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Eglise

  • Un prêtre enlevé en Syrie

     

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    Deux hommes armés sont arrivés en moto au monastère de saint Julien l’Ancien (Mar Elian el Cheikh) à Qaryatayn, une oasis dans le désert, à 60 km de Homs et à une centaine de km de Palmyre. Ils ont contraint le Père Mourad, prêtre syro-catholique, âme du renouveau chrétien de la ville, à prendre sa propre voiture et, sous la menace des armes, lui ont imposé de se diriger vers une destination inconnue. L’enlèvement a été confirmé hier par l’archidiocèse syro-catholique de Homs. Un diacre aurait été également enlevé mais cela n’est pas confirmé.

    La ville de Qaryatayn a été plusieurs fois prise par des jihadistes et bombardée par l’armée syrienne. Le P. Mourad, en compagnie d’un avocat sunnite, a joué le rôle de médiateur afin de garantir que le centre urbain de 35.000 habitants soit épargné pendant de longues périodes par les affrontements armés, et le monastère a accueilli des centaines de réfugiés.

    Selon le journal suisse Le Temps, le P. Mourad avait envoyé, la veille, ce message : « Les extrémistes de Daech s’approchent de notre ville. A Palmyre, ils ont tué beaucoup de gens en coupant leur tête. Priez pour nous, SVP. »

  • Nouvelle attaque contre Thien An

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    Des voyous stipendiés par les autorités locales, selon la méthode habituelle utilisée par le pouvoir communiste vietnamien, ont attaqué de nouveau le monastère de Thien An près de Hué. Le but est de contraindre les moines à partir, afin que les autorités récupèrent le terrain pour en faire un vaste parc touristique.

    Les forces de police qui campaient près du monastère ont été retirées en février. Ce qui était le signe que les ennuis allaient reprendre. En outre, il n’y a pas que les attaques de voyous menées dans l’impunité : il y a les incursion violentes de la police elle-même, sous n’importe quel prétexte. Car il faut déstabiliser les moines, les terroriser, pour qu’ils lâchent prise.

    Le monastère de Thien An, qui fut fondé en 1940 par des bénédictins de La Pierre qui Vire, est particulièrement florissant (80 moines) et a essaimé trois fois. Jusqu’en 1975 il possédait 107 ha de bois qui ont été aménagés par les moines et sont devenus un lieu d’excursion. En 1975 le pouvoir communiste a confisqué la ferme et l’école… et élevé de trois mètres le niveau du lac qui avait été créé par les moines pour l’irrigation.

    En 2000, le pouvoir avait décidé de prendre presque toutes les terres, laissant aux moines 5 ha. Face à la résistance des moines (qui ont l’appui de la population), ils n’ont été spoliés que de… la moitié, pour la création d'un parc de loisir. Lequel est un échec patent. Mais les autorités ont décidé d’agrandir le parc, et donc de prendre encore une dizaine d’hectares aux moines. Ceux-ci ont décidé de se battre, considérant que les 50 derniers hectares leur sont indispensables pour maintenir le silence et la paix nécessaires à la vie monastique.

    A Hué, on dit que les terres du monastère sont le poumon vert de l’ancienne capitale, pour le bénéfice de tous, alors que le projet des autorités ne servira qu’à enrichir quelques-uns.

  • Mgr Paglia en rajoute

    Mgr Vincenzo Paglia est intervenu à Orléans lors d’une conférence intitulée « Familles : fragilités et Espérance ». Il a répété la proposition (du cardinal Kasper) de prétendu « chemin pénitentiel » qui permettrait aux divorcés soi-disant remariés d’accéder à la communion.

    Cela a été dit et expliqué partout et on le connaît par cœur.

    Pourquoi le signaler ?

    Parce que Mgr Paglia est le président du Conseil pontifical pour la famille, et qu’il souligne donc, non seulement qu’il fait sienne la proposition hérétique du cardinal Kasper, mais que c’est la position officielle du conseil pontifical…

  • L’Eglise sur le chemin…

    L’agence Zenit a cru bon de publier un article entier sur le tweet de François daté de samedi dernier :

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    Cela fait deux ans que François répète à longueur de semaine que l’Eglise doit sortir et aller sur les routes vers les périphéries. Et j’avoue que je n’ai toujours pas compris ce que cela veut dire.

    Je ne vois pas comment l’Eglise peut « sortir » (d’où ça ?), ni donc être « blessée » « sur le chemin », ni d’autre part être « fermée sur elle-même » (sur le Christ ?), ni donc être « malade » dedans (dans quoi ?).

    Je le comprends d’autant moins ces jours-ci, alors que je suis en train de lire attentivement le livre d’entretien du cardinal Robert Sarah (pour me renseigner sur le futur pape – Dieu veuille…).

    Ce que je trouve le plus frappant, dans ce livre, c’est comment le cardinal revient sans cesse sur les missionnaires spiritains qui ont évangélisé son village. Tant d’années après, il déborde toujours de gratitude envers ces missionnaires, qui étaient des modèles de foi, de prière, de charité. Avec, au passage, un discret hommage à Mgr Lefebvre, qui était le chef des spiritains dans la région.

    Et alors, c’était quoi, cette Eglise ? Devait-elle attendre François pour apprendre à « sortir », à aller « sur le chemin » vers les « périphéries » ? L’Eglise est missionnaire de par sa nature. Elle n’a pas à sortir, puisqu’elle est partout chez elle. Elle ne peut pas être blessée, puisqu’elle est surnaturelle, et qu’elle est l’instrument de la santé de l’âme (et même, souvent, du corps).

    L’ironie de l’histoire est que, bien sûr, François vise les « traditionalistes » quand il évoque l’Eglise « fermée sur elle-même ». Quand le cardinal Sarah montre que l’exemple même de l’Eglise missionnaire, celle qui selon François sort sur le chemin vers les périphéries, et qui est l’antithèse de celle que voudraient les traditionalistes, est Mgr Lefebvre…

    (Au fait, dans la parabole du bon Samaritain, l'Eglise, ce n'est pas l'homme blessé sur le bord du chemin, c'est le Samaritain. Lequel est en parfaite santé, et en outre il est riche, car il a un cheval, ce qui permet de transporter le blessé à l'auberge, et il paie d'avance rubis sur l'ongle et annonce qu'il paiera encore ce qu'il faudra. L'Eglise doit être en bonne santé et riche - pas seulement de sacrements - pour aider les hommes.)

  • Aligner l’Alsace-Moselle

    L’Observatoire de la laïcité, organisme dépendant du Premier ministre, dont la mission est d’aggraver sans cesse le laïcisme d’Etat, vient de pondre un « Avis sur le régime local des cultes en Alsace et en Moselle ».

