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Liturgie

  • Nativité de saint Jean Baptiste

    La Nativité de saint Jean Baptiste est un écho, un pré-écho, de la Nativité du Christ. Le précurseur, purifié dans le sein de sa mère, annonce le Tout Pur (qui l’a purifié dans le sein de sa mère à la Visitation). L’une a lieu au solstice d’été, l’autre au solstice d’hiver. « Il faut qu’il croisse et que je diminue », dit le Baptiste lui-même (Jean 3,30).

    Cet écho se retrouve même sur le plan des mélodies de la messe. Ainsi dans l’introït De ventre matris meae (Depuis le ventre de ma mère le Seigneur m’a appelé) retrouve-t-on, et deux fois de suite pour qu’on le remarque bien, la fin de l’introït de la messe de minuit Dominus dixit (Le Seigneur m’a dit… aujourd’hui je t’ai engendré).

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    podcast(Solesmes 1955)

     

    La mélodie de l’Alélluia, quant à elle, est tout entière celle de l’Alléluia de la messe du jour de Noël. Qui est aussi celle de l’Epiphanie (et de quelques autres fêtes dont deux entre Noël et l’Epiphanie). Et c’est ici la mélodie qui prime : on l’a respectée jusqu’à admettre une césure entre « propheta » et « altisssimi » : « prophète, du Très-Haut ».

     

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    Et l’antienne de communion est inspirée de la mélodie de l’Alléluia (outre qu'elle soit sur le même texte) et communique donc un écho second de la Noël, qui est un triple écho :

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  • Vigile de la Nativité de saint Jean Baptiste

    Ne tímeas, Zacharía, exaudíta est orátio tua : et Elísabeth uxor tua páriet tibi fílium, et vocábis nomen ejus Joánnem : et erit magnus coram Dómino : et Spíritu Sancto replébitur adhuc ex útero matris suæ : et multi in nativitáte ejus gaudébunt.
    Dómine, in virtúte tua lætábitur rex : et super salutáre tuum exsultábit veheménter.

    Ne crains point, Zacharie : car ta prière a été exaucée et ta femme Élisabeth enfantera un fils, auquel tu donneras le nom de Jean : il sera grand devant le Seigneur : et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère : et beaucoup se réjouiront de sa naissance.
    Seigneur, le roi se réjouira dans votre force : et il tressaillira d’une vive allégresse, parce que vous l’aurez sauvé. (Psaume 20,1)

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    Cet introït est très long, peut-être le plus long de l’année grégorienne. Et son texte est tiré de l’évangile. Voilà qui laisse penser a priori qu’il doit être récent. Or on le trouve dans les plus anciens livres, depuis l’antiphonaire de saint Grégoire, et dans les plus anciens livres notés, depuis le plus ancien qui est le Graduel des séquences de Notker (image). Il est donc depuis toujours l’introït de la Vigile de la Nativité de saint Jean Baptiste (sauf là où il était l’introït de la fête elle-même).

    Ce qui va de pair avec cette ancienneté est que le texte (Luc 1, 13-15) n’est pas exactement celui de la Vulgate. On remarque aussi qu’il passe du verset 13 au verset 15 pour s’achever par la fin du verset 14 : on dit tout du personnage avant de souligner la joie que provoquera sa naissance.

    La mélodie, dans l’ensemble peu ornée, comme une mélodie d’antienne de l’office, a elle-même un parfum d’antiquité, par sa gravité et, pourrait-on dire, son absence de sentiment. Avec pour seule exception la montée de la joie, in fine, sur ejus, qui s’épanouit sur gaudium.

    La voici par la Schola gregoriana Sriptoria de dom Nicola Bellizano. La gravité du propos n’imposait pas de prendre un ton aussi grave, d’autant que la clef montre que la mélodie se situe dans l’aigu. (J’ai trouvé aussi sur internet une interprétation aiguë, féminine, mais qui tort –torture - tellement le grégorien que c’est, pour moi, inaudible.)

