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Eglise

  • La conversion de Sohrab Ahmari

    Un éditorialiste irano-américain du Wall Street Journal, Sohrab Ahmari, né à Téhéran, a annoncé par un tweet que le martyre de l’abbé Hamel dans le ghetto musulman de Saint-Etienne du Rouvray était le bon moment pour annoncer sa conversion :

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    Et pas n’importe où : à l’Oratoire de Londres, haut lieu du catholicisme authentique, où toutes les messes sont d’une grande dignité et où l’une des cinq célébrées quotidiennement est une messe traditionnelle.

    Puis il s’est rendu compte (curieux, de la part d’un journaliste : Twitter rend inconscient…) qu’il venait de se désigner comme cible, avec l’indication précise du lieu où on pouvait le trouver.

    Il a d’abord supprimé la mention de l’Oratoire de Londres.

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    Puis il a supprimé le tweet (qui était déjà répercuté partout) et a publié celui-ci :

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    « J’ai supprimé mon tweet d’hier annonçant ma conversion, afin d’éviter l’attention des cinglés d’internet sur mon église. »

    Un peu tard…

  • Depuis cent ans...

    L’église Sainte-Brigitte de Portland (dans la banlieue nord-ouest de la ville, dans l’Oregon, et juste de l’autre côté de la rivière c’est Vancouver) a été consacrée par Mgr Alexander Christie, archevêque d’Oregon City, le 16 juillet 1916. Alors on commença à y célébrer la messe. Cent ans plus tard, on continue d’y célébrer la messe. La même messe. Celle de saint Pie V. Il n’y a eu aucune interruption, ce qui est rarissime, peut-être unique au monde, pour une église paroissiale.

    C’est seulement en 1954 qu’un prêtre fut nommé à demeure. Jusque-là c’était un prêtre qui venait d’ailleurs pour célébrer la messe. Le prêtre qui fut nommé était l’abbé Milan Mikulich, un Croate, qui était également chargé de l’apostolat auprès des Croates, Slovènes, Tchèques et Slovaques de Portland. Les paroissiens achetèrent alors une parcelle de terre pour construire une nouvelle église, celle que l’on voit aujourd’hui. Une parcelle assez grande pour que l’abbé Mikulich plante un verger que l’on allait appeler « la forêt croate ».

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    Au moment de la réforme liturgique, l’abbé Mikulich voulut garder la messe telle qu’elle était. Ses paroissiens aussi. Et il réussit à obtenir un indult de Paul VI lui permettant de le faire. Grâce à un ami cardinal, disait-il. Grâce manifestement au cardinal Seper, qui était croate, et qui était alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    En 1995, l’abbé Mikulich retourna en Croatie. Il fut remplacé par l’abbé Joseph Browne, qui continua de célébrer la messe selon « les deux formes du rite romain ». Et depuis 2009 c’est un prêtre d’origine vietnamienne, l’abbé Luan Tran.

    Ainsi la messe traditionnelle n’a-t-elle jamais cessé d’être célébrée dans cette église, en accord avec l’archevêché. Et, cent ans après la consécration de la première chapelle, l’actuel archevêque de Portland, Mgr Alexander K. Sample, sera à la tête du pèlerinage Summorum Pontificum, en octobre prochain…

    (C’est dans l’église Sainte-Brigitte qu’eut lieu en 1990 l’« apparition américaine » de la Sainte Vierge à Mirjana, la « voyante » de Medjugorje, dont l’abbé Mikulich avait organisé le voyage.)

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    Sur la pancarte actuelle on constate que la messe traditionnelle est la messe principale (à 9h30, la messe "en anglais" étant à 8h). Une photo prise il y a quelques années montre que c’était alors le contraire. Bref, la messe traditionnelle est (re)devenue la messe principale à Sainte Brigitte, en plein accord avec l’archevêque, qui d'ailleurs la célèbre éventuellement dans sa cathédrale.

  • Il osera tout

    François Hollande :

    « Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République. »

    Jusqu’ici, la plupart des prêtres martyrs en France ont été assassinés par la République.

  • Leçon de choses

    « La mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray a été inaugurée en 2000 sur une parcelle de terrain offerte par la paroisse catholique. »

    Comme disait Donald Trump…

  • Mgr Wintzer et la messe

    Riposte catholique publie la réaction de Mgr Wintzer, le nouvel archevêque de Poitiers, à la demande du cardinal Sarah de célébrer la messe ad orientem.

    Sans surprise, il s’agit d’un refus ferme et définitif, en tout cas pour les messes dominicales, parce qu’elles sont… « festives »…

    Mais oui.

    On remarquera que Mgr Wintzer ne fait aucune allusion à la tradition liturgique de l’Eglise, aux traditions tant d’Orient que d’Occident…

    Et pour cause… Il se retrouverait tout seul dans son ghetto moderniste.

    Et quand je parle de tradition, j’y inclus Vatican II, qui n’a nullement édicté, ni demandé, que le prêtre tourne le dos à Dieu (O Oriens). (Sinon évidemment le cardinal Sarah ne parlerait pas ainsi.)

    Mais quand un évêque catholique parle de ce qui doit se faire dans la liturgie sans évoquer le moindre élément de la tradition catholique, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche…

    Et je suis toujours sidéré de voir un évêque afficher fièrement son mépris du symbolisme sacré.

    Cette réaction montre d'autre part que l'idéologie "œcuméniste" n'a rien à voir avec l'œcuménisme. Car il se trouve que toutes les églises orthodoxes et orientales non-orthodoxes ont une liturgie orientée, et aussi les protestants les plus proches du catholicisme. Mgr Wintzer leur crache à la figure.

  • Il vaut mieux qu’ils crèvent ?

