15 septembre 2014

L’Eglise de Sodome et Gomorrhe (et de la dhimmitude)

En Argentine, conformément à ce qui avait été annoncé, a été célébré, vendredi dernier, le baptême du « premier enfant conçu naturellement par un couple transsexuel » : son père est sa mère et sa mère est son père. « Nous sommes fiers d’ouvrir un chemin grâce auquel l’Eglise écrira un nouveau chapitre en baptisant la première fille de deux parents transsexuels », avaient dit les parents à la presse.

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Samedi, toujours en Argentine, un militant transsexuel, « Luisa Lucia Paz », et son « mari » ont reçu une bénédiction dans l’église du Saint-Esprit de Santiago del Estero. La paroisse avait annoncé un mariage, mais l’évêque a refusé. Alors le curé a fait une bénédiction… qui ressemblait à s’y méprendre à un mariage.

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En Irlande, l’évêque de Galway, Mgr Martin Drennan, a appris que la Société de saint Vincent de Paul avait donné 45.000 € au lobby LGBT local. Il a fait part de son mécontentement, rappelant que la pratique homosexuelle est moralement mauvaise, et qu’il y avait un problème de jugement moral de la part de la Société de saint Vincent de Paul. Et d’ajouter que ce don blessait les pauvres de Galway, d’autant que les donateurs demandent à l’évêché s’ils doivent continuer de donner de l’argent s’il doit être ainsi dépensé.

Un conseiller municipal de Galway a appelé l’évêque à démissionner et à présenter ses excuses à la communauté homosexuelle.

Un habitant de la ville a envoyé un courriel à l’évêque, lui disant que ses propos étaient « profondément offensants, pas charitables et pas chrétiens », et rappelant bien sûr le propos de François sur le sujet. Il a reçu en retour un message disant : « Mes humbles excuses pour le tort causé. Je me suis gravement trompé. »

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On rappellera que le cardinal Dolan, archevêque de New York, invité d’honneur du prochain défilé de la Saint-Patrick, a jugé « sage » la décision de ne plus interdire les lobbies LGBT.

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Pendant que des évêques sont à plat ventre devant le lobby LGBT, d’autres (ou les mêmes) font leurs courbettes devant l’islam. Un cap a été franchi avec le cardinal McCarrick, ancien évêque de Washington, qui a commencé un discours devant des musulmans en disant : « Au nom de Dieu le très clément, le miséricordieux », puis a assimilé « l’enseignement social catholique fondé sur la personne humaine » et celui de l’islam : « quand vous étudiez le saint Coran, quand vous étudiez l’islam, fondamentalement, c’est ce que Mahomet le prophète - la paix soit sur lui – enseignait ». Puis il a débité le baratin convenu sur le fait que nous étions tous contre la violence, contre la guerre, et bla-bla-bla, non sans oser souligner que « la vérité de l’affaire est que dans ces terribles massacres de l’Etat islamique, la plupart des victimes sont des musulmans, la plupart d’entre elles ne sont pas des chrétiens ». Et d’ajouter : « « Beaucoup de chrétiens, à l’évidence, ont souffert, donc je suis ici pour dire que nous sommes avec nos frères et sœurs de la communauté musulmane. » Sic.

« L'énigme des deux papes »

 

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Sandro Magister revient sur cette nouveauté du « pape émérite » vivant au Vatican, en habit de pape, avec le titre et son nom et ses armoiries de pape, côte à côte avec le pape régulièrement élu et régnant. La chose a déjà fait couler beaucoup d’encre. Sandro Magister rappelle l’état de la question, et ajoute un nouvel élément de réflexion : un texte de Roberto De Mattei, titré : « Il y a un pape et un seul ».

D’abord on peut se demander si Roberto De Mattei est devenu aveugle, ou si vraiment il nie l’évidence. Car l’évidence, visible, est qu’il y a deux papes, qui ont été élus papes tous les deux, qui se disent papes tous les deux, qui portent tous les deux l’habit de pape, qui ont tous deux un nom de pape. Un pape qui a la charge du gouvernement de l’Eglise, et un pape, un  grand théologien, qui s’est donné à lui-même le titre de « pape émérite » et un ministère de prière.

En fait, Roberto De Mattei fait partie de ces catholiques qui n’ont jamais accepté le concile Vatican II, et il trouve ici l’occasion de taper une fois de plus sur ceux qui auraient changé l’ecclésiologie qu’il croit traditionnelle, nommément « Congar, Ratzinger, de Lubac, Balthasar, Rahner, Schillebeeckx… ». Sic. De Mattei ose mettre dans le même sac l’un des plus grands théologiens de notre époque – Ratzinger - et l’un des idéologues les plus hétérodoxes – Schillebeeckx.

De Mattei n’a jamais accepté la première phrase de Lumen gentium. Resté bloqué dans l’impasse d’une ecclésiologie post-thomiste bétonnée et post-tridentine racornie qui voit l’Eglise comme une société gouvernée par un conseil d’administration de cardinaux qui se choisissent un PDG qui devient alors de droit divin, il lui refuse toute réalité sacramentelle en tant qu’Eglise, il ose dire que ces théologiens « ont voulu réduire la mission de l’Église à une fonction sacramentelle », comme si la fonction sacramentelle, qui est agir divin, pouvait être une « réduction ».

