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Liturgie - Page 2

  • Dallas : ils sont plus de 1000 à la messe traditionnelle

    La paroisse de la Fraternité Saint-Pierre à Dallas, Mater Dei, a lancé une campagne pour récolter des fonds afin de construire une église. Depuis 1991 (c’était le premier apostolat de la FSSP en Amérique du Nord), la communauté a déjà déménagé deux fois en raison de sa croissance, mais sa troisième chapelle est encore trop petite. Malgré les désormais quatre messes chaque dimanche, célébrées par le curé et ses trois vicaires. Quatre messes qui totalisent en moyenne 1.100 fidèles. Une cinquième messe est prévue…

    La Fraternité Saint-Pierre a l’intention de construire une église de 900 places assises, pour un coût de 4,5 millions de dollars. L’objectif est de récolter la moitié de cette somme, car la politique du diocèse est de lancer les travaux quand il a la moitié des fonds nécessaires.

  • Maternité de la très sainte Vierge Marie

    Agni Parthene (Vierge pure), par les moines de Simonopetra (Mont Athos).

    Ou ici, avec le texte grec qui défile, mais certaines icônes ne sont pas dignes de ce chef-d'œuvre.

     

    Ô Vierge Pure, Souveraine, Immaculée et Mère de Dieu,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Ô Vierge Mère Reine, Toison couverte de rosée,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Plus élevée que les cieux, plus brillante que le soleil,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Ô joie des vierges surpassant les chœurs angéliques,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Plus splendide que les cieux, plus pure que la lumière,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Plus sainte que les multitudes des armées célestes,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    2

    Marie toujours Vierge, la Souveraine de l'univers,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Épouse Vierge Immaculée, très sainte Reine toute pure,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Marie Épouse Souveraine, la Source de notre joie,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Ô jeune Vierge vénérable, très sainte Mère Souveraine,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Plus vénérable que les Chérubins et combien plus glorieuse

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Que les Séraphins incorporels, plus élevée que les Trônes.

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    3

    Réjouis-Toi, chant des Chérubins, réjouis-Toi, hymne des Anges,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Cantique des Séraphins. Réjouis-Toi, joie des Archanges,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Réjouis-Toi, Paix et Joie. Réjouis-Toi, Port du Salut,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Du Verbe sainte Chambre nuptiale, Fleur d'incorruptibilité,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Réjouis-Toi, Paradis de joie de l'éternelle vie,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Réjouis-Toi, Arbre de vie et Source d'immortalité,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    4

    Je Te prie, ô Souveraine, je T'invoque maintenant,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Je Te prie, ô Reine du monde, j'implore Ta grâce,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Ô Vierge pure, vénérable, très sainte Souveraine,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Avec ferveur je Te supplie, ô Temple sanctifié,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Secours-moi, délivre-moi de celui qui me fait la guerre,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

    Et fais de moi un héritier de la Vie éternelle,

    Réjouis-Toi, Épouse inépousée

  • Saint François de Borgia

    « Étant un jour en voyage avec un vieux religieux, il dut coucher sur la paille avec son compagnon, dans une misérable hôtellerie. Toute la nuit, le vieillard ne fit que tousser et cracher ; ce ne fut que le lendemain matin qu’il s’aperçut de ce qui lui était arrivé ; il avait couvert de ses crachats le visage et les habits du Saint. Comme il en témoignait un grand chagrin : "Que cela ne vous fasse point de peine, lui dit François, car il n’y avait pas un endroit dans la chambre où il fallût cracher plutôt que sur moi." Ce trait peint assez un homme aux vertus héroïques. »

    L’anecdote, ainsi racontée par l’abbé Jaud, prend un relief tout particulier quand on sait que le saint en question est François de Borgia, qui avant d’être jésuite et général des jésuites (le troisième après saint Ignace) avait été l’un des principaux personnages de la cour de Charles Quint, grand écuyer de l’impératrice, grand veneur de l’empereur, marquis de Lombay, duc de Gandie, vice-roi de Catalogne... (On dit que la Catalogne, mal gouvernée, était alors dans une situation de quasi rébellion, et qu’en quatre ans François de Borgia y rétablit la paix…)

    Il fut à l’origine des premières missions jésuites en Amérique latine.

