14 mars 2014

Vendredi des quatre temps de carême

C’est l’évangile de la « piscine probatique ». Il semble que lorsque l’évangile fut traduit en latin on ne savait plus de quoi il s’agissait. Plusieurs manuscrits importants (que suit la Vulgate de Stuttgart) disent qu’“il y a à Jérusalem, sur la Probatique, une piscine”. Super Probatica : traduction littérale du grec. Mais en grec épi, qui veut surtout dire en effet “sur”, peut vouloir dire aussi “près de” : « près de la “Probatique” », c’est-à-dire près de la (porte) des brebis. A l’époque du Christ tout le monde comprenait (en grec). Mais par la suite, comme le mot “porte” était sous-entendu, on ne savait plus. Du coup les traductions latines ont gardé “probatique” comme un nom propre, ce qu’il était de fait, sans comprendre ce que voulait dire « Sur la des brebis ». D’autant que sur le plan symbolique il n’est pas indifférent qu’il s’agisse de la porte par laquelle passent les brebis, quand la piscine symbolise le baptême.

Quant au nom hébraïque de la piscine, il est, dit le texte grec, Bethesda. Un nom qu’on ne trouve nulle part ailleurs, mais dont le sens est clair : Bet-hesda : la maison de la miséricorde (l’araméen hesda étant une forme de l’hébreu hesed). Car c’est dans la maison de la miséricorde que le pécheur obtient le salut par le baptême. Le nom est curieusement devenu Bethsaida dans tous les manuscrits latins, sans doute par assimilation avec le nom du village de Pierre, André et Philippe – qui veut dire maison de la pêche, ce qui après tout n’est pas hors sujet… Quant aux traductions (?) modernes elles ont inventé « Bezatha », sous prétexte qu’on ne voit Bethesda nulle part ailleurs alors qu’il y a non loin de ce lieu une vallée de Bezatha…

On remarque que les textes grecs et latins disent : « Il y a à Jérusalem ». La phrase commence par ce verbe au présent. C’est un indice de l’ancienneté de l’évangile de saint Jean. Si cet évangile avait été écrit après la destruction de Jérusalem, comme le prétendent aujourd’hui la plupart des exégètes, on n’aurait pas « il y a », mais « il y avait ».

Cet évangile a été choisi à cause de la piscine (du baptême) en ce jour du deuxième scrutin des catéchumènes, parce que c’est aussi le 38e jour avant Pâques et que l’homme guéri était malade depuis 38 ans.

Saint Augustin a donné une longue explication symbolique de ces 38 ans, dont j’ai donné l’essentiel en 2010. L’homme était infirme parce que 40 est le nombre de la pénitence parfaite, et qu’il lui manque 2 : les deux préceptes de l’amour de Dieu et du prochain. Et c’est grâce à ces deux préceptes que l’homme est guéri.

Jésus lui donne trois ordres : lève-toi, prends ton grabat, et marche, poursuit saint Augustin. En lui disant « Lève-toi », il le guérit, mais les deux autres ordres, pris à la lettre, n’ont guère de sens : on ne voit pas pourquoi Jésus lui demande de partir sur le champ. Or ces mots sont répétés : trois fois, et même quatre fois. C’est qu’en lui disant « prends ton grabat », il lui donne le commandement de l’amour du prochain, et en lui disant « Marche », il lui donne le commandement de l’amour de Dieu. Parce que le grabat est son prochain : le grabat était son prochain qui le portait, maintenant c’est à lui de porter son prochain : « portez les fardeaux les uns des autres ». Et en lui disant de marcher, il le conduit vers Dieu qui est Amour. Preuve en est qu’il le retrouve ensuite au Temple : une fois guéri, l’homme est allé dans le lieu saint, dans le lieu de la Présence de Dieu.

06:52 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

13 mars 2014

Bravo le Salon Beige

Le conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France a annulé l’intervention de la fanatique idéologue du genre Fabienne Brugère lors de la journée nationale de formation (sic) des délégués diocésains à la pastorale familiale du 19 mars.

Cette annulation fait suite (explicitement) à la supplique à Mgr Pontier lancée par le Salon Beige. La Croix s'en étrangle et c'est savoureux.

Bravo le Salon Beige.

Et heureusement que je n’ai pas de chapeau, parce que je serais obligé de le manger : j’avais écrit qu’on pouvait toujours signer cette supplique, en sachant que ça ne sert à rien…

20:05 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (2)

L’avortement discrètement banni des hôpitaux publics en Turquie

Selon le professeur Cansun Demir, président de la société turque des obstétriciens et gynécologues, les hôpitaux d’Etat ont dû arrêter tous les avortements, alors que la loi les permet jusqu’à la dixième semaine.

Ce qui s’est passé est que, tout simplement, le code de rémunération de l’avortement a disparu du système informatique…

Et cela sans aucune base légale, tonne Cansun Demir, dénonçant une « atteinte aux droits fondamentaux et aux libertés »…

Le ministère de la Santé rejette la réclamation et rappelle que l’avortement est toujours autorisé jusqu’à la dixième semaine. Mais il ne dit rien du code informatique…

En 2012, Erdogan avait dit que l’avortement est un « meurtre », et c’est alors que le délai avait été raccourci à dix semaines.

(Selon Hurriyet, repris par Gènéthique)

De Jésus à Noé

Le Qatar, Bahrein et les Emirats arabes unis ont interdit la projection de la super-production hollywoodienne Noé. D’autres pays pourraient leur emboîter le pas, dont l’Egypte. Car l’université Al Azhar a fait savoir que ce film est “contraire à la foi et aux fondamentaux de la loi islamique (Charia)” :

“Al-Azhar renouvelle son refus de toute projection d'une production représentant Allah, ses prophètes et messagers, ainsi que les compagnons du prophète Mahomet.”

