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Eglise

  • Trémel

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    La belle église Notre Dame de la Merci de Trémel, près de Morlaix (mais dans les Côtes d’Armor), édifiée autour de 1500, a été victime d’un incendie (dont on ne connaît pas encore la cause) le 21 juin. Il ne reste que les murs. Le site infobretagne permet de voir ce qui disparaît tout à coup du patrimoine. Il s’agit surtout des sablières et des poutres engueulées. Et aussi de la voûte de bois qui était joliment décorée, et du chemin de croix de Xavier de Langlais, témoignage de l’art breton de l’entre-deux guerres. Les plus belles statues quant à elles n’étaient plus dans l’église (et les vitraux, qui ont tous explosé, étaient sans intérêt).

    Mais il faut refaire la charpente et le toit et cela est hors de prix pour une commune de 400 habitants.

    Le président de Lannion Trégor Communauté, Joël Le Jeune, propose aux communes du Trégor de verser 1€ par habitant pour aider à la restauration de l’église : 100.000 Trégorois, 100.000€.

    De son côté le blog Ar Gedour appelle aux dons, en liaison avec l’Association de sauvegarde de l’église de Trémel, qui avait été créée dans le but de collecter des fonds pour restaurer l’église…

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  • Dans l’Eglise de Corée

    Le 18 juin dernier, quelque 60 réfugiés nord-coréens ont été baptisés à la paroisse catholique de Banpo 4-dong, à Séoul. Le cardinal Andrew Yeom Soo-jong, archevêque de Séoul, leur a fait parvenir un message de bienvenue, accompagné d’un chapelet pour chacun.

    A cette occasion, Eglises d’Asie nous apprend que le diocèse de Chuncheon forme des prêtres pour la Corée du Nord. Déjà, le territoire du diocèse de Chuncheon, au nord-est de la Corée du Sud, a une grande partie de son territoire en Corée du Nord, mais en outre l’évêque de Chuncheon est administrateur apostolique du diocèse de Hamhung, qui couvre tout le nord-est de la Corée du Nord. Il y a quelques semaines, les deux diocèses (à savoir Mgr Lucas Kim Woon-hoe et Mgr Lucas Kim Woon-hoe) ont signé un accord, aux termes duquel des séminaristes vont être ordonnés prêtres pour le diocèse de Chuncheon mais incardinés dans le diocèse de Hamhung.

    L’archidiocèse de Séoul, dont l’archevêque est aussi administrateur apostolique du diocèse de Pyongyang, forme également des prêtres pour le territoire nord-coréen. En février dernier, le premier prêtre formellement incardiné dans le diocèse de Pyongyang a ainsi été ordonné à Séoul.

    Naturellement, aucun prêtre ne peut pénétrer sur le territoire nord-coréen. Mais l’Eglise de Corée du Sud veut être prête pour le jour où il y aura la moindre brèche, ou l’écroulement du régime démentiel de Pyonyang.

    (Personne ne sait combien il peut rester de catholiques en Corée du Nord. Officiellement il y en 3.000 : ce sont les membres de l’ « Association catholique coréenne », qui « pratiquent librement leur foi » et ont une église à Pyongyang, sauf qu’il n’y a pas de prêtre. Selon l’ONU il resterait 800 catholiques. Selon certains il y aurait 300.000 chrétiens, mais personne n’en sait rien.)

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  • Viré

    Mgr Mario Oliveri, évêque d’Albenga-Imperia, coupable de graves connivences traditionalistes (il a accueilli une communauté bénédictine fondée par un ancien du Barroux, et surtout deux couvents des Franciscains de l’Immaculée) est cette fois vraiment viré.

    Dès octobre 2014 on évoquait les « pressions » qui s’exerçaient sur lui pour qu’il démisssionne.

    En janvier 2015, François avait nommé un soi disant évêque coadjuteur. Le 25 mars, jour de l’Annonciation, on a appris que l’évêque coadjuteur avait en fait tous les pouvoirs.

    Et maintenant on apprend (via le Forum catholique) que François a demandé à Mgr Oliveri de démissionner. Et s’il n’est pas démissionnaire il sera démissionné. Avant fin août. En fait la demande a été formulée de vive voix par le pape à l’évêque en avril dernier, lors d’une rencontre au Vatican. Et depuis lors rien n’est venu. On avance que le motif retenu serait « l’âge de la retraite ». Mais Mgr Oliveri n’a pas encore l’âge de la retraite. Il a 72 ans…

  • Du grabuge chez les melkites

    Le synode de l’Eglise grecque melkite catholique, qui s’est ouvert lundi, a été interrompu hier et reporté sine die. Décision due au défaut de quorum. Il doit y avoir au moins la moitié des évêques plus un, à savoir, actuellement, 12, or ils étaient 11 à avoir fait le déplacement.

    Cet incident met en évidence le conflit qui secoue l’Eglise melkite catholique depuis des mois. Les frondeurs, dont le plus connu est l’archevêque de Beyrouth Mgr Boustros, réclament la démission du patriarche S.B. Grégoire III Laham, pour des motifs peu clairs. Ils sont allés chercher un appui à Rome, mais la Congrégation pour les Eglises orientales s’est contentée de les renvoyer à leur code de droit canonique : on ne peut changer de patriarche qu’en cas de mort ou de renonciation du titulaire, personne ne peut forcer un patriarche à démissionner, et Rome n’a rien à dire dans une affaire interne à l’Eglise melkite. Non sans ajouter que la présence des évêques au synode est obligatoire.

    En dehors de la dépêche de Fides, tout ce que j’ai trouvé sont les articles de L’Orient le Jour d’hier et d’aujourd’hui.

  • En Chine

    La Commission centrale pour l’inspection de la discipline du Parti communiste chinois (CCIDP) a pondu un rapport qui critique vertement l’Administration d’Etat pour les Affaires religieuses (AEAR, ex-Bureau des Affaires religieuses).

