20 novembre 2014

L’Allemagne de l’Est qui y retourne

Suite aux dernières élections en Thuringe, les trois partis de gauche (le SPD, la gauche radicale de Die Linke et les Verts très rouges) ont conclu un accord de coalition, selon lequel Bodo Ramelow, qui était le président du groupe de La Gauche au Parlement de Thuringe, va devenir Ministre-Président du Land.

C’est la première fois qu’une telle coalition voit le jour en Allemagne. Et c’est la première fois qu’un Mélenchon teuton devient président d’un land.

Une lettre ouverte de Bernard Antony, président de l’Agrif, au président du Stade Français

A propos de la pub pour un « sacré dimanche ».

Où Bernard Antony évoque son ami Pierre Fabre, catholique, soutien de Castres Olympique, et son ami l’abbé Pistre, le « pape du rugby ».

A lire sur le site de l’Agrif.

17:11 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0)

Le nouveau gouverneur de Jakarta est un chrétien chinois…

Basuki Tjahaja Purnama, dit Ahok, est devenu officiellement hier le nouveau gouverneur de Jakarta, la capitale de l’Indonésie. Ce n’est pas une surprise, dans la mesure où il était déjà vice-gouverneur, quand le gouverneur était Joko Widodo, dit Jokowi, qui est désormais président de la République. La cérémonie a d’ailleurs eu lieu à la présidence de la République, et non comme d’habitude au ministère de l’Intérieur.

Histoire aussi de souligner que Ahok a le plein soutien des autorités indonésiennes.

Déjà en 2012, le « ticket » Jokowi-Ahok pour Jakarta avait été la cible de virulentes critiques et d’une campagne de dénigrement et de diffamation menée par les militants musulmans refusant qu’un chrétien, d'ethnie chinoise de surcroît, devienne vice-gouverneur de la capitale (ayant ainsi autorité sur des institutions musulmanes).

Cette fois encore, des centaines d’islamistes ont manifesté contre la prise de fonctions de Ahok. Mais celui-ci est très populaire parce qu’il est connu pour son intégrité et son intransigeance dans la lutte contre la corruption.

Et il est soutenu par le président Jokowi qui a parmi ses principaux objectifs la défense de la liberté religieuse et des minorités.

Ce qui ne sera pas facile, commente AsiaNews. Et ici on note un tournant spectaculaire de l’agence des missions étrangères. Alors que jusqu'ici tout article sur l’Indonésie se concluait invariablement par le rappel que le plus grand pays musulman du monde était celui de l’islam modéré, celui-ci se conclut ainsi :

« Cependant, cela ne va pas être un objectif facile dans le pays musulman le plus peuplé du monde, où un large secteur de la société – et de la classe politique – adhère à une vision extrémiste de l’islam et montre de l’hostilité envers les minorités ethniques et religieuses. »

17:00 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Chine : un évêque clandestin libéré

Mgr John Peng Weizhao, évêque « clandestin » de Yujiang, a été remis en liberté le 14 novembre.

Citée par Ucanews, une source proche de l’évêque précise que Mgr Peng « est désormais relativement libre », qu’il « peut accomplir son ministère sacerdotal mais pas son ministère épiscopal ». En clair, les autorités, qui le détenaient au secret depuis six mois, le préfèrent aujourd’hui libre mais refusent toujours qu’il exerce son autorité en tant qu’évêque de Yujiang.

Mgr John Peng Weizhao avait été nommé évêque de Yujiang en avril dernier. Il avait été arrêté le 30 mai, avant même que les fidèles apprennent sa nomination.

Pour l’Eglise « officielle » le diocèse de Yujiang n’existe plus depuis 1985, quand les cinq diocèses de la région ont été regroupés en un seul, le diocèse de Nanchang.

(Eglises d'Asie)

16:43 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Asia Bibi : ce que disent les juges

Le 16 octobre dernier, la « Haute Cour » de Lahore a confirmé la condamnation à mort d’Asia Bibi pour « blasphème envers le Prophète ».

Le texte écrit du jugement date du 5 novembre et a été envoyé à la Cour suprême le 6. Les juges Muhammad Anwaarul Haq et Syed Shahbaz Ali Rizvi ont rendu public ce texte (oui il est en anglais, qui est langue officielle et langue de l’administration), à la fin duquel ils déclarent qu’ils le font parvenir aussi au gouvernement, car ils considèrent que la loi sur le blasphème doit être modifiée.

A lire ce jugement, il semble que la « Haute Cour » de Lahore soit davantage une cour de cassation qu’une cour d’appel. En effet elle ne réexamine pas les faits, elle examine seulement le jugement de première instance. Pour conclure, comme on le sait hélas, que ce jugement est inattaquable en l’état actuel des lois du Pakistan.

La première chose que l’on constate est que les juges sont d’une très grande sévérité pour les avocats d’Asia Bibi au cours du procès en première instance. A propos du premier témoin à charge (l’une des deux femmes qui l’ont accusée de blasphème), ils déclarent trouver « stupéfiant » que les avocats n’aient mené aucun contre-interrogatoire du témoin. Et après avoir évoqué le second témoin, ils ajoutent qu’ils ont été « surpris que pas la moindre suggestion n’ait été faite pour réfuter cette partie de sa déclaration ».

On sait que le principal avocat d’Asia Bibi avait déjà déclaré qu’il n’avait pas contesté les témoignages parce qu’en reprenant les propos allégués il se serait rendu lui-même coupable de « blasphème ».

La cour conclut : « Il apparaît que la défense n’a pas défendu son affaire avec le sérieux requis, en ce que l’aspect le plus important de la poursuite est resté non réfuté. »

Or, c’est un principe constant et entériné par la Cour suprême que si un fait n’est pas sujet à contre-interrogatoire il est considéré comme admis.

Et ce blasphème ne peut être puni que par la peine de mort depuis que le Tribunal fédéral de la charia, en 1991, a fait supprimer la peine de prison à vie comme étant « contraire aux enseignements de l’islam tels qu’ils sont prescrits dans le Saint Coran et la Sunna par le Saint Prophète ».

Mais si les juges attirent l’attention du gouvernement, c’est sur un autre aspect de la question. Dont ils ont conscience depuis la manœuvre d’un des avocats d’Asia Bibi, qui avait tenté de faire déférer sa cliente devant un… tribunal islamique puisque la justice civile paraissait paralysée. Or cet avocat avait découvert que pour le crime de blasphème, qui ne peut être puni que par la peine de mort, le tribunal de la charia doit acquérir la certitude que le blasphème a réellement été commis. Et pour cela, notamment, il y a une procédure qui s’appelle tazkiyah al shuhud : le tribunal doit enquêter sur les témoins pour s’assurer de leur crédibilité, en examinant de façon précise leur piété, leur droiture et leur intégrité.

