12 avril 2013

A propos des périphéries

Lu sur Benoît et moi :

« Nous avons vu et nous voyons aujourd'hui dans l'Evangile que, pour Dieu, il n'y a pas de périphéries. La Terre Sainte, dans le vaste contexte de l'Empire romain, était une périphérie; Nazareth était une périphérie, une ville inconnue. Et toutefois, cette réalité était précisément, de fait, le centre qui a changé le monde ! »

« On parle souvent dans l'Eglise de la périphérie et du centre, qui serait Rome, mais en réalité dans l'Eglise, il n'y a pas de périphérie, parce que là où est le Christ, le centre est là tout entier. Là où l'on célèbre l'Eucharistie, où il y a le tabernacle, le Christ est là et donc c'est là que se trouve le centre et nous devons tout faire pour que ces centres vivants soient efficaces, présents et soient réellement une force qui s'oppose à cette marginalisation. »

Benoît XVI, Lorette, le 1er septembre 2007, rencontre avec les jeunes.

01 mars 2013

Une ostension télévisée du Saint Suaire

L’un des derniers actes de Benoît XVI a été d’autoriser une ostension exceptionnelle du Linceul de Turin le samedi 30 mars, qui est le samedi saint. Il sera déployé à la cathédrale de Turin et présenté pendant une heure sur RAI Uno.

Ils n’étaient pas là

Hier matin, Benoît XVI a reçu le Sacré Collège et a donné aux cardinaux ses consignes pour le conclave : être unis, être dociles à l’Esprit Saint…

Perepiscopus souligne qu’il manquait deux cardinaux français : Mgr Vingt-Trois et Mgr Barbarin.

Selon leurs agendas ils étaient disponibles, et ils n’ont donné aucun motif à leur absence.

Hommage à Benoît XVI

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Le site du Vatican met en ligne un superbe album sur Benoît XVI, dont les textes, aussi bien choisis que les photos, résument la pensée du pape. Un travail remarquable, à connaître et à faire connaître.

Coïncidence ?

Benoît XVI a renoncé à sa charge le 28 février.

C’est le jour anniversaire de la mort de Dom Gérard, le seul moine du XXe siècle qui ait fondé un monastère. Et pour la messe de saint Pie V.

Dans son message au monastère, pour la mort de Dom Gérard, Benoît XVI rendait grâce « pour l’attention de Dom Gérard à la beauté de la liturgie latine, appelée à être toujours davantage source de communion et d’unité dans l'Église ».

Cardinal et préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il avait célébré la messe au monastère le 24 septembre 1995.

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Benoît XVI avait choisi son nom en l’honneur de saint Benoît, patriarche des moines d’Occident, et des bénédictins.

Le 13 septembre 2008, au champ de Mars à Paris, il avait célébré la messe avec une chasuble de Dom Gérard.

26 février 2013

L’immonde confession de Jean-Pierre Denis

Jean-Pierre Denis, le directeur de la rédaction de La Vie, tresse des couronnes à Benoît XVI maintenant qu’il s’en va. Il n’est pas le seul, assurément, de ce genre hideux. Mais il est un sommet du genre.

Dans son éditorial, il rappelle qu’il était place Saint-Pierre lors de l’élection de Benoît XVI, le 19 avril 2005, et qu’il ne se sentait « pas heureux, tant l’image d’inflexibilité et de dogmatisme qui collait à la soutane de Joseph Ratzinger pouvait sembler inquiétante, triste, voire désespérante ». C’est que, ajoute-t-il, « comme beaucoup, je ne l’avais lu qu’à travers des citations tronquées ou des raccourcis médiatiques. Comme beaucoup, je n’avais pas compris. »

Voilà donc premièrement un journaliste, deuxièmement qui se prétend spécialisé dans l’information religieuse, et qui devient rédacteur en chef de La Vie (en 2005, justement) sans avoir jamais lu une ligne du théologien Ratzinger ou du cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, bras droit de Jean-Paul II, et en ce début de 2005 son probable successeur.

Jean-Pierre Denis était-il déjà rédacteur en chef le 19 mai 2005, ou l’est-il devenu ensuite grâce à sa compétence exceptionnelle d’homme qui n’a jamais lu une ligne du nouveau pape ?

