12 août 2014

Sainte Claire

En ce temps-là, la sainte Eglise était secouée parles guerres du schismatique empereur Frédéric et le val de Spolète but le calice amer de sa fureur plus souvent que les autres pays. Le dit monarque avait envoyé dans cette vallée plusieurs escadrons et compagnies de gens armés, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de Sarrazins et de nombreux archers; ils fourmillaient comme un essaim d'abeilles et couvraient toute la terre. Ils brûlaient et démolissaient villes, forteresses et châteaux, coupaient les arbres, rasaient les vignes et les jardins, prenaient hommes, femmes et enfants pour les tuer ou les jeter en prison. Les habitants d'Assise, épouvantés, s'étaient enfuis à leur approche, à l'exception d'un très petit nombre. Bientôt, en effet, la rage des ennemis se tourna vers la cité qui était spécialement chère au Seigneur. Les Sarrazins, gens pleins de malice et de cruauté, toujours prêts à répandre le sang chrétien, coururent d'abord au monastère des Pauvres Dames. Avec une frénétique et bestiale audace, ils entrèrent dans le cloître en escaladant les murs. Les pauvres Sœurs eurent tant d'effroi que leurs cœurs tremblaient dans leurs corps. Tout en larmes, elles se pressèrent au chevet de leur bonne Mère, qui était alors couchée et gravement malade, et lui dirent la raison de leur épouvante. Sans aucune crainte, la douce vierge Claire réconforta ses filles en disant :

« — Mes Sœurs et filles, ne craignez rien, si Dieu est avec nous, que pourront nous faire ses ennemis ? Confiez-vous en Notre Seigneur Jésus-Christ, car il vous délivrera. »

Elle se fit alors conduire jusqu'à la porte et mettre devant les barbares. Puis elle ordonna d'apporter le corps de Notre Seigneur, lequel était précieusement enfermé dans une petite cassette d'argent, recouverte d'une autre en ivoire. La séraphique Claire recommanda à la Fleur de la virginité, Notre Seigneur Jésus-Christ, celle de ses filles, et, se prosternant à terre, le pria avec beaucoup de larmes, disant :

« — Te plaira-t-il, mon doux Jésus, que tes servantes sans défense, que j'ai toujours nourries du lait savoureux de ton très doux amour, tombent maintenant aux mains de ces païens ? O mon Seigneur Jésus ! qu'il te plaise de garder tes pauvres servantes, car je ne les puis sauver maintenant ! »

Lorsqu'elle eut dit ces paroles, Madame Sainte Claire et les deux Sœurs qui la soutenaient, sœur Françoise de Colle di Mezzo et sœur Illuminata, de Pise, ouïrent une voix d'enfant qui répondit avec une infinie douceur.

« — Je vous garderai toujours. »

Claire répliqua :

« — Je te prie, mon Seigneur, s'il te plaît, de garder aussi cette ville, car pour ton amour elle nous donne de quoi vivre. »

Et Notre Seigneur répondit encore :

« — La ville n'aura aucun mal par ma grâce, et pour ton amour, je la délivrerai. »

A cette voix merveilleuse, le visage de la sainte fut irradié de lumière, de sorte que les Sœurs étaient en grande admiration ; la séraphique vierge, levant vers le ciel ses yeux pleins de larmes, commença à réconforter ses filles, leur disant :

« — Je vous commande, mes belles filles, de vous consoler et de n'avoir aucune peur, ayez confiance et espérance en Dieu, car les Sarrazins ne vous feront pas de mal. »

Chose admirable, soudain tous ces méchants chiens qui étaient entrés avec tant de férocité dans le cloître furent saisis d'un si grand effroi que, remontant par-dessus les murs, ils s'enfuirent en hâte. Et c'est ainsi qu'ils furent chassés par la vertu de l'oraison de Madame Sainte Claire. Ni les Sœurs, ni le moutier, ni le jardin ne subirent aucun dommage, et peu après les Sarrazins partirent sans troubler la cité d'Assise.

Cette invasion de Saint-Damien eut lieu au mois de septembre [1242], un vendredi, à trois heures environ, et la très douce vierge Claire, ce soir-là, dans sa profonde humilité, appela les deux Sœurs qui seules avaient ouï la voix et leur commanda de n'en parler à personne tant qu'elle vivrait.

Thomas de Celano, Vie de sainte Claire, ch. 16

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11 août 2014

Saint Tiburce et sainte Suzanne

Saint Tiburce, selon les Actes, était le fils du préfet Chromatius, et il fut mis à mort sous Dioclétien. Son corps fut enseveli dans le cimetière ad duas Lauros, non loin de ce qui devint plus tard la villa impériale de Constantin sur la voie Labicane.

Damase y plaça l’inscription suivante :

TEMPORE • QVO • GLADIVS • SECVIT • PIA • VISCERA • MATRIS
EGREGIVS • MARTYR • CONTEMPTO • PRINCIPE • MVNDI
AETHERIS • ALTA • PETIT • CHRISTO • COMITANTE • BEATVS
HAEC • TIBI • SANCTVS • HONOR • SEMPER • LAVDESQVE • MANEBVNT
CARE • DEO • VT • FOVEAS • DAMASVM • PRECOR • ALME • TIBVRTI

Quand le glaive du persécuteur transperçait le sein de la Mère Église,
ce noble martyr, méprisant les ordres du prince temporel,
suivit, bienheureux, le Christ au royaume céleste.
Cela t’a mérité les honneurs de la liturgie sacrée et une louange impérissable.
O saint martyr Tiburce, cher à Dieu, je te supplie de protéger Damase.

Grégoire IV transféra le corps de Tiburce à Saint-Pierre, et, dans l’Ordo Romanus XI, nous lisons que le Pape, avant de commencer les vigiles solennelles au Vatican, allait encenser l’autel de saint Tiburce.

La liste des Évangiles de Würzbourg, d’accord avec la plus ancienne tradition romaine, n’indique que la seule messe de saint Tiburce, avec la lecture évangélique : Hoc est praeceptum meum, comme pour la vigile des Apôtres. Sainte Susanne est venue plus tard.

