21 avril 2014

Pause

D'une dizaine de jours.

 

N.B. - A propos du Salon Beige voir ici, et son site de secours.

La provocation d’Annecy

La ville d’Annecy avait organisé le « carnaval des enfants » le 18 avril : le Vendredi Saint. Les deux nouveaux élus de la liste « Annecy pour la vie » ont alerté le maire, qui a décidé d’annuler ce « carnaval ».

Bien entendu, toute la gauche et tous les lobbies laïcards ont hurlé que c’était une atteinte intolérable à la laïcité. Et une grande manifestation a été organisée devant la mairie par le NPA, la Ligue des droits de l’homme et la Libre Pensée. On peut en voir la photo ici : il y avait moins de 20 personnes…

On aurait pu penser que l’évêque, interrogé par le journal local, aurait saisi l’occasion pour saluer l’action d’élus qui font respecter le caractère sacré du Vendredi Saint. Eh bien pas du tout. L’évêque les désavoue implicitement, considère que l’organisation de cette fête le Vendredi Saint résulte d’une simple ignorance « cuturelle », et souligne qu’il répond parce qu’on lui pose la question mais qu’il n’aurait certainement pas réagi spontanément si le « carnaval » avait eu lieu.

Il vaut mieux ne pas avoir d’évêque qu’un évêque comme cela. (Il s’appelle Yves Boivineau et il n’a que 67 ans.)

Deux provocations islamiques

On y est désormais tellement habitués qu’on n’y fait plus attention. Mais c’est une provocation qui revient chaque année : l’UOIF organise son grand rassemblement à Pâques. Joachim Veliocas y est allé, et il a pu constater que, bien entendu, on trouvait « le jihad à tous les étals », avec la bénédiction du gouvernement.

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A la collégiale de Dole, pendant la messe de Pâques, un homme revêtu d’une djellaba et d’une coiffe  a installé un tapis près de l’autel et a lu des versets du Coran. Puis il a écrit quelques mots sur le registre paroissial. Le sous-préfet a tenu à rassurer la population : « Il ne faut pas créer d’amalgame. Cette attitude déplacée est le fait d’un individu visiblement perturbé. »

Si peu « visiblement perturbé » que son écriture est posée et parfaitement régulière, ne trahissant aucune émotion. Et comme le souligne l’Observatoire de l’islamisation, l’homme a écrit la sourate 112. Non pas « un extrait », comme dit l'Observatoire, mais la sourate entière, qui n’a que quatre très brefs versets :

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Dis : Il est Allah, Unique (1). Allah, le Seul à être imploré pour ce que nous désirons (2). Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus (3). Et nul n’est égal à Lui (4).

Cette sourate s’appelle « Le monothéisme pur ». Elle est purement… antichrétienne.

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La provocation des Femen

Les Femen ont organisé le dimanche de Pâques une fête pour « l’inauguration » de « leurs » locaux. Des locaux qu’elles occupent depuis novembre…

L’affiche montrait un diable femelle à trois seins en spirales fouettant les postérieurs d’un prêtre, d’un rabbin et d’un imam. Le texte disait : « Messe sataniste, bûcher de merguez, coups de fouets, débats infernaux, musique païenne et blasphème à tous les étages: gagnez votre ticket pour l'enfer en pénétrant dans l'antre des sorcières! »

La fête s’est déroulée sous haute protection policière, en raison des réactions que cette invitation a suscitées. Le commissaire de police de Clichy s’est déplacé en personne pour s’assurer que la protection des sectaires sataniques serait efficace.

Est-il besoin de préciser que les Femen squattent un local sans le moindre titre, et qu’elles sont sous le coup d’une procédure d’expulsion ?

Lundi de Pâques

Dans son superbe livre sur les « pèlerins d’Emmaüs », qui est l’évangile de ce jour, sœur Jeanne d’Arc faisait notamment état d’une grande « inclusion » couvrant l’ensemble de ce passage, Luc 24 (1-12) 13-35. Voici les deux « dépliants » (cliquer pour les agrandir) qui sont ajoutés au livre et dont le second permet de voir l’inclusion d’un seul coup d’œil. Et de la préciser ensuite avec le texte évangélique reproduit dans le premier, avec les lettres qui permettent de passer de l’un à l’autre.

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Ce qui est impressionnant dans cette découverte est bien sûr qu’au centre de l’inclusion se trouve le kérygme, et que ce ne peut donc pas être un hasard.

Sœur Jeanne d’Arc précisait à propos du dépliant II :

« Les corrélations ici proposées sont plus ou moins sûres, plus ou moins évidentes. La typographie essaie de rendre le degré de certitude :

JÉRUSALEM : le même mot à la même place, irrécusable.

ANNONCÈRENT : les mots sont différents, il entre donc une part plus ou moins grande d’appréciation.

Dialogue : le mot n’est pas dans le texte. »

En outre, l’inclusion est elle-même incluse dans le plan rigoureux de ce passage :

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(En 2010 j’avais reproduit un bref extrait de ce même livre, publié au Cerf en 1977.)

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20 avril 2014

A Maaloula

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Bachar al Assad s’est rendu aujourd’hui à Maaloula, qui a été reprise en début de semaine par l’armée syrienne. Il a présenté ses « vœux de sainte fête de Pâques à tous les Syriens ».

Il a visité le couvent grec-catholique Saints-Serge-et-Bacchus pour se rendre compte des dégâts occasionnés par les jihadistes, puis il s’est rendu au couvent grec-orthodoxe Sainte-Thècle (dont les religieuses avaient été enlevées) où il a déclaré : « Personne, quel que soit son terrorisme, ne peut effacer notre histoire humaine et culturelle. Maaloula restera inébranlable, comme les autres monuments de la culture syrienne, face à l’obscurantisme et à la barbarie de tous ceux qui ciblent la patrie. »

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Extraits d’une dépêche de l’agence officielle SANA :

Les terroristes ont fait sauter le couvent Sainte-Thècle, dont une partie s’est écroulée, avant de vandaliser la nouvelle église et de brûler la porte de marbre ornée d’icônes. Les murs sont carbonisés, les icônes des saints ont été arrachées, les icônes du Christ poignardées. Une série d’autres icônes d’une valeur inestimable ont été endommagées.

