14 octobre 2014

Je ne suis pas sûr…

que le rapport d’étape du synode mérite une analyse aussi fouillée que celle que lui consacre Jeanne Smits, mais c’est aussi une façon de prendre date et d’avoir un état de la question très précis.

N’en jetez plus, la poubelle est pleine…

Quelques titres de la presse francophone sur le rapport à mi-parcours du synode :

Le synode reconnaît des valeurs positives au mariage civil, y compris homosexuel

Le Vatican change de ton vis-à-vis des homosexuels

Homosexualité, divorce, concubinage... L'Eglise reverrait-elle son dogme sur la famille ?

Mariage homosexuel: le Vatican reconnaît qu'il peut représenter une "aide précieuse pour la vie des partenaires"

Mariage civil, homosexualité... Un air nouveau au Vatican ?

Homosexualité, divorce, mariage... Le Vatican porte un regard nouveau sur la famille

Mariage : l’Eglise se montre plus bienveillante à l’égard des unions libres et des homosexuels

Le Vatican change de ton sur l'union libre, même homosexuelle

L'Église assouplit sa doctrine concernant les homosexuels

Le Vatican change de ton à propos de la cause homosexuelle

Au synode sur la famille un ton nouveau et plus positif sur les homosexuels

Vatican: le synode affirme les valeurs positives du mariage civil

Couples gays et unions libres : le Vatican change son discours

Vatican: une ouverture sans précédent aux unions gaies

Insolite

Abou Dhabi 3.jpg

Une image pas banale : Son Altesse le Cheikh Nahyan Bin Mubarak Al Nahyan, ministre de la Culture des Emirats arabes unis et membre de la dynastie régnante d’Abou Dabi, le 9 octobre dernier, inaugurant le nouveau Centre Saint-Joseph d’Abou Dabi. Derrière lui l’autel de la cathédrale Saint-Joseph (qui sera consacré le lendemain), le tabernacle (encore vide) mais surtout le grand crucifix. Et sur le pupitre, une croix…

cheikh.jpg

Le « centre paroissial Saint-Joseph », qui abrite l’église Saint-Joseph devenue en 1983 cathédrale du vicariat apostolique d’Arabie du Sud, a été en grande partie démoli et reconstruit, en plus grand, voire somptueux. Les quelque 100.000 catholiques d’Abou Dabi sont tous des travailleurs immigrés : c’est typiquement l’Eglise riche pour les pauvres, sous la houlette de Mgr Hinder qui ne se cache pas d’avoir besoin de vastes locaux pour l’apostolat de chrétiens d’Inde et des Philippines ; lesquels ne voient pas pourquoi l’Eglise devrait se montrer miséreuse chez les magnats du pétrole…

foule.jpg

Abu Dhabi1.jpg

15:45 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (3)

Même la Pravda du Vatican s’inquiète…

Si on continue de lire après les premières lignes enthousiastement bisounoursiques :

Cité du Vatican, 14 octobre 2014 (VIS). D'entrée, le Cardinal Rapporteur général a lu la Relatio post Disceptationem, après quoi s'est déroulé le débat libre. En ligne générale, la Relatio a été appréciée, en particulier pour sa qualité photographique des interventions des pères synodaux, le rendu du climat d'ouverture des travaux et la mise en évidence du thème dominant de l'accueil. Le texte exprime bien l'amour de l'Eglise pour la famille fidèle au Christ, comme sa capacité d'être proche des gens en toute circonstance et de comprendre que derrière les enjeux pastoraux il y a des personnes souffrantes. Le regard du Synode est bien celui du pasteur envers un troupeau qu'il ne juge pas à priori. La Relatio contenant plusieurs points de vue qui seront débattus au cours des Circuli Minores, on a suggéré des réflexions supplémentaires. Par exemple: Si l'Eglise doit s'ouvrir à qui est en difficulté, il convient d'insister sur les familles demeurées fidèles aux enseignements évangéliques, de les remercier et de les encourager dans leur témoignage. Le Synode devrait mieux affirmer l'indissolubilité du mariage, et combien la fidélité pour toujours est une valeur pour la société, évitant ainsi de se focaliser sur les cas anormaux. Il a été recommandé de porter plus d'attention au rôle de la femme, fondamentale dans la transmission de la vie et de la foi, mais aussi à celle des grands parents au sein de la famille, au concept d'Eglise domestique, à la paroisse comme famille des familles, à la Sainte Famille comme référence majeure, à la mission évangélisatrice de la famille.

Il convient également d'éclaircir le concept de gradualité, car sujet à confusions. Ainsi à propos de l'accès aux sacrements des divorcés remariés, le risque est que les exceptions portent à la règle. On a regretté la quasi absence dans le texte du mot péché, et rappelé combien le Christ a fortement condamné le danger de céder à la mentalité du monde. Si on a mis en relief la nécessité d'une compréhension prudente des homosexuels comme des personnes vivant l'union libre, qui ne donne pas l'impression d'admettre leur orientation sexuelle. En tout cas, il y a nécessité de réaffirmer la place éminente du sacrement baptismal, essentiel pour comprendre la sacralité du mariage et sa nature de ministère d'annonce de l'Evangile. Quant à la simplification des procédures en nullité, des objections se sont exprimées face à la proposition d'attribuer à l'évêque diocésain de nouvelles compétences qui le surchargeront. On a aussi estimé nécessaire une plus profonde réflexion sur la polygamie, avant tout si un converti entend accéder aux sacrements, et sur la diffusion de la pornographie, principalement véhiculée par le web, qui constitue un danger pour la cohésion familiale. Il a enfin été demandé de mieux approcher la question de la disponibilité du couple envers la vie, et d'être clairs sur l'avortement et la procréation assistée.

Le président de la conférence des évêques de Pologne : « Ce document est inacceptable »

Interrogé hier par Radio Vatican, Mgr Stanislas Gadecki, archevêque de Poznan et président de la conférence des évêques de Pologne, déclare que le rapport de mi-parcours du synode n’est pas acceptable pour de nombreux évêques. Ce document s’éloigne de l’enseignement de Jean-Paul II et on y trouve même des traces d’idéologie anti-mariage, explique-t-il :

« Est-ce que le dessein de ce synode est le soutien pastoral aux familles en difficulté, ou son objectif est-il l’étude de cas particuliers ? Notre tâche principale est de soutenir la pastorale de la famille, et non de la heurter, en exposant ces situations difficiles qui existent, mais qui ne constituent pas le noyau même de la famille, et ne suppriment pas la nécessité du soutien qui doit être apporté aux bonnes familles normales, ordinaires, qui se battent pas tant pour la survie que pour la fidélité.

« En ce qui concerne les questions du mariage et de la famille, certains critères qui leur sont appliqués soulèvent des doutes. Par exemple, le critère de gradualité. Est-ce que l’on peut réellement traiter la cohabitation comme une gradualité sur le chemin de la sainteté ? Aujourd’hui, la discussion a étalement souligné que la doctrine présentée dans le document est marquée par le péché d’omission. Comme si le point de vue du monde prévalait et que tout est une imperfection qui mène à la perfection… On a accordé attention à ce document, non pas tant à ce qu’il dit mais à ce qu’il ne dit pas. Nous ne parlons pratiquement que d’exceptions, mais nous devons aussi présenter la vérité. Ensuite, les points qui évoquent les enfants confiés à des couples homosexuels sont formulés un peu comme si cette situation était louable ! C’est aussi un défaut de ce texte, qui devrait inciter à la fidélité, aux valeurs familiales, mais qui au lieu de cela semble tout accepter tel quel. Cela donne l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été sans miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde commençait seulement maintenant. »

C’est pas moi c’est l’autre…

Lors de la présentation du rapport de mi-parcours du synode à la presse, hier, un journaliste a posé une question sur le paragraphe concernant les homosexuels.

