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Le blog d'Yves Daoudal - Page 5

  • Ça c'était avant...

    Mais il n'y a pas si longtemps...

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  • Bulbes de compétition

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    Le plus grand des cinq bulbes de la grande église orthodoxe russe construite par Vladimir Poutine à Paris quai Branly est posé aujourd’hui.

    Il a été construit (en huit "pétales") par un… chantier naval de Vannes : la société Multiplast, spécialiste des voiliers de compétition. Car ces bulbes sont en matériaux composites afin d’être moins lourd (le plus grand pèse néanmoins 9 tonnes).

    « Je suis heureux et fier de faire une cathédrale, dit le patron de Multiplast, Yann Perfornis. C'est un bâtiment qui restera, contrairement à nos bateaux qui ont une durée de vie quatre ans environ. Pour nous, c'est une belle vitrine. »

    (L'Express, Ouest France)

  • Saint Joseph

    Débitum tibi, Dómine, nostræ réddimus servitútis, supplíciter exorántes : ut, suffrágiis beáti Ioseph, Sponsi Genetrícis Fílii tui Iesu Christi, Dómini nostri, in nobis tua múnera tueáris, ob cuius venerándam festivitátem laudis tibi hóstias immolámus. Per eúndem Dóminum nostrum.

    La prière sur l’oblation a aujourd’hui un sens spécial, car l’offrande inaugurale de l’hostie que nous allons présenter à Dieu sur le saint autel, fut accomplie pour la première fois dans le temple de Jérusalem, lorsque, quarante jours après Noël, Marie et Joseph portèrent le Verbe Incarné dans le temple : ut sisterent eum Domino : « Suppliants, Seigneur, nous vous rendons notre juste hommage, vous priant humblement de garder vous-même en nous vos dons, par les mérites de l’Époux de la Mère de votre Fils Jésus-Christ notre Seigneur, le bienheureux Joseph, en la vénérable fête duquel nous vous offrons cette hostie de louange. Par notre Seigneur, etc. »

    (…)

    Adésto nobis, quǽsumus, miséricors Deus : et, intercedénte pro nobis beáto Ioseph Confessóre, tua circa nos propitiátus dona custódi. Per Dóminum.

    Après la Communion on récite la collecte suivante, où l’Église insiste pour la seconde fois aujourd’hui sur la garde diligente du don de Dieu et de la grâce : « Assistez-nous, ô Dieu de miséricorde, et par l’intercession du bienheureux confesseur Joseph, gardez vous-même en nous avec bonté vos dons. Par notre Seigneur, etc. »

    Comme l’ancien Joseph garda le grain qui devait sauver l’Égypte durant les sept années de famine, ainsi l’Époux très pur de la Vierge Marie garda contre la cruauté d’Hérode le vrai Pain de vie éternelle qui donne le salut au monde entier. Maintenant encore, telle est la mission de Joseph dans le ciel ; et c’est pourquoi l’Église demande avec insistance que sa puissante intercession garde dans les âmes la vie mystique de Jésus, moyennant la correspondance fidèle à la grâce.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Diversité

    Découvrez le nouveau maillot de l’équipe de France, signé Nike :

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  • De nouvelles salopes

    Quelque 130 médecins et biologistes, emmenés par René Frydman, revendiquent avoir aidé des paires homosexuels à avoir des enfants en toute illégalité, et réclament notamment l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

    Réaction de Jacques Testard :

    Les revendications exprimées largement dans ce manifeste reposent sur l'argument du « ça se fait ailleurs », qui est une dénégation des règles édictées ici, sans envisager que la précaution minoritaire puisse avoir un sens, pédagogique ou anthropologique.

    Le suivisme des demandes exprimées par les patients potentiels - demandes évidemment suggérées par des propositions médicales ici ou à l'étranger - montre la ruine de toute réflexion éthique. Chacune des quatre exigences formulées reflète ce manque à penser autrement qu'en se conformant à une course en avant.

  • Au Chili

    Les députés du Chili ont approuvé hier un projet de loi autorisant l’avortement en cas de viol, de malformation du fœtus et de risque pour la santé de la mère.

    Le processus avait été lancé il y a 14 mois par le gouvernement de Michelle Bachelet, qui s’était assuré le vote d’un certain nombre de députés chrétiens démocrates…

    « C’est un jour historique. Nous voyons la volonté politique de permettre aux femmes de prendre leurs propres décisions », s’est félicité Karol Cariola, député du parti communiste membre de la coalition gouvernementale.

  • En Birmanie

    Un chrétien de l’ethnie Chin, Henry Van Thio, a été élu vice-président de la Birmanie.

    Avant de s’en réjouir, il convient de lire ceci.

  • Au Pakistan

    L’Assemblée nationale du Pakistan a adopté une résolution par laquelle la fête de Pâques devient fériée pour les chrétiens, et celles de Holi et Diwalli pour les hindous. La proposition émanait d’un député hindou.