Dès lors, le pape ayant une fonction juridiquement définie, et seulement cette fonction-là, s’il renonce à sa charge il n’est plus pape. Donc Ratzinger, une fois encore, a tort, et l’ironie de l’histoire est que c’est le pape qui nous bassinait avec son « herméneutique de la réforme dans la continuité » qui a opéré une « coupure révolutionnaire » en continuant à se dire « pape »…

Il ne vient pas une seconde à l’esprit de Roberto De Mattei que le mot même de « pape » n’est en rien juridique. Le pape, c’est « Papa », c’est un terme d’affection, et bien sûr il ne se trouve pas dans le Code de droit canonique. Le mot de « pape » ne renvoie pas à des textes juridiques mais à la famille, la famille des enfants de Dieu réunis dans une communion eucharistique, dans l’amour qui nous est donné par le Saint-Esprit. Le père de famille qui se retire dans un monastère après avoir élevé ses enfants reste leur papa. Alors, on dira qu’on n’a pas deux papas. Eh bien François a parlé de Benoît XVI comme du grand-père. Ce qui va très bien à tout le monde, car il est permis d’avoir plus de tendresse pour son grand-père que pour son père…

Une perle de la Bible de Jérusalem

Le dernier verset du discours d’Eliphaz au chapitre 22 de Job, selon la Bible de Jérusalem :

« Il délivre même celui qui n’est pas innocent : il sera délivré par la pureté de tes mains. »

Il y a une note :

« On suit le TM [texte massorétique] en comprenant ‘î comme une négation (non attestée en hébreu biblique) ou en supposant que le n final serait tombé par haplographie devant naqî. Les versions ont lu ‘îsh et interprété : “il délivre l’homme innocent… par la pureté de ses mains”, ce qui semble mieux en accord avec la pensée traditionnelle, exprimée par Eliphaz. »

Donc, les traducteurs de la Septante et saint Jérôme pour la Vulgate latine avaient un texte hébreu que l’on comprenait sans problème et qui était la conclusion logique du discours d’Eliphaz. Mais nous avons décidé de suivre, coûte que coûte, le texte massorétique des rabbins des IX-Xe siècles. Lequel est incompréhensible. Eh bien il suffit de demander aux rabbins : ils expliquent qu’en fait ‘î est une négation, même si on ne voit ça nulle part ailleurs, ou bien qu’il y a une lettre qui a disparu, et donc on donne comme traduction, la bouche en cœur, un texte qui contredit tout ce qu’on vient de lire, et qui est en outre choquant pour tout chrétien (et pour tout croyant en général), puisqu’il prétend que Dieu sauvera (il s’agit bien de salut, y compris dans le « TM », même si la Bible de Jérusalem tente, en outre, d’affaiblir le sens des mots) « celui qui n’est pas innocent », c’est-à-dire le pécheur non repenti.

La Septante dit :

ῥύσεται ἀθῷον, καὶ διασώθητι ἐν καθαραῖς χερσίν σου.

Il délivrera l’innocent, oui, qu’il soit sauvé par ses mains pures.

Et la Vulgate :

Salvabitur innocens : salvabitur autem in munditia manuum suarum.

L’innocent sera sauvé : oui, il le sauvera par la pureté de ses mains.

On signalera enfin que « Il délivre même celui qui n’est pas innocent » est censé traduire trois mots hébreux (dont le mystérieux ‘î qui voudrait donc dire : « même celui qui n’est pas »…)

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Notre Dame des douleurs

Les répons des matines se contentent de reprendre de façon primaire les passages des évangiles qui évoquent les « sept » douleurs – comme si on pouvait mettre sur le même plan la crucifixion et le recouvrement au temple… qui est un mystère joyeux du Rosaire.

Les antiennes des laudes et des heures sont en revanche bien venues :

Quo abiit dilectus tuus, o pulcherrima mulierum ? quo declinavit dilectus tuus, et quæremus eum tecum ? (Cantique des cantiques, 5, 17)
Où est allé ton bien-aimé, ô la plus belle des femmes ? de quel côté s’est dirigé ton bien-aimé, que nous le cherchions avec toi ?

Recedite a me, amare flebo, nolite incumbere, ut consolemini me. (Isaïe 22, 4)
Eloignez-vous de moi, je  pleurerai amèrement, n’insistez pas pour me consoler.

Non est ei species, neque decor, et vidimus eum, et non erat aspectus. ( Isaïe 53 2)
Il n’avait ni forme ni beauté, et nous l’avons vu, et il n’avait pas d’apparence.

A planta pedis usque ad verticem capitis, non est in eo sanitas. (Isaïe 1, 6)
De la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, il n’y a en lui rien de sain.

Fulcite me floribus, stipate me malis, quia amore langueo. (Cantique des cantiques 2, 5)
Soutenez-moi avec des fleurs, fortifiez-moi avec des pommes, car je languis d’amour.

Antienne du Benedictus :

Venite, ascendamus ad montem Domini, et videte si est dolor, sicut dolor meus. (Michée 4, 2 puis Lamentations de Jérémie 1, 12)
Venez, montons à la montagne du Seigneur, et voyez s’il existe une douleur comme ma douleur.

Et aux vêpres, l’antienne du Magnificat :

Oppressit me dolor et facies mea intumuit a fletu, et palpebrae meae caligaverunt. (Job 16, 8 et 17)
La douleur m’accable, et mon visage est gonflé a force de pleurer, et mes paupières se sont obscurcies.

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14 septembre 2014

Exaltation de la Sainte Croix

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Christum Regem pro nobis in Cruce exaltatum, Venite adoremus.

Le Christ Roi élevé pour nous sur la Croix, venez, adorons-le.

Cet « invitatoire », l’antienne qui rythme le psaume 94, le psaume solennel d’ouverture des matines, fait référence à l’évangile, lorsque Jésus dit : « Et ego si exaltatum fuero a terra, omnia traham ad meipsum » : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi », et que l’évangéliste commente : « Il disait cela pour marquer de quelle mort il devait mourir. »

Le mot latin, pour « élevé », est « exaltatum ». A priori, le verbe latin veut seulement dire « élever ». Mais l’élévation du Fils de l’homme est une exaltation (qui sera explicitée par l’Ascension), à laquelle participeront tous les sauvés. Et comme la Croix est l’instrument du salut, elle est elle-même « exaltée » dans la liturgie, d’où la fête de l’exaltation de la Sainte Croix.

La lecture du troisième nocturne des matines est un passage d’un sermon de saint Léon le Grand expliquant la phrase de Jésus. Et ce passage commence opportunément par le mot du jour :

« Exaltato, dilectissimi, per Crucem Christo… » : le Christ étant élevé par la Croix, mes très chers…

Et le dernier répons des matines souligne ce qui sera la fin de l’évangile :

Sicut Moyses exaltavit serpentem in deserto, ita exaltari oportet Filium hominis, ut omnis qui credit in ipsum, non pereat, sed habeat vitam aeternam.

De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, de même il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle (Jean 3, 14-15).

