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Le blog d'Yves Daoudal - Page 6

  • La musique du Pater

    Pater imon o èn dis ouranis
            hayiasthito to onoma sou
            elthéto i vassilia sou
            yénithito to thélima sou
    os èn ourano kai épi tis yis

    ton arton imon ton épioussion
                 dhos imin siméron

    kai aphès imin ta ophilimata imon
                 os kai imis aphiémèn tis ophilétais imon
    kai mi issénènguis imas is pirasmon
    alla rhissai imas apo tou ponirou.

    Ci-dessus, le Pater, en grec, dans sa prononciation liturgique, en transcription phonétique (donc toutes les lettres se prononcent, et comme il n’y a pas de voyelles nasales « on » se prononce « o-ne », et « in » se prononce « i-ne »).

    « Notre Père, qui es dans les cieux (« le dans les cieux », dit le grec) / que soit sanctifié ton nom (« le nom de toi », dit le grec) / que vienne ton royaume / que soit faite ta volonté comme dans le ciel aussi sur la terre /Notre pain supersubstantiel (« le pain de nous le supersubstantiel ») donne-nous aujourd’hui / et remets-nous nos dettes comme aussi nous remettons les dettes à nos débiteurs / et ne nous introduis pas dans la tentation / mais délivre-nous du mal. »

    Le Pater est composé de sept demandes. Trois concernent Dieu, quatre concernent l’homme, conformément au symbolisme des nombres : trois, c’est la Trinité, quatre c’est l’homme aux quatre membres qui vit dans un monde qui a quatre points cardinaux et quatre saisons. Et sept est donc le nombre total (créateur et création).

    Mais on constate aussi que si les trois premières demandes sont très liées, les trois dernières demandes le sont également : on demande à être libéré du péché et de la tentation. Alors nous avons trois demandes vers Dieu et trois demandes pour l’homme, avec au milieu une demande centrale : celle du pain de chaque jour, et du pain supersubstantiel : la nourriture corporelle nécessaire à notre vie biologique, et la nourriture divine nécessaire à notre vie spirituelle. Le pain de la vie éternelle : le Christ, qui est au centre du Pater, pain descendu du ciel, qui est à la fois Dieu (les trois premières demandes) et homme – ayant revêtu la chair du péché (les trois dernières).

    La « musique » du Pater en grec souligne tout cela.

    Les trois premières demandes sont caractérisées par leur finale en « a-sou », et elles sont encadrées par deux propositions se terminant par « is (…) is ». (Ce qui répond à la question de savoir si « sur la terre comme au ciel » concerne la troisième demande, ou les trois : on voit clairement que ce sont les trois.)

    Il y a ensuite la demande centrale du Pain, qui est une suite d’assonances en « on ». Elle a été discrètement annoncée par le Père dès le début de la prière, et elle va se retrouver en écho dans les deux demandes suivantes, car nous avons besoin de ce Pain pour pardonner et pour résister à la tentation. Les trois dernières demandes sont étroitement liées à la quatrième par le jeu des « imon, imin, imas ». Mais la dernière demande finit dans une sonorité étrangère au reste de la prière, qui donne l’impression de tomber à plat, sur un « ponirou » déconcertant : c’est le monde où nous vivons, le monde du mal, le monde de la dissonance, par contraste avec le monde divin des premières demandes, auquel renvoie néanmoins, faiblement, le son « ou ».

    On dit que pour mieux comprendre le Pater on peut le lire et le méditer en commençant par la fin. C’est-à-dire par le pire de la condition humaine, pour arriver au Père. Les sonorités du Pater en grec soulignent aussi cette lecture : nous sommes dans le mal, la tentation, le péché, pour en sortir nous devons prendre le Pain, et par le Pain (le Christ) nous avons accès au Royaume. Et le « ou » mourant de « ponirou » est absorbé par le ferme triple « sou » de l’appartenance au Père. Lu ainsi, le Pater précise que nous devons pardonner à nos frères avant de participer au Saint Sacrifice, comme Jésus l’enseigne dans l’Evangile. S’étant incorporé au Christ, on peut alors dépasser « le ciel et la terre », la création sur laquelle on demandait que règne le Père, pour atteindre « les cieux » incréés qui sont le trône de la Trinité.

  • A 12 ans

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    « Et lorsqu'il eut atteint l'âge de douze ans. »

    C'est à sa douzième année, comme nous le lisons, que l'enseignement du Seigneur prend son point de départ : car un même nombre de messagers était réservé à la prédication de la foi. Ce n'est pas non plus sans dessein qu'oubliant ses parents selon la chair — Lui qui, même en sa vie incarnée, était rempli de la sagesse de Dieu et de sa grâce — au bout de trois jours II est retrouvé au temple ; c'était le signe que, trois jours après sa triomphante Passion, II devait, ressuscité, se présenter à notre foi sur le trône du ciel et parmi les honneurs divins, Lui que l'on croyait mort.

    « Qu'est-ce à dire ? vous me cherchiez ? ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? »

    II y a dans le Christ deux filiations : l'une est de son Père, l'autre de sa Mère. La première, par son Père, est toute divine, tandis que par sa Mère II s'est abaissé à nos labeurs et à nos usages. Dès lors tout ce qui, dans ses actes, dépasse la nature, l'âge, la coutume, ne doit pas être attribué aux facultés humaines, mais rapporté aux énergies divines.

    Ailleurs [aux Noces de Cana] sa Mère le pousse à un acte mystérieux ; ici cette Mère est reprise de réclamer encore qu'il agisse en homme. Mais, comme ici on le montre âgé de douze ans, comme là on nous apprend qu'il a des disciples, vous voyez que cette Mère a été renseignée sur son Fils au point de réclamer de sa maturité un mystère, elle que déconcertait chez l'enfant ce prodige.

    Saint Ambroise, commentaire sur saint Luc, traduction de dom Gabriel Tissot (Sources chrétiennes)

    Icône russe, vers 1800, influencée par l'art occidental (on ne voit pas Marie et Joseph dans les icônes traditionnelles de la mi-Pentecôte).

  • Les Polonais ne se laissent pas faire

    Le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a convoqué ce matin l’ambassadeur d’Allemagne à Varsovie, à cause des « déclarations anti-polonaises d’hommes politiques allemands ». La dernière en date étant celle de Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui a qualifié la Pologne de « démocratie à la Poutine ».

