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Liturgie - Page 2

  • Sainte Hedwige de Silésie

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    La Pologne a cette heureuse fortune, qu'à chaque époque décisive de son histoire, un saint apparaît pour lui tracer la voie qui la conduira à l'accomplissement de sa glorieuse destinée. Sur le champ de bataille de Legnica plane la douce image de sainte Hedwige. Mère du duc Henri le Pieux, elle s'était retirée depuis son veuvage au monastère cistercien de Trzebnica, qu'elle avait fondé. Trois années avant l'arrivée des barbares, elle eut révélation du sort qui attendait son fils. Elle offrit silencieusement son sacrifice, et, bien loin d'arrêter le courage du jeune duc, elle fut la première à l'animer à la résistance.

    La nuit qui suivit la bataille, elle éveilla une de ses compagnes et lui dit : « Demundis, sachez que j'ai perdu mon fils. Mon fils chéri s'est éloigné de moi comme un oiseau qui fuit à tire d'aile; je ne verrai plus mon fils en cette vie. » Demundis essaya de la consoler. Aucun courrier n'était arrivé de l'armée, et ces inquiétudes étaient vaines. « Ce n'est que trop vrai, lui répondit la duchesse, mais n'en parlez à personne. »

    « Trois jours après, la fatale nouvelle était confirmée. C'est la volonté de Dieu, dit Hedwige; ce que Dieu veut et ce qui lui plaît doit aussi nous plaire. » Et tressaillant dans le Seigneur : « Je vous rends grâces, ô mon Dieu, dit-elle en levant les yeux et les mains au ciel, de ce que vous m'aviez donné un tel fils. Il m'a aimée toujours durant sa vie, il m'eut toujours en « grand respect, jamais il ne m'a affligée. J'aurais beaucoup désiré l'avoir avec moi sur la terre; mais je le félicite, de toute mon âme, de ce que par l'effusion de son sang il vous est uni au ciel, à vous son créateur. Je vous recommande son âme, ô Seigneur mon Dieu. » Il ne fallait pas moins qu'un tel exemple pour soutenir la Pologne en face des nouveaux devoirs qu'elle venait d'accepter.

    A Legnica, elle avait relevé le glaive de la chrétienté, tombé des mains défaillantes de la Ruthénie, et elle se tenait désormais comme une sentinelle vigilante, prête à défendre l'Europe contre les barbares. Quatre-vingt-treize fois les Tartares s'élancèrent sur la chrétienté, toujours avides de sang et de pillage ; quatre-vingt-treize fois la Pologne les repoussa de vive force, ou eut la douleur de les voir saccager ses campagnes, incendier ses villes, emmener en captivité la fleur de ses enfants. Par ces sacrifices, elle amortissait au profit de l'Europe le coup de l'invasion. Tant qu'il fallut du sang, des larmes et des victimes, la Pologne en donna sans compter, pendant que les nations européennes jouissaient de la sécurité, achetée par cette continuelle immolation.

    (Extrait de l’introduction de S. Josaphat et l'Eglise grecque unie en Pologne, par dom Guépin, cité dans L’Année liturgique. Dom Alphonse Guépin, moine de Solesmes, avait été chargé par dom Guéranger de rédiger une vie de saint Josaphat, à l’occasion de sa canonisation en 1867. En 1880 il fut envoyé en Espagne pour trouver un lieu de repli suite aux décrets contre les congrégations ; il restaura l’abbaye de Silos – supprimée en 1836 comme tous les ordres religieux – dont il devint abbé sous le nom d’Ildefonso. Il devint aussi membre de l’Académie royale d’histoire.)

  • Sainte Thérèse de Jésus

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    Portrait par frère Jean de la Misère, au couvent de Séville, en 1576.

     

    Fin de la quatrième et dernière « Relation » (1575).

