19 juillet 2014

La rébellion des séminaristes de Pékin

La cérémonie de remise des diplômes et la messe de clôture n’a pas pu avoir lieu cette année au séminaire national (d’Etat) de Pékin, parce que les séminaristes ont refusé de participer à des cérémonies qui devaient être présidées par… le recteur du séminaire. A savoir Mgr Joseph Ma Yinglin, qui a été sacré évêque de Kunming en 2006 sans autorisation du pape, et a été ensuite excommunié. On apprend à cette occasion que depuis qu’il est recteur du séminaire (2010), Mgr Ma Yinglin n’y a jamais célébré de messe.

Face aux véhémentes protestations des séminaristes, la direction du séminaire a proposé Mgr John Fang Xingyao, évêque de Linyi et membre du bureau du séminaire : il a été sacré régulièrement en 1997. Mais depuis lors il s’est rapproché du régime communiste au point de devenir… président de l’Association patriotique des catholiques de Chine, c’est-à-dire de l’Eglise officielle, et à ce titre de participer à plusieurs ordinations épiscopales illicites. Les séminaristes ont également refusé. Et il n’y a pas eu de messe, ni de remise des diplômes…

16:03 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (1)

15 juillet 2014

Pendant ce temps-là, la "normalisation" s’avance

Le pape a ordonné une visite apostolique au diocèse et à l’évêché de Ciudad del Este, au Paraguay. Le prétexte est que le nouveau vicaire général est un prêtre qui a été poursuivi pour abus sexuels sur mineurs en 2002 aux Etats-Unis. Sans doute est-ce une imprudence de l’évêque, Mgr Rogelio Ricardo Livieres Plano, qui donne ainsi des verges pour se faire battre. Le diocèse de Ciudad del Este est connu comme une exception théologique et liturgique dans le désert latino-américain livré aux épigones de la théologie de la libération et aux sectes pentecôtistes qu’aime tellement François. Le séminaire de ce petit diocèse accueille quelque 240 séminaristes en soutane. On avait pu voir sur le Forum catholique des photos d'une cérémonie de tonsure au cours d’une messe de saint Pie V célébrée par le directeur du séminaire. Il est temps de mettre ces gens-là au pas, c’est-à-dire de les détruire, comme les Franciscains de l’Immaculée.

*

L’abbé Thomas Ladner est un prêtre de la paroisse de Stans, dans le Tyrol. Il est en soutane et il enseigne le catéchisme dans l’école du village. Ou plutôt il enseignait. Car l’évêque vient de le révoquer. Parce qu’il a osé parler aux enfants de l'enfer et du purgatoire, ce qui n’est « pas adapté » à leur âge, d'avoir parlé de la famille « en termes qui ne sont plus actuels » et de l'avoir fait dans « un langage rhétorique ». Les parents d’élèves, qui apprécient le travail de l’abbé Ladner, ont lancé une pétition pour le soutenir, et le maire a écrit au diocèse pour se plaindre de l’agitation provoquée dans son village par cette « décision inacceptable ».

*

Un curé de campagne de diocèse de Novara, a osé écrire :

« Pour l'Eglise, qui agit au nom du Fils de Dieu, le mariage entre baptisés est toujours et seulement un sacrement. Le mariage civil et la cohabitation ne sont pas un sacrement. Par conséquent ceux qui se placent en dehors du sacrement en contractant le mariage civil vivent une infidélité continue. Il s'agit d'un péché, non pas occasionnel (par exemple, un homicide), ou d'une infidélité par légèreté ou par habitude, [mais] que la conscience appelle au devoir de s'amender à travers un repentir sincère, et le vrai but est toujours de se détourner du péché et des occasions qui conduisent à lui. »

Sandro Magister fait remarquer que le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode, a immédiatement exposé ce prêtre à la risée publique, disant que ses paroles sont « une folie, une opinion strictement personnelle d'un pasteur qui ne représente personne, même pas lui-même ».

C’était le 26 juin. Sandro Magister ajoute que la veille, 25 juin, le cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto, disait dans une interview :

« Les catholiques divorcés et remariés ne peuvent pas recevoir la sainte communion dès lors que, quelles que soient leur disposition personnelle ou les raisons de leur situation, connues peut-être de Dieu seul, ils persistent dans une conduite qui est objectivement contraire au commandement clair de Jésus. C'est le point-clé. Le point-clé n'est pas qu'ils ont commis un péché; la miséricorde de Dieu est abondamment assurée à tous les pécheurs. L'homicide, l'adultère, et d'autres péchés, peu importe la gravité, sont pardonnés par Jésus, en particulier à travers le sacrement de la réconciliation, et le pécheur pardonné reçoit la communion. En matière de divorce et de remariage, le problème réside dans la décision consciente, pour diverses raisons, de persister dans une situation permanente d'éloignement du commandement de Jésus. »

Vérité outre-Atlantique, erreur à Rome : telle est l’Eglise de l’anarchie qui se développe.

15:44 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (9)

Dans la série « le pape aditmainapadit »

Plutôt « adit » que « napadit », puisqu’il n’y a pas de démenti du sapeur Lombardi, François à Brian Stiller, « ambassadeur mondial de l’Alliance évangélique mondiale », qu’il a rencontré pendant trois heures :

« Ça ne m’intéresse pas de convertir les évangéliques au catholicisme. Je veux que les gens trouvent Jésus dans leur propre communauté. Il y a tant de doctrines sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Ne perdons pas notre temps avec cela. Faisons plutôt en sorte de montrer l’amour de Jésus. »

*

Plutôt « mainapadit », puisqu’il y a un démenti du sapeur Lombardi. Quoique plutôt « adit », vu que ce démenti est proprement grotesque : c’est la nouvelle interview de François par Scalfari dans La Repubblica :

« Beaucoup de mes collaborateurs qui luttent avec moi me rassurent avec des données fiables qui évaluent la pédophilie dans l'Église au niveau de 2%. Cette constatation devrait me tranquilliser, mais je dois vous dire qu'elle ne me tranquillise pas du tout. Je la considère même très grave. 2% des pédophiles sont des prêtres et même des évêques et des cardinaux. »

D’abord 2% des prêtres sont « pédophiles ». Puis 2% des « pédophiles » sont des prêtres. Les deux taux sont incompatibles, et aucun des deux ne correspond aux chiffres connus.

- Sainteté, vous travaillez assidûment pour intégrer la catholicité avec les orthodoxes, les anglicans...

