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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2

  • Saint Barthélemy

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    Selon la rengaine universelle de la critique historique, on ne sait absolument rien de saint Barthélemy.

    Selon la tradition, cet apôtre évangélisa « l’Inde » et lui laissa l’évangile de saint Matthieu, puis se rendit en Arménie où il convertit le roi. Mais le frère du roi, excité par les prêtres païens, le fit écorcher vif et décapiter. Et il est depuis toujours le saint patron de l’Arménie.

    Deux autres petites choses.

    Dans La théologie mystique de saint Denys l’Aréopagite, il y a une citation de saint Barthélemy. Rien n’en garantit l’authenticité, sauf qu’il est insolite de citer cet apôtre dont on ne connaît aucun texte : « Le divin Barthélemy disait que la théologie est à la fois développée et brève, l'Évangile spacieux et grand, mais néanmoins concis. »

    Selon certains pères, Barthélemy est l’homme que saint Jean appelle Nathanaël. Il se serait appelé Nathanaël Bar-Tholmai (fils de Tholmai). Or on constate que lors de sa première rencontre avec Jésus, Nathanaël lui dit : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu. » Or, bien plus tard, saint Pierre va dire la même chose à Jésus, dans un contexte plus solennel. Et Jésus lui répond : « Heureux es-tu, Simon Bar-Jona. » Or c’est la seule fois que Jésus appelle ainsi Simon-Pierre. Le premier à l’avoir dit était donc peut-être Bar-Tholmai…

    (Le martyre de saint Barthélemy, par Jacques Callot, 1632)

  • 13e dimanche après la Pentecôte

    Panem de cælo dedísti nobis, Dómine, habéntem omne delectaméntum et omnem sapórem suavitátis.

    Vous nous avez donné le pain du ciel, Seigneur, plein de délices et de toute saveur de suavité. (« Pour toute harmonie aux goûts », dit littéralement le texte grec, c’est-à-dire : qui peut satisfaire tous les goûts, qui a la saveur que l’on désire, comme l’explicite le verset suivant : « s’accommodant à la volonté de chacun d’eux, elle se changeait en tout ce qu’il voulait ».)

    C’est l’antienne de communion de la messe de ce jour. Un verset du livre de la Sagesse (16, 20) qui est spécialement en situation.

    Il se trouve que par une coïncidence qui doit être assez rare, la lecture biblique de la semaine qui vient de s’écouler était précisément le livre de la Sagesse, et que le chapitre 16 devait être lu vendredi. C’est ce que j’ai fait, dans la Bible Osty que je continue à lire jusqu’à la lie (jusqu’à ce que je l’ai entièrement lue, puis je la rangerai soigneusement au fond du placard…).

    Ce verset du livre de la Sagesse permet au chanoine Osty de donner un exemple particulièrement topique de ses principes d’exégèse (qui ne sont pas seulement les siens, hélas). Tout ce qu’il trouve à dire est que l’on est en présence d’une « légende juive » qui « avait pris d’extraordinaires proportions » (par rapport au récit de l’Exode où les Hébreux sont rapidement écœurés de cette nourriture insipide et toujours identique).

    Le chanoine Osty se refuse absolument à interpréter l’Ancien Testament par le Nouveau, et à tenir le moindre compte de la liturgie (c’est-à-dire de ce qui fait la richesse de la véritable exégèse chrétienne). Il en reste donc strictement à la « légende juive ».

    Ici on atteint un sommet, car il refuse même de prendre en compte les paroles essentielles de Jésus disant qu’il est le pain descendu du ciel, qu’il est, lui le Verbe de Dieu, la manne véritable (accomplissant ce que Dieu dans l’Exode, annonçant la manne, disait à Moïse : « Je vais faire pleuvoir des pains du ciel »).

    Car il ne s’agit pas d’une légende mais d’une prophétie (conformément à ce qu’est le texte inspiré). Le livre de la Sagesse annonce le vrai « pain des anges » (comme disait déjà le psaume 77 – et le « pain des anges » ne peut pas être un pain matériel, il est la Parole de Dieu), le Verbe divin qui se fait chair pour se communiquer à l’homme sous la forme du pain. Et le Verbe unique et multiforme satisfait tous les goûts intérieurs de l’homme, tous ses désirs de vie divine.

    La prophétie est d’ailleurs rendue encore plus transparente par les versets 25 et 26 :

    C'est pourquoi, se transformant alors en toutes sortes de goûts, elle obéissait à Votre grâce, qui est la nourricière de tous, selon la volonté de ceux qui Vous exprimaient leurs désirs; afin que Vos enfants, que Vous aimiez, Seigneur, connussent que ce ne sont point les fruits naturels qui nourrissent les hommes, mais que Votre Parole conserve ceux qui croient en Vous.

    Et c’était déjà dans le Deutéronome (8,3) :

    Il vous a affligé de la faim, et Il vous a donné pour nourriture la manne qui était inconnue à vous et à vos pères, pour vous faire voir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

    Et l’on aura reconnu ici ce que Jésus répond à Satan qui lui demande de transformer des pierres en pains: la manne était la préfiguration de la Parole de Dieu qui va se faire pain (et non les pierres).

    Je trouve stupéfiant de publier une traduction de la Bible, munie de notes surabondantes, où l’on refuse absolument au lecteur toute indication des réseaux de signification qui touchent au cœur même de la foi.

  • Le "jour du dépassement"

    Le 13 août dernier, c’était le « jour du dépassement ». Tous les médias nous ont affirmé que ce jour-là l’humanité a épuisé toutes les ressources produites par la terre pour 2015.

    Cela relève tellement de la superstition sous couverture pseudo-scientifique, et de la propagande écolo la plus stupide, et d’une absurdité hypercosmique, que ma réaction était une bordée d’insultes façon capitaine Haddock.

    J’ai donc préféré ne rien dire. Mais je vois que sur Réinformation.tv un certain François le Luc a réagi de façon plus structurée et raisonnable. Et même mieux encore. J’y renvoie donc.

  • Référendum danois

    Le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a annoncé hier qu’il y aurait un référendum le 3 décembre prochain sur la fin de l’exemption des règles de l’UE en matière de politique de Justice et des Affaires intérieures.

    Le Danemark était entré dans l’UE à condition… de ne pas en faire partie. En effet le pays avait obtenu quatre clauses d’exemption : il ne participait pas à l’union économique et monétaire, à la politique de sécurité et de défense commune, à la politique commune de justice et des affaires intérieures, à la citoyenneté européenne. Bref à rien de ce qu’il y a dans le traité de Maastricht. En 2000 il y a eu un référendum sur l’euro. Les Danois ont dit non alors que toute la classe politico-médiatique avait fait campagne pour le oui.

