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Le blog d'Yves Daoudal

  • Pologne

    Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.

    La bonne est que Andrzej Duda est réélu président de la République, avec 51,2% des voix.

    La mauvaise est que son concurrent Rafał Trzaskowski a obtenu près de 10 millions de voix, soit presque un tiers des électeurs inscrits. Or Trzaskowski n’est pas un candidat libéral comme avant.

    Dans les élections précédentes, les Polonais avaient le choix entre un candidat plutôt conservateur plutôt national pour la vie et la famille, et un candidat plutôt libéral européiste partisan du statu quo « sociétal ». Mais avec Trzaskowski c’est tout autre chose. L’homme est à l’extrême gauche de la Plateforme civique, ce qui chez nous correspond au centre droit, mais qui en Pologne était jusqu’ici marginal.

    Sans doute un certain nombre de Polonais ont voté pour lui par souci « démocratique » d’« équilibre des pouvoirs », parce qu’il n’est pas bon que tous les pouvoir soient au même parti, et blablabla. Et aussi pour que, avec un président européiste (tout en gardant le même gouvernement) la situation soit moins tendue avec Bruxelles. Mais les électeurs ne pouvaient pas ne pas savoir que l’homme est un militant LGBT fanatique… Il est donc inquiétant que tant de Polonais aient voté pour ce bobo décadent, même s’ils ne pensaient pas voter pour la décadence bobo. Et ce qui est inquiétant aussi est que ce vote est dans la ligne des scrutins précédents, tendance très visible lors des dernières élections législatives : la campagne reste très majoritairement attachée aux traditions polonaises, mais il y a désormais une fracture avec les villes (et Trzaskowski est maire de Varsovie). Les campagnes ont voté à 63% pour Duda, les villes à 66% pour Trzaskowski. J’avais souligné cette évolution lors des élections locales de 2018 (malgré la forte progression du PiS).

  • Splendor Patérnae gloriæ

    Le 6 juillet j’ai donné l’hymne des laudes chanté par les chartreux. Le voici à la cathédrale de Milan en 1974.


    podcast

    Splendor Patérnae gloriæ,
    De luce lucem próferens,
    Lux lucis, et fons lúminis,
    Diem dies illúminans:

    Splendeur de la gloire du Père
    Lumière née de la Lumière
    Source vive de clarté
    Jour illuminant le jour

    Verúsque sol illábere,
    Micans nitóre pérpeti:
    Jubárque Sancti Spíritus
    Infúnde nostris sénsibus.

    Vrai soleil éclatant, descends sur nous
    Brille d'un éclat sans fin
    Fais luire dans nos cœurs
    Les rayons de l'Esprit divin

    Votis vocémus et Patrem,
    Patrem perénnis glóriæ:
    Patrem poténtis grátiæ,
    Culpam reléget lúbricam.

    Qu'il nous donne de chanter le Père
    Père de gloire éternelle
    Père de grâce puissante
    Qui éloigne notre faute

    Informet actus strénuos:
    Dentes retúndat ínvidi:
    Casus secúndet ásperos:
    Donet gerendi gratiam.

    Qu'il donne force à nos actes
    Qu'il terrasse l'ennemi
    Et qu'il nous donne dans les épreuves
    La grâce pour agir

    Mentem gubérnet et regat:
    Casto fideli corpore :
    Fides calóre férveat,
    Fraudis venéna nésciat.

    Qu'il dirige notre intelligence
    Qu'il garde notre corps
    Que notre foi soit ardente
    Qu'elle soit simple et sans détour

    Christúsque nobis sit cibus,
    Potúsque noster sit fides:
    Læti bibámus sóbriam
    Ebrietatem Spíritus.

    Que le Christ soit notre nourriture
    La foi notre breuvage
    Que la sobre ivresse de l'Esprit
    Soit la joie de ce jour

    Lætus dies hic tránseat:
    Pudor sit ut dilúculum:
    Fides velut merídies:
    Crepúsculum mens nésciat.

    Que ce jour s'écoule joyeux
    Son matin c'est la pureté
    Qu'à midi brille la foi
    Qui vaincra les ombres du soir

    Auróra cursus próvehit,
    Auróra totus pródeat
    In Pátre totus Fílius,
    Et totus in Verbo Pater.

    Comme le soleil brille à nos yeux
    Avec l'aurore viennent vers nous
    Le Fils, tout entier dans le Père
    Et le Père, tout entier dans le Fils.

  • 6e dimanche après la Pentecôte

    Screenshot_2020-07-10 LU1009.png

    L’antienne de communion est atypique. Elle est notée avec la clé sur la troisième ligne, ce qui est généralement le fait du 7e mode (mode de sol, dominante ré), or elle est indiquée du 6e mode (mode de fa, dominante la). Sa finale n’est pas fa mais do, elle est donc transposée à la quinte, mais il y a un si bémol dans l’intonation…

    En fait le début de l’antienne n’est pas en mode de fa mais en mode de sol (8e mode) transposé. Comme la fin de l’antienne est en 6e mode, elle est donc officiellement en 6e mode. Mais si on l’écrit comme doit l’être une mélodie du 6e mode, la quatrième note devrait être un mi bémol. Ce qui n’existe pas dans le plain chant grégorien. Donc on a transposé, afin que le mi bémol devienne un si bémol…

    (Le fait que le début est du 8e mode se voit clairement dans l’introït du premier dimanche de l’Avent, et dans l’antienne de Magnificat de la vigile de Noël, qui commencent par la même formule.)

