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Liturgie

  • Saint Laurent

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    "Mausolée de Galla Placidia", Ravenne (Ve siècle), en fait oratoire dédié à saint Laurent.

    Troisième sermon de saint Augustin pour la fête de saint Laurent.

    Voici le jour où a triomphé le bienheureux Laurent ; le jour où il a foulé aux pieds la rage du monde et méprisé ses caresses; le jour où il l'a ainsi emporté sur les persécutions de l'enfer : c'est ce que nous assure l'Eglise romaine. Tout Rome redit en effet combien est glorieuse la couronne du saint martyr, quelle multitude de vertus, semblables à des fleurs variées, la font briller d'un vif éclat.

    On vous le répète habituellement : il exerçait dans l'Eglise même l'office de diacre. C'est là qu'il dispensait le sang divin du Christ, c'est là aussi que pour le nom du Christ il versa son propre sang. Il s'était donc assis avec prudence à la table du Tout-Puissant, de cette table dont viennent de nous parler ainsi les proverbes de Salomon : « Es-tu assis pour manger à la table d'un puissant ? Considère avec attention ce qui t'est servi, et en y portant la main, sache que tu dois le traiter semblablement ». Quel est le sens mystérieux de ce festin ? Le saint apôtre Jean le fait connaître clairement quand il dit : « De même que le Christ a donné sa vie pour nous, ainsi devons-nous donner la nôtre pour nos frères ». Saint Laurent comprit cette leçon, mes frères, il la comprit et la pratiqua, car il se disposait à rendre ce qu'il prenait à la table sacrée. Plein d'amour pour le Christ durant sa vie, il l'imita dans sa mort.

    Nous donc aussi, mes frères, imitons le Christ si nous l'aimons véritablement. Pouvons-nous lui mieux témoigner notre amour qu'en imitant son exemple ? Aussi bien « le Christ a souffert pour nous, nous laissant son exemple pour que nous marchions sur ses traces ». L'apôtre Pierre en parlant ainsi semble avoir compris que le Christ n'a souffert que pour ceux qui marchent sur ses traces, et que sa passion ne profite qu'à eux. Les saints martyrs l'ont suivi jusqu'à répandre leur sang, jusqu'à souffrir pour lui ; toutefois ils ne sont pas les seuls pour l'avoir suivi. Après leur passage, le pont n'a pas été détruit, ni la fontaine tarie après qu'ils y ont bu. Quelle est, d'ailleurs, l'espérance des vrais fidèles, soit qu'ils vivent dans la chasteté et l'union sous le joug du pacte matrimonial, soit qu'ils domptent les appétits de la chair dans la continence de la viduité, soit même qu'aspirant au point culminant de la sainteté et couronnés des fleurs toujours fraîches de la virginité, ils suivent l'Agneau partout où il va ? Quelle est leur espérance et la nôtre à tous en même temps, s'il n'y a pour suivre le Christ que ceux qui versent pour lui leur sang ? L'Eglise notre mère va-t-elle donc perdre tous ces enfants, à qui elle a donné le jour avec d'autant plus de fécondité qu'elle jouissait d'une paix plus complète ? Doit-elle pour ne les perdre pas, demander des persécutions, demander des épreuves nouvelles ? Nullement, mes frères. Eh ! comment peut-elle demander des persécutions, elle qui crie chaque jour : « Ne nous jetez pas dans la tentation ? »

    Il y a, il y a, oui, mes frères, il y a dans ce jardin du Seigneur, non-seulement la rose des martyrs, mais encore le lis des vierges, le lierre des époux et la violette des veuves. Non, mes bien-aimés, il n'y a aucun état dans le genre humain, qui puisse désespérer de sa vocation. Pour tous le Christ a souffert, et l'Ecriture dit avec vérité : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et qu'ils parviennent à la connaissance de la vérité ».

