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Europe

  • En Slovaquie

    Selon ILGA (Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes), qui est « très déçue et consternée » (pauvres choux…), « le gouvernement slovaque a abandonné son projet de plan national d’action pour l’égalité LGBTI, déclarant que ce serait un sujet pour le prochain gouvernement ».

    Le projet, dont la rédaction avait duré quatre ans, avait été publié en octobre dernier en vue de recueillir les remarques du public, et un « séminaire » avait été organisé en novembre.

    Mais voilà. Le mois prochain il y aura les élections. Et si les socialistes veulent préserver leurs chances d’être reconduits, ils ont tout intérêt à fourrer les revendications LGBTI tout au fond d’un tiroir…

    Encore qu’il n’y ait pas besoin de la moindre menace. C’est ce même gouvernement socialiste qui, en 2014, résistant à la pression européenne et internationale, a fait inscrire dans la Constitution que le mariage est « l’union d’un homme et d’une femme » (amendement voté par 102 des 150 députés)…

  • Tusk et le Brexit

    Le président du Conseil européen Donald Tusk a publié la lettre qu’il envoie aux Etats membres sur ses « propositions pour un nouvel accord pour un Royaume Uni dans l’Union européenne », lettre accompagnée de six projets de déclarations du Conseil et de la Commission. Cela ressemble beaucoup à un rideau de fumée, et l’on ne voit pas comment David Cameron pourrait s’appuyer sur ces textes (à condition encore qu’ils soient acceptés par le Conseil) pour faire campagne contre le Brexit.

    Le seul élément qui puisse être retenu est que, « à la lumière de la situation particulière du Royaume Uni dans les traités, celui-ci n’est pas tenu à aller plus loin dans l’intégration politique ». Mais cela veut dire aussi qu’on ne reviendra pas sur les pertes de souveraineté déjà imposées. On remarquera l’habileté qui consiste à limiter au seul Royaume Uni la possibilité de ne pas aller plus loin dans l’intégration. Même si les deux choses (ne pas aller plus loin, et la limitation à un seul pays), sont évidemment et littéralement contraires au traité…

    A cela s’ajoute une autre proposition, renforçant la « subsidiarité » : une majorité numérique de parlements nationaux (quelle que soit la taille des Etats) pourrait bloquer une loi européenne. Mais comme ce n’est pas dans le traité…

    On passera sur les vœux pieux concernant la compétitivité (on va tout faire pour la renforcer, bien sûr…).

    Pour le reste, on fait semblant d’admettre la demande britannique du limiter pendant quatre ans les aides sociales pour les ressortissants de l’UE travaillant au Royaume Uni, mais on la limite strictement à des « situations exceptionnelles de flux de travailleurs »… (sinon ce serait contraire au traité).

    Sur la « gouvernance économique » de l’UE, le texte parle de respect mutuel entre ceux qui ont l’euro et ceux qui ne l’ont pas, de la prise en compte des inquiétudes de ceux qui ne l’ont pas, ce qui ne saurait aller jusqu’à un droit de veto ou même une possibilité de retarder les décisions à prendre…

    Donald Tusk demande aux 27 partenaires du Royaume Uni de répondre à ses propositions dans les deux semaines, afin de pouvoir adopter les textes définitifs lors du sommet des 18 et 19 février prochains.

  • Le turc en Europe

    La « session d’hiver » de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’est déroulée du 25 au 29 janvier. On y a baratiné de choses et d’autres, notamment de la Pologne qui file un mauvais coton ces temps-ci… Mais l’information principale est que le turc est devenu « langue de travail » de l’Assemblée.

    Cela découle du fait que le 22 mai 2015 l’Assemblée avait voté en faveur de l’augmentation du nombre de sièges attribués à la Turquie, le portant de 12 à 18 « pour tenir compte de l’augmentation de la population de ce pays ». La Turquie devenait ainsi l’un des pays les plus représentés, à égalité avec la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, l’Italie et la Russie, et le turc devait donc devenir une langue officielle de l’Assemblée à l’instar des langues des autres pays dotés de 18 représentants, « à condition toutefois que l’Assemblée reçoive une dotation supplémentaire pour couvrir les frais que cela implique ». Naturellement on a trouvé la dotation sans problème…

    Ainsi le 27 janvier a été tenu le premier discours en turc à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, par le député Utku Cakirozer, du parti d’Atatürk membre associé du parti socialiste européen.

    De même, la Cour européenne des droits de l’homme, qui dépend du Conseil de l’Europe, a adopté le turc comme langue de travail, et ses arrêts sont désormais disponibles en turc comme en anglais, en français et en russe.

  • L’impact du Brexit

    La banque Barclays a publié une nouvelle étude sur le Brexit, dont voici un résumé selon le Telegraph. Pour info.

    Un vote pour la sortie de l’UE « ouvrirait la boîte de Pandore » dans une Europe en crise. Les marchés financiers n’ont pas saisi l’importance d’un tel vote, qui serait « le risque mondial le plus significatif de l’année » et pourrait conduire à l’effondrement du projet européen (ils veulent dire européiste).

    Les investisseurs ont vendu des livres en anticipation du référendum, du coup la monnaie britannique a perdu 9% face à l’euro. Mais si les Britanniques votent la sortie de l’UE, les conséquences politiques et institutionnelles seraient beaucoup grandes que les retombées économiques. Car nombre de pays seraient pris en étau entre les extrémistes de droite et de gauche qui poussent à la sortie de l’UE. Or, « si la situation politique tournait mal dans l’UE, le Royaume Uni pourrait être vu comme un refuge contre ces risques, inversant l’appréciation du taux de change de l’euro ».

