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Religion

  • « Génocide »

    En février dernier, une mise en scène de Tannhäuser, de Wagner, a fait scandale à Novossibirsk, capitale de la Sibérie (1,5 million d’habitants). Le metteur en scène, Tiofei Koulyabine, faisait du poète médiéval un réalisateur de cinéma tournant un film pornographique sur la vie de Jésus. Or, en Russie, les metteurs en scène peuvent se livrer à tous les délires pour épater le bobo, comme partout ailleurs, mais on ne peut pas s’attaquer à la religion. Le métropolite Tikhon a porté plainte pour profanation publique de l’objet du culte chrétien, en l’espèce l’image de Jésus dans les Evangiles.

    Une manifestation a réuni plusieurs milliers de personnes, pour rappeler que « L’Eglise orthodoxe est le fondement de la grande culture russe ».

    Fin mars, le ministre russe de la culture a annoncé le licenciement de Boris Mezdrich, le directeur du théâtre de Novossibirsk, responsable de ce spectacle « insultant pour les chrétiens » et qui reflète « les valeurs de l’Occident décadent ».

    D’autres artistes ou prétendus tels se sont mobilisés pour prendre la défense de Mezdrich et Koulyabine. Dont un autre metteur en scène du même acabit et qu’on « devrait mettre en prison » (selon le joli mot de Teresa Berganza), et qui sévit aussi régulièrement chez nous, Dmitri Tcherniakov, qui a vu dans ce limogeage les prémisses d’un « génocide du théâtre russe ».

    Des génocides comme ça on en redemande. Et pas seulement pour les Russes, s’il vous plaît.

  • Aligner l’Alsace-Moselle

    L’Observatoire de la laïcité, organisme dépendant du Premier ministre, dont la mission est d’aggraver sans cesse le laïcisme d’Etat, vient de pondre un « Avis sur le régime local des cultes en Alsace et en Moselle ».

    L’un des gros problèmes des laïcards est la survivance en Alsace-Moselle du concordat de 1802, qui y reste applicable puisque ces départements échappèrent à la loi de 1905 (ils étaient allemands).

    Le problème supplémentaire est que, comme le reconnaît le soi-disant Observatoire, la population est très largement favorable à un régime qui dépasse de très loin la question des cultes et qui est un droit local hérité de l’Allemagne, touchant un grand nombre de domaines – à commencer par une sécurité sociale très performante parce qu’héritée du christianisme social et ayant échappé à la mainmise communiste.

    Pour imposer le laïcisme à l’Alsace-Moselle, on ne peut donc que grignoter le statut, petit à petit – la jurisprudence imposant qu’on ne puisse plus ensuite revenir en arrière.

    Le soi-disant Observatoire a trouvé dix « recommandations » à faire. Qui se résument essentiellement à deux : supprimer le délit de blasphème, et supprimer l’obligation du cours de religion.

    L’Observatoire souligne que la suppression du délit de blasphème est « symbolique », puisque l’article qui le définit n’a jamais été officiellement traduit en français ni jamais appliqué.

    Mais bien sûr le symbole est fort : il s’agit en fait d’affirmer haut et fort le droit au blasphème, donc notamment de soutenir l’action des Femen, de Caroline Fourest, etc. (De même la peine prévue pour trouble à l’exercice d’un culte doit être « alignée » sur celle prévue par la loi de 1905.)

    En ce qui concerne l’heure hebdomadaire obligatoire de cours de religion, l’Observatoire recommande l’inversion de ce qui est prévu dans les textes : au lieu de pouvoir demander à en être exempté, l’enfant devra s’inscrire volontairement. Et l’Observatoire recommande d’autre part que l’heure en question soit enlevée des 24 heures de cours hebdomadaires pour devenir une heure en plus. Sous prétexte que les pauvres élèves d’Alsace-Moselle subissent l’injustice d’avoir une heure de cours général en moins que les autres élèves français…

    Voilà bien des contorsions pour en arriver à tout simplement supprimer la particularité d’Alsace-Moselle et aligner les trois départements sur le régime général de l'école "laïque".

    On remarquera que là aussi il s’agit d’une mesure « symbolique » : on aura réussi à supprimer de la République laïque cette anomalie cléricale. (Symbolique, parce que je me souviens qu’il y a environ… 50 ans j’avais abandonné le cours de « catéchèse » où, déjà, on n’apprenait strictement rien de la religion…).

    On notera enfin que trois membres de l'Observatoire : Jean Glavany, Françoise Laborde et Patrick Kessel, se sont désolidarisés de cet "avis" parce qu'il n'apporte aucune réponse à l'intolérable discrimination dont est victime l'islam, qui ne fait pas partie des cultes reconnus par le doit d'Alsace-Moselle.

    On lit pourtant dans le texte même de l'avis:

    « Lors de l’audition du 6 janvier 2015, Abdelhaq Nabaoui, vice-président du Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM), a déclaré : “le  culte musulman souhaite le maintien de ce régime. Je le réaffirme, nous ne souhaitons pas être utilisés comme prétexte à sa suppression”. »

    Car c'est bien évidemment une aubaine pour l'islam de bénéficier d'une authentique zone de non-droit (tant par rapport à la loi de 1905 que par rapport au droit local).

  • Sine scriptura

    Samedi, l'assemblée de la soi-disant « Eglise d’Ecosse », secte calviniste dite « Eglise nationale » dont les effectifs sont en chute libre, a voté, par 309 voix contre 182, en faveur de la soi-disant ordination d’hommes et de femmes engagés dans une union civile avec une personne du même sexe.

    Comme les débats ont traîné, la motion a été adoptée alors que le Royaume-Uni avait légalisé le soi-disant « mariage » homosexuel. Donc il va falloir un nouveau vote, jeudi, pour ceux qui sont engagés dans le « mariage » homosexuel…

    De toute façon, il y a deux ans que l’ « Eglise d’Ecosse » s’est prononcée en faveur de l’« ordination » d’homosexuels.

    Chez nous, hier, l’ « Eglise protestante unie de France », qui regroupe depuis 2012 la principale secte calviniste (« Eglise réformée ») et la principale secte luthérienne (mais ils sont aujourd’hui tellement débordés par les divers « évangéliques » que même en se regroupant ils sont minoritaires) a voté hier la possibilité d'« offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels qui le souhaitent ». Par 94 voix contre 3.

