16 octobre 2014

Eclipse du groupe de Nigel Farage

Le groupe constitué et dirigé par Nigel Farage au Parlement européen a été dissous, suite à la défection de la Lettone Iveta Grigule. Il faut des élus de sept pays, et il n’y en a plus que six.

Le groupe était fort de 48 élus, dont 24 de l’Ukip et 17 du mouvement de Bepe Grillo, mais il était vulnérable par les individualités qui permettaient d’arriver juste à sept pays. (Quoique a priori il fût d’abord vulnérable à cause de son hétérogénéité…)

Comme c’est désormais bien établi dans les médias, tous les articles parlant de cela désignent le groupe de Nigel Farage comme « europhobe » (sans préciser si c’est une maladie ou un délit).

L’Express se distingue en disant que le groupe « s’effondre ». Quand on passe de 48 à 47 membres, ce n’est pas vraiment un effondrement… D’autant que l’Ukip est en phase ascendante au Royaume-Uni.

Il ne serait donc pas étonnant que le groupe puisse être reconstitué très vite.

Mais il est regrettable qu’il n’y ait pas un groupe réunissant tous les malades de l’Europe…

17:23 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)

Les enfants « français » du jihad

Un Marocain résidant en France, accompagné de ses deux filles de nationalité française âgées de quatre et deux ans, a été interpellé hier à Casablanca, au Maroc, alors qu'il cherchait à rejoindre l’Etat islamique via la Turquie.

Cet homme avait déjà été interpellé en France et faisait l'objet d'un contrôle judiciaire, a fait savoir le ministère français de l'Intérieur cité par l'agence de presse marocaine. Il était en contact étroit avec les chefs de l’Etat islamique.

Outre les deux fillettes, l'homme interpellé se trouvait en compagnie « d'une citoyenne marocaine avec laquelle il a contracté un mariage coutumier ». « Son épouse, de nationalité française, serait restée en France »…

17:10 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (2)

Synode: la contre-attaque

L’agence vaticane ne peut que synthétiser, cette fois, la contre-offensive, car sinon elle n’aurait quasiment rien à dire de la 12e congrégation générale du synode. Pour en arriver là, il faut vraiment que ce fût saignant, ce matin…

Cité du Vatican, 16 octobre 2014 (VIS). La douzième Congrégation générale, qui s'est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli Minores: trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post Disceptationem, document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio Synodi, document final définitif. Bien qu'elle ait été légitime, on a mis en doute l'opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l'opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ce textes, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions

On a d'abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l'Evangile de la famille, au fait que la mariage est un sacrement d'union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C'est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l'Eglise à l'institution familiale. Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu. On a suggéré d'inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l'adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. Il convient aussi d'être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne.

Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l'Eglise doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clairs sur la loi de gradualité qui ne doit pas devenir gradualité de la loi. Certains se sont dits perplexes du rapprochement fait avec la paragraphe 8 de Lumen Gentium car il risque de faire croire à une volonté de l'Eglise de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. D'autres ont exprimé le voeu d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser. Pour ce qui est de l'accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu'elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission inter-disciplinaire. Il faudrait également être plus attentifs aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal. On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Evangile. Sans qu'on puisse définir mariage l'union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d'une approbation de l'Eglise à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie. Les Circuli Minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio Synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d'octobre 2015.

Bangladesh : l’école catholique à l’honneur

Le lycée et centre d’études supérieures Saint-Philippe de Dinajpur, au Bangladesh (3.250 élèves, 100 enseignants), a reçu du ministère de l’Education le prix de la meilleure école du district. « C’est une institution scolaire idéale, a déclaré le responsable qui remettait le prix. Les professeurs de cette école s’efforcent et font en sorte que 100% des élèves passent les examens. Ils ne fournissent pas seulement une éducation académique, mais aussi une éducation morale et spirituelle, qui est essentielle pour que les élèves deviennent de parfaits êtres humains. »

Pour comprendre l’aspect très particulier de l’événement, il faut se rappeler qu’au Bangladesh il y a 90% de musulmans, 9% d’hindouistes, et 1% de bouddhistes, chrétiens et autres… Mais les écoles catholiques sont considérées comme les meilleures dans tout le pays. Il y a 600 écoles primaires et secondaires, dix établissements d’enseignement supérieur et une université. (Naturellement 90% des élèves ne sont pas chrétiens.)

16:44 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (1)

La polygamie revient en Indonésie

Sous le régime de Suharto (qui fut fidèle à son unique femme toute sa vie), la polygamie était strictement interdite en Indonésie pour les fonctionnaires, et difficile pour les autres : selon la loi toujours en vigueur, il faut l’accord explicite de la première épouse, une lettre certifiant que l’homme a des revenus suffisants et qu’il partagera ses nuits, et surtout sur le plan civil seule la première union est reconnue (ce qui a une implication directe sur les enfants). De ce fait la polygamie était devenue extrêmement minoritaire, et très mal vue, surtout par les femmes, bien sûr. Mais la ré-islamisation de l’Indonésie est en train de changer la situation. Des imams se produisent avec leurs épouses, plusieurs ministres sont ouvertement polygames.

