Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Europe

  • Viktor Orban ne lâche rien

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orban était hier pour la troisième fois au Parlement européen, autant dire dans la fosse aux lions. Mais il n’est pas du genre à se laisser intimider, et il a réitéré ses positions.

    Sur les quotas d’immigrés :

    « Je pense que c’est une absurdité, une folie, de proposer de laisser tous les immigrants entrer en Europe et alors d’introduire des quotas artificiels pour les partager entre les Etats membres. Les quotas peuvent seulement faire venir davantage de gens en Europe, c’est une incitation pour les trafiquants d’êtres humains ». Et de souligner : « En Hongrie, nous ne pouvons pas donner d'emploi à tous ces immigrants, c'est un fait. »

    Sur la peine de mort :

    « Tout n’est pas inscrit dans la pierre. Ces règles ont été faites par des hommes et peuvent donc être changées par les hommes. Cela c’est la liberté, c’est la démocratie. Nous sommes francs et nous pensons que le politiquement correct n’a pas sa place. »

    Devant des journalistes, il a ensuite précisé :

    « La Hongrie est un Etat constitutionnel qui conduit ses combats politiques avec des moyens constitutionnels. Je serais heureux de voir un changement dans la législation européenne pour que la question de la peine de mort redevienne une compétence nationale. Nous devons d’abord regagner ce droit, et ensuite nous pourrons débattre et décider de ce que nous ferons, dans cet ordre-là. »

    Parmi les députés qui s’en sont pris à Viktor Orban, on citera seulement l’ineffable Louis Michel, l’un des principaux politiciens belges, militant européiste, antichrétien, de toutes les formes de la culture de mort, de l’antiracisme idéologique, etc. :

    « La majorité arithmétique est une condition nécessaire de la démocratie mais elle n'est pas, ne sera jamais, une condition suffisante. En réalité, vous pratiquez la tyrannie majoritaire. Monsieur Orban, vous entraînez votre pays dans une dérive autocratique totalement incompatible avec nos valeurs humanistes et démocratiques européennes. »

    Mieux vaut en rire…

  • L’UE va-t-en guerre

    Le projet de répartir l’invasion migratoire du sud de la Méditerranée dans les divers pays de l’UE selon un système de quotas a fait long feu. Après le Royaume-Uni et la Hongrie, la Pologne, et même la France, ont dit non. Federica Mogherini et la Commission peuvent donc mettre ce projet à la poubelle. Mais illico ils en sortent un autre. Et attention les yeux. On ne rigole plus. On va aller sur les côtes libyennes pour détruire toutes les embarcations susceptibles de faire passer des « réfugiés ».

    Et là tout le monde est d’accord. La mission s’appelle Navfor Med, et son QG sera à Rome, sous le commandement de l’amiral Enrico Credendino.

    Bon. Mais ce n’est pas encore vraiment fait. On veut avoir l’aval de l’ONU. Donc le Royaume Uni va présenter un projet de résolution. Le texte pourrait être adopté le mois prochain. Mais il dira que les opérations ne peuvent se faire qu’avec l’aval du gouvernement libyen.

    Qui ça ? Le gouvernement libyen « légitime », souligne Federica Mogherini. Celui qui est reconnu par la communauté internationale. Et qui a aussitôt fait savoir qu’en effet aucune opération ne pourrait avoir lieu sans son accord, mais aussi sans sa coopération. Et il précise qu'il ne donnera pas donner son aval à une opération « inhumaine ».

    Or ce « gouvernement » est un groupe de politiciens claquemurés dans la ville de Tobrouk, à l’extrême est du pays, et il n’a aucune autorité sur le reste de la Libye. On ne voit pas comment il pourrait prendre part à des opérations (à supposer qu’il en ait les moyens, qu’il n’a pas) sur un rivage qu’il ne contrôle pas, s'il finissait par donner son accord...

    Bref l’UE se condamne à ne rien faire d’autre que des effets de manche, si vraiment elle veut attendre le feu vert de Tobrouk…

    Et comme si cela ne suffisait pas, quand on fait remarquer à Federica Mogherini que Tobrouk n’est qu'une toute petite partie de la Libye, elle précise qu’il faudra aussi demander l’autorisation aux autres forces sur le terrain et aux « municipalités », c’est-à-dire aux diverses milices qui contrôlent les diverses villes…

  • UE-Turquie

    Le commissaire européen au commerce, Cecilia Malmström, et le ministre de l'Economie turc Nihat Zeybekci ont annoncé hier un accord cadre pour étendre l'union douanière UE-Turquie, en éliminant les droits de douane sur le commerce des biens industriels et des produits agricoles transformés. Ankara et Bruxelles vont maintenant discuter pour étendre l'accord afin d'inclure les services, les marchés publics et la plupart des produits agricoles. « Ce que nous voulons est de n'avoir aucune restriction que ce soit », a déclaré Nihat Zeybekci.

    Mais les Turcs interdisent toujours leur territoire aux bateaux et avions chypriotes… Et à Bruxelles on ne le remarque même plus.

  • Les quotas qui font pschitt

    L’annonce que l’Union européenne allait répartir les migrants qui affluent par quotas dans les divers pays de l’UE était quelque peu exagérée. Ou bien l’opposition frontale du Royaume-Uni et moins spectaculaire mais tout aussi ferme des pays d’Europe centrale, Hongrie en tête, a fait comprendre aux eurocrates qu’ils n’arriveraient pas à leur fin.

