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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2

  • “La Croix” adopte la “sexualité ludique”

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    J’avoue que je n’avais pas constaté que le quotidien La Croix était passé du bleu à l’orange, le 21 janvier semble-t-il. D’ailleurs je ne vois pas comment j’aurais pu le constater. Je le découvre ce jour parce que le Forum catholique attire l’attention sur la signification de ce changement de couleur. Elle est expliquée par Alain Rémond dans une billet intitulé L’orange ça pulse, ça bouge, ça chauffe, ça klaxonne…

    Personnellement je trouve ce nouveau dessin terne et lourd, mais Alain Rémond écrit :

    La Croix vient donc de faire sa révolution orange, comme l’Ukraine en 2004. Passer ainsi du bleu à l’orange n’a rien d’anodin. Le bleu, c’est le ciel, c’est la mer, c’est l’innocence, c’est la pureté. Alors que l’orange, pardon, ça déménage. Traditionnellement associé au soleil, donc à l’énergie, à la chaleur, c’est la couleur de l’optimisme, du dynamisme, du mouvement.

    Il est vu comme un antidépresseur, un excitant, lié aux plaisirs de la table et du corps, à la stimulation sensorielle, à la sensualité et même à la sexualité ludique. C’est la couleur du deuxième chakra, qui exprime notre rapport au plaisir et au désir (rappelons que les chakras, qui sont au nombre de sept, sont des « centres spirituels » ou des « points de jonction de canaux d’énergie » dans la philosophie hindouiste).

    Autant dire que ça va chauffer dans La Croix nouvelle formule.

    Une révolution orange, ça implique aussi de se mettre sous le parapluie américain d’où tombent des dollars à gogo. Mais je ne suis pas sûr que les Américains aient envie de subventionner La Croix

  • Un miracle de saint Charbel

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    Du 15 au 17 janvier a été exposée une relique de saint Charbel en l’église maronite de Phoenix, Arizona, à l’occasion du 50e anniversaire de la béatification du moine libanais. Ce qui a donné lieu à pas moins de 13 célébrations eucharistiques (dont trois par l’évêque maronite de Los Angeles, une par l’évêque de l’Eglise byzantine catholique – dont la cathédrale est à Phoenix, deux dans le rite latin dont une par l’évêque du lieu, une melkite par le curé de l’église melkite de Phoenix, et même une syriaque orthodoxe), entre force adorations eucharistiques, méditations, chapelets, et naturellement séances de vénération des reliques, avec une affluence considérable de fidèles.

    A Phoenix vit une femme, Dafné Gutierrez, mère de trois enfants, qui a complètement perdu l’usage d’un œil à l’automne 2014, puis de l’autre en novembre dernier. Un rapport médical constate que sa cécité est totale et irréversible. Le 16 janvier, ses proches la persuadent d’aller prier devant la relique de saint Charbel. On l’amène à l’église. Le Père Wissam raconte : « J’ai posé ma main sur sa tête, puis sur ses deux yeux, et j’ai demandé à Dieu de la guérir, par l’intercession de saint Charbel. »

    Le 18, à 5h du matin, elle se réveille avec une forte douleur dans les yeux, ainsi qu’une sensation de forte pression sur son crâne et ses orbites. Elle réveille son mari, qui sent quant à lui une « odeur de brûlé » et allume aussitôt la lumière… et l’éteint immédiatement parce que Dafné crie que ça lui fait mal. C’est alors, dans la pénombre, qu’elle comprend qu’elle voit. « Je te vois, je te vois avec mes yeux », dit-elle à son mari, tout en ressentant toujours la forte pression sur son crâne, « comme après une opération ».

    « Je ne pouvais pas le croire, dit-elle. Je ne voulais pas fermer les yeux. Et mes enfants criaient : Maman voit, Dieu l’a guérie ! »

    Trois jours plus tard elle va chez son ophtalmologiste, qui va appeler quatre autres médecins pour constater l’inexplicable guérison. « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible », répétait le Dr Jimmy Saade, regardant alternativement Dafné et le rapport médical sur sa cécité. Les examens ont montré une totale absence de l’œdème papillaire responsable de la cécité. D’autres examens sont en cours pour déterminer s’il reste des séquelles du syndrome d’Arnold-Chiari (malformation congénitale du cervelet) diagnostiqué alors qu’elle avait 13 ans et qui a abouti à la cécité.

    Il ne serait pas étonnant qu’on constate la disparition du syndrome d’Arnold-Chiari. Car les douleurs que Dafné a ressenties, « comme après une opération », ressemblent précisément aux douleurs de ceux qui disent avoir vu en songe saint Charbel les « opérer ». Quant à l’odeur de « brûlé », il s’agit sans doute de l’odeur d’encens que saint Charbel laisse éventuellement derrière lui.

    Bref, le thaumaturge libanais, auquel on attribue des milliers de miracles, a encore frappé.

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  • Saint Blaise

    Synaxaire byzantin (je ne sais pas qui en a fait des quatrains...):

    Le 11 février, mémoire du saint hiéromartyr Blaise, archevêque de Sébaste.

    Le martyr égorgé par le glaive, saint Blaise,
    visitant les malades, guérit ceux que lèse,
    en leur dolente gorge, le mal des humeurs.
    Le fer tranchant ton col, Blaise, l'onze tu meurs.

    Ce même jour, deux saints enfants et sept femmes, compagnons de martyre de saint Blaise, périssent par le glaive.

    Quel courage au combat montrent ces deux enfants;
    ils se hâtent, pour voir qui le premier arrive!
    Sept femmes croient en Christ: glaive, tu les pourfends,
    mais de virilité leur sexe ne les prive.

    Par leurs saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

    *

    Saint Blaise, ayant poussé
    dans la pratique des vertus divines, tu fleuris,
    selon l'expression de David,
    comme un palmier dans les parvis du Seigneur
    et, par tes justes actions,
    comme un cèdre tu as grandi;
    tel une vigne florissante dans la maison de Dieu,
    taillé au moment du martyre dans les tourments,
    du fruit de tes combats tu fis couler pour nous
    ce vin mystique dont nous souhaitons boire pour combler
    nos cœurs d'allégresse divine;
    et tous ensemble d'une même voix nous t'acclamons,
    te disant bienheureux en l'auguste mémoire de ta fin
    et demandant de recevoir,
    par ton intermédiaire, la paix et la grâce du salut.

    *

    Sur saint Blaise, voir ma note de l'an dernier.

  • Sauver la chapelle Saint-Yves

    A Vannes, la chapelle Saint-Yves, sur la place Maurice Marchais, face à l’hôtel de ville, est fermée depuis longtemps. Trop longtemps. Edifiée entre 1681 et 1684, elle était la chapelle du collège des jésuites, devenu collège Jules Simon… Aujourd’hui des pierres de la corniche tombent dans la cour du collège… Pendant la campagne des municipales, le candidat qui est aujourd’hui le maire avait promis de restaurer la chapelle. Mais il n’en est plus question. Les « contraintes budgétaires », vous savez…

    Comme la chapelle se dégrade et menace une école, elle pourrait bien être démolie, bien que classée. Or sa façade, bel exemple de façade classique jésuite, et même son sobre intérieur, méritent qu’elle soit sauvée. Et aussi qu’elle reste un lieu de chrétienté (au cas où la municipalité la vendrait).

    Mais le coût de la restauration est de 2 millions d’euros…

    Une association est en cours de constitution, et une pétition a été lancée.

