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Le blog d'Yves Daoudal - Page 7

  • La pêche européenne

    Comme chaque année, la fixation des quotas de pêche a donné lieu à une discussion de marchands de tapis entre la Commission européenne qui veut restreindre les captures au nom des « données scientifiques » sur les « stocks » et les gouvernements qui cherchent à ne pas trop pénaliser leurs pécheurs.

    Cette année, on constate que la Commission, se félicitant de sa bonne gestion, a permis de maintenir voire d'augmenter les taux admissibles de capture (TAC) de nombreux poissons. Les désaccords se sont concentrés essentiellement sur la sole, le cabillaud et le bar. Pour le cabillaud, la Commission voulait une (nouvelle) baisse de 68%. Les ministres l’ont limitée à 38% (cela veut dire qu’il y aura encore plus de cabillaud norvégien chez les poissonniers). Pour le bar, la Commission voulait interdire purement et simplement toute pêche (en dehors du bar de ligne, ce que je n’avais pas vu quand j’en avais parlé). Les ministres ont imposé que l’on tienne compte des réalités, à savoir que les filets peuvent ne pas faire exprès de ramasser des bars : les chalutiers auront donc droit de pêcher 3% de bars dans la limite de 400 kg par mois, et les fileyeurs jusqu’à 250 kg.

    Cet accord est ce qu’il est. Ce qui est ahurissant est l’article de EUobserver. Ce site est censé informer (dans un sens européiste militant) sur ce qui se passe dans les institutions européennes. Or, sur cet accord, il ne donne aucune précision. En dehors du fait que cette année les décisions sont en phase avec les avis scientifiques sur 44 poissons, contre 36 l’an dernier. EUobserver devrait se féliciter de ce progrès. Mais non, il tire à boulets rouges, en citant longuement un lobby écolo qui accuse les ministres des Etats membres d’avoir fait preuve une fois de plus d’irresponsabilité économique et écologique…

  • Dans l’Ohio

    Le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, a signé une loi interdisant l’avortement après 20 semaines de grossesse. Mais il a opposé son veto à une loi interdisant l’avortement après détection du battement du cœur du fœtus (autour de six semaines).

    Quatorze Etats ont déjà adopté la première de ces mesures, et les organisations pro-vie espèrent que l’année prochaine cela deviendra une loi fédérale.

    Quant à l’autre mesure, John Kasich s’y était déjà opposé, et il a rappelé pourquoi : elle est actuellement clairement contraire à la jurisprudence de la Cour suprême, et l’Etat de l’Ohio « devrait payer des centaines de milliers de dollars des contribuables pour couvrir les honoraires des avocats des militants pro-choix ».

    Réaction du vice-président du Fonds d’action du Planning familial : « Il croit peut-être qu’en mettant son veto à l’interdiction des six semaines – qui aurait quasiment interdit l’avortement sans presque aucune exception – il se montre modéré. Mais les femmes de l’Ohio ne sont pas dupes et rejettent ce programme extrême. »

  • Mercredi des quatre temps

    Les quatre temps de l’Avent n’avaient encore aucun rapport avec l’Avent au temps de saint Léon le Grand (Ve siècle). Le « jeûne du dixième mois » (mercredi, vendredi et vigile du dimanche) n’était pas lié au cycle de Noël, comme en témoignent les (cinq) sermons de ce pape prononcés le dimanche précédent. Il s’agissait du jeûne qui marquait l’hiver comme les autres « quatre temps » marquaient les autres saisons. Et c’était l’occasion de rendre grâces pour les récoltes de l’année. Loin donc d’annoncer Noël, le « jeûne du dixième mois » était une célébration de la fin de l’année agricole, et non du début de l’année liturgique.

    Mais peu à peu il servit de préparation pénitentielle à Noël, et il s’étendit, de façons diverses selon les Eglises, aux autres semaines de décembre, et de novembre, et à tous les jours de ces semaines, pour former finalement le « carême de la Saint-Martin », 40 jours entre la fête de saint Martin et Noël.

