06 août 2014

Coup de chapeau à l’évêque d’Araucanie

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Un célèbre jésuite chilien invité à la télévision s’est répandu en discours hétérodoxes sur la famille et la vie. L’évêque de Villarica, en plein pays Mapuche (Araucanie), a réagi d’excellente façon. (Message à Jean Raspail : voilà un évêque qui mériterait d’être le grand aumônier du royaume de Patagonie.) C’est à lire chez Benoît et moi.

Message personnel

Pour Jorge Mario Bergoglio.

Il y a 14 ans, en la fête de la Transfiguration de l’an 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, signait la déclaration doctrinale Dominus Jesus « sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise ». Le 16 juin précédent, le pape saint Jean-Paul II, « avec science certaine et son autorité apostolique », avait approuvé et confirmé la déclaration, et ordonné sa publication.

Extrait :

Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui.Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières.Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine.

En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre ; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans une certaine communion bien qu'imparfaite avec l'Église.Le baptême en effet tend en soi à l'acquisition de la plénitude de la vie du Christ, par la totale profession de foi, l'Eucharistie et la pleine communion dans l'Église.

« Aussi n'est-il pas permis aux fidèles d'imaginer que l'Église du Christ soit simplement un ensemble — divisé certes, mais conservant encore quelque unité — d'Églises et de Communautés ecclésiales ; et ils n'ont pas le droit de tenir que cette Église du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd'hui de sorte qu'il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Églises en commun. »(1) En effet, « les éléments de cette Église déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l'Église catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés. » « En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique. »

Le manque d'unité entre les chrétiens est certes une blessure pour l'Église, non pas comme privation de son unité, mais « en tant qu'obstacle pour la réalisation pleine de son universalité dans l'histoire ».

(1) Citation de la déclaration Mysterium Ecclesiae de 1973, signée par le cardinal Franjo Seper, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, approuvée et confirmée par le pape Paul VI si cher à Jorge Mario Bergoglio.

Transfiguration de Notre Seigneur

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Petites vêpres de la liturgie byzantine

Lucernaire

Venez, nous transformant * et progressant vers le bien, * remplis de pensers célestes * pour nous conformer au Christ dans la foi * et, nous élevant de terre jusqu'au sommet des vertus, exultons de joie, * puisque, transfigurant le genre humain corrompu, * il l'a fait resplendir dans sa miséricorde sur le Thabor, * le Sauveur de nos âmes. (2 fois)

Amis des voix célestes * et des visions qui dépassent l'entendement, * contemplons en ce mystère le Christ * resplendissant de son divin rayonnement, * et que la voix du Père vibre en nos cœurs, * car il proclame comme son Fils bien-aimé * celui qui éclaire la faiblesse humaine sur le Thabor * et fait jaillir la clarté sur nos âmes. Que l'ensemble des êtres peuplant * ce monde et le céleste séjour * se lève pour la louange du Christ notre Dieu, * seigneur des vivants et des morts, * divinement transfiguré sur le mont Thabor, * car il s'entoure des chefs et des hérauts * de la grâce et de la loi, selon son bon plaisir, * le Sauveur de nos âmes.

Gloire au Père... Maintenant…

Succédant à l'obscurité de la Loi, * voici la nuée lumineuse * qui entoure le Christ transfiguré; * en elle se trouvaient Moïse et Elie * qui,  jugés dignes de la gloire plus brillante que soleil, * dirent au Christ: Tu es notre Dieu, Roi des siècles.

Apostiches

Le Christ en ce jour, * sur la montagne du Thabor * transformant la nature humaine ternie, * lui conféra sa divine splendeur.

A toi le ciel, à toi aussi la terre. Illuminés par l'éclat des vertus, * gravissons la montagne sacrée * afin de contempler * la Transfiguration du Seigneur notre Dieu. A ton nom le Thabor et l'Hermon exultent de joie. S'il éclaire la terre, le soleil * connaît encore son déclin, * mais le Christ, rayonnant de gloire sur le Thabor, * illumine le monde entier.

Gloire au Père... Maintenant...

Moïse et Elie * ont vu sur le Thabor * le Dieu qui a pris chair d'une Vierge * pour le salut du genre humain.

(Icône de Théophane le Grec, maître d'André Roublev, 1408)

06:08 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

05 août 2014

Le jihad en Irak… et au Liban !

Les jihadistes de l’Etat islamique ont encore conquis trois localités du nord de l’Irak, dont la ville de Sinjar. Pendant l’attaque, quelque 70 yazidis ont été tués. Une bonne partie de la population a fui dans les montagnes, dont la minorité chrétienne, pour échapper à la jizya aussitôt instaurée : 80 dollars par personne. L’église syro-orthodoxe a été transformée en bureaux, les bâtiments, livres, ornements, incendiés.

Les jihadistes ont bombardé une autre localité, Telkef, où un chrétien a été tué.

Le chef kurde Massoud Barzani a ordonné à ses troupes de reprendre Sinjar et d’infliger un « coup fatal » aux milices de l’Etat islamique, et il fait venir des combattants du Kurdistan syrien. Les ennemis de nos ennemis étant nos amis, on assiste à un rapprochement entre les Kurdes et le gouvernement chiite de Bagdad, lequel a promis une assistance aérienne.

Les dirigeants de l’Etat islamique ont proclamé l’état de guerre dans toute la région, et leur intention d’aller au Liban. On parle de commandos suicides prêts à aller s’y faire exploser.

En attendant ce sont des combattants se réclamant du Front al Nosra, et aussi de l’Etat islamique, qui se battent déjà à l’intérieur du Liban, à Ersal, contre l’armée libanaise qui cherche à reprendre la ville tombée entre leurs mains.

L’armée libanaise a déjà perdu 16 hommes dans les combats. La situation est « très critique » et la bataille « extrêmement dure », selon un responsable de l’armée.

