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Le blog d'Yves Daoudal - Page 3

  • Jean-Claude Juncker est un croyant

    Le président de la Commission européenne a déclaré sur Europe 1 :

    « Je crois aux promesses de Manuel Valls. »

    Authentique.

  • Chronique des assassins

    Metronews traduit un article du Mirror qui montre très clairement, par un exemple comme il y en a des centaines d’autres, qu’il y a dans notre Parlement une très large majorité d’assassins. A savoir ces élus qui non seulement votent une mesure d’euthanasie, mais en outre rendent contraignante la « directive anticipée ».

    Il s’agit de l’histoire d’une femme de 39 ans qui est subitement atteinte d’une maladie nerveuse aussi rare que très grave. Elle est hospitalisée et plongée dans le coma, dans un état désespéré. On appelle son mari pour qu’il prenne la décision de la débrancher. Or sa femme lui avait clairement signifié que si un jour elle était dans cet état il ne faudrait pas la maintenir en vie. Mais le mari ne peut s’y résoudre. Dix jours après, elle se réveille, et aujourd’hui elle est parfaitement guérie. Et elle témoigne :

    « J’entendais tout, heureusement que John ne m’a pas écoutée, je l’en remercie. Comme la plupart des couples, nous en avions déjà parlé mais je suis très heureuse qu’il ne m’ait pas débranchée. »

    (Via le Salon Beige)

  • Les évêques syriens

    Mardi 17 mars, les évêques catholiques de Syrie ont tenu leur assemblée bisannuelle à Homs. Y participaient également le nonce apostolique et le secrétaire de la congrégation pour les Eglises orientales, en témoignage de soutien de Rome.

    Les interventions prononcées par les Evêques présents ont fait émerger les souffrances et les blessures qui marquent la vie quotidienne de toutes les communautés catholiques syriennes mais ont également rendu témoignage du miracle de la charité qui fleurit dans le réseau des diocèses et des paroisses, au profit de tout le peuple syrien, nous dit l’agence Fides, qui cite ces propos de S.B. Grégoire III, patriarche des grecs-melkites :

    « L’Eglise en Syrie est véritablement glorieuse. Malgré tant de douleur et de souffrance, grâce au soutien de nos frères du monde entier, nous sommes parvenus à secourir directement plus de 300.000 Syriens, surtout au travers de la Caritas, en soutenant des projets d’urgence pour un montant d’au moins 5 millions de dollars ».

    « Alep est depuis des années assiégée, mais Homs est peut-être la ville qui a été le plus martyrisée. C’est pourquoi, depuis que le conflit y a cessé, les chefs des Eglises chrétiennes en Syrie l’ont visitée à de nombreuses reprises. Nous voulons manifester un soin particulier à cette population blessée et accompagner son désir de recommencer. J’ai su que les nouvelles cloches arriveront peut-être bientôt, après que celles qui existaient avant le conflit aient été volées. Nous éprouvons de la peine en voyant la douleur du peuple et nous voyons que nombreux sont ceux qui s’en vont parce qu’ils n’en peuvent plus de la peur et des souffrances. Mais nous sommes également fiers de nos prêtres, de nos religieux et religieuses, qui sont tous restés avec leur peuple, pour cheminer ensemble, dans la foi en Jésus, y compris en ce moment si difficile. »

  • Corse catholique

    Une fois encore on ne peut que remercier CM de la Rocca de nous donner sur le Forum catholique d’émouvantes et spectaculaires photographies de la Corse catholique, à l’occasion du renouvellement du vœu des Magnifiques Anciens de 1656 à la Vierge de Miséricorde (la vraie), par le maire d'Ajaccio et ses adjoints. En présence du cardinal Mamberti.

    Et merci aussi à l’évêque d’Ajaccio, Mgr de Germay, qui a commencé son allocution par ces mots : « La République est laïque, mais la France ne l’est pas. »

  • « Une psychologie de docteurs de la loi »

    Dans son homélie de mardi dernier, François est revenu une fois de plus sur son obsession : faire communier les divorcés soi-disant « remariés ». Et il a accusé ceux qui les en empêchent d’agir comme des « docteurs de la loi » au lieu d’user de la fameuse « miséricorde » kaspérienne :

    Combien de fois, aujourd'hui, dans les communautés chrétiennes, on trouve les portes fermées : "Ah, toi tu ne peux pas... tu ne peux pas. Tu as fauté sur ce point et tu ne peux pas. Si tu veux venir, viens à la messe dimanche mais reste là et ne fais rien de plus". Et ce que fait l'Esprit Saint dans le cœur des personnes, les chrétiens avec une psychologie de docteurs de la loi le détruisent.

    (Sources: FC, VA fr, VA en, vidéo)

    Non seulement c’est contraire à l’Evangile, mais il y a erreur sur la personne : ce sont les « docteurs de la loi » qui permettaient le divorce et le remariage… C’est François qui est du côté des « pharisiens ».

  • Bergoglio et « l’annulation des âmes »…

    Les ineffables duettistes de la Repubblica, Bergoglio et Scalfari, ont encore frappé. C’était dans le journal très laïque daté de… dimanche dernier. L’éditorial de l’athée de gauche Eugenio Scalfari était une fois de plus un éloge de François. Et il rend compte d’une conversation où le pape lui a dit que si l’égoïsme devient excessif « il obscurcit l’étincelle divine » qui est en son âme et « s’auto-condamne ».

    Plus précisément, demande Scalfari, « Qu’advient-il à cette âme ? Sera-t-elle punie ? Et comment ? »

    La réponse de François est nette et claire: il n'y a pas de punition, mais l'annulation (annullamento) de cette âme. Toutes les autres participent à la béatitude de vivre dans la présence du Père. Les âmes annulées ne prennent pas part à ce banquet, avec la mort du corps, leur parcours prend fin, et ceci est la motivation de l'Eglise missionnaire: sauver les perdus.

