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Religion

  • Le pendu dépendu

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    L’énigme du chapiteau de Vézelay est peut-être résolue. Grâce au commentaire absurde et hétérodoxe de François, inspiré par le théologien hérétique Drewermann. Comme quoi le diable porte pierre…

    L’hypothèse d’une lectrice de Benoît et moi est en effet fort séduisante. Elle suggère qu’il s’agit de l’anecdote du « pendu dépendu », miracle de saint Jacques raconté dans le Codex calixtinus.

    On lira ci-après la traduction du récit de ce miracle. On aurait donc à gauche le méchant aubergiste, et à droite le pèlerin allemand portant son fils dépendu qui vient de lui parler alors qu’il est mort depuis un mois.

    « Du point de vue de l’histoire du pèlerinage, cela est passionnant. Un miracle de 1090 se trouve illustré vers 1135 (achèvement de la nef) : cela est extrêmement récent. L’emplacement du chapiteau n’est pas dû au hasard : premier pilier de la nef à droite en entrant par le grand portail pour accueillir les pèlerins. »

    S’il en est ainsi ce serait la première représentation de ce miracle, assez souvent illustré (voir la carte ici), mais pas avant le XIVe siècle semble-t-il. D’autre part le chapiteau aurait été sculpté un peu avant que le miracle soit collationné dans le Codex calixtinus (vers 1150).

    *

    Le pendu dépendu

    Il est bon de transmettre à la postérité le souvenir de certains Allemands qui, en l’an 1090 de l’incarnation de notre Seigneur, se rendant en pèlerins sur le tombeau de saint Jacques, arrivèrent dans la ville de Toulouse avec beaucoup de moyens et se logèrent chez un riche aubergiste. Ce méchant, qui simulait sous un extérieur avenant la douceur d’un agneau, les accueillit avec sollicitude et, sous couvert d’hospitalité, les incita traîtreusement à s’enivrer en leur servant diverses boissons. Ô, avarice aveugle, ô, mauvais esprit enclin au mal ! Tandis que les pèlerins dormaient d’un sommeil encore alourdi par l’ivresse, l’hôte malhonnête, poussé par l’esprit de cupidité, cacha en secret dans l’un des sacs des dormeurs une coupe d’argent, afin de les convaincre de vol et de s’approprier ensuite leur pécule. Le lendemain, lorsqu’ils furent partis après le chant du coq, cet hôte inique les poursuivit avec une troupe armée, vociférant : « Rendez-moi, rendez-moi l’argent que vous m’avez dérobé ! » Ceux-ci lui répondirent : « Si tu trouves quelque chose sur l’un d’entre nous, tu n’auras qu’à le faire condamner. »
    On les fouilla, trouva la coupe dans le sac de l’un et, confisquant injustement les biens du père et du fils, on les traduisit tous les deux en justice. Le juge cependant, avec une certaine indulgence, ordonna de libérer l’un et de conduire l’autre au supplice. Ô entrailles de miséricorde ! Le père, voulant libérer son fils, se rendit au supplice, tandis que le fils, au contraire, estimait injuste que son père perdît la vie pour son fils et que c’était au fils de subir la peine à la place de son père. Ô vénérable joute de bonté ! Finalement le fils est pendu à sa propre demande pour que son père soit libéré. Quant au père, il poursuit son chemin jusqu’à Saint-Jacques dans les pleurs et l’affliction. Après avoir été sur le vénérable tombeau de l’apôtre, le père prit le chemin du retour et, alors que trente-six jours s’étaient écoulés, fit un détour pour voir le corps de son fils encore pendu. Pleurant, gémissant et se plaignant à fendre le cœur, il disait : « Malheureux que je suis de t’avoir engendré ! Comment puis-je continuer à vivre en te voyant pendu ! » Comme tes œuvres sont magnifiques, Seigneur ! Le fils pendu console le père, lui disant : « Ne t’afflige pas, père très aimant, de mon châtiment, car ce n’en est pas un. Mais réjouis-toi plutôt, car ma vie est plus suave maintenant qu’elle ne l’a été dans toute mon existence passée. En effet, saint Jacques, me soutenant de ses mains, me réconforte avec plein de douceurs. » Entendant cela, le père se rendit en hâte à la ville et rassembla le peuple pour qu’il soit témoin d’un tel miracle de Dieu. Venant et voyant que le pendu vivait encore après un tel laps de temps, les assistants comprirent que l’insatiable cupidité de l’aubergiste était à l’origine de cette accusation et que sa victime devait son salut à la miséricorde divine. Cela a été fait totalement par le Seigneur et c’est admirable à nos yeux. Ils descendirent alors le pendu de son gibet en grand honneur. Quant à l’aubergiste, comme il avait démérité, un jugement unanime le condamna à mort et il fut pendu sur-le-champ. C’est pourquoi quiconque porte le nom de chrétien doit veiller très attentivement à ne pas tromper ses clients ni ses proches, de cette manière ni en quelque façon. Qu’il s’attache au contraire à témoigner aux pèlerins une bienveillance charitable et obligeante, afin de mériter la récompense de la gloire éternelle que Dieu leur donnera.

    Trad. B. Gicquel, La légende de Compostelle, Paris, Tallandier, 2003, p. 478

  • Le faux site du Baptême

    L’agence Fides a pondu une dépêche, intégralement reprise par Radio Vatican, indiquant que « le site du baptême de Jésus sera bientôt bonifié et accessible ».

    Il s’agit de « la zone de Qasr al-Yahud, qui s’étend autour de la rive occidentale du Jourdain, à la hauteur du lieu identifié par la tradition comme celui du baptême de Jésus Christ ».

    Une zone de 100 ha qui va être déminée, un demi-siècle après la guerre des Six jours.

    Mais ce que Fides appelle « le site du baptême de Jésus » est déjà accessible, comme l’agence le signale in fine – non seulement accessible mais on y envoie les pèlerins en masse.

    Le problème est qu’il ne peut pas s’agir du « site du baptême de Jésus », puisque saint Jean dit explicitement que le baptême eut lieu « au-delà du Jourdain », trans Jordanem. Et il le dit trois fois dans son évangile :

    « Cela s’est passé à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait » (Jean 1,28).

    « Rabbi, celui qui était avec toi au-delà du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, voici qu’il baptise, et tous vont à lui » (Jean 3,26).

    « Et il alla de nouveau au-delà du Jourdain, au lieu où Jean baptisait d’abord, et il y resta. » (Jean 10,40).

    Aucune « tradition » ne peut dire autrement. Le vrai site du baptême est en Jordanie. Là où les archéologues jordaniens ont découvert les ruines de neuf églises byzantines et de cinq bassins. D’où la récente décision de l’Unesco de classer officiellement ce site comme celui du baptême de Jésus.