    « Dans cette configuration, les votants écossais pourraient être moins enclins à quitter la sécurité relative du Royaume Uni pour une UE de plus en plus incertaine. »

    Barclays se fait l’écho des analyses qui considèrent que le Brexit aurait de lourdes conséquences, non pour le Royaume Uni, mais pour l’UE. « Le référendum est généralement considéré comme une affaire britannique, alors qu’il devrait être vu comme une question européenne. »

    D’autant qu’est venue se greffer la question de l’immigration, qui joue comme un joker pour le Brexit. Et ce départ encouragerait les autres Etats qui luttent contre l’immigration et provoquerait, selon la banque, une nouvelle vague de turbulences. « Le Royaume Uni fournirait aux opposants à l’immigration un exemple politique puissant de la façon de traiter l’une des questions les plus épineuses et les plus émotionnelles auxquelles sont confrontés les électeurs européens », ce que Barcalys voit comme une « menace ».

  • Ils ne savent pas ce qu’ils veulent…

    Après les avoir accueillis à bras ouverts en en clamant qu'ils en voulaient toujours plus, maintenant ils veulent les expulser…

    La Suède veut expulser 80.000 « migrants ».

    La Finlande veut expulser 20.000 « migrants ».

    Il paraît que ce ne sont pas de vrais migrants. Euh, de vrais « réfugiés ». Ni même de vrais Syriens. Et patin-couffin…

  • Croate, croate, croate…

    La lecture des articles européistes de gauche peut être fort divertissante. Je ne peux pas m’empêcher de traduire celui qui a paru hier sur EUobserver sous la signature de Dejan Anastasijevic, en réponse à une tribune publiée sur le même site quelques jours plus tôt. Dejan Anastasijevic, qui est serbe, s’en prend au nouveau gouvernement croate. Et pour enfoncer le clou, il date son article de Belgrade, alors qu’il vit à Bruxelles. Je me permets d’agrémenter sa charge de quelques brefs et parfois nécessaires commentaires.

    Je lis généralement EUobserver avec plaisir. Mais une récente tribune, intitulée Un Premier ministre qui a un esprit d’homme d’affaires pourrait transformer la Croatie, par Natko Vlahovic, un lobbyiste, m’a fait me demander si je n'avais pas mangé quelque chose de mauvais au déjeuner.

    Il est d’une servilité envers le gouvernement croate à un degré que je n’avais jamais vu auparavant, même dans la presse des Balkans occidentaux. [Natko Vlahovic est très officiellement lobbyiste du gouvernement croate, et même le premier lobbyiste croate à Bruxelles, donc son texte présente sans surprise le nouveau gouvernement croate sous un jour favorable.]

    Il est également faux à tellement de niveaux que j’ai du mal à savoir par où commencer.

    Le nouveau Premier ministre croate, Tihomir Oreskovic, est peut-être un brave type et un chef d’entreprise compétent, mais il n’est plus qu’une marionnette, contrôlée par les deux vice-Premiers ministres, Tomislav Karamarko et Bozo Petrov.

    Avant cette promotion, Oreskovic n’a passé que deux ans en Croatie (dans sa jeunesse). Il parle à peine la langue. [Il a en effet fait ses études et sa carrière au Canada, dans une entreprise pharmaceutique israélienne… ce qui peut aider à beaucoup de choses…]

    Il a admis publiquement avoir rencontré la plupart de ses ministres après leur nomination, faite à partir d’une liste proposée par Karamarko-Petrov.

    Alors, qui sont les maîtres d’Oreskovic ?

    Commençons par Karamarko. C’est un ancien chef du service de renseignements de la Croatie, en un temps qui fut marqué par une surveillance massive des journalistes et par des violations des droits humains. [Mais Wikipedia n’en a pas le moindre souvenir, et il est curieux que le grand journaliste et redresseur de torts Dejan Anastasijevic ne l’ait pas ajouté… Karamarko a surtout été ministre de l’Intérieur.]

    Après être devenu le chef du parti HDZ, le plus grand de Croatie, et l’avoir fait membre du PPE à Bruxelles, il l’a poussé à droite. [Ça ce n’est pas bien, mais à l’origine le HDZ était encore beaucoup plus à droite…]

    Karamarko dit lui-même qu'il aspire à gouverner le pays à la manière du fondateur du HDZ, l’ancien président Franjo Tudjman, qui aurait fini à La Haye sous l’accusation de crimes de guerre s’il n’était pas mort avant [crimes de guerre contre les envahisseurs serbes, bien sûr, et on constate comment le grand démocrate Dejan Anastasijevic respecte la présomption d’innocence : il aurait « fini » à La Haye ? Le tribunal de La Haye prononce aussi des acquittements…].

    Au cours de la récente campagne électorale du HDZ, Karamarko a également promis de poursuivre pénalement quiconque critique la conduite de la Croatie dans les guerres yougoslaves. « Tout le monde peut penser et dire ce qu'il veut entre ses quatre murs ou dans la cour, mais dans le domaine public, ce ne sera pas toléré », a-t-il dit.

    Quant au parti de Petrov, Most [Le Pont], c’est un nouveau venu sur la scène.

    C’est une équipe hétéroclite, surtout de politiciens de petites villes [des provinciaux, pour ne pas dire des bouseux], dont certains de gauche, certains de droite, et d'autres qui sont tout simplement des opportunistes.

    Petrov est lui-même un ancien clerc catholique romain [catholique romain, dans la bouche d’un Serbe, c’est très mal, clerc, c’est pire. En fait, Petrov a envisagé de devenir franciscain quand il avait 14 ans…]. Il est fortement influencé par le cardinal Bozanic, qui est à peu près aussi loin à droite qu’un prélat catholique peut l’être [comme chacun le sait, tous les évêques catholiques sont non seulement de droite, mais généralement d’extrême droite].

    [Bozo Petrov a commencé sa carrière politique en 2013 en devenant maire de Metkovic. Il a aussitôt supprimé la rémunération des conseillers municipaux, a divisé par 10 les dépenses de représentation, et par 8 les frais de voyages, et imposé une stricte transparence des comptes. En moins de deux ans il a fait passer la dette de la ville de 17,6 millions de kunas à 6,4 millions, et il a été désigné comme le meilleur maire de la région. D’où son succès sur le plan national.]

