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Le blog d'Yves Daoudal

  • Troisième dimanche après l’Epiphanie

    L’évangile de ce dimanche comporte, a priori bizarrement, le récit de deux miracles sans autre lien entre eux que ce sont deux guérisons. Et deux guérisons très différentes l’une de l’autre : dans la première, Jésus touche un lépreux pour le guérir, dans la seconde, il guérit à distance le serviteur d’un centurion.

    Dom Pius Parsch montre que les chants de cette messe continuent de distiller le mystère de l’Epiphanie. Il en est de même de cet évangile. Les premiers mots nous disent que Jésus descend de la montagne : car il est descendu du ciel, et il fallait qu’il descende pour nous donner des signes.

    Il descend, et il accomplit ses deux premiers miracles (les deux premiers que raconte cet évangile de saint Matthieu). Par le premier il purifie un juif de sa lèpre. Par le second, il sauve de la mort un païen. C’est encore une épiphanie, par le miracle, comme à Cana dimanche dernier : Jésus se manifeste aux hommes, au juif d’abord, comme aux bergers de Bethléem, au païen ensuite, comme aux Mages venus d’Orient.

    Ce centurion, dont Jésus loue la foi, et qui nous apprend ce que nous devons dire à la messe avant de recevoir le corps du Christ (« Domine non sum dignus…), ne se retrouve pourtant nulle part ailleurs dans la liturgie de ce dimanche. Ce qui prime est la guérison du lépreux. Aux matines, saint Jérôme n’évoque que ce miracle (même dans la version longue d’avant 1960), et il en est de même des antiennes de Benedictus et de Magnificat, qui reprennent le texte même de l'évangile:

    Cum descendisset Jesus de monte, ecce leprosus veniens adorabat eum, dicens: Domine, si vis, potes me mundare: et extendens manum, tetigit eum, dicens: Volo, mundare.

    Domine, si vis, potes me mundare: et ait Jesus: Volo, mundare.

    On voit que les deux antiennes insistent sur le très bref dialogue entre le lépreux et Jésus. Il est rarissime (sinon unique ?) que l’antienne du cantique du soir répète ce qu’a dit l’antienne du cantique du matin. Cette insistance a forcément une signification. C’est que l’on a là un merveilleux modèle de prière. Je dis à Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier, me rendre pur. » Et qu’espérer d’autre que de l’entendre un jour me répondre à moi aussi : « Je le veux, sois purifié. » Cette réponse qui tient en deux mots, en latin comme en grec : Volo, mundare. Les deux mots divins qui ouvrent le ciel.

  • Wait and see

    C’est un nouveau dicton chinois, semble-t-il. En effet, le Bureau de propagande du parti communiste chinois a déclaré que « toute information sur Trump doit être traitée avec soin, et aucune critique non autorisée de ses paroles ou de ses actes ne sera permise ».

    Bref, après la multi-polémique sur Taïwan ou sur le commerce, on calme le jeu et on attend de voir…

  • Trump

    Encore raté, pour ceux qui disaient que Donald Trump ne tiendrait pas ses promesses et qu’avant même d’être président il avait déjà fait machine arrière : le jour même de son investiture, il a signé un décret ordonnant aux diverses agences fédérales de « soulager le poids » de l’Obamacare en utilisant toutes les marges de manœuvre possibles, exemptions et reports, pour ne pas l’appliquer, en attendant que cette loi soit supprimée.

    D’autre part, le secrétaire général de la Maison Blanche, Reince Priebus, a signé un mémorandum ordonnant un gel général des réglementations fédérales jusqu'à ce qu'un nouveau ministre nommé par Donald Trump les approuve.

    Enfin, un texte publié sur le site de la Maison Blanche informe que le président Trump « s'engage à éliminer les politiques non nécessaires et nuisibles tel le plan d'action pour le climat et les eaux » mis en place par Barack Obama.

    Addendum

    Ce même premier jour, la page dédiée aux "droits LGBT" a été supprimée du site de la Maison Blanche. Et le sigle LGBT a complètement disparu.

    Addendum 2

    La prestation de serment de John Kelly.

  • Liberté d’expression

    Une intervenante sur BFFTV a été virée du plateau pour voir dit à propos de Barack Obama :

    Je pense qu’il [Barack Obama] était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci.

