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Religion

  • Le cardinal Sarah

    Famille Chrétienne évoque la parution d’un livre d’entretiens du cardinal Robert Sarah… qui ne va pas arranger la réputation des Africains auprès du cardinal Kasper et de sa clique. Surtout qu'il est préfacé par... Benoît XVI. Extrait :

    « L’idée qui consisterait à placer le Magistère dans un bel écrin en le détachant de la pratique pastorale, qui pourrait évoluer au gré des circonstances, des modes et des passions, est une forme d’hérésie, une dangereuse pathologie schizophrène. J’affirme donc avec solennité que l’Église d’Afrique s’opposera fermement à toute rébellion contre l’enseignement de Jésus et du Magistère. »

    Et Famille chrétienne cite de bien belles formules du cardinal, notamment sur les missionnaires qui ont évangélisé l’Afrique, et sur la prière.

     

    Addendum

    Ce qui était annoncé:

     

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    Et ce qui est sorti:

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  • Rectification

    Vu sur le Salon Beige :

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    Les cimetières municipaux ne sont pas des cimetières chrétiens. Ce sont des cimetières républicains, comme dit Michèle Delaunay. De ce fait, renverser des croix dans les cimetières, c’est une profanation de la République. Il fallait y penser.

     

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  • Respecter les morts ?

    Les cimetières de Tracy-sur-Mer (Calvados) et de Saint-Béat (Haute-Garonne) ont été vandalisés et profanés. Dans le premier, une dizaine de croix ont été renversées et retournées. A Saint-Béat, des croix ont été cassées, dit le procureur, sans donner le nombre et en affirmant aussitôt qu’on n’est « pas du tout dans le même cas que les événements des derniers jours » : la profanation de tombes chrétiennes n’a rien à voir avec la profanation de tombes juives. Ce n’est pas du tout de même gravité. Puisque les profanations de tombes chrétiennes ne sont pas antisémites. Ni d’ailleurs islamophobes. Et que la Croix du Christ relève de croyances d'un autre temps...

    Il y a eu néanmoins de nombreuses réactions, y compris du président de la République.

    Le Parisien a reproduit les tweets indignés de Nathalie Kosciusko-Morizet, Claude Bartolone et Jean-Paul Huchon.

    « Un acte insupportable et indigne », dit le président de l’Assemblée nationale. « La République ne peut tolérer ces agissements. »

    Certes, la République ne les « tolère » pas: elle y incite, et c’est pourquoi ils se multiplient et vont continuer de se multiplier au rythme de la montée de la barbarie et de la déchristianisation.

    Il est bien évident qu’on ne respecte pas les morts quand on a appris depuis 40 ans à ne pas respecter la vie naissante, et quand on légifère sur la suppression des malades et des vieux.

  • Apparition permanente ?

    Alta Gracia, chef lieu du département de Santa Maria, dans la province de Cordoba, en Argentine, fut le lieu de résidence de Che Guevara pendant 12 ans, et la maison du guérillero sanguinaire est un musée que l’on vient visiter de partout.

    Mais depuis 2011 ce n’est plus le lieu le plus visité d’Alta Gracia. Désormais, c’est, et de très loin, la chapelle édifiée près de la réplique de la grotte de Lourdes. A cause d’un phénomène véritablement unique à ce jour, et que je découvre par le Salon Beige relayant un article d’Aleteia.

    Au-dessus de l’autel, dans une niche, il y avait une statue de la Vierge de Lourdes. En 2011 on l’a enlevée dans le cadre de la restauration de la chapelle. Or on a continué à la voir, dans sa niche, et on continue toujours de la voir. Comme si c’était un hologramme. C’est une sorte de lumière, mais qui a très nettement la forme de la Vierge de Lourdes, et l’on distingue les plis de sa robe. Du moins quand on est à l’entrée, et surtout si l’on... éteint les lumières. Plus on avance vers l’autel, plus la forme s’évanouit, puis disparaît. Car il n’y a rien dans la niche. Mais l’on n’a pas osé y remettre la statue, qui est désormais à côté…

    Jusqu’à présent, personne n’a pu donner d’explication rationnelle à ce phénomène qui, évidemment, attire les foules.

    On peut trouver sur la toile au moins deux vidéos. Je conseille celle-ci, car l’autre ne montre pas l’approche du phénomène jusqu’au bout.

    Ce pourrait être la première apparition permanente de la Vierge, visible par tous.

    Je suis tombé sur un site protestant qui en parle longuement et finit par conclure que puisque le phénomène est incontestable il ne peut qu’être satanique… Preuve que le fantôme marial d’Alta Gracia, département de Santa Maria, ne peut laisser indifférent...

  • Le cardinal Marx nous traite de terroristes

    Propos du cardinal Reinhard Marx, président de la conférence épiscopale allemande, membre du « G9 » et coordinateur du conseil papal pour l’économie :

    « L’Eglise dit qu’une relation homosexuelle n’est pas au même niveau qu’une relation entre un homme et une femme. C’est clair. Mais quand ils sont fidèles, quand ils sont engagés pour les pauvres, quand ils travaillent, ce n’est pas possible de dire : Tout ce que vous faites, parce que vous êtes homosexuels, est négatif. »

    Non, dit comme ça, ce n’est pas clair du tout. Il ne s’agit pas d’une différence de niveau, mais d’une différence de nature. Le cardinal Marx ne connaît pas le catéchisme.

    « J’ai eu une discussion avec certains des étudiants qui m’ont demandé : Cardinal, est-il vrai que les jeunes sont plus traditionnels ? Et c’est vrai. Mais ce n’est pas dangereux. Je n’ai aucun problème avec la tradition. Mais nous avons aussi la tendance de gens qui veulent être clairs dans leurs positions. Le populisme noir et blanc grandit en Europe. Et cela est le début, peut-être, du populisme, du terrorisme, c’est clair. L’ambiance de réduire la complexité du monde, de donner des réponses simples, de donner des réponses en noir et blanc, grandit, et je pense que c’est très dangereux. »

    Ce qui est pratique, c’est qu’avec un cardinal comme ça on n’a pas besoin de penseurs ou chroniqueurs anti-chrétiens…

  • Nouveau : le narguilé blasphématoire

    Le Centre catholique d’études et de formation pour les médias, que dirige à Amman le P. Rifat Bader, dénonce la commercialisation en Jordanie de narguilés sur lesquels sont reproduites des images indécentes et blasphématoires de Jésus-Christ.

