20 mai 2013

Tanzanie : les évêques se rebiffent

La conférence épiscopale de Tanzanie a publié un texte qui a été lu hier dans les églises, et avec une particulière émotion en l’église Saint-Joseph d’Arusha, où un attentat a fait trois morts et de nombreux blessés le 5 mai dernier.

Dans ce texte, les évêques dénoncent les manifestations de haine de l’Eglise et des catholiques, assorties de menaces, qui se répandent dans les médias ou par voie de tracts, et qui ont déjà conduit à l’attentat d’Arusha ou au meurtre d’un prêtre devant son église à Noël à Zanzibar.

Ils rappellent que le 15 janvier 2011 un groupe de musulmans, réunis à Dar es Salam, avait dénoncé le fait que la Tanzanie soit selon eux « dirigée de façon chrétienne » et demandé « la fermeture de la représentation du Vatican » : « Ce qui est très pénible pour nous, c'est que notre gouvernement n'a jamais condamné les revendications et les accusations de ces gens-là, pas plus qu'il ne les a arrêtés. » Ainsi les agressions se font « en plein jour, parfois même en présence des forces de sécurité ». Les évêques appellent les forces de l'ordre à « pousser plus loin » pour découvrir « ceux qui financent ce terrorisme et cette cruauté contre l'Eglise dans notre pays ». Non sans préciser qu’ils ne condamnent pas les musulmans mais « ce petit groupe qui abuse de la bannière musulmane pour semer les troubles et ternir l'image de musulmans de bonne volonté ».

En Tanzanie il y a 62% de chrétiens et 35% de musulmans, selon une estimation américaine. Proportion variable selon les régions, et l’île de Zanzibar est presque entièrement musulmane.

Mgr Brunin, le mariage, et les politiciens

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et président du Conseil épiscopal Famille et Société, a pondu un texte très long et très filandreux intitulé Message aux catholiques après la loi sur le mariage et l'adoption. Tout n’est pas mauvais dans ce texte. Il y a d’abord le fait qu’il existe : l’épiscopat n’a pas tout à fait déserté. Il y a le fait que les manifestants ne sont pas désavoués… Mais on se demande parfois où l’on veut en venir. Comme il n’y a aucune critique des relations homosexuelles, mais un grand couplet à la Frigide Barjot sur le respect des homosexuels, et même la mise sur le même plan de la chasteté homosexuelle et de la chasteté hétérosexuelle, on finit par se demander contre quoi on se bat. D’autant que nous devons être une « communauté du oui au sein d’une société démocratique », et qu’il est question de « prolonger une réflexion citoyenne sur les conditions minimales qui permettent d'assurer la cohésion sociale et de construire un vivre ensemble harmonieux et respectueux de tous »… Même si nous sommes désormais « requis à adopter une nouvelle posture croyante au sein de notre société »… Sic.

Sur Radio Vatican, Mgr Brunin a été plus mauvais… ou simplement plus clair : « La mobilisation doit continuer, non pas sur le terrain politique, puisqu’un chrétien doit accepter dans un espace démocratique que la loi ne soit pas l’exact reflet de ses convictions ; mais la mobilisation doit se poursuivre sur le terrain de l’anthropologie. » Sic. Cette loi, dit l’évêque, ne reflète pas exactement les convictions du chrétien… Alors que tout simplement elle renverse l’ordre naturel de toute société humaine…

Et comme a réagi Maximilien Bernard sur Perepiscopus, bien évidemment la lutte contre cette loi est et demeure politique. Parce que dans un espace démocratique le chrétien a le droit de défendre ses convictions politiques, et qu’une loi est évidemment une affaire politique.

Maximilien Bernard fait bien de rappeler (une fois encore) la note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui affirme de façon éminemment politique :

« Lorsqu’on est confronté à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, ou au fait d’assimiler juridiquement les unions homosexuelles au mariage, leur donnant accès aux droits qui sont propres à ce dernier, on doit s’y opposer de manière claire et incisive. Il faut s’abstenir de toute forme de coopération formelle à la promulgation ou à l’application de lois si gravement injustes, et autant que possible ne pas coopérer matériellement à leur application. En la matière, chacun peut revendiquer le droit à l’objection de conscience. »

Et « une loi inique est faite pour être abrogée », conclut à juste titre Maximilien Bernard, alors que des voix s’élèvent à l’UMP pour expliquer qu’on ne pourra pas revenir sur la loi. Derrière ces propos on entend le grand soupir de soulagement de ces politiciens qui sont bien contents que les socialistes aient fait ce qu’eux-mêmes n’osaient pas faire. Mais c’est une absurdité. Toute loi simplement votée par le Parlement peut être abolie par une autre loi votée par le Parlement. C’est la démocratie, comme dirait Mgr Brunin… La propagande qui se met en place est celle qui a déjà servi à sanctuariser la loi sur l’avortement. Mais la Pologne, par exemple, a montré qu’on pouvait parfaitement revenir sur une loi avorteuse. Et en ce qui concerne le soi-disant mariage des paires, la Californie a montré qu’on pouvait très bien abroger la loi.

 

14 mai 2013

Les 12 lignes sur les 800 martyrs

François a procédé dimanche à trois canonisations programmées par Benoît XVI. Notamment celle d’Antonio Pezzullo dit Primaldo et ses 800 compagnons, égorgés le 13 août 1480 à Otrante par les Ottomans parce qu’ils refusaient d’embrasser l’islam.

Dans son homélie, le pape a consacré 12 lignes aux 800 martyrs. Dans ces 12 lignes, il n’y a aucune allusion à l’islam. A écouter le pape, on ne sait pas pour quelle mystérieuse raison on demandait à ces gens-là de « renier leur foi ».

On lira à ce propos le commentaire de Bernard Antony.

