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Eglise

  • Holllande et Valls tiennent à leur provocation

    Au conseil des ministres du 5 janvier dernier, Laurent Stefanini, chef du protocole de la République, a été nommé ambassadeur de France près le Saint-Siège. Laurent Stefanini est certes un diplomate chevronné, mais aussi un homosexuel déclaré. Et c’est évidemment une provocation que de proposer au Vatican un ambassadeur homosexuel, même si François n’est pas homme à juger…

    A vrai dire, c’est Sarkozy qui avait commencé, en nommant un autre diplomate ouvertement homosexuel, Jean-Loup Kuhn-Delforge, à ce même poste. Sans doute pour embêter Benoît XVI. Mais c’est la France qui fut embêtée, et qui finit par céder après une vacance de 13 mois.

    Aujourd’hui, François ne juge certes pas Laurent Stefanini, mais la Curie ne veut pas d’un ambassadeur de France homosexuel. Donc, depuis le 5 janvier, c’est le silence absolu du côté du Vatican. Ce qui veut dire qu’on rejette, sans discussion possible, la nomination.

    Vendredi dernier, l’Elysée a fait savoir que l’on attendait toujours la réponse à la demande d’agrément… En attendant, depuis le 1er mars il n’y a plus d’ambassadeur de France près le Saint-Siège.

    Le pire dans cette histoire, ce n’est pas la grossièreté militante de la République laïque – on ne la connaît que trop -, c’est la scandaleuse intervention du cardinal André Vingt-Trois, qui a osé écrire à la Curie pour soutenir la nomination de Stefanini…

  • « Jubilé »…

    Qu’on ne compte pas sur moi pour commenter le soi-disant « jubilé de la miséricorde » dont la bulle d’indiction a été publiée samedi.

    Juste quelques mots très brefs.

    Certes le pape fait ce qu’il veut, surtout quand il a oublié ce qu’est la tradition. Reste qu’il n’est pas inutile de souligner, comme l’a fait Antonio Socci, que c’est le premier jubilé de l’histoire qui ne célébrera pas la naissance ou la mort-résurrection du Christ ; ce qui est logique puisque, comme l’a aussitôt publié la presse italienne, il s’agit du « jubilé du pape François », de « l’année sainte de François ». Bergoglio star du jubilé new look.

    Il s’agit de même de la miséricorde new look. A savoir de la miséricorde profanée par le cardinal Kasper qui est, selon François, le grand, très grand théologien de la miséricorde (selon le même processus qui a fait de la charité profanée une soi-disant théologie de la libération).

    Dans la bulle d’indiction, Misericordiae Vultus, François réussit le tour de force de dire que les psaumes sont des témoins tout particuliers de la miséricorde, sans citer une seule fois un verset de psaume où apparaît le mot miséricorde. Même pour le psaume 135 où, pourtant, la soi-disant néo-Vulgate a conservé les 26 (vingt-six) « quoniam in aeternum misericordia ejus ».

    De même, conformément aux pires aspects de la néo-« liturgie » et des théologiens de l’impiété contemporaine, François montre que Jésus ne savait pas citer correctement la Sainte Ecriture. Car Jésus dit : « Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice », et le pape nous apprend qu’il s’agit d’une citation du prophète Osée qui dit : « Je veux la fidélité, non le sacrifice. » Sic. Du moins en français. Car en italien et en espagnol (donc a priori sous la plume du pape), on a : « Je veux l’amour et non le sacrifice ». Et en latin : « quia caritatem volo et non sacrificium ». Or la Septante et la Vulgate sont d’accord pour affirmer – ô surprise – que c’est le Christ qui a raison, et qui cite correctement son Père qui a dit par l’intermédiaire d’Osée : « C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice ».

    François cite aussi, mais pas en profondeur, évidemment, l’encyclique Dives in misericordia de saint Jean-Paul II. A vrai dire, si cela incite certains à aller lire cet très beau texte, le faux jubilé (jubilé de la clôture de Vatican II…) aura servi à quelque chose.

  • Crémisan a gagné !

    La Cour suprême d’Israël a tranché, après une procédure qui aura duré plus de neuf ans, en faveur des chrétiens de la vallée de Crémisan, près de Bethléem. Elle a donné raison aux habitants de Beit Jala qui avaient fait appel contre le tracé du mur, et aux salésiens qui les avaient rejoints. Pour construire le fameux mur de séparation, et la route qui lui est adjointe, de nombreuses parcelles allaient être confisquées, et en outre le mur allait empêcher les habitants de Beit Jala d’aller sur leurs terres restantes, et allait séparer les deux couvents (salésiens et salésiennes). En bref c’était la mort de la vallée de Crémisan, le poumon vert de Bethléem.

    La commission de la Cour suprême, présidée par l’ancien président de la Haute Cour, établit que le tracé prévu n’est pas le seul possible, contrairement à ce que prétendait le ministère de la Défense, et elle enjoint au gouvernement de faire un autre tracé qui soit moins dommageable pour les populations et les couvents… par exemple celui qui est proposé par les plaignants…

    (La photo ci-dessus, celle d’une procession sur le site menacé, est l’illustration de l’article de Palestine News Network. Le curé de Beit Jala célébrait une messe dans la vallée tous les dimanches, et les salésiennes disaient le chapelet tous les vendredis à l’endroit où le mur devait être construit. La photo ci-dessous montre une partie de la vallée menacée, avec l’un des couvents. J’ai déjà évoqué cette affaire : 1, 2, 3.)

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  • Quelquefois la CEF se réveille…

    La conférence épiscopale a publié un texte critique sur le projet de loi « santé », intitulé « Loi santé : la personne humaine risque d’être dégradée ».

    Les évêques dénoncent « la suppression du délai de réflexion avant une IVG » (on déplorera néanmoins le terme mensonger d’IVG au lieu d’avortement, et aussi la citation attribuée faussement à Simone Weil – il s’agit évidemment de l’autre) ; « l’autorisation du prélèvement d’organe » qui doit devenir tacite sauf refus exprimé (les évêques pourraient faire le lien avec la nouvelle loi d’euthanasie, mais il est vrai qu’ils ont oublié de la dénoncer) ; les « salles de shoot » ; et la « contraception d’urgence pour les mineurs », oubliant ici scandaleusement de rappeler qu’il s’agit d’avortement.