    Hervé Béroud, le directeur général de BFMTV, a déclaré : « Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Pour nous, ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement. »

    On peut sortir toutes les insultes que l’on veut sur Donald Trump, le traiter de nazi, de fasciste, de violeur, d’imbécile, etc., mais il est interdit de suggérer (à tort ou à raison, peu importe) que l’ancien président qui porte deux prénoms musulmans (Barack Hussein) pourrait être resté musulman au fond de son cœur…

    Une nouvelle honte pour la France.

  • Un évêque interdit la messe de saint Pie V

    Les évêques qui ont formellement interdit l’application de Summorum Pontificum sont rares, car le motu proprio est une loi de l’Eglise et s’y opposer c’est s’opposer à la loi de l’Eglise…

    Mais Mgr Malloy, évêque de Rockford, Illinois, vient d’écrire dans une lettre officielle à ses prêtres, d’abord que sans son autorisation expresse il est interdit de célébrer la messe ad orientem, et ensuite qu’il est interdit de célébrer la messe antéconciliaire.

    Car ce qui compte c’est « l’unité liturgique »…

    Le plus fort est qu’il se réfère explicitement à l’article 2 de Summorum Pontificum : l’article qui stipule qu’un prêtre n’a pas à demander l’autorisation de célébrer selon l’ancien missel...

    (A la différence de l’ancien “patriarche” de Lisbonne qui avait purement et simplement interdit la messe traditionnelle sur tout le territoire portugais, Mgr Malloy tolère une réserve d’Indiens liturgiques dans son diocèse, un lieu de culte desservi par l’Institut du Christ Roi.)

  • C’est parti !

    Mgr Rigoberto Corredor, évêque de Pereira, en Colombie, vient de suspendre a divinis un prêtre de son diocèse parce que celui-ci a critiqué publiquement et en privé « l’enseignement du Saint-Père François, notamment en ce qui concerne le mariage et l’eucharistie ». En bref, le Père Luis Carlos Uribe Medina a dit qu’il n’était pas d’accord avec la « nouvelle doctrine » selon laquelle des adultères pourraient communier…

    Quiconque lit un peu l’anglais peut constater ce délire épiscopal (mais qui risque fort de faire des émules) sur Rorate Caeli.

  • Sainte Agnès

    Le verset alléluiatique suivant (Matth., XXV, 4-6) est propre à la fête de sainte Agnès. Il faut toutefois remarquer que ces parties de la messe qui sont lues aujourd’hui par le prêtre seul, étaient à l’origine chantées par d’habiles solistes, ou par de nombreuses scholae de clercs chantres. C’est ainsi que lectures, chants, musique, cérémonies, ministres, faisaient de la messe non pas simplement une prière, mais une action sacrée, presque un drame liturgique qui éveillait une impression profonde, surtout dans les masses populaires. De plus, comme l’élément mélodique occupe une place très importante dans la liturgie romaine, l’on ne peut juger de la beauté de son inspiration artistique par le simple texte d’un répons ou d’une antienne ; mais il convient de tenir compte spécialement du vêtement mélodique dont elle est ornée. Nous en avons une preuve dans le verset alléluiatique de la messe de sainte Agnès, qui est l’un des plus délicats et des plus riches de sentiment du recueil grégorien.

    Bienheureux cardinal Schuster

    Allelúia, allelúia. Quinque prudéntes vírgines accepérunt óleum in vasis suis cum lampádibus : média autem nocte clamor factus est : Ecce, sponsus venit : exite óbviam Christo Dómino. Allelúia.

    Allelúia, allelúia. Les cinq vierges sages prirent de l’huile dans leurs vases avec leurs lampes ; or au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : Voici l’époux qui vient ; allez au-devant du Christ votre Seigneur. Alléluia.

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    podcast

    Par les moines de Solesmes sous la direction de dom Jean Claire, 1978

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  • Plus d’Europe…

    Les européistes de droite comme de gauche ont trouvé un nouvel argument pour forcer la voie vers un super-Etat européen : l’Europe est désormais prise en tenailles entre Trump et Poutine, qui sont tous deux contre l’UE et pour les méchants « populistes », sa seule possibilité de survie est d’accélérer le mouvement d’unité européenne…

    Ce refrain, on l’entend de la primaire socialiste jusqu’au Forum de Davos en passant évidemment par Bruxelles et Strasbourg.