    Cette commission a été mise en place pour lutter contre la corruption. Elle souligne donc aussi des cas de favoritisme et d’abus de biens sociaux. Mais le rapport a surtout pour but de dénoncer (une fois de plus) le manque d’autorité de l’Administration pour les Affaires religieuses à cause d’une direction « trop faible », ce qui fait que la politique religieuse du Parti n’est pas appliquée correctement et que les groupes religieux ne sont pas assez contrôlés.

    Le directeur des Affaires religieuses Wang Zuoan a indiqué que son administration acceptait sincèrement les remarques formulées par cet « examen politique » et allait mettre en place un bureau chargé spécifiquement de remédier aux problèmes cités. On peut s’attendre à un nouveau tour de vis.

    (Eglises d’Asie)

  • François et Vézelay

    Dans le torrent de grossièretés contre la foi que fut le discours de François en ouverture du congrès du diocèse de Rome à Saint Jean de Latran (là il se souvient que c’est la cathédrale de l’évêque de Rome, alors qu’il l’oublie chaque jeudi saint), on a relevé ses propos justifiant le divorce pour tous et le concubinage qui est un vrai mariage. Antonio Socci en a relevé d’autres. Dont ceci :

    Et là je fais une parenthèse. J’ai eu entre les mains – vous la connaissez certainement – l’image de ce chapiteau de la basilique de Sainte Marie Madeleine à Vézelay, dans le sud de la France (sic), où commence le chemin de Saint-Jacques de Compostelle : d’un côté il y a Juda, pendu, avec la langue dehors, et de l’autre côté du chapiteau c’est le Bon Pasteur qui le porte sur ses épaules, l’emporte avec lui. C’est un mystère, cela. Mais ces hommes du moyen âge, qui enseignaient par l’image, avaient compris le mystère de Juda. Et don Primo Mazzolari eut un bon discours, un jeudi saint, sur ce point. Un bon discours. Ce n’est pas un prêtre de ce diocèse, mais d’Italie. Un prêtre d’Italie qui a bien compris cette complexité de la logique de l’Evangile. Et celui qui s’est le plus sali les mains est Jésus. Jésus s’est sali le plus. Il n’était pas « propre », mais il allait avec les gens, parmi les gens et il prenait les gens comme ils étaient, non comme ils devraient être.

    Comme d’habitude, il est difficile de démêler le discours de François. Quand il parle de dom Primo Mazzolari (1890-1959), sorte de pré-Bergoglio (Eglise des pauvres, pacifisme contre la guerre juste, etc., qualifié de « prophète » par Paul VI, et que François va sans doute béatifier), c’est ici à travers le sermon du P. Cantalamessa prononcé devant le pape le vendredi saint 2014. Le prédicateur avait longuement évoqué le sermon de dom Primo Mazzolari pour souligner qu’il ne fallait pas porter de jugement hâtif sur Judas : « Jésus n’a jamais abandonné Judas et personne ne sait où il est tombé au moment il s’est lancé de l’arbre, la corde au cou: si c’est dans les mains de Satan ou dans celles de Dieu. Qui peut dire ce qui s’est passé dans son âme à ces derniers instants ? "Ami" avait été le dernier mot de Jésus à son égard dans le jardin des oliviers et il ne pouvait l’avoir oublié, tout comme il ne pouvait avoir oublié son regard. »

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    Quant au chapiteau de Vézelay, il a fallu attendre le XXe siècle pour que des historiens de l’art, à la recherche de nouveautés incongrues, décident d’y voir « le bon pasteur ». Ce qui a été repris par Eugen Drewermann, théologien hétérodoxe d’extrême gauche condamné par Rome en 1992 (curieuse référence pour un pape). Jésus prend sur lui le corps de Judas : l’artiste de Vézelay a voulu montrer que Jésus n’a pas condamné Judas mais au contraire l’a sauvé.

    Vouloir donner à un artiste du XIIe siècle les pensées d’un théologien déviant du XXe, c’est assez fascinant. Mais évidemment ça ne tient pas debout.

    Car ce qui est clair est que le mystérieux personnage du chapiteau n’est pas le Christ. Premièrement à cette époque-là il n’y avait guère de représentations du « Bon Pasteur » (il n’y en a ni à Vézelay ni à Autun). Deuxièmement le Christ est toujours représenté avec une barbe (ce qui n’était pas le cas du Bon Pasteur… au IVe siècle). Troisièmement il aurait été incongru de représenter le Christ imberbe, vêtu d’une simple tunique, pieds nus, et avec une telle tête, la bouche de travers…

    A vrai dire il n’y a rien qui n’indique non plus qu’il s’agisse du diable, comme l’affirme Socci. Il me semble qu’il s’agit d’un anonyme qui va enterrer Judas parce que tout le monde, même le pire salopard, doit avoir une sépulture.

    Et si l’on veut trouver une image qui fasse penser au Bon Pasteur, à Vézelay, il faut regarder le chapiteau de Moïse devant le Veau d’or. Etonnant chapiteau, où le diable danse sur l’idole, face à Moïse qui brandit son bâton et les tables de la Loi. Or, derrière le Veau d’or, on voit un personnage qui, dit-on habituellement, apporte une chèvre en sacrifice à l’idole. Mais ce personnage-là, oui, peut évoquer le Bon Pasteur. Or, alors que pourtant a priori il ne l’est pas, on voit tout de suite la différence entre les deux. La noblesse de celui-ci, par rapport à la mollesse de celui-là.

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    Note à l’attention des distraits.

