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Le blog d'Yves Daoudal

  • Saint Michel

    Antienne d’offertoire (Apocalypse 8,3-4)

    Stetit Angelus iuxta aram templi, habens thuríbulum áureum in manu sua, et data sunt ei incénsa multa : et ascéndit fumus aromátum in conspéctu Dei, allelúia.

    L’Ange se plaça devant l’autel du temple, ayant un encensoir d’or dans sa main ; et il lui fut donné beaucoup de parfums : et la fumée des parfums monta devant Dieu, alléluia.

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    Par les moniales d’Argentan
    podcast

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  • Diabolique

    Le rapporteur du projet de loi Egalité et citoyenneté au Sénat a dit qu’elle allait donner un avis défavorable à l’amendement sur le délit d’entrave numérique à IVG, parce qu’il n’a rien à faire dans ce texte.

    Cela a suffi pour que Laurence Rosignol se lance dans une nouvelle diatribe contre les défenseurs de la vie, qui ont des relais jusqu’au Sénat...

    Quant à Marisol Touraine, elle annonce une nouvelle action de la dictature : une police de l’avortement va être chargée de faire des opérations de « testing », pour identifier d’éventuelles difficultés dans les délais de recours, le niveau d’information et l’accueil réservé…

  • Vers la fin du Liban

    Selon l’état civil il y a encore 34% de chrétiens au Liban. Mais si l’on s’intéresse aux moins de 25 ans, les chrétiens ne sont que 25%. C’est ce qu’a souligné le vice-président de la Ligue maronite, Hiam Boustany, à l’occasion du colloque tenu lundi par le Mouvement pour la Terre au Couvent Saint-Jacques de Karm Saddeh.

    Les participants de ce colloque se penchaient sur la question de la vente des terrains appartenant à des propriétaires chrétiens. Depuis des années on constate une augmentation de la vente de terrains par des chrétiens à des musulmans, ce qui est en relation directe, en aval comme en amont, avec l’affaiblissement de la présence chrétienne dans de vastes zones rurales du pays ainsi que dans les zones côtières du nord.

    Le colloque a lancé à nouveau l’alarme concernant la nécessité d’éviter tous abus et opérations immobilières illégitimes qui mettent en danger les équilibres démographiques sur lesquels se base également le système institutionnel libanais…

    Mais on ne voit rien venir. Et ce qui me choque depuis longtemps est de voir que nombre de maronites richissimes (qui vont pieusement à la messe) ont les moyens d’acheter toutes les terres du Liban mais préfèrent continuer de s’enrichir par leurs opérations immobilières dans un pays où bientôt la présence chrétienne institutionnelle ne sera plus qu’un souvenir.

  • Cyrille a signé

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    Le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Cyrille a signé hier une pétition demandant l’interdiction de l’avortement en Russie.

    Cette pétition, lancée par le mouvement « Pour la Vie » et les « Volontaires orthodoxes », avait commencé à récolter des signatures le samedi saint de cette année : jour de plus grande affluence dans les églises, où même de nombreux non-pratiquants viennent faire bénir leurs œufs de Pâques.

    La pétition a désormais recueilli plus de 300.000 signatures. Mais il en faut un million pour qu’elle puisse être examinée par le Parlement. L’appui du patriarche est évidemment très important. D’autant plus important que ce n’était pas gagné, car jusqu’ici, s’il défendait bien sûr la vie de l’enfant à naître, et s’il condamnait l’avortement pratiqué sans grave raison médicale, il ne demandait pas de mesure législative contre l’avortement en tant que tel, tant est resté fort en Russie le droit à l’avortement, et sa pratique, dans ce pays qui s’est longtemps vanté d’être le premier au monde (en 1920) à avoir légalisé le meurtre de l’enfant à naître.

    La signature du document, accompagnée de la bénédiction patriarcale des militants pro-vie, a d’ailleurs aussitôt suscité une polémique. Au point qu’un porte-parole du patriarcat a cru bon de rappeler que le patriarche Cyrille n’était pas pour une loi contre l’avortement mais seulement pour que la sécurité sociale cesse de le rembourser…

    Mais le fait est qu’il signé la pétition. En voici le texte, tel qu’il a été publié hier par… le service de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie… soulignant que « Sa Sainteté a remercié les manifestants pour leur travail et les a bénis ». (Dans ma traduction qui n'est pas garantie...):

    Nous, citoyens de la Fédération de Russie, sommes partisans de mettre fin à la pratique existante de l’assassinat légal des enfants avant leur naissance, ce qui nécessite des changements dans la législation visant à :

    — la reconnaissance d’un statut de l’enfant conçu, comme un être humain, dont la vie, la santé et le bien-être doivent être protégés par la loi ;

    — l’interdiction de l’arrêt chirurgical et médicamenteux de la grossesse ;

    — l’interdiction des contraceptifs à action abortive ;

    — l’interdiction de la technologie de la reproduction assistée, qui fait partie intégrante de l’humiliation de la dignité humaine et du meurtre des enfants dans les premiers stades du développement embryonnaire ;

    — l’aide du budget fédéral pour l’assistance matérielle aux femmes enceintes et aux familles avec enfants au moins à hauteur du minimum vital.

  • Un pas de plus pour l’inhumanité

    Le premier bébé « à trois parents » est né au Mexique. Il s’appelle Abrahim (sic) Hassan. Les parents sont jordaniens. Les Dr Frankenstein sont une équipe internationale menée par le Dr John Zhang du Centre New Hope Fertility (nouvel espoir de fertilité) de New York. Mais comme leurs manipulations sont (encore) interdites aux Etats-Unis ils les ont faites au Mexique…

    La technique consiste à transférer les matériaux génétiques contenant les chromosomes de la mère dans un ovule d'une donneuse dont les matériaux génétiques ont été enlevés. Cinq ovules ont été fécondés avec du sperme du père, dont quatre étaient viables. Parmi ceux-ci, un était normal et les médecins l'ont réimplanté dans la mère.