Peu importe. C’est la coïncidence qui est remarquable. En 2005 le nouveau rédacteur en chef de La Vie ex-catholique ne savait du nouveau pape que ce que les ennemis du pape et de l’Eglise en disaient, et il ne voulait pas en savoir davantage. Ce qui était pratique, bien sûr, pour écrire dans un tel magazine…

Je fais mienne la conclusion du site Benoît et moi qui a relevé l’énormité de la chose :

« Non, vraiment. C'est trop facile de se dédouaner ainsi d'une pirouette: "Ecoutez, on vous a raconté n'importe quoi pendant huit ans, mais maintenant qu'il s'en va, on peut bien vous le dire". L'adage populaire "mieux vaut tard que jamais" me reste cette fois largement en travers de la gorge. »

23 février 2013

Le cardinal Zen : Benoît XVI, le Saint-Siège et la Chine

L’agence Asianews publie un texte fort intéressant du cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, auteur des méditations du chemin de croix du pape en 2008, et qui n’est pas, comme on le sait, un adepte de la langue de bois. Voici une rapide traduction de ce texte.

Benoît XVI est un grand pape, un homme amoureux de la vérité. Pour lui, Dieu est la vérité, et l’homme ne peut pas vivre sans la vérité. Malheureusement, aujourd’hui, la vérité n’est pas « à la mode », et ce qui domine réellement est ce que Benoît XVI a qualifié de « dictature du relativisme ». Mais il a toujours tenu la barre pour garder le cap selon la vérité. Cela est sa contribution à la culture mondiale, et aussi à la Chine. Il faut ajouter que ce pape a fait pour la Chine ce qu’il n’a fait pour aucun autre pays : à aucune autre Eglise particulière il n’a écrit une lettre spécifique, aucun pays n’a une commission spéciale issue des deux plus importants dicastères du Saint-Siège, d’une trentaine de membres, qui lui soit dédiée. Nous devons lui en être profondément reconnaissants.

Mais, malheureusement, je dois ajouter que, souvent, il a été une voix isolée dans le désert. Je l’ai dit et je le répète : son travail a été ruiné par d’autres qui sont proches de lui, qui ne suivaient pas sa ligne. Je n’ai pas à juger les consciences : il est probable que ces conseillers pensaient que peut-être il n’en savait pas assez sur la situation, qu’il n’était pas en mesure de suivre la bonne stratégie. Quoi qu’il en soit, ces gens-là n’ont pas mis en œuvre ce que Benoît XVI avait établi comme lignes directrices pour l’Eglise en Chine.

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21 février 2013

Quelques précisions romaines

En début d'après-midi, le Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège a précisé le calendrier du Saint-Père: Samedi à 9h se concluent les exercices spirituels de la Curie Romaine et comme à l'accoutumé le Pape s'adressera brièvement aux participants. A 11h 30, il recevra le Président de la République italienne. Le lendemain dimanche, il récitera le dernier angélus de son pontificat. Mercredi 27, se déroulera Place Saint-Pierre la dernière audience générale et, vues les circonstances (on attend 30.000 personnes), la papamobile fera un circuit plus long. Le 28, Benoît XVI saluera tous les Cardinaux présents à Rome, sans prononcer de discours. Ensuite, peu avant 17h Cour Saint-Damase, il sera salué par le Cardinal Secrétaire d'Etat, puis à l'héliport par le Cardinal Doyen. A Castelgandolfo, il sera accueilli par le Cardinal Président et le Secrétaire du Governorat, accompagné du Maire de la commune. Il saluera la foule depuis le balcon du palais donnant sur la place publique.

Par ailleurs, le P. Lombardi a précisé que la date d'entrée en conclave sera fixée par les Cardinaux assemblés en congrégations générales, indépendamment d'un éventuel Motu Proprio du Saint-Père destiné à modifier certains points de la constitution Universi Dominici Gregis. A propos ensuite de la Fraternité Saint-Pie X, il a déclaré que la date butoir du 22 avancée par la presse n'est que pure hypothèse, Benoît XVI ayant décidé de remettre la question à son successeur. Il est donc inutile d'attendre un règlement de la situation avant la fin de ce pontificat. Enfin, il a confirmé que le rapport d'enquête des trois Cardinaux [sur les fuites de documents confidentiels au Vatican] n'est connu que du Saint-Père. Les Cardinaux Herranz, Tomko et De Giorgi n'accorderont aucune interview pour commenter les résultats de leur action.

(VIS)

18 février 2013

Fadas

Dans les Amériques, il y a un « comité pour la réélection du Pape Benoît », qui vend des autocollants, des fanions, des pancartes à mettre dans le jardin, etc. Il y en a même un en latin :

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C’est en vente à la boutique du Father Z. Sinon, il vend aussi cela :

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A chaque instant

Extrait de l’allocution de Benoît XVI à l’Angélus, hier :

En dernière analyse, c'est la foi qui est en jeu dans les tentations, parce que Dieu est en jeu. Dans les moments décisifs de la vie, mais aussi, à bien y voir, à chaque instant, nous sommes face à un carrefour : est-ce que nous voulons suivre le « moi » ou Dieu ? L’intérêt individuel ou bien le vrai Bien, c’est-à-dire ce qui est réellement bon ?

