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Le blog d'Yves Daoudal - Page 6

  • 8e dimanche après la Pentecôte

    Gustáte et vidéte quóniam suávis est Dóminus : beátus vir qui sperat in eo.

    Goûtez et voyez combien le Seigneur est suave ; bienheureux l’homme qui espère en lui.

    C’est l’antienne de communion de ce dimanche. Ce verset du psaume 33 est particulièrement adapté à la communion, et il fait partie intégrante du commun de la messe dans le rite mozarabe et quelques autres. Il s’agit vraiment d’une antienne (comme le plus souvent), et il est particulièrement regrettable que celle-là reste orpheline et ne serve pas de refrain à la psalmodie du psaume 33 pendant la communion des fidèles.

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    La voici chantée par les bénédictines d’Argentan :
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    L’antienne mozarabe (dite "Cantus ad accedentes" : chant pour ceux qui accèdent à la communion) garde seulement la première partie du verset et y ajoute trois alléluia qui font refrain. Le texte est légèrement différent de celui de la Vulgate: il y a "quam" au lieu de "quoniam" (saint Jérôme lui-même l'a cité ainsi dans son commentaire d'Isaïe), et "relinquet" au lieu de "delinquet":

    Gustate et videte quam suavis est Dominus.
    ℟. Alleluia, alleluia, alleluia.

    ℣. Benedicam Dominum in omni tempore ; semper laus ejus in ore meo.
    Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sera toujours dans ma bouche. (verset 1)
    ℟. Alleluia, alleluia, alleluia.

    ℣. Redimet Dominus animas servorum suorum, et non delinquet omnes qui sperant in eo. Alleluia, alleluia, alleluia.
    Le Seigneur rachète les âmes de ses serviteurs, et il n’abandonne pas ceux qui espèrent en lui. (verset 23 et dernier)
    ℟. Alleluia, alleluia, alleluia.

    ℣. Gloria Patri et honor Filio et Spiritui Sancto in sæcula sæculorum Amen.
    ℟. Alleluia, alleluia, alleluia.

    La voici par les moines de Silos (1964) :
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    Et en voici une version pleine de... saveur par les chœurs du séminaire et du "Colegio de Infantes" de Tolède, avec un "orchestre d'instruments anciens" (1966) :
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  • A propos de Barroso

    Tout le monde ou presque critique l’embauche de Barroso par Goldman Sachs. Comme s’il y avait, si je comprends bien, une contradiction entre les valeurs qu’il défendait en tant que président de la Commission européenne, et celles de la grande finance internationale. Celui qui va le plus loin dans ce sens, c’est, sans surprise, le Quatremer de Libération. Mais quand même il fait fort : « Barroso chez Goldman Sachs, un bras d’honneur à l’Europe. » Sic. Comme si Barroso n’avait pas toujours fait un bras d’honneur à l’Europe, en étant président de l’organisme chargé de détruire l’Europe véritable.

    La réaction la plus grotesquement cynique est cependant celle d’un certain Matthias Fekl, dont je n’avais jamais entendu parler mais qui est paraît-il secrétaire d’Etat au Commerce (oui, dans le gouvernement français, ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi, ou plutôt d’abord, la nationalité allemande…) : « Desservir les citoyens, se servir chez Goldman Sachs : Barroso, représentant indécent d’une vieille Europe que notre génération va changer. » Ben voyons… Ce sont les jeunes socialistes libéraux européistes qui vont changer la vieille UE socialiste libérale européiste…

    Ce qui est seulement amusant est de voir l’ancien président de la Commission européenne trouver un petit boulot à Londres au lendemain du Brexit… Mais comme pour l’élite mondialiste tout cela n’a aucune importance, il ne s’en est peut-être même pas rendu compte…

  • En Egypte

    Quatre maisons appartenant à des familles coptes ont été attaquées par quelques 300 fanatiques islamistes dans le village de Kom el Loofy, non loin de la ville de Samalut, en Haute Egypte. L’assaut a eu lieu après que s'est propagée la rumeur d’un projet de construction d’une nouvelle église dans la zone et ce malgré les démentis du propriétaire des terrains sur lesquels aurait dû être construit le lieu de culte, démentis qui avaient également été communiqués à la police.

    Comme d’habitude les autorités ont organisé une « rencontre de réconciliation », où les musulmans magnanimes pardonnent aux chrétiens...

    Mais le diocèse de Samalut a ouvertement contesté la tenue de cette réunion, soulignant qu’il fallait poursuivre les auteurs des attaques en application de la loi.

  • Me Gill jette l’éponge

    Indice que la situation ne cesse de s’aggraver au Pakistan, Me Sardar Mushtaq Gill, le plus célèbre avocat chrétien du pays, militant des droits des minorités et défenseur de chrétiens jugés pour « blasphème », président de l’ONG Legal Evangelical Association Development (LEAD), a décidé d’abandonner ses activités, ou plutôt est contraint de le faire, et de se retirer dans un lieu secret.

    Me Sardar Mushtaq Gill était l’objet de menaces permanentes. Mais, en outre, le 22 mai dernier, son père, sa mère et une de ses sœurs avaient été enlevés. Profitant d’un embouteillage, les deux femmes avaient pu s’enfuir et prévenir la police, qui a pu délivrer le père qui était sous la menace d’une arme de poing.

    Bref, comme tant d’autres qui défendent les chrétiens, Me Gill savait qu’il risquait sa vie. Mais il ne veut pas risquer celle des membres de sa famille.

