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Le blog d'Yves Daoudal - Page 6

  • Lundi de la Passion

    La liturgie de ce temps est la plainte du Christ souffrant. Mais l’hymne des vêpres, Vexilla Regis, et l’hymne des matines, Pange lingua gloriosi, sont des chants de triomphe, qui célèbrent la victoire du Roi sur ses ennemis. Car l’issue ne fait aucun doute. Et c’est dans sa Passion même que le Christ est vainqueur, la Croix est son trône.

    Voici le Vexilla Regis par des maîtres de chœur réunis à Fontevraud en juillet 1980, sous la direction du chanoine Jeanneteau (strophes 1, 2, 3, 6 deux fois, 7).
    podcast

    Vexílla Regis pródeunt :
    Fulget Crucis mystérium,
    Qua vita mortem pértulit,
    Et morte vitam prótulit.

    Les étendards du Roi s’avancent :
    il resplendit le mystère de la Croix,
    sur laquelle la Vie a souffert la mort,
    et par la mort a produit la vie.

    Quæ, vulneráta lánceæ
    Mucróne diro, críminum
    Ut nos laváret sórdibus,
    Manávit unda et sánguine.

    C’est là que, transpercé du fer
    cruel d’une lance,
    son côté épancha l’eau et le sang,
    pour laver la souillure de nos crimes.

    Impléta sunt quæ cóncinit
    David fidéli cármine,
    Dicéndo natiónibus :
    Regnávit a ligno Deus.

    Il s’est accompli, l’oracle de David
    qui, dans un chant inspiré,
    avait dit aux nations :
    « Dieu régnera par le bois. »

    Arbor decóra et fúlgida,
    Ornáta Regis púrpura,
    Elécta digno stípite
    Tam sancta membra tángere.

    Tu es beau, tu es éclatant,
    arbre paré de la pourpre du Roi ;
    noble tronc appelé à l’honneur
    de toucher des membres si sacrés.

    Beáta, cuius bráchiis
    Prétium pepéndit sǽculi,
    Statéra facta córporis,
    Tulítque prædam tártari.

    Arbre bienheureux, dont les bras
    ont porté la rançon du monde !
    Tu es la balance où fut pesé ce corps,
    et tu as enlevé à l’enfer sa proie.

    O Crux, ave, spes única,
    Hoc Passiónis témpore
    Piis adáuge grátiam,
    Reísque dele crímina.

    Salut, ô Croix, unique espérance !
    En ces jours de la Passion,
    accrois la grâce chez les justes,
    efface le crime des coupables.

    Te, fons salútis, Trínitas,
    Colláudet omnis spíritus :
    Quibus Crucis victóriam
    Largíris, adde prǽmium.
    Amen.

    O Trinité, source de notre salut,
    que tous les esprits vous louent ensemble :
    vous nous donnez la victoire par la Croix :
    daignez y ajouter la récompense.
    Amen.

    Sur la messe de ce jour, voir ma note de 2014. Sur l’évangile, voir aussi ma note de l’an dernier.

  • Premier dimanche de la Passion

    C’est encore le Carême, car les quarante jours de pénitence ne sont pas expirés, mais la liturgie, tout en demeurant orientée vers la préparation des catéchumènes au Baptême, est dominée par la personne du Christ souffrant.

    Il est le seul objet des chants de la messe. Plus encore, presque toujours c’est lui qui est en scène ; c’est lui qui parle, lui qui chante, nous livrant à travers la mélodie les sentiments qui furent les siens durant le terrible drame des derniers jours de sa vie.

    Ce n’est pas tout. Le Christ ne fut pas seul dans sa Passion. Sa personnalité divine nous contenait tous. Il nous avait en lui, chacun distinctement présent, et, parce qu’il connaissait à l’avance les actes de notre volonté par lesquels nous nous donnerions à lui un jour pour continuer son sacrifice, il nous associait à toute son œuvre de Rédemption. C’est en cela que nous étions dans la Passion, c’est en cela que nous y sommes encore.

    Quand l’Eglise la renouvelle devant nous liturgiquement, les mots et les chants dont elle se sert ont donc deux sens, ou mieux, leur sens est à la fois passé et présent, historique et actuel. Historique en ce qu’ils expriment ce que fut l’âme du Christ souffrant au moment où il souffrit ; actuel en ce que cette expression, par l’Eglise et la liturgie, nous arrive à travers les siècles, non comme un souvenir archaïque, mais comme une chose qui n’a pas cessé d’être, qui demeure vivante, qui s’étend seulement dans le temps avec le cours des âges, pour atteindre les hommes à mesure qu’ils viennent à l’existence, et pour être leur propre expression dans la Passion du Christ qu’ils continuent.

    Voilà comment il faut les entendre, voilà comment il faut les chanter, si nous voulons comprendre ce qu’ils expriment et l’exprimer nous-mêmes.

    Dom Ludovic Baron

    Introït

    Par les moines de Solesmes, 1952 ou 1953 (enregistrement restauré par Musicologie médiévale) :
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    Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta : ab homine iníquo et dolóso éripe me : quia tu es Deus meus et fortitúdo mea.

    Emítte lucem tuam et veritátem tuam : ipsa me de duxérunt et adduxérunt in montem sanctum tuum et in tabernácula tua.

    Ô Jugez-moi, ô Dieu, et séparez ma cause de celle d’une nation qui n’est pas sainte : délivrez-moi de l’homme méchant et trompeur. Car vous êtes ma force, ô Dieu.

    Envoyez votre lumière et votre vérité ; elles me conduiront et m’amèneront à votre montagne sainte et à vos tabernacles.

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  • Le jeune Messie ?

    Hier est sorti sur les écrans américains un film intitulé Le jeune Messie, réalisé par Cyrus Nowrasteh d’après le roman Le Christ Seigneur : retour d’Egypte, d’Anne Rice.

