05 janvier 2013

Vincent Peillon : l’ignominie et le mensonge

Dans sa lettre aux recteurs, où il leur demande d’observer « la plus grande vigilance » quant aux débats qui pourraient avoir lieu dans les écoles catholiques sur le projet de loi de dénaturation du mariage, le ministre Vincent Peillon ose écrire :

« N'oublions jamais que nous avons affaire à des adolescents et que les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres. »

Cet « argument » (?) sans cesse répété (déjà par les prédécesseurs – de “droite” – de Vincent Peillon) sert donc aujourd’hui contre l’école catholique. Comme si l’école catholique pouvait être responsable d’éventuels suicides d’adolescents homosexuels. C’est une ignominie.

Elle suit immédiatement le propos où le ministre intime l’ordre à l’école catholique sous contrat de « respecter le principe de neutralité et de liberté de conscience » et rappelle qu’il est « du devoir de l’Etat d’être garant du respect de ces principes ».

Vincent Peillon, qui ose également déclarer « Je ne veux pas raviver la guerre scolaire », est un spécialiste de la guerre scolaire du tournant du XXe siècle. Quand il parle de « neutralité », et quand il intime l’ordre à l’enseignement catholique (qui aurait dû disparaître il y a un siècle*) de respecter la neutralité, il y a dans son propos l’écho de René Viviani, qui écrivait en une de l’Humanité le 4 octobre 1904 :

« Et la neutralité ? Elle est, elle fut toujours un mensonge. Certes, elle fut peut-être un mensonge nécessaire lorsque l’on forgeait, au milieu des impétueuses colères de la droite, la loi scolaire. (…) Le passage à franchir était périlleux ; c’était beaucoup déjà que de faire établir une instruction laïque et obligatoire. On promit cette chimère de la neutralité pour rassurer quelques timidités dont la coalition eût fait obstacle au principe de la loi. »

(Toute ressemblance avec les propos d’Elisabeth Guigou sur le pacs et le “mariage” homosexuel n’est évidemment pas fortuite. Le principe posé par René Viviani peut s’appliquer à un grand nombre de processus de subversion par la loi.)

 * Viviani est aussi l’auteur de cette phrase célèbre :

« Ensemble, et d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu'on ne rallumera plus ! »

Lorsque j’étais dans la région parisienne, j’y pensais à chaque fête de Pâques. Car à Saint Julien le Pauvre, la nuit pascale commence par un premier office de la Résurrection qui se célèbre à l’extérieur, entre deux processions solennelles. Et c’était un petit plaisir supplémentaire que d’entendre chaque année proclamer la Résurrection du Christ… au milieu même du square René Viviani.

13 décembre 2012

Au fait c’était samedi et dimanche dernier…

C’était le lancement de la fête de Hanoukka. Avec allumage, par le grand rabbin de France, d’un chandelier géant à 7 branches sur le champ de Mars à Paris. Et de quatre autres rien qu’en Seine-et-Marne en des lieux publics, selon Le Parisien. A Pontault-Combault c’était comme d’habitude dans le jardin de l’hôtel de ville. (Tandis qu’à Paris le maire a interdit la crèche de Noël sur le parvis de l’Hôtel de Ville dès qu’il est entré en fonctions.)

Vous avez entendu crier les farouches gardiens de la laïcité ?

Car l’érection de symboles religieux est interdit sur les lieux publics, dit la loi de 1905. Article 28 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

Il n’y a pas eu la moindre remarque. Nulle part. Même pas à Riposte laïque…

Ah oui, c’est vrai, dans la loi de 1905, quand on lit « religieux », il faut comprendre « catholique »…

10 décembre 2012

Le naufrage de Poulat

Ou bien la vieillesse est un naufrage, ou bien la vanité est plus forte que tout. Ou les deux à la fois. Hier, deuxième dimanche de l’Avent, à l’heure de la grand-messe, Emile Poulat était à l’Elysée. Pour recevoir des mains de François Hollande les insignes d'officier de la Légion d'honneur.

