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Le blog d'Yves Daoudal - Page 6

  • 8e dimanche après la Pentecôte

    La parabole de « l’intendant de l’iniquité » est l’une des plus déstabilisante de l’Evangile. Pour la comprendre il faut d’abord respecter le texte, ce que la plupart des traductions ne font pas.

    Le texte parle de la façon dont un « intendant de l’iniquité » se sert du « mammon de l’iniquité ».

    Ces deux expressions sont des hébraïsmes, qui mettent en complément de nom, au génitif, ce qui pour nous serait un adjectif : intendant inique, mammon inique. Ces hébraïsmes évidents, dans le texte très grec de saint Luc, sont là pour attirer l’attention. Notamment l’attention sur « mammon », un mot araméen. Il devrait être évident pour tout traducteur que si l’hellénophone Luc a mis un mot araméen, c’est qu’on doit le garder dans toute traduction (comme l’a fait la Vulgate), car c’est qu’il est, d’une certaine façon, dans le cadre de la parabole, intraduisible. Même si l’on comprend qu’il s’agit d’argent ; et c’est précisément parce qu’on comprend qu’il s’agit d’argent qu’il n’est nul besoin de le traduire.

    Ce « mammon » que Luc ne traduit pas (ou que Jésus a intentionnellement dit en araméen dans un discours en grec) prend une allure de divinité païenne. Or c’est bien ce dont il s’agit. Jésus dénonce ceux qui font de l’argent un dieu.

    Dans le verset précédent il a opposé « les enfants de ce siècle » aux « enfants de lumière ».

    On pense à la seconde épître aux Corinthiens :

    Ne portez pas un même joug avec les infidèles; car quelle union y a-t-il entre la justice et l'iniquité? Ou quelle association entre la lumière et les ténèbres? Ou quel accord entre le Christ et Bélial? Ou quelle part entre le fidèle et l'infidèle? Quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles? Car vous êtes le temple du Dieu vivant.

    Il y a donc un « mammon de l’iniquité » et un « intendant de l’iniquité ». Ils devraient bien s’entendre, et celui-ci devrait être un serviteur de celui-là. Il l’était, d’ailleurs, jusqu’ici, et c’est pourquoi le maître le renvoie. Or voici qu’il va faire exploser le mammon de l’iniquité. Comment ? En s’en servant, non plus pour accroître son bien, mais pour se faire des amis. Nous sommes toujours dans le monde de la malhonnêteté, mais la malhonnêteté est désormais au service de la création de relations. L’intendant se fait des amis qui le recevront chez eux, et c’est l’image du chrétien qui « remet les dettes » (c’est ce que dit le Pater en grec), qui se sert de l’argent comme d’un instrument de charité, de création de relations, de ces relations qui conduisent aux tentes éternelles, dans la triple relation d’amour, trois Personnes, de la divine Trinité.

    Voilà pourquoi le maître, Kyrios, le Seigneur, loue l’intendant de l’iniquité « parce qu’il a agi avec sagesse ». On trahit le texte en traduisant « avec habileté » parce qu’on n’ose pas livrer la parole de Dieu telle qu’elle est. Mais ce faisant on ose la trahir… Le mot grec est celui qui est utilisé pour les « vierges sages » par opposition aux « vierges folles ». Les vierges sages ne sont pas des vierges « habiles ». La Vulgate a, comme d’habitude, bien traduit par « prudenter ». Non pas au sens actuel le plus courant du mot « prudent », mais au sens de sage, « avisé ». L’intendant a agi « de façon avisée ». Et si un intendant inique peut agir de cette façon, à plus forte raison un fidèle du Christ doit-il se faire des amis avec le même mammon de l’iniquité, des « relations », pour qu’elles le portent dans les tentes éternelles de la triple Relation d’amour, là où personne ne peut plus compter sur mammon.

  • Au Congo

    Nouvelle attaque de « Muslim Defense International » au Nord Kivu : les jihadistes ont incendié 69 maisons dans trois villages et fait main basse sur les meubles et les cheptels. Il y a eu 11 morts.

    C’est la quatrième attaque importante de l’ex ADF-NALU en un mois.

    [On remarquera le nouveau nom du groupe : il fait désormais référence à l’islam, contrairement à son nom précédent, et il dit bien qu’il s’agit d’une défense de l’islam, et donne donc des exemples concrets du fameux "jihad défensif"...]

  • L’incroyable affront

    François, lors de sa « rencontre avec la société civile » au Paraguay, en présence du président de la République, Horacio Cartes (traduction Benoît et moi) :

    « Il y a des choses, avant de conclure, auxquelles je voudrais faire référence. Et en cela, puisqu'il y a des politiciens ici présents, il y a aussi le Président de la République, je le dis fraternellement. Quelqu'un m'a dit: "Ecoutez, un tel se trouve séquestré par l'armée, faites quelque chose!". Je ne dis pas si c'est vrai ou pas vrai, si c'est juste ou pas juste, mais l'une des méthodes qu'avaient les dictatures du siècle dernier, c'était d'éloigner les gens, ou par l'exil ou par la prison; ou, dans le cas des camps d'exterminations nazis ou staliniens, elles les éloignaient avec la mort. Afin qu'il y ait une vraie culture dans un peuple, une culture politique et du bien commun, il faut rapidement des jugements limpides, des jugements clairs. Et il ne faut pas d'autre type de stratagème. La justice limpide, claire. Cela nous aidera tous. Je ne sais pas si cela existe ici ou pas, je le dis avec tout le respect. On me l'a dit quand je suis entré, on me l'a dit ici. Et que je demande pour je ne sais qui... Je n'ai pas bien entendu le nom. »

    Pour le contexte, on lira l’article du Monde, qui est également édifiant.

    Le nom que François n’a pas entendu, précise Sandro Magister, est Edelio Murinigo. C'est un officier, qui n’est pas du tout « séquestré par l’armée » paraguayenne, mais par l’« armée du peuple paraguayen », la guérilla marxiste-léniniste locale.

