26 septembre 2014

Ciudad del Este : les documents

Voici une traduction du communiqué du diocèse de Ciudad del Este, et de la lettre envoyée par Mgr Livieres au cardinal Ouellet. Alors que les médias ne parlent que du vicaire général Carlos Urrutigoity (sans savoir de quoi il s’agit au juste), il convient de constater que ni les textes du Saint-Siège, ni ceux du diocèse, n’y font la moindre allusion. Ou bien Mgr Livieres, le nonce apostolique, le visiteur apostolique, le cardinal Ouellet et le pape sont coupables d’un (énorme) mensonge par omission, ou bien ceux qui mettent en avant la vieille « affaire » Urrutigoity sont des désinformateurs.

Voici donc, une fois de plus, les documents (voir hier pour ceux du Saint-Siège et ici pour le fond de l'affaire). Sur lesquels, et non sur autre chose, chacun peut se prononcer. Je rappelle que le séminaire de Ciudad del Este avait davantage de séminaristes que le « séminaire national » qui regroupait ceux de tous les autres diocèses, et que ce séminaire à la fois traditionnel et si vivant était un reproche permanent pour les autres évêques. De même qu’on a détruit les Franciscains de l’Immaculée, il fallait détruire la pastorale de Ciudad del Este.

*

Communiqué de presse du diocèse de Ciudad del Este

Mgr Rogelio Livieres Plano a participé à deux réunions cette semaine à Rome, à la Congrégation pour les évêques, où il lui a été instamment demandé de renoncer à sa charge en raison du défaut d’unité dans la communion avec les autres évêques du Paraguay.

Malgré sa demande de voir les résultats écrits de la Visite Apostolique, ils ne lui ont jamais été montrés. De même il n’a pas été accédé à sa demande d’être entendu par le Pape et de lui parler afin de se défendre et de clarifier les doutes.

Par respect de sa conscience à l’égard des fonctions qui sont les siennes en tant que Pasteur d’un diocèse qui, grâce à Dieu, a prospéré et multiplié les fruits au cours des dernières années, il a refusé de se conformer à une demande qu’il croit infondée et qui est le résultat d’une procédure non définie et soudaine. Cependant, par obéissance à l’autorité du Pape, il a accepté avec sérénité et tranquillité la décision d’être révoqué.

A la demande de l’évêque sortant, le diocèse de Ciudad del Este attend avec joie et espérance le nouveau Pasteur qui le guidera vers le Royaume des cieux, priant dès maintenant pour celui qui devra assumer cette responsabilité. Que Marie, Reine de la Paix, et saint Blaise, patrons du Diocèse, nous guide et nous protègent tous en ces circonstances difficiles.

*

Lettre de Mgr Rogelio au Préfet de la Congrégation pour les Evêques, jeudi 25 septembre 2014

Eminence,

Merci pour la cordialité avec laquelle j’ai été reçu les lundi 22 et mardi 23 de ce mois à la Congrégation que vous présidez. De même pour la communication téléphonique qui, il y a quelques instants, m’a été faite de la décision du Pape de déclarer le diocèse de Ciudad de l’Este sede vacante et de nommer Mgr Ricardo Valenzuela comme administrateur apostolique.

J’ai compris que le Nonce, quasi simultanément avec l’annonce que Son Eminence vient de me faire, a tenu une conférence de presse au Paraguay et va maintenant dans le diocèse pour en prendre immédiatement le contrôle. L’annonce publique du décret par le Nonce avant que j’en sois informé est une irrégularité de plus dans ce processus anormal. L’intervention foudroyante dans le diocèse est peut-être due à la crainte que la plupart des fidèles réagissent négativement à la décision prise, eux qui ont ouvertement manifesté leur soutien à ma personne et à ma gestion durant la Visite Apostolique. A cet égard, je me souviens des paroles d’adieu du cardinal Santos y Abril : «  J’espère qu’ils recevront les décisions de Rome avec la même ouverture et docilité avec laquelle ils m’ont reçu moi. » Est-ce l’indication que le cours des choses était décidé avant les rapports finaux et l’examen du Saint-Père ? En tout cas nous n’avons pas à craindre une quelconque rébellion. Les fidèles ont été formés à la discipline de l’Eglise et savent obéir à l’autorité légitime.

Les conversations que nous avons eues et les documents officiels que je n’ai toujours pas vus donnent, pour justifier une décision aussi grave, la tension dans la communion ecclésiale entre les évêques du Paraguay et ma personne et le diocèse : « Nous ne sommes pas en communion », aurait déclaré le Nonce dans sa conférence de presse.

Pour ma part, je pense avoir démontré que les attaques et manœuvres de destitution ont été initiées dès ma nomination comme évêque, avant même que je pose un pied dans le diocèse – il y a la correspondance entre les évêques du Paraguay et le dicastère que préside Son Eminence comme preuve irréfutable. Mon cas n’était pas le seul dans lequel une conférence épiscopale s’est systématiquement opposé à une nomination faite par le pape contre son opinion. J’ai eu la grâce que, dans mon cas, les papes Jean-Paul II et Benoît XVI m’ont soutenu pour continuer. Je comprends maintenant que le pape François a décidé de retirer ce soutien.

Je veux juste souligner qu’à aucun moment je n’ai reçu un rapport écrit sur la Visite apostolique et que donc je n’ai pas pu y répondre dûment. Malgré tant de discours sur le dialogue, la miséricorde, l’ouverture, la décentralisation et le respect de l’autorité des Eglises locales, je n’ai pas eu l’opportunité de parler avec le pape François, même pas de clarifier des doutes ou une préoccupation. Par conséquent, je n’ai pas pu recevoir de correction paternelle – ou fraternelle, comme vous préférez – de sa part. Sans vouloir formuler des plaintes inutiles, une telle façon de procéder, sans formes légales, de manière non définie et soudaine, ne me paraît pas très juste, ni ne permet une défense légitime, ni la correction adéquate de possibles erreurs. J’ai seulement reçu des pressions orales pour renoncer.

Le fait que mes adversaires et la presse locale aient informé les médias, non pas de ce qui s’est passé, mais de ce qui était sur le point de se produire, et cela dans les moindres détails, est sans aucun doute un autre indicateur que certains hauts fonctionnaires au Vatican, le Nonce apostolique et certains évêques du pays manœuvraient de façon orchestrée et se livraient à des fuites irresponsables pour « orienter » le cours des choses et l’opinion publique.

Comme fils obéissant de l’Eglise, j’accepte cependant cette décision, même si je la considère infondée et arbitraire, et au sujet de laquelle le Pape devra rendre des comptes à Dieu, pas à moi. Au-delà des nombreuses erreurs humaines qui ont été commises, et pour lesquelles certes je demande pardon à Dieu et à ceux qui en ont souffert, j’affirme à qui veut l’entendre que le fond de l’affaire a été une opposition et une persécution idéologiques.

