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Liturgie - Page 2

  • Le dominicain des cordeliers

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    A l’église Notre-Dame des Cordeliers de Laval, il y a la messe traditionnelle depuis 2007. Instituée par l’évêque d’alors, Mgr Maillard, juste avant qu’il devienne archevêque de Bourges. Son successeur Mgr Scherrer confia cet apostolat à l’Institut du Christ Roi. Depuis octobre 2014, il est passé aux dominicains de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier de Chémeré-le-Roi qui s’occupent déjà de l’abbaye de La Roë, avec la collaboration du Père Augustin Pic de Rennes. Le Père Pic est aujourd’hui le desservant principal de l’église des Cordeliers, et il a relancé la page Facebook de cette communauté, depuis le 15 janvier, quand Mgr Scherrer est venu célébrer une grand messe solennelle pontificale.

    On découvre que la messe est également célébrée plusieurs fois par semaine, et qu’il y a d’autres éléments de vie paroissiale : catéchisme, chapelets, chemin de croix, répétitions de la chorale…

    La page Facebook permet de découvrir (ou pour les paroissiens de retrouver) le sermon du Père Pic. Concis, profond, clair. Celui d’hier est en ligne. A partir du commandement de saint Paul « Soyez les imitateurs de Dieu », il souligne d’abord que cela se trouve déjà dans Platon, en relation avec l’image de Dieu et la ressemblance de Dieu, puis il montre que seul le christianisme (et d’abord le Christ) peut réaliser ce que demande l’apôtre : « L’essentiel de sa leçon est que tout homme est à l’image de Dieu, que cette image doit se refaire et s’achever dans une ressemblance parfaite à Dieu et que le moyen d’y parvenir est précisément l’imitation. » Avec cette précision : « L’imitation n’a rien à voir avec un mimétisme, purement extérieur, mais a tout d’une loi interne, qui est loi de restauration et de croissance, qui est loi d’amour... »

  • Saint Joseph

    Tu as droit au même honneur que les Anges, les Prophètes, les Martyrs, Bienheureux, et tu es devenu le compagnon des Apôtres en vérité; te magnifiant avec eux sans cesse, je vénère, saint Joseph, ta mémoire sacrée.a

    Issu de race royale, tu épousas la Reine immaculée qui devait enfanter ineffablement le Roi, Jésus, bienheureux Joseph, élu entre tous parmi les fils de la terre.

    Fortifié par la puissance de l'Esprit, Bienheureux, paré de vertus, dans un âge fort avancé tu as rejoint splendidement tes Pères, saint Joseph, sublime Père adoptif de la lumière issue de Dieu le Père.

    Ta mémoire, Bienheureux, invite les confins du monde à la joie, à la louange du Verbe qui t'a glorifié; toi qui te tiens auprès du Christ avec confiance supplie-le sans cesse, pour que nous soyons sauvés de toute épreuve, nous qui te célébrons.

    Tu fus le gardien de l'Immaculée qui sans faille gardait sa virginité et de laquelle s'incarna le Verbe Dieu, la laissant Vierge même après l'ineffable enfantement, avec elle, Joseph porteur-de-Dieu (théophore), souviens-toi de nous tous.

    Liturgie byzantine, 26 décembre, matines, ode 9.

  • Troisième dimanche de carême

    L’antienne de communion de ce dimanche est délicieuse, tant par son texte (c’est tout ce psaume 83 qui est une merveille de douce contemplation) que par la mélodie qui sur le mot tourterelle en esquisse le roucoulement, qu'anticipe le mi-fa-mi-fa du passereau qui a trouvé une maison, ce qui n’est pas si facile à chanter de façon à garder la fluidité du plain chant. Les moines de Triors le font admirablement, et c’est toute l’antienne qui est un chef-d’œuvre d’interprétation du grégorien.

