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Liturgie - Page 5

  • Sexagésime

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    Lève-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur ?
    Lève-toi et ne me repousse pas jusqu'à la fin.
    Pourquoi détournes-tu ton visage ?
    Oublies-tu notre tribulation ?
    Il est courbé jusqu'à terre,  notre corps.
    Lève-toi, Seigneur, aide-nous et délivre-nous.

    Ps. - O Dieu, de nos oreilles nous avons entendu ;
    Nos pères nous ont raconté ce que tu as fait pour eux.

    Par les moines de Santo Domingo de Silos:
    podcast

  • La messe à Waterford

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    Une messe de saint Pie V a été célébrée pour la première fois depuis la réforme liturgique à la cathédrale de Waterford, « le plus ancien évêché de la plus ancienne ville d’Irlande ». (La cathédrale date quant à elle de la fin du XVIIIe siècle. L’ancienne cathédrale du XIIe siècle avait été évidemment volée par les anglicans, qui l’ont détruite au XVIIIe siècle pour en construire une nouvelle.)

    C’était le dimanche 22 janvier à 10h. Le célébrant était l’abbé Andrzej Komorowski, le Polonais de la Fraternité Saint-Pierre en Irlande. Il y avait environ 250 personnes.

    La prochaine messe traditionnelle en la cathédrale de Waterford aura lieu le dimanche de la Quinquagésime à 10h.

    On aura une pensée de gratitude pour l’évêque, Mgr Alphonsus Cullinan (ordonné il y a moins de deux ans) et pour l’ « administrateur » de la cathédrale, le chanoine Edmund Cullinan.

  • Sainte Bernadette

    Devant la première statue de Notre-Dame de Lourdes arrivée à la maison-mère [des sœurs de la charité à Nevers] : «Ma chère sœur, est-ce qu’elle lui ressemble?». Bernadette n’a pas répondu, mais deux grosses larmes ont coulé de ses yeux. Elle a joint les mains et elle a dit en regardant la statue: «Oh! Bonne Mère, comme on vous défigure!».

    Témoignage de Sœur Marie-Joséphine Durin

    *

    La bonne Bernadette s’y connaissait, sans doute, fort peu en art, mais elle ne put s’empêcher de sourire de pitié quand ce Fabisch lui présenta ses esquisses et ses maquettes. Il n’en continua pas moins de modeler et de durcir ses pains de margarine et ses bols de cérat et, quand la statue fut terminée, Bernadette, que l’on consulta pour savoir si elle ressemblait à la Vierge, répondit : «Pas du tout» ; puis quelque temps après, alors qu’elle la vit, en place, dans la grotte, elle dut s’éloigner aussitôt, ne pouvant, nous raconte un témoin oculaire, le Dr Dozous, supporter la vue d’une telle image ! 

    Ajoutons, pour attester le manque absolu de talent de ce très pieux homme, qu’il avait vu Bernadette en extase, qu’il avait par conséquent aussi vu un reflet divin éclairer une figure humaine et tout cela pour aboutir à cette effigie de première communiante, à cette tiède, à cette molle fadeur ! Ah ! ce qu’à notre époque la piété ne donne pas de talent ! Est-ce, dans toutes les branches de l’art, assez prouvé ?

    Huysmans, Les foules de Lourdes

    *

    Vous n’ignorez pas que Bernadette, la voyante de Lourdes, n’a jamais voulu reconnaître la physionomie du visage de Marie dans l’expression que les fabricants ont donnée aux statues de Notre Dame de Lourdes. Un jour, elle s’en plaignait à un éminent religieux qui l’avait discrètement interrogée à ce sujet. Le religieux possédait un album des Madones les plus connues du monde catholique. Il le fit voir à Bernadette : “De toutes ces images de Marie, voyez celle qui donne le mieux la ressemblance de la divine Mère”. Bernadette ou plutôt sœur Marie Bernard feuilleta l’album avec attention, examina à plusieurs reprises quelques types qui la frappaient davantage, et enfin s’arrêta émue devant une image byzantine aux traits réguliers, au regard empreint d’une douceur profonde comme son amour : “Voilà, dit-elle, ce que je trouve de plus ressemblant”. C'était l’image de Notre-Dame de Grâce de Cambrai. Je tiens, dit en terminant Mgr Delannoy, l’anecdote du religieux lui-même qui, en me la racontant, ne pensait pas s’adresser à un serviteur fidèle de votre Madone.

