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Religion

  • Béthanie au-delà du Jourdain

    Le site du Baptême de Jésus a été officiellement déclaré Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée mardi soir à Paris.

    La délégation jordanienne comprenait le ministre du Tourisme, Nayef H Al-Fayez, et Mgr Maroun Lahham, vicaire patriarcal pour la Jordanie du Patriarcat latin de Jérusalem.

    Dans son intervention, Mgr Lahham a qualifié le site du Baptême de « lieu où résonne encore la voix du Christ » dans un pays, la Jordanie, « tranquille et sûr, au milieu d’un Proche-Orient en flammes » (encore qu’il soit aujourd’hui au bord de la catastrophe à cause du trop-plein de réfugiés, comme avertit Asia News).

    Il a poursuivi :

    « L’Evangile l’avait déclaré voici deux mille ans, la dévotion populaire l’a toujours confirmé, les recherches archéologiques l’ont mis en évidence, quatre papes l’ont visité et, aujourd’hui, la communauté internationale le déclare officiellement. A partir de ce soir nous pouvons déclarer à haute voix que la Jordanie est Terre Sainte. La Terre Sainte comprend également et surtout Jérusalem, Bethléem et Nazareth mais la Jordanie n’en est pas pour cela moins sainte. »

    On entend bien ce qui est sous-entendu dans le propos de Mgr Lahham, qui est un cri de victoire arabo-palestinien : l’UNESCO vient d’infliger un camouflet à Israël qui a tout fait pour faire croire que le lieu du baptême était sur la rive israélienne et y envoie les touristes et pèlerins en masse alors qu’on sait depuis toujours que le véritable site est du côté jordanien, comme le dit explicitement l’évangile de saint Jean.

  • “La Croix” adopte la “sexualité ludique”

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    J’avoue que je n’avais pas constaté que le quotidien La Croix était passé du bleu à l’orange, le 21 janvier semble-t-il. D’ailleurs je ne vois pas comment j’aurais pu le constater. Je le découvre ce jour parce que le Forum catholique attire l’attention sur la signification de ce changement de couleur. Elle est expliquée par Alain Rémond dans une billet intitulé L’orange ça pulse, ça bouge, ça chauffe, ça klaxonne…

    Personnellement je trouve ce nouveau dessin terne et lourd, mais Alain Rémond écrit :

    La Croix vient donc de faire sa révolution orange, comme l’Ukraine en 2004. Passer ainsi du bleu à l’orange n’a rien d’anodin. Le bleu, c’est le ciel, c’est la mer, c’est l’innocence, c’est la pureté. Alors que l’orange, pardon, ça déménage. Traditionnellement associé au soleil, donc à l’énergie, à la chaleur, c’est la couleur de l’optimisme, du dynamisme, du mouvement.

    Il est vu comme un antidépresseur, un excitant, lié aux plaisirs de la table et du corps, à la stimulation sensorielle, à la sensualité et même à la sexualité ludique. C’est la couleur du deuxième chakra, qui exprime notre rapport au plaisir et au désir (rappelons que les chakras, qui sont au nombre de sept, sont des « centres spirituels » ou des « points de jonction de canaux d’énergie » dans la philosophie hindouiste).

    Autant dire que ça va chauffer dans La Croix nouvelle formule.

    Une révolution orange, ça implique aussi de se mettre sous le parapluie américain d’où tombent des dollars à gogo. Mais je ne suis pas sûr que les Américains aient envie de subventionner La Croix

  • Un miracle de saint Charbel

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    Du 15 au 17 janvier a été exposée une relique de saint Charbel en l’église maronite de Phoenix, Arizona, à l’occasion du 50e anniversaire de la béatification du moine libanais. Ce qui a donné lieu à pas moins de 13 célébrations eucharistiques (dont trois par l’évêque maronite de Los Angeles, une par l’évêque de l’Eglise byzantine catholique – dont la cathédrale est à Phoenix, deux dans le rite latin dont une par l’évêque du lieu, une melkite par le curé de l’église melkite de Phoenix, et même une syriaque orthodoxe), entre force adorations eucharistiques, méditations, chapelets, et naturellement séances de vénération des reliques, avec une affluence considérable de fidèles.

    A Phoenix vit une femme, Dafné Gutierrez, mère de trois enfants, qui a complètement perdu l’usage d’un œil à l’automne 2014, puis de l’autre en novembre dernier. Un rapport médical constate que sa cécité est totale et irréversible. Le 16 janvier, ses proches la persuadent d’aller prier devant la relique de saint Charbel. On l’amène à l’église. Le Père Wissam raconte : « J’ai posé ma main sur sa tête, puis sur ses deux yeux, et j’ai demandé à Dieu de la guérir, par l’intercession de saint Charbel. »

    Le 18, à 5h du matin, elle se réveille avec une forte douleur dans les yeux, ainsi qu’une sensation de forte pression sur son crâne et ses orbites. Elle réveille son mari, qui sent quant à lui une « odeur de brûlé » et allume aussitôt la lumière… et l’éteint immédiatement parce que Dafné crie que ça lui fait mal. C’est alors, dans la pénombre, qu’elle comprend qu’elle voit. « Je te vois, je te vois avec mes yeux », dit-elle à son mari, tout en ressentant toujours la forte pression sur son crâne, « comme après une opération ».

    « Je ne pouvais pas le croire, dit-elle. Je ne voulais pas fermer les yeux. Et mes enfants criaient : Maman voit, Dieu l’a guérie ! »

    Trois jours plus tard elle va chez son ophtalmologiste, qui va appeler quatre autres médecins pour constater l’inexplicable guérison. « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible », répétait le Dr Jimmy Saade, regardant alternativement Dafné et le rapport médical sur sa cécité. Les examens ont montré une totale absence de l’œdème papillaire responsable de la cécité. D’autres examens sont en cours pour déterminer s’il reste des séquelles du syndrome d’Arnold-Chiari (malformation congénitale du cervelet) diagnostiqué alors qu’elle avait 13 ans et qui a abouti à la cécité.

    Il ne serait pas étonnant qu’on constate la disparition du syndrome d’Arnold-Chiari. Car les douleurs que Dafné a ressenties, « comme après une opération », ressemblent précisément aux douleurs de ceux qui disent avoir vu en songe saint Charbel les « opérer ». Quant à l’odeur de « brûlé », il s’agit sans doute de l’odeur d’encens que saint Charbel laisse éventuellement derrière lui.

