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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2

  • Instable

    Le 20 février dernier l’église du village de Dombås en Norvège a été incendiée. L’intérieur a entièrement brûlé. Le 20 mars a eu lieu une tentative d’incendie de l’église de Sel, à quelques kilomètres de là. La police a arrêté le coupable, qui a avoué les deux délits. Le tribunal de district a déclaré : « Comme raison de ses actes, il a expliqué qu’il était en colère et vexé parce qu’un Norvégien avait brûlé un exemplaire du Coran, sans que la police n’intervienne. »

    L’homme, jugé « mentalement instable », a été mis en prison pour quatre semaines.

  • Politique…

    Geoffroy Boulard, diplômé des universités du Havre, de Rennes, de Cergy-Pontoise et de l’ESSEC, conseiller de Paris, conseiller du Grand Paris, maire du 17e arrondissement, écrit :

    #RIP à la famille, aux proches de Patrick Devedjian ainsi qu’à mes amis maires @hautsdeseinefr

    L’étrange charabia Twitter n’excuse pas tout. Souhaiter RIP à la famille de Devedjian et à ses amis maires, cela ne veut strictement rien dire. A moins qu’il leur souhaite le même sort… Mais il est vraisemblable que ce Boulard ne sait pas ce que veut dire RIP…

    Anne Hidalgo quant à elle se désole de la mort d’un Arménien :

    C’est une immense tristesse, j’adresse toutes mes condoléances à son épouse et à sa famille. Je pense à nos amis Arméniens qui perdent aujourd’hui un de leur frère.

    Euh… à ma connaissance Patrick Devedjian, né à Fontainebleau, était français. Son père était certes un arménien de Turquie, venu (de Constantinople) en France en 1919 (et non pendant le génocide), mais sa mère s’appelait Monique Wallois, née à Boulogne sur Mer. Devedjian était certes attaché à la cause arménienne, mais parler d’un homme politique français, un adversaire qui plus est, comme d’un Arménien, ne peut relever que d’une pitoyable tentative de récupération électoraliste, et en surfant sur le communautarisme...

  • Lundi de la Passion

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    Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere: Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus: Qui salútem humáni géneris in ligno Crucis constituísti: ut unde mors oriebátur, inde vita resúrgeret: in quo ligno vincébat, in ligno quoque vincerétur: per Christum Dóminum nostrum. Per quem majestátem tuam laudant Angeli, adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes. Cæli cælorúmque Virtútes, ac beáta Séraphim, sócia exsultatióne concélebrant. Cum quibus et nostras voces, ut admítti júbeas deprecámur, súpplici confessióne dicéntes:

    Depuis hier la préface de la messe est la préface de la Croix, Præfatio de sancta Cruce :

    Vous avez placé le salut du genre humain dans le bois de la Croix : pour, là-même où la mort était née, y faire surgir la vie : et pour que celui qui avait vaincu par le bois fût aussi vaincu par le bois.

    En latin, et particulièrement dans la Vulgate, le mot lignum désigne aussi bien l’arbre que le bois. Le premier lignum de la Préface désigne l’arbre de la connaissance du bien et du mal, par le fruit duquel le diable fit sombrer le monde dans le péché originel et par le péché dans la mort. Le second désigne le bois de la croix, sur lequel le Christ vainquit le diable. La croix est ainsi l’arbre de vie, dont le Christ est le fruit qui donne la vie éternelle.

    C’est aussi ce que l’on trouve dans l’hymne des matines de ce temps :

    De parentis protoplasti
    fraude factor condolens,
    quando pomi noxialis
    morsu in mortem corruit:
    Ipse lignum tunc notavit,
    damna ligni ut solveret.

    Attristé de l'égarement de notre premier père, qui tomba dans la mort en mordant le fruit néfaste, le Créateur choisit lui-même un arbre pour réparer la malédiction de l'arbre.

    Hoc opus nostræ salutis
    ordo depopiscerat ;
    multiformis proditoris
    ars ut artem falleret,
    et medelam ferret inde,
    hostis unde læserat.

