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Liturgie - Page 5

  • O radix Jesse

    O radix Jesse, qui stas in signum populórum, super quem continébunt reges os suum, quem gentes deprecabúntur : veni ad liberándum nos, jam noli tardáre.

    O Racine de Jessé, qui êtes comme l’étendard des peuples, devant qui les rois fermeront leur bouche, et dont les Nations imploreront le secours : venez nous délivrer, maintenant ne tardez plus.

  • Il y a 50 ans (8) : les Quatre-Temps

    — Et bien sûr ils ont supprimé les Quatre-Temps !

    — Mais non ! Non seulement vous êtes excessif, comme d’habitude, mais en outre votre accusation est une contre-vérité. Les normes universelles de l’année liturgique ont même un chapitre sur le sujet.

    — Ah oui. Il y est dit que c’est aux conférences épiscopales de fixer la périodicité, les dates, la manière de célébrer… Donc, c’est quand, les Quatre-Temps ?

    — Euh… Les évêques ont oublié de le décider.

    — Oui, depuis 50 ans. Donc, de facto, les Quatre-Temps ont été supprimés.

    C’est une de ces hypocrisies de la « réforme » liturgique. Comme pour les Rogations, soumises au même régime, comme le Canon romain, comme les mémoires facultatives… On fait semblant de maintenir, mais en fait on supprime.

    Aux Quatre-Temps, comme disent encore très bien les nouvelles Normes, « l’Église a coutume de prier le Seigneur pour les divers besoins des hommes, en particulier pour les fruits de la terre et les travaux des hommes, et de lui rendre grâce publiquement ».

    L’Eglise avait coutume. Mais les novateurs voulaient en fait supprimer cette coutume, comme les pèlerinages, comme les images dans les églises, comme le rosaire, comme les vieux cantiques, comme tout ce qui ressemble de près ou de loin à la piété populaire. Parce que c’est considéré comme de la superstition par les chrétiens « adultes » de notre époque. Dieu a autre chose à faire que de s’occuper de faire pousser le blé ou de faire tomber la pluie… Et puis nous ne sommes plus dans une civilisation rurale : on ne cultive plus les légumes, on les achète au supermarché.

    Les Quatre-Temps sont la sanctification des quatre saisons, des solstices et des équinoxes. Donc la sanctification du cosmos. Mais pour les chrétiens adultes ce ne sont plus là que des symboles désuets.

    Les Quatre-Temps de décembre ont donc été supprimés, alors qu’ils existaient avant même la liturgie de l’Avent. Comme en témoigne par exemple le sermon de saint Léon le Grand qu’on lisait avant 1960 aux matines du dimanche précédent : toutes les récoltes ont été engrangées, il faut remercier le Seigneur par un jeûne solennel.

    Et voici la seconde raison de la suppression des Quatre-Temps : il faut supprimer tout ce qui rappelait le jeûne. On ne jeûne plus dans l’Eglise adulte. Même s’il y a des démons qui ne sortent que par la prière et par le jeûne. D’ailleurs dans les nouveaux Evangiles on a supprimé aussi le jeûne de cette phrase du Seigneur…

    La messe du samedi des Quatre-Temps était conçue comme une liturgie d’ordinations, depuis toujours. Il y eut même un temps où c’était le seul jour ordinaire d’ordination à Rome. Et le jeûne avait là pour fonction (aussi) de demander à Dieu que les nouveaux prêtres soient de bons pasteurs.

    Mais maintenant on procède aux ordinations n’importe quand.

    La suppression de la liturgie des Quatre-Temps a eu aussi pour « avantage » de supprimer une des antiques collectes peu adaptées à « la mentalité contemporaine », comme disait dom Antoine Dumas, le gâte-sauce en chef et Dr Frankenstein des nouvelles oraisons :

    Preces pópuli tui, quǽsumus, Dómine, cleménter exáudi : ut, qui juste pro peccátis nostris afflígimur, pietátis tuæ visitatióne consolémur.

    Par pitié, Seigneur, exaucez les prières de votre peuple. Et puisque nous subissons les épreuves que nous ont méritées nos péchés, apportez-nous le réconfort quand vous viendrez à nous, plein de bonté.