Il m'interrompt et poursuit:

- Avec les vaudois, que je trouve des religieux de premier ordre, avec les pentecôtistes et naturellement, avec nos frères juifs.

- Eh bien, beaucoup de ces prêtres ou pasteurs sont régulièrement mariés. Comment va évoluer au fil du temps ce problème dans l'Eglise de Rome ?

- Peut-être ne savez-vous pas que le célibat a été établi au Xe siècle, c'est-à-dire 900 ans après la mort de notre Seigneur. L'Eglise catholique orientale a à ce jour la faculté que ses prêtres se marient. Le problème existe certainement mais n'est pas d'une grande ampleur. Il faut du temps, mais il y a des solutions et je les trouverai.

Bien sûr il y a le pape qui veut intégrer à la catholicité les vaudois qui sont des religieux de premier ordre, les anglicans avec leurs femmes évêques et aussi, « naturellement », nos frères juifs… Mais il y a aussi cette affirmation ahurissante que « le célibat a été établi au Xe siècle ». Et François le souligne : « Peut-être ne savez-vous pas. » Lui, il sait. Mais il faudrait qu’il nous explique. Parce que aucun historien n’avance cela. Les « historiens » anticatholiques disent que le célibat a été établi non pas au Xe mais au XIe siècle. C’est-à-dire par la réforme grégorienne, de saint Grégoire VII. Or il ne s’agissait évidemment pas d’établir le célibat, mais de réaffirmer la discipline du célibat, qui remonte aux apôtres et a été confirmée par maints conciles régionaux et d’abord par le premier concile œcuménique de Nicée.

*

Dans le même genre on avait déjà eu l’interview au Messagero, le 30 juin, où le pape adimainapadit (sans démenti du sapeur Lombardi) que les communistes ont volé à l’Eglise le drapeau des pauvres, et aussi :

« La Corée représente beaucoup, elle a derrière elle une belle histoire, pendant deux siècles, elle n'avait pas de prêtres et le catholicisme s'est maintenu grâce aux laïcs. »

Ce n’est pas la Corée, mais le Japon. Il n’y a rien de tel dans l’histoire de la Corée, même s’il y eut aussi des persécutions.

*

Dans l'interview à La Repubblica, François aditmainapadit aussi, parlant de Jésus (et des "pédophiles", bien sûr) :

« Quand il utilisait le bâton, il l'empoignait pour chasser le diable qui avait pris possession de cette âme. »

On aimerait savoir d'où lui vient cette révélation...

*

Pour la nouvelle interview à La Repubblica, le sapeur Lombardi a repris le démenti qu’il avait déjà fait lors de la précédente interview. Déjà, ce démenti-là ne pouvait convaincre que les plus niais des bisounours franciscolâtres. Mais cette fois il ne peut convaincre personne, puisqu’il est parfaitement clair que le pape a de nouveau invité Scalfari pour qu’il refasse ce qu’il avait déjà fait.

Le proverbe dit : « Errare humanum est, perseverare diabolicum. » Or nous avons désormais la preuve que le premier coup n’était pas une erreur.

Le grotesque du nouveau démenti éclate dans l’affaire des guillemets. Le sapeur Lombardi a découvert que dans l’article de La Repubblica certaines phrases attribuées au pape commencent par des guillemets, mais que ces guillemets ouverts ne sont pas fermés. Ce qui serait la preuve de propos manipulés…

Le sapeur Lombardi serait-il un lecteur de Musset ? Ces guillemets ouverts qu’on ne ferme pas font furieusement penser à cette petite pièce de Musset où la marquise dit par trois fois :

- Fermez donc cette porte ; il vient un vent horrible.

- Fermez donc cette porte, vous me glacez.

- C’est effrayant. Mais fermez donc la porte.

En effet, il vient un vent horrible. En effet, ce qui est après les guillemets ouverts est glaçant. En effet, c'est effrayant, et il faudrait fermer cette porte de toute urgence.

11 juillet 2014

N’importe quoi

Du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa et président de Caritas Internationalis :

« Imaginez si Saint Paul avait cherché à entrer en Europe aujourd'hui. Il aurait été considéré comme clandestin et renvoyé chez lui. »

Est-ce que vraiment le fait d’être cardinal et ami du pape donne le droit de proférer quelque chose d’aussi littéralement insensé ?

12:40 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (8)

10 juillet 2014

François chez le pasteur

« Strictement privé », mais dûment annoncé par le Vatican, car tout le monde doit le savoir : François se rendra le 26 juillet à Caserta, près de Naples, pour une « visite strictement privée » à un ami connu à Buenos Aires en 2006, le Pasteur (la capitale est du Vatican) évangélique Giovanni Traettino et à son église de la Réconciliation. « L'idée en est venue, le mois dernier, lors d'une rencontre à Ste-Marthe avec un groupe de pasteurs. »

Le « révérend Dr Giovanni Traettino, évêque-président de l’Eglise évangélique de la Réconciliation » (dit-il de lui-même) est aussi depuis 1992 co-président de la Consultation charismatique italienne avec le catholique Matteo Calisi, qui se dit « ministre de la réconciliation », et qui a (notamment) fondé en Argentine, avec le soutien enthousiaste du cardinal Bergoglio, la « Communion renouvelée entre catholiques et évangéliques ».

On se souvient dans quelles circonstances le cardinal Bergoglio avait rencontré son ami Giovanni Traettino en 2006 : c’était à cette réunion œcuménique pentecôtiste où il s’était fait bénir, à genoux, par des pasteurs (et le P. Cantalamessa) :

533384.jpg

En faisant une petite recherche sur internet à propos de ce Traettino, je suis tombé sur une vidéo dont je n’avais pas encore entendu parler. Il s’agit d’un message vidéo du pape à une assemblée évangélique américaine, dirigée par un télévangéliste absolument caricatural, Kenneth Copeland. Ce message avait été enregistré sur le Smartphone d’Anthony Palmer, lui aussi ami du pape, donc, et qui est « évêque », tenez-vous bien, de la « Communion des Eglises évangéliques épiscopales (tradition anglicane celtique) ». Sic. C’est « Tony » Palmer qui avait apporté le message à la réunion de Kenneth Copeland. Le message de 7 minutes en italien sous-titré en anglais est ici, la vidéo complète de la réunion de Kenneth Copeland et Tony Palmer (45 minutes, avec le message du pape à partir de 31’40) est . Mais je ne vous conseille pas de la voir. Ça fait vraiment mal de voir le pape en compagnie de ces gens-là.

