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Le blog d'Yves Daoudal - Page 3

  • Les enlèvements de coptes

    Quatre jeunes coptes de la province de Minya, en Haute Egypte, ont été enlevés le long de la route qu’ils parcouraient pour se rendre à l’antique église dédiée à Notre-Dame située dans le village de Jabal al-Tair (elle fut fondée aux environs de 328).

    Les familles des jeunes ont été contactées par les ravisseurs qui ont demandé une rançon de 600.000 lires égyptiennes (soit environ 70.000 €) pour leur libération.

    Selon des données fournies par Mina Thabet, le fondateur du Parti d’initiative populaire, au sein du seul gouvernorat de Minya, la somme totale versée pour payer les rançons de chrétiens enlevés de janvier 2011 à décembre 2014 dépasserait les 120 millions de lires égyptiennes (soit plus de 16 M€).

    Addendum 22 mai

    Une opération des forces de police a permis la libération des quatre coptes et l'arrestation de deux des ravisseurs.

  • Mgr Paglia en rajoute

    Mgr Vincenzo Paglia est intervenu à Orléans lors d’une conférence intitulée « Familles : fragilités et Espérance ». Il a répété la proposition (du cardinal Kasper) de prétendu « chemin pénitentiel » qui permettrait aux divorcés soi-disant remariés d’accéder à la communion.

    Cela a été dit et expliqué partout et on le connaît par cœur.

    Pourquoi le signaler ?

    Parce que Mgr Paglia est le président du Conseil pontifical pour la famille, et qu’il souligne donc, non seulement qu’il fait sienne la proposition hérétique du cardinal Kasper, mais que c’est la position officielle du conseil pontifical…

  • L’Eglise sur le chemin…

    L’agence Zenit a cru bon de publier un article entier sur le tweet de François daté de samedi dernier :

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    Cela fait deux ans que François répète à longueur de semaine que l’Eglise doit sortir et aller sur les routes vers les périphéries. Et j’avoue que je n’ai toujours pas compris ce que cela veut dire.

    Je ne vois pas comment l’Eglise peut « sortir » (d’où ça ?), ni donc être « blessée » « sur le chemin », ni d’autre part être « fermée sur elle-même » (sur le Christ ?), ni donc être « malade » dedans (dans quoi ?).

    Je le comprends d’autant moins ces jours-ci, alors que je suis en train de lire attentivement le livre d’entretien du cardinal Robert Sarah (pour me renseigner sur le futur pape – Dieu veuille…).

    Ce que je trouve le plus frappant, dans ce livre, c’est comment le cardinal revient sans cesse sur les missionnaires spiritains qui ont évangélisé son village. Tant d’années après, il déborde toujours de gratitude envers ces missionnaires, qui étaient des modèles de foi, de prière, de charité. Avec, au passage, un discret hommage à Mgr Lefebvre, qui était le chef des spiritains dans la région.

    Et alors, c’était quoi, cette Eglise ? Devait-elle attendre François pour apprendre à « sortir », à aller « sur le chemin » vers les « périphéries » ? L’Eglise est missionnaire de par sa nature. Elle n’a pas à sortir, puisqu’elle est partout chez elle. Elle ne peut pas être blessée, puisqu’elle est surnaturelle, et qu’elle est l’instrument de la santé de l’âme (et même, souvent, du corps).

    L’ironie de l’histoire est que, bien sûr, François vise les « traditionalistes » quand il évoque l’Eglise « fermée sur elle-même ». Quand le cardinal Sarah montre que l’exemple même de l’Eglise missionnaire, celle qui selon François sort sur le chemin vers les périphéries, et qui est l’antithèse de celle que voudraient les traditionalistes, est Mgr Lefebvre…

    (Au fait, dans la parabole du bon Samaritain, l'Eglise, ce n'est pas l'homme blessé sur le bord du chemin, c'est le Samaritain. Lequel est en parfaite santé, et en outre il est riche, car il a un cheval, ce qui permet de transporter le blessé à l'auberge, et il paie d'avance rubis sur l'ongle et annonce qu'il paiera encore ce qu'il faudra. L'Eglise doit être en bonne santé et riche - pas seulement de sacrements - pour aider les hommes.)

  • Mercredi dans l’ex-octave de l’Ascension

    Le Prophète David ajoute à la solennité de ce jour, déjà si solennel par lui-même, en unissant dans les Psaumes, sa joie à la nôtre. Ce grand Prophète, s’élevant au-dessus de lui-même, comme s’il n’était nullement accablé par le poids de son corps, se transporte auprès des puissances célestes, et nous rapporte les paroles qu’en accompagnant le Seigneur rentrant au ciel, ces puissances adressent aux Anges qui demeurent sur la terre et auxquels ceux qui entrent dans la vie humaine ont été confiés, leur donnant ce commandement : « Élevez vos portes, ô princes ; et vous, élevez-vous, portes éternelles, et le Roi de gloire entrera »

    Et parce que Dieu qui renferme toutes choses en lui-même, s’accommode, partout où il se trouve, à la capacité de celui qui le reçoit (car non seulement il se fait homme avec les hommes, mais lorsqu’il est avec les Anges, il s’abaisse jusqu’à leur manière de converser) ; les portiers du ciel font donc cette question : « Quel est ce Roi de gloire ? » ? Les autres Anges répondent et disent qu’il est fort et puissant dans le combat, lui qui devait combattre l’ennemi qui tenait la nature humaine captive dans son esclavage, et renverser celui qui avait l’empire de la mort, de façon qu’après avoir vaincu cet ennemi terrible, il pût affranchir le genre humain afin de lui donner la liberté et la paix.

    Les gardiens du ciel courent à sa rencontre et font ouvrir les portes, afin qu’il rentre en possession de sa gloire ancienne. Mais ils ne reconnaissent point ce Dieu qui a revêtu la robe abjecte de notre vie et dont les vêtements sont rouges, pour avoir passé par le pressoir des maux de l’humanité. C’est pourquoi ils interrogent de nouveau ceux qui l’accompagnent par ces paroles : « Quel est ce Roi de gloire ? » Or, on ne répond plus : « C’est le Seigneur fort et puissant dans le combat », mais : « C’est le Seigneur dès puissances » qui a obtenu la principauté du monde, qui a tout réuni en lui-même comme en un abrégé, qui a rétabli toutes choses dans leur premier état : « c’est lui, le Roi de gloire ».