    « Pourtant, malgré son ignorance déclarée et soulignée de l'affaire, François n'a pas craint d'utiliser les quelques rares données confuses, mal saisies par lui juste avant par bouche à oreille, pour accuser “fraternellement” le président paraguayen innocent d'un crime assimilé aux pires méfaits nazis et staliniens. »

    Rappelez-moi. Il me semble qu’il y a quelqu’un, à Rome, qui ne cesse de dénoncer les bavardages, les cancans, les rumeurs, les commérages, et les traite même de « diaboliques ». Ce doit être un sosie…

    Mais, bien sûr, le président paraguayen, le riche homme d'affaires Horacio Cartes, est forcément un salaud, puisqu’il est de droite, et un dictateur, puisqu’il est du parti Colorado. C’est lui qui, dès son élection en 2013, a décidé de donner l’intégralité de ses indemnités de président, pendant tout son mandat, à la paroisse San Rafael d’Asuncion, qui gère une clinique pour patients en phase terminale et enfants malades…

    Addendum

    Voici la traduction officielle du propos:

    Et cela, comme il y a des politiciens présents ici – y compris le Président de la République – je le dis fraternellement, n’est-ce pas ? Quelqu’un m’a dit : ‘‘Ecoutez, telle personne a été séquestrée par l’armée, faites quelque chose’’. Je ne dis pas que ce soit vrai, ou que ce ne soit pas vrai, que ce soit juste, que ce ne soit pas juste, mais l’une des méthodes des idéologies dictatoriales du siècle passé, auxquelles je me suis référé tout à l’heure, c’était d’éliminer les gens, ou par l’exil, ou par la prison, ou dans les camps d’extermination nazis ou staliniens par la mort, n’est-ce pas ? Pour qu’il y ait une vraie culture chez un peuple, une culture politique et du bien commun, [il faut qu’il y ait aussi] des procès rapides, des procès transparents. Et un autre genre de stratagème ne sert pas. La justice transparente, claire ! Cela va nous aider tous. Je ne sais pas ça existe ici ou non,  je le dis avec tout le respect. On m’en a fait part quand j’entrais. On me l’a dit ici. Et il m’a été demandé de prier pour quelqu’un. Je n’ai pas bien entendu le nom de famille.

  • Saint Camille de Lellis

    Qui connaît la vie de Saint Camille, connaît aussi la tension qui, à un moment, se créa entre lui et père Philippe, son directeur spirituel. Il sait aussi comment, par la suite, le conflit se résolut, au point que les deux «saints se retrouvèrent de manière plus intense et plus mature ».

    C’est Camille qui a l’initiative de la relation avec Philippe. Depuis quelques années, il était venu à Rome, pas encore complètement pacifié avec sa conscience à propos du vœu de se faire frère capucin. Après sa “conversion” le 2 février 1574, il avait tenté sérieusement par deux fois, et chaque fois sa fastidieuse et mystérieuse plaie à la jambe l’en avait empêché. Il s’était ainsi rendu compte finalement que Dieu ne le voulait pas frère. Que faire alors ? Il le comprit lorsqu’il se trouva hospitalisé à l’hôpital de San Giacomo de Rome : Dieu le voulait au service de ces pauvres. Et il s’y était cette fois consacré de toute son âme au point qu’il... y fit carrière. Il fut nommé “Maître de maison”, responsable des services de l’hôpital et du personnel. Il remplit son service avec tant d’application et de dévouement qu’il conçut une tendresse extraordinaire envers les malades.

    Mais il voyait comment les malades étaient mal assistés par ceux qu’on appelait les ‘servants’, ramassis de main d’œuvre, qui n’était là que pour l’argent. Après des tentatives répétées et vaines pour améliorer la situation, la nuit du 14 août 1582, il projeta d’instituer « une Compagnie d’hommes pieux et de bonne volonté qui, non pas pour un salaire mais volontairement et par amour de Dieu, serviraient les malades avec la charité et l’amour comme le font habituellement les mères pour leurs propres enfants malades ».

    Mais l’initiative n’avait pas plu aux administrateurs de l’hôpital. Au point que Camille commença à se méfier, à penser qu’il s’agissait d’une sotte présomption de sa part. Finalement, ce fut le Seigneur lui-même qui le réconforta. D’abord « en songe », puis, quelque temps après, ce fut le Crucifié qui l’encouragea, bien éveillé, non sans une pointe de reproche: « Pourquoi te mets-tu en peine, pusillanime ? Poursuis l’œuvre, je t’aiderai car cette œuvre est la mienne et non la tienne. »

    Ainsi réconforté, Camille revint avec décision à son projet.

    Entre-temps, bien que converti à Dieu, ou mieux, à la suite de ce virage, il s’était rendu compte qu’il avait besoin d’un guide spirituel. Il le trouva en saint Philippe Néri et dans son “Oratoire”, cadre vivant et riche de spiritualité. Le père Philippe, très attentif au monde des souffrants et des pauvres, fut heureux de l’accueillir en le voyant si bien engagé dans le service des malades.

    L’engagement de Camille était de venir auprès de Philippe pour la confession et la direction spirituelle chaque samedi et veille de fête. Pendant huit ans, il fut fidèle à sa promesse. Et grand fut le profit qu’il en retira. Mais, à un certain moment, ce fut la rupture entre Philippe et Camille. L’accord prit fin lorsque le projet que Camille et de ses compagnons réalisaient à l’hôpital San Giacomo fut mis en discussion par le père Philippe.

    Qu’était-il arrivé ? Comme déjà dit, l’initiative de Camille n’avait pas plu aux responsables de San Giacomo. Tout en appréciant l’engagement de Camille en faveur des malades, l’idée qu’il fonde une sorte d’association pour renouveler la manière de gérer l’hôpital leur paraissait extravagante. Ne pouvant sortir cette idée de la tête de cette “terrible cervelle” qu’était Camille, et connaissant le grand ascendant que le père Philippe avait sur lui, ils informèrent ce dernier de ce qui se passait à San Giacomo. Philippe était lui aussi d’accord que l’entreprise dans laquelle Camille s’était embarquée avec ses compagnons était une erreur.

    Il avait dit plusieurs fois clairement sa pensée à Camille : il devait abandonner toute idée de fonder une Compagnie ; il devait plutôt s’occuper de lui-même, de sa propre vie spirituelle et s’occuper des malades, et que cela était déjà beaucoup. Et même, il lui avait déclaré rudement une fois que « l’homme idiot et sans culture qu’il était ne serait jamais en mesure de gouverner un groupement de personnes ».

    Camille accusa le coup, mais il répondit qu’il ne pouvait rien y faire : l’idée de la Compagnie n’était pas la sienne ; elle avait été mise en lui par un Autre, et il ne réussissait pas à s’en défaire. Philippe resta inflexible : ou Camille abandonnait son projet, ou lui et ses compagnons se trouvaient un autre confesseur.

    Arrivés à ce point les deux... “saints” ne se comprennent plus. C’est une épreuve très douloureuse pour Camille, qui ne réussit pas à renoncer à ce projet parce qu’il est convaincu que c’est Jésus-Christ qui le veut. Tout en ayant le cœur brisé, il accepte la réalité et se sépare de son très aimé confesseur et père.