    « C’est une décision historique pour la reconnaissance des membres des minorités comme citoyens du Pakistan, dit Kashif Aslam, coordinateur de la Commission nationale Justice et Paix. Mais il y a encore beaucoup d’étapes à franchir. Par exemple, la proposition de Shahbaz Bhatti de remplacer le mot “Issai” par “Massihi” pour désigner les chrétiens dans les documents du gouvernement ou les livres scolaires : cette proposition avait été mise au placard, par incapacité du gouvernement. Nous espérons que dans ce cas la proposition sera réellement appliquée. »

    Mais on ne peut pas le garantir…

    (Les musulmans pakistanais appellent les chrétiens “Issai”, c’est-à-dire les “Issa”, le nom du « Jésus » du Coran. C’est un mot dévalorisant, et devenu terme de mépris quasiment synonyme de va-nu-pieds, les chrétiens étant issus en majorité de la plus basse caste et voués aux travaux de nettoyage ou de manœuvres. Les chrétiens tentent de faire admettre qu’on les appelle… chrétiens, c’est-à-dire “Massihi”.)

  • En Chine

    Les prêtres chinois vont être dotés d’un certificat indiquant leur qualité. Cela a déjà été mis en place pour les religieux bouddhistes l’an dernier. Officiellement il s’agit de lutter contre les escrocs qui se font passer pour des membres du clergé. En fait tout le monde sait que c’est pour mieux contrôler le clergé, et pour renforcer la pression sur l’Eglise clandestine.

    Mais cela pourrait avoir l’effet inverse : pousser les prêtres de l’Eglise officielle qui ne veulent pas de ce certificat à entrer dans la clandestinité.

    Cf. Eglises d’Asie.

  • Les Franciscains de l’Immaculée

    Sur les derniers développements de ce qui est le plus énorme scandale de l’Eglise de François – la destruction par Rome du seul ordre religieux florissant – par la persécution et la calomnie, on lira ce terrible article de Riposte catholique.

  • A propos de l’interview de Benoît XVI

    On parle beaucoup d’une « interview de Benoît XVI dans l’Avvenire », dans laquelle le pape émérite « soutient François » et se déclare « entièrement d’accord avec lui ».

    Cette façon de présenter les choses est un bel exemple de fabrication médiatique. Que les franciscolâtres répètent cela en boucle n’en fait pas une vérité.

    D’abord il ne s’agit pas d’une interview au sens où on l’entend habituellement, mais d’un entretien, non pas avec un journaliste mais avec un théologien, non pas pour un journal mais pour un colloque théologique qui a eu lieu en octobre 2015. Un entretien écrit, qui paraît aujourd’hui dans les actes du colloque, publiés en Italie. Enfin l’auteur est très clairement le théologien Joseph Ratzinger, et non le pape Benoît XVI – qui ne s’exprimerait assurément pas ainsi s’il s’adressait à des fidèles.

    Le texte (traduction intégrale chez Benoît et moi, évidemment) est d’abord une nouvelle réflexion sur la foi, le baptême et l’Eglise, un thème que n’a cessé de méditer le théologien Ratzinger. Cela se poursuit par une réflexion sur la possibilité de la foi dans un monde qui a perdu le sens de la justification (c’est le cœur du thème du colloque). Sur ce sujet, Ratzinger constate que l’idée de la miséricorde de Dieu peut être d’un grand secours. L’insistance sur la miséricorde est un signe des temps, dit-il, depuis sainte Faustine, « dont les visions, à bien des égards, reflètent profondément l'image de Dieu propre à l'homme d'aujourd'hui et son désir de la bonté divine » - sainte Faustine qui eut une grande influence sur Jean-Paul II.

    Vient alors la phrase partout répétée comme si elle était l’essentiel alors qu’elle n’est qu’une incidente (même l’Osservatore romano le fait remarquer) :

    Seulement là où est la miséricorde finit la cruauté, finissent le mal et la violence. Le Pape François est totalement en accord avec cette ligne. Sa pratique pastorale s'exprime justement dans le fait qu'il nous parle continuellement de la miséricorde de Dieu.

    Ce que l’on voit, c’est que Joseph Ratzinger a d’abord défini le sens de la miséricorde pour l’évangélisation aujourd’hui, et qu’il continue ensuite sa réflexion sur ce thème, une réflexion tout entière orientée sur la nécessité de l’évangélisation et de la foi qu’il faut faire naître – à chacun de voir si cela correspond vraiment toujours à ce que dit François… Il me semble qu’il s’agit plutôt d’un recadrage.

    Il est difficile de résumer ensuite ce que dit Joseph Ratzinger. Au-delà de sa réfutation des théologies hétérodoxes de notre époque sur la question du salut, je retiens son recours au thème iconographique, que je ne connaissais pas, de ce qu’on appelle en allemand « die Not Gottes », littéralement « la détresse de Dieu » - en fait sa com-Passion, parfois appelé en français « la Pitié de Notre Seigneur » ou « le Trône de grâce ». Mais la Pitié de Notre Seigneur montre aussi la Sainte Vierge, et le Trône de grâce est une Pietà où la Sainte Vierge est remplacée par Dieu le Père, tandis que dans « die Not Gottes » Dieu le Père est debout et affecté d’une très visible compassion.

    Enfin, la dernière phrase, sur le sacrement de pénitence, est vraiment très belle : « Il signifie que nous nous laissons toujours façonner et transformer par le Christ et que nous passons constamment du côté de ceux qui détruisent à celui qui sauve. »

    Dans tout cet entretien on sent la présence de saint Bonaventure, bien qu’il ne soit pas cité. Ce qui en ressort aussi est que le pape émérite n’a rien perdu de sa carrure intellectuelle… qui manque cruellement à la tête de l’Eglise.

