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Liturgie

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Amplectámur Maríæ vestígia, fratres mei, et devotíssima supplicatióne beátis illíus pédibus provolvámur. Teneámus eam nec dimittámus, donec benedíxerit nobis ; potens est enim. Nempe vellus est médium inter rorem et áream : múlier inter solem et lunam : Maria inter Christum et Ecclésiam constitúta. Sed forte miráris, non tam vellus opértum rore, quam amíctam sole mulíerem. Magna síquidem familiáritas, sed mira omníno vicínitas solis et mulíeris. Quómodo enim in tam veheménti fervóre tam frágilis natúra subsístit ? Mérito quidem admiráris, Móyses sancte, et curiósius desíderas intuéri. Verúmtamen solve calceaménta de pédibus tuis, et involúcra pone carnálium cogitatiónum, si accédere concupíscis.

    Embrassons les pas de Marie, mes frères, et, dans la plus dévote des supplications, roulons-nous à ses pieds bénis. Tenons-les bien et ne la laissons point partir (1) qu'elle ne nous ait bénis (2), car elle est puissante. Assurément elle est la toison placée entre la rosée et l’aire (3), la femme entre le soleil et la lune (4) : Marie a été établie entre Jésus-Christ et son Église. Mais peut-être vous étonnerez-vous moins de voir une toison humide de rosée qu'une femme vêtue du soleil ? Car si ces mots nous sont familiers, leur rapprochement est pourtant étonnant. En effet, comment une nature si fragile peut-elle subsister dans une si grande chaleur ? Tu as raison de t'en étonner, saint Moïse, et de vouloir voir cette merveille de plus près, mais il faut auparavant que tu ôtes les chaussures de tes pieds, et que tu laisses là toutes les enveloppes des pensées charnelles, si tu désires y accéder (5).

    1. Cantique des cantiques 3,4.
    2. Genèse 32,26.
    3. Juges 6,36-40.
    4. Apocalypse 12,1.
    5. Exode 3,2-5.

    Saint Bernard, lecture des matines. (Sermon pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption.)

    On retrouve le début de ce texte dans le Psautier de la Sainte Vierge qui fut attribué à saint Bonaventure, constitué de 150 dizains. C’est au « psaume » 14 :

    Amplectamur Mariae vestigia peccatores,
    et ejus beatis pedibus provolvamur.
    Teneamus eam fortiter, nec dimittamus,
    donec ab ea meruerimus benedici.

  • Saint Jean de Kenty

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    Ce tableau, montrant le miracle de saint Jean de Kenty réparant la cruche brisée, sur la place du marché de Cracovie (on reconnaît la basilique Sainte-Marie), est de Tadeusz Żukotyński (1855–1912), peintre polonais qui s’installa aux Etats-Unis et qui a essentiellement réalisé des peintures religieuses pour nombre d’églises. Celle-ci se trouve au-dessus du maître autel de l’église Saint-Jean de Kenty de Chicago (St John Cantius).

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    Cette église a été confiée à une communauté de chanoines qui a pris le nom de Chanoines réguliers de Saint Jean de Kenty : Canons Regular of St. John Cantius. Leur particularité est qu’ils célèbrent quotidiennement la messe dans les deux formes du rite romain, le dimanche une messe basse et une messe chantée de l’une et l’autre forme, la messe de Paul VI étant également chantée en grégorien. Les chanoines ont le culte du beau, et la paroisse compte pas moins de 7 chœurs, éventuellement accompagnés d’un orchestre.

    Sur leur site on trouve un résumé de la vie de saint Jean de Kenty, dont voici une traduction.