    Cyrus Nowrasteh est connu aux Etats-Unis pour sa mini-série Destination 11 septembre et son film La lapidation de Soraya M., qui ne sont semble-t-il jamais sortis en France. Anne Rice est un auteur à succès qui aurait vendu près de 100 millions d’exemplaires de ses livres, surtout ceux sur les vampires. Christ the Lord : out of Egypt (non traduit en français) date de 2005, dans la période « catholique » d’Anne Rice (entre 1998 et 2010), qui auparavant était athée et est aujourd’hui anticatholique par militantisme LGBT (pour son fils…).

    Le film, comme le roman, raconte la vie de Jésus entre 7 et 8 ans.

    Un cardinal (O’Malley) et deux archevêques (Chaput et Wenski) se sont déjà déclarés enthousiastes, ainsi que le National Catholic Register. Mgr Chaput, l’archevêque de Philadelphie, déclare que c’est « un portrait fidèle à la foi biblique mais sans sentimentalisme… un film exceptionnel, captivant du début à la fin, qu’il est bon de voir, d’avoir, et de revoir ».

    J’ai néanmoins quelques doutes à ce sujet. Voilà un Jésus de nouveau traqué par Hérode (le fils) et qui fait des miracles en veux-tu en voilà sans savoir d’où vient ce don ni qui il est :

    « Et au-delà d’Hérode il y a un adversaire d’un autre monde, un démon à cape sombre qui est visible par l’enfant Jésus mais par personne d’autre autour de lui. L’enfant Jésus se démène pour comprendre ce que cela veut dire et cherche à comprendre ses inexplicables pouvoirs. Ses parents et sa famille élargie l’ont protégé de la vérité de sa naissance insolite, de la visite des mages et du tragique massacre des Innocents qui eut lieu sur ordre d’Hérode. C’est au Temple qu’il entend enfin ces histoires pour la première fois. »

    Si c’est ce que montre le film, n’en déplaise au bon Mgr Chaput je suis plus que sceptique sur les bienfaits à attendre d’une marmelade aussi manifestement empoisonnée.

  • La Finlande et l’euro

    L’« initiative citoyenne » finlandaise contre l’euro a bien recueilli plus de 50.000 signatures, comme l’annonçait en novembre le député européen Paavo Väyrynen qui l’avait lancée.

    Le Parlement a donc obligation de débattre de l’appartenance de la Finlande à la zone euro.

    En soi c’est assez surréaliste, dans la mesure où, 1 – les pays membres de l’UE sont obligés d’avoir l’euro (sauf s’ils s’en sont exclus avant Maastricht), 2 – l’initiative de Paavo Väyrynen n’est soutenue par aucun parti, pas même le parti des Vrais Finlandais qui est aujourd’hui membre de la coalition au pouvoir…

    Mais le fait est que l’initiative de Paavo Väyrynen fait débat dans l’opinion. Surtout au moment de la campagne britannique. Et le député européen souligne que selon le dernier sondage 31% des Finlandais sont contre l’euro, alors qu’ils n’étaient que 19% en 2011. C’est que la Finlande traverse une très mauvaise passe économique, et que les Finlandais voient de plus en plus avec envie comment leurs voisins suédois s’en sortent sans l’euro, sans parler des Norvégiens qui sont carrément en dehors de l’UE…

  • L’avortement au Dakota du Sud

    Le gouverneur du Dakota du Sud, Dennis Daugaard, a signé hier une loi qui interdit l’avortement après la vingtième semaine. Cet Etat devient le 13e à prendre cette mesure. (Le motif est toujours identique : pour déroger au droit à l’avortement sans limite, on met en avant qu’il est désormais prouvé que le fœtus peut souffrir à partir de vingt semaines, qu’il est donc humain et doit être protégé.)

    Pour le Dr Fred Deutsch, président de l’association Droit à la Vie de l’Etat, « cette loi marque le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire du Dakota du Sud pour protéger l’enfant à naître ». Sans doute, mais il y a encore du boulot…

    Cette loi est la quatrième loi « pro-vie » adoptée par les parlementaires du Dakota au cours de la même session. Celle sur l’avortement a été adoptée à une majorité qui permettait éventuellement au gouverneur de mettre son veto, les trois autres ont été adoptées à une écrasante majorité :

    - Les femmes doivent être informées que leur avortement chimique peut être arrêté si c’est pris à temps.

    - Le ministère de la Santé doit rendre publics les rapports d’inspection des avortoirs.

    - La vente de tissus fœtaux est désormais un crime. (C’est une des nombreuses lois similaires déjà votées ou en passe de l’être, à travers les Etats-Unis, suite aux vidéos qui ont montré le trafic de tissus fœtaux, voire de fœtus entiers, auquel se livre le Planning familial. On remarquera qu'il est loisible de tuer les foetus - jusqu'à vingt semaines - mais que c'est un crime d'en vendre des morceaux...)

  • Le vénérable Gianfranco

    Relevant le « grand courage » du cardinal Ravasi qui a écrit une belle lettre à ses « frères » maçons, la Grande Loge d’Espagne lui donne d’abord le titre d’« honorable frère » (le titre donné après l’initiation), puis explique qu’on doit en fait l’appeler « vénérable frère », le titre que porte l’apprenti devenu maître et digne de diriger les travaux de la loge…

    Et la Grande Loge d’Espagne d’affirmer que le titre de « vénérable » « a la même signification pour l’Eglise et pour la franc-maçonnerie : être d’une vertu pure et immaculée »…

  • Samedi de la quatrième semaine de carême

    La messe de ce jour est tissée d’eau et de lumière (voir ma note de l’an dernier). L’une et l’autre sont nécessaires à la vie. Dans l’évangile Jésus proclame :

    « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie. »

    C’est ce que reprend saint Jean dans le prologue de son Evangile :

    - Il était la Lumière véritable

    - En Lui la Vie était, et la Vie était la Lumière des hommes.

    La lumière véritable : Je suis la Vérité.

    Celui qui me suit : Je suis la Voie.

    Aura la lumière de la vie : Je suis la Vie.

    La triple affirmation du discours après la Cène (Jean 14,6) est déjà là.

