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Famille

  • Oui, c’était la volonté du pape

    On savait déjà que c’est François qui avait explicitement voulu que les paragraphes du rapport final du synode rejetés par les pères y figurent quand même. Il se confirme aujourd’hui que le pape avait explicitement approuvé l’immonde rapport intermédiaire (celui qui donnait le droit à la communion aux divorcés remariés et reconnaissait des « aspects positifs » aux paires homosexuelles).

    C’est le cardinal Baldisseri, le secrétaire général du synode, qui l’a avoué, à l’ouverture d’une conférence internationale de mouvements familiaux à Rome le 22 janvier, à la faveur d’une question sur l’approbation par le pape des 46 questions des Lineamenta pour le prochain synode :

    « Les documents ont tous été vus et approuvés par le pape. Même les documents pendant le synode, comme la Relatio ante disceptationem, et la Relatio post disceptationem, et la Relatio synodi, ont été vus par lui avant d’être publiés. »

    Et il a ajouté :

    « Ce point est important, non seulement à cause de son autorité, mais aussi parce qu’il met le secrétaire général à l’aise. »

    Sic. C’est pas nous. C’est lui.

  • Les lapins et les sept césariennes

    Le journaliste Andrea Lambrano s’est senti insulté par la sortie de François sur ces cathos qui se reproduisent comme des lapins. Normal, puisqu’il était visé, parmi tant d’autres. Les lapins viennent seulement allonger la liste des insultes à François. Car ces lapins sont évidemment pharisiens, pélagiens, moralistes, légalistes, etc.

    Andrea Lambrano répond au pape avec beaucoup d’esprit et d’à propos.

    Mais il répond aussi à l’argument brandi par le pape : la femme aux sept césariennes. Et ce qu’il dit là mérite peut-être plus encore d’être relevé :

    Je n'ai non plus apprécié l'exemple de la femme qui a eu 7 césariennes. Je connais une dame qui en a eu 5 de césariennes et je voudrais lui dire: fais gaffe car si tu continue ils vont t'excommunier. Mais elle est médecin, avec la tête bien sur ses épaules et surtout avec cette même capacité de sacrifice qui a fait la grandeur de Sainte Gianna Beretta Molla et qui fera sainte Chiara Corbella. Cet exemple de la femme aux sept césariennes, comme si c'était la femme aux sept maris du livre de Tobit, ne convient pas car c'est un cas limite. Ce métier m'a appris que les cas limites sont utilisés par les Radicaux afin d'introduire un concept qui force le sentiment de sympathie des gens, provoquant un élan de tendresse face à une situation extraordinaire. Ce faisant ils introduisent un principe destructif: c'était ainsi avec l'avortement, le divorce, l'euthanasie, etc. je ne voudrais pas qu'ils fassent la même chose un jour avec la contraception aussi.

  • Les lapins stratégiques

    Les vertueux préposés à la publication des propos du pape sur le site du Vatican ont manifestement eu tort de censurer le pontife dans l’affaire des lapins. Car il se confirme que ces lapins, connectés avec Humanae Vitae, font partie de la stratégie de François pour subvertir la « pastorale » tout en faisant semblant de conserver la doctrine. Le coup de génie étant de brandir Humanae Vitae pour enseigner le contraire.

    On le voit par exemple dans un article de L’Avvenire, le quotidien de l’épiscopat italien, qui rapporte notamment des propos du P. Paolo Gentili, directeur de l’office national de l’épiscopat pour la pastorale de la famille.

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  • Mgr Brunin au synode…

    Au détour d’un article de Jean-Marie Guénois, cette révélation (triste, mais sans surprise) :

    Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre marqué par l’action sociale et le progressisme doctrinal – grand opposant depuis le début à La manif pour tous a non seulement été reconduit, par ses pairs, à la tête la commission de l’épiscopat chargée des questions familiales, mais il sera également l’un des pères synodaux à Rome en octobre prochain pour décider de l’avenir de la famille de toute l’Eglise catholique.

    Rappel:

    Mgr Pontier: « La pastorale avant la doctrine ».

  • François crée des cardinaux

    Le pape a annoncé la prochaine création de 20 cardinaux, dont 15 de moins de 80 ans.

    Extraits du commentaire de Sandro Magister :

    Dans l'ensemble, parmi les nouvelles nominations de François, seulement deux sont en ligne avec la tradition: celle du patriarche de Lisbonne et celle de Mamberti, qui a pris la place du défenestré cardinal Raymond Leo Burke à la tête du suprême tribunal de la signature apostolique. (…)

    Six parmi les 15 nouveaux cardinaux électeurs (ceux de Lisbonne, Wellington, Ancône, Addis Abeba, Valladolid, Tonga) ont pris part en octobre dernier au synode extraordinaire sur la famille, celui d'Ancône par appel direct du pape. Deux parmi ces derniers, le Néo-zélandais Dew et l'italien Menichelli se sont rangés en soutien de la communion aux divorcés remariés et de la reconnaissance des unions homosexuelles. En choisissant Dew comme nouveau cardinal de cette aire géographique, au lieu de l'archevêque de Sydney Anthony Colin Fisher, successeur du cardinal George Pell et, comme lui, intransigeant défenseur de l'indissolubilité du mariage, le pape François a révélé encore une fois en quelle direction vont ses sympathies, au sujet de la pastorale de la famille.

  • Le confusionnisme est devenu l’alpha et l’oméga

    Un lecteur attire mon attention sur l’article de Radio Vatican faisant le bilan de la rencontre du politburo de l’épiscopat français avec François.

    L’idéologie papale a été assimilée. Mgr Pontier nous dit que « l’accompagnement pastoral est essentiel pour surmonter les difficultés du couple, en tenant compte des réalités sociales : divorcés remariés, personnes seules, homosexuels, désireux cependant de vivre la rencontre avec le Christ »…

    L’article poursuit, résumant les propos de Mgr Pontier : « Les diocèses ont reçu les nouveaux questionnaires à remplir en vue du Synode. Cette tâche doit être complétée par une réflexion sur la pastorale, car le défi réside dans la prise en compte de la réalité des vies, pas dans une simple étude un peu abstraite. » (...) Il ne faut pas attendre une focalisation sur le changement des règles de l’Église, a insisté Mgr Pontier. « Les règles ne suffisent pas à faire un chemin spirituel », a-t-il expliqué. Une mentalité légaliste ne permet pas de faire progresser la pastorale ; une pastorale qui passe donc avant la Doctrine, car c’est de là que part le chemin de conversion de chacun. Le Pape souhaite un débat comportant des réflexions théologiques nécessaires, mais interpellant surtout nos modes de vie, nos comportements. Pour le Pape, a rapporté Mgr Ribadeau-Dumas, « le Synode n’est pas un parlement mais un espace de liberté où l’Esprit-Saint puisse souffler ».

