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Le blog d'Yves Daoudal

  • Asia Bibi

    L’avocat principal d’Asia Bibi, Saif ul Malook, a rencontré le 21 avril le président de la Cour suprême du Pakistan, Saqib Nisar, pour lui demander de bien vouloir rétablir la protection policière qui lui a été récemment retirée. Saqib Nisar lui a dit qu’il allait faire rétablir cette protection, et lui a demandé en outre de se tenir prêt pour une prochaine audience en appel du procès d’Asia Bibi, précisant qu’il la présiderait en personne.

    On n’avait aucune nouvelle de la Cour suprême depuis le 13 octobre… 2016, quand l’audience avait été ajournée après la défection d’un juge.

    Asia Bibi a appris avec émotion cette nouvelle, et demande que le 27 avril soit une journée de prière et de jeûne en union avec elle. L’archevêque de Lahore, Mgr Sebastian Shaw, a déclaré : « Notre espérance et notre cœur sont avec elle. Le 27 avril, nous nous unirons à la Journée spéciale de prière et de jeûne avec Asia Bibi, en invoquant Dieu pour sa liberté et sa paix. »

  • Etat libre de Bavière

    Le gouvernement du Land de Bavière (Freistaat Bayern) a décidé qu’à partir du 1er juin il devra y avoir une croix dans le hall d’entrée de tous les bâtiments publics. « Une croix clairement perceptible dans les entrées de tout immeuble de bureaux de l’Etat libre, exprimant le caractère historique et culturel bavarois, représentera visiblement les valeurs de l’ordre juridique et social en Bavière et en Allemagne. » La croix est le « symbole fondamental de l’identité culturelle chrétienne occidentale ». La décision s’appliquera à « toutes les autorités de l’Etat libre de Bavière à partir du 1er juin 2018 ». Les communes, les comtés et les districts sont invités à « agir en conséquence ».

    Le ministre-président de Bavière, Markus Söder, a donné l’exemple en accrochant dans le hall de la chancellerie une croix que lui avait offerte l’ancien archevêque de Munich le cardinal Friedrich Wetter.

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  • Un président

  • Saint Marc

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    L’évangéliaire de Lindisfarne date de la fin du VIIe siècle ou du début du VIIIe. Il a été réalisé par saint Eadfrith, évêque de Lindisfarne, selon ce qu’atteste un colophon du Xe siècle.

    Chaque évangile commence par une présentation, où l’on voit ce qui est une caractéristique de cet évangéliaire : quelqu’un a ajouté entre les lignes des mots de vieil anglais qui traduisent des mots latins. C’est la plus ancienne traduction « anglaise » des évangiles.

    Puis vient le portrait de l’évangéliste, avec en regard une sorte de tapisserie, puis il y a la première page, très ornée, du texte.

    Chaque évangéliste est accompagné de son symbole, donc Marc est avec le lion. Un lion à trompette, comme pour souligner le rugissement… de saint Jean Baptiste qui commence cet évangile. Il est amusant de constater que Eadfrith a indiqué « image de lion », comme s’il n’était pas sûr d’avoir réussi son dessin, alors que selon les spécialistes actuels ce lion est particulièrement réussi par rapport aux autres représentations de l’époque. On note aussi que l’inscription imite celle des icônes byzantines, au point de reprendre le mot grec pour « saint », en le latinisant (et avec l’article grec) : O Agius Marcus.

    Et l’on pourra passer un certain temps à déchiffrer la première page qui dit pourtant tout simplement : « Initium Evangelii Iesu Christi, Filii Dei. Sicut scriptum est in Esaia propheta »…

  • Vatican II ?

    Je n’avais pas l’intention de lire la prose de Philippe Val « contre le nouvel antisémitisme », manifeste signé nous dit-on par plus de 250 « personnalités » de tout bord.

    Mais j’ai été sidéré par un passage du juste commentaire de Bernard Antony, relevant l’assertion absurde du manifeste sur la suppression « des incohérences de la Bible », concernant « l’antisémitisme catholique », par le concile Vatican II…

    Voici le texte :

    En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

    C’est ce que dit le texte corrigé, du moins, car sur le site du Parisien, ce qui est théoriquement le texte original (repris par nombre de publications) dit : « comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II ». On se demande qui peut bien être cet antisémite qui a été heureusement aboli…

    Quoi qu’il en soit le texte est aussi aberrant avec « antisémitisme » qu’avec « antisémite ».

    Il est absurde d’énoncer que Vatican II aurait aboli l’antisémitisme catholique, pour la bonne raison qu’il n’y a jamais eu d’antisémitisme catholique au sens que l’on donne aujourd’hui au mot antisémitisme. Ce n’est pas Vatican II, c’est Pie XI qui a dit : « L’antisémitisme est inadmissible, spirituellement, nous sommes tous des sémites ».