    Mais globalement on ne peut que se féliciter de l’existence de ce texte (en espérant qu’il ne s’agisse pas d’un poisson d’avril).

  • En Tanzanie

    Un référendum sur la nouvelle Constitution devait être organisé le 30 avril prochain. Il pourrait être repoussé, d’une part pour des raisons d’organisation, d’autre part en raison de l’opposition de l’Eglise catholique.

    Le projet de Constitution étend en effet à tout le pays les tribunaux de la charia qui fonctionnent jusqu’ici dans le seul archipel de Zanzibar à large majorité musulmane.

    La conférence épiscopale dit seulement que certains articles peuvent porter la société dans la mauvaise direction. Certains ecclésiastiques sont plus explicites et rappellent que la Tanzanie est un Etat laïque. Et il y a eu un appel à boycotter le référendum.

  • Vaduz, capitale de la reconquête liturgique

    Pour la troisième année consécutive, Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz (Liechtenstein), va célébrer demain en sa cathédrale la messe chrismale dans la « forme extraordinaire du rite romain » (qui devient donc ordinaire), avec son clergé, et en compagnie de ses amis du séminaire de la FSSP de Wigratzbad.

    Nombreuses photos de l’an dernier ici. (Via Rorate Caeli.)

  • Circulez, François ne dira rien…

    Pour quiconque n’est pas au courant des détails de la vie de l’Eglise, spécialement hors d’Europe, le communiqué du « vice-directeur » de la Salle de presse du Saint-Siège, ce jour, est incompréhensible :

    « Avant la récente nomination de Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid comme Evêque de Osorno (Chili), la Congrégation pour les évêques a soigneusement étudié la candidature du prélat et n'a pas trouvé de raisons objectives susceptibles d'empêcher sa nomination. »

    Comme s'il ne fallait pas savoir de quoi il retourne. Circulez, il n'y a rien à voir. La congrégation a raison parce qu'elle a raison, et le pape a bien fait.

    Il y a donc un Mgr Juan de la Cruz Barros Madrid. En plus court Mgr Juan Barros. Que le pape a nommé évêque de Osorno au Chili le 10 janvier dernier.

    Et, ce 31 mars, le Vatican nous dit que l’on n’a pas trouvé de raisons objectives qui auraient pu empêcher sa nomination.

    Cela veut donc dire que des raisons ont été émises et qu’elles étaient assez dignes d’intérêt pour qu’on les examine et qu’on les réfute. Mais on ne vous dira pas ce que c’est.

    En fait le communiqué est censé répondre, sans le dire, à ce qui s’est passé le 21 mars. Ce jour-là, Mgr Barros devait être intronisé dans son diocèse. Il y avait énormément de monde pour l’accueillir à la cathédrale : mais pour lui dire qu’on ne voulait pas de lui. L’évêque a dû être escorté par la police, mais il n’a pas pu faire l’homélie, la communion des fidèles a été supprimée, et il n’a pas pu remonter la nef de sa cathédrale…

    Le président de la conférence épiscopale, le cardinal Ezzati, n’était pas là : il avait un engagement de longue date… De nombreux autres évêques s’étaient fait porter pâle, et même 15 des 35 prêtres du diocèse.

    Quelque 51 députés avaient écrit au pape pour qu’il renonce à cette nomination, et une pétition avait recueilli plus d’un millier de signatures.

    Mais cette nomination était voulue par le cardinal Francisco Javier Errazuriz Ossa, qui est un des 9 membres du conseil rapproché de François.

    Que reproche-t-on à Mgr Barros ? Dans le meilleur des cas d’avoir caché les abus sur mineurs du P. Fernando Karadima, qui était un prêtre très influent de Santiago du Chili, notamment dans la haute bourgeoisie. Dans le pire des cas d’avoir servi les appétits du prédateur.

    Les premières plaintes contre Karadima eurent lieu en 1984, quand des paroissiens écrivirent à l’archevêque pour se plaindre. Mais le P. Karadima avait fait nommer un homme de confiance comme secrétaire de l’archevêque : c’était… Juan de la Cruz Barros Madrid (l’un des quatre « disciples » de Karadima qui allaient devenir évêques). Et la lettre des paroissiens alla directement au panier.

    En 2003 un paroissien relança l’affaire, alors que l’épiscopat chilien avait mis au point une procédure pour traiter les cas d’abus sur mineurs de la part d’ecclésiastiques. Mais le nouvel archevêque, celui-là même qui est aujourd’hui membre du conseil du pape, Mgr Errazuriz Ossa, temporisa, demandant de nouvelles preuves et suggérant que le délai de prescription était dépassé…

    En 2010 ce fut une plainte devant la justice civile, de la part de quatre hommes qui avaient été des fidèles de Karadima. Elle n’aboutit pas non plus, à cause des hautes protections dont bénéficiait le prêtre.

    En 2011, c’est le Vatican qui le jugea coupable d’abus sexuels et psychologiques sur mineurs, l’interdit de tout exercice du sacerdoce, et l’envoya dans un couvent mener « une vie de prière et de pénitence ».

    Mgr Barros a envoyé une lettre à tous les prêtres de son diocèse où il affirme qu’il ne savait rien des agissements du P. Karadima. Mais ces dénégations ne peuvent pas convaincre ceux qui ont vécu l’affaire. Elles ne font qu’aggraver son cas. D’où la réception très spéciale à la cathédrale.

    Retournons maintenant au communiqué: on peut vérifier comment François met en pratique son enseignement sur la façon d'être "gentil" quand il y a un problème et de "caresser les conflits"...

  • On ne peut pas avoir deux femmes

    Finalement, pour faire comprendre de quoi il s’agit, la formule du cardinal Müller est simple et claire :

    « Il est impossible d’avoir deux femmes ! Si la première union est valide, il n’est pas possible d’en contracter une seconde en même temps. »

    (C’est la formule « divorcés remariés » qui embrouille tout, car elle est mensongère. Il faudrait déjà que les évêques et les théologiens l’abandonnent et la rejettent.)

