12 avril 2013

Prome casta concio cantica

Prome casta
Concio cantica,
Organa subnectens
Hypodorica.

Assemblée sainte, fais entendre tes chants mélodieux, et accompagne-les du concert des instruments.

Regi claustra
Deo tartarea
Rumpenti, decanta
Nunc symphonia.

Chante aujourd'hui à l'honneur d'un Dieu qui a brisé les portes des enfers.

Morte qui victa
Resurgens, gaudia
Mundo gestat colenda.

Vainqueur de la mort, il ressuscite, apportant au monde des joies qu'il faut célébrer.

Hanc insolita
Mirantes perdita
Cocyti confinia,

Etonnées à la vue d'un spectacle si nouveau, les régions maudites de l'abîme

Spectant fortia,
lntrante illo
Vita beata.

Contemplent ses hauts faits, en le voyant entrer, lui, source de la vie bienheureuse.

Terrore percuIsa,
Tremescit dæmonum
Plebs valida.

Frappée de terreur, la troupe formidable des démons en est dans le tremblement.

Dant suspiria
Fletuum alta:
Repagula
Quis sic audax fregerit
Mirantur nunc fortia.

Elle gémit, elle pousse des cris de désespoir, tout en s'étonnant de l'audace de celui qui a pu rompre de telles barrières.

Sic ad supera
Redit cum turma
Gloriosa,
Et timida
Refovet discipulorum corda.

Le Christ revient à la lumière, amenant avec lui la troupe glorieuse des élus ; il vient rassurer les cœurs timides de ses disciples.

Præcelsa
Hujus trophæa
Admirantes,
Flagitamus nunc
Voce decliva.

Pour nous, qui admirons de si hauts faits, nous l'implorons d'une voix suppliante.

Virginum inter agmina,
Mereamur pretiosa
Colere ut pascha ;

Qu'il daigne nous rendre dignes de célébrer la solennelle Pâque dans les rangs de l’armée des vierges ;

Galilea
ln qua sacrata
Præ fulgore contueri
Lucis exordia.
Alleluia.

Dans ce séjour que figurait la Galilée; là où il est donné aux élus de contempler la source éblouissante et sacrée de toute lumière. Alléluia.

(Séquence du missel de Cluny 1523, in L’Année liturgique de Dom Guéranger)

11 avril 2013

La France a failli perdre 270.000 km2

Un accord conclu par Nicolas Sarkozy sur le partage avec l’île Maurice de l’administration de l’îlot français de Tromelin a été ratifié sans débat au Sénat, et il en aurait été de même aujourd’hui à l’Assemblée nationale si un député centriste, Philippe Folliot, n’avait pas fait remarquer qu’il s’agirait d’un « grave précédent d’abandon de souveraineté ». Si l’îlot est inhabité, son domaine maritime couvre plus de 270.000 km2 (la moitié de la superficie de la France métropolitaine).

Philippe Folliot a eu gain de cause. Le texte de l’accord a été reprogrammé pour une séance avec débat.

Le problème de l’abandon de souveraineté française sur tel ou tel îlot (et ses centaines de milliers de km2 de domaine maritime) resurgit périodiquement. Car le maintien de la souveraineté implique une présence française effective (militaires, météorologues ou autres scientifiques…). On a failli ainsi perdre les îles Eparses pour cause de restriction du budget de l’armée. Il semble qu’il n’y ait plus de présence française à Clipperton, île convoitée par le Mexique…

Voir ici, et .

Au moins ça a le mérite d’être clair

Propos de la secrétaire générale du Planning (dit par antiphrase) familial, Marie-Pierre Martinet, dans Grazia, via Le Salon Beige :

« Au-delà de la contraception et de l'IVG, qui sont nos missions les plus connues, nous agissons dans de multiples domaines avec le même objectif : réclamer une société plus égalitaire et une sexualité sans répression ni dépendance. Au quotidien, nous engageons des actions contre les discriminations liées au genre ou à l'orientation sexuelle (...). Nous intervenons depuis de nombreuses années sur ces thématiques dans les collèges et les lycées et, dans des plus petites classes, sur les stéréotypes (...) Suite à cette polémique [sur les pilules de 3e génération], certains annoncent une hausse massive des IVG. Il y a en aura sûrement. Mais l'IVG n'est pas le problème, c'est la solution à une grossesse non prévue. Les femmes ont le choix de la poursuivre ou pas, on devrait s'en réjouir. »

Le “mariage” homosexuel en Uruguay

Les députés uruguayens ont adopté hier en seconde lecture, à une très large majorité, le projet de loi sur le « mariage » homosexuel. Il ne manque plus que la signature du président, qui est acquise.

