22 octobre 2014

Chypre en colère

Le gouvernement chypriote a décidé de bloquer toute avancée dans l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, en raison de la violation de sa zone économique exclusive par un bateau turc. Le Conseil national a pris en tout huit mesures de rétorsion, dont ce veto, et une plainte qui sera déposée devant les institutions européennes.

Le ton monte de plus en plus entre Chypre et la Turquie, cette dernière multipliant les études et les provocations pour s’approprier d'éventuels gisements de gaz naturel au large de Chypre.

Le bateau en question, un navire sismique escorté par un navire de guerre et deux bateaux de soutien logistique, et qui doit selon les Turcs mener des études sismiques pour l’exploration du gaz naturel jusqu’au 30 décembre, s’appelle… Barbaros.

barbaros.jpg

Un gisement de gaz naturel a déjà été découvert dans le bloc 12. les Turcs revendiquent une partie du domaine de recherche: la zone en vert. Mais le navire barbaresque et sa suite ont pénétré dans le bloc 3.

OMCHYPRE.jpg

 

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Les Polonais contre l’euro

Selon un sondage GfK, 38% des Polonais sont tout à fait contre l’adoption de la monnaie unique par leur pays, 38% sont plutôt contre, 15% sont plutôt pour, et 3% tout à fait favorables. Ce qui fait 76% contre 18%.

L’institut de sondage souligne que ce rapport se retrouve dans toutes les couches et classes de la population, l’hostilité à l’euro variant entre 70 et 80% dans la plupart des catégories.

La Pologne est théoriquement obligée d’adopter l’euro, comme tous les (nouveaux) membres de l’UE. Mais aucun gouvernement n’a vraiment voulu aller dans ce sens jusqu’ici, et aucun gouvernement n’aurait eu non plus les deux tiers des parlementaires pour la nécessaire modification de la Constitution (où il est stipulé que la monnaie nationale est le zloty).

Le président de la République, Bronislaw Komorowski, favorable à la monnaie unique, a déclaré lundi que la Pologne déciderait de la voie de l’accession à l’euro… après les élections de 2015.

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21 octobre 2014

La Commission européenne : c’est fait

Après avoir fait son cinéma pendant quelques semaines, le Parlement européen a approuvé la composition de la Commission européenne voulue par Jean-Claude Juncker en validant à grande vitesse la candidature de Violeta Bulc, la Slovène qui remplace Alenka Bratusek, celle-ci ayant été la seule candidate virée par les députés, non sans raison il faut bien le dire.

L’intéressée n’en revenait pas elle-même. Elle s’était préparée pour son audition, mais elle ne s’attendait pas à des questions aussi faciles… Or dans un autre contexte, la candidature de Violeta Bulc ne serait sans doute pas passée aussi facilement. Cette personne, totalement inconnue, n’existe en politique que depuis un tout petit mois, et son principal titre de gloire est d’avoir suivi un stage new age aux Etats-Unis où l’on apprend notamment à marcher sur les charbons ardents.

Alenka Bratusek devait être vice-présidente chargée de l’union de l’énergie. Finalement le poste est confié au Slovaque Maros Sefcovic, et Violeta Bulc sera commissaire aux transports. C’est bien aussi, les transports... sur les charbons ardents… Et elle a dit aussi qu’elle connaissait les transports aériens et notamment un chouette petit aéroport en Ecosse : c’est celui où elle se pose pour aller suivre des cours de chamane…

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Nigel Farage a déjà reconstitué son groupe

Il n’aura fallu que quelques jours pour que Nigel Farage reconstitue son groupe ELDD (Europe des libertés et de la démocratie directe) au Parlement européen. Le fameux groupe « europhobe » dont la disparition était fêtée bruyamment par les médias la semaine dernière (ils sont beaucoup plus discrets aujourd’hui).

C’est un député polonais du KNP (parti d’« extrême droite », évidemment), Robert Iwaszkiewicz, qui a rejoint Nigel Farage, donnant de nouveau au groupe les 7 nationalités nécessaires.

On peut se demander pourquoi un seul député KNP a rejoint le groupe de Farage, alors qu’ils sont trois. Selon la rumeur, il s’agirait d’un arrangement entre l’Ukip et le KNP afin de permettre également au KNP de constituer un groupe (avec le FN) : un des 24 députés britanniques de l’Ukip rejoindrait le nouveau groupe.