L’issue est évidemment très importante : une défaite de l’armée libanaise serait une terrifiante victoire des jihadistes, une porte ouverte au déferlement vers le Liban, avec l’aide d’islamistes infiltrés parmi les centaines de milliers de réfugiés.

Cela dit, les jihadistes n’ont guère de soutiens au Liban, contrairement à ce qui se passe en Syrie et en Irak. Les sunnites sont minoritaires et très largement opposés aux islamistes, et Saad Hariri (fort du soutien de l’Arabie saoudite) vient de le leur faire savoir. Walid Joumblatt, le chef des druzes, appelle à s’opposer aux « Huns » (sic). Les jihadistes entendent défier le Hezbollah chez lui, mais là ils se heurtent à forte partie.

16:04 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (5)

La Corée du Nord imperturbable

L’archidiocèse de Séoul, dans une lettre au gouvernement de Corée du Nord, avait invité les catholiques de ce pays à participer à la messe du pape le 18 août prochain à la cathédrale de Myeongdong.

L’« Association des catholiques de Corée du Nord » a rejeté l’invitation, au motif que la Corée du Sud « n’a pas annulé les manœuvres militaires conjointes avec les Etats-Unis, une position qui rend toute visite impossible ».

Chacun sait que l’« Association des catholiques de Corée du Nord », qui prétend avoir 3.000 membres, est une organisation fictive du gouvernement nord-coréen (il n’y a aucun prêtre dans le pays, et tout culte est strictement interdit en dehors de celui des « grands dirigeants » Kim Il-sung et Kim Jong-il), mais on pouvait penser que le régime pourrait se saisir de l’occasion pour montrer qu’il respecte la liberté religieuse et donner un tout petit signe d’ouverture qui n’engage à rien. Mais non. Le régime stalinien bétonné ne bougera pas d’un poil.

Les Coréens les plus optimistes font valoir que ce n’est pas le gouvernement en tant que tel qui a répondu, ce qui laisse un espoir qu’il y ait une délégation nord-coréenne. Espoir a priori absurde. Mais il n’y a rien de plus absurde que le gouvernement nord-coréen.

15:22 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Croix enlevées : l’évêque de Wenzhou réagit

Depuis le début de l’année, les autorités ont enlevé au moins 360 croix d’édifices religieux protestants et catholiques dans la province du Zhejiang, sous prétexte qu’il s’agit d’édifices illégaux ou qui ne respectent pas les normes d’urbanisme.

Le 30 juillet, Mgr Vincent Zhu Weifang, l’évêque de Wenzhou, la capitale de la province, a publié une lettre pastorale dans laquelle il dénonce ces destructions.

L’évêque commence par demander pardon aux prêtres et aux fidèles pour avoir tant tardé à réagir. À les « consoler, les encourager et renforcer leur foi ». C’est, dit-il, qu’il pensait que cette campagne, qui le laissait perplexe, ne durerait pas. Cette campagne de destruction est « mauvaise et injuste », dénonce-t-il, parce que même des bâtiments parfaitement en règle sont touchés. Cibler le symbole de la foi chrétienne « aggrave la tension entre l’Eglise et le gouvernement » et crée une « instabilité sociale ». Mgr Zhu demande aux fidèles de prier pour le diocèse en offrant un rosaire quotidien et un chemin de croix chaque vendredi. Il ocnclut en disant : « Nous prions pour que ceux qui nous persécutent changent. »

Ce qui est notable dans cette réaction est que Mgr Zhu est un évêque de l’Eglise officielle, donc reconnu par le gouvernement communiste. Et qu’il est également reconnu par le Saint-Siège.

Le lendemain 31 juillet, les prêtres du diocèses ont à leur tour publié un texte, demandant au gouvernement provincial d’arrêter la démolition des croix, et de dire quelle loi ou quel règlement stipule qu’il serait illégal de poser une croix sur le toit d’une église ou qu’une seule croix est permise dans un secteur donné. Les prêtres (de l’Eglise officielle) demandent au gouvernement provincial de « respecter l’Eglise catholique, respecter nos croix sacrées et inviolables, et respecter les sentiments religieux des catholiques ».

15:20 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Dédicace de Sainte-Marie aux Neiges

« A Rome, sur le mont Esquilin, Dédicace de la Basilique Sainte-Marie aux Neiges ». Cette basilique, une des plus importantes de Rome, est un sanctuaire qui intéresse grandement la piété de l’Église romaine. La dédicace d’une cathédrale ou d’une église paroissiale reste une fête locale ; la dédicace des églises-mères de la chrétienté (le Latran, Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Marie-Majeure) se célèbre, au contraire, dans l’univers entier, en signe de la communion de tous les fidèles avec Rome. Sainte Marie-Majeure est une des grandes stations du calendrier liturgique où nous nous rendons plusieurs fois tous les ans par la pensée (à Noël, à Pâques, aux mercredis des Quatre-Temps).

Ce sanctuaire, primitivement appelé Basilica Sicinini, remonte à l’époque constantinienne. L’histoire de sa fondation repose sur une légende dont on ne trouve pas trace avant le moyen âge. En voici les épisodes d’après le bréviaire : « Sous le pontificat du pape Libère (352-366), le patrice romain Jean et son épouse, étant tous deux sans enfants, décidèrent de donner leur héritage à la Très Sainte Vierge en la suppliant ardemment de leur faire connaître, d’une manière ou d’une autre, à quelle œuvre pieuse devaient employer leurs richesses. Marie écouta leur prière et y répondit par un miracle. Le 5 août, à l’époque des grandes chaleurs à Rome, une partie du mont Esquilin fut couverte de neige durant la nuit. Cette même nuit, les pieux époux eurent un songe pendant leur sommeil, et la Mère de Dieu les avertit séparément d’élever une église qui lui serait dédiée à l’endroit qu’ils verraient couvert de neige : ainsi voulait-elle être instituée leur héritière. Le patrice Jean rapporta la chose au pape Libère qui avait eu la même vision. Celui-ci se rendit alors processionnellement, accompagné de son clergé et du peuple, à la colline couverte de neige, et y détermina l’emplacement de l’église ».

