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Le blog d'Yves Daoudal - Page 5

  • 5e jour dans l’octave de la Nativité

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    (La Chomette, Haute-Loire)

    Il est temps d’apprendre le latin. Par exemple avec cette si simple et belle séquence de Pierre le Vénérable.

    Cælum, gaude, terra, plaude,
    Nemo mutus sit a laude,
    Ad antiquam originem
    Redit homo per Virginem.

    Ciel, réjouis-toi ; terre, applaudis ; que nul ne retienne la louange. Par la Vierge l’homme remonte à son antique origine.

    Virgo Deum est enixa,
    Unde vetus perit rixa,
    Perit vetus discordia,
    Succedit pax et gloria.

    La Vierge a enfanté un Dieu, l’antique colère est apaisée. La vieille discorde a fini son cours ; la gloire et la paix lui succèdent.

    Tunc de cæno surgit reus,
    Cum in fœno jacet Deus,
    Tunc vile celat stabulum
    Cælestis escæ pabulum.

    Le pécheur se lève de son bourbier ; un Dieu est étendu sur la paille. Une vile étable contient le Pain de la nourriture céleste.

    Nutrit Virgo creatorem,
    Ex se factum redemptorem,
    Latet in pueritia
    Divina sapientia.

    La Vierge nourrit son Créateur, le Rédempteur qui est né d’elle. Sous la faiblesse de l’enfance se cache la divine Sagesse.

    Lac stillant matris ubera,
    Lac fundunt nati viscera,
    Dum gratiæ dulcedinem
    Per assumptum dat hominem.

    Du sein de la mère jaillit le lait : le cœur du Fils le répand aussi ; car, en prenant l’humanité, il nous donne la douceur de sa grâce.

    Ergo dulci melodia
    Personemus, o Maria,
    Religiosis vocibus
    Et clamosis affectibus:

    Donc, par une douce mélodie, nous vous chantons, ô Marie ! Par nos voix religieuses, et par nos cris d’amour.

    Salve, Virgo benedicta,
    Quæ fugasti maledicta,
    Salve, mater altissimi,
    Agni sponsa mitissimi.

    Salut, Vierge bénie, qui avez mis en fuite la malédiction. Salut , Mère du Très-Haut, Épouse du très doux Agneau.

    Tu serpentem evicisti,
    Cujus caput contrivisti,
    Cum Deus ex te genitus
    Ejus fuit interitus.

    Vous avez vaincu le serpent, vous avez brisé sa tête, quand le Dieu, né de vous, l’a exterminé.

    Tu cælorum imperatrix,
    Tu terrarum reparatrix,
    Ad quam suspirant homines,
    Quam nequam tremunt dæmones.

    Vous êtes l’Impératrice des cieux, la réparatrice de la terre. Vers vous soupirent les hommes ; les démons maudits tremblent sous vos pieds.

    Tu fenestra, porta, vellus,
    Aula, domus, templum, tellus,
    Virginitatis lilium
    Et rosa per martyrium.

    Vous êtes la fenêtre, la porte, la toison, le palais, la maison, le temple, un monde ; lis de virginité, rose par le martyre.

    Hortus clausus, fons hortorum,
    Sordes lavans peccatorum,
    Inquinatos purificans
    Et mortuos vivificans.

    Jardin fermé, fontaine des jardins, vous lavez les taches des péchés, purifiant ceux qui sont souillés, rendant les morts à la vie.

    Dominatrix angelorum,
    Spes post Deum sæculorum,
    Regis reclinatorium,
    Et deitatis solium.

    Dominatrice des Anges ; après Dieu, l’espérance des siècles, le lieu de repos du Roi, le trône de la divinité.

    Stella fulgens orientis,
    Umbras fugans occidentis,
    Aurora solis prævia
    Et dies noctis nescia.

    Étoile brillante de l’Orient, qui dissipe les ombres de l’Occident. Aurore annonçant le soleil, jour qui ne connaît pas de nuit.