    Avant, le principe des protestants était « sola scriptura » : la sainte Ecriture est la seule norme de la foi.

    Mais tant le Nouveau Testament que l’Ancien condamnent explicitement et de la façon la plus vigoureuse les actes homosexuels.

    Aujourd’hui, chez les protestants, c’est « sine scriptura », et même « contra scripturam ».

  • Effrayant

    Alessandro Gnocchi, dans un texte où il aborde diverses questions, attire notamment l’attention sur la réponse du pape à un enfant, lors de la fameuse réception de la « Fabrique de la paix » au Vatican, avec Emma Bonino (car ce pape ne sait pas que « le plus grand destructeur de la paix, aujourd'hui, est le crime commis contre l'innocent enfant à naître », comme le soulignait la bienheureuse Mère Teresa en recevant son prix Nobel).

    Donc un enfant lui a demandé pourquoi les enfants souffrent-ils.

    Réponse :

    Cette question est une des plus difficiles auxquelles répondre. Il n’y a pas de réponse ! Il y a eu un grand écrivain russe, Dostoïevski, qui a posé la même question : pourquoi les enfants souffrent-ils ? On peut seulement lever les yeux vers le ciel et attendre des réponses qui n’existent pas. Il n’y a pas de réponse à cela, Rafael.

    C’est évidemment effroyable de répondre cela. Et de le répondre à un enfant. En fait, François a déjà dit cela. Car il se répète beaucoup. On n’est pas obligé de suivre ses vaticinations jour après jour, d’autant que moins on l’entend et mieux on se porte. Mais je découvre qu’il a déjà dit cela, en substance, aux Philippines. Selon la légende bergoglienne (telle qu’elle est fabriquée et colportée par exemple par Zenit), une petite fille, Glyzelle, lui a posé cette question en éclatant en sanglots. Ensuite, lors de sa rencontre avec les jeunes, François, toujours bouleversé, a laissé de côté le texte écrit de son intervention pour évoquer cet épisode, et il aurait dit :

    Attention ! Elle a posé aujourd’hui la seule question qui n’a pas de réponse. Et elle a dû le dire par des larmes. Cette question, c’est celle de la souffrance des enfants : pourquoi faut-il que les enfants pleurent ? Elle nous a enseigné à pleurer. (…) Apprenons à pleurer… Si vous n'apprenez pas à pleurer vous ne serez pas de bons chrétiens, c'est un défi.

    En réalité, comme en fait foi le site du Vatican, François a dit

    Faites attention : elle a posé aujourd’hui la seule question qui n’a pas de réponse. Et les mots ne lui sont pas venus, elle a du la dire avec des larmes.

    Or cela n’a pas été relevé par la presse, pour deux raisons. La première est que le pape n’a pas dit quelle était la question, ni de qui elle émanait. La seconde est que c’est au milieu d’une tirade contre le « machisme » (qui elle a été abondamment reprise).

     Voici le paragraphe :

    Un peu… sur la faible représentation des femmes. Trop faible ! Les femmes ont beaucoup à nous dire dans la société d’aujourd’hui. Parfois nous sommes trop machistes, et nous ne laissons pas de place à la femme. Mais la femme sait voir les choses avec un regard différent de celui des hommes. La femme sait poser des questions que nous les hommes nous n’arrivons pas à comprendre. Faites attention : elle a posé aujourd’hui la seule question qui n’a pas de réponse. Et les mots ne lui sont pas venus, elle a du la dire avec des larmes. Ainsi, quand le prochain pape viendra à Manille, qu’il y ait davantage de femmes !

    Ensuite le pape parle d’un autre témoignage, puis il revient, sans le dire, à Glyzelle :

    La grande question pour tous : pourquoi les enfants souffrent ? Pourquoi les enfants souffrent ? C’est vraiment quand le cœur réussit à se poser la question et à pleurer, que nous pouvons comprendre quelque chose.

    Il reviendra sur la question lors de sa conférence de presse dans l’avion, et en citant, déjà, Dostoïevski :

    Nous chrétiens devons demander la grâce de pleurer, surtout les chrétiens nantis, et pleurer sur les injustices et pleurer sur les péchés. Parce que le fait de pleurer nous permet de comprendre de nouvelles réalités ou de nouvelles dimensions de la réalité. C’est ce qu’a dit la fillette, et c’est aussi ce que je lui ai dit. Elle a été la seule à poser cette question à laquelle on ne peut répondre : « Pourquoi les enfants souffrent-ils ? ». Le grand Dostoïevski se la posait, et il n’est pas parvenu à répondre : pourquoi les enfants souffrent-ils ? Elle, avec ses larmes, une femme qui pleurait. (Sic, et c’est la fin de la conférence de presse.)

    Sans doute le frère Bergoglio a-t-il lu dans un de ses manuels d’apprenti jésuite cette référence à Dostoïevski. Mais d’abord si Dostoïevski est un immense écrivain ce n’est pas un père de l’Eglise, et l’on n’attend pas que le pape réponde par Dostoïevski quand on lui pose une question.

    Ensuite et surtout, si François avait lu Dostoïevski il aurait vu que l’auteur lui-même donne la réponse. Car à la tirade d’Ivan Karamazov (qui n’est pas le porte-parole de Dostoïevski) sur l’injuste souffrance des enfants innocents, Aliocha réplique en invoquant « celui qui a versé son sang innocent pour tous et pour tout ». Et Ivan lui-même s’exclame : « Ah ! oui, c’est le seul sans péché, le seul innocent ! Non, je ne l’ai pas oublié ; je m’étonne même que tu ne me l’aies pas objecté depuis longtemps (…) ».