    Le premier jour de sa présence au sein du gouvernement de coalition HDZ-Most, les locaux du ministère de la santé ont été aspergés d’eau bénite et un crucifix a été mis dans chaque bureau. Les autres locaux du gouvernement sont censés emboîter le pas. [Ça c’est vraiment horrible…]

    Continuons. Le nouveau ministre de la culture, Zlatko Hasanbegovic, était membre du Mouvement de Libération croate (DBC), un groupe néo-nazi établi par Ante Pavelic, un vrai nazi, qui a fui en Argentine après la Seconde Guerre mondiale. Hasanbegovic a ensuite rejoint le parti d'extrême droite HCSP. [Zlatko Hasanbegovic est né en 1973, et il a été président des jeunes du HCSP à 17 ans – après avoir été chez les néo-nazis de Pavelic… Comme son nom l’indique il est Musulman, il est historien des communautés musulmanes de Croatie et de Bosnie, et il s’est fait connaître comme militant contre la dénaturation du mariage au sein du mouvement “Au nom de la famille”.]

    Le ministre des Anciens Combattants, Mijo Crnoja, est de la même étoffe. Il veut supprimer le terme "anti-fasciste" de la Constitution de la Croatie, pour la raison que c’est un terme crypto-communiste. [Ben oui…]

    Il a également appelé à la création d'un « registre des traîtres » afin d’éliminer quiconque, par la parole ou ses actes, « a œuvré contre les intérêts nationaux de la Croatie depuis 1990 ». Le projet a été retiré mardi (26 Janvier) après un tollé : plus de 7.000 personnes, dont Jadranka Kosor, un ancien premier ministre HDZ, se sont portés volontaires pour être inscrits comme «traîtres»*.

    Le ministre de la santé, Dario Nakic, a été récemment limogé de son poste à l'hôpital après la mise au jour de détournements de fonds à grande échelle. [Dario Nakic, néphrologue réputé, était directeur de l’hôpital de Zadar, il a été limogé en 2012 pour des raisons politiques ; on lui a reproché diverses « irrégularités » dont plusieurs dataient d’avant son accession à la direction de l’hôpital, qui visaient à le faire fonctionner malgré l’insuffisance du financement, et n’ont jamais fait l’objet d’un procès ; il avait le soutien unanime du conseil d’administration de l’hôpital.]

    Le ministre de la justice, Ante Sprlje, a moins de cinq ans d'expérience comme avocat. Il était, jusqu'en 2013, stagiaire dans un barreau provincial [encore un bouseux]. La liste est longue... [Mais on s’arrête là. Il n’y a rien à dire sur les 8 autres ministres ?]

    La seule raison pour laquelle Oreskovic, le nouveau Premier ministre, a obtenu ce poste, c’est que le HDZ et le Most ne pouvaient pas se mettre d’accord, ils ont fait venir un outsider.

    Oreskovic n'a aucune légitimité démocratique. Il n'a pas pris part à la campagne électorale. La plupart des gens ne savent pas qui il est.

    Si une chose est claire, c’est qu'il aura une autonomie zéro. Mes amis en Croatie sont très inquiets. [Interdit de rire…]

    Le gouvernement Karamarko-Petrov en Croatie est, en réalité, à peu près aussi pro-européen que le gouvernement Jaroslaw Kaczynski en Pologne, ou le gouvernement Viktor Orban en Hongrie. [En voilà une bonne nouvelle ! Mais en Pologne il y a un gouvernement Duda-Szydlo, comme le grand journaliste Dejan Anastasijevic le sait s’il a suivi l’actualité à Bruxelles et à Strasbourg.]

    Je ne doute pas qu'ils s’entendront comme larrons en foire, parce que la Croatie est sur le point de devenir un nouveau membre du club de la démocratie non libérale de l'UE [allusion à l’expression “démocratie illibérale” de Viktor Orban].

    [Le Monde vient tout juste de reprendre cet article, en le mettant à sa sauce, sous le titre : En Croatie, le retour des ultranationalistes.]

    * Addendum. Le coup du registre des traitres a eu raison de Mijo Crnoja, qui a démissionné. Mais on lui reproche aussi d'avoir menti sur son lieu de résidence pour échapper aux impôts locaux.

  • Le Danemark fait front

    Le projet de loi réformant le droit d’asile au Danemark était condamné par l’ONU, par l’OSCE, par Amnesty International et tous les lobbies des droits de l’homme. Il a été voté hier par 81 députés sur 109 : 75% des suffrages exprimés, les sociaux-démocrates joignant leurs voix à celles du parti du peuple danois – l’« extrême droite » - pour adopter le texte des libéraux au pouvoir (70 élus n’ont toutefois pas participé au scrutin).

    Pour financer le séjour des « réfugiés » en attendant leur régularisation, la police pourra saisir leur argent liquide au-delà de 1 300 euros, ainsi que leurs biens, comme leurs bijoux, à l’exception des alliances. Le permis de séjour des demandeurs d’asile personnellement menacés dans leur pays sont raccourcis de 5 à 2 ans. S’ils veulent rester, ils devront travailler deux ans et demi sur trois, et perfectionner leur danois. Quant aux personnes qui fuient une menace générale comme une guerre, elles devront attendre trois ans avant de pouvoir demander un regroupement familial.

    Naturellement, l’évêque de Copenhague a joint sa voix à celle des lobbies pour regretter que la « stabilité du pays et le bien-être des Danois » passe avant « leur devoir » d’accueillir les frères réfugiés.

    N.B. On remarque que dans toute cette affaire on ne parle pas du tout de l'Union européenne. C'est que le Danemark, comme on l'oublie souvent, ne fait que nominalement partie de l'UE, ne participant ni à l'union économique et monétaire, ni à la politique étrangère et de sécurité commune, ni à "l'espace de liberté, de sécurité et de justice", ni à la... citoyenneté européenne.