    Saint Grégoire de Nysse

    (Cette variation sur le psaume 23 fait allusion à la procession qui a lieu à Pâques, dans la liturgie byzantine, après la proclamation de la Résurrection. Celle-ci se fait dehors. Puis tout le monde retourne vers l’église. Mais la porte est fermée. Alors a lieu le dialogue entre le prêtre qui frappe à la porte et les portiers qui sont à l’intérieur. La troisième fois la porte s’ouvre et l’église qui était plongée dans l’obscurité s’illumine.)

  • Dictature

    Un boulanger catholique d’Irlande du Nord, Daniel McArthur, a été reconnu coupable de discrimination pour avoir refusé de confectionner un gâteau, commandé par un militant homosexuel, qui serait décoré des personnages de Sésame Street et du slogan « Soutenez le mariage gay ».

    « C'est une discrimination directe qui n'a aucune justification », violant tant la protection de l’orientation sexuelle que les opinions politiques et religieuses (sic), a déclaré le juge Isobel Brownlie.

    Daniel McArthur a été condamné à verser 500 livres (700 €) au militant homosexuel, et les frais de justice, qui sont nettement plus importants.

    Le député protestant unioniste Paul Givan (qui a l'oreille des évêques) a de nouveau appelé à l’adoption d’une clause de conscience comme il en existe selon lui dans deux Etats américains (Religious freedom restoration act, dans l’Indiana et l’Arkansas). « Il ne peut pas y avoir une hiérarchie des droits, souligne-t-il. Or aujourd’hui il y a clairement une hiérarchie établissant que les droits des homosexuels sont plus importants que le droit des gens à avoir une croyance religieuse. » Et le Sinn Fein a réitéré qu’il bloquerait une telle mesure…

  • Y a bon ou y a pas bon ?

    L’abbé Xavier Beauvais, poursuivi pour injure publique raciale pour avoir lancé « Y a bon Banania, Y a pas bon Taubira », a été relaxé. Car le caractère raciste de l’expression « y a bon » n’est pas « totalement avéré ».

    Ah bon. Pourtant, le 19 mai 2011, la cour d’appel de Versailles avait condamné la société commercialisant les produits dérivés de Banania à effacer l’inscription « Y a bon » qui « participe à la structuration des stéréotypes et des clichés qui ont prospéré dans le contexte colonial français et qui humilient un groupe de personnes en raison de l’origine ».

    Il est difficile d’oublier cet arrêt grotesque obtenu par le MRAP. Si les juges de Paris veulent modifier la jurisprudence, ils devraient avoir le courage de le dire ouvertement.

  • C’était historique

    En 2006 avait été votée une loi généralisant le CV anonyme. Ce n’était pas la gauche, c’était la droite (Chirac-Villepin, avec Sarkozy ministre d’Etat) qui était au pouvoir, et qui mettait en œuvre cette avancée historique contre les discriminations. Pendant des mois on nous avait bassiné avec cette réforme fondamentale permettant de lutter contre le racisme des chefs d’entreprise et le sous-emploi des banlieues, et bla-bla-bla.

    En fait, le décret d’application… ne vit jamais le jour. Mais le CV anonyme fit l’objet d’une expérimentation, par des entreprises volontaires particulièrement citoyennes…

    En 2009 fut établi un « bilan d’étape ». La conclusion était que le CV anonyme avait… l’effet inverse de celui qui était escompté.

    La secrétaire nationale du PS aux questions de société avait rejeté ces conclusions, mettant en cause la méthodologie de l’enquête. Il s’agissait d’une certaine Najat Vallaud-Belkacem.

    Aujourd’hui, son collègue au gouvernement le ministre du Travail François Rebsamen a déclaré que la loi de 2006 va être abrogée, conformément aux conclusions du nouveau rapport qui lui a été remis.

  • L’UE va-t-en guerre

    Le projet de répartir l’invasion migratoire du sud de la Méditerranée dans les divers pays de l’UE selon un système de quotas a fait long feu. Après le Royaume-Uni et la Hongrie, la Pologne, et même la France, ont dit non. Federica Mogherini et la Commission peuvent donc mettre ce projet à la poubelle. Mais illico ils en sortent un autre. Et attention les yeux. On ne rigole plus. On va aller sur les côtes libyennes pour détruire toutes les embarcations susceptibles de faire passer des « réfugiés ».

    Et là tout le monde est d’accord. La mission s’appelle Navfor Med, et son QG sera à Rome, sous le commandement de l’amiral Enrico Credendino.

    Bon. Mais ce n’est pas encore vraiment fait. On veut avoir l’aval de l’ONU. Donc le Royaume Uni va présenter un projet de résolution. Le texte pourrait être adopté le mois prochain. Mais il dira que les opérations ne peuvent se faire qu’avec l’aval du gouvernement libyen.

    Qui ça ? Le gouvernement libyen « légitime », souligne Federica Mogherini. Celui qui est reconnu par la communauté internationale. Et qui a aussitôt fait savoir qu’en effet aucune opération ne pourrait avoir lieu sans son accord, mais aussi sans sa coopération. Et il précise qu'il ne donnera pas donner son aval à une opération « inhumaine ».

    Or ce « gouvernement » est un groupe de politiciens claquemurés dans la ville de Tobrouk, à l’extrême est du pays, et il n’a aucune autorité sur le reste de la Libye. On ne voit pas comment il pourrait prendre part à des opérations (à supposer qu’il en ait les moyens, qu’il n’a pas) sur un rivage qu’il ne contrôle pas, s'il finissait par donner son accord...

