16 avril 2014

Record de baptêmes au Népal

Le Père Pius Perumana, pro-vicaire apostolique du Népal, évoque à l’agence Fides les quelque 60 baptêmes d’adultes qui auront lieu dans ce pays à Pâques.

Comme il y a environ 8.000 catholiques au Népal, ce doit être , proportionnellement, un record mondial.

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14 avril 2014

Un autre évêque Summorum Pontificum

Les fidèles australiens attachés à la « forme extraordinaire du rite romain » ont désormais une « paroisse personnelle » dans la banlieue de Melbourne. Elle a été créée le 28 mars et son curé sera officiellement installé le 25 avril. Le jeudi saint et le dimanche de Pâques, la messe pontificale sera célébrée par Mgr Basil Meeking, évêque émérite de Christchurch en Nouvelle-Zélande.

C’est la cinquième année consécutive que Mgr Meeking célèbre la Semaine Sainte dans cette communauté.

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Mgr Meeking ordonnant prêtre un membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, à Auckland, Nouvelle-Zélande, le 29 novembre 2008.

François, Kasper et le synode

Un article important d'Antonio Mastino, traduit par Benoît et moi. Extrait (la première phrase fait état d’une opinion tout à fait saugrenue qui montre jusqu’où peuvent aller ceux qui tiennent à défendre le pape en toute circonstance… jusqu’à ce que le pape lui-même démente leur pieuse interprétation...) :

Jusque-là, on avait cru que le pape avait utilisé le théologien progressiste Kasper pour faire sortir à découvert les thèses libérales de épiscopat d'Europe centrale, avant de les "fusiller" par anticipation, afin de sauver l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur le sujet. Mais après la défense inattendue et passionnée de Kasper, il est devenu clair pour tous que le pape lui avait confié le discours inaugural parce qu'il partageait sa pensée. Et sur cette route, à travers son intervention directe, il souhaite conduire et si nécessaire pousser le Synode. Parce que, en lui-même, il aurait déjà mûri une décision. En utilisant cette technique typique des Jésuites, maîtres dans l'art de donner aux assemblées l'illusion que ce sont elles qui prennent, démocratiquement, les décisions, mais en réalité les menant sans qu'elles s'en aperçoivent à ratifier les décisions qui ont déjà été prises par le supérieur. Même Kasper ne serait, dans ce sens, qu'un «pion» de Bergoglio.

08 avril 2014

La dictature homosexualiste : à l’école catholique aussi

Une religieuse dominicaine, maître-assistant de théologie à l’université Saint-Thomas d’Aquin (Aquinas College) de Nashville, a « scandalisé » les élèves d’un lycée de Caroline du Nord, comme dit la presse locale, en faisant « des réflexions anti-homosexuelles ».

Invitée à parler lors d’une assemblée d’élèves du lycée catholique de Charlotte, le 21 mars, sœur Jane Dominic Laurel, selon les élèves cités par le journal, « a critiqué les gays et les lesbiennes, en plus d’avoir fait des remarques subversives (sic) à propos des parents isolés ou divorcés ».

On n’en saura pas plus. Car les propos de la religieuse sont beaucoup trop effroyables pour pouvoir être reproduits. Une pétition a été lancée sur internet, en dix points, nous dit-on. Mais la pétition a curieusement été retirée alors qu’elle allait atteindre les 5.000 signatures. On n’en connaît que ce que le journal avait reproduit :

« Nous déplorons le fait qu’une large assemblée scolaire soit devenue une tribune pour mettre en avant la question de l'homosexualité après que le pape François a déclaré dans une interview à l'automne dernier que « nous ne pouvons pas insister seulement sur les questions liées à l'avortement, le mariage homosexuel et l'utilisation des méthodes contraceptives. » Nous sommes en colère parce que certains ont décidé qu'ils savaient mieux que notre Saint-Père et ont invité cet orateur. »

Une fois encore, ou plutôt comme d’habitude, on remarque comment les propos du pape sont utilisés comme caution de la subversion (et comment le mot subversion est utilisé à l’envers).

Une pétition a été lancée pour défendre la religieuse, et surtout la doctrine de l’Eglise sur ces sujets.

La distribution de hochets aux courtisans continue

Dans la série Faites ce que je dis, pas ce que je fais, le pape a décidé, dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’institution du Synode, d’« élever à l’épiscopat » le sous-secrétaire du Synode Mgr Fabio Fabene.

Le temps n’est pas encore venu où l’évêque de Rome rappellera qu’un évêque est la tête d’un diocèse.

07 avril 2014

Le baptême de Umma Azul

Ce baptême a bien eu lieu, en la cathédrale de Cordoba, en Argentine. La marraine présidente n’était pas là mais avait envoyé une photo et des cadeaux. Le curé est tout content. Les journalistes aussi; et les militants LGBT ont gagné. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes catholiques.

