Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • En Allemagne

    Les élections de la ville-Etat de Brême, dimanche, ont été remportées comme toujours par les sociaux-démocrates, mais ils sont descendus de 38,5% à 32,9%. Les Verts ont également chuté. Au profit de la gauche radicale. Mais on note aussi que le parti anti-euro AfD fait son entrée, pour la cinquième fois dans le parlement d’un Land : ayant obtenu 5,7% des voix, il devrait avoir 5 députés.

  • En Pologne

    Comme au Royaume Uni, les instituts de sondage se sont complètement plantés en Pologne. Comme par hasard, dans les deux cas ils annonçaient la défaite des affreux « conservateurs »…

    « Pas de grand suspense », disait donc Radio France : c’était le président libéral sortant Bronislaw Komorowski qui allait l’emporter, peut-être au premier tour.

    Et vlan. Il n’a eu que 33,77% des voix et est arrivé deuxième, un point derrière Andrzej Duda, le candidat du « parti de la droite réactionnaire et antieuropéenne Droit et Justice », comme le vomit La Croix. (Mais « antieuropéenne » est hélas très exagéré).

    Autre surprise, le candidat indépendant « anti-système », le rocker et acteur Pawel Kukiz, qui devait faire un score marginal, est arrivé troisième avec 20,8% des voix, très loin devant les huit autres candidats qui sont tous en dessous de 4%.

    Pawel Kukiz ne pouvant pas être étiqueté de gauche (il a participé aux deux premières marches nationalistes de 2010 et 2011), on notera que l’unique candidate de gauche, et de la gauche unie, Magdalena Ogórek, a glorieusement remporté 2,38% des suffrages. Il est vrai que malgré son visage avenant et sa notoriété télévisuelle, s’appeler Madeleine Cornichon n’aide pas vraiment…

    (On signalera que le trublion précédent, Janusz Palikot, dont le parti avait obtenu 40 députés en 2011, s’est effondré à 1,42%.)

  • Les évêques suisses s’expriment

    Ils demandent de voter non le 14 juin prochain à un amendement constitutionnel visant à permettre le diagnostic préimplantatoire :

    Les Suisses s’exprimeront le 14 juin prochain sur une modification de la Constitution fédérale qui est destinée à ouvrir la porte au diagnostic préimplantatoire (DPI). Les évêques suisses refusent fermement cette modification de la Constitution.

    La situation de départ est tragique : c’est la souffrance d’un couple qui est susceptible de transmettre une maladie génétique grave. La méthode du DPI est présentée comme solution à ce problème. Or, cette méthode pose plusieurs problèmes graves : par le DPI on ne soigne pas une maladie, mais on l’évite en supprimant le porteur de la maladie, ce qui est injustifiable !

    En outre, le DPI nécessite la production volontaire d’embryons afin de faire une sélection, ce que l’on appelle de l’ « eugénisme libéral ».

    De plus, le DPI est une technique de sélection où l’on s’octroie le droit de décider qui mérite de vivre, et qui ne le mérite pas.

    La protection maximale de l’embryon humain qui doit être considéré comme une personne, est assurée au mieux par la Constitution fédérale actuelle qui précise que « ne peuvent être développés hors du corps de la femme jusqu’au stade d’embryon que le nombre d’ovules humains pouvant être immédiatement implantés » (Art. 119). Si cet article de la Constitution est modifié selon ce que propose le Parlement, la congélation d’embryons sera implicitement autorisée. Cette cryoconservation pose de graves problèmes éthiques, car il atteint directement la dignité humaine.

    Voter NON à la modification de la Constitution et donc au DPI qui suivra signifie donc attester que la dignité humaine de tout être humain doit être respectée et sauvegardée au maximum dans notre pays.

    C’est globalement un bon texte de circonstance (qui peut servir notamment contre le Téléthon), mais qui a néanmoins une phrase très malheureuse. Au lieu de dire que « la protection maximale de l’embryon humain (…) est assurée au mieux » par le texte actuel de la Constitution, ils devraient rappeler que ce texte est déjà gravement contraire à la loi naturelle en légitimant la fécondation in vitro. Car jusqu’à preuve du contraire François n’a pas encore modifié la doctrine explicitée par le cardinal Ratzinger sous Jean-Paul II.

  • TJ Joseph : des agresseurs condamnés

    Plusieurs bourreaux de TJ Joseph, le professeur qui avait eu la main tranchée par des islamistes au Kerala (Inde) en 2010, ont été condamnés vendredi dernier à Ernakulam.

