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Le blog d'Yves Daoudal - Page 5

  • L’Eglise LGBT+

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    On voit ici autour du pape les militants de « LGBT+ Catholics Westminster ». C’est le groupe d’invertis « catholiques », basé à l’église jésuite de Londres, créé par l’archevêque de Westminster, le cardinal Vincent Nichols.

    C’était le mercredi des Cendres. Le groupe a participé à la messe des Cendres célébrée par le pape et avait des « sièges privilégiés » pour assister à l’audience pontificale.

    Leur « pèlerinage » a duré du 4 au 10 mars. On apprend notamment que « le groupe a célébré la messe dans la chambre où est décédé saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites, et aussi dans l'église titulaire du cardinal Vincent Nichols - Le Très Saint Rédempteur et St Alphonse », et que « la prière du matin en souvenir des victimes d'homophobie et de transphobie a été célébrée dans l'église Saint-Barthélemy-sur-le-Tibre, qui commémore les martyrs de notre époque et qui est dirigée par la communauté de San Egidio ».

    La veille de leur départ de Londres, le cardinal Nichols leur avait écrit notamment : « Que saint Pierre et saint Paul, ainsi que tous les apôtres, continuent à vous guider sur votre chemin et puissiez-vous vous ne jamais manquer d’être inspirés par leur témoignage en tant que fidèles serviteurs de notre Seigneur Jésus-Christ ».

    « LGBT+ Catholics Westminster » participe à la gay pride de Londres, milite ouvertement pour une modification de la doctrine de l’Eglise sur les déviations sexuelles et pour un clergé LGBT. La page de leur site qui retrace leur histoire commence par une « prière » de Bernárd J. Lynch, prêtre « marié » à un homme.

    (LifeSiteNews, The Tablet)

  • Mardi de la première semaine de carême

    Voici une bien jolie oraison qui est le « capitule » de l’heure de tierce, en ce jour, dans le bréviaire mozarabe :

    In protectione alarum tuarum Domine filios hominum sperantes, nequaquam detegas; sed tamquam pullos, quo possimus supernis volatilibus praeparari, fovendo enutrias: neque deripi nos laceratione insidiantium sinas; nec a nido Ecclesiae tuae avolare permittas; sed, dum nos tegmine regis paterno, ad ubertatem domus tuae adiuti tuo veniamus auxilio.

    Ne laisse surtout pas à découvert, Seigneur, les fils des hommes qui espèrent en la protection de tes ailes ; mais, en nous tenant au chaud comme des poussins, nourris-nous et élève-nous où nous pourrons nous préparer à être des oiseaux d’en-haut ; et ne nous laisse pas être mis en pièces par ceux qui nous tendent des pièges, et ne permets pas que nous nous envolions du nid de ton Eglise, mais que, nous guidant sous ta protection paternelle, nous parvenions avec ton aide aux richesses de ta maison.

  • Un imposteur

    Un homme disant s’appeler Pascal Wintzer et prétendant être archevêque de Poitiers a déclaré sur RCF puis sur France 3 que « le prêtre n'est pas un homme sacré, l'évêque non plus », et qu’il doit donc pouvoir être marié : « cela changerait la conception sacrée de ce qu’est le prêtre ».

    Si le prêtre n’a pas de fonction sacrée, on se demande à quoi sert ce Pascal Wintzer. En outre, le site de l’Eglise catholique en France nous affirme que Mgr Pascal Wintzer a été « consacré évêque le 19 mai 2007 ».

    La police a le devoir de démasquer l’imposteur qui se fait passer pour l’archevêque de Poitiers et qui ne connaît même pas la différence entre un prêtre catholique et un pasteur protestant.

    Et en se référant aux Eglises d'Orient, il s'enfonce. Car non seulement tout le monde en Orient reconnaît la sacralité du prêtre (y compris les musulmans), mais cette sacralité rejaillit sur la femme du prêtre, qui est l'objet d'un respect particulier et que l'on appelle même "presbytera" dans certaines traditions.

  • Pour un enfer respectueux de tous

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    Ils sont impayables… Maintenant ils font un appel aux dons sur CredoFunding. Toujours ''Pour un festival Hellfest respectueux de tous''.

