14 novembre 2014

Forte claque pour Forte

Mgr Bruno Forte, bombardé par François secrétaire spécial du récent synode et auteur des trop fameux paragraphes du rapport d’étape sur les divorcés remariés, les unions de fait et les homosexuels, était candidat au poste de vice-président de la Conférence des évêques italiens pour le Centre du pays. Il n’a obtenu que 60 voix, contre 140 à Mgr Mario Meini, évêque de Fiesole.

Mgr Meini est délégué pour la pastorale de la famille de la Conférence des évêques de Toscane…

07 novembre 2014

Une première aux Etats-Unis sur la définition du mariage

-58e71c362546f3bd.JPGLa 6e cour d’appel des Etats-Unis (Michigan, Ohio, Tennessee et Kentucky) a cassé le jugement d’un juge fédéral qui avait décidé que « l’interdiction du mariage homosexuel » dans le Michigan était inconstitutionnelle. (Le juge avait été saisi par la jolie paire dont on voit la photo en médaillon, qui se plaignait de ne pas pouvoir adopter conjointement « leurs enfants ».)

Une fois encore, il ne s’agit pas d’une interdiction de quoi que ce soit, mais simplement de l’inscription dans la Constitution de l’Etat que le mariage est entre un homme et une femme.

Essentiellement, la cour d’appel (à une majorité de deux contre un) a considéré que c’était aux citoyens de se prononcer, et que ceux-ci n’avaient pas à demander aux juges de trancher ce genre de question. Elle a donc cassé le jugement de première instance. C’est la première fois, semble-t-il, qu’une cour d’appel tranche dans ce sens-là.

L’affaire ira sans doute devant la Cour suprême.

20 octobre 2014

Le rapport du synode : ouf !

Une fois encore, le diable a porté pierre. Le diable, c’étaient les rédacteurs du rapport d’étape du synode, inspirés par le pape qui veut absolument changer la « pratique » de la morale catholique fondée sur la loi naturelle et la parole de Dieu. Mais les rédacteurs sont allés trop loin, tellement loin qu’ils ont déclenché un choc en retour d’une puissance sans précédent, et qui, je dois le dire, m’a étonné (mais je ne suis pas le seul…).

De ce fait, on s’attendait à ce que le texte soit très édulcoré dans le rapport final. Mais pas à ce point-là. Il n’est pas édulcoré, il est profondément modifié. Y compris dans les paragraphes qui ne prêtaient pas à discussion, au moins à discussion urgente et nécessaire. Le texte a été partout amélioré, notamment par l’ajout de références au magistère des derniers papes. On renvoie trois fois à l’enseignement de saint Jean-Paul II, ce qui aurait dû être une absolue évidence dès le départ.

Le texte a été tellement changé qu’il ne reste plus qu’un seul point vraiment litigieux. Ce n’est pas un hasard si, bien sûr, il s’agit des « divorcés remariés », la première obsession de François.

La riposte à la tentative de révolution du rapport d’étape a été telle qu’à part le paragraphe sur les « divorcés remarié », deux autres paragraphes n’ont pas obtenu les deux tiers des voix, donc ont été rejetés (même s’ils font quand même partie du texte par la volonté du pape…) : sur la communion spirituelle (il s’agit encore des divorcés remariés) et sur les homosexuels.

Or ces deux paragraphes, tels qu’ils sont rédigés, sont acceptables. Naturellement, on voit ce qu’il y a entre les lignes, et ce vers quoi on veut aller, et c’est pourquoi les pères les ont rejetés : le rapport est le texte préparatoire du synode de l’an prochain. Mais à les prendre tels quels, ils n’ont rien de choquant.

Le 53 dit que « certains pères ont soutenu que les divorcés remariés peuvent recourir avec fruit à la communion spirituelle », que « d’autres pères se sont demandés pourquoi alors ils ne peuvent pas accéder à la communion sacramentelle », et qu’il faut approfondir le sujet pour faire ressortir les particularités des deux formes et leur lien avec la théologie du mariage ». Sans doute l’opinion théologique très majoritaire est qu’il faut être en état de grâce pour communier spirituellement, donc que c’est exclu pour les « divorcés remariés », mais en effet rien n’empêche de réfléchir à la question « en lien avec la théologie du mariage », et par exemple de bien distinguer la « communion spirituelle » au sens strict et une autre forme de « communion de désir ».

Le 55, quant à lui, consiste pour l’essentiel en deux citations du magistère, la première rappelant qu’on ne peut faire absolument aucune analogie entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille, la seconde rappelant que les personnes homosexuelles doivent être accueillies avec respect (comme tout le monde) et ne doivent pas souffrir de « discriminations injustes ». Il semble que le verbe « accueillir » ait été considéré comme ambigu compte tenu de ce qu’on y faisait passer dans le pré-rapport, ou peut-être est-ce l’expression « nous nous sommes interrogés », dans la mesure où il n’y a pas à s’interroger sur de telles évidences, et que l’on n’a pas à faire croire aux fidèles qu’il y a matière à s’interroger.

Le seul point vraiment mauvais est le 52, celui qui a eu le plus de votes négatifs (74 sur 183). Mais, contrairement à ce que l’on lit ici ou là, il n’y a pas à s’offusquer qu’une majorité d’évêques, même faible (ici 104 sur 183) ait voté pour « des hérésies ». Il n’y a pas davantage d’hérésie (même au sens large) dans le paragraphe 52 que dans les deux autres (pour lesquels les mêmes qui n’ont rien lu s’offusquent sans savoir). Ce paragraphe 52 dit que les pères « ont réfléchi sur la possibilité d’un accès aux sacrements de pénitence et d’eucharistie aux divorcés remariés ». Or c’est vrai qu’ils y ont réfléchi, ou du moins qu’ils en ont discuté. Le texte dit ensuite que « un certain nombre de pères » ont insisté pour qu’on garde les règles en vigueur « en raison de la relation fondamentale entre la participation à l’Eucharistie et la communion avec l’Eglise et son enseignement sur le mariage indissoluble ». Puis il dit que « d’autres » se sont exprimés en faveur d’un « accueil non généralisé », dans les conditions déjà dites. Et le paragraphe conclut qu’il faut « encore approfondir la question ».

De fait de nombreux évêques ont voté non en considérant sans doute qu’il n’y a rien à approfondir, mais enfin il n’y a rien qui soit « hérétique » dans ce paragraphe, puisque de toute façon il ne comporte aucune décision.

Certes, on comprend bien que le pape va revenir sur la question pendant toute l’année qui vient, et que les groupes de pression et les évêques les plus progressistes vont « approfondir » le sujet dans le sens que l’on sait et en liaison avec les médias. Mais ce synode de 2014 a montré de façon éclatante que même ce pape adulé du monde et d’une grande partie de l’Eglise peut être tenu en échec dans ses tentatives de corruption de la morale catholique. Car l’Eglise sera toujours l’Eglise. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille se reposer sur nos lauriers (je veux dire les lauriers des évêques et cardinaux qui se sont battus pour sauver la vérité). Il va falloir continuer à se battre, combattre les insinuations permanentes et insupportables du pape et des ses âmes damnées, et soutenir tous ceux qui veulent garder l’Eglise aussi propre que toujours miséricordieuse.