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    Fresque de l’église paroissiale de Tainach (en slovène Tinje), en Carinthie, montrant côte à côte la Nativité et « die Not Gottes » (et un saint évêque).

  • Vendredi de la Passion

    Depuis hier les antiennes du Benedictus et du Magnificat ne reprennent pas un verset de l’évangile du jour, mais annoncent ce qui se passera la semaine prochaine.

    Hier jeudi, elles annonçaient le Jeudi Saint :

    Magíster dicit : Tempus meum prope est, apud te fácio Pascha cum discípulis meis.

    Le Maître dit : Mon temps est proche, je veux faire chez toi la Pâque avec mes disciples.

    Desidério desiderávi hoc Pascha manducáre vobíscum, ántequam pátiar.

    J’ai désiré d’un grand désir de manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir.

    Aujourd’hui vendredi, elles annoncent le Vendredi Saint :

    Appropinquábat autem dies festus Iudæórum : et quærébant príncipes sacerdótum quómodo Jesum interfícerent, sed timébant plebem.

    Cependant ils étaient proches, les jours de la fête des Juifs : et les princes des prêtres cherchaient comment ils pourraient faire mourir Jésus ; mais ils craignaient le peuple.

    Príncipes sacerdótum consílium fecérunt ut Jesum occíderent : dicébant autem : Non in die festo, ne forte tumúltus fíeret in pópulo.

    Les princes des prêtres tinrent conseil pour faire mourir Jésus : mais ils disaient : Non pas un jour de fête, de peur qu’il ne s’élevât du tumulte parmi le peuple.

    Les antiennes de ce jour sont tirées de Luc et de Matthieu, alors que l’évangile, qui est sur le même thème, est de Jean. Cet évangile nous donne la prophétie du grand prêtre : « Il vaut mieux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple. »

    Caïphe ne sait pas qu’il prophétise, il croit qu’il parle du seul salut temporel du peuple juif. Mais il est grand prêtre, et sa parole va se réaliser sur le plan spirituel, et bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

    Car Jésus va en effet mourir pour le peuple, mais il s’agit d’un sacrifice. Il va à la Croix comme le grand prêtre entrait dans le sanctuaire avec « les noms des fils d’Israël » sur son pectoral. Le texte (Exode 28,29) dit bien « les noms des fils d’Israël », alors que concrètement il s’agit seulement des noms des 12 tribus. Mais ces noms représentent tout le peuple.

    Jésus tient donc la place du grand prêtre, et l’épître aux Hébreux explique abondamment comment Jésus est le vrai grand prêtre, qui entre dans le sanctuaire non avec le sang des boucs mais avec son propre sang, non une fois par an mais une fois pour toutes.

    Il en ressort que Caïphe a non seulement prophétisé la mort du Christ pour le salut des hommes, mais aussi la fin du sacerdoce de l’Ancienne Alliance : le Christ qu’il veut faire mourir est le véritable grand prêtre, grand prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédech, qui ressuscitera donc pour nous donner toujours le pain et le vin de la vie éternelle. Tandis que le sacerdoce de l’Ancienne Alliance va disparaître (et c’est pourquoi il est impossible de considérer les juifs d’aujourd’hui comme les héritiers authentiques de l’Ancien Testament).

  • Jeudi de la Passion

    L’évangile de ce jour (Luc 7,36-50) raconte comment une pécheresse vint chez un pharisien où Jésus était en train de manger et « elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et elle baisait ses pieds et les oignait de parfum ». Nous sommes une semaine avant le Jeudi Saint.

    Cette « pécheresse », ou cette « courtisane », bref cette prostituée, que les Orientaux ne nomment pas davantage que saint Luc et qu’ils n’assimilent ni à Marie Madeleine ni à Marie de Béthanie, est célébrée dans la liturgie byzantine aux matines du "Grand Mercredi", le Mercredi Saint, comme modèle de la pénitence. On chante notamment un tropaire dit de Cassienne, du nom d’une sainte hymnographe du IXe siècle, et son histoire est touchante.

    Cassienne était une jeune fille d’une immense beauté. Lorsque l’empereur Théophile résolut de se marier, elle fut l’une des six vierges qu’on lui présenta. Son choix se porta sur une autre. Ce qui convint fort bien à Cassienne, qui avait la vocation religieuse. En outre, Théophile était un empereur iconoclaste, et Cassienne vénérait les icônes. Pendant sa vie de religieuse, elle se distinguera dans la défense des icônes et des partisans des icônes, n’hésitant pas à braver les persécutions.

    Un jour, elle était en train de composer ce tropaire du mercredi saint :

    « Seigneur, la femme qui était tombée dans une multitude de péchés, ayant reconnu votre divinité, prit le rôle d’une myrophore et, tout en larmes, vous offrit du nard avant votre sépulture et dit : Malheur à moi ! La tyrannie de la débauche et la passion du péché m’ont fait sombrer dans une nuit noire. Recevez donc les flots de mes larmes, vous qui attirez les eaux de la mer dans les nuages, et penchez-vous sur les sanglots de mon cœur, vous qui abaissez les cieux par votre indicible abaissement. J’embrasse et je sèche, avec les boucles de mes cheveux, vos pieds immaculés…

    A ce moment-là, elle apprit que l’empereur arrivait au couvent. Ne voulant pas le voir, elle alla se cacher. Lorsque l’empereur fut parti, elle revint à son travail, et elle découvrit que l’empereur avait poursuivi en écrivant :

    … alors que, lorsqu’Eve entendit au paradis les pas redoutables de ces mêmes pieds, elle se cacha de peur.