    « Malgré sa plainte et le besoin urgent de protection, sa demande de mesures de sécurité a été ignorée par les autorités », fait savoir LEAD.

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    Me Sardar Mushtaq Gill (à droite) avec un chrétien à qui des musulmans voulaient interdire de vendre du riz cuit dans son échoppe…

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Non excedit fidem, quod homo exívit de vírgine, quando petra fontem prófluum scaturívit, ferrum super aquas natávit, ambulávit homo super aquas. Ergo si hóminem unda portávit, non potuit hóminem virgo generare, atque hóminem, de quo légimus: Et mittet illis Dóminus hóminem, qui salvos fáciet eos et notus erit Dóminus Ægyptiis? In veteri itaque Testaménto virgo Hebræórum per mare duxit exercitum: in novo Testaménto Virgo, generis aula cæléstis, electa est ad salútem.

    Cela n’excède pas la foi, qu’un homme soit sorti d’une vierge, quand la pierre a fait jaillir une source abondante, quand le fer a nagé sur les eaux, quand un homme a marché sur les eaux. Donc, si l’onde a porté un homme, une vierge n’aurait-elle pas pu engendrer un homme, et l’homme au sujet duquel nous lisons : “Et le Seigneur leur enverra un homme qui les sauvera et le Seigneur sera connu des Egyptiens” (Isaïe 19, 19-20) ? Ainsi dans l’Ancien Testament une vierge conduisit l’armée des Hébreux à travers la mer ; dans le Nouveau Testament la Vierge, temple du genre céleste, est élue en vue du salut.

    Lecture des matines, extraite d'une lettre de saint Ambroise au pape Sirice.

    N.B. Sur la vierge de l’Ancien Testament qui conduit l’armée des Hébreux (Marie, sœur de Moïse), voir ma note de l’an dernier, avec les illustrations.

  • Une 23e occupation pour Barroso !

     

    Depuis qu’il n’est plus président de la Commission européenne, José Manuel Barroso avait réussi à accumuler pas moins de 22 fonctions différentes (oui, en même temps). Et voici la 23: il devient président non-exécutif de Goldman Sachs International et conseiller de Goldman Sachs à Londres.

  • Vincent Lambert

    La cour d’appel de Reims confirme que le tuteur de Vincent Lambert sera bien son épouse, qui veut sa mort et qui vit en Belgique…

    Face à cette décision « délirante », qui empêche tout transfert de Vincent Lambert, les avocats de ses parents ont décidé de se pourvoir en cassation.

  • Grand remplacement

    Pour la première fois de son histoire, il y a eu en 2015 davantage de décès que de naissances dans l’Union européenne : 5,2 millions de morts pour 5,1 millions de naissances. Sans compter les millions d’avortements : si on comptait les assassinats d’enfants dans le ventre des mères cela ferait longtemps que l’Union européenne serait en déficit démographique chronique.

    Et comme par hasard c’est l’année où a déferlé sur l’Europe la grande vague des migrants musulmans déguisés en « réfugiés ». Qui a quand même permis à la population de l’UE de croître, nous dit-on benoîtement...

  • Saint Denis…

    Le nouveau maire de l’Ile-Saint-Denis s’appelle Mohamed Gnabaly…

  • Sainte Elisabeth (Isabel) du Portugal

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    Du site 1 œuvre 1 histoire :

    Cette peinture représente Sainte Elisabeth du Portugal et le Miracle des Roses. L'œuvre est située au musée Machado de Castro à Coimbra au Portugal.

    Sainte Elisabeth du Portugal (parfois appelée Isabel - variante espagnole de son prénom) est née en 1271 de Pierre III d’Aragon et de Constance II de Sicile. Son prénom lui fut donné en l’honneur de sa tante Elisabeth de Hongrie qui venait d’être canonisée en 1235. Durant toute son enfance elle se fit remarquer par sa piété et sa compassion envers les pauvres.

    En 1282 elle épouse Dinis Ier du Portugal, roi réformateur et poète, mais à la vie privée assez agitée. Elisabeth mena à la cour du Portugal la même vie de piété et de charité que dans son enfance. Elle pardonnait toujours à son mari, qui cependant l’aimait profondément, son inconduite.

    Les conseillers du roi se plaignirent des dépenses que la reine faisait, dépensant sans compter pour les nécessiteux. Dinis Ier décida d’intervenir et, la rencontrant un jour, lui demanda ce qu’elle cachait dans son tablier. Elisabeth lui répondit qu’il s’agissait de roses pour la chapelle. Comme on était au mois de janvier, et que cette floraison paraissait improbable, il somma son épouse de lui montrer ce qu’elle transportait. Celle-ci ouvrit son tablier et ce furent des roses qui apparurent. Devant ce miracle le roi n’intervint plus dans les œuvres pieuses de son épouse.

    A la mort de Dinis Ier en 1325 elle se retira au monastère des Clarisses de Coimbra menant une vie de prières et de pèlerinages. Elle se rendait à Estremoz pour réconcilier son fils Alphonse et son neveu le roi de Castille, y mourut en 1336 et son corps fut ramené à Coimbra. Elle fut canonisée par Urbain VIII en 1625 et depuis, pour les portugais elle est la Rainha Santa. Sa châsse au monastère de santa Clara a Nova est toujours un lieu de pèlerinage très fréquenté.

    Ce petit retable de 29cm/36cm, huile sur bois, peut être considéré comme le premier ex voto du Portugal. Il fut commandé dans la moitié du XVIe siècle à un peintre, resté inconnu, par un professeur de droit canon pour remercier la Sainte de la guérison de sa nièce.

