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Le blog d'Yves Daoudal

  • Circulez, François ne dira rien…

    Pour quiconque n’est pas au courant de tous les détails de la vie de l’Eglise, spécialement hors d’Europe, le communiqué du « vice-directeur » de la Salle de presse du Saint-Siège, ce jour, est incompréhensible :

    « Avant la récente nomination de Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid comme Evêque de Osorno (Chili), la Congrégation pour les évêques a soigneusement étudié la candidature du prélat et n'a pas trouvé de raisons objectives susceptibles d'empêcher sa nomination. »

    On croirait un communiqué d’un pays soviétique.

    Reprenons.

    Il y a donc un Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid. En plus court Mgr Juan Barros. Que le pape a nommé évêque de Osorno au Chili le 10 janvier dernier.

    Et, ce 31 mars, le Vatican nous dit que l’on n’a pas trouvé de raisons objectives qui auraient pu empêcher sa nomination.

    Cela veut donc dire que des raisons ont été émises et qu’elles étaient assez dignes d’intérêt pour qu’on les examine et qu’on les réfute. Mais on ne vous dira pas ce que c’est.

    En fait le communiqué est censé répondre, sans le dire, à ce qui s’est passé le 21 mars. Ce jour-là, Mgr Barros devait être intronisé dans son diocèse. Il y avait énormément de monde pour l’accueillir à la cathédrale : mais pour lui dire qu’on ne voulait pas de lui. L’évêque a dû être escorté par la police, mais il n’a pas pu faire l’homélie, la communion des fidèles a été supprimée, et il n’a pas pu remonter la nef de sa cathédrale…

    Le président de la conférence épiscopale, le cardinal Ezzati, n’était pas là : il avait un engagement de longue date… De nombreux autres évêques s’étaient fait porter pâle, et même 15 des 35 prêtres du diocèse.

    Quelque 51 députés avaient écrit au pape pour qu’il renonce à cette nomination, et une pétition avait recueilli plus d’un millier de signatures.

    Mais cette nomination était voulue par le cardinal Francisco Javier Errazuriz Ossa, qui est un des 9 membres du conseil rapproché de François.

    Que reproche-t-on à Mgr Barros ? Dans le meilleur des cas d’avoir caché les abus sur mineurs du P. Fernando Karadima, qui était un prêtre très influent de Santiago du Chili, notamment dans la haute bourgeoisie. Dans le pire des cas d’avoir servi les appétits du prédateur.

    Les premières plaintes contre Karadima eurent lieu en 1984, quand des paroissiens écrivirent à l’archevêque pour se plaindre. Mais le P. Karadima avait fait nommer un homme de confiance comme secrétaire de l’archevêque : c’était… Juan de la Cruz Barros Madrid (l’un des quatre « disciples » de Karadima qui allaient devenir évêques). Et la lettre des paroissiens alla directement au panier.

    En 2003 un paroissien relança l’affaire, alors que l’épiscopat chilien avait mis au point une procédure pour traiter les cas d’abus sur mineurs de la part d’ecclésiastiques. Mais le nouvel archevêque, celui-là même qui est aujourd’hui membre du conseil du pape, Mgr Errazuriz Ossa, temporisa, demandant de nouvelles preuves et suggérant que le délai de prescription était dépassé…

    En 2010 ce fut une plainte devant la justice civile, de la part de quatre hommes qui avaient été des fidèles de Karadima. Elle n’aboutit pas non plus, à cause des hautes protections dont bénéficiait le prêtre.

    En 2011, c’est le Vatican qui le jugea coupable d’abus sexuels et psychologiques sur mineurs, l’interdit de tout exercice du sacerdoce, et l’envoya dans un couvent mener « une vie de prière et de pénitence ».

    Mgr Barros a envoyé une lettre à tous les prêtres de son diocèse où il affirme qu’il ne savait rien des agissements du P. Karadima. Mais ces dénégations ne peuvent pas convaincre ceux qui ont vécu l’affaire. Elles ne font qu’aggraver son cas. D’où la réception très spéciale à la cathédrale.

  • Manuel Valls a disjoncté pour de bon

    Dans une démocratie, un responsable politique qui s’engage à fond dans une campagne électorale et qui subit une cuisante défaite présente aussitôt sa démission s’il n’avait pas de mandat à perdre.

    Qui donc plus que Manuel Valls s’est engagé dans la campagne ? C’est au point que, le 26 mars, il avait refusé de répondre à une question sur le chômage en disant : « Je suis en campagne. Je ne fais pas deux choses à la fois. Il faut vous y habituer. » Sic.

    Or cet homme qui était à 100% en campagne a subi une écrasante défaite. Sa campagne a été méchamment sanctionnée par les électeurs. Mais il n’est pas question qu’il quitte Matignon.

    Il a même osé dire ce matin :

    « Les Français me demandent de rester en poster pour redresser l'emploi et le pays. »

    Et pour faire bonne mesure il n’a pas écarté l’idée que des Verts entrent au gouvernement s’il y a un « pacte » entre le PS et eux.

    En effet, quand un gouvernement est ultra-minoritaire, il n’y a pas de raison qu’il ne fasse pas ministres des représentants d’un parti ultra-groupusculaire : les candidats EELV ont obtenu 0,16% des voix aux départementales.

  • On ne peut pas avoir deux femmes

    Finalement, pour faire comprendre de quoi il s’agit, la formule du cardinal Müller est simple et claire :

    « Il est impossible d’avoir deux femmes ! Si la première union est valide, il n’est pas possible d’en contracter une seconde en même temps. »

    (C’est la formule « divorcés remariés » qui embrouille tout, car elle est mensongère. Il faudrait déjà que les évêques et les théologiens l’abandonnent et la rejettent.)

  • Au Vietnam

    Les autorités communistes du district de Dak To, province de Kon Tum, menacent de détruire 22 chapelles catholiques, sous le prétexte habituel qu’elles n’ont pas de permis de construire, ou pas de permis pour servir au culte.

    Le décret signé du président du district est du 30 janvier. Le 4 février, le vice-président a donné l’ordre de procéder aux démolitions, et a en même temps interdit aux catholiques d’utiliser leurs maisons comme lieux de culte.

    Les autorités n’ont accepté que deux églises officielles pour le district de Dak To et deux autres districts, ce qui est très insuffisant pour les 51.000 catholiques dispersés sur ces territoires. Et encore ce n’est que récemment que les autorités ont accepté que des prêtres se rendent dans cette région des hauts-plateaux habitée par des minorités ethniques toujours suspectes de rébellion.