    Mgr Victor Delannoy, ancien séminariste à Cambrai, évêque d’Aire, s’adressant, en 1905, à Mgr Marie-Alphonse Sonnois, archevêque de Cambrai.

    *

    La même anecdote revue par André Malraux, s’adressant à Picasso :

    – On vous a parlé de l'image de la Vierge apparue à Bernadette ?

    – Quelle Bernadette ?

    – Celle de Lourdes. Elle a vu la Vierge de la grotte. Elle entre au couvent. Des âmes pieuses lui envoient toutes sortes de statuettes de Saint-Sulpice. Elle les flanque dans un placard. Stupéfaction de la supérieure : “Ma fille, comment pouvez-vous mettre la Sainte Vierge dans un placard ? – Parce que ce n'est pas elle, ma Mère !” Restupéfaction. “Ah ?… et comment est-elle ? – Je ne peux pas vous expliquer…” La supérieure écrit à l'évêque, qui apporte les grands albums des principales images de la Vierge, ceux du Vatican. Il lui montre Raphaël, Murillo, etc. N'oubliez pas que ça se passe sous le second Empire, qu'elle est une jeune paysanne, bergère je crois, qui n'a certainement vu, dans son bled, que des Vierges sulpiciennes, baroques à la rigueur. Elle fait non de la tête, toujours non. Au hasard des feuillets, passe la Vierge de Cambrai, une icône. Bernadette se lève, exorbitée, s'agenouille : “C'est elle, Monseigneur !”

    Je vous ai dit, la Vierge de Cambrai est une icône. Repeinte, ornée de vagues angelots; mais ni mouvement ni profondeur, aucun illusionnisme. Le sacré. Et Bernadette n'avait jamais vu d'icône…

    Il réfléchit :

    «Vous êtes sûr ?

    – Les lettres de l'évêque ont été publiées. Et à qui aurait servi le mensonge ?

    – Une intrigue des cubistes !… Tout de même, je voudrais bien la voir, sa Vierge…

    – Elle est toujours à Cambrai. Je vous enverrai la photo.

    – Quand ?

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  • D’Adam à Noé

    Depuis le début de cette semaine j’ai donné chaque jour un répons qui correspond à la lecture biblique du jour. Le dimanche de la Septuagésime recommence toute l’histoire du monde. Ce jour on lit donc le début de la Genèse : la création du ciel et de la terre. Le lundi c’est la création de l’homme. Le mardi c’est l’homme au « paradis de volupté ». Le mercredi c’est le péché de l’homme contre Dieu (le mercredi saint sera le jour de la trahison de Judas). Le jeudi c’est le meurtre d’Abel par Caïn. Ces deux moments de révolte contre Dieu et de haine de l’homme pour son frère auront pour antithèse l’amour de Dieu et du prochain.

    La lecture de la Genèse se poursuit mais il n’y a ce vendredi aucun répons qui y corresponde. Il s’agit en fait de terminer le cycle d’Adam pour commencer à la Sexagésime celui de Noé.

    Aujourd’hui on lit les versets qui vont jusqu’à la mort d’Adam, et demain les versets qui donnent la généalogie jusqu’à la naissance de Noé.

    Cela commence par la descendance de Caïn. On remarque que c’est de cet homme meurtrier et maudit que naît la civilisation des hommes… Son fils construit une ville, ses descendants sont le père des bergers, le père des musiciens, le père des forgerons… Mais voici qu’Adam engendre un autre fils, Seth, qui a un fils, Enos : « C’est lui qui commença à invoquer le nom du Seigneur. » C’est Enos qui sera l’ancêtre de Noé, tandis qu’il ne sera plus question des descendants de Caïn : il seront engloutis par le déluge.

  • Ubi est Abel ?