    Et le 10 mai 2009 Benoît XVI a posé en cet endroit la première pierre d'une nouvelle église melkite et d'une église latine.

    C’est sans aucun doute une bonne nouvelle qu’Israël démine enfin la zone de Qasr al-Yahud. Mais ça n’a aucun rapport avec le baptême de Jésus. Il est regrettable qu’une agence catholique se laisse ainsi manipuler.

  • Le 1050e anniversaire de la Pologne

    Ci-après ma traduction du discours d’Andrzej Duda, président de la République de Pologne, le 15 avril dernier, à l’occasion du 1050e anniversaire du baptême de Mieszko Ier, le premier souverain polonais. Discours prononcé lors d’une session extraordinaire du Parlement, tenue à Poznan, devant les parlementaires, le Premier ministre et le gouvernement, un légat apostolique, le nonce apostolique, le primat et les évêques, de nombreux prêtres, des représentants de Parlements étrangers, des ambassadeurs… Un discours qui montre qu’il y a encore une Europe catholique.

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    Le baptême de Mieszko Ier est l'événement le plus important de toute l'histoire de l'Etat polonais et de la nation polonaise. Je ne dis pas : ce fut, je dis : c’est, car la décision prise par notre premier souverain historique a prédéterminé tout l'avenir de notre pays. Notre héritage chrétien continue de façonner les destinées de la Pologne et de chacun d'entre nous, nous le peuple polonais, jusqu'à ce jour. C’est ce que Saint-Père Jean-Paul II avait en tête quand il a observé : « Sans le Christ, on ne peut pas comprendre l'histoire de la Pologne. »

    La tradition veut que le baptême du chef des Polanes eut lieu le samedi saint 14 avril 966. Et c’est alors, à ce moment-là, que la Pologne est née. Elle a émergé des eaux baptismales pour une nouvelle vie chrétienne. Elle est née pour le monde, sortant de l'ère préhistorique pour entrer dans l'arène de l'histoire européenne. Elle est également née pour elle-même : en tant que communauté nationale et politique, puisque l'adoption du rite latin du baptême a défini notre identité polonaise. Depuis lors nous avons commencé à penser et à parler de nous-mêmes en tant que « Nous, les Polonais ».

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  • Le temps et l’espace

    J’ai été trop elliptique l’autre jour sur le temps et l’espace. Je vais essayer d’expliquer ou plutôt de suggérer, avec les mots infirmes du langage rationnel, ce que je comprends dans la phrase de Gurnemanz à Parsifal : « Ici le temps devient espace. »

    Il me semble que c’est une expérience mystique banale, qui correspond aussi à une expérience simplement esthétique, et aussi aux expériences dites de mort imminente.

    Dans une extase, ou devant une œuvre d’art particulièrement prenante, le temps paraît s’arrêter, alors que s’ouvre un espace nouveau, vaste, lumineux, heureux. Le temps compté et mesquin du quotidien est comme aboli au profit d’un espace illimité de pleine liberté. Un espace « intérieur », certes, comme on peut l’expérimenter dans la prière, dans la liturgie, mais qui peut se révéler comme un espace très réel quoique non soumis aux lois de ce monde (le « troisième ciel », par exemple).

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  • Le feu rouge et le policier

    Le meilleur commentaire de Amoris laetitia (et de l’idéologie de François en général... et au quotidien), c’est ici. Simple, bref, implacable.

  • Le rayon de la miséricorde

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    Le Père Dwight Longenecker, bien connu de la toile catholique anglophone (un site et deux blogs), a d’abord publié sur l’un de ses blogs des photos (c'est lui sur la troisième) de ce qui s’est passé lors d’un pèlerinage de la Divine Miséricorde qu’il organisait, le dimanche du même nom, à Greenville, en Caroline du Sud.

    Or plusieurs photos montrent un rayon de lumière qui vient du ciel frapper la représentation du Christ de la Divine miséricorde, et même, dans l’une d’elles, son cœur.

    Le ciel, dit le P. Longenecker, était parfaitement bleu. Il n’y avait aucun nuage qui pût expliquer le phénomène. Un photographe a expliqué que c’était un phénomène de réfraction dû à la lentille de l’appareil, mais un autre photographe lui a certifié que c’était impossible.

    Après avoir évoqué le phénomène sur son blog Patheos, le P. Longenecker a écrit, sur le même sujet, un bien joli billet dans Aleteia, auquel je renvoie ceux qui lisent l’anglais (courant).

  • En Norvège

    Le synode de l’« Eglise de Norvège » (qui n’est plus Eglise d’Etat depuis 2012) a décidé par 88 voix sur 115 de permettre le « mariage religieux » des homosexuels et de créer une liturgie ad hoc.

    La Norvège rejoint ainsi le Danemark et la Suède (où « l’évêque » de Stockholm est une femme « mariée » à une femme « prêtre »…).

    Ces « Eglises » sont devenues des coquilles vides, dont les rites n’ont qu’une signification sociale. On y croit ce qu’on veut, et le plus souvent on n’y croit plus en rien d’autre qu’au politiquement correct.

  • Ben non

    "La pédophilie est-elle un péché ?"

    Grosse polémique après les propos d’un évêque.

    Ben non, si l'on en reste à cette question ainsi formulée, la pédophilie n’est pas un péché.

    Les mots ont un sens.

    Ce qu’on appelle aujourd’hui « pédophilie » est l’attirance sexuelle d’un adulte pour les enfants.

    Ce qu’on appelle la « pédophilie » n’est pas davantage un péché que ne l’est, par exemple, l’homosexualité.

    La tendance homosexuelle n’est pas un péché. Ce peut être une grande souffrance, qui peut être rédemptrice.

    Ce qui est un péché, c’est l’acte homosexuel.

    La tendance « pédophile » n’est pas un péché. Ce peut être une grande souffrance, qui peut être rédemptrice.

    Ce qui est un péché, ce sont les actes dits « pédophiles » : les abus sexuels sur mineurs.

    Tout le reste est bavardage médiatique. Particulièrement mal venu de la part de ceux qui ne savent pas ce qu’est un péché et s’en fichent totalement…

  • Ah oui, en effet

    On parle de redonner un évêque catholique à la ville de Genève, qui n’en a plus depuis la dictature calviniste du XVIe siècle.

