qui font remarquer :

    Mais le politiquement correct, c’est être à la fois pro-homo et pro-islam… Cela paraît contradictoire, mais être anti-chrétien et pro-musulman ne l’est pas…

  • François le reçoit cinq sur cinq

    Le dernier coup de fil de François rendu public n’est pas passé inaperçu en Italie, puisqu’il a été raconté par le plus important quotidien du pays, le Corriere della sera.

    François a appelé un diacre permanent du diocèse de Fossano-Cuneo, pour lui fixer un rendez-vous.

    Ce diacre lui avait écrit pour lui faire part de son programme « couples dans une nouvelle union », et lui demander audience au nom de ces « couples » dont il s’occupe.

    « Il serait important que la bonté et la vérité des nouvelles unions soient reconnues par l'Eglise », dit-il.

    Si l’on comprend bien, elles sont déjà tacitement reconnues par le diocèse, puisque le programme est annoncé sur son site, et « en premier plan », s’il vous plaît.

  • Le pape et la famille

    En mai 2015, lors de la Marche pour la Vie à Rome, le pape s’était contenté d’une brève allusion lors de l’Angélus. Samedi, pour la gigantesque manifestation contre la dénaturation du mariage, le pape n’a rien dit, lors de sa « toute première audience jubilaire ». Pas un mot non plus ce jour-là dans l’Osservatore Romano.

    Antonio Socci, qui souligne et commente ce fait, ajoute que selon ses informations toutes les messes du début de matinée ont été annulées ce samedi à Saint-Pierre de Rome, car il n’a pas été jugé opportun que des messes soient célébrées pour les participants à cette manifestation…

    On remarquera d’autre part que pour Radio Vatican, qui a quand même daigné en dire un mot, il y a eu « des dizaines de milliers de personnes » à cette manifestation : comme pour l’AFP et tous les médias qui veulent en minimiser l’importance.

    Alors que la police italienne (aux ordres du pouvoir qui veut faire voter la dénaturation du mariage) a annoncé 300.000 manifestants et que plusieurs médias donnent le chiffre d’un million, ou près d’un million.

  • Un de moins

    Le centre de Planning dit par antiphrase « familial » de Bayonne a fermé, par « manque de bénévoles ». (Puisqu'on n'y fait que la promotion de la contraception et de l'avortement, il s'agit d'une institution clairement anti-familiale.)

    Cette bonne nouvelle ne figure que dans un discret article de Sud Ouest, heureusement répercuté par le Salon Beige qui ajoute : « Si le Planning familial perdure ailleurs, c'est souvent parce que l'association est généreusement subventionnée par les pouvoirs publics. Qu'en serait-il si demain l'Etat coupait toute subvention ? »

  • Le cardinal Burke et la nullité

    Dans la grande interview du cardinal Raymond Burke publiée par le Wanderer, il y a une condamnation claire et ferme (sans que le mot soit employé, évidemment), de la réforme de la procédure des déclarations de nullité de mariage édictée par François. Or le cardinal Burke était le préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique, la plus haute autorité juridique du Saint-Siège, avant d’être viré par François.

    Merci à Benoît et moi de nous en donner la traduction.

  • De fil en aiguille

    L’acharnement de la clique bergoglienne à valoriser les « unions de fait » quelles qu’elles soient, homosexuelles ou adultères, et à commencer l’opération de démolition par l’autorisation de la communion aux divorcés civilement remariés, va montrer à quel point l’enseignement de saint Jean-Paul II était important et crucial pour notre temps. L’épiscopat polonais, en pointe dans la résistance, ne s’y est pas trompé. Il est regrettable que de nombreux autres évêques, même de bonne volonté et de bonne doctrine, ne connaissent pas cet enseignement. Non seulement celui des encycliques sur la vie, mais aussi sur la « théologie du corps », où Jean-Paul II évoque le sacrement de mariage, non pas selon la théologie thomisto-tridentine aggravée par le jansénisme comme le dernier sacrement, celui qui n’existe en quelque sorte que pour légaliser les ébats conjugaux nécessaires à la procréation de nouveaux membres de l’Eglise, mais comme le « sacrement primordial ». Primordial parce que institué par Dieu au paradis de l’origine. Le sacrement de la communion entre deux personnes créées à l’image de Dieu et en communion avec l’union des Trois Personnes. Le « prototype » des sacrements de la Nouvelle Alliance, dit aussi Jean-Paul II.

    C’est pourquoi toucher au sacrement de mariage fait écrouler tout l’édifice, et c’est pourquoi les ennemis de la foi ont choisi de s’attaquer au mariage, avec un incroyable luxe de moyens : deux synodes et une « année de la miséricorde ».

    Une fois que l’on aura porté atteinte au sacrement de mariage, le reste suivra. Car si l’on pense que les adultères (puis les paires homosexuelles) peuvent communier, c’est qu’on ne croit plus en l’eucharistie, en la réalité de l’eucharistie, la présence concrète de Jésus-Christ Fils de Dieu, mais en une communion qui est la célébration du vivre ensemble, d’où personne ne peut être exclu. Si l’on ne croit plus en l’eucharistie on ne croit plus au sacerdoce : le prêtre est un animateur de l’assemblée. Si on ne croit plus à cela, on ne croit plus au baptême, qui devient simplement un rite d’admission dans la communauté.