    « Non c'è punizione ma l'annullamento di quell'anima. »

    On attend toujours le vrai-faux démenti du P. Lombardi… Il s’agit pourtant ici non d’une ambiguïté volontaire, mais d’une énorme et claire hérésie. Même si en italien on dit plutôt « l’annientamento dell’anima ».

    (L'article entier de Scalfari est présenté et traduit chez Benoît et moi.)

    Addendum

     

    Scalfari avait déjà écrit, le 21 septembre 2014 :

     

    Le pape estime que, si l'âme d'une personne se referme sur elle-même et cesse de s'intéresser aux autres, cette âme ne libère plus aucune force et meurt. Elle meurt avant que meure le corps, comme âme, elle cesse d'exister. La doctrine traditionnelle enseignait que l'âme est immortelle. Si elle meurt dans le péché, elle en rendra compte après la mort du corps. Mais pour François, il n'en est évidemment pas ainsi. Il n'y a pas d'enfer, ni de purgatoire.

     

    Et il n’y avait pas eu de démenti du Vatican.

     

  • Saint Joseph

    La messe et l’office de saint Joseph datent de 1714. Surtout l’office, puisque la messe est essentiellement celle du commun des confesseurs, saint Pie V ayant rejeté celles qui existaient à l’époque parce qu’elles étaient récentes.

    On a ainsi un office rationnel flamboyant, si j’ose dire… Les antiennes sont tirées des évangiles, où l’on a pris soigneusement tout ce qui peut se rapporter à Joseph, et se succèdent dans un ordre chronologique sans faille. Les lectures et répons du premier nocturne des matines sont exclusivement consacrés au patriarche Joseph devenu chef de l’Egypte. Les lectures et répons du deuxième nocturne comparent les deux Joseph, et le troisième nocturne célèbre le seul époux de la Vierge.

    Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on fabrique la liturgie. Il y a longtemps que le ver était dans le fruit. Mais alors ce n’était que pour de rares nouvelles fêtes…

    On ne sait pas pourquoi la fête de saint Joseph fut fixée au 19 mars, mais cela a certainement un rapport avec le fait qu’on lit aux matines du troisième dimanche de carême le début de l’histoire de Joseph dans la Genèse. Lecture qu’on est censé poursuivre les jours suivants, et c’est souvent vers le milieu de mars.

    Léon XIII, dans son encyclique Quamquam pluries, affirme qu’un « grand nombre de pères de l’Eglise » ont fait le rapprochement entre les deux Joseph. Mais il ne donne aucun exemple. En réalité, ce que l’on voit chez les pères de l’Eglise, c’est la vision du patriarche Joseph comme figure du Christ.

    Sauf erreur, je ne pense pas que la relation entre les deux Joseph ait été vraiment faite avant que commence à émerger le culte de saint Joseph. Et il est vraisemblable que saint Bernard soit l’un des premiers, ou le premier, à le faire aussi nettement. C’est même pour cela, à coup sûr, que le passage de son deuxième des « sermons sur Missus est » a été mis au deuxième nocturne des matines (et non un texte introuvable d'un père antérieur). [Il est permis et recommandé de me contredire, le cas échéant, avec des références.]

    Ce n’est d’ailleurs pas sans avoir rappelé le parallèle traditionnel Joseph-Jésus que saint Bernard passe au parallèle Joseph-Joseph :

    Si ce Joseph, vendu par l’envie de ses frères et conduit en Égypte, préfigura le Christ qui devait être vendu lui aussi, saint Joseph fuyant la haine d’Hérode porta le Christ en Égypte. Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, refusa de coucher avec sa maîtresse ; le second, reconnaissant sa Maîtresse dans la Vierge mère de son Maître, vécut aussi dans la continence et se montra son fidèle gardien. A l’un fut donnée l’intelligence des songes mystérieux ; à l’autre, il a été accordé d’être le confident et participant des mystères célestes. L’un a mis du blé en réserve, non pour lui, mais pour tout un peuple ; l’autre a reçu la garde du pain du ciel, tant pour lui que pour le monde entier. On ne peut douter que ce Joseph à qui fut mariée la mère du Sauveur n’ait été un homme bon et fidèle. C’est, dis-je, le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi pour être le consolateur de sa mère, le nourricier de son enfance, enfin le seul et très fidèle coopérateur, ici-bas, de son grand dessein.

  • La dérive "presbytérienne"

    Hier soir, le district presbytérien de Palisades, dans le New Jersey, a dit oui à la reconnaissance du soi-disant « mariage » homosexuel par l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis. C’était le 86e oui, sur 171 districts (« presbyteries ») : la majorité était atteinte, et l’Eglise presbytérienne reconnaît donc officiellement la parodie de mariage.

    C’est l’an dernier que l’Assemblée générale de l’Eglise presbytérienne (calviniste, d’origine écossaise) avait décidé de modifier sa définition du mariage. Mais il fallait l’approbation d’une majorité des districts.

    Désormais, « le mariage implique un engagement unique entre deux personnes, traditionnellement un homme et une femme, pour s’aimer et se soutenir l’un l’autre jusqu’à la fin de leur vie ».

    Jusqu’à hier soir 41 districts avaient dit non à cette nouvelle définition.

    En 2010, l'adoption de l'« ordination » d'homosexuels non célibataires avait suscité le départ de 150 paroisses (sur environ 10.000).

     

  • La messe en Ecosse

    J’apprends par Rorate Caeli qu’une première messe dans la "forme extraordinaire" a été célébrée dimanche dernier en la chapelle du couvent Saint-Joseph de Dundee, en Ecosse, et que cette messe sera désormais célébrée chaque mois, le troisième dimanche à 16h.

    C’est un groupe d’une soixantaine de fidèles qui a demandé cette messe au nouvel évêque, Mgr Stephen Robson. Lequel assistait, au trône, à la première messe, célébrée par l’abbé John Emerson, de la Fraternité Saint-Pierre.