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    (Une question à Alexandre, s'il passe par là, ou quiconque peut répondre: pourquoi n'y a-t-il pas cette vigile dans le Liber usualis ?)

  • Saint Paulin de Nole

    Fin d’une lettre de saint Paulin au prêtre de Bordeaux saint Armand qui lui avait écrit de la part de l’évêque saint Delphin (qui avait baptisé Paulin). Après avoir répondu à la demande, il sollicite les prières de son correspondant. On remarquera particulièrement son exégèse du hérisson du psaume 103 ("les hautes montagnes pour les cerfs, les pierres sont le refuge du hérisson"). La traduction, publiée en 1703, est sans doute de Claude Santeul.

    Soyez-nous donc favorable auprès de lui, et priez-le que, par sa grâce, nous puissions obtenir le bonheur qu'il nous a préparé, en nous appelant à son service, que nous fassions ce qu'il faut pour gagner le prix céleste auquel il nous invite; et qu'en oubliant ce que nous laissons derrière nous, et nous souvenant que nous avons mis la main de l'esprit à la charrue de la croix, nous ne regardions pas le travail fait, mais ce qui reste à faire, jusqu'à ce que nous soyons arrivés à ces fameuses montagnes, vers lesquelles nous élevons nos yeux, et d'où nous recevrons le secours du Seigneur {psaume 120].

    Car les saints sont ces montagnes de Dieu, sur lesquelles nous pourrons nous élever par la pratique continuelle des bonnes œuvres; et si nous marchons constamment dans le chemin de la vérité qui est droit, le Seigneur, qui est le chemin et la vérité {Jn 14,6] donnera de la vitesse à nos pieds, comme à ceux des biches, et il nous mettra en sûreté sur des lieux élevés; car les hautes montagnes sont la retraite des cerfs, et les rochers celle des hérissons [psaume 103].

    Nous serons, dis-je, en sûreté, si avec la vitesse des cerfs, nous fuyons le péché, dont Nembroth le chasseur, qui s'est révolté contre Dieu, était la figure [cf. Gen 10,9] et si avec le secours de Jésus Christ, nous tachons de nous élever au plus haut degré de la vertu, selon le règles que nous avons reçues des prophètes, et des apôtres. Ce sont ces grands hommes, qui par l'éminence de leur vertu, sont les vraies montagnes de Dieu; montagnes toujours fécondes en mille bénédictions. Lorsque nous serons élevés sur ces saintes montagnes, nous regarderons avec mépris, comme du haut d'un rocher, la vaine apparence des biens périssables du monde, et nous dirons avec joie : Je vous louerai, Seigneur, car vous m’avez mis au-dessus des atteintes de mes persécuteurs et en état de ne plus craindre leur malice [psaume 29].

    Quand, dis-je, nous serons élevés sur la hauteur de ces montagnes par une parfaite humilité de cœur, et que nous y aurons reçu les instructions nécessaires au salut, comme autant de pointes et d’épines propres à nous défendre, nous deviendrons semblables aux hérissons, qui ne craignent ni la main des hommes, ni les gueules des chiens, parce que la nature a couvert leur petit corps d’une peau très dure, et remplie d'aiguillons, qui empêchent qu'on ne les touche. Nous aurons, dit-il, le même avantage, lorsque nous serons armés de la crainte de Dieu, et de l’humilité; et nous trouverons un asile, et une retraite dans la pierre mystique, je veux dire en Jésus Christ, dont les divines paroles nous serviront de défenses, et d’armes contre les démons; elles seront comme des épines qui entourent nos oreilles, et les boucheront pour ne pas ouïr les méchantes langues; et elles nous serviront aussi de dards pour percer les vices dans notre cœur.