    Bref l’UE se condamne à ne rien faire d’autre que des effets de manche, si vraiment elle veut attendre le feu vert de Tobrouk…

    Et comme si cela ne suffisait pas, quand on fait remarquer à Federica Mogherini que Tobrouk n’est qu'une toute petite partie de la Libye, elle précise qu’il faudra aussi demander l’autorisation aux autres forces sur le terrain et aux « municipalités », c’est-à-dire aux diverses milices qui contrôlent les diverses villes…

  • « Génocide »

    En février dernier, une mise en scène de Tannhäuser, de Wagner, a fait scandale à Novossibirsk, capitale de la Sibérie (1,5 million d’habitants). Le metteur en scène, Tiofei Koulyabine, faisait du poète médiéval un réalisateur de cinéma tournant un film pornographique sur la vie de Jésus. Or, en Russie, les metteurs en scène peuvent se livrer à tous les délires pour épater le bobo, comme partout ailleurs, mais on ne peut pas s’attaquer à la religion. Le métropolite Tikhon a porté plainte pour profanation publique de l’objet du culte chrétien, en l’espèce l’image de Jésus dans les Evangiles.

    Une manifestation a réuni plusieurs milliers de personnes, pour rappeler que « L’Eglise orthodoxe est le fondement de la grande culture russe ».

    Fin mars, le ministre russe de la culture a annoncé le licenciement de Boris Mezdrich, le directeur du théâtre de Novossibirsk, responsable de ce spectacle « insultant pour les chrétiens » et qui reflète « les valeurs de l’Occident décadent ».

    D’autres artistes ou prétendus tels se sont mobilisés pour prendre la défense de Mezdrich et Koulyabine. Dont un autre metteur en scène du même acabit et qu’on « devrait mettre en prison » (selon le joli mot de Teresa Berganza), et qui sévit aussi régulièrement chez nous, Dmitri Tcherniakov, qui a vu dans ce limogeage les prémisses d’un « génocide du théâtre russe ».

    Des génocides comme ça on en redemande. Et pas seulement pour les Russes, s’il vous plaît.

  • 42 ans dans le coma ?

    Vous avez sans doute entendu parler de la mort d’une infirmière indienne qui a passé « 42 ans dans le coma ».

    Mais vous n’avez peut-être pas vu ces témoignages :

    - Elle était la pierre d’angle de notre vie d’infirmières. C’est auprès d’elle que nous cherchions l’inspiration, à travers son combat et à travers sa vie. Nous fêtions ses anniversaires, nous lui donnions du curry de poisson et de la purée de pulpe de mangue, qu’elle aimait bien.

    - Elle souriait et hochait la tête quand elle sentait la fragrance des fleurs. Aruna n’a jamais été une patiente pour nous, mais un membre de la famille, une sœur qui a enfin trouvé le repos.

    Eh bien non, elle n’était pas dans le coma. Et on avait essayé de la tuer, elle aussi, comme Vincent Lambert. Voir les explications chez Jeanne Smits.

  • Les écoles libres dans le collimateur

    Dans le cadre de la lutte contre le « terrorisme » et des « dérives sectaires », quatre inspecteurs généraux ont reçu mission spéciale pour travailler sur les écoles « hors contrat ». Afin de vérifier qu’elles respectent les « valeurs de la République ».

    « Le but est de systématiser les inspections. La liberté d’enseignement ne connaît qu’une limite : le respect des valeurs de la République. »

    Quand on sait que les « valeurs de la République » impliquent notamment le « droit » à l’avortement et désormais le « mariage pour tous » et la lutte contre l’homophobie, l’islamophobie, etc., les écoles catholiques peuvent craindre le pire. Car un certain nombre d’articles du catéchisme sont clairement en infraction ave les « valeurs de la République ».

  • Aligner l’Alsace-Moselle

    L’Observatoire de la laïcité, organisme dépendant du Premier ministre, dont la mission est d’aggraver sans cesse le laïcisme d’Etat, vient de pondre un « Avis sur le régime local des cultes en Alsace et en Moselle ».

    L’un des gros problèmes des laïcards est la survivance en Alsace-Moselle du concordat de 1802, qui y reste applicable puisque ces départements échappèrent à la loi de 1905 (ils étaient allemands).

    Le problème supplémentaire est que, comme le reconnaît le soi-disant Observatoire, la population est très largement favorable à un régime qui dépasse de très loin la question des cultes et qui est un droit local hérité de l’Allemagne, touchant un grand nombre de domaines – à commencer par une sécurité sociale très performante parce qu’héritée du christianisme social et ayant échappé à la mainmise communiste.

    Pour imposer le laïcisme à l’Alsace-Moselle, on ne peut donc que grignoter le statut, petit à petit – la jurisprudence imposant qu’on ne puisse plus ensuite revenir en arrière.

    Le soi-disant Observatoire a trouvé dix « recommandations » à faire. Qui se résument essentiellement à deux : supprimer le délit de blasphème, et supprimer l’obligation du cours de religion.

    L’Observatoire souligne que la suppression du délit de blasphème est « symbolique », puisque l’article qui le définit n’a jamais été officiellement traduit en français ni jamais appliqué.

    Mais bien sûr le symbole est fort : il s’agit en fait d’affirmer haut et fort le droit au blasphème, donc notamment de soutenir l’action des Femen, de Caroline Fourest, etc. (De même la peine prévue pour trouble à l’exercice d’un culte doit être « alignée » sur celle prévue par la loi de 1905.)

    En ce qui concerne l’heure hebdomadaire obligatoire de cours de religion, l’Observatoire recommande l’inversion de ce qui est prévu dans les textes : au lieu de pouvoir demander à en être exempté, l’enfant devra s’inscrire volontairement. Et l’Observatoire recommande d’autre part que l’heure en question soit enlevée des 24 heures de cours hebdomadaires pour devenir une heure en plus. Sous prétexte que les pauvres élèves d’Alsace-Moselle subissent l’injustice d’avoir une heure de cours général en moins que les autres élèves français…

    Voilà bien des contorsions pour en arriver à tout simplement supprimer la particularité d’Alsace-Moselle et aligner les trois départements sur le régime général de l'école "laïque".

    On remarquera que là aussi il s’agit d’une mesure « symbolique » : on aura réussi à supprimer de la République laïque cette anomalie cléricale. (Symbolique, parce que je me souviens qu’il y a environ… 50 ans j’avais abandonné le cours de « catéchèse » où, déjà, on n’apprenait strictement rien de la religion…).