    La lumière véritable, c’est clairement la lumière divine. En disant « Je suis la lumière du monde », Jésus affirme sa divinité. Au début de sa première épître, saint Jean écrit : « Et telle est l’annonce que avons entendue de lui et que nous vous annonçons : Dieu est lumière, et de ténèbres en lui il n’y a pas. » Le Christ, Fils du Père, est « Lumière (issue) de Lumière » (phos ek photos), dit le Credo. Et cette Lumière de Lumière est lumière pour les nations, la lumière des nations (lumen gentium), comme l’avait annoncé Isaïe, la lumière qui « illumine tout homme venant en ce monde » pour lui donner la vie éternelle.

    Le psaume 35, chant du Christ comme tous les psaumes, faisait déjà le lien entre la lumière et la vie, la vie divine source de la lumière pour les hommes, cette lumière incarnée qui donne la vie éternelle et son inépuisable bonheur :

    Ils s’enivreront de l’abondance de ta maison, et tu les abreuveras du torrent de ta volupté.

    Car chez toi est la source de la vie, et dans ta lumière nous verrons la lumière.

    Et si nous continuons la lecture de l’épître de saint Jean, nous avons, juste après le verset déjà cité, le lien avec le sacrifice de la Croix, qui opère ce mystère, et vers lequel la liturgie nous achemine : « Si nous marchons dans la lumière, comme Lui-même est dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres, et le Sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché. »

    *

    Ce 12 mars est pour les bénédictins le jour de la fête de saint Grégoire le Grand, qui fut père abbé avant de devenir pape, et qui reste comme le grand ordonnateur de la liturgie latine. Ce personnage exceptionnel, père de l’Eglise, docteur de l’Eglise, naquit à la vie éternelle un 12 mars, en plein carême (comme saint Benoît dont il a écrit la vie), afin que sa fête passe quasiment inaperçue : leçon d’humilité post-mortem. Mais ce 12 mars, à 8h, est célébrée une messe solennelle latine et… grégorienne à l’autel de saint Grégoire le Grand, en la basilique Saint-Pierre. Messe organisée par l’Amitié sacerdotale Summorum Pontificum, dont le modérateur est le P. Vicenzo Nuara, le dominicain de la commission Ecclesia Dei.

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  • Des lois contre l’avortement

    Des lois restreignant les possibilités d’avortement ont été définitivement votées mercredi dans deux Etats américains : la Floride et l’Indiana.

    La loi votée en Floride supprime les subventions de l’Etat au Planning familial (200.000$ par an) pour les transférer à de vrais centres de santé. Et elle impose aux avorteurs les mêmes contraintes qui figurent dans la loi texane aujourd’hui pendante devant la Cour suprême et la loi de Louisiane que vient de suspendre la Cour suprême : les avorteurs doivent avoir un « privilège d’admission » dans un hôpital de l’Etat (ce qui est difficile à obtenir, surtout pour un médecin qui tue) et les avortoirs doivent observer les normes de sécurité les plus strictes des centres de chirurgie ambulatoire, avec de fréquentes inspections. Le texte est désormais sur le bureau du gouverneur, le républicain Rick Scott. Celui-ci a refusé de dire s’il la signerait. Un porte-parole a fait savoir qu’il l’examinerait…

    Dans l’Indiana, les législateurs ont adopté une loi plutôt bizarre qui interdit de demander un avortement pour la raison que le fœtus a un handicap (y compris la trisomie). A priori on se dit que c’est bien, mais comme l’avortement est libre jusqu’à vingt semaines cela veut dire que seuls les fœtus sains peuvent être tués… En pratique, une femme ne pourra demander un avortement que si elle peut prouver (?) que son « seul motif » n’est pas le sexe du fœtus, sa race ou son handicap… Suite aux vidéos sur le Planning familial, la loi comporte d’autre part des dispositions interdisant tout transfert de tissu fœtal et exigeant l’incinération. Le gouverneur, le républicain Mike Pence, « en tant que ferme soutien des droits des enfants à naître, considérera avec attention toute loi arrivant sur son bureau qui défend le caractère sacré de la vie », a déclaré un porte-parole.

  • Salon du livre de l'AGRIF

    Salon du livre 2016 de l'AGRIF

    d'Amitié Française et de solidarité chrétienne

    Dimanche 20 mars 2016

    de 13h30 à 19h

    Espace Charenton, Paris 12e

    327 rue de Charenton, 75012 Paris

     Ce 20 mars, jour et messe des Rameaux, jour du printemps, la perspective d’une très bonne après-midi parmi cent auteurs dans l’Amitié Française dont vous pourrez acheter et vous faire dédicacer les livres !

    Déroulement de la journée :

    14 h 15 : mot rapide d’accueil dans la salle des signatures par Cécile Montmirail ou Bernard Antony

    15 h 30 :

    -  allocution de Guillaume de Thieulloy : « notre Salon dans l’Amitié Française »

    -  allocution de Bernard Antony : « L’AGRIF contre les trois racismes et contre l‘idéologie nihiliste de l’antiracisme totalitaire ».

    16 h : Remise du prix du livre de l’Amitié Française.

    17 h : Retour dans l’auditorium.

    -  Allocution de Jeanne Smits : « mes salles d’audience, deux procès et leurs hallucinants jugements ».

    -  Allocution de Jérôme Triomphe.

    19 h : fermeture des portes.

    Liste des auteurs ayant confirmé leur présence

  • Vendredi de la quatrième semaine de carême

    Marie dit que son frère est mort parce que le Seigneur était absent. D’après ses paroles, il est permis de penser qu’elle s’adresse à lui comme à Dieu même – bien qu’elle se trompe en croyant qu’il n’est pas présent quand son corps est absent. Quand elle s’adresse à lui comme à Dieu même, elle voit plus loin que Marthe, car elle ne dit pas : « Ce que tu demanderas à Dieu il te le donnera ». C’est pourquoi le Seigneur, qui avait longuement instruit Marthe, ne répond rien à Marie. Il ne reproche pas à Marie d’avoir osé lui dire, aveuglée par sa douleur : « Si tu avais été ici ! » - lui qui remplit tout le créé ! Il nous donne l’exemple : nous ne devons pas faire de reproches à ceux qui sont dans un deuil récent et véhément. Le Seigneur ne dialogue donc pas avec Marie comme avec Marthe, il acquiesce, plutôt ; il entre dans les mêmes sentiments, et il manifeste sa nature humaine : il pleure et faiblit quand il la voit pleurer, et que pleurent avec elle les Juifs qui l’entourent.