    La peinture représente Sainte Elisabeth, couronne sur la tête, défaisant les plis de sa robe pour laisser apparaître les roses. Elle-même ne semble pas étonnée de ce miracle. En arrière fond, devant des vues de la ville de Coimbra sainte Elisabeth est représentée accomplissant des œuvres de charité dont le lavement des pieds d’une femme atteinte d’ulcères et qu’elle embrasse malgré l’odeur atroce qui s’en dégage.

  • En Irlande

    Une proposition de loi visant à permettre l’avortement en cas de malformation grave du fœtus a été rejetée par 95 voix contre 45. Le Premier ministre avait rappelé que cette proposition était anticonstitutionnelle, comme l’avait signifié le procureur général. Néanmoins trois ministres avaient appelé à la voter…

    Puisque c’est la Constitution qu’il faut changer, eh bien, les députés vont avoir à examiner dans les trois prochains mois une proposition de loi demandant un référendum pour modifier le 8e amendement qui pose en principe un égal droit à la vie pour le fœtus et pour sa mère.

    L’avortement sera également le premier sujet abordé par « l’Assemblée des citoyens » que le gouvernement a promis de constituer avant la fin de l’année…

    Et l’on votera jusqu’à ce qu’il y ait une majorité pour la culture de mort, sous la pression constante des « grandes consciences » dévoyées du monde entier et des institutions internationales.

  • Chypre contre les sanctions

    Le Parlement de Chypre a voté une résolution demandant au gouvernement de commencer à travailler, dans le cadre du Conseil européen, à la levée des sanctions contre la Russie. 33 vois pour, 17 abstentions, aucun vote contre.

    Le 1er juillet, l’UE a une nouvelle fois prolongé ces sanctions pour six mois.

    Le 5 juillet, le conseil régional de Lombardie, première région d’Italie, a adopté une résolution appelant Bruxelles à lever les sanctions contre la Russie et reconnaître le droit à l’autodétermination de la Crimée.

  • Le fichage des trisomiques

    Le gouvernement a créé un fichage national relatif au dépistage prénatal de la trisomie 21, à l’insu des femmes. Cette initiative doit être dénoncée car elle porte atteinte à la vie privée des femmes, à l’indépendance des médecins, et à la dignité des enfants trisomiques. Pour les protéger, la Fondation Jérôme Lejeune, soutenue par 20 parties, vient de déposer un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’Etat.

    Lire la suite du communiqué de la Fondation Jérôme Lejeune.

  • C’est parti !

    A peine la date du référendum hongrois était-elle annoncée que le gouvernement a lancé une campagne d’affiches. On pourrait se demander si c’est bien nécessaire, alors que le résultat est connu d’avance, de gaspiller ainsi de l’argent, mais il faut bien avouer que c’est réconfortant de voir un pays où s’affiche partout ce slogan :

    « Envoyons un message à Bruxelles, pour que ce soit clair pour eux aussi. »

    « Les Hongrois ont le droit exclusif de décider avec qui ils veulent vivre et cela est aussi une question de souveraineté : Bruxelles et les institutions de Bruxelles ne peuvent pas décider à leur place », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto.

    « La Hongrie n’a transféré aucune sorte de sphère de compétence à Bruxelles sur laquelle on se baserait pour rendre possible une réinstallation obligatoire », a déclaré le ministre de la Justice Laszlo Trocsanyi.

    Le mot hongrois traduit par « réinstallation » (resettlement sur le site du gouvernement en anglais) a généralement le sens d’« introduction », plus précisément de l’introduction (nuisible) d’une espèce exotique dans un écosystème. C’est le mot qui figure sur l’affiche, dans le rectangle au-dessus du slogan : « Référendum 2016. Non à l’introduction obligatoire », et l’on comprend en fait : « Non à une colonisation obligatoire ».

    Le ministre de la Justice a souligné que le référendum est conforme à la Constitution hongroise, et que « il y a eu et il y aura des référendums dans d’autres pays en relation avec des questions concernant l’Union européenne »…

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  • Au Danemark

    Conformément à la nouvelle législation qui exige que les candidats à la citoyenneté danoise aient une réelle volonté d’intégration, a été élaboré un test, auquel ont été soumis les candidats, pour la première fois, le mois dernier. Il faut 80% de bonnes réponses aux 40 questions posées sur le Danemark. (Ce test vient après celui qui vérifie que l’immigré possède la langue danoise. Il remplace le test précédent qui comportait 23 questions plus faciles. Le nouveau test a été approuvé par le parti du peuple danois, qui soutient le gouvernement actuel.)

    Résultat : seulement 31,2% des immigrés ont réussi le test. 68,8% ont donc échoué. « Trop d’entre eux ne l’ont pas correctement préparé », a déclaré Inger Stoiberg, ministre de l’Intégration, ajoutant qu’il n’était pas question de le modifier.

  • Ils recommencent…

    L’agence Fides marche à côté de ses pompes. Le 18 mai dernier, elle annonçait que le soi-disant site du baptême du Christ allait être déminé. A savoir la zone autour du fameux site. Cinquante ans après qu’elle a été minée…

    Et voici qu’elle récidive. Cette fois pour nous apprendre que ce n’est pas l’Etat d’Israël qui s’occupe de la chose, mais une société britannique, Halo Trust, et que celle-ci « a lancé une souscription visant à financer le projet souscription qui s’adresse en particulier aux Eglises et communautés chrétiennes de par le monde ».