    On commence à connaître ce discours par cœur. Mais jusqu’ici je n’avais pas encore entendu prôner explicitement l’inversion des réalités : la pastorale avant la doctrine.

    Serait-ce une mauvaise interprétation des propos de Mgr Pontier rapportant ce que le pape leur a demandé ? Pas du tout. Dans le petit bout d’interview que donne le site, Mgr Pontier dit bien : « La pastorale avant la doctrine ». Parce que la doctrine c’est du légalisme… C’est hélas ce que ne cesse de répéter François sur tous les tons. Du christianisme, il ne reste donc qu’un vague sentimentalisme appelé « amour », un « amour » qu’on ne doit pas définir, au nom de la primauté de la « pastorale ». La pastorale dans le vide. La pastorale qui confond tout.

    Voici le verbatim de Mgr Pontier, c’est-à-dire l’invraisemblable charabia du président de la conférence des évêques de France :

    « Il s’agit changer de manière de vivre la famille, de vivre nos comportements, de vivre l’amour humain, de vivre ces réalités fondamentales. Et donc il faut pas que ça se focalise sur le changement des règles de l’Église. Même si à terme les règles doivent changer, ça serait un échec de penser que tout est dit là-dedans, parce que les règles ne suffisent pas à faire un chemin spirituel : elles suffisent à te dire si t’es en règle ou pas en règle, mais elles ne disent rien de ta rencontre de Dieu, elles ne disent rien de tes relations avec tes frères, elles ne disent rien de la profondeur de l’amour que tu vis,  elles disent si tu es dans les clous ou si tu n’y es pas. Si je le formulais autrement et de manière plus directe comme le fait la Bible : que fais-tu de ton mari, que fais-tu de ta femme, que fais-tu de tes enfants, que fais-tu de tes parents ?  La pastorale avant la doctrine. C’est dans la pastorale que passe le chemin de conversion. L’essentiel c’est ça : il nous invite à ce débat qui réinterpelle nos modes de vie, nos comportements… »

    N.B. - Les dernières paroles du Seigneur sur cette terre, selon saint Matthieu, c'est: "Allez, enseignez toutes les nations", et non: "Allez, cherchez dans toutes les nations une pastorale qui contourne mon enseignement et qui plaise aux divorcés remariés et aux homosexuels.

  • Le cardinal Burke : « Restons unis dans le Seigneur Jésus »

    Le rédacteur en chef de LifeSiteNews a remis aujourd’hui au cardinal Burke, au sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe de La Crosse dans le Winconsin, le livre contenant les presque 30.000 signatures de la « pétition » qui avait été lancée il y a un mois. Il s’agissait en fait de remercier le cardinal, au moment où il était limogé par François, pour tout ce qu’il avait fait jusqu’ici pour l’Eglise et pour la foi.

    En recevant le livre (où il y a mon nom dedans ! Bon, d’accord, je ne suis pas tout seul…), il a déclaré :

    « Maintenant nous devons tous aller de l’avant, rester unis dans le Seigneur Jésus, en défendant la vérité de notre foi, particulièrement en ce qui concerne le mariage et la famille. Nous pouvons être confiants, même si les choses peuvent nous sembler plutôt sombres, que si nous coopérons avec la grâce de Dieu, et si nous sommes de vrais défenseurs de la foi et promoteurs de la vérité sur le mariage et la famille, la grâce de Notre Seigneur ne nous manquera pas. »

    Je ne commenterai pas. Mais je ne peux m’empêcher de constater qu’il y a là, de la part d’un cardinal, un mot, ou un nom, qui manque… Et cela me paraît un silence criant…

  • Pour la famille

    Quelque 200 dirigeants politiques, sociaux, scientifiques, intellectuels… de 39 pays ont présenté au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon un manifeste demandant d’intégrer dans les « Objectifs du millénaire » de l’ONU le renforcement et la protection de la famille naturelle, composée d’un père, d’une mère et de leurs enfants.

    Il est à remarquer que parmi les principaux signataires  il y a quatre ministres, dont… trois Hongrois (le quatrième étant un ministre régional de Castille).

  • Le « Parlement » a supprimé les allocations familiales

    Par un vote de l’Assemblée nationale, le Parlement a adopté définitivement hier le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2015.

    Les amendements visant à supprimer la mise sous condition de ressources des allocations familiales ont été rejetés par 20 voix contre et 12 pour.

    Non, il ne s’agit pas d’une commission. Il s’agit bien d’une réunion plénière de l’Assemblée nationale destinée à voter une des lois majeures de l’année.

    Où il y avait donc 32 députés. Sur 577.

  • Forte claque pour Forte

    Mgr Bruno Forte, bombardé par François secrétaire spécial du récent synode et auteur des trop fameux paragraphes du rapport d’étape sur les divorcés remariés, les unions de fait et les homosexuels, était candidat au poste de vice-président de la Conférence des évêques italiens pour le Centre du pays. Il n’a obtenu que 60 voix, contre 140 à Mgr Mario Meini, évêque de Fiesole.

    Mgr Meini est délégué pour la pastorale de la famille de la Conférence des évêques de Toscane…

  • Une première aux Etats-Unis sur la définition du mariage

    -58e71c362546f3bd.JPGLa 6e cour d’appel des Etats-Unis (Michigan, Ohio, Tennessee et Kentucky) a cassé le jugement d’un juge fédéral qui avait décidé que « l’interdiction du mariage homosexuel » dans le Michigan était inconstitutionnelle. (Le juge avait été saisi par la jolie paire dont on voit la photo en médaillon, qui se plaignait de ne pas pouvoir adopter conjointement « leurs enfants ».)

    Une fois encore, il ne s’agit pas d’une interdiction de quoi que ce soit, mais simplement de l’inscription dans la Constitution de l’Etat que le mariage est entre un homme et une femme.