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  • Saint Pierre d’Alcantara

    Lorsque les consolations spirituelles manquent à quelqu'un, la manière d'y remédier est celle-ci : qu'il ne laisse pas pour cela l'exercice ordinaire de l'oraison, quoiqu'elle lui paraisse sans goût et de peu de fruit ; mais qu'il se mette en la présence de Dieu comme un coupable et comme un criminel, qu'il examine sa conscience, et qu'il voie si ce n'est point par sa faute qu'il a perdu cette grâce ; qu'il supplie le Seigneur, avec une entière confiance, de lui pardonner, et de faire éclater les richesses inestimables de sa patience et de sa miséricorde en le supportant, et en accordant le pardon à qui ne sait que l'offenser. De cette manière, il tirera du profit de sa sécheresse, prenant occasion de s'humilier davantage à la vue de ses nombreux péchés, et d'aimer Dieu d'un plus grand amour à la vue de cette bonté infinie qui les lui pardonne. Et quoiqu'il ne trouve pas de goût dans ces exercices, qu'il se garde bien de les quitter, parce qu'il n'est pas nécessaire que ce qui doit nous être avantageux, soit toujours accompagné de goût et de consolation. Du moins constate-t-il par l'expérience que toutes les fois que l'homme persévère dans l'oraison avec un peu d'attention et de soin, faisant bonnement le peu qu'il peut, il en sort à la fin consolé et joyeux, voyant que de son côté il a fait quelque petite chose de ce qui était en son pouvoir. Celui-là fait beaucoup, aux yeux de Dieu, qui fait tout ce qu'il peut, quoiqu'il puisse peu. Notre Seigneur ne regarde pas tant les richesses de l'homme, que son pouvoir et sa volonté. Celui-là donne beaucoup, qui désire donner beaucoup, qui donne tout ce qu'il a, et qui ne se réserve rien pour lui. Ce n'est pas beaucoup que de rester longtemps en oraison, lorsqu'on y trouve de grandes consolations. Ce qui est vraiment beaucoup, c'est que, lorsque la dévotion est petite, l'oraison soit longue, et qu'elle soit accompagnée de beaucoup plus d'humilité, de patience et de persévérance dans les bonnes œuvres.

    (…)

    Il n'y a pas de plus grande gloire au monde que d'imiter le Sauveur dans les vertus. Or, entre ses vertus, une de celles qui tiennent un rang très éminent, c'est d'avoir enduré tout ce qu'il a souffert, sans admettre dans son âme aucun genre de consolation. Ainsi, quiconque souffrira et combattra de la sorte, sera un imitateur d'autant plus insigne de Jésus-Christ, qu'il se verra plus complètement privé de tout genre de consolation. C'est là boire le calice de l'obéissance tout pur, sans mélange d'aucune autre liqueur. C'est l'épreuve principale, où se révèle la fidélité des amis, et où l'on voit s'ils sont véritables ou non.

    Traité de la dévotion, IV

  • Saint Luc

    Intervéniat pro nobis, quǽsumus, Dómine, sanctus tuus Lucas Evangélista : qui crucis mortificatiónem iúgiter in suo córpore, pro tui nóminis honóre, portávit. Per Dóminum nostrum.

    Nous vous en prions, Seigneur, que votre saint Évangéliste Luc intercède pour nous, lui qui n’a jamais cessé de porter dans son corps la mortification de la croix, pour l’honneur de votre nom.

    La collecte de la messe de saint Luc est très étrange. Elle ne ressemble pas à celles des autres apôtres et évangélistes, qui sont très générales (y compris pour saint Pierre et saint Paul), conformément d’ailleurs aux principes qui gouvernent les plus anciennes collectes. Or celle de saint Luc évoque quelque chose de précis, qui concerne précisément saint Luc… mais dont on ne trouve trace dans aucun écrit, qu’il soit authentique ou légendaire.

    En outre, le moins qu’on puisse dire est que les liturgistes et autres historiens de l’Eglise ne se précipitent pas pour donner leurs explications. Quand un rare prédicateur tente d’apporter une réponse, c’est pour paraphraser le texte d’une façon qui ne résout rien, car l’explication vaut pour tout chrétien, qui doit se mortifier constamment en portant la croix du Christ… Nul ne conteste que saint Luc l’ait fait, mais pourquoi le dire dans sa collecte, et pas celle d’une multitude d’autres saints pour lesquels on peut en outre donner des exemples concrets de mortification ?