Mais il y a encore mieux. J’apprends que dans le texte initial, diffusé par le salle de presse du Vatican avant la cérémonie, le pape disait : « Quelque 800 personnes après avoir survécu au siège et à l’invasion d’Otrante par les Ottomans furent décapitées près de cette ville. »

Mais dans le texte officiel diffusé sur le site du Vatican, et dans le propos du pape, la mention des Ottomans a disparu.

Il ne me semble pourtant pas que la morale catholique ait supprimé le mensonge par omission, même pour raison de trouille aiguë de l’islam en célébrant des martyrs de l’islam.

Cela dit, cela vaut sans doute mieux que les propos ignominieux de Paul VI lors de la canonisation de Nicolas Tavelic et ses trois compagnons, franciscains martyrisés en Terre Sainte par les musulmans en 1391 :

« A la base de la tragique aventure missionnaire des quatre moines, il y avait une double intention : prêcher la Foi chrétienne, en refusant courageusement - mais manquant certainement de prudence et de sagesse - la religion de Mahomet, et provoquer le risque de devoir sacrifier leur vie. » Ils avaient agi dans « un esprit d’amour - amour naïf, si vous voulez - et de folle espérance. Leur calcul est faux, mais il est inspiré par le désir de faire du bien, et de conduire au salut ceux mêmes qu’ils avaient provoqués à leur infliger la terrible répression du martyre ».

Et Paul VI concluait en soulignant qu’aujourd’hui nous connaissons de mieux en mieux le monde musulman, ce qui « fortifie notre espoir de meilleures relations entre l'Eglise catholique et l'islam » avec lequel nous devons promouvoir, ensemble, les valeurs morales, la paix et la liberté, après avoir oublié le passé, comme nous y exhorte le Concile…

Mais si l’on veut oublier le passé, par une amnésie hyper-sélective qui ne concerne que l’islam (pour le reste on connaît l’hypertrophie de la « mémoire »), il vaudrait mieux arrêter ces canonisations hypocrites et scandaleuses.

10 mai 2013

Menaces antichrétiennes en République Centrafricaine

Depuis la prise du pouvoir, le 24 mars, par les rebelles de Michel Djotodia en République Centrafricaine, les violences et les saccages à l’encontre des civils et des communautés chrétiennes se sont multipliés. L’Eglise catholique dénonce « une rébellion d’extrémisme religieux aux intentions maléfiques caractérisées par la profanation et la destruction programmée et planifiée des édifices religieux, notamment des chrétiens et, en particulier, les églises Catholiques et Protestantes ». « Sur toute l’étendue du territoire national, l’Eglise Catholique a payé le prix fort de tous les dégâts » souligne le communiqué de la Commission Justice et Paix. Et des prêtres et des religieuses ont été agressés au cours de ces derniers mois.

(Fides)

Profanation dans la Vienne

A l’église de Naintré. Ici il est clair qu’il ne s’agit pas de « vandalisme », mais ouvertement d’une profanation antichrétienne. Ce qui a été indiqué et souligné par le curé, l’abbé Delumeau :

« Cette église de Naintré, petite ville au sud de Châtellerault, n’a pas été choisie par hasard. En effet, c’est dans cette église qu’a lieu régulièrement, deux fois par semaine, l’adoration du Saint Sacrement ; la nuit entière d’adoration le jeudi Saint de chaque année au reposoir (lequel fut arraché de la table d’autel), la célébration de la Sainte Messe dans la forme extraordinaire chaque mois, laquelle de par ses rites met un accent particulier sur le culte et l’adoration de la divine présence réelle du Seigneur. Autrement dit, dans cette église, le Seigneur est honoré et adoré. Les voleurs-sacrilèges savaient donc qu’ils pourraient trouver ce qu’ils recherchaient, notamment les grandes hosties consacrées, lesquelles étaient présentes dans les lunules en vue de l’adoration. C’est de fait celles-ci qu’ils ont pris et non pas les petites laissées sur place après avoir renversé le ciboire. On sait, par ailleurs, que les satanistes utilisent de préférence des grandes hosties pour leur culte sacrilège. De plus, ils ont volés les trois quarts des rayons de l’ostensoir, (celui qui est d’ailleurs le plus couramment utilisé, comme par hasard, ils n’ont pas touché à l’autre juste à côté). Ce qui précisément signifie l’exaltation de la gloire de Dieu sur l’ostensoir est dérobé pour être utilisé dans un sens totalement opposé, c’est-à-dire comme un couteau pour s’attaquer au Corps de notre Seigneur Jésus lors d’un rite sacrilège. »

 

A propos de l’« exclusivité »

Le premier message de l’Observatoire de la christianophobie sur cette profanation était frappé du tampon « EXCLUSIF ». J’ai déjà vu cet « EXCLUSIF » ici et là, n’ai toujours pas compris ce que cela veut dire. Logiquement, lorsqu’on publie quelque chose sur un blog, c’est pour que l’information qu’on donne soit connue. Donc transmise. Ce qui est le contraire de l’exclusivité, qui n’a de sens que pour un média payant. Si c’est juste pour dire « C’est moi que j’ai été le premier », c’est un peu… primaire.

06 mai 2013

Attentat anticatholique en Tanzanie

Une personne au moins a été tuée et près de 60 autres blessées par l’explosion d’une bombe dans une église catholique à Arusha, dans le nord de la Tanzanie.

L’attentat a eu lieu à l’issue de la messe de consécration de cette nouvelle église, en présence du nonce apostolique Mgr Padilla, qui n’a pas été blessé.

A la suite de l’assassinat d’un prêtre à Zanzibar en février, le clergé tanzanien avait reçu un texto du « Renouveau musulman » revendiquant le meurtre et annonçant de nouvelles actions pour « Pâques ».

La messe à San Francisco

Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, a décidé que la messe sera célébrée dans la forme extraordinaire du rite romain, chaque dimanche et fête à 11h, en l’église paroissiale Etoile de la Mer, à San Francisco, à partir du 26 mai, fête de la Sainte Trinité.