    Jésus au Père :

    Ceux que tu m’as donnés, je les ai gardés, et aucun d'eux ne s'est perdu, si ce n'est le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie. (Jean 17,12)

     Jésus à ses disciples :

    Quant au Fils de l'homme, il s'en va selon ce qui a été écrit de lui ; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme sera trahi ! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né. (Marc 14,21)

     Les apôtres :

    Seigneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu'il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné pour aller en son lieu. (Actes 1,25)

    Et si l’on avait en doute quant à ce lieu, il suffit de se reporter aux psaumes 68 et 108 que venait de citer saint Pierre. Le 108 est d’une telle violence dans la malédiction (de Judas) que la néo-liturgie l’a carrément supprimé…

    Il va de soi que personne, au moyen âge, n’aurait fait dire à ces textes autre chose que ce qu’ils disent.

  • Les trois plus belles

    Le quotidien des évêques italiens, l’Avvenire, fait état du palmarès du VIe Prix international d’architecture sacrée (sic) de la Fondation Frère Soleil. Fondation créée en 1995 par le P. Costantino Ruggeri, qui a construit quant à lui une trentaine d’églises…

    « Voici les nouvelles églises les plus belles du monde », titre l’Avvenire.

    Le prix (30.000 € à la clef) a été attribué à l’architecte espagnol Rafael Moneo pour l’église de Jésus édifiée à San Sebastian.

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    En deuxième position Thu Huong Thi Vu pour l’église paroissiale de Ka Don au Vietnam.

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    Telle est la photo de l’Avvenire. Vouloir en voir davantage, c’est vouloir voir un toit :

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    Et en troisième position il y a le cabinet Schulz und Schulz pour l’église de la Sainte Trinité à Leipzig. C’est « la plus grande église catholique construite en Allemagne de l’Est depuis la chute du Mur. » On est donc très fier.

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    Ça c’est la photo de l’Avvenire. Voici l’étron dans toute sa dimension. Derrière c’est l’Hôtel de Ville de Leipzig. Architecture laïque…

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  • Avec François c’est le divorce pour tous

    J’ai signalé hier les dernières insultes de François, envers les jeunes, qui sont des inconscients, et les prêtres, qui ne savent même pas leur dire ce qu’est le mariage.

    Mais le plus grave est la conséquence pratique du propos. C’est pourquoi il a été aussitôt corrigé par les services de communication du Vatican. « La grande majorité des mariages sacramentels sont nuls » est devenu : « Une partie des mariages sacramentels ».

    Mais ce que le pape a réellement dit avait déjà été diffusé dans le monde entier.

    Et il a réellement dit ce qu’il voulait dire : c’est dans la ligne des synodes et de l’exhortation apostolique, et de la réforme de la procédure de reconnaissance de nullité.

    Si la grande majorité des mariages sont nuls, il va de soi que la quasi totalité des demandes de reconnaissance de nullité émanent de couples dont le mariage est nul a priori, et donc qu’il faut tout simplement reconnaître la nullité de façon quasi automatique (quasi, parce qu’il y a toujours des exceptions).

    Ainsi François institue-t-il le divorce catholique pour tous. Pour tous ceux, et ils sont la grande majorité, dont il proclame que leur mariage était nul.

    Tel est le but réel de la réforme de la procédure : donner la reconnaissance de nullité à tous ceux qui la demandent (ce qui fait tomber toutes les objections des spécialistes en la matière, sur la compétence des évêques, etc.).

    Et c’est un aboutissement spectaculaire de l’idéologie bergoglienne : on ne touche pas à la doctrine (le mariage reste ce qu’il est dans le catéchisme et dans le droit canon), mais elle est mise au placard, annihilée dans les faits par la praxis, par la magnifiquement miséricordieuse pastorale de l’Eglise hôpital de campagne… qui conduit les gens en enfer. Et détruit l’Eglise catholique.

    PS. Je découvre qu'il a dit aussi à propos de ceux qui cohabitent sans être mariés: « J'ai vu tant de fidélité dans ces cohabitations, tant de fidélité. Je suis sûr que ceci est un vrai mariage, ils ont la grâce du mariage justement par la fidélité qu'ils ont. » Mais jusqu'où les évêques, les cardinaux, vont-ils laisser aller l'entreprise de démolition Bergoglio ? Que leur faut-il pour réagir ?

  • En Syrie

    Bachar el-Assad a reçu lundi dernier pendant une heure et demie les six évêques de l’Eglise syro-catholique en Syrie avec leur patriarche S.B. Ignace Youssif III Younan. Il leur a fait part de son projet d’une nouvelle Constitution d’où seront supprimées les références à la charia comme source principale de la législation, afin de garantir l’égalité des droits à tous les citoyens et d’éliminer les discriminations, y compris larvées, à l’encontre des minorités religieuses, et sera retirée la disposition obligeant le chef de l’Etat à professer la religion musulmane.

    Le président syrien n’a fait aucune allusion au pape ou au Saint-Siège, invitant en revanche ses interlocuteurs à intensifier les contacts et à partager jugements et initiatives en ce qui concerne la tragique situation du Proche Orient avec l’Eglise orthodoxe russe…

  • Saint Grégoire Barbarigo

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    La Nouvelle Revue de Théologie, 82/7, 1960.

    Après la canonisation de Grégoire Barbarigo, on voulut construire une église paroissiale, à Rome, qui porte son nom. Elle fut inaugurée par Paul VI en 1971. Ce fut donc l'une des premières églises destinées au nouveau rite. Voici l'église (?), et le palais Barbarigo à Venise... La civilisation, et le n'importe quoi. Le palais profane du XVIe siècle est plus religieux que l'église du XXe...

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  • Repentance de Mgr Ma ?

    Le 7 juillet 2012, Mgr Ma Daqin était sacré évêque de Shangaï dans l’Eglise « officielle ». A l’issue de la cérémonie, il déclarait qu’il quittait l’« Union patriotique ». Il fut aussitôt placé en résidence surveillée dans un séminaire, avec interdiction d’accomplir tout acte épiscopal.