La basilique fut reconstruite sous le pontificat de Sixte III (431-440) qui la dédia (432) à Marie, dont le Concile d’Éphèse (431) venait de proclamer le titre de Mère de Dieu. L’abside et les murs du nouvel édifice furent ornés de mosaïques représentant la vie du Sauveur. A la fin du quatrième siècle, on y avait bâti une grotte à l’image de la Grotte de Bethléem ; de là le nom de Sainte-Marie-à-la-Crèche qu’on lui donne aussi. C’était Bethléem que les fidèles de Rome croyaient retrouver en ce temple. On l’appelle encore : Basilique Libérienne (du nom du pape qui. l’a construite), Sainte-Marie-Majeure (en raison de son importance), et Sainte-Marie-aux-Neiges (d’après la légende de son origine).

Contrairement à l’usage habituel, la liturgie utilise aujourd’hui, non pas l’Office de la Dédicace, mais l’office de la Sainte Vierge avec la messe si connue du commun : Salve Sancta Parens.

Dom Pius Parsch

06:15 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

04 août 2014

Le bébé trisomique qui fait exploser le mythe de la GPA

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A lire, le commentaire (et les informations) de Jean-Marie Le Méné.

A noter que l’élan de générosité rend déjà la mère porteuse, qui devient la mère adoptive, bénéficiaire non plus de dix fois le prix de la GPA (10.000 €), mais 15 fois (et ce n’est pas fini).

Un nouveau rapport pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE

Le maire de Londres Boris Johnson avait demandé à son conseiller économique Gerard Lyons un rapport évaluant l’impact sur la City de divers scénarios d’évolution des relations entre le Royaume-Uni et l’UE.

Gerard Lyons a été chef économiste de trois grandes banques avant d’être appelé par le maire de Londres. Il a été plusieurs fois gratifié du titre de « meilleur prévisionniste » par le Times, notamment pour avoir dit que le Royaume Uni ne devait pas adopter l’euro parce que la zone euro connaîtrait rapidement une très grave crise.

La meilleure option pour Londres, selon le rapport de Gerard Lyons, est que le Royaume-Uni reste dans l’UE, à condition que l’UE soit profondément réformée selon les vœux du Royaume-Uni.

La seconde meilleure option, qui talonne la première, est de quitter l’UE, mais en mettant en place de nouvelles politiques commerciales spécifiques destinées à amortir les pertes d’emplois.

Le PIB de Londres est de 440 milliards d’euros (un cinquième du PIB du Royaume-Uni). En restant dans une UE substantiellement réformée selon les intérêts britanniques, ce PIB passerait à 800 milliards en 2034. En cas de sortie de l’UE, avec de nouvelles politiques commerciales, il passerait à 770 milliards. Une sortie de l’UE sans nouvelles politiques verrait le PIB stagner à 540 milliards à l’horizon 2034, avec un million de chômeurs (à Londres).

Comme il est évident que l’UE n’acceptera jamais les réformes demandées par le Royaume-Uni, puisqu’elles sont contraires au traité et visent à globalement revenir à la CEE (une communauté de libre échange), la solution préconisée par Gerard Lyons est donc la sortie de l’UE…

16:46 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

En Afrique aussi, la famille se désintègre

« La menace contre la famille dans notre région est beaucoup plus réelle actuellement qu’elle ne l’était auparavant » affirme le communiqué final de la 18ème Assemblée plénière de l’AMECEA (Association des Membres des Conférences épiscopales d’Afrique orientale) qui s’est récemment tenue dans la capitale du Malawi, Lilongwe, informe l’agence Fides.

« La crise du mariage et de la famille est aggravée par l’individualisme de la société contemporaine, par l’écroulement des valeurs morales, les attaques portées contre l’unité de la famille, la pauvreté et par le chômage », écrivent les 250 évêques d’Afrique orientale.

« En tant qu’Eglise dans la région, nous nous engageons à offrir des soins pastoraux aux familles désagrégées et à tous ceux qui se trouvent en difficulté au sein de leurs familles » affirme le document qui réaffirme la conception de la famille comme « union d’amour indissoluble fondée par un homme et une femme, ouverte à la procréation » et qui dénonce « les unions de personnes du même sexe et autres déviances qui vont à l’encontre de la nature humaine et de la loi naturelle ».

A noter que l’assemblée à élu comme nouveau président le chef d’une Eglise catholique orientale : Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, archevêque métropolitain d’Addis-Abeba des Ethiopiens, primat de l’Eglise catholique éthiopienne (érigée en 1961).

16:13 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (0)

En privé le pape est hétérodoxe, et il le fait savoir

Nombre de propos de François sont terriblement ambigus. Leur interprétation obvie est qu’ils sont hétérodoxes, mais en les examinant on découvre généralement qu’on peut leur donner une interprétation catholique. Ce n’est pas le cas de son discours de Caserte aux fidèles de son ami pentecôtiste Traettino. A cause d’une référence à Cullman, comme l’explique Alessandro Gnocchi (traduit par Benoît et moi).

