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Liturgie

  • Vigile des saints Pierre et Paul

    L’introït chante déjà ce qui sera la fin de l’évangile du jour, soulignant donc l’annonce de la mort de saint Pierre.

    Dicit Dóminus Petro : Cum esses júnior, cingébas te et ambulábas, ubi volébas : cum autem senúeris, exténdes manus tuas, et álius te cinget et ducet, quo tu non vis : hoc autem dixit, signíficans, qua morte clarificatúrus esset Deum.
    Cæli enárrant glóriam Dei : et ópera mánuum eius annúntiat firmaméntum.

    Le Seigneur dit à Pierre : lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais : mais lorsque tu seras vieux, tu étendras les mains et un autre te ceindra et te conduira où tu ne voudras pas : or il dit cela pour marquer par quelle mort il devait glorifier Dieu.
    Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie les œuvres de ses mains. (Psaume 18)

    Voici la lettrine du Dicit dans le Graduel de Notker, attestant de l’antiquité de cette messe puisque c’est le premier graduel noté que nous ayons (Xe siècle).

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    Et le voici chanté, dans la seule version que j’ai trouvée sur internet après une longue recherche. C’est sur le site du diocèse de La Crosse, aux Etats-Unis (qui fut le diocèse du cardinal Burke). On peut regretter le mélange de voix masculines et féminines, et surtout l’outrance des répercussions, qui casse le phrasé. Mais on ne peut que remercier les chanteurs et le site.


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  • Notre Dame du perpétuel secours

    Selon les rubriques de 1960, les messes « in aliquibus locis », qui étaient autrefois réservées aux lieux où les autorités les permettaient, peuvent être célébrées partout. Or le 27 juin la fête « en certains lieux » de Notre Dame du perpétuel secours ne vient en occurrence avec aucune fête du calendrier.

    Notre Dame du perpétuel secours, c’est d’abord une icône, dont on trouvera le résumé de l’histoire ici.

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    Cette icône crétoise de la fin du XVe siècle est peut-être la première des icônes dites Notre Dame de la Passion. Elle est fondée sur celle de la Vierge Hogiditria, « qui montre le chemin » : elle tient Jésus sur son bras gauche, et en regardant le spectateur elle montre Jésus de son bras droit : c’est lui le chemin. (C'est l'icône traditionnellement attribuée à saint Luc.)

    Ici, Jésus tient la main de sa mère, et au lieu d’être de face il regarde en arrière. Ce qu’il voit lui a fait peur et il a couru vers sa mère, si vite qu’il en perd une sandale (ce qui fait partie du canon de l’icône). Cela nous parle en fait de Gethsémani. Jésus est confronté à sa Passion. Car les archanges, qui sont simplement en gloire dans les icônes Hogiditria, présentent ici à Jésus les instruments de sa Passion. Michel, à gauche, tient l’urne de vinaigre, le roseau et la lance. Gabriel, à droite, porte la croix et les clous.

    Marie regarde le spectateur, comme toujours, pour lui dire que ce que montre l’icône le concerne. Ici, nous sommes appelés à entrer dans la contemplation de la Passion. Et la sandale n’est pas anecdotique : on enlevait sa sandale pour exercer son droit de rachat (voir Ruth 4). Et c’est bien ce que Jésus est venu faire : racheter les hommes. Le droit de rachat s’exerçait sur le plus proche : nous sommes tous les plus proches du Verbe qui s’est fait homme.

    La main de Marie reste ouverte : nous aussi nous pouvons accourir vers elle, car chez elle est le perpétuel secours.

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  • Le psautier d’Aliénor d’Aquitaine

    Je découvre par Fdesouche que le psautier d’Aliénor d’Aquitaine a été mis en ligne par la Bibliothèque nationale des Pays-Bas, où il se trouve.

    Les tableaux du début, qui illustrent les travaux des champs (au fil du calendrier) puis la vie du Christ, sont plutôt décevants (je trouve le dessin fade et mou). Le plus beau travail est sans doute celui de la calligraphie des psaumes, avec chaque première lettre de verset en or, et la lettrine initiale… qui est souvent incongrue (mais ce n’est pas inhabituel).

    Une page du psautier :

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    La lettrine de "Domine" du psaume 8 (Seigneur notre Dieu, que ton nom est admirable sur toute la terre) :

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    La lettrine du psaume 97 :

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  • Saints Jean et Paul

    On sait que le culte des saints Jean et Paul, derniers martyrs de Julien l’Apostat en 362, a été immédiat. Leur messe et leur office sont manifestement antiques. En témoigne par exemple la simplicité et la grandeur toute romaine des antiennes du jour :

    Paulus et Joánnes dixérunt Juliáno : Nos unum Deum cólimus, qui fecit cælum et terram.