    Voilà donc encore un nouvel « effet Charlie ».

    Mais il est certain que ces narguilés ne vont pas durer longtemps, car les autorités des pays du Levant ne plaisantent pas avec ce genre de chose. Même quand ce sont les chrétiens qui sont les victimes. Surtout en Jordanie. C’est d’ailleurs surprenant que dans un pays musulman on s’en prenne à celui qui dans l’islam est le plus grand des prophètes avant Mahomet.

    Mais qui donc est Charlie en Jordanie ?

  • Le satanisme se répand

    La collégiale Notre Dame des marais de Montluel, dans l’Ain, est fermée jusqu’à vendredi, jour où aura lieu une messe de réparation. Car jeudi ou vendredi dernier le tabernacle a été fracturé et quelque 200 hosties consacrées ont été volées.

    Parmi les profanations d’églises, qui sont de plus en plus nombreuses (c’est la quatrième, rien que dans l’Ain, en quelques jours), les vols d’hosties consacrées sont également en hausse. Il est clair que lorsqu’on vole des hosties sans rien voler d’autre, c’est forcément pour un culte satanique.

    La bonne nouvelle est qu’il y a de plus en plus de gens qui croient en la réalité de la présence du corps du Christ.

    La mauvaise nouvelle est que ce n’est pas pour étendre le règne de Dieu.

    La conclusion est que les prêtres ne doivent plus laisser les saintes espèces dans les tabernacles.

  • Quand même…

    Reporters sans frontières a décidé de faire signer à tous les responsables religieux une proclamation intitulée « La liberté d’expression n’a pas de religion ». Le président de la Fédération protestante de France a signé des deux mains, et le cher docteur Boubakeur a signé en tant que recteur de la Mosquée de Paris (n’engageant donc pas le CFCM).

    La Conférence des évêques de France a refusé de signer. Refus exprimé d’abord par son porte parole, puis par son président, Mgr Pontier.

    Tout en saluant cette petite résistance à la dictature de la pensée unique, on soulignera que ni le porte-parole ni le président de la CEF ne dit l’horreur de ce que l’on veut leur faire signer. Et l’on frémit de penser que des chrétiens ou des musulmans puissent signer un texte qui proclame que le blasphème est un droit. On savait déjà que Dalil Boubakeur peut tout signer pour avoir la paix parce qu’il ne croit en rien, mais on constate qu’il en est de même des protestants, et de façon plus discrète du grand rabbin de France qui « aurait donné son accord de principe ».

  • Une perle du chanoine Osty

    La lecture biblique du jour, quoique occultée par la fête de sainte Agathe, c’est le début du chapitre 4 de la Genèse.

    Or Adam connut Eve, sa femme, qui conçut et enfanta Caïn (…) ; elle enfanta de nouveau, son frère Abel (…).

    Note du chanoine Osty : « Le texte actuel (sic) rattache ainsi à Eve Caïn et Abel, comme s’ils étaient ses fils »

    Sic : quel est le chrétien demeuré qui peut encore croire que Caïn et Abel soient les fils d’Eve ?

    Et ce n’est pas tout. Le chanoine Osty ajoute :

    « … et ses deux seuls fils. »

    Or la Genèse dit ensuite :

    Adam connut encore sa femme, et elle enfanta un fils, et elle l’appela du nom de Seth. (...) Et les jours d'Adam, après qu'il eut engendré Seth, furent de 800 ans, et il engendra des fils et des filles.

    Même la Bible de Jérusalem ne va pas aussi loin dans le négationnisme primaire.

    Plus amusante est la note sur le mot « connut » : « Euphémisme qui exprime les relations de la vie conjugale ». Bref, on explique un euphémisme par un autre euphémisme…

    Le grand leitmotiv de la Bible Osty, c’est : « le texte est corrompu ». On finirait par se demander à quoi ça sert que l’Eglise conserve un texte si souvent corrompu. Mais ce n’est pas le texte de l’Eglise, c’est le texte soi-disant original, c’est-à-dire le texte des rabbins du IXe siècle. Chaque fois je dis intérieurement au chanoine Osty : mais va donc voir la Vulgate et la Septante, le texte n’y est pas corrompu…

    Variante du « texte corrompu » : le « texte actuel ». Comme le chanoine ne comprend pas que la Genèse, dans un génial raccourci (qui est une synthèse de la suite du péché originel), nous raconte en même temps la naissance de Caïn et Abel premiers enfants du premier couple, et la vie de Caïn et Abel dans un monde où il y a d’autres hommes et même une civilisation, il en déduit que, donc, Caïn et Abel n’étaient pas les enfants d’Adam et Eve…

    Par ce raisonnement primaire, permanent, on détruit méthodiquement toute la Bible.

    Et il y a même des tradis qui croient que la Bible Osty est une Bible catholique…

  • Les croix d’Arabie saoudite

    Intéressant article sur les croix gravées d’un « taille ostentatoire », datant du Ve siècle, avec de nombreuses inscriptions, en Arabie saoudite.

  • Sur le chemin de l’apostasie

    Extrait (ou plutôt cœur) de l’homélie de François, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier :

    Beaucoup de controverses entre chrétiens, héritées du passé, peuvent se dépasser en mettant de côté toute attitude polémique ou apologétique, et en cherchant ensemble à accueillir en profondeur ce qui nous unit, c’est-à-dire l’appel à participer au mystère d’amour du Père révélé à nous par le Fils dans l’Esprit Saint. L’unité des chrétiens – nous en sommes convaincus – ne sera pas le fruit de discussions théoriques raffinées dans lesquelles chacun tentera de convaincre l’autre du bien-fondé de ses propres opinions. Le Fils de l’Homme viendra et il nous trouvera encore en discussions. Nous devons reconnaître que pour parvenir à la profondeur du mystère de Dieu, nous avons besoin les uns des autres, de nous rencontrer et de nous confronter sous la conduite de l’Esprit Saint, qui harmonise les diversités et dépasse les conflits, réconcilie les diversités.

