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Le blog d'Yves Daoudal - Page 5

  • Le mensonge du jour

    Screenshot_2020-09-02 Partout dans le monde, les élèves font leur rentrée masqués.png

    Evidemment l’article ne parle pas de la Finlande, de la Norvège, de la Suède, du Danemark, des Pays-Bas…

  • Les martyrs des Carmes

    Trouvé sur le site abbayes.fr, cette notice sur les martyrs bénédictins du 2 septembre 1792 : Ambroise-Augustin Chevreux, René-Julien Massy et Louis Barreau de la Touche.

    Dans les derniers siècles précédant la Révolution française de 1789, les monastères bénédictins se groupèrent en Congrégations, Cluny, Saint-Maur, Saint-Vanne. Ces trois Congrégations, qui s'éteignirent au cours de la Révolution, furent remplacées en 1837 par la nouvelle Congrégation bénédictine qui se formait à Solesmes sous la direction de Dom Guéranger.

    - Dom Chevreux est né en 1728 à Orléans. Il fut supérieur général de la Congrégation de Saint-Maur à partir de 1783.

    - Dom René-Julien Massey est né à Rennes en 1732. Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, il fut prieur du monastère de Hauvers-le-Hamon près de Sablé-sur-Sarthe, puis à Saint-Serge d'Angers et à Saint-Florent de Saumur.

    - Dom Louis Barreau de la Touche est né au Mans en 1758. Il était le neveu de Dom Chevreux.

    Dès l'ouverture des Etats Généraux, une minorité agissante, poussée par le parti des philosophes, voulait supprimer le christianisme en France. Les uns, à la suite de Voltaire et de Rousseau, s'efforçaient de combattre par leurs doctrines la religion catholique et de ruiner le pouvoir du Souverain Pontife; les autres s'appliquaient par l'action à réaliser le plan des incrédules. Lorsque les Etats furent transformés en Assemblée Constituante, ils préparèrent et firent voter différentes lois pour la réalisation de leur plan. Après la destruction du clergé comme ordre politique (4 août 1789) et la confiscation de ses biens (2 novembre 1789), ils voulurent l'avilir en lui faisant prêter serment à une loi appelée 'Constitution civile du clergé'. Dans sa grande majorité, le clergé refusa de reconnaître une Constitution que le Saint-Siège avait, le 13 avril 1791, condamnée.

    Entre le 11 et le 30 août 1792, 250 prêtres furent enfermés aux Carmes, d'autres à la Force, à Saint-Firmin, à l'Abbaye. Se trouvaient parmi eux trois prélats, Mgr du Lau, archevêque d'Arles et les deux frères de la Rochefoucauld, évêques de Beauvais et de Saintes; des vicaires généraux; des bénédictins : Ambroise Chevreux, supérieur général des Mauristes, son neveu Louis Barreau de la Touche et René Massey; Mr Hébert, supérieur des Eudistes; Mr Leclerc, secrétaire du Général des Ecoles chrétiennes; des jésuites, des capucins, des Cordeliers, des sulpiciens, des clercs de tout rang; Dieu avait voulu que toutes les classes du Clergé séculier et régulier fussent représentées au jour du témoignage suprême.

    Dans l'après-midi du 2 septembre, des soldats firent irruption dans les prisons en criant aux prêtres : Prêtez serment ! et, sur leur refus, ils les massacrèrent à coups de fusil ou de sabre. Leurs corps furent pour la plupart transportés au cimetière de Vaugirard où de larges fosses avaient été préparées d'avance, et dans les carrières de Montrouge. Un certain nombre furent jetés dans un puits du couvent des Carmes. Plus tard, des fouilles furent pratiquées et l'on trouva quantité de crânes et d'ossements, portant la trace de coups reçus, comme on peut le constater dans la crypte de l'église des Carmes à Paris, où on les a recueillis.

    Et dans le propre de Solesmes de 1948 :

    Ecclesiam tuam quæsumus Domine fac nos semper filiali pietate diligere ; pro cujus juribus propugnandis beati Martyres tui Augustinus, Reantus eet Ludovicus, spiritu fortitudinis roborati, ad mortem usque certarunt.

