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Liturgie - Page 5

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Heva mortis causa facta est homínibus; per ipsam enim mors ingréssa est in mundum: María vero causa vitæ, per quam génita est nobis vita, et per hanc Fílius Dei advénit in mundum: et ubi abundávit peccátum, ibi superabundávit et grátia: et unde illáta est mors, illinc procéssit et vita, ut vita pro morte fíeret: et qui per mulíerem nobis vita factus est, mortem ex mulíere indúctam exclúderet. Et quóniam illic Heva, cum adhuc esset virgo, per inobediéntiam transgréssa est: e contrário per Vírginem obediéntia grátia facta est, annuntiáto advéntu in carne de cælo, et vita ætérna.

    Ève devint cause de mort pour les hommes, car par elle la mort est entrée dans le monde. Marie, par contre ; fut cause de vie : par elle la vie fut engendrée pour nous et par elle le Fils de Dieu vint dans le monde. « Là où le péché a proliféré la grâce a surabondé » (Ro 5, 20). Par où la mort s’était introduite, de là jaillit la vie afin que la vie prenne la place de la mort. Ainsi celui qui, par une femme, était devenu Vie pour nous, bannirait la mort introduite par une femme. Et alors qu’Ève, encore vierge, avait péché par désobéissance, c’est au contraire par la Vierge que l’obéissance devint source de grâce, lorsque fut annoncé l’avènement dans la chair de celui qui venait du ciel ; c’est par elle que vint la vie éternelle.

    Lecture des matines, du livre de saint Epiphane contre les hérésies (livre 3). Bravo à celui qui a trouvé cette perle dans le fatras qu’est le « Panarion » de saint (?) Epiphane qui dénonce quelque 80 hérésies, mais pas les siennes (il était clairement iconoclaste, avant l’heure, et en persécutant saint Jean Chrysostome comme « hérétique » c’est lui qui se désignait comme tel).

  • Saints Faustin et Jovite

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    Faustin et Jovite, martyrisés en 120, sont les saints patrons de Brescia. Selon leur légende, poursuivis par la vindicte de Trajan, ils auraient subi toutes les tortures à Brescia, Milan, Rome, Naples, avant d’être décapités dans leur ville natale. Leur culte se répandit d’abord chez les bénédictins grâce à l’action de saint Petronax, de Brescia, qui fut le refondateur de l’abbaye du Mont Cassin.

    Image : la « Pala della Mercanzia », de Vincenzo Foppa (fin du XVe siècle). On voit Faustin en ornements sacerdotaux et Jovite en ornements de diacre : voyant avec quelle intrépidité ils prêchaient la foi, l’évêque de Brescia les avait ordonnés en cachette. Faustin est désigné sur le livre qu’il tient, où on lit semble-t-il : « haec est voluntas Dei quia sanctificatio nostra faustin ». Saint Paul avait écrit aux Thessaloniciens : « Hæc est enim voluntas Dei, sanctificatio vestra » : telle est la volonté de Dieu : votre sanctification. Quel est exactement le sens de l’inscription : telle est la volonté de Dieu, que Faustin soit notre sanctification ? (Le moins qu'on puisse dire est que la joie du salut n'est pas vraiment rayonnante...)

  • Saint Valentin

    Valentin était un prêtre romain qui mourut martyr sous l’empereur Claude II qui régna entre 268 et 270. Ce qui donne une date plutôt précise… mais on ne sait rien d’autre de ce martyr (à ne pas confondre avec saint Valentin évêque de Terni, martyr vers 346-347). Le pape Jules Ier (337-352) lui érigea une basilique, et il y eut trois autres églises Saint-Valentin à Rome. Sa fête se trouve dans tous les livres liturgiques romains, des plus anciens jusqu’au XXe siècle. En 1960 elle fut réduite à une mémoire, et elle fut supprimée en 1969. Autrement dit, s’il n’y avait pas la « forme extraordinaire du rite romain », la fête de « saint Valentin » serait paradoxalement une fête exclusivement profane, comme l’est aussi le « lundi de Pentecôte ».

    Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui beáti Valentíni Mártyris tui natalítia cólimus, a cunctis malis imminéntibus, ejus intercessióne, liberémur. Per Dóminum nostrum.

