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Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • (Saint Pierre aux liens)

    La fête de saint Pierre aux liens a été malencontreusement supprimée en 1960. Sans doute parce que le formulaire de la messe est celui du 29 juin (en dehors de la collecte et de l’alléluia) et qu’on y a vu une répétition. Mais s’il y a répétition elle est dans l’autre sens : il est assez curieux que la messe de la fête de saint Pierre commence par l’évocation de sa délivrance miraculeuse, racontée dans l’épître.

    Mais surtout, cette messe est très ancienne. Elle n’a pas été inventée tardivement pour en rajouter dans la célébration du prince des apôtres et donc de la papauté. Elle figure déjà dans le martyrologe hiéronymien, qui est le plus ancien calendrier liturgique romain. Et le culte des chaînes de saint Pierre dans l’église de Saint-Pierre aux liens était très répandue, puisqu’on voit l’empereur Justinien Ier demander au pape « quelque chose des chaînes de saint Pierre, si c’est possible ». Et une lecture des matines est un texte de saint Augustin sur la puissance de ces chaînes :

    Pierre est le seul des Apôtres qui mérita d’entendre ces paroles : En vérité : « Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». C’est lui qui fut jugé digne d’être, pour les peuples dont se formerait la maison de Dieu, la pierre fondamentale de l’édifice, la colonne destinée à le soutenir, la clef qui ouvrait le royaume des cieux. Aussi lisons-nous dans le texte sacré : « Et ils apportaient leurs malades, pour que, du moins en passant, l’ombre de Pierre les couvrît ». Si l’ombre de son corps pouvait alors porter secours, combien plus secourable est à présent la plénitude de sa puissance ? S’il se dégageait de lui un fluide salutaire aux suppliants quand il passait sur la terre, quel surcroît d’influence il a maintenant au ciel où il demeure ! Ne soyons pas étonnés que toutes les Églises chrétiennes regardent comme étant plus précieux que l’or, le fer des chaînes dont il a été chargé. Si l’ombre de Pierre a fait autant de bien aux malades, en passant auprès d’eux, combien plus efficace est sa chaîne à ceux qui se l’appliquent ? La fugitive apparence d’une vaine image put avoir en elle la propriété de guérir : combien plus de vertu les chaînes dont il a souffert n’ont-elles pas emprunté à ses membres, où le poids du fer les a imprimées ? Pierre avant son martyre eut tant de pouvoir pour soulager ceux qui le suppliaient : combien plus de puissance a-t-il après son triomphe ? Heureux liens qui, de menottes et d’entraves, devaient se changer en couronne, et qui ont fait de l’Apôtre un Martyr ! Heureuses chaînes qui ont mené leur captif jusqu’à la croix du Christ, moins pour lui faire subir la mort, que pour l’immortaliser.

    Sans doute a-t-on en fait supprimé cette fête parce qu'on ne croit plus qu'il s'agisse des chaînes de saint Pierre, malgré les nombreux miracles qu'elles ont accompli, du témoignage même de saint Augustin parmi tant d'autres.

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  • Saint Ignace de Loyola

    Parler rapidement des mérites d’Ignace envers le catholicisme est impossible. Son nom en effet résume à lui seul tout l’immense travail entrepris par l’Église au XVIe siècle, pour opposer à la réforme luthérienne une véritable réforme catholique, si bien que la liturgie elle-même affirme, à la louange d’Ignace, que la Providence l’envoya pour l’opposer à Luther.

    Maintenant encore, le nom de Loyola et de la Compagnie fondée par lui sont synonymes de vie et d’action catholique au sens le plus élevé du mot ; en sorte que les adversaires, tout en affectant de la tolérance envers d’autres congrégations religieuses, nourrissent une haine irréductible contre l’institut d’Ignace, où ils reconnaissent à bon droit l’armée la plus aguerrie et la plus invulnérable que la Providence ait placée sous le commandement immédiat du Vicaire de Jésus-Christ. On peut dire de la Compagnie de Jésus ce que l’Évangile dit du Divin Sauveur ; persécutée dès sa naissance, supprimée puis rétablie, objet d’une haine infinie pour les uns et de confiance illimitée pour les autres, pertransiit benefaciendo et sanando [Il passa faisant le bien et bénissant]. Ainsi en était-il il y a trois siècles, ainsi en est-il aujourd’hui, ainsi en sera-t-il toujours dans l’avenir.

    Bienheureux cardinal Schuster.

