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Le blog d'Yves Daoudal - Page 3

  • Les hypocrites

    La Commission européenne a déclaré que la chute des cours du lait pourrait être liée à « l’absence du marché russe ». Sic. Ils n’ont même pas l’honnêteté de dire que c’est à cause de l’embargo qu’ils ont imposé.

    De même la chute des cours du porc pourrait être liée, elle aussi, à « l’absence du marché russe ».

    De même que le déferlement migratoire pourrait être lié à l’absence de gouvernement en Libye, à l’absence de stabilité au Proche Orient, à l’absence de paix en Syrie…

    Que de fatalités dans ce triste monde…

  • La messe supprimée

    A la prison centrale de Faisalabad (troisième ville du Pakistan, trois millions d’habitants), la messe dominicale a été supprimée. Cette mesure a été glissée parmi celles qui durcissaient les conditions de détention suite à la suppression du moratoire sur la peine de mort. Mais ça n’a aucun rapport, et des associations de défense des droits de l’homme ont saisi la justice, faisant valoir que cette mesure était contraire à la Constitution du Pakistan qui garantit la liberté de culte à tout citoyen, ainsi qu’à diverses conventions internationales signées par le Pakistan. Le directeur de la prison a justifié sa décision en mettant en avant des motifs de sécurité et le trafic de drogue. L’argument a été rejeté par le juge. Le directeur a déclaré alors qu’il accepterait le retour de la messe si elle est officiellement autorisée par l’Inspecteur général des prisons et par le ministère de l’Intérieur. Le juge a demandé aux deux parties de s’adresser à ces autorités. Ce qui a été fait. On attend les réponses. D’autre part, la Fondation Paix et Développement humain a écrit plusieurs lettres aux autorités du Pendjab, sans recevoir de réponse.

  • La communion sur la langue

    Dimanche dernier, l’évêque d’Oruro, en Bolivie, Mgr Krzysztof Białasik, a déclaré qu’il interdisait désormais dans son diocèse la communion dans la main, après avoir constaté que certaines personnes repartent avec l’hostie sans la consommer.

    Mgr Białasik est un Polonais qui après avoir fait ses études à la Société du Verbe divin près de Poznan a été ordonné prêtre et envoyé en Bolivie, où il a été missionnaire pendant 20 ans avant d’être nommé évêque d’Oruro par Benoît XVI en 2005. Depuis 1998 il était secrétaire de la conférence épiscopale de Bolivie pour la pastorale.

    Rorate Caeli en profite pour faire un point sur la situation. Mgr Białasik serait le troisième évêque, au cours de ces dix dernières années, à retirer la permission de donner la communion dans la main (par distinction avec ceux qui maintiennent l’interdiction existante, ou qui recommandent la communion sur la langue, ou qui interdisent la communion dans la main dans certaines églises).

    Le premier fut le cardinal Cipriani, archevêque de Lima, en 2008. Le deuxième a été le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, en 2011.

    Mgr Rogelio Livieres, évêque de Ciudad del Este, qui vient de mourir, avait fermement condamné la communion dans la main l’an dernier, et l’aurait sans doute interdite s’il n’avait été éjecté de son diocèse par François à ce moment-là.

    La conférence épiscopale du Nigeria avait permis temporairement la communion dans la main à cause de l’épidémie d’Ebola, mais a supprimé cette permission en décembre dernier.

    Quelques évêques ont imposé la communion sur la langue en diverses circonstances. Mgr Antonio Carlos Rossi Keller, évêque de Frederico Westphalen, au Brésil (quel nom bizarre) a annoncé fin 2011 que les fidèles qui voulaient la communion de sa main dans la cathédrale devaient la recevoir à genoux sur la langue. Mgr Eduardo Maria Taussig, évêque de San Rafael, en Argentine, a demandé la même chose la même année. Le cardinal Carlo Caffara, archevêque de Bologne, a ordonné en 2009 que la communion ne soit donnée que sur la langue dans les trois principales églises de son diocèse. Depuis la Fête Dieu de 2008, Benoît XVI donnait l’exemple.

    Rorate Caeli rappelle qu’en 1996, Juan Rodolfo Laise, évêque de San Luis en Argentine, avait été le seul évêque de son pays à refuser la communion dans la main lorsque l’indult fut promulgué pour l’Argentine. Selon les informations de Rorate Caeli, cette interdiction demeure.

    Il serait intéressant de savoir dans quels pays, en dehors du Nigeria, il n’y a pas eu d’indult pour la communion dans la main. Lors de mon dernier voyage en Irlande j’ai vu que tout le monde communiait dans la main, et de façon très désinvolte, et lors de mon dernier voyage en Pologne j’ai vu que tout le monde communiait pieusement sur la langue, alors qu’il y a eu finalement un indult en 2006. Je suppose que les militants de la communion dans la main ont dû faire des adeptes ici et là en Pologne, mais il est frappant de constater que la différence générale d’attitude envers le Saint Sacrement, dans deux pays considérés comme très catholiques, correspond à la réalité sociologique d’une Irlande qui inscrit le « mariage » homosexuel dans sa Constitution et d’une Pologne qui se révolte contre les thèses hétérodoxes défendues au synode.

    Quant à Mgr Białasik, évêque d'un pays dont, en plus, le président marxisto-panthéiste est un ami du pape, je ne lui donne pas longtemps avant d'avoir des ennuis...

  • Saint Jean Eudes

    Voici une lettre de saint Jean Eudes, au cardinal Grimaldi, archevêque d’Aix, qui lui avait demandé de lui parler de ses séminaires (février 1664). Le premier qu’il avait créé fut celui de Caen. Il était le symbole du renouveau de la formation du clergé en France, dans le mouvement de la contre-réforme. Signe des temps, il a fermé ses portes en février dernier...