Un porte-parole d’ELDD a démenti cette rumeur, affirmant qu’il n’y avait aucune contrepartie. Nigel Farage, quant à lui, a répondu au journaliste qui a réussi à le joindre : « Ça ne m’intéresse pas, mec, je suis dans le Yorkshire. »

Mais selon le quotidien polonais Rzeczpospolita l’eurodéputé KNP Michal Marusik a dit : « Nous sommes en train de former notre propre groupe, donc si Farage veut garder le sien, alors il a assez de gens pour nous aider. » Et un porte-praole de KNP à Varsovie a déclaré à EUobserver : « Nous sommes ouverts à une coopération avec tous les mouvements eurosceptiques. »

Je dois dire que ce serait un superbe pied de nez aux eurocrates s’il pouvait y avoir plusieurs groupes anti-UE avec dans chaque groupe des membres des mêmes partis politiques, ramassant double ou triple subvention et temps de parole…

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16 octobre 2014

Deux soutiens de poids pour l’AfD

Heinrich Weiss, PDG de SMS-Group (construction de machines, 9.000 salariés), retire son soutien à la CDU pour l’apporter au parti anti-euro et anti-imigration AfD (Alternative für Deutschland), qui ne cesse de monter dans les sondages, et dans les élections. Quant à Hans Wall, fondateur de Wall AG, qui me paraît être l’équivalent allemand de Decaux, il a carrément rejoint le parti, en disant qu’en ce qui concerne la politique européenne, « l’Allemagne devrait voir la Grande-Bretagne comme un exemple à suivre ».

18:33 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2)

Eclipse du groupe de Nigel Farage

Le groupe constitué et dirigé par Nigel Farage au Parlement européen a été dissous, suite à la défection de la Lettone Iveta Grigule. Il faut des élus de sept pays, et il n’y en a plus que six.

Le groupe était fort de 48 élus, dont 24 de l’Ukip et 17 du mouvement de Bepe Grillo, mais il était vulnérable par les individualités qui permettaient d’arriver juste à sept pays. (Quoique a priori il fût d’abord vulnérable à cause de son hétérogénéité…)

Comme c’est désormais bien établi dans les médias, tous les articles parlant de cela désignent le groupe de Nigel Farage comme « europhobe » (sans préciser si c’est une maladie ou un délit).

L’Express se distingue en disant que le groupe « s’effondre ». Quand on passe de 48 à 47 membres, ce n’est pas vraiment un effondrement… D’autant que l’Ukip est en phase ascendante au Royaume-Uni.

Il ne serait donc pas étonnant que le groupe puisse être reconstitué très vite.

Mais il est regrettable qu’il n’y ait pas un groupe réunissant tous les malades de l’Europe…

17:23 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)

13 octobre 2014

Quand Valls se rebiffe

« Le projet de budget de la France est assez loin de l'objectif, à la fois en terme de déficit et de mesures effectives, concernant le déficit structurel et le nombre et la qualité des réformes qui doivent être réalisées… On leur a donné deux ans et la question est : comment ont-ils utilisé ce temps ? Pour être tout à fait franc, je crois qu'ils ne l’ont pas utilisé. »

Le propos est de Jeroen Dijsselbloem, ministre des Finances des Pays-Bas et actuel président de l’Eurogroupe.

Michel Sapin a répondu :

« Monsieur Dijsselbloem n'est pas l'Europe. Monsieur Dijsselbloem ne représente pas l'Europe. »

Et Manuel Valls :

« Il faut respecter la France, c'est un grand pays. Je n'accepte pas de leçons de bonne gestion. Je demande à chacun beaucoup de sang-froid, beaucoup de respect, surtout de la part de partenaires européens. »

Mais Jeroen Dijsselbloem, qui « représente l’Europe » dans la mesure où il est le président du club des pays qui ont la monnaie unique, ne fait que dire tout haut ce que les experts de la Commission européenne disent tout bas – pas si bas que cela, d’ailleurs.

On remarque que pour défendre leur gestion désastreuse nos politiques jouent sur le sentiment de l’honneur national bafoué, alors que lorsqu’il faut faire accepter de nouvelles pertes de souveraineté ils expliquent qu’il faut dépasser le cadre national. Ainsi quand on met davantage encore la France sous la coupe de Bruxelles (notamment en permettant à l’exécutif européen de contrôler les budgets nationaux), on nous explique que l’union fait la force et que la France est un trop petit pays pour jouer seule dans la compétition mondiale, mais quand ce même exécutif européen menace de nous sanctionner avec les sanctions que nous lui avons octroyées, tout à coup la France devient un grand pays auquel on ne fait pas la leçon… C’est pitoyable.

11 octobre 2014

Une certaine Violeta Bulc…

Le gouvernement slovène a désigné Violeta Bulc (prononcer "boults") comme commissaire européen, en remplacement d’Alenka Bratusek qui s’est fait rejeter par le Parlement européen.

Et il a accompagné cette nomination d’une déclaration écrite : « Le Premier ministre espère que les groupes politiques du Parlement européen respecteront l’ordre juridique de l’UE et les principes de base de la démocratie pour ce qui concerne la sélection des candidats commissaires. »

Cette ferme mise au point fait suite au conseil pressant émanant du Parlement européen, et particulièrement du groupe socialiste, pour que le gouvernement slovène choisisse le député européen Tanja Fajon. Ce qui a été considéré par le gouvernement slovène comme une intolérable ingérence dans les affaires intérieures.