    Finalement, la Commission proposera, avant la fin du mois, un système de "réallocation" provisoire à l'intérieur de l'UE "des personnes ayant clairement besoin d'une protection internationale" et, avant la fin de l'année, un modèle de distribution définitif. Ce qui sera théoriquement contraignant, mais ne concernera que ceux qui sont déjà là et( qui ont « clairement besoin de protection »…. Quant à tous ceux qui ne sont pas encore là mais qui vont débarquer, la Commission envisage d'en accueillir 20.000 et de demander aux Etats membres de bien vouloir se les répartir…

    Tout cela est en fait assez flou, sans doute parce que de toute façon le plan sera rejeté.

    Il restera les propos irresponsables de Federica Mogherini, la Haute Représentante de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité commune, disant lundi à l’ONU : « Aucun réfugié, aucun migrant intercepté en mer ne sera renvoyé contre sa volonté. » Et la politicienne italienne de gauche de citer bien entendu le pape François à l’appui de son discours, comme c’est désormais de règle.

    « Une telle approche ne fera qu'accentuer l'attrait suscité de l'autre côté de la Méditerranée et encouragera davantage de personnes à mettre leur vie en danger », a répondu Theresa May, ministre britannique de l’Intérieur, dans une tribune publiée dans le Times.

  • En Pologne

    Comme au Royaume Uni, les instituts de sondage se sont complètement plantés en Pologne. Comme par hasard, dans les deux cas ils annonçaient la défaite des affreux « conservateurs »…

    « Pas de grand suspense », disait donc Radio France : c’était le président libéral sortant Bronislaw Komorowski qui allait l’emporter, peut-être au premier tour.

    Et vlan. Il n’a eu que 33,77% des voix et est arrivé deuxième, un point derrière Andrzej Duda, le candidat du « parti de la droite réactionnaire et antieuropéenne Droit et Justice », comme le vomit La Croix. (Mais « antieuropéenne » est hélas très exagéré).

    Autre surprise, le candidat indépendant « anti-système », le rocker et acteur Pawel Kukiz, qui devait faire un score marginal, est arrivé troisième avec 20,8% des voix, très loin devant les huit autres candidats qui sont tous en dessous de 4%.

    Pawel Kukiz ne pouvant pas être étiqueté de gauche (il a participé aux deux premières marches nationalistes de 2010 et 2011), on notera que l’unique candidate de gauche, et de la gauche unie, Magdalena Ogórek, a glorieusement remporté 2,38% des suffrages. Il est vrai que malgré son visage avenant et sa notoriété télévisuelle, s’appeler Madeleine Cornichon n’aide pas vraiment…

    (On signalera que le trublion précédent, Janusz Palikot, dont le parti avait obtenu 40 députés en 2011, s’est effondré à 1,42%.)

  • Toujours Viktor Orban

    La Hongrie doit prendre des mesures législatives pour enrayer l'afflux d'immigrés, même si elles sont contraires au droit européen, a déclaré Victor Orban hier soir à Echo TV. « Nous ne voulons pas d'immigrés en Hongrie. Si (d'autres Etats membres) veulent recevoir des immigrés, libre à eux, mais ils ne doivent pas les renvoyer ici ni les faire passer par chez nous. »

    Après la Suède, la Hongrie est le pays européen qui accueille le plus grand nombre d'immigrés par rapport à sa population, elle doit donc soulever la question des règles européennes trop laxistes, dit Orban. Le débat sur l’immigration, lancé par la vaste consultation populaire de ce mois, conduira probablement à l’adoption de lois qui mettront Bruxelles en colère : « Il y aura une grande bataille, un grand combat. »

    A propos de la peine de mort, Viktor Orban a souligné qu’il n’avait pas manifesté l’intention de la rétablir, mais d’ouvrir un débat. Et il s’en est pris au président du Parlement européen Martin Schulz : « Il est possible qu’au terme du débat nous soyons d’accord avec Martin Schulz. Mais nous ne serons jamais d’accord sur le fait qu’il veuille nous interdire d’avoir un débat. »

  • Les Vrais Finlandais deuxièmes

    Aux élections du 19 avril en Finlande, le Centre est arrivé en tête et a remporté 49 sièges, devant, non pas les conservateurs qui étaient au pouvoir, mais les « Vrais Finlandais », le parti « populiste » et « europhobe », qui a 38 sièges. Les conservateurs en ont 37, et les sociaux-démocrates 34.

    On attend avec intérêt la constitution du gouvernement. Les Vrais Finlandais aimeraient que leur chef, Timo Soini, devienne ministre des Affaires étrangères. Moi aussi : ce pourrait être amusant…

  • Les dernières (bonnes) nouvelles de Viktor Orban

    Mardi dernier, répondant à des questions de journalistes concernant un horrible assassinat, Viktor Orban a déclaré tout à trac : « La question de la peine de mort devrait être examinée en Hongrie », car il est nécessaire de « dire clairement aux criminels que la Hongrie ne recule devant rien quand il s'agit de protéger ses citoyens ».

    Un porte-parole de l’UE a d’abord rappelé que « l'interdiction de la peine de mort est un des piliers des droits fondamentaux de l'UE ».