    Voici maintenant, mon Père, puisque vous désirez le savoir, comment a lieu la vision dont j’ai parlé. On ne voit rien, ni intérieurement ni extérieurement, parce qu’elle n’est point imaginaire ; mais l’âme, sans rien voir, conçoit l’objet et sent de quel côté il est, plus clairement que si elle le voyait, excepté que rien de particulier ne se présente à elle. C’est, pour me servir d’une comparaison, comme si, étant dans l’obscurité, on sentait quelqu’un auprès de soi : quoiqu’on ne pût pas le voir, on ne laisserait pas pour cela d’être sûr de sa présence. Cette comparaison n’est pourtant pas tout à fait juste ; car celui qui est dans l’obscurité peut juger qu’une personne est auprès de lui par quelque moyen, soit par le bruit qu’elle fait, soit parce qu’il l’entrevoit et l’a connue auparavant : au lieu qu’ici il n’y a rien de tout cela ; et sans le secours d’aucune parole, ni intérieure, ni extérieure, l’âme conçoit très clairement quel est l’objet qui se présente à elle, de quel côté il est, et quelquefois ce qu’il veut lui dire. Par où et comment elle conçoit cela, c’est ce qu’elle ignore ; mais la chose se passe ainsi, et elle dure assez longtemps pour que l’âme ne puisse en douter ; et quand une fois l’objet s’est éloigné d’elle, elle a beau vouloir se le présenter encore de la même façon, elle n’en peut venir à bout. Ce n’est plus qu’un effet de son imagination, et non pas, comme auparavant, une représentation indépendante du concours de l’homme.

    Il en est de même de toutes les choses surnaturelles ; et de là vient que l’âme à qui Dieu fait ces sortes de grâces en devient plus humble qu’auparavant, parce qu’elle reconnaît que c’est un don de Dieu, dont elle ne peut se dégager, comme elle ne peut se le procurer en aucune manière. Il lui en reste un plus grand amour et un plus vif désir de servir un si puissant Seigneur, qui peut faire ce que nous ne pouvons même pas concevoir en ce monde. C’est ainsi que, quelque savant qu’on soit, on reconnaît toujours qu’il y a des sciences où l’on ne peut atteindre. Que celui qui donne ces biens précieux soit à jamais béni ! Amen.

  • (Saint Just)

    Aujourd’hui c’est la fête de saint Calixte Ier (le vrai pape de la miséricorde). Mais dans le martyrologe de ce jour la plus longue notice, l’une des plus longues du martyrologe romain, est consacrée à un personnage étonnant, saint Just de Lyon :

    Lugdúni, in Gállia, sancti Justi, Epíscopi et Confessóris, miræ sanctitátis et prophétici spíritus viri; qui, Episcopátu demísso, in erémum Ægypti, una cum Lectóre suo Viatóre, secéssit, ibíque, cum áliquot annos próximam Angelis egísset vitam, et dignus suórum labórum finis advenísset, corónam justítiæ perceptúrus migrávit ad Dóminum. Ipsíus sanctum corpus, una cum óssibus beáti Viatóris, qui ejúsdem Epíscopi fúerat miníster, Lugdúnum póstea quarto Nonas Septémbris delátum fuit.

    A Lyon, en Gaule, saint Just, évêque et confesseur, homme d'une admirable sainteté et doué du don de prophétie. Renonçant à son évêché, il se retira dans un désert de l'Egypte, avec Viateur, son lecteur, et, après y avoir mené pendant quelques années une vie presque semblable à celle des anges, il y trouva l'heureux terme de ses travaux, et s'en alla vers le Seigneur pour recevoir de lui la couronne de justice. Son saint corps, avec les ossements du bienheureux Viateur, son ministre, fut plus tard rapporté à Lyon, le 2 septembre.

    Saint Just était né à Tournon, où son père était gouverneur de la province appelée aujourd’hui Vivarais. Il étudia auprès de saint Paschase évêque de Vienne, et il se fit remarquer par sa science et sa piété, au point que vers 350, alors qu’il était encore très jeune, il fut élu archevêque de Lyon. En 381 il fut l’un des trois évêques de Gaule députés au concile d’Aquilée. Ce concile avait été demandé par deux évêques ariens qui avaient les faveurs de la femme de l’empereur. Le concile fut ouvert par saint Ambroise, qui demanda à Just de s’exprimer. Celui-ci demanda que les deux évêques soient destitués comme blasphémateurs, ce qui fut fait. Just revint à Lyon comme champion de la vraie doctrine.