Violeta Bulc est toute nouvelle dans la politique slovène : depuis qu’elle est subitement devenue, il y a moins d’un mois, « ministre sans portefeuille responsable du développement, des projets stratégiques et de la cohésion »…

A vrai dire le Premier ministre, Miro Cerar, est dans le même cas, puisque ce juriste a fondé son parti – le « parti de Miro Cerar », sic – un mois et demi avant les élections du 13 juillet dernier, qu’il a remportées, devenant ainsi Premier ministre d’un gouvernement de « centre gauche » qu’il a présenté le 18 septembre dernier.

Violeta Bulc, sur le site de son entreprise Vibacom, présente celle-ci comme « experte en stratégies équilibrées de développement durable, de croissance organique et écosystèmes d’innovation », et explique quant à elle qu’elle « croit en la puissance des réseaux, en la personne holistique, en l’énergie positive ».

Pour quelqu’un qui est censé devenir vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’Union de l’énergie, il est certes remarquable qu’elle soit experte en « énergie positive »…

D’autant qu’elle est diplômée de Sundoor Californie. Dans les stages de Sundoor, on apprend à marcher sur le feu et à briser les flèches sur sa poitrine, et bien sûr on découvre la puissance de l’énergie spirituelle et la connection avec le divin. Sundoor est « l’école de l’éducation transpersonnelle ». L’un des principaux enseignants de Sundoor est Nuptul Rinpoche, qui est « une réincarnation reconnue ».

Violeta Bulc se dit également diplômée de l’Académie chamanique d’Ecosse. Je n’ai pas trouvé sur internet d’Académie chamanique d’Ecosse, mais une bonne douzaine de sites écossais proposant des cours de chamanisme…

La Slovénie nous avait déjà donné le spectacle de son Premier ministre puis Président Janez Drnovsek, ancien apparatchik communiste devenu adepte du new age, végétalien, auteur de plusieurs livres expliquant comment ouvrir et élever sa conscience, dont Les pensées de la vie et de la conscience, qui fut la meilleure vente en Slovénie après Da Vinci Code, et qu’on voyait se promener dans la montagne en vêtements indiens, sortant de sa hutte vêtu de feuilles, ou jouer de la flûte avec une couronne de laurier…

Quand on sait que la Slovénie est un des pays les plus catholiques d’Europe, cela donne la mesure de la perte des repères dans notre monde.

Mais il faut reconnaître que si Violeta Bulc devient vraiment commissaire à l’union de l’énergie, ce sera un super gag.

Je voulais dire : l’Europe sera tout entière magnifiquement éclairée d’énergie positive et spirituelle.

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10 octobre 2014

Un premier député Ukip aux Communes

Comme prévu, Douglas Carswell, qui avait démissionné du parti conservateur et de son poste de député pour rejoindre l’Ukip, a été réélu dans sa circonscription de Clacton, et devient donc le premier député Ukip de la Chambre des communes.

Mais ce qui n’était pas prévu est son score : 60% des suffrages. Le deuxième étant le candidat conservateur, avec… 25%.

On note aussi que dans l’autre élection partielle d’hier, à Heywood & Middleton, fief travailliste près de Manchester, le candidat de l’Ukip a obtenu 38,7% des voix et que le travailliste ne l’a emporté que de peu, avec 40,1%.

Les politologues de la pensée unique tentent de se rassurer en disant que Clacton est un cas spécial, une circonscription « très blanche, très âgée, très ouvrière » (sic*, comme l’électeur FN qui est un petit blanc inculte, on sait cela depuis des décennies maintenant), et qu’aux élections générales, vu le système britannique, il n’y aura guère qu’une dizaine de candidats Ukip élus… Sauf que d’ici là il suffit d’une très légère accélération du mouvement pour que le presque 39% qu’on a vu à Heywood & Middleton devienne un bon 40%. Par exemple. L’Ukip a été le premier parti aux européennes, cela finira par se traduire d’une façon ou d’une autre sur la scène nationale.

* Il est significatif aussi que désormais toutes les agences de presse, donc tous les journaux de la pensée unique, désignent l'Ukip comme un parti "europhobe" (et non plus "eurosceptique"): c'est une déclaration de guerre, car "europhobe", c'est comme "homophobe" ou "islamophobe", c'est très mal...

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09 octobre 2014

Commissaires européens : un de chute

Finalement, quatre des cinq candidats commissaires (dont Moscovici) tangents ont été repêchés en session de rattrapage. Mais la Slovène Alenka Bratusek n’a pas eu cette chance. Elle est irrémédiablement exclue, les députés européens ayant considéré qu’elle n’avait pas les compétences requises pour être vice-présidente de la Commission, chargée de l’Union énergétique.