    Le référendum sur la politique européenne de justice avait été annoncé déjà deux fois par les gouvernements précédents. L’actuel gouvernement comptait l’organiser l’année prochaine, mais la date a été avancée pour qu’il n’y ait pas d’influence du référendum britannique sur le « Brexit ».

    Le gouvernement danois justifie ce référendum par le fait que la réforme en cours d’Europol aboutira à ce que le Danemark pourrait être éjecté de cette agence (tous les pays membres de l’UE en font partie), ce qui serait dommageable pour la lutte contre le crime transfrontalier.

    Comme pour le référendum précédent, toute la classe politico-médiatique est pour le oui, à cette différence près que le parti du peuple danois, qui était marginal, est aujourd’hui le deuxième parti au Parlement, et qu’il entend mener une campagne intensive contre la perte de souveraineté que représenterait la participation à la politique européenne de justice et des « affaires intérieures ».

  • Au Madhya Pradesh

    Les évêques catholiques du Madhya Pradesh pressent les autorités de prendre des mesures légales pour protéger les chrétiens des violences dont ils sont victimes. C’est le 13 août dernier que l’épiscopat de cet Etat du centre de l’Inde de 75 millions d’habitants, gouverné par un parti pro-hindou, ont pris la parole. Ils ont dénoncé le fait que les catholiques, qui ne représentent que moins d’un pour cent de la population, vivent dans la peur constante d’attaques contre eux et contre leurs institutions.

    Les extrémistes hindous les accusent de leur côté de prosélytisme, dans un Etat où les conversions sans une permission gouvernementale sont illégales et punissables de prison ou d’amende. Or le nombre de chrétiens dans cet Etat est en constante diminution font remarquer les évêques qui ne comprennent pas pourquoi ils sont la cible de ces accusations de conversions massives.

    Cette déclaration fut l’occasion pour les évêques de montrer comment les chrétiens sont harcelés. En mars, par exemple, des extrémistes ont attaqué un groupe tribal de chrétiens qui se réunissaient dans une école pour une prière du soir. Selon Mgr Almeida, évêque de Jabalpur, les agresseurs ont prétendu que ce groupe tentait de convertir des non-chrétiens.

    Durant les six premiers mois de cette année, au moins vingt attaques antichrétiennes et des cas de harcèlement policier ont été recensées dans l’Etat. Selon Mgr Almeida, les attaques se poursuivent car il n’y a aucune volonté politique de combattre les éléments antichrétiens. Mais les évêques assurent qu’ils ne succomberont « à aucune pression ou menace ».

    (News.va)

  • Le Cœur immaculé de Marie

    Le 31 octobre 1942, Pie XII consacrait le monde au Cœur immaculé de Marie. Voici le texte de cette belle prière. On constatera à quel point elle est encore plus actuelle aujourd’hui (sauf pour ce qui concerne la Russie)…

    Mère du Très saint rosaire, secours des chrétiens, refuge du genre humain, victorieuses de toutes les batailles de Dieu, nous voici prosternés suppliants aux pieds de votre trône, dans la certitude de recevoir les grâces, l'aide et la protection opportunes dans les calamités présentes, non en vertu de nos mérites, dont nous ne saurions nous prévaloir, mais uniquement par l'effet de l'immense bonté de votre Cœur maternel.

    C'est à vous, c'est à votre Cœur immaculé qu'en cette heure tragique de l'histoire humaine, nous nous confions et nous nous consacrons, non seulement en union avec la Sainte Église - corps mystique de Votre Fils Jésus - qui souffre et verse son sang, en proie aux tribulations en tant de lieux et de tant de manières, mais en union aussi avec le monde entier, déchiré par de farouches discordes, embrasé d'un incendie de haine et victime de ses propres iniquités. Laissez-vous toucher par tant de ruines matérielles et morales, par tant de douleurs, tant d'angoisses de pères et de mères, de frères, d'enfants innocents, par tant de vies fauchées dans la fleur de l'âge, tant d'âmes torturées et agonisantes, tant d'autres en péril de se perdre éternellement.

    Ô Mère de Miséricorde, obtenez-nous de Dieu la paix, et surtout les grâces qui peuvent en un instant convertir le cœur des hommes, ces grâces qui préparent, concilient, assurent la paix ! Reine de la paix, priez pour nous et donnez au monde en guerre la paix après laquelle les peuples soupirent, la paix dans la Vérité, dans la justice, dans la charité du Christ. Donnez-lui la paix des armes et la paix des âmes, afin que dans la tranquillité de l'ordre s'étende le règne de Dieu. Accordez votre protection aux infidèles et à tous ceux qui gisent encore dans les ombres de la mort; donnez-leur la paix, faites que se lève pour eux le soleil de la Vérité et qu'ils puissent avec nous, devant l'unique Sauveur du monde, répéter : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté !

    Aux peuples séparés par l'erreur ou par la discorde, particulièrement à ceux qui professent pour vous une singulière dévotion et chez lesquels il n'y avait pas de maison qui n'honorât votre vénérable icône (peut-être aujourd'hui cachée et réservée pour des jours meilleurs), donnez la paix et reconduisez-les à l'unique bercail du Christ, sous l'unique vrai Pasteur. Obtenez à la Sainte Église de Dieu une paix et une liberté complètes; arrêtez les débordements du déluge néo-païen; développez dans le cœur des fidèles l'amour de la pureté, la pratique de la vie chrétienne et le zèle apostolique, afin que le peuple des serviteurs de Dieu augmente en mérite et en nombre.

    Enfin, de même qu'au Cœur de votre Fils Jésus furent consacrés l'Église et le genre humain tout entier, afin que, toutes les espérances étant placées en lui, il devînt pour eux signe et gage de victoire et de salut, ainsi et pour toujours nous nous consacrons à vous, à votre Cœur immaculé, ô notre Mère et Reine du monde, pour que votre amour et votre protection hâtent le triomphe du règne de Dieu et que toutes les nations, en paix entre elles et avec Dieu, vous proclament bienheureuse et entonnent avec vous, d'une extrémité du monde à l'autre, l'éternel Magnificat de gloire à celui en qui seul elles peuvent trouver la Vérité, la vie et la paix.

  • L’ignominie

    Elle a osé, ils ont osé, exclure Jean-Marie Le Pen du Front national.

    J’ai beaucoup regretté de ne pas avoir eu le courage de dire clairement à Jean-Marie Le Pen, lorsqu’il me vantait les qualités de Marine, qu’il faisait une énorme erreur de vouloir lui confier son mouvement. Ce qui n’aurait assurément rien changé, puisque c’était sa ferme volonté. Mais j’aurais eu la conscience plus tranquille. D’autant que le résultat est bien pire que ce que je craignais. Cela dit, je n’aurais jamais imaginé que ça aille jusqu’à l’exclusion de celui qui a fondé le mouvement et l’a porté à bout de bras pendant des décennies, bravant la haine politico-médiatique avec un panache… qu’il a toujours, le panache des grands jours de l’adversité. Vive Jean-Marie, malgré tout.