    Cette œuvre de salut, l'ordre divin l'exigeait, pour vaincre par la ruse la ruse multiforme du Malin, et porter le remède d'où venait la blessure.

    La messe de ce jour.

    • Le jeûne de Jonas.

    Les fleuves d'eau vive.

  • En Pologne

     

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    C’était jeudi à Częstochowa. Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, le président polonais Andrzej Duda a participé à la prière du soir devant l’icône de la Reine de Pologne, l’Appel de Jasna Góra, et la « Supplication » Saint Dieu, Saint Fort, Saint immortel aie pitié de nous.

    Mgr Wacław Depo, archevêque de Częstochowa, a notamment déclaré : « Aujourd’hui, à l’approche de la béatification du fils de la terre polonaise, le cardinal Wyszyński, nous confirmons devant votre image que la foi de notre nation baptisée et les liens religieux ne sont pas une affaire privée et un monument du passé, mais un don de la grâce de Dieu et en même temps une mission… Par la foi et la prière en l’amour du Christ et de Sa Sainte Mère, nous voulons tirer la force pour une espérance fiable sur les chemins difficiles de la patrie et du monde… Nous croyons que le Christ crucifié, qui a lui-même expérimenté le pouvoir destructeur de la souffrance et de la solitude au Calvaire, présente à chacun son amour victorieux à travers la résurrection. »

    Andrzej Duda, en souvenir de cette prière, a donné au sanctuaire de la Mère de Dieu un chapelet avec une croix d'ambre et une inscription commémorative « en mémoire d’une prière commune pour la patrie et les compatriotes du monde entier au sanctuaire de Notre-Dame de Częstochowa à Jasna Góra ».

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  • ✝︎ Krzysztof Penderecki ✝︎

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    Krzysztof Penderecki est mort. Il avait 86 ans. Il restera comme l’un des compositeurs majeurs du XXe siècle et du début du XXIe. Profondément croyant, il a composé une bonne partie de son œuvre sur des textes liturgiques. Sa musique était d'essence tragique, et il est mort le dimanche de la Passion...

    Il fut l’une des têtes de file de l’avant-garde musicale d’après-guerre, avant d’évoluer peu à peu vers une musique plus compréhensible, volontairement plus accessible et plus sensible. Ce qui lui fut reproché par la mafia boulezienne qui régnait dictatorialement sur la vie musicale d’Europe occidentale. Il fut voué aux gémonies dès sa Passion selon saint Luc (1965), pourtant pleine encore d’éclats d’avant-garde, parce qu’il reprenait les codes traditionnels de la Passion et que la partition n’était pas uniment atonale.

    Parmi ses œuvres majeures il y a cette Passion, son Requiem (dont l’Agnus Dei fut écrit la nuit de la mort du cardinal Wyszynski et interprété lors de ses funérailles) et son Credo. Et aussi ses concertos pour violon, pour alto (ou clarinette) et pour violoncelle. Et plusieurs de ses Symphonies. Il avait composé un Te Deum pour l’élection de Jean-Paul II.

    C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître.

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    Il était aussi passionné de dendrologie, et avait créé dans le parc de sa maison près de Cracovie un important arboretum. Sa très belle et quelque peu impressionniste 8e symphonie est une suite de lieder sur des textes de grands poètes chantant les arbres et les jardins.

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  • Dimanche de la Passion

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    Graduel des séquences de Notker, Einsiedeln, Xe siècle.

    Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta : ab homine iníquo et dolóso éripe me : quia tu es Deus meus et fortitúdo mea.
    Emítte lucem tuam et veritátem tuam : ipsa me deduxérunt et adduxérunt in montem sanctum tuum et in tabernácula tua.

    Rends-moi justice, ô Dieu, et sépare ma cause de celle d’une nation qui n’est pas sainte : délivre-moi de l’homme inique et trompeur, parce que tu es mon Dieu et ma force.
    Envoie ta lumière et ta vérité ; elles me conduiront et m’amèneront à ta montagne sainte et à tes tabernacles.