    C’est ainsi qu’une conduite spirituelle, et éclairée d’une vive foi, nous fera être comme les hérissons, et comme les cerfs. Nous deviendrons des hérissons, si devenant semblables à ces petits animaux, nous nous cachons dans le sein de Jésus Christ, comme dans une pierre de refuge; et si armés de sa paroles et de son Esprit de vérité, nous résistons courageusement au diable, et aux plaisirs du monde. Nous imiterons aussi la vitesse des pieds des cerfs, et la hauteur de leur bois, si nous demeurons fixement dans la voie du Seigneur, sans nous en écarter, et si nous fuyons promptement les occasions du péché et le pernicieux commerce du siècle.

    Alors la foi catholique, qui est le chef de notre salut, sera par les bonnes œuvres armée et ornée comme la tête des cerfs, et elle nous mettra en état de résister aux chasseurs nos ennemis. Nous aurons aussi l'avantage d'être couronnés du mérite des actions agréables à Dieu, et nous ferons votre joie, et votre couronne, comme nous avons déjà la gloire d'être vos plantes en Jésus Christ, et votre travail continuel pour Jésus Christ. Car nous ne doutons pas que vous ne priez Dieu tous les jours, qu'il ait la bonté de perfectionner cet heureux changement de la main du Très-Haut, afin que nous puissions dire avec vérité : Mon cœur et ma chair sont affaiblis; mais Dieu qui est la force de mon cœur, me soutient, et il est mon partage pour jamais [psaume 72]. Oui, Dieu deviendra le Dieu de notre cœur, lorsque notre cœur charnel sera détruit, et que nous en aurons un autre qui sera spirituel. Ce sera pour lors que nous pourrons vous dire : Nous sommes votre portion dans la terre des vivants [psaume 141]; et puisque renouvelés au Seigneur dans l’intérieur de notre âme, et vivants d'une vie céleste, selon Jésus Christ, nous aurons déjà pu dire à Dieu même : Vous êtes le Dieu de mon cœur, et mon partage pour jamais [psaume 72].

  • Saint Louis de Gonzague

    Quand il atteignit sa septième année, âge où, d’après le sentiment commun des philosophes et des saints docteurs, les enfants ont d’ordinaire l’usage de la raison et commencent d’être capables de vice ou de vertu, il se donna si bien à Dieu, se consacra si complètement au service de la divine Majesté, qu’il avait coutume de regarder ce temps comme celui de sa conversion. Si bien, qu’en rendant compte de sa conscience à ses Pères spirituels, il leur signalait cette grâce comme un des plus notables bienfaits de la main divine, disant qu’à l'âge de sept ans, il s’était converti du monde à Dieu.

    Et de quelles faveurs célestes il fut prévenu dès le premier usage de sa raison, il est aisé de le conclure de ce seul fait. Quatre de ses confesseurs, qui, en divers temps et en divers lieux, dans le siècle ou dans la religion, entendirent ses confessions générales, dont la dernière, peu avant sa mort, fut reçue par l’illustre cardinal Robert Bellarmin, ont tous affirmé par écrit, sans aucune entente préalable, que Louis, dans tout le cours de sa vie, ne commit pas un seul péché mortel et ne perdit jamais la grâce du saint baptême.

    Chose d’autant plus merveilleuse que, durant les années les plus critiques, il ne vivait pas dans la retraite, à l‘ombre d’un cloître, loin des occasions, parmi les serviteurs de Dieu, dans la pratique de ces saints exercices qui mettent en garde contre le mal, mais qu'il passa les années de l'enfance à la cour de son père, bien plus, à la cour du grand duc de Toscane et du roi d’Espagne, dans le commerce des seigneurs, des princes et de gens de toute sorte.