Les pillages ont été nombreux. Les terroristes ont volé des chandeliers, des lustres, une statue du Christ de trois mètres, en bronze doré, qui avait été donnée par la Russie en 2009. Une statue de marbre du Christ Pantocrator a été détruite par explosifs. Toutes les croix qui se trouvaient sur les dômes des monastères et les églises ont été enlevées. Des documents datant de 1.500 ans ont été brûlés.

Cependant une peinture avec les mots « Dieu est amour » reste suspendue à ce qui reste d’une des portes d’une salle de théologie.

Le maire de Maaloula, Naji Wehbe, a déclaré que les tentatives des terroristes de tuer Maaloula n’ont pas été pour lui une surprise, car les wahhabites sont ennemis de la beauté, de l’histoire et de l’humanité.

Pâques

 

Introït de la messe du jour de Pâques, par les moines de Triors.

Sans doute la plus sublime antienne d’entrée de toute l’année liturgique, ce qui est normal puisque c’est la plus grande fête. Son caractère d’absolue contemplation n’est plus guère compris aujourd’hui, même par des professionnels du plain chant, qui s’étonnent de ne pas avoir un introït d’une joie débordante et d’un éclat triomphal, comme les peintures qui nous montrent le Christ surgissant glorieux du tombeau. Mais personne n’a vu la résurrection du Christ. L’événement qui a bouleversé l’histoire du monde est un événement secret, qui appartient à l’intimité divine. Ce que l’homme en a vu, c’est un tombeau vide. Les retrouvailles du Christ et de son Père ont lieu dans l’abîme insondable de la profondeur de la Sainte Trinité, la profondeur de la véritable joie et du véritable amour, qui irriguent la mélodie comme d'une intense mais immobile émotion. Cet introït est, de même, l’expression, la transcription musicale, du Saint Suaire. De l’instant d’après le Saint Suaire. Quand reprend vie, d’humanité déifiée, cette Paix éternelle.

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19 avril 2014

Samedi Saint

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Satan et Hadès discutaient ainsi, quand une voix tonna : « Élevez vos frontons, princes. Élevez-vous, portes éternelles, et le roi de gloire entrera. » A ces mots, Hadès dit à Satan : « Va-t-en, si tu es vaillant, et livre-lui bataille. » Satan sortit. Alors Hadès dit à ses démons : « Fermez bien les portes de bronze, poussez les barres de fer, renforcez les verrous, exercez une surveillance sans relâche. Car s'il descend chez nous, il deviendra notre maître. »

Nos ancêtres, en entendant ces paroles, éclatèrent en invectives : « Glouton, éternel affamé, disaient-ils, ouvre donc et laisse entrer le roi de gloire. » David le prophète disait : « Ne sais-tu pas, aveugle, que lorsque je vivais sur terre, j'ai lancé cette prophétie : Princes, élevez vos frontons » ? Isaïe à son tour : « Et moi, averti par le Saint-Esprit, j'ai écrit : Les morts ressusciteront, et ils se réveilleront, ceux qui dorment dans les tombeaux, et ils exulteront, ceux qui vivent sur la terre. Et j'ai dit : Où est, mort, ton aiguillon ? Où, enfer, ta victoire ? »

La voix à nouveau retentit : ouvrez vos portes. En entendant cette parole pour la seconde fois, Hadès demanda, comme s'il ne savait pas : « Quel est ce roi de gloire ? » Les messagers du Maître lui dirent : « C'est le Seigneur le fort, le vaillant, le Seigneur vaillant des combats ~. » A peine avaient-ils prononcé ces mots que les portes de bronze se fracassèrent, et les barres de fer se rompirent et tous les morts furent déliés des chaînes qui les retenaient, et nous avec eux. Et le roi de gloire entra, sous l'aspect d'un homme, et les ténèbres de l'enfer devinrent éblouissantes.

Aussitôt Hadès cria : « Nous sommes vaincus ! Malheur à nous ! Mais qui es-tu donc, toi qui possèdes une telle puissance et un tel empire ? Qui es-tu, toi qui es venu ici exempt de faute ? Toi qui parais petit et réalises de grandes choses, toi qui es humble et sublime, esclave et maître, soldat et roi, toi qui commandes aux morts et aux vivants ? Tu fus cloué en croix et déposé au tombeau, et te voilà soudain libre et tu as anéanti notre royaume. Es-tu ce Jésus, dont Satan, notre chef suprême, nous a parlé, nous disant que la croix et la mort te feraient hériter le monde entier ?