Et un chef de district vient d’avoir une idée pour répandre la polygamie tout en remplissant les caisses de son secteur : Dahlan bin Ali a pris un décret selon lequel dans son district de Lombok-Est les hommes pourront désormais prendre d’autres épouses sans autre condition que de… payer une amende d’un million de roupies (80 dollars).

A Jakarta, le gouvernement soulève toutefois la question de la légalité et de la constitutionnalité du décret…

16:18 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Pitoyable

La prochaine victime américaine de l’Etat islamique devrait (ou devait) être Peter Kassig, un humanitaire de 26 ans capturé en octobre 2013.

Le jeune homme s’est « converti à l’islam » et se fait appeler Abdulrahman (le serviteur du Miséricordieux…).

Du coup ses parents, pour le sauver, en remettent dans la soumission la plus veule à l’islam, ne l’appellent que Abdulrahman et font les prières musulmanes en public, et sa mère ne se montre plus que voilée. Voilà donc l’image que l’Occident donne aux jihadistes : une image qui leur montre que le fruit est mûr...

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15:51 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (9)

L’église de Qaraqosh détruite

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La nouvelle église syro-catholique de la Résurrection, à Qaraqosh, avait été consacrée en 2009. Elle a été détruite par les bombardements de la coalition.

Après en avoir enlevé la croix, les jihadistes en avaient fait une base logistique.

(Les habitants de Qaraqosh, à 90% syro-catholiques, sont réfugiés au Kurdistan depuis le 7 août.)

15:39 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

L’homosexualisme raciste du cardinal Kasper

Extrait de son interview à Zenit :

— Le problème est qu’il y a les différents problèmes de différents continents et de cultures différentes. L’Afrique est totalement différente de l’Occident. De même, l’Asie et les pays musulmans, ils sont très différents, spécialement à propos des gays. On ne peut pas parler de cela avec les Africains et les gens des pays musulmans. Ce n’est pas possible. C’est un tabou. En ce qui nous concerne, nous disons que nous ne devons pas discriminer, nous ne voulons pas discriminer sous certains rapports.

Mais est-ce qu’on a écouté les participants africains à cet égard ?

— Non, pour la majorité d’entre eux.

On ne les a pas écoutés ?

— En Afrique, évidemment, où c’est un tabou.

Qu’est-ce qui a changé pour vous, en ce qui concerne la méthodologie de ce synode ?

— Je pense qu’à la fin il doit y avoir une ligne générale de l’Eglise, des critères généraux, mais alors les questions africaines, nous ne pouvons pas les résoudre. Il doit y avoir un espace aussi pour que les conférences épiscopales locales résolvent leurs problèmes mais je dirai qu’avec l’Afrique c’est impossible. Mais ils ne doivent pas trop nous dire ce que nous avons à faire.

*

On notera aussi la fin de l'interview, où le cardinal Kasper ose se référer au développement du dogme selon le cardinal Newman pour justifier ses thèses sur les divorcés remariés et les couples homosexuels :

— Of course, the Pope wants it and the world needs it.

« Bien sûr, le pape le veut et le monde en a besoin. » En anglais, cela rime comme un slogan publicitaire. Où le pape se ferait l’interprète du monde…

Addendum

L'interview a été supprimée du site Zenit en anglais où elle avait été publiée. On peut retrouver le texte sur Rorate Caeli qui l'avait opportunément reproduite dans son intégralité.

PS - Manifestement, l'interview n'a pas été supprimée à cause (ou d'abord à cause) de ce que dit le cardinal Kasper des évêques africains, mais à cause (ou d'abord à cause) du propos dont Zenit avait fait son titre: "Une majorité croissante" (a growing majority) soutient ses propositions. Or c'était le jour même où il apparaissait que non seulement il ne s'agissait pas d'une croissante majorité, mais d'une minorité extrêmement rétrécie. Comme en témoignait de façon spectaculaire le rejet du rapport par le cardinal Dolan, pourtant adepte enthousiaste du "Qui suis-je pour juger" et ouvertement "gay-friendly".

PS 2 - C'est le cardinal Kasper qui a demandé le retrait de cette interview, démentant formellement avoir tenu les propos qu'on lui prête. Rebondissement sans précédent dans une affaire de ce type, le journaliste qui avait réalisé l'interview met en ligne l'enregistrement de l'interview... (Quant au texte on peut toujours le trouver sur Zenit en cache.)

Asia Bibi : l’horreur

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La Haute Cour de Lahore, tribunal d’appel, a confirmé ce matin la condamnation à la peine capitale d’Asia Bibi.

La surprise est totale, car il est rarissime que les peines de mort pour « blasphème » soient confirmées en appel.

« Le juge a retenu valides et crédibles les accusations des deux musulmanes – deux sœurs – qui ont témoigné à propos du présumé blasphème commis par Asia Bibi. Ce sont celles avec lesquelles elle s’était disputée et qui avaient provoqué toute l’affaire », a expliqué l’un de ses avocats, Maître Shakir. « La justice est toujours plus entre les mains des extrémistes » – a-t-il ajouté précisant qu’en accord avec le mari d’Asia Bibi, un recours sera présenté devant la Cour Suprême, dernier degré de jugement au Pakistan.