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  • En Slovaquie

    Selon ILGA (Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes), qui est « très déçue et consternée » (pauvres choux…), « le gouvernement slovaque a abandonné son projet de plan national d’action pour l’égalité LGBTI, déclarant que ce serait un sujet pour le prochain gouvernement ».

    Le projet, dont la rédaction avait duré quatre ans, avait été publié en octobre dernier en vue de recueillir les remarques du public, et un « séminaire » avait été organisé en novembre.

    Mais voilà. Le mois prochain il y aura les élections. Et si les socialistes veulent préserver leurs chances d’être reconduits, ils ont tout intérêt à fourrer les revendications LGBTI tout au fond d’un tiroir…

    Encore qu’il n’y ait pas besoin de la moindre menace. C’est ce même gouvernement socialiste qui, en 2014, résistant à la pression européenne et internationale, a fait inscrire dans la Constitution que le mariage est « l’union d’un homme et d’une femme » (amendement voté par 102 des 150 députés)…

  • Au Pakistan

    L’Eglise catholique au Pakistan s’inquiète de la proposition de révision des lois sur le blasphème émanant du « Conseil de l’idéologie islamique » - puisque tel est en effet le nom officiel (du moins en anglais) de cet organe du gouvernement pakistanais.

    Alors que des voix s’élèvent sans cesse pour demander la suppression des lois sur le blasphème, cette proposition pourrait conduire à les renforcer…

    Le président de cet organisme, Maulana Muhammad Khan Sheerani, a déclaré : « Le gouvernement du Pakistan devrait déférer la loi sur le blasphème devant le Conseil islamique. Sur ce sujet il y a différentes opinions parmi les religieux. C’est pourquoi le Conseil peut s’occuper sérieusement de la question et dire s’il est nécessaire de confirmer la loi, la durcir ou l’assouplir. » Il dit aussi que le Conseil est disposé à « rouvrir des dossiers pour examiner si les jugements ont été rigoureux et la peine de mort correctement infligée ». Sic.

    Il est clair que si le Conseil se saisit des lois sur le blasphème, ce sera pour les durcir et les rendre intouchables.

    Les défenseurs des droits de l’homme rappellent que c’est au Parlement de s’occuper des lois, et que des institutions comme le Conseil de l’idéologie islamique ne devraient pas exister.

    Addendum

    L’archevêque de Lahore, Mgr Sebastian Shaw, se veut rassurant et déclare à l'agence Fides :

    « Nous approuvons la réflexion et les démarches du Conseil pour l’idéologie et nous espérons qu’une modification de la loi sur le blasphème, permettant d’en empêcher l’abus, puisse être imminente. Déjà, le Président du Pakistan, Mamnoon Hussain, en nous rencontrant l’an passé, nous évêques et d’autres responsables religieux, nous avait communiqué qu’il se serait engagé dans ce sens. L’abus de la loi, utilisée à d’autres fins, fait souffrir de nombreux citoyens pakistanais, musulmans, chrétiens et de toutes les religions, détruisant injustement la vie de nombreux innocents. Nous espérons en un changement qui améliore les choses. »

  • Un prêtre attaqué en Inde

    Le Père José Kannumkuzhy, économe du diocèse syro-malabar de Ramanathapuram, dans l’Etat de Tamil Nadu, et trois laïcs membres du conseil pastoral du diocèse, ont été sauvagement agressés le 28 janvier par de jeunes hindous extrémistes. Les trois laïcs ont pu sortir de l’hôpital le 31 janvier, mais le P. Kannumkuzhy, grièvement blessé, est toujours en soins intensifs.

    C’était à Ettimada, où l’Eglise gère (via des franciscains) un centre de soins pour sidaïques. Un enfant est mort du sida, et les hindous ont accusé le centre d’être responsable de sa mort, par manque de soins. Ce qui est une accusation odieuse qui n’avait encore jamais été proférée à l’encontre de gens qui se dévouent auprès des malades par amour de Dieu.

    Le prêtre et les trois laïcs (qui travaillent dans ce centre) sont allés à la police pour expliquer comment l’enfant était mort. Alors qu’ils étaient encore dans la voiture, quelque 35 jeunes hindous sont alors arrivés pour les attaquer. Ils ont pris la fuite, et ont tenté d’alerter des policiers… qui n’ont pas voulu intervenir. Rattrapés, ils ont été sortis de la voiture et sévèrement passés à tabac, surtout le prêtre qui souffre de multiples et graves blessures, notamment à la tête.

    Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay et président de la conférence des évêques de l’Inde, condamnant l’attaque, a réaffirmé que l’Eglise continuerait de soigner de façon désintéressée tous ceux qui souffrent du sida dans tous les centres qui sont sous sa responsabilité, inspirée par l’amour et la compassion de Jésus. Il a rappelé qu’en Inde l’Eglise catholique (2% de la population) est le second plus grand prestataire de soins après l’Etat et qu’elle est infatigablement au service des gens, par son Apostolat de la Santé, sans aucune discrimination de caste ou de croyance et qu’elle procure des soins accessibles à tous depuis des décennies (3.000 institutions dont 85% en zone rurale, 64 centres spécialisés dans le sida).

  • Le virus de l’avortement

    Toutes les occasions sont bonnes à prendre pour la culture de mort, et le virus Zika est une occasion toute particulière pour décupler la propagande en faveur de l’avortement. Du coup Women on waves reprend du service et cingle vers l’Amérique latine.

    Le prétexte est que le virus Zika pourrait provoquer des « microcéphalies », et les bébés atteints de cette maladie, qui ne marcheront pas et ne parleront pas, n’ont que peu de temps à vivre après une terrible déchéance. Sauf que la Brésilienne Ana Carolina Caceres était atteinte de microcéphalie et qu’elle est aujourd’hui journaliste après être passée par l’université. Et qu’elle se sent personnellement attaquée par la propagande actuelle qui se déchaîne dans son pays…

  • Concerts privés

    Extrait du témoignage d’un ancien garde suisse sur Benoît XVI :

    Alors que certains le décrivent comme un homme austère, j’ai pour ma part le souvenir d’un être charismatique et chaleureux, et par ailleurs excellent musicien. Pendant la saison estivale, il se rendait dans sa résidence d’été à Castel Gandolfo où j’ai eu l’occasion d’être sentinelle. Chaque soir avant de s’endormir, le pape jouait du piano avec les fenêtres ouvertes. Le temps s’arrêtait alors pour mes camarades et moi. Nous nous asseyions sur un banc pour écouter ce récital exécuté par le Saint-Père en personne.

    Ça fait rêver...

  • Tusk et le Brexit

    Le président du Conseil européen Donald Tusk a publié la lettre qu’il envoie aux Etats membres sur ses « propositions pour un nouvel accord pour un Royaume Uni dans l’Union européenne », lettre accompagnée de six projets de déclarations du Conseil et de la Commission. Cela ressemble beaucoup à un rideau de fumée, et l’on ne voit pas comment David Cameron pourrait s’appuyer sur ces textes (à condition encore qu’ils soient acceptés par le Conseil) pour faire campagne contre le Brexit.

    Le seul élément qui puisse être retenu est que, « à la lumière de la situation particulière du Royaume Uni dans les traités, celui-ci n’est pas tenu à aller plus loin dans l’intégration politique ». Mais cela veut dire aussi qu’on ne reviendra pas sur les pertes de souveraineté déjà imposées. On remarquera l’habileté qui consiste à limiter au seul Royaume Uni la possibilité de ne pas aller plus loin dans l’intégration. Même si les deux choses (ne pas aller plus loin, et la limitation à un seul pays), sont évidemment et littéralement contraires au traité…

    A cela s’ajoute une autre proposition, renforçant la « subsidiarité » : une majorité numérique de parlements nationaux (quelle que soit la taille des Etats) pourrait bloquer une loi européenne. Mais comme ce n’est pas dans le traité…

    On passera sur les vœux pieux concernant la compétitivité (on va tout faire pour la renforcer, bien sûr…).