Une fois de plus, François parle de la « diversité » et de « l’unité » dans « l’Eglise », sans préciser s’il parle de l’Eglise catholique ou d’une hypothétique Eglise qui réunisse tous les chrétiens au-delà de leurs dénominations. Mais cette fois il appuie son propos sur Oscar Cullmann :

« L'Esprit Saint fait la diversité dans l'Église, et cette diversité est si riche, si belle; mais, plus tard, le même Esprit Saint fait l'unité. Et ainsi l'Eglise est une dans la diversité. Et pour utiliser une belle parole d'un évangélique que j'aime beaucoup: une diversité réconciliée par l'Esprit Saint. »

L’évangélique qui a parlé de la diversité réconciliée par l’Esprit Saint, c’est Cullman. C’est lui, souligne Gnocchi, qui a imaginé en 1986, dans un ouvrage intitulé L'unité à travers la diversité, le passage « de la diversité excommuniée à la diversité réconciliée ».

Cette fois, il est donc très clair que François expose une ecclésiologie hérétique, l’ecclésiologie « évangélique », celle d’une super-“Eglise” spirituelle englobant tous ceux qui se réclament de Jésus d’une façon ou d’une autre, et qu’en passant il blasphème le Saint-Esprit.

Heureusement, il s’agit d’un propos privé. Puisqu’on nous a dit et répété qu’il s’agissait d’une visite privée.

Mais ce qui est ahurissant est que ce propos ouvertement hétérodoxe (associé à une repentance surréaliste) se retrouve sur le site du Vatican, au moins en deux endroits : dans la rubrique des discours officiels du pape (tout en nous rappelant que c’est une visite privée…), et dans le Bulletin d’informations du Saint-Siège.

Et, autre scandale, dans le Bulletin en question, donc sur le site du Saint-Siège, on trouve aussi le discours du pasteur Traettino…

Saint Dominique

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Dante, La divine comédie, Le Paradis, chant XII, traduction Auguste Brizeux, éd. 1846.

06:00 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (3)

03 août 2014

8e dimanche après la Pentecôte

L’évangile de ce jour est celui de « l’intendant infidèle ». Comme souvent, les traductions sont en deçà du texte. Il s’agit exactement de « l’économe de l’iniquité », comme dit la Vulgate, ou « de l’injustice ». Avec en grec l’article défini qui insiste sur le fait que cet économe, avec tout le sens positif et constructif du mot économie en grec, qui est passé dans la langue théologique : « l’économie du salut », est le représentant de l’injustice, l’incarnation même de l’iniquité.

Or c’est cet homme-là que loue le « kyrios », le « dominus », qui est sans doute le maître du domaine, mais qui est bel et bien, aussi, le Seigneur Dieu, le Christ, celui-là même qui va ajouter : « Et moi je vous dis », comme dans cette impressionnante suite de préceptes du chapitre 5 de saint Matthieu où Jésus reprend des commandements de la Loi et les modifie en disant « Et moi je vous dis », montrant la plénitude de son autorité divine.

Le Kyrios va donc faire l’éloge de l’économe de l’iniquité, de ce personnage si abject qu’il contredit radicalement sa fonction. Parce qu’il a agi « avec sagesse », « de façon sensée ». Nouvelle contradiction. Pour nous montrer de façon brutale que les enfants de ce siècle sont plus habiles que les enfants de lumière pour arriver à leurs fins. Or notre fin est le Royaume éternel. Nous devons donc utiliser le « Mammon d’iniquité » (là encore, les traductions sont fautives : il s’agit de la richesse divinisée, donc un faux dieu) de façon à être reçus dans les tentes éternelles, celles du vrai Dieu. Oui, il s’agit bien de profit, et de profiter. Mais c’est le niveau où on le place qui fait la différence. Essentielle.

06:08 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

02 août 2014

Saint Alphonse de Liguori

Alors que les moralistes laxistes et jansénistes, par leurs exagérations en faveur du probabilisme ou contre lui, avaient contribué à faire perdre jusqu’au sens moral à la classe la plus cultivée et la plus aisée, les Ordres religieux, dans le royaume de Naples, s’étaient comme repliés sur eux-mêmes, attentifs à conserver leur patrimoine et à défendre contre l’État, les évêques et les barons, leurs immunités et leurs exemptions. Quant à la Cour, elle regardait l’Église comme ayant confisqué à son avantage les droits de la couronne ; et, par l’intermédiaire de Tanucci elle préparait déjà un système de lois éversives, pour substituer au pouvoir pontifical le pouvoir royal jusque dans les intimes retraites du sanctuaire. Le clergé du royaume de Naples était nombreux, mais la vocation ecclésiastique était considérée fort souvent comme une simple carrière, assurant au candidat les revenus d’un bénéfice. Il ne faut donc pas s’étonner si, en un tel état de choses, le peuple des campagnes était abandonné à lui-même, plongé dans l’ignorance et dans le vice.

A de si grands maux, saint Alphonse vint enfin apporter remède, revêtu de la triple mission de docteur, d’évêque et de fondateur d’une nouvelle famille religieuse. Comme docteur, il traça la voie moyenne entre les excès des laxistes et ceux des rigoristes ; il popularisa dans ses livres ascétiques la piété catholique, la dévotion à Marie, à Jésus au Saint-Sacrement, à la Passion, et défendit contre les disciples de Tanucci les droits suprêmes de l’Église et du Pape. Pour cela il fut parfois obligé de faire imprimer ses œuvres en cachette et hors du territoire napolitain.

Comme apôtre et évêque, saint Alphonse se proposa d’imiter le Divin Rédempteur dans ses courses évangéliques à travers les villages de la Galilée et de la Judée, et il fonda une congrégation de missionnaires qu’il destina spécialement, non aux cités populeuses, mais aux pauvres paysans et aux montagnards.

Enfin, fondateur d’une nouvelle famille religieuse, le Saint a le mérite d’en avoir adapté les buts aux besoins du temps, et d’avoir mené à bonne fin son édifice spirituel à travers mille contradictions. Au lieu de fonder de nouveaux ordres réguliers, le pouvoir royal voulait alors supprimer les anciens, et allait jusqu’à exiger de Clément XIV la suppression de la Compagnie de Jésus.