12:20 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (6)

Sainte Edwige

En parcourant la Basse-Silésie, les touristes tomberont souvent sur les traces de Sainte Édwige. De nombreuses églises portent son nom, de nombreux endroits sont liés avec elle. Sainte Édwige est un personnage historique durablement liée avec la Basse-Silésie et sa vie est richement documentée. Édwige, la fille du comte Berthold d’Andechs, est arrivée en Basse-Silésie au milieu du XIIe siècle en tant qu’épouse du prince Henri le Barbu. Elle était célèbre pour son style de vie profondément religieux et ascétique. D’autre part, elle s’est fait connaître comme une personne sensible à la souffrance et à la misère des autres, en particulier pour ceux de basse condition. C’est justement grâce à son insistance qu’Henri le Barbu a financé la construction du premier monastère de moniales de l’Ordre cistercien de Trzebnica. Immédiatement après, une nouvelle église dédiée à Notre-Dame et à Saint-Barthélemy l’Apôtre : Le Saint favori du prince. Sainte Édwige a passé les derniers jours de sa longue vie dans le monastère de Trzebnica, où elle mourut à l’âge de 70 ans. Le 16 octobre 1243, elle fut enterrée dans l’église du monastère, et 24 ans après sa mort le pape Clément IV l’a proclamée Sainte.

Le Pèlerinage au tombeau de Sainte Édwige de Silésie à Trzebnica est une tradition particulière, dont les origines remontent au milieu du XIIIe siècle. Sainte Édwige est considérée comme la patronne de la Silésie. Elle est la patronne des couples, des mariages et des familles, la patronne de la réconciliation et de l’entente Germano-Polonaise.

En profitant du fait que nous sommes à Trzebnica, nous pouvons nous promener en suivant le Grand Parcours de Sainte Édwige. C’est un chemin urbain de plusieurs kilomètres, au cours duquel les pèlerins s’arrêtent à sept pierres de méditation, pour réfléchir aux sept vertus de Sainte Édwige.

*

Ce texte est repris tel quel d’un dépliant touristique polonais en français.

En ces temps troublés du synode, on priera donc sainte Edwige, « patronne des couples, des mariages et des familles ».

Rappelons aussi que c’est en cette fête d’une sainte polonaise que le cardinal Wojtyla fut élu pape – le « pape de la famille », comme dit François, mais soigneusement exclu du synode…

Et c’est aussi l'anniversaire de l'ordination épiscopale de mon évêque :

Deus, omnium fidelium pastor et rector, famulum tuum Raymundum, quem pastorem ecclesiæ Venetensi præesse voluisti, propitius respice : da ei, quæsumus, verbo et exemplo, quibus præest, proficere : ut ad vitam, una cum grege sibi credito, perveniat sempiternam. Per Dominum nostrum…

06:24 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)

15 octobre 2014

Les oies et les canards d’abord

La Cour suprême (de volaille) des Etats-Unis a refusé (c’est devenu une manie chez eux) d’examiner un recours déposé contre l’interdiction du foie gras en Californie. De ce fait l’interdiction prend pleine valeur légale.

« La décision de la Cour suprême signifie que le peuple de Californie a le droit d'interdire la vente de certains produits alimentaires issus de cruauté exercée à l'encontre d'animaux », s'est félicité Jonathan Lovvorn, avocat de la Humane Society of the United States qui milite pour les droits des animaux.

Rassurez-vous, on a toujours le droit de tuer les bébés jusqu’à la naissance, puisque ce n’est pas une cruauté à l’encontre d’animaux et que la Humane Society of the United States s’occupe des oies et des canards…

Le nouveau flop de BHL

La pièce de théâtre Hôtel Europe de Bernard-Henri Lévy était programmée au théâtre de l’Atelier jusqu’à la fin décembre. Elle avait bénéficié de l’énorme publicité gratuite de Nicolas Sarkozy, de Manuel Valls, et du président de la République lui-même, qui y avaient ostensiblement assisté.

Mais c’est un grand flop. Il n’y a personne en semaine. On mettra un terme à la tragédie le 16 novembre.

Il n’y a vraiment que la Libye qui ait été une scène à succès pour BHL…

La Ligne Azur enfin bannie des écoles

Le Conseil d’Etat a suivi l’avis du rapporteur public et a décidé d’annuler la décision du ministre de l’éducation nationale invitant les recteurs à relayer la campagne de communication de la Ligne azur, « pour non respect de la neutralité du service public de l’Education nationale ».

Profanations à Saint-Behnam

Selon des informations parvenues à l'agence Fides, les jihadistes de l’Etat islamique ont enlevé les croix du monastère Saint-Behnam, près de Qaraqosh en Irak, qu’ils occupent depuis juillet dernier, et ont brûlé d’antiques manuscrits. Sur les murs ils ont écrit : « Propriété de l’Etat islamique. »

Ce monastère, dont l’origine remonte au IVe siècle, est le lieu le plus vénéré du catholicisme syriaque.

