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Eglise

  • Ils ne savent donc plus

    « Les évêques de France » signent un « message aux catholiques et à tous nos concitoyens ». Il y a une partie pour tout le monde, et une partie pour les catholiques. Curieuse discrimination. Mais ce n’est pas le problème. Le problème est ce qui est dit spécifiquement aux catholiques :

    Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion ?

    « Les évêques de France » ne savent donc plus ce qu’est la messe, et ils le disent ouvertement.

    Bien sûr et évidemment, pour tout catholique, il y aurait une façon de « célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion ». Cette façon, c’est de participer à la messe. Au Saint Sacrifice du Christ qui se rend présent sur l’autel et qui se donne à manger à ses disciples. Par rapport à cette vérité, à cette intensité, à cette communion, tout le reste n’est qu’une ombre. Tout le reste ne peut qu’être prière personnelle. Certes c’est indispensable, et il faut toujours exhorter les catholiques à prier, mais ça n’a rien à voir avec la messe. Avec la vérité de la messe. Avec l’intensité de la messe. Avec la communion de la messe.

    Nous vivons donc une époque où « les évêques de France » ne savent plus cela. Parce qu’ils n’y croient plus. A vrai dire on l’avait déjà remarqué. Particulièrement depuis le début de cette épidémie. Mais je suis toujours aussi effaré de constater à quel point le peuple de Dieu est abandonné par ses pasteurs.

  • Un cardinal désobéit

    Jeudi, le diocèse de Rome a décidé de fermer toutes les églises, où il était déjà interdit de célébrer la messe depuis plusieurs jours. Hier la mesure a été rapportée, puisque au Vatican comme ailleurs c’est l’affolement et le n’importe quoi.  (Encore que, quand des évêques interdisent la messe, ce n’est pas n’importe quoi…)

    Mais, dès l’interdiction, le cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique, est allé lui-même ouvrir l’église dont il est « titulaire », Sainte Marie Immaculée de l’Esquilin.

    Il a déclaré : « Oui, c’est un acte de désobéissance ; j’ai sorti moi-même le Saint Sacrement et j’ai ouvert mon église. Ce n’est pas arrivé pendant le fascisme, ce n’est pas arrivé en Pologne sous le régime soviétique – les églises n’étaient pas fermées. C’est un acte qui doit donner du courage aux autres prêtres. La maison doit toujours être ouverte pour ses enfants. Je ne sais pas si les gens viendront ou non, ni combien, mais leur maison est ouverte. »

  • Les acharnés

    Le vétéran de la théologie de la libération Victor Codina, jésuite de 89 ans, a publié un article dans lequel il affirme qu’une note de Querida Amazonia permet l’ordination d’hommes mariés, de la même façon qu’une note d’Amoris laetitia a permis aux adultères de se remarier à l’église. Trouvaille tellement géniale que le REPAM a aussitôt repris le texte pour lui donner la plus grande diffusion.

    La note (120) dit ceci :

    Dans le Synode a germé la proposition d’élaborer un “rite amazonien”.

    Or, dit Codina, il y a déjà 23 rites dans l’Eglise, et dans nombre d’entre eux il y a des prêtres mariés. Donc le rite amazonien peut permettre l’ordination d’hommes mariés, d’autant que l’exhortation apostolique ne ferme pas la porte puisqu’elle n’en parle pas.

    Sauf que le raisonnement ne tient pas. Le vieux Codina parle des rites comme le faisaient jadis ceux qui ne voulaient pas reconnaître pleinement les Eglises orientales. Ils voulaient n’y voir que des particularités liturgiques. Le P. Codina devrait se renseigner, il apprendrait que depuis Léon XIII déjà, et surtout depuis qu’il y a un code de droit canon des Eglises orientales, Rome reconnaît explicitement l’existence d’Eglises qui ont leurs propres lois. Dont celle de permettre l’ordination d’hommes mariés. Mais il n’est aucunement question de créer une Eglise amazonienne spécifique. Le projet de « rite amazonien » est purement liturgique (si l’on peut dire…).

    En fait le vieux jésuite ne doit pas être si sûr de lui, puisque, ensuite, il évoque ce qui, réellement, ouvre la voie à l’ordination d’hommes mariés : la mention au début de Querida Amazonia que les pasteurs et les fidèles doivent s’engager à appliquer le document final du synode, lequel en appelle à un clergé marié, à des diaconesses, etc.

  • Mais il y a encore des catholiques

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    En Pologne, naturellement.

