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Liturgie - Page 2

  • Tria sunt munera

    Répons de l’Epiphanie tel qu’il est chanté à la cathédrale de Cologne (tombeau des rois mages) :

    ℟. Tria sunt munera pretiosa quae obtulerunt magi Domino in die ista, et habent in se divina mysteria : * in auro ut ostendatur Regis potentia, in thure Sacerdotem magnum considera, et in myrrha Dominicam sepulturam.

    . Reges Tharsis et insulae munera offerent, reges Arabum et Saba dona adducent.

    ℟. In auro ut ostendatur Regis potentia, in thure Sacerdotem magnum considera, et in myrrha Dominicam sepulturam.

    . Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.

    ℟. In auro ut ostendatur Regis potentia, in thure Sacerdotem magnum considera, et in myrrha Dominicam sepulturam.

    Ils sont trois, les précieux présents que les mages offrirent au Seigneur en ce jour, et ils ont en eux des mystères divins : dans l’or, afin de montrer la puissance royale, dans l’encens considère le Grand Prêtre, et dans la myrrhe la sépulture du Seigneur. Les rois de Tharsis et des îles offriront des présents, les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons. (Cette dernière phrase est un verset du psaume 71.)

  • Illuminans, Altissime

    Hymne de la liturgie ambrosienne, chantée à la cathédrale de Milan en l’Epiphanie de 2009.

    Illuminans, Altissime,
    micantium astrorum globos,
    pax vita lumen veritas,
    Jesu, fave precantibus;

    Toi qui illumines, ô Très-Haut, les globes des astres éclatants, paix, vie, lumière, vérité, Jésus, sois propice à ceux qui te prient.

    seu stella partum virginis
    caelo micans signaverit,
    et hoc adoratum die
    praesepe magos duxerit;

    Soit que l’étoile étincelante ait annoncé au ciel l’enfantement de la Vierge, et conduit les mages à la crèche en ce jour pour t’adorer,

    seu mystico baptismate
    fluenta Jordanis, retro
    conversa quondam tertio,
    praesente sacraris die;

    Soit que tu aies sacré ce jour par le baptême mystique dans les flots du Jourdain, qui jadis remonta trois fois,

    vel hydriis plenis aquae
    vini saporem infuderis;
    hausit minister conscius
    quod ipse non impleverat.

    Ou que tu aies versé le goût du vin dans les jarres pleines d’eau ; le serviteur a puisé, sachant que ce n’était pas lui qui l’avait fait,

    Aquas colorari videns,
    inebriare flumina,
    elementa mutata stupet
    transire in usus alteros.

    Il est frappé de stupeur, voyant les eaux colorées, les flots s’enivrer, les éléments changés passer en un autre usage.

    Sic quinque milibus virum
    dum quinque panes dividunt,
    edentium sub dentibus
    in ore crescebat cibus.

    Ainsi lorsque cinq pains se divisent pour 5.000 hommes, la nourriture croissait dans la bouche sous les dents de ceux qui mangeaient.

    Multiplicabatur magis
    dispendio panis suo;
    quis haec videns mirabitur
    juges meatus fontium?

    La pain se multipliait davantage à ses propres dépens ; qui voyant cela s’étonnerait du flux perpétuel des sources ?

    Inter manus frangentium
    panis rigatur profluus;
    intacta, quae non fregerant,
    fragmenta subrepunt viris.

    Entre les mains de ceux qui le rompent le pain coule abondamment ; des fragments intacts, qu’ils n’ont pas rompus, se glissent sous les hommes.

    Jesu, tibi sit gloria,
    qui apparuisti gentibus,
    cum Patre et Almo Spiritu
    in sempiterna saecula.

    Jésus, à toi soit la gloire, toi qui as apparu aux païens, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles éternels.

  • Epiphanie

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    Graduel de Bologne, XIe siècle, codex 123 de la Bibliothèque Angelica de Rome.

    Ecce, advénit dominátor Dóminus : et regnum in manu ejus et potéstas et impérium.
    Deus, judícium tuum Regi da : et iustítiam tuam Fílio Regis.

    Voici que vient le Seigneur Maître ; le pouvoir est dans sa main, la puissance et l’empire.
    O Dieu, donnez au roi votre jugement et au fils du roi votre justice.