La véritable unité de l’Eglise est celle qui se construit à partir de l’Eucharistie et le respect, l’observance et l’obéissance de la foi de l’Eglise enseignée de façon normative par le Magistère, articulée dans la discipline de l’Eglise et vécue dans la liturgie. Maintenant, cependant, on cherche à imposer une unité fondée non sur la loi divine, mais sur des ententes humaines et le maintien du statu quo. Au Paraguay, concrètement, sur la formation déficiente de l’unique Séminaire national – déficiences identifiées non par moi, mais avec autorité par la Congrégation pour l’Education catholique dans sa lettre aux évêques de 2008. En revanche, et sans critiquer ce que font les autres évêques, bien qu’il y ait matière, je me suis concentré sur la création d’un séminaire diocésain selon les normes de l’Eglise. Or je l’ai fait, non seulement parce que j’en avais le devoir et le droit, reconnu par les lois générales de l’Eglise, mais avec l’approbation spécifique du Saint-Siège, ratifiée de façon non équivoque pendant la dernière visite ad limina en 2008.

Notre séminaire diocésain a donné d’excellents fruits reconnus par de récentes lettres élogieuses du Saint-Siège à au moins trois reprises pendant le pontificat précédent, par les évêques qui nous ont visités, et, enfin, par les Visiteurs apostoliques. Toutes les suggestions faites par le Saint-Siège concernant les améliorations à apporter ont été fidèlement réalisées.

L’autre critère d’unité ecclésiastique est la coexistence acritique entre nous, fondée sur l’uniformité de l’action et de la pensée, ce qui exclut le dissentiment pour la défense de la vérité et la légitime variété de dons et de charismes. Cette uniformité idéologique s’impose avec l’euphémisme de « collégialité ».

Celui qui subit les ultimes conséquences de ce que je décris est le peuple des fidèles, puisque les Eglises particulières demeurent dans un état de léthargie, avec un grand exode vers d’autres confessions, presque sans vocations sacerdotales ou religieuses, et avec peu d’espoir d’un dynamisme authentique et d’une croissance durable.

Le véritable problème de l’Eglise au Paraguay est la crise de la foi et de la vie morale qu’une mauvaise formation du clergé a perpétuée, en même temps que la négligence des pasteurs. Lugo (1) n’est rien d’autre qu’un signe des temps de cette réduction problématique de la vie de la foi aux idéologies à la mode et du relâchement complice de la vie et de la discipline du clergé. Comme je l’ai dit, il ne m’a pas été donné de connaître le rapport du cardinal Santos y Abril sur la Visite apostolique. Mais enfin si son opinion était que le problème de l’Eglise au Paraguay est un problème de sacristie qui se résout en changeant le sacristain, ce serait profondément et tragiquement erroné.

L’opposition à tout renouvellement et changement dans l’Eglise au Paraguay a bénéficié non seulement du soutien d’évêques, mais aussi du soutien de groupes politiques et d’associations anticatholiques, et du soutien de certains religieux de la Conférence des Religieux du Paraguay – ceux qui connaissent la crise de la vie religieuse au niveau mondial n’en seront pas surpris. Le porte-parole stipendié et multiplement menteur pour ces manœuvres a toujours été un certain Javier Miranda (2). Tout cela a été fait pour prétendre montrer une « division » dans la même Eglise diocésaine. Bien que la vérité démontrée et prouvée est la large acceptation parmi les laïcs du travail que nous faisions.

De la même façon que, avant d’accepter ma nomination comme évêque, je me suis cru dans l’obligation d’exprimer avec vigueur mon sentiment d’incapacité devant une telle responsabilité, après avoir accepté cette charge, avec tout le poids de l’autorité divine et des droits et devoirs qui m’étaient échus, j’ai maintenu la très grave responsabilité morale d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. C’est pourquoi j’ai refusé de renoncer de ma propre initiative, voulant ainsi donner jusqu’à la fin le témoignage de la vérité et de la liberté spirituelle qu’un pasteur doit avoir. Tâche que j’espère continuer dans ma nouvelle situation au service de l’Eglise.

Le diocèse de Ciudad del Este est un cas d’espèce qui a crû et a multiplié les fruits dans tous les aspects de la vie ecclésiale, pour le bonheur du peuple fidèle et pieux qui cherche les sources de la foi et de la vie spirituelle, et non des idéologies politisées et des croyances édulcorées qui s’ajustent aux opinions dominantes. Ce peuple a exprimé ouvertement et publiquement son soutien au travail apostolique que nous avons réalisé. Le peuple et moi n’avons pas été entendus.

Cordialement dans le Christ,

+ Rogelio Livieres

ex-évêque de Ciudad del Este (Paraguay)

(1) Fernando Lugo, ancien évêque (l’« évêque des pauvres ») devenu président de la République en 2008, destitué en 2012. (note d'YD)

(2) Voir La vérité sur Ciudad del Este, 11. (note d'YD)

Vendredi des quatre temps

Accépta tibi sint, Dómine, quǽsumus, nostri dona jejúnii : quæ et expiándo nos tua grátia dignos effíciant, et ad sempitérna promíssa perdúcant. Per Dóminum…

Nous vous en supplions, Seigneur, que l’offrande de notre jeûne vous soit agréable ; qu’en nous faisant expier nos fautes, il nous rende dignes de votre grâce et qu’il nous conduise aux biens éternels que vous nous avez promis.

(Secrète de la messe)

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25 septembre 2014

La « Ligne Azur » enfin sur la sellette

Le rapporteur public du Conseil d’Etat considère que certains aspects de la « Ligne Azur » sont « pour le moins critiquables », en contradiction avec « les principes de neutralité de l'école et de liberté de conscience ». Il cite aussi une brochure intitulée Tomber la culotte, qui était téléchargeable sur le site, qui « fait l'éloge du sado-masochisme, du libertinage (...) dans des termes que nous ne saurions reprendre dans cette enceinte ». En conséquence, « on ne peut que s'étonner de la légèreté du ministre de conseiller à des enfants » de consulter ce site. Bref, si le Conseil d’Etat suit les conclusions du rapporteur, il pourrait annuler la circulaire de Vincent Peillon qui faisait la promotion de la Ligne Azur.

Ma première réaction est de constater l’hallucinante incompétence de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), qui a demandé au Conseil d’Etat d’annuler la circulaire ministérielle du 4 janvier 2013 parce que celle-ci demandait aux recteurs de lutter contre l'homophobie et, pour ce faire, de « relayer avec la plus grande énergie la campagne de communication relative à la Ligne Azur ».