    On l’avait laissé libre de publier des billets spirituels sur son compte Weibo (l’équivalent de Twitter) et sur son blog. En mars dernier, son compte Weibo avait été fermé.

    Et voici que sur son blog, le 12 juin, il qualifie de « rétrospectivement très peu avisée » sa démission de l’Association patriotique, et se dit « ébranlé dans [sa] conscience ». Il note que le geste posé lors de son ordination épiscopale « a sapé le développement remarquable de l’Eglise catholique de Shanghai », et il poursuit : « Pendant un certain temps, j’ai été trompé par certains, et j’ai prononcé certaines paroles et posé certains actes vis-à-vis de l’Association patriotique qui ne sont pas corrects. » « J’espère pouvoir agir de telle manière à corriger ces erreurs. »

    On reconnaît le style habituel de la repentance extorquée des dissidents dans les pays communistes. Et c’est en réalité tout ce qu’on peut dire. Rien ne prouve qu’il les ait écrits, et s’il les a écrits on ne peut dire pourquoi, pour le moment. Même si l’on ne peut exclure que Mgr Ma, qui avait fait toute sa carrière dans l’Eglise « officielle », ait fini par craquer.

  • Au Vietnam

    Dans l’après-midi du dimanche 12 juin, vers 15 heures, à Muong Khuong, dans la province de Lao Cai (près de la frontière chinoise), une messe célébrée dans une maison particulière a été brutalement interrompue par une trentaine d’agents de la sécurité publique et de la police, accompagnés par des représentants des institutions communistes locales (Front patriotique, Association des femmes, Jeunesses communistes), sous la direction du vice-président du district. Les fidèles ont été chassés et dispersés, certains avec une grande violence, le prêtre a été emmené au district pour interrogatoire.

    Le 28 mai déjà les autorités communistes avaient reproché aux catholiques de Muong Khuong d’avoir organisé une manifestation religieuse non autorisée.

    En fait les communistes reprochent à ces catholiques de se rassembler ailleurs que dans une église, ce qui constitue selon eux un « trouble à l’ordre public ». Or les fidèles ont demandé à maintes reprises un permis de construire une église, qui leur a toujours été refusé…

    (Asianews, Eglises d'Asie)

  • Ça c’est facile

    Je ne voulais pas lire la réaction du Saint-Siège à la tuerie d’Orlando, sachant qu’elle ne pouvait être que du baratin sentimental et politiquement correct – cet alignement de la communication du Saint-Siège sur les autorités mondaines rendant d’ailleurs sa voix inaudible. Pour dire des stupidités, Obama suffit.

    Mais voici que j’ai vu de nouveau le texte passer devant mes yeux, et je m’y suis arrêté. Donc, il y est question d’un « terrible massacre » qui est une « nouvelle manifestation d’une folie meurtrière et d’une haine insensée », bla-bla-bla, qui suscite des sentiments « d’exécration et de condamnation, de douleur, de trouble », bla-bla-bla.

    Mais la suite est plus intéressante :

    Nous souhaitons tous que les causes de cette violence horrible et absurde, qui trouble profondément le désir de paix du peuple américain et de toute l’humanité, puissent être déterminées et combattues efficacement et au plus vite.

    Vraiment ? Alors ça ce n’est pas difficile. Les causes sont dans les livres de l’islam et dans les prêches des imams qui s’inspirent des livres de l’islam.

    Mais pour les combattre, il faudrait d’abord les nommer…

  • La messe menacée à Rennes

    Une page facebook « pour le maintien de la chapelle Saint-François de Rennes » nous apprend ceci :

    Cette page à pour objet le maintien de la communauté de saint François à Rennes desservie par l'institut du Christ-Roi depuis 14 ans.
    Aujourd'hui monseigneur l'archevêque Pierre d'Ornellas :

    - exige le départ de notre prêtre le chanoine Cristofoli,

    - demande au Christ-Roi de quitter l'archidiocèse,

    - envisage de réduire à néant cette communauté en mettant en place un service minimum le dimanche.

    La réponse définitive doit tomber d'un jour à l'autre.
    Nous sommes donc plus que jamais en danger et avons besoin de vous tous !

    Et ici l’allocution du président de l’association, qui précise les mauvaises nouvelles.

     

  • La renonciation de Benoît XVI et l’empire américain

    Brillantissime analyse d’Antonio Socci sur la renonciation de Benoît XVI et l’empire américain dirigeant l’Europe via l’Allemagne. On n’est pas obligé d’être d’accord avec tout, mais dans les grandes lignes c’est vraiment lumineux. A lire absolument. Ici pour les italophones. En traduction française chez Benoît et moi pour les autres.

  • Suppression de la liberté scolaire

    Le ministre de l’Education anciennement nationale a officiellement annoncé l’abolition de la liberté d’enseignement en France à partir de la prochaine rentrée : le régime actuel de simple déclaration d’ouverture d’une école hors contrat sera remplacé par un régime d’autorisation administrative préalable : il faudra faire la demande au moins quatre mois avant l’ouverture prévue. En outre, les contrôles vont être multipliés dans les écoles existantes, ainsi que dans les foyers où l’on pratique l’école à la maison. Officiellement pour s’assurer du niveau scolaire, en réalité (et l’on ne s’en cache pas), pour vérifier le degré d’adhésion aux « valeurs de la République ».

    Dès hier, le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux et président du conseil épiscopal pour l’Enseignement catholique, a publié un communiqué disant notamment :

    Depuis plusieurs décennies, l’Eglise a manifesté l’attention qu’elle porte à la liberté d’enseignement. Or, ce nouveau dispositif d’autorisation préalable serait malgré les assurances apportées, une atteinte au principe même de cette liberté constitutionnelle en posant des conditions à l’ouverture des établissements scolaires. Aujourd’hui, l’épiscopat français entend, par ma voix, exprimer à ce sujet à la fois son inquiétude et ses plus grandes réserves.

