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Europe

  • Derrière l’inquiétude irlandaise

    Le gouvernement irlandais ne cesse de manifester son inquiétude face au Brexit. Sans jamais dire ouvertement pourquoi. La raison en est que l’Irlande soi-disant indépendante, un siècle après le soulèvement, est plus que jamais dépendante de l’Angleterre : l’économie du pays est sous contrôle de groupes anglais, c’est pourquoi le Brexit pose de vrais graves problèmes pour l’économie du pays.

    Toujours sans dire ce qu’il en est, le Premier ministre Enda Kenny, hier, le jour même où il démissionnait du poste de président de son parti, donc de son poste de chef du gouvernement (qu’il continue de diriger jusqu’au 2 juin), a déclaré que l’Irlande devrait demander l’aide sonnante et trébuchante de l’UE pour surmonter les terribles dommages que le Brexit va faire subir à son pays…

    Si le gouvernement irlandais adoptait aussi le pragmatisme anglais au lieu de l’idéologie européiste, la solution serait toute trouvée : il suffirait que l’Irlande suive le Royaume-Uni par un Irlexit, un Eirxit, qui permettrait de garantir la pérennité de l’ensemble économique des îles britanniques (très liées d’autre part l’une et l’autre au Etats-Unis).

    Quiconque va en Irlande peut constater qu’il faut passer un contrôle de police et un contrôle de douane, puisque le pays ne fait pas partie de l’espace Schengen. Si l’Irlande se séparait de l’UE ça ne changerait rien de ce côté-là.

    Mais nul doute que ce serait une honte pour les fiers nationalistes irlandais que de quitter le carcan supranational de l’UE pour rester associés au libre Royaume-Uni…

    Quelle époque…

  • Ça les occupe

    Le Parlement européen vote à jet continu des résolutions qui permettent essentiellement aux députés européens de penser qu’ils existent.

    Hier ils ont voté par 393 voix pour, 221 contre et 64 abstentions, une résolution en faveur du déclenchement de la procédure de l’article 7 contre la Hongrie. Procédure dont ils savent pertinemment qu’elle ne peut pas aboutir.

    Le seul intérêt du vote de cette résolution a été de voir que pour la première fois des députés PPE ont rejoint la gauche et l’extrême gauche pour condamner le gouvernement Orban, alors que les députés hongrois du parti d’Orban sont au PPE.

    Il y a eu 68 députés PPE pour voter la résolution ; 98 ont voté contre, et 40 se sont abstenus.

    Selon la résolution, les évolutions qu'a connues la Hongrie ont « provoqué une grave détérioration de l'état de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux ces dernières années », et tous les éléments « pris ensemble, pourraient être le signe de l'émergence d'une menace systémique pour l'état de droit dans cet État membre ». Alors que Frans Timmermans, au nom de la Commission européenne, affirme qu’il n’y a pas de « menace systémique »…

    Le Parlement européen « charge par conséquent sa commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, d'engager la procédure et d'élaborer un rapport spécifique en vue de mettre aux voix en plénière une proposition motivée invitant le Conseil à agir conformément à l'article 7, paragraphe 1, du traité UE ».

    Le Conseil déterminera alors s’il existe un « risque clair » d’une « violation grave » des « valeurs européennes » par la Hongrie. Si le texte obtient les quatre cinquièmes des voix, une autre réunion du Conseil, après objurgations au gouvernement hongrois, devra constater l’existence d’une violation « grave et persistante ». Cette fois à l’unanimité. Et on s’arrêtera là, puisqu’on ne pourra pas obtenir l’unanimité, la Pologne ayant clairement dit et rappelé qu’elle s’y opposerait (comme la Hongrie au cas où la Pologne serait confrontée à la même procédure).

    Addendum

    Réaction du gouvernement hongrois : "La résolution votée hier par le Parlement européen traite de questions qui, à notre avis, ne relèvent en rien de l'Union européenne ou du Parlement européen."

  • Pied de nez

    « Mme Sylvie Goulard, ministre des Armées ».

    Sylvie Goulard est inconnue du grand public. Mais elle est la grande lobbyiste de l’Europe fédérale depuis longtemps. En 2001 elle était près de Romano Prodi pour travailler à la préparation de la Constitution européenne. En 2006 elle était devenue présidente de la branche « française » du Mouvement européen : un lobby qui avait été dirigé et financé par la CIA pour construire les Etats-Unis d’Europe. En 2009, étiquetée Modem, elle était devenue député européen, c’est-à-dire principale militante du Mouvement européen au sein du Parlement européen.

    La voici donc récompensée par un portefeuille ministériel (au moment où les Etats-Unis ont un président qui n’a pas du tout comme priorité la construction des Etats-Unis d’Europe…).

