Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liturgie - Page 3

  • Fête de la Très Sainte Trinité

    Stichère du lucernaire des vêpres de la Pentecôte dans la liturgie byzantine :

    Venez, tous les peuples, adorons en trois personnes l'unique Dieu: le Fils dans le Père avec le saint Esprit; car le Père engendre le Fils hors du temps, partageant même trône et même éternité, et l'Esprit saint est dans le Père, glorifié avec le Fils: une seule puissance, une seule divinité, un seul être devant qui nous tous, les fidèles, nous prosternons en disant: Dieu saint qui as tout créé par le Fils avec le concours du saint Esprit, Dieu saint et fort par qui le Père nous fut révélé et par qui le saint Esprit en ce monde est venu; Dieu saint et immortel, Esprit consolateur qui procèdes du Père et reposes dans le Fils, Trinité sainte, gloire à toi.

    Chanté par Theodoros Kokkorikos :

    Δεῦτε λαοί, τὴν τρισυπόστατον Θεότητα προσκυνήσωμεν, Υἱὸν ἐν τῷ Πατρί, σὺν ἁγίῳ Πνεύματι· Πατὴρ γὰρ ἀχρόνως ἐγέννησεν Υἱόν, συναΐδιον καὶ σύνθρονον, καὶ Πνεῦμα ἅγιον ἦν ἐν τῷ Πατρί, σὺν Υἱῷ δοξαζόμενον, μία δύναμις, μία οὐσία, μία Θεότης, ἣν προσκυνοῦντες πάντες λέγομεν· Ἅγιος ὁ Θεός, ὁ τὰ πάντα δημιουργήσας δι' Υἱοῦ, συνεργίᾳ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος, Ἅγιος ἰσχυρός, δι' οὗ τὸν Πατέρα ἐγνώκαμεν, καὶ τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον ἐπεδήμησεν ἐν κόσμῳ, Ἅγιος ἀθάνατος, τὸ Παράκλητον Πνεῦμα, τὸ ἐκ Πατρὸς ἐκπορευόμενον, καὶ ἐν Υἱῷ ἀναπαυόμενον, Τριὰς ἁγία, δόξα σοι.

  • Samedi des quatre temps de Pentecôte

    Spíritus, ubi vult, spirat : et vocem ejus audis, allelúia, allelúia : sed nescis, unde véniat aut quo vadat, allelúia, allelúia, allelúia.

    Les moniales d’Argentan :
    podcast

    Le bienheureux cardinal Schuster :

    L’antienne de la Communion contient une dernière allusion à l’octave de la Pentecôte et au temps pascal qui va s’achever. L’alléluia lui-même, au moins selon l’ancien rite grégorien, est prêt à s’envoler et à retourner au ciel : Sed nescis unde veniat aut quo vadat : alleluia, alleluia, alleluia. Ce chant est tiré de saint Jean (III, 8) « L’Esprit souffle où il veut ; tu entends son souffle, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Alléluia, Alléluia, Alléluia. »

    II est vrai que le texte grec de l’Évangile parle ici, non du Saint-Esprit, mais du vent. Toutefois, comme Jésus s’est précisément servi de l’image du vent pour expliquer à Nicodème le caractère suprasensible et surnaturel de la grâce de l’Esprit Saint, ainsi l’emploi que fait de ce verset la liturgie romaine au moment où se clôt le cycle de la Pentecôte, n’est nullement arbitraire.