    Donc, il faut abandonner l’apologétique, c’est-à-dire la défense argumentée de la foi catholique. Dans les discussions œcuméniques ! Car finalement il ne s’agit pas de la foi. Nous croyons tous au « même évangile », comme il dit dans la même homélie… Ce qui reste alors du dialogue œcuménique, ce sont des « discussions théoriques raffinées », où l’on ne défend pas la foi, mais ses « opinions ».

    Par exemple : moi je crois que le Christ est réellement présent, corps, âme, esprit, divinité, dans l’hostie, et toi tu n’y crois pas. Ce ne sont que des opinions. Nous n’allons pas discuter là-dessus. L’important est de se laisser conduire par le Saint-Esprit qui « harmonise les diversités et dépasse les conflits », mettant d’accord ceux qui croient en la présence réelle et ceux qui n’y croient pas. Dans une même « Eglise » qui transcende les diverses « opinions » ?

    Désolé, mais tant que je vivrai je ne pourrai pas dire que le Christ, le Fils de Dieu qui s'est fait chair, corps et sang pour se donner à moi afin que je devienne un avec lui, est une opinion.

  • Au pays de l’islam le plus modéré

    Dimanche après-midi, à la gare de Fès, au Maroc, la police a interpellé un suspect. Suspect d’être converti au christianisme. Ses bagages ont été fouillés. On y a trouvé une Bible et d’autres livres chrétiens. Le dangereux terroriste a été emmené, non pas au commissariat, mais à la préfecture de police.

    Ce jeune homme, dont on ne nous dit pas le nom, a été interrogé pendant 11 heures. Onze heures. La police voulait savoir pourquoi il venait souvent à Fès, et qui il venait rencontrer.

    Il a été relâché, parce que le fait d’avoir une Bible dans sa valise n’est pas du prosélytisme. Mais cet homme sait désormais qu'il était repéré, qu’il est surveillé, et qu’on ne le ratera pas à la première occasion.

  • Deux figures

    Dans le dernier numéro de L’Homme nouveau il y a deux portraits de témoins de la foi, français, peu connus, et qui sont pour le moins dignes d’attention.

    L’un est celui que l’on a appelé « le saint homme de Tours », Léon Papin-Dupont. Celui-là je le connaissais déjà un peu, par sainte Thérèse. Car il fut en quelque sorte le précurseur de la « petite voie » et de la dévotion à la sainte Face, via le carmel de Tours. En 1885, Louis Martin et ses filles s’étaient inscrits à l’archiconfrérie de la Sainte Face qu’il avait créée. J’apprends que la seule année 1854, « M. Dupont » avait envoyé 25.000 images de la Sainte Face, et 60.000 fioles de l’huile qu’il faisait brûler devant la Sainte Face dans son oratoire, et qui était devenue miraculeuse.

    Sur ce qu’était cette Sainte Face, on pourra se reporter à ce que j’en ai dit sur le Forum catholique en octobre dernier.

    Le deuxième personnage est l’abbé Michel Guérin, qui était le curé de Pontmain au moment des apparitions. En 2013 a été ouverte une enquête diocésaine en vue de sa béatification. J’avoue que je n’avais pas cherché à connaître ce prêtre, me disant seulement que ce devait être sûrement un bon prêtre et qu’on cherchait ainsi à continuer à faire de la publicité pour les apparitions, de façon d’ailleurs légitime, mais sans plus.

    Quelle erreur ! Cet abbé Guérin mérite vraiment qu’on s’intéresse à lui. Dès qu’il fut ordonné, il voulut être curé de Pontmain, parce que c’était le trou le plus perdu du diocèse, ce n’était même plus une paroisse. Le presbytère était en ruine, l’église abandonnée. De ce hameau déshérité il fit une paroisse fervente, tout particulièrement par la dévotion mariale. Et il mourut d’un accident un an après l’apparition : il était le prêtre désigné pour préparer le terrain, et il est parti une fois sa mission accomplie… Il avait affirmé que les 38 garçons qui étaient allés à la guerre reviendraient sains et saufs, parce qu’il l’avait demandé à la Sainte Vierge. Or on n’avait aucune nouvelle des garçons, et l’ennemi était à Laval. Mais les 38 garçons revinrent sains et saufs, et les Allemands se retirèrent, comme l’avait dit la Sainte Vierge aux enfants.

  • La religion de la République

    Claude Bartolone :

    « Regardez le temps qu'il a fallu pour faire accepter à la religion catholique le fait qu'il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous : c'est la religion de la République. »

    C’est la première fois, semble-t-il, qu’un très haut responsable politique, en l’occurrence le président de l’Assemblée nationale, profère ce dogme jaurésien maçonnique.

    Certes, Vincent Peillon l’a plusieurs fois assené et argumenté, mais (sauf erreur) pas pendant le temps (bref) qu’il a été ministre.

  • Saint Jude et les tuniques

    L’épître de saint Jude est assez peu lue et commentée. Elle a un côté étrange, avec ses deux citations de textes apocryphes comme arguments d’autorité, et ses tournures de phrase recherchées. Et l’on ne fait guère attention au verset 23, lui aussi assez bizarre :

    « Sauvez-en d’autres en les arrachant au feu, ayez pour d’autres pitié avec crainte, haïssant jusqu’à la tunique souillée par la chair. »

    La dernière expression est également traduite : « haïssant même le vêtement souillé par la chair », ou, souvent, « par leur chair » (Bible de Jérusalem, Pirot-Clamer, TOB, Bible de la liturgie…), en ajoutant un adjectif possessif qui ne se trouve pas dans  texte et qui n’a aucune raison d’être.