    Essentiellement, la cour d’appel (à une majorité de deux contre un) a considéré que c’était aux citoyens de se prononcer, et que ceux-ci n’avaient pas à demander aux juges de trancher ce genre de question. Elle a donc cassé le jugement de première instance. C’est la première fois, semble-t-il, qu’une cour d’appel tranche dans ce sens-là.

    L’affaire ira sans doute devant la Cour suprême.

  • Le rapport du synode : ouf !

    Une fois encore, le diable a porté pierre. Le diable, c’étaient les rédacteurs du rapport d’étape du synode, inspirés par le pape qui veut absolument changer la « pratique » de la morale catholique fondée sur la loi naturelle et la parole de Dieu. Mais les rédacteurs sont allés trop loin, tellement loin qu’ils ont déclenché un choc en retour d’une puissance sans précédent, et qui, je dois le dire, m’a étonné (mais je ne suis pas le seul…).

    De ce fait, on s’attendait à ce que le texte soit très édulcoré dans le rapport final. Mais pas à ce point-là. Il n’est pas édulcoré, il est profondément modifié. Y compris dans les paragraphes qui ne prêtaient pas à discussion, au moins à discussion urgente et nécessaire. Le texte a été partout amélioré, notamment par l’ajout de références au magistère des derniers papes. On renvoie trois fois à l’enseignement de saint Jean-Paul II, ce qui aurait dû être une absolue évidence dès le départ.

    Le texte a été tellement changé qu’il ne reste plus qu’un seul point vraiment litigieux. Ce n’est pas un hasard si, bien sûr, il s’agit des « divorcés remariés », la première obsession de François.

    La riposte à la tentative de révolution du rapport d’étape a été telle qu’à part le paragraphe sur les « divorcés remarié », deux autres paragraphes n’ont pas obtenu les deux tiers des voix, donc ont été rejetés (même s’ils font quand même partie du texte par la volonté du pape…) : sur la communion spirituelle (il s’agit encore des divorcés remariés) et sur les homosexuels.

    Or ces deux paragraphes, tels qu’ils sont rédigés, sont acceptables. Naturellement, on voit ce qu’il y a entre les lignes, et ce vers quoi on veut aller, et c’est pourquoi les pères les ont rejetés : le rapport est le texte préparatoire du synode de l’an prochain. Mais à les prendre tels quels, ils n’ont rien de choquant.

    Le 53 dit que « certains pères ont soutenu que les divorcés remariés peuvent recourir avec fruit à la communion spirituelle », que « d’autres pères se sont demandés pourquoi alors ils ne peuvent pas accéder à la communion sacramentelle », et qu’il faut approfondir le sujet pour faire ressortir les particularités des deux formes et leur lien avec la théologie du mariage ». Sans doute l’opinion théologique très majoritaire est qu’il faut être en état de grâce pour communier spirituellement, donc que c’est exclu pour les « divorcés remariés », mais en effet rien n’empêche de réfléchir à la question « en lien avec la théologie du mariage », et par exemple de bien distinguer la « communion spirituelle » au sens strict et une autre forme de « communion de désir ».

    Le 55, quant à lui, consiste pour l’essentiel en deux citations du magistère, la première rappelant qu’on ne peut faire absolument aucune analogie entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille, la seconde rappelant que les personnes homosexuelles doivent être accueillies avec respect (comme tout le monde) et ne doivent pas souffrir de « discriminations injustes ». Il semble que le verbe « accueillir » ait été considéré comme ambigu compte tenu de ce qu’on y faisait passer dans le pré-rapport, ou peut-être est-ce l’expression « nous nous sommes interrogés », dans la mesure où il n’y a pas à s’interroger sur de telles évidences, et que l’on n’a pas à faire croire aux fidèles qu’il y a matière à s’interroger.

    Le seul point vraiment mauvais est le 52, celui qui a eu le plus de votes négatifs (74 sur 183). Mais, contrairement à ce que l’on lit ici ou là, il n’y a pas à s’offusquer qu’une majorité d’évêques, même faible (ici 104 sur 183) ait voté pour « des hérésies ». Il n’y a pas davantage d’hérésie (même au sens large) dans le paragraphe 52 que dans les deux autres (pour lesquels les mêmes qui n’ont rien lu s’offusquent sans savoir). Ce paragraphe 52 dit que les pères « ont réfléchi sur la possibilité d’un accès aux sacrements de pénitence et d’eucharistie aux divorcés remariés ». Or c’est vrai qu’ils y ont réfléchi, ou du moins qu’ils en ont discuté. Le texte dit ensuite que « un certain nombre de pères » ont insisté pour qu’on garde les règles en vigueur « en raison de la relation fondamentale entre la participation à l’Eucharistie et la communion avec l’Eglise et son enseignement sur le mariage indissoluble ». Puis il dit que « d’autres » se sont exprimés en faveur d’un « accueil non généralisé », dans les conditions déjà dites. Et le paragraphe conclut qu’il faut « encore approfondir la question ».

    De fait de nombreux évêques ont voté non en considérant sans doute qu’il n’y a rien à approfondir, mais enfin il n’y a rien qui soit « hérétique » dans ce paragraphe, puisque de toute façon il ne comporte aucune décision.

    Certes, on comprend bien que le pape va revenir sur la question pendant toute l’année qui vient, et que les groupes de pression et les évêques les plus progressistes vont « approfondir » le sujet dans le sens que l’on sait et en liaison avec les médias. Mais ce synode de 2014 a montré de façon éclatante que même ce pape adulé du monde et d’une grande partie de l’Eglise peut être tenu en échec dans ses tentatives de corruption de la morale catholique. Car l’Eglise sera toujours l’Eglise. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille se reposer sur nos lauriers (je veux dire les lauriers des évêques et cardinaux qui se sont battus pour sauver la vérité). Il va falloir continuer à se battre, combattre les insinuations permanentes et insupportables du pape et des ses âmes damnées, et soutenir tous ceux qui veulent garder l’Eglise aussi propre que toujours miséricordieuse.