Bienheureux cardinal Schuster

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10 août 2014

9e dimanche après la Pentecôte

Et comme il approchait de Jérusalem, voyant la cité, Jésus pleura sur elle.

Jésus vient de Béthanie, par le mont des Oliviers. Béthanie, où il a pleuré la mort de son ami Lazare avant de le ressusciter. Le mont des Oliviers, où il sera triste à en mourir, et où son corps lui-même tout entier pleurera des larmes de sang.

Jésus descend du mont des Oliviers, du mont de l’Agonie, pour remonter, au-delà du Cédron, vers Jérusalem, vers le Temple du Dieu vivant.

C’est le triomphe des Rameaux, mais Jésus descend dans la mort. Puis il ressuscite et entre dans le Temple de sa gloire, maison de prière qu’il débarrasse de tout négoce du monde des mortels.

Pleurant sur Jérusalem, Jésus annonce de façon précise la destruction de la ville sainte par les Romains. Parce qu’elle n’a pas connu le temps où elle a été visitée. Jésus ne pleure pas sur les pierres mais sur les âmes. Or une autre Jérusalem va succéder à la première : l’Eglise. Dont nous sommes les membres. Origène : « Nous sommes nous-mêmes la Jérusalem sur laquelle le Seigneur pleure : quand malgré la connaissance de l’Evangile, l’enseignement de l’Eglise et ses sacrements, l’un de nous vient à pécher, il y a lieu de gémir et de pleurer sur lui. »

C’est sur nous que pleure Jésus. Mais nous pouvons encore connaître le temps de sa visitation. Nous pouvons connaître aujourd’hui, in hac die, ce qui nous donnera la Paix, Celui qui est notre paix.

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09 août 2014

Les Américains défendent les Américains

Les Américains ont lancé des raids aériens contre les jihadistes de l’Etat islamique.

Non, ce n’est pas pour protéger les chrétiens.

Oui, c’est protéger les Américains : leurs agents installés à Erbil. Le Pentagone l’a dit ouvertement dès la première frappe, et Obama l’a redit officiellement.

Les Américains soutiennent les Kurdes d’Irak depuis très longtemps (c’est à partir du Kurdistan qu’il avaient essayé de monter des attentats contre Saddam Hussein, puis ils s’étaient établi sur place dès la première guerre du Golfe.) Il y a donc de nombreux Américains à Erbil, et il ne faut pas que l’Etat islamique arrive à Erbil.

Ce n’est pas une bonne nouvelle. Car cela veut dire – comme on commençait déjà à le comprendre et comme l’avait dit le patriarche chaldéen – que les peshmergas ne font plus le poids face à l’armée de l’Etat islamique, et que non seulement ils ont dû abandonner les chrétiens, mais qu’ils reculent dans la défense de leur capitale.

C’est ainsi que se trouve confirmée l’information qu’avait donnée l’agence Fides : ce sont les Amércains qui ont demandé aux peshmergas d’abandonner Qaraqosh, la ville entièrement chrétienne (syro-catholique), sans combattre. Sous-entendu : parce que vous devez défendre les Américains à Erbil et non les chrétiens à Qaraqosh.

Autrement dit c’est Obama qui est responsable de l’exode de Qaraqosh et de tous les chrétiens de la plaine de Ninive.

Il y a dans cette horreur une bonne nouvelle, néanmoins. C’est que si les Américains veulent rester implantés à Erbil, ils ont les moyens de permettre aux Kurdes de rester maîtres de leur territoire. Et donc de pouvoir accueillir les chrétiens. Puisque nous sommes providentiellement dans une phase où les Kurdes accueillent les chrétiens…

3.000 euros pour avoir dit que l’islam est une « saloperie »

Christine Tasin, qui s’était fait connaître notamment à Riposte laïque et a fondé Résistance républicaine, a été condamnée à 3.000 euros d’amende dont la moitié avec sursis pour avoir dit que « l’islam est une saloperie ».

Il paraît que c’est de l’incitation à la haine raciale.

En fait on devrait condamner les haineux racistes islamophobes à des séances de rééducation. Où ils apprendraient par cœur : « L’islam est un bienfait pour Mossoul », « L’islam est un bienfait pour Qaraqosh », « L’islam est un bienfait pour Alep », « L’islam est un bienfait pour les chrétiens du Pakistan », « L’islam est un bienfait pour les coptes ». Etc. En plus, ça leur ferait apprendre la géographie.

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Laos : les cinq chrétiens acquittés

Les cinq chrétiens qui avaient été accusés de meurtre pour avoir rendu visite à une chrétienne mourante ont été acquittés mercredi. Le bureau du procureur a établi qu’ils n’avaient « commis aucun acte criminel ».

Mais… ils restent en prison. Parce que ce sont les autorités du district qui ont le pouvoir de les relâcher…

La vérité sur Ciudad del Este

513e0f46a15d90bea9c2968c604895d6_XL.jpgSuite à diverses accusations contre l’évêque « ultra-conservateur » de Ciudad del Este (Paraguay), Mgr Rogelio Livieres Plano, et son vicaire général Mgr Carlos Urrutigoity, le pape avait décidé une visite apostolique du diocèse. Le but était de destituer cet évêque prévaricateur et son vicaire général pédophile, et bien sûr de fermer le séminaire ultra-florissant que l’évêque avait osé ouvrir et qui brisait le monolithisme progressiste du séminaire national du Paraguay. En bref il fallait mettre un terme à cette insupportable exception de Ciudad del Este, où la doctrine catholique est enseignée, où la messe de saint Pie V est partout honorée (à commencer par le séminaire diocésain), où une vie vraiment catholique fait honte aux autres évêques.

Mais l’affaire a fait pschitt. Le seul résultat de la visite apostolique est que les ordinations prévues pour le 15 août ont été « suspendues » - sans doute pour donner un os à ronger aux distingués diffamateurs épiscopaux et médiatiques. On a dit que le vicaire général avait été lui aussi suspendu, mais en fait c’est l’évêque qui l’avait suspendu, par esprit d’apaisement, en attendant la fin de l’histoire.