    Car la réponse à la souffrance des enfants, à la souffrance des innocents, est dans le Crucifix. Il ne s’agit pas de « lever les yeux vers le ciel et attendre des réponses qui n’existent pas », comme ose le dire François (laissant entendre que le ciel serait vide, ou que Dieu est trop méprisant pour nous répondre), il s’agit de regarder le Dieu qui s’est fait homme pour prendre sur lui le péché, la chair du péché, et la clouer à la Croix, lui qui était le seul vraiment Innocent. La réponse à la souffrance des enfants, et à toute souffrance « injuste », est dans la contemplation de la souffrance de l’Enfant divin (c'est aussi l'enseignement de la fête des saints Innocents.) La souffrance est due au péché originel (qu’Ivan oublie dans sa tirade) : le péché originel affecte toute la création, donc aussi les enfants innocents. Personne n’est épargné. La souffrance des enfants innocents paraît être un scandale particulier, mais ce n’est qu’une conséquence inéluctable du péché originel. La révélation suprême du christianisme, de ce point de vue, est que Dieu lui-même est venu souffrir-avec-nous. Et cette compassion de Dieu nous vaut la rédemption et la vie éternelle. C'est là que se trouve la vérité ultime de la religion chrétienne, qu'on ne trouve ni de près ni de loin dans aucune autre religion, car aucune homme n'aurait pu imaginer une vérité aussi vertigineuse.

  • Quelques petites choses chez Osty

    Continuant à lire la Bible Osty au rythme que suggère la liturgie (les deux dernières semaines l’Apocalypse, cette semaine l’épître de saint Jacques), non sans avoir devant moi le texte grec et latin, je découvre quelque chose d’ahurissant. Il ne s’agit plus de tordre le sens des mots, ou de leur inventer une signification fantaisiste, mais carrément de changer le mot parce qu’on ne comprend pas celui de la Sainte Ecriture…

    C’est dans l’épître de saint Jacques, 4,2 :

    « Vous tuez », qui est le texte de tous les manuscrits, a paru hors de situation et a été « amendé » par une correction célèbre d’Erasme, qui a proposé de lire : « vous enviez » (phtoneïté au lieu de phoneuété).

    Je ne sais pas si la « correction » d’Erasme est « célèbre » chez les exégètes, mais je n’en trouve aucune trace sur internet, sauf dans les œuvres d’Erasme lui-même, qui corrige en effet sans vergogne, et se permet de dire :

    Je ne vois pas comment ce mot, vous tuez, peut faire sens. Peut-être fut-il écrit phtoneïté, c’est-à-dire « vous enviez », et qu’un scribe sommeillant aurait écrit phoneuété à la place de phtoneïté, surtout que vient ensuite [trois versets plus loin] : « l’esprit convoite jusqu’à l’envie ».

    Il y a une autre Bible qui « corrige » ainsi : la Pirot-Clamer, et c’est donc là que le chanoine a trouvé la « correction ».

    Laquelle est absolument illégitime, car comme le dit Osty lui-même, TOUS les manuscrits grecs ont phoneuété, et TOUS les manuscrits latins ont occiditis : vous tuez. Tous sans exception.

    Certes, la phrase est difficile. Mais ce n’est pas la seule de saint Jacques :

    Vous convoitez et vous n'obtenez pas; vous tuez, et vous êtes envieux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et vous faites la guerre, et vous n'obtenez pas, parce que vous ne demandez pas. (Traduction Fillion)

    On peut remarquer qu’il s’agit de la façon sémitique de parler, où les comparatifs sont remplacés par des oppositions exacerbées. Comme lorsque Jésus dit : « Si quelqu’un vient à moi et s’il ne hait pas sons père, sa mère, sa femme », etc. Dans la Bible, tuer, répandre le sang, se dit d’actions mauvaises qui ne sont pas des meurtres.

    D’autre part, la Bible de Jérusalem (la première, ou parmi d’autres, je ne sais pas) a astucieusement résolu la difficulté en modifiant la ponctuation habituelle (il n’y a pas de ponctuation dans les manuscrits) :

    Vous convoitez et ne possédez pas? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir? Alors vous bataillez et vous faites la guerre. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas.

    Quoi qu’il en soit, la solution se trouve dans les mots de la Sainte Ecriture, et non dans une « correction » de la parole de Dieu…

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    Dans l’Apocalypse, 13,8, Osty, comme beaucoup d’autres, rejette la traduction « l’agneau immolé depuis l’origine du monde », « malgré la beauté du sens ainsi obtenu », dit-il. Sous prétexte que dans le chapitre 17 il est question aussi de ceux dont le nom « n’est pas inscrit dans le livre de vie » et que l’expression « depuis la fondation du monde » vient juste après. Donc il faudrait comprendre aussi au chapitre 13 « ceux dont le nom ne se trouve pas écrit, depuis la fondation du monde, dans le livre de vie de l’Agneau égorgé ».

    On remarquera que pour imposer ce sens il faut modifier l’ordre des expressions. Parce que l’ordre authentique du texte appelle l’interprétation traditionnelle : « ceux dont le nom n’est pas écrit dans le livre de vie de l’Agneau qui est immolé depuis l’origine du monde ». En grec la suite de génitifs rend la chose encore plus nette.

    Il paraît qu’on trouve ici ou là, notamment chez saint Ambroise (mais où ?), l’interprétation moderne. Mais ce qui est certain est que l’interprétation de très loin la plus courante chez les pères est l’interprétation, ou plutôt, la lecture traditionnelle, qui ouvre une perspective théologique magnifique. Que l’on trouve à quelques chapitres de distance les mêmes deux expressions, différemment agencées, ne suffit pas à établir qu’elles doivent être comprises de la même manière.

    Je suis toujours sidéré de voir les nains d’aujourd’hui se dresser devant l’armée des géants d’autrefois et leur dire qu’ils sont nuls.

    *

    En avance sur la semaine prochaine, pour préparer la lecture de la première épître de saint Pierre, cette affirmation péremptoire :

    La bonne qualité de la langue et du style interdit d’attribuer la rédaction de la dite épître à un enfant de la Galilée.

    Et hop, trop bouseux le Simon-Pierre – même s’il prêchait évidemment en grec à Antioche puis à Rome, et avec une « bonne qualité de langue et de style », sinon personne ne l’aurait écouté. Et, n’en déplaise aux misérabilistes, saint Pierre n’était pas un « pauvre » des « périphéries ». Il avait avec son frère une entreprise de pêche et il habitait en ville, à Capharnaüm, où les transactions commerciales se faisaient en grec. Rappelons que dès le siècle précédent TOUTES les inscriptions funéraires juives que l’on a retrouvées sont en grec : deux tiers seulement en grec, un tiers en grec et dans une langue sémitique.

