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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2652

  • Faire le procès d’un irresponsable...

    J’avais zappé la dernière visite compassionnelle de Sarkozy et ses suites. (Il y avait overdose.) Cela mérite pourtant d’être relevé, car on y voit une fois plus Sarkozy vraiment tel qu’en lui-même, et parce que le sujet a suscité de nombreux commentaires, et que ça continue.

    Vendredi dernier le président de la République a donc rencontré à Bayonne les familles des deux infirmières qui avaient été assassinées à l’hôpital psychiatrique de Pau. Un non-lieu psychiatrique a été requis pour l’auteur de ces meurtres. Logique, puisqu’il était fou.

    Mais Sarkozy a demandé à Rachida Dati de réfléchir à la possibilité de traduire devant un tribunal un auteur de crime même s’il est reconnu pénalement irresponsable. Car « le procès, cela permet de faire le deuil », dit-il. Et « s’il faut faire évoluer la loi, je suis prêt à la faire évoluer ». Bien entendu, dès le lendemain, Rachida Dati a confirmé qu’une « réflexion » allait être immédiatement menée sur la création d’une audience spécifique pour les irresponsables.

    L’information était tellement aberrante que sur le moment elle n’est même pas parvenue à mon cerveau.

    Il est évidemment contraire à la notion même de « droit » qu’on puisse faire le procès d’un irresponsable. L’exercice de la justice suppose l’existence d’une personne responsable de ses actes, puisque c’est précisément cette responsabilité qui est jugée.

    Ou alors on peut aussi faire le procès d’un chat, d’un chien, mais aussi d’une comète, d’un volcan, d’un cyclone... D’ailleurs on peut se demander si l’on ne va pas y arriver, à force de chercher des « responsables » des catastrophes même quand il n’y en a pas.

    Quant au « travail de deuil », autre scie de notre époque, lieu commun débile de la psychologie contemporaine (je conseille à ceux qui auraient l’intention de me critiquer à ce sujet de s’abstenir, j’ai perdu ma fille de 20 ans, je sais de quoi je parle), c’est une autre aberration de le mélanger à une affaire de justice. La justice n’a évidemment pas pour mission de consoler les affligés. Sa mission est uniquement d’établir la vérité et de punir les coupables.

    Enfin, Sarkozy croit avoir encore trouvé une idée géniale. Non seulement elle n’est pas géniale mais absurde, mais en outre elle n’est pas nouvelle.

    Dominique Perben, qui était garde des Sceaux quand Sarkozy était ministre de l’Intérieur, avait installé une commission (comme quoi les commissions sont oubliées aussitôt qu’installées) précisément sur ce sujet. La commission avait pondu son rapport en décembre 2003. La chancellerie avait annoncé une vaste consultation... et on n’en a plus entendu parler.

  • Un nouveau genre de femmes...

    La maison de couture italienne Dolce & Gabbana avait dû retirer en mars dernier sa campagne de pub, où l’on voyait un homme plaquant une femme au sol, avec autour d’eux quatre hommes regardant froidement la scène.

    La nouvelle campagne de pub a également suscité un début de polémique, à laquelle la maison des stylistes homosexuels Domenico Dolce et Stefano Gabbana répond avec arrogance. « La nouvelle campagne est sortie et avec elle les polémiques habituelles : quand on ne dit pas que nos publicités encouragent la violence et le sang, on dit qu’elles montrent des femmes maltraitées. Et maintenant c’est au tour de l’homme objet. » La pub montre « des dominatrices corsetées dans des ceintures de métal, chaussées de stilettos vertigineux, tenant des cravaches, entourées d’hommes nus : des images fortes, destinées à choquer, d’un nouveau genre de femmes, mais sans aucune intention d’offenser l’homme. »

    Mais dans quel monde vivent ces gens-là ? Ce sont évidemment les femmes qui, une fois de plus, sont offensées. Ce n’est certainement pas un « nouveau genre de femmes », ni une façon d'« exalter une nouvelle conscience féminine » : ce n’est qu’un vieux fantasme de bordel, où les femmes sont esclaves.

  • Le processus d’arrachage de notre langue nationale

    Le porte-parole du collectif pour le droit de travailler en français en France, Jean-Loup Cuisiniez, a vigoureusement interpellé Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la francophonie, lors d’un débat sur les « splendeurs du patrimoine linguistique », à l’université d’été du Medef.

    « Nous assistons à l’effacement du français en France », a-t-il dit : de plus en plus de travailleurs sont confrontés à des instructions en anglais, qu’ils ne comprennent pas toujours, ou pas bien, ou pas du tout. Il a donné l’exemple d’un mécanicien d’Air France qui s’est effondré en larmes au cours d’une réunion syndicale, en expliquant que depuis la fusion avec KLM toutes les instructions lui sont données en anglais, langue qu’il ne maîtrise pas.

