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Liturgie - Page 2

  • Sainte Claire

    Lettre apostolique de Pie XII

    Par un bienfait de la divine Sagesse le génie de l'homme brille d'un plus vif éclat et fait, surtout de nos jours, des découvertes qui suscitent l'admiration générale. Et l'Eglise, qui ne se montra jamais contraire au progrès de la civilisation et de la technique, encourage cette assistance nouvelle apportée à la culture et à la vie journalière, et s'en sert même volontiers pour l'enseignement de la vérité et l'extension de la religion. Parmi ces inventions si utiles, la Télévision a sa place, elle qui "permet en effet de voir et d'entendre à distance des événements à l'instant même où ils se produisent, et cela de façon si suggestive que l'on croit y assister." (Litt. Encycl. "Miranda prorsus", 8 sept. 1957). Ce merveilleux instrument - comme chacun le sait et Nous l'avons dit clairement Nous-même - peut être la source des très grands biens, mais aussi de profonds malheurs en raison de l'attraction singulière qu'il exerce sur les esprits à l'intérieur même de la maison familiale. Aussi Nous a-t-il semblé bon de donner à cette invention une sauvegarde céleste qui interdise ses méfaits et en favorise un usage honnête, voir salutaire. On a souhaité pour ce patronage sainte Claire. On rapporte en effet qu'à Assise, une nuit de Noël, Claire, alitée dans son couvent par la maladie, entendit les chants fervents qui accompagnaient les cérémonies sacrées et vit la crèche du Divin Enfant, comme si elle était présente en personne dans l'église franciscaine. Dans la splendeur de la gloire de son innocence et la clarté qu'elle jette sur nos si profondes ténèbres, que Claire protège donc cette technique et donne à l'appareil translucide de faire briller la vérité et la vertu, soutiens nécessaires de la société. Nous avons donc décidé d'accueillir avec bienveillance les prières que Nous ont adressées à ce sujet Notre Vénérable Frère Joseph Placide Nicolini, évêque d'Assise, les Supérieurs des quatre familles franciscaines, enfin d'autres personnes remarquables, et qu'ont approuvées de nombreux Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, des Archevêques et des Evêques. En conséquence, ayant consulté la Sacrée Congrégation des Rites, de science certaine et après mûre réflexion, en vertu de la plénitude du pouvoir Apostolique, par cette Lettre et pour toujours, Nous faisons, Nous constituons et Nous déclarons Sainte Claire, vierge d'Assise, céleste Patronne auprès de Dieu de la Télévision, en lui attribuant tous les privilèges et honneurs liturgiques qu'un tel patronage comporte, nonobstant toutes choses contraires. Nous annonçons, Nous établissons, Nous ordonnons que cette présente Lettre soit ferme et valide, qu'elle sorte et produise tous ses effets dans leur intégrité et leur plénitude, maintenant et à l'avenir, pour ceux qu'elle concerne ou pourra concerner; qu'il en faut régulièrement juger et décider ainsi; que dès maintenant est tenu pour nul et sans effet tout ce qui pourrait être tenté par quiconque, en vertu de n'importe quelle autorité, en connaissance de cause ou par ignorance, contre les mesures décrétées par cette Lettre.

    Donnée à Rome, près Saint Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 14 février 1957, de Notre Pontificat la 19ème année.

    PIUS PP. XII

  • Saint Tiburce et Sainte Suzanne

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    Selon la tradition, sainte Suzanne fut décapitée dans sa maison pendant la persécution de Dioclétien, et son oncle le pape saint Caïus aurait décidé de faire de cette maison une église en l’honneur de la martyre.

    Ce qui est certain est qu’il y a une église de Rome qui remonte au début du IVe siècle, d’abord appelée de saint Caïus, puis de sainte Suzanne au moins depuis la fin du VIe siècle.

    Cette église Sainte-Suzanne aux Thermes de Dioclétien, plusieurs fois reconstruite, a aujourd’hui la physionomie qui lui fut donnée sous Sixte Quint à la fin du XVIe siècle.

    De chaque côté de la nef, six immenses peintures, façon tapisseries-, racontent l’histoire de sainte Suzanne… : l’autre, celle du livre de Daniel (le martyre de sainte Suzanne est représenté dans le chœur).