    Réaction du pasteur Fuchs, président du calvinisme genevois d’aujourd’hui :

    « Il faudra que nous discutions de l'impact que cela pourra avoir. Tout dépend si le nouvel évêque est une personne du cru, qui connaît l'histoire religieuse de Genève et saura s'inscrire dans sa longue tradition œcuménique. »

    Sans blague. Genève est la seule métropole du monde (hors Arabie saoudite) à ne pas avoir d’évêque catholique, en raison de l’opposition calviniste, depuis près de 500 ans. Ça, pour une longue tradition œcuménique, c’est une longue tradition œcuménique…

  • A propos de l’interview de Benoît XVI

    On parle beaucoup d’une « interview de Benoît XVI dans l’Avvenire », dans laquelle le pape émérite « soutient François » et se déclare « entièrement d’accord avec lui ».

    Cette façon de présenter les choses est un bel exemple de fabrication médiatique. Que les franciscolâtres répètent cela en boucle n’en fait pas une vérité.

    D’abord il ne s’agit pas d’une interview au sens où on l’entend habituellement, mais d’un entretien, non pas avec un journaliste mais avec un théologien, non pas pour un journal mais pour un colloque théologique qui a eu lieu en octobre 2015. Un entretien écrit, qui paraît aujourd’hui dans les actes du colloque, publiés en Italie. Enfin l’auteur est très clairement le théologien Joseph Ratzinger, et non le pape Benoît XVI – qui ne s’exprimerait assurément pas ainsi s’il s’adressait à des fidèles.

    Le texte (traduction intégrale chez Benoît et moi, évidemment) est d’abord une nouvelle réflexion sur la foi, le baptême et l’Eglise, un thème que n’a cessé de méditer le théologien Ratzinger. Cela se poursuit par une réflexion sur la possibilité de la foi dans un monde qui a perdu le sens de la justification (c’est le cœur du thème du colloque). Sur ce sujet, Ratzinger constate que l’idée de la miséricorde de Dieu peut être d’un grand secours. L’insistance sur la miséricorde est un signe des temps, dit-il, depuis sainte Faustine, « dont les visions, à bien des égards, reflètent profondément l'image de Dieu propre à l'homme d'aujourd'hui et son désir de la bonté divine » - sainte Faustine qui eut une grande influence sur Jean-Paul II.

    Vient alors la phrase partout répétée comme si elle était l’essentiel alors qu’elle n’est qu’une incidente (même l’Osservatore romano le fait remarquer) :

    Seulement là où est la miséricorde finit la cruauté, finissent le mal et la violence. Le Pape François est totalement en accord avec cette ligne. Sa pratique pastorale s'exprime justement dans le fait qu'il nous parle continuellement de la miséricorde de Dieu.

    Ce que l’on voit, c’est que Joseph Ratzinger a d’abord défini le sens de la miséricorde pour l’évangélisation aujourd’hui, et qu’il continue ensuite sa réflexion sur ce thème, une réflexion tout entière orientée sur la nécessité de l’évangélisation et de la foi qu’il faut faire naître – à chacun de voir si cela correspond vraiment toujours à ce que dit François… Il me semble qu’il s’agit plutôt d’un recadrage.

    Il est difficile de résumer ensuite ce que dit Joseph Ratzinger. Au-delà de sa réfutation des théologies hétérodoxes de notre époque sur la question du salut, je retiens son recours au thème iconographique, que je ne connaissais pas, de ce qu’on appelle en allemand « die Not Gottes », littéralement « la détresse de Dieu » - en fait sa com-Passion, parfois appelé en français « la Pitié de Notre Seigneur » ou « le Trône de grâce ». Mais la Pitié de Notre Seigneur montre aussi la Sainte Vierge, et le Trône de grâce est une Pietà où la Sainte Vierge est remplacée par Dieu le Père, tandis que dans « die Not Gottes » Dieu le Père est debout et affecté d’une très visible compassion.

    Enfin, la dernière phrase, sur le sacrement de pénitence, est vraiment très belle : « Il signifie que nous nous laissons toujours façonner et transformer par le Christ et que nous passons constamment du côté de ceux qui détruisent à celui qui sauve. »

    Dans tout cet entretien on sent la présence de saint Bonaventure, bien qu’il ne soit pas cité. Ce qui en ressort aussi est que le pape émérite n’a rien perdu de sa carrure intellectuelle… qui manque cruellement à la tête de l’Eglise.

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    Fresque de l’église paroissiale de Tainach (en slovène Tinje), en Carinthie, montrant côte à côte la Nativité et « die Not Gottes » (et un saint évêque).

  • Jusqu’où descendra-t-on ?

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    Pauvre M. Olier…

    Ce sera l’occasion de rappeler que le livre de Jean-Jacques Olier sur la messe (la vraie messe) est véritablement impressionnant (notamment par sa connaissance des pères grecs).

  • Le jeune Messie ?

    Hier est sorti sur les écrans américains un film intitulé Le jeune Messie, réalisé par Cyrus Nowrasteh d’après le roman Le Christ Seigneur : retour d’Egypte, d’Anne Rice.

    Cyrus Nowrasteh est connu aux Etats-Unis pour sa mini-série Destination 11 septembre et son film La lapidation de Soraya M., qui ne sont semble-t-il jamais sortis en France. Anne Rice est un auteur à succès qui aurait vendu près de 100 millions d’exemplaires de ses livres, surtout ceux sur les vampires. Christ the Lord : out of Egypt (non traduit en français) date de 2005, dans la période « catholique » d’Anne Rice (entre 1998 et 2010), qui auparavant était athée et est aujourd’hui anticatholique par militantisme LGBT (pour son fils…).

    Le film, comme le roman, raconte la vie de Jésus entre 7 et 8 ans.

    Un cardinal (O’Malley) et deux archevêques (Chaput et Wenski) se sont déjà déclarés enthousiastes, ainsi que le National Catholic Register. Mgr Chaput, l’archevêque de Philadelphie, déclare que c’est « un portrait fidèle à la foi biblique mais sans sentimentalisme… un film exceptionnel, captivant du début à la fin, qu’il est bon de voir, d’avoir, et de revoir ».

    J’ai néanmoins quelques doutes à ce sujet. Voilà un Jésus de nouveau traqué par Hérode (le fils) et qui fait des miracles en veux-tu en voilà sans savoir d’où vient ce don ni qui il est :

    « Et au-delà d’Hérode il y a un adversaire d’un autre monde, un démon à cape sombre qui est visible par l’enfant Jésus mais par personne d’autre autour de lui. L’enfant Jésus se démène pour comprendre ce que cela veut dire et cherche à comprendre ses inexplicables pouvoirs. Ses parents et sa famille élargie l’ont protégé de la vérité de sa naissance insolite, de la visite des mages et du tragique massacre des Innocents qui eut lieu sur ordre d’Hérode. C’est au Temple qu’il entend enfin ces histoires pour la première fois. »

    Si c’est ce que montre le film, n’en déplaise au bon Mgr Chaput je suis plus que sceptique sur les bienfaits à attendre d’une marmelade aussi manifestement empoisonnée.