Les juges ne le disent pas, mais cela est évident au Pakistan : si les tribunaux de l’Etat appliquaient cette disposition, la condamnation à mort de Sawan Masih, en mars dernier, n’aurait pas été possible, puisque son accusateur était manifestement ivre.

Les juges pointent donc du doigt ce qui apparaît comme une faille dans la procédure des tribunaux de l’Etat, et dans la loi elle-même.

Et ce faisant ils donnent évidemment un argument à la Cour suprême qui soit statuer sur le sort d’Asia Bibi.

La président du Conseil des oulémas du Pakistan, Hafiz Tahir Ashrafi, défenseur acharné des lois sur le blasphème, s’est déclaré favorable à cette demande, car « dans tous les cas la preuve doit répondre aux normes prescrites dans la jurisprudence islamique »… Mais Ghulam Mustafa Chaudhry, conseil des accusatrices d’Asia Bibi, et président du mouvement d’avocats « Irrévocabilité de la Prophétie », a déclaré que « les lois anti-blasphème sont parfaitement bonnes, il n’y a aucune nécessité d’y introduire une modification de procédure. Ou alors il faut aussi nommer les juges selon les critères de l’islam. D’ailleurs la société tout entière doit fonctionner selon les principes islamiques, et ne pas chercher à grappiller des lois qui conviennent aux intérêts de certains »…

16:35 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (3)

Bravo Mgr Conley

Mgr James Conlay, évêque de Lincoln dans le Nebraska, a publié dans son journal diocésain un article dans lequel il explique les raisons de célébrer la messe ad orientem, déclare que les prêtres de la cathédrale célébreront ad orientem les dimanches de l’Avent, et que lui-même célébrera ad orientem la messe de minuit. Il saisit l’occasion de l’Avent pour expliquer la symbolique de l’assemblée et du pasteur tous tournés vers le crucifix, vers l’autel, vers l’Orient d’où vient le Seigneur.

Sa cathédrale est la cathédrale du Christ ressuscité, en anglais « the risen Christ » : le Christ qui s’est levé, Oriens.

Saint Félix de Valois

Deus, qui beatum Felicem Confessorem tuum ex eremo ad munus redimendi captivos coelitus vocare dignatus es: praesta, quaesumus; ut per gratiam tuam ex peccatorum nostrorum captivitate, ejus intercessione liberati, ad coelestem patriam perducamur. Per Dominum nostrum Jesum Christum…

O Dieu, qui, par une inspiration céleste, avez daigné appeler votre bienheureux confesseur Félix, de la solitude du désert à l’œuvre du rachat des captifs ; faites, s’il vous plaît, que son intercession nous obtienne de vous la grâce d’être délivrés de l’esclavage de nos péchés, et de parvenir à la patrie céleste.

Voir ma note de l’an dernier sur ce saint qui n’existe pas mais qui continue d’être fécond et a même encore donné son nom à une paroisse 27 ans après sa suppression du calendrier pour non-existence. Je donnais alors le lien vers le site des Trinitaires de Cerfroid. Il paraît être en sommeil, mais il y a aussi, notamment, un blog.

06:14 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

19 novembre 2014

Puisque tout est permis (contre la religion catholique)

10670201_1590339497860512_550922994243459870_n.jpg

Allah sans fin

A l’issue, pensait-on, d’un très long parcours judiciaire, l’évêché de Kuala Lumpur avait perdu en appel : perdu le droit d’appeler Dieu « Allah » dans son hebdomadaire en langue malaise, les organisations musulmanes ayant réussi à faire admettre cette absurdité que seuls les musulmans peuvent appeler Dieu « Allah ».

Mais il y a un « troisième degré » de juridiction. L’archevêché a déposé un recours le 9 septembre, et la « Cour fédérale de Malaisie » a fixé au 21 janvier prochain la première audience.

Selon l’équipe d’avocats, le recours se fonde sur les articles de la Constitution qui garantit la liberté religieuse et la protection des droits des minorités.

Evidemment

Voyant le titre suivant (comme une citation entre guillemets) dans une série de titres de dépêches et d’articles, je me suis demandé qui pouvait dire une ânerie pareille :

« Le discours de l’EI ne peut prendre que chez ceux qui n’ont aucune culture musulmane ».

Je suis donc allé voir de plus près. Il s’agit d’un article du Monde. D’une interview… d’un professeur de Sciences Po.

Dont Wikipedia nous affirme qu’il est un « spécialiste de l’islam contemporain ». Bien sûr.

16:04 Publié dans Islam, médias | Lien permanent | Commentaires (3)

Les futures lordesses évêquesses

Je croyais que c’était fini, mais non. Pour aller jusqu’au bout de leur délire, les anglicans y mettent les formes. Il n’a pas suffi que les trois collèges du synode général votent à la majorité des deux tiers en faveur de l’ordination épiscopale des femmes, en juillet dernier, puis que le Parlement vote dans le même sens, et que la reine ratifie la chose. Il fallait encore un vote à main levée du synode général, ce qui a eu lieu lundi. Il y a eu une trentaine de votes contre, sur environ 480 présents. On remarque que le 14 juillet il y avait eu 72 opposants. Bref, l’opposition (qui plus est divisée entre évangéliques conservateurs et anglo-catholiques) est devenue ultra-minoritaire.

Justin Welby, retraité de l’industrie pétrolière (et qui a comme hobby d'être primat de son club anglican), a dit qu’il avait écrit au Premier ministre David Cameron pour lui demander une loi qui permette de faire en sorte qu’une évêquesse puisse intégrer la chambre des lords dès qu’elle sera choisie.

Normalement les évêques doivent faire la queue (en dehors de ceux de Canterbury, York, Winchester, Durham et Londres qui sont lords d’office) pour devenir l’un des 26 membres ecclésiastiques de la chambre des lords. Mais Justin veut un passe-droit légal pour que des femmes puissent le devenir rapidement. La loi pourrait être votée vers Noël et entrer en application à Pâques…

Il y a aujourd’hui neuf sièges vacants. Donc neuf évêquesses potentielles. Le retraité de l’industrie pétrolière prédit que d’ici 15 ans la moitié des prétendus évêques de sa prétendue Eglise d’Angleterre seront des femmes. (Sans se demander s’il y aura encore des fidèles.)