    Passer invénit sibi domum, et turtur nidum, ubi repónat pullos suos : altária tua, Dómine virtútum, Rex meus, et Deus meus : beáti, qui hábitant in domo tua, in sǽculum sǽculi laudábunt te.

    Le passereau trouve pour lui une maison et la tourterelle un nid où reposer ses petits... Tes autels, Seigneur, Dieu des vertus, mon Roi et mon Dieu ! Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison. Dans les siècles des siècles ils te loueront.

  • Samedi de la deuxième semaine de carême

    L’évangile de la messe de ce jour est la parabole du fils prodigue, qui reprend « la thématique des deux frères traverse tout l'Ancien Testament, depuis Caïn et Abel, en passant par Ismaël et Isaac, jusqu'à Ésaü et Jacob », écrit Joseph Ratzinger. Esaü et Jacob sont précisément les protagonistes de la première lecture de cette messe. Voici le début de l’explication de la parabole par Joseph Ratzinger Benoît XVI dans Jésus de Nazareth, pp. 228ss.

    Il y a tout d'abord la figure du fils prodigue ; toutefois, la générosité du père est, elle aussi, visible d'emblée. Ce dernier satisfait à la requête du fils cadet qui demande la part d'héritage qui lui revient, et il fait le partage de ses biens. Il donne la liberté. Il peut imaginer ce que le plus jeune fils va faire de ses biens, mais il le laisse suivre sa route personnelle.

    Le fils part « pour un pays lointain ». Les Pères de l'Église ont interprété cela principalement comme un éloignement intérieur du monde du père, du monde de Dieu, comme la rupture intime de la relation, le fait de partir très loin de ce qui vous est propre et véritablement essentiel. Le fils dilapide son héritage. Il veut simplement jouir de la vie, en profiter jusqu'à la dernière goutte et l'avoir, croit-il, « en abondance ». Il ne veut plus être soumis à aucun commandement, à aucune autorité. Il cherche la liberté radicale, il veut vivre seulement selon sa propre règle, sans se soumettre à une exigence extérieure. Il jouit de la vie, il se sent tout à fait autonome.

    Est-il difficile pour nous de reconnaître là l'esprit de notre époque, cet esprit de rébellion contre Dieu et contre la Loi divine ? L'abandon de tout ce qui constituait jusqu'ici nos fondements, et le choix d'une liberté sans limites ? Le mot grec qui, dans la parabole, désigne la fortune dilapidée signifie dans le langage des philosophes grecs « substance », nature. Le fils prodigue dilapide « sa substance », lui-même. [note YD : La Vulgate dit également : substantiam suam.]

    À la fin, il a tout dépensé. Cet homme qui a été tout à fait libre devient alors réellement esclave, gardien de porcs, et il s'estimerait heureux si on lui donnait à manger ce que mangent les porcs. L'homme qui entend par liberté l'arbitraire absolu de sa volonté propre, de son chemin personnel et d'eux seuls, vit dans le mensonge, car, par nature, sa place est d'être dans la réciprocité, sa liberté est une liberté à partager avec autrui. Par nature, il porte inscrites en lui la discipline et la norme ; s'identifier profondément avec elles, telle serait la vraie liberté. Une fausse autonomie conduit à la servitude, l'histoire nous l'a montré entre-temps de façon éclatante. Pour les Juifs, le porc est un animal impur ; être gardien de porcs est donc l'expression de l'aliénation et de la paupérisation les plus extrêmes. L'homme totalement libre est devenu un pitoyable esclave.

    C'est ici qu'advient le « retournement ». Le fils prodigue comprend qu'il est perdu, que c'est dans la maison paternelle qu'il était libre, et que les domestiques de son père sont plus libres que lui, qui s'était cru totalement libre. Il « rentre alors en lui-même », dit l'Évangile et, comme la parole sur le pays lointain, cette formule invite les Pères à la réflexion philosophique : cet homme qui vit loin de chez lui, coupé de son origine, s'est aussi beaucoup éloigné de lui-même. Il vivait coupé de la vérité de son existence.