    Bref, le thaumaturge libanais, auquel on attribue des milliers de miracles, a encore frappé.

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  • Profanation et sacrilège

    L’église Saint-Didier de Bruyères-le-Châtel (Essonne) a été vandalisée dans la nuit de samedi à dimanche. « C’est un vrai saccage. Un vitrail a été cassé. Le tabernacle a été retourné, le ciboire dérobé, la sacristie retournée », dit l’évêque, Mgr Dubost.

    Le ciboire a été volé avec ses hosties consacrées.

    Un précieux ostensoir n’a pas été volé.

    Selon Mgr Dubost, « c’est une vraie attaque contre l’Église catholique. C’est le symbole du sacré qui est touché. Il y a une volonté de nuire ».

    Ce n’est pas seulement le symbole qui est touché, quand on croit à l’eucharistie. Comme par exemple les auteurs de messes noires, qui sont tranquilles puisque personne n’en parle.

  • Wisigothique

    Sur le toujours très intéressant blog New Liturgical Movement, Matthew Alderman nous fait découvrir une église wisigothique d’Espagne qu’il a visitée près de Burgos, Santa Maria de Lara, à Quintallina de las Viñas, ou du moins ce qu’il en reste, à savoir le chevet et le transept.

    Ce que je trouve stupéfiant est ce qu’il dit des sculptures figuratives que l’on y voit, dont « ce qui pourrait être l’image la plus ancienne du Christ dans l’art espagnol, un morceau de sculpture bizarre, troublant, et presque méconnaissable ». Et c’est pourquoi, dit-il, il a voulu le partager sur le blog : « Quelque chose paraissait complètement autre dans ces images froides et d’un autre monde, et même troublantes. Effrayant, non, étrange, oui. » Et il continue ainsi, disant que c’est un sentiment qu’il n’a que rarement ressenti et qu’il ne peut expliquer, dû peut-être aux « goûts barbares » des Wisigoths… dont il se dit pourtant un lointain descendant…

    Donc voici l’image du Christ en question :

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    Or, quant à moi, je suis complètement chez moi quand je vois cela. D’autant plus chez moi que ça ressemble à des dessins celtiques, aux gravures et enluminures irlandaises, et aux églises romanes irlandaises… dont les porches paraissent parfois hispaniques.

    Le plus étonnant est que, comme l’a établi Ludovic Grondijs, les frises et les personnages viennent tout droit… d’Arménie. Certes, on sait qu’au moyen âge circulaient des modèles de décoration d’un peu partout, et qu’à la cathédrale du Puy on peut voir des motifs tunisiens et égyptiens, avec même des inscriptions coraniques devenues illisibles parce que l’artiste n’y voyait que des… arabesques. Mais ici nous sommes au VIIe siècle, et les églises arméniennes en question sont du… VIIe siècle. Ludovic Grondijs nous apprend qu’un prince arménien s’était réfugié chez le roi wisigoth, dans les années 640, qui lui avait donné sa fille ou sa nièce en mariage, et que le fils de ce couple avait ensuite renversé le roi pour prendre sa place…

    Frise arménienne du VIIe siècle:

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    Frise de la chapelle wisigothique:

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    Et comparer les vêtements du bas relief du Christ et des anges avec ceux de ce bas relief arménien :

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    En revanche, je suis beaucoup plus dubitatif sur la thèse principale de Grondijs, qui est que la chapelle de Quintanilla serait un sanctuaire manichéen déguisé en église, sous prétexte que de chaque côté de l’arc il y a une représentation de la lune et du soleil.

    On trouvera de nombreuses photos de cette église et de ses sculptures sur le site Chapiteaux.

  • Le point sur la date de Pâques

    A l’issue d’une réunion des primats anglicans (celle où l’on s’est gravement écharpé sur l’ordination des homosexuels), Justin Welby a déclaré qu’il était en pourparlers avec les catholiques et les autres confessions chrétiennes pour l’établissement d’une date unique de la fête de Pâques, et que cela devrait se faire d’ici dix ans.

    Le propos n’a guère été répercuté, hors d’Angleterre, que par les coptes, qui sont des militants acharnés de la date unique de Pâques depuis qu’ils ont un nouveau patriarche. Celui-ci avait écrit au pape sur le sujet en mai 2014, puis il en avait reparlé en mai 2015, et le pape avait alors publiquement manifesté son accord de principe (mais pas sur la date proposée…).

    En fait il y a deux questions distinctes. Il y a celle d’une date fixe pour la fête de Pâques, qui est celle dont parlent les anglicans, les coptes et le pape. Et il y a la question de la date mobile de Pâques selon les calendriers julien et grégorien, qui fait que la date mobile de Pâques a lieu à deux dates différentes.

    Cette dernière question devait être débattue lors du concile panorthodoxe qui va se réunir, en Crète, en juin prochain. Mais, à l’issue de la réunion des patriarches orthodoxes qui s’est tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier (et qui a décidé de la date et du lieu du concile), le patriarche de Moscou a annoncé que la question du calendrier avait été retirée de l’ordre du jour. Parce que l’Eglise orthodoxe russe tient au calendrier julien, mais ne veut pas entrer en conflit avec les Eglises orthodoxes qui suivent le calendrier grégorien (le pire schisme orthodoxe ayant eu lieu pour une affaire de calendrier).

    Ainsi, on sait désormais que le concile panorthodoxe en restera au statu quo.

    A plus forte raison il ne sera pas question d’une date fixe pour la date de Pâques.

    En juin 2015, après les déclarations du patriarche copte et du pape, le vice-président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, Nikolaï Balashov, avait déclaré que si Rome décidait de célébrer Pâques selon le calendrier julien, cette intention serait bienvenue (sic), mais que s’il s’agit d’avoir une date fixe c’est « totalement inacceptable pour l’Eglise orthodoxe », puisque ce serait contraire aux prescriptions du concile de Nicée.

    Cela devrait être tout aussi inacceptable pour l’Eglise catholique, nonobstant la note irresponsable de Vatican II sur le sujet.

    Quoi qu’il en soit des fantasmes de Justin Welby et des désirs des coptes, il ne se passera donc rien. Et heureusement. En l’occurrence ce sont les orthodoxes russes qui sont les garants de la tradition, même si, par… traditionalisme, ils se trompent quant au calendrier…

  • Des luthériens communient à Saint-Pierre de Rome

    A la suite de la rencontre au Vatican entre François et une délégation œcuménique finlandaise, les membres de la délégation ont assisté à une messe en la basilique Saint-Pierre. Au moment de la communion, les non-catholiques se sont avancés en mettant la main droite sur l’épaule gauche pour signifier qu’ils ne communiaient pas. Mais le prêtre a insisté pour qu’ils communient, ce qu’ils ont fait.