    Nous vous en prions, Seigneur, faites-nous toujours aimer d’un sentiment de piété filiale votre Eglise ; c’est pour faire triompher ses droits que vos Bienheureux Martyrs Augustin, René et Louis, fortifiés de l’esprit de vaillance, ont lutté jusqu’à la mort.

  • Tous à l’hôpital

    Dans L’homme sans qualité (tome 1), Robert Musil écrit :

    « L’homme moderne naît en clinique et meurt en clinique : il faut que sa demeure ressemble à une clinique ! »

    Musil écrivait cela à la fin des années 1920, et l’on pense bien sûr aux bâtiments du « Bauhaus ».

    Le propos est prophétique, puisque désormais sur ordre d’Ubu-Knock les salariés doivent porter un masque chirurgical au travail.

    Il l’est encore davantage si l’on se reporte au texte originel :

    « Der moderne Mensch wird in der Klinik geboren und stirbt in der Klinik : also soll er auch wie in einer Klinik wohnen »

    Littéralement cela se traduit : « il doit donc aussi habiter comme dans une clinique ».

    Certes, il n’est pas encore obligatoire de porter un masque chez soi (sauf si on vit avec une personne âgée ou « vulnérable »), mais l’entreprise est bien un « lieu de vie », et précisément nombre de bâtiments d’entreprises ressemblent à des cliniques…

    En fait on est déjà au-delà, puisque la clinique est aussi dans la rue…

  • Dénoncez vos collègues

    Le confinement, c’était « Dénoncez vos voisins. » On a eu un grand remake des heures les plus sombres. Grâce à la folie des dirigeants, et à la diligence des bons citoyens. Près de chez moi une brave dame fut interpellée par les gendarmes et dûment verbalisée parce qu’elle était allée se recueillir, seule, sur la tombe de son mari. Elle avait été dénoncée par un vertueux voisin.

    Le masque obligatoire en entreprise, c’est : « Dénoncez vos collègues ». La délation à l’échelle de toutes les entreprises, c’est géant. Et les DRH masqués qui y sont enclins vont pouvoir jouer aux petits dictateurs de mascarade. Mais j’ai beau lire le texte officiel qui oblige les salariés à se mettre une serviette hygiénique sur la figure, je ne vois nulle part indiqué de sanctions… C’est selon l’inspiration du patron s’il est mascaradiste, ou bien il faut attendre le jugement après descente de la police et incarcération ?

  • De Suède

    Reçu ce mot de Suède, d’un ami qui y a passé six semaines de liberté et va devoir revenir dans un Paris gouverné par la dictature soi-disant sanitaire :

    Dimanche dernier, la joie d'une (dernière) messe « normale », avec, après la messe, ces bavardages amicaux, ces sourires échangés…

    Et hier, une soirée très sympathique, à Lund, avec des amis. C’était le jour de reprise des cours dans cette ville universitaire, et en nous promenant dans les rues, nous croisions des groupes de jeunes déambulant joyeusement - faut-il le redire : sans masques, et sans « distanciation ». Pas davantage de masques et de distances à l’intérieur du restaurant - pourtant très fréquenté - où nous avons dîné.

    Ce matin, je tombe sur ces lignes : « Alors que le Covid-19 rebondit dans toute l’Europe, la Suède semble épargnée, avec un taux de contamination stable, et un nombre d’hospitalisés et de morts qui reste au plus bas. » (Le Figaro, 31 août 2020)

    Jeudi, le choc du retour au pays va être violent.

  • Saint Gilles

    In provincia Narbonensi sancti Ægidii Abbátis et Confessoris, cujus nomine est apellatum oppidum, quod postea crevit in loco, ubi ipse monasterium erexerat et mortalis vitae cursum absolverat.

    Dans la province narbonnaise, saint Gilles, abbé et confesseur, dont le nom est devenu celui de la ville qui a ensuite grandi dans le lieu où il avait érigé un monastère et achevé le cours de sa vie.

    Ainsi commence le martyrologe de ce jour.

    Et il reste à Saint-Gilles la magnifique abbatiale romane, dont le neuvième centenaire a été célébré en 2016, avec le retour des reliques de saint Gilles chez lui.