    Il est d’autant moins arbitraire que la phrase se termine ainsi : « sic est omnis qui natus est ex spiritu », ce qui ne peut se traduire que par : « il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit ». Et Jésus venait de dire : « Quod natum est ex carne, caro est : et quod natum est ex spiritu, spiritus est », où spiritus ne peut pas vouloir dire vent : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. »

    En fait Jésus joue sur les deux sens du mot (en grec c’est pneuma), comme il le fait, dans le même dialogue avec Nicodème, avec le mot ἄνωθεν, anothen. Ce mot peut vouloir dire « d’en haut » ou « de nouveau ». Jésus dit qu’il faut naître d’en haut. Nicodème comprend qu’il faut naître de nouveau, et ne voit pas comment il pourrait retourner dans le ventre de sa mère. Mais pour Jésus, naître de nouveau, c’est naître d’en haut. « Ne t’étonne pas que je t’ai dit : il faut que vous naissiez de nouveau (d'en haut). Le vent (pneuma, spiritus) souffle où il veut… »

    Le cardinal Schuster termine sa notice par ces lignes remarquables :

    La sainte messe clôt dignement le temps pascal. Désormais la Rédemption est accomplie, et le Saint-Esprit est venu comme pour en assurer définitivement l’efficacité, moyennant le caractère sacramentel qu’il imprime dans l’âme. Telle est la propriété personnelle du divin Paraclet : il accomplit, termine, opère toujours quelque chose de définitif, à l’égal d’une conclusion qui, inévitablement et inébranlablement, sort des prémisses. C’est la raison pour laquelle les péchés contre le Saint-Esprit n’obtiennent, en fait, jamais le pardon : ils représentent l’obstination définitive de l’âme dans la haine suprême contre le souverain amour.

    Enregistrer

  • Les filles du labeur de Marie

    Ce jour est fondée aux Etats-Unis, dans le diocèse de Kansas-City-Saint-Joseph (Missouri) avec la permission de l’évêque, Mgr James Vann Johnston, une nouvelle congrégation religieuse dédiée à la liturgie traditionnelle. Une congrégation féminine appelée Filiae Laboris Mariae : les Filles du Labeur de Marie.

    Le charisme des Filiae Laboris Mariae est d’aider la Sainte Vierge dans sa mission apostolique d’amener les âmes au Christ. Labor Mariae exerce sa mission apostolique particulièrement par la prière, avant tout la prière liturgique, et en faisant connaître la vérité, la bonté et la beauté de la vie en Jésus-Christ dans sa sainte Eglise à travers les œuvres d’apostolat. Le charisme se manifeste par trois modes intimement liés de « labeurs », parce que la sanctification du peuple de Dieu est le labeur de Notre Dame : c’est son « travail », le travail de celle, qui revêtue de soleil et couronnée de douze étoiles, gémit toujours à haute voix alors qu’elle est en travail pour donner la vie. Le triple travail par lequel les membres de Labor Mariae participent à la mission apostolique de Notre Dame est :

    1) La sainte liturgie: les Sœurs assistent de façon normative à la sainte messe sous la forme extraordinaire. Afin de montrer plus clairement la relation intrinsèque entre la Sainte Messe et l’Office Divin, les Sœurs s'engagent à prier toutes les heures du bréviaire romain traditionnel. Les Laudes et les Vêpres sont chantées dans une chapelle publique ou une église afin que tous les fidèles puissent participer.

    2) La vie spirituelle: Les Sœurs de Labor Mariae sont radicalement données à la prière, à la vie intérieure et à un sain ascétisme qui illustre quotidiennement que Dieu est choisi au-dessus de tout autre chose (Matthieu 6:33). Les Sœurs s'engagent chaque jour à au moins 1 heure et demie d'adoration eucharistique commune. En tant que filles de Marie, elles prient au moins cinq dizaines du Rosaire chaque jour. Elles entrent plus profondément dans le mystère pascal de Jésus, avec Notre Dame, par la prière du Chemin de Croix.

    3) Faire connaître la vérité, la bonté et la beauté de la vie en Christ : les Sœurs servent de manière pratique dans un cadre paroissial en offrant des services dans la sacristie, le ménage et les bureaux paroissiaux. Elles cherchent à attirer l'âme au Christ par l'intermédiaire de Marie par la catéchèse pour tous les groupes d'âge et par l'apostolat de l'écriture. Dans leur catéchèse, les Sœurs accordent une grande importance à la sainte liturgie et à la vie intérieure de prière.