    C’est l’« évêque » luthérien d’Oulun, Samuel Salmi, qui a raconté cela à Kotimaa24. « Ce n’était pas un hasard », dit-il, de même que ce n’était pas un hasard quand le pape a paru accepter l’idée qu’une femme luthérienne puisse communier avec son mari catholique… Et de préciser :

    « A la racine de cela il y a, sans aucun doute, l’attitude œcuménique d’un Vatican nouveau. Le pape n’était pas là à la messe, mais son intention stratégique est de mener à bien une mission d’amour et d’unité. Il y a aussi des adversaires théologiques au Vatican, c’est pourquoi il est difficile d’évaluer jusqu’où il peut aller dans ses propos, mais il peut permettre des gestes pratiques. »

  • Tout sur don Marco

    Le prêtre "catholique" de la vidéo du pape sur le dialogue interreligieux n’est pas n’importe qui, et cela ajoute encore à la dimension déjà si détestable du pénible document.

  • La musique du Pater

    Pater imon o èn dis ouranis
            hayiasthito to onoma sou
            elthéto i vassilia sou
            yénithito to thélima sou
    os èn ourano kai épi tis yis

    ton arton imon ton épioussion
                 dhos imin siméron

    kai aphès imin ta ophilimata imon
                 os kai imis aphiémèn tis ophilétais imon
    kai mi issénènguis imas is pirasmon
    alla rhissai imas apo tou ponirou.

    Ci-dessus, le Pater, en grec, dans sa prononciation liturgique, en transcription phonétique (donc toutes les lettres se prononcent, et comme il n’y a pas de voyelles nasales « on » se prononce « o-ne », et « in » se prononce « i-ne »).

    « Notre Père, qui es dans les cieux (« le dans les cieux », dit le grec) / que soit sanctifié ton nom (« le nom de toi », dit le grec) / que vienne ton royaume / que soit faite ta volonté comme dans le ciel aussi sur la terre /Notre pain supersubstantiel (« le pain de nous le supersubstantiel ») donne-nous aujourd’hui / et remets-nous nos dettes comme aussi nous remettons les dettes à nos débiteurs / et ne nous introduis pas dans la tentation / mais délivre-nous du mal. »

    Le Pater est composé de sept demandes. Trois concernent Dieu, quatre concernent l’homme, conformément au symbolisme des nombres : trois, c’est la Trinité, quatre c’est l’homme aux quatre membres qui vit dans un monde qui a quatre points cardinaux et quatre saisons. Et sept est donc le nombre total (créateur et création).

    Mais on constate aussi que si les trois premières demandes sont très liées, les trois dernières demandes le sont également : on demande à être libéré du péché et de la tentation. Alors nous avons trois demandes vers Dieu et trois demandes pour l’homme, avec au milieu une demande centrale : celle du pain de chaque jour, et du pain supersubstantiel : la nourriture corporelle nécessaire à notre vie biologique, et la nourriture divine nécessaire à notre vie spirituelle. Le pain de la vie éternelle : le Christ, qui est au centre du Pater, pain descendu du ciel, qui est à la fois Dieu (les trois premières demandes) et homme – ayant revêtu la chair du péché (les trois dernières).

    La « musique » du Pater en grec souligne tout cela.

    Les trois premières demandes sont caractérisées par leur finale en « a-sou », et elles sont encadrées par deux propositions se terminant par « is (…) is ». (Ce qui répond à la question de savoir si « sur la terre comme au ciel » concerne la troisième demande, ou les trois : on voit clairement que ce sont les trois.)

    Il y a ensuite la demande centrale du Pain, qui est une suite d’assonances en « on ». Elle a été discrètement annoncée par le Père dès le début de la prière, et elle va se retrouver en écho dans les deux demandes suivantes, car nous avons besoin de ce Pain pour pardonner et pour résister à la tentation. Les trois dernières demandes sont étroitement liées à la quatrième par le jeu des « imon, imin, imas ». Mais la dernière demande finit dans une sonorité étrangère au reste de la prière, qui donne l’impression de tomber à plat, sur un « ponirou » déconcertant : c’est le monde où nous vivons, le monde du mal, le monde de la dissonance, par contraste avec le monde divin des premières demandes, auquel renvoie néanmoins, faiblement, le son « ou ».

    On dit que pour mieux comprendre le Pater on peut le lire et le méditer en commençant par la fin. C’est-à-dire par le pire de la condition humaine, pour arriver au Père. Les sonorités du Pater en grec soulignent aussi cette lecture : nous sommes dans le mal, la tentation, le péché, pour en sortir nous devons prendre le Pain, et par le Pain (le Christ) nous avons accès au Royaume. Et le « ou » mourant de « ponirou » est absorbé par le ferme triple « sou » de l’appartenance au Père. Lu ainsi, le Pater précise que nous devons pardonner à nos frères avant de participer au Saint Sacrifice, comme Jésus l’enseigne dans l’Evangile. S’étant incorporé au Christ, on peut alors dépasser « le ciel et la terre », la création sur laquelle on demandait que règne le Père, pour atteindre « les cieux » incréés qui sont le trône de la Trinité.

  • Liturgie républicaine

    C’était déjà le cas à chaque catastrophe naturelle ou important accident faisant des victimes, c’est devenu obsédant - et impressionnant - depuis les premiers attentats musulmans : les autorités convient à des cérémonies qui ont pris des allures de rites liturgiques. La population y est tellement sensible qu’elle anticipe les cérémonies républicaines par ses propres rites, dépôt de fleurs et de cierges, copié des rites catholiques vidés de leur signification. Les autorités républicaines contreviennent allègrement à la loi de 1905 en organisant leurs cérémonies religieuses dans la rue, qui chaque fois est coupée à la circulation parce que le président, des ministres, d’autres élus, sont au milieu, droits comme des piquets, l’air sombre, devant une plaque.