En 2004, Al Azhar n’avait rien dit lors de la sortie de La Passion du Christ de Mel Gibson… qui avait fait un tabac en Egypte et dans tous les pays musulmans (sauf le Koweït et Bahreïn où il avait été interdit)…

Certains avaient alors salué cette avancée d’Al Azhar qui mettait fin à un interdit désuet… D’autant que la seule déclaration qu’on avait pu arracher à un responsable de l’université était ce propos de Ali Samman, le vice-recteur chargé du dialogue avec les autres religions monothéistes : "Nous ne sommes pas d'accord avec ce film, mais Al Azhar n'est pas un organisme de censure."

Comme on le voit aujourd’hui, l’interdit sur la représentation des prophètes de l’islam est toujours en vigueur.

Mais pourquoi donc avoir laissé passer La Passion du Christ, où était représenté Jésus, prophète bien plus important que Noé, et en outre la passion de Jésus, alors que l’islam enseigne que Jésus n’est pas mort sur la croix ?

La réponse est que le film avait été dénoncé comme « antisémite » par les lobbies juifs, et avait fait l’objet d’une campagne sans précédent contre une œuvre cinématographique. Si les juifs sont à ce point contre le film, les musulmans ne peuvent pas être contre. Si le film est antisémite, il est contre Israël, donc il est bon pour les Arabes… Tel était le raisonnement des dirigeants des pays arabes, et aussi de l’université Al Azhar.

Avec Noé, c’est tout différent. Les lobbies juifs sont muets. L’interdiction est donc de nouveau de mise…

16:32 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (1)

Jeudi de la première semaine de carême

L’évangile est celui de la Cananéenne dont la fille est tourmentée par le démon (Matthieu 15, 21-28).

Par le fait qu’il s’agisse d’une païenne, et par son dénouement, l’épisode est très proche de celui de la guérison du serviteur du centurion, que saint Matthieu a raconté sept chapitres plus haut.

Dans les deux cas, Jésus fait l’éloge de la foi de la personne païenne, et guérit à distance en disant : que soit fait selon ta volonté (volonté qui, par la foi, rencontre donc la volonté divine qui épouse la volonté humaine).

Toutefois, la structure profonde du récit fait davantage penser aux Noces de Cana, dans l’évangile de saint Jean. Jésus répond durement à sa Mère, comme il répond durement à la Cananéenne, parce que « mon heure n’est pas encore venue ». A Cana parce que c’est avant sa « vie publique », face à la Cananéenne, en territoire païen, parce que l’évangélisation des païens sera le rôle de l’Eglise. (Le centurion, quant à lui, était à Capharnaum, et il était un « ami de notre peuple », selon les juifs en saint Luc.)

D’autre part, les « chiens » et les « miettes qui tombent de la table » font penser à la parabole du riche et de Lazare, en saint Luc. La Cananéenne qui mendie la guérison de sa fille comme une miette de pain qui tombe de la table des juifs est un peu l’alter ego du mendiant dont les chiens lèchent les ulcères.

D’autre part, si l’on pense à l’évidente signification eucharistique du récit des Noces de Cana – l’eau changée en vin comme le vin sera changé en sang du Christ – on peut voir par allusion une correspondance avec les miettes de pain (du pain des fils) qui figurent la guérison de la fille possédée – et l’Eglise souligne que le Christ est tout entier présent dans chaque miette du pain eucharistique (aux multiplications des pains Jésus demande de soigneusement ramasser les morceaux qui restent)…

L’antienne de communion de cette messe est alors la conclusion de tout ceci :

Panis, quem ego dédero, caro mea est pro sǽculi vita.

Le pain que moi je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde.

06:43 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

12 mars 2014

"Les chiens ne font pas des chats"

Le Point avait commandé un sondage sur les expressions préférées des Français. Celle qui arrive (largement) en tête, avec 32% des suffrages, est « Les chiens ne font pas des chats ».

Intéressant. Je gage que la plupart de ceux qui ont fait cette réponse ne discernent pas que cette expression détruit radicalement la théorie de l’évolution…

Une autre nouveauté électorale ubuesque

Dans le cadre de l’extension tous azimuts de la loi de l’emmerdement maximum, le mode de scrutin des communes de 1.000 à 3.500 habitants a été aligné sur celui des plus grandes communes. De ce fait, non seulement les listes doivent être complètes et rigoureusement paritaires (un homme une femme), mais en outre chaque liste doit confesser à la préfecture sa « nuance politique ». Or la grande majorité des listes, dans ces communes, sont apolitiques, ou fabriquées de bric et de broc avec des gens de gauche comme de droite, ou surtout sans opinion précise, qui veulent bien se dévouer pour la commune, ou du moins figurer sur une liste.

Et donc la majorité de ces listes ne déclarent pas leur « nuance politique ». Mais comme c’est obligatoire, c’est la préfecture qui, dans ce cas, attribue aux listes une « nuance politique », en se fondant sur divers « indices », c’est-à-dire de façon parfaitement arbitraire.

Cette classification est censée « permettre une meilleure connaissance et compréhension des équilibres politiques nationaux » et « apporter un éclairage aux citoyens sur l'offre politique qui a lieu à un moment donné de notre histoire ». On sait déjà que le résultat sera dépourvu de toute fiabilité.

L’UE renforce son dispositif dictatorial

José Manuel Barroso et l’inévitable Viviane Reding ont présenté hier un nouveau dispositif visant à renforcer la dictature européenne sous couvert de garantir… l’Etat de droit.