NB. François a perdu des plumes dans cette affaire. Mais au finale il s’est encore déconsidéré davantage quand il a fait dire que c’est par souci de « transparence » qu’il faisait publier le rapport avec les paragraphes rejetés. C’est évidemment pour faire croire qu’ils font quand même partie intégrante du rapport : dans la perspective de la préparation du synode de 2015. Mais il est amusant, disons, de prétendre vouloir la « transparence », quand on a commencé par décréter que le synode serait à huis clos et qu’il y aurait un briefing quotidien de la propagandastaffel pour dire aux médias ce qu’ils doivent savoir, puis qu’on a décrété que les textes des commissions ne seraient pas publiés, avant de devoir faire machine arrière devant la bronca générale des pères…

Voir aussi l’analyse de Jeanne Smits.

J’ai beau chercher, je ne trouve toujours pas le rapport en français. Le voici en italien, c’est la version officielle.

P.S. "Ce n'est pas un document du magistère", a précisé le P. Lombardi. Ce qui va de soi. Mais ça va mieux encore en le disant.

18 octobre 2014

Le cardinal Burke sur le synode et son limogeage

Extraits d’un article de BuzzFeed News :

Un cardinal de haut rang a déclaré vendredi à BuzzFeed News que la réunion mondiale des dirigeants de l’Eglise, qui se termine à Rome paraissait avoir été conçue dans le dessein « d’affaiblir l’enseignement et la pratique de l’Eglise », avec l’apparente bénédiction du Pape François.

(…)

Si le Pape François avait choisi certains cardinaux pour que la réunion fasse avancer ses opinions personnelles sur des questions comme le divorce et le traitement des personnes LGBT, dit Burke, il ne respecterait pas son mandat en tant que chef de l’Eglise catholique. « Selon ma compréhension de l’enseignement et de la discipline de l’Eglise catholique, non, ce ne serait pas correct », a déclaré Burke, affirmant que le pape a « fait beaucoup de mal » en ne faisant pas état « ouvertement de sa position ». Burke dit que le pape a donné l’impression qu’il approuvait certaines des parties les plus controversées de la Relatio, notamment sur les questions de divorce, parce qu’un cardinal allemand a prononcé un discours important suggérant un chemin permettant aux personnes divorcées remariées de recevoir la communion, le cardinal Walter Kasper, en ouverture du synode. « Le Pape, plus que quiconque, en tant que pasteur de l’Eglise universelle, est tenu de servir la vérité, dit Burke. Le pape n’est pas libre de modifier les enseignements de l’Eglise sur l’immoralité des actes homosexuels ou l’indissolubilité du mariage ou toute autre doctrine de la foi. »

(…)

Dans l’interview de BuzzFeed News, Burke a confirmé publiquement pour la première fois la rumeur selon laquelle il avait été dit que François avait l’intention de le démettre de sa charge de gardien en chef de la loi canonique et de lui donner un poste mineur de patron de l’Ordre souverain de Malte. « J’ai beaucoup apprécié et j’ai été heureux de donner ce service, c’est donc une déception de le quitter », dit Burke, expliquant qu’il n’a pas encore reçu la notification formelle de son transfert. « D’autre part, dans l’Eglise, en tant que prêtres, nous devons toujours être prêts à accepter tout ce qu’on nous donne comme affectation. Et donc, en acceptant cette mission, j’espère que Dieu me bénira, et c’est finalement ce qui est le plus important.

[Pour couper court à toute contestation, BuzzFeed News donne le verbatim de cette partie de l’interview.]

Le message du synode

Le message du synode est chaleureux et sympathique (et mieux encore par moments), même si l’allusion finale aux divorcés remariés fait tache, en disant qu’on « réfléchit » à leur « accès aux sacrements ». Mais le fait même qu’elle blesse l’harmonie de l’ensemble montre que le message est dans l’ensemble satisfaisant.

Cela dit ce n’est pas le texte final essentiel du synode. Le texte qu’on attend, pour ce soir normalement, est la version définitive du rapport.

16:10 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (2)

17 octobre 2014

Les socialistes suppriment les allocations familiales

Il aura fallu attendre 2015, mais on y sera arrivé : les socialistes ont décidé de « moduler » les allocations familiales selon le revenu.

Les allocations versées à partir de 2015 ne seront donc plus des « allocations familiales », puisque le principe même des allocations familiales est que leur montant ne dépend pas des revenus.

Les socialistes suppriment les allocations familiales et les remplacent par des allocations de solidarité qui coûteront moins cher : il s’agit uniquement d’économies (de bouts de chandelle), et c’est pourquoi, bien qu’il s’agisse finalement d’un nouvel impôt « sur les riches », même les communistes sont contre cette mesure…

Naturellement, Manuel Valls, qui a donné l’accord du gouvernement à l’initiative des députés socialistes (puisque, en plus, on en fait une stupide mise en scène), « se félicite » de ce qu’il appelle une « mesure de justice » alors que l’injustice est flagrante.

Et, naturellement, François Hollande avait explicitement promis qu’il ne toucherait pas aux allocations familiales…

16 octobre 2014

Un seul intervenant au synode avait parlé des homosexuels…

Selon l’Associated Press :

« In fact, the Vatican spokesman, the Rev. Federico Lombardi, said he recalled only one speech out of about 265 about gays during the debate. »

En fait, le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi, a dit qu’il se souvenait d’une seule intervention sur les gays, sur environ 265, pendant le débat.

On ne sait pas s’il y a eu des interventions écrites sur ce sujet, ni combien, ou si Mgr Forte, avec le lobby Kasper, a tout simplement inventé ce que le synode voulait dire…

Addendum

Selon Sandro Magister (dans un article qui décrit fort bien la préhistoire et l’histoire de ce synode) :

"En effet ces paragraphes reflètent non pas une orientation exprimée en salle des séances par un nombre important de pères synodaux – comme on s’attend à ce que soit le cas lorsqu’on lit une "Relatio" – mais ce qui a été dit par deux pères, tout au plus, sur près de deux cents, et en particulier par le jésuite Antonio Spadaro, directeur de "La Civiltà Cattolica", nommé membre du synode personnellement par le pape François."

Synode: la contre-attaque

L’agence vaticane ne peut que synthétiser, cette fois, la contre-offensive, car sinon elle n’aurait quasiment rien à dire de la 12e congrégation générale du synode. Pour en arriver là, il faut vraiment que ce fût saignant, ce matin…

Cité du Vatican, 16 octobre 2014 (VIS). La douzième Congrégation générale, qui s'est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli Minores: trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post Disceptationem, document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio Synodi, document final définitif. Bien qu'elle ait été légitime, on a mis en doute l'opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l'opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ce textes, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions

On a d'abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l'Evangile de la famille, au fait que la mariage est un sacrement d'union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C'est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l'Eglise à l'institution familiale. Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu. On a suggéré d'inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l'adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. Il convient aussi d'être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne.

Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l'Eglise doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clairs sur la loi de gradualité qui ne doit pas devenir gradualité de la loi. Certains se sont dits perplexes du rapprochement fait avec la paragraphe 8 de Lumen Gentium car il risque de faire croire à une volonté de l'Eglise de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. D'autres ont exprimé le voeu d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser. Pour ce qui est de l'accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu'elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission inter-disciplinaire. Il faudrait également être plus attentifs aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal. On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Evangile. Sans qu'on puisse définir mariage l'union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d'une approbation de l'Eglise à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie. Les Circuli Minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio Synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d'octobre 2015.

L’homosexualisme raciste du cardinal Kasper

Extrait de son interview à Zenit :

— Le problème est qu’il y a les différents problèmes de différents continents et de cultures différentes. L’Afrique est totalement différente de l’Occident. De même, l’Asie et les pays musulmans, ils sont très différents, spécialement à propos des gays. On ne peut pas parler de cela avec les Africains et les gens des pays musulmans. Ce n’est pas possible. C’est un tabou. En ce qui nous concerne, nous disons que nous ne devons pas discriminer, nous ne voulons pas discriminer sous certains rapports.

Mais est-ce qu’on a écouté les participants africains à cet égard ?

— Non, pour la majorité d’entre eux.

On ne les a pas écoutés ?

— En Afrique, évidemment, où c’est un tabou.

Qu’est-ce qui a changé pour vous, en ce qui concerne la méthodologie de ce synode ?

— Je pense qu’à la fin il doit y avoir une ligne générale de l’Eglise, des critères généraux, mais alors les questions africaines, nous ne pouvons pas les résoudre. Il doit y avoir un espace aussi pour que les conférences épiscopales locales résolvent leurs problèmes mais je dirai qu’avec l’Afrique c’est impossible. Mais ils ne doivent pas trop nous dire ce que nous avons à faire.

*

On notera aussi la fin de l'interview, où le cardinal Kasper ose se référer au développement du dogme selon le cardinal Newman pour justifier ses thèses sur les divorcés remariés et les couples homosexuels :

— Of course, the Pope wants it and the world needs it.

« Bien sûr, le pape le veut et le monde en a besoin. » En anglais, cela rime comme un slogan publicitaire. Où le pape se ferait l’interprète du monde…

Addendum

L'interview a été supprimée du site Zenit en anglais où elle avait été publiée. On peut retrouver le texte sur Rorate Caeli qui l'avait opportunément reproduite dans son intégralité.

PS - Manifestement, l'interview n'a pas été supprimée à cause (ou d'abord à cause) de ce que dit le cardinal Kasper des évêques africains, mais à cause (ou d'abord à cause) du propos dont Zenit avait fait son titre: "Une majorité croissante" (a growing majority) soutient ses propositions. Or c'était le jour même où il apparaissait que non seulement il ne s'agissait pas d'une croissante majorité, mais d'une minorité extrêmement rétrécie. Comme en témoignait de façon spectaculaire le rejet du rapport par le cardinal Dolan, pourtant adepte enthousiaste du "Qui suis-je pour juger" et ouvertement "gay-friendly".

PS 2 - C'est le cardinal Kasper qui a demandé le retrait de cette interview, démentant formellement avoir tenu les propos qu'on lui prête. Rebondissement sans précédent dans une affaire de ce type, le journaliste qui avait réalisé l'interview met en ligne l'enregistrement de l'interview... (Quant au texte on peut toujours le trouver sur Zenit en cache.)

15 octobre 2014

Ce qui manque

On a dit que ce qui manque, dans le rapport de mi-parcours du synode, c’est la référence à la loi naturelle.

On a dit que ce qui manque, c’est une vraie référence au péché, qui n’est signalé que de façon adventice.

En effet. Mais ce qui manque avant tout, c’est la référence au péché originel. Et à son corollaire, si j’ose dire, la vie éternelle.

S’il y a un problème du côté de la famille et des comportements sexuels et affectifs, c’est à cause du péché originel. Si l’on ne commence pas par affirmer que l’homme est blessé par le péché originel, et particulièrement en ce qui concerne le sexe et les relations en général, on ne peut rien dire de sensé. On ne peut pas guérir un malade si l’on ne diagnostique pas sa maladie.

D’autre part la morale que propose l’Eglise, qui est essentiellement la morale de la loi naturelle (transfigurée par la grâce du sacrement) n’est en aucune manière une liste d’interdits édictée pour embêter les gens et les empêcher d’être heureux, mais bien au contraire le minimum vital qui permet de goûter la vie éternelle. Cela aussi, il faudrait le proclamer. L’Eglise n’est ni rabat-joie ni sadique, elle donne le mode d’emploi pour vivre sur cette terre de façon à bénéficier au mieux de la vie éternelle. Il est proprement ahurissant que dans le rapport, un document de l’Eglise catholique, il n’y ait aucune ouverture à la vie éternelle.

Or, en outre, la vie éternelle commence sur cette terre. On ne se force pas à obéir péniblement à la morale de l’Eglise en espérant en être récompensé dans la vie future. On en est récompensé dès cette vie, qui est déjà une participation à la vie éternelle par la grâce et dans la prière.

Comment pouvez-vous parler de « liberté spirituelle », de « liberté des enfants de Dieu », alors que vous vous soumettez à des commandements qui limitent votre liberté de façon drastique, ou même l’annihilent ? Il semble que même des cardinaux soient devenus incapables de donner la réponse, puisqu’ils cherchent de lamentables faux fuyants. Elle est pourtant simple. Le drogué qui est libre de se droguer est en fait esclave de la drogue. Quand il s’en rend compte, et qu’il se rend compte que cette « liberté » l’enchaîne et le démolit, il prend les moyens d’échapper à la drogue. C’est extrêmement douloureux. Mais quand il s’est défait de l’emprise de la drogue, il est libéré, il devient vraiment libre, et heureux, alors qu’il était malheureux quand il croyait aux « paradis artificiels ». Il en est ainsi, mutatis mutandis, pour tout péché et toute libération du péché. C’est pourquoi la morale de l’Eglise n’est pas une liste d’interdits sadiques, mais la recette de la vraie liberté et du vrai bonheur. Qui jaillit de cette vie-ci dans la vie éternelle.

S’il vous plaît, messieurs les cardinaux, si vous y croyez encore un peu, parlez-nous du péché originel et de la vie éternelle.

Les trois illusions

1 – Le rapport de mi-parcours du synode est, comme l’a dit tel ou tel officiel du Vatican, un « document de travail », et rien d’autre, il est donc indûment médiatisé.

Réponse : Ce document a été officiellement distribué en six langues aux journalistes par le directeur de la salle de presse du Vatican au cours d’une conférence de presse qui lui était spécialement consacré. Ce n’était évidemment pas pour que les journalistes le mettent à la corbeille en rentrant à leurs rédactions…

2 – Le rapport n’a rien à voir avec le pape, qui n’en a rien dit.

Réponse : Il a été lu par le pape, qui a donné l’autorisation de le publier. Et surtout, ce qu’il contient de pire est ce qui est soutenu par le pape depuis son premier Angélus, à savoir la doctrine délirante de la miséricorde selon le cardinal Kasper. Doctrine qu’il a ouvertement et spécifiquement soutenue en faisant du cardinal Kasper le seul orateur du consistoire préparatoire au synode.