Les très graves accusations lancées contre l’évêque et contre son vicaire général n’ont pas été retenues par les visiteurs parce qu’elles sont purement calomnieuses. Néanmoins on continue et on continuera de les voir répétées par tous ceux qui appellent « ultra-conservateur » un pasteur simplement catholique. Sur le site du diocèse on trouve un texte qui démonte point par point les accusations. J’ai entrepris de le traduire et on le trouvera ci-dessous. Il est long, mais je crois qu’il est utile de le connaître. Je précise que chacune des affirmations de ce texte est appuyée par des documents indiqués en note et qu’on peut consulter (il y a 57 documents en lien sur le texte original).

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17:14 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (6)

De la Sainte Vierge le samedi

Fuit vir unus de Ramáthaim Sophim, de monte Ephraim. Potest, huius montis nómine, beatíssima semper Virgo Maria, Dei Génitrix, designari. Mons quippe fuit, quæ omnem electæ creaturæ altitúdinem, electiónis suæ dignitate, transcéndit. An non mons sublimis Maria, quæ, ut ad conceptiónem æterni Verbi pertingeret, meritórum vérticem, supra omnes Angelórum choros, usque ad sólium Deitátis eréxit? Huius enim montis præcellentíssimam dignitátem Isaías vatícinans, ait: Erit in novíssimis diébus præparátus mons domus Dómini in vértice móntium fuit, quia altitúdo Maríæ supra omnes Sanctos refulsit.

« Il y avait un homme de Ramathaïm-Sophim, dans la montagne d’Ephraïm… » (1 Rois, 1). La bienheureuse Vierge Marie mère de Dieu peut bien être désignée par le nom de cette montagne. Elle a été en effet comme une montagne, puisque par la dignité du choix qui en a été fait elle a surpassé tout ce qu’il y a de grandeur dans les créatures les plus excellentes. Ne peut-on pas dire que Marie est une montagne élevée, puisque pour être élevée à la dignité de mère du Verbe éternel, ses mérites l’ont élevée au-dessus de tous les chœurs des anges, et l’ont comme portée jusqu’au trône de la divinité. C’est de cette montagne dont par un esprit prophétique Isaïe relève l’éminente dignité, et dit : « Dans les derniers temps, la montagne sur laquelle sera bâtie la maison du Seigneur sera fondée sur le haut des monts. » Elle a été vraiment fondée sur le haut des montagnes, puisqu’elle a été élevée au-dessus de tous les saints.

Saint Grégoire le Grand, commentaire des livres des Rois, lecture des matines. Traduction du bréviaire bénédictin latin-français de 1725.

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08 août 2014

Saint Jean-Marie Vianney

C'est en 1921 seulement, à quatre-vingt-trois ans sonnés, que Mme Barrois, une paroissienne de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, confia à l'un des vicaires, M. l'abbé Laminette, ses souvenirs d'Ars, qui remontaient à 1847. « Soixante-quinze ans après, c'est bien tard ! » se récriera-t-on peut-être. Mais, outre qu'il n'est jamais trop tard pour révéler des choses intéressantes, ajoutons, avec l'abbé Laminette, que Mme Barrois était encore en 1921 « une personne à l'intelligence très lucide ». Du reste, plus d'une fois déjà elle avait raconté son histoire sans qu'on en communiquât le détail au presbytère d'Ars. Heureusement, M. le vicaire de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou y a pensé. « Il fallait observer, dans la narratrice, rapporte-t-il, la vivacité du regard qui semblait contempler le saint Curé et revivre la scène lointaine. »

En 1847, dans la région d'Ars, il y avait une famille dont la mère n'était pas heureuse parce que le père se comportait comme un homme sans foi. Leur fille, qui avait neuf ans, était malheureuse aussi, parce que son papa faisait pleurer sa maman. « Oh ! ma petite, disait souvent celle-ci, il faut bien prier pour le papa. Le papa n'est pas gentil ! »

Ce que ces paroles signifiaient, l'enfant avait peine à le comprendre. Tout ce qu'elle savait, c'est que sa mère avait de grands chagrins. On parlait beaucoup du Curé d'Ars à l'école où allait l'enfant. On disait qu'il « consolait les affligés ». Elle demanda ce que ces mots-là, au juste, voulaient dire. Une maîtresse les lui expliqua. Elle comprit. Alors, il se fit dans sa petite tête tout un travail : oui, elle aussi, puisqu'elle était une affligée, elle irait demander au bon Curé d'Ars de la consoler !

Un beau soir, toute seule, à la sortie de l'école, elle partit. Ars, où était-ce ? Elle l'ignorait. Elle marcha sur une route qui devait l'y mener, pensait-elle. A force de marcher, elle arriva dans un grand village inconnu. La nuit tombait.

« C'est ici Ars, madame ? demanda l'enfant à une femme qu'elle rencontra.

— Tu vas à Ars, ma petite ? Mais ce n'est pas tout à fait le chemin ici.

— Oh ! moi qui voudrais tant parler à M. le Curé !... »

La pauvrette avait une telle sincérité dans la voix, une telle candeur dans le regard, que la femme en fut touchée.

« Ma petite, lui dit-elle maternellement, tu dois avoir faim. Et il fait noir. Viens à la maison. »

La jeune voyageuse fut donc hospitalisée, restaurée et logée pour la nuit. Le lendemain, les gens de foi qui l'avaient recueillie, au lieu de la renvoyer chez elle, la firent conduire à Ars en voiture.

L'impression qu'éprouva en pénétrant dans l'église du saint cette enfant de neuf ans fut si forte que, soixante-quinze années plus tard, elle semblait la ressentir encore. Elle se crut perdue dans cette foule. Ah ! songeait-elle, il ne me verra pas, et je ne lui parlerai jamais !

Pauvre petit cœur endolori ! Tout au fond de l'église, la tête dans ses mains, la fillette pleurait, secouée par les sanglots... Or la porte de la sacristie s'était ouverte et là-bas, sous l'arcade sombre du clocher, le Curé d'Ars faisait un geste d'appel.

« Moi, mon Père ?... Vous m'appelez, mon Père ?... » questionnaient des pèlerins que paraissait désigner la main tremblante. Mais le saint leur faisait signe que non. Cependant, il insistait.