  • Aldi et Pâques

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    Aldi Sud publie sur son site internet une page sur la signification de Pâques, et un magazine pour enfants intitulé « Pâques expliqué simplement ».

    (Les deux frères Theodor et Karl Albrecht se sont partagé l’empire Aldi – Albrecht Discount – qui compte en tout plus de 8.000 magasins dans le monde dont plus de 4.000 en Allemagne. Dans le pays d’origine, Aldi Sud couvre le sud et une bande ouest.)

    La page du site est destinée aux adultes. Elle explique « Pourquoi, quand et comment Pâques est fêté ». Après avoir évoqué la question de la date, elle souligne que « les chrétiens du monde entier célèbrent chaque année la résurrection de Jésus Christ, le Fils de Dieu », et que c’est la plus grande fête de l’année, plus importante que Noël. Il y a un paragraphe sur le carême, avec l’explication des 40 jours. Et un paragraphe sur le symbolisme de l’agneau pascal, du feu nouveau, du… lapin très populaire dans les pays germaniques.

    Le magazine pour enfants reprend les brèves explications concernant les principaux jours saints, ajoute quelques mots sur les traditions pascales de divers pays, et des articles sur les œufs de Pâques, etc. On note hélas dans les deux documents une même déficience, qui est déjà grave pour les protestants que sont sans doute les frères Albrecht, mais inacceptable pour l’Allemagne catholique qui est globalement le territoire d’Aldi Sud : le jeudi saint, Jésus et ses apôtres boivent du vin et Jésus rompt le pain qu’il leur distribue. Puis on évoque la trahison de Judas. Il n’était pourtant pas difficile d’ajouter simplement que sur le pain Jésus dit : « Ceci est mon corps », et que sur le vin il dit : « Ceci est mon sang ». »

    Mais enfin, aux temps où nous sommes, on ne peut que féliciter Aldi Sud pour cette initiative.

    Et l’on remarquera que pour Aldi la famille est bien évidemment composée de papa, maman et les enfants – et grand-père et grand-mère (Opa et Oma). On remarque aussi une très visible absence de « diversité »…

  • "Ressuscité" et la réalité de la Résurrection

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    Traduction d’un texte de Mgr Robert Barron, évêque auxiliaire de Los Angeles (déjà cité ici), sur le film Risen (déjà évoqué ici). (Mgr Barron est le premier prêtre depuis Mgr Fulton Sheen à avoir une émission régulière de télévision sur une chaîne d'audience nationale.)

    Quand j’ai vu la bande annonce du film Ressuscité – qui traite d’un tribun romain cherchant le corps de Jésus après les annonces de sa résurrection – j’ai pensé que cela allait tenir le public en haleine, l’intriguer, mais le laisser dans l’incertitude quant à savoir si ces annonces étaient justifiées ou non. J’ai été surpris et ravi de découvrir que le film est, en fait, solidement chrétien et substantiellement fidèle au récit biblique de ce qui s’est produit après la mort de Jésus.

    Ma scène préférée montre le tribun Clavius (joué par le toujours convaincant Joseph Fiennes) faisant irruption dans la chambre haute, résolu à arrêter les disciples les plus intimes de Jésus. Alors qu’il arrête les gens dans la pièce, il aperçoit Jésus, dont il avait présidé la crucifixion et dont il avait examiné de près le visage dans la mort. Mais est-ce qu’il voyait encore normalement ? Est-ce que c’était seulement possible ? Il s’affaisse sur le sol, fasciné, incrédule, étonné, angoissé. Comme je regardais la scène qui se déroulait, la caméra balayant les différents visages, j’étais aussi perplexe que Clavius : est-ce que c’était réellement Jésus ? Cela s’est sûrement passé ainsi pour les premiers témoins du Ressuscité, leur confusion et leur désorientation est esquissée dans l’Ecriture elle-même : « Ils l’adorèrent, mais certains eurent des doutes. » Quand Thomas entre dans la pièce, embrasse son Seigneur et vérifie les blessures de Jésus, tout doute, à la fois pour Clavius et pour le spectateur, est, comme il se doit, levé.

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  • "Risen"

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    Un nouveau péplum biblique, signé Kevin Reynolds, est sorti sur les écrans américains. Il est intitulé Risen : Ressuscité, et en français il devrait s’appeler La Résurrection du Christ, sans doute en référence au film de Mel Gibson intitulé en français La Passion du Christ, et sans doute aussi parce que les Français sont tellement déchristianisés qu'ils ne comprennent pas immédiatement de quoi il s’agit si on ne met pas les points sur les i…

    Ce film, dit la bande annonce, raconte « la plus grande chasse à l’homme de l’histoire », et l’affiche nous incite à être les « témoins de la chasse à l’homme qui a changé le cours de l’histoire ».

    En bref, un tribun militaire, Clavius, est chargé par Ponce Pilate de crucifier la dernière livraison de bandits et de messies autoproclamés. Immunisé contre le judaïsme, Clavius ne pense rien de celui qui s’appelle Jésus, et l’exclamation du centurion (« Certainement cet homme était le Fils de Dieu ») le laisse froid.

    Mais voilà l’affaire du tombeau vide. Le grand prêtre avertit Pilate qu’il risque d’y avoir des troubles si on ne retrouve pas le cadavre. Alors Pilate charge Clavius de retrouver ce cadavre. Malgré tous ses efforts, il n’en trouve aucune trace. Pourtant il va finir par découvrir un corps. Ressuscité. Et sa vie va en être bouleversée. Comme celle des apôtres qui se cachaient après la Crucifixion et qui vont ensuite parcourir le monde pour témoigner du Ressuscité. « Leur transformation de lâches à conquérants spirituels témoigne que, comme le personnage fictif de Clavius, ils ont vu quelque chose ou quelqu’un qui a secoué leur monde », souligne Eric Metaxas sur Breakpoint (repris par LifeSite), qui incite à aller voir ce film et à y amener des athées.

    Car c’est l’intérêt de ce film, pour notre époque, que le personnage principal soit un incroyant.

    « J’ai vu deux choses qui ne peuvent pas se concilier : un homme indiscutablement mort, et le même homme vivant de nouveau », dit Clavius.

    Apparemment nul ne sait quand ce film sortira en France.

  • Deux titres

    UCANews est, selon ses dires, « la source d’information indépendante catholique la plus fiable sur l’Asie ».

