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Liturgie - Page 2

  • Baptême du Seigneur

    Doxastikon des matines byzantines de la Théophanie, par Théodore Vassilikos.

    Νάματα Ἰορδάνια περιεβάλου Σωτήρ,ὁ ἀναβαλλόμενος φῶς ὡς ἱμάτιον·καὶ ἔκλινας κορυφὴν τῷ Προδρόμῳ ὁτὸν οὐρανὸν μετρήσας σπιθαμῇ, ἵναἐπιστρέψῃς κόσμον ἐκ πλάνης, καὶ σώσῃςτάς ψυχὰς ἡμῶν.

    Tu t’es enveloppé des flots du Jourdain, ô Sauveur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, et tu as incliné la tête devant le Précurseur, ô Seigneur qui mesures la terre avec ton empan, afin que le monde revienne de son erreur, et que tu sauves nos âmes.

    Le grec utilise le même verbe βάλλω, qui veut dire « jeter », avec deux préfixes :  péri : autour – jeter autour de soi, donc s’envelopper dans un vêtement – puis ana : jeter en haut, en arrière, donc revêtir une cape. Jésus s’enveloppe dans l’eau du Jourdain et se revêt de lumière, en même temps. Je ne vois pas comment on pourrait garder cette unité en français.

    « Revêtu de lumière comme d’un manteau » est une citation exacte du psaume 103, en latin « amictus lumine sicut vestimento ».

    Dieu qui « mesure la terre avec son empan » est une allusion à Isaïe ; 40, 12 : « Qui a mesuré les eaux avec sa main, et le ciel avec son empan, et toute la terre avec son poing ? », verset que saint Jean Chrysostome cite dans son commentaire du psaume 103. Lequel est le psaume de la Création, ce qui souligne que le baptême est une re-Création.

  • La Sainte Famille

    Qui était soumis ? et à qui ? Un Dieu, à des hommes ! Oui, le Dieu à qui les Anges sont soumis, à qui les Principautés et les Puissances obéissent, était soumis à Marie ; et non seulement à Marie, mais aussi à Joseph à cause de Marie. Admire donc l’un et l’autre, et vois ce qui te paraît plus admirable, de la très gracieuse condescendance du Fils ou de la très glorieuse dignité de ses parents. Dés deux côtés, sujet d’étonnement ; des deux côtés, miracle. Qu’un Dieu obéisse à la créature humaine, voilà une humilité sans exemple, et que la créature humaine commande à un Dieu, voilà une sublimité sans égale. Dans les louanges décernées aux vierges, on chante ceci en particulier qu’elles suivent l’Agneau partout où il va. Eh bien, de quelles louanges ne jugez-vous pas digne celui qui va même devant lui ?

    Homme, apprends à obéir ! Terre, apprends à accepter la subordination ! Poussière, apprends à te soumettre ! L’évangéliste a dit en parlant de ton Créateur : « Et il leur était soumis » ; il n’est pas douteux que ce ne soit à Marie et à Joseph. Rougis, cendre orgueilleuse ! Un Dieu s’abaisse, et toi, tu t’élèves ! Un Dieu se soumet aux hommes et toi, cherchant à dominer les hommes, tu te mets au-dessus de ton Créateur ! En effet, chaque fois que je désire parmi les hommes la prééminence, chaque fois je m’efforce de passer avant Dieu ; et alors vraiment je ne goûte pas ce qui est de Dieu. Car c’est de lui qu’il a été dit : « Et il leur était soumis ». O homme, si tu ne daignes pas imiter l’exemple d’un homme, il ne sera certes pas indigne de toi de suivre ton Créateur. Si tu ne peux, sans doute, le suivre partout où il ira, daigne au moins le suivre jusqu’où il a voulu descendre pour toi.