    On verra d’autre part à quel point saint Jean Eudes était indifférent à la liturgie (et formait des prêtres indifférents à la liturgie, ce qui explique la suite des événements). C’était presque universel en Occident depuis la catastrophe de la Renaissance, mais même les carmélites n’allaient pas aussi loin, puisque si les heures étaient récitées sans tenir le moindre compte du symbolisme des heures (souligné notamment dans les hymnes), elles disaient quand même les complies le soir, et non au début de l’après-midi… Et il n’y a la messe que deux fois en semaine…

    Monseigneur,

    Me voici aux pieds de votre Éminence pour recevoir s'il vous plaît sa sainte bénédiction, et pour lui rendre mille grâces de la faveur qu'elle nous a faite d'avoir écrit à Rome, et la supplier très humblement de nous continuer l'honneur de sa bienveillance et de sa protection, puisqu'il est vrai que, par la grâce de Dieu, nous ne cherchons autre chose que la gloire de sa divine Majesté et le salut des âmes.

    Ensuite, entrant en matière, pour satisfaire à ce qu'il plaît à Votre Éminence de m'ordonner, je dirai:

    1. Que nos quatre maisons (de Caen, Coutances, Lisieux et Rouen) sont unies en Congrégation sous une même règle et une même conduite, sans aucun préjudice de la dépendance que chacune a de son Prélat, qui a sur elle l'autorité qu'il a sur tous les autres lieux et personnes du diocèse qui sont sous sa juridiction épiscopale.

    2. Que le Supérieur de chaque maison est choisi par le Supérieur de la Congrégation, et présenté à Mgr l'Évêque diocésain pour en être approuvé et confirmé, s'il lui agrée, ou, s'il ne lui est point agréable, on est obligé de lui en présenter un autre.

    3. Que tous ceux de la maison, tant les nôtres que les Séminaristes, sont sous la conduite du Supérieur de la dite maison.

    4. Que nous n'avons de fonds que pour la subsistance des nôtres, et qu'en attendant que Dieu donne à nos Prélats la volonté de faire ce que Votre Éminence a fait pour son Séminaire, ou qu'il y pourvoie de quelque autre manière, les Séminaristes paient leur pension, qui est, à Coutances de 200 livres; à Caen et à Lisieux, où l'on ne vit pas à si bon marché, de 250 livres; et à Rouen, où les vivres sont encore plus chers, de 300 livres.

    5. Comme nos maisons sont en Congrégation, et qu'elle est sous la conduite d'un Supérieur, les sujets passent d'une maison à une autre, comme dans les autres Congrégations, ce qui est nécessaire et très utile pour plusieurs raisons; et on en prend de toutes les maisons pour travailler aux missions, selon le besoin qu'on en a; car plusieurs s'ennuient d'être toujours en un même lieu; on se dégoûte d'entendre toujours les mêmes; quelques-uns font des attaches dangereuses, et souvent l'antipathie des humeurs oblige de faire ces changements. C'est pour toutes ces raisons qu'il est nécessaire, pour faire subsister les Séminaires et les rendre utiles à l'Église, qu'ils soient unis et sous une même conduite: à raison de quoi saint Charles [Borromée] établit la Congrégation des Oblats [de saint Ambroise] à laquelle il donna la conduite de ses Séminaires.

    Je n'ai pas ici les règles des nôtres; voici néanmoins les principales: On se lève à 4 h. l/2, et l'on commence à 5 h. l'oraison qui dure jusques à 6 h. On récite ensuite en communauté les Petites Heures, après quoi on fait, trois fois la semaine, une répétition de l'oraison, et chacun se retire en sa chambre.

    Depuis 10 h. jusques à 11 h. 3/4, on fait une leçon de théologie.

    A 11 h. 3/4, les litanies et l'examen de conscience, qui est suivi du dîner.

    Après dîner, la conversation ou récréation jusques à 1 h. l/2, ensuite les cérémonies ou le chant.

    A 2 h. Vêpres et Complies; à 3 h. la théologie pour les ordinands jusqu’à 4 h.

    Depuis 4 h. jusqu'à 5 h. conférence sur le Manuel pour Messieurs les Curés.

    A un quart avant 6 h. Matines et Laudes, les litanies de la sainte Vierge, ensuite le souper et la récréation jusques à 8 h.

    A 8 h. on propose des cas de conscience durant une demi-heure, on fait la prière, on lit le sujet de la méditation.

    On sonne la retraite à 9 h. l/2, et l'on se couche.

    On chante des grand'messes deux fois la semaine, et Vêpres toutes les fêtes et dimanches.

    On fait une conférence spirituelle une fois la semaine, et le samedi au soir on en fait une autre sur l'Évangile du dimanche, au lieu des cas de conscience...

    Nous finissons cette mission [de Meaux] à laquelle Dieu a donné de très grandes bénédictions.

    Monseigneur de Châlons en Champagne nous en demande une pour cette ville, pour le commencement du mois d'octobre prochain; mais je ne sais pas encore si nous pourrons la faire. Je m'en retourne à Caen pour en faire [une] après Pâques, dans le Cotentin.

  • La plus grande statue de Marie

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    Au moins 30.000 personnes se sont rassemblées le jour de l'Assomption à la « Grotte de Marie » (Gua Maria), sanctuaire marial d’Ambarawa à Java, Indonésie, pour la bénédiction de « la plus haute statue de Notre Dame dans le monde » (42 mètres). Dans le plus grand pays musulman du monde… La messe a été concélébrée par 15 prêtres et 7 évêques, dont l’acrhevêque de Semarang, Mgr Johannes Pujasumarta, qui a procédé à la bénédiction de la statue à partir d’une nacelle de grue.