    Pour le reste, on fait semblant d’admettre la demande britannique du limiter pendant quatre ans les aides sociales pour les ressortissants de l’UE travaillant au Royaume Uni, mais on la limite strictement à des « situations exceptionnelles de flux de travailleurs »… (sinon ce serait contraire au traité).

    Sur la « gouvernance économique » de l’UE, le texte parle de respect mutuel entre ceux qui ont l’euro et ceux qui ne l’ont pas, de la prise en compte des inquiétudes de ceux qui ne l’ont pas, ce qui ne saurait aller jusqu’à un droit de veto ou même une possibilité de retarder les décisions à prendre…

    Donald Tusk demande aux 27 partenaires du Royaume Uni de répondre à ses propositions dans les deux semaines, afin de pouvoir adopter les textes définitifs lors du sommet des 18 et 19 février prochains.

  • La Purification de la Sainte Vierge Marie

    La Vulgate, et avant elle les anciennes versions latines, ont modifié le texte grec de saint Luc, pour gommer une apparente incongruité. Le texte grec dit en effet : « Et quand furent accomplis les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. »

    Saint Jérôme, lorsqu’il écrit son livre contre Helvidius sur la virginité de Marie, retraduisant pour l’occasion le texte original sans s’occuper des textes latins existants, écrit donc aussi : « les jours de leur purification » (cum expleti essent dies purgationis eorum), mais il ne commente pas cette anomalie, car c’est un passage où il évoque uniquement la question du « premier-né ».

    Or ce n’est pas la seule anomalie. Saint Luc les multiplie. A dessein. Dans la phrase citée il y en a une autre : « pour le présenter au Seigneur », selon la loi de Moïse. Or la Loi (à laquelle saint Luc renvoie pas moins de quatre fois dans ce bref passage), qui prévoit la purification de la mère seule et non de la famille, ne prévoit pas cette présentation au temple de Jérusalem. Elle prévoit une consécration du premier-né, qui n’a a pas à être solennisée au Temple. En revanche la loi exige le rachat du premier-né, dont saint Luc ne dit pas un mot…

    Alors que le texte paraît insister sur la purification de Marie (avec le sacrifice des deux pigeons ou tourterelles), Luc veut montrer que ce qui est important est la « présentation ». A savoir, en fait, la « consécration » à Dieu du premier-né. Qui a lieu exceptionnellement au Temple. Mais il ne veut pas utiliser le mot « consécration ». Parce qu’il sait que Jésus est saint, consacré, depuis sa conception. Et Marie et Joseph le savaient avant lui et l’ont transmis. Jean Daniélou : « La présentation de l’enfant au Temple est la reconnaissance par eux de cette consécration. Il n’a pas à être consacré. Il l’est en lui-même. Il appartient au même ordre que le Temple, puisque l’ombre, qui témoignait de la présence de Dieu dans le Temple, l’a couvert dès sa conception. »

    Le propos de saint Luc, montre le cardinal Daniélou, est de souligner le caractère sacerdotal de Jésus. (Le personnage qui importe d’abord est cet enfant, c’est pourquoi saint Luc a fait un raccourci est disant « leur purification » en parlant de Marie mais en pensant aussi à Jésus - du reste ni l’un ni l’autre n’avait à être purifié).

    Saint Luc, montre Daniélou, a choisi le mot « présenter » (paristhénai) parce que c’est celui qui est utilisé dans la Loi à propos des prêtres et des lévites qui se tiennent dans le sanctuaire. « La présentation a donc une signification proprement sacerdotale. Elle tend à montrer déjà en Jésus-enfant le grand prêtre de la Nouvelle Alliance. C’est le thème qui sera développé dans l’Epître aux Hébreux (9, 11-14). Par ailleurs, toujours dans le même contexte cultuel, le mot paristhénai désigne la présentation d’une offrande. Il prend alors un sens sacrificiel. Ainsi dans Rom. 12,1 : “Présentez vos corps à Dieu comme une hostie vivante.” Jésus est ainsi présenté à la fois comme le prêtre qui offre et comme le sacrifice qui est offert. » (Les évangiles de l’enfance, pp. 108-111.)

  • Profanation et sacrilège

    L’église Saint-Didier de Bruyères-le-Châtel (Essonne) a été vandalisée dans la nuit de samedi à dimanche. « C’est un vrai saccage. Un vitrail a été cassé. Le tabernacle a été retourné, le ciboire dérobé, la sacristie retournée », dit l’évêque, Mgr Dubost.

    Le ciboire a été volé avec ses hosties consacrées.

    Un précieux ostensoir n’a pas été volé.

    Selon Mgr Dubost, « c’est une vraie attaque contre l’Église catholique. C’est le symbole du sacré qui est touché. Il y a une volonté de nuire ».

    Ce n’est pas seulement le symbole qui est touché, quand on croit à l’eucharistie. Comme par exemple les auteurs de messes noires, qui sont tranquilles puisque personne n’en parle.

  • Le pape et la famille

    En mai 2015, lors de la Marche pour la Vie à Rome, le pape s’était contenté d’une brève allusion lors de l’Angélus. Samedi, pour la gigantesque manifestation contre la dénaturation du mariage, le pape n’a rien dit, lors de sa « toute première audience jubilaire ». Pas un mot non plus ce jour-là dans l’Osservatore Romano.

    Antonio Socci, qui souligne et commente ce fait, ajoute que selon ses informations toutes les messes du début de matinée ont été annulées ce samedi à Saint-Pierre de Rome, car il n’a pas été jugé opportun que des messes soient célébrées pour les participants à cette manifestation…

    On remarquera d’autre part que pour Radio Vatican, qui a quand même daigné en dire un mot, il y a eu « des dizaines de milliers de personnes » à cette manifestation : comme pour l’AFP et tous les médias qui veulent en minimiser l’importance.

    Alors que la police italienne (aux ordres du pouvoir qui veut faire voter la dénaturation du mariage) a annoncé 300.000 manifestants et que plusieurs médias donnent le chiffre d’un million, ou près d’un million.

  • Les “missionnaires de la miséricorde” ?

    Ils devaient être 800, ils seront 1.071, les prêtres que le pape enverra en mission, le mercredi des cendres, comme «confesseurs humbles et sages, capables de pardonner largement, pour ceux qui s’approchent de la confession». Il y a eu énormément de demandes, et il a fallu mettre une limite, « pour que cela garde la caractéristique de signe pour exprimer la dimension extraordinaire de cet événement », explique Mgr Fisichella.

    Ces prêtres ont donc été choisis pour « être des témoins privilégiés dans leur Église locale du caractère extraordinaire de l’événement jubilaire ». Ils pourront à ce titre absoudre les péchés réservés au Saint-Siège : la profanation des espèces consacrées, l’absolution de son complice, la consécration épiscopale sans mandat pontifical, la violation directe du secret de la confession et la violence contre la personne du Pape.

    Un prêtre réagit sur le Forum catholique :

    En plusieurs décennies de confessions, je n'ai jamais entendu de péchés de cette liste.

    Quand le pape avait annoncé cette initiative, on avait parlé de l’avortement. Mais ce péché est réservé à l’évêque, non au pape.

    Autrement dit les « missionnaires de la miséricorde », annoncés à grands coups de trompes, ne servent à rien.