Et le cardinal Erdö, qui est le rapporteur, donc l’auteur du rapport, de répondre :

« Adressez-vous à Mgr Forte : celui qui a écrit le texte doit savoir de quoi ça parle. »

Sic.

Et Mgr Forte en a profité pour en remettre une couche sur les « aspects positifs » des relations homosexuelles, la « reconnaissance » et l’« appréciation » de « tout ce qui est positif dans ces sortes d’expérience », ce qui est « un exercice d’honnêteté intellectuelle et de charité spirituelle »…

Au fait…

Je m’en voudrais si mes commentaires sur le synode donnaient des idées noires ou dépressives à certains de mes lecteurs.

Personne, pas même le pape, ne peut nous enlever la joie du salut.

Personne, pas même le pape, ne peut abîmer notre espérance qui n’est pas de ce monde mais qui est une ancre jetée et fixée au-delà du voile, dans le Royaume, comme le dit l’épître aux Hébreux.

Le rapport de mi-parcours du synode n’est qu’un rapport d’étape. Mais il est hélas pleinement dans le sens de ce que ce pontificat nous fait subir depuis son tout premier instant, et particulièrement dans le sens de l’épisode Kasper de préparation du synode, ce qui est certes inquiétant pour la suite (surtout si l’on se souvient que la préparation Kasper a commencé dès le premier Angelus de François, le 21 mars 2013).

Cela dit le pire n’est jamais sûr.

Mais ce que je me dis aussi, au vu de certaines réactions d’évêques et de cardinaux, est que cet épisode, ce désastreux pontificat dans son ensemble, est peut-être nécessaire pour qu’il y ait un sursaut des vraies forces vives de l’Eglise. Un peu comme il a fallu la loi Taubira pour qu’il y ait ce sursaut inédit et imprévu de la Manif pour tous, des veilleurs, sentinelles, etc.

Dieu se sert du mal pour faire le bien…

Saint Calixte

Saint Calixte Ier pourrait être appelé le pape de la miséricorde. Et les pères du synode feraient bien de méditer son pontificat. Car il mit en œuvre non pas la caricature et l’imposture d’un Kasper, mais la véritable et authentique miséricorde.

Et la providence a voulu que la collecte de sa messe, qui ne comporte même pas son nom parce qu’on ne savait rien de lui, soit précisément l’expression de son enseignement :

Deus, qui nos conspicis ex nostra infirmitate deficere : ad amorem tuum nos misericorditer per Sanctorum tuorum exempla restaura.

O Dieu, qui nous voyez défaillir à cause de notre faiblesse, raffermissez-nous miséricordieusement dans votre amour au moyen des exemples de vos Saints.

On ne savait rien de saint Calixte avant le milieu du XIXe siècle, quand on découvrit les Philosophumena, un gros livre contre les hérésies où l’un des hérétiques était… Calixte. Or l’auteur des Philosophumena reproche au pape un intolérable laxisme, au nom de la miséricorde. En effet, Calixte considérait que tout péché pouvait être remis si le pécheur le regrettait et s’en confessait, même ceux que l’on considérait le plus souvent comme impardonnables : l’apostasie, le meurtre, l’adultère. Il considérait également qu’on ne devait pas déposer un évêque sous prétexte qu’il avait commis un péché mortel.

Tertullien critiquera sévèrement lui aussi ces nouveautés. Mais Tertullien mourra en dehors de l’Eglise... Et la doctrine de Calixte deviendra celle de l’Eglise : c’est la plus grande miséricorde envers le pécheur, de tout pécheur, mais à condition qu’il se reconnaisse pécheur, et non qu’on lui fasse croire qu’il ne l’est pas vraiment…

Toujours en rapport avec le synode, saint Calixte avait innové en admettant le mariage entre les femmes libres et les esclaves, ce que la loi civile interdisait, et il montrait ainsi la supériorité du mariage religieux sur le mariage civil. Aujourd’hui on prétend au contraire revaloriser le mariage civil... alors qu’en France les évêques auraient dû s’inspirer de saint Calixte pour décider que si le mariage civil reconnaît l’union de personnes de même sexe, l’obligation du mariage civil devient caduque pour les catholiques.

Saint Calixte, priez pour le synode…

06:18 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

13 octobre 2014

Le scandaleux rapport de mi-parcours du synode

14.  Jésus Lui-même, en se référant au dessein premier sur le couple humain, réaffirme l'union indissoluble entre l'homme et la femme, tout en comprenant que « en raison de votre dureté de cœur (que) Moise vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l'origine, il n'en fut pas ainsi » (Mt 19,8). De cette manière, Il montre combien la condescendance divine accompagne toujours le chemin de l'homme, l'orientant vers son principe, non sans passer par la croix.

On croirait une blague, mais ce n’en est pas une. Les théologiens tordus qui orientent le synode osent renverser le propos du Christ, et pour cela ils doivent évidemment censurer ce que dit ensuite le Christ…

Une fois qu’on a ainsi posé en principe universel et permanent la « condescendance divine » à partir d’une exception particulière limitée à la loi de Moïse et qui est définitivement caduque, il va de soi qu’on peut tout admettre, et prétendre le faire au nom de l’Evangile.

La grande trouvaille est de prétendre qu’on peut, ou plutôt qu’on doit, appliquer aux questions de la famille ce que Vatican II a dit de la communion avec l’Eglise. Le concile ayant constaté qu’il y a divers degrés de communion avec l’Eglise, et que dans les religions non chrétiennes il y a des éléments positifs, on conclut que, par conséquent, il y a aussi divers degrés de participation à la morale de l’Eglise. C’est une évidente imposture, puisque le texte conciliaire parle de personnes qui ne sont pas catholiques, qui sont en dehors de l’Eglise : celles qui étant en dehors de l’Eglise ont néanmoins un lien de communion avec l’Eglise (par le baptême reçu chez les protestants, par exemple), et celles qui, sans lien direct avec l’Eglise, conservent néanmoins des éléments de la tradition primordiale.

Cela n’a évidemment rien à voir avec l’objet du synode, puisque le synode s’adresse aux catholiques, examine les problèmes qui se posent aux familles catholiques (ce ne sont pas les divorcés remariés bouddhistes qui demandent la communion).

Il est aberrant de « reconnaître des éléments positifs dans les formes imparfaites qui se trouvent en dehors de cette réalité nuptiale » (n.18), en bref chez des gens qui se disent catholiques et qui vivent en concubinage.

