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Le blog d'Yves Daoudal - Page 3

  • Rex sempiterne Domine

    L’hymne des matines au temps pascal date d’au moins le VIIe siècle puisque saint Bède (672-735) le cite comme exemple de poésie liturgique où le rythme se fonde sur les accents et non plus sur les mètres classiques. C’est d’ailleurs ce fait qui a valu à cet hymne d’être proprement massacré par Urbain VIII qui voulut le « corriger » et n’arriva qu’à la défigurer, plus encore que les autres. Il est devenu « Rex sempiterne cælitus », mais il semble que ces hymnes d’Urbain VIII ne se soient guère imposés en France avant l’adoption des livres romains au cours du XIXe siècle, et les livres monastiques ont toujours gardé la version originelle.

    Voici Rex sempiterne Domine, chanté par les moniales de l’abbaye d’Ozon (1960).
    podcast

    J’en donne une traduction aussi littérale que possible. Le sommet de l’œuvre est la merveilleuse expression « Et nos Deo conjungeres Per carnis contubernium ». Jésus est venu pour nous unir à Dieu en venant vivre sous notre tente humaine. Contubernium, c’est le fait pour des soldats de vivre sous la même tente… Le mot a fini par signifier cohabitation, et union conjugale (mot qui est déjà dans le verbe précédent : conjungere).

    Rex sempiterne, Domine,
    Rerum Creator omnium,
    Qui eras ante sæcula
    Semper cum Patre Filius :

    Roi éternel, Seigneur, Créateur de toutes choses, qui étais avant les siècles, Fils toujours avec le Père.

    Qui mundi in primordio
    Adam plasmasti hominem :
    Cui tuæ imagini
    Vultum dedisti similem :

    Toi qui au commencement du monde as façonné l’homme Adam, à qui tu as donné un visage semblable à ton image.

    Quem diabolus deceperat,
    Hostis humani generis :
    Cujus tu formam corporis
    Assumere dignatus es :

    Lui que trompa le diable, l’ennemi du genre humain, lui dont tu as daigné assumer la forme de son corps.

    Ut hominem redimeres
    Quem ante jam plasmaveras :
    Et nos Deo conjungeres
    Per carnis contubernium.

    Afin de racheter l’homme que tu avais façonné auparavant, et nous unir à Dieu par la cohabitation dans la chair.

    Quem editum ex Virgine
    Pavescit omnis anima :
    Per quem et nos resurgere
    Devota mente credimus :

    Toi qui enfanté de la Vierge nourrit toute âme, par qui nous croyons en esprit de piété que nous aussi nous ressusciterons.

    Qui nobis in baptismate
    Donasti indulgentiam,
    qui tenebamur vinculis
    Ligati conscientiæ :

    Toi qui nous a donné l’indulgence dans le baptême, à nous qui étions tenus ligotés par les liens de la conscience.

    Qui crucem propter hominem
    Suscipere dignatus es :
    Dedisti tuum Sanguinem,
    Nostræ salutis pretium.

    Toi qui a daigné porté la croix pour l’homme, tu as donné ton sang comme prix de notre salut.

    Quæsumus, Auctor omnium,
    In hoc Paschali gaudio,
    Ab omni mortis impetu
    Tuum defende populum.

    Nous te demandons, Auteur de tout, dans cette joie pascale, défends ton peuple de tout assaut de mort.

    Gloria tibi, Domine,
    Qui surrexisti a mortuis,
    Cum Patre et Sancto Spiritu,
    In sempiterna sæcula. Amen.

    Gloire à toi, Seigneur, qui es ressuscité des morts, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles éternels. Amen.

  • Le référendum hollandais

    Aujourd’hui se déroule aux Pays-Bas un référendum assez surréaliste, qui met la classe politicienne en transe alors qu’il n’aura aucun effet concret immédiat. Mais il peut avoir une portée beaucoup plus importante…

    Ce référendum issu d’une initiative populaire vise à demander aux citoyens s’ils sont pour ou contre l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE.

    Naturellement, aucun citoyen lambda ne sait ce qu’est cet accord, et le référendum est en fait pour ou contre l’UE (et l’UE qui s’acoquine avec un pays pas vraiment fréquentable – en outre le vote a lieu le lendemain de la révélation des liens de Porochenko avec les paradis fiscaux…).

    Or les sondages donnent une majorité de non. Toute la question est de savoir si les 30% de participation seront atteints pour que le résultat soit pris en compte.

    En fait la terreur de l’establishment européiste est double :

    1 – S’il y a une majorité de non, cela voudra dire que la majorité des Néerlandais est désormais contre l’UE. Un vrai cataclysme, dans un pays fondateur de la communauté européenne, membre du Bénélux qui en fut un noyau essentiel…

    2 – S’il y a une majorité de non et une participation supérieure à 30%, le gouvernement sera tenu de ne pas ratifier l’accord Ukraine-UE conclu en 2014. Les Pays-Bas sont le seul pays à ne pas l’avoir ratifié, à cause de ce référendum. Et si les Pays-Bas ne ratifient pas l’accord, que se passera-t-il ? Eh bien, rien. Parce que l’accord est déjà mis en application, depuis le 1er novembre 2014 pour son volet politique, depuis le 1er janvier 2016 pour son volet économique. Pour le mettre en échec, il faudrait que les 27 autres pays en décident ainsi. Ce qui est inenvisageable. Les Néerlandais vont ainsi découvrir qu’ils peuvent voter ce qu’ils veulent, ça n’a aucun effet…

    Sauf que le résultat sera un renforcement sans doute sans précédent de l’euroscepticisme aux Pays-Bas, avec les conséquences qu’on imagine… au Royaume Uni, où la campagne du Brexit bat son plein.

  • Au Népal

    Le gouvernement du Népal a décidé de retirer Noël du calendrier des jours fériés.

    La fête de la Nativité avait été reconnue comme jour férié il y a huit ans, lorsque le Népal était devenu officiellement un Etat laïque.

    Le ministre (maoïste) de l’Intérieur, Shakti Basnet, déclare à Asianews que cette décision n’a pas été prise pour blesser les chrétiens mais parce qu’il faut contrôler le nombre croissant de jours fériés.

    Ainsi, le gouvernement du Népal reconnaît désormais 83 jours fériés pour les hindous et quelques autres communautés, aucun pour les chrétiens.

    Le Conseil interreligieux du Népal appuie la pétition chrétienne de demande de rétablissement du jour férié.

    Mais ce n’est pas le seul sujet de préoccupation des chrétiens. Il y a aussi et surtout l’article 156 du nouveau code civil qui interdit les conversions, et qui peut être utilisé pour mettre en prison les prêtres qui font des baptêmes d’adultes.

    Il se trouve qu’entre 2006 et 2001, le nombre de Népalais se disant ouvertement chrétiens au recensement est passé de 4.000 à 10.000. Les chrétiens jouent un rôle important sur le plan économique et dans l’enseignement : il y a une centaine d’écoles chrétiennes, dont une vingtaine sont catholiques.

  • Hirondelle

    Grâce aux opérations militaires syriennes appuyées par la Russie et au cessez le feu actuel, « les chrétiens qui avaient quitté la Syrie pour l’Europe commencent à revenir à Sadad et également dans d’autres villes », déclare Suleiman al Khalil, maire de Sadad, dans la province de Homs.