    La phrase de Val étant ambiguë, on ne sait pas si c’est à Vatican II aussi que l’on doit que « les incohérences de la Bible » aient été « frappés d’obsolescence », ou si c’était avant ou après. De toute façon, aucune autorité catholique, avant ou pendant ou après Vatican II, n’a déclaré « obsolètes » des « incohérences de la Bible » en rapport avec un « antisémitisme catholique »…

    Personne ne peut être étonné qu’un Philippe Val écrive n’importe quoi sur l’Eglise. Mais ce qui est proprement hallucinant est qu’il y ait des catholiques pour signer son torchon. Pas seulement des catholiques sociologiques, mais des catholiques censés savoir de quoi ils parlent. Nommément, après une rapide lecture de la liste, Mgr Joseph Doré, ancien archevêque de Strasbourg, le Père Patrick Desbois, « directeur du Service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme et consulteur de la commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme », et Chantal Delsol…

  • La vie est plus forte

    Le marathon judiciaire autour de la vie ou de la mort d’Alfie Evans a commencé en décembre 2016, sept mois après sa naissance. Il s’est théoriquement terminé le 20 avril dernier, quand la Cour suprême britannique a, pour la deuxième fois, donné tort aux parents de l’enfant et raison aux médecins qui voulaient le débrancher pour mettre un terme aux « souffrances » supposées de l’enfant (démenties par ses parents, les photos et les vidéos).

    Hier soir à 21h17 l’assistance respiratoire a été supprimée. Compte tenu de son état neurologique et général (y compris cardiaque et d’abord pulmonaire), l’enfant devait mourir en quelques minutes. Or il a commencé à respirer par lui-même. Six heures plus tard, il respirait toujours. Les médecins décidèrent alors de l’hydrater et de lui donner de l’oxygène.

    Et un juge de la Cour suprême doit revoir la question en ce moment même…

    Hier, Alfie Evans avait obtenu la nationalité italienne, parce que le pape avait fini par s’intéresser à son cas et avait demandé que l’enfant soit transféré à l’hôpital du Bambino Gesu. Mais les autorités britanniques avaient fait la sourde oreille et avaient procédé à l’euthanasie (ratée) de l’enfant sous haute protection policière à l’intérieur et à l’extérieur de l’hôpital.

    Sandro Magister rapporte la chronologie ecclésiastique de l’affaire, qui est tout simplement horrible pour notre Eglise.

    Le 20 février, le juge de la Cour suprême Anthony Hayden donne raison aux médecins qui veulent tuer Alfie, justifiant son jugement par le passage d’un message ambigu de François à Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale « pour » la vie. (Comme par hasard "Justice Hayden" est l'auteur d'un livre intitulé "Les enfants et les familles de même sexe (sic): un guide juridique".)

    Le 9 mars, Mgr Paglia donne raison au juge Hayden, authentifiant donc l’interprétation euthanasique du message du pape.

    Le 4 avril, François évoque l’affaire dans un tweet qui est un modèle de jésuitisme : « J’espère sincèrement que tout le possible soit fait pour continuer à accompagner avec compassion le petit Alfie Evans… »

    Le 13 avril, l’archidiocèse de Liverpool se plaint que les parents d’Alfie et les autorités de l’hôpital n’arrivent pas à « se mettre d’accord sur un programme » pour arrêter la respiration de l’enfant. Il désapprouve les manifestations de soutien à Alfie autour de l’hôpital. Il fait part de l’engagement de l’évêque auxiliaire de Liverpool, Tom William, « aux côtés des médecins » sans rencontrer les parents du petit « qui ne sont pas catholiques ». Sic.

    Comme si le fait qu’ils soient ou non catholiques ait un rapport avec la doctrine de l’Eglise. Mais, en outre, le père de l’enfant… est catholique ! Le lendemain, il écrit l’archevêque, Malcom Patrick McMahon, pour lui… rappeler que lui-même… et son fils ! sont baptisés dans l’Eglise catholique, et pour lui demander de l’aide pour « faire sortir notre enfant de Grande-Bretagne afin qu’il soit soigné jusqu’à la fin naturelle de son existence terrestre ». Il n’y aura pas de réponse de l’archevêque. La cruauté ecclésiastique dans toute sa splendeur.

    Le 15 avril, François déclare lors du Regina Caeli, de façon moins ambiguë (grâce aux tout derniers mots) :

    « Je confie à vos prières les personnes, comme Vincent Lambert en France, comme le petit Alfie Evans en Angleterre et dans d’autres pays qui vivent, parfois depuis longtemps, dans un état de grave infirmité, médicalement assistés pour leurs besoins primaires. Il s’agit de situations délicates, très douloureuses et complexes.  Nous prions pour que chaque patient soit toujours respecté dans sa dignité et traité de manière adaptée à son état, avec l’accord des membres de la famille, des médecins et des autres professionnels de la santé, avec le plus grand respect pour la vie. »

    Le lendemain, 16 avril, la cour d’appel rejette le recours des parents, qui tentent aussitôt une dernière démarche auprès de la Cour suprême. Il y a à Liverpool une collaboratrice de La Nuova Bussola, qui contacte à Rome une personne pouvant organiser une entrevue avec le pape.