D’où ces développements ahurissants, qui passent tout simplement le péché – et donc le salut - par profits et pertes :

20. Un discernement spirituel étant donc nécessaire en ce qui concerne les cohabitations et les mariages civils ainsi que pour ce qui est des divorcés « remariés », il appartient à l'Église de reconnaître ces semina Verbi répandus hors des frontières visibles et sacramentelles. En suivant le vaste regard du Christ, dont la lumière éclaire tout homme (cf. Jn 1, 9 ; cf. Gaudium et Spes, 22), l'Église se tourne avec respect vers ceux qui participent à sa vie de manière incomplète et imparfaite, appréciant plus les valeurs positives qu'ils conservent que leurs limites et leurs manquements.

50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne: sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent  rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en appréciant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?

Sans compromettre ? Là aussi on croirait une blague. Hélas ce n’en est pas une. On ne compromet pas la doctrine, on détruit carrément l’enseignement du Christ-Dieu et celui que délivrait saint Paul en son nom.

Pourquoi le rapport du synode est une trahison

Voici la traduction d’un texte remarquable de « Voice of the Family », sur la "Relatio post disceptationem" du synode, intitulé : Des catholiques pro-famille rejettent le rapport de mi-parcours du synode, l’appelant une “trahison”.

Ceux qui contrôlent le synode ont trahi les parents catholiques du monde entier. Nous croyons que le rapport de mi-parcours du synode est l’un des pires documents officiels rédigés dans l’histoire de l’Eglise.

Heureusement, le rapport est un rapport préliminaire destiné à être discuté, plutôt qu’une proposition définitive. Il est essentiel que la voix de ces fidèles laïcs qui vivent sincèrement de ce qu’enseigne l’Eglsie soit également prise en compte. Des familles catholiques s’accrochent bec et ongles à l’enseignement du Christ sur le mariage et la chasteté.

Patrick Buckley, représentant irlandais de Voice of the Family, déclare :

« Le rapport de mi-parcours du synode représente une attaque contre le mariage et la famille. Par exemple, le rapport approuve en fait tacitement les relations adultères, contredisant ainsi le sixième commandement et les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ sur l’indissolubilité du mariage.

« Le rapport sape l’enseignement définitif de l’Eglise contre la contraception, en utilisant le langage codé par lequel on “souligne la nécessité de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de contrôle des naissances”. Ce langage est le code de ceux qui veulent réduire la doctrine de l’Eglise à un simple guide, laissant les couples libres de choisir la contraception en soi-disant « conscience ».

« Le rapport reconnaît à tort une valeur à l’orientation homosexuelle. Ceci contredit la Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1986 sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles : « Bien qu'elle ne soit pas en elle-même un péché, l'inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C'est la raison pour laquelle l'inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée. »

Maria Madise, coordinateur de Voice of the Family, déclare :

« Qu’est-ce que les parents catholiques devront maintenant dire à leurs enfants au sujet de la contraception, de la cohabitation avec des partenaires, ou des modes de vie homosexuels ? Est-ce que ces parents vont devoir dire maintenant à leurs enfants que le Vatican enseigne qu’il y a des aspects positifs et constructifs dans ces péchés mortels ? Cette approche détruit la grâce dans les âmes.

« Ce serait une fausse miséricorde de donner la sainte communion à ceux qui ne se repentent pas de leurs péchés mortels contre les enseignements du Christ sur la pureté sexuelle. La vraie miséricorde consiste à offrir aux gens une conscience propre par le sacrement de la confession et ainsi l’union avec Dieu.

« Beaucoup de ceux qui prétendent parler au nom de l’Eglise universelle ont échoué à enseigner les fidèles. Cet échec a créé des difficultés sans précédent pour les familles. Aucune responsabilité n’est prise dans cet échec dans ce désastreux rapport de mi-parcours.

« Le rapport de mi-parcours du synode augmentera le taux des fidèles catholiques étiquetés comme “pharisiens” simplement parce qu’ils défendent l’enseignement sur la pureté sexuelle.

John Smeaton conclut :

« Nous exhortons les catholiques à ne pas être complaisants ou à ne pas céder à un faux sens de l’obéissance, face à des attaques contre les principes fondamentaux de la loi naturelle. Les catholiques sont moralement obligés de s’opposer au cours qui s’est fait jour dans le synode. »

Quand Valls se rebiffe

« Le projet de budget de la France est assez loin de l'objectif, à la fois en terme de déficit et de mesures effectives, concernant le déficit structurel et le nombre et la qualité des réformes qui doivent être réalisées… On leur a donné deux ans et la question est : comment ont-ils utilisé ce temps ? Pour être tout à fait franc, je crois qu'ils ne l’ont pas utilisé. »

Le propos est de Jeroen Dijsselbloem, ministre des Finances des Pays-Bas et actuel président de l’Eurogroupe.

Michel Sapin a répondu :

« Monsieur Dijsselbloem n'est pas l'Europe. Monsieur Dijsselbloem ne représente pas l'Europe. »

Et Manuel Valls :

« Il faut respecter la France, c'est un grand pays. Je n'accepte pas de leçons de bonne gestion. Je demande à chacun beaucoup de sang-froid, beaucoup de respect, surtout de la part de partenaires européens. »

Mais Jeroen Dijsselbloem, qui « représente l’Europe » dans la mesure où il est le président du club des pays qui ont la monnaie unique, ne fait que dire tout haut ce que les experts de la Commission européenne disent tout bas – pas si bas que cela, d’ailleurs.

On remarque que pour défendre leur gestion désastreuse nos politiques jouent sur le sentiment de l’honneur national bafoué, alors que lorsqu’il faut faire accepter de nouvelles pertes de souveraineté ils expliquent qu’il faut dépasser le cadre national. Ainsi quand on met davantage encore la France sous la coupe de Bruxelles (notamment en permettant à l’exécutif européen de contrôler les budgets nationaux), on nous explique que l’union fait la force et que la France est un trop petit pays pour jouer seule dans la compétition mondiale, mais quand ce même exécutif européen menace de nous sanctionner avec les sanctions que nous lui avons octroyées, tout à coup la France devient un grand pays auquel on ne fait pas la leçon… C’est pitoyable.

Un certain Jambon

La nomination du nouveau ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, fait polémique, paraît-il. Parce que c’est un nationaliste flamand (comme presque tous les ministres importants de ce gouvernement), qui fait partie d’une « association ultranationaliste qui participe à des commémorations avec l'extrême droite flamande », selon Libération ; il a même pris la parole en 2001 dans la réunion d’une « amicale d’extrême droite », et même on l’a vu (mais si, il y a une photo) écouter un discours de Jean-Marie Le Pen en 2007…

Mais personne ne paraît s’inquiéter que le nom sous lequel il se présente soit une évidente provocation islamophobe…

Des actes « barbares » en Basse-Bretagne

Les égorgements de ressortissants occidentaux par l’Etat islamique sont qualifiés d’actes barbares par nos politiques et notre presse. Mais il n’y a pas qu’en Irak ou en Syrie qu’on ait à déplorer des actes barbares. Il vient de s’en commettre un à Saint-Martin-des-Champs, à côté de Morlaix (Finistère).

En effet, on a découvert des saucisses accrochées à des fenêtres. Or ces fenêtres sont celles d’un bâtiment qui est censé être bientôt transformé en mosquée.

Le Conseil régional du culte musulman a exprimé son« indignation devant ces actes racistes et barbares visant la sacralité d’un lieu de culte ».