    Mais un homme à Davos s’est vigoureusement opposé à cette idée, qui était mise en avant par Martin Schulz : « Plus que jamais, nous avons besoin au XXIe siècle d’une union de plus en plus étroite. »

    Cet homme, c’est pourtant un européiste pur jus, c’est Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais. Européiste mais pragmatique, et confronté au parti de Geert Wilders qui pourrait devenir le premier parti aux prochaines élections (en mars), ce qui lui donne une certaine lucidité…

    C’est justement ce qu’il a dit à Davos : « Nous devons avoir une approche pragmatique, et arrêter les discours hautains. (…) Si nous continuons à dire que nous allons pas à pas vers une sorte de super-Etat européen, c’est le moyen le plus rapide de démanteler l’Union européenne. » Ce concept d’une union toujours plus étroite, qui est le cri de ralliement depuis près de 30 ans, est aujourd’hui « mort et enterré » (sauf dans le traité où il figure en toutes lettres…). Nous devons montrer aux gens que l’Europe est un plus, qu’il est possible de contrôler l’immigration, de créer plus d’emplois, de contrôler les frontières extérieures…

    Mais Martin Schulz est resté ferme sur sa position (qui est la position officielle des institutions européennes) : « Ce que j’attends des dirigeants européens c’est qu’ils ne disent pas que c’est terminé aujourd’hui une union plus étroite, ce que j’attends, c’est qu’ils disent que plus que jamais nous devons être unis. Si les dirigeants ne pensent pas ainsi alors c’est vraiment un danger. Si les chefs d’Etat – Angela Merkel, Mark Rutte, François Hollande – ne disent pas publiquement “telle est notre union, fondée sur cette idée”, alors l’Union européenne n’a aucune chance pour l’avenir. »

    En effet. Et l’Europe de demain ne sera ni celle de Mark Rutte ni celle de Martin Schulz…

  • Saint Sébastien

    Après cela, ce préfet dénonça Sébastien à l’empereur Dioclétien, qui, l’ayant appelé, lui dit : « Ingrat, je t’ai placé au premier rang dans mon palais, et toi tu as travaillé contre moi et mes dieux ! » Et Sébastien : « Pour toi et pour l’État romain j’ai toujours prié Dieu, qui est dans le Ciel. » Alors Dioclétien le fit attacher à un poteau au milieu du champ de Mars, et ordonna à ses soldats de le percer de flèches. Et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu’il fut tout couvert de pointes comme un hérisson ; après quoi, le croyant mort, ils l’abandonnèrent. Et voici que peu de jours après, saint Sébastien, debout sur l’escalier du palais, aborda les deux empereurs et leur reprocha durement le mal qu’ils faisaient aux chrétiens. Et les empereurs dirent : « N’est-ce point là Sébastien, que nous avons fait tuer à coups de flèches ? » Et Sébastien : « Le Seigneur a daigné me rappeler à la vie, afin qu’une fois encore je vienne à vous, et vous reproche le mal que vous faites aux serviteurs du Christ ! » Alors les empereurs le firent frapper de verges jusqu’à ce que mort s’ensuivît, et ils firent jeter son corps à l’égout, pour empêcher que les chrétiens ne le vénérassent comme la relique d’un martyr. Mais, dès la nuit suivante, saint Sébastien apparut à sainte Lucine, lui révéla où était son corps, et lui ordonna de l’ensevelir auprès des restes des apôtres : ce qui fut fait. Il subit le martyre vers l’an du Seigneur 187.

    Légende dorée

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    (Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, photo lavieb-aile)

  • Etats-Unis: une loi anticatholique de 1919

    Une religieuse du Nebraska, sœur Madeleine Miller, qui ne trouvait pas de poste d’enseignante dans les écoles catholiques, a postulé dans un collège public. Elle a été reçue par un administrateur qui lui a signifié qu’elle serait embauchée à condition qu’elle n’ait pas d’habit religieux. Et on lui a sorti une loi de 1919 interdisant aux enseignants de porter un habit religieux. Finalement elle a trouvé un poste dans une école catholique de l’Iowa.