Au fait, le 26 juillet, c’est la fête de sainte Anne : une fête doublement rejetée par les protestants, parce qu’on ne fête pas les saints, et parce que, en outre, cette Anne ne figure pas dans l’Ecriture.

07 juillet 2014

Et François vint

Propos de Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la conférence des évêques des Philippines, sur François :

« Il a tranquillement fait de l’Eglise, qui était une institution malade, dogmatique, autoréférentielle et autoritaire, une Eglise douce, sociale, compatissante et persuasive, grâce au pouvoir de l’amour et de la miséricorde. »

(« He has slowly moved the Church from being a dogmatic, self engrossed and authoritative sick institution to being a gentle, outreaching, compassionate and persuasive Church through the power of love and Mercy. »)

Et Dieu dans tout ça ?

Les six titres de Radio Vatican ce matin, sur News.va :

Le Pape François déplore le système économique qui exploite l'homme

Pape François : « une génération sans travail, c'est une défaite pour l'humanité »

Le Pape achève sa visite au Molise en ouvrant l'année jubilaire célestinienne

Le Pape appelle à plus de générosité dans l'aide aux réfugiés

Les flux migratoires, une chance pour l'Europe selon le cardinal Vegliò

Dans le Molise le Pape François invoque le courage de la solidarité pour panser la plaie dégradante du chômage

05 juillet 2014

Mgr Gaucher est mort

Mgr Guy Gaucher est mort le 3 juillet à l’âge de 84 ans.

Il est une illustration que les voies de Dieu sont impénétrables. Car voilà un évêque qui n’aura jamais été évêque au sens où l’on entend ce mot, et qui pourtant l’aura été de façon cachée mais efficace…

Mgr Gaucher avait été consacré en 1986 pour l’évêché de Meaux. Mais il fut très vite victime d’une maladie, et quelque mois après il était nommé évêque auxiliaire de Bayeux-Lisieux, en résidence à Lisieux.

Telle est l’information que l’on voit partout. En réalité, Mgr Gaucher fut victime d’une terrible cabale à Meaux. L’évêché était noyauté et dirigé par des progressistes purs et durs, sous la houlette de Mgr Louis Kühn. Lorsque Mgr Gaucher arriva à Meaux, Mgr Kühn lui fit faire le tour du diocèse au pas de charge, puis le laissa devant l’évêché, volets clos et porte fermée, sans lui donner la clef. Mgr Gaucher dut aller à l’hôtel. Et il se heurta à un mur d’hostilité, ou plutôt de haine, de la part des partisans de l’ouverture et du dialogue. Il n’était pas psychologiquement armé pour cela et fit une grave dépression.

Il fut alors nommé à Lisieux, non pas comme évêque, mais pour qu’il continue ses travaux sur sainte Thérèse, dont il était, lui même carme, un grand spécialiste (et aussi spécialiste de Bernanos, et voyant très bien les connexions entre ces deux personnalités). Il fut alors l’un des principaux artisans de l’édition des œuvres complètes de sainte Thérèse, et il fut aussi l’évêque, « docteur de la foi », qui fournit à Jean-Paul II le dossier permettant au pape de proclamer en toute sûreté sainte Thérèse docteur de l’Eglise.

16:31 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (2)

Le synode dira le « cheminer ensemble »…

Dans une interview, le cardinal Baldisseri, secrétaire général du synode, remet quelques pendules à l’heure (et fait in fine l'éloge de la Manif pour tous), mais une des ses réponses est ahurissante. Reprenant l’expression « cheminer ensemble » (sans « discrimination »), le journaliste remarque que certains fidèles sont perplexes et se demandent : « N'allons-nous pas avoir des conseils pastoraux et des organismes connexes présidés par des divorcés remariés ou des homosexuels déclarés et pratiquants (comme c'est déjà arrivé dans une paroisse de l'archidiocèse de Vienne entre mille polémiques) ? »

[Il y a en effet un homosexuel « déclaré et pratiquant » qui préside un organisme paroissial près de Vienne, avec le soutien explicite de l’archevêque qui a désavoué le curé qui n'était pas d'accord. Et ce n’est qu’un exemple des scandales du « cheminer ensemble ». On sait qu’en de nombreux endroits des prêtres bénissent des « mariages » de divorcés remariés, et leur donnent la communion. Et l’on sait désormais que l’archevêque Bergoglio l’a fait lui-même.]

Réponse intégrale du cardinal Baldisseri :

- Sur le «cheminer ensemble» dans la communauté, ce sera le Synode qui donnera les orientations appropriées.

Bref, il ne sait pas si c’est bien ou non qu’un homosexuel militant ou des divorcés remariés dirigent un conseil paroissial. Il faut attendre que le synode le dise…

16:11 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (2)

"Where have all the bloggers gone ?"

Sous ce titre qui paraphrase une chanson mondialement célèbre dans les années 60 (et bien au-delà), le P. Ray Blake constate que le règne de Benoît XVI avait provoqué une floraison de blogueurs, qui aujourd’hui se sont tus.

Pourquoi ?

Il répond ceci : « La plupart des catholiques mais surtout le clergé veulent être fidèles au pape, afin de maintenir l'unité de l'Eglise ; aujourd'hui, la loyauté est peut-être mieux exprimée par le silence. »

Il pense manifestement surtout aux prêtres blogueurs. Lesquels préfèrent se taire désormais, pour deux raisons, que l’on trouve abondamment (même si partiellement) exprimées dans les nombreux commentaires de ce billet. Je les exprimerai ainsi en y ajoutant mon grain de sel :

- La première raison est qu’un catholique ne doit pas critiquer le pape. Dans l’Eglise post-tridentine, surtout à partir du XIXe siècle, s’est développée cette étrange idée que le pape, puisqu’il est choisi par le Saint-Esprit, dit et fait toujours ce qui est le mieux pour l’Eglise, et que par conséquent on ne peut jamais remettre en cause, sous quelque aspect que ce soit, ce qu’il dit et ce qu’il fait. Idée verrouillée par Pie IX avec le dogme de l’infaillibilité pontificale. C’est tellement ancré chez certains qu’ils auraient l’impression d’être schismatiques s’ils affirmaient qu’il pleut place Saint-Pierre quand il pleut place Saint-Pierre mais que le pape dit qu’il fait beau. Mais comme réellement il pleut, on préfère se taire. A part certains qui ne craignent pas le ridicule et prétendent nous prouver, de façon aussi répétitive qu’obstinée, que le pape ne dit pas vraiment qu’il fait beau et qu’on ne peut pas exactement dire qu’il pleut… ou que finalement le pape a parfaitement le droit, puisqu’il est le pape, de dire qu’il fait beau quand il pleut. (Et à force de le répéter, il y en a qui le croient sincèrement.)