    Et ce matin Jean-Claude Juncker a déclaré : « La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne interdit la peine de mort, et M. Orban devrait immédiatement dire clairement que ce n'est pas son intention, et si c'est son intention, il y aura une bataille. »

    De son côté, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muižnieks, avait déjà déclaré : « L'idée de réintroduire la peine de mort, défendue par Viktor Orban, est incompatible avec les obligations de la Hongrie en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme, et va à l'encontre des valeurs défendues par l'Europe. »

    Nils Muižnieks a également réagi à la « consultation nationale sur l'immigration et le terrorisme » prévue en Hongrie, qu'il a qualifiée de « preuve supplémentaire de la vision négative du gouvernement hongrois vis-à-vis des droits de l'homme » Car si « les consultations publiques sont bien sûr un aspect important d'une société démocratique », celle-là est « inacceptable », bien sûr, car elle pose les mauvaises questions et suggère les mauvaises réponses... Voici une traduction des 12 questions qui vont être posées aux 8 millions de citoyens hongrois :

    1 – On entend beaucoup parler de l’augmentation des actes de terrorisme. Quelle importance accordez-vous à ce développement du terrorisme ?

    2 – Selon vous, la Hongrie pourrait-elle devenir une cible d’attaques terroristes dans les années qui viennent ?

    3 - Selon certains, l’immigration, qui est mal gérée par Bruxelles, a un lien avec le développement du terrorisme. Etes-vous d’accord avec cette opinion ?

    4 – Saviez-vous que des immigrants économiques franchissent illégalement la frontière, et que récemment le nombre des immigrants a été multiplié par 20 en Hongrie ?

    5 – On entend de nombreuses opinions à propos de l’immigration. Selon certains, les immigrants économiques mettent en danger les emplois et moyens d’existence du peuple hongrois. Etes-vous d’accord avec ces opinions ?

    6 - Selon certains, la politique de Bruxelles concernant l’immigration et le terrorisme a échoué et une nouvelle approche est nécessaire pour gérer ces questions. Etes-vous d’accord avec cette opinion ?

    7 - Soutiendriez-vous des mesures plus restrictives du gouvernement hongrois s’opposant à la politique permissive de Bruxelles ?

    8 - Soutiendriez-vous le gouvernement hongrois s’il édicte de nouvelles lois plus restrictives sur la base desquelles ceux qui franchissent illégalement la frontière pourraient être mis en détention ?

    9 - Etes-vous d’accord que ceux qui franchissent illégalement la frontière devraient être renvoyés dans leurs pays dans les plus brefs délais ?

    10 - Etes-vous d’accord que, puisqu’il y a des migrants économiques en Hongrie, ils devraient subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins ?

    11 - Etes-vous d’accord que le meilleur instrument possible pour combattre l’immigration est que l’Union européenne aide au développement de ces pays d’où viennent les migrants ?

    12 - Êtes-vous d’accord avec le gouvernement hongrois qu’au lieu de soutenir les immigrants il est nécessaire de soutenir les familles hongroises, et que nous avons besoin de plus de naissances ?

    Lors du sommet européen extraordinaire du 23 avril, Viktor Orban a notamment déclaré : « Nous estimons que si on nous confie la tâche de légiférer sur la situation des réfugiés qui viennent en Hongrie, nous sommes en mesure de le faire. Le problème est que nous sommes liés par les règlements de l’UE, qui compromettent l’efficacité du traitement par la Hongrie du problème des migrations. »

    Lors du sommet du 16 janvier, il avait dit : « L’immigration économique est mauvaise pour l’Europe. Nous ne devrions pas la considérer comme utile, parce qu’elle est uniquement source de troubles et de danger pour les Européens. Elle devrait être stoppée, c’est l’opinion de la Hongrie. (…) Nous ne voulons pas intégrer de minorités dont la culture serait différente de la nôtre. Nous voulons que la Hongrie reste la Hongrie. »

    Et l’on rappellera qu’en octobre, le porte-parole du Parlement hongrois, László Kövér, avait déclaré que « si l'Union compte dicter le comportement des gouvernements nationaux, Bruxelles ressemblera au bout du compte à Moscou au temps de l’ère soviétique », et que si c’est la direction que prend l’UE « la Hongrie ferait peut-être mieux d'en sortir ».

  • Laïcité tchèque

    Le mercredi de Pâques il y a eu une "prière pour l’Europe" au Vatican, à l’occasion du 660e anniversaire du couronnement comme empereur des Romains du roi de Bohême Charles IV.

    Sur le moment je n’ai pas fait attention à cette information, craignant en outre de découvrir que cet anniversaire fût l’occasion d’une petite cérémonie européiste au Vatican.

    Puis je suis allé y voir de plus près. Pour découvrir en fait que la cérémonie, présidée par l’archevêque émérite de Prague, le cardinal Miroslav Vlk, était de l’initiative de l’ambassade tchèque près le Saint-Siège. Et qu’il s’agissait de célébrer les racines chrétiennes de l’Europe sans lesquelles rien de bon ne peut pousser. Sans dérive européiste, parce que ce n’est pas le genre des Tchèques…

  • L’initiative citoyenne européenne en perdition

    En réponse aux critiques qui s’accumulent à propos de l’« initiative citoyenne européenne », la Commission européenne a répondu qu’elle ne changerait rien. Bref, que la chose allait mourir de sa belle mort, sans qu’il y ait besoin de sédation profonde… Conformément à ce qui était prévu, mais cela elle ne le dit pas.

    Mes lecteurs de Daoudal Hebdo se rappellent que j’avais suivi de près la délirante saga de la mise en place de l’« initiative citoyenne européenne ». Cette innovation démocratique majeure du traité de Lisbonne était censée permettre la participation des citoyens au processus de décision européen. C’était une exigence pour rapprocher les citoyens de Bruxelles, pour combler le « déficit démocratique » dont souffre l’UE, etc. J’avais montré, pas à pas, à quel point c’était du pipeau.

