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Eglise

  • Reims

    Le pape a accepté la renonciation de Mgr Thierry Jordan, qui n’aura 75 ans que le 31 août, et a nommé archevêque de Reims Mgr Eric de Moulins-Beaufort, jusqu’ici évêque auxiliaire de Paris.

    Je suppose que c’est sans intérêt, mais peut-être que je me trompe.

  • Un scandale parmi les scandales

    Alors qu’a éclaté le scandale du rapport de la justice de Pennsylvanie sur quelque 300 prêtres prédateurs sexuels (et tout ce qu’on peut imaginer autour, comme des prêtres élaborant des images pédopornographiques avec des images pieuses), ce qui implique de nombreux évêques – le cardinal Wuerl serait cité 200 fois dans le rapport, après le scandale McCarrick (le cardinal qui se faisait appeler “Tonton Ted” par ses amants et ses victimes) qui n’a certainement pas fini de faire des vagues en raison des nécessaires complicités au niveau épiscopal, on découvre que lors de la Rencontre mondiale des familles va se produire devant le pape et 75.000 fidèles un chanteur vedette irlandais qui s’était prononcé ouvertement pour le oui au « mariage » entre personnes de même sexe lors du référendum. Ce chanteur (de mélasse), Daniel O’Donnell, est réputé avoir vendu plus de 10 millions de disques. Il est évident que sa prise de position publique, répercutée par tous les médias, avait eu une influence sur les citoyens. Et il va se faire applaudir par le pape…

    Mais on sait aussi que l’invité vedette de la Rencontre est James Martin, un prêtre jésuite dont la principale occupation est de promouvoir les droits LGBT dans l’Eglise (et François l’a fait consultant au service communication du Saint-Siège).

    Tandis que nulle part dans les si nombreuses réunions de cette Rencontre des familles il n’est question de l’avortement…

    Mais qui suis-je pour juger ?

  • Sinisation

    Tous les diocèses de l’Eglise officielle de Chine (dont le nom officiel est Association patriotique des catholiques chinois) doivent soumettre d’ici la fin du mois un plan quinquennal sur ce qu’ils compte faire pour accomplir la sinisation de l’Eglise sur tous les plans : architecture, décoration, liturgie, théologie, relecture de l’histoire, conformément aux consignes du grand président Xi Jinping.

    Contrairement à ce que vous pourriez croire, c’est très facile. Car l’Association patriotique a envoyé aux diocèses un document de 15 pages qu’il suffit de recopier.

    Cela commence naturellement par un acte de soumission au parti communiste, et l’adhésion au socialisme « selon les caractéristiques chinoises ».

    On remarque que dans ce texte on lit les mots “Jésus-Christ” une fois, “Parti communiste” 5 fois, “Association patriotique”… 15 fois.

  • Benoît XVI a encore frappé…

    Selon le rabbin Walter Homolka, recteur du collège Abraham Geiger de Potsdam, Benoît XVI encourage « un nouvel antisémitisme sur des bases chrétiennes » ; pour le Grand Rabbin de Vienne Arie Folger, il est « problématique » que le précédent pape insiste sur une approche christologique de l'Ancien Testament. Mais chez les « catholiques » aussi on s’insurge : Michael Bohnke, professeur de théologie systématique à l'Université de Wuppertal, déclare : « Après Auschwitz, je ne me serais jamais attendu à lire quelque chose de semblable de la part d'un théologien allemand. »

    Diantre. De quoi s’agit-il ? D’un article de Joseph Ratzinger-Benoît XVI paru dans le dernier numéro de Communio (en allemand). Dont on n’aurait peut-être jamais entendu parler sans la polémique qu’il suscite.

    Un article qui paraît fort intéressant par ce qu’en révèlent les deux journalistes italiens dont Benoît et moi donne la traduction.

    Joseph Ratzinger-Benoît XVI revient sur l’apparent changement de doctrine de l’Eglise vis à vis du judaïsme depuis Vatican II. Alors qu’auparavant on parlait volontiers de substitution de l’Ancienne Alliance par la Nouvelle Alliance, l’Eglise étant le Nouvel Israël qu’elle a donc remplacé, on insiste aujourd’hui sur le fait que les dons de Dieu sont sans repentance, ce qui implique que la Première Alliance est toujours valide et qu’il n’y a donc pas de « substitution ».