    L’un des gros problèmes des laïcards est la survivance en Alsace-Moselle du concordat de 1802, qui y reste applicable puisque ces départements échappèrent à la loi de 1905 (ils étaient allemands).

    Le problème supplémentaire est que, comme le reconnaît le soi-disant Observatoire, la population est très largement favorable à un régime qui dépasse de très loin la question des cultes et qui est un droit local hérité de l’Allemagne, touchant un grand nombre de domaines – à commencer par une sécurité sociale très performante parce qu’héritée du christianisme social et ayant échappé à la mainmise communiste.

    Pour imposer le laïcisme à l’Alsace-Moselle, on ne peut donc que grignoter le statut, petit à petit – la jurisprudence imposant qu’on ne puisse plus ensuite revenir en arrière.

    Le soi-disant Observatoire a trouvé dix « recommandations » à faire. Qui se résument essentiellement à deux : supprimer le délit de blasphème, et supprimer l’obligation du cours de religion.

    L’Observatoire souligne que la suppression du délit de blasphème est « symbolique », puisque l’article qui le définit n’a jamais été officiellement traduit en français ni jamais appliqué.

    Mais bien sûr le symbole est fort : il s’agit en fait d’affirmer haut et fort le droit au blasphème, donc notamment de soutenir l’action des Femen, de Caroline Fourest, etc. (De même la peine prévue pour trouble à l’exercice d’un culte doit être « alignée » sur celle prévue par la loi de 1905.)

    En ce qui concerne l’heure hebdomadaire obligatoire de cours de religion, l’Observatoire recommande l’inversion de ce qui est prévu dans les textes : au lieu de pouvoir demander à en être exempté, l’enfant devra s’inscrire volontairement. Et l’Observatoire recommande d’autre part que l’heure en question soit enlevée des 24 heures de cours hebdomadaires pour devenir une heure en plus. Sous prétexte que les pauvres élèves d’Alsace-Moselle subissent l’injustice d’avoir une heure de cours général en moins que les autres élèves français…

    Voilà bien des contorsions pour en arriver à tout simplement supprimer la particularité d’Alsace-Moselle et aligner les trois départements sur le régime général de l'école "laïque".

    On remarquera que là aussi il s’agit d’une mesure « symbolique » : on aura réussi à supprimer de la République laïque cette anomalie cléricale. (Symbolique, parce que je me souviens qu’il y a environ… 50 ans j’avais abandonné le cours de « catéchèse » où, déjà, on n’apprenait strictement rien de la religion…).

    On notera enfin que trois membres de l'Observatoire : Jean Glavany, Françoise Laborde et Patrick Kessel, se sont désolidarisés de cet "avis" parce qu'il n'apporte aucune réponse à l'intolérable discrimination dont est victime l'islam, qui ne fait pas partie des cultes reconnus par le doit d'Alsace-Moselle.

    On lit pourtant dans le texte même de l'avis:

    « Lors de l’audition du 6 janvier 2015, Abdelhaq Nabaoui, vice-président du Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM), a déclaré : “le  culte musulman souhaite le maintien de ce régime. Je le réaffirme, nous ne souhaitons pas être utilisés comme prétexte à sa suppression”. »

    Car c'est bien évidemment une aubaine pour l'islam de bénéficier d'une authentique zone de non-droit (tant par rapport à la loi de 1905 que par rapport au droit local).

  • Timothy Radcliffe…

    20140324_094333-1.jpgFrançois a nommé samedi le P. Timothy Radcliffe, 70 ans, consulteur au Conseil pontifical Justice et Paix.

    Samedi, c’est-à-dire à l’avant dernier jour de l’assemblée générale de la Caritas Internationalis.

    Benoît XVI (officiellement la Secrétairerie d’Etat) avait interdit au P. Timothy Radcliffe de prononcer la conférence qui avait été prévue à l’ouverture de la précédente assemblée de la Caritas, en 2011.

    Le dominicain Timothy Radcliffe, du couvent d’Oxford, et chanoine honoraire de la cathédrale anglicane de Salisbury (volée aux catholiques), a été provincial d’Angleterre et maître général de l’Ordre des Prêcheurs. Il est le type même du dominicain progressiste (même si on peut trouver pire –on trouve toujours pire). Sept de ses livres ont été traduits en français et publiés aux éditions du Cerf. L’un d’eux a obtenu un prix décerné par le soi-disant archevêque de Canterbury à « l'écrit de théologie contemporaine le plus prometteur del'Église globale ».

    L’an dernier, la chaîne de télévision catholique EWTN avait annulé son projet de reportage sur la Conférence Internationale sur la Divine Miséricorde, le plus important rassemblement catholique en Irlande, à cause de la participation de Radcliffe.

    A propos de la relation homosexuelle, il considère qu’« elle exprime le don de soi du Christ », mais il est opposé au « mariage » homosexuel au nom du respect de la différence... Il est un des militants historiques pour la communion aux divorcés soi-disant remariés. Et il veut donner « une véritable autorité » aux femmes dans l’Eglise, mais pas forcément le sacerdoce, parce que l’Eglise est déjà trop cléricale…

    (Photo: Timothy Radcliffe à l’émission « Le grand témoin », Radio Notre-Dame, le 27 mars 2014.)

    Addendum

    L'assemblée générale de la Caritas a décidé de faire de Mgr Oscar Romero, qui sera béatifié le 23 mai, son saint Patron...

  • Attaques au Madhya Pradesh

    Dans la nuit de lundi à mardi a eu lieu une série d’attaques antichrétiennes dans l’Etat indien du Madhya Pradesh.

    A Indore, l’église anglicane Saint-Paul a été vandalisée. Divers objets ont été détruits, dont un crucifix. Une tentative d’incendie d’une autre église protestante a tourné court en raison de l’intervention rapide de la police. Et une troisième église protestante a été la cible de jets de pierres, brisant les vitraux.

    Dans le même temps, à Pidaldhar, c’est un foyer pour enfants déficients mentaux, tenu par des religieuses augustiniennes, qui a été attaqué. Des individus ont jeté de grosses briques de façon à ce qu’elles percent le toit et tombent dans le dortoir. Aucune religieuse n’a été touchée, et il n’y avait pas d’enfants, car elles sont en train d’installer un nouveau centre dans leur résidence, qui se situe dans le diocèse de Khandwa.

    Ces attaques ont eu lieu quelques heures avant que Sonia Gandhi vienne dans l’Etat pour inaugurer un orphelinat créé par des missionnaires. L’organisation hindoue Sanskritik Jagran Manch, avait appelé à une « action directe ».