    Peu après, un homme dans un accès de démence tue plusieurs personnes dans la rue. Puis il se réfugie dans une église. La foule menace de briser les portes si l’évêque ne le fait pas sortir. Just refuse qu’on viole le lieu saint. Un magistrat, pour apaiser la foule, dit à Just qu’il va emmener l’individu en prison puis qu’il le ramènera dès que les gens se seront calmés. L’évêque acquiesce, mais dès que le meurtrier est sorti la foule le lynche.

    Considérant qu’il est responsable de la mort de cet homme et donc indigne de l’épiscopat, Just quitte son évêché et se retire dans sa maison natale. Personne ne peut le faire revenir sur sa décision. Et une nuit il s’en va, avec un lecteur nommé Viator. Ils vont à Marseille et s’embarquent pour l’Egypte. Là ils vont devenir des moines anonymes du célèbre désert de Scété. Un jour arrive un Lyonnais qui le reconnaît, se prosterne devant lui et lui demande sa bénédiction. Stupéfaction des moines, qui apprennent que l’homme qui s’est soumis à toutes les servitudes monastiques et aux austérités du désert est le métropolite de Lyon. Just leur demande de se conduire avec lui comme avant. Quelques années plus tard, le troisième successeur de Just à Lyon décide d’aller voir son étonnant prédécesseur. « Sois le bienvenu, la fin de ma vie approche et Dieu t'a envoyé pour me rendre les devoirs de la sépulture », lui dit Just. De fait il meurt quelques jours plus tard, le 2 septembre 390. C’est à cette date qu’il est fêté à Lyon, notamment à la collégiale… Saint-Just, qui est l’église de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

  • Saint Edouard le Confesseur

    Quelques-unes des 64 miniatures du livre « La estoire de seint aedward le rei translatee de latin », en vers, d’après la Vie de saint Edouard de Aelred de Rievaulx. Peut-être de Matthieu Paris. Commande de Henry III, milieu du XIIIe siècle.

    Le couronnement de saint Edouard.

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    Saint Edouard voit le Christ dans l’hostie au moment de l’élévation.

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    Le roi guérit un aveugle.

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    Saint Edouard avait promis de ne jamais refuser l’aumône demandée au nom de saint Jean l’évangéliste ; un jour, un pauvre lui ayant tendu la main au nom de l’apôtre, le roi, dépourvu d’argent, retira de sa main un riche anneau et le lui donna. Plus tard, saint Jean apparut à deux pèlerins qui se mettaient en voyage pour les Lieux Saints ; il leur remit un anneau en leur disant : « Portez cet anneau au roi, c’est lui qui me l’a donné un jour que je lui demandais l’aumône en habit de pèlerin ; dites-lui que, dans six mois, je le visiterai et le mènerai avec moi à la suite de l’Agneau sans tache. » Edouard mourut en effet six mois après. A droite de la troisième vignette, les libéralités de saint Edouard envers les pauvres.

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    Edouard reçoit les derniers sacrements. Derrière lui la reine en pleurs. Il meurt le 5 janvier 1066.

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    Le livre va jusqu’à la mort d’Harold à la bataille d’Hastings, neuf mois après la mort d’Edward, dernier roi anglo-saxon d’Angleterre.

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    En 1102 le tombeau d’Edward est ouvert et l’on trouve son corps sans corruption. Le 13 octobre 1163 a lieu la translation dans un nouveau tombeau à Westminster, l’abbaye qu’il avait créée. Ce jour a été choisi pour sa fête, le 5 janvier étant la vigile de l’Epiphanie.

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  • Le bienheureux Charles de Blois

    Si Charles de Blois dut faire la guerre, il la fit à son corps défendant, à l’encontre de ses goûts et de ses attraits. Pendant la guerre il travaillait pour la paix, il n’aspirait qu’à la paix.

    Sa vie renferme des leçons tout aussi opportunes pour la paix que pour la guerre.