Mgr Cordileone a été nommé archevêque de San Francisco le 27 juillet 2012. Deux jours plus tard il célébrait à Napa une messe selon la forme extraordinaire. En fait il la célèbre assez souvent. Mais il n’y avait pas jusqu’ici de messe tridentine régulière dans la ville même de San Francisco. (Il est significatif que c’est « à la demande de l’archevêque » que cette messe sera célébrée…)

Mgr Cordileone, 56 ans, est par ailleurs traité de « chef catholique anti-gay » par le Huffington Post, qui s’étrangle de ses déclarations contre la légalisation du « mariage » homosexuel dans l’Etat de Rhode Island, après plusieurs déclarations « controversées » sur le sujet depuis qu’il est archevêque de San Francisco. (Mgr Cordileone est président de la commission de la conférence épiscopale des Etats-Unis pour la promotion et la défense du mariage. Spécialiste du droit canon du mariage, il a aussi revu le rite anglican du mariage pour les ordinariats des anglicans voulant retrouver l’unité catholique.)

 

04 mai 2013

Sur le sentier de la Vierge

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Les Japonais célébraient hier la fête de Notre Dame de Tsuwano, au sanctuaire d’Otome Toge (« sentier de la Vierge »), lieu où furent torturés 253 chrétiens en 1867-69.

L’agence Asianews rappelle qu’en 1867 3.500 chrétiens de la région de Nagasaki furent arrêtés, et que 28 d’entre eux furent envoyés à Tsuwano, dans un temple shintoïste abandonné. Ils étaient l’un après l’autre mis dans une cage d’un mètre sur un mètre, dehors, pour qu’ils craquent et apostasient. Après la mort des trois premiers, on mit dans la cage un homme de 30 ans appelé Yasutaro. Ses compagnons craignaient qu’il meure rapidement, car il partageait ses rations et était devenu faible. Or c’était le début de l’hiver et la neige commençait à s’entasser sur la cage. Au bout de trois jours deux de ses amis allèrent le voir de nuit et lui demandèrent s’il ne se sentait pas seul et frigorifié. Il répondit : « Non, non, tout va très bien. Chaque nuit, une belle dame vient ici et me dit des choses merveilleuses. Elle est habillée en bleu et ressemble à la statue de Marie dans notre église de Nagasaki. Mais, s’il vous plaît, ne dites rien aux autres avant ma mort. »

Quelques jours plus tard ses amis revinrent le voir. Ils étaient sûrs de pouvoir s’enfuir et demandèrent à Yasutaro ce qu’ils pouvaient dire à sa mère. Il répondit en souriant : « Dites lui que je suis heureux de mourir ici. Je suis sur la croix avec notre Seigneur Jésus-Christ. » La nuit même, il mourut. Il était toujours souriant.

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Le cardinal Barbarin en plein confusionnisme « œcuménique »

Le 11 mai à Lyon aura lieu la création officielle de l’« Eglise protestante unie de France », aboutissement du rapprochement entre les luthériens et les calvinistes.

Le cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin sera présent, ce qui en soi n’appelle aucun commentaire. Mais il croit bon d’en faire un, quant à lui : « C’est un grand événement œcuménique, le mouvement d’unité que font les luthériens et les réformés, je pense que c’est un bel appel pour d’autres Eglises à retrouver le chemin de l’Eglise une, sainte, comme nous disons dans le Credo. »

De la part d’un cardinal archevêque, c’est ahurissant. On ne voit pas en quoi ce rassemblement, qui n’est en rien un mouvement vers l’unité catholique, pourrait être un appel à d’autres pour retrouver le chemin de l’Eglise une ; et surtout on attend d’un cardinal archevêque qu’il rappelle qu’il n’y a pas d’« Eglise » là où il n’y a ni succession apostolique ni sacerdoce.

03 mai 2013

Synode chaldéen

Le patriarche chaldéen Louis Raphaël Ier Sako a convoqué un synode de son Eglise à partir du 5 juin prochain à Bagdad. A l’ordre du jour, la nomination d’évêques dans de nombreux diocèses vacants, la formation des prêtres, la rédaction définitive du droit propre de l’Eglise chaldéenne, la mise à jour et l’harmonisation des rites liturgiques, l’étude de mesures concrètes permettant d’endiguer le phénomène de la migration et d’encourager les chrétiens à demeurer sur leur terre d’origine ou d’y revenir.

« Le patriarche, déclare à l’Agence Fides le P. Albert Hisham Zarazeer, responsable de la communication du patriarcat – a conservé sa ferme intention de convoquer le prochain synode à Bagdad notamment pour donner un signe d’encouragement à toutes les personnes qui sont ici, lasses des souffrances continuelles. »

30 avril 2013

70 églises détruites au Nigeria

Dans l’Etat de Benue (Bénoué), dans l’est du Nigeria, au moins 70 églises ont été récemment détruites par des jihadistes de Boko Haram ou des bergers Fulani, selon une note envoyée à l’agence Fides par Félix Apine, coordinateur de la Commission Justice, Développement et Paix du diocèse de Makurdi. 30 églises de la zone de Gwer occidental ont été incendiées ou complètement détruites, les fidèles ayant fui dans d’autres villages. 40 autres églises ont été rasées dans la zone de Guma. La destruction a concerné également un certain nombre d’écoles primaires et de collèges appartenant au diocèse.

Une partie notable de ces destructions provient de la recrudescence des attaques des bergers musulmans d’ethnie Fulani contre les agriculteurs chrétiens d’ethnie Tiv.