    (Le chanoine considère toutefois que la substance de l’épître est bien de saint Pierre, mais que le texte a été écrit en grec par Silvain – puisqu’il dit : « C’est par Silvain que je vous écris ces quelques mots »…)

  • La date de Pâques

    Le patriarche copte Tawadros II est revenu une nouvelle fois sur l’unification de la date de Pâques, au cours d’une rencontre avec des jeunes le soir du 3 mai au Centre culturel copte d’Amsterdam. On se souvient qu’il avait écrit au pape il y a un an à ce sujet, et qu’il en avait parlé de nouveau en novembre. Le patriarche va plus loin cette fois en soulignant qu’il s’agit d’un problème historique qui ne touche pas la doctrine et qu’on doit donc pouvoir s’accorder, et il propose que la date de Pâques soit fixée au troisième dimanche d’avril.

    Si c’était si simple il y a longtemps que la question serait réglée. Mais la date de Pâques ne peut pas être fixe. Ce serait détruire le symbolisme de la Pâque accomplissant celle de l’Ancien Testament.

    Et pour déterminer une même date de Pâques il faut avoir le même calendrier. Tant que les orthodoxes garderont le calendrier julien pour déterminer la date de Pâques, tout accord sera impossible. Or ils seront bien obligés de l’abandonner un jour ou l’autre. Déjà certaines années ils fêtent Pâques en mai. Dans un millénaire ils devront fêter Pâques, certaines années, en juin…

  • Les Franciscains de l’Immaculée

    Chez Benoît et moi, un bouleversant témoignage sur les Franciscains de l’Immaculée, avant qu’ils ne soient détruits par François, et qui est l’explication même de la volonté de les détruire dont a fait preuve le pape de la fausse pauvreté et de la fausse miséricorde.

  • Ce ne sont pas des "icônes"

    Après l’icône des martyrs égyptiens, circule sur la toile l’icône des martyrs éthiopiens.

    Ce ne sont pas des icônes, et il est nécessaire de le dire clairement, pour l’honneur de l’art iconographique qui est un art sacré.

    La première, vue sur un écran d’ordinateur, pouvait passer pour une icône. J’avais alors fait une recherche, dans le but de saluer cette initiative. Or j’avais fini par trouver une interview de l’artiste, Tony Rezk, lequel expliquait qu’il avait réalisé l’image par ordinateur. Or le processus d’écriture de l’icône, et son symbolisme, rendent impossible la réalisation d’une icône par ordinateur. Cela frise même le sacrilège.

    La connaissance des techniques de l’icône, et de l’art copte actuel, que manifeste Tony Rezk, peut induire en erreur. Mais ce n’est certainement pas le cas de la deuxième image, celle des 30 martyrs éthiopiens : on n’est plus du tout dans le domaine de l’icône, mais dans celui de la bande dessinée…

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  • La miséricorde profanée

    « La miséricorde est une mystique des yeux ouverts qui met l'accent sur les graves problèmes de l'humanité: la recherche de la paix, de la justice, du dialogue œcuménique et interreligieux. »

    Cardinal Walter Kasper, lors de la dernière réunion du Cénacle des Amis de François, selon Giuseppe Rusconi.

  • C’est assimilé

    Suite à la découverte de 14 tombes profanées au cimetière de Wizernes, dans le Pas-de-Calais, le procureur a souligné qu’il n’y avait pas de carrés confessionnels dans ce cimetière.

    C’est-à-dire qu’il n’y a ni carré israélite ni carré musulman, et donc qu’il n’y a pas de motivations religieuses. Car il ne peut y avoir de motivation religieuse que si des tombes juives ou musulmanes sont dégradées. Alors il y a « racisme ». Mais les tombes chrétiennes ne peuvent pas être l’objet d’atteintes racistes, de même qu’il n’y a pas de racisme anti-blancs. D’ailleurs ce ne sont pas des tombes chrétiennes qui sont profanées quand on détruit des crucifix, ce sont des tombes municipales…

    Le commissaire de police de Saint-Omer a tellement assimilé la leçon qu’il fait du zèle. Il a inspecté chacune des tombes profanées, et il peut garantir :

    « Nous avons regardé les noms des tombes qui ont été abîmées, il ne s’agit ni de personnes de confession juive ni de personnes musulmanes. »

    Il est donc établi qu’il n’y a aucune motivation religieuse. Circulez, il n’y a rien à voir.

    Les chrétiens n'existent plus. C'est officiel.

    (Merci au Salon Beige.)

  • Laïcité tchèque

    Le mercredi de Pâques il y a eu une "prière pour l’Europe" au Vatican, à l’occasion du 660e anniversaire du couronnement comme empereur des Romains du roi de Bohême Charles IV.

    Sur le moment je n’ai pas fait attention à cette information, craignant en outre de découvrir que cet anniversaire fût l’occasion d’une petite cérémonie européiste au Vatican.

    Puis je suis allé y voir de plus près. Pour découvrir en fait que la cérémonie, présidée par l’archevêque émérite de Prague, le cardinal Miroslav Vlk, était de l’initiative de l’ambassade tchèque près le Saint-Siège. Et qu’il s’agissait de célébrer les racines chrétiennes de l’Europe sans lesquelles rien de bon ne peut pousser. Sans dérive européiste, parce que ce n’est pas le genre des Tchèques…

  • Significatif

    Le jeudi de Pâques, une animatrice d’Europe 1, Marion Ruggieri, a tranquillement affirmé que la lapidation avait été « inventée par les chrétiens », que c’était « une vieille tradition chrétienne ».

    On mesure là ce que donne le mélange de l’inculture (frisant l’analphabétisme), du mépris de la religion, de la haine antichrétienne et de la dhimmitude instinctive.

    Les réactions ont été telles que l’animatrice a reconnu qu’elle s’était trompée et a présenté ses excuses. Ajoutant finalement : « Merci pour votre bienveillance. Fermez le ban. » Sic.

  • Fin de chrétienté

    Bernard Accoyer a déclaré à l’Assemblée nationale qu’il était inacceptable que les députés débattent d’un projet de loi le Vendredi Saint, soulignant qu’en outre c’est un jour férié en Alsace-Moselle et que le député alsacien Patrick Hetzel ne pouvait être là parce qu’il était « à la messe ce matin ».

    L’intention est bonne, sauf qu’il n’y a pas de messe le Vendredi Saint (et que la "fonction liturgique" ne peut avoir lieu que l'après-midi).

    La présidente PS de la commission des affaires sociales a répondu à Bernard Accoyer que ce vendredi « n’est pas plus saint qu’un autre ».

