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François (pape)

  • Propos du cardinal Müller

    Au cours d’une homélie d’ordination à Rome le 15 septembre, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet viré de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a ouvertement et opportunément contredit le pape :

    « Ce n’est pas le cléricalisme, quoi que cela puisse signifier, mais plutôt de s’être détourné de la vérité, et la licence morale, qui sont les racines du mal […] La corruption de la doctrine entraîne toujours la corruption de la morale et s’y manifeste […] Le grave péché contre la sainteté de l’Église, sans en manifester le moindre remords, est la conséquence de la relativisation de la fondation dogmatique de l’Église. C’est la vraie raison du bouleversement et de la déception de millions de fidèles catholiques. »

    Et, plus fort encore :

    « C’est une hérésie de penser qu’on puisse préserver l’enseignement de l’Église tout en inventant une nouvelle approche pastorale pour les faiblesses de l’homme, qui édulcorerait la vérité de la Parole de Dieu et la morale chrétienne. »

    Et ce n’est pas une image. Il utilise le mot « hérésie » dans son sens véritable, précisant qu’il s’agit d’une « nouvelle hérésie christologique » qui consiste à « opposer l’un à l’autre le Jésus “Maître de la vérité divine” et le Jésus “bon pasteur” ».

    Il y a des jours où on se sent moins seul...

  • Verrouillé

    Si par hasard vous vous imaginiez que le pape laisserait poindre le Dieu des surprises au synode sur les jeunes, c’est raté. François a bien évidemment pris soin de verrouiller son nouveau synode, et très clairement, comme il l’a montré en publiant la liste des 39 participants qu’il a personnellement choisis.

    Il y a bien sûr les cardinaux Cupich, Tobin et Marx…

    Paolo Ruffini, le nouveau chef du dicastère de la communication, bien évidemment un inconditionnel de François (c’est lui aussi qui a montré comme les évêques américains se marrent avec le pape en évoquant les agressions sexuelles) est comme il se doit président de la commission pour l’information du synode. Il est assisté par le jésuite hyperprogressiste Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica, confident du pape et exégète enthousiaste de ses pires formules. Lequel Spadaro est indiqué une seconde fois comme participant nommé par le pape…

    Le rapporteur général est un fidèle latino-américain : Mgr Sergio da Rocha, archevêque de Brasilia, président de la conférence épiscopale brésilienne, créé cardinal par en novembre 2016.

    Il y aura deux « secrétaires spéciaux » : le salésien Rossano Sala, professeur de pastorale des jeunes, et le jésuite Giacomo Costa, spécialiste de sociologie politique et morale et directeur de la fondation Carlo Maria Martini à Milan.

    Le premier est une caricature de jeunisme. Il présente ainsi le synode : « Qu'est-ce que cela signifie pour l'Eglise d'assumer ou de réassumer un dynamisme de jeunesse ? Je veux dire: un dynamisme d’enthousiasme, de courage, la capacité à risquer, à s’engager de manière renouvelée, à ne pas avoir peur du changement, à vouloir rencontrer les gens comme ils sont, à rajeunir par rapport à certains styles et manières d’être ? »

    Le second est le gardien du temple de la théologie du cardinal Martini, parangon du progressisme.

    Bien sûr il y a l’horrible Mgr Paglia, grand chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II et président de l'Académie pontificale pour la vie (le diable pourrait en crever de rire s’il pouvait).

    Et enfin, le secrétaire général est toujours le cardinal Lorenzo Baldisseri, celui-là même qui avait verrouillé avec succès les deux précédents synodes.

  • Martyrs…

    « Mgr Pierre Claverie et ses 18 compagnons » seront béatifiés le 8 décembre. Ce sont nous dit-on des « martyrs d’Algérie ». Parmi eux les moines de Tibhirine.

    A propos de ces derniers on lit sur le site du Vatican, je dis bien sur le site du Vatican : « aujourd’hui la cause de la mort des frères est encore floue ».