    Cette semaine, qui fut celle de la Vigile de l’Epiphanie, de l’Epiphanie et de l’octave de l’Epiphanie, a été particulièrement riche en liturgies républicaines de rue. Et le sommet ce sera demain, place de la… République, de la Très Sainte République, à l’heure de la grand messe (11h), avec dévoilement de plaque par les grands prêtres Hollande et Hidalgo, antienne du jour par le chantre Johnny Hallyday, deuxième antienne par le Chœur de l’Armée française, épître de Victor Hugo, troisième antienne (Le temps des cerises !) par le Chœur de l’Armée française, offrande de fleurs, temps de méditation silencieuse, chant de sortie (Marseillaise) par le Chœur de l’Armée française.

    Aux vêpres (17h30), illumination (« Joyeuse lumière », chantent les vêpres byzantines) du saint Chêne (de 12 mètres planté le jour de l’Epiphanie), de la statue de la Très Sainte République et de la fresque « Fluctuat nec mergitur » (mais oui il y a même du latin !). On précise que les fidèles sont invités à amener (sic) une bougie pour les illuminations.

    Difficile de singer davantage le culte catholique.

    D’où il ressort qu’il est impossible de se passer de rites. Les laïcistes avaient cru supprimer (presque) tout ce qui y ressemble dans la République. Mais on voit le grand retour en force d’un rituel républicain, comme pendant la Révolution française, selon une religiosité de substitution qui n’a jamais disparu, comme on le voyait chez Jaurès, et comme on le voit chez Peillon.

    On constate ici à quel point la Sainte Ecriture avait raison quand dans l’Ancien Testament les prophètes qualifient sans cesse les idoles des nations de « néants » et leurs fidèles d’adorateurs du vide.

  • L’effet François

    Extraits d’une lettre d’un prêtre italien à Sandro Magister :

    Depuis l’ouverture de l’Année Sainte voulue par le pape François et à l’occasion des fêtes de Noël 2015 – comme depuis que Jorge Mario Bergoglio est assis sur la chaire de Pierre – le nombre de fidèles qui se sont rendus au confessionnal n’a pas augmenté, ni en temps normal, ni dans les périodes de fêtes. La tendance à une diminution progressive et rapide de la fréquence du recours à la réconciliation sacramentelle qui a caractérisé les dernières décennies n’a pas été arrêtée. Bien au contraire : jamais comme au moment des récentes fêtes de Noël les confessionnaux de mon église n’ont été autant désertés.

    J’ai cherché à me consoler face à cette triste constatation en imaginant que les basiliques associées à l’Année Sainte à Rome ou dans d’autres villes, ou bien les sanctuaires et les couvents, avaient attiré un nombre de pénitents plus élevés que d’habitude. Mais quelques coups de téléphone à des confrères qui confessent habituellement dans ces endroits (je les appelais pour leur adresser mes vœux, comme je le fais chaque année) ont confirmé ce que j’avais constaté : les files de pénitents n’étaient pas longues du tout, où que ce soit, moins encore que lors des festivités des années précédentes.

    (…)

    Un homme d’âge moyen, à qui j’avais demandé, avec discrétion et délicatesse, s’il s’était repenti d’une longue série de péchés graves contre le septième commandement "tu ne voleras pas", dont il s’était accusé avec une certaine légèreté et presque en plaisantant à propos des circonstances certainement pas atténuantes qui avaient accompagné les faits, m’a répondu en citant une phrase du pape François : “La miséricorde ne connaît pas de limites” et en manifestant son étonnement que je lui aie rappelé la nécessité du repentir et de la ferme intention d’éviter, à l’avenir, de retomber dans le même péché : “Ce que j’ai fait, je l’ai fait. Ce que je vais faire, c’est moi qui en déciderai quand je serai sorti d’ici. Mon opinion à propos de ce que j’ai fait, c’est une affaire entre moi et Dieu. Je suis ici uniquement pour avoir ce qui est accordé à tout le monde au moins le jour de Noël : pouvoir communier à la messe de minuit !” Et il a conclu en paraphrasant la formule, désormais célèbre, du pape François : “Qui êtes-vous pour me juger ?”.

    Une jeune femme, à qui j’avais proposé, comme acte de pénitence lié à l’absolution sacramentelle d’un grave péché qu’elle avait commis contre le cinquième commandement "tu ne tueras pas", une prière à genoux devant le Saint Sacrement qui était exposé sur l’autel de l’église et un acte de charité matérielle envers un pauvre, dans la mesure de ses possibilités, m’a répondu avec irritation que le pape avait déclaré, quelques jours plus tôt, que “personne ne doit nous demander quoi que ce soit en échange de la miséricorde de Dieu, parce qu’elle est gratuite”. Elle a ajouté qu’elle n’avait pas le temps de rester à l’église pour prier (elle devait “courir au centre de la ville pour effectuer ses achats de Noël”), et pas d’argent à donner aux pauvres (“qui, de toute façon, n’en ont pas besoin, parce qu’ils en ont plus que nous”).

  • Un petit Jésus en plastique

    Innovation de François : son intention de prière en vidéo.

    Le pape : « La majeure partie des habitants de la planète se déclarent croyants. C’est un fait qui devrait encourager les religions à dialoguer. Nous devons prier sans cesse pour cela et travailler avec ceux qui pensent d’une autre manière. »

    Je mets ma confiance en Bouddha, dit la lama.

    Je crois en Dieu, dit le rabbin.

    Je crois en Jésus-Christ, dit le prêtre.

    Je crois en Dieu, Allah, dit l’imam.

    Le pape : « Beaucoup pensent de manières différentes, ressentent les choses différemment, cherchent ou rencontrent Dieu de diverses manières (on voit alors le pape recevant une statue de Bouddha). Dans cette multitude, dans cet éventail de religions, nous avons une seule certitude pour tous : nous sommes tous enfants de Dieu. »

    Je crois en l’amour, dit la lama.

    Je crois en l’amour, dit le rabbin.

    Je crois en l’amour, dit l’imam.

    Je crois en l’amour, dit le prêtre.

    Le pape : « Je compte sur vous pour diffuser mon intention de ce mois : que le dialogue sincère entre les hommes et les femmes de différentes religions porte des fruits de paix et de justice. Je compte sur ta prière. »

    Pendant ces dernières phrases apparaissait en gros plan Bouddha, la menorah, un Jésus en plastique et un chapelet musulman. Les quatre sont ensuite réunis. Faites votre choix et croyez en l’amour (si vous prenez les quatre il y en a un gratuit).

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    N.B. - Cette vidéo a été mise en ligne le jour même de l'Epiphanie. Le jour où se manifeste le Fils de Dieu, Roi du ciel et de la terre, que les païens viennent adorer en lui apportant leurs trésors. Difficile de ne pas entendre le ricanement...