  • Au Vietnam

    Les autorités communistes du district de Dak To, province de Kon Tum, menacent de détruire 22 chapelles catholiques, sous le prétexte habituel qu’elles n’ont pas de permis de construire, ou pas de permis pour servir au culte.

    Le décret signé du président du district est du 30 janvier. Le 4 février, le vice-président a donné l’ordre de procéder aux démolitions, et a en même temps interdit aux catholiques d’utiliser leurs maisons comme lieux de culte.

    Les autorités n’ont accepté que deux églises officielles pour le district de Dak To et deux autres districts, ce qui est très insuffisant pour les 51.000 catholiques dispersés sur ces territoires. Et encore ce n’est que récemment que les autorités ont accepté que des prêtres se rendent dans cette région des hauts-plateaux habitée par des minorités ethniques toujours suspectes de rébellion.

    Les fidèles ont écrit à l’évêque de Kon Tum, Mgr Michael Hoang Duc Oanh. Celui-ci leur a répondu en leur demandant de rester calmes et fermes dans la foi, et de rechercher le dialogue avec les autorités, tout en leur rappelant que la liberté de religion est garantie dans la Constitution, et en leur promettant d’intervenir.

    C’est peut-être pourquoi les chapelles n’ont pas encore été démolies. Mais une rumeur circule sur une prochaine mise en application de la décision des autorités.

  • Evêque(s)

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    Le 10 janvier dernier, le pape avait nommé un évêque coadjuteur dans le diocèse d’Albenga. Pour « surveiller » Mgr Oliveri avant de prendre sa place, pensait-on. Et l’on n’y a plus guère pensé. Le 25 mars, jour de l’Annonciation, la bulle de nomination a été publiée sur le site du diocèse. Le site Messa in latino en a pris connaissance. Et a découvert alors que le coadjuteur était en fait nommé avec des « pouvoirs spéciaux »… qui ne sont rien d’autre que les pouvoirs ordinaires de l’évêque. Selon le canon 381.

    Bref Mgr Oliveri est dépouillé de ses pouvoirs épiscopaux au profit de son coadjuteur.

    Autrement dit, François a inventé l’évêque titulaire non pas d’un diocèse disparu mais d’un diocèse qui existe et dont le coadjuteur est le véritable évêque.

    Il va de soi que sur le plan ecclésiologique c’est une complète aberration.

    Et comme si cela ne suffisait pas, il y a en outre la cruelle hypocrisie ecclésiastique :

    « Enfin, ô vénérable Frère, uni par la charité fraternelle au Pasteur du diocèse d’Albenga-Imperia, fais en sorte de travailler quotidiennement dans ce lieu surtout avec le bon feu de la charité (cf. saint Ambroise) qui parmi les vertus chrétiennes occupe la première place. »

  • Un calvaire scié

    Ne cherchez plus qui sont les vandales antichrétiens qui ont scié et enlevé le grand calvaire de l’avenue Victor Hugo de Rodez.

    C’est l’évêque.

    Qui a fait cela le vendredi de la Passion.

    Il s’appelle François Fonlupt.

    Explications et photos sur Riposte catholique.

  • Ça chauffe

    Quelque 461 prêtres britanniques, malgré les pressions de la hiérarchie, ont signé une lettre par laquelle ils demandent instamment que l’Eglise garde sa doctrine sur la famille et  le mariage.

    Damian Thompson, examinant la liste de ces prêtres, a été étonné de découvrir des noms de clercs qu’il n’aurait pas décrits, dit-il, comme conservateurs, a fortiori comme traditionalistes.

    C’est déjà ce qu’on a pu constater en voyant les réactions de certains évêques, et de certains cardinaux, qu’on ne classait pas non plus comme « conservateurs ».

    Et en voici un autre, pour moi vraiment inattendu, c’est le cardinal Kurt Koch, dont je déplorais que Benoît XVI le fît président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, vu son ultra-œcuménisme (encore que, par rapport à son prédécesseur… Walter Kasper…).

    Et la réaction du cardinal Koch (qui est membre de droit du synode) est d’autant plus étonnante qu’il compare les kaspériens aux… protestants… et aux protestants qui justifiaient le nazisme :

    « Pensons aux Deutsche Christen (les luthériens) au moment du national-socialisme lorsque, les élevant au rang des Saintes Ecritures, ils ont placé la Race et la Nation dans la catégorie des sources de la Révélation. (…) Nous devons savoir distinguer de façon très attentive, ici et maintenant, en analysant avec sensibilité les signes des temps, pour voir quel est l'esprit qui se trouve derrière ces signes ; lesquels sont des signes de l'Evangile, et lesquels non. »

    Finalement, je crois que ce qui se passe va être bon, au final, pour l’Eglise. Un mauvais pape peut faire du bien malgré lui. De quoi me réconcilier avec ceux qui voient le Saint-Esprit partout…

  • + Mar Dinkha IV +

    Le patriarche de l’Eglise assyrienne, Mar Dinkha IV, selon son titre traditionnel « Métropolite de Séleucie-Ctésiphon, Catholicos et Patriarche de l'Orient », est mort jeudi dans une clinique du Minnesota à l’âge de 79 ans. Ses funérailles auront lieu le 8 avril à Chicago, où il avait transféré le siège de son Eglise, vu qu’il lui reste davantage de fidèles aux Etats-Unis qu’au Proche Orient…

    L’Eglise assyrienne (à laquelle appartiennent les chrétiens de la vallée du Khabour ravagée par l’Etat islamique) est ce qui reste de l’antique Eglise dite nestorienne, qui était au VIIIe siècle la plus grande Eglise chrétienne, puisqu’elle s’étendait en Inde et jusqu’en Chine.

    Une grande partie de cette Eglise choisit la communion avec Rome à partir du XVIe siècle, ce fut l’Eglise chaldéenne, devenue très largement majoritaire au XIXe siècle (et en Inde l'Eglise syro-malabar).

