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Liturgie - Page 2

  • Saint Hilaire

    Extrait de l’Instruction préalable sur les psaumes.

    Il convient de considérer aussi dans le psaume qui est à la huitième place la perfection de l’ogdoade, perfection qu’elle doit aux mystères célestes dans le psaume qui se trouve le huitième ; il lui est adjoint le titre : Pour les pressoirs, les pressoirs étant des récipients préparés pour recevoir les fruits nouveaux et la chaleur du moût qui fermente. Et ce nombre huit est destiné à percevoir les fruits évangéliques, une fois réformés les récipients éphémères de nos corps, selon l’ogdoade évangélique. La teneur même des paroles de ce même psaume huit l’atteste. La puissance (uirtus) de cette ogdoade est aussi comme contenue dans la puissance (uirtus) du psaume 6 et de son chiffre, où l’on prie pour l’octave. C’est la signification du nombre qui a fait qu’au psaume 6 se trouvait une prière pour l’octave, et qu’au psaume 8 fut ajouté le titre pour les pressoirs. Mais cette suscription des pressoirs se trouve par trois fois reprise. En effet, les psaumes huitième, quatre-vingtième et quatre-vingt-troisième ont ce titre pour que l’ordonnance (ordo) de cette parfaite béatitude se fondât sur des nombres parfaits ; il fallait cependant que le mystère de la Triade - qui pour nous se nomme Trinité -, fût enclos dans l’ogdoade simple et la décade de l’ogdoade.

    Qui plus est, nous pouvons encore reconnaître cette perfection de l’ogdoade dans le psaume cent dix-huitième. En effet, chaque lettre de l’alphabet hébreu est répétée huit fois, en tête de huit versets. Mais la puissance (uirtus) même du psaume montre le sens relatif au mystère (sacramentum) de l’ogdoade. Or, dans ce psaume, il y a vingt-deux ogdoades. De fait, à chaque groupe de huit versets est assignée en tête une des lettres (hébraïques) ; la raison en est la suivante : comme le psaume conduit l’homme parfait à son achèvement, selon la doctrine évangélique, il fallait que nous fussions formés en suivant les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, sous le signe sacré de l’ogdoade.

    (…)

    D’autre part, il est normal qu’à la suite de ce nombre multiple de huit, produit de vingt-deux ogdoades (celles du Ps 118), on considère le nombre qui le suit dans les quinze cantiques des Psaumes des degrés (Ps 119-133). Il fallait que ce « Cantique des degrés » constitue un ensemble de quinze psaumes obtenu à partir de deux nombres parfaits, à savoir l’hebdomade et l’ogdoade, c’est-à-dire les nombres sept et huit. Car, par l’observance de la Loi qui est fondée sur la septaine, et le progrès évangélique qui se trouve accompli dans le culte présent et dans l’attente espérée de l’ogdoade, on s’élève par ce Cantique des degrés aux choses célestes et éternelles. En effet, dans le Temple aussi, les princes des prêtres montaient dans le « Saint des saints » par ce nombre de degrés, de sorte que celui qui aurait parfaitement cru à la perfection et à la vérité de ce nombre de l’hebdomade et de l’ogdoade présent dans le Cantique des degrés, se verrait placé dans la perfection et la béatitude du « Saint des saints », puisque ni l’hebdomade de la Loi sans l’ogdoade des évangiles, ni l’ogdoade des évangiles sans l’hebdomade de la Loi, ne peuvent conduire l’homme à sa perfection.

  • Commémoraison du Baptême de Notre Seigneur Jésus-Christ

    Dans la liturgie byzantine, le seul mystère célébré le jour de l’Epiphanie (appelée Théophanie, ou fête des Lumières) est le Baptême du Christ. Fête majeure, précédée de quatre jours d’avant-fête, et suivie de huit jours d’après-fête.

    Voici l’isodikon (« petite entrée », procession de l'évangile) et les tropaires de la fête, à Palazzo Adriano (Sicile) le 6 janvier dernier.

    Σοφία. Ὀρθοί. Εὐλογημένος ὁ ἐρχόμενος ἐν ὀνόματι Κυρίου, Θεὸς Κύριος καὶ ἐπέφανεν ἡμῖν. Σῶσον ἡμᾶς, Υἱὲ Θεοῦ, ὁ ἐν Ἰορδάνῃ ὑπὸ Ἰωάννου βαπτισθείς, ψάλλοντάς σοι, Ἀλληλούϊα.

