07 avril 2014

Le baptême de Umma Azul

Ce baptême a bien eu lieu, en la cathédrale de Cordoba, en Argentine. La marraine présidente n’était pas là mais avait envoyé une photo et des cadeaux. Le curé est tout content. Les journalistes aussi; et les militants LGBT ont gagné. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes catholiques.

Ah oui, au fait, finalement les deux lesbiennes n’ont pas reçu le sacrement de confirmation.

Histoire de bien souligner que ce baptême est illégitime au regard du droit canonique (canon 868 §1, 2).

(La Voz, via Rorate Caeli)

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Lundi de la Passion

Les chants de la messe sont, comme il convient, ceux du Christ souffrant. Avec une exception spectaculaire : le chant de communion, qui paraît incongru : « Le Seigneur des puissances, c’est lui le Roi de gloire. » Pour l’expliquer, on peut se reporter au principe selon lequel, depuis le mercredi des cendres, les antiennes de communion sont prises selon l’ordre des psaumes, et qu’on en est aujourd’hui au 23. De fait, l’antienne est un verset du psaume 23. Mais on sait que ce principe subit un certain nombre d’exceptions (quand le verset de psaume est remplacé par un verset de l’évangile du jour), et l’on pouvait choisir un verset moins éclatant, même si le psaume tout entier chante la gloire de Dieu. En fait, ce verset, au début du temps de la Passion, vise à ce que l’on n’oublie pas que celui qui va être insulté, moqué, battu, fouetté, couvert de plaies et de crachats, et crucifié comme un bandit, est le Roi de gloire, qui fait précisément son entrée, comme dit le psaume, par une porte dont on doit élever les linteaux pour qu’il passe : la porte de la croix.

La première lecture, sur Jonas à Ninive, nous rappelle que nous sommes toujours dans le temps de la pénitence et du jeûne, et que cette pénitence doit avoir un caractère social, comme le soulignait le bienheureux cardinal Schuster : « En effet, il ne suffit pas que la religion et les pratiques du culte soient le tribut privé et personnel de l’individu, mais il faut qu’elles soient en outre collectives et sociales, puisque la société, la famille, la cité, la nation, etc. sont des entités réelles, et pour cela ont, comme telles, à rendre à Dieu le culte dû. »

Quant à l’évangile, il nous montre une nouvelle fois des gens qui cherchent à s’emparer de Jésus mais ne le font pas, une nouvelle affirmation par Jésus de sa divinité, et une nouvelle annonce du baptême pour les catéchumènes, mais qui dépasse de loin ce cadre.

L’affirmation par Jésus de sa divinité est hélas souvent gommée par les traductions. Il dit : « Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où je suis, vous ne pouvez venir. » Il ne dit pas « où je serai », mais « où je suis », souligne saint Augustin dénonçant par avance les mauvaises traductions. Il dit « où je suis » parce qu’il est au ciel et qu’il n’a pas quitté le ciel en s’incarnant. Comme il l’a dit auparavant : « Personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. » Qui est au ciel même quand il parle aux hommes sur la terre. Etre au ciel étant l’équivalent de : « Je Suis ».

L’annonce du baptême, par l’eau vive, dépasse ce cadre parce qu’elle concerne toute la vie spirituelle du croyant, à partir du baptême qui crée la source d’où doivent jaillir les fleuves engendrés par l’Esprit. Dans la lecture scripturaire du jour, Jérémie, Dieu se plaint que son peuple l'ait abandonné, lui, "la source d'eau vive". Il s'agit donc de la déification de ceux qui croient au Christ: ils ont en eux la source jaillissante qui est Dieu. La première condition est d'avoir soif.

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06 avril 2014

Premier dimanche de la Passion

Depuis hier soir c’est le temps de la Passion. Les trois hymnes (vêpres, matines et laudes) sont des hymnes de la Croix. La semaine dernière, la lecture des matines était l’Exode. Voici qu’apparaît Jérémie, figure du Christ souffrant, et ses Lamentations seront au cœur du Triduum. La semaine dernière, les répons des matines parlaient presque tous de Moïse. Désormais, hormis le premier qui annonce la Pâque, ils ne seront plus que l’écho de la plainte du Christ souffrant sa Passion et implorant le Père de le sauver de ses ennemis : et cela uniquement par des versets de psaumes, et il en est de même des antiennes de la journée, qui font aussi appel à Jérémie.

La messe commence par un de ces versets, bien connu de ceux qui connaissent l’ordinaire de la messe puisque c’est le début du psaume 42 récité au bas de l’autel (et qui précisément ne l’est plus à partir de ce jour jusqu’à Pâques) : « Rends-moi justice, ô Dieu, et mets ma cause à part de celle d’une nation qui n’est pas sainte ; arrache-moi à l’homme inique et trompeur, car tu es mon Dieu et ma force. » Le graduel et le trait poursuivent sur le même mode. L’épître (dont on a déjà entendu l’essentiel au capitule des vêpres, puis des laudes, et de tierce) est celle qui explique que le Christ, à la différence des anciens grands prêtres, est entré dans le Sanctuaire avec son propre sang, une fois pour toutes, nous ayant acquis, par son propre sacrifice, une rédemption éternelle. La préface chante le bois de la Croix devenu nouvel arbre de vie. L’antienne de communion souligne qu’il s’agit de la communion au « corps livré pour vous » et du calice de la nouvelle alliance dans son sang.