    On notera enfin que trois membres de l'Observatoire : Jean Glavany, Françoise Laborde et Patrick Kessel, se sont désolidarisés de cet "avis" parce qu'il n'apporte aucune réponse à l'intolérable discrimination dont est victime l'islam, qui ne fait pas partie des cultes reconnus par le doit d'Alsace-Moselle.

    On lit pourtant dans le texte même de l'avis:

    « Lors de l’audition du 6 janvier 2015, Abdelhaq Nabaoui, vice-président du Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM), a déclaré : “le  culte musulman souhaite le maintien de ce régime. Je le réaffirme, nous ne souhaitons pas être utilisés comme prétexte à sa suppression”. »

    Car c'est bien évidemment une aubaine pour l'islam de bénéficier d'une authentique zone de non-droit (tant par rapport à la loi de 1905 que par rapport au droit local).

  • Mardi dans l’ex-octave de l’Ascension

    Votre sainteté se rappelle que j’ai comparé le Sauveur à cet aigle des Psaumes, duquel nous lisons que sa jeunesse est renouvelée (psaume 102). Cette similitude a un sens fort étendu. En effet, comme l’aigle quitte ce qui est bas, recherche les hauteurs et monte jusque dans les régions voisines des cieux ; de même ainsi le Sauveur a quitté les profondeurs de l’enfer, a gagné les hauteurs du paradis, et a pénétré jusqu’au faîte des cieux. Et comme l’aigle, fuyant les souillures du sol terrestre, volant haut, jouit de la salubrité d’un air très pur ; ainsi pareillement le Seigneur, abandonnant la fange des pécheurs de la terre et volant dans ses saints, s’y réjouit en la simplicité d’une vie très pure.

    La comparaison de l’aigle convient donc en tous points au Sauveur. Mais que faisons-nous de ce que l’aigle s’empare fréquemment d’une proie, et enlève souvent le bien d’autrui ? En cela encore, le Sauveur ne diffère pas de l’aigle. Car il a pour ainsi dire ravi une proie, lorsqu’il a porté au ciel l’homme, dont il a pris la nature, qu’il a arraché au gouffre de l’enfer et qu’il a emmené captif au ciel, après avoir délivré de la servitude cet esclave d’une domination étrangère, c’est-à-dire de la puissance du démon, selon qu’il a été écrit par le Prophète : « Le Christ montant au ciel, a conduit la captivité captive ; il a donné des dons aux hommes » (psaume 67 selon la Septante et la liturgie de l’Ascension… et saint Paul).

    « Il est monté au ciel, dit-il, il a conduit la captivité captive. » Que ce Prophète décrit bien le triomphe du Seigneur ! C’était, dit-on, la coutume des rois dans leur triomphe de faire marcher devant leur char un cortège pompeux de captifs. Voici que la captivité glorieuse ne précède pas le Seigneur allant au ciel, mais l’accompagne ; elle n’est pas traînée devant son char, mais elle-même sert de char au Sauveur. Par un mystère merveilleux, alors que le Fils de Dieu éleva au ciel le fils de l’homme, la captivité elle-même y est portée et y porte tout à la fois.

    Saint Maxime

    NB. Avant le déclassement de l'octave par saint Pie X, elle primait même la fête de saint Yves patron secondaire de la Bretagne... (Cantique à saint Yves, antiennes de l’office, oraison, prière à saint Yves.)

  • Sine scriptura

    Samedi, l'assemblée de la soi-disant « Eglise d’Ecosse », secte calviniste dite « Eglise nationale » dont les effectifs sont en chute libre, a voté, par 309 voix contre 182, en faveur de la soi-disant ordination d’hommes et de femmes engagés dans une union civile avec une personne du même sexe.

    Comme les débats ont traîné, la motion a été adoptée alors que le Royaume-Uni avait légalisé le soi-disant « mariage » homosexuel. Donc il va falloir un nouveau vote, jeudi, pour ceux qui sont engagés dans le « mariage » homosexuel…

    De toute façon, il y a deux ans que l’ « Eglise d’Ecosse » s’est prononcée en faveur de l’« ordination » d’homosexuels.

    Chez nous, hier, l’ « Eglise protestante unie de France », qui regroupe depuis 2012 la principale secte calviniste (« Eglise réformée ») et la principale secte luthérienne (mais ils sont aujourd’hui tellement débordés par les divers « évangéliques » que même en se regroupant ils sont minoritaires) a voté hier la possibilité d'« offrir une bénédiction religieuse aux couples homosexuels qui le souhaitent ». Par 94 voix contre 3.

    Avant, le principe des protestants était « sola scriptura » : la sainte Ecriture est la seule norme de la foi.

    Mais tant le Nouveau Testament que l’Ancien condamnent explicitement et de la façon la plus vigoureuse les actes homosexuels.

    Aujourd’hui, chez les protestants, c’est « sine scriptura », et même « contra scripturam ».

  • Mythologie

    Manuel Valls :

    « La République a fait l’école, et l’école a fait la République. »

    Si l’on quitte la mythologie et le négationnisme pour se tourner vers l’histoire vraie, cela donne :

    « La Troisième République a fait l’école laïque et laïciste, et a expulsé les congrégations enseignantes qui faisaient l’école depuis très longtemps, et l’école laïque a perpétué une République laïcarde qui ne cesse de s’écrouler au fur et à mesure qu’elle bafoue davantage l’identité française qu’elle méprise et détruit. »

  • A Ploërmel

    Près de 400 personnes se sont rassemblées hier à Ploërmel pour défendre la statue de Jean-Paul II. A l’appel d’un « collectif Feiz ha Breiz », dont Ouest France se demande qui ce peut bien être, puisqu’ils ne se sont pas fait connaître du fin limier reporter (ouarf… j’en connais qui rigolent).

    Il y avait là l’ancien maire Paul Anselin, qui avait commandé la statue, et qui a annoncé une souscription populaire pour acheter la parcelle sur laquelle se trouve la statue.

    L’idée est excellente: si le terrain devient privé, la loi de 1905 devient inopérante.. Ce serait un joli pied de nez aux esclaves de l’athéisme qui se disent par antiphrase « libres-penseurs ».