    L’évêque paraît particulièrement bienveillant. Non seulement il était présent, mais le site internet du diocèse fait une large place à l’événement, avec un article et une galerie de photos !

    « Il y avait environ 130 personnes, dit l’évêque. Le groupe d’origine qui m’avait fait la demande comptait à peu près 65 personnes, donc le nombre de participants a été beaucoup plus élevé que prévu, avec pas mal de jeunes et d’adolescents. La belle grand-messe était célébrée par le P. John Emerson FSSP et servie par nos propres servants de messe, la musique étant interprétée par les étudiants de la chapelle de l’université Saint-André. »

    L’article ajoute que la petite réunion qui s’est tenue ensuite a montré que si la messe dans la forme extraordinaire était célébrée de façon régulière elle serait grandement appréciée.

    La question qu’on se pose immédiatement est évidemment celle-ci : s’il y a une demande aussi conséquente, et si l’évêque est si bienveillant, pourquoi seulement une messe mensuelle et au milieu de l’après-midi ?

    Je crois que la réponse se trouve sur le site de la FSSP Ecosse. Le P. Emerson est manifestement tout seul. Il célèbre la messe à Edimbourg, où il réside, et l’après-midi du premier dimanche du mois à Stirling, l’après-midi du quatrième dimanche du mois à Saint-Andrews, et donc désormais l’après-midi du troisième dimanche à Dundee…

    En bref on demande un prêtre… Ou plutôt au moins trois prêtres… Et Mgr Robson ne semble pas pouvoir en trouver dans son clergé…

  • Louis et Zélie Martin

    Le pape a ordonné ce matin la promulgation d’un décret relatif au miracle attribué aux bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse.

    Habituellement on dit que cela ouvre la voie à leur canonisation. Sauf que, comme aujourd’hui on fait tout à l’envers (ou plutôt n'importe comment), leur canonisation a déjà été annoncée pour octobre prochain (au moment du synode sur la famille)…

    Le miracle est celui de la guérison d'une petite Espagnole du diocèse de Valence, Carmen, née prématurément avec de multiples complications et qui risquait une hémorragie cérébrale qui lui aurait été fatale.

  • Le Japon catholique se souvient

    Hier 17 mars c’était le 150e anniversaire de la découverte, ou plutôt de la manifestation, à un prêtre français installé à Nagasaki, des chrétiens cachés du Japon.

    Les célébrations se sont déroulées du 15 au 17 mars en divers lieux, et se poursuivent les 21 et 22 mars dans la communauté catholique francophone de Tokyo.

    Hier a eu lieu une messe solennelle, concélébrée par vingt évêques, commémorant la rencontre bouleversante que fit le P. Petitjean d’un groupe de personnes venues lui demander « Où est la statue de sainte Marie ? », dans un pays d’où le christianisme avait été éradiqué deux siècles plus tôt. La messe a été célébrée dans l’église même d’Oura, construite par le P. Petitjean, où avait eu lieu la scène.

    On lira la relation de Mgr Riocreux ici.

    Voir aussi ma note (et son illustration) sur le musée dédié aux chrétiens cachés qui s'est ouvert récemment à Nagasaki.

    Et voici l’histoire de l’événement du 17 mars 1865, telle qu’elle est exposée (de façon historique, sans enjolivements ni amplifications) par Eglises d’Asie :

    Un mois environ après l’inauguration de l’église d’Oura, le 17 mars 1865, le P. Petitjean vit de sa fenêtre un groupe de douze à quinze personnes,
    hommes, femmes et enfants, qui se tenaient avec respect devant la porte fermée de l’édifice.

    Il ressentit une impulsion intérieure le poussant à aller trouver ces gens, et alla ouvrir la porte de l’église. Il précéda dans la nef les visiteurs, en priant intensément. Il s’agenouilla devant l’autel et adressa au Christ de l’Eucharistie une fervente prière : "Je conjurais le Seigneur, écrit-il, de mettre sur mes lèvres des paroles propres à toucher les cœurs et à Lui gagner des adorateurs parmi ceux qui m’entouraient". Et voilà que, pendant qu’il priait, trois femmes de cinquante à soixante ans s’agenouillèrent tout près de lui. L’une d’elles mit sa main sur la poitrine et lui dit à voix basse : "Notre cœur à nous tous qui sommes ici est le même que le vôtre". Et la conversation s’engagea : "Vraiment ? Mais d’où êtes-vous donc ?"  "Nous sommes tous d’Urakami. A Urakami, presque tous ont le même cœur que nous". Et aussitôt la femme qui avait répondu posa à son tour une question : "Où est la statue de sainte Marie (sancta Maria) ? "

    Le P. Petitjean n’eut plus alors aucun doute : il était bien en présence de descendants des anciens chrétiens. Il conduisit le groupe devant la statue de la Sainte Vierge. De nouveau tous s’agenouillèrent et se mirent à prier. Mais ils ne pouvaient contenir davantage la joie qui débordait de leur cœur : "Oui, c’est bien la Sainte Vierge. Voyez sur son bras son divin Fils Jésus".

    La confiance établie, les questions se mirent à pleuvoir au sujet de Deus-sama, Jesus-sama, Maria-sama (sama est un suffixe qu’on ajoute au nom des personnes, qui signifie quelque chose comme Monseigneur). Puis les visiteurs en vinrent à donner une idée de leur vie chrétienne : "Nous faisons la fête du Seigneur Jésus au vingt-cinquième jour de la gelée blanche. On nous a enseigné que ce jour-là il est né dans une étable, puis qu’il a grandi dans la pauvreté et la souffrance, et qu’à trente trois ans pour le salut de nos âmes il est mort sur la croix. En ce moment nous sommes au temps du chagrin. Avez-vous vous aussi ces solennités ?"

    Le P. Petitjean, qui avait compris qu’il s’agissait du carême, répondit : "Oui, nous sommes aujourd’hui le dix-septième jour du temps chagrin..."