    Ce thème a donné lieu à d’interminables discussions, qui m’ont toujours paru sans objet réel, car si les conclusions ultimes que l’on tire des deux positions sont contradictoires, ces positions ne le sont pas dans leur essence. Mais j’étais bien incapable de dire pourquoi.

    Joseph Ratzinger-Benoît XVI donne la réponse : les dons de Dieu sont en effet sans repentance, donc quand il offre une Alliance c’est pour toujours, mais ce sont les hommes qui ne sont pas fidèles à l’Alliance et qui la rompent, comme on le voit souvent dans l’Ancien Testament. Jésus est venu rétablir l’Alliance : « Le rétablissement de l'Alliance du Sinaï dans la Nouvelle Alliance dans le Sang de Jésus - c'est-à-dire dans Son amour qui vainc la mort - confère à l'Alliance une forme nouvelle et à jamais valide. »

    « Donc, en fait, il n'y a pas vraiment de "substitution", mais un cheminement qui conduit enfin à une seule réalité, avec la nécessaire disparition du sacrifice des animaux [de l'Ancienne Alliance] qui est remplacé ("substitution") par l'Eucharistie. »

    « L'alliance du Sinaï était déjà dans son essence une promesse, une approche vers le définitif et le concluant. Après toutes les destructions, c'est l'amour de Dieu qui atteint même la mort de son Fils, et qui est par elle-même la Nouvelle Alliance. »

    On comprend que les juifs ne soient pas contents, puisqu’on leur avait fait croire que les chrétiens reconnaissaient la permanence de l’Alliance de Moïse en ce sens qu’ils n’avaient pas à reconnaître le Christ, mais de quel droit s’immiscent-ils dans un débat théologique catholique ? Ils devraient déjà nous expliquer comment ils peuvent se dire fidèles à l’Alliance alors qu’ils n’ont plus, depuis 2.000 ans, les sacrifices qui constituent une partie capitale et essentielle de la Torah…

  • En Chine

    Deux prêtres catholiques non officiels qui desservaient la paroisse de Maijiqu Ganquan dans le diocèse de Tianshui ont été renvoyés dans leurs villes d’origine pour avoir… organisé un camp d’été pour les jeunes de la paroisse l’an dernier. Ce qui était toléré ne l’est plus selon les nouvelles règles. Le comité municipal pour les Affaires religieuses et ethniques de Tianshui a envoyé une lettre à l’administration locale de l’Eglise officielle, constatant que celle-ci n’avait aucun représentant dans cette paroisse et qu’elle devait donc en nommer, « afin de renforcer la gestion des affaires religieuses conformément à la loi sur les Affaires religieuses ».

    La paroisse de Maijiqu Ganquan était l’une de deux seules paroisses « clandestines » du diocèse de Tianshui. L’église, construite en 1921, se trouve sur un terrain de 7.000 mètres carrés comprenant également des bâtiments paroissiaux et des maisons. Le tout vient donc de passer subrepticement sous la coupe de la soi-disant Association patriotique des catholiques chinois…

    On attend le commentaire de François…

  • Pas de Pakistanais chrétiens en Irlande

    Les consulats irlandais au Pakistan ont rejeté toutes les demandes de visas de personnes qui souhaitaient se rendre à la Rencontre mondiale des familles. Il s’agissait de quelque 10.000 familles, dont 600 de l’archidiocèse de Karachi, et même celles qui avaient une lettre de recommandation du cardinal Coutts, archevêque de Karachi, ont vu leur demande rejetée.

    Le gouvernement irlandais craint que nombre de ces Pakistanais profitent de leur visa pour rester ensuite en Irlande.

    Ce qui ne manque pas de piquant, quand on sait que le Premier ministre est à moitié indien et que le Pakistan n’est qu’une scission de l’Inde. Mais tous les Indo-pakistanais (les Asiatiques, comme on dit dans les îles britanniques) ne peuvent pas être Premiers ministres d’Irlande…

    Cela dit, il vaut sans doute mieux que les catholiques pakistanais ne viennent pas en Irlande, même s’ils n’ont pas l’intention de rester. Il est inutile qu’ils découvrent un pays catholique qui a instauré le mariage des sodomites (dont l’icône est le Premier ministre) et va légaliser l’avortement, et qu’ils participent à une rencontre des familles dont un des principaux invités est un jésuite promoteur des droits LGBT dans l’Eglise…

    *

    N.B. - Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit plusieurs fois que Leo Varadkar était à moitié pakistanais. Vérification faite son père vient de Bombay et est hindou.