  • « Caritas »

    L’assemblée générale quadriennale de la Caritas Internationalis se tient à Rome du 12 au 17 mai. La séance inaugurale a été présidée par le cardinal Maradiaga, président sortant et grand ami de François, flanqué de Gustavo Guttierez, le père de la soi-disant « théologie de la libération ». Inutile de dire que le dominicain Guttierez, 86 ans, était la vedette du spectacle. « Il y a eu un dialogue, très critique, c'est vrai, parfois difficile », avec le Vatican, reconnaît-il. C’est-à-dire avec le cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Mais « je crois que maintenant, avec le témoignage du pape François, c'est plus clair : (…) François a expliqué que l'option préférentielle pour les pauvres est une question théologique. Vous pouvez ouvrir la Bible et le thème des pauvres est là, dans le premier testament, dans le second testament (sic). On trouve les pauvres, pas les théologiens. » Sic.

    Il n’est pas inintéressant de constater que Guttierez reconnaît que Mgr Romero n’est pas un martyr de la foi, comme je l’avais remarqué. Mais bien sûr, au lieu de déplorer l’incongruité de cette béatification pour « martyre », il s’en félicite : « Le sens du martyre a changé », les nouveaux martyrs sont ceux qui « ont témoigné de la justice, de la dignité humaine ».

    Bref il n’y a plus rien de religieux, de spirituel. On est dans l’horizontalité (marxiste) de la lutte sociale.

    Face à la dérive de la Caritas, Benoît XVI avait dû taper du poing sur la table. En 2011, il avait interdit à Lesley-Ann Knight de se représenter au poste de secrétaire général, il avait interdit au dominicain Timothy Radcliffe de prononcer son discours, il avait envoyé trois cardinaux remettre les pendules à l’heure, au premier chef le cardinal Sarah, président du conseil pontifical Cor Unum, dont dépend la Caritas, et il avait lui-même prononcé un discours sans complaisance.

    Tout cela est aujourd’hui, seulement quatre ans après, bien oublié. François a nommé le cardinal Sarah préfet de la congrégation pour le culte divin, non pas pour combattre les dérives liturgiques, dont il se moque éperdument, mais pour que le cardinal (qui sait, lui, ce qu’est la pauvreté) arrête de mettre des bâtons dans les roues d’une Caritas transformée en ONG gauchiste. Et il s’est bien gardé de nommer un nouveau président de Cor Unum, afin que le cardinal Maradiaga ait les coudées franches.

    Mais celui-ci était en fin de mandat, il a fallu lui trouver un successeur. Lequel devait être le cardinal Tagle, poulain de François. Et bien entendu le cardinal Tagle s’est présenté comme l’avocat des pauvres voulant aller dans les périphéries…

    Un autre candidat a osé se présenter : l’archevêque maronite Joseph Soueif, proposant un programme basé sur les nouveaux statuts de la Caritas issus du motu proprio de Benoît XVI…

    Le cardinal Tagle a obtenu 91 voix sur 133, refermant ainsi la parenthèse que Benoît XVI n’avait en fait pas réussi à ouvrir.

    Le cardinal Tagle qui n’était même pas là, car il était à Chicago pour recevoir un doctorat honoraire de l’Union théologique catholique, un des instituts américains les plus « libéraux »...

    Sources: Benoît et moi et Rorate Caeli.

    On lira d’autre part le commentaire tonique de Riccardo Cascioli sur les propos débiles du cardinal Maradiaga à propos du réchauffement climatique.

  • Les évêques suisses s’expriment

    Ils demandent de voter non le 14 juin prochain à un amendement constitutionnel visant à permettre le diagnostic préimplantatoire :

    Les Suisses s’exprimeront le 14 juin prochain sur une modification de la Constitution fédérale qui est destinée à ouvrir la porte au diagnostic préimplantatoire (DPI). Les évêques suisses refusent fermement cette modification de la Constitution.

    La situation de départ est tragique : c’est la souffrance d’un couple qui est susceptible de transmettre une maladie génétique grave. La méthode du DPI est présentée comme solution à ce problème. Or, cette méthode pose plusieurs problèmes graves : par le DPI on ne soigne pas une maladie, mais on l’évite en supprimant le porteur de la maladie, ce qui est injustifiable !

    En outre, le DPI nécessite la production volontaire d’embryons afin de faire une sélection, ce que l’on appelle de l’ « eugénisme libéral ».

    De plus, le DPI est une technique de sélection où l’on s’octroie le droit de décider qui mérite de vivre, et qui ne le mérite pas.

    La protection maximale de l’embryon humain qui doit être considéré comme une personne, est assurée au mieux par la Constitution fédérale actuelle qui précise que « ne peuvent être développés hors du corps de la femme jusqu’au stade d’embryon que le nombre d’ovules humains pouvant être immédiatement implantés » (Art. 119). Si cet article de la Constitution est modifié selon ce que propose le Parlement, la congélation d’embryons sera implicitement autorisée. Cette cryoconservation pose de graves problèmes éthiques, car il atteint directement la dignité humaine.

    Voter NON à la modification de la Constitution et donc au DPI qui suivra signifie donc attester que la dignité humaine de tout être humain doit être respectée et sauvegardée au maximum dans notre pays.

    C’est globalement un bon texte de circonstance (qui peut servir notamment contre le Téléthon), mais qui a néanmoins une phrase très malheureuse. Au lieu de dire que « la protection maximale de l’embryon humain (…) est assurée au mieux » par le texte actuel de la Constitution, ils devraient rappeler que ce texte est déjà gravement contraire à la loi naturelle en légitimant la fécondation in vitro. Car jusqu’à preuve du contraire François n’a pas encore modifié la doctrine explicitée par le cardinal Ratzinger sous Jean-Paul II.

  • Supprimer les églises en Algérie

    De l’agence Fides :

    Il faut fermer toutes les églises chrétiennes se trouvant sur le territoire algérien et les transformer en mosquées là où cela est possible. Telle est la proposition lancée par le responsable algérien salafiste Abdel Fattah Zarawi, Président du Front libre salafiste d’Algérie, qui la fait passer comme une réaction légitime aux épisodes d’islamophobie qui, à son avis, déferlent dans de nombreux pays d’Europe, à commencer par la France. C’est ce qu’indiquent des sources algériennes consultées par l’Agence Fides. Dans le cadre de cette campagne contre les églises, immédiatement reprise par les réseaux sociaux et les blogs liés aux groupes salafistes, les basiliques d’Algérie – telle que Notre-Dame d’Afrique à Alger et celle de Saint Augustin à Annaba – sont qualifiées de résidus de l’époque coloniale dont le pays doit être libéré.

  • La messe LGBT de Londres

    Le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a été hier le premier cardinal à « présider » la « messe LGBT » de Londres.

    Cette messe existe depuis 1999. En 2013 elle a été transférée de l’église de l’Assomption et Saint-Grégoire à l’église de l’Immaculée Conception. Et théoriquement intégrée à la liturgie paroissiale comme une messe ordinaire.