    Parce que le Christ n’était pas seulement Dieu par nature, mais qu’il était homme aussi, le voici souffrant une faiblesse humaine. Quand la douleur, en effet, commença de l’émouvoir, et que dans sa sainte chair des larmes vinrent à ses yeux, il ne les laissa pas simplement couler, comme nous faisons, mais il « frémit en l’Esprit », ce qui veut dire : sous la motion de l’Esprit, il réprima la tendance de sa chair. ; alors celle-ci, ne supportant pas l’action puissante de la nature divine qui lui était unie, trembla, bouleversée, redoublant son deuil.

    Saint Cyrille d’Alexandrie, commentaire sur l’évangile de saint Jean

  • L’invention de la "mer des Roseaux"

    Les Hébreux avaient toujours traversé la mer Rouge, mais toutes les traductions françaises « catholiques » modernes ont « mer des Roseaux » (ou « mer des Joncs ») - ce qui n’est et n’a jamais été le nom d’une mer. (Un certain nombre de traductions protestantes gardent « mer Rouge ». La dernière traduction catholique à avoir « mer Rouge » est la Pirot-Clamer.)

    Il semble que ce soit une fantaisie française récente, et germanique depuis… Luther. Aucune des dix traductions anglaises que j’ai vues (y compris la New English Translation de 2005) ne parle de mer des Roseaux, toutes ont : mer Rouge.

    En général on ne vous dit même pas pourquoi on appelle la mer Rouge « mer des Roseaux ». Et quand par hasard on consent à ajouter une note, c’est simplement pour souligner qu’une fois de plus la Septante et la Vulgate se sont trompées. Comme s’est trompé saint Etienne (Actes 7,37), comme s’est trompée l’épître aux Hébreux (11,29), comme se sont trompés les commentateurs juifs (à commencer par Philon), comme se sont trompés tous les pères de l’Eglise, et l’Eglise dans sa liturgie…

    Le mot du texte massorétique (des juifs du Xe siècle, qui est censé faire autorité chez les catholiques) est « souph ». C’est un mot qui ne correspond à aucune racine hébraïque. Par conséquent on ne peut que conjecturer sa signification selon le contexte. Les dictionnaires supposent que le mot veut dire roseau ou jonc, voire papyrus, parce qu’il se trouve aussi au début du chapitre 2 de l’Exode, quand Moïse nouveau-né, placé dans une corbeille, est déposé dans les « souphs » des bords du Nil. Cependant, le même mot se trouve aussi dans le livre de Jonas, et là il s’agit (selon le texte massorétique qui ne correspond ni à la Septante ni à la Vulgate) des « souphs » qui entourent la tête du prophète quand il est jeté dans la mer. En haute mer, ce ne peut pas être des roseaux, et des roseaux ne se mettraient pas autour de sa tête. Donc ce sont des algues… Et donc le dictionnaire Brown Driver Briggs expose doctement que lorsqu’il n’y a pas le mot « mer » devant, « souph » veut dire algues… Mais Fillion (qui traduit la Vulgate où rien ne se met autour de la tête de Jonas) dit dans ses notes de l’Exode que la mer Rouge est en fait la « mer des Algues »…

    Conformément aux dogmes absurdes des exégètes modernes, personne n’imagine un instant que dans le texte hébreu dont disposaient les Septante et dans le texte hébreu dont disposait saint Jérôme, il pût y avoir un autre mot que « souph » pour définir la mer que traversent les Hébreux. Pour Exode 2,3, la Septante dit que Moïse dans son panier fut déposé « dans le marais près du fleuve », la Vulgate que Moïse fut déposé « dans les carex de la rive du fleuve ». Des carex : on n’est pas loin des roseaux, et d’ailleurs certains dictionnaires, prudents, parlent de plantes aquatiques… Il est donc vraisemblable qu’ici il y avait « souph ». Mais, précisément, si saint Jérôme avait vu « souph », peu après, dans le même texte de l’Exode, il aurait traduit « mer des carex », et non « mer Rouge ».

    L’accord entre la Vulgate et la Septante est un indice fort qu’il s’agit bien de la « mer Rouge ». Rouge comme le sang du Christ qui nous lave du péché dans le baptême, dans la mort et la résurrection du Christ, que figure le passage de la mer.

    En outre, l’invention de la « mer des Roseaux » est un immense cadeau fait aux rationalistes : si les Hébreux ont traversé une « mer de roseaux », c’est-à-dire « un marais », comme aurait traduit la Septante si elle avait vu « souph », c’est que parler de miracle est très exagéré. Or, comme le passage de la mer Rouge est l’événement sur lequel on revient sans cesse dans la Bible comme étant le miracle des miracles qui fonde toute l’histoire israélite, on détruit du même coup, d’un seul coup, tout le judaïsme, et aussi le christianisme, qui est indissolublement lié au symbolisme pascal du passage de la mer Rouge.

  • Encore un "désastre" du Brexit

    Dans la série le Brexit c’est l’apocalypse, qui fait fureur en ce moment outre-Manche chez les européistes même modérés, voici une perle : 150 universitaires, dont l’inévitable Stephen Hawking, affirment dans une lettre publiée par le Times que si le Royaume Uni quittait l’UE, cela entraînerait « une perte de liberté de mouvement des scientifiques entre le Royaume-Uni et l'Europe », ce qui serait « un désastre pour la science et les universités britanniques ».