Alors le roi de gloire empoigna par le sommet de la tête le chef suprême, Satan, et le livra aux anges, disant : « Mettez-lui des chaînes aux mains et aux pieds, au cou et à la bouche. » Puis, le donnant à Hadès, il dit : « Prends-le et surveille-le étroitement jusqu'à mon retour. »

Hadès reçut Satan et lui dit : « Belzébuth, héritier du feu et du châtiment, ennemi des saints, qu'est-ce qui t'a poussé à faire crucifier le roi de gloire ? Il est descendu chez nous et nous a dépouillés. Retourne-toi et vois il ne me reste plus de morts. Tous ceux que tu avais gagnés par le bois de la connaissance, la croix te les a repris. Tes délices se sont changées en douleur. En voulant tuer le roi de gloire, tu t'es tué toi-même. Je t'ai reçu avec mission de bien te garder. Eh bien, tu sauras d'expérience quels maux je suis capable d'infliger. O chef des diables, prince de la mort, racine du péché, comble du mal ! Quel vice trouvais-tu en Jésus pour désirer sa perte ? Comment as tu osé lui nuire ? Pourquoi as-tu cherché à faire choir dans les ténèbres un homme qui t'a enlevé tous ceux qui depuis l'origine étaient morts ? »

Hadès parlait encore à Satan quand le roi de gloire étendit sa main, saisit Adam notre premier père, et le ressuscita . Puis, se tournant vers les autres, il dit : « Venez avec moi, vous tous qui devez votre mort au bois que celui-ci a touché. Car voici : je vous relève tous par le bois de la croix ! » Alors il les fit tous sortir, et l'on vit notre premier père Adam rempli de joie : « Je rends grâce à ta magnanimité, Seigneur, disait-il, car tu m'as fait remonter du fond des enfers. » Et tous les prophètes et tous les saints disaient : « Nous te rendons grâces, Seigneur, sauveur du monde, qui as tiré nos vies de la corruption. »

Et tandis qu'ils parlaient, le Seigneur bénit Adam en marquant son front du signe de la croix. Il fit le même geste avec les patriarches et les prophètes, les martyrs et les ancêtres, et d'un bond les fit sortir de l'enfer. Et pendant qu'il marchait, les saints pères chantaient derrière lui, et disaient : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Alléluia. A lui la louange de tous les saints. »

Actes de Pilate (ou Evangile de Nicodème), 21-24.

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18 avril 2014

Vendredi Saint

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« Ainsi, le Christ devient le nouvel Adam par lequel la vie humaine prend un nouveau départ. Lui qui est fondamentalement relation et « être en relation », le Fils restaure les relations. Ses bras étendus sont la relation ouverte, qui toujours nous reste ouverte. La Croix, lieu de son obéissance, devient ainsi le vrai arbre de vie. Le Christ devient l’image opposée au serpent, ainsi que le dit Jean dans son évangile (In. 3,14). De cet arbre ne vient pas la parole de tentation, mais la parole de l’amour sauveur, la parole de l’obéissance, par laquelle Dieu même s’est fait obéissant, et nous offre ainsi son obéissance comme champ de la liberté. La Croix est l’arbre de vie à nouveau accessible. Dans la Passion, le Christ, pour ainsi dire, écarta le glaive fulgurant, traversa le feu et dressa la Croix comme véritable axe du monde, sur lequel se relève le monde. Pour cela même, l’Eucharistie, comme présence de la Croix, est l’arbre de Vie qui reste toujours au milieu de nous et nous invite à recevoir les fruits de la vie véritable. Il s’ensuit que l’Eucharistie ne se résume jamais à une sorte de pratique communautaire. La recevoir, manger de l’arbre de Vie, cela signifie recevoir le Seigneur crucifié, c’est-à-dire sa forme vitale, son obéissance, son « oui », c’est accepter la mesure de notre condition de créature. Cela veut dire accepter l’amour de Dieu qui est notre Vérité. Cette dépendance vis-à-vis de Dieu ne signifie pas pour nous détermination venue de l’extérieur, tout comme, pour le fils, la filiation n’est pas une détermination extrinsèque : c’est justement cette « dépendance » qui est liberté, parce qu’elle est Vérité et Amour. »

Joseph Ratzinger, Au commencement Dieu créa le ciel et la terre (quatre sermons de carême), Fayard, p. 85.

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Rome, basilique Saint-Clément

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17 avril 2014

Ça devient systématique

Le Dakota du Nord avait adopté l’an dernier une loi interdisant l’avortement à partir du moment où les battements du cœur de l’enfant sont perceptibles, ce qui peut arriver dès la sixième semaine de grossesse. Un juge fédéral vient de déclarer cette loi invalide et inconstitutionnelle au regard de l’arrêt Roe contre Wade.

Le procureur général de l’Etat se demande s’il va faire appel devant la Cour suprême des Etats-Unis. Mais on a constaté que désormais la Cour suprême refuse de se saisir de tels jugements (comme pour la définition du mariage), ce qui implique que le jugement devient définitif.

Je dois dire que je n’arrive pas à comprendre comment un juge, tout seul, sous prétexte qu’il est « fédéral », peut décider qu’une loi est inconstitutionnelle (une loi votée par une majorité de députés, souvent après un référendum), sans qu’il y ait désormais possibilité d’appel.

Joseph Daul remporte le pompon !

Joseph Daul, député européen depuis 1999 et président du groupe PPE depuis 2007, ne se représente pas. Il a prononcé hier son dernier discours de député et de président. Et il remporté le prix du premier politicien (me semble-t-il) à annoncer l’apocalypse si l’on vote mal aux européennes.

Et il l’a fait magnifiquement :

« Je suis convaincu que si l'Europe succombe aux sirènes populistes et eurosceptiques, ce serait un retour vers le chaos et la guerre. »

Il va être difficile de faire mieux.

14:37 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

Pas mal…

Je n’ai pas l’habitude de reproduire des textes des hiérarques socialistes (ni d’ailleurs d’autres partis). Mais le billet de Claude Bartolone sur Dominique Voynet est tellement bien troussé que je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager. (Qu’il soit écrit par Bartolone ou par un nègre, auquel cas : bravo le nègre.)

*

Dominique Voynet a été nommée aujourd’hui, en conseil des ministres, Inspectrice générale des affaires sociales.

Étrange décision.

Triste itinéraire d’une enfant gâtée de la République.

Elue ou parachutée tour à tour dans le Jura, au parlement européen, en Seine-Saint-Denis, puis défaite par les électeurs ou auto-démissionnée par certitude de l’être, Madame Voynet, si prompte à critiquer la violence du « système », restera certainement silencieuse quant à la manière dont elle vient d’en profiter goulûment.