    Son retournement, sa « conversion », consiste à reconnaître cela, à comprendre sa propre aliénation d'homme parti réellement « à l'étranger » et devenu étranger à lui-même, et maintenant elle consiste à revenir à soi. En lui-même, il trouve inscrit le principe qui l'oriente vers le père, vers la vraie liberté de « fils ». Les paroles qu'il prépare pour son retour nous montrent l'étendue du cheminement intérieur qu'il accomplit maintenant. C'est l'expression d'une existence qui s'est mise en route et qui, traversant tous les déserts, retourne « chez elle », pour se retrouver elle-même et pour retrouver le père. Il se met en route vers la vérité de son existence, une route qui le mène « chez lui ». Par cette interprétation « existentielle » du retour au bercail, les Pères nous expliquent aussi ce qu'est la « conversion », quelles souffrances et quelles purifications intérieures elle implique, et nous pouvons dire sans crainte qu'en cela, ils ont compris très justement l'essence de cette parabole et qu'ils nous aident à en percevoir toute l'actualité.

    - Sur le répons des matines tiré de l’évangile, voir ici.
    - Sur la postcommunion de la messe, voir ici.

  • Vendredi de la deuxième semaine de carême

    Beaucoup d’auteurs font dériver de cette dénomination de vigne des sens variés ; mais Isaïe a exposé clairement que la vigne du Seigneur des armées n’était autre que la maison d’Israël. Quel est celui qui planta cette vigne, si ce n’est Dieu ? C’est donc lui qui la loua à des vignerons, et partit pour un voyage : non que le Seigneur soit allé d’un lieu dans un autre, lui qui demeure sans cesse présent partout : mais en ce sens qu’il est très proche de ceux qui travaillent avec amour et diligence, tandis qu’il est éloigné des négligents.

    Longtemps, il resta absent, afin de ne point paraître réclamer trop tôt les fruits de sa vigne. Aussi la persistance opiniâtre des vignerons dans leur mauvais vouloir est-elle d’autant plus inexcusable, que la bonté du maître a poussé plus loin l’indulgence. Ce n’est pas sans raison qu’il est dit dans l’Évangile selon saint Matthieu, que le père de famille environna sa vigne d’une haie ; ce qui signifie que le Seigneur l’entoura du rempart de la protection divine, afin qu’elle ne fût pas facilement accessible aux incursions des bêtes spirituelles.

    « Et il y creusa un pressoir. » Comment comprendrons-nous quel est ce pressoir, si ce n’est en nous souvenant qu’il y a des Psaumes intitulés : Pour les pressoirs, parce qu’en ceux-ci les mystères de la passion du Seigneur distillent plus abondamment, comme un vin échauffé par le Saint-Esprit ? Aussi l’on croyait ivres ceux qui étaient remplis de l’Esprit Saint. Le Seigneur a donc aussi creusé un pressoir, afin que le jus du raisin mystérieux découlât par une infusion spirituelle.

    « Il y bâtit une tour », c’est-à-dire qu’il y éleva le faîte de la loi ; et sa vigne étant ainsi fortifiée, pourvue et ornée, il la loua au peuple juif.

    « En la saison des fruits, il envoya ses serviteurs. » On ne dit pas que ce fut au temps de la récolte, mais au temps des fruits. Car les Juifs ne firent paraître aucun fruit ; il fut nul, le revenu de cette vigne dont le Seigneur a dit : « J’ai espéré qu’elle produirait des raisins, et elle n’a produit que des grappes sauvages. » Ses pressoirs n’ont pas regorgé d’un vin de joie, d’un vin doux spirituel, mais du sang des .Prophètes.

    Saint Ambroise

    • Sur la vigne d’Isaïe et de la parabole, voir ici.
    • Sur la messe de ce jour qui est une messe de la Passion avant la Passion, voir ici.