    Communiqué du bureau de presse de la conférence épiscopale :

    « Dans le cadre des recommandations de l’inspecteur sanitaire en chef selon lesquelles il ne doit pas y avoir de grands rassemblements de personnes, je demande d’augmenter – autant que possible – le nombre des messes dominicales dans les églises afin qu’un certain nombre de fidèles puisse assister à la liturgie à chaque fois, selon les directives des services de santé », écrit le président de la Conférence des évêques polonais, l’archevêque Stanisław Gądecki.

    Dans le même temps, l'archevêque Gądecki a souligné que les hôpitaux guérissent les maladies du corps et que les églises servent, entre autres, à guérir les maladies de l'esprit. « Par conséquent, il est impensable que nous ne priions pas dans nos églises » - a déclaré le président de la Conférence épiscopale polonaise.

    L'archevêque Gądecki a rappelé que les personnes âgées et les malades peuvent rester à la maison et suivre la messe du dimanche dans les médias. « Je voudrais rappeler qu'il n'est pas nécessaire d'échanger le signe de la paix en se serrant la main pendant la Sainte Messe » - écrit-il.

    L'archevêque Gądecki a demandé à prier pour ceux qui sont morts des suites du coronavirus. « Prions pour la santé des malades et pour les médecins, le personnel médical et tous les services qui œuvrent pour arrêter la propagation du virus. Prions pour la fin de l'épidémie. Conformément à la tradition de l'Église, j'encourage particulièrement à prier avec la supplication Saint Dieu, Saint Fort… » - a souligné le président de l'épiscopat polonais.

    Il y a des pays où le coronavirus est un prétexte pour interdire la communion sur la langue, en Pologne c’est seulement l’occasion de demander de ne plus pratiquer l’incongru serrage de paluches…

    Święty Boże, Święty Mocny, Święty Nieśmiertelny, zmiłuj się nad nami.
    Dieu Saint, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

    Et avec l'influence... corse, par le chœur Jerycho de Bartosz Izbicki, fondateur de la branche polonaise de Cantus, organiste de la basilique Saint-Jean Baptiste de Brochów (où fut baptisé Chopin) :

  • Un archevêque américain

    Ayant reçu des plaintes de fidèles auxquels des prêtres refusent de donner la communion sur la langue sous prétexte de coronavirus, l’archevêché de Portland (Oregon) fait savoir « clairement qu’une paroisse ne peut pas interdire la réception de la Sainte Communion sur la langue (cf. Redemptionis Sacramentum 92 : “Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche” ».

    L’archidiocèse de Mgr Alexander Sample précise qu’il a consulté deux médecins, dont un spécialiste en immunologie. Ils considèrent tous deux que communier dans la bouche ou dans la main ne fait guère de différence. « Le risque de toucher la langue et de transmettre la salive aux autres est un danger, mais la possibilité de toucher la main est tout aussi probable et les mains sont plus exposées aux germes. »

  • Un deuxième évêque

    Mgr Bernard Ginoux, évêque (pro-vie et gilet jaune) de Montauban : « Interdire les gens à communier directement sur la langue, alors qu’il n’y a aucune preuve que ce soit plus hygiénique dans la main, c’est absurde. Je me refuse à ce que des mesures soient appliquée à l’Église catholique, alors qu’elles ne sont pas appliquées à d’autres structures, comme les supermarchés et les cinémas. »

  • Il se marre

    « Au cours des temps de persécution, de nombreux catholiques ne pouvaient recevoir la sainte communion de manière sacramentelle », dit Mgr Athanasius Schneider. Nous y revoilà. Mais la persécution actuelle est organisée… par les évêques. On entend le diable se bidonner.

    Les évêques ont trouvé un bon prétexte pour se venger des fidèles qui continuent de croire assez au Saint sacrement pour vouloir le recevoir dans la bouche. Et, comme l’ajoute Mgr Schneider, il semble que certains « éprouvent une sorte de joie cynique à propager de plus en plus le processus de banalisation et de désacralisation du très saint et divin Corps du Christ ».

    Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Dans le diocèse de Beauvais on a carrément interdit la messe. Comme en Italie du nord. Et maintenant en Italie il y a des messes clandestines. Comme au temps des pires persécutions. Or celle-ci est le fait des évêques… Le diable se tient les côtes. Et il a mis en vacances des légions qui n’ont plus à suggérer aux catholiques de rester au lit ou d’aller se promener plutôt que d’aller à la messe : ce sont les évêques qui se chargent du boulot, avec une efficacité de 100%.

    Bien entendu, pendant que les évêques interdisent la messe, on se presse dans les supermarchés et dans les bistrots, dans les stades, les gares et les aéroports...