    En 1571, saint Pie V l’adjoint au cardinal Alexandrini dans la légation chargée de rassembler les princes chrétiens contre les Turcs. Il accomplit sa mission par obéissance, alors qu’il est épuisé. Il meurt à Rome moins d’un an après la victoire de Lépante, à laquelle il a donc contribué.

    François de Borgia était arrière-petit-fils du pape Alexandre VI par son père, et par sa mère petit-fils de l’archevêque de Saragosse qui était lui-même fils illégitime du roi Ferdinand II d’Aragon…

    En 1607 son petit-fils François duc de Lerme, Premier ministre de Philippe III, et son arrière-petit-fils le cardinal Borgia, ambassadeur d’Espagne auprès du Saint-Siège, demandèrent sa béatification. L’une des prédictions de François de Borgia avait été que son petit-fils François deviendrait le premier homme du royaume, ce qui contribua à sa béatification qui eut lieu en 1624.

    Il sera canonisé en 1670 par le pape Clément X, qui favorisera quatre ans plus tard l’élection de Jean Sobieski comme roi de Pologne en raison de ses victorieux combats contre les Turcs...

    Ses reliques ont disparu dans l’incendie du couvent des jésuites de Madrid, le 11 mai 1931, moins d’un mois après la proclamation de la république : de farouches militants « républicains » incendièrent une douzaine de couvents dans toute l’Espagne ce jour-là, et pour toute réaction gouvernementale Manuel Azaña, qui n’était encore que ministre de la Guerre, déclara qu’il préférait voir brûler toutes les églises d’Espagne que de laisser toucher à un cheveu d’un républicain.

  • Saint Denis

    Il fut un temps où non seulement on chantait à Paris la messe de saint Denis, mais où l’on prenait en outre le temps de chanter cette longue « prose » entre l’alléluia et l’évangile…

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    Extrait du « Livre d’église latin-françois, suivant le bréviaire de Paris, avec traduction des psaumes, des épîtres, évangiles, etc., par M. Eugène de Genoude, chevalier de Saint-Maurice et de Saint-Lazare », 1822. Il s'agit de la prose telle qu'elle figurait dans les missels de Paris à partir du missel de Mgr de Harlay (1684). Elle "corrige" le texte originel qui était d'Adam de Saint-Victor, d'une façon qui fit hurler dom Guéranger dans ses Institutions liturgiques (chapitre 17), surtout parce qu'on gommait l'identification qui avait été faite au moyen âge entre saint Denis de Paris et saint Denys l'Aréopagite.

    La schola Sainte-Cécile a publié en 2008 toutes les partitions de la messe parisienne de saint Denis. Celle de la prose est ici.

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  • 18e dimanche après la Pentecôte

    Antienne de communion

    Tóllite hóstias, et introíte in átria eius : adoráte Dóminum in aula sancta eius.

    Prenez des « hosties » et entrez dans ses parvis ; adorez le Seigneur dans son saint temple.

    Dans le psaume 95, avant ce « tollite hostias », il y a trois fois « Afferte » : apportez. Apportez au Seigneur, patries des peuples, apportez au Seigneur la gloire et l’honneur, apportez au Seigneur la gloire de son nom, prenez des victimes et entrez dans ses parvis…

    Hostia, c’est proprement la victime offerte en sacrifice. Comme le remarque le cardinal Schuster, dans les sacrifices du Temple, c’étaient les fidèles qui apportaient les offrandes ; dans le Sacrifice de la Nouvelle Alliance, c’est la victime qui s’offre à nous. La victime immolée sur l’autel, d’où le sens chrétien du mot « hostie ». Et c’est le sens qu’il a dans ce chant de communion : allez recevoir l’hostie et entrez dans la communion trinitaire.