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  • Omnitenens

    Hier j’ai été le bénéficiaire d’une de ces « coïncidences » qui sont de merveilleux clins d’œil du Ciel.

    Le matin, je lisais dans la 106e homélie de saint Augustin sur l’évangile de saint Jean, parue il y a 1600 ans :

    (…) comme le Père éternel est tout-puissant, le Fils qui lui est coéternel est tout-puissant et, s’il est tout-puissant, il tient assurément toutes choses. Si omnipotens, utique omnitenens. C’est ainsi que nous préférons traduire mot à mot pour dire exactement ce que les grecs disent pantocrator. Les nôtres ne traduiraient pas par tout-puissant, alors que pantocrator veut dire tenant tout, s’ils ne pensaient pas que le terme est équivalent. Qu’a donc jamais pu avoir l’Eternel qui tient tout que n’ait pas eu en même temps son coéternel qui tient tout ? (Quid ergo umquam habere potuit aeternus omnitenens quod non simul habuerit coaeternus omnitenens ?)

    L’après-midi je lisais, dans Penser c’est rendre grâce, de Pierre Magnard, qui vient tout juste de paraître :

    A force de parcourir le moyen âge, (…) je ne pouvais pas ne pas être attentif aux tympans romans de Moissac ou de Vézelay qui finirent par m’imposer l’image du pantocrator : le Christ dans sa mandorle, oint de la volonté du Père, transposait la souveraineté en règne d’amour. Celui qui est consubstantiel au Père se présente comme le pantocrator plutôt que comme le tout-puissant. Et c’est ce changement de qualificatif imposé tout simplement par la sculpture romane qui me donna bientôt à réfléchir : le pantocrator et non pas le tout-puissant. Qu’est-ce que le pantocrator ? Celui qui embrasse l’univers, cratein, crasis, embrassement, panton, de toutes choses, et qui, de ce fait, traduit toute la bonté du Père dont la souveraineté ne s’exprime jamais mieux que dans cette conservation et ce maintien de ce qu’il crée. Père, l’est-il davantage que dans cet embrassement ? C’était là le considérer dans son amour plutôt que dans sa puissance.

    La phrase qui précède ce passage dit ceci :

    Et c’est pourquoi encore un instant je voudrais réfléchir à ce que peut nous apporter cette conversion de l’ontologie à l’hénologie, me demandant quelle en est au juste la portée.

    C’est-à-dire de la philosophie de l’Etre à la philosophie de l’Un (en référence notamment à Plotin). Cette double réflexion de saint Augustin et de Pierre Magnard ne m’a pas fait penser aux tympans romans, mais au Christ pantocrator des mosaïques et peintures byzantines dans les absides. A priori le Christ bénit de la main droite et tient l’évangile de la main gauche. Toutefois le mouvement général qui apparaît est celui d’un homme dont la tête est au centre d’un orbe et qui étend les mains pour rassembler et faire venir à lui, de la circonférence à son visage glorieux. C’est net si l’on regarde par exemple le sublime Pantocrator de Monreale d’en bas (de là où nous sommes…) :

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    Le pantocrator est en effet l’omnitenens, celui qui tient tout le cosmos, et qui ramène tout à l’un, pour que tous soient un comme le Père et lui sont un.

    Addendum. Le Pantocrator de la cathédrale de Lungro:

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  • En Pologne

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    Le 20 août, en la fête de saint Bernard, le moine cistercien Fabian Skowron a célébré sa première messe en son monastère de Wąchock, dans la « forme extraordinaire », assisté de séminaristes et servants de Varsovie, Sandomierz et Radom. La messe était chantée par le chœur de la cathédrale de Sandomierz, et c’était le propre du graduel cistercien.

    Quand on pense qu’il y a 20 ans il n’y avait pas une seule messe traditionnelle en Pologne, on mesure le chemin parcouru…

    (Information trouvée sur le blog New Liturgical Movement, qui publie de nombreuses photographies de cette messe.)

  • Kennedy à Berlin…

    Il y avait samedi à Berlin des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de manifestants de la liberté, en tout cas une foule considérable, que la police du Reich s’est déconsidérée à chiffrer ridiculement à… 18.000.