Saint Léon le Grand

Il relia la liturgie à la vie quotidienne des chrétiens : en unissant par exemple la pratique du jeûne à la charité et à l’aumône, en particulier à l’occasion des Quatre-temps, qui marquent pendant le cours de l’année le changement des saisons. Léon le Grand enseigna en particulier à ses fidèles - et aujourd’hui encore ses paroles restent valables pour nous - que la liturgie chrétienne n’est pas le souvenir d’événements passés, mais l’actualisation de réalités invisibles qui agissent dans la vie de chacun. C’est ce qu’il souligne dans un sermon à propos de la Pâque, à célébrer à chaque époque de l’année "pas tant comme quelque chose du passé, mais plutôt comme un événement du présent". Tout cela s’inscrit dans un projet précis, insiste le saint Pontife : en effet, de même que le Créateur a animé par le souffle de la vie rationnelle l’homme façonné avec la boue de la terre, après le péché originel, il a envoyé son Fils dans le monde pour restituer à l’homme la dignité perdue et détruire la domination du diable, à travers la vie nouvelle de la grâce.

Tel est le mystère christologique auquel saint Léon le Grand, avec sa lettre au Concile d’Éphèse, a apporté une contribution efficace et essentielle, confirmant pour tous les temps - par l’intermédiaire de ce Concile - ce que dit saint Pierre à Césarée de Philippe. Avec Pierre et comme Pierre, il confesse : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". Il est donc Dieu et Homme à la fois, "il n’est pas étranger au genre humain, mais étranger au péché". Dans la force de cette foi christologique, il fut un grand porteur de paix et d’amour. Il nous montre ainsi le chemin : dans la foi nous apprenons la charité. Nous apprenons donc avec saint Léon le Grand à croire dans le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, et à réaliser cette foi chaque jour dans l’action pour la paix et dans l’amour pour le prochain.

Benoît XVI (fin de sa catéchèse du 5 mars 2008)

10 avril 2013

Avignon: au tribunal de la charia

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Le tribunal correctionnel d'Avignon a relaxé la mère et l’oncle du gamin gentiment prénommé Jihad et qui était allé à l’école avec un tee-shirt indiquant « Jihad, né le 11 septembre », et « Je suis une bombe ».

Au motif que l’apologie de crime doit être non équivoque pour être sanctionnée.

Bref, la bombe du jihad le 11 septembre c’est équivoque. Les Américains apprécieront.

Nul doute également que les petits Sorguais, leurs parents, et les enseignants, vont être ravis de voir revenir à l’école le charmant Jihad avec son charmant tee-shirt.

Le méchant étant le maire de Sorgues, Thierry Lagneau, qui avait osé dénoncer la charmante plaisanterie. Le tribunal a jugé irrecevable de fait sa constitution de partie civile.

Le vice-procureur Olivier Couvignon avait demandé une condamnation, en s’exclamant : « Qui peut aujourd’hui prétendre que ce n’est pas une allusion directe et scandaleuse au terrorisme ? »

Il va falloir le rééduquer vite fait, celui-là...

Addendum 11 avril

Le parquet fait appel. Quand même.

L’hommage du grand rabbin à la vérité

Le grand rabbin de France Gilles Bernheim a reconnu hier soir avoir recopié un texte du Père Joseph-Marie Verlinde, et des propos de Béatrice Bourges, sur le « mariage » homosexuel.

Bref, il reconnaît que ce sont les catholiques qui défendent le mieux la loi morale naturelle. Merci monsieur le grand rabbin.

La destruction du mariage : c’est fait

Le Sénat a adopté hier soir par 179 voix contre 157 le premier article du projet de loi sur le « mariage » homosexuel. Cet article, qui prétend instituer un « mariage » entre personnes de même sexe, a été voté dans les mêmes termes qu’à l’Assemblée nationale. Il est donc définitivement adopté (sauf si l’ensemble de la loi était rejetée par le Sénat, ce qui est désormais impensable).

On remarque que cinq sénateurs UMP ont voté pour : Christian Cointat, Jacqueline Ferreyrol, François Grosdidier, Fabienne Keller, Alain Milon. Que deux se sont abstenus (Christophe-André Frassa, Yann Gaillard), et que Roger Karoutchi n'a pas pris part au vote.

On remarque aussi que Jean-Pierre Chevènement, qui avait clamé à plusieurs reprises son opposition résolue à ce texte, … n’a pas pris part au vote.

Avortement en Irlande : les médecins disent non

L’Association des médecins irlandais a rejeté trois motions visant à accepter une légalisation partielle de l’avortement.

A lire sur le blog de Jeanne Smits.

L’industrie des enlèvements de coptes

Dans la seule province de Minya en Egypte, il y a eu plus de 150 enlèvements ces deux dernières années. Toutes les victimes sont coptes. L’Associated Press a consacré une longue dépêche (un reportage) à ce sujet. Il semble que ces informations n’intéressent pas la presse française. L’Observatoire de l’islamisation publie la traduction.

Un intéressant récit de conversion

Celui d’une femme pasteur luthérienne, aux Etats-Unis, qui a dû surmonter le choc de la découverte de la destruction de la liturgie dans l’Eglise catholique…

Et qui a compris que « hors de l’Eglise pas de salut » grâce à Vatican II. (Malgré ce que croient tant de traditionalistes qui n’ont jamais lu les textes, c’est en effet dans Lumen gentium.)

Carmen suo dilecto

Carmen suo dilecto
Ecclesia Christi canat,
Ob quam patrem matremque deserens,
Deus nostra
Se vestiit natura.
Et synagogam respuit.

