17 juin 2013

To be or not to be

C’est vraiment très british : sur demande du député James Wharton, David Cameron a accepté de modifier la question dans le projet de référendum sur l’UE, afin de respecter la « neutralité ». On ne demandera pas aux électeurs si le Royaume-Uni doit « rester » dans l’UE, mais si le Royaume-Uni doit « être » dans l’UE.

15 juin 2013

La condamnation rituelle de la Hongrie

Les récents amendements à la Constitution hongroise [adoptés à une très large majorité par le Parlement hongrois, je précise] constituent une menace pour l’Etat de droit et la démocratie.

Telle est la dernière fatwa en date de la Commission de Venise, l’organisme du Conseil de l’Europe chargé de traquer les manquements au droit constitutionnel dans les Etats membres.

Pour l’heure, vous ne trouverez pas l’avis de la Commission sur son site. A la place, vous avez une grande photo (2560 × 1920 pixels, 10 Mo ! – et floue !) des spécialistes rassemblés dans un somptueux palais de Venise pour pondre leurs petites crottes, et qui ne sont pas pressés de mettre leur site à jour (comme on les comprend…).

Il s’agit de la grande école Saint Jean l’évangéliste, ainsi décrite par le guide Michelin :

« Une très belle entrée (1481) donne accès à une courette, préalable à la découverte d'un immeuble présentant un intéressant mélange de styles, allant du gothique au baroque. Au premier étage, le salon, créé par Giorgio Mascari, évoque un décor de théâtre du 17e s. Tiepolo, Tintoret et autres artistes de moindre envergure ont participé à la décoration des murs et du plafond. »

14 juin 2013

L’Islande dit non à l’UE

Pour son premier déplacement à l’étranger, le ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement islandais, Gunnar Bragi Sveinsson, s’est rendu à Bruxelles. Pour dire officiellement et de vive voix à la Commission européenne que les négociations d’adhésion étaient « suspendues ». Car les élections ont été remportées par deux partis qui tous deux étaient contre l’adhésion, et « c’est ainsi que fonctionne la démocratie », a lancé le ministre.

L’emploi du mot « suspendues » veut sans doute dire, par respect de la démocratie, précisément, que ces négociations ne reprendront pas tant que ce gouvernement sera en place. Ou peut-être en attendant un référendum, puisque les deux partis avaient décidé d’un référendum dans leur plateforme commune. Mais il semble que l’idée du référendum ait été abandonnée. Le président n’en parle plus, et le ministre non plus. Ce serait une dépense inutile, puisque dans les sondages la proportion de citoyens favorables à l’UE ne dépasse jamais les 25%.

Le commissaire à l’Elargissement, Stefan Füle, a fait semblant de comprendre que le gouvernement islandais pourrait décider de reprendre les négociations et il lui a demandé de prendre sa décision rapidement, car « c’est l’intérêt de nous tous que cette décision ne soit pas prise dans une période de temps illimitée ».

Ils sont incorrigibles.

13 juin 2013

Une déclaration particulièrement répugnante du Conseil de l’Europe

Texte intégral du communiqué du secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland :

« La chambre haute du Parlement russe ne devrait pas approuver le projet de loi interdisant la "propagande en faveur de relations sexuelles non traditionnelles" auprès des mineurs. Cette loi porte clairement atteinte à quelques-uns des principes les plus fondamentaux de la Convention européenne des droits de l’homme, comme la liberté d’expression et la liberté de réunion.

« J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer mon inquiétude au sujet de cette loi dans une lettre au président de la Douma. La majorité n’a pas le droit d’adopter une loi manifestement discriminatoire à l’égard des minorités. Elle a au contraire le devoir de protéger les droits des minorités.

« L’opinion publique est peut-être favorable à une telle loi, mais cela ne justifie pas de légaliser les préjugés.

« Malheureusement, cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large en Europe, où les groupes vulnérables et les minorités sont pris pour cible, ce qui nourrit l’extrémisme et la violence. »

Je suppose que tout commentaire me conduirait devant les tribunaux (cf. Vanneste, et encore lui ne parlait pas de la propagande homosexuelle auprès des enfants, qui est donc une « valeur » de l’Europe). Mais j'attends avec impatience la réaction du patriarcat de Moscou, voire de Poutine.