    Etudions maintenant comment sans répandre son sang et sans être exposé au martyre, le chrétien doit imiter Jésus-Christ. L'Apôtre dit, en parlant du Seigneur : « Il avait la nature divine et il ne crut pas usurper en s'égalant à Dieu ». Quelle majesté ! « Mais il s'est anéanti lui-même en prenant une nature d'esclave, en se faisant semblable aux hommes et reconnu homme par l'extérieur ». Quelle humilité ! Le Christ s'est abaissé : voilà, chrétien, à quoi t'attacher. Le Christ « s'est fait obéissant » : pourquoi t’enorgueillir ? Jusqu'où le Christ a-t-il obéi ? Jusqu'à s'incarner, tout Verbe qu'il était ; jusqu'à partager notre mortalité, jusqu'à être trois fois tenté par le diable, jusqu'à endurer les dérisions du peuple, jusqu'à souffrir d'être conspué et enchaîné, d'être souffleté et flagellé ; si ce n'est pas assez, « jusqu'à mourir » : et si le genre de mort est encore capable d'y contribuer davantage, « jusqu'à mourir sur la croix ». Tel est le modèle d'humilité qui doit servir de remède à notre orgueil.

    O homme ! pourquoi donc t’enfler ? Pourquoi te tenir si raide, ô peau de cadavre ? Pourquoi te gonfler, pourriture infecte ? Tu t'animes, tu gémis, tu t'échauffes, parce que je ne sais qui t'a fait quelque injure. Pourquoi demander à te venger ? Pourquoi cette soif ardente de représailles ? Pourquoi n'être tranquille qu'après avoir frappé celui qui t'a frappé ? Si tu es chrétien, cède le pas à ton Roi ; que le Christ se venge d'abord, car il ne s'est pas vengé encore, lui qui a tant souffert pour l'amour de toi. Cette haute majesté pouvait sans doute ne rien souffrir ou se faire justice immédiatement. Mais plus le Christ était puissant, plus il a voulu être patient ; car « il a souffert pour nous, il nous a donné l'exemple afin que nous marchions sur ses traces ».

    Ainsi donc vous le reconnaissez, mes bien-aimés, sans verser son sang, sans aller jusqu'à être enchaîné, emprisonné, flagellé, déchiré par les ongles de fer, nous pouvons souvent imiter le Christ.

    Mais après avoir parcouru ces humiliations et avoir dompté la mort, le Christ est monté au ciel : suivons l'y encore. Ecoutons l'enseignement d'un Apôtre : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, goûtez les choses d'en haut, puisque le Christ y est assis à la droite de Dieu ; cherchez les choses d'en haut et non, les choses de la terre ». Qu'on repousse tous les plaisirs temporels auxquels peut entraîner le monde ; qu'on méprise toutes les souffrances et tous les désagréments dont il menace. En agissant ainsi, on peut être sûr de marcher sur les traces du Christ et d'avoir le droit de dire avec l'apôtre saint Paul : « Notre vie est dans les cieux ».

    Afin toutefois que la vertu soit alors invincible, il faut que la charité ne soit pas une feinte charité. Aussi la vraie vertu nous vient-elle de Celui qui répand la charité dans nos cœurs. Saint Laurent n'aurait-il pas redouté les feux extérieurs sur lesquels on le jetait, si en lui n'avait brûlé la flamme intérieure de la charité ? Si donc, mes frères, ce martyr glorieux n'avait point peur des flammes épouvantables qui calcinaient son corps, c'est que son cœur était enflammé du désir le plus ardent des joies célestes. Comparée à l'ardeur qui brûlait son âme, la flamme allumée par les persécuteurs était toute froide. Aurait-il pu supporter des douleurs si multipliées et si aiguës, s'il n'eût aimé les chastes délices des récompenses éternelles ? Aurait-il enfin méprisé cette vie, s'il n'eût été attaché à une vie meilleure ? « Qui pourra vous nuire », dit l'apôtre saint Pierre ? « qui pourra vous nuire, si vous êtes attachés au bien ? » Quelque mal que te fasse endurer le persécuteur, que l'amour du bien t'empêche de fléchir. Car en aimant de tout ton cœur ce qui est bien, tu endureras avec patience et avec égalité d'humeur tous les maux possibles. En quoi tous les tourments infligés par les bourreaux à saint Laurent lui ont-ils nui ? N'est-il pas vrai que les supplices l'ont rendu plus illustre, et qu'en lui procurant une mort précieuse, ils nous ont ménagé ce grand jour de fête ?

  • Vigile de saint Laurent

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    (Bréviaire romain, vers 1480)

    A la vigile de saint Laurent (attestée dès le IVe siècle comme un événement liturgique important à Rome), on fait mémoire de saint Romain, qui est étroitement lié à saint Laurent.

    Selon la tradition, Romain était le soldat romain affecté à la garde de saint Laurent. Il fut tellement impressionné par la façon dont le diacre professait sa foi dans les interrogatoires et supportait son martyre, qu’il lui demanda de le baptiser. Romain à son tour confessa la foi avec courage, sous les coups de bâton, puis fut décapité, le 9 août.

