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Le blog d'Yves Daoudal

  • Verbum supernum prodiens

    L’hymne des matines au temps de l’Avent, avec une traduction trouvée sur le site d’un mystérieux « skite bénédictin ».

    Verbum supérnum pródiens
    A Patre olim éxiens,
    Qui natus orbi súbvenis
    Cursu declívi témporis,

    O Verbe, qui descendez des cieux, engendré éternellement par le Père, vous naissez au déclin des temps, pour le salut du monde.

    Illúmina nunc péctora
    Tuóque amóre cóncrema;
    Audíto ut praecónio
    Sint pulsa tandem lúbrica.

    Illuminez en ce moment nos cœurs ; enflammez-les de votre amour, afin qu’à la voix de votre Précurseur, soient enfin repoussées toutes les impuretés.

    Judéxque cum post áderis
    Rimári facta péctoris,
    Reddens vicem pro ábditis
    Justísque regnum pro bonis.

    Et lorsque, Juge, vous viendrez scruter les cœurs des hommes, infliger aux pécheurs le châtiment de leurs crimes et ouvrir aux élus le royaume promis à leurs mérites,

    Non demum arctémur malis
    pro qualitáte críminis,
    sed cum béatis cómpotes
    simus perénnes cǽlibes.

    Puissions-nous finalement échapper à l’étreinte des démons, juste expiation des diverses fautes, unis aux bienheureux, jouir de l’éternelle béatitude.

    Laus, honor, virtus, gloria,
    Deo Patri et Fílio
    Sancto simul Paráclito,
    In sæculórum sǽcula. Amen.

    Louange, honneur, puissance, gloire soit au Père et au Fils, ainsi qu’au Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

    Par les Hildegard Singers (de Grand Rapids, dans le Michigan) :

    Le compositeur slovène Damijan Močnik (né en 1967) en a fait un beau motet qui est si l’on croit YouTube son œuvre la plus célèbre (une bonne vingtaine de versions, d’un peu partout dans le monde).

  • Il s’appelle Grech

    Le 23 novembre dernier, dans Le Figaro, Jean-Marie Guénois évoquait la « division théologique » dans l’Eglise « catholique » entre ceux qui croient en la présence réelle eucharistique et ceux qui n’y croient pas. Il ajoutait :

    « La grande surprise, dans ce registre, est venue de Rome cette semaine. Et d’un futur cardinal - il le deviendra le 28 novembre - choisi par le pape François pour piloter l’important synode des évêques. Mi-novembre, il a traité ceux qui se plaignaient de ne pouvoir accéder à la messe « d’analphabétisme spirituel » dans la revue jésuite de référence mondiale, La Civilta Cattolica. »

    Jean-Marie Guénois ne donnait pas le nom de cet évêque aujourd’hui cardinal. Ce n’était pas difficile à trouver, puisque Guénois disait qu’il dirigeait le synode des évêques, et puisque d’autre part l’interview est disponible gratuitement sur internet.

    Il s’agit donc de Mgr Mario Grech. Cet obscur évêque de Gozo a été en effet promu secrétaire du synode des évêques en octobre 2019. Et le voici cardinal.

    Il se trouve que Mgr Grech fut le premier évêque au monde, conjointement avec l’autre évêque de Malte, à affirmer par écrit dans un document officiel de l’Eglise de Malte que Amoris laetitita permettait de donner la communion aux adultères dits « divorcés remariés ». On sait qu’il y eut ensuite un texte plus long, de même teneur, des évêques de la Région pastorale de Buenos Aires, et que François fit insérer ce texte dans les Acta Apostolicae Sedis, pour souligner que telle est l’interprétation correcte d’Amoris laetitia : il est permis aux prêtres de donner la communion aux adultères qui se disent « divorcés remariés ».