    Parens nostri tu parentis
    Et genetrix nos gignentis,
    Piæ matris fiducia
    Natos Patri concilia.

    Mère de notre Père, vous enfantez Celui qui nous a créés. Mère tendre, objet de notre confiance, réconciliez les fils avec le Père.

    Ora, mater, Deum natum,
    Nostrum solvat ut reatum
    Et post concessam veniam
    Det gratiam et gloriam. Amen.

    O Mère ! priez le Dieu né en ces jours, qu’il détruise nos péchés, et, après le pardon, qu’il nous donne la grâce et la gloire. Amen.

  • Les saints Innocents

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    (Duccio)

    Comme l’hymne des laudes et des vêpres, l’hymne des matines est formé de strophes du grand poème de Prudence sur l’Epiphanie, qui en comporte 52.

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    Audit tyránnus ánxius
    Adésse regum Príncipem,
    Qui nomen Israël regat,
    Teneátque David régiam.

    L’inquiet tyran vient d’apprendre la naissance du Roi des rois, de celui qui doit régir Israël, et occuper le trône de David.

    Exclámat amens núntio:
    Succéssor instat, péllimur:
    Satélles, i, ferrum rape,
    Perfúnde cunas sánguine.

    A cette nouvelle, il s’écrie tout éperdu : « Un compétiteur s’approche et va vous détrôner ; allez, satellites, prenez le fer, inondez de sang les berceaux.

    Quid próficit tantum nefas?
    Quid crimen Heródem iuvat?
    Unus tot inter fúnera
    Impúne Christus tóllitur.

    A quoi sert un tel forfait ? Quelle est pour Hérode l’utilité de ce crime ? Seul, le Christ échappe à ce grand carnage et il se trouve en sûreté.

    Jesu, tibi sit glória,
    Qui natus es de Vírgine,
    Cum Patre et almo Spiritu,
    In sempitérna sǽcula. Amen.

    Gloire à vous, ô Jésus, qui êtes né de la Vierge ; gloire au Père, et à l’Esprit divin, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.

    Ci-après les 13 strophes du poème de Prudence qui évoquent les saints Innocents. En italique les strophes reprises pour l’hymne ci-dessus. Traduction dom Guéranger.

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  • Saint Jean

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    Saint Jean en train d’écrire son évangile (on en voit les premiers mots), fresque de la chapelle de l’ancien monastère Saint-Jean d’Aptera en Crète.

    Le chant byzantin de la fête de "saint Jean le Théologien et Evangéliste" que l’on trouve le plus sur internet en dehors de l’apolytikion n’est pas, comme c’est le plus souvent le cas, le doxastikon des vêpres, mais celui des laudes. Que voici chanté par Michael Tsavaris, qui est le protopsalte de l’église Saint-Nicolas de Rhodes (à moins de 20 km de la côte turque). Il a aussi le titre de protopsalte de la « métropole de Chalcédoine », qui est le dernier diocèse d’Asie mineure du patriarcat de Constantinople, et dont la cathédrale est une modeste église dans le quartier d’Istanbul qui fut Chalcédoine. Enregistré à Rhodes le 26 septembre dernier (fête de saint Jean dans le calendrier byzantin), publié sur la chaîne Mélismata Psaltikis.

    Εὐαγγελιστὰ Ἰωάννη, Ἰσάγγελε Παρθένε, Θεολόγε θεοδίδακτε, ὀρθοδόξως τῷ κόσμῳ, τὴν ἄχραντον πλευράν, τὸ αἷμα καὶ τὸ ὕδωρ βλύζουσαν ἐκήρυξας, ἐν ᾧ τὴν αἰώνιον ζωήν, ποριζόμεθα ταῖς ψυχαῖς ἡμῶν.

    Evangéliste saint Jean, vierge, égal aux anges, théologien formé par Dieu, au monde tu annonças d'orthodoxe façon le flanc immaculé d'où jaillirent l'eau et le sang où nous trouvons l'éternelle vie pour nos âmes.