Que l'Eglise du Christ chante un cantique à son bien-aimé; pour elle il a quitté son père et sa mère. Etant Dieu il s'est revêtu de notre nature, et né Juif, il a rejeté la synagogue.

Christe,
Tuo sacro latere
Sacramenta manarunt illius;
Tui ligni adminiculo
Conservatur in salo sæculi.

De ton côté sacré, ô Christ, ont découlé les sacrements de ton Eglise ; sur le bois de ta croix, elle traverse sans sombrer la mer du siècle.

Hanc adamans conjugem,
Clauderis Gazae,
Sed portas effracturus illius;
Hanc etiam hostibus
Eruiturus,
Escongressus
Tyranno Goliath,
Quem lapillo
Prosternis unico.

Par amour pour cette épouse, tu te laisses enfermer à Gaza ; mais tu sauras briser les portes de cette ville. Pour affranchir du joug ennemi cette épouse, tu luttes avec le tyran Goliath : tu l'étends par terre, en lui lançant un seul caillou.

Ecce sub vite
Amœna, Christe,
Ludit in pace
Omnis Ecclesia tute in horto ;
Resurgens, Christe,
Hortum florentis
Paradisi tuis
Obstructum
Diu, reseras,
Domine, Rex regum.

Voici maintenant, ô Christ, ton Eglise tout entière rassemblée dans le jardin, se livrant en paix à l'allégresse sous l'ombre chérie de la vigne. C'est toi, ô Christ, qui, en ressuscitant, as ouvert aux tiens ce jardin fleuri du paradis si longtemps fermé; c'est toi, ô Seigneur, Roi des rois !

(Séquence du XIe siècle, Missel de l'abbaye de Murbach, in L'année liturgique de Dom Guéranger)

09 avril 2013

Un double aveu de Helmut Kohl

1 - On a imposé l’euro de façon dictatoriale à des peuples qui n’en voulaient pas.

2 – L’objectif n’était pas économique mais idéologique.

Le propos date de 2002. Mais il vient seulement d’être publié, dans la thèse de doctorat d’un journaliste, Jens Peter Paul.

L’idéologie, c’est l’obsession, d’Allemands traumatisés par le nazisme, de la paix en Europe. C’est une surprise pour moi. Jusque-là je pensais que c’était un prétexte démagogique. Mais Helmut Kohl paraît sincère. Il faut faire l’Union européenne pour garantir la paix. Et pour qu’il y ait une vraie union il faut qu’il y ait une seule monnaie : « Les nations qui ont une monnaie commune ne se sont jamais fait la guerre. Une monnaie commune est davantage que ce avec quoi vous payez. »

Il rappelle que plusieurs dirigeants européens de l’époque, et surtout François Mitterrand, lui demandaient de pousser à la roue. « Ils pensaient – et ils avaient raison – que si l’Allemagne n’adoptait pas l’euro, personne ne le ferait. Et à propos de la situation en Allemagne, ils disaient : si Helmut Kohl ne le fait pas passer, personne d’autre ne le fera. Les décisions ont émergé de ces positions de base. »

Il dit aussi qu’il lui a fallu « des années » pour construire la confiance au gré des négociations, pour convaincre les autres dirigeants… « Et cela a payé, par exemple pour la banque de Francfort », dit-il en faisant référence à la concession faite par la France et la Grande-Bretagne que la Banque centrale européenne soit basée à Francfort…

« Je savais que je ne pourrais jamais gagner un référendum en Allemagne. Nous aurions perdu tout plébiscite sur l’introduction de l’euro. C’est très clair. J’aurais perdu. » A 70 contre 30%. Parce que l’opposition sociale-démocrate « ne serait pas allée sur le champ de bataille en faveur de l’euro », et parce que les Allemands de l’Est venaient de découvrir le vrai deutschemark et n’avaient pas envie de le perdre. Mais « je voulais apporter l’euro parce que pour moi cela signifiait le caractère irréversible du développement européen… Pour moi l’euro était synonyme d’une Europe qui va plus loin… » Mais en mettant ces idées en pratique il a bien conscience d’avoir agi « comme un dictateur ».

Margaret Thatcher

Ce que l’on peut en retenir (si l’on n’est pas irlandais…) :

« Nous n’avons pas réussi à repousser les frontières de l’Etat en Grande-Bretagne seulement pour les voir réimposer au niveau européen par un super Etat exerçant une nouvelle domination à partir de Bruxelles » (discours de Bruges, septembre 1988).

« Nos tympans ont été parasités par les tambours français du Bicentenaire » (1989).

« Bien qu’il eût des manières d’un aristocrate, [Valéry Giscard d’Estaing] avait l’esprit d’un technocrate. »

« L’Europe est un pays brumeux de cinglés où habitent Jacques Delors et ces partisans de l’Europe fédérale » (Rome, octobre 1990)

Menaces islamistes sur le Bangladesh

Les islamistes ont montré leur puissance au Bangladesh en organisant une gigantesque manifestation contre les « blogueurs athées », réclamant une loi antiblasphème et la peine de mort pour les « blasphémateurs ». Le Premier ministre continue d’affirmer que le Bangladesh est un pays laïque et qu’il n’y aura pas de loi antiblasphème, mais les islamistes paraissent bien partis pour poursuivre et augmenter la pression.