    Si tu ne peux marcher dans le sentier sublime de la virginité, suis au moins ton Dieu dans la voie très sûre de l’humilité. Si quelques-uns, tout en étant vierges, se sont écartés de cette voie droite, eux non plus, pour dire la vérité, ne suivent pas l’Agneau partout où il va. L’humble qui est souillé suit l’Agneau, l’orgueilleux qui est vierge le suit aussi, mais aucun des deux ne le suit partout où il va : le premier ne pouvant s’élever à la pureté de l’Agneau qui est sans tache, et le second ne daignant pas descendre à la douceur de cet Agneau qui s’est tu, non seulement devant celui qui le tondait, mais encore devant son bourreau. Et pourtant le pécheur, en s’humiliant, a choisi un meilleur parti que celui de l’orgueilleux qui est vierge, puisque l’humble satisfaction de celui-là efface sa souillure, tandis que l’orgueil de celui-ci souille sa pureté.

    Saint Bernard, premier sermon sur Missus est, lecture des matines.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Ingréditur hæc mundi ínfima Jesus Christus Fílius Dei de cælésti sede descéndens, et a patérna glória non recédens, novo órdine, nova nativitáte generátus. Novo órdine, quia, invisíbilis in suis, visíbilis factus est in nostris; incomprehensíbilis vóluit comprehéndi; ante témpora manens, esse cœpit ex témpore. Nova autem nativitáte génitus est, concéptus a Vírgine, natus ex Vírgine, sine patérnæ carnis concupiscéntia, sine matérnæ integritátis injúria, quia futúrum hóminum Salvatórem talis ortus decébat, qui et in se habéret humánæ substántiæ natúram, et humánæ carnis inquinaménta nescíret.

    Jésus-Christ, le Fils de Dieu, fait son entrée dans la bassesse de ce monde. Il descend de son siège céleste sans quitter la gloire de son Père. Il est engendré par une disposition nouvelle, par une naissance nouvelle. Disposition nouvelle, car, invisible en lui-même, il se rend visible en notre nature ; insaisissable, il veut être saisi ; lui qui subsiste avant le temps, il commence à exister dans le temps. Il est engendré aussi par une naissance nouvelle ; conçu par une vierge, né d’une vierge, sans intervention d’un père, sans préjudice pour l’intégrité de sa mère ; telle est la naissance qui convenait au futur Sauveur des hommes, lui qui posséderait en soi la nature de la condition humaine tout en ignorant les souillures de la chair humaine.

    Saint Léon le Grand, sermon 22, lecture des matines

  • Civitas non eget sole

    « Ingressa » (introït) de l’Epiphanie dans la liturgie ambrosienne (mais toujours à Cologne...).

    Civitas non eget sole neque luna ut luceant ei, quoniam claritas Dei illuminat eam, et ambulabunt gentes in lumine ejus, et reges terrae offerunt claritatem suam in ea.

    La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, parce que la clarté de Dieu l’illumine, et les peuples marchent à sa lumière. Et les rois de la terre y font offrande de leur éclat.

  • Illuminare Jerusalem

    ℟. Illuminare, illuminare, Jerusalem : venit lux tua, * et gloria Domini super te orta est.
    . Et ambulabunt gentes in lumine tuo et reges in splendore ortus tui. * Et gloria Domini super te orta est.
    Gloria Patri et Filio et Spiritui sancto.
    * Et gloria Domini super te orta est.

    Resplendis, resplendis, Jérusalem, elle est venue, ta lumière : et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Et les nations marcheront en ta lumière, et les rois en la splendeur de ton aurore.

  • Hostis Herodes impie

    Hymne des vêpres (strophes 8, 9, 11 et 13 de l’hymne A solis ortus cardine de Sedulius.

    Hostis Herodes impie,
    Christum venire quid times ?
    Non eripit mortalia
    qui regna dat caelestia.

    Hérode, cruel ennemi,
    pourquoi crains-tu la venue du Christ ?
    Il n'enlève pas les royaumes de la terre
    lui qui donne de régner au ciel.

    Ibant magi, quam viderant
    stellam sequentes praeviam,
    lumen requirunt lumine,
    Deum fatentur munere.

    Les mages marchaient en suivant l'étoile
    qui leur montrait le chemin
    à sa lumière ils reconnaissent
    Dieu par leur offrande.

    Lavacra puri gurgitis
    caelestis Agnus attigit ;
    peccata quae non detulit
    nos abluendo sustulit.

    L'Agneau du ciel a touché
    les eaux d'une source pure ;
    en nous lavant il a enlevé
    les péchés qu'il n'a pas commis.