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17:03 Publié dans Eglise, Islam | Lien permanent | Commentaires (2)

Centrafrique : un missionnaire enlevé

Un missionnaire polonais, le père Mateusz Dziedzic, résidant à Baboua, dans l'ouest de la République Centrafricaine, a été enlevé dimanche par un groupe de rebelles armés agissant pour le compte du chef rebelle Abdoulaye Miskine, ex-allié de la Seleka, qui avait fondé son propre groupe, le « Front démocratique du peuple centrafricain », et qui est aujourd’hui incarcéré au Cameroun. Les ravisseurs veulent échanger le missionnaire contre leur chef…

16:54 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Profanations dans le diocèse de Belley-Ars

Dans deux églises du diocèse de Belley-Ars, samedi dernier, le tabernacle a été découvert fracturé, et les ciboires ont été emportés, avec leurs hosties consacrées.

Il convient de remarquer que le communiqué du diocèse dit ce qu’il faut dire :

« L’Eglise regrette le fait que des objets sacrés comme les ciboires, fussent-ils précieux, soient volés ou dégradés. Elle considère toutefois ces vols comme secondaires car les hosties contenues dans ces ciboires sont pour les chrétiens infiniment plus précieuses que l’objet liturgique lui-même. Nous avons hélas tout lieu de supposer que c’est bien ces hosties qui étaient visées par cette agression. Même s’il est possible que ces actes soient le fait de “déséquilibrés”, nous savons que le vol d’hosties consacrées fait souvent l’objet de cultes sataniques, et que les auteurs sont très conscients d’offenser directement le Christ et le culte catholique. Nous espérons que ce n’est pas le cas et que cette action est seulement un acte irréfléchi. Nous dénonçons en tout cas ces pratiques de ténèbres qui détruisent spirituellement leurs auteurs et qui sont un combat direct et maléfique contre l’Eglise et, au-delà, contre les valeurs de paix et de respect mutuel de notre société. »

16:49 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (3)

Ce qui manque

On a dit que ce qui manque, dans le rapport de mi-parcours du synode, c’est la référence à la loi naturelle.

On a dit que ce qui manque, c’est une vraie référence au péché, qui n’est signalé que de façon adventice.

En effet. Mais ce qui manque avant tout, c’est la référence au péché originel. Et à son corollaire, si j’ose dire, la vie éternelle.

S’il y a un problème du côté de la famille et des comportements sexuels et affectifs, c’est à cause du péché originel. Si l’on ne commence pas par affirmer que l’homme est blessé par le péché originel, et particulièrement en ce qui concerne le sexe et les relations en général, on ne peut rien dire de sensé. On ne peut pas guérir un malade si l’on ne diagnostique pas sa maladie.

D’autre part la morale que propose l’Eglise, qui est essentiellement la morale de la loi naturelle (transfigurée par la grâce du sacrement) n’est en aucune manière une liste d’interdits édictée pour embêter les gens et les empêcher d’être heureux, mais bien au contraire le minimum vital qui permet de goûter la vie éternelle. Cela aussi, il faudrait le proclamer. L’Eglise n’est ni rabat-joie ni sadique, elle donne le mode d’emploi pour vivre sur cette terre de façon à bénéficier au mieux de la vie éternelle. Il est proprement ahurissant que dans le rapport, un document de l’Eglise catholique, il n’y ait aucune ouverture à la vie éternelle.

Or, en outre, la vie éternelle commence sur cette terre. On ne se force pas à obéir péniblement à la morale de l’Eglise en espérant en être récompensé dans la vie future. On en est récompensé dès cette vie, qui est déjà une participation à la vie éternelle par la grâce et dans la prière.

Comment pouvez-vous parler de « liberté spirituelle », de « liberté des enfants de Dieu », alors que vous vous soumettez à des commandements qui limitent votre liberté de façon drastique, ou même l’annihilent ? Il semble que même des cardinaux soient devenus incapables de donner la réponse, puisqu’ils cherchent de lamentables faux fuyants. Elle est pourtant simple. Le drogué qui est libre de se droguer est en fait esclave de la drogue. Quand il s’en rend compte, et qu’il se rend compte que cette « liberté » l’enchaîne et le démolit, il prend les moyens d’échapper à la drogue. C’est extrêmement douloureux. Mais quand il s’est défait de l’emprise de la drogue, il est libéré, il devient vraiment libre, et heureux, alors qu’il était malheureux quand il croyait aux « paradis artificiels ». Il en est ainsi, mutatis mutandis, pour tout péché et toute libération du péché. C’est pourquoi la morale de l’Eglise n’est pas une liste d’interdits sadiques, mais la recette de la vraie liberté et du vrai bonheur. Qui jaillit de cette vie-ci dans la vie éternelle.

S’il vous plaît, messieurs les cardinaux, si vous y croyez encore un peu, parlez-nous du péché originel et de la vie éternelle.

Les trois illusions

1 – Le rapport de mi-parcours du synode est, comme l’a dit tel ou tel officiel du Vatican, un « document de travail », et rien d’autre, il est donc indûment médiatisé.

Réponse : Ce document a été officiellement distribué en six langues aux journalistes par le directeur de la salle de presse du Vatican au cours d’une conférence de presse qui lui était spécialement consacré. Ce n’était évidemment pas pour que les journalistes le mettent à la corbeille en rentrant à leurs rédactions…

2 – Le rapport n’a rien à voir avec le pape, qui n’en a rien dit.