    Les motivations de la réforme envisagée méritent, il est vrai, d’être justement examinées, et notamment la lutte contre la radicalisation. Cette lutte est nécessaire mais pas à n’importe quel prix et certainement pas à celui de la liberté d’enseignement.

    Le système actuel de déclaration, pleinement appliqué, et si besoin renforcé, répond d’ores et déjà aux exigences légitimes de contrôle par l’Etat.

    Il n’y a donc pas lieu de réformer dans l’empressement et par un biais inapproprié des questions aussi importantes.

    On peut regretter que le cardinal Ricard utilise le vocabulaire du politiquement correct en évoquant la « radicalisation », comme si cela touchait toutes les confessions religieuses, comme s’il y avait des écoles où l’on prêche le terrorisme catholique…

    Cela dit, le mot « radicalisation » ne trompe personne, au point que Najat Belkacem fait savoir que les contrôles des écoles hors contrat ont une visée surtout pédagogique et détectent non une éventuelle radicalisation mais des « failles pédagogiques ». Cela devient de plus en plus difficile d’inventer des euphémismes.

    Il n’en reste pas moins que l’islamisme est très évidemment le prétexte pour la suppression de la liberté scolaire et la mise sous surveillance des écoles hors contrat existantes, qui, lorsqu’elles sont confessionnelles, sont presque toutes catholiques.

    Et c’est une grande satisfaction, assurément, pour Najat Belkacem, musulmane au Maroc et laïcarde en France, de pouvoir porter un tel coup au droit à l’école catholique.

    On n’oubliera pas toutefois que le vrai responsable est François Hollande.

  • Un catholique à Taiwan

    Elu vice-président de Taiwan lors de l’élection présidentielle de janvier dernier qui a vu la victoire de Tsai Ing-wen, la candidate du Parti démocrate-progressiste (nationaliste), Philip Chen Chien-jen a pris ses fonctions, comme la présidente, le 20 mai. Le 28 mai, il participait au congrès eucharistique national, écho du congrès eucharistique international de Cebu.

    Invité par les évêques à prendre la parole, Chen Chien-jen a commencé par dire qu’il assistait quotidiennement à la messe depuis les années 90, quand il était devenu membre de l’Academica Sinica, le premier institut de recherche de Taïwan (dont il a été vice-président). Il a confié qu’il allait à la messe accompagné de son épouse, catholique elle aussi. « La messe quotidienne me permet de confier mes prières, mon travail, mes joies, mes peines à Dieu. Ecouter la parole de Dieu, ce qu’en disent les prêtres, recevoir le corps du Christ, voilà ce qui est à la source de mon bonheur dans ma vie et mon mariage », a-t-il dit. Sans le Christ, a-t-il poursuivi, « je tomberais bien vite et succomberais aux tentations du diable et du monde ». La messe et l’Eucharistie quotidiennes me permettent de faire l’apprentissage de l’amour du Christ dans ma vie. Communier est une action indispensable, qui m’est nécessaire tout comme chacun a le devoir de se maintenir en forme, de se laver et de se nourrir. Communier au corps du Christ me permet de tenir à distance la jalousie, l’orgueil, la méchanceté, la paresse, et de garder à l’esprit l’importance de la pureté, de la sérénité, de la paix et de la joie, a-t-il encore développé, avant de conclure en déclarant que, pour lui, l’Eucharistie représentait le mystère de la foi, nourrissait l’âme, et procurait la joie et la paix.

    A Taiwan il y a 300.000 catholiques sur 23,5 millions d’habitants.

  • En Chine

    La police a encerclé le village de Di Xiao Di Ba, près de Handan dans le Hebei, pour empêcher les catholiques de participer à… une cérémonie de réparation après un sacrilège.

    Le 27 mai, les paroissiens découvraient que le tabernacle de l’église avait été fracturé et que les hosties avaient été jetées à terre hors de l’église. Deux autres tabernacles ont subi le même sort les 26 et 27 mai.

    Le 3 juin, le diocèse a lancé une neuvaine de prière et de pénitence, et d’adoration eucharistique. Le 6 juin devait avoir lieu une cérémonie de réparation en l’église de Di Xiao Di Ba. Mais le bureau des Affaires religieuses de Handan a interdit le rassemblement et décrété que le diocèse n’avait pas la permission de demander aux fidèles des districts avoisinants de venir. Plusieurs prêtres ont été placés en résidence surveillée. Et la police a été postée à tous les accès. L’évêque, Mgr Stephen Yang Xiangtai, a été contraint d’annuler la cérémonie et de demander aux fidèles de prier et faire pénitence chez eux.

    « Que la police et la sécurité publique aient peur d’un rassemblement de prière et de pénitence est vraiment risible, a déclaré un catholique local à Asianews. Il est vrai que nous sommes autour du 4 juin [anniversaire du massacre de Tienanmen], mais les névroses de la police aboutissent toujours à une attaque contre la liberté religieuse. »

  • Au Bangladesh

    Sunil Gomes, 71 ans, marchand de fruits et légumes, a été assassiné hier dans son échoppe par des inconnus alors qu’il revenait de la messe. Cela s’est passé à Bompara, dans le district de Natore, « division » et diocèse de Rajshahi.

    Son frère Proshanto Gomes est prêtre dans le diocèse de Dinajpur. Il souligne que Sunil était respecté dans le village et qu’il n’avait pas d’ennemis.

    Le meurtre a été revendiqué par l'Etat islamique.

  • Du nouveau dans le diocèse de Quimper

    La Fraternité sacerdotale Saint-Pierre à Bordeaux annonce que l’abbé Eric Courtois est nommé dans le diocèse de Quimper, où le nouvel évêque Mgr Dognin (qui vient également de Bordeaux) confie à la Fraternité « la création d’un apostolat prometteur ».

    Bienvenue à l’abbé Courtois dans le désert (liturgique) bas-breton, et bravo et merci à Mgr Dognin.