L’Evangile donne l’ultime explication : Jésus proclame sa divinité : « Les Juifs lui dirent : Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ? Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham advînt, Je Suis. Ils prirent donc des pierres, pour les jeter sur lui ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple. »

Aucune traduction française du propos du Christ ne peut être vraiment satisfaisante. La plus mauvaise est assurément la plus courante : « Avant qu’Abraham fût, je suis », avec deux fois le verbe être, et la deuxième fois sans les capitales indiquant qu’il s’agit cette deuxième fois de celui qui EST. Dans les textes grec et latin, il n’y a pas deux fois le verbe être. La première fois, pour Abraham, c’est un verbe qui veut dire devenir, se produire, se faire… Le sens premier du verbe grec étant précisément : venir à l’existence. Bref, il s’agit d’un processus. Abraham, comme tous les hommes, est le rejeton d’une lignée et le produit d’une gestation. A un moment de l’histoire, il a été engendré dans le sein de sa mère et il est venu à l’existence. Tandis que le Christ est une personne divine, et en tant que personne divine il EST, il est l’être même, éternellement.

Les juifs comprennent immédiatement ce « Je Suis » : ils n’ont pas besoin de le lire pour voir les lettres en capitales. C’est le pire des blasphèmes : ils prennent des pierres pour le lapider.

Ici il y a encore de très nombreuses traductions défaillantes : « alors ils prirent », ou « alors ils ramassèrent » des pierres pour les lancer sur lui. Mais le mot grec comme le mot latin traduit par « alors » ne veut pas dire « alors ». Il veut dire « donc ». Le traduire par « alors » atténue fortement le sens du verset et montre l’incompréhension du traducteur.

Jésus dit : JE SUIS. Ils prennent donc des pierres. Il se dit Dieu, par conséquent ils le lapident.

Mais Jésus se cache et sort du temple.

Saint Augustin conclut : « Comme homme il fuit les pierres, mais malheur à ceux dont Dieu fuit les cœurs de pierre. » Tamquam homo a lapidibus fugit: sed vae illis a quorum lapideis cordibus Deus fugit !

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05 avril 2014

La veillée c'est jeudi prochain

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Préparez-vous pour demain soir

Préparez-vous à entendre le chœur des pleureuses et des indignés, dimanche soir et lundi : il y a des élections législatives demain en Hongrie, et l’on sait déjà qu’elles seront remportées haut la main par le parti de Viktor Orban.

La seule inconnue est de savoir si le Fidesz aura « seulement » une confortable majorité absolue ou, comme aujourd’hui, la majorité des deux tiers.

L’autre inconnue est le score du parti dit « d’extrême droite » Jobbik, qui talonne l’union de la gauche dans les sondages et pourrait la dépasser.

La gauche est plus que jamais dans la panade. Tous les partis se sont réunis sur le seul objectif de battre Orban, mais ils sont à couteaux tirés sur tout le reste. Et, en pleine campagne, le vice-président du parti socialiste a été arrêté après la découverte d’un compte non déclaré en Autriche, sur lequel figuraient des centaines de milliers d’euros…

Quant à la campagne elle-même de la gauche, elle est du niveau de notre classe politico- médiatique. Le chef de file des socialistes, Attila Mesterhazy, a déclaré  que « le gouvernement Orban n’a apporté que la pauvreté, l’émigration et la peur », et l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany (qui avait réellement apporté la pauvreté et l’émigration) a averti que c’est une élection « historique », parce que « il s'agit de choisir entre la liberté et la tyrannie ».

Ce qui est grave, évidemment, est que les Hongrois vont encore choisir la tyrannie. Et que l’UE ne fait plus rien : « L'UE a abandonné la Hongrie en 2012, dit le politologue Laszlo Lengyel. Nous sommes un petit pays, et tant que la politique d'Orban n'est pas contagieuse, l'UE ne fera rien. »

« Nos » chaldéens vont-ils récupérer leurs propriétés en Turquie ?

L’agence Fides nous apprend que 84 familles chaldéennes originaires de Turquie et actuellement résidentes à l’étranger –en particulier en France – ont entamé les procédures légales afin de rentrer en possession des terrains et des maisons qu’elles ont été contraintes de quitter sous la menace des services de sécurité après le coup d’Etat militaire du 12 septembre 1980.

La demande de restitution des biens a été transmise au ministère turc de l’Intérieur. Les terrains et les maisons en question se trouvent dans la préfecture de Sirnak, dans le sud-est de la Turquie, à la frontière avec l’Irak, une région peuplée en majorité par des Kurdes. Ils se concentrent dans la zone d’un village demeuré inhabité mais qui a été à plusieurs reprises utilisé comme base par l’organisation communiste kurde PKK. Au cours de ces dernières années, les propriétés ont été occupées et utilisées abusivement par des personnes se présentant comme « gardiens » des biens que les chaldéens ont été contraints à abandonner.

Deux prêtres et une religieuse enlevés au Cameroun

Deux prêtres italiens et une religieuse canadienne ont été enlevés au nord du Cameroun la nuit dernière par des hommes armés qui ont dévasté les habitations.

C’est à la frontière du Nigeria, dans la région où avait été enlevé le prêtre français Georges Vandenbeusch à la mi-novembre.

Il faut croire que ça rapporte. Mais ce n’est pas sérieux d’avoir déjà tout dépensé. Enfin, cette fois ce n’est pas à nous de payer…

Quand l’incroyante de la pastorale des jeunes (sic) questionne le pape…

Cinq Belges de la pastorale néerlandophone des jeunes sont allés au Vatican pour interviewer François. Cette rencontre a eu lieu le 31 mars dernier, et le contenu de l’entretien a été diffusé le 3 avril à la télévision belge.

« Le Pape a-t-il un message pour les jeunes ? » demande une jeune non-croyante de la petite délégation. Il y répond en insistant sur la centralité de l’Homme. « L’homme qui a été rejeté du centre et a glissé vers les périphéries, au profit du pouvoir et de l’argent ».