Au cas où vous l’auriez oublié, l’Etat de droit a été gravement mis en péril par exemple lorsque des personnalités « d’extrême droite » sont arrivées au gouvernement en Autriche, ou quand le gouvernement hongrois a fait voter des lois plébiscitées dans le pays mais qui ne plaisent pas à Bruxelles. Et ce genre de situation risque de se renouveler, et même de plus en plus, et de pire en pire, si l’on en croit l’effroyable montée des populismes…

Jusqu’ici on brandissait l’article 7 du traité européen, qui permet de suspendre un Etat de ses droits de vote au Conseil européen pour « risque de violation grave » de l’Etat de droit. Mais c’est une sanction « nucléaire » qui ne peut être prise qu’en tout dernier ressort, disent Barroso et Reding : il faut un arsenal plus progressif.

En réalité, ceux qui brandissaient l’article 7 en ont été pour leurs frais, non pas parce que c’était une sanction trop lourde, mais tout simplement parce que les critères n’étaient absolument pas remplis. Il n’y a aucune violation de l’Etat de droit quand des gens sont démocratiquement élus et nommés ministres parce qu’ils font partie de la majorité, de même qu’il n’y a aucune violation de l’Etat de droit quand un gouvernement légitime fait voter par un Parlement démocratiquement élu des lois qui suscitent l’adhésion du peuple…

Le nouveau dispositif consiste précisément à pouvoir calomnier les gouvernements qui ne plaisent pas à Bruxelles, et à leur mettre des bâtons dans les roues, au nom de la défense d’un Etat de droit qui n’est en aucune manière mis à mal.

Le dispositif sera en trois étapes :

Dans un premier temps, la Commission européenne rassemble des informations et examine s’il y a des indications claires « d'une menace systémique envers l'État de droit ». Si oui elle entame un « dialogue » (sic) avec l’Etat en question… en lui transmettant un « avis Etat de droit » qui constitue un avertissement.

Si le problème n’est pas résolu – si l’Etat en question n’a pas obtempéré à l’ordre de Bruxelles – la Commission lui adresse une « recommandation Etat de droit », rendue publique, assortie d’un ultimatum.

L’ultimatum expiré, si l’Etat visé reste intraitable, la Commission demande l’application de l’article 7.

Autrement dit, la Commission européenne met en place un système qui, contournant l’article 7, permet quand même de vouer à la vindicte publique un Etat qui n’a rien à se reprocher.

17:31 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

Les jeunes sont si fragiles…

Le décret pris en octobre dernier par le ministère du Travail était passé inaperçu, autant que la directive européenne qui contraignait l’Etat français à prendre ce décret. Le voici :

« Il est interdit, en milieu professionnel, d’affecter les jeunes à des travaux temporaires en hauteur lorsque la prévention du risque de chute de hauteur n’est pas assurée par des mesures de protection collective. »

Ce sont les arboriculteurs de l’Ardèche qui ont ainsi découvert, médusés, qu’ils ne pouvaient plus employer les jeunes de 16 à 18 ans qui se faisaient de l’argent de poche en ramassant les fruits. Car le décret interdit aux jeunes, au nom de leur protection, de monter sur un escabeau – à moins, semble-t-il, qu’il soit équipé d’un filet…

Bref, les arboriculteurs sont pénalisés, les jeunes sont pénalisés, à cause d’une de ces innombrables directives aussi imbéciles que grotesques, qui ne servent qu’à engraisser ceux qui les pondent.

17:06 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5)

En « Libye »

Un navire pétrolier nord-coréen était venu en Libye, ou du moins en Cyrénaïque, acheter du pétrole aux « rebelles » qui contrôlent la zone. Les « autorités » libyennes, sur ordre du procureur général, ont arraisonné le navire dans le port, puis l’ont escorté… et le bateau a échappé à ses escorteurs…

Dans la foulée, les islamistes du Congrès ont renversé le « Premier ministre » Ali Zeidan. Le procureur général a interdit à l’ex-Premier ministre de sortir du territoire, mais celui-ci était déjà à Malte avant de partir… vers un autre pays européen (nul doute que BHL se fera un plaisir de l’accueillir).

Le problème est que Ali Zeidan était soutenu par les puissantes milices de Zenten, qui tiennent notamment l’aéroport de Tripoli et la route qui y conduit (d’où le départ sans encombres de l’ex-Premier ministre).

Tandis que le Conseil local et militaire de Tripoli exigeait le départ des formations positionnées à l’aéroport, le Congrès ordonnait la formation d’une force armée pour « libérer et lever le blocage des ports pétroliers ».

En attendant, c’est semble-t-il une milice islamiste de Misrata qui a fait reculer les rebelles de Cyrénaïque à 90 km à l’est de Syrte…

Boko Haram : bilan (catholique) provisoire

L’agence d’information de la conférence des évêques du Nigeria a fait le bilan des persécutions anti-chrétiennes de la secte Boko Haram depuis 2009 : plus de 500 catholiques tués, 20 églises et presbytères détruits.

(Fides)

16:41 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (2)

Au Pakistan

A Okara, au Pendjab, les chrétiens commençaient la construction d’une église sur un terrain donné à la communauté par l’un d’entre eux. Ayant monté les murs, ils ont placé une croix devant la grille. Aussitôt, des musulmans sont arrivés, avec des pelles mécaniques, pour tout détruire.

Les chrétiens ont déposé une plainte. Mais les coupables ne seront pas arrêtés, en raison des protections politiques dont ils disposent.

Et les menaces pleuvent sur les chrétiens pour qu’ils abandonnent leur projet.