Du moins on suppose que pour Emile Poulat c’était quand même aussi le jour du Seigneur. Pour François Hollande, c’était le jour anniversaire de la loi de guerre de la République contre l’Eglise. Et c’est ce jour-là que François Hollande avait choisi pour décorer Emile Poulat.

« Le président de la République a saisi cette occasion pour rappeler que la loi de 1905 permet de répondre aux enjeux du temps présent et il a annoncé la mise en place en 2013 de l'Observatoire national de la laïcité », ajoute le communiqué de l’Elysée.

L’Elysée ne nous dit pas si Emile Poulat a applaudi - mais on est censé applaudir, à l’Elysée, quand le président a parlé. Ni si par hasard il serait président d’honneur du nouveau machin laïcard. Ce qui ferait quand même beaucoup de déshonneur en une seule fois.

A moins que ce ne soit ça le vrai Poulat, après tout…

01 décembre 2012

La laïcité à la française toujours gaillarde

Jean-Marie Guénois raconte dans Le Figaro comment les députés de gauche ont interrogé, « avec une arrogance digne d'un laïcisme autoritaire daté de la fin du XIXe siècle », les représentants des religions sur le « mariage » homosexuel:

« Parmi les six intervenants, c'est l'Église catholique qui a été objectivement prise pour cible. (…) Premier axe de l'intimidation: L'Église catholique ne doit pas porter «le débat dans la rue». (…) Second axe de l'intimidation: l'Église catholique ferait mieux, selon eux, de se taire. »

Plus de détails sur cette agression antichrétienne, dans la grande tradition des idoles de notre ministre de l’Education nationale, ici.

 

12 octobre 2012

Monomaniaques de l’apostolat laïcard

Le 11 juillet dernier, le ministre Peillon avait annoncé qu’une « mission » allait être mise en place pour « réfléchir à la conception que nous devons diffuser de la laïcité». Il s’agit de l’instauration d’un cours de matraquage laïque à l’école.

Hier, il a annoncé que la mission rendrait ses conclusions fin mars.

Curieusement, la composition de cette mission était confidentielle. Elle a été révélée hier par Le Monde.

Elle comporte trois membres:

- Alain Bergounioux, parce qu’il est aujourd’hui le secrétaire national du PS en charge de l'Education.

- Le conseiller d'État Rémy Schwartz, qui fut rapporteur général de la commission Stasi sur la laïcité, et qui a écrit Un siècle de laïcité.

- Laurence Loeffel, maître de conférence en sciences de l'éducation à Lille-III, et auteur de Ferdinand Buisson, apôtre de l'école laïque, à ne pas confondre avec le livre de Vincent Peillon Une religion pour la République: la foi laïque de Ferdinand Buisson

17 septembre 2012

Le maire scie la croix

Un conseiller municipal de Brou (Eure-et-Loir) a fait remarquer que la croix du portail du nouveau cimetière était illégale. Le maire s’est renseigné, et, en effet, selon la loi de 1905, il est interdit d’apposer des signes religieux dans les espaces publics. Il a donc fait scier la croix. A nom de la tolérance, a-t-il souligné.

A remarquer que selon Mgr Aupetit ce serait « encore un cas de laïcité mal comprise, virulente et discriminatrice ». On croyait pourtant que pour nos évêques la loi de 1905 ne posait aucun problème à l’Eglise et aux chrétiens...

 

09 janvier 2012

Respectons la neutralité scolaire

Communiqué de l’association Guillaume Budé de Saint-Dié :

« Nous devons annuler la conférence du 20 janvier de Madame Paule Gehay sur le génocide arménien. En effet, le Proviseur a considéré que le contexte actuel n’était pas propice pour aborder sereinement ce sujet et que l'établissement scolaire devait rester neutre. La conférence suivante est désormais programmée. Elle aura lieu le vendredi 2 mars à 17h30 : "Lénine : révolutionnaire ou putschiste ?" par Jean-Jacques Marie, historien, auteur d’une biographie sur Lénine. »

En effet, il est important de respecter la neutralité scolaire. C’est pourquoi on ne doit pas parler du génocide arménien (bien qu’il soit en train d’être défini comme un dogme républicain), mais on doit demander à un très actif militant trotskiste de faire l’apologie de Lénine…

04 janvier 2012

Laïcité à la française (suite sans fin)

Les soi-disant « libres penseurs » de Haute-Savoie et les socialistes locaux engagent des poursuites contre le maire de Publier, qui a fait ériger une statue de la Sainte Vierge, Notre-Dame du Léman.