    En revanche, souligne le prêtre déjà cité, l’expression « capables de pardonner largement » est très ambiguë.

    Le sens correct est : des confesseurs ayant les pouvoirs de pardonner les péchés auxquels sont attachées des "censures" (excommunications) réservées au Saint-Siège (ce qui est "réservé", ce n'est pas l'absolution du péché, c'est celle de la censure ecclésiastique). Comme les péchés de cette liste sont franchement rarissimes, tout le monde sera tenté de penser au sens incorrect.

    Le sens incorrect, c'est : face à un pécheur mal disposé (par exemple, concubinaire pas décidé à mettre fin à cette situation), le confesseur donnera l'absolution sans se poser de questions et sans exhorter le pénitent à sortir de son péché.

  • Saint Ignace

    Ne vous laissez pas séduire par les doctrines étrangères ni par ces vieilles fables qui sont sans utilité. Car si maintenant encore nous vivons selon la loi, nous avouons que nous n'avons pas reçu la grâce. Car les très divins prophètes ont vécu selon Jésus-Christ ; c'est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, pour que les incrédules fussent pleinement convaincus qu'il n'y a qu'un seul Dieu, manifesté par Jésus-Christ son Fils qui est son Verbe sorti du silence, qui en toutes choses s'est rendu agréable à celui qui l'avait envoyé.

    Si donc ceux qui vivaient dans l'ancien ordre de choses sont venus à la nouvelle espérance, n'observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s'est levée par lui et par sa mort, -quelques-uns le nient; mais c'est par ce mystère que nous avons reçu la foi, et c'est pour cela que nous tenons ferme, afin d'être trouvés de véritables disciples de Jésus-Christ, notre seul maître - comment pourrions-nous vivre sans lui, puisque les prophètes aussi, étant ses disciples par l'esprit, l'attendaient comme leur maître ? et c'est pourquoi celui qu'ils attendaient justement les a, par sa présence, ressuscités des morts.

    Ne soyons donc pas insensibles à sa bonté. Car s'il nous imite selon ce que nous faisons, nous n'existons plus. C'est pourquoi faisons-nous ses disciples et apprenons à vivre selon le christianisme. Car celui qui s'appelle d'un autre nom en dehors de celui-ci, n'est pas à Dieu. Rejetez donc le mauvais levain, vieilli et aigri, et transformez-vous en un levain nouveau, qui est Jésus-Christ. Qu'il soit le sel de votre vie, pour que personne parmi vous ne se corrompe, car c’est à l'odeur que vous serez jugés. Il est absurde de parler de Jésus-Christ et de judaïser. Car ce n'est pas le christianisme qui a cru au judaïsme, mais le judaïsme au christianisme, en qui s'est réunie toute langue qui croit en Dieu.

    Tout ceci, mes bien-aimés, ce n'est pas que j'aie appris que quelques-uns parmi vous soient mal disposés ; mais, bien qu'étant plus petit que vous, je veux que vous soyez en garde pour ne pas vous laisser prendre aux hameçons de la vanité. Au contraire, soyez pleinement convaincus de la naissance, et de la passion, et de la résurrection arrivée sous le gouvernement de Ponce Pilate. Toutes ces choses ont été véritablement et certainement accomplies par Jésus-Christ notre espérance ; puisse aucun de vous ne jamais se détourner d'elles.

    Puissé-je jouir de vous en toutes choses, si j'en suis digne. Car, bien qu'étant enchaîné, je ne suis comparable à aucun de vous qui êtes libres. Je sais que vous ne vous gonflez pas d'orgueil ; car vous avez Jésus-Christ en vous. Et davantage, quand je vous loue, je sais que vous en êtes confus, comme il est écrit.

    Ayez donc soin de vous affermir dans les enseignements du Seigneur et des Apôtres, afin qu'en tout ce que vous ferez vous réussissiez, de chair et d'esprit, dans la foi et la charité, dans le Fils et le Père et l'Esprit, dans le principe et dans la fin, avec votre si digne évêque, et la précieuse couronne spirituelle de votre presbytérium, et avec vos saints diacres. Soyez soumis à l'évêque et les uns aux autres, comme le Christ selon la chair fut soumis au Père, et les Apôtres au Christ et au Père et à l'Esprit, afin que l'union soit à la fois charnelle et spirituelle.

    Sachant que vous êtes pleins de Dieu, je vous ai exhortés brièvement. Souvenez-vous de moi dans vos prières afin que je trouve Dieu, et aussi de l'Église de Syrie - je ne suis pas digne d'en être appelé un membre, car j'ai besoin de votre prière et de votre charité tout unies en Dieu - pour que Dieu daigne, par votre Église, faire tomber sa rosée sur l'Église de Syrie.

    De Smyrne d'où je vous écris, les Éphésiens vous saluent. Ils y sont venus pour la gloire de Dieu ; comme vous, ils m'ont réconforté en toutes choses avec Polycarpe, l'évêque de Smyrne. Et les autres Églises vous saluent aussi en l'honneur de Jésus-Christ. Portez-vous bien dans la concorde de Dieu, possédant cet esprit inséparable qu'est Jésus-Christ.

    Fin de la lettre de saint Ignace évêque d’Antioche « dit aussi Théophore » aux Magnésiens

  • Sexagésime

    Dans l’office, la grande figure de ce jour et de toute la semaine est celle de Noé, qui va sauver l’humanité en faisant passer toutes les semences du vivant par le baptême du Déluge.

    La messe quant à elle, qui parle aussi de semence, est dominée par la figure de saint Paul. La station romaine est à la basilique Saint-Paul, parce que celle de dimanche prochain sera à Saint-Pierre, et celle du premier dimanche de carême à la basilique du Saint-Sauveur (saint Jean de Latran, la cathédrale du pape). Peut-être aussi, dit le cardinal Schuster, voit-on en ce dimanche l’écho d’une énigmatique « Translation de saint Paul » signalée dans le martyrologe hiéronymien au 25 janvier. Toujours est-il que la collecte, de façon insolite pour un dimanche, invoque l’apôtre des nations. La longueur de l’épître insiste sur la présence de saint Paul en ce jour. Non seulement sa longueur, mais son importance, puisqu’elle « supplée en partie aux lacunes des Actes et nous décrit au vif les peines incroyables soutenues par Paul dans son apostolat parmi les gentils » (card. Schuster) comme l’avait dit Jésus à Ananie : « Je lui montrerai combien il devra souffrir pour mon nom. » C’est aussi le passage où saint Paul fait des confidences sur ses révélations célestes.

    On peut également voir dans l’évangile du semeur une allusion à saint Paul, semeur de la Parole dans toutes les contrées du nord de la Méditerranée sur toutes sortes de chemins.

    La station étant à la basilique Saint-Paul, on ne s’étonne pas d’avoir un sermon de saint Grégoire le Grand prononcé en cette basilique un dimanche de la Sexagésime. Car il y avait au VIe siècle un dimanche de la Sexagésime et l’on y invoquait saint Paul et l’évangile était celui du Semeur qui sortit pour semer sa semence.

    Aux matines l’Eglise nous fait lire le début de ce sermon. En voici la fin, qui commente les derniers mots de la parabole, sur ceux qui « portent du fruit dans la patience ».