    Notre Jeunesse ardente et généreuse veut refaire une âme à la Bretagne. Où trouvera-t-elle un modèle plus séduisant ?

    Charles fut un chaste. Pour dompter ses passions il recourut à la prière et à la pénitence. Ses contemporains ont pris soin de noter son inaltérable fidélité à son épouse. Après saint Louis, mort en 1270, il est peut-être, en France, le seul homme marié et père de famille qui ait été mis sur les autels depuis six cents ans.

    L’homme public ne fut pas inférieur à l’homme privé. La passion de la justice, base de la prospérité des Etats, le domina constamment. Il la voulait éclairée, prompte et gratuite.

    Nul plus que ce grand seigneur n’eut la haine de l’arbitraire et de l’autoritarisme. Son respect profond de la dignité humaine, sa crainte du jugement de Dieu qu’il aurait à subir, le faisaient recourir en toute occasion au conseil de ses barons. Promoteur des institutions municipales, il ne crut pas diminuer l’autorité ducale en concédant les franchises populaires. Jamais gouvernement ne fut plus doux, jamais prince ne fut plus bienveillant et plus accessible.

    Les pauvres ne connurent pas seulement sa charité, ils éprouvèrent les mille nuances de sa délicatesse. Précurseur de nos modernes confrères de Saint-Vincent-de- Paul, il avait la liste des malheureux de sa ville de Guingamp et les visitait dans leurs logis. Sachant que l’aumône ne doit être qu’un secours transitoire, il s’appliquait à rendre sa charité ingénieuse et féconde, mariant les orphelines sans dot, mettant les jeunes gens en apprentissage, faisant étudier ceux qui paraissaient intelligents.

    Les artistes peuvent saluer en lui un amateur du beau sous toutes ses formes. Si, malgré les dépenses nécessitées par la guerre, il trouva moyen de déployer tant de luxe pour le culte divin, que n’aurait-il pas fait en temps de paix ?

    Les liturgisants peuvent à bon droit se réclamer du prince pieux dont toute la religion, sans amulettes, visions ni révélations, reposa uniquement sur l’office divin, pratique officielle et authentique de l’Eglise.

    A leur tour les régionalistes ont de qui tenir. Ils aimeront à se rappeler qu’en épousant Jeanne de Penthièvre, le fils du comte de Blois épousa la Bretagne avec ses traditions et le culte de ses saints.

    Tous trouveront dans le Bienheureux Charles de Blois un des plus beaux spécimens de l’humanité.

    Extrait de l'introduction des

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    par le R.P. Antoine de Sérent (en lecture libre)

    Les miracles post mortem de Charles de Blois.

    Le tombeau de Charles de Blois.

    La canonisation de Charles de Blois.

     

  • Maternité divine

    Le cantique Agni Parthéné (Vierge pure), par Petros Gaïtanos et le chœur Idymelon de Thessalonique. Le texte de cette hymne parut en 1905 dans un recueil de chants à la Mère de Dieu écrits par saint Nectaire d’Egine. La mélodie fut ensuite composée par un moine de Simonopetra (Athos). L’un et l’autre affirmèrent que c’était le résultat d’une apparition de la Mère de Dieu. C’est devenu un des chants les plus célèbres du monde byzantin.

    La traduction suit le découpage du texte grec sur la vidéo afin de pouvoir le suivre.

    Ô Vierge Pure, Souveraine
    Immaculée et Mère de Dieu,
    Salut, Épouse inépousée.
    Ô Vierge Mère Reine,
    Toison couverte de rosée,
    Salut, Épouse inépousée.

    Plus élevée que les cieux,
    plus brillante que le soleil,
    Salut, Épouse inépousée.
    Ô joie des vierges
    surpassant les chœurs angéliques,
    Salut, Épouse inépousée.

    Plus splendide que les cieux,
    plus pure que la lumière,
    Salut, Épouse inépousée.
    Plus sainte que les multitudes
    des armées célestes,
    Salut, Épouse inépousée.

    Marie toujours Vierge,
    Souveraine de l'univers,
    Salut, Épouse inépousée.
    Épouse Vierge Immaculée,
    très sainte Reine toute pure,
    Salut, Épouse inépousée.