    Une fête de l’enfer respectueuse de tous.

    Une fête de l’enfer bon enfant et cultivant le vivre ensemble.

    Une fête satanique qui « n’incite pas au satanisme »…

    Et ils envoient cela le premier dimanche de carême, dont l’évangile nous montre le Christ aux prises avec le diable…

    Au début du carême, quand le chrétien doit combattre plus énergiquement que d’habitude des forces infernales dont personne jusqu’ici n’avait imaginé cette absurdité qu’elles puissent être « respectueuses de tous »…

  • Anarchie dans l’Eglise de Chine

    Un prêtre du diocèse de Xuanhua (Hebei), François Zhang-Li, 60 ans, a été suspendu de son ministère par le vicaire général qui a eu recours à l’autorité du Saint-Siège, selon AsiaNews. Ce n’est donc pas l’évêque qui a pris la décision. Il est vrai que dans toute cette histoire personne ne parle de l’évêque. Il s’agit de Mgr Thomas Zhao Kexun, qui a 89 ou 95 ans selon les sources et paraît avoir disparu de la circulation.

    Quoi qu’il en soit, le P. Zhang-Li s’en est pris à l’évêque coadjuteur, Mgr Augustin Cui Tai, qui a fait plusieurs séjours en prison pour sa loyauté envers Rome, et qui a été encore emprisonné pendant 15 jours après la suspension du P. Zhang-Li.

    Le P. Zhang-Li, qui a récemment rejoint le diocèse officiel (Zhangjiakou), accuse Mgr Cui Tai de « ne pas suivre les indications du pape » en faveur d’une « Eglise officielle unie ». Il a avec lui un groupe d’une centaine de personnes, dont plusieurs prêtres, qui appellent les fidèles à ne plus reconnaître Mgr Cui Tai et à rejoindre l’Eglise officielle, à savoir le diocèse officiel de Zhangjiakou qui regroupe les « anciens » diocèses de Xiwanzi et Xuanhua, et qui est semble-t-il vacant. Le P. Zhang-Li affirme qu’il a été nommé « vicaire » du diocèse et qu’il est rémunéré en conséquence.

    Le 3 mars Mgr Cui Tai a « réitéré » la suspense du P. Zhang-Li, donnant deux motifs : premièrement, les activités charismatiques du prêtre, qui agit avec un pasteur protestant, exagère les effets miraculeux de la prière et invente des miracles ; deuxièmement, « il promeut un concept de l’unité du diocèse de Zhangjiakou que le Saint-Siège ne reconnaît pas. Il provoque des divisions au sein de l'Église et ne reconnaît pas le diocèse et l'évêque de Xuanhua. »

  • Censure islamique épiscopale

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    Le 11 février dernier, RCF (Radio chrétienne francophone) Côtes d’Armor diffusait un entretien avec Jean-Frédéric Poisson à propos de son livre « L’islam à la conquête de l’Occident ».

    Selon Riposte catholique, l’émission n’a pas été rediffusée, contrairement à l’habitude, et elle a été supprimée du site. Sur ordre de Mgr Moutel, évêque de Saint-Brieuc.

    Car on ne doit pas critiquer l’islam sur une radio chrétienne.

    Le 5 mars, le président du conseil d’administration de la radio et quatre administrateurs ont démissionné.

    Trois jours plus tard, dans son entretien hebdomadaire à la radio, Mgr Moutel montrait qu’il ne connaît absolument rien à l’islam… (Il n’y pas de problème avec l’islam, il y a un problème avec des perversions de l’islam, puis, plus loin : il faut combattre l’islam politique…)

  • Lundi de la première semaine de carême

    L’introït de la messe de ce jour est le début du premier psaume que les moines chantent à l’heure de sexte. C’est une belle prière de carême.

    Sicut óculi servórum in mánibus dominórum suórum : ita óculi nostri ad Dóminum, Deum nostrum, donec misereátur nobis : miserére nobis, Dómine, miserére nobis.
    Ad te levávi óculos meos : qui hábitas in cælis.

    Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur notre Dieu, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous. Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
    J’ai levé les yeux vers vous, qui habitez dans les cieux.

