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Le blog d'Yves Daoudal - Page 3

  • Aurora lucis rutilat

    L’hymne des laudes au temps pascal, par les moines de Kergonan (sauf la dernière strophe avant la doxologie).

    Aurora lucis rutilat
    caelum laudibus intonat
    mundus exultans jubilat
    gemens infernus ululat

    L’aurore de la Lumière rutile
    Le ciel résonne de louanges
    Le monde exultant jubile
    L’enfer gémissant hulule

    Cum Rex ille fortissimus
    mortis confractis viribus
    pede conculcans tartara
    solvit a pœna miseros

    Quand ce Roi le très fort
    Ayant brisé les puissances de la mort
    Foulant du pied le tartare
    Délivre les malheureux de leur peine.

    Ille qui clausus lapide
    custoditur sub milite
    triumphans pompa nobili
    victor surgit de funere

    Lui qui enfermé par une pierre
    est gardé par des soldats
    Triomphant en noble pompe
    Vainqueur il surgit du tombeau.

    Solutis jam gemitibus
    et inferni doloribus
    Quia surrexit Dominus
    resplendens clamat angelus

    Sont maintenant anéantis les gémissements
    et les douleurs des enfers
    Puisqu’il est ressuscité le Seigneur
    Clame l’ange resplendissant.

    [Quæsumus, Auctor omnium
    in hoc Paschali gaudio
    ab omni mortis impetu
    tuum defende populum

    Nous te demandons, auteur de toutes choses
    Dans cette joie pascale
    De tout assaut de mort
    Défends ton peuple.]

    Gloria tibi Domine
    qui surrexisti a mortuis
    cum Patre et Sancto Spiritu
    in sempiterna sæcula. Amen.

    Gloire à toi Seigneur
    Qui es ressuscité des morts
    Avec le Père et le Saint-Esprit
    Dans les siècles éternels. Amen.

  • Résolu

    Sans me vanter, ce matin j’ai résolu l’un des principaux mystères des évangiles.

    Pourquoi Marie-Madeleine, les pèlerins d’Emmaüs, et les apôtres, ne reconnaissent-ils pas tout de suite Jésus ressuscité ?

    Parce qu’il est ressuscité avec un masque.

    Le Saint Masque du salut.

    Le Masque sans lequel nul ne peut être sauvé.

    Car le salut, c’est voir Dieu masque à masque, comme dit l'Ecriture.

    (Tout en étant conscient, naturellement, que le Saint Masque n’est qu’un des trois nouveaux sacrements du salut, puisqu’il ne va pas sans le Saint Gel qui remplace la dangereuse eau bénite d’autrefois, et le Saint Vaccin qui doit permettre aux survivants de jouer au sésame électronique mais ne remplace nullement les deux autres. En attendant sans doute les suivants, encore plus contraignants. Mais on ne marchande pas son salut.)

  • Dimanche in albis

    Quasi modo géniti infántes, allelúia, rationabiles, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia allelúia.

    Comme des enfants nouveaux-nés, alléluia, spirituels, désirez le lait sans tromperie, alléluia, alléluia.

    Au temps de la chrétienté il n’y avait plus de baptêmes d’adultes et l’on baptisait les enfants à la naissance. De ce fait le nom de ce dimanche, in albis depositis, « quand les vêtements blancs ont été déposés » par les nouveaux baptisés de Pâques, ne correspondait plus à rien concrètement. Et comme pour beaucoup d’autres dimanches, on l’a désigné par les premiers mots de l’introït : « Quasi modo geniti ». Paradoxalement, si vous cherchez « Quasi modo geniti » sur Youtube, la grande majorité des vidéos sont… protestantes. Parce que les luthériens continuent d’appeler ainsi ce dimanche. Même s’ils seraient bien en peine d’en chanter l’antienne d’introït... (En fait il suffit de dire « Quasi modo », mais si l’on n’ajoute pas « geniti » on se retrouve avec une avalanche de vidéos de Notre-Dame de Paris…)

    Le texte est le début d’un verset de la première épître de saint Pierre (2,2). Mais on ne le trouve… quasi nulle part sous cette forme. La quasi-totalité des manuscrits de la vieille latine et de la Vulgate ont : « Sicut modo geniti ». Ce qui est plus immédiatement compréhensible. Et pourtant c’est sous la plume de saint Jérôme qu’on voit « quasi modo ». Et trois fois de suite dans son commentaire d’Isaïe :

    Quasi modo nati parvuli, rationale lac desiderate.