Que la congrégation fondée par Alphonse ait pu demeurer pendant un si grand nombre d’années flottant en pleine mer orageuse, ce fut un vrai miracle. Le roi de Naples refusa jusqu’à la fin d’accorder l’exsequatur au décret pontifical d’approbation. Cet état illégal ne pouvait pas ne pas décourager les disciples mêmes du Saint ; aussi plusieurs d’entre eux désertèrent-ils ; les maisons de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur ouvertes dans l’État Pontifical finirent par proclamer un schisme, et exclurent de l’Institut le Fondateur lui-même, avec les maisons du royaume de Naples. Alphonse supporta tout avec sérénité ; il succomba bien au déchirement intérieur, mais confiant en Dieu il comprit quand il mourut (le 1er août 1787) que son sacrifice mettrait fin à l’épreuve. Après la mort de saint Alphonse la scène change : le Fondateur expulsé est élevé sur les autels, et sa congrégation étend ses frontières au delà de l’Italie et de l’Europe.

Bienheureux cardinal Schuster

06:29 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (15)

01 août 2014

Najat Belkacem et le triple mensonge de l’IVG

Le Conseil constitutionnel a validé la suppression de la notion de « situation de détresse » pour avoir recours à l'avortement. Le Nouvel Observateur a demandé la réaction de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits de la femme. Naturellement, elle s’en félicite, et en profite pour réitérer le triple mensonge, la triple imposture du droit à l’avortement, dans une seule phrase :

« Je considère moi que pouvoir disposer librement de son corps est non seulement un droit mais est même le préalable à l'autonomie et à la liberté véritable des femmes. Ce texte permet de véritablement consacrer le droit à l'IVG. »

Non, Madame Belkacem. Comme on le sait encore dans votre (autre) pays, avec l’avortement la femme ne dispose pas de son corps mais du corps et de la vie d’un autre, d’un tout petit être humain sans défense.

Non, Madame Belkacem. Ce n’est pas une liberté véritable que de pouvoir légalement tuer un enfant, son propre enfant.

Non, Madame Belkacem. On n’a pas le droit d’utiliser le mot « consacrer » quand il s’agit d’un meurtre, et rien ne peut consacrer un droit qui n’existe que dans une législation illicite, car on n’a jamais le droit de tuer des innocents, et de camoufler le meurtre sous le sigle mensonger IVG. Comme s’il s’agissait de seulement interrompre un processus que l’on pourrait reprendre...

Tout à l’heure dans mon épicerie préférée j’entendais deux jeunes femmes qui se disaient l’une à l’autre qu’elles ne voulaient pas d’enfants. L’une parlait d’une de ses amies qui avait eu un enfant « par accident », et qui était tombée enceinte une nouvelle fois « par accident ». Eh bien « celui-là aussi elle l’a gardé ». Elle a gardé quoi ? sinon son enfant, et non pas une excroissance de son corps.

Mais ce qui m’a choqué était l’insouciance du propos. Cette amie pouvait garder ou ne pas garder son enfant. L’une ou l’autre possibilité était envisagée avec le même sourire. Elle pouvait le garder ou le jeter. C’est moralement équivalent.

Et l’on parle encore de civilisation…

L’Ouganda, un pas en arrière

La Cour constitutionnelle ougandaise a annulé la loi contre l’homosexualité qui avait été adoptée le 20 décembre, et qui renforçait la loi qui interdit déjà les relations homosexuelles sous peine de prison à vie. La nouvelle loi interdisait toute promotion de l’homosexualité, mais aussi rendait obligatoire la dénonciation de quiconque s'affiche homosexuel. Ce qui était, il faut bien le dire, aller un peu loin…

Ce pas en arrière n’est peut-être pas sans rapport avec le changement de position du président Museveni sur la contraception, et pourrait être le prélude à un alignement au moins partiel de l’Ouganda sur les normes internationales de la culture de mort (les pressions étant considérables, et pas seulement verbales).

Gaza : propos du patriarche latin de Jérusalem

S.B. Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, à l’agence Fides :

« La trêve qui vient de débuter [et qui une fois de plus n’a pas duré] est une bonne chose mais elle ne servira pas si les conditions de Gaza demeurent celles d’une terre désespérée en état de siège, où peuvent grandir seulement la peur et la frustration qui alimentent la haine. Il semble presque que l’on veuille faire de Gaza une fabrique de désespérés, destinés à se transformer facilement en extrémistes prêts à tout. »

« Les tunnels construits à Gaza constituent à leur manière un produit de l’embargo. Si l’on mettait fin à ce siège, si les routes étaient ouvertes et que la liberté de mouvement des personnes et des biens était assurée, si la pêche en mer était librement autorisée devant Gaza, alors tout pourrait avoir lieu au grand jour et personne n’aurait plus besoin de creuser des tunnels pour passer sous terre. »

A 8 ans, elle a donné sa vie pour les Franciscains de l’Immaculée

Le 27 juillet dernier, les Franciscains de l’Immaculée annonçaient sur leur page Facebook la mort, ou plutôt la naissance au ciel, la veille, de Caterina Maria Sudrio, 8 ans, fille d’un tertiaire de la communauté et sœur de trois des religieux, emportée par une tumeur cérébrale. Elle avait été confirmée le 9 mars par dérogation spéciale.

Le père de Caterina a donné un émouvant témoignage, qu’on peut trouver ici, et dont je reprends la traduction publiée sur le Forum catholique:

10501996_10204220529584111_4769080155064446508_n.jpgElle a offert consciemment sa maladie pour le P. Stefano Manelli et pour l'Institut des Franciscains de l’Immaculée.

