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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2655

  • 4 mois, 3 semaines, 2 jours

    Le film de Christian Mungiu, 4 mois, 3 semaines, 2 jours, palme d’or au festival de Cannes, sort demain sur les écrans.

    Je ne l’ai pas vu et je ne suis pas sûr d’aller le voir. Cela me paraît être d’une effroyable désespérance, ce qui est en soi condamnable d’un point de vue chrétien (et humain), sauf si la désespérance est transfigurée par la beauté. Peut-être est-ce le cas. Jeanne Smits dit que le réalisateur « n’a pas volé » sa palme d’or.

    Quoi qu’il en soit le grand article de Jeanne Smits est fondamental pour comprendre de quoi il s’agit.

    On lira aussi l’interview de Chritian Mungiu dans le Journal du dimanche, et l’article d’Allociné, site sur lequel on peut voir la bande annonce et un extrait du film.

    Enfin on remarquera la réaction virulente de l’Osservatore romano, qui pourrait bien être à côté de la plaque (sauf en ceci que le film peut donc être vu ainsi par les partisans de l’avortement, et servir de justification à ce que le journal dénonce.)

  • Saint Augustin

    « O Seigneur, je suis votre serviteur ; je suis votre serviteur, et le fils de votre servante. Vous avez brisé mes liens, je vous sacrifierai un sacrifice de louanges (Ps. 115) ! » Que mon cœur, que ma langue vous louent, et que tous mes os s’écrient : « Seigneur, qui est semblable à vous ? » Qu’ils parlent, et répondez-moi ; et « dites à mon âme: Je suis ton salut (Ps. 34). »  Qui étais-je ? et quel étais-je ? Combien de mal en mes actions ; et, sinon dans mes actions, dans mes paroles ; et, sinon dans mes paroles, dans ma volonté ? Mais vous, Seigneur de bonté et de miséricorde, vous avez mesuré d’un regard la profondeur de ma mort, et vous avez retiré du fond de mon cœur un abîme de corruption. Et il ne s’agissait pourtant que de ne pas vouloir ma volonté, et de vouloir la vôtre !

    Mais où était donc, durant le cours de tant d’années, et de quels secrets et profonds replis s’est exhumé soudain mon libre arbitre, pour incliner ma tête sous votre aimable joug, et mes épaules sous votre léger fardeau, ô Christ, ô Jésus, mon soutien et mon rédempteur ? Quelles soudaines délices ne trouvai-je pas dans le renoncement aux délices des vanités ? En être quitté, avait été ma crainte, et les quitter, était ma joie. Car vous les chassiez de chez moi, ô véritable, ô souveraine douceur ! vous les chassiez, et, à leur place, vous entriez plus aimable que toute volupté, mais non au sang et à la chair ; plus éclatant que toute lumière, mais plus intérieur que tout secret ; plus élevé que toute grandeur, mais non pour ceux qui s’élèvent en eux-mêmes. Déjà mon esprit était libre du cuisant souci de parvenir aux honneurs, aux richesses, de rouler dans l’impureté, et d’irriter la lèpre de mes intempérances ; et je gazouillais déjà sous vos yeux, ô ma lumière, ô mon opulence, ô mon salut, Seigneur, mon Dieu !

    (Confessions, livre 9, trad. M. Moreau)

  • L’entourloupe

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    Selon le président de la République, il n’y aurait que cinq chapitres des négociations de l’UE avec la Turquie qui poseraient problème, car elles ne seraient compatibles qu’avec l’adhésion, tandis que trente autres chapitres seraient compatibles avec un simple statut d’association. Voilà pourquoi, selon lui, on peut continuer les négociations.

    C’est une invention, et une entourloupe.

    Comme cela a été maintes et maintes fois répété par les institutions européennes, ces négociations ont pour but l’adhésion de la Turquie , et rien d’autre.

    Rappelons que pendant la campagne électorale Nicolas Sarkozy affirmait qu’il suspendrait « toutes les négociations » car, martelait-il, «  la Turquie n’a pas sa place en Europe ».

  • L’opium afghan : toujours plus

    L’Afghanistan était déjà, et de très loin, le premier producteur mondial d’opium, donc d’héroïne. Mais il bat un nouveau record. La production a augmenté de 34% cette année. Elle a doublé en deux ans, constate l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

    L’opium afghan représente désormais 93% de la production mondiale, contre 92% l’an dernier.