Alenka Bratusek est l’ancien Premier ministre de Slovénie. Elle a dû démissionner après avoir été mise en minorité par son propre parti en raison d’une affaire de corruption pour laquelle elle est mise en examen, et juste avant de démissionner elle s’était auto-nommée futur commissaire européen… (C'était une première, mais ça n'a donc pas marché.)

16:32 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)

08 octobre 2014

Valls et Sapin jouent sur les mots

C’est d’abord le ministre des Finances Michel Sapin qui a affirmé :

« La Commission ne peut pas rejeter les budgets nationaux, le budget français. Le seul endroit où l'on rejette, adopte ou censure des budgets ce sont les parlements nationaux. »

Et Manuel Valls a embrayé :

« Il n'y a qu'un seul Parlement (...) qui a en charge d'approuver ou non le budget de la France (...) c'est le Parlement français. (…) De toute façon la Commission européenne ne peut pas (...) rejeter (le budget), elle peut faire des remarques, c'est tout à fait son droit. »

Depuis l’année dernière, les Etats membres doivent impérativement présenter leur projet de budget à la Commission avant le 15 octobre. La Commission donne son avis avant le 30 novembre. (Ce devrait être le 15 novembre cette année.) La Commission peut demander à un Etat membre de revoir son budget et de lui présenter un budget révisé. De fait il ne s’agit pas à proprement parler d’un rejet, au sens d’un veto. Mais si l’Etat membre refuse de modifier le budget que la Commission juge mauvais, et qu’il se révèle effectivement mauvais dans ses conséquences, la Commission est alors en droit d’infliger à l’Etat en question une sanction financière allant de 0,2% à 0,5% du PIB - soit pour la France entre 4 et 10 milliards d'euros.

Alors, Valls et Sapin, on continue ?

07 octobre 2014

Premier veto : le Hongrois, bien sûr

La commission de la Culture et de l'éducation du Parlement européen a voté par 14 voix contre 12 contre la désignation de Tibor Navracsics comme commissaire chargé de l'Education, la culture, la jeunesse et la citoyenneté.

Il pourra être commissaire à autre chose, en tout cas il faudra impérativement lui enlever le portefeuille de la « citoyenneté ».

Pourquoi ?

Pour la seule et unique raison qu’il a été deux fois ministre (de la Justice, puis des Affaires étrangères) du gouvernement de Viktor Orban. Donc c’est, grosso modo, un nazi. On est bien obligé de prendre un sbire d'Orban, mais il faut faire remarquer qu'on n'est pas content...

En bon politicard prêt à toutes les bassesses, Tibor Navracsics (qui était encore ministre il y a trois mois) a pris ses distances avec Viktor Orban, soulignant qu’il n’appartenait plus au gouvernement hongrois (ben oui, évidemment, on ne peut pas être ministre et commissaire européen…) et regrettant « que ce gouvernement n'ait pas accordé une importance suffisante à cet aspect important » qu’est « la liberté de la presse et la pluralité des médias »…

Mais si les députés sont sectaires, il ne faut pas trop les prendre pour des imbéciles…

17:35 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)

06 octobre 2014

« Même pour quelqu’un comme moi »

Pas moins de cinq candidats commissaires européens doivent passer un examen de rattrapage devant le Parlement européen. Parmi eux Pierre Moscovici, évidemment, et aussi l’Anglais, Lord Hill. Le Financial Times cite Sharon Bowles disant que si le Parlement européen rejette Lord Hill, « alors vous pouvez dire adieu au Royaume Uni dans l’UE… S’ils font cela, il sera difficile, même pour quelqu’un comme moi, de défendre l’Europe. »

Sharon Bowles est l’ancienne présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Elle est député du parti libéral britannique et fait partie du groupe libéral. Bref, il n’y a pas plus européiste (version anglaise, du moins)…

(Sur ce triste Lord Hill, voir 1, 2, 3)

18:22 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)

La honte qui vient

Le Wall Street Journal et diverses sources européennes citées par les agences de presse affirment que le budget 2015 de la France sera rejeté par la Commission européenne d’ici la fin du mois.

Le gouvernement dément ces « rumeurs », mais elles ne viennent pas de sources fantaisistes.

Si la Commission rejette le budget de la France, ce sera la première fois qu’elle mettra en œuvre la prérogative qui lui a été donnée par tous les Etats de l’UE en matière de contrôle des budgets nationaux.

Non seulement la France abandonne sa souveraineté, mais elle serait le premier pays à se faire taper sur les doigts par l’autorité supranationale…

29 septembre 2014

Un autre député rejoint l’Ukip

Le congrès du parti conservateur s’est ouvert dimanche à Birmingham. Le député Mark Reckless ne s’y trouvait pas. Car la veille il était au congrès de l’Ukip, pour annoncer qu’il quittait le parti de David Cameron pour rejoindre celui de Nigel Farage.