    Ainsi l’espoir qu’avaient au cœur tous les missionnaires ayant pu pénétrer au Japon ces dernières années, n’était pas vain. Il y avait bien encore en cette fin du XIXe siècle des descendants des anciens chrétiens restés fidèles à la foi de leurs ancêtres, malgré plus de deux cents ans de fermeture du Japon à l’étranger, durant lesquels toute manifestation visible d’appartenance au christianisme avait été sévèrement proscrite.

    Pendant ces deux cents ans les chrétiens avaient vécu sans aucun prêtre pour leur administrer les sacrements ou leur venir en aide, sans possibilité d’entrer en relation avec l’Église dans le reste du monde. Et pourtant ils avaient gardé "le même cœur" que les chrétiens d’Europe.

    Bientôt ce fut presque chaque jour que des groupes de chrétiens se présentèrent à l’église d’Oura pour signaler l’existence de la communauté à laquelle ils appartenaient et demander à être instruits davantage. Selon une estimation faite à l’époque environ cinquante mille chrétiens vivaient dans la région.

    Un jour un chrétien venu des Gotô se présenta accompagné d’un "baptiseur" qui, après avoir exposé sa dévotion au chapelet, récité sans Gloria Patri comme c’était la coutume au XVIIe siècle, posa ensuite deux questions : les missionnaires connaissent-ils le chef du Royaume de Rome ? les missionnaires sont-ils mariés ? Le baptiseur se réjouit d’entendre la réponse : le nom du Pape, Pie IX, et l’annonce que les missionnaires gardaient le célibat. Il sembla que, pour lui, les trois signes les plus évidents de la foi catholique des nouveaux arrivés avaient été la dévotion à Marie, l’union avec le successeur de Pierre et le célibat des prêtres.

  • Mercredi de la quatrième semaine de carême

    Dans l’antiquité chrétienne c’était aujourd’hui à Rome le jour du « grand scrutin ». Les candidats au baptême devenaient officiellement catéchumènes, et l’on y accomplissait pendant la messe les rites préparatoires au baptême.

    Avant la messe, ils étaient marqués du signe de la croix par un prêtre qui bénissait le sel et le leur faisait goûter.

    Puis ils ressortaient de l’église et la messe commençait, par l’introït où le Seigneur annonce qu’il réunira ses élus de toutes les nations, et qu’il répandra sur eux une eau purifiante pour laver toutes leurs souillures.

    On faisait appel nominal des catéchumènes, qui rentraient dans l’église. Les parrains et marraines les signaient sur le front, et des acolytes prononçaient sur chacun d’eux trois exorcismes, puis un diacre prononçait le quatrième exorcisme.

    Pendant les deux lectures et les deux graduels, un prêtre faisait sur chacun d’eux le rite de l’Ephpheta (en touchant une oreille).

    C’est semble-t-il toute cette partie qui s’appelait « aperitio aurium », ouverture des oreilles.

    Alors venait quatre diacres venaient déposer les quatre Evangiles aux quatre coins de l’autel. Un prêtre faisait la présentation des quatre évangélistes, et un diacre lisait le début de chaque évangile.

    Puis c’était la transmission du Credo, en grec et en latin, et du Pater. Le tout commenté de façon rituelle.

    Venait alors le chant de l’évangile de ce jour, qui raconte la guérison de l’aveugle né, symbole baptismal par excellence, et minutieusement expliqué dans cette optique par saint Augustin, dans un sermon qui est toujours la lecture des matines.

    Alors les catéchumènes sortaient, et le saint sacrifice proprement dit commençait.

    « Et nous ? » s’exclame dom Pius Parsch. Il répond :

    La journée d’aujourd’hui présente, à l’âme qui veut faire revivre la grâce du baptême, aliment et lumière. Nous accompagnons, en esprit, les catéchumènes d’il y a environ 1500 ans. Nous entrons dans la basilique de Saint-Paul : il est notre père spirituel à nous aussi ; presque tous les dimanches, sa voix nous exhorte et nous instruit. Renouvelons sur son tombeau la grâce de notre baptême. Le sens de ce renouvellement nous est expliqué dans les lectures : « Je mettrai en vous un nouveau cœur et un nouvel esprit. J’enlèverai de votre poitrine votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » « J’allai, je me lavai et maintenant je vois. » Il s’agit donc d’une nouvelle vie et d’une nouvelle créature.

    Nous recevons aujourd’hui, de la main de l’Église, trois cadeaux précieux : l’Évangile, la profession de foi et le Notre-Père. Baisons le livre des évangiles. L’Évangile remplace pour nous le Christ ; dans l’Évangile, la liturgie voit et honore le Christ. Selon l’esprit de la liturgie, nous devons vivre de la vie du Seigneur. Sur la terre, le Christ a vécu pour nous aussi ; ce qu’il fit alors aux malades, ce qu’il leur dit, il le fait et il le dit pour nous. Quel prix n’a pas l’Évangile ! Il nous manifeste les sentiments, les actions et les paroles du Christ. Chaque parole de la profession de foi a été scellée du sang des martyrs. Au Moyen Age, on la récitait aux mourants. Le Notre-Père est la seule prière que nous ait enseignée le Seigneur. Récitons-le avec respect. Il occupe la plus belle place à la messe ; dans l’antiquité, on le considérait comme un sacrement.

  • Boko Haram

    Le chef d'état-major des forces armées du Nigeria annonce que les forces de Boko Haram ont été repoussées de la quasi-totalité du nord-est du pays.

    Les islamistes contrôlaient une vingtaine de districts, ils n’en contrôleraient plus que trois.

    En espérant que ce soit vrai…

    Mais… ils ont été repoussés où ?

  • La loi d’euthanasie adoptée

    Les députés ont voté la proposition de loi d’euthanasie Claeys-Leonetti, par 436 voix contre 34 (dont aucun député non inscrit).