    Etonnant, voire stupéfiant, art.3 §6 de la Constitution apostolique Vultum Dei quaerere, qui n’existe pas encore en français (ni… en latin !), « sur la vie contemplative féminine » :

    Bien que la constitution de communautés internationales et multiculturelles manifeste l’universalité du charisme, il faut absolument (sic) éviter de recruter des candidates d’autres pays dans le seul but de sauvegarder la survie du monastère.

    Et cela est assené, me semble-t-il, sans aucune explication dans le long texte de présentation qui précède (mais que j’ai juste survolé).

    Et pourquoi donc ? Pour être sûr que le monastère ne survive pas ? Pour être sûr que le patrimoine du cœur de l’Eglise disparaisse ?

    (Si quelqu’un a une autre explication je suis preneur, d’autant que je n’ai aucune envie de lire la prose bergoglienne, surtout en anglais ou en italien.)

    Addendum

    En pratique, il semble que ce sera presque impossible de démarrer un nouvel Ordre de type tridentin.

    Ceci est la guillotine pour presque tous les monastères en Italie.

    Ce sont là deux très brefs extraits de l'analyse approfondie du document par Hilary White, dont on trouvera une traduction (parfois très maladroite) ici, avec un lien sur la constitution en français. (Merci à "Darc".)

  • Parfaite dhimmitude

    Voici le début d’un communiqué commun du cardinal Barbarin et d’un responsable protestant :

    Interpelés par Monsieur Kamel Kabtane, les responsables des Eglises catholique et reformée de Lyon apportent leur soutien au projet d’un Institut de Civilisation Musulmane dans la Métropole lyonnaise.

    « Interpelés » (c'est dans le texte) ne veut sans doute pas dire qu’ils se sont mutuellement pelés, mais plutôt qu’ils ont été hélés, requis, sommés, d’apporter leur soutien à un projet islamique, et que bien entendu ils s’exécutent aussitôt.

    On croirait un communiqué d’un évêque copte en Egypte sur l’installation d’un riche institut islamique près de sa pauvre cathédrale. A la différence près que l’évêque copte n’a pas le choix (et qu'il mettrait un point d'honneur à ne pas faire de faute)...

  • Un protestant…

    La semaine dernière, Edward Pentin terminait un article en signalant que François venait de nommer un protestant comme directeur de la nouvelle version argentine de l’Osservatore Romano.

    Peu après, Sandro Magister le signalait lui aussi. Et le même Sandro Magister y est revenu dans un article sur François et l’anniversaire de la Réforme luthérienne.

    Mais l’annonce ne fait toujours aucun bruit, comme s’il était somme toute normal que le pape nomme un hérétique assumé comme patron régional de l’organe de presse du Saint-Siège.

    Il s’agit de Marcelo Figueroa, qui faisait partie du trio d’une émission religieuse en Argentine avec Mgr Bergoglio et le fameux rabbin Skorka.

    Bref Marcelo Figueroa est un des amis proches de Bergoglio. Et de fait il va devenir, à partir de septembre, le directeur du cahier argentin (quatre ou huit pages) de l’édition de l’Osservatore romano en espagnol.

    Une telle édition locale est paraît-il une première. Et c’est assurément une première qu’elle soit dirigée par un protestant. Lequel déclare que ces pages évoqueront non seulement des « personnalités catholiques de premier plan comme l’archevêque Victor Manuel Fernandez, recteur de l’Université catholique d’Argentine » (autre grand ami de Bergoglio, pire que lui, et le nègre d’Amoris Laetitia, à ce qu’on dit), « mais aussi des membres d’autres religions, mettant ainsi en avant les efforts œcuméniques interreligieux de François »…

  • Les cons ça ose tout

    Titre de Radio Vatican :

    Sainte-Marie-Madeleine fêtée pour la première fois ce 22 juillet

    (En plus, avec le premier trait d'union, il s’agit normalement d’un bâtiment ou d’une institution, et non de la sainte.)

    Mais à la réflexion ce n’est sans doute pas une connerie. C’est une façon de souligner que pour ces gens-là la liturgie catholique a commencé en 1970, comme l’histoire de France a commencé en 1789.

  • Le vide et le socle

    Lu sur le bulletin de L'Entente catholique de Bretagne (1 rue Charles Le Goffic, 22000 Saint-Brieuc:

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  • En Indonésie

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    Des islamistes ont attaqué le domicile du catholique Cahyo Binuko, à Gunung Kidul, province de Yogyakarta, au centre de l’île de Java (Indonésie), mercredi de la semaine dernière, pour qu’il arrête la construction d’un sanctuaire à la Sainte Vierge.

    La famille Binuko a entrepris en 2009 de construire ce sanctuaire, sur son terrain, mais ouvert à tous. Le projet a vraiment pris forme en 2012 après la visite de l’archevêque de Semarang. Alors les islamistes ont mis le feu au site.

    Les catholiques continuèrent néanmoins, obtenant même un très officiel permis de construire, ce qui relève de l’exploit dans ce pays (il faut la signature de 60 riverains et du chef local qui est forcément musulman, et souvent les autorités invoquent des « raisons non spécifiées » pour le refuser).

    Les islamistes qui ont attaqué le domicile de Cahyo Binuko l’accusent d’avoir manipulé ses voisins pour obtenir les signatures. Non seulement la police n’a pas arrêté les fauteurs de trouble, mais elle a exigé que Cahyo Binuko signe une déclaration par laquelle il s’engage à suspendre les travaux tant qu’il n’a pas été statué sur la légitimité de son permis de construire…

  • L’Eglise de Sodome

    La Société américaine de théologie catholique est, assure son site, « la principale association de théologiens d’Amérique du Nord » et « la plus grande association de théologiens du monde ». Elle revendique 1.300 membres, tous plus bardés de diplômes les uns que les autres.

    Lors de sa session du mois dernier, elle a décerné son prix John Courtney Murray au Dr Orlando O. Espin, professeur de théologie systématique à l’université catholique de San Diego. Le prix Courtnay Murray couronne « une vie de réalisations théologiques distinguées ».