La formulation même de la circulaire montre que la campagne en question existait déjà. On voit ici que les AFC découvraient subitement la Ligne Azur en 2013…

On n’ose pas imaginer que les AFC n’aient pas crié avant parce qu’elles ne voulaient pas mettre en cause le gouvernement Sarkozy porté par les bons bourgeois cathos… On supposera seulement qu’elles n’ont pas bougé parce que ceux qui dénonçaient l’intrusion de la Ligne Azur dans les écoles étaient d’affreux extrémistes… Comme on le sait on ne peut pas paraître d’accord avec ces gens-là. Il faut attendre quelques années pour reprendre, trop tard, ce qu’ils disaient quand il était encore temps d’agir.

Par exemple, pardon de me citer, mais je vais au plus facile, la première fois que j’ai dénoncé la Ligne Azur et ses relais ministériels, c’était le 27 juin 2008, veille de la gay pride parisienne dont le slogan était «Pour une école sans aucune discrimination», c’est-à-dire pour une propagande homosexuelle obligatoire à l’école. Je rapportais les propos du ministre Xavier Darcos :

« Pour la première fois, la lutte contre l'homophobie sera explicitement mentionnée dans la circulaire de rentrée 2008 afin que tous les personnels se sentent concernés. De plus, le numéro de la Ligne Azur, qui vient en aide aux jeunes homosexuels, sera systématiquement affiché dans tous les lycées et la brochure Homophobie savoir et réagir sera également mise à la disposition des élèves. »

Promesse tenue. La circulaire de rentrée 2008 soulignait la nécessité de la « lutte contre l’homophobie ». Mais c’est la circulaire de rentrée 2009 qui en fera une véritable et explicite priorité, ajoutant que la campagne commencée dès la fin de l’année scolaire en cours « sera complétée par le dispositif d'écoute téléphonique “Ligne Azur” ». Les AFC n’y virent que du bleu…

En mars 2010, le nouveau ministre Luc Chatel lance « une nouvelle campagne d’information sur la Ligne Azur dans tous les lycées et collèges ». Nouveauté : les collèges. Jusqu’ici c’était réservé aux lycées. Les AFC regardent ailleurs…

En 2011, la « lutte contre l’homophobie » (la propagande homosexuelle à l’école) est plus que jamais une priorité, et le ministère de Luc Chatel annonce qu’il « s’associe de nouveau » à la « campagne de promotion du dispositif Ligne Azur », qui passe notamment par la distribution d’un « kit de communication du dispositif Ligne Azur comprenant affiches et cartes adressé aux collèges et aux lycées ».

A partir de ce moment-là, il y a des affiches de la Ligne Azur dans tous les lycées et collèges, et il n’y a que les AFC pour l’ignorer. Elles vont attendre que Vincent Peillon, à son tour, relance la campagne, dans les mêmes termes, pour réagir. Pourquoi ? Parce que c’est un méchant socialiste ? Ou bien parce qu’on vient de se rendre compte que les affreux extrémistes avaient raison ? Ou bien parce qu’il a vraiment fallu la mobilisation de la Manif pour tous pour que des gens théoriquement spécialisés dans les questions d’enseignement prennent conscience de ce que les ministres martelaient depuis 5 ans ?

Je n’arrive pas à y croire…

Le Conseil d’éthique allemand professe la discrimination sexuelle et l’homophobie !

Le Conseil d’éthique allemand, par 14 voix contre 9, estime qu’il faut dépénaliser les relations sexuelles entre frères et sœurs, car « la loi pénale n’est pas le moyen adapté de protéger un tabou social » ni « d’imposer des standards ou des barrières morales ». Et il argumente que le risque de sanctions contraint les couples concernés « au secret et à la négation de leur amour », ce qui est contraire au droit à « l’autodétermination sexuelle ».

Il s’agit explicitement de « l’inceste entre frère et sœur ».

Le Conseil d’éthique allemand paraît ainsi imposer l’inceste hétérosexuel, ce qui est une insupportable discrimination envers les incestes homosexuels, et une évidente manifestation d’homophobie.

Il est également insupportable de limiter l’inceste à deux personnes, alors que par nature la famille permet de multiples combinaisons incestueuses selon le droit à « l’autodétermination sexuelle ».

Quand les savants musulmans réfutent l’idéologie de l’Etat islamique…

L’agence Asianews nous apprend cette grande nouvelle que plus de 120 savants de l’islamont signé une lettre ouverte par laquelle ils réfutent « point par point » l’idéologie de l’Etat islamique. Parmi eux le grand mufti d’Egypte et le grand mufti de Jérusalem.

La lettre est en arabe, et un résumé en anglais a été diffusé, en 24 points. Tout ce que Asianews a réussi à trouver d’intéressant, c’est ceci :

- Il est interdit en islam de torturer.

- Il est interdit en islam d’attribuer des actes mauvais à Allah.

- Il est interdit en islam de déclarer des gens non musulmans tant qu’ils n’ont pas déclaré ouvertement leur mécréance.

Magnifique, n’est-ce pas… De ces « haram » il résulte bien évidemment qu’il est « halal » de décapiter un Occidental…

15:32 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (9)

Pakistan : un chrétien tué en prison

Zafar Bhatti, un chrétien connu pour sa défense des droits des minorités, a été assassiné dans sa prison par ses gardiens.

Zafar Bhatti s’était installé le 10 juillet 2012 à Islamabad. Le lendemain, un chef islamiste, Ahmed Khan, portait plainte contre lui parce qu’il lui avait envoyé, prétendait-il, un SMS insultant la mère du Prophète. Zafar Bhatti fut mis en prison dans l’attente de son procès pour « blasphème ».

Sa famille avait alerté les autorités parce que ses co-détenus musulmans modérés menaçaient de le tuer s’il ne se convertissait pas à l’islam.

Il a été abattu ce matin par ceux-là mêmes qui devaient assurer sa protection.

Addendum 30 septembre

En fait le gardien n'a pas tiré sur Zafar Bhatti (qui va bien jusqu'à présent) mais sur un autre homme détenu et condamné à mort pour blasphème, un "ressortissant écossais" du nom de Muhammad Ashgar. Lequel est grièvement blessé. Le gardien dit avoir agi par "inspiration divine". La famille de Zafar Bhatti est quant à elle indignée que la fausse information ait fait le tour du monde. Elle fut lancée par une ONG et les agences (y compris Fides) l'ont reprise sans vérifier.

15:21 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (3)

Il a viré Mgr Livieres Plano…

François a détruit la congrégation religieuse la plus florissante, les Franciscains de l’Immaculée, parce qu’ils osaient avoir une liturgie et une spiritualité traditionnelles.