  • La 7e vidéo

    Sur la 7e vidéo dénonçant les trafics de tissus de fœtus avortés par le Planning familial américain, on voit notamment le témoignage d’une jeune femme que sa collègue était venue chercher pour « voir quelque chose d’assez cool ». Il s’agissait d’un fœtus « entièrement développé ». La collègue tape sur le cœur, qui se met à battre, et elle dit : « C’est vraiment un bon fœtus, on dirait que nous allons récupérer beaucoup de choses dessus. » Puis elle lui demande de récupérer le cerveau de l’enfant à l’aide de ciseaux, à travers son visage…

    Depuis la première vidéo, on découvre au fil des reportages des gens, généralement des jeunes femmes, qui paraissent normales, et qui pourtant n’ont manifestement plus aucune conscience humaine. La culture de mort aboutit à une euthanasie de la conscience. C’est ce qui est pour moi le plus terrifiant dans ces vidéos.

  • Saint-Julien de Qaryatayn

    Selon « l’Observatoire syrien des droits de l’homme » (un Syrien de Londres) l’Etat islamique aurait détruit le monastère Saint-Julien l'Ancien de Qaryatayn, près de Homs (ville prise au début du mois), où avait été enlevé le P. Jacques Mourad.

    Les images diffusées ne prouvent rien, la seule qui ait un rapport avec la destruction présumée étant celle d’un bulldozer dans un nuage de poussière. Mais le patriarche syro-catholique semble confirmer la destruction.

    Ce monastère a été construit par la « communauté monastique Al Khalil » sur les ruines d’un très ancien monastère (qu'on voit sur les photos, sous les espèces de pilotis). La « communauté monastique Al Khalil » est celle qui a été fondée par le P. Paolo Dall’Oglio, qui a été enlevé il y a deux ans, et qui a trois « monastères » en Syrie. Il s’agit de communautés « mixtes, œcuméniques et consacrées au dialogue islamo-chrétien », avec une liturgie syriaque. On y prêche « l'harmonie islamo-chrétienne ». Sic. Le P. Dall’Oglio a écrit un livre intitulé Amoureux de l'islam, croyant en Jésus.

    Bref, tout cela est très proche des moines de Tibhirine. Mais il semble que les islamistes n’apprécient guère les bons apôtres de la paix syncrétiste…

  • Martyrs de Corée du Nord

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    Alors que le ton monte une fois de plus entre la Corée du Sud et la Corée du Nord (celle-ci vient même de décréter l’état de guerre), la conférence des évêques de Corée a approuvé hier l’ouverture de l'examen préliminaire du martyre de Mgr François Borgia Hong Yong-ho et de ses 80 compagnons. La Congrégation pour les causes des saints avait donné son feu vert en 2013. Le Vatican avait alors considéré que Mgr Hong Yong-ho – né en 1906, et dont était sans nouvelles depuis 1962 - était mort, et son nom fut retiré de l’Annuaire pontifical.

    Sur Mgr Hong Yong-ho, voir ici.

  • Sainte Jeanne de Chantal

    Comme vous étiez, ô très-sainte Mère ! le vaisseau le plus grand, le plus capable, le plus digne du monde, vous fûtes aussi plus que nul autre remplie de l'amertume et du breuvage d'angoisse, que votre Bien-aimé avalait en ce lieu de tourment : ah ! que m'apprend cela, sinon à recevoir les tribulations comme une chose partagée avec l’Époux ? O Mère très-pure ! vous nous appelez, disant : Hé ! venez, mes filles, que vos cœurs soient des vaisseaux tout vides, et mon Fils y versera la rosée dont son chef est couvert, et les gouttes de la nuit de sa Passion, dont sa tête est emperlée, se convertiront en perles de consolation. Ma très-douce Mère, hé ! faites-moi donc la grâce que désormais je reçoive toutes les petites occasions d'humiliation, de souffrance et d'abjection, comme des petites gouttelettes distillées de cette chevelure précieuse.

    On trouve ici ou là cette prière sous le nom de sainte Jeanne de Chantal. Il s’agit en fait de la « deuxième affection » de la 24e méditation « pour les solitudes annuelles ». Méditations dont il est dit dès le titre qu’elles sont « tirées de plusieurs petits mémoires trouvés écrits de la sainte main de notre bienheureux père François de Sales, dressées pour les Sœurs de ce premier monastère de la Visitation d’Annecy par sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal ». Ce que souligne sainte Jeanne de Chantal elle-même dans son introduction, et après la préface il y a un nouveau titre : « Méditations tirées des écrits de notre bienheureux père propres pour les solitudes » (à savoir la retraite annuelle des religieuses).

    Les spécialistes ont-ils démêlé ce qui est de l’un et de l’autre ? J’avoue ne pas m’intéresser assez à cette spiritualité pour avoir recherché la réponse. Ce que l’on peut constater est que juste avant cette « deuxième affection » il y a la « première affection », qui ne peut pas être, en tout cas en son début, de saint François de Sales :

    Votre sainte Abbesse, ô âmes religieuses ! n'est point sur le mont de Thabor, ains seulement sur le mont de Calvaire, où elle ne voit que des opprobres, des impuissances, des lances, des clous et des ténèbres : O Mère d'amour très-constante ! toute la multitude de ces eaux d'afflictions n'ont pu éteindre votre charité ; hélas ! et une petite gouttelette d'affliction et de contradiction me fait reculer en arrière de mon Bien-aimé souffrant.

  • Démocrates de Suède

    Selon un sondage YouGov, les Démocrates de Suède (populistes, anti-immigration, eurosceptiques, etc.) sont désormais le premier parti, avec 25,2% d’intentions de vote, soit presque le double de leur score aux dernières élections, devant les sociaux-démocrates (22,4%) et les Modérés au pouvoir (21%).

    Rappel : leur campagne de publicité dans le métro.

  • Bonne réponse

    La Slovaquie ne veut accepter que des demandeurs d’asile chrétiens.

    Et pour quelle raison ?

    Ben… c’est bien simple, dit benoîtement le porte-parole du gouvernement, Ivan Metik : « Nous n’avons pas la moindre mosquée en Slovaquie. Comment voulez-vous que des musulmans s’intègrent s’ils ne peuvent pas aimer ce qu’ils trouvent ici ? »

  • L’Allemagne achète la Grèce

    Le nouveau plan d’aide à la Grèce n’est pas encore voté par tous les parlements de l’UE que déjà le plan de « privatisation » qui en est une condition majeure est mis en œuvre.