C’est le deuxième député conservateur eurosceptique à franchir le pas. Fin août, c’était Douglas Carswell. L’élection partielle dans sa circonscription de Clacton aura lieu le 9 octobre. Douglas Carswell sera vraisemblablement le premier député de l’Ukip aux Communes (car le parti, arrivé en première position aux européennes, n’a pas encore d’élu au Parlement britannique). Il y aura donc ensuite une partielle à Rochester and Strood, où Mark Reckless avait été facilement élu en 2010…

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La très européenne gay pride de Belgrade

Quelques centaines d’homosexuels et autres militants du lobby ont défilé hier à Belgrade, sous la protection de milliers de gendarmes et de policiers anti-émeute, appuyés par des blindés et des hélicoptères.

 Le ministre de la Cul(ture), le maire de Belgrade, et le… négociateur en chef pour l'adhésion à l'UE faisaient partie du cortège, avec le… chef de la délégation de l'UE à Belgrade, Michael Davenport.

Le Premier ministre Aleksandar Vucic avait toutefois déclaré qu’il avait « mieux à faire »…

« C’est une étape importante dans l’histoire moderne de la Serbie démocratique », a déclaré Stefan Fule, le commissaire européen à l’Elargissement, qui a ajouté que ce défilé marquait « une amélioration substantielle de l’exercice effectif des droits LGBTI ».

26 septembre 2014

Nouvelles européennes

Selon le projet de Stratégie d’action extérieure du gouvernement espagnol, que El Païs s’est procuré, « la destination finale de la construction européenne est l’union politique. L’Europe doit prendre la configuration d’une authentique union fédérale, pas seulement d’une union d’Etats souverains ».

*

Selon le dernier sondage Eurobaromètre (de la Commission européenne), 49% des Lituaniens sont opposés à l’entrée de leur pays dans l’eurozone, contre 47% qui y sont favorables. La Lituanie entrera dans l’eurozone le 1er janvier prochain.

*

Une étude sur la récente élection au Brandebourg, 16% des jeunes de 18 à 24 ans ont voté pour le parti anti-euro AfD, et seulement 9% des plus de 60 ans.

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15 septembre 2014

La percée des Démocrates suédois

Les législatives en Suède ont été remportées par les sociaux démocrates, mais avec 31,2% des voix ils n’ont en réalité qu’un demi-point de plus qu’en 2002, quand ils avaient qualifié leur score de « désastre »…

Les Modérés au pouvoir ont dégringolé de 30,1 à 23,2%.

Les Démocrates suédois, qualifiés d’extrême droite alors qu’ils sont seulement patriotes (au Parlement européen ils sont avec l’Ukip) créent la surprise en passant de 5,7 à 12,9% des voix, ce qui leur donne 48 sièges de députés. Ce qui surtout empêche toute majorité, puisque naturellement personne ne veut parler avec eux…

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13 septembre 2014

Curieux report de l’accord UE-Ukraine

Côté face, l’UE a mis en œuvre, hier, une nouvelle série de sanctions horrifiques contre la Russie (qui ne resteront pas sans réponse).

Côté pile, le même jour, à l’issue d’une réunion UE-Ukraine-Russie, l’UE a décidé de reporter à la fin 2015 le fameux et « historique » accord d’association qui devait s’appliquer au 1er novembre prochain… et qui sera quand même signé mardi, pour ne pas désespérer la place Maïdan. (C’est le rejet de cet accord par Ianoukovitch qui avait miraculeusement déclenché les manifestations, et c’est le volet « politique », symbolique, de cet accord, qui avait été signé dès le 21 mars.)

Le matin même, le président ukrainien Porochenko, flanqué de Barroso, rappelait que l’accord serait appliqué à partir du 1er novembre…

Le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, qui présidait la réunion tripartite au nom de l’UE, n’a pas donné le vrai motif de ce report inopiné et impromptu. Il a seulement bredouillé qu’il fallait répondre à certaines préoccupations russes, et l’on a cru comprendre aussi que l’état de l’économie ukrainienne est tellement désastreux que ce n’est pas vraiment le moment…

Mais on notera l’argument, le seul argument, surréaliste, exprimé publiquement par Karel de Gucht : ce report permettra à l’Ukraine d’éviter des sanctions russes (à savoir des hausses – parfaitement légitimes - de droits de douane) pendant 15 mois…

Il est bien évident qu’on nous cache quelque chose d’important. Qui a été mis dans la balance par les Russes.