    ℟. Ubi est Abel frater tuus? dixit Dominus ad Cain. Nescio, Domine, numquid custos fratris mei sum ego? Et dixit ad eum: Quid fecisti?
    * Ecce vox sanguinis fratris tui Abel clamat ad me de terra.
    ℣. Maledictus eris super terram, quae aperuit os suum, et suscepit sanguinem fratris tui de manu tua.
    ℟. Ecce vox sanguinis fratris tui Abel clamat ad me de terra.

    Où est ton frère Abel ? dit le Seigneur à Caïn. - Je ne sais pas, Seigneur : est-ce que je suis le gardien de mon frère ? Et il lui dit : Qu’as-tu fait ? Voici que la voix du sang de ton frère Abel crie de la terre jusqu’à moi. Tu seras maudit sur la terre, qui a ouvert la bouche et a reçu de ta main le sang de ton frère.

  • Ecce Adam

    ℟. Ecce Adam quasi unus ex nobis factus est sciens bonum et malum:
    * Videte, ne forte sumat de ligno vitae, et vivat in aeternum.
    ℣. Fecit quoque Dominus Deus Adae tunicam pelliceam, et induit eum, et dixit.
    ℟. Videte, ne forte sumat de ligno vitae, et vivat in aeternum.

    Voici que Adam est devenu comme l’un de nous, connaissant le bien et le mal. Prenons garde qu’il prenne de l’arbre de vie et qu’il vive éternellement. Le Seigneur fit aussi à Adam une tunique de peau et il l’en revêtit et il dit : Prenons garde qu’il prenne de l’arbre de vie et qu’il vive éternellement.

  • Tulit Dominus hominem

    ℟. Tulit Dominus hominem, et posuit eum in paradiso voluptatis:
    * Ut operaretur et custodiret illum.
    ℣. Plantaverat autem Dominus Deus paradisum voluptatis a principio in quo posuit hominem quem formaverat.
    ℟. Ut operaretur et custodiret illum.

    Dieu prit l’homme et le mit dans le paradis de volupté, afin qu’il le cultive et le garde. En effet Dieu avait planté un paradis de volupté, dans le principe, dans lequel il mit l’homme qu’il avait formé, afin qu’il le cultive et le garde.

  • Formavit Dominus hominem

    ℟. Formavit Dominus hominem de limo terrae, et inspiravit in faciem eius spiraculum vitae, et factus est homo in animam viventem.
    ℣. In principio fecit Deus caelum et terram, et plasmavit in ea hominem.
    Et inspiravit in faciem eius spiraculum vitae, et factus est homo in animam viventem.

    Le Seigneur forma l’homme du limon de la terre. Et il souffla dans son visage un souffle de vie, et l’homme devint âme vivante. Au principe Dieu fit le ciel et la terre, et il y façonna l’homme.

  • Septuagésime

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    Saint-Gall, codex 376

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    Graduel de Notker (Bamberg)

    Circumdedérunt me gémitus mortis, dolóres inférni circumdedérunt me : et in tribulatióne mea invocávi Dóminum, et exaudívit de templo sancto suo vocem meam.

    Díligam te, Dómine, fortitúdo mea : Dóminus firmaméntum meum, et refúgium meum, et liberátor meus. Glória Patri.

    Ils m’ont entouré, les gémissements de mort. Des douleurs d’enfer m’ont entouré. Et dans ma tribulation, j’ai invoqué le Seigneur, et il a écouté, de son saint Temple, ma voix.

    Je t’aimerai, Seigneur, ma force ! Le Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur.

    Dom Baron :

    Le Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David chante sa reconnaissance au Seigneur pour l’avoir délivré de ses ennemis. Il y décrit tour à tour ses épreuves, sa prière et la façon merveilleuse dont Dieu l’a sauvé. Mais c’est plus que sa propre histoire qu’il chante ; c’est l’histoire du monde, ou mieux l’histoire du Christ, du Christ total, du Corps mystique, telle qu’elle s’est déroulée pour le Corps entier au cours des siècles, pour le Christ, tout au long de sa vie ; telle qu’elle se déroule pour chacun de ses membres, selon le même rythme toujours : épreuve, prière, secours divin, reconnaissance.