A 4 ans elle a demandé sur un ton sérieux à vouloir se confesser au P. Pietro Luongo F.I. Elle a été baptisée par le P. Stefano Manelli et a reçu de lui la Première Communion, à 5 ans et demi, le jour de Noël, lors de la Sainte Messe de rit tridentin.

Tous les soirs à 19h20 il lui fallait aller sans faute à la Bénédiction Eucharistique au sanctuaire du Buon Consiglio.

Elle a offert consciemment sa maladie pour le P. Stefano Manelli et pour l'Institut des Franciscains de l’Immaculée, frères et sœurs.

Elle savait qu'elle ne guérirait pas.

Son film préféré depuis toujours était Marcellino Pane e Vino et sa chanson préférée Preferisco il Paradiso (je choisis le Paradis), entendue dans un film sur St Philppe Neri.

Elle ne s'est jamais plainte, je dis bien jamais, de sa maladie (tumeur maligne de l'épiphyse). Quand je lui demandais "comment te sens-tu" elle répondait toujours "bien", accompagné d'un sourire.

Elle répétait encore, tant qu'elle a pu parler, que Jésus était venu apporter la joie.

Je peux dire que le Bon Dieu l'a fait croître pour Lui et Il l'a prise le jour de Marie, en la fête de Sainte Anne et de Saint Joachim, samedi 26 juillet 2014 à l'âge de 8 ans.

Consummatum est !

15:07 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (13)

Les 7 frères Maccabées

Les 7 frères martyrs dont on fait mémoire en ce jour, depuis toujours et sous toutes les latitudes (les plus anciens calendriers occidentaux et orientaux s’accordent sur le 1er août) n’étaient pas de la famille des héros Maccabées, dont deux livres de la Bible narrent les exploits pour rétablir les traditions judaïques dans un pays asservi et hellénisé. D’ailleurs on ne connaît même pas leurs noms. Ce qui est unique dans l’histoire de la liturgie, au moins quand les martyrs célébrés sont peu nombreux – mais on voit que même les 40 martyrs de Sébaste ont tous un nom.

Ce qui est unique également, dans la liturgie latine traditionnelle, est cette célébration de saints de l’Ancien Testament. On peut voir dans un sermon de saint Grégoire de Nazianze que ce culte était tout aussi insolite en Orient à son époque :

« Bien que leur culte ne soit pas établi en certains lieux, parce qu’ils n’ont pas soutenu leur combat après la venue du Christ, ils méritent cependant que tout le monde honore la générosité et la constance qu’ils ont montrées à observer les lois et les coutumes de leurs ancêtres. Puisqu’ils ont enduré le martyre avant la passion de Jésus-Christ, que n’auraient-ils point fait, s’ils avaient été persécutés après Jésus-Christ, avec l’exemple de la mort qu’il a soufferte pour notre salut ? Si telle a été leur vertu en l’absence de tout modèle, ne seraient-ils pas descendus avec plus d’ardeur dans la lice, ayant sous les yeux l’exemple du Sauveur ? Et même une raison mystérieuse et intime, très plausible pour moi et qui doit l’être à toutes les personnes qui aiment Dieu, porte à croire qu’aucun de ceux qui furent couronnés du martyre avant la venue de Jésus-Christ, n’a pu obtenir cette gloire que par la foi en Jésus-Christ. »

En effet, c’est dans la foi en Jésus-Christ que les martyrs de l’Ancien Testament purent puiser leur héroïsme. Et le récit du martyre de ces sept frères (en 166 avant Jésus-Christ) annonce quasi littéralement (hormis le prétexte de leur condamnation à mort) les récits de martyres chrétiens.

Il y a une autre raison à ce culte sans équivalent dans le calendrier liturgique. Ou plutôt un autre aspect de la raison invoquée par saint Grégoire de Nazianze : c’est que plusieurs de ces martyrs tiennent des propos qui sont les plus précis et explicites actes de foi en la résurrection – selon le Christ - que l’on puisse trouver dans l’Ancien Testament.

Le deuxième dit :

— Toi, ô le plus scélérat des hommes, tu nous perds pour la vie présente; mais le Roi du monde nous ressuscitera pour la vie éternelle, nous qui serons morts pour Ses lois.

Le troisième dit :

— J'ai reçu ces membres du Ciel; mais je les méprise maintenant à cause des lois de Dieu, parce que j'espère qu'Il me les rendra un jour.

Le quatrième dit :

— Il est avantageux que ceux qui sont livrés à la mort par les hommes puissent attendre de Dieu qu'Il les ressuscitera; car pour toi il n'y aura pas de résurrection pour la vie.

06:29 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

31 juillet 2014

Ma conférence du 24 juillet

On trouvera le texte de ma conférence de l’université d’été « Jean-Paul II avait détruit à la racine l’idéologie du genre » dans la colonne de droite, rubrique "mes conférences".

Ou en cliquant ici.

Les médecins canadiens contre l’euthanasie

Lu sur Gènétique, d’après Lifenews :

L'Association médicale canadienne (AMC), porte-parole national des médecins au Canada vient de rendre publique les résultats d'un sondage réalisé en ligne sur l'euthanasie, le suicide assisté et les soins de fin de vie. Il en résulte que 71,5% sont d'accord avec la position de l'AMC, opposée à la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. 25,8% désapprouvent cette position, et 2,6% ne se prononcent pas. 

Les principales raisons avancées pour justifier leur opposition à toute légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté sont les suivantes:

- "légaliser l'aide médicale à mourir affecterait profondément la confiance que les patients ont dans les médecins et compromettrait la relation médecin-patient".

- "le rôle des médecins est de guérir, pas de mettre fin à la vie".

- "la légalisation est une 'pente glissante' et conduirait à un élargissement des conditions et des populations de patients pour qui la mort médicalement assistée peut être appliquée, particulièrement concernant les populations les plus vulnérables"

- "la légalisation de l'aide médicale à mourir pourrait être utilisée afin de faire des économies au sein du système de santé". 