    « Fr. Z » s’honore d’avoir tenté de résoudre l’énigme, mais sa réponse n’est qu’à demi satisfaisante. Selon lui, la collecte fait référence au lien très fort entre saint Luc et saint Paul. Et l’on appliquerait à saint Luc le propos de saint Paul disant qu’il porte en son corps les stigmates du Seigneur Jésus.

    C’est ce que l’on trouve aussi dans l’Année liturgique de dom Guéranger (le cardinal Schuster et dom Parsch sont quant à eux muets…). Le texte n’est sans doute pas de dom Guéranger (ce qui est sûrement de lui s'arrêtant à la Pentecôte) mais il est très joliment tourné :

    Discrète tendresse et dévouement silencieux furent votre part en la grande œuvre où, trop souvent délaissé et trahi, l'Apôtre des nations vous trouva non moins fidèle au temps du naufrage et de la captivité que dans les beaux jours. C'est donc à bon droit que l'Eglise vous fait application de la parole où Paul disait de lui-même : Sans cesse angoissés, persécutés, abattus, nous promenons tous vivants la mort de Jésus dans nos corps ; mais cette mort sans fin manifeste aussi la vie du Seigneur en notre chair mortelle. Ce fils de l'homme que votre plume inspirée nous fit aimer dans son Evangile, que votre pinceau nous montra dans les bras de sa Mère, vous le révélez une troisième fois au monde par la reproduction en vous-même de sa propre sainteté.

  • Sainte Marguerite-Marie

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    « Cette image est la première qui a été vénérée sous le titre du Sacré-Cœur de Jésus dans le noviciat du monastère de la Visitation Sainte-Marie de Paray. »

    Elle a été réalisée en 1685 sur les indications de sainte Marguerite-Marie Alacoque. Description par l’abbé Cucherat (Histoire populaire de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque et du culte du Sacré Cœur de Jésus, 1878) :

    « Le Cœur, entouré de la couronne d'épines, est surmonté d'une croix ; il porte l'empreinte des trois clous sacrés, deux en haut, et l'autre en bas. Au milieu est figurée l'ouverture par la lance, et dans cette ouverture on lit le mot du mystère : Charitas. Autour de la couronne, en commençant par le haut, on lit : Jesus, Maria, Joseph, Joachim, Anna. »

  • Sainte Hedwige

    Il y a 750 ans, en 1267, le pape Clément IV canonisait Jadwiga de Silésie, Hedwige (ou Edwige), femme du duc Henri, patronne de la Silésie, de la Pologne, du mariage et de la famille, morte 23 ans auparavant dans le monastère cistercien de Tzrebnica qu’elle avait fondé.

    Mais c’est seulement en 1680, à la demande du roi Jean III Sobieski, que le pape Innocent XI étendit son culte à toute l’Eglise.

    Hedwige marchait toujours pieds nus, comme les plus pauvres des plus pauvres de son peuple. Le duc Henri trouvait cela très inconvenant et demanda à son confesseur d’obliger la duchesse à porter des chaussures. Ce qu’il fit. Alors, au nom de l’obéissance, Hedwige porta toujours des chaussures : accrochées à une ficelle.

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    Reconstitution du visage de sainte Hedwige de Silésie, par les scientifiques de l’école de reconstruction de Wrocław, en 1995. A partir du crâne du reliquaire de Trzebnica (qu’on a retrouvé enveloppé de soie bleue rehaussée de perles) et d’une mâchoire conservée dans un reliquaire de la cathédrale de Wrocław. La question était de savoir si la mâchoire allait correspondre au crâne… Car on n’a pas toujours été regardant avec les reliques… Or ce fut le cas, sans l’ombre d’un doute, avec les mêmes traces d’arthrite d’un côté comme de l’autre. Mieux encore, les traces d’inflammation aiguë dans l’articulation temporo-mandibulaire (entre la mâchoire et le crâne) peuvent s’expliquer par de longues prières sur un sol froid et le fait de marcher pieds nus même en hiver.

    *

    C’est un 16 octobre (1978) que fut élu pape le Polonais Karol Wojtyła, « pape de la famille ».