François vient de détruire le diocèse le plus florissant d’Amérique du Sud, parce que son évêque était d’une profonde bienveillance envers la liturgie traditionnelle et que son séminaire était un vrai séminaire et qu’il était archi-plein.

Voici le communiqué officiel, qu’on ne peut lire sans frémir :

« Après avoir pris connaissance du résultat des visites canoniques ordonnées par la Congrégation pour les évêques et par celle pour le clergé, le Saint-Père a décidé d'écarter Mgr Rogelio Ricardo Livieres Plano et de le remplacer à la tête du diocèse de Ciudad del Este (Paraguay) par un Administrateur apostolique Sede Vacante en la personne de Mgr Ricardo Jorge Valenzuela Ríos, Evêque de Villarrica del Espiritu Santo (Paraguay). La délicate mesure adoptée par le Saint-Siège, qui se fonde sur une série de graves questions pastorales, est dictée par la sauvegarde de l'unité du diocèse et de la communion épiscopale nationale. Dans l'exercice de son ministère d'unité du corps épiscopal et du peuple des fidèles, le Pape demande au clergé et à la communauté diocésaine de Ciudad del Este de recevoir les mesures prises dans un esprit d'obéissance et de docilité éclairé par la foi. Il invite l'Eglise qui est au Paraguay et ses pasteurs à engager un processus de réconciliation qui écarte tout esprit partisan ou polémique, de manière à ce que soit sauvegardée la réputation de l'Eglise. »

C’est du moins l’adaptation en français diffusée par VIS. Le texte original en italien se termine ainsi :

« En outre, il invite toute l’Eglise paraguayenne dirigée par ses pasteurs à un processus sérieux de réconciliation qui surmonte tout esprit de faction et de discorde, pour que ne soit pas blessé le visage de l’unique Eglise “acquise par le Sang de son propre Fils” et que le “troupeau du Christ” ne soit pas privé de la joie de l’Evangile. »

Manifestement, le traducteur n’a pas eu le courage de traduire cette ignominie ecclésiastique qui ose citer saint Paul dans l’accomplissement de son forfait.

Comme il y a des pompiers pyromanes, il y a des assassins qui veulent se faire passer pour des médecins, et des anges de la mort qui se prennent pour des messagers de la joie.

La vérité sur le diocèse de Ciudad de l’Este, c’est ici.

Omni tempore benedic Deum

. Omni tempore benedic Deum, et pete ab eo ut vias tuas dirigat: * Et in omni tempore consilia tua in ipso permaneant.
. Inquire ut facias quae placita sunt illi in veritate, et in tota virtute tua.
. Et in omni tempore consilia tua in ipso permaneant.

Bénis Dieu en tout temps, et demande-lui qu’il dirige tes voies ; et que tes desseins demeurent en lui en tout temps. Cherche à faire ce qui lui plaît en vérité, et de toutes tes forces.

Ce répons des matines est tiré du livre de Tobie, qui est la lecture de la semaine. Le répons proprement dit est le verset 20 du chapitre 4. Le verset est le résumé des versets 10 et 11 du chapitre 14.

Il s’agit du livre de Tobie tel qu’on le trouve dans la Vulgate, c’est-à-dire la traduction par saint Jérôme d’un texte araméen que nous n’avons plus. Et comme nous n’avons plus l’original araméen et que nous avons le plus grand mépris pour saint Jérôme et les gens de son espèce, au moins une irrépressible suspicion, les Bibles modernes ont toutes la traduction de manuscrits grecs éventuellement plus ou moins modifiés par une version latine qui semble être la plus ancienne dont nous disposons…

Ce stupide mépris de saint Jérôme et de la Vulgate fait que les Bibles modernes passent volontairement à côté de beautés qui figuraient dans le texte araméen et qui ne se retrouvent pas dans les autres. Ainsi, dans la lecture de ce jour, qui est le chapitre 12, le bon compagnon « Azarias » explique à Tobie et à sa famille qu’il est en fait l’ange Raphaël envoyé pour les aider. Il leur dit :

« J’avais l’air de manger et de boire avec vous, mais je me nourris d'une nourriture invisible, et d'un breuvage qui ne peut être vu des hommes. » On pense évidemment à la phrase de Jésus disant aux apôtres au puits de Jacob : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. »

Et cette allusion prophétique rend la suite plus évidemment christique : « Et quand il eut dit cela, il fut enlevé de leurs regards, et ils ne purent plus le voir. Alors, prosternés la face contre terre pendant trois heures, ils bénirent Dieu ; et, se levant, ils racontèrent toutes ses merveilles. »

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24 septembre 2014

Quelque 2.000 prêtres célèbrent la messe de saint Pie V aux Etats-Unis

Extrait d’une interview du P. Timothy Davison, qui célèbre depuis peu la messe selon la forme extraordinaire dans sa paroisse de Tulsa (Oklahoma)

Notre évêque, Mgr Edward Slattery, est très traditionnel et, pour ce que j’en sais, est l’un des rares évêques à célébrer la forme ordinaire ad orientem. Il célèbre aussi volontiers la forme extraordinaire. Il est très ouvert et bienveillant. Le 24 avril 2010, il a célébré une messe pontificale solennelle au sanctuaire national de l’Immaculée Conception, à Washington, pour le cinquième anniversaire de l’élection de Benoît XVI au Siège de Pierre. C’était la première messe pontificale solennelle à y être célébrée depuis plus de 40 ans, en présence de plus de 3500 personnes dont le cardinal Baum et une centaine de prêtres et séminaristes. En outre, c’est Mgr Slattery qui a installé la Fraternité Saint-Pierre dans le diocèse. Ils ont la charge de la paroisse du Très Précieux Sang, autrefois paroisse Saint-Pierre.

Mgr Slattery a 74 ans et s’approche donc du terme de son mandat. Il est originaire du diocèse de Chicago et ce n’est pas un hasard si cette ville a joué et continue de jouer un rôle essentiel dans la diffusion de la forme extraordinaire du rite romain. Elle est en effet le siège de la paroisse Saint Jean de Kenty, que dirige le chanoine Frank Phillips, fondateur des Chanoines réguliers de saint Jean de Kenty en 1998, une communauté religieuse masculine vouée à la restauration du sacré dans le cadre du ministère paroissial.

La mission de la communauté est bien définie par sa devise : « Instaurare Sacra ». Les chanoines de saint Jean de Kenty ont notamment pour particularité de former les prêtres désireux d’apprendre à célébrer la forme extraordinaire. Dans ma paroisse, nous avons un prêtre mexicain qui, lorsqu’il a vu que je célébrais la messe traditionnelle, m’a demandé s’il pouvait l’apprendre à son tour. Je l’ai envoyé à Chicago et il a été le millième prêtre formé par leurs soins. Si l’on considère que la Fraternité Saint-Pierre a dû en former un autre millier, cela fait sans doute 2000 prêtres qui disent la messe traditionnelle aux États-Unis.