    Naturellement on se félicite de cette « avancée importante en médecine de la reproduction » (sic) qui permet d’éviter la transmission d’une maladie, le syndrome de Leigh, de la mère à l’enfant…

  • Saint Venceslas

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    Saint Venceslas est le souverain éternel des Tchèques. C’est pourquoi le jour de sa fête (qui est fête nationale) et en quelques autres occasions exceptionnelles on porte en procession sa véritable tête couronnée.

    Dans le Trésor de la cathédrale Saint-Guy, au cœur du Château de Prague, dans une pièce munie de sept verrous dont ont la clef chacun des sept personnages principaux de l’Etat et de l’Eglise, il y a les joyaux de la Couronne de Bohême, dont la couronne dite de saint Wenceslas, ornée de 96 pierres précieuses (dont le plus gros rubis serti connu), qui est en fait celle du couronnement de Charles IV en 1346, et dont une copie trône dans la salle Vladislav du Château.

    Le roi de Bohême ne portait cette couronne que le jour de son couronnement, car le véritable roi de Bohême est toujours saint Venceslas. Il est assez remarquable que les joyaux de la couronne ne sont sortis de leur salle quasi-secrète qu’en de très rares occasions, dont... l’entrée en fonction du nouveau président de la République.

    Le plus célèbre des chants tchèques est naturellement une prière à saint Wenceslas. C’est peut-être aussi le plus ancien chant européen non liturgique qui ait été chanté sans discontinuer depuis le XIIe siècle.

    Svatý Václave,
    vévodo české země,
    kníže náš,
    pros za ny Boha,
    svatého Ducha!
    Kryrieleison.

    Saint Venceslas,
    Duc de Bohême,
    notre prince,
    prie pour nous Dieu
    le Saint-Esprit
    Kyrie eleison!

    Nebeské toť dvorstvo krásné
    blaze tomu ktož tam pojde
    život věčny
    oheň jasný
    svatého Ducha
    Kyrieleison.

    La cour céleste est merveilleuse,
    bienheureux qui y va
    vie éternelle,
    feu clair
    du Saint-Esprit
    Kyrieleison!

    Pomoci tvé žádámy,
    smiluj se nad námi,
    utěš smutné,
    odžeň vše zlé,
    svatý Václave!
    Kyrieleison.

    Nous demandons ton aide,
    aie pitié de nous
    réconforte ceux qui sont tristes,
    chasse tout mal,
    saint Venceslas!
    Kyrieleison!

  • Efficace

    Le taux de chômage en Hongrie est descendu à 4,9%.

    Il était de 11,6% en 2013.

    On considère que dans les pays développés un taux de chômage inférieur à 5% est incompressible. D'ailleurs, comme au Danemark, le ministre de l’Economie s’inquiète d’une pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs, ce qui pourrait affecter la croissance (oui il y a des pays où ça existe).

  • Fico dixit

    Propos de Robert Fico, Premier ministre slovaque, hier, à des journalistes, dont l’agence Reuters, à propos de la répartition des « réfugiés » :

    « Les quotas divisent aujourd'hui clairement l'Union européenne. Je pense par conséquent qu'ils sont politiquement finis… Ce que les pays du groupe de Visegrad - à savoir Slovaquie, République tchèque, Hongrie et Pologne - disent depuis un an et demi est désormais la position officielle de l'UE… Si quelqu'un veut diviser l'Europe, qu'il mette les quotas sur la table. Que ceux qui veulent l'unir proposent un concept différent pour lutter contre l'immigration clandestine. »

    Or la Slovaquie assume en ce moment la présidence tournante de l’Union européenne…

    Robert Fico fonde son affirmation sur le fait qu’Angela Merkel, au sommet de Bratislava, a reconnu que le groupe de Visegrad avait raison d’invoquer un principe de « solidarité flexible » (les pays qui ne veulent pas de migrants aideront autrement), et qu’elle a été rejointe par Jean-Claude Juncker, Martin Schulz (président socialiste du Parlement européen) et le président du groupe PPE.

    Mais ce matin un porte-parole de la Commission européenne a déclaré :

    « Rien n’est en option quand il s’agit de l’application d’une loi communautaire. »

    Bref, la loi est qu’il y a une répartition des migrants selon des quotas par pays, cela a été décidé et il n’est pas question de revenir en arrière. La Commission européenne est l’exécutif et c’est elle qui décide.

    Dimanche prochain, il y aura le référendum en Hongrie sur les quotas, qui permettra à Viktor Orban de rebondir sur la question. Car le résultat ne fait évidemment aucun doute, d’autant que la gauche appelle à… l’abstention.

  • Une petite bonne nouvelle dans un océan de mauvaises

    La mairie de Marseille va résilier le bail du terrain sur lequel devait être construite la fameuse grande mosquée, « la plus grande mosquée de France » (salle de prière de 3.500 m2, minaret de 25 mètres diffusant un jet de lumière. Le bail emphytéotique avait été conclu en 2007, pour une durée de 50 ans, avec un loyer de 24.000 € par an. La première pierre avait été posée en 2010. Puis plus rien, parce que l’association « La mosquée de Marseille », en crise permanente, n’a pas les moyens de seulement… enlever le bâtiment existant sur la parcelle. La mosquée aurait dû être livrée ce mois-ci, donc le permis de construire est caduc, et il se dit que l’association ne payait pas le loyer…

    Quand Jean-Claude Gaudin s’engageait au point de remettre la clef de la Grande Mosquée, lors de la conclusion du bail emphytéotique, au président de l’association (Nordine Cheikh, négociant en viande halal) en présence de Dalil Boubakeur:

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    Réception à la mairie lors de l’obtention du permis de construire, en novembre 2009:

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    Et il y eut l’enthousiaste pose de la première pierre…

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  • En Syrie

    Le Koelner Stadt-Anzeiger a publié une interview de Abou al-Ezz, un commandant du Front Fatah al-Cham (conquête du Levant), ex-al Nosra. Extraits.