    Cassienne conserva les mots de l’empereur et conclut son hymne :

    O mon Sauveur et le salut de mon âme, qui sondera le gouffre de la multitude de mes péchés et l’abîme de vos jugements ? Ne vous détournez pas de moi, qui suis votre servante, vous dont la miséricorde est incommensurable. »

    Voici le tropaire de Cassienne chanté en arabe par le P. Maximos Fahmé (d'Alep).
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  • Du bois dans son pain

    Et moi, comme un agneau plein de douceur qu'on porte au sacrifice, je n’ai pas su qu’ils ont médité un dessein contre moi, disant : Mettons du bois dans son pain, effaçons-le de la terre des vivants, et qu'on ne se souvienne plus de son nom.

    La lecture biblique du temps de la Passion est le livre de Jérémie. En outre, la première partie du verset ci-dessus (Jérémie 11,19) fait partie du capitule des matines, et la seconde partie est le capitule des laudes. Chaque jour aux laudes on dit : « Mettons du bois dans son pain ». Car c’est là une prophétie de la Passion du Christ, l’agneau, pain de vie, qu’on porte au sacrifice de la Croix.

    Pourtant aucune traduction moderne en français ne dit cela. Elles ont « Détruisons l’arbre avec son fruit » (Crampon et la majorité des traductions protestantes) ou « détruisons l’arbre dans sa vigueur » (Bible de Jérusalem), « Détruisons l’arbre en pleine sève » (TOB), « Détruisons l’arbre en sa sève » (Osty). Quant à la soi-disant Bible de la liturgie sous copyright elle invente : « Coupons l’arbre à sa racine. »

    La Bible de Jérusalem et la TOB assènent leur « traduction » sans donner la moindre explication, alors qu’elle contredit toute la tradition biblique, patristique et liturgique d’Orient et d’Occident. Osty indique quant à lui qu’il « corrigé le texte ». Parce que, comme cela arrive si souvent, le texte massorétique qu’il s’efforce de suivre ne le satisfait pas. Dans le texte, dit-il, il y a « dans son pain » ou « avec son pain », ce qui ne veut rien dire, donc il met « sève » à la place… (Oui, c’est comme cela qu’ils font, Osty étant le seul à multiplier les notes où il signale qu’il « corrige » le texte hébreu. Dans lequel il y a effectivement « dans son pain » : BeLaHeMo, ce qui fait évidemment penser à... BeTLeHeM, la maison du pain.)

    Or nous avons ici encore le cas d’un accord parfait entre la Septante et la Vulgate. Entre la traduction grecque réalisée par des rabbins à Alexandrie au IIIe siècle avant Jésus-Christ et la traduction latine réalisée par saint Jérôme six siècles plus tard. Toutes deux disent : « Mettons du bois dans son pain ».

    Les premiers pères de l’Eglise ont immédiatement compris l’allusion à la Passion. Et si l’on en croit saint Justin, les juifs ont supprimé ce verset de leurs Bibles, comme plusieurs autres qui annonçaient le Christ. C’est ce qu’il affirme dans son Dialogue avec Tryphon (§72). S’il en est ainsi, ils l’ont donc remis ensuite, en le modifiant pour le rendre incompréhensible.

    Dans sa dixième homélie sur Jérémie, Origène a un beau développement sur cette expression. Le pain de Jésus, dit-il, c’est sa parole, son enseignement qui nous nourrit. Les juifs ont ajouté du bois à son pain lorsqu’ils l’ont crucifié. Mais le bois a rendu le pain plus fort. Avant que le bois n’entre dans le pain, son enseignement ne s’étendait pas à la terre entière. Mais quand le pain eut reçu la puissance par le bois de la Croix, alors son enseignement s’est répandu partout.

    Et ego quasi agnus mansuetus,
    qui portatur ad victimam :
    et non cognovi quia cogitaverunt super me consilia, dicentes :
    Mittamus lignum in panem ejus,
    et eradamus eum de terra viventium,
    et nomen ejus non memoretur amplius.

  • L’axe Berlin-Ankara ne passe pas…

    Le président du Conseil européen Donald Tusk était hier à Nicosie, et le président chypriote Nicos Anastasiades lui a dit carrément que son pays opposerait un veto à l’accord entre l’UE et la Turquie sur les « réfugiés » si cet accord comportait, comme le dit le pré-accord du 8 mars, une relance des négociations d’adhésion de la Turquie.

    Dans le même temps, le ministre britannique du Travail, Iain Duncan Smith (ouvertement partisan du Brexit) a demandé à David Cameron d’opposer le veto britannique parce que le pré-accord comprend la fin des visas pour les Turcs entrant dans l’espace Schengen et que cela est « dangereux ».

    Quant au Premier ministre hongrois Viktor Orban, il avait aussitôt brandi la menace de veto si l’accord sur l’échange de « réfugiés » (un réfugié syrien admis en Europe pour un réfugié syrien renvoyé de Grèce en Turquie) devait conduire à l’obligation d’accueillir des quotas de réfugiés.