  • Ils ont eu le premier prix !

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    La « Jeune communauté catholique de Rottenburg-Stuttgart » a remporté le premier prix de la meilleure formation de la… gay pride de Stuttgart. Le deuxième prix revient au « groupe de parents d’enfants homosexuels », et le troisième prix à la « communauté turque du Baden-Wurttenberg ». Sic.

    Le prix est décerné chaque année à trois groupes qui apportent une contribution exceptionnelle à la diversité, à la tolérance et à l’égalité.

    On voit une pancarte où il est écrit que « Jésus avait deux pères lui aussi », et une banderole avec cette célèbre citation de François à un sodomite chilien : «  Dieu t’a fait ainsi, Dieu t’aime ainsi. Le pape t’aime ainsi, et tu dois t’aimer toi-même et ne pas faire cas de ce qu’en disent les gens. »

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    La directrice diocésaine de ce groupe de jeunes catholiques, Miriam Lay (à droite sur la photo), a expliqué que « Dieu aime tout le monde quelle que soit son orientation sexuelle », « beaucoup de gens ne connaissent que la position conservatrice de l’Eglise et nous voulons changer cela ». L’Eglise doit montrer à tous les croyants « qu’ils sont les bienvenus et ne doivent pas avoir peur de faire leur outing ». Le niveau de la participation catholique à la gay pride est « un signe clair d’une Eglise et d’une société ouverte et tolérante ».

    L’évêque de Rottenburg-Stuttgart , qui a succédé à Walter Kasper, et donc qui en connaît un rayon sur le sujet, s’appelle Gebhard Fürst. Et ça l’amuse beaucoup.

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  • Deir mar Maroun

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    Le monastère troglodyte Saint-Maron du nord de la Bekaa (district de Hermel, près de la frontière syrienne et des sources de l’Oronte) reprend vie. Le 31 juillet, à l’occasion de la fête des étudiants de saint Maron, Mgr Hanna Rahmé, évêque maronite de Baalbek- Deir el Ahmar, y a célébré une messe, en présence notamment des autorités politiques et militaires. Il a officiellement rouvert les lieux au culte, annonçant qu’y serait bientôt célébrée une messe quotidienne.

    Ce monastère troglodyte sur trois niveaux date d’au moins le Ve siècle et a pu être celui de saint Maron lui-même. Le monastère, situé sur une falaise dans un lieu désertique, avait été abandonné par les moines sous l’empire ottoman. Dans les années 1930 il y avait eu une controverse entre l’Eglise maronite et les puissantes familles chiites sur la propriété du site. Puis plus récemment entre le diocèse et le ministère des ressources hydriques et énergétiques. Et finalement le gouvernement a permis au diocèse de réhabiliter les lieux.

  • François change le catéchisme

    Voici la nouvelle rédaction, en vigueur depuis hier, de l’article 2267 du Catéchisme de l’Eglise catholique, le plus évolutif de tous puisque c’est déjà sa troisième version depuis 1992. Elle a le label François et affirme ouvertement le contraire de toute la tradition :

    2267. Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.

    Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.

    C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle » [1]et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.

    _______________________

    [1] François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017.

    On voit qu’il s’agit, là encore ouvertement, non pas de rappeler ce qu’est la doctrine catholique (ce qui est le propre d’un catéchisme), mais de se mettre en conformité avec l’esprit du monde et de faire du Catéchisme un élément de lobbying pour faire appliquer partout l’idéologie dominante. Ce qui est souligné vers la fin de la lettre aux évêques qui accompagne l’oukase :

    10. La nouvelle formulation du n.2267 du Catéchisme de l’Église Catholique veut pousser à un engagement décisif, notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques, afin de favoriser une mentalité qui reconnaisse la dignité de chaque vie humaine; de même, elle incite à créer les conditions qui permettent d’éliminer dans le monde contemporain l’institution légale de la peine de mort, là où elle est encore en vigueur.

    On admirera aussi la pirouette de la Congrégation pour la doctrine de la foi (sic) qui se termine ainsi :

    la nouvelle formulation du n.2267 du Catéchisme s’inscrit dans un développement authentique de la doctrine, qui ne contredit pas les enseignements antérieurs du Magistère.