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    En 1921, Benoît XV confia cette église à la communauté américaine (elle se trouvait alors à côté de l’ambassade américaine). Mais c’était aussi la chapelle des cisterciennes « de Sainte-Suzanne », qui n’apprécièrent pas d’être ainsi dépossédées et qui dans les années 80 firent fermer l’église sous prétexte de délabrement, changèrent les serrures, chassèrent les prêtres, mirent leurs affaires sur le trottoir et apposèrent des plaques : « Propriété des cisterciennes ». Mais après les travaux de restauration l’église fut de nouveau attribuée à la communauté américaine. Jean-Paul assista à l’inauguration officielle en juin 1993, et le cardinal Law, qui en était titulaire depuis 1985, put prendre possession de son titre…

    Sur sainte Suzanne voir aussi ici.

    Sur saint Tiburce voir ici.

  • Saint Laurent

    Conféssio et pulchritúdo in conspéctu eius : sánctitas et magnificéntia in sanctificatióne eius.

    La louange et la beauté sont en sa présence : la sainteté et la magnificence dans sa sanctification.

    Les antiennes d’introït et d’offertoire sont sur le même texte, et dans le même mode de mi, mais la première a davantage d’éclat (le 3e mode monte plus haut que le 4e), et la seconde médite le saint sacrifice.

    Les voici par les moniales d’Argentan.


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  • Sainte Edith Stein, l'Europe, et la Pologne

    Le 9 août est la fête de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, Edith Stein, canonisée en 1998 par Jean-Paul II qui l’a proclamée co-patronne de l’Europe l’année suivante. A l’occasion du 75e anniversaire de sa bienheureuse mort à Auschwitz le 9 août 1942, le conseil permanent de la Conférence des évêques de Pologne a publié une lettre dont voici la fin :

    « A l'heure où nous commémorons le 75e anniversaire de la mort de sainte sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, nous sommes témoins d'un certain processus culturel très significatif. Il s'agit d'un abandon explicite et pleinement conscient de l'Europe comprise comme Europe de l'Esprit. En contradiction avec l'appel de Saint Jean-Paul II Le Grand, l'Europe veut oublier ses racines chrétiennes et vivre à tout prix “comme si Dieu n'existait pas”. Par conséquent, une fois de plus, la célèbre phrase de Fiodor Dostoïevski est confirmée : «  Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis ». On proclame le droit à l’euthanasie ainsi que le droit des femmes à tuer leur propre enfant avant la naissance, l'institution du mariage est remise en cause en tant qu'union d'une femme et d'un homme, et l’on promeut l’idéologie du gender. A la lumière de ces tendances, sainte Edith Stein, apparaît aujourd'hui sans équivoque comme un symbole de refus. Sa vie montre combien est grande une personne qui cherche Dieu avec courage et une grande honnêteté intellectuelle et combien le monde qui rejette Dieu devient tragique.

    « Prions donc Notre Père Très Bon par l'intercession de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) pour demander la grâce de la conversion de l'Europe et qu'elle obtienne le courage de revenir à ses racines chrétiennes. Demandons pour nous tous qui faisons partie de cette Europe, qu'à l'exemple de sa Sainte Patronne, nous ayons le courage de témoigner que l'unique source de bénédiction pour tous les peuples est le Christ qui a offert pour nous sa vie sur la Croix, et qui est ressuscité, nous donnant l'espoir de la vie éternelle. »

    Et voici la lettre intégrale, grâce à la traduction de notre ami Bertrand.

    Lire la suite

  • Vigile de saint Laurent

    « Mon serviteur, ne crains pas ; car je suis avec toi, dit le Seigneur. Si tu passes par le feu, sa flamme ne te sera point funeste et son odeur ne laissera en toi nulle trace. Je te délivrerai de la main des méchants, je t’arracherai aux mains des forts » [1]. C’est l’heure du combat où la Sagesse, plus puissante que le feu et la flamme [2], appelle Laurent à conquérir le laurier de victoire dont son nom même était l’annonce.

    Les trois jours sont enfin passés pour le diacre de Sixte, et pour lui aussi l’exil va finir ; rejoignant son Pontife à l’autel des cieux, il n’en sera plus désormais séparé. Mais, avant d’aller prendre au Sacrifice éternel la part glorieuse qui lui revient par le droit de son Ordre, il faut que sur cette terre, où se jettent dans le temps qui passe les semences de l’immuable éternité, il justifie de la fidélité vaillante qui sied au lévite de l’éternelle loi d’amour.