Au mieux, cette nomination apparait comme le « golden parachute » d’une élue en mal d’électeurs. Au pire, elle procède d’un accord politique lui ayant permis de s’exfiltrer de Montreuil après avoir laissé cette ville en ruines et la gauche divisée comme jamais.

En toute hypothèse, cette nomination est un regrettable accroc à la République irréprochable que nos compatriotes appellent de leurs vœux.

*

(Petite précision: le salaire d'un inspecteur général des affaires sociales se situe entre 85.000 et 100.000 € par an. Pour un travail qui, éventuellement, peut occuper deux jours par semaine.)

Avorter toujours plus

L’Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a lancé hier un plan pour « améliorer l’accès à l’IVG ». Par le projet régional FRIDA : Favoriser la Réduction des Inégalités D’accès à l’Avortement.

On va notamment mettre en place un « observatoire des dysfonctionnements du parcours de santé IVG ». Parce que tuer l’enfant dans le ventre de sa mère est un « parcours de santé »…

Et il faut « repositionner l’IVG en tant qu’activité médicale à part entière ». Dans le cadre d’une meilleure application du serment d’Hippocrate, sans doute.

Il faut aussi « sensibiliser les futurs praticiens à la pratique de l’IVG ». Vous voulez être médecin pour soigner les gens ? Eh bien il va falloir d’abord nous montrer de quoi vous êtes capable dans la boucherie intra-utérine.

L’un des objectifs de FRIDA me laisse perplexe :

« Contractualisation avec les établissements de santé sur un objectif de volume d’activité d’IVG par rapport au volume de leur activité d’obstétrique. »

Cela veut-il vraiment dire que les établissements dits « de santé » devront s’engager par contrat à tuer une quantité définie de bébés à naître par rapport au volume global de leur activité obstétrique ? Et s’ils n’arrivent pas au quota, il se passe quoi ? On va chercher des femmes à avorter par tous les moyens ? On vire les médecins qui ne font pas assez d’avortements ? On coupe dans les crédits qui vont aux soins pour punir cet établissement ?

Le viol des chrétiennes au Bangladesh

Une centaine de chrétiens, et quelques musulmans, ont manifesté hier à Dakha, à l’appel de l’organisation des étudiants de l’ethnie Garo, contre le viol subi par une jeune catholique.

Au cours des festivités du nouvel an bengali, lundi dernier, quatre musulmans ont attaqué la jeune fille et l’ont violée.

Elle a 21 ans, elle s’appelle Mary Thigidi Purnima, elle est de la paroisse de Mariamnagar, dans le diocèse de Mymensingh. Elle travaille dans un institut de beauté à Dakha.

Et elle est courageuse. Car elle a porté plainte, alors que la plupart des chrétiennes violées, quand elles survivent, font profil bas. Comme prévu, les menaces de mort s’accumulent sur Mary pour qu’elle retire sa plainte.

D’autre part, quand une jeune fille d’une minorité ethnique (et en plus chrétienne) porte plainte, la police s’abstient de faire du zèle. Cette fois, cependant, elle a arrêté l’un des trois violeurs et recherche les autres.

Pour autant qu’on le sache, neuf femmes des minorités ethniques ont été violées depuis le début de l’année, dont deux ont été tuées. 67 viols de ce type avaient été recensés l’an dernier.

14:17 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Jeudi saint

C’est le jour de l’institution de l’eucharistie et du sacerdoce. Ce n’est pas le jour du souvenir de cette double institution. De même que l’eucharistie nous donne réellement le corps et le sang du Christ parce qu’elle EST le sacrifice de la Croix, le jeudi saint EST le jour où le Corps et le Sang nous sont donnés sous la forme qui leur est donnée en CE jour à la Cène.

C’est ce que souligne la messe, d’abord dans la prière solennelle (Hanc igitur) où le prêtre étend les mains sur les dons :

« Voici donc l’offrande que nous vous présentons, nous vos serviteurs et avec nous votre famille entière, en ce jour où Notre Seigneur Jésus-Christ a confié à ses disciples la célébration des mystères de son corps et de son sang, acceptez-la, Seigneur, avec bienveillance ; disposez dans votre paix les jours de notre vie, veuillez nous arracher à l’éternelle damnation et nous compter au nombre de vos élus. Par le Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. »

Et lors de la consécration elle-même :

« Celui-ci, la veille de sa Passion, c’est-à-dire aujourd’hui, prit du pain dans ses mains saintes et adorables, et les yeux levés au ciel vers vous, Dieu, son Père tout-puissant, vous rendant grâces, il bénit ce pain, le rompît et le donna à ses disciples en disant : Prenez et mangez-en tous : CECI EST MON CORPS. »

L’Eglise est également le Corps du Christ, parce que l’Eglise s’édifie par le Corps du Christ, par l’eucharistie, grâce au sacerdoce que le Christ nous donne en ce jour.

Le sacerdoce en sa plénitude est celui de l’évêque. Seul l’évêque peut édifier une Eglise diocésaine, parce qu’il est l’unique grand prêtre de ce diocèse, qu’il construit par l’eucharistie, eucharistie qui à partir de sa cathédrale se diffuse dans toutes les paroisses par ses prêtres et le peuple de Dieu en communion avec lui par l’eucharistie. La cathédrale est la mère des églises du diocèse, comme la cathédrale de l’évêque de Rome est la mère de toutes les cathédrales et églises du monde.

C’est pourquoi le Jeudi Saint est le seul jour de l’année où l’évêque ne peut pas célébrer la messe ailleurs que dans sa cathédrale. Il y a bien aussi, sans doute, le jour anniversaire de la dédicace de la cathédrale, mais là c’est plutôt une affaire de convenance, même si c’est d’impérative convenance. Alors que pour la messe de la Sainte Cène le Jeudi Saint c’est un impératif sacramentel et ecclésiologique.