    Que peut signifier ce désaccord qui éclata entre Camille et le père Philippe ? En un certain sens, vu la diversité des personnalités, on pourrait même dire que la tension devait éclater tôt ou tard. Cependant, quelques années après, l’un et l’autre se rencontrèrent et se comprirent. Cette fois, c’est Philippe qui se rendit chez Camille. De loin, il avait continué à suivre Camille et son œuvre. Et il en était resté édifié. Devenu vieux, il était allé retrouver Camille dans sa résidence, près de l’église de la Maddalena, à Rome, pour lui dire : « Vraiment, la réussite de cette œuvre me paraît miraculeuse, parce qu’elle n’est pas le fruit de moyens et de sciences humaines… »

    P. Giuseppe Cinà

  • Pour Vincent

    Suite aux entretiens de mercredi au CHU de Reims, les avocats des parents de Vincent Lambert, Jean Paillot et Jérôme Triomphe, annoncent qu’ils portent plainte auprès de l’Ordre des médecins contre le Dr Daniela Simon, et qu’ils vont déposer une plainte criminelle et délictuelle de 35 pages pour délaissement et tentative d’assassinat sur personne vulnérable, violence sur personne vulnérable, non-assistance à personne en danger, séquestration et atteinte arbitraire à la liberté individuelle, faux et usage de faux et faux témoignage, violation du secret médical.

    Il faut lire le communiqué des deux avocats, qui est une pièce importante dans l’affaire Vincent Lambert.

  • Dites-moi que c’est au second degré !

    Fusillade de Chattanooga : un tireur au-dessus de tout soupçon : Tel est le titre dément de TF1 sur la fusillade de Chattanooga, quand « un tranquille habitant d'une banlieue tout aussi tranquille de Chattanooga au Tennessee », Muhammad Youssef Abdulazeez, a tué quatre marines avant d’être tué lui-même.

    On ne comprend pas « comment un jeune homme au "profil type du jeune Américain" a pu agir ainsi ». Et bien sûr on ne doit « pas spéculer », disent les autorités, sur les motivations du tueur. Qui était gentil, sympathique, poli, etc.

    Il « avait tout du jeune homme normal », dit Le Figaro. Et ses parents sont « des gens discrets et polis, très religieux ».

    Une fois qu’on a assené tout cela, on peut donner quelques précisions, que ne liront pas ceux qui ont cru comprendre qu’il n’y avait rien à dire sur le tueur.

    Très religieux, cela veut dire très musulman. Les femmes de la famille sont voilées, le père a été un temps sur une liste de terroristes pour avoir donné de l’argent à l’une des fameuses ONG « humanitaires » musulmanes.

    Muhammad Youssef Abdulazeez, quant à lui, avait ouvert un blog, le… 13 juillet dernier, où il n’a publié que deux textes, tous les deux ce jour-là. Le premier était intitulé « Une prison appelée Dunya » - al-dunya étant le terme arabe islamique pour désigner l’ici-bas, par opposition à al-akhira, l’au-delà, « où il décrit la misère de ce bas monde et son envie d'y échapper ». Le second est intitulé: « Comprendre l'islam » : «Nous demandons à Allah de nous donner une compréhension complète du message de l'Islam, et la force de vivre avec cette connaissance, ainsi que de connaître quel rôle nous avons à jouer pour établir l'islam dans le monde. » Il y dit aussi que la vie est « courte et amère », et qu'un musulman de doit pas manquer une occasion de se « soumettre à Allah ».

    Conclusion, comme d’habitude : PADAMALGAM !

    Addendum

    Finalement, le FBI ouvre une enquête pour terrorisme. Quand même...

  • Enlèvements

    Le Père Antoine Boutros, prêtre grec-melkite catholique, et le laïc Said Al-Abdun qui l’accompagnait entre Shahba et Sama Hinadat, où le prêtre aurait dû célébrer le Saint Sacrifice de la Messe, ont été enlevés dimanche dernier par un groupe armé rebelle non encore identifié.

    Agé de 50 ans, curé de la Paroisse Saint Philippe Apôtre de la ville syrienne de Shahba – à 80 km environ au sud-est de Damas – le Père Antoine Boutros est également connu pour ses initiatives caritatives et humanitaires dans la province de Suwayda et pour avoir contribué à maintenir dans cette zone une relative paix civile, s’impliquant dans des processus de médiation entre les différentes faction en lutte. Il est l’un des 20 prêtres (dont 18 mariés, comme lui-même) de l’archidiocèse de Bosra et Hauran, dont l’archevêque est Mgr Nicolas Antiba, ancien curé de Saint-Julien le Pauvre à Paris.

    *

    Au Nigeria, le prêtre catholique Francis Ugoo Egbebu, curé de la paroisse Saint-Patrick, dans l'Etat d'Imo, a été enlevé par des inconnus en début de semaine dans le sud-est du pays. Des ravisseurs réclameraient une rançon de 5 millions de Nairas soit 23.000 euros. C’est le deuxième enlèvement d’un prêtre catholique ce mois-ci.

  • Drôle de croisade

    Sandro Magister lance un cri d’alarme : le couvent dominicain Saint-Marc de Florence risque d’être fermé subrepticement cet été, il faut empêcher la « mort » de ce couvent, qui serait « quelque chose d’incroyable ». Il faut donc signer la pétition de toute urgence.

    En réalité, comme le signale Sandro Magister lui-même, la décision de « supprimer » la « maison » a été prise en… 2013.

    Il ne s’agit pas de détruire un couvent qui regorge de chefs-d’œuvre de Fra Angelico, comme on pourrait le croire en lisant rapidement, mais d’en retirer les derniers religieux.

    C’est impensable, selon Sandro Magister, qu’il puisse ne plus y avoir de dominicains dans ce couvent.

    Peut-être. Mais quand j’y suis allé, je n’y ai pas vu un seul religieux. On y entrait comme dans un musée, et on y circulait comme dans un musée. Et la première chose qu’on constatait en entrant dans les cellules décorées par les célèbres et sublimes fresques de Fra Angelico, c’est que ces cellules ne servent plus depuis longtemps.

    Si j’étais dominicain je refuserais évidemment d’aller vivre dans ce couvent, qui est habituellement envahi de touristes du monde entier.

    Et comme il n’y a plus de vocations religieuses (pour la raison que les religieux ne le sont plus), je ne vois pas pourquoi il faudrait à toute force maintenir des dominicains à Saint-Marc.

    Ou alors il faudrait refaire un vrai couvent, avec des religieux qui vivent dans les cellules, ce qui impliquerait qu’elles soient habituellement fermées au public, ce qui est aujourd’hui impensable.

  • Montes Gelboë

    ℟. Montes Gelboë, nec ros nec pluvia veniant super vos, * ubi ceciderunt fortes Israël.
    ℣. Omnes montes, qui estis in circuitu eius, visitet Dominus: a Gelboë autem transeat.
    ℟. Ubi ceciderunt fortes Israël.

    Montagnes de Gelboé, que ni pluie ni rosée ne viennent sur vous, où les forts d’Israël sont tombés. Que le Seigneur visite toutes les montagnes qui sont alentour, mais qu’il passe loin de Gelboé, où les forts d’Israël sont tombés.

    Ce répons vient de la déchirante déploration de David après la bataille où Saül et Jonathan furent tués (II Rois 1, 21). Toutefois le verset ne s’y trouve pas.

    Voici ce répons chanté par les moines de Solesmes :
    podcast

  • Shocking !

