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Liturgie - Page 3

  • Dans le New York Times

    FSSP%2C+Nigeria.jpgQuand on sait ce qu’est le New York Times, et qu’on voit dans son supplément dominical une page intitulée « Pourquoi les Nigérians aiment la messe en latin », on craint le pire. C’est pourtant le meilleur qui attend le lecteur. Car l’article est écrit par Matthew Schmitz, l’un des rédacteurs en chef du magazine First Things, catalogué comme « catholique conservateur ».

    Et cet article commence ainsi :

    Au mois d’août, sous un grand ciel bleu et devant 2.500 fidèles, Mgr Gregory Ochiagha a effectué la première ordination latine traditionnelle depuis que la liturgie vernaculaire a été introduite après Vatican II. A la fin de la messe, l’évêque de 86 ans s’est presque évanoui. « Je suis si heureux, je suis si heureux », chuchotait-il alors qu’on le conduisait vers une chaise.

    Il s’agissait de l’ordination de Charles Ike, pour la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre à Umuaka au Nigeria.

    On lit aussi dans cet article une intéressante réflexion d’un paroissien d’Umuaka :

    Il évoque les parallèles entre la messe latine et les traditions de sa tribu Igbo, et considère qu’il est erroné de prétendre que la messe vernaculaire peut être plus facilement « inculturée ». « L’idée de l’inculturation n’était pas indigène », me dit-il. « Elle a été introduite. Comme toutes les modes occidentales, tout le monde l’a rapidement acceptée. »

    (Via Rorate Caeli)

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  • Les saints anges gardiens

    Je me promenais dans un chemin creux et ombreux de ma campagne, quand j’ai rencontré, derrière un fourré et trois brebis, une vieille pliée en deux sur son bâton. Comme je dois connaître tout le monde, je lui ai dit : « Bonjour, Catinelle. » Elle s’est redressée à moitié et m’a répondu : « Bonjour monsieur le Curé et la compagnie. » « - Comment, grand-mère ? Je suis tout seul, où voyez-vous a compagnie ? » Elle s’est redressée entièrement, et j’ai vu son visage creusé de rides et ses yeux clairs encore beaux. Elle m’a dit gravement : « Et l’ange gardien, qu’en faites-vous ? ». « – Mère, pardon. J’allais oublier l’ange gardien ; je vous remercie de me l’avoir rappelé. »

    J’avais reçu une fière leçon. Le peuple chrétien garde les traditions que les intellectuels abandonnent. Les sources ne se perdent pas, comme on le croit parfois ; elles descendent d’un étage dans le sous-sol. Rentré chez moi, je me suis mis à réfléchir sur ma négligence et sur mon orgueil, qui n’est que sottise. Pour réparer le passé, j’ai voulu écrire une prière toute neuve, une prière pour moi seul, naturellement en latin, la langue des anges, la langue de l’Eglise catholique au ciel et sur la terre.

    Angele sancte Dei,
    Frater et amice,
    Custos corporis mei et animae meae,
    Oro te pius et supplex,
    Averte a me omnia pericula et omnes tentationes,
    Refove in me amorem Sanctissimae Trinitatis
    Quae me tibi commisit
    Et deduc me in via salutis
    Ad vitam aeternam.

    Je ne traduis pas, parce que cette prière que je dis tous les jours est un secret entre mon ange et moi.

    Mgr Jean Calvet (ancien directeur de l’Institut catholique de Paris), La lumière de complies, 1960, p. 215-217.

    Cité par dom Gérard dans Itinéraires nouvelle série n° I, printemps 1990 (puis dans son Catéchisme des anges), qui ajoute en note :

    Pour la majorité de nos lecteurs, cependant, nous pensons qu’une traduction ne sera pas malvenue. Nous la leur présentons avec la bénédiction du bon prélat qui, du haut du ciel, ne nous tiendra pas rigueur de dévoiler son secret : « Saint Ange de Dieu, mon frère et mon ami, gardien de mon corps et de mon âme, je vous en prie, pieux et suppliant, écartez de moi tout péril et toute tentation ; réchauffez en moi l’amour de la très sainte Trinité qui m’a confié à vous, et conduisez-moi dans la voie du salut jusqu’à la vie éternelle. »

  • 17e dimanche après la Pentecôte

    L’antienne d’introït est formée des versets 137 et 124a du psaume 118. Comme il est normal, elle introduit le premier verset du même psaume. Puisque, à l’origine, l’introït était un refrain entre les versets du psaume qui étaient tous chantés pendant l’entrée solennelle du clergé. On peut toutefois parier que le psaume 118 n’a jamais été chanté intégralement, vu qu’il comprend 176 versets…

    Justus es, Dómine, et rectum judicium tuum : fac cum servo tuo secúndum misericórdiam tuam.
    Beáti immaculáti in via : qui ámbulant in lege Dómini.