    Bref, il y a veto ou risque de veto sur les trois aspects du texte… (En outre, selon les apôtres des droits de l’homme et de l’envahisseur, le texte serait contraire à la Charte des droits fondamentaux – interdiction des expulsions collectives - et à la Convention des Nations Unies sur les réfugiés – interdiction d’expulser tout réfugié sauf menace à l’ordre public.)

    Après Chypre, Donald Tusk est allé en Turquie. Il n’a pas caché qu’il serait difficile d’aboutir à un accord sur l’accord qui est censé être conclu lors du sommet de… vendredi prochain : « La proposition turque établie avec l’Allemagne demande encore à être rééquilibrée, afin qu’elle puisse être acceptée par les 28 États membres et les institutions européennes », a-t-il dit. On remarquera la formulation : « la proposition turque établie avec l’Allemagne ». Elle est précise et elle est juste. Ce qu’on nous a présenté comme un pré-accord UE-Turquie était une proposition turque acceptée et défendue par Angela Merkel. Ce qui provoqua d’ailleurs une bronca au sommet du 8 mars, et le rejet provisoire du texte…

  • La troisième vidéo

    Je ne regarderai pas la troisième « vidéo du pape ».

    D’ailleurs elle ne parle pas du tout de religion. Et si le pape ne parle pas de religion, il ne m’intéresse pas.

    Il s’agit paraît-il des « familles en difficulté » à travers le monde. Sans aucune référence au christianisme. C’est (une fois de plus) François assistante sociale planétaire et laïque.

    Voir un commentaire adéquat (chrétien et sacerdotal) ici.

  • Mercredi de la Passion

    Une fois encore, Jésus explique Qui il est. Non pas le messie temporel que les Juifs attendent (c’est pourquoi il refuse obstinément de se dire le Messie), mais proprement l’un de l’Uni-Trinité divine : « Moi et le Père sommes un ».

    Les Juifs prennent des pierres pour le lapider : « Toi qui es un homme, tu te fais Dieu. »

    En effet, il est homme. Mais il ne se fait pas Dieu, il EST Dieu.

    Vous dites que je blasphème parce que je dis : Je suis le Fils de Dieu.

    Mais dans le psaume 81, Dieu vous dit : « Vous êtes des dieux, et tous fils du Très-Haut. »

    Si vous, vous êtes des dieux, a fortiori moi je suis Dieu, comme le montrent mes œuvres. Si vous êtes fils du Très-Haut, a fortiori moi je le suis, car le Père est en moi, et moi dans le Père.

    Il est remarquable que Jésus donne un sens très fort au verset du psaume. Pour que l’argument porte, il faut que réellement Dieu divinise les hommes. Il les divinise en les faisant « participants de la nature divine », comme l’expliquera saint Pierre. Par une filiation de participation, tandis que lui est Dieu à part entière.

    Il est remarquable aussi qu’en citant ce verset Jésus renvoie aux versets qui l’entourent, et que les Juifs qui discutent avec lui connaissent par cœur. Or le verset qui précède dit :

    Ils ne savent pas, ils n’ont pas compris, ils marchent dans les ténèbres.

    Et le verset qui suit :

    Mais vous mourrez comme des hommes.

    Car l’homme ne peut devenir Dieu que dans le Dieu qui s’est fait homme. Dans la communion trinitaire. Car la filiation ne peut exister que si Dieu est Père et Fils, et si elle est opérée par l'Esprit.

  • Une menace pour l’OTAN…

    Le général Ben Hodges, commandant de l’armée américaine en Europe, déclare que si le Royaume Uni quitte l’UE ce sera une menace pour l’OTAN.

    Explication : « Tout ce qui porte atteinte à l’efficacité de l’Alliance a un impact sur nous, et donc si l’UE commence à se défaire cela ne peut qu’avoir un effet d’entraînement sur l’Alliance elle-même. »

    Cela dit, le général Hodges paraît être une véritable machine à débiter des âneries. Il dit aussi qu’il est « préoccupé » que l’UE puisse se défaire alors qu’elle doit « tenir tête à la Russie ». Car « l’agression russe » en Ukraine et l’intervention russe en Syrie ont menacé la sécurité européenne, et la Russie a instrumentalisé (pire que cela : « weaponised » : transformé en arme de guerre) la crise des migrants en obligeant des dizaines de milliers de personnes à fuir en Europe. Sic.

    Pain bénit pour le ministre britannique de la Défense Michael Fallon qui a bien entendu souligné aussitôt que le Royaume Uni prendrait un « gros risque » pour sa sécurité s’il quittait l’UE… (Poutine rêve aussi d’envahir l’Angleterre ?)

    L’ancien ministre de la Défense Liam Fox a quant à lui condamné cette « stratégie de la peur », faisant remarquer que la sécurité britannique repose sur l’OTAN et les services de renseignement britanniques, et que l’OTAN c’est les Etats-Unis dont le budget de la Défense est plus important que la somme des 11 plus importants budgets de défense suivants.

