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Liturgie - Page 3

  • Dimanche dans l’octave de la Nativité

    Le graduel de la messe a comme particularité d’une part de ne pas être un centon, d’autre part d’avoir le verset de même forme que la première partie : une phrase dans la région supérieure du mode (et qui fait davantage penser à un deuxième mode), qui se termine les deux fois par la même formule, et en fait trois fois parce qu’elle est doublée dans le verset (hominum, bonum, regi), et une phrase dans la région médium et grave qui se termine également les deux fois par la même formule (tuis, scribentis).

    Speciósus forma præ filiis hóminum : diffúsa est gratia in lábiis tuis. ℣. Eructávit cor meum verbum bonum, dico ego ópera mea Regi : lingua mea cálamus scribæ, velóciter scribéntis.

    Tu surpasses en beauté les enfants des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres. Mon cœur a roté une belle parole ; je dédie mes œuvres au roi. Ma langue est le roseau d'un scribe qui écrit très vite. (Psaume 44)

  • 5e jour dans l’octave de la Nativité

    Puisque ce jour tombe cette année un samedi, voici pour saluer la Mère de l’Enfant divin l’Alma Redemptoris Mater, dans son ton solennel, par les moines de l’abbaye de Beuron, en 1952.


    podcast

    Alma Redemptóris Mater,
    quæ pérvia caeli porta manes,
    Et stella maris,
    succúrre cadénti
    súrgere qui curat pópulo :
    Tu quæ genuísti, natúra miránte,
    tuum sanctum Genitórem :
    Virgo prius ac postérius,
    Gabriélis ab ore
    sumens illud Ave,
    peccatórum miserére.

    Sainte mère du Rédempteur,
    qui demeure la porte ouverte du Ciel,
    et l’étoile de la mer,
    porte secours au peuple qui tombe
    et cherche à se relever :
    Toi qui a engendré, à l’étonnement de la nature,
    ton saint Créateur,
    vierge avant et après,
    et, de la bouche de Gabriel,
    recevant cette salutation,
    aie pitié des pécheurs.

    Et le beau motet de Tomas Luis de Victoria, par l’ensemble Plus ultra, mis en ligne avec des tableaux de l’époque (Antolínez, Murillo, Yáñez, Juan de Juanes).

  • Les Saints Innocents

    Antienne de communion

     

    Vox in Rama audíta est, plorátus, et ululátus : Rachel plorans fílios suos, et nóluit consolári, quia non sunt.

    Une voix a été entendue en Rama, des plaintes et des cris lamentables : Rachel pleurant ses enfants, et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus.

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    Genèse 35,16-20

    Après qu’il fut parti de ce lieu-là, Jacob vint au printemps sur le chemin qui mène à Ephrata, où Rachel étant en travail, et ayant grande peine à accoucher, elle se trouva en péril de sa vie. La sage-femme lui dit : Ne craignez point ; car vous aurez encore ce fils. Mais Rachel qui sentait que la violence de la douleur la faisait mourir, étant près d’expirer, nomma son fils Bénoni, c’est-à-dire, le fils de ma douleur ; et le père le nomma Benjamin, c’est-à-dire, le fils de la droite. Rachel mourut donc ; et elle fut ensevelie dans le chemin qui conduit à la ville d’Ephrata, appelée Bethléem. Jacob dressa un monument sur son sépulcre. C’est ce monument de Rachel que l’on voit encore aujourd’hui.

    Matthieu 2,16-18

    Alors Hérode voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une grande colère ; et il envoya tuer dans Bethléem, et dans tout le pays d’alentour, tous les enfants âgés de deux ans et au-dessous, selon le temps dont il s’était enquis exactement des mages. On vit alors s’accomplir ce qui avait été dit par le prophète Jérémie : Une voix dans Rama a été entendue ; des cris de douleur et de lamentation : Rachel pleurant ses enfants, et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus.