    Addendum

    Voir le commentaire d'Antonio Socci, qui cite opportunément l'évangile de saint Jean: « Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés. »

  • Chez les Akhas de Thaïlande

    Asianews publie une lettre du P. Gianni Zimbaldi, missionnaire dans le nord de la Thaïlande, dans le pays des Akhas, depuis 1972. Il raconte les progrès du christianisme au sein de cette population animiste (italien, anglais).

    Quand il est arrivé, dit-il, il y avait tout au plus 20.000 chrétiens. Maintenant ils sont plus de 60.000, et il y a 20.000 catéchumènes.

    Les gens cotisent pour payer la construction de chapelles en bois ou en briques. Le P. Zimbaldi a ainsi pu construire 32 chapelles.

    Le 9 décembre a été célébrée la profession solennelle de la première religieuse d’ethnie Akha en Thaïlande.

    En juin dernier, l’évêque de Chiang Mei avait ordonné le premier prêtre Akha.

    Les convertis font à leur tour des convertis, parce qu’ils parlent de leur foi et qu’ils la mettent en pratique :

    « Il y a deux mois, un chef de village est venu me rendre visite. Il m’a dit : Mon Père, trois familles chrétiennes birmanes sont venues vivre dans notre village. Ils ne partagent pas nos pratiques païennes, mais le dimanche ils se réunissent dans une maison pour prier. Leur vie au village est un exemple pour nous. Nous avons nous aussi décidé de devenir chrétiens. C’est pourquoi je suis venu vous demander un catéchiste, afin que nous puissions apprendre les enseignements de Jésus.

    « Un orphelin que j’avais accueilli à la mission quand il était petit vint un jour me dire qu’il voulait retourner dans son pays païen d’origine avec la famille qu’il avait constituée. J’ai essayé de l’en dissuader, disant que son village était très loin, que les gens y étaient païens et ne connaissaient rien de Jésus : Si tu va vivre parmi les païens, toi et les tiens allez devenir païens. Pourtant il a voulu retourner. Un an après, trois hommes sont arrivés à la mission et m’ont dit : Le jeune homme que vous avez éduqué à la mission est revenu avec sa famille. Ce jeune homme est un exemple pour nous tous. Il est l’ami de tout le monde. Il sait pardonner les offenses et quand les gens sont malades ou malheureux il les aide toujours. Dans sa maison il a mis une image pieuse et il prie avec sa famille devant elle. Quand nous parlons, il nous parle de Jésus et des chrétiens. Nous avons réalisé que les enseignements de Jésus pouvaient nous aider à être bons, alors nous voulons devenir chrétiens comme lui, et nous vous demandons de nous envoyer un catéchiste. »

  • Les salauds

    Le coupable, c’était le Dieu des chrétiens…

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    Ce numéro doit être tiré à 1 million d'exemplaires et sa parution a été annoncée par le ministère de la Culture.

    Le 1er janvier, les auteurs de ce torchon tués il y a un an ont été promus à l’ordre de la Légion d’Honneur…

    Et toute cette semaine il y aura des « hommages », avec François Hollande, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Fleur Pellerin… Dimanche prochain une plaque sera dévoilée au pied d’un « arbre du souvenir », place de la République, il y aura un dépôt de gerbe devant la statue de la République, et le Chœur de l'armée française entonnera la Marseillaise…

  • Michel Delpech

    Aucun intérêt.

    Sauf ce que l’on passe obstinément sous silence.

    Ça :

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    Et ça (avant sa conversion) :

    Des gens qui font le signe de croix
    Qui vivent dans des monastères
    Dévots qui chantent des prières
    Il y en a, il y en a encore.

    Et sa dernière chanson (sortie en 2013 dans le livre-album Dolly Bibble, mais écrite par Pierre Delanoë mort en 2006...) :

    Voici la fin de mon chemin sur Terre.
    Je suis à Toi, accueille-moi, mon Père.
    Voici mon âme, séchez vos larmes, mes frères.
    Je m’en vais là où brille la lumière.
    Chère Sarah, ouvre tes bras, j’arrive.
    Tu penses à moi, prépare-moi la rive.
    Voici la fin de mon chemin sur Terre.
    Je viens vers Toi, accueille-moi, mon Père.
    Adieu la vie, mais je bénis ma chance.
    La vérité, l’éternité commence,
    Commence, commence,
    La vérité, l’éternité commence.

  • Jésus Akbar

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    Le 1er janvier sera inaugurée à Abajah, dans le sud-est du Nigeria, une statue du Christ, en marbre blanc, de 8,53 mètres de haut (40 tonnes). Elle surplombera l’église catholique du village.

    Appelée « Jésus le plus grand », autrement dit… Iassou Akbar, elle a été commandée par Obinna Onuoha, directeur d’une compagnie de distribution de pétrole et de gaz, selon une "vision" qu'il a eue en 1997, et réalisée par une entreprise chinoise.

    « Ce sera la plus grande statue de Jésus du continent », affirme-t-il. Dans le pays de Boko Haram…

  • Joyeux Mouloud…

    Le P. Vincent Feroldi, nouveau directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans (SNRM), ne se prive pas de souligner que cette année « la célébration de la naissance de Jésus, le Verbe fait chair, coïncide avec celle du Prophète Mohammed »: le Mawlid, ou Mouloud au Maghreb.

    Selon lui « le Mawlid aura lieu le 24 décembre pour la totalité du monde arabe et le 25 décembre pour le reste de la planète ». Il oublie seulement de dire que pour le CFCM et Union des mosquées de France c’est le 23, mais le 24 pour la Grande Mosquée de Paris (comme en Algérie), et qu’en Arabie saoudite on ne célèbre pas cette fête étrangère à l’islam véritable…

    Mais tout est bon pour célébrer le vivre-ensemble pour exprimer « par la parole, par un vœu, par des gâteaux offerts, le respect et la reconnaissance mutuels des deux traditions religieuses »…

    « Il ne s’agit pas de verser dans un quelconque syncrétisme, en comparant Jésus et Mohammed », remarque toutefois le P. Feroldi. Et c’est pour sombrer aussitôt dans le pire syncrétisme, :

    « Profitons aussi de ce moment, pour nous chrétiens, de découvrir la place donnée à Jésus et Marie dans le Coran ! Une sourate entière – la sourate 19 Maryam – est dédiée à la Vierge Marie. »

    Bien sûr il espère que personne ne va la lire, et découvrir l’imposture…

  • En Chine

    Cinq étudiants ont été expulsés de l’université Yingcai de Shandong pour « activité religieuse ». Ces étudiants chrétiens avaient prié dans une pièce privée. Ils étaient six, mais le sixième était un membre des Jeunesses communistes, qui prit les autres en photo et les dénonça à la police.