17:33 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

Cazeneuve n’a pas démissionné…

1 – Hier, le ministère de l’Intérieur annonce que trois jihadistes français revenant de Syrie, qui s’étaient rendus à la police turque, ont été arrêtés à Orly.

2 – Quelques heures plus tard on apprend de source policière que les trois hommes sont toujours en Turquie.

3 – Puis on apprend qu’ils sont en fait en France : ils sont revenus par un avion qui les a conduits à Marseille.

4 – Ils ont en effet quitté l’aéroport de Marseille sans être inquiétés le moins du monde, après avoir dûment montré leurs passeports et passé la douane.

5 – Ce matin, ils ont décidé de se rendre aux gendarmes. Ils sont allés à la gendarmerie du Caylar, dans l’Hérault. Mais la gendarmerie était fermée… Les terroristes présumés ont téléphoné aux gendarmes pour leur demander de bien vouloir les interpeller…

On attend la suite du feuilleton.

Sans attendre, dans un pays normal, le ministre de l’Intérieur aurait évidemment démissionné. Mais dans la France de Hollande il en va tout différemment, selon la jurisprudence bétonnée (notamment par Taubira). L’air martial et déterminé, le ministre Cazeneuve a déclaré que tout cela était la faute des Turcs et qu’il allait de ce pas faire savoir aux Turcs que ça n’allait pas du tout…

Il a seulement oublié d’indiquer aux Français effarés quel est le niveau de confiance qu’ils doivent avoir dans le système Vigipirate…

Andorre, l’avortement et son co-prince évêque

Le Parlement andorran débat d’un texte légalisant l’avortement, qui devrait être voté l’an prochain. Ce qui plaira beaucoup au co-prince français, mais pas du tout au co-prince espagnol, qui est l’archevêque d’Urgell. Et celui-ci, Mgr Joan Enric Vives, a fait savoir qu’il « abdiquera » plutôt que de signer une telle loi.

Ce sera une situation inédite pour la principauté. Et pour l’Eglise.

L’avortement en Espagne

Comme on le voyait se profiler, mais comme je n’arrivais pas à le croire, le gouvernement espagnol a officiellement retiré son avant-projet de loi « sur la protection de l'enfant conçus et les droits de la femme enceinte ».

La trahison de cette promesse était « la décision la plus sensée » à prendre, dit le parti populaire…

Le ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardón, qui était responsable du texte, a démissionné, « avec humilité ». Et il a eu aussi l’honnêteté de démissionner de son siège de député et de ses fonctions dans le parti. Ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça…

Quand "L’Express" se prend pour "La Calotte"

En faisant la promotion d’un livre caricatural contre l’école catholique, par une recension digne des plus belles heures de l’anticléricalisme d’antan.

L’article se termine par ces mots : « Navrant et instructif. » En effet : pour savoir où en est L’Express.

Les évêques « catholiques » du Canada en rébellion

La Commission épiscopale de liturgie et des sacrements du Secteur français de la CECC (conférence des évêques du Canada) et l’Office national de liturgie informent les diocèses de langue française, les paroisses, les librairies et les communautés religieuses que la version révisée de l’édition européenne du Lectionnaire en langue française maintenant en vente n’est pas approuvée pour usage au Canada.

Une version révisée du Lectionnaire va être élaborée pour le Canada, elle devra utiliser un « langage inclusif ». La nouvelle version devrait être disponible d’ici un an, une fois que le document aura été approuvé canoniquement par les évêques du Canada et aura reçu la recognitio du Saint-Siège.

Il sera fort intéressant de voir si les évêques iront au bout de leur projet, et si le Saint-Siège accepte cette version.

Car ce lectionnaire sera en contradiction flagrante avec le magistère de l’Eglise, tel qu’il est exprimé dans l’instruction Liturgiam authenticam de la congrégation pour le culte divin, « approuvée et confirmée de son autorité » par saint Jean-Paul II. Ce texte condamne en effet de façon claire et précise l’utilisation du prétendu « langage inclusif » dans la liturgie.

Mercredi des quatre temps de septembre

Je sais, frères très chers, que la plupart d’entre vous sont fidèles aux pratiques de la foi chrétienne. Point n’est besoin de vous y engager par nos exhortations. Tout ce que la tradition a établi et que l’usage a confirmé, votre érudition ne l’ignore pas, votre miséricorde ne le néglige pas. Pourtant le ministère sacerdotal doit déployer la même sollicitude à l’égard de tous les fils de l’Église. Aussi recommandons-nous à tous sans distinction une pratique qui doit être salutaire aux commençants comme aux instruits que nous embrassons d’un même amour ; avec une foi allègre, célébrons, par la mortification de l’esprit et du corps, le jeûne auquel nous oblige le retour du septième mois (1).

L’observation du jeûne, en effet, a été fixée aux quatre saisons ; ainsi, par le retour périodique du cycle de toute l’année nous réalisons que nous avons sans cesse besoin de purification ; sans cesse nous devons tâcher, au milieu des vicissitudes de cette vie, d’effacer par le jeûne et les œuvres de bienfaisance le péché contracté par la fragilité de la chair et la souillure des convoitises. Souffrons donc un petit peu de la faim, frères bien-aimés ; retranchons de notre ordinaire un petit quelque chose qui puisse soulager les pauvres.

Que la conscience généreuse goûte le fruit de ses largesses ; si tu donnes avec joie, tu recevras toi-même de quoi te combler de joie. L’amour du prochain est amour de Dieu puisque Dieu a voulu concentrer la plénitude de la Loi et des Prophètes dans cette unité d’une double charité. Personne ne peut en douter désormais : c’est à Dieu même qu’il offre ce qui est donné à un homme. Le Seigneur et Sauveur l’a dit, parlant des pauvres à nourrir et à soulager : « Ce que vous avez fait à l’un d’eux, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Jeûnons donc mercredi et vendredi, et samedi, célébrons les vigiles auprès du bienheureux apôtre Pierre. Ses mérites et ses prières, nous le croyons, nous aideront à rendre notre jeûne et notre dévotion agréables au Dieu de miséricorde.