    Qui peut être assez stupide pour croire qu’il y aurait une quelconque « perte de liberté de mouvement des scientifiques » ? A moins que le Brexit oblige à passer la Manche à la nage…

    En fait l’explication se trouve juste avant (mais ce n’est pas cité dans les résumés français) : « Aujourd’hui nous recrutons beaucoup de nos meilleurs chercheurs en Europe continentale, dont des jeunes qui ont obtenu une bourse de l’UE et ont choisi de venir ici… »

    Ce qu’ils appellent « perte de liberté de mouvement », c’est donc la perte éventuelle de quelques boursiers…

    Une version originale de « la bourse ou la vie »…

  • L’Islande et le Brexit

    Dans une interview au Daily Telegraph, le Premier ministre islandais Sigmundur Gunnlaugsson refuse de prendre parti dans le débat sur le Brexit, mais il remarque que le pouvoir du Royaume Uni est en constante diminution dans les prises de décision européennes, et il souligne goulûment à quel point les Islandais se félicitent d’être hors de la zone euro et d’avoir abandonné toute velléité d’entrer dans l’UE…

    « Quant il s’agit de questions importantes, dit-il, les décisions sont prises par deux pays, et de plus en plus par un seul [allusion notamment au tout récent pré-accord européen avec la Turquie en fait négocié et imposé par la seule Allemagne]. On fait venir les autres aux réunions pour approuver ce qui a été décidé, et si ce n’est pas dans l’après-midi c’est au milieu de la nuit. Il semble que ce soit devenu la norme à Bruxelles. »

    En 2008, l’économie islandaise fut spécialement sinistrée par la crise mondiale. Et en 2009 le pays faisait acte de candidature à l’UE, comme à une bouée de secours. (Les négociations furent gelées puis abandonnées en 2013 après la victoire de l’opposition.) Or, dit Sigmundur Gunnlaugsson, « ne pas faire partie de la zone euro « s’est montré indispensable à notre rapide rétablissement » : « Il ne fait aucun doute que si nous avions alors été membres de l’UE et de la zone euro, le pays aurait fait faillite et nous aurions été dans une situation ressemblant davantage aujourd’hui à celle de la Grèce qu’à celle de l’Islande ». Laquelle a connu depuis lors une croissance de 2,6% en moyenne, de 3,2% prévue en 2016, avec un chômage tout simplement absent (2% de demandeurs d’emploi…).

    Il n’est plus du tout question dans la classe politique islandaise d’une quelconque tentative de reprendre le processus d’adhésion à l’UE, d’autant qu’un sondage a montré que… 70% des Islandais sont bien contents d’être en dehors de l’UE.

  • "Les" républicains contre Trump

    Depuis plusieurs jours on voit ici et là ce titre : « Le Parti républicain mobilise contre Trump », ou « se mobilise » contre Trump. C’est-à-dire contre celui qui sera sans aucun doute assuré, dès la semaine prochaine, d’être le candidat… du parti républicain.

    Et alors, ce parti qui se mobilise contre lui-même et ses propres militants va faire campagne pour Hillary ?

  • Commission LGBT

    Pour la première fois, la Commission européenne va participer officiellement à une gay pride : celle d’Amsterdam, qui se caractérise par un défilé de bateaux aux couleurs homosexuelles. Il y aura donc un bateau financé par l’exécutif européen et portant fièrement le drapeau de l’UE…

  • Le génocide papou

    L’hebdomadaire de l’archidiocèse de Brisbane (Australie), The Catholic Leader, fait état de la parution imminente d’un rapport de la Commission catholique Justice et Paix (de Brisbane) sur la Papouasie occidentale (Indonésie). Suite à une mission effectuée le mois dernier, la commission rapporte de nombreux témoignages d’intimidations, mauvais traitements, tortures, rapts et meurtres dont se rendent coupable tant la police que l’armée envers les dissidents politiques et les minorités, essentiellement contre les chrétiens qui étaient naguère majoritaires. En bref, il s’agit d’un « lent génocide » destiné à « remplacer le christianisme par l’islam ».

    Sœur Susan Connelly, qui visitait la presqu’île en compagnie du directeur de la commission Justice et Paix, explique qu’elle a eu l’impression, en rencontrant les Papous, de se retrouver vingt ans en arrière, quand elle découvrit le Timor oriental (annexé par l’Indonésie, indépendant depuis 2002) : « La même omniprésence policière oppressive, la même suspicion, perplexité, frustration et tristesse, la même peur, le même espoir apparemment sans fondement. »

    Les autorités indonésiennes « veulent mettre fin à tous les efforts des Papous pour promouvoir une discussion sur l’autodétermination, et elles n’apportent qu’une réponse militaire au désir irrépressible de nombreux Papous de promouvoir la cause de la liberté ».

    Lorsque l’Indonésie devint indépendante, en 1945, la Papouasie occidentale resta sous le contrôle des Pays-Bas. Le territoire fut incorporé à l’Indonésie en 1969 après un référendum douteux. Les Papous, chrétiens, formaient alors 96% de la population. Aujourd’hui ils ne sont plus que 48%, à la suite d’une migration continue de musulmans venus des autres îles de l’Indonésie. Une migration destinée clairement à remplacer, par la violence s’il le faut (notamment l’incendie des maisons) les Papous dans tous les secteurs d’activité. Et les mosquées ont poussé comme des champignons.

  • Vincent Lambert

    Le juge de tutelle a nommé Rachel Lambert tuteur de Vincent Lambert. Rachel est la femme de Vincent, elle veut le faire mourir, et c’est elle qui est nommée pour le représenter à l’hôpital…

    Le procureur avait pourtant demandé que le tuteur soit une personne extérieure à la famille.

    Les parents de Vincent Lambert font appel de cette décision.

  • Jeudi de la quatrième semaine de carême

     

    ℟. Cantémus Dómino : glorióse enim honorificátus est, equum et ascensórem projécit in mare : * Adjútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.

    ℣.Dóminus quasi vir pugnátor. Omnípotens nomen eius.

    ℟. Adjútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.

    Chantons le Seigneur car il s’est glorieusement honoré ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait. Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver. Le Seigneur est comme un combattant, le tout-puissant est son nom. Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver.

    Ce répons des matines est le début du « cantique de Moïse » (qui est le même que le « cantique de Marie », sa sœur, après le passage de la mer Rouge. C’est un ancien répons, qui n’est pas tiré de la Vulgate. Il s’agit, comme souvent, d’une ancienne traduction latine du texte grec de la Septante, que l’on retrouvera à la veillée pascale, et que l’on trouve aussi dans le bréviaire mozarabe.