    Quant à John Bolton, ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, il affirme le contraire du général Hodges (dans le même numéro du Telegraph) : « Les Etats-Unis ont un important intérêt de sécurité nationale à ce que les électeurs britanniques soutiennent le retrait de l’Union européenne. A rebours de la sagesse conventionnelle [il s’agit de celle qu’incarne Obama, « soutenant la construction d’un super-Etat européen »], une sortie de la Grande-Bretagne d’une UE qui patauge créerait immédiatement le potentiel pour une sécurité occidentale plus efficace »… L’article de John Bolton se termine ainsi : « Les Etats-Unis ont besoin d’alliés européens solides, parmi lesquels la Grande-Bretagne a été et doit rester le plus important. Nous aimons l’indépendance – vous devez retrouver la vôtre. Ça marche. »

  • Canonisations

    Le pape a indiqué ce matin, au cours d’un consistoire ordinaire public, les dates des canonisations annoncées le 7 mars dernier :

    5 juin : Stanislas de Jésus-Marie et Elisabeth Hesselblad ;

    4 septembre : Mère Teresa ;

    16 octobre : José Sánchez del Río et José Gabriel del Rosario Brochero.

  • Mardi de la Passion

    « Mon temps n’est pas encore venu », dit Jésus dans l’évangile de ce jour. Comme il dit ailleurs que son « heure » n’est pas encore venue, ou que l’évangéliste précise que si personne ne met la main sur lui c’est parce que son heure n’est pas encore venue.

    Ici il dit « mon temps ». Le sens est le même, il est même renforcé d’une certaine façon puisque le mot grec est « kairos » : le moment opportun, le moment crucial, le temps où il faudra mourir sur la croix pour racheter les hommes. Mais le choix du mot est ici commandé par le contexte. Jésus dit « mon temps », par opposition à celui de ses frères : « votre temps est toujours prêt ». Le temps de ses frères, ce n’est pas un moment opportun, c’est le temps du monde.

    Le P. Bouyer (Le 4e évangile) avait remarqué le parallélisme entre cet épisode et les noces de Cana. A Cana, c’était la première fois que Jésus disait « Mon heure n’est pas encore venue. » Et dans les deux épisodes on voit Jésus refuser de faire ce qu’on lui demande, puis le faire ensuite.

    A Cana, c’est à la prière de sa Mère. Mais ce n’est pas, ou pas seulement, pour être agréable à Marie que Jésus fait un miracle pour remédier à la pénurie de vin. Ce miracle est un « signe ». Il a une signification profonde, spirituelle, sacramentelle. Il ne fait pas ce qu’on lui a demandé. Il fait quelque chose qui ressemble à ce qu’on lui a demandé, mais dont la signification est sur un autre plan.

    Il en est de même avec ses frères qui lui demandent d’aller à la fête. Ils lui demandent de participer au cortège festif qui va s’ébranler pour aller à Jérusalem rejoindre les autres cortèges des villages et des tribus, où il va pouvoir montrer ce qu’il sait faire, briller aux yeux du monde en accomplissant devant les foules de Jérusalem quelques éclatants miracles qui vont faire de lui une vedette au lieu qu’il reste terré en Galilée.

    Jésus répond qu’il ne va pas à cette fête. Puis, une fois que la tribu est partie, il y va « comme en secret ». Non pour jouer au thaumaturge, mais pour enseigner sa doctrine qui n’est pas de lui mais de celui qui l’a envoyé. Il est l’envoyé de Dieu et il prêche avec autorité parce qu’il est Dieu lui-même. Au Temple. Au milieu de la fête. Dès qu’il a commencé à parler les autorités ont dépêché des hommes pour l’arrêter. Mais… « son heure n’était pas encore venue »…

  • L’AfD entre dans trois nouveaux parlements

    Comme on s’y attendait, les deux partis de la coalition droite-gauche allemande ont perdu des plumes ce dimanche dans les trois Länder où il y avait des élections, au profit de l’AfD qui se présentait pour la première fois.

    Le scrutin le plus spectaculaire est celui de Saxe-Anhalt, où l’AfD obtient 24,2% des voix et arrive deuxième derrière la CDU. Dans le Bade-Wurtemberg, l’AfD obtient 15,1%, et en Rhénanie-Palatinat 12,6%.

    L’AfD, Alternative pour l’Allemagne, a été créé comme un parti anti-euro. Aujourd’hui c’est contre l’immigration qu’il cartonne…

    (Les médias insistent sur la défaite d'Angela Merkel et de la CDU. Mais si la CDU perd en effet 12 points dans le Bade-Wurtemberg, elle ne perd que 3,4 points en Rhénanie-Palatinat et 2,7 en Saxe-Anhalt. Le SPD perd 10,9 points - la moitié de son score précédent - en Saxe-Anhalt, et 10,4 points dans le Bade-Wurtemberg, et améliore son score d'un demi-point en Rhénanie où il est en tête. Dans le Bade-Wurtemberg, les Verts sont passés devant la CDU en gagnant 6,1 points à 30,3%...)

  • Le Canada saoudien

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    Cette affiche du ministère canadien de la Santé faisant (quand même) polémique, le ministère a répondu que « Santé Canada représente systématiquement tous les Canadiens dans ses communications ».

    Sauf que la dame n’est pas canadienne mais saoudienne :

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  • Jusqu’où descendra-t-on ?

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    Pauvre M. Olier…

    Ce sera l’occasion de rappeler que le livre de Jean-Jacques Olier sur la messe (la vraie messe) est véritablement impressionnant (notamment par sa connaissance des pères grecs).