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  • Initium sapientiae timor Domini

    ℟. Initium sapientiae timor Domini: * Intellectus bonus omnibus facientibus eum: laudatio eius manet in saeculum saeculi.
    ℣. Dilectio illius custodia legum est: quia omnis sapientia timor Domini.
    ℟. Intellectus bonus omnibus facientibus eum: laudatio eius manet in saeculum saeculi.

    Le commencement de la sagesse, c’est la crainte du Seigneur. La vraie intelligence est en tous ceux qui agissent selon cette crainte. Sa louange demeure dans les siècles des siècles. L’amour, c’est garder ses lois, car toute la sagesse, c’est la crainte de Dieu.

    Comme la lecture de la semaine, aux matines, c’est le livre de la Sagesse, on pourrait penser que ce répons en est une citation. Or le répons proprement dit est le verset final du psaume 110, et le verset est constitué de Sagesse 6, 19 et de Ecclésiastique 19, 18, les deux expressions reliées par un « car » qui n’a pas d’autre signification que de relier deux expressions disparates, et donc de lier les mots amour et crainte, qui sont les deux faces d’une même attitude, l’attitude fondamentale du croyant face à Dieu.

    (Je ne me lasserai pas de répéter que le livre de la Sagesse est un livre écrit en grec par un juif pour des juifs, au moins un siècle avant le Christ, ce qui indique clairement que la langue utilisée pour traiter de la religion était non pas l'hébreu, ni même l'araméen, mais bien le grec.

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    Antiphonaire du couvent des cordeliers de Fribourg, fin du XIIIe siècle. On remarquera l’orthographe : « Inicium sapiencie ».

  • Le dhimmi malin

    Ou plutôt le dhimmi qui se croit malin mais qui est une carpette comme les autres : Yves Jégo (UDI) lance une pétition en ligne « Pour une alternative végétarienne obligatoire dans les cantines scolaires », et va déposer une proposition de loi en ce sens.

    Ainsi mettra-t-on un terme à cette insupportable guérilla de millions de parents bouddhistes qui partout en France réclament des menus sans viande.

  • “Le symbolisme masculin-féminin dans les rôles liturgiques : ce n’est pas bizarre, c’est seulement catholique”

    Sous ce titre, Benedict Constable, sur le site 1P5, répond aux objections qui ont été faites à propos d’un article précédent, intitulé Les femmes peuvent-elles être lecteurs à la messe ? Dans cet article, l’auteur expliquait que les femmes ne doivent pas occuper une fonction de lecteur, et il le faisait à la façon de saint Thomas d’Aquin, par l’examen de 5 objections à cette affirmation, suivi de la réponse générale et de la réponse précise à chaque objection.

    Plus intéressant, pour quiconque pense déjà qu’une femme n’a pas sa place dans le chœur (comme l'a montré la tradition unanime d'Orient et d'Occident), est la réponse à une nouvelle objection, sur l’argument fondamental de l’auteur. Car il s’agit de la symbolique religieuse, surnaturelle, des sexes. Le lecteur représente le Christ semeur qui sème sa semence sur l’assemblée des fidèles qui est la femme recevant la semence. Nier cette symbolique c’est nier les différences sexuelles et donc sombrer dans l’idéologie du genre.

    Ce thème est proche de celui qu’abordait Peter Kwaniewski dans un excellent article du New Liturgical Movement, où il critiquait les nouvelles oraisons parlant des fils et des filles de Dieu pour respecter l’égalité de genre, alors que nous sommes tous, hommes et femmes, fils de Dieu dans le Fils, et épouses du Fils dans l’Eglise.

    Voici une traduction du texte de Benedict Constable.

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  • Libération

    Le P. Antoine Boutros, prêtre grec-catholique melkite qui avait été enlevé en Syrie en juillet dernier, a été libéré le jour de l’Assomption.

    La nouvelle a été annoncée dimanche par le patriarche S.B. Grégoire III, mais on ne sait encore rien des conditions de cette libération, ni du sort du laïc qui l’accompagnait.

  • +Mgr Rogelio Livieres+

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    Deux semaines avant son 70e anniversaire, et moins d’un an après avoir été viré par François de son diocèse de Ciudad del Este, Mgr Rogelio Ricardo Livieres Plano est mort des suites de complications de son diabète le 14 août dans un hôpital de Buenos Aires.

    Les hispanophones liront avec intérêt la belle homélie du P. Anthony Myers qui a aussitôt célébré une messe de Requiem (je ne suis pas hispanophone mais j'ai quand même compris). A cette messe, Mgr João Evangelista Martins Terra, évêque auxiliaire émérite de Brasilia, a déclaré : « Mgr Rogelio est au ciel. Il a été crucifié dans la vie et c’est pour cela que Dieu l’a emporté le jour d’un autre martyr. Il a fait le plus important que doit faire un évêque : former des prêtres. »

    Mgr Martins Terra sait de quoi il parle, puisque, bibliste réputé, et collaborateur pendant dix ans du cardinal Ratzinger à Rome, il fut professeur au séminaire fondé par Mgr Livieres. Séminaire qui était le plus important de toute l’Amérique latine, dans ce diocèse qui aurait été loué comme « périphérique » s’il n’avait pas été un séminaire traditionnel, avec des séminaristes en soutane, avec la messe ad orientem et apprentissage de la « forme extraordinaire ». Ce séminaire était une insulte pour les autres évêques du Paraguay et des pays limitrophes. Le nombre de prêtres du diocèse était passé de 12 à 62… François a donc viré l’évêque qui avait osé aller à contre-courant du relativisme et du sécularisme, et cet évêque qui restait un reproche vivant est mort, l’affaire est donc close. Tant pis pour l’Eglise. Et pour les âmes.