Shanghai privé d’évêque

Mgr Aloysius Jin Luxian, évêque de Shanghai, est mort samedi dernier à l’âge de 91 ans. Ses obsèques ont eu lieu hier, en présence de 60 prêtres et d’un millier de fidèles. Elles auraient dû être célébrées par son successeur Mgr Thaddeus Ma Daqin, mais celui-ci a été arrêté dès son ordination, le 7 juillet dernier, parce qu’il venait de déclarer qu’il quittait l’Association patriotique (l’Eglise officielle). D’abord interné au séminaire de Sheshan, Mgr Ma a disparu. Selon certaines rumeurs il aurait été envoyé à Pékin pour des « études »…

Mgr Jin Luxian a passé au total 18 ans de sa vie en prison et 9 ans en résidence surveillée, avant de se rapprocher du régime et de devenir évêque officiel de Shanghai, sans mandat du pape. En 2005 il s’est réconcilié avec Rome. Il faisait donc partie de l’Eglise officielle tout en étant en communion avec Rome. Et ce devait être le cas de Mgr Ma, prêtre de l’Eglise officielle ordonné évêque avec mandat du pape. Mais après le coup d’éclat de Mgr Ma, les autorités de l’Eglise officielle l’ont privé de son titre d’évêque coadjuteur de Shanghai. Pour Rome, a rappelé Mgr Savio Hon, secrétaire de la congrégation pour l’évangélisation des peuples (et ami personnel de Mgr Jin Luxian), Mgr Thaddeus Ma Daqin est l’évêque de Shanghai.

Mgr Jin Luxian avait fait le choix de l’Eglise officielle en se disant que le temps finirait par réconcilier les deux parties de l’Eglise en Chine…

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27 avril 2013

Mgr François Borgia Hong Yong-ho

Alors que la tension est extrêmement vive entre les deux Corées, les évêques de Corée du Sud ont décidé, lors de leur assemblée plénière, de demander à la Congrégation pour la cause des saints l’ouverture du procès en béatification de Mgr François Borgia Hong Yong-ho et de ses 80 compagnons, martyrs du régime de Kim Il-sung.

Mgr Hong, né en 1906, ordonné prêtre en 1933, fut nommé vicaire apostolique de Pyongyang et sacré évêque en 1944. En 1962, pour protester contre les persécutions qui avaient commencé dès l’instauration du régime de Kim Il-sung en 1948, Jean XXIII fit du vicariat de Pyongyang un diocèse à part entière, avec comme premier évêque Mgr François Borgia Hong Yong-ho. C’était le 10 mars 1962. Depuis ce jour-là on n’a plus eu de nouvelles de Mgr Hong.

Jusqu’ici, Rome a toujours déclaré qu’on ne pouvait pas exclure que l’évêque soit toujours vivant, dans un goulag local. Aujourd’hui il aurait 106 ans… Et il est toujours officiellement évêque de Pyongyang dans les registres de l’Eglise, car il n’est pas officiellement mort et il n’a pas été remplacé.

Le christianisme, comme le bouddhisme, a été éradiqué en Corée du Nord. Toute autre religion que le culte du dictateur est prohibée.

Le totalitarisme antireligieux s’accompagne d’une atroce hypocrisie : il y a très officiellement une église catholique à Pyongyang, avec une réunion de prière hebdomadaire (devant le portrait de Kim Il-sung). Mais il n’y a aucun prêtre. En Corée du Nord, il y a très officiellement, dûment enregistrés, 10.000 bouddhistes, 10.000 protestants, et 3.000 catholiques. Les catholiques sont adhérents de l’« Association des catholiques de Corée du Nord ». Rome n’a jamais accepté de recevoir les dirigeants de cette association, qui ne sont même pas des collabos schismatiques comme en Chine, mais purement et simplement des représentants du pouvoir.

En 2007 a été ouvert le procès en béatification de Mgr Boniface Sauer et de ses 35 compagnons. Mgr Sauer, bénédictin allemand, était arrivé en Corée en 1909. Il fonda un séminaire, fut nommé vicaire apostolique, puis il fonda un monastère dont il devint abbé. C’est lui qui sacra évêque Mgr Hong. En 1949 le monastère fut fermé et détruit. Mgr Sauer mourut l’année suivante des suites de son incarcération.

De Paglia en Lombardi via Marini…

Depuis l’élection de François, on a eu les propos de Mgr Paglia. Puis tout récemment ceux de Mgr Piero Marini :

« Il est nécessaire de reconnaître les unions des personnes de même sexe ; il y a beaucoup de couples qui souffrent parce que leurs droits civils ne sont pas reconnus. Ce que l'on ne peut pas reconnaître, c'est que ces couples soient mariés. »

Et mercredi ceux du P. Lombardi :

« Le père Lombardi a déclaré qu'“il est bon pour un enfant de savoir qu'il a un père et une mère”; il faut “clairement mettre en évidence que le mariage entre un homme et une femme est une institution spécifique et fondamentale dans l'histoire de l'humanité. Cela ne signifie pas que l'on peut reconnaître d'une certaine manière d'autres formes d'union entre deux personnes”. »

Tandis que John Allen insiste :

« Ceux qui sont partisans de désamorcer la guerre culturelle du mariage gay se sont sentis encouragés à s'exprimer en faveur des unions civiles, sachant que le Cardinal Jorge Mario Bergoglio avait adopté une ligne similaire quand il était archevêque de Buenos Aires en Argentine. »

Pour l’heure, la doctrine de l’Eglise est toujours celle-ci :

« L'Église enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l'approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles. Le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l'union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l'humanité. L'Église ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société. »

En conséquence :

« Lorsqu'on est confronté à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, ou au fait d'assimiler juridiquement les unions homosexuelles au mariage, leur donnant accès aux droits qui sont propres à ce dernier, on doit s'y opposer de manière claire et incisive. »

Cette doctrine a été sans cesse affirmée et réaffirmée par Jean-Paul II et Benoît XVI depuis le début des reconnaissances légales d’unions homosexuelles. Si elle venait à être modifiée, il faudrait que l’on nous donne d’autres arguments que ceux de la lutte contre l’homophobie…

26 avril 2013

Mgr Vincenzo “la Gaffe” Paglia ?