    Sous le portique qui mène à l’église du bienheureux Clément, se tenait un certain Servulus — que beaucoup d’entre vous ont connu comme moi — pauvre en biens, riche en mérites, et exténué par une longue maladie. Depuis son plus jeune âge jusqu’à la fin de sa vie, il resta couché, paralysé. Ce n’est rien de dire qu’il ne pouvait se tenir debout, puisqu’il était même incapable de se redresser sur son lit, ne fût-ce que pour s’asseoir. Jamais il ne put porter la main à sa bouche, jamais non plus se retourner sur l’autre côté. Il avait sa mère et son frère pour le servir, et par leurs mains, il distribuait aux pauvres tout ce qu’il pouvait recevoir comme aumônes. Il ne savait pas l’alphabet, mais il s’était acheté des manuscrits de l’Ecriture Sainte, et il se la faisait lire sans cesse par tous les gens pieux qu’il recevait chez lui. C’est ainsi qu’il apprit à connaître l’Ecriture Sainte aussi à fond qu’il le pouvait, alors que, comme je l’ai dit, il ignorait complètement l’alphabet. Dans ses souffrances, il s’efforçait de toujours rendre grâces et de vaquer nuit et jour aux hymnes et aux louanges de Dieu.

    Quand le temps fut venu où une si grande patience devait être récompensée, les souffrances des membres remontèrent aux organes vitaux. Se sentant sur le point de mourir, Servulus demanda aux étrangers à qui il donnait l’hospitalité de se lever et de chanter des psaumes avec lui dans l’attente de son départ. Comme le moribond lui-même psalmodiait avec eux, il fit soudain cesser la psalmodie par un grand cri de stupeur : «Silence! N’entendez-vous donc pas les louanges dont le Ciel retentit?» Et pendant qu’il tendait l’oreille de son cœur à ces louanges qu’il entendait au-dedans de lui, sa sainte âme se sépara de son corps. Mais à son départ, un parfum si exquis se répandit que toute l’assistance fut remplie d’une douceur inexprimable; et tous en conclurent sans hésitation possible que par ces louanges, c’est le Ciel qui venait d’accueillir cette âme. Il se trouvait là un de nos moines, qui est encore en vie. Il a coutume d’attester, en pleurant beaucoup, que jusqu’à la mise au tombeau, on ne cessa de sentir l’odeur du parfum. Voilà comment quitta cette vie celui qui, en cette vie, avait supporté les tourments avec sérénité. Ainsi, selon la parole du Seigneur, la bonne terre a rendu son fruit par la patience, et labourée par le soc de l’effort, elle est parvenue à la moisson de la récompense.

  • Le turc en Europe

    La « session d’hiver » de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’est déroulée du 25 au 29 janvier. On y a baratiné de choses et d’autres, notamment de la Pologne qui file un mauvais coton ces temps-ci… Mais l’information principale est que le turc est devenu « langue de travail » de l’Assemblée.

    Cela découle du fait que le 22 mai 2015 l’Assemblée avait voté en faveur de l’augmentation du nombre de sièges attribués à la Turquie, le portant de 12 à 18 « pour tenir compte de l’augmentation de la population de ce pays ». La Turquie devenait ainsi l’un des pays les plus représentés, à égalité avec la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, l’Italie et la Russie, et le turc devait donc devenir une langue officielle de l’Assemblée à l’instar des langues des autres pays dotés de 18 représentants, « à condition toutefois que l’Assemblée reçoive une dotation supplémentaire pour couvrir les frais que cela implique ». Naturellement on a trouvé la dotation sans problème…

    Ainsi le 27 janvier a été tenu le premier discours en turc à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, par le député Utku Cakirozer, du parti d’Atatürk membre associé du parti socialiste européen.

    De même, la Cour européenne des droits de l’homme, qui dépend du Conseil de l’Europe, a adopté le turc comme langue de travail, et ses arrêts sont désormais disponibles en turc comme en anglais, en français et en russe.

  • Wisigothique

    Sur le toujours très intéressant blog New Liturgical Movement, Matthew Alderman nous fait découvrir une église wisigothique d’Espagne qu’il a visitée près de Burgos, Santa Maria de Lara, à Quintallina de las Viñas, ou du moins ce qu’il en reste, à savoir le chevet et le transept.

    Ce que je trouve stupéfiant est ce qu’il dit des sculptures figuratives que l’on y voit, dont « ce qui pourrait être l’image la plus ancienne du Christ dans l’art espagnol, un morceau de sculpture bizarre, troublant, et presque méconnaissable ». Et c’est pourquoi, dit-il, il a voulu le partager sur le blog : « Quelque chose paraissait complètement autre dans ces images froides et d’un autre monde, et même troublantes. Effrayant, non, étrange, oui. » Et il continue ainsi, disant que c’est un sentiment qu’il n’a que rarement ressenti et qu’il ne peut expliquer, dû peut-être aux « goûts barbares » des Wisigoths… dont il se dit pourtant un lointain descendant…

    Donc voici l’image du Christ en question :

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    Or, quant à moi, je suis complètement chez moi quand je vois cela. D’autant plus chez moi que ça ressemble à des dessins celtiques, aux gravures et enluminures irlandaises, et aux églises romanes irlandaises… dont les porches paraissent parfois hispaniques.

    Le plus étonnant est que, comme l’a établi Ludovic Grondijs, les frises et les personnages viennent tout droit… d’Arménie. Certes, on sait qu’au moyen âge circulaient des modèles de décoration d’un peu partout, et qu’à la cathédrale du Puy on peut voir des motifs tunisiens et égyptiens, avec même des inscriptions coraniques devenues illisibles parce que l’artiste n’y voyait que des… arabesques. Mais ici nous sommes au VIIe siècle, et les églises arméniennes en question sont du… VIIe siècle. Ludovic Grondijs nous apprend qu’un prince arménien s’était réfugié chez le roi wisigoth, dans les années 640, qui lui avait donné sa fille ou sa nièce en mariage, et que le fils de ce couple avait ensuite renversé le roi pour prendre sa place…

    Frise arménienne du VIIe siècle:

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    Frise de la chapelle wisigothique:

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    Et comparer les vêtements du bas relief du Christ et des anges avec ceux de ce bas relief arménien :

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    En revanche, je suis beaucoup plus dubitatif sur la thèse principale de Grondijs, qui est que la chapelle de Quintanilla serait un sanctuaire manichéen déguisé en église, sous prétexte que de chaque côté de l’arc il y a une représentation de la lune et du soleil.

    On trouvera de nombreuses photos de cette église et de ses sculptures sur le site Chapiteaux.

  • Sainte Martine

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    A la sainte vierge et martyre Martine, Urbain VIII souverain pontife.

    Lu sur Artetrome :

    Comme presque toutes les églises du centre historique de Rome, l’église de saint Luc et Martine a été édifiée sur les ruines de structures antiques, en effet l’église a été bâtie sur le Secretarium Senatus, un édifice destiné aux réunions secrètes du Sénat romain. C’est au XVIe siècle que l’église prend le nom de saint Luc et Martine, quand le pape Sixte V la cède à la fameuse Académie de saint Luc (l’académie de peinture fondée à la fin du XVIe siècle et dont saint Luc est le saint patron) car le siège se trouvait dans une rue avoisinante. L’Académie de saint Luc décide de bâtir une nouvelle  église car la précédente avait un aspect vétuste. Après quelques péripéties, on confie les travaux au peintre et architecte Pierre de Cortone, « prince de l’Académie de saint Luc », et c’est alors que l’on découvre dans l’église souterraine le corps de sainte Martine et d’autres martyrs chrétiens… La façade de l’église de saint Luc et Martine, avec sa forme légèrement convexe, est un des chefs d’œuvre les mieux réussis de l’architecte et peintre Pierre de Cortone. Par l’escalier à gauche du maître autel on descend au niveau de l’église souterraine, elle est richement décorée, et outre le tombeau de la sainte on y trouve aussi le tombeau de Pierre de Cortone.