Saint Léon le Grand, sermon 94, neuvième sermon De jejunio septimi mensis, lecture du deuxième nocturne des matines du troisième dimanche de septembre dans le bréviaire bénédictin (et dans le bréviaire romain avant 1960)

(1) Le septième mois est SEPTEMbre, comme le huitième est OCTObre, le neuxième NOVEMbre, le dixième DECEMbre. Nous avons modifié la date du début de l’année, mais avons gardé le nom des mois…

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23 septembre 2014

Nouvelles surréalistes d’Israël

« Tsahal », comme ils disent, a abattu un avion de l’armée syrienne « qui s'était infiltré dans l'espace aérien sur le plateau du Golan ». Qui était donc passé au-dessus de la zone du Golan occupée par Israël et qui n’est reconnue comme israélienne par personne. « Tsahal » a donc abattu un avion syrien au-dessus du territoire syrien, un avion qui combattait les islamistes qui sont désormais à la frontière d’Israël. Quand Gribouille devient suicidaire…

« Tsahal » a tué à Hébron deux Palestiniens tenus comme responsables de l’enlèvement et de l’assassinat de trois jeunes Israéliens en juin. « Nous avons ouvert le feu, ils ont riposté et ont été tués dans l'échange de tirs. » Les deux Palestiniens sont ipso facto des « martyrs » dont on vengera la mort au cours d’un nouveau cycle de violences. Ainsi va la justice israélienne…

Les services israéliens de la population et de l’immigration ont publié la liste des prénoms les plus donnés dans le pays en 5774 (septembre 2013 – septembre 2014). Le quotidien Haaretz fait observer que seule la liste des prénoms juifs ont été publiée. Les statistiques portant sur l’ensemble des prénoms fait apparaître que le plus donné a été Mohammed (compte non tenu de Ahmed, en neuvième position).

Ils ont détruit le mémorial arménien de Deir el-Zor

Les jihadistes de l’Etat islamique ont détruit l’église arménienne de Deir el-Zor, en Syrie.

Cette église, construite en 1989-90, a été consacrée par le patriarche arménien Garéguine II (ou Karekin) en 1991 comme Mémorial du génocide arménien. Elle comprenait un musée conservant les restes de victimes arméniennes.

Deir el-Zor avait été la destination finale d’au moins 150.000 arméniens (certains disent jusqu’à 400.000) qui n’avaient pas été massacrés sur place et qui, au bout d’une longue marche forcée avaient été parqués dans des camps où il manquaient de tout et subissaient la cruauté des gardiens. Quelques-uns réussirent à s’enfuir, la plupart moururent dans ces camps.

La destruction de ce lieu de mémoire est « une horrible barbarie », comme le dit le ministre arménien des Affaires étrangères, une barbarie supplémentaire et particulièrement ignoble. L’Etat islamique veut sans doute montrer qu’il contrôle désormais toute la zone et qu’il peut donc en supprimer la mémoire.

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Saint Lin

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre 3, préliminaire :

Comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres.

Donc, après avoir fondé et édifié l'Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l'épiscopat ; c'est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée (1). Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l'épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition était encore devant ses yeux. Il n'était d'ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres. Sous ce Clément, donc, un grave dissentiment se produisit chez les frères de Corinthe ; l'Eglise de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la Tradition qu'elle avait naguère reçue des apôtres, à savoir : un seul Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, qui a modelé l'homme, fait venir le déluge, appelé Abraham, fait sortir son peuple de la terre d'Egypte, conversé avec Moïse, donné la Loi, envoyé les prophètes, préparé un feu pour le diable et ses anges. Que ce Dieu-là même soit annoncé par les Eglises comme étant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, tous ceux qui le veulent peuvent l'apprendre par cet écrit, tout comme ils peuvent connaître par lui la Tradition apostolique de l'Église, puisque cette lettre est plus ancienne que les actuels fauteurs d'erreur qui imaginent faussement un autre Dieu au-dessus du Créateur et de l'Auteur de tout ce qui existe. A ce Clément succède Évariste ; à Évariste, Alexandre ; puis, le sixième à partir des apôtres, Xyste est établi; après lui, Télesphore, qui rendit glorieusement témoignage ; ensuite Hygin ; ensuite Pie ; après lui, Anicet ; Soter ayant succédé à Anicet, c'est maintenant Eleuthère qui, en douzième lieu à partir des apôtres, détient la fonction de l'épiscopat. Voilà par quelle suite et quelle succession la Tradition se trouvant dans l'Eglise à partir des apôtres et la prédication de la vérité sont parvenues jusqu'à nous. Et c'est là une preuve très complète qu'elle est une et identique à elle-même, cette foi vivifiante qui, dans l'Église, depuis les apôtres jusqu'à maintenant, s'est conservée et transmise dans la vérité.

(1) 2 Tim. 4, 21 : « Tâche de venir [à Rome] avant l'hiver. Eubule, Pudens, Lin, Claudia, et tous les frères te saluent. »

06:46 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

22 septembre 2014

« Démocratie » « afghane »

La commission électorale indépendante (sic) d’Afghanistan a proclamé vainqueur de l’élection présidentielle (qui a eu lieu les 5 avril et 14 juin) Ashraf Ghani.

Cette proclamation a été faite dans la foulée de la signature d’un accord de partage du pouvoir entre les deux principaux ex-candidats Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani.

La commission électorale indépendante a ajouté que les résultats seraient communiqués à une date ultérieure… Son porte-parole a reconnu que le second tour avait été entaché de fraudes importantes et ajouté que l'audit général supervisé par les Nations unies « n'est pas parvenu à déceler les fraudes dans leur totalité ».

Ashraf Ghani devient donc président d’Afghanistan. Il y aura un « Premier ministre exécutif » désigné par Abdullah Abdullah.

Ashraf Ghani a été ministre des Finances de Hamid Karzaï. Il vient de la Banque mondiale.

Najat Belkacem est toujours conseiller du roi

Juste avant l’élection présidentielle, Najat Belkacem avait affirmé qu’elle ne faisait plus partie du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) créé par le roi du Maroc.

Or voici qu’on y retrouve son nom.

Et pas dans n’importe quel groupe de travail.

Dans celui qui a pour nom « Approche genre et nouvelles générations ».

Toujours le truc qui selon elle n’existe pas. Dans un conseil dont elle ne fait pas partie...

(Via FDesouche)

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Ménard islamophobe (mais ils ne le savent pas)

Rober Ménard, maire de Béziers, a publié un arrêté interdisant de cracher dans la rue. « Cet arrêté vise à dire que cracher dans la rue, c'est dégoûtant », a-t-il dit. Une amende est prévue, mais « il s'agit surtout d'avertir les gens que ça ne se fait pas ».

En 2006 un lycéen de la banlieue de Lyon avait été condamné pour avoir craché à un arrêt de bus. En 2008 un autre lycéen, Madiale (je n’ai pas trouvé le prénom du premier), avait échappé à la condamnation à cause d’un vice de forme. Car il est interdit de cracher dans la rue partout en France, suite à un décret de 1942 (un décret de Vichy, s’empressent de dire les médias) modifié et donc revalidé en 1992.