    L’Eglise assyrienne continua de pratiquer le patriarcat héréditaire (d’oncle à neveu), qui avait finit par provoquer le schisme, jusqu’à l’assassinat  de Mar Eshai Shimun XXIII (en… Californie !) en 1976. Mar Dinkha IV fut le premier patriarche à ne pas être le neveu du précédent.

    En 1994 il avait signé une déclaration christologique commune avec Jean-Paul II, mettant fin aux équivoques et aux incompréhensions qui régnaient depuis 1.500 ans.

    Mar Dinkha IV, né dans la province d’Erbil, espérait rétablir son patriarcat au Kurdistan irakien, ce qui explique sans doute en partie l’absence de vraies structures ecclésiastiques à Chicago : ni séminaire, ni écoles, ni ordres religieux, nombre insuffisant de paroisses…

    En 2008, le diocèse assyrien de Californie décidait de passer sous la juridiction de l’évêché chaldéen…

  • La fermeté du cardinal Müller

    Famille chrétienne publie une interview du cardinal Ludwig Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, qui montre quel est le degré de division dans l’Eglise, et aussi que le gardien de la doctrine (on attend le jour où François le traitera de « pharisien en chef ») ne lâchera rien.

    Il y a d’abord sa réponse à son compatriote le cardinal Marx, président de la conférence des évêques d’Allemagne, disant : « Nous ne sommes pas une filiale de Rome. Chaque conférence épiscopale est compétente pour la pastorale dans son aire culturelle, et sa mission propre est d'annoncer elle-même l'Evangile.Nous ne pouvons pas attendre qu'un synode dise comment nous devons, ici, donner forme à la pastorale conjugale et familiale » :

    Une conférence épiscopale n’est pas un concile particulier, encore moins un concile œcuménique. Le président d’une conférence épiscopale n’est rien de plus qu’un modérateur technique, et il n’a à ce titre aucune autorité magistérielle particulière. Entendre dire qu’une conférence épiscopale n’est pas une « filiale de Rome » me donne l’occasion de rappeler que les diocèses ne sont pas non plus les filiales du secrétariat d’une conférence épiscopale, ou d’un diocèse dont l’évêque préside la conférence épiscopale. Ce genre d’attitude risque en fait de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II. L’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel.

    On ne doit pas appliquer à l’Eglise les catégories politiques, rappelle le cardinal Müller, et il dit alors : « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués. »

    — Certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient-elles être déléguées aux conférences épiscopales ?

    — C’est une idée absolument anticatholique, qui ne respecte pas la catholicité de l’Église. Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques.

    Ici il n’est pas sans intérêt de rappeler que dans Evangelii Gaudium François exprime le souhait d’un « statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique ». Joignant le geste à la parole, il cite 17 fois, dans cette exhortation apostolique, une conférence épiscopale comme référence doctrinale à son propos.

    Sur la question des divorcés soi-disant remariés, le cardinal Müller cite saint Jean Chrysostome : « Le divorce d’un mariage sacramentel est comme une amputation de la chair », et il ajoute : « Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. »

    Enfin, d’une façon plus générale – et qui répond sans le dire mais de façon transparente à un thème quasi quotidien de François :

    L’Église n’est pas une organisation philanthropique. Dire que nous respectons les opinions de tous, que nous voulons du bien à tous, ne suffit pas. Présenter l’Évangile comme un simple message thérapeutique n’est pas très difficile, mais ne répond pas à l’exigence de Jésus. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi », dit Jésus. Les premiers apôtres, les Pères de l’Église, les grands évêques de l’histoire de l’Église ont si souvent navigué face à des vents contraires. Comment pourrait-il en être autrement pour nous ?

  • Au Pakistan

    Nouvelle attaque d’une église catholique à Lahore. Hier à 14 h, deux hommes masqués en moto ont ouvert le feu contre les policiers en faction devant l’église Saint-Pierre.

    Il y a, attenant à cette église, une école. Les élèves ne s’y trouvaient pas. Mais il s’agit à l’évidence de terroriser les chrétiens.

  • La Vierge des larmes

    Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la congrégation pour les Eglises orientales, est en Hongrie depuis dimanche (voir la galerie de photos en bas de cette page, et ici), à l’invitation de l’Eglise grecque-catholique, qui a été érigée en Eglise métropolitaine sui juris vendredi dernier. Hier mardi il était à Máriapócs, pour lancer le troisième centenaire du (deuxième) miracle des larmes et de l’actuel sanctuaire.

    En 1696, un paroissien, qui venait d’être miraculeusement délivré de sa détention chez les Turcs, avait demandé au frère du curé de lui peindre une icône en ex-voto. Ce que lui fit celui-ci pour six forints. L’icône fut accrochée dans l’église, et, le 4 novembre suivant, pendant la divine liturgie, les fidèles remarquèrent que des larmes coulaient abondamment des yeux de la Mère de Dieu. Les larmes coulèrent sans interruption pendant deux semaines, puis avec quelques brèves interruptions jusqu’au 8 décembre.

    On se souviendra que les Ottomans avaient fait le siège de Vienne en 1683, et qu’on était en pleine guerre entre l’Autriche et la Turquie, notamment sur le sol hongrois où elle était doublée d’une guerre civile entre ceux qui voulaient rester vassaux des Ottomans et ceux qui choisissaient les Habsbourg. Les Turcs furent définitivement chassés de Hongrie en 1697, juste après le phénomène des larmes de la Vierge.

    Le résultat de l’enquête est conservé à l’université de Budapest. On y trouve de nombreux témoignages faits sous serment, y compris de protestants. Naturellement le phénomène avait rapidement été connu de tous, donc de l’empereur Léopold, qui d’ailleurs attribua la victoire décisive de Zenta à la Vierge de Pócs. L’empereur ordonna qu’on fît venir l’icône à Vienne. En 1479, elle fut installée dans la cathédrale Saint-Etienne, où elle se trouve toujours. L’empereur fit faire une reproduction, qu’on installa à Pócs.