    Lequel Pierre de Cortone voyait ainsi sainte Martine. O tempora, o mores...

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  • Toujours Anzy-le-Duc

    L’artiste qui devait défigurer l’église d’Anzy-le-Duc ne décolère pas que les « intégristes » de Terre et Famille (à savoir Stéphanie Bignon et quelques amis) aient fait échouer le projet. Le-Pays.fr publie un article instructif.

    A propos de l’évêque, Mgr Rivière :

    « Il m'a dit : "Pour un chrétien la lumière sur le monde vient de Jésus-Christ. Pas des étoiles ou des planètes. Un vitrail doit être traversé par l'image du Christ ressuscité". Ah bon… », ironise le peintre, qui se dit agnostique.

    Alors que lui voulait

    montrer la présence des hommes dans l'église. Ce sont eux qui donnent la lumière, qui réfléchissent. Je voulais évoquer le mystère et l'énigme qu'est la question de notre propre existence. Rappeler, sans provocation, que les hommes ont inventé les dieux.

    Et

    Tout le monde était d'accord. Sauf l'évêque et le curé qui n'ont pas été consultés.

    Quant aux « intégristes », ils sont littéralement terrifiants, avec leur énorme organisation Terre et Famille contre laquelle personne ne peut lutter :

    « Ils ont gagné. En Brionnais, ils sont tout puissants », souffle-t-il en direction de Terre et Famille. « Tout le monde en est arrivé à avoir peur de leurs arguments. Je ne me bats pas contre ces gens-là. »

  • L’impact du Brexit

    La banque Barclays a publié une nouvelle étude sur le Brexit, dont voici un résumé selon le Telegraph. Pour info.

    Un vote pour la sortie de l’UE « ouvrirait la boîte de Pandore » dans une Europe en crise. Les marchés financiers n’ont pas saisi l’importance d’un tel vote, qui serait « le risque mondial le plus significatif de l’année » et pourrait conduire à l’effondrement du projet européen (ils veulent dire européiste).

    Les investisseurs ont vendu des livres en anticipation du référendum, du coup la monnaie britannique a perdu 9% face à l’euro. Mais si les Britanniques votent la sortie de l’UE, les conséquences politiques et institutionnelles seraient beaucoup grandes que les retombées économiques. Car nombre de pays seraient pris en étau entre les extrémistes de droite et de gauche qui poussent à la sortie de l’UE. Or, « si la situation politique tournait mal dans l’UE, le Royaume Uni pourrait être vu comme un refuge contre ces risques, inversant l’appréciation du taux de change de l’euro ».

    « Dans cette configuration, les votants écossais pourraient être moins enclins à quitter la sécurité relative du Royaume Uni pour une UE de plus en plus incertaine. »

    Barclays se fait l’écho des analyses qui considèrent que le Brexit aurait de lourdes conséquences, non pour le Royaume Uni, mais pour l’UE. « Le référendum est généralement considéré comme une affaire britannique, alors qu’il devrait être vu comme une question européenne. »

    D’autant qu’est venue se greffer la question de l’immigration, qui joue comme un joker pour le Brexit. Et ce départ encouragerait les autres Etats qui luttent contre l’immigration et provoquerait, selon la banque, une nouvelle vague de turbulences. « Le Royaume Uni fournirait aux opposants à l’immigration un exemple politique puissant de la façon de traiter l’une des questions les plus épineuses et les plus émotionnelles auxquelles sont confrontés les électeurs européens », ce que Barcalys voit comme une « menace ».

  • Ex-Bibliothèque rose

    Les livres de la Bibliothèque rose ont été allégés de leurs mots « compliqués », et « modernisés » afin de les rendre parfaitement conformes à la pensée unique antiraciste antisexiste laïque.

    On supprime donc toute allusion à la religion catholique qui aurait pu se glisser çà et là, apprend-on sur l'Observatoire de la christianophobie.

    Ainsi dans Le club des cinq à la mer, la scène où les enfants vont à la messe a été remplacée par la visite du marché.

    Avant :

    « Voulez-vous aller à la messe ? demanda Mme Penlan. La route jusqu’à l’église de Trémanoir est ravissante, vous aimerez sûrement M. le curé; c’est un saint homme. – Oui, nous irons, dit François […] La vieille église dormait à l’ombre de ses tilleuls; elle était toute petite, accueillante, charmante. (…) La chapelle était fraîche et obscure, mais trois vitraux de couleurs projetaient sur les colonnes et sur les dalles des reflets violets, rouges et bleus. M. le curé avait l’air d’un saint. Son sermon, tout simple, semblait émouvoir chacun des fidèles en particulier. Il les connaissait bien tous, il était leur ami. Lorsque les enfants sortirent de la messe, ils furent éblouis par le soleil. »

    Après :

    « Voulez-vous m’accompagner au marché ? demande la fermière, après avoir rempli la dernière mangeoire de l’étable. – Oh, oui ! acquiescent les enfants. (…) Le marché se tient à l’ombre des tilleuls : il n’est pas grand, mais très vivant. Sur les étalages reposent des légumes colorés et des fruits juteux. Des poulets dorés tournent sur les broches des rôtisseries. Les commerçants interpellent de leur voix sonores les clients qui arpentent l’allée, pour vanter la qualité de leurs produits. Mme Elouan connaît bien le boucher car c’est lui qui se charge de vendre les volailles de sa ferme. Lorsque les enfants quittent le marché, ils se sentent affamés. »

    A une époque où on parle tellement de « liberté d’expression », il s’agit tout simplement de censure totalitaire, au nom d’un laïcisme de combat, désormais mâtiné de dhimmitude.

    En novembre 2010, j’avais évoqué dans Daoudal Hebdo le même traitement infligé à la Comtesse de Ségur, où c’est encore plus violent dans la mesure où il s’agit de livres ouvertement catholiques. Ci-après mon article de l’époque.

    Lire la suite

  • Une messe de BD

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    Ce stand à l’allure quelque peu bricolée, au Festival de la Bande dessinée d’Angoulême, montre qu’on peut se moquer de l’Eglise catholique sans pour autant sombrer dans le blasphème.

    Addendum

    On me dit que c’est un vrai évêque et des vrais prêtres. Et une vraie messe.

    Zut alors. Pour le coup on n’est pas loin du blasphème…

  • De nouvelles fresques découvertes en Cappadoce

    Les fouilles archéologiques dans la ville souterraine découverte en 2012 sous celle de Nevsehir, en Cappadoce, ont mis au jour une église souterraine qui pourrait remonter au V° siècle, présentant des fresques en bon état de conservation qui suscitent actuellement l’enthousiasme des experts et des historiens de l’art. Car outre la découverte de nouvelles fresques, certaines d’entre elles représentent des scènes rarement représentées, ou sont même uniques.

    L’église se trouve à l’intérieur d’une zone souterraine s’étendant sur 360.000 m2 au sein d’un site archéologique se développant en 11 groupes d’habitat, avec un méandre de galeries s’étendant sur au moins 7 km et reliant des temples et des centres habités.

    (Fides)

  • Le point sur la date de Pâques

    A l’issue d’une réunion des primats anglicans (celle où l’on s’est gravement écharpé sur l’ordination des homosexuels), Justin Welby a déclaré qu’il était en pourparlers avec les catholiques et les autres confessions chrétiennes pour l’établissement d’une date unique de la fête de Pâques, et que cela devrait se faire d’ici dix ans.