    Même les traductions dites de la Vulgate (Glaire, Fillion) traduisent ainsi. Lemaistre de Sacy quant à lui fait une glose : « haïssez comme un vêtement souillé tout ce qui tient de la corruption de la chair » pour montrer qu’il a compris mais qu’il n’ose pas dire carrément ce que dit la Vulgate. La Vulgate, qui traduit correctement le texte grec, à la différence de toutes les traductions françaises :

    « Illos vero salvate, de igne rapientes. Aliis autem miseremini in timoré, odientes et eam, quæ carnalis est, maculatam tunicam. »

    Littéralement : « haïssant aussi cette tunique tachée qui est de chair ».

    C’est littéralement ce que dit le grec : « μισοῦντες καὶ τὸν ἀπὸ τῆς σαρκὸς ἐσπιλωμένον χιτῶνα. »

    Pour traduire « souillée par la chair », on fait de « apo » une préposition introduisant un complément d’agent. Mais « apo » est une préposition qui indique une origine, que ce soit de temps, de lieu, de matière… La préposition qui introduit un complément d’agent est « hypo », comme l’épître en donne d’ailleurs un exemple quelques lignes avant. « Apo » indique donc l’origine de la tunique, la… matière de la tunique. C’est une tunique de chair. C’est la tunique de chair qui est tachée. Nous devons haïr la tunique de chair qui est tachée. Notre tunique de chair souillée par le péché.

    Cela renvoie à la Genèse, lorsque Dieu, chassant Adam et Eve du paradis de l’origine, les revêt de « tuniques de peau ». La chute originelle, le péché de l’origine, fait tomber le corps humain dans la lourdeur, l’épaisseur, la chair sujette à la maladie, à la souffrance, à la mort.

    Et ainsi, cette mention de la « tunique souillée de chair », la tunique maculée de notre chair, à la fin de l’avant-dernier livre de la Bible, fait une grande inclusion avec la Genèse, avec l’expulsion de l’homme du paradis de l’origine, juste avant le dernier livre, celui de la Révélation de la Jérusalem céleste, du rétablissement du paradis de l’origine, devenu un super-paradis par l’Incarnation et la Rédemption.

  • Un gag de la Bible de Jérusalem

    La lecture biblique de cette semaine (selon le bréviaire traditionnel) est la première épître aux Corinthiens. Et voici que je découvre un véritable gag dans la Bible de Jérusalem. Dans l’édition 2000. Ils ne l’avaient pas encore inventé dans les éditions précédentes.

    Voici la chose (I Corinthiens 4, 6) :

    « En tout cela, frères, je me suis pris comme exemple avec Apollos à cause de vous, pour que vous appreniez, en nos personnes, à ne pas (le « ne pas » est écrit au-dessus du texte) vous enfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre. »

    Et il y a une note qui dit : « Texte difficile. La phrase entre parenthèses a été ajoutée par un copiste scrupuleux qui signale que la négation a été ajoutée à son exemplaire. »

    Donc, à l’époque où œuvrait ce copiste, il n’y avait qu’un seul exemplaire de cette épître. Puisque tous les copistes ont ensuite recopié ce texte. Et ils ont tous stupidement recopié la parenthèse qui n’avait plus de raison d’être. Mais personne ne s’est rendu compte que c’était une parenthèse avant l’arrivée d’un génial collaborateur de la Bible de Jérusalem… Alors même que pour ses premières éditions les glorieux traducteurs de la Bible de Jérusalem eux-mêmes n’y avaient vu que du feu.

    Mais à qui veut-on faire croire ce grotesque bobard sorti du chapeau d’un « spécialiste » en veine d’originalité à tout prix ?

    Certes, le texte n’est pas facile, mais c’est assez fréquent chez saint Paul. Ce n’est pas une raison pour l’inventer. Le texte dit littéralement : « afin que vous appreniez en nous le ne pas au-dessus de ce qui est écrit ». En grec, la proposition substantivée, qui commence donc par un article défini, ne donne pas la même impression étrange qu’en français. Mais dans ce cas l’article définit un verbe, et le verbe manque. Il est sous-entendu, mais on le trouve dans d’assez nombreux manuscrits : c’est un verbe qui veut dire penser, ou avoir telle ou telle opinion de soi, tel ou tel sentiment… d’orgueil, par exemple, ce qui est le cas ici. Pour beaucoup de traducteurs, saint Paul cite une sorte de proverbe qu’il introduit par l’article. Les anciennes versions de la Bible de Jérusalem le disaient explicitement (sans avoir recours au verbe) : « pour que vous appreniez, en nos personnes, la maxime : “Rien au-delà ce qui est écrit” ».

    Avec le verbe, ces serait : « ne pas penser au-dessus de ce qui est écrit, ne pas élever vos pensées au-delà de ce qui est écrit », ce qui correspond aux mots suivants qui condamnent l’orgueil.

    Reste à savoir de quels écrits parle saint Paul. Dans tous les autres cas où il parle de « ce qui est écrit », il s’agit de l’Ancien Testament. Mais il semble qu’ici il évoque ce qu’il a déjà écrit dans cette lettre à propos d’Apollos et de lui-même. C’est ce que dit explicitement Lemaistre de Sacy : « à n’avoir pas de vous d’autres sentiments que ceux que je viens de marquer ». La Bible Pirot-Clamer a peut-être raison de s’en tenir strictement au texte : « afin que vous appreniez, en nos personnes, le : “Pas au-delà de ce qui est écrit” ».

    Quoi qu’il en soit, le coup du copiste qui trouvé la négation au-dessus du texte et qui le précise dans le texte, sans que personne le remarque, à commencer par les traducteurs latins qui parlaient grec, en passant par tous les pères et exégètes au long des siècles, c’est une blague grotesque qui écorne quelque peu (une fois de plus) le « sérieux » de la Bible de Jérusalem.

    Il est vrai que la traduction et les notes de cette épître sont particulièrement gratinées. Un sommet est assurément la formulation de cette note : « Paul autorise ici le divorce au plein sens du terme, avec le droit de se remarier. » Sic. (C’est pour le passage où saint Paul évoque le cas où dans un couple un des conjoints devient chrétien, et l’autre ne le supporte pas : la seule solution est que le chrétien laisse partir l’autre.)