Mgr Paglia, postulateur de la cause de Mgr Romero, déclare qu’après en avoir parlé au pape la cause est enfin « débloquée ». Mais voici que le co-postulateur de la cause Mgr Delgado (l’homme qui avait rapporté que Mgr Bergoglio lui avait dit que s’il devenait pape la première chose qu’il ferait serait de béatifier Romero…) fait savoir qu’il serait très inopportun de procéder dans l’immédiat à cette béatification, parce qu’elle serait instrumentalisée dans la perspective des élections au Salvador…

Paolo Rodari écrit que des évêques italiens ont demandé au pape de trouver une solution pour les divorcés remariés, et que François, recevant en audience Mgr Paglia, président du Conseil pontifical pour la Famille (à la même audience que celle dont il est question ci-dessus) lui a demandé de préparer un texte sur la question. Réplique immédiate du Conseil pontifical pour la Famille : la doctrine de l’Eglise sur la question est bien connue et il n’y a aucun texte en préparation. Il paraît que ce très ferme communiqué est de la plume du secrétaire du Conseil pontifical, Mgr Jean Laffitte.

Sur l’épisode précédent, voir ici (et les suites 1, 2, 3, 4).

Le problème est que ces gaffes sont autant de ballons d’essai, que Mgr Paglia se sent à l’évidence fondé à lancer…

17 avril 2013

Mgr Pontier président de la CEF

La Conférence des évêques de France, réunie à Paris pour son Assemblée plénière de printemps, a élu comme nouveau président Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille.

J’avais parlé une fois de Mgr Pontier dans Daoudal Hebdo (N° 17, janvier 2009). Voici l’article :

Lire la suite

13 avril 2013

Le pape constitue un « groupe de prélats »

Communiqué de la Secrétairerie d’Etat

Reprenant une suggestion émise durant les congrégations générales d'avant conclave, le Pape François a constitué un groupe de prélats chargé de le seconder dans le gouvernement de l'Eglise universelle et de travailler à un projet de révision de la constitution apostolique Pastor Bonus, relative à l'architecture et au fonctionnement de la Curie Romaine. La première réunion collégiale est fixée aux 1 - 3 octobre [sic] prochains. Ceci dit, le Saint-Père est d'ores et déjà en contact avec les prélats suivants:

- Giuseppe Bertello, Président du Governorat de l'Etat de la Cité du Vatican.

- Francisco Javier Errázuriz Ossa, Archevêque émérite de Santiago de Chile (Chili).

- Oswald Gracias, Archevêque de Bombay (Inde).

- Reinhard Marx, Archevêque de Munich (Allemagne).

- Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa (RD du Congo).

- Sean Patrick O'Malley, OFM.Cap., Archevêque de Boston (USA).

-George Pell, Archevêque de Sydney (Australie).

- Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga, SDB, Archevêque de Tegucigalpa (Honduras), faisant fonction de Coordinateur.

- Marcello Semeraro, Evêque d'Albano (Italie), faisant fonction de Secrétaire.

12 avril 2013

La conversion de Mme Poindexter

L’amiral Poindexter, haut membre de l’élite républicaine, fut notamment le conseiller à la sécurité intérieure de Ronald Reagan. Sa femme Linda était pasteur de l’Eglise épiscopalienne. Puis elle est devenue catholique (et ensuite son mari aussi).

Le récit de sa conversion est particulièrement intéressant sur un point précis. Un réflexe fréquent est de faire la fine bouche sur les anglicans qui disent qu’ils vont se faire catholiques parce qu’ils en ont assez de la dérive morale de leur église qui en vient à tout permettre, de l’avortement à l’ordination de femmes homosexuelles. Mais le cas de Linda Poindexter nous montre qu’il s’agit d’un point de départ et qu’ensuite la conversion peut devenir bien réelle, en réelle profondeur catholique.

10 avril 2013

Un intéressant récit de conversion

Celui d’une femme pasteur luthérienne, aux Etats-Unis, qui a dû surmonter le choc de la découverte de la destruction de la liturgie dans l’Eglise catholique…

Et qui a compris que « hors de l’Eglise pas de salut » grâce à Vatican II. (Malgré ce que croient tant de traditionalistes qui n’ont jamais lu les textes, c’est en effet dans Lumen gentium.)

03 avril 2013

Vietnam : les autorités inventent un prêtre…

Les autorités communistes vietnamiennes avaient imprudemment lancé une consultation populaire sur leur projet de réforme de la Constitution. Ils n’imaginaient pas que cela se transformerait en un vaste mouvement de contestation du régime. Notamment par la « requête des 72 », rapidement signée par des milliers de personnes, ou la lettre ouverte de la Conférence épiscopale…

Les autorités tentent par tous les moyens de redresser la barre. Le 26 mars a été diffusée à la télévision une émission ainsi annoncée : « Le rôle dirigeant du Parti communiste à l’égard du pays et de la société ne peut être nié ; telles sont les opinions des responsables religieux de Bac Ninh. »

Parmi ces responsables, il y avait deux dignitaires bouddhistes (ou supposés tels), puis un prêtre catholique : « le prêtre Nguyên Quôc Hiêu, président du Comité d’union du catholicisme pour la province de Bac Ninh ». Lequel en effet ne nia pas la légitimité du rôle dirigeant du parti communiste, ni les bienfaits de la collectivisation des terres… et proposa un amendement à la Constitution : au lieu de dire : « Personne ne peut violer la liberté de croyance et de religion ou les utiliser pour enfreindre la loi », il faudrait dire : « Il est strictement interdit de violer… ».

On voit que ce prêtre s’inscrivait très exactement dans le cadre de la propagande du régime.

Mais quand les catholiques ont voulu en savoir davantage sur lui, ils se sont rendu compte qu’il s’agissait… d’un laïc, membre des organisations officielles de sa province (Front patriotique et Comité populaire), et que son « Comité d’union des catholiques de Bac Ninh » est un groupe fantoche inféodé au régime, dans lequel il n’y a aucun prêtre…

02 avril 2013

Inde : un recteur de séminaire assassiné

INDIA_(F)_0402_-Rrector.jpgLe Père K.J. Thomas, recteur du séminaire de Bangalore (Karnataka) a été assassiné dans la nuit de Pâques. Pour le moment on n’en sait pas plus. Des papiers auraient disparu. Mais le matériel informatique est intact et aucun autre objet de valeur n’a été volé.