    Jérémie Vulgate 31,15-16

    Voici ce que dit le Seigneur : Une voix de lamentation a été entendue sur une hauteur, deuil et pleur de Rachel pleurant ses enfants, et ne voulant pas en être consolée, parce qu’ils ne sont plus. Voici ce que dit le Seigneur : Que ta voix cesse ses gémissements, et tes yeux leurs larmes ; parce qu’il est une récompense à tes œuvres, dit le Seigneur, et ils reviendront de la terre de l’ennemi.

    Jérémie Septante 38

    Voici ce que dit le Seigneur : une voix dans Rama a été entendue, de chant funèbre et de pleur et de lamentation. Rachel pleurant n’a pas voulu être consolée à propos de ses enfants parce qu’ils ne sont plus. Voici ce que dit le Seigneur : Que s’arrêtent la voix de tes pleurs et les larmes de tes yeux, car il y a une récompense pour tes œuvres, et ils reviendront de la terre des ennemis.

  • Saint Jean

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    Saint Jean sur le retable de saint Thomas d’Aquin du couvent dominicain Saint-Thomas d’Avila. Œuvre de Pedro Berruguete, 1485.

    Vere dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi gratias agere. Pater omnipotens, beati Apostoli tui Joannis Evangelistae natalitia venerantes. Qui Domini nostri Jesu Christi Filii tui vocatione suscepta, terrenum respuit patrem, ut posset invenire coelestem: retia saeculi, quibus implicabatur, abjecit, ut aeternitatis dona mente libera sectaretur: nutantem fluctibus navem reliquit, ut in ecclesiasticae gubernationis tranquillitate consisteret: a piscium captione cessavit, ut animas mundanis gurgitibus immersas, calamo doctrinae salutaris abstraheret: destitit pelagi profundari mari, secretorum scrutator redditus divinorum. Eo usque procedens, ut et in coenae mysticae sacrosancto convivio in ipsius recumberet pectore Salvatoris; et eum in cruce Dominus constitutus, vicarium sui, Matri Virgini Filium subrogaret, et in principio Verbum, quod Deus erat apud Deum, prae caeteris ostenderet praedicandum.

    C’est une chose digne et juste, équitable et salutaire, de vous rendre grâces, Père tout-puissant, en ce jour où nous vénérons la naissance de votre bienheureux Apôtre, Jean l’Évangéliste. Ayant été appelé par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, il laissa un père terrestre pour trouver un Père céleste. Il jeta loin de lui les filets du siècle dans lesquels il était embarrassé, pour rechercher d’un cœur affranchi les biens de l’éternité ; il abandonna sa barque agitée par les flots, pour goûter la tranquillité dans le gouvernement de l’Église ; il renonça à la pêche des poissons, pour retirer, par la ligne de la doctrine du salut, les âmes plongées dans les abîmes du monde ; il cessa de sonder les profondeurs de la mer, pour devenir le scrutateur des secrets divins. Il s’est élevé jusqu’à reposer sur la poitrine du Sauveur lui-même, au festin sacré de la Cène mystique. Le Seigneur, attaché à la Croix, le subrogea en sa place pour être le fils de la Vierge-Mère ; et Jean prêcha avec plus de lumière que les autres écrivains sacrés, le Verbe qui, au commencement, était Dieu en Dieu.

    Préface du sacramentaire léonien, traduction dom Guéranger.

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    Le portrait de saint Jean est le troisième en bas en partant de la gauche.

  • Saint Etienne

    Tropaire de la liturgie byzantine (au 27 décembre), par Nicodème Kabarnos.

    Βασίλειον διάδημα, ἐστέφθη σὴ κορυφή, ἐξ ἄθλων ὧν ὑπέμεινας, ὑπὲρ Χριστοῦ τοῦ Θεοῦ, Μαρτύρων Πρωτόαθλε· Στέφανε, σὺ γὰρ τὴν Ἰουδαίων, ἀπελέγξας μανίαν, εἶδες σου τὸν Σωτῆρα, τοῦ Πατρὸς δεξιόθεν. Αὐτὸν οὖν ἐκδυσώπει ἀεί, ὑπὲρ τῶν ψυχῶν ἡμῶν.