    Néanmoins, parmi les délices de la maison paternelle, au milieu des tentations et des dangers des cours, il conserva toujours pure et sans tache la robe baptismale. Aussi le cardinal Bellarmin, parlant un jour des vertus de Louis dont plusieurs, et j'étais du nombre, gardaient le souvenir très vivant, disait-il avec raison, qu'on devait croire que la divine Providence ne cesse jamais de donner à l’Église militante des saints confirmés en grâce durant toute leur vie. Et il ajoutait : « Et je tiens, pour ma part, que l’un de ceux-là est notre Louis de Gonzague, car je sais tout ce qui s’est passé dans cette âme. » Le cardinal en apportait en preuve un fait qui paraîtra vraiment admirable à quiconque est au courant des choses spirituelles et considère ce que vaut un tel témoin. « Louis, disait-il, depuis l’âge de sept ans jusqu’à sa mort, a toujours mené la vie parfaite, privilège dont je laisse aux sages à estimer la grandeur. »

    Dieu voulut, ce semble, que les démons eux-mêmes rendissent témoignage à la sainteté de ce petit enfant et à la gloire qui lui était réservée dans le ciel. Un religieux Franciscain de I’Observance, que tout le monde estimait un saint, passant vers ce temps-là à Castiglione, s‘arrêta dans un monastère de son ordre du nom de Sainte-Marie, à un mille environ de la ville. Aussitôt une grande multitude de gens accourut pour le voir et se recommander à ses prières. Et comme le bruit s’était répandu qu’il faisait des miracles, on lui amena plusieurs personnes possédées du malin esprit, afin qu’il les délivrât. Or, tandis que les Pères étaient à l’Église occupés à faire les exorcismes en présence de tout le peuple et de plusieurs grands personnages parmi lesquels se trouvait le petit Louis, avec son jeune frère Rodolphe, les énergumènes commencèrent à crier en le montrant du doigt : « Voyez-vous celui-là ? Il ira au ciel et sera comblé de gloire. » Ces paroles furent remarquées et tout Castiglione les répéta. Et à cette heure il est encore des témoins qui les ont attestées sous serment.

    Sans doute on ne doit pas ajouter foi aux démons qui sont les pères du mensonge ; néanmoins ils sont souvent contraints par Dieu même, pour leur plus grande confusion, de dire la vérité, et l’on peut croire qu’il en fut ainsi cette fois, puisque, de fait, ce saint enfant était dès lors regardé comme un ange.

    La vie de saint Louis de Gonzague, d’après Virgilio Cepari.

  • Saint Silvère

    Saint Silvère fut élu pape en 536. Comme il refusait de rétablir à Constantinople l’évêque que son prédécesseur avait déposé pour hérésie, il fut exilé en 537 et mourut peu après, à Ponza. Il avait d’abord été exilé à Patare, en Asie mineure, ce qui donna l’occasion d’une claire reconnaissance de la primauté pontificale par un évêque grec : l’évêque de Patare, horrifié, se précipita à Constantinople pour dire à l’empereur que s’il y a plusieurs rois dans le monde il n’y a qu’un pape dans l’Eglise.

    Avant que Pie XII invente un commun des papes, la messe de saint Silvère était celle du commun des confesseurs pontifes, avec une particularité : un extrait de l’épître de saint Jude, qui était la seule citation de saint Jude dans l’année liturgique. Le passage saluait la fermeté de Silvère face à l’hérésie (traduction Sacy) :

    Mes bien-aimés, souvenez-vous de ce qui a été prédit par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ ; qui vous disaient qu’aux derniers temps il s’élèverait des imposteurs qui suivraient leurs passions déréglées et pleines d’impiété. Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes, des hommes sensuels, qui n’ont point l’Esprit de Dieu. Mais vous, mes bien-aimés, vous élevant vous-mêmes comme un édifice spirituel sur le fondement de votre très-sainte foi, et priant par le Saint-Esprit, conservez-vous en l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour obtenir la vie éternelle.

  • Sainte Julienne Falconieri

    Julienne naquit à Florence au 13e siècle, alors que vivaient encore quelques-uns des frères fondateurs de notre Ordre [les Servites]. Elle appartenait, dit-on, à la famille Falconieri.