    Le 1er août 1715, l’icône de Pócs (la reproduction, donc) pleura, jusqu’au lendemain, et encore le 5. Des centaines de personnes observèrent le phénomène. L’évêque d’Eger fit faire une enquête et authentifia le miracle. L’afflux des pèlerins dans la petite église en bois était tel qu’on décida de construire une grande église de pierre.

    L’icône pleura encore le 3 décembre 1905, et presque tous les jours jusqu’à la fin du mois.

    La véritable icône, dans la cathédrale de Vienne, n’a jamais pleuré de nouveau. Aucune des autres très nombreuses copies non plus.

    Pie XII a élevé l’église au rang de basilique mineure en 1948. En 1991 saint Jean-Paul II y a célébré la divine liturgie. En 2005 l’épiscopat hongrois a nommé Máriapócs « sanctuaire national », et le cardinal Erdö, légat du pape Benoît XVI, a alors consacré le pays et l’Eglise de Hongrie à la "Vierge qui pleure", et a placé sur l’icône une couronne d’or bénie par le pape.

    Le cardinal Erdö, archevêque de Budapest, participe ces jours-ci au lancement du troisième centenaire en compagnie du cardinal Sandri, de Mgr Fülöp Kocsis, premier « éparque métropolitain de Hajdúdorog des Byzantins » (photo), et de nombreux autres prélats.

    Quant à l’icône, elle a fait un voyage dans le pays, pendant le mois de mars, en 16 étapes, avant de revenir à Máriapócs le 24.

    Voici l’icône authentique, celle de la cathédrale de Vienne. Il est curieux de constater que, peinte dans un village ruthène, elle ressemble un peu aux icônes coptes…

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    La copie à Máriapócs :

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  • Une messe pour Richard III

    En 2012 des archéologues avaient trouvé à Leicester, sous un parking, un squelette qui pouvait être celui du roi Richard III, mort dans une bataille près de cette ville en 1485. Car la localisation correspondait à celle que conjecturaient les historiens : le chœur d’une chapelle de franciscains démolie à la « Réforme ». Les analyses ont confirmé qu’il s’agissait de Richard III, et la reconstruction de son visage a montré une ressemblance frappante avec l’unique portrait anonyme que l’on ait du roi.

    Cette semaine ont lieu à Leicester les cérémonies de ré-enterrement de Richard III. Puisque les anglicans se disent « Eglise d’Angleterre » et que leur chef est la reine, ils sont évidemment à la manœuvre, bien que le roi fût catholique. La cérémonie d’inhumation elle-même, dans la cathédrale anglicane, aura lieu jeudi, en présence de Justin Welby, retraité de l’industrie pétrolière, qui se fait appeler The Most Reverend and Right Honourable Archbishop of Canterbury.

    Comme nous sommes à l’ère de l’œcuménisme, les catholiques sont conviés à participer à divers offices. Le sommet sera assurément, demain, l’ « eucharistie de l’heure du déjeuner », à la cathédrale, « célébrée par Sœur Beverley, prêtre franciscaine anglicane » (sic), à laquelle prêchera le P. David Rocks op, curé de la paroisse de la Sainte-Croix.

    Hier après-midi, le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a célébré une messe de Requiem en cette église de la Sainte-Croix, qui est à la fois église paroissiale et chapelle du couvent dominicain.

    Or, dans ce contexte, l’homélie du cardinal ne passe pas inaperçue. En effet, elle était tout entière consacrée à souligner que Richard III était catholique et que l’on doit célébrer pour lui des messes catholiques.

    Voici ce qu’il a dit, juste après avoir rappelé le devoir de prier pour les morts, aujourd’hui pour Richard III :

    La prière que nous offrons pour lui ce soir est la meilleure prière qu’il y ait : l’offrande de la Sainte Messe, la prière de Jésus lui-même, accomplie dans l’offrande de son corps et de son sang sur l’autel de la Croix, présente ici pour nous sur cet autel. C’est le sommet de toute prière, parce qu’elle est faite dans et par une Personne qui est le Verbe éternel, par lequel tous les êtres créés ont la vie. C’est une prière qui provient de l’essence même de la création, le cri du Verbe retournant au Père et portant en elle l’achèvement pour lequel elle avait été créée. C’est, par conséquent, une importante tradition catholique de demander la célébration de la messe pour le repos de l’âme de ceux qui sont morts, en particulier pour chacun des êtres chers dont nous pleurons la disparition. N’oublions pas et ne négligeons pas un tel don.

    Au cours de cette semaine, la messe est offerte dans de nombreuses églises catholiques pour le repos de l’âme du roi Richard III. A juste titre. C’est exactement ce qu’il aurait souhaité, lui qui avait fondé, en personne, au moins une chapelle pour les messes à célébrer pour les morts des deux côtés de la bataille de Towton en 1461. (…)

    Nous pouvons être sûrs que, malgré la hâte et la violente confusion du temps, ce même Sacrifice de la Messe fut célébré par les franciscains pour le repos de l’âme du roi vaincu lors de son enterrement dans leur église ici à Leicester en août 1485.

    Nous savons que Richard était un homme d’intense dévotion, qui gardait et marquait son livre de prières et qui a certainement assisté à la Messe tout au long de sa vie. Il est à remarquer que le vêtement liturgique que je porte ce soir est attesté comme appartenant à la garde-robe de Richard III. Nous pouvons raisonnablement conjecturer que Richard a participé à la célébration de la Messe à laquelle ce même vêtement fut porté.

    (…)

    Nous offrons cette Sainte Messe pour que, même si ses restes sont couchés dans la cathédrale à côté, son âme soit unie à Dieu dans la gloire du Ciel pour y attendre la résurrection finale de toutes choses dans le Christ. (…)

    Parmi les messes dont parle le cardinal, on notera celle qui sera célébrée jeudi, le jour du ré-enterrement, en l’église Sainte-Catherine de Leyland, dans le Lancashire : une messe de requiem chantée dans la « forme latine traditionnelle ». « L’idée est que ce sera plus proche de ce qu’il a connu pendant sa vie, comme catholique d’avant la Réforme », dit le curé de la paroisse…

  • Rafle

    Suite au double attentat contre des églises de Lahore, au Pakistan, qui a fait 19 morts et plus de 70 blessés, une manifestation de chrétiens a dégénéré en émeute, au cours de laquelle deux musulmans ont été tués. (Et il s’est avéré ensuite que ces deux musulmans n’avaient rien à voir avec les attentats.)