Toutefois, si la première lordesse évêquesse n’est pas une lesbienne noire mariée (éventuellement divorcée), il me semble qu’il subsistera un soupçon de discrimination dans l’Eglise d’Angleterre.

Or, s’il y a une femme noire qui pourrait postuler, Rose Hudson-Wilkin, qui est la première femme noire aumônière de la Chambre des communes, elle n’est pas lesbienne puisqu’elle est mariée à monsieur Wilkin, qui est quant à lui aumônier de prison. En outre, alors qu’elle est en bonne place sur toutes les listes de futures évêquesses, elle a déjà dit que ce n’était pas du tout son ambition, et que « s’il y en a qui passent leur temps à mourir d’envie d’être évêques, eh bien elles doivent avoir de très tristes vies… »

Sainte Elisabeth de Hongrie

A l’âge de 18 ans, Ludovic, après la mort de son père, commença à régner sur la Thuringe. Mais Elisabeth devint l’objet de critiques voilées, car sa façon de se comporter ne correspondait pas à la vie de la cour. Ainsi, la célébration du mariage se déroula elle aussi sans faste, et les dépenses pour le banquet furent en partie dévolues aux pauvres. Dans sa profonde sensibilité, Elisabeth voyait les contradictions entre la foi professée et la pratique chrétienne. Elle ne supportait pas les compromis. Un jour, en entrant dans l’église en la fête de l’Assomption, elle enleva sa couronne, la déposa devant la croix et demeura prostrée au sol, le visage couvert. Lorsque sa belle-mère lui reprocha son geste, elle répondit: «Comment moi, misérable créature, puis-je continuer de porter une couronne de dignité terrestre, lorsque je vois mon Roi Jésus Christ couronné d’épines?». Elle se comportait devant Dieu comme envers ses sujets. Dans les Dépositions des quatre demoiselles de compagnie, nous trouvons ce témoignage: «Elle ne consommait aucune nourriture sans s’assurer auparavant qu’elle provenait des propriétés et des biens légitimes de son époux. Tout en s’abstenant des biens procurés de façon illicite, elle se prodiguait pour dédommager ceux qui avaient subi une violence» (nn. 25 et 37). Un véritable exemple pour tous ceux qui occupent des rôles de guide: l’exercice de l’autorité, à tous les niveaux, doit être vécu comme un service à la justice et à la charité, dans la recherche constante du bien commun.

Elisabeth pratiquait assidûment les œuvres de miséricorde: elle donnait à boire et à manger à ceux qui frappaient à sa porte, elle procurait des vêtements, elle payait les dettes, elle prenait soin des malades et enterrait les morts. En descendant de son château, elle se rendait souvent avec ses servantes dans les maisons des pauvres, apportant du pain, de la viande, de la farine et d’autres aliments. Elle remettait la nourriture personnellement et contrôlait avec attention les vêtements et les lits des pauvres. Ce comportement fut rapporté à son mari, qui non seulement n’en fut pas ennuyé, mais qui répondit aux accusateurs: «Tant qu’elle ne vend pas le château, j’en suis content!». C’est dans ce contexte que se situe le miracle du pain transformé en roses: alors qu’Elisabeth marchait sur la route avec son tablier rempli de pain pour les pauvres, elle rencontra son mari qui lui demanda ce qu’elle portait. Elle ouvrit son tablier et, au lieu du pain, apparurent des roses magnifiques. Ce symbole de charité est présent de nombreuses fois dans les représentations de sainte Elisabeth.

Son mariage fut profondément heureux: Elisabeth aidait son mari à élever ses qualités humaines à un niveau surnaturel, et lui, en échange, protégeait sa femme dans sa générosité envers les pauvres et dans ses pratiques religieuses. Toujours plus admiratif en raison de la foi profonde de son épouse, Ludovic, se référant à son attention envers les pauvres, lui dit: «Chère Elisabeth, c’est le Christ que tu as lavé, nourri et dont tu as pris soin». Un témoignage clair de la façon dont la foi et l’amour envers Dieu et envers le prochain renforcent la vie familiale et rendent l’union matrimoniale encore plus profonde.

Benoît XVI

06:11 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

18 novembre 2014

Pakistan : des familles chrétiennes chassées de leur village

Eglises d’Asie :

Toutes les familles chrétiennes d'un village du district de Sahiwal ont été contraintes à abandonner leurs maisons, sous la menace des musulmans qui reprochait à l’un d’entre eux d’avoir épousé une jeune fille de leur communauté.

« Ils se sont mariés en octobre dernier, rapporte Abid Masih, un ami du couple, au Press Trust of India du 13 novembre. [Dès qu’ils ont appris la nouvelle], les musulmans du village nous ont ordonné de « rendre la fille » ou de devoir en subir les conséquences. »

Les nouveaux mariés n’habitent pourtant pas le village d’où la jeune femme, Rukhsana Kausar, âgée d’une vingtaine d’années, est originaire, mais se sont installés dans un autre district, celui de Khanewal où vivait déjà le jeune chrétien Shahab Masih. Les deux futurs époux s’étaient rencontrés et fréquentés dans le village de Sahiwal, où Shahab venait régulièrement voir ses parents.

Mais à la nouvelle du mariage entre les deux jeunes gens, c’est à la famille de Shahab et aux autres foyers chrétiens du village, que les musulmans de Sahiwal s’en sont pris, exigeant le retour immédiat de la jeune fille, selon la loi islamique qui interdit à une femme musulmane d’épouser un homme d’une autre religion.

« Nous leur avons dit que Shahab vivait maintenant à Khanewal avec sa femme, et que ce serait mieux d’aller en discuter avec lui sur place, mais en vain », explique encore Abid. Le père de la jeune musulmane, Jamil Hussain, a alors porté plainte pour enlèvement auprès de la police de Shahkot, accusant Shahab et deux autres membres de sa famille, tandis que l’ensemble de la communauté musulmane menaçait de tuer les parents de Shahab et tous les chrétiens du village.

Craignant pour leur vie, et n’ayant reçu aucune aide de la police qu’elles avaient pourtant sollicitée, les neuf familles chrétiennes résidant à Sahiwal, soit 25 personnes, ont finalement dû fuir, en abandonnant leurs maisons et leurs commerces.