    Samedi, le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro a quant à lui écrit au commissaire européen Günther Oettinger : « Vous demandez que la Pologne soit placée sous surveillance. De tels mots, dans la bouche d’un homme politique allemand, ont les pires connotations possibles pour des Polonais… Je suis le petit-fils d’un officier polonais qui a servi dans la résistance pour combattre la surveillance allemande. »

    Plusieurs députés ont également déclaré que vu son passé, notamment vis à vis de la Pologne, l'Allemagne n'avait pas de leçon de démocratie à donner, et en ce qui concerne la politique du gouvernement vis à vis des médias publics, on ne se prive pas de dire que l'Allemagne dont la police et les médias taisent les terribles agressions du Nouvel An ferait mieux de protéger ses femmes contre les migrants plutôt que de se mêler des affaires de la Pologne.

  • Profanation

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    L’église Saint-Louis de Fontainebleau a été endommagée par un triple incendie criminel hier matin.

    L’une des mises à feu a visé la chapelle de la Vierge, et la statue (photo) de Notre Dame de Franchard (XIVe siècle) a disparu, sans qu’on sache si elle a été volée ou brûlée. Dans la chapelle de saint Joseph, plusieurs statues ont été renversées. Un autel du XVIe siècle a entièrement brûlé. Un ciboire contenant des hosties a disparu, des hosties ont été retrouvées sur le sol. L’enfant Jésus de la crèche a disparu lui aussi.

    Le préfet a une piste : des SDF…

    A quelques kilomètres de là, une croix de 2 mètres, la « croix de Guise » (1563) a été renversée. Les SDF en balade, sans doute.

    Plus loin, l’église de Veneux-les-Sablons a elle aussi brûlé, au point que la charpente s’est effondrée.

    Pour le préfet, là, ce ne sont pas les SDF : c’est un accident de chauffage.

  • Jubilate Deo omnis terra

    Dans les pays où l’Epiphanie n’est pas un jour férié, la messe du premier dimanche après l’Epiphanie (dimanche dans l’octave de l’Epiphanie dans l’ordo d’avant 1955) n’est pas célébrée, puisqu’on doit célébrer ce jour-là, dans les paroisses ou quasi-paroisses, la solennité transférée de l’Epiphanie. Dans les autres lieux de culte c’est la fête de la Sainte Famille. Sauf dans les monastères dédiés à la liturgie traditionnelle, puisque les moines n’ont pas intégré dans leur ordo la fête de la Sainte Famille.

    En dehors des monastères, la messe de ce dimanche est célébrée le premier jour non occupé par une fête, donc ce lundi. Mais elle n’est chantée à peu près nulle part, ce qui est bien dommage puisque ses antiennes sont des invitations au chant de jubilation.

    A propos de la mélodie de l’offertoire, dom Baron dit ceci (avant de l’analyser longuement) : « Elle est l’une des plus ornées du répertoire grégorien, merveille à la fois de composition savante et d’expression simple. Tout y est ordonné avec un art parfait qui a pesé toutes les valeurs et les a mises à la place qu’il faut, avec une mesure et une proportion admirables. Et pourtant, quand on l’entend ou qu’on la chante, elle semble jaillir spontanément, comme si l’âme disait sa joie sans souci de savoir comment la dire. »

    La voici par les moniales d’Argentan.
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    Jubilate Deo omnis terra, jubilate Deo omnis terra, servite Domino in laetitia, intrate in conspectu ejus in exsultatione, quia Dominus ipse est Deus.

    Jubilez en Dieu, toute la terre, jubilez en Dieu, toute la terre, servez le Seigneur dans la joie, entrez en sa présence avec allégresse, car le Seigneur vraiment est Dieu.

  • La Sainte Famille

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    Dans la tradition copte, on ne parle pas de la Fuite en Egypte mais de l'Entrée du Seigneur en Egypte, ce qui rappelle l'Entrée du Seigneur à Jérusalem le jour des Rameaux ; de très nombreuses traditions illustrent cet événement, vécu en quelque sorte comme l'Illumination et la conversion de l'Égypte.

    L'Egypte est évoquée par le Nil, l'ibis (1), les palmiers dattiers, formant entre eux une pyramide (2), le temple d'Héliopolis, lieu traditionnel du passage de la Sainte Famille.

    Le triple mouvement qui anime cette icône permet de saisir dans toute sa profondeur le message lié à l'événement.

    Le premier mouvement, de gauche à droite, évoque le déplacement historique de la Sainte Famille qui arrive en Egypte, sous la conduite de Joseph sur qui repose l'ange.

    Le second mouvement est pyramidal : la terre d'Egypte en accueillant son sauveur s'offre à la lumière divine qui vient à sa rencontre et qui la féconde : les palmiers s'élèvent, s'ouvrent en éventail et donnent leurs fruits, la terre fleurit et le Nil, source de vie, devient porteur de vie éternelle les poissons, symboles des évangélistes (3), sont déjà attentifs à Celui qui vient, les lotus préfigurent les sept sacrements par lesquelles l'Eglise transmettra la vie divine.

    Le troisième mouvement est frontal.

    Derrière l'humilité de la scène, c'est une Vierge en Majesté qui nous fait face : vêtue de son manteau bleu étoilé, elle est " le nuage léger " prophétisé par Isaïe, le trône du Christ ; le temps de ce voyage, l'âne lui-même est élevé au rang de Chérubin, car c'est lui qui porte le trône de la Majesté divine ; il nous regarde avec intensité, comme pour nous appeler silencieusement à partager sa joie.

    En allant vers l'Egypte, pays païen, c'est en effet à toutes les nations, à la création entière et à chacun d'entre nous qu'est offert le salut : par son geste, l'ange nous désigne le Messie.

    (1) Dans l'Égypte ancienne, l'ibis était l'animal sacré du dieu Thôt ; dans le christianisme, il est identifié au Sauveur car il débarrasse la terre des insectes nuisibles, comme le Christ a débarrassé l'Égypte des idoles.

    (2) La fête célébrant l'entrée du Christ en Égypte est le 24 bashans, pendant la saison de maturité des dattes en Égypte.

    (3) C'est une tradition copte, car les poissons vont, par la mer, aux quatre coins du monde, comme les quatre Évangiles; la séparation en trois et un représente les trois Évangiles synoptiques et l'Évangile de Jean.