    Ceci est l’un des nombreux tableaux représentant saint Charles Borromée, archevêque de Milan, distribuant la communion aux pestiférés, pendant la peste de 1576. (Jacob van Oost II, 1673)

    SaintMacaireFlandes.jpg

    Addendum

    Il y aura eu un évêque pour sauver l’honneur, en ayant le courage (car hélas il en faut) de rejeter le diktat de la « conférence épiscopale » (qui n’a pourtant aucune autorité) : Mgr Pascal Roland, évêque d’Ars-Belley :

    « Loin de moi donc, l’idée de prescrire la fermeture des églises, la suppression de messes, (...) l’imposition de tel ou tel mode de communion réputé plus hygiénique (...), car une église n’est pas un lieu à risque, mais un lieu de salut. »

  • Pro Ecclesiis Orientalibus (ou contra)

    A ceux qui s’intéressent aux Eglises catholiques orientales, je conseille le très intéressant article de Sandro Magister « Depuis l’Orient, non pas la lumière mais les ténèbres. Étranges remplacements dans la Curie romaine ».

    En bref, François a viré Mgr Cyril Vasil de son poste de secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales catholiques, qui est authentiquement un évêque oriental, pour le remplacer par Mgr Giorgio Demetrio Gallaro, évêque de la petite Eglise italo-alabanaise, latin d’origine, et qui, disait Sandro Magister à l’époque, avait été nommé par François en 2016 pour latiniser cette Eglise de rite grec avant de la supprimer.

    Mgr Vasil, coupable d’avoir été critique de la dérive des synodes sur la famille, a été renvoyé chez lui en Slovaquie avec le titre d’administrateur apostolique de l’éparchie de Košice. Parce que l’évêque, Mgr Milan Chautur, est accusé par une femme de l’avoir touchée il y a 30 ans.

    François a également nommé un nouveau sous-secrétaire : un… Italien, l’abbé Flavio Pace, du diocèse de Milan, qui n’a strictement aucune compétence en la matière.

    Cela dit, parmi les accusations de latinisation de l’Eglise italo-albanaise, Sandro Magister dit que Mgr Gallaro a interrompu la lignée des curés albanais de la Martorana à Palerme. De fait le curé actuel a un nom italien, mais je peux témoigner que sa divine liturgie est dans la plus pure tradition byzantine grecque, et que sous et devant les mosaïques du roi Roger c’est une inoubliable merveille.

  • Eglises indépendantes

    Le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Sacré Collège, a été chargé de répondre aux critiques récurrentes du cardinal Zen sur la politique chinoise de François.

    On passera sur le mensonge d’une politique qui est dans la continuité de celle de Jean-Paul II et de Benoît XVI, tellement gros qu’on dirait une blague, pour citer une ahurissante nouveauté, invention de l’Eglise bergoglienne, révolution absolue  de l’ecclésiologie : la posibilité d’Eglises indépendantes en communion avec Rome :

    (…) l’expression « Église indépendante » ne peut plus être interprétée de manière absolue comme une « séparation » d’avec le Pape, comme c’était le cas dans le passé.

    Car, précise-t-il, nous sommes confrontés à un « changement historique » dont dérivent des conséquences « à la fois sur le plan doctrinal et pratique ».

    Sur le plan doctrinal : il s’agit donc bien d’une nouvelle doctrine ecclésiologique, selon laquelle une Eglise indépendante dirigée par un parti communiste peut être en communion avec Rome. Prépare-t-on la reconnaissance de l’Eglise indépendante d’Allemagne, ou d’abord celle d’Amazonie ?

  • En Erythrée

    Une délégation de l’Eglise catholique d’Ethiopie, constituée du cardinal Berhaneyesus Demerew Souraphiel, archevêque d’Addis Abeba, Mgr Musie Ghebreghiorghis, évêque d’Emdeber, et du Père Teshome Fikre, secrétaire de la Conférence épiscopale, devaient se rendre en Erythrée pour participer au début du jubilé du diocèse d’Asmara. Ils avaient le visa requis. Mais à leur arrivée à l’aéroport ils ont été retenus pendant 16 heures, puis remis dans un avion pour l’Ethiopie…

    « Leur seule faute était d’avoir voulu célébrer avec leurs confrères érythréens une fête religieuse », souligne le secrétariat de la conférence épiscopale.

    La féroce dictature érythréenne persécute notamment l’Eglise catholique, et en l'occurrence elle ne veut pas que la hiérarchie éthiopienne vienne rappeler que l’éparchie d’Asmara (archidiocèse depuis 2015) a été créée en 1961 comme diocèse (forcément) éthiopien… (Je ne voudrais pas être à la place du fonctionnaire qui a délivré les visas…)