  • Et alors ?

    Citant un rapport de l’agence Frontex, Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, déclare : « Plus de la moitié des gens qui viennent en ce moment en Europe viennent de pays où vous pouvez être sûr qu’ils n’ont aucune raison de demander le statut de réfugié, plus de la moitié, 60%. »

    Ces 60%, précise-t-il, viennent essentiellement du Maroc et de Tunisie, en passant par la Turquie (pour faire croire qu’ils sont syriens ou irakiens).

    La seule option immédiate, ajoute Timmermans, est de les renvoyer dans leur pays aussi vite que possible, afin de pouvoir soutenir les vrais réfugiés…

    Et alors ?

    Il ne se passe évidemment rien. De toute façon on sait que les autorités allemandes ont déjà perdu la trace d’une bonne partie de leurs « réfugiés »…

  • Brexit et guerre civile

    Brodant sur le thème éternel : si vous quittez l’Union européenne c’est l’apocalypse, le Premier ministre irlandais Enda Kenny met en garde contre l’impact d’un éventuel retrait du Royaume Uni sur le processus de paix en Irlande du Nord.

    Un Brexit mettrait l’Irlande du Nord dans de sérieuses difficultés, dit-il, alors qu’on était arrivé à ce que les armes se taisent, et que cela avait été un si gros travail mené par tant de gens sur tant d’années…

    Si Enda Kenny voulait bien regarder un peu plus loin que son île, il verrait aussi l’impact effroyable du Brexit sur le réchauffement climatique, l’expansion du chikungunya et la disparition des dinosaures.

  • En Slovaquie ils ont un Premier ministre

    Quelques propos de Robert Fico, Premier ministre de Slovaquie, à un journal tchèque.

    « J’ai le sentiment que, dans l’UE, nous sommes en train de commettre un suicide rituel et que nous nous contentons de le regarder… Si cela doit attendre la fin de 2016 ou 2017 pour que l’Europe mette en place la force de surveillance des frontières qu’elle a programmée, l’UE se sera tuée elle-même… Nous mijotons dans notre jus, nous attelant à des quotas qui n’ont aucun sens… et pendant ce temps-là des milliers de migrants arrivent en Europe tous les jours. Ce système est un fiasco complet… Si on veut, sur la base de quotas temporaires ou permanents, nous forcer à importer 50.000 personnes qui ont des mœurs et des religions complètement différentes – et ce sont essentiellement de jeunes hommes – je ne peux pas imaginer comment nous pourrions les intégrer. Nous ne le pouvons pas. Ils se retrouveraient dans un espace qui a sa propre vie et ses propres règles, et c’est pourquoi je dis que cette idée et mauvaise et irréalisable. »

    Rappelons que la Slovaquie et la Hongrie ont porté plainte devant la Cour européenne de Justice contre le système de quotas.

    Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a déclaré quant à lui que la République tchèque, qui préside actuellement le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), organisera un sommet extraordinaire de ce groupe le 15 février sur la question des migrants.

  • L’instrument du taux de change

    Le ministre polonais des Finances, Paweł Szałamacha, a déclaré hier :

    « Ce n’est un secret pour personne que ni le gouvernement précédent ni notre gouvernement n’envisage comme une priorité une accession rapide à l’euro… Nous ne voulons pas abandonner un instrument unique : le taux de change comme tampon dans les moments difficiles. »

  • La caravane passe…

    Certains disaient que le « débat » au Parlement européen sur l’état de droit en Pologne risquait de tourner au « carnage ».

    Il n’en a rien été. Et la Pologne qui devait se retrouver à terre a marqué un point.

    Grâce à Beata Szydlo, le Premier ministre que d’aucuns considéraient comme une simple et blafarde femme de paille de Jaroslaw Kaczynski.

    D’abord parce qu’elle a eu le courage d’aller dans l’arène pour tenir tête aux furieux, et que cela les a calmés…

    Ensuite parce qu’elle l’a fait de façon aussi tranquille que ferme. Ce débat est « dégradant » pour l’Europe, a-t-elle dit. La Pologne respecte les valeurs européennes mais agira comme elle l’entend :

    « Nous ne sommes pas contents de nous faire contrôler par l’UE. Nous sommes un Etat souverain et un Etat libre… Les problèmes polonais seront résolus par les Polonais. Ça a été la catastrophe chaque fois lorsque des parties tierces sont intervenues dans nos affaires intérieures… Nous respectons les valeurs de l’Europe mais nous allons, en toute souveraineté, mener les changements pour lesquels nous avons été élus démocratiquement. »

    Le chef des libéraux, Guy Verhofstadt, a tenté d’attaquer le gouvernement polonais qui « a abusé de sa majorité et modifié les équilibres au sein des institutions nationales »… Mais il n’a pas été suivi, y compris par les députés polonais de l’opposition qui ont défendu les propos de Beata Szydlo (ce que l’on voyait se profiler hier avec la rencontre entre les présidents Duda et Tusk)…

    Du coup, personne ne parle de cette séance qui avait pourtant été annoncée à grands coups de trompes et devait être l’hallali de la quasi dictature polonaise qui détruit la démocratie et l’état de droit…

  • Duda et Tusk

    Le président polonais Andrzej Duda s’est rendu hier à Bruxelles pour rencontrer le président du Conseil européen afin de calmer le jeu avant le « débat » qui doit s’ouvrir au Parlement européen cet après-midi (à 16h 30).

    Or le président du Conseil européen n’est autre que le Polonais Donald Tusk, ancien chef de la Plateforme civique, Premier ministre de 2007 à 2014.