La jeune non croyante de la pastorale des jeunes est toujours non croyante, mais peut-être a-t-elle compris qu’elle doit voter socialiste…

Samedi de la quatrième semaine de carême

Hier, dans l’évangile, Thomas disait aux autres apôtres : « Allons-y nous aussi, afin de mourir avec lui. » Mais personne n’est mort, et au contraire Lazare qui était mort est ressuscité. Aujourd’hui l’évangile nous rappelle : « Personne ne l’arrêta, car son heure n’était pas encore venue. »

Son heure va venir, et à partir de demain, ou plutôt de ce soir, c’est le temps de la Passion, qui nous oriente vers le sacrifice de la Croix, la mort de Jésus dans laquelle seront baptisés les catéchumènes. Aujourd’hui est célébrée la dernière messe d’appel des catéchumènes au baptême. Dans les temps antiques on la connaissait sous le nom de « Sitientes », car c’est le premier mot de l’introït : « Vous qui avez soif, venez aux eaux, dit le Seigneur, et vous qui n’avez pas d’argent, venez et buvez avec joie » : Sitientes venite ad aquas (…) et bibite cum lætitia.

Isaïe parle aussi de cette eau dans la première lecture : « Celui qui a pitié d’eux les conduira et les mènera boire aux sources des eaux. » Le peuple d’Israël est assimilé à un troupeau de brebis que le bon Pasteur conduit dans les meilleurs pâturages et aux meilleures sources. C’est ce que chante aussi le psaume 22, qui est le chant de la communion : « C’est le Seigneur qui me conduit, et rien ne pourra me manquer : Il m’a établi dans un lieu de pâturages : Il m’a amené près d’une eau fortifiante. » Dóminus regit me, et nihil mihi déerit : in loco páscuæ ibi me collocávit : super aquam refectiónis educávit me.

Le baptême est une illumination, cette eau donne la lumière, et dans l’évangile (saint Jean 8, 12-20) Jésus déclare : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit (…) aura la lumière de la vie. » La lumière de la vie éternelle.

Et ceux à qui Jésus communique la lumière deviennent eux-mêmes lumière du monde, par participation à la lumière divine, comme il le dit à ses apôtres (en saint Matthieu) : « Vous êtes la lumière du monde, que votre lumière luise devant tes hommes, afin que voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans le ciel. »

Le Père dont Jésus ose dire aux pharisiens qu’ils ne le connaissent pas. Parce que pour connaître le Père, il faut renaître dans le Fils.

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04 avril 2014

Répugnant

La nomination de Brendan Eich comme directeur général de Mozilla avait été critiquée parce que l’homme (l’un des principaux créateurs de Firefox) avait donné 1.000 dollars pour la campagne contre le « mariage » homosexuel en Californie.

La pression montait. Avant-hier Brendan Eich affirmait qu’il ne démissionnerait pas. Hier il a démissionné.

La société Mozilla s’est fendue d’un long communiqué écœurant d’homosexualisme dictatorial et de repentance gluante :

« Mozilla se targue d’être tenue à des normes différentes, et cette semaine nous n’avons pas honoré notre réputation. Nous savons pourquoi les gens sont peinés et fâchés et ils ont raison : c’est parce que nous n’avons pas été fidèles à nous-mêmes. »

Il y en a ainsi plusieurs paragraphes, et l’on demande humblement pardon de n’avoir pas réagi plus vite, et l’on assure que la leçon est comprise… « Notre mission sera toujours de faire que le Web soit toujours plus ouvert afin que l’humanité soit plus forte, plus inclusive et plus juste »…

Le communiqué ose affirmer : « Nous avons des employés d’une large diversité d’opinions. Notre culture de l’ouverture encourage le personnel et la communauté à partager leurs croyances et leurs opinions en public. »

Mais être opposé à la dénaturation du mariage, ce n’est pas une opinion, c’est une atteinte à l’éthique…

Il s’agit bien d’une inversion.

Taubira fait le vide (de nouveau)

A peine reconduite dans ses fonctions, Christiane Taubira se venge de ses turpitudes sur ses adjoints (pour la deuxième fois en deux ans) : son directeur de cabinet Christine Maugüé et son adjoint François Pion, et son chef de cabinet, Florence Gouache, sont virés…

L’audace des francs-maçons

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Les francs-maçons se mobilisent contre l’abstention aux européennes. Parce qu’ils redoutent une « abstention record ou un vote de protestation en faveur des candidats représentants des mouvements ou partis extrémistes, populistes, europhobes voire racistes, antisémites, homophobes ».

C’est l’argument « le plus audacieux », écrit un certain François Koch qui nous apprend la nouvelle.

Quelle audace, en effet, de rabâcher la pensée unique que les francs-maçons ont installé depuis longtemps dans tous les pouvoirs…

Suspense à Mantes-la-Ville…

Hier a été lancé un appel pour « sauver la mosquée de Mantes-la-Ville ». Car l’Association des musulmans de Mantes-Sud, qui avait « des relations privilégiées avec l’ancienne maire PS Monique Brochot » était en train de récolter des fonds pour racheter l’ancien local de la Trésorerie, acquis par la municipalité pour 600.000 € dans le but de le revendre aux musulmans. Mais, avant-hier, il manquait encore 200.000 €. Et ce soir entre en fonctions la nouvelle municipalité… FN qui a fait de l’opposition à la mosquée un de ses thèmes de campagne…

Il paraît que 120.000 € ont été récoltés dans la seule journée d’hier…

(Mantes-la-Ville est la seule localité d’Ile-de-France à avoir porté le FN à la mairie : c’est une belle revanche de Jean-Marie Le Pen, que le maire de l’époque, Annette Peulvast-Bergeal, avait fait lourdement condamner pour lui avoir crié son ras-le-bol du « harcèlement citoyen » contre le FN. Annette Peulvast-Bergeal, qui avait perdu la mairie en 2008, se présentait de nouveau, et a perdu de nouveau.)

La destruction quotidienne de l’Eglise ?