    A vot’ bon cœur msieudames ! Chrétiens, à vos poches, pour financer l’enlèvement de mines placées par les Israéliens autour d’un site où les Israéliens envoient les pèlerins chrétiens en masse en leur faisant croire que c’est celui du baptême du Christ.

    Il ne serait pas temps d’arrêter cette escroquerie, au lieu de la soutenir ?

    (Juste pour rappel : saint Jean, dans son évangile, dit trois fois que Jésus a été baptisé AU-DELA du Jourdain, sur l’autre rive.)

  • Saints Cyrille et Méthode

    Allocution de saint Jean-Paul II au congrès International organisé par l’Institut pontifical oriental en octobre 1985 à l’occasion du 11e centenaire de la mort de saint Méthode.

    Chers amis, votre congrès international, réalisé pour le onzième centenaire de la mort de saint Méthode, sur le thème: “Le christianisme chez les Slaves”, a trouvé comme naturellement son siège à Rome. En effet, même si Méthode a rejoint le Seigneur dans l’éternité à Velehrad en Moravie, c’est à Rome que repose Constantin-Cyrille, son frère et compagnon inséparable dans la mission que Méthode a accomplie chez les Slaves et dans l’honneur qu’on lui rend aujourd’hui: “Mon frère, nous avons partagé le même sort, conduisant la charrue dans le même sillon”, disait saint Cyrille sur son lit de mort (Vita Methodii, VII, 2). C’est ici, à Rome, que, dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, mon prédécesseur, le Pape Hadrien II, déposa sur l’autel les Livres saints traduits par eux en langue paléoslave, approuvant par ce geste les traductions et la liturgie dans cette langue. Ici, à Rome, les premiers ecclésiastiques slaves reçurent l’ordination et chantèrent leur première messe en slave. Ici encore, Méthode fut consacré évêque, avec le titre du siège de Sirmium, et fut mis à la tête du premier diocèse pour les nations slaves de la Pannonie et de la Grande-Moravie, avec l’autorité très étendue de Délégué du Saint-Siège pour tous les Slaves.

    Votre Congrès – avec son dense réseau de rapports scientifiques, de communications et les autres activités parallèles, comme l’exposition de codex, d’incunables et de livres rares slaves – est, pour la première fois dans l’histoire, une manière d’illustrer concrètement et de faire briller les figures des deux saints apôtres des slaves avec leur richesse multiforme. Vous représentez toutes les nations slaves, et aussi les autres qui s’associent à elles dans la vénération et l’estime des deux saints et dans l’amour réciproque de leurs héritiers. Oui, votre présence est une vive image de la grandeur et de l’étendue de l’héritage spirituel de Cyrille et Méthode, qui est indissolublement religieux et culturel.

    Une telle initiative n’a pas seulement un intérêt historique et scientifique; elle permet d’éclairer la route que doivent emprunter les évangélisateurs d’aujourd’hui. Ce sens de l’apostolat des saints Cyrille et Méthode importe grandement pour nous, comme je le disais dans l’encyclique que je leur ai consacrée. Il nous est bon d’admirer le courage missionnaire de ces pionniers qui ont quitté leur patrie et la civilisation brillante de Byzance pour porter l’Evangile dans un autre univers culturel, au prix d’un grand détachement, de nombreuses fatigues et de dures incompréhensions et persécutions. Ils n’avaient en vue que le bien des peuples slaves, dont ils respectaient l’égale dignité de frères en Jésus Christ, qu’ils aimaient, sans aucun esprit de discrimination, qu’ils tenaient à aider dans la défense de leur propre identité, et qu’ils voulaient faire bénéficier du salut apporté par le Christ. L’approche évangélisatrice comportait un profond respect des personnes, de leurs traditions, de leurs valeurs humaines, de leurs aspirations, avec un esprit de dialogue qui excluait l’imposition par la force. C’est grâce à cet amour, à ce zèle, à ce réalisme, qu’ils ont assimilé la culture de leurs amis, pénétré leur mentalité, traduit dans leur langue le message chrétien, et inventé l’écriture correspondante. Ce qui est mon moins admirable, dans cette œuvre d’adaptation et d’inculturation, c’est le soin mis à respecter l’orthodoxie du message, pour que la foi et les mœurs des convertis soient cohérentes avec l’unique dépôt de la Tradition. Ils avaient un sens aigu de l’unité spirituelle commune à l’Eglise romaine, à l’Eglise de Constantinople et aux Eglises slaves. Ils savaient à quel point cette unité dans la fidélité, la paix et l’amour étaient indispensables à l’Eglise. Avec eux, nous apprécions mieux les racines chrétiennes de l’Europe. Avec eux, nous comprenons mieux comment l’Eglise doit se présenter et exercer sa mission dans le monde d’aujourd’hui, en Europe et dans les jeunes Eglises de mission.

  • Boomerang

    Le CEPII, centre d’études qui dépend de Matignon, a publié une étude sur l’impact des sanctions prises contre la Russie. La conclusion est que les pays occidentaux ont souffert de leurs propres mesures, alors que l’embargo russe avait très peu d’effet. On voit sur le graphique que les marchandises échappant à l’embargo, en bleu, sont bien plus affectées que les autres. On voit aussi que c’est l’Allemagne qui souffre le plus, et de très loin, des sanctions infligées à la Russie.

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    La raison de ce phénomène réside dans « l'incertitude et la désorganisation des systèmes de paiements internationaux », résume en français Russia Today.

    L’étude française, réalisée pour le Premier ministre français, est quant à elle en anglais.