    Accordez-nous, s’il vous plaît, ô Dieu tout-puissant, que, célébrant la naissance au ciel du bienheureux Valentin votre Martyr, nous soyons délivrés, grâce à son intercession, de tous les maux qui nous menacent.

    Le corps de saint Valentin fut transféré au début du IXe siècle de sa basilique qui se trouvait hors de l’enceinte de la Ville à la basilique Sainte-Praxède pour qu’il ne risquât pas d’être profané par les Sarrasins, nous dit le cardinal Schuster. C’est pourquoi une mosaïque le représente dans cette église.

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  • Ave Regina cælorum

    Ave, Regína cœlórum
    Ave, Dómina angelórum,
    Salve, radix, salve, porta
    Ex qua mundo lux est orta.

    Salut, reine des cieux, Salut maîtresse des anges, Salut, racine, salut, porte, d'où est née la lumière du monde.

    Gaude, Virgo gloriósa,
    Super omnes speciósa ;
    Vale, o valde decóra
    Et pro nobis Christum exóra.

    Réjouis-toi, Vierge glorieuse, belle au-dessus de toutes, Salut, ô si splendide, et pour nous prie le Christ.

    Entre le 2 février et Pâques, l’antienne mariale qui conclut l’office divin est Ave Regina caelorum. C’est ce qui fut fixé dans le bréviaire de saint Pie V. Mais le texte n’était pas exactement celui que nous connaissons. Au lieu de « Salve, radix, salve, porta », on avait le plus souvent « Salve radix sancta », parfois « Salve radix et porta », ou « Salve virgo sancta ». C’est Urbain VIII (toujours lui) qui imposa « Salve, radix, salve, porta ». De même il y avait le plus souvent « Gaude gloriosa », sans « virgo », et à la fin « Et pro nobis semper Christum exora » : et prie toujours le Christ pour nous.

    Comme les autres antiennes mariales, elle a un ton simple et un ton solennel. Voici le ton simple, par les moines de Ganagobie.

    Et le ton solennel, par les moines de San Domingo de Silos.

    On remarque que le chant ne correspond pas à celui que l’on voit, qui est pourtant celui du Liber usualis. On trouve aussi sur Youtube l’interprétation des moines de Solesmes, qui est identique. Curieusement, ce chant (bénédictin?) correspond à celui qui est indiqué ci-dessous comme le chant dominicain, compte tenu des variantes du texte car le texte est ici celui d’avant Urbain VIII. Mystère… Mais je ne doute pas qu'un lecteur va m'éclairer...

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  • Les Sept Saints Fondateurs de l’ordre des Servites

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    Apparition de la Vierge aux 7 fondateurs des Servites, par Antonio Balestra (1666-1740)

    Sic patres vitam péragunt in umbra,
    Lília ut septem nívei decóris,
    Vírgini excélsæ bene grata, Petro
    Visa nitére.

    Ces Pères vénérables poursuivent leur vie dans l’obscurité ; Pierre les voit briller comme sept lis resplendissant de l’éclat de la neige, et bien chers à la Vierge très sainte.

    Jamque divína rapiénte flamma,
    Cúrsitant urbes, loca quæque obérrant,
    Si queant cunctis ánimis dolóres,
    Fígere Matris.

    Une divine flamme les dévore, ils parcourent les villes et les campagnes, ils voudraient imprimer dans tous les cœurs la pensée des douleurs de leur Mère.

    Hinc valent iras domuísse cæcas,
    Néscia et pacis fera corda jungunt,
    Erigunt mæstos, révocant nocéntes
    Dicta piórum.

    Ils ont le pouvoir de dominer les haines aveugles, et la parole de ces hommes saints unit dans le pardon et la paix les cœurs les plus farouches, console les affligés, convertit les pécheurs.

    At suos Virgo comitáta Servos
    Evehit tandem súperas ad oras ;
    Gémmeis sertis decórat per ævum
    Omne beátos.

    Mais la Vierge qui n’abandonne pas ses serviteurs les conduit enfin au rivage céleste et orne pour toujours leur front bienheureux de couronnes de pierres précieuses.

    Eja nunc cœtus gémitum precántis
    Audiant, duros vídeant labóres :
    Semper et nostris fáveant benígno
    Lúmine votis.