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11 septembre 2014

La honte du PPE

Le chanteur travesti et blasphémateur « Conchita Wurst » se produira sur l’esplanade du Parlement européen le 8 octobre, à l’invitation de cinq eurodéputés, dont la vice-présidente verte Ulrike Lunacek, qui est co-présidente de l’intergroupe LGBT du Parlement (lequel est, rappelons-le, le plus important intergroupe). Parmi les autres invitants, trois sont vice-présidents de l’intergroupe LGBT : Sirpa Pietikäinen, Sophie in’t Veld, Dennis de Jong, le cinquième étant le militant homosexuel Daniele Viotti (qui curieusement paraît ne pas faire partie de l’intergroupe – mais peut-être que le site n’est pas à jour, ou peut-être parce qu’il ne veut pas se retrouver avec des gouines, comme mes voisines de naguère qui se proclamaient telles et n’allaient pas à la gay pride parce que c’est « un truc de pédés »…).

Bref, sans surprise, Thomas Neuwirth, dit Conchita Wurst, vient chanter pour le très influent lobby LGBT du Parlement européen.

L’affaire est bien entendu soutenue par les groupes dont sont issus les invitants, et qui ont leur logo sur l’affiche, à savoir tous les groupes de gauche ainsi que les libéraux, et aussi, donc, le PPE, le groupe qu’on dit « démocrate chrétien », qui est celui de Sirpa Pietikäinen.

Si vous voulez vraiment savoir à quoi ressemble l’égérie LGBT du PPE, voilà :

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(Pour qu’il n’y ait pas de méprise : la honte du PPE, ce n’est pas Sirpa Pietikäinen, c’est que des dizaines et des dizaines de députés qui se disent chrétiens avalisent cela.)

10 septembre 2014

La Hongrie met au jour d’étranges manigances

La police hongroise a investi et perquisitionné lundi les locaux de deux ONG, Okotars et Demnet, d’origine norvégienne, soupçonnées de « détournement de fonds » et d’« activités financières non autorisées ». Cela s’inscrit dans le cadre d’un mouvement de vérification des activités de 58 ONG opérant en Hongrie et que le gouvernement soupçonne de servir de relais de financement étranger des opposants.

Naturellement, la Norvège juge « inacceptables » les perquisitions, qu’elle qualifie de « harcèlement » d’organisations civiles.

Les ONG mises en cause sont censées distribuer des subventions de Norway Grants (« Subventions de Norvège », dépendant du ministère norvégien des Affaires étrangères) dans les pays les moins développés de l’UE. Dans le cadre d’un accord entre l’UE, la Norvège, le Lichtenstein et l’Islande…

Bref, ces pays qui ne veulent pas faire partie de l’UE distribuent généreusement, par pure philanthropie, de l’argent aux pays les plus pauvres de l’UE…

Ah oui, les financements vont, « entre autres », à des organismes de défense des « droits civiques » et de la « transparence »… Par exemple, en Hongrie, à Transparency International (une ONG d'origine allemande spécialisée dans la lutte contre la corruption des institutions gouvernementales), à l’Union hongroise des libertés civiles (qui est ouvertement un lobby anti-gouvernemental et de culture de mort), et à un « portail de journalisme d’investigation », atlatszo.hu, qui se présente en réalité comme « la première ONG hongroise de surveillance ».

Cet été, Viktor Orban avait déclaré que des ONG recevaient des financements de l’étranger et qu’elles étaient des agents de puissances étrangères : « Nous n’avons pas affaire à des membres de la société civile, avait-il dit, mais à des militants politiques payés qui cherchent à aider des intérêts étrangers ici. »

Dans le même temps, le ministre norvégien des Affaires étrangères avait appelé l’UE à agir et s’était dit « perplexe et déçu que la réponse de l’UE fasse largement défaut ».

Or le chef de cabinet de Viktor Orban, Janos Lazar, a déclaré hier que la Hongrie, qui n’a rien à se reprocher, allait précisément demander à Bruxelles de régler le différend : « Nous devons probablement nous tourner vers la Commission européenne et lui demander de le résoudre. »

 

Addendum

 

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré : « Nous ne pouvons pas prendre quelque position que ce soit en ce qui concerne ce cas spécifique. » Parce qu’il s’agit d’organisations financées par un Etat qui ne fait pas partie de l’UE…

 

 

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La nouvelle Commission européenne

Jean-Claude Juncker a annoncé et expliqué la composition de la nouvelle Commission européenne.

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La différence essentielle avec les organigrammes précédents est que la vice-présidence n’est plus un poste honorifique mais un poste de direction : chaque vice-président est désormais le chef de plusieurs commissaires.

Cette modification est due au fait qu’il y a de plus en plus de commissaires (puisqu’il en faut un par pays et que l’UE ne cesse de s’élargir) et qu’il faut ordonner un peu l’organigramme autour de quelques pôles. Il y a donc désormais – ce qui n’est évidemment pas prévu dans le traité – mais qui se préoccupe du traité ? - sept super-commissaires et vingt commissaires placés sous l’autorité d’un super-commissaire.