    Mais ce qui est le plus terrifiant dans ce constat, c’est que nous en sommes déjà là, et depuis longtemps. Et c’est parce que les ennemis de la foi ont réussi à détruire ainsi les sacrements, dans les faits, qu’on peut maintenant passer à l’étape suivante : les détruire en droit, par l’autorité de l’Eglise. En commençant par ce que l’on présentera comme une simple mesure de compassion, de miséricorde, d’humanité : permettre aux divorcés de communier.

    Or c’est urgent, parce que Jean-Paul II puis Benoît XVI avaient commencé, peu à peu, tant bien que mal ou tant mal que bien, à modifier la donne et à rétablir la doctrine de la foi. C’est cette urgence qui unissait la mafia de Saint-Gall, c’est cette urgence qui montre de vieux cardinaux comme Danneels et Kasper déployer une énergie colossale pour arriver à leurs fins alors qu’ils devraient couler une paisible et pieuse retraite.

    (Cette réflexion m’est venue en lisant ce texte du P. Ray Blake traduit par Benoît et moi. Sur la « théologie du corps », voir ma conférence sur Jean-Paul II et l’idéologie du genre.)

  • Ben voilà…

    François a téléphoné à Scalfari. Notamment pour lui expliquer le synode :

    La différence d’opinions entre les évêques fait partie de la modernité de l’Eglise et des différentes sociétés dans de telles œuvres, mais l’intention est commune et pour ce qui regarde l’admission des divorcés aux Sacrements elle confirme que ce principe a été accepté par le Synode. C’est cela, le résultat de fond, l’évaluation de fait sera confiée aux confesseurs, mais à la fin des parcours, qu’ils soient plus rapides ou plus lents, tous les divorcés qui le demanderont seront admis.

    Comme ça c’est clair. Le démenti de Pravda-Lombardi, s’il vient, risque de l’être moins…

    Addendum

    Il n'y aura pas de démenti officiel, dit Pravda Lombardi, parce que "ceux qui ont suivi les événements antérieurs et qui travaillent en Italie connaissent la manière d’écrire de Scalfari et sont bien au courant de ces choses".

    Voir le commentaire de Jeanne Smits. Rien à ajouter.

  • Petit résumé

    Dès son premier Angélus, François faisait, de façon incongrue, l’éloge d’un livre du cardinal Kasper sur la « miséricorde ».

    Martelant jour après jour ses anathèmes contre les pharisiens qui campent sur la doctrine alors que l’Eglise doit accueillir tout le monde au nom de la miséricorde, il profite de son premier voyage pour lancer son slogan planétaire LGBT : « Qui suis-je pour juger ? »

    Au Vatican, ou au cours de ses voyages, François reçoit de façon ostentatoire des homosexuels militants, qui s’empressent de dire, sans jamais être démentis, que le pape n’objecte rien à leur « orientation sexuelle ».

    Il laisse dire sans démenti que lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires il demandait que les prêtres donnent les sacrements indistinctement, et qu’il avait conseillé à une femme divorcée civilement remariée d’aller communier dans une autre paroisse puisque son curé le lui refusait.

    Arrive le premier synode sur la famille.

    Le rapport intermédiaire fait scandale : il y est question des « dons » que les homosexuels peuvent « offrir à la communauté chrétienne », on y fait l’éloge de certaines unions homosexuelles, on commence même par dire qu’il faut « accepter et évaluer » cette orientation sexuelle, on loue la « réalité positive » des « unions de fait » et du concubinage ; quant aux divorcés civilement remariés, on affirme qu’ils doivent pouvoir avoir accès à la communion eucharistique sous certaines conditions. Le rapport fait scandale non seulement à cause de ce qu’il dit, mais parce qu’il publie comme propos de la majorité du synode des propos qui n’ont été tenus par personne, ou par deux ou trois évêques, comme on peut le vérifier par les comptes-rendus. Autre scandale : il est visible que ce résumé des débats a été écrit avant même le début du synode…

    Le rapport final gommera tout ce qui est inacceptable. Mais comme on devine toujours en filigrane ce qu’il y avait dans le rapport d’étape, les paragraphes litigieux ne reçoivent pas l’approbation de la majorité qualifiée. Ils ne devraient donc pas être publiés. François exige qu’ils soient publiés, et c’est tout ce document qui servira de document de base pour le prochain synode.

    Pour ce synode, François lance une enquête, via les diocèses, auprès du peuple de Dieu, c’est-à-dire auprès des lobbies de l’action catholique occidentale qui doit dire à quel point il faut que le synode décide des avancées pour les homosexuels et les « divorcés remariés ».

    Alors que les nullités de mariage sont un des sujets débattus au synode, François court-circuite le synode en publiant un motu proprio facilitant les procédures au point que certains parlent de « divorce catholique ». Ça, c’est fait.

    Second synode. Cette fois, c’est le black-out sur les sessions plénières : il n’y aura pas de publication des résumés des interventions. Il y aura seulement la conférence de presse quotidienne qui donnera l’information officielle sur ce qui se passe. Et il n’y aura pas de rapport intermédiaire. Seulement un rapport final, rédigé par dix évêques proches de François et de Kasper, qui reprendra, une fois de plus, le tout premier document une nouvelle fois amendé.

    La fronde menée ouvertement par 13 cardinaux (dont trois hauts dirigeants de la curie : Müller, Pell, Sarah) qui écrivent au pape pour protester contre l’organisation du synode, et par des épiscopats entiers, d’Afrique et de Pologne, aboutit à ce qu’aucune avancée ne trouve place dans le rapport final pour ce qui est des homosexuels (mais il ne rappelle pas non plus que l’Eglise condamne les actes homosexuels).