    Fr Paolo Attavanti, au 15e siècle, recueillit les traditions orales concernant la sainte de Florence et les consigna dans deux écrits: "Dialogus de origine ordinis Servorum" et "Paulina praedicabilis”. Il raconte que Julienne, à quinze ans, ayant entendu saint Alexis prêcher sur le jugement dernier, fut saisie d'un tel désir des choses de Dieu qu'elle se consacra totalement à la contemplation de Dieu et à l'imitation du Christ. Aussi se mit elle à fréquenter l'Ordre naissant des Servites. Elle éprouva tant d'admiration pour leur vie évangélique qu'elle harcela de ses prières la Reine du Ciel et ses parents jusqu' à ce qu'elle obtînt de revêtir l'habit des Servites. Avec d'autres jeunes filles et de pieuses femmes, qui avaient le même désir de pénitence et de charité, elle se retrouvait à l'église des Servites, à Cafaggio, près de la porte de la ville. Elles y assistaient aux offices, chantaient les louanges de la Vierge Marie et servaient leurs frères, surtout les pauvres. Julienne était le guide de ses compagnes qui désiraient suivre le Christ de plus près, sous la protection de Notre Dame, si bien qu'elle devint la "mère des sœurs et moniales de l'Ordre de Notre-Dame", comme nous le lisons dans la Paulina praedicabilis, mentionnée plus haut.

    Disciple fidèle de Jésus et de sa Mère, elle triompha vaillamment de l'égoïsme, du monde et du malin. Cette toute jeune fille fut un exemple de vertu pour les adultes eux-mêmes. Sa sainteté se manifesta par des miracles durant sa vie et surtout à l'heure de sa mort. En effet, affaiblie par les cilices, les veilles, les prières et les jeûnes, elle gisait, malade, et ne retenait aucun aliment. Alors, dans son désir de recevoir le corps du Christ, Julienne demanda instamment qu'on dépose la sainte hostie sur son cœur. Ce réconfort était accordé au Moyen Age aux malades qui désiraient communier et ne le pouvaient pas en raison de leur maladie. Le prêtre disait alors une prière demandant à Dieu, qui a uni l'âme au corps, de sanctifier l'âme du malade par le corps du Christ. Ayant obtenu cette faveur, Julienne mourut très paisiblement. Selon une vénérable tradition, on ne retrouva pas l'hostie, comme si elle avait miraculeusement pénétré en elle. Les restes de sainte Julienne sont conservés à Florence, dans la basilique de la Santissima Annunziata. Clément XII la canonisa en 1737.

    (J’ai trouvé ce texte sur un site qui ne donne pas la source. Celle-ci est manifestement l’ordre des Servites, mais elle n’est pas traçable…)

  • Impressionnant

    J’apprends qu’il y a tous les ans une rencontre des évêques catholiques orientaux d’Europe. Cette année elle a eu lieu du 14 au 17 juin à Lungro, en Calabre, pour le centenaire de la fondation de l’éparchie italo-albanaise.

    Ci-dessous l’arrivée des quelque… 70 évêques à l’église Saint-Dimitri de San Demetrio Corone samedi après-midi. Un événement historique pour ce village albanais de l’éparchie (comme à Lungro, moins de 3.000 habitants, où la divine liturgie fut célébrée le dimanche à la cathédrale Saint-Nicolas):

    (Je ne comprends pas pourquoi on ne voit que la moitié de l'image. Il faut cliquer dessus pour voir l'autre moitié...)

    Et ici la divine liturgie :

     

  • Saint Ephrem

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    Bossuet, Défense de la Tradition et des Saints Père, livre 12, chapitre 23.

  • 4e dimanche après la Pentecôte

    Introït :

    Dóminus illuminátio mea et salus mea, quem timebo ? Dóminus defénsor vitæ meæ, a quo trepidábo ? qui tríbulant me inimíci mei, ipsi infirmáti sunt, et cecidérunt.
    Si consístant advérsum me castra : non timébit cor meum.

    Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie, de quoi tremblerai-je ? Mes ennemis qui me suscitent des maux, ce sont eux qui se sont affaiblis et sont tombés.
    Si des armées rangées en bataille s’élèvent contre moi : mon cœur n’aura pas de frayeur.

    Le Psaume XXVI est un chant de confiance triomphante. Dans la lumière d’en haut, le Psalmiste a une conscience si vive de la force protectrice de Dieu autour de lui qu’il se laisse aller à un enthousiasme qui frôle la témérité.
    Dans le cadre liturgique de ce Dimanche, consacré à la Providence, il n’y a rien à ajouter à ces deux versets. L’Église, éclairée par le Christ son chef, sait que tout est disposé pour la gloire du Père et, qu’en fin de compte quoi qu’il arrive, c’est elle qui aura le dernier mot. Elle le dit à la face de ses ennemis et de Satan leur chef, qu’elle voit, dans une vision proche ou lointaine trébucher et tomber les uns sur les autres.

    LA MELODIE

    Elle donne à ce texte déjà si expressif par lui-même un ton de confiance joyeuse, enthousiaste, vibrante, avec même cette nuance de défi que l’on trouve dans les élans de foi d’une jeunesse bouillante d’ardeur. Aussi bien, c’est l’Église éternellement jeune qui chante l’infinie puissance de son chef ; le vainqueur de la mort et de Satan.
    Des notes longues, sans cesse ramenées au fa par la tierce inférieure, donnent à la première phrase une force extraordinaire. Il n’y a pas d’éclat ; c’est une volonté qui se pose, assurée, ferme comme une ligne infranchissable.
    L’enthousiasme qui a déjà monté sur quem timébo s’élève plus ardent sur Dominus qui, au début de la seconde phrase, reprend à la quinte supérieure, le motif de l’intonation [euh... à la quarte, en fait...]. Toutes les affirmations sur fa s’en trouvent renforcées, amenant, pour finir, cet admirable cri de fierté audacieuse, quelque peu téméraire même : a quo trepidabo ?
    L’idée de la troisième phrase est autre : l’Église voit ses ennemis défaits. Elle se laisse aller à la joie, une joie qui est débordante, dès le début, sur qui tribulant ; le motif qui glorifie le Christ dans le verset du Graduel Christus factus est, le Jeudi Saint.
    Elle se revêt ensuite d’une autorité et d’une force qui, sur les notes longues de mei et de infirmati sunt a quelque chose de dur, comme l’épée du vainqueur sur l’ennemi prosterné.
    Le Psaume est dans le même esprit de confiance et de bravoure.

    Dom Ludovic Baron

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    Graduel des séquences de Notker, Einsiedeln, vers 960-970.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    O beáta María, quis tibi digne váleat iura gratiárum ac laudum præcónia impéndere, quæ singulári tuo assénsu mundo succurrísti pérdito? Quas tibi laudes fragílitas humáni géneris persólvat, quæ solo tuo commércio recuperándi áditum invénit? Accipe ítaque quascúmque exíles, quascúmque méritis tuis ímpares gratiárum actiónes: et cum suscéperis vota, culpas nostras orándo excúsa. Admítte nostras preces intra sacrárium exauditiónis, repórta nobis antídotum reconciliatiónis.

    O bienheureuse Marie, qui pourra jamais te payer en retour, proclamer ta louange et t’offrir une action de grâces digne de toi qui, par ton seul consentement, as secouru le monde voué à sa perte ? De quel tribut de louanges peut s’acquitter l’humaine fragilité alors qu’à ta seule intervention, elle doit d’avoir retrouvé le libre accès qu’il fallait regagner ? Reçois cependant nos actions de grâces, telles qu’elles sont, chétives et indignes de toi. Et tandis que tu accueilles nos vœux, par ton intercession, daigne excuser nos fautes. Introduis nos prières jusqu’au sanctuaire de l’exaucement, rapporte-nous la réconciliation salutaire.

    Leçon des matines selon le bréviaire monastique de 1963 (saint Augustin, sermon 18 de sanctis).