Tous les détails dans l’article remarquablement documenté d’Eglises d’Asie.

Au Sri Lanka

L’un des très rares pays au monde où les musulmans subissent des avanies est le Sri Lanka, où les bouddhistes extrémistes d’ethnie cingalaise n’aiment pas les minorités religieuses. Quelles qu’elles soient. De ce fait, ils attaquent aussi les chrétiens. La Fondation Barnabé, organisation protestante qui aide les chrétiens persécutés, signale dix incidents pour le seul mois de mars, dont la destruction de la maison d’un pasteur qui y organisait des prières. « Il est très rare d’entendre parler d’autant d’incidents en un seul mois, souligne un membre de la fondation. C’est un signe clair d’un plan concerté de la part de groupes bouddhistes radicaux. »

(Asianews)

Le temps pascal

Les grandes fêtes sont célébrées par l’Église durant toute une octave. Mais Pâques est la plus grande fête chrétienne, la fête des fêtes ; nous ne la célébrons pas seulement pendant une semaine, pendant sept jours consécutifs, mais pendant sept fois sept jours plus un ; c’est une octave jubilaire. Nous avons vu que le temps qui précède Pâques a été comparé aux 70 ans de la captivité de Babylone d’où le nom : Septuagésime. Le temps pascal dure 50 jours. Or, le nombre 50 est le symbole de la plus grande joie, voire même de la joie céleste. Pendant le Carême, nous avions l’impression d’être exilés ; c’est pourquoi nous n’avions pas le droit de chanter l’Alléluia ; maintenant, pendant le temps pascal, nous avons l’impression d’être au ciel ; c’est pourquoi nous ne cessons de chanter le cantique du ciel, l’Alléluia. L’Église compare aussi, volontiers, le temps pascal à l’entrée des Juifs dans la « terre promise » où coulaient le lait et le miel. Nous devons oublier, pour ainsi dire, pendant ce temps, que nous sommes sur la terre et éprouver comme un avant-goût du ciel. Restons conscients de notre grandeur véritable. Nous sommes les nobles enfants du Père céleste et nous portons le ciel dans notre cœur.

Dom Pius Parsch

08 avril 2013

Dommage

Les Alsaciens avaient la possibilité, par référendum, de reconstituer une province française, tout en supprimant une partie de la bureaucratie politicienne, en fusionnant les deux conseils généraux avec le conseil régional. Ils ont boudé les urnes. Il fallait que le oui l’emporte dans les deux départements, il ne l’a emporté que dans le Bas-Rhin, et il fallait que la participation soit supérieure à 25% des inscrits, elle ne l’a pas été.

C’est donner une trop facile victoire aux jacobins, et c’était une opportunité qui ne se reproduira sans doute pas d’ici longtemps.

Une nouvelle grave attaque contre les coptes

Vendredi soir à Khossous, au nord du Caire, des musulmans ont attaqué l’église copte. Les affrontements ont fait quatre morts chez les coptes et un musulman, et de nombreux blessés.

Au départ, des enfants faisant des graffiti (une croix gammée) sur le mur d’une mosquée. Selon les musulmans, un homme réprimande les enfants, des coptes, puis insulte le christianisme. Il s’ensuit une dispute, puis l’attaque de l’église. Selon le chef local de la sécurité, les enfants en question étaient des musulmans. Selon les coptes, ce n’est qu’un prétexte, le véritable déclencheur étant la riposte d’une famille chrétienne au harcèlement dont les jeunes femmes de la famille étaient victimes de la part des hommes d’une famille musulmane.

Lors des funérailles des quatre coptes, hier, en la cathédrale du Caire, les musulmans attendaient la sortie du convoi funéraire pour l’attaquer. Les coptes se sont défendus ; la police a tiré des grenades lacrymogènes dans l’enceinte de la cathédrale, tandis que les musulmans tiraient : un copte est mort.

Le P. Raphaël, secrétaire général du Saint Synode copte, a délivré un triple message :

Nous destinons trois messages :

Le 1er message s’adresse au Ciel, nous croyons en la justice du Ciel, le Christ nous a appris à ne pas oublier le sang des martyrs, bien plus l’enseignement du Christ nous révèle que Dieu n’oublie pas le sang de ses martyrs, si bien qu’Il ait dit qu’Il se venge de cette génération pour le sang des justes qui a été versé sur terre, du sang d’Abel le juste. Même le sang d’Abel le juste ne sera pas oublié devant Dieu.

Le 2ème message s’adresse à notre pays l’Egypte que nous ne quitterons jamais, c’est notre pays. Le message que nous transmettons à notre pays l’Egypte c’est que le pays ne se développe pas par le sang, ce n’est pas par l’insécurité que les pays sont gouvernés.

Le 3ème message s’adresse à nous, coptes d’Egypte. Nous ne délaisserons jamais notre foi. Le sang versé nous raffermit d’avantage dans notre foi. Nous gardons préservons aussi nos valeurs et notre amour ; nous ne renoncerons pas aux valeurs de la Bible qui nous apprend à aimer toute la création, quelle que soit le mal qu’elle nous fait subir nous les chrétiens. Ceux qui ont été tués ont reçu la couronne du martyre, quant à nous notre foi s’est intensifiée.