    Sagesse ! Debout ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Le Seigneur est Dieu, il nous est apparu. Sauve-nous, Fils de Dieu, qui fus baptisé par Jean dans le Jourdain. Nous te chantons : Alléluia.

    Ἐν Ἰορδάνῃ βαπτιζομένου σου Κύριε, ἡ τῆς Τριάδος ἐφανερώθη προσκύνησις τοῦ γὰρ Γεννήτορος ἡ φωνὴ προσεμαρτύρει σοι, ἀγαπητόν σε Υἱὸν ὀνομάζουσα καὶ τὸ Πνεῦμα ἐν εἴδει περιστερᾶς, ἐβεβαίου τοῦ λόγου τὸ ἀσφαλές. Ὁ ἐπιφανεὶς Χριστὲ ὁ Θεός, καὶ τὸν κόσμον φωτίσας δόξα σοι.

    Dans ton baptême au Jourdain, Seigneur, s’est manifestée l’adoration de la Trinité. Car la voix du Père te rendait témoignage, en te nommant Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d'une colombe, confirmait cette parole inébranlable. Christ Dieu, qui as paru et illuminé le monde, gloire à toi !

    Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι, καὶ νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

    Ἐπεφάνης σήμερον τῇ οἰκουμένῃ, καὶ τὸ φῶς σου Κύριε, ἐσημειώθη ἐφ ̓ ἡμᾶς, ἐν ἐπιγνώσει ὑμνοῦντας σε. Ἦλθες ἐφάνης τὸ Φῶς τὸ ἀπρόσιτον.

    Tu es apparu aujourd'hui à l'univers, Seigneur, et ta lumière s’est montrée à nous qui, en toute connaissance, te chantons : Tu es venu, tu es apparu, Lumière inaccessible !

    Et voici l’antienne de communion (kinonikon) de la Théophanie, précédée de l’Hymne « Un seul Saint », à Palazzo Adriano le 6 janvier.

    Εἷς Ἅγιος, εἷς Κύριος, Ἰησοῦς Χριστός, εἰς δόξαν Θεοῦ Πατρός. Ἀμήν.

    Un seul Saint, un seul Seigneur, Jésus-Christ, pour la gloire de Dieu le Père. Amen.

    Ἐπεφάνη ἡ χάρις τοῦ Θεοῦ, ἡ σωτήριος πᾶσιν ἀνθρώποις. Ἀλληλούϊα.

    La grâce de Dieu s'est manifestée à nos yeux, pour tous les hommes elle est la source du salut. Alléluia.

    *

    Le vol de la colombe à Palazzo Adriano au matin de la Théophanie est la 300e vidéo de ma chaîne YouTube de liturgie byzantine italo-albanaise.

  • Hodie in Jordane

    Les deux répons des matines de ce jour dans le bréviaire romain sont les deux premiers répons des matines de l’Epiphanie, qui chantent le mystère du Baptême du Christ, spécialement commémoré demain.

    Le second répons est In columbæ specie, le premier est celui-ci :

    ℟. Hódie in Jordane baptizáto Dómino aperti sunt cæli, et sicut colúmba super eum Spíritus mansit, et vox Patris intónuit:
    * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
    . Descéndit Spíritus sanctus corporáli spécie sicut colúmba in ipsum, et vox de cælo facta est.
    ℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

    En ce jour, quand le Seigneur eut été baptisé dans le Jourdain, les cieux s’ouvrirent, le Saint-Esprit se reposa sur lui comme une colombe, et la voix du Père se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances. L’Esprit Saint descendit sur lui, sous la forme sensible d’une colombe, et une voix vint du Ciel. Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances.

  • In columbae specie

    ℟. In colúmbæ spécie Spíritus Sanctus visus est, Patérna vox audíta est: * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
    . Cæli apérti sunt super eum, et vox Patris intónuit.
    ℟. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

    C'est sous l'apparence d'une colombe que l'Esprit Saint s'est montré, et la voix du Père s'est fait entendre : Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances. Les cieux se sont ouverts au-dessus de lui, et la voix du Père a retenti : Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances.