    Le diadème royal a été mis autour de ta tête, pour prix de ce que tu as enduré pour le Christ Dieu, Etienne, le premier à combattre parmi les Martyrs, car toi, ayant confondu la furie des Juifs, tu a vu le Sauveur à la droite du Père. Implore-le sans cesse pour nos âmes.

    (Le « protomartyr et archidiacre » Etienne avait un nom grec : Stephanos. Mot qui veut dire couronne. La liturgie grecque joue donc sur cette couronne remportée par le martyr, mais la liturgie latine aussi, même si elle privilégie le texte des Actes des apôtres. L’invitatoire des matines dit : Christum natum, qui beátum hódie coronávit Stéphanum, * Veníte, adorémus : Le Christ-né a couronné aujourd’hui le bienheureux Étienne, * Venez, adorons-le. Un répons chante qu’il « souffrit les pierres avec joie, pour mériter de recevoir la couronne de gloire », un autre que « les portes du Ciel ont été ouvertes au bienheureux Étienne, martyr du Christ, qui, le premier, a été mis au nombre des Martyrs, et c’est pourquoi il a été couronné et triomphe dans les Cieux ». Et saint Fulgence, dans la lecture du deuxième nocturne, nous dit : « Étienne donc, pour mériter de recevoir la couronne que signifie son nom, avait pour armes la charité, et par elle, il était partout victorieux. »)

  • La Nativité du Seigneur

    Screenshot_2018-12-24 Manufacture du haut Moyen Âge (Syrie ), Nativité sur soie - Musées du Vatican.png

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    Screenshot_2018-12-24 Manufacture du haut Moyen Âge (Syrie ), Nativité sur soie - Musées du Vatican(3).png

    Fragment de tissu découvert en 1905 dans le Trésor de la chapelle Saint-Laurent (Sancta Sanctorum), dernier vestige de l’ancien palais du Latran. C’est une soie sergée (samit) à cinq couleurs (rouge, vert, marron, blanc et jaune ocre). Les fils rouges du fond sont teints avec de la cochenille de Pologne, le vêtement de la Vierge probablement en vraie pourpre. Dimension 31,5 x 27,5 cm. Son origine est évidemment orientale (« syrienne »), et elle date du VIIIe siècle, au plus tard du début du IXe, puisqu’on a trouvé des fragments d’étoffes semblables dans des reliquaires de l’époque de Léon III (795-816) et Pascal Ier (817-824).

  • Vigile de la Nativité

    Après la douce joie de l’introït et la joie plus solennelle du graduel, voici la majesté solennelle de l’offertoire : élevez les portes, vous les princes, car il entre, le roi de gloire. Vous êtes des princes par la grâce de l’enfant qui vient et qui est un roi, le roi au-dessus de tous les rois, qui vient nous introduire dans son royaume qui est éternel, comme le souligne la fin sans fin de l’antienne.

  • O Emmanuel

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    Dernière des sept grandes antiennes O telles qu’elles étaient publiées dans un livre liturgique d’Augsbourg au moyen âge.

    Capitule

    Dominus enim judex noster, Dominus legifer noster, Dominus rex noster, ipse salvabit nos.

    Car le Seigneur notre juge, le Seigneur notre législateur, le Seigneur notre roi, lui-même nous sauvera. (Isaïe 33,32, qui est repris dans l’antienne.)

    Antienne

    O Emmánuel, * Rex et légifer noster, exspectátio Géntium, et Salvátor eárum : veni ad salvándum nos, Dómine, Deus noster.