    Quoique ce verset soit pas mal non plus : « N'avons-nous pas le droit d'emmener avec nous une épouse croyante comme les autres apôtres (...) ? » Alors que le sens obvie et que lui a donné toute la tradition est qu'il s'agit d'une servante (la bonne du curé), le mot grec se traduisant uniquement par "femme" (la femelle de l'homme, avant d'être son épouse), et accompagné du mot qui ne peut se traduire que par "soeur", à savoir une femme choisie dans la communauté chrétienne, et le mot prend ici un sens de "vivre comme frère et soeur", et surtout annonce l'emploi futur du mot pour dire "religieuse".

    Et ces aberrations anticatholiques sont garanties par l'imprimatur du "cardinal Pierre Eyt, président de la Commission doctrinale des évêques de France", donné, par ironie sans doute, "en la fête de saint Jérôme"...

  • En Irlande, hélas…

    Dimanche dernier, en l’église Saint-Nicolas de Dublin, le curé de la paroisse, le P. Martin Dolan, a centré son homélie sur les droits des homosexuels, et sur la nécessité de voter oui au référendum qui sera organisé en mai prochain sur le « mariage » entre personnes de même sexe, ajoutant : « Je suis gay moi-même ».

    Et alors, selon les gazettes, toute la communauté s’est levée pour applaudir le prêtre.

  • Le pape, le catéchisme et le yoga

    Le blog Rorate Caeli attire l’attention sur un propos du pape, lors de sa messe de vendredi dernier (qui n’existe pas en français sur les sites du Vatican - la traduction est donc de mon fait) :

    « On peut suivre un millier de cours de catéchisme, un millier de cours de spiritualité, un millier de cours de yoga ou de zen et toutes ces choses, mais aucune d’elles ne pourra vous donner la liberté des enfants (de Dieu). Seul le Saint-Esprit peut souffler à votre cœur de dire “Père”. Seul le Saint-Esprit est capable de bannir, de briser cette dureté de cœur et de le rendre… mou ? Non, je n’aime pas ce mot,… docile. Docile envers le Seigneur. Docile à la liberté de l’amour. »

    Comme d’habitude (et comme dans le même sermon la sortie contre ceux qui « se barricadent derrière la loi »), le vrai sert à atténuer le scandaleux.

    Bien sûr que l’on peut être calé en théologie et être incapable de prier.

    Mais il est scandaleux, d’abord, pour un pape, de mettre sur le même plan le catéchisme catholique et des fausses religions, « et toutes ces choses ».

    Et il est scandaleux, pour un pape, de parler si légèrement du catéchisme, à une époque où dans tant de pays la catéchèse des enfants a été détruite.

    Et de laisser entendre, tout de même, que le catéchisme n’est pas plus performant que le zen ou le yoga. Alors que le vrai catéchisme enseigne, aussi, à prier, et à recevoir le Saint-Esprit de façon efficace.

  • Identité culturelle et religieuse

    Le livret de santé remis aux parents des nouveaux-nés dans le Morbihan a sur sa dernière page les « droits de l’enfant », illustrés.

    Le neuvième est le « droit à une identité culturelle et religieuse ». Le dessin montre un couple de Bretons en costume folklorique avec, derrière eux, une mosquée…

    Cet affront à l’identité bretonne, relevé par Breizh Info, avait déjà été signalé il y a un an sur le blog d’Adsav. Il semble que François Goulard, le président UMP du conseil général, soit fier de sa trouvaille.

  • Noël en Chine

    Les autorités de la région de Wenzhou (province du Zhejiang) – 7 millions d’habitants - ont interdit cette année toute manifestation évoquant plus ou moins Noël dans les écoles, les qualifiant de « kitsch » et de « non chinoises ».

    C’est dans cette province (de 44 millions d’habitants) que se poursuit une campagne de suppression des croix sur les églises, officiellement pour des raisons d’urbanisme, en fait pour réduire la « pollution spirituelle occidentale ».

    C’est aussi dans cette province que sont fabriquées 60% des décorations de Noël vendues dans le monde…

    Le christianisme pose un problème de plus en plus grave aux autorités chinoises, car un nombre croissant de cadres officiellement communistes athées sont secrètement chrétiens (comme en témoigne le fait que le parti a dû rappeler de façon énergique qu’on ne peut pas être communiste et avoir une religion). Une étude menée dans les universités de Pékin et de Shanghai a montré que 60% des étudiants souhaitent en savoir davantage sur le christianisme. Alors que le 25 décembre n’est évidemment pas férié, des milliers de non-chrétiens se rendent dans les églises le jour de Noël. A Pékin, il y a eu 3.000 baptêmes la nuit de Noël.

  • Encore une prophétie supprimée par la Bible de Jérusalem

    Le verset 38 du chapitre 3 du livre de Baruch a toujours été considéré, et à juste titre puisqu’il l’est de façon éclatante, comme une prophétie christique. Le voici avec les deux versets précédents (pour ne pas recopier tout le chapitre, mais c’est encore plus impressionnant de lire le verset 38, qui est le dernier, comme la conclusion de tout le chapitre) :

    « C’est lui qui est notre Dieu, et aucun autre ne lui est comparable. Il a trouvé (ou : scruté) toute voie de connaissance, et l’a donnée à Jacob son serviteur, et à Israël son bien-aimé. Après cela il a été vu (ou : il a apparu) sur la terre, et il a conversé avec (ou : parmi) les hommes. »

    On fait immédiatement le rapprochement avec le prologue de l’Evangile de saint Jean : « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. »

    C’est toujours ainsi que la tradition l’a compris, selon son sens obvie, et ce texte se trouve même deux fois dans la liturgie byzantine de Noël (aux « grandes heures » du 24 décembre et aux premières vêpres de la Nativité).

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  • Le "chemin désormais tracé" ?