Que le Seigneur soit avec vous et vous garde,
Gloire soit à notre Dieu éternellement, Amen.

L’Annonciation

C’est la mode aujourd’hui de traduire les premiers mots de la salutation angélique par « Réjouis-toi. » Et la sublime prière de l’Acathiste, qui multiplie les saluts à la Mère de Dieu, est elle aussi défigurée par des « Réjouis-toi » à répétition.

Si l’on demande le pourquoi de cette innovation, on nous répond doctement que c’est parce que le texte grec dit Khairè, et que le verbe khairo veut dire se réjouir.

Ce qui est idiot. Si le mot khairè vient en effet du verbe qui veut dire se réjouir, cet impératif employé au moment d’une rencontre veut seulement dire bonjour. C’est pourquoi il a été traduit en latin par Ave (dont les dictionnaires soulignent qu’il est l’équivalent de Khairè), et qu’il est traduit en arabe par salam (as-salamou aleiki). Parce qu’en arabe on se salue en disant salam (la paix soit avec toi). Si en arabe et en hébreu il est question de la paix, en grec de la joie, et en latin de rien du tout, et si le christianisme latin a inventé le « salut » (ce qui veut dire : je te souhaite le salut éternel), il est absurde de vouloir ramener le bonjour à ses origines dans chaque langue. (1)

En revanche, ce que l’on constate dans le texte grec, c’est que khairè est immédiatement suivi de kekharitoménè. Ce mot est le participe parfait passif du verbe kharitoo : combler de grâce. De kharis, qui veut dire la grâce avant de dire la joie.

L’ange emploie donc deux fois de suite le même mot : une fois pour la salutation, et juste après pour dire à Marie qu’elle est comblée de grâce. L’insistance est évidente.

Or, lorsqu’on dit bonjour à quelqu’un, on l’appelle par son nom. L’ange ne dit pas « bonjour, Marie ». A la place du nom, il dit « comblée de grâce ». Comme si c’était son nom. Et il veut dire en effet que c’est son nom. Cela nous renvoie au pied des Pyrénées, dix-huit siècles plus tard, lorsque la « belle dame » répondra à Bernadette qui lui demande son nom : « Je suis l’Immaculée Conception. » Saint Maximilien Kolbe soulignera que c’est son nom, car c’est le mot qui la définit dans sa réalité la plus profonde. Or c’est déjà ce que dit l’ange. Car par le participe parfait, il indique que la femme à laquelle il s’adresse a été et demeure totalement emplie de la grâce divine. Ce n’est pas autre chose que l’Immaculée Conception.

L’ange ajoute : « Le Seigneur est avec toi », ce qui est une insistance supplémentaire : il n’y a pas plus proche du Seigneur que celle qui est remplie de sa grâce. Et en hébreu l’expression se dit Emmanuel, le nom de l’enfant qu’elle va mettre au monde selon la prophétie d’Isaïe.

Lorsque l’ange dit : « Tu as trouvé grâce auprès de Dieu », il ne contredit pas le pas le fait qu’elle est déjà « Pleine de grâce », il fait référence à Noé, qui est le premier personnage à qui Dieu a dit cela. Parce que Noé est après le déluge le père de tous les hommes, comme Marie sera après le péché originel la Mère de tous les hommes sauvés.

Ce qu’il dit ensuite pour expliquer ce que sera cet enfant est un extraordinaire tissu de citations de la Bible : Juges, Samuel, Psaume 2, Isaïe, Michée, Daniel (en trois petits versets !). On remarque qu’il modifie la prophétie d’Isaïe (« Une vierge concevra, et enfantera un fils, et son nom sera Emmanuel ») en la mettant, logiquement, à la deuxième personne : tu concevras (toi, la Vierge), et en disant que le nom de l’enfant sera Jésus. Car « Emmanuel » (Dieu avec nous) se trouvait déjà dans « Le Seigneur est avec toi », et il portera le nom de Jésus (Dieu sauve) puisqu’il est le vrai Jésus (« Josué ») qui fait entrer le peuple élu dans la terre promise.

Enfin, lorsqu’il déclare qu’Elisabeth aussi est enceinte malgré sa vieillesse, il ajoute : « Car rien n’est impossible à Dieu », selon les traductions habituelles. C’est une citation de la Genèse, quand Dieu dit la même chose à Sara qui est stérile. Mais il dit littéralement (dans la Vulgate comme dans le texte grec) : « Point n’est impossible à Dieu toute parole. » C’est-à-dire : Dieu a le pouvoir de réaliser tout ce qu’il dit. Il faudrait pouvoir garder ensemble le thème de la puissance divine et le thème de la parole : c’est toute l’histoire de l’Incarnation.

Daoudal Hebdo n° 27, 19 mars 2009

(1) Le quatrième dimanche de carême est souvent (pas cette année, certes) très proche de la fête de l’Annonciation. C’est le dimanche de Lætare : « Réjouis-toi ! ». Cet introït est une citation d’Isaïe. Le mot grec n’est pas Khairè, mais Euphranthèti.