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    Chez moi c'est la fête de la dédicace de la cathédrale. Je prie pour mon évêque (pour le garder longtemps).

  • Jeudi de la deuxième semaine de carême

    Jusqu’au début du VIIIe siècle il n’y avait pas de messes les jeudis de carême. C’est Grégoire II (715-731) qui les institua. Cela explique que les formules soient reprises d’autres messes. (A l’époque on n’aurait pas osé inventer quoi que ce soit après saint Grégoire le Grand.)

    L’introit et l’offertoire de la messe de ce jour sont ceux du 12e dimanche après la Pentecôte, le graduel du 4e dimanche après la Pentecôte, l’antienne de communion du 9e dimanche après la Pentecôte.

    Les oraisons sont celles qui étaient indiquées pour hier mercredi dans le sacramentaire gélasien.

    Le sacramentaire gélasien avait cette particularité de donner deux collectes pour chaque messe.

    Voici celle qui n’a pas été retenue, et qu’on ne retrouve nulle par dans le missel de saint Pie V (ni ailleurs) :

    Deus, qui per Verbum tuum humani generis reconciliationem mirabiliter operaris, praesta, quaesumus, ut sancto jejunio et tibi toto simus corde subjecti, et in tua nobis efficiamur prece concordes.

    Dieu, qui par ton Verbe a effectué de façon merveilleuse la réconciliation du genre humain, fais, nous te le demandons, que par le saint jeûne nous te soyons soumis de tout cœur, et qu’en te priant nous devenions unis de cœur.

    Sur l'évangile de ce jour (le riche et le pauvre Lazare), voir mes notes de 2014 et de 2015.

  • Mercredi de la deuxième semaine de carême

    La première lecture de la messe d’aujourd’hui est la belle prière de Mardochée, dans le livre d’Esther, adaptée – sans aucun doute de très bonne heure - pour son usage liturgique : les versets 12 à 14, qui ne concernent que Mardochée lui-même, sont supprimés, afin que la prière prenne un sens universel, et on a ajouté à la fin « Domine Deus noster ».

    Cette prière de Mardochée, dont le texte originel est grec, est un indice parmi tant d’autres, ou plutôt une preuve, que les juifs parlaient grec et priaient en grec bien avant la naissance du Sauveur.

    C’est une prière qui suit un très antique schéma de prière israélite. Elle commence par la confession de la grandeur et de la toute-puissance de Dieu (les prières plus longues ajoutent les bienfaits de Dieu pour les pères, de façon plus ou moins développée), et la deuxième partie, qui commence toujours par « et maintenant », ou « eh bien maintenant », est la demande spécifique qui est faite à Dieu pour qu’il délivre son peuple du fléau actuel, lui qui a libéré les Hébreux d’Egypte.

    Dans le livre d’Esther (dans les ajouts grecs au livre d’Esther), la prière de Mardochée est suivie de la prière d’Esther elle-même, sur le même modèle, et qui est spécialement remarquable dans la vieille version latine où Esther cite les 7 personnes (ou groupes) spécialement sauvées par Dieu, qui sont l’objet des cantiques de l’antique liturgie tirés de la Bible tels qu’on les trouve dans l’Alexandrinus (première moitié du Ve siècle).

    Il se trouve que ce schéma de prière, dont les derniers exemples de l’Ancien Testament sont donc en grec dans le livre d’Esther, sera repris dans ce qui est la toute première prière communautaire chrétienne, au chapitre 4 des Actes des apôtres (versets 24-30). Elle est en outre très proche de celle de Mardochée, puisque sa première partie évoque la persécution subie et non les « pères » qui furent sauvés.

    In diébus illis : Orávit Mardochǽus ad Dóminum, dicens :

    Dómine, Dómine, Rex omnípotens, in dicióne enim tua cuncta sunt pósita, et non est, qui possit tuæ resístere voluntáti, si decréveris salváre Israël. Tu fecísti cælum et terram, et quidquid cæli ámbitu continétur. Dóminus ómnium es, nec est, qui resístat maiestáti tuæ.