    On remarquera que le texte de la Commission, pour le troisième anniversaire de l’« initiative citoyenne européenne », est daté du 31 mars. Or elle avait été lancée le 1er avril 2012. Comme un poisson d’avril. Mais la réponse aux critiques n’en est pas un.

    Selon le traité de Lisbonne, l’« initiative citoyenne européenne » devait être mise en place dès l’entrée en vigueur du traité, mais la Commission avait encore mis deux ans et demi pour mettre au point le dispositif, en faisant croire que c’était une grande concertation entre le Conseil, le Parlement, et les citoyens, alors qu’elle décidait de tout toute seule (comme d’habitude).

    Car il fallait faire en sorte qu’il soit impossible qu’une initiative citoyenne puisse aboutir à une remise en cause de quelque diktat que ce soit de la Commission, tout en faisant miroiter le progrès démocratique majeur de la chose.

    On voit, trois ans plus tard, le résultat. 51 initiatives ont été enregistrées par la Commission. Sur ces 51, il y en a… deux qui ont abouti. Qui ont abouti… à rien.

    La première a été celle du « droit à l’eau » (gestion publique de l’eau) qui demandait une proposition de loi reconnaissant le droit humain à l'eau, ou l'engagement formel de ne lancer aucune initiative incitant à libéraliser ce service, et la confirmation que les services d'eau et d'assainissement seraient exclus du Partenariat transatlantique. L’initiative citoyenne a effectivement pour finalité d’obliger la Commission à élaborer un projet de loi. Mais la Commission a répondu par de bonnes paroles strictement verbales…

    La deuxième a été « Un de nous », l’initiative visant à protéger l’embryon humain, notamment en interdisant toute activité qui conduise à détruire un embryon. La Commission a répondu que c’était déjà « réglementé »… Les organisateurs ont porté plainte devant la Cour européenne de Justice, qui a obligé la Commission à formuler une nouvelle réponse. Celle-ci vient de le faire, ce même 31 mars. Elle répond… qu’elle a le droit de répondre comme elle l’entend. Sic.

    Comme, le même jour, la Commission fait savoir qu’elle ne changera rien au processus, on voit que la preuve est faite que c’était une mauvaise farce, et qu’il faut être singulièrement optimiste, ou plutôt inconscient, ou avoir du temps à perdre, pour tenter de nouvelles initiatives.

    D’ailleurs les demandes ont déjà chuté de façon spectaculaire l’an dernier.

  • Un européiste contre l’anglais

    L’européiste patenté de Libération Jean Quatremer publie un nouvel article contre le « monolinguisme anglophone » dans les institutions européennes. On y apprend notamment que notre ministre Michel Sapin écrit en anglais au commissaire européen Pierre Moscovici, que le secrétariat général français aux affaires européennes envoie aux députés français un document en anglais sur la position de la France concernant le plan de relance présenté par Jean-Claude Juncker, que depuis Jacques Chirac il n’y a plus de dirigeant français qui critique la nomination, aux plus hauts postes de Bruxelles, de personnalités qui ne parlent pas un mot de français, et qui sont de plus en plus nombreux, alors que le français est toujours officiellement l’une des trois langues de travail de l’UE. Et la section française de l’Association des journalistes européens (AJE) vient d’envoyer une lettre à Jean-Claude Juncker pour se plaindre de « l’abandon du français dans la communication de la Commission européenne comme du Service européen d’action extérieure et du Conseil européen ». La Commission, ajoute notamment Jean Quatremer, travaille désormais presque exclusivement en anglais, même dans les services où il n’y a aucun Anglais (ou Irlandais).

    On pourra se demander pourquoi un européiste fanatique, farouche militant anti-national et anti-identitaire, se plaint de voir marginalisée une langue qui, manifestement, serait aujourd’hui un frein à la construction européenne si l’on respectait ses prérogatives.

    Erreur, répond-il, car l’anglais que l’on parle et que l’on écrit est ce « globish » qui est très imprécis et qui commence à poser de sérieux problèmes aux juristes.

    Mais surtout… la vraie raison apparaît à la fin du long article : c’est contre-productif pour la construction de l’Europe unie dont on rêve. L’AJE explique que le monolinguisme anglophone est « doublement pénalisant pour les idées européennes : celles-ci paraissent l’apanage d’une minorité technocratique et élitiste, le discours anti-européen (professé dans la langue nationale) paraît supérieur au discours pro-européen »

    En bref, pour lutter contre le Front national, il faut défendre la langue française. Amusant, non ?

  • Immigrationnisme

    Selon une « étude » de la Fondation Bertelsmann (fanatiquement euromondialiste), l’Allemagne a besoin de 500.000 immigrants supplémentaires chaque année afin de pouvoir maintenir le niveau de l’emploi et la stabilité du système social à l’horizon 2050.

    En fait le solde des migrants était déjà de 470.000 l’an dernier, et 429.000 l’année précédente. Mais Bertelsmann souligne d’autre part qu’il ne faut plus compter sur les migrants venant d’autres pays d’Europe : « l’Allemagne doit se montrer plus attractive comme pays d’immigration pour les ressortissants de pays tiers ».

    Car après 2026 il faudra plus de 600.000 immigrants par an.

    L’idéologie immigrationniste s’installe dans les pays où l’on ne fait plus d’enfants, et où l’on tue ceux qui pourraient naître.

    Mais… chut, il ne faut pas parler de grand remplacement. Ni de politique de la vie.

  • Britanniques clandestins

    Les européistes britanniques sont en verve. Après Gordon Brown certifiant que la Grande-Bretagne deviendra la Corée du Nord si elle se sépare de l’UE, voici Dominic Grieve, l’ancien procureur général (nommé par Cameron qui a finalement dû s’en séparer) : si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, « quelque 2 millions de citoyens britanniques travaillant dans les pays de l’UE deviendraient du jour au lendemain des immigrants illégaux ».