  • Marocaine dans son rôle

    Elle « regrette et condamne » la décision du maire de Chalon-sur-Saône de supprimer les plats de substitution au porc. « C'est une façon d'interdire l'accès à la cantine beaucoup d'enfants », dit-elle. Et elle demande aux élus de veiller à ce que chaque enfant puisse « manger à sa faim ».

    On en pleurerait d’émotion.

    C’est la Marocaine Najat Belkacem qui s’engage ainsi pour les familles musulmanes. Najat Belkacem qui, par la grâce du roi du Maroc Commandeur des croyants est membre de son Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (avec les émoluments qui vont avec), quoique ministre de la République française.

  • Européisme ordinaire

    Le même jour, hier

    - Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne : « Le temps est venu d’approfondir l’intégration européenne. Il n’y aura jamais d’Etats-Unis d’Europe, mais l’UE doit montrer à ses partenaires où est sa poste de commandement si elle veut être prise au sérieux. Nous devons approfondir l’union économique et monétaire pour une raison simple : notre union monétaire n’est pas optimale. Nous avons une banque centrale européenne. Mais nous n’avons pas de gouvernement européen. Donc nous devons avoir des règles qui remplacent le gouvernement européen que nous n’avons pas. »

    - Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne : « Nous avons atteint un tel degré d’intégration que nous ne pouvons pas seulement imaginer inverser le processus – nos économies sont trop imbriquées. (…) En somme, ma conclusion est qu’il doit y avoir un saut quantique dans la convergence institutionnelle. Nous devons passer d’un système de règles et de directives pour la politique économique nationale à un système de partage plus avancé de souveraineté avec les institutions communes. »

  • Le Foll a disjoncté

    Il y avait déjà eu la nauséabonde réaction de Manuel Valls à l’initiative de Robert Ménard (la rue Hélie Denoix de Saint Marc à Béziers) – il trouvait cela « rance », mais le porte-parole du gouvernement bat les records de l’immonde en twittant :

    Le Foll.jpg

    C’est d’une haine idéologique d’autant plus aberrante que Jean-Yves Le Drian, ministre du même gouvernement, avait écrit à la mort de Denoix de Saint Marc, grand-croix de la Légion d’honneur à titre militaire :

    Grand patriote, résistant de la première heure, déporté à Buchenwald, Hélie Denoix de Saint Marc a mené une carrière militaire prestigieuse en Indochine puis en Algérie. De sa complexité, il faut retenir aujourd'hui la force de son engagement d'officier et la générosité de son dévouement aux hommes dont il était responsable. Par ailleurs, il a su garder à travers les péripéties de l'Histoire, un esprit curieux et novateur, notamment dans le dialogue avec l'ancien ennemi allemand, en publiant avec le colonel August Von Kageneck le livre commun Notre histoire, 1922-45.

    (Via le Salon Beige)

  • La réaction de l’archevêque de Hassaké au propos de John Kerry

    De façon assez surprenante, il faut bien le dire, John Kerry a très clairement déclaré sur CBS que « bien sûr » il est disposé à négocier avec Bachar el-Assad « s'il est prêt à engager des négociations sérieuses sur la façon d'appliquer Genève I », et parce que « au final il faudra négocier ».

    Le propos a été rapidement démenti par le propre ministère de John Kerry… Ce n’est pas ce qu’il voulait dire…

    Il avait provoqué des remous un peu partout, notamment en France où les sinistres malfaisants qui nous gouvernent ont éructé quelques grossièretés et stupidités sur le sujet, que je ne reprends pas car c’est une honte pour la France.

    En revanche il est intéressant de connaître la réaction qui fut celle de Mgr Jacques Behnan Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké (un évêque qui sait, lui, de quoi il parle) transmise par l’agence Fides :

    « C’est une option qui aurait dû être prise depuis déjà longtemps, un choix obligé si l’on veut réellement chercher une issue à cette tragédie qui a commencé voici quatre ans. Une proposition concrète de négociation doit être faite rapidement. Dans le cas contraire, cela équivaudrait seulement à gagner du temps, croyant ainsi favoriser un affaiblissement ultérieur de l’armée syrienne qui, en réalité, gagne actuellement du terrain sur tous les fronts. Mais elles ne pourront débuter que si l’on évite de poser à l’interlocuteur des conditions préalables stupides et provocatrices. Dans ce sens, les rumeurs qui préfigurent des offensives militaires dans les zones de conflit autorisées à ne tenir aucun compte des frontières entre Etats souverains ne me tranquillisent pas du tout. Cela ne me semble pas une manière correcte de commencer. Ceux qui veulent le bien du peuple syrien et du peuple irakien ne peuvent continuer à profiter des crises pour poursuivre leurs propres intérêts géopolitiques. Il faut également en finir avec la pantomime visant à accréditer l’existence de fantomatiques “rebelles modérés”, parce qu’avec le temps qui passe, toutes les factions armées opposées à Assad se sont agrégées à l’idéologie jihadiste. ».

  • Dédicace de la cathédrale

    Ce 17 mars, fête de saint Patrick quasiment occultée par la liturgie du mardi de la quatrième semaine de carême, est dans mon diocèse la fête de la dédicace de la cathédrale.

    En effet la cathédrale de Vannes a été consacrée le 17 mars 1476. Cette année-là c’était le troisième dimanche de carême.

    Je me suis demandé pour quelle raison on avait décidé de procéder à ce rite si solennel, avec les festivités qui l’entourent, en plein carême.

    J’ai donc cherché. Or, non seulement je n’ai pas trouvé de raison, mais en outre j’ai découvert que cette année-là… il n’y avait pas d’évêque de Vannes. Mgr Yves de Pontsal était mort l’année précédente, et son successeur n’avait pas encore été nommé. La cathédrale n’était pas finie, mais le chapître avait décidé qu’elle devait être consacrée. On est allé chercher un dominicain qui était alors à Rennes pour conférer des ordinations, Robert de Berges, évêque in partibus de Sinope. On a la relation du voyage et du séjour de Robert de Berges à Vannes, où il menait grand train apparemment, et table ouverte… en plein carême (il avait fallu réquisitionner un chef cuisinier supplémentaire…).