Réponse : Il a été lu par le pape, qui a donné l’autorisation de le publier. Et surtout, ce qu’il contient de pire est ce qui est soutenu par le pape depuis son premier Angélus, à savoir la doctrine délirante de la miséricorde selon le cardinal Kasper. Doctrine qu’il a ouvertement et spécifiquement soutenue en faisant du cardinal Kasper le seul orateur du consistoire préparatoire au synode.

3 – Il est probable que François fasse comme Paul VI. Celui-ci avait laissé parler ceux qui étaient favorables à la contraception, puis il avait surpris tout le monde en publiant Humanæ vitæ.

Réponse : La situation est radicalement différente. Paul VI n’avait pas privilégié les partisans de la contraception, il n’avait rien dit et se montrait hésitant. Tout le contraire de François, qui depuis son élection se répand contre les « pharisiens » qui veulent faire porter aux chrétiens des fardeaux insupportables, et qui chante les louanges du principal artisan de l’idéologie « pastorale » censée mettre la doctrine au placard.

"Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison"

C’est ce qu’a déclaré le cardinal Raymond Leo Burke à propos du rapport à mi-parcours du synode. Dans une magnifique interview pour Il Foglio, traduite par Benoît et moi et à lire intégralement.

Extrait :

Q. Les réformateurs ne pensent pas à ces catholiques qui ont maintenu leur famille ensemble, même dans des situations dramatiques, renonçant à refaire leur vie?

R. Beaucoup de gens qui ont fait cet effort me demandent maintenant s'ils ont tout faux. Ils demandent s'ils ont gâché leurs vies dans des sacrifices inutiles. Tout cela n'est pas acceptable, c'est une trahison.

Q. Ne pensez-vous pas que la crise de la morale est liée à la crise liturgique?

R. Certainement. Dans la période post-conciliaire, il a eu une baisse dans la vie de foi et de la discipline ecclésiale, mise en évidence surtout par la crise de la liturgie. La liturgie est devenue une activité anthropocentrique, elle a fini par refléter les idées de l'homme plutôt que le droit de Dieu à être adoré comme Lui-même le demande. De là, suit également dans le domaine moral l'attention presque exclusive aux besoins et aux désirs des hommes, plutôt qu'à ce que le Créateur a écrit dans le cœur de toutes les créatures. La lex orandi est toujours liée à la lex credendi. Si l'homme ne prie pas bien, alors il ne croit pas bien et donc il ne se comporte pas bien. Quand je vais célébrer la messe traditionnelle, par exemple, je vois tellement de belles jeunes familles avec de nombreux enfants. Je ne pense pas que ces familles n'ont pas de problèmes, mais il est évident qu'elles ont plus de force pour les affronter. Tout cela doit signifier quelque chose. La liturgie est l'expression la plus parfaite, la plus complète de notre vie dans le Christ et quand tout cela diminue ou est trahi, chaque aspect de la vie des fidèles est blessé.

« Indigne, honteux, complètement erroné »

Telle est l’appréciation que fait du rapport à mi-parcours du synode le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

C’est du moins, selon la Repubblica, ce qu’il aurait déclaré à la première réunion des circuli minores.

Avis à la population

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La tourmente qui secoue l’Eglise depuis l’élection du pape François excite, comme c’est naturel, les sédévacantistes historiques et, désormais, de néo-sédévacantistes,  ou franscisco-vacantistes.

Lesquels avaient déjà la propension de se répandre sur la toile d’une façon totalement disproportionnée à ce qu’ils représentent.

Toute critique de François les attirant comme des mouches, mon blog est la cible de leurs attaques. Comme des mouches les jours d’orage, ils bourdonnent, ils collent, et même ils piquent.

Je ne les ai pas attendus pour évoquer l’hypothèse que François ne soit pas pape. Mais tant que ce ne sera pas prouvé, sous le règne d’un de ses successeurs, je le tiens pour le pape légitime. Il n’y a en effet aucune raison de suspecter la légitimité de son élection, même si son prédécesseur a été poussé vers la sortie. On a vu bien pire au moyen âge et à la Renaissance, où le pape était tout simplement un représentant de la famille princière italienne la plus influente du moment, celle qui pouvait acheter le plus grand nombre de cardinaux (voire de troupes…).

Quant à l’argument selon lequel un pape hérétique ne peut pas être le pape, il ne tient pas une seconde, car il n’y a pas un seul propos de François, en tant que pape, qui puisse être sérieusement qualifié d’hérétique.

De ce fait, je préviens mes lecteurs que tout commentaire sédévacantiste sera désormais supprimé dès que j’en aurai connaissance (et donc aussi toute éventuelle réponse qui aurait été faite à ce commentaire).

Sainte Thérèse

On célèbre aujourd’hui la naissance au ciel de sainte Thérèse, qui est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582… Mais ce jour marque aussi le début de l’année sainte Thérèse, pour le 500e anniversaire de la sainte d’Avila, née le 28 mars 1515.