    Voici deux titres d’UCA News aujourd’hui :

    Les contraceptifs peuvent être un moindre mal pour stopper Zika, dit le pape.

    Les évêques philippins soutiennent le propos du pape François sur les contraceptifs

    Celui-ci a un sous-titre :

    Mais l’abstinence sexuelle pour éviter le virus Zika est préférable, dit un prélat.

    Il reste donc un évêque philippin qui connaisse encore vaguement la morale catholique, sans en tirer les conséquences. Mais personne à UCA News, où l’on ne se veut sans doute pas plus catholique que le pape (comme aux Philippines... et forcément partout ailleurs).

  • Bethléem

    En 2011, la Palestine était admise comme membre de l’Unesco, sous les hauts cris d’Israël. L’Autorité palestinienne demandait alors l’inscription « en urgence » de la basilique de la Nativité de Bethléem au Patrimoine mondial. En 2012, l’Unesco procédait à cette inscription. En 2013, l’Autorité palestinienne lançait un vaste programme de restauration de la basilique, avec la contribution de fonds privés palestiniens, de l’Eglise catholique, de l’Eglise orthodoxe, de l’Eglise arménienne (les trois propriétaires de la basilique) et de divers pays. Les travaux sont réalisés par des experts palestiniens et la firme italienne Piacenti spécialisée dans la rénovation de bâtiments historiques. Quelque 8 millions de dollars ont déjà été dépensés.

    Pour l’heure, le résultat le plus spectaculaire est la découverte des mosaïques murales, qui étaient devenues quasi invisibles. C’est un exemple unique de l’art de la période des croisades, dit le spécialiste italien Mimmo Nucatolo.

    Selon Ziad al-Bandak, conseiller de la présidence palestinienne pour les affaires chrétiennes et président de la commission pour la restauration de la basilique, on y a découvert il y a deux mois « une icône de grande valeur historique et religieuse, faite d’or, de bronze, d’argent, de nacre et de pierres » (?) dont aucune photo n’a encore été publiée. Une icône peinte sur le mur a également été découverte sous un enduit.

    On considère que les travaux coûteront encore 11 millions de dollars. L’Autorité palestinienne a lancé une campagne pour réunir les fonds, et Mahmoud Abbas a promis que tout serait terminé. « Il m’a dit dès le début, dit Ziad al-Bandak : même si tu n’as pas l’argent pour continuer, commence. Ceci est un lieu sacré et l’argent viendra. » Ziad al-Bandak ajoute : « Nous sommes déjà très fiers de ce que nous avons fait, parce que nous protégeons notre héritage national, notre histoire, nous protégeons notre avenir. »

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  • Le miracle confirmé

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    Au cours d’une conférence de presse, jeudi, l’Eglise maronite, l’évêque latin de Phoenix et un comité médical ont officiellement confirmé que la guérison de Dafné Gutiérrez est un miracle attribué à saint Charbel.

    Complètement et irréversiblement aveugle, Dafné Gutiérrez était allé vénérer les reliques de saint Charbel exposées en l’église maronite de Phoenix à l’occasion du 50e anniversaire de la béatification du moine libanais. Au cours de sa visite, elle s’est confessée, a reçu la bénédiction et on lui a mis dans les yeux de l’huile qui a touché le tombeau de saint Charbel. A la messe, elle a communié, et alors elle a senti que son corps était différent, et elle se demandait ce qui se passait. C’est le surlendemain matin qu’en se réveillant elle a découvert qu’elle voyait.

    Quatre médecins ont examiné Dafné Gutiérrez et ont constaté que ses deux yeux étaient parfaitement normaux. Ce qui est médicalement inexplicable.

  • En Chine

    Après avoir fermement rappelé (notamment à la fin de 2014) qu’il était interdit aux membres du parti communiste d’avoir une quelconque activité religieuse, les autorités chinoises soulignent maintenant qu’il en est de même des membres du parti qui ne sont plus en activité.

    L’agence de presse Xinhua rapporte que la circulaire « indique clairement que les cadres et membres retraités du parti ne peuvent pas croire en une religion, ne peuvent pas participer à des activités religieuses, et doivent lutter résolument contre les sectes ».

    C’est une application de la maxime de Mao que le parti prend soin des gens du berceau à la tombe…

    D’autre part, le président de la soi-disant Conférence consultative politique du peuple chinois, Yu Zhengsheng (membre du politburo et chef du parti à Shanghai), a récemment rencontré les dirigeants des diverses religions officiellement présentes dans le pays, et il a « appelé les groupes religieux à continuer d’accroître leurs caractéristiques chinoises, de puiser dans leur religion les éléments positifs et de faire davantage d’efforts pour construire une idéologie religieuse pourvue de caractéristiques chinoises ».

  • Non-événement

    Radio Vatican a annoncé que ce soir, « pour la première fois depuis le schisme anglican, il y a plus de 450 ans, les vêpres seront célébrées selon le rite latin de l’Église catholique dans la splendide chapelle de la résidence favorite du roi Henri VIII, le roi qui a provoqué le schisme anglican » (au palais de Hampton Court).

    Il paraît que « dans ce lieu emblématique, cette célébration liturgique, ouverte au public, aura un fort impact œcuménique ».

    En réalité, rien n’empêche de célébrer des « vêpres catholiques » dans une église anglicane, comme rien n’empêche de célébrer des « vêpres anglicanes » dans une église catholique. A savoir des psaumes, des textes de la Sainte Ecriture et le Magnificat…

    D’ailleurs, si on déplace pur l’occasion le cardinal Vincent Nichols et « révérend Richard Chartres, doyen de la chapelle de Sa Majesté », qui avant l’office expliqueront que « ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », il s’agit surtout semble-t-il d’un concert organisé par deux organismes de promotion de l’art et des artistes…

    On reverra la question quand un prêtre catholique dira la messe catholique dans cette chapelle…

  • Béthanie au-delà du Jourdain

    Le site du Baptême de Jésus a été officiellement déclaré Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée mardi soir à Paris.

    La délégation jordanienne comprenait le ministre du Tourisme, Nayef H Al-Fayez, et Mgr Maroun Lahham, vicaire patriarcal pour la Jordanie du Patriarcat latin de Jérusalem.

    Dans son intervention, Mgr Lahham a qualifié le site du Baptême de « lieu où résonne encore la voix du Christ » dans un pays, la Jordanie, « tranquille et sûr, au milieu d’un Proche-Orient en flammes » (encore qu’il soit aujourd’hui au bord de la catastrophe à cause du trop-plein de réfugiés, comme avertit Asia News).