Selon le rapport de l'AMC, si la société en arrivait un jour à une légalisation de l'euthanasie, les médecins devraient être exclus de toute procédure visant à réaliser un tel acte.

Mosco et le « french bashing »

François Hollande a officiellement désigné hier Pierre Moscovici comme le prochain commissaire européen français. Théoriquement comme commissaire chargé des questions économiques et monétaires, l’un des postes les plus prestigieux, qui donne rang de vice-président de la Commission. Mais cette nomination, annoncée depuis longtemps, suscite une levée de boucliers un peu partout, particulièrement en Allemagne.

Hier soir sur France 2, « Mosco » a fait semblant de croire que les Allemands et les autres en avaient contre la France. « Arrêtons le french bashing », a-t-il dit, d’abord pour répondre à la « tendance française » de l’auto-dénigrement, puis en tentant de montrer que la France n’est pas un « mauvais élève » mais a une économie performante, qu’elle est « un pays crédible, un pays sérieux, un pays qui fait des réformes »…

En réalité, si les Allemands, et d’autres, ne veulent pas de Moscovici, ce n’est pas parce qu’il est français, mais parce qu’il est le représentant de la politique économique désastreuse du gouvernement socialiste, et parce qu’il a été personnellement, comme ministre de l’Economie, le premier responsable de cette politique désastreuse, de la hausse des déficits, de la dette et du chômage, quémandant auprès de la Commission européenne toujours plus d’aménagements et de délais. Un ministre tellement calamiteux que Hollande a dû en changer…

C’est pourquoi la perspective de voir ce personnage commissaire à l’Economie a conduit les Allemands à l’appeler « Mosco-Witz » : Mosco, c’est une blague… (Le jeu de mots est d'autant plus facile que de fait si Moscovici avait été d'origine "russe" et non "roumaine" il s'appellerait Moscowitz.)

Il se dit d’autre part que le Parlement européen pourrait bien refuser d’entériner une Commission où Moscovici aurait le premier rôle économique…

Bravo la Pennsylvanie

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Vendredi 18 juillet, la « Jérôme Lejeune Foundation » (américaine) a été invitée à Harrisburg, en Pennsylvanie, à l’invitation du gouverneur de l’Etat Tom Corbett, pour la promulgation de la loi d’éducation prénatale à la trisomie 21, dite « loi Chloé ».

Cette loi est exactement l’opposé de l’immonde réaction de notre CSA à un clip où l’on voit des enfants trisomiques rassurer une future mère.

Elle encourage la diffusion d’une image positive des enfants atteints de trisomie, en montrant qu’ils sont un don précieux pour les familles et la société.

Elle vise à faire en sorte que les femmes enceintes d’enfants atteints de trisomie 21 reçoivent des informations concernant les services et les aides qui pourraient leur être apportés.

La Fondation américaine Jérôme Lejeune a participé à l’élaboration de cette loi à la demande de Kurt Kondrich, dont la fille Chloé est trisomique, et qui en avait eu l’initiative après avoir vu une loi similaire adoptée dans le Kentucki.

Euthanasier les pauvres et les enfants

Le nouveau ministre de la Santé lituanien, Rimantė Šalaševičiūtė (qui était membre du parti communiste à l’ère soviétique), a déclaré que la Lituanie n'était pas un Etat-providence dans lequel les soins palliatifs pourraient être accessible à tous et que l'euthanasie pourrait être une option pour les personnes qui ne souhaitent pas tourmenter leurs proches en leur imposant le spectacle de leurs souffrances.

La ministre a également soulevé l'idée de l'euthanasie pour les enfants, soulignant que cette option a été approuvée par la Belgique. Celle-ci pourrait également être appropriée pour la Lituanie après débat public, a-t-elle dit.

Le Conseil européen a définitivement approuvé l’adhésion de la Lituanie à la zone euro le 1er janvier 2015.

Jaurès

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Il y a cent ans était assassiné Jean Jaurès. Ce jour est donc le point culminant de la célébration délirante de l’idéologue dont (presque) tout le monde se recommande aujourd’hui.

Le contrepoison est le livre de Bernard Antony, que j’avais analysé dans le numéro 290 de Reconquête. Cet article peut être lu ici.

Le cardinal qui ne sait pas

Le cardinal Hummes, « archevêque émérite de Sao Paulo et l’un des principaux conseillers du chef suprême de l’Eglise catholique », a donné une grande interview à Noticias. Extrait :

— Si Jésus vivait aujourd'hui, est-ce qu’il serait favorable au mariage gay ?

— Je ne sais pas. Je ne fais aucune hypothèse à ce sujet. C’est l’Eglise dans son ensemble qui doit répondre. Nous devons prendre soin de ne pas soulever de questions individuellement, car cela finit par créer plus de problèmes pour atteindre une conclusion valable. Je pense que nous devons le faire ensemble, écouter les gens, ceux qui sont concernés, les évêques. C’est l’Eglise qui doit indiquer les chemins, et il doit y avoir un chemin pour tous.

Précision 1. Le cardinal Hummes, franciscain, est l’homme qui était à côté de François après son élection sur le balcon.

Précision 2. J’ai un scoop : Jésus est vivant aujourd'hui. Et il condamne tous les faux mariages. Par exemple ici.