    Quasi modo nati parvuli, rationabile et absque dolo lac desiderate.

    Quasi modo nati parvuli, rationabiles, et absque dolo lac desiderate.

    Saint Jérôme est ensuite le seul (puisque même la liturgie ne le suit pas) à dire : « nati parvuli » pour désigner les petits enfants nouveaux nés.

    Puis il évoque deux fois (de deux façons différentes) le « lait spirituel », et la troisième fois il reproduit curieusement la faute qui se trouve aussi dans le texte liturgique : « comme des petits enfants spirituels ». Le texte grec ne laisse aucun doute sur le fait que c’est le lait qui est spirituel. Mais l’erreur d’attribution de l’épithète, dans les textes latins, n’était pas rare. On la trouve notamment dans les manuscrits prestigieux de Fulda, de Saint-Gall et de Vérone, et dans le non moins prestigieux consensus des codex d’Alcuin. C’est une des nombreuses qualités de la Vulgate clémentine d’avoir imposé le texte authentique.

    La mélodie, qui est d’une noble simplicité, a une intéressante particularité. Elle est du 6e mode, donc la dominante est la. Mais elle ne s’établit jamais sur le la, qui n’est qu’une note de passage. En revanche la note qui est de très loin la plus importante est le fa, qui est la tonique. Certains spécialistes de plain chant ne veulent pas parler de tonique parce que ça renvoie à la musique tonale, et ils ne veulent voir qu’une « note finale ». Mais ici la « note finale » est celle qui sous-tend toute la mélodie…

    Voici une interprétation… tonique de cet introït par les Pères du Saint-Esprit de Chevilly (avant la révolution, en 1957…) :


    podcast

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  • Samedi in albis

    Benedíctus, qui venit in nómine Dómini : benedíximus vobis de domo Dómini : Deus Dóminus, et illúxit nobis, allelúia, allelúia.

    Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Nous vous bénissons de la maison du Seigneur. Le Seigneur est Dieu, et il a fait briller sur nous sa lumière, alléluia, alléluia.

    L’antienne d’offertoire paraît faire allusion aux Rameaux, mais le psaume 117 est d’abord un psaume de la Résurrection (c'est pourquoi dans le bréviaire c'est un psaume du dimanche). C’est notamment celui qui a fourni le verset qui a été répété à chaque heure depuis dimanche : « Hæc est dies quam fecit Dominus ; exsultemus, et lætemur in ea. » C’est le jour que fit le Seigneur, exultons et réjouissons-nous en lui. C’est aussi celui qui parle de la pierre rejetée par les bâtisseurs, qui est devenue la pierre d’angle. Et la lumière qui brille ici est bien celle de Pâques.

    La mélodie quant à elle est véritablement aimantée par la dominante do, qui est comme la source de lumière. On remarque que la troisième phrase commence exactement comme a fini la deuxième, sur la même broderie autour du do : sur « Seigneur », et sur « Dieu »…

    Par les moniales d’Argentan.

    podcast

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  • Euthanasie

    La sempiternelle proposition de loi sur l’euthanasie n’a pas été votée. Mais les militants de la culture de mort peuvent être contents d’eux. Car cette fois elle a pu être examinée, et en outre et surtout son article 1 a été adopté. Sous les applaudissements.

    Il ne restait pas de temps pour continuer, car une poignée de députés, honneur à eux, avaient multiplié les amendements, rendant l’adoption du texte impossible dans le cadre de la « niche ».

    Xavier Breton : 447 amendements.

    Patrick Hetzel et Julien Ravier : 886.

    Marc Le Fur : 393.

    Frédéric Reiss : 390.

    Emmanuelle Ménard : 168

    Philippe Gosselin : 116.

    Agnès Thill : 113.