*

Amoureuse du Seigneur, cette illustre femme ne désira rien d’autre que lui plaire en tout. En effet, un saint n’est pas celui qui accomplit de grandes entreprises en se fondant sur l’excellence de ses qualités humaines, mais celui qui permet avec humilité au Christ de pénétrer dans son âme, d’agir à travers sa personne, d’être Lui le véritable acteur de toutes ses actions et ses désirs, celui qui inspire toute initiative et soutient tout silence.

Se laisser guider de cette façon par le Christ n’est possible que pour celui qui a une intense vie de prière. Celle-ci consiste, avec les paroles de la sainte d’Avila, à «un commerce d’amitié, où l’âme s’entretient seul à seul avec Celui dont elle sait qu’elle est aimée» (Livre de la Vie, 8 et 5). La réforme de l’ordre du Carmel naît de la prière et tend vers la prière. En promouvant un retour radical à la Règle primitive, en s’éloignant de la Règle mitigée, sainte Thérèse de Jésus voulait promouvoir une forme de vie qui favorise la rencontre personnelle avec le Seigneur, pour laquelle il suffit de «se mettre en solitude, qu’elle regarde en elle-même, et qu’elle ne s’étonne pas d’y rencontrer un hôte si bon» (Chemin de perfection, 28, 2). Le monastère de San José naît précisément afin que ses filles soient dans les meilleures dispositions pour trouver Dieu et établir une relation profonde et intime avec Lui.

Sainte Thérèse propose une nouvelle façon d’être carmélite dans un monde à son tour nouveau. Ce furent «des temps durs» (Livre de la Vie, 33, 5). Et en ces temps, selon cette Maîtresse de l’esprit, «les amis du Seigneur doivent être forts pour soutenir les faibles» (ibid. 15, 5). Et elle insistait de façon éloquente: «Le monde est en feu; on veut, pour ainsi dire, condamner une seconde fois Jésus Christ, puisqu’on suscite mille faux témoins; on veut renverser l’Eglise: et nous perdrions le temps en des demandes qui, si Dieu les exauçait, ne serviraient peut-être qu’à fermer à une âme la porte du ciel! Non, mes sœurs, ce n’est pas le temps de traiter avec Dieu des affaires peu importantes» (Chemin de perfection, 1, 5). Dans la conjoncture actuelle, cette réflexion, qui nous illumine et nous interpelle tant, faite il y a plus de quatre siècles par la Sainte Mystique, ne nous apparaît-elle pas familière?

L’objectif ultime de la réforme de sainte Thérèse et de la création de nouveaux monastères, dans un monde ayant peu de valeurs spirituelles, était de protéger par la prière l’œuvre apostolique; proposer un style de vie évangélique qui soit un modèle pour celui qui cherchait un chemin de perfection, à partir de la conviction que toute réforme personnelle et ecclésiale authentique passe par la reproduction toujours perfectionnée en nous de la «configuration» au Christ (cf. Ga 4, 19). Ce fut précisément là l’engagement de la sainte et de ses filles. Et ce fut précisément l’engagement de ses fils carmes, qui ne visaient à rien d’autre qu’à «progresser dans la vertu». Dans ce sens, Thérèse écrit: «[Il me semble en effet que] il nous apprécie plus si, à travers sa miséricorde, nous réussissons à lui gagner une âme à travers nos efforts et notre prière, plus que par tant d’autres services que nous pourrions lui rendre» (Livre des fondations, 1, 7). Face à l’oubli de Dieu, la sainte, docteur de l’Eglise, encourage des communautés de prière, qui protègent par leur ferveur ceux qui proclament partout le Nom du Christ, afin qu’ils prient pour les besoins de l’Eglise et portent au cœur du Sauveur le cri de tous les peuples.

Benoît XVI

06:53 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (4)

14 octobre 2014

Je ne suis pas sûr…

que le rapport d’étape du synode mérite une analyse aussi fouillée que celle que lui consacre Jeanne Smits, mais c’est aussi une façon de prendre date et d’avoir un état de la question très précis.

N’en jetez plus, la poubelle est pleine…

Quelques titres de la presse francophone sur le rapport à mi-parcours du synode :

Le synode reconnaît des valeurs positives au mariage civil, y compris homosexuel

Le Vatican change de ton vis-à-vis des homosexuels

Homosexualité, divorce, concubinage... L'Eglise reverrait-elle son dogme sur la famille ?

Mariage homosexuel: le Vatican reconnaît qu'il peut représenter une "aide précieuse pour la vie des partenaires"

Mariage civil, homosexualité... Un air nouveau au Vatican ?

Homosexualité, divorce, mariage... Le Vatican porte un regard nouveau sur la famille

Mariage : l’Eglise se montre plus bienveillante à l’égard des unions libres et des homosexuels

Le Vatican change de ton sur l'union libre, même homosexuelle

L'Église assouplit sa doctrine concernant les homosexuels

Le Vatican change de ton à propos de la cause homosexuelle

Au synode sur la famille un ton nouveau et plus positif sur les homosexuels

Vatican: le synode affirme les valeurs positives du mariage civil

Couples gays et unions libres : le Vatican change son discours

Vatican: une ouverture sans précédent aux unions gaies

Insolite

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Une image pas banale : Son Altesse le Cheikh Nahyan Bin Mubarak Al Nahyan, ministre de la Culture des Emirats arabes unis et membre de la dynastie régnante d’Abou Dabi, le 9 octobre dernier, inaugurant le nouveau Centre Saint-Joseph d’Abou Dabi. Derrière lui l’autel de la cathédrale Saint-Joseph (qui sera consacré le lendemain), le tabernacle (encore vide) mais surtout le grand crucifix. Et sur le pupitre, une croix…