- La deuxième raison est que la peur s’est installée. Moi, personnellement, je peux dire ce que je veux, cela n’aura aucune incidence sur ma vie. Mais pour beaucoup de prêtres il n’en est pas ainsi. Ils dépendent de supérieurs. Et ils peuvent pâtir, de diverses façons, de diverses représailles. Chacun voit la répression qui s’est abattue sur les Franciscains de l’Immaculée. On a vu en Italie des journalistes chassés de leur journal. Il y a eu des sanctions à la curie. Et ce n’est que le sommet émergé de l’iceberg. Ce pape ne plaisante pas avec ceux qui ne sont pas dans sa ligne. Et tous ses courtisans, tous ceux qui sont devenus ses courtisans depuis qu’il est pape, sont évidemment comme lui, pour lui plaire, parce qu’ils ont éventuellement à y gagner.

Where are the bloggers gone ? C’est un nouvel effet, faussement paradoxal, de l’idéologie post-conciliaire selon laquelle désormais chacun pouvait s’exprimer librement, le maître mot étant le « dialogue ».

Par le biais de Corrado Gnere, "Benoît et moi" revient une fois de plus sur le livre prophétique de Guareschi Don Camillo et les contestataires. Ce livre raconte, dès 1969, comment le vicaire imposé à Don Camillo pour que la paroisse vive la mirifique pastorale conciliaire aboutit à vider l’église. Et Corrado Gnere cite cette tirade du vicaire, étonnamment bergoglienne, parce que Bergoglio est un homme qui n’a pas quitté 1969 :

« L'Eglise, don Camillo, est un grand navire qui depuis des siècles était au mouillage. Il faut à présent lever l'ancre et reprendre la mer ! Il faut renouveler l'équipage, se débarrasser sans pitié des mauvais marins, mettre le cap sur l'autre rive. C'est là que le navire trouvera les forces fraîches qui le rajeuniront. L'heure du dialogue a sonné, révérend ! »

03 juillet 2014

D’un évêque l’autre

Le pape a accepté la démission pour limite d’âge de Mgr François Maupu, évêque de Verdun (qui n’aura 75 ans que le 30 août) et a nommé à sa place Mgr Jean-Paul Gushing, vicaire général d’Amiens.

Je croyais n’avoir jamais vu seulement le nom de Mgr Maupu… mais si ! L’homme s’était illustré, une fois : en signant un libelle particulièrement venimeux contre Benoît XVI, en compagnie des autres évêques de la province ecclésiastique de Besançon et de ceux d’Alsace-Moselle, et que revoici, pour l’histoire :

"COMMUNIQUÉ DES ÉVÊQUES DE LA PROVINCE ECCLÉSIASTIQUE DE BESANÇON ET DES ÉVÊQUES DES DIOCÈSES CONCORDATAIRES DE STRASBOURG ET DE METZ

Réunis, le 25 octobre 2006 à Lons-le-Saunier, dans le cadre de l’Instance Régionale Évêques-Prêtres, les évêques de la Province ecclésiastique de Besançon et les évêques des diocèses concordataires de Strasbourg et de Metz ont décidé de faire part au Saint-Siège de leurs inquiétudes suscitées par la création de l’Institut du Bon Pasteur, dans l’archidiocèse de Bordeaux, et l’éventualité de la publication d’un Motu proprio du Pape Benoît XVI généralisant l’usage du rite tridentin pour la célébration de la messe.

Les évêques, soucieux du bien commun et de l’unité de l’Église, ont pris cette initiative en raison du trouble ressenti par beaucoup de fidèles, de diacres et de prêtres de leurs diocèses respectifs.

Estimant que la liturgie est l’expression de la théologie de l’Église, les évêques redoutent que la généralisation de l’usage du Missel romain de 1962 ne relativise les orientations du concile Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l’unité entre les prêtres, autant qu’entre les fidèles.

Depuis de nombreuses années, d’importants efforts de formation liturgique ont été réalisés ; les évêques s’en réjouissent et encouragent leurs diocésains à poursuivre le travail engagé.

Monseigneur André LACRAMPE, Archevêque de Besançon
Monseigneur Claude SCHOCKERT, Évêque de Belfort-Montbéliard
Monseigneur Jean-Louis PAPIN, Évêque de Nancy et Toul
Monseigneur Jean LEGREZ, Évêque de Saint-Claude
Monseigneur Jean-Paul MATHIEU, Évêque de Saint-Dié
Monseigneur François MAUPU, Évêque de Verdun
Monseigneur Joseph DORÉ, Administrateur apostolique de Strasbourg
Monseigneur Christian KRATZ, Évêque auxiliaire de Strasbourg
Monseigneur Jean-Pierre GRALLET, Évêque auxiliaire de Strasbourg
Monseigneur Pierre RAFFIN, Évêque de Metz."

 Quant à Mgr Jean-Paul Gushing, voici la seule photo de lui qu’on trouve sur le site de la province ecclésiastique qu’il quitte.

hqdefault.jpg

18:28 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (3)

02 juillet 2014

D’une persécution l’autre…

La phase diocésaine du procès en béatification de Settima et Licia Manelli a été clôturée le 27 juin au palais du Latran, en présence de nombreux membres de la famille, et de la famille spirituelle du père Stefano, l’un des fils des époux Manelli, fondateur des Franciscains de l’Immaculée.

Settima et Licia Manelli ont eu pendant 40 ans comme père spirituel le saint Padre Pio. Le vicaire judiciaire a rappelé que la famille Manelli jouit d’une protection particulière de saint Pio de Pietrelcina qui disait d’eux : «C’est ma famille. Je me fais un devoir de la protéger et de la défendre.»

Tel père, tels fils. Il n’est donc pas étonnant que les Franciscains de l’Immaculée soient persécutés par Rome, comme l’avait été Padre Pio.