    La mélodie est du 4e mode. Mais elle est transposée à la quarte supérieure, avec donc une finale en si et non en mi. Cette transposition a pour seul motif, me semble-t-il, d’éviter que la dernière note de « Dominum » soit un si, qui devrait être bémolisé. Il y a cependant au moins un manuscrit (graduel de Klosterneuburg, université de Graz) qui ne transpose pas et indique un si bémol.

    Cette descente sur « Dominum » est d’ailleurs tout à fait remarquable. Il est habituel que la mélodie fasse une révérence sur le nom du Seigneur, mais ici c’est une grande métanie, une prosternation (pour recevoir l’hostie), soulignée par le fait que chaque première note des clivis (groupe de deux notes) reprend la note précédente, et l’allonge.

    Puis la mélodie remonte et brode tout doucement sur le demi-ton si-do, contemplant le Seigneur dans son temple qui est mon corps, pour s’évanouir sur un si qui se prolonge dans l’éternité.

  • Notre Dame du Rosaire

    Les hymnes de l’office de Notre Dame du Rosaire ont été composés en 1757 par le P. Thomas Augustin Ricchini, important dominicain de son temps, collaborateur de Benoît XIV. Ces hymnes furent d’abord insérées dans le bréviaire dominicain, puis dans le bréviaire romain en 1888. Les hymnes des premières vêpres, des matines et des laudes exposent les 15 mystères du Rosaire en ses trois chapelets : joyeux, douloureux, glorieux. On peut s'en servir pour méditer le Rosaire.

    Cæléstis aulæ Núntius,
    arcána pandens Núminis,
    plenam salútat grátia
    Dei Paréntem Vírginem.

    De la céleste cour, le Messager,
    découvrant les secrets divins,
    salue pleine de grâce
    la Vierge Mère de Dieu.

    Virgo propínquam sánguine
    matrem Ioánnis vísitat,
    qui, clausus alvo, géstiens
    adésse Christum núntiat.

    La Vierge, à sa cousine,
    mère de Jean, rend visite;
    et lui, au sein clos, tressaillant,
    dénonce le Christ présent.

    Verbum, quod ante sǽcula
    e mente Patris pródiit,
    e Matris alvo Vírginis,
    mortális Infans, náscitur.

    Le Verbe qui, avant les siècles,
    a procédé de la pensée du Père,
    du sein d’une Mère Vierge,
    naît enfant mortel.

    Templo puéllus sístitur,
    legíque paret Légifer,
    hic se Redémptor páupere
    prétio redémptus ímmolat.

    Au Temple, l’enfançon est présenté,
    à la Loi, obéit le Législateur;
    ici le Rédempteur s’immole,
    racheté au prix du pauvre.

    Quem iam dolébat pérditum,
    mox læta Mater ínvenit
    ignóta doctis méntibus
    edisseréntem Fílium.

    Celui qu’elle pleurait perdu,
    la Mère a bientôt la joie de le trouver.
    Ce qu’ignoraient de doctes esprits,
    son Fils le leur expliquait.

    *

    In monte olívis cónsito
    Redémptor orans prócidit,
    mæret, pavéscit, déficit,
    sudóre manans sánguinis.

    Sur le mont planté d’oliviers,
    le Rédempteur priant est prosterné,
    il est triste, effrayé, défaillant,
    sa sueur coule en gouttes de sang.

    A proditóre tráditus
    raptátur in pœnas Deus,
    durísque vinctus néxibus,
    flagris cruéntis creditur.

    Par un traître livré,
    Dieu est traîné au supplice,
    lié de dures chaînes
    il est fouetté jusqu’au sang.

    Intéxta acútis séntibus,
    coróna contuméliæ,
    squalénti amíctum púrpura,
    regem corónat glóriæ.