    Les fidèles ont écrit à l’évêque de Kon Tum, Mgr Michael Hoang Duc Oanh. Celui-ci leur a répondu en leur demandant de rester calmes et fermes dans la foi, et de rechercher le dialogue avec les autorités, tout en leur rappelant que la liberté de religion est garantie dans la Constitution, et en leur promettant d’intervenir.

    C’est peut-être pourquoi les chapelles n’ont pas encore été démolies. Mais une rumeur circule sur une prochaine mise en application de la décision des autorités.

  • Après la messe de la Passion

    Place Saint-Pierre :

    « Pardonnez-moi, mais je ne peux pas garder le silence: cela s'est passé tout à l'heure sur Rai Uno, en direct; le direct était pour le dimanche des Rameaux, Place Saint-Pierre, une liturgie dont nous savons qu'elle retrace la Passion du Seigneur, une liturgie qui nous amène vraiment à réfléchir profondément sur ce que le Seigneur a vécu pour nous, une liturgie qui nécessite certainement d'être suivie de recueillement, qui nous invite à réfléchir, à l'ouverture de cette Semaine sainte .... mais au contraire, qu'arrive-t-il? Le reporter annonce en ricanant l'innovation voulue par François, une innovation destinée à réjouir les nombreux jeunes présents sur la Place Saint-Pierre ...... un rythme de discothèque s'élève de la Place à plein volume, la caméra s'attarde sur quelqu'un qui commence à danser, et un jeune chanteur "argentin", qui a composé la chanson en utilisant des paroles de François, commence à chanter... »

  • Evêque(s)

    Albenga.jpg

    Le 10 janvier dernier, le pape avait nommé un évêque coadjuteur dans le diocèse d’Albenga. Pour « surveiller » Mgr Oliveri avant de prendre sa place, pensait-on. Et l’on n’y a plus guère pensé. Le 25 mars, jour de l’Annonciation, la bulle de nomination a été publiée sur le site du diocèse. Le site Messa in latino en a pris connaissance. Et a découvert alors que le coadjuteur était en fait nommé avec des « pouvoirs spéciaux »… qui ne sont rien d’autre que les pouvoirs ordinaires de l’évêque. Selon le canon 381.

    Bref Mgr Oliveri est dépouillé de ses pouvoirs épiscopaux au profit de son coadjuteur.

    Autrement dit, François a inventé l’évêque titulaire non pas d’un diocèse disparu mais d’un diocèse qui existe et dont le coadjuteur est le véritable évêque.

    Il va de soi que sur le plan ecclésiologique c’est une complète aberration.

    Et comme si cela ne suffisait pas, il y a en outre la cruelle hypocrisie ecclésiastique :

    « Enfin, ô vénérable Frère, uni par la charité fraternelle au Pasteur du diocèse d’Albenga-Imperia, fais en sorte de travailler quotidiennement dans ce lieu surtout avec le bon feu de la charité (cf. saint Ambroise) qui parmi les vertus chrétiennes occupe la première place. »

  • Mardi Saint

    Aujourd’hui, nous lisons la Passion selon saint Marc, le compagnon de saint Pierre. Aucun autre évangile ne raconte le reniement de saint Pierre d’une manière aussi humiliante (c’est l’humble confession du prince des Apôtres).

    A notre entrée dans l’église, nous nous trouvons en face de la Passio beata, l’heureuse Passion du Christ. La gloire de la Résurrection, qui brillera à la fin de cette semaine, fait déjà luire ses premiers rayons dans l’obscurité de la Semaine Sainte. (Observons tous les introïts de cette semaine ; ils respirent, tous, la confiance et nous font apercevoir, à travers les souffrances de la Croix, la joie de la Résurrection). L’Oraison demande la rémission des péchés en considération des « sacramenta Dominicæ Passionis », des mystères de la Passion du Seigneur. Dans la leçon, nous entendons encore le Prophète Jérémie, qui est la figure du Christ souffrant : « J’étais, comme un doux agneau, conduit à l’immolation » et nous entendons aussi la voix des ennemis : « Mettons du bois dans son pain » (allusion mystérieuse à la mort sur la Croix et à l’Eucharistie). Les trois chants de procession qui suivent (Graduel, Offertoire et Communion) sont des plaintes sorties de la bouche du Christ. Nous entrons donc dans le sacrifice douloureux du Christ et nous portons, pendant la journée entière, le souvenir de sa mort. Aujourd’hui, on chante la Passion selon saint Marc. C’est la prédication de saint Pierre. Quand la communauté se rend à l’autel pour recevoir le pain et le vin changés au corps et au sang du Seigneur, le chœur chante : « Ils chantent à mon sujet des chansons moqueuses, ceux qui boivent du vin devant la porte ». Le précieux sang nous fait songer aujourd’hui aux soldats ivres qui insultaient le Christ. Il est à remarquer que, précisément dans ces jours, la liturgie se plaît, à l’Offertoire et à la Communion, à faire un rapprochement entre le pain et le vin du sacrifice et la Passion du Seigneur (cf. Le dimanche des Rameaux : Off. et Com., et le Mercredi Saint Off. et Com.).

    Dom Pius Parsch

  • Lundi Saint

    Jésus est à table, avec Lazare qu’il a ressuscité des morts, et il annonce sa propre mort – et sa propre résurrection, mais de façon mystérieuse. Car la résurrection de Jésus est un mystère, la résurrection de Lazare était un « signe », comme aime à dire saint Jean : un signe de la résurrection pascale.

    Il est émouvant de voir que c’est Marie, celle qui aimait être aux pieds du maître, celle qui avait choisi la meilleure part, qui est l’actrice de ce qui est aussi un « signe » de la mort et de la résurrection du Christ.

    Elle verse sur les pieds de Jésus un nard « pistique » de grand prix. Oui, à mon sens, on devrait traduire « pistique ». Car c’est ce qu’ont fait ceux qui ont traduit du grec en latin, et saint Jérôme l’a ratifié (ou l’a mis lui-même), et tous les manuscrits latins ont « pistici », à savoir pisticus au génitif, comme tous les manuscrits grecs ont « πιστικῆς », à savoir « pisticos » au génitif.