    L’association déclare : « Au cours de décennies de recherche, d’enseignement, et de dévouement à l’engagement collectif, ce théologien s’est confronté aux problèmes liés à l’héritage historique et contemporain de la colonisation, de l’esclavage, du racisme, et des préjugés envers les personnes LGBT. »

    Le Pr Orlando Espin est « marié » à Ricardo Gallego, membre du Centre communautaire LGBT de San Diego. Dans son allocution, il a remercié son « mari ».

    En 2012 il a dirigé un atelier sur le ministère LGBT dans la communauté latino, au cours du symposium national de « New Ways Ministry » (lobby homosexuel « catholique » condamné en 1999 et 2000 par la Congrégation pour la doctrine de la foi).

    Au cours de la session de juin de la Société américaine de théologie catholique, le séminaire vedette était intitulé « Les échecs de la justice sexuelle. Recommandations et réponses féministes catholiques ». Il y a eu une conférence sur la possibilité de rendre « davantage possible une justice sexuelle pour les femmes dans le cadre du mariage catholique », et d’aider « l’éthique sexuelle catholique à dépasser l’impasse idéologique entre les pro-choix et les pro-vie »…

  • Au Bangladesh

    Maya Karmokar, une catholique de 45 ans, à Kajura, dans le sud-ouest du Bangladesh, près de la frontière indienne, dormait le 9 juillet dans son lit quand elle a été agressée par des hommes qui l’ont aspergée d’essence et y ont mis le feu. Ses cris ont attiré l’attention de ses proches qui lui ont sauvé la vie et l’ont emmenée à l’hôpital.

    Maya Karmokar ne se connaît aucun ennemi.

    La paroisse (Shimulia) est composée de 4.000 fidèles très pauvres d’une minorité ethnique.

  • Ça n’a pas traîné…

    L’anonyme « Salle de presse du Saint-Siège », faisant fonction d’organe suprême du magistère de l’Eglise catholique, décrète (en italien, anglais et espagnol, le français étant désormais banni) que les propos du cardinal Sarah, préfet de la congrégation du culte divin, tenus le 5 juillet sur la liturgie, sont nuls et non avenus. Son appel à célébrer vers l’orient n’est pas conforme à l’article 299 de je ne sais quel texte en vigueur (qui est lui-même contredit par le texte officiel de la messe de Paul VI*), il ne faut pas parler de « réforme de la réforme », et le pape François a bien dit que la « forme extraordinaire » ne doit pas prendre la place de la « forme ordinaire »…

    On mesurera toute la mesquinerie, la petitesse, l’hypocrisie, mais surtout la méchanceté méprisante de ce pape qui par un communiqué anonyme d’un service qui n’a aucune autorité donne une paire de claques à un cardinal préfet de congrégation. Le cardinal Sarah dit n’importe quoi, circulez, il n’y a rien à voir...

    A papa calamitoso libera nos Domine. Celerrime.

    __________

    * Et en outre c'est une mauvaise interprétation dudit article 299, comme l'a précisé la congrégation pour le culte divin en septembre 2000.

    ________

    N.B. - Le texte complet officiel du discours du cardinal Sarah a été publié sur le site de Sacra Liturgia en anglais et en français.

  • Le patriarche et le rapport Chilcot

    L’agence Fides donne la réaction de S.B. Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, au rapport Chilcot concluant enfin au caractère illégitime de l’invasion de l’Irak.

    L'intervention occidentale contre Saddam Hussein de 2003, dit-il, « a déchaîné la spirale infernale dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui ». C’est pourquoi le rapport Chilcot « représente un pas positif dans la mesure où il est important de reconnaître les erreurs du passé pour ne pas les commettre à nouveau ».

    En ce qui concerne Tony Blair selon qui « nous nous trouverions dans une position pire encore si nous n’étions pas intervenus », le patriarche déclare : « Nous avons un pays détruit, quatre millions de réfugiés du seul Irak, des conflits qui bouleversent la Syrie et le Yémen. Les chrétiens en Irak avant cette guerre étaient 1,5 million. Maintenant, ils sont moins d’un demi million et nombre d’entre eux vivent en réfugiés loin de leurs maisons. Il n’y a pas de travail. Les économies de pays entiers sont en miettes, les institutions paralysées, des patrimoines culturels millénaires détruits. Je me demande comment il est possible de dire que cette guerre a représenté un bien pour le Proche-Orient. »

    Il ajoute : « Dans le vide qui s’est créé, les jihadistes ont trouvé un espace pour faire prendre pied à leur proposition idéologique la plus aberrante, celle de l’Etat islamique. Provient de là également la dérive sectaire qui envenime toute la coexistence. Il suffit de penser que maintenant, les prétendues solutions aux conflits en cours visent à parcelliser l’Irak et d’autres zones du Proche-Orient sur une base sectaire. »

    Selon S.B. Louis Raphaël Ier Sako, l’un des facteurs qui a alimenté le conflit de 2003 et la gestion inconsidérée de l’après-guerre a été l’abstraction idéologique selon laquelle la guerre devait faire naître la démocratie : « Le chemin en direction de la démocratie, des droits et des libertés est long et difficile, ainsi que le montre l’histoire même de l’Europe et de l’Occident. La prétention d’importer de telles valeurs de manière mécanique, sans respecter le timing et les caractéristiques culturelles de nos peuples, a contribué à alimenter la catastrophes dans laquelle nous nous trouvons immergés. »

    Le patriarche rappelle que Jean-Paul II n’avait pas été écouté : « Les cercles occidentaux avaient exalté le Pape comme leur allié contre le communisme mais, lorsqu’il a déclaré que la guerre du Golfe aurait porté seulement des malheurs, ils ne l’ont pas écouté. Tel est le destin des voix prophétiques, que le pouvoir cherche à occulter lorsqu’il ne peut les utiliser. C’est en quelque sorte ce qui s’est passé avec Jésus et pourtant c’est justement en écoutant ces voix que nous pouvons retrouver, aujourd’hui encore, la route perdue d’une coexistence pacifique, qui aide à protéger le bien de tous. »

  • Le cardinal Sarah prône la révolution...