    Rappel :

    La vérité sur Ciudad del Este

    Il a viré Mgr Livieres

    Ciudad del Este : les documents

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  • Saint Roch

    Saint Roch naquit à Montpellier, entre 1346 et 1350, en pleine guerre de Cent Ans, pendant la grande peste noire, qui décima un tiers de la population occidentale. (…)

    Bien que Roch fût un prénom très courant en France et en Italie, il semble plutôt que notre saint était de la famille des Roch de La Croix, lignée devenue importante au XVIe siècle, sous le nom de Castries. Son père, Jean Roch de La Croix, dignitaire de la ville, en fut le premier consul, en 1363. Sa mère, Dame Libéria, était originaire de Lombardie. Fils désiré, et longtemps attendu, il passa une enfance dans un milieu profondément chrétien. (…)

    Il fit probablement ses études chez les pères dominicains, avant d’étudier la médecine. Il connut les terribles épidémies de peste de 1358 et 1361. A Montpellier, cette dernière fit jusqu’à 500 morts par jour, pendant trois mois.

    Orphelin à 17 ans, riche et instruit, il décida de partir pour Rome. Il distribua sa fortune aux pauvres, rejoignit le troisième ordre franciscain, revêtit l’habit de pèlerin, reçut la bénédiction de l’évêque de Maguelone et prit la route.

    (…) Il arriva à Acquapendente, à quelques jours de marche de la ville éternelle, en juillet 1367. Il y resta trois mois, car la peste y sévissait. Il mit en pratique l’enseignement médical qu’il avait reçu, en l’associant à des signes de croix et une invocation sur les souffrants, et obtint de nombreuses guérisons.

    (…) Il reprit son chemin pour Rome, lorsqu’il apprit qu’à Cesena, à l’opposé de sa direction, l’épidémie faisait rage. Il s’y rendit, faisant ce que Dieu attendait de lui au fur et à mesure de son pèlerinage, et obtint là encore des guérisons miraculeuses. Il arriva enfin à Rome, au début de l’année 1368, et s’occupa sans doute des malades à l’hôpital du Saint Esprit, ordre fondé par son compatriote, Gui de Montpellier. Un prélat, peut-être un cardinal, guéri par ses soins, ou témoin de guérisons miraculeuses (…) lui fit rencontrer le pape Urbain V, qui s’écria, en le voyant : «Il me semble que tu viens du Paradis !», et lui donna l’indulgence plénière.

    Roch avait sans doute vu, à Montpellier, ce pape d’Avignon, qui tenta de réinstaller la papauté à Rome de 1367 à 1370, lorsqu’il était venu consacrer l’autel majeur de l’église du monastère Saint-Benoît, future cathédrale Saint-Pierre.

    Roch quitta Rome, en 1370, pour s’en retourner vers sa patrie. Au mois de juillet 1371, Il était à Plaisance, à l’hôpital Notre Dame de Bethléem, près de l’église Sainte Anne, où il assista, guérit et réconforta les malades.

    Atteint par la peste, Roch se rendit péniblement jusqu’à un bois, à l’orée du bourg fortifié de Sarmato, pour y mourir. A cet endroit, une source jaillit et un chien lui apporta chaque jour un pain. (…) On rapporte également qu’un ange secourut Roch. Il recouvra la santé et retourna à Plaisance, auprès des pestiférés, faisant preuve d’un courage et d’une humanité remarquable.

    Il reprit sa route, mais les terres milanaises étaient le théâtre d’une guerre entre le Duc de Milan, Bernardo Visconti, son frère Galeazzo II, et la ligue constituée par Le pape Urbain V, conduite par Amedeo VI de Savoie. Ce conflit dura de 1371 à 1375. Pris pour un espion, Roch fut arrêté à Broni, et transféré à Voghera par Beccaria, intendant militaire des Visconti. (…)

    Son emprisonnement dura cinq ans. Selon la tradition, il ne dévoila son identité qu’à un prêtre, la veille de sa mort, survenue le 16 août d’une année comprise entre 1376 et 1379. On peut penser à présent qu’il s’agit du mardi 16 août 1379. Des témoins assurèrent que le cachot s’illumina et que le dernier souhait de Roch, à l’ange venu l’assister, fut d’intercéder pour les souffrants.

    Extraits de la vie de saint Roch sur le site de l’Association internationale Saint-Roch de Montpellier

  • 12e dimanche après la Pentecôte

    Dans cette messe du bon Samaritain, ce qui attire le plus l’attention, en dehors de l’évangile, c’est l’offertoire. Déjà par sa longueur, et par le fait qu’il ne s’agit pas d’un verset de psaume, comme c’est le plus souvent le cas. En outre la première phrase est répétée presque à l’identique. Il y a quelques autres offertoires dans ce cas, et il y en avait davantage avant que la commission de réforme du missel, après le concile de Trente, ne supprime les répétitions dont on ne comprenait pas la signification. Celle-ci est peut-être restée parce qu’on y a vu un bégaiement de Moïse…

    Ce long offertoire n’en est pas moins, comme les autres, une antienne. C’est-à-dire en théorie une introduction à un psaume. Mais ici, comme dans le fameux offertoire de Job, les deux « versets » que l’on trouve dans les anciens antiphonaires sont une adaptation d’autres versets de l’Exode. Avec une longue plainte dans l’aigu sur « peccata » (les péchés) et une nouvelle répétition, un nouveau bégaiement de Moïse. Mais sur le plan musical c’est une grande diversité : le premier verset est dans l’aigu, le second dans le grave, et tous deux multiplient les doux si bémol alors que l’antienne multiplie les durs tritons.