15 février 2013

L’objection de Mgr Minnerath

Mgr Roland Minnerath critique ouvertement la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge pontificale. J’avoue que, si l’on s’en tient à ce qu’a dit le pape pour justifier sa décision, je suis assez d’accord avec l’archevêque de Dijon, dont voici quelques propos :

« Lorsque l’on est Pape, on assume jusqu’à la mort… [Jean-Paul II] était très impotent les dernières années de sa vie mais il est resté jusqu’au bout… Il a donné par là un exemple de “rester fidèle à l’appel que j’ai reçu”… Si on introduit un critère d’efficacité, c’est tout à fait valable dans le gouvernement des choses temporelles d’un chef d’Etat. Mais l’exercice de l’épiscopat ou du pontificat, c’est autre chose ! »

C’est autre chose, parce que c’est d’abord un don, et un témoignage, et que le don doit être total et que le témoignage ne nécessite pas d’être en bonne santé (comme on l’a vu de façon si profonde avec Jean-Paul II).

Mgr Minnerath craint aussi les « conséquences collatérales » d’une telle décision, qui pourrait « disqualifier le choix qu’ont fait les autres de rester jusqu’au bout ».

Un propos me frappe : Mgr Minnerath dit : « l’exercice de l’épiscopat ou du pontificat ». Or il y a une grosse différence, en ce domaine, entre l’épiscopat et le pontificat, depuis 1966, quand Paul VI a mis les évêques à la retraite à 75 ans. C’était à l’évidence un précédent historique. Que les évêques doivent démissionner à 75 ans, cela ouvrait la voie à ce qu’un pape puisse lui aussi démissionner, en attendant qu’un successeur de Benoît XVI prenne exemple sur ce pape pour décider qu’un pape doit démissionner à 85 ans…

Or c’est le même Paul VI (décidément très maléfique) qui avait décidé que les cardinaux de plus de 80 ans ne pouvaient plus élire le pape. A 75 ans on ne peut plus être évêque, à 80 ans on est trop vieux pour choisir un pape… La suite découle logiquement…

13 février 2013

Rêvons un peu…

Le seul nom qui me soit venu spontanément à l’esprit en pensant à un souhaitable successeur de Benoît XVI a été celui du cardinal Ranjith. Mais hélas ce n’est évidemment pas possible, me suis-je dit aussitôt…

Aussi, quelle n’a pas été ma stupéfaction en découvrant, via le Forum catholique, un grand article de Direct matin carrément titré : « Et si le cardinal Ranjith était le prochain pape ? »

Pour Direct Matin, le cardinal Malcolm Ranjith, actuellement archevêque de Colombo, « possède presque toutes les cartes qui lui permettent de prétendre à la succession de Benoît XVI ». Et de détailler ces atouts : il est jeune, c’est un proche de Benoît XVI, il connaît les rouages du Vatican, c’est un homme de tradition, il est issu d’un  pays extra-européen, il est populaire et proche du terrain, il est ouvert au monde.

Deux remarques.

- Quand Direct Matin dit qu’il est ouvert au monde, cela ne veut pas dire qu'il se rend au monde, mais qu’il parle dix langues, qu’il défend les chrétientés persécutées et qu’il a mis en œuvre au Sri Lanka un bénéfique dialogue interreligieux.

- On est étonné que Direct Matin considère comme un atout le fait qu’il soit un « homme de tradition », en précisant qu’il « a œuvré à la mise en application du motu proprio "Summorum Pontificum" » (il était en effet le secrétaire de la congrégation pour le culte divin).

C’est le moment de relire l’article de Sandro Magister du 14 octobre 2010 : « Les meilleurs élèves de Ratzinger sont au Sri Lanka et au Kazakhstan », et surtout la lettre du cardinal Ranjith à l’assemblée générale de la fédération internationale Una Voce à Rome en novembre 2011 :

« C’est ma ferme conviction que le Vetus Ordo représente pour une grande part et de la manière la plus enrichissante l’appel mystique et transcendant à une rencontre avec Dieu dans la liturgie. Ainsi le temps est venu pour nous, non seulement de renouveler par des changements radicaux le contenu de la nouvelle liturgie, mais aussi d’encourager de plus en plus le retour au Vetus Ordo, chemin vers le renouveau véritable de l’Eglise, ce qui était ce que les Pères de l’Eglise réunis au Concile Vatican II ont désiré. »

En ce qui concerne sa popularité dans son pays, on reverra les incroyables images de son retour triomphal à Colombo après le consistoire où il avait été créé cardinal. Dans un pays où il y a 7% de catholiques…

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P.S. Je n'oublie pas que dans la "promotion" du 20 novembre 2010 il y a aussi les cardinaux Burke et Sarah...