Séisme religieux en Suède

Ulf Ekman devient catholique.

Chez nous personne ne connaît Ulf Ekman. Mais en Suède il est depuis longtemps le prédicateur super-vedette. D’abord pasteur de l’« Eglise de Suède » (la dénomination luthérienne officielle), il la quitte pour fonder sa propre congrégation, la « Parole de la Foi », qui compte aujourd’hui 3.300 membres, pour laquelle il construit la plus grande « église » du pays. A Uppsala, siège de l’archevêché de l’« Eglise de Suède » en pleine capilotade. Il fonde une école biblique qui est la plus importante et réputée de Scandinavie (un millier d’étudiants). Evangélique et  pentecôtiste, il est contre « l’ordination » des femmes et contre la bénédiction des « mariages » homosexuels (ce qui se fait dans l’« Eglise de Suède »), mais il est aussi violemment anti-catholique.

Il était. Peu à peu il découvre qu’il avait des « préjugés » contre l’Eglise catholique, et à force de travailler la question, il devient catholique…

Ceux qui le connaissent de près ne sont pas surpris, parce que c’est l’aboutissement d’une évolution dont il ne faisait pas mystère. Mais tous les autres, surtout dans les communautés évangéliques, sont sous le choc : c’est le plus talentueux d’entre eux, le plus célèbre, qui passe à l’ennemi…

Finalement il n’y a pas de mystère dans la conversion d’Ulf Ekman, même si elle est évidemment un fruit de la grâce : il a commencé par se dire (et par dire ouvertement) – comme John Henry Newman -  qu’il fallait connaître l’histoire de l’Eglise, et particulièrement les pères de l’Eglise, d’où il ressort que l’Ecriture seule ne suffit pas pour constituer l’Eglise, et donc il a conclu que l’Eglise fondée concrètement par le Christ devait être une Eglise visible où les sacrements se transmettent de génération en génération par le sacerdoce… l’Eglise fondée à Rome par saint Pierre…

(La Vie, Christianity Today)

16:32 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (3)

Mercredi des quatre temps de carême

Dans la messe de ce jour, la première lecture nous montre Moïse montant sur la montagne pendant sept jours et demeurant sur la montagne pendant « quarante jours et quarante nuits ».

La deuxième lecture nous montre Elie marcher « quarante jours et quarante nuits » sans manger jusqu’à la montagne de Dieu.

Voici donc les deux préfigurations du jeûne du Christ qui était l’évangile de dimanche dernier. C’est l’illustration par les textes du début de l’hymne des matines du carême :

Ex more docti mystico
Servémus hoc ieiunium,
Deno diérum circulo
Ducto quater notíssimo.

Lex et prophetæ primitus
Hoc prætulérunt, postmodum
Christus sacrávit, ómnium
Rex atque factor témporum.

Remarquablement traduit par Corneille :

Instruits par une tradition mystérieuse,
gardons avec soin ce jeûne
célèbre qui parcourt le cercle
de quarante journées.

La Loi, d’avance, et les Prophètes
en ont jadis montré le sens ;
le Christ enfin l’a consacré,
lui, des temps le Maître et le Roi.

(En fait le texte parle d’un cercle de dix jours parcouru quatre fois, mais c’est bien le 40 qui importe.)

La Loi et les prophètes : Moïse et Elie. Lemaitre de Sacy le dira explicitement dans sa « traduction », qui vise à expliquer le texte latin en regard :

Jadis le grand Moïse et le brûlant Elie
L’ont par leur exemple honoré ;
Mais le Christ, qui la loi vieille à la nouvelle allie,
Le gardant, l’a rendu sacré.

Moïse et Elie, ils seront encore là dimanche prochain, en tant que personnification de la Loi et des prophètes (l’intégralité de l’ancienne Alliance) authentifiant la mission du Christ, au cours de la Transfiguration.

Quatre fois dans l’évangile de saint Matthieu, Jésus se référera à « la Loi et les prophètes » pour montrer qu’il vient accomplir l’ancien Testament. Une fois dans saint Luc, puis quatre fois il dit « Moïse et les prophètes » - ou bien saint Luc traduit « Loi » par « Moïse » pour que ce soit plus compréhensible à un public non juif.

L’évangile de ce jour est plutôt centré sur le nombre 3 que le nombre 40. Jésus évoque le « signe de Jonas » qui est le « typus Dominicæ passionis », comme dit saint Ambroise : la figure de la Passion du Seigneur, resté sous terre trois jours comme Jonas est resté trois jours dans le poisson.

Il n’en demeure pas moins que la quarantaine est encore là. Car si l’on se reporte au livre de Jonas, on voit que l’essentiel, et même la totalité, de la prédication de Jonas est : « Encore 40 jours et Ninive sera détruite. » Et les Ninivites jeûnent pendant ces 40 jours, et Ninive est sauvée…

(N.B. - Chez les bénédictins, la fête de saint Grégoire le Grand l'emporte de justesse sur la férie de carême. Une grande fête parce que saint Grégoire était moine et abbé bénédictin avant de devenir pape. Il est le père de la liturgie "grégorienne" et du chant "grégorien", et l'un des grands docteur de l'Eglise: il faut lire au moins ses homélies sur l'Evangile, aussi simples - y compris sur le plan de la langue latine - que profondes.)

06:53 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

11 mars 2014

Nouvelle plainte de l’AGRIF contre Inna Shevchenko

femen-bibbia-texas-4-420x226.jpg

Devant le siège du parlement du Texas, à Austin, la Femen Inna Shevchenko a déchiré une Bible qu’elle avait d’abord dans sa culotte rouge, avec sous les pieds un drapeau du Texas. Sur son corps était écrit : « Votre Bible ne contrôle pas mon vagin. » Elle entendait ainsi protester contre les lois qui restreignent l’avortement dans cet Etat.