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    Solesmes, 1958.

  • Saint Convoyon

    Je ne sais pas si c’est la faute d’Aloïs, mais chaque année je suis stupéfait de découvrir qu’il n’y a plus de vigile de l’Epiphanie (double de deuxième classe dans mon bréviaire).

    Dans mon diocèse est arrivé ce jour saint Convoyon, transféré du 16 janvier où il faisait de l'ombre au pape Marcel... L’an dernier j’avais donné la vie du saint abbé de Redon par Albert le Grand. Voici ce qu’on trouve sur lui dans l’Histoire universelle de l’Eglise catholique de l’abbé Rohrbacher, tome douzième (1845).

    Saint Convoyon était né dans le diocèse de Vannes, et fut archidiacre de eette église pendant quelques années, sous l'évêque Rainar. Touché du désir de la solitude, il s'associa cinq autres ecclésiastiques de la même église, la plupart prêtres, et obtint d'un seigneur nommé Ratvil, le lieu de Redon, qui par suite est devenu une ville. En 831, un ermite nommé Gerfroi, qui avait appris à Fleuri, sur Loire, la pratique de la règle de saint Benoit, l'enseigna à saint Convoyon et à ses compagnons; et comme ce nouvel établissement était troublé par quelques envieux, le saint homme envoya un de ses confrères au duc Nomenoi, alors soumis aux Francs. Il vint au monastère et y donna une terre au nom de Louis le Débonnaire, qui, la même année 834, confirma et augmenta la donation. Depuis ces marques de protection, le monastère de Saint-Sauveur de Redon augmenta considérablement : il s'y fit des miracles, entre autres cetui-ci. Un aveugle nommé Coislin, natif de Poitou, ayant été en divers lieux saints pour recouvrer la vue, fut averti en songe d'aller à Redon. Etant arrivé, il se prosterna devant saint Convoyon et lui dit : Saint prêtre, ayez pitié de moi, et faites-moi recouvrer la vue, que j'ai perdue depuis long-temps. Le saint homme, après avoir gardé long-temps le silence, lui dit : Taisez-vous, mon frère, taisez-vous; il ne nous appartient pas d'éclairer les aveugles. Comme il persistait, le saint abbé le fit mener au logis des pauvres; puis étant allé à l'église de SaintSauveur, il assembla tous les prêtres du monastère, et leur dit: Allez promptement vous revêtir des habits sacrés, et offrez à Dieu le sacrifice. Ils le firent, et l'abbé dit ensuite au moine qui te servait et qui a écrit cette histoire : Apportez promptement le bassin d'airain où les prêtres lavent leurs mains après le sacrifice. Et quand ils les eurent lavées, it lui dit : Portez cette eau à l'aveugle, afin qu'il s'en lave les yeux et le visage, et dites-lui : Qu'il te soit fait selon ta foi. Quand l'aveugle se fut lavé de cette eau, il sortit de ses yaux et de son nez du sang qui lui arrosa le visage, et aussitôt il recouvra la vue et demeura encore trois ou quatre jours dans le monastère, à louer Dieu.

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  • Nesciens Mater Virgo virum

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    Antiphonaire de la cathédrale de Płock (Pologne), XVe siècle

    Répons des matines :

    ℟. Nésciens Mater Virgo virum péperit sine dolóre
    * Salvatórem sæculórum, ipsum Regem Angelórum, sola Virgo lactábat úbere de cælo pleno.
    . Domus pudíci péctoris templum repénte fit Dei: intácta nésciens virum, verbo concépit Fílium.
    ℟. Salvatórem sæculórum, ipsum Regem Angelórum, sola Virgo lactábat úbere de cælo pleno.

    Sans connaître d’homme la Mère Vierge a enfanté sans douleur le Sauveur des siècles, le Roi des Anges en personne, la Vierge seule l’allaitait d’un sein plein de ciel. La demeure d’un chaste sein est soudain devenu le temple de Dieu, l’intacte qui ne connaissait pas d’homme a conçu le Fils par la parole, le Sauveur des siècles, le Roi des Anges en personne, la Vierge seule l’allaitait d’un sein plein de ciel.