    En revanche, les paragraphes sur les « divorcés remariés » contiennent des « avancées », qui laissent tomber les élucubrations du cardinal Kasper de la « voie pénitentielle » pour prendre les élucubrations du cardinal Marx (reprises de Bernhard Häring, l’adversaire historique d’Humanae vitae) sur le « for interne » qui doit permettre au divorcé civilement remarié de participer davantage à la vie de l’Eglise, si en « conscience » il sait qu’il est dans son bon droit. Le mot « communion » ne figure pas dans le texte, ce qui lui permet d’être adopté de justesse. Mais tout le monde voit tellement que le mot n’y figure pas que c’est comme s’il y figurait, en blanc. Il ne reste qu’à l’y mettre…

    Or voici que se profile… l’année de la miséricorde, un soi-disant « jubilé » qui ne correspond à rien, mais que François a savamment programmé en troisième round des synodes… Au nom de la « miséricorde » kaspérienne, il pourra décider ce qu’il veut.

    Il faut avouer que tout cela était superbement programmé, et a été mené de main de maître. Mais François n’avait pas imaginé (et moi non plus, d’ailleurs) qu’il se heurterait à une opposition de plus en plus vive, désormais ouverte, et représentée par plusieurs des plus importants cardinaux de la curie et de divers autres lieux, à l’épiscopat d’un continent entier, et à l’épiscopat d’un pays qui ne supportera pas qu’on touche à l’héritage de son saint pape Jean-Paul II…

  • Les tordus

    Extrait de la Relation finale du synode, plus précisément des paragraphes qui ont recueilli le moins de signatures... sur les « divorcés remariés » bien sûr… (Ma traduction en attendant l'officielle):

    « Tout en soutenant une règle générale, il faut reconnaître que la responsabilité face à certains actes ou certaines décisions ne sont pas les mêmes dans tous les cas. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience bien formée de la personne, doit assumer ces situations. Les conséquences des actes ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas. »

    « Le processus d’accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. L’entretien avec le prêtre, au for interne, contribue à la formation d’un jugement correct sur ce qui fait obstacle à la possibilité d’une plus pleine participation à la vie de l’Eglise et de mesures qui peuvent la favoriser et la faire grandir. »

    Oh non, on ne dit pas que les « divorcés remariés » peuvent communier, mais on ne voit pas de quoi d’autre il peut s’agir, au terme de l’entretien en conscience au for interne…

    Cette irruption du « for interne » était la dernière cartouche du clan Kasper. Elle figure donc dans le texte. Ils ont gagné, même s’il reste à l’expliciter, mais ça ce sera le travail du pape, en relation avec la décentralisation de l’Eglise synodale…

    On manipule sournoisement les mots « discernement », « conscience », « for interne » et l’on retourne à la fin des années 60, quand les « théologiens » qui bataillaient contre Humanae vitae avaient brandi le « for interne » pour expliquer que l’on pouvait passer outre l’interdiction de la contraception. L’idée était de Bernhard Häring, et elle a été reprise au synode explicitement comme venant de Bernhard Häring. Lequel ne peut pas savourer sa victoire, puisqu’il est mort en 1998.

    Pour une analyse générale du document, voir le blog de Jeanne Smits. On relèvera notamment ceci:

    (…) il n’est nullement question du caractère peccamineux de l’acte homosexuel, du devoir d’aider les personnes à sortir du style de vie « gay » et du danger de l’activité homosexuelle, dommageable pour la santé et mortelle pour l’âme.

     C’est d’ailleurs une caractéristique du texte : il ne parle de péché et de pécheurs que de manière générale, toujours en rapport avec la rédemption mais sans jamais rappeler que le salut des âmes est mis en cause dans les situations objectivement désordonnées comme l’union civile ou le remariage après divorce.

     (…)

    Accueil, accompagnement : ce sont les mots clefs du document où manque cruellement en revanche le rappel des fins dernières.

  • Changer sans changer...

    Avant-hier, lors de la conférence de presse quotidienne de la Pravda vaticane sur ce qui se passe au synode, le cardinal Gracias, membre du G9 du pape, membre du comité nommé par le pape pour rédiger la relation finale du synode :

    « Familiaris consortio a abordé de nombreux problèmes, mais il date du temps de saint Jean-Paul II. Le monde a changé, et même beaucoup. C’est pourquoi les défis eux-mêmes ont changé. (…) C’est toute l’idée du synode : comment faire face à ce défi d’aujourd’hui [les « divorcés remariés »], la doctrine restant la même, le principe de la foi restant le même, (…) comment pouvons-nous cependant aider les gens dans un nouveau climat sociologique, économique, politique, et aussi idéologique : comment y répondre ? Ce ne sera pas la même chose, mais la doctrine, naturellement, ne sera pas changée. »

    François, hier, dans l’homélie de la messe :

    « Les temps changent et nous, les chrétiens, nous devons changer continuellement. Nous devons changer, solides dans la foi en Jésus-Christ, solides dans la vérité de l’Évangile, mais notre attitude doit bouger continuellement selon les signes des temps. »

    Et pour cela, bien sûr, « nous devons nous ouvrir à la force de l’Esprit ».

    En confondant le Saint-Esprit avec l’esprit du monde qui demande à l’Eglise de changer la signification des paroles du Verbe.

  • L’holocauste

    Extrait d’une interview de Mgr Krzysztof Białasik, évêque (polonais) d’Oruro en Bolivie, délégué au synode, à Radio Vatican. (On a déjà rencontré Mgr Białasik ici.)