L’Agrif, constatant que cette action, ayant été transmise sur les médias français, tombe sous le coup de la loi française, va porter plainte contre Inna Shevchenko pour injure aux chrétiens.

Une avancée de la culture de mort au Conseil de l’Europe

La branche européenne de la Fédération internationale du Planning familial avait déposé une plainte contre l’Italie auprès du Conseil de l’Europe, au motif que les médecins italiens « abusent » de leur droit à l'objection de conscience pour ne pas pratiquer d’avortements, et qu'il faut donc déclarer que la loi italienne « viole le droit à la santé » (sic).

Par 13 voix contre 1, le Comité des droits sociaux du Conseil de l’Europe a approuvé la plainte et s'engage à vérifier que l'Italie prendra les « mesures nécessaires » pour appliquer pleinement le droit à l'avortement.

Or cette décision est contraire à résolution du Conseil de l’Europe lui-même sur le droit à l’objection de conscience, affirmant que « nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l'objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d'aucune sorte pour son refus de réaliser, d'accueillir ou d'assister un avortement ».

(Via le blog de Jeanne Smits, où l’on trouvera des détails.)

Mardi de la première semaine de carême

Jésus chasse « tous ceux qui vendaient et achetaient dans le temple » et il « renverse les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des colombes » (Matthieu 21, 10-17).

L’épisode est raconté par les quatre évangélistes. Saint Luc ne cite aucun animal. Saint Matthieu et saint Marc citent uniquement les colombes. Saint Jean cite les colombes, les bœufs et les brebis. Mais c’est aux marchands de colombes qu’il s’adresse quand il dit : « Ne faites pas de la maison de mon père une maison de commerce. » Saint Bède, dans la lecture des matines, souligne que la colombe est l’image du Saint-Esprit, et que les colombes signifient les charismes du Saint-Esprit : « Or, dans le Temple de Dieu aujourd’hui, qui vend des colombes sinon ceux qui dans l’Eglise reçoivent de l’argent pour l’imposition des mains ? Par cette imposition, en effet, le Saint-Esprit est donné d’en haut. »

C’est la simonie, dont on jugerait à tort qu’elle n’existe plus (cf. par exemple le copyright des évêques sur leur très mauvaise traduction soi-disant liturgique de la parole de Dieu).

Si saint Matthieu ne cite que les colombes, il fait néanmoins allusion aux autres animaux du sacrifice, par l’intermédiaire du psaume 8. Jésus en effet cite le psaume 8 pour justifier que les enfants l’acclament comme le fils de David : « De la bouche des enfants et des nourrissons tu as parfait la louange ». L’épître aux Hébreux cite un autre verset de ce même psaume pour souligner que ce psaume parle bien du Christ, auquel tout est soumis sur la terre. Le psaume précise : les moutons et les bœufs, toutes les bêtes des champs, les oiseaux et les poissons. Or le psaume suivant qui évoque les bœufs est le 49e, et c’est le psaume où Dieu dit qu’il ne veut pas de sacrifices d’animaux, parce que tous ce qui est sur la terre est à lui et qu’il ne mange pas de la chair de taureau et ne boit pas du sang de bouc. Mais qu’il faut immoler à Dieu un sacrifice de louange. C’est la prophétie de ce psaume, la demande même de Dieu, que le Christ réalise dans le temple quand il chasse les marchands d’animaux. Le seul sacrifice doit être le sacrifice de louange, la seule louange digne de Dieu : le sacrifice du Fils de Dieu.

C’est pourquoi dans l’évangile de saint Jean, les Juifs demandent à Jésus quel est le signe qu’il accomplit (à la façon des prophètes d’autrefois), et celui-ci leur répond : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. « Il parlait du temple de son Corps. »

06:39 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (9)

10 mars 2014

Le PPE plus Big Brother européiste que jamais

Le PPE a tenu son congrès en Irlande les 6 et 7 mars. Il a mis au point son « manifeste » pour les élections européennes et a choisi son candidat pour le poste de président de la Commission européenne.

Les participants avaient le choix entre deux hyper-européistes : le Français Michel Barnier, vice-président du PPE depuis 2006, commissaire européen entre 1999 et 2004 et depuis 2010 (et ministre avant et entre temps), et Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013, président de l’eurogroupe de 2005 à 2013. Celui-ci l’a emporté haut la main.

Quant au Manifeste, il semble qu’il ne soit toujours pas disponible, en tout cas je ne le trouve pas sur internet. Selon Bruno Waterfield, le programme du PPE est de transformer l’UE en « une authentique union politique ».

« L’Europe est en crise depuis plus de cinq ans, dirait le Manifeste. Beaucoup de gens, surtout les jeunes, ne prévoient pas un avenir positif. L’euroscepticisme est croissant. » Or, « unis, nous pouvons être sûrs que les jeunes verront l’avenir avec optimisme, espoir et confiance ». Sic. Mais, pour cela, s’il faut l’union politique, il faut aussi combattre l’euroscepticisme par une intense propagande qui doit commencer par les écoles, afin de laver le cerveau des jeunes dès la plus tendre enfance : il faut lutter contre « l’ignorance » (sic), et donner aux enfants une « éducation à l’Union européenne dans les écoles à travers l’Europe afin de préparer la nouvelle génération aux défis à venir et pour favoriser une approche européenne ».