Le Christ est élevé sur la Croix comme le serpent qui avait été cloué sur le bois guérissait ceux qui regardaient vers lui, il est exalté dans le triomphe de la Résurrection par la Croix qui est l’instrument de ce triomphe, la croix d’infamie devenue la croix glorieuse.

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13 septembre 2014

Syrie: reprise de Halfaya

L'armée syrienne a annoncé hier la prise de Halfaya, ville située au nord-ouest de Hama où le Front al-Nosra (al-Qaïda) avait déployé d'importants effectifs. Les forces gouvernementales ont en outre sécurisé plusieurs localités majoritairement chrétiennes et alaouites menacées par les djihadistes dans le secteur de l'aéroport de Hama, précise l'état-major. Et cela permet à l’armée de conserver un corridor entre Damas la zone côtière où se trouve l'essentiel de la communauté alaouite.

Ce qu’on ne nous rappelle pas est que les rebelles avaient pris Halfaya dès décembre 2012, et que la ville avait déjà été reprise par l’armée en mai 2013, puis réinvestie par les rebelles en août dernier.

L'armée syrienne dit s'être emparée de Halfaya et de ses environs après avoir « éliminé un grand nombre de terroristes, étrangers pour la plupart, et détruit beaucoup de leurs véhicules et de leurs armes ».

La prise de Halfaya est surtout importante dans la mesure où la ville était la base d’où opérait al-Nosra pour assiéger la ville chrétienne de Mhardeh, qui est le chef lieu de disctrict.

Curieux report de l’accord UE-Ukraine

Côté face, l’UE a mis en œuvre, hier, une nouvelle série de sanctions horrifiques contre la Russie (qui ne resteront pas sans réponse).

Côté pile, le même jour, à l’issue d’une réunion UE-Ukraine-Russie, l’UE a décidé de reporter à la fin 2015 le fameux et « historique » accord d’association qui devait s’appliquer au 1er novembre prochain… et qui sera quand même signé mardi, pour ne pas désespérer la place Maïdan. (C’est le rejet de cet accord par Ianoukovitch qui avait miraculeusement déclenché les manifestations, et c’est le volet « politique », symbolique, de cet accord, qui avait été signé dès le 21 mars.)

Le matin même, le président ukrainien Porochenko, flanqué de Barroso, rappelait que l’accord serait appliqué à partir du 1er novembre…

Le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, qui présidait la réunion tripartite au nom de l’UE, n’a pas donné le vrai motif de ce report inopiné et impromptu. Il a seulement bredouillé qu’il fallait répondre à certaines préoccupations russes, et l’on a cru comprendre aussi que l’état de l’économie ukrainienne est tellement désastreux que ce n’est pas vraiment le moment…

Mais on notera l’argument, le seul argument, surréaliste, exprimé publiquement par Karel de Gucht : ce report permettra à l’Ukraine d’éviter des sanctions russes (à savoir des hausses – parfaitement légitimes - de droits de douane) pendant 15 mois…

Il est bien évident qu’on nous cache quelque chose d’important. Qui a été mis dans la balance par les Russes.

13:44 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (7)

Caïn n’a pas pleuré ?

François a célébré une messe ce matin au cimetière militaire de Redipuglia. Dans un nouveau réquisitoire contre la guerre, contre toute guerre, il s’en est pris à ceux qui sont comme Caïn, qui disent « que m’importe ?  Suis-je le gardien de mon frère ? ». Il a ajouté :

« Avec ce Que m’importe?, qu’ont dans le cœur les affairistes de la guerre, peut être gagnent-ils beaucoup, mais leur cœur corrompu a perdu la capacité de pleurer. Caïn n’a pas pleuré, il n'a pu le faire. Et l’ombre de Caïn plane aujourd’hui sur ces cimetières. »

Caïn n’a pas pleuré ? Eh bien ce n’est pas vrai. Et c’est même un passage très émouvant de la Genèse, si proche de l’Evangile, où l’on voit justement Caïn pleurer son péché et Dieu le lui pardonner :

« Et Caïn dit au Seigneur : Mon iniquité est trop grande pour que j'en obtienne le pardon. Voici que tu me chasses aujourd'hui de la face de la terre, et de ta face je me cacherai. Je serai fugitif et vagabond sur la terre [gémissant et tremblant, dit le grec]. Quiconque donc me trouvera, me tuera. Et le Seigneur lui dit: Non, cela ne sera pas ; mais quiconque tuera Caïn en sera puni sept fois. Et le Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que ne le tue pas quiconque le trouverait. »

(NB. Le petit malin qui fera remarquer que personne ne peut rencontrer Caïn dans son errance parce qu’il n’y a personne d’autre sur terre que ses parents passe par la case prison et perd son tour…)

Samedi après la Nativité de la Sainte Vierge

Dans mon bréviaire de 1955, la liturgie de ce samedi est un vestige de l’ancienne octave de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Avec aux matines la lecture de cet extrait du sermon de saint Bernard pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption :

Quid ergo sidereum micat in generatione Mariæ ? Plane quod ex regibus orta, quod ex semine Abrahæ, quod generosa ex stirpe David. Si id parum videtur, adde quod generationi illi ob singulare privilegium sanctitatis divinitus noscitur esse concessa ; quod longe ante eisdem patribus cælitus repromissa; quod mysticis praefigurata miraculis; quod oraculis praenuntiata propheticis. Hanc enim sacerdotalis virga, dum sine radice floruit ; hanc Gedeonis vellus, dum in medio siccæ areæ maduit ; hanc in Ezechielis visione orientalis porta, quæ nulli unquam patuit, præsignabat. Hanc denique præ cæteris Isaias nunc virgam de radice Jesse orituram promittebat ; nunc evidentius virginem parituram. Merito signum hoc magnum in cælo apparuisse scribitur, quod tanto ante de cælo noscitur fuisse promissum.