    Et c’est un grand juriste qui ose sortir un tel bobard.

    Il faut dire que c’est le même qui avait proposé que le ministère de l’Intérieur puisse détenir, sans charges, jusqu’à 90 jours, des personnes suspectées de terrorisme. Alors qu’il a été limogé parce qu’il ne supportait pas que les conservateurs envisagent de retirer le Royaume-Uni de la Convention européenne des droits de l’homme...

    Shadok sur Tamise…

  • Jean-Claude Juncker est un croyant

    Le président de la Commission européenne a déclaré sur Europe 1 :

    « Je crois aux promesses de Manuel Valls. »

    Authentique.

  • Européisme ordinaire

    Le même jour, hier

    - Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne : « Le temps est venu d’approfondir l’intégration européenne. Il n’y aura jamais d’Etats-Unis d’Europe, mais l’UE doit montrer à ses partenaires où est sa poste de commandement si elle veut être prise au sérieux. Nous devons approfondir l’union économique et monétaire pour une raison simple : notre union monétaire n’est pas optimale. Nous avons une banque centrale européenne. Mais nous n’avons pas de gouvernement européen. Donc nous devons avoir des règles qui remplacent le gouvernement européen que nous n’avons pas. »

    - Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne : « Nous avons atteint un tel degré d’intégration que nous ne pouvons pas seulement imaginer inverser le processus – nos économies sont trop imbriquées. (…) En somme, ma conclusion est qu’il doit y avoir un saut quantique dans la convergence institutionnelle. Nous devons passer d’un système de règles et de directives pour la politique économique nationale à un système de partage plus avancé de souveraineté avec les institutions communes. »

  • La Hongrie hongroise

    D__AS20150315043.jpgLes Hongrois fêtaient hier l’anniversaire de leur révolution de 1848, qui est une des trois fêtes nationales.

    Bien que 167 années aient passé, a dit Viktor Orban dans son discours, l’essentiel reste inchangé : le combat pour la souveraineté du pays est sans fin, et « nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ». « Nous réussirons ensemble ou pas du tout », à la double lumière de la liberté et de l’indépendance nationale. « Ensemble ou pas du tout », c’est aussi la leçon de la révolution de 1848, et la liberté signifie que toutes les nations ont un droit inaliénable à suivre leur propre chemin.

    Il a ajouté que « le peuple de Kossuth et Petofi se contente de sourire si quiconque veut lui faire la leçon en matière de liberté et de démocratie ». La Hongrie fait partie de l’Europe et veut construire son avenir avec les autres nations européennes. « L’Europe aujourd’hui est pleine de questions, et la Hongrie est pleine de réponses. »

    Ce qui apparaît de façon spectaculaire sur les photos est qu’il n’y a pas le moindre drapeau européen…

  • L’Islande reste au large

    Le ministre islandais des Affaires étrangères, Gunnar Sveinsson, a écrit au commissaire européen à l’Elargissement Johannes Hahn et au ministre des Affaires étrangères de Lettonie Edgars Rinkevics (la Lettonie présidant actuellement le Conseil), pour leur rappeler que l’Islande a « complètement suspendu » les négociations d’adhésion à l’UE en 2013, et dès lors « dissout les structures de négociation » et n’avait plus participé à quelque activité que ce soit liée à l’ancien statut de candidat du pays.

    La nouvelle politique islandaise a été expliquée en juillet 2013 au président de la Commission et au président du Conseil. Et des précisions ont encore été données dans les mois qui ont suivi.

    Le gouvernement islandais désire une nouvelle fois « clarifier » les choses : il « n’a aucune intention de reprendre les pourparlers d’adhésion ». C’est donc bien « la ferme position du gouvernement que l’Islande ne soit pas vue comme un pays candidat à l’adhésion à l’UE, et il considère qu’il serait approprié que l’UE ajuste ses procédures de travail selon ces données ».

    On sent comme une légère irritation dans le ton… Manifestement il s’agit d’une réponse à des pressions pour que les négociations reprennent.

    Et la réponse est claire…

    Et sur son site internet, le gouvernement ajoute que « les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne »…

  • Waterloo morne pièce

    Le Conseil européen, sur proposition de la Belgique, avait prévu de sortir une pièce de 2 euros commémorant la bataille de Waterloo, qui a eu lieu il y a 200 ans.

    Mais le gouvernement français a envoyé une lettre officielle au Conseil pour dénoncer cette initiative : « La bataille de Waterloo est un événement qui a une résonance particulière dans la conscience collective, allant au-delà de la simple évocation d'un conflit militaire. La circulation de pièces courantes portant une symbolique négative pour une fraction de la population européenne nous paraît préjudiciable, dans un contexte où les gouvernements de la zone euro s'efforcent de renforcer l'unité et la coopération autour de la monnaie unique. »

    L’affaire, tenue secrète par le gouvernement français, a été dévoilée par le Daily Telegraph, et authentifiée aujourd’hui par le gouvernement belge.