  • Sept ans après…

    La commission Chilcot sur l’engagement du Royaume-Uni en Irak a rendu ses conclusions. Au bout de sept ans d’enquête, elle conclut ce que tout le monde savait depuis le début : les Anglais ont décidé de participer à l’invasion de l’Irak sur la base de renseignements qu’ils savaient faux, Tony Blair avait pris la décision un an avant les négociations avec Saddam Hussein, les conséquences de l’invasion furent sous-estimées, le plan pour l’après Saddam Hussein était totalement inadéquat, et le Royaume-Uni a donc participé à la déstabilisation du Proche Orient, c’est-à-dire au chaos actuel et au déchaînement du terrorisme islamique.

    Tony Blair a tranquillement répondu qu’il avait agi « de bonne foi »… Et même que depuis l'invasion de l'Irak « le monde est meilleur »...

  • Fornication forcée pour mineurs

    Depuis le 1er juillet « les consultations médicales et les examens biologiques liées à la prescription de la contraception sont gratuites et anonymes pour les 15-17 ans », et « les actes relatifs à la pose, au changement ou au retrait de certains contraceptifs comme l’implant ». Le décret n° 2016-865 relatif à la participation de l’assuré pour les frais liés à la contraception des mineures d’au moins quinze ans est paru au Journal Officiel le 29 juin 2016. C’est donc désormais l’assurance maladie qui prendra ces frais en charge.

    Depuis 2013, « obtenir une contraception » était gratuit pour les mineures, mais « la loi n’était pas bien appliquée ». Un rapport de l’IGAS précise que « moins de 1% des contraceptifs ont été délivrés de façon anonyme à des mineures de 15 à 17 ans en 2014 », car « ni le pharmacien ni la jeune fille mineure ne connaissent cette possibilité ».

    Si l’on comprend bien, il sera bientôt obligatoire de forniquer à partir de 15 ans. Puisqu’il s’agit d’appliquer la loi sur les contraceptifs gratuits qui suppriment l’autorité parentale.

  • "Daech, nous et les clercs"

    Voici la traduction d’un texte qui a manifestement été rédigé... en français, puisqu’il est d’un étudiant algérien résidant en France, Kamel Abderrahmani, mais qui ne se trouve pour l’heure qu’en anglais et en italien sur Asianews. Ce texte a l’intérêt de souligner que non seulement l’Etat islamique n’est pas étranger à l’islam, mais qu’il applique la loi de l’islam. Il a comme défaut le fait de laisser entendre que la charia serait une invention, alors qu’hélas elle s’enracine dans le Coran.

    Aujourd’hui j’ai décidé de prendre position pour défendre l’Etat islamique face à tous ceux qui disent que ce qu’ils pratiquent n’est pas la charia. Daech n’est pas hypocrite, il est franc, direct et vrai.

    Comment osons-nous dire que Daech ne représente pas la charia ? Une charia inventée par nos oulémas, prêchée dans nos mosquées et enseignée dans nos écoles ? Aujourd’hui, cette même charia est mise en œuvre sur le terrain par l’Etat islamique.

    C’est le résultat de nos idées et de notre jurisprudence, fondée il y a plus de dix siècles. Regardons comment l’institution cléricale a enchaîné et rouillé notre cerveau et celui de nos enfants. Regardons comment elle a excommunié des lumières comme Averroes, Ibn Sina [Avicenne], Arkoun… la liste est très longue.

    Nous voulons un califat similaire à celui du prophète tel que décrit dans nos livres et prêché par nos imams dans leurs sermons. C’est une utopie enseignée depuis des siècles !

    Arrêtons de dénoncer cet Etat et arrêtons de l’outrager. Il n’est pas facile de se débarrasser de lui, parce qu’il est l’enfant légitime de notre jurisprudence. Et enfin, si nous avons vraiment cette intention, débarrassons-nous de notre jurisprudence et de notre charia qui lui ont donné la vie. Cette charia ne vient pas de Dieu, mais du diable ! Arrêtons de lui donner un caractère sacré !

    Et surtout, n’essayez pas d’accuser le Mossad, la CIA, et autres « mécréants » ! Il y a dix siècles ils n’existaient pas. Aucune main étrangère n’a promulgué des lois diaboliques telles que l’amputation des mains pour les voleurs ! Ne soyons pas injustes : ce n’est pas le Mossad qui a fait passer la lapidation des adultères pour une loi divine ! Ce n’est pas la CIA qui inventé l’exécution de l’apostat… mais nos chouyouks et leur jurisprudence de quatre sous.

    Si aujourd’hui les Etats-Unis nous aident à réaliser notre « rêve » (l’Etat « du mal ») pour leurs intérêts, nous devons les remercier, parce que c’est aussi le but de notre jurisprudence. Nous devons aussi applaudir les membres courageux de Daech. Ils ne sont pas hypocrites comme nous. Ils appliquent littéralement les recommandations de nos savants coraniques.

    Notre position est vraiment contradictoire, confuse, malhonnête, hypocrite. Nous partageons la même charia avec Daech, mais malheureusement nous ne l’assumons pas et nous continuons à dire que Daech ne nous représente pas ! C’est vraiment étrange !

    Nous ne voulons pas l’instauration d’un califat ?

    Nous ne voulons pas instaurer la charia ?

    Nous avons seulement deux choix. Soit nous rejoignons Daech et nous lui faisons allégeance, et nous arrêtons de jouer la comédie, soit nous réformons notre vision de l’islam et nous liquidons le vieux bazar, à savoir la charia et la jurisprudence inventée par les oulémas ! Nous devons décider avant qu’il ne soit trop tard.