    Mais le gag, le mauvais gag, est qu’elle est « ministre des Armées ». Elle qui, comme son nouveau patron Macron, est pour la dissolution des nations dans un Etat européen. Dans la configuration psychologique de ces gens-là, c’est comme si elle était ministre des Armées du Minnesota ou de l’Alabama… Eh non, ça n’existe pas.

    Le message est bien sûr que « les Armées » françaises ne doivent plus exister non plus, au profit d’une armée fédérale européenne.

    Sur le « Mouvement européen », marionnette de l’American Committee for a United Europe, voir ci-après mon article de Daoudal Hebdo du 4 juin 2009 : « Comment la CIA a dirigé la construction européenne ».

    *

    On notera qu'il y a un "ministre de l'Europe et des Affaires étrangères" (l'Europe nommée d'abord), et, comme si ça ne suffisait pas, un "ministre chargé des Affaires européennes". "Europe" est le seul mot qui figure deux fois dans l'organigramme.

    *

    On a appris que Jean-Louis Bourlanges allait être candidat aux législatives.

    Jean-Louis Bourlanges a été le lobbyiste du Mouvement européen (dont il a été président entre 1995 et 1999) au Parlement européen de 1989 à 2007. Il a démissionné en 2007 (au milieu de son quatrième mandat), parce qu’il désespérait de voir réalisée dans un avenir proche la destruction des nations dans une Europe unifiée. Voilà que Macron, dix ans plus tard, redonne de l’espoir au vieux Bourlanges au point qu’il retourne au combat…

    *

    J’aurais bien ironisé sur Collomb à l’Intérieur, mais la suppression de la liberté d’expression en ce qui concerne toutes les « phobies » (sauf la christianophobie, évidemment) m’en empêche.

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  • Eurodictature

    La Commission européenne a prévenu hier que les pays qui n’auront pas accepté des demandeurs d’asile d’ici juin encourront une procédure de sanction.

    Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, a immédiatement répondu qu'il n'y a pour son pays « aucune possibilité de prendre des réfugiés. C'est la position du gouvernement. Nous disons très clairement : il n’y a aucun accord du gouvernement polonais pour se voir imposer de force des quotas de réfugiés ».

    On constatera que la Commission européenne n’attend même pas le jugement de la Cour européenne de Justice pour proférer ses menaces. Car l’affaire est pendante depuis que la Hongrie et la Slovaquie ont porté plainte contre les quotas. Dans une démocratie, on attendrait le verdict de la Cour suprême…

  • Le Danemark résiste

    Le 2 mai dernier, la Commission européenne a fait savoir que l'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, la Suède (et la Norvège comme membre aussi de l’espace Schengen) étaient autorisés à prolonger les contrôles aux frontières pendant six mois supplémentaires, mais que ce serait la dernière fois.

    En réponse à une question d’un député du parti du peuple danois, hier, le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen a déclaré :

    « Nous continuerons les contrôles aux frontières, à moins que l'UE ne trouve miraculeusement le moyen de reprendre le contrôle de ses frontières extérieures et que l'Italie freine le flux de réfugiés vers Europe. Il y a beaucoup beaucoup trop de gens venant d’Afrique en Europe via l’Italie pour que nous rouvrions les frontières. »

    Et d’insister :

    « Tant que les frontières de l’UE ne seront pas sous contrôle, nous devons maintenir nos propres contrôles. »

    Et d’ajouter que son « propre pronostic » est que « ce n’est pas un scénario probable dans les six prochains mois ».

    Rasmussen a ajouté :

    « Personne dans mon entourage politique n'est en faveur de frontières ouvertes avec l’Afrique, c’est plutôt le contraire... Nous avons introduit des règles pour protéger le Danemark, avec grand succès. C'est pourquoi nous avons maintenant le plus petit nombre de demandeurs d'asile depuis huit ans. »

  • Bla-bla-bla

    Croquemitaine-2.jpg

    Le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, vient de déclarer à propos de la Pologne et de l’état de droit dans ce pays :

    « Si rien n'est fait avant notre prochain rapport en juin, la Commission n'hésitera pas à utiliser ses pouvoirs en vertu des traités et à ouvrir des procédures d'infraction. »

    Le croquemitaine grec ne semble pas avoir suivi la réunion. Car c’est à peu près le contraire de ce qu’a dit Frans Timmermans à l’issue de cette première réunion des ministres des Affaires européennes des 28 sur l’horrible cas polonais :

    « Une large majorité des Etats membres souhaitent que nous poursuivions notre dialogue avec les autorités polonaises… J'ai vraiment l'impression que le gouvernement polonais est maintenant ouvert au dialogue… »