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02 janvier 2012

Laïcité à la française

Un natif de la commune de Saint-Eutrope-de-Born avait financé l’érection d’un calvaire à l’entrée du village. Le calvaire a été inauguré, en présence du maire, il y a deux ans. Des habitants ont porté plainte pour non-respect de la laïcité. Le tribunal administratif de Bordeaux a ordonné la suppression du calvaire au nom de la loi de 1905.

La loi de 1905 interdit en effet d’ériger des symboles religieux dans les lieux publics. Mais ce calvaire a été érigé au lieu même où se trouvait déjà un calvaire, tombé en 1967.

Le tribunal bordelais a choisi l’interprétation antichrétienne de la loi. Susceptible d’appel, me semble-t-il.

01 décembre 2011

Les philosophes en non-confessionnels : toujours pas contents

La deuxième rencontre annuelle entre les trois présidents de l’Union européenne et les représentants des « organisations philosophiques et non confessionnelles » a eu lieu le 30 novembre à Bruxelles.

Ces philosophes et non-confessionnels européens hurlaient qu’il était scandaleux que les représentants des religions aient une rencontre annuelle avec les dirigeants de l’UE et que les athées, libre penseurs et militants de la laïcité n’y aient pas droit, alors que l’article 17 du traité de Lisbonne met sur le même plan les communautés religieuses et les organisations philosophiques et non confessionnelles. Donc, depuis l’an dernier, ils ont droit aussi à leur « sommet ».

Mais ils ne sont pas satisfaits pour autant. « Il y a une claire préférence pour la consultation des représentants religieux », se plaint David Pollock (de la Fédération humaniste européenne) à EUObserver. « Ils passent beaucoup plus de temps avec les chefs religieux… L’interprétation de l’article 17 doit être plus équilibrée… » Etc.

Et puis il ne supporte pas qu’il y ait tant de francs-maçons : 10 invités sur 16. Six invités seulement venant d’organisations expressément athées : encore un manque d’équilibre auquel il faudra remédier, pour David Pollock…

 

20 juillet 2011

Le Conseil d’Etat bafoue la loi de 1905

Le Conseil d'Etat a rendu cinq décisions concernant des contentieux liés à la loi de 1905.

On retiendra essentiellement que le Conseil d’Etat donne raison à la municipalité de Montreuil d’avoir octroyé un bail emphytéotique à la fédération cultuelle des associations musulmanes de Montreuil pour l'édification d'une mosquée.

Le bail emphytéotique ne peut donc plus être considéré comme une subvention. Pourtant, comme le loyer est symbolique, la subvention est bien réelle… Le Conseil d’Etat bafoue la loi de 1905. Mais au point où on en est…

12 juillet 2011

14-Juillet républicain...

A Haguenau, la fête nationale passe par un « Office religieux à la Synagogue ».

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(Via contre-info.com, via Nouvelles de France.)

Riposte laïque

A propos des « rumeurs » que dénonce Martine Aubry, Riposte laïque « persiste et signe », dans un éditorial qui ne manque pas de panache.

A cette occasion, je découvre que le montage photographique qui montrait Benoît XVI élever une chope de bière à la place du calice a disparu de la page d’accueil de Riposte laïque. Dont acte.

07 juillet 2011

Les extrémistes du laïcisme

Une religieuse en habit est venue au collège Saint-Exupéry de Jaunay-Clan pour corriger des copies d’examens.

Les (autres) professeurs présents ont envoyé un courrier de protestation au rectorat, arguant que cette tenue n’est pas compatible avec le respect de la loi sur le port de signes religieux distinctifs dans un établissement scolaire public.