    Ce matin, la police est entrée dans le quartier chrétien et a arrêté 200 personnes. Un prêtre du diocèse dénonce : « La police a mené un raid dans le quartier et arrêté indistinctement des personnes sans les identifier en fonction de leurs noms dans l’enquête en cours [qui vise nominalement 600 chrétiens…]. Nous ne sommes pas opposés à l’arrestation de ceux qui ont fait quelque chose de mal, mais l’arrestation de personnes innocentes est inacceptable. »

  • Chut…

    La conférence des évêques de France est réunie à Lourdes pour son assemblée plénière de printemps, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi.

    Pas un mot sur le site de la CEF, où les dernières actualités sont le pape contre la peine de mort et les 75 ans de Taizé…

    Il est vrai qu’en général il n’y a rien à dire du ronron épiscopal de Lourdes (et qu'il n'y a rien à lire sur le site de la CEF)…

  • Chine : deux prêtres arrêtés

    La police chinoise a arrêté hier deux prêtres catholiques qui venaient de célébrer la messe à Mutanjiang (Heilongjiang, au nord-est, à la frontière russe). Il s’agit du P. Shaoyun Quan, 41 ans, et du P. Jianyou Cao, 43 ans.

    Ce sont deux prêtres de l’Eglise « clandestine », dont le ministère sacerdotal est donc illégal pour l’Etat communiste (ce sont même des "activités criminelles"), mais ils étaient connus de la police et ils étaient tolérés tant qu’ils faisaient profil bas, or il n’y a eu aucun changement ces derniers temps dans leur discrète conduite.

    (Asianews)

  • L’Eglise grecque-catholique de Hongrie

    Le pape a élevé aujourd’hui l’Eglise grecque-catholique de Hongrie, qui était suffragante de l’archevêché latin d’Esztergom-Budapest, au rang d’Eglise métropolitaine sui juris. Elle compte environ 326.000 fidèles.

    L’évêque de Hajdudorog Mgr Fülöp Kocsis devient donc premier métropolitain de Hajdudorog.

    L’exarchat apostolique de Miskolc devient une éparchie suffragante de Hajdudorog.

    Et il est créé une éparchie de Nyiregyhaza, dont le territoire est démembré de celui de Hajdudorog (qui couvrait la majeure partie de la Hongrie).

    L’éparchie de Hajdudorog fut fondée en 1912 par saint Pie X, qui créait ainsi la première juridiction grecque-catholique de l’histoire hongroise.

    Hajdudorog est dans l’est du pays, entre la Slovaquie, l’Ukraine et la Roumanie.

    L’exarchat de Miskolc (ville de la même région, proche de la frontière slovaque) est quant à lui un héritier de l’Eglise ruthène.

  • Perroquet français

    Mgr Joël Mercier, nommé en janvier par le pape secrétaire de la congrégation pour le clergé, a été sacré évêque hier, avec rang d’archevêque.

    Ce qui est prioritaire pour lui, a-t-il déclaré, « c’est premièrement, l’enracinement sur le Christ, puis c’est tout ce que le pape actuel apporte sur ce souci d’être vraiment près des brebis, d’être proche des fidèles, de leurs communautés chrétiennes, de s’y donner à fond ».

    Quand on répète ce que répète le pape, ce serait aussi bien que ce soit en situation.

    Parce que, jusqu’à preuve du contraire, être haut fonctionnaire de la curie ne permet pas précisément d’être « proche des brebis ».

    Comme le souligne le fait qu’il est évêque sans diocèse, archevêque de rien, portant son épiscopat décoratif dans les bureaux du Vatican.

  • Réponse équilibrée...

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    En page 5 de l’Osservatore Romano du 19 mars :

    La proposition de loi française sur la fin de vie

    Une réponse équilibrée

    Le "journal du pape" reprend donc tranquillement la position de Manuel Valls sur "l'équilibre du texte". Extrait:

    « Nous sommes bien loin d’une optique euthanasique, et les controverses qui ont été soulevées semblent donc décidément contre-productives et souvent superficielles. »  

    (Bizarre, le grand blanc au-dessus de cet article.)

    Tandis que l'Avvenire, le journal de l'épiscopat italien, titre clairement sur "l'euthanasie à la française".

  • Les évêques syriens

    Mardi 17 mars, les évêques catholiques de Syrie ont tenu leur assemblée bisannuelle à Homs. Y participaient également le nonce apostolique et le secrétaire de la congrégation pour les Eglises orientales, en témoignage de soutien de Rome.

    Les interventions prononcées par les Evêques présents ont fait émerger les souffrances et les blessures qui marquent la vie quotidienne de toutes les communautés catholiques syriennes mais ont également rendu témoignage du miracle de la charité qui fleurit dans le réseau des diocèses et des paroisses, au profit de tout le peuple syrien, nous dit l’agence Fides, qui cite ces propos de S.B. Grégoire III, patriarche des grecs-melkites :

    « L’Eglise en Syrie est véritablement glorieuse. Malgré tant de douleur et de souffrance, grâce au soutien de nos frères du monde entier, nous sommes parvenus à secourir directement plus de 300.000 Syriens, surtout au travers de la Caritas, en soutenant des projets d’urgence pour un montant d’au moins 5 millions de dollars ».