    Dix d’entre eux ont été condamnés à 8 ans de prison, trois autres à deux ans. Et aussi à verser à TJ Joseph 800.000 roupies (11.000 €) de dommages. Le procureur, qui avait demandé a prison à vie,  a déclaré que ce jugement n’était pas satisfaisant et qu’il allait faire appel.

    Le plus important est que le principal suspect est toujours en fuite.

    Le dimanche 4 juillet 2010, des militants du « Front populaire de l’Inde » avaient attaqué TJ Joseph, professeur au collège Newman de Thodupuzha, alors qu’il revenait de l’église, et lui avaient tranché la main droite, au motif qu’il s’était rendu coupable de blasphème envers le Prophète.

    L’affaire remontait au mois de mars précédent. Ce professeur avait donné à ses élèves un exercice de malayalam consistant à rétablir la ponctuation dans un texte. Le texte était d’un auteur du Kerala. Il racontait l’histoire d’un poissonnier nommé Mohammad qui ne cesse de s’appauvrir alors qu’il travaille de plus en plus, et qui devenait fou de désespoir et interpellait Allah. Le blasphème était que le poissonnier s’appelait Mohammad…

    Il y eut alors des manifestations organisées par les islamistes du « Front populaire de l’Inde », le professeur fut interpellé, inculpé, et suspendu d’enseignement.

    Le 4 juillet, il y eut donc l’agression. En septembre, il était licencié du collège, sans solde et sans pension. Mais l’université Mahatma Gandhi, dont dépend le collège, révoquait la décision et le rétablissait à son poste.

    Le 15 novembre 2013, il était acquitté par la cour d’appel du Kerala.

  • Supprimer les églises en Algérie

    De l’agence Fides :

    Il faut fermer toutes les églises chrétiennes se trouvant sur le territoire algérien et les transformer en mosquées là où cela est possible. Telle est la proposition lancée par le responsable algérien salafiste Abdel Fattah Zarawi, Président du Front libre salafiste d’Algérie, qui la fait passer comme une réaction légitime aux épisodes d’islamophobie qui, à son avis, déferlent dans de nombreux pays d’Europe, à commencer par la France. C’est ce qu’indiquent des sources algériennes consultées par l’Agence Fides. Dans le cadre de cette campagne contre les églises, immédiatement reprise par les réseaux sociaux et les blogs liés aux groupes salafistes, les basiliques d’Algérie – telle que Notre-Dame d’Afrique à Alger et celle de Saint Augustin à Annaba – sont qualifiées de résidus de l’époque coloniale dont le pays doit être libéré.

  • Toujours François…

    « J'ai assisté, ce matin, via internet, à l'audience de François aux enfants de “La fabrique de la paix” (initiative onusienne, à l'étendard LGBT, au nœud rouge du sida... bref, tout un programme, avec, en prime, la pauvre Bonino au premier rang!) J'ai appris à ne plus bondir, même si cela reste toujours aussi douloureux, en voyant le Pape faire son entrée sur un air de music-hall chanté par deux jeunes créatures abreuvées de spectacle télé ["We are the world"], saluer avec délectation tous ces i-phones et autres appareils photos brandis pour le capter, chercher toujours d'un œil l'objectif officiel chargé de le suivre au risque de ne pas savoir à qui il tend la main. Une vaste méga foire d'enfants surexcités par des éducateurs! »

    Si vous ne craignez pas d’être déprimé pour le reste de la journée, la suite est ici

  • Saints Nérée, Achille, Domitille et Pancrace

    Fin de l’homélie de saint Grégoire le Grand, en la basilique des saints Nérée et Achille, le 12 mai 592 :

    Voyez comme il s’enfuit, ce monde qu’on aime! Ces saints auprès de la tombe desquels nous sommes assemblés ont foulé aux pieds avec mépris un monde florissant. On y jouissait d’une longue vie, d’une santé continuelle, de l’abondance matérielle, de la fécondité dans les familles, de la tranquillité dans une paix bien établie. Et ce monde qui était encore si florissant en lui-même était pourtant déjà flétri dans leur cœur. Alors que tout flétri qu’il soit maintenant en lui-même, il demeure toutefois florissant dans nos cœurs. Partout la mort, partout le deuil, partout la désolation; de tous côtés nous sommes frappés, de tous côtés nous sommes abreuvés d’amertumes; et cependant, dans l’aveuglement de notre esprit, nous aimons jusqu’aux amertumes goûtées dans la concupiscence de la chair, nous poursuivons ce qui s’enfuit, nous nous attachons à ce qui tombe. Et comme nous ne pouvons retenir ce qui tombe, nous tombons avec ce que nous tenons embrassé dans son écroulement.