    « Oui, les Etats-Unis soutiennent l’opposition, mais pas directement. Ils soutiennent les pays qui nous soutiennent. Mais nous ne sommes pas encore satisfaits de ce soutien. »

    Le Front Al-Nosra a gagné des batailles grâce aux missiles antichars TOW de fabrication américaine qui ont été « donnés directement » à ses troupes. Grâce à ces missiles, « la situation dans plusieurs régions est sous contrôle ».

    « Nos chars et de nombreuses lance-roquettes sont venus de Libye via la Turquie. »

    « Quand le Front Al-Nosra a été assiégé, il y a eu des officiers de Turquie, du Qatar, d’Arabie saoudite, d’Israël et des Etats-Unis ici… Des experts en satellites, missiles, renseignement et caméras thermiques de sécurité. »

    « Nous avons reçu 500 millions de livres syriennes [plus de deux millions d’euros] de l’Arabie saoudite. Pour capturer l’Ecole d’infanterie à Al Muslimiya il y a quelques années nous avons reçu 1,5 millions de dinars koweïtiens [environ 450.000 euros] et cinq millions de dollars de l’Arabie saoudite. »

    « Nous n’acceptons personne du régime d’Assad ou de l’Armée syrienne libre. Nous avons pour but de renverser le régime et établir un Etat islamique, conformément à la charia. »

    N.B. – « Abou al-Ezz » est évidemment un pseudonyme, comme en ont tous les chefs jihadistes. Il veut dire : père de la gloire, du renom, de la puissance, ou de la… violence. Le Front al-Nosra a changé de nom en juillet dernier, quand il s’est séparé « d’un commun accord » d’al-Qaida afin de pouvoir recevoir l’aide des alliés des Etats-Unis et des Etats-Unis eux-mêmes sans qu’on puisse accuser ceux-ci d’aider al-Qaida…

  • Saints Côme et Damien

    Voici cinq peintures représentant le miracle de saint Côme et saint Damien réalisant la première greffe d’un membre. La première est de Fra Angelico, la deuxième est anonyme et date de 1495, la troisième date également de 1495 et est attribuée au maître de Los Balbases, la quatrième est de Fernando del Rincon (vers 1510-1520 - et ici on a carrément apporté le cadavre entier du "maure-Ethiopien", qui se retrouve avec une jambe blanche), la cinquième est anonyme (vers 1600).

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    Voici un texte tiré d’un site de « travaux personnels encadrés » sur les greffes d’organe, qui décrit ces tableaux.

    L’idée de substituer un élément du corps défaillant  par un élément sain provenant d’une autre personne, date du IIIe siècle. En effet, c’est à cette époque que les frères jumeaux, Côme et Damien, d’origine arabe, exerçaient gratuitement la médecine dans une ville de Cilicie, une région de l’actuelle Syrie : ils étaient alors surnommés  anargyroi , c'est-à-dire sans argent. Ils attirèrent alors un grand nombre de gens à la foi chrétienne.

    Cependant, les deux frères sont surtout connus pour avoir réussi miraculeusement la première greffe d’un membre : alors que la jambe du Diacre Giustiniano était atteinte d'un cancer, Côme et Damien amputèrent le membre malade et le remplacèrent par celui d’un éthiopien récemment décédé. Les auteurs de cet exploit devinrent les saints patrons des médecins et des chirurgiens.

    Malgré le fait que la date ainsi que l'identité de leur auteur demeurent souvent inconnues, nombreuses sont les toiles et fresques représentant l'évènement: les trois suivantes en sont des exemples.

    En comparant ces tableaux de manière attentive, de nombreux points communs peuvent être relevés. Ainsi, une construction commune de ces tableaux peut être établie:

    Au premier plan, le membre défaillant qui a été coupé est exposé  de manière inévitable, aux yeux de tous. Déposé au pied du lit, il est d’une blancheur exagérée et se vide parfois même de son sang. Le membre s’oppose en tout point avec celui qui est en train d’être greffé, noir et sain.

    Au second plan, le lit du Diacre ainsi que ce dernier occupent une grande partie de la largeur des tableaux. C’est donc au centre que les  principaux éléments se trouvent : Le greffé, allongé ou presque, est toujours dans des draps blancs, partiellement recouvert d’une couverture. Cette couleur, symbole de la pureté, attire le regard et s’oppose au sombre fond des tableaux. Souvent, il porte un bonnet et ses mains sont posées sur son abdomen : cela traduit sont état valétudinaire.

    Au troisième plan, Côme et Damien sont représentés avec des vêtements liturgiques. Ils sont aussi dotés d’une auréole, signe de leur sainteté. Leurs mains sont toujours en contact avec le membre à greffer et ils sont les seuls à participer à l’intervention, même si dans certaine représentation, des anges les assistent. De plus, les regards des deux frères sont automatiquement tournés vers le membre greffé : les axes qu’ils forment se croisent sur le cœur du tableau, là où il faut que nous regardions.

    Au quatrième plan, le sombre fond du tableau représente les lieux de l’événement  avec des architectures spécifiques à l’église et à d’autres monuments religieux.

    On peut aussi ajouter que les auréoles, la  lumière blanche et les anges sont des éléments qui témoignent de la présence de Dieu.

    Selon la tradition, c’est dans un songe que Côme et Damien vinrent substituer la jambe, même si les effets furent bien réels. D’autre part ils sont en costumes de chirurgiens, et non en habits liturgiques (malgré ce que paraît montrer le maître de Balbases).