    Paul et Jean dirent à Julien : Nous n’adorons qu’un Dieu, qui a fait le ciel et la terre.

    Paulus et Joánnes dixérunt Terentiáno : Si tuus dóminus est Juliánus, habéto pacem cum illo : nobis álius non est, nisi Dóminus Jesus Christus.

    Paul et Jean dirent à Térentianus : Si Julien est ton Seigneur, conserve la paix avec lui ; pour nous, nous n’avons point d’autre Seigneur que Jésus-Christ.

    Joánnes et Paulus, agnoscéntes tyránnidem Juliáni, facultátes suas paupéribus erogáre cœpérunt.

    Jean et Paul, connaissant la tyrannie de Julien, commencèrent à distribuer leurs biens aux pauvres.

    Joánnes et Paulus dixérunt ad Gallicánum : Fac votum Deo cæli, et eris victor mélius quam fuísti.

    Jean et Paul dirent à Gallican : Fais un vœu au Dieu du ciel, et tu sera plus heureusement vainqueur que tu ne l’as été.

    L’antienne de Magnificat est particulièrement remarquable. Elle cite d’abord Apocalypse 11,4 et 6, et ajoute que si ces martyrs ont le pouvoir de fermer et d’ouvrir le ciel c’est que leurs langues sont devenues les clefs du ciel.

    Isti sunt duæ olívæ, et duo candelábra lucéntia ante Dóminum ; habent potestátem cláudere cælum núbibus et aperíre portas eius, quia linguæ eórum claves cæli factæ sunt.

    Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui luisent devant le Seigneur ; ils ont le pouvoir de fermer le ciel en le couvrant de nuages, et d’en ouvrir les portes, car leurs langues sont devenues comme les clefs du ciel.

    Leurs langues sont devenues comme les clefs du ciel. Saint Bernard reprend cette expression dans un sermon de la Pentecôte, en parlant des langues des apôtres. Ce qui en effet leur convient encore davantage. C’est que cette antienne était justement devenue aussi un répons du « commun de deux apôtres », donc fatalement des apôtres Pierre et Paul, notamment chez les cisterciens (mais aussi dans le bréviaire romain avant qu’il perde son 9e répons), avec comme verset

    Isti sunt duo filii splendoris qui assistunt dominatori universae terrae.

    Ceux-ci sont les deux fils de la splendeur qui assistent le Dominateur de toute la terre.

    Ici il s’agit d’une citation de Zacharie 4, texte qui est évidemment (il s’agit des deux oliviers de part et d’autre du candélabre) la source de l’Apocalypse. C’est de cette citation dont Guerric d’Igny (très remarquable disciple de saint Bernard) fait tout un sermon pour la fête des saints Pierre et Paul. Au lieu des « fils de la splendeur » on voit aussi les « fils de la clarté », les « fils de l’huile » (comme dans la Vulgate, ce qui renvoie aux oliviers), les « fils de la graisse » (c’est-à-dire de la prospérité résultant de la bénédiction divine). Guerric d’Igny en reprend deux versions, ou plutôt avait les deux dans sa Bible : les « fils de l’huile de splendeur ».

    Voici le répons dans l’antiphonaire cistercien de Salzinnes (Namur), qui date de 1455 :

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  • 3e dimanche après la Pentecôte

    Offertoire

    Sperent in te omnes, qui novérunt nomen tuum, Dómine : quóniam non derelínquis quæréntes te : psállite Dómino, qui hábitat in Sion : quóniam non est oblítus oratiónem páuperum.

    C’est en vous que se confient tous ceux qui ont connu votre nom, Seigneur, car vous n’abandonnez point ceux qui vous cherchent. Chantez le Seigneur qui habite en Sion, car il n’a pas oublié la prière des pauvres.

    On remarquera le travail accompli par le compositeur sur le texte, pour n’en garder que ce qui l’intéressait. Voici le texte complet du psaume 9, 11-13 selon le « psautier romain » qui est ici utilisé :

    et sperent in te omnes qui noverunt nomen tuum
    quoniam non derelinques quaerentes te Domine
    psallite Domino qui habitat in Sion
    adnuntiate inter gentes mirabilia ejus
    quoniam requirens sanguinem eorum memoratus est
    et non est oblitus orationem pauperum.