    Extrait du livre L’incarnation de la lumière, Le renouveau iconographique copte à travers l’œuvre d’Isaac Fanous.

    Deux autres icônes d’Isaac Fanous sur ce thème :

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    Le retour d’Egypte (explication ici) – l’inscription en anglais, comme sur la première icône, vient de ce qu’elles ont été réalisées pour une église de Los Angeles :

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    Voir ici d’autres icônes coptes contemporaines de la Sainte Famille en Egypte.

  • Liturgie républicaine

    C’était déjà le cas à chaque catastrophe naturelle ou important accident faisant des victimes, c’est devenu obsédant - et impressionnant - depuis les premiers attentats musulmans : les autorités convient à des cérémonies qui ont pris des allures de rites liturgiques. La population y est tellement sensible qu’elle anticipe les cérémonies républicaines par ses propres rites, dépôt de fleurs et de cierges, copié des rites catholiques vidés de leur signification. Les autorités républicaines contreviennent allègrement à la loi de 1905 en organisant leurs cérémonies religieuses dans la rue, qui chaque fois est coupée à la circulation parce que le président, des ministres, d’autres élus, sont au milieu, droits comme des piquets, l’air sombre, devant une plaque.

    Cette semaine, qui fut celle de la Vigile de l’Epiphanie, de l’Epiphanie et de l’octave de l’Epiphanie, a été particulièrement riche en liturgies républicaines de rue. Et le sommet ce sera demain, place de la… République, de la Très Sainte République, à l’heure de la grand messe (11h), avec dévoilement de plaque par les grands prêtres Hollande et Hidalgo, antienne du jour par le chantre Johnny Hallyday, deuxième antienne par le Chœur de l’Armée française, épître de Victor Hugo, troisième antienne (Le temps des cerises !) par le Chœur de l’Armée française, offrande de fleurs, temps de méditation silencieuse, chant de sortie (Marseillaise) par le Chœur de l’Armée française.

    Aux vêpres (17h30), illumination (« Joyeuse lumière », chantent les vêpres byzantines) du saint Chêne (de 12 mètres planté le jour de l’Epiphanie), de la statue de la Très Sainte République et de la fresque « Fluctuat nec mergitur » (mais oui il y a même du latin !). On précise que les fidèles sont invités à amener (sic) une bougie pour les illuminations.

    Difficile de singer davantage le culte catholique.

    D’où il ressort qu’il est impossible de se passer de rites. Les laïcistes avaient cru supprimer (presque) tout ce qui y ressemble dans la République. Mais on voit le grand retour en force d’un rituel républicain, comme pendant la Révolution française, selon une religiosité de substitution qui n’a jamais disparu, comme on le voyait chez Jaurès, et comme on le voit chez Peillon.

    On constate ici à quel point la Sainte Ecriture avait raison quand dans l’Ancien Testament les prophètes qualifient sans cesse les idoles des nations de « néants » et leurs fidèles d’adorateurs du vide.

  • Blasphème à sens unique

    Les Pakistanais viennent de vérifier que les lois anti-blasphème ne protègent que l’islam.

    Mercredi dernier, jour de la fête de l’Epiphanie, des chrétiens de Kasur s’étaient rendus à l’église. (Kasur est la ville où un jeune couple de chrétiens avait été jeté dans les flammes d’un four à briques après avoir été torturé.) Et là ils voient un jeune homme brûler des Bibles et des livres de cantiques. Ils appellent la police, qui arrête le jeune homme. C’est un musulman, Akba Azhar. La police fait son enquête, qui sera brève : le dossier est aussitôt classé, au motif que Akba Azhar souffre de « problèmes mentaux » (selon la police) et ne peut donc pas être poursuivi.

    Alors qu’un chrétien réellement déficient mental est en prison pour avoir brûlé de vieux papiers sur lesquels, selon l’accusation, figuraient des versets du Coran…

  • Cliquez sur ivg.net

    Titre de Ouest France : « Le gouvernement en guerre contre les sites anti-avortement ».

    Première phrase de l'article : « Pour lutter contre des sites anti-avortement, en bonne place sur Google, le gouvernement demande aux internautes de cliquer sur ivg.gouv.fr. »

    Donc, pour lutter contre la propagande de mort du gouvernement, il faut cliquer sur ivg.net et se promener sur le site :

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  • L’effet François

    Extraits d’une lettre d’un prêtre italien à Sandro Magister :

    Depuis l’ouverture de l’Année Sainte voulue par le pape François et à l’occasion des fêtes de Noël 2015 – comme depuis que Jorge Mario Bergoglio est assis sur la chaire de Pierre – le nombre de fidèles qui se sont rendus au confessionnal n’a pas augmenté, ni en temps normal, ni dans les périodes de fêtes. La tendance à une diminution progressive et rapide de la fréquence du recours à la réconciliation sacramentelle qui a caractérisé les dernières décennies n’a pas été arrêtée. Bien au contraire : jamais comme au moment des récentes fêtes de Noël les confessionnaux de mon église n’ont été autant désertés.

    J’ai cherché à me consoler face à cette triste constatation en imaginant que les basiliques associées à l’Année Sainte à Rome ou dans d’autres villes, ou bien les sanctuaires et les couvents, avaient attiré un nombre de pénitents plus élevés que d’habitude. Mais quelques coups de téléphone à des confrères qui confessent habituellement dans ces endroits (je les appelais pour leur adresser mes vœux, comme je le fais chaque année) ont confirmé ce que j’avais constaté : les files de pénitents n’étaient pas longues du tout, où que ce soit, moins encore que lors des festivités des années précédentes.

    (…)

    Un homme d’âge moyen, à qui j’avais demandé, avec discrétion et délicatesse, s’il s’était repenti d’une longue série de péchés graves contre le septième commandement "tu ne voleras pas", dont il s’était accusé avec une certaine légèreté et presque en plaisantant à propos des circonstances certainement pas atténuantes qui avaient accompagné les faits, m’a répondu en citant une phrase du pape François : “La miséricorde ne connaît pas de limites” et en manifestant son étonnement que je lui aie rappelé la nécessité du repentir et de la ferme intention d’éviter, à l’avenir, de retomber dans le même péché : “Ce que j’ai fait, je l’ai fait. Ce que je vais faire, c’est moi qui en déciderai quand je serai sorti d’ici. Mon opinion à propos de ce que j’ai fait, c’est une affaire entre moi et Dieu. Je suis ici uniquement pour avoir ce qui est accordé à tout le monde au moins le jour de Noël : pouvoir communier à la messe de minuit !” Et il a conclu en paraphrasant la formule, désormais célèbre, du pape François : “Qui êtes-vous pour me juger ?”.