« Mais c'est vous, ma petite fille, c'est vous qu'il appelle ! Allez donc ! » dirent soudain à l'enfant de charitables voisines.

Et tout le monde fut étonné de voir s'avancer vers le Curé d'Ars, toute seule comme elle était venue, cette chétive gamine aux yeux pleins de larmes.

Dès qu'elle fut agenouillée au confessionnal de la sacristie, M. Vianney lui dit avec une grande douceur :

« Mon enfant, vous allez vous confesser bien vite, car chez vous on est inquiet et l'on vous cherche... Aimez bien le bon Dieu !... Vous vivrez longtemps, ma petite... Oh ! vous aurez des croix, beaucoup de croix... Mais ne vous tourmentez plus : le papa fera une mort bien chrétienne... Écoutez, mon enfant, la prière que vous réciterez chaque jour : Mon Dieu, venez en moi, pour que vous demeuriez en moi et que je demeure en vous... ».

Que de fois la fillette devenue jeune fille, puis épouse, puis veuve, se les redit, ces paroles du saint restées si profondément gravées dans sa mémoire ! Fidèle à la recommandation de M. Vianney, elle répétait, dans ses prières quotidiennes, la belle invocation qu'il lui avait apprise.

« Hélas ! confiait-elle à M. l'abbé Laminette, à neuf ans je ne comprenais guère ce que c'était que des croix. Je ne l'ai que trop bien compris plus tard !... Mais enfin, mon père fit une mort très chrétienne, et moi, me voilà bien vieille. Toutes les prédictions du saint Curé d'Ars à mon endroit se sont réalisées. »

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07 août 2014

Qaraqosh une nouvelle fois vidée de ses habitants

A minuit, les forces kurdes ont fait savoir à l’évêque de Qaraqosh qu’elles n’étaient plus en mesure d’assurer la sécurité de la ville. (Elles ont lancé une offensive contre les jihadistes à 40 km seulement de leur capitale Erbil.) L’Etat islamique s’est emparé de la ville et de plusieurs villages chrétiens des alentours. Les habitants (plus de 40.000 catholiques syriaques) ont tous fui, comme cela avait déjà été le cas fin juin. Cette fois-là, ils étaient revenus quelques jours après, sous la protection des forces kurdes. Mais la situation a changé. Toute la plaine de Ninive est désormais aux mains de l’Etat islamique, et les Kurdes doivent se battre chez eux…

Voir le témoignage du cardinal Filoni et du patriarche chaldéen.

Saint Donat

Aujourd’hui c’est la fête de saint Gaétan de Thiene, que j’ai évoqué plusieurs fois. Cette fête a éclipsé celle de saint Donat, dont demeure néanmoins la commémoraison. Evêque d’Arezzo au IVe siècle, saint Donat est le patron d’Arezzo et de nombreuses autres villes d’Italie.

Deus, tuórum glória sacerdótum : præsta, quǽsumus, ut sancti Martyris tui et Epíscopi Donáti, cuius festa gérimus, sentiámus auxílium. Per Dóminum…

Sa qualité de martyr a été contestée car les plus anciens martyrologes et sacramentaires ne lui donnent pas ce titre. Mais on remarque dans cette oraison l’expression originale « tuorum gloria sacerdotum » : Dieu, qui es la gloire de tes prêtres. Le bienheureux cardinal Schuster explique : « Jésus est la gloire de ses prêtres, parce que le caractère sacerdotal imprime dans l’âme une spéciale conformité au Christ, Pontife éternel. Cette conformité qui, dans la vie présente, confère au ministre sacré la puissance efficace d’agir au nom du Christ dans l’administration des Sacrements, constituera aussi au ciel un titre éclatant de gloire. »

06:31 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

06 août 2014

Une leçon inattendue d’euroscepticisme

Hier soir avait lieu le premier débat télévisé en Ecosse entre un partisan de l’indépendance (le Premier ministre Alex Salmond) et un partisan du maintien dans le Royaume Uni (le député travailliste et ancien ministre britannique des Finances Alistair Darling). Le référendum aura lieu le 18 septembre.

Le Parti national écossais ayant finalement décidé que l’Ecosse indépendante n’adopterait pas l’euro, Alistair Darling a demandé à Salmond, sans obtenir de réponse, ce que serait son plan B si le reste du Royaume-Uni ne permettait pas à une Ecosse indépendante de conserver la livre. Car dans cette configuration l’Ecosse utiliserait la livre sans bénéficier de l’union britannique, ce qui serait désastreux pour l’Ecosse. Et de citer en exemple l’eurozone, pour montrer qu’une union monétaire sans union politique est une « stupidité sur échasses »…

16:33 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4)

Un Afghan en formation…

Un soldat afghan du centre de formation militaire de Kaboul administré par les Britanniques a ouvert le feu autour de lui, tuant un général américain et blessant de nombreux autres militaires, dont un général allemand. De nombreux soldats sont grièvement blessés. L’Afghan a été tué.

Le major général Harold Greene est l'officier américain au grade le plus élevé tué dans l'exercice de ses fonctions depuis la guerre du Vietnam.

Exode ukrainien

Environ 730.000 personnes ont quitté l'Ukraine pour la Russie depuis le début de l'année, selon le directeur pour l'Europe de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Les Russes sont très méchants, mais on se réfugie chez eux par centaines de milliers...

Un nouveau lobby homosexuel dans les écoles

L’association Le Refuge, spécialisée dans l’aide aux jeunes homosexuels en rupture familiale (mais oui), a obtenu un agrément du ministère de l’Education nationale pour mener elle aussi ses « actions de sensibilisation » dans les écoles.

En fait ce lobby intervient déjà depuis 2010 dans des lycées du Languedoc-Roussillon, plus récemment en PACA et en région parisienne.

La GPA comme fournisseur de viande fraîche ?