    Voici le texte de la Légende dorée.

    Le pape Félix, aïeul de saint Grégoire, fit construire à Rome une magnifique église en l’honneur des saints Côme et Damien. En cette église se trouvait un serviteur des saints martyrs auquel un chancre avait dévoré toute une jambe. Or, voilà que, pendant son sommeil, lui apparurent les saints Côme et Damien qui portaient avec eux des onguents et des instruments. L'un dit à l’autre : « Où aurons-nous de quoi remplir la place où nous couperons la chair gâtée ? » Alors l’autre répondit : « Dans le cimetière de saint Pierre-aux-Liens, se trouve un Ethiopien nouvellement enseveli; apporte de sa chair pour remplacer celle-ci. » Il s'en alla donc en toute hâte au cimetière et apporta la jambe du maure. Ils coupèrent ensuite celle du malade, lui mirent à la place la jambe du maure, oignirent la plaie avec soin; après quoi ils portèrent la jambe du malade au corps du maure. Comme cet homme en s'éveillant ne ressentait plus de douleur, il porta la main à sa jambe, et n'y trouva rien d'endommagé. Il prit donc une chandelle, et ne voyant aucune plaie sur la jambe, il pensait que ce n'était plus lui, mais que c'était un autre qui était à sa place. Enfin revenu à soi, il sauta tout joyeux hors du lit, et raconta à tout le monde ce qu'il avait vu en dormant et comment il avait été guéri. On envoya de suite au cimetière, et on trouva la jambe du maure coupée et celle de l’autre mise dans le tombeau.

  • Cachez ce Rosaire

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    Polémique en Italie, parce qu’une présentatrice vedette du principal journal télévisé (TG1 sur Rai 1), Marina Nalesso, arbore fièrement un chapelet et (ou) la médaille miraculeuse et la médaille de saint Charbel…

    Il y a donc des laïcistes aussi en Italie, des bouffe-curés qui lui reprochent d’attenter à la neutralité. Il paraît qu’ils sont même nombreux sur Twitter et Facebook. Mention spéciale à Silvio Viale, chef du parti démocrate à Milan et gynécologue propagandiste de l’avortement et de la pilule abortive, qui à l’objection qu’on voit aussi des musulmanes voilées à la télévision répond à propos du chapelet de Marina Nalesso : « Il faut lui interdire de le porter : c’est le symbole d’une religion, alors que le hijab est laïc. » Sic.

    Certains lui répondent que c’est le contraire qui peut être vrai : le hijab est le signe d’une religion, alors que le crucifix peut être vu comme un signe culturel – c’est du reste ce qu’avait édicté la Commission européenne des droits de l’homme en approuvant la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes.

    Quant à Marina Nalesso, elle ne cache pas qu’elle le fait pour exprimer sa foi.

  • Tessin : préférence aux indigènes

    Parmi les votations de dimanche en Suisse, il y avait l’initiative « Les nôtres d’abord », lancée dans le Tessin par l’UDC, demandant une modification de la Constitution cantonale pour que sur le marché du travail soit instituée la « préférence aux indigènes ». Elle a été adoptée par 58% des votants.

  • Nouveaux Européens…

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    Telle est la une du dernier numéro de la revue National Geographic. Avec le titre : « Le nouveaux Européens ». Sur le site de National Geographic, c’est un déluge de photos de ce genre, qui montrent « comment la dernière grande migration est en train de remodeler l’Europe ». C’est une célébration du génocide européen.

    Fausse note quand même: sur le site, les photos sont animées, et l’on entend le patriarche de la famille syrienne montrée en une dire qu’il a été bien reçu en Europe mais qu’il veut repartir chez lui…

  • En Jordanie

    Jusqu’ici on n’avait vu cela qu’au Pakistan. Mais cette fois c’est en Jordanie : un écrivain inculpé pour blasphème, Nahed Hattar, a été tué alors qu’il montait les marches du tribunal d’Amman pour assister à son procès.

    Encore qu’au Pakistan on tue le « blasphémateur » quand il redescend les marches, une fois qu’il a été acquitté en appel. Ici on a pris les devants…

    L’assassin s’appelle Riad Ismail Abdullah, c’est un imam de l’est d’Amman (un imam qui n’a rien à voir avec l’islam, cela va sans dire).

    Nahed Hattar faisait partie des chrétiens jordaniens, mais il était personnellement athée. Il était connu pour son opposition totale non seulement à l’Etat islamique et à al-Qaïda, mais aussi à l’Arabie saoudite (et à son parrain américain), et il soutenait Bachar al-Assad au point qu’on a dit qu’il en recevait des subsides.

    Il avait été arrêté le 13 août après avoir relayé sur sa page Facebook une caricature (d’origine inconnue) dénigrant « l’Essence divine » et « incitant à la division interreligieuse », selon l’acte d’accusation. Dès le début de la polémique il avait retiré cette caricature, mais il fit deux semaines de prison avant d’être libéré sous caution dans l’attente de son procès.

    Nahed Hattar entendait souligner pour sa défense que ce dessin n’était pas du tout une offense à l’Essence divine puisque, au contraire, il s’agit d’une critique des jihadistes qui veulent se servir de Dieu et le mettent à leur service de façon… blasphématoire.

    On verra ci-dessous que Nahed Hattar avait parfaitement raison et que, en dehors du fait que la loi jordanienne interdit toute représentation de Dieu, le dessin n’est pas du tout offensant pour l’islam, mais seulement pour les jihadistes. Ce qui en dit long sur les musulmans (forcément modérés) qui ont lancé la campagne contre l’écrivain.

    Voici ce (mauvais) dessin, quoique pas plus mauvais que ceux de Charlie Hebdo.

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    [Dans le cartouche vert] : Au paradis.