    Le journal anglais citait un certain nombre de réactions, dont celle du député conservateur sir Peter Luff : « Je serais ravi que la zone euro célèbre l’échec de la France de créer un super-Etat européen. Ils devraient vraiment reconnaître que c’est un événement important dans l’histoire de l’Europe et important pour la liberté et la démocratie – que j’aurais pensé que la République française aurait fêté, plutôt que cherché à empêcher. »

    Un autre député conservateur, Peter Bone, disait : « Il semblerait extraordinaire que ce remarquable 200e anniversaire de la bataille de Waterloo ne soit pas commémoré juste parce que cela blesserait les sentiments des Français. Les Français devraient grandir un peu et soutenir les Belges. »

    Mais les Belges, voyant qu’ils n’auraient pas la majorité en cas de vote, ont abandonné le projet…

  • L’idéologie du Parlement européen

    Le « rapport Tarabella » a été voté hier par 441 député européens contre 225 et 52 abstentions et est donc devenu une « résolution » du Parlement européen.

    Son titre : « Progrès accomplis en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union en 2013 » (sic).

    Rédigée par des idéologues fanatiques de la culture de mort, cette résolution sur l’égalité entre les sexes entendait venger l’affront fait au rapport Estrela en décembre dernier, et a donc un paragraphe sur le droit à l’avortement. C’est le 47e point (qui était le 45e dans le projet de rapport) :

    (Le Parlement européen) « insiste sur le fait que les femmes doivent avoir le contrôle de leur santé et de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l'avortement; soutient par conséquent les mesures et actions visant à améliorer l'accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive et à mieux les informer de leurs droits et des services disponibles; invite les États membres et la Commission à mettre en œuvre des mesures et des actions pour sensibiliser les hommes quant à leurs responsabilités sur les questions sexuelles et reproductives ».

    Cela dit, le Parlement européen peut insister autant qu’il voudra, il demeure que ces questions ne relèvent pas de l’Union européenne, et que s’il y avait un organisme de contrôle des textes ce paragraphe serait retoqué. On peut remarquer aussi que les idéologues sont tellement aveuglés qu’ils ne se rendent pas compte que la dernière phrase peut être utilisée contre l’avortement…

    Ce qui me frappe surtout dans cette résolution c’est le martèlement de l’idéologie qui nie toute différence entre les sexes.

    L’homme et la femme sont interchangeables. En dehors du fait que seule la femme peut avorter ou mettre au monde des enfants, il n’y a aucune spécificité de l’un ou de l’autre, sauf que les femmes continuent d’être discriminées et qu’il est impératif d’aboutir très vite à la parité dans tous les domaines. Et à ce que 75% des femmes aient un emploi. Dans ce très long pensum, il n’est pas question une seconde du choix que pourrait faire une femme d’être mère au foyer. Cela n’existe pas. Le seul choix de femme qu’elle ait est d’avorter ou d’accoucher. Mais après l’accouchement elle redevient un être humain indifférencié comme les autres. Après l’accouchement (et le congé parental, mais ce n’est plus un congé de maternité, il est destiné tout autant, voire davantage, aux pères), l’enfant est destiné à aller à la crèche.

    (Le texte de la résolution ne fait pas encore l’objet d’une publication à part. On le trouve dans le PDF qui donne tous les textes votés hier, vers la fin, comme l’indique le sommaire qui dit « page 220 » mais il n’y a pas de numérotation… En revanche la version word est numérotée, mais c’est page 221.)

  • Ce sera la Corée du Nord…

    Il n’y a pas que chez nous que les politiciens délirent quand ils défendent la construction européenne contre les méchants europhobes. En Angleterre aussi, la propagande frise la psychiatrie, et l’ancien Premier ministre Gordon Brown a sans doute battu un record. En effet, dans une tribune du Guardian, publiée la veille d’un dernier débat sur l’UE au Parlement avant les élections législatives, il n’hésite pas à écrire – à écrire, pas à lancer dans un meeting après un déjeuner trop arrosé – que si la Grande-Bretagne sort de l’UE elle deviendra comme la Corée du Nord. « Réellement » comme la Corée du Nord :

    « L’option Hong-Kong – “quitter l’Europe pour rejoindre le monde” - est réellement l’option nord-coréenne, dehors dans le froid avec peu d’amis, pas d’influence, peu de nouveau commerce et même moins d’investissements. »

    (J’avoue que je ne vois pas ce que Hong Kong vient faire là-dedans, les manifestants de Hong Kong réclamant la démocratie et non la séparation d’avec la Chine.)

    La photo ci-dessous est celle qui illustre l’article de Gordon Brown. Ce n’est pas une blague.

    1000.jpg

  • Petit mensonge

    Un petit mensonge, mais qui n’est pas sans portée, et qui est révélateur de la passion partisane du site EUobserver, censé informer de façon factuelle sur l’actualité de l’Union européenne, mais qui est de plus en plus agressivement européiste et anti-russe.

    EUobserver (dont les articles sont payants depuis peu) fait savoir aujourd’hui (12h28) que « Des allégations de ventes d’armes à la Russie sont accueillies par le silence à Prague » : le journal polonais Rzeczpospolita affirme que deux fabricants tchèques ont exporté des armes en Russie tout au long de l’année dernière malgré l’embargo européen mis en place le 1er août, et ces allégations sont accueillies « par un étrange silence à Prague ».

    Or c’est faux.

    Le ministre tchèque des Affaires étrangères a aussitôt réagi à l’article, lundi 3 mars, par l’intermédiaire d’un porte-parole qui a publié un ferme démenti, amplement répercuté par la presse tchèque : en résumé, la République tchèque n’a délivré aucune licence d’exportation d’armes depuis l’embargo, qu’elle respecte.

    Ce n’est pas tout.

    Car de quelles armes parle-t-on ?

    De fusils de chasse.