    Curieusement, il n’y avait pas encore de liturgie spécifique de l’Avent. Cette liturgie somptueuse, d’une extraordinaire richesse, d’une lumineuse profondeur spirituelle, n’est venue que plus tard, sans qu’on sache quand. Sans doute une fois que le « carême de la Saint-Martin » fût partout réduit aux quatre semaines avant Noël. C’est ainsi que l’on constate qu’il n’y a aucun sermon des pères de l’Eglise sur l’Avent. Ceux de saint Léon sur le jeûne du dixième mois ne font aucune allusion à ce temps liturgique. Les premiers sacramentaires n’en font pas mention. Seul le sacramentaire dit grégorien en parle, mais malgré son nom il est plus tardif. Le premier grand auteur à prononcer des sermons de l’Avent est saint Bernard.

    C’est l’occasion de souligner que la liturgie de l’Avent est une spécialité latine. L’année liturgique byzantine commence avec la Nativité de Marie, qui est en effet l’aurore du salut. A l’approche de Noël il y a ici et là quelques allusions à la fête qui vient, mais rien d’organisé, à part la liturgie des deux dimanches qui la précèdent : le dimanche « des ancêtres du Seigneur » (selon la chair) et le « dimanche des Pères » ou « de la généalogie » (où l’on fait mémoire de tous les saints de l’Ancien Testament, d’Abraham à saint Joseph). La liturgie syro-maronite a quant à elle une préparation sur six dimanches : Annonce de la naissance de Jean le Précurseur (ou Annonce à Zacharie), Annonciation de la Mère de Dieu, Visitation, Présentation de Marie au Temple, Révélation à Joseph, dimanche de la généalogie du Sauveur. Cette période est appelée Soubara ou Souboro, c’est-à-dire « Annonciation ». La célébration de l’Annonciation comme fête préparatoire à Noël existait aussi dans de nombreuses Eglises occidentales avant qu’on la fixe à sa date historique le 25 mars. Mais c'est elle aussi que l'on célèbre en ce mercredi des quatre temps.

  • Le 7 janvier

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  • L’entrave numérique vue d’Italie

    Le député italien Gian Luigi Gigli, professeur de neurologie et président du Mouvement pour la Vie, s’en prend de façon virulente, dans une tribune publiée par l’Avvenire, à la proposition de loi française sur le « délit d’entrave numérique » à l’avortement.

    Pour permettre aux Italiens de « comprendre la portée de cette loi liberticide qui met en cause les fondements mêmes de l'État libéral, et en particulier la liberté d’expression », il explique :

    Si une loi semblable passait en Italie, nous devrions fermer ‘SOS Vie’, la structure ouverte 24 sur 24, 365 jours par an, qui écoute les femmes en difficulté à travers un numéro vert et sur Internet ». Mais surtout, ajoute-t-il, « les 12 000 bébés nés grâce aux options proposées par le ‘Mouvement pour la Vie‘ ne seraient jamais nés ». Par ailleurs, « nous devrions aussi fermer les 350 autres ‘Centres d’Aide à la Vie’ qui travaillent sur le territoire national, puisque les encouragements incitant à garder le bébé pourraient être qualifiés de pression psychologique et moral.

    Gian Luigi Gigli constate ainsi qu’en France, « la voix de quiconque » ayant « une vision différente de celle de l’Etat » est « réduite au silence », ainsi que « celle de quiconque proposerait une alternative à l’avortement aux femmes enceintes en difficulté ». Il assure que cette proposition de loi crée « un précédent dangereux, et pour la liberté d’internet, et pour la liberté de conscience » : « Il est clair que les principes démocratiques sont réduits à la pensée unique d'un Etat totalitaire ».

    Enfin, Gian Luigi Gigli dénonce « l’humiliation » faite aux femmes : « En plus de la liberté démocratique, la liberté même des femmes qui comptent avorter est humiliée, puisque l’accès aux informations est la base d’un choix pleinement libre et éclairé. En effet, en vertu de la nouvelle proposition de loi, on souhaite interdire aux femmes désirant s’informer sur l’Ivg l'accès à toute information autre que celle compatible avec le relativisme moral de l'Etat laïque, imitant ainsi la désinformation de l’époque soviétique. »

    Et de conclure : « Si nous ne voulons pas que, tôt ou tard, cette graine prenne racine en Italie, il est temps que la protestation de ceux qui aiment la liberté se lève. »

    (Gènéthique)

  • Prix Nobel eurosceptiques

    Le prix Nobel d’économie a été conféré le 9 décembre dernier au Britannique Oliver Hart, professeur à Harvard, et au Finlandais Bengt Holmström, professeur au MIT (Institut de Technologie du Massachussetts).