    Motet basé sur le plain chant par « Byttering » (assimilé par certains au chanoine Thomas Byteryng), compositeur dont on connaît deux Gloria, un Credo, ce motet, et une autre pièce vocale pour le mariage de Henry V et Catherine de Valois en 1420.

  • Sainte Geneviève

    « Prose » de l’ancien office de Paris, trouvé sur le site de la Schola Sainte-Cécile qui en donne aussi la musique.

    Genovéfæ solémnitas
    Solémne parit gáudium.
    Cordis erúmpat púritas
    In laudis sacrifícium.

    La solennité de Geneviève inspire une joie solennelle : que la pureté du cœur s’épanche en sacrifice de louange.

    Felix ortus infántulæ,
    Teste Gérmano Præsule.
    Quod prævídit in spíritu,
    Rerum probátur éxitu.

    Heureuse fut la naissance de cette petite enfant, atteste l’évêque Germain ; ce qu’il vit d’avance en esprit, les événements le prouvèrent.

    Hic ad pectus virgíneum,
    Pro pudóris signáculo,
    Nummum suspéndit æneum,
    Insígnem crucis título.

    Sur le cœur de la vierge, en témoignage de sa pureté, il suspend une monnaie de bronze marquée du signe de la croix.

    Genovéfam divínitus
    Obláto dotat múnere,
    In templum Sancti Spíritus,
    Sub Christi ditans fœdere.

    Il dote Geneviève du présent que Dieu lui offre ; elle devient le temple du Saint-Esprit par une splendide alliance avec le Christ.

    Insóntem manu fériens,
    Mater privátur lúmine,
    Matri Virgo compátiens
    Lucis dat usum prístinæ.

    Sa mère perd la vue en frappant l’innocente enfant ; la vierge compatissante rend l’usage de la vue à sa mère.

    Cælésti duce prævio
    Cælos lustrat et Tártara,
    Civésque precum stúdio
    Servat a gente bárbara.

    Guidée par un esprit céleste, elle parcourt le ciel et l’enfer ; par ses prières, elle préserve ses concitoyens de l’invasion barbare.

    Divíno diu múnere
    Sitim levat artíficum ;
    Confráctum casu mísero
    Matri resígnat únicum.

    Longtemps par un prodige divin, elle apaise la soif des ouvriers ; un fils unique se brise les membres dans un accident : elle le rend à sa mère.

    Ad primam precem Vírginis
    Contremíscunt dæmónia,
    Pax datur energúmenis,
    Spes ægris, reis vénia.

    A peine la vierge s’est-elle mise en prière que les démons tremblent, les possédés retrouvent la paix, les malades l’espérance, les coupables le pardon.

    In ejus manu cérei
    Reaccendúntur cælitus :
    Per hanc in sinus álvei
    Redit annis coércitus.

    En sa main, les cierges se rallument miraculeusement ; à sa voix un fleuve débordé rentre dans son lit.

    Ignem sacrum refrígerat,
    Post mortem vivens méritis,
    Quæ prius in se vícerat,
    Æstus intérni fómitis.

    Même après sa mort, par ses mérites, elle guérit du feu ardent, elle qui avait jadis éteint en son âme le feu des passions.

    Morti, morbos, dæmónibus
    Et eleméntis ímperat,
    Sed Genovéfa précibus
    Natúræ leges súperat.

    Elle commande à la mort, à la maladie, aux démons, aux éléments ; par ses prières, Geneviève dépasse les lois de la nature.

    Operátur in párvulis
    Christi virtus magnália :
    Christo, pro tot miráculis,
    Laus frequens, jugis glória.
    Amen. Alleluia.

    La puissance du Christ opère de grandes choses chez les petits. Au Christ, pour tous ces miracles, louange éternelle, gloire sans fin. Amen. Alléluia.

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    Pendentif-reliquaire de la fin du XIVe siècle, réputé avoir été offert par Louis XIV à Madame de Maintenon (musée de Cluny). On y voit l'ange qui rallume le cierge qu'un démon vient d'éteindre.

  • Le Très Saint Nom de Jésus

    Introït :

    In nómine Iesu omne genu flectátur, cæléstium, terréstrium et infernórum : et omnis lingua confiteátur, quia Dóminus Iesus Christus in glória est Dei Patris.

    Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père.

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    Par la schola Ereski de Saint-Sébastien (Donosti en basque) :

  • Octave de la Nativité

    Allelúia, allelúia. Multifárie olim Deus loquens pátribus in Prophétis, novíssime diébus istis locútus est nobis in Fílio. Allelúia.

    Allelúia, allelúia. Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils. Alléluia.

    L’alléluia (dont le verset est la première phrase de l’épître aux Hébreux) est la seule pièce qui ne soit pas reprise de la messe du jour de Noël.

    Voici ce qu’en dit dom Ludovic Baron :

    Comme toutes les mélodies du VIIe mode, elle est caractérisée par de grand intervalles, par sa teneur élevée sur la dominante, par la variété de ses rythmes, la grâce de son mouvement, l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode et au-delà, et surtout par l’admirable composition de ses phrases qui s’allongent, au gré de l’inspiration sans qu’on ait jamais l’impression de l’effort, de l’excès ou du forcé. Elle est un chef-d’œuvre de mélodie libre dans le genre improvisation. Tout cela, qui lui donne une vie intense, contribue très heureusement à exprimer l’attitude de l’âme qui se laisse aller toute à la joie. Tous les mots en sont imprégnés. Quelques-uns, caractéristiques, le sont plus que d’autres : Déus, prophétis, diébus istis et nobis surtout. Filio suo n’est qu’une réplique de l’Alleluia, mais, placé soudain dans le grave, il évoque admirablement la reconnaissance émue de l’âme devant l’amour du Père, qui est allé jusqu’à nous donner son Fils.

    Et le voici par les maîtres de chœur réunis à Fontevraud l’été 1990 sous la direction de dom Louis Le Feuvre :

     
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    • Les subimes antiennes du jour, ici.

  • La suppression de la commission Ecclesia Dei

    Une rumeur insistante évoque la suppression de la commission Ecclesia Dei par François. Ce serait, ou plutôt ce sera, une catastrophe pour les communautés régies par cette commission, car elles seront impitoyablement détruites par François au moindre prétexte. Comme on l’a vu et on le voit détruire les communautés d’esprit traditionnel qui ne bénéficient pas de la protection de la commission. Et après la suppresssion de la commission viendra la suppression de Summorum Pontificum... et le retour à la persécution de Paul VI... Marco Tosatti a écrit un article sur ce qu’il sait ou croit savoir de la question. Une de mes lectrices vient de le traduire et de me l’envoyer. Le voici.

    Le motu proprio qui signe la fin d’Ecclesia Dei en tant que Commission indépendante, et son intégration comme un simple bureau au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi est prêt, signé par le pontife, et aurait dû être publié jeudi dernier. Nous ignorons les raisons pour lesquelles le document n'a pas encore été publié.

    C'est un texte de style juridique, plutôt court, dans lequel il est dit que l'urgence pastorale liée à la célébration de Vetus Ordo, et qui a conduit il y a trente ans à la création de la Commission Ecclesia Dei est venu à cesser, et par conséquent aussi, la Commission dans sa forme actuelle n'a plus de raison d'exister.

    Rappelons-nous que le motu proprio de Jean-Paul II, du 2 juillet 1988, est né en réaction à la consécration de quatre évêques par Mgr Marcel Lefebvre. Certains de ses pouvoirs et fonctions ont été modifiés par Benoît XVI en 2009. Le document de Jean-Paul II donnait à la Commission le droit d’ « accorder à toute personne le demandant, l'utilisation du Missel romain selon l'édition typique en vigueur en 1962, et ceci selon les règles déjà proposées par la Commission des cardinaux » institué à cet effet « en décembre 1986 après avoir informé l'évêque diocésain ».

    En outre, la Commission a été le dernier recours pour les fidèles qui ont demandé la célébration de la Messe selon la forme extraordinaire, et n'ont pas eu une réponse positive soit de leur pasteur ou de leur évêque.