    Mais le lobby lui a conservé sa spécificité, d’autant que l’église de l’Immaculée Conception est devenue aussi le siège du « conseil pastoral des catholiques LGBT de Westminster ». Lequel a annoncé que « le cardinal Vincent Nichols présidera la messe accueillant les catholiques LGBT, leurs parents et leurs familles ».

    Les services de l’archevêché ont mollement démenti qu’il s’agisse d’un messe LGBT, en disant que ce n’était pas une messe pour les « homosexuels catholiques », mais que le cardinal Nichols allait « célébrer la messe habituelle de la paroisse, à laquelle seront présents les paroissiens (messe qui a aussi le souci pastoral des gens qui ont une attirance pour le même sexe) ». Sic.

  • Des évêques « catholiques » ?

    Sandro Magister a lu la « Réponse de la Conférence épiscopale allemande aux questions » posées pour le synode de 2015.

    Il note que cette réponse est publiée sur le site de la conférence des évêques d’Allemagne en cinq langues, ce qui montre une claire volonté de faire la leçon au monde entier.

    Et cette leçon (pour en rester à ce que rapporte Sandro Magister, ça suffit amplement) est ahurissante.

    Il faut donner les sacrements de pénitence et de communion aux divorcés soi-disant remariés, c’est-à-dire aux adultères permanents (comme cela se fait déjà officiellement en Allemagne), mais « il est suggéré en outre – ce sont les évêques qui parlent - que l'échec d'un mariage soit repensé en droit canon, au plan dogmatique et pastoral, et de développer de nouvelles formes de liturgie » ad hoc. Il s’agit donc bel et bien de changer la doctrine.

    Dans 40% des mariages religieux en Allemagne le conjoint « appartient à une autre confession chrétienne » (en clair il est protestant). Que ce conjoint soit « exclu (sic) de la Communion est perçu comme un obstacle à l’éducation chrétienne des enfants et au vécu de la foi par la famille ». Il faut donc qu’il soit admis à la communion. Le fait qu’il ne croie pas en l’eucharistie n’est même pas évoqué. Cela n’entre pas en ligne de compte. La seule conclusion possible est que les évêques n’y croient donc plus eux-mêmes.

    En ce qui concerne les homosexuels, il convient de faire comme la société civile : reconnaître les partenariats homosexuels et pratiquer à l’église une bénédiction de ces partenariats, « distincte de la bénédiction du mariage », elle-même distincte de la bénédiction des adultères permanents (car il leur faut aussi une bénédiction spéciale).

    L’Eglise qui est en Allemagne n’est clairement plus l’Eglise catholique, du moins quant à ses chefs.

  • Et maintenant Helder Camara…

    Vous avez aimé l’annonce de la béatification de Mgr Romero (ce sera le 23 mai), vous adorerez l’annonce de l’ouverture du procès en béatification de Mgr Helder Camara…

    Demain dimanche 3 mai, l’archevêque d’Olinda et Recife, Mgr Fernando Saburido, ouvrira en effet officiellement, en la cathédrale d’Olinda, la phase diocésaine de l’enquête en vue de la béatification de Dom Helder Camara.

    La demande date de juin 2014. Rome a donné son accord dans un document signé le 25 février dernier, arrivé à Recife le 6 avril.

    De Mgr Romero il n’y a pas grand-chose à dire. C’était un évêque de gauche, comme il y en a tellement, dont le discours était essentiellement social, comme c’est si souvent le cas. Sa dernière « homélie » était dépourvue de toute allusion à la religion. On ne voit pas en quoi il pourrait être un martyr de la foi, mais il n’était pas directement lié à la soi-disant théologie de la libération.

    En revanche Dom Helder Camara, l’« évêque rouge », était l’icône même de la « théologie de la libération » téléguidée par les Soviétiques via des intellectuels européens (surtout allemands et français).

    On rappellera seulement que, pour le remplacer à la tête du diocèse de Recife, Jean-Paul II avait écarté les deux poulains de l’archevêque pour nommer Mgr José Cardoso Sobrinho, lequel fut chargé d’éradiquer la propagande de la soi-disant théologie de la libération : fermeture de l’Institut de théologie de Recife et du séminaire régional, renvoi des prêtres étrangers, mise sous le boisseau des travaux de la « commission Justice et Paix »…

    Ainsi la béatification de Helder Camara sonnera-t-elle comme un désaveu de Mgr Sobrinho (histoire de lui faire payer aussi ses propos lors de l’affaire de l’avortement d’une fillette en 2009), de Jean-Paul II, et de Joseph Ratzinger qui était l’homme du combat contre la « théologie » de la libération. Bref, d’une pierre au moins trois coups… Et qui fera une méchante tache sur l’histoire de l’Eglise.

    Addendum

    Pour en savoir plus sur dom Helder, voir par ici.

  • L’Eglise et l’islam au Bénin

    L’agence Fides a profité de la visite ad limina des évêques du Bénin pour poser des questions à Mgr Pascal N’Koue, archevêque de Parakou et secrétaire général de la conférence épiscopale (et très bienveillant envers la liturgie traditionnelle). Extrait :

    L’Eglise au Bénin est pleine de vitalité, comme le démontre le grand nombre de baptisés. Nombreux sont ceux qui frappent à la porte de l’Eglise catholique pour y entrer. Nos salles de catéchisme sont pleines. Nous rendons grâce au Seigneur pour la vitalité de nos jeunes. Nous le remercions également pour les écoles catholiques qui continuent à s’ouvrir. Nous savons que différents cadres du Bénin se sont formés dans les écoles catholiques. Nous remercions le Seigneur pour l’unité ecclésiale. Il n’existe pas de différences entre le nord et le sud, comme cela a lieu dans d’autres pays. Nous sommes 10 évêques, 2 au nord et 8 au sud, mais nous n’avons pas de problèmes entre nous.

    Nous disposons en outre de nombreuses vocations. Le problème est de former un clergé qui soit à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. Parmi ceux-ci se trouve le relativisme éthique et spirituel. Il y a aussi l’infiltration d’un islam qui n’est plus l’islam traditionnel africain qui fait qu’au sein de la même famille peuvent coexister tranquillement des musulmans et des non musulmans. Ceci devient désormais plus difficile parce qu’il existe des groupes arabisés qui viennent de l’étranger, bien financés, qui, sous le couvert d’ONG et sous le prétexte d’aider les plus pauvres, commencent à introduire des discours toujours plus violents à l’encontre des chrétiens. Il s’agit d’un phénomène encore limité mais nous devons demeurer vigilants pour porter la flamme de l’amour, de la fraternité et de l’entente réciproque.