    Le manque d’« homogénéité » entre les États membres exclut que l’UE puisse être considérée comme une entité unique, dit le premier. La tentative de créer une union étroite a donc été une erreur. Une erreur dans laquelle l’UE s’enferre. Si l’UE abandonne sa volonté de centralisation et rend des compétences aux Etats, elle pourra survivre, sinon elle pourrait courir à sa perte.

    Oliver Hart rappelle qu’il a toujours été contre la monnaie unique, qui était et qui reste « une erreur » : l’UE doit abandonner cette monnaie, et le Royaume Uni a été « très malin » de ne pas y adhérer.

    Quant à Bengt Holmström, il pense également que l’UE doit « redéfinir ses priorités, limiter ses activités et son élan réglementaire, afin de se concentrer sur ce qui peut être fait dans des domaines essentiels », et réaménager son système de gouvernance et ses règles de base, afin de les rendre « plus claires et plus simples ».

  • L’UE comme l’URSS

    Lors d’une conférence de presse à Belgrade, le ministre russe des Affaires étrangères a comparé l’UE à l’URSS.

    « L'Union européenne, a-t-il dit, délivre des instructions par écrit à ses différents Etats membres, associés ou candidats, indiquant l'attitude à adopter et les déclarations à faire concernant la Russie. Il est exigé à chacun de ces pays de condamner "l'annexion de la Crimée'' ou ''l'occupation de l'Est ukrainien''»… C’est une « approche absurde » des relations internationales. Si le rapprochement de l’UE avec la Serbie ou le Monténégro ne sont motivés que par la volonté de s'opposer à la Russie, « c'est une impasse, une voie sans issue ». « Cette manière de privilégier les intérêts idéologiques sur les intérêts économiques ou essentiels des pays membres fait penser à l'Union soviétique. »

  • Raté…

    La candidate écologiste à la présidentielle américaine, Jill Stein, avait levé un million de dollars pour qu’on recompte les voix dans les trois Etats où Donald Trump est passé de justesse.

    En Pennsylvanie et dans le Michigan, sa demande a été rejetée par la justice.

    Elle a été acceptée dans le Wisconsin. Après dix jours de recomptage le verdict est tombé : non seulement le résultat n’a pas été inversé (ce qui de toute façon n’aurait rien changé), mais Donald Trump a 131 voix de plus que lors du décompte après le scrutin…

  • Esso !!!

    La rumeur circulait depuis plusieurs jours, c’est désormais officiel : Donald Trump a nommé Rex Tillerson, le PDG d’Exxonmobil (Esso) à la tête du Département d’Etat, autrement dit ministre des Affaires étrangères.

    Encore une surprise. Car Rex Tillerson n’a jamais eu de mandat politique – en dehors de la présidence nationale des scouts…

    Mais il est (à Dallas, évidemment) le PDG de la deuxième capitalisation boursière du monde (derrière Apple), patron de la plus grande entreprise pétrolière privée du monde, dont le chiffre d’affaire est supérieur au PIB de 166 des 193 Etats reconnus par l’ONU.

    La gestion de ce géant international est semble-t-il ce qui qualifie Rex Tillerson pour Donald Trump :

    « M. Tillerson sait comment gérer une organisation de dimension mondiale et comment s'orienter dans l'architecture complexe des affaires du monde et de différents dirigeants étrangers. »

    Ce qui a manifestement joué est que Rex Tillerson a été directeur d’Exxonmobil pour la Russie et qu’il entretient d’excellentes relations avec Vladimir Poutine. Pas seulement avec le Président, mais avec « les responsables russes », a immédiatement souligné le Kremlin.

    En outre, naturellement, c’est un climatosceptique de plus qui rejoint l’équipe de Donald Trump.

    Et tout cela fait hurler dans le camp libéral gauchard. Pour notre plaisir.

  • Sainte Lucie

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    Dans le premier quart du VIe siècle, lorsque Théodoric, à Ravenne, sur les parois de l'église de Saint-Martin in Caelo Aureo, — actuellement Sant'Apollinare Nuovo, — associait au triomphe du Christ le cortège des martyrs et des vierges, Lucie s'élevait de la terre, ou bien descendait du ciel, pour prendre rang, entre Crispine et Cécile, dans la pompe glorieuse, sous un ruissellement d’or et de pierreries ; et d'en bas les fidèles la voyaient porter au Seigneur sa couronne votive, dans un appareil de gloire qui symbolisait pour leurs yeux terrestres la véritable beauté de la « fille du roi », la beauté dont l'Ecriture disait qu’« elle planait, somptueuse, sur la foule des croyants ».