    Si le monde nous a autrefois captivés par l’attrait de ses plaisirs, c’est désormais lui qui nous renvoie à Dieu, maintenant qu’il est rempli de si grands fléaux. Songez bien que ce qui court dans le temps ne compte pas. Car la fin des biens transitoires nous montre assez que ce qui peut passer n’est rien. L’écroulement des choses passagères nous fait voir qu’elles n’étaient presque rien, même quand elles nous semblaient tenir ferme. Avec quelle attention, frères très chers, nous faut-il donc considérer tout cela! Fixez votre cœur dans l’amour de l’éternité; et sans plus chercher à atteindre les grandeurs de la terre, efforcez-vous de parvenir à cette gloire dont votre foi vous donne l’assurance, par Jésus-Christ Notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

  • Le président du Liberland arrêté

    Le président du Liberland, Vit Jedlicka, a été arrêté samedi alors qu’il entrait dans son pays… pour la première fois depuis la proclamation de l’indépendance.

    Vit Jedlicka et son interprète avaient d’abord été repérés par une patrouille de la police dans un village situé à 3 km de la frontière. Ils ont expliqué qu’ils avaient l’intention de franchir la frontière de façon légale (puisque c’est le président et qu’il a un document prouvant sa citoyenneté liberlandaise…).

    Les policiers les ont laissé partir, mais les ont arrêté au moment où ils allaient franchir la frontière. A pied.

    Parce que c’est la frontière de l’UE et de l’espace Schengen (l’enclave est théoriquement serbe) et qu’ils n’avaient pas les papiers qui le leur permettent.

    Vit Jedlicka a souligné l’ironie du fait : se faire arrêter quand on passe la frontière dans ce sens-là alors que si nombreux sont ceux qui passent les frontières de l’UE dans l’autre sens sans se faire arrêter…

    Vit Jedlicka a été transféré à la prison de Beli Manastir, et il a été présenté à un juge, auquel il a expliqué la situation, et il a voulu discuter avec lui du fonctionnement futur du Liberland et de la protection de sa frontière du côté croate. Mais le juge s’est déclaré incompétent. Et comme en réalité Vit Jedlicka n’avait pas franchi la frontière, il a été libéré.

    L’incident a permis de constater qu’il y a désormais des patrouilles de police près de la frontière pour empêcher les Liberlandais d’entrer dans leur pays, et même des patrouilles fluviales sur le Danube, conjointement avec les Serbes, pour empêcher les Liberlandais d’arriver par le fleuve…

  • La messe LGBT de Londres

    Le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a été hier le premier cardinal à « présider » la « messe LGBT » de Londres.

    Cette messe existe depuis 1999. En 2013 elle a été transférée de l’église de l’Assomption et Saint-Grégoire à l’église de l’Immaculée Conception. Et théoriquement intégrée à la liturgie paroissiale comme une messe ordinaire.

    Mais le lobby lui a conservé sa spécificité, d’autant que l’église de l’Immaculée Conception est devenue aussi le siège du « conseil pastoral des catholiques LGBT de Westminster ». Lequel a annoncé que « le cardinal Vincent Nichols présidera la messe accueillant les catholiques LGBT, leurs parents et leurs familles ».

    Les services de l’archevêché ont mollement démenti qu’il s’agisse d’un messe LGBT, en disant que ce n’était pas une messe pour les « homosexuels catholiques », mais que le cardinal Nichols allait « célébrer la messe habituelle de la paroisse, à laquelle seront présents les paroissiens (messe qui a aussi le souci pastoral des gens qui ont une attirance pour le même sexe) ». Sic.

  • Saint Philippe et saint Jacques

    Saint Jacques est présent dans la liturgie de ce jour par le début de son épître, qu’on lit de nouveau aux matines (comme au 4e dimanche). Saint Philippe est présent dans l’évangile, et par les antiennes des heures, qui en sont tirées. La première antienne est la demande de Philippe à Jésus de lui montrer le Père. Les autres sont la réponse de Jésus, sauf la quatrième qui est la réponse préalable à Thomas, entraînant la question de Philippe.