    Il y a différentes influences qui promeuvent les idéologies contre la famille. L’une d’elles est le gender. Cette idéologie, qui détruit la vie et soutient l’avortement, les unions homosexuelles et l’adoption d’enfants par eux, l’euthanasie – donc cela promeut la mort. Comme Jean-Paul II l’a dit, c’est une culture de mort. Dieu est le seigneur de la vie et non de la mort. Par conséquent, nous travaillons pour que la famille trouve de nouvelles impulsions de vie.

    Aujourd’hui l’avortement est un problème très grave. Dans de nombreux endroits, comme en Bolivie, certains médecins disent que l’avortement n’est pas un problème, mais juste une petite opération, la suppression de « grosseurs composées de quelques cellules ». Mais nous savons bien, et l’Eglise l'enseigne : l’être humain doit être protégé à partir du moment de la conception. On pensait autrefois que le sein de la mère était l’endroit le plus sûr, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Beaucoup de femmes pensent : « C’est mon corps ! » Mais ce n’est pas leur corps, c’est une autre personne. Les parents n’ont pas le droit de tuer, parce que c’est un assassinat. Aujourd’hui l’avortement est un holocauste à l’échelle mondiale. Je l’appelle la troisième guerre mondiale. Elle se fait avec des gants blancs, mais c’est un holocauste.

  • Berk

    Extrait du VIS de ce jour :

    Les Circuli Minores ont analysé les besoins particuliers des familles en situation irrégulière ou délicate, reconnaissant selon le groupe anglophone présidé par Mgr Mark Benedict Coleridge (Australie) que les personnes qui cohabitent sont dans une situation différente des divorcés remariés civilement. Tout en affirmant que la pratique du vivre ensemble, si répandue dans de nombreuses cultures contemporaines ne peut être considérée comme un bien en soi, on doit reconnaître qu'il peut y avoir le bien parmi ceux qui vivent en couple hors mariage.

    Nous savons, a établi le groupe francophone présidé par Mgr.Laurent Ulrich (France), "qu'il existe tant d'autres familles qui s'estiment souvent elles-mêmes éloignées de cet idéal, et d'autres qui ne pensent même pas qu'il soit peu ou prou fait pour elles. Familles divisées, familles recomposées, familles monoparentales, familles sans mariage même civil. Ces familles réelles nous ne pouvons pas les tenir à l'écart, nous ne voulons pas penser que leur chemin ne les rapproche pas du Dieu, qui aime et attire à lui tous les hommes. Nous croyons qu'en elles vit l'Esprit du Seigneur qui inspire bien des comportements de leur vie. Cela ne retire rien aux familles chrétiennes que nous soutenons et encourageons".

    Ce qui était la vie normale, vécue par d’innombrables familles, est maintenant qualifié d’« idéal » quasiment inatteignable, et ce qui compte pour l’Eglise c’est de reconnaître la présence du Saint-Esprit dans les couples vivant en état d’adultère, de fornication, de relations contre-nature…

  • Les mariages de l’invasion islamique

    1181588922.jpgLe P. Boulos Garas, curé de Charm el-Cheikh, dans son intervention au synode, a mis en garde contre les mariages mixtes, à savoir entre un musulman et une chrétienne. Ces mariages ne servent que l’islam et finissent souvent mal. En ce temps où se multiplient les « réfugiés » en Occident, ils sont un vecteur de l’invasion islamique. (Ma traduction du texte anglais.)

    Je tiens à exprimer ma profonde inquiétude et préoccupation face à une large tendance socio-culturelle dans les zones touristiques, comme Charm el-Cheikh, celle des mariages mixtes entre femmes chrétiennes de Russie et d’Europe avec des musulmans. (Sous la loi islamique, seuls les hommes musulmans peuvent se marier avec des femmes d’autre religion.)

    Cette tendance, qui va avec les déplacements massifs de population, le nombre croissant de réfugiés et de migrants en Europe, ne touche pas seulement les pays musulmans ou les zones touristiques. Elle affecte aussi l’Occident. De ce fait, elle mérite d’être sérieusement examinée et étudiée. Nous parlons de familles, de différentes notions de morale, et de la double appartenance culturelle et religieuse.

    A cet effet, permettez-moi de mentionner un excellent document de la Conférence épiscopale italienne, publié en 1990, qui décourage comme il faut les mariages mixtes, particulièrement avec les musulmans, à cause de « profondes différences ».

    Nous ne devons pas oublier que la loi islamique autorise la polygamie et que le Coran exige que les pères donnent à leurs enfants une éducation islamique.

    En bref, il y a une « anthropologie culturelle et religieuse profondément différente », qui peut facilement se transformer en une crise majeure pour les couples mixtes et conduire à une rupture, avec des déchirements irréparables, qui rejaillissent gravement sur les enfants.

    Dans le même temps, je me demande souvent avec stupéfaction et tristesse pourquoi la « partie chrétienne » abandonne si facilement son affiliation culturelle, sa foi et son identité, pour réaliser le plan islamique d’« invasion démographique ».

    La question que nous devons maintenant poser est de savoir ce que l’Eglise peut faire pour aider ces familles et ces femmes, qui sont souvent trompées et abusées. Ce qu’elle peut faire pour aider leurs enfants, qui sont souvent à la dérive et en détresse. Je confie cette sollicitude paternelle à Votre Sainteté et leur cause aux pères du Synode.

  • La famille...

