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Liturgie

  • La messe aux Etats-Unis

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    Le 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes, il y a eu en l’église de New York qui lui est dédiée une première messe solennelle selon l’usus antiquior. C’était aussi le 60e anniversaire de la bénédiction de la grotte de Lourdes, attenante à l’église, par Mgr Fulton Sheen. Le célébrant était le nouveau curé, le P. Joseph Scolaro, ordonné en 2014, qui a voulu ainsi que ses paroissiens soient conscients des riches traditions de l’Eglise. Espérons qu’il transforme l’essai…

    D’autre part, on apprend qu’à la demande d’Una Voce Idaho l’évêque de Boise, Mgr Peter Christensen, a institué une messe mensuelle selon la forme extraordinaire à l’église Saint-Paul de Nampa. Le deuxième dimanche de chaque mois à… 14h30… Espérons que ce ne soit qu’un début.

  • Mercredi de la Septuagésime

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    La lecture des matines est le chapitre 3 de la Genèse, le récit de la chute originelle, curieusement jusqu’au verset 20 seulement, alors que cela n’aurait pas été beaucoup plus long de mettre les quatre derniers versets. Les versets 21 et 22 sont toutefois présents, par le deuxième répons :

    . Ecce Adam quasi unus ex nobis factus est sciens bonum et malum:
    * Vidéte, ne forte sumat de ligno vitæ, et vivat in ætérnum.
    . Fecit quoque Dóminus Deus Adæ túnicam pellíceam, et índuit eum, et dixit.
    . Vidéte, ne forte sumat de ligno vitæ, et vivat in ætérnum.

    Voici qu’Adam est devenu comme l’un de nous, connaissant le bien et le mal : Voyez qu’il ne vienne à consommer de l’arbre de vie, et qu’il vive pour l’éternité. Le Seigneur Dieu fit aussi à Adam une tunique de peau, l’en revêtit et dit : Voyez qu’il ne vienne à consommer de l’arbre de vie, et qu’il ne vive pour l’éternité.

    Adam est devenu comme l’un de nous. Les pères de l’Eglise ont vu là, à juste titre, une des premières manifestations de la Sainte Trinité. Quant au sens du propos, plusieurs y ont discerné une terrible ironie, et Pascal s’en est servi dans les Provinciales pour prouver qu’il était donc licite de manier l’ironie lorsque la victime l’a mérité :

    Mais c'est une chose bien remarquable sur ce sujet, que, dans les premières paroles que Dieu a dites à l'homme depuis sa chute, on trouve un discours de moquerie, et une ironie piquante, selon les Pères. Car, après qu'Adam eut désobéi, dans l'espérance que le démon lui avait donnée d'être fait semblable à Dieu, il paraît par l'Écriture que Dieu, en punition, le rendit sujet à la mort, et qu'après l'avoir réduit à cette misérable condition qui était due à son péché, il se moqua de lui en cet état par ces paroles de risée : Voilà l'homme qui est devenu comme l'un de nous : Ecce Adam quasi unus ex nobis : Ce qui est une ironie sanglante et sensible dont Dieu le piquait vivement, selon saint Chrysostome et les interprètes. Adam, dit Rupert, méritait d'être raillé par cette ironie, et on lui faisait sentir sa jolie bien plus vivement par cette expression ironique que par une expression sérieuse. Et Hugues de Saint-Victor, ayant dit la même chose, ajoute que cette ironie était due à sa sotte crédulité ; et que cette espèce de raillerie est une action de justice, lorsque celui envers qui on en use l'a méritée.

    Vous voyez donc, mes Pères, que la moquerie est quelquefois plus propre à faire revenir les hommes de leurs égarements, et qu'elle est alors une action de justice ; parce que, comme dit Jérémie, les actions de ceux qui errent sont dignes de risée, à cause de leur vanité : vana sunt et risu digna. Et c'est si peu une impiété de s'en rire, que c'est l'effet d'une sagesse divine, selon cette parole de saint Augustin : Les sages rient des insensés, parce qu'ils sont sages, non pas de leur propre sagesse, mais de cette sagesse divine qui rira de la mort des méchants.