    Le compositeur n’a conservé que ce qui concerne spécifiquement la prière de ceux qui cherchent Dieu et qui connaissent son nom. Et pour réaliser ce qui est peut-être le plus beau dans sa mélodie, il a fait passer « Domine » de la fin du deuxième stique à la fin du premier, afin d’obtenir « nomen tuum Domine », avec l’affirmation de la majesté divine sur « nomen tuum », immédiatement suivie de la vénération (habituelle) sur « Domine ».

    On voit aussi que le motif qui lance la mélodie (sur Sperent) se retrouve identique sur nomen, quaerentes, psallite, et par allusion en d’autres endroits (dont les trois premières notes sur non derelinquis).


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  • Nativité de saint Jean Baptiste

    Le plus grand des hommes a donc été envoyé pour rendre témoignage à Celui qui est plus qu'un homme. Quand en effet celui que nul ne surpassa parmi les enfants des femmes, s'écrie: « Je ne suis pas le Christ », et que devant le Christ il s'humilie, c'est que sûrement le Christ est plus qu'un homme. Veux-tu aller à Jean, le plus grand des hommes? Mais le Christ est plus qu'un homme. Ainsi donc en voyant le précurseur, cherche le Juge; crains le Juge en entendant la voix de son héraut. Jean est un envoyé; il a prédit l'apparition prochaine du Messie. Quel témoignage lui rend-il ? Ecoute : « Je ne mérite pas, dit-il, de dénouer les courroies de sa chaussure ». — Comprends-tu bien, ô homme, ce que tu ferais alors? — « Quiconque s'abaisse sera élevé ». — Que dit-il encore du Christ? « Nous avons tous reçu de sa plénitude ». Tous, qu'est-ce à dire? C'est que patriarches, prophètes ou apôtres sacrés, envoyés avant ou après l'Incarnation, « nous avons tous reçu de sa plénitude ». Nous sommes comme des vases; il est, lui, la Source.

    Si donc nous avons bien compris ce mystère, Jean, mes frères, est un homme, le Christ est Dieu. Que l'homme donc s'humilie; c'est Dieu qui doit être élevé. Pour apprendre à l'homme à s'humilier, Jean est né le jour où commencent à décroître les jours; et pour enseigner qu'il faut exalter Dieu, le Christ est né le jour où les jours commencent à croître. Mystère profond ! Si nous célébrons la naissance de Jean comme celle du Christ, c'est que cette naissance aussi est remplie d'enseignements sacrés. De quels enseignements ? De ceux qui nous montrent en quoi consiste notre grandeur. Afin de croître divinement, diminuons humainement. Humilions-nous en nous-mêmes pour grandir en Dieu. (In homine minuamur, in Deo crescamus. In nobis humiliemur, ut in illo exaltemur.)

    Les morts différentes de Jean et du Christ nous montrent aussi cette grande vérité d'une manière frappante. Pour dire à l'homme de diminuer, Jean a perdu la tête; pour lui dire aussi combien il doit exalter Dieu, le Christ a été élevé en croix. Jean a été envoyé pour nous servir de modèle et pour nous attacher au Verbe. Tant que puisse se vanter l'orgueil humain, si éminente que soit la sainteté dont il se flatte, qui jamais égalera Jean ? Toi qui t'estimes grand, jamais, qui que tu sois, tu ne seras ce qu'il était. Il n'était pas né encore, et déjà par son tressaillement dans le sein maternel il prédisait la prochaine naissance du Seigneur. Est-il rien de plus sublime que cette sainteté? Imite-la, écoute ce qu'il dit du Christ : « Nous avons tous reçu de sa plénitude». C'est le flambeau qui te montre durant la nuit la source où lui-même a bu : « Nous avons tous reçu de sa plénitude. — Nous tous » : il est la Fontaine, nous sommes des vases; il est le Jour, nous sommes des flambeaux. Triste faiblesse humaine ! c'est avec un flambeau qu'on cherche le jour.

    Saint Augustin, sermon 289, 5.