Il n’y a pas de lieu de culte. Il n’y aucune sacralité.

Le préfet de région Patrick Strzoda, qu’on n’entend jamais quand il y a de vraies profanations de vrais lieux de culte (catholiques), a adressé un vibrant message de soutien à la communauté musulmane : « Je partage votre indignation et je condamne fermement cet acte inacceptable et inqualifiable. Je rappelle à l’ensemble des forces de l’ordre les consignes pour prévenir de tels actes et pour en retrouver les auteurs et les mettre à la disposition de la justice. »

Il est en effet inacceptable de gaspiller des saucisses. Ma mère m’a appris à respecter la nourriture.

Le « Grand Trophée » de la restauration aux chanoines de Lagrasse

Propriétés de France, la Fondation pour les Monuments Historiques et le Figaro Magazine, en partenariat avec la Demeure Historique, ont décerné le grand prix de la plus belle restauration à l’Abbaye de Lagrasse.

Ainsi sont distingués les Chanoines réguliers de la Mère de Dieu, installés en ce lieu depuis dix ans. Or c’est une communauté attachée à la liturgie traditionnelle.

Voir ici (article et vidéo).

Les travaux ont bénéficié de l’aide de l’association pour la sauvegarde et la mise en valeur de l’Abbaye de Lagrasse (ASMVAL).

A voir sur le Forum catholique les belles photos du Figaro Magazine.

15:19 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (2)

A Knayeh, Syrie

Les cinq chrétiens de Knayeh encore détenus par le Front al-Nosrah ont été libérés hier matin.

Le Père Hanna Jallouf, assigné à domicile par le tribunal islamique, attend quant à lui son procès pour « collaboration avec le régime baas ».

A Knayeh sont encore présents 300 chrétiens et le Père Hanna Jallouf poursuit l’exercice de son ministère pastoral à leur profit malgré les conditions de liberté limitée dans lesquelles il se trouve. Dans le village, fonctionne un centre d’aide paroissial qui constitue la seule source d’aide matérielle pour la population de la vallée de l’Oronte, chrétienne et non. Le centre en question constitue l’une des activités soutenues en Syrie depuis 2011 par ATS- Pro Terra Sancta, l’ONG de la Custodie de Terre Sainte.

13:45 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Le pape insulte l’Eglise

« Nous sommes tous appelés à ne pas réduire le Royaume de Dieu aux limites de la petite Eglise – notre toute petite Eglise – mais à élargir l’Église aux dimensions du Royaume de Dieu » (François à l’Angelus, hier).

« La nostra chiesetta piccoletta ». Notre toute petite petite Eglise…

Il y aurait tellement à dire, sur une telle monstruosité. Tiens, juste un petit paragraphe de Vatican II (Lumen gentium 48) :

« Le Christ élevé de terre a tiré à lui tous les hommes (cf. Jn 12, 32) ; ressuscité des morts, il a envoyé sur ses Apôtres son Esprit de vie et par lui a constitué son Corps, qui est l’Église, comme le sacrement universel du salut ; assis à la droite du Père, il exerce continuellement son action dans le monde pour conduire les hommes vers l’Église, se les unir par elle plus étroitement et leur faire part de sa vie glorieuse en leur donnant pour nourriture son propre Corps et son Sang. La nouvelle condition promise et espérée a déjà reçu dans le Christ son premier commencement ; l’envoi du Saint-Esprit lui a donné son élan et par lui elle se continue dans l’Église où la foi nous instruit sur la signification même de notre vie temporelle, dès lors que nous menons à bonne fin, avec l’espérance des biens futurs, la tâche qui nous a été confiée par le Père et que nous faisons ainsi notre salut (cf. Ph 2, 12). »

Les six du pape et les deux francophones

Alors que la première partie du synode venait de s’achever, le pape a annoncé samedi une décision qui a surpris tous les observateurs : il a décidé d'adjoindre six nouveaux "pères" au trio chargé de rédiger le document final du synode. Six qui sont à 100% dans la ligne Bergoglio, voire pire: le cardinal Gianfranco Ravasi, le cardinal Donald Wuerl, Mgr Victor Manuel Fernandez (recteur de l'université catholique de Buenos Aires), Mgr Carlos Aguiar Retes (président du CELAM), Mgr Peter Kang U-il (archevêque de Séoul), le P. Adolfo Nicolas (général des jésuites).

A une question d'un journaliste sur cette liste, Mgr Martin (archevêque de Dublin) qui faisait la conférence de presse a répondu : « Je ne sais pas pourquoi il n'y a pas d'Africain dans cette liste. » Tout le monde le sait bien, au contraire...

La deuxième partie du synode est l’examen des thèmes dans les « circuli minores », les groupes d’évêques réunis selon leur langue. Il y a trois groupes anglophones, deux francophones, trois italophones, deux hispanophones. Les « modérateurs » qui président les groupes sont élus par les membres de ce groupe. De ce fait il est curieux que le modérateur du circulus Anglicus A soit le cardinal Burke…

A propos du rayonnement de la France, on notera aussi que les deux "circuli minores" francophones sont présidés par un (très bon) Guinéen, le cardinal Sarah, et un (très mauvais) Autrichien, le cardinal Schönborn.

Saint Edouard le Confesseur

Saint Edouard, pendant son exil en Normandie, avait fait vœu d’aller visiter le tombeau de saint Pierre à Rome, si Dieu mettait fin aux malheurs de sa famille. Lorsqu’il se fut solidement établi sur le trône, il prépara de riches offrandes pour l’autel du Prince des Apôtres, et disposa tout pour se mettre en état de passer en Italie. Ayant convoqué ensuite l’assemblée générale de la nation, il y déclara l’engagement qu’il avait contracté, et fit sentir l’obligation où il était de témoigner à Dieu sa reconnaissance. Il proposa ensuite les moyens qui lui paraissaient les plus propres à faire fleurir le commerce et à maintenir la paix ; il finit par mettre ses sujets sous la protection du Ciel. Les principaux de l’assemblée alléguèrent les raisons les plus fortes pour le dissuader de l’exécution de son dessein. Après avoir loué sa piété, ils lui représentèrent avec larmes les dangers auxquels l’Etat serait exposé ; qu’on aurait à craindre tout à la fois les ennemis du dedans et du dehors ; qu’ils s’imaginaient déjà voir toutes les calamités tomber sur le royaume.

Edouard fut si touché de leurs raisons et de leurs prières, qu’il promit, avant de rien entreprendre, de consulter Léon IX, qui occupait alors la chaire de Pierre. Il envoya à Rome, pour ce sujet, Aëlred, archevêque d’York, Herman, évêque de Winchester, et deux abbés. Le Pape, persuadé que le roi ne pouvait quitter ses Etats sans exposer son peuple à de grands dangers, le dispensa de l’accomplissement de son vœu ; mais ce fut à condition qu’il distribuerait aux pauvres l’argent qu’il aurait dépensé en venant à Rome, et qu’il bâtirait ou doterait un monastère en l’honneur de saint Pierre.