  • Mardi de la Septuagésime

    Avant le saccage de 1960, les matines du dimanche avaient trois nocturnes comportant chacun trois lectures suivies de leur répons. On retrouvait ensuite les trois premiers répons le lundi et le jeudi, les trois suivants le mardi et le vendredi, les trois derniers le mercredi et le samedi. (C’est toujours le cas dans le bréviaire monastique, avec 12 répons mais seulement les trois premiers de chaque nocturne sont répétés dans la semaine.)

    Les répons des matines du mardi sont donc ceux du deuxième nocturne des matines du dimanche (d’avant 1960 pour le bréviaire romain). Ce qui donne lieu à une curieuse coïncidence : ils répètent ce que l’on vient de lire.

    . Tulit Dóminus hóminem, et pósuit eum in paradíso voluptátis:
    * Ut operarétur et custodíret illum.
    . Plantáverat autem Dóminus Deus paradísum voluptátis a princípio, in quo pósuit hóminem quem formáverat.
    . Ut operarétur et custodíret illum.

    Le Seigneur prit l’homme et le mit dans le paradis de volupté, pour qu’il le travaille et le garde. Le Seigneur Dieu avait en effet planté un paradis de volupté, à l’origine, dans lequel il mit l’homme qu’il avait formé, pour qu’il le travaille et le garde.

    La première phrase est la première phrase de la lecture, mot pour mot – la liturgie de la septuagésime étant relativement tardive, le texte des répons est celui de la Vulgate comme les lectures. C’est le verset 15 du chapitre 2 de la Genèse. Auquel est adjoint le verset 8 (qui a été lu la veille). Cette juxtaposition souligne que l’homme est un jardinier qui poursuit l’œuvre du Créateur paysan.

    . Dixit Dóminus Deus: Non est bonum hóminem esse solum:
    * Faciámus ei adiutórium simile sibi.
    . Adæ vero non inveniebátur adjútor símilis sibi: dixit vero Deus.
    . Faciámus ei adiutórium simile sibi.

    Le Seigneur Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui. Or à Adam n’avait pas été trouvée une aide semblable à lui : or Dieu dit : faisons-lui une aide semblable à lui.

    Ici c’est la dernière phrase de la lecture qui est le texte du verset (2,20). Le texte du répons proprement dit se trouve deux versets plus haut, et c’est la dernière phrase de la première lecture… (Entre les deux phrases Dieu fait défiler les animaux pour que Adam les nomme.)

    . Immísit Dóminus sopórem in Adam, et tulit unam de costis eius:
    * Et ædificávit costam, quam túlerat Dóminus de Adam, in mulíerem, et adduxit eam ad Adam, ut vidéret quid vocáret eam:
    * Et vocávit nomen eius Virágo, quia de viro sumpta est.
    . Cumque obdórmísset, tulit unam de costis eius, et replevit carnem pro ea.
     . Et ædificávit costam, quam túlerat Dóminus de Adam, in mulíerem, et adduxit eam ad Adam, ut vidéret quid vocáret eam.
    Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto,
     . Et vocávit nomen eius Virágo, quia de viro sumpta est.

    Dieu envoya un sommeil sur Adam, et enleva une de ses côtes. Et il édifia la côte que le Seigneur avait prise d’Adam en une femme, et il la conduisit à Adam pour voir comment il l’appellerait. Et il appela son nom Virago, parce qu’elle a été prise de l’homme (vir). Alors qu’il dormait, il enleva une de ses côtes, et remplit la chair pour elle. Et il édifia la côte que le Seigneur avait prise d’Adam en une femme, et il la conduisit à Adam pour voir comment il l’appellerait. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Et il appela son nom Virago, parce qu’elle a été prise de l’homme.

    Comme pour le premier répons, celui-ci reprend la lecture (2,21-23), mais cette fois presque intégralement, avec des interversions dans le texte. Ce qui donne une sorte de kaléidoscope verbal, unique je crois dans l’année liturgique.

  • Sainte Bernadette

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    Extrait du « Mandement de Monseigneur l’évêque de Tarbes portant jugement sur l’Apparition qui a eu lieu à la Grotte de Lourdes », Bernard-Sévère Laurence, 18 février 1862.