C'est la troisième fois en quelques semaines que des familles chrétiennes au Pendjab sont contraintes par les musulmans à quitter leur village. Les cas précédents se sont produits dans les districts de Sargodha et de Narowal.

18:08 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (1)

Une grande honte française

Le 26 novembre prochain sera votée une résolution réaffirmant le « droit fondamental » à l’avortement. La proposition, a souligné le Salon Beige, est signée par tous les chefs de groupes de l’Assemblée nationale.

Gènéthique publie le texte de cette proposition.

On constate que dans les attendus, les textes de la Convention des Nations Unies de 1979, de la Conférence du Caire de 1994 et de celle de Pékin de 1995 sont interprétés comme étant des justifications d’un droit à l’avortement, ce qui est tout simplement un mensonge. (A la conférence du Caire, l’avortement fut même explicitement exclu.)

On constate surtout le terrible mensonge du « rappel » que « le droit universel des femmes à disposer librement de leurs corps est une condition indispensable pour la construction de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et d’une société de progrès ».

Oui, les femmes ont le droit de disposer, dans certaines limites, comme les hommes, de leurs corps. Mais elles n’ont pas le droit de disposer du corps des autres. Or le fœtus n’est pas leur corps, c’est le corps d’un autre être vivant, d’une autre personne humaine.

C’est pourquoi l’avortement, qui n’est reconnu par aucun texte international, est et restera un meurtre.

C’est pourquoi cette résolution sera une honte pour la France, et d’autant plus odieuse qu’elle aura été votée par une immense majorité (l’unanimité ?) de la représentation nationale.

Eh bien non, ces gens-là ne me représentent pas.

Dédicace des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul

« Pour célébrer les saints Apôtres, dit malicieusement L’Année liturgique, il nous plaît d’emprunter aux bibliothèques de nos frères séparés d’Angleterre cette Séquence que la vénérable Église d’York chantait encore, il y a quatre siècles, en leur honneur. »

In sollemni memoria
Apostolorum principis,
Piæ laudis harmonia
Lætis resonet canticis.

En cette mémoire solennelle du Prince des Apôtres, que l’harmonie de notre louange, inspirée par l’amour, se fasse jour en cantiques joyeux.

Veneremur simul pari
Dignum laude venerari
Apostolum gentium;
Ut quos amor vita junxit,
Nec mors ipsa post disjunxit
Jungat et præconium.

Avec lui vénérons, digne comme lui de nos chants, l’Apôtre des nations ; ainsi la louange réunira ceux que l’amour unit dans la vie et que la mort elle-même n’a pu séparer.

Horum laus est quod destructa
Romanæ potentiæ idolatria,
Jam fundata et firmata
Ibidem orbem gubernat Ecclesia.

Leur louange, c’est que dans Rome, siège de l’empire, ils renversèrent l’idolâtrie ; que dans cette Rome, l’Église fondée et soutenue par eux gouverne l’univers.

Fide Petri fundamentum
Pauli tenet firmamentum
Dogmate Ecclesia;
Clavis huic potentiæ,
Illi cessit scientiæ
Juncta ad officia.

Le fondement de l’Église, c’est la foi de Pierre, comme la doctrine de Paul en est le soutien ; au premier la clef signifiant la puissance, au second celle qui ouvre les horizons de la science : toutes deux concourent à l’œuvre commune.

Petro namque sub pastore
Gratulatur et rectore
Inter fluctus sæculi;
Pauli viget ex doctrina,
Vitæ sumpta medicina
Grex fidelis populi.

Car c’est ainsi que le troupeau, que le peuple fidèle se félicite, au milieu des tempêtes de cette vie, d’avoir en Pierre un pasteur et un guide ; tandis que Paul par ses enseignements le fortifie, l’anime et le guérit dans ses maux.

Iste verbo instruit,
Ille cœlum aperit
Verbo vitæ credulis,
Et quod unus prædicat
Alter verum comprobat
Crebris hoc miraculis.

L’un répand la parole de vie, l’autre aux croyants de cette parole ouvre les cieux ; ce que l’un prêche, l’autre en montre la vérité par des miracles sans nombre.

Hic Judæos, ille gentes
Viam vitæ nescientes
Ad salutem convocat;
Ambo præsunt convocatis,
Ambo certant desolatis,
Hostis ne prevaleat.

Ils appellent au salut, celui-ci les Juifs, celui-là les nations ignorantes du chemin de la vie ; tous deux dirigent les appelés, tous deux combattent pour eux, repoussant l’assaut de l’ennemi,

Contra summæ potentiæ
Consurgunt imperium,
Unus crucis, alter ensis
Perpessus supplicium.

Ne craignant pas de faire face à la force toute-puissante de l’empire, encourant l’un le supplice de la croix, l’autre celui du glaive.

Sicque una urbe mortem
Una die passi, sortem
Ad justorum transmeant;
Qui malorum nos exsortes
Sua prece et consortes
Beatorum faciant. Amen.

En la même ville, en un même jour, ils souffrent la mort et passent aux cieux où sont récompensés les justes. Puissent-ils, priant pour nous, nous préserver de tout mal, et nous amener à partager leur bienheureux sort. Amen.

06:06 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

17 novembre 2014

Le Royaume Uni face à l’eurozone

Ce que Open Europe a retenu d’un texte de David Cameron publié dans le Guardian :

« L’eurozone vacille au bord d’une possible troisième récession… En revanche, il y a une croissance de l’économie britannique… (avec) une hausse de l’emploi de 1,75 million sur quatre ans : davantage que dans tout le reste de l’UE. »

17:24 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)

Chine : l’athéisme vacille et menace

Il y a eu récemment plusieurs salves de critiques officielles ou officieuses, émanant de cercles du pouvoir chinois, sur les responsables qui ne respectent pas l’athéisme. Il semble que la question inquiète sérieusement le pouvoir depuis l’affaire des enlèvements de croix sur les églises pour raison « d’urbanisme ». Il est en effet apparu que parmi les protestataires il y avait nombre de membres du parti, et qui ne protestaient pas seulement par solidarité avec les chrétiens…

Le Comité central pour l’inspection disciplinaire du parti a lui-même dénoncé l’appartenance religieuse de nombreux membres du parti, suite à sa seconde tournée d’inspection de cette année, admettant pour la première fois qu’il y avait des chrétiens et des bouddhistes dans le parti.