    Ensuite seulement on s’est préoccupé de trouver un nouvel évêque, ce fut le frère de la duchesse, Pierre de Foix. Lequel fut élu en même temps évêque… d’Aire-sur-l’Adour, et créé cardinal l’année suivante, avant de devenir aussi administrateur des diocèses de Bayonne et de… Palerme, tout en étant abbé de trois abbayes (Tarbes, Rennes et Dijon…). Devenu archevêque de Palerme en 1490, il abandonna le diocèse de Vannes, où il n’avait pas dû beaucoup mettre les pieds sinon pour visiter sa sœur la duchesse…

    Celui qui lui succéda fut le cardinal Lorenzo Cibo, neveu du pape Innocent VIII, archevêque de Bénévent, cardinal-prêtre de trois églises romaines, puis de deux quand il devint cardinal-évêque d’Albano, et il était aussi chanoine de Saint-Pierre de Rome, préfet du château Saint-Ange, protonotaire apostolique, abbé de six abbayes… Inutile de préciser qu’il ne se rendit jamais à Vannes…

    Les deux suivants furent deux Français qui ne vinrent jamais à Vannes, puis il y eut le cardinal Lorenzo Ier Pucci, chanoine de Florence, évêque de Pistoie, administrateur apostolique de trois autres diocèses, célèbre pour ses trafics d’indulgences…

    Après Lorenzo Ier qu’on ne vit jamais à Vannes il y eut… son neveu le cardinal Antonio Ier Pucci qui évidemment ne vint jamais non plus. Lui succéda… Lorenzo II Pucci…

    Et après on s’étonne qu’il y eût la Réforme protestante… On pourrait plutôt se demander comment des peuples sont restés catholiques…

    Bref j’ai découvert une page du triste passé de l’Eglise, mais rien sur la Dédicace en carême. Mais savaient-ils seulement que c’était le carême ?

    Cela dit, il faut avouer que le sermon du troisième nocturne des matines de l’office de la dédicace convient parfaitement à ce temps liturgique. Il est donné dans les bréviaires comme étant de saint Augustin, car il figurait dans l’homiliaire de Paul Diacre sous ce nom, il est en fait de saint Césaire d’Arles :

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  • La Hongrie hongroise

    D__AS20150315043.jpgLes Hongrois fêtaient hier l’anniversaire de leur révolution de 1848, qui est une des trois fêtes nationales.

    Bien que 167 années aient passé, a dit Viktor Orban dans son discours, l’essentiel reste inchangé : le combat pour la souveraineté du pays est sans fin, et « nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ». « Nous réussirons ensemble ou pas du tout », à la double lumière de la liberté et de l’indépendance nationale. « Ensemble ou pas du tout », c’est aussi la leçon de la révolution de 1848, et la liberté signifie que toutes les nations ont un droit inaliénable à suivre leur propre chemin.

    Il a ajouté que « le peuple de Kossuth et Petofi se contente de sourire si quiconque veut lui faire la leçon en matière de liberté et de démocratie ». La Hongrie fait partie de l’Europe et veut construire son avenir avec les autres nations européennes. « L’Europe aujourd’hui est pleine de questions, et la Hongrie est pleine de réponses. »

    Ce qui apparaît de façon spectaculaire sur les photos est qu’il n’y a pas le moindre drapeau européen…

  • Au Nigeria

    Quand ce n’est pas Boko Haram ce sont les Peuls… Au moins 90 villageois d’ethnie Egba ont été tués hier matin par des centaines d’assaillants fulani (peuls), dans l’Etat de Bénoué, au centre du Nigeria.

    Il s’agit d’un épisode de ce que l’on appelle habituellement des « violences communautaires » entre les bergers nomades et les paysans sédentaires.

    Or les bergers sont musulmans et  les paysans sont chrétiens, et les attaques sont toujours dans le même sens.

  • En Haïti

    Pour la Conférence haïtienne des Religieux, il s’agit d’un phénomène habilement orchestré : une trentaine de vols et d’agressions violentes ont visé plusieurs institutions religieuses depuis octobre 2014. Des maisons de religieux ont été cambriolées, les religieux humiliés et frappés par des individus armés ; 25 résidences de Sœurs ont été attaquées, certaines plusieurs fois, de même que le centre du Renouveau charismatique de Tabarre.

    Le scénario est pratiquement toujours le même : des hommes armés de pistolets, piques et bâtons, intimident, insultent, brutalisent, de nuit ou à l'aube, des religieux et des religieuses, y compris les plus âgées, qui se sont dépensées toute leur vie pour aider la population. Ils emportent ensuite tout ce qu'ils trouvent, y compris l’argent destiné à des œuvres caritatives. Certaines victimes ont dû être hospitalisées. Une religieuse montfortaine est dans le coma. Les congrégations étrangères n’ont pas été épargnées. L’inquiétude est vive au sein de la communauté catholique.

    La Conférence des évêques a organisé 24 heures de prière continue vendredi et samedi derniers. « Il s’agit d’un geste de compassion, de communion profonde et de solidarité active avec les religieux et les autres victimes d’agressions et de violence » a déclaré à cet égard le Cardinal Chibly Langlois, évêque de Les Cayes.

  • Inde : attaque d’un couvent

    Un groupe d’environ huit personnes est entré dans un couvent de Ranagath, au Bengale-Occidental (Inde). Ils ont violé la supérieure qui tentait de les empêcher de voler une boîte contenant de l’argent, et ils ont violemment battu les autres religieuses (elles sont toutes à l’hôpital).

    Les autorités ont condamné un « crime de haine » inspiré par le « désir de déstabiliser l’Etat ».

    C’est la première fois qu’une telle chose arrive dans cet Etat, a dit l’archevêque de Kolkata, Mgr D’Souza.