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    Dans son discours à la troisième conférence internationale Sacra Liturgia, hier, le cardinal Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, a évoqué une éventuelle « réforme de la réforme » liturgique, a déclaré que « la célébration pleine et riche de la forme ancienne du rite romain, l’usus antiquior, devrait être une part importante de la formation liturgique du clergé », et a lancé un appel pressant pour que la messe soit célébrée ad orientem. Voici l’extrait de son discours sur ce dernier sujet, qui a été salué par des applaudissements.

    Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an, ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite. En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

    Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec la confiance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » (cf l’introït du mercredi de la première semaine de l’Avent) ? Chers frères dans le sacerdoce, prêtons l’oreille aux lamentations de Dieu proclamées par le prophète Jérémie : « Car ils m’ont tourné le dos » (Jr 2,27). Tournons-nous à nouveau vers le Seigneur !

    Je voudrais aussi lancer un appel à mes frères évêques : conduisez vos prêtres et vos fidèles vers le Seigneur de cette façon, particulièrement lors des grandes célébrations de votre diocèse et dans votre cathédrale. Formez vos séminaristes à cette réalité : nous ne sommes pas appelés à la prêtrise pour être au centre du culte nous-mêmes, mais pour conduire les fidèles au Christ comme de fidèles compagnons. Encouragez cette simple, mais profonde réforme dans vos diocèses, vos cathédrales, vos paroisses et vos séminaires. En tant qu’évêques, nous avons une grande responsabilité, et un jour nous devrons en rendre compte au Seigneur.

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    Ce à quoi Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a aussitôt répondu :

    C’est avec une grande joie que nous avons appris aujourd’hui que le Saint-Père vous a demandé d’initier une étude de la « réforme » de la réforme liturgique qui suivit le Concile, et d’étudier les possibilités d’un enrichissement mutuel entre l’ancienne et la nouvelle forme du rit romain, ce que le pape Benoît XVI avait évoqué le premier.

    Eminence, votre appel à ce que nous « retournions dès que possible à une orientation commune » dans nos célébrations liturgiques « vers l’Orient ou au moins vers l’abside, là où vient le Seigneur », est une invitation à redécouvrir radicalement quelque chose qui est à la racine même de la liturgie chrétienne. Cela exige de nous de réaliser une fois encore, dans toutes nos célébrations, que la liturgie chrétienne est essentiellement orientée vers le Christ dont nous attendons la venue avec une espérance joyeuse.

    Monsieur le Cardinal, je suis seulement un évêque et ne représente qu’un diocèse du sud de la France. Mais afin de répondre à votre appel, je souhaite dire dès à présent que j’aurai l’occasion de célébrer la sainte messe ad orientem, vers le Seigneur qui vient, dans la cathédrale de Toulon lors du dernier dimanche de l’Avent, et chaque fois que l’occasion opportune se présentera. Avant l’Avent, j’adresserai un message à mes prêtres et aux fidèles à ce sujet pour expliquer ma décision. Je les encouragerai à suivre cet exemple. En tant que chef et pasteur de mon diocèse, je leur demanderai de recevoir mon témoignage personnel, dans l’idée de faire leur faire redécouvrir, par la pratique de la messe orientée, la primauté de la grâce au cours des célébrations. J’expliquerai que ce changement est utile pour se rappeler la nature essentiel du culte chrétien : tout doit être toujours tourné vers le Seigneur.

    On lira ci-après l’intégralité du discours du cardinal Sarah (du moins tel qu’on le trouve en petits morceaux sur la page Facebook de Sacra Liturgia).

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  • Eucharistie

    Antonio Socci a mis le doigt sur quelque chose de très important. Si Benoît XVI, explique-t-il, a évoqué l’eucharistie et la transsubstantiation dans son allocution lors de la réception pour son 65e anniversaire de sacerdoce, c’est pour répondre aux propos de François sur Luther, et à ce qu’il se prépare à faire en célébrant les 500 ans de la « Réforme ».

    François a dit :

    Aujourd'hui, luthériens et catholiques, avec tous les protestants, nous sommes d'accord sur la doctrine de la justification: sur ce point si important il ne s'était pas trompé.

    Il : Luther… il ne s’était pas trompé. C’est donc l’Eglise catholique qui s’était trompée, et qui l’a enfin reconnu. Oui, c’est le pape qui ose suggérer cela…

    François fait ainsi allusion à la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, entre le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et la Fédération luthérienne mondiale (qui est très loin de représenter « tous les protestants »), de 1998. Mais :

    1- Cette Déclaration exprimait, elle le soulignait elle-même, « un consensus sur des vérités » partielles, pas sur l’ensemble de la doctrine de la justification enseignée par les catholiques et les protestants.

    2 – Le texte catholique officiel n’est pas cette Déclaration, mais la « Réponse de l’Eglise catholique à la Déclaration commune ». Réponse rédigée par le cardinal Ratzinger, qui pointait des « difficultés », dont la première est qu’une de ses formulations tombe sous les anathèmes du concile de Trente… (D’où une « annexe » ajoutée ensuite à la Déclaration, donnant une précision qui permettait d’échapper aux anathèmes…) Puis il y eut le propos (en français ici, avec les autres documents sauf l'annexe) de Jean-Paul II, pourtant si œcuméniste, minimisant clairement la portée du document.