  • François a viré Mgr Finn

    Le pape a « accepté la démission » de Mgr Robert Finn, évêque de Kansas City-Saint Joseph, en conformité avec le canon 401-2. Ce canon est celui qui dit qu’un évêque « est instamment prié de présenter la renonciation à cet office » s’il ne peut plus le remplir « convenablement ».

    Or Mgr Finn était un excellent évêque, qui remettait de l’ordre dans son diocèse et lui donnait une orientation plus… catholique, et qui était un intrépide militant de la culture de vie.

    Il y a donc eu contre lui une intense campagne menée par les progressistes et les médias, à commencer par le célèbre National Catholic Reporter, qui a ses bureaux dans le diocèse.

    L’affaire Ratigan leur permit de passer à la vitesse supérieure et de trouver l’argument décisif. En 2012, Mgr Finn fut condamné pour ne pas avoir dénoncé le P. Ratigan, lequel avait des centaines de photos dites pédopornographiques dans son ordinateur.

    Bill Donohue, le président de la Ligue catholique, défend avec ardeur Mgr Finn depuis le début. Il souligne que l’évêque avait sévi une première fois contre le prêtre, y compris sur le plan judiciaire, mais qu’alors il n’y avait pas eu de suites (il s’agissait de nombreuses photos d’enfants habillés, et d’une photo de nu). Et que le P. Ratigan, après une tentative de suicide, avait récidivé, avec des centaines de photos beaucoup plus explicites. Il souligne aussi que le prêtre n’a jamais touché un enfant, et qu’il n’y a d’ailleurs pas eu de plainte pour abus sexuel sur mineur. Et que, en bref, il n’y aurait pas eu d’affaire Ratigan si l’évêque avait fermé les yeux…

    Une fois de plus, le pape élimine un bon évêque en se servant d’un prétexte. On comparera avec, par exemple, la promotion de Mgr Barros

  • Déprimant

    Reprenant un de ses refrains préférés, François a exhorté les fidèles, mardi, à prendre le « risque » de se laisser bousculer par « la nouveauté » et « les surprises » de l'Esprit-Saint.

    Malheureusement, revenant d’un voyage qui m’a conduit notamment au sanctuaire de la Divine Miséricorde près de la tombe de sainte Faustine, je constate qu’en fait de surprise et de nouveauté le Saint-Siège et son chef (dont je n’ai aperçu en Pologne qu’une seule petite photo, car le pape là-bas, omniprésent, est toujours Jean-Paul II et c’est reposant) s’alignent de façon désormais caricaturale sur la pensée unique. Sur l’idéologie du monde.

    Ainsi y a-t-il eu mardi au Vatican une réunion sur le « changement climatique », non pas pour dénoncer la superstition du moment ou au moins ses excès, mais pour y participer plein pot. Avec le secrétaire général de l’ONU en personne, grand défenseur – notamment - du « droit à l’avortement », ainsi que le professeur Jeffrey Sachs, directeur de l’Institut de la Terre, idéologue extrémiste de la culture de mort et du genre, et le lobby mélangeur « Religions pour la paix », invité nommément par le Vatican. Le tout dans la perspective de la prochaine encyclique de François.

    Ban Ki-Moon a d’ailleurs exprimé son « impatience » à découvrir l’encyclique, dont il sait déjà qu’elle « permettra de transmettre au monde entier que la protection de l'environnement est un impératif moral urgent et un devoir sacré pour toutes les personnes de foi et les personnes de conscience ». Et il a « applaudi » le « leadership » du pape qui est « l’une des voix morales les plus passionnées du monde sur ces questions ».

    A savoir les questions climatiques, et aussi celles de la pauvreté et des migrations.

    Et sur le sujet de l’invasion de l’Europe par les masses musulmanes qui tentent de passer la Méditerranée par tous les moyens, les voix du Saint-Siège, galvanisées par l’engagement de François à Lampedusa, sont au diapason, non pas de l’ONU, mais du magistère européiste. « Tout chrétien doit être un prophète qui dénonce... Celui qui n’intervient pas sur cette question n’est pas chrétien ! », clame le cardinal Veglio, président du Conseil pontifical pour les migrants. Il faut absolument accueillir tous ceux qui se présentent et crier contre les méchants qui ne le veulent pas. D’ailleurs, « l’Europe a besoin de main-d’œuvre et dans l’histoire, les émigrés ont apporté un bien-être aux pays d’accueil et à leurs pays d’origine », déclare Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, ce qui est mot pour mot ce que dit Mgr Galantino, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, mais aussi Sophia in’t Veld, idéologue fanatique de la culture de mort et frénétique lobbyiste LGBT au Parlement européen. Tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dit benoîtement : « Il faut ouvrir les portes pour éviter que les gens entrent par les fenêtres. »

    Pendant ce temps-là, les Australiens font la preuve que si l’on ne veut pas accueillir toute la misère du monde (et surtout les forces de destruction qui l’accompagnent), il suffit de prendre les mesures qui s’imposent. 303 bateaux de migrants en 2013, un seul en 2014, aucun en 2015. Tout simplement parce que le nouveau gouvernement a développé une grande campagne pour signifier que l’Australie n’accepterait plus aucun immigré clandestin, et a joint le geste à la parole. Il n’y a plus de bateaux, donc il n’y a plus de naufrages. Mais les Australiens sont très méchants…

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  • Holllande et Valls tiennent à leur provocation

    Au conseil des ministres du 5 janvier dernier, Laurent Stefanini, chef du protocole de la République, a été nommé ambassadeur de France près le Saint-Siège. Laurent Stefanini est certes un diplomate chevronné, mais aussi un homosexuel déclaré. Et c’est évidemment une provocation que de proposer au Vatican un ambassadeur homosexuel, même si François n’est pas homme à juger…

    A vrai dire, c’est Sarkozy qui avait commencé, en nommant un autre diplomate ouvertement homosexuel, Jean-Loup Kuhn-Delforge, à ce même poste. Sans doute pour embêter Benoît XVI. Mais c’est la France qui fut embêtée, et qui finit par céder après une vacance de 13 mois.

    Aujourd’hui, François ne juge certes pas Laurent Stefanini, mais la Curie ne veut pas d’un ambassadeur de France homosexuel. Donc, depuis le 5 janvier, c’est le silence absolu du côté du Vatican. Ce qui veut dire qu’on rejette, sans discussion possible, la nomination.

    Vendredi dernier, l’Elysée a fait savoir que l’on attendait toujours la réponse à la demande d’agrément… En attendant, depuis le 1er mars il n’y a plus d’ambassadeur de France près le Saint-Siège.

    Le pire dans cette histoire, ce n’est pas la grossièreté militante de la République laïque – on ne la connaît que trop -, c’est la scandaleuse intervention du cardinal André Vingt-Trois, qui a osé écrire à la Curie pour soutenir la nomination de Stefanini…

  • « Jubilé »…

    Qu’on ne compte pas sur moi pour commenter le soi-disant « jubilé de la miséricorde » dont la bulle d’indiction a été publiée samedi.