    Dieu : « Que votre soirée soit agréable, Abou Saleh… Avez-vous besoin de quelque chose ? »

    Abou Saleh : « Oui, Seigneur. Apporte-moi le verre de vin, et dis à Jibril [l’ange Gabriel] de m’apporter des cacahuètes. Et après cela envoie-moi un serviteur éternel pour nettoyer par terre, et emporte les assiettes vides. »

    Et il ajoute : « N’oublie pas de mettre une porte à la tente, de sorte que tu frappes avant d’entrer la prochaine fois, ô Glorieux… »

  • Encore un prêtre mexicain assassiné

    Le Père José Alfredo Lopez Guillen avait été enlevé le 19 septembre, le jour même où l’on a trouvé les corps de deux autres prêtres tués par balles. Lui aussi a été tué par balles. On a retrouvé son corps hier non loin de la paroisse dont il était le curé.

  • Le Mexique "divisé"

    Nouvelle désinformation à gros bouillons. Résumé par Le Monde : Titre : Le mariage pour tous divise le Mexique. Première phrase : « Manifestations pour et contre le mariage pour tous ont agité Mexico samedi. » D’un côté il y avait « les milieux religieux ultraconservateurs », et de l’autre « les associations de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre ». Bon, si on lit bien on voit que le Mexique n’était pas tout à fait divisé en deux parties égales : les méchants étaient quand même « des milliers », et les bons « quelques centaines ».

    En fait les défenseurs de la famille étaient 400.000 selon les organisateurs et au moins 300.000 selon les observateurs.

    On ne s’étonnera pas, hélas, de voir Radio Vatican reprendre la désinformation de l’AFP sur les défenseurs de la famille qui étaient « des milliers »…

  • Signe de détresse

    Le grand titre de l’édition quotidienne d’Aleteia, aujourd’hui, est : « Now is the time to rally around Pope Francis » : Maintenant il est temps de se rassembler autour du Pape François. Sous-titre : « L’avenir de l’Eglise en dépend. »

    Diable.

    C’est signé Tom Hoopes. Et c’est en même temps une pub pour le livre que ce personnage est sur le point de publier : Ce que le Pape François a vraiment dit.

    Et ce qu’il a vraiment dit est bien évidemment la pure doctrine catholique, alors que des méchants osent prétendre que ce ne serait pas toujours le cas.

    Ainsi, affirme Tom Hoopes : « l’Eglise gagnera à la fin, nous le savons, mais il n’est pas garanti qu’elle l’emportera en Occident en notre siècle : cela dépendra entièrement de notre fidélité au pape. » Sic.

    Et cela se dit en trois points :

    « 1. Si nous sapons l’autorité du pape, nous perdons la doctrine catholique.

    « 2. Si nous sapons l’autorité du pape, nous ne survivrons pas à la persécution.

    « 3. Le plus important : si nous sapons l’autorité du pape, nous arrêterons l’avancée de l’Eglise. »

    La pathétique tirade papolâtre d’appel de détresse se termine ainsi :

    « Nous avons un défenseur de la foi qui a un plan précis pour avancer même au-delà des gains de Jean-Paul II le Grand et de Benoît le Théologien. Tout ce dont il a besoin est une ligne de front de laïcs catholiques qui croient en la promesse du Christ et le soutiennent. J’en suis. En êtes-vous ? »

    Ben non…

  • Adonai Domine

    ℟. Adonai, Domine, Deus magne et mirabilis, qui dedisti salutem in manu feminae. * Exaudi preces servorum tuorum.
    ℣. Benedictus es, Domine, qui non derelinquis praesumentes de te, et de sua virtute gloriantes humilias.
    ℟. Exaudi preces servorum tuorum.

    Adonaï, Seigneur Dieu, grand et merveilleux, qui a apporté le salut par la main d’une femme, exauce les prières de tes serviteurs. Tu es béni, Seigneur, toi qui n’abandonnes pas ceux qui présument de toi, et qui humilie ceux qui se glorifient de leur puissance ; exauce les prières de tes serviteurs.

    Ce répons des matines célèbre Judith, qui en tuant Holopherne a sauvé le peuple d’Israël. C’est une création liturgique qui utilise deux expressions du cantique de Judith : 16,16 : Adonai, Domine, magnus es tu, et 16,7 : et tradidit eum in manus feminæ, et un verset de la prière du peuple en Judith 6,15 : non derelinquis præsumentes de te : et præsumentes de se, et de sua virtute gloriantes, humilias. On y ajoute la formule « Exaudi preces servorum tuorum » qui ne se trouve pas dans le livre, mais qui ressemble beaucoup à une formule de litanies. Or, selon une spécialiste de la question, ce répons pourrait provenir d’une antienne des Rogations dans l’antique liturgie gallicane.

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    Fribourg, antiphonaire des cordeliers, autour de 1300. On voit au-dessus du répons (avec sa belle lettrine) l’antienne de Magnificat de samedi dernier, constituée de la même phrase. On constate aussi (inscription en rouge*) qu’il s’agit, dans cet antiphonaire, de la lecture biblique et de la liturgie de la 3e semaine de septembre, et non de la 4e comme dans les livres tridentins.

    * Le mot correct est "rubrique", ce qui veut dire précisément "en rouge".

  • 19e dimanche après la Pentecôte

    Salus pópuli ego sum, dicit Dóminus : de quacúmque tribulatióne clamáverint ad me, exáudiam eos : et ero illórum Dóminus in perpétuum.

    Je suis le salut du peuple, dit le Seigneur, dans toutes leurs tribulations, s’ils m’invoquent, je les exaucerai et je serai leur Seigneur à jamais.