    Et le voici donc qui relativise la présence substantielle du Christ dans l’eucharistie, ou même qui la nie, puisque en rappeler l’importance cruciale est selon lui de l’« analphabétisme spirituel ». Et Mgr Grech souligne que lorsque le temple de Jérusalem a été détruit, les juifs se sont mis à prier chez eux : c’est ce que doivent faire les catholiques aujourd’hui. Car, c’est sous-entendu mais très clair, il n’y a pas de différence entre les sacrifices du temple et celui du Fils de Dieu. Mgr Grech cite d’ailleurs la phrase de Jésus à la Samaritaine selon l’exégèse protestante : les vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité, et non dans un temple ou sur une montagne.

    Ensuite, il discourt longuement sur l’importance de l’Eglise domestique, l’Eglise de la famille, « prémisse de la nouvelle évangélisation ». La crise sanitaire permet de découvrir « une nouvelle ecclésiologie, peut-être même une nouvelle théologie, et un nouveau ministère » La nouvelle ecclésiologie, c’est que « la grande Eglise communautaire est faite des petites Eglises qui se rassemblent dans les maisons ». Très nouvelle ecclésiologie, en effet, qui supprime carrément l’Eucharistie. Et donc nouvelle théologie, assurément.

    Quant au nouveau ministère, c’est celui des laïcs qui au lieu de demander la messe doivent être au service de leurs frères qui souffrent de la maladie ou de ses conséquences sociales. Et il n’hésite pas à dire que les médecins et les infirmières en temps de pandémie « transforment les hôpitaux en cathédrales ».

    La fin de l’interview est une ode à la fraternité universelle, sans Père et sans religion, Fratelli tutti...

    Ainsi s’explique le fait que des évêques veuillent donner la communion à des adultères : il est évident que si l’on ne croit pas en l’Eucharistie on peut donner à des adultères ce qui n’est plus qu’un « signe de communion fraternelle ». J’avoue que, inconsciemment, je ne voulais pas y croire. Mgr Grech m’a dessillé les yeux.

    Ce n’est évidemment pas un hasard si la Civilta cattolica, qui « reflète la pensée du Vatican » comme le dit carrément sa devise, a publié cette interview, accessible gratuitement, juste avant que Mgr Grech, dont tout le monde souligne sa « proximité » avec François, soit créé cardinal.

    Et cela ne fait que souligner le terrible symbole que constitue le rapprochement entre deux photographies que François a voulues : celle où il est assis devant le Saint Sacrement, et celle où il est à genoux devant une musulmane, un Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie.

  • Délirium quotidien

    Le gouvernement a nommé un « monsieur vaccin ». Il s’appelle Alain Fischer, professeur d’immunologie. L’homme par conséquent sait tout sur les vaccins contre la Covid-19, et il devait détailler l’annonce par le Premier ministre Jean Castex de la stratégie vaccinale du gouvernement, stratégie magnifique qui allait enfin nous sortir du pétrin. Stratégie dont aucun médecin hospitalier ou de ville n’a encore été averti, pour une raison qui devient évidente une fois qu’on a entendu monsieur vaccin. Ce que vous allez lire n’est pas une blague. C’est réellement ce qu’a dit Alain Fischer à la conférence de presse de Jean Castex. On peut le vérifier sur internet (par exemple ici).

    Premièrement, pour l’instant nous ne disposons que de communiqués de presse de la part des industriels, nous attendons avec impatience des publications scientifiques.

    Deuxièmement par définition le recul à ce jour sur l’évaluation de la sécurité et de l’efficacité de ces vaccins ne dépasse pas deux à trois mois.

    Troisièmement les données ne sont pas encore complètes non plus pour savoir jusqu’à quel point ces vaccins sont efficaces sur les personnes les plus à risque.

    Et enfin dernier point qui est critique, la solution prendra du temps, c’est de savoir si le vaccin d’une part protège l’individu vacciné contre l’infection, mais aussi protège contre la transmission.

    Il est vrai que la conférence de presse de Castex avait commencé par un gag ahurissant : le Premier ministre cherchant désespérément ses lunettes qu’il a sur le nez…

  • Saint Pierre Chrysologue

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    Début du sermon 142.