    Marie-France Lohro : 62.

    Thibaut Bazin : 43.

  • "Dictateur"

    Mario Draghi a qualifié Erdogan de « dictateur », après son affront à Ursule.

    OK.

    Mais quelqu’un qui dirige un pays (ou l’exécutif européen) sans avoir jamais été élu, c’est quoi ?

  • Logique…

    Le Planning familial américain a lancé une campagne de 2 millions de dollars pour inciter les gens à se faire vacciner contre le coronavirus. Dans cinq Etats, les gens peuvent se faire vacciner dans les avortoirs. Tandis que des « cliniques mobiles » sillonnent les zones rurales et les quartiers défavorisés, particulièrement pour vacciner les « migrants »…

    C’est François qui doit être content…

  • Judas Ier

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    Le Jeudi Saint, l’Osservatore Romano a fait sa une avec ce tableau. Titre : « Judas et le scandale de la miséricorde ». En fait c’était un numéro spécial de réhabilitation de Judas.

    Le tableau, représentant Jésus nu embrassant le cadavre de Judas, se trouve derrière le bureau de François. A côté d’une photo d’un chapiteau de Vézelay dont François a décidé, contre toute évidence, qu’il représentait Jésus portant sur ses épaules le cadavre de Judas.

    C’est un Français, hélas, qui a peint cette horreur, inspiré, dit-il, par le livre du pape « Quand vous priez, dites Notre Père », où il suggérait une fois de plus que Judas était sauvé, et par l’interprétation absurde que fait le pape du chapiteau de Vézelay.

    On se souvient que l’ineffable militant LGBT promu président de l’Académie pontificale pour la vie, Vincenzo Paglia, avait déclaré en décembre 2010 : « Nous devons nous rappeler que pour l’Eglise catholique, si quelqu’un dit que Judas est en enfer, il est hérétique. »

    En fait, quand Jésus a dit : « Il aurait mieux valu pour lui qu’il ne soit pas né », il ne parlait pas que de Judas…

    (Et ce même Jeudi Saint, François, contre toute tradition et contre toute règle, a dit la messe chez le cardinal Becciu, l'homme aux 700.000 €...)

  • Vendredi de Pâques

    Antienne d’offertoire :

    Erit vobis hæc dies memoriális, allelúia : et diem festum celebrábitis sollémnem Dómino in progénies vestras : legítimum sempitérnum diem, allelúia, allelúia, allelúia.

    Vous conserverez le souvenir de ce jour, alléluia ; et vous le célébrerez par une fête solennelle en l’honneur du Seigneur ; vous le célébrerez de génération en génération ; c’est une institution perpétuelle, alléluia, alléluia, alléluia.

    Cardinal Schuster :

    Pendant cette semaine, l’Église fait remarquer avec insistance l’importance de notre initiation baptismale. Durant l’octave pascale, chaque après-midi, elle ramène au baptistère les néophytes vêtus de blanc. Dans l’offertoire de ce jour, elle souhaite que la date du baptême soit un jour mémorable et de grande fête pour toute la vie. De fait, elle institua le Pascha annotinum en mémoire du baptême reçu à la fête de Pâques de l’année précédente.

    De nos jours, on ne mettra jamais trop d’insistance à faire remarquer aux fidèles la sainteté dont le Sacrement de la régénération baptismale a été pour eux le principe. Le gage de cette sainteté nous est donné par les promesses du Baptême, en vertu desquelles nous nous sommes obligés à renoncer pour toujours à Satan et à ses œuvres, et à aspirer à être parfaits, comme est parfait notre Père céleste. Une bonté purement négative ne suffit pas ; nous ne devons pas nous contenter d’être simplement bons, nous devons aspirer à devenir parfaits, comme le Divin Modèle. C’est aux chrétiens qu’il est dit particulièrement par le Seigneur : « Soyez saints parce que Je suis saint. »

    Et comme les fils participent à la même nature que leur Père, ainsi nous, qui sommes fils de Dieu, nous devons souverainement prendre garde à ce que l’image divine en nous soit de plus en plus parfaite et conforme à l’ineffable beauté de notre Père céleste.