  • Le cardinal Sarah prône la révolution...

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    Dans son discours à la troisième conférence internationale Sacra Liturgia, hier, le cardinal Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, a évoqué une éventuelle « réforme de la réforme » liturgique, a déclaré que « la célébration pleine et riche de la forme ancienne du rite romain, l’usus antiquior, devrait être une part importante de la formation liturgique du clergé », et a lancé un appel pressant pour que la messe soit célébrée ad orientem. Voici l’extrait de son discours sur ce dernier sujet, qui a été salué par des applaudissements.

    Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an, ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite. En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

    Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec la confiance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » (cf l’introït du mercredi de la première semaine de l’Avent) ? Chers frères dans le sacerdoce, prêtons l’oreille aux lamentations de Dieu proclamées par le prophète Jérémie : « Car ils m’ont tourné le dos » (Jr 2,27). Tournons-nous à nouveau vers le Seigneur !

    Je voudrais aussi lancer un appel à mes frères évêques : conduisez vos prêtres et vos fidèles vers le Seigneur de cette façon, particulièrement lors des grandes célébrations de votre diocèse et dans votre cathédrale. Formez vos séminaristes à cette réalité : nous ne sommes pas appelés à la prêtrise pour être au centre du culte nous-mêmes, mais pour conduire les fidèles au Christ comme de fidèles compagnons. Encouragez cette simple, mais profonde réforme dans vos diocèses, vos cathédrales, vos paroisses et vos séminaires. En tant qu’évêques, nous avons une grande responsabilité, et un jour nous devrons en rendre compte au Seigneur.

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    Ce à quoi Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a aussitôt répondu :

    C’est avec une grande joie que nous avons appris aujourd’hui que le Saint-Père vous a demandé d’initier une étude de la « réforme » de la réforme liturgique qui suivit le Concile, et d’étudier les possibilités d’un enrichissement mutuel entre l’ancienne et la nouvelle forme du rit romain, ce que le pape Benoît XVI avait évoqué le premier.

    Eminence, votre appel à ce que nous « retournions dès que possible à une orientation commune » dans nos célébrations liturgiques « vers l’Orient ou au moins vers l’abside, là où vient le Seigneur », est une invitation à redécouvrir radicalement quelque chose qui est à la racine même de la liturgie chrétienne. Cela exige de nous de réaliser une fois encore, dans toutes nos célébrations, que la liturgie chrétienne est essentiellement orientée vers le Christ dont nous attendons la venue avec une espérance joyeuse.

    Monsieur le Cardinal, je suis seulement un évêque et ne représente qu’un diocèse du sud de la France. Mais afin de répondre à votre appel, je souhaite dire dès à présent que j’aurai l’occasion de célébrer la sainte messe ad orientem, vers le Seigneur qui vient, dans la cathédrale de Toulon lors du dernier dimanche de l’Avent, et chaque fois que l’occasion opportune se présentera. Avant l’Avent, j’adresserai un message à mes prêtres et aux fidèles à ce sujet pour expliquer ma décision. Je les encouragerai à suivre cet exemple. En tant que chef et pasteur de mon diocèse, je leur demanderai de recevoir mon témoignage personnel, dans l’idée de faire leur faire redécouvrir, par la pratique de la messe orientée, la primauté de la grâce au cours des célébrations. J’expliquerai que ce changement est utile pour se rappeler la nature essentiel du culte chrétien : tout doit être toujours tourné vers le Seigneur.

    On lira ci-après l’intégralité du discours du cardinal Sarah (du moins tel qu’on le trouve en petits morceaux sur la page Facebook de Sacra Liturgia).

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  • Audi Domine

    ℟. Audi, Domine, hymnum, et orationem, quam servus tuus orat coram te hodie: ut sint oculi tui aperti, et aures tuae intentae, * Super domum istam die ac nocte.
    ℣. Respice, Domine, de sanctuario tuo, et de excelso caelorum habitaculo.
    ℟. Super domum istam die ac nocte.

    Ecoute Seigneur l’hymne et la prière que ton serviteur prie devant toi aujourd’hui, afin que tes yeux soient ouverts, et tes oreilles attentives, sur cette maison jour et nuit. Regarde, Seigneur, de ton sanctuaire, et de ton habitation du haut des cieux.

    Ce répons des matines vient des prières de Salomon lors de la dédicace du Temple de Jérusalem, selon le texte de I Rois 8,28-29, auquel on a ajouté l’expression « et aures tuae intentae » qui vient de la prière telle qu’elle est rapportée dans II Chroniques 6,40. Quant au verset, il vient de Deutéronome 26,15.

    Il va de soi que chacun peut reprendre cette prière à son compte, pour lui-même et pour sa maison (domum istam).

    La voici par le Chœur grégorien de Paris (« Office cistercien de la dédicace », troisième nocturne des matines)
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  • D’une sourate l’autre

    Le ministère marocain de l’Education nationale (celui de Rabat, pas celui de Najat) annonce qu’il va supprimer, à la prochaine rentrée, la sourate Al Fath du programme de la troisième année de collège. Au motif que cette sourate incite trop au jihad.