    Novum genus potentiae :
    aquae rubescunt hydriae,
    vinumque jussa fundere
    mutavit unda originem.

    Nouveau signe de puissance :
    les eaux des urnes rougissent ;
    sur son ordre, le vin coule,
    et l'eau change de nature.

    Gloria tibi, Domine,
    qui apparuisti hodie,
    cum Patre et Sancto Spiritu
    in sempiterna saecula. Amen.

    Gloire à toi Seigneur
    qui es apparu aujourd’hui,
    avec le Père et le Saint-Esprit
    dans les siècles éternels. Amen.

  • Tria sunt munera

    ℟. Tria sunt munera pretiosa quae obtulerunt magi Domino in die ista, et habent in se divina mysteria : * in auro ut ostendatur Regis potentia, in thure Sacerdotem magnum considera, et in myrrha Dominicam sepulturam.
    . Reges Tharsis et insulae munera offerent, reges Arabum et Saba dona adducent.
    ℟. In auro ut ostendatur Regis potentia, in thure Sacerdotem magnum considera, et in myrrha Dominicam sepulturam.
    . Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
    ℟. In auro ut ostendatur Regis potentia, in thure Sacerdotem magnum considera, et in myrrha Dominicam sepulturam.

    Ils sont trois, les précieux présents que les mages offrirent au Seigneur en ce jour, et ils ont en eux des mystères divins : dans l’or, afin de montrer la puissance royale, dans l’encens considère le Grand Prêtre, et dans la myrrhe la sépulture du Seigneur. Les rois de Tharsis et des îles offriront des présents, les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons.

  • Il y a 50 ans (12) : l'Epiphanie

    Au début, les membres de la commission chargée de « restaurer » le calendrier liturgique jugèrent qu’il fallait donner la permission de célébrer la fête de l’Epiphanie (et non plus la solennité transférée) le dimanche suivant le 6 janvier si le 6 janvier n’est pas un dimanche. Il y eut une voix discordante, en faveur du dimanche avant le 6 janvier. Finalement il fut décidé que l’Epiphanie serait célébrée le « deuxième dimanche de la Nativité » là où le 6 janvier n’est pas férié.

    La commission répondait ainsi à une question qui ne se posait pas, si l’on voulait, comme ils le disaient, « restaurer » la liturgie. Car l’Epiphanie est la plus ancienne fête de la manifestation du Seigneur, antérieure même à Noël. Les experts faisaient semblant de s’inquiéter des gens qui n’allaient plus à la messe en semaine. Mais c’est pour cela qu’il y avait la solennité transférée au dimanche suivant…

    C’est un exemple de cette hypocrisie qui est une des marques de fabrique de la réforme liturgique : l’Epiphanie restait le 6 janvier là où la fête est fériée, et elle était transférée au « deuxième dimanche de la Nativité » là où le 6 janvier n’est pas férié. Comme c’est le cas dans la plupart des pays, l’Epiphanie est, de fait, transférée au « deuxième dimanche de la Nativité », ce qui est une double rupture de la tradition. Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise le 6 janvier n’est plus la date de l’Epiphanie, et pour la première fois une fête peut être transférée… au dimanche qui la précède. En outre disparaît le rapport entre les deux grandes Manifestations, l’Epiphanie, le 6 janvier, et la Transfiguration, le 6 août, sept mois plus tard. Et d'abord le fait que l'Epiphanie se célèbre 12 jours après la Nativité.

    Curieusement, la commission chargée de « restaurer » les textes liturgiques ne changea rien à l’office et à la messe de l’Epiphanie. Du moins à ce qui en restait après la destruction de pans entiers de l’office. Et c’est une occasion parmi d’autres de constater la perte de substance de la liturgie soi-disant restaurée.

    Dans le soi-disant « office des lectures » qui a remplacé les matines (où il y a moins de lectures que dans les matines), il n’y a que deux répons, alors que les matines romaines en ont huit, et les matines monastiques douze. On a gardé le quatrième répons, et le dernier de l’office monastique. Et l’on a mis à la poubelle toute une série d’évocations scripturaires, symboliques, poétiques et musicales du mystère du jour, qui plongeaient dans la plus haute antiquité (dont les répons qui évoquaient les rois…)

    Surtout, on a supprimé les deux premiers répons, ceux qui chantaient le Baptême du Christ. Hodie in Jordane… Aujourd’hui, ce jour d’aujourd’hui, dans le Jourdain, alors que le Seigneur était baptisé, les cieux s’ouvrirent… Tel est le rappel, appuyé, que le mystère de l’Epiphanie est aussi celui du Baptême du Seigneur, qui est le seul objet de la liturgie byzantine du 6 janvier.