    NB. François a perdu des plumes dans cette affaire. Mais au finale il s’est encore déconsidéré davantage quand il a fait dire que c’est par souci de « transparence » qu’il faisait publier le rapport avec les paragraphes rejetés. C’est évidemment pour faire croire qu’ils font quand même partie intégrante du rapport : dans la perspective de la préparation du synode de 2015. Mais il est amusant, disons, de prétendre vouloir la « transparence », quand on a commencé par décréter que le synode serait à huis clos et qu’il y aurait un briefing quotidien de la propagandastaffel pour dire aux médias ce qu’ils doivent savoir, puis qu’on a décrété que les textes des commissions ne seraient pas publiés, avant de devoir faire machine arrière devant la bronca générale des pères…

    Voir aussi l’analyse de Jeanne Smits.

    J’ai beau chercher, je ne trouve toujours pas le rapport en français. Le voici en italien, c’est la version officielle.

    P.S. "Ce n'est pas un document du magistère", a précisé le P. Lombardi. Ce qui va de soi. Mais ça va mieux encore en le disant.

  • Le cardinal Burke sur le synode et son limogeage

    Extraits d’un article de BuzzFeed News :

    Un cardinal de haut rang a déclaré vendredi à BuzzFeed News que la réunion mondiale des dirigeants de l’Eglise, qui se termine à Rome paraissait avoir été conçue dans le dessein « d’affaiblir l’enseignement et la pratique de l’Eglise », avec l’apparente bénédiction du Pape François.

    (…)

    Si le Pape François avait choisi certains cardinaux pour que la réunion fasse avancer ses opinions personnelles sur des questions comme le divorce et le traitement des personnes LGBT, dit Burke, il ne respecterait pas son mandat en tant que chef de l’Eglise catholique. « Selon ma compréhension de l’enseignement et de la discipline de l’Eglise catholique, non, ce ne serait pas correct », a déclaré Burke, affirmant que le pape a « fait beaucoup de mal » en ne faisant pas état « ouvertement de sa position ». Burke dit que le pape a donné l’impression qu’il approuvait certaines des parties les plus controversées de la Relatio, notamment sur les questions de divorce, parce qu’un cardinal allemand a prononcé un discours important suggérant un chemin permettant aux personnes divorcées remariées de recevoir la communion, le cardinal Walter Kasper, en ouverture du synode. « Le Pape, plus que quiconque, en tant que pasteur de l’Eglise universelle, est tenu de servir la vérité, dit Burke. Le pape n’est pas libre de modifier les enseignements de l’Eglise sur l’immoralité des actes homosexuels ou l’indissolubilité du mariage ou toute autre doctrine de la foi. »

    (…)

    Dans l’interview de BuzzFeed News, Burke a confirmé publiquement pour la première fois la rumeur selon laquelle il avait été dit que François avait l’intention de le démettre de sa charge de gardien en chef de la loi canonique et de lui donner un poste mineur de patron de l’Ordre souverain de Malte. « J’ai beaucoup apprécié et j’ai été heureux de donner ce service, c’est donc une déception de le quitter », dit Burke, expliquant qu’il n’a pas encore reçu la notification formelle de son transfert. « D’autre part, dans l’Eglise, en tant que prêtres, nous devons toujours être prêts à accepter tout ce qu’on nous donne comme affectation. Et donc, en acceptant cette mission, j’espère que Dieu me bénira, et c’est finalement ce qui est le plus important.

    [Pour couper court à toute contestation, BuzzFeed News donne le verbatim de cette partie de l’interview.]

  • Le message du synode

    Le message du synode est chaleureux et sympathique (et mieux encore par moments), même si l’allusion finale aux divorcés remariés fait tache, en disant qu’on « réfléchit » à leur « accès aux sacrements ». Mais le fait même qu’elle blesse l’harmonie de l’ensemble montre que le message est dans l’ensemble satisfaisant.

    Cela dit ce n’est pas le texte final essentiel du synode. Le texte qu’on attend, pour ce soir normalement, est la version définitive du rapport.

  • Les socialistes suppriment les allocations familiales

    Il aura fallu attendre 2015, mais on y sera arrivé : les socialistes ont décidé de « moduler » les allocations familiales selon le revenu.

    Les allocations versées à partir de 2015 ne seront donc plus des « allocations familiales », puisque le principe même des allocations familiales est que leur montant ne dépend pas des revenus.

    Les socialistes suppriment les allocations familiales et les remplacent par des allocations de solidarité qui coûteront moins cher : il s’agit uniquement d’économies (de bouts de chandelle), et c’est pourquoi, bien qu’il s’agisse finalement d’un nouvel impôt « sur les riches », même les communistes sont contre cette mesure…

    Naturellement, Manuel Valls, qui a donné l’accord du gouvernement à l’initiative des députés socialistes (puisque, en plus, on en fait une stupide mise en scène), « se félicite » de ce qu’il appelle une « mesure de justice » alors que l’injustice est flagrante.

    Et, naturellement, François Hollande avait explicitement promis qu’il ne toucherait pas aux allocations familiales…

  • Un seul intervenant au synode avait parlé des homosexuels…

    Selon l’Associated Press :

    « In fact, the Vatican spokesman, the Rev. Federico Lombardi, said he recalled only one speech out of about 265 about gays during the debate. »

    En fait, le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi, a dit qu’il se souvenait d’une seule intervention sur les gays, sur environ 265, pendant le débat.

    On ne sait pas s’il y a eu des interventions écrites sur ce sujet, ni combien, ou si Mgr Forte, avec le lobby Kasper, a tout simplement inventé ce que le synode voulait dire…

    Addendum

    Selon Sandro Magister (dans un article qui décrit fort bien la préhistoire et l’histoire de ce synode) :

    "En effet ces paragraphes reflètent non pas une orientation exprimée en salle des séances par un nombre important de pères synodaux – comme on s’attend à ce que soit le cas lorsqu’on lit une "Relatio" – mais ce qui a été dit par deux pères, tout au plus, sur près de deux cents, et en particulier par le jésuite Antonio Spadaro, directeur de "La Civiltà Cattolica", nommé membre du synode personnellement par le pape François."

  • Synode: la contre-attaque

    L’agence vaticane ne peut que synthétiser, cette fois, la contre-offensive, car sinon elle n’aurait quasiment rien à dire de la 12e congrégation générale du synode. Pour en arriver là, il faut vraiment que ce fût saignant, ce matin…

    Cité du Vatican, 16 octobre 2014 (VIS). La douzième Congrégation générale, qui s'est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli Minores: trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post Disceptationem, document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio Synodi, document final définitif. Bien qu'elle ait été légitime, on a mis en doute l'opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l'opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ce textes, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions

    On a d'abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l'Evangile de la famille, au fait que la mariage est un sacrement d'union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C'est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l'Eglise à l'institution familiale. Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu. On a suggéré d'inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l'adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. Il convient aussi d'être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne.

    Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l'Eglise doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clairs sur la loi de gradualité qui ne doit pas devenir gradualité de la loi. Certains se sont dits perplexes du rapprochement fait avec la paragraphe 8 de Lumen Gentium car il risque de faire croire à une volonté de l'Eglise de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. D'autres ont exprimé le voeu d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser. Pour ce qui est de l'accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu'elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission inter-disciplinaire. Il faudrait également être plus attentifs aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal. On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Evangile. Sans qu'on puisse définir mariage l'union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d'une approbation de l'Eglise à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie. Les Circuli Minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio Synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d'octobre 2015.

  • L’homosexualisme raciste du cardinal Kasper

    Extrait de son interview à Zenit :

    — Le problème est qu’il y a les différents problèmes de différents continents et de cultures différentes. L’Afrique est totalement différente de l’Occident. De même, l’Asie et les pays musulmans, ils sont très différents, spécialement à propos des gays. On ne peut pas parler de cela avec les Africains et les gens des pays musulmans. Ce n’est pas possible. C’est un tabou. En ce qui nous concerne, nous disons que nous ne devons pas discriminer, nous ne voulons pas discriminer sous certains rapports.

    Mais est-ce qu’on a écouté les participants africains à cet égard ?

    — Non, pour la majorité d’entre eux.

    On ne les a pas écoutés ?

    — En Afrique, évidemment, où c’est un tabou.

    Qu’est-ce qui a changé pour vous, en ce qui concerne la méthodologie de ce synode ?

    — Je pense qu’à la fin il doit y avoir une ligne générale de l’Eglise, des critères généraux, mais alors les questions africaines, nous ne pouvons pas les résoudre. Il doit y avoir un espace aussi pour que les conférences épiscopales locales résolvent leurs problèmes mais je dirai qu’avec l’Afrique c’est impossible. Mais ils ne doivent pas trop nous dire ce que nous avons à faire.

    *

    On notera aussi la fin de l'interview, où le cardinal Kasper ose se référer au développement du dogme selon le cardinal Newman pour justifier ses thèses sur les divorcés remariés et les couples homosexuels :

    — Of course, the Pope wants it and the world needs it.

    « Bien sûr, le pape le veut et le monde en a besoin. » En anglais, cela rime comme un slogan publicitaire. Où le pape se ferait l’interprète du monde…

    Addendum

    L'interview a été supprimée du site Zenit en anglais où elle avait été publiée. On peut retrouver le texte sur Rorate Caeli qui l'avait opportunément reproduite dans son intégralité.

    PS - Manifestement, l'interview n'a pas été supprimée à cause (ou d'abord à cause) de ce que dit le cardinal Kasper des évêques africains, mais à cause (ou d'abord à cause) du propos dont Zenit avait fait son titre: "Une majorité croissante" (a growing majority) soutient ses propositions. Or c'était le jour même où il apparaissait que non seulement il ne s'agissait pas d'une croissante majorité, mais d'une minorité extrêmement rétrécie. Comme en témoignait de façon spectaculaire le rejet du rapport par le cardinal Dolan, pourtant adepte enthousiaste du "Qui suis-je pour juger" et ouvertement "gay-friendly".

    PS 2 - C'est le cardinal Kasper qui a demandé le retrait de cette interview, démentant formellement avoir tenu les propos qu'on lui prête. Rebondissement sans précédent dans une affaire de ce type, le journaliste qui avait réalisé l'interview met en ligne l'enregistrement de l'interview... (Quant au texte on peut toujours le trouver sur Zenit en cache.)

  • Ce qui manque

    On a dit que ce qui manque, dans le rapport de mi-parcours du synode, c’est la référence à la loi naturelle.

    On a dit que ce qui manque, c’est une vraie référence au péché, qui n’est signalé que de façon adventice.

    En effet. Mais ce qui manque avant tout, c’est la référence au péché originel. Et à son corollaire, si j’ose dire, la vie éternelle.

    S’il y a un problème du côté de la famille et des comportements sexuels et affectifs, c’est à cause du péché originel. Si l’on ne commence pas par affirmer que l’homme est blessé par le péché originel, et particulièrement en ce qui concerne le sexe et les relations en général, on ne peut rien dire de sensé. On ne peut pas guérir un malade si l’on ne diagnostique pas sa maladie.

    D’autre part la morale que propose l’Eglise, qui est essentiellement la morale de la loi naturelle (transfigurée par la grâce du sacrement) n’est en aucune manière une liste d’interdits édictée pour embêter les gens et les empêcher d’être heureux, mais bien au contraire le minimum vital qui permet de goûter la vie éternelle. Cela aussi, il faudrait le proclamer. L’Eglise n’est ni rabat-joie ni sadique, elle donne le mode d’emploi pour vivre sur cette terre de façon à bénéficier au mieux de la vie éternelle. Il est proprement ahurissant que dans le rapport, un document de l’Eglise catholique, il n’y ait aucune ouverture à la vie éternelle.

    Or, en outre, la vie éternelle commence sur cette terre. On ne se force pas à obéir péniblement à la morale de l’Eglise en espérant en être récompensé dans la vie future. On en est récompensé dès cette vie, qui est déjà une participation à la vie éternelle par la grâce et dans la prière.

    Comment pouvez-vous parler de « liberté spirituelle », de « liberté des enfants de Dieu », alors que vous vous soumettez à des commandements qui limitent votre liberté de façon drastique, ou même l’annihilent ? Il semble que même des cardinaux soient devenus incapables de donner la réponse, puisqu’ils cherchent de lamentables faux fuyants. Elle est pourtant simple. Le drogué qui est libre de se droguer est en fait esclave de la drogue. Quand il s’en rend compte, et qu’il se rend compte que cette « liberté » l’enchaîne et le démolit, il prend les moyens d’échapper à la drogue. C’est extrêmement douloureux. Mais quand il s’est défait de l’emprise de la drogue, il est libéré, il devient vraiment libre, et heureux, alors qu’il était malheureux quand il croyait aux « paradis artificiels ». Il en est ainsi, mutatis mutandis, pour tout péché et toute libération du péché. C’est pourquoi la morale de l’Eglise n’est pas une liste d’interdits sadiques, mais la recette de la vraie liberté et du vrai bonheur. Qui jaillit de cette vie-ci dans la vie éternelle.