    Avant que le VIe siècle ne touchât à son terme, le pape saint Grégoire le Grand, dans son remaniement du canon de la messe, allait la rapprocher d'eux. Le sacramentaire et l'antiphonaire de Grégoire contenaient des textes liturgiques pour la fête de sainte Lucie ; mais il ne voulut pas que le 13 décembre et la vigile du 13 fussent les seuls jours où l'Eglise la nommât à Dieu. De par la prescription de Grégoire, Agathe et Lucie, les deux vierges martyres de Syracuse, figurèrent nominalement, dans les prières du canon de la messe, après les martyres d'Afrique, avant les martyres de Rome, parmi les élues dont les pécheurs de la terre devaient aspirer à connaître un jour la « société» ; et désormais, devant toutes les hosties immolées sur tous les autels, le nom de Lucie dut être liturgiquement prononcé, dans les minutes recueillies qui succèdent à la consécration.

    Il trouva place, aussi, à côté de celui d’Agathe, dans un document d’une vénérable ancienneté : les Litanies des saints. Enfin les Litanies des agonisants, dont nous saisissons la trace dès le XIe siècle, conjurèrent et conjurent quotidiennement sainte Lucie d'assister et de protéger une à une, au moment du passage suprême, les âmes chrétiennes appelées à quitter leur enveloppe terrestre pour le décisif tête-à-tête avec Dieu. Tant au pied de l'autel que sur le lit d'agonie, les rites mêmes de l'Eglise faisaient ainsi rayonner la gloire de Lucie, pour qu'à l'ombre même de ce rayonnement se blottît tout ce qui portait le nom de chrétien, avec le même espoir, avec le même amour qu'Euskia la « bien ombragée ».

    Ce texte, de Georges Goyau, est la suite de celui que j’avais reproduit en 2013, sur la pierre tombale d’Euskia, découverte en 1894, et prouvant aux pauvres historiens rationalistes que le culte de sainte Lucie existait déjà à la fin du IVe siècle.

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  • UE-Mali

    Les agences de presse, avec une belle unanimité, nous annoncent qu’a été signé hier à Bamako un accord entre l’UE et le Mali visant à aider ce pays à créer des emplois s’il accepte de reprendre ses ressortissants déboutés du droit d’asile.

    En fait il n’y a rien de nouveau depuis l’accord du 14 avril 2016, qui était la première étape de réalisation de cette coopération décidée au sommet de La Valette en novembre 2015. Mais cet accord semble fonctionner, si l’on en croit le communiqué diffusé après la rencontre d’hier : « A travers le “Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière”, neuf projets ont été approuvés pour un montant total de 145.1 millions d’euros, dont trois initiatives régionaux [sic] (pour 53.6 M) et six projets qui ciblent le Mali (91.5 M). Il s’agit notamment des initiatives de création d’emploi, d’appui aux investissements de la diaspora malienne, de sécurité et développement au Nord du Mali et du renforcement de la résilience et l’accès aux services de base. »

    Une coopération du même type doit avoir lieu avec le Nigeria et la Gambie. Cela va évidemment dans le bon sens, mais le résultat en terme de migration est sans rapport avec la gravité de la question : il s’agit des 12.945 demandeurs d’asile maliens en 2014 et 8.405 en 2015…

  • Déluge de fric

    Selon les comptes du New York Post, Hillary Clinton a dépensé 1,2 milliard de dollars pendant sa campagne. C’est un record historique.

    En juin, il avait été dit que Donald Trump devrait dépenser au moins un milliard s’il voulait avoir ne serait-ce qu’une petite chance de gagner. Le candidat avait répondu qu’il n’avait pas besoin de dépenser autant. De fait il a dépensé 600 millions (dont 66 de sa poche).

    L’ironie de l’histoire est que celle qui dépense le milliard a perdu et que c’est le milliardaire qui ne l’a pas dépensé qui a gagné.

  • Au Laos

    Petite lueur au Laos communiste ? Hier a eu lieu à Vientiane la messe de béatification de 17 martyrs, des missionnaires étrangers (dont 5 des Missions étrangères de Paris) et des catéchistes locaux, ainsi que le premier prêtre laotien, assassinés par les communistes entre 1954 et 1970.