    Il serait bon de chanter l’ensemble, car c’est un grand chef-d’œuvre de l’art grégorien. Hélas cela dépasserait de loin le temps de l’offertoire, qui comprenait autrefois une longue procession. Mais à vrai dire l’antienne seule est déjà un morceau de choix, avec cette supplication de Moïse qui est longuement annoncée, puis qui s’affirme dans une apostrophe à Dieu, puis qui devient véhémente, et se détend dans l’apaisement apporté par Dieu.

    Voici le texte de l’offertoire complet, dans son texte latin, en traduction, avec sa partition (on trouvera la partition des versets ici) et chanté par les moines de Triors (enregistrement trouvé sur Gregorian Books).

    Precatus est Moyses in conspectu Domini Dei sui et dixit, precatus est Moyses in conspectu Domini Dei sui et dixit : Quare, Domine, irasceris in populo tuo ? Parce irae animae tuae : memento Abraham, Isaac et Jacob, quibus jurasti dare terram fluentem lac et mel.

    Et placatus factus est Dominus de malignitate quam dixit facere populo suo.

    V1. Dixit Dominus ad Moysen : invenisti gratiam in conspectu meo, et scio te prae omnibus : et festinans Moyses inclinavit se in terram et adoravit dicens : Scio quia misericors es in millibus, auferens iniquitatem et peccata.

    Et placatus factus est Dominus de malignitate quam dixit facere populo suo.

    V2. Dixit Moyses et Aaron, Dixit Moyses et Aaron ad omnem synagogam filiorum Israel : Accedite ante Deum : majestas Domini apparuit in nube : et exaudivit murmurationem vestram in tempore.

    Et placatus factus est Dominus de malignitate quam dixit facere populo suo.

    Moïse pria devant la face du Seigneur son Dieu et dit, Moïse pria devant la face du Seigneur son Dieu et dit : Pourquoi, Seigneur, t’irrites-tu contre ton peuple ? Ménage la colère de ton âme. Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et de Jacob auxquels tu as promis de donner la terre où coulent le lait et le miel.

    Et le Seigneur se laissa apaiser et détourner de faire le mal dont il avait menacé son peuple.

    Le Seigneur dit à Moïse : Tu as trouvé grâce devant mes yeux. Je te connais avant tous. Et Moise se baissa rapidement vers la terre et dit : Je sais que tu es miséricordieux entre mille et que tu enlèves l’injustice et les péchés.

    Et le Seigneur se laissa apaiser et détourner de faire le mal dont il avait menacé son peuple.

    Et Moïse et Aaron dirent, et Moïse et Aaron dirent à toute l’Assemblée des enfants d’Israël : Présentez-vous devant Dieu. La Majesté du Seigneur est apparue dans les nuées et a entendu vos murmures en temps voulu.

    Et le Seigneur se laissa apaiser et détourner de faire le mal dont il avait menacé son peuple.

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    *

    Sur la parabole du bon Samaritain, voir l’essentiel du commentaire de saint Ambroise, celui de Benoît XVI (ou plutôt Joseph Ratzinger), et une sorte de note préalable.

  • Assomption

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    (Solesmes, 1955)

  • La viande de Chalon

    On a beaucoup parlé du rejet, par le tribunal administratif, du référé islamique contre le maire de Chalon-sur-Saône qui a décidé de supprimer les menus sans porc dans les cantines. Un jugement qui ne concernait que « l’urgence » et non le fond.

    Le maire de Chalon, Gilles Platret, se félicitant de ce jugement (qui néanmoins ne donne aucune indication sur ce que sera le jugement sur le fond), a ajouté sur i-télé :

    « A Chalon, 40% des enfants ne mangent plus de viande parce que ce n’est pas halal. »

    Si cela est vrai, il n’y a pas d’affaire de menu avec ou sans porc : tous les musulmans qui refusent le porc ne mangent de toute façon pas d’autre viande non plus. Autrement dit l’action des militants de l’islam n’est qu’une première étape. S’ils obtiennent gain de cause ils exigeront de la viande halal, car c’est une insupportable discrimination que les enfants musulmans ne puissent pas manger de viande.

    Et aussi, si cela est vrai, cela veut dire qu’il y a donc 40% d’enfants musulmans dans les écoles de Chalon-sur-Saône.

    Sinon, tout va bien, il n’y a pas d’invasion.

  • Vigile de l’Assomption

    Le dernier jour de la neuvaine pour a guérison de Vincent Lambert nous rappelle que c’est aujourd’hui que saint Maximilien Kolbe est mort, empoisonné par une piqûre alors qu’il était l’un des quatre derniers condamnés à ne pas être encore morts de soif.

    La fête de saint Maximilien Kolbe a été logiquement fixée à ce jour. Mais le Père Kolbe n’aurait certainement pas apprécié qu’on le fête en ce jour, qui était celui de la grande Vigile de l’Assomption, la plus importante vigile de la plus importante fête mariale. Lui qui voulait tellement s’effacer devant l’Immaculée qu’il est mort ce jour, pour aller célébrer la fête de demain en compagnie de celle dont il a scruté le mystère toute sa vie.

    Pie XII avait supprimé la plus grande partie des vigiles. Jean XXIII a achevé le massacre. Mais il a gardé la vigile de l’Assomption, unique vigile mariale. Celle dont le code de droit canonique de 1917 soulignait qu’elle devait être marquée par le jeûne et l’abstinence. Comme toute vigile, mais celle-ci spécialement.