    Et maintenant, qu’ils prêtent l’oreille aux gémissements du peuple qui les prie, qu’ils voient nos pénibles travaux, et que, du sein de la céleste lumière, ils soient toujours favorables à nos vœux.

    Sit decus Patri, genitæque Proli,
    Et tibi, compar utriúsque virtus
    Spíritus semper, Deus unus omni
    Témpore ævo. Amen.

    Honneur soit toujours au Père et au Fils qu’il engendre, et à l’Esprit égal à t’un et à l’autre : honneur au seul Dieu dans tous les siècles. Amen.

    Hymne des laudes, de Mgr Vincent Tarozzi, secrétaire de la Secrétairerie des lettres latines, 1888.

  • Apparition de la bienheureuse Vierge Marie Immaculée

    Antienne des vêpres

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    Hódie gloriósa cæli Regína in terris appáruit; hódie pópulo suo verba salútis et pígnora pacis áttulit; hódie Angelórum et fidélium chori immaculátam Conceptiónem celebrántes gáudio exsúltant. Allelúia.

    Aujourd’hui la glorieuse Reine du ciel est apparue sur la terre ; aujourd’hui elle a apporté a son peuple des paroles de salut et des gages de paix ; aujourd’hui les chœurs des Anges et des fidèles tressaillent de joie en célébrant l’Immaculée Conception, alléluia.

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    Cette image est conservée au « Musée national de l’Education ». Est-ce bien la peine ? (Certes il y a pire…)

  • 5e dimanche après l’Epiphanie

    Dans la liturgie ambrosienne, l’équivalent de l’antienne de communion est le « transitorium ». Celui de ce dimanche (qui est déjà celui du 3e dimanche) est la traduction d’un stichère des laudes de Noël, de saint André de Crète (avec une variante : le texte grec dit que « les bergers glorifient l’Engendré », le texte latin que « les bergers s’émerveillent de voir l’étoile »). Voici le texte latin, une traduction française, le texte grec, le chant ambrosien et deux interprétations du chant grec. Un dernier adieu au temps de Noël…

    Laetamini justi, caeli exultate, jucundate montes, Christo genito ; Virgo sedebat, Cherubim imitans, in gremio portans Dei Verbum incarnatum. Pastores stellam mirantur ; Magi Domino munera offerunt ; Angeli Salvatorem adorantes clamant : Incomprehensibilis Domine, gloria tibi !

    Soyez dans l’allégresse, les justes, exultez, les cieux, réjouissez-vous, les montagnes, de la naissance du Christ. La Vierge était assise, imitant les chérubins, portant en son sein le Verbe de Dieu incarné. Les bergers s’émerveillent de voir l’étoile, les mages offrent des présents, les anges, adorant le Sauveur, s’exclament : Seigneur incompréhensible, gloire à toi !

    Εὐφραίνεσθε Δίκαιοι, οὐρανοὶ ἀγαλλιᾶσθε· σκιρτήσατε τὰ ὄρη, Χριστοῦ γεννηθέντος· Παρθένος καθέζεται, τὰ Χερουβὶμ μιμουμένη, βαστάζουσα ἐν κόλποις, Θεόν Λόγον σαρκωθέντα. Ποιμένες τὸν τεχθέντα δοξάζουσι. Μάγοι τῷ Δεσπότῃ δῶρα προσφέρουσιν. Ἄγγελοι ἀνυμνοῦντες λέγουσιν· Ἀκατάληπτε Κύριε, δόξα σοι.

  • Saint Cyrille d’Alexandrie

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    L'intelligence illuminée par les clartés de l'Esprit, tu devins un soleil étincelant déployant tes enseignements comme rayons sur tout l'univers, éclairant l'ensemble des croyants, Père bienheureux, et chassant les ténèbres de l'hérésie par la puissance du Soleil mystique qui s'est levé de la Vierge.

    L'Eglise entière est embellie par l'élégance de tes discours, Cyrille, pontife très-saint; elle rayonne dans la foi de splendeur radieuse et saintement vénère ton souvenir, gloire du sacerdoce et coryphée des Pères réunis en concile et champion de la toute-sainte Mère de Dieu.

    Par tes enseignements de feu, docte Cyrille, sont brûlés le taillis et les broussailles des hérésies; la profondeur de tes pensées engloutit l'armée rétive des mal-pensants; et ta sage doctrine demeure la beauté quotidienne de l'Eglise des croyants qui te vénère à haute voix.