    La Vulgate dit : « gloriose enim magnificatus est », et c’était aussi le texte le plus courant (c’est celui qu’avait saint Augustin). Saint Jérôme fait remarquer qu’en grec c’est « glorificatus est », mais qu’on traduit « magnificatus » parce que « gloriose glorificatus » ce n’est pas joli (« indecora »)… C’est pourtant ce qu’avait le texte hébreu (gaoh gaah), qui aime ce genre de répétitions expressives, et que le grec avait respecté. « Honoratus » paraît spécifique à la liturgie.

    Ensuite on a « adjutor et protector », qui traduit exactement le grec. Saint Jérôme traduira « fortitudo mea et laus mea », qui est plus proche du texte massorétique.

  • Aldi et Pâques

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    Aldi Sud publie sur son site internet une page sur la signification de Pâques, et un magazine pour enfants intitulé « Pâques expliqué simplement ».

    (Les deux frères Theodor et Karl Albrecht se sont partagé l’empire Aldi – Albrecht Discount – qui compte en tout plus de 8.000 magasins dans le monde dont plus de 4.000 en Allemagne. Dans le pays d’origine, Aldi Sud couvre le sud et une bande ouest.)

    La page du site est destinée aux adultes. Elle explique « Pourquoi, quand et comment Pâques est fêté ». Après avoir évoqué la question de la date, elle souligne que « les chrétiens du monde entier célèbrent chaque année la résurrection de Jésus Christ, le Fils de Dieu », et que c’est la plus grande fête de l’année, plus importante que Noël. Il y a un paragraphe sur le carême, avec l’explication des 40 jours. Et un paragraphe sur le symbolisme de l’agneau pascal, du feu nouveau, du… lapin très populaire dans les pays germaniques.

    Le magazine pour enfants reprend les brèves explications concernant les principaux jours saints, ajoute quelques mots sur les traditions pascales de divers pays, et des articles sur les œufs de Pâques, etc. On note hélas dans les deux documents une même déficience, qui est déjà grave pour les protestants que sont sans doute les frères Albrecht, mais inacceptable pour l’Allemagne catholique qui est globalement le territoire d’Aldi Sud : le jeudi saint, Jésus et ses apôtres boivent du vin et Jésus rompt le pain qu’il leur distribue. Puis on évoque la trahison de Judas. Il n’était pourtant pas difficile d’ajouter simplement que sur le pain Jésus dit : « Ceci est mon corps », et que sur le vin il dit : « Ceci est mon sang ». »

    Mais enfin, aux temps où nous sommes, on ne peut que féliciter Aldi Sud pour cette initiative.

    Et l’on remarquera que pour Aldi la famille est bien évidemment composée de papa, maman et les enfants – et grand-père et grand-mère (Opa et Oma). On remarque aussi une très visible absence de « diversité »…

  • Les évêques mexicains se rebiffent

    Lors de son voyage au Mexique, François avait méchamment taclé les évêques qui le recevaient, ainsi qu’il sait faire.

    Mais les évêques se rebiffent, de façon spectaculaire, dans un éditorial non signé publié sur le site de la conférence épiscopale du Mexique, révélé par Sandro Magister.

    Le passage le plus important est celui où, pour répondre au pape, ils comparent la situation de l’Eglise au Mexique et dans « d’autres » pays latino-américains, et l’on voit immédiatement que le premier pays visé est l’Argentine de Mgr Bergoglio, surtout au moment où paraît une étude montrant l’état catastrophique du diocèse de Buenos Aires, fruit de la mirifique et aujourd’hui pontificale pastorale bergoglienne…

    Ce que le pape sait à coup sûr, et qui est très clair, c'est que l'Eglise du Mexique est un cas atypique par rapport aux autres pays d'Amérique.

    Atypique (et dans un sens positif) pour trois raisons.

    La première raison est le pourcentage élevé de catholiques que le Mexique héberge, 81%, beaucoup plus que dans d'autres pays du continent où ils continuent à chuter.

    (La deuxième raison est) la grande résistance de l'Eglise catholique mexicaine à l'expansion des communautés protestantes d'empreinte charismatique et pentecôtiste, qui en revanche se propagent sans freins dans d'autres pays.

    (La troisième est) la force avec laquelle le catholicisme mexicain fait face au défi du sécularisme à la fois culturel et politique, (depuis la bataille contre) l'offensive anticléricale et maçonnique (des années vingt du siècle dernier, quand apparurent, au milieu de la persécution,) des signes visibles de sainteté y compris dans l'épiscopat mexicain.

    Ce dernier point met en relief la complaisance de François envers les francs-maçons, soulignée encore par la toute récente lettre du cardinal Ravasi ("Chers Frères Maçons", voir aussi la réponse d’un grand maître), et son silence sur les Cristeros, alors même que le processus de canonisation du petit Jose Sanchez del Rio arrive à son terme.

  • Mercredi de la quatrième semaine de carême

    Ce jour était dans l’antiquité celui du « grand scrutin » : aux catéchumènes qui étaient appelés nominativement à entrer dans l’église, on présentait les quatre évangiles, le Credo et le Pater, au milieu d’une messe centrée sur le baptême.

    Pour la transmission du Credo (Traditio Symboli), le prêtre disait d’abord :

    « Mes bien-aimés, avant de recevoir le sacrement du Baptême, et avant d’être régénérés en une autre créature par l’œuvre du Saint-Esprit, accueillez avec tout votre cœur cette foi, au moyen de laquelle vous devez être sanctifiés. Par une sincère conversion, changez désormais d’esprit, et tournez-vous vers Dieu, qui répand sa lumière dans nos âmes ; d’autant plus que maintenant vous êtes initiés à l’arcane sacré de la formule évangélique doctrinale, inspirée par le Seigneur et promulguée par les apôtres, concise dans les mots, mais profonde dans ses mystérieuses pensées. En effet, le Saint-Esprit, qui la dicta aux premiers maîtres de l’Église, exposa cette Foi salutaire avec une grande lucidité de concept et une grande concision de langage, afin que ce que vous devez précisément croire et dont vous devez toujours faire l’objet de vos considérations, ne pût demeurer caché à votre perspicacité ni fatiguer votre mémoire. Mettez donc une grande attention à apprendre le symbole et tout ce que nous vous enseignons maintenant, comme cela nous fut enseigné à nous-mêmes autrefois. Ne l’écrivez pas sur une matière corruptible, non, mais sur les pages de votre cœur. Voici la profession de la Foi que vous avez déjà embrassée. »