Il y a fort à parier que cette modification est due en partie aussi à la « nécessité » de faire de Pierre Moscovici le commissaire aux Affaires économiques. On disait que l’Allemagne n’accepterait la méchante blague Mosco (Mosco-Witz) que si on lui adjoignait un « faucon budgétaire » issu de l’Europe du Nord qui le marquerait à la culotte. Lequel serait Jyrki Katainen.

L’Allemagne a obtenu mieux que cela. Il s’agit en effet de Jyrki Katainen, mais il n’est pas le commissaire politique adjoint à Moscovici pour l’empêcher de déraper, il est carrément le chef de Moscovici. Le vrai commissaire, c’est Katainen, vice-président de la Commission, chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité, et qui a sous ses ordres pas moins de huit commissaires, dont Moscovici…

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(La bonne nouvelle, si l’on peut dire, pour Moscovici et pour les Français, est que ce sera donc le Finlandais qui fera condamner la France par la Cour de Justice de l’UE quand la Commission aura décidé que les déficits français ne sont plus supportables et que la France a trop failli à ses promesses…)

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09 septembre 2014

La « bad bank » BCE

Jürgen Starck, économiste en chef de la Banque centrale européenne de 2006 à sa démission en 2011, écrit dans le Handelsblatt que la BCE est sur la voie de devenir une « bad bank » européenne en raison des « énormes risques » qu’elle prend en matière de politique monétaire. Il ajoute que la réorganisation stratégique en cours à la BCE est contraire au traité de Maastricht et ne répond à aucune légitimité démocratique.

Les propos de Jürgen Stark sont repris et commentés dans des journaux allemands, anglais, irlandais, italiens, espagnols, grecs… Il n’y a pas un seul journal français à les citer, si l’on en croit Google actualités.

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08 septembre 2014

Un délire de l’UE : la lavande « produit chimique mortel »

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L’affaire a commencé au printemps 2013 (comme on le voit sur cet article qui disait tout dès le 25 avril de cette année-là), mais elle m’avait échappé. Elle a rebondi fin août dans divers médias, et voici, ironie de la toile, que c’est par un article du journal britannique Independant, cité dans la revue de presse d’Open Europe, que je découvre la menace qui vise la lavande… Et je découvre par la même occasion que je n’ai jamais employé le mot lavande dans les 15.000 notes de ce blog… (Ah ces Bretons...)

Donc, les bureaucrates totalitaires de l’UE, qui ne savent pas ce qu’est une plante, ni la nature en général, et ne connaissent que les « molécules », ont décidé qu’il fallait souligner la présence de « linalol » dans la lavande, ce qui fait de l’essence de lavande un produit potentiellement « mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires »…

Voici donc l’étiquette qui devrait être bientôt obligatoire sur tous les flacons d’essence de lavande (oui, en plus, ça tue les poissons et les arbres, comme on le voit sur le troisième logo).

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Et bien sûr c’est aux producteurs de lavande de procéder périodiquement à l’analyse de leur produit pour vérifier le taux de linalol, une analyse qui leur coûtera entre 100.000 et 300.000 €, juste pour être conforme aux normes de Bruxelles…

Je constate que la pétition qui avait été mise en ligne et qui avait recueilli plus de 15.000 signatures trouve ces jours-ci une nouvelle jeunesse. Il est bon de la signer, même si le texte commence très mal : « Nous, citoyens du monde… »

Mais il explique aussi « pourquoi c’est important » :

« La lavande et les autres plantes à parfum aromatiques et médicinales ainsi que leurs extraits, sont d’un usage ancestral et appartiennent à notre patrimoine commun. Leurs bienfaits sont validés par des millénaires d’expérience.

« Or, elles sont aujourd’hui considérées dans les réglementations européennes au même titre que les produits chimiques conçus et fabriqués par l’homme et sont soumises de ce fait à des contraintes qui rendent dans la pratique la poursuite de leur utilisation impossible.