Le caractère unique de cette messe est souligné par le fait qu’une seule messe est permise dans les églises, image de l’unique messe célébrée à la cathédrale.

Dom Pius Parsch commente :

« Aujourd’hui, dans toutes les églises, une seule messe est permise. Le prêtre le plus digne remplace le Christ ; les autres sont, pour ainsi dire, les Apôtres et reçoivent de ses mains la sainte Communion ; la messe est, en effet, la célébration de la Cène. Mais la messe devrait être une véritable fête de famille et de communauté. Le curé, ses auxiliaires et toute la paroisse autour de la table du Seigneur ou, pour mieux dire, le Christ avec ses disciples ! L’église de station est Saint-Jean de Latran, l’église paroissiale du père de la chrétienté. Ainsi, dans l’esprit de la liturgie, toute la famille de l’Église romaine est rassemblée pour célébrer la Cène. »

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(Benoît XVI à Saint-Jean de Latran pour la messe In Cœna Domini le Jeudi Saint 2009.)

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16 avril 2014

Les responsables du prochain attentat de New York

Sous l’influence de la nouvelle municipalité de gauche bobo libertaire, la police de New York a annoncé hier la fermeture de son unité chargée de surveiller les mosquées et les restaurants, librairies et autres magasins de la communauté musulmane.

En juin dernier, plusieurs associations dont la célèbre ACLU avaient porté plainte contre l'ancien maire Michael Bloomberg et l'ancien chef de la police pour pratiques anticonstitutionnelles violant les droits civiques des musulmans. « Quand la police transforme en suspects des gens respectueux de la loi, parce qu'ils fréquentent une mosquée et non une église ou une synagogue, cela viole les garanties d'égalité et de liberté religieuse de notre Constitution », avait déclaré une responsable de l'ACLU.

Evidemment, si l’on refuse de voir la différence entre la prédication du jihad et celle du sermon sur la montagne, il est clair que cette unité de la police n’était pas légitime.

Mais que les bobos de New York ne viennent pas pleurnicher lors du prochain attentat meurtrier. Ce seront eux les responsables, à commencer par le maire, Bill de Blasio.

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Les obsèques du « gaulliste de gauche »

Philippe Dechartre, mort le 7 avril à 95 ans, fut la principale figure du « gaullisme social » et du « gaullisme de gauche ». Il fut trois fois secrétaire d’Etat, entre 1968 et 1972, et il était le doyen du Conseil économique et social quand il l’a quitté, en… 2010. Il était président d’honneur de l’Etoile civique (ancien mérite civique), grande croix de la Légion d’honneur, grand croix de l’ordre national du mérite, commandeur des palmes académiques.

Une cérémonie a eu lieu hier aux Invalides en son honneur. Entre autres personnalités, il y avait pas moins de quatre anciens grands maîtres du Grand Orient de France.

Philippe Dechartre avait été initié dans une loge du Grand Orient en 1946, il fut le cofondateur d’une autre loge du Grand Orient, et il était en même temps membre d’une loge de la Grande Loge de France…

Le gouvernement était représenté par le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, qui n’est pas (du moins officiellement) franc-maçon. « La qualité de son discours, dit le blog franc-maçon de L'Express, a été salué par des dignitaires, car il a rappelé le parcours de Dechartre dans la Résistance et surtout son attachement aux valeurs de la Franc-maçonnerie. »

Les animaux sont sensibles

La commission des Lois de l'Assemblée nationale a adopté un amendement qui, s’il est voté (ce qui ne fait aucun doute), fera des animaux, dans le code civil, des « êtres vivants doués de sensibilité » et non plus des « biens meubles ».

En soi cela ne changera rien, puisque le code rural dit déjà : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Et le code pénal sanctionne le fait de « commettre un acte de cruauté envers un animal ».

Mais ce sera vu comme une victoire par les tenants de l’idéologie antispécisme (toutes les espèces sont égales) qui se développe à mesure que les hommes oublient qu’ils ont été créés à l’image de Dieu. L’étape suivante est la reconnaissance des droits des animaux.

C’est aussi un rappel que les animaux sont mieux considérés que les embryons et fœtus humains. Car ceux-ci ne sont pas des « êtres vivants doués de sensibilité » : ils ne sont qu’une excroissance corporelle que la femme peut conserver ou supprimer (ce qui s’exprime par le slogan : « mon corps m’appartient ») – pourquoi seulement jusqu’à 12 semaines en France, ça c’est un mystère…

Une nouvelle campagne du Planning « familial »

Le Planning dit par antiphrase « familial » annonce une nouvelle campagne de promotion du meurtre des enfants non encore nés. Pour « déstigmatiser » l’avortement qui est un « droit essentiel ». Comme le droit de vivre, par exemple.

Le Planning a lancé un nouveau site, appelant les femmes qui ont avorté à témoigner publiquement à quel point c’est fun de tuer son enfant.

Et il a publié une nouvelle affiche : L’avortement est un droit et c’est moi qui choisis, Oui, destinée à être placardée dans les salles d’attente des professionnels de santé.

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Sur cette affiche, on voit une jeune fille ou une jeune femme gueuler le « Oui », face à d’affreux réactionnaires qui font la gueule. Parmi lesquels il y a un prêtre catholique (mais ni rabbin ni imam). Il y aussi une grosse bourgeoise… qui ressemble à Simone Veil.

Ce qui est écrit en dessous, comme toute l’affiche (y compris l’attitude de la jeune femme), montre bien que l’avortement n’est pas un « droit » comme un autre ni un « choix » neutre… On ne supprime pas la loi morale naturelle d’un trait de plume, même après 40 ans de propagande intensive.