    Juste quelques mots très brefs.

    Certes le pape fait ce qu’il veut, surtout quand il a oublié ce qu’est la tradition. Reste qu’il n’est pas inutile de souligner, comme l’a fait Antonio Socci, que c’est le premier jubilé de l’histoire qui ne célébrera pas la naissance ou la mort-résurrection du Christ ; ce qui est logique puisque, comme l’a aussitôt publié la presse italienne, il s’agit du « jubilé du pape François », de « l’année sainte de François ». Bergoglio star du jubilé new look.

    Il s’agit de même de la miséricorde new look. A savoir de la miséricorde profanée par le cardinal Kasper qui est, selon François, le grand, très grand théologien de la miséricorde (selon le même processus qui a fait de la charité profanée une soi-disant théologie de la libération).

    Dans la bulle d’indiction, Misericordiae Vultus, François réussit le tour de force de dire que les psaumes sont des témoins tout particuliers de la miséricorde, sans citer une seule fois un verset de psaume où apparaît le mot miséricorde. Même pour le psaume 135 où, pourtant, la soi-disant néo-Vulgate a conservé les 26 (vingt-six) « quoniam in aeternum misericordia ejus ».

    De même, conformément aux pires aspects de la néo-« liturgie » et des théologiens de l’impiété contemporaine, François montre que Jésus ne savait pas citer correctement la Sainte Ecriture. Car Jésus dit : « Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice », et le pape nous apprend qu’il s’agit d’une citation du prophète Osée qui dit : « Je veux la fidélité, non le sacrifice. » Sic. Du moins en français. Car en italien et en espagnol (donc a priori sous la plume du pape), on a : « Je veux l’amour et non le sacrifice ». Et en latin : « quia caritatem volo et non sacrificium ». Or la Septante et la Vulgate sont d’accord pour affirmer – ô surprise – que c’est le Christ qui a raison, et qui cite correctement son Père qui a dit par l’intermédiaire d’Osée : « C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice ».

    François cite aussi, mais pas en profondeur, évidemment, l’encyclique Dives in misericordia de saint Jean-Paul II. A vrai dire, si cela incite certains à aller lire cet très beau texte, le faux jubilé (jubilé de la clôture de Vatican II…) aura servi à quelque chose.

  • Crémisan a gagné !

    La Cour suprême d’Israël a tranché, après une procédure qui aura duré plus de neuf ans, en faveur des chrétiens de la vallée de Crémisan, près de Bethléem. Elle a donné raison aux habitants de Beit Jala qui avaient fait appel contre le tracé du mur, et aux salésiens qui les avaient rejoints. Pour construire le fameux mur de séparation, et la route qui lui est adjointe, de nombreuses parcelles allaient être confisquées, et en outre le mur allait empêcher les habitants de Beit Jala d’aller sur leurs terres restantes, et allait séparer les deux couvents (salésiens et salésiennes). En bref c’était la mort de la vallée de Crémisan, le poumon vert de Bethléem.

    La commission de la Cour suprême, présidée par l’ancien président de la Haute Cour, établit que le tracé prévu n’est pas le seul possible, contrairement à ce que prétendait le ministère de la Défense, et elle enjoint au gouvernement de faire un autre tracé qui soit moins dommageable pour les populations et les couvents… par exemple celui qui est proposé par les plaignants…

    (La photo ci-dessus, celle d’une procession sur le site menacé, est l’illustration de l’article de Palestine News Network. Le curé de Beit Jala célébrait une messe dans la vallée tous les dimanches, et les salésiennes disaient le chapelet tous les vendredis à l’endroit où le mur devait être construit. La photo ci-dessous montre une partie de la vallée menacée, avec l’un des couvents. J’ai déjà évoqué cette affaire : 1, 2, 3.)

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  • Quelquefois la CEF se réveille…

    La conférence épiscopale a publié un texte critique sur le projet de loi « santé », intitulé « Loi santé : la personne humaine risque d’être dégradée ».

    Les évêques dénoncent « la suppression du délai de réflexion avant une IVG » (on déplorera néanmoins le terme mensonger d’IVG au lieu d’avortement, et aussi la citation attribuée faussement à Simone Weil – il s’agit évidemment de l’autre) ; « l’autorisation du prélèvement d’organe » qui doit devenir tacite sauf refus exprimé (les évêques pourraient faire le lien avec la nouvelle loi d’euthanasie, mais il est vrai qu’ils ont oublié de la dénoncer) ; les « salles de shoot » ; et la « contraception d’urgence pour les mineurs », oubliant ici scandaleusement de rappeler qu’il s’agit d’avortement.

    Mais globalement on ne peut que se féliciter de l’existence de ce texte (en espérant qu’il ne s’agisse pas d’un poisson d’avril).

  • En Tanzanie

    Un référendum sur la nouvelle Constitution devait être organisé le 30 avril prochain. Il pourrait être repoussé, d’une part pour des raisons d’organisation, d’autre part en raison de l’opposition de l’Eglise catholique.

    Le projet de Constitution étend en effet à tout le pays les tribunaux de la charia qui fonctionnent jusqu’ici dans le seul archipel de Zanzibar à large majorité musulmane.

    La conférence épiscopale dit seulement que certains articles peuvent porter la société dans la mauvaise direction. Certains ecclésiastiques sont plus explicites et rappellent que la Tanzanie est un Etat laïque. Et il y a eu un appel à boycotter le référendum.

  • Vaduz, capitale de la reconquête liturgique

    Pour la troisième année consécutive, Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz (Liechtenstein), va célébrer demain en sa cathédrale la messe chrismale dans la « forme extraordinaire du rite romain » (qui devient donc ordinaire), avec son clergé, et en compagnie de ses amis du séminaire de la FSSP de Wigratzbad.

    Nombreuses photos de l’an dernier ici. (Via Rorate Caeli.)

  • Circulez, François ne dira rien…

    Pour quiconque n’est pas au courant des détails de la vie de l’Eglise, spécialement hors d’Europe, le communiqué du « vice-directeur » de la Salle de presse du Saint-Siège, ce jour, est incompréhensible :

    « Avant la récente nomination de Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid comme Evêque de Osorno (Chili), la Congrégation pour les évêques a soigneusement étudié la candidature du prélat et n'a pas trouvé de raisons objectives susceptibles d'empêcher sa nomination. »

    Comme s'il ne fallait pas savoir de quoi il retourne. Circulez, il n'y a rien à voir. La congrégation a raison parce qu'elle a raison, et le pape a bien fait.