    Vous êtes juste, Seigneur, et pleins de rectitude sont vos jugements : agissez avec votre serviteur selon votre miséricorde.
    Bienheureux ceux qui sont sans tache dans leurs voies, qui marchent selon la loi du Seigneur.

    Cette antienne (avec l’indication 17e dimanche) dans le Codex 121(1151) d’Einsiedeln, qui est le plus ancien Graduel noté que nous ayons (vers 960-970) :

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  • Et de cinq

    Le 1er décembre, la chapellenie Notre-Dame des Armées, à Versailles, sera érigée en paroisse personnelle dédiée à la forme extraordinaire du rite romain par Mgr Eric Aumonier.

    C’est l’actuel chapelain, l’abbé Renaud de la Motte, qui deviendra le premier curé.

    C’est la cinquième paroisse personnelle en France après Saint-François de Paule à Toulon, Saint-Eloi à Bordeaux, La Croix Glorieuse à Strasbourg, et les Saints Apôtres à Blois.

  • Saint Jérôme

    Les Hébreux mettent Judith parmi les apocryphes. Ce livre n’est pas d’une grande autorité pour confirmer ce qui pourrait être contesté ; cependant il est au rang des livres historiques et est écrit en chaldéen, et puisque le concile de Nicée l’a regardé comme canonique, je n’ai point fait difficulté de me rendre à ce que vous exigiez de moi avec tant d’instances ; ainsi renonçant à mes occupations ordinaires, quelque pressantes qu’elles fussent, j’ai employé une nuit entière à traduire ce livre, m’attachant moins à en rendre les mots que le sens ; j’ai même retranché une variété de leçons qui ne pouvait être que vicieuse, et je n’ai mis dans ma version que ce que j’ai trouvé de bien intelligible dans le texte original. Recevez donc ce livre qui vous montre dans la personne d’une sainte veuve l’exemple d’une chasteté parfaite et digne de tous les éloges, et Dieu qui a récompensé sa vertu, après lui avoir donné la force de surmonter l’ennemi commun de tous les hommes, veut encore que sa piété lui fasse des imitateurs.

    Il est constant que le livre d’Esther a été extrêmement défiguré par les différents interprètes qui l’ont traduit. Pour moi, après l’avoir tiré des archives des Hébreux, j’y ai travaillé et me suis attaché à le rendre mot pour mot avec toute la fidélité dont je puis être capable. L’édition vulgate a fort étendu ce livre par des amplifications imaginaires et semblables à celles dont on remplit dans les écoles certains discours feints qui n’ont d’autre but que de servir d’exercice à l’éloquence. Vous donc, ô mes chères filles Paule et Eustochie, puisque vous avez quelque connaissance de l’hébreu et que vous n’ignorez pas les contestations qui règnent parmi les interprètes : examinez sur l’hébreu ma version latine, et vous verrez avec quelle fidélité je rends partout le texte original. Aussi peu sensible aux insultes des hommes qu’à leurs éloges, je ne cherche qu’à me rendre agréable aux yeux de Dieu, car « il brise les os de ceux qui s’étudient à plaire aux hommes », et ceux qui se conduisent de la sorte ne peuvent, selon l’Apôtre, être les disciples de Jésus-Christ.

    Ces deux textes sont les préfaces de saint Jérôme (comme d’habitude des extraits de lettres) à sa traduction des livres de Judith et d’Esther (qui sont les lectures liturgiques de la fin septembre), dans la traduction de Lemaître de Sacy, qui les relègue parmi les « apocryphes » en tome 4 de sa traduction de la Bible, alors que le concile de Trente les a établis comme canoniques un siècle et demi plus tôt… Il est vrai que la Vulgate publiée selon le désir du concile de Trente reproduit ces textes de saint Jérôme qui ne reconnaissait pas le caractère canonique de ces livres...

    Ces deux textes sont intéressants à plusieurs égards. On remarque notamment que pour Judith Jérôme dit avoir traduit (un texte araméen) plutôt d’après le sens (« magis sensum ad sensum quam ex verbo verbum ») et que pour Esther il a traduit mot à mot (« verbum e verbo ») un texte hébreu. Il est donc faux de prétendre aussi bien que saint Jérôme traduisait toujours mot à mot, ou qu’il traduisait toujours selon le sens.