    Or « pisticus » n’existe pas en latin. Les traducteurs ont laissé le mot grec, de peur peut-être de se tromper. Ou pour laisser le mystère. Ou plutôt pour souligner le mystère. Pisticos vient de pistis, la foi, comme le remarquait saint Augustin. Il veut dire « de confiance », « fiable ». Mais plus que cela. C’est le parfum de la foi que verse Marie, et qui répand sa bonne odeur dans toute la maison, et dans l’évangile de saint Marc Jésus dit que partout où l’on prêchera l’Evangile on racontera ce qu’elle a fait : « in universo mundo », dans l’univers entier se répandra l’odeur de ce parfum.

    Et cette bonne odeur renvoie naturellement à tous les « parfums de bonne odeur » que répandent dans tout l’Ancien Testament les sacrifices que Dieu agrée. Or c’est LE Sacrifice qui est ici annoncé. Et Jésus le souligne : « Pour le jour de ma sépulture elle le garde. » Elle « le garde », ce parfum qu’elle vient pourtant de verser entièrement. Elle le garde pour l’embaumer. Mais elle ne pourra pas l’embaumer, car il sera ressuscité avant que les myrophores puissent accomplir leur œuvre. Il sera ressuscité, c’est pourquoi Marie a versé le parfum en ce jour, elle a embaumé celui qui reviendra des morts avant de pouvoir être embaumé. Car il aura répandu la bonne odeur de son sacrifice pour le salut de tous les hommes.

  • Dimanche des Rameaux

    Dans le rite byzantin, ce jour est tout entier un jour de fête, c’est même l’une des 13 fêtes majeures du Seigneur. On y célèbre la liturgie de saint Jean Chrysostome, et non la liturgie du carême qui est celle de saint Basile. On y chante le triomphe du Christ entrant à Jérusalem parmi les acclamations des « enfants des Hébreux », et s’y joint le souvenir très présent de la résurrection de Lazare (célébrée la veille) qui préfigure la résurrection du Christ. La bénédiction et la procession des rameaux fait normalement partie des matines, et c’est sans doute pourquoi elle a disparu de la plupart des Eglises byzantines. Chez les melkites catholiques elle a lieu à la fin de la divine liturgie, et c’est une grande fête des enfants, qui sont revêtus de leurs plus beaux habits et portent des rameaux attachés à un cierge et chargés de bonbons.

    Dans le rite latin, jusqu’au VIe ou VIIe siècle, ce dimanche était celui de la Passion. Il est toujours le « deuxième dimanche de la Passion ». Et la messe ne parle que de la Passion. Le regard de la liturgie est même fixé sur le Vendredi Saint : la Crucifixion.

    Puis est venue s’ajouter la procession des rameaux, qui était un rite de la liturgie de Jérusalem. Et l’on a créé, précédant la messe de la Passion, une messe des rameaux, où la bénédiction des rameaux remplace la consécration du pain et du vin, et où la distribution des rameaux remplace la communion. Il est très regrettable que la réforme de la Semaine Sainte, en 1955, ait gravement mutilé cet office, car le contraste était encore plus saisissant entre les deux parties de la liturgie de ce jour.

    Contraste ? Oui, sans aucun doute, entre la joyeuse procession royale et la lamentation funèbre. Et pourtant… l’Eglise a choisi, comme lecture du deuxième nocturne des matines, le début de la 11e homélie prononcée par saint Léon le Grand en ce jour. Donc bien avant qu’il y ait une procession. Or voici commence le sermon :

    Desideráta nobis, dilectíssimi, et univérso optábilis mundo adest festívitas Domínicæ passiónis, quæ nos inter exsultatiónes spirituálium gaudiórum silére non patítur…

    Objet de nos désirs, très chers, et souhaitée par le monde entier, voici venue la fête de la Passion du Seigneur, qui ne souffre pas que nous nous taisions au milieu des exultations de joies spirituelles…

    Les exultations de joies spirituelles, tout cela au pluriel, caractérisent donc, pour le saint pape, la liturgie de ce jour tout entière centrée sur la Passion. On voit là de façon toute particulière à quel point il n’y avait aucune trace de dolorisme chez les anciens. Pourquoi cette joie débordante ? Parce que la Passion est le couronnement liturgique de ce qui est l’objet privilégié de la contemplation de saint Léon, sur laquelle il revient inlassablement : l’union de Dieu et de l’homme dans le Christ, l’indicible humilité de la toute-puissance, « l’anéantissement de la majesté divine » qui permet « l’élévation sublime de la condition servile ». La Passion du Dieu incarné est la gloire de l’homme divinisé.

  • Un calvaire scié

    Ne cherchez plus qui sont les vandales antichrétiens qui ont scié et enlevé le grand calvaire de l’avenue Victor Hugo de Rodez.

    C’est l’évêque.

    Qui a fait cela le vendredi de la Passion.

    Il s’appelle François Fonlupt.

    Explications et photos sur Riposte catholique.

  • Ça chauffe

    Quelque 461 prêtres britanniques, malgré les pressions de la hiérarchie, ont signé une lettre par laquelle ils demandent instamment que l’Eglise garde sa doctrine sur la famille et  le mariage.

    Damian Thompson, examinant la liste de ces prêtres, a été étonné de découvrir des noms de clercs qu’il n’aurait pas décrits, dit-il, comme conservateurs, a fortiori comme traditionalistes.

    C’est déjà ce qu’on a pu constater en voyant les réactions de certains évêques, et de certains cardinaux, qu’on ne classait pas non plus comme « conservateurs ».

    Et en voici un autre, pour moi vraiment inattendu, c’est le cardinal Kurt Koch, dont je déplorais que Benoît XVI le fît président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, vu son ultra-œcuménisme (encore que, par rapport à son prédécesseur… Walter Kasper…).

    Et la réaction du cardinal Koch (qui est membre de droit du synode) est d’autant plus étonnante qu’il compare les kaspériens aux… protestants… et aux protestants qui justifiaient le nazisme :

    « Pensons aux Deutsche Christen (les luthériens) au moment du national-socialisme lorsque, les élevant au rang des Saintes Ecritures, ils ont placé la Race et la Nation dans la catégorie des sources de la Révélation. (…) Nous devons savoir distinguer de façon très attentive, ici et maintenant, en analysant avec sensibilité les signes des temps, pour voir quel est l'esprit qui se trouve derrière ces signes ; lesquels sont des signes de l'Evangile, et lesquels non. »

    Finalement, je crois que ce qui se passe va être bon, au final, pour l’Eglise. Un mauvais pape peut faire du bien malgré lui. De quoi me réconcilier avec ceux qui voient le Saint-Esprit partout…

  • + Mar Dinkha IV +

    Le patriarche de l’Eglise assyrienne, Mar Dinkha IV, selon son titre traditionnel « Métropolite de Séleucie-Ctésiphon, Catholicos et Patriarche de l'Orient », est mort jeudi dans une clinique du Minnesota à l’âge de 79 ans. Ses funérailles auront lieu le 8 avril à Chicago, où il avait transféré le siège de son Eglise, vu qu’il lui reste davantage de fidèles aux Etats-Unis qu’au Proche Orient…

    L’Eglise assyrienne (à laquelle appartiennent les chrétiens de la vallée du Khabour ravagée par l’Etat islamique) est ce qui reste de l’antique Eglise dite nestorienne, qui était au VIIIe siècle la plus grande Eglise chrétienne, puisqu’elle s’étendait en Inde et jusqu’en Chine.