    Marie Épouse Souveraine,
    Source de notre joie,
    Salut, Épouse inépousée.
    Ô jeune Vierge vénérable,
    très sainte Mère Souveraine,
    Salut, Épouse inépousée.

    Plus vénérable que les Chérubins
    et combien plus glorieuse
    Salut, Épouse inépousée.
    Que les Séraphins incorporels,
    plus élevée que les Trônes.
    Salut, Épouse inépousée.

    Salut, chant des Chérubins,
    Salut, hymne des Anges,
    Salut, Épouse inépousée.
    Salut, cantique des Séraphins.
    Salut, joie des Archanges,
    Salut, Épouse inépousée.
    Salut, Paix et Joie.
    Salut, Port du Salut,
    Salut, Épouse inépousée.
    Du Verbe sainte Chambre nuptiale,
    Fleur d'incorruptibilité,
    Salut, Épouse inépousée.

    Salut, Paradis de joie
    de l'éternelle vie,
    Salut, Épouse inépousée.
    Salut, Arbre de vie,
    Source d'immortalité,
    Salut, Épouse inépousée.

    Je Te prie, ô Souveraine,
    je T'invoque maintenant,
    Salut, Épouse inépousée.
    Je Te prie, ô Reine du monde,
    j'implore Ta grâce,
    Salut, Épouse inépousée.

    Ô Vierge pure, vénérable,
    très sainte Souveraine,
    Salut, Épouse inépousée.
    Avec ferveur je Te supplie,
    ô Temple sanctifié,
    Salut, Épouse inépousée.

    Secours-moi, délivre-moi
    de celui qui me fait la guerre,
    Salut, Épouse inépousée.
    Et fais de moi un héritier
    de la Vie éternelle,
    Salut, Épouse inépousée

  • 20e dimanche après la Pentecôte

    Allelúia, allelúia. Parátum cor meum, Deus, parátum cor meum : cantábo, et psallam tibi, glória mea. Allelúia.

    Alléluia, alléluia. Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt ; je te chanterai un psaume, toi qui es ma gloire. Alléluia.

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    La mélodie de l’alléluia de ce dimanche a été reprise avec d’autres mots pour le 4e dimanche de l’Avent. L’alléluia lui-même est également connu par ailleurs. D’autre part la mélodie du verset se termine par une longue formule finale de graduels du 1er mode (avec un bel ajout avant la descente vers le si). En effet le verset est du premier mode (de ré), alors que l’alléluia est du troisième mode (de mi), ce qui est assez étrange (surtout au moment de la reprise de l’alléluia), mais explique pourquoi le jubilus n’est pas repris à la fin du verset.

    On remarque aussi le très long mélisme sur « gloria », avec la même formule répétée trois fois, mais amenée les trois fois de façon différente. Au 4e dimanche de l’Avent, ce mélisme illustre le mot « facinora » : le fardeau. Ce sont deux façons opposées de considérer la mélodie, mais toutes deux légitimes.

  • Saints Denis, Rustique et Eleuthère

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    Graduel de l'abbaye de Saint-Denis, XIe siècle. Ce sont tous les chants de la messe d’alors. L’introït est celui de la première messe du commun de plusieurs martyrs (la messe actuelle est la deuxième du commun). On remarque que n’y figure pas l’incipit (« Intret », parce que chanté par un soliste, sans doute), et que seule la première phrase est donnée : (Intret) in conspectu tuo , Domine, gemitus compeditorum, à savoir le tiers de l’antienne, avant l’indication du verset de psaume : Deus, venerunt gentes. Il y a ensuite le début du graduel Gloriosus, avec le début du verset Dextera tua, Domine, puis l’Alléluia dont le verset est Justi epulentur donné en entier (actuellement c’est celui de la deuxième messe du commun), l’offertoire Mirabilis Deus, la communion Posuerunt mortalia qui n’est actuellement celle d’aucun commun mais est notamment celle de la messe des saints Côme et Damien le 27 septembre. Comme pour les autres pièces en dehors de l’Alléluia, il n’en est donné que la première ligne.