    Dom Pius Parsch, dont on fait un peu trop vite un prophète de la « réforme liturgique », écrivait ceci :

    Préparons-nous à la grande fête d’été, vraie fête de la moisson. Dans l’esprit de l’Église, la vigile est un jour de pénitence, un jour de préparation sérieuse à la solennité qu’elle précède et dont elle est pour ainsi dire l’aspect austère. Si nous voulons monter au ciel demain avec Marie, commençons dès aujourd’hui à rompre les liens qui nous retiennent à la terre. Si nous voulons, demain, avec Marie, faire de notre corps et de notre âme un temple digne du Fils de Dieu (virginalem aulam. Or.), dès aujourd’hui purifions la demeure de notre âme des souillures du péché. Si nous voulons nous aussi, demain, « choisir la meilleure part, l’unique nécessaire », abandonnons aujourd’hui tous nos soucis terrestres. Préparons-nous soigneusement à la grande fête de la Sainte Vierge !

    C’est pourquoi le calendrier traditionnel ne peut pas recevoir le 14 août la fête de saint Maximilien Kolbe – lui pour qui cette vigile était si importante, et c’est une des difficultés de la pourtant nécessaire introduction dans le calendrier traditionnel de quelques nouveaux saints.

  • Censure ukrainienne

    Les autorités ukrainiennes ont interdit, le 10 août, l’importation dans le pays de 38 livres russes, dans le but de « protéger les citoyens ukrainiens contre l’utilisation de méthodes de guerre de l’information et la désinformation, la propagation d’une idéologie de haine, le fascisme, la xénophobie et le séparatisme ».

    La liste publiée par les services fiscaux (chargés des douanes) pourrait s’allonger, a déclaré le directeur du « service de la politique de l'information du Comité d'Etat ukrainien de la radio-télévision », demandant aux Ukrainiens de dénoncer au comité la  présence de toute autre œuvre « ukrainophobe » dans les librairies.

    Quelques jours auparavant, l’Ukraine avait interdit d’antenne une dizaine de chanteurs et d’acteurs qui constituent une « menace pour la sécurité nationale ». Parce qu’ils ont approuvé, ou simplement n’ont pas désapprouvé publiquement, « l’annexion » de la Crimée par la Russie. Parmi eux Gérard Depardieu…

  • Sainte Radegonde

    L’église Sainte-Radegonde de Poitiers :

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    Le tombeau de sainte Radegonde, dans la crypte de la même église :

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    Chapelle-Sainte-Radegonde-JEP-2012-Icone-de-Sainte-Radegonde-9-.JPGLe miracle des avoines : un jour que les envoyés du roi étaient une fois de plus à sa poursuite, Radegonde traversa un champ où des paysans étaient en train de semer de l’avoine. L’avoine poussa tout à coup, ce qui permit à Radegonde de s’enfuir. Et les paysans purent dire sans mentir aux envoyés du roi qu’ils n’avaient vu personne depuis que l’avoine avait poussé…

    (Icône de Myriam Godolle, 2012) 

    La vie de sainte Radegonde.

  • On perd toujours ?

    Lors de l’Angélus de dimanche dernier, François a dit :

    « Que de toutes les terres se lève une seule voix : non à la guerre, non à la violence, oui au dialogue, oui, à la paix ! Avec la guerre, on perd toujours. La seule façon de gagner une guerre est de ne pas la faire. »

    Non à la guerre, avec la guerre on perd toujours ?

    Ce n’est pas la doctrine catholique. Ce n’est pas la doctrine de saint Pie V ou de sainte Jeanne d’Arc (pour ne prendre que deux exemples parmi des centaines). Ce n’est pas la doctrine du Catéchisme de l’Eglise catholique, qui édicte les conditions de la guerre de légitime défense. Et parmi ces conditions il y a :

    « Que soient réunies les conditions sérieuses de succès. »

    Donc on peut gagner une guerre. Et une guerre légitime.

    Il faudra que François nous dise clairement si selon lui il est illégitime de libérer son pays. S’il était illégitime de résister au nazisme. Ou au communisme. Car ses propos ressemblent vraiment, ce n’est pas la première fois que je le constate, à ceux des pacifistes manipulés par le KGB pendant la guerre froide.

  • Le péché contre « le monde »

    Dans sa lettre au cardinal Turkson et au cardinal Koch, par laquelle il annonce que le 1er septembre sera dorénavant une « Journée mondiale de prière pour le sauvegarde de la Création », François écrit que dans cette journée on invoquera la miséricorde de Dieu « pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons ».

    "Father Z", le P. John Zülsdorf, se demande ce que cela veut dire. On pèche contre Dieu, ou contre son prochain. Et le péché contre le prochain est un péché contre Dieu. Car il n’y a pas d’autre péché que contre Dieu. On ne peut pas pécher contre « le monde ». Si je pollue gravement l’environnement, ce n’est pas contre la terre que je pèche, mais contre mon prochain en souillant son environnement.

    Nous péchons contre notre voisin, pour avoir rendu sa vie misérable, mais, plus fondamentalement, nous péchons contre Dieu en violant sa volonté quand il nous a faits les intendants de la création.

    Nous ne péchons pas contre le monde dans lequel nous vivons.

    A moins que... nous pensions que le monde EST Dieu.

    Il y a ces immanentistes qui frôlent le panthéisme. Il y a des immanentistes dans l'Eglise, en fait! Il y en a beaucoup!

    C’est toujours le culte de Pachamama…

  • Des assyriens relâchés

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    L’Etat islamique a relâché hier 22 Assyriens qui avaient été capturés lors de l’attaque des villages de la vallée du Khabour en février dernier. Les Assyriens libérés, dont 14 femmes, sont originaires de deux de ces villages, Tal Shamiram et Tal Jazira.

    Le 1er mars, 19 habitants d’un même village avaient été relâchés. Le 3 mars un couple, et un homme et sa fille. Le 26 mai deux femmes. Le 16 juin un homme seul.

