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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2661

  • Les annonces de Sarkozy

    Il est difficile de comprendre ce qu’a voulu dire Nicolas Sarkozy, hier, à la sortie de sa réunion sur les pédocriminels, tant ses propos étaient confus.

    Il y aura une nouvelle loi, une loi de plus. Laquelle prévoira que les délinquants sexuels, après avoir purgé leur peine de prison, rejoindront un « hôpital fermé » pour y recevoir des soins s’ils ont été reconnus dangereux par un collège de médecins. Le premier hôpital de ce type ouvrira à Lyon en 2009.

    Si l’on veut des précisions, on se heurte à une série d’incohérences. D’un côté, Nicolas Sarkozy déclare ne pas comprendre que lorsqu’on est condamné à 27 ans on en fasse 18, il veut que les délinquants sexuels ne sortent de prison qu’après l’exécution de la peine à laquelle ils ont été condamnés, et il ajoute que, pour les délinquants sexuels, la question des remises de peine ne doit être posée qu’en fin d’exécution et non pas au début. On suppose qu’il veut dire « vers la fin », car si c’est « à la fin » il ne peut évidemment plus y avoir de remise de peine. Mais s’il peut y avoir des remises de peine vers la fin de l’exécution de la peine, c’est que le délinquant ne purgera pas la totalité de sa peine.

    Nicolas Sarkozy s’engage là sur un terrain miné. Il n’est pas du tout certain que le Conseil constitutionnel accepte une telle disparité de traitement entre délinquants. Et surtout, comment peut-on justifier qu’on soit plus sévère avec un homme qui a violé un enfant, qu’envers un homme qui a tué un enfant sans le violer ? Le meurtrier pourra effectuer la moitié de sa peine, et le violeur devra en effectuer la quasi-totalité avant d’être interné dans un hôpital ? C’est n’importe quoi.

    Concernant cet hôpital, Nicolas Sarkozy dit qu’il est nécessaire que les délinquants sexuels dangereux soient soignés, et qu’on n’a pas à leur demander leur avis. Mais il dit aussi que ceux qui n’accepteront pas d’être soignés resteront dans cet hôpital, et que ceux qui acceptent pourront avoir des permissions de sortie...

    Bref, tout cela est un effet d’annonce, brouillon, assez lamentable. D’autant plus lamentable que Nicolas Sarkozy avait déjà tenu ces propos, de façon plus claire, dans son discours de Meaux, le 13 avril. Il en faisait une priorité. Pourquoi a-t-il attendu l’affaire Enis pour le reprendre et annoncer un semblant d’application ?

  • Sainte Jeanne Françoise Frémyot de Chantal

    L’acte d’abandon de sainte Jeanne de Chantal, fondatrice de l’ordre de la Visitation :

    O bonté souveraine de la souveraine providence de mon Dieu, je me délaisse pour jamais entre vos bras ; soit que vous me soyez douce ou rigoureuse, menez-moi désormais par où il vous plaira. Je ne regarderai point les chemins par où vous me ferez passer, mais vous, ô mon Dieu, qui me conduisez ; mon cœur ne trouve point de repos hors des bras et du sein de cette céleste Providence, ma vraie mère, ma force et mon rempart ; c'est pourquoi je me résous moyennant votre aide divine, ô mon Sauveur, de suivre vos désirs et ordonnances sans jamais regarder où éplucher les causes pourquoi vous faites ceci plutôt que cela, mais à yeux clos je vous suivrai selon vos volontés divines sans rechercher mon propre goût ; c'est à quoi je me détermine de laisser tout faire à Dieu, ne me mêlant que de me tenir en repos entre ses bras, sans désirer chose quelconque, que selon qu'il m'incitera à désirer, à vouloir et à souhaiter.

    Je vous offre ce désir, ô mon Dieu, vous suppliant de le bénir, entreprenant le tout appuyé sur votre bonté, libéralité et miséricorde, en la totale confiance en vous et défiance de moi et de mon infinie misère et infirmité.

    Amen.

  • A multirécidiviste, multiscandale

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    L’affaire Francis Evrard est un scandale à tiroirs.

    Il est criminel de relâcher un délinquant sexuel multirécidiviste en 2007 quand il est condamné jusqu’en 2016, en prétendant qu’il a effectué la totalité de sa peine, et en sachant qu’il va recommencer.

    Il est ahurissant qu’un médecin puisse prescrire du viagra à un détenu sans rien savoir de ce détenu. Il est d’ailleurs incompréhensible que, sous le prétexte absurde de l’égalité des soins entre détenus et personnes libres, on puisse prescrire du viagra à quelque détenu que ce soit, quand on sait ce qui se passe dans les cellules.