  • Mercredi des quatre temps

    En l’Office des Matines, l’Église ne lit rien aujourd’hui du prophète Isaïe ; elle se contente de rappeler le passage de l’Évangile de saint Luc dans lequel est racontée l’Annonciation de la Sainte Vierge, et lit ensuite un fragment du Commentaire de saint Ambroise sur ce même passage. Le choix de cet Évangile, qui est le même que celui de la Messe, selon l’usage de toute l’année, a donné une célébrité particulière au Mercredi de la troisième semaine de l’Avent. On voit, par d’anciens Ordinaires à l’usage de plusieurs Églises insignes, tant Cathédrales qu’Abbatiales, que l’on transférait les fêtes qui tombaient en ce Mercredi ; qu’on ne disait point ce jour-là, à genoux, les prières fériales ; que l’Évangile Missus est, c’est-à-dire de l’Annonciation, était chanté à Matines par le Célébrant revêtu d’une chape blanche, avec la croix, les cierges et l’encens, et au son de la grosse cloche ; que, dans les Abbayes, l’Abbé devait une homélie aux Moines, comme aux fêtes solennelles. C’est même à cet Usage que nous sommes redevables des quatre magnifiques Sermons de saint Bernard sur les louanges de la Sainte Vierge, et qui sont intitulés : Super Missus est.

    Dom Guéranger

    *

    O Adonai

    O Adonái, et Dux domus Israël, qui Móysi in igne flammæ rubi apparuísti, et ei in Sina legem dedísti : veni ad rediméndum nos in bráchio exténto.

    O Adonaï, et Conducteur de la maison d’Israël, qui avez apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné la loi sur le Sinaï : venez pour nous racheter par la puissance de votre bras.

  • O Sapientia

    O Sapiéntia, quæ ex ore Altíssimi prodiísti, attíngens a fine usque ad finem, fórtiter suavitérque dispónens ómnia : veni ad docéndum nos viam prudéntiæ

    O Sagesse, qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut, atteignant d’une extrémité à une autre extrémité, et disposant toutes choses avec force et douceur : venez pour nous enseigner la voie de la prudence.

    Sur les antiennes O, voir ici.

  • Saint Eusèbe de Verceil

    Il fut l’un des trois grands évêques anti-ariens, avec saint Athanase et saint Hilaire. Il eut beaucoup à souffrir au cours de son exil en Orient, puis il retrouva son diocèse grâce à… Julien l’Apostat.

    Extrait d’une lettre touchante qu’il écrivit de Scythopolis en Palestine à ses ouailles.

    Je sais maintenant, frères très chers, que vous êtes en bonne santé, comme je le désirais. J'ai cru que j'étais arrivé jusqu'à vous comme si j'avais été tout à coup enlevé et transporté à travers toute l'étendue de la terre, comme il est arrivé à Habacuc, transporté par un ange auprès de Daniel. Tandis que je recevais les lettres de chacun de vous et que je déchiffrais dans vos écrits vos saintes dispositions et votre amour, mes larmes se mêlaient à la joie, et mon esprit avide de vous lire en était empêché par l'obstacle de ces larmes. L'un et l'autre étaient inévitables, puisque chacun de nous essayait de remplir au plus vite ses devoirs d'affection, afin de compenser nos regrets. C'est à cela que j'ai été occupé plusieurs jours, croyant que je conversais avec vous, et j'en oubliais mes peines passées, car j'étais enveloppé de joies qui me rappelaient votre foi solide, votre charité, vos progrès, avec tant de grand bonheur que je ne me croyais plus en exil mais au milieu de vous.

    C'est pourquoi, mes frères, je me réjouis de votre foi, je me réjouis du salut qui est produit par la foi, je me réjouis des fruits que vous procurez non seulement à ceux qui sont établis chez vous, mais aussi à ceux qui sont loin de vous.

    De même en effet que le cultivateur greffe un bon arbre sur celui qui, à cause de ses fruits, ne subit pas la hache et n'est pas livré au feu, de même nous voulons et nous désirons non seulement vous servir selon la chair, mais encore donner notre vie pour votre salut. D'ailleurs nous vous avons écrit cette lettre comme nous avons pu, demandant sans cesse à Dieu de retarder nos gardiens pendant des heures et de permettre que le diacre vous envoie plutôt des nouvelles de notre peine qu'une lettre quelconque de salutation.