    « L’étendue des terres affectées à la culture du pavot est maintenant plus importante que le total cumulé de celles affectées à la production de coca en Amérique latine. Aucun autre pays n’a produit de narcotiques à une échelle aussi mortelle depuis la Chine au XIXe siècle », relève l’ONUDC.

    Les talibans au pouvoir avaient interdit la culture de l’opium et avaient pris les moyens de faire respecter l’interdiction. Aujourd’hui ce sont eux qui l’encouragent, pour financer leur guerre...

  • Fanny Ardant : une famille porte plainte

    Un avocat italien, Me Piero Mazzola, fils d’une victime de Renato Curcio, porte plainte contre Fanny Ardant au nom de sa mère et de ses frères et sœurs.

    Renato Curcio, le fondateur des Brigades rouges, un « héros » selon Fanny Ardant, avait été condamné à 16 ans de prison notamment pour avoir revendiqué la responsabilité morale de deux meurtres, dont celui du père de Me Mazzola.

    Fanny Ardant a ensuite demandé pardon en disant qu’elle ne savait pas... « Dire pardon ne lui a rien coûté alors que ma mère a payé le prix fort par beaucoup de douleur », dit Me Mazzola. « La terre de Vénétie est imbibée du sang de ceux qu’elle considère comme animés par la passion. »

  • Eli Eli lamma sabachtani

    Le magazine américain Time publie des extraits d’un livre à paraître, révélant des lettres de la bienheureuse Mère Teresa, dans lesquelles la religieuse évoque la nuit de la foi dans laquelle elle a été plongée, ce qui donne sur le plan médiatique qu’elle « doutait de l’existence de Dieu »...

    Dans plus de 40 lettres rédigées au cours de 66 années, elle évoque "l'obscurité", la "solitude" et la "torture" qu'elle traverse :

    « Pour moi, le silence et le vide sont si importants que je regarde et ne vois pas, que j'écoute et n'entends pas... » « Où est ma foi – tout au fond de moi, où il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité – mon Dieu – que cette souffrance inconnue est douloureuse – je n'ai pas la foi. » « S'il y a un Dieu – s'il vous plaît pardonnez-moi – quand j'essaie de me tourner vers le Paradis – il y a un tel vide coupable... » « J'appelle, je m'agrippe, j'en veux – et il n'y a personne pour répondre – personne à qui m'accrocher, non, personne – seule. » « Si Dieu n'existe pas – il ne peut pas y avoir d'âme – s'il n'y a pas d'âme alors Jésus – toi non plus tu n'existes pas. » « Si un jour, je deviens une Sainte – je serai sûrement celle des “ténèbres“, je serai continuellement absente du Paradis. »

    Le Père Brian Kolodiejchuk, qui a compilé les lettres et édite le livre (il est membre de la congrégation des Missionnaires de la Charité fondée par Mère Teresa), a confié au magazine : « Je n'ai jamais lu la vie d'un saint où le saint vivait dans une obscurité spirituelle si intense. Personne ne savait qu'elle était aussi tourmentée. »

    Peut-être que « personne » (?) ne le savait. Peut-être que le P. Kolodiejchuk n’a jamais lu dans la vie d’un saint une obscurité spirituelle si intense. Mère Teresa n’est pourtant ni la première ni la dernière à faire cette expérience, et de nombreux saints en ont témoigné en termes semblables. Ce qui est impressionnant ici est d’une part qu’il s’agit d’une religieuse très active et médiatique qui ne laissait rien paraître de ses tourments intérieurs, d’autre part que l’épreuve fut pour elle, semble-t-il, extrêmement longue (ou répétée).

    Mais tant qu’il y aura des chrétiens il y aura des hommes pour dire comme leur maître dans l’absolue déréliction de la Croix  : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné. » Lui qui était Dieu était abandonné de Dieu parce que Dieu mourait sur la Croix. Il faut passer par la mort de Dieu en soi pour entrer dans le Royaume.

    « Viens, sois ma lumière » est le titre de ce livre où la nuit de la foi tient tant de place. Car c’est cette nuit qui est lumière.

