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Religion

  • “La Nef”

    Le magazine La Nef a un nouveau site internet.

    On peut y lire notamment le texte de la conférence du cardinal Sarah à Varsovie le 22 octobre dernier, dont j’avais mis la vidéo sur mon blog.

    Parmi les nombreux articles d’archive mis en ligne, on trouve en lien sur la page d’accueil la remarquable analyse de l’abbé Gouyaud sur Kasper et la miséricorde.

  • Pas culturel ?

    L'Assemblée nationale du Nicaragua a retiré le projet de loi de reconnaissance du caractère de « patrimoine national » aux célébrations en l’honneur de l’Immaculée Conception, sur demande des évêques du pays.

    Le gouvernement sandiniste… mais ils ont bien changé… y compris le président Ortega, voulait que soit déclaré « patrimoine historique et culturel de la nation » l’ensemble des célébrations autour de l’Immaculée Conception (sainte patronne du pays) : neuvaine, fête de la « Griteria », fête de la Vierge du Trône d’El Viejo à Chinandega, Solennité de l’Immaculée Conception.

    « Ce serait triste qu’une tradition religieuse se réduise à une expression de culture », a déclaré Mgr Silvio Fonseca, vicaire épiscopal chargé de la famille, de la vie et de l’enfance à l’archidiocèse de Managua. Le Cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, a souligné que la fête en l’honneur de l’Immaculée Conception est une fête de l’Eglise catholique, qui appartient au monde entier et non pas à un pays.

    On voit que si ces évêques étaient les nôtres, quiconque argumenterait sur le caractère « culturel » des crèches de Noël pour les faire accepter dans l’espace public se ferait vertement taper sur les doigts.

    La position de cet épiscopat paraît du reste plutôt extrémiste. Car, qu’on le veuille ou non, il y a bien un côté culturel aux fêtes de l’Immaculée Conception au Nicaragua. Culturel et national. La Griteria est une fête spécifiquement nicaraguayenne, et assez importante pour que la page de wikipedia qui lui est consacrée soit très fournie (ici en espagnol, ici en traduction automatique).

    Depuis Vatican II il y a comme une peur panique chez les évêques d’apparaître comme les tenants d’une religion d’Etat. Et ils deviennent les premiers militants de la séparation entre la culture et la religion en croyant militer pour la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Alors que dans les deux cas c’est la « distinction » qui s’impose, distinction qui permet toutes les harmonisations et les reconnaissances réciproques. Il serait plutôt valorisant pour l’Eglise (et bon pour la transmission de la foi) que l’Etat reconnaisse officiellement un grand événement religieux (et national) comme un grand événement culturel (et national). Surtout, pourrait-on dire, quand le gouvernement est composé d’anciens guerilleros marxistes (et cela quels que soient les éventuels sous-entendus politiciens)...

  • Il l’avait dit

    Au cours de sa campagne, Donald Trump avait promis : « Nous dirons de nouveau “Joyeux Noël”. »

    Voici sa carte officielle de vœux :

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    Et voici celle d’Obama en 2016.

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    Il paraît que Trump est vulgaire et que Obama est classe…

    Et voici la crèche de la Maison Blanche, dans la vidéo où Melania fait le tour des décorations.

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    Voici une photo de l'ensemble de cette crèche napolitaine du XVIIIe siècle, qui se trouve à la Maison Blanche depuis les années 1960 mais dont la Maison Blanche ne donnait pas d'images jusqu'ici pour Noël (cette photo provient d'un magazine de décoration d'intérieur).

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  • Rosaire irlandais

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    Inspirés par l’exemple polonais, de jeunes Irlandais avaient organisé un « Rosaire sur les côtes pour la vie et la foi », dimanche dernier. Ils avaient choisi ce jour parce que c’est la fête du Christ Roi dans l’actuel calendrier officiel, et que l’Irlande fut le premier pays à se consacrer au Christ Roi. Il s’agissait de prier pour le renouveau de la foi en Irlande, et aussi pour la vie, à l’approche du référendum qui l’an prochain (sauf miracle…) légalisera l’avortement.

    Ils eurent le soutien verbal de quatre évêques, dont un disant qu’il y participerait. (A comparer avec la Pologne où les évêques ont massivement soutenu l’initiative des laïcs.)