Angela Merkel a apporté « tout son soutien » à ce projet, disait-on à Dublin, parce qu’elle croit que des leçons sur l’Europe « contribuent à une identité européenne commune et à la connaissance de l’histoire »…

Naturellement, Jean-Claude Juncker est sur la même longueur d’onde : « J’y suis totalement favorable. La connaissance de l’Europe doit être approfondie dans les programmes scolaires. Il y a une ignorance des fondamentaux et cela a été évident pendant la soi-disant crise de l’euro » (sic).

Bruno Waterfield rappelle opportunément que Jean-Claude Juncker avait été surpris à dire qu’il « devait mentir » comme président de l’eurozone et que les décisions importantes ne pouvaient prises dans « la pénombre de pièces secrètes ». Il avait ensuite assumé ces propos : « Je suis prêt à être insulté comme étant insuffisamment démocrate, mais je veux être sérieux ; et quand ça devient sérieux, vous devez mentir. »

Bruno Waterfield conclut son article par la réaction de Nigel Farage : « Le PPE veut faire entrer les enfants dans un schéma unique de pensée toutes tailles ; après avoir détruit les économies nationales et perdu le débat politique, la police de la pensée de l’UE veut maintenant prendre en main l’esprit de vos enfants. »

(Le PPE, en France, c’est l’UMP. On remarque l’exquise discrétion de Jean-François Copé sur le sujet. Il était pourtant à Dublin…)

16:44 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)

“Présent” et ses propriétaires

J’ai été tellement abasourdi par le limogeage de Jeanne Smits que j’en ai oublié de parler de l’autre question à propos de Présent. Le communiqué était signé de Raphaël Dubrule, et il annonçait la nomination de deux nouveaux gérants, Zita de Lussy et Jean-Pierre Blanchard. Zita de Lussy est dans l’équipe de direction administrative de Présent depuis le début. En revanche, je n’ai jamais entendu parler de Raphaël Dubrule, ni de Jean-Pierre Blanchard. Et aucun lecteur de Présent non plus.

L’un des principes fondateurs de Présent était qu’il s’agissait d’un journal appartenant à ceux qui le font, un journal appartenant à ses journalistes. Je découvre que ce n’est plus le cas. Je ne sais pas depuis combien de temps. Peut-être était-ce inéluctable, je n’en sais rien. On a vu le même phénomène avec Libération. Mais le fait est là : ce ne sont plus les journalistes qui dirigent. Le communiqué signé Raphaël Dubrule est d’abord le constat que les journalistes de Présent ont perdu leur liberté. Et la destitution de Jeanne Smits en est une éloquente illustration.

L’agression russe…

Près de 10.000 manifestants pro-russes se sont rassemblés hier à Donetsk, où l'ex-champion de boxe Vitali Klitschko, candidat à la présidentielle du 25 mai, devait tenir une réunion pour convaincre les habitants de la nécessité de rester unis face aux « provocations » des séparatistes. Il a dû annuler sa réunion, tandis que les manifestants scandaient « Russie ! Donetsk, ville russe, Poutine président ».

Quant à la grande manifestation d’attachement à l’Ukraine, en Crimée, elle a réuni moins de 300 personnes (et pour couper court à toute interprétation sur la « peur » des gens, il n’y avait aucune force de l’ordre visible).

"Didier Raoult : la couleur de peau n'a aucune réalité scientifique"

On en est là…

Mais il est manifeste que l’existence de Didier Raoult n'a aucune réalité scientifique.

Pourquoi s’arrêter à trois ?

Alors que les discussions vont bon train pour légaliser la fécondation in vitro à trois parents, le Journal of Medical Ethics publie un article expliquant les bienfaits d’une nouvelle méthode appelée « multiplex parenting », permettant de « créer des enfants avec quatre parents génétiques ou plus ».

Et c’est parfaitement « éthique », puisque les expérimentations sur les souris n’ont pas révélé de danger…

La conversion de Steven, du boys band Alliage

Extraits d’un impressionnant témoignage :

Un conseil de ma mère: «Quand tu étais petit, tu avais la foi. Retrouve-la». Certaines vertus sauvent: j'ai obéi. J'ai poussé la porte d'une petite église, à Piccadilly Circus. Juste une croix au mur, le tabernacle, quelques bougies. J'ai senti soudain un immense relâchement de tout mon être, un repos indescriptible. Je n'ai rien vu, rien entendu, mais j'ai su. Qu'il y avait quelque chose, ou plutôt quelqu'un de plus grand, de plus vrai que tout ce en quoi j'avais cru avant. Dieu a refait mon âme, il a rendu toute chose nouvelle, comme dans l'Apocalypse. Je n'avais aucune éducation religieuse, je ne connaissais rien à tout ça, mais j'y suis retourné, plusieurs jours de suite.

L'enfant qui a délaissé ses parents oublie même qu'un jour il a eu des parents. Moi, avec Dieu, c'était pareil. J'avais oublié qu'il m'aimait. Quelques mois plus tard, de retour à Nice, j'atterris à l'église Sainte-Rita, la patronne des causes désespérées. J'ai appris plus tard que, depuis un an, ma mère venait y prier tous les jours pour moi. L'évangile lu à la messe ce jour-là, me touche au cœur: le fils prodigue, qui retourne chez son père après avoir dilapidé l'héritage et que le père accueille les bras ouverts. C'est ce père qui m'a poussé à me réconcilier avec Quentin, avec moi-même et avec mon passé.

