28 août 2014

Et c'est la rentré !

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« Deux Marocaines dans le gouvernement de Manuel Valls »

C’est le titre de Bladi :

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On rappelle que Najat Vallaud-Belkacem est née à « Beni Chiker, dans la région rifaine ».

Et l’on nous apprend que Myriam El Khomriest « elle aussi native du Maroc, à Rabat », mais qu’elle a passé son enfance à Tanger…

Un « gouvernement de clarté »

François Hollande avait demandé à Manuel Valls de « composer un gouvernement de clarté ».

Il a été exaucé.

La nomination d’Emmanuel Macron à l’Economie et de Najat Belkacem à l’Education (mais si : « nationale » !) donne en effet une image précise, quasiment typologique, du socialisme actuel (de l’UMPS).

A l’Economie, on met un employé de Rothschild, qui n’a jamais été élu mais était le conseiller économique du président de la République, celui qui lui disait comment faire pour ne pas se mettre mal avec Bruxelles : on ne nomme plus une personnalité politique à l’Economie, parce qu’on a totalement abandonné le domaine économique à Bruxelles et à l’euro-mondialisme (Macron participait bien sûr à la dernière réunion du groupe Bilderberg). Finies les gamineries démagogiques de Montebourg, on affiche franchement la véritable ligne.

Et l’on poursuit le combat idéologique de la culture de mort, contre la vie, contre la famille, contre l’humanité elle-même, de façon emblématique, en nommant Najat Belkacem à l’Education « nationale » : une militante forcenée du « droit » à l’avortement et de l’idéologie du genre. Vincent Peillon, avec sa vieillerie laïcarde et jauressoïde de religion républicaine antichrétienne, est enfoncé. Désormais on a, à la tête du corps enseignant de notre pays, une figure de proue de la déséducation, de la destruction de toute éducation, de toute possibilité même d’éducation.

On notera aussi que le nouveau ministre de la Culture, Fleur Pellerin, est exactement du même acabit : le domaine de la culture est confié à quelqu’un qui représente l’impossibilité radicale de toute culture.

Et pour bien souligner la chose, ce sont deux femmes (puisque l’idéologie du genre n’a pas encore déconstruit le féminisme), une Marocaine et une Asiatique : histoire de rappeler que la « diversité » est elle-même idéologique.

 

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Saint Augustin

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Portrait présumé de saint Augustin sur une fresque du Latran de 2,50 m de haut, découverte en 1900 sous la basilique, dans une salle de bibliothèque datant de saint Grégoire le Grand.

Inscription figurant au bas de la fresque:
DIVERSI DIVERSA PATRES SED HIC OMNIA DIXIT
ROMANO ELOQVIO MYSTICA SENSA TONANS

«Parmi les Pères certains ont dit ceci, d'autres cela, mais lui a tout dit, en faisant résonner dans la langue des Romains des significations cachées.»

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25 août 2014

Je vais me promener

Et je reviens jeudi si Dieu veut.

Je n’ai évidemment rien à dire sur le petit jeu de Meccano ou de Lego de Manuel Valls, qui ne vaut pas qu’on s’y attarde le moins du monde. D’autant que la pièce principale est Bercy, et que la politique économique de la France ne se fait pas à Bercy, mais à Francfort et à Bruxelles.

Pendant ce temps-là les chrétiens de Syrie et d'Irak vivent le martyre, et le califat s'étend, dans l'indifférence largement revenue. Mais on a vu que le Qatar est bien bon d'avoir fait libérer l'autre otage américain...

Saint Louis

Les trois oraisons de la messe, commentées par le bienheureux cardinal Schuster

Deus, qui beátum Ludovícum Confessórem tuum de terréno regno ad cæléstis regni glóriam transtulísti : eius, quǽsumus, méritis et intercessióne ; Regis regum Iesu Christi, Fílii tui, fácias nos esse consórtes : Qui tecum vivit et regnat…

« Seigneur, qui avez fait passer du trône terrestre au trône céleste le bienheureux roi Louis ; par ses mérites et son intercession faites que nous aussi méritions d’avoir part à l’héritage du Christ Jésus, Roi des rois. » Aujourd’hui l’Église, dans cette première collecte, rappelle les fidèles au sens de cette dignité royale que, par notre incorporation au Christ Roi et Prêtre, nous avons obtenue dans le sacrement du Baptême. Si les chrétiens appartiennent tous à cette dynastie sacrée instituée par le Christ, — regale sacerdotium (1) — il convient qu’ils sachent se dominer et tiennent leurs passions assujetties. On attribue à saint Colomban une belle parole qui se rapporte à cette liberté royale que doit garder intacte le chrétien. A un roi tyran, ce saint abbé dit un jour : si aufers libertatem, aufers dignitatem (2).

Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, sicut beátus Ludovícus Conféssor tuus, spretis mundi oblectaméntis, soli Regi Christo placére stúduit ; ita eius orátio nos tibi reddat accéptos. Per eúndem Dóminum…

« Comme le bienheureux confesseur Louis, ayant méprisé les délices du monde, s’efforça de plaire uniquement à Dieu ; ainsi nous vous demandons. Seigneur, que son intercession nous rende agréables à Vous. » Il n’est rien de plus vil que de transiger avec sa conscience pour ne pas déplaire aux hommes. Avec la meilleure bonne volonté, avec le tact et la prudence la plus circonspecte, il est impossible de contenter tout le monde. Saint Paul essaya de le faire, mais lui-même écrivit : Si adhuc hominibus placerem, Christi servus non essem (3). Le Psalmiste a un mot très fort contre ces lâches victimes du respect humain : disperdet ossa eorum qui hominibus placent, quoniam Deus sprevit eos (4).

Deus, qui beátum Confessórem tuum Ludovícum mirificásti in terris, et gloriósum in cælis fecísti : eúndem, quǽsumus, Ecclésiæ tuæ constítue defensórem. Per Dóminum nostrum…

« Seigneur, qui avez rendu illustre sur la terre, puis glorieux dans le ciel, le bienheureux confesseur Louis, établissez-le aussi défenseur de votre Église ». Le nombre est-il assez grand, de ceux qui évoquent avec passion les noms des souverains des anciennes dynasties françaises ? Et pourtant, le nom de saint Louis IX exprime encore, pour cette nation, tout un programme et un idéal de foi, de pureté, de valeur et d’honneur qui élève les lis de la vraie France catholique d’autant plus haut qu’est descendue davantage dans la fange la faction jacobine adverse, destructrice de sa propre patrie.

(1) Sacerdoce royal.

(2) Si tu enlèves la liberté, tu enlèves la dignité.

(3) Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ.

(4) Dieu a brisé les os de ceux qui cherchent à plaire aux hommes, parce que Dieu les a méprisés.

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24 août 2014

11e dimanche après la Pentecôte

Quand Dieu, Créateur de toutes choses, a voulu guérir un sourd-muet, il lui mit les doigts dans les oreilles et il prit de la salive et lui toucha la langue. Pourquoi ? Que signifient les doigts du Rédempteur, sinon les dons du Saint-Esprit ? C’est pour cela que, ailleurs, après avoir chassé un démon, il dit : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » Un autre évangéliste exprime cette même parole ainsi : « Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu jusqu’à vous. » En mettant ces deux textes ensemble, on voit que l’Esprit est appelé doigt de Dieu. Donc, mettre les doigts dans les oreilles, c’est ouvrir à l’obéissance l’esprit du sourd par les dons du Saint-Esprit.

Et que veut dire : « Il prit de la salive et lui toucha la langue » ? Pour nous, la salive de la bouche du Rédempteur c’est la sagesse reçue par le discours divin. En effet, la salive découle de la tête dans la bouche. Ainsi, quand le Rédempteur qui est lui-même la Sagesse, touche notre langue, du coup, il la forme aux paroles de la prédication.