Extrait d’une analyse de Francesco Colafemmina, intéressante mais qui fait terriblement froid dans le dos, traduite par Benoît et moi :

(…) un pape qui, critiquant chaque jour, avec violence verbale, ces chrétiens qui, selon lui seraient un «problème» dans l'Eglise, a pour objectif de structurer le consensus envers sa personne et la «nouvelle Église» qu'il incarnerait.Il le structure, parce qu'il sait que le téléspectateur ou le lecteur de nouvelles en ligne, indépendamment de sa foi ou de son athéisme, ne cherche pas de certitude, mais des doutes. Et malgré le fait que chaque démolisseur de certitude s'impose à son tour comme dogmatique, la société contemporaine aime la destruction de ce qui jusqu'à récemment semblait solide, résistant, réfractaire à l'esprit mondain. (...) D'où les constantes, exténuantes prédications à Santa-Marta qui, malgré leur concinnitas (ajustement étudié) sont d'une désarmante répétitivité. Des prédications où reviennent de manière obsessionnelle la comparaison entre les pharisiens de l’Evangile et les prétendus catholiques qui croient qu'ils sont les détenteurs de l'orthodoxie et de la justice et conditionnent ainsi l'image de l'Eglise.

Vendredi de la quatrième semaine de carême

Il a ressuscité la fille du chef de la synagogue lorsqu’elle était encore étendue dans sa demeure ; il a ressuscité le jeune fils de la veuve qu’on portait déjà hors de la ville ; il a ressuscité Lazare enseveli depuis quatre jours. Que chacun examine l’état de son âme: si elle pèche, elle meurt; le péché, c’est la mort de l’âme. Mais quelquefois on pèche en pensée. Ce qui est mal t’a causé du plaisir. Tu as consenti, tu as péché. Ce péché t’a donné le coup de la mort ; mais la mort est à l’intérieur, parce que la mauvaise pensée ne s’est pas réduite en acte. Voulant montrer qu’il ressusciterait cette âme, le Seigneur ressuscita cette jeune fille qui n’avait pas encore été portée dehors, mais qui gisait sans vie dans sa demeure, indiquant par là un péché caché. Toutefois, si tu ne t’es pas borné à consentir à la mauvaise pensée, mais qu’en outre tu aies fait le mal, tu as transporté le mort en dehors des portes; tu es dehors, et tu es emporté mort. Cependant le Seigneur ressuscita aussi ce mort et le rendit à sa mère qui était veuve. Si tu as péché, fais pénitence; et le Seigneur te ressuscitera et te rendra à l’Église, ta mère. Le troisième mort est Lazare. Il y a un genre de mort bien cruel : on l’appelle la mauvaise habitude; car autre chose est de pécher, autre chose est de contracter l’habitude du péché. Celui qui pèche et qui se corrige aussitôt, revient bien vite à la vie; comme il n’est pas encore enlacé par l’habitude, il n’est pas encore enseveli. Mais celui qui a l’habitude de pécher est enseveli, et l’on dit de lui avec raison : Il sent mauvais. Car il commence à avoir une mauvaise réputation, qui se répand autour de lui comme une odeur insupportable. Tels sont tous ceux qui s’accoutument aux crimes, qui sont perdus de mœurs. Tu lui dis : N’agis pas ainsi ; est-ce qu’il t’entend, celui que la terre étouffe, que la corruption déjà gagné et qui est écrasé sous le poids de l’habitude? Et cependant, même ce dernier, Jésus-Christ est assez puissant pour le ressusciter.

(…)

Ce ne peut être qu’un grand coupable celui que représentent ces quatre jours de mort et de sépulture. Pourquoi donc Jésus-Christ se trouble-t-il lui-même, sinon pour te montrer comme tu dois être troublé lorsque tu es chargé et accablé d’une si grande masse de péchés ? Tu t’es examiné, tu t’es reconnu coupable et tu as dit en toi-même : J’ai fait cela, et Dieu m’a épargné ; j’ai commis telle faute, et Dieu a différé de me punir ; j’ai entendu l’Evangile, et je l’ai méprisé ; j’ai reçu le baptême, et je suis retombé dans les mêmes fautes : que faire, où aller ? comment m’échapper ? Quand tu parles ainsi, déjà Jésus-Christ frémit en toi, car ta foi frémit, et dans la voix du frémissement, apparaît l’espérance de la résurrection. Si la foi est en nous, Jésus-Christ s’y trouve et frémit : si la foi est en nous, Jésus-Christ est en nous.

(…)

Qu’il frémisse aussi en toi, si tu te prépares à revivre. A tout homme, accablé par une mauvaise habitude, il est dit : « Jésus vint vers le tombeau. Or, c’était une grotte, et une pierre avait été placée au-dessus ». Le mort qui se trouve sous la pierre, c’est le pécheur sous la loi. Vous le savez, la loi donnée aux Juifs fut écrite sur la pierre. Or, tous les pécheurs sont sous la loi; ceux qui vivent bien sont avec la loi. La loi n’est point établie pour le juste. Que veulent donc dire ces paroles : « Ecartez la pierre? » Elles veulent dire : prêchez la grâce. Car l’apôtre Paul se dit ministre du Nouveau Testament, non de la lettre, mais de l’esprit. « Car », dit-il, « la « lettre tue, et l’esprit vivifie ». La lettre qui tue est comme une pierre qui écrase. « Ecartez la pierre », dit-il, écartez le poids de la loi, prêchez la grâce. « Car, si la loi qui a été donnée pouvait vivifier, alors vraiment la justice viendrait de la loi. Mais la loi écrite a tout renfermé sous le péché, afin que la promesse fût, par la foi en Jésus-Christ, donnée en ceux qui croient »; donc, « écartez la pierre ».