Ah oui, au fait, finalement les deux lesbiennes n’ont pas reçu le sacrement de confirmation.

Histoire de bien souligner que ce baptême est illégitime au regard du droit canonique (canon 868 §1, 2).

(La Voz, via Rorate Caeli)

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04 avril 2014

La destruction quotidienne de l’Eglise ?

Extrait d’une analyse de Francesco Colafemmina, intéressante mais qui fait terriblement froid dans le dos, traduite par Benoît et moi :

(…) un pape qui, critiquant chaque jour, avec violence verbale, ces chrétiens qui, selon lui seraient un «problème» dans l'Eglise, a pour objectif de structurer le consensus envers sa personne et la «nouvelle Église» qu'il incarnerait.Il le structure, parce qu'il sait que le téléspectateur ou le lecteur de nouvelles en ligne, indépendamment de sa foi ou de son athéisme, ne cherche pas de certitude, mais des doutes. Et malgré le fait que chaque démolisseur de certitude s'impose à son tour comme dogmatique, la société contemporaine aime la destruction de ce qui jusqu'à récemment semblait solide, résistant, réfractaire à l'esprit mondain. (...) D'où les constantes, exténuantes prédications à Santa-Marta qui, malgré leur concinnitas (ajustement étudié) sont d'une désarmante répétitivité. Des prédications où reviennent de manière obsessionnelle la comparaison entre les pharisiens de l’Evangile et les prétendus catholiques qui croient qu'ils sont les détenteurs de l'orthodoxie et de la justice et conditionnent ainsi l'image de l'Eglise.

01 avril 2014

Foi extraordinaire

Un nouveau programme va faire son apparition sur la chaîne catholique américaine EWTN, intitulé « Foi extraordinaire » : Extraordinary Faith TV.

Ce programme a pour ambition de « mettre en valeur la beauté de l’art sacré catholique classique, architecture, liturgie et musique ». « Une attention particulière sera accordée à la messe latine traditionnelle, connue également comme forme extraordinaire ou messe tridentine. Cette forme historique du culte catholique a connu un regain de popularité ces dernières années, surtout chez les jeunes, et elle est une riche source de vocations au sacerdoce et à la vie religieuse. »

Extraordinary Faith TV travaille depuis deux ans à l’élaboration de ses programmes, sous la direction de deux militants de la liturgie traditionnelle : le producteur et scénariste américain Alex Begin, et la journaliste anglaise Mary O’Regan. Pour que le message soit reçu au mieux, ils s’engagent à répondre aux normes de productions les plus élevées : une équipe de professionnels a été réunie à Los Angeles.

Huit épisodes de 30 minutes ont déjà été tournés. Le premier est consacré à la « Misión de San Juan Capistrano », la mission Saint Jean de Capistran, fondée en 1775 près du village indien de Sajavit en Nouvelle-Espagne (Californie), où il y a sept messes le dimanche, dont deux célébrées dans la forme extraordinaire. Il sera diffusé le 14 avril, puis le 18.

Chaque épisode sera mis en ligne, un mois après sa première diffusion, sur le site de l’émission : www.extraordinaryfaith.tv (qui sera ouvert le 7 avril). Ce site comportera de nombreuses informations sur la liturgie traditionnelle. L’équipe proposera une formation à la messe de saint Pie V, gratuite, dans les paroisses, à condition que la paroisse bénéficiaire s’engage à ce que soit célébrée au moins une fois par mois la messe selon le missel de 1962.

29 mars 2014

Profanations en Bretagne : un homme interpellé

Mardi dernier, un homme de 34 ans a été interpellé chez lui dans le Morbihan et placé en garde à vue. Il a reconnu être à l'origine de 15 actes de vandalisme sur des lieux de cultes dans ce département (Bubry, Bieuzy-les-eaux, Plouay, Villeneuve-Jacquenot, Melrand, Languidic…).

Il avait déjà été interpellé et son ADN avait été prélevé. C’est son ADN qui a été trouvé sur les dernières scènes de profanation.

On n’en sait pas plus sur ses motivations pour le moment.

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Un archevêque fait de la propagande homosexuelle

C’est en Argentine, naturellement. L’archevêque de Córdoba, Mgr Carlos José Ñáñez, a donné l’autorisation à une paire de lesbiennes soi-disant « mariées », Karina Villarroel et Soledad Ortiz, de faire baptiser « leur fille » (« un enfant de deux mamans », « le fruit de leur amour », comme ne craignent pas de le dire les médias) à la cathédrale de la ville par le curé de la cathédrale, le P. Carlos Varas. Ce sera samedi prochain 5 avril.

« C’est le premier baptême d’un enfant d’une famille homoparentale célébré dans un édifice catholique », souligne La Nación.

