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Liturgie

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Salvatóris orígo dissímilis, sed natúra consímilis est: humáno usu et consuetúdine caret; sed divína potestáte subníxum est, quod Virgo concéperit, quod Virgo pepérerit, et Virgo permánserit. Opórtuit enim ut primam Genetrícis virginitátem nascéntis incorrúptio custodíret, et complácitum sibi claustrum pudóris, et sanctitátis hospítium divíni Spíritus virtus infúsa serváret, qui statúerat deiécta erígere, confrácta solidáre, et superándis carnis illécebris multiplicátam pudicítiæ donáre virtútem; ut virgínitas, quæ in áliis non póterat salva esse generándo, fíeret et in áliis imitábilis renascéndo.

    L’origine du Sauveur est différente mais sa nature est semblable à la nôtre. Il échappe aux usages habituels de l’humanité mais il relève de la puissance divine qu’une vierge ait conçu, qu’une vierge ait enfanté, et qu’elle soit restée vierge. Il a fallu que l’intégrité de l’enfant garde dans sa fraîcheur la virginité de la mère et que la vertu infuse de l’Esprit divin conserve l’enclos de pudeur, asile de sainteté, qui lui était agréable. Car il avait décidé de relever les ruines, de consolider les brèches et de donner à la chasteté une force décuplée pour vaincre les attraits de la chair ; de la sorte, la virginité qui, pour les autres ne pouvait que se perdre par le fait d’engendrer, deviendrait même pour d’autres objet d’imitation par le fait de naître à nouveau.

    Sermon 22 de saint Léon le Grand, lecture des matines.

  • Saint Antoine

    Doxastikon et tropaire, par George Demelis, église Saint-Denys-l’Aréopagite d’Athènes.

    Τῶν Μοναστῶν τὰ πλήθη, τὸν καθηγητὴν σε τιμῶμεν Ἀντώνιε· διὰ σοῦ γὰρ τὴν τρίβον, τὴν ὄντως εὐθεῖαν, πορεύεσθαι ἔγνωμεν. Μακάριος εἶ, τῷ Χριστῷ δουλεύσας, καὶ ἐχθροῦ θριαμβεύσας τὴν δύναμιν. Ἀγγέλων συνόμιλε, τοῦ Παύλου συμμέτοχε τοῦ Θηβαίου· μεθ᾿ ὧν πρέσβευε τῷ Κυρίῳ, ἐλεηθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

    Nous tous les moines, nous t'honorons, Père saint, comme notre guide spirituel ; par toi, nous avons appris à marcher sur le droit chemin; bienheureux es-tu d'avoir servi le Christ en triomphant de la puissance de l'Ennemi, compagnon des anges, collègue de Paul de Thèbes ; avec eux prie le Seigneur d'avoir pitié de nos âmes.

    Τὸν ζηλωτὴν Ἠλίαν τοῖς τρόποις μιμούμενος, τῷ Βαπτιστῇ εὐθείαις ταῖς τρίβοις ἑπόμενος, Πάτερ Ἀντώνιε, τῆς ἐρήμου γέγονας οἰκιστής, καὶ τὴν οἰκουμένην ἐστήριξας εὐχαῖς σου· διὸ πρέσβευε Χριστῷ τῶ Θεῷ, σωθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

    Imitant par ta vie le zèle d'Elie et suivant le droit chemin du Baptiste, ô Père Antoine, tu peuplas le désert et par tes prières affermis l'univers ; prie donc le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

  • Saint Marcel Ier

    VERIDICVS • RECTOR • LAPSOS • QVIA • CRIMINA • FLERE
    PRAEDIXIT • MISERIS • FVIT - OMNIBVS • HOSTIS • AMARVS
    HINC • FVROR • HINC • ODIVM • SEQUITVR • DISCORDIA • LITES
    SEDITIO • CAEDES • SOLVVNTVR • FOEDERA • PACIS
    CRIMEN • OB • ALTERIVS • CHRISTVM • QVI • IN • PACE • NEGAVIT
    FINIBVS • EXPVLSVS • PATRIAE • EST • FERITATE • TYRAMNI
    HAEC • BREVITER • DAMASVS • VOLVIT • COMPERTA • REFERRE
    MARCELLI • VT • POPVLVS • MERITVM • COGNOSCERE • POSSIT

    Parce que, en vrai Pasteur, il avait ordonné aux pécheurs de pleurer leurs fautes,
    Il fut considéré par tous les méchants comme un adversaire
    D’où la fureur, la haine, la discorde, la querelle, plein de fiel.
    La sédition, les massacres ; le lien de la concorde fut brisé
    Par les artifices iniques de quelqu’un qui, au temps même de la paix, avait renié le Christ.
    Il fut expulsé du sol paternel par la cruauté du tyran.
    Damase, à qui tout cela est parfaitement connu, a voulu le rapporter succinctement,
    Afin que le peuple connaisse le mérite de Marcel.