3 – Il est probable que François fasse comme Paul VI. Celui-ci avait laissé parler ceux qui étaient favorables à la contraception, puis il avait surpris tout le monde en publiant Humanæ vitæ.

Réponse : La situation est radicalement différente. Paul VI n’avait pas privilégié les partisans de la contraception, il n’avait rien dit et se montrait hésitant. Tout le contraire de François, qui depuis son élection se répand contre les « pharisiens » qui veulent faire porter aux chrétiens des fardeaux insupportables, et qui chante les louanges du principal artisan de l’idéologie « pastorale » censée mettre la doctrine au placard.

"Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison"

C’est ce qu’a déclaré le cardinal Raymond Leo Burke à propos du rapport à mi-parcours du synode. Dans une magnifique interview pour Il Foglio, traduite par Benoît et moi et à lire intégralement.

Extrait :

Q. Les réformateurs ne pensent pas à ces catholiques qui ont maintenu leur famille ensemble, même dans des situations dramatiques, renonçant à refaire leur vie?

R. Beaucoup de gens qui ont fait cet effort me demandent maintenant s'ils ont tout faux. Ils demandent s'ils ont gâché leurs vies dans des sacrifices inutiles. Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison.

Q. Ne pensez-vous pas que la crise de la morale est liée à la crise liturgique?

R. Certainement. Dans la période post-conciliaire, il a eu une baisse dans la vie de foi et de la discipline ecclésiale, mise en évidence surtout par la crise de la liturgie. La liturgie est devenue une activité anthropocentrique, elle a fini par refléter les idées de l'homme plutôt que le droit de Dieu à être adoré comme Lui-même le demande. De là, suit également dans le domaine moral l'attention presque exclusive aux besoins et aux désirs des hommes, plutôt qu'à ce que le Créateur a écrit dans le cœur de toutes les créatures. La lex orandi est toujours liée à la lex credendi. Si l'homme ne prie pas bien, alors il ne croit pas bien et donc il ne se comporte pas bien. Quand je vais célébrer la messe traditionnelle, par exemple, je vois tellement de belles jeunes familles avec de nombreux enfants. Je ne pense pas que ces familles n'ont pas de problèmes, mais il est évident qu'elles ont plus de force pour les affronter. Tout cela doit signifier quelque chose. La liturgie est l'expression la plus parfaite, la plus complète de notre vie dans le Christ et quand tout cela diminue ou est trahi, chaque aspect de la vie des fidèles est blessé.

« Indigne, honteux, complètement erroné »

Telle est l’appréciation que fait du rapport à mi-parcours du synode le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

C’est du moins, selon la Repubblica, ce qu’il aurait déclaré à la première réunion des circuli minores.

14 octobre 2014

Je ne suis pas sûr…

que le rapport d’étape du synode mérite une analyse aussi fouillée que celle que lui consacre Jeanne Smits, mais c’est aussi une façon de prendre date et d’avoir un état de la question très précis.

N’en jetez plus, la poubelle est pleine…

Quelques titres de la presse francophone sur le rapport à mi-parcours du synode :

Le synode reconnaît des valeurs positives au mariage civil, y compris homosexuel

Le Vatican change de ton vis-à-vis des homosexuels

Homosexualité, divorce, concubinage... L'Eglise reverrait-elle son dogme sur la famille ?

Mariage homosexuel: le Vatican reconnaît qu'il peut représenter une "aide précieuse pour la vie des partenaires"

Mariage civil, homosexualité... Un air nouveau au Vatican ?

Homosexualité, divorce, mariage... Le Vatican porte un regard nouveau sur la famille

Mariage : l’Eglise se montre plus bienveillante à l’égard des unions libres et des homosexuels

Le Vatican change de ton sur l'union libre, même homosexuelle

L'Église assouplit sa doctrine concernant les homosexuels

Le Vatican change de ton à propos de la cause homosexuelle

Au synode sur la famille un ton nouveau et plus positif sur les homosexuels

Vatican: le synode affirme les valeurs positives du mariage civil

Couples gays et unions libres : le Vatican change son discours

Vatican: une ouverture sans précédent aux unions gaies

Même la Pravda du Vatican s’inquiète…

Si on continue de lire après les premières lignes enthousiastement bisounoursiques :

Cité du Vatican, 14 octobre 2014 (VIS). D'entrée, le Cardinal Rapporteur général a lu la Relatio post Disceptationem, après quoi s'est déroulé le débat libre. En ligne générale, la Relatio a été appréciée, en particulier pour sa qualité photographique des interventions des pères synodaux, le rendu du climat d'ouverture des travaux et la mise en évidence du thème dominant de l'accueil. Le texte exprime bien l'amour de l'Eglise pour la famille fidèle au Christ, comme sa capacité d'être proche des gens en toute circonstance et de comprendre que derrière les enjeux pastoraux il y a des personnes souffrantes. Le regard du Synode est bien celui du pasteur envers un troupeau qu'il ne juge pas à priori. La Relatio contenant plusieurs points de vue qui seront débattus au cours des Circuli Minores, on a suggéré des réflexions supplémentaires. Par exemple: Si l'Eglise doit s'ouvrir à qui est en difficulté, il convient d'insister sur les familles demeurées fidèles aux enseignements évangéliques, de les remercier et de les encourager dans leur témoignage. Le Synode devrait mieux affirmer l'indissolubilité du mariage, et combien la fidélité pour toujours est une valeur pour la société, évitant ainsi de se focaliser sur les cas anormaux. Il a été recommandé de porter plus d'attention au rôle de la femme, fondamentale dans la transmission de la vie et de la foi, mais aussi à celle des grands parents au sein de la famille, au concept d'Eglise domestique, à la paroisse comme famille des familles, à la Sainte Famille comme référence majeure, à la mission évangélisatrice de la famille.

Il convient également d'éclaircir le concept de gradualité, car sujet à confusions. Ainsi à propos de l'accès aux sacrements des divorcés remariés, le risque est que les exceptions portent à la règle. On a regretté la quasi absence dans le texte du mot péché, et rappelé combien le Christ a fortement condamné le danger de céder à la mentalité du monde. Si on a mis en relief la nécessité d'une compréhension prudente des homosexuels comme des personnes vivant l'union libre, qui ne donne pas l'impression d'admettre leur orientation sexuelle. En tout cas, il y a nécessité de réaffirmer la place éminente du sacrement baptismal, essentiel pour comprendre la sacralité du mariage et sa nature de ministère d'annonce de l'Evangile. Quant à la simplification des procédures en nullité, des objections se sont exprimées face à la proposition d'attribuer à l'évêque diocésain de nouvelles compétences qui le surchargeront. On a aussi estimé nécessaire une plus profonde réflexion sur la polygamie, avant tout si un converti entend accéder aux sacrements, et sur la diffusion de la pornographie, principalement véhiculée par le web, qui constitue un danger pour la cohésion familiale. Il a enfin été demandé de mieux approcher la question de la disponibilité du couple envers la vie, et d'être clairs sur l'avortement et la procréation assistée.