La foi et la charité

« La célébration du Carême, dans le contexte de l'Année de la foi, nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité: entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est le fruit de l'action de l'Esprit Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres. »

Le message de carême de Benoît XVI


12 février 2013

Une décision brutale

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire ceux qui prétendent que la démission de Benoît XVI n’est pas une surprise (comme l’inénarrable évêque de Lille), il est manifeste que cette décision a été prise très brutalement, ces derniers jours.

Car le pape avait proclamé une année de la foi, qu’il ne pourra donc pas clôturer. Au cours de cette année il devait publier sa troisième encyclique, sur la foi, complétant ainsi une trilogie sur les vertus théologales. Or on apprend que cette encyclique n’est pas prête et ne sera donc pas publiée. Or un universitaire-théologien comme Joseph Ratzinger ne peut pas accepter de gaieté de cœur de renoncer à terminer le travail commencé et planifié. En outre, il venait de commencer, lors de ses audiences du mercredi, une catéchèse sur le Credo. Une catéchèse de longue haleine, commentant chaque mot du Credo. Il va de soi qu’il n’aurait pas commencé cette catéchèse s’il avait déjà décidé de démissionner.

Le coup de tonnerre

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Photo prise hier au Vatican par Alessandro Di Meo, de l’agence Ansa. (Cliquer pour agrandir.)

N.B. Qu'on ne compte pas sur moi pour commenter les déluges de conneries qu'on lit et qu'on entend sur la démission du pape. Rien que pour éviter ça il n'aurait pas dû démissionner. Surtout que tout le monde en parle comme s'il était mort... C'est trop leur demander que d'attendre le 28 pour "'faire le bilan" et raconter n'importe quoi sur le pape suivant ?

11 février 2013

D’un tremblement de terre l’autre…

Le 6 avril 2009 eut lieu un terrible tremblement de terre à L’Aquila. Il y eut plus de 300 morts et de nombreux bâtiments furent détruits ou fortement endommagés, dont la basilique Sainte-Marie de Collemaggio, fondée par Pierre de Morrone, le futur et éphémère pape Célestin V, saint Pierre Célestin.

Le 28 avril, Benoît XVI se rendait sur les lieux et faisait ce geste apparemment insolite de déposer son pallium sur la tombe du plus célèbre pape démissionnaire de l’histoire.

Retournant dans les Abruzzes le 4 juillet suivant, il soulignait lui-même le fait : « Dans cette basilique, moi-même, en avril dernier après le séisme qui a dévasté la région, je suis allé vénérer l'urne contenant sa dépouille et déposer le pallium reçu le jour du début de mon pontificat. »

Le mois suivant commençait l’année jubilaire commémorant le 800e anniversaire de la naissance de saint Pierre Célestin, et Benoît XVI annonçait une indulgence plénière pour ceux qui iraient se recueillir sur la tombe du saint pape-ermite.

Le 28 février prochain, Benoît XVI déposera vraiment son pallium. Après cet autre séisme qu’il a provoqué aujourd’hui.

C’était un tel bonheur

Un des plus grands souvenirs de ma vie. C’était à l’issue d’un séjour en Irlande, déconnecté de ce qu’on appelle l’actualité. Nous arrivons à l’hôtel près de l’aéroport. Dans la chambre je mets machinalement la télé. Et la première image que je vois est celle de la fumée blanche. Et peu après apparaît le cardinal qui annonce que nous avons un nouveau pape : Joseph… temps d’arrêt, qui paraît très long… Ratzinger.

O grand bonheur inattendu et immérité.

C’est déjà fini ?

Oh comme les loups doivent être contents…

Heureusement que la Providence veille sur son Eglise.

Et que, dans l’Esprit Saint, le pape a (je l’espère du moins, de toutes mes forces) préparé et verrouillé sa succession…

Comme un terrible uppercut en pleine poitrine, qui laisse sans voix, souffle coupé

Benoît XVI :

Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié.