On ne lui connaissait aucun ennemi, en dehors des ennemis de la foi. Mgr Bernard Moras, archevêque de Bangalore, a dénoncé ce « meurtre brutal, terrible et insensé », et a décrit le P. Thomas comme un « prêtre pieux et serein, dont la mort est une grande perte pour nous tous ». Le cardinal Gracias, président de la conférence épiscopale de l’Inde, a présenté ses condoléances à la famille du P. Thomas, aux séminaristes et au personnel du séminaire, soulignant que le recteur était « un ami cher et un prêtre humble, charitable, respectable et bon, aimé de tous ».

L’événement du Jeudi Saint

Comme cela avait été annoncé, Mgr Wolfgang Haas, premier archevêque de Vaduz, a célébré la messe chrismale dans la « forme extraordinaire ». On en verra des photographies ici.

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01 avril 2013

Les papes et le Saint-Esprit

En cadeau à mes lecteurs, et par eux éventuellement à leurs prêtres confits en dévotion envers le pape quel qu’il soit, cet article paru dans le numéro 296 de Reconquête, écrit avant le conclave.

Il en est qui, ne pouvant se résoudre à voir Benoît XVI nous quitter, rêvaient que le conclave le réélise… Il en est d’autres qui, sede vacante, n’ont aucune appréhension parce que le Saint-Esprit donne forcément à l’Eglise le meilleur pape dont elle a besoin.

A tous ceux-là, et surtout à ceux qui confondent la foi catholique avec un fidéisme superstitieux et un providentialisme naïf, je dédie ce résumé de l’histoire de Benoît IX, qui fut élu pape trois fois, mais qui n’était pas particulièrement inspiré par le Saint-Esprit…

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Rideau

Puisque l’évêque de Rome, dans sa bénédiction urbi et urbi (in italiano et in italiano) refuse d’utiliser la formule PRESCRITE pour la bénédiction pontificale, je tire le rideau et ma révérence.

Puisqu’on en est là, et que ce n’est que le début de l’évacuation des « détritus », selon le mot du Savonarole de pacotille inséparable de François, je ne parlerai plus de l’évêque de Rome. Après tout, je ne ferai ainsi que ce que faisaient la plupart des catholiques avant la radio et la télévision. Pour ma part, j’ai eu hier (à l’heure même de la bénédiction de François que je suis heureux de ne pas avoir vue), et aujourd’hui, de façon terriblement imméritée, mais avec une joie tellement immense, une authentique bénédiction pontificale d’un évêque venu lui aussi « du bout du monde », mais qui sait ce qu’est un évêque de l’Eglise catholique. Et j’ai aussi mon évêque, qui lui aussi sait bénir comme un évêque.

Comme je l’ai déjà dit, l’un des bienfaits du règne de François (sur fond de désastre total) sera de mettre fin à des superstitions comme celle des « trois blancheurs ». Et de rappeler (comme lui-même le fait) que le chef de l’Eglise n’est pas le pape mais le Christ.

Travaillant sur les psaumes, je viens de relire le commentaire de saint Augustin sur le psaume 90. Dont voici un extrait :

« En Notre Seigneur, il y a l’homme parfait, la tête et le corps. La tête est cet homme qui est né de la vierge Marie, qui a souffert sous Ponce Pilate, a été enseveli, est ressuscité, est monté aux cieux pour s’asseoir à la droite du Père, d’où nous l’attendons comme juge des vivants et des morts : voilà le chef de l’Eglise. Cette tête a pour corps l’Eglise, non celle qui est en ces lieux, mais bien celle qui est en ces lieux et dans l’univers entier : non celle qui existe maintenant, mais celle qui commence en Abel pour aller jusqu’à la fin des siècles, et embrasser tous ceux qui croiront au Christ, pour n’en former qu’un seul peuple, appartenant à une seule cité, laquelle cité est le corps du Christ, et dont le Christ est la tête. »

Amen. Alleluia.

 

RECTIFICATIF

Le contraste est tel, entre François et ses prédécesseurs, que j’en ai déduit, hâtivement et faussement, que les paroles de la bénédiction n’étaient pas les mêmes. Merci à ceux qui m’ont fait remarquer mon erreur. Les paroles sont les mêmes. Je n’avais pas fait attention au fait que cette bénédiction, précédée d’une absolution, n’est pas la même que celle de la fin de la messe.

Il n’en reste pas moins que l’évêque de Rome, lors d’une bénédiction solennelle, doit être revêtu de ses ornements, coiffé de sa mitre et portant sa crosse (sa férule papale). – François daigne seulement mettre une étole juste pour la bénédiction, et la retire immédiatement après.

D’autre part, on voit que le cérémoniaire est toujours Mgr Marini et que le livre est toujours le même. Ce pourrait bien ne plus être le cas la prochaine fois.

Quoi qu’il en soit, je vois que j’ai raison de ne plus vouloir parler de ce pape…

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28 mars 2013

Une nouvelle salve de martyrs du communisme

Le pape a autorisé hier la publication d'une série de décrets présentés par le cardinal Amato, préfet de la congrégation pour les causes des saints. Notamment des décrets reconnaissant le martyre de

-Manuel Basulto Jiménez, évêque espagnol, et 5 compagnons, tués en haine de la foi en 1936 et 1937

-Giuseppe Massimo Moro Briz et 4 compagnons, prêtres espagnols, tués en haine de la foi en 1936

-Vladimir Ghika, prêtre turc, tué en haine de la foi en 1954

-Joaquin Jovani Marin et 14 compagnons, prêtres ouvriers espagnols, tués en haine de la foi de 1936 à 1938

-Andrea da Palazuelo (au siècle: Michele Francesco Gonzalez Ganzalez), prêtre espagnol profès de l'Ordre des Frères mineurs capucins, et 31 compagnons, tués en haine de la foi de 1936 à 1937

-Giuseppe Girotti, prêtre italien profès de l'Ordre des Frères prédicateurs, tué en haine de la foi à Dachau, en Allemagne en 1945

-Stefan Sandor, laïc hongrois profès de la Société de Saint François de sales, tué en haine de la foi en 1953

Rolando Rivi, séminariste italien, tué en haine de la foi en 1945.