    Vous avez entendu aujourd’hui, mes très chers frères, l’ange qui s’entretenait avec la femme de la réparation du genre humain. Vous avez entendu que son mandat consistait à ce que l’homme retourne à la vie par le même parcours par lequel il avait chuté dans la mort. Il pactise, l’ange, il discute avec Marie au sujet du salut, comme le démon avait trafiqué avec Ève la ruine de l’humanité. Vous avez entendu que, du limon de notre chair, l’ange, avec un art ineffable, construisait le Temple de la divine Majesté. Vous avez entendu que, par un mystère incompréhensible, Dieu était logé sur la terre, et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu que, d’une façon inouïe, Dieu et l’homme étaient comme mélangés dans un seul corps. Vous avez entendu que, par l’exhortation angélique, la nature fragile de notre chair a été fortifiée pour porter toute la gloire de la Déité. Et enfin, pour que la terre sablonneuse de notre corps délicat ne succombe pas sous le poids de la Construction céleste érigée en Marie, et pour que ne casse pas la branche fragile qui, dans la vierge, devait porter tout le Fruit du genre humain, la voix de l’ange invite aussitôt Marie à fuir la crainte en disant : Ne crains pas, Marie.

    Ne crains pas, Marie. Avant de donner la raison de son ambassade, l’ange proclame la dignité de la vierge en la nommant par son nom : Marie, car en hébreu et en latin, Marie signifie dame. L’ange l’appelle donc madame, pour que l’agitation et le tremblement qui sont le propre de l’esclavage s’éloignent de la mère du Dominateur. Qu’elle ait été dame à sa naissance et qu’elle en ait porté le nom, elle le doit à la dignité royale de ses ancêtres. Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce. Il n’est que trop vrai que qui a trouvé la grâce ne saurait craindre. Tu as trouvé la grâce. Auprès de qui ? Auprès de Dieu. Bienheureuse est-elle celle qui, parmi les hommes, a mérité d’entendre ce qui la place avant tous. Tu as trouvé la grâce. En quelle quantité ? Autant qu’il a été dit : la plénitude. Grâce qu’elle ferait pleuvoir avec abondance sur toute créature.

    Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. En disant cela, l’ange se demande avec émerveillement si la femme est seule à avoir mérité la vie, ou si tous les hommes l’ont méritée par la femme. L’ange est dans la stupeur à la pensée que la totalité de la Divinité descend dans l’exiguïté de l’utérus de la vierge, Elle pour qui tout l’ensemble de la création est un iota. Voilà pourquoi l’ange procède lentement. Il l’appelle vierge parce qu’elle le méritait, il l’interpelle en se référant à la grâce, sans avoir auparavant indiqué à celle qui l’écoutait la raison de sa visite. Il laisse son esprit dans l’attente pour attirer son attention. Considérez, mes frères, quelle révérence et quelle crainte il convient que nous apportions à un tel mystère, quand ce n’est pas sans crainte que l’ange lui-même parle de la crainte à son interlocutrice.

  • 15 pages !

    La Commission européenne a pondu un document de 15 pages bien tassées intitulé « Rester à l’abri de la COVID-19 pendant l’hiver ».

    La Commission sait qu’elle n’a aucun pouvoir d’imposer des mesures, mais elle assène des « recommandations » qui sont comme des ordres. Non seulement aux Etats membres, mais même aux « voisins » ! « Les pays voisins de l’Union (…) sont également invités à aligner les mesures qu’ils prennent sur les mesures proposées ici. » Ach ! Je ne veux voir qu’une seule tête !

    Les mesures proposées sont sans surprise les mesures les plus liberticides prises par les Etats jusqu’ici.

    Donc pour la messe de Noël on reprend les « conseils » des « autorités sanitaires » espagnoles et on en fait un dogme (en évitant soigneusement de parler de messe, évidemment) :

    « En cas de cérémonies [des fois qu’il y aurait des cérémonies à Noël, allez savoir…], envisager d’éviter les assistances nombreuses ou de recourir à la diffusion en ligne, en télévision ou en radio, d’attribuer des places spécifiques où les membres d’une même famille (les «bulles domestiques») peuvent s’asseoir ensemble, et d’interdire le chant choral. »

    Interdire de chanter la liturgie de la Nativité, interdire de chanter les chants de Noël… Et regarder sur internet la messe basse de minuit…

    Il y a quand même des réactions, y compris au sein des institutions européennes. Antonio Tajani, président de la Commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen, a fermement demandé à Ursule de revoir sa copie.