    Dans La Croix de ce jour (via Le Salon Beige):

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  • L’avertissement du P. Spadaro

    Le P. Antonio Spadaro est le directeur de la revue jésuite Civilta cattolica, il est un des principaux confidents et conseillers du pape (et même celui qu’on voit le plus à Sainte-Marthe), et il a été nommé par le pape membre de l’assemblée synodale sur la famille.

    Il a donné hier une interview à Radio Vatican.

    Ce synode est un « moment très délicat », dit-il, car « ce qui est en jeu c’est la relation entre l’Eglise et le monde ». Et il le répète : « Ce qui est vraiment en jeu ici, dans ce synode, c’est voir comment l’Eglise doit vivre sa relation avec la réalité d’aujourd’hui, qui a de grands défis, de grands changements, et qui est très diverse selon les endroits de la terre. »

    Alors on lui demande quel est le rapport entre ce synode et le Jubilé de la Miséricorde. Réponse :

    - Ce thème a émergé dans les groupes… En fait c’est le pape lui-même qui a établi cette forte connexion : il l’a fait explicitement le 6 juillet, dans son homélie à Guyaquil, au cours de sa visite apostolique en Equateur. Fondamentalement, ce que nous sommes en train de vivre, ce n’est pas seulement un synode, qui a débuté en 2013 avec le fameux questionnaire, puis a passé la première étape synodale et maintenant nous vivons la seconde. Mais cela aboutira au Jubilé de la Miséricorde, et ça ne finira pas là… Il faut comprendre que nous vivons un processus ecclésial de grande ampleur. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait des moments de fatigue, des blocages, des difficultés et des tensions… Mais il y a aussi la joie de construire l’histoire ensemble…

    Bref, il faut s’attendre au pire, mais pas tout de suite. C’est au nom de la « miséricorde », donc en son jubilé, que seront prises les (premières) décisions.

    On lui dit ensuite que certains demandent qu’on redécouvre le sens du péché, et on lui demande quelle est la relation entre le péché et la miséricorde.

    — La proclamation de l’Evangile, qui est que le Seigneur est mort pour nous, est mort pour moi, n’est pas l’annonce du péché. Il faut bien comprendre que la réalité de l’annonce de l’Evangile est une annonce de la miséricorde : à la lumière de la miséricorde du pardon du Seigneur, je comprends mon péché, parce que le risque est de tomber dans une sorte de grand sentiment de culpabilité. Alors, s’il n’y a pas la perception du Dieu miséricordieux, le sentiment du péché est seulement un sentiment de culpabilité, qui est souvent inutile.

    Et encore, sur la relation entre vérité et miséricorde :

    La miséricorde est la vérité de l'Evangile. Ainsi, toute opposition entre doctrine et pastorale, entre miséricorde et vérité, n'a pas de sens. La doctrine de l'Évangile, qui est l'enseignement du Seigneur, est l'enseignement de la miséricorde. Tout découle de là.

  • Une pendule à l’heure

    Si nous oublions de situer les exigences de l’Evangile dans la perspective de la Vie éternelle, elles nous paraissent hors de portée (cf. Mt 19,25) voire inhumaines. Nous faisons comme si l’amour conjugal, ou revendiqué comme tel, était la finalité de notre existence. Or le mariage vécu selon l’Evangile n’est que le chemin ordinaire pour avancer vers le Royaume des Cieux, là où « on ne se marie pas ». Il n’est pas le but mais un signe et un chemin. Le but n’est pas le mariage mais l’Alliance. Si certains ne peuvent se marier (cf. Mt 19,12), tous peuvent entrer dans l’Alliance.

    Extrait d’un texte de Mgr de Germay, évêque d’Ajaccio, à lire sur le site de la CEF.

  • "Gravement défectueux"

    « Nous croyons que le texte de l’Instrumentum laboris est gravement défectueux. Il semble se mettre directement en opposition avec les enseignements du Magistère contenus dans Humanæ Vitæ et dans Veritatis Splendor. Le paragraphe 137 se présente lui-même en effet comme une explication de la signification d’Humanæ Vitæ, mais en réalité la vide de son enseignement central. »

    David Crawford, professeur associé de théologie morale et de loi de la famille de l’Institut pontifical Jean-Paul II à Washington, et Stephan Kampowski, professeur d’anthropologie philosophique à l’Institut pontifical Jean-Paul II à Rome, ont publié un texte montrant de façon profonde et détaillée en quoi le pragraphe 137 de l’Instrumentum laboris du synode dit le contraire de ce qu’il prétend dire.

    Ce texte, publié en français sur le blog de l'Homme Nouveau, est tout à fait remarquable, et son intérêt dépasse de loin le cadre du synode, en ce qu’il fait comprendre de façon précise ce qu’est la conscience et ce que sont les rapports entre la conscience et la vérité, entre la personne et le magistère :

    En présentant la conscience comme une faculté subjective qui se trouve en opposition dialectique avec la loi, l’Instrumentum laboris en propose une conception qui est incompatible avec les enseignements du Magistère de l’Église et qui porte atteinte à la dignité spirituelle de la personne humaine en tant qu’elle est capable de conformer ses propres actions à la vérité objective.

    Et il pointe l’un des défauts majeurs des deux synodes sur la famille :

    De manière regrettable, l’Instrumentum ne s’appuie pas sur la profonde théologie du corps de Jean-Paul II, une théologie qui refuse de considérer les normes morales objectives comme étant en tension avec le bien de l’homme ou avec la conscience de la bonté de l’acte conjugal.