    Sadad avant le conflit était une ville de quelques 12.000 habitants, en majorité chrétiens assyriens et syro-orthodoxes. Au cours des années de guerre, au moins 1.000 d’entre eux ont fui la Syrie, y compris le métropolite syro-orthodoxe de Homs et Hama. Selon des sources ecclésiastiques locales, en octobre 2013, au cours de la conquête de la ville par le front al-Nosra, des massacres auraient été perpétrés parmi la population civile, confirmés par la découverte d’une fosse commune contenant au moins 30 corps. En novembre dernier, l’Etat islamique » avait, tenté de conquérir la ville en attaquant les barrages de l’armée syrienne.

    Au cours des trois derniers mois, indique Suleiman al Khalil – au moins 100 chrétiens de Sadad ayant fui hors de Syrie sont revenus dans leurs maisons et 200 autres sont attendus prochainement. La ville se trouve à 14 km de la route reliant Damas à Homs et comprend 15 églises.

    (Fides)

  • Ecce dies celebris

    Pour ce mercredi de la deuxième semaine après Pâques, dom Guéranger donne la première séquence de Pâques composée par Adam de Saint Victor. Une bonne occasion d’apprendre le latin, avec ces vers faciles (faciles à lire, mais écrits par un orfèvre).

    Ecce dies celebris!
    Lux succedit tenebris,
    Morti resurrectio.
    Laetis cedant tristia,
    Cum sit major gloria
    Quam prima confusio;
    Umbram fugat veritas,
    Vetustatem novitas,
    Luctum consolatio.

    Voici le jour glorieux : la lumière succède aux ténèbres, la résurrection à la mort. Que la joie fasse place à la tristesse ; car la gloire est plus grande que ne fut l'ignominie. L'ombre fuit devant la vérité, l'antique loi devant la nouvelle; la consolation a remplacé le deuil.

    Pascha novum colite;
    Quod praeit in capite,
    Membra sperent singula.
    Pascha novum Christus est,
    Quid pro nobis passus est,
    Agnus sine macula.

    Venez fêter la Pâque nouvelle; que les membres espèrent pour eux-mêmes la gloire qui déjà brille en leur chef. Notre nouvelle Pâque, c'est le Christ, lui qui souffrit pour nous, Agneau sans tache.

    Hosti qui nos circuit
    Praedam Christus eruit:
    Quod Samson praecinuit,
    Dum leonem lacerat.
    David, fortis viribus,
    A leonis unguibus
    Et ab ursi faucibus
    Gregem patris liberat.

    L'ennemi qui rôde autour de nous avait saisi sa proie; le Christ la lui arrache. C'est la victoire que figurait Samson, lorsqu'il déchira le lion furieux; et David, jeune et robuste, lorsqu'il sauva le troupeau de son père des griffes du lion et de la dent de l'ours.

    Qui in morte plures stravit,
    Samson, Christum figuravit,
    Cujus mors victoria.
    Samson dictus Sol eorum:
    Christus lux est electorum,
    Quos illustrat gratia.

    Samson immolant par sa mort ses nombreux ennemis, présageait encore le Christ, dont la mort a été la victoire; Samson, dont le nom exprime le Soleil, rappelle le Christ, lumière des élus que sa grâce illumine.

    Jam de Crucis sacro vecte
    Botrus fluit in dilectae
    Penetral ecclesiae.
    Jam, calcato torculari,
    Musto gaudent ebriari
    Gentium primitiae.

    Sous le pressoir sacré de la croix, la grappe s'épanche dans le sein de l'Eglise bien-aimée; exprimé par la violence, le vin coule, et sa liqueur plonge dans une joyeuse ivresse les prémices de la gentilité.

    Saccus scissus et pertusus
    In regales transit usus:
    Saccus fit soccus gratiae,
    Caro victrix miseriae.

    Le sac lacéré par tant de blessures devient un ornement royal : cette chair qui a vaincu la souffrance est transformée en une parure de gloire.

    Quia regem peremerunt,
    Dei regnum perdiderunt:
    Sed non deletur penitus
    Cain, in signum positus.

    Pour avoir immolé le roi, le juif a perdu le royaume ; nouveau Caïn, il est exposé en exemple, et le signe dont il est marqué ne s’effacera pas.

    Reprobatus et abjectus
    Lapis iste, nunc electus,
    In tropaeum stat erectus,
    Et in caput anguli.
    Culpam delens, non naturam,
    Novam creat creaturam,
    Tenens in se ligaturam
    Utriusque populi.

    La pierre qu'il a rejetée et réprouvée est maintenant la pierre élue ; posée à la tête de l'angle, elle y brille comme un trophée. Par elle le péché est ôté, mais non la nature ; elle donne à l'homme un nouvel être, et réunis par elle, les deux peuples n'en forment plus qu'un seul.

    Capiti sit gloria,
    Membrisque concordia! Amen.

    Donc soit gloire au Chef, et concorde entre les membres ! Amen.

  • La charia s’installe tranquillement

    A Therwill, près de Bâle, en Suisse alémanique, deux élèves musulmans ont été dispensés de serrer la main de leurs professeurs parce que leur religion leur interdit de toucher une femme qui n’est pas de leur famille.

    Petite note préalable : c’est pour moi une nouveauté que les élèves serre la main du prof. Cela ne m’est jamais arrivé, ni comme élève ni comme prof. D’accord, c’était il y a très longtemps. Mais je n’arrive même pas à imaginer la scène du prof qui serre la main à tous ses élèves…

    Bref, ces deux ados de 14 et 15 ans ont décidé de ne plus serrer la main des dames professeurs et sont allés voir la présidente du conseil des écoles de Therwill pour que leur pratique soit officiellement reconnue.

    Celle-ci, Christine Akeret, était bien embêtée. Elle a tenté de leur faire remarquer que leur attitude aurait des conséquences. Mais quelles conséquences ? « Un renvoi de l’école ou une amende pour les parents, ce serait disproportionné. » D’autant que les deux garçons affirment qu’ils ont pris la décision tout seuls, sans être influencés par leurs parents. Alors la direction de l’école a accepté leur demande. Avec une modification : ils ne serreront pas non plus la main des professeurs hommes. Afin qu’il n’y ait pas de « discrimination ». Sic. Car ce qui importe c’est la non-discrimination…

    Christine Akeret regrette que les autorités du Canton se soient murées dans le silence, et elle se dit peu satisfaite de cet arrangement. « Mais il n’y a pas de bonne alternative. C’est difficile quand quelqu’un ne veut pas s’adapter à nos usages. »

    C’est difficile, mais on accepte, puis on s’habitue… Et c’est ainsi que d’absence de poignée de mains en absence de poignées de mains, on s’habitue à la charia…

    L’affaire fait néanmoins l’objet de commentaires indignés ici et là, chez ceux pour qui le vivre ensemble implique la poignée de mains… Naturellement, au Conseil islamique de Suisse on ricane : « Après les agressions sexuelles de Cologne, on a demandé aux musulmans de prendre leurs distances avec les femmes et maintenant, on exige d'eux qu'ils s'en rapprochent… »

    Addendum

    Les deux adolescents sont les fils de l'imam de la mosquée Roi Faysal de Bâle. L'un des deux a retransmis sur Facebook de la propagande de l'Etat islamique, indiquant: "Chaque musulman doit liker."