Pourquoi la naissance de Marie brille-t-elle comme un astre ? C’est assurément parce qu’elle est issue des rois, de la race d’Abraham, de la noble famille de David. Si cela paraît peu, ajoutez-y que cette naissance, à cause de son singulier privilège de sainteté, est reconnue don de Dieu, qu’elle était promise depuis longtemps par le ciel à ces mêmes patriarches, qu’elle était figurée par des prodiges mystiques et annoncée par des oracles prophétiques. C’était elle, en effet, que symbolisait le bâton du grand prêtre, fleurissant sans racines ; elle que désignait la toison de Gédéon, humide sur un sol desséché ; elle que préfigurait, dans la vision d’Ezéchiel, la porte orientale ne s’ouvrant à personne. C’était elle, enfin, qu’avant toute autre, Isaïe promettait, tantôt par la tige qui sortirait de la racine de Jessé, tantôt plus clairement, par la vierge qui enfanterait. C’est donc avec raison qu’il est écrit que ce grand prodige est apparu dans le ciel puisque nous savons qu’il a été longtemps d’avance promis du ciel.

(Traduction du bréviaire Labergerie)

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12 septembre 2014

La mort d’un étonnant personnage

Le révérend Ian Paisley est mort, à l’âge de 88 ans.

C’était un incroyable personnage, et il restera dans l’histoire.

Toute sa vie fut fondée sur la haine virulente des catholiques et de l’Eglise. En 1951 il fonde sa propre congrégation, l’« Eglise presbytérienne libre », calviniste fondamentaliste, violemment anticatholique et anti-irlando-catholique, et donne au chef, c’est-à-dire à lui-même, sans rire, le titre de « modérateur » (il le sera jusqu’en 2008). Puis il fonde son quotidien, le Protestant Telegraph, puis son parti politique, le Parti unioniste démocrate qui deviendra le premier parti nord-irlandais, et le plus extrémiste, avec son groupe paramilitaire Ulster Resistance.

Il a été député européen sans discontinuer de 1979 à 2004, et une grande gueule du Parlement européen… et souvent dans le bon sens, dans la mesure où il était un pourfendeur de toutes les décadences morales (comme toujours sans nuance : en 1977, contre la dépénalisation de l'homosexualité, il avait lancé une campagne : « Sauvons l’Ulster de la sodomie »). Lors de la visite de Jean-Paul II, en 1988, il interrompt le pape en brandissant un papier où le pape est qualifié d’antichrist. On verra Bernard Antony se jeter sur lui pour lui arracher le papier. Il s’ensuit une bousculade, et Ian Paisley se fait sortir de l’hémicycle. En 2005 il est élu député au Parlement britannique.

Son intransigeance « unioniste » était telle qu’il fut le seul chef de parti à rejeter l’accord dit du vendredi saint (1998) signé par le Premier ministre britannique, le Premier ministre irlandais, le chef du Sinn Fein (c’est-à-dire de l’IRA) Gerry Adams et les autres partis catholiques, les chefs des partis unionistes sauf donc le sien, le Parti unioniste démocrate.

Et pourtant… En 2006 il accepte de rencontrer Gerry Adams, l’année suivante il négocie la formation d’un gouvernement d’union, et il devient Premier ministre d’Irlande du Nord, avec  comme vice-Premier ministre Martin McGuiness, l’ancien chef d’état major de l’IRA, négociateur du Sinn Fein pour l’accord du vendredi saint…

C’est son chant du cygne. Malade, il démissionne au bout d’un an. Et ce tribun extrémiste anti-catholique anti-irlandais restera dans l’histoire comme le premier dirigeant d’un gouvernement d’Irlande du Nord faisant l’union de toutes les parties…

Un mensonge par omission

Titres :

Le Crif dénonce des actes antisémites en forte hausse en 2014

Le Crif alerte sur la forte hausse des actes antisémites depuis le début de l'année

Les actes antisémites ont presque doublé en sept mois, selon le Crif

Le CRIF, et les médias qui le relaient, oublient juste un mot : « musulmans ». Ce sont les actes antisémites musulmans - ou arabo-musulmans si l’on veut - qui sont en hausse. Comme l'immigration.

Ces titres sont une insulte aux Français de souche (et quelques autres).

La première église dédiée à saint Jean Paul II

C’est dans le sud de Taiwan, chez les aborigènes Paiwan. A Laiyi, dans le diocèse de Kaohsiung.

L’archevêque de Kaohsiung, Mgr Peter Chen-Chung Liu, a présidé la Messe solennelle de consécration de la nouvelle église, concélébrée par une vingtaine de prêtres, en présence de plus de 1.200 fidèles. Quatre baptêmes ont été célébrés, dont ceux de deux Jean-Paul.

Le curé, le Père Calogero Orifiamma, est un missionnaire italien ; il a eu la vocation en voyant Jean-Paul II aux JMJ de Paris en 1997, et il est entré au séminaire de Kaohsiung, où il a été ordonné prêtre en 2007. Diplômé en architecture, il a dessiné le projet de l’église, s’inspirant de l’architecture locale indigène, dit-il (bof…). Il est allé spécialement à Rome chercher la relique majeure de l’église : une goutte de sang de saint Jean-Paul II.

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Le très saint Nom de Marie

Aujourd’hui, frères bien-aimés, vous avez entendu un Ange traiter avec une femme de la réhabilitation de l’homme. Vous avez entendu qu’il s’agissait de ramener l’homme à la vie, par le même chemin qui l’avait conduit à la mort. C’est un Ange qui traite avec Marie du salut du genre humain, parce qu’un ange avait traité de sa perte avec Eve. Vous avez entendu cet Ange révéler le moyen ineffable de construire, du limon de notre chair, un temple à la divine Majesté. Vous avez entendu comment un mystère incompréhensible place Dieu sur la terre et l’homme dans le ciel. Vous avez entendu par quelle combinaison merveilleuse Dieu s’unit à l’homme dans un seul corps. Vous avez entendu comment la frêle nature de notre corps est affermie par l’exhortation d’un Ange, l’animant à porter toute la gloire de la divinité.

Enfin, de peur qu’en Marie le limon friable de notre corps ne s’affaissât sous le poids énorme du céleste édifice ; de peur que cette branche délicate qui devait porter le fruit de tout le genre humain ne se rompit, l’Ange a bientôt pris les devants et dit à la Vierge : « Ne craignez pas, Marie. » Avant d’énoncer le motif de sa mission, il lui fait entendre par ce nom, quelle est sa dignité. Car le mot hébreu de Marie, en latin Domina, signifie souveraine. L’Ange l’appelle souveraine, pour lui ôter la crainte qui appartient à la servitude, destinée qu’elle est à devenir la Mère du Dominateur, celui qu’elle doit enfanter ayant obtenu, par son autorité même, qu’elle naquît et fût appelée souveraine.

« Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé grâce. » C’est vrai : celui qui a trouvé grâce ne saurait craindre. Or, vous avez trouvé grâce. Bienheureuse celle qui, seule parmi les êtres humains et de préférence à tous, mérita d’entendre ces paroles : « Vous avez trouvé grâce. » Quel degré de grâce ? Une grâce aussi entière que le donne à entendre ce terme employé auparavant par l’Ange : « pleine. » Et vraiment elle était en sa plénitude, la grâce dont les flots abondants s’étaient versés sur cette créature, l’avaient pénétrée et remplie. « Vous avez trouvé grâce devant Dieu. »

Disant ces choses, l’Ange lui-même s’étonne, ou de ce qu’une femme l’ait méritée seule, ou de ce que tous les hommes aient mérité la vie par une femme ; oui, l’Ange est comme frappé de stupeur, en voyant venir se renfermer tout entier dans les étroites bornes d’un sein virginal, le Dieu pour qui toutes les choses créées réunies ne sont que petitesse. C’est pourquoi l’Ange tarde à préciser le but de sa mission ; de là vient qu’il nomme la Vierge par ce qui exprime son mérite, et la salue en mentionnant la grâce. A celle qui l’écoute, il ne livre que peu à peu son message, sans doute afin d’en faire ressortir la signification ; c’est aussi peu à peu qu’il achève de calmer sa crainte prolongée.

Saint Pierre Chrysologue (sermon aux matines)

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11 septembre 2014

La honte du PPE

Le chanteur travesti et blasphémateur « Conchita Wurst » se produira sur l’esplanade du Parlement européen le 8 octobre, à l’invitation de cinq eurodéputés, dont la vice-présidente verte Ulrike Lunacek, qui est co-présidente de l’intergroupe LGBT du Parlement (lequel est, rappelons-le, le plus important intergroupe). Parmi les autres invitants, trois sont vice-présidents de l’intergroupe LGBT : Sirpa Pietikäinen, Sophie in’t Veld, Dennis de Jong, le cinquième étant le militant homosexuel Daniele Viotti (qui curieusement paraît ne pas faire partie de l’intergroupe – mais peut-être que le site n’est pas à jour, ou peut-être parce qu’il ne veut pas se retrouver avec des gouines, comme mes voisines de naguère qui se proclamaient telles et n’allaient pas à la gay pride parce que c’est « un truc de pédés »…).

Bref, sans surprise, Thomas Neuwirth, dit Conchita Wurst, vient chanter pour le très influent lobby LGBT du Parlement européen.

L’affaire est bien entendu soutenue par les groupes dont sont issus les invitants, et qui ont leur logo sur l’affiche, à savoir tous les groupes de gauche ainsi que les libéraux, et aussi, donc, le PPE, le groupe qu’on dit « démocrate chrétien », qui est celui de Sirpa Pietikäinen.

Si vous voulez vraiment savoir à quoi ressemble l’égérie LGBT du PPE, voilà :

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(Pour qu’il n’y ait pas de méprise : la honte du PPE, ce n’est pas Sirpa Pietikäinen, c’est que des dizaines et des dizaines de députés qui se disent chrétiens avalisent cela.)

La sinistre farce d’Obama

Dans le cadre de la lutte contre l’Etat islamique, Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient intensifier leur aide aux rebelles syriens. Sic. Et l’élément clé de la coalition internationale contre l’Etat islamique sera l’Arabie saoudite. Laquelle Arabie saoudite va accueillir des camps d’entraînement de jihadistes syriens « modérés » censés se battre contre Assad et contre l’Etat islamique en même temps…

Mais s’il y a un Etat islamique, c’est d’abord l’Arabie saoudite. Où aucune forme de culte non musulman n’est autorisée, où l’on décapite les opposants, où règne la charia la plus extrémiste. Ce n’est pas un hasard si l’Arabie saoudite a largement financé ce qui est devenu l’Etat islamique. Du temps où les jihadistes voulaient renverser Assad. Alors le grand mufti d’Arabie trouvait ces gens-là très bien. Maintenant qu’ils sont en Irak, la famille Saoud a la trouille, car l’Etat islamique a juré de renverser ce clan corrompu qui prétend garder les lieux saints de l’islam… Et l’Arabie saoudite a massé ses troupes à la frontière et a érigé des centaines de kilomètres de barrières… Et le grand mufti condamne ces assassins… Et les gogos d’Occidentaux disent : vous voyez, même le grand mufti d’Arabie saoudite condamne l’Etat islamique…

Obama vient donc au secours de la famille Saoud. Tout en continuant à vouloir se débarrasser d’Assad. Et il n’y a plus que lui sur terre à ignorer que les factions syriennes sont à géométrie variable, que l’on passe d’une milice à l’autre, qu’il n’y a aucune différence de doctrine entre le « Front islamique » regroupant les diverses forces qui vont bénéficier de l’aide supplémentaire américaine et al-Nosra ou l’Etat islamique. Et que, les jours où ils ne se combattent pas, ils se revendent les armes qu’on leur donne…

Syrie : Mhardeh en péril

Pendant que l’attention se porte sur l’Etat islamique, le Front al-Nosra continue son jihad, qui est le jihad officiel d’al-Qaïda, en Syrie. Les forces d’al-Nosra (où il y a au moins une centaine de « Français ») font ces jours-ci le siège de Mhardeh, une ville essentiellement grecque-orthodoxe de la province de Hama qui avait toujours été un refuge sûr pour les chrétiens. La ville est entièrement encerclée, et bombardée jour et nuit.

Il semble que al-Nosra ne veuille pas prendre la ville parce qu’elle est chrétienne, mais parce que s’y trouve une importante base militaire encore aux mains du régime syrien.

Images de Mhardeh (ou Muhradah, en arabe محردة), trouvées ici :

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Adieu l’Œuvre d’Orient

L’Œuvre d’Orient était une organisation respectable qui aidait de façon remarquable les chrétientés persécutées par l’islam. Sans doute continuera-t-elle à le faire, mais elle vient de se disqualifier, en signant un communiqué commun avec le SRI, le Service des relations avec l’islam de l’épiscopat français, qui est un organisme de pure désinformation sur l’islam et de préparation intensive à la dhimmitude.