On découvre que l’Australien qui a abandonné « son » enfant trisomique à la mère porteuse thaïlandaise avait été condamné à trois mois de prison pour agressions sexuelles sur mineures : des fillettes de moins de dix ans, puis à un an de prison pour violences sur mineure…

Les services de protection de l'enfance d'Australie occidentale font savoir qu’« une enquête est conduite afin de s'assurer de la sécurité et du bien-être » de la sœur jumelle du trisomique abandonné, aujourd'hui âgée de 7 mois…

Profanation à Thonon

Lu sur Le Messager (via FDesouche):

« Mardi 5 août à Thonon-les-Bains, un peu avant 8 heures, un homme d'une trentaine d'années a commis en quelques minutes de très importants actes de vandalisme à l'église Saint-Hippolyte et dans la basilique Saint-François-de-Sales contiguë : avec une force peu commune, l'individu a renversé et cassé deux autels, les candélabres et les lutrins, détruit des statues, arraché un tabernacle, tordu une croix en bronze massif, défoncé une porte de sacristie et même abîmé des vitraux. Les dégâts, particulièrement impressionnants, se chiffreront assurément en milliers d'euros, le mobilier touché datant souvent des XVIIIe et XIXe siècles. »

Bien entendu, il s’agit d’un musulman. Et bien entendu, comme il s’agit d’un musulman vandalisant un lieu de culte chrétien, on n’est pas sûr du mobile religieux et l’homme pourrait simplement avoir été victime d'une crise de démence, dit le journal... C’est dément, comme les déments (musulmans) n’attaquent que des églises…

Le curé précise :

« Il y a eu profanation mais aussi sacrilège, les saintes espèces ayant été piétinées. »

Certainement par mégarde.

Au Nigeria

Dimanche dernier, à Ungwar Poppo, dans l’Etat de Kaduna, au nord du Nigeria, des hommes armés de fusils mitrailleurs ont ouvert le feu à l’entrée de l’église catholique pendant la messe. Ils ont tué le gardien et blessé plusieurs personnes dont certaines grièvement.

Les assaillants seraient des bergers Fulani, qui attaquent régulièrement les paysans de la région. « L’affrontement traditionnel entre bergers musulmans et agriculteurs chrétiens semble avoir fait un saut qualitatif depuis que les Fulanis disposent d’armes sophistiquées, peut-être obtenues auprès de la secte islamiste Boko Haram », note l’agence Fides.

D’autre part, on a appris que l’attaque de l’église Saint-Charles de Kano, le dimanche précédent, était un attentat suicide perpétré par une jeune fille : « La jeune fille était âgée de 17 ou 18 ans – déclare à l’Agence Fides le Père Valentin, de la Société des Missions africaines. Les militaires qui protègent l’église l’avaient vue s’arrêter à l’entrée et s’étaient étonnés du fait qu’elle était couverte de la tête aux pieds lorsque la bombe qu’elle cachait a explosé. Outre l’auteur de l’attentat, quatre autres personnes ont trouvé la mort à cette occasion alors qu’environ 70 ont été blessées. J’ai emmené certains blessés à l’hôpital. Malheureusement, trois des personnes hospitalisées sont mortes par la suite. »

« Israël a le droit de se défendre »

La situation à Gaza, où chaque heure meurt un enfant, décrite par l’agence Fides :

La vague de violence continuelle et la crise humanitaire qui touchent gravement la population de la bande de Gaza ne s’arrêtent pas, les victimes les plus vulnérables étant en particulier les enfants (voir Fides 25/07/2014). Jusqu’ici, 408 enfants au moins sont morts et 2.500 autres ont été blessés au cours de l’offensive terrestre et aéronavale israélienne. Les mineurs palestiniens constituent la moitié des 1,8 millions d’habitants de la zone touchée. Par ailleurs, 70% des décès concernent des enfants de moins de 12 ans alors que 900.000 enfants de cette même tranche d’âge continuent à vivre un véritable cauchemar, nombre d’entre eux ayant été gravement mutilés. 370.000 autres ont un besoin urgent de soutien psychologique. En outre, à cause de l’épuisement du carburant, près d’un million d’enfants se trouvent privés d’électricité, d’eau et de services médicaux. Les structures sanitaires sont au bord du précipice suite à l’augmentation du nombre d’accouchements prématurés causés par des traumatismes et par le manque de médicaments. Certains hôpitaux ne disposent du carburant nécessaire aux groupes électrogènes seulement que pour 4 ou 5 jours encore. Suite aux attaques aériennes ayant visé la seule centrale électrique de Gaza, les résidents ne peuvent disposer d’énergie électrique que deux heures par jour au mieux. Aucun ravitaillement en eau n’a été rendu possible sachant que les pompes des eaux usées ne fonctionnent plus et que des dernières se déversent donc dans les rues, causant de sérieuses préoccupations liées au risque de diffusion de maladies dans les refuges surpeuplés. L’effondrement complet du système sanitaire et des infrastructures à Gaza serait catastrophique pour les enfants qui paient déjà de leur vie, l’un d’entre eux mourant toutes les heures. Selon un rapport du Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA), depuis le début du conflit, environ 2.000 personnes, en majorité des civils, ont trouvé la mort.

Voir aussi l’appel du patriarche latin de Jérusalem à l’Aide à l’Eglise en Détresse.

Tant de morts, de souffrances, de destructions, de haine de part et d’autre, depuis 60 ans, pour RIEN. Dans quelques années, les juifs seront minoritaires en Palestine (Israël + Territoires palestiniens). Donc dans quelques décennies l’Etat d’Israël n’existera plus. C’est arithmétique. On comprend que ça les énerve. Mais s’ils veulent garder leur pays ce n’est pas quelques massacres qui suffiront, il faudra un vrai génocide.

La scandaleuse levée de la suspense a divinis de Miguel d’Escoto

« Le Pape François a approuvé la révocation de la suspension a divinis du père Miguel d’Escoto », nous a appris hier radio Vatican.