    Je suis toujours abasourdi que des sauvages théoriquement spécialistes des manuscrits mettent (ou laissent mettre) d’horribles tampons rouges baveux sur des chefs-d’œuvre…

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  • Saints Serge et Bacchus

    Aujourd’hui c’est la fête de sainte Brigitte de Suède, que François ne doit guère apprécier : c’est elle en effet qui, faisant parler le Fils de Dieu, appela le pape de son temps meurtrier des âmes, pire que Lucifer, plus injuste que Pilate, plus ennemi que Judas, plus abominable que les juifs (qui crucifièrent seulement son corps alors que Clément VI crucifie les âmes de ses élus).

    On fait aussi mémoire des saints Serge et Bacchus, dont c’était la fête hier dans le calendrier byzantin. Serge et Bacchus étaient le premier et le deuxième officier d’une unité militaire d’élite de Maximien, autour de l’an 300. Comme ils refusaient d’abjurer ils furent torturés et tués. C’était dans la ville syrienne que Isaïe appelle Reseph, et qui s’appelle aujourd’hui en arabe Resafa, mais qui fut appelée Sergiopolis puisqu’elle avait le tombeau de saint Serge, sur lequel on construisit une grande basilique, dont les ruines sont encore impressionnantes.

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    L'apolytikion, par le P. Grigorios Karalis:

    Τριάδος τῆς Ἁγίας ὀπλίται τροπαιοῦχοι, ἡ λαμπρὰ δυὰς τῶν Μαρτύρων, ὠράθητε ἐν ἄθλοις, Σέργιος ὁ θεῖος ἀριστεύς, καὶ Βάκχος ὁ γενναῖος ἀθλητής, διὰ τοῦτο δοξασθέντες περιφανῶς, προΐστασθε τῶν βοώντων Δόξα τῷ ἐνισχύσαντι ὑμᾶς, δόξα τῷ στεφανώσαντι, δόξα τῷ ἐνεργούντι δι' ὑμῶν, πάσιν ἰάματα.

    Soldats de la Sainte Trinité, victorieux dans le combat, et brillant duo de martyrs, Serge le divin chef, et Bacchus le noble athlète, dans l’éclat de votre gloire vous protégez ceux qui vous crient : Gloire à celui qui vous a donné la force, gloire à celui qui vous a couronnés, gloire à celui qui par vous donne la guérison à tous.

  • Notre Dame du Rosaire

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    (Eglise Notre Dame du Rosaire à Paris.)

    Les antiennes des psaumes aux matines et aux laudes sont des extraits de la Sainte Ecriture qui évoquent les 15 mystères du Rosaire : les mystères joyeux au premier nocturne, les mystères douloureux au deuxième nocturne, les mystères glorieux aux laudes.

    Pour les vêpres (dont il ne reste plus hélas, pour ceux qui suivent la réforme de 1960, que celles qui étaient naguère les secondes), la liturgie a des antiennes qui ont été composées à partir de diverses expressions de l’Ecriture.

    Quæ est ista, speciósa sicut colúmba, quasi rosa plantáta super rivos aquárum ?

    Qui est celle-ci, belle comme une colombe, comme une rose plantée sur les rives des eaux ? (Cantique des cantiques, Ecclésiasique.)

    Virgo potens, sicut turris David : mille clípei pendent ex ea, omnis armatúra fórtium.

    Vierge puissante, comme la tour de David, mille boucliers pendent d’elle (sur son cou), toute l’armure des forts. (Cantique des cantiques)

    Ave, María, grátia plena; Dóminus tecum: benedícta tu in muliéribus.

    Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes.

    Benedíxit te Dóminus in virtúte sua, quia per te ad níhilum redégit inimícos nostros.

    Le Seigneur t’a béni, dans sa puissance, car par toi il a réduit à néant nos ennemis. (Judith.)

    Vidérunt eam fíliæ Sion vernántem in flóribus rosárum, et beatíssimam prædicavérunt.

    Les filles de Sion t’ont vue florissant de roses comme le printemps, et elles t’ont appelée bienheureuse. (Ecclésiastique, Cantique des cantiques.)