    Grâce à leur participation aux trois « travaux » marials et en faisant se manifester la vérité, la beauté et la bonté de la vie en Christ dans sa Sainte Eglise, les Sœurs de Labor Mariae cherchent à participer au travail de notre Mère Bénie pour faire vivre le Christ dans le peuple de Dieu, et contribuer à l'édification du sacerdoce, de la vie religieuse et de la vie familiale.

    Sans titre 19.04.11.jpeg

  • Vendredi des quatre temps de Pentecôte

    Dans son livre sur la Messe, paru en allemand en 1877 et en français en 1901, l’abbé Nicolas Gihr (qui était chancelier du séminaire de Fribourg) écrit ceci à propos de l’encensement à l’offertoire :

    Cette cérémonie et les paroles dont elle est accompagnée se complètent et s'éclairent mutuellement ; elles sont une exposition symbolique et une continuation de l'offertoire. Ces cercles et ces signes de croix tracés par la fumée de l'encens forment une sorte d’atmosphère mystérieuse et sacrée qui sanctifie les éléments du sacrifice ; ces grains d'encens qui se consument sur le feu et montent au ciel comme une vapeur embaumée et agréable, semblent exprimer la demande que le pain et le vin ne tardent pas à être consumés par le feu de l'Esprit Saint pour faire place au corps et au sang du Sauveur. C'est une suite de l'invocation à l'Esprit Saint (1). Cette fumée qui entoure les dons offerts et les fidèles continue la prière faite précédemment, que le sacrifice eucharistique soit agréé pour notre salut et celui de tout le monde, pro nostra et totius mundi salute.

    Le (1) renvoie à une note qui donne le texte de la secrète de ce jour :

    « Sacrifícia, Dómine, tuis obláta conspéctibus, ignis ille divínus absúmat, qui discipulórum Christi, Fílii tui, per Spíritum Sanctum corda succéndit. Per eúndem Dóminum…

    Les sacrifices offerts en votre présence, Seigneur, que les consume ce feu divin qui embrasa les cœurs des disciples du Christ votre Fils par l’Esprit Saint.

    Le verbe absumo, qui veut dire « consumer » dans le sens de détruire, anéantir (sans lien a priori avec le feu), ne se trouve que deux fois dans la Bible latine de saint Jérôme, les deux fois dans le Lévitique, à quelques versets de distance (7,17 et 8,32), les deux fois dans le cadre d’un sacrifice, et les deux fois il s’agit de détruire par le feu ce qui reste d’un sacrifice. Dans notre oraison, il s’agit également de sacrifice - l’unique vrai sacrifice -, et aussi de feu - le feu du Saint-Esprit -, mais ce feu va détruire non pas ce qui reste du sacrifice, il va détruire le pain et le vin qui sont offerts pour les transmuter en chair et sang divins, comme le souligne l’abbé Gihr.

    On remarque aussi la précision de l’oraison : le feu, aussi spirituel et divin qu’il soit, n’est pas le Saint-Esprit, mais le mode d’action du Saint-Esprit.

    (Cela me fait penser au premier vers de la séquence de sainte Hildegarde que je citais hier - parce que dom Guéranger la cite en ce jour. Il y a une faute dans le texte cité par dom Guéranger : il écrit, parce qu’il l’a vu ainsi : « O Ignis Spiritus paraclite », ce qui veut dire « O Feu, Esprit paraclet ». Mais sainte Hildegarde a écrit : « O Ignis Spiritus paracliti » : « O Feu de l’Esprit paraclet ».)

  • Jeudi de la Pentecôte

    Séquence de sainte Hildegarde (1098-1179), traduction Remy de Gourmont (sauf ce qui est entre crochets parce qu’il n’a pas cité le texte entièrement). Interprétation par le chœur du Trinity College de Cambridge. Début de la partition, sur un codex qui date de la fin de la vie de sainte Hildegarde ou des années suivant sa naissance au ciel (1175-1190).