Miguel d’Escoto fut une figure de proue de la théologie de la libération, ce que Radio Vatican traduit ainsi :

« Très engagé en faveur de la justice sociale, des pauvres et des populations défavorisées, il avait été l’un des fondateurs, à New York, du Groupe des Douze, composé d’intellectuels et de membres de professions libérales, qui a soutenu le Front Sandiniste de Libération Nationale dans sa lutte pour renverser le dictateur Somoza. »

Puis il fut pendant plus de dix ans ministre des Affaires étrangères du gouvernement sandiniste (communiste à la sauce cubaine). Lors de la première visite de Jean-Paul II au Nicaragua, il avait organisé pour le pape, avec ses compères Ernesto Cardenal, ministre de la Culture, et Fernando Cardenal, ministre de l’Education, une messe révolutionnaire, qui se déroulait devant les portraits géants des fondateurs du Front sandiniste de libération nationale.

Jean-Paul II, qui avait publiquement critiqué l’activité politique de ces trois prêtres (au moment où le régime sandiniste faisait la guerre aux chrétiens), finit par les suspendre a divinis en 1985.

Radio Vatican poursuit ainsi :

« Depuis quelques années, il avait abandonné son engagement politique. Il avait adressé une lettre au Saint-Père pour manifester son désir de recommencer à célébrer l’Eucharistie avant de mourir. »

Or voici la vérité. Par Miguel d’Escoto lui-même, qui était interrogé hier à la télévision du Nicaragua. Il a révélé que la levée de la sanction avait été rendue possible grâce au soutien du nonce apostolique au Nicaragua, Mgr Fortunatus Nwachukwu, qui lui a conseillé d’écrire au pape. Puis il a déclaré :

« Le Vatican peut réduire tout le monde au silence, alors Dieu fera parler les pierres, et les pierres pourront transmettre leur message, mais Dieu n’a pas fait cela, il a choisi le plus grand des Latino-Améicians de tous les temps : Fidel Castro. C’est à travers Fidel Castro que le Saint-Esprit nous envoie le message. Ce message de Jésus, de la nécessité de la lutte pour établir, fermement et de façon irréversible, le royaume de Dieu sur cette terre, ce qui est son alternative à l’empire. »

Merci François.

Coup de chapeau à l’évêque d’Araucanie

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Un célèbre jésuite chilien invité à la télévision s’est répandu en discours hétérodoxes sur la famille et la vie. L’évêque de Villarica, en plein pays Mapuche (Araucanie), a réagi d’excellente façon. (Message à Jean Raspail : voilà un évêque qui mériterait d’être le grand aumônier du royaume de Patagonie.) C’est à lire chez Benoît et moi.

Message personnel

Pour Jorge Mario Bergoglio.

Il y a 14 ans, en la fête de la Transfiguration de l’an 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, signait la déclaration doctrinale Dominus Jesus « sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise ». Le 16 juin précédent, le pape saint Jean-Paul II, « avec science certaine et son autorité apostolique », avait approuvé et confirmé la déclaration, et ordonné sa publication.

Extrait :

Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui.Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières.Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine.

En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre ; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans une certaine communion bien qu'imparfaite avec l'Église.Le baptême en effet tend en soi à l'acquisition de la plénitude de la vie du Christ, par la totale profession de foi, l'Eucharistie et la pleine communion dans l'Église.

« Aussi n'est-il pas permis aux fidèles d'imaginer que l'Église du Christ soit simplement un ensemble — divisé certes, mais conservant encore quelque unité — d'Églises et de Communautés ecclésiales ; et ils n'ont pas le droit de tenir que cette Église du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd'hui de sorte qu'il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Églises en commun. »(1) En effet, « les éléments de cette Église déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l'Église catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés. » « En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique. »

Le manque d'unité entre les chrétiens est certes une blessure pour l'Église, non pas comme privation de son unité, mais « en tant qu'obstacle pour la réalisation pleine de son universalité dans l'histoire ».

(1) Citation de la déclaration Mysterium Ecclesiae de 1973, signée par le cardinal Franjo Seper, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, approuvée et confirmée par le pape Paul VI si cher à Jorge Mario Bergoglio.

Transfiguration de Notre Seigneur

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Petites vêpres de la liturgie byzantine

Lucernaire

Venez, nous transformant * et progressant vers le bien, * remplis de pensers célestes * pour nous conformer au Christ dans la foi * et, nous élevant de terre jusqu'au sommet des vertus, exultons de joie, * puisque, transfigurant le genre humain corrompu, * il l'a fait resplendir dans sa miséricorde sur le Thabor, * le Sauveur de nos âmes. (2 fois)

Amis des voix célestes * et des visions qui dépassent l'entendement, * contemplons en ce mystère le Christ * resplendissant de son divin rayonnement, * et que la voix du Père vibre en nos cœurs, * car il proclame comme son Fils bien-aimé * celui qui éclaire la faiblesse humaine sur le Thabor * et fait jaillir la clarté sur nos âmes. Que l'ensemble des êtres peuplant * ce monde et le céleste séjour * se lève pour la louange du Christ notre Dieu, * seigneur des vivants et des morts, * divinement transfiguré sur le mont Thabor, * car il s'entoure des chefs et des hérauts * de la grâce et de la loi, selon son bon plaisir, * le Sauveur de nos âmes.

Gloire au Père... Maintenant…

Succédant à l'obscurité de la Loi, * voici la nuée lumineuse * qui entoure le Christ transfiguré; * en elle se trouvaient Moïse et Elie * qui,  jugés dignes de la gloire plus brillante que soleil, * dirent au Christ: Tu es notre Dieu, Roi des siècles.

Apostiches

Le Christ en ce jour, * sur la montagne du Thabor * transformant la nature humaine ternie, * lui conféra sa divine splendeur.

A toi le ciel, à toi aussi la terre. Illuminés par l'éclat des vertus, * gravissons la montagne sacrée * afin de contempler * la Transfiguration du Seigneur notre Dieu. A ton nom le Thabor et l'Hermon exultent de joie. S'il éclaire la terre, le soleil * connaît encore son déclin, * mais le Christ, rayonnant de gloire sur le Thabor, * illumine le monde entier.

Gloire au Père... Maintenant...

Moïse et Elie * ont vu sur le Thabor * le Dieu qui a pris chair d'une Vierge * pour le salut du genre humain.

(Icône de Théophane le Grec, maître d'André Roublev, 1408)

06:08 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

05 août 2014

Le jihad en Irak… et au Liban !