(…)

« Ils enlevèrent donc la pierre, et Jésus, élevant les yeux en haut, dit : Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m’avez exaucé. Pour moi, je savais bien que vous m’exaucez toujours; mais je l’ai dit à cause du peuple qui m’entoure, afin qu’ils croient que vous m’avez envoyé. Ayant dit ces mots, « il cria à haute voix ». Il frémit, il pleure, il crie à haute voix. Qu’il a de peine à se lever celui qu’oppresse le poids d’une, mauvaise habitude ! Cependant il se lève; une grâce cachée lui rend intérieurement la vie; il se lève après avoir entendu ce grand cri. Qu’arriva-t-il ensuite ? « Il s’écria à haute voix : Lazare, viens dehors. Et soudain le mort sortit, ayant les mains et les pieds liés avec des bandes et le visage enveloppé d’un suaire. » Tu t’étonnes qu’il ait marché les pieds liés, et tu n’es pas étonné qu’il soit ressuscité après quatre jours? En ces deux faits agissait la puissance de Dieu, et non les forces du mort. Il marcha, et il était encore lié; il était encore enveloppé, et cependant il sortit du tombeau : qu’est-ce que cela signifie? Quand tu violes la loi, tu es étendu mort; et si tu la violes en choses graves, comme j’ai dit plus haut, tu es enseveli; quand tu confesses tes péchés, tu sors. Qu’est-ce, en effet, que sortir, sinon sortir d’un lieu caché et se montrer? Mais que tu confesses tes fautes, c’est Dieu qui le fait en te criant à haute voix, c’est-à-dire en t’appelant par une grande grâce. C’est pourquoi le mort qui s’avance encore lié, c’est le pécheur qui se confesse, mais qui est encore coupable; et pour que ses péchés soient remis, le Seigneur dit à ses ministres : « Déliez-le et laissez-le aller ». Que veut dire : « Déliez-le et laissez-le aller? » : « Ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ».

Saint Augustin, extraits du traité 49 sur saint Jean.

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03 avril 2014

L’avortement limité dans le Mississipi

Les deux chambres du Mississipi ont définitivement voté mardi un projet de loi interdisant l’avortement à partir de la 20e semaine (d’aménorrhée), soit 18 semaines de grossesse. Le gouverneur, Phil Bryant, a annoncé qu’il contresignera le texte.

C’est le 13e Etat où les élus votent une telle loi. Mais dans trois d’entre eux (Géorgie, Idaho, Arizona) un juge fédéral a jugé la loi anticonstitutionnelle, et en Virginie Occidentale le gouverneur a refusé de la signer.

Najat et Nasser

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Ces deux photos prises hier soir au Parc des Princes circulent aujourd’hui un peu partout. Elles montrent la charmante complicité qu’il y a entre Anne Hidalgo, Najat Vallaud-Belkacem (qui n’est plus porte-parole du gouvernement mais a ajouté aux Droits des femmes le Ville et la Jeunesse et les Sports, donc le foot) et Nicolas Sarkozy. Image de l’UMPS.

Mais la deuxième montre autre chose : c’est la complicité qu’il y a entre ces trois-là et Nasser Ghanim Al-Khelaïfi, à qui Najat lance un regard énamouré.

Nasser Ghanim Al-Khelaïfi est le président du PSG (dont le propriétaire est l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani). Il est le directeur des chaînes Al Jazeera Sport qu’il a renommées beIN Sports Arabia, dont la filiale française, grâce à l’argent du Qatar, rafle les droits de retransmission de la plupart des matches qui étaient auparavant la chasse gardée de Canal Plus. Depuis décembre dernier, Nasser Ghanim Al-Khelaïfi est en outre ministre hors cadre du gouvernement du Qatar.

C’est au Qatar que doit se dérouler la coupe du monde de foot en 2022. L’émirat s’est donc lancé dans des constructions pharaoniques, engageant des milliers et des milliers de travailleurs qu’il fait venir d’Asie. Il est de notoriété publique que ces travailleurs (comme ceux qui sont embauchés dans les autres émirats et en Arabie saoudite) vivent dans des conditions effroyables et sont considérés comme des esclaves. Récemment on a appris que 500 travailleurs indiens étaient déjà morts sur les chantiers.

Mais cela n’émeut personne au Parc des Princes. Après tout, Najat est ministre des droits des femmes, pas des travailleurs immigrés au Qatar.

Le ministère des Affaires islamiques du Qatar explique d’autre part, de façon tout à fait officielle, qu’une fille est une femme à l’âge de 9 ans et peut donc se marier (car le Prophète s’est marié avec une femme de 9 ans et qu’il ne peut se tromper).

Ah oui, Najat est ministre des droits des femmes, mais seulement en France. Pas au Qatar, le pays du si charmant et si riche et si promis à un bel avenir Nasser Al-Khelaïfi…

L’Exode et les charlatans

Puisque selon la liturgie latine traditionnelle la lecture de la semaine est l’Exode, je lis l’Exode. Et puisque jusqu’ici j’avais quelque peu boudé les bibles en français, je me suis mis à la Bible de Jérusalem. Et je découvre à quel point les notes relèvent de l’exégèse historico-critique. C’est tellement puéril que c’en est parfois franchement hilarant.

En ce qui concerne la manne et les cailles que Dieu fait tomber du ciel autour du campement dans le désert, la Bible de Jérusalem affirme que c’est un « passage composite et d’analyse difficile ». Le récit est pourtant clair comme de l’eau de roche… Mais non. Car j’apprends que la manne, c’est la sécrétion d’insectes vivant sur certains tamaris, seulement dans la région centrale du Sinaï, et qui se récolte en mai-juin, alors que les cailles, épuisées de leur migration en Europe, ne tombent qu’en septembre et seulement sur la côte. Sic.