    O Ignis Spiritus paracliti,
    Vita vitae omnis creaturae,
    Sanctus es vivificando formas.

    O Feu de l'Esprit consolateur, vie de la vie de toute créature, tu es saint parce que tu vivifies les formes.

    Sanctus es unguendo periculose fractos,
    Sanctus es tergendo foetida vulnera.

    Tu es saint parce que tu daignes oindre les membres périlleusement brisés, tu es saint parce que tu panses les plus fétides plaies.

    O spiraculum sanctitatis,
    O ignis caritatis,
    O dulcis gustus in pectoribus,
    Et infusio cordium in bono odore virtutum !

    Ô soupirail de sainteté, [ô feu de charité, o doux goût dans la poitrine, et infusion des cœurs dans la bonne odeur des vertus !]

    O fons purissime,
    In quo consideratur
    Quod Deus alienos
    Colligit et perditos requirit !

    [Ô source très pure, dans laquelle on peut voir que Dieu rassemble les étrangers et recherche ceux qui étaient perdus.]

    O lorica vitae et spes compaginis
    Membrorum omnium
    Et o cingulum honestatis, salva beatos !

    Ô forteresse de vie, ô espoir de la solidarité humaine, ô refuge de la beauté, sauve les bénis !

    Custodi eos qui carcerati sunt ab inimico,
    Et solve ligatos,
    Quos divina vis salvare vult.

    Garde ceux qui sont prisonniers de l'ennemi, déchaîne ceux qui sont enchaînés, sauve ceux que veut sauver la Force divine !

    O iter fortissimum, quod penetravit omnia,
    In altissimis et in terrenis,
    Et in omnibus abyssis,
    Tu omnes componis et colligis.

    [Ô chemin très puissant, qui pénètres tout, au ciel et sur la terre, et dans tous les abîmes, toi qui recueilles et rassembles tous (les hommes).]

    De te nubes fluunt, æther volat,
    Lapides humorem habent,
    Aquæ rivulos educunt
    Et terra viriditatem sudat.

    Par toi les nuages vont, l'éther plane, les pierres transpirent, les eaux se font ruisseaux, la terre exhale de verdoyantes sueurs.

    Tu etiam semper educis doctos,
    Per inspirationem Sapientiæ
    Lætificatos.

    Et c'est toi aussi qui guides les doctes létifiés par l'inspiration de ta Sagesse.

    Unde laus tibi sit, qui es sonus laudis
    Et gaudium vitæ, spes et honor fortissimus,
    Dans præmia lucis.

    Donc, louange à toi, toi le vocable de louanges, toi, la joie de la vie, l'espérance, la force et l'honneur, toi le dispensateur de la lumière !

     

     

    Hildegard2.jpeg

    Enregistrer

  • Summorum Pontificum

    Le programme du 5e pèlerinage Summorum Pontificum à Rome (pour le 10e anniversaire du motu proprio), avec le programme détaillé du colloque du 14 juin, est ici.

    Sur le rôle du motu proprio dans la guerre contre Benoît XVI, on lira avec intérêt ceci.

  • Mercredi des quatre temps de Pentecôte

    Les quatre temps d’été sont une action de grâce pour la moisson, qui est censée être terminée (autour de la Méditerranée). La moisson donne le grain qui donne le pain. Dans la liturgie, et pour la vie spirituelle, le vrai pain est le pain du ciel, le pain eucharistique.

    Et il y est fait allusion dès l’introït de la messe de ce jour :

    Deus, dum egrederéris coram pópulo tuo, iter fáciens eis, hábitans in illis, allelúia : terra mota est, cæli distillavérunt, allelúia, allelúia.

    O Dieu, quand vous marchiez devant votre peuple, leur traçant la route, habitant avec eux, la terre fut ébranlée et les cieux distillèrent, alléluia, alléluia.