    Sœur Madeleine envisageait de porter plainte contre l’Etat du Nebraska, avec l’aide du Thomas More Law Center, mais sa mésaventure a fait tellement de bruit que ce sont les législateurs de l’Etat qui sont montés au créneau contre cette loi oubliée mais qu’un laïcard a cru bon de ressortir. Un projet de loi annulant le texte a déjà été mis au point par le président de l’Assemblée.

    Cette loi avait été votée en 1919 sous la pression du Ku Klux Klan, dans un climat anticatholique virulent. Quelque 36 Etats avaient pris des mesures de ce genre. Seuls deux (le Nebraska et la Pennsylvanie) avaient négligé de les annuler.

  • Trois parents

    En Ukraine, un enfant est né le 5 janvier dernier des suites d’une FIV à trois parents. Il s’agit de la deuxième naissance annoncée suite à de telles manipulations génétiques, après un petit garçon né au Mexique au mois d’avril 2016.

    La clinique Nadiya à Kiev a utilisé la technique, non pas même pour éviter une maladie mitochondriale, mais simplement pour contourner l’infertilité du couple. Une deuxième naissance est attendue début mars.

  • Une bonne idée

    Dans l’Etat de l’Iowa, les législateurs vont voter un texte qui permettra à une femme ayant avorté de poursuivre le médecin qui a effectué l’IVG, si elle éprouve, plus tard, à n'importe quel moment de sa vie, une détresse émotionnelle.

    « Ce que nous demandons », a expliqué le sénateur républicain Mark Chelgren à l’origine de la proposition de loi, « c'est que les personnes, les médecins et les cliniques qui s’enrichissent aux dépends des femmes qui avortent soient tenus responsables ». Cette loi veut protéger les femmes à un moment où elles sont « sous le plus grand stress qu'on puisse imaginer ».

    Panique dans les rangs de la culture de mort : il est bien évident qu’une telle loi sera puissamment dissuasive chez les médecins, et qu’elle aura vocation à s’exporter dans d’autres Etats…

    (L’Iowa vient de mettre fin au financement public du Planning familial.)

  • L’avortement au Etats-Unis

    L’Institut Guttmacher souligne que le taux d’avortement aux Etats-Unis est pour la première fois descendu en 2014 au-dessous de ce qu’il était en 1973, la première année de la légalisation. Ce taux est de 14,6 pour mille, contre 16,9 pour mille en 2011.

    En 2013, le nombre d’avortements était tombé en dessous du million, pour la première fois depuis 1975. En 2014, le nombre a encore baissé, passant de 958.700 à 926.000.

    La baisse est de 14% depuis 2011.

    L’institut Guttmacher tente de montrer que cette baisse n’a pas de rapports avec les nouvelles mesures législatives prises dans divers Etats. Mais la démonstration est doublement fausse. D’abord on ne peut pas déterminer immédiatement l’efficacité de ces mesures. Et surtout l’institut Guttmacher fait l’impasse sur les fermetures d’avortoirs qui ont eu lieu ces dernières années. Il est bien évident que lorsqu’il n’y a plus qu’un seul avortoir dans un Etat il y a beaucoup moins d’avortements. Or la fermeture des avortoirs est la conséquence des nouvelles mesures législatives.

    L’institut Guttmacher hulule que les dernières données sont publiées alors même que s’installent un nouveau gouvernement et un nouveau Congrès qui sont particulièrement hostiles… « à la santé et aux droits reproductifs »… « On s'attend à ce que le gouvernement fédéral mène des changements politiques de grande envergure qui auront un impact négatif sur la santé et les droits en matière de reproduction. Dans la vie quotidienne de nombreuses femmes, ces changements s’ajouteront à l'assaut de l'État contre l'accès à l'avortement et aux services de planification familiale qui est en cours depuis 2011. » Et cela pourrait conduire à un « retour en arrière majeur pour les droits et la santé des femmes américaines »…

  • Saints Marius, Marthe, Audifax et Abachus

    Nous célébrons aujourd’hui une famille de martyrs. Une famille de quatre membres, morts le même jour pour le Christ, quel admirable spectacle ! Quelle leçon nous donnent-ils ! Nous avons besoin non seulement de chrétiens à la foi forte, mais encore de familles courageuses dans la foi, de familles qui ne forment qu’un cœur par l’amour et le dévouement pour le Christ.