    On a ainsi appris que quelque 14 aéroports grecs (dont ceux des destinations touristiques majeures de Mykonos, Corfou, Rhodes) vont être achetés par un consortium dominé par la société Fraport. Comme son nom l’indique Fraport est l’exploitant de l’aéroport de Francfort-sur-le-Main. Cette société a pour principaux actionnaires le Land de Hesse et la ville de Francfort. Autrement dit, la « privatisation » de ces 14 aéroports grecs va les faire passer sous le contrôle d’opérateurs publics allemands. Bref, de l’Allemagne. Et en profitant de prix bradés, bien entendu. C’est un transfert du patrimoine public grec vers le patrimoine public allemand…

    Et tout est à vendre : les compagnies de fourniture d’énergie, la distribution de l’eau, la poste, les ports, les autoroutes, la loterie « nationale », les terres….

    Il paraît que les Chinois veulent l’aéroport d’Athènes, et que la France aimerait récupérer la poste… Vinci aurait déjà une autoroute, les Tchèques la loterie, mais on ne sait pas encore ce que le Qatar va emporter…

    Voilà pourquoi il fallait absolument que la Grèce reste dans l’UE : c’est pour pouvoir la bouffer.

  • Saint Bernard

    En lien avec l’article de Benedict Constable sur le symbolisme masculin-féminin dans la liturgie, voici un bref extrait du 85e sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques, qui plonge au cœur du symbolisme - et de la mystique - du livre central de la Bible (traduction de l’abbé Charpentier, 1866).

    De ce degré, l'âme commence déjà à penser à son mariage avec le Verbe. Comment n'y penserait-elle pas, quand elle se voit d'autant plus nubile, pour ainsi parler, qu'elle lui est plus semblable? La majesté de cet époux ne l'épouvante point, parce que sa ressemblance l'associe avec lui, son amour l'unit à lui, sa profession la fiance avec lui. Or voici la forme de sa profession: « J'ai juré et résolu de garder les ordonnances de votre justice (Ps. CXVII, 106). » Les apôtres avaient suivi cette forme lorsqu'ils disaient: « Vous voyez que nous avons tout quitté pour vous suivre (Matth. XIX, 27). » Ce qui, sous la figure du mariage charnel, doit s'entendre du mariage spirituel de Jésus-Christ et de l'Église est encore semblable : « C'est pourquoi l'homme laissera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront deux en une même chair (Ephes. V, 31). » Et dans le Prophète l'Épouse se glorifie en ces termes : « Pour moi, mon plus grand bien, c'est de m'attacher à Dieu, et de mettre mon espérance dans le Seigneur (Ps. LXXII, 28). » Lors donc que vous verrez une âme qui, après avoir tout quitté, s'attache au Verbe par tous les désirs de son cœur, ne vit que pour le Verbe, se conduit par le Verbe, conçoit du Verbe pour enfanter pour le Verbe, en sorte qu'elle puisse dire : « Jésus-Christ est ma vie, et ce m'est un grand avantage de mourir pour lui (Philip. I, 21) », croyez qu'elle est l'Épouse du Verbe. Son Époux peut se reposer en elle avec confiance, en sachant que l'âme qui a méprisé tout pour l'amour de lui, et qui regarde tout comme du fumier pour le gagner et le posséder uniquement, lui est fidèle. Il savait que telle était l'âme de celui dont il disait: « Celui-là m'est un vase d'élection (Act. IX, 15). » Certes l'âme de saint Paul était une bonne mère et une épouse fidèle, lorsqu'il disait : « Mes petits enfants que je conçois de nouveau dans mou sein jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé en vous (Galat. IV, 19). »

    Mais remarquez que dans le mariage spirituel il y a deux sortes d'enfantements, et par conséquent deux sortes d'enfants qui sans être contraires sont différents, car les saintes mères engendrent des âmes à Dieu par la prédication, ou produisent des intelligences spirituelles par la méditation. Dans cette dernière sorte d'enfantements il arrive quelquefois que l'âme est tellement transportée hors de soi et détachée des sens, qu'elle ne se sent pas elle-même, bien qu'elle sente le Verbe. Cela arrive lorsque étant pleine de la douceur ineffable du Verbe, elle se dérobe à elle-même en quelque façon, ou plutôt est ravie et s'échappe de soi pour jouir du Verbe. L'âme n'est pas dans la même disposition lorsqu'elle fait du fruit par le Verbe, et lorsqu'elle jouit du Verbe. En l'un, elle est pressée par les soins du prochain, en l'autre elle est attirée par les douceurs du Verbe. C'est une mère qui a véritablement beaucoup de joie d'engendrer des enfants spirituels, mais qui en reçoit bien davantage des chastes embrassements de son époux. Ses enfants lui sont chers et précieux, mais les baisers de son époux lui sont infiniment plus agréables. C'est une bonne chose de sauver plusieurs âmes, mais il est bien plus doux de sortir comme hors de soi, et d'être avec le Verbe. Mais quand cela arrive-t-il, et combien cela dure-t-il ! C'est un doux commerce, mais il est bien court lorsqu'on l'éprouve, et il est bien rare de l'éprouver. Et c'est là, ce me semble, la septième raison pour laquelle j'ai dit plus haut, que l'âme cherche le Verbe, c'est afin de jouir de ces douceurs.

  • Le crime de Crémisan

    Les bulldozers, accompagnés d’une soixantaine de soldats, sont arrivés dans la vallée de Crémisan, et ont commencé à arracher les oliviers millénaires (quel symbole) pour construire le mur de séparation qui coupera en deux le « poumon vert » de la région de Bethléem, et 58 familles de leurs terres. Des terres qui, volées aux Palestiniens, vont permettre de faire la jonction entre deux colonies israéliennes tentaculaires.

    Et l'on s'étonne qu'il n'y ait pas la paix...

    Hier, des prières avaient été organisées sur le site. Voir notamment ici. Aujourd’hui, des dizaines de chrétiens palestiniens, dont des prêtres, ont tenté d’empêcher l’avancée des bulldozers et se sont brièvement affrontés avec les soldats.

    Dans la vidéo ci-dessous, on voit Mgr William Shomali, vicaire patriarcal du patriarcat latin de Jérusalem, qui dit : « Nous sommes très déçus par la reprise des travaux de construction du mur dans la vallée de Crémisan, car, ayant eu recours à la justice israélienne pour sauver la terre des familles pauvres de cet endroit, on ne nous a pas rendu justice. Cela nous attriste. »

    Un peu plus loin Mgr Shomali évoque un autre problème, celui des écoles, mais qui est lié au premier puisque l’Eglise a des écoles dans la vallée de Crémisan (dont celle dont on voit les images). « Les restrictions budgétaires imposées par l’Etat d’Israël peuvent entraver le bon fonctionnement de ces écoles, et avoir un impact sur l’enseignement de plus de 30.000 enfants. Nous demandons seulement que les écoles chrétiennes soient traitées comme sont traitées les écoles (juives) orthodoxes, qui sont privées comme les nôtres. Nous demandons seulement l’égalité, pas des privilèges. »

  • Les hypocrites

    La Commission européenne a déclaré que la chute des cours du lait pourrait être liée à « l’absence du marché russe ». Sic. Ils n’ont même pas l’honnêteté de dire que c’est à cause de l’embargo qu’ils ont imposé.