    Ces mots viennent du psaume 67. Mais, alors que toutes les versions évoquent explicitement la traversée du désert, l’expression est remplacée ici par «  leur traçant la route, habitant avec eux ». Pour insister sur la présence particulière de Dieu après la Pentecôte, Dieu avec nous...

    Comme dans le psaume, « distillaverunt » reste sans complément. Les cieux « dégouttèrent », firent tomber goutte à goutte. Mais quoi ? Eh bien la manne. Le pain qui descendait du ciel comme des gouttes de rosée qui givraient : « Et la surface de la terre en étant couverte, on vit paraître dans le désert quelque chose de menu et comme pilé au mortier, qui ressemblait à de la gelée blanche sur la terre. Ce que les enfants d'Israël ayant vu, ils se dirent l'un à l'autre: Manhu, c'est-à-dire: Qu'est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c'était. Moïse leur dit: C'est là le pain que le Seigneur vous donne à manger. »

    Dans l’évangile de ce jour Jésus fait explicitement référence à la manne pour dire qu’il est le vrai pain de vie : « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Voici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde. »

    C’est pourquoi les antiennes du Benedictus (aux laudes) et du Magnificat (aux vêpres) orientent également la prière dans ce sens :

    Ego sum panis vivus, dicit Dóminus, qui de cælo descéndi, allelúia, allelúia.

    Moi je suis le pain vivant, dit le Seigneur, qui suis descendu du ciel, alléluia, alléluia.

    Ego sum panis vivus, qui de cælo descéndi : si quis manducáverit ex hoc pane, vivet in ætérnum : et panis, quem ego dabo, caro mea est pro mundi vita, allelúia.

    Je suis le pain vivant, moi qui suis descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement : et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde, alléluia.

  • Mardi de Pentecôte

    La première lecture de la messe (Actes des apôtres 8, 14-17) est très brève :

    En ces jours-là, quand les apôtres, qui étaient à Jérusalem, eurent appris que les habitants de Samarie avaient reçu la parole de Dieu, ils leur envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci, étant venus, prièrent pour eux, afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint : car il n’était encore descendu sur aucun d’eux, mais ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils leur imposaient les mains, et ils recevaient l’Esprit-Saint.

    Le bienheureux cardinal Schuster commente :

    La lecture des Actes des Apôtres a une grande importance dogmatique ; elle démontre que, si les diacres et de simples fidèles peuvent être les ministres du sacrement de Baptême, la collation du Saint-Esprit est au contraire réservée aux Apôtres et à leurs successeurs.

    Après cette affirmation dogmatique, il faut noter dans la lecture la valeur liturgique de l’expression : Oraverunt pro ipsis ut acciperent Spiritum Sanctum. Ce n’est point d’une prière privée qu’il s’agit, ni antérieure à la collation du sacrement de Confirmation ; mais, comme nous l’enseignent les antiques liturgies, c’est une véritable épiclèse sacramentelle, accompagnant l’imposition des mains des Apôtres, et aussi selon toute probabilité, l’onction de la tête avec le saint Chrême du Paraclet, in quo signati estis, comme le disait l’Apôtre à ses fidèles (« par lequel vous avez été marqués d’un sceau », Ephésiens 4,30).

    Sur l'introït particulier de ce jour, voir ma note de l'an dernier.

  • Lundi de Pentecôte

    D’ordinaire, l’Église se sert des paroles de la Sainte Écriture. On dirait qu’elle redoute de s’adresser à Dieu avec ses propres paroles. Quand elle le fait cependant, elle emploie les termes les plus riches de sens. De même que le cristal de roche acquiert, par le travail séculaire de la nature, du brillant et du poli, de même ces textes de l’Église où elle a déposé ce qu’il y a de plus fervent dans son amour, ses désirs, sa prière et sa foi, ont été élaborés au cours des siècles. C’est le cas pour cette prière si simple et si profonde : « Viens, Saint-Esprit, remplis les cœurs de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour ! » Toutes les fois que cette prière est chantée ou récitée, l’Église nous ordonne de nous agenouiller.