    Fort bien. Et nos négationnistes du padamalgam, s’ils n’étaient pas autistes, pourraient découvrir ainsi, ô surprise, que le Coran incite au jihad. Mais en faisant ainsi, le gouvernement se met à dos tous les islamistes marocains, qui sont nombreux et influents. Et pour un résultat pour le moins mitigé. Car la sourate Al Fath (la conquête) va être remplacée par la sourate Al Hachr (l’exode). Or cette sourate commence par une violente diatribe contre les juifs que Mahomet a obligés à fuir de Médine (d’où le titre). Encore ne les a-t-il pas massacrés, assurément. Mais hors contexte historique la diatribe s’applique aussi bien aux chrétiens (les méchants bannis sont seulement désignés comme « gens du Livre »), et la sourate se termine par une double condamnation des chrétiens selon une formule proche de la chahada : « C’est Lui Allah. Nulle divinité autre que Lui. »

  • Baisodrome écoresponsable

    Les autorités brésiliennes annoncent qu’elles vont distribuer gratuitement quelque 9 millions de préservatifs au cours des Jeux olympiques. Dont 450.000 aux athlètes et à leurs équipes techniques. Sic.

    Ils sont produits par la société amazonienne Natex, qui se dit écoresponsable. C’est le latex du développement durable…

    Dans les distributeurs on trouvera aussi 100.000 préservatifs féminins, et 175.000 sachets de lubrifiant.

    Panem et circenses, et concubitum… On n’arrête pas le progrès de la décadence.

  • Bonne question

    Viktor Orban avait annoncé un référendum sur la relocalisation des « réfugiés ». Ce sera le 2 octobre, annonce le président Janos Ader. Et la question sera :

    Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois ?

    Voilà qui met le doigt sur la violation des souverainetés nationales par l’UE, et qui est une déclaration de guerre aux instances communautaires.

    La Commission européenne rappelle que le programme a été décidé lors « d'un processus de décision sur lequel se sont accordés tous les Etats membres », et que ce plan est juridiquement contraignant.

    Tous les Etats, c’est faux. Une fois de plus, la Commission ment. Le plan a été rejeté par la Slovaquie, la Roumanie, la Hongrie et la Tchéquie (et la Finlande s’est abstenue).

    En effet, il est juridiquement contraignant. Mais la Hongrie et la Slovaquie ont porté plainte devant la Cour de Justice de l’UE. Et le référendum, dont le résultat est connu d’avance, est lui aussi juridiquement contraignant pour le gouvernement hongrois…

    On attend la suite avec intérêt…

  • Saint Antoine-Marie Zaccaria

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    (Préface au livre d'Angelo Montonati "Un feu dans la ville")

  • Padamalgam

    Des terroristes ont pénétré dans un restaurant du quartier diplomatique de Dacca, au Bangladesh, et ont pris les clients en otage. Après l’assaut de la police, on a trouvé 26 morts : 20 clients, tous occidentaux, et les 6 terroristes.

    L’attaque a été revendiquée par l’Etat islamique.

    Un des clients survivants a témoigné :

    Les assaillants ne se sont pas comportés brutalement avec les Bangladais, ils leur ont donné à manger. Ils testaient la religion de chacun en leur demandant de réciter un extrait du Coran. Ceux qui pouvaient citer un verset ou deux étaient épargnés. Les autres étaient torturés.

    Mais bien sûr ça-n’a-rien-à-voir-avec-l’islam…

    Selon le ministre de l’Intérieur, les terroristes étaient membres du Jamiat ul moujahidine du Bangladesh, mouvement islamiste (mais pas musulman, bien sûr) interdit depuis dix ans.

    Le ministre a souligné que ces hommes venaient de milieux aisés et avaient fait leurs études dans des établissements privés et à l’université.

    Voilà qui répond aussi aux larmoiements de ceux qui prétendent que c’est l’exclusion, la ghettoïsation, la pauvreté, le chômage, etc. qui font « basculer » dans le terrorisme.

    Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi et président de la commission Justice et Paix, a déclaré à AsiaNews :

    Le nom de Dieu ne peut pas et ne doit pas être mêlé à de tels actes. Maintenant les croyants musulmans doivent se dresser et intervenir pour sauver leur religion.

    Mais personne ne se lève…

  • "La traduction française de l’Ancien Testament"

    Le texte suivant est de Paul Claudel, et je suis bien aise de le découvrir. Il s’agit d’une des annexes de son livre sur le Cantique des cantiques. Cela date de 1947. A l’époque la seule Bible « catholique » grand public en français était celle de Crampon. Depuis lors la situation s’est détériorée, avec Osty, Jérusalem, et la TOB (sans parler de l’ineffable « Bible de la liturgie© »).

    La traduction française de la Bible d’après les textes originaux, la seule qui soit actuellement d’une manière courante à la disposition du public, est celle de M. l’abbé Crampon, chanoine d’Amiens.

    Pour l’Ancien Testament, le texte original, nous l’avons vu, est celui du Codex massorétique dont l’édition date du Xe siècle après Jésus-Christ.

    Il en résulte que la majorité des lecteurs de notre pays n’a accès aujourd’hui aux sources antiques où s’alimente notre foi que d’après un texte dont les Pères, pas plus que la théologie et la liturgie catholiques n’ont jamais fait usage.

    L’Eglise catholique en effet n’a jamais accordé sa recommandation solennelle qu’à deux versions : celle des Septante et celle de la Vulgate, les seules dont elle se soit servie.

    Aujourd’hui où, grâce à Dieu, le grand public prend goût de plus en plus à la lecture des Livres Saints, il se trouve donc n’avoir à sa disposition qu’un contenu notablement différent de notre monument canonique traditionnel, et où il ne retrouve plus dans la pureté et l’intégrité de leur rédaction autorisée les bases sur lesquelles s’appuient sa foi et l’espérance de son salut.