    Laurent est prêt. « Éprouvez le ministre auquel vous avez confié la dispensation du sang du Seigneur ». C’était sa parole à Sixte II [3]. Selon la recommandation du Pontife, il a distribué aux pauvres les trésors de l’Église ; dès ce matin, par deux fois la sainte Liturgie le constate en ses chants [4]. Mais il sait que livrer toute la substance de sa maison pour l’amour, ce n’est donner rien qui vaille [5], et il aspire à se livrer lui-même. Dans l’allégresse de sa générosité débordante, il salue l’holocauste dont on dirait qu’il sent s’élever déjà le parfum suave et fort. Aussi peut-il chanter à l’Offertoire de cette Messe de Vigile qui célèbre sa fidélité, son espérance, sa propre oblation en abordant l’arène : « Ma prière est pure, et c’est pourquoi je demande que ma voix soit entendue au ciel ; car là est mon juge, mon témoin est dans les hauteurs des cieux : que ma supplication s’élève au Seigneur » [6].

    Prière sublime, dont les accents pénètrent en effet la nue [7] ! Dès maintenant nous pouvons le dire avec l’Église, sa race sera puissante sur la terre [8], cette race de nouveaux chrétiens nés du sang du martyr [9]. Car dans la personne de Romain, le néophyte gagné par ses premiers tourments et qui le précède au ciel, nous en saluons aujourd’hui même les prémices fortunées. Réunissons, comme fait l’Église, le soldat et le diacre en notre prière.

    L’Année Liturgique

    1. Deuxième répons des matines de la fête (inspiré d’Isaïe 43 et de Jérémie 15) : Puer meus, noli timere, quia ego tecum sum, dicit Dóminus: * Si transíeris per ignem, flamma non nocébit tibi, et odor ignis non erit in te. Liberábo te de manu pessimórum et éruam te de manu fortium.
    2. Cf. Lampades ejus lampades ignis atque flammarum. Cantique des cantiques, 8,6.
    3. Selon saint Ambroise, De officiis, 1,41.
    4. Introït et Graduel : Dispérsit, dedit paupéribus : justítia ejus manet in sǽculum sǽculi. (Psaume 111)
    5. Si dederit homo omnem substantiam domus suæ pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. (Cantique des cantiques 8,7)
    6. Orátio mea munda est : et ídeo peto, ut detur locus voci meæ in cælo : quia ibi est judex meus, et cónscius meus in excélsis : ascéndat ad Dóminum deprecátio mea. (Job 16)
    7. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. (Ecclésiastique 35,21)
    8. Potens in terra erit semen ejus : generátio rectórum benedicétur. (Verset du Graduel, psaume 111)
    9. Tertullien, Apologétique, 50.
  • (Saint Pierre aux liens)

    La fête de saint Pierre aux liens a été malencontreusement supprimée en 1960. Sans doute parce que le formulaire de la messe est celui du 29 juin (en dehors de la collecte et de l’alléluia) et qu’on y a vu une répétition. Mais s’il y a répétition elle est dans l’autre sens : il est assez curieux que la messe de la fête de saint Pierre commence par l’évocation de sa délivrance miraculeuse, racontée dans l’épître.

    Mais surtout, cette messe est très ancienne. Elle n’a pas été inventée tardivement pour en rajouter dans la célébration du prince des apôtres et donc de la papauté. Elle figure déjà dans le martyrologe hiéronymien, qui est le plus ancien calendrier liturgique romain. Et le culte des chaînes de saint Pierre dans l’église de Saint-Pierre aux liens était très répandue, puisqu’on voit l’empereur Justinien Ier demander au pape « quelque chose des chaînes de saint Pierre, si c’est possible ». Et une lecture des matines est un texte de saint Augustin sur la puissance de ces chaînes :