Rachida Dati grotesque

Dans un communiqué vengeur, elle demande la démission de José Manuel Barroso. Pour divers et très hétéroclites motifs. Ses collègues députés européens de l’UMP ont aussitôt fait savoir que c’était une position personnelle de Rachida Dati et en rien la position de l’UMP, encore moins du PPE… D’autant que Rachida Dati est connue pour son absentéisme à Strasbourg et son mépris du Parlement européen…

C’est surtout complètement grotesque de réclamer (toute seule), en 2013, la démission de Barroso, qui est président de la Commission depuis 2004… et qui ne le sera plus l’année prochaine ; car il est peu vraisemblable qu’il se présente pour un troisième mandat, et les spéculations vont bon train, non sur sa démission, mais sur son successeur…

06 juin 2013

Mystère polonais

Dans une interview au Handelsblatt, le président de la Banque centrale polonaise, Marek Belka, dit que la Pologne « n’est pas pressée » d’adopter l’euro. Ce qu’on avait cru comprendre en effet. Mais il ajoute que l’objectif de la Pologne est de « faire partie du premier cercle » de l’Union européenne, et aussi que la Pologne est « contre une Europe à deux vitesses ».

Les Polonais ne sont pas toujours faciles à suivre… On ne voit pas comment il peut y avoir une seule vitesse s’il y a plusieurs cercles. Et surtout il est fort curieux de prétendre faire partie du noyau dur de l’UE sans avoir la monnaie unique.

A moins que les Polonais aient réellement l’intention de montrer qu’on peut être au cœur de la politique communautaire sans avoir la monnaie unique ? Voilà qui pourrait être, pour le moins, décapant…

La Lettonie dans la zone

« Latvia douze points is my message to Riga. »

C’est ainsi, à la manière de l’Eurovision, que le sinistre Olli Rehn, qui se croyait drôle, a annoncé que la Commission européenne, dans son nouveau rapport sur la Lettonie, concluait que ce pays était prêt pour entrer dans la zone euro.

De fait, le pays correspond haut la main à tous les critères, notamment aux critères de Maastricht, contrairement à la plupart des pays qui font partie de la zone… Ainsi son déficit public est-il de 1,2 % du PIB (en France 5%, selon les critères de Maastricht ne doit pas dépasser 3%) et sa dette de 40,7% du PIB (en France 90%, selon les critères de Maastricht ne doit pas dépasser 60%).

Officiellement, ce n’est pas la Commission qui décide, mais le Conseil. Celui-ci donnera son feu vert lors de la réunion des ministres des Finances de juillet.

La Lettonie va donc entrer dans la zone alors que le peuple letton ne veut pas de la monnaie unique : tous les sondages montrent que plus de 60% de la population y est opposée.

Mais en matière européenne on ne se risque plus à demander l’avis des peuples. Et si l’Union européenne était une démocratie, ça se saurait…

05 juin 2013

Quand le président de la CEDH dit absolument n’importe quoi

Excédé de la résistance britannique aux diktats de la Cour européenne des droits de l’homme, assortie de menaces de quitter l’institution, le nouveau président de la Cour, le Luxembourgeois Dean Spielmann, fait savoir aux Anglais que s’ils quittent la Cour européenne des droits de l’homme, donc le Conseil de l’Europe, ils doivent également quitter l’Union européenne.

On a rarement vu une affirmation aussi débile. A la limite, cela pourrait provoquer un clash entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, suivi d’un limogeage fracassant de Dean Spielmann… si ces institutions ne s’entendaient comme larrons en foire.

Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne sont deux institutions totalement différentes. Un chef de l’une ne peut absolument pas s’engager pour l’autre. Le retrait d’un pays de l’une est sans rapport avec son retrait ou non de l’autre.

Le pire est que Dean Spielmann prétend argumenter son affirmation. Son argument, c’est qu’aucun membre de l’UE ne l’est devenu sans avoir été d’abord membre du Conseil de l’Europe.