    Par les moines de Ligugé, dans un enregistrement d’après la « réforme » liturgique (d’où l’absence de la doxologie, dont je ne connais toujours pas la raison) :


    podcast

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  • Gorzkie Żale

    Chaque dimanche de carême en Pologne depuis le début du XVIIIe siècle on chante Gorzkie Żale, « Plaintes amères » (ou « Amères lamentations »), autour de la Passion du Christ. Cet « office » a pour origine un livret publié en 1707 par le prêtre lazariste Wawrzyniec Benik, intitulé “Un faisceau de myrrhe du jardin de Gethsémani, ou Tristes pleurs sur l’amère Passion du Fils de Dieu”. Son confrère Michał Bartłomiej Tarło, premier visiteur des lazaristes pour la province de Pologne, curé de Sainte-Croix de Varsovie (dont il termina la construction) fit organiser ces chants en un office para-liturgique, qui se répandit d’autant plus facilement que le P. Tarło devenait en 1710 évêque de Poznan.

    La distribution de l’office n’est pas sans faire penser à l’Acathiste byzantin : il y a une première partie fixe (mais c’est seulement une hymne), et trois deuxièmes parties chantées les premier et quatrième, deuxième et cinquième, troisième et sixième dimanches, et on chante le tout le vendredi saint. (Les deuxièmes parties comprennent une « intention » parlée, une hymne, la « lamentation de l’âme » qui est à propos des souffrances du Christ ce que sont les louanges à Marie dans l’Acathiste, une antienne, un « dialogue de Marie avec l’âme », et une antienne finale identique (dont le texte ressemble à un tropaire…).

    Voici une présentation en français de Gorzkie Żale, sur une idée de Jacek Kowalski, avec un des chants en français, dans la traduction d’Anna Drzewicka publiée en 2015. D’autres extraits chantés en français ici et . Mais je ne vois pas l’intérêt de chanter cette œuvre si polonaise dans une autre langue, d’autant que c’est du français chanté par des Polonais dans l’acoustique réverbérée d’une église, donc on ne comprend pas beaucoup plus qu’en polonais… (En tapant Gorzkie Żale sur YouTube on trouve de nombreuses interprétations, dont celle-ci, assez étonnante, d'un jeune organiste chanteur... Et le tout : 1, 2, 3.)

    On trouvera ici une traduction anglaise, avec une préface du cardinal John Krol, archevêque de Philadelphie de 1961 à 1988.

    Jacek Kowalski et Anna Drzewicka ont écrit un livre intitulé “République Sarmate, Anthologie de l’ancienne poésie populaire” (polonaise), qui donnera l’occasion de trois rencontres à Paris, du 15 au 17 mars à Paris, avec Jacek Kowalski et Henryk Kasperczak (et Chantal Delsol). Anna Drzewicka, spécialiste de littérature française du moyen âge, grande traductrice, est morte en janvier dernier. Jacek Kowalski est un étonnant personnage. Il a passé sa thèse de doctorat en histoire de l’art sur « les sujets architecturaux dans la littérature française de la seconde moitié du XIIe siècle », il a traduit Villon et Charles d’Orléans en polonais, il chante (voir sur Youtube) des chansons médiévales et ses propres compositions s’accompagnant à la guitare ou au luth ou avec des instruments médiévaux reconstitués, et aussi avec des ensembles instrumentaux. Il twitte tous les jours, parfois en français

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  • Premier dimanche de carême

    Les textes de tous les chants de la messe sont pris dans le psaume 90, et le trait chante tout le psaume sauf les versets 8 à 10. Dans la version du psautier romain, qui diffère peu du psautier gallican (celui du bréviaire).

    Conformément au schéma musical des traits, non seulement les versets se terminent tous par la même formule, mais aussi les premiers stiques (chaque fois qu’on arrive à une grande barre). La différence avec les autres traits est qu’il comporte beaucoup de versets : ces formules reviennent de façon fréquente et rythment donc clairement la pièce.