  • Dimanche dans l’octave de la Nativité

    L’introït de la messe célèbre de nouveau, de façon mystérieuse, l’événement de la nuit de Noël, l’évangile nous transporte au Temple où Siméon prend l’enfant dans ses bras, et l’antienne de communion évoque déjà le retour d’Egypte.

    C’est l’ange qui apparaît en songe à Joseph : « Prends l’enfant et sa mère, et sur la terre d’Israël : car ils sont morts, ceux qui cherchaient la vie de l’enfant. »

    On remarque la tendresse de la mélodie sur « sa mère », son aspect vindicatif sur enim puis sur quaerebant qui monte encore d’un ton, et les deux fins de phrase très fermes, celles de l’établissement sûr de l’enfant en Israël.

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    Nativity - Sunday in the Octave: Communio from Corpus Christi Watershed on Vimeo.

  • Noël

    Ἡ Παρθένος σήμερον, τὸν ὑπερούσιον τίκτει, καὶ ἡ γῆ τὸ Σπήλαιον, τῷ ἀπροσίτῳ προσάγει. Ἄγγελοι μετὰ Ποιμένων δοξολογοῦσι. Μάγοι δὲ μετὰ ἀστέρος ὁδοιποροῦσι· δι' ἡμᾶς γὰρ ἐγεννήθη, Παιδίον νέον, ὁ πρὸ αἰώνων Θεός.

    La Vierge aujourd'hui met au monde le Supersubstantiel et la terre offre une grotte à l'Inaccessible. Les anges avec les bergers chantent sa gloire. Les mages avec l'étoile font route, car pour nous est né un Enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

    Par Charilaos Taliadoros, professeur et éditeur de musique byzantine, chantre de l’église Sainte-Sophie (la cathédrale historique) de Thessalonique de 1952 à 2019, mort le 11 janvier dernier à l’âge de 95 ans. Il avait le titre d’« archonte protopsalte du saint archidiocèse de Constantinople ». L’icône de la vidéo est une fresque du monastère de la Peribleptos de Mistra en Grèce (XIVe siècle). On la voit mieux ici.

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    Gostinopolye (sur la Volkhov, région de Saint-Pétersbourg), vers 1475.

    L’icône de la Nativité illustre le kondakion de la fête (à lire et entendre ci-dessus), œuvre de Romain le Mélode (VIe siècle). Selon la tradition, il s’était endormi pendant les matines de Noël. La Mère de Dieu lui apparut en songe et lui fit manger un rouleau. Romain se réveilla au moment même où il devait dire le kondakion, et il chanta celui-ci, devant l’empereur, le patriarche et le peuple médusés, d’autant que son chant était céleste alors qu’il avait toujours eu une très mauvaise voix.

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    Au centre de l’icône traditionnelle de la Nativité il y a un trou noir. La création après la chute, dépourvue de toute lumière. C’est la grotte de la Nativité. Y descend la Lumière divine qui va régénérer le monde déchu. Le Christ vient « illuminer ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort ». La Lumière a d’abord un rayon unique, l’unité de Dieu, d’où sortent (éventuellement par l’étoile) souvent trois rayons, parce que c’est la lumière de la Sainte Trinité.

    Dans ce trou noir il y a un enfant, enveloppé de langes qui seront aussi les linges funéraires, dans une mangeoire qui est en réalité un cercueil. Car la Nativité est la kénose du Verbe, il vient sur terre pour s’y anéantir, pour y mourir sur la Croix.

    Un bœuf et un âne veillent sur le nouveau-né : c’est le tout début de la prophétie d’Isaïe : « Le bœuf connaît son possesseur, et l'âne l'étable de son maître ; mais Israël ne m'a pas connu, et mon peuple n'a pas eu d'intelligence. »

    Juste en dessous de l’enfant Dieu il y a Marie, allongée sur sa couche, un grand coussin rouge. Elle est le plus grand personnage de l’icône, parce qu’elle est la protagoniste principale, la Mère de Dieu. Elle ne regarde pas l’enfant, mais selon la disposition des icônes elle paraît regarder Joseph, ou un berger, ou les sages-femmes, ou le spectateur. En bref elle regarde les hommes, d’un regard de profonde compassion. Mais souvent on a l’impression qu’elle ne regarde en fait personne : elle est absorbée dans le mystère de la kénose, qui est celui de la crucifixion.