    3 – L’année suivante, en juin 1999, le cardinal Ratzinger souligna que la Déclaration avait « clarifié » des formules et des « controverses classiques », mais que « le problème devient plus réel si l'on tient compte de la présence de l'Eglise dans le processus de justification, la nécessité du sacrement de pénitence. Ici se révèlent les vraies différences. » Du point de vue catholique on ne peut pas parler de la justification sans parler des sacrements. Et là on retrouve de façon impressionnante le Benoît XVI du 28 juin 2016 :

    Il est important de noter que Dieu agit réellement dans l'homme. Il le transforme, il crée quelque chose de nouveau dans l'homme, il ne donne pas seulement un jugement presque juridique, extérieur à l'homme. Cela a une portée beaucoup plus générale. Il y a une transformation du cosmos et du monde. Pensons par exemple à l'Eucharistie. Nous catholiques, disons qu'il ya une transsubstantiation, que la matière devient le Christ. Luther parle au contraire de coexistence: la matière reste telle, et coexiste avec le Christ. Nous catholiques, nous croyons que la grâce est une véritable transformation de l'homme et une transformation initiale du monde, et elle n'est pas, comme vous le dites bien, seulement une couverture ajoutée qui ne rentre pas vraiment au cœur de la réalité humaine.

    Ce propos est la preuve évidente que Benoît XVI, ce 28 juin, a voulu répondre au propos de François sur Luther. Et il répond aussi à ceux qui voient François, à la faveur du 500e anniversaire, permettre la communion sacramentelle aux protestants, en application d’un de ses innombrables propos ambigus.

    Benoît XVI a tenu à garder l’habit et le titre de pape et ses armoiries, et à continuer de vivre au Vatican. Comme témoin vivant de la foi. Voire comme le katekhon.

  • Le cardinal Rivera et la messe

    Le cardinal Norberto Rivera Carrera, archevêque de Mexico, a célébré la messe de la fête des saints Pierre et Paul, dans la « forme extraordinaire », à la chapelle de l’Immaculée Conception qu’il a confiée à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

    L’événement a été répercuté par le service de communication du diocèse, qui souligne que la chapelle est dédiée à la célébration permanente de la messe selon la forme extraordinaire du rite latin, « avec l’idée de former autour d’elle une communauté de vie catholique intégrale basée sur ce rite ».

    Il est précisé également que lors de la messe ont été exposées à la vénération des fidèles des reliques de deux groupes de Cristeros, saint Cristobal Magallanes et ses compagnons martyrs, et le bienheureux Anacleto Gonzales Flores et ses 12 compagnons martyrs.

    Voilà encore un « grand cardinal », comme dirait Benoît XVI...

  • Pakistan : condamnés à mort pour “blasphème”

    Un chrétien et un musulman faisaient chanter le directeur catholique d’un complexe d’établissements scolaires (2.000 élèves) à Gujranwala, dans le nord du Pendjab. Ils lui réclamaient toujours plus d’argent pour ne pas divulguer un enregistrement audio où selon eux il tenait des propos « blasphématoires ». Le directeur a fini par porter plainte. Résultat : la police a arrêté les maîtres chanteurs, a mis la main sur l’argent extorqué et sur le fichier audio, et tous les trois se sont retrouvés devant le tribunal militaire antiterroriste (sic) qui vient de les condamner à mort : le directeur d’écoles pour blasphème, les deux autres pour détention de blasphème (ceux-ci sont aussi condamnés à 35 ans de prison et une forte amende pour extorsion de fonds).

    Alors que les propos supposés « blasphématoires » avaient été tenus en public, le tribunal a refusé d’entendre les témoins pour corroborer l’accusation. L’avocat du directeur d’écoles a souligné en vain les failles de l’enquête, et il ajoute que personne n’a écouté l’enregistrement audio pour vérifier qu’il s’agissait bien d’une affaire de blasphème, puisque l’Islam interdit l’écoute de propos blasphématoires…

  • Ordinations

    La mauvaise nouvelle :

    Il n’y a eu que 79 ordinations diocésaines de nouveaux prêtres cette année. Entre zéro (le cas le plus fréquent) et 2 ou 3 par diocèse, exceptionnellement 4 (Luçon, Saint-Denis, Versailles). Le plus grand nombre (si l’on peut dire) est logiquement à Paris : 11 ordinations. Et l’on remarque 5 ordinations à Bordeaux. Mais à Marseille, la 2e ville de France, c’est 0, à Lyon c’est 2, Toulouse 3, Nice 2, Nantes 1, Strasbourg 0, Montpellier 1, Lille 1.

    La bonne nouvelle :

    On remarque qu’il y a 6 ordinations dans le diocèse de Fréjus-Toulon, et… 7 dans le diocèse de Vannes (qui est la 110e ville de France).

    L’un des nouveaux prêtres de Vannes a tenu à célébrer une de ses premières messes dans la « forme extraordinaire » (l’un des nouveaux prêtres de Paris également).

  • Benoît XVI

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    Pour le 65e anniversaire de l’ordination sacerdotale de Benoît XVI, une réception a été organisée au Vatican. Le pape émérite a prononcé une brève allocution, qui n’était a priori qu’un simple remerciement, mais dont il a fait, naturellement, une grande et profonde leçon spirituelle. On en trouvera la vidéo, le texte italien, et la traduction française, chez Benoît et moi. Extrait :

    Il y a 65 ans, un confrère ordonné avec moi a décidé d'écrire sur l'image souvenir de sa première Messe, en plus de son nom et de la date, un mot en grec: "Eucharistoumen", convaincu qu'avec ce mot, dans ses multiples dimensions, est déjà dit tout ce que l'on peut dire à ce moment.

    "Eucharistoumen" dit un merci humain, merci à tous.

    Alors Benoît XVI remercie François, le cardinal Sodano et le cardinal Müller. Il poursuit :

    "Eucharistoumen": à ce moment-là l'ami Berger a voulu faire allusion non seulement à la dimension du merci humain, mais naturellement à la parole plus profonde qui se cache, qui apparaît dans la Liturgie, dans l'Écriture, dans les mots « gratias agens benedixit, fregit deditque ».