Sébert, roi des Est-Angles, avait fondé la cathédrale de Saint-Paul de Londres. Quelques auteurs lui ont aussi attribué la fondation d’un monastère en l’honneur de saint Pierre, qui était hors les murs et au couchant de la ville. On dit que ce monastère occupait l’emplacement d’un ancien temple d’Apollon, qu’un tremblement de terre avait renversé : mais le silence de saint Bède le Vénérable fait croire qu’il fut bâti quelques années plus tard par quelque particulier et qu’il était peu de chose dans son origine. On l’appelait Torney. Des Danois l’ayant détruit, le roi Edgard le fit reconstruire. Saint Edouard, après l’avoir réparé, y fit des donations considérables ; il voulut encore qu’il fut honoré d’exemptions et de privilèges ; ce qu’il obtint du pape Nicolas II en 1059. On lui donna le nom de Westminster, à cause de sa situation. Il est devenu fort célèbre depuis par le sacre des rois et par la sépulture des grands hommes du royaume. C’était l’abbaye la plus riche de toute l’Angleterre lorsqu’on y détruisit tous les monastères. (…)

S’étant trouvé mal à la cérémonie de dédicace de l’église de Westminster dont nous avons parlé plus haut, il n’y assista pas moins jusqu’à la fin ; mais fut obligé de se mettre au lit à l’issue de la cérémonie. Il ne pensa plus dès lors qu’à se préparer à la mort par des actes fervents de piété et par la réception des sacrements. Tous les seigneurs de sa cour témoignaient la douleur la plus vive. Voyant la reine fondre en larmes, saint Edouard lui dit : « Ne pleurez plus ; je ne mourrai point, mais je vivrai ; j’espère en quittant cette terre de mort entrer dans la terre des vivants pour y jouir du bonheur des saints. » Il la recommanda ensuite à Harold et à d’autres seigneurs, et il leur déclara qu’elle était restée vierge. Il expira tranquillement le 5 janvier 1066, dans la 64e année de son âge et après un règne de 23 ans.

(Vie des pères, martyrs et autres principaux saints, par l’abbé Godescard)

06:52 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

12 octobre 2014

18e dimanche après la Pentecôte

Le Christ accomplit des mystères divins, en ses actions humaines et sous des apparences visibles, il opère des œuvres invisibles : la lecture de ce jour nous le montre. « Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. Il vint dans sa ville. » N’est-ce pas celui-là même qui, après avoir repoussé les flots, met à nu les tréfonds de la mer, de sorte que le peuple d’Israël passe à pied sec au milieu des eaux figées d’étonnement, comme dans un creux entre des montagnes ? N’est-ce pas lui qui incline les vagues de la mer sous les pieds de Pierre si bien qu’une route d’eau offre aux pas d’un homme un sillage solide ? Alors, pourquoi refuse-t-il pour lui-même les services de la mer, et recourt-il à ceux d’un batelier pour traverser un si petit lac ?

« Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. » Et quoi d’étonnant, frères ? Le Christ est venu se charger de nos faiblesses et nous donner sa force, chercher ce qui est humain, accorder ce qui est divin, accepter des injures, rendre des dignités, porter des maux, apporter la guérison ; car le médecin qui ne porte pas l’infirmité ne sait pas guérir, et celui qui n’a pas été malade avec le malade ne peut pas apporter au malade la guérison.

Le Christ donc, s’il était demeuré dans sa puissance, n’aurait rien eu de commun avec les hommes ; et s’il n’avait pas assumé la condition de la nature charnelle, c’est en vain qu’il aurait revêtu la chair.

« Il monta dans une barque, dit l’Évangile, et il passa sur l’autre rive. Il vint dans sa ville. » Le Créateur des choses, le Seigneur de l’univers, après s’être mis à l’étroit pour nous dans notre chair, commence par avoir une patrie humaine, commence par être citoyen d’une ville de Judée, commence par avoir des parents, lui qui est le père de tous les parents. N’est-ce pas l’amour qui invite, la charité qui attire, l’affection qui triomphe, la bonté qui persuade ceux que la tyrannie a chassés, que la crainte a dispersés, que la contrainte a bannis ?

*

Ce que l’on vient de lire est le début du sermon 50 de saint Pierre Chrysologue sur l’évangile de ce dimanche. C’est la lecture des matines, qui s’arrête donc avant le miracle de la guérison du paralytique. Il s’agit même du commentaire de la seule première phrase de l’évangile, à laquelle on ne prête guère attention, et qui contient pourtant des vérités essentielles : toute l’étendue du mystère de l’incarnation.

Du reste c’est bien un commentaire de la guérison du paralytique : « car le médecin qui ne porte pas l’infirmité ne sait pas guérir, et celui qui n’a pas été malade avec le malade ne peut pas apporter au malade la guérison ».

Et la dernière phrase de cet évangile, à laquelle on ne prête guère attention non plus (en raison de l’importance cruciale du miracle où Jésus affirme clairement sa divinité) est la suite logique du mystère de l’incarnation évoqué dans la première phrase : «  Les foules, voyant cela, furent remplies de crainte, et glorifièrent Dieu, qui avait donné un tel pouvoir aux hommes. » Aux hommes, au pluriel, ce qui surprend, puisqu’on vient de nous montrer le pouvoir du Christ, et non « des hommes ». Mais c’est que le Christ poursuivra sa mission par l’Eglise, l’Eglise incarnée, des hommes, qui disposeront de ses sacrements pour guérir les âmes.

L’offertoire de ce dimanche, dans sa version complète, est sans aucun doute le plus long de l’année liturgique. C’est quasiment un oratorio de plain chant. Dommage qu’on ne l’entende jamais. Mais il est vrai qu’il doit durer, sans traîner, près de vingt minutes… Ce qui est un peu long pour un offertoire, même de la messe de saint Pie V…

06:38 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (4)

11 octobre 2014

A propos d’un appel des "sentinelles"

On lira sur le Salon Beige un appel d’une « poignée de sentinelles parisiennes ».

C’est un bon texte. On y lit notamment ceci : « Veiller sans se soucier d'obtenir un résultat immédiat, tangible et palpable. »

Et c’est ce qui apparente le geste immobile du veilleur à la prière la plus authentique. C’est pourquoi au début de ce mouvement j’avais dit qu’ils étaient une preuve de l’existence de Dieu.

Mais justement, on s’étonne de ne pas voir dans le texte la moindre allusion à la prière. Car voici ce que l’on peut faire pendant les minutes ou les heures de sentinelle : « Veiller en lisant un livre, ou en jouant sur votre smartphone. Veiller avec de la musique dans votre casque ou en écoutant les bruits de votre ville. »

Ce ne serait pourtant pas déroger à la laïcité de l’initiative, à une vraie et saine laïcité, de dire que l’on PEUT aussi profiter de ce temps pour prier.

Ce n’est pas de la vraie et saine laïcité que de laisser croire que, même pour les veilleurs chrétiens, la prière doive rester étrangère à ce combat.

Surtout pendant le mois d’octobre, quelques jours après la fête du Rosaire qui gagna la victoire de Lépante…

Une certaine Violeta Bulc…

Le gouvernement slovène a désigné Violeta Bulc (prononcer "boults") comme commissaire européen, en remplacement d’Alenka Bratusek qui s’est fait rejeter par le Parlement européen.