    O Emmanuel, * notre Roi et notre Législateur, Attente des Nations et leur Sauveur : venez nous sauver, Seigneur notre Dieu.

    Collecte

    Omnipotens Christe, Unigenite Dei, propitius ad salvandum populum in te credentem veni : ut benignitate solita ab omni dubietate et metu temporis nos jubeas liberari. Qui cum Deo Patre.

    Christ tout-puissant, Fils unique de Dieu, venez, propice, pour sauver le peuple qui croit en vous ; afin que par votre bénignité accoutumée vous ordonniez que nous soyons libérés de tout doute et de la crainte temporelle. (Cette oraison, dont on voit tout de suite qu'elle n'est pas dans le style des sacramentaires grégoriens, se trouve dans la liturgie ambrosienne, à la troisième semaine de l’Avent.)

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    Antiphonaire de Saint-Gall, XIIe siècle.

  • O Rex Gentium

    Capitule

    Ecce dies veniunt, dicit Dominus, et suscitabo David germen justum : et regnabit rex, et sapiens erit, et faciet judicium et justitiam in terra.

    Voici que les jours viennent, dit le Seigneur, et je susciterai à David un germe juste, et il sera roi et il régnera, et il sera sage, et fera le jugement et la justice sur la terre. (Jérémie 23,5. Dans le bréviaire de saint Pie V c’est le capitule de tierce au temps de l’Avent.)

    Antienne

    O Rex Géntium, * et desiderátus eárum, lapísque anguláris, qui facis útraque unum : veni, et salva hóminem, quem de limo formásti.

    O Roi des Nations, * et objet de leurs désirs, Pierre angulaire, qui réunissez en vous les deux peuples : venez et sauvez l’homme, que vous avez formé du limon.

    Collecte

    Excita, quaesumus, Domine, potentiam tuam, et veni : ut ab imminentibus peccatorum nostrorum periculis, te mereamur protegente eripi, te liberante salvari: Qui vivis.

    Réveillez votre puissance, Seigneur et venez, pour que, dans le grand péril où nous sommes à cause de nos péchés, nous puissions trouver en vous le défenseur qui nous délivre et le libérateur qui nous sauve. (C’est la collecte du premier dimanche de l’Avent.)

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    Antiphonaire d’Einsiedeln, XIVe siècle. C’est la deuxième page des antiennes O : il y a en 13 dans cet antiphonaire, ce qui doit être un record, car dom Guéranger dit que « il y eut même des Églises qui portèrent jusqu’à douze le nombre des grandes Antiennes ».

  • O Oriens

    Screenshot_2018-12-20 Antiphonaire à l'usage de l'église de Sens Cette attribution semble justifiée par l'ampleur de l'offi[...].png

    Capitule

    Orietur vobis timentibus nomen meum sol justitiæ, et sanitas in pennis ejus.

    Le soleil de justice se lèvera pour vous qui craignez mon nom, et la santé sur ses ailes. (Malachie 4,2)

    Antienne

    O Oriens, * splendor lucis ætérnæ, et sol iustítiæ : veni, et illúmina sedéntes in ténebris, et umbra mortis.

    O Orient, * splendeur de la lumière éternelle, et soleil de justice : venez et éclairez ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort.

    Collecte

    Mentes nostras, quæsumus, Domine, gratia tuæ visitationis illustra: ut esse te largiente mereamur et inter prospera humiles, et inter adversa securi. Qui cum.

    Que la grâce de ta visite éclaire nos âmes, nous te le demandons, Seigneur, afin que nous méritions par ta largesse d’être humbles dans la prospérité et assurés dans l’adversité.

    (On trouve cette oraison dans d’anciens sacramentaires, dans d’anciens bréviaires cisterciens et dans le bréviaire ambrosien pour l’Avent. On trouve la première ou la deuxième partie dans d’autres oraisons.)

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    Antiphonaire "à l'usage de Sens", début XIIIe siècle, BNF.