« Il leva les yeux vers le ciel, et il gémit. » Non qu’il eût besoin de gémir, lui qui donnait ce qu’il demandait. Mais c’était pour nous apprendre à gémir vers celui qui siège au ciel, car nos oreilles doivent s’ouvrir par les dons du Saint-Esprit ; et la langue doit se délier en vue de la prédication par la salive de la bouche, c’est-à-dire par la science de la divine parole.

« Et au même moment il lui dit : Effétha, c’est-à-dire : Ouvre-toi, ses oreilles s’ouvrirent, et du coup fut dénoué le lien de sa langue. » Notons ici que les mots « ouvre-toi » sont en fonction des oreilles bouchées. Mais dès que les oreilles du cœur sont ouvertes à l’obéissance, il s’en suit tout naturellement que le lien de la langue est dénoué pour dire aux autres d’accomplir les bonnes actions qu’on a soi-même accomplies. Alors on ajoute à bon droit : « Il parlait normalement. » Car celui qui pratique d’abord l’obéissance parle ensuite normalement pour exhorter les autres à exécuter ce qu’ils doivent faire.

Saint Grégoire le Grand, homélies sur Ezéchiel, 10

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23 août 2014

Le califat au Nigeria

Boko Haram a pris le contrôle de la ville de Gwoza, dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria. En juin dernier, au prix de quelques massacres, Boko Haram avait déjà pris des villages, et la majorité des faubourgs de Gwoza. Mais cette fois les islamistes contrôlent la ville elle-même, et c’est une grande ville, de près de 300.000 habitants.

Ce que l’on voyait arriver se précise : Boko Haram, qui a l’ambition de créer un califat au Nigeria, et qui a immédiatement apporté son soutien au califat d’Abou Bakr al-Bagdadi en Syrie et en Irak, est en train, comme l’Etat islamique, de se constituer lui aussi un territoire.

16:13 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (4)

Signe des temps

Le mois prochain il n’y aura plus de curé à Sartène, sous-préfecture de Corse-du-Sud. Sans doute pour la première fois depuis la création de la ville. Le curé qui s’en va est un Polonais. L’évêque, Mgr de Germay, fait valoir qu’il n’a pas de prêtre disponible, et que ça ne va pas s’arranger puisqu’il n’y a qu’un seul séminariste corse, qui d’ailleurs est libanais…

On remarquera à ce propos, une fois de plus, que les Corses n’ont pas encore assimilé la laïcité républicaine. Lors de la visite de l’évêque, le dimanche 3 août, c’est le maire de Sartène, avec ses adjoints, qui a symboliquement barricadé l’église, avant de prendre à partie Mgr de Germay de façon plutôt virile…

16:06 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (7)

Saint Philippe Béniti

Philippe Béniti ou Bénizi eut pour patrie Florence, et sortait de la noble maison de Bénizi, établie dans cette ville. Ses parents, qui avaient une grande pitié, eurent un soin extrême de bien élever leur fils. La grâce seconda leurs vues, et le jeune Philippe, après avoir préservé son âme de la corruption du monde, s'établit solidement dans la crainte de Dieu. Lorsqu'il eut achevé son cours d'humanité dans sa patrie, il vint à Paris pour y étudier la médecine, et ce fut par un motif de charité qu'il voulut s'appliquer à cette science. Galien, tout païen qu'il était, en lui détaillant les effets merveilleux de la nature, le portait continuellement à s'élever vers Dieu, qui en est l'auteur, à le bénir et à l'adorer. De Paris, ses parents le firent venir à Padoue; il y continua les mêmes études et y prit le grade de docteur.

De retour à Florence, il prit quelque temps pour délibérer sur le genre de vie qu'il devait embrasser, et pria le ciel avec ferveur de lui faire connaître la route qu'il devait suivre pour accomplir parfaitement la volonté divine. Il y avait quinze ans que l'ordre des serviteurs de la vierge Marie, autrement appelés Servites, avait été institué. Leur supérieur, Bonfiglio Monaldi, à la prière de quelques personnes de piété, fonda près d'une des portes de Florence un petit couvent avec une chapelle dédiée sous le titre d'Annonciation de la sainte Vierge. Philippe Béniti étant entré dans cette chapelle pour y entendre la messe, le jeudi de la semaine de Pâques, fut singulièrement frappé à la lecture de ces paroles de l'épître, adressées par l'Esprit Saint au diacre Philippe : Avancez et approchez-vous de ce chariot. Comme il portait le nom de Philippe, il s'appliqua ce texte de l'Ecriture, et il crut que c'était une invitation que lui faisait le Saint-Esprit de se mettre sous la protection de la Mère de Dieu dans le nouvel ordre.

La nuit suivante, il eut un songe mystérieux, où il s'imaginait être dans un vaste désert rempli de précipices, de rochers, d'épines, de pièges et de serpents venimeux, en sorte qu'il ne voyait pas le moyen d'échapper à tant de dangers. Pendant qu'il était dans la crainte et la consternation, il crut voir la sainte Vierge qui l'invitait à entrer dans le nouvel ordre, comme dans un lieu de refuge. Le lendemain matin, il réfléchit sérieusement à ce qui lui était arrivé. Il reconnut sans peine que cet affreux désert était le monde, et qu'il fallait une vigilance extrême et une grâce extraordinaire pour en éviter les écueils. Il se persuada donc que Dieu l'appelait dans l'ordre des Servites et qu'il lui offrait la protection de la sainte Vierge, comme un asile assuré. Il alla trouver le bienheureux père Bonfiglio, qui lui donna l'habit dans la petite chapelle où il avait entendu la messe. Il demanda par humilité à être reçu en qualité de frère convers. Ayant fait sa profession le 8 septembre 1233, il fut envoyé, par son supérieur au mont Senario, pour y être occupé aux divers travaux de la campagne. Il les offrit à Dieu en esprit de pénitence et y joignit le recueillement le plus parfait. Lorsqu'il était libre, il se renfermait dans une petite grotte située derrière l'église, pour y vaquer à l'exercice de la prière. Les délices célestes qu'il y goûtait lui faisaient souvent oublier le soin de son propre corps.

Il cachait avec grand soin son savoir et ses talents, qui cependant à la fin furent découverts. Ceux qui conversaient avec lui admiraient sa prudence toute céleste et la lumière avec laquelle il parlait des matières spirituelles. Etant au couvent qui avait été depuis peu fondé à Sienne, il eut à s'expliquer sur certains points controversés, en présence de plusieurs personnes très éclairées; il le fit avec tant d'habileté, que ceux qui l'entendirent en furent frappés d'admiration. On engagea les supérieurs à tirer cette lumière de dessous le boisseau, pour la placer sur le chandelier. Ceux-ci obtinrent une dispense du Pape pour lui faire recevoir les saints ordres; mais il ne consentit à ce changement d'état que par obéissance. Peu de temps après, on le fit définiteur et assistant du général; il devint lui-même général en 1267. Après la mort du pape Clément IV, les cardinaux assemblés à Viterbe jetaient les yeux sur lui pour l'élever à la papauté. Dès qu'il fut instruit de leur dessein, il se retira dans les montagnes, avec un religieux de son ordre, et y resta caché jusqu'à l'élection de saint Grégoire X. Sa retraite lui fut d'autant plus agréable, qu'elle lui fournit l'occasion de redoubler ses austérités et de se livrer uniquement à la contemplation. Il ne vivait que d'herbes desséchées et ne buvait que de l'eau d'une fontaine qui est connue aujourd'hui sous le nom de Bain de saint Philippe et située sur une montagne appelée Montagnat.