07 avril 2013

Dimanche in albis

Hier c’était le samedi « in albis deponendis », le jour où l’on doit rendre à l’Eglise le vêtement blanc. Aujourd’hui c’est le dimanche « in albis depositis » : le vêtement blanc a été rendu.

Ce dimanche se dit aussi, ou se disait encore récemment, dimanche de « Quasimodo », vestige du temps où l’on désignait les dimanches par les premiers mots de l’introït.

« Quasi modo géniti infántes, allelúia : rationabiles, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia allelúia. »

Il s’agit bien de deux mots : « quasi » et « modo ». Cet introït est en fait un extrait de l’épître de la messe d’hier. Donc de la première épître de saint Pierre, qui parle des chrétiens comme de nouveaux-nés, ce que sont particulièrement les baptisés de Pâques.

Le texte de l’introït n’est pas exactement celui de la Vulgate. Il s’agit d’une version plus ancienne, qui est restée telle quelle, comme on le voit très souvent dans la liturgie, parce que c’était devenu, précisément, la version liturgique (donc immuable) et parce qu’elle était indissolublement liée à la mélodie de plain chant.

On a ici un bon exemple de la révision de la traduction par saint Jérôme.

D’une part, le texte liturgique dit : « Quasi modo geniti infantes ». En français nous disons : « Comme des enfants nouveaux-nés » ("modo" étant à prendre dans son sens temporel : "à l’instant", qui n’est pas le plus courant). Mais, dans "quasi", il y a "si" : quasi veut dire essentiellement "comme si" (et c’est toujours le sens du mot en français). Or ici "quasi" a le sens de "comme". Un sens bien attesté, mais pourquoi ne pas traduire le grec "hos" par son équivalent latin immédiat, qui est "sicut" ? Saint Jérôme a donc remplacé "quasi" par "sicut", et c’est plus clair.

D’autre part, le texte liturgique parle de ces enfants « rationabiles » : doués de raison, et dans l’Ecriture et la liturgie (des oraisons de l’époque de saint Léon ou de saint Grégoire) ce mot indique une faculté spirituelle, c’est la raison éclairée par l’Esprit, devenue spirituelle.

Mais, même s’il s’agit d’une image pour désigner les nouveaux chrétiens, les nouveaux-nés ne sont pas dotés de raison. Or il s’agit d’une faute. Tous les manuscrits grecs font de "raisonnable" un épithète de "lait", et non des nouveaux-nés. Ce n’est pas « infantes rationabiles », mais « rationabile lac ».

Saint Pierre dit que nous devons être comme des nouveaux-nés, désirant le lait "rationnel" et "sans tromperie", afin de croître par ce lait dans le salut.

L’introït dit que nous devons être comme des nouveaux-nés "rationnels", désirant le lait "sans tromperie".

Or cela est vrai aussi : nous devons être comme des nouveaux-nés nourris de lait, mais avec la sagesse de l’adulte nourri des aliments solides de l’Eglise.

06 avril 2013

La première nomination de François : franciscaine…

Le pape François a nommé secrétaire de la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique le P. José Rodriguez Carballo, « l’élevant à la dignité d’archevêque » (une formule – et une réalité - qui ne devrait plus avoir aucun sens après Vatican II qui a si remarquablement précisé ce qu’est l’épiscopat, mais on continue…).

Mgr Rodriguez Carballo était dans son deuxième mandat de supérieur général des franciscains. Et depuis la fin de l’année dernière il était président de l’Union des supérieurs généraux.

Le préfet de la congrégation est depuis janvier 2011 Mgr Joao Braz de Aviz, ancien archevêque de Brasilia.

(Je n’ai jamais entendu parler ni de l’un ni de l’autre.)

Une belle photo du P. Rodriguez Carballo avec Benoît XVI, sur le mont Nebo, le 9 mai 2009 (cliquer pour agrandir).

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Samedi in albis

Le nom complet de ce jour est « in albis deponendis » : le samedi où les nouveaux baptisés devaient « déposer » le vêtement blanc dont ils avaient été revêtus la nuit de Pâques. Ils doivent redonner le vêtement, mais garder la pureté de l’âme. En fait, c’est le Christ qu’ils ont revêtu par le baptême, et ils doivent vivre de cette vie baptismale. L’antienne de la communion est le verset de l’épître aux Galates qui le rappelle, et qui remplace aux grandes fêtes, dans liturgie byzantine, l’Aghios o Theos : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia. »

Le début du deuxième chapitre de la première épître de saint Pierre a été choisi parce qu’il commence par « Deponentes » : vous qui déposez ; mais ce que les néophytes déposent ici, c’est toute malice, toute ruse et dissimulation, et envie, et toute médisance… précisément parce que c’est le Christ qu’ils ont revêtu.