Ce délire rationaliste à prétention scientifique devenant l’incontestable vérité, il reste à trouver une explication rationnelle du texte biblique. Eh bien la voici : ce passage est une nouvelle preuve de ce qu’on savait déjà des chapitres précédents : il y a eu deux groupes d’Hébreux qui sont sortis d’Egypte séparément et à des dates différentes. L'un a été expulsé, l'autre est parti de lui-même. L’un est passé par le centre du désert du Sinaï et a mangé la « manne » en mai-juin, l’autre est passé par la côte et a mangé des cailles en septembre… Il y avait donc originellement deux récits, qui ont été amalgamés en un seul.

Cette dernière explication est un véritable leitmotiv. Le grand jeu consiste à déterminer les deux, trois ou quatre récits incompatibles (les fameux yahviste, elohiste, sacerdotal, deutéronomiste, indéterminé…) qui ont été fondus en un seul ou juxtaposés…

On la retrouve par exemple dans la théophanie du Sinaï. Certaines expressions montrent qu’il s’agit d’une éruption volcanique (sic – j’avoue que je n’y avais pas pensé…). D’autres évoquent un terrible orage. Il y a donc (sic) deux traditions. Mais ce qui prime est l’éruption volcanique. Problème : la montagne que l’on appelle du Sinaï n’est pas un volcan. Il y a donc eu erreur de localisation. Le vrai Sinaï biblique était dans le sud de la péninsule arabique, où il y avait alors des volcans en activité…

Ce qui est hilarant est de penser que les très doctes exégètes qui écrivent ces stupidités y croient. Ce qui l’est moins est que ce sont de graves impiétés, à la limite du blasphème, et ce qui ne l’est plus du tout est que des braves gens lisent cela et croient que c’est ainsi qu’on doit interpréter la Bible…

(On remarque aussi que ces exégètes nous laissent en plan à la première difficulté pratique. Par exemple, alors que tout doit avoir une explication rationnelle, ils oublient de nous expliquer comment Moïse peut rester 40 jours au sommet d’un volcan en éruption…)

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Jeudi de la quatrième semaine de carême

« La lecture évangélique (Luc., VII, 11-16), avec le récit de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, est empruntée au XVe dimanche après la Pentecôte. Cette veuve symbolise l’Église, qui, à force de prières et de larmes, obtient du Seigneur la conversion des pécheurs et leur renaissance à la grâce. Les fossoyeurs qui transportent au tombeau notre cercueil, ce sont les sens, les passions, menant grand bruit autour de l’âme qui, comme prise de vertige, est morte et ne le sait pas. La première grâce que Dieu nous accorde est de faire arrêter ces funestes porteurs de notre bière ; quand le tumulte des passions se calme, il se fait dans l’âme un profond silence, et alors elle commence à réfléchir sur son sort. Combien donc il est nécessaire que la grâce divine dissipe en nous tant d’illusions qui nous font croire être ce que nous ne sommes point ! Semblables en cela à cet ange de l’Apocalypse, à qui Dieu dit : Nomen habes quod vivas, et mortuus es (III, 1) » [Tu as le renom d’être vivant, mais tu es mort].

Cette explication de l’évangile est du bienheureux cardinal Schuster. Elle fait du jeune homme mort une figure du pénitent, en ce temps de carême, et c’est le commentaire qui est fait également tant par saint Augustin que par dom Guéranger ou dom Pius Parsch. Tous à la suite de saint Ambroise (qui vient lui-même à la suite d’Origène), dont le bréviaire reprend le commentaire aux matines de ce jour. Il est dans ce commentaire un propos particulièrement frappant :

« Si tes péchés sont si grands que tu ne peux pas les laver dans tes larmes de pénitence, laisse ta Mère l’Église pleurer pour toi. Elle supplie Dieu pour chacun d’entre vous, comme cette mère veuve pleurait pour son fils unique. Car elle souffre des douleurs spirituelles de mère, quand elle voit ses enfants, par leurs péchés mortels, se précipiter vers la mort. »

On se demande si, quand il écrit cela, saint Ambroise ne pense pas à sainte Monique et à la conversion de saint Augustin. On sait que dans ses Confessions (III, 12), saint Augustin raconte comment sa mère harcelait l’évêque de Milan, avec force larmes, pour qu’il prenne en mains Augustin et le fasse abandonner l’hérésie. Ambroise finit par lui dire : « Va, laisse-moi, et vis toujours ainsi. Il est impossible que l’enfant de telles larmes périsse. » Augustin ajoute : « Dans nos entretiens, elle rappelait souvent qu’elle avait reçu cette réponse comme une voix venue du ciel. »

Et quand l’Eglise composera une messe de sainte Monique, elle choisira pour évangile celui de la résurrection du fils de la veuve de Naïm…

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02 avril 2014

Ils préféreraient une Alliance nordique…

Selon un sondage TNS-Gallup commandé par l’Alliance pour une Europe des démocraties (parti européen dont les membres français sont Nicolas Dupont-Aignan et François-Xavier Villain), publié par le journal suédois Vasabladet, 49% des Suédois préféreraient une Alliance nordique (avec le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège) à l’UE. Seulement 28% préfèrent l’UE à une Alliance nordique.

Des sondages similaires réalisés en Finlande et au Danemark ont donné des résultats comparables.

16:35 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

Norrie, genre neutre

C’est en Australie. « Norrie » est un homme qui s’est fait opérer en 1999 pour devenir une « femme ». Mais finalement il n’était pas femme non plus. Alors il a décidé d’être « neutre » et de le faire reconnaître officiellement. Avec le tam-tam médiatique qui va avec, puisque bien sûr Norrie est un militant LGBT.

Voilà qui est fait. La Haute Cour d’Australie, à l’unanimité, « reconnaît qu'une personne peut être ni de sexe masculin ni de sexe féminin et autorise donc l'enregistrement d'une personne comme étant d'un genre “non spécifique” ».