    Le témoignage de la jeune fille présente toutes les garanties que nous pouvons désirer. Et d’abord, sa sincérité ne saurait être mise en doute. Qui n’admire, en l’approchant, la simplicité, la candeur, la modestie de cette enfant ? Pendant que tout le monde s’entretient des merveilles qui lui ont été révélées, seule, elle garde le silence ; elle ne parle que quand on l’interroge ; alors elle raconte tout sans affectation, avec une ingénuité touchante ; et, aux nombreuses questions qu’on lui adresse, elle fait, sans hésiter, des réponses nettes, précises, pleines d’à-propos, empreintes d’une forte conviction. Soumise à de rudes épreuves, elle n’a jamais été ébranlée par les menaces ; aux offres les plus généreuses, elle a répondu par un noble désintéressement. Toujours d’accord avec elle-même, elle a, dans les différents interrogatoires qu’on lui a fait subir, constamment maintenu ce qu’elle avait déjà dit, sans y rien ajouter, sans en rien retrancher. Ajoutons qu’elle est incontestée. Ses contradicteurs, quand elle en a eu, lui ont eux-mêmes rendu cet hommage.

    Mais, si Bernadette n’a pas voulu tromper, ne s’est-elle pas trompée elle-même ? N’a-t-elle pas été victime d’une hallucination ? – Comment pourrions-nous le croire ? La sagesse de ses réponses révèle dans cette enfant un esprit droit, une imagination clame, un bon sens au-dessus de son âge. Le sentiment religieux n’a jamais présenté en elle un caractère d’exaltation ; on n’a constaté dans la jeune fille, ni désordre intellectuel, ni altération des sens, ni bizarrerie de caractère, ni affection morbide, qui aient pu la disposer à des créations imaginaires. Elle a vu, non pas une fois seulement, mais dix-huit fois ; elle a vu d’abord subitement, alors que rien ne pouvait la préparer à l’événement qui s’est accompli, et durant la quinzaine, lorsqu’elle s’attendait à voir tous les jours, elle n’a rien vu pendant deux jours, quoiqu’elle se trouvât dans le même milieu et dans des circonstances identiques. Et puis, que se passait-il pendant les apparitions ? Il s’opérait une transformation dans Bernadette ; sa physionomie prenait une expression nouvelle, son regard s’enflammait, elle voyait des choses qu’elle n’avait plus vues, elle entendait un langage qu’elle n’avait plus entendu, dont elle ne comprenait pas toujours le sens, et dont cependant elle conservait le souvenir. Ces circonstances réunies ne permettent pas de croire à ne hallucination ; la jeune fille a donc réellement vu et entendu un être se disant l’Immaculée-Conception ; et, ce phénomène ne pouvant s’expliquer naturellement, nous sommes fondé à croire que l’apparition est surnaturelle.

  • Septuagésime

    La brève antienne de communion de ce dimanche est un bijou de plain chant, exprimant une chaleureuse et indéfectible confiance en la salvifique miséricorde de Dieu. La voici par les moniales d’Argentan, sous le direction de dom Gajard, qui écrit qu’elle est « saisissante de simplicité et de fraîcheur, merveilleuse aussi d’équilibre, avec le début si humble au grave, l’élan soudain à la dominante où elle s’épanouit, si sûre de la miséricorde divine, et le retour enveloppé vers la tonique ». Dom Gajard l’indique bien comme « communion de la Septuagésime », alors que l’enregistrement date de 1970, première année sans Septuagésime pour ceux qui, comme lui, ont obéi au diktat de Paul VI…

    Illúmina fáciem tuam super servum tuum, et salvum me fac in tua misericórdia : Dómine, non confúndar, quóniam invocávi te.

    Faites luire votre visage sur votre serviteur, et sauvez-moi par votre miséricorde ; Seigneur, que je ne sois pas confondu, car je vous ai invoqué.

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  • De la Sainte Vierge le samedi

    Heva mortis causa facta est homínibus; per ipsam enim mors ingréssa est in mundum: María vero causa vitæ, per quam génita est nobis vita, et per hanc Fílius Dei advénit in mundum: et ubi abundávit peccátum, ibi superabundávit et grátia: et unde illáta est mors, illinc procéssit et vita, ut vita pro morte fíeret: et qui per mulíerem nobis vita factus est, mortem ex mulíere indúctam exclúderet. Et quóniam illic Heva, cum adhuc esset virgo, per inobediéntiam transgréssa est: e contrário per Vírginem obediéntia grátia facta est, annuntiáto advéntu in carne de cælo, et vita ætérna.