C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

 

07 février 2013

Benoît XVI parle du péché originel

Extrait de sa catéchèse d’hier :

De ces récits de la création, je voudrais mettre en avant un dernier enseignement : le péché engendre le péché et tous les péchés de l’histoire sont liés entre eux. Cet aspect nous amène à parler de ce qu’on appelle le « péché originel ». Quelle est la signification de cette réalité, difficile à comprendre ? Je voudrais seulement donner quelques éléments. Nous devons tout d’abord considérer  qu’aucun homme n’est enfermé en lui-même, personne ne peut vivre que par soi-même et pour soi-même ; nous recevons la vie d’un autre et cela, non seulement au moment de notre naissance, mais tous les jours.

L’être humain est un être en relation : je ne suis moi-même que dans le tu et à travers le tu, dans une relation d’amour avec le Tu de Dieu et le tu des autres. Et bien le péché consiste à bouleverser ou à détruire cette relation avec Dieu, c’est son essence : détruire la relation avec Dieu, la relation fondamentale, se mettre à la place de Dieu. Le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme qu’avec le premier péché, l’homme « a fait choix de soi-même contre Dieu, contre les exigences de son état de créature et dès lors contre son propre bien » (n.398). Une fois bouleversée la relation fondamentale, les autres pôles de la relation sont aussi compromis ou détruits, le péché ruine la relation et ainsi il ruine tout, parce que nous sommes des êtres de relation.

Maintenant, si la structure relationnelle de l’humanité est bouleversée dès le commencement, tout homme entre dans un monde marqué par ce bouleversement des relations, entre dans un monde bouleversé par le péché, et il en est marqué personnellement ; le premier péché porte atteinte à la nature humaine et la blesse (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 404-406). Et seul, l’homme ne peut pas sortir de cette situation, il ne peut se racheter tout seul ; seul le Créateur peut rétablir des relations justes. C’est seulement si celui de qui nous nous sommes éloignés vient à nous et nous tend la main avec amour, que des relations justes peuvent être nouées de nouveau.

C’est ce qui se passe en Jésus-Christ, qui accomplit exactement le parcours inverse de celui d’Adam, comme le décrit l’hymne du second chapitre de la Lettre de saint Paul aux Philippiens (2,5-11) : alors qu’Adam ne reconnaît pas sa nature de créature et veut se mettre à la place de Dieu, Jésus, le Fils de Dieu, est dans une relation filiale parfaite avec le Père, il s’abaisse, se fait serviteur, parcourt le chemin de l’amour en s’humiliant jusqu’à la mort sur la croix, pour remettre en ordre les relations avec Dieu. La croix du Christ devient ainsi le nouvel arbre de vie.

 

05 février 2013

Le critique musical Benoît XVI a encore frappé

Un concert a été donné en l’honneur de Benoît XVI et du président de la République italienne lundi au Vatican pour le 84e anniversaire des accords du Latran. Au programme, l’ouverture de La force du destin de Verdi, et la 3e Symphonie de Beethoven, par l’Orchestre du Mai musical florentin sous la direction de Zubin Mehta. Propos intéressants du pape, surtout sur l’opéra de Verdi et ses deux versions.

01 février 2013

La foi et la charité

Extrait du Message de Carême de Benoît XI :

La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer; la charité, c’est « cheminer » dans la vérité. Avec la foi, on entre dans l’amitié avec le Seigneur; avec la charité, on vit et on cultive cette amitié. La foi nous fait accueillir le commandement du Seigneur et Maître; la charité nous donne la béatitude de le mettre en pratique. Dans la foi, nous sommes engendrés comme fils de Dieu; la charité nous fait persévérer concrètement dans la filiation divine en apportant le fruit de l’Esprit Saint. La foi nous fait reconnaître les dons que le Dieu bon et généreux nous confie; la charité les fait fructifier.

A la lumière de ce qui a été dit, il apparaît clairement que nous ne pouvons jamais séparer, voire opposer, foi et charité. Ces deux vertus théologales sont intimement liées et il est erroné de voir entre celles-ci une opposition ou une « dialectique ». En effet, d’un côté, l’attitude de celui qui place d’une manière aussi forte l’accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d’en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais, de l’autre, il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. Pour une vie spirituelle saine, il est nécessaire de fuir aussi bien le fidéisme que l’activisme moraliste. (…)

La relation qui existe entre ces deux vertus est semblable à celle entre les deux sacrements fondamentaux de l'Église : le Baptême et l’Eucharistie. Le Baptême (sacramentum fidei) précède l'Eucharistie (sacramentum caritatis), mais il est orienté vers celle-ci, qui constitue la plénitude du cheminement chrétien. De manière analogue, la foi précède la charité, mais se révèle authentique seulement si elle est couronnée par celle-ci. Tout part de l’humble accueil de la foi (« se savoir aimé de Dieu »), mais doit arriver à la vérité de la charité (« savoir aimer Dieu et son prochain »), qui demeure pour toujours, comme accomplissement de toutes les vertus.