L’Australie invente donc (après l’Allemagne et le Népal) le « genre neutre ». Ce qui servira bien sûr d’argument pour imposer dans ce pays le « mariage pour tous ».

Un iconoclaste musulman à Vienne

Samedi après-midi, à la cathédrale de Vienne (Autriche), un individu était interpellé alors qu’il venait de renverser une statue de marbre de saint Thaddée et qu’il était en train de s’en prendre à une image du Sacré-Cœur. Il a expliqué aux policiers qu’il avait agi par « inspiration » divine, et il traitait les fidèles catholiques de « marionnettes ». C’est un Ghanéen de 37 ans, Ibrahim A., demandeur d’asile. Il fut relâché, dans l’attente d’une convocation dans la semaine.

Mais ensuite l’homme allait s’en prendre aux statues dans cinq autres églises de Vienne, endommageant les statues de pierre, pulvérisant les statues de marbre, et, pire, détruisant les crucifix en démembrant le corps du Christ.

Ibrahim A. fut de nouveau interpellé hier après avoir détruit deux statues dans la cinquième église. Il a avoué être le responsable de tous les actes de vandalisme, et aussi dans deux autres églises en février… Il a précisé qu’il accomplissait une « mission divine », car « Allah interdit de faire des images des saints », a déclaré le porte-parole de la police, soulignant que l’homme ne souffrait d’aucune psychose.

L’archevêché, tout en constatant que les dégâts sont sans précédent dans les églises de Vienne, fait profil bas, à la grande satisfaction de la Communauté islamique d’Autriche, dont le président a déclaré que « la paix religieuse n’est pas menacée ». Puisqu’il le dit…

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Les socialistes en campagne contre Bruxelles…

Après l’immense claque des municipales, les socialistes vont se retrouver confrontés aux européennes. Avec le gouvernement qui ne change pas et qui donc ne va rien changer, ils vont dans le mur. Que faire ? Eh bien, ils osent, et c’est à ça qu’on les reconnaît : eux qui sont des valets patentés des maîtres de l’Europe, voilà que tout à coup ils s’en prennent à l’Europe coupable de tous les maux.

Revoilà donc le célèbre discours (qui a tant servi, aussi à l’UMP) : tout ce qui va mal, c’est la faute à l’UE, votez pour nous et vous allez voir comment on va se battre contre ces salauds qui vous imposent l’austérité, le chômage, etc.

C’est si grotesquement télécommandé que l’agence Reuters (indépendante du pouvoir français) en a fait une longue dépêche, L'Europe bouc émissaire de retour dans le discours socialiste, où l’on trouvera les sorties des uns et des autres. Notamment Montebourg se glorifiant tout à coup d’avoir voté contre la Constitution européenne, en compagnie, souligne-t-il avec révérence, de Manuel Valls (il oublie Fabius)…

Une grosse quenelle

C’était bien la peine de nous bassiner avec la quenelle dieudonnesque pendant des semaines. Car c’est une bien grosse et bien grasse quenelle que viennent de faire Hollande et Valls aux Français. Aussi vulgaire, aussi insultante. Vous ne voulez plus de mon gouvernement, dit Hollande au vu du résultat des municipales. Eh bien je vous ressers le même, et je vous emmerde…

Avec une provocation à l’intérieur de la provocation, le doigt d'honneur dans la quenelle : le maintien de la Taubira à la « Justice »…

Mercredi de la quatrième semaine de carême

« Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifié de toutes vos souillures, et je vous donnerai un esprit nouveau », chante l’introït : cette messe était celle du grand scrutin, qui voyait les catéchumènes soumis aux premiers rites du baptême : sel, exorcismes, Ephpheta. Suivis de la “tradition” des quatre évangiles, du Credo et du Pater.

L’évangile s’inscrit dans ce contexte, et saint Augustin le soulignait devant ses catéchumènes. L’aveugle est aveugle de naissance, c’est nous tous qui naissons aveugles des yeux de l’âme, incapables de voir la lumière divine à cause du péché originel. Jésus est lui-même la lumière divine, et il le dit ouvertement : « Je suis la lumière du monde ». Et il est là pour « travailler pendant qu’il fait jour ». Pour guérir les hommes.

Alors il crache à terre et fait de la boue. « Parce que le Verbe s’est fait chair », commente saint Augustin avec une géniale concision. Par l’incarnation, le Verbe passe par la matière pour donner aux hommes la grâce divine. Jésus enduit les yeux de l’aveugle de cette boue : il en fait un catéchumène, car l’aveugle croit qu’il va être guéri par Jésus, et quand celui-ci lui dit d’aller se laver à la piscine de Siloé, il y va, simplement, en toute confiance. L’évangile est on ne peut plus concis : « Il y alla donc, il se lava, et il revint voyant. » C’est ce que l’ancien aveugle dira ensuite à qui veut l’entendre : « Et abii, et lavi, et video. » Et j’y suis allé, et je me suis lavé, et je vois. Le grec, qui aime bien les propositions participiales, met tout dans un même mouvement : Y allant et me lavant, j’ai vu.

C’est le baptême proprement dit : par l’eau de l’illumination.

Alors Jésus se montre à lui et lui demande s’il croit au Fils de Dieu. « Je crois, Seigneur », et, se prosternant, il l’adora. Et tout le monde ici fléchit le genou, pour attester que nous sommes tous des aveugles guéris par le baptême et voyant des yeux de l’âme que le Christ est le Fils de Dieu.

D’autre part, cet évangile est, dans le déroulement des faits qui vont conduire à la tragédie pascale, une des étapes de la condamnation du Christ par les pharisiens (« cet homme ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat »). Il constitue même une sorte de long procès préliminaire de Jésus par procuration.