    Dans les lineamenta du prochain synode, en préambule aux « questions sur la première partie », on lit ceci :

    Le nouveau chemin tracé par le Synode Extraordinaire s’insère dans le contexte ecclésial plus vaste dessiné par l’exhortation Evangelii Gaudium du Pape François, c’est-à-dire en partant des « périphéries existentielles », avec une pastorale caractérisée par la « culture de la rencontre », capable de reconnaître l’œuvre libre du Seigneur, notamment en dehors de nos schémas habituels, et d’assumer, sans entrave, une condition « d’hôpital de campagne », si utile à l’annonce de la miséricorde de Dieu. Les paragraphes de la première partie de la Relatio Synodi répondent à ces défis ; ils exposent les aspects qui forment le cadre de référence le plus concret sur la situation réelle des familles, au sein duquel la réflexion peut être menée.

    Les questions proposées ci-après, qui se réfèrent expressément aux aspects de la première partie de la Relatio Synodi, entendent faciliter le nécessaire réalisme dans la réflexion des divers épiscopats, évitant ainsi que leurs réponses puissent être fournies selon des schémas et perspectives propres à une pastorale qui ne ferait qu’appliquer la doctrine, sans respecter les conclusions de l’Assemblée synodale extraordinaire, et qui éloignerait leur réflexion du chemin désormais tracé.

    Le chemin désormais tracé (et sur lequel il serait donc impossible, interdit, de revenir), si j’ai bien compris, c’est celui d’une Eglise qui sort d’elle-même pour aller aux périphéries, et se faire hôpital de campagne pour les blessés de la vie auxquels elle dispense la miséricorde.

    Cette Eglise qui sort d’elle-même, cela veut donc dire qu’elle laisse à l’intérieur son dogme et sa doctrine et qu’elle ne s’en préoccupe plus, étant désormais loin des vieux grimoires, pour pouvoir développer une pastorale qui s’inspire non plus de la doctrine mais d’une prétendue « miséricorde » déconnectée de la doctrine, déconnectée de la vérité, alors que les deux mots (et les deux réalités) sont étroitement liés dans la Sainte Ecriture (20 fois dans les psaumes).

    Le 1er décembre, le cardinal Ludwig Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, a explicitement prévenu que « toute division entre théorie et pratique de la foi serait le reflet d’une subtile hérésie christologique ».

    Il y a donc toujours un gardien de la foi. C’est la bonne nouvelle…

  • 71 %

    Selon un sondage, 71% des Français sont favorables aux crèches de Noël dans les bâtiments publics.

    Selon le dernier sondage en date sur la loi de 1905 (qui est de 2008), 71% des Français souhaitent qu’on garde cette loi en l’état.

    Etant donné que la loi de 1905 interdit « tout signe ou emblème religieux » dans les emplacements publics (à l’exception des lieux de culte, des cimetières et des musées), les Français sont-ils complètement inconséquents ?

    Non. Car on a bien fait préciser aux 71% du sondage sur la crèche qu’il s’agit davantage d’un « élément de tradition culturelle qu’un symbole chrétien ».

    En bref, le laïcisme gagne sur tous les tableaux. Ou bien on interdit la crèche au nom de la loi, ou bien on la laisse si vous admettez qu’elle n’est pas un signe religieux.

    La crèche de Noël est donc laïquement correcte si elle est mise sur le même plan que le réveillon du 31 décembre. Et 71% des Français, selon le sondage, sont d’accord avec cela.

    Même si je suis le dernier, je n’admettrai jamais un tel blasphème. Je revendique que les tribunaux de la République interdisent les crèches de Noël dans les emplacements publics, car il s’agit d’une illustration de la venue sur notre terre, dans notre chair, du Verbe de Dieu, seconde Personne de la Sainte Trinité, venu pour nous sauver par sa mort sur la croix et sa résurrection. Oui, monsieur le juge, c’est clairement religieux. Oui, monsieur le juge, la crèche tombe sous le coup de la loi qui fut promulguée pour détruire l’Eglise catholique.

    C’est la loi qu’il faut changer, pas la signification de la crèche.

  • Deux points ouvrez les guillemets

    La prophétie d’Isaïe 40, 3 est célèbre parce qu’elle est reprise dans les quatre évangiles, soit pour évoquer saint Jean Baptiste, soit mise dans la bouche même du Précurseur (par l’évangéliste saint Jean), et parce qu'elle se trouve aux laudes de tous les jours de l'Avent :

    Voix de celui qui crie dans le désert : « Préparez la voie du Seigneur… »

    En fait c’est tout le chapitre qui est une claire prophétie christique, puisqu’il annonce la consolation par la rémission des péchés, et la venue du Seigneur dans la puissance mais comme un pasteur qui va paître son troupeau, rassembler ses agneaux et les mettre dans son sein, et porter les brebis pleines.

    La Bible de Jérusalem dit :

    Une voix crie : « Dans le désert, frayez le chemin de Yahvé… »

    De nombreuses autres Bibles modernes (pas toutes, cependant) adoptent cette ponctuation. Parce que c’est celle de la Bible massorétique, stupidement considérée comme le « texte original ».

    La Bible de Jérusalem met une note pour dire que « les évangélistes (…), citant ce texte d’après les LXX (…), l’ont appliqué à Jean-Baptiste annonçant la venue prochaine du Messie ». Toujours cette distanciation, perpétuelle : c’est pas nous, c’est les évangélistes, nous on ne prend pas parti…

    Mais ce n’est pas seulement le texte des Septante. Lorsque saint Jérôme a effectué sa propre traduction (d’après un authentique original, comme l’avaient fait les Septante), il a lui aussi traduit de la même façon : Vox clamantis in deserto : Parate viam Domini.

    C’est un des nombreux exemples où la Bible juive cherche à amoindrir, à estomper, les prophéties christiques, ici à l’aide de la ponctuation.

    La « voix de celui qui crie dans le désert », cela renvoie immédiatement à Jean Baptiste, parce qu’il est la voix qui annonce le Verbe, et qu’il vit dans le désert, ce que soulignait Jésus dans l’évangile de dimanche dernier : « Qu’êtes-vous allé voir dans le désert ? »

    Mais si c’est une voix qui crie qu’il faut préparer le chemin de Dieu dans le désert, ce n’est plus du tout aussi évident.