  • Sarkozy et la Turquie : nouveau recul

    L’essentiel du discours de Nicolas Sarkozy devant la conférence des ambassadeurs, qui avait été annoncé comme important, tient en quelques mots :

    « La construction de l’Europe reste pour la France une priorité absolue. »

    « Je souhaite que d’ici la fin de l’année soit créé par les 27 un comité de dix à douze sages pour réfléchir à une question : quelle Europe en 2020-2030 et pour quelles missions ? Si cette réflexion est lancée par les 27, la France ne s’opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de négociation entre l’Union et la Turquie soient ouverts à condition qu’ils soient compatibles avec les deux visions possibles de l’avenir de leurs relations : soit l’adhésion, soit l’association. La seconde formule est celle que j’ai prônée pendant toute ma campagne électorale. Je n’ai pas changé d’avis. »

    Il a précisé qu’il a proposé à Erdogan de traiter des trente chapitres « compatibles avec l’association » et de « voir pour la suite » pour les cinq qui « ne sont compatibles qu’avec l’adhésion ». Une solution qui, dit-il, « ne trahit pas le souhait des Français » et en même temps « permet à la Turquie d’avoir une espérance ». Sic.

    Rappelons que pendant la campagne Nicolas Sarkozy avait affirmé qu’il suspendrait « toutes les négociations » (http://www.youtube.com/watch?v=kPB4Eln8kCI).

    D'autre part, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage appuyé à Bernard Kouchner, avec qui il « travaille en totale confiance ».

     

    Addendum. Naturellement, la Commission européenne a "salué" la "contribution" de Nicolas Sarkozy "à ce débat en cours", et la présidence portugaise de l'Union a déclaré qu'elle allait "prendre en compte" cette "proposition novatrice".

  • Irak : l’exode sans fin des chrétiens

    Des dizaines de familles de chrétiens irakiens qui avaient dû fuir Bagdad et s’étaient réfugiées au Kurdistan, près de la frontière turque, doivent fuir de nouveau, en raison de l’escalade militaire dans la région. Les Turcs ont déjà bombardé et menacent d’entrer sur le territoire irakien pour lutter contre le PKK qui y a installé ses bases arrières. La Turquie et l’Irak ont signé au début du mois un accord de coopération contre les rebelles kurdes de Turquie installés en Irak, mais le gouvernement irakien n’a évidemment pas les moyens de persuader les Kurdes irakiens (qui sont en fait indépendants) de lutter contre le PKK. Et le président irakien Talabani, qui est l’un des deux grands chefs kurdes, est muet sur la question. Il est vrai qu’il est le chef de l’autre partie du Kurdistan, du côté de l’Iran. Quant à l'autre chef kurde, Barzani, celui de la partie frontalière avec la Turquie, il est le président du Kurdistan autonome...

  • Irak : une télévision d’Etat islamique

    La télévision d’Etat irakienne, Al Iraqiya, va lancer le mois prochain une chaîne islamique, Al Furkan (c’est le titre de la 25e sourate, dont le premier verset dit que le Coran est le Livre de discernement). Elle diffusera d’abord six heures par jour, puis 24 heures sur 24, la récitation du Coran.

  • Sarkozy : « Je me fous des Bretons ! »

    On parle beaucoup du livre de Yasmina Reza sur la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Le Télégramme en a sorti une jolie phrase : « Je me fous des Bretons ! »

    C’était le 1er mai. Dans l’entre-deux tours, le candidat voulait rendre hommage « à la France qui travaille, même le 1er mai ». Il s’était donc rendu au CROSS Corsen, à Plouarzel. (Les CROSS sont les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage. Il y en a 15. Celui de Plouarzel, à la Pointe du Corsen, gère les côtes, du Mont Saint-Michel à la Pointe de Penmarc’h. Il surveille par radar le trafic des quelque 200 bateaux qui passent chaque jour devant Ouessant.)

    Les guetteurs du Cross Corsen sont honorés de cette visite. Mais hors caméras et micros, Nicolas Sarkozy s’en prend avec virulence à son directeur de campagne : « Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ?... Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! (...) Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment !... ».

    Le Télégramme souligne que ces propos « tombent assez mal au lendemain des obsèques de Bernard Jobard, à Plouescat. Son épouse appréciera sans doute particulièrement. »