(On remarquera l'incongruité de « Vladimir Ghika, prêtre turc ». Mgr Ghika était un prince roumain. Ce n’est pas parce qu’il était né à Constantinople - dans l'empire ottoman - qu’il était "turc"… Si l’on devait se baser sur la durée de la présence dans un pays, il serait infiniment plus français que turc…)

Vendredi Saint en Inde

Au hasard d’une revendication des employés chrétiens de l’administration fiscale de l’Inde, j’apprends que le Vendredi Saint est férié dans ce pays où les chrétiens sont, sur l’ensemble du pays, une toute petite minorité (2,7%).

Les contribuables ont jusqu’au 31 mars pour payer leurs impôts. Le 31 est un dimanche, et même le dimanche de Pâques, mais les autorités ont décidé que les bureaux des contributions seraient ouverts ce jour-là, pour recevoir les derniers contribuables, et aussi le samedi, et aussi le vendredi, bien qu’il s’agisse du Vendredi Saint férié.

Les évêques ont protesté, soulignant que Pâques est « la plus importante célébration religieuse des chrétiens » et que si le fisc « avait ses raisons pour faire du dimanche pascal une journée ouvrée, la communauté chrétienne en Inde avait encore plus de raisons pour demander au gouvernement de repousser la date limite du dépôt des déclarations fiscales » et permettre aux chrétiens de remplir leurs obligations religieuses.

De son côté, le Conseil pan-chrétien indien (All India Christian Council) a déposé un recours devant la Haute Cour de Delhi.

Hier, la Haute Cour a rendu une décision faisant exceptionnellement de ces deux jours, dans l’administration fiscale, des jours fériés "restreints", chômés par une catégorie d'employés, en l'occurrence les chrétiens, afin de garder un équilibre entre les obligations nées de l’observance religieuse et les impératifs gouvernementaux visant à maximiser les rentrées fiscales...

Eglises d’Asie ajoute que « dans l’Etat de Jammu-et-Cachemire, seul Etat à majorité musulmane de l’Union indienne, la très petite communauté chrétienne vit une situation de discrimination particulière, le Vendredi Saint n’y étant pas chômé ».

Eh bien en France, la majorité chrétienne vit cette même situation de discrimination… Mais le rédacteur de la dépêche des Missions étrangères ne s’en rend même plus compte…

27 mars 2013

Recherches sur l'embryon : l’Assemblée nationale, Mgr Vingt-Trois, et le Téléthon

L’Assemblée nationale va examiner demain une proposition de loi maçonnique (euh… des radicaux de gauche), soutenue par le gouvernement, visant à autoriser la recherche sur les embryons et les cellules souches.

Cette proposition de loi a déjà été votée au Sénat en décembre. Elle pourrait ne pas passer l’épreuve du Palais Bourbon, car plus de 300 amendements ont été déposés, et en théorie la proposition de loi ne bénéficie que d’une « niche » d’une journée.

Le cardinal André Vingt-Trois a clairement manifesté son opposition à un texte qui revient à dire que l’embryon « n’est rien et que c’est un matériau de laboratoire ». Il souligne aussi, excellemment : « C’est une erreur d’investissement puisque depuis un certain nombre d’années on nous annonce que les cellules embryonnaires vont être la source de traitement régénératif des maladies nerveuses, et à ce jour il n’y a même pas, dans ce domaine, de protocole d’essai, on est toujours dans la promesse que cela va venir incessamment sous peu mais cela n’arrive jamais ». Et il ajoute qu’on a « d’autres pistes de recherche beaucoup plus prometteuses qui ont été d’ailleurs couronnées par un prix Nobel ».

Et il va plus loin, en posant la question : « Qui a intérêt ? »

Et là il critique le Téléthon ; sans le dire, mais il s’agit évidemment du Téléthon, et du financement des recherches de Marc Peschanski :

« C’est-à-dire qui a intérêt à drainer les financements et les subventions à la recherche sur tel ou tel laboratoire plutôt que sur tel autre ? Et là-dessus on n’a aucune information claire ni transparente. Il faudra donc bien un jour que l’on sache pourquoi ce pouvoir économique des laboratoires pharmaceutiques ou des laboratoires de recherche reste obstinément dans l’ombre - quand il n’utilise pas les fonds de collecte publique qui sont recueillis avec des procédés de mobilisation affective considérable, mais dont finalement l’investissement n’est pas toujours absolument contrôlable. »

Et signez AUJOURD'HUI, si vous ne l'avez pas encore fait, la pétition de la Fondation Jérôme Lejeune "Vous trouvez ça normal ?".


Addendum Vendredi Saint 29 mars

L'examen du texte n'a pas pas pu être terminé dans la journée. La proposition de loi est donc caduque (tant qu'elle n'est pas reprise par un autre groupe ou par le gouvernement).

25 mars 2013

NON !!!!!!!