    Le résultat a néanmoins dépassé toutes les espérances. Les organisateurs souhaitaient modestement qu’il y ait 53 points de célébration du Rosaire (du nombre de grains du chapelet). Il y en a eu finalement 270 (en trichant un peu car un certain nombre n’étaient pas sur la côte). Et ils revendiquent 30.000 participants.

    Ce jour était aussi la veille celui de la fête de la Médaille miraculeuse, et les organisateurs avaient eu la très remarquable idée de demander aux participants d’apporter des médailles et de les enterrer sur la côte : l’Irlande est donc désormais entourée de médailles miraculeuses.

  • En Sicile

    Jeudi dernier, le directeur d’une école maternelle de Palerme, qui était auparavant en Lombardie, a enlevé la statue de la Sainte Vierge et les images religieuses des couloirs, et a fait savoir par une circulaire aux enseignants qu’il était désormais interdit de dire une prière avant le goûter.

    La réaction n’a pas tardé : le lendemain, les enfants sont venus avec un chapelet autour du cou, tandis que les parents manifestaient devant l’école, avec l’appui de l’archevêque.

    Puis toute l’Italie s’est enflammée pour condamner et stigmatiser le directeur laïcard, qui n’a guère trouvé que les extrémistes genre « libres penseurs » locaux pour le soutenir.

    Le directeur a tenté de se défendre en invoquant un avis du procureur général d’Italie, annexé à une note du ministère de l’Education, en 2009, interdisant « la célébration d’actes de culte, de rites ou de célébrations religieuses à l’école pendant les heures de cours ».

    Mais il a été contredit par le gouvernement, par la voix du sous-secrétaire d’Etat à l’Education, Gabriele Toccafondi, qui a déclaré (sur… Radio Vatican) que le bon sens et la raison éviteraient de tels incidents, que cela ne blesse personne qu’il y ait des images sacrées, et que dans l’acte du directeur il y a « peu de liberté et beaucoup d’idéologie ». Il a rappelé la décision de la Cour européenne des droits de l’homme selon laquelle les crucifix dans les salles de classe en Italie ne portent pas atteinte à la liberté individuelle et à la liberté religieuse. Le ministre de l’Education en personne, Valeria Fedeli, a déclaré que le directeur avait interprété de façon inappropriée la circulaire de 2009, notamment en ne demandant pas l’avis des parents.

    L’affaire est devenue politique et c’est à qui sera le plus en pointe. Forza Italia dénonçait « un geste dicté par la volonté d’imposer le laïcisme et l’anticléricalisme. » La Ligue du Nord tempêtait que « interdire à des enfants de 3 à 6 ans de prier à l’école est une chose indigne » et retirer les photos du pape et les statues de la Vierge est « un acte ignoble ». Forza Nuova a aussitôt accroché une banderole : « Rends la Madone » sur le mur de l’école. Ce matin, Alessandro Pagano, député et représentant local de « Noi con Salvini » (équivalent de la Ligue du Nord dans le Sud), s’est rendu à l’école pour apporter une statue de la Sainte Vierge en remplacement de celle qui a été enlevée. Mais il n’a pas pu rencontrer le directeur, qui a… disparu. Il a déclaré : « Je suis ici en tant que représentant des institutions. Je n’apporte pas un symbole partisan mais seulement un symbole de paix, qui est la Vierge Marie. Je suis venu répondre calmement à un acte que je considère de prosélytisme qui ne respecte pas l’article 3 de la Constitution, qui défend la liberté de pensée et la liberté de professer une foi. Le directeur fuit ses responsabilités pendant que je suis ici pour défendre les mamans et les petits enfants croyants. »

  • Rosaire musulman ?

    Il devrait y avoir des limites au délire du « vivre ensemble ». On comprend qu’en Indonésie les catholiques marchent sur des œufs et fassent des efforts désespérés pour montrer aux musulmans qu’ils sont eux aussi des êtres humains, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi. Surtout quand on est évêque.

    Selon l’agence Fides, l’archevêque de Djakarta, Mgr Ignazio Suharyo, a déclaré que le Rosaire est une prière appréciée également par les musulmans.