31 janvier 2013

« Père tout-puissant »

Extrait de la catéchèse de Benoît XVI, hier :

Comment est-il possible de penser à un Dieu tout-puissant en regardant la croix du Christ, ce pouvoir du mal qui en arrive à tuer le Fils de Dieu ? Nous aimerions certainement une toute-puissance divine selon nos schémas mentaux et selon nos désirs : un Dieu « tout-puissant » qui résolve les problèmes, qui intervienne pour nous éviter les difficultés, qui soit vainqueur des puissances adverses, qui change le cours des événements et supprime la douleur. C’est ainsi qu’aujourd’hui certains théologiens disent que Dieu ne peut pas être tout-puissant sinon il ne pourrait y avoir tant de souffrance, tant de mal dans le monde. En réalité, devant le mal et la souffrance, pour beaucoup, pour nous, il devient problématique, difficile de croire en un Dieu Père et de le croire tout-puissant ; certains cherchent refuge dans les idoles, en cédant à la tentation de trouver une réponse dans une toute-puissance supposée « magique » et dans ses promesses illusoires.

Mais la foi en Dieu tout-puissant nous pousse à parcourir des sentiers bien différents : apprendre à connaître que la pensée de Dieu est différente de la nôtre, que les voies de Dieu sont différentes des nôtres (cf. Is 55,8) et aussi que sa toute-puissante est différente : elle ne s’exprime pas comme une force automatique et arbitraire, mais elle est marquée par une liberté amoureuse et paternelle. En réalité, Dieu, en créant des créatures libres, en donnant la liberté, a renoncé à une partie de son pouvoir, nous laissant le pouvoir de notre liberté. C’est ainsi qu’il aime et qu’il respecte notre liberté de répondre par amour à son appel. Comme Père, Dieu désire que nous devenions ses enfants et que nous vivions comme tels en son Fils, en communion, dans une totale familiarité avec lui. Sa toute-puissance ne s’exprime pas dans la violence, dans la destruction de tout pouvoir adverse, comme nous le désirerions, mais elle s’exprime dans l’amour, dans la miséricorde, dans le pardon, dans l’acceptation de notre liberté et dans une invitation inlassable à la conversion du cœur, dans une attitude faible en apparence – Dieu semble faible, si nous pensons à Jésus-Christ qui prie, qui se fait tuer. C’est une attitude en apparence faible, faite de patience, de douceur et d’amour, qui montre que c’est cela la vraie manière d’être puissant. C’est cela la puissance de Dieu ! Et cette puissante vaincra ! Le sage du Livre de la Sagesse s’adresse à Dieu ainsi : « Mais tu as pitié de tous, parce que tu peux tout, tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, pour qu'ils se repentent.Tu aimes en effet tout ce qui existe… Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie ! » (11,23-24a et 26).

Seul celui qui est vraiment puissant peut supporter le mal et se montrer compatissant ; seul celui qui est vraiment puissant peut exercer pleinement la force de l’amour. Et Dieu, à qui appartiennent toutes les choses parce que tout a été fait par lui, révèle sa force en aimant toute chose et toute personne, attendant patiemment la conversion des hommes, dont il veut faire ses enfants. Dieu attend notre conversion. L’amour tout-puissant de Dieu ne connaît pas de limites, au point qu’il « n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous » (Rm 8,32). La toute-puissance de l’amour n’est pas celle du pouvoir du monde, mais celle du don total et Jésus, le Fils de Dieu, révèle au monde la véritable toute-puissance du Père en donnant sa vie pour nous, pécheurs. Voilà la véritable, l’authentique et parfaite puissance divine : répondre au mal, non pas par le mal mais par le bien, aux insultes par le pardon, à la haine homicide par l’amour qui fait vivre. Alors le mal est vraiment vaincu, parce que lavé par l’amour de Dieu ; alors la mort est définitivement anéantie parce qu’elle est transformée en don de la vie. Dieu le Père ressuscite son Fils : la mort, la grande ennemie (cf. 1 Co 15,26), est engloutie et privée de son venin (cf. 1 Co 15,54-55) et nous, libérés du péché, nous pouvons accéder à notre réalité d’enfants de Dieu.