    Une jeune femme, à qui j’avais proposé, comme acte de pénitence lié à l’absolution sacramentelle d’un grave péché qu’elle avait commis contre le cinquième commandement "tu ne tueras pas", une prière à genoux devant le Saint Sacrement qui était exposé sur l’autel de l’église et un acte de charité matérielle envers un pauvre, dans la mesure de ses possibilités, m’a répondu avec irritation que le pape avait déclaré, quelques jours plus tôt, que “personne ne doit nous demander quoi que ce soit en échange de la miséricorde de Dieu, parce qu’elle est gratuite”. Elle a ajouté qu’elle n’avait pas le temps de rester à l’église pour prier (elle devait “courir au centre de la ville pour effectuer ses achats de Noël”), et pas d’argent à donner aux pauvres (“qui, de toute façon, n’en ont pas besoin, parce qu’ils en ont plus que nous”).

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Honorons le divin palais du Roi, dans lequel il a habité selon son désir; célébrons la Mère de Dieu, la Vierge, l’unique, par qui nous sommes élevés jusqu’à Dieu.

    Pure avant l’enfantement, dans l’enfantement, après l’enfantement : ainsi tu as paru à nos regards, ô Vierge Mère ! c’est toi qui as enfanté le Dieu qu’annonce le Collège Apostolique.

    Le très heureux chœur des Prophètes, inspiré de l’Esprit Saint, t’appela divinement, dans ses sacrés oracles, la Porte et la Montagne ombragée, ô très chaste!

    Illumine, ô Vierge ! les yeux de mon cœur, brille sur moi par un rayon de componction; délivre-moi des ténèbres éternelles, Porte de la lumière, Refuge de tous les chrétiens qui chantent ta louange avec fidélité.

    Je te loue, ô toi la seule digne de toute louange ; je te rends gloire, ô toi que Dieu lui-même glorifie; je te proclame heureuse, ô Vierge, de cette félicité divine que proclament les générations qui célèbrent ta béatitude.

    O très pure ! tu es le propitiatoire de ceux qui pèchent souvent; dépassant toutes les lois de la nature, tu as enfanté le Christ, qui ôte les péchés du monde, et vers qui nous prions : Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères !

    O prodige qui surpasse tous les prodiges ! tu enfantes et tu demeures vierge, très chaste épouse de Dieu ! Tu a mis au jour le Verbe coéternel au Père, Celui que nous célébrons dans ce cantique : Œuvres du Seigneur, louez et exaltez le Seigneur dans tous les siècles.

    La splendeur de ton enfantement a éclaté avec gloire ; elle a inondé l’univers d’une joyeuse lumière; elle a terrassé le prince des ténèbres, ô Mère de Dieu très pure, la gloire des Anges, le salut de tous les hommes qui te célèbrent, sans se lasser, par leurs concerts.

    Saint Joseph l’Hymnographe (in L’Année liturgique)

  • Par la Hongrie…

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    David Cameron, poursuivant sa tournée européenne pour trouver des soutiens à sa demande de réforme de l’UE, était hier à Budapest. Une bonne affaire pour l’image de Viktor Orban, puisqu’il n’y avait eu aucune visite d’un dirigeant européen en Hongrie depuis près d’un an…

    A priori, la Hongrie ne peut qu’être d’accord avec la majorité des demandes de David Cameron, tout en les trouvant beaucoup trop mesurées, comme l’avait dit Orban le mois dernier, mais on savait déjà que les anciens pays de l’Est ne peuvent que rejeter fermement, comme on l’a déjà vu en Pologne, la demande des Britanniques qu’on leur permette de refuser aux immigrants, même de l’UE, le bénéfice des aides sociales pendant les premières années de leur séjour. On sait qu’il y a de nombreux Polonais au Royaume-Uni, mais aussi près de 80.000 Hongrois, qui envoient au pays l’équivalent de… 3,4% des revenus du pays. Un chiffre qui suffit à faire comprendre que le gouvernement hongrois ne peut qu’être intraitable.

    Or ce n’est pas le cas. Si Viktor Orban a martelé que les Hongrois en Grande-Bretagne ne sont pas des parasites, qu’ils demandent seulement le droit de travailler et de payer des cotisations (et les 55.000 travailleurs hongrois payent davantage qu’ils ne reçoivent, a-t-il affirmé en citant des chiffres officiels), il s’est néanmoins, et de façon inattendue, montré ouvert à une négociation sur le sujet. Soulignant que cela ne pourrait se faire qu’en concertation avec les autres pays du groupe de Visegrad (or il venait de rencontrer Jarroslaw Kaczynski, président du PiS), il a laissé entendre qu’un compromis pourrait être trouvé si les Hongrois ne sont pas appelés « migrants » et s’ils ne subissent aucune discrimination par rapport aux autres Européens.

    Autrement dit, ce sont les souverainistes, même opposés sur un sujet délicat, qui peuvent s’entendre…

  • Il n’y aura pas de sanctions

    Quels que soient les gesticulations des institutions européennes contre la Pologne, elles ne pourront pas aboutir à des sanctions. Car la Hongrie opposera son veto, a déclaré ce matin Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, à la radio publique de son pays : « L’Union européenne ne devrait pas penser infliger quelque sorte de sanction que ce soit à la Pologne, parce que cela requiert l’unanimité, et que la Hongrie ne soutiendra jamais une quelconque sanction contre la Pologne. »

  • Le chemin des Mages

    Les Mages virent l’étoile, se mirent en route sous sa conduite et arrivèrent au but de leur voyage auprès du divin Enfant. Ces trois actes se rencontrent aussi dans notre vie : l’étoile, le chemin, le but.

    Pour nous aussi s’est levée une étoile, c’est la grâce de la part de Dieu et la foi de notre part. Sans cette étoile, il n’y a pas pour nous de christianisme. Combien nous devons remercier Dieu qui nous a choisis entre mille, comme les Mages, pour nous appeler à la foi. La foi est une grâce de Dieu, nous ne pouvons pas nous la donner, mais nous pouvons la cultiver en nous et l’accroître, nous ne devons pas nous exposer à la perdre. Cette étoile brille devant nos yeux. Qu’elle nous oriente et nous guide !