    "Eucharistoumen" nous renvoie à cette réalité de l'action de grâce, à cette nouvelle dimension que le Christ a donnée. Il a transformé en action de grâce, et ainsi en bénédiction, la croix, la souffrance, tout le mal du monde. Et ainsi fondamentalement, il a transsubstantié la vie et le monde et nous a donné et nous donne chaque jour le pain de la vraie vie, qui dépasse le monde grâce à la force de son amour.

    Enfin, nous voulons nous insérer dans ce "merci" du Seigneur, et ainsi recevoir réellement la nouveauté de la vie et aider à la transsubstantiation du monde: que ce soit un monde non de mort, mais de vie; un monde dans lequel l'amour a vaincu la mort.

  • A Qaa

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    Quatre terroristes ont attaqué avant l’aube le village libanais de Qaa, tout près de la frontière syrienne, sur la route reliant la Bekaa à la ville syrienne de Qousseir.

    "Le premier assaillant a frappé à la porte de l'une des maisons, mais face à la méfiance des habitants, il a déclenché sa ceinture explosive. Alertés, les habitants se sont rassemblés sur les lieux, à une centaine de mètres de l'église Saint-Elie, et alors qu’ils commençaient à soigner les blessés deux autres kamikazes se sont fait exploser. Le quatrième a été poursuivi et tué avant de pouvoir se faire sauter.

    Au moins cinq habitants ont été tués, et 15 blessés.

    Qaa est un village majoritairement grec-catholique, avec un quartier sunnite.

    Ci-dessous le monument à Notre Dame :

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    Addendum. Dans la soirée, trois autres terroristes se sont fait exploser, un devant l'église, les deux autres devant la mairie. Tous trois sont morts, et parmi les habitants il n'y a eu que quelques blessés légers...

  • Trémel

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    La belle église Notre Dame de la Merci de Trémel, près de Morlaix (mais dans les Côtes d’Armor), édifiée autour de 1500, a été victime d’un incendie (dont on ne connaît pas encore la cause) le 21 juin. Il ne reste que les murs. Le site infobretagne permet de voir ce qui disparaît tout à coup du patrimoine. Il s’agit surtout des sablières et des poutres engueulées. Et aussi de la voûte de bois qui était joliment décorée, et du chemin de croix de Xavier de Langlais, témoignage de l’art breton de l’entre-deux guerres. Les plus belles statues quant à elles n’étaient plus dans l’église (et les vitraux, qui ont tous explosé, étaient sans intérêt).

    Mais il faut refaire la charpente et le toit et cela est hors de prix pour une commune de 400 habitants.

    Le président de Lannion Trégor Communauté, Joël Le Jeune, propose aux communes du Trégor de verser 1€ par habitant pour aider à la restauration de l’église : 100.000 Trégorois, 100.000€.

    De son côté le blog Ar Gedour appelle aux dons, en liaison avec l’Association de sauvegarde de l’église de Trémel, qui avait été créée dans le but de collecter des fonds pour restaurer l’église…

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  • Dans l’Eglise de Corée

    Le 18 juin dernier, quelque 60 réfugiés nord-coréens ont été baptisés à la paroisse catholique de Banpo 4-dong, à Séoul. Le cardinal Andrew Yeom Soo-jong, archevêque de Séoul, leur a fait parvenir un message de bienvenue, accompagné d’un chapelet pour chacun.

    A cette occasion, Eglises d’Asie nous apprend que le diocèse de Chuncheon forme des prêtres pour la Corée du Nord. Déjà, le territoire du diocèse de Chuncheon, au nord-est de la Corée du Sud, a une grande partie de son territoire en Corée du Nord, mais en outre l’évêque de Chuncheon est administrateur apostolique du diocèse de Hamhung, qui couvre tout le nord-est de la Corée du Nord. Il y a quelques semaines, les deux diocèses (à savoir Mgr Lucas Kim Woon-hoe et Mgr Lucas Kim Woon-hoe) ont signé un accord, aux termes duquel des séminaristes vont être ordonnés prêtres pour le diocèse de Chuncheon mais incardinés dans le diocèse de Hamhung.

    L’archidiocèse de Séoul, dont l’archevêque est aussi administrateur apostolique du diocèse de Pyongyang, forme également des prêtres pour le territoire nord-coréen. En février dernier, le premier prêtre formellement incardiné dans le diocèse de Pyongyang a ainsi été ordonné à Séoul.

    Naturellement, aucun prêtre ne peut pénétrer sur le territoire nord-coréen. Mais l’Eglise de Corée du Sud veut être prête pour le jour où il y aura la moindre brèche, ou l’écroulement du régime démentiel de Pyonyang.

    (Personne ne sait combien il peut rester de catholiques en Corée du Nord. Officiellement il y en 3.000 : ce sont les membres de l’ « Association catholique coréenne », qui « pratiquent librement leur foi » et ont une église à Pyongyang, sauf qu’il n’y a pas de prêtre. Selon l’ONU il resterait 800 catholiques. Selon certains il y aurait 300.000 chrétiens, mais personne n’en sait rien.)

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  • Viré

    Mgr Mario Oliveri, évêque d’Albenga-Imperia, coupable de graves connivences traditionalistes (il a accueilli une communauté bénédictine fondée par un ancien du Barroux, et surtout deux couvents des Franciscains de l’Immaculée) est cette fois vraiment viré.

    Dès octobre 2014 on évoquait les « pressions » qui s’exerçaient sur lui pour qu’il démisssionne.

    En janvier 2015, François avait nommé un soi disant évêque coadjuteur. Le 25 mars, jour de l’Annonciation, on a appris que l’évêque coadjuteur avait en fait tous les pouvoirs.