    Les deux hommes sont donc les représentants des deux grands partis antagonistes. Mais ils sont tous deux polonais. Donald Tusk a laissé entendre de façon feutrée que la Pologne était l’objet de critiques injustifiées, qu’il était temps d’examiner les faits et d’arrêter de porter des jugements hâtifs, et aussi qu’il y avait d’autres méthodes pour régler les problèmes que les menaces de la Commission. Et il a affirmé qu’il n’y aurait pas de débat sur la Pologne, en tout cas pour le moment, au Conseil européen.

  • 20 réfugiés…

    L’Irish Times nous apprend que 20 demandeurs d’asile inscrits dans le plan européen de relocalisation des « réfugiés » ont demandé à s’installer en Irlande.

    20 sur 160.000 : il est clair que les Syriens n’aiment pas la Guinness.

    L’Irish Times constate aussi que sur les 160.000 demandeurs d’asile, 322 ont été réellement relocalisés jusqu’ici…

  • Exzellent, Herr Schaeuble !

    Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaeuble, propose l'instauration d'une taxe européenne sur les carburants pour couvrir le coût de la « crise des réfugiés ».

    Très bonne idée, pour que les peuples aient une plus mauvaise opinion de l’Union européenne !

  • Médias de l’Est

    Le Courrier international a traduit un article de la section bulgare de la Deutsche Welle, qui est une brève revue de presse sur les événements de Cologne et autres lieux : « Que cela soit en Pologne, en République tchèque, en Hongrie ou en Slovaquie, les médias disent une seule et unique chose : “Ce qui s’est passé à Cologne était logique et inéluctable, et nous vous avions prévenus de ce danger”. »

    « La crise migratoire a donné naissance à une sous-culture d’altruistes naïfs et bien-pensants. » (Sme, Slovaquie)

    « Il aurait fallu qu’une chaîne de télévision fasse son direct depuis la place de la gare à Cologne au moment des émeutes pour que s’écroule la vision angélique qu’ont certains des migrants. Mais cela ne s’est pas fait, parce que les journalistes allemands sont eux-mêmes sous l’emprise du politiquement correct. » (Magyar Idök, Hongrie)

    « Les Européens de l’Ouest regardent avec des yeux grand fermés la vague migratoire qui les submerge et le compte à rebours des bombes humaines jihadistes qui sillonnent les rues de leurs villes. Les élites sont désorientées et incapables d’arrêter ce flux, de juguler la radicalisation tout comme d’intégrer efficacement les nouveaux venus. La grande cloche de la cathédrale de Cologne sonne la fin de paix civile sur le Vieux Continent. » (Standart, Bulgarie)

  • Notation idéologique

    L’agence Standard and Poor's a abaissé hier la note de la dette de la Pologne, à BBB+, avec une « perspective négative ».

    Vous pensiez que ces notes étaient attribuées sur des critères strictement économiques ? Détrompez-vous. Elles sont données sur des critères idéologiques. Et Standard and Poor's ne s’en cache pas. Il n’y a aucune raison économique de dégrader la note de la Pologne (l’agence Fitch d’ailleurs ne le fait pas), ni même de raison politique (l’agence souligne la stabilité politique du pays), la seule raison est de punir un gouvernement dont on juge qu’il n’est pas politiquement correct : « L'abaissement reflète notre opinion selon laquelle le système des freins et des contrepoids institutionnels a été nettement érodé, car l'indépendance et l'efficacité d'institutions clés sont affaiblies par différentes mesures législatives prises depuis les élections législatives d'octobre 2015. » Et Standard and Poor's précise qu’il s’agit du Tribunal constitutionnel et de la loi sur les médias.

    La conséquence immédiate a été que le zloty a plongé face à l’euro…

  • Que se passe-t-il réellement en Pologne ?

    Ce qui suit (et le titre ci-dessus) est ma traduction d’une déclaration des députés polonais du groupe CRE publié dans la perspective du débat qui aura lieu au Parlement européen mardi prochain sur « l'état de la primauté du droit et des restrictions à la liberté de la presse en Pologne » (l’intitulé montre déjà qu’on est dans la polémique fantasmatique et non dans le « débat »).

    En 2015, des élections générales démocratiques ont eu lieu en Pologne, d’où a résulté un changement de pouvoir.

    Andrzej Duda a remporté la charge de président de la Pologne, et la droite unie, sous la direction de son plus grand parti, à savoir le Parti Droit et Justice (PiS) a remporté la majorité absolue au Parlement.

    La coalition libérale-centriste de la Plateforme civique (PO) et le Parti du peuple polonais (PSL), qui avaient été au pouvoir pendant huit ans, sont passés dans l’opposition. Les partis de gauche ont échoué à obtenir le pourcentage minimum requis et ne sont pas représentés au Parlement.

    Le résultat des élections a montré que le peuple polonais a sévèrement jugé la politique du gouvernement précédent, y compris son déficit de garanties de la liberté d’expression.

    Au cours du mandat de ce gouvernement il y a eu des cas de répression pénale à l’encontre de personnes qui exprimaient leurs critiques du gouvernement sur internet, pendant des événements sportifs ou lors de manifestations anti-gouvernementales.

    La surveillance et même la répression de journalistes a été un motif de grave préoccupation. Pourtant, ces faits n’ont pas attiré l’attention ni donné lieu à une quelconque réaction des institutions européennes en leur temps.

     

    Les valeurs européennes

     

    Juste avant les élections, la coalition sortante a introduit des changements au Tribunal constitutionnel, menant à la nomination de ses propres candidats à tous les postes de juge sauf un. Ceci a été fait en violation de la Constitution, ce que le Tribunal constitutionnel a ensuite réaffirmé lui-même. Le Parlement nouvellement élu a donc été obligé de prendre les mesures correctives nécessaires. La controverse concernant le Tribunal constitutionnel, qui était une conséquence des actes inconstitutionnels du gouvernement précédent, est pratiquement terminée.