  • Saint Vincent Ferrier

    Voici les répons des matines, dans le propre dominicain, cités par dom Guéranger.

    ℟. Summus Parens, ac rector gentium, in vespere labentis saeculi, novum vatem misit Vincentium, christiani magistrum populi : refert instare Dei judicium, * Quod spectabunt cunctorum oculi. ℣. Timete Deum, clamat sœpius : venit hora judicii ejus. * Quod spectabunt cunctorum oculi.

    Le Père souverain, celui qui gouverne les peuples, sur le soir du monde qui s'affaisse, a envoyé Vincent comme un nouveau prophète chargé d'instruire le peuple chrétien; Vincent annonce que le jugement de Dieu est proche, * Ce jugement que tous les hommes doivent voir de leurs yeux. - Il s'écrie souvent : Craignez Dieu ; l'heure de son jugement est arrivée. * Ce jugement que tous les hommes doivent voir de leurs yeux.

    ℟. Christi viam secutus arduam, a terrenis procul illecebris, veritatem reddit conspicuam, profligatis errorum tenebris: * Oram illuminat occiduam, toto factus in orbe celebris. ℣. Cujus doctrina sole gratior, sermo erat flammis ardentior. * Oram illuminat occiduam, toto factus in orbe celebris.

    Marchant à la suite du Christ par la voie difficile, il s'éloigna des plaisirs terrestres ; il fit briller l'éclat de la vérité ; il dissipa les ténèbres de l'erreur ; * Il resplendit dans les régions de l'Occident, et tout l'univers retentit de sa renommée. - Sa doctrine éclatait comme un soleil ; sa parole était ardente comme la flamme. * Il resplendit dans les régions de l'Occident, et tout l'univers retentit de sa renommée.

    ℟. Nocte sacris incumbens litteris, contemplatur vigil in studio : mane pulchri ad instar sideris, miro lucet doctrinæ radio : * Morbos omnis vespere generis salutari pellens remedio. ℣. Nulla præterit hora temporis, qua non recti quia agat operis. * Morbos omnis vespere generis salutari pellens remedio.

    La nuit, il s'appliquait aux lettres, veillant dans la contemplation ; au matin, comme un bel astre, il lançait les rayons de la doctrine; * Le soir, il appliquait à tous les maux un remède salutaire. - Pas une heure de sa vie ne s'écoulait, sans qu'il l'eût remplie par quelque action sainte. * Le soir, il appliquait à tous les maux un remède salutaire.

    ℟. Verba perennis vitæ proferens, animos inflammat adstantium : pectoribus humanis inserens amorem donorum cœlestium, de virtutibus alta disserens ; * Fraenare docet omne vitium. ℣. Illum avida turba sequitur, dum hoc ore divino loquitur. * Fraenare docet omne vitium.

    Proférant les paroles de l'éternelle vie, il enflammait l'âme de ses auditeurs ; il faisait pénétrer dans le cœur des hommes l'amour des dons célestes ; traitant des vertus avec une science profonde, * Il enseignait à dompter tous les vices. - Une foule avide de l'entendre le suivait, lorsqu'il énonçait de sa bouche divine. * Il enseignait à dompter tous les vices.

    Dom Guéranger cite également cette antienne :

    Qui prophetico fretus lumine, mira de mundi fine docuit, in occiduo terra; cardine, ut sol Vincentius occubuit : et septus Angelorum agmine, lucidas cœli sedes tenuit.

    Rempli d'un esprit prophétique, Vincent parla merveilleusement sur la fin du monde ; comme un soleil, il se coucha à l'Occident de la terre, et escorté d'une troupe d'Anges, il monta aux lumineuses demeures du ciel.

    L’Occident de la terre, c’est Vannes. Mais le diocèse de Vannes fête saint Vincent Ferrier le 5 mai, parce que le 5 avril tombe trop souvent pendant la Semaine Sainte ou la Semaine de Pâques.

    D’autre part, pour les bénédictins, c’est la fête de saint Benoît, transférée du 21 mars. C’est presque un record (le record doit être le 6 avril)…

  • Le déni

    Plusieurs sites se sont fait l’écho de la censure dont a été victime François Hollande, sur le site de la Maison Blanche, le 31 mars. Invité par Obama à parler du terrorisme, il a dit que « la source du terrorisme islamiste, elle est en Syrie et elle est en Irak ». Alors que les propos étaient traduits, cette phrase-là ne l’a pas été. Parce qu’elle n’est pas conforme à l’idéologie officielle de la Maison Blanche : le terrorisme n’a aucun rapport avec l’islam, donc il n’y a pas de « terrorisme islamiste ». L’affaire a fait tant de bruit (dans les milieux conservateurs) que la vidéo a été modifiée et la phrase traduite, et l’on a invoqué un « problème technique ».

    Or voici que ce matin je vois sur Euractiv un article intitulé « L’UE peine à gérer la radicalisation ». Curieux de voir de quelle radicalisation il s’agit, je lis l’article. Or, arrivé au bout, je ne sais toujours pas de quoi il s’agit. Il semble qu’on parle d’une radicalisation absolue, en quelque sorte au-delà des opinions et des idéologies, quelque chose d’insaisissable, et l’on comprend alors en effet pourquoi on peine à la gérer…

    On apprend que « en 2014, l’UE a alloué 3,5 millions d’euros à la lutte contre la radicalisation et les départs de jeunes européens vers des zones de conflit, comme la Syrie ». Et que cette affaire de « combattants étrangers » (en Syrie) est un problème. Pas seulement pour la Syrie, apparemment, mais on ne sait pas pourquoi.

    L’article m’apprend aussi que la Commission européenne compte « allouer 5 millions d’euros supplémentaires au centre d’excellence du réseau européen de sensibilisation à la radicalisation (RSR) ». Notamment pour un projet intitulé Stresaviora II, qui a pour objectif de « renforcer la résistance contre la radicalisation violente ».

    Je n’avais jamais entendu parler du RSR. Alors je suis allé voir de plus près. J’ai découvert que ce « réseau européen de sensibilisation à la radicalisation » a été créé en 2011.

    Sa création fut annoncée par un long communiqué intitulé « La Commission européenne redouble d’efforts pour lutter contre l’extrémisme violent ». Non seulement on n’y trouve aucun mot ayant un rapport avec l’islam, mais on précise explicitement qu’il n’est « pas possible d'établir un lien entre le terrorisme et une confession ou des convictions politiques données ».

    En janvier 2014, la Commission européenne a pondu un document de 13 pages intitulé « Prévenir la radicalisation conduisant au terrorisme et à l’extrémisme violent: renforcer l'action de l’UE ». Dans ces 13 pages, de même, on cherchera en vain une quelconque allusion à l’islam, ou même au « jihadisme », ou même au fameux « Daech »…

    Si vous vous demandiez pourquoi l’Union européenne est tellement inefficace contre le terrorisme islamiste, vous avez la réponse. Tant qu’on s’obligera à ne pas appeler les choses par leur nom, on se condamne à subir les assauts de cette si étrange « radicalisation » sans visage…

  • Annonciation

    Cette année, l’Annonciation tombait le jour du Vendredi Saint. Illustration étonnante de la kénose dans son double aspect : la descente du Verbe qui se fait chair dans le sein de la Vierge, et la mort sur la Croix. Les deux événements n’en font qu’un sur le plan spirituel. On pourrait rêver d’une liturgie spéciale pour ce jour-là. Mais c’est exclu, car le Sacrifice de la Croix l’emporte de loin sur la discrète et même secrète conception du Fils. Dans la liturgie byzantine on reporte généralement l’Annonciation au… jour de Pâques. Et l’on associe la liturgie pascale avec celle de l’Annonciation. L’ange Gabriel annonce bien que l’enfant qui va naître aura le royaume de David pour toujours. La Résurrection est le moment où Jésus entre dans son Royaume, celui qu’il a préparé pour le peuple qu’il a sauvé par son Sacrifice.

