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Europe

  • Politicaillerie

    Le Parlement européen a adopté mercredi une liste de recommandations pour la réforme des procédures d’autorisation des pesticides. Le rapport a été adopté à une très large majorité (526 contre 66 et 72 abstentions), pour la bonne raison qu’il a fait l’objet d’un accord entre les groupes des deux rapporteurs (PPE et Verts) et les sociaux-démocrates sur le rejet des 148 amendements proposés par le groupe d’extrême gauche et les eurosceptiques de droite.

    L’accord comportait que les Verts abandonnent la recommandation d’interdiction du glyphosate. (Non, ce n’est pas une blague.)

    Or le rapport fait précisément suite à la controverse sur le glyphosate, et sa principale origine est donc la (juste) exigence des Verts d’interdire ce poison.

    Non seulement les Verts se sont reniés, mais le rapport ne sert à rien puisqu’il avait pour mission première de traiter du problème du glyphosate.

    Ainsi va le Parlement européen, et ses profiteurs qui n’ont ni convictions ni même reste de conscience.

  • La Russie et le Conseil de l’Europe

    Les députés russes ont reconduit hier le gel de la contribution russe au Conseil de l’Europe (quelque 33 millions d’euros par an) et ont décidé de ne pas envoyer de délégation à la prochaine session de l'Assemblée parlementaire du dit Conseil (APCE). Une résolution prise dans l'intérêt du peuple russe, a souligné le président de la Douma.

    Suite à l’annexion de la Crimée par la Russie, l’ACPE a privé les parlementaires russes de leur droit de vote. En réponse logique, la Russie n’a plus envoyé de parlementaires à l'APCE, et n’a plus versé sa contribution à partir de 2017. Selon les règles du Conseil de l'Europe, si un Etat membre ne verse pas sa contribution, il risque l'exclusion au bout de deux ans…

    L’exclusion de la Russie serait une première dans l’histoire du Conseil de l’Europe… et ferait assurément plus de mal à celui-ci qu’à la Russie… Laquelle se fait régulièrement condamner par la Cour européenne des droits de l’homme et ne serait sans doute pas très affligée d’en être exclue. Mais chez nous on pleurniche déjà à l’idée que les Pussy Riot ne pourraient plus faire condamner l’affreux Poutine…

  • Le traité d’Aix la Chapelle

    Le traité franco-allemand qui sera signé le 22 janvier prochain à Aix-la-Chapelle, « complète » le traité de l’Elysée qui fut signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Celui-là visait un « renforcement de la coopération entre les deux pays », qui « constitue une étape indispensable sur la voie de l’Europe unie ».

    On est passé de la CEE à l’UE, et le nouveau traité (qui reprend nombre d’expressions de l’ancien) est « sur la coopération et l’intégration franco-allemandes ». Dans le cadre de l’intégration européenne.

    Le texte reprend une résolution votée par l’Assemblée nationale et le Bundstag en janvier 2018, mais dans une version allégée et expurgée, ce qui désole les européistes les plus fanatiques. L’européisme y est pourtant fortement affirmé, mais comme toujours l’idéologie se heurte (encore) aux constitutions nationales, et surtout à la réalité des peuples et à la résistance, qu’on le veuille ou pas, des nations. On lit des pétitions de principe et des exhortations, vers toujours plus d’« intégration », mais concrètement il n’y a guère (par rapport à la situation actuelle de l’« intégration franco-allemande ») que des perspectives de quelques « coopérations renforcées », à grand renfort d’experts, bien entendu.

    Le reste n’est que bavardage, par exemple l’affirmation que « l’admission de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU est une priorité de la diplomatie franco-allemande ». Chacun sait que cela ne peut pas se faire et que la seule évolution théoriquement envisageable serait le retrait de la France pour laisser un siège à l’UE… ce qui est impossible puisque l’UE n’est pas formellement un Etat (et ça n’arrivera jamais).

    En bref ce traité ne mérite pas l’attention qu’on lui porte ici ou là.