    Le 18 avril à 9h, le père d’Alfie rencontre François à Sainte-Marthe. A l’audience générale, le pape va appeler à prier pour Alfie et les personnes comme lui et il souligne que « le seul maître de la vie, de son commencement à sa fin naturelle, c’est Dieu, et qu’il est de notre devoir de tout faire pour protéger la vie ». Le même jour, le pape demande à la présidente de l’hôpital du Bambino Gesu de tout faire pour accueillir Alfie.

    Le même mercredi 18 avril, dans l’après-midi, la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles « rejette » les « critiques infondées » contre les décisions judiciaires et hospitalières britanniques, tout en prenant note de l’offre de l’hôpital romain, auquel il revient de se débrouiller.

    Le 20 avril, la Cour suprême confirme qu’il faut tuer Alfie « dans son propre meilleur intérêt ». Ses parents tentent un ultime recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, aussitôt balayé.

    Le 23 avril, l’enfant est débranché. Le 24 il est vivant.

    Voici Alfie branché, juste débranché, et plusieurs heures après…

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    Addendum 17h45

    Un avion médicalisé est prêt pour emporter Alfie à Rome.

    Le juge qui statue est toujours Anthony Hayden...

     

    19h

    Selon le Sun, le juge demanderait à l'hôpital si l'enfant peut être envoyé chez ses parents. Un médecin aurait dit que ce n'est pas possible à cause des défenseurs d'Alfie qui permettent pas un accès sûr à l'hôpital...

     

    25 avril

    Le juge a décidé hier soir que l'enfant devait rester à l'hôpital. Les parents font appel. Une cour d'appel de trois juges doit se réunir à 14h.

  • Triste dimanche pour la France

    Le projet de loi « asile et immigration » a été adopté en première lecture hier soir par les députés.

    Il n’y avait aucune urgence justifiant de siéger un dimanche, d’autant que cette loi, comme les précédentes, ne changera strictement rien ni dans un sens ni dans l’autre : la France est ouverte à qui veut y entrer.

    Le fait de discuter et voter cette loi un dimanche a pour unique signification de montrer dans quel mépris les représentants du peuple français tiennent le dimanche. Ce qui est une régression majeure de la civilisation. Mais n’est pas sans signification pour les « migrants » existants et potentiels…

  • Une église maronite au Qatar

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    Le patriarche maronite, le cardinal Bechara Raï, au terme d’une visite officielle au Qatar, a posé hier la première pierre d’une église maronite à Doha, qui portera le nom de saint Charbel.

    La première église construite à Doha (depuis le VIIe siècle) a été l’église catholique latine (Notre-Dame du Rosaire), sur un terrain offert par l’émir suite à l’établissement de relations diplomatiques avec le Saint-Siège (en 2002). Cette église a été consacrée en 2008. Quatre autres églises devaient être construites sur ce même très grand terrain du sud de la capitale. D’après la carte Google, il semble qu’il y en ait déjà davantage. L’église maronite ne faisait pas partie du projet initial, alors qu’il y a environ 30.000 Libanais maronites au Qatar.

    L’initiative a un sens diplomatique évident, alors que le Qatar et l’Arabie saoudite (dont on connaît le rôle de premier plan au Liban) sont à couteaux tirés…

  • Qui c’est l’patron ?

    Matthew Hazel, le spécialiste de l’histoire de la réforme liturgique sur le blog New Liturgical Movement s’est demandé pourquoi et comment le dimanche du Bon Pasteur a été transféré du deuxième au troisième dimanche après Pâques (qui sont devenus les troisième et quatrième dimanches DE Pâques, histoire de bien perdre ceux qui croyaient suivre…).

    Matthew Hazel est donc allé voir les documents. Et il a découvert que lors des discussions du « Coetus XI » sur le nouveau lectionnaire, au cours de l’année 1966, on avait longuement évoqué la possibilité de déplacer le dimanche du Bon Pasteur afin de consacrer les trois premiers dimanches de Pâques aux évangiles de la Résurrection, puis on avait pris la décision, à l’unanimité moins une voix, d’en rester au statu quo.

    De ce fait l’Ordo lectionum distribué aux évêques en 1967 gardait le dimanche du Bon Pasteur à sa place traditionnelle.

    Et deux ans plus tard, surprise ! l’Ordo lectionum définitif et obligatoire reculait d’une semaine le dimanche du Bon Pasteur…

    Parce que, dira beaucoup plus tard Annibale Bugnini (en 1990), l’ordo fut « radicalement révisé » en 1968 sur la base des 460 observations d’évêques et d’experts. Donc on doit supposer que de nombreux évêques et experts avaient dit le contraire des experts du groupe ad hoc… Combien ? on ne saura pas. Bugnini a décidé, le pape a acquiescé, l’Eglise a obéi…