    S’il vous plaît, messieurs les cardinaux, si vous y croyez encore un peu, parlez-nous du péché originel et de la vie éternelle.

  • Les trois illusions

    1 – Le rapport de mi-parcours du synode est, comme l’a dit tel ou tel officiel du Vatican, un « document de travail », et rien d’autre, il est donc indûment médiatisé.

    Réponse : Ce document a été officiellement distribué en six langues aux journalistes par le directeur de la salle de presse du Vatican au cours d’une conférence de presse qui lui était spécialement consacré. Ce n’était évidemment pas pour que les journalistes le mettent à la corbeille en rentrant à leurs rédactions…

    2 – Le rapport n’a rien à voir avec le pape, qui n’en a rien dit.

    Réponse : Il a été lu par le pape, qui a donné l’autorisation de le publier. Et surtout, ce qu’il contient de pire est ce qui est soutenu par le pape depuis son premier Angélus, à savoir la doctrine délirante de la miséricorde selon le cardinal Kasper. Doctrine qu’il a ouvertement et spécifiquement soutenue en faisant du cardinal Kasper le seul orateur du consistoire préparatoire au synode.

    3 – Il est probable que François fasse comme Paul VI. Celui-ci avait laissé parler ceux qui étaient favorables à la contraception, puis il avait surpris tout le monde en publiant Humanæ vitæ.

    Réponse : La situation est radicalement différente. Paul VI n’avait pas privilégié les partisans de la contraception, il n’avait rien dit et se montrait hésitant. Tout le contraire de François, qui depuis son élection se répand contre les « pharisiens » qui veulent faire porter aux chrétiens des fardeaux insupportables, et qui chante les louanges du principal artisan de l’idéologie « pastorale » censée mettre la doctrine au placard.

  • "Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison"

    C’est ce qu’a déclaré le cardinal Raymond Leo Burke à propos du rapport à mi-parcours du synode. Dans une magnifique interview pour Il Foglio, traduite par Benoît et moi et à lire intégralement.

    Extrait :

    Q. Les réformateurs ne pensent pas à ces catholiques qui ont maintenu leur famille ensemble, même dans des situations dramatiques, renonçant à refaire leur vie?

    R. Beaucoup de gens qui ont fait cet effort me demandent maintenant s'ils ont tout faux. Ils demandent s'ils ont gâché leurs vies dans des sacrifices inutiles. Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison.

    Q. Ne pensez-vous pas que la crise de la morale est liée à la crise liturgique?

    R. Certainement. Dans la période post-conciliaire, il a eu une baisse dans la vie de foi et de la discipline ecclésiale, mise en évidence surtout par la crise de la liturgie. La liturgie est devenue une activité anthropocentrique, elle a fini par refléter les idées de l'homme plutôt que le droit de Dieu à être adoré comme Lui-même le demande. De là, suit également dans le domaine moral l'attention presque exclusive aux besoins et aux désirs des hommes, plutôt qu'à ce que le Créateur a écrit dans le cœur de toutes les créatures. La lex orandi est toujours liée à la lex credendi. Si l'homme ne prie pas bien, alors il ne croit pas bien et donc il ne se comporte pas bien. Quand je vais célébrer la messe traditionnelle, par exemple, je vois tellement de belles jeunes familles avec de nombreux enfants. Je ne pense pas que ces familles n'ont pas de problèmes, mais il est évident qu'elles ont plus de force pour les affronter. Tout cela doit signifier quelque chose. La liturgie est l'expression la plus parfaite, la plus complète de notre vie dans le Christ et quand tout cela diminue ou est trahi, chaque aspect de la vie des fidèles est blessé.

  • « Indigne, honteux, complètement erroné »

    Telle est l’appréciation que fait du rapport à mi-parcours du synode le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    C’est du moins, selon la Repubblica, ce qu’il aurait déclaré à la première réunion des circuli minores.

  • Je ne suis pas sûr…

    que le rapport d’étape du synode mérite une analyse aussi fouillée que celle que lui consacre Jeanne Smits, mais c’est aussi une façon de prendre date et d’avoir un état de la question très précis.

  • N’en jetez plus, la poubelle est pleine…

    Quelques titres de la presse francophone sur le rapport à mi-parcours du synode :

    Le synode reconnaît des valeurs positives au mariage civil, y compris homosexuel

    Le Vatican change de ton vis-à-vis des homosexuels

    Homosexualité, divorce, concubinage... L'Eglise reverrait-elle son dogme sur la famille ?

    Mariage homosexuel: le Vatican reconnaît qu'il peut représenter une "aide précieuse pour la vie des partenaires"

    Mariage civil, homosexualité... Un air nouveau au Vatican ?

    Homosexualité, divorce, mariage... Le Vatican porte un regard nouveau sur la famille

    Mariage : l’Eglise se montre plus bienveillante à l’égard des unions libres et des homosexuels

    Le Vatican change de ton sur l'union libre, même homosexuelle

    L'Église assouplit sa doctrine concernant les homosexuels

    Le Vatican change de ton à propos de la cause homosexuelle

    Au synode sur la famille un ton nouveau et plus positif sur les homosexuels

    Vatican: le synode affirme les valeurs positives du mariage civil

    Couples gays et unions libres : le Vatican change son discours

    Vatican: une ouverture sans précédent aux unions gaies

  • Même la Pravda du Vatican s’inquiète…

    Si on continue de lire après les premières lignes enthousiastement bisounoursiques :

    Cité du Vatican, 14 octobre 2014 (VIS). D'entrée, le Cardinal Rapporteur général a lu la Relatio post Disceptationem, après quoi s'est déroulé le débat libre. En ligne générale, la Relatio a été appréciée, en particulier pour sa qualité photographique des interventions des pères synodaux, le rendu du climat d'ouverture des travaux et la mise en évidence du thème dominant de l'accueil. Le texte exprime bien l'amour de l'Eglise pour la famille fidèle au Christ, comme sa capacité d'être proche des gens en toute circonstance et de comprendre que derrière les enjeux pastoraux il y a des personnes souffrantes. Le regard du Synode est bien celui du pasteur envers un troupeau qu'il ne juge pas à priori. La Relatio contenant plusieurs points de vue qui seront débattus au cours des Circuli Minores, on a suggéré des réflexions supplémentaires. Par exemple: Si l'Eglise doit s'ouvrir à qui est en difficulté, il convient d'insister sur les familles demeurées fidèles aux enseignements évangéliques, de les remercier et de les encourager dans leur témoignage. Le Synode devrait mieux affirmer l'indissolubilité du mariage, et combien la fidélité pour toujours est une valeur pour la société, évitant ainsi de se focaliser sur les cas anormaux. Il a été recommandé de porter plus d'attention au rôle de la femme, fondamentale dans la transmission de la vie et de la foi, mais aussi à celle des grands parents au sein de la famille, au concept d'Eglise domestique, à la paroisse comme famille des familles, à la Sainte Famille comme référence majeure, à la mission évangélisatrice de la famille.