« Les seuls bénéficiaires de cette situation sont les industries chimiques qui auront le champ libre pour substituer des produits chimiques de synthèse à ces produits naturels, au détriment du consommateur, avec des conséquences sur la santé et au prix de la destruction de territoires agricoles et ruraux. »

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05 septembre 2014

La Commission européenne a ses femmes…

Alors que Jean-Claude Juncker a commencé mardi d’auditionner les candidats commissaires, la Belgique a proposé hier son candidat. C’était forcément une candidate : la Belgique ayant attendu le dernier moment, il n’était plus question de nommer Didier Reynders, puisque c’est un homme et qu’on manque cruellement de femmes. Donc, au lieu de nommer une personnalité de premier plan (Reynders, ministre des Affaires étrangères et du commerce extérieur dans le gouvernement démissionnaire, a été ministre des Finances de 1999 à 2011 dans six gouvernements différents…), on doit se rabattre sur une femme lambda qui siège discrètement au Parlement européen depuis 1991 et a été l’éphémère présidente de son parti qu’elle mena à la défaite…

Et, au dernier moment, après la Belgique, la Roumanie, le couteau sous la gorge, a finalement présenté une femme également, Corina Cretu, dont le seul titre de gloire est semble-t-il d’avoir été un temps la maîtresse de Colin Powell. La Roumanie voulait que Dacian Ciolos demeure commissaire à l’Agriculture, mais il a fallu abandonner devant les exigences de la « parité » qu’on impose aux pays qui n’ont pas les moyens de répliquer…

Bref, il y aura 9 femmes à la Commission, sur 27, ce qui n’est pas vraiment la parité mais était le minimum acceptable par le Parlement européen…

18:36 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

02 septembre 2014

La nouvelle Commission européenne en chantier

Le président de la future Commission européenne, Jean-Claude Juncker, doit commencer aujourd’hui l’audition des candidats commissaires. Sachant que la parité est outrageusement lésée, et qu’on n’a toujours pas le commissaire proposé par la Belgique… qui n’a plus de gouvernement depuis plus de trois mois. Ce qui est sûr est que ce sera UNE Belge, de même que le Danemark, lui aussi retardataire, a été obligé de présenter (le 31 août) une femme…

13:44 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

01 septembre 2014

Les Norvégiens ne veulent toujours pas de l’UE

En Norvège, les sondages se suivent et se ressemblent : selon le dernier en date, 70,5% des Norvégiens s’opposent à l’entrée de leur pays dans l’UE, alors que 17,8% y seraient favorables.

Parmi les sympathisants du parti le plus pro-UE, Hoyre (conservateur), 60% sont contre l’adhésion à l’UE…

13:24 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (7)

L’Union soviétique européenne

Selon le Spiegel, l’Allemagne serait prête à abandonner son veto à la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire aux Affaires économiques et monétaires, à condition qu’on lui adjoigne un « faucon budgétaire » issu de l’Europe du Nord qui le marque à la culotte : ce qu’on appelait un commissaire politique en URSS.

Le faucon en question serait Jyrki Katainen, actuel commissaire intérimaire en charge des Affaires économiques et monétaires.

Dans le même temps, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble et l’ancien porte-parole de la CDU pour les Affaires étrangères Karl Lamers demandent, par un article publié dans le Financial Times, qu’il y ait un commissaire européen au Budget qui ait droit de veto sur les budgets nationaux...

13:14 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

Non-information

Comme prévu, le Premier ministre polonais Donald Tusk succède à Herman Van Rompuy comme président du Conseil européen, et Federica Mogherini, ministre italien des Affaires étrangères, remplace Catherine Ashton comme Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Van Rompuy et Ashton ont largement fait la preuve, s’il en était besoin, que ces deux postes ne servent à rien.

On notera l’incongruité de voir le dirigeant d’un pays hors de la zone euro présider le Conseil de l’UE dont la monnaie est l’euro, et aussi le conseil de l’eurozone. Mais cela montre seulement que tout cela n’a aucune importance.

13:12 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

30 août 2014

La balle dans le pied

Dans une lettre ouverte au président de la République, les interprofessions de la viande et des fruits et légumes demandent des « mesures exceptionnelles » pour les aider à faire face au boycott lancé par la Russie en représailles des sanctions de l’UE.

« Les pertes estimées à ce jour pour nos filières françaises sont à court terme de plusieurs dizaines de millions d'euros et plusieurs centaines de millions d'euros sur le moyen terme », écrivent-elles, et« ces pertes vont conduire à des réductions d'activités fortes, voire des cessations d'activités d'entreprises avec leur cortège de suppression d'emplois. »

Bruxelles a déjà annoncé une aide de 125 millions d'euros pour le secteur maraîcher et de près de 33 millions pour les pêches et les nectarines, et en annoncé une troisième pour le stockage de produits laitiers. Mais il n’y a pas encore eu d’aide française spécifique.

Dans le même temps on apprend que le boycott commence à faire sentir ses effets en Russie, où les produits alimentaires européens commencent à se faire rares.

La différence entre les deux situations est que, si l’UE « se tire une balle dans le pied » avec ses « mesures insensées », selon l’heureuse formule de Viktor Orban, les éventuelles privations en Russie ne feront que conforter le sentiment national russe et le soutien à Poutine, qui dépasse déjà les 80%. En outre la Russie pourra largement s’approvisionner ailleurs, ce qui sera à moyen terme une vraie catastrophe pour nous.

13:44 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)