    La liturgie latine quant à elle met tellement l’événement pascal au sommet de l’année liturgique qu’aucune fête ne peut être célébrée pendant la semaine Sainte ni pendant la semaine de Pâques (qui est comme un seul jour).

    Voici donc l’Annonciation le 4 avril. Mais l’introït (qui n'est pas propre à l'Annonciation mais lui convient particulièrement), tiré du psaume 44 qui est le chant nuptial du Christ Roi, se marie très bien avec le temps pascal…

    Vultum tuum deprecabúntur omnes dívites plebis : adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius adducéntur tibi in lætítia et exsultatióne. ℣. Eructávit cor meum verbum bonum : dico ego ópera mea Regi. Gloria…

    Tous les riches d’entre le peuple vous offriront leurs humbles prières. Des Vierges seront amenées au roi après vous, vos compagnes seront présentées au milieu de la joie et de l’allégresse. ℣. De mon cœur a jailli une excellente parole ; c’est que j’adresse mes œuvres à un roi.

  • Dimanche in albis

    Dimanche « in albis depositis », celui des vêtements blancs qui ont été déposés la veille. Dimanche de saint Thomas (l'incrédule). Dimanche de « Quasi modo », premiers mots de l’introït, que voici par les moines de Solesmes.
    podcast

    Quasi modo géniti infántes, allelúia : rationabiles, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia allelúia.

    Exsultáte Deo, adiutóri nostro : iubiláte Deo Jacob.

    Comme des enfants nouveau-nés, alléluia ; désirez ardemment le lait spirituel, alléluia, alléluia, alléluia.

    Tressaillez d’allégresse en Dieu notre protecteur ; chantez avec transport en l’honneur du Dieu de Jacob.

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    C’est aussi, depuis la canonisation de sainte Faustine, le dimanche de la Divine Miséricorde. Voici ce que lui dit Jésus un jour de juin 1937 :

    « Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en Ma Miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres, à la confiance en l’abîme de ma miséricorde. Ma fille, écris sur ma miséricorde pour les âmes tourmentées. Les âmes qui s’adressent à ma miséricorde me réjouissent. A de telles âmes, J’accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux punir même le plus grand pécheur s’il invoque ma pitié, mais je l’excuse en mon insondable et inconcevable miséricorde. Avant de venir comme Juge équitable, j’ouvre d’abord toutes grandes les portes de ma miséricorde. Qui ne veut passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice. »

  • Saine réaction

    La légalisation sur tout le territoire des Etats-Unis du soi-disant mariage homosexuel continue de faire des vagues dans les Etats où l’on n’a jamais accepté cela et où on est décidé à ne jamais l’accepter.

    Ainsi les parlementaires du Mississippi viennent-ils de voter une loi qui ne passe pas inaperçue, intitulée « Protéger la liberté de conscience de la loi de discrimination du gouvernement ».

    La loi déclare d’emblée :

    Les croyances religieuses ou convictions morales protégées par la présente loi sont la croyance ou la conviction que

    A – le mariage est ou doit être reconnu comme l’union d’un homme et d’une femme.

    B – Les relations sexuelles sont réservées à un tel mariage.

    C – Les mots “homme” et “femme” se réfèrent au sexe biologique immuable d’un individu objectivement déterminé par l’anatomie et la génétique au moment de la naissance.

    Les articles suivants détaillent tout ce qui ne peut pas être puni (ce qui est dépénalisé) dans l’Etat du Mississippi nonobstant la législation fédérale : le fait de célébrer ou de ne pas célébrer tel ou tel mariage et de procurer ou de ne pas procurer tel ou tel service. Et puisqu’il s’agit d’exceptions à la législation fédérale, tout est précisé : il s’agit de la fourniture de fleurs, de pâtisseries, de vêtements, de photographies, de poèmes, de DJ, de limousines (et j’en passe, dont la location de salles évidemment), de logements, de services psychologiques ou sexologiques ou reproductifs, d’adoption…

    Naturellement les officiers d’état civil ne seront pas poursuivis s’ils refusent de délivrer les fameuses licences de mariage, mais il est précisé aussi que l’Etat ne prendra aucune mesure discriminatoire envers des agents qui usent de leur liberté de conscience, de parole et d’expression pour dire ce qu’ils pensent de ce qui est condamnable selon leurs croyances…

    Le texte est désormais sur le bureau du gouverneur, le républicain Phil Bryant, qui a seulement déclaré qu’il allait l’examiner comme il le fait avec tous les textes qui sont soumis à sa ratification.

    D’autres Etats sont en train de mettre en place de semblables législations. Le premier a été semble-t-il l’Indiana, il y a un an.

    Mais en Géorgie, le gouverneur Nathan Deal vient d’opposer son veto à une loi pourtant très limitée qui permettait uniquement aux ministres des cultes de ne pas célébrer de soi-disant mariages homosexuels et aux organisations religieuses de ne pas être obligées d’embaucher des homosexuels.

  • Samedi in albis

    C’est le samedi in albis deponendis : le jour où les nouveaux baptisés de la nuit pascale doivent « déposer » le vêtement blanc qu’ils avaient alors revêtu. Ce vêtement symbolisait le Christ, conformément à la parole de saint Paul aux Galates : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ », parole ornée d’un alléluia pour donner l’antienne de communion de ce jour. Le symbole de ce que l’on dépose n’est donc plus le Christ, que l’on a revêtu pour toujours, mais au contraire ce qui n’est pas digne du Christ, de l’alter Christus qu’est le chrétien. Et c’est ce symbolisme inversé que la liturgie souligne, par le même saint Paul, dans l’épître qui commence par « Deponentes » : déposant… toute malice, toute ruse, toute dissimulation…

    L’évangile est celui qui nous montre Jésus lui-même qui a « déposé » son vêtement blanc, lors de sa résurrection, en nous y laissant l’empreinte du Crucifié.

    Les traductions de ce texte sont toutes mauvaises, y compris, ici, par exception, la Vulgate, parce que les traducteurs latins ne « voyaient » pas la scène que saint Jean a vue et que nous connaissons désormais par le Linceul de Turin.

    Il faut coller de très près au texte grec, sans s’inquiéter de ce qui paraît incongru si l’on fait abstraction du Linceul. Mais en gardant à l’esprit cette précision capitale de l’évangile : Jean entra, « et il vit, et il crut ». Il croit, immédiatement, à la résurrection, parce que ce qu’il voit lui prouve la résurrection.

    Or que voit-il ? Il voit des « othonia » qui « gisent », et le « soudarion » « qui était sur la tête de Jésus », « mais à part enveloppé dans, en un lieu » : telle est la traduction littérale. « entetyligmenos » ne veut dire ni « plié » ni « enroulé », mais uniquement « enveloppé dans ».