    On peut être bienheureux sans être bon prophète… Le pauvre, s’il revenait…

  • 8e dimanche après la Pentecôte

    Suscépimus, Deus, misericórdiam tuam in médio templi tui : secúndum nomen tuum, Deus, ita et laus tua in fines terræ : justítia plena est déxtera tua.
    Magnus Dóminus, et laudábilis nimis : in civitáte Dei nostri, in monte sancto ejus.

    Nous avons reçu, ô Dieu, votre miséricorde au milieu de votre temple : comme votre nom, ô Dieu, ainsi votre louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre : votre droite est pleine de justice.
    Le Seigneur est grand et digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur sa sainte montagne.

    A priori on pourrait croire que l’introït de ce dimanche a été repris de la messe de la Purification de la Sainte Vierge. En réalité c’est le contraire. Cette messe du 8e dimanche après la Pentecôte existait avant que Rome n’adopte la fête orientale de l’Hypapante : la Rencontre (du Seigneur avec son peuple représenté par Siméon). C’est nous, désormais, le peuple, qui recevons le Seigneur de miséricorde au milieu de son temple.

    Ce verset du psaume 47 est utilisé en de multiples occasions. Saint Benoît prescrit aux moines de le dire après que l’Abbé a lavé les mains et les pieds des hôtes. C’est aussi ce que les assistants répondent après que l’évêque a imposé la mitre au nouvel Abbé.

    Il était dit aussi dans certaines communautés religieuses lors de la réception des novices, en réponse à celui (du psaume 118) que le ou la novice venait de dire (comme l’évêque ci-dessus, et comme les novices continuent de le dire en prononçant leurs vœux) : « Suscipe me, Domine, secundum eloquium tuum, et vivam ; et non confundas me ab exspectatione mea. » (Reçois–moi, Seigneur, selon ta parole, et je vivrai ; et tu ne me frustreras pas de mon attente. »

    8th Sunday after Pentecost: Introit from Corpus Christi Watershed on Vimeo.

    Sur l'évangile de ce dimanche, voir ici.

    Sur l'antienne de communion, voir ici.

  • Sainte Marthe

    Les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ qu’on vient de lire dans l’Évangile nous rappellent qu’il est une seule chose à laquelle nous devons tendre, au milieu des soins multiples de ce monde. Or, nous y tendons comme étrangers et non comme citoyens ; comme étant sur la route et non dans la patrie ; comme aspirants et non comme possesseurs. Tendons-y néanmoins, et tendons-y sans paresse et sans relâche, afin de pouvoir y arriver un jour.

    Marthe et Marie étaient deux sœurs, sœurs non seulement par la chair, mais par la religion ; toutes deux s’attachèrent au Seigneur ; toutes deux d’un commun accord, servirent le Seigneur pendant les jours de sa vie mortelle. Marthe le reçut comme on reçoit un hôte, mais c’était néanmoins la servante qui recevait son Seigneur, une malade qui recevait son Sauveur, la créature qui recevait son Créateur. Elle le reçut pour lui donner la nourriture du corps, et pour recevoir de lui la nourriture de l’âme. Car le Seigneur a voulu prendre la forme d’esclave, et, dans cette forme d’esclave, être nourri par ses serviteurs, et cela par bonté, non par nécessité.

    Ce fut en effet de sa part une bonté que de se laisser nourrir. Sans doute, il avait une chair sujette à la faim et à la soif ; mais ignorez-vous que des Anges lui apportèrent à manger, quand il eut faim au désert ? Si donc il a voulu être nourri, ç’a été dans l’intérêt de quiconque le nourrissait. Et quoi d’étonnant, puisqu’il a fait ainsi du bien à une veuve, en nourrissant par elle le saint Prophète Élie, qu’il avait nourri auparavant par le ministère d’un corbeau ? Est-ce qu’il est impuissant à nourrir le Prophète, pour l’envoyer à cette veuve ? Nullement, mais il se proposait de bénir la pieuse veuve, en raison du service rendu à son serviteur. C’est donc ainsi que le Seigneur fut reçu en qualité d’hôte ; « lui qui est venu chez lui, et les siens ne l’ont point reçu, mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir d’être faits enfants de Dieu », adoptant des esclaves et les prenant pour enfants, rachetant des captifs et les faisant ses cohéritiers.