Record de baptêmes au Népal

Le Père Pius Perumana, pro-vicaire apostolique du Népal, évoque à l’agence Fides les quelque 60 baptêmes d’adultes qui auront lieu dans ce pays à Pâques.

Comme il y a environ 8.000 catholiques au Népal, ce doit être , proportionnellement, un record mondial.

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Mercredi Saint

Nous avons de saint Léon le Grand sept sermons de la Passion qui portent la mention « Habitus feria quarta » : prononcés le Mercredi Saint. Ces sept sermons sont explicitement la suite de sermons prononcés le dimanche précédent. Il en résulte qu’au temps de saint Léon il n’y avait pas de messes ni d’offices publics les Lundi et Mardi Saints. C’est pourquoi la messe du Mercredi Saint est d’une particulière solennité : elle ouvrait le temps sacré de la mort et de la résurrection du Seigneur.

C’est pourquoi elle était célébrée à Sainte-Marie-Majeure, comme pour une grande fête, et en prélude au Jeudi Saint dont les trois messes (des pénitents, des saintes huiles, et de la Cène) auront lieu à Saint-Jean de Latran. Elle a gardé ses trois lectures, signe aussi qu’il s’agissait du dernier « scrutin », le scrutin de repêchage des derniers catéchumènes. Mais ce sont tous les catéchumènes qui étaient confiés à la garde de la Mère de Dieu.

L’évangile est la Passion selon saint Luc. Saint Luc qui est évidemment chez lui dans la basilique de la Sainte Vierge dont il est l’évangéliste et le portraitiste. Saint Luc dont la prédication est l’écho de celle de saint Paul. Saint Paul qui fournit le solennel introït de cette messe, préface de la mort et de la résurrection du seul Seigneur : « Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; car le Seigneur s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix : c’est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. »

Le psaume d’introït est le psaume 101, que l’on retrouvera dans le trait, l’offertoire et la communion. Les versets extraits de ce long psaume sont ceux par lesquels Jésus exprime sa souffrance, en écho des deux lectures d’Isaïe qui sont les deux grandes prophéties de la Passion. Voici ce qu’écrit le bienheureux cardinal Schuster à propos du trait :

« Le répons suivant a été détaché du psaume 101, et il décrit les sentiments de Jésus dans sa suprême agonie, sentiments de douleur et d’humiliation, mais de parfaite confiance en Dieu qui, au moment voulu, se lèvera à son aide et le ressuscitera : “Seigneur, écoutez ma prière, que mon cri arrive jusqu’à vous. Ne détournez pas de moi votre face ; écoutez-moi chaque fois que je suis dans la tribulation. Au jour où je nous invoque, hâtez-vous de m’exaucer, car mes jours s’évanouissent comme la fumée, et mes os sont brûlés comme par une grande flamme. J’ai été abattu comme l’herbe, mon cœur s’est desséché, en sorte que j’ai oublié de manger mon pain. Vous vous lèverez bien pourtant pour compatir à Sion, car il est temps d’en avoir pitié, le moment en est venu.” Avec quel tremblement et quel respect ne devons-nous pas méditer dans le Psautier ces sentiments de Jésus crucifié ! Ce livre sacré de la prière est le meilleur commentaire du saint Évangile, puisque alors que les évangélistes s’occupent de préférence à décrire la vie extérieure et l’enseignement du Sauveur, le psalmiste nous dépeint les sentiments intimes de son cœur. »

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15 avril 2014

Malte aussi

Le Parlement de Malte, pays théoriquement à 98% catholique, a voté hier (par 37 voix contre zéro, l’opposition s’est abstenue) la légalisation des unions entre personnes de même sexe, et l’adoption d’enfants par ces paires. Le Times of Malta croit utile de préciser que la loi  permet aux personnes transgenre d’officialiser une union avec une personne du genre de son choix…

Le mot de « mariage » a été évité, mais l’union votée est identique au mariage.

Dans le même temps, les lois anti-discriminations ont été étendues pour inclure l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

« Malte est maintenant plus libérale et plus européenne, et a donné l’égalité à tout son peuple », a déclaré le Premier ministre Joseph Muscat.

Le procès d’Asia Bibi encore reporté

Le procès en appel d’Asia Bibi a été reporté, hier, pour la quatrième fois en deux mois. Sur fond de pressions islamistes et de menaces contre les magistrats.

L’évangile de Bergoglio

« L’Evangile le plus aimé du jeune prêtre Jorge Mario Bergoglio est illustré par le génie visionnaire de Victor Delhez, maître dans le difficile art de la xylographie. Un livre jamais oublié au cours des années, très aimé de l’actuel Pape; ce n’est pas par hasard que l’image de la Résurrection a été choisie par le Pape Bergoglio pour les vœux de Pâques 2014. »

La Résurrection selon Delhez, c’est ça :

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Pas loin de ça, finalement (mais en moins joyeux, parce que ce pape n'est pas du tout joyeux) :

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Voici quelques autres illustrations, toutes plus sinistres les unes que les autres :

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Mardi Saint

Pour la première fois la liturgie annonce que, désormais, son heure est venue. C’est l’antienne du Benedictus : « Avant le jour de la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin. »

C’est en fait le premier verset de l’évangile du lavement des pieds, celui de la messe In cœna Domini du Jeudi Saint. La raison en est que primitivement c’est cet évangile qui était chanté aujourd’hui. Il fut ensuite transféré au Jeudi Saint, et pour aujourd’hui on assigna la Passion selon saint Marc.