    De même la chute des cours du porc pourrait être liée, elle aussi, à « l’absence du marché russe ».

    De même que le déferlement migratoire pourrait être lié à l’absence de gouvernement en Libye, à l’absence de stabilité au Proche Orient, à l’absence de paix en Syrie…

    Que de fatalités dans ce triste monde…

  • La messe supprimée

    A la prison centrale de Faisalabad (troisième ville du Pakistan, trois millions d’habitants), la messe dominicale a été supprimée. Cette mesure a été glissée parmi celles qui durcissaient les conditions de détention suite à la suppression du moratoire sur la peine de mort. Mais ça n’a aucun rapport, et des associations de défense des droits de l’homme ont saisi la justice, faisant valoir que cette mesure était contraire à la Constitution du Pakistan qui garantit la liberté de culte à tout citoyen, ainsi qu’à diverses conventions internationales signées par le Pakistan. Le directeur de la prison a justifié sa décision en mettant en avant des motifs de sécurité et le trafic de drogue. L’argument a été rejeté par le juge. Le directeur a déclaré alors qu’il accepterait le retour de la messe si elle est officiellement autorisée par l’Inspecteur général des prisons et par le ministère de l’Intérieur. Le juge a demandé aux deux parties de s’adresser à ces autorités. Ce qui a été fait. On attend les réponses. D’autre part, la Fondation Paix et Développement humain a écrit plusieurs lettres aux autorités du Pendjab, sans recevoir de réponse.

  • La communion sur la langue

    Dimanche dernier, l’évêque d’Oruro, en Bolivie, Mgr Krzysztof Białasik, a déclaré qu’il interdisait désormais dans son diocèse la communion dans la main, après avoir constaté que certaines personnes repartent avec l’hostie sans la consommer.

    Mgr Białasik est un Polonais qui après avoir fait ses études à la Société du Verbe divin près de Poznan a été ordonné prêtre et envoyé en Bolivie, où il a été missionnaire pendant 20 ans avant d’être nommé évêque d’Oruro par Benoît XVI en 2005. Depuis 1998 il était secrétaire de la conférence épiscopale de Bolivie pour la pastorale.

    Rorate Caeli en profite pour faire un point sur la situation. Mgr Białasik serait le troisième évêque, au cours de ces dix dernières années, à retirer la permission de donner la communion dans la main (par distinction avec ceux qui maintiennent l’interdiction existante, ou qui recommandent la communion sur la langue, ou qui interdisent la communion dans la main dans certaines églises).

    Le premier fut le cardinal Cipriani, archevêque de Lima, en 2008. Le deuxième a été le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, en 2011.

    Mgr Rogelio Livieres, évêque de Ciudad del Este, qui vient de mourir, avait fermement condamné la communion dans la main l’an dernier, et l’aurait sans doute interdite s’il n’avait été éjecté de son diocèse par François à ce moment-là.

    La conférence épiscopale du Nigeria avait permis temporairement la communion dans la main à cause de l’épidémie d’Ebola, mais a supprimé cette permission en décembre dernier.

    Quelques évêques ont imposé la communion sur la langue en diverses circonstances. Mgr Antonio Carlos Rossi Keller, évêque de Frederico Westphalen, au Brésil (quel nom bizarre) a annoncé fin 2011 que les fidèles qui voulaient la communion de sa main dans la cathédrale devaient la recevoir à genoux sur la langue. Mgr Eduardo Maria Taussig, évêque de San Rafael, en Argentine, a demandé la même chose la même année. Le cardinal Carlo Caffara, archevêque de Bologne, a ordonné en 2009 que la communion ne soit donnée que sur la langue dans les trois principales églises de son diocèse. Depuis la Fête Dieu de 2008, Benoît XVI donnait l’exemple.

    Rorate Caeli rappelle qu’en 1996, Juan Rodolfo Laise, évêque de San Luis en Argentine, avait été le seul évêque de son pays à refuser la communion dans la main lorsque l’indult fut promulgué pour l’Argentine. Selon les informations de Rorate Caeli, cette interdiction demeure.

    Il serait intéressant de savoir dans quels pays, en dehors du Nigeria, il n’y a pas eu d’indult pour la communion dans la main. Lors de mon dernier voyage en Irlande j’ai vu que tout le monde communiait dans la main, et de façon très désinvolte, et lors de mon dernier voyage en Pologne j’ai vu que tout le monde communiait pieusement sur la langue, alors qu’il y a eu finalement un indult en 2006. Je suppose que les militants de la communion dans la main ont dû faire des adeptes ici et là en Pologne, mais il est frappant de constater que la différence générale d’attitude envers le Saint Sacrement, dans deux pays considérés comme très catholiques, correspond à la réalité sociologique d’une Irlande qui inscrit le « mariage » homosexuel dans sa Constitution et d’une Pologne qui se révolte contre les thèses hétérodoxes défendues au synode.

    Quant à Mgr Białasik, évêque d'un pays dont, en plus, le président marxisto-panthéiste est un ami du pape, je ne lui donne pas longtemps avant d'avoir des ennuis...

  • Saint Jean Eudes

    Voici une lettre de saint Jean Eudes, au cardinal Grimaldi, archevêque d’Aix, qui lui avait demandé de lui parler de ses séminaires (février 1664). Le premier qu’il avait créé fut celui de Caen. Il était le symbole du renouveau de la formation du clergé en France, dans le mouvement de la contre-réforme. Signe des temps, il a fermé ses portes en février dernier...

    On verra d’autre part à quel point saint Jean Eudes était indifférent à la liturgie (et formait des prêtres indifférents à la liturgie, ce qui explique la suite des événements). C’était presque universel en Occident depuis la catastrophe de la Renaissance, mais même les carmélites n’allaient pas aussi loin, puisque si les heures étaient récitées sans tenir le moindre compte du symbolisme des heures (souligné notamment dans les hymnes), elles disaient quand même les complies le soir, et non au début de l’après-midi… Et il n’y a la messe que deux fois en semaine…

    Monseigneur,

    Me voici aux pieds de votre Éminence pour recevoir s'il vous plaît sa sainte bénédiction, et pour lui rendre mille grâces de la faveur qu'elle nous a faite d'avoir écrit à Rome, et la supplier très humblement de nous continuer l'honneur de sa bienveillance et de sa protection, puisqu'il est vrai que, par la grâce de Dieu, nous ne cherchons autre chose que la gloire de sa divine Majesté et le salut des âmes.