Les jihadistes de l’Etat islamique ont encore conquis trois localités du nord de l’Irak, dont la ville de Sinjar. Pendant l’attaque, quelque 70 yazidis ont été tués. Une bonne partie de la population a fui dans les montagnes, dont la minorité chrétienne, pour échapper à la jizya aussitôt instaurée : 80 dollars par personne. L’église syro-orthodoxe a été transformée en bureaux, les bâtiments, livres, ornements, incendiés.

Les jihadistes ont bombardé une autre localité, Telkef, où un chrétien a été tué.

Le chef kurde Massoud Barzani a ordonné à ses troupes de reprendre Sinjar et d’infliger un « coup fatal » aux milices de l’Etat islamique, et il fait venir des combattants du Kurdistan syrien. Les ennemis de nos ennemis étant nos amis, on assiste à un rapprochement entre les Kurdes et le gouvernement chiite de Bagdad, lequel a promis une assistance aérienne.

Les dirigeants de l’Etat islamique ont proclamé l’état de guerre dans toute la région, et leur intention d’aller au Liban. On parle de commandos suicides prêts à aller s’y faire exploser.

En attendant ce sont des combattants se réclamant du Front al Nosra, et aussi de l’Etat islamique, qui se battent déjà à l’intérieur du Liban, à Ersal, contre l’armée libanaise qui cherche à reprendre la ville tombée entre leurs mains.

L’armée libanaise a déjà perdu 16 hommes dans les combats. La situation est « très critique » et la bataille « extrêmement dure », selon un responsable de l’armée.

L’issue est évidemment très importante : une défaite de l’armée libanaise serait une terrifiante victoire des jihadistes, une porte ouverte au déferlement vers le Liban, avec l’aide d’islamistes infiltrés parmi les centaines de milliers de réfugiés.

Cela dit, les jihadistes n’ont guère de soutiens au Liban, contrairement à ce qui se passe en Syrie et en Irak. Les sunnites sont minoritaires et très largement opposés aux islamistes, et Saad Hariri (fort du soutien de l’Arabie saoudite) vient de le leur faire savoir. Walid Joumblatt, le chef des druzes, appelle à s’opposer aux « Huns » (sic). Les jihadistes entendent défier le Hezbollah chez lui, mais là ils se heurtent à forte partie.

16:04 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (5)

La Corée du Nord imperturbable

L’archidiocèse de Séoul, dans une lettre au gouvernement de Corée du Nord, avait invité les catholiques de ce pays à participer à la messe du pape le 18 août prochain à la cathédrale de Myeongdong.

L’« Association des catholiques de Corée du Nord » a rejeté l’invitation, au motif que la Corée du Sud « n’a pas annulé les manœuvres militaires conjointes avec les Etats-Unis, une position qui rend toute visite impossible ».

Chacun sait que l’« Association des catholiques de Corée du Nord », qui prétend avoir 3.000 membres, est une organisation fictive du gouvernement nord-coréen (il n’y a aucun prêtre dans le pays, et tout culte est strictement interdit en dehors de celui des « grands dirigeants » Kim Il-sung et Kim Jong-il), mais on pouvait penser que le régime pourrait se saisir de l’occasion pour montrer qu’il respecte la liberté religieuse et donner un tout petit signe d’ouverture qui n’engage à rien. Mais non. Le régime stalinien bétonné ne bougera pas d’un poil.

Les Coréens les plus optimistes font valoir que ce n’est pas le gouvernement en tant que tel qui a répondu, ce qui laisse un espoir qu’il y ait une délégation nord-coréenne. Espoir a priori absurde. Mais il n’y a rien de plus absurde que le gouvernement nord-coréen.

15:22 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Croix enlevées : l’évêque de Wenzhou réagit

Depuis le début de l’année, les autorités ont enlevé au moins 360 croix d’édifices religieux protestants et catholiques dans la province du Zhejiang, sous prétexte qu’il s’agit d’édifices illégaux ou qui ne respectent pas les normes d’urbanisme.

Le 30 juillet, Mgr Vincent Zhu Weifang, l’évêque de Wenzhou, la capitale de la province, a publié une lettre pastorale dans laquelle il dénonce ces destructions.

L’évêque commence par demander pardon aux prêtres et aux fidèles pour avoir tant tardé à réagir. À les « consoler, les encourager et renforcer leur foi ». C’est, dit-il, qu’il pensait que cette campagne, qui le laissait perplexe, ne durerait pas. Cette campagne de destruction est « mauvaise et injuste », dénonce-t-il, parce que même des bâtiments parfaitement en règle sont touchés. Cibler le symbole de la foi chrétienne « aggrave la tension entre l’Eglise et le gouvernement » et crée une « instabilité sociale ». Mgr Zhu demande aux fidèles de prier pour le diocèse en offrant un rosaire quotidien et un chemin de croix chaque vendredi. Il ocnclut en disant : « Nous prions pour que ceux qui nous persécutent changent. »

Ce qui est notable dans cette réaction est que Mgr Zhu est un évêque de l’Eglise officielle, donc reconnu par le gouvernement communiste. Et qu’il est également reconnu par le Saint-Siège.

Le lendemain 31 juillet, les prêtres du diocèses ont à leur tour publié un texte, demandant au gouvernement provincial d’arrêter la démolition des croix, et de dire quelle loi ou quel règlement stipule qu’il serait illégal de poser une croix sur le toit d’une église ou qu’une seule croix est permise dans un secteur donné. Les prêtres (de l’Eglise officielle) demandent au gouvernement provincial de « respecter l’Eglise catholique, respecter nos croix sacrées et inviolables, et respecter les sentiments religieux des catholiques ».

15:20 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0)

Dédicace de Sainte-Marie aux Neiges

« A Rome, sur le mont Esquilin, Dédicace de la Basilique Sainte-Marie aux Neiges ». Cette basilique, une des plus importantes de Rome, est un sanctuaire qui intéresse grandement la piété de l’Église romaine. La dédicace d’une cathédrale ou d’une église paroissiale reste une fête locale ; la dédicace des églises-mères de la chrétienté (le Latran, Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Marie-Majeure) se célèbre, au contraire, dans l’univers entier, en signe de la communion de tous les fidèles avec Rome. Sainte Marie-Majeure est une des grandes stations du calendrier liturgique où nous nous rendons plusieurs fois tous les ans par la pensée (à Noël, à Pâques, aux mercredis des Quatre-Temps).