  • Lundi de la Passion

    La liturgie de ce temps est la plainte du Christ souffrant. Mais l’hymne des vêpres, Vexilla Regis, et l’hymne des matines, Pange lingua gloriosi, sont des chants de triomphe, qui célèbrent la victoire du Roi sur ses ennemis. Car l’issue ne fait aucun doute. Et c’est dans sa Passion même que le Christ est vainqueur, la Croix est son trône.

    Voici le Vexilla Regis par des maîtres de chœur réunis à Fontevraud en juillet 1980, sous la direction du chanoine Jeanneteau (strophes 1, 2, 3, 6 deux fois, 7).
    podcast

    Vexílla Regis pródeunt :
    Fulget Crucis mystérium,
    Qua vita mortem pértulit,
    Et morte vitam prótulit.

    Les étendards du Roi s’avancent :
    il resplendit le mystère de la Croix,
    sur laquelle la Vie a souffert la mort,
    et par la mort a produit la vie.

    Quæ, vulneráta lánceæ
    Mucróne diro, críminum
    Ut nos laváret sórdibus,
    Manávit unda et sánguine.

    C’est là que, transpercé du fer
    cruel d’une lance,
    son côté épancha l’eau et le sang,
    pour laver la souillure de nos crimes.

    Impléta sunt quæ cóncinit
    David fidéli cármine,
    Dicéndo natiónibus :
    Regnávit a ligno Deus.

    Il s’est accompli, l’oracle de David
    qui, dans un chant inspiré,
    avait dit aux nations :
    « Dieu régnera par le bois. »

    Arbor decóra et fúlgida,
    Ornáta Regis púrpura,
    Elécta digno stípite
    Tam sancta membra tángere.

    Tu es beau, tu es éclatant,
    arbre paré de la pourpre du Roi ;
    noble tronc appelé à l’honneur
    de toucher des membres si sacrés.

    Beáta, cuius bráchiis
    Prétium pepéndit sǽculi,
    Statéra facta córporis,
    Tulítque prædam tártari.

    Arbre bienheureux, dont les bras
    ont porté la rançon du monde !
    Tu es la balance où fut pesé ce corps,
    et tu as enlevé à l’enfer sa proie.

    O Crux, ave, spes única,
    Hoc Passiónis témpore
    Piis adáuge grátiam,
    Reísque dele crímina.

    Salut, ô Croix, unique espérance !
    En ces jours de la Passion,
    accrois la grâce chez les justes,
    efface le crime des coupables.

    Te, fons salútis, Trínitas,
    Colláudet omnis spíritus :
    Quibus Crucis victóriam
    Largíris, adde prǽmium.
    Amen.

    O Trinité, source de notre salut,
    que tous les esprits vous louent ensemble :
    vous nous donnez la victoire par la Croix :
    daignez y ajouter la récompense.
    Amen.

    Sur la messe de ce jour, voir ma note de 2014. Sur l’évangile, voir aussi ma note de l’an dernier.

  • Premier dimanche de la Passion

    C’est encore le Carême, car les quarante jours de pénitence ne sont pas expirés, mais la liturgie, tout en demeurant orientée vers la préparation des catéchumènes au Baptême, est dominée par la personne du Christ souffrant.

    Il est le seul objet des chants de la messe. Plus encore, presque toujours c’est lui qui est en scène ; c’est lui qui parle, lui qui chante, nous livrant à travers la mélodie les sentiments qui furent les siens durant le terrible drame des derniers jours de sa vie.

    Ce n’est pas tout. Le Christ ne fut pas seul dans sa Passion. Sa personnalité divine nous contenait tous. Il nous avait en lui, chacun distinctement présent, et, parce qu’il connaissait à l’avance les actes de notre volonté par lesquels nous nous donnerions à lui un jour pour continuer son sacrifice, il nous associait à toute son œuvre de Rédemption. C’est en cela que nous étions dans la Passion, c’est en cela que nous y sommes encore.

    Quand l’Eglise la renouvelle devant nous liturgiquement, les mots et les chants dont elle se sert ont donc deux sens, ou mieux, leur sens est à la fois passé et présent, historique et actuel. Historique en ce qu’ils expriment ce que fut l’âme du Christ souffrant au moment où il souffrit ; actuel en ce que cette expression, par l’Eglise et la liturgie, nous arrive à travers les siècles, non comme un souvenir archaïque, mais comme une chose qui n’a pas cessé d’être, qui demeure vivante, qui s’étend seulement dans le temps avec le cours des âges, pour atteindre les hommes à mesure qu’ils viennent à l’existence, et pour être leur propre expression dans la Passion du Christ qu’ils continuent.

    Voilà comment il faut les entendre, voilà comment il faut les chanter, si nous voulons comprendre ce qu’ils expriment et l’exprimer nous-mêmes.

    Dom Ludovic Baron

    Introït

    Par les moines de Solesmes, 1952 ou 1953 (enregistrement restauré par Musicologie médiévale) :
    podcast

    Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta : ab homine iníquo et dolóso éripe me : quia tu es Deus meus et fortitúdo mea.

    Emítte lucem tuam et veritátem tuam : ipsa me de duxérunt et adduxérunt in montem sanctum tuum et in tabernácula tua.

    Ô Jugez-moi, ô Dieu, et séparez ma cause de celle d’une nation qui n’est pas sainte : délivrez-moi de l’homme méchant et trompeur. Car vous êtes ma force, ô Dieu.