    On se souvient qu’au premier synode n’avait été invité aucun représentant de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille… C’était tellement énorme que le pape a quand même nommé son vice-président parmi les nombreux « experts » du second synode.

    Ce texte est signé par de nombreux universitaires, dont quelques personnalités de l’univers intellectuel de Joseph Ratzinger…

  • Insupportable

    Lors du « briefing » quotidien de la Pravda vaticane sur le synode, le porte-parole de langue espagnole a raconté un moment « bouleversant » des interventions devant l’assemblée plénière, selon La Repubblica, dont le journaliste Antonello Guerrera dit même sur twitter que c’est « l’histoire qui a fait pleurer le Synode ». (C'est aussi sur Vatican Insider, qui rapporte des « paroles émotionnellement fortes ».)

    Comme chacun sait, depuis hier après-midi le synode ne parle plus, une fois de plus, que des « divorcés remariés »… Alors, un évêque (dont on ne nous dit pas le nom) a raconté que lors d’une messe de première communion, un petit garçon, recevant l’hostie dans la main, l’a cassée en deux pour en donner la moitié à son père, parce que celui-ci est divorcé et remarié et qu’il ne peut donc pas communier des mains du prêtre…

    Quand est-ce qu’on touche le fond, pour qu’on puisse remonter ?

    Addendum

    Cet évêque est Mgr Alonso Garza, de Piedras Negras, au Mexique. Il a expliqué que l'enfant avait bien compris son catéchisme, que Jésus est présent dans toute partie de l'hostie, et qu'on ne doit pas garder Jésus pour soi mais l'apporter à ses amis et à sa famille...

  • Le cardinal Burke avec…

    CRSPX9LWUAA6Iax.jpgLe cardinal Burke donne cet après-midi une conférence de presse sur la parution de la version italienne de son livre sur l’eucharistie, à l’université du Latran. Il est arrivé en compagnie du cardinal Sarah… Et c'est le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin, qui a ouvert la conférence. Laquelle est suivie très attentivement sur twitter par Francis X. Rocca (auteur de la photo).

    Demain, le cardinal Burke participe à une conférence de presse organisée par l'excellente Voice of the family.

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  • Les Polonais en pointe

    Un nouveau texte en plusieurs langues, dont le français, sur le site de la conférence des évêques de Pologne. Sur la « gradualité de la loi ».

    Conclusion :

    La loi inhérente à la nature des créatures et de la révélation de Dieu n’est pas progressive, et le sens de l’aventure humaine ne consiste pas à passer par des incarnations successives, mais à faire des choix responsables devant Dieu et devant les hommes. La miséricorde, d’autre part, telle que le Christ nous l’a révélée, n’est pas le « graduel » estompage de la volonté de Dieu, mais sa proclamation « à temps et à contretemps », même au prix de la vie, comme un bien pour chaque personne.

  • Le point sur la lettre des 13

    Chez Sandro Magister.

    Il en ressort que le texte est authentique, mais que la liste des signataires est un peu différente de celle qui avait été indiquée (mais ceux que j’avais cités sont toujours là et ce sont les plus importants : Müller, Sarah, Pell).

    Le cardinal Napier indique qu’il a signé, dans une interview où il reprend lui-même les thèmes de la lettre (que l’on avait aussi dans l’intervention du cardinal Sarah).

  • Oui, le cardinal Sarah a parlé

    On a vaguement entendu parler de l’intervention du cardinal Sarah au début du synode, et puis plus rien. Le texte de son intervention ne figurait nulle part, et surtout pas sur les sites du Vatican, alors qu’il est le « numéro 4 » de l’Eglise selon la comptabilité journalistique. Seul un blog de Toronto soulignait que Mgr Gadecki, sur son blog personnel, disait combien Mgr Hoser avait été impressionné…

    Voici qu’a été publié aujourd’hui, aujourd’hui 13 octobre, une traduction anglaise de l’intervention du cardinal Sarah (faite en italien) sur le site Aleteia en anglais.

    Voici une rapide traduction de ce texte qui, une fois de plus, me fait prier que cet homme devienne pape… subito. Et quand on voit où en est le chaos, c’est de plus en plus urgent.

    N.B. - Je suis honteusement conscient de donner une traduction de traduction pleine de défauts et de passages maladroits, alors que le cardinal Sarah parle un français parfait et très clair. Il va de soi que je remplacerai aussitôt mon texte par le texte officiel français de cette intervention, s'il paraît un jour. En attendant, je suis évidemment prêt à toute correction qui s'imposerait.

     

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    Votre Sainteté, Eminences, participants du Synode,

    Je propose ces trois pensées :

    1. Plus de transparence et de respect entre nous.

    Je ressens un profond besoin d’invoquer l’Esprit de Vérité et d’Amour, la source de la parrhésia dans la parole et de l’humilité dans l’écoute, qui seul est capable de créer une véritable harmonie dans la pluralité.

    Je dirai franchement que dans le précédent Synode, sur diverses questions, on a ressenti la tentation de céder à la mentalité du monde sécularisé et individualiste de l’Occident. Reconnaître ce qu’on appelle les « réalités de la vie » comme un locus theologicus signifie abandonner tout espoir dans le pouvoir transformant de la foi et de l’Evangile. L’Evangile qui a autrefois transformé les cultures est maintenant en danger d’être transformé par elles.