    Il est dérisoire de vouloir légiférer sous le coup de l’émotion, quelques jours après la publication de la dernière loi sur le sujet, et de promettre des lois toujours plus « sévères ». Car il ne sert à rien de pondre des lois en permanence si l’on ne se donne pas les moyens de les appliquer.

    Les Français n’attendent pas de savants discours psychiatriques ou politiciens, mais la mise hors circuit des pervers.

  • Viagra

    Le pédocriminel Francis Evrard a déclaré que le viagra qu’on a trouvé dans sa poche lui a été prescrit par le médecin de la prison, parce qu’il voulait voir des femmes à sa sortie...

    « Le ministère de la Santé a diligenté une enquête pour vérifier s’il y a eu une prescription », a déclaré hier Rachida Dati. Francis Evrard n’avait pas d’ordonnance sur lui.

    Au-delà du cas particulier, et de l’énorme scandale que serait une prescription de viagra à un délinquant sexuel multirécidiviste, il est ahurissant d’apprendre que du viagra peut être prescrit dans les prisons.

    Le fait est d’ailleurs peu connu. Dans un premier temps, l’AFP s’est adressée au psychiatre Edouard Herszkowicz, considéré comme un spécialiste du suivi des délinquants sexuels en prison, directeur du service d’addictologie à l’hôpital de Grasse, expert près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, membre de l’association Sauvegarde de l’enfance, organisateur l’an dernier du colloque annuel de Santé et Justice sur le thème « Le plaisir et la loi », etc. Or le Dr Herszkowicz se disait « surpris que l’on prescrive du viagra à quelqu’un chez qui se pose plutôt l’éventualité d’un traitement hormonal de castration chimique », et ajoutait : « A ma connaissance, il n’y a pas de prescription de viagra en prison. »

    Or le lendemain, un responsable de l’Observatoire international des prisons, François Bès, expliquait qu’un détenu pouvait parfaitement se faire prescrire du viagra. Parce que depuis une loi de 1994 les détenus doivent bénéficier des mêmes soins que les personnes libres. Et pour ce faire les établissements qui soignent les détenus ne dépendent pas de l’administration pénitentiaire mais du service public hospitalier... Il précisait que le viagra peut être prescrit en prison en vue d’une permission de sortie ou d’un accès à une « unité de vie familiale » (un parloir de longue durée...), ou encore en vue de la sortie de prison...

    Autrement dit le viagra peut être très largement prescrit (rien n’empêche le détenu de le conserver après sa permission de sortie, ni bien entendu de le revendre à des codétenus, etc.), avec ce que cela comporte quant aux viols entre détenus dont on sait hélas qu’ils sont courants.

    Que Francis Evrard  ait eu ou non une ordonnance ne change rien au scandale permanent de la délivrance de viagra à des détenus, et au détournement criminel de l’exigence de l’égalité des « soins ».

    Adendum. Le viagra lui a bien été prescrit par un médecin, qui ignorait tout, dit-il, du dossier judiciaire et médical du pervers.

  • Surprise en Thaïlande

    La junte militaire qui a pris le pouvoir en Thaïlande il y a onze mois a organisé hier un référendum sur une nouvelle Constitution. Les militaires, qui contrôlent la vie politique et les médias, escomptaient une forte participation (habituelle aux élections dans ce pays) et une majorité de oui de 70%. La participation a été plutôt faible (57,6%) et le oui n’a obtenu que 57,8% des suffrages. Avec d’énormes disparités qui montrent un très net clivage entre le nord rural resté fidèle à l’ancien Premier ministre Thaksin réfugié en Grande-Bretagne, qui a voté à près de 63% contre la nouvelle Constitution, et le sud urbanisé qui a dit oui à plus de 88%.

    Selon les analystes et les échos recueillis dans les bureaux de vote, les Thaïlandais qui ont voté oui ne l’ont pas fait pour plébisciter le régime militaire mais pour dire leur volonté de voir des élections se dérouler à la fin de l’année, comme l’ont promis les putschistes si la nouvelle Constitution était adoptée. Une Constitution qui renforce les pouvoirs de l’armée et de l’administration aux dépens des politiques, et qui accorde l’amnistie aux putschistes...

  • Kouchner à Bagdad

    Bernard Kouchner a entamé hier une « visite surprise » de trois jours en Irak. C’est le plus haut responsable français à se rendre dans ce pays depuis l’invasion américaine, et cela se produit quelques jours après la rencontre entre Nicolas Sarkozy et George Bush.