    Il a poursuivi :

    « L’Evangile l’avait déclaré voici deux mille ans, la dévotion populaire l’a toujours confirmé, les recherches archéologiques l’ont mis en évidence, quatre papes l’ont visité et, aujourd’hui, la communauté internationale le déclare officiellement. A partir de ce soir nous pouvons déclarer à haute voix que la Jordanie est Terre Sainte. La Terre Sainte comprend également et surtout Jérusalem, Bethléem et Nazareth mais la Jordanie n’en est pas pour cela moins sainte. »

    On entend bien ce qui est sous-entendu dans le propos de Mgr Lahham, qui est un cri de victoire arabo-palestinien : l’UNESCO vient d’infliger un camouflet à Israël qui a tout fait pour faire croire que le lieu du baptême était sur la rive israélienne et y envoie les touristes et pèlerins en masse alors qu’on sait depuis toujours que le véritable site est du côté jordanien, comme le dit explicitement l’évangile de saint Jean.

  • “La Croix” adopte la “sexualité ludique”

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    J’avoue que je n’avais pas constaté que le quotidien La Croix était passé du bleu à l’orange, le 21 janvier semble-t-il. D’ailleurs je ne vois pas comment j’aurais pu le constater. Je le découvre ce jour parce que le Forum catholique attire l’attention sur la signification de ce changement de couleur. Elle est expliquée par Alain Rémond dans une billet intitulé L’orange ça pulse, ça bouge, ça chauffe, ça klaxonne…

    Personnellement je trouve ce nouveau dessin terne et lourd, mais Alain Rémond écrit :

    La Croix vient donc de faire sa révolution orange, comme l’Ukraine en 2004. Passer ainsi du bleu à l’orange n’a rien d’anodin. Le bleu, c’est le ciel, c’est la mer, c’est l’innocence, c’est la pureté. Alors que l’orange, pardon, ça déménage. Traditionnellement associé au soleil, donc à l’énergie, à la chaleur, c’est la couleur de l’optimisme, du dynamisme, du mouvement.

    Il est vu comme un antidépresseur, un excitant, lié aux plaisirs de la table et du corps, à la stimulation sensorielle, à la sensualité et même à la sexualité ludique. C’est la couleur du deuxième chakra, qui exprime notre rapport au plaisir et au désir (rappelons que les chakras, qui sont au nombre de sept, sont des « centres spirituels » ou des « points de jonction de canaux d’énergie » dans la philosophie hindouiste).

    Autant dire que ça va chauffer dans La Croix nouvelle formule.

    Une révolution orange, ça implique aussi de se mettre sous le parapluie américain d’où tombent des dollars à gogo. Mais je ne suis pas sûr que les Américains aient envie de subventionner La Croix

  • Un miracle de saint Charbel

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    Du 15 au 17 janvier a été exposée une relique de saint Charbel en l’église maronite de Phoenix, Arizona, à l’occasion du 50e anniversaire de la béatification du moine libanais. Ce qui a donné lieu à pas moins de 13 célébrations eucharistiques (dont trois par l’évêque maronite de Los Angeles, une par l’évêque de l’Eglise byzantine catholique – dont la cathédrale est à Phoenix, deux dans le rite latin dont une par l’évêque du lieu, une melkite par le curé de l’église melkite de Phoenix, et même une syriaque orthodoxe), entre force adorations eucharistiques, méditations, chapelets, et naturellement séances de vénération des reliques, avec une affluence considérable de fidèles.

    A Phoenix vit une femme, Dafné Gutierrez, mère de trois enfants, qui a complètement perdu l’usage d’un œil à l’automne 2014, puis de l’autre en novembre dernier. Un rapport médical constate que sa cécité est totale et irréversible. Le 16 janvier, ses proches la persuadent d’aller prier devant la relique de saint Charbel. On l’amène à l’église. Le Père Wissam raconte : « J’ai posé ma main sur sa tête, puis sur ses deux yeux, et j’ai demandé à Dieu de la guérir, par l’intercession de saint Charbel. »

    Le 18, à 5h du matin, elle se réveille avec une forte douleur dans les yeux, ainsi qu’une sensation de forte pression sur son crâne et ses orbites. Elle réveille son mari, qui sent quant à lui une « odeur de brûlé » et allume aussitôt la lumière… et l’éteint immédiatement parce que Dafné crie que ça lui fait mal. C’est alors, dans la pénombre, qu’elle comprend qu’elle voit. « Je te vois, je te vois avec mes yeux », dit-elle à son mari, tout en ressentant toujours la forte pression sur son crâne, « comme après une opération ».

    « Je ne pouvais pas le croire, dit-elle. Je ne voulais pas fermer les yeux. Et mes enfants criaient : Maman voit, Dieu l’a guérie ! »

    Trois jours plus tard elle va chez son ophtalmologiste, qui va appeler quatre autres médecins pour constater l’inexplicable guérison. « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible », répétait le Dr Jimmy Saade, regardant alternativement Dafné et le rapport médical sur sa cécité. Les examens ont montré une totale absence de l’œdème papillaire responsable de la cécité. D’autres examens sont en cours pour déterminer s’il reste des séquelles du syndrome d’Arnold-Chiari (malformation congénitale du cervelet) diagnostiqué alors qu’elle avait 13 ans et qui a abouti à la cécité.

    Il ne serait pas étonnant qu’on constate la disparition du syndrome d’Arnold-Chiari. Car les douleurs que Dafné a ressenties, « comme après une opération », ressemblent précisément aux douleurs de ceux qui disent avoir vu en songe saint Charbel les « opérer ». Quant à l’odeur de « brûlé », il s’agit sans doute de l’odeur d’encens que saint Charbel laisse éventuellement derrière lui.

    Bref, le thaumaturge libanais, auquel on attribue des milliers de miracles, a encore frappé.

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  • Profanation et sacrilège

    L’église Saint-Didier de Bruyères-le-Châtel (Essonne) a été vandalisée dans la nuit de samedi à dimanche. « C’est un vrai saccage. Un vitrail a été cassé. Le tabernacle a été retourné, le ciboire dérobé, la sacristie retournée », dit l’évêque, Mgr Dubost.

    Le ciboire a été volé avec ses hosties consacrées.

    Un précieux ostensoir n’a pas été volé.

    Selon Mgr Dubost, « c’est une vraie attaque contre l’Église catholique. C’est le symbole du sacré qui est touché. Il y a une volonté de nuire ».

    Ce n’est pas seulement le symbole qui est touché, quand on croit à l’eucharistie. Comme par exemple les auteurs de messes noires, qui sont tranquilles puisque personne n’en parle.