Le président de la Commission pour les Affaires religieuses et ethniques de la Conférence politique consultative du peuple chinois (sic), Zhu Weiqun, a publié vendredi dernier un éditorial dans le Global Times (version internationale du Quotidien du peuple) rappelant fermement : « Les membres du parti communiste ne peuvent suivre aucune religion. C’est l’important principe idéologique et organisationnel qui est tenu depuis la fondation du parti. Il n’y a aucun doute à ce sujet. »

Zhu Weiqun se pique de faire de l’histoire. Il écrit notamment :

« Si une société était d’autant plus morale que sa religion est plus forte, alors le moyen âge en Europe, sous l’influence du Vatican, aurait été l’âge d’or de la moralité humaine, et il n’y aurait pas eu besoin de la Renaissance. » Sic.

D’autre part, à propos des universitaires qui demandent la liberté religieuse, il résout ainsi le problème : « Ce sont des gens qui se sont convertis au christianisme depuis longtemps. »

Le léninisme à la sauce chinoise, c’est quand même curieux.

17:17 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (4)

Bangladesh : un prix à un journaliste catholique

Au Bangladesh, Porimol Palma, journaliste catholique pratiquant, a reçu le prix DRU-Grameenphone du meilleur reportage 2014. DRU, c’est l’union des reporters de Dhaka, et Grameenphone est le principal opérateur de télécommunications du pays.

Il a reçu le prix pour un article sur la sécurité alimentaire, publié dans le quotidien anglophone populaire Daily Star auquel il collabore depuis avril dernier. Auparavant il travaillait dans la section catholique de Radio Veritas Asia.

Ancien séminariste, il est né dans la paroisse de Mariabad Borni, dans le diocèse de Rajshani.

Le Bangladesh est à 90% musulman, et il y a aussi 9% d’hindouistes, et dans le 1% qui reste il y a les bouddhistes…

16:51 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Encore un "blasphème" au Pakistan

Qaiser Ayub, un chrétien âgé de 40 ans, a été arrêté pour un présumé « blasphème » par la police de Lahore. Ce professeur d’informatique était en fuite depuis trois ans : il avait proféré un « blasphème » (un « outrage contre le Prophète ») sur son blog en 2011.

16:35 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (2)

Un blasphème en passant

Il y a longtemps que je ne lis plus les comptes-rendus des homélies quotidiennes de François, pour ne pas m’énerver inutilement et ne pas donner l’impression que je cherche sans cesse à « dire du mal du pape ».

Mais voici que je découvre, à la faveur d’un très remarquable article d’Antonio Socci, traduit par Benoît et moi, que le 20 décembre 2013 François a osé « insinuer que la Sainte Vierge, sous la Croix “avait peut-être envie de dire J'ai été trompée” parce que les promesses messianiques lui semblaient des “mensonges” ».

Soit c’est vrai, soit ce n’est pas vrai. Si c’est vrai, c’est une insulte effroyable envers la Mère de Dieu. C’est évidemment contraire à l’enseignement le plus basique de l’Eglise catholique (et orthodoxe, et même de beaucoup de protestants). Et Socci n’a pas de mal à simplement citer le Catéchisme de l’Eglise catholique, n.149 : « Pendant toute sa vie, et jusqu’à sa dernière épreuve, lorsque Jésus, son fils, mourut sur la croix, sa foi n’a pas vacillé. Marie n’a pas cessé de croire en l’accomplissement de la parole de Dieu. Aussi bien, l’Église vénère-t-elle en Marie la réalisation la plus pure de la foi. »

Or, si l’on se réfère à ce qui a été publié par l’Osservatore romano et reproduit sur le site du Vatican (sur News.va ou sur le site du pape), il n’y a pas trace de ce que cite Socci. Sans aucun doute parce qu’un théologien de garde a dû se dire que ce n’était vraiment pas possible de laisser cela.

Mais si l’on va sur Zenit, on trouve en effet ce dont parle Socci. Voici le texte exact :

« Elle était silencieuse, mais dans son cœur, que de choses elle disait au Seigneur : ‘Toi, ce jour-là tu m’as dit qu’il serait grand, tu m’as dit que tu lui donnerais le trône de David, son père, qu’il régnerait pour toujours, et maintenant, je le vois là’. La Vierge Marie était humaine ! Et elle avait peut-être envie de dire : ‘Mensonge ! J’ai été trompée !’ »

Le « peut-être » est là pour atténuer l’offense. Mais il n’atténue rien du tout. Car il n’y a pas de « peut-être » qui tienne. Marie conçue sans péché, Marie immaculée conçue dans la pleine lumière divine, Marie Mère de Dieu, Marie mère de l’Eglise, Marie pleine de grâce (kecharitoménè, complètement remplie par la grâce divine), Marie mère de la foi et notre mère dans la foi, n’a pas pu penser une fraction de seconde qu’elle ait pu être trompée. La Femme qui a dit « Fiat » à l’Ange du Seigneur n’a pas pu penser une fraction de seconde qu’elle aurait dit « Fiat » à un « mensonge ».

Je n’arrive même pas à comprendre comment un pape peut proférer une telle énormité.

Saint Grégoire le Thaumaturge

Une nuit, alors qu’il réfléchissait sur le discours de la foi et qu’il échafaudait des raisonnements de toutes sortes - car il y avait alors des gens qui falsifiaient la pieuse doctrine et, par l’habileté de leurs argumentations, rendaient souvent la vérité incertaine, même pour ceux qui la connaissaient bien -, alors donc qu’il veillait et réfléchissait à cela, lui apparut en vision un personnage âgé ayant l’aspect d’un homme, dont le vêtement manifestait le caractère sacré, qui annonçait une grande vertu par la grâce de son visage et la dignité de son maintien.

Frappé de stupeur à ce spectacle, il se leva de son lit et lui demanda qui il était et à quelle fin il venait. Celui-ci apaisa le trouble de sa pensée d’une voix douce et lui dit qu’il lui était apparu sur ordre de Dieu en raison des questions controversées autour de lui, pour que lui soit révélée la vérité de la foi pieuse. Lui reprit courage à ces paroles et le regarda avec joie et étonnement. Ensuite celui-ci, ayant tendu la main droite devant lui, comme pour lui montrer avec les doigts tendus ce qui apparaissait sur le côté, lui fit tourner le regard par sa main tendue et voir en face une autre apparition sous l’aspect d’une femme, bien supérieure à une apparition humaine. Lui, à nouveau frappé de stupeur, détourna son visage; il était incapable de voir ce spectacle, car ses yeux ne pouvaient supporter l’apparition. Ce qu’il y avait de tout à fait extraordinaire dans cette vision, c’était, alors que la nuit était profonde, qu’une lumière brillait sur ceux qui lui étaient apparus, comme si une lampe brillante était allumée. Comme ses yeux ne pouvaient supporter l’apparition, il entendit ceux qui lui étaient apparus s’entretenir au cours d’une conversation sur l’objet de sa recherche; grâce à eux, non seulement il fut instruit de la véritable connaissance de la foi, mais il reconnut grâce à leurs noms ceux qui lui étaient apparus, chacun d’entre eux appelant l’autre de son propre nom.