Quentin, comme moi, comme les autres, on a été les victimes volontaires d'un système. On a voulu tout ça par orgueil, par naïveté, par manque de sagesse. J'ai fait comme tous les gosses qui s'embarquent sur l'Ile de la tentation… J'aurais envie de donner ce simple conseil: construisez-vous d'abord. Contrairement à ce que j'entends depuis toujours, ce ne sont pas les expériences qui nous construisent. «Goûte, tu verras bien par toi-même…» Goûter à l'héro, à la violence, à la dope, pour voir ce que ça fait?

«Au lieu d'aller dehors, rentre en toi-même: c'est au cœur de l'homme qu'habite la vérité»: c'est du saint Augustin, qui s'était lui aussi pas mal cherché. Trouve-toi d'abord, avant de vouloir exister par le regard des autres, le succès…. Travaille. N'aie pas peur de mettre vingt ans pour apprendre et cultiver ton talent. La vie n'est pas une expérience, c'est un appel. Le mariage n'est pas une expérience, c'est une promesse éternelle. Avoir des enfants, ce n'est pas une expérience, c'est répondre au mystère d'incarnation de la vie, ce pour quoi on est fait. Construis-toi d'abord par ce mystère qui est en toi: la vie, la vraie.

La police de la pensée poursuit le Salon Beige

6a00d83451619c69e201a511809b78970c-pi.jpg

Le directeur de la publication du Salon Beige, Guillaume de Thieulloy, a été mis en examen pour un photomontage publié sur le site pour dénoncer les arrestations arbitraires de défenseurs de la famille.

Un miracle orthodoxe

Il y avait des années et des années qu’on parlait d’un concile panorthodoxe, et qu’on ne voyait rien venir. Il semble que Bartholomée Ier, au cours de la « synaxe des primats des Eglises orthodoxes » réunie au Phanar, ait réussi à mettre d’accord les différentes Eglises orthodoxes pour l’organisation d’un concile en 2016. Voici le dernier paragraphe du « Message de la synaxe » :

« La synaxe a donné son accord pour que le travail préparatoire du concile soit intensifié. Une commission inter-orthodoxe commencera son travail dès septembre 2014, lequel durera  jusqu’à la sainte Pâque 2015. Une consultation panorthodoxe préconciliaire s’ensuivra au cours du premier semestre de 2015. Toutes les décisions, tant pendant les travaux du concile que lors des étapes préconciliaires, seront prises à l’unanimité. Le saint et grand concile de l’Église orthodoxe sera convoqué par le patriarche œcuménique à Constantinople en 2016, sauf événement imprévu. Le concile sera présidé par le patriarche œcuménique. Ses frères les primats des autres Églises orthodoxes autocéphales seront assis à sa droite et à sa gauche. »

Les religieuses de Maaloula libérées

Les 13 religieuses orthodoxes de Maaloula (et leurs trois assistants), qui avaient été enlevées le 3 décembre, ont été libérées hier soir par le groupe al-Nosra. En contrepartie, le régime syrien a libéré 153 prisonniers. Elles ont été conduites au Liban, où elles ont été accueillies par diverses personnalités, dont les deux hommes qui ont obtenu l’accord : le chef des services de renseignement du Qatar, Saadé el-Kbayssi (qui l’a négocié à Damas avec le directeur de la Sûreté générale syrienne le général Ali Mamlouk) et le directeur général de la Sûreté générale du Liban, le général Abbas Ibrahim.

Une fois de plus on voit le Qatar au centre de l’affaire syrienne.

De « Qui suis-je pour juger ? » à « Bravo ! »

La célèbre phrase de François ne cesse de se répandre et de faire des petits. La dernière extension en date est celle du cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York.

Il a « félicité », comme dit NBC, le tapeur de ballon Michael Sam pour avoir dévoilé son homosexualité :

« C’est bien pour lui. Je n’ai pas de jugement à son égard. Que Dieu te bénisse. La même Bible qui nous enseigne la vertu de chasteté et la vertu de fidélité et le mariage nous dit aussi de ne pas juger les gens. Donc je dis : bravo ! »

Ainsi devient de plus en plus patente la confusion entre les personnes et les actions. Mais si l’on ne peut plus juger les actions parce qu’elles sont accomplies par des personnes, il faut fermer les tribunaux : qui sont les juges pour juger ?

Peu importe Michael Sam. Qu’il fasse ce qu’il veut en effet, et il n’est certes pas question de le juger au for interne. Mais le devoir de l’archevêque est de rappeler que la Bible condamne les actes homosexuels, de Sodome et Gomorrhe à saint Paul en passant par la loi de Moïse (peine de mort), et il est en tout cas de ne pas dire « bravo ».

Un « bravo » qui devient bien sûr le titre de l’article : « Le cardinal Dolan dit bravo au footballeur homosexuel Michael Sam ».

Un « bravo » qui est un nouveau pas dans la dérive.

Un « bravo » qui est d’abord un nouveau cruel et méchant coup de poignard dans le dos des homosexuels catholiques qui s’efforcent de vivre conformément à la morale naturelle et à la foi catholique, et qui sape le travail d’organisations comme Courage.

(Via Rorate Caeli)

Et bien sûr, le livre de Frigide Barjot, la "fille à pédés", qui sort jeudi, s'intitule...

 

affiche_60986.thumb53700.1393982037.png

 

Il y a des fois où il ne faut pas sortir…

« En 2010, au plus fort de la bataille menée par l’épiscopat pour empêcher la légalisation du mariage entre personnes du même sexe en Argentine, l’idée naît de faire une veillée de prière [devant le parlement]. Esteban Pittaro, de l'Université Australe qui appartient à l'Opus Dei, envoie alors un e-mail à l'archevêché de Buenos Aires, pour l’informer de ce projet. Le lendemain, il constate qu’il a reçu un appel auquel il n’a pas répondu et il se rend compte que le numéro qui a appelé appartient à l’archevêché. Esteban rappelle et c’est Bergoglio en personne qui lui répond. 'Je trouve que c’est très bien que vous priiez. Mais le fait que vous vouliez passer toute la nuit sur la place… il va faire froid, rentrez chez vous, priez à la maison, en famille !", lui dit le cardinal. »

Elisabetta Piqué, "Francesco. Vita e rivoluzione", cité par Sandro Magister.