    Bien que les nombreux grands saints du moyen âge et des temps modernes soient plus connus et plus près de nous par le temps, nous devons cependant être remplis du plus grand respect, quand nous célébrons la fête des anciens martyrs. Quelle force dans la foi, quel courage dans les souffrances, quel amour pour le Christ se manifestent dans leur mort héroïque, qui les rend si semblables à Notre-Seigneur ! Ils sont la semence d’où est sortie la riche moisson des peuples, d’où nous sommes sortis nous-mêmes.

    Avec quelle ferveur se célèbre le Saint-Sacrifice, un jour de fête de martyr ! L’Église nous transporte au tombeau du martyr, sur lequel nous célébrons les saints mystères. Les martyrs renouvellent là le sacrifice de leur vie et l’unissent au Sacrifice rédempteur du Christ. Nous recevons une part de leur foi courageuse et nous sommes associés à leur gloire. Le martyre est une continuation et un renouvellement de la mort du Christ dans son corps mystique.

    Dom Pius Parsch

  • Saint Luther

    Le bureau philatélique du Vatican confirme qu’il éditera cette année un timbre poste à l’effigie de Luther.

    Logique, puisque le texte officiel du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens publié pour la semaine de prière en cours demande aux catholiques de considérer Luther comme un « témoin de l’Evangile »…

    Précision.

    Le libellé du programme philatélique du Vatican est : "V Centenaire de la Réforme Protestante". La confirmation est donc sans doute que ce timbre sera bien à l'effigie de Martin Luther.

  • Erika Steinbach claque la porte

    Député CDU de Francfort sur le Main depuis 1990, porte-parole de la CDU sur les droits de l’homme depuis 2005, présidente de l’influente « Fédération allemande des expulsés » de 1998 à 2012 (elle est née en « Pologne allemande »), Erika Steinbach claque la porte de son parti, et ça ne passe pas inaperçu.

    Elle accuse carrément Angela Merkel d’avoir violé le droit en ouvrant les frontières à l’automne 2015. « Une partie considérable des gens qui sont venus ne sont pas des réfugiés au sens de la convention sur les réfugiés de Genève. » « Au Bureau fédéral de l'immigration, des milliers et des milliers de passeports ont été identifiés comme étant falsifiés, sans que les migrants concernés n'en supportent les conséquences. » « Il y a une volonté politique derrière tout ça. »

    « Voterais-je aujourd'hui pour la CDU ? Rejoindrais-je la CDU ? Non. Je ne peux qu'en tirer la conclusion honnête selon laquelle je me dois de quitte le parti. »

    Les dirigeants de l’AfD se sont empressés de faire savoir que Erika Steinbach serait la bienvenue dans leurs rangs…

  • Michel Aoun

    Les visites protocolaires au président libanais ne font généralement l’objet que d’une brève mention, par le fait qu’elles donnent lieu à des propos convenus sans autre signification que leur nécessité diplomatique. Mais, lundi, parmi les délégations qu’il a reçues, il y a eu celle du « comité exécutif des Eglises du Proche-Orient au Liban ». Et le discours du président Aoun n’est pas passé inaperçu.

    En effet, il a déclaré : « La religion chrétienne ne tombe pas sous les coups des chars, des canons et des avions, mais sous l'effet de l'argent et de la peur (...). La baisse du nombre de chrétiens dans la région n'est pas due uniquement aux guerres, mais à leur absence dans la gestion du pouvoir et des affaires publiques. (…) Le christianisme n’est pas arrivé ici depuis l’étranger et lorsque les chrétiens au Proche-Orient perdent leurs droits et regardent en direction de l’étranger, ceci devient pour eux un nouveau facteur de risque. »

    Il est rarissime qu’un responsable libanais, civil ou religieux, évoque « l’argent », à savoir l’avidité, la soif d’argent et de possession, et l'absence d'engagement civique, comme un motif de la destruction du christianisme dans la région. Or ici c’était le président de la République à des patriarches et archevêques…

    D’autre part, Michel Aoun a tenu à souligner la signification chrétienne du martyre, qui n’est pas un échec mais témoignage de la résurrection : « Certains hommes politiques ont critiqué le concept de martyre mais dans la vie chrétienne le martyre consiste à donner sa vie pour les autres. Il exprime la réalité de la rédemption. » Jésus, par son martyre, « a fait cela pour nous ».