Le Snes-FSU les soutient et souligne que ce n’est pas un incident anodin.

Le recteur de l’académie de Poitiers, Martine Daoust, leur donne raison : « « Cette enseignante n’aurait pas dû être convoquée au regard de la loi du 15 mars 2004. »

Ce dont on peut tirer deux conclusions :

1 – La loi sur les signes religieux (le voile islamique) à l’école, comme toute loi laïciste, est aussi, bien sûr, une loi antichrétienne.

2 – Cette loi ne s’applique pas aux centres d’examen, comme cela est écrit noir sur blanc dans les documents du Service interacadémique des examens et concours. Mais les laïcistes veulent l’appliquer quand même, et trouvent un recteur ignorant, ou laïciste extrémiste lui-même, pour les soutenir.

14 juin 2011

Mardi de la Pentecôte

Aujourd’hui les Esprits célestes se sont réjouis du renouvellement de la terre ; car l’Esprit rénovateur des êtres est descendu dans le sacré Cénacle, et il y a renouvelé le collège apostolique.

Aujourd’hui notre nature terrestre tressaille de se sentir réconciliée avec le Père ; car celui qui avait enlevé son esprit aux hommes devenus charnels, daigne le leur donner de nouveau.

Aujourd’hui les enfants de l’Église célèbrent avec transport l’avènement du Saint-Esprit, qui les a parés de vêtements nobles et lumineux, et ils sont admis à chanter le trisagion avec les Séraphins.

Celui qui sépara par la division des langues ceux qui s’étaient unis pour bâtir la tour, a réuni de nouveau aujourd’hui, dans le sacré Cénacle, les langues des nations en une seule. O vous tous, Esprits, bénissez l’Esprit de Dieu.

L’Esprit du Seigneur qui descendit autrefois, et fut le conducteur des douze tribus d’Israël dans le désert, conduit aujourd’hui les douze Apôtres à la prédication de l’Évangile. O vous tous, Esprits, bénissez l’Esprit de Dieu.

L’Esprit du Seigneur qui remplit autrefois Bézeleel, l’architecte du tabernacle, rend aujourd’hui les hommes comme les tabernacles de la sainte Trinité. O vous tous, Esprits, bénissez l’Esprit de Dieu.

Liturgie arménienne, Canon tertiæ diei (canon du troisième jour de la Pentecôte) – cité par Dom Guéranger.

10 juin 2011

L’archevêque de Glasgow reste ferme…

Extrait de la dernière lettre de l’archevêque de Glasgow, Mgr Mario Conti, à ses prêtres :

« Le Saint-Père et ceux qui le conseillent ont décidé de faire que l’ancienne Messe, prétendument Tridentine, ou pré-Vatican II, soit davantage à la disposition des fidèles pour des raisons pastorales ; c’est quelque chose que nous devons respecter. Cependant, même avec la plus récente instruction d’Ecclesia Dei, il n’y a aucune exigence ou même encouragement pour quiconque à promouvoir la prétendue forme extraordinaire. Je me permets de suggérer qu’il n’y a aucune demande pour elle, ou de raison pastorale de changer ce qui est devenu la pratique constante de l’archidiocèse, ce que j’interprète comme une satisfaction et une véritable appréciation des avantages pastoraux de la Messe en vernaculaire (…). »

Lors de la publication du motu proprio Summorum Pontificum, Mgr Conti avait déclaré qu’il déciderait qui aurait le droit de célébrer l’ancienne messe à Glasgow. C’est-à-dire personne. Le leitmotiv de l’archevêque est qu’il n’y a aucune demande pour la « prétendue » forme extraordinaire.

01 juin 2011

Je suis perplexe

L’Assemblée nationale a adopté hier une résolution « sur l’attachement au respect des principes de laïcité, fondement du pacte républicain, et de liberté religieuse ».