    « Alep est depuis des années assiégée, mais Homs est peut-être la ville qui a été le plus martyrisée. C’est pourquoi, depuis que le conflit y a cessé, les chefs des Eglises chrétiennes en Syrie l’ont visitée à de nombreuses reprises. Nous voulons manifester un soin particulier à cette population blessée et accompagner son désir de recommencer. J’ai su que les nouvelles cloches arriveront peut-être bientôt, après que celles qui existaient avant le conflit aient été volées. Nous éprouvons de la peine en voyant la douleur du peuple et nous voyons que nombreux sont ceux qui s’en vont parce qu’ils n’en peuvent plus de la peur et des souffrances. Mais nous sommes également fiers de nos prêtres, de nos religieux et religieuses, qui sont tous restés avec leur peuple, pour cheminer ensemble, dans la foi en Jésus, y compris en ce moment si difficile. »

  • Corse catholique

    Une fois encore on ne peut que remercier CM de la Rocca de nous donner sur le Forum catholique d’émouvantes et spectaculaires photographies de la Corse catholique, à l’occasion du renouvellement du vœu des Magnifiques Anciens de 1656 à la Vierge de Miséricorde (la vraie), par le maire d'Ajaccio et ses adjoints. En présence du cardinal Mamberti.

    Et merci aussi à l’évêque d’Ajaccio, Mgr de Germay, qui a commencé son allocution par ces mots : « La République est laïque, mais la France ne l’est pas. »

  • « Une psychologie de docteurs de la loi »

    Dans son homélie de mardi dernier, François est revenu une fois de plus sur son obsession : faire communier les divorcés soi-disant « remariés ». Et il a accusé ceux qui les en empêchent d’agir comme des « docteurs de la loi » au lieu d’user de la fameuse « miséricorde » kaspérienne :

    Combien de fois, aujourd'hui, dans les communautés chrétiennes, on trouve les portes fermées : "Ah, toi tu ne peux pas... tu ne peux pas. Tu as fauté sur ce point et tu ne peux pas. Si tu veux venir, viens à la messe dimanche mais reste là et ne fais rien de plus". Et ce que fait l'Esprit Saint dans le cœur des personnes, les chrétiens avec une psychologie de docteurs de la loi le détruisent.

    (Sources: FC, VA fr, VA en, vidéo)

    Non seulement c’est contraire à l’Evangile, mais il y a erreur sur la personne : ce sont les « docteurs de la loi » qui permettaient le divorce et le remariage… C’est François qui est du côté des « pharisiens ».

  • La messe en Ecosse

    J’apprends par Rorate Caeli qu’une première messe dans la "forme extraordinaire" a été célébrée dimanche dernier en la chapelle du couvent Saint-Joseph de Dundee, en Ecosse, et que cette messe sera désormais célébrée chaque mois, le troisième dimanche à 16h.

    C’est un groupe d’une soixantaine de fidèles qui a demandé cette messe au nouvel évêque, Mgr Stephen Robson. Lequel assistait, au trône, à la première messe, célébrée par l’abbé John Emerson, de la Fraternité Saint-Pierre.

    L’évêque paraît particulièrement bienveillant. Non seulement il était présent, mais le site internet du diocèse fait une large place à l’événement, avec un article et une galerie de photos !

    « Il y avait environ 130 personnes, dit l’évêque. Le groupe d’origine qui m’avait fait la demande comptait à peu près 65 personnes, donc le nombre de participants a été beaucoup plus élevé que prévu, avec pas mal de jeunes et d’adolescents. La belle grand-messe était célébrée par le P. John Emerson FSSP et servie par nos propres servants de messe, la musique étant interprétée par les étudiants de la chapelle de l’université Saint-André. »

    L’article ajoute que la petite réunion qui s’est tenue ensuite a montré que si la messe dans la forme extraordinaire était célébrée de façon régulière elle serait grandement appréciée.

    La question qu’on se pose immédiatement est évidemment celle-ci : s’il y a une demande aussi conséquente, et si l’évêque est si bienveillant, pourquoi seulement une messe mensuelle et au milieu de l’après-midi ?

    Je crois que la réponse se trouve sur le site de la FSSP Ecosse. Le P. Emerson est manifestement tout seul. Il célèbre la messe à Edimbourg, où il réside, et l’après-midi du premier dimanche du mois à Stirling, l’après-midi du quatrième dimanche du mois à Saint-Andrews, et donc désormais l’après-midi du troisième dimanche à Dundee…

    En bref on demande un prêtre… Ou plutôt au moins trois prêtres… Et Mgr Robson ne semble pas pouvoir en trouver dans son clergé…

  • Louis et Zélie Martin

    Le pape a ordonné ce matin la promulgation d’un décret relatif au miracle attribué aux bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse.

    Habituellement on dit que cela ouvre la voie à leur canonisation. Sauf que, comme aujourd’hui on fait tout à l’envers (ou plutôt n'importe comment), leur canonisation a déjà été annoncée pour octobre prochain (au moment du synode sur la famille)…

    Le miracle est celui de la guérison d'une petite Espagnole du diocèse de Valence, Carmen, née prématurément avec de multiples complications et qui risquait une hémorragie cérébrale qui lui aurait été fatale.

  • Le Japon catholique se souvient

    Hier 17 mars c’était le 150e anniversaire de la découverte, ou plutôt de la manifestation, à un prêtre français installé à Nagasaki, des chrétiens cachés du Japon.

    Les célébrations se sont déroulées du 15 au 17 mars en divers lieux, et se poursuivent les 21 et 22 mars dans la communauté catholique francophone de Tokyo.

    Hier a eu lieu une messe solennelle, concélébrée par vingt évêques, commémorant la rencontre bouleversante que fit le P. Petitjean d’un groupe de personnes venues lui demander « Où est la statue de sainte Marie ? », dans un pays d’où le christianisme avait été éradiqué deux siècles plus tôt. La messe a été célébrée dans l’église même d’Oura, construite par le P. Petitjean, où avait eu lieu la scène.

    On lira la relation de Mgr Riocreux ici.

    Voir aussi ma note (et son illustration) sur le musée dédié aux chrétiens cachés qui s'est ouvert récemment à Nagasaki.

    Et voici l’histoire de l’événement du 17 mars 1865, telle qu’elle est exposée (de façon historique, sans enjolivements ni amplifications) par Eglises d’Asie :

    Un mois environ après l’inauguration de l’église d’Oura, le 17 mars 1865, le P. Petitjean vit de sa fenêtre un groupe de douze à quinze personnes,
    hommes, femmes et enfants, qui se tenaient avec respect devant la porte fermée de l’édifice.