L’enfant s’appelle Umma Azul. Le curé de la cathédrale va-t-il vraiment baptiser une fille Umma Azul ? « Oumma bleue » ?

L’événement est bien évidemment un acte de propagande homosexuelle : la marraine de l’enfant est la présidente de l’Argentine Cristina Kirchner, très engagée pour les « droits LGBT ».

Et ce n’est pas tout. Le même jour, les deux femmes vont recevoir (c'est-à-dire que l'archevêque va profaner) le sacrement de confirmation. Pour enrôler le Saint-Esprit dans la propagande homosexuelle…

(via Rorate Caeli)

Une première à Rome

Demain, à l’église (paroissiale) romaine de la Fraternité Saint-Pierre, la messe sera célébrée par Mgr Matteo Zuppi, évêque auxiliaire de Rome en charge du centre ville.

Il semble que ce soit la première fois depuis la révolution liturgique qu’un évêque de Rome célèbre la messe de saint Pie V. Et c’est l’évêque lui-même qui l’aurait proposé.

26 mars 2014

Le recteur du séminaire tué par des prêtres ?

La police de Bangalore au Karnataka (Inde) a arrêté deux prêtres et un ancien séminariste, qui auraient avoué (sous sérum de vérité) avoir assassiné le P. K.J. Thomas, recteur du séminaire Saint-Pierre de Bangalore, le 31 mars 2013.

Depuis le début, des rumeurs circulaient selon lesquelles les meurtriers pourraient être des ennemis intérieurs et non des militants antichrétiens.

Mais les conclusions de la police font naître de sérieux doutes.

L’un des prêtres arrêté est le directeur d’une école dans le nord de l’Etat. L’autre est le curé d’une paroisse dans la banlieue de Bangalore.

Ces deux prêtres et l’ancien séminariste, agissant pour la faction qui réclame que le séminaire soit exclusivement réservé aux étudiants de souche du Karnataka (parlant kannada) se seraient introduits avec des barres de fer dans les locaux du séminaire pour chercher des documents attestant que le séminaire appartient aux évêques du Karnataka, auraient été surpris par le recteur, l’auraient sauvagement frappé et seraient repartis sans laisser le moindre indice. Ces derniers mois, l’enquête était au point mort. Et tout à coup on sort trois assassins. Dont le mobile est absurde, car les documents en question sont disponibles, et ne permettent pas d’affirmer que le séminaire doive être réservé aux étudiants de langue kannada.

La police avance toutefois un autre mobile, mais pour le moins fragile : les trois hommes « n’étaient pas contents » du P. Thomas, « ils éprouvaient un fort ressentiment du fait qu’ils estimaient être systématiquement tenus à l’écart des postes importants [au sein du séminaire] et que seul un petit nombre de personnes, dont ils n’étaient pas, occupaient les postes importants »...

Ce qui est certain est qu’il semble qu’il y ait davantage de tensions à l’intérieur du séminaire qu’entre les diverses communautés religieuses de Bangalore…

16:27 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Ce n’était pas ça du tout !

Il y a un mois, je reproduisais un propos du cardinal Barbarin sur le consistoire autour du cardinal Kasper :

« C’était 80-90% des interventions qui touchaient la question des divorcés remariés. »

Je pensais que dans l’ambiance ultra-papolâtrique du moment, l’immense majorité des cardinaux avait salué comme il convient les positions novatrices (et médiatiquement correctes) du cardinal chouchou de François.

J’apprends que c’est le contraire. A en croire du moins Marco Tosatti, qui toutefois cite beaucoup des propos tenus dans cette réunion qui était censée se tenir à huis clos, si 85% des cardinaux se sont exprimés sur la question des divorcés remariés, c’était contre les positions défendues par le cardinal Kasper…

Divine surprise…

16:03 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (4)

Messe de saint Pie V : le témoignage du P. Roberto Spataro

Le père Roberto Spataro est professeur de littérature chrétienne ancienne à l’Université salésienne de Rome. Samedi prochain, il donnera une conférence sur le thème « Summorum Pontificum et la redécouverte de la liturgie traditionnelle : les raisons de connaître et d’aimer la messe tridentine ». A cette occasion il a donné une interview, dont voici un extrait :

Depuis ma jeunesse, j’ai été intrigué par l’histoire de la Fraternité Saint-Pie X. L’amour de cette communauté pour l’ancienne messe me frappait. Au lendemain du Motu Proprio Summorum Pontificum, j’ai approfondi le sujet et compris la richesse doctrinale de ce rite.

 En 2010, alors que je vivais à Jérusalem, une communauté religieuse féminine m’a invité à célébrer la Sainte Messe de saint Pie V. Depuis, chaque fois que s’en présente l’occasion, je célèbre avec joie avec le missel de 1962, qui est un trésor de théologie authentique et de profonde spiritualité. Cela m’aide à devenir meilleur et Dieu sait si j’en ai besoin ! En outre, et surtout, elle constitue un aliment très solide pour augmenter l’action de la grâce dans la vie des fidèles. N’est-ce pas là l’action pastorale fondamentale à laquelle nous sommes appelés ?