Le père Stefano Manelli, assigné à résidence, a eu le droit, tout de même, d’assister à la clôture du procès diocésain en béatification de ses parents. Il avait pu également se rendre le 24 juin à l’université pontificale de la Sainte-Croix (Opus Dei) pour la soutenance de thèse d’une Franciscaine de l’Immaculée. À cette occasion, le corps enseignant de l’université a tenu à saluer l’excellence de la formation reçue par la candidate et féliciter et remercier publiquement le P. Manelli pour son œuvre…

15:11 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (1)

Non, le pape ne fait pas ce qu’il veut

Sandro Magister constate que dans sa dernière interview, François tient des propos qui pourraient tomber sous le coup des condamnations de saint Pie X et de saint Jean-Paul II, qui ne font d’ailleurs que souligner ce dont tout fidèle catholique a forcément l’intuition : les cardinaux n’ont pas le droit de passer entre eux des accords sur ce que devra faire l’un d’eux s’il est élu pape.

François déclare qu’en ce qui concerne son programme de gouvernement, il se « conforme » à ce que les cardinaux « ont demandé au cours des congrégations générales qui ont précédé le conclave ». Il prend soin de préciser que c’est avant le conclave, mais sur le fond ça ne change rien.

Quoi qu’il en soit, Sandro Magister rappelle deux textes magistériels, de deux saints papes, dont le second canonisé par François lui-même, qui soulignent que le pape n’a pas le droit de réaliser une promesse qu’il aurait faite à des cardinaux qui l’auraient élu pour cela.

C’est une preuve, s’il en fallait, que le pape n’est ni un tyran ni un anarchiste : il ne fait pas ce qu’il veut sous prétexte qu’il est pape.

01 juillet 2014

Le diocèse de Madison s’oppose frontalement au laxisme papal

Le diocèse de Madison, dont l’évêque est Mgr Robert Morlino (qualifié de « très conservateur »), est sous le feu des médias de la pensée unique et des lobbies, depuis que le vicaire général, Mgr James Bartylla, a envoyé une note aux curés pour leur demander de ne pas baptiser automatiquement les enfants dont les « parents » sont homosexuels. Il y a, écrit-il, une « pléthore de difficultés, de défis, et d’éléments à considérer en lien avec ces unions contre-nature (y compris le scandale), quand il s’agit du baptême d’un enfant, et ces considérations concernent la théologie, le droit canonique, l’approche pastorale, l’adaptation liturgique, et l’enregistrement du sacrement ». En conséquence, chaque prêtre confronté à cette question doit consulter le vicaire général, car « chaque cas doit être évalué individuellement ».

Un porte-parole du diocèse a ensuite précisé que cela n’affectait pas le fait que l’Eglise soit ouverte à baptiser un enfant dont un parent ou un tuteur « est sincère dans la démarche de présenter un enfant au baptême » et manifeste « vraiment l’intention d’élever l’enfant dans la foi tout ce que cela signifie » : « Nous voulons que chacun reçoive ce très important sacrement, et nous traitons avec prudence de ce sujet sensible, pour le bien de l’enfant et l’intégrité de ce sacrement très saint. »

Ce discours (pleinement conforme au droit canonique) est en opposition frontale avec les propos de François. Il va être intéressant de voir la suite.

Mgr Morlino célébrant la messe de saint Pie V dimanche 29 juin:

 

Morlino.jpg

 

30 juin 2014

Un prêtre qui attire les gens, franchement, ça craint…

Le Père Zanotti-Sorkine avait annoncé qu’il quittait la paroisse des Réformés de Marseille pour la chapelle de la rue du Bac à Paris.

Mais voilà. Le chapelain de la rue du Bac n’en veut pas. Par crainte « d'une trop grande piété et affluence des fidèles ». Sic. Quand un prêtre développe la piété et fait venir des fidèles, ça ne va pas du tout. Faut dire qu'en plus il est en soutane. C’est en pleine contradiction avec la pastorale actuelle. Comme le dit le pape tous les jours, la piété c’est être refermé sur soi-même, c’est pélagien, et on ne fait pas entrer les gens dans les églises puisqu’il faut en sortir pour aller aux périphéries. Et c’est sûr que la rue du Bac, c’est pas le périphérique…

Le Père Zanotti-Sorkine présente donc ses excuses au chapelain, pour avoir menacé de faire venir du monde à la chapelle des apparitions à sainte Catherine Labouré…

17:24 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (6)

28 juin 2014

Une première aujourd’hui à Chartres

Pour la première fois sont ordonnés prêtres aujourd’hui dans une cathédrale française, et l’une des plus prestigieuses, celle de Chartres, trois diacres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre. Par Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Oloron et Lescar.

L’abbé John Berg, supérieur général de la FSSP, salue un « geste fort » de l’évêque de Chartres, Mgr Pansard : « En nous ouvrant sa cathédrale, il montre que nous avons toute notre place dans l’Église. »

Un « congrès antiochien »

Le patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche a organisé un « congrès antiochien » à Balamand, au Liban (il s’est ouvert jeudi, il se termine aujourd’hui), sur le thème : « l'unité antiochienne : portées et exigences ». Pour l’occasion le patriarche Jean X avait invité les quatre autres patriarches (dont trois catholiques) qui portent le titre d’Antioche (ainsi que le patriarche arménien catholique). Ce qui est une première historique.

Dans leurs discours inauguraux, les patriarches ont voulu manifester une volonté d’unité et de solidarité des chrétiens antiochiens entre eux, venant de leur source ecclésiale commune. Le patriarche grec-catholique Grégoire III a rappelé comment le patriarcat d’Antioche s’était « singularisé en sauvegardant l’unité chrétienne refusant de déchirer la tunique du Christ, la robe sans couture, en ne prenant pas partie quand Rome et Constantinople se sont déchirées » (il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour qu’il y ait un schisme). Et il a souhaité que « ce premier congrès antiochien orthodoxe se transforme dans les années à venir en un congrès antiochien auquel prendront part les membres et le clergé des cinq Eglises relevant du siège d’Antioche, réalisant ainsi les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ : qu’ils soient un afin que le monde croie ! ».

Si tant est qu’il reste encore des chrétiens relevant du siège d’Antioche dans les années à venir (du moins sur les territoires relevant de ce siège).

12:55 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (4)

27 juin 2014

Un évêque : Mgr Aillet (y a pas de hasard)

Vincent Lambert, Dr Bonnemaison : la réaction de Mgr Aillet

L’injection létale pourrait bien devenir légale. C’est ce que laisse entendre le message délivré par l’acquittement du docteur Nicolas Bonnemaison. 