    La composition du Tribunal constitutionnel est désormais complète, la majorité de ses juges – 9 sur 15 – ayant été recommandés à ces postes par l’actuelle opposition.

    Le gouvernement Droit et Justice (PiS) formé à la suite des élections a entrepris des réformes importantes attendues par le peuple polonais, quant au système d’imposition, aux prestations de soutien à la famille, à l’éducation, aux soins de santé, et au pouvoir judiciaire.

    Ces réformes sont conformes aux principes et règles de la Constitution polonaise et respectent pleinement les valeurs européennes.

    La Pologne a maintenant un gouvernement majoritaire stable. L’opposition est représentée dans les organes dirigeants du Parlement, avec le chef de l’opposition qui est président de la Commission des Affaires étrangères.

    La Pologne est un Etat décentralisé, qui a largement développé des organes autonomes régionaux et locaux. Dans 15 des 16 régions et dans la plupart des grandes villes polonaises, l’autorité locale est contrôlée par la Plateforme civique (PO), qui n’est dans l’opposition qu’au Parlement.

     

    La liberté d’expression

     

    La liberté d’expression est respectée. Des manifestations anti-gouvernementales ont lieu en Pologne sans aucune entrave ou répression. Il y a une totale liberté de la presse, dont une partie importante est d’ailleurs détenue par des sociétés étrangères, particulièrement allemandes.

    Il y a aussi une totale liberté de communication sur internet. Il n’y aucune censure, de quelque sorte que ce soit. Tout blocage des informations, comme ceux qui ont eu lieu récemment en Allemagne en ce qui concerne les événements de Cologne et d’autres villes allemandes, est impensable en Pologne.

    La Pologne d’aujourd’hui est un pays sûr. Il n’y a pas d’actes d’agression collective sur un plan sexuel, racial, ou autre. Les fêtes du Nouvel An et les autres événements populaires qui ont lieu en Pologne se déroulent dans la paix, sans obstacles, perturbations ou actes d’agression.

    La situation est clairement meilleure à cet égard que dans de nombreux autres pays de l’Union européenne, où malheureusement des actes terroristes, des attaques collectives ou même des agressions racistes et sexuelles ont lieu. La Pologne n’est pas le théâtre de tels événements. En Pologne, les droits des femmes sont respectés, elles ne sont donc pas exposées à être agressées dans la rue. Personne ne les met face à des demandes dégradantes de ne pas provoquer des agresseurs potentiels par leur habillement ou leur comportement. Les autorités ne donnent pas aux femmes le conseil humiliant de ne pas s’aventurer loin de chez elles et de rester en groupes quand elles vont dans les lieux publics, ainsi que cela a été suggéré aux femmes par les autorités allemandes.

    La Pologne est un Etat membre de l’UE stable, démocratique, respectant les valeurs européennes, tout en façonnant son ordre juridique interne de façon souveraine, conformément à la volonté démocratiquement exprimée par son peuple.

    La Pologne, l’un des plus grands pays de l’Union européenne, contribue pour une part significative au développement et à la sécurité de l’Europe.

  • Recadrage d’image

    Hier, Jonathan Faull, le chef des négociateurs, côté UE, sur les réformes exigées par le Royaume Uni, a déclaré aux députés de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen qu’un accord est possible mais qu’on ne peut parier un centime là dessus… Parce que si la volonté d’aboutir est forte d’un côté comme de l’autre, il y a toujours des problèmes difficiles à résoudre, et les négociateurs n’en ont encore résolu aucun…

    Ce matin, Jean-Claude Juncker est monté au créneau pour affirmer : « Je suis quasiment sûr que nous aurons un accord, pas un compromis, une solution, une solution permanente, en février. » Mais après avoir affiché cette certitude venant de son « expérience », il a fini par avouer que toutes les questions étaient en fait très difficiles et qu’il faudrait travailler dur pour aboutir à un accord…

  • Leur Marocaine

    La Marocaine Khadija Arib a été élue hier présidente de la chambre des députés des Pays-Bas. Elle a prêté serment sur le Coran.

    Notre Marocaine Najat Belkacem est membre du groupe de travail (sic) « Approche genre et nouvelles générations » du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, Khadija Arib est membre du groupe de travail (sic) sur les migrations du Conseil national des droits de l’homme : deux institutions officielles du royaume du Maroc.

    Député de gauche, évidemment, Khadija Arib est connue pour son combat « contre le racisme et les discriminations », bien sûr.

    Son mari Nordine Dahhan a été porte-parole du Comité des travailleurs marocains aux Pays-Bas.

  • Pologne : l’UE lance la procédure de surveillance…

    La Commission européenne a décidé hier de lancer une « enquête préliminaire dans le cadre de la procédure de surveillance du respect de l’Etat de droit dans les Etats membres » adoptée en 2014. C’est donc une première. Après la surveillance de Berlin, puis la surveillance de Moscou, Varsovie passe sous la surveillance de Bruxelles…

    « L'objectif du processus que nous avons lancé est de clarifier les faits de manière objective (sic), d'évaluer plus en profondeur la situation et d'entamer un dialogue (sic) avec les autorités polonaises sans préjuger des possibles étapes suivantes », a déclaré le vice-président Frans Timmermans, qui appelle la Pologne à avoir un « dialogue constructif » avec la Commission…

    Les étapes suivantes sont : « avis » de la Commission suite à l’évaluation, « recommandation » et suivi de sa mise en œuvre, retrait du droit de vote au Conseil européen.

    Le ministre de la Justice polonais, Zbigniew Ziobro, a pour sa part répondu à la lettre que lui avait envoyée Timmermans, en lui disant qu’il était « stupéfait » de voir son « manque de connaissance » dans l’affaire du Tribunal constitutionnel, et qu’il avait la possibilité d’avoir toutes les informations qu’il voulait en utilisant les canaux habituels, mais qu’il a préféré se renseigner dans les médias et lancer des « accusations injustifiées » et des « conclusions déloyales » : « Ce sont les raisons pour lesquelles je considère votre lettre comme une tentative d’exercer une pression sur un Parlement démocratiquement élu et sur le gouvernement de la République souveraine de Pologne ».