25 mars 2014

Une historienne juive en renfort de l’Eglise

Alors que le bienheureux cardinal Stepinac est toujours victime des calomnies communistes de sa prétendue collaboration avec les nazis, une historienne juive spécialiste de la Shoah en Yougoslavie, Esther Gitman, après avoir étudié pendant dix ans la vie du grand archevêque de Zagreb béatifié par Jean-Paul II en 1998, établit qu’il a risqué personnellement sa vie pour sauver des centaines de juifs, et donné des consignes précises aux prêtres. C’est ce qu’elle a découvert après avoir dépouillé 30.000 documents. « A ma grande surprise, dit-elle, tellement dans mon esprit tous les prêtres catholiques étaient antisémites »...

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Les pressions islamistes en Indonésie

Un tribunal de Java Ouest a révoqué le permis de construire d’une église catholique à Cibubur (Bekasi). Pendant l’audience, une foule d’islamistes, au-dehors, criaient des menaces contre les juges. Le président du tribunal a déclaré qu’il avait pris cette décision pour éviter la violence confessionnelle…

Le permis de construire, presque impossible à obtenir en Indonésie pour un lieu de culte non musulman, avait été délivré en 2012 par le maire de Bekasi à la paroisse Saint-Servais de Tongeren, pour l’édification d’une église à Cibubur, à dix kilomètres de là. Le curé souligne que tout fut fait dans le respect absolu des règles (forcément, sinon il ne l'aurait pas eu) et qu’il a les preuves vidéo de tout le processus, et que par conséquent on continuera la construction de l’église, dont le gros œuvre est terminé à 70%. D’autant que le jugement n’impose pas explicitement l’arrêt des travaux.

15:57 Publié dans Eglise, Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

22 mars 2014

Un missionnaire exemplaire

Longue interview, dans Eglises d’Asie, d’un « missionnaire » au Japon. Un prêtre, dois-je souligner… Extraits :

Ici, nous avons trois centres au total ; je m’occupe plus particulièrement du centre pour les jeunes, depuis vingt-cinq ans. (…) J’en suis le directeur. Nous sommes laïcs et indépendants. Il y a une trentaine de personnes environ qui font vivre ce lieu.

Je vis aussi avec l’évêque émérite de Tokyo (…). C’est une personne très ouverte aux problèmes du monde. Il s’appelle Mgr Mori Kazuo, mais il n’aime pas du tout être appelé Monseigneur !

…quand je dis que je suis missionnaire – je n’aime pas le terme mais je suis quand même obligé de le dire quand on m’interroge…

Quel est le cœur du message chrétien, catholique ? Et comment votre grande expérience du Japon et de l’Asie a-t-elle enrichi, approfondi votre foi ?

Je pense avoir acquis, grâce aux Japonais, une sensibilité nouvelle vis-à-vis de la nature, ainsi que pour ce qui a trait au contact humain, à la beauté, au sens de la vie.

Du point de vue chrétien, ici, je parle moins. Et surtout je ne commence pas par assommer les jeunes avec le vocabulaire du péché. Cette idée, présentée de manière abrupte, à mon avis, ce n’est pas l’Evangile, et c’est une grande erreur.

Je me suis beaucoup intéressé au bouddhisme. Pendant dix ans, j’ai fait du zazen toutes les semaines avec un groupe et des bonzes.

Mes confrères m’ont toujours approuvé. Et j’ai eu un confrère qui était beaucoup plus avancé que moi dans ce domaine. Tous les matins, il faisait zazen.

Dans les temples, les gens, hommes et femmes, qui joignent les mains, qui disent « kamisama »..., elles croient autant que nous, le cœur est le même. Il ne faut pas regarder les mots, il faut regarder la personne, ce qui se passe dans son cœur. La source est la même.

Le culte des ancêtres est quelque chose de commun à toutes les religions. La communion des saints, c’est ça : les ancêtres sont là et on y croit.

En ce moment je lis l’excellent Anticathéchisme pour un christianisme à venir, écrit par une femme sous le pseudonyme de Pietro de Paoli (2).

(2) Il s’agit de Christine Pedotti, co-fondatrice de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones.

[C’est dans la rubrique « Pour approfondir », sous-rubrique « Trajectoires missionnaires »…]

14:48 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (2)

Un monastère bénédictin en Thaïlande

Evénement historique en Thaïlande : l’installation du premier monastère bénédictin dans le pays (où il y a déjà sept couvents de carmélites et de clarisses, mais aucune communauté d’hommes).