    Le propos n’a guère été répercuté, hors d’Angleterre, que par les coptes, qui sont des militants acharnés de la date unique de Pâques depuis qu’ils ont un nouveau patriarche. Celui-ci avait écrit au pape sur le sujet en mai 2014, puis il en avait reparlé en mai 2015, et le pape avait alors publiquement manifesté son accord de principe (mais pas sur la date proposée…).

    En fait il y a deux questions distinctes. Il y a celle d’une date fixe pour la fête de Pâques, qui est celle dont parlent les anglicans, les coptes et le pape. Et il y a la question de la date mobile de Pâques selon les calendriers julien et grégorien, qui fait que la date mobile de Pâques a lieu à deux dates différentes.

    Cette dernière question devait être débattue lors du concile panorthodoxe qui va se réunir, en Crète, en juin prochain. Mais, à l’issue de la réunion des patriarches orthodoxes qui s’est tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier (et qui a décidé de la date et du lieu du concile), le patriarche de Moscou a annoncé que la question du calendrier avait été retirée de l’ordre du jour. Parce que l’Eglise orthodoxe russe tient au calendrier julien, mais ne veut pas entrer en conflit avec les Eglises orthodoxes qui suivent le calendrier grégorien (le pire schisme orthodoxe ayant eu lieu pour une affaire de calendrier).

    Ainsi, on sait désormais que le concile panorthodoxe en restera au statu quo.

    A plus forte raison il ne sera pas question d’une date fixe pour la date de Pâques.

    En juin 2015, après les déclarations du patriarche copte et du pape, le vice-président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, Nikolaï Balashov, avait déclaré que si Rome décidait de célébrer Pâques selon le calendrier julien, cette intention serait bienvenue (sic), mais que s’il s’agit d’avoir une date fixe c’est « totalement inacceptable pour l’Eglise orthodoxe », puisque ce serait contraire aux prescriptions du concile de Nicée.

    Cela devrait être tout aussi inacceptable pour l’Eglise catholique, nonobstant la note irresponsable de Vatican II sur le sujet.

    Quoi qu’il en soit des fantasmes de Justin Welby et des désirs des coptes, il ne se passera donc rien. Et heureusement. En l’occurrence ce sont les orthodoxes russes qui sont les garants de la tradition, même si, par… traditionalisme, ils se trompent quant au calendrier…

  • Saint François de Sales

    Ceux qui ont traité de la dévotion ont presque tous regardé l’instruction des personnes fort retirées du commerce du monde, ou au moins ont enseigné une sorte de dévotion qui conduit à cette entière retraite. Mon intention est d’instruire ceux qui vivent ès villes, ès ménages, en la cour, et qui par leur condition sont obligés de faire une vie commune quant à l’extérieur, lesquels bien souvent, sous le prétexte d’une prétendue impossibilité, ne veulent seulement pas penser à l’entreprise de la vie dévote, leur étant avis que, comme aucun animal n’ose goûter de la graine de l’herbe nommée Palma Christi, aussi nul homme ne doit prétendre à la palme de la piété chrétienne, tandis qu’il vit emmy la presse des affaires temporelles. Et je leur montre que comme les mères perles vivent emmy la mer sans prendre aucune goutte d’eau marine, et que vers les îles Chélidoines il y a des fontaines d’eau bien douce au milieu de la mer, et que les pyraustes volent dedans les flammes sans brûler leurs ailes, ainsi peut une âme vigoureuse et constante vivre au monde sans recevoir aucune humeur mondaine, trouver des sources d’une douce piété au milieu des ondes amères de ce siècle, et voler entre les flammes des convoitises terrestres sans brûler les ailes des sacrés désirs de la vie dévote. Il est vrai que cela est malaisé, et c’est pourquoi je désirerais que plusieurs y employassent leur soin avec plus d’ardeur qu’on n’a pas fait jusques à présent; comme, tout faible que je suis, je m’essaie par cet écrit de contribuer quelque secours à ceux qui d’un cœur généreux feront cette digne entreprise.

    Extrait de la préface à l’Introduction à la vie dévote

  • Ils ne savent pas ce qu’ils veulent…

    Après les avoir accueillis à bras ouverts en en clamant qu'ils en voulaient toujours plus, maintenant ils veulent les expulser…

    La Suède veut expulser 80.000 « migrants ».

    La Finlande veut expulser 20.000 « migrants ».

    Il paraît que ce ne sont pas de vrais migrants. Euh, de vrais « réfugiés ». Ni même de vrais Syriens. Et patin-couffin…

  • Croate, croate, croate…

    La lecture des articles européistes de gauche peut être fort divertissante. Je ne peux pas m’empêcher de traduire celui qui a paru hier sur EUobserver sous la signature de Dejan Anastasijevic, en réponse à une tribune publiée sur le même site quelques jours plus tôt. Dejan Anastasijevic, qui est serbe, s’en prend au nouveau gouvernement croate. Et pour enfoncer le clou, il date son article de Belgrade, alors qu’il vit à Bruxelles. Je me permets d’agrémenter sa charge de quelques brefs et parfois nécessaires commentaires.

    Je lis généralement EUobserver avec plaisir. Mais une récente tribune, intitulée Un Premier ministre qui a un esprit d’homme d’affaires pourrait transformer la Croatie, par Natko Vlahovic, un lobbyiste, m’a fait me demander si je n'avais pas mangé quelque chose de mauvais au déjeuner.

    Il est d’une servilité envers le gouvernement croate à un degré que je n’avais jamais vu auparavant, même dans la presse des Balkans occidentaux. [Natko Vlahovic est très officiellement lobbyiste du gouvernement croate, et même le premier lobbyiste croate à Bruxelles, donc son texte présente sans surprise le nouveau gouvernement croate sous un jour favorable.]

    Il est également faux à tellement de niveaux que j’ai du mal à savoir par où commencer.

    Le nouveau Premier ministre croate, Tihomir Oreskovic, est peut-être un brave type et un chef d’entreprise compétent, mais il n’est plus qu’une marionnette, contrôlée par les deux vice-Premiers ministres, Tomislav Karamarko et Bozo Petrov.

    Avant cette promotion, Oreskovic n’a passé que deux ans en Croatie (dans sa jeunesse). Il parle à peine la langue. [Il a en effet fait ses études et sa carrière au Canada, dans une entreprise pharmaceutique israélienne… ce qui peut aider à beaucoup de choses…]

    Il a admis publiquement avoir rencontré la plupart de ses ministres après leur nomination, faite à partir d’une liste proposée par Karamarko-Petrov.

    Alors, qui sont les maîtres d’Oreskovic ?

    Commençons par Karamarko. C’est un ancien chef du service de renseignements de la Croatie, en un temps qui fut marqué par une surveillance massive des journalistes et par des violations des droits humains. [Mais Wikipedia n’en a pas le moindre souvenir, et il est curieux que le grand journaliste et redresseur de torts Dejan Anastasijevic ne l’ait pas ajouté… Karamarko a surtout été ministre de l’Intérieur.]

    Après être devenu le chef du parti HDZ, le plus grand de Croatie, et l’avoir fait membre du PPE à Bruxelles, il l’a poussé à droite. [Ça ce n’est pas bien, mais à l’origine le HDZ était encore beaucoup plus à droite…]

    Karamarko dit lui-même qu'il aspire à gouverner le pays à la manière du fondateur du HDZ, l’ancien président Franjo Tudjman, qui aurait fini à La Haye sous l’accusation de crimes de guerre s’il n’était pas mort avant [crimes de guerre contre les envahisseurs serbes, bien sûr, et on constate comment le grand démocrate Dejan Anastasijevic respecte la présomption d’innocence : il aurait « fini » à La Haye ? Le tribunal de La Haye prononce aussi des acquittements…].