    La messe a été célébrée par le cardinal Orlando Quevedo, archevêque de Cotabato aux Philippines et envoyé spécial du pape, en présence des archevêques d’Hanoi et de Bangkok, de prêtres et de fidèles du Laos, du Cambodge, du Vietnam. Il y avait même des écrans géants au-dehors pour que ceux qui ne pouvaient entrer dans la cathédrale puissent suivre la cérémonie. Et il y avait des représentants du pouvoir…

    Mais le nonce apostolique au Laos (et en Birmanie) était venu… de Bangkok, et il est aussi le délégué apostolique au Laos (et en Birmanie), où il n’y a toujours pas d’évêque, ni de relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

  • Coptes massacré(e)s

    Une explosion dans la chapelle Saint-Pierre attenante à la cathédrale copte Saint-Marc du Caire, hier pendant la messe, a fait selon les chiffres officiels 23 morts et 49 blessés, dont beaucoup dans un état grave.

    Le crime est d’autant plus odieux que le terroriste s’est fait exploser du côté droit de la chapelle, là où sont les femmes et les enfants en bas âge. Toutes les victimes sont donc des femmes et des enfants, à l’exception d’un homme qui est sans aucun doute le terroriste.

    Le président Sissi a décrété trois jours de deuil national, et après les obsèques, ce matin, une procession funéraire est allée jusqu’au mémorial du soldat inconnu, pour une cérémonie officielle où le président et d’autres responsables ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes, ce qui est une première.

    « Le Président, déclare à l’agence Fides Mgr Antonios Aziz Mina, l’évêque copte catholique de Gizeh, veut montrer au travers d’actes publics qu’il considère les coptes comme une composante fondamentale et que les chrétiens coptes constituent une composante indispensable de la société égyptienne. »

  • Lundi de la troisième semaine de l’Avent

    Les antiennes de cette semaine.

    Veniet Dominus, et non tardabit, et illuminabit abscondita tenebrarum, et manifestabit se ad omnes gentes, alleluia.

    Le Seigneur viendra et il ne tardera pas, et il illuminera ce qui est caché dans les ténèbres, et il se manifestera à toutes les Nations, alléluia.

    Jerusalem, gaude gaudio magno, quia veniet tibi Salvator, alleluia.

    Jérusalem, réjouis-toi d’une grande joie, parce qu’un Sauveur viendra à toi, alléluia.

    Dabo in Sion salutem, et in Ierusalem gloriam meam, alleluia.

    J’établirai dans Sion le salut, et dans Jérusalem ma gloire, alléluia.

    Montes et omnes colles humiliabuntur: et erunt prava in directa, et aspera in vias planas: veni, Domine, et noli tardare, alleluia.

    Les montagnes et toutes les collines seront abaissées ; les chemins tortueux seront redressés, et les raboteux deviendront des voies aplanies : venez, Seigneur, et ne tardez pas, alléluia.

    Juste et pie vivamus, exspectantes beatam spem, et adventum Domini.

    Vivons justement et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’avènement du Seigneur.

    Capitule des laudes au temps de l’Avent :

    Venite et ascendamus ad montem Domini et ad domum Dei Jacob, et docebit nos vias suas et ambulabimus in semitis ejus, quia de Sion exibit lex et verbum Domini de Jerusalem.

    Venez et montons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers, parce que de Sion sortira la loi, et la parole du Seigneur, de Jérusalem.

    L’antienne de Benedictus de ce jour :

    Egredietur virga de radice Jesse, et replebitur omnis terra gloria Domini: et videbit omnis caro salutare Dei.

    Il sortira un rejeton de la racine de Jessé, et toute la terre sera remplie de la gloire du Seigneur, et toute chair verra le salut de Dieu.

    Capitule des vêpres au temps de l’Avent :

    Non auferetur sceptrum de Juda et dux de femore ejus donec veniat qui mittendus est et ipse erit exspectatio gentium.

    Le sceptre ne sera pas ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et lui-même sera l’attente des nations.

    L’antienne de Magnificat de ce jour :

    Beatam me dicent omnes generationes quia ancillam humilem respexit Deus.

    Elles me diront bienheureuse, toutes les générations, parce que Dieu a regardé son humble servante.

  • Modestia vestra

    Comment traduire ce mot de modestia dans l’épître et dans l’introït de ce dimanche ?