    Le second acte est le chemin. C’est notre vie. Les Mages suivirent l’étoile, ils quittèrent leur pays peut-être sous les moqueries de leurs compatriotes, ils voyagèrent à travers les déserts et les solitudes par monts et par vaux. Ils se heurtèrent à des obstacles, particulièrement à Hérode. Le voyage des Mages est un modèle de notre vie chrétienne. Nous devons sortir du pays de notre chair, nous devons être des pèlerins et des étrangers. Le chemin de notre vie est solitaire, le monde prend d’autres voies. Ce n’est pas un chemin de roses c’est un chemin à travers le désert. Et un ennemi nous guette, un Hérode qui veut éteindre l’étoile et nous barrer la route : le démon.

    Où nous mène ce chemin ? Le but est le Christ, non le Christ enfant, mais le Christ glorieux dont la vision nous rendra éternellement heureux, le Christ qui reviendra au moment de la mort. Nous ne devons jamais perdre de vue ce but. La vie chrétienne n’en a pas d’autre que la parousie ; tous les autres buts, si saints soient-ils, nous égarent. L’apostolat même et le soin des âmes ne doivent pas être notre but. Apprenons de la liturgie le désir de ce but de notre vie. Toute l’année est une marche des Mages sous la conduite de l’étoile vers le but suprême, le Christ.

    Dom Pius Parsch

  • Un petit Jésus en plastique

    Innovation de François : son intention de prière en vidéo.

    Le pape : « La majeure partie des habitants de la planète se déclarent croyants. C’est un fait qui devrait encourager les religions à dialoguer. Nous devons prier sans cesse pour cela et travailler avec ceux qui pensent d’une autre manière. »

    Je mets ma confiance en Bouddha, dit la lama.

    Je crois en Dieu, dit le rabbin.

    Je crois en Jésus-Christ, dit le prêtre.

    Je crois en Dieu, Allah, dit l’imam.

    Le pape : « Beaucoup pensent de manières différentes, ressentent les choses différemment, cherchent ou rencontrent Dieu de diverses manières (on voit alors le pape recevant une statue de Bouddha). Dans cette multitude, dans cet éventail de religions, nous avons une seule certitude pour tous : nous sommes tous enfants de Dieu. »

    Je crois en l’amour, dit la lama.

    Je crois en l’amour, dit le rabbin.

    Je crois en l’amour, dit l’imam.

    Je crois en l’amour, dit le prêtre.

    Le pape : « Je compte sur vous pour diffuser mon intention de ce mois : que le dialogue sincère entre les hommes et les femmes de différentes religions porte des fruits de paix et de justice. Je compte sur ta prière. »

    Pendant ces dernières phrases apparaissait en gros plan Bouddha, la menorah, un Jésus en plastique et un chapelet musulman. Les quatre sont ensuite réunis. Faites votre choix et croyez en l’amour (si vous prenez les quatre il y en a un gratuit).

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    N.B. - Cette vidéo a été mise en ligne le jour même de l'Epiphanie. Le jour où se manifeste le Fils de Dieu, Roi du ciel et de la terre, que les païens viennent adorer en lui apportant leurs trésors. Difficile de ne pas entendre le ricanement...

    Addendum

    Voir le commentaire d'Antonio Socci, qui cite opportunément l'évangile de saint Jean: « Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés. »

  • Pas d’amalgame

    Un homme brandissant un couteau et portant une ceinture d’explosifs factice a été abattu alors qu’il allait pénétrer dans le commissariat du quartier de la Goutte d’Or à Paris.

    Une fois de plus il s’agissait d’un hindouiste breton, comme l’indique le cri de guerre habituel de ces terroristes :

    Alla oak bar(a) !

    C’est–à-dire, en breton, mais avec la prononciation caractéristique de l’hindouiste qui ajoute un « k » à l’imparfait du verbe être et laisse muettes certaines voyelles finales : « A droite il y avait du pain ! »

  • 570.000 !

    J’apprends qu’une pétition contre Donald Trump a recueilli plus de 570.000 signatures dans le Royaume Uni ! Cette pétition demande que le gouvernement britannique interdise l’entrée du territoire à Donald Trump à cause de sa proposition d’empêcher les musulmans d’entrer aux Etats-Unis. Sic.

    Or, lorsqu’une telle pétition dépasse les 100.000 signatures, le Parlement doit en discuter. Donc le Parlement va débattre pour savoir si oui ou non on doit frapper d’un interdit de séjour le principal candidat républicain aux élections américaines…

    Réaction laconique du porte-parole de l’empire Trump : il est évident que si Donald Trump ne peut pas mettre les pieds en Grande-Bretagne il devra abandonner ses projets d’investissements immédiats d'un milliard de dollars et tout investissement futur en Grande-Bretagne…

    Question : est-ce que l’idéologie de la dhimmitude peut tenir le choc face à des milliards de dollars ?

  • Intéressant

    Le président de la Cour suprême d'Alabama a décidé qu’en attendant une éventuelle nouvelle décision de la Cour, les ordonnances existantes sur le mariage restent en vigueur. Doivent donc être respectées les ordonnances « selon lesquelles les juges des affaires familiales ont le devoir de ne pas émettre de licence de mariage contraires à l'amendement sur les liens sacrés du mariage en Alabama et à la loi d'Alabama sur la protection du mariage ».

    Bref, il est toujours interdit aux juges des affaires familiales de donner des licences de mariage à des personnes du même sexe.

    Or la Cour suprême des Etats-Unis, en juin dernier, a légalisé le soi-disant « mariage » homosexuel sur tout le territoire, invalidant de fait toutes les lois contraires des Etats, y compris les articles constitutionnels protégeant le mariage.

    Le juge Roy Moore est le premier magistrat à se dresser ainsi ouvertement contre la Cour suprême des Etats-Unis. On attend la suite avec intérêt.

  • Des femmes !

    La dictature de l’égalité des sexes jusqu’à l’absurde a encore frappé. Les vigilants gardiens de l’idéologie antisexiste ont découvert avec stupeur que dans la liste des « nominés au Grand Prix » du festival de la bande dessinée d’Angoulême il n’y avait que des hommes. Horreur. Campagne médiatique immédiate pour dénoncer les atroces machos moyenâgeux qui ont osé pondre une liste qui à l’évidence tombe sous le coup des lois antiracistes. Certains « nominés », n’écoutant que leur conscience, ont héroïquement demandé à être supprimés de la liste.