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    A partir de ce jour on ne dit plus le psaume Judica me au début de la messe. Mais voici que ce dimanche, s’il n’est pas murmuré au bas de l’autel, il est proclamé par le chant. Le sens n’est pas le même. A la messe hors temps de la Passion, ce psaume est celui par lequel le prêtre demande à Dieu d’être délivré de tout ce qui pourrait le distraire de l’action sacrée, afin que, guidé par la lumière divine, il monte saintement à l’autel. L’introït quant à lui, avec les mêmes mots, nous introduit dans la Passion. C’est le Christ qui parle. Le Christ trahi, flagellé, conspué, crucifié. Il demande à Dieu de le délivrer de ses ennemis, et le voilà complètement en leur pouvoir, il demande la lumière, et ce sont les ténèbres qui vont recouvrir la terre. Il demande à être conduit sur la montagne divine, à la demeure de Dieu, et il sera conduit au Calvaire. Il faut garder cela en mémoire quand dans la peine ou la tentation on se dit que Dieu ne veut pas nous exaucer alors que ce que nous demandons est très pour la gloire de Dieu et pour notre sanctification. Le temps de la Passion, nous montre le Père sourd aux demandes de son Fils, au point de le laisser mourir sur une croix comme un esclave criminel. Mais il y aura ensuite le matin de Pâques, et le même Christ chantera : « Je suis ressuscité et je suis encore avec toi. » Telle est toujours la fin de l’épreuve, en ce monde ou dans l’autre. Pour tous ceux qui cherchent le Christ comme pour le Christ lui-même.

    Le verbe judicare veut dire juger, rendre justice, tant pour condamner que, comme ici, pour acquitter et condamner la partie adverse. (Il a souvent aussi dans la Bible - mais pas ici - le sens d’exercer le pouvoir, d’être l’autorité supérieure : les « Juges », « vous jugerez les 12 tribus d’Israël »…).

    L’introït commence dans un murmure de gémissement qui s’achève en plainte implorante sur « Deus ». Puis c’est, avec le bond de la quinte sol-do, le cri sur « causam » : ma cause qui est juste, le motif de mon inculpation qui est une monstrueuse injustice. Le cri principal est toutefois plus loin, sur « eripe me », qui monte encore plus haut, préparé par « doloso » (qui souligne l’injustice) et fait terminer la phrase une quinte plus haut que la conclusion normale du mode. Le 4e mode, choisi parce qu’il est contemplatif et qu’ainsi le cri du Christ peut se terminer de façon sereine et paisible sur « fortitudo mea » : cette force très tranquille annonce la paix surnaturelle et la douce lumière de l’introït de Pâques, qui est la suite de celui-ci, dans le même mode…

    Le voici par les moines de Saint-Wandrille, dans un vieux 45 tours qui précisément donne ces deux introïts à la suite.


    podcast


    podcast

    Addendum 11h45. C'était encore beaucoup plus beau tout à l'heure au Barroux. Et depuis ce matin la messe est diffusée en vidéo. Merci aux moines.

  • L’autre virus

    Sous prétexte que les mosquées sont fermées et qu’il faut appeler les fidèles à prier chez eux, sous prétexte aussi de rendre hommage aux soignants (sic), les appels de muezzin se multiplient.

    En Allemagne : Hambourg, Duisbourg, Hanovre…

    En France : Lyon, Strasbourg, Montpellier…

    En Espagne, dans deux lieux hautement symboliques : Marbella, la première mosquée à être construite depuis la Reconquista, Grenade, où la seule voix entendue dans ce qui fut le dernier royaume musulman d’Espagne est celle de l’imam… Non seulement depuis la mosquée, mais dans les rues… Euh, oui, eux, ils ont le droit...

  • Notre Eglise…

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    Jeudi, l’évêque de Metuchen, près de New York, Mgr James Checchio, a annoncé qu’à cause du coronavirus on pouvait manger de la viande les vendredis de carême…

    En raison des difficultés d’obtenir certains types de nourriture et des nombreux autres sacrifices que nous subissons soudainement à cause du coronavirus, j'ai accordé une dispense de l’abstinence de viande le vendredi pour le reste du Carême, sauf le Vendredi Saint qui est loi universelle.