Ce qui n’a aucun sens. Evidemment, tous les membres de l’UE ont été d’abord membres du Conseil de l’Europe, qui existait longtemps avant l’UE. Et aussi les anciens pays du bloc communiste, puisqu’il est beaucoup plus facile de faire partie du Conseil de l’Europe que de l’UE. Mais cela n’empêche en rien qu’un pays puisse faire partie d’une institution sans faire partie de l’autre. De même que plusieurs pays européens font partie du Conseil de l’Europe mais pas de l’UE, de même un pays peut, a priori, faire partie de l’UE sans faire partie du Conseil de l’Europe.

Dean Spielmann a ajouté : « Tout Etat membre qui quitterait le Conseil de l’Europe, qui dénoncerait la Convention (des droits de l’homme), perdrait sa crédibilité quand il en viendrait à promouvoir les droits de l’homme dans divers endroits du monde. »

Un député conservateur, Dominic Raab, a commenté : « S’il y a une chose qui sape la crédibilité de la Cour de Strasbourg, ce sont les jugements à la Mickey Mouse qu’elle crache. Lui et les autres juges devraient se regarder longuement dans le miroir avant de se plaindre de la démocratie britannique… Si M. Spielmann croit que sa menace de nous expulser de l’UE va persuader quiconque en Grande-Bretagne de faire des courbettes devant les décisions perverses de la Cour de Strasbourg, il se met le doigt dans l’œil. »

D’autant qu’il n’y a vraiment pas besoin de pousser les Britanniques pour qu’ils partent d’eux-mêmes de l’UE…

(Daily Mail)

La Lituanie présidente

La Lituanie va présider l’UE, pour la première fois, à partir du 1er juillet.

Le gouvernement de ce petit pays de 3 millions d’habitants ne cache pas qu’il est un peu effrayé de la tâche qui l’attend : il est censé faire aboutir, dans ses six mois de présidence, quelque 563 dossiers. Un record. Pourquoi ? Premièrement, parce que comme toute dictature bureaucratique, l’UE connaît une irrésistible inflation législative (qui à elle seule donne une idée de ce qu’elle entend par principe de subsidiarité…). Deuxièmement, parce qu’il y a les élections du Parlement européen l’an prochain, et que le Parlement actuel ne pourra travailler que trois mois en 2014 avant ces élections, et qu’il faut donc faire aboutir un maximum de dossiers avant la fin de cette année. Dont celui du budget de l’UE, qui doit être bouclé de façon à être opérationnel le 1er janvier : à lui seul il représente 75 lois différentes.

Ce sera une présidence « bruxelloise », dit le vice-ministre des Affaires étrangères en charge de la présidence européenne. Il veut dire par là que bien entendu c’est la Commission européenne qui décide de tout. Il a néanmoins fallu que la Lituanie triple ses effectifs à Bruxelles : ils vont être 200 Lituaniens, venus des ministères de Vilnius, pour faire ce que Bruxelles leur dit de faire…

04 juin 2013

Toujours la subsidiarité

« La façon dont l’UE est actuellement organisée et dirigée conduit à l’échec… Nous devons prendre au sérieux le principe de subsidiarité. »

Le propos est de Martin Schulz, président du Parlement européen (hier devant le parlement de l’Etat de Mecklembourg-Poméranie).

Mais le problème de gouvernance de l’UE ne vient du fait que le principe de subsidiarité n’es pas pris au sérieux, il vient du fait que le principe de subsidiarité a été défini à l’envers, et que cette définition, sciemment voulue par Giscard et Delors, est prise très au sérieux par la Commission européenne… Un exemple parmi des centaines : voir ma note précédente.

Pourquoi se gêner ?

Selon le Financial Times, qui a eu connaissance du projet de « mécanisme unique de résolution » des crises bancaires dans l’eurozone, la Commission européenne va proposer de se donner elle-même à elle-même le pouvoir de traiter les banques en difficulté, en court-circuitant les autorités nationales.

Les travaillistes qui veulent un référendum…

Une campagne « Travaillistes pour un référendum » est lancée aujourd’hui, avec le soutien de 15 députés et 150 conseillers régionaux, sous la direction de John Mills, le premier donateur du parti.

Il s’agit bien sûr d’un référendum sur l’Union européenne. L’objectif est de retenir les électeurs (dans les circonscriptions travaillistes menacées) qui seraient tentés de voter UKIP ou conservateur parce qu’ils ne veulent plus de l’UE...