    *

    Et c’est aussi l'anniversaire de l'ordination épiscopale de mon évêque :

    Deus, omnium fidelium pastor et rector, famulum tuum Raymundum, quem pastorem ecclesiæ Venetensi præesse voluisti, propitius respice : da ei, quæsumus, verbo et exemplo, quibus præest, proficere : ut ad vitam, una cum grege sibi credito, perveniat sempiternam. Per Dominum nostrum…

  • 19e dimanche après la Pentecôte

    Si ambulávero in médio tribulatiónis, vivificábis me, Dómine : et super iram inimicórum meórum exténdes manum tuam, et salvum me fáciet déxtera tua.

    Quand j’aurai marché au milieu des tribulations, vous me vivifierez, Seigneur ; vous étendrez votre main contre la fureur de mes ennemis et votre droite me sauvera.

    Si l’on ne regarde que le texte, l’offertoire de ce dimanche commence mal… Malgré le « si », il est clair que je vais au-devant de tribulations. Mais la mélodie nous dit d’emblée qu’il ne faut pas s’en faire. Elle marche d’un pas décidé et saute du sol au do où elle s’accroche avant de redescendre et de rebondir… Le mot « tribulationis » est certes habillé de dépression et de plainte sur le si bécarre, mais cela est tout de suite oublié par la marche de la mélodie qui reprend comme si rien n’était, exactement comme au début, mais en se posant plus longtemps sur ce do qui est l’ultra-dominante. Et face à la colère de mes ennemis, qui monte jusqu’au ré, le Seigneur étend sa main, et il a le bras long, l’index pointé sur l’ennemi en fuite, longuement, toujours sur la dominante, avant que la mélodie redescende sur la tonique de façon majestueuse : la victoire de Dieu est ma victoire.

    Avant le XIIIe siècle, cet offertoire avait, comme la plupart, deux versets, pris dans le même psaume (137) :

    In quacumque die invocavero te, exaudi me, Domine: multiplicabis in anima mea virtutem tuam.

    En quelque jour que je vous invoque, exaucez-moi, Seigneur, vous augmenterez votre puissance en mon âme.

    Adorabo ad templum sanctum tuum et confitebor nomini tuo, Domine, super misericordia tua et veritate tua.

    J’adorerai dans votre saint Temple, et j’acclamerai votre nom, Seigneur pour votre miséricorde, et votre vérité.

    On voit ces versets par exemple dans le graduel de Notker qui date de l’an mil environ, ou celui de Saint-Gall du XIe siècle. On le voit encore dans un graduel prémontré du XIIe siècle.

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  • Saint Calixte

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    Il peut paraître curieux que le personnage central du portail nord de la cathédrale de Reims (début du XIIe siècle), avec tiare et rational du grand prêtre, soit saint Calixte. Un pape, certes, mais dont on ne savait presque rien jusqu’au XIXe siècle, au point que la collecte de sa messe ne cite même pas son nom.

    La raison en est que la cathédrale de Reims abrite les reliques de saint Calixte, qui avaient été transférées de Rome à Brescia, puis de Brescia au monastère de Cysoing (Nord…) par Evrard de Frioul, puis de Cysoing à Reims lorsque le fils d’Evrard fit don du monastère à l’église de Reims, à la fin du IXe siècle.

    Dans son poème de 29.000 vers latins à la métrique impeccable (d’où le titre d’opuscula metrica) sur les triomphes du Christ et des saints, Flodoard, chanoine de Reims (et important historien), né aux alentours du moment où les reliques arrivèrent à Reims, nous dit au chapitre 8 du livre 4 que « longtemps après » son martyre, le corps de Calixte, « par volonté divine », fut transféré à Reims, et que lui et le saint évêque martyr Nicaise sont les « deux luminaires de notre ville », qui « ornent et gardent les remparts par le bouclier de leur prière »…

  • Saint Edouard le Confesseur

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    Spectacle insolite, le 19 juillet 2013 : Dom Alban Nunn, moine de l’abbaye d’Ealing (Londres), célèbre une messe de Requiem selon l’usus antiquior au tombeau de saint Edouard le Confesseur, pour le repos de l’âme de la reine Edith, épouse restée vierge du roi vierge saint Edouard.