    Le sens le plus courant de « khoris » est « à part », « séparément ». Mais un sens très attesté est aussi : « différemment ».

    Le mot « othonia », quant à lui, désigne des pièces de lin. Qui peuvent être des « bandelettes », notamment funéraires, et c’est ainsi qu’on le traduit le plus souvent, ou des pièces bien plus grandes, au point que ce mot, bien qu’au pluriel, désignait aussi un linceul. On a une confirmation de cela dans l’évangile de saint Luc, qui nous dit d’abord que Joseph d’Arimathie prend le corps de Jésus et « l’enveloppe dans » - c’est le même verbe que nous venons de voir - dans un « sindon », un linceul, sans avoir le temps de s’occuper davantage du corps. Or, quelques versets plus loin, saint Luc parle de saint Pierre qui va au tombeau le matin et voit des « othonia ». Ces « othonia » sont donc le linceul.

    Qu’est-ce que le « soudarion », l’autre linge dont seul parle saint Jean ? Il s’agit du bonnet qui « était sur sa tête », qui enserrait la tête du mort notamment pour qu’il garde la bouche fermée. C’est ce que l’on voit sur le Linceul de Turin de chaque côté du visage, et sous le visage. Ce bonnet pourrait bien être la « sainte coiffe de Cahors ».

    Donc saint Jean voit ce tissu qui enserrait la tête. Il le voit « enveloppé dans ». Dans quoi ? Dans le linceul. Dans la partie repliée du grand linceul qui fait deux fois la taille d’un corps. La tête était au milieu du linceul, qui couvre les deux faces du corps. Le linceul, restant exactement comme il était lors de la mise au tombeau, s’est affaissé sur lui-même par l’absence du corps, et le « soudarion » s’est trouvé coincé dans le linceul, enveloppé par le linceul qui s’est affaissé tout autour. Il gît aussi, mais « différemment », parce qu’il est resté « dans » le linceul.

    « En un lieu », c’est-à-dire non pas ailleurs, mais « eis hena », « en un seul » et même lieu, en ce même lieu, en ce lieu unique.

    Voilà pourquoi Jean vit, et crut : il vit la scène exactement comme il l’avait vue la veille au soir, à la différence près qu’il n’y avait plus de corps, et que ce corps avait disparu sans toucher en quoi que ce soit à la disposition de la mise au tombeau. S’il avait vu des bandelettes éparpillées et un autre tissu roulé ou plié dans un coin, il n’aurait pas été saisi par la foi en la résurrection, mais il aurait demandé, comme Marie Madeleine, où on l’avait mis…

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    Peinture sur toile attribuée à Jean-Baptiste della Rovere, vers 1560-1627. (Giovanni Battista et son frère Giovanni Mauro étaient connus comme « I Fiamminghini », les Flamands, parce que leur père était d’Anvers. Rien à voir donc avec la famille du pape Jules II et des ducs d’Urbino.)

  • En Libye

    Les agences de presse nous annoncent triomphalement que « dix villes » de Libye ont annoncé leur soutien au nouveau gouvernement d'union nationale parrainé par l'ONU.

    En fait il s’agit de dix villes de l’ouest de la Libye.

    Plus précisément de villes à l'ouest de... Tripoli.

    C'est-à-dire des deux (vraies) villes situées sur la côte entre Tripoli et la frontière tunisienne.

    Une carte de la Libye permet de prendre la mesure de l’information (alors que l'Etat islamique ne cesse de progresser et contrôle notamment Syrte, qui est aussi "à l'ouest") :

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    Et Jean-Marc Ayrault déclare que la communauté internationale doit se tenir prête à aider le nouveau gouvernement d'union nationale en Libye si celui-ci le demande, y compris militairement... L'union nationale de Tripoli à Zouwarah, mais Tripoli sauf le Parlement, qui ne soutient pas l'union nationale (pas davantage que le Parlement de Tobrouk, jusqu'ici reconnu par la communauté internationale...)...

  • Et maintenant ?

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    L’association pro-vie belge Jongeren Info Life menait une campagne d’affiches dans les bus et les tramways d’Anvers. On y voyait une jeune femme, avec ces mots : « Je suis enceinte. Et maintenant ? » L’affiche donnait le numéro de téléphone et l’adresse internet de l’association.

    Suite à diverses plaintes, les affiches ont été retirées…

    Parce que Jongeren Info Life est accusée de désinformer la population en mettant trop l’accent sur les séquelles de l’avortement au lieu d’insister sur le soulagement des femmes après leur avortement. Sic.

  • Canada : l’avortement pour tous

    J’apprends qu’il y avait encore au Canada une toute petite portion du territoire, l’Ile-du-Prince-Edouard, qui échappait à l’autorisation de l’avortement sans limite. Dans cette micro-province de 140.000 habitants l’avortement était toujours interdit.

    Le gouvernement de l’île vient de décider de réviser la loi, décrétée anticonstitutionnelle par les instances fédérales. Un premier centre médical offrant des services publics d'IVG devrait donc ouvrir sur l'île d'ici la fin de l'année, a annoncé le Premier ministre de la province, Wade MacLauchlan.

    Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué la décision du gouvernement de l'île : « Le droit des femmes de choisir est un droit fondamental dans notre pays. » De choisir quoi ? De tuer leur enfant. Pourquoi ne le dit-il pas ?

  • Merci la BBC…

    Je dis la BBC mais cela vaut pour tous les journalistes dits d’investigation qui prétendent lutter pour telle ou telle cause et qui travaillent en fait contre ceux-là même qu’ils disent défendre, car ils ne défendent rien d’autre que leur gloriole personnelle, en allant filmer en caméra cachée, au péril de leur vie, etc.

    En l’occurrence il s’agit donc de journalistes de la BBC qui avaient entrepris de montrer le sort dramatique des chrétiens pakistanais qui fuient en Thaïlande et se retrouvent en prison parce qu’ils n’ont qu’un visa de tourisme et deviennent très vite clandestins, dans une quasi impossibilité d’être régularisés.

    Le résultat du reportage (évidemment illégal) de la BBC, montrant les conditions de détention indignes de ces Pakistanais, a été que le gouvernement thaïlandais a durci de façon drastique les conditions de visite à ces prisonniers. Alors que quasiment n’importe qui pouvait aller leur porter secours, il faut désormais que les visiteurs soient membres d’une ONG ou d’une Eglise dûment enregistrée, et que la demande de visite ait été faite plusieurs jours à l’avance par une lettre de la direction de cette ONG ou de cette Eglise, pour cette visite spécifique : à renouveler chaque fois…

  • Au Pakistan

    Dimanche dernier, quelque 25.000 islamistes manifestaient à Islamabad devant le Parlement pakistanais, pour protester de nouveau contre la condamnation à mort et l’exécution de Mumtaz Qadri, l’assassin du gouverneur du Pendjab Salman Taseer.

    C’était le jour où d’autres islamistes, à Lahore, commettaient un attentat suicide pour tuer des chrétiens, saluant ainsi à leur façon la première fête de Pâques fériée pour les chrétiens au Pakistan. (Le bilan est désormais de 74 morts.)