    En outre, certaines des procédures utilisées ne paraissaient pas destinées à enrichir la discussion et la communion autant qu’elles faisaient la promotion d’une façon de voir typique d’une certaine frange des Eglises les plus riches. Ceci est contraire à une Eglise pauvre, un signe de contradiction joyeusement évangélique et prophétique pour la mondanité. On ne comprend pas non plus pourquoi certaines déclarations qui ne sont pas partagées par la majorité qualifiée du dernier Synode se sont retrouvées dans la Relatio puis dans les Lineamenta et l’Instrumentum laboris alors que d’autres questions pressantes et très actuelles (comme l’idéologie du genre) sont ignorées.

    Mon premier espoir est donc que, dans notre travail, il y ait davantage de liberté, de transparence et d’objectivité. Pour cela, il serait bénéfique de publier les résumés des interventions, afin de faciliter la discussion et éviter tout préjudice ou discrimination dans la réception des déclarations des pères du synode. (1)

     

    2. Le discernement de l’histoire et des esprits

    Un deuxième espoir : que le Synode honore sa mission historique et ne se limite pas lui-même à parler de certaines questions pastorales (comme la possible communion pour les divorcés et remariés) mais aide le Saint-Père à énoncer clairement des vérités et une réelle direction au niveau mondial. Car il y a de nouveaux défis par rapport au synode de 1980. Un discernement théologique nous permet de voir à notre époque deux menaces inattendues (presque comme deux « bêtes de l’apocalypse ») situées sur des pôles opposés : d’une part, l’idolâtrie de la liberté occidentale ; de l’autre, le fondamentalisme islamique : laïcisme athée contre fanatisme religieux. Pour utiliser un slogan, nous nous trouvons entre « l’idéologie du genre et l'Etat islamique ». Les massacres islamiques et les exigences libertaires se disputent régulièrement la première page des journaux. (Souvenons-nous de ce qui s’est passé le 26 juin ! (2)) De ces deux radicalisations se lèvent les deux grandes menaces contre la famille : sa désintégration subjectiviste dans l’Occident sécularisé, par le divorce rapide et facile, l’avortement, les unions homosexuelles, l’euthanasie, etc. (cf. la gender theory, les Femen, le lobby LGBT, le Planning familial…). D’autre part, la pseudo-famille de l’islam idéologisé qui légitime la polygamie, l’asservissement des femmes, l’esclavage sexuel, le mariage des enfants, etc. (cf. al-Qaida, Etat islamique, Boko Haram…).

    Plusieurs indices nous permettent de percevoir la même origine démoniaque de ces deux mouvements. Contrairement à l’Esprit de Vérité qui favorise la communion dans la distinction (périchorèse), ils encouragent la confusion (homo-gamie) ou la subordination (poly-gamie). En outre, ils postulent une loi universelle et totalitaire, sont violemment intolérants, destructeurs des familles, de la société et de l’Eglise, et sont ouvertement christianophobes.

    « Nous ne nous battons pas contre des créatures de chair et de sang… » Nous devons être inclusifs et accueillants à tout ce qui est humain ; mais ce qui vient de l’Ennemi ne peut pas et ne doit pas être assimilé. On ne peut pas unir le Christ et Belial ! Ce que le nazisme et le communisme étaient au XXe siècle, l’homosexualité occidentale et les idéologies abortives et le fanatisme islamique le sont aujourd’hui.

     

    3. Proclamer et servir la beauté de la monogamie et de la famille

    Face à ces deux défis mortels et sans précédent (homo-gamie et poly-gamie), l’Eglise doit promouvoir une véritable « épiphanie de la famille » (3). Aux deux le Pape (comme porte-parole de l’Eglise) peut contribuer, ainsi que chacun des évêques et pasteurs du troupeau chrétien : c’est-à-dire « l’Eglise de Dieu, qu’il a acquise par son sang » (Actes 20, 28).

    Nous devons proclamer la vérité sans peur, c’est-à-dire le Plan de Dieu, qui est la monogamie dans l’amour conjugal ouvert à la vie. Gardant à l’esprit la situation historique que je viens de rappeler, il est urgent que l’Eglise, à son sommet, déclare de façon définitive la volonté du Créateur en ce qui concerne le mariage. Combien de gens de bonne volonté et de bon sens se joindraient à cet acte lumineux de courage effectué par l’Eglise !

    Avec une Parole forte et claire du Magistère Suprême, les pasteurs ont la mission d’aider nos contemporains à découvrir la beauté de la famille chrétienne. Pour cela, il faut d’abord promouvoir tout ce que représente une véritable initiation des adultes, car la crise du mariage est essentiellement une crise de Dieu, mais aussi une crise de la foi, et là c’est l’initiation des enfants. Alors nous devons discerner ces réalités que le Saint-Esprit est déjà en train de faire monter pour révéler la vérité de la famille comme une intime communion dans la diversité (homme et femme), et qui est généreuse dans le don de la vie. Nous, évêques, avons le devoir urgent de reconnaître et promouvoir les charismes, les mouvements, et les réalités ecclésiales dans lesquels la famille se révèle vraiment, ce prodige d’harmonie, d’amour de la vie et d’espérance en l’Eternité, ce berceau de la foi et cette école de charité. Et il y a tant de réalités offertes par la Providence, avec le concile Vatican II, dans lesquelles ce miracle est offert.

    (1) Le pape l’a interdit (note YD).

    (2) Attentat de Sousse en Tunisie, 39 morts. Arrêt de la Cour suprême américaine légalisant le soi-disant mariage homosexuel sur tout le territoire des Etats-Unis (note YD).

    (3) Benoît XVI, le 6 juin 2012 (note YD).