    Envoyez votre lumière et votre vérité ; elles me conduiront et m’amèneront à votre montagne sainte et à vos tabernacles.

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  • Le jeune Messie ?

    Hier est sorti sur les écrans américains un film intitulé Le jeune Messie, réalisé par Cyrus Nowrasteh d’après le roman Le Christ Seigneur : retour d’Egypte, d’Anne Rice.

    Cyrus Nowrasteh est connu aux Etats-Unis pour sa mini-série Destination 11 septembre et son film La lapidation de Soraya M., qui ne sont semble-t-il jamais sortis en France. Anne Rice est un auteur à succès qui aurait vendu près de 100 millions d’exemplaires de ses livres, surtout ceux sur les vampires. Christ the Lord : out of Egypt (non traduit en français) date de 2005, dans la période « catholique » d’Anne Rice (entre 1998 et 2010), qui auparavant était athée et est aujourd’hui anticatholique par militantisme LGBT (pour son fils…).

    Le film, comme le roman, raconte la vie de Jésus entre 7 et 8 ans.

    Un cardinal (O’Malley) et deux archevêques (Chaput et Wenski) se sont déjà déclarés enthousiastes, ainsi que le National Catholic Register. Mgr Chaput, l’archevêque de Philadelphie, déclare que c’est « un portrait fidèle à la foi biblique mais sans sentimentalisme… un film exceptionnel, captivant du début à la fin, qu’il est bon de voir, d’avoir, et de revoir ».

    J’ai néanmoins quelques doutes à ce sujet. Voilà un Jésus de nouveau traqué par Hérode (le fils) et qui fait des miracles en veux-tu en voilà sans savoir d’où vient ce don ni qui il est :

    « Et au-delà d’Hérode il y a un adversaire d’un autre monde, un démon à cape sombre qui est visible par l’enfant Jésus mais par personne d’autre autour de lui. L’enfant Jésus se démène pour comprendre ce que cela veut dire et cherche à comprendre ses inexplicables pouvoirs. Ses parents et sa famille élargie l’ont protégé de la vérité de sa naissance insolite, de la visite des mages et du tragique massacre des Innocents qui eut lieu sur ordre d’Hérode. C’est au Temple qu’il entend enfin ces histoires pour la première fois. »

    Si c’est ce que montre le film, n’en déplaise au bon Mgr Chaput je suis plus que sceptique sur les bienfaits à attendre d’une marmelade aussi manifestement empoisonnée.

  • La Finlande et l’euro

    L’« initiative citoyenne » finlandaise contre l’euro a bien recueilli plus de 50.000 signatures, comme l’annonçait en novembre le député européen Paavo Väyrynen qui l’avait lancée.

    Le Parlement a donc obligation de débattre de l’appartenance de la Finlande à la zone euro.

    En soi c’est assez surréaliste, dans la mesure où, 1 – les pays membres de l’UE sont obligés d’avoir l’euro (sauf s’ils s’en sont exclus avant Maastricht), 2 – l’initiative de Paavo Väyrynen n’est soutenue par aucun parti, pas même le parti des Vrais Finlandais qui est aujourd’hui membre de la coalition au pouvoir…

    Mais le fait est que l’initiative de Paavo Väyrynen fait débat dans l’opinion. Surtout au moment de la campagne britannique. Et le député européen souligne que selon le dernier sondage 31% des Finlandais sont contre l’euro, alors qu’ils n’étaient que 19% en 2011. C’est que la Finlande traverse une très mauvaise passe économique, et que les Finlandais voient de plus en plus avec envie comment leurs voisins suédois s’en sortent sans l’euro, sans parler des Norvégiens qui sont carrément en dehors de l’UE…

  • L’avortement au Dakota du Sud

    Le gouverneur du Dakota du Sud, Dennis Daugaard, a signé hier une loi qui interdit l’avortement après la vingtième semaine. Cet Etat devient le 13e à prendre cette mesure. (Le motif est toujours identique : pour déroger au droit à l’avortement sans limite, on met en avant qu’il est désormais prouvé que le fœtus peut souffrir à partir de vingt semaines, qu’il est donc humain et doit être protégé.)

    Pour le Dr Fred Deutsch, président de l’association Droit à la Vie de l’Etat, « cette loi marque le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire du Dakota du Sud pour protéger l’enfant à naître ». Sans doute, mais il y a encore du boulot…

    Cette loi est la quatrième loi « pro-vie » adoptée par les parlementaires du Dakota au cours de la même session. Celle sur l’avortement a été adoptée à une majorité qui permettait éventuellement au gouverneur de mettre son veto, les trois autres ont été adoptées à une écrasante majorité :

    - Les femmes doivent être informées que leur avortement chimique peut être arrêté si c’est pris à temps.

    - Le ministère de la Santé doit rendre publics les rapports d’inspection des avortoirs.

    - La vente de tissus fœtaux est désormais un crime. (C’est une des nombreuses lois similaires déjà votées ou en passe de l’être, à travers les Etats-Unis, suite aux vidéos qui ont montré le trafic de tissus fœtaux, voire de fœtus entiers, auquel se livre le Planning familial. On remarquera qu'il est loisible de tuer les foetus - jusqu'à vingt semaines - mais que c'est un crime d'en vendre des morceaux...)