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Le « centre paroissial Saint-Joseph », qui abrite l’église Saint-Joseph devenue en 1983 cathédrale du vicariat apostolique d’Arabie du Sud, a été en grande partie démoli et reconstruit, en plus grand, voire somptueux. Les quelque 100.000 catholiques d’Abou Dabi sont tous des travailleurs immigrés : c’est typiquement l’Eglise riche pour les pauvres, sous la houlette de Mgr Hinder qui ne se cache pas d’avoir besoin de vastes locaux pour l’apostolat de chrétiens d’Inde et des Philippines ; lesquels ne voient pas pourquoi l’Eglise devrait se montrer miséreuse chez les magnats du pétrole…

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15:45 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (3)

Même la Pravda du Vatican s’inquiète…

Si on continue de lire après les premières lignes enthousiastement bisounoursiques :

Cité du Vatican, 14 octobre 2014 (VIS). D'entrée, le Cardinal Rapporteur général a lu la Relatio post Disceptationem, après quoi s'est déroulé le débat libre. En ligne générale, la Relatio a été appréciée, en particulier pour sa qualité photographique des interventions des pères synodaux, le rendu du climat d'ouverture des travaux et la mise en évidence du thème dominant de l'accueil. Le texte exprime bien l'amour de l'Eglise pour la famille fidèle au Christ, comme sa capacité d'être proche des gens en toute circonstance et de comprendre que derrière les enjeux pastoraux il y a des personnes souffrantes. Le regard du Synode est bien celui du pasteur envers un troupeau qu'il ne juge pas à priori. La Relatio contenant plusieurs points de vue qui seront débattus au cours des Circuli Minores, on a suggéré des réflexions supplémentaires. Par exemple: Si l'Eglise doit s'ouvrir à qui est en difficulté, il convient d'insister sur les familles demeurées fidèles aux enseignements évangéliques, de les remercier et de les encourager dans leur témoignage. Le Synode devrait mieux affirmer l'indissolubilité du mariage, et combien la fidélité pour toujours est une valeur pour la société, évitant ainsi de se focaliser sur les cas anormaux. Il a été recommandé de porter plus d'attention au rôle de la femme, fondamentale dans la transmission de la vie et de la foi, mais aussi à celle des grands parents au sein de la famille, au concept d'Eglise domestique, à la paroisse comme famille des familles, à la Sainte Famille comme référence majeure, à la mission évangélisatrice de la famille.

Il convient également d'éclaircir le concept de gradualité, car sujet à confusions. Ainsi à propos de l'accès aux sacrements des divorcés remariés, le risque est que les exceptions portent à la règle. On a regretté la quasi absence dans le texte du mot péché, et rappelé combien le Christ a fortement condamné le danger de céder à la mentalité du monde. Si on a mis en relief la nécessité d'une compréhension prudente des homosexuels comme des personnes vivant l'union libre, qui ne donne pas l'impression d'admettre leur orientation sexuelle. En tout cas, il y a nécessité de réaffirmer la place éminente du sacrement baptismal, essentiel pour comprendre la sacralité du mariage et sa nature de ministère d'annonce de l'Evangile. Quant à la simplification des procédures en nullité, des objections se sont exprimées face à la proposition d'attribuer à l'évêque diocésain de nouvelles compétences qui le surchargeront. On a aussi estimé nécessaire une plus profonde réflexion sur la polygamie, avant tout si un converti entend accéder aux sacrements, et sur la diffusion de la pornographie, principalement véhiculée par le web, qui constitue un danger pour la cohésion familiale. Il a enfin été demandé de mieux approcher la question de la disponibilité du couple envers la vie, et d'être clairs sur l'avortement et la procréation assistée.

Le président de la conférence des évêques de Pologne : « Ce document est inacceptable »

Interrogé hier par Radio Vatican, Mgr Stanislas Gadecki, archevêque de Poznan et président de la conférence des évêques de Pologne, déclare que le rapport de mi-parcours du synode n’est pas acceptable pour de nombreux évêques. Ce document s’éloigne de l’enseignement de Jean-Paul II et on y trouve même des traces d’idéologie anti-mariage, explique-t-il :

« Est-ce que le dessein de ce synode est le soutien pastoral aux familles en difficulté, ou son objectif est-il l’étude de cas particuliers ? Notre tâche principale est de soutenir la pastorale de la famille, et non de la heurter, en exposant ces situations difficiles qui existent, mais qui ne constituent pas le noyau même de la famille, et ne suppriment pas la nécessité du soutien qui doit être apporté aux bonnes familles normales, ordinaires, qui se battent pas tant pour la survie que pour la fidélité.