    Une grande partie de cette Eglise choisit la communion avec Rome à partir du XVIe siècle, ce fut l’Eglise chaldéenne, devenue très largement majoritaire au XIXe siècle (et en Inde l'Eglise syro-malabar).

    L’Eglise assyrienne continua de pratiquer le patriarcat héréditaire (d’oncle à neveu), qui avait finit par provoquer le schisme, jusqu’à l’assassinat  de Mar Eshai Shimun XXIII (en… Californie !) en 1976. Mar Dinkha IV fut le premier patriarche à ne pas être le neveu du précédent.

    En 1994 il avait signé une déclaration christologique commune avec Jean-Paul II, mettant fin aux équivoques et aux incompréhensions qui régnaient depuis 1.500 ans.

    Mar Dinkha IV, né dans la province d’Erbil, espérait rétablir son patriarcat au Kurdistan irakien, ce qui explique sans doute en partie l’absence de vraies structures ecclésiastiques à Chicago : ni séminaire, ni écoles, ni ordres religieux, nombre insuffisant de paroisses…

    En 2008, le diocèse assyrien de Californie décidait de passer sous la juridiction de l’évêché chaldéen…

  • Samedi de la Passion

    L’Évangile nous présente encore un trait de l’histoire de la Passion intérieure. Nous sommes dans les derniers jours qui précèdent la mort du Christ, les princes des prêtres sont tellement aveuglés par leur haine qu’ils veulent faire mourir Lazare, le témoin du grand miracle. Jean décrit ensuite le dimanche des Rameaux et les acclamations du peuple qui va au devant de Jésus avec des palmes. Pendant que le Seigneur enseigne dans te temple, des païens viennent le trouver. Quel contraste ! Les Juifs veulent faire mourir leur Messie, les païens le recherchent. La prière des païens fait naître dans l’âme du Christ des pensées joyeuses et des pensées tristes. Il voit se lever l’aurore du jour de moisson et cette aurore brille au milieu de la nuit de la passion. Des pensées du mont des Oliviers et des pensées du Thabor traversent son Cœur. Il songe à sa mort douloureuse et son âme frissonne ; mais il voit aussi la gloire de Dieu et la rédemption des hommes qui seront les fruits de sa mort, et son âme se rassérène. Il désigne ces fruits par deux images. C’est d’abord la belle image du grain de froment. Il faut que le divin grain de froment meure, soit enfoncé dans le sol ; dans huit jours, ce sera le grand jour de repos du divin grain de froment. Puis lèvera une pousse magnifique qui produira des fruits abondants : le jour de Pâques du Christ et de tous les chrétiens ressuscités. Ce sera la moisson. Voici la seconde image : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » C’est là une image qui dépasse les temps et nous montre les rachetés de tous les temps, groupés autour de la Croix ; nous aussi, nous avons été attirés par lui. Ainsi l’Évangile parle de toutes les grandes journées de la semaine qui va commencer : du dimanche des Rameaux, du Vendredi Saint (« élevé »), du Samedi-Saint (le grain de froment) et de la splendeur de Pâques.

    Dom Pius Parsch

  • Oups...

    « Préparez-vous à être surpris. Visitez l’Allemagne. »

    La compagnie Germanwings fait retirer en catastrophe ses affiches du métro de Londres…

  • Immigrationnisme

    Selon une « étude » de la Fondation Bertelsmann (fanatiquement euromondialiste), l’Allemagne a besoin de 500.000 immigrants supplémentaires chaque année afin de pouvoir maintenir le niveau de l’emploi et la stabilité du système social à l’horizon 2050.

    En fait le solde des migrants était déjà de 470.000 l’an dernier, et 429.000 l’année précédente. Mais Bertelsmann souligne d’autre part qu’il ne faut plus compter sur les migrants venant d’autres pays d’Europe : « l’Allemagne doit se montrer plus attractive comme pays d’immigration pour les ressortissants de pays tiers ».

    Car après 2026 il faudra plus de 600.000 immigrants par an.

    L’idéologie immigrationniste s’installe dans les pays où l’on ne fait plus d’enfants, et où l’on tue ceux qui pourraient naître.

    Mais… chut, il ne faut pas parler de grand remplacement. Ni de politique de la vie.

  • L’avortement dans l’Ohio

    Les députés de l’Ohio ont adopté mercredi, à 55 voix contre 40, une proposition de loi prévoyant d’interdire l’avortement après six semaines de grossesse, c'est-à-dire à partir du moment où le battement de cœur du fœtus peut être détecté.

    Mais la proposition de loi devrait être rejetée par le Sénat.

  • Ah bon ?

    Je n’avais pas fait attention à ce propos du procureur de Marseille :

    « Le copilote n’était pas répertorié comme terroriste. »

    Réaction de Galliawatch :

    « Parce qu'il arrive qu'on permette de voler à des membres d’équipage répertoriés comme terroristes ? »

    Au-delà de ce qui n’est, espérons-le, qu’une maladresse de langage, il reste le fait qu’on a pris des mesures de sécurité dans les avions en partant du principe que le terroriste viendrait de l’extérieur du cockpit. Il semble qu’il soit urgent de considérer qu’il pourrait être dans le cockpit. Et il est sidérant qu’on n’ait pas pensé jusqu’ici que le terroriste puisse être le pilote.

  • Boko Haram

    L’armée nigériane annonce avoir repris la ville de Gwoza et détruit le quartier général de Boko Haram.

    Gwoza était l’une des trois dernières zones contrôlées par Boko Haram au Nigeria.