    Le faux alibi est énorme. Qui peut sérieusement dire qu’on ne peut guère plus trouver que de la viande à manger, dans la banlieue de New York ?

    Le coronavirus est donc même le prétexte pour supprimer le très peu qui restait de la « pénitence » de carême… (Puisqu’il paraît que c’est une pénitence de ne pas manger de viande un jour par semaine pendant un mois et demi…)

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    Mgr James Checchio est une sorte de caricature du clergé actuel. Il a fait ses études au lycée Paul VI, il a été nommé évêque par François, il s’est fait bénir par McCarrick (premier évêque de Metuchen) lors de son ordination épiscopale, et il soutient le groupe de propagande LGBT qui sévit dans la paroisse du Sacré-Cœur de South Plainfield. Un groupe intitulé « A l’image de Dieu ». Sic. En 2018 Mgr Checchio avait ostensiblement reçu le P. James Martin à sa résidence avant une conférence de celui-ci, conférence qui avait dû être déplacée en raison de l’opposition d’un certain nombre de fidèles… Le responsable du groupe « A l’image de Dieu » était un homme « marié » à un homme, jusqu’à l’été dernier : suite à un article de Church Militant, son nom a été enlevé du site internet…

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    Le programme 2019-2020 de "A l'image de Dieu", avec bien sûr une rencontre avec le P. James Martin :

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  • Wuhan

    A l'attention de ceux qui paniquent, si par hasard il y en a parmi mes lecteurs: photos de Wuhan prises ce matin (par des agences occidentales, s'il faut le préciser):

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  • Splendida facta est facies Moysi

    ℟. Spléndida facta est fácies Móysi, dum respíceret in eum Dóminus : * Vidéntes senióres claritátem vultus ejus, admirántes timuérunt valde.
    . Cumque descendísset de monte Sínai, portábat duas tábulas testimonii, ignorans quod cornúta esset fácies eius ex consórtio sermónis Dei.
    ℟. Vidéntes senióres claritátem vultus ejus, admirántes timuérunt valde.

    La face de Moïse était devenue rayonnante de lumière, depuis que le Seigneur l’avait regardé. Les anciens d’Israël, voyant la lumière de son visage, furent dans l’étonnement et saisis de crainte.
    Et lorsque Moïse descendit de la montagne de Sinaï, il portait les deux tables du témoignage, et il ignorait que sa face était cornue depuis l’entretien du Seigneur avec lui.

    C’est un « hasard » que ce répons des matines soit chanté le jour où dans l’évangile Jésus proclame qu’il est « la lumière du monde ». Mais la coïncidence vaut d’être remarquée. En disant qu’il est la lumière du monde, Jésus souligne qu’il est Dieu. Ce même Dieu qui a illuminé Moïse au point que la lumière divine est restée sur son visage.

    Les exégètes modernes se sont copieusement moqués de saint Jérôme pour les « cornes » qu’il a attribuées à Moïse. On a même osé (et on continue de le faire) voir là une des innombrables « erreurs de traduction » de saint Jérôme. Le mot hébreu est Q.R.N. et ce mot veut dire corne, avoir des cornes, produire des cornes. C’est le mot qui est utilisé dans le psaume 68 pour les jeunes taureaux qui « produisent des cornes et des sabots ». Hélas à la Renaissance on ne comprenait plus vraiment que ces cornes étaient des rayons de lumière émanant de tout son visage, et le Moïse cornu de Michel-Ange n’est pas pour rien dans les sarcasmes des imbéciles contre saint Jérôme.

    Peut-être les Septante eurent raison de traduire par « glorifié », pour qu’il n’y ait aucune confusion possible. Mais saint Jérôme voulait traduire la réalité du texte. Aquila, disciple du célèbre rabbin Aqiba, avait également traduit par « cornes ».

    De ce point de vue, le répons est remarquable. Parce qu’il commence par une phrase qui ne figure pas dans la Bible et qui ne sert qu’à expliquer et à souligner que les « cornes » de Moïse sont une émanation de la lumière divine. Dommage que Michel-Ange n’ait pas médité ce répons…