Et, avant de jeter le Messie hors de Jérusalem, ils excluent le miraculé de la synagogue. Pour ne pas voir ça… Pour ne pas voir celui qui voit le Christ.

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01 avril 2014

Foi extraordinaire

Un nouveau programme va faire son apparition sur la chaîne catholique américaine EWTN, intitulé « Foi extraordinaire » : Extraordinary Faith TV.

Ce programme a pour ambition de « mettre en valeur la beauté de l’art sacré catholique classique, architecture, liturgie et musique ». « Une attention particulière sera accordée à la messe latine traditionnelle, connue également comme forme extraordinaire ou messe tridentine. Cette forme historique du culte catholique a connu un regain de popularité ces dernières années, surtout chez les jeunes, et elle est une riche source de vocations au sacerdoce et à la vie religieuse. »

Extraordinary Faith TV travaille depuis deux ans à l’élaboration de ses programmes, sous la direction de deux militants de la liturgie traditionnelle : le producteur et scénariste américain Alex Begin, et la journaliste anglaise Mary O’Regan. Pour que le message soit reçu au mieux, ils s’engagent à répondre aux normes de productions les plus élevées : une équipe de professionnels a été réunie à Los Angeles.

Huit épisodes de 30 minutes ont déjà été tournés. Le premier est consacré à la « Misión de San Juan Capistrano », la mission Saint Jean de Capistran, fondée en 1775 près du village indien de Sajavit en Nouvelle-Espagne (Californie), où il y a sept messes le dimanche, dont deux célébrées dans la forme extraordinaire. Il sera diffusé le 14 avril, puis le 18.

Chaque épisode sera mis en ligne, un mois après sa première diffusion, sur le site de l’émission : www.extraordinaryfaith.tv (qui sera ouvert le 7 avril). Ce site comportera de nombreuses informations sur la liturgie traditionnelle. L’équipe proposera une formation à la messe de saint Pie V, gratuite, dans les paroisses, à condition que la paroisse bénéficiaire s’engage à ce que soit célébrée au moins une fois par mois la messe selon le missel de 1962.

Au moins les Espagnols sont contents…

La presse espagnole salue Hidalgo, la «femme andalouse» de Paris.

L'Espagne fière du choix de Manuel Valls pour Matignon.

Si les Espagnols en sont si fiers, on les leur rend volontiers… (Mais sans doute les Espagnols sont-ils contents qu’ils soient chez nous et non chez eux.)

Valls halal et casher

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"Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël." (Phrase prononcée le 17 juin 2011, jour où il se déclare candidat à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle...)

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"Je souhaite une évolution de la loi de séparation de 1905 pour qu’un peu d’argent public aille à la construction de mosquées."

Valls frénétique

valls.jpgManuel Valls dévoré d’ambition croit être arrivé à l’avant dernière marche de ce que certains appellent encore le pouvoir suprême, qui ne l’est plus depuis longtemps. Il a toutes les chances de se griller. Car c’est sur lui que va retomber l’inévitable poursuite et regain d’impopularité.

Nicolas Sarkozy était lui aussi dévoré d’ambition. Mais il avait eu l’intelligence de ne pas passer par la case Matignon…

Mardi de la quatrième semaine de carême

L’antienne du Magnificat reprend l’avant-dernière phrase de l’évangile de ce jour : « Personne ne porta la main sur lui, parce que son heure n’était pas venue. »

Il est regrettable que cet évangile ne commence pas un peu avant, afin de montrer l’inclusion. Car, juste avant, Jésus dit à ses « frères » qui lui demandent d’aller se produire à la fête : « Mon temps n’est pas encore venu. » Et après avoir ajouté : allez-y, vous, mais moi je ne vais à cette fête, il dit encore : « parce que mon temps n’est pas accompli ».

Est-ce parce qu’on est embarrassé que l’on a coupé le début du chapitre 7 ? Parce qu’il n’est pas convenable de montrer Jésus affirmant à ses frères qu’il n’ira pas à la fête, et le voir aussitôt après monter lui aussi à la fête ? Jésus qui se contredit comme quelqu’un d’indécis, ou, pire, qui trompe ses frères… L’un ou l’autre est en effet n’est guère digne du Sauveur… En fait ce n'est pas le cas, puisque ce passage sera l'évangile du mardi de la Passion.

Mais c’est là qu’est important le « Mon temps n’est pas encore venu… mon temps n’est pas accompli… » qui deviendra in fine : « Son heure n’était pas encore venue », pour expliquer que ceux qui veulent le faire mourir ne le saisissent pas alors qu’ils en ont le mobile, l’occasion et la possibilité.

Car c’est ainsi que commençait, dans le même évangile de saint Jean, le miracle de Cana : « Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue. »

Vous croyez que mon heure, c’est de faire des miracles éclatants et de me faire roi d’Israël, mais mon heure, ce sera de subir le châtiment le plus infamant. En attendant, je vais faire ce que vous demandez, mais pas comme vous le pensez.

Oui, je vais transformer l’eau en vin. Mais personne ne le saura en dehors du maître de cérémonie et de mes disciples, et la vraie signification du miracle n’est pas temporelle, elle est cachée : c’est le symbole du sacrement que j’instituerai.

Oui, je vais aller à cette fête, mais pas pour m’exhiber comme un faiseur de miracles. J’y vais pour expliquer qui je suis vraiment, dans l’intimité de la Sainte Trinité. Et toute la discussion tourne autour de l’identité de Jésus. Et Jésus finit par parler de « celui qui m’a envoyé », que vous ne connaissez pas, mais que je connais, parce que « Je Suis de Lui » : ab ipso sum. Ses interlocuteurs comprennent la portée du blasphème : « ils cherchaient donc à l’arrêter ». Ce qui n’était pas vraiment ce qu’escomptaient ses frères quand ils lui demandaient de « montrer ses œuvres » à la fête…

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