    On remarque aussi que pour Judith saint Jérôme a utilisé un texte araméen que nous n’avons plus. Les traductions actuelles de la Bible utilisent toutes le texte grec et ignorent absolument la traduction de saint Jérôme, qui est pourtant le témoin d’une autre vénérable tradition.

    En ce qui concerne Esther, quand saint Jérôme parle de versions défigurées, il parle notamment de l’Esther grec, avec ses additions qu’il a néanmoins traduites mais en les mettant en appendice.

    (Quand il parle de la Vulgate, il s’agit de la Vulgate de son temps, à savoir ce que nous appelons aujourd’hui la Vieille Latine, qui était une traduction de la Bible grecque. Quant au concile de Nicée il n’a pas déclaré canonique le livre de Judith, mais certains pères l’avaient cité.)

  • Saint Michel

    L’antienne de l’offertoire est tirée de l’Apocalypse (VII, 3-4) mais, pour goûter toute son exquise beauté, il faut l’entendre, revêtue, par l’artiste grégorien de l’Antiphonarium, d’une suave mélodie qui pénètre l’âme et l’élève à des pensées célestes. « L’ange se tint à côté de l’autel du temple, avec un encensoir d’or en main. Et on lui donna une grande quantité d’encens, et le parfum de l’encens, par la main de l’ange, monta en présence de Dieu. »

    L’encens symbolise ici notre prière, qui est offerte à Dieu par le ministère des saints Anges, comme il est dit au livre de Tobie (XII, 12).

    La présence des saints Anges dans le temple et à l’heure de la prière doit nous inspirer un profond respect pour la majesté de Dieu et pour la sainteté des esprits bienheureux ; aussi le Psalmiste disait-il : In conspectu angelorum psallam tibi (Je te chanterai des psaumes en présence des anges). Ce respect doit toutefois être uni à un sentiment de grande confiance, car durant l’oraison, alors que sur notre tête s’ouvre le ciel et que le Paraclet résidant en nous ouvre nos lèvres pour la prière, les saints Anges se placent à nos côtés pour aider notre insuffisance, pour transporter au ciel nos vœux, et nous rapporter ensuite la grâce de la part de Dieu. Ascendit oratio — dit saint Augustin — et descendit Dei miseratio. (La prière monte, et la miséricorde de Dieu descend). C’est pourquoi l’Église, au moment le plus solennel du divin Sacrifice, invoque l’aide des anges, afin qu’ils présentent eux-mêmes en notre nom l’offrande sur l’autel céleste, et nous rapportent en retour la plénitude des bénédictions.

    Bienheureux cardinal Schuster

    Cet offertoire par les maîtres de chœur réunis à Fontevraud en juillet 1991, direction dom Le Feuvre (Kergonan).
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  • Saint Venceslas

    La fête nationale tchèque de saint Venceslas, le 28 septembre 2016, à Stará Boleslas, sur le lieu de son martyre. Avec les évêques et le président de la République. Et la vraie tête de saint Venceslas portée en procession.

    Le premier chant est l’hymne national tchèque. Le second est le choral de saint Venceslas, sans doute la plus ancienne pièce non liturgique qui ait été chantée sans interruption depuis sa création au XIIe siècle.

    Svatý Václave,
    vévodo české země,
    kníže náš,
    pros za ny Boha,
    svatého Ducha!
    Kyrieleison.

    Saint Venceslas,
    Duc de Bohême,
    notre prince,
    prie pour nous Dieu
    le Saint-Esprit
    Kyrie eleison!

    Nebeské toť dvorstvo krásné
    blaze tomu ktož tam pojde
    život věčny
    oheň jasný
    svatého Ducha
    Kyrieleison.

    La cour céleste est merveilleuse,
    bienheureux qui y va
    vie éternelle,
    feu clair
    du Saint-Esprit
    Kyrieleison!

    Pomoci tvé žádámy,
    smiluj se nad námi,
    utěš smutné,
    odžeň vše zlé,
    svatý Václave!
    Kyrieleison.

    Nous demandons ton aide,
    aie pitié de nous
    réconforte ceux qui sont tristes,
    chasse tout mal,
    saint Venceslas!
    Kyrieleison!

    Une autre version, a capella, avec quelques belles images :

  • Saints Côme et Damien

    L’introït de la messe, Sapientiam, est aujourd’hui celui d’une messe de commun des martyrs. Mais il fut composé pour la fête des saints Côme et Damien, lorsque Félix IV (526-530) fit du Temple de la Paix, que lui donna Théodoric, une basilique dédiée aux deux saints.

    La mosaïque de l’abside est d’époque. On y voit au centre le Christ, avec à sa droite le pape Félix IV, saint Côme et saint Paul, et à sa gauche saint Pierre et saint Damien.