    Ce répons des matines, qui est le deuxième des matines de la fête de l’Epiphanie, est repris chaque férie du temps de l’Epiphanie dans le bréviaire romain. Il évoque le Baptême du Christ, l’un des trois grands mystères de ce temps, le seul célébré dans l’Epiphanie byzantine.

    On remarque l’expression « vox Patris intonuit » : la voix du Père a retenti, qui ne se trouve pas dans l’Evangile, de même que « Paterna vox » : la voix du Père. Or ces deux expressions se trouvent également dans le deuxième répons des matines de la Transfiguration, ce qui souligne le parallèle entre les deux théophanies.

    « Paterna vox » précise la provenance de cette voix qui vient du ciel, dans le Baptême, et de la nuée, dans la Transfiguration.

    Quant à « vox Patris intonuit », l’expression fait allusion au psaume 28, qui est le premier des matines de l’Epiphanie et le deuxième des matines de la Transfiguration.

  • La Sainte Famille

    C’est ainsi, ô Jésus, que pour nous enseigner vous êtes venu du ciel. La faiblesse de l’enfance, sous les traits de laquelle vous vous montrez à nous, n’arrête point votre ardeur à nous faire connaître le seul Dieu qui a fait toutes choses, et vous, son Fils, qu’il a envoyé. Étendu dans la crèche, d’un seul regard vous avez instruit les bergers ; sous vos humbles langes, dans votre silence volontaire, vous avez révélé aux Mages la lumière qu’ils cherchaient en suivant l’étoile. A douze ans, vous expliquez aux docteurs d’Israël les Écritures qui rendent témoignage de vous ; peu à peu vous dissipez les ombres de la Loi par votre présence et par vos paroles. Pour accomplir les ordres de votre Père céleste, vous ne craignez pas d’inquiéter le cœur de votre Mère, en cherchant ainsi des âmes à éclairer. Votre amour pour les hommes transpercera bien plus durement encore ce tendre cœur, au jour où, pour le salut de ces mêmes hommes, Marie vous verra suspendu au bois de la croix, expirant dans toutes les douleurs. Soyez béni, ô Emmanuel, dans ces premiers mystères de votre enfance, où vous apparaissez déjà uniquement occupé de nous, et préférant à la société même de votre Mère ces hommes pécheurs qui doivent un jour conspirer votre mort.

    Dom Guéranger, à qui fut épargné l’embarras d’avoir à louer une pitoyable liturgie de la « Sainte Famille » qui n’existait pas à son époque. (Il s’agit du commentaire de l’évangile du dimanche dans l’octave de l’Epiphanie, qui a été conservé pour cette fête.)

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Salvatóris orígo dissímilis, sed natúra consímilis est: humáno usu et consuetúdine caret; sed divína potestáte subníxum est, quod Virgo concéperit, quod Virgo pepérerit, et Virgo permánserit. Opórtuit enim ut primam Genetrícis virginitátem nascéntis incorrúptio custodíret, et complácitum sibi claustrum pudóris, et sanctitátis hospítium divíni Spíritus virtus infúsa serváret, qui statúerat deiécta erígere, confrácta solidáre, et superándis carnis illécebris multiplicátam pudicítiæ donáre virtútem; ut virgínitas, quæ in áliis non póterat salva esse generándo, fíeret et in áliis imitábilis renascéndo.

    L’origine du Sauveur est différente mais sa nature est semblable à la nôtre. Il échappe aux usages habituels de l’humanité mais il relève de la puissance divine qu’une vierge ait conçu, qu’une vierge ait enfanté, et qu’elle soit restée vierge. Il a fallu que l’intégrité de l’enfant garde dans sa fraîcheur la virginité de la mère et que la vertu infuse de l’Esprit divin conserve l’enclos de pudeur, asile de sainteté, qui lui était agréable. Car il avait décidé de relever les ruines, de consolider les brèches et de donner à la chasteté une force décuplée pour vaincre les attraits de la chair ; de la sorte, la virginité qui, pour les autres, ne pouvait que se perdre par le fait d’engendrer, deviendrait même pour les autres objet d’imitation par le fait de naître à nouveau.

    Saint Léon le Grand, 2e sermon sur la Nativité.