L’inauguration a eu lieu le 18 janvier (d'après ce que nous dit aujourd'hui Asianews), en présence de Mgr Vira Arpondranata, évêque de Chiang Mai (où est implanté le monastère), et de Mgr Mattiazzo, archevêque de Padoue, qui avait suggéré et soutenu le projet.

Les moines sont en fait vietnamiens. Car les trois monastères bénédictins du Vietnam regorgent de vocations, mais le pouvoir verrait d’un mauvais œil la création d’un quatrième monastère.

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Les obsèques (prophétiques ?) de Mgr Fan

Quelque 5.000 catholiques dont 70 prêtres, tant de l’Eglise "clandestine" que de l’Eglise "officielle", ont participé ce matin aux obsèques de Mgr Joseph Fan Zhongliang, évêque clandestin de Shanghai, mort le 16 mars, en résidence surveillée, à l’âge de 96 ans.

Le pouvoir ayant refusé que la messe ait lieu dans la cathédrale, elle s’est déroulée dans un funérarium. La banderole funéraire parlait d’un « pasteur », mais toute la liturgie et les interventions ont évoqué l’« évêque ». Y compris le prêtre "officiel" qui présidait la cérémonie. Et tous les prêtres avaient une étole rouge, couleur du martyre.

Mgr Savio Hon Tai-fai, le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples (et seul Chinois de la Curie romaine) avait demandé en vain aux autorités que les obsèques soient célébrées par Mgr Ma Daqin. Mais cela été refusé.

Mgr Fan ne pouvant pas être enterré dans la cathédrale, il a été incinéré et ses cendres ont été placées au cimetière de Sheshan, non loin du sanctuaire de la Vierge… et du séminaire où Mgr Ma Daqin est interné.

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Une bonne surprise à Liverpool

Le pape a nommé Mgr Malcolm Patrick MacMahon archevêque de Liverpool. Il était évêque de Nottingham, il devient archevêque du plus grand diocèse britannique en terme de fidèles.

Mgr MacMahon déclare qu’il est ouvert à toute proposition de célébration de la messe selon la « forme extraordinaire », qu’il célèbre lui-même quand on le lui demande. Ainsi le 15 avril 2013, lors de la messe d’ouverture d’une session de formation de la Latin Mass Society à la messe de saint Pie V :

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21 mars 2014

La profanation de Brie-Comte-Robert

On a beaucoup parlé des tags anarchistes sur le Sacré-Cœur de Montmartre, mais beaucoup moins de la profanation de Brie-Comte-Robert. Là ce ne sont pas des slogans peints, c’est le tabernacle contenant une vingtaine d’hosties consacrées qui a été volé, dans la nuit du 9 au 10 mars.

Deux portes ont été forcées, mais rien d’autre n’a été volé dans l’église…

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19 mars 2014

La Madunnuccia

Le 18 mars 1536, la Vierge Marie apparut à un vieux paysan, Tonio Botta, près de Savone et lui dit : « N'aie pas peur ! Je suis la Vierge Marie. Dis au peuple de faire pénitence en l'honneur du Christ et de sa Mère. »

En 1645, un marin, Orto, rapporta à Ajaccio une statuette de la Vierge. Lors d'une rixe, un ordre jaillit de la statuette et les combattants, effrayés, s'arrêtent sur le champ.

Une grande statue de Notre Dame de la Miséricorde fut alors placée à l'église des Jésuites, aujourd'hui église Saint-Erasme où est célébrée chaque dimanche la messe dans la forme extraordinaire du rite romain.

En 1656, une peste ravagea la cité de Gênes et menaçait de toucher Ajaccio. Les habitants d'Ajaccio mirent toute leur confiance en Notre Dame de la Miséricorde, qui préserva leur ville de ce mal.

Le 18 mars 1661, les Magnifiques Anciens (conseil municipal) prononcèrent à genoux, à la cathédrale, le vœu définitif et solennel par lequel ils acceptaient la Très Sainte Vierge pour Protectrice, Patronne et Avocate d'Ajaccio, la remerciant pour tous ses bienfaits, et promettant que chaque année, le doyen d'âge des Magnifiques Anciens mobiliserait ses collègues pour célébrer le jour du 18 mars à la perfection.

Depuis, les solennités débutent le soir du 17 mars par les prières traditionnelles devant la statue de Notre Dame de la Miséricorde située sur la place des Palmiers.

Le 18 mars, le conseil municipal se rend en cortège à la cathédrale afin d'assister à la grand-messe. L'après midi, la procession fait le tour de la ville et la statue de Notre Dame de la Miséricorde est suivie par toute la population.

Le 18 mars, c’était hier. On verra sur le Forum catholique, à la suite du texte que je viens de reprendre, une série de photos qui témoignent qu’Ajaccio est toujours fidèle à son vœu. Des photos qu’on ne peut voir qu’avec émotion, voire stupéfaction quand on ne connaissait pas (ce qui est mon cas) cette tradition de la Madunnuccia.