Lundi de la première semaine de carême

La messe de ce jour est la messe du bon pasteur du début du carême, comme il y a une messe du bon pasteur au début du temps pascal, et deux messes du bon pasteur au début du temps après la Pentecôte.

Dans l’évangile, le Fils de l’homme vient dans sa gloire, et il sépare les brebis d’avec les boucs. Les brebis, ce sont les fidèles qui ont été charitables… avec Jésus, c’est-à-dire avec ses membres souffrants. Car l’Eglise est le corps du Christ. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » De même dit-il aux « boucs » : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » C’est aussi ce qu’entendra saint Paul : « Je suis Jésus que tu persécutes. » En persécutant les chrétiens, Saul persécutait le Christ en son corps qu’est l’Eglise.

Ainsi la si émouvante lecture d’Ezéchiel est-elle un parallèle de la fin de cet évangile : Jésus dit qu’il ira chercher ses brebis, qu’il les rassemblera, qu’il les fera paître dans de bons pâturages et les fera reposer dans un bon bercail…

Les antiennes du Benedictus et du Magnificat résument tout cela :

Veníte, benedícti Patris mei, percípite regnum, quod vobis parátum est ab orígine mundi.

Venez, les bénis de mon Père, recevez le royaume qui vous a été préparé depuis la création du monde.

Quod uni ex mínimis meis fecístis, mihi fecístis, dicit Dóminus.

Ce que vous avez fait à chacun des plus petits des miens, c’est à moi que vous l’avez fait, dit le Seigneur.

06:06 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

09 mars 2014

Premier dimanche de carême

Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Dans la deuxième tentation, le diable cite le psaume 90 : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. » Quoniam angelis suis mandavit de te, ut custodiant te in omnibus viis tuis. In manibus portabunt te, ne forte offendas ad lapidem pedem tuum. Et une fois le diable vaincu, « des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient ».

Le psaume 90 est la source unique de tous les chants de la messe de ce premier dimanche de carême, et il est même presque entier dans le trait. « Nous le répéterons à l’introït, au graduel, à l’offertoire et à la communion, comme pour faire acte de protestation et de réparation pour la suggestion téméraire. D’autre part, le psaume 90 exprime si bien les sentiments de l’âme qui revient à Dieu par la pénitence et met en lui toute sa confiance, que l’Église en a fait comme le chant quadragésimal par excellence », dit le bienheureux cardinal Schuster. Plusieurs de ses versets rythmeront en effet toutes les heures de l’office du carême.

« C’est notre char de combat pendant tout le temps de Carême, ajoute Pius Parsch. Le psaume décrit le champ de bataille horrible ; des milliers tombent à droite et à gauche (cadent a latere tuo mille, et decem millia a dextris tuis), les flèches sifflent (sagitta volante) ; il faut marcher sur des aspics et des dragons (super aspidem et basiliscum ambulabis). Néanmoins, la troupe des héros ne craint rien : elle est enveloppée des ailes de Dieu (scapulis suis obumbrabit tibi, et sub pennis ejus sperabis) et les anges la gardent sur son chemin (angelis suis mandavit de te, ut custodiant te in omnibus viis tuis). Son épée est la confiance en Dieu (Dicet Domino : Susceptor meus es tu, et refugium meum ; Deus meus, sperabo in eum (…) Quoniam in me speravit, liberabo eum…). »

Pendant le carême, l’Eglise voit en effet les chrétiens comme « une immense armée qui combat jour et nuit contre l’ennemi de Dieu », dit dom Guéranger. « En effet, pour obtenir cette régénération qui nous rendra dignes de retrouver les saintes allégresses de l’Alléluia, il nous faut avoir triomphé de nos trois ennemis : le démon, la chair et le monde. Unis au Rédempteur, qui lutte sur la montagne contre la triple tentation et contre Satan lui-même, il nous faut être armés et veiller sans cesse. Afin de nous soutenir par l’espérance de la victoire et pour animer notre confiance dans le secours divin, l’Église nous propose le Psaume quatre-vingt-dixième (…). Elle veut donc que nous comptions sur la protection que Dieu étend sur nous comme un bouclier (scuto circumdabit te veritas ejus) ; que nous espérions à l’ombre de ses ailes (et sub pennis ejus sperabis), que nous ayons confiance en lui, parce qu’il nous retirera des filets du chasseur infernal (ipse liberavit me de laqueo venantium) qui nous avait ravi la sainte liberté des enfants de Dieu ; que nous soyons assurés du secours des saints Anges, nos frères, auxquels le Seigneur a donné ordre de nous garder dans toutes nos voies (Angelis suis mandavit de te, ut custodiant te in omnibus viis tuis), et qui, témoins respectueux du combat que le Sauveur soutint contre Satan, s’approchèrent de lui, après la victoire, pour le servir et lui rendre leurs hommages. Entrons dans les sentiments que veut nous inspirer la sainte Église, et durant ces jours de combat, recourons souvent à ce beau cantique qu’elle nous signale comme l’expression la plus complète des sentiments dont doivent être animés, dans le cours de cette sainte campagne, les soldats de la milice chrétienne. »

06:31 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (7)