    *

    Evidemment, l'inscription derrière Timmermans, ça fait tache... (Mais c'est CNN...)

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  • Etat de droit…

    Le Parlement européen a « approuvé » hier, sur « proposition » de la Commission européenne, un projet de « règlement » qui « établit les règles nécessaires à la protection du budget de l’Union en cas de défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre ».

    En clair, quand ce texte sera définitivement adopté par le Conseil, il permettra de couper tous les financements de l’UE aux Etats gouvernés par des méchants, au premier chef la Hongrie et la Pologne.

    Il y a longtemps que les eurocrates voulaient pouvoir ainsi punir financièrement les gouvernements qui prétendent gouverner pour leurs peuples et conserver la souveraineté nationale que leur laisse encore le traité européen. Le problème, a priori insoluble, d’où le retard, est que ce serait illégal, puisqu’il n’y a aucun lien entre les soi-disant violations de l’état de droit dans un pays et le budget européen. On a fini par trouver la solution : « Des mesures appropriées sont prises lorsqu’une défaillance généralisée de l’état de droit dans un État membre porte atteinte ou risque de porter atteinte aux principes de bonne gestion financière ou à la protection des intérêts financiers de l’Union. »

    Bref, il suffit que la politique que l’eurocratie accuse de violer l’état de droit « risque » de porter atteinte, d’une façon ou d’une autre, « aux principes de bonne gestion financière ou à la protection des intérêts financiers de l’Union », pour qu’on soit fondé à déclencher la procédure qui privera ce pays de tout fonds européen.

    On notera bien qu’il suffit que les experts ad hoc (naturellement « indépendants », on ne rit pas) déclarent que telle loi (sur n’importe quel sujet) « risque » de porter atteinte à des « principes » budgétaires pour qu’on puisse sévir.

    On notera aussi et surtout ce que les eurocrates appellent « défaillance généralisée de l’état de droit ». En voici la définition :

    « une pratique ou omission répandue ou récurrente, ou une mesure des autorités publiques, qui porte atteinte à l’état de droit ».

    Une pratique, ou une mesure, ou même seulement une omission, voilà ce qui peut être qualifié de défaillance généralisée de l’état de droit.

    Cela peut surtout être qualifié de dictature et d’arbitraire, en tout état de cause d’abus de pouvoir caractérisé.

    Il y a quand même un côté amusant, voire gaguesque, c’est que c’est au pays qui préside le Conseil européen ces mois-ci que revient la charge de « négocier » l’adoption du texte par les Etats membres. Or ce pays est la Roumanie, qui est dans le collimateur des eurocrates pour « défaillance généralisée de l’état de droit », et particulièrement en ce qui concerne la corruption, seule question qui ne soit pas hors sujet puisqu’elle est la seule où l’on puisse voir un lien entre état de droit national et budget européen…

  • Pression permanente

    Une fois de plus, la Commission européenne, en l’espèce le commissaire Moscovici, « invite » les Etats membres à « engager le débat » pour mettre fin à la règle de l’unanimité dans l’UE en ce qui concerne les règles fiscales.

    « L’unanimité n’est plus un rempart, c’est un obstacle », dit Moscovici. En effet, un obstacle à la suppression de ce qui reste encore de souveraineté des Etats.

  • Honteux

    Emmanuel Macron sur le référendum du Brexit. Quand le président de la République se mue en ridicule complotiste pour dénigrer un peuple qui vote mal :

    « C’est un référendum qui a été manipulé, manipulé de l’extérieur par beaucoup de ce qu’on appelle aujourd’hui les infox, où on a dit tout et n’importe quoi et maintenant on dit débrouillez-vous et, bilan des courses, on a menti aux gens. Et ce qu’ils ont choisi, c’est pas possible. Après, bon courage pour les représentants de la nation qui doivent mettre en œuvre un truc qui n’existe pas. »

    Au passage, le « truc qui n’existe pas » est un article du traité de l’Union européenne.