    Domine, ostende nobis Patrem, et sufficit nobis, alleluia.

    Seigneur, montre-nous le Père, et il nous suffit, alléluia.

    Philippe, qui videt me, videt et Patrem meum, alleluia.

    Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père, alléluia.

    Tanto tempore vobiscum sum, et non cognovistis me? Philippe, qui videt me, videt et Patrem meum, alleluia.

    Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ? Philippe, qui me voit, voit, aussi mon Père, alléluia.

    Si cognovissetis me, et Patrem meum utique cognovissetis, et amodo cognoscetis eum, et vidistis eum, alleluia, alleluia, alleluia.

    Si vous m’eussiez connu, vous auriez donc connu mon Père ; mais bientôt vous le connaîtrez, et vous l’avez déjà vu, alléluia, alléluia, alléluia.

    Si diligitis me, mandata mea servate, alleluia, alleluia, alleluia.

    Si vous m’aimez, gardez mes commandements, alléluia, alléluia, alléluia.

    Ce lundi est aussi le premier jour des Rogations. On constate que la liturgie des deux apôtres, qui prime, n’est pas étrangère aux Rogations, puisque ce qui est central dans l’évangile est une demande de Philippe, et qu’à la fin de l’évangile Jésus dit à ses apôtres :

    Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

    En outre, l’antienne du Magnificat, prise d’un autre chapitre de saint Jean, du discours sur la vigne, est sur le même thème :

    Si manseritis in me et verba mea in vobis manserint, quodcumque petieritis, fiet vobis, alleluia, alleluia, alleluia.

    Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, tout ce que vous demanderez il vous sera fait, alléluia, alléluia, alléluia.

  • Cinquième dimanche après Pâques

    Allelúia. Exívi a Patre, et veni in mundum : íterum relínquo mundum, et vado ad Patrem. Allelúia.

    Allelúia. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte de nouveau le monde, et je vais auprès du Père. Alléluia.

    (…) Notre Seigneur parlait de lui-même en disant qu’il était venu du Père et qu’il retournait au Père mais il ne le disait pas sans penser à ses membres qui ne font qu’un avec lui. Eux aussi viennent de Dieu en ce sens qu’ils ont été de toute éternité portés dans la pensée divine et prédestinés à vivre la vie du Christ à telle époque, dans telle contrée ; et, leur vie achevée, ils quittent le monde et vont vers le Père pour leur éternelle béatitude. Nous pouvons donc, tout en les mettant sur les lèvres du Christ, faire nôtres ces paroles et chanter sur elles le cycle de notre vie errante.

    emission_radio_paques5_4_exivi_a_patre.gif


    podcast

    La mélodie est faite d’un seul motif qui va du ré au sol et du sol au ré, presque toujours par degrés conjoints. Ce motif revêt deux formes.

    A travers ces montées et ces descentes, légères, fluides, toujours les mêmes et sans cesse répétées (15 fois dans l’ensemble de l’Alléluia et du verset) la voix du Christ nous vient comme de très haut, planant au-dessus du temps, au-dessus des événements, au-dessus de ses disciples, au-dessus de la peine qu’ils ont de le voir partir, au-dessus de nos désirs trop humains à nous aussi, qui voudrions tant qu’il fût là avec son corps de chair. Et elle chante la seule chose qui importe : le mouvement dans lequel tout être doit avoir son mouvement s’il veut atteindre sa fin : venir du Père, aller au Père. Et pour la chanter, elle a l’expression de ce qui dure : de la joie qui a sa plénitude. C’est une voix de contemplation, la voix de quelqu’un qui est fixé sur son objet, sur son bien ; la voix du Christ ressuscité qui juge tout dans sa sagesse infinie, du Christ heureux dans la volonté du Père qui l’a envoyé et qui le rappelle.

    Dom Ludovic Baron

    (Chant par les moniales de Jouques)

  • Quelques petites choses chez Osty

    Continuant à lire la Bible Osty au rythme que suggère la liturgie (les deux dernières semaines l’Apocalypse, cette semaine l’épître de saint Jacques), non sans avoir devant moi le texte grec et latin, je découvre quelque chose d’ahurissant. Il ne s’agit plus de tordre le sens des mots, ou de leur inventer une signification fantaisiste, mais carrément de changer le mot parce qu’on ne comprend pas celui de la Sainte Ecriture…

    C’est dans l’épître de saint Jacques, 4,2 :

    « Vous tuez », qui est le texte de tous les manuscrits, a paru hors de situation et a été « amendé » par une correction célèbre d’Erasme, qui a proposé de lire : « vous enviez » (phtoneïté au lieu de phoneuété).