    Mais dès le lendemain du jugement ordonnant à la ville de Ploërmel d’enlever la statue, un particulier des environs a proposé au maire actuel, Patrick Le Diffon, d’acheter le terrain. Celui-ci a retransmis l’information par twitter, mais sans aucun commentaire…

    En effet il n’est pas besoin d’être nombreux, ni riche, pour acheter les quelques mètres carrés en question. Mais faut-il encore que la municipalité accepte de vendre…

  • Timothy Radcliffe…

    20140324_094333-1.jpgFrançois a nommé samedi le P. Timothy Radcliffe, 70 ans, consulteur au Conseil pontifical Justice et Paix.

    Samedi, c’est-à-dire à l’avant dernier jour de l’assemblée générale de la Caritas Internationalis.

    Benoît XVI (officiellement la Secrétairerie d’Etat) avait interdit au P. Timothy Radcliffe de prononcer la conférence qui avait été prévue à l’ouverture de la précédente assemblée de la Caritas, en 2011.

    Le dominicain Timothy Radcliffe, du couvent d’Oxford, et chanoine honoraire de la cathédrale anglicane de Salisbury (volée aux catholiques), a été provincial d’Angleterre et maître général de l’Ordre des Prêcheurs. Il est le type même du dominicain progressiste (même si on peut trouver pire –on trouve toujours pire). Sept de ses livres ont été traduits en français et publiés aux éditions du Cerf. L’un d’eux a obtenu un prix décerné par le soi-disant archevêque de Canterbury à « l'écrit de théologie contemporaine le plus prometteur del'Église globale ».

    L’an dernier, la chaîne de télévision catholique EWTN avait annulé son projet de reportage sur la Conférence Internationale sur la Divine Miséricorde, le plus important rassemblement catholique en Irlande, à cause de la participation de Radcliffe.

    A propos de la relation homosexuelle, il considère qu’« elle exprime le don de soi du Christ », mais il est opposé au « mariage » homosexuel au nom du respect de la différence... Il est un des militants historiques pour la communion aux divorcés soi-disant remariés. Et il veut donner « une véritable autorité » aux femmes dans l’Eglise, mais pas forcément le sacerdoce, parce que l’Eglise est déjà trop cléricale…

    (Photo: Timothy Radcliffe à l’émission « Le grand témoin », Radio Notre-Dame, le 27 mars 2014.)

    Addendum

    L'assemblée générale de la Caritas a décidé de faire de Mgr Oscar Romero, qui sera béatifié le 23 mai, son saint Patron...

  • Lundi de l’ex-octave de l’Ascension

    Le Christ montant au ciel, offrit à son Père les prémices de notre nature ; et son Père attacha du prix à cette offrande, parce que d’une part un être si digne la lui offrait, et que d’autre part ce qui lui était offert n’était souillé par aucune tache. Il reçut cette offrande de ses propres mains, il voulut la faire participer à son trône, et qui plus est, l’y placer à sa droite. Apprenons quel est celui qui s’est entendu adresser ces paroles : « Asseyez-vous à ma droite » ; apprenons quelle est la nature à laquelle Dieu a dit : « Entrez en participation de mon trône. » Cette nature est celle qui avait entendu ces autres paroles : « Tu es terre et tu retourneras en terre. »

    N’aurait-il pas suffi, en effet, à sa gloire, de pénétrer dans les cieux, d’y prendre rang parmi les Anges ? Mais non, elle a traversé les cieux ; elle est montée au-dessus des Chérubins, elle s’est élevée plus haut que les Séraphins ; elle ne s’est pas arrêtée avant d’avoir atteint le trône du Seigneur. Considérez par quel espace immense le ciel est séparé de la terre, combien à plus forte raison la terre est éloignée des enfers, combien le ciel lui-même est séparé du ciel plus élevé, quelle distance il y a de ce ciel plus élevé jusqu’aux Anges, et aussi jusqu’aux Puissances supérieures et jusqu’au trône même du Seigneur. Notre nature a été élevée au-dessus de tout cela, de façon que l’homme, qui était tenu dans un lieu si bas qu’il ne pouvait descendre davantage, s’est vu élever à une place si haute qu’il ne pouvait monter au delà.

    Montrant ces vérités, saint Paul disait : « Celui qui est descendu, c’est celui-là même qui est monté. » Et encore : « Il est descendu dans les parties inférieures de la terre, et il est monté au-dessus de tous les cieux. » Apprenez donc qui est monté de la sorte et quelle est la nature qui a été élevée. Je m’arrête volontiers sur ce point, afin qu’en nous rappelant la bassesse de la nature humaine, nous apprenions à connaître avec la plus profonde admiration la divine clémence, qui a donné généreusement à notre nature le plus haut degré d’honneur et une si grande gloire ; car c’est la nature humaine qui a mérité d’être placée aujourd’hui au-dessus de toutes choses. Aujourd’hui, les Anges et les Archanges ont vu notre nature sur le trône du Seigneur, resplendissant d’une gloire immortelle.

    Saint Jean Chrysostome

  • Dimanche après l’Ascension

    Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus annonce la venue du Saint Esprit, à la Pentecôte, dimanche prochain :

    « Lorsque le Paraclet que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, sera venu, il rendra témoignage de moi. »

    Aujourd’hui il est évident pour tout le monde (en dehors des musulmans et des tordus) que Jésus indique ici clairement la divinité du Saint-Esprit.

    Il n’en était pourtant pas ainsi au cours des premiers siècles, et ce n’est pas la crise arienne qui allait arranger les choses. Le Credo de Nicée disait seulement : « Et au Saint-Esprit », sans rien préciser. Il faudra tout le génie de saint Grégoire de Nazianze et de saint Basile pour en arriver à la formulation du dogme. Basile va écrire le traité décisif sur le Saint-Esprit, tandis que Grégoire, par l’écrit mais aussi et d’abord en tant qu’évêque, va se battre pour faire reconnaître explicitement la divinité du Saint-Esprit. Or Grégoire va présider le concile de Constantinople, puisqu’il est évêque de Constantinople. Et c’est donc sous son impulsion, et grâce au travail de son ami Basile (qui vient de mourir) que le concile de Constantinople adopte la formulation : « Nous croyons au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père, doit être adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les saints prophètes. »

    « Qui procède du Père », ce sont les mots mêmes de Jésus en grec : « ho para tou patros ekporeuetai ». En fait, le verbe grec dit seulement « venir (hors) de ». La plupart des traductions françaises des Evangiles disent « vient » ou « provient ». Mais le latin a « procedit », et c’est ce mot qui définira théologiquement la « procession » du Saint-Esprit. Il conviendrait donc de respecter l’histoire de cette phrase, la tradition qui y est attachée et qui est de la plus haute importance, et donc de traduire « qui procède du Père », afin de montrer qu’il s’agit bien de l’expression du Credo, de notre foi.