    L’intonation est une belle révérence devant l’autel où va être immolée la victime. Puis la mélodie monte et s’épanouit en jubilation (sur hostiam, la victime… jubilatoire, qui en fait a déjà été immolée… ressuscitée et consommée), jubilation qui s’installe fermement sur la fin du mot. La deuxième phrase reprend un peu le même schéma, et chante sur… dicam, je dirai.

    Circuíbo et immolábo in tabernáculo ejus hóstiam jubilatiónis : cantábo et psalmum dicam Dómino

    Je ferai le tour (de l’autel) et j’immolerai dans son tabernacle une victime de jubilation : je chanterai et je dirai un psaume au Seigneur.

  • Liturgie italo-albanaise

    Pour ceux que ça intéresserait, j’ai créé une chaîne YouTube consacrée à la liturgie de l’Eglise grecque-catholique italo-albanaise. Je connaissais un peu cette petite Eglise d’exilés albanais (surtout de Grèce) installés en Calabre et en Sicile à partir de la fin du XVe siècle. Il y a deux ans j’avais assisté à une superbe messe en leur co-cathédrale de Palerme (la Martorana). Mais j’ai vraiment découvert leur liturgie, ce qu’elle a de spécifique outre la grande tradition grecque, « grâce » au confinement. A quelque chose malheur est bon… Le confinement a conduit les prêtres italo-alabanais, comme nombre de leurs confrères, à réaliser des vidéos liturgiques pour que les fidèles continuent d’avoir un témoignage de la liturgie. Ainsi, alors que jusque-là on ne trouvait sur internet que de rares bribes, ce sont des offices et des messes qui ont été mis en ligne, au long du carême et du temps pascal, particulièrement sur les pages Facebook du diocèse de Piana degli Albanesi, de la paroisse de l’Assomption de Palazzo Adriano et du diocèse de Lungro. J’ai donc commencé à piocher dans tout ça pour en extraire quelques pépites, sans oublier de récupérer aussi celles qui existaient déjà.

    J’ajoute les vidéos complètes des consécrations épiscopales des deux derniers évêques de Piana, parce que ce sont des documents extraordinaires et qu’ils sont difficiles à trouver sur YouTube (la dernière est intitulée « Piana degli Albanese 28 06 2015 », sans aucune autre indication…)

    D’autres mises en ligne suivront…

    C'est ici.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Sit vobis tamquam in imágine descrípta virgínitas vitáque beátæ Maríæ, de qua, velut in spéculo, refúlget spécies castitátis et forma virtútis. Hinc sumátis licet exémpla vivéndi, ubi tamquam in exemplári, magistéria expréssa probitátis, quid corrígere, quid effúgere, quid tenére debeátis, osténdunt. Primus discéndi ardor nobílitas est magístri. Quid nobílius Dei Matre ? Quid splendídius ea, quam spiendor elégit ? Quid cástius ea, quæ corpus sine córporis contagióne generávit? Nam de céteris eius virtútibus quid loquar? Virgo erat non solum córpore, sed étiam mente, quæ nullo doli ámbitu sincérum adulteráret afféctum.

    Contemplez, comme une image dessinée devant vous, la virginité et la vie de la bienheureuse Marie. Comme en un miroir, y resplendit, éclatant, un exemple de chasteté, un modèle de vertu. Vous trouverez là les normes de votre conduite et, comme tracés d’avance pour vous, de clairs enseignements de vie irréprochable qui vous diront ce qu’il faut corriger, éviter, observer. Le meilleur stimulant pour apprendre, c’est l’excellence du maître. Or, qui est plus excellent que la Mère de Dieu ? Qui est plus splendide qu’elle ? La splendeur elle-même l’a choisie. Qui est plus chaste qu’elle ? Son corps a enfanté sans commerce charnel. Et que dire de ses autres vertus ? Vierge, elle l’était, non seulement dans son corps, mais aussi dans son âme, où nul fourbe calcul n’a jamais corrompu la pure vigueur de l’amour.

    Lecture des matines : saint Ambroise, Les vierges, livre 2, 2.

  • Jihad au Mozambique

    Une formation de l’Etat islamique a attaqué Mocimba da Praia, dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, les 27 et 28 juin. De nombreux bâtiments ont été incendiés, dont l’église, le collège, des dizaines de maisons et de magasins. Le drapeau de l’EI a été installé. L’armée a riposté à l’arme lourde. Les rues étaient jonchées de cadavres, y compris de civils.