    Qu’il n’arrive cependant à aucun de vous de dire : ô bienheureux ceux qui ont eu l’honneur de recevoir le Christ dans leur propre maison ! Garde-toi de te plaindre et de murmurer de ce que tu es né à une époque où tu ne vois plus le Seigneur en sa chair. Il ne t’a point privé de cette faveur. « Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces plus petits d’entre mes frères, dit-il, c’est à moi que vous l’avez fait ». En voilà assez sur la nourriture corporelle à offrir au Seigneur. Quant à la nourriture spirituelle qu’il nous donne, nous en dirons quelques mots à l’occasion.

    Saint Augustin, lecture des matines avant 1960

  • Al-Qosh

    Les Kurdes calment le jeu à Al-Qosh. Le « Conseil de la province de Ninive », dominé par le « parti démocratique du Kurdistan », avait destitué le maire chaldéen d’Al-Qosh en l’accusant de corruption, et avait nommé à sa place un Kurde, membre du « parti démocratique du Kurdistan », dans cette ville à majorité chrétienne.

    Mais le conseil municipal s’est réuni et a élu à l’unanimité Lara Yussif Zara, une chaldéenne de 35 ans, comme maire de la ville. Avec l’aval des Kurdes.

  • Le cardinal Sarah en Pologne

    Le cardinal Sarah a visité mardi Niepokalanow, la « cité de l’Immaculée ». Il a célébré la messe avec la chasuble de saint Maximilien Kolbe.

    Il dit notamment :

    « Vous avez beaucoup souffert et maintenant, pleins d'expérience, vous pouvez aider l'Ouest à découvrir la valeur de la foi chrétienne. N'ayez pas peur. Vous êtes d'abord polonais puis européens. Vous êtes d'abord des chrétiens, puis des Européens ! « De nos jours, certains prétendent que nous n'avons pas besoin de Dieu dans notre vie. C'est la grande erreur que les Etats occidentaux ont commise. »

  • Saints Nazaire et Celse, Victor Ier, et Innocent Ier

    Sanctórum tuórum nos, Dómine, Nazarii, Celsi, Vittóris et Innocéntii conféssio beáta commúniat : et fragilitáti nostræ subsídium dignánter exóret. Per Dóminum.

    « Que la sainteté de Nazaire, Celse, Victor et Innocent couronnée par vous, Seigneur, nous défende, et implore votre secours pour notre faiblesse ». Nous avons traduit par sainteté couronnée au ciel les mots du Missel : confessio beata. Durant la vie présente, nous devons tous confesser notre foi à travers les mille croix, contradictions et peines qui composent notre vie. Si cette confession n’est pas sanglante, elle n’en est pas moins douloureuse et elle est, en son temps, glorifiée par Dieu dans le ciel.

    Dom Pius Parsch

  • Un délire allemand contre la Pologne

    Mardi dernier 25 juillet, le site de la chaîne publique d'information continue polonaise TVP.INFO a révélé que la chaîne allemande ZDF a fait appel de la décision du tribunal de Mayence qui en février dernier lui enjoignait de publier un texte d’excuses sur son site internet, pendant 30 jours, pour avoir qualifié les camps d’extermination de Majdanek et d’Auschwitz de « polonais ».

    Et la ZDF ose appuyer son appel en affirmant que le gouvernement polonais a supprimé l’indépendance de la justice et donc que le jugement de Mayence, qui entérine un jugement de Cracovie, n’est pas valide… Alors que les lois polonaises qui servent ainsi d’odieux prétexte sont toujours en discussion, et n’existaient même pas en projet quand les juges polonais ont statué…

    C’est une longue histoire, qui commence en 2013 lorsque la ZDF avait annoncé sur son site internet la diffusion d’un documentaire sur « les camps d’extermination polonais de Majdanek et d’Auschwitz ».

    Un survivant polonais d’Auschwitz, Karol Tendera, ulcéré qu’on qualifie de « polonais » des camps nazis, fit un procès à la chaîne, devant les tribunaux polonais. Le 22 décembre 2016, la cour d’appel de Cracovie, considérant que la formule « camps d'extermination polonais » transformait les victimes en bourreaux, condamna la chaîne publique allemande à publier un texte d'excuses pendant 30 jours sur son site internet.

    La chaîne se contenta de mettre sur sa page d’accueil les mots « Les excuses de Karol Tendera » (sic), renvoyant par un lien à une autre page où le texte d'excuses (de la ZDF) se trouvait tout en bas de la rubrique Documentaires sous forme d'image, empêchant de ce fait de trouver les excuses au moyen d'un moteur de recherche.