    Et voici ce qu’il a dit à la presse, à propos de la guerre civile qui fait rage, plus de quatre ans après la chute de Saddam Hussein : « C’est un problème irakien et il doit être réglé par les Irakiens. Mais ne soyez pas pressés. Il faut donner du temps au temps. C’est juste le début, j’espère, de la fin de la crise. »

    Sic.

    Et voici aussi ce qu’il a dit, de même, à propos de sa méthode :

    « Ma méthode est d’attendre. D’abord écouter les gens. Nous essayons de vous écouter, et vous nous écoutez. Nous devons jouer nos cartes, et notre rôle. Mais pas aujourd’hui, ni demain, mais un de ces jours. »

    Sic.

    Le porte-parole de la Maison Blanche pour les questions de sécurité nationale a déclaré : « les Etats-Unis se félicitent de la visite du ministre français des Affaires étrangères Kouchner à Bagdad. C’est un exemple de plus (...) de la volonté croissante de la communauté internationale d’aider l’Irak à devenir un Etat stable et sûr. »

  • Saint Bernard

    Saint Bernard est mort le 20 août 1153, pendant l’octave de l’Assomption, et sa fête est donc le 20 août.

    Même si hélas, il ne croyait pas en l’Immaculée Conception, saint Bernard est un des chantres les plus admirables de Notre Dame, notamment dans ses quatre homélies sur l’Assomption, et celle sur les 12 prérogatives de Marie, prononcée un dimanche dans l’octave de l’Assomption. Tout naturellement, l’Eglise a donné comme lecture, en ces jours, des extraits de ces homélies si merveilleusement tissées de citations des psaumes et du Cantique des cantiques. Jusqu’à ce que Pie XII décide de supprimer l’octave de l’Assomption. Stupéfiante décision, de la part du pape qui avait proclamé, cinq ans plus tôt, le dogme de l’Assomption…

    Ainsi, saint Bernard, dont la fête avait été placée en ce jour par la Providence elle-même, par Dieu qui soulignait ainsi comment Bernard avait bien chanté sa Mère et qu’il fallait l’entendre sur le sujet, a perdu au 20 août son environnement marial. On l’a déconnecté de l’Assomption…

    Or voici la très belle hymne des vêpres de la fête de saint Bernard, écrite dans l’esprit de saint Bernard, et datant du temps où l’on savait composer des hymnes (à comparer avec celles composées en 1950 pour l’Assomption, dans un latin de professeurs pédants ne comprenant rien aux symboles, au point que les douze étoiles deviennent « deux fois six »…).

    Jam Regina discubuit,
    Sedens post Unigenitum :
    Nardus odorem tribuit
    Bernardus, tradens spiritum.

    Dulcis Reginæ gustui
    fructus sui suavitas :
    Dulcis ejus olfactui
    Nardi Bernardi sanctitas.

    Venit Sponsa de Libano,
    Coronanda divinitus,
    ut Bernardus de clibano
    Veniret sancti Spiritus.

    Quæ est ista progrediens
    Velut aurora rutilans ?
    Quis est iste transiliens
    Colles, Sanctis conjubilans ?

    Hæc gloria terribilis
    Sicut castrorum acies :
    Hic gratia mirabilis
    Ut Assueri facies.

    Ora pro nobis Dominum,
    Prædulcis fumi virgula ;
    Inclina Patrem luminum,
    Pastor ardens et facula.

    Si Trinitati gloria,
    Per quam triumphus Virginis,
    Et Bernardi felicitas
    Manent in cæli curia. Amen.

    Voici que la Reine a pris place, s’est assise (corps et âme au paradis) après le Fils unique. Bernard apporte le parfum du nard, en remettant son esprit.

    La suavité de son fruit est douce au palais de la Reine, la sainteté du nard de Bernard est douce à son nez.

    L’Epouse vient du Liban pour être divinement couronnée, afin que Bernard puisse venir du four à pain de l’Esprit saint.

    Qui est celle-là qui s’avance comme l’aurore rutilante ? Qui est celui-ci qui saute les collines, jubilant avec les saints ?

    Celle-là est terrible dans sa gloire, comme une armée en ordre de bataille ; celui-ci est admirable par sa grâce, comme le visage d’Assuérus.

    Prie pour nous le Seigneur, très douce volute de fumée ; fais que se penche sur nous le Père des lumières, pasteur ardent comme une torche.

    Gloire soit à la Trinité, par laquelle le triomphe de la Vierge et la félicité de Bernard demeurent à la cour céleste. Amen.

    On aura reconnu que la plupart des images de cette hymne proviennent du Cantique des cantiques, à l’imitation des textes de saint Bernard (et de l'ensemble de la liturgie de l'Assomption), et en hommage à celui qui est le grand commentateur de ce livre. L’allusion à Assuérus provient du livre d’Esther, 15, 16-17 : Seigneur, je t’ai vu comme un ange de Dieu, et mon cœur a été troublé par la crainte de ta gloire. Car, Seigneur, tu es admirable, et ton visage est plein de grâce.