    Suivent de longues explications des réformes engagées. Et Zbigniew Ziobro écrit en conclusion : « Puis-je vous demander d'observer à l'avenir une plus grande retenue dans les leçons à donner à un Parlement et à un gouvernement d'un Etat souverain et démocratique, malgré les différences idéologiques qui peuvent exister entre nous, avec vous qui êtes d’une tendance de gauche ? »

  • Les Polonais ne se laissent pas faire

    Le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a convoqué ce matin l’ambassadeur d’Allemagne à Varsovie, à cause des « déclarations anti-polonaises d’hommes politiques allemands ». La dernière en date étant celle de Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui a qualifié la Pologne de « démocratie à la Poutine ».

    Samedi, le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro a quant à lui écrit au commissaire européen Günther Oettinger : « Vous demandez que la Pologne soit placée sous surveillance. De tels mots, dans la bouche d’un homme politique allemand, ont les pires connotations possibles pour des Polonais… Je suis le petit-fils d’un officier polonais qui a servi dans la résistance pour combattre la surveillance allemande. »

    Plusieurs députés ont également déclaré que vu son passé, notamment vis à vis de la Pologne, l'Allemagne n'avait pas de leçon de démocratie à donner, et en ce qui concerne la politique du gouvernement vis à vis des médias publics, on ne se prive pas de dire que l'Allemagne dont la police et les médias taisent les terribles agressions du Nouvel An ferait mieux de protéger ses femmes contre les migrants plutôt que de se mêler des affaires de la Pologne.

  • Par la Hongrie…

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    David Cameron, poursuivant sa tournée européenne pour trouver des soutiens à sa demande de réforme de l’UE, était hier à Budapest. Une bonne affaire pour l’image de Viktor Orban, puisqu’il n’y avait eu aucune visite d’un dirigeant européen en Hongrie depuis près d’un an…

    A priori, la Hongrie ne peut qu’être d’accord avec la majorité des demandes de David Cameron, tout en les trouvant beaucoup trop mesurées, comme l’avait dit Orban le mois dernier, mais on savait déjà que les anciens pays de l’Est ne peuvent que rejeter fermement, comme on l’a déjà vu en Pologne, la demande des Britanniques qu’on leur permette de refuser aux immigrants, même de l’UE, le bénéfice des aides sociales pendant les premières années de leur séjour. On sait qu’il y a de nombreux Polonais au Royaume-Uni, mais aussi près de 80.000 Hongrois, qui envoient au pays l’équivalent de… 3,4% des revenus du pays. Un chiffre qui suffit à faire comprendre que le gouvernement hongrois ne peut qu’être intraitable.

    Or ce n’est pas le cas. Si Viktor Orban a martelé que les Hongrois en Grande-Bretagne ne sont pas des parasites, qu’ils demandent seulement le droit de travailler et de payer des cotisations (et les 55.000 travailleurs hongrois payent davantage qu’ils ne reçoivent, a-t-il affirmé en citant des chiffres officiels), il s’est néanmoins, et de façon inattendue, montré ouvert à une négociation sur le sujet. Soulignant que cela ne pourrait se faire qu’en concertation avec les autres pays du groupe de Visegrad (or il venait de rencontrer Jarroslaw Kaczynski, président du PiS), il a laissé entendre qu’un compromis pourrait être trouvé si les Hongrois ne sont pas appelés « migrants » et s’ils ne subissent aucune discrimination par rapport aux autres Européens.

    Autrement dit, ce sont les souverainistes, même opposés sur un sujet délicat, qui peuvent s’entendre…

  • Il n’y aura pas de sanctions

    Quels que soient les gesticulations des institutions européennes contre la Pologne, elles ne pourront pas aboutir à des sanctions. Car la Hongrie opposera son veto, a déclaré ce matin Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, à la radio publique de son pays : « L’Union européenne ne devrait pas penser infliger quelque sorte de sanction que ce soit à la Pologne, parce que cela requiert l’unanimité, et que la Hongrie ne soutiendra jamais une quelconque sanction contre la Pologne. »

  • Leur apprendre la politesse

    Le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a convoqué à Varsovie le commissaire européen Günther Oettinger pour un « entretien de courtoisie », suite aux déclarations de celui-ci à un journal allemand.

    « Beaucoup de choses plaident pour que nous activions le Mécanisme d'État de droit et que nous placions Varsovie sous surveillance », a-t-il dit dans l'édition de dimanche du Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), notamment à cause de la réforme de la nomination des directeurs de l’audiovisuel public.

    Aucune autorité européenne n’était encore allée aussi loin dans les menaces contre le gouvernement polonais.

    Witold Waszczykowski s’étonne de « déclarations étranges et obscures de certains commissaires européens qui, sur la foi d’articles de journaux, se mettent à juger la Pologne ». Il ajoute : « Nous voulons clarifier pourquoi les commissaires n’utilisent pas les canaux normaux de communication avec le gouvernement polonais mais préfèrent donner des interviews dans la presse allemande. »

    (Le fond de l’affaire est la loi sur l’audiovisuel public qui confie la nomination des dirigeants au gouvernement. Il paraît que c’est très mal et que ça ne se fait pas, que le gouvernement contrôle l’audiovisuel public… - on ne rit pas : ils sont très en colère…)

  • Brexit

    Dans le Times, six députés conservateurs élus l’an dernier affirment que David Cameron ne réussira pas à faire fléchir l’UE et qu’ils voteront en faveur du retrait du Royaume-Uni lors du référendum. Deux autres de ces députés qu’on appelait les « bébés Cameron » seraient sur le point d’en faire autant. En fait ces députés étaient connus comme souverainistes, mais ils n’avaient pas encore pris ouvertement cette position qui résonne comme un défi envers le Premier ministre (chef du parti).