    La collecte de la messe de saint Romain peut servir en tout temps et à tout le monde :

    Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, intercedénte beáto Románo Mártyre tuo, et a cunctis adversitátibus liberémur in córpore, et a pravis cogitatiónibus mundémur in mente.

    Faites, s’il vous plaît, Dieu tout-puissant, que par l’intercession du bienheureux Romain, votre Martyr, nous soyons délivrés de toute adversité corporelle, et que notre âme soit purifiée de toute pensée mauvaise.

  • La dictature

    L’évêque d’Arlington, en Virginie, Michael Burbidge, a publié son diktat contre la messe traditionnelle dans le diocèse. A partir du 8 septembre, sur les 21 lieux où elle est célébrée, il n’en restera que 8, et avec des restrictions (à commencer par l’interdiction de célébrer tout autre sacrement).

    Il y avait une messe quotidienne à la paroisse Saint-Jean de Front Royal : elle devra être célébrée dans un gymnase. L’église de la Sainte-Trinité de Gainesville avait trois prêtres qui célébraient la messe traditionnelle, ils devront se replier sur une école. Etc.

  • De la Sainte Vierge le samedi

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    Quam vília de seípsa sénserit édocet María, et quod omne quidquid boni mériti hábuit, hoc supérna grátia largiénte percéperit, dicens: Quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ; ecce enim ex hoc beátam me dicent omnes generatiónes. Húmilem quippe Christi ancíllam suo iudício se fuísse demónstrat: sed respéctu se grátiæ cæléstis repénte sublimátam pronúntiat, atque in tantum glorificátam, ut sua beatitúdo præcípua mérito cunctárum géntium voce mirétur. Addidit étiam adhuc divínæ pietátis múnera, quæ mirabíliter accépit, digna gratiárum actióne colláudans. Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen eius. Nihil ergo suis méritis tríbuit, quæ totam magnitúdinem ad illíus donum refert, qui essentiáliter potens et magnus exístens, fidéles suos de parvis atque infírmis, fortes fácere consuévit et magnos.

    Quand Marie dit : « Il s’est penché sur son humble servante, et désormais tous les âges me diront bienheureuse », elle nous apprend les humbles sentiments qu’elle a d’elle-même. Elle nous dit avoir reçu tout ce qu’il peut y avoir de bien en elle par largesse de la grâce divine. Elle montre, certes, qu’elle se considère comme la pauvre servante du Christ. Mais tout de suite, par respect de la grâce céleste, elle reconnaît sa noblesse et se dit tellement glorifiée que la voix de tous les peuples admirera à juste titre son singulier bonheur. Et ces faveurs de la divine bonté – ces faveurs qu’elle a si merveilleusement accueillies –, elle trouve même le moyen de les faire croître en chantant une digne action de grâces : « Le Puissant a fait pour moi des merveilles, Saint est son nom. » Elle n’attribue rien à ses propres mérites. Toute sa grandeur, elle la rapporte au don de celui qui est puissant et grand par essence, lui qui a coutume de rendre forts et grands ses fidèles, tout petits et faibles qu’ils soient.

    Saint Bède le Vénérable, 2e homélie sur la Visitation, lecture du bréviaire.

    L’icône est d’un type rare, son nom est Призри на смирение (Prizri na Smirénié): « Regardez l’humilité ». Il fait référence au mot du Magnificat : « Il a regardé l’humilité de sa servante ». Elle illustre bien le texte de saint Bède, car cette humilité va de pair avec la noblesse de la grâce et la faveur divine, celle de la royauté de son Fils qui est aussi la sienne : le sceptre et la couronne.

    La première icône « Regardez l’humilité » est « apparue », comme disent les Russes, près de Pskov en 1420, mais elle a disparu sans qu’on en ait de copies. Parmi les rares reprises du thème selon les documents consignés à la cathédrale de Pskov, la plus connue est celle du monastère de religieuses Saint-Vvedensky de Kiev, qui date du XIXe siècle. Elle appartenait à l’aumônier du monastère. Dans les années 1930, prévoyant qu’il allait être arrêté et tué, il confia l’icône à une religieuse. L’aumônier a été effectivement arrêté et tué, et le monastère a été fermé. La religieuse est devenue femme de ménage et a gardé précieusement l’icône. Dans les années 1960 elle put intégrer un monastère de Kiev, gardant l’icône dans sa cellule. Voyant qu’elle allait mourir, elle fit venir le fils du prêtre, avec lequel elle avait toujours été en contact, pour savoir quoi faire de l’icône. Le fils voulut qu’elle retourne à l’église Saint-Vvedensky, qui avait été rendue au culte.