    Et maintenant on apprend (via le Forum catholique) que François a demandé à Mgr Oliveri de démissionner. Et s’il n’est pas démissionnaire il sera démissionné. Avant fin août. En fait la demande a été formulée de vive voix par le pape à l’évêque en avril dernier, lors d’une rencontre au Vatican. Et depuis lors rien n’est venu. On avance que le motif retenu serait « l’âge de la retraite ». Mais Mgr Oliveri n’a pas encore l’âge de la retraite. Il a 72 ans…

  • Du grabuge chez les melkites

    Le synode de l’Eglise grecque melkite catholique, qui s’est ouvert lundi, a été interrompu hier et reporté sine die. Décision due au défaut de quorum. Il doit y avoir au moins la moitié des évêques plus un, à savoir, actuellement, 12, or ils étaient 11 à avoir fait le déplacement.

    Cet incident met en évidence le conflit qui secoue l’Eglise melkite catholique depuis des mois. Les frondeurs, dont le plus connu est l’archevêque de Beyrouth Mgr Boustros, réclament la démission du patriarche S.B. Grégoire III Laham, pour des motifs peu clairs. Ils sont allés chercher un appui à Rome, mais la Congrégation pour les Eglises orientales s’est contentée de les renvoyer à leur code de droit canonique : on ne peut changer de patriarche qu’en cas de mort ou de renonciation du titulaire, personne ne peut forcer un patriarche à démissionner, et Rome n’a rien à dire dans une affaire interne à l’Eglise melkite. Non sans ajouter que la présence des évêques au synode est obligatoire.

    En dehors de la dépêche de Fides, tout ce que j’ai trouvé sont les articles de L’Orient le Jour d’hier et d’aujourd’hui.

  • En Chine

    La Commission centrale pour l’inspection de la discipline du Parti communiste chinois (CCIDP) a pondu un rapport qui critique vertement l’Administration d’Etat pour les Affaires religieuses (AEAR, ex-Bureau des Affaires religieuses).

    Cette commission a été mise en place pour lutter contre la corruption. Elle souligne donc aussi des cas de favoritisme et d’abus de biens sociaux. Mais le rapport a surtout pour but de dénoncer (une fois de plus) le manque d’autorité de l’Administration pour les Affaires religieuses à cause d’une direction « trop faible », ce qui fait que la politique religieuse du Parti n’est pas appliquée correctement et que les groupes religieux ne sont pas assez contrôlés.

    Le directeur des Affaires religieuses Wang Zuoan a indiqué que son administration acceptait sincèrement les remarques formulées par cet « examen politique » et allait mettre en place un bureau chargé spécifiquement de remédier aux problèmes cités. On peut s’attendre à un nouveau tour de vis.

    (Eglises d’Asie)

  • François et Vézelay

    Dans le torrent de grossièretés contre la foi que fut le discours de François en ouverture du congrès du diocèse de Rome à Saint Jean de Latran (là il se souvient que c’est la cathédrale de l’évêque de Rome, alors qu’il l’oublie chaque jeudi saint), on a relevé ses propos justifiant le divorce pour tous et le concubinage qui est un vrai mariage. Antonio Socci en a relevé d’autres. Dont ceci :

    Et là je fais une parenthèse. J’ai eu entre les mains – vous la connaissez certainement – l’image de ce chapiteau de la basilique de Sainte Marie Madeleine à Vézelay, dans le sud de la France (sic), où commence le chemin de Saint-Jacques de Compostelle : d’un côté il y a Juda, pendu, avec la langue dehors, et de l’autre côté du chapiteau c’est le Bon Pasteur qui le porte sur ses épaules, l’emporte avec lui. C’est un mystère, cela. Mais ces hommes du moyen âge, qui enseignaient par l’image, avaient compris le mystère de Juda. Et don Primo Mazzolari eut un bon discours, un jeudi saint, sur ce point. Un bon discours. Ce n’est pas un prêtre de ce diocèse, mais d’Italie. Un prêtre d’Italie qui a bien compris cette complexité de la logique de l’Evangile. Et celui qui s’est le plus sali les mains est Jésus. Jésus s’est sali le plus. Il n’était pas « propre », mais il allait avec les gens, parmi les gens et il prenait les gens comme ils étaient, non comme ils devraient être.

    Comme d’habitude, il est difficile de démêler le discours de François. Quand il parle de dom Primo Mazzolari (1890-1959), sorte de pré-Bergoglio (Eglise des pauvres, pacifisme contre la guerre juste, etc., qualifié de « prophète » par Paul VI, et que François va sans doute béatifier), c’est ici à travers le sermon du P. Cantalamessa prononcé devant le pape le vendredi saint 2014. Le prédicateur avait longuement évoqué le sermon de dom Primo Mazzolari pour souligner qu’il ne fallait pas porter de jugement hâtif sur Judas : « Jésus n’a jamais abandonné Judas et personne ne sait où il est tombé au moment il s’est lancé de l’arbre, la corde au cou: si c’est dans les mains de Satan ou dans celles de Dieu. Qui peut dire ce qui s’est passé dans son âme à ces derniers instants ? "Ami" avait été le dernier mot de Jésus à son égard dans le jardin des oliviers et il ne pouvait l’avoir oublié, tout comme il ne pouvait avoir oublié son regard. »

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    Quant au chapiteau de Vézelay, il a fallu attendre le XXe siècle pour que des historiens de l’art, à la recherche de nouveautés incongrues, décident d’y voir « le bon pasteur ». Ce qui a été repris par Eugen Drewermann, théologien hétérodoxe d’extrême gauche condamné par Rome en 1992 (curieuse référence pour un pape). Jésus prend sur lui le corps de Judas : l’artiste de Vézelay a voulu montrer que Jésus n’a pas condamné Judas mais au contraire l’a sauvé.

    Vouloir donner à un artiste du XIIe siècle les pensées d’un théologien déviant du XXe, c’est assez fascinant. Mais évidemment ça ne tient pas debout.