    Le festival a tenté de bredouiller qu’il ne pouvait « pas refaire l’histoire de la bande dessinée » et qu’il faut bien « constater qu'il y très peu d'auteures reconnues »… Mais il a bien été obligé de s’aplatir devant la dictature : il a annoncé que la liste initiale serait « rallongée » pour y mettre des « auteures ». Sans dire lesquelles : maintenant il faut les trouver…

    La grande honte (pour la langue française donc pour la France), c’est le tweet triomphal de Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des droits des femmes :

    Mais pourquoi se battre sans arrêt « pour l’égalité » ? Pourquoi ne pas décider une fois pour toutes que toute liste de nomination, tout palmarès, dans tout domaine, devra être composé de façon strictement paritaire ? (Pour commencer, parce que, après, il faudra la parité avec les BTQI+…) Si l’on trouve autant de femmes compétentes pour constituer des listes politiques paritaires, il n’y aucune raison de ne pas trouver autant de femmes compétentes pour tout le reste. Ou alors il y a quelque chose d’hypocrite quelque part…

  • Dignité

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  • + Pierre Boulez +

    Il est toujours amusant de lire les hommages des politiques aux écrivains ou artistes, quand il est patent ou vraisemblable qu’ils n’en connaissent rien. Fleur Pellerin avait donné un exemple spectaculaire en saluant le prix Nobel de Patrick Modiano, dont elle n’a jamais lu une ligne.

    Pour Pierre Boulez, on se passera de l’« Hommage de Fleur Pellerin », anonyme résumé de Wikipedia laborieusement réalisé par un nègre de son ministère. On préférera le tweet de Manuel Valls et le communiqué de François Hollande qui affirment, l’un que Pierre Boulez « a fait rayonner partout dans le monde » la musique française, l’autre que Pierre Boulez « a fait briller la musique française dans le monde » (ils ont un nègre unique pour les hommages ?).

    C’est complètement idiot. On ne sait même pas si l’on parle de ses œuvres ou de sa direction d’orchestre. Si l’on parle de ses œuvres, elles ne sont pas spécifiquement françaises puisqu'elles sont par principe sans racines, et elles sont très rarement interprétées, parce qu’elles n’ont jamais intéressé qu’une élite intello et qu’elles n’intéressent plus personne, aujourd’hui que sa génération s’en va. Si l’on parle de sa direction d’orchestre, elle n’a pas fait briller la musique française davantage que beaucoup d’autres chefs d’orchestre, et la musique française ne se limite pas à quelques pages orchestrales de Debussy et Ravel.

    En outre Pierre Boulez haïssait la France, il vivait depuis plus d’un demi-siècle en Allemagne. Il fut l’un des principaux responsables de la dictature qui a sévi dans la musique en France pendant plusieurs décennies (impossible pour un compositeur d’être interprété par une phalange prestigieuse si l’on ne faisait pas partie du cénacle post-sériel), mais il aurait voulu être le dictateur absolu et comme on le lui refusa il s’exila…

    Boulez compositeur est mon pire souvenir de concert. C’était après 5e concerto pour piano de Beethoven, sublimement interprété par Arrau, une œuvre de Boulez, dont je ne sais plus le titre, mais qui était constituée d’infernales stridences de cuivres. Véritablement insupportable quand on est fatigué après une longue journée de travail. Ce dont se moquent ces gens-là.

    Boulez chef d’orchestre, je l’ai vu deux fois en répétition. Une fois pour Pelléas et Mélisande, toute une après-midi, et j’ai fini par m’endormir, tant il ne se passait rien. L’autre fois c’était pour des œuvres de Messiaen, et finalement c’est Messiaen lui-même qui expliqua ce qu’il voulait…

  • Tria sunt munera

    ℟. Tria sunt munera pretiosa, quae obtulerunt Magi Domino in die ista, et habent in se divina mysteria: * In auro, ut ostendatur Regis potentia: in thure, Sacerdotem magnum considera: et in myrrha, Dominicam sepulturam.
    . Salutis nostræ auctorem Magi venerati sunt in cunabulis, et de thesauris suis mysticas ei munerum species obtulerunt.
    ℟. In auro, ut ostendatur Regis potentia: in thure, Sacerdotem magnum considera: et in myrrha, Dominicam sepulturam.

    Ce sont trois précieux présents que les Mages ont offert au Seigneur ce jour-là, et ils ont en eux des mystères divins : dans l'or, pour montrer le pouvoir du Roi ; dans l'encens, considère le grand prêtre ; et dans la myrrhe, la sépulture du Seigneur. Les Mages ont vénéré l'auteur de notre salut dans son berceau, et ils lui ont offert, de leurs trésors, des objets porteurs du mystère.

    Répons des matines. Antiphonaire de Salzinnes, chant par la Schola cantorum de Cologne.
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  • Leur apprendre la politesse

    Le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a convoqué à Varsovie le commissaire européen Günther Oettinger pour un « entretien de courtoisie », suite aux déclarations de celui-ci à un journal allemand.

    « Beaucoup de choses plaident pour que nous activions le Mécanisme d'État de droit et que nous placions Varsovie sous surveillance », a-t-il dit dans l'édition de dimanche du Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), notamment à cause de la réforme de la nomination des directeurs de l’audiovisuel public.

    Aucune autorité européenne n’était encore allée aussi loin dans les menaces contre le gouvernement polonais.

    Witold Waszczykowski s’étonne de « déclarations étranges et obscures de certains commissaires européens qui, sur la foi d’articles de journaux, se mettent à juger la Pologne ». Il ajoute : « Nous voulons clarifier pourquoi les commissaires n’utilisent pas les canaux normaux de communication avec le gouvernement polonais mais préfèrent donner des interviews dans la presse allemande. »

    (Le fond de l’affaire est la loi sur l’audiovisuel public qui confie la nomination des dirigeants au gouvernement. Il paraît que c’est très mal et que ça ne se fait pas, que le gouvernement contrôle l’audiovisuel public… - on ne rit pas : ils sont très en colère…)

  • Chez les Akhas de Thaïlande

    Asianews publie une lettre du P. Gianni Zimbaldi, missionnaire dans le nord de la Thaïlande, dans le pays des Akhas, depuis 1972. Il raconte les progrès du christianisme au sein de cette population animiste (italien, anglais).