    Mais « Sainte Marie, Mère de Dieu », c’est le blasphème le plus épouvantable pour un musulman. Laisser entendre qu’un musulman pourrait invoquer 153 fois la « Mère de Dieu » est une imposture. Non seulement stupide, mais évidemment dangereuse en raison d’éventuelles représailles, dans un pays où 23% des étudiants jugent que « l’Etat islamique vaut la peine de se battre pour lui afin que soient mis en œuvre des enseignements islamiques plus cohérents ».

    Ou alors les mots n’ont plus de sens.

  • Jean-Paul II de Ploërmel

    • L’ahurissante réaction du vicaire général de Vannes à l’arrêt du Conseil d’Etat sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel ayant, quand même, provoqué une considérable émotion chez les fidèles, et au-delà, le diocèse a publié un « communiqué officiel » qui a davantage de tenue. Même si on se demande où le diocèse a vu la « laïcité équilibrée » dont il parle. Et qui, même si par miracle elle existait, serait détruite par la loi de 1905 chaque fois que quelqu’un y a recours… comme le montre l’exemple de Ploërmel.

    • La vraie bonne nouvelle est que, selon l’association de défense de la statue, la municipalité de Ploërmel, qui refusait de lui vendre le terrain, a changé d’avis et propose désormais de le faire. Or l’association a les moyens d’acquérir la parcelle et de financer la question juridique.

    • L’ancien maire Paul Anselin, qui a fait ériger la statue et qui est secrétaire général de l’association, fait savoir par le même courrier qu’il va rencontrer le sculpteur, Zurab Tsereteli. On suppose qu’il lui fera part notamment de cette importante étude juridique de Charles Prats, publiée par Dalloz, montrant que l’artiste peut facilement bloquer la décision du Conseil d’Etat.

  • Honte vaticane

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    La Poste de la Cité du Vatican édite ce timbre, commémorant le « 5e centenaire de la Réforme protestante ».

    C’est le crucifix qui se trouve au-dessus du portail de l’église de Wittemberg où Luther, le 31 octobre 1517, afficha ses 95 thèses, aujourd’hui gravées dans le bronze.

    A gauche, Luther et la Bible. A droite, Mélanchton et la Confession d’Augsbourg…

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  • Pernicieux

    Ceux qui ont lancé le hashtag #MontreTaCroix voulaient bien faire, sans aucun doute. Mais ils contribuent à obscurcir le problème au lieu de le montrer au grand jour.

    Cette profusion de photos de croix dans des lieux publics laisse entendre que le Conseil d’Etat a jugé de façon arbitraire et partiale contre le monument de Ploërmel.

    Or, tout au contraire, le Conseil d’Etat a simplement appliqué la loi, et il ne pouvait pas faire autrement. La loi de 1905 interdit explicitement l’érection de tout symbole religieux, à l’avenir, dans l’espace public. Eriger une croix sur une place de Ploërmel est donc interdit. Depuis 1905.

    C’est donc la loi de persécution de 1905 qu’il faut combattre, et non le Conseil d’Etat.

    C’est ce que j’avais déjà souligné, sans être entendu, même de mes amis, dans l’affaire de l’interdiction des crèches de Noël. Finalement, le Conseil d’Etat a tranché que, si ce n’était pas un symbole religieux mais une tradition culturelle, on pouvait installer une crèche de Noël dans l’espace public. Désormais, se féliciter d’un jugement qui justifie l’installation de telle crèche de Noël, c’est se féliciter que la crèche de Noël n’ait rien à voir avec la religion…

    C’est surtout oublier que la loi de persécution reste intacte. Et chaque fois qu’on critique un jugement du Conseil d’Etat au lieu de souligner qu’il ne fait qu’appliquer la loi en la matière, on conforte la loi de persécution puisqu’on ne la combat pas, puisqu’on fait semblant de l’ignorer. Et c'est dramatiquement le cas quand on accumule des photos de croix anciennes pour montrer que le Conseil d'Etat est injuste...

    J'ajoute qu'il n'y a aucun parti politique qui ait dans son programme une abrogation de la loi de persécution anticatholique, et, pire encore, qu'il n'y a aucun évêque qui ne le demande (c'est même tout le contraire). C'est pourquoi #MontreTaCroix est à côté de la plaque, complètement inopérant.

  • Hallucinant

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    Dans la cathédrale d’Orléans. La plaque a été inaugurée par l’évêque Blaquart. Il est urgent de faire lire le cardinal Müller.