    Jean-Loup Cuisiniez a également réitéré sa mise en garde vis-à-vis du protocole de Londres sur les brevets européens, par lequel les Etats européens (au sens large du Conseil de l’Europe) renoncent à l’obligation de traduction des textes dans leur langue nationale. Ce protocole a été approuvé par le gouvernement le 24 août et est désormais soumis au Parlement pour ratification. Si le Parlement ratifie le protocole de Londres au nom du peuple français, il renonce à la traduction des brevets, c’est-à-dire qu’officiellement les documents non traduits seront opposables en justice, a-t-il souligné.

    Le Comité contre le protocole de Londres, présidé par Claude Hagège, a récemment expliqué que la ratification « reviendrait à admettre, en réalité, l'usage de l'anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale ». Si actuellement 100% des brevets sont traduits en français, « la part de la francophonie passerait à 7% ». Car à l'heure actuelle 70% des brevets sont déposés en anglais, 23% en allemand et 7% en français.

    Jean-Loup Cuisiniez a sommé le gouvernement et Jean-Marie Bockel d’ « annoncer au pays ce processus d’arrachage de notre langue nationale ».

    Jean-Marie Bockel a gardé le silence : c’est en catimini que le texte a été approuvé par le gouvernement, c’est en catimini qu’il sera ratifié par le Parlement.

  • La Turquie et l’OCI

    81006aaa61b1fa9fa2ae9bc97da97301.jpgLe secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, a salué l'élection d'Abdullah Gül à la présidence turque, dans un communiqué publié à Djeddah (Arabie saoudite), au siège de l'organisation. Le processus électoral qui a porté M. Gül au pouvoir « prouve encore une fois la force démocratique de la Turquie  » et que « la relation entre la Turquie et le monde islamique, sous le commandement avisé de M. Gül, continuera à être forte et se renforcera », écrit-il.

    De son côté, Abdullah Gül a réitéré à M. Ihsanoglu le soutien de la très laïque Turquie à l'Organisation de la conférence islamique, dont elle est membre.

    Comme son nom l'indique, le secrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, est turc.

    Quant au drapeau de l'OCI, il montre explicitement l'islam régnant sur le monde.

  • Turquie : l’ambiance...

    L’épouse du nouveau président turc Abdullah Gül n’a pas été invitée à assister avec son mari au défilé militaire du Jour de la Victoire, qui commémore la victoire turque sur les Grecs le 30 août 1922, ni à la réception offerte ce soir par l’armée à cette occasion.

    Hier, le général Büyükanit et plusieurs officiers de haut rang se sont ostensiblement abstenus de saluer le nouveau président (qui est par le fait même commandant en chef des armées) au moment de monter sur une estrade pour une cérémonie de remise de diplômes à l’académie militaire.

    Les généraux avaient déjà boudé mardi la cérémonie de prestation de serment du nouveau président.

  • Chez Dati, ça continue...

    Le chef de cabinet de Rachida Dati, Michel Marquer, a démissionné la semaine dernière. « Ce départ s’inscrit dans le cadre de la réorganisation générale du cabinet que le nouveau directeur Patrick Gérard avait annoncé dès son arrivée », fait savoir la chancellerie. Patrick Gérard avait été nommé le 7 juillet suite à la démission de Michel Dobkine pour « raisons privées ». Démission qui avait été suivie par le départ de trois importants conseillers.

  • Carrefour musulman

    Les magasins Carrefour distribuent un catalogue de 24 pages de produits spécifiquement destinés aux musulmans. Pour les produits alimentaires il est bien spécifié, et pour chacun d’eux, et dans l’intitulé, qu’ils sont halal : poulet halal, viande bovine halal, filets de dinde halal, œufs halal, etc. Il y a même du bouillon halal Maggi... Il y a aussi tout ce qu’il faut pour confectionner les gâteaux du ramadan et pour faire la fête (il y a un kit de défrisage...), et même les tapis de prière...

    Mais, hypocritement, le catalogue a pour titre : Dépenser moins sur les saveurs du monde, et  le mot « ramadan » n’apparaît nulle part... sauf sur l’adresse internet où on peut consulter le catalogue virtuel...

    Les produits présentés sont en vente au prix indiqué depuis hier et jusqu’au 22 septembre.

    Le ramadan commence le 13 septembre.

    (via François Desouche)

  • Le Pen et les municipales

    Interrogé par l’AFP sur la préparation des élections municipales, Jean-Marie Le Pen a déclaré : « Nous allons présenter le plus de candidats possibles, mais ce sera un peu en relation avec nos moyens financiers. Les candidats devront eux-mêmes essayer de trouver leur propre financement », le FN fournissant « peut-être des affiches ».