Il quitta son désert, brûlant d'un nouveau zèle pour allumer dans les cœurs le feu de l'amour divin. Ayant prêché en plusieurs endroits de l'Italie, il nomma un vicaire pour gouverner son ordre en sa place, puis il partit avec deux de ses religieux pour faire une mission qui devait avoir une grande étendue. Il prêcha avec un succès incroyable à Avignon, à Toulouse, à Paris, et dans d'autres grandes villes de France; la Flandre, la Frise, la Saxe et la Haute- Allemagne furent aussi les théâtres de son zèle. Après deux ans d'absence, il revint, en 1274, tenir à Borgo le chapitre général de son ordre. Il voulut s'y démettre de sa place; mais on ne lui accorda point ce qu'il demandait; il fut, au contraire, confirmé dans le généralat pour toute la vie. La même année, il alla au second concile général de Lyon, où le pape saint Grégoire X présidait en personne, pour y solliciter la confirmation de son ordre, qu'il obtint.

Il annonçait la parole de Dieu dans tous les lieux par lesquels il passait. Il avait reçu du ciel un talent extraordinaire pour la conversion des pécheurs, de ceux surtout qui étaient divisés par des haines. L'Italie était alors déchirée par des discordes intestines, et principalement par les factions politiques des Guelfes et des Gibelins. On avait souvent essayé, quelquefois avec succès, de remédier à ces maux; mais on n'avait réussi qu'à l'égard de quelques personnes. Le feu de la discorde s'était rallumé dans la plupart des esprits avec plus de violence que jamais. Philippe calma l'animosité des factions prêtes à s'entre-déchirer, à Pistoie et dans plusieurs autres lieux. Il rétablit aussi la paix à Forli, mais ce ne fut pas sans courir de grands dangers. Les séditieux l'insultèrent et le battirent dans les différents quartiers de la ville. Leur fureur cependant se laissa désarmer à la fin, par la douceur et la patience invincibles du saint (Acta Sanct., et Godescard, 23 août).

Rohrbacher, Histoire universelle de l’Eglise catholique, tome 8, ch. 75.

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22 août 2014

Fête du Cœur immaculé de Marie

Omnípotens sempitérne Deus, qui in Corde beátæ Maríæ Vírginis dignum Spíritus Sancti habitáculum præparásti : concéde propítius ; ut ejúsdem immaculáti Cordis festivitátem devóta mente recoléntes, secúndum cor tuum vívere valeámus. Per Dóminum ... in unitáte ejúsdem…

Dieu éternel et tout puissant, qui avez préparé dans le Coeur de la bienheureuse Vierge Marie une demeure digne du Saint-Esprit, faites, dans votre bonté, qu’en célébrant de toute notre âme cette fête en l’honneur de son cœur immaculé, nous arrivions à vivre selon votre cœur.

Cette fête a été instituée par Pie XII en 1944, au jour octave de l’Assomption, laquelle octave il a supprimée en 1955.

Mon bréviaire monastique publié en 1955 (juste avant la suppression des octaves et des vigiles) n’a pas la fête du Cœur Immaculé de Marie. Et je suis bien aise de conclure l’octave de l’Immaculée Conception avec dans l’office des matines un nouvel extrait des sermons de saint Bernard sur l'Assomption… qui peut bien servir aussi pour le Cœur Immaculé :

Il n'est rien qui me plaise plus, mais en même temps, il n'est point de sujet non plus qui m'inspire plus de crainte à traiter que la gloire de la Vierge Marie. Car, sans parler de l'ineffable privilège de ses mérites et de sa prérogative unique, tout le monde a pour elle, comme il est juste, les sentiments de dévotion et d'amour les plus grands, l'honore et l'exalte à l'envi ; chacun est heureux de parler d'elle, mais quoi qu'on dise sur ce sujet ineffable, par le fait même qu'on a pu le dire, plaît moins, est moins agréable aux auditeurs, et reçoit un moins favorable accueil. Et pourquoi ce que l'esprit de l'homme peut comprendre à cette gloire incompréhensible ne semblerait-il pas trop peu de chose ? Si j'entreprends de louer en elle la virginité, à l'instant se présentent à moi une multitude de vierges. Si je parle de son humilité, il s'en trouve également au moins quelques-uns qui, à l'école de son Fils, ont appris à être doux et humbles de cœur. Si c'est la grandeur de sa miséricorde que j'entreprends d'exalter, il s'offre à la pensée aussitôt quelques hommes, et même des femmes remplis de sentiments miséricordieux. Il n'y a qu'une seule chose où elle est sans modèle et sans imitateurs, c'est l'union des joies de la maternité avec la gloire de la virginité. Marie, est-il dit, a choisi la meilleure part. Nul doute, en effet, que ce ne soit la meilleure, car si la fécondité du mariage est bonne, la chasteté des vierges est meilleure, mais ce qui surpasse l'une et l'autre, c'est la fécondité unie à la virginité, ou la virginité unie à la fécondité. Or, cette union est le privilège de Marie, nulle autre femme ne le partage avec elle, il ne lui sera point ôté pour être attribué à une autre. Il lui est propre, il est en même temps ineffable, si nul ne peut l'obtenir, nul ne peut non plus en parler comme il faut. Mais que sera-ce de ce privilège, si on songe au Fils qu'elle a eu? Quelle langue, fût-ce la langue même des anges, pourra célébrer dignement les louanges de la Vierge Mère, et mère non d'un homme quelconque, mais de Dieu même? C'est une double nouveauté, une double prérogative; c'est un double miracle, mais non moins digne que parfaitement convenable, car de même qu'il ne convenait point qu'une Vierge eût un autre Fils, de même un Dieu ne pouvait naître d'une autre mère.

Mais pour peu qu'on y fasse attention, on trouvera qu'il y a plus encore, et on verra que les vertus que Marie semblait d'abord partager avec les autres femmes lui conviennent à elle plus particulièrement qu'aux autres. En effet, quelle autre vierge pour sa pureté osera se comparer à celle qui a été digne de devenir le sanctuaire du Saint-Esprit, et la demeure du Fils de Dieu ? Si on estime les choses à leur rareté; la première femme qui résolut de mener la vie des anges sur la terre n'est-elle point au dessus de toutes les autres ? « Comment cela se fera-t-il, dit-elle ? car je ne connais point d'homme (Luc. I, 34). » Quel inébranlable dessein de garder la virginité, que celui que n'a point ébranlé la voix d'un ange lui promettant un Fils! » «Comment cela se fera-t-il, dit-elle? » Ce ne peut être de la manière que les choses se passent ordinairement pour les autres femmes, car, pour moi, je ne connais point d'homme, je ne désire point de fils et n'espère point d'enfant.

Mais aussi, quelle grande et précieuse humilité, avec une pareille pureté, avec une telle innocence, avec une conscience si bien exempte de tout péché, disons plus encore, avec une telle plénitude de grâce ! O femme bienheureuse, d'où vous vient cette humilité, et une telle humilité? Elle était bien faite pour attirer les, regards du Seigneur, sa beauté était bien propre à exciter les désirs du Roi des rois, et la suave odeur qu'elle exhalait était bien capable d'arracher le fils de Dieu du sein éternel de son père. (...)

Tels sont les vœux dont nous vous accompagnons autant que nous le pouvons, à votre retour vers votre fils, et dont nous grossissons de loin votre cortège, ô Vierge bénie. Que désormais votre bonté ait à cœur de faire connaître au monde la grâce que vous avez trouvée devant Dieu, en obtenant, par vos prières, le pardon pour les pécheurs, la guérison pour les malades, la force pour les cœurs faibles, la consolation pour les affligés, du secours pour ceux qui sont en péril, et la délivrance pour les saints. Que, dans ce jour de fête et de joie, ô Marie, reine de clémence, vos petits serviteurs qui invoqueront votre très-doux nom, obtiennent les dons de la grâce de Jésus-Christ votre fils, Notre-Seigneur qui est le Dieu béni par dessus tout, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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21 août 2014

La Mort-aux-Juifs

Le 11 août dernier, le Centre Simon Wiesenthal demandait au ministère français de l’Intérieur la suppression du nom du lieu dit « La Mort-aux-Juifs », sur la commune de Courtemaux (Loiret).