    Donc on ne sait toujours pas pourquoi ils sont morts, mais on les béatifie comme si on le savait.

    Il en est de même de Mgr Claverie, qu’on appelait « l'évêque des musulmans ». On suppose que l’attentat avait un rapport avec les moines de Tibhirine, qu’il fallait supprimer celui qui en savait trop. Mais donc on ne sait pas du tout s’il a été tué en haine de la foi (musulmane ?) ou pour une raison politique.

    Il est vrai qu’on a déjà béatifié comme martyr de la foi Mgr Romero, qui a été assassiné par des catholiques pour des raisons clairement et uniquement politiques, et qu’on va béatifier l'évêque argentin Angelelli qui a été tué pour les mêmes raisons, sauf que là on n'est même pas sûr que l’accident de voiture dont il fut victime ait été un attentat…

  • Le mépris

    Screenshot_2018-09-14 Zenit English ( zenitenglish) Twitter.jpg

    Le service de communication du Saint-Siège (dont François a fait un « dicastère ») a publié hier quatre photos de la réunion de crise sur les scandales sexuels avec des représentants des évêques américains.

    Celle-ci est la première qui ait été diffusée, immédiatement, par « Zenit English ». Qu’est-ce qu’on se marre…

    « Zenit Français » a eu a pudeur de pas diffuser cette image qui montre tout le mépris des puissants envers les gueux de l’Eglise.

    (Je ne conteste pas qu’à un moment ou à un autre quelqu’un ait fait une plaisanterie. Mais ce n’est pas une image qu’on publie, quand on cite en même temps le cardinal Di Nardo : « Nous avons partagé avec le pape François à propos de notre situation aux États-Unis – comment le Corps du Christ est déchiré par le mal des abus sexuels »…

  • Un homme de parole

    Ce mercredi sort sur les écrans le nouveau film de Wim Wenders, intitulé Le pape François, un homme de parole. Sic.

    Il s’agit d’un film de propagande commandé et coproduit par le Vatican.

    On y voit le pape parler pendant 1h 36. Tel est le vrai sens du titre. Car il ne s’agit pas de cette parole en laquelle on peut faire confiance. Et encore moins de la Parole : du Verbe. Car le pape ne parle pas une seule fois du Christ. On croyait qu’il était le vicaire du Christ, on croyait que la première fonction d’un évêque est de prêcher le Christ, mais non, tout cela est caduc et obsolète, le pape est l’homme qui parle de Mère Terre, des pauvres, et de l’humanité en général…

    Bref, saint Paul avait tout faux. Et toute l’Eglise après lui. Et on a perdu 2000 ans, mine de rien, avant qu’arrive enfin un pape qui comprenne que l’évangélisation se fait en ne parlant surtout pas de l’évangile.

  • Diabolique

    Une petite phrase du pape dans son homélie d’hier à Sainte-Marthe n’est pas passée inaperçue :

    « Il semble que le Grand Accusateur s’est détaché et en a contre les évêques. Et c’est vrai, nous sommes tous pécheurs, nous les évêques. Il cherche à dévoiler les péchés, afin qu’ils se voient, pour scandaliser les gens. »

    Autrement dit Mgr Carlo-Maria Viganò est un agent du diable, car il scandalise les gens avec les péchés des évêque qui ne doivent pas être dévoilés…

  • Legatus cale

    Pour la première fois depuis sa création en 1987, Legatus ne versera pas sa « dîme » annuelle au Saint-Siège. Elle se monte à 820.000 $, elle est mise en dépôt en attendant de voir comment évolue « la crise actuelle dans l’Eglise ».

    A la différence de la Papal Foundation, qui a été créée par des évêques (au premier chef le fameux Tonton Ted McCarrick) pour lever des fonds chez les riches catholiques pour les œuvres de charité du souverain pontife (pour être membre il faut s’engager à verser au moins 1 million de dollars en 10 ans), Legatus a été fondé par un laïc, Tom Monaghan, pour inciter les chefs d’entreprises à aider le Saint-Siège : pour être membre il faut être catholique pratiquant et diriger une entreprise qui fasse au moins 7 millions de dollars de chiffre d’affaires et qui ait au moins 49 salariés (ou une compagnie financière d’au moins 10 salariés qui ait au moins 275 millions de dollars d’actifs sous gestion).