03 juin 2013

Fermez-la !

Dans l’attente du jugement par la Cour constitutionnelle allemande du programme d’achats obligataires de la BCE, l’ancien juge de la Cour Udo Di Fabio déclare que si celle-ci juge que la Banque centrale européenne a violé sa propre interdiction de financement des Etats, elle peut, dans le cas le plus extrême, obliger le Parlement et le gouvernement allemands à se retirer de l’euro.

Tout le monde sait que ce ne sera pas le cas, notamment à cause de juges... comme Udo Di Fabio, qui roulent des mécaniques quand ils ne sont plus en poste et font le contraire de ce qu’ils disent quand ils siègent. On l’a vu à l’œuvre, Di Fabio, sur le traité de Lisbonne, quand il affirmait à qui voulait l’entendre que le traité était incompatible avec la Constitution allemande, et que, porte-parole de la Cour, il s’est couché devant la pensée unique quand il a fallu prendre la décision. Alors maintenant ça suffit, les Di Fabio, Hans Hugo Klein et autres : fermez-la.

31 mai 2013

Eurozone : eurogalère

Ce n’est pas seulement en France, c’est dans toute l’eurozone que le chômage ne cesse de battre des records : 12,2% en avril. Et si l’Union européenne c’est l’avenir, je ne sais pas comment on va pouvoir l’expliquer aux jeunes qui ne trouvent pas de travail, qui sont plus de 40% en Italie, 42,5% au Portugal, et… 56,4% en Espagne.

Ça bouge en Allemagne

Dans une tribune du FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung), Hans Hugo Klein, ancien juge (1983-1996) à la Cour constitutionnelle allemande, écrit que « le principe de subsidiarité doit être défini plus en détail » et qu’ensuite il faut faire « un examen approfondi des lois existantes de l’UE ». Alors que les eurocrates se succèdent pour dire à David Cameron qu’il est impossible de rapatrier des compétences, Hans Hugo Klein affirme que pour ne pas s’aliéner les peuples, « un rapatriement de compétences et un élagage des règles et règlements est nécessaire ».

Royaume-Uni : la Commission lance une grenade

La Commission européenne a décidé de déférer le gouvernement britannique devant la Cour de Justice européenne parce qu’il soumet les immigrants européens à un contrôle intitulé « droit de résider » pour leur permettre de percevoir certaines prestations sociales. Le ministre du Travail Iain Duncan Smith a déclaré qu’il « se battra à chaque étape », accusant la Commission d’un « flagrant accaparement de terrain ». Son homologue travailliste du shadow cabinet défend la même position : « Nous devons mettre en place des contrôles pour nous assurer que les gens montrent leur engagement envers ce pays avant qu’ils en tirent bénéfice. »

Réaction de Stephen Booth, d’Open Europe : « La Commission européenne a lancé une grenade dans un débat déjà passionné sur la poursuite de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE. C’est le pire sujet que la Commission pouvait chercher à contester, au pire moment possible. »

Les cartons rouges de William Hague

William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, demande que soit mis en place un système de « carton rouge » qui permette aux parlements nationaux de bloquer les lois européennes inopportunes. William Hague parle de « carton rouge » en référence à ce qu’il appelle le « carton jaune » qui permet aux parlements, dans le traité de Lisbonne, de demander à la Commission européenne de reconsidérer sa proposition. C’est seulement en donnant plus de pouvoir aux parlements nationaux, et non au Parlement européen, dit-il, qu’on pourra réduire le « déficit démocratique ».

30 mai 2013

Hollande toujours

François Hollande, lors de sa conférence de presse commune avec Angela Merkel :

« Nous sommes d'accord pour qu'il y ait plus de sommets européens avec un président à temps plein de l'Eurogroupe. »

Pour que personne ne nous dise ce que nous devons faire, bien sûr…

La phrase politique la plus débile d’hier

Elle est de François Hollande :

« La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire. »

Il paraît qu’à Bruxelles ils n’avaient pas autant rigolé depuis longtemps.