  • Le Très Saint Cœur de Jésus

    Si l'on pèse bien, en effet, les arguments sur lesquels se fonde le culte du Cœur transpercé de Jésus, il est évident pour tout le monde qu'il ne s'agit pas là d'une dévotion quelconque qu'il est loisible à chacun de sous estimer et de dédaigner, mais d'un hommage religieux apte entre tous à conduire à la perfection chrétienne. Car si la dévotion, selon la traditionnelle définition théologique proposée par S. Thomas, « n'est rien d'autre, semble-t-il, qu'une volonté de se donner avec empressement à ce qui regarde le service de Dieu », peut on concevoir un service de Dieu plus convenable et plus nécessaire, plus noble aussi et plus doux, que celui qui prétend servir son amour ? Y a-t-il aux yeux de Dieu rien de plus agréable et de plus précieux que ce service voué à la divine charité, et ce par un motif d'amour ? Car tout service spontanément offert est un don, et l'amour « est le premier de tous, celui par lequel tous les autres dons gratuits sont octroyés ». Il faut donc faire le plus grand cas de cette dévotion, grâce à laquelle l'homme honore et aime Dieu davantage et se dédie plus facilement et plus aisément à la divine charité ; dévotion que notre Rédempteur a daigné proposer et recommander lui même au peuple chrétien, et que les Souverains Pontifes ont défendu dans des documents mémorables et qu’ils ont couvert de grands éloges. Il serait téméraire et dommageable et ce serait offenser Dieu lui même que de faire peu de cas de cet insigne bienfait donné par Jésus Christ à son Église.

    Ceci étant, il est hors de doute que les fidèles qui rendent hommage au Sacré-Cœur du Rédempteur satisfont par là au très grave devoir qu’ils ont de servir Dieu, en même temps que de se consacrer totalement à leur Créateur et Rédempteur, eux mêmes et tout ce qui est leur - sentiments intimes ou activités – et d’obéir ainsi au divin commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta vigueur ». Ils ont en outre la ferme certitude d'être poussés à honorer Dieu non pas d’abord par intérêt personnel concernant le corps ou l'âme, la vie présente ou la vie éternelle, mais bien à raison de la bonté de Dieu lui même, auquel ils s'efforcent de rendre hommage en en répondant à son amour, en l'adorant et en lui témoignant la reconnaissance qu’ils lui doivent. Entendu autrement le culte du Sacré-Cœur de Jésus ne répondrait pas au caractère authentique de la religion chrétienne, car l'homme n'aurait plus alors principalement en vue par cet hommage l'amour divin ; et il arrive parfois qu'on doive, à juste titre, reprocher un amour et un souci excessifs de soi-même à ceux qui comprennent mal cette très noble dévotion ou ne la mettent pas convenablement en pratique. Que tous se persuadent donc bien que, dans la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, ce n'est pas aux œuvres extérieures de piété que revient la première place ; et l'essentiel n'est pas dans les bienfaits à obtenir : car si le Christ Seigneur a voulu les garantir par des promesses privées, c'est afin de pousser les hommes à remplir avec plus de ferveur les grands devoirs de la religion catholique, à savoir l'amour et l'expiation, et à pourvoir également au mieux, par là même, à leur avantage spirituel.

    Pie XII, encyclique Haurietis aquas, 62-63.

  • Saint Paulin de Nole

    La vie de saint Paulin de Nole (et d’abord de Bordeaux) est fascinante. Ce personnage était l’un des plus riches et influents sénateurs romains. Il devint même consul de Rome. Puis il quitta tout et fonda un hospice à Nole. Il aurait bien accepté de devenir portier, mais on le fit prêtre, puis évêque. Il eut une importante correspondance avec saint Augustin.

    La dernière lettre que nous ayons de lui est adressée à « ses enfants » Eucher et Galla et commence par l’évocation de ses « chers fils » Gelase, Augende et Tigride. Il ne s’agit pas de ses enfants : Paulin eut seulement un fils qui mourut en bas âge. Eucher est saint Eucher, futur évêque de Lyon, qui vit alors avec sa femme Galla dans les îles de Lérins (à Lero, comme le précise Paulin). Alors que ce « vénérable père Honoré » est saint Honorat, fondateur de l’abbaye de Lérins et futur archevêque d’Arles. Gelase, Augende et Tigride sont des moines de Lérins qui ont été envoyés par saint Honorat visiter saint Paulin. Cet environnement de sainteté, partout où se pose le regard, est émouvant. (On peut continuer longtemps, car Paulin avait connu saint Martin, il écrivait aussi à saint Sulpice Sévère et à saint Alypius de Tagasthe, le grand ami de saint Augustin, à saint Amand, saint Delphin, saint Apre, saint Victrice….)

    Paulin Evêque à mes très chers, très honorables, et très saints enfants Eucher et Galla.