En 1992 déjà le MRAP avait demandé la suppression de ce nom. Le conseil municipal avait refusé, mais les panneaux avaient été enlevés. C’est seulement sur le cadastre qu’on peut voir, depuis lors, ce nom qui fait faussement polémique.

Faussement, comme l’explique Pierre-Henri Billy, toponymiste, chercheur au CNRS, auteur du "Dictionnaire des noms de lieux de la France", dans un article sans concession, bien que publié par Le Monde. On voit un peu partout, dans le Centre de la France et en Normandie, des lieux dits appelés « La Mort ». Il s’agit d’une mauvaise orthographe du mot « maure », qui désignait une mare. Quant à « Juifs », il vient de jui, qui vient du latin suinus : porcin. La Mort-aux-Juifs, cela veut donc dire la mare au purin de porcs.

Et à ce lieu-dit on trouve… un élevage de porcs.

Quant au Centre Wiesenthal, on suppose qu’il n’a plus de nazis à traquer pour s’en prendre aux vieux noms français. Le pire est que le gouvernement, via le sous-préfet, appuie la demande des chasseurs d’antisémites, et que le conseil municipal a promis de se saisir de la question dès la rentrée.

NB. De même le nom de Villejuif n’a rien à voir avec les juifs. Mais pas davantage avec les cochons. Il s’agit soit de Villa Juvius (par Villa-Judea) soit de Villa Gesedis (par VIllegie).

Palestine

Propos du P. Malawal Musallam, longtemps curé de la paroisse catholique de Gaza, aujourd’hui directeur d’une école dans la bande de Gaza :

« Par ses actions actuelles, Israël ne se défend pas, mais défend son occupation de la Palestine. Israël n’est pas disposé à mettre fin à l’occupation de la Palestine. Son seul but est le développement, le progrès et a sécurité de ses habitants. Les dirigeants israéliens se rendent compte que répandre la peur parmi leur propre peuple est la seule façon de le convaincre qu’ils ne doivent pas se retirer de Palestine. Ils ont convaincu le peuple qu’ils doivent rester là pour assurer sa sécurité. »

A propos des discussions du Caire entre Israéliens et Palestiniens, le P. Musallam déclare :

 « Au Caire, les Palestiniens n’ont pas de visées stratégiques : ils ne discutent pas du retrait israélien, du retour de Jérusalem ou du problème des colonies. Ils demandent seulement l’accès à la mer, l’ouverture au commerce, du travail, pouvoir nourrir leurs enfants. Ils veulent vivre, mais Israël empêche cela. C’est une question de droits de l’homme. »

Sainte Jeanne de Chantal

"Acte d’abandon"

O bonté souveraine de la souveraine providence de mon Dieu, je me délaisse pour jamais entre vos bras ; soit que vous me soyez douce ou rigoureuse, menez-moi désormais par où il vous plaira. Je ne regarderai point les chemins par où vous me ferez passer, mais vous, ô mon Dieu, qui me conduisez ; mon cœur ne trouve point de repos hors des bras et du sein de cette céleste Providence, ma vraie mère, ma force et mon rempart ; c'est pourquoi je me résous moyennant votre aide divine, ô mon Sauveur, de suivre vos désirs et ordonnances sans jamais regarder où éplucher les causes pourquoi vous faites ceci plutôt que cela, mais à yeux clos je vous suivrai selon vos volontés divines sans rechercher mon propre goût ; c'est à quoi je me détermine de laisser tout faire à Dieu, ne me mêlant que de me tenir en repos entre ses bras, sans désirer chose quelconque, que selon qu'il m'incitera à désirer, à vouloir et à souhaiter.

Je vous offre ce désir, ô mon Dieu, vous suppliant de le bénir, entreprenant le tout appuyé sur votre bonté, libéralité et miséricorde, en la totale confiance en vous et défiance de moi et de mon infinie misère et infirmité.

Amen

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20 août 2014

A propos de James Foley

Les jihadistes ont publié une vidéo montrant la décapitation du journaliste américain James Foley.

Le Salon Beige rappelle que lorsqu’il avait disparu, la presse avait attribué son enlèvement au régime syrien. « Un journaliste américain aux mains de Bachar al-Assad », titrait Libération, sans avoir le commencement du moindre indice en ce sens, et pour cause. Mais à l’époque tous les grands médias, comme le gouvernement, soutenaient sans réserve les héros de la rébellion contre Assad. Donc ils ne pouvaient pas avoir enlevé un journaliste. Puisque ce n’était pas les gentils, c’était forcément le méchant.

Le Salon Beige évoque également la foi catholique de James Foley.

Citoyenneté à vendre

Le gouvernement de Malte espérait que sa vente de passeports rapporterait 30 millions d’euros sur un an. Mais, en quelque six mois, plus de 200 demandes ont été faites et la plupart devraient être acceptées, ce qui correspond pour l’île à un gain de plus de 200 millions d’euros, puisque chaque passeport coûte plus d’un million d’euros au demandeur.

Pour acheter un passeport maltais, il faut

- investir au moins 650.000 € dans l’île (plus 25.000 € par femme et enfant mineur)

- acheter une propriété d’au moins 350.000 € ou louer une résidence pour 16.000  € pendant cinq ans (le gouvernement s’attendait à une grosse majorité de locations, or ce sont les achats qui dominent)

- verser 150.000 € à un « instrument financier » (en bref à l’Etat).

La majorité des demandes émane de Russes, mais une trentaine de nationalités sont représentées. L’acquisition d’un passeport maltais est ipso facto l’acquisition de la citoyenneté européenne, avec tout ce qui en découle en matière de droit de vote et de libre circulation.

12:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5)

Saint Bernard

Le début de ce sermon de saint Bernard sur l’Assomption était la lecture des matines du 19 août, veille de la fête de saint Bernard, avant qu’on ait l’idée saugrenue de supprimer l’octave de l’Assomption :

En montant aujourd'hui dans les cieux, la glorieuse Vierge a certainement porté à son comble la joie des citoyens du ciel. Car elle n'est rien moins que celle dont la voix fit tressaillir de joie, dans les entrailles d'une mère qu'elle a saluée, l'enfant qui y était encore enfermé. Si l'âme d'un enfant qui n'était pas encore né s'est fondue de bonheur à sa voix, quelle ne dut pas être l’allégresse des esprits célestes quand ils eurent le bonheur d'entendre sa voix, de contempler son visage ? Et même pour nous, mes frères bien-aimés, quelle fête n'est point le jour de son Assomption, quels motifs de joie et de bonheur n'y a-t-il point dans son assomption ? La présence de Marie éclaire le monde entier, c'est au point que les cieux eux-mêmes brillent d'un plus vif éclat, à la lumière de cette lampe virginale.

C'est donc avec raison que les actions de grâce et les chants de gloire retentissent dans les cieux; mais nous, mes frères, il semble que nous avons plus de motifs de gémir que d'applaudir. En effet, ce monde inférieur ne doit-il pas proportionner son deuil, quand elle le quitte, à l'allégresse même que sa présence répand dans les cieux ? Pourtant, trêve de plaintes chez nous, car, après tout, nous n'avons point ici une cité permanente, nous aspirons à celle où Marie fait aujourd’hui son entrée; si nous devons un jour en être citoyens, il est juste que, même dans notre exil, et jusque sur les bords des fleuves de Babylone, nous l'ayons présente à la pensée, nous participions à ses joies, nous partagions son allégresse, surtout à celle qui remplit si bien aujourd'hui même, comme un torrent, cette cité de Dieu, que, même ici-bas, nous en recevons quelques gouttes qui tombent jusque sur la terre. Notre Reine nous a précédés, et le glorieux accueil qui lui est fait doit nous engager à suivre Notre Dame, nous ses humbles serviteurs, en nous écriant : « Attirez-nous à votre suite, nous courrons dans l'odeur de vos parfums. » Notre exil a envoyé en avant une avocate qui, en sa qualité de mère de notre Juge, de mère de la miséricorde, doit traiter en suppliante, mais en suppliante écoutée, l'affaire de notre salut.