    L’introït de ce dimanche est le seul de tout le temporal à ne pas être pris d’un psaume, ou d’un autre texte de l’Ecriture. Par son premier mot « salus » il évoque les saints Côme et Damien, les saints médecins anargyres et martyrs, car cette messe était dans l’antiquité la messe du dimanche avant la fête des saints Côme et Damien, le 27 septembre, comme c'est le cas cette année, et la station romaine était dans leur église. Les deux médecins soignaient aussi efficacement que gratuitement : ils étaient le salut du peuple, en rendant la santé, le même mot évoquant à la fois le retour à la santé et le salut éternel, comme on le voit souvent dans l’Evangile quand Jésus dit au malade qu’il a guéri : « Ta foi t’a sauvé. » Or bien sûr le véritable salut du peuple, le salut éternel, c’est le Christ, auquel renvoient nos deux médecins.

    Au VIIIe siècle, Grégoire II fit de cet introït celui du jeudi de la mi-carême, qui célèbre précisément les saints Côme et Damien (sanctórum tuórum Cosmæ et Damiáni beáta sollémnitas, dit la collecte). Cette messe de la mi-carême est vraiment centrée sur l’activité des guérisseurs comme symbole du salut éternel. Celle de ce dimanche l’est moins, mais la collecte demande bien que nous soyons « dispos de corps et d’esprit », et la prière après la communion est très… médicale, insistant sur le remède divin qu’on vient de prendre :

    Tua nos, Dómine, medicinális operátio, et a nostris perversitátibus cleménter expédiat, et tuis semper fáciat inhærére mandátis. Per Dóminum.

    Que ton opération médicinale, Seigneur, nous débarrasse de nos perversités et nous rendent toujours attachés à tes commandements.

    Sur l’évangile de ce dimanche, voir ici et .

  • Désinformation

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    Le site théoriquement d’information sur l’Union européenne EUobserver, qui est évidemment européiste, fait aussi campagne en permanence pour les « droits » LGBT ou pour le « droit » à l’avortement. Aujourd’hui il titre : Les Irlandais et les Polonais manifestent pour l’avortement.

    Irish people veut dire « le peuple irlandais ». Cela se traduit par : « Les Irlandais ».

    C’est évidemment faux. Tant pour les Irlandais que pour les Polonais. La grande majorité des gens sont pro-vie dans ces deux pays.

    Comme d’ailleurs en témoigne de façon spectaculaire la photo choisie, montrant une récente manifestation des Irlandais à Dublin…

    Mais il s’agit d’appuyer la campagne internationale qui vise à obliger l’Irlande à modifier sa législation, et à appuyer les maigres troupes de ceux qui protestent contre la proposition de loi polonaise visant à interdire tout avortement.

    C’est encore plus faux si l’on considère la particulière violence du titre. Il est difficile de trouver en Irlande comme en Pologne, et même en France, des gens qui sont tout à trac « pour l’avortement », et non « pour la liberté d’avorter » ou « pour le droit à l’avortement ».

    Je n’ai pas lu l’article parce qu’il est payant et que je ne vais certainement pas payer pour lire cette propagande (certifiée « européenne »).

    Je soulignerai seulement la légende de la photo :

    La législation actuelle sur l’avortement (en Irlande) « a quelque chose d’un Etat fasciste », dit un militant.

    On remarque aussi comment on essaye de faire passer la propagande dans un pays pro-vie : les manifestants se disent « pro-choix, pro-enfant, pro-famille »…

  • Œcuménisme

    A l’issue de la XIVe session plénière de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe, qui s’est tenue du 15 au 22 septembre à Chieti en Italie, a été approuvé un document commun intitulé «Synodalité et primauté pendant le Premier millénaire : vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église».

    Ce texte fait suite à celui qui avait été adopté à Ravenne en 2007, « Communion ecclésiale, conciliarité et autorité », qui avait notamment manifesté un accord sur le concept de primauté universelle (sur le concept lui-même, pas sa définition…).

    Il y avait à Chieti des représentants de toutes les Eglises orthodoxes à l’exception de celle de Bulgarie. Tous ont signé le texte, à l’exception de la délégation géorgienne qui s’est abstenue.

    Le document n’a pas encore été publié.

    Une prochaine session devrait être consacrée à la primauté… pendant le deuxième millénaire, et là ça devient encore beaucoup plus ardu, d’autant que les Russes et quelques autres insistent lourdement sur le fait que la question uniate doit être traité de façon prioritaire et aurait déjà dû l’être…

  • Une bonne idée

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    L’un des effets des merveilleux « printemps arabes » et de ce qui s’en est suivi ayant été la chute abyssale du tourisme notamment en Egypte où c’était l’une des principales sources de revenu, des coptes ont eu l’idée de relancer le tourisme, et d’abord un tourisme spécifiquement chrétien, via le « chemin de la Sainte Famille »…

    On sait que « l’entrée de la Sainte Famille en Egypte » est une grande fête copte, et que de très anciennes traditions donnent l’itinéraire – assez compliqué – du périple de la Sainte Famille. Il y a deux ans, le ministère égyptien du Tourisme avait déjà évoqué la question, à l’occasion d’un pèlerinage organisé par des Philippins. Mais mardi dernier l’idée a été reprise de façon précise lors de la conférence économique organisée dans le New Jersey par la Coptic American Association. Il y avait là de nombreux représentants de la diaspora copte, mais aussi quelque 24 députés du Parlement égyptien qui ont affirmé leur engagement, politique et institutionnel, en faveur de la mise en place concrète du « projet Sainte Famille », qui ferait de l’Egypte un but de pèlerinage à proposer surtout aux chrétiens du monde entier, particulièrement autour de Noël. Cela pourrait faire venir au moins un million de touristes, et de touristes chrétiens, chaque année.

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    Mgr Centène, évêque de Vannes, à al-Matariya (Héliopolis), devant la stèle d'un puits rappelant que ce fut un lieu de résidence de la Sainte Famille en Egypte.