    Le lecteur français s’habitue ainsi à l’idée que le texte hébreu massorétique est le seul authentique et indiscutable, et c’est d’un œil distrait, sinon méprisant, qu’il effleure les notes au bas de la page qui mentionnent les variantes des Septante et de la Vulgate, souvent de la plus haute importance.

    Il ne s’agit pas uniquement de question de style, quoiqu’un écrivain puisse déplorer le parti pris apparent de platitude, de prosaïsme, de préférence donné au sens le plus misérablement trivial et terre à terre, par le document qui lui est remis entre les mains. Mais quel dommage à la dévotion ! Que de passages, où le cœur des Saints avait vibré, douloureusement défigurés ou complètement anéantis ! On se promène parmi des ruines. Que de questions essentielles, à lui adressées sous le voile de l’énigme, étouffées !

    Ce qui est plus grave encore, beaucoup de passages auxquels l’Eglise a toujours attribué un sens messianique sont affaiblis, exténués, parfois jusqu’à une disparition presque totale.

    Or l’autorité du texte hébreu actuel n’est aucunement supérieure, comme l’indique l’auteur protestant cité plus haut, à celle des Septante (et de la Vulgate). Bien au contraire ! En tenant uniquement compte du point de vue scientifique, cette dernière est beaucoup plus grande, puisque leur version, confirmée par l’usage de plusieurs siècles, remonte à deux siècles avant Jésus-Christ. Tandis que l’édition massorétique (avec la grave addition des accents et des voyelles) est du dixième siècle après Jésus-Christ.

    On aurait grandement besoin actuellement d’une traduction française sérieuse basée sur les versions des Septante et de la Vulgate, dont elle serrerait le texte de plus près dans le langage d’aujourd’hui, et où les variantes hébraïques seraient simplement mentionnées en note.

    Voici le texte de « l’auteur protestant » qu’évoque Claudel. Il s’agit d’un extrait de l’Encyclopaedia Britannica, par John Frederick Stenning, « lecteur d’araméen à l’Université d’Oxford, lecteur de théologie et d’Hébreu au Wadham College ».

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  • Eucharistie

    Antonio Socci a mis le doigt sur quelque chose de très important. Si Benoît XVI, explique-t-il, a évoqué l’eucharistie et la transsubstantiation dans son allocution lors de la réception pour son 65e anniversaire de sacerdoce, c’est pour répondre aux propos de François sur Luther, et à ce qu’il se prépare à faire en célébrant les 500 ans de la « Réforme ».

    François a dit :

    Aujourd'hui, luthériens et catholiques, avec tous les protestants, nous sommes d'accord sur la doctrine de la justification: sur ce point si important il ne s'était pas trompé.

    Il : Luther… il ne s’était pas trompé. C’est donc l’Eglise catholique qui s’était trompée, et qui l’a enfin reconnu. Oui, c’est le pape qui ose suggérer cela…

    François fait ainsi allusion à la Déclaration commune sur la doctrine de la justification, entre le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et la Fédération luthérienne mondiale (qui est très loin de représenter « tous les protestants »), de 1998. Mais :

    1- Cette Déclaration exprimait, elle le soulignait elle-même, « un consensus sur des vérités » partielles, pas sur l’ensemble de la doctrine de la justification enseignée par les catholiques et les protestants.

    2 – Le texte catholique officiel n’est pas cette Déclaration, mais la « Réponse de l’Eglise catholique à la Déclaration commune ». Réponse rédigée par le cardinal Ratzinger, qui pointait des « difficultés », dont la première est qu’une de ses formulations tombe sous les anathèmes du concile de Trente… (D’où une « annexe » ajoutée ensuite à la Déclaration, donnant une précision qui permettait d’échapper aux anathèmes…) Puis il y eut le propos (en français ici, avec les autres documents sauf l'annexe) de Jean-Paul II, pourtant si œcuméniste, minimisant clairement la portée du document.

    3 – L’année suivante, en juin 1999, le cardinal Ratzinger souligna que la Déclaration avait « clarifié » des formules et des « controverses classiques », mais que « le problème devient plus réel si l'on tient compte de la présence de l'Eglise dans le processus de justification, la nécessité du sacrement de pénitence. Ici se révèlent les vraies différences. » Du point de vue catholique on ne peut pas parler de la justification sans parler des sacrements. Et là on retrouve de façon impressionnante le Benoît XVI du 28 juin 2016 :

    Il est important de noter que Dieu agit réellement dans l'homme. Il le transforme, il crée quelque chose de nouveau dans l'homme, il ne donne pas seulement un jugement presque juridique, extérieur à l'homme. Cela a une portée beaucoup plus générale. Il y a une transformation du cosmos et du monde. Pensons par exemple à l'Eucharistie. Nous catholiques, disons qu'il ya une transsubstantiation, que la matière devient le Christ. Luther parle au contraire de coexistence: la matière reste telle, et coexiste avec le Christ. Nous catholiques, nous croyons que la grâce est une véritable transformation de l'homme et une transformation initiale du monde, et elle n'est pas, comme vous le dites bien, seulement une couverture ajoutée qui ne rentre pas vraiment au cœur de la réalité humaine.

    Ce propos est la preuve évidente que Benoît XVI, ce 28 juin, a voulu répondre au propos de François sur Luther. Et il répond aussi à ceux qui voient François, à la faveur du 500e anniversaire, permettre la communion sacramentelle aux protestants, en application d’un de ses innombrables propos ambigus.

    Benoît XVI a tenu à garder l’habit et le titre de pape et ses armoiries, et à continuer de vivre au Vatican. Comme témoin vivant de la foi. Voire comme le katekhon.