Aujourd'hui notre terre a envoyé un précieux présent au ciel, pour rapprocher, par cet heureux échange de présents d'amitié, les hommes de Dieu, la terre des cieux, notre bassesse de l'élévation suprême. Un fruit sublime de la terre s'est élevé là d'où nous viennent tous dons excellents, tous dons parfaits, et une fois montée dans les cieux, la bienheureuse Vierge comblera à son tour les hommes de ses dons. Pourquoi n'en serait-il point ainsi ? Car le pouvoir ne lui manquera pas plus que la volonté. Elle est la Reine des cieux, et une Reine de miséricorde, et de plus elle est la Mère du Fils unique de Dieu; est-il rien qui puisse nous faire concevoir une plus haute estime de son pouvoir et de sa bonté ? A moins qu'on ne croie pas que le Fils de Dieu honore sa mère, ou qu'on doute que les entrailles de Marie, où la charité même de Dieu a passé corporellement neuf mois entiers, se soient remplies de sentiments de charité.

Si je parle de la sorte, mes frères, c'est pour nous que je le fais, attendu que je n'ignore pas combien il est difficile que, dans un si grand dénuement, on ne puisse trouver cette charité parfaite qui ne cherche point ses propres intérêts. Mais, sans parler des grâces que nous recevons pour sa glorification, pour peu que nous ressentions d'amour pour elle, nous nous réjouirons de la voir retourner à son Fils. Oui, mes frères, nous la féliciterons, à moins pourtant qu'il ne nous arrive, ce qu'à Dieu ne plaise, d'être tout à fait ingrats envers celle qui a trouvé; la grâce. Car elle est aujourd'hui reçue dans la cité sainte par celui qu'elle a reçu elle-même la première, lorsqu'il fit son entrée dans monde, mais avec quel honneur, avec quelle allégresse et quelle gloire! Sur la terre, il n'est point un seul endroit plus honorable que le temple du sein virginal où Marie reçut le Fils de Dieu, et, dans le ciel, n'est point de trône supérieur à celui sur lequel le Fils, de Dieu a placé sa mère. Recevant ou reçue, elle est également bienheureuse, elle l’est dans les deux cas d'un bonheur ineffable parce qu'elle l'est d'un bonheur inimaginable.

Mais pourquoi lit-on aujourd'hui dans l’Eglise du Christ précisément le passage où il est donné à entendre que la femme bénie entre les femmes a reçu le Sauveur ? C'est, je pense pour nous faire estimer ou plutôt pour nous faire comprendre combien est inestimable la réception que Marie reçoit aujourd'hui de son Fils par celle qu'il lui a été donnée à elle-même de lui faire. En effet, qui pourrait dire, même en empruntant les secours de la langue des anges et de celle des hommes, comment expliquer de quelle manière le Saint-Esprit est survenu en Marie; la vertu du Très-Haut l'a couverte de son ombre, la vertu de Dieu par qui tout a été fait, s'est lui-même fait chair, de quelle manière enfin le Seigneur de majesté, que l'univers entier ne peut contenir, devenu homme, s'est enfermé dans les entrailles d'une Vierge ?

Mais qui pourra se faire une juste idée de la gloire au sein de laquelle la reine du monde s'est avancée aujourd'hui, de l'empressement plein d'amour avec lequel toute la multitude des légions célestes s'est portée à sa rencontre; au milieu de quels cantiques de gloire elle a été conduite à son trône, avec quel visage paisible, quel air serein, quels joyeux embrassements, elle a été accueillie par son Fils, élevée par lui au-dessus de toutes les créatures avec tout l'honneur dont une telle mère est digne, et avec toute la pompe et l'éclat qui conviennent à un tel Fils ? Sans doute, les baisers que la Vierge mère recevait des lèvres de Jésus à la mamelle, quand elle lui souriait sur son sein virginal, étaient pleins de bonheur pour elle, mais je ne crois pas qu'ils l'aient été plus que ceux qu'elle reçoit aujourd'hui du même Jésus assis sur le trône de son Père, au moment heureux où il salue son arrivée, alors qu'elle monte elle-même à son trône de gloire, en chantant l'épithalame et en disant : «Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche. » Qui pourra raconter la génération du Christ et l'Assomption de Marie ? Elle se trouve dans les cieux comblée d'une gloire d'autant plus singulière que, sur la terre, elle a obtenu une grâce plus insigne que toutes les autres femmes. Si l'œil n'a point vu, si l'oreille n'a point entendu, si le cœur de l'homme n'a point connu dans ses aspirations ce que le Seigneur a préparé à ceux qui l'aiment, qui pourrait dire ce qu'il a préparé à celle qui l'a enfanté, et, ce qui ne peut être douteux pour personne, qui l'aime plus que tous les hommes ? Heureuse est Marie, mille fois heureuse est-elle, soit quand elle reçoit le Sauveur, soit quand elle est elle-même reçue par lui; dans l'un et dans l'autre cas, la dignité de la Vierge Marie est admirable, et la faveur dont la majesté divine l'honore, digne de nos louanges. « Jésus entra dans une bourgade, nous dit l'Évangéliste, et une femme l'y reçut dans sa maison (Luc. X , 38). » Mais laissons plutôt la place aux cantiques de louanges, car ce jour doit être consacré tout entier à des chants de fête. Toutefois, comme le passage que je viens de vous citer, nous offre une ample matière à discourir, demain, lorsque nous nous réunirons de nouveau, je vous ferai part, sans céder à l'envie, de ce que le ciel m'aura inspiré pour vous le dire, afin que le jour consacré à la mémoire d'une si grande Vierge, non seulement nous soyons excités à des sentiments de dévotion ; mais encore a faire des progrès dans la pratique de notre profession, pour l'honneur et la gloire de son Fils, Notre Seigneur, qui est Dieu béni par-dessus tout dans les siècles. Ainsi soit-il.

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19 août 2014

Victoire pro-vie en Argentine

La province de Buenos Aires avait annoncé la création d’équipes médicales mobiles chargées de pratiquer des avortements légaux mais rendus impossibles par l’objection de conscience de la plupart des médecins. Les réactions ont été telles que la mesure a été abandonnée. Bonne nouvelle connexe : le gouverneur et le ministre provincial de la santé jurent aujourd’hui, la main sur le cœur, qu’ils sont contre l’avortement…

A lire chez Jeanne Smits.

Notre cheval de Troie

Selon un sondage de l’institut britannique ICM Research pour l’agence russe Rossya Segodnya, réalisé en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, 16% des « Français » ont une opinion « favorable » à l’Etat islamique. Très favorable : 3%, assez favorable : 13%.

Les Français étant informés de ce qu’est et de ce que fait l’Etat islamique, c’est en toute connaissance de cause que 16% de nos « compatriotes » se disent favorables aux massacres des chrétiens et des autres minorités, et à l’instauration de la charia avec décapitations à la chaîne.

Ce qui est encore plus remarquable dans ce sondage est que, répondant à la même question, dans des conditions identiques, avec des panels analogues (la fiche technique du sondage est ici), 7% des Britanniques et 2% des Allemands disent avoir une opinion favorable de l’Etat islamique. Or on sait l’importance de la population musulmane en Angleterre, et en Allemagne. On sait aussi que leur origine n’est pas la même. Et cela est manifestement d’une importance capitale.

Bien entendu, 16% est une moyenne. Et si l’on ne s’intéresse qu’aux personnes les plus jeunes, on obtient des résultats encore plus importants, encore plus inquiétants. Et le fossé avec nos voisins britanniques et allemands demeure :

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16:29 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (16)

Saint Jean Eudes

Je vous dirai, mon très cher frère, que ce même Jésus qui a voulu être le Cœur et la vie de sa très sainte Mère, veut aussi être votre Cœur et votre vie: Le Christ votre vie (Col 3, 4), et que vous ayant fait la grâce d'être l'un de ses membres, il doit vivre en vous, de telle sorte que vous puissiez dire avec son Apôtre: Jésus-Christ est vivant en moi (Ga 2, 20). C'est son dessein, c'est son désir très ardent.