  • Samedi des quatre temps

    Mense séptimo festa celebrábitis, cum in tabernáculis habitáre fécerim fílios Israël, cum edúcerem eos de terra Ægýpti, ego Dóminus, Deus vester.

    Le verset pour la Communion est tiré du Lévitique. « Le septième mois, vous célébrerez la fête commémorative du temps où je fis habiter sous les tentes les fils d’Israël, alors que moi, le Seigneur, votre Dieu, je les tirai de l’Égypte. » Cette solennité prélude à celle que nous célébrerons dans le tabernacle céleste, alors que les six mois étant écoulés qui figurent le temps pénible de la vie présente, Dieu nous introduira dans le sabbat de son repos. En ce septième temps, déjà sanctifié et béni par le Seigneur dès l’origine du monde, nous élèverons à Dieu un hymne d’action de grâces, et ce sera l’hymne de la revanche, le chant de ceux qui ont été sauvés des ondes de la mer Rouge, le cantique des rapatriés.

    Perfíciant in nobis, Dómine, quǽsumus, tua sacraménta quod cóntinent : ut, quæ nunc spécie gérimus, rerum veritáte capiámus. Per Dóminum.

    Nous vous en supplions, Seigneur, que vos sacrements perfectionnent en nous la grâce qu’ils renferment, en sorte que nous recevions la réalité de ce que nous accomplissons maintenant en figure.

    Dans la collecte d’action de grâces, on demande au Seigneur que la divine grâce dont l’Eucharistie est la source vive, obtienne en nous sa pleine efficacité ; en sorte que cette union mystique de notre âme avec Dieu, telle qu’elle est en ce moment symbolisée par le Sacrement, atteigne dans le ciel toute sa perfection. La divine Eucharistie est, en effet, une grâce — étymologiquement, Eucharistie signifie la bonne grâce — et une promesse. C’est une grâce, en tant qu’elle nous rend capables de participer à la nature divine, en nous entraînant à une vie de sainteté et de perfection ; mais en même temps elle est aussi une promesse, parce que Jésus, au dire de saint Jean, donne gratiam pro gratia, et quand, au ciel, Il soustraira à notre foi les Espèces du Sacrement, Il donnera à notre amour, précisément grâce à l’Eucharistie, tout ce que notre cœur, ici-bas, se promettait d’atteindre.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Une crotte de la TOB

    La lecture liturgique de cette semaine est le livre de Tobie. la TOB nous dit que le texte nous est parvenu sous trois formes différentes : une forme longue (en grec), une forme courte (en grec), et « une dernière forme » qui « mérite d’être signalée parce que c’est celle qu’a connue toute la tradition de l’Eglise latine à partir du Ve siècle » : la Vulgate, « traduction effectuée par saint Jérôme d’après un original araméen, travail hâtif qui nous renseigne autant sur la personnalité ascétique du traducteur et sa conception du mariage que sur les nuances du texte original ».

    C’est une façon polie, si l’on veut, de dire que c’est un travail bâclé qui ne rend rien des nuances de l’original mais nous montre seulement à quel point saint Jérôme était un rabat-joie englué dans l’austérité de l’Ancien Testament (comme le suggère aussi la Bible de Jérusalem). Et la TOB ne nous donne ensuite, bien sûr, aucune des « nuances » que saint Jérôme aurait vues. Il s’agit uniquement de l’enfoncer.

    On remarque que la TOB traduit (comme les autres Bibles modernes) la « version longue », ce qui contredit deux des sacro-saints principes de l’exégèse contemporaine : 1- on doit choisir le texte qui a le plus de témoins, or la version courte figure dans de nombreux manuscrits alors que la version longue figure dans un seul et unique manuscrit ; 2 - la version courte d’un texte est toujours la version la plus ancienne, donc la plus authentique. La TOB ne signale même pas cette difficulté. La Bible de Jérusalem dit que l’unique version longue « paraît être la plus ancienne », parce qu’elle correspond à des « fragments de Qumran » (comme si c’était un argument, vu qu’on trouve tout et n’importe quoi à Qumran, qui était essentiellement une poubelle de manuscrits dont on ne voulait plus…). Or la TOB est obligée plus d’une fois de « corriger » le texte long par le texte court, et même de combler deux « lacunes » (?) du texte long par le texte court…

    Ce qui me frappe, moi, est que le texte de la Vulgate est une merveille en soi. Ce que l’on reproche à mots couverts à saint Jérôme, ce serait d’avoir « inventé » que Tobie et Sara, une fois mariés, restent trois jours et trois nuits en prière avant de s’unir charnellement. Mais cela correspond au fond de l’histoire : les sept premiers maris de Sara sont morts parce qu’ils étaient mus par la concupiscence, et pour chasser le démon de la luxure il faut jeûner et prier. C’est ce qu’explique ensuite Tobie dans sa prière : il se marie non pas « par passion » mais pour fonder une famille. Et les trois jours et trois nuits correspondent aux trois jours et trois nuits que Sara a passés dans sa chambre après qu’une servante lui a reproché de tuer ses maris. Rien de tout cela ne figure en effet dans les textes grecs, où Sara monte dans sa chambre avec l’idée de se suicider. Sic.

    Or saint Jérôme n’a pas pu inventer ce qu’on lui reproche si légèrement. Si la TOB parle de travail « hâtif », c’est à cause de ce que dit saint Jérôme lui-même de sa traduction : il explique qu’il avait un manuscrit araméen de Tobie, mais que, ne connaissant pas bien cette langue, il a fait appel à un homme extrêmement versé (peritissimus) à la fois en araméen et en hébreu. Cet homme (vraisemblablement un des rabbins de sa connaissance) lisait le texte araméen, le traduisait à haute voix en hébreu, et Jérôme le traduisait à haute voix en latin à un secrétaire qui le mettait par écrit. Cela s’est fait en une seule journée*. Il est donc manifeste que saint Jérôme n’a eu le loisir de penser à ajouter quoi que ce soit au texte araméen. Cette façon de procéder montre que la version de saint Jérôme est la traduction authentique du texte araméen. Donc en réalité c’est le plus ancien texte dont nous disposons. Et c’est le plus beau.