    Le département de l’Education de la province a rappelé que tout « rassemblement religieux impliquant trois personnes ou davantage » était « illégal ».

  • Signalisation

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    Pays de culture occidentale et de tradition profondément chrétienne.

    Ceux qui n’ont pas l’intention de respecter la culture et la tradition locales sont invités à partir.

    La photographie du panneau à l'entrée de Pontoglio (Lombardie, 7.000 habitants), publiée sur la page Facebook de la commune, a aussitôt recueilli le soutien de milliers d’internautes. La page souligne que la culture dont on parle est « fondée sur le respect mutuel : de la femme à la musique, des arts aux costumes, des usagSEghezzi.jpges aux rites traditionnels ».

    Et le maire Alessandro Seghezzi (PDL-UDC) souligne : « Le respect des autres, pour nous, est la première forme véritable de civilisation et de liberté. »

    Les deux grandes fêtes de Pontoglio sont la saint Antoine, le 17 janvier, et le 15 août, l'Assomption. Et l'on n'a pas l'intention de changer...

  • Revoilà Sorondo

    Mgr Marcelo Sánchez Sorondo affirme que l’enseignement de Laudato si’ a la même autorité magistérielle que la condamnation de l’avortement. Et il se met en colère si on tente de le contredire.

    C’est à lire sur le blog de Jeanne Smits.

    Sur ce Sorondo, voir notamment ceci et cela.

    C’est la même idéologie que celle de Mgr Cupich, autre proche de François.

  • Rééducation

    Suite à l’affaire de Wisembach :

    « Le diocèse annonce aussi qu’il a pris certaines initiatives en sollicitant la venue d’un prêtre meusien au sein de la paroisse de la Sainte Trinité. Ce dernier se chargera de mettre sur pied des ateliers de travaux pratiques autour de la musique, et plus principalement celle pointée du doigt par l’abbé vosgien. Histoire que les paroissiens comprennent mieux ce style musical… »

    C’est ce qu’annonce Vosges Matin.

    Ce que le journal ne sait pas encore, c’est que non seulement tout le monde va chanter Kiss the devil devant le Saint Sacrement, mais que l’évêque, Mgr Jean-Paul Mathieu, va venir enregistrer dans l’église de Wisembach la version française de la chanson, qui deviendra le chant d’entrée de toutes les célébrations eucharistiques dans le diocèse, en hommage aux martyrs du Bataclan :

    Qui aimera le diable ?
    Qui chantera sa chanson ?
    Qui aimera le diable et sa chanson ?

    Moi j’aimerai le diable
    Je chanterai sa chanson
    J’aimerai le diable et sa chanson.

    Qui aimera le diable ?
    Qui embrassera sa langue ?
    Qui embrassera le diable sur la langue ?

    Moi j’aimerai le diable,
    J’embrasserai sa langue,
    J’embrasserai le diable sur la langue.

    Qui aimera le diable ?
    Qui chantera sa chanson ?
    Moi j’aimerai le diable et sa chanson.

    Qui aimera le diable ?
    Qui embrassera sa langue ?
    Moi j’embrasserai le diable sur la langue.

    Qui aimera le diable ?
    Qui chantera sa chanson ?
    Moi j’aimerai le diable et je chanterai sa chanson.

    N.B. - Compte tenu de certaines réactions, je dois préciser que si le début de cette note est vrai, la suite est une invention, sur le mode de la caricature. Je pensais que c'était tellement gros que l'ironie était bien visible. Mais il semble que l'état du clergé soit tel que plus rien désormais ne puisse étonner de sa part... Donc ce n'est pas vrai que Mgr Mathieu veuille enregistrer Kiss the devil et en faire le chant d'entrée des messes.

  • « Pas en notre nom » !

    Je n’ai pas vraiment compris pourquoi le mouvement spontané (ouarf) de « soutien aux migrants », en septembre, s’appelait « Pas en notre nom ». Mais c’est l’expression qui m’est venue à l’esprit en apprenant la soi-disant « prière commune » de catholiques et de musulmans… à la mosquée turque d’Auray, vendredi dernier 11 décembre, organisée… par le curé de la paroisse Saint-Gildas d’Auray, archiprêtre du doyenné d'Auray, Emile Bigumira.

    Une initiative largement annoncée la veille sur la radio RCF Bretagne-Sud (« Radio Sainte-Anne »…) par une interview du curé sur « cette belle initiative inter-religieuse », et partiellement reprise le lendemain matin pour que les catholiques aillent à la mosquée pour la prière du vendredi...

    « Chrétiens et Musulmans unis dans la même prière », titre Ouest France, « Ces catholiques d'Auray ont assisté à la prière et au prêche de l'imam Fatik Ozturk », relate benoîtement Le Télégramme. Inutile de préciser que l’imam a dit que l’islam est une « religion-de-paix-et-d’amour », que les terroristes « instrumentalisent l’islam », que « le Coran rejette le crime et la terreur », etc. Quant au curé il a dit notamment : « Beaucoup de gens, dont nous faisons partie, nous catholiques et vous musulmans, veulent construire une humanité nouvelle. Nous sommes différents. Notre religion n'est pas la même, mais d'un autre côté nous partageons beaucoup de points communs, comme la fraternité et l'amour de notre prochain. Et surtout nous croyons en un même Dieu. »

    Il ne reste plus beaucoup de catholiques pratiquants, mais l'archiprêtre d’Auray envoie ceux qui lui restent à la mosquée. Non pas tellement pour qu’ils deviennent musulmans, mais pour leur donner une leçon de relativisme. A coup d’énormes mensonges : nous avons le même Dieu, nous prions le même Dieu, nous partageons les mêmes valeurs : la fraternité et l'amour de notre prochain (c’est sans doute son interprétation du mot « jihad »)…

    Le pire étant évidemment qu’il veut « construire une humanité nouvelle » avec les adeptes du Coran, des hadiths et de la charia…

    Faites-le au nom de ce que vous voulez, Emile Bigumira, mais pas au nom de l’Eglise catholique, pas en notre nom.