    On notera ce curieux commentaire d’un prêtre, le P. Père Tor Alumuku, interrogé par Fides :

    « Selon certaines estimations, 80 à 90% des zones occupées par Boko Haram ont été libérées au cours de ces dernières semaines par l’armée nigériane, avec l’aide de celles du Tchad et du Niger. On a vu comment l’offensive militaire a été préparée au cours de ces derniers mois, grâce aux fournitures d’armes provenant d’Afrique du Sud, après que les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, aient refusé de vendre des armements au Nigeria. »

    D’autre part, si les troupes de Boko Haram ne sont plus ni au Nigeria, ni au Niger, ni au Tchad, où sont-elles ? Et où aura lieu la prochaine attaque ?

  • La fermeté du cardinal Müller

    Famille chrétienne publie une interview du cardinal Ludwig Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, qui montre quel est le degré de division dans l’Eglise, et aussi que le gardien de la doctrine (on attend le jour où François le traitera de « pharisien en chef ») ne lâchera rien.

    Il y a d’abord sa réponse à son compatriote le cardinal Marx, président de la conférence des évêques d’Allemagne, disant : « Nous ne sommes pas une filiale de Rome. Chaque conférence épiscopale est compétente pour la pastorale dans son aire culturelle, et sa mission propre est d'annoncer elle-même l'Evangile.Nous ne pouvons pas attendre qu'un synode dise comment nous devons, ici, donner forme à la pastorale conjugale et familiale » :

    Une conférence épiscopale n’est pas un concile particulier, encore moins un concile œcuménique. Le président d’une conférence épiscopale n’est rien de plus qu’un modérateur technique, et il n’a à ce titre aucune autorité magistérielle particulière. Entendre dire qu’une conférence épiscopale n’est pas une « filiale de Rome » me donne l’occasion de rappeler que les diocèses ne sont pas non plus les filiales du secrétariat d’une conférence épiscopale, ou d’un diocèse dont l’évêque préside la conférence épiscopale. Ce genre d’attitude risque en fait de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II. L’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel.

    On ne doit pas appliquer à l’Eglise les catégories politiques, rappelle le cardinal Müller, et il dit alors : « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués. »

    — Certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient-elles être déléguées aux conférences épiscopales ?

    — C’est une idée absolument anticatholique, qui ne respecte pas la catholicité de l’Église. Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques.

    Ici il n’est pas sans intérêt de rappeler que dans Evangelii Gaudium François exprime le souhait d’un « statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique ». Joignant le geste à la parole, il cite 17 fois, dans cette exhortation apostolique, une conférence épiscopale comme référence doctrinale à son propos.

    Sur la question des divorcés soi-disant remariés, le cardinal Müller cite saint Jean Chrysostome : « Le divorce d’un mariage sacramentel est comme une amputation de la chair », et il ajoute : « Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. »

    Enfin, d’une façon plus générale – et qui répond sans le dire mais de façon transparente à un thème quasi quotidien de François :

    L’Église n’est pas une organisation philanthropique. Dire que nous respectons les opinions de tous, que nous voulons du bien à tous, ne suffit pas. Présenter l’Évangile comme un simple message thérapeutique n’est pas très difficile, mais ne répond pas à l’exigence de Jésus. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi », dit Jésus. Les premiers apôtres, les Pères de l’Église, les grands évêques de l’histoire de l’Église ont si souvent navigué face à des vents contraires. Comment pourrait-il en être autrement pour nous ?

  • François et les « docteurs de la loi »

    Extrait de l’homélie de François, hier :

    Ils n'avaient qu'un système de doctrine précise et qu'ilsprécisaient chaque jour pour que personne n'y touche. Des hommes sans foi, sans loi (sic), attachés aux doctrines, qui deviennent aussi une attitude casuistique : est-ce qu'on peut payer l'impôt à César, est-ce qu'on ne peut pas ? Cette femme, qui s'est mariée sept fois, quand elle ira au Ciel, sera-t-elle l'épouse de ces sept hommes ? Cette casuistique, c'était leur monde, un monde abstrait, un monde sans amour, un monde sans foi, un monde sans espérance, un monde sans confiance, un monde sans Dieu.

    Au-delà de l’attaque quotidienne contre les pharisiens qui croient que l’Eglise a une doctrine qui vaut d’être étudiée, défendue et vécue, on notera deux curiosités :

    — La question du paiement de l’impôt à César, qui est le fondement de la laïcité, donc de la civilisation chrétienne, est pour François une question de « casuistique », d’un « monde abstrait ».

    — La femme qui s’est mariée sept fois, « quand elle ira au Ciel ». Mais la question ne concerne pas ce qui se passe après la mort, mais lors de la résurrection, et Jésus répond sur la résurrection. Pas plus que celle de l’impôt à César il ne s’agit de casuistique, mais ici de compréhension de ce qu’est la résurrection des corps – à laquelle ne croyaient pas… non pas les pharisiens, non pas les docteurs de la loi, mais les saducéens.

  • Vendredi de la Passion

    La liturgie d’hier annonçait celle du Jeudi Saint, celle d’aujourd’hui annonce celle du Vendredi Saint. Tant dans les antiennes du Benedictus et du Magnificat que dans les chants de la messe. Et le souligne la mémoire de Notre Dame des sept douleurs.

    L’épître, tirée de Jérémie, pourrait elle-même être un de ces chants. Car elle est très utilisée par la liturgie.

    La première phrase a été reprise comme capitule de l’heure de tierce au temps de la Passion :

    Dómine, omnes, qui te derelínquunt, confundéntur : recedéntes a te in terra scribéntur : quóniam dereliquérunt venam aquárum vivéntium Dóminum.

    Seigneur, tous ceux qui vous abandonnent seront confondus ; ceux qui se retirent de vous seront écrits sur la terre, parce qu’ils ont abandonné le Seigneur, la source des eaux vives.

    La deuxième phrase est le capitule de tierce pendant l’année :

    Sana me, Dómine, et sanábor : salvum me fac, et salvus ero : quóniam laus mea tu es.

    Guérissez-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauvez-moi, et je serai sauvé, car vous êtes ma louange.

    (Dans la troisième phrase il y a une formule qui sera souvent reprise par les auteurs spirituels : « diem hóminis non desiderávi » : je n’ai pas désiré le jour de l’homme.)

    La dernière phrase est le capitule de sexte au temps de la Passion :

    Confundántur, qui me persequúntur, et non confúndar ego : páveant illi, et non páveam ego. Induc super eos diem afflictiónis, et dúplici contritióne cóntere eos, Dómine, Deus noster.