    Quand il est arrivé, dit-il, il y avait tout au plus 20.000 chrétiens. Maintenant ils sont plus de 60.000, et il y a 20.000 catéchumènes.

    Les gens cotisent pour payer la construction de chapelles en bois ou en briques. Le P. Zimbaldi a ainsi pu construire 32 chapelles.

    Le 9 décembre a été célébrée la profession solennelle de la première religieuse d’ethnie Akha en Thaïlande.

    En juin dernier, l’évêque de Chiang Mei avait ordonné le premier prêtre Akha.

    Les convertis font à leur tour des convertis, parce qu’ils parlent de leur foi et qu’ils la mettent en pratique :

    « Il y a deux mois, un chef de village est venu me rendre visite. Il m’a dit : Mon Père, trois familles chrétiennes birmanes sont venues vivre dans notre village. Ils ne partagent pas nos pratiques païennes, mais le dimanche ils se réunissent dans une maison pour prier. Leur vie au village est un exemple pour nous. Nous avons nous aussi décidé de devenir chrétiens. C’est pourquoi je suis venu vous demander un catéchiste, afin que nous puissions apprendre les enseignements de Jésus.

    « Un orphelin que j’avais accueilli à la mission quand il était petit vint un jour me dire qu’il voulait retourner dans son pays païen d’origine avec la famille qu’il avait constituée. J’ai essayé de l’en dissuader, disant que son village était très loin, que les gens y étaient païens et ne connaissaient rien de Jésus : Si tu va vivre parmi les païens, toi et les tiens allez devenir païens. Pourtant il a voulu retourner. Un an après, trois hommes sont arrivés à la mission et m’ont dit : Le jeune homme que vous avez éduqué à la mission est revenu avec sa famille. Ce jeune homme est un exemple pour nous tous. Il est l’ami de tout le monde. Il sait pardonner les offenses et quand les gens sont malades ou malheureux il les aide toujours. Dans sa maison il a mis une image pieuse et il prie avec sa famille devant elle. Quand nous parlons, il nous parle de Jésus et des chrétiens. Nous avons réalisé que les enseignements de Jésus pouvaient nous aider à être bons, alors nous voulons devenir chrétiens comme lui, et nous vous demandons de nous envoyer un catéchiste. »

  • Epiphanie

    L’hymne des vêpres et des matines est formé de quatre strophes tirées du grand poème A solis ortus cardine, de Sedulius, poème alphabétique qui retrace en 23 strophes la vie du Christ, dont le début est chanté à Noël. Ce sont ici les strophes commençant par H, I, L et N. Le premier vers était Hostis Herodes impie, il a été malencontreusement « corrigé » par Urbain VIII qui se croyait meilleur poète que les grands anciens. Or l’enjambement Deum-Regem n’est pas dans le style du poème.

    Le voici chanté par les moines de Solesmes (bizarrement dans la version du bréviaire romain alors que le bréviaire monastique a gardé la version authentique), avec la belle traduction d’Isaac Lemaistre de Sacy (sous le pseudonyme de J. Dumont), dans son orthographe originelle. (La doxologie – la strophe de louange à la Trinité ajoutée pour la liturgie – n’est pas la même dans le bréviaire et chez Sacy.)


    podcast

    Crudélis Heródes, Deum
    Regem veníre quid times ?
    Non éripit mortália,
    Qui regna dat cæléstia.

    Ibant Magi, quam víderant,
    Stellam sequéntes prǽviam :
    Lumen requírunt lúmine :
    Deum faténtur múnere.

    Lavácra puri gúrgitis
    Cæléstis Agnus áttigit :
    Peccáta, quæ non détulit,
    Nos abluéndo sústulit.

    Novum genus poténtiæ :
    Aquæ rubéscunt hýdriæ,
    Vinúmque jussa fúndere,
    Mutávit unda oríginem.

    Jesu tibi sit glória,
    Qui apparuísti Géntibus,
    Cum Patre, et almo Spíritu,
    In sempitérna sǽcula. Amen.

    Pourquoy crains-tu d’un Roy la naissance nouvelle,
    Herode, tyran furieux ?
    Celuy qui donne aux siens la couronne des cieux,
    Ne ravit point aux Rois leur couronne mortelle.

    Les mages appellez du climat de l’aurore,
    Suivent l’étoille qui leur luit :
    Pour trouver la clarté, la clarté les conduit :
    Leur foy marque en leurs dons que c’est Dieu qu’elle adore.

    L’Agneau saint en ce jour dans l’onde consacrée
    Plonge sa céleste blancheur ;
    Et portant sans peché l’humble éclat de pecheur,
    Rend par ce Sacrement l’ame impure épurée.

    O puissance inouïe ! ô nouvelle avanture !
    L’eau se change dans les vaisseaux ;
    Et perd devenant vin, la nature des eaux,
    Pour suivre les arrests du Dieu de la nature.

    Qu’on adore le Pere, & l’Esprit ineffable,
    Et toy IESVS Sauveur naissant,
    Qui faisant craindre aux Rois ton sceptre tout-puissant
    Parois Dieu dans l’enfance, & Roy dans une étable.

  • L’observatoire d’al-Azhar

    En 2014, l’université islamique d’al-Azhar, pour montrer qu’elle était parfaitement en phase avec le nouveau pouvoir égyptien et avec le padamalgam mondial, a créé un « observatoire », instrument de surveillance et de dénonciation de la diffusion de « doctrines extrémistes et radicales » dans les médias. On devait comprendre qu’il s’agissait de la contribution de la lutte d’al-Azhar contre l’islamisme, conformément aux déclarations de son grand imam. Comme par Azhar, on n’a jamais rien vu venir... Or, voici que l’observatoire d’al-Azhar se réveille tout à coup. Pour dénoncer… des émission télévisées chrétiennes.

    L’observatoire accuse l’Eglise copte de diffuser, via sa chaîne satellitaire al-Hayat, des programmes violemment anti-musulmans qui « font croître la haine et le ressentiment et menacent la sécurité de la société et diffusent des idées extrémistes ».

    Un porte-parole de l’Eglise copte a pu faire savoir dans une émission de télévision que les coptes n’avaient rien à voir avec cette chaîne de télévision et donc qu’ils n’y étaient pour rien. Un commentateur copte, Isaac Ibrahim a quant à lui dénoncé le fait que la déclaration provocatrice de l’observatoire d’al-Azhar contre l’Eglise copte ait lieu au moment des fêtes de Noël (le Noël copte et le 7 janvier).