    Sans doute répondra-t-on que la « réforme liturgique » a fait précisément du Baptême du Seigneur une fête à part entière, une semaine après l’Epiphanie. Mais le Baptême ce n’est pas une semaine après, c’est le jour même. Hodie. C’est pourquoi la liturgie latine traditionnelle a, au jour octave de l’Epiphanie, une commémoraison du Baptême du Seigneur.

  • Epiphanie du Seigneur

    L’offertoire, par les moines de Ligugé.


    podcast

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    Reges Tharsis, et ínsulæ múnera ófferent : reges Arabum et Saba dona addúcent : et adorábunt eum omnes reges terræ, omnes gentes sérvient ei.

    Les rois de Tharsis et les îles lui offriront des présents, les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons et tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations le serviront.

    Début du commentaire de dom Johner :

    Par les yeux du cœur nous voyons la procession presque interminable de ceux qui apportent leurs présents. Les Mages de l’Orient ont trouvé et trouvent toujours de nombreux émules. Ce sont les âmes qui ne sont pas indignes des « rois » en empressement et joie du sacrifice, dans leurs royales dispositions; les âmes qui offrent tout ce qu’elles ont et sont comme un sacrifice au Christ, un vivant holocauste, et constituent un acte perpétuel d’adoration. Leur sacrifice s’unit au sacrifice eucharistique comme la goutte d’eau que le prêtre mélange au vin dans le calice à l’offertoire. Puis vient la consécration. Dans la sainte communion le Christ lui-même devient leur nourriture sacrificielle, leur banquet de noces. Parce que dans ces dons, comme le prie la secrète, « sont maintenant offerts non plus l’or, l’encens et la myrrhe, mais c’est celui que ces offrandes mystiques signifiaient qui est immolé et reçu : Jésus-Christ… »

  • Le Saint Nom de Jésus

    La plus célèbre des trois hymnes (qui font partie d’un seul poème, datant d’au moins le XIe siècle), par la Capella musicale Pietro Allori, sous la direction de Mariano Garau. (Dans le texte que montre la vidéo il y a une erreur à la troisième strophe : potentibus au lieu de petentibus, mais le chant est correct.)

    Jesu, dulcis memória,
    Dans vera cordis gáudia :
    Sed super mel, et ómnia,
    Ejus dulcis præséntia.

    Jésus ! Nom de douce souvenance, qui donne au cœur les joies véritables ; mais plus suave que le miel et toutes les douceurs, est la présence de Celui qui le porte.

    Nil cánitur suávius,
    Nil audítur jucúndius,
    Nil cogitátur dúlcius,
    Quam Jesus Dei Fílius.

    Nul chant plus mélodieux, nulle parole plus agréable, nulle pensée plus douce, que Jésus, le Fils de Dieu.

    Jesu, spes pœniténtibus,
    Quam pius es peténtibus !
    Quam bonus te quæréntibus !
    Sed quid inveniéntibus ?

    Jésus ! espoir des pénitents, que vous êtes bon pour ceux qui vous implorent ! bon pour ceux qui vous cherchent ! Mais que n’êtes-vous pas pour ceux qui vous ont trouvé !

    Nec lingua valet dícere,
    Nec líttera exprímere :
    Expértus potest crédere,
    Quid sit Jesum dilígere.

    Ni la langue ne saurait dire, ni l’écriture ne saurait exprimer ce que c’est qu’aimer Jésus ; celui qui l’éprouve peut seul le croire.

    Sis, Jesu, nostrum gáudium,
    Qui es futúrus præmium :
    Sit nostra in te glória,
    Per cuncta semper sǽcula. Amen.

    Soyez notre joie, ô Jésus, vous qui serez notre récompense : que notre gloire soit en vous, durant tous les siècles, à jamais. Amen.