    Que ceux qui me persécutent soient confondus, et que je ne sois pas confondu moi-même ; qu’ils aient peur, et que je n’aie pas peur ; faites venir sur eux le jour du malheur, et brisez-les d’un double brisement, ô Seigneur notre Dieu.

    Dans la première phrase, on note cette expression à propos de ceux qui rejettent le Christ : « In terra scribentur » : ils seront écrits sur la terre. Forte image : ils seront jetés au sol, leur nom sera dispersé dans la poussière au lieu d'être écrit au Livre de Vie.

    On constate que cette expression figure dans le texte massorétique (le texte hébreu), dans le texte grec de la Septante, et dans la Vulgate latine. Il y a donc accord parfait entre les trois témoins bibliques.

    Or, l’ineffable chanoine Osty, qui traduit les « textes originaux », donc le texte massorétique, décrète : « On ne peut tirer aucun sens recevable de l’hébreu. » Et il traduit selon deux versions très marginales et évidemment fautives : « ils seront extirpés du pays ». Sic. C'est un exemple parmi beaucoup d'autres de l'incompréhension du texte sacré dont peut faire preuve un ecclésiastique spécialiste de la Bible et considéré par tous comme tel... Et aussi du mépris de la liturgie.

  • Jeudi de la Passion

    La messe de ce jeudi, fortement pénitentielle, annonce celle de jeudi prochain, le Jeudi Saint. C’est explicite dans l’office, puisque les antiennes du Benedictus et du Magnificat se rapportent au Jeudi Saint, et précisément à la Cène. « Le Maître dit : mon temps est proche, je fais la Pâque chez toi avec mes disciples. » « J’ai désiré, d’un ardent désir, de manger cet agneau pascal avec vous avant que de souffrir. »

    C’est aussi le Jeudi Saint qu’annonce l’évangile de saint Luc nous montrant une femme lavant les pieds de Jésus de ses larmes : la pénitente lavant ses péchés aux pieds du Seigneur.

    Résumant les chants de la messe, dom Pius Parsch écrit : « Tout ce que pouvait produire l’Ancien Testament était ceci : la reconnaissance des péchés, l’acceptation de la peine, le repentir profond. Le Nouveau Testament est bien plus consolant : il nous donne la grâce du pardon. »

    Ce n’est pas tout à fait exact. Car à la fin de l’introït, Azarias dit à Dieu : « Agissez à notre égard selon la multitude de vos miséricordes. » L’espérance dans la miséricorde de Dieu est un thème majeur de la prière de l’Ancien Testament. Mais assurément elle est espérance, quand l’évangile nous en donne la réalité. Et l’épisode de la pécheresse de saint Luc fait fleurir magnifiquement cette miséricorde sur le fumier de la pénitence.

    «  Ce qu’elle s’était accordé à elle-même d’une façon honteuse, elle l’offrait désormais à Dieu d’une manière digne de louange. Elle avait désiré les choses de la terre par ses yeux, mais les mortifiant à présent par la pénitence, elle pleurait. Elle avait fait valoir la beauté de ses cheveux pour orner son visage, mais elle s’en servait maintenant pour essuyer ses larmes. Sa bouche avait prononcé des paroles d’orgueil, mais voici que baisant les pieds du Seigneur, elle fixait cette bouche dans la trace des pas de son Rédempteur. Ainsi, tout ce qu’elle avait en elle d’attraits pour charmer, elle y trouvait matière à holocauste. Elle transforma ses crimes en autant de vertus, en sorte que tout ce qui en elle avait méprisé Dieu dans le péché fût mis au service de Dieu dans la pénitence. »

    Dans la Catena Aurea de saint Thomas d’Aquin, cette citation de saint Grégoire le Grand se poursuit par cette phrase audacieuse, mais qui correspond à la parole de Jésus : « Ainsi cette prostituée devient plus vertueuse que les vierges, car à cette pénitence si pleine de ferveur succède un amour plus ardent pour Jésus-Christ. »

    En fait cette phrase remarquable n’est pas de saint Grégoire le Grand. Comme l’indique la traduction française de la Catena Aurea, elle est de saint Jean Chrysostome, dans sa sixième homélie sur saint Matthieu. Plus exactement le résumé d’un propos qui est précédé d’une autre très belle phrase : « Comme la joie du monde a toujours la tristesse pour compagne, de même les larmes que l’on verse selon Dieu font croître dans l’âme une fleur de joie qui ne meurt ni ne se fane jamais. »

    La pécheresse a rencontré la miséricorde, parce qu’elle a connu le besoin de miséricorde et qu’elle a reconnu celui qui était la miséricorde. « Tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes. Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé de baiser mes pieds. Tu n’as pas oint ma tête d’huile ; mais elle, elle a oint mes pieds de parfum. C’est pourquoi, je te le dis, beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. »

    Telle est aussi notre vocation, sur le chemin de Pâques.

  • Au Québec

    Le gouvernement du Québec veut restreindre le nombre d’avortements. Un projet de loi vise à imposer un quota maximum d’avortements par avorteur dans l’année, et l’avortement ne sera plus considéré comme « activité médicale prioritaire » (comptant pour le nombre d’actes obligatoires).

    Les médecins de la culture de mort sont vent debout contre le projet. Le gouvernement « mine sérieusement le droit des femmes à des soins globaux de santé reproductive au Québec », écrivent la directrice du Centre de santé des femmes, Anne-Marie Messier, et une trentaine de médecins et directrices d’avortoirs.

    Car il est désormais bien établi que les « soins de santé reproductive » consistent d’abord à tuer les enfants, c’est une question de « santé des femmes ».

    Comme le dit Anne-Marie Messier : « Il ne faut pas que le projet de loi 20 passe comme ça, c’est extrêmement dangereux ! Tout l’aspect de la santé reproductive des femmes et la garantie d’un accès rapide à un avortement, c’est fondamental pour le droit des femmes. C’est le critère numéro un de l’égalité entre les hommes et les femmes. »

    Le droit au meurtre au nom de la santé est fondamental, et il est « extrêmement dangereux » de le limiter. Dangereux pour qui ? Ni pour les femmes ni pour les enfants, pourtant. Et l’on ne voit pas en quoi ce serait le premier critère d’égalité entre les hommes et les femmes. La culture de mort rend fou.

  • Une esplanade Yves Floc'h

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    Cf. "Yves Floc'h" dans la rubrique "A voir", sur cette page, colonne de gauche.