    Et nunc, Dómine Rex, Deus Abraham, miserére pópuli tui, quia volunt nos inimíci nostri pérdere, et hereditátem tuam delére. Ne despícias partem tuam, quam redemísti tibi de Ægýpto. Exáudi deprecatiónem meam, et propítius esto sorti et funículo tuo, et convérte luctum nostrum in gáudium, ut vivéntes laudémus nomen tuum, Dómine, et ne claudas ora te canéntium, Dómine, Deus noster.

    En ces jours-là, Mardochée pria le Seigneur et il dit :

    Seigneur, Seigneur, roi tout-puissant, toutes choses sont soumises à ton pouvoir, et nul ne peut résister à ta volonté, si vous as résolu de sauver Israël. Tu as fait le ciel et la terre, et tout ce qui est contenu dans l’enceinte du ciel. Tu es le Seigneur de toutes choses, et nul ne peut résister a ta majesté.

    Et maintenant, Seigneur, roi, Dieu d’Abraham, aie pitié de ton peuple parce que nos ennemis veulent nous perdre et détruire ton héritage. Ne méprise pas ce peuple qui est ton partage, que tu as racheté de l’Egypte pour toi. Exauce ma prière, et sois propice à une nation qui est ta part et ton héritage, et change notre deuil en joie, afin que, vivants, nous glorifiions ton nom, Seigneur, et ne ferme pas la bouche de ceux qui chantent ta louange, Seigneur notre Dieu.

  • Mardi de la deuxième semaine de carême

    Bossuet : Méditations, dernière semaine, 57e journée (commentaire de Matthieu 23,8-11) :

    « Un seul maître : » écoutez le maître intérieur : ne faites rien qu'en le consultant : faites tout sous ses yeux : songez ce que vous feriez si vous aviez à chaque moment à lui rendre compte : vous prendriez son esprit, comme vos subalternes prennent le vôtre : vous craindriez de vous rien attribuer au delà des bornes, pour n'être point repris d'un tel supérieur. Or, encore que vous n'ayez point à lui rendre compte en présence à chaque moment, il viendra un jour que tout se verra ensemble : et en attendant on observe tout : et celui à qui vous aurez à rendre compte, « viendra lorsque vous y penserez le moins, » pour voir si vous n'avez point insolemment abusé du pouvoir qu'il vous a laissé en son absence, «  Vous êtes tous frères. » Songez-y bien : vous qui êtes supérieur, vous êtes frère. S'il faut donc prendre l'autorité sur votre frère, que ce soit pour l'amour de lui, et non pour l'amour de vous : pour son bien, et non pour vous contenter d'un vain honneur.

    « Il n'y a qu'un Père ; il n'y a qu'un Maître. » Si on vous appelle « Père, » parce que vous en faites la fonction, elle est déléguée, elle est empruntée. Revenez au fond : vous vous trouverez frère et disciple : ayez-en donc l'humilité : apprenez d'un moment à l'autre ce que vous avez à enseigner. Ainsi vous serez un père, vous serez un maître : car saint Paul a bien dit « qu'il était père et qu'il engendrait des enfants ; » mais la semence de Dieu, c'est sa parole. Recevez donc continuellement de Dieu. Prêchez-vous, écoutez au dedans le Maître céleste et ne prêchez que ce qu'il vous dicte. Conduisez-vous, conseillez-vous, consolez-vous. Si vous parlez, que ce soient « des discours de Dieu : si vous servez quelqu'un » en le conduisant, « que ce soit par la vertu que Dieu vous fournit » sans cesse.