24 mai 2013

La Commission renonce à un (petit) diktat

La semaine dernière, la Commission européenne annonçait qu’à partir du 1er janvier prochain il serait interdit aux restaurateurs de mettre sur les tables des fioles ou des coupelles d’huile d’olive, et que toute huile d’olive devrait être présentée dans un flacon scellé non réutilisable. Pour des raisons d’hygiène, et surtout pour éviter que les restaurateurs fraudent en mélangeant l’huile d’olive à une huile inférieure (ce dont la Commission ne fournit aucun exemple).

La décision, prise sous la pression du lobby des huiles d’olive industrielles, a naturellement provoqué un tollé chez les restaurateurs, et les sarcasmes de la presse (sauf dans les pays anesthésiés comme chez nous). Et David Cameron déclarait mercredi en arrivant à Bruxelles pour le sommet : « C'est exactement le genre de choses dont l’Europe ne devrait même pas discuter. Ça ne devrait même pas être mis sur la table, pour faire un mauvais jeu de mots. »

Hier, le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, a convoqué une conférence de presse pour déclarer que, face au tollé, il retirait la « proposition ».

Non sans ajouter qu’il présenterait un nouveau projet après concertation avec les producteurs, les restaurateurs et les consommateurs…

L’affaire est caractéristique de la façon dont sont prises les décisions européennes. En théorie ce n’est pas la Commission qui décide, c’est le Conseil : ce sont les 27 Etats, et dans un cas comme celui-là à la majorité qualifiée. Mais il existe une procédure géniale, désormais généralisée, qui est celle de l’adoption par défaut : si un certain nombre d’Etats membres, dans un bref délai donné, ne s’opposent pas formellement à la « proposition » de la Commission, celle-ci est considérée comme adoptée… Ce qui était le cas pour l’affaire des fioles d’huile d’olive.

L’affaire est également caractéristique de ce que le traité européen appelle le « principe de subsidiarité », et qui est exactement le contraire de ce qu’est ce principe. Selon le vrai principe de subsidiarité, l’Union européenne n’a évidemment pas à s’occuper de ce genre de choses. Mais selon le principe de subsidiarité tel qu’il a été inscrit dans le traité de Maastricht, la Commission décide des sujets dont elle s’occupe, et laisse le reste aux Etats membres...

La phrase européenne la plus débile (d’hier soir)

Elle est de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (qui devrait arrêter le pur malt après une certaine heure) :

« L’Europe a besoin d’un Royaume-Uni plus européen autant que le Royaume-Uni a besoin d’une Europe plus britannique. »

Van Rompuy et la Turquie

En visite à Ankara, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a déclaré qu’il voulait « revigorer » le processus d’adhésion de la Turquie, et qu’« après un moment d’arrêt » il allait y avoir « un nouvel élan qui se traduira bientôt par un pas en avant concret » : « Nous verrons bientôt l’ouverture d’un nouveau chapitre de négociation. »

Il a dit encore : « J’ai confiance qu’une signature rapide par la Turquie de ce que l’on appelle l’accord de réadmission avec l’UE nous permettra d’avancer rapidement dans la voie conduisant à la suppression des visas pour les citoyens turcs. Le progrès peut être rapide. Les voyages sans visa donneraient à notre relation un nouvel élan. »

Curieusement, il me semble qu’on ne voit pas ces propos dans la presse française…

22 mai 2013

L’Islande dit non à l’UE

Le chef du parti de l’indépendance, Bjarni Benediktsson, a confirmé dans une interview, hier, que l’Islande n’était plus candidate à l’adhésion à l’Union européenne.

Bjarni Benediktsson, dont le parti de centre droit est arrivé en tête aux législatives (26,5% des voix, 19 sièges), conduit les négociations pour la constitution du gouvernement avec le parti progressiste (centriste), arrivé deuxième (22%, 18 sièges), également opposé à l’UE.

Environ la moitié des chapitres de négociations avec l’UE avaient été conclus (mais pas celui sur la pêche, activité essentielle en Islande).

Addendum

Les deux partis ont signé aujourd'hui un accord de gouvernement. Il stipule que les négociations d'adhésion à l'UE ne reprendront pas avant un référendum qui sera organisé sur la question. (Le texte n'ajoute pas qu'elles ne reprendront pas non plus après, mais c'est une évidence, puisque les Islandais sont très largement hostiles à l'UE. En tout cas ils ont bien raison d'organiser un référendum, pour faire honte aux gouvernements des pays de l'UE qui ont tellement peur de ce que disent les peuples...)