    Il y a donc un Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid. En plus court Mgr Juan Barros. Que le pape a nommé évêque de Osorno au Chili le 10 janvier dernier.

    Et, ce 31 mars, le Vatican nous dit que l’on n’a pas trouvé de raisons objectives qui auraient pu empêcher sa nomination.

    Cela veut donc dire que des raisons ont été émises et qu’elles étaient assez dignes d’intérêt pour qu’on les examine et qu’on les réfute. Mais on ne vous dira pas ce que c’est.

    En fait le communiqué est censé répondre, sans le dire, à ce qui s’est passé le 21 mars. Ce jour-là, Mgr Barros devait être intronisé dans son diocèse. Il y avait énormément de monde pour l’accueillir à la cathédrale : mais pour lui dire qu’on ne voulait pas de lui. L’évêque a dû être escorté par la police, mais il n’a pas pu faire l’homélie, la communion des fidèles a été supprimée, et il n’a pas pu remonter la nef de sa cathédrale…

    Le président de la conférence épiscopale, le cardinal Ezzati, n’était pas là : il avait un engagement de longue date… De nombreux autres évêques s’étaient fait porter pâle, et même 15 des 35 prêtres du diocèse.

    Quelque 51 députés avaient écrit au pape pour qu’il renonce à cette nomination, et une pétition avait recueilli plus d’un millier de signatures.

    Mais cette nomination était voulue par le cardinal Francisco Javier Errazuriz Ossa, qui est un des 9 membres du conseil rapproché de François.

    Que reproche-t-on à Mgr Barros ? Dans le meilleur des cas d’avoir caché les abus sur mineurs du P. Fernando Karadima, qui était un prêtre très influent de Santiago du Chili, notamment dans la haute bourgeoisie. Dans le pire des cas d’avoir servi les appétits du prédateur.

    Les premières plaintes contre Karadima eurent lieu en 1984, quand des paroissiens écrivirent à l’archevêque pour se plaindre. Mais le P. Karadima avait fait nommer un homme de confiance comme secrétaire de l’archevêque : c’était… Juan de la Cruz Barros Madrid (l’un des quatre « disciples » de Karadima qui allaient devenir évêques). Et la lettre des paroissiens alla directement au panier.

    En 2003 un paroissien relança l’affaire, alors que l’épiscopat chilien avait mis au point une procédure pour traiter les cas d’abus sur mineurs de la part d’ecclésiastiques. Mais le nouvel archevêque, celui-là même qui est aujourd’hui membre du conseil du pape, Mgr Errazuriz Ossa, temporisa, demandant de nouvelles preuves et suggérant que le délai de prescription était dépassé…

    En 2010 ce fut une plainte devant la justice civile, de la part de quatre hommes qui avaient été des fidèles de Karadima. Elle n’aboutit pas non plus, à cause des hautes protections dont bénéficiait le prêtre.

    En 2011, c’est le Vatican qui le jugea coupable d’abus sexuels et psychologiques sur mineurs, l’interdit de tout exercice du sacerdoce, et l’envoya dans un couvent mener « une vie de prière et de pénitence ».

    Mgr Barros a envoyé une lettre à tous les prêtres de son diocèse où il affirme qu’il ne savait rien des agissements du P. Karadima. Mais ces dénégations ne peuvent pas convaincre ceux qui ont vécu l’affaire. Elles ne font qu’aggraver son cas. D’où la réception très spéciale à la cathédrale.

    Retournons maintenant au communiqué: on peut vérifier comment François met en pratique son enseignement sur la façon d'être "gentil" quand il y a un problème et de "caresser les conflits"...

  • On ne peut pas avoir deux femmes

    Finalement, pour faire comprendre de quoi il s’agit, la formule du cardinal Müller est simple et claire :

    « Il est impossible d’avoir deux femmes ! Si la première union est valide, il n’est pas possible d’en contracter une seconde en même temps. »

    (C’est la formule « divorcés remariés » qui embrouille tout, car elle est mensongère. Il faudrait déjà que les évêques et les théologiens l’abandonnent et la rejettent.)

  • Au Vietnam

    Les autorités communistes du district de Dak To, province de Kon Tum, menacent de détruire 22 chapelles catholiques, sous le prétexte habituel qu’elles n’ont pas de permis de construire, ou pas de permis pour servir au culte.

    Le décret signé du président du district est du 30 janvier. Le 4 février, le vice-président a donné l’ordre de procéder aux démolitions, et a en même temps interdit aux catholiques d’utiliser leurs maisons comme lieux de culte.

    Les autorités n’ont accepté que deux églises officielles pour le district de Dak To et deux autres districts, ce qui est très insuffisant pour les 51.000 catholiques dispersés sur ces territoires. Et encore ce n’est que récemment que les autorités ont accepté que des prêtres se rendent dans cette région des hauts-plateaux habitée par des minorités ethniques toujours suspectes de rébellion.

    Les fidèles ont écrit à l’évêque de Kon Tum, Mgr Michael Hoang Duc Oanh. Celui-ci leur a répondu en leur demandant de rester calmes et fermes dans la foi, et de rechercher le dialogue avec les autorités, tout en leur rappelant que la liberté de religion est garantie dans la Constitution, et en leur promettant d’intervenir.

    C’est peut-être pourquoi les chapelles n’ont pas encore été démolies. Mais une rumeur circule sur une prochaine mise en application de la décision des autorités.

  • Evêque(s)

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    Le 10 janvier dernier, le pape avait nommé un évêque coadjuteur dans le diocèse d’Albenga. Pour « surveiller » Mgr Oliveri avant de prendre sa place, pensait-on. Et l’on n’y a plus guère pensé. Le 25 mars, jour de l’Annonciation, la bulle de nomination a été publiée sur le site du diocèse. Le site Messa in latino en a pris connaissance. Et a découvert alors que le coadjuteur était en fait nommé avec des « pouvoirs spéciaux »… qui ne sont rien d’autre que les pouvoirs ordinaires de l’évêque. Selon le canon 381.

    Bref Mgr Oliveri est dépouillé de ses pouvoirs épiscopaux au profit de son coadjuteur.

    Autrement dit, François a inventé l’évêque titulaire non pas d’un diocèse disparu mais d’un diocèse qui existe et dont le coadjuteur est le véritable évêque.

    Il va de soi que sur le plan ecclésiologique c’est une complète aberration.

    Et comme si cela ne suffisait pas, il y a en outre la cruelle hypocrisie ecclésiastique :

    « Enfin, ô vénérable Frère, uni par la charité fraternelle au Pasteur du diocèse d’Albenga-Imperia, fais en sorte de travailler quotidiennement dans ce lieu surtout avec le bon feu de la charité (cf. saint Ambroise) qui parmi les vertus chrétiennes occupe la première place. »

  • Un calvaire scié

    Ne cherchez plus qui sont les vandales antichrétiens qui ont scié et enlevé le grand calvaire de l’avenue Victor Hugo de Rodez.