    En fait on ne peut pas vraiment. Déjà en latin le mot modestia a tout un éventail de sens : c’est la conduite qui garde la mesure, la discrétion, la docilité, la douceur, la pudeur, la dignité, la bienséance, le sens de l’honneur…

    « Modestia » traduit (fort bien, dans tous ses sens) le grec ἐπιεικὲς, (épiikès) qui est un adjectif substantivé. L’épikie, nous dit le P. Spicq, c’est, dans l’Ancien Testament, la clémence qui modère la justice. Dans le grec hellénistique, c’est la modération et la juste mesure, c’est être équilibré en sa mentalité et en son comportement : vertu nécessaire au candidat à l’épiscopat (I Timothée). Le plus souvent l’accent est mis sur la douceur. « Il se révèle alors que l’épikie hellénistique est d’abord et avant tout une vertu du cœur, ouvert, conciliant et confiant à l’égard du prochain. Non seulement elle est opposée à la méchanceté et à la violence, mais, toute douceur et gentillesse, elle se laisse persuader et fléchir et se résigne même lorsqu’on est lésé. » « Finalement, l’épikie néotestamentaire n’est pas seulement modération et mesure, mais bonté, courtoisie, générosité. Davantage encore elle évoque une certaine gracieuseté, de la bonne grâce. » Et le P. Spicq propose de traduire le mot par « sympathique équilibre » dans ce verset de saint Paul.

    On comprend bien ce qu’il veut dire, mais « sympathique équilibre » ne me paraît pas bon. Je ne vois pas un prédicateur demander aux fidèles que leur « sympathique équilibre soit connu de tous les hommes »…

  • Troisième dimanche de l’Avent

    Introït

    Gaudéte in Dómino semper : íterum dico, gaudéte. Modéstia vestra nota sit ómnibus homínibus : Dóminus enim prope est. Nihil sollíciti sitis : sed in omni oratióne petitiónes vestræ innotéscant apud Deum.

    Benedixísti, Dómine, terram tuam : avertísti captivitátem Jacob.

    Commentaire de dom Ludovic Baron :

    LE TEXTE

    Réjouissez-vous dans le Seigneur toujours.
    Une fois de plus je le dis, réjouissez-vous.
    Que votre modestie (au sens de modération, de douceur) soit connue de tous les hommes.
    Le Seigneur est proche, que rien ne vous trouble ;
    Mais qu'en toute chose, par la prière,
    Vos demandes soient portées devant Dieu.

    Ps. - Tu as béni, Seigneur, la terre, tu as fait cesser la captivité de Jacob. Philip. IV, 4 - Ps. LXXXIV, 2.

    Il y a là trois conseils de Saint Paul : réjouissez-vous, soyez modestes, ne vous laissez pas dominer par les soucis ; et, au milieu, une sentence de trois mots : le Seigneur est proche. Cette sentence, la ponctuation du texte la rattache à ce qui précède : Réjouissez-vous, soyez modeste, le Seigneur est proche ; la ponctuation de la mélodie, elle, la rattache à ce qui suit : le Seigneur est proche, que rien ne vous trouble. Du point de vue de l'expression c'est la ponctuation de la mélodie qu'il faut suivre, il va de soi.

    Dans le cadre liturgique, Dominus prope est prend un sens nouveau. Par le fait qu'ils sont chantés au temps de l'Avent, ces trois mots ne se rapportent pas seulement au Seigneur, qui se tient tout proche, en nous et autour de nous et qui devrait, par sa présence, et ses relations avec nous, être la raison de notre joie, de notre douceur, de notre confiance abandonnée, mais au Seigneur qui vient, qui sera là sans tarder, dans la chair, dans la grâce ou dans la gloire. Ils deviennent ainsi l'idée centrale de tout le texte et en précisent l'interprétation. Il n'est plus une suite de conseils pour toutes circonstances mais une exhortation de l'Eglise à ses membres, les pressant de réaliser dès maintenant, la joie, la mansuétude, la confiance que la venue prochaine du Sauveur mettra dans les âmes.