    (Selon Riposte Catholique l'abbé Courtois doit « prendre en charge une nouvelle communauté attachée à la forme extraordinaire à Quimper » tout en résidant près de Morlaix... à l'autre bout du diocèse.)

  • Dhimitude pathologique

    Le 4 avril dernier, en la solennité transférée de l’Annonciation, ont eu lieu ici et là dans des églises des cérémonies islamo-chrétiennes (inspirées par la fête instituée au Liban par les autorités politiques).

    A Lyon, on a pu entendre, juste après le Notre Père, la Fatiha : la première sourate du Coran, texte antichrétien de base de l’islam.

    Des chrétiens d’Orient réfugiés dans la région lyonnaise ont été, comme on s’en doute, terriblement choqués par cette initiative.

    Voici la réponse de l’archevêché :

    Dans le cadre des vêpres du Dimanche de la Miséricorde, où étaient très spécialement invités migrants et personnes investies dans les paroisses accueillantes, nous avons proposé que des réfugiés puissent exprimer leurs intentions de prière. Ce choix honorait le travail d’accueil dans les paroisses tel que le pape l’a demandé et comme lui-même en a donné l’exemple.

    C’est dans ce cadre qu’une femme musulmane a chanté quelques phrases en arabe, qui s’avèrent être des extraits de la fatiha, ce qui a choqué nos frères chrétiens d’Orient. La Cellule diocésaine Migrants s’en est expliqué avec eux et regrette que cette prière ait pu blesser ceux qui ont tant souffert de la persécution et de l’exil.

    Merci de votre attention à la démarche d’accueil qui se fait au sein du diocèse de Lyon.

    Tout serait à analyser dans ce communiqué particulièrement dégueulatoire. Restons-en à l’essentiel.

    - Ce n’était pas dans le cadre du dimanche de la Miséricorde mais de la solennité de l’Annonciation célébrée le lendemain.

    - Depuis quand des musulmans peuvent-ils dire leurs « intentions de prière » dans des églises ? Des prières à qui ? Des prières pour quoi ? Pour vouer les chrétiens à l’enfer, selon l’un des refrains du Coran ?

    - « Quelques phrases en arabe, qui s’avèrent être des extraits de la Fatiha ». Non. On ne chante pas des « extraits » de la Fatiha, quand on est musulman. On la chante intégralement, d’autant que c’est très court. Et les comptes rendus ont bien spécifié que la Fatiha avait été chantée.

    Mais l’essentiel est la fin. In cauda venenum. La « cellule » ne regrette pas que ce texte islamique antichrétien ait pu être proféré dans une église, et qui plus est devant des victimes de l’islam. Elle regrette seulement qu’elle ait pu blesser ceux-là.

    C’est-à-dire qu’on est prêt à recommencer, et que bien sûr on recommencera. Mais par souci humanitaire on fera en sorte qu’il n’y ait pas de chrétiens d’Orient dans l’église…

  • Parole d’évêque

    « L’Eglise a le devoir de défendre le bien commun. Elle porte un jugement moral sur les questions politiques car on ne peut pas séparer le légal du moral. »

    « En France, une certaine vision de la laïcité, que j’appellerais laïcisme, a souvent servi à étouffer l’expression publique de la foi et à rejeter l’Eglise. Ce fut le cas lors de la révolution française ou de la spoliation de l’Eglise en 1905. Aujourd’hui encore, la violence de cet ostracisme se manifeste lorsqu’on brûle l’effigie d’un évêque, ou lorsqu’un président du Conseil constitutionnel récite une prière blasphématoire. »

  • Hommage à l’apostasie

    La Ville de Paris a débaptisé le square Saint-Ambroise (devant l’église du même nom) pour en faire le « jardin des moines de Tibhirine ». L’inauguration en a été faite ce matin par Anne Hidalgo en personne.

    Et cela avec l’aval chaleureux de la… paroisse Saint-Ambroise, où l’on ne se demande pas une seconde par quel miracle il peut y avoir un tel accord entre une paroisse catholique et une municipalité aussi anti-catholique.

    Mais c’est bien sûr qu’à la paroisse Saint-Ambroise on est tout autant philo-islamique qu’à la mairie de Paris et qu’à… Tibhirine, et donc qu’il convient de célébrer ensemble ces hommes qui « ont toujours promu la rencontre et la fraternité avec les musulmans », qui ont « incarné l’amitié, l’ouverture et le dialogue comme une réponse aux drames que vit aujourd’hui notre société »…

    Addendum

    Au vu des commentaires je crains que mes lecteurs n'aient pas pris la mesure de l'apostasie des moines de Tibhirine (d'où le titre de ma note). Par exemple, la plus grande salle du couvent avait été transformée en mosquée. Voir ma conférence sur le sujet. Si les moines ont été tués par des islamistes (puisqu'on n'en est toujours pas certain), ce n'est pas parce qu'ils étaient des moines (le Coran demande de les respecter), mais parce qu'ils diffusaient dans la population leur idéologie syncrétiste. (Il en est de même pour le monastère Saint Moïse qui a été entièrement détruit en Syrie après l'enlèvement de son prieur le P. Dall'Oglio, qui était allé encore plus loin que le P. de Chergé, en créant carrément une communauté islamo-chrétienne.)

  • En Chine

    Le 24 mai était la journée de prière pour l’Eglise en Chine. C’est le jour qui a été choisi par l’Eglise officielle pour ordonner 9 prêtres…

    C’est Mgr Mgr Joseph Ma Yinglin, évêque officiel sacré en 2006 contre l’avis de Rome, du diocèse de Kunming (Yunnan) et surtout président de la Conférence officielle des évêques de Chine (donc agent du pouvoir communiste) qui a procédé aux ordinations au cours d’une imposante cérémonie. Plusieurs des nouveaux prêtres avaient émis le souhait d’être ordonnés par un évêque en communion avec Rome, mais ils n’ont pas été entendus. Alors même que la grande majorité des évêques « officiels » sont reconnus par Rome. Du reste, le même jour, dans deux autres diocèses, deux autres séminaristes ont été ordonnés, par les évêques de ces diocèses, de l’Eglise officielle mais en communion avec Rome.