    Les négociations se font entre l’Eglise assyrienne et l’Etat islamique, qui demandait au départ 100.000 $ par otage.

    Il reste encore 205 Assyriens de la vallée du Khabour aux mains de l’Etat islamique. Les négociations se poursuivent.

    Tous les villages de la vallée ont été libérés par les forces kurdes et les milices assyriennes, avec l’appui aérien américain, mais la plus grande partie des habitants (3.000 avaient fui) n’est pas revenue.

  • Sainte Claire

    Passage central de la troisième lettre de sainte Claire d’Assise à sainte Agnès de Bohème (fille puis sœur du roi de Bohème, devenue “clarisse” après avoir refusé tous les mariages, y compris avec l’empereur) :

    Réjouis-toi donc toujours dans le Seigneur, toi aussi, sœur bien-aimée, et ne permets à aucune amertume, à aucun nuage, de venir assombrir ta joie, toi qui es ma Dame bien-aimée dans le Christ, toi la joie des anges et la couronne de tes sœurs.

    Place ton esprit devant le miroir de l'éternité, laisse ton âme baigner dans la splendeur de la Gloire, unis-toi de cœur à Celui qui est l'incarnation de l'essence divine, et, grâce à cette contemplation, transforme-toi tout entière à l'image de sa divinité. Tu arriveras ainsi à ressentir ce que seuls perçoivent ses amis ; tu goûteras la douceur cachée que Dieu lui-même a, dès le commencement, réservée à ceux qui l'aiment.

    Sans accorder même un seul regard à toutes les séductions trompeuses par lesquelles le monde enchaîne les pauvres aveugles qui s'attachent à lui, aime donc plutôt de tout ton être Celui qui, par amour pour toi, s'est aussi donné tout entier, lui dont le soleil et la lune admirent la beauté, lui qui prodigue des récompenses dont l'ampleur et la valeur sont sans bornes. Je veux parler du Fils du Très-Haut, que la Vierge enfante sans cesser d'être vierge. Attache-toi à cette très douce Mère qui a mis au monde cet enfant que les cieux ne pouvaient contenir ; elle, pourtant, l'a contenu dans le petit cloître de son ventre et l'a porté dans son sein virginal.

    Qui ne se détournerait avec horreur de l'ennemi du genre humain et de ses ruses ; il fait miroiter à nos yeux le prestige de gloires éphémères et trompeuses, et s'efforce par là de réduire à néant ce qui est plus grand que le ciel. Car l'âme d'un fidèle, qui est la plus digne de toutes les créatures, est évidemment rendue par la grâce de Dieu plus grande que le ciel : ce créateur, que les cieux immenses et toutes les autres créatures ne peuvent contenir, l'âme fidèle à elle seule devient son séjour et sa demeure ; il suffit pour cela de posséder ce que refusent les impies : la charité. Celui qui est la vérité même en témoigne : "Celui qui m'aime, mon Père l'aimera ; moi aussi je l'aimerai, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure ".

    De même donc que la glorieuse Vierge des vierges l'a porté matériellement, de même toi tu pourras toujours le porter spirituellement dans ton corps chaste et virginal si tu suis ses traces, et particulièrement son humilité et sa pauvreté ; tu pourras contenir en toi Celui qui te contient, toi et tout l'univers ; tu le posséderas de façon bien plus réelle et plus concrète que tu ne pourrais posséder les biens périssables de ce monde. Beaucoup de rois et de reines de ce monde, dont l'orgueil voudrait s'élever jusqu'au ciel, jusqu'à toucher de la tête le firmament, se laissent au contraire abuser et séduire ; et pourtant ... ils finiront bien par être réduits en pourriture !

  • En Indonésie

    La mobilisation des musulmans bloque la construction de l’église de la paroisse Sainte-Claire à Bekasi, ville qui jouxte la capitale de l’Indonésie, Jakarta.

    Après 17 ans du parcours du combattant que cela représente, les catholiques du nord de Bekasi ont fini par obtenir, le 18 juillet, le permis de construire leur église. Mais, depuis lors, des musulmans occupent les lieux pour empêcher la construction de l’église. Le maire de Bekasi, Rahmat Effendi, est venu en personne, le permis en mains,  pour expliquer aux manifestants que les catholiques avaient obtenu en toute légalité le droit de construire une église. Peine perdue. Pour les manifestants, le permis a été obtenu par des pots de vin, et ils exigent que le maire annule le permis octroyé par des agents municipaux corrompus. Les catholiques peuvent prouver que les agents municipaux n’y sont pour rien puisqu’ils ont tout simplement rempli les critères légaux (ce qui est presque impossible mais pas tout à fait), les musulmans ne désarment pas. D’ailleurs, comme dit l’un d’eux, « aucune église ne peut être construite à Bekasi, une ville uniquement constituée de pieux musulmans ».

    Pour éviter que la situation dégénère, le maire a demandé aux catholiques de suspendre la construction de l’église, et leur a fourni un local militaire pour la célébration de la messe dominicale…

    La situation est identique à Ciledug, où la construction de l’église Sainte-Bernadette a dû être interrompue en raison des manifestations, malgré le permis en bonne et due forme. La construction d’une église à Cibubur est bloquée depuis l’année dernière pour les mêmes raisons.

  • Le 15 août à Londres

    La Latin Mass Society fait célébrer la messe de l’Assomption le 15 août à 10h30 à la cathédrale Saint-Georges de Southwark.

    On peut se demander comment il est possible que l’archevêque de Southwark (Londres sud) permette une grand-messe de saint Pie V dans sa cathédrale le 15 août.

    La réponse est que, dans la forme très ordinaire, à Londres, l’Assomption est célébrée… le 16 : elle est solennisée le dimanche.