    Les religieuses s’occupent d’une école réputée. Des parents d’élèves et d’autres personnes ont manifesté dans les rues pour demander que justice soit faite.

  • 14 chrétiens tués à Lahore

    Les militants de Jamaat-ul-Ahrar ont attaqué deux églises de Lahore, une catholique et une protestante, hier matin au moment de la messe. Il y avait 800 personnes dans l’une, 1.100 dans l’autre. Les fidèles qui montaient la garde ont empêché les talibans d’entrer : les terroristes se sont fait exploser à l’entrée. Il y a eu 14 morts et 80 blessés.

    Il s’en est suivi une émeute de chrétiens, dans ce quartier où ils sont plus de 100.000. Selon des témoins, des femmes ont repéré deux assaillants et les ont lynchés.

    Les évêques, dénonçant ces atrocités, ont lancé un appel au calme, salué les martyrs, et critiqué les autorités trop défaillantes dans la protection des églises, surtout au moment du culte.

    (Le groupe taliban Jamaat-ul-Ahrar a revendiqué le double attentat. Ce groupe, qui avait quitté l’an dernier l’organisation des talibans pakistanais - Tehrik-i-Taliban Pakistan, TTP, affiliée à al-Qaïda -, avait fait allégeance à l’Etat islamique et avait mené plusieurs attaques suicides. Jeudi dernier il a annoncé son retour au TTP…)

    Addendum

    Le bilan est finalement de 17 morts, dont 13 chrétiens. Les quatre musulmans sont un officier de police, le propriétaire de la boutique en face de l’église protestante (qui a empêché le terroriste d’y entrer) et son fils, et un passant en voiture.

    Quant aux trois agents de sécurité qui devaient garder l’église catholique, ils regardaient un match de cricket dans un hôtel voisin…

  • Lundi de la quatrième semaine de carême

    L’introït de la messe de ce jour nous plonge déjà dans la Passion, en un sévère contraste avec celui d’hier qui appelait à la joie. En revanche il y a un rapport étroit entre l’épître de ce jour et celle d’hier, et entre les deux évangiles. Dans les deux épîtres il est question de deux femmes, Agar et Sara, puis les deux femmes anonymes du jugement de Salomon : chaque fois il s’agit de figures de la Jérusalem terrestre et de la Jérusalem céleste, de l’ancienne et de la nouvelle Alliance. Quant aux évangiles, ils soulignent tous deux que la Pâque est proche, et ils nous livrent sous une forme symbolique un aspect de la Pâque du Christ : hier le don de l’eucharistie, aujourd’hui la résurrection.

    L’épisode de Jésus chassant les marchands du Temple ne doit jamais être pris sur le plan littéral, et en ce moment de l’année liturgique encore moins. Sur le plan littéral l’action de Jésus est insensée, car les animaux qu’il chasse sont les animaux du sacrifice et les changeurs sont là pour que l’on puisse les acheter, comme le remarque saint Augustin dans la lecture des matines*. (Et il est bien évident que dans les minutes qui ont suivi tout le monde s’est remis à sa place.) On peut seulement le prendre au sens moral : nous devons chasser les marchands malhonnêtes qui envahissent notre âme.

    Saint Jean est le seul qui souligne explicitement qu’il s’agit d’un acte prophétique (et les actes prophétiques paraissent toujours insensés). Le culte va déserter ce temple, qui d’ailleurs va être détruit, Jésus vient instaurer le culte en esprit et en vérité, qui n’est plus lié à un lieu de cette terre. Et la parole importante, dans cette approche de la Pâque, est : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le rétablirai. » « Il parlait du temple de son corps », précise l’évangéliste. Passion et résurrection : la prophétie va être réalisée à la lettre.

    * Selon saint Jean, Jésus s'adresse aux seuls marchands de colombes. Ce qui est une façon de souligner qu'il s'agit bien des animaux destinés aux sacrifices ; et aussi, puisque la colombe est le symbole du Saint-Esprit - saint Jean l'a dit lui-même quelques versets plus tôt lors du baptême du Christ - c'est une condamnation de la simonie, qui vaudra pour toute l'histoire de l'Eglise.

  • Quatrième dimanche de carême

    Lundi dernier on lisait à la messe l’histoire de la guérison de Naaman le Syrien par Elisée ; mardi, le miracle de l’huile accompli par Elisée ; jeudi prochain ce sera la résurrection du fils de la Sunamite par Elisée. Ces deux miracles figurent au chapitre 4 du deuxième livre des Rois, le premier est le début du chapitre 5. Entre les deux derniers il y a un autre miracle, auquel on ne fait guère attention :

    Et il vint un homme de Baal-Salisa, qui portait à l'homme de Dieu des pains des prémices, vingt pains d'orge, et du froment nouveau dans son sac. Elisée dit : Donnez à manger au peuple. Son serviteur lui répondit : Qu'est-ce que cela pour servir à cent personnes? Elisée dit encore : Donnez à manger au peuple; car voici ce que dit le Seigneur : Ils mangeront, et il y en aura de reste. Il servit donc ces pains devant ces gens; ils en mangèrent, et il y en eut de reste, selon la parole du Seigneur.

    C’est presque mot pour mot les miracles de multiplication des pains dans les Evangiles.

    Ce dimanche, l’évangile est celui de la multiplication des pains selon saint Jean, qui est exposée de façon eucharistique, après l’indication : la Pâque était proche. Et ce récit sera suivi du discours sur le pain de vie.

    On remarque que lorsque le Messie est là, l’abondance messianique dépasse de loin l’annonce qu’en faisaient les prophètes : Avec 20 pains Elisée donne à manger à 100 personnes, avec 5 pains Jésus donne à manger à 5.000 hommes.