Le président de la conférence des évêques de Pologne : « Ce document est inacceptable »

Interrogé hier par Radio Vatican, Mgr Stanislas Gadecki, archevêque de Poznan et président de la conférence des évêques de Pologne, déclare que le rapport de mi-parcours du synode n’est pas acceptable pour de nombreux évêques. Ce document s’éloigne de l’enseignement de Jean-Paul II et on y trouve même des traces d’idéologie anti-mariage, explique-t-il :

« Est-ce que le dessein de ce synode est le soutien pastoral aux familles en difficulté, ou son objectif est-il l’étude de cas particuliers ? Notre tâche principale est de soutenir la pastorale de la famille, et non de la heurter, en exposant ces situations difficiles qui existent, mais qui ne constituent pas le noyau même de la famille, et ne suppriment pas la nécessité du soutien qui doit être apporté aux bonnes familles normales, ordinaires, qui se battent pas tant pour la survie que pour la fidélité.

« En ce qui concerne les questions du mariage et de la famille, certains critères qui leur sont appliqués soulèvent des doutes. Par exemple, le critère de gradualité. Est-ce que l’on peut réellement traiter la cohabitation comme une gradualité sur le chemin de la sainteté ? Aujourd’hui, la discussion a étalement souligné que la doctrine présentée dans le document est marquée par le péché d’omission. Comme si le point de vue du monde prévalait et que tout est une imperfection qui mène à la perfection… On a accordé attention à ce document, non pas tant à ce qu’il dit mais à ce qu’il ne dit pas. Nous ne parlons pratiquement que d’exceptions, mais nous devons aussi présenter la vérité. Ensuite, les points qui évoquent les enfants confiés à des couples homosexuels sont formulés un peu comme si cette situation était louable ! C’est aussi un défaut de ce texte, qui devrait inciter à la fidélité, aux valeurs familiales, mais qui au lieu de cela semble tout accepter tel quel. Cela donne l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été sans miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde commençait seulement maintenant. »

C’est pas moi c’est l’autre…

Lors de la présentation du rapport de mi-parcours du synode à la presse, hier, un journaliste a posé une question sur le paragraphe concernant les homosexuels.

Et le cardinal Erdö, qui est le rapporteur, donc l’auteur du rapport, de répondre :

« Adressez-vous à Mgr Forte : celui qui a écrit le texte doit savoir de quoi ça parle. »

Sic.

Et Mgr Forte en a profité pour en remettre une couche sur les « aspects positifs » des relations homosexuelles, la « reconnaissance » et l’« appréciation » de « tout ce qui est positif dans ces sortes d’expérience », ce qui est « un exercice d’honnêteté intellectuelle et de charité spirituelle »…

Au fait…

Je m’en voudrais si mes commentaires sur le synode donnaient des idées noires ou dépressives à certains de mes lecteurs.

Personne, pas même le pape, ne peut nous enlever la joie du salut.

Personne, pas même le pape, ne peut abîmer notre espérance qui n’est pas de ce monde mais qui est une ancre jetée et fixée au-delà du voile, dans le Royaume, comme le dit l’épître aux Hébreux.

Le rapport de mi-parcours du synode n’est qu’un rapport d’étape. Mais il est hélas pleinement dans le sens de ce que ce pontificat nous fait subir depuis son tout premier instant, et particulièrement dans le sens de l’épisode Kasper de préparation du synode, ce qui est certes inquiétant pour la suite (surtout si l’on se souvient que la préparation Kasper a commencé dès le premier Angelus de François, le 21 mars 2013).

Cela dit le pire n’est jamais sûr.

Mais ce que je me dis aussi, au vu de certaines réactions d’évêques et de cardinaux, est que cet épisode, ce désastreux pontificat dans son ensemble, est peut-être nécessaire pour qu’il y ait un sursaut des vraies forces vives de l’Eglise. Un peu comme il a fallu la loi Taubira pour qu’il y ait ce sursaut inédit et imprévu de la Manif pour tous, des veilleurs, sentinelles, etc.

Dieu se sert du mal pour faire le bien…

13 octobre 2014

Le scandaleux rapport de mi-parcours du synode

14.  Jésus Lui-même, en se référant au dessein premier sur le couple humain, réaffirme l'union indissoluble entre l'homme et la femme, tout en comprenant que « en raison de votre dureté de cœur (que) Moise vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l'origine, il n'en fut pas ainsi » (Mt 19,8). De cette manière, Il montre combien la condescendance divine accompagne toujours le chemin de l'homme, l'orientant vers son principe, non sans passer par la croix.

On croirait une blague, mais ce n’en est pas une. Les théologiens tordus qui orientent le synode osent renverser le propos du Christ, et pour cela ils doivent évidemment censurer ce que dit ensuite le Christ…

Une fois qu’on a ainsi posé en principe universel et permanent la « condescendance divine » à partir d’une exception particulière limitée à la loi de Moïse et qui est définitivement caduque, il va de soi qu’on peut tout admettre, et prétendre le faire au nom de l’Evangile.

La grande trouvaille est de prétendre qu’on peut, ou plutôt qu’on doit, appliquer aux questions de la famille ce que Vatican II a dit de la communion avec l’Eglise. Le concile ayant constaté qu’il y a divers degrés de communion avec l’Eglise, et que dans les religions non chrétiennes il y a des éléments positifs, on conclut que, par conséquent, il y a aussi divers degrés de participation à la morale de l’Eglise. C’est une évidente imposture, puisque le texte conciliaire parle de personnes qui ne sont pas catholiques, qui sont en dehors de l’Eglise : celles qui étant en dehors de l’Eglise ont néanmoins un lien de communion avec l’Eglise (par le baptême reçu chez les protestants, par exemple), et celles qui, sans lien direct avec l’Eglise, conservent néanmoins des éléments de la tradition primordiale.

Cela n’a évidemment rien à voir avec l’objet du synode, puisque le synode s’adresse aux catholiques, examine les problèmes qui se posent aux familles catholiques (ce ne sont pas les divorcés remariés bouddhistes qui demandent la communion).

Il est aberrant de « reconnaître des éléments positifs dans les formes imparfaites qui se trouvent en dehors de cette réalité nuptiale » (n.18), en bref chez des gens qui se disent catholiques et qui vivent en concubinage.

D’où ces développements ahurissants, qui passent tout simplement le péché – et donc le salut - par profits et pertes :

20. Un discernement spirituel étant donc nécessaire en ce qui concerne les cohabitations et les mariages civils ainsi que pour ce qui est des divorcés « remariés », il appartient à l'Église de reconnaître ces semina Verbi répandus hors des frontières visibles et sacramentelles. En suivant le vaste regard du Christ, dont la lumière éclaire tout homme (cf. Jn 1, 9 ; cf. Gaudium et Spes, 22), l'Église se tourne avec respect vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète et imparfaite, appréciant plus les valeurs positives qu'ils conservent que leurs limites et leurs manquements.

50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent  rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en appréciant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?

Sans compromettre ? Là aussi on croirait une blague. Hélas ce n’en est pas une. On ne compromet pas la doctrine, on détruit carrément l’enseignement du Christ-Dieu et celui que délivrait saint Paul en son nom.