En signant avec le curé de la dhimmitude volontaire le P. Roucou un texte abject dans lequel ce qui importe est uniquement la poursuite du « dialogue islamo-chrétien », et en publiant ce texte abject sur le site de l’Œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch se déconsidère et déconsidère l’organisation qu’il dirige.

Pour aider les chrétiens d’Orient, on s’adressera ailleurs. Par exemple à Chrétienté Solidarité Persécutions, qui œuvre en ce moment à Erbil, où étaient allé parader nos prélats, et qui ne prélève pas un seul centime sur les dons pour « frais de fonctionnement ».

Ça se passe comme ça au Pakistan

Un couple de chrétiens de Lahore, Nadeem Maqbol et Nabeela Nadeem, ont un fils de 14 ans et deux filles, de 12 et 8 ans. A l’école publique, les études islamiques sont obligatoires. Les deux filles ont donc appris et récité des sourates du Coran. En décembre 2013, un responsable islamique a fait remarquer que les filles étaient devenues musulmanes, puisqu’elles récitaient le Coran en public, et donc qu’elles devaient être retirées de leur famille chrétienne pour être confiées à une famille musulmane. Pour éviter que ses filles soient enlevées, Nadeem les a retirées de l’école. Quelques jours plus tard, le principal et d’autres enseignants musulmans ont intimé l’ordre aux parents de les envoyer à l’école, offrant à la famille une aide financière pour les frais de scolarité… Ils ont dû fuir à Yohanaabad, en abandonnant leur travail. Nabeela a pu retrouver un poste dans une école anglicane, mais Nadeem, qui avait une boutique, recherche un emploi. Selon des sources de Fides, de nombreuses familles chrétiennes se retrouvent dans les mêmes conditions, surtout dans le sud du Pendjab.

15:50 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (1)

Une absence remarquée au synode

Sandro Magister a épluché la liste des participants au prochain synode sur la famille, et il constate notamment qu’il n’y aura aucun représentant de l’Institut pontifical pour les études sur le mariage et la famille, créé par saint Jean-Paul II à l’université pontificale du Latran : « Un vide surprenant, s'agissant de l'organisme d'institution pontificale le plus concerné par le thème que le synode est appelé à discuter. »

Dans un de ses deux discours devant cet institut, Benoît XVI rappelait cette étonnante « coïncidence » : « Les origines de votre Institut remontent à un événement très particulier : précisément le 13 mai 1981, Place Saint-Pierre, mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II fit l'objet du grave attentat que l'on connaît lors de l'Audience au cours de laquelle il devait annoncer la création de votre Institut. »

Aujourd’hui il n’y a pas besoin d’attentat pour réduire l’institut au silence…

Antequam comedam, suspiro

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. Antequam comedam, suspiro, et tamquam inundantes aquæ, sic rugitus meus: quia timor quem timebam, evenit mihi; et quod verebar, accidit: Nonne dissimulavi ? nonne silui et jam quievi ? * Et venit super me indignatio tua, Domine.
. Nolo multa fortitudine contendat mecum, nec magnitudinis suæ mole me premat, æquitatem proponat contra me.
. Et venit super me indignatio tua, Domine.

Avant de manger je soupire, et comme des eaux qui inondent sont mes rugissements. Car la crainte que je craignais m'est arrivée, et ce que je redoutais s’est produit. Ne me suis-je pas tenu dans la réserve? N'ai-je pas gardé le silence et suis-je pas déjà resté en repos ? Et ton indignation est venue sur moi, Seigneur. (Job 3, 24-26)
Je ne voudrais pas qu'il me combatte de toute sa force, ni qu'il m'accable par le poids de sa grandeur : qu'il propose contre moi l'équité. (Job 23, 6-7)

Répons des matines, tel qu’il figure dans les anciens livres, ici l’antiphonaire (1400) de l’abbaye de Saint-Lambrecht en Autriche. (La fin du répons, et tout le verset, sont différents du répons qu'on trouve dans les bréviaires actuels. On remarque ausi que le verset coupe le verset biblique, qui se termine par: "et ma cause obtiendra la victoire"...)

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06:52 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (1)

10 septembre 2014

La Hongrie met au jour d’étranges manigances

La police hongroise a investi et perquisitionné lundi les locaux de deux ONG, Okotars et Demnet, d’origine norvégienne, soupçonnées de « détournement de fonds » et d’« activités financières non autorisées ». Cela s’inscrit dans le cadre d’un mouvement de vérification des activités de 58 ONG opérant en Hongrie et que le gouvernement soupçonne de servir de relais de financement étranger des opposants.

Naturellement, la Norvège juge « inacceptables » les perquisitions, qu’elle qualifie de « harcèlement » d’organisations civiles.

Les ONG mises en cause sont censées distribuer des subventions de Norway Grants (« Subventions de Norvège », dépendant du ministère norvégien des Affaires étrangères) dans les pays les moins développés de l’UE. Dans le cadre d’un accord entre l’UE, la Norvège, le Lichtenstein et l’Islande…

Bref, ces pays qui ne veulent pas faire partie de l’UE distribuent généreusement, par pure philanthropie, de l’argent aux pays les plus pauvres de l’UE…

Ah oui, les financements vont, « entre autres », à des organismes de défense des « droits civiques » et de la « transparence »… Par exemple, en Hongrie, à Transparency International (une ONG d'origine allemande spécialisée dans la lutte contre la corruption des institutions gouvernementales), à l’Union hongroise des libertés civiles (qui est ouvertement un lobby anti-gouvernemental et de culture de mort), et à un « portail de journalisme d’investigation », atlatszo.hu, qui se présente en réalité comme « la première ONG hongroise de surveillance ».

Cet été, Viktor Orban avait déclaré que des ONG recevaient des financements de l’étranger et qu’elles étaient des agents de puissances étrangères : « Nous n’avons pas affaire à des membres de la société civile, avait-il dit, mais à des militants politiques payés qui cherchent à aider des intérêts étrangers ici. »

Dans le même temps, le ministre norvégien des Affaires étrangères avait appelé l’UE à agir et s’était dit « perplexe et déçu que la réponse de l’UE fasse largement défaut ».