On y lit ceci : (l’Assemblée)

3. Estime que les acteurs de terrain ne peuvent pas être laissés seuls face à des pressions et des pratiques extrémistes qui contestent les lois de la République et mettent en cause l’ordre public pour des motifs religieux ;

4. Affirme solennellement que dans une République laïque nul ne peut se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers ;

5. Condamne tous aménagements de ce principe qui, au nom d’accommodements prétendument raisonnables, consistent à transgresser les lois de la République en cédant à des revendications communautaristes ;

8. Rappelle que le principe de laïcité interdit à quiconque, dans le cadre d’un service public, de mettre en cause son fonctionnement normal, par exemple en se soustrayant à l’obligation scolaire, ou de récuser un agent pour des motifs religieux ;

10. Estime souhaitable que, dans les entreprises, puisse être imposée une certaine neutralité en matière religieuse et notamment, lorsque cela est nécessaire, un encadrement des pratiques et tenues susceptibles de nuire à un vivre ensemble harmonieux…

Je me demande si tout cela vise les bouddhistes ou les zoroastriens. Le texte ne le précise nulle part.

15 avril 2011

Tout va bien

Le Marocain Mohammed Moussaoui, président du CFCM, annonce à la télévision que le gouvernement (français) a l’intention de constituer un groupe de travail interministériel et interconfessionnel concernant les questions cultuelles (en France).

C’était après la réunion, ce matin, au ministère de l’Intérieur, entre Claude Guéant et des « représentants des cultes ». Il y avait même le culte catholique, ce qui montre l’esprit de tolérance tant des représentants musulmans que de la République laïque.

Qu’a dit le représentant du culte catholique ? Rien. Faut pas exagérer, non plus…

30 mars 2011

Un diplôme de laïcité...

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, déclare sur France Info : « Je pense qu'il nous manque peut-être en France aujourd'hui une formation à la laïcité, un diplôme sur la laïcité et les principes républicains. » Ce qui pourrait concerner « toutes les personnes qui sont en charge des cultes », les directeurs de ressources humaines ou les agents du service public.

Si l’on suit le raisonnement jusqu’au bout, cela veut dire que les prêtres devraient obtenir un diplôme de laïcité pour exercer le culte catholique.

Le pire est que nos évêques y sont d’avance tout disposés, comme en témoigne le dernier texte de la CRCF où « les cultes » rendent hommage à la laïcité comme à une religion supérieure qui leur est commune.

Un nouveau méfait de la « CRCF »

La « Conférence des Responsables de Culte en France » (CRCF) a commis un nouveau texte. Cette fois pour rejeter le débat de l’UMP sur la « laïcité ».

Il y est redit que « les cultes » « adhèrent sans réserve » à la laïcité telle que définie par la loi de 1905.

Mais ce qui ressort surtout est que « les cultes » s’inscrivent « dans le cadre » de la laïcité : la laïcité est au-dessus des religions, et celles-ci, sous la laïcité, sont toutes sur le même plan.

Ce qui donne les titres que voici :

Les religions de France contre le débat de l’UMP

Les religions de France s’unissent contre le débat sur l’islam

Les six religions s’opposent ensemble au débat

Les grandes religions désapprouvent le débat sur la laïcité

Etc.

Ainsi, premièrement, l’Eglise catholique disparaît dans un conglomérat de « religions » indistinctes ; deuxièmement (et c’est ce qui est d’abord voulu), l’islam disparaît également du paysage : il n’y a pas de problème de l’islam en France, puisque l’islam est une des religions qui disent toutes la même chose sur la laïcité et le « vivre ensemble » et « adhèrent sans réserve » à la loi de 1905…

18 mars 2011

Crucifix : l’Italie a gagné !