  • 12e dimanche après la Pentecôte

    « Lequel des trois te semble avoir été le prochain de l’homme qui est tombé aux mains des brigands ? »

    Il est étonnant de constater que nombre de commentaires de l’évangile « du bon Samaritain » ne portent pas attention à ce que dit le Christ. Jésus ne demande pas au docteur de la loi lequel des trois hommes a considéré le blessé comme son prochain, mais lequel s’est montré le prochain de l’homme blessé.

    La différence n’est pas minime, puisque c’est littéralement le contraire.

    Et par sa question, qui devrait attirer l’attention par son caractère très insolite, Jésus veut nous faire comprendre que sa parabole n’est pas, n’est pas d’abord, sur la charité fraternelle.

    C’est une parabole du salut. Et cela est très explicite si l’on daigne se souvenir de ce qui la précède immédiatement, et de son début.

    « Jésus dit à ses disciples : Bienheureux les yeux qui voient ce que vous voyez. Car je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, et entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » Que voient-ils ? Le Fils de Dieu qui par ses miracles et son enseignement, et bientôt sa Passion, apporte le salut. Alors, poursuit saint Luc, un docteur de la loi se dressa (surrexit !) et voulant le mettre à l’épreuve lui demanda ce qu’il devait faire pour avoir la vie éternelle. Jésus lui demanda ce qu’il y a dans la Loi. Le docteur lui répond : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toutes tes forces, et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même.
    Mais qui est mon prochain ?

    Dans la parabole, le prochain de l’homme blessé est le Samaritain. C’est le Fils de Dieu qui va chercher l’homme blessé par le péché originel, le porte en son humanité par l’Incarnation, le soigne avec l’huile et le vin, ce qui représente à la fois les sacrements et la double nature divino-humaine du Christ. Mon prochain est le Christ qui me sauve, qui me donne la vie éternelle, alors que la Loi et les prophètes (le prêtre et le lévite) sont incapables de me sortir de ma misérable condition.

    Et comme le Christ s’est fait notre prochain, en se faisant Samaritain, le plus méprisé des hommes, jusqu’à la mort de la croix, nous devons nous aussi nous faire le prochain des autres hommes.

    « Le nom de prochain suppose une relation, et nous ne pouvons être le prochain d’un homme sans que lui-même ne devienne notre prochain », note saint Augustin. Ainsi, mais seulement ainsi, on retrouve l’interprétation habituelle de la parabole. L’homme blessé est en effet mon prochain, parce que le Christ s’est fait mon prochain. C’est par le Christ que l’autre peut être mon prochain, parce que je vois le Christ en lui.

    C’est ainsi qu’en effet, comme le dira Jésus, les deux commandements (les deux deniers donnés à l’aubergiste, c’est-à-dire à l’Eglise) n’en font qu’un. Puisque l’amour est un.

  • La mission de la forme extraordinaire

    Intéressante observation de Dom Louis-Marie, Père abbé du Barroux, dans Présent de ce samedi, à propos du motu proprio sur la messe :

    « La forme extraordinaire du rite romain peut tout à fait coexister avec la forme ordinaire, avec cette mission propre et indispensable d’exprimer que, par la forme ordinaire, on ne veut rejeter ni le passé ni le sacré. Le Motu proprio interdit en quelque sorte de célébrer le nouveau rite dans un esprit de rupture avec l’ancien. »

  • Le mot insupportable

    On ne peut pas ouvrir un journal ni écouter les informations à la radio ou à la télévision sans qu’il y ait un développement sur le « pédophile » qui a enlevé le petit Enis.

    J’avoue qu’il m’est impossible d’utiliser ce mot, qui est l’un des pires exemples de la subversion du langage.

    Pédophile veut dire : qui aime les enfants.

    De même que bibliophile veut dire : qui aime les livres, colombophile : qui aime les pigeons, etc.

    Il ne me semble pas qu’un pervers qui viole des enfants et qui éventuellement les tue soit un homme qui aime les enfants.

    Cette subversion est la même qui est en œuvre dans le mot euthanasie. Ce mot veut dire : bonne mort. Le préfixe eu veut dire : bien, harmonieux, agréable.

    Ainsi, également, l’eugénisme, c’est la bonne naissance, le fait d’engendrer dans les meilleures conditions. Ce qui implique aujourd’hui l’avortement : le meurtre de celui qui devrait naître. L’avortement qu’on appelle Interruption de grossesse : comme si on pouvait la reprendre…