    Le Credo était proclamé en grec, puis en latin, et le prêtre poursuivait :

    « Voici, ô mes bien-aimés, le précis de notre Foi ; voici le texte du symbole, composé non pas selon les règles du langage humain ordinaire, mais disposé par Dieu. Personne ne peut s’estimer incapable de comprendre et d’observer ces choses. Ici est annoncée l’unité et l’égalité de pouvoir du Père et du Fils ; ici est démontré que le Fils unique de Dieu naquit, selon la chair, de la Vierge Marie et de l’Esprit Saint ; ici est déclaré son crucifiement, sa sépulture et sa résurrection le troisième jour ; ici l’on professe son ascension au ciel, on proclame qu’il siège à la droite du Père de toute majesté, et l’on confesse qu’il devra venir un jour pour juger tous les vivants et les morts. Ici l’on reconnaît à l’Esprit Saint la même divinité indivise du Père et du Fils ; ici, en outre, l’on enseigne la vocation supérieure de l’Église, la rémission des péchés et la résurrection des corps. Vous donc, ô mes bien-aimés, de semblables au vieil Adam que vous étiez, maintenant vous êtes réformés selon le prototype de l’homme nouveau (Jésus) ; de charnels, vous commencez à devenir spirituels ; de terrestres, célestes. Avec une foi ferme et inébranlable, tenez pour certain que la résurrection qui a été accomplie à l’égard du Christ, se doit accomplir aussi en nous tous, puisque ce qui arrive au Chef doit se vérifier aussi dans les membres du Corps. En effet, le sacrement même du Baptême, que vous vous disposez à recevoir, exprime par ses rites cette espérance ; car en lui sont figurées une certaine mort et la résurrection. On laisse le vieil homme et le nouveau se lève ; le pécheur descend dans les eaux, et il en sort justifié. On rejette celui qui nous conduisit à la mort, et l’on accueille celui qui nous rendit la vie. C’est par sa grâce que vous êtes fils de Dieu, engendrés, non pas par la volonté de la chair, mais par la vertu du Saint-Esprit. Vous devez donc imprimer tellement dans vos cœurs ce symbole très bref mais complet, que, en toute circonstance, vous puissiez vous munir de la protection de cette profession de Foi. Les vrais soldats de Jésus-Christ expérimentent toujours la force invincible de ces armes contre toutes les embûches de l’ennemi. Que le démon, qui ne cesse jamais de tenter les hommes, vous trouve toujours munis de ce symbole, afin que, ayant vaincu l’adversaire auquel vous renoncez désormais, vous puissiez, avec la divine protection de Celui que vous confessez, conserver jusqu’à la fin, intègre et immaculée, la grâce du Seigneur. Qu’ainsi, en Celui par qui vous obtenez la rémission des péchés, vous puissiez arriver aussi à la gloire de la résurrection.

    Vous avez entendu, ô bien-aimés, le symbole de la Foi catholique ; maintenant, quand vous serez sortis d’ici, apprenez-le par cœur, sans en changer une syllabe ; la miséricorde de Dieu peut tout ; qu’elle vous conduise, altérés, à la foi et au baptême, afin que nous, qui vous enseignons les Mystères divins, nous puissions arriver, avec vous qui les écoutez, jusqu’au royaume des cieux. Par le même notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne dans tous les siècles. Amen. »

  • Le blasphème tranquille

    Lu ici, à propos du Conseil constitutionnel dont Laurent Fabius est officiellement président à partir de ce jour :

    Quand Laurent Fabius montera le grand escalier, il pourra voir ce buste de Marianne, posé là, au premier palier, par Jean-Louis Debré, avec une étoile sur la tête, la République qui rayonne. Des bustes que collectionne depuis toujours Jean-Louis Debré. Parfois, devant ses visiteurs et devant Marianne, il lit ce poème d'un révolutionnaire anonyme, une prière républicaine : "Salut Marianne pleine de force, le peuple est avec toi. Le fruit de tes entrailles, la République, est béni. Sainte Marianne, délivre-nous vierge de la liberté, des rois et des papes. Ainsi soit-il".

  • Il faut le savoir

    Manuel Valls au dîner du CRIF (lisant le discours écrit pour François Hollande retenu à Bruxelles) :

    Les juifs de France ont bâti la France.

    Ah bon.

  • En Indonésie

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    Des centaines de musulmans ont manifesté hier à Bekasi (Java occidental) contre la construction par la communauté catholique locale d’une « église permanente ».

    Les catholiques se battent depuis 17 ans pour avoir une église. Finalement, en juillet dernier, ils ont obtenu un permis de construire. Les musulmans ont décidé aussitôt d’occuper le terrain.

    Depuis lors la situation semblait s’être apaisée, puisque, à la demande du maire, les catholiques avaient accepté de surseoir à la construction de l’église et de se contenter du local fourni par la municipalité mais qui est trop petit pour les quelque 7.000 fidèles de la paroisse.

    Profitant de l’apaisement, les catholiques ont commencé à construire discrètement leur église. Mai le « Forum islamique populaire » a décidé de réagir. Hier, un millier de manifestants ont empêché les ouvriers d’entrer sur le site et ont symboliquement scellé les lieux, puis ils sont allés manifester devant la mairie pour réclamer de nouveau l’abrogation du permis de construire.

    Le « Forum de l’harmonie interreligieuse » a répété que le permis de construire était parfaitement légal.

  • Mardi de la quatrième semaine de carême

    Les répons des matines, cette semaine, sont tirés de l’Exode, puisque ce livre est la lecture de cette semaine. On y voit donc beaucoup Moïse, et Moïse est également très présent dans la messe de ce jour. Dans la première lecture, où, intercédant pour le peuple qui s’est laissé aller à l’idolâtrie du veau d’or et que Dieu veut exterminer, il est la figure du Christ en croix intercédant pour tous les hommes. Et dans l’évangile il y a trois fois le nom de Moïse, auquel Jésus se réfère pour reprocher aux Juifs de ne pas respecter la Loi et de mal l’interpréter.