    Tressée d’épines aiguës,
    la couronne d’ignominie,
    avec un haillon de pourpre,
    couronne le roi de gloire.

    Molis crucem ter árduæ,
    sudans, anhélans, cóncidens,
    ad montis usque vérticem
    gestáre vi compéllitur.

    Trois fois sous le dur poids de la croix
    suant, haletant, il succombe;
    jusqu’au sommet de la montagne,
    il est contraint de la porter.

    Confíxus atro stípite
    inter sceléstos ínnocens,
    orándo pro tortóribus,
    exsánguis efflat spíritum.

    Cloué à l’affreux poteau,
    entre des scélérats, l’innocent,
    priant pour ceux qui le torturent,
    n’ayant plus de sang, rend l’esprit.

    *

    Iam morte, victor, óbruta,
    ab ínferis Christus redit,
    fractísque culpæ vínculis,
    cæli reclúdit límina.

    Déjà vainqueur de la mort ensevelie,
    des enfers, le Christ revient;
    ayant brisé les liens du péché,
    il ouvre les entrées du ciel.

    Visus satis mortálibus
    ascéndit ad cæléstia,
    dextrǽque Patris ássidet
    consors Patérnæ glóriæ.

    Suffisamment vu des mortels,
    il monte aux régions célestes
    et s’assied à la droite du Père,
    associé à la gloire paternelle.

    Quem iam suis promíserat,
    sanctum datúrus Spíritum,
    linguis amóris ígneis
    mæstis alúmnis ímpluit.

    Celui qu’aux siens il avait promis,
    l’Esprit-Saint qu’il devait donner,
    en langues de feu d’amour,
    il le répand sur ses disciples tristes.

    Solúta carnis póndere
    ad astra Virgo tóllitur,
    excépta cæli iúbilo
    et Angelórum cánticis.

    Libérée du poids de la chair,
    aux astres la Vierge est emportée,
    reçue par la joie du ciel
    et les cantiques des Anges.

    Bis sena cingunt sídera
    almæ paréntis vérticem:
    throno propínqua Fílii
    cunctis creátis ímperat.

    Deux fois six astres couronnent
    la tête de la Mère de vie;
    tout près du trône de son Fils
    elle commande à tout le créé.

    *

    Iesu, tibi sit glória,
    qui natus es de Vírgine,
    cum Patre, et almo Spíritu,
    in sempitérna sǽcula. Amen.

    Jésus, gloire soit à vous
    qui êtes né de la Vierge,
    ainsi qu’au Père et à l’Esprit de vie,
    dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

  • Saint Bruno

    Statuts (actuels) de l’ordre des Chartreux, ch. 52

    Notre Ordre considère le chant grégorien comme un élément constitutif de sa liturgie.

    Nous devons prendre part à la louange divine avec pureté et avec élan, et nous tenir en présence du Seigneur avec autant d'allégresse que de révérence, sans paresse ni somnolence, sans épargner nos voix ni laisser tomber la moitié des mots, mais avec virilité, comme il se doit pour proférer les paroles de l'Esprit Saint et y accorder nos sentiments.

    Simplicité et mesure sont de règle dans le chant pour qu'il soit empreint de dignité et entretienne la ferveur ; nous devons en effet chanter et psalmodier pour le Seigneur tant avec l'âme qu'avec la voix. La perfection consiste à entrer dans les sentiments de ceux qui ont composé psaumes et cantiques.

    La psalmodie ne doit ni traîner ni être précipitée. Elle doit être exécutée d'une voix pleine, vive et nette, de sorte que tous puissent psalmodier avec dévotion et chanter avec attention, sans éclats de voix, avec âme et sans faute.

    Nous faisons une bonne pause à la médiante. Nous commençons et achevons ensemble début, milieu et fin de chaque verset. Nul ne doit se permettre de commencer avant les autres ni de chanter plus vite qu'eux : chantons et faisons les pauses avec ensemble, nous écoutant toujours les uns les autres.