    Le village avait déjà été attaqué le 23 mars, et les jihadistes (dont on avait remarqué les armes modernes et la technique de guérilla) avaient promis de revenir…

    Les évêques du nord du Mozambique avaient fait part, en mai , de leur profonde préoccupation « suite à la détérioration de la situation à Cabo Delgado, devenu théâtre d'une guerre mystérieuse et incompréhensible » (sic). Ils sont donc partout pareil…

  • Blasphème

    Screenshot_2020-07-10 Fdesouche.png

    La police de Vancouver a lancé un appel pour retrouver le sinistre automobiliste homophobe qui a osé maculer d’une trace de pneu le magnifique passage piéton arc-en-ciel à un croisement de la ville. On ne sait pas si le coupable a été vertueusement dénoncé par un bon citoyen, ou si la police l’a trouvé toute seule, mais il a été rapidement identifié. Peut-être s’est-il dénoncé lui-même, se rendant compte de l’extrême gravité de son geste. On espère qu’il écopera d’une peine sévère, et d’abord du retrait définitif de permis de conduire qui s’impose.

  • Sainte-Sophie

    Le Conseil d’Etat de Turquie, saisi par des « associations », a « révoqué la décision du conseil des ministres » turc de 1934 de faire de Sainte-Sophie un musée. Au motif que dans les actes de propriété de la « Fondation Mehmet le Conquérant » le bâtiment est inscrit comme « mosquée »…

    Erdogan va donc pouvoir annoncer que Sainte-Sophie redevient une mosquée, conformément à son désir constamment exprimé et à celui de tous les islamistes.

    Il restera seulement à régler le problème avec l’Unesco, puisque l’église est inscrite au patrimoine mondial en tant que musée. Mais ce ne devrait être qu’une formalité : on n’imagine pas l’Unesco faire barrage à l’islam conquérant…

  • Les 7 frères martyrs

    Une inscription du cimetière des saints Processus et Martinien donne à ce jour le nom significatif de « dies Martyrorum » par antonomase. A Rome en effet, si grande était l’antique vénération pour sainte Félicité et ses fils, que les Sacramentaires assignent quatre messes stationnales à ce jour et on les célébrait dans les quatre différents cimetières où reposaient leurs reliques.

    Dès le temps de saint Grégoire le Grand, la critique avait essayé de s’exercer sur ce groupe de saints, du martyre desquels nous ne possédons plus les Actes originaux. A cette lacune suppléent d’ailleurs amplement les monuments liturgiques et épigraphiques que nous trouvons dans les cimetières romains ; ils confirment tous entièrement la substance de l’actuelle recension de la Passio, de saveur assez antique.

    Sainte Félicité et ses sept fils furent donc immolés pour la foi vers 162 sous Marc-Aurèle. Ses fils la précédèrent au ciel, elle les y suivit un peu plus tard. Pour terroriser les chrétiens, l’exécution capitale ne se fit pas en un seul lieu, car Janvier mourut sous les fouets plombés et fut enseveli au cimetière de Prétextat ; Félix et Philippe succombèrent à la bastonnade et furent ensevelis dans celui de Priscille ; Silain fut précipité d’une hauteur et enseveli avec sa Mère dans le cimetière de Maxime ; Alexandre, Vital et Martial furent décapités et obtinrent l’honneur du sépulcre dans le cimetière des Jordani.

    D’accord avec la Passio, le Calendrier Philocalien assigne au 10 juillet : VI id. Felicis et Philippi in Priscillæ, et in Iordanorum : Martialis, Vitalis, Alexandri ; et in Maximi : Silani. Hunc Silanum martyrem Novati furati sunt ; et in Prætextati : Ianuari.

    Cependant au IIIe siècle le corps de Silain avait été soustrait par les Novatiens, qui ambitionnaient eux aussi la gloire de posséder les reliques de quelque martyr. Plus tard, les ossements sacrés furent cependant restitués à leur tombeau primitif, d’où à la fin du VIIIe siècle, Léon III les transféra avec ceux de sainte Félicité dans le Titre de Sainte-Susanne où on les conserve encore.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Persécution laïcarde

    Alors que le baccalauréat est donné cette année à tout le monde, quelque 41 lycéens bretons devront passer la session de rattrapage en septembre. Ils ont tous largement le niveau requis, mais leur dossier de contrôle continu est « incomplet », selon le rectorat de Rennes.

    Or leurs dossiers ont été constitués exactement comme ceux des élèves de structures d’autres régions appartenant aux mêmes organisations enseignantes. Dans les autres régions les élèves ont eu leur bac, c’est seulement en Bretagne qu’on leur fait subir cette humiliation et cette injustice de devoir passer la session de rattrapage.

    Ces 41 lycéens ont comme point commun d’être élèves dans des lycées catholiques « tradis » hors contrat. Quelques minables laïcards ont décidé de le leur faire payer et de gâcher leurs vacances…

     

    P.S. Une intervention de l'avocat d'Educ'France a suffi à faire plier les laïcards frénétiques : le bac est accordé aux 41 élèves des lycées hors contrat.