    Que Dieu lui pardonne.

  • Les dauphins du désert

    Dans sa traduction du livre de l’Exode, le chanoine Osty parle (cinq fois)  de « peaux de dauphins » utilisées pour couvrir le tabernacle.

    Comme sa traduction, surtout de ces chapitres de l’Exode, est quelque peu fantaisiste, je me suis demandé comment il avait pu inventer cette histoire triplement absurde de peaux de dauphins. (Triplement parce que 1 s’il y avait des dauphins dans le désert ça se saurait, 2 le dauphin est dans la Loi un animal impur et il est inconcevable de s’en servir, a fortiori pour le sanctuaire, et en outre au moment même où la Loi est révélée, 3 on ne peut rien faire avec la peau du dauphin.)

    Or, à ma grande surprise, le dauphin est très prisé chez les traducteurs modernes – qui ignorent donc la Loi qu’ils traduisent…

    Pour s’en tenir aux traductions du site très pratique « Références bibliques », on trouve aussi des dauphins dans les Bibles Second, du Semeur, la Colombe, Pirot-Clamer, TOB, Neufchâtel…

    Crampon se veut original et parle de « veaux marins », tandis qu’une autre traduction parle de « phoques », et que la « Bible des peuples » ne craint pas de voir de la « peau de poisson » !

    Olivetan, ami de Calvin, auteur de la première traduction protestante, donc de la première sur les soi-disant « textes originaux », a vu des peaux de « taissons ». C’est le mot qui à l’époque désignait le blaireau. La King James a repris le blaireau. La traduction juive que donne le site Tanak-sources a également « blaireaux ». Petit problème : le blaireau vit dans les forêts, il a besoin d’un abondant sous-bois, et il n’y en a pas au sud du Liban et de la Syrie.

    La Bible de Jérusalem parle de « cuir fin », comme la nouvelle Bible de la liturgie, qui a abandonné ses dauphins… mais il n’y a pas davantage d’explication pour « fin » que pour « dauphin »…

    La Bible du rabbinat a gardé le mot hébreu du texte massorétique : « tahach ». Car en vérité personne ne sait ce que peut vouloir dire « tahach ». Selon une tradition juive c’est un animal que Dieu avait créé pour les tentures du tabernacle, et qui a disparu ensuite…

    Alors d’où sont venus les dauphins du désert à peau tannée ? Je me demande si à force de chercher une signification à « tahach » on ne serait pas allé voir du côté de l’arabe (ou de l'araméen?). Certes, en arabe comme en hébreu, dauphin se dit « dolphin » (c’est le mot anglais), mais en arabe il y a un mot pour dire « marsouin », et ce mot est toukhas. Ce qui est très proche de « tahach » : le mot arabe s’écrit t-kh-s, et le mot hébreu t-h-sh. En arabe comme en hébreu, h et kh, s et sh sont extrêmement proches.

    Or comme les marsouins sont des dauphins, les tahach sont des toukhas (ou un mot araméen encore plus proche)…

    Et voilà comment on vous fabrique la Bible…

    Mais on n’est pas plus avancé.

    Pour savoir de quoi il retourne, il suffit de se référer aux vrais textes de la Bible. A savoir la Septante et la Vulgate.

    La Septante nous dit que ce sont des peaux « couleur de jacinthe », qui contrastent avec les « peaux teintes en rouge » qui précèdent immédiatement. Dans la plupart des manuscrits de la Vulgate, il s’agit aussi de peaux « couleur de jacinthe ». Donc teintes en bleu, ou d’un bleu tirant sur le violet. Le « Pentateuque de Tours » dit : « couleur de violette », ce qui a été repris dans la Vulgate sixto-clémentine. En latin c’est presque le même mot : « hyacinthinas » et « ianthinas ».

    Quant à la teinture elle-même elle pourrait fort bien provenir de l’indigotier, dont la culture est très ancienne au Proche Orient, et qui donne une couleur bleue tirant sur le violet…

    On peut donc oublier les dauphins du désert et les laisser à l’imagination des faussaires…

  • La dérive "presbytérienne"

    Hier soir, le district presbytérien de Palisades, dans le New Jersey, a dit oui à la reconnaissance du soi-disant « mariage » homosexuel par l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis. C’était le 86e oui, sur 171 districts (« presbyteries ») : la majorité était atteinte, et l’Eglise presbytérienne reconnaît donc officiellement la parodie de mariage.

    C’est l’an dernier que l’Assemblée générale de l’Eglise presbytérienne (calviniste, d’origine écossaise) avait décidé de modifier sa définition du mariage. Mais il fallait l’approbation d’une majorité des districts.

    Désormais, « le mariage implique un engagement unique entre deux personnes, traditionnellement un homme et une femme, pour s’aimer et se soutenir l’un l’autre jusqu’à la fin de leur vie ».

    Jusqu’à hier soir 41 districts avaient dit non à cette nouvelle définition.

    En 2010, l'adoption de l'« ordination » d'homosexuels non célibataires avait suscité le départ de 150 paroisses (sur environ 10.000).

     

  • Le cardinal Sarah

    Famille Chrétienne évoque la parution d’un livre d’entretiens du cardinal Robert Sarah… qui ne va pas arranger la réputation des Africains auprès du cardinal Kasper et de sa clique. Surtout qu'il est préfacé par... Benoît XVI. Extrait :

    « L’idée qui consisterait à placer le Magistère dans un bel écrin en le détachant de la pratique pastorale, qui pourrait évoluer au gré des circonstances, des modes et des passions, est une forme d’hérésie, une dangereuse pathologie schizophrène. J’affirme donc avec solennité que l’Église d’Afrique s’opposera fermement à toute rébellion contre l’enseignement de Jésus et du Magistère. »

    Et Famille chrétienne cite de bien belles formules du cardinal, notamment sur les missionnaires qui ont évangélisé l’Afrique, et sur la prière.

     

    Addendum

    Ce qui était annoncé:

     

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    Et ce qui est sorti:

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  • Rectification

    Vu sur le Salon Beige :

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    Les cimetières municipaux ne sont pas des cimetières chrétiens. Ce sont des cimetières républicains, comme dit Michèle Delaunay. De ce fait, renverser des croix dans les cimetières, c’est une profanation de la République. Il fallait y penser.