    En 1993, le recteur de Saint-Vvedensky voulut restaurer l’icône qui était devenue très sombre sous son verre protecteur. Or quand on enleva le verre on s’aperçut que l’icône n’avait pas changé de couleurs, mais que sur le verre était apparu le dessin de l’icône, comme une empreinte argentée, alors qu’il n’y avait jamais eu de contact. Le bruit du miracle se répandant dans Kiev, des scientifiques exigèrent d’étudier la chose pour dénoncer la supercherie. Mais les experts des différents instituts scientifiques durent constater que le phénomène était inexplicable. La conclusion a été que l’empreinte est d’origine organique, qu’elle apparaît en négatif sur un fond sombre et en positif sur un fond blanc…

    En 1995, le saint Synode de l’Eglise orthodoxe ukrainienne (patriarcat de Moscou) a proclamé l’icône miraculeuse et institué sa fête le 16 (29) septembre, qui était déjà sa fête à Pskov au XVe siècle, et une autre fête pour célébrer le miracle (19 juillet – 1er août).

    Ci-dessous le verre à côté d'une copie de l'icône, puis l'icône en vrai.

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  • Sainte Marthe

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    (Eglise saint Jean-Baptiste, Nemours.)

    Le commentaire de saint Ambroise sur l'évangile du jour, qui fait le lien avec la péricope précédente : le bon Samaritain.

    Il a donc été question de la miséricorde. Mais il n'y a pas qu'une manière d'être vertueux. On montre ensuite, par l'exemple de Marthe et de Marie, dans les œuvres de l'une le dévouement actif, chez l'autre l'attention religieuse de l'âme à la parole de Dieu ; si elle est conforme à la foi, elle passe avant les œuvres elles-mêmes, ainsi qu'il est écrit : « Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. » Etudions-nous donc, nous aussi, à posséder ce que nul ne pourra nous enlever, en prêtant une oreille non pas distraite, mais attentive : car il arrive au grain même de la parole céleste d'être dérobé, s'il est semé le long de la route (Lc, VIII, 5, 12). Soyez, comme Marie, animé du désir de la sagesse : c'est là une œuvre plus grande, plus parfaite. Que le soin du ministère n'empêche pas la connaissance de la parole céleste. Ne reprenez pas et ne jugez pas oisifs ceux que vous verrez occupés de la sagesse : car Salomon le pacifique a cherché à l'avoir en sa demeure (Sag., IX, 10 ; Prov., VIII, 12). Pourtant on ne reproche pas à Marthe ses bons offices ; mais Marie a la préférence, pour s'être choisi une meilleure part. Car Jésus a de multiples richesses et fait de multiples largesses : aussi la plus sage a choisi ce qu'elle a reconnu être le principal. Par ailleurs les Apôtres n'ont pas jugé qu'il fût pour le mieux de délaisser la parole de Dieu et de servir aux tables (Act., VI, 2) ; mais les deux choses sont œuvre de sagesse, car Etienne aussi était rempli de sagesse et fut choisi comme serviteur. Donc que celui qui sert obéisse au docteur, et que le docteur exhorte et anime celui qui sert. Car le corps de l'Eglise est un, si les membres sont divers ; ils ont besoin l'un de l'autre ; « l'œil ne saurait dire à la main : je ne désire pas tes services, ni de même la tête aux pieds » (I Cor., XII, 12 ssq.), et l'oreille ne saurait nier qu'elle soit du corps. Car s'il en est de principaux, les autres sont nécessaires. La sagesse réside dans la tête, l'activité dans les mains ; car « les yeux du sage sont dans sa tête » (Eccl., II, 14), puisque le vrai sage est celui dont l'esprit est dans le Christ, et dont l'œil intérieur est levé vers les hauteurs ; aussi les yeux du sage sont dans sa tête, ceux du fou dans son talon.

  • Saints Nazaire et Celse, Victor, et Innocent Ier

    Extrait de la lettre du pape Innocent Ier à l’évêque Exupère de Toulouse, le 20 février 405.