    Et il a donné au patriarche grec-orthodoxe, frère de l’archevêque grec-orthodoxe d’Alep enlevé en 2013 et dont on n’a plus de nouvelles, un évangéliaire grec trouvé par l’armée libanaise sur un jihadiste qui l’avait volé à Maaloula.

    *

    Du 9 au 11 janvier, Michel Aoun était, avec huit ministres, en Arabie saoudite, pour sa première visite officielle à l’étranger. Le fait n’a rien d’étonnant en soi, vu l’importance de l’Arabie saoudite dans la politique libanaise. Mais la brouille était grande depuis que l’Arabie saoudite avait dénoncé la mainmise du Hezbollah…

    Or le résultat de la visite est assez stupéfiant. Car Michel Aoun est l’allié privilégié du Hezbollah, or l’Arabie saoudite a décidé de débloquer son aide militaire gelée il y a un an…

    L’affaire remonte en fait au 29 décembre 2013. Ce jour-là, le président libanais, Michel Sleiman, annonce que l’Arabie saoudite promet de donner 3 milliards de dollars au Liban pour renforcer les capacités de l’armée libanaise, et il précise que cet argent servira à acheter des armes à la France. Il se trouve que ce même jour François Hollande est à Riyad et déclare, sans faire mention de la promesse, que la France saura répondre aux demandes d’aide du Liban… En novembre 2014 était signé entre Paris et Riyad un contrat de livraison d’armes françaises au Liban de… trois milliards de dollars.

    Mais en février 2016 l’Arabie saoudite annonçait qu’elle arrêtait tout, à cause des violentes prises de position du Hezbollah contre la « famille Saoud », et l’influence du Hezbollah sur la vie politique libanaise : le Liban n’avait pas condamné l’attaque contre l’ambassade d’Arabie saoudite à Téhéran.

    Je ne sais pas ce qui relève des pressions françaises et ce qui relève de la trouille saoudienne face à l’Etat islamique, et à d’autres facteurs occultes, mais le fait est que les Saoudiens s’accordent aujourd’hui avec l’homme lige de leur ennemi Hezbollah. L’Orient compliqué…

  • Un appel urgent

    Considérant que l’admission des divorcés qu'on dit « remariés » aux sacrements de la pénitence et de l’eucharistie sans exiger d’eux l’obligation de vivre dans la continence, constitue un danger pour la foi et pour le salut des âmes, et constitue en outre une offense à la sainte volonté de Dieu ; en outre, prenant en considération le fait que cette pratique pastorale ne peut jamais être l'expression de la miséricorde, de la « via caritatis » ou du sens maternel de l’église à l’égard des âmes pécheresses, nous lançons avec une sollicitude pastorale profonde cet appel urgent à la prière afin que Pape François révoque, clairement et sans équivoque, les directives pastorales mentionnées, déjà adoptées par certaines Eglises particulières. Un tel acte de la part du Chef visible de l’Eglise serait un réconfort pour les pasteurs et pour les fidèles de l’Eglise, selon le mandat que le Christ, le pasteur suprême des âmes, à donner à l’apôtre Pierre, et à travers lui à tous ses successeurs : « Affermis tes frères ! » (Luc 22, 32).

    Le nouveau texte de Mgr Athanasius Schneider, qui vaut la peine d’être lu en entier en raison de la clarté et de la solidité de son argumentation, a comme particularité d’être cosigné par son ancien archevêque de Karaganda et par son actuel archevêque d’Astana, ce qui montre que les yeux commencent à s’ouvrir et que les langues commencent à se délier…

  • Salvos nos fac

    En cette semaine dite « pour l’unité des chrétiens », du 18 au 25 janvier, on peut célébrer la messe votive officiellement appelée depuis 1960 « pro Ecclesiae unitate » (pour l’unité de l’Eglise), et auparavant « ad tollendum schisma » (pour supprimer le schisme), ou appelée selon son introït Salvos nos fac.

    Cette messe (« pour l’unité des chrétiens »... dans l'unique Eglise) avait été composée en Avignon en 1392 à l’initiative de Clément VII pour mettre fin au Grand Schisme d’Occident. Le pape avait prescrit de la célébrer tous les premiers jeudis du mois. Elle fut inscrite dans les missels et y resta après la fin du schisme (mais elle finit par disparaître des missels, et a réapparu à la faveur  de l'œcuménisme). On l’appelait « pro sedacione scismatis » ou « pro unione ecclesie ».