    Dans tous les textes : leçons, psalmodie ou chant, il faut veiller à l'accentuation et au groupement des mots, dans la mesure du possible, car l'esprit saisit et goûte davantage le sens quand les mots lui sont bien présentés.

    Il est très important de donner aux novices une solide formation au chant et nous louons ceux qui jamais ne négligent cette étude après le noviciat.

    Dans les maisons de l'Ordre, on chante toujours l'Office de jour et de nuit, lorsqu'au moins six pères en bonne santé sont présents.

    (…)

    Observons donc cette manière de psalmodier ; chantons en présence de la Trinité Sainte et des Anges, pénétrés de la crainte de Dieu et enflammés d'un profond désir. Que le chant élève notre esprit à la contemplation des réalités incréées et que l'harmonie de notre voix exprime notre jubilation devant Dieu notre créateur.

    Et aussi

    La Chronique Magister (seul texte de l’époque sur la vie de saint Bruno) et le prologue des statuts.

    Saint Bruno et les premiers chartreux, par Guibert de Nogent.

    La profession de foi de saint Bruno, et un extrait de sa lettre à Raoul Le Verd, seuls textes certainement authentiques.

  • Saint Placide

    Dans le calendrier romain de 1960, on fait aujourd’hui mémoire de saint Placide et ses compagnons, martyrs. Dans mon bréviaire monastique de 1955, c’est la fête (double de deuxième classe) de saint Placide et ses compagnons « O.N. », ordinis nostri : bénédictins. Donc saint Placide le jeune disciple de saint Benoît sauvé de la noyade par saint Maur qui, alerté par saint Benoît, courut jusque sur l’eau pour sauver l’enfant. Mais la liturgie ne fait pas la moindre mention de ce Placide, ni d’un autre d’ailleurs, y compris dans la collecte : l’office est tout entier de « plusieurs martyrs », ce qui est tout de même curieux pour des martyrs « O.N. ».

    Sans doute a-t-on retiré (je ne sais quand) tout ce qui correspondait au disciple de saint Benoît, sans toucher à la fête, quand il a bien fallu convenir que saint Placide et ses compagnons martyrs étaient des martyrs de Sicile du IVe siècle sans rapport avec le disciple de saint Benoît du VIe siècle. L’identification des deux vient de Pierre Diacre, qui au XIIe siècle a fait des deux Placide un seul et a raconté une histoire rocambolesque où finalement des pirates assassinent le disciple de saint Benoît et 30 moines à Messine.

    Je vois que dans l’ordo du Barroux c’est une fête des saints Maur et Placide disciples de saint Benoît. Dans mon bréviaire la fête de saint Maur est le 15 janvier. Mais c’est une bonne idée d’avoir réuni Maur et Placide dans une fête bénédictine, en laissant les Romains fêter le martyr Placide…

    Dans mon diocèse, c’est la fête de saint Maurice de Carnoët, qui est aussi saint Maurice de Langonnet. Pour le coup c’est le même qui, abbé de Langonnet, descendit l’Ellé pour fonder un nouveau monastère près de la mer.

    Enfin c’est aussi, depuis 2000, la fête de sainte Faustine. Comme j’aime beaucoup sainte Faustine, je serais d’avis de la faire entrer dans le calendrier traditionnel…

  • Saint François d’Assise

    La messe a un Alleluia propre, si l’on peut dire, puisqu’il mentionne le nom de saint François et que le texte paraît en effet le concerner en propre : « François, pauvre et humble, entre riche au ciel, où il est honoré par les chants des Anges. »

    En fait, comme le remarque le cardinal Schuster, il « s’inspire d’une antienne antérieure, en l’honneur de saint Martin de Tours ». Plus exactement il est calqué sur un Alleluia de la messe de saint Martin qui n’est plus en usage. Le texte dit : « Ce Martin, pauvre et modique, entre riche au ciel, où il est honoré par les hymnes célestes. » Et la mélodie est identique.