C’est le texte qui se termine par cet admirable propos dont le concile Vatican II a extrait la moelle : « Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière : vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas reçu miséricorde, mais qui maintenant avez reçu miséricorde. »

Il est curieux de constater que l’évangile (qui est le passage qui précède celui qui a été lu avant-hier), parle aussi de vêtement. Du vêtement funéraire du Christ. Mais de façon très étrange. En effet, les synoptiques parlent du linceul, apporté par Joseph d’Arimathie, dans lequel le corps du Christ est enveloppé. Saint Jean est connu pour donner souvent des détails plus précis que les synoptiques. Or ici, alors que l’on identifie si facilement le linceul avec le linge vénéré à Turin, saint Jean nous parle de bandelettes. Du moins a priori. Le fait est qu’il emploie un mot qui normalement évoque des bandes de tissu, et non un linceul, et qu’il parle en outre du suaire qui était sur le visage. Et pourtant cet évangile est celui où saint Jean, entré dans le tombeau après saint Pierre, dit qu’il « vit, et il crut ». Il vit les linges, et il crut en la résurrection. On ne comprend pas pourquoi. Sauf si. Sauf si il a vu le Linceul affaissé, le Linceul qui avait contenu le corps du Christ, Linceul qui était resté intact mais qui ne contenait plus le corps du Christ. Comme le montre clairement l’icône traditionnelle des saintes femmes au tombeau. Qui montre également non un « suaire », mais la mentonnière qu’on mettait au défunt, à part du Linceul. Et alors les « bandelettes » dont parle saint Jean seraient les bandelettes qui entouraient le Linceul pour le fixer sur le corps (ce que montre souvent l’icône). Et seraient d’une façon générale « les linges », parmi lesquels saint Jean n’aurait pas osé parler spécifiquement de cet incroyable Linceul qui a contenu un mort et qui est resté intact après la résurrection du mort…

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05 avril 2013

Liban: un nouveau Premier ministre

L’un des dégâts collatéraux de la crise syrienne a été la démission, le mois dernier, du Premier ministre libanais Najib Mikati. Le nouveau Premier ministre sera Tammam Salam, un sunnite (forcément), ancien ministre et fils d’un ancien Premier ministre.

Hier, Tammam Salam s’est rendu en… Arabie saoudite, où il a rencontré… Saad Hariri, le chef de l’Alliance (chrétienne et sunnite) du 14-mars (anciennement au pouvoir et ces derniers temps dans l’opposition). Il est revenu au Liban dans la soirée, pour participer à une réunion de soutien de l’Alliance…

Le chef druze Walid Joumblatt a lui aussi apporté son soutien (crucial) à Tammam Salam, soulignant que cela résultait… de ses entretiens à Riyad avec Saad Hariri et des responsables saoudiens... Lesquels responsables saoudiens ont eu des entretiens avec des responsables américains qui ont donné leur aval pour la nomination de Tamman Salam. Lequel Tamman Salam est accepté aussi par le Hezbollah qu’il ne critique jamais, dit-on…

Addendum 6 avril

Le président Michel Sleimane a nommé Tammam Salam Premier ministre.

Là ça va trop loin…

« Les Femen françaises sont-elles allées trop loin ? », se demande France Inter en révélant que plusieurs militantes ont quitté l’organisation à la suite de la dernière action en date.

Mercredi, les Femen ont brûlé un drapeau salafiste devant la Grande Mosquée de Paris pour dénoncer les atteintes aux droits des femmes dans les pays arabo-musulmans.

Contre le christianisme et contre l’Eglise catholique, et contre les familles qui manifestent pacifiquement, on peut tout faire. Mais brûler un drapeau musulman, là, nous assure France Inter, c’est aller trop loin…

Les Femen confirment que trois militantes sont parties, mais démentent que ce soit à cause de cette action. D’autre part, on apprend que leurs chefs Inna Shevchenko – celle qui avait abattu la grande croix de Kiev commémorant les victimes du stalinisme – et Oksana Chatchko, ont officiellement demandé l’asile en France. L’Express les voit déjà « bientôt françaises ». C’est là que ça irait, vraiment, trop loin.

En Chine

Li Wenxi tient une librairie chrétienne à Pékin. En décembre dernier, il est allé à Taiyuan, la capitale du Shanxi, avec un stock de livres, pour aider les chrétiens locaux à ouvrir une librairie du même type. Juste après l’ouverture, des policiers sont arrivés et ont confisqué tous les livres. Quelques jours plus tard, ils ont téléphoné à Li Wenxi pour lui dire qu’ils allaient lui restituer les livres. Il s’est donc rendu au siège de la police… et depuis lors on n’a plus de nouvelles de lui. Sa femme Li Caihong a juste pu apprendre qu’il était inculpé de commerce illégal, et qu’il ne pouvait pas être libéré sous caution en raison de la gravité de son crime…

C’est pourquoi Li Caihong a fini par faire connaître ces faits par internet. Son message a été répercuté plus de 4.000 fois, et a donné lieu à de très nombreux commentaires, dont celui-ci : « Shanxi est l’un des endroits où les chrétiens sont persécutés le plus durement. »

Les autorités ont tenté de répliquer en publiant sur leur site internet un article où elles se félicitaient d’avoir lutté avec succès contre un groupe de chrétiens clandestins. Le site a été tellement inondé de commentaires virulents que le texte a été retiré…

Mais ça fait plus de trois mois que l’on n’a aucune nouvelle de Li Wenxi.