    Il a été demandé comment il faut se comporter à l'égard de ceux qui, après le baptême, se sont livrés sans relâche à la volupté charnelle et qui, à la fin de leur vie demandent à la fois la pénitence et la réconciliation dans la communion.

    A leur endroit la prescription ancienne est plus sévère ; l'autre, récente, plus douce, par mesure de miséricorde. En effet suivant l'ancienne coutume on tenait à ce que leur soit accordée la pénitence, mais que la communion soit refusée. En effet, en ces temps lointains où les persécutions étaient fréquentes l'on refusait à bon droit la communion, de peur qu'en raison d'une paix obtenue trop facilement, les fidèles sûrs de leur réconciliation ne se laissent aller plus encore à l'apostasie ; mais la pénitence leur était accordée pour ne pas tout leur refuser, et la dureté des temps rendait le pardon plus difficile.
    Mais après que notre Seigneur eut rendu la paix à ses Eglises et que la terreur fut passée, l'on décida d'accorder la communion aux mourants - laquelle sera comme un viatique, grâce à la miséricorde divine, pour ceux qui vont trépasser, pour ne pas donner l'impression de suivre la dureté et la rigueur de l'hérétique Novatien qui niait la possibilité du pardon. On accordera donc la communion avec la pénitence in extremis : ainsi les hommes dont nous avons parlé, au moins à leurs derniers instants, et avec le consentement de notre Seigneur, seront défendus contre la damnation éternelle.

  • Saint Pantaléon

    En grec saint Pantéléimon, grand martyr et guérisseur, fêté en Orient à l’égal des autres saints anargyres Cosme et Damien.

    Extraits de la liturgie de sa fête, par Leonidas Asteris et Jean Chariatides, actuels archon protopsalte et archon lambadarios de la Grande Eglise du Christ. Mauvais enregistrement de 2008, mais le doxastikon des stichères des vêpres (à 04:30) est particulièrement remarquable. (Traduction du P. Denis Guillaume.)

    Stichères des vêpres

    Ὁ ἐπαξίως κληθεὶς Παντελεήμων, ὅτε τὸ φιλάνθρωπον πᾶσιν ἐφήπλωσας, τὴν τῶν ψυχῶν ἐπιμέλειαν, καὶ τῶν σωμάτων, τὴν θεραπείαν ἐπιδεικνύμενος, τότε τὴν φερώνυμον κλῆσιν ἐπλούτησας, τῆς ἀρετῆς τὴν ἀντίδοσιν, καὶ εὐσεβείας, ἀντιμισθίαν Μάρτυς εὑράμενος, στεφανηφόρος καὶ ἀήττητος, στρατιώτης δειχθεὶς τοῦ Θεοῦ ἡμῶν, ὃν ἱκέτευε σῶσαι, καὶ φωτίσαι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

    Pantéléïmon, toi le bien-nommé, * lorsque tu déployas l'amour des hommes sur tous, * en veillant sur les âmes et des corps prenant soin, * alors tu as reçu le nom qui te convient, * pour prix de ta vertu, comme honoraires de ta piété, * et t'es montré un invincible soldat * couronné par notre Dieu: * prie-le de sauver et d'illuminer nos âmes.

    Ὁ ἰαμάτων τὴν χάριν δεδεγμένος, ὅτε τὴν εὐσέβειαν πάντων προέκρινας, τῆς μητρικῆς ἀντεχόμενος, θεοσεβείας, καὶ πατρικὴν μισήσας δυσσέβειαν, τότε σου τήν ἔνθεον αἴγλην δεδώρηται, τῶν φωτισμάτων ἡ ἄβυσσος, ὁ φωτοδότης, τοῦ Θεοῦ Λόγος ὁ μεγαλόδωρος, θείᾳ προγνώσει προειδώς σου, Παντελεῆμον σοφὲ τὴν λαμπρότητα, ἣν ὑπέδειξας πᾶσιν, εὐσεβῶς, πολιτευσάμενος.

    Ayant reçu le pouvoir des guérisons, * lorsqu'à toute chose tu préféras la piété, * t'adonnant à la foi que ta mère pratiquait * et détestant l'impiété de ton père, * alors te donna son éclat divin * le Verbe de Dieu, cet océan de clartés, * dont la prescience prévoyait la splendeur * que tu allais montrer au monde par ta vie.