    D’autre part, un sondage chez les chefs d’entreprises du Footsie (le CAC 40 britannique) fait apparaître que 62% d’entre eux veulent rester dans l’UE. Mais ils étaient 74% l’an dernier. Et 28% de ceux qui ne prennent pas position déclarent qu’ils attendent de voir ce que Cameron obtiendra.

  • Quand on a une monnaie…

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    L'Institut royal britannique de la monnaie a dévoilé les nouvelles pièces qui vont être frappées cette année.

    Trois pièces de 2 livres honoreront Shakespeare : une pour ses tragédies, une pour ses comédies, une pour ses pièces historiques.

    Une autre pièce de 2 livres commémorera le 350e anniversaire du grand incendie de Londres.

    Une pièce de 50 pence rappellera le 950e anniversaire de la bataille de Hastings.

    Une pièce de 50 pence saluera le 150e anniversaire de Beatrix Potter.

    « Chacune des nouvelles pièces de monnaie pour 2016 donne un aperçu de la Grande-Bretagne au cours des 1.000 dernières années, marquant les moments clés, les organisations et les personnes qui ont façonné la nation », souligne l’Institut royal de la monnaie.

  • La caravane passe (suite)…

    Le 23 décembre, la Commission européenne a envoyé une lettre signée de son vice-président Frans Timmermans aux ministres polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski et de la Justice Zbigniew Ziobro, pour leur demander de surseoir à la loi sur le Tribunal constitutionnel. Timmermans demandait que la loi votée la veille par les députés ne soit pas définitivement adoptée ou « au moins qu'elle n'entre pas en vigueur avant que toutes les questions concernant son impact sur l'indépendance et le fonctionnement du Tribunal constitutionnel aient été pleinement et correctement évaluées ». Il soulignait que « l'Etat de droit est l'une des valeurs communes sur lesquelles l'Union est fondée » et que la Commission européenne « attache une grande importance à prévenir l'émergence de situations dans lesquelles l'Etat de droit dans un Etat membre pourrait être remis en question ». Il demandait aux autorités polonaises de le tenir informé « de la situation constitutionnelle » et de « travailler étroitement » avec la Commission de Venise du Conseil de l’Europe.

    En réponse, dans la nuit qui a suivi, le Sénat polonais a voté la fameuse loi. Puis le président de la République Andrzej Duda l’a signée, et elle a paru hier au Journal officiel. Andrzej Duda a tenu une conférence de presse pour dire simplement que la réforme du fonctionnement du Tribunal constitutionnel renforce le rôle du Tribunal aux yeux du peuple polonais, sans faire allusion aux accusations de la Commission européenne.

    Mais l’affaire n’est pas terminée. Le bras de fer se poursuit en Pologne : le président du Tribunal constitutionnel a déclaré que celui-ci allait se réunir le 12 janvier sans tenir compte des nouvelles règles, et l’opposition va saisir le dit Tribunal sur cette loi. Quant à la Commission européenne, elle va se réunir le 13 janvier pour statuer sur le crime de ces Polonais qui osent voter des lois souveraines avec l’aval du peuple…

  • La caravane passe…

    Les députés polonais ont adopté hier, par 235 voix contre 181, une loi réformant le fonctionnement du Tribunal constitutionnel. Désormais, le Tribunal devra prendre ses décisions à la majorité des deux tiers (et non plus à la majorité simple), et le quorum devra être de 13 juges (sur 15) au lieu de 9. Le Tribunal devra traiter les affaires dans l’ordre chronologique, et le délai de réponse est porté de deux semaines à trois ou six mois.

    Hurlements de l’opposition, naturellement, mais aussi des autorités européennes, qu’il s’agisse de l’UE présidée par le Luxembourg, dont le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn dénonce les « dérives effrayantes » de la Pologne, ou du Conseil de l’Europe, où la présidente de l’Assemblée parlementaire Anne Brasseur avertit que ce vote pourrait « saper sérieusement l’Etat de droit ». Il y a quelques jours, le président du Parlement européen Martin Schulz avait carrément parlé de « coup d’Etat » du parti au pouvoir.

    « Le Tribunal constitutionnel est une bande de potes qui veulent nous empêcher de légiférer pour appliquer notre programme », avait dit Jaroslaw Kaczynski. La loi votée hier a d’abord pour but de contourner la décision du Tribunal de juger invalide la nomination de trois nouveaux juges élus par le Parlement. En portant le quorum à 13, le gouvernement oblige le Tribunal à reconnaître les nouveaux juges…

    C’est cela qui serait un attentat contre la démocratie… Mais c’est une loi votée démocratiquement à une très large majorité par un Parlement démocratiquement élu. Et qui va être votée également par le Sénat démocratiquement élu, et ratifiée par le président de la République démocratiquement élu.

    Nul doute qu’on s’achemine vers diverses résolutions européennes faisant les gros yeux…

    Mais les chiens du politiquement correct européiste peuvent toujours aboyer…

  • Les Slovènes inversent l’inversion

    Les Slovènes ont rejeté par 63,12% des voix le soi-disant « mariage » homosexuel.

    Contre l’établissement politico-médiatique, contre le gouvernement, contre le président de la République, et contre… le Parlement qui avait voté la loi à une large majorité. Et contre le « sens de l’histoire » défini par toutes les autorités immorales de la décadence européenne.

    Il convient de saluer tout particulièrement Metka Zevnik et Aleš Primc, qui avec la « coalition Za otroke gre ! » (c’est pour les enfants !) se sont battus avec une magnifique détermination pour imposer ce référendum. En organisant la collecte de signatures contre une loi déjà votée par le Parlement, et en exigeant jusque devant la Cour constitutionnelle que le référendum ait lieu, alors que selon le Parlement le délai était dépassé.

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