    Les versets choisis pour cet Introït en sont le prélude. On y trouve les quatre idées du Psaume : les épreuves ; circumdedérunt, la prière, et invocávi, l’aide divine, et exaudívit me et, dans le Verset, l’action de grâce, Diligam te...

    Au début de cette période, où elle va avoir à porter les rudes épreuves de la pénitence, l’Eglise le chante pour y entendre la voix pleine d’expérience de ceux qui les ont déjà traversées : Adam, David, le Christ, les élus, tous ceux du Purgatoire, tous ceux de la terre aussi qui ont su en profiter et qui vont en profiter à nouveau. Ce sont bien eux qui chantent. Ils disent à ceux qui ont encore à subir les dures purifications nécessaires – aux catéchumènes entre autres – qu’ils n’ont qu’à prier avec confiance ; le Seigneur les entendra et, avec la grâce du Baptême renouvelée à Pâques, leur apportera la délivrance.

    La symbolique de la septuagésime.

    Le premier répons des matines.

    Sur l’ensemble de la messe de ce jour.

    Sur la parabole des ouvriers dans la vigne.

  • La déposition de l’Alléluia

    Une particularité de la liturgie romaine est qu’à partir de la Septuagésime et jusqu’à Pâques elle proscrit le chant de l’Alléluia, alors que la liturgie byzantine le chante tout au long de l’année.

    « Dominica Septuagesimæ, in qua deponitur Canticum Domini Alleluja », dit le martyrologe : le dimanche de la Septuagésime, où l’on dépose le chant du Seigneur Alléluia.

    La déposition de l’Alléluia se fait de façon solennelle, la veille de la Septuagésime, à la fin des vêpres : les chantres ajoutent deux Alleluia au Benedicamus Domino qui conclut l’office, et le chœur répond en ajoutant deux Alleluia au Deo gratias.

    A Chartres, au moyen âge, Alleluia était l’unique antienne pour tous les psaumes des premières vêpres, des matines et des laudes de la Septuagésime. Les hymnes étaient des louanges à l’Alléluia. Ainsi l’hymne des vêpres :

    Alleluia, dulce carmen,
    Vox perennis gaudii,
    Alleluia, laus suavis,
    Est chorus cœlestibus,
    Quam canunt Dei manentes
    In domo per sæcula.

    (Alléluia, doux chant, voix de la joie éternelle, Alléluia, douce louange - c’est un chœur pour les habitants du ciel - que chantent ceux qui demeurent dans la maison de Dieu pour les siècles.)

    Les oraisons parlaient aussi de l’Alléluia. Et c’est à la fin des laudes qu’avait lieu l’adieu à l’alléluia tel qu’il se fait aux vêpres dans la liturgie romaine. Après les laudes avait lieu la scène de « l’Alléluia fouetté ». Douze enfants de chœur faisaient tourner des toupies avec des lanières et les fouettaient en les chassant le long de la nef jusque sur le parvis. En 1532 le chapitre de la cathédrale voulut interdire cette coutume mais n’y parvint pas…

    Une variante, à la cathédrale d’Angers : après l’office de none, le samedi, les enfants de chœur, revêtus d’habits particuliers et tenant des torches, brandissaient une image voilée appelée Alléluia, et couraient à travers le chœur vers la salle de théologie où ils chantaient le Subvenite.

    En d’autres endroits, on allait jusqu’à l’enterrer. On fabriquait un mannequin figurant l’Alléluia, on le couchait sur une civière et on le portait en cortège à son tombeau. Tout au long du trajet, et devant la sépulture, on chantait des hymnes, des antiennes, des répons, qui exprimaient la douleur des fidèles devant une telle perte, et les souhaits de « bon voyage », mais aussi d’« heureux retour ». Car on savait qu’il allait… ressusciter.

    Ailleurs, comme à Toul et en Allemagne, l'Alléluia était figuré par une motte de terre que l’on portait en procession, derrière la croix et les chandeliers, en chantant et en gémissant, jusqu'à un endroit du cloître où on l'enfouissait.

    (Daoudal Hebdo N°115)