    Liturgie byzantine, lucernaire.

  • Saint Jean de Matha

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    Lors de la première messe qu'il célèbre, au moment de l'élévation de l'hostie, saint Jean de Matha a la vision d'un ange qui a les deux bras entrecroisés et les mains sur la tête de deux esclaves agenouillés. Le jeune prêtre a alors la révélation de sa mission : fonder un ordre consacré à la libération des chrétiens captifs des musulmans. La congrégation fondée en 1198 fut appelée ordre de la Très Sainte-Trinité et ses membres les Trinitaires, ou les Mathurins en France. Sur cette toile, les nombreux participants à la messe, notamment beaucoup de religieux, ont tous des visages empreints de dévotion et tournés vers l'hostie. Au fond, l'église s'ouvre sur une terrasse où se déroule la rencontre du jeune Jean de Matha et de l'ermite Félix de Valois qui le conforte dans sa décision de fonder un ordre. Les deux saints eurent aussi la vision d'un cerf blanc avec une croix entre les bois, tel qu'on l'aperçoit dans le paysage du fond. Le peintre a replacé ces épisodes dans l'Espagne de son temps, comme l'indiquent l'architecture baroque de l'église et le costume de l'aristocrate au premier plan. A côté de l'ange, dans la partie supérieure de la toile, on distingue la Trinité avec la colombe du Saint-Esprit planant au-dessus de Dieu le Père et du Christ assis côte à côte, ainsi que des anges musiciens.

    Cette œuvre fut commandée en 1665 à Francisco Rizi et Juan Carreño de Miranda pour orner le maître-autel de l'église des Trinitaires de Pampelune en Navarre. Il s'agissait des deux artistes espagnols les plus renommés de l'époque. Si Francisco Rizi est vraisemblablement l'inventeur de la composition dans ses grandes lignes, comme l'atteste l'un de ses dessins (Florence, musée des Offices), la peinture est totalement l'œuvre de Carreño qui n'y a placé que sa signature. Ce tableau est l'apogée de l'association des deux artistes, l'un étant le compositeur et l'autre l'interprète. Rizi et Carreño se nourrissaient de l'art flamand et italien de leur époque pour renouveler l'art espagnol, qui ainsi se rapprocha de celui des autres pays européens.

    Cette grande toile est un chef-d'œuvre du style baroque international. La composition est en effet pleine de mouvement. La partie basse du tableau est traversée par les obliques formés par les corps et les regards des personnages. L'hostie présentée par le saint constitue le sommet d'une pyramide. Une sensation d'espace monumental se dégage de cette toile. Dans le registre terrestre, on perçoit des contrastes d'ombre et de lumière, des couleurs chaudes, une harmonie argentée, et la lumière scintille ; dans le registre céleste, la couleur est plus froide et la lumière transparente. Francisco Rizi a une facture d'une grande liberté, en particulier dans le rendu des broderies d'or et d'argent des costumes.

    Notice du musée du Louvre

  • Saint Romuald

    Offertoire (du commun des abbés)

    Desidérium ánimæ ejus tribuísti ei, Dómine, et voluntáte labiórum eius non fraudásti eum : posuísti in cápite ejus corónam de lápide pretióso.

    Vous lui avez accordé, Seigneur, le désir de son cœur, et vous ne l’avez point frustré de la demande de ses lèvres. Vous avez mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses.

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    podcast

    En 1952 ou 1953 par les moines de Solesmes sous la direction de dom Gajard qui écrivait sur la pochette :

    « Le Desiderium, 6e mode, malgré son ambitus et ses élans mélodiques, donne plutôt, d’abord, par son caractère très large et enveloppé, l’impression de quelque chose de tout intérieur, de quasi immobile, d’un grand regard contemplatif qui se prolonge. Mais dans la seconde partie, le “mouvement” s’affirme peu à peu : la mélodie, après une rapide incursion au grave, se redresse, s’affranchit du fa et ondule autour du sol, préparant ainsi l’élan de lapide, que suit la belle, ample et somptueuse vocalise de pretioso. »

    Sur saint Romuald (951-1027), fondateur des camaldules, voir 1, 2.