  • Tria sunt munera

     ℟. Tria sunt múnera pretiósa, quæ obtulérunt Magi Dómino in die ista, et habent in se divína mystéria: * in auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.
    . Reges Tharsis et ínsulæ múnera ófferent, reges Arabum et Saba dona Dómino Deo addúcent.
    ℟. In auro, ut ostendátur Regis poténtia, in thure, Sacerdótem magnum consídera, et in myrrha, Domínicam sepultúram.
    . Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto.
    ℟. In auro, ut ostendátur Regis poténtia, in thure, Sacerdótem magnum consídera, et in myrrha, Domínicam sepultúram.

    Ils sont trois, les précieux présents que les mages offrirent au Seigneur en ce jour, et ils ont en eux des mystères divins : dans l’or, afin de montrer la puissance royale, dans l’encens considère le Grand Prêtre, et dans la myrrhe la sépulture du Seigneur. Les rois de Tharsis et des îles offriront des présents, les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons.

    Répons chanté par la Schola Cantorum Coloniensis. La photo est celle de la châsse des rois mages, dans la cathédrale de Cologne (fin XIIe début XIIIe siècle).

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  • Hostis Herodes impie

    Hymne des vêpres et matines du « temps de l’Epiphanie », par la Schola Cantorum Coloniensis.

    Hostis Heródes impie
    Christum veníre quid times ?
    Non éripit mortália,
    Qui regna dat cæléstia.

    Hérode, ennemi impie, que crains-tu de l’arrivée du Christ qui vient régner ? Il ne ravit pas les sceptres mortels, lui qui donne les royaumes célestes.

    Ibant magi, quam víderant,
    Stellam sequéntes prǽviam:
    Lumen requírunt lúmine:
    Deum faténtur múnere.

    Les Mages s’avançaient, suivant l’étoile qu’ils avaient vue et qui marchait devant eux : la lumière les conduit à la Lumière ; leurs présents proclament un Dieu.

    Lavácra puri gúrgitis
    Cæléstis Agnus áttigit:
    Peccáta, quæ non détulit,
    Nos abluéndo sústulit.

    Le céleste Agneau a touché l’onde du lavoir de pureté ; dans un bain mystique, il lave en nous des péchés qu’il n’a point commis.

    Novum genus poténtiæ:
    Aquæ rubéscunt hýdriæ,
    Vinúmque jussa fúndere,
    Mutávit unda oríginem.

    Nouveau prodige de puissance! L’eau rougit dans les vases du festin ; docile, et changeant sa nature, elle s’écoule en flots de vin.

    Gloria tibi Domine
    Qui apparuisti hodie
    Cum Patre et Sancto Spíritu,
    In sempitérna sǽcula. Amen.

    (Gloire à toi Seigneur, qui es apparu aujourd’hui, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles éternels. Amen.)

  • Φωνὴ Κυρίου

    Dans la liturgie byzantine, l’Epiphanie, appelée Théophanie, est marquée par la grande bénédiction des eaux, Ὁ Μεγάλος Ἁγιασμός. C’est un office à lui tout seul, qui se célèbre après la divine liturgie du jour. La bénédiction proprement dite est une très longue et sublime prière attribuée à saint Sophrone de Jérusalem. L’office commence par une procession à la fontaine, qui représente le Jourdain. Pendant cette procession on chante des tropaires. Que voici magnifiquement interprétés par Mgr Sotìr Ferrara, éparque de Piana degli Albanesi, en Sicile, de 1989 à 2013.

    Un grand merci à Arbereshe d’avoir publié cet enregistrement audio hier sur sa chaîne Youtube. Sur les images on voit le déroulement de la cérémonie, avec le fameux « vol de la colombe » qui fait partie intégrante du rite, du moins en Sicile.

    Φωνὴ Κυρίου ἐπὶ τῶν ὑδάτων βοᾷ λέγουσα· Δεῦτε λάβετε πάντες, Πνεῦμα σοφίας, Πνεῦμα συνέσεως, Πνεῦμα φόβου Θεοῦ, τοῦ ἐπιφανέντος Χριστοῦ.

    La voix du Seigneur retentit sur les eaux: Venez, recevez tous du Christ qui vous est apparu l'Esprit de sagesse, l'Esprit d'intelligence, l'Esprit de crainte de Dieu.