    Il convient également d'éclaircir le concept de gradualité, car sujet à confusions. Ainsi à propos de l'accès aux sacrements des divorcés remariés, le risque est que les exceptions portent à la règle. On a regretté la quasi absence dans le texte du mot péché, et rappelé combien le Christ a fortement condamné le danger de céder à la mentalité du monde. Si on a mis en relief la nécessité d'une compréhension prudente des homosexuels comme des personnes vivant l'union libre, qui ne donne pas l'impression d'admettre leur orientation sexuelle. En tout cas, il y a nécessité de réaffirmer la place éminente du sacrement baptismal, essentiel pour comprendre la sacralité du mariage et sa nature de ministère d'annonce de l'Evangile. Quant à la simplification des procédures en nullité, des objections se sont exprimées face à la proposition d'attribuer à l'évêque diocésain de nouvelles compétences qui le surchargeront. On a aussi estimé nécessaire une plus profonde réflexion sur la polygamie, avant tout si un converti entend accéder aux sacrements, et sur la diffusion de la pornographie, principalement véhiculée par le web, qui constitue un danger pour la cohésion familiale. Il a enfin été demandé de mieux approcher la question de la disponibilité du couple envers la vie, et d'être clairs sur l'avortement et la procréation assistée.

  • Le président de la conférence des évêques de Pologne : « Ce document est inacceptable »

    Interrogé hier par Radio Vatican, Mgr Stanislas Gadecki, archevêque de Poznan et président de la conférence des évêques de Pologne, déclare que le rapport de mi-parcours du synode n’est pas acceptable pour de nombreux évêques. Ce document s’éloigne de l’enseignement de Jean-Paul II et on y trouve même des traces d’idéologie anti-mariage, explique-t-il :

    « Est-ce que le dessein de ce synode est le soutien pastoral aux familles en difficulté, ou son objectif est-il l’étude de cas particuliers ? Notre tâche principale est de soutenir la pastorale de la famille, et non de la heurter, en exposant ces situations difficiles qui existent, mais qui ne constituent pas le noyau même de la famille, et ne suppriment pas la nécessité du soutien qui doit être apporté aux bonnes familles normales, ordinaires, qui se battent pas tant pour la survie que pour la fidélité.

    « En ce qui concerne les questions du mariage et de la famille, certains critères qui leur sont appliqués soulèvent des doutes. Par exemple, le critère de gradualité. Est-ce que l’on peut réellement traiter la cohabitation comme une gradualité sur le chemin de la sainteté ? Aujourd’hui, la discussion a étalement souligné que la doctrine présentée dans le document est marquée par le péché d’omission. Comme si le point de vue du monde prévalait et que tout est une imperfection qui mène à la perfection… On a accordé attention à ce document, non pas tant à ce qu’il dit mais à ce qu’il ne dit pas. Nous ne parlons pratiquement que d’exceptions, mais nous devons aussi présenter la vérité. Ensuite, les points qui évoquent les enfants confiés à des couples homosexuels sont formulés un peu comme si cette situation était louable ! C’est aussi un défaut de ce texte, qui devrait inciter à la fidélité, aux valeurs familiales, mais qui au lieu de cela semble tout accepter tel quel. Cela donne l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été sans miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde commençait seulement maintenant. »

  • C’est pas moi c’est l’autre…

    Lors de la présentation du rapport de mi-parcours du synode à la presse, hier, un journaliste a posé une question sur le paragraphe concernant les homosexuels.

    Et le cardinal Erdö, qui est le rapporteur, donc l’auteur du rapport, de répondre :

    « Adressez-vous à Mgr Forte : celui qui a écrit le texte doit savoir de quoi ça parle. »

    Sic.

    Et Mgr Forte en a profité pour en remettre une couche sur les « aspects positifs » des relations homosexuelles, la « reconnaissance » et l’« appréciation » de « tout ce qui est positif dans ces sortes d’expérience », ce qui est « un exercice d’honnêteté intellectuelle et de charité spirituelle »…

  • Au fait…

    Je m’en voudrais si mes commentaires sur le synode donnaient des idées noires ou dépressives à certains de mes lecteurs.

    Personne, pas même le pape, ne peut nous enlever la joie du salut.

    Personne, pas même le pape, ne peut abîmer notre espérance qui n’est pas de ce monde mais qui est une ancre jetée et fixée au-delà du voile, dans le Royaume, comme le dit l’épître aux Hébreux.

    Le rapport de mi-parcours du synode n’est qu’un rapport d’étape. Mais il est hélas pleinement dans le sens de ce que ce pontificat nous fait subir depuis son tout premier instant, et particulièrement dans le sens de l’épisode Kasper de préparation du synode, ce qui est certes inquiétant pour la suite (surtout si l’on se souvient que la préparation Kasper a commencé dès le premier Angelus de François, le 21 mars 2013).

    Cela dit le pire n’est jamais sûr.

    Mais ce que je me dis aussi, au vu de certaines réactions d’évêques et de cardinaux, est que cet épisode, ce désastreux pontificat dans son ensemble, est peut-être nécessaire pour qu’il y ait un sursaut des vraies forces vives de l’Eglise. Un peu comme il a fallu la loi Taubira pour qu’il y ait ce sursaut inédit et imprévu de la Manif pour tous, des veilleurs, sentinelles, etc.