  • Comme en URSS

    Le maire UMP de Venelles (Bouches-du-Rhône), a déclaré sur Twitter, jeudi, jour de l’Ascension :

    « il faut interdire le culte musulman en France. »

    Puis il a interpellé Nicolas Sarkozy pour lui demander de prendre la même position.

    A l’UMP, on a aussitôt commenté que Robert Chardon était très malade et n’était donc pas tout à fait responsable de ses propos gravement islamophobes.

    Mais il les a calmement réitérés à des journalistes, précisant que c’est son cancer qui lui a ouvert les yeux. « Je supprime la loi de 1905 et proclame que la République favorise la pratique de la foi chrétienne », a-t-il ajouté.

    Alors l’UMP a lancé une procédure d’exclusion contre lui.

    Dès le lendemain, c’est-à-dire hier vendredi, Robert Chardon a été hospitalisé d’office. Cette demande d’hospitalisation a été formulée par « un tiers compte tenu de l’incohérence de ses propos ».

    Car seul un fou peut demander qu’on interdise la religion du jihad "d’amour de paix et de tolérance©". Nous en sommes là.

  • Les ravages de l’antiracisme

    Après une longue course poursuite de policiers de Bardstown, dans le Kentucki, pour arrêter un voleur de camion, une bagarre a éclaté entre le voleur et un policier. Le forcené a essayé de voler l’arme du policier. Celui-ci a tiré, et le voleur est grièvement blessé.

    Réaction du shérif, à propos du voleur, lors de sa conférence de presse :

    « Nous sommes contents qu’il soit blanc, ce qui nous ôte une épine du pied. »

    (Il voulait dire qu’il se dépêchait de dire que c’était un blanc pour éviter une émeute des noirs…)

  • Ce qui est « scandaleux » pour Obama

    Les députés américains ont adopté mercredi, par 242 voix contre 184, une proposition de loi fédérale interdisant l’avortement après… 20 semaines de grossesse. C’est la « Loi de protection de l’enfant non né et capable de douleur », similaire à celles qui ont  déjà été votées dans trois Etats mais sont aussitôt contestées.

    Avant le vote, le président Obama a fait savoir par un porte-parole que si cette loi était aussi votée par le Sénat (ce qui est hautement improbable), il opposerait son veto. « Il est scandaleux que les républicains aient imposé une discipline de vote sur une loi qui alourdirait le fardeau des survivantes de viols et d’abus sexuels », a-t-il dit. En effet, après des débats qui ont duré des mois, il a été décidé que les grossesses issues de viols étaient également concernées.

    Il y a eu tout de même quatre députés républicains pour voter contre, et… quatre députés démocrates pour voter en faveur du texte.

    Pour bien comprendre de quoi il s’agit, les représentants du peuple américain se demandent si l’on doit avoir le droit de continuer à se débarrasser des fœtus à partir de ce moment-là :

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    Et jusqu’à la naissance.

    Il n’y a que sept pays au monde qui poussent la barbarie jusque-là, selon les militants américains pro-vie. Et pour Obama il serait scandaleux que les Etats-Unis n’en fassent plus partie.

  • (Ex-)samedi dans l’octave de l’Ascension

    Les bienheureux Apôtres eux-mêmes, confirmés par tant de miracles, instruits par tant de discours, s’étaient laissés effrayer par l’atrocité de la passion du Seigneur. Ils n’avaient pas accepté sans hésitation la vérité de sa résurrection ; mais l’ascension du Seigneur leur fut si profitable, que tout ce qui naguère les remplissait de terreur, devint leur joie. Toute la force du regard de leur âme s’était élevée vers la divinité de celui qui est assis à la droite du Père ; la vue de son corps ne détournait plus l’attention de leur intelligence de la considération de ce mystère, qu’en descendant des cieux le Christ ne s’était pas séparé de son Père, pas plus qu’en y remontant il ne s’était séparé de ses disciples. Ainsi mes bien aimés, le Fils de l’homme s’est montré Fils de Dieu d’une manière plus haute et plus mystérieuse, alors qu’il est entré dans la gloire de la majesté paternelle ; et il a commencé, d’une façon ineffable, à être plus présent par sa divinité au moment où il s’éloignait davantage par son humanité. C’est alors que la foi mieux instruite apprit à s’élever par une ascension spirituelle jusqu’au Fils de Dieu égal au Père, et à ne plus avoir besoin de toucher dans le Christ cette substance corporelle en laquelle il est moins grand que le Père. En effet, la substance de ce corps glorifié demeurant la même, c’est là que la foi des croyants a été appelée, là où le Fils unique égal à son Père peut être atteint, non plus par une main de chair, mais par l’intelligence spirituelle. C’est pourquoi le Seigneur, après sa résurrection, lorsque Marie-Madeleine qui représentait l’Église, se hâtait de s’approcher pour le toucher, lui dit : « Ne me touche pas ; car je ne suis pas monté vers mon Père » : comme s’il eût dit : Je ne veux plus que vous cherchiez ma présence corporelle, je ne veux plus me faire reconnaître par les sens charnels. Par ces délais, je vous appelle plus haut, je vous prépare des dons plus grands. Lorsque je serai monté vers mon Père, c’est alors que vous me toucherez d’une manière plus parfaite et plus vraie, devant saisir ce que vous ne touchez pas, devant croire ce que vous ne voyez pas.

    Saint Léon le Grand

  • Les fausses valeurs

    Chez Sotheby, elles coûtent très cher.

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    A gauche, Untitled (Yellow and Blue), de Mark Rothko : 46,5 millions de dollars.