    Ὁ ἐξ αΰλων πηγῶν τοῦ σωτηρίου, τῶν θείων ἰάσεων ἀεὶ τὴν χάριν ἀντλῶν, καὶ δαψιλῶς ἀρυόμενος, καὶ διανέμων, τοῖς προσιοῦσί σοι παμμακάριστε, πάντας τούς τὴν ἔνδοξον σοῦ καὶ πανίερον, καὶ φωτοφόρον πανήγυριν, πιστῶς τελοῦντας, χάριτι θείᾳ τούτους καταύγασον, θεομιμήτῳ κεχρημένος, προσωνυμίᾳ σαφῶς καὶ χρηστότητι, ἣν δυσώπησον πᾶσι, δωρηθῆναι τοῖς ὑμνοῦσί σε.

    Toi qui puises sans cesse la grâce des guérisons * aux sources immatérielles du Sauveur, * qui les verses largement et distribues à qui s'approche de toi, * éclaire par grâce divine tous les fidèles célébrant * ta glorieuse, sainte et lumineuse festivité, * Bienheureux dont le nom et la bonté * sont à l'image du Dieu compatissant; * prie-le de prendre tous tes chantres en pitié.

     Doxastikon

    Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι.

    Ἐξέλαμψε σήμερον, ἡ σεβάσμιος μνήμη τοῦ Ἀναργύρου, τοὺς πιστοὺς συγκαλοῦσα πρὸς εὐωχίαν μυστικήν, καὶ πρὸς πανήγυριν ἑόρτιον ἄγουσα, τῶν φιλεόρτων τὰ συστήματα, Ἐπέστη γὰρ ἡμῖν θαυματουργὸς ἰατρός, τὰς νόσους πάντων ἰώμενος, Παντελεήμων ὁ στερρὸς ἀθλητής, καὶ πρεσβεύει ἐκτενῶς τῷ Κυρίῳ, εἰς τὸ σωθῆναι τὰς ψυχάς ἡμῶν.

    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit.

    En ce jour a brillé la vénérable mémoire de l'Anargyre, convoquant les fidèles à son banquet mystique et menant tous les amis de la fête à sa célébration festive ; car voici l'admirable médecin guérissant toute maladie, le vaillant martyr Pantéléïmon, qui prie sans cesse le Seigneur pour le salut de nos âmes.

     

    Doxastikon des apostiches

    Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι.

    Μητρικὴν ἀγαπήσας εὐσέβειαν, τὴν τοῦ πατρὸς διωρθώσω ἀσέβειαν, τῷ ἰατρῷ τῶν ψυχῶν στρατευσάμενος, ἰατρικῶς σεαυτὸν ἐξεπαίδευσας, καὶ θείᾳ χάριτι ἐν ἀμφοτέροις εὐδοκιμῶν, τῶν παθῶν ὀλοθρευτής, καὶ τῶν ψυχῶν θεραπευτὴς ἀναδέδειξαι. Ἀλλ' ὡς ἐν ἄθλοις τὸ εὔτονον, καὶ ἐν πρεσβείαις τὸ ἔμμονον κεκτημένος, Παντελεῆμον Μάρτυς τοῦ Χριστοῦ, ἐκτενῶς ἱκέτευε, τοῦ σωθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit.

    De ta mère ayant suivi la sainte foi, * tu corrigeas l’impiété paternelle * et, pour servir le Médecin des âmes, tu étudias l'art de guérir; * en tout domaine ayant, par grâce divine, réussi, * tu fais disparaître les douleurs * et tu deviens le guérisseur des âmes. * Toi qui te montres ferme au combat * et assidu dans la prière, * Témoin du Christ, intercède auprès de lui, * pour qu'il sauve nos âmes.

     

    Stichères des laudes

    Ἔλεος Θεοῦ μιμούμενος, Παντελεήμων σαφῶς, ὠνομάσθης κατάλληλον, προσλαβὼν τὸ ὄνομα, καὶ συμβαῖνον τῷ πράγματι· ὡς συμπαθὴς γάρ, ἐλεεῖς ἅπαντας, διπλῆν παρέχων τούτοις τὴν ἴασιν, τρέφων ἰώμενος, καὶ πρὸς γνῶσιν, Ἔνδοξε, καθοδηγῶν, θείαν καὶ ὑπέρλαμπρον, Χριστοῦ πανόλβιε.