    Notre Seigneur et notre Dieu soit béni de la bonté qu'il a eue de satisfaire mes désirs, m'ayant donné plus de satisfaction que je ne souhaitais dans la visite que m'ont rendue mes très chers fils Gelase, Augende, et Tigride , qui m'ont été envoyés par notre illustre frère en Jésus-Christ, le vénérable Prêtre Honoré, à qui Dieu a inspiré comme à vous le soin de me consoler. Car leur ayant demandé avec empressement l'état de votre santé, et ce que vous faisiez (non que je doutasse de Vos saintes occupations) ils me répondirent que grâces à. Dieu vous vous portiez très bien, que vous étiez toujours saintement occupés à la pratique de la vertu, que vous travailliez tous deux conjointement à renoncer au monde, et que vous ne pensiez qu'aux moyens d'acquérir le Ciel.

    Je me souvenais bien que ces chers enfants qui m'avaient rendu visite de votre part l’année passée, m'avoient appris le lieu de votre demeure aussi bien que celle du vénérable Père Honoré, et qu'ils m'avoient dit que vous n'étiez pas beaucoup éloignés les uns des autres, n'étant séparés que par un petit rocher, qui divise deux îles, dont l’une se nomme Lero et l'autre Lérins.

    C’est pourquoi ceux-ci m'ayant dit qu'ils venaient du Monastère de Lérins, je me suis en même temps souvenu du nom de l'autre île, où vous vous êtes retirés pour être éloignés du bruit et du commerce du monde. C'est ce qui m'a donné occasion de vous écrire, pour vous marquer la reconnaissance que j'aurai toute ma vie de la bonté que vous avez pour moi, et qui me fait croire que mes lettres ne vous seront pas désagréables, vous étant particulièrement rendues par ces chers enfants que vous aimez, et qui ont eu la charité de s'en charger.

    Recevez donc avec plaisir dans ce peu de paroles les marques de la tendresse de cœur et de la parfaite amitié que j'ai pour vous. Regardez, et conservez cette lettre comme un gage de la charité qui doit nous unir intimement. J’espère que Vous la recevrez en parfaite santé, et que si vous trouvez occasion de me récrire par les mêmes Messagers, vous le ferez au plus tôt.

    Je crois que vous m'auriez fait cet honneur, si vous aviez su que ces chers enfants venaient directement chez moi. Comme je sais qu'ils sont vos voisins, je leur demandai s'ils vous avaient vus avant leur départ, et ils me dirent qu'ils n'avoient pu avoir cette satisfaction, et qu'ayant été pressés de s'embarquer, ils n'avaient pu vous aller dire adieu.

    Quoique que l'assurance qu'ils m'ont donnée de votre santé me réjouisse beaucoup, néanmoins, comme vous savez que le Royaume de Dieu ne consiste pas dans les paroles, mais dans la vertu, et que la charité, qui en fait la plénitude, et la souveraine perfection, demande des effets, je vous prie de me donner au plus tôt de vos lettres, où je puisse voir les marques de votre constante amitié.

    Ce n'est pas que je ne sois pleinement persuadé de la bonté que vous avez pour moi ; et je fais un si grand fond sur la fermeté, et la sincérité de votre amitié, que je crois que vous pensez à moi-même durant votre silence. Car comme notre connaissance ne s'est point faite par les sentiments de la nature, ni de la manière ordinaire que se forme l’amitié, mais seulement par les lumières, et les mouvements de la grâce, qui nous a unis dans le sein de Jésus-Christ, nous avons lieu de croire que cette union, étant fondée sur Jésus-Christ, sera invariable ; car quelle force, ou quel oubli pourrait diviser ce que Dieu a parfaitement uni.

    Que le Seigneur vous bénisse du haut de Sion, de cette bénédiction dont est béni l'homme qui craint le Seigneur ; afin que vous viviez longtemps dans une parfaite union conjugale, que vous ayez aussi la satisfaction de voir vos enfants bénis de Dieu ; que tous ensemble vous voyiez les biens de la Jérusalem céleste ; et que vous demeuriez éternellement en la maison du Seigneur. C'est ce que je vous souhaite de tout mon cœur, mes très chers et très honorables enfants, avec qui je suis uni intimement par les liens de la charité.

    (Traduction de 1703, sans doute de Claude de Santeul)

  • 07-07-07 : dix ans

    Une messe traditionnelle sera célébrée à Notre-Dame de Paris le 7 juillet prochain par le chanoine Marc Guelfucci, curé de Saint-Eugène Sainte-Cécile, à l'occasion du dixième anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum.

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