    Ensuite, entrant en matière, pour satisfaire à ce qu'il plaît à Votre Éminence de m'ordonner, je dirai:

    1. Que nos quatre maisons (de Caen, Coutances, Lisieux et Rouen) sont unies en Congrégation sous une même règle et une même conduite, sans aucun préjudice de la dépendance que chacune a de son Prélat, qui a sur elle l'autorité qu'il a sur tous les autres lieux et personnes du diocèse qui sont sous sa juridiction épiscopale.

    2. Que le Supérieur de chaque maison est choisi par le Supérieur de la Congrégation, et présenté à Mgr l'Évêque diocésain pour en être approuvé et confirmé, s'il lui agrée, ou, s'il ne lui est point agréable, on est obligé de lui en présenter un autre.

    3. Que tous ceux de la maison, tant les nôtres que les Séminaristes, sont sous la conduite du Supérieur de la dite maison.

    4. Que nous n'avons de fonds que pour la subsistance des nôtres, et qu'en attendant que Dieu donne à nos Prélats la volonté de faire ce que Votre Éminence a fait pour son Séminaire, ou qu'il y pourvoie de quelque autre manière, les Séminaristes paient leur pension, qui est, à Coutances de 200 livres; à Caen et à Lisieux, où l'on ne vit pas à si bon marché, de 250 livres; et à Rouen, où les vivres sont encore plus chers, de 300 livres.

    5. Comme nos maisons sont en Congrégation, et qu'elle est sous la conduite d'un Supérieur, les sujets passent d'une maison à une autre, comme dans les autres Congrégations, ce qui est nécessaire et très utile pour plusieurs raisons; et on en prend de toutes les maisons pour travailler aux missions, selon le besoin qu'on en a; car plusieurs s'ennuient d'être toujours en un même lieu; on se dégoûte d'entendre toujours les mêmes; quelques-uns font des attaches dangereuses, et souvent l'antipathie des humeurs oblige de faire ces changements. C'est pour toutes ces raisons qu'il est nécessaire, pour faire subsister les Séminaires et les rendre utiles à l'Église, qu'ils soient unis et sous une même conduite: à raison de quoi saint Charles [Borromée] établit la Congrégation des Oblats [de saint Ambroise] à laquelle il donna la conduite de ses Séminaires.

    Je n'ai pas ici les règles des nôtres; voici néanmoins les principales: On se lève à 4 h. l/2, et l'on commence à 5 h. l'oraison qui dure jusques à 6 h. On récite ensuite en communauté les Petites Heures, après quoi on fait, trois fois la semaine, une répétition de l'oraison, et chacun se retire en sa chambre.

    Depuis 10 h. jusques à 11 h. 3/4, on fait une leçon de théologie.

    A 11 h. 3/4, les litanies et l'examen de conscience, qui est suivi du dîner.

    Après dîner, la conversation ou récréation jusques à 1 h. l/2, ensuite les cérémonies ou le chant.

    A 2 h. Vêpres et Complies; à 3 h. la théologie pour les ordinands jusqu’à 4 h.

    Depuis 4 h. jusqu'à 5 h. conférence sur le Manuel pour Messieurs les Curés.

    A un quart avant 6 h. Matines et Laudes, les litanies de la sainte Vierge, ensuite le souper et la récréation jusques à 8 h.

    A 8 h. on propose des cas de conscience durant une demi-heure, on fait la prière, on lit le sujet de la méditation.

    On sonne la retraite à 9 h. l/2, et l'on se couche.

    On chante des grand'messes deux fois la semaine, et Vêpres toutes les fêtes et dimanches.

    On fait une conférence spirituelle une fois la semaine, et le samedi au soir on en fait une autre sur l'Évangile du dimanche, au lieu des cas de conscience...

    Nous finissons cette mission [de Meaux] à laquelle Dieu a donné de très grandes bénédictions.

    Monseigneur de Châlons en Champagne nous en demande une pour cette ville, pour le commencement du mois d'octobre prochain; mais je ne sais pas encore si nous pourrons la faire. Je m'en retourne à Caen pour en faire [une] après Pâques, dans le Cotentin.

  • La plus grande statue de Marie

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    Au moins 30.000 personnes se sont rassemblées le jour de l'Assomption à la « Grotte de Marie » (Gua Maria), sanctuaire marial d’Ambarawa à Java, Indonésie, pour la bénédiction de « la plus haute statue de Notre Dame dans le monde » (42 mètres). Dans le plus grand pays musulman du monde… La messe a été concélébrée par 15 prêtres et 7 évêques, dont l’acrhevêque de Semarang, Mgr Johannes Pujasumarta, qui a procédé à la bénédiction de la statue à partir d’une nacelle de grue.

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  • Initium sapientiae timor Domini

    ℟. Initium sapientiae timor Domini: * Intellectus bonus omnibus facientibus eum: laudatio eius manet in saeculum saeculi.
    ℣. Dilectio illius custodia legum est: quia omnis sapientia timor Domini.
    ℟. Intellectus bonus omnibus facientibus eum: laudatio eius manet in saeculum saeculi.

    Le commencement de la sagesse, c’est la crainte du Seigneur. La vraie intelligence est en tous ceux qui agissent selon cette crainte. Sa louange demeure dans les siècles des siècles. L’amour, c’est garder ses lois, car toute la sagesse, c’est la crainte de Dieu.

    Comme la lecture de la semaine, aux matines, c’est le livre de la Sagesse, on pourrait penser que ce répons en est une citation. Or le répons proprement dit est le verset final du psaume 110, et le verset est constitué de Sagesse 6, 19 et de Ecclésiastique 19, 18, les deux expressions reliées par un « car » qui n’a pas d’autre signification que de relier deux expressions disparates, et donc de lier les mots amour et crainte, qui sont les deux faces d’une même attitude, l’attitude fondamentale du croyant face à Dieu.

    (Je ne me lasserai pas de répéter que le livre de la Sagesse est un livre écrit en grec par un juif pour des juifs, au moins un siècle avant le Christ, ce qui indique clairement que la langue utilisée pour traiter de la religion était non pas l'hébreu, ni même l'araméen, mais bien le grec.

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    Antiphonaire du couvent des cordeliers de Fribourg, fin du XIIIe siècle. On remarquera l’orthographe : « Inicium sapiencie ».

  • Le dhimmi malin

    Ou plutôt le dhimmi qui se croit malin mais qui est une carpette comme les autres : Yves Jégo (UDI) lance une pétition en ligne « Pour une alternative végétarienne obligatoire dans les cantines scolaires », et va déposer une proposition de loi en ce sens.

    Ainsi mettra-t-on un terme à cette insupportable guérilla de millions de parents bouddhistes qui partout en France réclament des menus sans viande.