    Σήμερον τῶν ὑδάτων, ἁγιάζεται ἡ φύσις, καὶ ῥήγνυται ὁ Ἰορδάνης, καὶ τῶν ἰδίων ναμάτων ἐπέχει τὸ ῥεῦμα, Δεσπότην ὁρῶν ῥυπτόμενον.

    En ce jour est sanctifiée la nature des eaux ; le Jourdain arrête son cours et retient ses propres flots à la vue du Maître s'y baignant.

    Ὡς ἄνθρωπος ἐν ποταμῷ, ἦλθες Χριστὲ Βασιλεῦ, καὶ δουλικὸν Βάπτισμα λαβεῖν, σπεύδεις ἀγαθέ, ὑπὸ τῶν τοῦ Προδρόμου χειρῶν, διὰ τάς ἁμαρτίας ἡμῶν φιλάνθρωπε.

    Tu descends dans le fleuve, ô Christ notre Roi, et te hâtes de recevoir en ton humanité le baptême des serviteurs de la main du Précurseur à cause de nos péchés, Ami des hommes et Dieu de bonté.

    Δόξα... Καὶ νῦν...

    Gloire au Père… Et maintenant…

    Πρὸς τὴν φωνὴν τοῦ βοῶντος ἐν τῇ ἐρήμῳ· Ἐτοιμάσατε τὴν ὁδὸν τοῦ Κυρίου, ἦλθες Κύριε, μορφὴν δούλου λαβών, Βάπτισμα αἰτῶν, ὁ μὴ γνοὺς ἁμαρτίαν. Εἴδοσάν σε ὕδατα, καὶ ἐφοβήθησαν, σύντρομος γέγονεν ὁ Πρόδρομος, καὶ ἐβόησε λέγων· πῶς φωτίσει ὁ λύχνος τὸ Φῶς; πῶς χειροθετήσει δοῦλος τὸν Δεσπότην; ἁγίασον ἐμὲ καὶ τὰ ὕδατα Σωτήρ, ὁ αἲρων τοῦ κόσμου τὴν ἁμαρτίαν.

    A la voix criant dans le désert : Préparez les voies du Seigneur, tu vins, ô Christ, prenant l'aspect du serviteur, demander le baptême, toi le seul sans péché. Les eaux te virent et prirent peur ; le Précurseur, saisi d'effroi, s'écria : Est-ce au chandelier d'illuminer la Lumière ? Sanctifie-moi en même temps que les eaux, Sauveur qui du monde effaces le péché.

  • Epiphanie

    Fin du commentaire de dom Guéranger :

    Grâces vous soient donc rendues, Enfant tout-puissant, « pour l’inénarrable don de la foi » (II Cor. IX, 15) qui nous transfère de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière ! Mais donnez-nous de comprendre toujours toute l’étendue d’un si magnifique présent, et la sainteté de ce grand jour où vous formez alliance avec la race humaine tout entière, pour arriver avec elle à ce mariage sublime dont parle votre éloquent Vicaire, Innocent III : « mariage, dit-il, qui fut promis au patriarche Abraham, juré au roi David, accompli en Marie devenue Mère, et aujourd’hui consommé, confirmé et déclaré : consommé dans l’adoration des Mages, confirmé dans le baptême du Jourdain, déclaré dans le miracle de l’eau changée en vin. » Dans cette fête nuptiale où l’Église votre Épouse, née à peine, reçoit déjà les honneurs de Reine, nous chanterons, ô Christ, dans tout l’enthousiasme de nos cœurs, cette sublime Antienne des Laudes, où les trois mystères se fondent si merveilleusement en un seul, celui de votre Alliance avec nous :

    ANT. Hodie coelesti Sponso juncta est Ecclesia, quoniam in Jordane lavit Christus ejus crimina : currunt cum muneribus Magi ad regales nuptias, et ex aqua facto vino laetantur convivae. Alleluia.

    Ant. Aujourd’hui l’Église s’unit au céleste Époux : ses péchés sont lavés par le Christ dans le Jourdain; les Mages accourent aux Noces royales, apportant des présents ; l’eau est changée en vin, et les convives du festin sont dans la joie. Alléluia.

    (Chœur basque de Saint-Sébastien.)

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    Tympan de l'église romane d'Ahedo de Butrón, province de Burgos.

    La messe de l'Epiphanie par les moines de Solesmes.