Comment laisser passer un tel aveu de non-assistance à personne en danger ? Comment ne pas entendre la soif de mourir vivants et aimés ? Oui, il s’agit bien de cela : c’est notre société qui est en état pauci-relationnel et non les personnes comme Vincent Lambert qui attendent au contraire un sursaut d’amour.

Je m’adresse aux médecins, aux soignants, à tous ceux qui font partie de cette chaîne solidaire qui nous unit les uns aux autres, surtout au terme de notre existence. Soyez des témoins de la vie, évaluez avec prudence les limites de l’acharnement thérapeutique et procédez à la mise en place de justes soins palliatifs. La question de la mort ne se résout pas par la mort, mais par la vie !

Qu’as-tu fait de ton frère ? Telle est la question que nous pourrions entendre à notre tour au jour dernier…

Osons la solidarité ! Osons l’espérance ! Osons la compassion, la vraie, celle qui dit je t’aime en disant oui à la vie. 

+ Marc Aillet, 

évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 26 juin 2014.

Sinon il y a la « réflexion » filandreuse de Mgr Aupetit.

Et il y a le bon coup de gueule de Mgr Podvin, qui est le porte-parole de l’épiscopat mais qui n’est pas évêque.

26 juin 2014

Les franciscains de l’Immaculée chez le pape (bis)

Corrispondenza romana donne des précisions (ici en français) : la rencontre avait été organisée par le commissaire Volpi qui n’avait pas dit aux frères, choisis un par un et triés sur le volet, où ils allaient.

Contrairement à ce que disait Tornielli, celui qui a ensuite décidé de quitter les Frères ne l’a pas fait parce qu’il rejetait le concile mais à cause du comportement des nouveaux dirigeants.

« Les Frères Franciscains de l'Immaculée ne sont pas entrés au couvent parce qu'on y disait du mal du Concile, mais seulement parce qu'on y menait une vie conforme à la tradition de la vie religieuse. C'est ce qui est venu à manquer en quelques mois et c'est pourquoi, les frères, de plus en plus nombreux, demandent à partir. À moins que le pape ne concède aussi à l'autre parti la grâce d'être entendu et de se défendre contre toutes les allégations qui lui sont adressés. »

25 juin 2014

Définition de l’euphémisme

C’est ce titre du Figaro :

Affaire Vincent Lambert : la grande discrétion des évêques de France

On peut ajouter:

Affaire Bonnemaison : la grande discrétion des évêques de France

(Il arrive même que l'euphémisme soit une complicité de meurtre.)

24 juin 2014

Désinformation du Figaro

Titre du Figaro :

Un prêtre transgenre prononce un sermon à la Cathédrale de Washington

Il faut attendre le milieu du quatrième paragraphe, sur six, pour apprendre au détour d’une phrase que la personne en question est « l'un des quelques prêtres ouvertement trans de l'Eglise épiscopale (protestante) ». Donc il n’est pas prêtre.

Et l’on ne précise pas que la « prestigieuse cathédrale » est un édifice protestant.

23 juin 2014

Franciscains de l’Immaculée : un article glaçant de Tornielli

Le vaticaniste Andrea Tornielli rapporte que le pape a reçu une soixantaine de Franciscains de l’Immaculée, le 10 juin, à Sainte-Marthe. Il y avait là aussi le commissaire Volpi. Traduction intégrale de l’article chez Benoît et moi. J’en retiens :

1 – « Le Pape Bergoglio s'est montré très informé sur tout, il suit l'affaire de près, et a montré à maintes reprises son estime pour le père Volpi, démentant ainsi que les actions de gouvernement du commissaire et de ses collaborateurs aient été prises à son insu. »

2 – « Sur le motu proprio, le Pape François a dit qu'il ne voulait pas s'écarter de la ligne de Benoît XVI, et a réaffirmé que les Frères Franciscains de l'Immaculée avaient encore la liberté de célébrer l'ancienne messe, même si pour le moment, étant donné les polémiques sur l'utilisation exclusive de ce missel - élément qui ne faisait pas partie du charisme de fondation de l'Institut - il faut un «discernement» avec le supérieur et l'évêque s'il s'agit de célébrations dans les paroisses, les sanctuaires et les maisons de formation. Le pape a expliqué qu'il doit y avoir la liberté, à la fois pour ceux qui veulent célébrer selon l'ancien rite, et pour ceux qui veulent célébrer avec le nouveau rite, sans que le rite devienne une bannière idéologique. » En conséquence l’interdiction totale demeure, bétonnée.

3 – « François a également dit que c'était lui qui avait voulu la fermeture de l'institut théologique interne aux Franciscains de l'Immaculée (STIM), veillant à ce que les séminaristes étudient dans les faculté théologiques pontificales romaines. Il a ensuite déclaré que l'orthodoxie est garantie par l'Église à travers le successeur de Pierre. » Sic.

A la suite de quoi les Franciscains sont retournés dans leur prison…

L’âge de la confirmation

N’étant pas au courant de toutes les aberrations de la prétendue pastorale post-conciliaire, j’apprends que la conférence épiscopale français avait décidé que le sacrement de confirmation devait être conféré aux jeunes catholiques entre 12 à 18 ans, en application du droit canonique qui le prévoit comme la première communion… « aux alentours de l’âge de raison » (canon 891). Car les enfants français post-conciliaires ne commencent à utiliser leur raison qu’à partir de 12 ans au plus tôt, et entre 12 et 18 ans en général.

Le résultat est que les confirmands ont généralement 15 ou 16 ans, c’est-à-dire… qu’il n’y a plus de confirmands : moins de 5% des enfants baptisés se font confirmer, constate l’archevêque de Dijon Mgr Minnerath qui cherche à remédier au problème. Contrairement à nombre d’évêques qui en étaient jusqu’ici fort contents. Je me souviens de cet ami qui avait découvert qu’il n’était pas confirmé : il était allé voir son évêque qui lui avait répondu : « Mais quel besoin tu as de te préoccuper d’une chose pareille ! »

Mgr Minnerath a donc décidé « à titre expérimental » (on ne change pas de vocabulaire…) de proposer la confirmation en début de CM1 ou de CM2.