    Imitant la miséricorde de Dieu, * tu as bien mérité, Pantéléïmon, * ce nom correspondant à la nature des faits; * car tu exerces envers tous la compassion, * leur accordant la double guérison, * toi qui les nourris, qui les soignes et les conduis * vers la connaissance divine et lumineuse du Christ.

    Ἔργον προνοίας τῆς ἄνωθεν, τὸ ἐπὶ σοὶ γεγονός, τηλαυγῶς ἀναδέδεικται· τῶν σωμάτων πάθη γάρ, θεραπεύειν σαφέστατα, Παντελεῆμον ἐκδιδασκόμενος, ψυχῶν ἐδείχθης ἰατρὸς ἕτοιμος, λόγῳ τῆς χάριτος, ἰατρεύων ἅπαντας, καὶ ζοφερᾶς, πλάνης ἐκλυτρούμενος, τοὺς σοὶ προστρέχοντας.

    Clairement ce qui advint à ton sujet * fut l'œuvre de la providence d'en-haut, * car ayant appris à soigner les souffrances du corps, * tu es devenu, Pantéléïmon, * le médecin des âmes toujours prompt, * délivrant des ténèbres de l'erreur * et, par la parole de la grâce, guérissant ceux qui accourent vers toi.

     

    Apolytikion

    Ἀθλοφόρε ἅγιε, καὶ ἰαματικὲ Παντελεῆμον, πρέσβευε τῷ ἐλεήμονι Θεῷ, ἵνα πταισμάτων ἄφεσιν, παράσχῃ ταῖς ψυχαῖς ἡμῶν.

    Victorieux martyr et guérisseur, saint Pantéléïmon, * intercède auprès du Dieu de miséricorde * pour qu'à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

  • Sainte Anne

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    "Anne, mère de la Théotokos", cathédrale de Faras (Nubie, VIIIe siècle).

    Santez Anna, Patronez vad,
    Beilhit bemdez
    War on tiegeziou breizad
    Gand karantez.

    Sainte Anne, bonne patronne
    veillez tous les jours
    sur nos maisons bretonnes
    avec amour.

    1 Patronez ar Vretoned,
    Or Mamm santez Anna,
    Dirazoc’h ni ’zo stouet
    Da bedi, da gana.

    Patronne des Bretons,
    notre mère sainte Anne,
    devant vous nous sommes agenouillés
    pour chanter et prier.

    2 Ho chapeliou en or Breiz
    D’an oll a zo digor,
    Hag enno ’teu leun a feiz,
    A-verniou, tud Arvor.

    Vos chapelles en Bretagne
    à tous sont ouvertes,
    et là, viennent pleins de foi,
    en foule, les gens de l’Arvor.

    3 E Keranna, bro-Wened,
    D’eur merour o pedi,
    Ho peus en em ziskouezet…
    Bennoz, o Mamm Vari !

    A Ker Anna, en pays de Vannes,
    à un métayer qui priait,
    vous vous êtes montrée…
    Soyez bénie, O mère de Marie !

    4 Savet war eun tron uhel,
    Gwechall gand on tadou,
    Bennigit, o Mamm zantel,
    On tud hag or madou.

    Du haut de ce trône
    que nos pères vous ont élevé,
    bénissez, o sainte Mère,
    nos gens et nos biens.

    5 Mirit e peb ti kristen,
    Bleunienn ar zantelez,
    Grit ma karimp da viken,
    Jezuz hag ar Werhez.

    Protégez en chaque foyer chrétien
    la fleur de sainteté ;
    faites-nous aimer à jamais
    Jésus et la Vierge.

    Eliane Pronost (1933-2007) chante les couplets 1 et 4.

    *

    D'or Mamm Zantez Anna

    Intron Santez Anna

    O Mater patriæ, et la bannière de 1954

    Fœcunda radix Isaï

    Sic fingit tabernaculum Deo

    O Anna, bonorum radix omnium, et O Anna Mamm Mari

    Stichères des vêpres byzantines

    Sainte Anne byzantine en Sicile

    Dom Guéranger, sainte Anne et Vannes : Lucis beatæ gaudiis

  • Sainte Brigitte en Suède

    Samedi 23 juillet, jour de la naissance au ciel de sainte Brigitte de Suède, Mgr Czeslaw Kozon, évêque de Copenhague (Danemark), a célébré une messe pontificale traditionnelle dans l’ancien couvent des franciscains de Ystad, en Suède. Bravo à tous pour cet impressionnant témoignage catholique dans un pays qui n’est même plus luthérien.