    Il ressentit une impulsion intérieure le poussant à aller trouver ces gens, et alla ouvrir la porte de l’église. Il précéda dans la nef les visiteurs, en priant intensément. Il s’agenouilla devant l’autel et adressa au Christ de l’Eucharistie une fervente prière : "Je conjurais le Seigneur, écrit-il, de mettre sur mes lèvres des paroles propres à toucher les cœurs et à Lui gagner des adorateurs parmi ceux qui m’entouraient". Et voilà que, pendant qu’il priait, trois femmes de cinquante à soixante ans s’agenouillèrent tout près de lui. L’une d’elles mit sa main sur la poitrine et lui dit à voix basse : "Notre cœur à nous tous qui sommes ici est le même que le vôtre". Et la conversation s’engagea : "Vraiment ? Mais d’où êtes-vous donc ?"  "Nous sommes tous d’Urakami. A Urakami, presque tous ont le même cœur que nous". Et aussitôt la femme qui avait répondu posa à son tour une question : "Où est la statue de sainte Marie (sancta Maria) ? "

    Le P. Petitjean n’eut plus alors aucun doute : il était bien en présence de descendants des anciens chrétiens. Il conduisit le groupe devant la statue de la Sainte Vierge. De nouveau tous s’agenouillèrent et se mirent à prier. Mais ils ne pouvaient contenir davantage la joie qui débordait de leur cœur : "Oui, c’est bien la Sainte Vierge. Voyez sur son bras son divin Fils Jésus".

    La confiance établie, les questions se mirent à pleuvoir au sujet de Deus-sama, Jesus-sama, Maria-sama (sama est un suffixe qu’on ajoute au nom des personnes, qui signifie quelque chose comme Monseigneur). Puis les visiteurs en vinrent à donner une idée de leur vie chrétienne : "Nous faisons la fête du Seigneur Jésus au vingt-cinquième jour de la gelée blanche. On nous a enseigné que ce jour-là il est né dans une étable, puis qu’il a grandi dans la pauvreté et la souffrance, et qu’à trente trois ans pour le salut de nos âmes il est mort sur la croix. En ce moment nous sommes au temps du chagrin. Avez-vous vous aussi ces solennités ?"

    Le P. Petitjean, qui avait compris qu’il s’agissait du carême, répondit : "Oui, nous sommes aujourd’hui le dix-septième jour du temps chagrin..."

    Ainsi l’espoir qu’avaient au cœur tous les missionnaires ayant pu pénétrer au Japon ces dernières années, n’était pas vain. Il y avait bien encore en cette fin du XIXe siècle des descendants des anciens chrétiens restés fidèles à la foi de leurs ancêtres, malgré plus de deux cents ans de fermeture du Japon à l’étranger, durant lesquels toute manifestation visible d’appartenance au christianisme avait été sévèrement proscrite.

    Pendant ces deux cents ans les chrétiens avaient vécu sans aucun prêtre pour leur administrer les sacrements ou leur venir en aide, sans possibilité d’entrer en relation avec l’Église dans le reste du monde. Et pourtant ils avaient gardé "le même cœur" que les chrétiens d’Europe.

    Bientôt ce fut presque chaque jour que des groupes de chrétiens se présentèrent à l’église d’Oura pour signaler l’existence de la communauté à laquelle ils appartenaient et demander à être instruits davantage. Selon une estimation faite à l’époque environ cinquante mille chrétiens vivaient dans la région.

    Un jour un chrétien venu des Gotô se présenta accompagné d’un "baptiseur" qui, après avoir exposé sa dévotion au chapelet, récité sans Gloria Patri comme c’était la coutume au XVIIe siècle, posa ensuite deux questions : les missionnaires connaissent-ils le chef du Royaume de Rome ? les missionnaires sont-ils mariés ? Le baptiseur se réjouit d’entendre la réponse : le nom du Pape, Pie IX, et l’annonce que les missionnaires gardaient le célibat. Il sembla que, pour lui, les trois signes les plus évidents de la foi catholique des nouveaux arrivés avaient été la dévotion à Marie, l’union avec le successeur de Pierre et le célibat des prêtres.

  • La réaction de l’archevêque de Hassaké au propos de John Kerry

    De façon assez surprenante, il faut bien le dire, John Kerry a très clairement déclaré sur CBS que « bien sûr » il est disposé à négocier avec Bachar el-Assad « s'il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d'appliquer Genève I », et parce que « au final il faudra négocier ».

    Le propos a été rapidement démenti par le propre ministère de John Kerry… Ce n’est pas ce qu’il voulait dire…

    Il avait provoqué des remous un peu partout, notamment en France où les sinistres malfaisants qui nous gouvernent ont éructé quelques grossièretés et stupidités sur le sujet, que je ne reprends pas car c’est une honte pour la France.

    En revanche il est intéressant de connaître la réaction qui fut celle de Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké (un évêque qui sait, lui, de quoi il parle) transmise par l’agence Fides :

    « C’est une option qui aurait dû être prise depuis déjà longtemps, un choix obligé si l’on veut réellement chercher une issue à cette tragédie qui a commencé voici quatre ans. Une proposition concrète de négociation doit être faite rapidement. Dans le cas contraire, cela équivaudrait seulement à gagner du temps, croyant ainsi favoriser un affaiblissement ultérieur de l’armée syrienne qui, en réalité, gagne actuellement du terrain sur tous les fronts. Mais elles ne pourront débuter que si l’on évite de poser à l’interlocuteur des conditions préalables stupides et provocatrices. Dans ce sens, les rumeurs qui préfigurent des offensives militaires dans les zones de conflit autorisées à ne tenir aucun compte des frontières entre Etats souverains ne me tranquillisent pas du tout. Cela ne me semble pas une manière correcte de commencer. Ceux qui veulent le bien du peuple syrien et du peuple irakien ne peuvent continuer à profiter des crises pour poursuivre leurs propres intérêts géopolitiques. Il faut également en finir avec la pantomime visant à accréditer l’existence de fantomatiques “rebelles modérés”, parce qu’avec le temps qui passe, toutes les factions armées opposées à Assad se sont agrégées à l’idéologie jihadiste. ».