    En effet, al-Hayat est une chaîne évangélique, appartenant à « Joyce Meyer ministries », une grosse entreprise d’« évangélisation » basée dans le Missouri (773 employés). Joyce Meyer étant une femme qui, répondant à l'appel de Dieu, a écrit « plus de 100 livres » et dont al-Hayat diffuse chaque jour une nouvelle vidéo…

  • Le P. Dhiya Azziz a été libéré

    Hier soir, la Custodie de Terre Sainte a diffusé un bref communiqué informant de la libération du Père Dhiya Azziz OFM, le religieux qui avait disparu le 23 décembre.

    La Custodie ne donne aucun détail « pour des raisons de réserve » et remercie « tous ceux qui nous ont aidés à le libérer ».

    Le P. Dhiya Azziz avait déjà été pris en otage par un groupe de en juillet dernier par des jihadistes et libéré quelques jours plus tard.

    C’est un prêtre tiroir-caisse ?

  • Quand Jésus demande pardon…

    J’avoue qu’il y a désormais assez longtemps que je n’ai pas lu un texte de François. Ma religion est faite, si j’ose dire, et je ne suis pas masochiste. Raison de plus pour ne rien voir de ce qu’il a pu dire autour de Noël. J’en étais resté à son dépôt de chaussures devant la divinité climatique le premier dimanche de l’Avent.

    J’apprends par Benoît et moi que François est monté d’un cran, et d’un cran décisif, dans le blasphème, le 27 décembre, jour selon la néo-liturgie de la « fête de la Sainte Famille ». Commentant l’« escapade » de Jésus à 12 ans, il a « supposé » que, face au « reproche » de Marie, Jésus a fait « des excuses à ses parents », pour montrer que ce sont des moments qui « se transforment en opportunité de croissance, en occasion de demander pardon et de le recevoir ».

    Danilo Quinto, relevant cette énormité, rappelle que François, le 20 décembre 2013, avait dit que Marie avait pu penser que l’archange Gabriel lui avait menti et l’avait trompée. En fait, François a récidivé sur ce point, et de façon spectaculaire, le 11 juillet dernier, au grand sanctuaire marial du Paraguay, quand, trois fois de suite, il a déclaré que Marie avait pu douter de ce que l’ange lui avait dit.

    Puisque la Mère de Dieu peut réagir ainsi, il va de soi que le Christ lui-même est accessible, non seulement au doute, mais au péché (car on ne demande pas pardon si l’on n’a pas péché). Il faut oser, assurément, mais ce pape ose tout.

    Le problème, évidemment, est que, s’il en est ainsi, le Christ n’est pas Dieu.

    Danilo Quinto ne sait pas s’il doit éprouver de la compassion ou de la peur : compassion devant un pape qui ne sait pas ce qu’il dit, ou peur devant un pape qui sait très bien ce qu’il fait.

    Pour ma part je n’éprouve, une fois encore, que du dégoût.

  • (Vigile de l’Epiphanie)

    Les parenthèses indiquent que je fais une entorse à l’ordo de 1960 que je m’efforce de suivre habituellement puisque c’est celui de la « forme extraordinaire du rite romain ».

    Cette vigile, supprimée par Pie XII, est pourtant exceptionnelle à plus d’un titre. D’abord elle n’est en rien pénitentielle et elle est en ornements blancs, il n’y avait donc pas besoin de la supprimer pour éviter un jour de jeûne… Elle est la seule de l’année liturgique à avoir des « premières vêpres» (en fait des vêpres, tout court, puisque les vigiles ne peuvent pas avoir de deuxièmes vêpres). Et ces vêpres reprennent les somptueuses antiennes de l’octave de la Nativité, que l’on retrouvera aux heures du jour. Tout l’office est un concentré de la liturgie de la Nativité, notamment aussi par les répons des matines. Et la messe, en dehors de l’évangile, est celle du dimanche dans l’octave de la Nativité, avec son introït Dum medium silentium

    On constate que cette messe commence par l’annonce mystique de la Nativité du Verbe fait chair au milieu de l’obscurité (qui est aussi l'antienne du Benedictus), et se termine par l’indication que la Sainte Famille revient d’Egypte pour s’installer à Nazareth. Cette antienne de communion est reprise de l’évangile spécifique de la vigile de l’Epiphanie. Tandis que l’évangile de l’octave de la Nativité était celui de la Circoncision, et celui du dimanche dans l’octave de la Nativité évoquait ce qu’on disait de Jésus au moment de la Présentation (c’est exactement la suite de l’évangile du 2 février), se terminant ainsi : « Lorsqu’ils eurent accompli tout ce qui était selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. L’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. » Cette dernière phrase était aussi l'antienne du Magnificat.

    Autrement dit, alors que va s’ouvrir la fête de l’Epiphanie, toute la petite enfance du Christ a été célébrée. A l’exception de la visite des mages. Echo d’une époque lointaine où la liturgie de Noël ne s’était pas encore déployée jusqu’au 2 février. Curieusement, alors que la liturgie byzantine célèbre la visite des mages le jour même de Noël, et va célébrer le baptême de Jésus le jour de l’Epiphanie, la liturgie latine célèbre les mages après avoir évoqué la plupart des mystères de la Nativité et de l’enfance. Les mages et le baptême et les noces de Cana. Et c’est le début de la « vie publique » du Seigneur.

  • Brexit

    Dans le Times, six députés conservateurs élus l’an dernier affirment que David Cameron ne réussira pas à faire fléchir l’UE et qu’ils voteront en faveur du retrait du Royaume-Uni lors du référendum. Deux autres de ces députés qu’on appelait les « bébés Cameron » seraient sur le point d’en faire autant. En fait ces députés étaient connus comme souverainistes, mais ils n’avaient pas encore pris ouvertement cette position qui résonne comme un défi envers le Premier ministre (chef du parti).

    D’autre part, un sondage chez les chefs d’entreprises du Footsie (le CAC 40 britannique) fait apparaître que 62% d’entre eux veulent rester dans l’UE. Mais ils étaient 74% l’an dernier. Et 28% de ceux qui ne prennent pas position déclarent qu’ils attendent de voir ce que Cameron obtiendra.