Et il a accompagné cette nomination d’une déclaration écrite : « Le Premier ministre espère que les groupes politiques du Parlement européen respecteront l’ordre juridique de l’UE et les principes de base de la démocratie pour ce qui concerne la sélection des candidats commissaires. »

Cette ferme mise au point fait suite au conseil pressant émanant du Parlement européen, et particulièrement du groupe socialiste, pour que le gouvernement slovène choisisse le député européen Tanja Fajon. Ce qui a été considéré par le gouvernement slovène comme une intolérable ingérence dans les affaires intérieures.

Violeta Bulc est toute nouvelle dans la politique slovène : depuis qu’elle est subitement devenue, il y a moins d’un mois, « ministre sans portefeuille responsable du développement, des projets stratégiques et de la cohésion »…

A vrai dire le Premier ministre, Miro Cerar, est dans le même cas, puisque ce juriste a fondé son parti – le « parti de Miro Cerar », sic – un mois et demi avant les élections du 13 juillet dernier, qu’il a remportées, devenant ainsi Premier ministre d’un gouvernement de « centre gauche » qu’il a présenté le 18 septembre dernier.

Violeta Bulc, sur le site de son entreprise Vibacom, présente celle-ci comme « experte en stratégies équilibrées de développement durable, de croissance organique et écosystèmes d’innovation », et explique quant à elle qu’elle « croit en la puissance des réseaux, en la personne holistique, en l’énergie positive ».

Pour quelqu’un qui est censé devenir vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’Union de l’énergie, il est certes remarquable qu’elle soit experte en « énergie positive »…

D’autant qu’elle est diplômée de Sundoor Californie. Dans les stages de Sundoor, on apprend à marcher sur le feu et à briser les flèches sur sa poitrine, et bien sûr on découvre la puissance de l’énergie spirituelle et la connection avec le divin. Sundoor est « l’école de l’éducation transpersonnelle ». L’un des principaux enseignants de Sundoor est Nuptul Rinpoche, qui est « une réincarnation reconnue ».

Violeta Bulc se dit également diplômée de l’Académie chamanique d’Ecosse. Je n’ai pas trouvé sur internet d’Académie chamanique d’Ecosse, mais une bonne douzaine de sites écossais proposant des cours de chamanisme…

La Slovénie nous avait déjà donné le spectacle de son Premier ministre puis Président Janez Drnovsek, ancien apparatchik communiste devenu adepte du new age, végétalien, auteur de plusieurs livres expliquant comment ouvrir et élever sa conscience, dont Les pensées de la vie et de la conscience, qui fut la meilleure vente en Slovénie après Da Vinci Code, et qu’on voyait se promener dans la montagne en vêtements indiens, sortant de sa hutte vêtu de feuilles, ou jouer de la flûte avec une couronne de laurier…

Quand on sait que la Slovénie est un des pays les plus catholiques d’Europe, cela donne la mesure de la perte des repères dans notre monde.

Mais il faut reconnaître que si Violeta Bulc devient vraiment commissaire à l’union de l’énergie, ce sera un super gag.

Je voulais dire : l’Europe sera tout entière magnifiquement éclairée d’énergie positive et spirituelle.

16:19 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2)

Les Africains réveillent Radio Vatican (et le synode)

Dans l’article intitulé « La première partie du synode s’achève » :

« Depuis le début, dans la salle du Synode, plusieurs voix africaines se sont élevées pour dénoncer l’importation, voire l’imposition des modèles occidentaux incompatibles avec les cultures locales et la doctrine catholique. Un évêque a indiqué que des sommes colossales étaient dépensées dans les campagnes de planning familial et que des contraceptifs étaient distribués jusque dans les villages les plus reculés. Un autre a affirmé que des organisations internationales avaient menacé de suspendre leur aide si les gouvernements locaux refusaient de légaliser les unions entre personnes de même sexe. Santé reproductive, idéologie du genre… nous sommes soumis à une véritable offensive internationale, a lancé une mère de famille. L’Afrique a ses problèmes et ses préoccupations prioritaires qui ne sont pas ceux de l’Occident. Venus de tous les continents, des pères synodaux et des laïcs ont exhorté l’Eglise à s’engager davantage sur la scène publique pour défendre ses valeurs sur la famille, menacées par certaines législations et par l’ambiguïté des textes des Nations Unies. Une auditrice a regretté que le document de travail du Synode ne contienne qu’une référence timide au dialogue entre l’Eglise et les Etats et garde le silence sur l’urgence pour les catholiques de préserver leur liberté de conscience face aux institution politiques. Les pasteurs doivent parler haut et clair face aux opinions publiques pour défendre la dignité humaine et les droits de la famille. Et alors que la question de l’accès des divorcés remariés aux sacrements revient sans cesse sur la table et monopolise les échanges, alors qu’elle inquiète et divise, une auditrice a interpellé l’assemblée en affirmant qu’il y avait deux types de miséricorde : celle du Bon Pasteur qui soigne et donne la vie et celle du mauvais médecin qui couvre la blessure pour qu’on ne la voie pas ou qui calme la douleur sans soigner le mal. »

15:19 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (5)

La maternité de la Très Sainte Vierge Marie

"Mère de Dieu", Theotokos, est le titre attribué officiellement à Marie au V siècle, plus exactement lors du Concile d'Ephèse de 431, mais qui s'était déjà affirmé dans la dévotion du peuple chrétien à partir du III siècle, dans le contexte des discussions enflammées de cette période sur la personne du Christ. On soulignait, par ce titre, que le Christ est Dieu et qu'il est réellement né, comme un homme, de Marie: on préservait ainsi son unité de vrai Dieu et de vrai homme. En vérité, même si le débat semblait porter sur Marie, celui-ci concernait essentiellement son Fils. Voulant sauvegarder la pleine humanité de Jésus, certains Pères suggéraient un terme plus atténué:  au lieu du titre de Theotokos, ils proposaient celui de Christotokos, "Mère du Christ"; cela fut cependant vu à juste titre comme une menace contre la doctrine de la pleine unité de la divinité avec l'humanité du Christ. C'est pourquoi, après une longue discussion, lors du Concile d'Ephèse de 431, comme je l'ai dit, furent solennellement confirmées, d'une part, l'unité des deux natures, divine et humaine, en la personne du Fils de Dieu (cf. DS, n. 250) et, de l'autre, la légitimité de l'attribution à la Vierge du titre de Theotokos, Mère de Dieu  (ibid., n. 251).

Après ce Concile, on enregistra une véritable explosion de dévotion mariale et de nombreuses églises dédiées à la Mère de Dieu furent construites. Parmi celles-ci domine la Basilique Sainte-Marie-Majeure, ici à Rome. La doctrine concernant Marie, Mère de Dieu, trouva en outre une nouvelle confirmation dans le Concile de Chalcédoine (451), au cours duquel le Christ fut déclaré "vrai Dieu et vrai homme [...] né pour nous et pour notre salut de Marie, Vierge et Mère de Dieu, dans son humanité" (DS, n. 301). Comme on le sait, le Concile Vatican II a recueilli dans un chapitre de la Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, le huitième, la doctrine sur Marie, réaffirmant sa maternité divine. Le chapitre s'intitule: "La Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l'Eglise".