    a) Veni, viens. Ce mot a une histoire. Avant la naissance du Christ, il était dans la bouche du peuple juif. Le Rédempteur s’appelait : « Celui qui doit venir ». C’est pourquoi le Baptiste demande : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Les chrétiens adoptèrent ce petit mot et en firent l’expression de leur désir de la parousie. Les anges avaient déjà dit du Seigneur monté aux cieux : « Il viendra de nouveau... » Dans la primitive Église, on terminait chaque prière par ce vœu ardent : « Maranatha », c’est-à-dire, viens, Seigneur. Il n’est pas étonnant que l’Église ait introduit ce mot dans sa liturgie. Rappelons-nous les grandes antiennes O de l’Avent. Nous comprenons que l’Église se serve du même mot pour implorer la descente du Saint-Esprit. — Ici, se pose une question : Le Saint-Esprit n’est-il donc pas parmi nous ? A quoi bon, dès lors, implorer sa venue ? Oui, il est parmi nous et, pourtant, il faut qu’il vienne à nous. Autrefois, le Baptiste pouvait dire aux sanhédrites : « Il y a au milieu de vous quelqu’un que vous ne connaissez pas ». On peut en dire autant du Saint-Esprit. Il demeure dans l’Église, dans l’âme, et, pourtant, nous ne le connaissons pas : nous empêchons son action. La force est là, mais elle est liée, elle dort. Le petit mot « Veni » veut donc dire : Déploie ta puissance, brise les entraves que la volonté humaine met à ton action.

    b) Saint-Esprit. Examinons le nom du Saint-Esprit. Le Christ l’appelle volontiers Paraclet. Ce mot se traduit de deux façons : avocat ou consolateur. Cependant, le Seigneur l’appelle deux fois Saint-Esprit. La Séquence donne une série de surnoms : père des pauvres, distributeur des dons, lumière des cœurs. On le nomme aussi, volontiers, le doigt de la main droite de Dieu. Mais son nom ministériel est : Saint-Esprit. Ce nom est pour nous une exhortation à être saints et spirituels. Nous ne pouvons porter le Saint-Esprit en nous que si nous tendons à la sainteté, que si nous sommes des hommes spirituels, et non des hommes charnels.

    c) Remplis les cœurs de tes fidèles. Nous trouvons déjà ce mot : remplir, dans le récit de la fête : « ils furent tous remplis de l’Esprit-Saint ». Nos cœurs et nos âmes doivent être comme des coupes dans lesquelles le Saint-Esprit verse le vin précieux de ses dons et qu’il remplit jusqu’au bord. Ne soyons pas des, coupes vides. Si nos cœurs sont remplis d’amour-propre, de présomption, d’égoïsme, le Saint-Esprit ne pourra verser son vin précieux.

    d) Quel est ce vin précieux ? La dernière phrase nous le dira : « Allume en eux le feu de ton amour ». C’est donc l’amour qui est le don du Saint-Esprit : le saint amour de Dieu et du prochain. Le Christ dit du Saint-Esprit : « Il prendra du mien ». La charité est le précepte du Christ ; maintenant, c’est celui du Saint-Esprit : de ton amour. Cet amour est un feu, c’est pourquoi le Saint-Esprit est apparu dans le feu ; nous serons baptisés dans l’Esprit-Saint et dans le feu ». Le feu brille, chauffe, brûle et purifie. Que le Saint-Esprit daigne aujourd’hui être ce feu, qu’il chasse les ténèbres de nos cœurs, qu’il en réchauffe la froideur, qu’il brûle tout ce qui est vain et coupable, qu’il purifie notre âme, afin qu’elle soit de l’or pur pour la couronne du Christ !

    Dom Pius Parsch

  • Pentecôte

    Pentecôte.jpeg

    Fra Angelico. Troisième volet d'un triptyque pascal.

    Fra-Angelico-L-Ascension-Jugement-dernier-Pentecote_7_1400_1051.jpg