    C’est l’évêque.

    Qui a fait cela le vendredi de la Passion.

    Il s’appelle François Fonlupt.

    Explications et photos sur Riposte catholique.

  • Ça chauffe

    Quelque 461 prêtres britanniques, malgré les pressions de la hiérarchie, ont signé une lettre par laquelle ils demandent instamment que l’Eglise garde sa doctrine sur la famille et  le mariage.

    Damian Thompson, examinant la liste de ces prêtres, a été étonné de découvrir des noms de clercs qu’il n’aurait pas décrits, dit-il, comme conservateurs, a fortiori comme traditionalistes.

    C’est déjà ce qu’on a pu constater en voyant les réactions de certains évêques, et de certains cardinaux, qu’on ne classait pas non plus comme « conservateurs ».

    Et en voici un autre, pour moi vraiment inattendu, c’est le cardinal Kurt Koch, dont je déplorais que Benoît XVI le fît président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, vu son ultra-œcuménisme (encore que, par rapport à son prédécesseur… Walter Kasper…).

    Et la réaction du cardinal Koch (qui est membre de droit du synode) est d’autant plus étonnante qu’il compare les kaspériens aux… protestants… et aux protestants qui justifiaient le nazisme :

    « Pensons aux Deutsche Christen (les luthériens) au moment du national-socialisme lorsque, les élevant au rang des Saintes Ecritures, ils ont placé la Race et la Nation dans la catégorie des sources de la Révélation. (…) Nous devons savoir distinguer de façon très attentive, ici et maintenant, en analysant avec sensibilité les signes des temps, pour voir quel est l'esprit qui se trouve derrière ces signes ; lesquels sont des signes de l'Evangile, et lesquels non. »

    Finalement, je crois que ce qui se passe va être bon, au final, pour l’Eglise. Un mauvais pape peut faire du bien malgré lui. De quoi me réconcilier avec ceux qui voient le Saint-Esprit partout…

  • + Mar Dinkha IV +

    Le patriarche de l’Eglise assyrienne, Mar Dinkha IV, selon son titre traditionnel « Métropolite de Séleucie-Ctésiphon, Catholicos et Patriarche de l'Orient », est mort jeudi dans une clinique du Minnesota à l’âge de 79 ans. Ses funérailles auront lieu le 8 avril à Chicago, où il avait transféré le siège de son Eglise, vu qu’il lui reste davantage de fidèles aux Etats-Unis qu’au Proche Orient…

    L’Eglise assyrienne (à laquelle appartiennent les chrétiens de la vallée du Khabour ravagée par l’Etat islamique) est ce qui reste de l’antique Eglise dite nestorienne, qui était au VIIIe siècle la plus grande Eglise chrétienne, puisqu’elle s’étendait en Inde et jusqu’en Chine.

    Une grande partie de cette Eglise choisit la communion avec Rome à partir du XVIe siècle, ce fut l’Eglise chaldéenne, devenue très largement majoritaire au XIXe siècle (et en Inde l'Eglise syro-malabar).

    L’Eglise assyrienne continua de pratiquer le patriarcat héréditaire (d’oncle à neveu), qui avait finit par provoquer le schisme, jusqu’à l’assassinat  de Mar Eshai Shimun XXIII (en… Californie !) en 1976. Mar Dinkha IV fut le premier patriarche à ne pas être le neveu du précédent.

    En 1994 il avait signé une déclaration christologique commune avec Jean-Paul II, mettant fin aux équivoques et aux incompréhensions qui régnaient depuis 1.500 ans.

    Mar Dinkha IV, né dans la province d’Erbil, espérait rétablir son patriarcat au Kurdistan irakien, ce qui explique sans doute en partie l’absence de vraies structures ecclésiastiques à Chicago : ni séminaire, ni écoles, ni ordres religieux, nombre insuffisant de paroisses…

    En 2008, le diocèse assyrien de Californie décidait de passer sous la juridiction de l’évêché chaldéen…

  • La fermeté du cardinal Müller

    Famille chrétienne publie une interview du cardinal Ludwig Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, qui montre quel est le degré de division dans l’Eglise, et aussi que le gardien de la doctrine (on attend le jour où François le traitera de « pharisien en chef ») ne lâchera rien.

    Il y a d’abord sa réponse à son compatriote le cardinal Marx, président de la conférence des évêques d’Allemagne, disant : « Nous ne sommes pas une filiale de Rome. Chaque conférence épiscopale est compétente pour la pastorale dans son aire culturelle, et sa mission propre est d'annoncer elle-même l'Evangile.Nous ne pouvons pas attendre qu'un synode dise comment nous devons, ici, donner forme à la pastorale conjugale et familiale » :

    Une conférence épiscopale n’est pas un concile particulier, encore moins un concile œcuménique. Le président d’une conférence épiscopale n’est rien de plus qu’un modérateur technique, et il n’a à ce titre aucune autorité magistérielle particulière. Entendre dire qu’une conférence épiscopale n’est pas une « filiale de Rome » me donne l’occasion de rappeler que les diocèses ne sont pas non plus les filiales du secrétariat d’une conférence épiscopale, ou d’un diocèse dont l’évêque préside la conférence épiscopale. Ce genre d’attitude risque en fait de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II. L’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel.

    On ne doit pas appliquer à l’Eglise les catégories politiques, rappelle le cardinal Müller, et il dit alors : « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués. »

    — Certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient-elles être déléguées aux conférences épiscopales ?

    — C’est une idée absolument anticatholique, qui ne respecte pas la catholicité de l’Église. Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques.

    Ici il n’est pas sans intérêt de rappeler que dans Evangelii Gaudium François exprime le souhait d’un « statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique ». Joignant le geste à la parole, il cite 17 fois, dans cette exhortation apostolique, une conférence épiscopale comme référence doctrinale à son propos.

    Sur la question des divorcés soi-disant remariés, le cardinal Müller cite saint Jean Chrysostome : « Le divorce d’un mariage sacramentel est comme une amputation de la chair », et il ajoute : « Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. »

    Enfin, d’une façon plus générale – et qui répond sans le dire mais de façon transparente à un thème quasi quotidien de François :

    L’Église n’est pas une organisation philanthropique. Dire que nous respectons les opinions de tous, que nous voulons du bien à tous, ne suffit pas. Présenter l’Évangile comme un simple message thérapeutique n’est pas très difficile, mais ne répond pas à l’exigence de Jésus. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi », dit Jésus. Les premiers apôtres, les Pères de l’Église, les grands évêques de l’histoire de l’Église ont si souvent navigué face à des vents contraires. Comment pourrait-il en être autrement pour nous ?