18 mars 2014

A propos des « pélagiens »

Je crois avoir trouvé une réponse à la question qui me poursuit depuis que François a traité de « pélagiens », à plusieurs reprises, tous ceux que l’on peut étiqueter « traditionalistes » au sens le plus large.

C’est dans un livre de… Joseph Ratzinger : Regarder le Christ, publié en 1992.

Dans le chapitre « Espérance et amour », page 96, le cardinal Ratzinger évoque « le pélagianisme des pieux » : « Ils ne veulent pas de “par-don” et, d’une façon générale, ils ne veulent recevoir aucun don de Dieu. Ils veulent être en règle, et obtenir non le pardon, mais le juste salaire. Ce n’est pas l’espérance qu’ils voudraient, mais la sécurité. Ils veulent se procurer un droit à la béatitude à force de rigorisme dans les exercices religieux, à force de prières et d’actions. Il leur manque l’humilité nécessaire à toute espèce d’amour, l’humilité de recevoir un cadeau qui dépasse leurs mérites et leurs actions. Nous trouvons là un refus de l’espérance au profit de la sécurité, qui repose sur l’incapacité à supporter la tension vers ce qui doit venir, et à s’abandonner à la bonté de Dieu. »

J’ai rencontré des gens qui en effet ressemblent à cela. Ils croient qu’ils « font » leur salut alors que le salut se reçoit. Mais il est extravagant de voir ainsi tous les « traditionalistes ». Et cela pour une raison très précise qui distingue les traditionalistes d’aujourd’hui des « pélagiens pieux » des deux ou trois siècles passés : c’est qu’ils s’intéressent de près à la liturgie (à cause de la révolution liturgique). Or la liturgie est au moins un correctif, et si l’on vit de la liturgie un remède radical, car la liturgie fait du fidèle un suppliant, un mendiant de la miséricorde, du pardon, de l’amour de Dieu. Voilà pourquoi même ceux qui ressemblent à des « pélagiens pieux » aujourd’hui ne le sont pas, ou ne le sont que par un reste de spiritualité déviée encore véhiculée par certains prêtres qui la croient traditionnelle.

D’autre part, il n’est pas indifférent que le cardinal Ratzinger n’évoque le « pélagianisme des pieux » qu’après avoir évoqué un autre pélagianisme, qu’il appelle (à la suite de Joseph Pieper, précise-t-il) « le pélagianisme bourgeois ». (Ce sont les deux variantes de la « présomption ».)

Le pélagien bourgeois est celui qui se dit que Dieu « ne peut pas être aussi terriblement exigeant que me le laisse entendre la foi de l’Eglise ». Ça ne vous rappelle rien ?

17 mars 2014

L’évêché de Shanghai…

Mgr Joseph Fan Zhongliang est mort hier à l’âge de 97 ans. Il était gravement malade depuis dix ans. Auparavant il avait passé 30 ans (entre 1955 et 1985) dans des camps de travail.

Consacré évêque coadjuteur clandestin de Shanghai en 1985, il était nommé évêque (clandestin) de Shanghai en 2000 par Jean-Paul II, tandis que le pouvoir nommait un évêque officiel, Mgr Aloysius Jin Luxian. Les deux évêques (tous deux jésuites), se sont réconciliés ces dernières années. Mgr Jin est mort l’année dernière. Le pouvoir n’a pas reconnu Mgr Fan pour autant.

En juillet 2012 a été consacré évêque auxiliaire de Shanghai Mgr Thaddeus Ma Daqin. Nommé par le gouvernement, avec l’accord du Saint-Siège. Mais le jour même de son ordination épiscopale, il annonçait qu’il quittait l’Association patriotique (l’Eglise officielle). Et depuis lors il est interné au séminaire de Seshan.

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Surprise en Angleterre

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Le P. Robert Byrne va devenir évêque auxiliaire de Birmingham.

Le P Byrne était « Summorum Pontificum » avant même le motu proprio : il est un membre de l’Oratoire de Birmingham, qui avait été chargé par l’archevêque du lieu de créer un Oratoire à Oxford. En 1993 l’Oratoire d’Oxford devenait indépendant. On y célèbre une messe de saint Pie V tous les dimanches et fêtes depuis 2004. (Quant à la messe de Paul VI elle est célébrée en latin.)

Il n’est pas interdit de voir dans cette nomination un fruit de la visite de Benoît XVI, quand il était venu à Birmingham célébrer la béatification du cardinal Newman, le fondateur de l’Oratoire, en septembre 2010.