    LA MÉLODIE

    Elle est une invitation à se réjouir, pénétrée elle-même de joie. Cette joie n'est pas une jubilation ; elle n'a pas d'éclat non plus. Elle est comme un courant de vie qui, discrètement, passe dans les mots et les phrases, les entraînant d'un mouvement régulier mais de plus en plus pressant jusqu'au nihil solliciti sitis du sommet où elle s'épanouit en une exhortation enthousiaste à laisser tout, pour entrer bientôt dans la jubilation de la grande allégresse qu'on dit de plus en plus proche.

    Le caractère progressif de cette pression joyeuse est très marqué dans la première phrase. Bien posée par la clivis épisématique et le quilisma, avec je ne sais quoi de ferme déjà dans ce départ recueilli, elle monte vers le sommet, entraînée par le salicus, les trois rythmes ternaires qui se suivent et l'accent tonique de semper, et, jusqu'en la thésis, garde cette force de volonté qui veut s'imposer : iterum dico. Même joie persuasive et même progression dans la seconde phrase. Le mouvement par une arsis forte et bien marquée - notez le salicus et le quilisma - va vers hominibus, sortant cette fois la mélodie de l'ambiance du ré pour l'établir en fa. C'est de là qu'elle repart pour l'enthousiaste montée de prope est et l'accent de nihil, admirable d'ardeur communicative. La détente se fait tout au long de la thésis qui vient rimer avec celle de la phrase précédente et ramène, pour la fin, la discrétion du début. C'est encore la période d'attente, et la joie, si elle doit dominer un instant les soucis, ne les enlève pas. Il faut les porter, sans la perdre ; d'où le conseil de la prière. Il est donné sur un ton qui ne manque pas de chaleur, avec le pressus de omni, le beau motif ascendant de oratione, la distropha de innotéscant ; mais qui revêt aussi la modération passible d'un avis pratique.

    Le Psaume, qui est comme la réponse du peuple à l'invitation qui lui est adressée, et bien servi par la formule toute joyeuse du 1er mode.

    Par le chœur grégorien portugais Solemnis :
    podcast

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  • Samedi de la deuxième semaine de l’Avent

    C’est donc le dernier jour pour les antiennes de la deuxième semaine de l’Avent, inspirées d’Isaïe, Habacuc (la troisième) et de saint Luc (la première, qui renvoie aussi à Daniel).

    Ecce in núbibus cæli Dóminus véniet cum potestáte magna, allelúia.

    Voici que dans les nuées du ciel le Seigneur viendra avec une grande puissance, alléluia.

    Urbs fortitúdinis nostræ Sion, Salvátor ponetur in ea murus et antemurale: aperíte portas, quia nobíscum Deus, allelúia.

    Notre ville forte est Sion ; le Sauveur y sera mis comme mur et avant-mur. Ouvrez les portes, parce que Dieu est avec nous, alléluia.

    Ecce, apparebit Dóminus, et non mentiétur: si moram fécerit, exspécta eum, quia véniet, et non tardabit, allelúia.

    Voici que paraîtra le Seigneur et il ne trompera pas ; s’il met un délai, attends le, car il viendra et il ne tardera pas, alléluia. 

    Ecce, Dóminus noster cum virtúte véniet, et illuminabit óculos servórum suórum, allelúia.

    Voici que notre Seigneur viendra avec puissance et illuminera les yeux de ses serviteurs, alléluia.

  • Réfugiés “mineurs”

    Les experts de la médecine légale du Danemark ont été chargés d’enquêter sur l’âge des demandeurs d’asile arrivés sans parents et se disant mineurs.

    Ils ont examiné jusqu’ici 800 de ces mineurs, et ils concluent que près de 600 d’entre eux (près des trois quarts) ont plus de 18 ans.

    Eva Singer, responsable des questions d’asile au Conseil danois pour les réfugiés, affirme qu’ils n’ont pas cherché à frauder pour obtenir les avantages réservés aux mineurs : « Beaucoup de ces jeunes, dit-elle, ne connaissent pas exactement leur âge, parce que ce n’est pas quelque chose qui est inscrit dans leur pays d’origine de la même façon qu’au Danemark. » Sic…

  • Chut…

    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président du Parlement européen, Martin Schulz, et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, sont aujourd’hui à Maastricht, 25 ans jour pour jour après le sommet qui avait finalisé le traité de Maastricht.

    Pour célébrer cet anniversaire de la fondation de l’Union européenne, de la citoyenneté européenne et de la monnaie unique.

    Mais sans rien de spectaculaire, et même en toute discrétion, vu le changement de climat européen et la montée continue de la température eurosceptique…