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    Mais c’est pour nous l’annonce du salut. En haut, les anges annoncent la Bonne Nouvelle. Ils sont plus ou moins nombreux selon les icônes. A droite l'ange qui s’est adressé aux bergers avant l'arrivée des autres. En fait ici il a déjà fait son office et il s’est détourné pour adorer l’Enfant (les mains cachées sous un linge expriment cette adoration). Souvent il y a deux bergers, un qui écoute l’ange, un autre qui joue du flutiau. Ici il n’y en a qu’un, qui embouche une grande trompette. (Ce n’est pas le seul exemple.) On pense au « Canite tuba » de la liturgie latine, « Sonnez de la trompette en Sion » (Joël 2,1, qui se poursuit ainsi : « publiez à grands cris sur la montagne sainte ; et que tous ceux qui habitent la terre soient confondus, parce que voilà le jour du Seigneur ; il est près de vous »). Mais ce verset ne semble pas utilisé dans la liturgie byzantine.

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    A gauche, les mages. Habillés en « Persans ». Symbolisant les âges de la vie : un jeune, un d’âge mûr, un vieux. Souvent ils sont plus haut (plus loin), et caracolant à cheval. Parfois ils ont déjà devant l’Enfant, avec leurs dons. Dans les icônes plus tardives qui racontent toute l’histoire de la Nativité, on les voit arriver à gauche, et repartir à droite « par un autre chemin » après avoir été avertis en songe. L’Epiphanie byzantine étant uniquement la célébration du baptême du Christ, les mages sont célébrés le jour de Noël, et même par l’apolytikion, le premier tropaire de la divine liturgie :

    Ἡ γέννησίς σου Χριστὲ ὁ Θεὸς ἡμῶν, ἀνέτειλε τῷ κόσμῳ, τὸ φῶς τὸ τῆς γνώσεως· ἐν αὐτῇ γὰρ οἱ τοῖς ἄστροις λατρεύοντες, ὑπὸ ἀστέρος ἐδιδάσκοντο, σὲ προσκυνεῖν, τὸν Ἥλιον τῆς δικαιοσύνης, καὶ σὲ γινώσκειν ἐξ ὕψους ἀνατολήν, Κύριε δόξα σοι.

    Ta Naissance, ô Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance. En elle, les adorateurs des astres apprirent d’un astre à t'adorer, Soleil de justice, et à te reconnaître comme l’Orient venu d'en haut. Seigneur, gloire à toi.

    (Par Theodoros Vasilikos.)

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    En bas à gauche, mais parfois à droite, saint Joseph face à un personnage bizarre. Joseph est clairement à part, pour montrer qu’il n’est pas le père de l’enfant. Il est en outre d’esprit morose, à cause de ce que lui dit le personnage, sorte de vieux berger hirsute qui pour certains est carrément le diable ; il s’agit en tout cas du doute, de la tentation du doute. Le personnage lui dit que tout cela n’est pas possible : une jeune fille ne peut pas mettre au monde un enfant, encore moins en restant aussi vierge après qu’avant. Joseph est ici le saint patron de ceux qui doutent (on pense à Bernanos : « Foi : vingt-quatre heures de doute... mais une minute d'espérance. »). La scène est aussi l’annonce de toutes les hérésies christologiques de l’histoire, toutes les mauvaises interprétations du mystère insondable qui accable Joseph. Auxquelles répond l’icône : Jésus vrai Dieu, un de la Trinité, et vrai homme.