  • "Inclure la nouvelle minorité"

    Ce titre est celui d’un billet du cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York. Cette nouvelle minorité qui se sent exclue, même dans l’Eglise, je vous laisse le soin de la découvrir. Si, au synode, le thème de l’inclusion est « rafraîchissant », comme dit le cardinal, il ne l’est pas autant que son billet…

    Un thème récurrent et très rafraîchissant du synode est l’inclusion. L’Eglise, notre famille spirituelle, accueille tout le monde, spécialement ceux qui peuvent se sentir exclus. Parmi ceux-là, selon les pères du synode et les observateurs que j’ai entendus, sont les célibataires, les personnes qui ont une attirance homosexuelle, les personnes divorcées, veuves, ou récemment arrivées dans un nouveau pays, les personnes handicapées, les personnes âgées, les personnes qui doivent garder la chambre, les minorités raciales et ethniques. Dans la famille de l’Eglise, nous les aimons, nous les accueillons, et nous avons besoin d’elles.

    Puis-je suggérer aussi qu’il y a maintenant une nouvelle minorité dans le monde et même dans l’Eglise ? Je pense à ceux qui, comptant sur la grâce et la miséricorde de Dieu, font tout leur possible pour garder la vertu et la fidélité : les couples qui - compte tenu du fait que, du moins en Amérique du Nord, seulement la moitié de nos gens entrent dans le sacrement de mariage – viennent à l’Eglise pour le sacrement ; les couples qui, inspirés par l’enseignement de l’Eglise que le mariage c’est pour toujours, persévèrent à travers les difficultés ; les couples qui accueillent le don de Dieu de nombreux bébés ; un jeune homme et une jeune femme qui ont choisi de ne pas vivre ensemble avant le mariage ; un homosexuel ou une homosexuelle qui veut être chaste ; un couple qui a décidé que la femme sacrifierait une carrière professionnelle prometteuse pour rester à la maison et élever ses enfants – ces gens merveilleux, aujourd’hui, ont souvent le sentiment d’être une minorité, dans notre culture, certainement, mais même, parfois dans l’Eglise ! Je crois qu’ils sont beaucoup plus nombreux que nous ne le pensons, mais, en raison des pressions d’aujourd’hui, ils se sentent souvent exclus.

    D’où reçoivent-ils soutien et encouragement ? De la télé ? Des magazines ou des journaux ? Des films ? De Broadway ? De leurs pairs ? Laissez tomber !

    Ils regardent vers l’Eglise, vers nous, pour trouver soutien et encouragement, un sentiment chaleureux d’inclusion. Nous ne pouvons pas les laisser tomber !

  • Nous y voilà…

    Sandro Magister vient de révéler le contenu d’une lettre adressée au pape par le cardinal Pell et signée par 12 autres cardinaux éminentissimes, dont Müller et Sarah…

    Quand on sait quelle est la déférence traditionnelle des cardinaux (et particulièrement des cardinaux de curie) vis-à-vis du pape, et quand on sait qu’il faut un cataclysme pour que ces hommes si pondérés sortent d’un discours lénifiant quand il s’agit de la hiérarchie ecclésiastique, on mesure la virulence de ce qu’ils osent écrire. Toute la lettre est à lire, mais deux expressions sont particulièrement saillantes : ces cardinaux disent au pape leur « crainte que les nouvelles procédures ne soient pas fidèles à l’esprit traditionnel et à l’objectif d’un synode », et ils précisent : « Un certain nombre de pères pense que la nouvelle procédure semble conçue pour faciliter l’obtention de résultats prédéterminés à propos de questions importantes et controversées. »

    Le pape a rejeté les demandes formulées dans cette lettre. Et depuis lors la situation a empiré. Car la lettre est du premier jour du synode, le 5 octobre. Et maintenant, non seulement on sait qu’il n’y aura pas de propositions finales votées par les membres du synode, mais il se dit qu’il n’y aura pas du tout de document final…

    Addendum

  • Le synode verrouillé

    On était prévenu, il n’y aurait aucun compte rendu des interventions des évêques aux assemblées générales du synode. Par décision expresse du pape, le peuple de Dieu n’a pas à savoir ce que les évêques disent de la… famille.

    C’est tellement énorme que les évêques polonais ont décidé de donner néanmoins un aperçu de ce qu’a dit chacun des intervenants lors de la deuxième assemblée générale. Et ils l’ont publié – en français ! – sur leur site.

    Cela n’a évidemment pas échappé aux sbires du dictateur. Et le chef de la police du synode, le cardinal Baldisseri, a « rappelé aux pères du synode que chacun d’eux peut publier sa propre intervention mais pas les textes des autres ».

    Du coup, le compte rendu a disparu du site des évêques de Pologne.

    Mais le blog Rorate Caeli l’avait enregistré, et le publie. Et c’est loin d’être inintéressant, malgré le côté frustrant du résumé de ce chacun avait déjà résumé en trois minutes… Voici la culture twitter, dans l'Eglise…

  • In cauda venenum

    Je n’ai pas eu le courage d’expliquer en quoi l’homélie du pape, lors de la messe d’ouverture du synode, n’était pas un rappel de l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur le mariage, malgré les roucoulades extasiées des bisounours. Parce qu’on ne peut pas ouvrir les yeux des bisounours, et parce que, en fait, il n’y a rien de nouveau dans les insinuations hétérodoxes de François (qui annoncent le pire). Mais quelqu’un a fait le travail, il s’appelle Christopher Ferrara, et il l’a fait remarquablement. C’est chez Benoît et moi, bien sûr.