  • Tout faux Loiseau

    Notre ministre « chargée des Affaires européennes » s’est énervée aujourd’hui contre Luigi Di Maio, le vice-Premier ministre italien (Mouvement 5 étoiles), qui est venu à Strasbourg, devant le Parlement européen, pour enregistrer un message dans la perspective des élections européennes, et qui a commis ce crime de lèse majesté de ne pas pénétrer dans le Temple de l’européisme pour y faire un minimum de dévotions.

    Mais la dame, qui n’est pourtant pas un perdreau de l’année mais une routière chevronnée du Quai d’Orsay, dit vraiment n’importe quoi tellement elle ne supporte pas qu’on ait une autre conception de l’Europe que celle qu’elle a contribué à imposer au cours des dernières décennies.

    "Les partis nationalistes sont des agrégations d'égoïsmes nationaux qui ne conduisent pas un projet européen."

    Deux ou trois erreurs ou mensonges en une seule phrase. Les partis qu’elle appelle « nationalistes », qui pour la plupart ne se définissent pas ainsi, pensent au bien commun du peuple qu’ils représentent : ce n’est pas de l’égoïsme, c’est un élément fondamental de la charité politique. La meilleure preuve en est donnée par le Groupe de Visegrád, rassemblant des « nationalistes » qui, en outre, représentent des pays qui ont d’anciens et profonds contentieux, et qui travaillent main dans la main pour une autre Europe. Car ils ont en effet un « projet européen », comme les autres partis « populistes ». C’est un aspect du totalitarisme de l’UE de prétendre que ceux qui ne sacrifient pas à l’Europe selon les traités actuels n’ont pas de projet européen, comme s’il y avait un seul et unique projet européen possible.

    "Ils veulent investir l'Union européenne pour la détruire de l'intérieur. Ce n'est pas quelque chose que nous allons laisser faire."

    Ce langage de guerre civile est celui de Mme Loiseau (de proie). Ce n’est pas celui des partis populistes, qui veulent seulement participer aux élections pour faire valoir leurs idées. Ce langage est celui de son gouvernement qui prétend que les Gilets jaunes sont des séditieux voulant détruire la République. Mais les vrais ennemis de la démocratie sont ceux qui veulent maintenir coûte que coûte la dictature européiste. Ils ne vont pas laisser faire ? Et que feront-ils s’ils deviennent minoritaires ? Un coup d’Etat militaire ?

    "J'ai été un peu surprise de voir le vice-Président du Conseil italien venir à Strasbourg, mais ne pas entrer dans le Parlement européen, et poser devant les caméras devant le bâtiment pour dire qu'il critiquait le Parlement européen dans sa position sur le budget italien."

    Il ose poser devant le Temple, non pour aller y sacrifier, mais pour critiquer la religion qui s’y pratique. C’est un blasphème. Et un blasphème pire encore si l’on se souvient… des heures les plus sombres qui sont l’alpha et l’oméga du débat politique :

    "Strasbourg est la ville de toutes les meurtrissures du XXe siècle et de la réconciliation européenne. Peut-être M. Di Maio est-il trop jeune pour le savoir. Il est encore temps qu'il l'apprenne."

    Un peu de mépris et de condescendance en prime pour le Rital qui vient nous narguer.

    Et enfin :

    "Je crois qu'il se fait du mal et qu'il fait du mal à la démocratie en attaquant Strasbourg." "Strasbourg est la capitale de la démocratie européenne."

    Etrange démocratie, quand même, que celle d’un Parlement qui passe le plus clair de son temps à faire progresser la subversion idéologique et qui, en dehors du « budget de l’Union », n’a d’autre rôle politique que d’adopter des lois déjà décidées et définies à Bruxelles par des gens non élus…

  • AfD et Dexit

    L’AfD, qui ne représentait rien il y a peu et qui est aujourd’hui le premier parti d’opposition en Allemagne, s’est réuni en congrès hier pour préparer les élections européennes.

    L’aile la plus dure voulait qu’à cette occasion le parti se prononce officiellement pour un « Dexit » et fixe comme date butoir 2024 pour exiger la sortie de l’UE si d’ici là l’UE n’est pas profondément réformée.