On dit en effet qu’il entendit celle qui était apparue sous l’aspect d’une femme exhorter l’évangéliste Jean à révéler au jeune homme le mystère de la vérité, et celui-ci lui répondre qu’il était prêt à accorder cela à la mère du Seigneur, puisque ce lui était agréable. Ayant ainsi exposé la question de manière convenable et bien claire, ils disparurent ensuite de sa vue. Et lui aussitôt mit par écrit cette divine mystagogie et c’est d’après elle qu’il annonça ensuite la parole dans l’église ; il laissa à ses successeurs, comme un héritage, cet enseignement donné par Dieu. C’est grâce à lui que, jusqu’à ce jour, le peuple de chez eux, qui est resté exempt de toute hérésie, est initié aux mystères. Les paroles de cette mystagogie sont les suivantes :

Un seul Dieu,
père du Verbe vivant (qui est sagesse subsistante, puissance et caractère éternels),
parfait géniteur du parfait,
père du Fils monogène.
Un seul seigneur,
unique de l’unique,
Dieu de dieu,
caractère et image de la divinité,
verbe agissant,
sagesse qui embrasse l’ordonnance de l’univers,
et puissance qui a faite toute la création,
Fils véritable du Père véritable,
invisible de l’invisible,
ineffable de l’ineffable,
immortel de l’immortel,
éternel de l’éternel.
Un seul Esprit saint,
qui tient son existence de Dieu,
et est apparu par le Fils (aux hommes),
image parfaite du Fils parfait,
vie, cause des vivants,
sainteté, dispensateur de sanctification,
dans lequel sont manifestés Dieu le Père,
celui qui est au-dessus de tout et en tout,
et Dieu le Fils,
celui par qui sont toutes choses.
Trinité parfaite,
qui n’est divisée ni distinguée ni selon la gloire, ni selon l’éternité, ni selon la royauté.

(Donc il n’y a rien de créé ni d’esclave dans la Trinité, ni de surajouté comme si cela n’existait pas auparavant, mais avait été introduit par la suite. Donc le Fils n’a jamais fait défaut au Père ni l’Esprit au Fils, mais la même Trinité est toujours immuable et sans changement).

Saint Grégoire de Nysse, Vie de Grégoire le Thaumaturge, 22-25. (Ce texte vient de paraître dans la collection des Sources chrétiennes, avec la vie de saint Basile par le même saint Grégoire de Nysse.)

06:15 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

16 novembre 2014

23e dimanche après la Pentecôte

Du point de vue des antiphonaires grégoriens, ce dimanche est le dernier de l’année. Les chants du 23e dimanche sont en effet repris les dimanches suivants s’il reste des dimanches avant l’Avent. La raison en est qu’autrefois c’était effectivement le dernier dimanche de l’année liturgique. Rupert de Deutz, au début du XIIe siècle, expliquait, parmi d’autres, qu’en ce dernier dimanche l’Eglise célébrait l’entrée des juifs dans l’Eglise, qui doit se produire avant la fin du monde. Il le faisait par l’intermédiaire d’une lecture allégorique de l’histoire de Joseph en Egypte.

Ainsi dès l’introït le Seigneur dit par la bouche de Jérémie qu’il ramènera les hébreux captifs de tous les lieux. Rupert se concentre sur les premiers mots de cet introït :

« Le Seigneur dit : Mes pensées sont des pensées de paix et non d’affliction. Ses pensées sont toutes de paix en effet, puisqu’il promet d’admettre au banquet de sa grâce les Juifs ses frères selon la chair, réalisant ce qui avait été figuré dans l’histoire du patriarche Joseph. Les frères de ce dernier, qui l’avaient vendu, vinrent à lui poussés par la faim, lorsqu’il étendait sa domination sur toute la terre d’Égypte ; ils furent reconnus, reçus par lui, et lui-même fit avec eux un grand festin : ainsi notre Seigneur, régnant sur tout le monde et nourrissant abondamment du pain de vie les Égyptiens, c’est-à-dire les Gentils, verra revenir à lui les restes des fils d’Israël ; reçus en la grâce de celui qu’ils ont renié et mis à mort, il leur donnera place à sa table, et le vrai Joseph s’abreuvera délicieusement avec ses frères. »

Délivrés de leur captivité spirituelle, les juifs devenus chrétiens chanteront l’action de grâces du graduel : « Vous nous avez délivrés, Seigneur, de ceux qui nous persécutaient. »

L’alléluia et l’offertoire sont le début du De Profundis, car c’est la supplication des frères de Joseph, dont les lointains descendants diront au véritable Joseph ce qu’ils disaient alors : « Nous te conjurons d’oublier le crime de tes frères. »

Et la communion (« En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous le recevrez et cela vous sera donné ») « est la réponse de ce même Joseph disant, comme autrefois le premier : Ne craignez point. Vous aviez formé contre moi un dessein mauvais ; mais Dieu l’a fait tourner au bien, afin de m’élever comme vous voyez maintenant et de sauver beaucoup de peuples. Ne craignez donc point : je vous nourrirai, vous et vos enfants. »

Rupert expliquait aussi en ce sens l’évangile qui était alors celui de la multiplication des pains. Mais l’évangile actuel du 23e dimanche est beaucoup plus clairement lié à ce thème : Jésus guérit (« sauve ») une païenne sur le chemin alors qu’il va « sauver » - ressusciter - la fille du chef (de la synagogue). Saint Jérôme souligne d’une part que le huitième miracle de l’évangile de saint Matthieu devait être la guérison de la fille du chef, mais que la païenne sur le chemin, volant ce huitième miracle, a repoussé celui de la jeune juive à la neuvième place ; d’autre part que la femme est malade depuis 12 ans et que la jeune fille a 12 ans (selon saint Luc). Le Royaume (nombre 8) était préparé pour les juifs, mais ce sont les païens qui y entrent d’abord, comme par effraction. Les juifs ne pourront y entrer qu’au terme des 12 années de l’histoire du monde, où depuis le début les païens étaient malades.