    C'est pourquoi je vous demande instamment de garder la foi avec toute la vigilance possible, de pratiquer la concorde, de vaquer à la prière, de vous souvenir de nous sans relâche, pour que le Seigneur daigne libérer son Église qui souffre dans le monde entier, et nous permette, alors que nous sommes accablés, de nous réjouir avec vous de notre libération.

    De même, je demande et je vous prie par la miséricorde de Dieu que chacun trouve une salutation pour lui dans cette lettre parce que, contraint par la nécessite, ]e n ai pas pu écrire à chacun de vous comme j'en avais l'habitude. Ainsi vous tous, mes frères, mais aussi vous, mes saintes sœurs, mes fils et mes filles, je vous demande par cette lettre, quel que soit votre sexe ou votre âge, qu'ayant reçu ma salutation, vous daigniez saluer de mon respect également ceux qui sont hors de l'Église et qui ont la bonté de vous aimer.

  • 3e dimanche de l’Avent

    Allelúia, allelúia. Excita, Dómine, potentiam tuam, et veni, ut salvos fácias nos. Allelúia.

    Alléluia, alléluia. Réveillez votre puissance Seigneur, et venez pour nous sauver. Alléluia.

    L’alléluia de ce dimanche est une mélodie type : on la retrouve plusieurs fois dans l’année liturgique, notamment à l’Ascension et à la Pentecôte, c’est pourquoi on la reconnaît aussitôt. On ne sait pas pour quelle occasion elle a été composée. Il est très possible que ce soit pour la Pentecôte, car on la trouve aussi sur le même texte « Emitte Spiritum » dans la liturgie ambrosienne.

    Quoi qu’il en soit, comme le souligne avec raison dom Baron, « nulle part elle n’est aussi parfaitement adaptée qu’à ce texte » (qui reprend en partie la collecte du premier dimanche de l’Avent). Particulièrement en ce qui concerne la phrase centrale sur le mot essentiel, la prière essentielle, de l’Avent : « Veni » : « toute la longue vocalise de et veni est une prière baignée de joie, expression d’une âme aimante qui se contente d’exprimer son désir, confiante qu’il est déjà exaucé dans la pensée de Celui qui est toute puissance aussi bien que tout amour. »

  • Conditor alme siderum

    Cónditor alme síderum,
    ætérna lux credéntium,
    Christe, redémptor ómnium,
    exáudi preces súpplicum.

    De tous les feux du ciel seul auteur et seul maître,
    Vive lumière des croyants,
    Rédempteur, qui pour tous sur terre as voulu naître,
    Daigne exaucer tes suppliants.

    Qui cóndolens intéritu
    mortis períre sǽculum,
    salvásti mundum lánguidum,
    donans reis remédium.

    Ta pitié, qui voyait périr tes créatures
    Après d'inutiles travaux,
    Ranime nos langueurs, et ferme nos blessures
    Par un remède à tous nos maux.

    Vergénte mundi véspere,
    uti sponsus de thálamo,
    egréssus honestíssima
    Vírginis Matris cláusula.

    Sur le couchant du monde, et vers l'heure fatale
    Dont le menaçait ton courroux,
    Tu sors d'une clôture et sainte et virginale
    Avec tout l'amour d'un époux.

    Cujus forti poténtiæ
    genu curvántur ómnia;
    cæléstia, terréstria
    nutu faténtur súbdita.

    Tous les êtres du ciel, tout ce qu'en a la terre,
    Courbent le genou devant toi,
    Et sans avoir besoin d'éclairs ni de tonnerre,
    Un clin d'œil les tient sous ta loi.

    Te deprecámur, hágie,
    ventúre judex sǽculi,
    consérva nos in témpore
    hostis a telo pérfidi.

    Saint des saints, qu'on verra du trône de ton père
    Descendre encor pour nous juger,
    Contre un fier ennemi, durant cette misère,
    Prends le soin de nous protéger.

    Laus, honor, virtus, glória
    Deo Patri, et Fílio,
    Sancto simul Paráclito,
    in sæculórum sǽcula. Amen.

    Louange à tout jamais au Père inconcevable !
    Louange à son Verbe en tout lieu !
    Louange à l'Esprit Saint, ainsi qu'eux ineffable,
    Qui n'est avec eux qu'un seul Dieu !

    L’hymne des vêpres au temps de l’Avent, traduction Pierre Corneille.

    Par les moniales cisterciennes d’Echourgnac, en 1978. (Aujourd’hui il n’y a plus un mot de latin dans leur liturgie, semble-t-il.)