    Dans l’évangile on remarque l’insistance sur le 5 : il convient d’ajouter que le mot « pain » apparaît 5 fois dans le texte, de même que le mot « Jésus » : Jésus est le pain. Le nombre 5 indique ce qui est consacré : David avait obtenu cinq pains consacrés. Or cela se trouve déjà dans le récit d’Elisée, puisque le prophète multiplie 5 fois les pains. Le nombre 5 apparaît cinq fois dans l’évangile de saint Jean, de même que les mots « saint », « d’en haut », « royaume ». Les 5.000 sont donc les saints : l’Eglise, nourris par le pain eucharistique qui est donné en abondance.

    Il y a deux poissons, et c’est dit deux fois. Dans l’évangile de saint Jean, Jésus est désigné deux fois comme « Messie », et deux fois comme « Agneau de Dieu ». L’Agneau de la Pâque véritable, qui se donnera à manger pour réunir ce qui était divisé, pour rassembler les « morceaux » dans la vie éternelle par les 12 « couffins » des apôtres.

    5x2 = 10, parce que la Pâque se célèbre le 10e jour et que la première Pâque fut célébrée au moment de la 10e plaie d’Egypte. Lorsque Jean-Baptiste dit à deux disciples « Voici l’Agneau de Dieu », et que les deux disciples suivent Jésus, l’évangéliste note que c’est la 10e heure.

    (Pour aller encore plus loin dans le symbolisme des nombres en lien avec la multiplication des pains, voir cet article de François Quiévreux.)

  • Reconquête N° 316

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    Reconquête

    70 boulevard Saint-Germain

    75005 Paris

  • Samedi de la troisième semaine de carême

    L’évangile d’hier (la Samaritaine) était le plus long de l’année liturgique. Et c’est l’« épître » de ce jour qui est la plus longue de l’année : il s’agit de l’histoire de Suzanne, qui dans la Bible grecque est même un livre à part entière, alors que dans la Bible latine on l’a agrégée au livre de Daniel – en suggérant que l’enfant en effet « clairvoyant » appelé Daniel qui sauve Suzanne est le jeune prophète de ce nom.

    Il y a un lien entre les deux textes, c’est l’eau. Comme chaque fois que le thème de l’eau apparaît dans la liturgie du carême, il s’agit, dans ce cadre liturgique, du baptême que vont recevoir les catéchumènes à Pâques. J’avais cité en 2011 le texte d’Hippolyte qui explicite le symbolisme du bain de Suzanne. On peut ajouter que le baptême donne la force de résister au mal, et en ce sens l’histoire de Suzanne sera vue comme exprimant le courage du nouveau chrétien qui affrontera le martyre plutôt que de renier son Dieu.

    Mais pour l’heure ces catéchumènes sont des pénitents. Il leur faudra confesser leurs péchés avant de recevoir le baptême. L’évangile, qui est celui de la femme adultère, leur montre ce qu’est le tribunal du Christ. C’est un vrai tribunal, avec un juge infaillible, mais dont la justice s’appelle miséricorde, et qui acquitte systématiquement celui qui se confesse sérieusement. Il y a manifestement une correspondance entre ce que dit Jésus : « Moi non plus, je ne te condamnerai pas. Va, et désormais ne pèche plus. », et ce que dit le prêtre dans le sacrement de pénitence : « Ego te absolvo… Allez en paix. »

  • L’Islande reste au large

    Le ministre islandais des Affaires étrangères, Gunnar Sveinsson, a écrit au commissaire européen à l’Elargissement Johannes Hahn et au ministre des Affaires étrangères de Lettonie Edgars Rinkevics (la Lettonie présidant actuellement le Conseil), pour leur rappeler que l’Islande a « complètement suspendu » les négociations d’adhésion à l’UE en 2013, et dès lors « dissout les structures de négociation » et n’avait plus participé à quelque activité que ce soit liée à l’ancien statut de candidat du pays.

    La nouvelle politique islandaise a été expliquée en juillet 2013 au président de la Commission et au président du Conseil. Et des précisions ont encore été données dans les mois qui ont suivi.

    Le gouvernement islandais désire une nouvelle fois « clarifier » les choses : il « n’a aucune intention de reprendre les pourparlers d’adhésion ». C’est donc bien « la ferme position du gouvernement que l’Islande ne soit pas vue comme un pays candidat à l’adhésion à l’UE, et il considère qu’il serait approprié que l’UE ajuste ses procédures de travail selon ces données ».

    On sent comme une légère irritation dans le ton… Manifestement il s’agit d’une réponse à des pressions pour que les négociations reprennent.

    Et la réponse est claire…

    Et sur son site internet, le gouvernement ajoute que « les intérêts de l’Islande sont mieux servis en dehors de l’Union européenne »…

  • Le courage de la famille Taseer

    Lundi dernier 9 mars, la Haute Cour d’Islamabad, à la surprise de beaucoup, a confirmé la peine de mort prononcée en première instance à l’encontre de Mumtaz Qadri, le garde du corps de Salman Taseer, qui l’avait assassiné le 4 janvier 2011 parce que le gouverneur du Pendjab critiquait les lois anti-blasphème et soutenait Asia Bibi qu’il avait visitée en prison. Or Mumtaz Qadri est un héros de l’islam pour de très nombreux islamistes pakistanais, et l’on pensait que les magistrats n’oseraient pas confirmer la condamnation à mort du héros.

    Du coup, les avocats de Mumtaz Qadri, après avoir annoncé qu’ils portaient l’affaire devant la Cour suprême, ont convoqué une conférence de presse où trois partis islamistes ont  proposé à la famille de Salman Taseer le « prix du sang » : une somme d’argent contre l’abandon des poursuites.

    Le fils aîné de Salman Taseer, Shaan, a aussitôt répondu publiquement, au nom de sa famille, qu’une telle offre ne peut être perçue que comme un affront à la mémoire de son père, et que si ces partis se disent prêts à un dialogue, ils doivent d’abord condamner la violence et les menaces, et le débat portera non sur le « prix du sang » mais sur les lois anti-blasphème…

    (Eglises d'Asie)