06:48 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

15 novembre 2014

Reconquête N° 312

REC-312-1.jpg

REC-312-Sommaire.jpg

« Leurs origines »

L’ancien footballeur Eric Cantona est un militant antiraciste immigrationniste multiculturaliste frénétique. Il a même réalisé un documentaire « Football et immigration », qui doit être bientôt diffusé. Dans une interview à l’AFP, il aligne tous les poncifs de la propagande, au point d’en oublier qu’il est français et que ses enfants, français, pourraient éventuellement avoir besoin de se reconnaître dans cette identité…

Il dit à sa femme « d’origine algérienne » qu’elle doit parler arabe avec leurs enfants, parce que il faut que « les enfants apprennent très tôt les langues, surtout celles des origines des parents ». Les origines des parents, dont l’un est Cantonna, de Marseille, et l’autre une Française née en France de parents algériens : origines 100% arabes…

Et il insiste : « Mon petit s’appelle Emir, et ma fille Selma, ils sont français, mais on avait envie de leur donner un prénom de leurs origines, et qu’ils en soient fiers. » Leurs origines, 100% arabes…

Et cela ne s’appelle pas de la discrimination ? Une discrimination dont ces pauvres enfants, fiers ou non, pourraient bien souffrir un jour ou l’autre ?

A Raqqa, Etat islamique

A Raqqa, ville du nord de la Syrie, aujourd’hui place forte de l’Etat islamique, sont restées 23 familles chrétiennes contre 1.500 avant le début du conflit. Ce sont des arméniens qui n’ont pas pu partir par manque de moyens ou raison de santé. Les nouveaux maîtres viennent de leur envoyer la facture de la Jizia, la « taxe de protection », qui est due à partir de demain 16 novembre. Le montant est l’équivalent de près de 430 euros. La plupart des familles restées à Raqqa n’ont précisément pas les moyens de payer, et leurs biens seront donc saisis.

L’Etat islamique a déjà réquisitionné les propriétés des chrétiens qui avaient fui la ville lors de leur entrée, et a organisé des autodafés de bibles et de livres chrétiens. La principale église arménienne a été transformée en bureau des affaires islamiques et de promotion de la charia…

16:06 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (1)

Au Laos

Sept chrétiens d’ethnie Hmong ont été arrêtés dans la province de Luang Namtha, dans le nord du Laos, le 2 novembre dernier, après s’être convertis de l’animisme au christianisme. Cinq d’entre eux ont été relâchés après avoir signé une déclaration les engageant à renoncer à leur foi alors que les autres, ayant refusé d’abjurer, ont été transférés à la prison provinciale. L’accusation portée contre eux est de « trouble de la paix sociale ».

Six familles chrétiennes d’ethnie Hmong ont été chassées de leur village, dans la partie centrale du Laos, après s’être refusées d’abjurer à leur foi. Les six familles – soit un total de 25 personnes environ – habitaient dans le village de Ki Hai, en province de Borikhamxay. Elles s’étaient converties au christianisme en provenance de l’animisme. Du fait de leur conversion, les autorités locales ont arrêté deux hommes, faisant partie des chefs de famille, les retenant en détention pendant environ un mois, et demandant de renoncer à la foi chrétienne. Devant leur refus, est arrivé l’ordre d’expulsion. Deux familles ont quitté le village à la fin du mois d’août et quatre autres à la mi-septembre, se réfugiant dans le village voisin de Hoi Keo, dans les environs de la ville de Lak Sao. Les familles ont perdu leur maison, leur terrain et la ferme dont ils disposaient dans leur village d’origine.

(Fides)

Mauvaise nouvelle pour la bande à François

La conférence des évêques des Etats-Unis a élu hier ses représentants pour le synode de l’année prochaine. Il n’y a qu’un homme de la bande à François, et il est dans les remplaçants.

Dans l’ordre où ils ont été élus :

- Mgr Joseph Kurtz, archevêque de Louisville et président de la Conférence épiscopale. Il a été l’un des principaux artisans du « rattrapage » du récent synode, en tant que modérateur d’un des trois groupes anglophones.

- Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie, qui en dehors d’avoir la particularité d’être un Américain d’ascendance française par son père et indienne par sa mère (Potawatomis du Kansas), est connu comme une figure de proue de la défense de la vie et de la famille. Il accueillera à Philadelphie la 8e Rencontre mondiale des familles en septembre 2015. Il a été l’un des rares évêques, avec le cardinal Burke, à oser dénoncer publiquement la dérive du synode.

- Le très ratzingérien cardinal Daniel DiNardo, archevêque de Galveston-Houston. Il eut comme co-consécrateur le cardinal Burke et fut créé par Benoît XVI premier cardinal du Texas à 58 ans ; il est vice-président de la Conférence épiscopale et président de la commission épiscopale des activités pro-vie.

- Mgr José Gomez, archevêque de Los Angeles, né au Mexique, dévot de Notre Dame de Guadalupe, prêtre de l’Opus Dei, ordonné par Mgr Chaput.

Et deux remplaçants :

- Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, président de la sous-commission épiscopale de défense du mariage, flamboyant opposant au « mariage » homosexuel, très bienveillant envers la « forme extraordinaire ».

- Mgr Blaise Cupich, que François vient de nommer archevêque de Chicago : il est le seul à pouvoir prétendre faire partie de la société Kasper and Co.

Si les évêques américains avaient voulu faire plaisir au pape, ils auraient élu son meilleur ami américain, le catastrophique cardinal Sean O’Malley, archevêque de Boston.