  • Wisigothique

    Sur le toujours très intéressant blog New Liturgical Movement, Matthew Alderman nous fait découvrir une église wisigothique d’Espagne qu’il a visitée près de Burgos, Santa Maria de Lara, à Quintallina de las Viñas, ou du moins ce qu’il en reste, à savoir le chevet et le transept.

    Ce que je trouve stupéfiant est ce qu’il dit des sculptures figuratives que l’on y voit, dont « ce qui pourrait être l’image la plus ancienne du Christ dans l’art espagnol, un morceau de sculpture bizarre, troublant, et presque méconnaissable ». Et c’est pourquoi, dit-il, il a voulu le partager sur le blog : « Quelque chose paraissait complètement autre dans ces images froides et d’un autre monde, et même troublantes. Effrayant, non, étrange, oui. » Et il continue ainsi, disant que c’est un sentiment qu’il n’a que rarement ressenti et qu’il ne peut expliquer, dû peut-être aux « goûts barbares » des Wisigoths… dont il se dit pourtant un lointain descendant…

    Donc voici l’image du Christ en question :

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    Or, quant à moi, je suis complètement chez moi quand je vois cela. D’autant plus chez moi que ça ressemble à des dessins celtiques, aux gravures et enluminures irlandaises, et aux églises romanes irlandaises… dont les porches paraissent parfois hispaniques.

    Le plus étonnant est que, comme l’a établi Ludovic Grondijs, les frises et les personnages viennent tout droit… d’Arménie. Certes, on sait qu’au moyen âge circulaient des modèles de décoration d’un peu partout, et qu’à la cathédrale du Puy on peut voir des motifs tunisiens et égyptiens, avec même des inscriptions coraniques devenues illisibles parce que l’artiste n’y voyait que des… arabesques. Mais ici nous sommes au VIIe siècle, et les églises arméniennes en question sont du… VIIe siècle. Ludovic Grondijs nous apprend qu’un prince arménien s’était réfugié chez le roi wisigoth, dans les années 640, qui lui avait donné sa fille ou sa nièce en mariage, et que le fils de ce couple avait ensuite renversé le roi pour prendre sa place…

    Frise arménienne du VIIe siècle:

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    Frise de la chapelle wisigothique:

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    Et comparer les vêtements du bas relief du Christ et des anges avec ceux de ce bas relief arménien :

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    En revanche, je suis beaucoup plus dubitatif sur la thèse principale de Grondijs, qui est que la chapelle de Quintanilla serait un sanctuaire manichéen déguisé en église, sous prétexte que de chaque côté de l’arc il y a une représentation de la lune et du soleil.

    On trouvera de nombreuses photos de cette église et de ses sculptures sur le site Chapiteaux.

  • Le point sur la date de Pâques

    A l’issue d’une réunion des primats anglicans (celle où l’on s’est gravement écharpé sur l’ordination des homosexuels), Justin Welby a déclaré qu’il était en pourparlers avec les catholiques et les autres confessions chrétiennes pour l’établissement d’une date unique de la fête de Pâques, et que cela devrait se faire d’ici dix ans.

    Le propos n’a guère été répercuté, hors d’Angleterre, que par les coptes, qui sont des militants acharnés de la date unique de Pâques depuis qu’ils ont un nouveau patriarche. Celui-ci avait écrit au pape sur le sujet en mai 2014, puis il en avait reparlé en mai 2015, et le pape avait alors publiquement manifesté son accord de principe (mais pas sur la date proposée…).

    En fait il y a deux questions distinctes. Il y a celle d’une date fixe pour la fête de Pâques, qui est celle dont parlent les anglicans, les coptes et le pape. Et il y a la question de la date mobile de Pâques selon les calendriers julien et grégorien, qui fait que la date mobile de Pâques a lieu à deux dates différentes.

    Cette dernière question devait être débattue lors du concile panorthodoxe qui va se réunir, en Crète, en juin prochain. Mais, à l’issue de la réunion des patriarches orthodoxes qui s’est tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier (et qui a décidé de la date et du lieu du concile), le patriarche de Moscou a annoncé que la question du calendrier avait été retirée de l’ordre du jour. Parce que l’Eglise orthodoxe russe tient au calendrier julien, mais ne veut pas entrer en conflit avec les Eglises orthodoxes qui suivent le calendrier grégorien (le pire schisme orthodoxe ayant eu lieu pour une affaire de calendrier).

    Ainsi, on sait désormais que le concile panorthodoxe en restera au statu quo.

    A plus forte raison il ne sera pas question d’une date fixe pour la date de Pâques.

    En juin 2015, après les déclarations du patriarche copte et du pape, le vice-président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, Nikolaï Balashov, avait déclaré que si Rome décidait de célébrer Pâques selon le calendrier julien, cette intention serait bienvenue (sic), mais que s’il s’agit d’avoir une date fixe c’est « totalement inacceptable pour l’Eglise orthodoxe », puisque ce serait contraire aux prescriptions du concile de Nicée.

    Cela devrait être tout aussi inacceptable pour l’Eglise catholique, nonobstant la note irresponsable de Vatican II sur le sujet.

    Quoi qu’il en soit des fantasmes de Justin Welby et des désirs des coptes, il ne se passera donc rien. Et heureusement. En l’occurrence ce sont les orthodoxes russes qui sont les garants de la tradition, même si, par… traditionalisme, ils se trompent quant au calendrier…

  • Des luthériens communient à Saint-Pierre de Rome

    A la suite de la rencontre au Vatican entre François et une délégation œcuménique finlandaise, les membres de la délégation ont assisté à une messe en la basilique Saint-Pierre. Au moment de la communion, les non-catholiques se sont avancés en mettant la main droite sur l’épaule gauche pour signifier qu’ils ne communiaient pas. Mais le prêtre a insisté pour qu’ils communient, ce qu’ils ont fait.

    C’est l’« évêque » luthérien d’Oulun, Samuel Salmi, qui a raconté cela à Kotimaa24. « Ce n’était pas un hasard », dit-il, de même que ce n’était pas un hasard quand le pape a paru accepter l’idée qu’une femme luthérienne puisse communier avec son mari catholique… Et de préciser :

    « A la racine de cela il y a, sans aucun doute, l’attitude œcuménique d’un Vatican nouveau. Le pape n’était pas là à la messe, mais son intention stratégique est de mener à bien une mission d’amour et d’unité. Il y a aussi des adversaires théologiques au Vatican, c’est pourquoi il est difficile d’évaluer jusqu’où il peut aller dans ses propos, mais il peut permettre des gestes pratiques. »

  • Tout sur don Marco

    Le prêtre "catholique" de la vidéo du pape sur le dialogue interreligieux n’est pas n’importe qui, et cela ajoute encore à la dimension déjà si détestable du pénible document.