    Mais, dit, le journal polonais, rien ne prouve que ces fusils de chasse ne puissent pas être livrés aux Ukrainiens pro-russes et servir contre l'armée ukrainienne…

    Pierre-Arnaud Lotton, le président du groupe du Conseil de l’UE pour les exportations d’armes conventionnelles, dit quant à lui – et le journal polonais a l’honnêteté de le citer – que ces fusils de chasse, si armes il y a, ont pu tout bonnement être commandés avant l’entrée en vigueur de l’embargo.

    EUobserver devrait écouter davantage ses maîtres bruxellois…

  • Chypre et les Russes

    Le président chypriote Nicos Anastasiades était mercredi à Moscou, pour rencontrer Vladimir Poutine. Les deux dirigeants ont signé des accords de coopération militaire, notamment sur l’entrée des navires russes dans les ports de Chypre.

    En fait cela ne fait qu’officialiser ce qui se passe déjà. Mais c’est une pierre de plus dans le jardin anti-russe de l’UE. Et cela rappellera peut-être à quelques europhiles et eurocrates que les navires chypriotes, simplement de commerce, n’ont pas le droit d’entrer dans les ports turcs…

  • Les Italiens et l’UE

    La Repubblica publie un sondage Demos faisant apparaître que 27,4% des Italiens ont confiance en l’Union européenne. Juste devant les Britanniques : 28%. Ensuite on monte à 40,5% chez les Espagnols, 42,1% chez les Polonais, 43% chez nous, et 53,4% chez les Allemands. (Les autres pays n’ont pas été sondés.)

    Dans son discours programme devant la Chambre, Matteo Renzi avait déclaré : « La tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l'Italie »…

  • Valls et les paysans

    Assener une contre-vérité avec autorité et conviction permet semble-t-il de la faire passer dans les médias comme une vérité première, du moins quand on s’appelle Manuel Valls :

    « Les agriculteurs savent aussi ce qu'ils doivent aux pouvoirs publics, particulièrement à l'Europe. Voter Front National, c'est détruire ce modèle européen qui a aussi soutenu l'agriculture française », a-t-il déclaré.

    S’il y a encore des paysans en France, ce n’est pas grâce à l’Europe, mais malgré « l’Europe ». Quiconque connaît un peu l’histoire de la construction européenne sait que la politique agricole commune avait pour objectif de supprimer les paysans, puisque les idéologues et technocrates de la construction européenne ne supportaient pas (et ne supportent toujours pas) qu’il y ait des petits paysans, des petits patrons pêcheurs, des petits artisans et commerçants, etc. : on ne peut pas faire de plans européens avec un tel grouillement. L’objectif était de produire davantage et de façon plus « rationnelle ». Comme les Soviétiques. Le plan Mansholt en 1968 vise à la constitution de grandes unités de production spécialisées, dans les régions les plus rentables, et à la suppression de la majorité des travailleurs de la terre. Par exemple tous les porcs, ou du moins la grande majorité, devaient être produits en Belgique. Et aussi en Hollande. Le beurre et le fromage devaient être produits en Hollande (le pays de Mansholt). Une fois la liste terminée, on se rendait compte qu’il ne restait rien pour la Bretagne, ni pour aucune autre région trop éloignée des centres européens…

    Ce fou furieux de Mansholt, devenu président de la Commission européenne, voyant sans doute la démence de ce qu’il faisait, se met alors à dire le contraire, jusqu’à prôner la croissance zéro avec ses nouveaux amis du Club de Rome (ceux qui affirmaient en 1968 que dans 30 ans il n’y aurait plus une goutte de pétrole), puis il disparaît de la circulation au bout de sept mois. Mais l’esprit, si l’on peut dire, du plan Mansholt, a continué à inspirer la PAC. Jusqu’à nos jours.

  • Giscard : les traités on s’en fout

    Dans une interview aux Echos, Valéry Giscard d’Estaing déclare (c’est dans le titre) : « La Grèce doit sortir de l’euro ». Parce que c’est la seule façon qu’elle s’en sorte. Il ajoute :

    « En quittant l’usage de l’euro, elle ne ferait que rejoindre des pays comme le Royaume-Uni, la Suède, la République tchèque etc. qui ne l’ont pas adopté. Mieux : cette sortie lui permettrait de préparer un éventuel retour, plus tard. Ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l’intérêt mutuel de chacun. C’est ce que j’appellerais une « friendly exit », une sortie dans un esprit amical. »

    Venant d’un politicien inculte ou d’un journaliste lambda, on passerait outre. Mais il s’agit de Valéry Giscard d’Estaing, partie prenante dans la construction européenne depuis des décennies, l’un des auteurs du traité de Maastricht instituant l’euro, puis architecte du projet de Constitution européenne devenu traité de Lisbonne.

    Lui donc sait de quoi il parle. Et il sait qu’il ment. Ou plutôt il sait qu’il raconte n’importe quoi mais que ça n’a pas d’importance.

    L’innovation du traité de Lisbonne fut l’introduction d’un article permettant à un Etat de sortir de l’UE. Jusque-là c’était impossible. Entrer dans l’UE était irréversible. Mais il n’est rien prévu pour sortir de l’euro, puisque l’UE de Maastricht est précisément fondée sur la monnaie unique. Entrer dans l’UE, c’est entrer dans l’euro (le plus vite possible pour ceux qui ne le pourraient pas tout de suite), et c’est irréversible – comme ne cessent de le dire les eurocrates. L’argument du Royaume Uni et de la Suède (et du Danemark) est hors sujet : ces Etats se sont exemptés de la monnaie unique AVANT de signer le traité, lequel stipule explicitement qu’ils en sont exemptés. Quant à la République tchèque, elle s’est engagée à adopter l’euro par son traité d’adhésion.