    A droite, N°10, de Mark Rothko : 82 millions de dollars.

    Question : pourquoi la seconde est-elle deux fois plus chère que la première?

  • A propos de Ploërmel

    Je n’avais pas l’intention d’évoquer le nouvel épisode de l’affaire de la statue de Jean-Paul II à Ploërmel, mais il circule tellement d’âneries sur internet que je me sens contraint de rappeler ce que j’ai déjà dit en d’autres circonstances.

    Il est vain, et surtout erroné, de s’en prendre aux juges ou à la justice. Mais c’est beaucoup plus grave que cela. Ce qu’on lit un peu partout ne relève pas seulement d’une erreur juridique, c’est d’abord une méconnaissance de ce que sont les « valeurs de la République ». Or on ne peut pas critiquer de façon crédible l’idéologie des « valeurs de la république » si l’on ne sait pas ce qu’elles sont en matière de « laïcité ».

    Les juges ne font qu’appliquer la loi :

    Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

    Ce ne sont donc pas les juges qui sont en cause, c’est la loi. C’est elle qu’il faut contester. Or cette loi est celle qui « fonde la laïcité », qui est l’une des principales « valeurs de la République ». La laïcité, cela consiste donc notamment à interdire d’ériger quoi que ce soit de religieux dans l’espace public. Où l’on voit clairement que la « laïcité » est un combat anti-religieux, et spécifiquement anti-catholique. C’est cela qu’il faut dire, et non en rester à la critique d’un jugement qui n’est pas critiquable au vu de la loi.

    D’autre part, cela devient pénible de lire que s’il en est ainsi il faut démolir aussi les églises qui sont dans l’espace public, et les croix des carrefours, et celles des cimetières, et enlever les tableaux religieux des musées, etc. La loi dit explicitement que tout cela n’est pas en cause. Il s’agit uniquement d’interdire « à l’avenir », à partir de 1905, tout nouveau signe religieux dans l’espace public. L’article 28 de la loi de 1905 est un coup d’arrêt signifié à l’Eglise, en attendant qu’elle disparaisse par le jeu des autres dispositions de la loi.

  • Triste « première »

    Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel s’est « marié » aujourd’hui avec son « compagnon ».

    C’est une première mondiale pour un chef de gouvernement de genre masculin. Mais le Premier ministre islandais qui est une femme s’est déjà « mariée » avec sa « compagne » en 2010.

    (Je n'en dis pas plus parce que je n'ai pas les moyens financiers d'indisposer la dictature de la pensée.)

  • Attaques au Madhya Pradesh

    Dans la nuit de lundi à mardi a eu lieu une série d’attaques antichrétiennes dans l’Etat indien du Madhya Pradesh.

    A Indore, l’église anglicane Saint-Paul a été vandalisée. Divers objets ont été détruits, dont un crucifix. Une tentative d’incendie d’une autre église protestante a tourné court en raison de l’intervention rapide de la police. Et une troisième église protestante a été la cible de jets de pierres, brisant les vitraux.

    Dans le même temps, à Pidaldhar, c’est un foyer pour enfants déficients mentaux, tenu par des religieuses augustiniennes, qui a été attaqué. Des individus ont jeté de grosses briques de façon à ce qu’elles percent le toit et tombent dans le dortoir. Aucune religieuse n’a été touchée, et il n’y avait pas d’enfants, car elles sont en train d’installer un nouveau centre dans leur résidence, qui se situe dans le diocèse de Khandwa.

    Ces attaques ont eu lieu quelques heures avant que Sonia Gandhi vienne dans l’Etat pour inaugurer un orphelinat créé par des missionnaires. L’organisation hindoue Sanskritik Jagran Manch, avait appelé à une « action directe ».

  • « Caritas »

    L’assemblée générale quadriennale de la Caritas Internationalis se tient à Rome du 12 au 17 mai. La séance inaugurale a été présidée par le cardinal Maradiaga, président sortant et grand ami de François, flanqué de Gustavo Guttierez, le père de la soi-disant « théologie de la libération ». Inutile de dire que le dominicain Guttierez, 86 ans, était la vedette du spectacle. « Il y a eu un dialogue, très critique, c'est vrai, parfois difficile », avec le Vatican, reconnaît-il. C’est-à-dire avec le cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Mais « je crois que maintenant, avec le témoignage du pape François, c'est plus clair : (…) François a expliqué que l'option préférentielle pour les pauvres est une question théologique. Vous pouvez ouvrir la Bible et le thème des pauvres est là, dans le premier testament, dans le second testament (sic). On trouve les pauvres, pas les théologiens. » Sic.

    Il n’est pas inintéressant de constater que Guttierez reconnaît que Mgr Romero n’est pas un martyr de la foi, comme je l’avais remarqué. Mais bien sûr, au lieu de déplorer l’incongruité de cette béatification pour « martyre », il s’en félicite : « Le sens du martyre a changé », les nouveaux martyrs sont ceux qui « ont témoigné de la justice, de la dignité humaine ».

    Bref il n’y a plus rien de religieux, de spirituel. On est dans l’horizontalité (marxiste) de la lutte sociale.

    Face à la dérive de la Caritas, Benoît XVI avait dû taper du poing sur la table. En 2011, il avait interdit à Lesley-Ann Knight de se représenter au poste de secrétaire général, il avait interdit au dominicain Timothy Radcliffe de prononcer son discours, il avait envoyé trois cardinaux remettre les pendules à l’heure, au premier chef le cardinal Sarah, président du conseil pontifical Cor Unum, dont dépend la Caritas, et il avait lui-même prononcé un discours sans complaisance.

    Tout cela est aujourd’hui, seulement quatre ans après, bien oublié. François a nommé le cardinal Sarah préfet de la congrégation pour le culte divin, non pas pour combattre les dérives liturgiques, dont il se moque éperdument, mais pour que le cardinal (qui sait, lui, ce qu’est la pauvreté) arrête de mettre des bâtons dans les roues d’une Caritas transformée en ONG gauchiste. Et il s’est bien gardé de nommer un nouveau président de Cor Unum, afin que le cardinal Maradiaga ait les coudées franches.