Ce sanctuaire, primitivement appelé Basilica Sicinini, remonte à l’époque constantinienne. L’histoire de sa fondation repose sur une légende dont on ne trouve pas trace avant le moyen âge. En voici les épisodes d’après le bréviaire : « Sous le pontificat du pape Libère (352-366), le patrice romain Jean et son épouse, étant tous deux sans enfants, décidèrent de donner leur héritage à la Très Sainte Vierge en la suppliant ardemment de leur faire connaître, d’une manière ou d’une autre, à quelle œuvre pieuse devaient employer leurs richesses. Marie écouta leur prière et y répondit par un miracle. Le 5 août, à l’époque des grandes chaleurs à Rome, une partie du mont Esquilin fut couverte de neige durant la nuit. Cette même nuit, les pieux époux eurent un songe pendant leur sommeil, et la Mère de Dieu les avertit séparément d’élever une église qui lui serait dédiée à l’endroit qu’ils verraient couvert de neige : ainsi voulait-elle être instituée leur héritière. Le patrice Jean rapporta la chose au pape Libère qui avait eu la même vision. Celui-ci se rendit alors processionnellement, accompagné de son clergé et du peuple, à la colline couverte de neige, et y détermina l’emplacement de l’église ».

La basilique fut reconstruite sous le pontificat de Sixte III (431-440) qui la dédia (432) à Marie, dont le Concile d’Éphèse (431) venait de proclamer le titre de Mère de Dieu. L’abside et les murs du nouvel édifice furent ornés de mosaïques représentant la vie du Sauveur. A la fin du quatrième siècle, on y avait bâti une grotte à l’image de la Grotte de Bethléem ; de là le nom de Sainte-Marie-à-la-Crèche qu’on lui donne aussi. C’était Bethléem que les fidèles de Rome croyaient retrouver en ce temple. On l’appelle encore : Basilique Libérienne (du nom du pape qui. l’a construite), Sainte-Marie-Majeure (en raison de son importance), et Sainte-Marie-aux-Neiges (d’après la légende de son origine).

Contrairement à l’usage habituel, la liturgie utilise aujourd’hui, non pas l’Office de la Dédicace, mais l’office de la Sainte Vierge avec la messe si connue du commun : Salve Sancta Parens.

Dom Pius Parsch

06:15 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

04 août 2014

Le bébé trisomique qui fait exploser le mythe de la GPA

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A lire, le commentaire (et les informations) de Jean-Marie Le Méné.

A noter que l’élan de générosité rend déjà la mère porteuse, qui devient la mère adoptive, bénéficiaire non plus de dix fois le prix de la GPA (10.000 €), mais 15 fois (et ce n’est pas fini).

Un nouveau rapport pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE

Le maire de Londres Boris Johnson avait demandé à son conseiller économique Gerard Lyons un rapport évaluant l’impact sur la City de divers scénarios d’évolution des relations entre le Royaume-Uni et l’UE.

Gerard Lyons a été chef économiste de trois grandes banques avant d’être appelé par le maire de Londres. Il a été plusieurs fois gratifié du titre de « meilleur prévisionniste » par le Times, notamment pour avoir dit que le Royaume Uni ne devait pas adopter l’euro parce que la zone euro connaîtrait rapidement une très grave crise.

La meilleure option pour Londres, selon le rapport de Gerard Lyons, est que le Royaume-Uni reste dans l’UE, à condition que l’UE soit profondément réformée selon les vœux du Royaume-Uni.

La seconde meilleure option, qui talonne la première, est de quitter l’UE, mais en mettant en place de nouvelles politiques commerciales spécifiques destinées à amortir les pertes d’emplois.

Le PIB de Londres est de 440 milliards d’euros (un cinquième du PIB du Royaume-Uni). En restant dans une UE substantiellement réformée selon les intérêts britanniques, ce PIB passerait à 800 milliards en 2034. En cas de sortie de l’UE, avec de nouvelles politiques commerciales, il passerait à 770 milliards. Une sortie de l’UE sans nouvelles politiques verrait le PIB stagner à 540 milliards à l’horizon 2034, avec un million de chômeurs (à Londres).

Comme il est évident que l’UE n’acceptera jamais les réformes demandées par le Royaume-Uni, puisqu’elles sont contraires au traité et visent à globalement revenir à la CEE (une communauté de libre échange), la solution préconisée par Gerard Lyons est donc la sortie de l’UE…

16:46 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1)

En Afrique aussi, la famille se désintègre

« La menace contre la famille dans notre région est beaucoup plus réelle actuellement qu’elle ne l’était auparavant » affirme le communiqué final de la 18ème Assemblée plénière de l’AMECEA (Association des Membres des Conférences épiscopales d’Afrique orientale) qui s’est récemment tenue dans la capitale du Malawi, Lilongwe, informe l’agence Fides.

« La crise du mariage et de la famille est aggravée par l’individualisme de la société contemporaine, par l’écroulement des valeurs morales, les attaques portées contre l’unité de la famille, la pauvreté et par le chômage », écrivent les 250 évêques d’Afrique orientale.

« En tant qu’Eglise dans la région, nous nous engageons à offrir des soins pastoraux aux familles désagrégées et à tous ceux qui se trouvent en difficulté au sein de leurs familles » affirme le document qui réaffirme la conception de la famille comme « union d’amour indissoluble fondée par un homme et une femme, ouverte à la procréation » et qui dénonce « les unions de personnes du même sexe et autres déviances qui vont à l’encontre de la nature humaine et de la loi naturelle ».

A noter que l’assemblée à élu comme nouveau président le chef d’une Eglise catholique orientale : Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, archevêque métropolitain d’Addis-Abeba des Ethiopiens, primat de l’Eglise catholique éthiopienne (érigée en 1961).

16:13 Publié dans Eglise, Famille | Lien permanent | Commentaires (0)