    Cette épigraphe de saint Damase ne fait pas mention de ce que racontent les plus tardifs Gesta Marcelli : saint Marcel condamné à servir comme esclave dans les écuries impériales jusqu’à la mort, ce qu’on trouvera dans la Légende dorée (et dans le bréviaire) et donnera lieu à illustrations.

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  • Saint Maur

    Dans le calendrier romain c’est aujourd’hui la fête de saint Paul, premier ermite, l’homme qui vécut seul près de cent ans sous son palmier… Dans le calendrier monastique c’est la fête de saint Maur, le grand disciple de saint Benoît. Voici l’une des hymnes propres pour la congrégation de France (mais elle existait avant la Révolution), avec la traduction de dom Guéranger :

    Maurum concelebra, Gallia, canticis,
    Qui te prole nova ditat, et inclyti
    Custos imperii, regia protegit
    Sacro pignore lilia.

    Gaule, consacre tes chants à la gloire de Maur, c’est lui qui t’enrichit d’une nouvelle famille ; gardien de ton illustre empire, il protège, par sa tombe sacrée, les lis de tes rois.

    Hic gentilitiis major honoribus,
    Spretis lætus adit claustra palatiis,
    Calcat delicias, prædia, purpuram,
    Ut Christi subeat jugum.

    Plus grand que les honneurs de sa naissance, il méprise les palais, et s’enfuit joyeux sous l’ombre du cloître ; les délices, les héritages, la pourpre, il foule tout aux pieds, pour porter le joug du Christ.

    Sancti propositam Patris imaginem
    Gestis comparibus sedulus exprimit;
    Spectandis pueri lucet in actibus
    Vitæ norma monasticæ.

    Plein de zèle, il exprime dans ses actions les traits du bienheureux Père ; dans la vie merveilleuse d’un enfant, brille la règle de la vie monastique.

    Se sacco rigidus conterit aspero,
    Frænat perpetui lege silentii;
    Noctes in precibus pervigil exigit,
    Jejunus solidos dies.

    Dur à lui-même, il se couvre d’un cilice ; pour toujours il s’enchaîne sous la loi du silence ; la nuit, il veille dans la prière, et le jeûne remplit ses journées.

    Dum jussis patriis excitus advolat,
    Sicco calcat aquas impavidus pede,
    Educit Placidum gurgite sospitem,
    Et Petro similis redit.

    A l’ordre du Père, il vole, intrépide, et, d’un pied sec, il foule les eaux ; il arrache et sauve Placide de l’abîme, et revient, comme Pierre autrefois.

    Laudem jugis honor sit tibi Trinitas,
    Quæ vultus satias lumine cœlites!
    De sanctæ famulis tramite Regulæ
    Mauri præmia consequi.
    Amen.

    Que l’éternel honneur de la louange à vous soit rendue, ô Trinité, qui rassasiez les habitants du ciel de la lumière de votre visage ; accordez à vos serviteurs d’arriver à la récompense de Maur, par le sentier de la Règle sainte. Amen.

  • Saint Hilaire

    Hymne du propre de Poitier, composée par Simon Gourdan (1646-1729), chanoine régulier de l’abbaye royale de Saint-Victor à Paris (traduction dom Guéranger).

    Non fraus magnanimum, non favor aut minae,
    Athletam quatiunt jussa tyrannidis
    Explens, Pastor oves linquere cogitur;
    Quis jam contineat lupos ?

    Ni la fraude, ni la faveur des princes, ni leurs menaces, n’ébranlent l’athlète magnanime ; Pasteur, il est contraint par un ordre tyrannique de quitter son troupeau. Qui désormais repoussera la fureur des loups ?

    Ergo, Praesul, abis ? dum generosa mens
    Te parere facit, Gallia lacrymas
    Fundat: terra Phrygum suscipiens patrem,
    Verbi vindice gaudeat.

    Tu pars, ô Pontife ! Mais tandis que ton grand cœur se soumet à l’exil, la Gaule est baignée dans les larmes ; et la terre de Phrygie, qui reçoit en toi un père, va se réjouir de posséder en toi le vengeur du Verbe.

    Erroris latebras Doctor Hilarius
    Spargit luce nova, fonteque vivido
    Expurgat nocuis pascua faecibus.
    Gentes erudit efferas.