La première lecture se limite à trois versets de Jérémie, dont l’essentiel constitue l’une des plus importantes prophéties de la Passion :

« Et moi j’étais comme un doux agneau qu’on conduit à l’immolation, et je n’ai pas su qu’ils ont formé des desseins contre moi, disant : Mettons du bois dans son pain, et retranchons-le de la terre des vivants, et qu’on ne se souvienne plus de son nom. »

C’était déjà le capitule des laudes du temps de la Passion, ce sera aussi le 7e répons des matines du Jeudi Saint.

Ce texte, comme d’autres prophéties christiques, a fait l’objet de falsifications par les rabbins qui ont fabriqué la bible massorétique. Ce qui est effarant est que ces falsifications se retrouvent jusque dans les missels, et sont présentées comme le texte authentique de Jérémie dans la « Bible de la liturgie »© et donc dans la néo-liturgie en français de la Semaine Sainte. (Puisque pour tout le monde désormais – sauf certains spécialistes de la Septante - le texte massorétique est l'"original" hébreu.)

On remarque une différence entre la lecture de la messe et le répons du Jeudi Saint. Le texte dit à la messe est celui de la Vulgate (de saint Jérôme) qui dit « agnus mansuetus », un doux agneau, alors que le répons est une traduction de la Septante : « agnus innocens ». Les deux traductions désignent le Christ. Mais les massorètes ont changé le mot, dont la traduction est « docile » selon les rabbins, mais qui est aussi traduit par : « confiant » ou « familier »…

On remarque une autre différence, juste après : cet agneau est conduit « ad immolandum », selon le répons, « ad victimam », selon la Vulgate. On voit que les deux expressions sont équivalentes : il s’agit de l’agneau du sacrifice. Or cela est gommé dans le texte massorétique : il ne reste qu’un agneau laïcisé, mené « à la boucherie », ou « à l’abattoir ».

Le plus grave est la falsification de « Mettons du bois dans son pain », qui évoque de façon synthétique à la fois la crucifixion et l’eucharistie, bref tout le Sacrifice, comme les pères de l’Eglise l’ont abondamment expliqué. Et déjà saint Jérôme disait que « c’est le consensus de toutes les Eglises que, sous la personne de Jérémie, on comprend que cela est dit du Christ, de sorte que le Père lui ait montré le dessein des Juifs, et que ceux-ci aient dit : Mettons du bois dans son pain, c’est-à-dire la croix sur le corps du Sauveur. »

Or la néo-liturgie, traduisant le texte massorétique, dit : « Coupons l’arbre à la racine ». Les rabbins traduisent : « Détruisons l’arbre dans sa sève » ; d’autres traductions disent : « Détruisons l’arbre avec son fruit. »

Il est significatif que le texte de la Septante soit en plein accord avec celui de saint Jérôme. C’est une preuve que le texte hébreu dont disposaient les Septante, et le texte hébreu dont disposait saint Jérôme, disaient ici la même chose.

Saint Jérôme ajoutait : « Les Juifs, et nos judaïsants, pensent que cela est dit de la personne de Jérémie. Mais je ne vois pas comment ils pourraient démontrer que Jérémie fût crucifié, puisque les Ecritures n’en font pas état. »

Puisque ce n’est pas Jérémie, puisque ce ne saurait être Jésus, il restait à… modifier le texte, ce qu’ils ont fait sans vergogne, comme en d’autres endroits où la prophétie désignait de façon trop évidente le Messie des chrétiens.

Dès le IIe siècle, saint Justin avait dénoncé cette falsification, dans son Dialogue avec Tryphon. Ou, plus exactement, il constatait qu’alors les Juifs avaient carrément supprimé le passage gênant : « De Jérémie, ils ont supprimé ces mots : “Je suis comme un agneau que l'on porte au sacrifice. Voici ce qu'ils méditaient contre moi, ils disaient : Venez, mettons du bois dans son pain. Retranchons-le de la terre des vivants, et que son nom s'efface à jamais.” Ce passage se lit encore dans quelques-uns des exemplaires conservés par vos synagogues ; car il n'y a pas longtemps qu'il a été retranché. Quand on prouve aux Juifs, d'après ce passage, que leur projet était de crucifier le Christ et de le faire mourir, quand on leur montre d'ailleurs l'identité de ce même passage avec celui d'Isaïe, qui nous présente le Messie conduit à la mort comme une brebis, ils se trouvent dans un étrange embarras et vous les voyez recourir aux injures et aux blasphèmes. »

Comme il n’était pas possible de soutenir durablement que le passage n’existait pas, il fallut le reprendre et le falsifier. Et c’est la version falsifiée que toute l’Eglise latine proclame aujourd’hui comme étant la Sainte Ecriture. Je dis bien toute l’Eglise latine, toute celle de la « forme ordinaire », puisque la néo-Vulgate elle-même a été falsifiée selon le texte massorétique. Ce qui est une monstrueuse impiété, et une ignominie.

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14 avril 2014

Ce que la désinformation ne nous explique pas

L’unanimité de la presse et des responsables politiques d’Europe et des Etats-Unis sur l’Ukraine a quelque chose de fascinant. C’est la Pravda à l’envers, à un niveau jamais vu. Car même quand il s’agissait d’aller envahir l’Irak le mensonge n’était pas si universel.

Il est donc établi que c’est Poutine qui met la zone, et que les soi-disant manifestants (euh, pardon, les « terroristes ») sont des Russes envoyés et financés par Poutine (y compris les braves babouchkas qui ont évidemment été amenées là par charters secrets…)

Il y a toutefois une question à laquelle on ne répond pas. Il est vrai aussi que personne ne la pose… :

Les policiers des provinces de l’Est de l’Ukraine sont-ils eux aussi des Russes envoyés par Poutine ?