Magdi Cristiano Allam, baptisé par Benoît XVI à Pâques il y a cinq ans, annonce, par un long éditorial dans Il Foglio, qu’il quitte l’Eglise catholique. Titre : « Pourquoi je quitte cette Eglise faible avec l’islam ». Il explique : « Plus que tout autre facteur, m’a éloigné de l’Eglise la légitimation de l’islam comme vraie religion, d’Allah comme vrai Dieu, de Mahomet comme vrai prophète, du Coran comme texte sacré, des mosquées comme lieux de culte. Je suis plutôt convaincu que, tout en respectant les musulmans dépositaires comme toute personne des droits inaliénables à la vie, à la dignité, à la liberté, l’islam est une idéologie intrinsèquement violente, historiquement conflictuelle en interne et belliqueuse en externe. Je suis encore plus convaincu que l’Europe finira par être soumise à l’islam (…) si l’on n’a pas la lucidité et le courage de dénoncer l’incompatibilité de l’islam avec notre civilisation et les droits fondamentaux de la personne, si l’on n’interdit pas le Coran pour apologie de la haine. »

Pour Magdi Allam, « c’est une authentique folie suicidaire, le fait que Jean-Paul II soit allé jusqu’à embrasser le Coran, que Benoît XVI ait posé la main sur le Coran en priant en direction de La Mecque à la Mosquée bleue d’Istanbul, tandis que François Ier a commencé en exaltant les musulmans “qui adorent le Dieu unique, vivant et miséricordieux” ».

Cependant, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été « la papolâtrie qui a enflammé l’euphorie pour François Ier et a rapidement archivé Benoît XVI ».

Et Magdi Allam s’en prend de nouveau au « bonisme » qui conduit l’Eglise à se présenter « comme le plus grand protecteur des immigrés, et surtout des illégaux ». Rappelant qu’il est lui-même un immigré, il souligne qu’il est pour un accueil avec des règles, et que « la première règle est qu’en Italie nous devons d’abord assurer le bien de l’Italie, en appliquant correctement l’exhortation de Jésus “aime ton prochain comme toi-même” ».

Il conclut : « Je vais continuer de croire en Jésus que j’ai toujours aimé, et à m’identifier fièrement au christianisme comme la civilisation qui plus que d’autres rapproche l’homme de Dieu qui a choisi de devenir homme ».

C’est un choc de voir Magdi Cristiano Allam quitter l’Eglise.

Et c’est un très mauvais signal. Il est manifeste que nombreux vont être ceux qui vont aller, qui à la Fraternité Saint Pie X, qui chez les sédévacantistes, qui chez les orthodoxes… pour ne pas avoir comme chef un François.

Mais saint Pierre a dit : A qui irions-nous, c’est toi qui as les paroles de la vie éternelle. Ce propos s’adressait à Jésus, le Christ, et le Christ, c’est l’Eglise catholique. L’Eglise est le corps du Christ. Quitter l’Eglise catholique, c’est quitter le Corps du Christ, c’est quitter le Christ.

Plus que jamais il faut rester dans cette Eglise, prier dans et pour cette Eglise qui seule a les paroles de la vie éternelle. Même quand elle ne le sait plus.

Addendum. On lira la traduction complète de l'article de Magdi Allam sur Benoît et moi.

Le pape qui fait passer l’Eglise de la contre-réforme au « catholicisme évangélique »

Selon George Weigel, « l’élection du pape François accomplit le tournant de l’Eglise du catholicisme de la contre-réforme (…) au catholicisme évangélique qui doit replanter l’Evangile dans ces régions du monde qui sont devenues spirituellement lasses, tout en le semant dans de nouveaux champs de mission dans le monde entier. »

Le dernier livre de George Weigel est intitulé : Le catholicisme évangélique : la profonde réforme de l’Eglise au XXIe siècle.

Ce livre a paru le 5 février dernier. Dès le lendemain, George Weigel soi-même en faisait la promotion sur le site First Things. Il expliquait que le « catholicisme évangélique », qui est le catholicisme « vécu dans une fidélité radicale au Christ et à l’Evangile », est le seul catholicisme possible au XXIe siècle. Le catholicisme évangélique est fondé sur cet ahurissant sophisme (qui est celui de toutes les sectes évangéliques) : ne pas chercher à avoir des connaissances sur Jésus, mais connaître Jésus en personne. (C’est ce qui explique le vide doctrinal des homélies de François : ce vide est volontaire. C'est ce qui explique aussi pourquoi il parle tant du diable : c'est un thème de prédilection des évangéliques qui le voient partout et font des "exorcismes" à tour de bras.) Le catholicisme évangélique (dont on ne voit pas ce qu’il a de catholique), c’est la « rencontre personnelle et communautaire » avec le Jésus de l’Evangile, point final.

L’auteur de la recension de ce livre sur le National Catholic Register écrivait : « Si je pouvais entrer au conclave, j’y passerais en douce assez d’exemplaires de Catholicisme évangélique pour en mettre un sur la chaise de chaque électeur, avec l’espoir qu’ils adoptent ce chef-d’œuvre d’histoire et de pensée catholique comme un guide possible pour la mission de l’Eglise dans les siècles à venir. »

Cet homme-là a été comblé au-delà de ses espérances, car il n’y avait pas besoin d’inonder la Chapelle Sixtine du livre de George Weigel : c’est le principal représentant du soi-disant « catholicisme évangélique » au sein de l’épiscopat mondial qui a été élu pape. Et, au lendemain de l’élection, George Weigel (qui avait longuement rencontré le cardinal Bergoglio au moment où il préparait son livre) pouvait donc écrire son article enthousiaste de la National Review : « Le premier pape américain : le tournant du catholicisme pour un avenir évangélique. »

306_Bergoglio01.jpgOn comprend mieux désormais ce geste du cardinal Bergoglio, primat d’Argentine, agenouillé devant 6.000 personnes pour recevoir la bénédiction d’une vingtaine de pasteurs successifs. C’était le 6 juin 2006, lors de la troisième "Rencontre fraternelle de la Communion renouvelée des Evangéliques et Catholiques" (sic) au stade du Luna Park de Buenos Aires.

23 mars 2013

Éloge de François

Par les théologiens de la libération. Essentiellement le P. Jon Sobrino, dont la doctrine a été condamnée par la congrégation pour la doctrine de la foi en 1997. Notamment (mais pas seulement, la liste de ses hérésies est longue) pour professer que « l'Église des pauvres est le lieu ecclésial de la christologie ».

(Le texte condamnant Jon Sobrino est en différentes langues sur le site du Vatican, mais pas en français. On le trouvera en français ici.)