    Les manifestants d’Islamabad ont poursuivi leur manifestation, clamant qu’ils resteraient là tant que leurs revendications ne seraient pas satisfaites. Quelles revendications? L’engagement par le gouvernement qu’il ne touchera pas aux lois contre le blasphème, et… la pendaison d’Asia Bibi.

    Ils ont mis fin hier à leur sit-in, indiquant que le gouvernement avait accédé à leurs demandes…

    Le ministre de l’Intérieur Chauhdry Nisar Ali Khan a fermement démenti qu’il y ait eu un quelconque accord avec les manifestants.

  • Pour Woody Allen

    J’avais été choqué par l’homélie (?!) de François le Jeudi Saint, même si j’étais bien plus choqué encore par son spectacle d’agenouillements devant des musulmans (quatre fois de suite alors qu’il ne le fait jamais devant le Christ présent sur l’autel).

    Mais je n’allais certes pas polluer mon blog avec cela pendant le Triduum. Et à quoi bon relever les insanités quotidiennes de ce pape ?

    C’est Antonio Socci qui me fait changer d’avis (traduit par Benoît et moi).

    François, évoquant le « geste de guerre », de « destruction », qui a eu lieu « dans une capitale européenne » (il n’en dira pas plus), a commenté que les responsables sont « les fabricants d’armes » (de même que le responsable de la trahison du Christ n’est pas Judas mais « ceux qui ont donné l’argent »…).

    En effet, remarque Socci, les responsables des attentats du World Trade Center étaient les fabricants d’avions, et les responsables de l’égorgement des chrétiens par l’Etat islamique ce sont les fabricants d’acier.

    Et il ajoute ce mot de Woody Allen que je ne connaissais pas :

    « La psychanalyse est un mythe entretenu par l'industrie des divans. »

    Woody Allen est en quelque sorte un précurseur de François. Puisque l’ineffable Père Lombardi va quitter son poste, il serait fort judicieux de le remplacer par Woody Allen. Au moins on pourrait rire franchement.

  • Amoris Laetitia

    Le Vatican a annoncé hier que l’exhortation apostolique post-synodale sur la famille Amoris laetitia sera publiée et présentée le 8 avril prochain. Il se trouve que je suis en mesure de donner le début de ce texte historique, acte I de l’Eglise de la Miséricorde, après l’acte I de l’Eglise du développement durable et agnostique de l’encyclique Laudato si. Or ces premières lignes sont aussi un résumé de l’ensemble. D’où l’importance de ce scoop.

    La joie de l’amour est pour le chrétien l’amour de la joie. La joie de l’amour exclut la peine de la haine et la haine de la peine est incompatible avec la joie de l’amour. Par conséquent l’Eglise, qui est plus que jamais un hôpital de campagne qui n’a pas peur de se salir les mains, va aux périphéries pour sentir l’odeur des brebis et faire connaître la joie de son amour à celles qui se croient loin et sont blessées par la vie. Ces personnes et ces couples dont pharisiens et pélagiens, mondains et corrompus, faces de piments au vinaigre, osent dire qu’ils sont en « situation irrégulière », l’Eglise les regarde comme ses plus chers enfants. Les évêques auront à cœur de les faire participer pleinement à la vie de la communauté chrétienne. Ainsi sera-t-il bon de donner des responsabilités à des militants homosexuels et de faire donner la communion par des couples divorcés remariés. Je fais confiance aux conférences épiscopales des divers pays pour que la joie de l’amour rayonne dans les paroisses et que soient châtiés comme ils le méritent ceux qui prétendraient agir autrement au nom d’une prétendue morale qui n’a rien à voir avec l’universel Evangile de la miséricorde enfin déconnectée d’une vérité devenue obsolète.

    Toutefois, il semblerait que le cardinal Müller insiste pour que soit retirée l’expression « piments au vinaigre », pourtant si caractéristique de la miséricorde papale.

    Il est annoncé que l’exhortation apostolique sera présentée par le cardinal Schönborn, qui est en effet imprégné de cette doctrine et a déjà largement commencé à la mettre en pratique.

    Mais, selon les toutes dernières informations, il se pourrait que ce texte ne soit jamais publié. Car Benoît XVI, qui a opportunément gardé ses titres et insignes pontificaux, a décidé de reprendre les rênes et de mettre fin à la désastreuse parenthèse bergoglienne. (L’annonce selon laquelle il était comme une chandelle qui s’éteint, lancée par le fidèle Gänswein, faisait partie de ce plan, pour l’effet de surprise, quand on va voir la chandelle presque éteinte se dresser comme un tout nouveau cierge pascal pour illuminer l'Eglise qui va renaître.)

  • Vendredi de Pâques

    Toujours dans la lumière de la nuit pascale, la liturgie de ce vendredi de Pâques célèbre encore le baptême, et avec insistance.

    L’introït est le verset 53 du psaume 77. Ce psaume est celui qui évoque une première fois l’Exode (c’est là que la manne est qualifiée de « pain du ciel » et de « pain des anges »), et qui, devant l’infidélité du peuple élu, recommence toute l’histoire à partir des plaies d’Egypte. C’est alors que vient le verset 53, auquel la liturgie ajoute l’alléluia pascal :

    Edúxit eos Dóminus in spe, allelúia : et inimícos eórum opéruit mare, allelúia, allelúia, allelúia.

    Le Seigneur les conduisit dans l’espérance, et leurs ennemis il les recouvrit de la mer.

    La première partie du verset annonce le verset suivant : « Et il les introduisit dans la montagne de sa sanctification, la montagne que sa droite avait acquise » (oui, je sais, personne ne traduit ainsi, mais c’est le texte). La seconde partie renvoie textuellement au texte de l’Exode (14,28) où « les eaux reviennent et recouvrent les chars et les chevaux de toute l’armée du pharaon ». Verset qui se termine par : « Et il n’en resta pas un seul. » Car tel est l’effet du baptême, qui noie tous les ennemis, en plongeant le néophyte dans la mort du Christ. De même que tous les méchants disparurent lors du Déluge, et que seules huit personnes furent sauvées dans l’arche, figure également du baptême comme le souligne saint Pierre dans l’épître.

    Et dans l’évangile, tout à la fin de l’évangile de saint Matthieu, Jésus envoie les apôtres baptiser toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ce qui est chanté aussi dans l’antienne de communion.

    Le chant de l’antienne d’introït est très simple et discret. Il met d’abord en valeur le mot « espérance » (que de nombreuses traductions escamotent !), puis il s’anime sur les « ennemis ». A la fin, les deux premiers alléluia chantent la victoire, et le dernier se fond dans la contemplation du quatrième mode.

    Je n’ai pas trouvé sur internet d’interprétation correcte de cet introït. Le voici dans le beau codex Bodmer 74, le graduel de Sainte Cécile du Trastevere, de 1071 (avec même l’indication que la station est à Sainte-Marie des Martyrs).

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  • Seselj acquitté

    Contrairement à certains de mes amis, je n’ai jamais eu de sympathie pour Vojislav Seselj, l’ancien vice-président serbe inculpé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.