    Toutefois cette interprétation renvoie à Joseph avant la Nativité, et même avant l’apparition de l’ange lui disant que ce qui est né en elle est du Saint-Esprit (il n’y a pas de temps dans les icônes). Après le miracle de la Nativité, l’attitude de Joseph est celle de l’homme stupéfait devant le mystère incompréhensible. Comme le dit un tropaire des matines du dimanche : « Joseph est frappé de stupeur en contemplant ce qui surpasse la nature, et il se remémore la pluie sur la toison, dans le fait que tu conçoives sans semence, ô Mère de Dieu, et le buisson en feu qui ne se consume pas, la verge fleurie d’Aaron, et donnant son témoignage, celui qui t’avait dans sa pensée et sous sa garde criait aux prêtres : La Vierge a enfanté, et depuis l’enfantement elle reste vierge. » On pense aussi à ce tropaire des laudes du 22 décembre : « Ne t'afflige pas, Joseph, en observant mon ventre: car tu verras celui qui naîtra de moi et tu te réjouiras... »

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    La scène en bas à droite (ou parfois à gauche) insiste, contre le docétisme qui est l’une des pires hérésies, sur le fait que Jésus est vraiment homme : des sages-femmes sont là, qui baignent le nouveau-né comme on baigne tout nouveau-né pour le nettoyer. L’épisode a sa source dans le Protévangile de Jacques. Ce merveilleux évangile apocryphe raconte que Joseph, après avoir conduit Marie dans la grotte, s’en va à la recherche d’une sage-femme. Et aussitôt en voilà une. Elle entre dans la grotte et assiste à la naissance. En fait elle ne voit rien qu’une lumière éblouissante, et l’enfant est déjà à la mamelle. Elle sort de la grotte et rencontre une collègue, Salomé, qui ne veut pas croire à cette histoire tant qu’elle n’aura pas vérifié que la Mère est toujours vierge. Salomé tend la main, et celle-ci se dessèche. Salomé se repend aussitôt de son sacrilège. Un ange lui dit de prendre l’enfant, ce qu’elle fait. Elle s’exclame : « Je l’adorerai, parce qu’est né un grand roi pour Israël. » Et sa main est guérie.

    Ci-dessous une icône russe tardive qui raconte toute l’histoire de la Nativité, y compris les mages devant Hérode, le songe des mages et leur départ, le songe de Joseph, la fuite en Egypte et le massacre des saints Innocents, et même (selon le Protévangile de Jacques) la fuite d’Elisabeth allant cacher saint Jean Baptiste dans une grotte qui s’ouvre miraculeusement, et le meurtre de son mari Zacharie « entre le vestibule et l’autel », qui n’a pas voulu révéler où se trouve son fils.

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  • Vigile de la Nativité

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    Revelábitur glória Dómini : et vidébit omnis caro salutáre Dei nostri.

    Se révélera la gloire du Seigneur, et toute chair verra le salut de notre Dieu.

    L’antienne de communion de la Vigile de Noël commence en confidence, en une broderie autour du fa, qui est la dominante du 2e mode et non du premier. Mais sur salutare, le mot principal, l’attente de Noël, il y a une éclatante, et unique, montée fa-la-do, majestueuse par sa préparation et sa résolution.

    On remarquera que cette deuxième moitié de l’antienne est exactement la deuxième moitié de l’antienne de communion du jour de Noël. Mais ici il n’y a plus de confidence préalable : on est d’emblée dans la joie du salut qui s’est fait chair, et la première moitié contient déjà une montée parallèle, sur « fines terrae », qui part de plus bas et redescend plus bas que celle de « salutare » : toutes les extrémités de la terre ont vu le salut.

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    podcast

    Vidérunt omnes fines terræ salutáre Dei nostri.

    Les extrémités de la terre ont vu le Sauveur envoyé par notre Dieu.

  • Rashad Hussain

    Le Sénat américain vient d’approuver la nomination de Rashad Hussain au poste d’ambassadeur de la liberté religieuse. Par 85 voix contre 5.