  • Boko Haram

    Les troupes du Niger et du Tchad ont repris la ville de Damasak, au Nigeria, qui était occupée par Boko Haram depuis des mois. Selon plusieurs témoins cités par les agences de presse, les jihadistes auraient pris avec eux quelque 500 enfants dans leur fuite.

    La semaine dernière on a trouvé plus de 70 corps en décomposition sous un pont près de cette ville.

  • Au Pakistan

    Nouvelle attaque d’une église catholique à Lahore. Hier à 14 h, deux hommes masqués en moto ont ouvert le feu contre les policiers en faction devant l’église Saint-Pierre.

    Il y a, attenant à cette église, une école. Les élèves ne s’y trouvaient pas. Mais il s’agit à l’évidence de terroriser les chrétiens.

  • La Vierge des larmes

    Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la congrégation pour les Eglises orientales, est en Hongrie depuis dimanche (voir la galerie de photos en bas de cette page, et ici), à l’invitation de l’Eglise grecque-catholique, qui a été érigée en Eglise métropolitaine sui juris vendredi dernier. Hier mardi il était à Máriapócs, pour lancer le troisième centenaire du (deuxième) miracle des larmes et de l’actuel sanctuaire.

    En 1696, un paroissien, qui venait d’être miraculeusement délivré de sa détention chez les Turcs, avait demandé au frère du curé de lui peindre une icône en ex-voto. Ce que lui fit celui-ci pour six forints. L’icône fut accrochée dans l’église, et, le 4 novembre suivant, pendant la divine liturgie, les fidèles remarquèrent que des larmes coulaient abondamment des yeux de la Mère de Dieu. Les larmes coulèrent sans interruption pendant deux semaines, puis avec quelques brèves interruptions jusqu’au 8 décembre.

    On se souviendra que les Ottomans avaient fait le siège de Vienne en 1683, et qu’on était en pleine guerre entre l’Autriche et la Turquie, notamment sur le sol hongrois où elle était doublée d’une guerre civile entre ceux qui voulaient rester vassaux des Ottomans et ceux qui choisissaient les Habsbourg. Les Turcs furent définitivement chassés de Hongrie en 1697, juste après le phénomène des larmes de la Vierge.

    Le résultat de l’enquête est conservé à l’université de Budapest. On y trouve de nombreux témoignages faits sous serment, y compris de protestants. Naturellement le phénomène avait rapidement été connu de tous, donc de l’empereur Léopold, qui d’ailleurs attribua la victoire décisive de Zenta à la Vierge de Pócs. L’empereur ordonna qu’on fît venir l’icône à Vienne. En 1479, elle fut installée dans la cathédrale Saint-Etienne, où elle se trouve toujours. L’empereur fit faire une reproduction, qu’on installa à Pócs.

    Le 1er août 1715, l’icône de Pócs (la reproduction, donc) pleura, jusqu’au lendemain, et encore le 5. Des centaines de personnes observèrent le phénomène. L’évêque d’Eger fit faire une enquête et authentifia le miracle. L’afflux des pèlerins dans la petite église en bois était tel qu’on décida de construire une grande église de pierre.

    L’icône pleura encore le 3 décembre 1905, et presque tous les jours jusqu’à la fin du mois.

    La véritable icône, dans la cathédrale de Vienne, n’a jamais pleuré de nouveau. Aucune des autres très nombreuses copies non plus.

    Pie XII a élevé l’église au rang de basilique mineure en 1948. En 1991 saint Jean-Paul II y a célébré la divine liturgie. En 2005 l’épiscopat hongrois a nommé Máriapócs « sanctuaire national », et le cardinal Erdö, légat du pape Benoît XVI, a alors consacré le pays et l’Eglise de Hongrie à la "Vierge qui pleure", et a placé sur l’icône une couronne d’or bénie par le pape.

    Le cardinal Erdö, archevêque de Budapest, participe ces jours-ci au lancement du troisième centenaire en compagnie du cardinal Sandri, de Mgr Fülöp Kocsis, premier « éparque métropolitain de Hajdúdorog des Byzantins » (photo), et de nombreux autres prélats.

    Quant à l’icône, elle a fait un voyage dans le pays, pendant le mois de mars, en 16 étapes, avant de revenir à Máriapócs le 24.

    Voici l’icône authentique, celle de la cathédrale de Vienne. Il est curieux de constater que, peinte dans un village ruthène, elle ressemble un peu aux icônes coptes…

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    La copie à Máriapócs :

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  • Annonciation

    Khairé kekharitoménè. C’est ainsi que le héraut de Dieu s’adresse à la Vierge. Par un jeu de mots insolite, inédit, chargé de mystère. Khairé, c’est la salutation banale en grec. Salut. Bonjour. Mais étymologiquement il ne s’agit ni du salut, ni de la paix de sa traduction arabe (as-salamou aleiki), il s’agit de la joie. Celui qui est salué par « Khairé » n’y fait guère attention. Mais ici il y a allitération avec le mot qui suit. Or ce mot est formé sur la même racine, mais avec le sens de « grâce », et c’est ici un participe parfait passif, il veut dire « pleine de grâce », qui a été totalement remplie de la grâce et qui est donc réellement pleine de grâce. Tout entière pénétrée de la grâce divine. Et assurément c’est un motif de joie pour Dieu, pour l’Ange et pour les hommes. Ainsi la mention de la grâce dont Marie est remplie, en s’entrechoquant avec le salut, rappelle-t-elle que ce salut est joie.

    Origène est peu loquace sur Marie. Le moment n’est pas encore venu. C’est l’époque où il faut déjà établir la foi en la Trinité, ce qui n’est pas une mince affaire, et en Jésus Fils de Dieu vrai Dieu et vrai homme, Verbe incarné, ce qui n’est pas simple non plus.