    Ce qui n’empêche pas assurément de saluer la bienveillance de l’archevêque, Mgr Peter Smith.

    Ensuite on évitera de rester traîner dans la cathédrale, car à 12h30 il y aura une « messe nationale (sic) d’action de grâces pour la béatification du bienheureux Oscar Romero », célébrée par le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, ancien archevêque de Westminster et primat d’Angleterre (alors grand adversaire de la liturgie traditionnelle).

  • Saint Tiburce

    Tiburce était le fils du préfet de Rome Chromatius. Il était devenu chrétien après avoir entendu saint Sébastien, en pleine persécution de Dioclétien, vers 303. Au juge qui lui demandait de sacrifier aux dieux il répondit :

    « Je ne sacrifie qu’à un seul Dieu, le Créateur du monde qui règne sur la terre et dans les cieux, et mon plus grand désir est d’être immolé et sacrifié moi-même pour cette confession. »

    Alors le juge ordonna de couvrir le dallage de charbons ardents, et lui dit : « Tiburce, il faudra, ou que tu sacrifies sans délai aux dieux de l’empire, ou que tu marches nu-pieds sur ces charbons. »

    Tiburce fit un signe de croix, et il marcha sur le brasier sans ressentir de brûlure : « Apprends par là, dit-il au juge, que le Dieu des chrétiens est le seul Dieu. Tes charbons me semblent être des fleurs. »

    C’est pourquoi sans doute sa fête a été placée au début de ce qui était autrefois l’octave de saint Laurent. Car le martyr du gril avait dit à son bourreau : « Apprends, malheureux, quelle est la puissance de mon Dieu ; car tes charbons me sont un rafraîchissement ; mais ils seront pour toi l’éternel supplice. »

    Puis on conduisit Tiburce en dehors de la ville et on le décapita.

    Les chrétiens ensevelirent son corps dans le cimetière « aux deux lauriers », et saint Damase, né peu après les faits, orna son tombeau d’une de ses célèbres inscriptions.

    Grégoire IV (828-844) transféra son corps en la basilique Saint-Pierre, et un Ordo Romanus dit que le pape, avant de commencer les vigiles solennelles, allait encenser l’autel de saint Tiburce.

    Sa messe (qu’on peut célébrer même si ce n’est plus qu’une commémoraison) est une messe du commun de plusieurs martyrs, car on lui a ajouté par la suite sainte Suzanne, qui fut décapitée chez elle sur ordre de Dioclétien. En dehors des oraisons, qui sont celles de la messe originelle de saint Tiburce, avec ajout du nom de Suzanne, l’épître également est propre : c’est la même que celle de la fête de saint Sébastien, le père spirituel (le parrain ?) de Tiburce.

  • « Vandalisme »

    Un comité de parrainage a été créé pour que soit reconstruite la flèche nord de la basilique de Saint-Denis, qui a dû être enlevée en 1846. Il est présidé par l’écrivain Eric Orsenna, et le maire communiste est tout à fait favorable :

    « Cette basilique fait partie de notre histoire. Elle est inscrite dans les gènes d'une ville qui s'est édifiée autour d'elle. C'est l'une de nos grandes fiertés, et il est temps de lui redonner le visage qu'elle a eu pendant des siècles. »

    Mais le directeur de la Tribune de l’Art, Didier Ryckner, du haut de son magistère infaillible, écrit que ce serait du… « vandalisme ». Sic :

    « Je suis contre dépenser de l'argent pour reconstruire une flèche qui n'existe plus. Elle a disparu au XIXe siècle, la rebâtir serait reconstruire un faux. C'est du vandalisme que de vouloir ainsi faire du neuf sur de l'ancien. »

    Eh bien voici la cathédrale de Quimper. Un joyau gothique. Sauf que ses flèches datent de… 1854. Plus personne n’imagine la cathédrale de Quimper sans ses flèches.

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    Et n’en déplaise à tous les Didier Ryckner de la terre, on dira merci et bravo au Viollet le Duc de Saint-Sernin de Toulouse, de Carcassonne, et de la Sainte Chapelle, et de Notre-Dame de Paris, etc.

    Sans parler de la reconstruction de l’abbatiale de Fontgombault, ou de La Roe, etc, qui selon Didier Ryckner auraient sans doute dû rester des ruines. Et donc ne plus servir au culte catholique, n’est-ce pas.

    Nous en sommes arrivés à ce point de décadence et d’inversion des valeurs que quelqu’un qui est censé défendre le patrimoine traite de vandales ceux qui le défendent vraiment, et qu’un maire communiste se mobilise pour une cathédrale…

  • La Turquie au secours de l’Etat islamique

    Le 24 juillet, la Turquie annonçait une curieuse « guerre contre le terrorisme » visant conjointement l’Etat islamique et le PKK.

    L’agence gouvernementale Anatolie dresse le bilan des deux semaines de raids sur des bases du nord de l’Irak : environ 390 combattants du PKK ont été tués, dont au moins quatre dirigeants, et 400 autres blessés.

    Et contre l’Etat islamique ? Il y a eu officiellement… trois raids. Et Anatolie n’en fait même pas état…

    C’est donc la preuve, si besoin était, que la Turquie continue de soutenir l’Etat islamique, et activement, en combattant les Kurdes en Irak. Là où sont réfugiés les chrétiens…

    Le 5 août, l’évêque chaldéen d’Amadiyah et Zakho, Mgr Rabban al Qas, se plaignait que les raids aériens turcs semaient la panique chez les réfugiés chrétiens.

    Double jeu et schizophrénie : hier on a appris que, suite à un accord avec le gouvernement turc, les Américains déployaient six F16 sur la base turque d’Incirlik pour combattre l’Etat islamique…