    Formule médiane :

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    Formule finale :

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    Il y a deux exceptions. La première est au verset 6 (qui est en trois parties et a donc deux fois la formule médiane) : la finale est différente. Peut-être parce qu’on vient d’évoquer le démon, et que celui-ci perturbe le déroulement normal du chant, trouble l’harmonie. On constate alors qu’il s’agit du verset 6, et que le 6 est un nombre diabolique (7 moins 1). Surtout, il parle du « démon de midi » : midi, c’est sexte : la sixième heure. Celle des ténèbres après la crucifixion.

    La deuxième exception est au verset 10 du trait (verset 13 du psaume) : c’est le seul verset où la médiane est différente, et nettement plus brève (5 notes au lieu de 11). C’est que l’on marche sur les vipères et les basilics et qu’il vaut mieux ne pas s’attarder, même si les anges nous protègent… Interprétation qui paraît confirmée par les notes qui suivent et expriment comment l’on foule aux pieds le lion et le dragon.

    (1) Qui habitat in adiutorio Altissimi
    in protectione Dei caeli commorabitur
    2 dicet Domino susceptor meus es
    et refugium meum Deus meus sperabo in eum
    3 quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium
    et a verbo aspero
    4 scapulis suis obumbrabit tibi
    et sub pinnis eius sperabis
    5 scuto circumdabit te veritas eius
    non timebis a timore nocturno
    6 a sagitta volante per diem
    a negotio perambulante in tenebris
    a ruina et daemonio meridiano
    7 cadent a latere tuo mille et decem milia a dextris tuis
    tibi autem non appropinquabit
    8 quoniam angelis suis mandavit de te
    ut custodiant te in omnibus viis tuis
    9 in manibus portabunt te
    ne umquam offendas ad lapidem pedem tuum
    10 super aspidem et basiliscum ambulabis
    et conculcabis leonem et draconem
    11 quoniam in me speravit et liberabo eum
    protegam eum quoniam cognovit nomen meum
    12 invocabit me et ego exaudiam eum
    cum ipso sum in tribulatione
    13 eripiam eum et glorificabo eum
    longitudine dierum adimplebo eum
    et ostendam illi salutare meum.

    Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
    Dieu a commandé pour toi à ses anges de te garder dans toutes tes voies.

    Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
    Celui qui habite sous l’assistance du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel.
    Il dira au Seigneur : Vous êtes mon défenseur et mon refuge. Il est mon Dieu ; j’espérerai en lui.
    Car c’est lui qui m’a délivré du piège du chasseur, et de la parole âpre et piquante.
    Il te mettra à l’ombre sous ses épaules et sous ses ailes tu seras plein d’espoir.
    Sa vérité t’environnera comme un bouclier ; tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.
    Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les maux qui s’avancent dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi.
    Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; mais la mort n’approchera pas de toi.
    Car le Seigneur a commandé pour toi à ses anges de te garder dans toutes leurs voies.
    Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
    Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, et tu fouleras au pied le lion et le dragon.
    Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai ; je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.

    Il criera vers moi, et je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation.
    Je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut.

    Différences d’avec le psautier gallican. Au verset 2 « tu » est omis, au verset 6 il y a « per diem » au lieu de « in die », et « a ruina » au lieu de « ab incursu », au verset 7 il y a « tibi » au lieu de « ad te », mais curieusement le verbe est « appropinquabit » comme dans le psautier gallican (le psautier romain a « appropiabit », mais saint Augustin avait déjà « appropinquabit »), au verset 9 il y a « ne umquam » au lieu de « ne forte », au verset 12 « invocabit me » au lieu de « clamabit ad me », au verset 13 « adimplebo » au lieu de « replebo ».

  • Sergei Chepik

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    Jusqu’à la fin du mois on peut voir une exposition d’œuvres de Sergei Chepik au Centre orthodoxe russe du quai Branly (Paris VIIe).

    J’avais déjà signalé le beau film de présentation de Chepik à « Leningrad » en 1988.

    Un autre film vient d’être mis en ligne sur YouTube : c’est une explication de son foisonnant Petrouchka, d’une Russie mythique et réelle, féerique et onirique, et… déjantée, accumulant les saynètes comme il accumulait dans son atelier des objets dont on ne sait s’ils ont servi de modèles ou s’ils sont sortis du tableau… (A voir en plein écran, naturellement).

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