Je vous prie de considérer que Jésus-Christ Notre Seigneur est votre véritable Chef, et que vous êtes un de ses membres, et que de là procèdent cinq grandes choses.

Il est à vous comme le Chef est à ses membres; tout ce qui est à lui est à vous, son esprit, son Cœur, son corps, son âme, et toutes ses facultés, et vous devez en faire usage comme de choses qui sont vôtres, pour servir, louer, aimer et glorifier Dieu.

Vous êtes à lui, comme les membres sont à leur chef. Aussi désire-t-il ardemment faire usage de tout ce qui est en vous, pour le service et la gloire de son Père, comme de choses qui sont à lui.

Non seulement il est à vous, mais il veut être en vous y vivant et y régnant, comme le chef est vivant et régnant dans ses membres. Il veut que tout ce qui est en lui soit vivant et régnant en vous: son Esprit dans votre esprit son Coeur dans votre coeur, toutes les puissances de son âme dans les facultés de votre âme, afin que ces divines paroles s'accomplissent à votre égard: Glorifiez et portez Dieu dans votre corps (I Co 6, 20), et que la vie de Jésus paraisse visiblement en vous (Cf. 2 Co 4, 1O).

Et non seulement vous êtes au Fils de Dieu, mais vous devez être en lui, comme les membres sont en leur chef. Tout ce qui est en vous doit être incorporé en lui et recevoir vie et conduite de lui. Il n'y a de véritable vie pour vous qu'en lui seul, qui est la très unique source de la vraie vie hors de lui, il n'y a que mort e t perdition pour vous. Il doit être le seul principe de tous les mouvements, usages et fonctions de votre vie; vous ne devez vivre que de lui et pour lui, suivant ces divines paroles: Nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même; si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. Car Jésus-Christ est mort et ressuscité, afin de régner sur les morts et les vivants (Rm 14, 7-9).

Enfin vous n'êtes qu'un avec ce même Jésus, comme les membres ne sont qu'un avec leur chef. Et par conséquent vous ne devez avoir qu'un même esprit, une même âme, une même vie, une même volonté, un même sentiment un même cœur avec lui. Et lui-même doit être votre esprit, votre cœur, votre amour, votre vie et votre tout.

Or ces grandes choses commencent dans un chrétien par le Baptême; elles s'accroissent et se fortifient par le sacrement de la Confirmation et par le bon usage qu'il fait des autres grâces que Dieu lui communique. Et elles reçoivent leur souveraine perfection par la sainte Eucharistie.

Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu, I, 5.

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18 août 2014

C’est si dur de dire la vérité…

Il paraît que la vérité finit toujours par être connue, même s’il faut attendre longtemps… De fait, il aura fallu attendre le 18 août 2014 pour lire dans Le Monde (du moins sur le site) un article titré :

« Nous chrétiens pouvions vivre sous le régime de Saddam Hussein »

Du moins c’est ce que j’ai lu ce matin. Le titre étant entre guillemets parce qu’il s’agissait d’une citation, d’une interview d’un prêtre irakien.

Mais c’était trop violent. Et le titre a été changé. Ce soir, c’est une autre citation du même prêtre que l’on peut lire :

« Pour beaucoup d'Arabes, ici, l'Etat islamique n'est pas un mouvement terroriste »

Cela dit, c’est également une information importante, qui confirme de nombreux autres témoignages, et qui détruit la stupide propagande du « vivre ensemble ».

Voici les derniers mots de l’interview :

« La politique menée par les Etats-Unis en Irak a conduit à monter les communautés les unes contre les autres pour parvenir à leurs fins. Mais ici, les équilibres sont très anciens et fragiles, ils ont privilégié une stratégie à très court terme, et maintenant, le pays est dans un chaos indescriptible. Nous, chrétiens, pouvions vivre sous le régime de Saddam Hussein, ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

18:54 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (2)

« La plus haute église traditionnelle du monde »

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Ainsi titre le blog Rorate Caeli, en annonçant que l’église Sainte-Walburge de Preston, en Angleterre, va devenir une église consacrée à la messe de saint Pie V à partir du 27 septembre prochain. Or cette église a le plus haut clocher des îles britanniques, et sera donc la plus haute église dédiée à la liturgie traditionnelle dans le monde (record à battre, évidemment).

Cette église a été construite par l’architecte Joseph Hamson au milieu du XIXe siècle. Grande et haute, avec un clocher de 94 mètres, elle était le symbole de la renaissance du catholicisme en Angleterre. Mais en 2007 le diocèse annonçait sa fermeture. L’année suivante le diocèse donna un délai de sept ans pour trouver une solution. Le 4 avril dernier, l’évêque de Lancaster annonçait que l’église allait être reprise par l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

Pour ceux qui lisent l’anglais, l’article de Wikipedia dit tout et donne les références.

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18:42 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (4)

Saint Agapit

Les Actes de ces divers martyrs sont de valeur inégale. Ceux de sainte Restituta ont été rédigés à une époque trop tardive pour qu’on puisse s’appuyer sur leur témoignage. Bien que la Passion de saint Agapit ne se présente pas d’abord sous des apparences meilleures, certains passages de l’interrogatoire ont de la vraisemblance. Seigneur, dit au président un employé de l’officium, si tu écoutes les discours de ce sacrilège obstiné, tu ne pourras jamais le vaincre par des paroles. Interroge-le sur les richesses patrimoniales qu’il a portées de Rome en venant ici, de peur que ce qui devait servir à la république ne lui fasse défaut. Le magistrat suivit ce conseil ; et, après qu’Agapit eut courageusement confessé devant lui le Christ mort sur la croix, il lui dit brusquement : Tous ces blasphèmes seront punis des supplices les plus cruels ; mais, auparavant, dis-moi où sont les trésors que tu as apportés ici après avoir vendu ton patrimoine. Agapit répondit : Les richesses que j’ai retirées de mon patrimoine et que tu me demandes avec tant d’avidité, sont déposées et conservées dans le trésor de mon Christ, d’où les voleurs ne peuvent approcher. Pas plus que le juge de saint Laurent, le président qui interrogeait Agapit n’entendit les obscurités volontaires de ce langage mystique, et ne comprit que tout le bien du martyr avait été dépensé en aumônes : aussi, usant peut-être de la liberté laissée aux magistrats dans les procès des chrétiens par l’indifférence du gouvernement provisoire, proposa-t-il à Agapit une sorte de marché : Il y a longtemps, dit-il, que je souffre patiemment tes propos insensés. Je t’avertis donc que tu as un choix à faire : vois ce que tu préféreras, ou de nous montrer les trésors cachés dans ta maison, et de te retirer en paix, ou de sacrifier aux dieux immortels. Car j’ai compassion de ton jeune âge, et j’admire comment un enfant de quinze ans à peine ne craint pas de mourir de l’horrible mort des chrétiens. Cette préoccupation des richesses du martyr, ces pressantes questions pour découvrir le lieu où se cachent de prétendus trésors, sont un des traits caractéristiques de la dernière moitié du troisième siècle. Le jeune martyr protesta que tous ses biens avaient été irrévocablement déposés dans le trésor du Christ, et refusa de sacrifier : d’après ses Actes dégagés de ce qui sent l’amplification et la légende, il fut d’abord exposé aux bêtes dans l’amphithéâtre de Préneste, où deux lions se couchèrent à ses pieds ; conduit ensuite hors des murs, il fut décapité : les chrétiens déposèrent son corps dans un sarcophage neuf et l’enterrèrent à un mille de la cité.

Paul Allard, Les dernières persécutions du IIIe siècle, ch. 5.