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    Sapiéntiam Sanctórum narrent pópuli, et laudes eórum núntiet ecclésia : nomina autem eórum vivent in sǽculum sǽculi.
    Exsultáte, iusti, in Dómino : rectos decet collaudátio.

    Que les peuples racontent la sagesse des saints, et que l’assemblée publie leurs louanges ; leur nom vivra de génération en génération.
    Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, c’est aux hommes droits que sied la louange.

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    Par les moniales d’Argentan, direction dom Joseph Gajard :
    podcast

  • Dominator Domine

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    ℟. Dominator Domine cælorum et terræ, Creator aquarum, Rex universæ creaturæ: * Exaudi orationem servorum tuorum.
    ℣. Tu Domine, cui humilium semper et mansuetorum placuit deprecatio.
    ℟. Exaudi orationem servorum tuorum.

    Souverain Seigneur des cieux et de la terre, Créateur des eaux, Roi de toute créature, exauce la prière de tes serviteurs. Toi, Seigneur, à qui a toujours plu la supplication des humbles et des doux, exauce la prière de tes serviteurs.

    Ce répons des matines utilise des expressions des versets 17 et 16 du chapitre 9 du livre de Judith. Il est très ancien car le texte du ℟. n’est pas celui de la Vulgate : il est celui d’une vieille version latine de la Septante. En revanche le ℣. est très proche de la Vulgate (ce que l’on constate assez souvent).

    Dans tous les antiphonaires médiévaux qu’on peut consulter sur internet, la première phrase finit par « universe creature tue » : toutes tes créatures (le plus souvent avec cette orthographe médiévale qui écrit e pour ae). On voit que dans le « Bréviaire de Paris », ci-dessus, qui date du XIIIe siècle, on avait d’abord noté le répons comme nous le connaissons, puis qu’on y a ajouté ensuite « tue », en serrant autant que possible « creature tue » pour que ça ne déborde pas trop…

  • Adonai Domine

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    ℟. Adonai, Dómine, Deus magne et mirábilis, qui dedísti salútem in manu féminæ, * Exáudi preces servórum tuórum.

    ℣. Benedíctus es, Dómine, qui non derelinquis præsuméntes de te, et de sua virtúte gloriántes humilias.
    ℟. Exáudi preces servórum tuórum.

    Adonaï, Seigneur Dieu, grand et merveilleux, qui a apporté le salut par la main d’une femme, exauce les prières de tes serviteurs. Tu es béni, Seigneur, toi qui n’abandonnes pas ceux qui présument de toi, et qui humilie ceux qui se glorifient de leur puissance ; exauce les prières de tes serviteurs.

    Ce répons est le premier des matines d’hier dimanche, ce qui explique qu’il soit souvent orné d’une lettrine. L’an dernier j’avais mis l’antiphonaire des cordeliers de Fribourg. Ci-dessus c’est l’antiphonaire à l’usage de Saint-Maur des Fossés (début XIIe siècle). Premier répons du dimanche, il est donc aussi le premier des matines du lundi et du jeudi de cette semaine quand l’office est férial.

    Outre ce que je disais l’an dernier quant à la composition du texte, on peut remarquer qu’il commence par « Adonaï ». Cela ne surprend pas quiconque connaît un peu la liturgie, puisque l’une des grandes antiennes O de l’Avent commence également par Adonaï.

    Pourtant c’est l’une des deux seules fois que saint Jérôme a utilisé ce nom de Dieu dans la Vulgate. L’autre fois c’est dans le livre de l’Exode : « Le Seigneur parla à Moïse, disant : Je suis le Seigneur, qui a apparu à Abraham, Isaac et Jacob en Dieu tout-puissant : et mon nom Adonaï je ne leur ai pas indiqué. »

    Saint Jérôme laisse entendre que sous cet « Adonaï » il y a le tétragramme sacré, le nom ineffable, IHWH, que l’on prononçait précisément « Adonaï ». En fait IHWH est omniprésent dans ces versets de l’Exode, mais une fois saint Jérôme a voulu laisser le mot hébreu, quand « le Seigneur » disait son nom.

    Or dans la prière de Judith on ne voit aucune raison pour que saint Jérôme dise « Adonaï », et moins encore « Adonaï Domine », puisque « Adonaï » veut dire « Domine ».

    Ou bien saint Jérôme a voulu donner un parfum d’antiquité hébraïque à la prière de Judith, ou bien, ce qui me paraît plus probable, il y avait cette répétition bilingue dans le texte araméen qu’il a traduit et que nous n’avons plus.