    Puissant Docteur, il illumine du flambeau d’une lumière nouvelle les ténèbres sous lesquelles se cachait l’erreur ; ses eaux vives nettoient les pâturages souillés d’un impur limon ; il éclaire des nations que l’infidélité rendait encore féroces.

    Ipsos dum titubant, instituit fide
    Pastores: redeunt mox ad ovilia,
    Quos error timidos abstulerat procul,
    Et vocem Patris audiunt.

    Il confirme dans la foi des pasteurs chancelants : on voit revenir vers leurs troupeaux les gardiens timides que l’audace de l’hérésie en avait éloignés ; la voix d’Hilaire est pour eux la voix d’un père.

    Praesul magne, poli qui super ardua
    Solem justitiae cominus adspicis ;
    Verbum nos doceat, quaesumus, impetra,
    Cujus dogmata praedicas.

    Sublime Pontife, qui, au plus haut des cieux, contemples de près le Soleil de justice, obtiens qu’il daigne nous éclairer, ce Verbe dont tu nous as fait connaître l’essence.

    Mundani metuant imperii ducem,
    Qui terram sapiunt : Caesaris haud timet
    Infensi furias pastor, et asserit
    Christi liberius fidem.

    Qu’ils tremblent en présence du prince de ce monde ceux qui ne goûtent que les choses terrestres ; pour Hilaire, il dédaigne les fureurs d’un César irrité ; il n’affirme qu’avec plus de liberté la pure foi du Christ.

    Patri maxima laus, maxima Filio,
    Foecundo generat quem Pater in sinu,
    Aequum Principio, numine comparem
    Sacro maxima Flamini. Amen.

    Louange suprême au Père ; honneur égal au Fils que le Père engendre de son sein fécond : au Fils, égal au Principe, semblable en divinité ; louange pareille à l’Esprit divin. Amen.

  • Baptême du Seigneur

    Doxastikon des matines byzantines de la Théophanie, par Théodore Vassilikos.

    Νάματα Ἰορδάνια περιεβάλου Σωτήρ,ὁ ἀναβαλλόμενος φῶς ὡς ἱμάτιον·καὶ ἔκλινας κορυφὴν τῷ Προδρόμῳ ὁτὸν οὐρανὸν μετρήσας σπιθαμῇ, ἵναἐπιστρέψῃς κόσμον ἐκ πλάνης, καὶ σώσῃςτάς ψυχὰς ἡμῶν.

    Tu t’es enveloppé des flots du Jourdain, ô Sauveur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, et tu as incliné la tête devant le Précurseur, ô Seigneur qui mesures la terre avec ton empan, afin que le monde revienne de son erreur, et que tu sauves nos âmes.

    Le grec utilise le même verbe βάλλω, qui veut dire « jeter », avec deux préfixes :  péri : autour – jeter autour de soi, donc s’envelopper dans un vêtement – puis ana : jeter en haut, en arrière, donc revêtir une cape. Jésus s’enveloppe dans l’eau du Jourdain et se revêt de lumière, en même temps. Je ne vois pas comment on pourrait garder cette unité en français.

    « Revêtu de lumière comme d’un manteau » est une citation exacte du psaume 103, en latin « amictus lumine sicut vestimento ».

    Dieu qui « mesure la terre avec son empan » est une allusion à Isaïe ; 40, 12 : « Qui a mesuré les eaux avec sa main, et le ciel avec son empan, et toute la terre avec son poing ? », verset que saint Jean Chrysostome cite dans son commentaire du psaume 103. Lequel est le psaume de la Création, ce qui souligne que le baptême est une re-Création.

  • La Sainte Famille

    Qui était soumis ? et à qui ? Un Dieu, à des hommes ! Oui, le Dieu à qui les Anges sont soumis, à qui les Principautés et les Puissances obéissent, était soumis à Marie ; et non seulement à Marie, mais aussi à Joseph à cause de Marie. Admire donc l’un et l’autre, et vois ce qui te paraît plus admirable, de la très gracieuse condescendance du Fils ou de la très glorieuse dignité de ses parents. Dés deux côtés, sujet d’étonnement ; des deux côtés, miracle. Qu’un Dieu obéisse à la créature humaine, voilà une humilité sans exemple, et que la créature humaine commande à un Dieu, voilà une sublimité sans égale. Dans les louanges décernées aux vierges, on chante ceci en particulier qu’elles suivent l’Agneau partout où il va. Eh bien, de quelles louanges ne jugez-vous pas digne celui qui va même devant lui ?