  • La préoccupation du diocèse de Saint-Denis

    Lu sur le site du diocèse de Saint-Denis :

    La revue Projet s'attache à mieux faire dialoguer les questions sociales de notre temps et la doctrine sociale de l'Eglise. Sollicitée par ses partenaires engagés sur le terrain au service du bien commun, la revue prépare pour le mois d'octobre 2016 un numéro consacré à la progression des idées d'extrême-droite dans le champ social et politique français, avec un double accent : le souci de prendre au sérieux les préoccupations exprimées par les citoyens, et le choix de mettre en avant d'autres horizons, des propositions alternatives qui s'esquissent pour revitaliser le lien social et la démocratie. Ce numéro sera publié en partenariat avec le journal La Croix, soucieux de nourrir le débat sur ce phénomène. Il s'agit d'une opportunité unique pour approfondir la réflexion et l'ouvrir à un large public. Mais cette opération toute particulière représente aussi un investissement financier important - près de 100.000 euros. D'où l'idée, en dehors des recettes du numéro, d'une opération de financement participatif. Cette initiative ne pourra pas aboutir sans un large soutien de la part de donateurs.

    La dhimmitude interdisant de traiter du seul problème social du diocèse, on en invente un autre, en s’inquiétant de cette puissance mystérieuse et maléfique qui pourrait porter atteinte à la paix du dhimmi (paix toute relative mais surtout très fragile, à manier avec un luxe de précautions). Les fidèles sont conviés à donner 100.000 euros pour contribuer à conjurer la menace et garantir la prééminence de l’islam. (100.000 € pour un numéro d'une revue ? C'est faramineux. Absurde. Il est évident qu'une grande partie de cet argent servira à autre chose.)

  • Des élections en Inde

    Il y a eu des élections ces dernières semaines dans cinq Etats de l’Inde, deux dans le nord-est (Bengale occidental et Assam), et trois dans le sud : Kerala, Tamil Nadu et Pondichéry.

    En Assam, l’Etat central de cette partie de l’Inde qui se trouve de l’autre côté du Bengladesh, à la frontière de la Chine et de la Birmanie, le parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi a remporté une « victoire historique », avec 60 des 126 sièges de l’assemblée. Ce qui est aussi une défaite historique (comme un peu partout) pour le parti du Congrès, déconsidéré par la corruption qui est devenue sa principale caractéristique... La victoire du parti de Modi était surtout inattendue, dans un Etat essentiellement composé de populations indigènes non hindoues et connues jusqu’ici pour leur indépendantisme… Selon Mgr Thomas Menamparampil, l’administrateur apostolique, qui souligne que le nouveau gouverneur est un ancien élève d’une école catholique, cela s’explique d’une part par l’argent qui a coulé à flot pendant la campagne, d’autre part parce que les jeunes voient dans le parti au pouvoir un espoir pour leur avenir.

    Au Bengale occidental, le parti du gouverneur, la très populaire Mamata Banerjee, a sans surprise remporté une large majorité de 211 sièges sur 294. Le P. Jothi, directeur d’un centre social, ne tarit pas d’éloges sur « Mamata », qui outre le fait qu’elle agit efficacement en faveur des pauvres et améliore la vie de la population en général, est une « amie et protectrice des chrétiens ». Lorsque le couvent de Ranaghat fut attaqué et sa supérieure de 72 ans sauvagement violée, elle vint aussitôt au couvent pour prendre les mesures adéquates, et décida que désormais un garde armé serait posté devant toutes les institutions catholiques. Lorsque sœur Nirmala (la supérieure des sœurs de Mère Teresa) est morte, elle a passé trois heures aux funérailles, quasi incognito, vêtue du sari des religieuses. Elle est « simple, honnête, avec un style de vie frugal », et elle ne rate jamais la… messe de minuit, parrainée par le gouvernement de l’Etat et célébrée dans Park Street, la plus grande avenue de Calcutta.

    Au Kerala, l’Etat qui compte 25% de chrétiens, le parti communiste renvient en force avec 58 élus (sur 140) et fait perdre la majorité à la coalition dirigée par le parti du Congrès. Ce résultat, selon le P. Paul Thelakat, ancien porte-parole du synode syro-malabar, montre que les habitants du Kerala ne veulent ni de la corruption ni de l’idéologie hindouiste, mais aussi que l’anticommunisme traditionnel des chrétiens s’effrite.

    Au Tamil Nadu (tamoul), le parti de J. Jayalalithaa a reconduit sa majorité, et l’ancienne actrice entame un 5e mandat de gouverneur.

    Le Territoire de Pondichéry (qui englobe les quatre anciens Etablissements français) a pour originalité d’être le seul à donner la majorité au parti du Congrès.

  • Le faux site du Baptême

    L’agence Fides a pondu une dépêche, intégralement reprise par Radio Vatican, indiquant que « le site du baptême de Jésus sera bientôt bonifié et accessible ».

    Il s’agit de « la zone de Qasr al-Yahud, qui s’étend autour de la rive occidentale du Jourdain, à la hauteur du lieu identifié par la tradition comme celui du baptême de Jésus Christ ».

    Une zone de 100 ha qui va être déminée, un demi-siècle après la guerre des Six jours.

    Mais ce que Fides appelle « le site du baptême de Jésus » est déjà accessible, comme l’agence le signale in fine – non seulement accessible mais on y envoie les pèlerins en masse.