Ce qui m’étonne avec l’arrêté de Robert Ménard, c’est qu’on ne l’accuse pas d’islamophobie. Car le regain de crachats dans la rue, dans les villes où vivent de nombreux Maghrébins comme Béziers, est directement lié à l’islam. Le bon musulman, pendant le ramadan, ne doit pas boire dans la journée, il ne doit même pas avaler sa salive. Donc il crache. Et comme il a l’habitude de cracher pendant un mois, il continue…

Apparemment les antiracistes patentés ne le savent pas. Ou bien ils ont peur que s’ils dénoncent un arrêté "islamophobe" ça attire l’attention sur ce fait et renforce les préventions contre l’islam…

Le jihad de Cambadélis (patron du PS)

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Plus de 130.000 Kurdes de Syrie

Plus de 130.000 Kurdes de Syrie fuyant l'avancée des jihadistes de l'Etat islamique dans le nord de la Syrie se sont réfugiés ces derniers jours en Turquie, a annoncé ce matin le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus.

Les combattants de l'Etat islamique ont lancé la semaine dernière une offensive autour de la ville-frontière d'Aïn al Arab (Kobani, en kurde), dans le nord de la Syrie, précipitant cet exode de réfugiés vers la Turquie.

Les combattants kurdes syriens affirment de leur côté qu’ils ont « stoppé la progression des jihadistes vers l’est de Kobani ».

15:47 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (1)

Boko Haram a pris 25 villes

Au cours de la réunion de la Conférence des évêques du Nigeria qui a eu lieu à Warri, Mgr Oliver Dashe Doeme, évêque de Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno, réfugié dans un Etat voisin, à Yola, avec des milliers de ses fidèles, a déclaré que Boko Haram avait pris le contrôle de 25 villes.

« Des milliers de personnes ont été contraintes à se réfugier dans les grottes, sur les montagnes et dans les forêts. Les quelques-uns qui ont réussi à fuir sont assistés par les amis à Maiduguri, Mubi et Yola. Des milliers ont fui au Cameroun et vivent dans des conditions misérables. »

Mgr Doeme insiste sur l’armement sophistiqué dont dispose le groupe islamiste depuis ces derniers mois – blindés, armes anti-chars et anti-aériennes, munitions en grande quantité – alors qu’il accuse les militaires d’être demeurés « tièdes » face à cette menace.

15:46 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Le miracle français du P. Popieluszko

Samedi s’est ouvert à Créteil le procès diocésain concernant un miracle attribué au bienheureux Jerzy Popieluszko.

Le 14 septembre 2012, un homme atteint d’une leucémie en phase terminale était en train de mourir à l’hôpital de Créteil. Il était dans le coma et les médecins ne lui donnaient que quelques heures à vivre. Sa femme avait réglé les obsèques, et venait pour un dernier adieu. La religieuse polonaise qui s’occupait des malades dit à la femme que ce serait bien qu’il y ait un prêtre. La femme répond que ce n’est pas la peine, puisque son mari a reçu les derniers sacrements alors qu’il était encore conscient. Néanmoins il y a un prêtre dans la chambre d’à côté, où un patient vient de mourir. La religieuse va le chercher. Ce prêtre de 65 ans vient d’être ordonné, en avril, après avoir vécu 40 ans hors de l’Eglise. En juillet il est allé en Pologne. Il s’est recueilli sur la tombe du P. Popieluszko, et il s’est rendu compte que tous deux étaient nés le même jour : le 14 septembre 1947. Depuis lors ce prêtre a toujours sur lui des images et une relique du bienheureux polonais. Quand il entre dans la chambre et ouvre son livre de prières, il tombe sur une photo du P. Popieluszko. Il se souvient alors que nous sommes le 14 septembre. Il se met à invoquer Jerzy Popieluszko : « Père Jerzy, aujourd’hui c’est ton anniversaire. Si tu peux faire quelque chose, fais-le aujourd’hui. Aide-nous ! » Dès que le prêtre et la religieuse furent sortis, le moribond ouvrit les yeux, parla, et se leva pour aller aux toilettes comme s’il venait de faire une sieste. Il n’y a plus en lui la moindre trace de leucémie.

15:45 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (3)

« Israélien chrétien araméen » ?

Le ministère israélien de l’Intérieur a décidé d’encourager les chrétiens à remplacer le qualificatif « arabe » qui figure sur les cartes d’identité, par « araméen ». Or aucun chrétien ne se dit « araméen ». Ceux qui utilisent plus ou moins une langue « araméenne » se disent « syriens » (en français « syriaque » pour éviter la confusion avec la nationalité syrienne), or les Arabes israéliens ne sont pas syriaques.

Réaction de la commission Justice et Paix des évêques catholiques de Terre Sainte :

« La langue araméenne a été la langue des juifs pendant des siècles. Ce fut le cas jusqu’au retour de la langue hébraïque seulement à la fin du XIX° siècle, et jusqu’à aujourd’hui. Les arabes, dans les pays du Levant, ont parlé à travers l’histoire et les siècles, l’araméen, le grec et l’arabe jusqu’à ce que l’arabe se stabilise. Aujourd’hui en Israël, nous sommes palestiniens arabes. Si cette tentative de séparer les chrétiens palestiniens des autres palestiniens, consiste à vouloir défendre les chrétiens ou les protéger, selon ce que prétendent certaines autorités israéliennes, nous déclarons : rendez-nous d’abord nos maisons, nos terrains et nos villages, que vous nous avez confisqué. Deuxièmement : la meilleure protection pour nous sera de nous laisser avec notre peuple. Troisièmement : la meilleure protection pour nous sera que vous entriez sérieusement sur le chemin de la paix ».

La prise de position épiscopale contient également un appel « aux quelques chrétiens palestiniens en Israël qui soutiennent cette idée » et sont prêts à revendiquer une identité nationale araméenne pour abandonner leur arabité et pouvoir ainsi se voir garantir l’accès au service militaire dans l’armée israélienne : « Il n’est pas possible que vous fassiez du mal à votre peuple pour satisfaire vos intérêts personnels du moment. Dans votre attitude, vous ne faites du bien ni à vous-mêmes ni à Israël. Israël a besoin du chrétien à qui le Christ a dit : Bienheureux les artisans de paix, et non pas bienheureux à celui qui se défigure et défigure son identité. »

En Chine

Lundi dernier, l’église catholique de Jinxi dans le Hunan a été détruite par les autorités. Le même jour, l’église Notre-Dame de Jingdezhen, dans le Jiangxi, a également été détruite.

Le prétexte est toujours que les bâtiments ne cadrent pas avec le nouveau plan d’urbanisme et que l’on a besoin du terrain pour des activités commerciales.