La qualification de Mère de Dieu est donc le titre fondamental sous lequel la Communauté des croyants honore, pourrions-nous dire depuis toujours, la Sainte Vierge. Celle-ci exprime bien la mission de Marie dans l'histoire du salut. (…)

C'est du titre de "Mère de Dieu" que dérivent ensuite tous les autres titres avec lesquels l'Eglise honore la Vierge, mais celui-ci est le titre fondamental. Nous pensons au privilège de l'"Immaculée Conception", c'est-à-dire au fait qu'elle soit exempte du péché depuis sa conception: Marie fut préservée de toute tache de péché, car elle devait être la Mère du Rédempteur. Cela est également valable pour le titre de l'"Assomption": Celle qui avait engendré le Sauveur ne pouvait pas être sujette à la corruption dérivant du péché. Et nous savons que tous ces privilèges ne sont pas accordés pour éloigner Marie de nous, mais au contraire pour la rendre proche; en effet, étant totalement avec Dieu, cette Femme est très proche de nous et nous aide comme une mère et comme une sœur. La place unique et singulière que Marie possède dans la communauté des croyants dérive également de sa vocation fondamentale à être la Mère du Rédempteur. Précisément en tant que telle, Marie est également la Mère du Corps mystique du Christ, qui est l'Eglise. C'est donc à juste titre que, durant le Concile Vatican II, le 21 novembre 1964, Paul VI attribua solennellement à Marie le titre de "Mère de l'Eglise".

Précisément parce qu'elle est la Mère de l'Eglise, la Vierge est également la Mère de chacun de nous, qui sommes les membres du Corps mystique du Christ. De la Croix, Jésus a confié sa Mère à chacun de ses disciples et, dans le même temps, il a confié chacun de ses disciples à l'amour de sa Mère. L'évangéliste Jean conclut son récit bref et suggestif par les mots suivants:  "Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui" (Jn 19, 27). Telle est la traduction du texte grec:  "èis tà ìdia", il l'accueillit dans sa propre réalité, dans son propre être. Si bien qu'elle fait partie de sa vie et que les deux vies s'interpénètrent; et cette façon de l'accepter dans sa propre vie (èis tà ìdia) est le testament du Seigneur. Au moment suprême de l'accomplissement de la mission messianique, Jésus laisse donc à chacun de ses disciples, comme héritage précieux, sa propre Mère, la Vierge Marie.

Benoît XVI, catéchèse du 2 janvier 2008

06:20 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

10 octobre 2014

« On a critiqué… »

Une phrase intéressante dans le compte rendu de la 8e congrégation du synode :

« On a critiqué les pays occidentaux et les organisations internationales qui, en Afrique notamment, présentent l'avortement et l'union homosexuelle comme des droits, et conditionnent avec insistance leur aide à leur acceptation. »

Cela fait plusieurs fois que les comptes rendus font état de protestations de ce genre, qui émanent non pas d’un « on » anonyme, mais d’évêques africains combatifs.

Il apparaît clairement que les évêques africains sont à la pointe du combat contre un avachissement de la pastorale, donc de la morale de l’Eglise.

Et c’est par des indications de ce genre qu’on comprend aussi pourquoi le pape a décidé le huis clos tout en permettant aux participants de dire aux journalistes ce qu’ils veulent. Ainsi la presse peut-elle parler uniquement de ce qui l’intéresse, à savoir de ce que l’Eglise pourrait abandonner pour se mettre à la remorque de la pensée unique, ce qui devient l’essentiel, tandis que reste dans l’ombre la contestation, sans aucun doute très majoritaire, de l’idéologie de la « miséricorde » kaspérofrançoisienne au cours des débats.

Le charabia du compte rendu du synode

Lors de la 8e congrégation générale du synode, si l’on en croit la Pravda du VIS :

« Le débat libre est revenu la question des divorcés remariés et en particulier sur la nécessité d'élaborer un parcours pénitentiel comprenant une réflexion sur les anciens conjoints abandonnés, souvent socialement isolés et souffrant en silence. Mais aussi sur la nécessité de prendre en charge les enfants de ces couples, sujets à des retombées psychologiques découlant de la séparation de leurs parents. Une pastorale spécifique permettrait parfois de rapprocher les parents de l'Eglise. Ceci dit l'éducation des enfants comprend le droit de la famille à choisir le projet éducatif qu'ils souhaitent. »

On a beau le relire et le relire, cela n’a aucun sens. Pourquoi le divorcé remarié devrait-il faire pénitence si c’est lui qui a été abandonné, ce qui est souvent le cas ? Pourquoi poser en principe que c’est celui qui va à l’église qui est coupable ? A quoi sert de « réfléchir » sur les « anciens conjoints » ? Pourquoi « anciens » si le mariage est indissoluble ? Qui devrait prendre en charge des enfants qui sont de toute façon pris en charge ? Quels sont ces parents qu’on pourrait parfois rapprocher de l’Eglise quand on s’adresse à des catholiques qui vont à l’église ? Et si l’on ne s’adresse pas à des catholiques, comme semble le souligner la dernière phrase, la réponse est évidemment : « De quoi j’me mêle ?! »

Bien sûr, on aura compris que tout ce charabia n’est pas destiné à être lu attentivement et analysé, il s’agit d’une suite de mots destinée à frapper la sensibilité : divorcés remariés, abandonnés, isolés, souffrant, enfants, retombées psychologiques… et bien sûr le fameux « parcours pénitentiel » dont il n’est même plus besoin de nous rappeler qu’il a pour fonction de permettre le « remariage ».

15:26 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (3)

C’est rassurant

Comme tout le monde le sait vu le battage médiatique et cocoricoesque, le prix Nobel de littérature a été attribué à Patrick Modiano, pour « l'art de la mémoire avec lequel il a (…) dévoilé le monde de l'Occupation ».

Moi, je n’aime pas les surprises. Alors je suis content qu’on récompense le seul et unique devoir de mémoire, toujours le même, et qu’on épluche l’oignon aux peaux innombrables qui « dévoile » enfin mais comme d’habitude le monde de l’Occupation.

Et puis cette obsession constante et omniprésente des HLPSDNH, ça donne comme une petite idée de l’éternité…

(Quant au prix Nobel de la paix, il y a longtemps que c’est devenu une mauvaise blague. Qu’on se souvienne seulement qu’il a été attribué à Barack Obama - qui venait d’être élu !, à l’imposteur Al Gore et aux faussaires du GIEC, à l’Union européenne – mais oui, et aussi en 2011 à une Yéménite très proche d’al-Qaïda. Voici qu’une autre musulmane voilée reçoit le prix, pour sa lutte « contre l’oppression des enfants », alors que le voile qu’elle exhibe est le signe musulman de l’oppression de la femme…)

Un premier député Ukip aux Communes

Comme prévu, Douglas Carswell, qui avait démissionné du parti conservateur et de son poste de député pour rejoindre l’Ukip, a été réélu dans sa circonscription de Clacton, et devient donc le premier député Ukip de la Chambre des communes.

Mais ce qui n’était pas prévu est son score : 60% des suffrages. Le deuxième étant le candidat conservateur, avec… 25%.

On note aussi que dans l’autre élection partielle d’hier, à Heywood & Middleton, fief travailliste près de Manchester, le candidat de l’Ukip a obtenu 38,7% des voix et que le travailliste ne l’a emporté que de peu, avec 40,1%.