     

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  • Respecter les morts ?

    Les cimetières de Tracy-sur-Mer (Calvados) et de Saint-Béat (Haute-Garonne) ont été vandalisés et profanés. Dans le premier, une dizaine de croix ont été renversées et retournées. A Saint-Béat, des croix ont été cassées, dit le procureur, sans donner le nombre et en affirmant aussitôt qu’on n’est « pas du tout dans le même cas que les événements des derniers jours » : la profanation de tombes chrétiennes n’a rien à voir avec la profanation de tombes juives. Ce n’est pas du tout de même gravité. Puisque les profanations de tombes chrétiennes ne sont pas antisémites. Ni d’ailleurs islamophobes. Et que la Croix du Christ relève de croyances d'un autre temps...

    Il y a eu néanmoins de nombreuses réactions, y compris du président de la République.

    Le Parisien a reproduit les tweets indignés de Nathalie Kosciusko-Morizet, Claude Bartolone et Jean-Paul Huchon.

    « Un acte insupportable et indigne », dit le président de l’Assemblée nationale. « La République ne peut tolérer ces agissements. »

    Certes, la République ne les « tolère » pas: elle y incite, et c’est pourquoi ils se multiplient et vont continuer de se multiplier au rythme de la montée de la barbarie et de la déchristianisation.

    Il est bien évident qu’on ne respecte pas les morts quand on a appris depuis 40 ans à ne pas respecter la vie naissante, et quand on légifère sur la suppression des malades et des vieux.

  • Apparition permanente ?

    Alta Gracia, chef lieu du département de Santa Maria, dans la province de Cordoba, en Argentine, fut le lieu de résidence de Che Guevara pendant 12 ans, et la maison du guérillero sanguinaire est un musée que l’on vient visiter de partout.

    Mais depuis 2011 ce n’est plus le lieu le plus visité d’Alta Gracia. Désormais, c’est, et de très loin, la chapelle édifiée près de la réplique de la grotte de Lourdes. A cause d’un phénomène véritablement unique à ce jour, et que je découvre par le Salon Beige relayant un article d’Aleteia.

    Au-dessus de l’autel, dans une niche, il y avait une statue de la Vierge de Lourdes. En 2011 on l’a enlevée dans le cadre de la restauration de la chapelle. Or on a continué à la voir, dans sa niche, et on continue toujours de la voir. Comme si c’était un hologramme. C’est une sorte de lumière, mais qui a très nettement la forme de la Vierge de Lourdes, et l’on distingue les plis de sa robe. Du moins quand on est à l’entrée, et surtout si l’on... éteint les lumières. Plus on avance vers l’autel, plus la forme s’évanouit, puis disparaît. Car il n’y a rien dans la niche. Mais l’on n’a pas osé y remettre la statue, qui est désormais à côté…

    Jusqu’à présent, personne n’a pu donner d’explication rationnelle à ce phénomène qui, évidemment, attire les foules.

    On peut trouver sur la toile au moins deux vidéos. Je conseille celle-ci, car l’autre ne montre pas l’approche du phénomène jusqu’au bout.

    Ce pourrait être la première apparition permanente de la Vierge, visible par tous.

    Je suis tombé sur un site protestant qui en parle longuement et finit par conclure que puisque le phénomène est incontestable il ne peut qu’être satanique… Preuve que le fantôme marial d’Alta Gracia, département de Santa Maria, ne peut laisser indifférent...

  • Le cardinal Marx nous traite de terroristes

    Propos du cardinal Reinhard Marx, président de la conférence épiscopale allemande, membre du « G9 » et coordinateur du conseil papal pour l’économie :

    « L’Eglise dit qu’une relation homosexuelle n’est pas au même niveau qu’une relation entre un homme et une femme. C’est clair. Mais quand ils sont fidèles, quand ils sont engagés pour les pauvres, quand ils travaillent, ce n’est pas possible de dire : Tout ce que vous faites, parce que vous êtes homosexuels, est négatif. »

    Non, dit comme ça, ce n’est pas clair du tout. Il ne s’agit pas d’une différence de niveau, mais d’une différence de nature. Le cardinal Marx ne connaît pas le catéchisme.

    « J’ai eu une discussion avec certains des étudiants qui m’ont demandé : Cardinal, est-il vrai que les jeunes sont plus traditionnels ? Et c’est vrai. Mais ce n’est pas dangereux. Je n’ai aucun problème avec la tradition. Mais nous avons aussi la tendance de gens qui veulent être clairs dans leurs positions. Le populisme noir et blanc grandit en Europe. Et cela est le début, peut-être, du populisme, du terrorisme, c’est clair. L’ambiance de réduire la complexité du monde, de donner des réponses simples, de donner des réponses en noir et blanc, grandit, et je pense que c’est très dangereux. »

    Ce qui est pratique, c’est qu’avec un cardinal comme ça on n’a pas besoin de penseurs ou chroniqueurs anti-chrétiens…

  • Nouveau : le narguilé blasphématoire

    Le Centre catholique d’études et de formation pour les médias, que dirige à Amman le P. Rifat Bader, dénonce la commercialisation en Jordanie de narguilés sur lesquels sont reproduites des images indécentes et blasphématoires de Jésus-Christ.

    Voilà donc encore un nouvel « effet Charlie ».

    Mais il est certain que ces narguilés ne vont pas durer longtemps, car les autorités des pays du Levant ne plaisantent pas avec ce genre de chose. Même quand ce sont les chrétiens qui sont les victimes. Surtout en Jordanie. C’est d’ailleurs surprenant que dans un pays musulman on s’en prenne à celui qui dans l’islam est le plus grand des prophètes avant Mahomet.

    Mais qui donc est Charlie en Jordanie ?

  • Le satanisme se répand

    La collégiale Notre Dame des marais de Montluel, dans l’Ain, est fermée jusqu’à vendredi, jour où aura lieu une messe de réparation. Car jeudi ou vendredi dernier le tabernacle a été fracturé et quelque 200 hosties consacrées ont été volées.

    Parmi les profanations d’églises, qui sont de plus en plus nombreuses (c’est la quatrième, rien que dans l’Ain, en quelques jours), les vols d’hosties consacrées sont également en hausse. Il est clair que lorsqu’on vole des hosties sans rien voler d’autre, c’est forcément pour un culte satanique.