La campagne de retrait des croix des églises continue également. Ce même lundi, celle de Jingtou, dans la province de Zhejiang, a été enlevée.

15:43 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Juste avant le synode…

Le pape François a institué, le 27 août, une commission spéciale chargée d'étudier la réforme du procès matrimonial canonique, a annoncé le 20 septembre un communiqué du Saint-Siège :

« Le travail du Comité spécial commencera dès que possible et il aura pour objectif de préparer une proposition de réforme du procès matrimonial, en essayant de simplifier la procédure, en la rendant plus simple et en sauvegardant le principe de l'indissolubilité du mariage. »

Juste avant le synode qui doit notamment se pencher sur cette question, c’est pour le moins bizarre…

La composition du comité :

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Saint Maurice et ses compagnons, martyrs

La fête de saint Maurice et de ses compagnons est devenue une mémoire en 1694, quand fut inscrite au calendrier, en ce même jour, la fête de saint Thomas de Villeneuve.

Saint Eucher de Lyon, dans la première moitié du Ve siècle, a rédigé le récit du martyre de saint Maurice et de ses compagnons, c’est-à-dire de la Légion Thébaine que l’empereur Maximien fit massacrer, vers la fin du IIIe siècle, parce que ces soldats refusaient de faire la chasse aux chrétiens. C’était à Agaune, dans le Valais, où fut fondée dès 515 l’abbaye Saint-Maurice.

La Légion Thébaine refusant d’obéir, Maximien fit tuer un soldat sur dix. Comme ils persévéraient, il fit de nouveau tuer un soldat sur dix. Alors les légionnaires lui écrivirent cette lettre :

« Nous sommes, empereur, tes soldats, mais cependant, comme nous le confessons en toute liberté, les serviteurs de Dieu. À toi nous devons l’obéissance militaire, à Lui l’innocence. De toi nous recevons le salaire de notre travail, de Lui nous avons accueilli le principe de la vie. Nous ne pouvons absolument pas te suivre, empereur, jusqu’à renier le Dieu créateur, oui, notre créateur, et, que tu le veuilles ou non, ton Dieu créateur. Si nous ne sommes pas contraints à des actes assez funestes pour L’offenser, (c’est) à toi que nous obéirons encore, comme nous l’avons toujours fait ; s’il en est autrement, nous obéirons à Lui plutôt qu’à toi.

« Nous t’offrons, pour les employer contre quelque ennemi que ce soit, nos mains que nous jugeons criminel de rougir de sang d’innocents. Ces mains droites, qui savent combattre les impies et les ennemis, ne savent pas frapper des hommes pieux et des citoyens. Nous nous souvenons que nous avons pris les armes pour les citoyens plutôt que contre eux. Nous avons toujours combattu pour la justice, pour la piété, pour le salut des innocents : ce fut là, pour nous, jusqu’à présent, la récompense de nos dangers. Nous avons combattu par fidélité, mais celle-ci, comment la conserverons-nous envers toi, si nous n’en témoignons pas envers notre Dieu ? Nous nous sommes d’abord engagés par serment envers Dieu et ensuite nous nous sommes engagés par serment envers l’empereur ; crois-le : rien ne nous obligera à tenir le deuxième (serment) si nous rompons le premier. Ce sont des chrétiens que tu nous ordonnes de rechercher pour les conduire au supplice ; nul besoin pour toi d’en rechercher d’autres : nous voici maintenant qui confessons Dieu le Père, créateur de toutes choses, et nous croyons que son Fils Jésus-Christ (est) Dieu. Nous avons vu les compagnons de nos travaux et de nos dangers être égorgés par le fer et leur sang rejaillir sur nous, et cependant la mort de nos très saints compagnons d’armes, nous ne la pleurons pas et nous ne nous lamentons pas de la mort violente de nos frères, mais bien plutôt nous les louons ; la joie accompagne ceux qui ont été trouvés dignes de souffrir pour leur Seigneur Dieu. Et maintenant, même cette ultime circonstance de notre vie ne nous a pas poussés à la révolte ; non, même le plus intense désespoir qui surgit au cœur des périls ne nous a pas fait prendre les armes contre toi, empereur. Voici que nous sommes armés et nous ne résistons pas, parce que nous aimons mieux être mis à mort que tuer, nous préférons périr innocents que vivre coupables. Si tu rends encore de nouveaux décrets contre nous, si tu donnes de nouveaux ordres, si tu apportes de nouvelles menaces, feux, tortures, glaives, nous sommes prêts à le subir. Chrétiens nous nous déclarons, nous ne pouvons persécuter des chrétiens. »

Alors Maximien résolut de massacrer toute cette légion.

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21 septembre 2014

15e dimanche après la Pentecôte

L’antienne pour la Communion, comme celle prescrite pour le IXe dimanche après la Pentecôte, est tirée de l’Évangile de saint Jean (6, 52), et se trouve ici à titre exceptionnel. Elle est commune au jeudi après le Ier dimanche de Carême et exprime avec concision le double caractère de Sacrifice et de Sacrement que revêt l’Eucharistie. « Panis, quem ego dédero, caro mea est pro sǽculi vita » : le pain que je donnerai — voilà le Sacrement pour la nourriture spirituelle de l’âme — est mon corps pour le salut du monde — voilà le Sacrifice de l’universelle expiation.

Dans la collecte d’action de grâces (1), nous demandons que l’efficacité du Sacrement modère et refrène si bien les mouvements de notre corps et de notre âme que ce ne soit plus la nature, mais la grâce qui prenne en nous le dessus. De la sorte, la divine Eucharistie obtient intégralement son effet, et nous fait participer à la vie du Christ, selon la promesse du Sauveur : Et qui manducat me, et ipse vivet propter me (2).

Cette prière après la Communion peut, elle aussi, servir de thème à tout un traité d’ascèse eucharistique. Après les purifications préalables des sens et des facultés de l’âme, quand la grâce a envahi tout l’esprit et y domine en souveraine, commence en nous le véritable règne de Dieu. La nature reçoit alors un tel coup qu’elle n’ose plus relever la tête, et l’Esprit Saint oriente l’âme et toutes ses facultés comme il lui plaît.

Bienheureux cardinal Schuster

(1) Mentes nostras et córpora possídeat, quǽsumus, Dómine, doni cæléstis operátio : ut non noster sensus in nobis, sed iúgiter eius prævéniat efféctus. Que l’action de votre don céleste s’exerce parfaitement, ô Seigneur, en nos âmes et en nos corps, en sorte que ce ne soit pas notre propre sens, mais son influence qui prédomine toujours en nous.

(2) Jean 6, 58 : celui qui me mange vivra par moi.

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Sur l'évangile de ce dimanche, voir ici.

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