    Ève devint cause de mort pour les hommes, car par elle la mort est entrée dans le monde. Marie, par contre ; fut cause de vie : par elle la vie fut engendrée pour nous et par elle le Fils de Dieu vint dans le monde. « Là où le péché a proliféré la grâce a surabondé » (Ro 5, 20). Par où la mort s’était introduite, de là jaillit la vie afin que la vie prenne la place de la mort. Ainsi celui qui, par une femme, était devenu Vie pour nous, bannirait la mort introduite par une femme. Et alors qu’Ève, encore vierge, avait péché par désobéissance, c’est au contraire par la Vierge que l’obéissance devint source de grâce, lorsque fut annoncé l’avènement dans la chair de celui qui venait du ciel ; c’est par elle que vint la vie éternelle.

    Lecture des matines, du livre de saint Epiphane contre les hérésies (livre 3). Bravo à celui qui a trouvé cette perle dans le fatras qu’est le « Panarion » de saint (?) Epiphane qui dénonce quelque 80 hérésies, mais pas les siennes (il était clairement iconoclaste, avant l’heure, et en persécutant saint Jean Chrysostome comme « hérétique » c’est lui qui se désignait comme tel).

  • Saints Faustin et Jovite

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    Faustin et Jovite, martyrisés en 120, sont les saints patrons de Brescia. Selon leur légende, poursuivis par la vindicte de Trajan, ils auraient subi toutes les tortures à Brescia, Milan, Rome, Naples, avant d’être décapités dans leur ville natale. Leur culte se répandit d’abord chez les bénédictins grâce à l’action de saint Petronax, de Brescia, qui fut le refondateur de l’abbaye du Mont Cassin.

    Image : la « Pala della Mercanzia », de Vincenzo Foppa (fin du XVe siècle). On voit Faustin en ornements sacerdotaux et Jovite en ornements de diacre : voyant avec quelle intrépidité ils prêchaient la foi, l’évêque de Brescia les avait ordonnés en cachette. Faustin est désigné sur le livre qu’il tient, où on lit semble-t-il : « haec est voluntas Dei quia sanctificatio nostra faustin ». Saint Paul avait écrit aux Thessaloniciens : « Hæc est enim voluntas Dei, sanctificatio vestra » : telle est la volonté de Dieu : votre sanctification. Quel est exactement le sens de l’inscription : telle est la volonté de Dieu, que Faustin soit notre sanctification ? (Le moins qu'on puisse dire est que la joie du salut n'est pas vraiment rayonnante...)

  • Saint Valentin

    Valentin était un prêtre romain qui mourut martyr sous l’empereur Claude II qui régna entre 268 et 270. Ce qui donne une date plutôt précise… mais on ne sait rien d’autre de ce martyr (à ne pas confondre avec saint Valentin évêque de Terni, martyr vers 346-347). Le pape Jules Ier (337-352) lui érigea une basilique, et il y eut trois autres églises Saint-Valentin à Rome. Sa fête se trouve dans tous les livres liturgiques romains, des plus anciens jusqu’au XXe siècle. En 1960 elle fut réduite à une mémoire, et elle fut supprimée en 1969. Autrement dit, s’il n’y avait pas la « forme extraordinaire du rite romain », la fête de « saint Valentin » serait paradoxalement une fête exclusivement profane, comme l’est aussi le « lundi de Pentecôte ».

    Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui beáti Valentíni Mártyris tui natalítia cólimus, a cunctis malis imminéntibus, ejus intercessióne, liberémur. Per Dóminum nostrum.

    Accordez-nous, s’il vous plaît, ô Dieu tout-puissant, que, célébrant la naissance au ciel du bienheureux Valentin votre Martyr, nous soyons délivrés, grâce à son intercession, de tous les maux qui nous menacent.

    Le corps de saint Valentin fut transféré au début du IXe siècle de sa basilique qui se trouvait hors de l’enceinte de la Ville à la basilique Sainte-Praxède pour qu’il ne risquât pas d’être profané par les Sarrasins, nous dit le cardinal Schuster. C’est pourquoi une mosaïque le représente dans cette église.

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  • Ave Regina cælorum

    Ave, Regína cœlórum
    Ave, Dómina angelórum,
    Salve, radix, salve, porta
    Ex qua mundo lux est orta.