Or le chef de cabinet de Viktor Orban, Janos Lazar, a déclaré hier que la Hongrie, qui n’a rien à se reprocher, allait précisément demander à Bruxelles de régler le différend : « Nous devons probablement nous tourner vers la Commission européenne et lui demander de le résoudre. »

 

Addendum

 

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré : « Nous ne pouvons pas prendre quelque position que ce soit en ce qui concerne ce cas spécifique. » Parce qu’il s’agit d’organisations financées par un Etat qui ne fait pas partie de l’UE…

 

 

17:06 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)

La nouvelle Commission européenne

Jean-Claude Juncker a annoncé et expliqué la composition de la nouvelle Commission européenne.

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La différence essentielle avec les organigrammes précédents est que la vice-présidence n’est plus un poste honorifique mais un poste de direction : chaque vice-président est désormais le chef de plusieurs commissaires.

Cette modification est due au fait qu’il y a de plus en plus de commissaires (puisqu’il en faut un par pays et que l’UE ne cesse de s’élargir) et qu’il faut ordonner un peu l’organigramme autour de quelques pôles. Il y a donc désormais – ce qui n’est évidemment pas prévu dans le traité – mais qui se préoccupe du traité ? - sept super-commissaires et vingt commissaires placés sous l’autorité d’un super-commissaire.

Il y a fort à parier que cette modification est due en partie aussi à la « nécessité » de faire de Pierre Moscovici le commissaire aux Affaires économiques. On disait que l’Allemagne n’accepterait la méchante blague Mosco (Mosco-Witz) que si on lui adjoignait un « faucon budgétaire » issu de l’Europe du Nord qui le marquerait à la culotte. Lequel serait Jyrki Katainen.

L’Allemagne a obtenu mieux que cela. Il s’agit en effet de Jyrki Katainen, mais il n’est pas le commissaire politique adjoint à Moscovici pour l’empêcher de déraper, il est carrément le chef de Moscovici. Le vrai commissaire, c’est Katainen, vice-président de la Commission, chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité, et qui a sous ses ordres pas moins de huit commissaires, dont Moscovici…

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(La bonne nouvelle, si l’on peut dire, pour Moscovici et pour les Français, est que ce sera donc le Finlandais qui fera condamner la France par la Cour de Justice de l’UE quand la Commission aura décidé que les déficits français ne sont plus supportables et que la France a trop failli à ses promesses…)

16:22 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3)

Justice Femen

Les neuf furies Femen qui avaient profané la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été relaxées, et les trois surveillants qui avaient osé les mettre dehors ont été condamnés. Autrement dit elles sont encouragées à recommencer, et à faire pire, puisque l’impunité leur est garantie. Et elles ne se privent pas de le proclamer.

Il est vrai qu’elles étaient seulement poursuivies pour « dégradation » d’une cloche, alors qu’elles auraient dû l’être évidemment pour incitation à la haine. Car l’éventuelle rayure de la cloche exposée dans la cathédrale n’a aucune importance à côté de l’intrusion des furies dépoitraillées hurlant des slogans antichrétiens et faisant des signes de croix hystériques.

« Ceci n’a plus rien à voir avec une laïcité de respect. C’est un laïcisme de haine antichrétienne, un racisme institutionnellement encouragé. On le vérifie avec cette inversion radicale de l’agresseur et de l’agressé », souligne Bernard Antony qui ajoute : « L’Agrif n’accepte pas cet état de fait et rappelle que les femen ont été par ailleurs, sur sa plainte dûment motivée, mises en examen pour injures envers les chrétiens. »

Trois mots de François

Le cas le plus fréquent (quasi quotidien) est la savante ambiguïté par laquelle le pape condamne une attitude ou une doctrine non condamnable ou même très louable, selon les titres et les résumés qui sont donnés de ses propos, mais qui est tellement ambiguë qu’on découvre que la formulation complète peut être interprétée d’une façon admissible.

Dernier exemple en date : « Jésus n’est pas un professeur. » Ce qui est absurde, puisque dans les évangiles Jésus est appelé 59 fois « didascalos », c’est-à-dire « professeur », et qu’on dit 96 fois qu’il enseigne comme un professeur (« didasco ») - il souligne lui-même qu'il l'est, Jean 13, 13. Si l’on va voir la phrase entière, le pape dit : « Ce n’est pas un professeur, un mystique, qui parle d’une tribune. Il est au milieu des gens, il se laisse toucher. »

Jésus ne serait pas un mystique qui parle d’une tribune… Le propos est tellement incompréhensible que personne ne tente de l’expliquer. Reste donc le professeur… qui parle d’une tribune. Et là c’est souvent vrai. Quoique pas toujours, et loin de là. Le sermon sur la montagne, c’est un enseignement ex cathedra. Et quand Jésus enseigne depuis une barque, idem.

*

Il y a les discours où François paraît dire une vérité de l’air du temps qui serait aussi devenue vérité pour l’Eglise catholique, alors qu'il n'en est rien.

Dernier exemple en date : « La guerre n'est jamais nécessaire, ni inévitable. » (Message à la communauté Sant’Egidio, 7 septembre).

C’est ce que dit la mode pacifiste. Mais pas le Catéchisme de l’Egise catholique, qui indique avec précision quelles sont les conditions de la guerre juste (2309), puis édicte : « L’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. Les pouvoirs publics ont dans ce cas le droit et le devoir d’imposer aux citoyens les obligations nécessaires à la défense nationale. » Il s’agit bien du droit et du devoir « d’une légitime défense par la force militaire ».

*

Et puis il y a les discours où François, dans ses improvisations, falsifie la Sainte Ecriture. Un exemple flagrant est l’homélie du 4 septembre, avec une citation de saint Paul qui a fait les titres : « Pourquoi se vanter de ses péchés ».