    Or dans les vrais textes originaux (que nous n’avons pas) il n’y avait pas de ponctuation. La ponctuation qui s’impose naturellement est celle des Septante et de saint Jérôme, ou plutôt celle qu’on a traditionnellement et naturellement et unanimement ajoutée, puisqu’il n’y avait pas non plus de ponctuation dans les manuscrits grecs et latins.

    Non seulement la ponctuation massorétique découpe le texte de façon non naturelle, mais en outre elle met « deux points ouvrez les guillemets » au beau milieu de l’expression qui est devenue en hébreu celle qui veut dire « prêcher dans le désert ». Ce qui souligne encore le côté artificiel de l’entreprise. Artificiel, et surtout antichrétien. Et repris benoîtement par des Bibles « catholiques »…

  • Lourdes

    Au hasard de mes recherches je tombe sur l’allocution de saint Jean-Paul II à la grotte de Massabielle le 14 août 1983, avec ce beau paragraphe :

    Il me semble qu’il y a une grâce particulière à Lourdes. Le message est sobre et clair mais fondamental. Il a été transmis d’une façon spécialement forte, pure et transparente, par une adolescente à l’âme limpide et courageuse. Les signes sont simples: le vent qui évoque l’Esprit de la Pentecôte, l’eau de la purification et de la vie, la lumière, le signe de la croix, la prière du rosaire. Dès le début, les chrétiens sont invités à y venir en foule, en Eglise. Et de fait, c’est comme si, ici, le respect humain et toutes les réticences - qui trop souvent bloquent la conversion et l’expression religieuse - étaient naturellement surmontés. Ici, on prie, on aime prier, on aime se réconcilier avec Dieu, on aime vénérer l’Eucharistie, on fait une place d’honneur aux pauvres, aux malades. C’est un lieu exceptionnel de grâces. Dieu soit loué.

     

  • A propos de la crèche de Vendée

    Je comprends les hauts cris de ceux qui dénoncent le jugement du tribunal administratif de Nantes interdisant qu’il y ait une crèche de Noël dans le hall du conseil général de Vendée.

    Mais, à mon sens, c’est se tromper de combat. C’est oublier que nous vivons sous le régime de la loi de 1905. La loi est très claire, et le tribunal se contente de rappeler les termes de son célèbre article 28 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. »

    On ne peut pas reprocher à un tribunal d’appliquer la loi.

    Au lieu de critiquer le tribunal, il vaudrait mieux se saisir de l’affaire pour rappeler que nous vivons sous un régime laïque totalitaire. Un régime totalitaire spécifiquement anticatholique (voir sur tout cela ma conférence, dans la colonne de droite).

    Ce n’est pas parce que de temps en temps on oublie d’appliquer la loi, ou que les soi-disant « libres penseurs » locaux ne se sont pas réveillés, que la loi de 1905 n’est plus ce qu’elle est. C’est elle qu’il faut dénoncer, pas ceux qui n’ont pas d’autre choix que de l’appliquer quand on leur demande de le faire.

  • L’Agneau d’Isaïe et la Bible de Jérusalem

    Emitte Agnum, Domine, dominatorem terræ, de petra deserti ad montem filiæ Sion.

    Tel est le premier verset du chapitre 16 d’Isaïe : « Seigneur, envoyez l'Agneau dominateur de la terre, de la pierre du désert à la montagne de la fille de Sion. »

    Ce verset se trouve dans le Rorate caeli, qui est le chant par excellence de l’Avent. Il fait aussi l’objet d’un verset et d’un répons de la liturgie de l’Avent.

    Car bien sûr cet Agneau, celui qu’annonce Jean-Baptiste et que l’on retrouve dans l’Apocalypse, est le Christ qui vient du désert où il est tenté pour monter à Jérusalem où il régnera par la croix.

    Mais la Bible de Jérusalem traduit : « Envoyez l’agneau du maître du pays, de Séla, située vers le désert, à la montagne de la fille de Sion. »

    Et il y a une note qui dit ceci :

    « Texte difficile et diversement interprété. Il semble que les Moabites, menacés par l’invasion, cherchent à se mettre sous la protection du roi de Juda ou à trouver chez lui un refuge. L’agneau envoyé serait un signe de soumission, cf. 2R 3,4. En traduisant : “Envoie, Seigneur, l’agneau souverain de la terre”, s. Jérôme propose pour ce passage une interprétation messianique. »

    Donc l’individu Jérôme, néanmoins canonisé, a « proposé » une traduction messianique. Comme si c’était une fort étrange proposition. Alors qu’il s’agit d’un texte messianique. De ces textes dont Jésus montrait aux pèlerins d’Emmaüs qu’ils parlaient de lui. Mais les spécialistes ne veulent pas le savoir. Et la note omet soigneusement de préciser que toute la tradition patristique et liturgique latine a ainsi compris le verset.

    Puisqu’on refuse l’évidence, le texte devient « difficile ». Puisqu’on ne veut pas voir le Christ, on se rabat sur les Moabites. Mais l’explication est tout simplement grotesque. En quoi l’envoi d’un agneau serait-il un signe de soumission ? Quand un roi voulait la protection d’un voisin, il lui envoyait de l’or, ou de grosses quantités de blé et d’huile, ou des troupeaux. L’envoi d’un seul agneau aurait été vu comme une minable provocation. La Bible de Jérusalem se donne, en outre, le ridicule de renvoyer au deuxième livre des Rois. Or que lit-on dans le verset en question ? Que le roi de Moab (au siècle précédent) livrait en tribut annuel au roi d’Israël 100.000 agneaux et 100.000 béliers…

    C’est pourquoi de nombreuses traductions mettent « agneau » au pluriel, en faisant semblant de voir un collectif qui n’a pas lieu d’être ici.