    Pierre est le seul des Apôtres qui mérita d’entendre ces paroles : En vérité : « Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». C’est lui qui fut jugé digne d’être, pour les peuples dont se formerait la maison de Dieu, la pierre fondamentale de l’édifice, la colonne destinée à le soutenir, la clef qui ouvrait le royaume des cieux. Aussi lisons-nous dans le texte sacré : « Et ils apportaient leurs malades, pour que, du moins en passant, l’ombre de Pierre les couvrît ». Si l’ombre de son corps pouvait alors porter secours, combien plus secourable est à présent la plénitude de sa puissance ? S’il se dégageait de lui un fluide salutaire aux suppliants quand il passait sur la terre, quel surcroît d’influence il a maintenant au ciel où il demeure ! Ne soyons pas étonnés que toutes les Églises chrétiennes regardent comme étant plus précieux que l’or, le fer des chaînes dont il a été chargé. Si l’ombre de Pierre a fait autant de bien aux malades, en passant auprès d’eux, combien plus efficace est sa chaîne à ceux qui se l’appliquent ? La fugitive apparence d’une vaine image put avoir en elle la propriété de guérir : combien plus de vertu les chaînes dont il a souffert n’ont-elles pas emprunté à ses membres, où le poids du fer les a imprimées ? Pierre avant son martyre eut tant de pouvoir pour soulager ceux qui le suppliaient : combien plus de puissance a-t-il après son triomphe ? Heureux liens qui, de menottes et d’entraves, devaient se changer en couronne, et qui ont fait de l’Apôtre un Martyr ! Heureuses chaînes qui ont mené leur captif jusqu’à la croix du Christ, moins pour lui faire subir la mort, que pour l’immortaliser.

    Sans doute a-t-on en fait supprimé cette fête parce qu'on ne croit plus qu'il s'agisse des chaînes de saint Pierre, malgré les nombreux miracles qu'elles ont accompli, du témoignage même de saint Augustin parmi tant d'autres.

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  • Saint Ignace de Loyola

    Parler rapidement des mérites d’Ignace envers le catholicisme est impossible. Son nom en effet résume à lui seul tout l’immense travail entrepris par l’Église au XVIe siècle, pour opposer à la réforme luthérienne une véritable réforme catholique, si bien que la liturgie elle-même affirme, à la louange d’Ignace, que la Providence l’envoya pour l’opposer à Luther.

    Maintenant encore, le nom de Loyola et de la Compagnie fondée par lui sont synonymes de vie et d’action catholique au sens le plus élevé du mot ; en sorte que les adversaires, tout en affectant de la tolérance envers d’autres congrégations religieuses, nourrissent une haine irréductible contre l’institut d’Ignace, où ils reconnaissent à bon droit l’armée la plus aguerrie et la plus invulnérable que la Providence ait placée sous le commandement immédiat du Vicaire de Jésus-Christ. On peut dire de la Compagnie de Jésus ce que l’Évangile dit du Divin Sauveur ; persécutée dès sa naissance, supprimée puis rétablie, objet d’une haine infinie pour les uns et de confiance illimitée pour les autres, pertransiit benefaciendo et sanando [Il passa faisant le bien et bénissant]. Ainsi en était-il il y a trois siècles, ainsi en est-il aujourd’hui, ainsi en sera-t-il toujours dans l’avenir.

    Bienheureux cardinal Schuster.

    On peut être bienheureux sans être bon prophète… Le pauvre, s’il revenait…

  • 8e dimanche après la Pentecôte

    Suscépimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui : secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terræ : justítia plena est déxtera tua.
    Magnus Dóminus, et laudábilis nimis : in civitáte Dei nostri, in monte sancto ejus.

    Nous avons reçu, ô Dieu, votre miséricorde au milieu de votre temple : comme votre nom, ô Dieu, ainsi votre louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre : votre droite est pleine de justice.
    Le Seigneur est grand et digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur sa sainte montagne.

    A priori on pourrait croire que l’introït de ce dimanche a été repris de la messe de la Purification de la Sainte Vierge. En réalité c’est le contraire. Cette messe du 8e dimanche après la Pentecôte existait avant que Rome n’adopte la fête orientale de l’Hypapante : la Rencontre (du Seigneur avec son peuple représenté par Siméon). C’est nous, désormais, le peuple, qui recevons le Seigneur de miséricorde au milieu de son temple.

    Ce verset du psaume 47 est utilisé en de multiples occasions. Saint Benoît prescrit aux moines de le dire après que l’Abbé a lavé les mains et les pieds des hôtes. C’est aussi ce que les assistants répondent après que l’évêque a imposé la mitre au nouvel Abbé.