  • La musique du Pater

    Pater imon o èn dis ouranis
            hayiasthito to onoma sou
            elthéto i vassilia sou
            yénithito to thélima sou
    os èn ourano kai épi tis yis

    ton arton imon ton épioussion
                 dhos imin siméron

    kai aphès imin ta ophilimata imon
                 os kai imis aphiémèn tis ophilétais imon
    kai mi issénènguis imas is pirasmon
    alla rhissai imas apo tou ponirou.

    Ci-dessus, le Pater, en grec, dans sa prononciation liturgique, en transcription phonétique (donc toutes les lettres se prononcent, et comme il n’y a pas de voyelles nasales « on » se prononce « o-ne », et « in » se prononce « i-ne »).

    « Notre Père, qui es dans les cieux (« le dans les cieux », dit le grec) / que soit sanctifié ton nom (« le nom de toi », dit le grec) / que vienne ton royaume / que soit faite ta volonté comme dans le ciel aussi sur la terre /Notre pain supersubstantiel (« le pain de nous le supersubstantiel ») donne-nous aujourd’hui / et remets-nous nos dettes comme aussi nous remettons les dettes à nos débiteurs / et ne nous introduis pas dans la tentation / mais délivre-nous du mal. »

    Le Pater est composé de sept demandes. Trois concernent Dieu, quatre concernent l’homme, conformément au symbolisme des nombres : trois, c’est la Trinité, quatre c’est l’homme aux quatre membres qui vit dans un monde qui a quatre points cardinaux et quatre saisons. Et sept est donc le nombre total (créateur et création).

    Mais on constate aussi que si les trois premières demandes sont très liées, les trois dernières demandes le sont également : on demande à être libéré du péché et de la tentation. Alors nous avons trois demandes vers Dieu et trois demandes pour l’homme, avec au milieu une demande centrale : celle du pain de chaque jour, et du pain supersubstantiel : la nourriture corporelle nécessaire à notre vie biologique, et la nourriture divine nécessaire à notre vie spirituelle. Le pain de la vie éternelle : le Christ, qui est au centre du Pater, pain descendu du ciel, qui est à la fois Dieu (les trois premières demandes) et homme – ayant revêtu la chair du péché (les trois dernières).

    La « musique » du Pater en grec souligne tout cela.

    Les trois premières demandes sont caractérisées par leur finale en « a-sou », et elles sont encadrées par deux propositions se terminant par « is (…) is ». (Ce qui répond à la question de savoir si « sur la terre comme au ciel » concerne la troisième demande, ou les trois : on voit clairement que ce sont les trois.)

    Il y a ensuite la demande centrale du Pain, qui est une suite d’assonances en « on ». Elle a été discrètement annoncée par le Père dès le début de la prière, et elle va se retrouver en écho dans les deux demandes suivantes, car nous avons besoin de ce Pain pour pardonner et pour résister à la tentation. Les trois dernières demandes sont étroitement liées à la quatrième par le jeu des « imon, imin, imas ». Mais la dernière demande finit dans une sonorité étrangère au reste de la prière, qui donne l’impression de tomber à plat, sur un « ponirou » déconcertant : c’est le monde où nous vivons, le monde du mal, le monde de la dissonance, par contraste avec le monde divin des premières demandes, auquel renvoie néanmoins, faiblement, le son « ou ».

    On dit que pour mieux comprendre le Pater on peut le lire et le méditer en commençant par la fin. C’est-à-dire par le pire de la condition humaine, pour arriver au Père. Les sonorités du Pater en grec soulignent aussi cette lecture : nous sommes dans le mal, la tentation, le péché, pour en sortir nous devons prendre le Pain, et par le Pain (le Christ) nous avons accès au Royaume. Et le « ou » mourant de « ponirou » est absorbé par le ferme triple « sou » de l’appartenance au Père. Lu ainsi, le Pater précise que nous devons pardonner à nos frères avant de participer au Saint Sacrifice, comme Jésus l’enseigne dans l’Evangile. S’étant incorporé au Christ, on peut alors dépasser « le ciel et la terre », la création sur laquelle on demandait que règne le Père, pour atteindre « les cieux » incréés qui sont le trône de la Trinité.

  • Liturgie républicaine

    C’était déjà le cas à chaque catastrophe naturelle ou important accident faisant des victimes, c’est devenu obsédant - et impressionnant - depuis les premiers attentats musulmans : les autorités convient à des cérémonies qui ont pris des allures de rites liturgiques. La population y est tellement sensible qu’elle anticipe les cérémonies républicaines par ses propres rites, dépôt de fleurs et de cierges, copié des rites catholiques vidés de leur signification. Les autorités républicaines contreviennent allègrement à la loi de 1905 en organisant leurs cérémonies religieuses dans la rue, qui chaque fois est coupée à la circulation parce que le président, des ministres, d’autres élus, sont au milieu, droits comme des piquets, l’air sombre, devant une plaque.

    Cette semaine, qui fut celle de la Vigile de l’Epiphanie, de l’Epiphanie et de l’octave de l’Epiphanie, a été particulièrement riche en liturgies républicaines de rue. Et le sommet ce sera demain, place de la… République, de la Très Sainte République, à l’heure de la grand messe (11h), avec dévoilement de plaque par les grands prêtres Hollande et Hidalgo, antienne du jour par le chantre Johnny Hallyday, deuxième antienne par le Chœur de l’Armée française, épître de Victor Hugo, troisième antienne (Le temps des cerises !) par le Chœur de l’Armée française, offrande de fleurs, temps de méditation silencieuse, chant de sortie (Marseillaise) par le Chœur de l’Armée française.

    Aux vêpres (17h30), illumination (« Joyeuse lumière », chantent les vêpres byzantines) du saint Chêne (de 12 mètres planté le jour de l’Epiphanie), de la statue de la Très Sainte République et de la fresque « Fluctuat nec mergitur » (mais oui il y a même du latin !). On précise que les fidèles sont invités à amener (sic) une bougie pour les illuminations.

    Difficile de singer davantage le culte catholique.

    D’où il ressort qu’il est impossible de se passer de rites. Les laïcistes avaient cru supprimer (presque) tout ce qui y ressemble dans la République. Mais on voit le grand retour en force d’un rituel républicain, comme pendant la Révolution française, selon une religiosité de substitution qui n’a jamais disparu, comme on le voyait chez Jaurès, et comme on le voit chez Peillon.

    On constate ici à quel point la Sainte Ecriture avait raison quand dans l’Ancien Testament les prophètes qualifient sans cesse les idoles des nations de « néants » et leurs fidèles d’adorateurs du vide.