Il assortit sa décision d’une intéressante réflexion sur le sujet. Il montre la dérive au cours du XXe siècle, où l’on perd complètement de vue la succession normale des sacrements de l’initiation : baptême, confirmation, eucharistie : la première communion étant donnée de plus en plus souvent avant la confirmation, et avec un décalage de plus en plus important puisqu’on en arrive à donner la communion à six ans et la confirmation à 18…

Le résultat est qu’en bouleversant l’ordre des sacrements, on a aussi fini par modifier la signification de la confirmation, qui devient essentiellement un envoi en mission, ce qui n’était pas sa signification originelle et n’est pas sa signification principale.

On ne peut que saluer la décision de Mgr Minnerath, de conférer la confirmation au début de la même année scolaire où sera donnée, à la fin, la première communion. Et l’on peut espérer que ce ne sera pas seulement « expérimental » et que ce sera suivi par les autres diocèses.

Sur le fond, on ne m’enlèvera pas de l’esprit que ce fut une erreur des Eglises occidentales de disjoindre les sacrements de l’initiation. Quand on confère en même temps le baptême, la confirmation et l’eucharistie, ces questions ne se posent pas…

(Le sacrement de confirmation, seconde étape de l'initiation chrétienne, via Perepiscopus)

16:02 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (10)

18 juin 2014

Le recteur du séminaire diocésain célèbre la messe de saint Pie V

C’est à San José, à Ciudad del Este, Paraguay. Et c’est pour une cérémonie de tonsure.

Photos sur le FC.

Franciscains de l’Immaculée : les familles manifestent

fi3.jpg

Je découvre seulement maintenant, grâce à un message un peu sibyllin du Forum catholique, qu’une manifestation de prière pour les Franciscains de l’Immaculée a eu lieu samedi dernier à Rome, via della Conciliazione. Au petit matin, le vaticaniste Marco Tosatti a vu par hasard des dizaines de personnes qui déployaient une banderole et qui disaient le Rosaire. Il leur a parlé, puis a raconté cela sur son blog de La Stampa. L'information a été reprise par divers blogs italiens, mais je n’ai rien vu en France.

Il y avait plusieurs panneaux avec les noms de différentes villes italiennes, et des inscriptions comme « les parents des novices », « les parents des sœurs ». La banderole disait : « Avec le pape François, en faveur des fondateurs des Franciscains de l’Immaculée ». Avec le pape François… c’est plutôt pathétique…

« Nous espérons que le pape regarde et fasse quelque chose », dit la dame à qui s’adresse Marco Tosatti, lequel rappelle alors de quoi il s’agit. On constate qu’il ne mâche pas ses mots pour défendre des religieux dont il n’est pourtant pas spécialement proche. Certes, il ne met pas en cause le pape. Mais il montre comment le cardinal Braz da Aviz, le préfet de la congrégation pour les religieux (très proche du pape), a imposé à la tête des Franciscains de l’Immaculée, par l’intermédiaire du commissaire Volpi chargé de les remettre au pas, les chefs de la petite dissidence anti-traditionnelle responsables de la crise.

Marco Tosatti cite ensuite une lettre ouverte d’un ancien séminariste de la communauté à l’un de ces chefs de la dissidence au pouvoir, où l’on apprend notamment que l’on interdit aux Franciscains de quitter l’ordre, et que les évêques qui sont prêts à les accueillir sont l’objet de pressions et de menaces…

Marco Tosatti conclut : « La lettre est très longue, et on ne peut pas la reproduire intégralement. Mais même si une partie seulement des plaintes formulées avec noms et prénoms correspond à la réalité, cela mérite vraiment l’attention du pape, dans l’intérêt du pape lui-même. » Puis il ajoute une note disant qu’au cours de la journée les manifestants étaient devenus quelques centaines.

On sait très bien hélas que le pape est parfaitement au courant, et qu’il a voulu casser les Franciscains de l’Immaculée, seulement coupables de « crypto-lefébvrisme », comme le dit lui-même Marco Tosatti, c’est-à-dire de préférer la messe de saint Pie V et de vouloir mener la vie religieuse selon une spiritualité franciscaine traditionnelle..

Affaire toujours à suivre, donc.

Petit rappel en image pour ceux qui croiraient que le pape ne sait rien des agissements du commissaire Volpi:

1156639801.jpg

Un évêque face à la meute

Demain se déroule à Washington la Marche pour le mariage. Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco et président de la sous-commission de l’épiscopat américain pour la promotion et défense du mariage, doit y participer et prendre la parole.

A priori, on ne voit pas où est le problème. Mais c’est que pour les lobbies LGBT, défendre le mariage, c’est faire preuve de haine anti-homosexuelle. En outre, Mgr Cordileone est connu pour avoir été un fervent promoteur du référendum contre la parodie de mariage en Californie, et pour avoir une théologie « conservatrice » (en outre il est d’une grande bienveillance pour la liturgie traditionnelle).

De ce fait, une énorme campagne a été montée contre Mgr Cordileone, pour obtenir qu’il ne participe pas à la manifestation. Parmi les lettres qui lui ont été envoyées, il y en a une qui est signée par une soixantaine de personnalités de Californie, dont le lieutenant-gouverneur de l’Etat, le sénateur de l’Etat, le maire de San Francisco, les chefs et avocats des lobbies LGBT, plusieurs pasteurs dont le doyen de la cathédrale épiscopalienne de Sacramento... Elle se termine ainsi : « Nous vous demandons de reconsidérer votre participation et de vous joindre à nous pour chercher à promouvoir la réconciliation plutôt que la division et la haine. » Sic.

Nancy Pelosi, présidente des députés démocrates à la Chambre des représentants, catholique favorable à l’avortement et à la dénaturation du mariage, a elle-même écrit à Mgr Cordileone pour qu’il ne participe pas à une marche où le « venin est déguisé en vertu ». Bien entendu, comme les signataires de l’autre lettre, Nancy Pelosi se réclame du pape actuel pour montrer à l’archevêque qu’il a tort de vouloir participer à une marche où l’on montre « mépris et haine envers les personnes LGBT ».