    Il était dit aussi dans certaines communautés religieuses lors de la réception des novices, en réponse à celui (du psaume 118) que le ou la novice venait de dire (comme l’évêque ci-dessus, et comme les novices continuent de le dire en prononçant leurs vœux) : « Suscipe me, Domine, secundum eloquium tuum, et vivam ; et non confundas me ab exspectatione mea. » (Reçois–moi, Seigneur, selon ta parole, et je vivrai ; et tu ne me frustreras pas de mon attente. »

    8th Sunday after Pentecost: Introit from Corpus Christi Watershed on Vimeo.

    Sur l'évangile de ce dimanche, voir ici.

    Sur l'antienne de communion, voir ici.

  • Sainte Marthe

    Les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ qu’on vient de lire dans l’Évangile nous rappellent qu’il est une seule chose à laquelle nous devons tendre, au milieu des soins multiples de ce monde. Or, nous y tendons comme étrangers et non comme citoyens ; comme étant sur la route et non dans la patrie ; comme aspirants et non comme possesseurs. Tendons-y néanmoins, et tendons-y sans paresse et sans relâche, afin de pouvoir y arriver un jour.

    Marthe et Marie étaient deux sœurs, sœurs non seulement par la chair, mais par la religion ; toutes deux s’attachèrent au Seigneur ; toutes deux d’un commun accord, servirent le Seigneur pendant les jours de sa vie mortelle. Marthe le reçut comme on reçoit un hôte, mais c’était néanmoins la servante qui recevait son Seigneur, une malade qui recevait son Sauveur, la créature qui recevait son Créateur. Elle le reçut pour lui donner la nourriture du corps, et pour recevoir de lui la nourriture de l’âme. Car le Seigneur a voulu prendre la forme d’esclave, et, dans cette forme d’esclave, être nourri par ses serviteurs, et cela par bonté, non par nécessité.

    Ce fut en effet de sa part une bonté que de se laisser nourrir. Sans doute, il avait une chair sujette à la faim et à la soif ; mais ignorez-vous que des Anges lui apportèrent à manger, quand il eut faim au désert ? Si donc il a voulu être nourri, ç’a été dans l’intérêt de quiconque le nourrissait. Et quoi d’étonnant, puisqu’il a fait ainsi du bien à une veuve, en nourrissant par elle le saint Prophète Élie, qu’il avait nourri auparavant par le ministère d’un corbeau ? Est-ce qu’il est impuissant à nourrir le Prophète, pour l’envoyer à cette veuve ? Nullement, mais il se proposait de bénir la pieuse veuve, en raison du service rendu à son serviteur. C’est donc ainsi que le Seigneur fut reçu en qualité d’hôte ; « lui qui est venu chez lui, et les siens ne l’ont point reçu, mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir d’être faits enfants de Dieu », adoptant des esclaves et les prenant pour enfants, rachetant des captifs et les faisant ses cohéritiers.

    Qu’il n’arrive cependant à aucun de vous de dire : ô bienheureux ceux qui ont eu l’honneur de recevoir le Christ dans leur propre maison ! Garde-toi de te plaindre et de murmurer de ce que tu es né à une époque où tu ne vois plus le Seigneur en sa chair. Il ne t’a point privé de cette faveur. « Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces plus petits d’entre mes frères, dit-il, c’est à moi que vous l’avez fait ». En voilà assez sur la nourriture corporelle à offrir au Seigneur. Quant à la nourriture spirituelle qu’il nous donne, nous en dirons quelques mots à l’occasion.

    Saint Augustin, lecture des matines avant 1960

  • Saints Nazaire et Celse, Victor Ier, et Innocent Ier

    Sanctórum tuórum nos, Dómine, Nazarii, Celsi, Vittóris et Innocéntii conféssio beáta commúniat : et fragilitáti nostræ subsídium dignánter exóret. Per Dóminum.

    « Que la sainteté de Nazaire, Celse, Victor et Innocent couronnée par vous, Seigneur, nous défende, et implore votre secours pour notre faiblesse ». Nous avons traduit par sainteté couronnée au ciel les mots du Missel : confessio beata. Durant la vie présente, nous devons tous confesser notre foi à travers les mille croix, contradictions et peines qui composent notre vie. Si cette confession n’est pas sanglante, elle n’en est pas moins douloureuse et elle est, en son temps, glorifiée par Dieu dans le ciel.

    Dom Pius Parsch