    Or Rashad Hussain, qui navigue depuis longtemps dans la diplomatie américaine (propulsé par Barack Hussein Obama), est non seulement musulman, mais il est un « hafiz » du Coran : il est capable de réciter tout le Coran par cœur.

    Alors, s’il est ambassadeur de la liberté religieuse, ou bien il y a des morceaux du Coran qu’il a quand même oubliés, ou bien c’est un hypocrite. Ah, c’est vrai, pour un musulman c’est seulement de la taqiya, et c’est une vertu quand on vit chez les kouffar.

    Je suis sidéré que la presque totalité des sénateurs républicains s’y laisse prendre.

  • Turckson quitte la galère

    François avait inventé en 2016 un « dicastère pour le service du développement humain intégral » remplaçant les conseils pontificaux Justice et Paix, Cor unum, pour la pastorale des migrants, et pour la pastorale des services de la santé. Il avait placé à sa tête un fidèle parmi les fidèles, le cardinal Peter Turckson (qui présidait Justice et Paix).

    Mais le cardinal Turckson a présenté sa démission, et le pape vient d’accepter cette démission. Officiellement parce que le cardinal Turckson est arrivé au bout de son mandat de cinq ans. Mais ce n’est pas vrai. Ce n’est un secret pour personne que le « dicastère de la charité » va à vau l’eau, pour des raisons de conflits de « gouvernance » liés au fait qu’il regroupe des services et des chefs qui ne veulent pas perdre leurs anciennes prérogatives. La situation était tellement explosive que François a fait venir son âme damnée américaine Blase Cupich pour faire un « audit ». Le rapport rendu le 1er juillet a confirmé qu’il y avait un grave problème de gouvernance et qu’il fallait préciser le rôle de chacun. Le mois suivant, le « numéro 3 » du dicastère, l’Argentin de Buenos Aires Augusto Zampini a été subitement renvoyé dans son diocèse après avoir, dit-on, détruit ses archives personnelles. Et le « numéro 2 » a été remplacé en même temps… Aujourd’hui il faut remplacer le numéro 1. Qui s’y colle ?

  • Ecce completa sunt

    Antienne du Benedictus (aux laudes) :

    Ecce compléta sunt ómnia, quæ dicta sunt per Angelum de Vírgine María.

    Voici que sont accomplies toutes les choses que l’Ange a dites de la Vierge Marie.

    Par les moniales d'Argentan:
    podcast

    *

    O Emmanuel

    O Emmánuel, Rex et légifer noster, exspectátio Géntium, et Salvátor eárum : veni ad salvándum nos, Dómine, Deus noster.

    O Emmanuel, notre Roi et notre Législateur, Attente des Nations et leur Sauveur : venez nous sauver, Seigneur notre Dieu.

  • Routine

    Petit cadeau de Noël de la Commission européenne à la Pologne : elle lance ce jour une nouvelle procédure d'infraction contre ce pays, cette fois à la suite de l'arrêt rendu en octobre par son Tribunal constitutionnel contestant la primauté du droit européen.

    En outre la Commission européenne franchit un nouveau pas dans son arbitraire dictatorial (c’est la mode en ce moment partout et en tous les domaines) en affirmant que selon elle le Tribunal constitutionnel polonais « ne répond plus aux exigences d'un tribunal indépendant et impartial » : quand on contredit la Commission on est dans l’illégalité…

     

    Addendum

    Réaction du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki : la décision de la Commission montre « que la tendance au développement du centralisme démocratique, le centralisme bureaucratique de Bruxelles progresse malheureusement, mais il faut y mettre un terme (…). Je pense que de plus en plus d'États membres de l'UE voient qu'après tout, il doit y avoir une limite de compétence quelque part, ce sur quoi l'Union européenne peut décider et ce sur quoi l'État polonais peut décider. »

    Il n’échappera à personne, surtout à Bruxelles, que l’expression « centralisme démocratique » renvoie au fonctionnement de l’Etat soviétique dans la définition de Lénine…