    Saint Pie V la conserva mais la modifia. Il changea le graduel et l’alléluia. A l’origine le graduel était composé du premier et du dernier verset du psaume 132 qui avait toujours été le chant de l’unité : Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum… Le verset d’alléluia était composé d’un extrait du psaume 67 :

    Dominus nomen illi qui inhabitare facit unanimes in domo

    (ce qui permet de constater qu’en Avignon on avait toujours le psautier romain)

    et d’un verset du psaume 146 :

    Ædificans Jerusalem Dominus,
    dispersiones Israëlis congregabit.

    Pour une raison inconnue, les experts de saint Pie V ont substitué aux versets sur l’unité des versets qui demandent la paix. (Le formulaire originel est resté dans le missel dominicain.)

    Et surtout ils ont supprimé ce qui était une particularité de cette messe, les prières après le Pater.

    Des prières du même type existaient déjà au XIIIe siècle pour la récupération de la Terre Sainte ; puis, lors de la querelle entre Jean XXII et l’empereur (et l’élection de l’anti-pape Nicolas V), Jean XXII reprit le formulaire ; et Clément VII le reprit à son tour, changeant le psaume et les oraisons.

    Il était ainsi stipulé qu’après « Sed libera nos a malo », on se mettait à genoux pour réciter le psaume 66 (Deus misereatur nostri), avec Gloria Patri. Puis trois fois Kyrie eleison, puis le Pater. Et ensuite :

    ℣. Salvos fac reges.

    ℟. Et exaudi nos in die qua invocaverimus te.

    ℣.Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hereditati tuae.

    ℟. Et rege eos, et extolle illos usque in aeternum.

    ℣.Fiat pax in virtute tua.

    ℟. Et abundantia in turribus tuis.

    ℣.Domine exaudi orationem meam.

    ℟. Et clamor meus ad te veniat.

    ℣.Dominus vobiscum.

    ℟. Et cum spiritu tuo.

    Oratio. Deus qui errata corrigis (c’est l’oraison de la messe).

    Alia Oratio. Ecclesiae tuae, quaesumus, Domine, preces placatus admitte, ut destructis adversitatibus et erroribus universis, secura tibi serviat libertate. Per Dominum…

    Alia oratio. Hostium nostrorum, quaesumus, Domine, elide superbiam, et eorum contumaciam dexterae tuae virtute prosterne.

    Alia oratio. Deus a quo sancta desideria, recta consilia et justa sunt opera, da servis tuis illam, quam mundus dare non potest, pacem, ut et corda nostra mandatis tuis dedita, et hostium sublata formidine, tempora sint tua protectione tranquilla. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

    On pourra lire ici un historique complet de cette messe, par Robert Amiet.

  • Ubu à Kaliningrad

    L’hystérie antirusse ne cesse de monter dans les pays Baltes et en Pologne, attisée par l’OTAN qui y débarque des troupes et des centaines de chars.

    La dernière provocation antirusse en date est la décision de la Lituanie d’ériger un mur de 135 km à sa frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad. Un mur qui sera pour l’essentiel financé par l’Union européenne : à hauteur de 25 millions d’euros (3,6 millions étant à la charge de la Lituanie). L’art du gaspillage de l’argent public…

    Le ministre lituanien de l’Intérieur, Eimutis Misiunas, dit à l’AFP que « les raisons en sont à la fois économiques – empêcher la contrebande – et géopolitiques – renforcer la frontière extérieure de l'Union européenne ».

    Evidemment, le coup de la contrebande est bidon. Et renforcer la frontière extérieure de l’UE à Kaliningrad est une mauvaise farce, quand des millions de migrants arrivent de partout – sauf de Kaliningrad.

    Le mur est « un signe que [la Lituanie] considère le pays voisin comme un agresseur potentiel », dit ouvertement le ministre.

    Le gouverneur de Kaliningrad préfère prendre cela à la rigolade. « Si nos collègues lituaniens veulent ériger une clôture pour arrêter les contrebandiers, alors nous sommes prêts à leur fournir du matériel de construction », dit-il, soulignant que la Russie a une « formidable usine » de production de briques à la frontière avec la Lituanie…