La grande chambre a infirmé l’arrêt précédent :

« Dans l’affaire Lautsi et autres c. Italie, qui concernait la présence de crucifix dans les salles de classe des écoles publiques en Italie, la Cour a conclu à la non-violation de la Convention. Elle a estimé en particulier que la question de la présence de symboles religieux dans les salles de classes relève en principe de la marge d’appréciation de l’Etat – d’autant plus en l’absence de consensus européen sur cette question – dans la mesure toutefois où les choix dans ce domaine ne conduisent pas à une forme d’endoctrinement. »

16 mars 2011

La résistance du crucifix

En Italie, la Cour de Cassation a confirmé la radiation de l'ordre judiciaire d’un juge de paix qui exigeait le retrait des crucifix dans les salles d’audience : « Le crucifix est l'unique symbole religieux admis dans les salles des tribunaux italiens et il ne lèse pas la laïcité de l'Etat. »

En Autriche, la Cour constitutionnelle autrichienne  a jugé que la présence d'un crucifix sur le mur d'une classe n'est pas contraire à la Constitution quand la majorité des élèves sont chrétiens. Elle a également jugé licite la célébration de la fête de saint Nicolas dans les écoles.

C’est après-demain que la grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme devrait rendre sa décision sur la présence de crucifix dans les salles de classe en Italie.

17 février 2011

En attendant un évêque…

On a la réaction du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, à l’annonce de la convention de l’UMP sur « la place des religions » :

"On pose d'emblée que la religion fait partie de la sphère privée, alors qu'on n'abandonne pas sa religion à la porte du temple, de l'église ou de la mosquée."

"En fait, le débat tourne autour des prières dans la rue, et dans ce cas ce qui est en cause c'est l'ordre public. Si on veut les interdire, c'est au titre du trouble à l'ordre public, pas au titre de la laïcité, ou alors il faut aussi interdire les processions catholiques."

L’UMP et l’islam

Sur demande expresse de Nicolas Sarkozy, l’UMP tiendra une convention sur la place des religions le 5 avril, annonce le Figaro. C’est-à-dire sur l’islam, sujet qu’il ne faut pas laisser au Front national. Mais quand on parle des religions et de la laïcité, on ne peut pas parler que de l’islam :

« La question de la nationalité des imams et de la langue qu'ils utilisent sera sans doute l'une des plus délicates à régler, de même que celle de l'interdiction des prières dans l'espace public. D'autant que cette dernière ferait ressurgir le débat, vieux d'un siècle, qui avait opposé l'Église et l'État, soucieux d'interdire les processions religieuses. »

16 février 2011

Laïcisme sacré

« Il ne faut pas toucher à la loi de 1905 qui est une loi sacrée. »

Propos du ministre Eric Besson.

Sans doute est-ce en rapport avec le fait que la franc-maçonnerie est « l’Eglise de la République ».

15 février 2011

Laïcité québécoise

Mercredi dernier, le Tribunal des droits de la personne du Québec a enjoint la Ville de Saguenay et son maire Jean Tremblay à cesser de dire une prière avant les séances publiques du conseil municipal, et à ne plus exposer une statue du Sacré-Coeur et un crucifix dans les salles où se déroulent ces assemblées.

C’est une grande première, et le Mouvement laïque a aussitôt rebondi en soulignant que cette décision « pourrait avoir des répercussions jusqu'à l'Assemblée nationale, où le crucifix qui y trône est très controversé ».

Le porte-parole du Premier ministre Jean Charrest a déclaré hier qu’il n’était pas question d’ôter le crucifix de l’Assemblée nationale. Au motif que l'Église a joué un rôle important dans l'histoire du Québec, et que le crucifix en est un symbole. « La seule position de l'Assemblée nationale est celle prise en mai 2008. Elle demeure », a-t-il précisé. En 2008, les deux coprésidents de la « Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles » avaient notamment demandé que le « crucifix au-dessus du siège du président de l'Assemblée nationale soit retiré et replacé dans l'hôtel du Parlement, à un endroit qui puisse mettre en valeur sa signification patrimoniale ». L’Assemblée nationale avait voté à l'unanimité une motion gouvernementale affirmant que le crucifix resterait en place…

04 février 2011

«Ad Jesum per Mariam», devise municipale…

Le Salon Beige a trouvé cela dans Ouest France édition Pays de Loire :

Pornic a décidé d’unifier les trois blasons des communes du Clion, de Sainte-Marie et de Pornic. Résultat, la devise de Sainte-Marie «Ad Jesum per Mariam » soit "Vers Jésus par Marie" figure désormais sur tous les documents officiels. Ce qui agace Jérôme Puybareau pour l’opposition qui estime que le maire « ne respecte ni l’esprit ni le texte de la loi sur la laïcité de 1905 ». Ce dernier fait valoir qu’il n’a rien inventé: « J’ai juste repris l’existant et une ville ne peut oublier son histoire ».