Mgr Cordileone a répondu par une longue lettre soigneusement argumentée, où il ne lâche rien. Notamment, il répond que si toute violence contre les homosexuels doit être déplorée et éradiquée, on commence aujourd’hui à voir une violence, y compris physique, contre ceux qui ont une vision conjugale du mariage, comme la tentative d’abattre par arme à feu ceux qui travaillent dans les bureaux du Conseil de recherche sur la famille. Il ajoute : « S’il est vrai que la liberté d’expression peut être utilisée pour offenser les autres, ce n’est pas tant que des gens exercent leur liberté d’expression qui nous sépare, mais que des gens soient punis précisément pour l’avoir exercée. »

Parmi les moyens de pression utilisés, une pétition, qui a rassemblé plus de 30.000 signatures : « Dites à l’archevêque de San Francisco : Ne parlez pas à la manifestation de haine anti-gay ». Le texte de la pétition accuse Mgr Cordileone de saper l’appel du pape François pour une Eglise plus compatissante. Cette pétition émane d’une organisation intitulée « Faithful America » ; Amérique fidèle. Sic. La plupart des pétitions lancées par Faithful America dénoncent de prétendues injustices subies par des homosexuels, et donc les autorités, le plus souvent catholiques (mais aussi baptistes) coupables de ces injustices. Ainsi, parmi les dernières pétitions il y a celle qui exige que l’archevêché de Cincinnati abandonne son contrat avec les enseignants diocésains qui « non seulement leur interdit de mener une vie homosexuelle, mais leur interdit aussi tout soutien public à toute position contraire aux règles officielles de l’Eglise ». Et ce qui est frappant est que la plupart des textes de ces pétitions se réclament du pape François…

16 juin 2014

Les chaldéens dans la tourmente

Le patriarche de Babylone des Chaldéens S.B. Louis Raphael I Sako a demandé à toutes les communautés chaldéennes de faire du 18 juin un jour de jeûne et de prière pour le retour de la sécurité et de la stabilité en Irak. Je ne sais pas ce que dit le calendrier liturgique chaldéen pour le 18 juin, mais dans notre calendrier c’est la fête de saint Ephrem, Ephrem le syriaque, qui quitta Nisibe cédée aux Perses pour Edesse où il fonda une école théologique. Edesse où s’étaient déjà réfugiés à partir de 250 de nombreux chaldéens chassés de Perse…

Une réunion du saint synode de l’Eglise chaldéenne était prévue à Bagdad du 24 au 28 juin.

La réunion est maintenue, mais… à Ankawa, près d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Ankawa est en fait le faubourg assyrien d’Erbil. Le nombre des chrétiens y est passé en quelques années de 8.500 à plus de 25.000 en 2011, et sans doute beaucoup plus encore aujourd’hui.

Les rapports entre les Kurdes et les chrétiens passent par des phases de massacres et de protection. Nous sommes depuis quelques années dans une phase de protection. Pourvu que ça dure…

13:41 Publié dans Eglise, Islam | Lien permanent | Commentaires (3)

13 juin 2014

En Chine

L’administrateur apostolique de Yujinang, le P. John Peng Weizhao, a été arrêté par la police et par des membres du Bureau des Affaires religieuses à Fuzhou le 30 mai. Depuis lors on n’a aucune nouvelle de lui et l’on ne sait pas où il se trouve.

Le P. Peng est administrateur apostolique du diocèse « clandestin » de Yujinang dpeuis deux ans, appelé normalement à succéder à Mgr Thomas Zeng Jingmu qui s’est retiré (il a 94 ans). Mgr Zeng Jingmu a passé quelque 23 ans en tout en prison.

Pour l’Eglise officielle, le diocèse de Yujinang est un des cinq diocèses du Jiangxi qui ont été regroupés en un seul, le diocèse de Nanchang, dont l’évêque est Mgr John Li Suguang, qui est inféodé à l’Association patriotique.

17:25 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (1)

Malaisie : la Bible retrouve la liberté

Le procureur général de Malaisie a jugé que le Département des affaires islamiques de l’Etat de Selangor avait eu « tort » de saisir 300 exemplaires de la Bible en janvier dernier. Il a jugé après enquête que les Bibles ne menaçaient pas la sécurité nationale (sic), et a ordonné qu’on en fasse l’usage le plus approprié (sic), autrement dit qu’elles soient rendues à l’organisme auquel elles avaient été confisquées.

Cette saisie avait eu lieu suite au jugement interdisant à l’hebdomadaire catholique Herald d’utiliser le mot « Allah ». L’interdiction n’avait été demandée que pour le Herald, elle ne concerne donc pas la Bible. (Il n’y a pas que Dieu qui ait son nom arabe, « Bible » se dit « Alkitab », le livre en arabe. Mais cela les chrétiens ont le droit de le dire, puisqu’ils sont précisément « les gens du Livre » pour les musulmans.)

Une messe préparatoire à la gay pride

pre-pride_Mass2014.jpg

C’est à la paroisse Saint François d’Assise de New York, dans le cadre du « ministère gay et lesbien » de cette paroisse officiellement catholique : « Inspirés par notre foi en Jésus-Christ, et enracinés dans le charisme de saint François d’Assise, nous accueillons activement tout le monde. » « Nous célébrons de nouveau ce radical accueil à tous à notre messe de pré-Pride le 28 juin à 17h15. C’est une opportunité pour toute notre communauté paroissiale de se souvenir que le Seigneur invite tout le monde à le suivre, quelle que soit sa race, son ethnie, sa position sociale, son orientation sexuelle ou de genre. C’est aussi l’occasion pour tous d’inviter à la messe tous vos amis dont beaucoup ne se sentent pas bienvenus à la table du Seigneur pour quelque raison que ce soit, mais particulièrement s’ils sont gays ou lesbiennes. Saisissez l’occasion de porter témoignage de l’amour inconditionnel de Dieu en contactant et en invitant à revenir un frère ou une sœur qui n’est pas venu à la maison depuis longtemps. »

Au chapitre du « ministère gay et lesbien », on lit ceci :

« Selon les paroles de saint François d'Assise: “Nous avons été appelés à panser les blessures, à rassembler ce qui est divisé, à reconstruire ce qui tombe en ruines, et à ramener au bercail ceux qui se sont perdus." L'Accueil gay et lesbien de l’église Saint-François d'Assise est une confrérie où les croyants gays et lesbiennes sont invités à explorer leur spiritualité et à partager leur expérience, leur force, et leur espoir mutuel. Nous fournissons activement et promouvons les occasions de foi qui construisent la communauté pour ceux qui ont connu la déconnexion spirituelle. Nous nous efforçons de remplir notre mission en offrant un lieu sûr pour les événements spirituels, des activités éducatives et sociales, et une sensibilisation à la paroisse plus large et à la communauté archidiocésaine. »

(Via le FC)