Les politologues de la pensée unique tentent de se rassurer en disant que Clacton est un cas spécial, une circonscription « très blanche, très âgée, très ouvrière » (sic*, comme l’électeur FN qui est un petit blanc inculte, on sait cela depuis des décennies maintenant), et qu’aux élections générales, vu le système britannique, il n’y aura guère qu’une dizaine de candidats Ukip élus… Sauf que d’ici là il suffit d’une très légère accélération du mouvement pour que le presque 39% qu’on a vu à Heywood & Middleton devienne un bon 40%. Par exemple. L’Ukip a été le premier parti aux européennes, cela finira par se traduire d’une façon ou d’une autre sur la scène nationale.

* Il est significatif aussi que désormais toutes les agences de presse, donc tous les journaux de la pensée unique, désignent l'Ukip comme un parti "europhobe" (et non plus "eurosceptique"): c'est une déclaration de guerre, car "europhobe", c'est comme "homophobe" ou "islamophobe", c'est très mal...

14:45 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4)

Knayeh sous la botte islamiste, suite

On apprend que, parmi la vingtaine de personnes enlevées par les miliciens du Front al-Nosrah à Knayeh en Syrie, cinq hommes, dont un oncle du curé, restent détenus par les islamistes. Ces cinq hommes sont des employés des couvents franciscains de Knayeh et de Yacoubieh.

On sait maintenant qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’un enlèvement, mais d’une arrestation, décidée par le tribunal islamique de Darkush, devant lequel le P. Hanna Jallouf s’était plaint des vexations que subissait son couvent.

Le P. Hanna Jallouf est « assigné à résidence » dans le couvent dans l’attente de la décision du tribunal islamique dans le cadre d’un procès où il est inculpé de collaborationnisme avec le régime syrien…

13:45 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Le cardinal Burke parle clairement

Le cardinal Burke a réagi fermement au témoignage de ce couple au synode pour qui l’amant de leur fils homosexuel est « aussi leur fils » et qu’il était donc normal qu’il soit présenté à la famille le jour de Noël.

En bref, le cardinal Burke répond simplement par ce qu’enseigne l’Eglise sur la question, et qu’on ne doit pas scandaliser les enfants. Les parents doivent rester proches de leur enfant homosexuel, mais « ce type particulier de relation ne doit pas être imposé aux membres de la famille, et spécialement aux enfants impressionnables ». Parce qu’on ne doit pas avoir l’air d’approuver les comportements peccamineux.

Il ajoute ceci qui est très beau :

« Cela constitue certainement une source de grande souffrance, mais s’efforcer de faire ce qui est juste et bon implique toujours de la souffrance. Et dans ce cas, il en sera certainement ainsi. Mais cette souffrance aura toujours, au bout du compte, une valeur rédemptrice. »

Puis le cardinal Burke se met à expliquer longuement – alors qu’on ne lui pose pas la question – que de même on ne doit pas confier quelque responsabilité que ce soit à des homosexuels actifs dans les paroisses. Il conclut :

« D’un côté, cela est certainement occasion de scandale pour les paroissiens par rapport à une part très essentielle de notre vie, notre sexualité et ce qu’elle signifie. De l’autre, ce n’est pas bon pour les deux personnes impliquées dans la relation désordonnée car cela leur donne également à elles l’impression que d’une façon ou d’une autre, l’Eglise approuve ce qu’elles font. »

Or cela est clairement une critique du cardinal Schönborn. En 2012, dans une paroisse de l’archevêché de Vienne, un homosexuel militant avait été élu à la tête d’un conseil paroissial. Le curé avait refusé l’élection. L’homosexuel était allé voir l’archevêque. Celui-ci avait désavoué le curé. Et il avait dit : « Je connais les règles, mais je sais aussi que Jésus est venu pour l'homme et non pas pour les règles. Je pense que ce jeune homme est à la bonne place, et pour cela, je donne mon consentement à son élection. » Et le curé avait démissionné.

Ce qui fut salué par la presse comme une victoire contre l’homophobie.

On voit que le cardinal Burke n’a pas oublié la fausse miséricorde de son collègue, qui est un vrai scandale.

NB. Petit rappel sur le cardinal Schönborn.

13:35 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (4)

Saint François de Borgia

Lu sur le site Tombes et sépultures dans les cimetières et autres lieux :

L’idée d’un saint présent au cœur de la sulfureuse famille Borgia a des airs de pure galéjade et pourtant…

Petit-fils de Juan Borgia, le duc de Gandie, arrière-petit-fils du pape Alexandre VI, Borgia était le plus grand seigneur du royaume de Valence. Il alla parfaire son éducation à la cour royale de Tordesillas où la reine d’Espagne, Jeanne la Folle, était enfermée. Il devint  un ami très proche de Charles Quint dont il jouissait  de toute la faveur et qui le nomma vice-roi de la Catalogne.

Ecuyer de l’impératrice Isabelle, femme de Charles Quint, il eut en charge d’accompagner sa dépouille mortelle jusque Grenade. Déjà très éprouvé par sa mort, François dut faire face à une épreuve qui le bouleversa. Arrivé à Grenade, le clergé voulant s’assurer qu’il s’agissait bien de la dépouille de la souveraine ouvrit le cercueil et découvrit un corps dans un état de décomposition avancée.  François Borgia, à la vue de ce corps décomposé, fit vœu de se consacrer à Dieu s’il perdait sa femme.

Devenu veuf, ordonné prêtre en 1551, il entra dans la Compagnie de Jésus, en fut nommé général et n’eut de cesse de développer et d’organiser son ordre. On le retrouva aussi sur le front de missions diplomatiques comme tenter de marier Marguerite de France à Sébastien, roi de Portugal, plutôt qu’à l’hérétique futur Henri IV.

Son humilité et sa réputation de saint homme le firent surpasser en tout ses illustres prédécesseurs. Quand Charles Quint se retira à Yuste, François était l’un des rares dont l’empereur acceptait les visites avec plaisir.

Puis un jour, pour avoir négligé de soigner une pleurésie, François tomba gravement malade à Ferrare et mourut peu après à Rome dans les échos du massacre de la Saint-Barthélemy.

Ses funérailles romaines furent à la hauteur de sa renommée. Il fut inhumé un temps dans l'église du Gesù à Rome. Puis, en 1607, à la demande de son petit-fils, premier ministre du roi Philippe III d’Espagne, et de Gaspard de Borgia alors ambassadeur d’Espagne, on entama la procédure de béatification.

En 1617, sa dépouille fut transférée à Madrid dans un délire de solennités. Sept ans plus tard, le 21 novembre 1624, jour de sa béatification, son corps fut promené dans un Madrid en liesse.

François de Borgia fut canonisé le 11 avril 1671. Épargné par le décret de Joseph Bonaparte qui, en 1809, ordonnait la confiscation de tous les lieux saints et des objets précieux, le reliquaire d'argent contenant les restes du saint, après des diverses vicissitudes, fut confié, en 1901, à l'église de la compagnie de Jésus de Madrid. En mai 1931, lors des manifestations anticléricales, ses reliques disparurent en grande partie dans l’incendie qui ravagea l’église.

Voir aussi :

Le témoignage de sainte Thérèse

La mort de saint François de Borgia

06:10 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (6)