    Au gré des saisons et des festivals se multiplient sur les scènes, depuis des décennies maintenant, des mises en scène d’opéra absurdes, qui défigurent les œuvres, qui montrent systématiquement autre chose, et souvent le contraire, de ce que dit le livret, et de ce que chante la musique. Et toute l’intelligentsia applaudit. Que les spectateurs supportent en silence ou sifflent copieusement, les directeurs d’opéra n’en ont cure. Ils sont grassement subventionnés pour subvertir l’opéra, ils jouent leur rôle. Et il n’y a que peu de chanteurs qui aient la possibilité de refuser ce qu’on leur demande de faire, qui est souvent contraire aux principes du chant, voire contraire à la dignité humaine. Et même ceux qui peuvent refuser ne le font pas, par conformisme, pour ne pas avoir l’air de s’opposer à l’artistiquement correct. On peut saluer Angela Gheorghiu, qui refuse de chanter dans des productions qui défigurent les opéras. Dans un récent numéro de Diapason elle disait qu’elle avait accepté a priori de chanter dans la Traviata mise en scène par Pier Luigi Pizzi, à qui elle faisait confiance, car il n’est pas connu comme un de ces professionnels de la « transgression » obligatoire. Quand elle est arrivée elle a vu des SS sur la scène : « Excuse-moi, tu ne crois pas t’être trompé d’histoire ? Si ton génie est supérieur à ceux de Dumas et de Verdi, pourquoi n’écris-tu pas un nouvel opéra ? »

    Les SS, c’est ce qu’il y a de plus courant. On les a vus abondamment dans la Tétralogie, moi je les ai vus dans Lohengrin. Tout récemment, on a vu Un bal masqué de Verdi avec des personnages de science fiction qui finissent gazés (c'est une manie), et un Pelléas et Mélisande où les héros (un maquereau et une pute) copulent sur un capot de voiture dans la scène de la fontaine. Et il y en a comme ça tous les mois...

    Donc la mise en scène d’opéra, c’est de préférence n’importe quoi, et jamais un directeur n’oserait intervenir.

    Or voici que le directeur du Festival d’Aix-en-Provence est intervenu. Moment historique. Il a exigé que dans la mise en scène de L’enlèvement au sérail de Mozart, qui se déroule dans un camp de l’Etat islamique, soit supprimées les têtes tranchées, et soit maquillé le drapeau jihadiste.

    « Ce n’est pas de la censure, c’est de la maturité », a-t-il dit. Ouf.

    Néanmoins c’est de la censure. Et en l’occurrence une censure idiote. Car si l’idée de transporter L’enlèvement au sérail dans un camp jihadiste n’est pas du meilleur goût, il n’empêche qu’à plusieurs moments de l’opéra le pacha Sélim, et son intendant Osmin, menacent les protagonistes de leur trancher la tête au nom de Mahomet, de les empaler, des les écorcher, etc.

    Il y a donc aujourd’hui un tabou.

    Ce n’est pas bien de montrer « Daech » !

    Tartuffes.

  • Chronique des barjots

    La commission Environnement du Parlement européen a introduit hier dans un document qui doit être voté par les députés en octobre prochain, des amendements qui ont conduit l’auteur du rapport à voter… contre son propre rapport, qui devenait dément.

    Il s’agit de la révision de la directive sur la qualité de l’air. La Commission européenne fixait des objectifs à atteindre par les Etats d’ici 2030. Les khmers verts du PE ont décidé que les objectifs devraient être atteints en 2025. Et ils ont chargé la barque. A la liste des polluants à éradiquer ou à limiter fortement, ils ont ajouté le mercure, l’ammoniac et… le méthane. Et le méthane plutôt deux fois qu’une, car c’est non seulement un polluant (?) mais aussi un « gaz à effet de serre ».

    Autrement dit, les vaches qui ruminent sont responsables d’une bonne partie des « 400.000 morts prématurées » par an dues à la pollution de l’air en Europe…

    C’est l’aboutissement d’une longue campagne de cinglés qui donnait par exemple ce titre d’un article de Sciences et Avenir en 2013 : « Les vaches françaises émettent autant de gaz en un an que 15 millions de voitures. »

    Ils ne savent même pas que les prairies des vaches bouffent le fameux gaz carbonique subitement devenu méchant, et que la majeure partie du méthane émis par les vaches est compensée par ce stockage du CO2.

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  • Trop nuls…

    Le synode de l’Eglise d’Angleterre a consacré ses travaux à la « justice environnementale en vue de la Cop21, la conférence des Nations Unies qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre ». Selon le primat de la Communion anglicane, il est temps d’agir et de toute urgence.

    Le réchauffement global affecte principalement les plus pauvres : ce sont les plus vulnérables qui sont exposés aux tempêtes, aux inondations, à la sécheresse et à l’élévation du niveau de la mer. Ce qui est mauvais pour nos voisins, l’est aussi pour nous tous. Au cours des 150 dernières années, l’humanité a brulé des combustibles fossiles qui avaient mis un milliard d’années pour se former. La terre ne peut pas soutenir ce rythme. Il faut lire les signes des temps et agir pour le bien commun. Il faut protéger les plus pauvres contre l’impact du réchauffement global et étudier de nouvelles mesures pour sauvegarder la planète et assurer un développement durable. Tous sont concernés au niveau individuel, institutionnel, national et international, y compris les investisseurs.

    C’est ce qui s’appelle avoir un métro de retard. Notre bon François a déjà tout dit sur le sujet, c’est lui qui est reconnu par tout le monde comme le chef de la religion climatique.

    En plus, le « primat de la Communion anglicane » est un retraité de l’industrie pétrolière. Franchement, il n’est pas crédible sur ce coup-là.

  • Millénaire

     

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    C’est aujourd’hui le millième anniversaire de la mort de saint Vladimir le Grand, prince de Kiev, fondateur de la Sainte Russie, rappelle New Liturgical Movement, qui nous donne notamment des vidéos du tropaire et du kondakion de la fête.

    Quant à nous, rappelons que, le 19 janvier 2013, Benoît XVI a élevé l’exarchat apostolique pour les fidèles ukrainiens de rite byzantin résidant en France au rang d’éparchie (diocèse) avec le titre de Saint Vladimir le Grand. Le premier évêque est Mgr Borys Gudziak.

  • Deus omnium exauditor est

    . Deus omnium exauditor est: ipse misit Angelum suum, et tulit me de ovibus patris mei: * Et unxit me unctione misericordiae suae.
    .  Dominus, qui eripuit me de ore leonis, et de manu bestiae liberavit me.
    . Et unxit me unctione misericordiae suae.

    Dieu exauce les prières de tous : lui-même a envoyé son Ange et m’a pris du milieu des brebis de mon père. Et il m’a oint de l’onction de sa miséricorde. C’est le Seigneur qui m’a arraché de la gueule du lion, et des griffes de la bête féroce. Et il m’a oint de l’onction de sa miséricorde.