    Il y avait là Robert Kennedy jr, et il a prononcé une allocution qui n’est pas passée inaperçue.

    Extrait :

    Les gouvernements aiment les pandémies, et ils aiment les pandémies pour les mêmes raisons qu’ils aiment la guerre. Parce qu’elles leur donnent la possibilité d’imposer à la population des contrôles que celle-ci n’accepterait jamais autrement.

    Il y a 75 ans, Hermann Göring a témoigné au procès de Nuremberg, et on lui a demandé : « Comment avez-vous fait pour que les Allemands acceptent tout cela ? » Et il a dit : « C’est une chose facile, ça n’a rien à voir avec le nazisme. Cela a à voir avec la nature humaine. Vous pouvez le faire dans un régime nazi. Dans un régime socialiste, dans un régime communiste, dans une monarchie et une démocratie : la seule chose dont un gouvernement a besoin pour transformer les gens en esclaves est la peur, et si vous pouvez trouver quelque chose pour les effrayer vous pouvez leur faire faire tout ce que vous voulez. »

    Il y a 60 ans, mon oncle John Kennedy est venu dans cette ville. Il est venu ici à Berlin parce que Berlin était la ligne de front contre le totalitarisme mondial. Et aujourd’hui encore, Berlin est en première ligne contre le totalitarisme mondial. Mon oncle est venu ici et il a dire fièrement au peuple allemand : « Ich bin ein Berliner ». Et aujourd’hui, tous ceux d’entre nous qui sont présents ici peuvent fièrement dire une fois de plus « Ich bin ein Berliner ». Et vous êtes aux avant-postes de la lutte contre le totalitarisme.

    Le texte intégral ci-dessous (dans la traduction donnée sur la vidéo).

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  • Saint Raymond Nonnat

    Août finit comme il a commencé, par une fête de délivrance : sceau divin de l’éternelle Sagesse sur ce mois qui lui est consacré. Depuis qu’au sortir d’Éden, elle fit son but de la rédemption du genre humain que poursuivait son amour, tous ses privilégiés ont eu leur part en ce grand œuvre : part de labeur, de prières, de souffrances, comme fut la sienne en la chair ; part féconde en la mesure même de l’association qu’elle daigne leur octroyer à ses renoncements miséricordieux. Pierre dans ses liens avança plus l’émancipation du monde que les conspirateurs soulevés contre la tyrannie des Césars ; Raymond Nonnat et ses frères, prenant sur eux les chaînes des captifs, firent plus que tous les philosophes égalitaires ou les déclamateurs de liberté pour l’abolition de l’esclavage et l’extinction de la barbarie.

    Déjà les fêtes des saints Raymond de Pegnafort et Pierre Nolasque nous ont donné d’assister aux origines de l’Ordre illustre où Raymond Nonnat brille d’un éclat si grand. Bientôt sa fondatrice auguste elle-même, Notre-Dame de la Merci, daignera se prêter à l’expression de la reconnaissance du monde pour tant de bienfaits.

    Jusqu’où, illustre Saint, n’avez-vous pas suivi le conseil du Sage ! Les liens de la Sagesse sont des liens de salut, disait-il. Et, non content de livrer vos pieds à ses fers et votre cou à ses entraves, vos lèvres sont allées, dans l’allégresse de l’amour, au-devant du cadenas redoutable dont ne parlait pas le fils de Sirach. Mais quelle récompense n’est pas la vôtre, aujourd’hui que cette Sagesse du Père, si totalement embrassée par vous dans la plénitude de la divine charité en son double précepte, vous abreuve au torrent des éternelles délices, ornant votre front de cette gloire, de ces grâces qui sont le rayonnement de sa propre beauté ! Afin que nous puissions vous rejoindre un jour près de son trône de lumière, montrez-nous à marcher en ce monde par ses voies toujours belles, par ses sentiers où la paix n’est jamais troublée, fût-ce au fond des cachots. Délivrez nos âmes, si le péché les captive encore ; rompez leurs attaches égoïstes, et remplacez-les par ces liens heureux de la Sagesse qui sont l’humilité, le renoncement, l’oubli de soi, l’amour de nos frères pour Dieu, de Dieu pour lui-même.

    L’Année liturgique