    « Un seul Maître : » une seule « lumière qui éclaire tout homme venant au monde : » qui a parlé au dehors, et parle encore tous les jours dans son Evangile : mais qui parle toujours au dedans, dès qu'on lui prête l'oreille. Dans quel silence faut-il être, pour ne perdre pas la moindre de ses paroles ? « Le plus grand d'entre vous, c'est votre serviteur : » il ne dit pas qu'il n'y ait pas d'ordre dans son Eglise, et que personne n'y soit élevé en autorité au-dessus des autres : mais il avertit que l'autorité est une servitude : « Je me suis fait serviteur de tous, » disait saint Paul : « tout à tous, afin de les sauver tous : » l'exercice de l'autorité ecclésiastique est une perpétuelle abnégation de soi-même.

    • Sur l’appellation de « père », voir aussi ici.
    • Sur la veuve de Sarepta, voir ici.
  • Lundi de la deuxième semaine de carême

    Au bréviaire, dans le commentaire de l’évangile de ce jour, saint Augustin évoque les deux sens du mot « chercher » dans la Bible, notamment dans les psaumes. Il y a ceux qui cherchent Dieu, et ceux qui « cherchent mon âme », c’est-à-dire qui veulent ma mort. Opposition qui culmine dans les quatre versets quasi identiques des psaumes 39 et 69 (cité dans le graduel), émettant le vœu que soient confondus ceux qui « cherchent mon âme », et que se réjouissent « tous ceux qui cherchent Dieu ». Comme c’est le Christ qui s’exprime dans les psaumes, il s’agit de ceux qui le cherchent pour s’unir à Dieu et de ceux qui le cherchent pour le tuer.

    Le Seigneur a parlé aux Juifs en ces termes : « Je m’en vais. » Pour le Christ Seigneur, la mort fut un départ vers ce lieu d’où il venait, d’où jamais il ne s’était éloigné. « Je m’en vais, dit-il, et vous me chercherez », non par désir, mais par haine. Car après qu’il se fût éloigné loin des regards des hommes, ceux-là qui le haïssaient, ceux-là qui l’aimaient, tous le cherchèrent, les uns par la persécution, les autres par le désir de la possession. Le Seigneur dit lui-même, dans les psaumes, par le prophète : « Le refuge se dérobe à moi, pas un qui cherche mon âme. » Et encore, à un autre endroit dans un psaume : « Honte et déshonneur sur tous ceux-là qui cherchent mon âme. » Le Christ a tenu pour coupables ceux qui ne cherchaient pas. Il a condamné ceux qui cherchaient. C’est un bien en effet de chercher l’âme du Christ mais comme les disciples l’ont cherchée, et c’est un mal de chercher l’âme du Christ, mais comme les Juifs l’ont cherchée, ceux-là pour la posséder, ceux-ci pour la perdre. Aussi qu’ajoute-t-il à ses paroles à l’intention de ceux qui le cherchaient à la manière mauvaise, d’un cœur pervers ? « Vous me chercherez, mais » – pour que vous ne pensiez pas que vous me cherchez bien, – « vous mourrez dans votre péché. » C’est là mal chercher le Christ : mourir dans son péché. C’est là haïr celui par qui seul on peut être sauvé.

  • Deuxième dimanche de carême

    Introït :

    Reminíscere miseratiónum tuarum, Dómine, et misericórdiæ tuæ, quæ a sǽculo sunt : ne umquam dominéntur nobis inimíci nostri : líbera nos, Deus Israël, ex ómnibus angústiis nostris.
    Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.

    Souvenez-vous de vos bontés, Seigneur, et de votre miséricorde qui sont d’avant le temps. Que jamais nos ennemis ne dominent sur nous. Dieu d’Israël, délivrez-nous de toutes nos angoisses.
    Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme ; mon Dieu, en vous je mets ma confiance, je ne rougirai pas.

    Superbe interprétation par les moines d’En Calcat (de 1958) :

     

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    Sur l’évangile de la Transfiguration, voir ma note de l’an dernier.

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