    Ce répons des matines a la particularité de venir du psaume… 151. Un psaume non canonique, qu’on ne devrait pas appeler « 151 » puisqu’il se dit lui-même « extra numerum », surnuméraire. « Authentiquement de David et sans numéro », il n’est pas de David, mais il est bien joli, et surtout il contient ce magnifique verset « il m’a oint de l’onction de sa miséricorde ». Mais, en fait, cette expression ne se trouve pas exactement dans le psaume 151… Dans le texte grec il n’y a pas la miséricorde : « Il m’a oint de l’huile de l’onction. » Et dans les manuscrits de la Vulgate qui le reproduisent (en annexe – merci à la “Vulgate de Stuttgart” de le faire aussi), il y a : « et unxit me in misericordia unctionis suae » : et il m’a oint dans la miséricorde de son onction, ce qui est peut-être encore plus beau que la version modifiée du répons.

    Le verset quant à lui est plus ou moins inspiré de I Rois 17, 37.

    Et tout cela montre qu’il s’agit d’un répons très ancien.

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    Antiphonaire de Hartker (Saint-Gall), première page des "répons tirés du livre des Rois". Notre répons est le premier, avec la grande lettrine.

  • Arme anti-islam

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    Nuit du destin, la nuit la plus sacrée du ramadan, à la mosquée Hassan II de Casablanca, celle qui a le plus haut minaret du monde. Soudain, une souris effleure le pied d’une femme. Elle crie, et c’est bientôt la panique parmi les femmes, qui sortent en hurlant. Dans la salle des hommes, où l’on entend les cris sans savoir ce qui se passe, c’est bientôt également la panique. Tout le monde se rue dehors. La bousculade fait 81 blessés, dont quelques-uns souffrent de fractures. Notamment une femme enceinte qui s’est cassé la jambe.

    Les autorités ont démenti les rumeurs d’explosion ou de... raz-de-marée qui avaient été émises pour tenter de donner un motif sérieux à la panique.

    La mosquée a fait savoir que l’ordre avait été rétabli par l’imam et que la prière de l’aube s’était déroulée normalement. Ben oui, la souris était partie se coucher…

  • Chronique de la dérive

    Ce matin, le Chancelier de l'Académie pontificale des sciences a présenté la Rencontre intitulée "Esclavage moderne et changement climatique, l'engagement des villes", et le Symposium "Prospérité, humanité et planète, pour un développement durable des villes", en programme au Vatican les 21 et 22 juillet et auxquels ont été invités des maires de métropoles et des représentants des Nations-Unies. A la suite du Pape, a déclaré Mgr.Marcelo Sánchez Sorondo, "l'Académie établit un lien entre les deux graves problèmes que sont l'esclavage moderne et le changement climatique, une crise sociale et une crise climatique d'origine anthropique. Dans le sillage de l'encyclique Laudato Si', nous devons faire prendre conscience de la gravité de ces phénomènes, de la responsabilité humaine et de la nécessité de réagir vigoureusement pour le bien général.

    Etc., la suite ici pour ceux que ça intéresse, et surtout pour constater que dans tout ce baratin où l’on prétend que l’Eglise catholique, mon Eglise, Jésus-Christ répandu et communiqué, sacrement du salut, reprendrait à son compte les dogmes de la nouvelle religion tiersmondoclimatique, il n’y a absolument aucune allusion à la foi.

    Il est vrai qu’il s’agit d’« aider à construire un mouvement global et trans-religieux au service du développement durable », comme on l’avait déjà vu lors du symposium du 28 avril, qui avait fait le lien entre le changement climatique forcément anthropique et « l’esclavage moderne ».

    Je n’arrive même pas à savoir ce que cela veut dire, et, franchement, maintenant, je m’en fous.

  • In vitro et très vite

    Le 10 juillet, le Sénat polonais a approuvé la nouvelle loi sur la fécondation in vitro, votée par la Diète le 25 juin.

    La Pologne était l’un des derniers pays d’Europe sans loi pour encadrer cette pratique, elle est aujourd’hui dotée d’une des lois les plus libérales en la matière.

    Les sénateurs n’ont apporté aucune modification à la version votée par les députés.

    La loi est donc prête à être signée par le président libéral Bronislaw Komorowski, avant que le président élu Andrzej Duda, hostile à cette loi, entre en fonction le 6 août…

  • A Mossoul

     

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    L’église chaldéenne Saint-Joseph de Mossoul a été à son tout transformée en mosquée par l’Etat islamique. Elle a été dépouillée de tous les symboles chrétiens et la coupole a été peinte en noir. Elle serait en service depuis le deuxième vendredi du ramadan. On lui a donné le nom d’Abou Abdoulrahman al-Bidaoui, le chef du conseil militaire de l’Etat islamique tué par les forces irakiennes en juin 2014, la veille de la prise de Mossoul.

  • Saint Henri

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    Reliquaire de saint Henri II (Saxe, XIIe siècle).

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    Evangéliaire de saint Henri II.

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    Sacramentaire de saint Henri II.

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    Saint Henri II, illustration du sacramentaire.

    Plus étonnant, dans l'Evangéliaire, cette icône de l'annonce aux bergers:

     

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  • Atroce

    La barbarie, aux Etats-Unis, va encore plus loin que je pouvais le croire. Life Site vient de diffuser une vidéo où l’on voit une directrice du Planning familial discuter tranquillement de la façon dont on doit découper les fœtus dans le ventre de leurs mères pour pouvoir avoir des morceaux en bon état afin qu’ils soient vendables. Le morceau se vend entre 30 et 100$. C’est le foie qui est le plus demandé, bien que « beaucoup veuillent des cœurs intacts en ce moment ». Elle reçoit des demandes pour des poumons, et aussi pour des « extrémités inférieures », et elle ne sait pas trop pourquoi, sans doute « pour les tissus musculaires ».

    Le seul problème est qu’il faut le faire de façon à qu’on ne dise pas « la clinique vend des tissus et se fait de l’argent avec cela ».

    Elle pratique elle-même des avortements à Los Angeles jusqu’à la 24e semaine. Elle explique qu’elle tient une petite réunion chaque matin pour déterminer quelles parties du corps sont demandées (les clients remplissent un formulaire) et quelles sont les « patientes » qui ce jour-là auront des bébés sur lesquels on pourra faire les prélèvements. Ainsi les avorteurs pourront adapter leurs gestes de façon à ne pas endommager les organes à vendre ce jour-là. « Pour cette raison, la plupart des fournisseurs – sic – se font guider par échographie, afin de déterminer où ils vont mettre les forceps. Ils se disent : “Je ne vais pas écraser cette partie, je vais écraser en dessous, et au-dessus, et je vais voir si je peux avoir ça intact.” Certains changent la façon dont le fœtus se présente, de sorte qu’il ne vienne pas par la tête, parce que vous ne pouvez pas obtenir la dilatation suffisante. Si vous le faites à partir de la présentation par le siège, par les jambes, alors vous pouvez finir par avoir le crâne intact. »

    La loi fédérale américaine interdit l’avortement par démembrement depuis George Bush, et la vente d’organes. Mais, dit Deborah Nucatola, « les lois sont sujettes à interprétation. Si je vous dis d’emblée que je n’ai pas l’intention de faire cela, ce qui arrive après n’a pas d’importance. »

    Il faut regarder cette vidéo, car on y voit Deborah Nucatola raconter cela comme elle raconterait ses vacances, sans l’ombre d’une hésitation, sans la moindre pudeur, entre une fourchetée de salade et une gorgée de vin… Il me semble que n’importe qui de normal ne peut que se demander comment c’est possible. Comment l’être humain peut en arriver à ce degré d’inconscience dans le mal.