    Selon les indiscrétions de diplomates, le groupe des pays favorables à l’ouverture d’une enquête formelle sur la Pologne comprenait la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Suède, et était mené de façon vigoureuse par les Pays-Bas, pour défendre, dit-il, notre « communauté de valeurs »…

    Sans surprise, le ministre hongrois, mais aussi le ministre tchèque, se sont prononcés résolument contre l’ouverture d’une enquête. Ils ont été rejoints par le ministre britannique… après le débat. Ce qui a fait dire à un diplomate : « Cela montre que le Brexit est plus important que la démocratie. » En effet, la souveraineté nationale est plus importante que l’idéologie dominante…

    Quant au ministre polonais, il est resté ferme sur les positions de son gouvernement, qui est prêt à tous les dialogues que l’on voudra mais pas à remettre en cause les droits du Parlement polonais à voter des lois polonaises…

    Il est notable que personne (n’en déplaise au croquemitaine grec) n’a évoqué l’article 7, celui qui permet de prendre des sanctions. Et Timmermans a fini par dire aux journalistes : « Ça ne va pas aider au dialogue si je commence à fixer des échéances ou à proférer des menaces. »

  • Et vlan !

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) juge que la Commission européenne n’a pas le droit de conclure un traité de libre-échange sans avoir obtenu une ratification des 38 parlements nationaux et régionaux de l’UE.

    La Cour, interrogée par la Commission dans le cas du traité conclu avec Singapour, considère que les tribunaux d'arbitrage inclus dans les accords de libre-échange relèvent d'une « compétence partagée entre l'Union et les Etats membres ».

    Il est regrettable que la CJUE ne soit pas plus souvent saisie, et surtout qu’elle ne puisse pas l’être par de simples citoyens (sauf s’ils sont personnellement et directement lésés). Car on verrait alors la CJUE juger au moins deux ou trois fois par an que les institutions européennes violent leurs propres traités, leurs propres règles, en permanence. Et cela finirait peut-être par ouvrir les yeux des citoyens sur l’arbitraire bruxellois.

  • Famille roumaine

    Le 9 mai, les députés roumains ont adopté, par 232 voix contre 22 (sic : vingt-deux) et 13 abstentions, l’amendement constitutionnel stipulant que « la famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme, leur pleine égalité et le droit et le devoir des parents d’assurer l’éducation et l’instruction des enfants ».

    Ce vote fait suite à l’initiative populaire de la Coalition pour la famille qui avait récolté plus de 3 millions de signature alors qu’un demi-million suffisait. Reste à obtenir le vote du Sénat, puis l’approbation par référendum.

  • Stupide

    Le débat qui agite le Front national sur la « sortie de l’euro » est stupide.

    D’abord rien dans les traités européens ne permet de sortir de l’euro. Les Etats membres qui ne se sont pas exemptés de la monnaie unique ont l’obligation de l’adopter et bien entendu définitivement.

    Depuis le traité de Lisbonne ce que l’on peut faire c’est sortir de l’UE. Et c’est évidemment ce qu’il faut faire, comme le Royaume Uni, si l’on veut recouvrer sa souveraineté et mettre en œuvre une politique qui ne soit pas dictée de l’étranger.

    Si le Front national, par calcul électoral, considère aussi que c’est un sujet tabou (comme l'avortement), il ne sert plus à rien. Ce que je crois depuis un certain temps, de toute façon.

  • A la CJUE

    La première audience de la procédure lancée par la Hongrie et la Slovaquie contre l’Union européenne s’est tenue hier à la Cour de Justice de l'UE. Comme prévu, ces deux pays n’ont reçu le soutien que de la Pologne.

    La Hongrie et la Slovaquie ont fait valoir que la décision d’instaurer des quotas de « migrants » était illégale car contraire à un engagement pris auparavant par le Conseil européen, et prise sans l’aval du Parlement européen alors qu’il y aurait dû y avoir co-décision.

    L’argument principal de l’Union européenne est qu’il s’agit d’une affaire de « solidarité ».

    Une solidarité extrêmement ténue, quand on sait que seulement 18.000 « migrants » (sic : dix-huit mille) ont été répartis selon les quotas.

    D’autre part la Hongrie était censée en accueillir 1.294, et la Slovaquie 802. Ce qui n’est pas vraiment une submersion.

    Il ne s’agit donc pas d’une question de migrants ou de réfugiés, mais d’une question de principe : l’Union européenne peut-elle imposer de telles décisions aux Etats membres ?

    La réponse ne sera pas donnée avant la fin de l’année. Il est probable que la CJUE donne raison aux instances de l’UE, ce qui serait dans la logique de la « construction » européenne d’une « union toujours plus étroite ».

    Un jugement en sens contraire serait un véritable séisme.