  • “Le symbolisme masculin-féminin dans les rôles liturgiques : ce n’est pas bizarre, c’est seulement catholique”

    Sous ce titre, Benedict Constable, sur le site 1P5, répond aux objections qui ont été faites à propos d’un article précédent, intitulé Les femmes peuvent-elles être lecteurs à la messe ? Dans cet article, l’auteur expliquait que les femmes ne doivent pas occuper une fonction de lecteur, et il le faisait à la façon de saint Thomas d’Aquin, par l’examen de 5 objections à cette affirmation, suivi de la réponse générale et de la réponse précise à chaque objection.

    Plus intéressant, pour quiconque pense déjà qu’une femme n’a pas sa place dans le chœur (comme l'a montré la tradition unanime d'Orient et d'Occident), est la réponse à une nouvelle objection, sur l’argument fondamental de l’auteur. Car il s’agit de la symbolique religieuse, surnaturelle, des sexes. Le lecteur représente le Christ semeur qui sème sa semence sur l’assemblée des fidèles qui est la femme recevant la semence. Nier cette symbolique c’est nier les différences sexuelles et donc sombrer dans l’idéologie du genre.

    Ce thème est proche de celui qu’abordait Peter Kwaniewski dans un excellent article du New Liturgical Movement, où il critiquait les nouvelles oraisons parlant des fils et des filles de Dieu pour respecter l’égalité de genre, alors que nous sommes tous, hommes et femmes, fils de Dieu dans le Fils, et épouses du Fils dans l’Eglise.

    Voici une traduction du texte de Benedict Constable.

    Lire la suite

  • Libération

    Le P. Antoine Boutros, prêtre grec-catholique melkite qui avait été enlevé en Syrie en juillet dernier, a été libéré le jour de l’Assomption.

    La nouvelle a été annoncée dimanche par le patriarche S.B. Grégoire III, mais on ne sait encore rien des conditions de cette libération, ni du sort du laïc qui l’accompagnait.

  • +Mgr Rogelio Livieres+

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    Deux semaines avant son 70e anniversaire, et moins d’un an après avoir été viré par François de son diocèse de Ciudad del Este, Mgr Rogelio Ricardo Livieres Plano est mort des suites de complications de son diabète le 14 août dans un hôpital de Buenos Aires.

    Les hispanophones liront avec intérêt la belle homélie du P. Anthony Myers qui a aussitôt célébré une messe de Requiem (je ne suis pas hispanophone mais j'ai quand même compris). A cette messe, Mgr João Evangelista Martins Terra, évêque auxiliaire émérite de Brasilia, a déclaré : « Mgr Rogelio est au ciel. Il a été crucifié dans la vie et c’est pour cela que Dieu l’a emporté le jour d’un autre martyr. Il a fait le plus important que doit faire un évêque : former des prêtres. »

    Mgr Martins Terra sait de quoi il parle, puisque, bibliste réputé, et collaborateur pendant dix ans du cardinal Ratzinger à Rome, il fut professeur au séminaire fondé par Mgr Livieres. Séminaire qui était le plus important de toute l’Amérique latine, dans ce diocèse qui aurait été loué comme « périphérique » s’il n’avait pas été un séminaire traditionnel, avec des séminaristes en soutane, avec la messe ad orientem et apprentissage de la « forme extraordinaire ». Ce séminaire était une insulte pour les autres évêques du Paraguay et des pays limitrophes. Le nombre de prêtres du diocèse était passé de 12 à 62… François a donc viré l’évêque qui avait osé aller à contre-courant du relativisme et du sécularisme, et cet évêque qui restait un reproche vivant est mort, l’affaire est donc close. Tant pis pour l’Eglise. Et pour les âmes.

    Rappel :

    La vérité sur Ciudad del Este

    Il a viré Mgr Livieres

    Ciudad del Este : les documents

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  • Saint Roch

    Saint Roch naquit à Montpellier, entre 1346 et 1350, en pleine guerre de Cent Ans, pendant la grande peste noire, qui décima un tiers de la population occidentale. (…)

    Bien que Roch fût un prénom très courant en France et en Italie, il semble plutôt que notre saint était de la famille des Roch de La Croix, lignée devenue importante au XVIe siècle, sous le nom de Castries. Son père, Jean Roch de La Croix, dignitaire de la ville, en fut le premier consul, en 1363. Sa mère, Dame Libéria, était originaire de Lombardie. Fils désiré, et longtemps attendu, il passa une enfance dans un milieu profondément chrétien. (…)

    Il fit probablement ses études chez les pères dominicains, avant d’étudier la médecine. Il connut les terribles épidémies de peste de 1358 et 1361. A Montpellier, cette dernière fit jusqu’à 500 morts par jour, pendant trois mois.

    Orphelin à 17 ans, riche et instruit, il décida de partir pour Rome. Il distribua sa fortune aux pauvres, rejoignit le troisième ordre franciscain, revêtit l’habit de pèlerin, reçut la bénédiction de l’évêque de Maguelone et prit la route.

    (…) Il arriva à Acquapendente, à quelques jours de marche de la ville éternelle, en juillet 1367. Il y resta trois mois, car la peste y sévissait. Il mit en pratique l’enseignement médical qu’il avait reçu, en l’associant à des signes de croix et une invocation sur les souffrants, et obtint de nombreuses guérisons.

    (…) Il reprit son chemin pour Rome, lorsqu’il apprit qu’à Cesena, à l’opposé de sa direction, l’épidémie faisait rage. Il s’y rendit, faisant ce que Dieu attendait de lui au fur et à mesure de son pèlerinage, et obtint là encore des guérisons miraculeuses. Il arriva enfin à Rome, au début de l’année 1368, et s’occupa sans doute des malades à l’hôpital du Saint Esprit, ordre fondé par son compatriote, Gui de Montpellier. Un prélat, peut-être un cardinal, guéri par ses soins, ou témoin de guérisons miraculeuses (…) lui fit rencontrer le pape Urbain V, qui s’écria, en le voyant : «Il me semble que tu viens du Paradis !», et lui donna l’indulgence plénière.

    Roch avait sans doute vu, à Montpellier, ce pape d’Avignon, qui tenta de réinstaller la papauté à Rome de 1367 à 1370, lorsqu’il était venu consacrer l’autel majeur de l’église du monastère Saint-Benoît, future cathédrale Saint-Pierre.

    Roch quitta Rome, en 1370, pour s’en retourner vers sa patrie. Au mois de juillet 1371, Il était à Plaisance, à l’hôpital Notre Dame de Bethléem, près de l’église Sainte Anne, où il assista, guérit et réconforta les malades.