    En outre, à la suite du motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI (2007), la Commission veille à son application étudie les mises à jour possibles dont les textes liturgiques de 1962 ont besoin: par exemple la présence de nouveaux Saints dans le calendrier. Nous devons maintenant voir combien, et lesquels de ces pouvoirs peuvent continuer à être exercés par ce qui sera le nouveau "bureau" Ecclesia Dei au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi; et dont le dernier référent, évidemment, ne sera plus le Secrétaire responsable, comme auparavant, mais le préfet à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    Et il y a un doute plus que légitime dans la déclaration initiale qui stipule que l'urgence pastorale liée au Vetus Ordo serait terminée. À une époque où, lors de l'Assemblée de la Conférence épiscopale italienne, des voix d'évêques et de spécialistes refusent la validité juridique du motu proprio "Summorum Pontificum" de Benoît XVI, et au moment où des évêques contrarient directement ou de manière sournoise la célébration de la messe selon le Vetus Ordo, dire que cette urgence pastorale n'existe pas, peut apparaître un peu risqué.

  • 7e jour dans l’octave de la Nativité

    Séquence du bienheureux Notker (840-912), abbaye de Saint-Gall. Traduction de dom Guéranger.

    Eia, recolamus
    Laudibus piis digna
    Hujus diei carmina,
    In qua nobis lux oritur
    Gratissima.

    Oui, reprenons nos cantiques pieux, et qu’ils soient dignes de ce jour où sur nous se lève la plus chère lumière.

    Noctis inter nebulosa,
    Pereunt nostri criminis
    Umbracula.

    Au milieu des ténèbres de la nuit, s’effacent les ombres de nos péchés.

    Hodie saeculo Maris Stella
    Est enixa
    Novae salutis gaudia.

    Aujourd’hui, l’Étoile de la mer enfante au monde les joies d’un salut nouveau :

    Quem tremunt barathra,
    Mors cruenta pavet ipsa,
    A quo peribit mortua.

    Celui qui fait frémir l’enfer qui frappe de terreur l’affreuse mort ; car elle doit périr sous ses coups.

    Gemit capta
    Pestis antiqua
    Coluber lividus perdit spolia.

    L’antique peste gémit captive ; le dragon livide a perdu ses dépouilles.

    Homo lapsus,
    Ovis abducta,
    Revocatur ad aeterna
    Gaudia.

    L’homme tombé, brebis égarée, est ramené aux joies éternelles.

    Gaudent in hoc die agmina
    Angelorum caelestia,
    Quia erat drachma décima
    Perdita,
    Et est inventa.

     Jour d’allégresse pour les célestes bataillons des Anges ;  Car elle était perdue, la dixième drachme, et la voilà retrouvée.

    O proles Nimium beata,
    Qua redempta
    Est natura.
    Deus, qui creavit omnia,
    Nascitur ex femina.

    O heureux Enfant ! qui rachètes la nature humaine ! Le Dieu qui a tout créé, prend naissance de la femme.

    Mirabilis natura,
    Mirifice induta,
    Assumens quod non erat,
    Manens quod erat.

    Sa nature admirable se revêt de chair par un merveilleux prodige ; elle prend ce qu’elle n’était pas ; elle demeure ce qu’elle était.

    Induitur natura
    Divinitas humana :
    Quis audivit talia,
    Dic, rogo, facta ?

    La divinité se couvre de la nature humaine ; dites-moi si jamais vous ouïtes un tel prodige.

    Quaerere venerat
    Pastor pius quod perierat
    Induit galeam,
    Certat ut miles armatura.

    Le bon Pasteur venait chercher ce qui avait péri. Il prend le casque, il combat armé comme un soldat.

    Prostratus
    In sua propria
    Ruit hostis spicula.

    Terrassé, l’ennemi tombe sur son propre dard.

    Auferuntur tela
    In quibus fidebat,
    Divisa sunt illius spolia,
    Capta praeda sua.

    On lui arrache ses armes dans lesquelles il se confiait ; ses dépouilles sont livrées en partage, sa proie lui est ravie.

    Christi pugna
    Fortissima
    Salus nostra est vera,

    C’est la forte bataille du Christ, c’est notre salut véritable,

    Qui nos suam
    Ad patriam
    Duxit post victoriam.

    Du Christ qui, après sa victoire, nous mène en sa patrie :

    In qua sibi laus est
    Aeterna. Amen.

    Là soit à lui louange éternelle. Amen.