    J’aimerais que ce soit un canular. Mais ce n’est pas le genre de Life Site.

  • Jihad au Kivu

    Le 26 juin, les jihadistes de la MDI ont attaqué une position de l’armée congolaise à May-Mohya, village du Nord-Kivu (province chrétienne du Congo chrétien). Il y a eu 16 morts : 5 militaires, 3 civils, et 8 assaillants. Une vingtaine de maisons ont été incendiées, les commerces ont été saccagés.

    Le 9 juillet, les jihadistes de la MDI ont attaqué une position de l’armée congolaise sur la route Mbau-Kamango : 9 militaires et 2 civils ont été tués.

    MDI, c’est « Muslim Defense International ». Sic. C’est le nouveau nom de l’ADF-NALU (« Forces démocratiques alliées – Armée nationale de libération de l’Ouganda »), qui a été fondé en 1995 dans l’est du Congo. Il n’a jamais pu prendre pied en Ouganda mais a commis de multiples crimes au Congo. Il a subi plusieurs défaites militaires, son chef Jamili Mukulu, un chrétien converti à l’islam, a été arrêté en avril en Tanzanie et a été extradé vendredi dernier en Ouganda, mais il veut montrer qu’il existe toujours.

    En mai dernier, l’Assemblée épiscopale provinciale de Bukavu avait dénoncé la menace jihadiste pesant sur la région.

  • Herméneutique du nazisme

    Dans l’avion qui le ramenait à Rome, François est revenu sur l’affaire du crucifix en forme de croix gammée sculptée par le prêtre nazi Luis Espinal :

    « Je ne savais pas que le père Luis Espinal était sculpteur et aussi poète, je l’ai su ces jours-ci et ce fut pour moi une surprise. »

    « Espinal était enthousiasmé par cette analyse nazie de la réalité, ainsi que de la théologie utilisant le nazisme. C’est de là que vient cette œuvre. Les poésies d’Espinal appartiennent également à ce genre, mais c’était sa vie, sa pensée, c’était un homme spécial, avec tant de génialité humaine, et qui luttait de bonne foi. En faisant une herméneutique de genre, je comprends cette œuvre. Et pour moi, ce n’a pas été une offense. Mais j’ai dû faire cette herméneutique et je vous le dis pour qu’il n’y ait aucune opinion erronée. »

    François a précisé qu’il laisse au sanctuaire de Copacabana les deux décorations que lui a conférées le président bolivien, donc le Condor et la médaille du crucifix nazi, « mais j’emporte le crucifix avec moi », a-t-il ajouté.

    *

    Pour ceux qui seraient distraits ou qui débarqueraient de Pluton, je précise que j’ai remplacé « marxiste » par « nazi » dans ces propos par ailleurs absolument authentiques. C’est juste pour imaginer ce que serait le tollé mondial si le pape parlait du nazisme comme il parle du communisme.

    Et il reste cet énorme scandale d’un pape qui emporte avec lui à Rome un crucifix blasphématoire symbole d’un régime totalitaire assassin et esclavagiste qui a persécuté l’Eglise comme aucun autre ne l’avait fait dans l’histoire. Va-t-il l’exposer à Sainte-Marthe, ou le suspendre en bonne place à la basilique Saint-Pierre ?

  • Saint Bonaventure

    Salut! Lis céleste, Rose épanouie, mère de l'humilité, Reine des anges , Sanctuaire de la divinité. En cette vallée de larmes, donnez-nous le courage, venez à notre secours, vous que le ciel nous offrit pour avocate au milieu de nos crimes.

    Tendre Vierge, vous êtes incomparable, car vous avez mérité d'entendre la voix de l'Ange, et de concevoir le Fils de Dieu sous le souffle sacré de l'Esprit Saint. Vierge avant d'avoir conçu, vous l'êtes encore après. Refuge vraiment unique, hélas ! dans cette vie si inconstante, daignez consoler ceux qui vous servent.

    La terre est dans l'étonnement en vous voyant Vierge et Mère à la fois. Notre fragilité ne peut comprendre des merveilles d'une puissance aussi magnifique. Il faut que notre foi s'élève jusqu'aux célestes hauteurs ; et là elle confesse dans la vérité que vous êtes la Mère du Christ, qu'en vous la divinité s'est revêtue de notre chair.

    O Mère ! vous avez engendré un fils par excellence ; née dans le temps, vous avez mis au jour celui qui fut votre Père; simple étoile, vous avez produit le soleil; faible créature vous avez donné la vie à celui qui est incréé ; petit ruisseau, vous avez fait jaillir la fontaine qui vous alimente; vase fragile, vous avez formé le potier qui vous créa, et vous êtes demeurée toujours vierge, toujours immaculée; et par vous, Mère du Christ, la vie que nous avions perdue, nous l'avons recouvrée.

    Oh! qu'elles sont glorieuses ces entrailles qui devinrent le temple sacré du Seigneur! Qu'elles sont saintes ces mamelles qu'il daigna sucer ! Qu'il est suave ce lait dont il voulut être nourri ! Mère vraiment digne d'un salut de grâce, vous qui régnez au plus haut des cieux, délivrez-nous de la malédiction de la mort éternelle; délivrez-nous de tout malheur.

    Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde, rose devenue pour nous un bienfait de Dieu, vous avez été établie Reine des cieux ; il n'est personne qui puisse jamais vous être comparé; vous êtes le salut du coupable, vous êtes le soutien de toutes nos entreprises.

    La loi vous a montrée en ses figures; les pages saintes du Testament ancien vous ont annoncée par de nombreuses énigmes, et l'alliance nouvelle vous a rendue grande entre toutes les femmes; elle vous a élevée au-dessus de toute créature.

    Avant l'origine du monde le Seigneur vous a choisie, alors que dans sa sagesse il jetait les fondements du ciel. Dès ce jour il arrêta, dans le secret de ses pensées, de combler par vous, Vierge et Mère, l'abîme ouvert par le péché de notre premier père.