    Dieu se sert du mal pour faire le bien…

  • Le scandaleux rapport de mi-parcours du synode

    14.  Jésus Lui-même, en se référant au dessein premier sur le couple humain, réaffirme l'union indissoluble entre l'homme et la femme, tout en comprenant que « en raison de votre dureté de cœur (que) Moise vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l'origine, il n'en fut pas ainsi » (Mt 19,8). De cette manière, Il montre combien la condescendance divine accompagne toujours le chemin de l'homme, l'orientant vers son principe, non sans passer par la croix.

    On croirait une blague, mais ce n’en est pas une. Les théologiens tordus qui orientent le synode osent renverser le propos du Christ, et pour cela ils doivent évidemment censurer ce que dit ensuite le Christ…

    Une fois qu’on a ainsi posé en principe universel et permanent la « condescendance divine » à partir d’une exception particulière limitée à la loi de Moïse et qui est définitivement caduque, il va de soi qu’on peut tout admettre, et prétendre le faire au nom de l’Evangile.

    La grande trouvaille est de prétendre qu’on peut, ou plutôt qu’on doit, appliquer aux questions de la famille ce que Vatican II a dit de la communion avec l’Eglise. Le concile ayant constaté qu’il y a divers degrés de communion avec l’Eglise, et que dans les religions non chrétiennes il y a des éléments positifs, on conclut que, par conséquent, il y a aussi divers degrés de participation à la morale de l’Eglise. C’est une évidente imposture, puisque le texte conciliaire parle de personnes qui ne sont pas catholiques, qui sont en dehors de l’Eglise : celles qui étant en dehors de l’Eglise ont néanmoins un lien de communion avec l’Eglise (par le baptême reçu chez les protestants, par exemple), et celles qui, sans lien direct avec l’Eglise, conservent néanmoins des éléments de la tradition primordiale.

    Cela n’a évidemment rien à voir avec l’objet du synode, puisque le synode s’adresse aux catholiques, examine les problèmes qui se posent aux familles catholiques (ce ne sont pas les divorcés remariés bouddhistes qui demandent la communion).

    Il est aberrant de « reconnaître des éléments positifs dans les formes imparfaites qui se trouvent en dehors de cette réalité nuptiale » (n.18), en bref chez des gens qui se disent catholiques et qui vivent en concubinage.

    D’où ces développements ahurissants, qui passent tout simplement le péché – et donc le salut - par profits et pertes :

    20. Un discernement spirituel étant donc nécessaire en ce qui concerne les cohabitations et les mariages civils ainsi que pour ce qui est des divorcés « remariés », il appartient à l'Église de reconnaître ces semina Verbi répandus hors des frontières visibles et sacramentelles. En suivant le vaste regard du Christ, dont la lumière éclaire tout homme (cf. Jn 1, 9 ; cf. Gaudium et Spes, 22), l'Église se tourne avec respect vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète et imparfaite, appréciant plus les valeurs positives qu'ils conservent que leurs limites et leurs manquements.

    50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent  rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en appréciant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?

    Sans compromettre ? Là aussi on croirait une blague. Hélas ce n’en est pas une. On ne compromet pas la doctrine, on détruit carrément l’enseignement du Christ-Dieu et celui que délivrait saint Paul en son nom.

  • Pourquoi le rapport du synode est une trahison

    Voici la traduction d’un texte remarquable de « Voice of the Family », sur la "Relatio post disceptationem" du synode, intitulé : Des catholiques pro-famille rejettent le rapport de mi-parcours du synode, l’appelant une “trahison”.

    Ceux qui contrôlent le synode ont trahi les parents catholiques du monde entier. Nous croyons que le rapport de mi-parcours du synode est l’un des pires documents officiels rédigés dans l’histoire de l’Eglise.

    Heureusement, le rapport est un rapport préliminaire destiné à être discuté, plutôt qu’une proposition définitive. Il est essentiel que la voix de ces fidèles laïcs qui vivent sincèrement de ce qu’enseigne l’Eglsie soit également prise en compte. Des familles catholiques s’accrochent bec et ongles à l’enseignement du Christ sur le mariage et la chasteté.

    Patrick Buckley, représentant irlandais de Voice of the Family, déclare :

    « Le rapport de mi-parcours du synode représente une attaque contre le mariage et la famille. Par exemple, le rapport approuve en fait tacitement les relations adultères, contredisant ainsi le sixième commandement et les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ sur l’indissolubilité du mariage.

    « Le rapport sape l’enseignement définitif de l’Eglise contre la contraception, en utilisant le langage codé par lequel on “souligne la nécessité de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de contrôle des naissances”. Ce langage est le code de ceux qui veulent réduire la doctrine de l’Eglise à un simple guide, laissant les couples libres de choisir la contraception en soi-disant « conscience ».

    « Le rapport reconnaît à tort une valeur à l’orientation homosexuelle. Ceci contredit la Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1986 sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles : « Bien qu'elle ne soit pas en elle-même un péché, l'inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C'est la raison pour laquelle l'inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée. »

    Maria Madise, coordinateur de Voice of the Family, déclare :

    « Qu’est-ce que les parents catholiques devront maintenant dire à leurs enfants au sujet de la contraception, de la cohabitation avec des partenaires, ou des modes de vie homosexuels ? Est-ce que ces parents vont devoir dire maintenant à leurs enfants que le Vatican enseigne qu’il y a des aspects positifs et constructifs dans ces péchés mortels ? Cette approche détruit la grâce dans les âmes.

    « Ce serait une fausse miséricorde de donner la sainte communion à ceux qui ne se repentent pas de leurs péchés mortels contre les enseignements du Christ sur la pureté sexuelle. La vraie miséricorde consiste à offrir aux gens une conscience propre par le sacrement de la confession et ainsi l’union avec Dieu.

    « Beaucoup de ceux qui prétendent parler au nom de l’Eglise universelle ont échoué à enseigner les fidèles. Cet échec a créé des difficultés sans précédent pour les familles. Aucune responsabilité n’est prise dans cet échec dans ce désastreux rapport de mi-parcours.

    « Le rapport de mi-parcours du synode augmentera le taux des fidèles catholiques étiquetés comme “pharisiens” simplement parce qu’ils défendent l’enseignement sur la pureté sexuelle.

    John Smeaton conclut :

    « Nous exhortons les catholiques à ne pas être complaisants ou à ne pas céder à un faux sens de l’obéissance, face à des attaques contre les principes fondamentaux de la loi naturelle. Les catholiques sont moralement obligés de s’opposer au cours qui s’est fait jour dans le synode. »