    Salut, reine des cieux, Salut maîtresse des anges, Salut, racine, salut, porte, d'où est née la lumière du monde.

    Gaude, Virgo gloriósa,
    Super omnes speciósa ;
    Vale, o valde decóra
    Et pro nobis Christum exóra.

    Réjouis-toi, Vierge glorieuse, belle au-dessus de toutes, Salut, ô si splendide, et pour nous prie le Christ.

    Entre le 2 février et Pâques, l’antienne mariale qui conclut l’office divin est Ave Regina caelorum. C’est ce qui fut fixé dans le bréviaire de saint Pie V. Mais le texte n’était pas exactement celui que nous connaissons. Au lieu de « Salve, radix, salve, porta », on avait le plus souvent « Salve radix sancta », parfois « Salve radix et porta », ou « Salve virgo sancta ». C’est Urbain VIII (toujours lui) qui imposa « Salve, radix, salve, porta ». De même il y avait le plus souvent « Gaude gloriosa », sans « virgo », et à la fin « Et pro nobis semper Christum exora » : et prie toujours le Christ pour nous.

    Comme les autres antiennes mariales, elle a un ton simple et un ton solennel. Voici le ton simple, par les moines de Ganagobie.

    Et le ton solennel, par les moines de San Domingo de Silos.

    On remarque que le chant ne correspond pas à celui que l’on voit, qui est pourtant celui du Liber usualis. On trouve aussi sur Youtube l’interprétation des moines de Solesmes, qui est identique. Curieusement, ce chant (bénédictin?) correspond à celui qui est indiqué ci-dessous comme le chant dominicain, compte tenu des variantes du texte car le texte est ici celui d’avant Urbain VIII. Mystère… Mais je ne doute pas qu'un lecteur va m'éclairer...

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  • Les Sept Saints Fondateurs de l’ordre des Servites

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    Apparition de la Vierge aux 7 fondateurs des Servites, par Antonio Balestra (1666-1740)

    Sic patres vitam péragunt in umbra,
    Lília ut septem nívei decóris,
    Vírgini excélsæ bene grata, Petro
    Visa nitére.

    Ces Pères vénérables poursuivent leur vie dans l’obscurité ; Pierre les voit briller comme sept lis resplendissant de l’éclat de la neige, et bien chers à la Vierge très sainte.

    Jamque divína rapiénte flamma,
    Cúrsitant urbes, loca quæque obérrant,
    Si queant cunctis ánimis dolóres,
    Fígere Matris.

    Une divine flamme les dévore, ils parcourent les villes et les campagnes, ils voudraient imprimer dans tous les cœurs la pensée des douleurs de leur Mère.

    Hinc valent iras domuísse cæcas,
    Néscia et pacis fera corda jungunt,
    Erigunt mæstos, révocant nocéntes
    Dicta piórum.

    Ils ont le pouvoir de dominer les haines aveugles, et la parole de ces hommes saints unit dans le pardon et la paix les cœurs les plus farouches, console les affligés, convertit les pécheurs.

    At suos Virgo comitáta Servos
    Evehit tandem súperas ad oras ;
    Gémmeis sertis decórat per ævum
    Omne beátos.

    Mais la Vierge qui n’abandonne pas ses serviteurs les conduit enfin au rivage céleste et orne pour toujours leur front bienheureux de couronnes de pierres précieuses.

    Eja nunc cœtus gémitum precántis
    Audiant, duros vídeant labóres :
    Semper et nostris fáveant benígno
    Lúmine votis.

    Et maintenant, qu’ils prêtent l’oreille aux gémissements du peuple qui les prie, qu’ils voient nos pénibles travaux, et que, du sein de la céleste lumière, ils soient toujours favorables à nos vœux.

    Sit decus Patri, genitæque Proli,
    Et tibi, compar utriúsque virtus
    Spíritus semper, Deus unus omni
    Témpore ævo. Amen.

    Honneur soit toujours au Père et au Fils qu’il engendre, et à l’Esprit égal à t’un et à l’autre : honneur au seul Dieu dans tous les siècles. Amen.

    Hymne des laudes, de Mgr Vincent Tarozzi, secrétaire de la Secrétairerie des lettres latines, 1888.