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    Par le Choral Art Ensemble de Rochester, Minnesota :

  • Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

    Comme toute carmélite qui se respecte, sainte Thérèse n'avait aucun intérêt pour la liturgie. Il va de soi que lorsqu’on chante none, la lumière de l’après-midi qui décline, un peu avant 7 heures du matin, et qu’on chante les laudes, avec l’arrivée de la lumière du matin, vers 22 heures, et que c’est ainsi tous les jours de la vie religieuse, il vaut mieux ne pas y faire attention.

    Lorsqu’en 1925 elle a été canonisée, il a fallu composer son office et sa messe. Il a fallu, parce que depuis trois ou quatre siècles on croyait qu’il fallait composer un office et une messe pour le nouveau saint, en cherchant ce qui pouvait le mieux le caractériser. D’où des chants inchantables et des oraisons à rallonge, alors que la tradition des pères était de chanter le commun en y ajoutant une oraison (qui ne raconte pas la vie du saint) et éventuellement quelques lectures des matines.

    Les textes de la messe propre de sainte Thérèse tentent donc de faire un portrait de la sainte. De façon trop systématique comme d’habitude, mais on a pris soin de choisir quelques textes poétiques donc vraiment liturgiques, du Cantique des cantiques et de l’Ecclésiastique.

    Pour l’introït, on a plaqué sur le texte du Cantique le chant de l’introït du mardi de la deuxième semaine de carême. C’est pas mal trouvé, puisque dans celui-ci l’orant cherche le visage de Dieu, et que dans celui-là Dieu cherche son épouse. Comme le texte pour sainte Thérèse est notablement plus long, il a fallu bricoler des rallonges, mais c’est plutôt bien fait.

    Le graduel lui aussi est bien fait, mais c’est plus facile, puisque les graduels sont généralement des enchaînements de formules connues.

    En revanche l’Alleluia est une véritable catastrophe. D’abord à cause du texte choisi, qui en fait un Alleluia au moins deux fois, voire trois plus long qu’un Alleluia classique. Le texte est magnifique, et les moines le connaissent bien puisqu’il est au début des cantiques du troisième nocturne des fêtes de la Sainte Vierge, mais il ne se prête pas du tout à une mélodie d’Alleluia. Le compositeur n’a rien trouvé de mieux que de mettre bout à bout deux mélodies existantes, qui n’ont de commun que le mode, avec un vague raccord pour allonger encore un peu la soupe. Et il a oublié de finir le deuxième par le jubilus de l'Alleluia, ce qui renforce encore le caractère artificiel de la chose…

    En bref ce n’est pas une messe à chanter, mais à réciter. Ce qui pose quand même un problème chez nous depuis que sainte Thérèse est patronne secondaire de la France.

    Voici le texte de l’Alleluia (Ecclésiastique 39,17-19), qu’il faut goûter en latin :

    Allelúia, allelúia. Quasi rosa plantáta super rivos aquárum fructificate : quasi Libanus odórem suavitátis habete : florete, flores, quasi lílium, et date odórem, et frondete in grátiam, et collaudate cánticum, et benedicite Dóminum in opéribus suis. Allelúia.

    Fructifiez comme la rose plantée sur les bords des eaux : comme le Liban répandez votre parfum suave : semblable au lys, faites éclore vos fleurs et exhalez vos parfums, ornez-vous de grâce, et chantez un cantique de louange, et bénissez le Seigneur pour la grandeur de ses œuvres.

    (Comme dans d’autres textes de la Bible, le mot "Liban" est la transcription du mot grec grec libanos, lui-même transcrit de l’hébreu, qui veut dire : encens. En français on a parfois appelé l’encens « oliban », en gardant l’article défini du grec collé au mot, ce qui le distingue du nom du pays. Cela dit il n'est pas hors sujet de penser aux parfums du Liban, par exemple celui des « cèdres du Liban » dont il est question à plusieurs reprises dans l'Ecriture...)