    Mais comme cela ne sera pas crié sur les toits par les médias qui avaient condamné avec le plus grand acharnement cet « ultranationaliste », il me semble honnête de signaler qu’il a été acquitté aujourd’hui, le Tribunal concluant qu’il n’y avait pas de preuves de son éventuelle responsabilité directe dans le « nettoyage ethnique ». Or on ne peut pas dire que cette cour soit complaisante avec les anciens dirigeants serbes…

  • Scientifique

    L’autorité sanitaire américaine, la FDA, a « assoupli » ses recommandations concernant la pilule abortive.

    La dose recommandée de mifépristone est désormais de 200 mg, contre 600 mg auparavant. En conséquence, les effets secondaires ne justifient plus les visites médicales obligatoires…

    De plus le délai légal pour l’avortement médicamenteux est allongé de sept à dix semaines de grossesse.

    Le RU 486 a été autorisé en 2000 aux Etats Unis. Depuis, la notice n’avait pas été modifiée, mais n’était pas respectée par les médecins qui suivaient « les consensus scientifiques ». La FDA a déclaré que sa décision était fondée uniquement sur des arguments scientifiques.

    Parce que c’est un « argument scientifique » qui permet de donner trois semaines de plus pour tuer son bébé…

  • Faux semblant

    Dans le cadre du nouveau projet de loi antiterroriste, le Sénat a adopté hier un amendement Les Républicains créant un délit de consultation habituelle de sites terroristes.

    Il prévoit de sanctionner la consultation habituelle de sites « provoquant aux actes de terrorisme, ou faisant l'apologie de ces actes, lorsque ces sites comportent des images ou représentations montrant la commission d'actes de terrorisme consistant en des atteintes volontaires à la vie ».

    On remarquera la précision : il faut qu’il y ait des images.

    Pourquoi ?

    Parce que, sinon, la fréquentation de tout site musulman citant ce que disent le Coran, les hadiths, la charia, sur la vie de Mahomet et sur le jihad, tomberait sous le coup de la loi…

    Autrement dit cet amendement ne crée rien du tout. Il demande seulement aux sites jihadistes de bien vouloir ne pas publier de vidéos trop choquantes s’ils veulent continuer d’être fréquentés.

  • En Malaisie

    La Haute Cour de l’Etat malais de Sarawak a permis à un homme de renoncer à l’islam, sans passer par un tribunal de la charia, et de se voir officiellement reconnaître chrétien par l’état civil.

    Le jugement a quelque chose d’historique, même s’il est, pour l’heure, d’une portée extrêmement limitée.

    Il s’agit d’un homme de 41 ans dont la mère était chrétienne et qui est devenu automatiquement musulman à 10 ans quand sa mère s’est mariée à un musulman. Mais cet homme n’a jamais eu de pratique islamique, et il s’est même fait re-baptiser en 1999 pour bien montrer qu’il était chrétien. Après ce renouvellement de baptême il avait fait une demande de modification d’état civil, pour retrouver officiellement son nom chrétien. L’état civil lui avait répondu qu’il lui fallait d’abord obtenir un certificat du tribunal de la charia indiquant qu’il renonçait à l’islam. Certificat évidemment impossible à obtenir : l’apostasie de l’islam est un délit puni de prison. Et la Cour fédérale de la charia s’était déclarée incompétente.

    Ce qui importe ici est que la Haute Cour de Kuching a fondé son jugement non sur les pratiques ou non-pratiques religieuses du demandeur, mais sur l’article 11 de la Constitution qui reconnaît la liberté de religion bien que l’islam soit « la religion de la Fédération » (article 3). Ce qui, de façon totalement théorique pour le moment, doit logiquement permettre à un musulman connu comme tel de se convertir au christianisme en toute légalité. Mais on n’en est pas là…

    (Les deux Etats malaisiens de l’île de Bornéo, Sarawak et Sabah, de part et d’autre du minuscule et richissime sultanat islamiste de Brunei, ont l’originalité de compter 16 et 17% de chrétiens, surtout des populations tribales.)

  • Colatéral…

    Le gouvernement turc a procédé à « l’expropriation » du centre ville de Diyarbakir, notamment de toute la vieille ville. Cette « procédure d’urgence », dit-il, est « une mesure préventive » qui doit permettre de « sauvegarder le centre historique de Diyarbakir des dévastations causées par le conflit ».

    Quel conflit ?

    Apparemment le conflit kurde.

    On se souvient de la résurrection de la grande église arménienne apostolique de Diyarbakir, grâce à la municipalité kurde, en liaison avec une fondation arménienne. Eglise confiée à l’Eglise arménienne apostolique qui la retrouvait 97 ans après le génocide.

    Eh bien cette église, puisqu’elle est dans la vieille ville, fait partie des quelque 6.000 bâtiments « expropriés ».

    L’église arménienne catholique aussi.

    L’église syriaque également.

    L’église chaldéenne itou.

    Et il n’y a plus aucune messe à Diyarbakir…

  • Une confirmation par l’anthropologie contemporaine

    La messe de 18h30, ce soir, en l’église Santa Maria a Calchera de Brescia, en Italie, sera célébrée selon la forme extraordinaire, et elle sera suivie d’une conférence de Luigi Martinelli, un jeune metteur en scène qui a obtenu son master en Sciences et techniques des arts et du théâtre grâce à un mémoire intitulé Les formes du sacré : la performance dans le rite romain, dont il a fait un livre préfacé par Mgr Nicola Bux.

    L’intérêt du travail de Luigi Martinelli est qu’il a étudié le rite romain traditionnel en se servant des concepts élaborés par l’anthropologue Victor Turner, principalement celui de « performance » qui a fait l’objet de ses deux derniers livres.

    Voici les deux paragraphes centraux d’une interview de Luigi Martinelli, traduits par Paix liturgique :

    Si je m’arrête sur la liturgie romaine traditionnelle, c’est bien parce que la performance corporelle et sensorielle y tient un rôle fondamental. Celle-ci communique efficacement à l’homme l’essence du contenu de la foi qui est célébrée. Elle manifeste le sens du sacré en faisant appel à la sensibilité physique de l’homme par des sollicitations extérieures aussi efficaces que la distribution intelligente du silence « actif » aux moments clés du rite ; l’importance accordée à une certaine typologie de chant, le grégorien, et à la seule musique de l’orgue pour accompagner le recueillement ; la parole vivante de la langue sacrée qui émancipe les mots de l’urgence de devoir signifier en remettant à l’honneur la valeur de la vocalité ; l’importance réservée aux actions, aux gestes, aux postures ; l’orientation dans l’espace et la verticalité. Tout est construit autour d’éléments performants susceptibles de générer réalité et expérience. Le rite romain traditionnel est un agrégat d’éléments rituels « ésotériques », dans la mesure où ils ne s’adressent pas prioritairement à notre sphère rationnelle mais à notre perception sensible qui transcende notre raison humaine. Il ne s’agit pas d’une simple liturgie de mots, conceptuelle, pas plus qu’il ne s’agit d’une commémoration ou d’une observation distante pour satisfaire ses préférences esthétiques, mais d’une expérience concrète de la réalité, une liturgie qui interpelle nos sens en engageant d’un même coup notre corps, notre esprit, notre âme dans la célébration des Saints Mystères.