    Homme, apprends à obéir ! Terre, apprends à accepter la subordination ! Poussière, apprends à te soumettre ! L’évangéliste a dit en parlant de ton Créateur : « Et il leur était soumis » ; il n’est pas douteux que ce ne soit à Marie et à Joseph. Rougis, cendre orgueilleuse ! Un Dieu s’abaisse, et toi, tu t’élèves ! Un Dieu se soumet aux hommes et toi, cherchant à dominer les hommes, tu te mets au-dessus de ton Créateur ! En effet, chaque fois que je désire parmi les hommes la prééminence, chaque fois je m’efforce de passer avant Dieu ; et alors vraiment je ne goûte pas ce qui est de Dieu. Car c’est de lui qu’il a été dit : « Et il leur était soumis ». O homme, si tu ne daignes pas imiter l’exemple d’un homme, il ne sera certes pas indigne de toi de suivre ton Créateur. Si tu ne peux, sans doute, le suivre partout où il ira, daigne au moins le suivre jusqu’où il a voulu descendre pour toi.

    Si tu ne peux marcher dans le sentier sublime de la virginité, suis au moins ton Dieu dans la voie très sûre de l’humilité. Si quelques-uns, tout en étant vierges, se sont écartés de cette voie droite, eux non plus, pour dire la vérité, ne suivent pas l’Agneau partout où il va. L’humble qui est souillé suit l’Agneau, l’orgueilleux qui est vierge le suit aussi, mais aucun des deux ne le suit partout où il va : le premier ne pouvant s’élever à la pureté de l’Agneau qui est sans tache, et le second ne daignant pas descendre à la douceur de cet Agneau qui s’est tu, non seulement devant celui qui le tondait, mais encore devant son bourreau. Et pourtant le pécheur, en s’humiliant, a choisi un meilleur parti que celui de l’orgueilleux qui est vierge, puisque l’humble satisfaction de celui-là efface sa souillure, tandis que l’orgueil de celui-ci souille sa pureté.

    Saint Bernard, premier sermon sur Missus est, lecture des matines.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Ingréditur hæc mundi ínfima Jesus Christus Fílius Dei de cælésti sede descéndens, et a patérna glória non recédens, novo órdine, nova nativitáte generátus. Novo órdine, quia, invisíbilis in suis, visíbilis factus est in nostris; incomprehensíbilis vóluit comprehéndi; ante témpora manens, esse cœpit ex témpore. Nova autem nativitáte génitus est, concéptus a Vírgine, natus ex Vírgine, sine patérnæ carnis concupiscéntia, sine matérnæ integritátis injúria, quia futúrum hóminum Salvatórem talis ortus decébat, qui et in se habéret humánæ substántiæ natúram, et humánæ carnis inquinaménta nescíret.

    Jésus-Christ, le Fils de Dieu, fait son entrée dans la bassesse de ce monde. Il descend de son siège céleste sans quitter la gloire de son Père. Il est engendré par une disposition nouvelle, par une naissance nouvelle. Disposition nouvelle, car, invisible en lui-même, il se rend visible en notre nature ; insaisissable, il veut être saisi ; lui qui subsiste avant le temps, il commence à exister dans le temps. Il est engendré aussi par une naissance nouvelle ; conçu par une vierge, né d’une vierge, sans intervention d’un père, sans préjudice pour l’intégrité de sa mère ; telle est la naissance qui convenait au futur Sauveur des hommes, lui qui posséderait en soi la nature de la condition humaine tout en ignorant les souillures de la chair humaine.

    Saint Léon le Grand, sermon 22, lecture des matines

  • Civitas non eget sole

    « Ingressa » (introït) de l’Epiphanie dans la liturgie ambrosienne (mais toujours à Cologne...).

    Civitas non eget sole neque luna ut luceant ei, quoniam claritas Dei illuminat eam, et ambulabunt gentes in lumine ejus, et reges terrae offerunt claritatem suam in ea.

    La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, parce que la clarté de Dieu l’illumine, et les peuples marchent à sa lumière. Et les rois de la terre y font offrande de leur éclat.

  • Illuminare Jerusalem

    ℟. Illuminare, illuminare, Jerusalem : venit lux tua, * et gloria Domini super te orta est.
    . Et ambulabunt gentes in lumine tuo et reges in splendore ortus tui. * Et gloria Domini super te orta est.
    Gloria Patri et Filio et Spiritui sancto.
    * Et gloria Domini super te orta est.

    Resplendis, resplendis, Jérusalem, elle est venue, ta lumière : et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Et les nations marcheront en ta lumière, et les rois en la splendeur de ton aurore.