    Le problème est qu’il ne peut pas s’agir du « site du baptême de Jésus », puisque saint Jean dit explicitement que le baptême eut lieu « au-delà du Jourdain », trans Jordanem. Et il le dit trois fois dans son évangile :

    « Cela s’est passé à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait » (Jean 1,28).

    « Rabbi, celui qui était avec toi au-delà du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, voici qu’il baptise, et tous vont à lui » (Jean 3,26).

    « Et il alla de nouveau au-delà du Jourdain, au lieu où Jean baptisait d’abord, et il y resta. » (Jean 10,40).

    Aucune « tradition » ne peut dire autrement. Le vrai site du baptême est en Jordanie. Là où les archéologues jordaniens ont découvert les ruines de neuf églises byzantines et de cinq bassins. D’où la récente décision de l’Unesco de classer officiellement ce site comme celui du baptême de Jésus.

    Et le 10 mai 2009 Benoît XVI a posé en cet endroit la première pierre d'une nouvelle église melkite et d'une église latine.

    C’est sans aucun doute une bonne nouvelle qu’Israël démine enfin la zone de Qasr al-Yahud. Mais ça n’a aucun rapport avec le baptême de Jésus. Il est regrettable qu’une agence catholique se laisse ainsi manipuler.

  • Un projet de loi copte

    Cela a quelque chose d’historique. Ce 16 mai les bureaux du Parlement égyptien ont été officiellement saisis d’un projet de loi sur la construction des lieux de culte. A savoir des églises (dont le texte donne une définition), puisque la construction de mosquées est totalement libre et qu’aucune loi ne saurait la régir.

    C’est le premier aboutissement de l’initiative des diverses communautés chrétiennes d’Egypte (essentiellement l'Eglise copte, mais avec l'appui de toutes les autres), qui en octobre 2014 avaient envoyé au gouvernement une ébauche de projet de loi qui mettrait fin à la législation… ottomane en la matière.

    La loi sur la construction des églises est en effet le « décret Hamayoni », de 1856, qui pose 10 conditions, c’est-à-dire rend cette construction quasi impossible : l’autorisation ne peut être donnée pour la construction d’une église à proximité d’une école, d’un bâtiment de l’Etat, d’une zone résidentielle, d’une ligne de chemin de fer, d’un canal… et bien sûr d’une mosquée (d’où l’édification immédiate d’une mosquée près du terrain où des coptes envisagent de construire une église). En outre la décision revient au président de la République. Du moins jusqu’en 2005, année où le président Moubarak délégua cette prérogative aux gouverneurs des provinces, avec obligation d’étudier toutes les demandes et de justifier les refus. Mesure qui se voulait favorable aux chrétiens, mais qui ne changea rien, les autorités locales étant bien plus que le président sous la pression des islamistes (on vit ainsi, pour un permis de simple restauration d’une église, un gouverneur demander le décret présidentiel autorisant la construction de l’église… édifiée du temps du royaume d’Egypte…).

    Le projet de loi, qui comprend 13 articles, redéfinit les conditions d’obtention d’un permis de construire des autorités locales de façon favorable aux chrétiens, tente de prévenir certains des problèmes rencontrés, et donne le droit aux évêques de saisir le Conseil d’Etat en cas de retards dus à des prétextes.

  • Beata Szydło à Rome

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    Le Premier ministre polonais Beata Szydło était à Rome aujourd’hui. Nos médias retiennent qu’elle a été reçue par le pape. Et que selon le Vatican il a été notamment question de « la promotion de la famille dans le contexte socio-culturel actuel et de l’accueil des réfugiés », mais que selon Beata Szydło « nous avons parlé des familles en Pologne, de la Pologne » (particulièrement du 1050e anniversaire de son baptême, comme le signale aussi le communiqué du Vatican.

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    Mais nous sommes le 13 mai, et avant de voir le pape des migrants musulmans Beata Szydło s’est rendue sur la tombe du pape polonais qui a défait la précédente idéologie totalitaire, en ce 35e anniversaire de l’attentat. Elle y a déposé des fleurs, et elle a assisté à la messe célébrée par le cardinal Zenon Grocholewski, qui dans son homélie a rappelé comment Jean-Paul II considérait, avec la foi ardente qui le caractérisait, que Marie en ce jour de son apparition à Fatima avait dévié la balle qui devait le tuer. (Sur la photo, Beata Szydło est devant à gauche, à genoux, avec son chef de cabinet Beata Kempa et le vice-ministre des Affaires étrangères Konrad Szymanski.)

    Le communiqué du Saint-Siège est muet sur cet aspect de la visite.

  • Et maintenant les femmes diacres…

    Lu sur Atlantico :

    Lors d'une rencontre avec des dirigeantes de congrégations et d'ordres religieux féminins, l'une des participantes a demandé au pape pourquoi l'Église n'acceptait pas les femmes au diaconat, et a suggéré qu'il crée une commission pour y réfléchir. Après un peu de réflexion, le pape a répondu : « Constituer une commission officielle pour étudier la question ? Je crois, oui. Il serait bon pour l'Église de clarifier ce point. [...] Je ferai en sorte qu'on fasse quelque chose comme ça. [...] Il me semble utile qu'une commission étudie la question. »

    Voilà donc François qui attrape ce vieux serpent de mer (qui avait reparu aussi au gré des deux derniers synodes, bien entendu).

    En 2002, un certain Gerhard Müller, professeur à la faculté de théologie de Münich, avait clairement dit qu'on ne peut pas faire de femmes diacres en raison de l'unité du sacrement de l'ordre. Il y a un seul sacrement de l'ordre, qui a trois degrés, or ce sacrement ne peut être conféré qu'à des hommes.

    Ce même Gerhard Müller est aujourd’hui préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    François ferait bien, sur ce sujet comme sur d’autres, de lire le Catéchisme de l’Eglise catholique.

    Ci après ce qui dans le Catéchisme contredit manifestement le désir de François.

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