    Mais celui-ci était en fin de mandat, il a fallu lui trouver un successeur. Lequel devait être le cardinal Tagle, poulain de François. Et bien entendu le cardinal Tagle s’est présenté comme l’avocat des pauvres voulant aller dans les périphéries…

    Un autre candidat a osé se présenter : l’archevêque maronite Joseph Soueif, proposant un programme basé sur les nouveaux statuts de la Caritas issus du motu proprio de Benoît XVI…

    Le cardinal Tagle a obtenu 91 voix sur 133, refermant ainsi la parenthèse que Benoît XVI n’avait en fait pas réussi à ouvrir.

    Le cardinal Tagle qui n’était même pas là, car il était à Chicago pour recevoir un doctorat honoraire de l’Union théologique catholique, un des instituts américains les plus « libéraux »...

    Sources: Benoît et moi et Rorate Caeli.

    On lira d’autre part le commentaire tonique de Riccardo Cascioli sur les propos débiles du cardinal Maradiaga à propos du réchauffement climatique.

  • (Ex-)vendredi dans l’octave de l’Ascension

    Dans son Guide de l’Année liturgique, paru en 1923, dom Pius Parsch écrivait :

    La fête de l’Ascension ayant une Octave de troisième ordre (un peu comme Noël), cette Octave doit céder la place à toute fête double. On doit alors prendre la messe et l’office de cette fête. Cela est d’autant plus regrettable que l’office de l’Octave est très beau. Il est peu de fêtes qui contiennent d’aussi belles lectures des Pères. Les lecteurs qui ne sont pas tenus à l’Ordo peuvent, pendant toute l’Octave, réciter l’office de l’Ascension.

    Dom Pius Parsch est mort en 1954. L’année suivante, Pie XII supprimait l’octave de l’Ascension, et les jours qui vont de l’Ascension à la vigile de la Pentecôte devenaient « des féries du temps pascal ».

    Mais il restait encore en ces jours la messe de l’Ascension, et divers éléments de l’office de l’Ascension, quand on disait la férie, mais on célébrait le plus souvent une fête de saint (cette année dans le calendrier de 1960 il y en a une chaque jour de l’ancienne octave). Depuis la révolution liturgique, tous ces jours sont des féries, sans lien avec l’Ascension, et cette année sans la moindre fête de saint, puisque de toute façon la plupart ont disparu.

    Et certains n’hésitent pas à faire de Dom Pius Parsch un prophète de la révolution liturgique d’après Vatican II. Sur Wikipedia il est même carrément « un grand artisan de la réforme liturgique du concile Vatican II ». Lui qui n’imaginait même pas qu’on pût supprimer l’octave de l’Ascension et qui regrettait si fort que saint Pie X l’ait déclassée…

    Bref, je suis d’autant plus enclin à suivre le conseil de dom Parsch adressé à ceux qui ne sont pas tenus à l’Ordo que mon bréviaire date d’avant la suppression de l’octave et que c’est donc plus facile…

    Et puis je n’arrive pas à passer ainsi brutalement d’une des plus grandes fêtes de l’année à une « férie », et saint Jean Baptiste de la Salle, dont c’est la fête aujourd’hui, passe pour moi au second plan.

    Il y a en effet les lectures du bréviaire, dont parle dom Pius Parsch, qu’on pourra trouver chaque jour, en latin et en français, sur Introibo. Et il y a aussi (sur les mêmes pages) les abondants commentaires quotidiens du même dom Pius Parsch, et de dom Guéranger, ainsi que les aperçus que donne ce dernier sur les autres liturgies.

    Ainsi aujourd’hui cette hymne de la liturgie arménienne :

    Les Puissances du ciel ont été émues en vous voyant monter, ô Christ ! Elles se disaient l’une à l’autre dans leur tremblement : « Quel est ce Roi de gloire ? »

    — C’est le Dieu Verbe incarné, qui a anéanti le péché sur la croix, et qui, s’étant envolé avec gloire, vient au ciel, Seigneur qu’il est, dans sa force et sa vertu.

    — C’est celui qui s’est levé du sépulcre et a détruit la mort ; aujourd’hui il monte avec gloire, et vient au Père : il est le Seigneur puissant dans les combats.

    — C’est lui qui, par un pouvoir divin, est monté aujourd’hui sur le char de son Père, servi par les chœurs des Anges, qui chantaient et s’écriaient : « Princes, ouvrez vos portes, et le Roi de gloire entrera. »

    Les Puissances célestes étaient dans l’étonnement, et se demandaient d’une voix tremblante : « Quel est ce Roi de gloire qui vient dans la chair et revêtu d’un si merveilleux pouvoir ? Princes, ouvrez vos portes, et le Roi de gloire entrera. »

    Les Hiérarchies supérieures faisaient entendre un concert harmonieux ; elles chantaient un cantique nouveau, et disaient : « C’est le Roi de gloire, le sauveur du monde et le libérateur du genre humain. Princes, ouvrez vos portes, et le Roi de gloire entrera. »

    Et nous, qui avons été entés sur toi par la ressemblance de ta mort, ô Fils de Dieu, rends-nous dignes d’obtenir aussi cette autre ressemblance, ô Roi de gloire ! Toutes les Églises des saints célèbrent ton triomphe par des cantiques spirituels.

    Tu as crucifié avec toi le vieil homme, tu as brisé l’aiguillon du péché, tu nous as délivrés par ce bois vivifiant auquel tu fus attaché, et les gouttes de ton sang ont enivré le monde : toutes les Églises des saints célèbrent ton triomphe par des cantiques spirituels.

    Dans ta compassion pour nous, ta nature divine a daigné s’incarner, et tu nous as fait participer à ton corps et à ton sang dans le Sacrifice d’agréable odeur que tu as offert à ton Père, en lui immolant ton corps, emprunté à notre nature. Ensuite tu es monté sur un nuage éclatant, à la vue des Puissances et des Principautés qui, dans leur admiration, se demandaient : « Quel est celui qui arrive d’Édom d’un pas si rapide ? » Et les membres de ton Église ont appris à connaître les ressources de ton infinie sagesse. Que toutes les Églises des saints célèbrent ton triomphe par des cantiques spirituels.