Saint Ignace de Loyola

Les différents textes de cette messe rappellent très clairement la vie et les maximes du saint. L’Introït reproduit la grande devise de son institut : « Omnia ad majorem Dei gloriam. — Tout pour la plus grande gloire de Dieu ». A l’Épître, saint Ignace raconte ses labeurs évangéliques et nous exhorte à l’imiter. L’Évangile, récit de la mission des soixante-douze disciples, le range parmi les grands missionnaires qui parcoururent l’univers au nom du Sauveur. Le texte de la Communion est remarquablement frappant : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu’il s’allume ? » Ignem — Ignace ; il fut un vrai Prométhée qui transmit le feu divin à la terre. Et ce feu, où le recevons-nous de nouveau, lorsque notre cœur est froid ? Dans l’Eucharistie. La Secrète nous dit que Dieu « a placé la source de toute sainteté dans les mystères sacro-saints ».

Dom Pius Parsch

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30 juillet 2014

Le nouvel Etat hongrois

Extrait du compte rendu du discours de Viktor Orban à la 25e université d’été libre de Bálványos, à Tusnádfürdő (Baile Tusnad, Roumanie), devant des milliers d’étudiants roumains d’ethnie hongroise, selon le site officiel du gouvernement hongrois.

Selon M. Orban, la crise financière de l’Occident en 2008 a induit des changements d’une importance similaire à ceux qui sont survenus après les Première et Seconde Guerres mondiales et en 1990, sauf que dans le cas de 2008 il n’a pas été évident pour les gens qu’ils se réveillaient dans un monde radicalement différent.

Le Premier ministre a déclaré qu’il y a une course mondiale pour inventer un Etat qui soit le plus adapté à la réussite de la nation. Aujourd’hui, le monde essaie d’appréhender des systèmes qui ne sont pas occidentaux, pas libéraux, peut-être même pas des démocraties, mais qui néanmoins réussissent, et les stars des analystes sont Singapour, la Chine, l’Inde, la Russie et la Turquie, a-t-il dit.

« En rompant avec les dogmes et les idéologies qui ont été adoptés par l’Occident, nous essayons de trouver la forme d’organisation de la communauté, le nouvel Etat hongrois, qui soit capable de rendre notre communauté compétitive dans la course mondiale pour les décennies à venir », dit M. Orban.

Nous devons rompre avec les principes et méthodes libéraux d’organisation sociale, a déclaré le Premier ministre, selon qui l’Etat libéral hongrois précédent n’a pas protégé le patrimoine de la communauté, n’a pas engagé le gouvernement hongrois d’alors à accepter que les Hongrois vivant à travers le monde fassent partie de l’Etat, et n’a pas empêché le pays de tomber dans la dette ou protégé les familles de « l’esclavage de la dette ».

En réponse à la question sur ce qui suit l’Etat nation, l’Etat libéral et l’Etat providence, M. Orban a déclaré que la solution hongroise est l’ère, qui approche, d’un Etat basé sur le travail.

Les citoyens hongrois attendent des dirigeants de la Hongrie qu’ils développent un nouveau type d’organisation de l’Etat qui, faisant suite l’organisation de l’Etat libéral, rende de nouveau la communauté hongroise compétitive, tous en respectant le christianisme, la liberté et les droits de l’homme, a-t-il dit.

La nation hongroise n’est pas simplement un groupe d’individus, mais une communauté qui doit être organisée, renforcée et construite, a déclaré le Premier ministre, ajoutant que c’est en ce sens que le nouvel Etat qui se construit en Hongrie n’est pas libéral.

Le Premier ministre a également mentionné qu’un secteur particulier de la société civile hongroise tente d’empêcher cette forme de construction.

Selon M. Orban, l’affaire des subventions norvégiennes a également mis en évidence le fait que dans le cas de certaines ONG en vue, nous sommes en fait « face à des militants politiques qui sont payés par des étrangers », qui tentent de faire respecter des intérêts étrangers en Hongrie. Cela doit être clair au moment de réorganiser l’Etat hongrois, a souligné le Premier ministre à l’université libre de Bálványos.

« C’est pourquoi il est extrêmement justifié que le Parlement hongrois ait formé une commission pour surveiller régulièrement, enregistrer et rendre publique l’influence étrangère », a-t-il ajouté.

Fin comme Gribouille

Les sanctions européennes contre la Russie devraient coûter 40 milliards d’euros cette année, et 50 milliards l’an prochain.

A l’UE.

A la Russie, elles devraient coûter 23 milliards cette année et 75 milliards l’an prochain.

17:08 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)

Crimes du Kosovo : suite sans fin

Le procureur américain Clint Williamson, chef de l’équipe spéciale d’enquête d’Eulex sur les crimes commis au Kosovo, a rendu compte de son action mardi, à la fin de son mandat (il avait été nommé en 2011).

Il annonce que des personnes qui furent des chefs de l’UCK seront jugées et qu’il n’y aura qu’un seul acte d’accusation. Il ne précise pas si parmi ces personnes figure Hashim Thaçi, l’homme fort du Kosovo, mais il dit que ses conclusions sont « cohérentes » avec le rapport de Dick Marty, qui mettait ouvertement en cause Hashim Thaçi, y compris dans les affaires de trafic d’organes prélevés sur des prisonniers serbes et albanais mis à mort.

L’équipe de Clint Williamson a mis en évidence diverses sortes de crimes (meurtres, enlèvements, disparitions forcées, détention illégale, violence sexuelle, violence politique…) mais a été confrontée à un particulier « climat d’intimidation » dans l’enquête sur les trafics d’organes, qui auraient été limités, affirme le procureur, à une dizaine de cas.

Quoi qu’il en soit cela ne figurera pas dans l’acte d’accusation. Sic. (Un procès avait déjà eu lieu, pour rien, en 2013.) Pour le reste, Clint Williamson remarque qu’il est sans précédent qu’un procureur soit nommé avec pleine autorité de mises en examen sans qu’il y ait de tribunal pour le procès...

En effet on ne sait ni où ni quand le tribunal pourrait être établi. En attendant, sans dire ouvertement que l'UE ne veut pas d'un procès, Clint Williamson retourne chez lui…

16:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0)