    La bonne nouvelle est qu’il y a de plus en plus de gens qui croient en la réalité de la présence du corps du Christ.

    La mauvaise nouvelle est que ce n’est pas pour étendre le règne de Dieu.

    La conclusion est que les prêtres ne doivent plus laisser les saintes espèces dans les tabernacles.

  • Quand même…

    Reporters sans frontières a décidé de faire signer à tous les responsables religieux une proclamation intitulée « La liberté d’expression n’a pas de religion ». Le président de la Fédération protestante de France a signé des deux mains, et le cher docteur Boubakeur a signé en tant que recteur de la Mosquée de Paris (n’engageant donc pas le CFCM).

    La Conférence des évêques de France a refusé de signer. Refus exprimé d’abord par son porte parole, puis par son président, Mgr Pontier.

    Tout en saluant cette petite résistance à la dictature de la pensée unique, on soulignera que ni le porte-parole ni le président de la CEF ne dit l’horreur de ce que l’on veut leur faire signer. Et l’on frémit de penser que des chrétiens ou des musulmans puissent signer un texte qui proclame que le blasphème est un droit. On savait déjà que Dalil Boubakeur peut tout signer pour avoir la paix parce qu’il ne croit en rien, mais on constate qu’il en est de même des protestants, et de façon plus discrète du grand rabbin de France qui « aurait donné son accord de principe ».

  • Une perle du chanoine Osty

    La lecture biblique du jour, quoique occultée par la fête de sainte Agathe, c’est le début du chapitre 4 de la Genèse.

    Or Adam connut Eve, sa femme, qui conçut et enfanta Caïn (…) ; elle enfanta de nouveau, son frère Abel (…).

    Note du chanoine Osty : « Le texte actuel (sic) rattache ainsi à Eve Caïn et Abel, comme s’ils étaient ses fils »

    Sic : quel est le chrétien demeuré qui peut encore croire que Caïn et Abel soient les fils d’Eve ?

    Et ce n’est pas tout. Le chanoine Osty ajoute :

    « … et ses deux seuls fils. »

    Or la Genèse dit ensuite :

    Adam connut encore sa femme, et elle enfanta un fils, et elle l’appela du nom de Seth. (...) Et les jours d'Adam, après qu'il eut engendré Seth, furent de 800 ans, et il engendra des fils et des filles.

    Même la Bible de Jérusalem ne va pas aussi loin dans le négationnisme primaire.

    Plus amusante est la note sur le mot « connut » : « Euphémisme qui exprime les relations de la vie conjugale ». Bref, on explique un euphémisme par un autre euphémisme…

    Le grand leitmotiv de la Bible Osty, c’est : « le texte est corrompu ». On finirait par se demander à quoi ça sert que l’Eglise conserve un texte si souvent corrompu. Mais ce n’est pas le texte de l’Eglise, c’est le texte soi-disant original, c’est-à-dire le texte des rabbins du IXe siècle. Chaque fois je dis intérieurement au chanoine Osty : mais va donc voir la Vulgate et la Septante, le texte n’y est pas corrompu…

    Variante du « texte corrompu » : le « texte actuel ». Comme le chanoine ne comprend pas que la Genèse, dans un génial raccourci (qui est une synthèse de la suite du péché originel), nous raconte en même temps la naissance de Caïn et Abel premiers enfants du premier couple, et la vie de Caïn et Abel dans un monde où il y a d’autres hommes et même une civilisation, il en déduit que, donc, Caïn et Abel n’étaient pas les enfants d’Adam et Eve…

    Par ce raisonnement primaire, permanent, on détruit méthodiquement toute la Bible.

    Et il y a même des tradis qui croient que la Bible Osty est une Bible catholique…

  • Les croix d’Arabie saoudite

    Intéressant article sur les croix gravées d’un « taille ostentatoire », datant du Ve siècle, avec de nombreuses inscriptions, en Arabie saoudite.

  • Sur le chemin de l’apostasie

    Extrait (ou plutôt cœur) de l’homélie de François, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier :

    Beaucoup de controverses entre chrétiens, héritées du passé, peuvent se dépasser en mettant de côté toute attitude polémique ou apologétique, et en cherchant ensemble à accueillir en profondeur ce qui nous unit, c’est-à-dire l’appel à participer au mystère d’amour du Père révélé à nous par le Fils dans l’Esprit Saint. L’unité des chrétiens – nous en sommes convaincus – ne sera pas le fruit de discussions théoriques raffinées dans lesquelles chacun tentera de convaincre l’autre du bien-fondé de ses propres opinions. Le Fils de l’Homme viendra et il nous trouvera encore en discussions. Nous devons reconnaître que pour parvenir à la profondeur du mystère de Dieu, nous avons besoin les uns des autres, de nous rencontrer et de nous confronter sous la conduite de l’Esprit Saint, qui harmonise les diversités et dépasse les conflits, réconcilie les diversités.

    Donc, il faut abandonner l’apologétique, c’est-à-dire la défense argumentée de la foi catholique. Dans les discussions œcuméniques ! Car finalement il ne s’agit pas de la foi. Nous croyons tous au « même évangile », comme il dit dans la même homélie… Ce qui reste alors du dialogue œcuménique, ce sont des « discussions théoriques raffinées », où l’on ne défend pas la foi, mais ses « opinions ».

    Par exemple : moi je crois que le Christ est réellement présent, corps, âme, esprit, divinité, dans l’hostie, et toi tu n’y crois pas. Ce ne sont que des opinions. Nous n’allons pas discuter là-dessus. L’important est de se laisser conduire par le Saint-Esprit qui « harmonise les diversités et dépasse les conflits », mettant d’accord ceux qui croient en la présence réelle et ceux qui n’y croient pas. Dans une même « Eglise » qui transcende les diverses « opinions » ?

    Désolé, mais tant que je vivrai je ne pourrai pas dire que le Christ, le Fils de Dieu qui s'est fait chair, corps et sang pour se donner à moi afin que je devienne un avec lui, est une opinion.

  • Au pays de l’islam le plus modéré

    Dimanche après-midi, à la gare de Fès, au Maroc, la police a interpellé un suspect. Suspect d’être converti au christianisme. Ses bagages ont été fouillés. On y a trouvé une Bible et d’autres livres chrétiens. Le dangereux terroriste a été emmené, non pas au commissariat, mais à la préfecture de police.