Car saint Paul affirme le pape, « dit de lui-même: “Moi seul me vante de mes péchés”. »

Bien sûr saint Paul ne dit pas cela. Lorsque l’apôtre demande à Dieu d’écarter l’ange de Satan qui le soufflette (2 Cor. 10), Dieu lui répond : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » Alors saint Paul commente : « Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. »

Il s’agit bien de la faiblesse humaine, ἀσθένεια, qui a donné « asthénie », opposée à la puissance divine, et non du péché. Cette faiblesse est assurément une condition qui permet au péché de s’introduire, mais elle est aussi et d’abord la condition de la greffe de la grâce… qui permet de résister au péché. Or c’est bien de la greffe de la grâce dont il s’agit, et non du péché.

Saint Nicolas de Tolentino

Comme il n’y a point d’exercice dans le cloître que le démon combatte avec plus d’opiniâtreté que l’oraison, où le religieux trouve des armes invincibles pour triompher de sa malice, il fit une continuelle guerre à notre saint, ou pour la lui faire abandonner, ou pour l’inquiéter lorsqu’il la faisait. Il jetait quelquefois des cris épouvantables, contrefaisant le mugissement des taureaux, le rugissement des lions, le hurlement des loups, le sifflement des serpents, et les voix des animaux les plus sauvages. Il feignait de découvrir les toits, de casser les tuiles, de rompre la charpente et de renverser la maison, mais Nicolas se moquant de ses ruses demeurait ferme comme un rocher sans changer de posture.

Un jour cet esprit de ténèbres, après avoir éteint le feu de tous les lieux réguliers, entra dans la chambre sous la figure d’un oiseau d’une grosseur prodigieuse, et par le battement de ses ailes éteignit la lampe qui brûlait toujours devant son oratoire, et la jeta par terre, où il la mit en pièces. Mais le saint, ayant fait sa prière, en ramassa doucement les morceaux, et les rejoignit ensemble si merveilleusement qu’il ne paraissait point qu’elle eût été cassée : il la ralluma aussi de son souffle, lequel sortant d’un cœur tout brûlant de l’amour de Dieu avait la force de produire du feu. Il fit encore le même miracle deux autres fois, comme il est marqué au couvent de Tolentin, sur une grande pierre.

On y montre aussi une massue, de laquelle le démon se servait pour le maltraiter ; car il ne se contentait pas de le persécuter par les ruses dont nous venons de faire le détail, mais il le frappait très cruellement, jusques à le laisser quelquefois demi-mort étendu sur le carreau, la chair meurtrie, le corps couvert de plaies, et le visage presque noyé dans son sang, ainsi qu’il fut trouvé un jour par les religieux dans le cloître, où ce esprit d’enfer l’avait traîné. Dans ce rude combat, où il vainquit son ennemi par l’invocation du nom de Jésus, il demeura boiteux, et le fut le reste de sa vie. On voit encore cette insigne victoire écrite au-dessus de la porte où commença ce cruel traitement.

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06:17 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)

09 septembre 2014

La « bad bank » BCE

Jürgen Starck, économiste en chef de la Banque centrale européenne de 2006 à sa démission en 2011, écrit dans le Handelsblatt que la BCE est sur la voie de devenir une « bad bank » européenne en raison des « énormes risques » qu’elle prend en matière de politique monétaire. Il ajoute que la réorganisation stratégique en cours à la BCE est contraire au traité de Maastricht et ne répond à aucune légitimité démocratique.

Les propos de Jürgen Stark sont repris et commentés dans des journaux allemands, anglais, irlandais, italiens, espagnols, grecs… Il n’y a pas un seul journal français à les citer, si l’on en croit Google actualités.

17:35 Publié dans Europe, médias | Lien permanent | Commentaires (1)

La grande mosquée de Beauvais

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Le 14 septembre aura lieu la « grande fête » de la pose de la première pierre du « centre culturel et cultuel » de l’association socio-culturelle Espoir et Fraternité, autrement dit la grande mosquée de Beauvais.

Il fut un temps où le 14 septembre c’était la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, et Beauvais c’était ça :

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Ici Londres, messages personnels…

« Le critère de renouveau est de peindre la toile avant l’encadrement. La norme en vigueur est le quai sur lequel passe le train du renouveau. »

Message du cardinal Baldisseri (à propos du synode)

A l’époque des vrais messages codés de Radio Londres, il y avait :

« Demain, la mélasse deviendra du cognac. Il faut avoir des pipes pour trier les lentilles. L'acide rougit le tournesol. Les girafes ne portent pas de faux col… »

On constatera d’autre part que pour le Saint-Siège la Turquie fait partie de l’Europe…

16:44 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (4)

Asia Bibi : l’espoir du 16 octobre…

 

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Hier, la Haute Cour de Lahore a fait savoir que la première audience du procès en appel d’Asia Bibi aurait lieu… aujourd’hui. Ce matin il y a eu effectivement une audience. De quelques minutes. Le temps pour les magistrats de constater… que, une fois de plus (la sixième, semble-t-il) l’avocat de la partie civile était absent. Le juge Anwar Ul Haq a décidé que l’audience était reportée au 16 octobre, que d’ici-là les avocats des deux parties devraient remettre au tribunal leurs « considérations finales » sous forme écrite, et que les magistrats prendraient leur décision sur la base de ces écrits. Ce qui donne un nouvel espoir…

(Asia Bibi est en prison depuis le 19 juin 2009 et été condamnée à mort pour « blasphème » le 8 novembre 2010.)

Paucitas dierum meorum

. Paucitas dierum meorum finietur brevi: dimitte me, Domine, ut plangam paululum dolorem meum, * Antequam vadam ad terram tenebrosam, et opertam mortis caligine.
. Manus tuae, Domine, fecerunt me, et plasmaverunt me totum in circuitu, et sic repente praecipitas me ?
. Antequam vadam ad terram tenebrosam, et opertam mortis caligine.

Les quelques jours qui me restent finiront bientôt ; laisse-moi donc pleurer un instant ma douleur, avant que je m'en aille dans cette région ténébreuse et couverte de l'obscurité de la mort. Tes mains m'ont formé, elles ont façonné toutes les parties de mon corps, et tu voudrais me perdre en un instant ?

(Répons des matines : Job 10, 20-21 et 10, 8.)

L’expression « Finientur brevi » (mise au pluriel pour sous-entendre « mes jours ») est passée en proverbe, et en inscription de cadrans solaires...

06:03 Publié dans Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0)