Un scoop de Benoît XVI

Un livre vient de paraître en Italie sur Jean-Paul II, avec divers témoignages dont un de Benoît XVI. Le pape émérite évoque divers aspects, et revient sur le document Dominus Jesus de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ce texte avait provoqué une énorme polémique au-dedans et au-dehors de l’Eglise (et le cardinal Kasper n’avait pas été le dernier à se répandre…). Pour minimiser la portée du document, certains tentaient de faire valoir qu’il n’avait pas été vraiment validé par Jean-Paul II. C’est oublier que Jean-Paul II l’avait ouvertement revendiqué lors d’un Angélus, et Benoît XVI révèle aujourd’hui que le pape lui avait demandé de rédiger le texte même de cet angélus.

Voici ce que dit Benoît XVI, dans la traduction de Sandro Magister :

Parmi les documents qui concernent différents aspects de l'œcuménisme, celui qui a suscité les plus fortes réactions a été la déclaration "Dominus Jesus", publiée en 2000, qui résume les éléments non négociables de la foi catholique. […]

Face au tourbillon qui s’était développé autour de "Dominus Jesus", Jean-Paul II m’annonça qu’il avait l’intention de défendre ce document de manière tout à fait claire lors de l’Angélus.

Il m’invita à rédiger pour l'Angélus un texte qui soit, pour ainsi dire, étanche et qui ne permette aucune interprétation différente. Il fallait montrer de manière tout à fait indiscutable qu’il approuvait inconditionnellement le document.

Je préparai donc un bref discours. Toutefois je n’avais pas l’intention d’être trop brusque ; je cherchai donc à m’exprimer avec clarté mais sans dureté. Après l’avoir lu, le pape me demanda encore une fois : "Est-ce que c’est vraiment assez clair ?". Je lui répondis que oui.

Ceux qui connaissent les théologiens ne seront pas étonnés d’apprendre que, malgré cela, il y a eu par la suite des gens qui ont soutenu que le pape avait pris prudemment ses distances par rapport à ce texte.

C’était l’angélus du 1er octobre 2000. Le texte du cardinal Ratzinger que Jean-Paul II faisait sien commençait ainsi :

Au sommet de l'Année jubilaire, avec la Déclaration Dominus Iesus - Jésus est le Seigneur - que j'ai approuvée de façon particulière, j'ai voulu inviter tous les chrétiens à renouveler leur adhésion à Lui dans la joie de la foi, en témoignant de façon unanime qu'il est, également aujourd'hui et demain, "le chemin, la vérité et la vie" (Jn 14, 6). Notre confession du Christ comme unique Fils, à travers lequel nous voyons nous-mêmes le visage du Père (cf. Jn 14, 8), n'est pas l'arrogance de celui qui méprise les autres religions, mais une reconnaissance joyeuse car le Christ s'est montré à nous sans que nous n'en ayons aucun mérite. Et, dans le même temps, Il nous a engagés à continuer à donner ce que nous avons reçu, et également à communiquer aux autres ce qui nous a été donné, car la Vérité donnée et l'Amour qui est Dieu appartiennent à tous les hommes.

Et il se terminait ainsi :

J'ai espoir que cette Déclaration qui me tient à cœur, après tant d'interprétations erronées, puisse finalement jouer son rôle de clarification et, dans le même temps, d'ouverture. Que Marie, à qui le Seigneur sur la Croix nous a confiés en tant que Mère à tous, nous aide à croître ensemble dans la foi en Christ, Rédempteur de tous les hommes, dans l'espérance du salut, offert par le Christ à tous, et dans l'amour, qui est le signe des fils de Dieu.

15 mars 2014

En Inde, pas de justice pour les chrétiens

Pendant l’énorme pogrom antichrétien de l’Orissa, en 2008 (plus de 400 villages « nettoyés » de tous les chrétiens, une centaine de morts, des milliers de blessés, 56.000 déplacés, 5.600 maisons détruites et 296 églises incendiées), une religieuse avait été torturée et violée par dix extrémistes hindous qui l’avaient ensuite exhibée nue dans les rues. Neuf des dix coupables furent arrêtés. Leur procès vient seulement de se dérouler. Trois d’entre eux ont été reconnus coupables, les six autres acquittés. L’Eglise catholique a fait part de son « indignation devant une telle injustice » par la voix de Mgr John Barwa, archevêque de Cuttack-Bhubaneshwar, qui a dénoncé la partialité du tribunal et sa « complicité patente » avec les agresseurs, tous membres du parti nationaliste hindouiste BJP de l’Orissa.

(Fides, Eglises d’Asie)

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L'Eglise du Costa Rica hors la loi

Depuis 2010, Una Voce Costa Rica tente en vain de faire célébrer la messe de saint Pie V de façon habituelle et publique dans ce pays. Malgré des trésors de diplomatie et une patience à toute épreuve, plus de trois ans après il n’y a toujours rien. L’ancien archevêque avait fait semblant de prendre la demande en considération. Le nouvel archevêque est aux abonnés absents. Certes, le motu proprio Summorum Pontificum donne le droit à tout prêtre de célébrer selon l’ancien ordo, mais aucun prêtre n’ose le faire sans permission expresse de l’évêque…

Le récit (en anglais et en espagnol) est ici.