Pourquoi le rapport du synode est une trahison

Voici la traduction d’un texte remarquable de « Voice of the Family », sur la "Relatio post disceptationem" du synode, intitulé : Des catholiques pro-famille rejettent le rapport de mi-parcours du synode, l’appelant une “trahison”.

Ceux qui contrôlent le synode ont trahi les parents catholiques du monde entier. Nous croyons que le rapport de mi-parcours du synode est l’un des pires documents officiels rédigés dans l’histoire de l’Eglise.

Heureusement, le rapport est un rapport préliminaire destiné à être discuté, plutôt qu’une proposition définitive. Il est essentiel que la voix de ces fidèles laïcs qui vivent sincèrement de ce qu’enseigne l’Eglsie soit également prise en compte. Des familles catholiques s’accrochent bec et ongles à l’enseignement du Christ sur le mariage et la chasteté.

Patrick Buckley, représentant irlandais de Voice of the Family, déclare :

« Le rapport de mi-parcours du synode représente une attaque contre le mariage et la famille. Par exemple, le rapport approuve en fait tacitement les relations adultères, contredisant ainsi le sixième commandement et les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ sur l’indissolubilité du mariage.

« Le rapport sape l’enseignement définitif de l’Eglise contre la contraception, en utilisant le langage codé par lequel on “souligne la nécessité de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de contrôle des naissances”. Ce langage est le code de ceux qui veulent réduire la doctrine de l’Eglise à un simple guide, laissant les couples libres de choisir la contraception en soi-disant « conscience ».

« Le rapport reconnaît à tort une valeur à l’orientation homosexuelle. Ceci contredit la Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1986 sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles : « Bien qu'elle ne soit pas en elle-même un péché, l'inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C'est la raison pour laquelle l'inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée. »

Maria Madise, coordinateur de Voice of the Family, déclare :

« Qu’est-ce que les parents catholiques devront maintenant dire à leurs enfants au sujet de la contraception, de la cohabitation avec des partenaires, ou des modes de vie homosexuels ? Est-ce que ces parents vont devoir dire maintenant à leurs enfants que le Vatican enseigne qu’il y a des aspects positifs et constructifs dans ces péchés mortels ? Cette approche détruit la grâce dans les âmes.

« Ce serait une fausse miséricorde de donner la sainte communion à ceux qui ne se repentent pas de leurs péchés mortels contre les enseignements du Christ sur la pureté sexuelle. La vraie miséricorde consiste à offrir aux gens une conscience propre par le sacrement de la confession et ainsi l’union avec Dieu.

« Beaucoup de ceux qui prétendent parler au nom de l’Eglise universelle ont échoué à enseigner les fidèles. Cet échec a créé des difficultés sans précédent pour les familles. Aucune responsabilité n’est prise dans cet échec dans ce désastreux rapport de mi-parcours.

« Le rapport de mi-parcours du synode augmentera le taux des fidèles catholiques étiquetés comme “pharisiens” simplement parce qu’ils défendent l’enseignement sur la pureté sexuelle.

John Smeaton conclut :

« Nous exhortons les catholiques à ne pas être complaisants ou à ne pas céder à un faux sens de l’obéissance, face à des attaques contre les principes fondamentaux de la loi naturelle. Les catholiques sont moralement obligés de s’opposer au cours qui s’est fait jour dans le synode. »

Les six du pape et les deux francophones

Alors que la première partie du synode venait de s’achever, le pape a annoncé samedi une décision qui a surpris tous les observateurs : il a décidé d'adjoindre six nouveaux "pères" au trio chargé de rédiger le document final du synode. Six qui sont à 100% dans la ligne Bergoglio, voire pire: le cardinal Gianfranco Ravasi, le cardinal Donald Wuerl, Mgr Victor Manuel Fernandez (recteur de l'université catholique de Buenos Aires), Mgr Carlos Aguiar Retes (président du CELAM), Mgr Peter Kang U-il (archevêque de Séoul), le P. Adolfo Nicolas (général des jésuites).

A une question d'un journaliste sur cette liste, Mgr Martin (archevêque de Dublin) qui faisait la conférence de presse a répondu : « Je ne sais pas pourquoi il n'y a pas d'Africain dans cette liste. » Tout le monde le sait bien, au contraire...

La deuxième partie du synode est l’examen des thèmes dans les « circuli minores », les groupes d’évêques réunis selon leur langue. Il y a trois groupes anglophones, deux francophones, trois italophones, deux hispanophones. Les « modérateurs » qui président les groupes sont élus par les membres de ce groupe. De ce fait il est curieux que le modérateur du circulus Anglicus A soit le cardinal Burke…

A propos du rayonnement de la France, on notera aussi que les deux "circuli minores" francophones sont présidés par un (très bon) Guinéen, le cardinal Sarah, et un (très mauvais) Autrichien, le cardinal Schönborn.

11 octobre 2014

Les Africains réveillent Radio Vatican (et le synode)

Dans l’article intitulé « La première partie du synode s’achève » :

« Depuis le début, dans la salle du Synode, plusieurs voix africaines se sont élevées pour dénoncer l’importation, voire l’imposition des modèles occidentaux incompatibles avec les cultures locales et la doctrine catholique. Un évêque a indiqué que des sommes colossales étaient dépensées dans les campagnes de planning familial et que des contraceptifs étaient distribués jusque dans les villages les plus reculés. Un autre a affirmé que des organisations internationales avaient menacé de suspendre leur aide si les gouvernements locaux refusaient de légaliser les unions entre personnes de même sexe. Santé reproductive, idéologie du genre… nous sommes soumis à une véritable offensive internationale, a lancé une mère de famille. L’Afrique a ses problèmes et ses préoccupations prioritaires qui ne sont pas ceux de l’Occident. Venus de tous les continents, des pères synodaux et des laïcs ont exhorté l’Eglise à s’engager davantage sur la scène publique pour défendre ses valeurs sur la famille, menacées par certaines législations et par l’ambiguïté des textes des Nations Unies. Une auditrice a regretté que le document de travail du Synode ne contienne qu’une référence timide au dialogue entre l’Eglise et les Etats et garde le silence sur l’urgence pour les catholiques de préserver leur liberté de conscience face aux institution politiques. Les pasteurs doivent parler haut et clair face aux opinions publiques pour défendre la dignité humaine et les droits de la famille. Et alors que la question de l’accès des divorcés remariés aux sacrements revient sans cesse sur la table et monopolise les échanges, alors qu’elle inquiète et divise, une auditrice a interpellé l’assemblée en affirmant qu’il y avait deux types de miséricorde : celle du Bon Pasteur qui soigne et donne la vie et celle du mauvais médecin qui couvre la blessure pour qu’on ne la voie pas ou qui calme la douleur sans soigner le mal. »

15:19 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (5)

10 octobre 2014

Le charabia du compte rendu du synode

Lors de la 8e congrégation générale du synode, si l’on en croit la Pravda du VIS :