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17 août 2014

10e dimanche après la Pentecôte

Pendant ces derniers dimanches, l’Église s’est plu à représenter la vie chrétienne sous l’aspect d’antithèses. Rappelons-nous : nous avons vu l’esclave du péché et l’esclave de Dieu, l’homme spirituel et l’homme charnel, le bon arbre et le mauvais arbre, les enfants de lumière et les enfants du monde. Nous nous trouvons aujourd’hui encore en face d’une pareille antithèse : la parabole si vivante de l’humble publicain et de l’orgueilleux pharisien. Assurément, l’Église notre Mère ne nous laisse pas le choix entre ces images opposées. Non ; nous nous sommes déjà prononcés pour le Christ au moment de notre baptême. Mais, quand nous regardons jusqu’au fond de notre cœur, nous découvrons qu’il y a toujours deux âmes en nous, l’âme inférieure qui veut nous entraîner en bas, et l’âme supérieure qui tend vers Dieu, l’âme païenne et l’âme chrétienne. Ces deux âmes se disputent la possession de notre cœur. La tâche de notre vie est de vaincre de plus en plus notre âme païenne et d’établir la puissance exclusive de notre âme chrétienne. Aujourd’hui, l’Église porte la lumière dans notre intérieur et nous fait découvrir l’âme petite et humble du publicain d’une part et, d’autre part, l’âme orgueilleuse et fière du pharisien. Elle s’unit avec l’âme du publicain et la conduit à la maison de Dieu. Apprenons à connaître davantage ces deux âmes que nous portons en nous.

L’âme inférieure est naturellement indépendante, fière, rebelle ; elle veut être son propre dieu. L’orgueil est un triste héritage qui lui vient de notre premier père. Il lui vient aussi de Lucifer qui osa crier à Dieu : « Je ne servirai pas ». « Je veux élever mon trône au-dessus du trône du Très-Haut ». Satan insinua à Adam : « Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ». L’orgueil est le masque du royaume infernal. Alors est venu sur la terre le second Adam, le Christ, revêtu du manteau de l’humilité. Son œuvre rédemptrice est un grand acte d’humilité. Saint Paul le dit magnifiquement : « Il s’est dépouillé lui-même, il a pris l’aspect d’un esclave... il a été obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à la mort de la Croix » (Phil. II, 7 sq.). L’humilité est la grande loi fondamentale du royaume de Dieu. Chaque soir, l’Église formule cette loi dans son cantique d’action de grâces pour la Rédemption (Magnificat), en empruntant les paroles de la Mère de Dieu. « Il fait descendre de leur trône les puissants et il exalte les humbles... »

Or l’Église prend aujourd’hui par la main cette âme petite et humble ; elle la conduit au Saint-Sacrifice de la Messe et lui donne le gage de la rémission des péchés. Comment nous rendons-nous à l’église ? L’âme du publicain monte au temple (c’est aujourd’hui l’église). Elle s’avance, chargée de ses péchés et de ses faiblesses, consciente de n’avoir rien de bon en elle. Elle ne balbutie qu’un mot : « Seigneur, aie pitié de moi qui suis pécheur ! » C’est aujourd’hui l’Introït, le Confiteor, le Kyrie. Cependant, cette conscience de notre incapacité n’écrase pas notre âme. Au pauvre publicain, notre Mère l’Église montre l’autel sur lequel le Christ est présent : « Jette tes soucis sur le Seigneur ; c’est lui qui te nourrira ! » Et comme cette âme a l’impression qu’elle est un vase vide, Dieu, le Seigneur, se plaît à y verser d’abord, à l’avant-messe, l’eau de la sainte doctrine, dans l’Épître et l’Évangile ; il y verse surtout le vin de la grâce, au Saint-Sacrifice. — L’âme du publicain fait un pas de plus, elle va à l’Offrande. Jusqu’ici elle en était restée à l’Introït, elle s’avance maintenant vers l’autel. Ah ! s’écrie-t-elle, toute honteuse, que puis-je offrir ? Je n’ai que mes misères et mes péchés. Notre Mère l’Église vient encore à son secours ; elle lui montre l’autel, le Christ dans sa gloire : « Élève ton regard vers lui, aie confiance en lui ; personne n’a été confondu après avoir espéré en lui » (Offertoire). Humilité et confiance profonde, tels sont aujourd’hui les dons que nous déposerons sur l’autel. Le Seigneur Jésus se présente réellement devant nous au moment de la Consécration, comme il apparut à Thomas l’incrédule après sa Résurrection. A la Communion, il vient à nous, pauvres publicains, et nous dit : « Va en paix, tu es justifié ». L’âme tombe comme Thomas aux pieds du Seigneur et chante avec confiance le Miserere, le psaume de pénitence (ps. 50) (antienne de communion). L’âme du publicain est venue à l’église, accablée du poids de ses péchés, avec un profond besoin de rédemption ; elle s’en retourne avec la certitude joyeuse d’avoir été pardonnée.

Dom Pius Parsch

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16 août 2014

La messe de Robert Ménard

Robert Ménard a voulu que la Féria de Béziers commence par une messe, parce que « Béziers ce n’est pas Ibiza », que la féria ce n’est pas qu’une beuverie, et que la fête doit retrouver un sens « plus familial, plus traditionnel ». Hurlements des laïcards, et surtout du Parti de Gauche, contre ce maire qui viole ouvertement la laïcité…

Rue 89 (dont je n’avais pas remarqué que c’est devenu une simple succursale du Nouvel Observateur) a envoyé une équipe à Béziers, pour faire un grand reportage, afin évidemment de montrer à quel point la population est hostile à cette initiative de l’ancien héros de la liberté de la presse dans le monde devenu un immonde collaborateur de l’extrême droite.

Or les journalistes d’extrême gauche ont été contraints de constater que l’initiative était accueillie avec enthousiasme, et qu’elle ne dérange même pas « Abdel qui revient du Maroc ».

Rue 89 n’a pu que recueillir des approbations, éventuellement enthousiastes, et des propos de bon sens, comme : « Personne n’est obligé d’y aller. »

En effet. Personne n’était obligé d’y aller. Mais il y avait 5.000 personnes à cette messe. Qui ont acclamé Robert Ménard.

Je dois dire que lorsqu’une publication de la gauche laïcarde publie un grand reportage où elle en prend plein la gueule (en ayant l’honnêteté de le publier), ça fait plaisir (surtout qu’on devine entre les lignes ce qui n’a pas été publié). Et c’est vraiment à lire.

Saint Joachim

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(Notre-Dame de Kernascleden, XVe siècle)

Et voici qu'un ange du Seigneur parut, disant : « Anne, Anne, le Seigneur Dieu a entendu ta prière. Tu concevras, tu enfanteras et l'on parlera de ta postérité dans la terre entière. » Anne répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. »

Et voici, deux messagers survinrent, qui lui dirent : « Joachim, ton mari, arrive avec ses troupeaux. Un ange du Seigneur est descendu auprès de lui, disant : Joachim, Joachim, le Seigneur Dieu a exaucé ta prière. Descends d'ici. Voici que Anne ta femme a conçu en son sein. »

Aussitôt Joachim est descendu, il a convoqué ses bergers, leur disant : « Apportez-moi ici dix agneaux sans tache ni défaut. Ces dix agneaux seront pour le Seigneur Dieu. Apportez-moi aussi douze veaux bien tendres et les douze veaux seront pour les prêtres et le Conseil des Anciens. Aussi cent chevreaux, et les cent chevreaux seront pour tout le peuple. »

Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne l'attendait, aux portes de la ville. Dès qu'elle le vit paraître avec ses bêtes, elle courut vers lui, se suspendit à son cou et s'écria : « Maintenant je sais que le Seigneur Dieu m'a comblée de bénédictions ! Voici : la veuve n'est plus veuve et la stérile a conçu! » Et Joachim, ce premier jour, resta chez lui à se reposer.