    Réjouissez-vous, ô Vierge ! ô Mère ! réjouissez-vous. C'est par vous que le monde voit ses ruines se réparer. Mêlez les accents de votre joie à ceux dont le ciel retentit. C'est à vous que la gloire est donnée de payer à Dieu sans réserve le prix de notre rançon; à vous qu'il a été accordé de délivrer l'homme des malheurs de la ruse infernale dont il fut la victime ; et cette gloire est au-dessus de tout éloge.

    Saint Bonaventure, prologue des "Louanges de la bienheureuse Vierge Marie"

  • A ne pas oublier

    Les quatre phrases les plus délirantes de l’année :

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    Source, via Novopress

  • L’accord entre un partenaire

    Un « accord inter-libyen » qui doit aboutir à la formation d'un gouvernement d'union nationale et à la tenue d'élections, et qui prévoit les mécanismes de prise de décision pour la transition jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution, a été paraphé samedi sous l’égide de l’ONU.

    Magnifique. « Historique ». Sauf que…

    Sauf que l’ « accord inter-libyen » a été paraphé par… le seul Parlement de Tobrouk, qui est reconnu par la communauté internationale, mais dont l’autorité s’arrête… à Tobrouk.

    Le Parlement de Tripoli (la capitale de la Libye) a refusé de signer. D’ailleurs il n’était même pas présent.

    Les négociations ont eu lieu entre le Parlement de Tobrouk et le Parlement de Tobrouk, sous l’égide de l’ONU…

    Il y a eu quelques autres signataires, dont celui qui est encore à l’heure où j’écris le maire de Tripoli.

    Mais les milices islamistes qui contrôlent l’essentiel du territoire n’ont rien signé.

    « La France se réjouit du paraphe de l’accord inter-libyen », écrit Laurent Fabius dans un communiqué qui, quand même, évite toute emphase.

    C’est « un pas important vers la restauration de la paix et de la stabilité en Libye », écrit Federica Mogherini, la « haute représentante » de l’UE, appelant ceux qui n’ont pas encore signé à le faire…

    Quelle est la différence entre un pigeon, demandait Coluche.

  • Tout ça pour ça

    Après des semaines de bluff des deux côtés, l’UE-FMI et la Grèce ont fait match nul.

    D’un côté le bluff était la menace d’une sortie de la Grèce de la zone euro (interdite par le traité). De l’autre le bluff était… la même menace (mais Tsipras savait qu’il s’agissait de sortir de l’UE et il ne le voulait pas).

    Bref match nul, tout le monde a perdu.

    Et on remet ça pour trois ans…

    (20% de l’aide viendra de notre poche. Mais quand on est généreux et solidaire, on ne compte pas.)

  • La propagande homo de Radio Vatikan

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    Le 2 juillet dernier, la branche allemande de Radio Vatican (« La voix du Pape et de l’Eglise universelle ») a publié une photographie de lesbiennes en train de s’embrasser, pour illustrer un article expliquant que l’enseignement de l’Eglise sur l’homosexualité est « en mouvement », comme on l’a vu notamment au dernier synode et dans le document de travail pour le prochain : il y a une évolution « significative, même si l’Eglise souligne qu’il demeure une différence entre le partenariat homosexuel et le mariage ». Sic.

    Ce texte est la recension d’un article publié dans la revue Die Furche (Le sillon, sic) par le Prof Dr Martin M. Lintner, religieux de l’Ordre des Servites de Marie, « théologien moraliste », président de l’Association européenne de théologie catholique. Eh oui. C’est lui, là :

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    En raison des protestations, la photo a été retirée… puis a été remise… puis a été définitivement retirée.

    Déjà, il y a un an, Radio Vatikan avait publié la photo de deux homosexuels. C’était un peu moins provoquant, quoique explicite, dans l’ombre du drapeau du lobby. C’était pour illustrer un article appuyant la position de Mgr Ackerman, évêque de Trêves, affirmant qu’on ne doit pas tenter de « guérir » les homosexuels, d’autant qu’on ne peut pas dire que l’homosexualité ne soit pas naturelle.

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    Radio Vatikan exprime non pas la voix de l’Eglise mais celle du (très gros) noyau dirigeant hétérodoxe de la conférence épiscopale allemande. Son directeur est le jésuite Bernd Hagenkord (à droite) :

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  • Recordare, Domine

    . Recordare, Domine, testamenti tui, et dic Angelo percutienti: Cesset iam manus tua, * Ut non desoletur terra, et ne perdas omnem animam vivam.
    . Ego sum qui peccavi, ego qui inique egi: isti qui oves sunt, quid fecerunt? Avertatur, obsecro, furor tuus, Domine, a populo tuo.

    . Ut non desoletur terra, et ne perdas omnem animam vivam.

    Souvenez-vous, Seigneur, de votre alliance, et dites à l’Ange exterminateur : “Que ta main s’arrête désormais”, afin que la terre ne soit pas dévastée, et que vous ne causiez la perte de toute âme vivante. C’est moi qui ai péché, moi qui ai agi de façon inique ; ceux-là sont des brebis, qu’ont-ils fait ? Que s’éloigne votre fureur, Seigneur, de votre peuple, afin que la terre ne soit pas dévastée, et que vous ne causiez la perte de toute âme vivante.

    Ce répons des matines reprend des éléments de II Rois 24, 15-17 ou I Chroniques 21, 14-17. Les deux textes sont quasiment identiques. Mais on n’y trouve pas « Recordare Domine testamenti tui », et c’est Dieu qui demande à l’ange d’arrêter le massacre par lequel il punissait David pour avoir recensé le peuple.

    Le texte du répons à proprement parler (la première phrase) fut choisi en 1348, par Clément VI (Pierre Roger, né en Corrèze, pape d’Avignon), comme antenne d’introït pour la messe contre la peste qui ravageait l’Europe. Cette messe existe toujours dans les missels, comme messe votive en « temps d’épidémie » (n° 23 dans le nouveau missel du Barroux). Et son épître est la lecture du passage du livre des Rois dont s’inspire l’introït (ou plutôt le répons qui lui préexistait).

  • 7e dimanche après la Pentecôte

    La messe de ce dimanche a une antienne d’offertoire qui ne ressemble pas aux offertoires habituels (pris d’un psaume alors qu’ici il s’agit du livre de Daniel) et paraît n’avoir aucun rapport avec les autres textes de cette liturgie dominicale.

    Sauf avec la « secrète ». Et avec la secrète elle forme un tout. Qui a un rapport étroit avec l’ordinaire de la messe.

    Voici l’offertoire :

    Sicut in holocáustis aríetum et taurórum, et sicut in mílibus agnórum pínguium : sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hódie, ut pláceat tibi : quia non est confúsio confidéntibus in te, Dómine.

    Comme un holocauste de béliers et de taureaux, ou des milliers d’agneaux gras, qu’ainsi notre sacrifice paraisse aujourd’hui devant vous et qu’il vous soit agréable, car ceux qui ont confiance en vous ne seront pas confondus, Seigneur.