    Toutefois, Origène est frappé par la parole de l’Ange. Si bien qu’après avoir longuement expliqué pourquoi la Vierge qui va être enceinte est fiancée et même plus que fiancée, et avoir conclu son commentaire, écrit : « Je dois ajouter quelques mots sur la formule employée par l’Ange pour saluer Marie. » Pourquoi ? Parce que « c’est une formule nouvelle que je n’ai pas pu trouver ailleurs dans l’Ecriture. » Il constate que jamais cette formule n’a été adressée à un homme. Et Marie le savait, car elle connaissait la Loi, « elle était sainte et connaissait par ses méditations de chaque jour les oracles des prophètes ». « Si Marie avait su qu’une formule de ce genre avait été adressée également à un autre, jamais elle n’eût été effrayée de cette salutation qui lui paraissait étrange. C’est pourquoi l’Ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce devant le Seigneur… »

    Saint Ambroise, qui reprend souvent le commentaire d’Origène, poursuit en quelque sorte dans le même sens et voit lui aussi une première, quand il commente la réponse de Marie : « Comment cela se fera-t-il ? »

    Marie connaît l’Ecriture, dit saint Ambroise après Origène. Et elle connaît donc la prophétie d’Isaïe : « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils. » Sa question n’est pas du tout de défiance. Elle croit ce que lui dit l’Ange. Elle sait qu’il en sera ainsi. Mais elle demande comment cela se fera-t-il.

    « Marie l’avait lu, aussi a-t-elle cru à l’accomplissement ; mais comment cela s’accomplirait-il, elle ne l’avait pas lu, car ce comment n’avait pas été révélé, même à un si grand prophète. C’est que l’annonce d’un tel mystère devait tomber des lèvres non d’un homme mais d’un ange. Aujourd’hui pour la première fois on entend : L’Esprit Saint descendra sur toi… »

  • Une messe pour Richard III

    En 2012 des archéologues avaient trouvé à Leicester, sous un parking, un squelette qui pouvait être celui du roi Richard III, mort dans une bataille près de cette ville en 1485. Car la localisation correspondait à celle que conjecturaient les historiens : le chœur d’une chapelle de franciscains démolie à la « Réforme ». Les analyses ont confirmé qu’il s’agissait de Richard III, et la reconstruction de son visage a montré une ressemblance frappante avec l’unique portrait anonyme que l’on ait du roi.

    Cette semaine ont lieu à Leicester les cérémonies de ré-enterrement de Richard III. Puisque les anglicans se disent « Eglise d’Angleterre » et que leur chef est la reine, ils sont évidemment à la manœuvre, bien que le roi fût catholique. La cérémonie d’inhumation elle-même, dans la cathédrale anglicane, aura lieu jeudi, en présence de Justin Welby, retraité de l’industrie pétrolière, qui se fait appeler The Most Reverend and Right Honourable Archbishop of Canterbury.

    Comme nous sommes à l’ère de l’œcuménisme, les catholiques sont conviés à participer à divers offices. Le sommet sera assurément, demain, l’ « eucharistie de l’heure du déjeuner », à la cathédrale, « célébrée par Sœur Beverley, prêtre franciscaine anglicane » (sic), à laquelle prêchera le P. David Rocks op, curé de la paroisse de la Sainte-Croix.

    Hier après-midi, le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a célébré une messe de Requiem en cette église de la Sainte-Croix, qui est à la fois église paroissiale et chapelle du couvent dominicain.

    Or, dans ce contexte, l’homélie du cardinal ne passe pas inaperçue. En effet, elle était tout entière consacrée à souligner que Richard III était catholique et que l’on doit célébrer pour lui des messes catholiques.

    Voici ce qu’il a dit, juste après avoir rappelé le devoir de prier pour les morts, aujourd’hui pour Richard III :

    La prière que nous offrons pour lui ce soir est la meilleure prière qu’il y ait : l’offrande de la Sainte Messe, la prière de Jésus lui-même, accomplie dans l’offrande de son corps et de son sang sur l’autel de la Croix, présente ici pour nous sur cet autel. C’est le sommet de toute prière, parce qu’elle est faite dans et par une Personne qui est le Verbe éternel, par lequel tous les êtres créés ont la vie. C’est une prière qui provient de l’essence même de la création, le cri du Verbe retournant au Père et portant en elle l’achèvement pour lequel elle avait été créée. C’est, par conséquent, une importante tradition catholique de demander la célébration de la messe pour le repos de l’âme de ceux qui sont morts, en particulier pour chacun des êtres chers dont nous pleurons la disparition. N’oublions pas et ne négligeons pas un tel don.

    Au cours de cette semaine, la messe est offerte dans de nombreuses églises catholiques pour le repos de l’âme du roi Richard III. A juste titre. C’est exactement ce qu’il aurait souhaité, lui qui avait fondé, en personne, au moins une chapelle pour les messes à célébrer pour les morts des deux côtés de la bataille de Towton en 1461. (…)

    Nous pouvons être sûrs que, malgré la hâte et la violente confusion du temps, ce même Sacrifice de la Messe fut célébré par les franciscains pour le repos de l’âme du roi vaincu lors de son enterrement dans leur église ici à Leicester en août 1485.

    Nous savons que Richard était un homme d’intense dévotion, qui gardait et marquait son livre de prières et qui a certainement assisté à la Messe tout au long de sa vie. Il est à remarquer que le vêtement liturgique que je porte ce soir est attesté comme appartenant à la garde-robe de Richard III. Nous pouvons raisonnablement conjecturer que Richard a participé à la célébration de la Messe à laquelle ce même vêtement fut porté.

    (…)

    Nous offrons cette Sainte Messe pour que, même si ses restes sont couchés dans la cathédrale à côté, son âme soit unie à Dieu dans la gloire du Ciel pour y attendre la résurrection finale de toutes choses dans le Christ. (…)

    Parmi les messes dont parle le cardinal, on notera celle qui sera célébrée jeudi, le jour du ré-enterrement, en l’église Sainte-Catherine de Leyland, dans le Lancashire : une messe de requiem chantée dans la « forme latine traditionnelle ». « L’idée est que ce sera plus proche de ce qu’il a connu pendant sa vie, comme catholique d’avant la Réforme », dit le curé de la paroisse…

  • Rafle

    Suite au double attentat contre des églises de Lahore, au Pakistan, qui a fait 19 morts et plus de 70 blessés, une manifestation de chrétiens a dégénéré en émeute, au cours de laquelle deux musulmans ont été tués. (Et il s’est avéré ensuite que ces deux musulmans n’avaient rien à voir avec les attentats.)

    Ce matin, la police est entrée dans le quartier chrétien et a arrêté 200 personnes. Un prêtre du diocèse dénonce : « La police a mené un raid dans le quartier et arrêté indistinctement des personnes sans les identifier en fonction de leurs noms dans l’enquête en cours [qui vise nominalement 600 chrétiens…]. Nous ne sommes pas opposés à l’arrestation de ceux qui ont fait quelque chose de mal, mais l’arrestation de personnes innocentes est inacceptable. »