    Enfin, la Commission européenne reprend en pleurnichant sa recommandation mort-née d’une « coordination » des Etats Membres sur l’interdiction des sports d’hiver…

    On notera aussi le point 6 : « Lutter contre la lassitude associée à la pandémie ». Une bonne initiative serait de ne pas pondre de textes de ce genre.

    Et le document se termine, bien sûr, par un hymne aux vaccins.

  • Saint François Xavier

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    Le corps de l’apôtre des Indes se trouve à Goa, en l’église jésuite du Bon Jésus, dans un cercueil de verre inclus dans une châsse d’argent sur un mausolée de marbre de Toscane offert par Côme III de Médicis. Jusqu’en 1974 il était exposé tous les ans pour sa fête. Depuis lors c’est seulement tous les dix ans. L’événement attire une foule considérable. Voici des images de 2014.

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  • En Chine

    Voyant l’information chez Sandro Magister, je croyais en avoir parlé, d’autant que ça venait d’AsiaNews que je consulte tous les jours, mais non, ça m’avait échappé. Il s’agit de l’ordination épiscopale du nouvel évêque de Qingdao (Shandong), Mgr Thomas Chen Tianhao.

    Selon certains experts ce serait la première ordination officielle célébrée selon l’accord secret entre le Saint-Siège et la Chine communiste.

    Or le principal évêque consécrateur était le président de l'Association nationale patriotique chinoise, à savoir l’Eglise officielle soumise au parti. Les deux évêques co-consécrateurs étaient le vice-président du Conseil des évêques chinois (organisme du régime, non reconnu par Rome), et le vice-président du "liang hui", la "double organisation", qui comprend le Conseil des évêques et l'Association patriotique.

    Quant au nouvel évêque, il est depuis 2010 membre du Comité permanent de l'Association nationale patriotique. Ce qui est un gage de sa soumission absolue au parti communiste.

    Selon les observateurs, la formule de consécration a fait mention du mandat du Conseil des évêques (autrement dit du parti communiste), mais pas du pape ou du Saint-Siège…

  • Ucraini

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    Mgr Paulo Dionisio Lachovicz a pris possession hier de son siège d’exarque apostolique d’Italie des Ukrainiens en la cathédrale Saints Serge et Bacchus des Ukrainiens à Rome. Le cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, a fait lire la bulle d’érection de l’exarchat (qui date de… juillet 2019) et celle qui nomme exarque Mgr Lachovicz (qui date du 24 octobre dernier).

    Mgr Lachovicz a... 74 ans. Né au Brésil, il était visiteur apostolique pour les fidèles ukrainiens d’Italie depuis 2009. Auparavant il avait été de 1996 à 2004 protoarchimandrite de l’Ordre basilien de saint Josaphat, puis évêque de curie de l’archevêché majeur ukrainien.

    Il y a en Italie 70.000 fidèles de l’Eglise grecque-catholique ukrainienne, et 62 prêtres.

  • Abusif

    La justice australienne a retiré une adolescente de 15 ans de chez ses parents parce que ceux-ci ne voulaient pas qu’elle « change de sexe ». Le juge - du tribunal pour enfants… – a considéré que l’attitude des parents était « abusive ».

  • Suicide nippon

    On sait que le suicide est un sport national au Japon. Toutefois les chiffres étaient à la baisse, et en 2019 ils n’avaient jamais été si bas (tout en restant nettement plus élevés qu’ailleurs). Mais il a brutalement remonté cette année. Il y a eu 2.153 suicides au seul mois d’octobre.

    A comparer avec le nombre de décès attribués au coronavirus : 2087 en tout depuis le début de l’année.

    (L’augmentation a été de 83% chez les femmes et 22% chez les hommes, et on ne connaît pas la raison de cette disparité odieusement sexiste.)