    Ce jeune homme, dont on ne nous dit pas le nom, a été interrogé pendant 11 heures. Onze heures. La police voulait savoir pourquoi il venait souvent à Fès, et qui il venait rencontrer.

    Il a été relâché, parce que le fait d’avoir une Bible dans sa valise n’est pas du prosélytisme. Mais cet homme sait désormais qu'il était repéré, qu’il est surveillé, et qu’on ne le ratera pas à la première occasion.

  • Deux figures

    Dans le dernier numéro de L’Homme nouveau il y a deux portraits de témoins de la foi, français, peu connus, et qui sont pour le moins dignes d’attention.

    L’un est celui que l’on a appelé « le saint homme de Tours », Léon Papin-Dupont. Celui-là je le connaissais déjà un peu, par sainte Thérèse. Car il fut en quelque sorte le précurseur de la « petite voie » et de la dévotion à la sainte Face, via le carmel de Tours. En 1885, Louis Martin et ses filles s’étaient inscrits à l’archiconfrérie de la Sainte Face qu’il avait créée. J’apprends que la seule année 1854, « M. Dupont » avait envoyé 25.000 images de la Sainte Face, et 60.000 fioles de l’huile qu’il faisait brûler devant la Sainte Face dans son oratoire, et qui était devenue miraculeuse.

    Sur ce qu’était cette Sainte Face, on pourra se reporter à ce que j’en ai dit sur le Forum catholique en octobre dernier.

    Le deuxième personnage est l’abbé Michel Guérin, qui était le curé de Pontmain au moment des apparitions. En 2013 a été ouverte une enquête diocésaine en vue de sa béatification. J’avoue que je n’avais pas cherché à connaître ce prêtre, me disant seulement que ce devait être sûrement un bon prêtre et qu’on cherchait ainsi à continuer à faire de la publicité pour les apparitions, de façon d’ailleurs légitime, mais sans plus.

    Quelle erreur ! Cet abbé Guérin mérite vraiment qu’on s’intéresse à lui. Dès qu’il fut ordonné, il voulut être curé de Pontmain, parce que c’était le trou le plus perdu du diocèse, ce n’était même plus une paroisse. Le presbytère était en ruine, l’église abandonnée. De ce hameau déshérité il fit une paroisse fervente, tout particulièrement par la dévotion mariale. Et il mourut d’un accident un an après l’apparition : il était le prêtre désigné pour préparer le terrain, et il est parti une fois sa mission accomplie… Il avait affirmé que les 38 garçons qui étaient allés à la guerre reviendraient sains et saufs, parce qu’il l’avait demandé à la Sainte Vierge. Or on n’avait aucune nouvelle des garçons, et l’ennemi était à Laval. Mais les 38 garçons revinrent sains et saufs, et les Allemands se retirèrent, comme l’avait dit la Sainte Vierge aux enfants.

  • La religion de la République

    Claude Bartolone :

    « Regardez le temps qu'il a fallu pour faire accepter à la religion catholique le fait qu'il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous : c'est la religion de la République. »

    C’est la première fois, semble-t-il, qu’un très haut responsable politique, en l’occurrence le président de l’Assemblée nationale, profère ce dogme jaurésien maçonnique.

    Certes, Vincent Peillon l’a plusieurs fois assené et argumenté, mais (sauf erreur) pas pendant le temps (bref) qu’il a été ministre.

  • Saint Jude et les tuniques

    L’épître de saint Jude est assez peu lue et commentée. Elle a un côté étrange, avec ses deux citations de textes apocryphes comme arguments d’autorité, et ses tournures de phrase recherchées. Et l’on ne fait guère attention au verset 23, lui aussi assez bizarre :

    « Sauvez-en d’autres en les arrachant au feu, ayez pour d’autres pitié avec crainte, haïssant jusqu’à la tunique souillée par la chair. »

    La dernière expression est également traduite : « haïssant même le vêtement souillé par la chair », ou, souvent, « par leur chair » (Bible de Jérusalem, Pirot-Clamer, TOB, Bible de la liturgie…), en ajoutant un adjectif possessif qui ne se trouve pas dans  texte et qui n’a aucune raison d’être.

    Même les traductions dites de la Vulgate (Glaire, Fillion) traduisent ainsi. Lemaistre de Sacy quant à lui fait une glose : « haïssez comme un vêtement souillé tout ce qui tient de la corruption de la chair » pour montrer qu’il a compris mais qu’il n’ose pas dire carrément ce que dit la Vulgate. La Vulgate, qui traduit correctement le texte grec, à la différence de toutes les traductions françaises :

    « Illos vero salvate, de igne rapientes. Aliis autem miseremini in timoré, odientes et eam, quæ carnalis est, maculatam tunicam. »

    Littéralement : « haïssant aussi cette tunique tachée qui est de chair ».

    C’est littéralement ce que dit le grec : « μισοῦντες καὶ τὸν ἀπὸ τῆς σαρκὸς ἐσπιλωμένον χιτῶνα. »

    Pour traduire « souillée par la chair », on fait de « apo » une préposition introduisant un complément d’agent. Mais « apo » est une préposition qui indique une origine, que ce soit de temps, de lieu, de matière… La préposition qui introduit un complément d’agent est « hypo », comme l’épître en donne d’ailleurs un exemple quelques lignes avant. « Apo » indique donc l’origine de la tunique, la… matière de la tunique. C’est une tunique de chair. C’est la tunique de chair qui est tachée. Nous devons haïr la tunique de chair qui est tachée. Notre tunique de chair souillée par le péché.

    Cela renvoie à la Genèse, lorsque Dieu, chassant Adam et Eve du paradis de l’origine, les revêt de « tuniques de peau ». La chute originelle, le péché de l’origine, fait tomber le corps humain dans la lourdeur, l’épaisseur, la chair sujette à la maladie, à la souffrance, à la mort.

    Et ainsi, cette mention de la « tunique souillée de chair », la tunique maculée de notre chair, à la fin de l’avant-dernier livre de la Bible, fait une grande inclusion avec la Genèse, avec l’expulsion de l’homme du paradis de l’origine, juste avant le dernier livre, celui de la Révélation de la Jérusalem céleste, du rétablissement du paradis de l’origine, devenu un super-paradis par l’Incarnation et la Rédemption.