21 mai 2013

Fierté euro-homosexuelle en Moldavie

Le métropolite Vladimir de Chisinau et de toute la Moldavie avait écrit au maire de Chisinau pour lui demander (en vain) l’interdiction d’une marche homosexuelle prévue pour le 19 mai, car « ce genre d’initiative constitue une provocation, venant en contradiction avec la morale et les bonnes mœurs ». « En outre, le 15 mai sera célébré le Jour de la famille, une fête avec un fort contenu symbolique, qui marquera la semaine qui vient par des événements présentant une large thématique, de telle façon que la “gay parade” ne trouve pas de place dans un tel environnement, au moins du point de vue d’un élémentaire bon sens. Au surplus, le 19 mai, l’Église orthodoxe de Moldavie honorera les femmes myrophores, événement qui, comme nous le considérons, occupe une priorité morale et spirituelle indiscutable et ne saurait être profané par les actions d’un groupe minoritaire (infime, nous dit-on) et dont la vision et les doléances sont fort loin de la morale chrétienne. »

Le rassemblement homosexuel a eu lieu. Il y avait une centaine de personnes, dont l'ambassadeur des Etats-Unis en Moldavie, William Moser, l'émissaire de l'Union européenne, Dirck Schuebel, et le commissaire européen à l'Elargissement, Stefan Füle…

20 mai 2013

Pas sympa, le partenaire… Mais il a raison

Lors de sa dernière conférence de presse, François Hollande a formulé le vœu que soit mis en place un véritable gouvernement économique de la zone euro. Je ne l’ai pas relevé, parce que ce n’est vraiment pas nouveau, et que ça ne dépend pas de lui…

Mais le Premier ministre néerlandais (pays manifestement de plus en plus eurosceptique) n’a pas laissé passer l’occasion de dire au Hollande français ce qu’il en pensait :

« Au lieu de parler de gouvernement économique de l’UE, la France ferait mieux de mettre autant d’énergie à mettre son économie et son budget en ordre. »

Et toc.

17 mai 2013

L’Allemagne approuve l’adhésion de la Croatie

Alors que tout le monde sait depuis l’année dernière que la Croatie sera le 1er juillet prochain le 28e Etat de l’UE, le vote du Bundestag, hier, paraît surréaliste. Le Parlement allemand vient en effet d’approuver l’adhésion de la Croatie, ce que tous les autres pays ont fait depuis longtemps.

Il se trouve que l’Allemagne attendait d’avoir le dernier rapport de la Commission européenne sur l’état d’avancement de la Croatie. Autrement dit, l’Allemagne est le seul pays qui ait respecté les règles de l’UE…

Toujours plus pour les « minorités sexuelles »

Une pétition du gouvernement néerlandais adressée à la Commission européenne, l’appelant à faire davantage pour les droits des « minorités sexuelles », a été remise à Viviane Reding, commissaire européen aux droits de l’homme, hier, veille de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

Le texte a été signé par les ministres ad hoc de 13 autres pays, dont la France, l’Espagne, l’Autriche, mais aussi… Malte et l’Irlande…

S’agit-il du syndrome Frigide ?

On constate toutefois que la moitié des pays de l’UE n’ont pas signé ce texte dont la pétroleuse Viviane Reding n’a de toute façon pas besoin pour pousser à la roue dans le sens de l’inversion.

15 mai 2013

Un “nouveau” journal ?

Il s’appelle L’Opinion. Son premier numéro paraît aujourd’hui. Hier a été distribuée une édition gratuite de huit pages. On y apprend que le journal défend une opinion « libérale », avec une ligne « pro-business » et « européenne ».