    * Cette anecdote, d'autre part, réduit à néant le lieu commun de l'exégèse moderne (à l'exception du courageux Christophe Rico) - destiné à dévaluer la Vulgate - prétendant que saint Jérôme ne connaissait pas bien l'hébreu.

  • En Pologne

    La Diète polonaise a rejeté ce matin, par 267 voix contre 154, une motion visant à rejeter la proposition de loi « Stop à l’avortement », qui vise à interdire totalement l’avortement. La proposition de loi, issue d’une initiative populaire ayant recueilli près d’un demi-million de signatures, est donc transmise à la commission de la Justice et poursuit son parcours parlementaire.

    Puis la Diète a adopté, par 230 voix contre 173, une motion rejetant la proposition de loi « Sauvons les femmes » (sic) visant à instituer un droit à l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse. Cette proposition passe donc à la poubelle.

  • Vendredi des quatre temps de septembre

    Accépta tibi sint, Dómine, quǽsumus, nostri dona ieiúnii : quæ et expiándo nos tua grátia dignos effíciant, et ad sempitérna promíssa perdúcant. Per Dóminum.

    Nous vous en supplions, Seigneur, que l’offrande de notre jeûne vous soit agréable ; qu’en nous faisant expier nos fautes, il nous rende dignes de votre grâce et qu’il nous conduise aux biens éternels que vous nous avez promis.

    La secrète, en une phrase très concise, nous décrit bien l’origine liturgique de l’antique abstinence romaine. On ne jeûne jamais sans que le divin Sacrifice consacre l’abstinence du peuple, l’offre à Dieu avec la Passion du Rédempteur et marque le terme du jeûne lui-même. C’est pourquoi aujourd’hui l’offrande eucharistique que la communauté chrétienne a présentée à l’autel est appelée le don commun du jeûne sacré. Les fruits qu’on en attend sont : l’expiation du péché, la convenable préparation et coopération à la grâce, et finalement l’obtention de l’éternité tant de fois promise.

    Remarquons l’ordre de ce triple effet. Il faut d’abord écarter l’obstacle qui soustrait coupablement l’âme à l’influence miséricordieuse du Saint-Esprit, et cela s’obtient en excitant en elle les sentiments de foi et de contrition qui ramènent à Dieu ; alors commence la vie de grâce de l’âme, laquelle vie comporte nécessairement une courageuse coopération de la part de l’homme. —- Non ego, sed gratia Dei mecum, disait saint Paul. — Ensuite vient le dernier et définitif développement de cette vie surnaturelle, alors que la grâce se transforme en lumière de gloire.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Neelie Kroes

    Révélation des « Bahamas Leaks » (qui prennent le relais des « Panama Papers ») : Neelie Kroes, pendant tout le temps où elle était commissaire européen à la concurrence, de 2004 à 2009 (avant de devenir vice-présidente de la Commission) était directrice dans une société offshore dénommée Mint Holdings.

    Or c’est évidemment interdit. A cause des conflits d’intérêt. Et comme par hasard Mint s’occupait d’énergie et Neelie Kroes bataillait pour la libéralisation de ce secteur. De façon intraitable : on l’appelait Steely Neelie, dure comme de l’acier.

    Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne me surprend pas du tout…

    Le site européiste EUobserver signale que la Commission européenne a ouvert une enquête et que Neelie Kroes pourrait se voir privée de sa retraite de commissaire.

    Pour un peu on verserait une larme. Mais que les âmes sensibles se reprennent. Neelie Kroes ne sera pas à la rue. Elle siège aujourd’hui dans les instances dirigeantes d’Uber (dont elle prenait la défense avec fougue quand elle était commissaire) et de la banque Merryl Lynch… Elle est aussi un agent de propagande du gouvernement des Pays-Bas auprès des start-up…

  • "Blasphème" pakistanais

    Nabil Masih, un chrétien (comme son nom l’indique) de 17 ans, de Deena Naath, district de Kasur, dans le Pendjab, a été arrêté et incarcéré pour « blasphème », pour avoir partagé sur Facebook des messages attentatoires à l’islam comprenant des photos « inappropriées » de la Kaaba.

    Sa famille a dû fuir le village, comme c’est toujours le cas. Car les musulmans modérés © deviennent des furies dès qu’un chrétien est accusé de blasphème. La police a toutefois pu les empêcher d’incendier la maison.

  • Reductio

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    On y est. A la « reductio ad hitlerum », qui est le dernier argument de ceux qui n’en ont pas.

    Newsweek tire à boulets rouges, tous les jours, sur Donald Trump. (Et sur Vladimir Poutine, et sur les deux puisqu’ils sont comme larrons en foire.) Aujourd’hui on atteint le sommet (à tel point qu’on se demande ce qu’ils vont pouvoir dire ensuite) :

    En quoi Donald Trump est-il semblable à Adolf Hitler ?

    Réponse :

    Les deux hommes présentent leurs propres personnalités comme l’antidote à tous les problèmes sociaux et politiques.

    Et c’est ce qui rend la comparaison si « poignante » (sic), dit l’article, d’ailleurs bref et indigent, quoique écrit par un professeur d’université… Ce qui compte est uniquement le titre. Et ce qui est amusant est que l’un des points communs entre Trump et Hitler dénoncés dans l’article est qu’ils ne vont pas plus loin que des slogans. Sic.