    Atteint par la peste, Roch se rendit péniblement jusqu’à un bois, à l’orée du bourg fortifié de Sarmato, pour y mourir. A cet endroit, une source jaillit et un chien lui apporta chaque jour un pain. (…) On rapporte également qu’un ange secourut Roch. Il recouvra la santé et retourna à Plaisance, auprès des pestiférés, faisant preuve d’un courage et d’une humanité remarquable.

    Il reprit sa route, mais les terres milanaises étaient le théâtre d’une guerre entre le Duc de Milan, Bernardo Visconti, son frère Galeazzo II, et la ligue constituée par Le pape Urbain V, conduite par Amedeo VI de Savoie. Ce conflit dura de 1371 à 1375. Pris pour un espion, Roch fut arrêté à Broni, et transféré à Voghera par Beccaria, intendant militaire des Visconti. (…)

    Son emprisonnement dura cinq ans. Selon la tradition, il ne dévoila son identité qu’à un prêtre, la veille de sa mort, survenue le 16 août d’une année comprise entre 1376 et 1379. On peut penser à présent qu’il s’agit du mardi 16 août 1379. Des témoins assurèrent que le cachot s’illumina et que le dernier souhait de Roch, à l’ange venu l’assister, fut d’intercéder pour les souffrants.

    Extraits de la vie de saint Roch sur le site de l’Association internationale Saint-Roch de Montpellier

  • 12e dimanche après la Pentecôte

    Dans cette messe du bon Samaritain, ce qui attire le plus l’attention, en dehors de l’évangile, c’est l’offertoire. Déjà par sa longueur, et par le fait qu’il ne s’agit pas d’un verset de psaume, comme c’est le plus souvent le cas. En outre la première phrase est répétée presque à l’identique. Il y a quelques autres offertoires dans ce cas, et il y en avait davantage avant que la commission de réforme du missel, après le concile de Trente, ne supprime les répétitions dont on ne comprenait pas la signification. Celle-ci est peut-être restée parce qu’on y a vu un bégaiement de Moïse…

    Ce long offertoire n’en est pas moins, comme les autres, une antienne. C’est-à-dire en théorie une introduction à un psaume. Mais ici, comme dans le fameux offertoire de Job, les deux « versets » que l’on trouve dans les anciens antiphonaires sont une adaptation d’autres versets de l’Exode. Avec une longue plainte dans l’aigu sur « peccata » (les péchés) et une nouvelle répétition, un nouveau bégaiement de Moïse. Mais sur le plan musical c’est une grande diversité : le premier verset est dans l’aigu, le second dans le grave, et tous deux multiplient les doux si bémol alors que l’antienne multiplie les durs tritons.

    Il serait bon de chanter l’ensemble, car c’est un grand chef-d’œuvre de l’art grégorien. Hélas cela dépasserait de loin le temps de l’offertoire, qui comprenait autrefois une longue procession. Mais à vrai dire l’antienne seule est déjà un morceau de choix, avec cette supplication de Moïse qui est longuement annoncée, puis qui s’affirme dans une apostrophe à Dieu, puis qui devient véhémente, et se détend dans l’apaisement apporté par Dieu.

    Voici le texte de l’offertoire complet, dans son texte latin, en traduction, avec sa partition (on trouvera la partition des versets ici) et chanté par les moines de Triors (enregistrement trouvé sur Gregorian Books).

    Precatus est Moyses in conspectu Domini Dei sui et dixit, precatus est Moyses in conspectu Domini Dei sui et dixit : Quare, Domine, irasceris in populo tuo ? Parce irae animae tuae : memento Abraham, Isaac et Jacob, quibus jurasti dare terram fluentem lac et mel.

    Et placatus factus est Dominus de malignitate quam dixit facere populo suo.

    V1. Dixit Dominus ad Moysen : invenisti gratiam in conspectu meo, et scio te prae omnibus : et festinans Moyses inclinavit se in terram et adoravit dicens : Scio quia misericors es in millibus, auferens iniquitatem et peccata.

    Et placatus factus est Dominus de malignitate quam dixit facere populo suo.

    V2. Dixit Moyses et Aaron, Dixit Moyses et Aaron ad omnem synagogam filiorum Israel : Accedite ante Deum : majestas Domini apparuit in nube : et exaudivit murmurationem vestram in tempore.

    Et placatus factus est Dominus de malignitate quam dixit facere populo suo.

    Moïse pria devant la face du Seigneur son Dieu et dit, Moïse pria devant la face du Seigneur son Dieu et dit : Pourquoi, Seigneur, t’irrites-tu contre ton peuple ? Ménage la colère de ton âme. Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et de Jacob auxquels tu as promis de donner la terre où coulent le lait et le miel.

    Et le Seigneur se laissa apaiser et détourner de faire le mal dont il avait menacé son peuple.

    Le Seigneur dit à Moïse : Tu as trouvé grâce devant mes yeux. Je te connais avant tous. Et Moise se baissa rapidement vers la terre et dit : Je sais que tu es miséricordieux entre mille et que tu enlèves l’injustice et les péchés.

    Et le Seigneur se laissa apaiser et détourner de faire le mal dont il avait menacé son peuple.

    Et Moïse et Aaron dirent, et Moïse et Aaron dirent à toute l’Assemblée des enfants d’Israël : Présentez-vous devant Dieu. La Majesté du Seigneur est apparue dans les nuées et a entendu vos murmures en temps voulu.

    Et le Seigneur se laissa apaiser et détourner de faire le mal dont il avait menacé son peuple.

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    podcast

    *

    Sur la parabole du bon Samaritain, voir l’essentiel du commentaire de saint Ambroise, celui de Benoît XVI (ou plutôt Joseph Ratzinger), et une sorte de note préalable.

  • Assomption

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    podcast

    (Solesmes, 1955)

  • La viande de Chalon

    On a beaucoup parlé du rejet, par le tribunal administratif, du référé islamique contre le maire de Chalon-sur-Saône qui a décidé de supprimer les menus sans porc dans les cantines. Un jugement qui ne concernait que « l’urgence » et non le fond.

    Le maire de Chalon, Gilles Platret, se félicitant de ce jugement (qui néanmoins ne donne aucune indication sur ce que sera le jugement sur le fond), a ajouté sur i-télé :

    « A Chalon, 40% des enfants ne mangent plus de viande parce que ce n’est pas halal. »

    Si cela est vrai, il n’y a pas d’affaire de menu avec ou sans porc : tous les musulmans qui refusent le porc ne mangent de toute façon pas d’autre viande non plus. Autrement dit l’action des militants de l’islam n’est qu’une première étape. S’ils obtiennent gain de cause ils exigeront de la viande halal, car c’est une insupportable discrimination que les enfants musulmans ne puissent pas manger de viande.

    Et aussi, si cela est vrai, cela veut dire qu’il y a donc 40% d’enfants musulmans dans les écoles de Chalon-sur-Saône.

    Sinon, tout va bien, il n’y a pas d’invasion.