« Le débat libre est revenu la question des divorcés remariés et en particulier sur la nécessité d'élaborer un parcours pénitentiel comprenant une réflexion sur les anciens conjoints abandonnés, souvent socialement isolés et souffrant en silence. Mais aussi sur la nécessité de prendre en charge les enfants de ces couples, sujets à des retombées psychologiques découlant de la séparation de leurs parents. Une pastorale spécifique permettrait parfois de rapprocher les parents de l'Eglise. Ceci dit l'éducation des enfants comprend le droit de la famille à choisir le projet éducatif qu'ils souhaitent. »

On a beau le relire et le relire, cela n’a aucun sens. Pourquoi le divorcé remarié devrait-il faire pénitence si c’est lui qui a été abandonné, ce qui est souvent le cas ? Pourquoi poser en principe que c’est celui qui va à l’église qui est coupable ? A quoi sert de « réfléchir » sur les « anciens conjoints » ? Pourquoi « anciens » si le mariage est indissoluble ? Qui devrait prendre en charge des enfants qui sont de toute façon pris en charge ? Quels sont ces parents qu’on pourrait parfois rapprocher de l’Eglise quand on s’adresse à des catholiques qui vont à l’église ? Et si l’on ne s’adresse pas à des catholiques, comme semble le souligner la dernière phrase, la réponse est évidemment : « De quoi j’me mêle ?! »

Bien sûr, on aura compris que tout ce charabia n’est pas destiné à être lu attentivement et analysé, il s’agit d’une suite de mots destinée à frapper la sensibilité : divorcés remariés, abandonnés, isolés, souffrant, enfants, retombées psychologiques… et bien sûr le fameux « parcours pénitentiel » dont il n’est même plus besoin de nous rappeler qu’il a pour fonction de permettre le « remariage ».

15:26 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (3)

09 octobre 2014

La novlangue au synode

Extrait de la Pravda sur la septième congrégation générale :

« Etant dans l'impossibilité de reconnaître le mariage entre personnes du même sexe, l'Eglise peut toutefois développer une approche respectueuse et non discriminatoire. »

Cette formulation n’est évidemment pas catholique. L’Eglise n’est jamais « dans l’impossibilité ». En l’occurrence, le « mariage entre personnes du même sexe » n’existe pas. Le mariage n’existe qu’entre un homme et une femme. L’Eglise n’est ni dans la possibilité ni dans l’impossibilité de reconnaître ce qui n’existe pas.

Mais il est vrai que l’Eglise doit adopter un « nouveau langage », la novlangue qui prétend qu’il peut y avoir mariage entre deux personnes du même sexe. Donc :

« On a redit la nécessité d'un nouveau langage qui permette à l'Eglise d'impliquer ensemble croyants et non croyants en vue d'identifier des modèles familiaux permettant le développement des individus et le bien-être de la société. Il faut parler avec une simplicité qui porte au cœur des gens. »

Il convient de répéter cette aberration, pour comprendre où l'on en est: « un nouveau langage qui permette à l'Eglise d'impliquer ensemble croyants et non croyants en vue d'identifier des modèles familiaux permettant le développement des individus et le bien-être de la société ». L'Eglise a besoin des non-croyants pour "identifier" des "modèles familiaux" qui permettent le développement, non pas des familles, non pas des personnes, mais des "individus", sur un plan strictement laïque et social... Pas besoin de trouver un nouveau langage : ça, c'est un langage tout à fait nouveau dans l'Eglise. Mais qui n'est plus de l'Eglise.

N.B. Je découvre qu'en italien le communiqué officiel de la Pravda s'intitule "synthèse non officielle des débats". Si, si...

Les laïcs qu’on ne veut pas entendre au synode

Comme je l’ai déjà signalé, il existe un Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, qui réunit des gens d’une grande compétence, spirituelle, ecclésiale et universitaire, sur ces thèmes, et qui est le seul organisme du saint-siège qui leur soit spécifiquement dédié : or François n’a invité aucun membre de cet Institut au synode sur la famille…

Du 2 au 4 octobre a eu lieu l’assemblée du Conseil des conférences épiscopales d’Europe, sur le thème : « La famille et l’avenir de l’Europe ».

Y sont intervenus des évêques, dont plusieurs sont au synode, et aussi, notamment, un couple de laïcs polonais, Ludmila et Stanislaw Grygiel, qui enseignent à l'Institut pontifical créé par Jean-Paul II, et qui étaient des amis de Jean-Paul II.

Sandro Magister publie une partie de la contribution de ces deux personnes. C’est d’une grande qualité et d’une grande profondeur, dans la ligne, naturellement, de l’immense enseignement de Jean-Paul II sur la question, et très loin des aberrations qui font les choux gras du synode.

Voici de brefs extraits, mais tout est à lire :

De Ludmila Grygiel

Chesterton a dit que nous avons besoin non pas d’une Église qui soit mise en mouvement par le monde mais d’une Église qui mette le monde en mouvement. En paraphrasant ce propos, nous pouvons dire que les familles d’aujourd’hui, aussi bien celles qui traversent des crises que celles qui sont heureuses, n’ont pas besoin d’une pastorale qui soit adaptée au monde mais d’une pastorale qui soit adaptée à l'enseignement de Celui qui sait ce que désire le cœur de l’homme.

Le paradigme évangélique de cette pastorale, je le vois dans le dialogue entre Jésus et la Samaritaine, dialogue dont émergent tous les éléments qui caractérisent la situation difficile que connaissent actuellement aussi bien les gens mariés que les prêtres qui sont engagés dans cette pastorale.

Le Christ accepte de parler avec une femme qui vit dans le péché. Le Christ n’est pas capable de détester, il est seulement capable d’aimer. C’est pour cette raison qu’il ne condamne pas la Samaritaine, mais qu’il réveille dans le cœur de celle-ci le désir originel qui a été estompé par les événements de la vie désordonnée qu’elle mène. Il lui pardonne seulement à partir du moment où elle reconnaît qu’elle n’a pas de mari.

Ainsi ce passage de l’Évangile nous rappelle que Dieu ne fait pas le don de sa miséricorde à ceux qui ne la demandent pas et que, pour obtenir miséricorde, il faut reconnaître que l’on a péché et désirer se convertir. La miséricorde n’est jamais un don offert à quelqu’un qui n’en veut pas, ce n’est pas un produit qui est soldé parce que personne n’en veut. La pastorale demande une adhésion profonde et convaincue des pasteurs à la vérité du sacrement. (…)

La pastorale de la famille (…) ne peut pas faire comme si les difficultés n’existaient pas mais elle ne doit pas non plus s’y arrêter et admettre sa défaite avec découragement. Elle ne peut pas s’adapter à la casuistique des pharisiens modernes. Elle doit accueillir les Samaritaines non pas pour dissimuler la vérité à propos de leur comportement mais afin de les conduire à la conversion. (…)

J’ai l'impression que nous autres chrétiens parlons trop des mariages qui ont échoué mais pas beaucoup des mariages où les époux sont fidèles, que nous parlons trop de la crise de la famille mais pas beaucoup du fait que la communauté constituée par le mariage et la famille assure à l’être humain non seulement le bonheur terrestre mais également le bonheur éternel et du fait qu’elle est le lieu où se réalise la vocation des laïcs à la sainteté.