    Au cours de la récente campagne électorale du HDZ, Karamarko a également promis de poursuivre pénalement quiconque critique la conduite de la Croatie dans les guerres yougoslaves. « Tout le monde peut penser et dire ce qu'il veut entre ses quatre murs ou dans la cour, mais dans le domaine public, ce ne sera pas toléré », a-t-il dit.

    Quant au parti de Petrov, Most [Le Pont], c’est un nouveau venu sur la scène.

    C’est une équipe hétéroclite, surtout de politiciens de petites villes [des provinciaux, pour ne pas dire des bouseux], dont certains de gauche, certains de droite, et d'autres qui sont tout simplement des opportunistes.

    Petrov est lui-même un ancien clerc catholique romain [catholique romain, dans la bouche d’un Serbe, c’est très mal, clerc, c’est pire. En fait, Petrov a envisagé de devenir franciscain quand il avait 14 ans…]. Il est fortement influencé par le cardinal Bozanic, qui est à peu près aussi loin à droite qu’un prélat catholique peut l’être [comme chacun le sait, tous les évêques catholiques sont non seulement de droite, mais généralement d’extrême droite].

    [Bozo Petrov a commencé sa carrière politique en 2013 en devenant maire de Metkovic. Il a aussitôt supprimé la rémunération des conseillers municipaux, a divisé par 10 les dépenses de représentation, et par 8 les frais de voyages, et imposé une stricte transparence des comptes. En moins de deux ans il a fait passer la dette de la ville de 17,6 millions de kunas à 6,4 millions, et il a été désigné comme le meilleur maire de la région. D’où son succès sur le plan national.]

    Le premier jour de sa présence au sein du gouvernement de coalition HDZ-Most, les locaux du ministère de la santé ont été aspergés d’eau bénite et un crucifix a été mis dans chaque bureau. Les autres locaux du gouvernement sont censés emboîter le pas. [Ça c’est vraiment horrible…]

    Continuons. Le nouveau ministre de la culture, Zlatko Hasanbegovic, était membre du Mouvement de Libération croate (DBC), un groupe néo-nazi établi par Ante Pavelic, un vrai nazi, qui a fui en Argentine après la Seconde Guerre mondiale. Hasanbegovic a ensuite rejoint le parti d'extrême droite HCSP. [Zlatko Hasanbegovic est né en 1973, et il a été président des jeunes du HCSP à 17 ans – après avoir été chez les néo-nazis de Pavelic… Comme son nom l’indique il est Musulman, il est historien des communautés musulmanes de Croatie et de Bosnie, et il s’est fait connaître comme militant contre la dénaturation du mariage au sein du mouvement “Au nom de la famille”.]

    Le ministre des Anciens Combattants, Mijo Crnoja, est de la même étoffe. Il veut supprimer le terme "anti-fasciste" de la Constitution de la Croatie, pour la raison que c’est un terme crypto-communiste. [Ben oui…]

    Il a également appelé à la création d'un « registre des traîtres » afin d’éliminer quiconque, par la parole ou ses actes, « a œuvré contre les intérêts nationaux de la Croatie depuis 1990 ». Le projet a été retiré mardi (26 Janvier) après un tollé : plus de 7.000 personnes, dont Jadranka Kosor, un ancien premier ministre HDZ, se sont portés volontaires pour être inscrits comme «traîtres»*.

    Le ministre de la santé, Dario Nakic, a été récemment limogé de son poste à l'hôpital après la mise au jour de détournements de fonds à grande échelle. [Dario Nakic, néphrologue réputé, était directeur de l’hôpital de Zadar, il a été limogé en 2012 pour des raisons politiques ; on lui a reproché diverses « irrégularités » dont plusieurs dataient d’avant son accession à la direction de l’hôpital, qui visaient à le faire fonctionner malgré l’insuffisance du financement, et n’ont jamais fait l’objet d’un procès ; il avait le soutien unanime du conseil d’administration de l’hôpital.]

    Le ministre de la justice, Ante Sprlje, a moins de cinq ans d'expérience comme avocat. Il était, jusqu'en 2013, stagiaire dans un barreau provincial [encore un bouseux]. La liste est longue... [Mais on s’arrête là. Il n’y a rien à dire sur les 8 autres ministres ?]

    La seule raison pour laquelle Oreskovic, le nouveau Premier ministre, a obtenu ce poste, c’est que le HDZ et le Most ne pouvaient pas se mettre d’accord, ils ont fait venir un outsider.

    Oreskovic n'a aucune légitimité démocratique. Il n'a pas pris part à la campagne électorale. La plupart des gens ne savent pas qui il est.

    Si une chose est claire, c’est qu'il aura une autonomie zéro. Mes amis en Croatie sont très inquiets. [Interdit de rire…]

    Le gouvernement Karamarko-Petrov en Croatie est, en réalité, à peu près aussi pro-européen que le gouvernement Jaroslaw Kaczynski en Pologne, ou le gouvernement Viktor Orban en Hongrie. [En voilà une bonne nouvelle ! Mais en Pologne il y a un gouvernement Duda-Szydlo, comme le grand journaliste Dejan Anastasijevic le sait s’il a suivi l’actualité à Bruxelles et à Strasbourg.]

    Je ne doute pas qu'ils s’entendront comme larrons en foire, parce que la Croatie est sur le point de devenir un nouveau membre du club de la démocratie non libérale de l'UE [allusion à l’expression “démocratie illibérale” de Viktor Orban].

    [Le Monde vient tout juste de reprendre cet article, en le mettant à sa sauce, sous le titre : En Croatie, le retour des ultranationalistes.]

    * Addendum. Le coup du registre des traitres a eu raison de Mijo Crnoja, qui a démissionné. Mais on lui reproche aussi d'avoir menti sur son lieu de résidence pour échapper aux impôts locaux.

  • Cardinal DiCaprio

    François a reçu ce matin un très célèbre pontife de la nouvelle religion, Leonardo DiCaprio. L’acteur était venu lui « exposer son engagement pour la défense de l'environnement », dit sobrement le Vatican.

    Car c’est en effet l’essentiel. Pour le reste, Leonardo DiCaprio est ouvertement athée. Mais il vient de recevoir à Davos, au Forum économique mondial, le Crystal Award pour l’action de la Fondation DiCaprio qui lutte pour la conservation des océans et contre les conséquences des changements climatiques.

    Cela mérite bien qu’il soit reçu par le pape vert, grand prophète de Mère Terre.

    Addendum

    "Benoît et moi" remarque que l'acteur sauveur de la planète a été reçu avec le protocole réservé aux chefs d'Etat.

  • Dhimmis extrémistes

    Dans les pays occidentaux, c’est désormais à qui montrera la plus extrême dhimmitude. Un sommet a été atteint en Italie, où l’on a caché les statues « dénudées » du Capitole pendant la visite du président iranien Hassan Rohani, en respect de la culture et de la sensibilité iraniennes, selon le gouvernement.

    A la question de savoir s’il avait demandé de cacher les statues de personnages nus, Hassan Rohani a répondu : « C’est bien une question de journaliste, ça », précisant qu’il n’avait eu aucun contact avec les autorités italiennes à ce sujet.

    C’est comme les écoles qui enlèvent le sapin de Noël par respect pour les autres cultures… à la grande surprise des parents musulmans… Mais c’est désormais au niveau étatique…