    Faut oser…

    N.B. On constate qu’évidemment dans la prose de la Congrégation il n’y a aucun mention des condamnés à mort qui se sont convertis grâce à cette condamnation, et qui sont éventuellement morts en odeur de sainteté grâce à la peine de mort. Voir à ce sujet l’excellent livre du Père Bruckberger.

    *

    PS 1. Interdire la peine de mort pour une raison de principe, c'est prétendre empêcher la Rédemption, ou pour le moins contester le mode de la Rédemption voulu par Dieu.

    PS 2. On a aboli la peine de mort mais on l'a rétablie ces dernières années pour le crime de terrorisme, de façon hypocrite, extra-judiciaire, et donc illégitime, contraire à l'état de droit dont on nous rebat les oreilles. L'exemple le plus spectaculaire jusqu'ici ayant été les assassins du P. Hamel abattus sur le parvis de l'église alors qu'ils n'avaient que des couteaux. Tous les terroristes non kamikazes sont ainsi abattus, et l'on ne me fera pas croire que des policiers d'élite ne puissent jamais en arrêter un autrement qu'en le tuant...

    PS 3. On ne saurait oublier la facétie bergoglienne précédente, datant du 30 juillet : l'ouverture de la cause de béatification du P. Arrupe, le fossoyeur des jésuites, ami des "théologiens de la libération", dont la politique fut tellement désastreuse que Jean-Paul II dut intervenir.

  • Degradatio ab ordine pontificali ?

    Le P. John Zuhlsdorf, sur son « Fr.Z’s Blog », ressort le rite de dégradation d’un évêque, tel qu’il figure dans le Pontifical publié par Benoît XIV en 1752.

    Le journaliste italien Aldo Maria Valli s’en empare et souligne qu’on devrait l’utiliser notamment à l’encontre de l’ex-cardinal McCarrick, rattrapé par son passé de prédateur (homo)sexuel. On trouvera la traduction de l’article de Valli (et du rite de dégradation de l’évêque) chez Benoît et moi.

    Affaire McCarrick mise à part, je suis sidéré qu’on puisse recopier cette partie du pontifical de 1752 sans voir combien elle est contraire à la doctrine catholique du sacrement de l’ordre. Certes cette doctrine fut flottante au concile de Trente et jusqu’à Vatican II, car on confondait quelque peu les évêques avec des princes séculiers, en voyant l’Eglise comme une société féodale. Mais Vatican II a heureusement rétabli la saine doctrine (à la suite de la constitution Sacramentum ordinis de Pie XII, bien sûr) et en a fait une définition infaillible (Lumen gentium 21) :

    Le saint Concile enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l’Ordre, que la coutume liturgique de l’Église et la voix des saints Pères désignent en effet sous le nom de sacerdoce suprême, la réalité totale du ministère sacré. La consécration épiscopale, en même temps que la charge de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres. En effet, la Tradition qui s’exprime surtout par les rites liturgiques et par l’usage de l’Église, tant orientale qu’occidentale, montre à l’évidence que par l’imposition des mains et les paroles de la consécration, la grâce de l’Esprit Saint est donnée et le caractère sacré imprimé, de telle sorte que les évêques, d’une façon éminente et patente, tiennent la place du Christ lui-même, Maître, Pasteur et Pontife et agissent en sa personne. Aux évêques, il revient d’introduire, par le sacrement de l’Ordre, de nouveaux élus dans le corps épiscopal.

    Le sacrement de l’ordre imprime un caractère indélébile, qui demeure pour l’éternité. Le sacre épiscopal confère la plénitude du sacrement de l’ordre. Personne ne peut donc enlever à l’évêque son caractère épiscopal.

    Par conséquent, la fin du rite de dégradation est invalide et non avenu, quand on frotte la tête de l’évêque en disant que par ce grattage on met fin à la « consécration, et bénédiction, et onction » épiscopale. Il ne peut pas y avoir de « degradatio ab ordine pontificali ». C’est ontologiquement impossible.

    (Il est significatif que dans le rite de dégradation du simple prêtre il n’y a rien de tel. Benoît XIV, conformément à l’enseignement du concile de Trente, savait qu’on ne pouvait pas effacer le caractère sacerdotal. Mais il croyait que la « consécration » épiscopale était une simple « transmission de pouvoirs ».)