Car tous les témoignages concordent : les policiers n’interviennent pas pour empêcher la prise des bâtiments administratifs, et ils ne font rien non plus pour les reprendre, ou pour interpeller les manifestants. C’est à cause de cette passivité obstinée que le pouvoir est obligé d’envoyer ses « forces des sécurité ». Donc, ou bien les policiers ukrainiens sont de nationalité russe, ou bien on nous ment.

Un autre évêque Summorum Pontificum

Les fidèles australiens attachés à la « forme extraordinaire du rite romain » ont désormais une « paroisse personnelle » dans la banlieue de Melbourne. Elle a été créée le 28 mars et son curé sera officiellement installé le 25 avril. Le jeudi saint et le dimanche de Pâques, la messe pontificale sera célébrée par Mgr Basil Meeking, évêque émérite de Christchurch en Nouvelle-Zélande.

C’est la cinquième année consécutive que Mgr Meeking célèbre la Semaine Sainte dans cette communauté.

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Mgr Meeking ordonnant prêtre un membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, à Auckland, Nouvelle-Zélande, le 29 novembre 2008.

François, Kasper et le synode

Un article important d'Antonio Mastino, traduit par Benoît et moi. Extrait (la première phrase fait état d’une opinion tout à fait saugrenue qui montre jusqu’où peuvent aller ceux qui tiennent à défendre le pape en toute circonstance… jusqu’à ce que le pape lui-même démente leur pieuse interprétation...) :

Jusque-là, on avait cru que le pape avait utilisé le théologien progressiste Kasper pour faire sortir à découvert les thèses libérales de épiscopat d'Europe centrale, avant de les "fusiller" par anticipation, afin de sauver l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur le sujet. Mais après la défense inattendue et passionnée de Kasper, il est devenu clair pour tous que le pape lui avait confié le discours inaugural parce qu'il partageait sa pensée. Et sur cette route, à travers son intervention directe, il souhaite conduire et si nécessaire pousser le Synode. Parce que, en lui-même, il aurait déjà mûri une décision. En utilisant cette technique typique des Jésuites, maîtres dans l'art de donner aux assemblées l'illusion que ce sont elles qui prennent, démocratiquement, les décisions, mais en réalité les menant sans qu'elles s'en aperçoivent à ratifier les décisions qui ont déjà été prises par le supérieur. Même Kasper ne serait, dans ce sens, qu'un «pion» de Bergoglio.

Lundi Saint

« Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie… » Ainsi commence l’évangile de la messe de ce jour, qui ouvre les jours Saints.

Six jour avant la Pâque, Marie annonce la mort du Seigneur en embaumant ses pieds par une onction de nard « pistique » : le parfum de la foi.

Par sa mort le 6e jour le Seigneur nous laissera son corps et son sang sous la forme d’un sacrement de la foi.

Voici que nous passons à un plan supérieur, par rapport au début de l’évangile de saint Jean.

Aux noces de Cana, Jésus annonce la transsubstantiation du vin. C’est « le troisième jour », dit l’évangéliste (suggérant évidemment un autre « troisième jour »). Le jour avant ces trois jours, Jésus trouvait Philippe et Nathanaël. Le jour précédent, Pierre et André étaient déjà devenus des disciples. Le jour précédent, Jean avait baptisé Jésus et avait témoigné avoir vu l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.

Donc, six jours avant les noces de Cana, c’était le baptême de Jésus : l’onction du Saint-Esprit. Qui annonçait « le calice que je dois boire, le baptême dont je dois être baptisé ».

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13 avril 2014

2e dimanche de la Passion, ou dimanche des Rameaux

La liturgie de ce dimanche est double, et ce ne fut pas une mauvaise idée de le souligner, lors de la réforme de la Semaine Sainte, en 1955, en appelant « 1er dimanche de la Passion » le dimanche précédent, qui était jusque-là simplement le dimanche de la Passion, ce jour étant seulement (par son titre du moins) dimanche des Rameaux.

C’est le dimanche des Rameaux par la bénédiction et la procession des Rameaux, qui vient de l’antique liturgie de Jérusalem, et qui est devenue l’unique liturgie dans les pays de liturgie byzantine, avec une spéciale coloration de fête des enfants. C’est le second dimanche de la Passion par la messe romaine, centrée sur la Passion, au point qu’on y lit déjà tout le récit de la mort du Christ.

Le contraste est saisissant. La procession est triomphale qui acclame le Christ Roi, par les 8 antiennes de louanges qui encadrent l’hymne Gloria laus et le psaume 147. Des antiennes qui, comme le dit la première, « rendent un digne hommage à ce vainqueur triomphant », hommage qui culmine dans la septième avant d’annoncer, dans la 8e, la résurrection du huitième jour.

Et alors commence la messe, qui nous plonge dans la douleur des ornements violets et le chant du psaume 21, le psaume de la Passion, le psaume spécifique de la crucifixion. La collecte parle du Sauveur qui a subi la croix, le trait reprend 14 versets du psaume 21, l’évangile raconte toute la Passion, l’antienne d’offertoire est le verset du psaume 68 : « pour nourriture ils m’ont donné du fiel, pour boisson du vinaigre » (car c’est en effet ce que nous offrons habituellement à Dieu), l’antienne de communion est la prière du jardin des oliviers « Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que ta volonté soit faite » (et c’est à ce calice aussi que nous devons communier).

Mais l’épître qui nous montre le Christ s’anéantissant jusqu’à la mort de la Croix ajoute que c’est pour cela que Dieu l’a élevé et lui a donné le nom au-dessus de tout nom, et le graduel souligne qu’il l’a glorifié.

Car, comme on le voit aussi dans la collecte, la liturgie ne sépare jamais la crucifixion de la résurrection. Même aux moments où la liturgie fait revivre les moments les plus tragiques, l’Eglise n’oublie jamais que le Christ est ressuscité, qu’il est ce roi de gloire que la procession des Rameaux ne fait qu’esquisser.

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