    Car ce qui est clair est que le mystérieux personnage du chapiteau n’est pas le Christ. Premièrement à cette époque-là il n’y avait guère de représentations du « Bon Pasteur » (il n’y en a ni à Vézelay ni à Autun). Deuxièmement le Christ est toujours représenté avec une barbe (ce qui n’était pas le cas du Bon Pasteur… au IVe siècle). Troisièmement il aurait été incongru de représenter le Christ imberbe, vêtu d’une simple tunique, pieds nus, et avec une telle tête, la bouche de travers…

    A vrai dire il n’y a rien qui n’indique non plus qu’il s’agisse du diable, comme l’affirme Socci. Il me semble qu’il s’agit d’un anonyme qui va enterrer Judas parce que tout le monde, même le pire salopard, doit avoir une sépulture.

    Et si l’on veut trouver une image qui fasse penser au Bon Pasteur, à Vézelay, il faut regarder le chapiteau de Moïse devant le Veau d’or. Etonnant chapiteau, où le diable danse sur l’idole, face à Moïse qui brandit son bâton et les tables de la Loi. Or, derrière le Veau d’or, on voit un personnage qui, dit-on habituellement, apporte une chèvre en sacrifice à l’idole. Mais ce personnage-là, oui, peut évoquer le Bon Pasteur. Or, alors que pourtant a priori il ne l’est pas, on voit tout de suite la différence entre les deux. La noblesse de celui-ci, par rapport à la mollesse de celui-là.

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    Note à l’attention des distraits.

    Jésus au Père :

    Ceux que tu m’as donnés, je les ai gardés, et aucun d'eux ne s'est perdu, si ce n'est le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie. (Jean 17,12)

     Jésus à ses disciples :

    Quant au Fils de l'homme, il s'en va selon ce qui a été écrit de lui ; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme sera trahi ! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né. (Marc 14,21)

     Les apôtres :

    Seigneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu'il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné pour aller en son lieu. (Actes 1,25)

    Et si l’on avait en doute quant à ce lieu, il suffit de se reporter aux psaumes 68 et 108 que venait de citer saint Pierre. Le 108 est d’une telle violence dans la malédiction (de Judas) que la néo-liturgie l’a carrément supprimé…

    Il va de soi que personne, au moyen âge, n’aurait fait dire à ces textes autre chose que ce qu’ils disent.

  • Les trois plus belles

    Le quotidien des évêques italiens, l’Avvenire, fait état du palmarès du VIe Prix international d’architecture sacrée (sic) de la Fondation Frère Soleil. Fondation créée en 1995 par le P. Costantino Ruggeri, qui a construit quant à lui une trentaine d’églises…

    « Voici les nouvelles églises les plus belles du monde », titre l’Avvenire.

    Le prix (30.000 € à la clef) a été attribué à l’architecte espagnol Rafael Moneo pour l’église de Jésus édifiée à San Sebastian.

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    En deuxième position Thu Huong Thi Vu pour l’église paroissiale de Ka Don au Vietnam.

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    Telle est la photo de l’Avvenire. Vouloir en voir davantage, c’est vouloir voir un toit :

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    Et en troisième position il y a le cabinet Schulz und Schulz pour l’église de la Sainte Trinité à Leipzig. C’est « la plus grande église catholique construite en Allemagne de l’Est depuis la chute du Mur. » On est donc très fier.

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    Ça c’est la photo de l’Avvenire. Voici l’étron dans toute sa dimension. Derrière c’est l’Hôtel de Ville de Leipzig. Architecture laïque…

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  • Avec François c’est le divorce pour tous

    J’ai signalé hier les dernières insultes de François, envers les jeunes, qui sont des inconscients, et les prêtres, qui ne savent même pas leur dire ce qu’est le mariage.

    Mais le plus grave est la conséquence pratique du propos. C’est pourquoi il a été aussitôt corrigé par les services de communication du Vatican. « La grande majorité des mariages sacramentels sont nuls » est devenu : « Une partie des mariages sacramentels ».

    Mais ce que le pape a réellement dit avait déjà été diffusé dans le monde entier.

    Et il a réellement dit ce qu’il voulait dire : c’est dans la ligne des synodes et de l’exhortation apostolique, et de la réforme de la procédure de reconnaissance de nullité.

    Si la grande majorité des mariages sont nuls, il va de soi que la quasi totalité des demandes de reconnaissance de nullité émanent de couples dont le mariage est nul a priori, et donc qu’il faut tout simplement reconnaître la nullité de façon quasi automatique (quasi, parce qu’il y a toujours des exceptions).

    Ainsi François institue-t-il le divorce catholique pour tous. Pour tous ceux, et ils sont la grande majorité, dont il proclame que leur mariage était nul.

    Tel est le but réel de la réforme de la procédure : donner la reconnaissance de nullité à tous ceux qui la demandent (ce qui fait tomber toutes les objections des spécialistes en la matière, sur la compétence des évêques, etc.).

    Et c’est un aboutissement spectaculaire de l’idéologie bergoglienne : on ne touche pas à la doctrine (le mariage reste ce qu’il est dans le catéchisme et dans le droit canon), mais elle est mise au placard, annihilée dans les faits par la praxis, par la magnifiquement miséricordieuse pastorale de l’Eglise hôpital de campagne… qui conduit les gens en enfer. Et détruit l’Eglise catholique.

    PS. Je découvre qu'il a dit aussi à propos de ceux qui cohabitent sans être mariés: « J'ai vu tant de fidélité dans ces cohabitations, tant de fidélité. Je suis sûr que ceci est un vrai mariage, ils ont la grâce du mariage justement par la fidélité qu'ils ont. » Mais jusqu'où les évêques, les cardinaux, vont-ils laisser aller l'entreprise de démolition Bergoglio ? Que leur faut-il pour réagir ?