29 janvier 2011

Une journée nationale de la laïcité...

Sophie Joissains remet ça. La sénatrice radicale, qui est sœur en maçonnerie et fille en politique (d’Alain, l’ancien maire d’Aix-en-Provence et de Maryse, l’actuel député-maire), a déposé une nouvelle proposition de résolution instituant une journée nationale de la laïcité le 9 décembre (jour anniversaire de la loi de 1905).

Elle en avait déjà déposé une l’an dernier, avec une brochette de laïcards de l'UMP (dont le président de la Fraternelle parlementaire Bernard Saugey) mais elle n’avait pas eu de suite. Alors elle recommence. Cette fois, dit-elle, en tandem avec le socialiste Claude Domeizel : "Attachés tous deux aux valeurs républicaines, ils ont souhaité déposer ensemble cette résolution afin de lui donner plus de chances d'être adoptée par la Haute Assemblée", dit son communiqué.

Curieusement, le groupe socialiste annonce le dépôt d’une proposition de résolution de Claude Domeizel, sans mentionner Sophie Joissains…

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20 janvier 2011

L’hommage de Riposte laïque

Lu ici.

(…) Marine Le Pen, qui vient d’être élue à la tête du Front national en tenant un discours qui tourne le dos à celui de l’extrême droite classique.

(…) Pour nos bobos, l’élection de Marine Le Pen complique le jeu. Il était sans doute bien plus confortable, idéologiquement, de s’opposer aux intégristes catholiques qu’à une femme qui défend le droit à l’IVG, et à des adversaires des idéaux de la Révolution française, plutôt qu’à une nouvelle présidente qui défend les valeurs républicaines et laïques, souvent mieux - hélas - que les postulants actuels aux présidentiels de l’UMPS ou de l’extrême gauche.

Le nouveau Front national : étatisme et laïcisme

Article paru dans le N° 111 de Daoudal Hebdo.

Le 16 janvier 2011, le Front national n’a pas seulement changé de président. Il a changé de doctrine. Et de façon radicale. Le discours d’investiture de Marine Le Pen, présidente du Front national, était : premièrement étatiste, deuxièmement laïciste. Le nom de Le Pen ne doit pas laisser penser à une quelconque filiation. Jean-Marie Le Pen était l’héritier à la fois de la France chrétienne et de la République laïque. Son alchimie personnelle faisait qu’il pouvait rassembler ceux qui se reconnaissaient plus dans l’une que dans l’autre, et vice-versa. Cela permettait une sorte d’équilibre qui était l’apanage du Front national, et qui évitait les dérives. D’un côté, les tenants de la République laïque devaient composer avec un rappel permanent d’un héritage chrétien dont les valeurs doivent irriguer la politique, dont les valeurs morales s’imposent à la politique. De l’autre côté, les plus traditionalistes des catholiques (éventuellement royalistes) devaient accepter que leur parti soit un parti laïque, œuvrant dans le cadre des lois de la République laïque, seule façon de solliciter les suffrages des Français. C’était la même chose en ce qui concerne le rôle de l’Etat : les partisans de l’étatisme et les partisans de l’Etat réduit à ses seules fonctions régaliennes se retrouvaient dans le discours d’un président qui n’était ni l’un ni l’autre.

Tout dans l’Etat, rien hors de l’Etat, rien contre l’Etat

Avec Marine Le Pen il n’en est plus ainsi. La plus grande partie de son discours fut une ode à l’Etat, et à l’Etat laïciste, au point qu’il ne restait plus de place pour le reste. Ou plutôt, tout le reste se retrouvait englobé dans l’Etat. Comme le disait un certain Benito Mussolini : « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État ».

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