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    Le curé, archiprêtre du doyenné d'Auray, c'est celui qui a un pull bleu. Si, il a une petite croix :

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  • En Corée du Nord

    Le tribunal suprême du peuple de Corée du Nord a condamné à la prison à vie un pasteur canadien, Lim Hyeon-soo, de l’église presbytérienne coréenne de Toronto.

    Le pasteur a « confessé un plan subversif » pour renverser le gouvernement et le remplacer par un Etat de nature religieuse (sic) avec l’aide des Etats-Unis et de la Corée du Sud, d’avoir fait circuler des informations diffamatoires sur la Corée du Nord, d’avoir aidé des Nord-Coréens à fuir le pays, etc. Le pasteur a naturellement reconnu tous ses crimes et a fait preuve d’un « repentir profond ».

    Lim Hyeon-soo avait effectué sans encombres une centaine de voyages humanitaires en Corée du Nord, pour venir en aide aux orphelins et aux personnes âgées. En février dernier, il avait « disparu ». En août, les autorités avaient diffusé une vidéo où on le voyait lors d’un soi-disant office religieux dans l’« église méthodiste » de Pyongyang, reconnaissant devant de supposés fidèles qu’il a « commis un grave crime, celui d'avoir insulté et diffamé la dignité et la direction de la République ».

    Une « confession » qui pourrait avoir été fabriquée dans le but de relâcher le pasteur (non sans compensation, évidemment) et en fait de lui interdire de revenir. Les deux derniers ressortissants américains condamnés pour les mêmes motifs, et ayant « manifesté leur profond repentir », ont été expulsés du pays peu après leur condamnation.

  • Conte de Noël (vrai)

    L’équivalent américain de la « Libre Pensée » menaçait de faire un procès contre la municipalité de Wadena, petite ville de 4.000 habitants dans le Minnesota, si elle laissait sa crèche de Noël installée comme chaque année dans le parc de la ville. Pour éviter un procès pour atteinte au premier amendement de la Constitution, le conseil municipal a décidé à l’unanimité (mais avec plus de honte que d’enthousiasme) d’enlever la crèche.

    Une habitante, Dani Sworski, a alors décidé d’installer une crèche dans son jardin, bien en vue depuis la rue, et a créé une page Facebook pour inciter les gens à faire comme elle.

    En quelques jours, des centaines de crèches de Noël ont été installées dans les jardins, sur les balcons, dans les vitrines des commerçants, et l’on en est à plus de mille…

    Bref, on ne voit plus que des crèches de Noël à Wadena, et les militants de l’athéisme obligatoire n’y peuvent rien, puisque ces crèches sont dans des lieux privés.

    Quant à la crèche du parc, elle a été vendue pour 25$ à l’Association pastorale, qui l’a installée… devant l’hôpital (privé, à but non lucratif) de la ville, en plein centre, sur l’une des deux rues principales (celle qui va au supermarché Walmart), où on la voit mieux qu’avant :

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    Vidéos ici et .

  • Le Temple et la greffe

    La Commission pour les relations avec le judaïsme a pondu une « réflexion théologique sur les rapports entre catholiques et juifs à l’occasion du 50e anniversaire de Nostra Ætate ».

    Lors de la conférence de presse de présentation, il a été dit que « ce texte n’est pas un document du magistère, ni un enseignement doctrinal de l’Église catholique ». (Addendum: je vois que c'est écrit noir sur blanc dans la préface, que je n'avais pas lue.)

    Ouf.

    Néanmoins on souligne que c’est la « première réflexion théologique » de la Commission sur ce thème.

    La « réflexion » est d’une extrême confusion, pour une raison simple, c’est qu’on veut laisser entendre que les juifs n’ont pas besoin du christianisme pour être sauvés (parce que les dons de Dieu sont sans repentance et il n’y a qu’une Alliance) mais qu’on n’ose pas le dire ouvertement.

    Heureusement que le texte n’est pas un document du magistère, car, non content de rejeter implicitement une bonne partie des épîtres et des Actes des apôtres, il rejette explicitement les chapitres 8 et 9 de l’épître aux Hébreux…

    Tout ce qu’on garde du Nouveau Testament sur le sujet, c’est (comme Nostra Æetate) certaines expressions du chapitre 11 de l’épître aux Romains.

    Dans le raisonnement de la commission (et des dialoguistes de cette espèce depuis Vatican II), il y a deux erreurs, qui sont en amont de toute théologie : une erreur historique, et une erreur arboricole.

    L’erreur historique est d’imaginer que le judaïsme d’aujourd’hui est celui de l’Ancien Testament. C’est complètement faux. Le judaïsme de l’Ancien Testament, de la Torah, des Rois, d’Esdras et de Néhémie, des Maccabées, est centré sur le Temple de Jérusalem et sur les sacrifices du Temple, sur le sacerdoce du Temple. Si le judaïsme d’aujourd’hui est le judaïsme authentique, alors il faut dire que le calvinisme est le christianisme authentique. C’est un fait historique avant d’être théologique qu’il y a eu une rupture du judaïsme, rupture opérée par le christianisme. Car le Temple a été remplacé par Jésus-Christ.

    L’erreur arboricole est d’imaginer que lorsqu’on greffe un arbre on laisse subsister l’arbre franc. Si saint Paul a utilisé cette image de la greffe de l’olivier sauvage (les païens) sur l’olivier franc (le judaïsme), c’est pour souligner qu’il y a un nouvel arbre sur une souche ancienne. La souche est juive, l’arbre est chrétien. Magnifique image qui donne les éléments de continuité et de rupture. Mais l’arbre vivant est chrétien. Et pour que cet arbre existe, les branches de l’ancien arbre « ont été retranchées ». Une expression soigneusement censurée de toutes les citations de ce passage que font les dialoguistes…

    Avant toute réflexion théologique, il est nécessaire d’en finir avec ces deux erreurs.

  • Près de deux millions pour Notre Dame

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    Près de deux millions de fidèles, selon la police, se sont réunis entre le 7 et le 8 décembre autour de la Basilique de Notre-Dame des Miracles de Caacupé, patronne du Paraguay (un pays de moins de 7 millions d’habitants).

    La grand-messe de la fête a été célébrée par l’évêque de Caacupé, Mgr Catalino Claudio Giménez Medina, en présence du président du Paraguay, Horacio Cartes (qui avait quitté la COP21 pour l’occasion) et de son gouvernement, au premier rang.