    Tom Monaghan est l’homme qui fit fortune avec son entreprise Domino’s Pizza. Il était déjà connu comme militant pro-vie, et l’idée de Legatus fut l’une de celles qui lui vinrent après la communion reçue des mains de Jean-Paul II au Vatican en 1987 (de pair avec de nombreuses autres initiatives : radio Ave Maria, comités Ave Maria contre l’avortement, cabinet juridique Thomas More, écoles, puis faculté de droit, puis université Ave Maria et ville Ave Maria sur 20 km2…)

    Legatus compte aujourd’hui quelque 3.000 membres. Dont beaucoup, dit Tom Monaghan, ont contacté le bureau national et le conseil d’administration depuis les révélations de Mgr Viganò. Le conseil d’administration en a délibéré, et a décidé de geler la « dîme » de cette année en attendant que soit apportée « une clarification sur l’usage spécifique de ces fonds » et sur la responsabilité financière au Vatican quant à ces contributions…

    Il y a là, outre le choc de l’affaire Viganò, qui est une affaire François, une allusion au précédent de la Papal Foundation (aujourd’hui dirigée par le cardinal Wuerl, successeur de McCarrick y compris dans les scandales sexuels), à laquelle François a demandé 25 millions de dollars pour un hôpital rongé par la corruption, ce qui a provoqué un séisme chez les laïcs de l’organisation (les dons de la Papal Foundation vont de 25.000 à 100.000 dollars, exceptionnellement 200.000, toujours pour des œuvres ciblées et claires venant en aide aux plus pauvres).

    Voici une traduction de la lettre de Tom Monaghan aux membres de Legatus.

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  • Mgr Viganò : nouvelle torpille

    Après sa bombe sur McCarrick et François (etc.), et ses réponses qui pulvérisent ceux qui au lieu de répondre sur le fond lancent des accusations ad hominem contre sa personne, Mgr Carlo Maria Viganò dénonce de nouveaux mensonges qui mettent une fois de plus François sur la sellette.

    Il dit ce qu’il en est de l’affaire de la rencontre à Washington entre le pape et Kim Davis (qui avait fait cinq jours de prison pour avoir refusé de délivrer un certificat de « mariage » entre deux hommes), dont il fut l’un des principaux protagonistes. Il y est contraint par le témoignage de l’ineffable inverti Juan Carlos Cruz, affirmant au New York Times que le pape lui a dit : « Je ne savais pas qui était cette femme, et il a fait subrepticement entrer cette femme pour me dire bonjour – et évidemment, ils en ont profité pour faire tout un tas de publicité. J’étais horrifié et j’ai renvoyé ce nonce. »

    L’histoire officielle selon le Vatican (Lombardi et Rosica – et maintenant François selon Cruz) était que le pape avait salué Kim Davis qui se trouvait dans le flot des personnes admises à saluer le pape, mais que François ne savait pas qui était cette femme et que bien entendu il n’y a pas eu d’entrevue privée.

    J’en parle ici d’abord parce que à l’époque j’ai cru Lombardi, et j’ai pensé que Kim Davis s’était fait mousser en parlant d’un entretien privé avec le pape alors qu’elle lui avait seulement serré la main. Je suis donc aussi une victime des mensonges du Vatican.

    J’avais l’intention de traduire le nouveau texte de Mgr Viganò, mais Jeanne Smits en donne l’essentiel dans un article qui raconte tout par le menu, auquel je renvoie donc.

    Le plus incroyable, en dehors de ce que le pape a dit ou n’a pas dit (sans rejeter l’hypothèse qu’il dise tout et le contraire de tout), est que dans leur très prompte réponse à Viganò, Lombardi et Rosica, sans s’en rendre compte apparemment, avalisent le fait que Kim Davis a bel et bien été reçue par le pape dans une pièce séparée !!!