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  • Sainte Lucie

    Nuremberg_chronicles_f_125r_2.jpgDom Guéranger :

    Nous prenons dans l’Office de la Sainte quelques Antiennes, dont l’ensemble forme une œuvre lyrique pleine de grâce et de fraîcheur :

    Orante sancta Lucia, apparuit ei beata Agatba, et consolabatur ancillam Christi.

    Sainte Lucie étant en prières, la bienheureuse Agathe lui apparut, et consolait la servante du Christ.

    Lucia Virgo, quid a me petis , quo ipsa poteris præstare continuo matri tuæ ?

    Vierge Lucie, lui dit-elle, pourquoi me demandes-tu pour ta mère un secours que toi-même lui peux procurer ?

    Per te, Lucia Virgo, civitas Syracusana decorabitur a Domino Jesu-Chisto.

    A cause de toi, Vierge Lucie, la ville de Syracuse sera comblée de gloire par le Seigneur Jésus-Christ.

    Benedico te, Pater Domini mei Jesu-Christi , quia per Filium tuum ignis extinctus est a latere meo.

    Voix de Lucie : Je vous bénis, ô Père de mon Seigneur Jésus-Christ, de ce que, par votre Fils, le feu qui m’environnait a été éteint.

    In tua patientia possedisti animam tuam, Lucia sponsa Christi : odisti quæ in mundo sunt, et coruscas cum Angelis : sanguine proprio inimicum vicisti.

    Dans ta patience, tu as possédé ton âme, ô Lucie, Épouse du Christ ! tu as haï les choses du monde, et tu brilles avec les Anges : par ton propre sang, tu as vaincu l’ennemi.

  • Vox clara ecce intonat

    L’hymne des laudes de l’Avent, par les moines de Silos.

    Vox clara ecce íntonat,
    obscúra quæque íncrepat:
    procul fugéntur sómnia;
    ab æthre Christus prómicat.

    La voix du Précurseur retentit avec éclat : elle dévoile l’obscurité des figures. Que les songes s’évanouissent ; le Christ va se lever à l’horizon.

    Mens jam resúrgat tórpida
    quæ sorde exstat sáucia;
    sidus refúlget iam novum,
    ut tollat omne nóxium.

    Que l’âme engourdie et souillée de blessures se réveille enfin : un nouvel astre va briller, qui fera disparaître tous les crimes.

    E sursum Agnus míttitur
    laxáre gratis débitum;
    omnes pro indulgéntia
    vocem demus cum lácrimis,

    L’Agneau va descendre du ciel et remettre gratuitement la dette ; joignons nos cris et nos larmes pour obtenir le pardon.

    Secúndo ut cum fúlserit
    mundúmque horror cínxerit,
    non pro reátu púniat,
    sed nos pius tunc prótegat.

    Afin qu’au jour où, pour la seconde fois, il apparaîtra et remplira l’univers d’épouvante, il n’ait point à nous punir de nos crimes ; mais plutôt à nous protéger de sa miséricorde.

    Summo Parénti glória
    Natóque sit victória,
    et Flámini laus débita
    per sæculórum sæcula.
    Amen.

    Louange, honneur, puissance et gloire à Dieu le Père et à son Fils, ainsi qu’au saint Consolateur, dans les siècles des siècles.

    Traduction dom Guéranger (qui traduit une autre doxologie : "Laus, honor, virtus, gloria…")

  • Saint Damase

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    Cette miniature orne la première page des Evangiles dans la Bible dite de Georges d’Egmond, abbé de Saint-Amand (XVIe siècle, Médiathèque de Valenciennes, MS 0006 et 0007)). Plus précisément il s’agit du début de la préface de saint Jérôme, qui est une lettre à saint Damase, que l’on trouvait dans toutes les éditions de la Vulgate ("Novum opus me facere cogis..."). La miniature montre donc l’ermite de Bethléem donnant au pape les évangiles dont celui-ci avait demandé la révision. La coiffure de saint Jérôme est pour le moins curieuse… Mais c’est bien la même qu’il arbore sur la miniature (refaite au XIXe siècle) qui le montre au travail, à Bethléem.

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    Peut-être pour montrer qu'il est vieux. Ou pour le reconnaître au premier coup d’œil. Car le voici encore dès le début de la même Bible, ornant sa préface au Pentateuque ("Desiderii mei desiratas...").

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