    L’évêque a notamment condamné la corruption, la violence domestique et l’avortement, et souligné que le peuple rejetait la violence armée qui sévit dans le nord du pays. Il faisait allusion à la guérilla marxiste-léniniste qui a enlevé un certain nombre de personnes, dont un officier de l’armée. On se souvient que François, lors de son voyage au Paraguay, avait accusé le président du Paraguay, en sa présence, de « séquestrer » cet officier, en usant de méthodes qui étaient celles des « dictatures du siècle dernier », non sans faire explicite allusion aux camps nazis (et il ne s’est toujours pas rétracté ni excusé).

  • Quousque, Domine ?

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    Le Pape François a donné son accord pour qu'une paire de chaussures avec l'inscription Laudato Si', titre de son encyclique sur la sauvegarde de la Création, soit le marqueur de sa participation à l'événement.

    Le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, et le cardinal Claudio Hummes, président du Repam (Réseau ecclésial pan-amazonien), ont eux aussi chacun signé une paire de chaussures.

    Le cardinal Hummes a présenté par ailleurs une pétition de 800.000 catholiques de 130 pays en soutien à la COP 21, dans le cadre du rassemblement interreligieux organisé à Saint-Denis samedi matin.

    Le cardinal Turkson, qui représentera le Saint-Siège durant la deuxième phase de la conférence sur le climat, invite tous les catholiques à offrir leur soutien à la Cop 21, en prières et en actes. «Nous invitons aussi tous les évêques et prêtres du monde à offrir la célébration de la Sainte Messe du 29 novembre pour la réelle efficacité de la Cop 21, afin que ce soit un sommet international responsable. Nous voulons encourager les fidèles à exercer une citoyenneté écologique.»

    Dans un courrier de deux pages daté du 23 novembre le cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a demandé à 5.100 évêques et 413.000 prêtres de s'engager en faveur du sommet de Paris. Il écrit: «Je vous invite chaleureusement à apporter votre soutien par la prière, la parole et l'action». De plus, «nous vous prions d'encourager les fidèles, et pas seulement, à exercer une «citoyenneté écologique», ce qui aiderait à garantir l'esprit humble et pacifique de Laudato si. Je vous invite, si cela vous intéresse, à vérifier si quelque manifestation en faveur de la protection du climat est organisée dans votre diocèse, ou dans les environs».

    *

    Le réchauffisme est un phénomène social qui s'est construit à partir du réchauffement, et qui comprend une explication, des projections de catastrophes, la désignation d'un coupable - le CO2 - promu au statut d'ennemi public n°1, la mise en œuvre de politiques révolutionnaires. Le réchauffisme présente tous les caractères d'une idéologie identifiés par Hanna Arendt: un système monocausal, une révérence/référence à la science, le contrôle par des Etats, la lutte contre un ennemi unique, l'adhésion des masses.

    Professeur Rémy Prud’homme

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    La hiérarchie ecclésiastique représentée par François, Turkson et Hummes a donc apostasié, en ce premier dimanche de l’Avent, pour passer à la dernière idéologie totalitaire à la mode.

    Lu sur le Forum catholique, sous la plume d’Adso :

    Autrefois on déposait ses chaussures devant la crèche à Noël... Maintenant le pape fait déposer ses souliers devant l'idole écologique par un cardinal... Le premier Dimanche de l'Avent ...

  • La scientologie, c’est une marque, pas une Eglise

    Le ministère russe de la Justice avait décidé de ne pas enregistrer l’"Eglise de scientologie". Or toute organisation religieuse doit être enregistrée en Russie pour pouvoir opérer. L’"Eglise de scientologie" avait fait appel. Une cour de Moscou vient de rejeter cet appel, adoptant l’argument du ministre de la Justice que l’"Eglise de scientologie" n’est pas une organisation religieuse, puisqu’aux Etats-Unis elle est enregistrée comme marque déposée.

    L’"Eglise de scientologie", qui avait inauguré ses imposants locaux en 2011 à quelques centaines de mètres de la Place rouge, a six mois pour faire ses bagages…

  • Etrange…

    Les évêques d’Angleterre et Galles ont tenu leur assemblée plénière du 16 au 19 novembre, et ont publié une série de « résolutions ». La troisième est fort étrange. Elle est intitulée « Le 50e annniversaire de Nostra Aetate et la prière du vendredi saint ». Et elle dit ceci :

    « La conférence des évêques demande que la commission pontificale Ecclesia Dei revoie la prière Pro conversione Iudaeorum dans la liturgie solennelle du vendredi saint, dans la forme extraordinaire du rite romain, à la lumière de la compréhension, dans Nostra Aetate, des relations entre l’Eglise catholique et le Judaïsme. »

    Or chacun sait que cette prière a été modifiée par Benoît XVI en 2008, pour que la prière de la forme extraordinaire soit conforme à Nostra Aetate.

    Est-ce que Benoît XVI n’aurait pas compris Nostra Aetate ?

    Pourquoi les évêques anglais ne disent-ils pas en quoi Benoît XVI se serait trompé ?

    On sait que certains reprochent à cette prière de continuer à demander à Dieu la conversion des juifs. Mais les évêques anglais pourraient-ils nous expliquer ce qu’est une prière « pro conversione » qui ne demanderait pas la conversion ?

    Ou bien s’agit-il seulement de lancer une pique contre le pape émérite et sa théologie rétrograde dont le bon pape François nous a si heureusement délivrés ?

     

    P.S.

    La résolution est, manifestement volontairement, mal formulée. Une note explicative de Mgr McDonald, ajoutée ce 24 novembre, souligne qu'il s'agit de supprimer toute demande d'une conversion des juifs, conformément à la prière de la néo-liturgie. Bref il ne s'agit pas de revoir mais de supprimer.

  • Ne défigurez pas l’église d’Anzy !

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    Ceci est l’église d’Anzy-le-Duc, fleuron de l’art roman bourguignon.

    Les autorités religieuses et civiles (sauf le maire du village semble-t-il) ont décidé de défigurer l’église avec ces vitraux :

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    Non, ce ne sont pas des gribouillages d’enfants du catéchisme, comme on en voit trop souvent dans le chœur des églises, mais des chefs-d’œuvre de l’immense artiste Gérard Fromanger

    Ce qui est hallucinant est que ces minables dessins, totalement inadaptés à l’esthétique romane, sont acceptés (et donc financés) tant par l’Etat et sa Commission des monuments historiques que par la commission dite d’art sacré du diocèse…

    Pour réagir, voir Le Salon Beige.

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