  • En effet

    Comme le dit le bon cardinal Cupich, le pape a autre chose à faire, et autrement plus important, que de s’occuper de vieilles histoires d’évêques qui jouent à touche pipi. Par exemple l’environnement. Et il vient d’en donner encore un exemple héroïque. A l’occasion de la quatrième journée annuelle de prières "pour la protection de la Création", il a déclaré :

    "On ne peut pas permettre que nos mers et nos océans soient jonchés d'étendues sans fin de plastique à la dérive. Nous devons prier dans la mesure où tout dépend de la providence divine, et agir car tout dépend de nous."

    Heureusement que le pape se préoccupe du plastique à la dérive, quand même. Même s’il prend le train médiatique en marche…

  • Une réaction (émérite)

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    Non, pas celle de Benoît XVI : Mgr Gänswein a dit que le pape émérite ne commenterait pas le document Viganò (ce qui veut dire aussi - ou d'abord ? - qu'il ne le démentira pas). Celle de l’évêque émérite de Tulsa (Oklahoma), Edward J. Slattery :

    C'est durant le "long carême de 2002" que l'Église en Amérique a été forcée de reconnaître le fait que des abus sexuels ont été commis au sein du clergé de l'Église, et la tentative systématique depuis des décennies de cacher cet abus.

    Le nombre stupéfiant d’enfants et de jeunes adultes qui en ont été victimes et les détails des abus de confiance de la part d’hommes pour lesquels ils avaient un respect religieux et une affection spirituelle ont convaincu les évêques du pays de mettre en place de nouvelles politiques plus rigoureuses pour protéger ceux qui sont sous notre responsabilité. Avec un faux sentiment de sécurité, nous, évêques, avons assuré aux fidèles que les leçons douloureuses que nous avons apprises concernant les activités sexuelles prédatrices ne seraient pas oubliées.

    Mais en plaçant notre confiance dans les politiques et les protocoles, les évêques des États-Unis ont encore une fois déçu notre peuple. Tout d'abord, nous avons échoué parce que nos plans étaient trop étroits pour inclure l’éventualité que les évêques eux-mêmes puissent en être les auteurs. Et deuxièmement, nous avons échoué précisément parce que nous avons mis notre confiance dans les politiques plutôt que d'appeler les fidèles - laïcs, clergé et hiérarchie - à une relation plus profonde avec le Christ. C'est seulement une conversion profonde à Jésus qui offre aux hommes et aux femmes brisés la possibilité de vivre une vie chaste dans une communauté bienfaisante où règnent respect et dignité pour tous.

    À la fin de l'été, le deuxième échec de nos évêques américains est devenu cause de la honte des fidèles. Les allégations de corruption la plus vile serpente autour de la réputation des principaux évêques et cardinaux américains, et avec les allégations de l’archevêque Viganò le week-end dernier, même la réputation du pape François a été entachée. S'il y a de la corruption autour de la chaire de Pierre, alors, au lieu d'être la source visible et le fondement de son unité (comme le voulait le Christ), la fonction du successeur de Pierre devient source de méfiance, de division et de scandale.

    Le moment est venu pour Sa Sainteté, le pape François, d’ouvrir une enquête immédiate, complète et exhaustive sur les allégations concernant ses bureaux et ses relations avec les plus hauts responsables de la hiérarchie américaine. Je souhaite remercier l’évêque David Konderla, du diocèse de Tulsa, du courage dont il a fait preuve en étant l’un des premiers évêques à demander une telle enquête. Je tiens à joindre publiquement mon nom à lui et à ces autres évêques en demandant cette initiative afin que, par cette enquête, l'Église puisse identifier sans crainte la corruption à l'intérieur et, par la prière et la pénitence, la déraciner. Il n'y a pas d'autre moyen.

    + Edward J. Slattery
    29 août 2018
    La passion de saint Jean-Baptiste