    Le tombeau de saint Edouard III se trouve dans l’abbaye de Westminster, qui fut d’abord construite par ce roi et qui est anglicane depuis la Réforme.

    Le 13 octobre est la date de la translation de ses reliques, en 1163.

  • Le bienheureux Charles de Blois

    Benoît XIV avait refusé de reconnaître que Charles de Blois eût été canonisé, puisqu’on ne pouvait pas lui fournir de document qui l’attestent. Le culte du duc de Bretagne était pourtant si répandu et persistant que saint Pie X lui donna officiellement, en 1904, le titre de « bienheureux ».

    Depuis lors, il a été établi que Charles de Blois a été canonisé par Grégoire XI en Avignon le 10 septembre 1376, et que le pontife a célébré la messe de canonisation le lendemain 11 septembre dans l’église des dominicains. Puis il a quitté Avignon pour Rome deux jours après, et l’on n’a jamais retrouvé la bulle de canonisation. Mais dès 1380 on voit Du Guesclin, dans son testament, demander qu’on fasse deux pèlerinages pour lui, l’un à « saint Yves de Tréguier », l’autre à « saint Charles de Guingamp ».

    On sait que Charles de Blois représentait le « parti français » contre Jean de Montfort qui représentait le « parti anglais », au long d’une longue bataille de succession qui se solda par la mort de Charles de Blois à la bataille d’Auray en 1364.

    La réputation de sainteté de Charles de Blois allait conduire inéluctablement à sa canonisation. Le duc Jean IV fit tout ce qu’il put pour empêcher l’enquête, car si Charles de Blois était canonisé il devenait le meurtrier d’un saint… Mais Charles de Blois multipliait les miracles post mortem. Parmi ces miracles il y eut celui de l’image de Dinan. Un franciscain de Dinan avait fait peindre sur le mur de la chapelle des scènes de la vie de saint François. Charles, qui était alors duc de Bretagne en titre, demanda qu’on l’y représentât à genoux devant saint François. Ce qui fut fait. En 1368, Jean IV, duc de Bretagne depuis le traité de Guérande de 1365, réunit la noblesse bretonne à Dinan. Hébergé par les franciscains, il s’irrite de voir représenté son concurrent, qui plus est arborant les armes de Bretagne. Il demande qu’on fasse disparaître cette peinture. On badigeonne aussitôt le portrait avec de la chaux. Le lendemain 2 février, à la messe de la Purification de la Sainte Vierge, le duc constate qu’il a été obéi. Le 3 à l’heure de prime, un franciscain constate que du sang paraît couler de l’endroit où était l’image. Une dizaine de personnes font la même constatation : deux filets rouges sortent de l’image, autour de la poitrine et au niveau du cou (endroit où Charles avait été mortellement blessé). On prévient le duc. Le chevalier Geoffroy Budes se rend sur place, pose son doigt à l’endroit d’où coule le sang et en effet il essuie une goutte de sang, qu’il montre à la foule, convaincu du fait. Ce sont des centaines de personnes qui se réunissent dans l’église, sous les ricanements des Anglais, qui percent le mur pour découvrir la supercherie des franciscains… mais ne trouvent rien d’autre que du mortier.

    Jean IV fit sortir les gens de l’église, en fit fermer les portes, et ordonna de détruire la peinture, accusant les franciscains d’avoir causé un scandale passible de mort. Mais les franciscains firent appel à un chevalier anglais qu’ils confessaient et celui-ci, après avoir recueilli les témoignages de tous les frères, réussit à calmer Jean IV. Lequel écrivit au pape Urbain V pour s’inquiéter de l’éventuelle ouverture d’une enquête de canonisation. Le pape lui répondit qu’il n’y avait aucune demande pour l’heure mais que s’il y en avait une il procéderait « comme l’exige le droit et la justice ». Moins d’un an plus tard il ouvrait cette enquête, signalant qu’on l’avait « détourné de cette affaire plusieurs fois ».

    (Fête dans les diocèses de Quimper, Vannes et Saint-Brieuc.)