(Via le Forum catholique)

(Parmi les pays hors la loi ecclésiastique, il y a aussi le Portugal : le “patriarche” Polycarpe, qui vient de mourir, avait été plus franc, puisqu’il avait ouvertement et explicitement interdit la messe de saint Pie V. Parmi les diocèses hors la loi, il y a Buenos Aires, où le cardinal Bergoglio avait permis une messe une fois par mois le dimanche à 20h dans une crypte – une messe qui curieusement n’eut pas de succès…)

Ces lieux qui n’ont jamais vu de prêtre

« Et cet Evangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations; et alors viendra la fin. » (Matthieu 24, 14)

Quand on lit ce verset on se dit qu’on ne peut pas le prendre au sens littéral. Or, aussi étonnant que ça paraisse, il se trouve que l’Evangile n’a pas encore été prêché dans le monde entier.

L’agence Fides nous a ainsi donné coup sur coup deux informations sur des endroits en Ethiopie où la présence chrétienne ne fait que débuter.

Ainsi à Dallo Manna, qui n’est pas un village perdu mais une ville de 50.000 habitants. Le préfet apostolique de la région, le P. Angelo Antolini, vient d’y aller dans le cadre d’un vaste projet agricole : « Tard dans la soirée, nous avons ensuite célébré l’Eucharistie chez l’un des deux laïcs qui vient de commencer son service missionnaire sur place, et ce en présence d’autres personnes, dont des musulmans. Cela a constitué la première Messe célébrée dans la ville de Dallo Manna ! »

Quelques jours avant, l’agence Fides évoquait le P. Christopher Hartley Sartorius, missionnaire espagnol de Tolède, seul prêtre catholique ayant jamais atteint la région somalienne de l’Ethiopie (Ogaden) où il vit depuis 7 ans, dans une localité appelée Gode, au milieu d’un territoire totalement musulman : « Je célèbre la Messe seul ou avec au plus 3 ou 4 fidèles presque chaque jour. Je suis certain que le Seigneur m’a voulu ici parce que je suis prêtre et parce que sans prêtre il n’y a pas d’Eucharistie. Et là où est présent le Très Saint Sacrement, est également présente l’Eglise. »

16:11 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (6)

14 mars 2014

La miséricorde profanée

En 1979 Jean Borella avait publié un maître livre intitulé La charité profanée. Il faudrait aujourd’hui étudier le thème de la miséricorde profanée. A partir du livre du cardinal Kasper, louangé par François dès son premier angélus, et tout ce qui a suivi jusqu’à maintenant (avec un martèlement qui devient obsessionnel) et va sans doute s’épanouir lors des synodes.

En réalité, il existe déjà un livre sur le sujet, il date du XVIIe siècle et il est néanmoins d’actualité. Qu’on en juge par cette citation, qui fait parler un jésuite :

« Hélas! me dit le Père, notre principal but aurait été de n'établir point d'autres maximes que celles de l'Evangile dans toute leur sévérité; et l'on voit assez par le règlement de nos mœurs que, si nous souffrons quelque relâchement dans les autres, c'est plutôt par condescendance que par dessein. Nous y sommes forcés. Les hommes sont aujourd'hui tellement corrompus, que, ne pouvant les faire venir à nous, il faut bien que nous allions à eux: autrement ils nous quitteraient; ils feraient pis, ils s'abandonneraient entièrement. Et c'est pour les retenir que nos casuistes ont considéré les vices auxquels on est le plus porté dans toutes les conditions, afin d'établir des maximes si douces, sans toutefois blesser la vérité, qu'on serait de difficile composition si l'on n'en était content; car le dessein capital que notre Société a pris pour le bien de la religion est de ne rebuter qui que ce soit, pour ne pas désespérer le monde. »

On aura remarqué : « sans toutefois blesser la vérité ». La doctrine officielle ne change pas, mais on ne s’en occupe plus. Elle n’a plus aucune utilité concrète. Elle n’existe plus qu’à titre documentaire. Seule compte la praxis de la miséricorde.

Mais on aura remarqué aussi qu’il n’y pas le mot « miséricorde » dans cette citation. Le jésuite du XVIIe siècle parle de « condescendance ». Même le jésuite caricatural de Pascal (il s’agit en effet des Provinciales) n’aurait jamais employé le mot de « miséricorde » pour expliquer qu’on va permettre aux gens de vivre dans ce qui est objectivement un péché mortel. Il savait encore que la miséricorde est un mode de l’amour de Dieu, pas un arrangement entre humains qui mettent la vérité de l’Evangile au placard.