Le lendemain, il apportait ses offrandes : « Si le Seigneur Dieu m'a été favorable, pensait-il, la lame d'or du prêtre me le révélera. » Il présenta ses offrandes, et scruta la tiare du prêtre quand celui-ci monta à l'autel du Seigneur ; et il sut qu'il n'y avait pas de faute en lui. « Maintenant, dit-il, je sais que le Seigneur Dieu m a fait grâce et m'a remis tous mes péchés. » Et il descendit du temple du Seigneur, justifié, et rentra chez lui.

Six mois environ s'écoulèrent ; le septième, Anne enfanta. « Qu'ai-je mis au monde ? » demanda-t-elle à la sage-femme. Et celle-ci répondit : « Une fille. » Et Anne dit : « Mon âme a été exaltée en ce jour ! » Et elle coucha l'enfant. Quand les jours furent accomplis, Anne se purifia, donna le sein à l'enfant et l'appela du nom de Marie.

(Protévangile de Jacques)

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15 août 2014

L’Assomption

Merveille, vraiment! * La source de la Vie * est déposée au tombeau * et sa tombe devient l'échelle du ciel. * Réjouis-toi, Gethsémani, * temple sacré de la Mère de Dieu. * Fidèles, écrions-nous avec l'archange Gabriel: * Pleine de grâce, réjouis-toi, * le Seigneur est avec toi, * qui par toi donne la grâce du salut au monde. (3 fois)

Mystère sublime que le tien! * Toi, le trône du Très-Haut, * en ce jour, ô notre Dame, * tu es transférée de la terre jusqu'au ciel. * Ta gloire  brille du pur éclat * de la grâce de Dieu. * Vierges, accompagnez vers les hauteurs * le cortège de la Mère du Roi. * Pleine de grâce, réjouis-toi, * le Seigneur est avec toi, * qui par toi donne la grâce du salut au monde. (3 fois)

Ta Dormition est glorifiée * par les Puissances, les Trônes, les Principautés, * les Dominations, les Vertus, les Chérubins * et les sublimes Séraphins. * Les mortels sont dans la joie: * ta gloire divine est leur plus bel ornement. * Les rois se prosternent devant toi * avec les Anges et les Archanges chantant: * Pleine de grâce, réjouis-toi, * le Seigneur est avec toi, * qui par toi donne la grâce du salut au monde. (2 fois)

Gloire au Père... Maintenant…

Les Apôtres divins, sur un signe de Dieu * des quatre coins de l'univers  portés sur les célestes nuées, * recueillirent ton corps très-pur qui avait mis au monde notre Vie, * et pieusement l'entouraient de respect. * Les  plus hautes puissances des cieux, présentes ainsi que leur Seigneur, * saisies de crainte accompagnaient le corps qui fut de Dieu même le temple très-saint; * elles s'avançaient dans les cieux * et criaient, sans être vues, aux chefs des armées célestes: * « C'est la Souveraine de l'univers, * la Vierge divine qui s'avance; élevez les frontons * pour accueillir de merveilleuse façon * la Mère de l'intarissable Clarté. * Par elle aux hommes est advenu le salut, * sur elle nous ne pouvons porter nos regards, * et nous ne pouvons lui offrir l'hommage qui convient à son rang, * car sa précellence dépasse l'entendement ». * Vierge sainte et très-pure Mère de Dieu, * toujours vivante avec ton Fils, le Roi de la vie, * sans cesse prie le Christ pour qu'il sauve de tout danger * de toute atteinte de l'Ennemi ce nouveau peuple qui est tien. * Nous tous, nous sommes sous ta protection * et te magnifions dans les siècles.

Liturgie byzantine, grandes vêpres de la Dormition, lucernaire.

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14 août 2014

La réalité telle qu’elle est

Témoignage d’un yazidi publié par la Tribune de Genève (via FDesouche) :

Outre les Irakiens, « les jihadistes étaient des Afghans, Bosniens, Arabes ou même Américains et Britanniques. Mais les pires massacres ont été orchestrés par ceux qui vivaient avec nous, nos voisins musulmans. Les tribus Mewet, Khawata et Kejala, c’était tous nos voisins. Mais ils ont rejoint l’État islamique (EI), ont reçu des armes, et leur ont indiqué qui était Yazidi et qui ne l’était pas. »

Voilà une preuve de plus du mensonge de ceux qui prétendent que les jihadistes n’ont « rien à voir » avec l’islam réel (ou carrément avec l’islam tout court…). La réalité réelle, c’est que les jihadistes ne peuvent tenir d’aussi vastes territoires, et en gagner d’autres tant dans le nord de la Syrie que dans le centre de l’Irak, que parce qu’ils ont l’appui des tribus sunnites. Des « tribus Mewet, Khawata et Kejala », qui sont de braves tribus musulmanes parfaitement normales…

Et ceci est une illustration du billet de Camillo Langone.

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Ils doivent des excuses à Benoît XVI

Je découvre, par le blog Rorate Caeli, un remarquable billet de Camillo Langone paru dans Il Foglio le 12 août, tiré d’une chronique quotidienne intitulée « Prière ». Ici la « prière » est adressée à « saint » Manuel II Paléologue. Vérifications faites, cet empereur n’a pas été (non plus) canonisé par les orthodoxes, bien qu’il mourût moine et que ses écrits figurent à juste titre dans la patrologie grecque. Mais peu importe. Quiconque connaît la conférence de Benoît XVI à Ratisbonne verra à quel point le billet est imprégné de l’enseignement de cette conférence (pas seulement la citation de Manuel Paléologue). C’en est même quasiment un bref résumé sous forme polémique.

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Saint Manuel Paléologue, ils doivent vous présenter des excuses. Ils doivent aussi présenter des excuses à Benoît qu’ils ont attaqué après qu’il eut cité à Ratisbonne : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme son ordre de diffuser par le moyen de l’épée la foi qu'il prêchait. » Aujourd’hui que dans l’ex-Irak l’actualité fait de nouveau l’histoire, et montre à quiconque a des yeux pour voir ce qu’est le Coran traduit en actes, ils doivent présenter des excuses. Mais ils ne le feront pas : parce qu’ils ne croient pas aux textes sacrés. Ce sont des Européens, et un Européen ne croit pas en l’Evangile, même s’il est catholique. Même s’il est prêtre (le dimanche, à la messe, les seuls mots de la foi sont ceux qui sont écrits dans le missel, pendant que ceux qui sont conçus par le prêtre – le prêche, les monitions, les divers bavardages, sont de tristes manifestations d’incroyance). Pour un Européen, croire que quelqu’un croit en sa propre religion est impossible. Quant aux Italiens : dans leur dictionnaire, au mot “Religion” il est écrit : “une chose bonne et humaine”, donc ils ne présenteront jamais d’excuses, ni à toi ni à Benoît. Qui n’est plus capable de croire en Dieu n’est même plus capable de croire en la réalité : ils ne savent pas reconnaître une épée, même quand elle leur entre dans le cou.

Vigile de l’Assomption

Au son des cymbales entonnons * des cantiques d'ovation * comme prélude à la fête des adieux; * élevons la voix pour chanter * près du sépulcre un brillant choral; * car la Mère de Dieu, cette arche dorée, * se prépare maintenant * à passer de la terre vers les hauteurs, * vers la nouvelle vie * et la divine splendeur.

En chœur assemblez-vous * de merveilleuse façon * en ce jour, saints Apôtres, depuis les confins de l'univers; * car la cité vivante * de celui qui domine le monde entier * va bientôt s'élever * dans la gloire vers le ciel * pour exulter comme reine près de son Fils; * et pour sa divine sépulture chantez d'un même cœur * avec les armées célestes un chant d'adieu.

Cortège des prêtres saints, * tous les princes et les rois, * chœurs des vierges, hâtez-vous maintenant, * avec tout le peuple accourez * pour chanter ensemble près du tombeau; * la souveraine de l'univers * est à la veille, en effet, * de gagner le logis éternel * pour y remettre son esprit * entre les mains de son Fils.

Liturgie byzantine, « avant-fête de la Dormition de la très sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie », lucernaire.

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