« En ce qui concerne les questions du mariage et de la famille, certains critères qui leur sont appliqués soulèvent des doutes. Par exemple, le critère de gradualité. Est-ce que l’on peut réellement traiter la cohabitation comme une gradualité sur le chemin de la sainteté ? Aujourd’hui, la discussion a étalement souligné que la doctrine présentée dans le document est marquée par le péché d’omission. Comme si le point de vue du monde prévalait et que tout est une imperfection qui mène à la perfection… On a accordé attention à ce document, non pas tant à ce qu’il dit mais à ce qu’il ne dit pas. Nous ne parlons pratiquement que d’exceptions, mais nous devons aussi présenter la vérité. Ensuite, les points qui évoquent les enfants confiés à des couples homosexuels sont formulés un peu comme si cette situation était louable ! C’est aussi un défaut de ce texte, qui devrait inciter à la fidélité, aux valeurs familiales, mais qui au lieu de cela semble tout accepter tel quel. Cela donne l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été sans miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde commençait seulement maintenant. »

C’est pas moi c’est l’autre…

Lors de la présentation du rapport de mi-parcours du synode à la presse, hier, un journaliste a posé une question sur le paragraphe concernant les homosexuels.

Et le cardinal Erdö, qui est le rapporteur, donc l’auteur du rapport, de répondre :

« Adressez-vous à Mgr Forte : celui qui a écrit le texte doit savoir de quoi ça parle. »

Sic.

Et Mgr Forte en a profité pour en remettre une couche sur les « aspects positifs » des relations homosexuelles, la « reconnaissance » et l’« appréciation » de « tout ce qui est positif dans ces sortes d’expérience », ce qui est « un exercice d’honnêteté intellectuelle et de charité spirituelle »…

Au fait…

Je m’en voudrais si mes commentaires sur le synode donnaient des idées noires ou dépressives à certains de mes lecteurs.

Personne, pas même le pape, ne peut nous enlever la joie du salut.

Personne, pas même le pape, ne peut abîmer notre espérance qui n’est pas de ce monde mais qui est une ancre jetée et fixée au-delà du voile, dans le Royaume, comme le dit l’épître aux Hébreux.

Le rapport de mi-parcours du synode n’est qu’un rapport d’étape. Mais il est hélas pleinement dans le sens de ce que ce pontificat nous fait subir depuis son tout premier instant, et particulièrement dans le sens de l’épisode Kasper de préparation du synode, ce qui est certes inquiétant pour la suite (surtout si l’on se souvient que la préparation Kasper a commencé dès le premier Angelus de François, le 21 mars 2013).

Cela dit le pire n’est jamais sûr.

Mais ce que je me dis aussi, au vu de certaines réactions d’évêques et de cardinaux, est que cet épisode, ce désastreux pontificat dans son ensemble, est peut-être nécessaire pour qu’il y ait un sursaut des vraies forces vives de l’Eglise. Un peu comme il a fallu la loi Taubira pour qu’il y ait ce sursaut inédit et imprévu de la Manif pour tous, des veilleurs, sentinelles, etc.

Dieu se sert du mal pour faire le bien…

Saint Calixte

Saint Calixte Ier pourrait être appelé le pape de la miséricorde. Et les pères du synode feraient bien de méditer son pontificat. Car il mit en œuvre non pas la caricature et l’imposture d’un Kasper, mais la véritable et authentique miséricorde.

Et la providence a voulu que la collecte de sa messe, qui ne comporte même pas son nom parce qu’on ne savait rien de lui, soit précisément l’expression de son enseignement :

Deus, qui nos conspicis ex nostra infirmitate deficere : ad amorem tuum nos misericorditer per Sanctorum tuorum exempla restaura.

O Dieu, qui nous voyez défaillir à cause de notre faiblesse, raffermissez-nous miséricordieusement dans votre amour au moyen des exemples de vos Saints.

On ne savait rien de saint Calixte avant le milieu du XIXe siècle, quand on découvrit les Philosophumena, un gros livre contre les hérésies où l’un des hérétiques était… Calixte. Or l’auteur des Philosophumena reproche au pape un intolérable laxisme, au nom de la miséricorde. En effet, Calixte considérait que tout péché pouvait être remis si le pécheur le regrettait et s’en confessait, même ceux que l’on considérait le plus souvent comme impardonnables : l’apostasie, le meurtre, l’adultère. Il considérait également qu’on ne devait pas déposer un évêque sous prétexte qu’il avait commis un péché mortel.

Tertullien critiquera sévèrement lui aussi ces nouveautés. Mais Tertullien mourra en dehors de l’Eglise... Et la doctrine de Calixte deviendra celle de l’Eglise : c’est la plus grande miséricorde envers le pécheur, de tout pécheur, mais à condition qu’il se reconnaisse pécheur, et non qu’on lui fasse croire qu’il ne l’est pas vraiment…

Toujours en rapport avec le synode, saint Calixte avait innové en admettant le mariage entre les femmes libres et les esclaves, ce que la loi civile interdisait, et il montrait ainsi la supériorité du mariage religieux sur le mariage civil. Aujourd’hui on prétend au contraire revaloriser le mariage civil... alors qu’en France les évêques auraient dû s’inspirer de saint Calixte pour décider que si le mariage civil reconnaît l’union de personnes de même sexe, l’obligation du mariage civil devient caduque pour les catholiques.

Saint Calixte, priez pour le synode…

06:18 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (2)