(Asianews)

Au Pakistan

Hier il y avait la bonne nouvelle de l’acquittement d’un chrétien préalablement condamné à mort pour blasphème.

Mais il y a eu, juste après, de mauvaises nouvelles…

La nuit de Pâques, un chrétien de Lahore, Siddiq Masih, 38 ans, père de quatre enfants, a été enlevé et torturé par une bande de voyous musulmans conduits par son ancien employeur, Shahid Khan. Siddiq Masih travaillait comme chauffeur pour ce riche musulman, jusqu’à ce qu’il découvre que c’était un voleur et un assassin. Il a alors donné sa démission, ce qui a été ressenti comme une trahison. La nuit de Pâques, avec son beau-frère et un bandit local bien connu, Shahid Khan a enlevé Siddiq Masih. Le chrétien, sévèrement blessé, n’a eu la vie sauve que parce qu’il a réussi à s’enfuir, après deux nuits de tortures diverses, en se jetant par la fenêtre du troisième étage…

Les habitants de la région ont dit à l’agence Asianews que « des centaines de plaintes » ont été déposées contre Shahid Khan et sa bande, mais qu’ils ont toujours pu échapper à la police en raison de leurs liens avec des personnes influentes au sein des autorités provinciales…

D’autre part, à Gujranwala, à 80 km de Lahore, une dispute entre jeunes chrétiens et musulmans, dégénérant en rixe, a entraîné mercredi une attaque du quartier chrétien par une foule de musulmans (à l’appel de l’imam) qui ont incendié des magasins et des véhicules, et endommagé l’église catholique. Il y a eu dix blessés, dont un des policiers qui ont mis fin aux troubles. La veille, un musulman était entré dans une église et avait brûlé des imprimés.

Vendredi de Pâques

La brève lecture évangélique (Matthieu 28, 16-20) contient en abrégé toute l’histoire de l’Église, la somme de ses droits, sa mission dans le monde.

Euntes docete : c’est l’affirmation de sa libre puissance d’enseigner partout la loi évangélique, indépendamment du pouvoir civil ;

baptizantes : c’est l’autorité de paître les fidèles avec les divins Sacrements, dont le baptême est comme la porte ;

docentes servare omnia quæcumque mandavi : c’est la puissance législative et judiciaire de l’Église, sans laquelle il n’y a pas d’autorité véritable ;

ego vobiscum sum usque ad consummationem sæculi : c’est l’assurance de l’indéfectible assistance de la vertu divine jusqu’à la fin des siècles.

Bienheureux cardinal Schuster

04 avril 2013

Israël et les coptes

Une rumeur court en Israël sur le possible accueil dans le pays de coptes persécutés. Un journal israélien a même donné la parole à un certain Mansour al Samuely, présenté comme un avocat d’origine égyptienne, chef du bureau israélien chargé des permis de séjour, déclarant que 237 familles coptes étaient arrivées en Israël pour y obtenir l’asile en tant que persécutés.

Un démenti gouvernemental anonyme a été diffusé via le correspondant de la chaîne Al Arabiya à Jérusalem : il est impossible d’appliquer le droit d’asile à des personnes provenant « d’un pays ami avec lequel nous disposons d’un traité de paix ».

Bref, les coptes ne peuvent pas être persécutés, puisque les islamistes égyptiens sont nos amis…

Mais il y a un autre aspect de la question. Théoriquement, les coptes ne peuvent pas se rendre en Israël. Car en 1979, après la signature du traité de paix entre l’Egypte et Israël, précisément, le pape Chénouda III avait pris un décret interdisant aux coptes de se rendre en pèlerinage en territoire israélien, en signe de solidarité avec les Palestiniens. Décret qui n’est plus vraiment respecté depuis longtemps, mais qui est toujours en vigueur…

(Fides)

Après sept ans et demi de prison…

Younis Masih a été acquitté hier par la Haute Cour de Lahore, à l’issue de son procès en appel.

Younis Masih était en prison depuis… 2005.

A la suite d’un différent avec un musulman, il avait été accusé de blasphème, et les imams avaient demandé de punir les chrétiens. Quelque 400 musulmans avaient alors mis à sac le quartier chrétien, contraignant une centaine de familles à fuir. Pour calmer le jeu, la police avait arrêté Younis Masih, le 10 septembre. Le 30 mai 2007, il était condamné à mort.

A l’issue du procès en appel, la Haute Cour a entièrement avalisé les requêtes de la défense et a réformé la sentence rendue en première instance, annulant la condamnation à mort et l’amende de 100.000 roupies.

« Nous rendons grâce à Dieu parce qu’après de nombreuses années, la justice a triomphé pour Younis Masih. Nous sommes confiants dans le fait que cela puisse également être le cas pour Asia Bibi », a indiqué à l’agence Fides l’un des avocats de Younis, Me Mushtaq Gill.

Les condamnations à mort pour blasphème sont généralement annulées en appel. Mais après des années de prison, et le risque qui demeure pour l’ancien condamné de se faire tuer par un fanatique.