 

24 janvier 2013

Un Tweet du pape…

 Voici, dans sa version française, le tweet envoyé hier par le pape, en lien avec sa première catéchèse d’une série sur la foi :

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Et voici les commentaires :

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18 janvier 2013

@Pontifex_ln

Benoît XVI a ouvert son compte Twitter en latin : Il s’agit de la neuvième langue active, après le français, l'arabe, l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol, le portugais et le polonais.

Il n’y a pas encore de message au moment où j’écris, en dehors du message de bienvenue adressé aux visiteurs :

« Tuus adventus in paginam publicam Summi Pontificis Benedicti XVI breviloquentis optatissimus est ».

Littéralement : « Ta venue sur la page publique du Souverain Pontife Benoît XVI parlant brièvement est très appréciée ». « Parlant brièvement » étant la traduction de « sur Twitter »…

Parmi les derniers tweets du pape dans les autres langues, on remarquera celui sur le baptême :

« Que se passe-t-il dans le baptême ? Nous sommes unis pour toujours à Jésus, renés à une nouvelle vie ».

Eh oui, le baptême, ce n’est pas seulement l’entrée dans la communauté des chrétiens… On voit qu’en quelques mots le pape rétablit la doctrine authentique. On ne peut que s’en féliciter, tout en remarquant, d’après les commentaires, que beaucoup ne comprennent pas ce qui est dit en si peu de mots et qui est si « nouveau » pour eux…

08 janvier 2013

La confusion sur les droits de l’homme

Extrait du discours des vœux de Benoît XVI au corps diplomatique:

Malheureusement, surtout en Occident, on trouve beaucoup d’équivoques sur la signification des droits de l’homme et des devoirs qui leur sont liés. Les droits sont souvent confondus avec des manifestations exacerbées d’autonomie de la personne, qui devient autoréférentielle, n’est plus ouverte à la rencontre avec Dieu et avec les autres et se replie sur elle-même en ne cherchant à ne satisfaire que ses propres besoins. Pour être authentique, la défense des droits doit, au contraire, considérer l’homme dans son intégralité personnelle et communautaire.

L’islam est une falsification de la religion

Extrait du discours des vœux de Benoît XVI au corps diplomatique :

Aux manifestations de l’oubli de Dieu on peut associer celles dues à l’ignorance de son vrai visage, qui est la cause d’un fanatisme pernicieux de matrice religieuse, qui, en 2012 aussi, a fait des victimes dans certains pays, ici représentés. Comme je l’ai déjà dit, il s’agit d’une falsification de la religion elle-même, alors que celle-ci, au contraire, vise à réconcilier l’homme avec Dieu, à éclairer et à purifier les consciences et à rendre clair que chaque homme est image du Créateur.

C’est l’oubli de Dieu qui engendre la violence

Extrait du discours des vœux de Benoît XVI au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège.

L’Évangile de Luc relate que, dans la nuit de Noël, les bergers entendent les chœurs angéliques qui glorifient Dieu et invoquent la paix sur l’humanité. L’Évangéliste souligne ainsi l’étroite relation entre Dieu et le désir ardent de l’homme de tous les temps de connaître la vérité, de pratiquer la justice et de vivre dans la paix. Aujourd’hui, on est quelquefois amené à penser que la vérité, la justice et la paix sont des utopies et qu’elles s’excluent mutuellement. Connaître la vérité semble impossible et les efforts pour l’affirmer semblent souvent aboutir à la violence. D’autre part, selon une conception désormais diffuse, l’engagement pour la paix ne consiste que dans la recherche de compromis qui garantissent la cohabitation entre les peuples ou entre les citoyens à l’intérieur d’une Nation. Dans l’optique chrétienne, au contraire, il existe un lien intime entre la glorification de Dieu et la paix des hommes sur la terre, si bien que la paix ne vient pas d’un simple effort humain, mais participe de l’amour même de Dieu. Et c’est justement l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence. En effet, quand on cesse de se référer à une vérité objective et transcendante, comment est-il possible de réaliser un dialogue authentique ? Dans ce cas, comment peut-on éviter que la violence, déclarée ou cachée, ne devienne la règle dernière des rapports humains ? En réalité, sans une ouverture transcendante, l’homme devient facilement la proie du relativisme et, ensuite, il réussit difficilement à agir selon la justice et à s’engager pour la paix.

07 janvier 2013

« … prie l’Église dans le Dies irae » ?

Dans l’homélie de Benoît XVI pour l’Epiphanie, on relève ce propos :

« Puisque Dieu est inquiet de nous, il nous suit jusque dans la mangeoire, jusqu’à la Croix. “En me cherchant, tu as peiné ; tu m’as sauvé par ta passion : qu’un tel effort ne soit pas vain”, prie l’Église dans le Dies irae. »

De temps en temps, le pape cite ainsi, manifestement à dessein, des références liturgiques qui sont davantage de la « forme extraordinaire » que de la « forme ordinaire ».