    Ce que veut dire Giscard, c’est que les traités, même ceux qu’il a conçus, ne sont que des chiffons de papier. De fait on a bien vu comme le traité de Lisbonne a été allègrement violé dès que la crise monétaire a obligé à prendre des mesures qui étaient explicitement interdites par le traité. Donc pour la Grèce on peut faire de même. Pas de problème. C’est le viol friendly des traités, par lesquels en réalité on ne s’engage à rien, car ce qui compte est la construction d’un Etat européen, par tous les moyens, même légaux.

    Et donc illégaux si c’est friendly. En fait ils ont déjà trouvé le truc. On fait semblant d'utiliser l’article 50, celui qui permet à un Etat de faire sécession. Certes, la Grèce ne voudra pas sortir de l’UE, et surtout on ne veut pas qu’elle en sorte. Mais on négocie un processus par étapes. Et la première étape est l’abandon de l’euro par la Grèce. Etape qui restera la seule…

  • La rencontre incorrecte

    97f349fef5d1beb9f9f80dc4e2329a98.png

    Vladimir Poutine s’est rendu à Budapest hier et a eu une longue conversation avec Viktor Orban. Une rencontre qui fait grincer des dents dans toute l’Union européenne, ce qui fait sourire ces deux provocateurs… (La photo est celle que Orban a publiée sur sa page Facebook.)

    La rencontre avait pour but de mettre au point le renouvellement du contrat de fourniture de gaz russe à la Hongrie.

    Viktor Orban a déclaré : « Nous aspirons à la coopération et à avoir de bons contacts (avec la Russie). Je suis personnellement certain que la coopération et les bonnes relations servent non seulement les intérêts de la Hongrie, mais de toute l’Europe. » Il a ajouté : « Bloquer la Russie hors de l’Europe n’est pas rationnel… Quiconque croit que l’Europe peut être compétitive, que l’économie européenne peut être compétitive, sans coopération économique avec la Russie, quiconque pense que la sécurité énergétique peut exister en Europe sans l’énergie qui vient de Russie, est un chasseur de fantômes. »

  • Un poids lourd… travailliste à l’Ukip

    Harriet Yeo, qui fut présidente du syndicat des salariés des transports, puis membre du parti travailliste, et présidente du Comité exécutif national du parti en 2012-2013, a décidé de rejoindre l’Ukip, parce qu’elle ne supporte plus les atermoiements des travaillistes sur un futur référendum sur l’UE. « Il est temps de décider si nous devons rester dans l’UE, dit-elle. Le seul parti dont j’ai confiance qu’il offre ce choix est l’Ukip. »

  • Bruxelles sort le 49-3

    Puisque le gouvernement n’a pas la majorité pour la loi Macron, il a recours au 49-3.

    Certes, François Hollande dans l’opposition avait eu des mots très durs contre le 49-3, ce « déni de démocratie » dont il voulait la suppression…

    Mais ce n’est pas François Hollande qui veut la loi Macron. Ce ne sont pas les socialistes qui veulent une loi libérale.

    C’est Bruxelles, c’est l’euromondialisme, qui a imposé Macron à Bercy.

    C’est Bruxelles, c’est l’euromondialisme, qui exige que cette loi passe.

    Et là où passe Bruxelles la démocratie trépasse.

  • AfD : un nouvel élu

    Le parti anti-euro AfD, qui est aussi anti-immigration et partie prenante des manifestations anti-islam, a obtenu un élu hier au parlement du Land de Hambourg.

    C’est la quatrième fois qu’un militant de l’Alternative für Deutschland est élu dans un parlement régional, et la première fois dans un Land de l’ouest.

  • Quand Merkel fait la leçon à Orban

    Angela Merkel était en visite hier à Budapest. Après trois heures de tête à tête avec Viktor Orban s’est tenue la conférence de presse commune, qui a été quelque peu tendue. Reprenant un mot utilisé l’été dernier par le Premier ministre hongrois, Angela Merkel a déclaré : « Honnêtement, je ne peux pas comprendre ce que veut dire “illibéral” quand on parle de démocratie ». Orban a répliqué : « Toutes les démocraties ne sont pas obligées d’être libérales. Ceux qui disent que la démocratie est nécessairement libérale tentent de mettre une école de pensée au-dessus des autres et nous ne pouvons pas admettre cela. »

    Mais Angela Merkel a continué à faire la leçon à Orban sur le… dialogue, sur le respect des opinions divergentes… « Il est très important dans une démocratie, notamment quand on a une large majorité, de reconnaître le rôle de l’opposition, de la société civile et des médias. »

    Elle en a remis une couche ensuite devant une centaine d’étudiants de l’université germanophone Andrassy (devant laquelle venait d’avoir lieu une manifestation anti-Orban), insistant lourdement sur la nécessité du pluralisme des médias, et de la liberté de la société civile (sauf quand elle manifeste contre l’islamisation en Allemagne ou quand elle critique l’Union européenne, semble-t-il…) « Dans une démocratie, l’opposition n’es pas un ennemi, la majorité doit protéger la minorité… »

    Après le départ d’Angela Merkel, Viktor Orban n’a pas voulu commenter ces critiques. Il a souligné la qualité des relations économiques entre les deux pays, grâce auxquelles le taux de chômage hongrois est au plus bas, car les entreprises allemandes ont créé 300.000 emplois dans le pays et les exportations hongroises vers l’Allemagne battent des records. « Tout ce que je peux dire à la chancelière est : merci à l’Allemagne… »