    La réforme liturgique a porté quasi exclusivement sur le legomenon : les mots, les textes, les traductions, les simplifications linguistiques et sémantiques, dans le but d’éduquer et d’instruire les consciences des fidèles en favorisant leur compréhension intellectuelle du rite. La logique suivie est éminemment moderne. C’est celle de la dévaluation du rituel, qui consiste à détourner l’attention de sa puissance émotive vers sa signification, dans l’illusion que comprendre le rite c’est le vivre. Cette dérive rationaliste et logocentrique de la liturgie a restreint l’importance du corps et de la corporéité, comme la valeur des sens et de la sensibilité, dans l’action de communiquer et d’exprimer. En fait, la forme ordinaire se caractérise par son usage de la langue commune qui a créé un espace pour la verbosité ; par sa réduction du silence ; par sa limitation de la performance physique, de la formalité et de la répétitivité des gestes ; par l’émergence de la communauté comme sujet de la célébration, phénomène favorisé par le recours abondant au chant communautaire ; par un agencement différent de l’espace pour faciliter la conversation horizontale des humains. Ainsi, d’une liturgie du corps, on est passé à une liturgie de la tête. De fait, dans la forme ordinaire, les textes récités ou proclamés sont prédominants au détriment de la performance corporelle, de la puissance de l’action, du geste, du mouvement, du son, en d’autres termes, la re-présentation performantielle a été mise de côté. L’ensemble de ces facteurs a conduit à la prédominance du contenu sur la forme, avec pour conséquence l’affaiblissement de la liturgie et la perte du sens du sacré qui en découle.

    Cela dit, c’est un peu enfoncer les portes ouvertes de dire que la réforme liturgique a détruit le rite : elle avait clairement pour but de détruire cette chose de sauvages qu'étudient les anthropologues pour aboutir à une liturgie d’hommes civilisés à la foi adulte…

  • Jeudi de Pâques

    L’évangile de ce jour, ainsi que les antiennes du Benedictus et du Magnificat, célèbrent Marie Madeleine venant au tombeau et rencontrant le Christ ressuscité : Noli me tangere.

    Le deuxième répons des matines est très remarquable. C’est Marie Madeleine qui chante la Rencontre. Or le texte commence comme un répons de l’octave de la Nativité, où c’est Marie, la Mère de Dieu, qui chante de la même façon : Congratulámini mihi, omnes qui dilígitis Dóminum. Réjouissez-vous avec moi, vous tous qui aimez le Seigneur…

    Pourquoi ? parce que, comme j’étais petite, j’ai plu au Très-Haut, et de mes entrailles j’ai engendré un Dieu et un homme, chante Marie le jour de la Circoncision.

    Parce que celui que je cherchais m’est apparu : alors que je pleurais devant le tombeau, j’ai vu mon Seigneur, chante Marie Madeleine.

    La Nativité chantée par Marie l’Immaculée Mère de Dieu. La Résurrection chantée par la Pécheresse Marie de Magdala…

    Et, dans le verset, Marie Madeleine cite… saint Grégoire le Grand. Car elle emprunte au pape liturge et docteur son magnifique commentaire : « Recedéntibus discípulis, non recedébam, et amóris eius igne succénsa, ardébam desidério » : alors que les disciples se retiraient, je ne me suis pas retirée, et enflammée du feu de son amour, je brûlais de désir. C’est en fait un résumé de ce que dit saint Grégoire : « Il faut considérer à ce sujet avec quelle force l’amour divin s’était allumé dans l’âme de cette femme, qui ne quittait point le sépulcre du Seigneur bien que les disciples se retirassent. Elle cherchait avec soin celui qu’elle n’avait pas trouvé, elle pleurait en le cherchant, et, embrasée du feu de son amour, elle brûlait du désir de retrouver celui qu’elle croyait enlevé. »

    Admirable définition du quaerere Deum, la recherche de Dieu : ce n’est pas un hasard si Marie Madeleine est la patronne des contemplatifs. Et ce n’est donc pas un hasard non plus si ce répons est du troisième mode, le mode dit « mystique ». Alors que celui de la Circoncision est du septième mode, dit « angélique », celui de Puer natus est nobis du jour de Noël et du Gloria des messes de la Sainte Vierge.

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  • La montée de la barbarie

    Les chefs d'établissements de 21 lycées parisiens ont décidé de fermer leurs lycées aujourd’hui par mesure de précaution à la suite des mobilisations contre la loi El Khomri, a-t-on appris hier sur RTL. Il s'agit d'une mesure préventive par crainte de débordements. Les chefs d’établissements dénoncent des violences : vitres cassées, feux de poubelles, une porte enflammée et même des jets de projectiles. 

    Le ministère de l’Education dite nationale voit ces fermetures d’un très mauvais œil : selon le ministère il est interdit d’empêcher à l’avance l’ouverture d’un lycée.

    Myriam Honnorat, représentante des proviseurs au Syndical national des personnels de direction explique : "C’est surtout un sentiment d’impuissance. (...) Il est très difficile pour nous aussi d’avoir affaire à des lycéens qui habituellement sont quand même nos élèves (...) On s’inquiète de les voir arriver cagoulés, nous insulter, envoyer des projectiles."

    D’autre part, lors de la dernière manifestation, « les lycéens » ont pillé deux supermarchés parisiens. Soi disant pour donner à manger aux réfugiés...

  • Le retour de la licorne

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    C’était un des nombreux dogmes de la science moderne que la « licorne sibérienne » (en fait du sud de la Russie, du Caucase et du nord du Kazakhstan) avait disparu il y a 350.000 ans. Or l’analyse d’un crâne d’une « licorne sibérienne » trouvé dans la région de Pavlodar, au Kazakhstan, montre que cet animal vivait il y a 29.000 ans.

    Autrement dit il vivait au moment où il y avait déjà, selon les mêmes dogmes de la science moderne, des « hommes ».

    Et donc, contrairement à ce qu’on affirmait jusqu’à maintenant, la « licorne sibérienne », qui était une sorte de gigantesque rhinocéros haut sur pattes comme un cheval avec une longue corne, a très bien pu nourrir l’imaginaire des peuples jusqu’à la licorne médiévale. En passant bien entendu par la licorne des psaumes, génocidée par les traducteurs modernes et les liturges de l’impiété.

  • Au Bangladesh

    La « Haute Cour » de Dhaka a rejeté la pétition demandant que l’islam ne soit plus religion d’Etat du Bangladesh, au motif que les pétitionnaires n’étaient pas constitutionnellement habilités à agir.

    Dans la première Constitution du Bangladesh, en 1971, la religion était absente. C’est sous la dictature militaire, en 1988, qu’un amendement fit l’islam religion d’Etat. Depuis lors des intellectuels et des membres des minorités religieuses tentent, en vain, de revenir à l’état antérieur. La lutte du gouvernement contre l’islamisme et l’émotion occasionnée par divers attentats contre des membres des minorités laissaient entendre que le moment était favorable. Mais la haute Cour de Dhaka en a décidé autrement, dans ce pays où 90% de la population est musulmane et, comme partout, de plus en plus musulmane.

    « C’est une décision qui nous attriste, déclare à Asianews Théophile Nokrek, le secrétaire de la commission épiscopale Justice et Paix. Notre nation est née laïque, mais avec le dictateur Hussain Muhammad Ershad elle a pris un caractère islamique au profit de la politique gouvernementale. Et maintenant, nous, les membres des minorités, sommes les victimes de cette décision. Quand nous aurons le texte du jugement, nous déciderons si nous faisons ou non appel devant la Cour suprême. »