De Stanislaw Grygiel

(…) Ils parlent de la miséricorde de Dieu comme s’il s’agissait d’une tolérance teintée de commisération. On perçoit, dans une théologie conçue de cette manière, un certain mépris envers l’homme. D’après ces théologiens, l'homme n’est pas encore suffisamment mature pour être capable de regarder avec courage, à la lumière de la miséricorde divine, la vérité du fait qu’il peut devenir amour, comme l’est "depuis l’origine" cette même vérité (Mt 19, 8). Étant donné qu’ils ne connaissent pas "le don de Dieu", ces théologiens adaptent la Parole divine aux désirs des cœurs sclérosés. (…)

Les chrétiens qui, parce qu’ils ont peur qu’on leur reproche d’être des ennemis de l'humanité, se plient à des compromis diplomatiques avec le monde déforment le caractère sacramentel de l’Église. Le monde, qui connaît bien les faiblesses de l’être humain, s’en est pris principalement à l’"une seule chair" d’Adam et Ève. Il cherche à déformer en premier lieu le sacrement de l'amour conjugal et, à partir de cette déformation, il va chercher à déformer tous les autres sacrements. En effet ils constituent l'unité des lieux de la rencontre de Dieu avec l'homme. […] Si les chrétiens se laissent convaincre par le monde que le don de la liberté qui leur est fait par Jésus rend leur vie difficile ou même insupportable, ils se mettront à la suite du Grand Inquisiteur des "Frères Karamazov" et ils banniront Jésus. Qu’arrivera-t-il alors à l’homme ? Qu’arrivera-t-il à Dieu qui est devenu homme ?

15:31 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (1)

La méchante blague du couple islamo-chrétien

Grande trouvaille de la cinquième congrégation du synode, le témoignage de Jeannette Touré, présidente de l’Association des femmes catholiques de Côte d’Ivoire, mariée à un musulman, Mohammed : 52 ans de vie commune dans la plus parfaite tolérance, les enfants baptisés catholiques avec l’accord de l’époux musulman, etc. Bref, le paradis islamo-chrétien.

C’était tellement gros que le P. Lombardi – oui, le père Lombardi !, comme quoi il ne faut jamais désespérer de rien – a jugé nécessaire de revenir sur cette intervention pour dire aux journalistes que ce cas personnel était hélas très éloigné de ce qui se vit dans la plupart des pays musulmans, et qu’il vaudrait mieux se demander comment on peut aider les chrétiennes converties de force à l’islam (car la charia impose que la femme d’un musulman soit musulmane, et même si le musulman tolère que sa femme reste provisoirement chrétienne, les enfants sont forcément musulmans).

08 octobre 2014

C’est quoi ce bordel ?

Ainsi, au synode, les évêques ont pu voir et entendre, comme dans une de ces émissions trash d’exhibitionnisme et de voyeurisme de la télévision, un couple raconter en détail ses adultères, sa séparation, ses nouveaux adultères et ses retrouvailles… Un autre couple raconter que les mariés doivent « vénérer l’union sexuelle comme un élément essentiel de leur spiritualité » et que la relation sexuelle est la « plus haute expression » du mariage « sacrement sexuel » (une immonde caricature de la théologie du corps de saint Jean-Paul II), un troisième raconter que pour Noël ils sont accueilli le compagnon de leur fils en expliquant aux petits-enfants qu’il était aussi leur fils…

Décidément, ce synode a démarré très fort…

Voir sur Benoît et moi les articles d’Andrea Tornielli, de Francesco Colafemmina et d'Alexandre Gnocchi, et sur le blog de Jeanne Smits le premier d'une série.

Addendum

Je lis dans le compte rendu de la Pravda sur la cinquième congrégation du synode:

« On a enfin rappelé la nécessité de mieux préparer les époux au mariage, notamment au niveau sexuel et affectif, en prônant une mystique familiale de la sexualité. »

Je ne peux que renvoyer au titre de ma note, en attendant qu'on m'explique ce qu'est, sinon, une "mystique familiale de la sexualité".

07 octobre 2014

La Pravda du synode

François a décidé que le synode se déroulerait à huis clos. On n’aura donc aucune des interventions des cardinaux. On n’aura que ce que voudra bien dire le Vatican, essentiellement un communiqué par jour, anonyme, censé synthétiser les débats, et ne donnant aucun nom. On se croirait revenu à la Pravda d’autrefois. En URSS.

Les communiqués sont évidemment rédigés par des gens qui obéissent à la stratégie du pape. Hélas, les deux premiers paraissent confirmer que François a l’intention de passer en force pour imposer la ligne Kasper, que l’on reconnaît immédiatement.

Extraits du premier communiqué :

"L'Eglise doit œuvrer par attraction, avec amitié envers le monde. Face aux couples en crise, à l'instar de Dieu, elle doit être compréhensive et miséricordieuse, et envisager la question sous le profil d'une justice respectueuse du dessein divin. Certes, le mariage demeure un sacrement indissoluble. La vérité étant le Christ et non un ensemble le règles, il convient de maintenir les principes tout en adaptant les formes. La nouveauté dans la continuité, ainsi que le disait Benoît XVI. Si le Synode ne met pas en discussion la doctrine, il réfléchit sur la pastorale, sur le discernement spirituel nécessaire à l'application de la doctrine face aux problèmes de la famille. La miséricorde n'élimine pas les commandements, elle en est la clef herméneutique."

"On a convenu de la nécessité d'aborder avec respect certains cas, telles les unions libres marquées du sceau de l'amour et de la fidélité, qui présentent des éléments de sanctification et de vérité."

Extrait du deuxième communiqué :

"L'enseignement de l'Eglise doit être plus incisif et ne pas se limiter à des interdits. Comme Jésus, elle doit se faire proche des personnes. En agissant ainsi il sera possible de réduire la fracture entre doctrine et pratique, entre enseignement ecclésial et vie familiale. Il n'est pas question de choisir entre doctrine et miséricorde mais de développer une pastorale éclairée, encourageant des familles en crise qui souvent ne ne sentent plus appartenir à l'Eglise. Face aux couples en difficulté et aux divorcés remariés, l'Eglise soit présenter la vérité et non point un jugement. Avec compréhension, elle doit convaincre les intéressés à suivre la vérité, à suivre l'Eglise qui dit la vérité. C'est la miséricorde qui soigne et accompagne, d'autant que les familles en crise n'attendent pas des solutions pastorales rapides. Elles ne veulent pas être de simples statistiques mais se sentir comprises et aimées. Il faut accorder plus d'espace à la logique sacramentale qu'à la logique juridique. Pour ce qui est de l'Eucharistie aux divorcés remariés, il a été réaffirmé qu'il ne s'agit pas du sacrement des parfaits mais de qui chemine."

06 octobre 2014

La charge de la "Civiltà Cattolica"

La célèbre revue jésuite Civiltà Cattolica, dans son numéro paru juste avant le synode, prétend s’appuyer sur le concile de Trente pour appuyer Kasper et son pape (en ce qui concerne leur obsession de la communion aux divorcés remariés). C’est à lire chez Sandro Magister.

On ajoutera ceci lu sur le Forum catholique.