Il n’est pas absolument inexact de dire que l’Eglise prie ainsi dans le Dies irae, dans la mesure où le Dies irae figure quelque part, une fois, dans l’hymnaire de l’office de lecture, dans la seule version latine du nouvel office.

Mais en fait et en pratique il a totalement disparu de la néo-liturgie, et n’existe que dans la messe de Requiem de la forme extraordinaire.

On relèvera donc avec gratitude ce clin d’œil pontifical.

Ce n’est donc pas encore le temps d’appliquer le concile…

Le pape Benoît XVI a ordonné quatre évêques, et même archevêques, le jour de l’Epiphanie. Certes le pape fait ce qu’il veut. Mais force est de constater que ces quatre nouveaux archevêques sont des fonctionnaires du Vatican, ce qui ne correspond en rien à ce qu’est un évêque selon la tradition de l’Eglise, fortement réaffirmée au concile Vatican II dans la constitution dogmatique Lumen gentium et dans le décret qui concerne précisément « la charge pastorale des évêques ». A savoir la triple charge qui leur est confiée par le Christ et qu’ils doivent exercer sur la portion du peuple de Dieu qui leur est confiée et qui s’appelle un diocèse. Aucun des quatre archevêques ordonnés par le pape n’aura de diocèse. Autrement dit on continue d’ignorer l’enseignement du concile, et l’on fait du sacrement qui est « la plénitude du sacrement de l’ordre », « la réalité totale du ministère sacré », un colifichet pour honorer de bons serviteurs. Car la collégialité, également fortement affirmée par le concile, ne suffit assurément pas à justifier la consécration d’évêques sans diocèses.

Ceci concerne les quatre nouveaux archevêques, mais tout particulièrement Mgr Georg Gänswein.

Car si le pape, dans son homélie, a, forcément, zappé l’essentiel de ce qui concerne les trois charges qui caractérisent vraiment l’évêque, il a eu cependant de fortes paroles sur le fait que l’évêque est amené à se trouver en conflit avec les opinions dominantes, et que l’évêque doit avoir le courage de contredire ces opinions. Et de rappeler l’exemple des apôtres qui flagellés sur ordre du sanhédrin, « repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus ». Or si cela peut plus ou moins concerner un chef de dicastère ou (plutôt moins que plus) un nonce apostolique, le secrétaire particulier du pape échappe totalement aux critiques du monde, et sa mission, qui est la plus confidentielle qui soit dans l’Eglise, n’est pas de contredire quelque opinion que ce soit.

Donc, je ne comprends pas…

 

03 janvier 2013

Les quatre personnes de l’Incarnation

Extrait de la catéchèse de Benoît XVI, hier.

Si nous considérons attentivement l’expression « par l’Esprit-Saint, il est né de la Vierge Marie », nous voyons qu’elle inclut quatre sujets agissants. De manière explicite, sont mentionnés l’Esprit-Saint et Marie, mais « il » est sous-entendu, c’est-à-dire le Fils qui a pris chair dans le sein de la Vierge. Dans la profession de foi, le Credo, Jésus est défini à travers des dénominations diverses : « Seigneur… Christ, Fils unique de Dieu… Dieu né de Dieu, Lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu… consubstantiel* au Père » (Credo de Nicée-Constantinople). Nous voyons alors que « il » renvoie à une autre personne, celle du Père. Le premier sujet de cette phrase est donc le Père qui, avec le Fils et l’Esprit-Saint, est le Dieu unique.

Cette affirmation du Credo ne concerne pas l’être éternel de Dieu, mais nous parle plutôt d’une action à laquelle prennent part les trois personnes divines et qui se réalise « ex Maria Virgine ». Sans elle, l’entrée de Dieu dans l’histoire de l’humanité n’aurait pas atteint son but et ce qui est central dans notre profession de foi n’aurait pas eu lieu : Dieu est un Dieu avec nous. Ainsi Marie appartient de manière indispensable à notre foi dans le Dieu qui agit, qui entre dans l’histoire. Elle met à disposition toute sa personne, elle « accepte » de devenir le lieu de l’habitation de Dieu.

(Contrairement à ce que l’on voit dans la traduction de Zenit, le pape n’a pas dit « de même nature », mais « della stessa sostanza del Padre ». La traduction liturgique italienne du Credo est plus orthodoxe que la traduction française.)