    Il n’a pas exclu que des listes municipales associent aux candidats FN des candidats du MNR voire du MPF ou d’autres formations : « Ce n’est pas impossible, mais en tous les cas, s’il y a des accords, ils passeront par le visa national : il ne sera pas laissé à chacun licence de faire comme il l’entend. »

    Il a indiqué que la souscription lancée après les législatives a permis de recueillir « presque un million d’euros », et que « cela va continuer ».

  • « Débat pédagogique »

    Selon le porte-parole du gouvernement, Nicolas Sarkozy a souhaité, au cours du conseil des ministres d’hier, l’ouverture d’un « débat pédagogique » sur les quotas d’immigration. « Il ne s’agit pas de faire des quotas de personnes venant d’Afrique, du monde arabe ou d’Asie, il s’agit juste de dire que c’est une question légitime de savoir combien on veut d’ouvriers agricoles, d’ingénieurs, d’informaticiens, de techniciens. »

    Jusqu’ici, l’expression « débat pédagogique » ne s’utilisait que dans l’enseignement et désignait uniquement un débat sur les méthodes pédagogiques.

    Le « débat » que souhaite Nicolas Sarkozy n’a rien à faire avec les méthodes pédagogiques, puisqu’il s’agit de l’immigration. La seule « pédagogie » dont il puisse être question ici est la façon de présenter les choses aux citoyens. Autrement dit, le « débat pédagogique » est la nouvelle expression désignant la propagande. C’est la propagande présentée comme un « débat », alors qu’il n’y a pas de débat possible puisque la politique d’immigration « choisie » est un dogme sarkozyen.

  • L’affaire Nativel

    Le vice-procureur de Nancy, Philippe Nativel, qui avait refusé de requérir la peine plancher pour un récidiviste parce ce que « les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir » (voir ma note CQFD et le communiqué de Jean-Marie Le Pen) a été convoqué à la chancellerie, où il a été reçu hier après-midi par le directeur des services judiciaires et le directeur adjoint du cabinet de Rachida Dati.

    « Il lui a été demandé de venir pour savoir s’il a tenu oui ou non les propos rapportés par la presse », a déclaré le porte-parole du ministère.

    « M. Nativel a affirmé n’avoir jamais tenu de tels propos, comme peuvent l’attester les notes d’audience prises par le greffier », a affirmé le secrétaire général de l’USM, Laurent Bedouet, qui a dénoncé « une très grave remise au pas du parquet », car selon lui l’article 33 du code de procédure pénale stipule que « la parole est libre à l’audience ».

    Les magistrats de Nancy, réunis en intersyndicale (USM-Syndicat de la magistrature) ont dénoncé « un processus d’intimidation inacceptable » portant « gravement atteinte à l’indépendance de la justice ». Et le Syndicat de la magistrature a envoyé une lettre à Rachida Dati pour lui réclamer « un entretien rapide » à propos de cette convocation qui, s'effectuant « en dehors de tout cadre procédural précis, constitue une atteinte inacceptable au principe de la liberté de parole à l'audience du ministère public ».

    Il est difficile de croire que les journalistes locaux aient inventé les propos attribués au vice-procureur : « Je ne requerrai pas cette peine plancher de quatre ans car les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir. Ce n’est pas parce qu’un texte sort qu’il doit être appliqué sans discernement. »

    Ce qui est en cause ici est d’abord le fait qu’un représentant du parquet, qui est, comme le rappelle Rachida Dati, sous l'autorité du garde des Sceaux, demande à un tribunal de ne pas appliquer la loi pour un motif politique.

    On ne voit pas en quoi la convocation de Philippe Nativel porterait atteinte à l’indépendance de la justice et à la liberté de parole à l’audience, surtout si l’on affirme par ailleurs qu’il n’a pas tenu les propos qu’on lui impute. Et s’il ne les a pas tenus à quoi sert l’argument du code de procédure pénale ? Précisons du reste que la citation que fait Laurent Bedouet de l’article 33 est inexacte. Le texte dit que le ministère public « développe librement les observations orales qu’il croit convenables au bien de la justice ». Ces observations ne peuvent pas être des commentaires de la loi, et peuvent encore moins concerner une demande de non-application de la loi, comme le souligne l’article 31 : « Le ministère public requiert l’application de la loi. »

    Reste enfin le fait que les juges de Nancy sont allés encore plus loin que le vice-procureur, en condamnant à huit mois de prison le dealer qu’il voulait voir condamner à un an, et qui aurait dû être condamné à quatre ans si la loi Sarkozy-Dati n’était pas déjà vidée de sa substance, comme cela était prévisible.