    C’est un extrait de la prière d’Azarias, qui avec ses deux compagnons Anania et Misaël a été jeté dans la fournaise par Nabuchodonosor. Il rappelle qu’il n’y a plus de sacrifices possibles dans le Temple, puisqu’il a été détruit et que les israélites ont été déportés, et il demande à Dieu que le sacrifice que les hommes font d’eux mêmes soit agréé par Dieu de la même façon.

    C’est bien sûr une prophétie du Sacrifice qu’instituera le Christ. Et la prière d’Azarias a été intégrée à… l’offertoire de la messe. Ainsi, pendant que le chœur chante cette antienne, le prêtre dit à voix basse :

    In spiritu humilitatis et in animo contriot suscipiamur a te, Domine, et sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hodie ut placeat tibi, Dominie Deus.

    L’expression « sic fiat sacrifícium nostrum in conspéctu tuo hodie » a été reprise telle quelle. Mais aussi ce qu’Azarias disait dans le verset précédent et qui n’a pas été repris dans l’antienne : « in animo contrito, et spiritu humilitatis suscipiamur ».

    La liturgie a juste supprimé la mention des boucs, des taureaux et des agneaux, puisque le sacrifice de l’autel est celui de l’Agneau divin, et que celui des fidèles est le sacrifice qu’ils font de leur propre personne en offrant également le sacrifice de l’autel.

    Et c’est ce que dit ensuite la secrète :

    Deus, qui legálium differéntiam hostiárum unius sacrifícii perfectione sanxísti : accipe sacrifícium a devótis tibi fámulis, et pari benedictióne, sicut múnera Abel, sanctífica ; ut, quod sínguli obtulérunt ad maiestátis tuæ honórem, cunctis profíciat ad salútem. Per Dóminum.

    Dieu, vous avez sanctionné les divers sacrifices offerts sous la loi par la perfection d’un sacrifice unique : recevez ce sacrifice que vous présentent vos dévots serviteurs, et sanctifiez-le au moyen d’une bénédiction pareille à celle qu’obtinrent les donc d’Abel ; afin que ce que chacun de nous a offert en l’honneur de votre majesté, profite à tous pour le salut.

    Quant au chant de cet offertoire, qui est une prière très simple et très calme, dom Baron fait remarquer qu’il est construit sur trois thèmes très liés entre eux. Le premier thème est l’intonation ; il est repris une fois dans la même phrase, avant la cadence. Cette cadence devient immédiatement le deuxième thème, au début de la deuxième phrase, et il est aussitôt répété, et la cadence de cette deuxième phrase est le troisième thème, repris au début de la dernière phrase… D’où l’impression de sereine et parfaite unité qui se dégage de cette pièce.

    Chanté ici à la messe de clôture du 19e colloque de musique sacrée de l’Association américaine de musique d’église, sous la direction du Pr William P. Mahrt de l’université de Stanford, le 28 juin 2009.

  • Récidive

    On se souvient que quelques jours avant Noël, en 2013, François avait proféré un terrifiant blasphème contre la Sainte Vierge (qui avait été pieusement gommé par les services du Vatican, mais naïvement répercuté par Zenit). Dans une de ses homélies quotidiennes, il parlait ainsi de Marie au pied de la croix :

    « Elle était silencieuse, mais dans son cœur, que de choses elle disait au Seigneur : ‘Toi, ce jour-là tu m’as dit qu’il serait grand, tu m’as dit que tu lui donnerais le trône de David, son père, qu’il régnerait pour toujours, et maintenant, je le vois là’. La Vierge Marie était humaine ! Et elle avait peut-être envie de dire : ‘Mensonge ! J’ai été trompée !’ »

    Comme je le disais alors, la Mère de Dieu, l’Immaculée pleine de grâce, mère de l’Eglise, mère de la foi, n’a pas pu penser une fraction de seconde qu’elle ait pu être trompée. La Femme qui a dit « Fiat » à l’Ange du Seigneur n’a pas pu penser une fraction de seconde qu’elle aurait dit « Fiat » à un « mensonge ».

    Or voici que François a récidivé, cette fois dans un sanctuaire marial, devant des foules. Et trois fois. C’est ainsi qu’il parlé des « moments difficiles de la vie de Marie » :

    1. La naissance de Jésus. Il n’y avait pas de place pour eux. Ils n’avaient pas de maison, d’habitation pour accueillir leur fils. Il n’y avait pas de place pour pouvoir le mettre au monde. Et pas de famille proche non plus, ils étaient seuls. L’unique place disponible était une étable d’animaux. Et dans sa mémoire résonnait sûrement les paroles de l’Ange: «Réjouis-toi, Marie, le Seigneur est avec toi». Et il se peut qu’elle se soit demandé: Où est-il maintenant?

    2. La fuite en Égypte. Ils durent partir, aller en exil. Là non seulement ils n’avaient pas de place, ni de famille, mais encore leurs vies étaient en danger. Ils durent se mettre en chemin et aller en terre étrangère. Ils ont été des migrants en raison de la convoitise et de l’avarice de l’empereur (sic !). Et là, il se peut qu’elle se soit demandé: Où est ce que m’a dit l’Ange?

    3. La mort sur la croix. Il ne devait pas exister de situation plus difficile pour une mère que d’accompagner la mort d’un fils. Ce sont des moments déchirants. Là, nous voyons Marie au pied de la croix, comme toute mère (?), solide, sans faiblir, qui accompagne son Fils jusqu’à l’extrême de la mort et de la mort de la croix. Et là encore il se peut qu’elle se soit demandé : Où est ce que m’a dit l’Ange ?

    C’est moins violent qu’en décembre 2013, parce que François évite les mots « mensonge » et « trompée ». Mais le sens est le même. Selon le pape, il se peut que la Mère de Dieu ait douté de la parole de l’ange. Eh bien non, cela ne se peut pas.

    Et face au blasphème pontifical je ne peux que répéter une fois encore le Catéchisme de l’Eglise catholique (n.149) :

    « Pendant toute sa vie, et jusqu’à sa dernière épreuve, lorsque Jésus, son fils, mourut sur la croix, sa foi n’a pas vacillé. Marie n’a pas cessé de croire en l’accomplissement de la parole de Dieu. Aussi bien, l’Église vénère-t-elle en Marie la réalisation la plus pure de la foi. »

    Une dernière chose. Il n’est pas indifférent que François cite l’évangile de façon gravement fautive. Ce que dit l’Ange à Marie, ce n’est pas

    Réjouis-toi, Marie, le Seigneur est avec toi

    mais

    Χαῖρε, κεχαριτωμένη ὁ κύριος μετὰ σοῦ
    Ave gratia plena Dominus tecum

    c'est-à-dire:

    Salut, Pleine de Grâce, le Seigneur est avec toi.

    Il ne l’appelle pas « Marie », mais « Pleine de Grâce ». « Immaculée ». Qui ne peut en aucun cas douter de la parole de Dieu.