    D’autre part, si la Bible de Jérusalem, et d’autres, parlent de « l’agneau du maître », d’autres disent que c’est l’agneau qu’on envoie au maître… Il faut à tout prix éviter de dire que c’est l’Agneau, le Maître…

  • Le venin de la Bible de Jérusalem

    « Venez, retournons vers Yahvé. Il a déchiré, il nous guérira ; il a frappé, il pansera nos plaies ; après deux jours, il nous fera revivre, et le troisième jour, il nous relèvera, et nous vivrons en sa présence. »

    Telle est la traduction de Osée 6, 1-2 dans la Bible de Jérusalem. La Vulgate dit : « Il nous ressuscitera », et la Septante : « nous serons ressuscités ». Mais il faut éviter à tout prix cette prophétie de la résurrection le troisième jour. Cette expression « après deux jours... Le troisième jour », nous dit doctement une note de la Bible de Jérusalem, « désigne un court laps de temps ». Et rien d’autre. Certes, « depuis Tertullien, la tradition chrétienne a appliqué ce texte à la résurrection du Christ le troisième jour. Mais il n’est jamais cité dans le NT » (le Nouveau Testament). « Cependant il est possible » que la résurrection le troisième jour  « selon les Ecritures », comme dit le kérygme, fasse allusion à ce verset, « interprété selon les règles exégétiques du temps ». Qui naturellement ne sont plus du tout les nôtres.

    Au chapitre 13, le verset 14 est ainsi traduit : « Et je les libérerais du pouvoir du Shéol ? De la mort je les rachèterais ? Où est ta peste, ô mort ? Où est ta contagion, ô Shéol ? »

    Une note nous explique : «  Le contexte exige d’interpréter ce v. 14 comme une menace. Les deux premières questions appellent une réponse négative, les deux suivantes sont un appel invitant la mort et le Shéol à envoyer ses fléaux sur le peuple rebelle. Saint Paul cite ce texte pour annoncer que la mort est vaincue, 1 Cor 15 55 ; mais il l’interprète selon les usages de son temps où l’on ne craignait pas (sic) d’isoler une phrase de son contexte. »

    Bref, on savait déjà que la tradition chrétienne à partir de Tertullien est dans l’erreur, à cause de son exégèse absurde, voici donc que cela commence avec saint Paul…

    En réalité, saint Paul se contentait de citer le véritable texte de la Bible selon la Septante. Où il n’y a pas deux premières questions, mais deux affirmations : « Je les tirerai des mains de l’enfer, et je les délivrerai de la mort », suivies de ces deux questions reprises par saint Paul et qui sont donc des exclamations de la victoire contre la mort : « ô mort, où est ta victoire ? ô enfer, où est ton aiguillon ? »

    Pour faire bonne mesure, ajoutons que, au début du chapitre 11, Dieu dit par la bouche d’Osée : « et d’Egypte j’appelai mon fils ». Il y a ici une longue note, qui ne fait pas la moindre allusion au fait que ce verset est cité explicitement par saint Matthieu comme une prophétie de la fuite en Egypte et du retour d’Egypte…

    Mais la citation existe bien. Bref, c’est à partir de l’Evangile que l’exégèse commence à errer… Et il a fallu attendre le XXe siècle pour savoir que tout cela était bidon.

    Cette traduction et ces notes sont a priori de « E. Osty PSS », autrement dit du chanoine Osty qui a par ailleurs donné une traduction complète de la Bible sous son nom. Et dans « sa » Bible, pour Osée 6, 1-2, c’est pire. Car après l’indication sur le « court laps de temps », il ajoute : « L’expression est peut-être empruntée au culte d’Hadad, dieu qui ressuscitait trois jours après sa mort ». Sic.

    Ce que n’ose pas dire le chanoine Osty, ni aucun de ses confrères de l’exégèse moderne, c’est que l’exégèse qui a toujours été celle de l’Eglise n’a pas commencé avec Tertullien, ni avec saint Paul, ni même avec saint Matthieu. C’est le Christ lui-même qui en a donné le principe, sur le chemin d’Emmaüs : « Et, commençant par Moïse et tous les prophètes, il leur interprétait dans toutes les Ecritures ce qui était dit de lui. » Ce qu’il avait déjà fait à maintes reprises, notamment en montrant comment David avait prophétisé à son sujet, dans des psaumes qui pour nos doctes exégètes ne sont pas de David et ne parlaient pas du Christ…

  • Une lettre ouverte de Bernard Antony, président de l’Agrif, au président du Stade Français

    A propos de la pub pour un « sacré dimanche ».

    Où Bernard Antony évoque son ami Pierre Fabre, catholique, soutien de Castres Olympique, et son ami l’abbé Pistre, le « pape du rugby ».

    A lire sur le site de l’Agrif.

  • Chine : l’athéisme vacille et menace

    Il y a eu récemment plusieurs salves de critiques officielles ou officieuses, émanant de cercles du pouvoir chinois, sur les responsables qui ne respectent pas l’athéisme. Il semble que la question inquiète sérieusement le pouvoir depuis l’affaire des enlèvements de croix sur les églises pour raison « d’urbanisme ». Il est en effet apparu que parmi les protestataires il y avait nombre de membres du parti, et qui ne protestaient pas seulement par solidarité avec les chrétiens…

    Le Comité central pour l’inspection disciplinaire du parti a lui-même dénoncé l’appartenance religieuse de nombreux membres du parti, suite à sa seconde tournée d’inspection de cette année, admettant pour la première fois qu’il y avait des chrétiens et des bouddhistes dans le parti.

    Le président de la Commission pour les Affaires religieuses et ethniques de la Conférence politique consultative du peuple chinois (sic), Zhu Weiqun, a publié vendredi dernier un éditorial dans le Global Times (version internationale du Quotidien du peuple) rappelant fermement : « Les membres du parti communiste ne peuvent suivre aucune religion. C’est l’important principe idéologique et organisationnel qui est tenu depuis la fondation du parti. Il n’y a aucun doute à ce sujet. »

    Zhu Weiqun se pique de faire de l’histoire. Il écrit notamment :

    « Si une société était d’autant plus morale que sa religion est plus forte, alors le moyen âge en Europe, sous l’influence du Vatican, aurait été l’âge d’or de la moralité humaine, et il n’y aurait pas eu besoin de la Renaissance. » Sic.

    D’autre part, à propos des universitaires qui demandent la liberté religieuse, il résout ainsi le problème : « Ce sont des gens qui se sont convertis au christianisme depuis longtemps. »

    Le léninisme à la sauce chinoise, c’est quand même curieux.