    Finalement, l’idée du Dexit a été conservée, mais l’insistance est mise sur la nécessaire réforme des institutions européennes, le Dexit ne venant qu’en dernier recours. Le texte souligne que les Etats nations ont une « compétence exclusive » à légiférer.

    « Nous n’avons pas besoin d’abolir l’UE, mais de la ramener à son noyau raisonnable » (ou : utile ? – « sinnvollen »), a déclaré le vice-président du parti Alexander Gauland. Car « l’UE est malade de la tête et des membres et doit être réformée de fond en comble. » Or la situation est favorable : « Nous avons des partenaires pour atteindre nos objectifs », a-t-il dit, citant la Ligue italienne, le Fidesz d’Orban, le PiS polonais et le FPÖ.

  • Viktor Orbán

    Au cours d’une conférence de presse tenue à Budapest, Viktor Orbán a une nouvelle fois dénoncé la politique d’Angela Merkel et des médias allemands qui ne cessent de faire pression pour que l’Europe accueille de plus en plus de migrants. Quant à Emmanuel Macron, il est « le chef des forces pro-immigration », et « si ce qu'il veut à propos de l'immigration se réalise en Europe, alors ce sera néfaste pour la Hongrie, il faut donc que je le combatte ».

    Viktor Orbán espère que les partis anti-immigration remporteront les prochaines élections européennes, et il s’est félicité de la rencontre entre Matteo Salvini et les dirigeants polonais : « L'alliance italo-polonaise, l'alliance Varsovie-Rome, est l'un des plus grands événements qui pouvait marquer ce début d'année. »

  • L’axe italo-polonais

    « Il est temps de remplacer l’axe franco-allemand par un axe italo-polonais », a déclaré Matteo Salvini lors d’une conférence de presse à Varsovie. Pour « sauver l’Europe ».

    « J’ai proposé, pour qu’on dépasse les différences entre partis, différences dues à des raisons de géographie et de tradition culturelle, un contrat pour l’Europe, un pacte pour l’Europe, qui n’existe pas encore, je ne suis pas venu avec un produit déjà fini. Nous pourrons proposer une plateforme, un pacte pour l’Europe en dix points, sur lequel les Italiens, les Polonais, les Hollandais, les Espagnols, les Danois, décideront s’ils sont d’accord ou pas d’accord. Nous y travaillerons dans les prochains jours. Avant les élections. Les pactes, il vaut mieux les présenter avant les élections, et non après. »

    Dès le début de sa visite, Salvini avait affirmé que l’Italie et la Pologne seraient les « protagonistes du nouveau printemps européen ».

    Matteo Salvini a longuement rencontré Jaroslaw Kaczynski, président du PiS, mais aussi des membres du gouvernement et le Premier ministre Mateusz Morawiecki, lequel, peu avant, dans une interview à la chaîne CNBC, ne cachait pas sa proximité avec le vice-Premier ministre et chef de la Ligue.

    L’enjeu concret du rapprochement entre l’Italie et la Pologne est la constitution d’un nouveau groupe qui pourrait être le deuxième au Parlement européen si toutes les forces favorables à une véritable Europe se mettent ensemble. L’occasion est le Brexit, qui signe l’arrêt de mort du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE), puisqu’il est majoritairement constitué des députés conservateurs britanniques, auxquels sont venus s’agréger notamment les députés du PiS, qui vont devenir orphelins. Or les députés de l’opposition polonaise, la Plateforme civique, font partie du PPE, ce qui rend quasiment impossible que le PiS rejoigne le PPE. Ce pourrait être l’occasion pour les députés hongrois du Fidesz de quitter le PPE (où ils sont, logiquement, très mal vus) pour participer à ce nouveau groupe, sachant que le Parti pour la liberté, aux Pays-Bas, et le Rassemblement national, en France, ont déjà conclu un accord avec la Ligue pour former un « front de la liberté » au Parlement européen, auquel pourrait bien s’agréger notamment le Parti de la liberté autrichien (FPÖ).