Bref, circulez, il n’y a rien à voir…

13 mai 2013

Ça bouge de plus en plus en Grande-Bretagne

La semaine dernière, l’ancien chancelier (ministre du Trésor, numéro 2 du gouvernement) de Margaret Thatcher, Nigel Lawson, a défrayé la chronique en affirmant dans le Times que la Grande-Bretagne ferait mieux de sortir de l’UE, qui a « dépassé sa date de péremption ». Or Nigel Lawson était autrefois un européiste convaincu : il avait démissionné de son poste pour protester contre le refus par Margaret Thatcher que la livre fasse partie du système monétaire européen…

Dans la foulée, deux autres anciens ministres conservateurs de premier plan, Norman Lamont (ancien chancelier) et Michael Portillo (ancien ministre de la Défense), disaient la même chose. Lamont soulignait que les avantages économiques de l’appartenance à l’UE étaient très exagérés et que les Britanniques pourraient survivre… comme les Suisses.

Hier, on est passé à la vitesse supérieure. Car ce sont deux actuels ministres conservateurs, Michael Gove (Education) et Philip Hammond (Défense) qui ont déclaré que s’il y avait un référendum aujourd’hui ils voteraient pour la sortie de l’UE. Ils ont ensuite nuancé leur propos, précisant que bien sûr, comme le dit Cameron, il faut d’abord tenter de réformer l’UE…

Le référendum a été promis par David Cameron pour 2017. Mais nombre de conservateurs voudraient qu’il soit avancé. Une motion en ce sens sera proposée au vote des députés cette semaine (sans doute demain). Elle pourrait réunir une centaine de votes, soit un tiers des députés conservateurs.


Addendum

La motion a recueilli plus de voix que prévu, malgré le contre-feu de David Cameron annonçant la veille qu'il ferait passser une loi imposant le référendum. En effet, la motion a recueilli en tout 130 voix, dont celles de 114 des 305 députés conservateurs.

10 mai 2013

La « protection des données » pour tuer le commerce

Dans le cadre de l’inépuisable série d’initiatives de l’UE « On trouvera toujours quelque chose pour vous pourrir la vie, casser l’économie et détruire des emplois », voici les projets de règlement et de directive dits « de protection des données », visant à imposer aux entreprises un système uniforme dans toute l’UE. Les deux projets sont en discussion au Parlement européen, au niveau des commissions. Pas moins de 3.999 amendements ont été déposés, ce qui est historique et montre qu’il y a comme un problème. Ou plutôt de nombreux problèmes. Et comme s’il n’y en avait pas assez, on en rajoute. Ainsi, le rapporteur du projet de règlement a-t-il modifié du tout au tout une disposition initiale. La Commission proposait que soient dispensés du (très lourd et coûteux) dispositif les entreprises de moins de 250 salariés. Mais le rapporteur du projet de règlement est un idéologue Vert allemand, Jan Philipp Albrecht, 30 ans, spécialiste d’internet et de la subversion gauchiste, totalement déconnecté des réalités. Et il a décidé que seraient exemptées du dispositif les entreprises qui ont moins de 500 clients dans l’année. Ainsi, les hôtels restaurants, qui échappaient tous au diktat de la Commission, se retrouvent pour la plupart sous le coup de la géniale trouvaille du député Albrecht. Et le lobby européen des hôtels-restaurants tire très fort la sonnette d’alarme, attirant l’attention des députés, et d’autres professions éventuellement concernées. Car il sera imposé aux entreprises de plus de 500 clients, même si elles n’ont qu’un ou deux salariés, d’avoir un « délégué à la protection des données ». Mais ce ne sera pas forcément un emploi à plein temps, précise Albrecht, comme si ça résolvait le problème.

D’autres acteurs économiques ont déjà manifesté leur inquiétude, comme La Poste française, ou la CFDT (pour laquelle le règlement conduirait à la perte d’1,25 milliard d’euros et 25.000 emplois dans le secteur de la vente directe). Eriksson a fait savoir qu’il serait obligé d’établir son secteur innovation hors de l’UE. La Chambre de commerce américaine a calculé que cette législation pourrait faire perdre jusqu’à 1,3% du PIB européen, et que les exportations européennes de services vers les Etats-Unis baisseraient de 6,7% en raison de leur perte de compétitivité. Le Royaume Uni, qui est résolument opposé à cette législation depuis le début, considère que si elle était adoptée elle ferait perdre entre 100 et 400 millions d’euros par an à l’industrie britannique.

Il est de plus en plus urgent de sortir de cette Europe-là.