    Une avalanche de messages sur Twitter et Facebook regroupés sous le mot-clic #GermanDeathCamps se déclencha alors à l'initiative d'internautes polonais scandalisés. Et une petite association (la « fondation de la tradition des villes et des campagnes ») entreprit une tournée remarquée à travers l'Europe avec une voiture remorquant un panneau publicitaire : “Death Camp were Nazi German not Polish- ZDF apologize" (les camps de la mort étaient allemands nazis, pas polonais – ZDF excusez-vous), qui stationna devant le siège berlinois de la chaîne, les institutions européennes de Bruxelles et les bureaux londoniens  de la ZDF.

    Quant à Karol Tendera, il porta l’affaire devant le tribunal de Mayence, et celui-ci décida donc que la ZDF devait se conformer à l’arrêt de la cour d’appel de Cracovie.

    Mais la ZDF a fait appel. Avec des arguments qui montrent jusqu’où peut aller, chez les patrons médiatiques de la pensée unique, la haine de ce que représente l’actuel gouvernement polonais.

    En effet, disent-ils, depuis 2015 la Pologne est dirigée par un gouvernement conservateur « qui fonctionne avec pour mot d'ordre de conduire une politique historique active visant à protéger la réputation de l'Etat et des citoyens polonais ». Quelle honte...

    Et dans le cadre de cette politique historique sont menées des actions diplomatiques comme juridiques. Ce qui est évidemment insupportable...

    Mais il y a pire encore, c’est que le « gouvernement polonais voudrait que cette politique soit aussi réalisée par les tribunaux de notre pays » ! Or en Pologne il n’y a plus d’indépendance de la justice, le Tribunal Constitutionnel a été « renversé » (sic), la Cour Suprême à été « dissoute » (sic) et tous les juges vont perdre leurs postes... Mais oui. Et pour appuyer leur délire, ils joignent… des articles de la presse allemande.

    (Un grand merci à Bertrand.)

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  • Deuxième phase…

    La Commission européenne a envoyé hier un « avis motivé » à la Hongrie, à la Pologne et à la Slovaquie, concernant leur refus d’accueillir des « migrants ».

    C’est la deuxième phase de la « procédure d’infraction » lancée le 13 juin dernier. Les trois pays n’ayant pas répondu à la lettre de mise en demeure, la Commission leur donne désormais un mois pour « se conformer au droit de l’Union » (alors que le délai normal est de deux mois).

    Faute de quoi la Commission passera à la troisième phase : elle traînera les méchants pays devant la Cour de Justice de l’UE.

    (C'est le jour même où l'avocat général a demandé à la Cour de rejeter les recours de la Hongrie et de la Slovaquie - soutenus par la Pologne - sur le même sujet.)

  • Saint Pantaléon

    Liturgie byzantine, au 27 juillet :

    Pantéléïmon, toi le bien-nommé, lorsque tu déployas l'amour des hommes sur tous, en veillant sur les âmes et des corps prenant soin, alors tu as reçu le nom qui te convient, pour prix de ta vertu, comme honoraires de ta piété, et t'es montré un invincible soldat couronné par notre Dieu: * prie-le de sauver et d'illuminer nos âmes.

    Ayant reçu le pouvoir des guérisons, lorsqu'à toute chose tu préféras la piété, t'adonnant à la foi que ta mère pratiquait et détestant l'impiété de ton père, alors te donna son éclat divin le Verbe de Dieu, cet océan de clartés, dont la prescience prévoyait la splendeur que tu allais montrer au monde par ta vie.

    Toi qui puises sans cesse la grâce des guérisons aux sources immatérielles du Sauveur, qui les verses largement et distribues à qui s'approche de toi, éclaire par grâce divine tous les fidèles célébrant ta glorieuse, sainte et lumineuse festivité, Bienheureux dont le nom et la bonté sont à l'image du Dieu compatissant; prie-le de prendre tous tes chantres en pitié.

    En ce jour a brillé la vénérable mémoire de l'Anargyre, convoquant les fidèles à son banquet mystique et menant tous les amis de la fête à sa célébration festive; car voici l'admirable médecin guérissant toute maladie, le vaillant martyr Pantéléïmon, qui prie sans cesse le Seigneur pour le salut de nos âmes.

    Icône du XIIIe siècle, monastère Sainte-Catherine du Sinaï :

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    Sur le sang de saint Pantaléon, voir ici.