Saint Albert le Grand

Que Dieu, infiniment bon, se soit uni, entre toutes les créatures, la seule créature humaine, au point qu'on puisse dire vraiment que Dieu est homme et que l'homme est Dieu, et tout ce que Dieu a par nature, l'homme le possède par grâce, cela ne doit-il pas provoquer en notre âme une joie véritable ? « Dieu ne s'est pas uni aux Anges, mais au sang d'Abraham » (Héb. 2, 16). « N'est-ce pas quelque chose de grand et de merveilleux, s'écrie saint Jean Chrysostome, que notre chair soit assise, au ciel, bien haut, et que les Anges et les Archanges l'adorent ! »

Autre motif de joie : Dieu nous a rendus certains du bonheur éternel, bonheur garanti par les promesses de la loi et des prophètes et par son propre serment : « le serment qu'il fit à Abraham, notre père » (Luc 1, 73), bonheur assuré par le don spécial des Évangélistes, par le témoignage des Apôtres, par le don de l'Esprit Saint au baptême, – l'Esprit est le gage de notre héritage – par les arrhes, c'est-à-dire l'avant-goût de ce bonheur, dans la dévotion et la douceur de Dieu, par le Christ, le Fils unique de Dieu, qui est notre otage. Saint Paul (Phil. 4, 4) nous exhorte à cette double joie. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur (à cause de l'union de Dieu avec notre nature) ; je vous le dis encore, réjouissez-vous (à cause de la certitude du bonheur éternel). »

C'est une preuve de la vraie joie, et un bon motif, pour quelqu'un, de se réjouir vraiment, que d'avoir l'assurance, par inspiration intérieure, de la rémission de ses péchés qui avaient si gravement offensé Dieu et les créatures et avaient fait perdre, au pécheur lui-même, avec toutes les grâces reçues, le droit d'en recevoir encore à l'avenir. Marie-Madeleine a eu cette certitude lorsque Notre Seigneur lui dit : « Beaucoup de péchés lui seront remis parce qu'elle a beaucoup aimé » (Luc 7, 47). Saint François aussi : il lui fut révélé que ses fautes, jusqu'à la plus petite partie, lui étaient tout à fait remises.

Une autre marque de joie et une nouvelle raison de se réjouir, c'est l'assurance intérieure que l'on est fils de Dieu et héritier du royaume céleste. L'Esprit Saint nous donne cette assurance : « Il rend lui-même témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ » (Rom. 8, 16-17). L'apôtre saint Paul avait cette certitude : « J'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie... ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ » (Rom. 8, 38-39).

Saint Albert le Grand, le Paradis de l’âme, XXIII, 3-4.

06:06 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

14 novembre 2014

Atanacio Jovi, homosexuel catholique

Atanacio Jovi est un Philippin homosexuel et catholique. Comme il est catholique, il ne cherche pas de faux fuyant et ne demande pas au personnel ecclésiastique de changer la doctrine qui ne peut pas être changée, même si certains membres hauts placés de ce personnel sont prêts à se rendre aux pires modes mondaines.

Atanacio a donné son témoignage, publié sur le site de la Conférence des évêques des Philippines.

Sa vie, dit-il, démontre que son « orientation sexuelle n’éloigne pas les gens de l'Eglise ». « La chose la plus importante est d'aimer Dieu par-dessus tout. »

Son choix de vivre dans la chasteté « montre que comprendre vraiment l'amour, l'amour vrai, suffit pour ne pas se sentir exclu ou discrédité».

« C’est ma croix... Je peux être attiré par les hommes... Mais j'aime Dieu davantage ».

Pour Atanacio, l’Eglise catholique « semble être la seule institution qui invite [les homosexuels] à l'amour. Nous sommes créés pour l'amour, et nos vies n’ont pas de sens si nous n’en avons pas l’expérience ».

Le véritable amour est davantage que l'union physique et émotionnelle, « il veut le bien de l'autre. Il désire le paradis pour l'autre personne et veut l'encourager à embrasser la vertu de chasteté. Cela n’est pas une renonciation à l'amour, mais une expression profonde et courageuse de l’amour. »

« Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'Eglise aujourd'hui ne défend pas aux personnes qui éprouvent une attraction pour le même sexe de s’aimer. Si deux membres du même sexe s’aiment, ils vont faire ce qui est le meilleur pour l'autre. Ils s’encourageront les uns les autres à se reconnaître comme des enfants aimés de Dieu dont il se trouve qu’ils ont une attirance pour le même sexe, plutôt que comme des personnes qui se définissent par leurs pulsions sexuelles et dont il se trouve qu’elles croient en Dieu. »

FILIPPINE_-_1113_-_Gay.jpg

Atanacio, militant de Marie Médiatrice de toutes grâces du sanctuaire de Lipa.

15:44 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (13)

Asia Bibi comme bouc émissaire

A l’issue d’une réunion qui s’est tenue hier à Lahore, des responsables musulmans, chrétiens et sikhs ont demandé au gouvernement pakistanais de revoir les lois sur le blasphème, soulignant qu’un seul accusé a été reconnu coupable depuis 1953 : Asia Bibi. Dont le sort est désormais entre les mains des magistrats de la Cour suprême.

Ils ont expliqué qu’il y a eu 1170 cas de blasphèmes enregistrés, dont 90% au Pendjab, près de 500 concernant des musulmans, 20 des hindous, 130 des chrétiens, 450 des Ahmadis. Tous ont été acquittés en première instance ou en appel. Seule Asia Bibi a été reconnue coupable.

La réunion était organisée par le Réseau pakistanais Paix et Harmonie. Il y avait là des représentants du Conseil catholique pour le dialogue interreligieux, du Conseil des oulémas et des cheikhs du Pakistan, du chapitre Asie de l’Initiative des religions unies, le Sudhar Sabha hindou et du Forum jeunesse hindou-sikh.

Ils ont élaboré une charte demandant que les cas de blasphème ne soient enregistrés qu’après une enquête préalable sur l’incident allégué réalisée par un policier qui ait le grade de commissaire, et que soit assurée la sécurité du plaignant et de l’accusé jusqu’à l’achèvement de cette enquête.

Il est clair que les oulémas ne permettent pas qu’on aille plus loin.

Le secrétaire du Conseil catholique pour le dialogue interreligieux, Javaid William, qui présentait le document, a déclaré que la loi sur le blasphème est devenue un sujet tellement sensible que personne n’ose y toucher, bien qu’elle soit très souvent utilisée pour régler des différends personnels. C’est pourquoi « nous demandons seulement que soit mise en place une “soupape de sécurité” pour éviter les abus », a-t-il précisé. Ajoutant que le plaignant devrait être poursuivi si son accusation se révèle être fausse… Mais il ne semble pas que cela soit dans le document.

D22DE92D-FAD6-4BD4-A27C-01EFDC39B8E1_mwdynamic_mhdynamic_s.jpg

Asia Bibi avec Salman Taseer, le gouverneur du Pendjab qui venait lui rendre visite en prison. C’était le 20 novembre 2010. Deux mois plus tard, il était assassiné par son garde du corps pour avoir pris la défense d’Asia Bibi.