    Mais aux matines de ce jour il y a une exception. Le premier répons n’est pas tiré de l’Exode. Il met directement l’évangile de ce jour en relation avec la Passion (comme cela apparaît en filigrane : « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ?... Est-ce que ce n’est pas celui qu’ils cherchent à tuer ?... Son heure n’était pas encore venue. »)

    Ce répons commence par une phrase dont seulement le début est littéralement dans l’évangile, et cette phrase est également l’antienne du Benedictus aux laudes de ce jour. Jésus, soulignant qu’il dit la vérité, anticipe la phrase suivante, tirée de la Passion : « Si j’ai mal parlé », etc. C’est ce que répond Jésus à l’assistant du grand prêtre qui vient de le frapper (Jean 18,23). Quant au verset, il s’agit de la réponse de Jésus aux juifs qui veulent le lapider parce qu’il vient de dire « Moi et le Père sommes un » (Jean 10,32) :

    ℟. Quid me quǽritis interfícere, hóminem qui vera locútus sum vobis ? * Si male locútus sum, testimónium pérhibe de malo : si autem bene, cur me cædis ?
    ℣. Multa bona ópera operátus sum vobis : propter quod opus vultis me occídere ?
    ℟. Si male locútus sum, testimónium pérhibe de malo : si autem bene, cur me cædis ?

    Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité ? Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?
    J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres excellentes, pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me faire mourir ?
    Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?

    La musique en est spécialement dramatique. Malheureusement je n’en ai pas d’enregistrement. Voici la partition du couvent des cordeliers de Fribourg (vers 1400) :

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  • La Cour suprême et l’avortement

    Après les lois du Texas visant à restreindre l’avortement, la Cour suprême des Etats-Unis a examiné vendredi une loi de Louisiane, et a décidé de la suspendre. Seul le juge Clarence Thomas a manifesté son opposition.

    La loi en question oblige les médecins avorteurs à disposer d’un droit d’admission de leurs patientes dans un hôpital local. Ce qui conduirait dit-on à la fermeture de tous les avortoirs de l’Etat sauf un. La loi est suspendue jusqu’à ce que la Cour ait pris sa décision sur les lois texanes. (Une des lois du Texas est très proche de celle de Louisiane et a été suspendue en juin dernier. La Cour a suspendu la loi de Louisiane de façon « cohérente » avec cette décision-là.)

    Le procureur général de Louisiane Jeff Landry a déclaré qu’il était « en désaccord avec la décision non motivée de la Cour » et qu’il continuerait « à défendre les lois pro-vie et pro-femmes ».

    Les partisans de l’avortement crient victoire comme s’ils avaient déjà obtenu l’abolition de ces lois.

  • Canonisations

    L’Office pour les cérémonies pontificales notifie que, mardi 15 mars, de déroulera sous la présidence du Saint-Père un consistoire ordinaire public, au cours duquel sera proposée la canonisation:

    du bienheureux José Sánchez del Río (le petit cristero)

    du bienheureux Stanislas de Jésus-Marie

    du bienheureux José Gabriel del Rosario Brochero

    de la bienheureuse Elisabeth Hesselblad

    de la bienheureuse Teresa de Calcutta (Anjezë Gonxha Bojaxhiu).

     

  • En mode automatique

    Il y a des moments où l’on a l’impression que François enfile des expressions toutes faites, toujours les mêmes, qu’il ressort à tout propos, sans s’occuper de savoir si elles ont un rapport avec la réalité.

    Ainsi à propos des religieuses assassinées au Yémen, il dit :

    Ces personnes sont victimes de l’attaque de ceux qui les ont tuées mais aussi de l’indifférence, de cette mondialisation de l’indifférence, à laquelle rien n’importe…

    L’indifférence de qui donc ? Hélas, elles ont été massacrées parce que leurs tueurs islamistes n’étaient pas du tout indifférents à leur présence au Yémen et à leur action en faveur des vieux et des handicapés. (Mais vous chercherez en vain une quelconque allusion de François à la religion des tueurs.)

  • L’AfD progresse

    Aux élections municipales de Hesse, le parti anti-euro AfD (Alternative pour l’Allemagne) a obtenu 13,2% des voix en moyenne (16,2% à Wiesbaden) et s’installe comme troisième parti derrière la CDU et le SPD (tous deux à 28%).

    Ces temps-ci, l’AfD s’était vigoureusement opposée à la politique d’Angela Merkel d’accueil massif de migrants musulmans.

  • Slovaquie

    Il paraît que « le vote en Slovaquie choque l’Europe et sa propre société ». C’est du moins ce qu’affirme EUobserver, écho du politiquement correct européiste.

    Car « pour la première fois l’extrême droite » entre au Parlement, avec 14 députés.

    Certes, en 2012 le parti Notre Slovaquie de Marian Kotleba n’avait obtenu que 1,58% des voix. Mais depuis lors il y a eu les régionales de 2013, où le parti a obtenu 21,3% dans la région de Banska-Bystrica et Marian Kotleba a été élu président de la région. Or le chef nationaliste s’est avéré un gestionnaire particulièrement efficace, diminuant la dette de la région de 5,7 millions d’euros sans emprunt supplémentaire. Le discours contre l’immigration et contre l’islam fait le reste…

    En revanche, le Premier ministre socialiste Robert Fico, bien qu’ayant adopté une ligne intransigeante sur les migrants et sur l’islam, s’est trouvé affaibli par la grogne sociale, et son parti social-démocrate n’a conservé que 49 députés sur les 83 qui lui donnaient la majorité absolue.

    Plusieurs autres partis sont représentés au Parlement, et Robert Fico n’a pas de coalition majoritaire facile en vue. Il voudra sans doute reconstituer l’alliance de 1994-1998 avec le parti national slovaque (qui lui avait valu d’être exclu du parti socialiste européen). Mais ce ne sera pas suffisant.