    Je ne sais pas si la « correction » d’Erasme est « célèbre » chez les exégètes, mais je n’en trouve aucune trace sur internet, sauf dans les œuvres d’Erasme lui-même, qui corrige en effet sans vergogne, et se permet de dire :

    Je ne vois pas comment ce mot, vous tuez, peut faire sens. Peut-être fut-il écrit phtoneïté, c’est-à-dire « vous enviez », et qu’un scribe sommeillant aurait écrit phoneuété à la place de phtoneïté, surtout que vient ensuite [trois versets plus loin] : « l’esprit convoite jusqu’à l’envie ».

    Il y a une autre Bible qui « corrige » ainsi : la Pirot-Clamer, et c’est donc là que le chanoine a trouvé la « correction ».

    Laquelle est absolument illégitime, car comme le dit Osty lui-même, TOUS les manuscrits grecs ont phoneuété, et TOUS les manuscrits latins ont occiditis : vous tuez. Tous sans exception.

    Certes, la phrase est difficile. Mais ce n’est pas la seule de saint Jacques :

    Vous convoitez et vous n'obtenez pas; vous tuez, et vous êtes envieux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et vous faites la guerre, et vous n'obtenez pas, parce que vous ne demandez pas. (Traduction Fillion)

    On peut remarquer qu’il s’agit de la façon sémitique de parler, où les comparatifs sont remplacés par des oppositions exacerbées. Comme lorsque Jésus dit : « Si quelqu’un vient à moi et s’il ne hait pas sons père, sa mère, sa femme », etc. Dans la Bible, tuer, répandre le sang, se dit d’actions mauvaises qui ne sont pas des meurtres.

    D’autre part, la Bible de Jérusalem (la première, ou parmi d’autres, je ne sais pas) a astucieusement résolu la difficulté en modifiant la ponctuation habituelle (il n’y a pas de ponctuation dans les manuscrits) :

    Vous convoitez et ne possédez pas? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir? Alors vous bataillez et vous faites la guerre. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas.

    Quoi qu’il en soit, la solution se trouve dans les mots de la Sainte Ecriture, et non dans une « correction » de la parole de Dieu…

    sacraficial-lamb.jpg

    Dans l’Apocalypse, 13,8, Osty, comme beaucoup d’autres, rejette la traduction « l’agneau immolé depuis l’origine du monde », « malgré la beauté du sens ainsi obtenu », dit-il. Sous prétexte que dans le chapitre 17 il est question aussi de ceux dont le nom « n’est pas inscrit dans le livre de vie » et que l’expression « depuis la fondation du monde » vient juste après. Donc il faudrait comprendre aussi au chapitre 13 « ceux dont le nom ne se trouve pas écrit, depuis la fondation du monde, dans le livre de vie de l’Agneau égorgé ».

    On remarquera que pour imposer ce sens il faut modifier l’ordre des expressions. Parce que l’ordre authentique du texte appelle l’interprétation traditionnelle : « ceux dont le nom n’est pas écrit dans le livre de vie de l’Agneau qui est immolé depuis l’origine du monde ». En grec la suite de génitifs rend la chose encore plus nette.

    Il paraît qu’on trouve ici ou là, notamment chez saint Ambroise (mais où ?), l’interprétation moderne. Mais ce qui est certain est que l’interprétation de très loin la plus courante chez les pères est l’interprétation, ou plutôt, la lecture traditionnelle, qui ouvre une perspective théologique magnifique. Que l’on trouve à quelques chapitres de distance les mêmes deux expressions, différemment agencées, ne suffit pas à établir qu’elles doivent être comprises de la même manière.

    Je suis toujours sidéré de voir les nains d’aujourd’hui se dresser devant l’armée des géants d’autrefois et leur dire qu’ils sont nuls.

    *

    En avance sur la semaine prochaine, pour préparer la lecture de la première épître de saint Pierre, cette affirmation péremptoire :

    La bonne qualité de la langue et du style interdit d’attribuer la rédaction de la dite épître à un enfant de la Galilée.

    Et hop, trop bouseux le Simon-Pierre – même s’il prêchait évidemment en grec à Antioche puis à Rome, et avec une « bonne qualité de langue et de style », sinon personne ne l’aurait écouté. Et, n’en déplaise aux misérabilistes, saint Pierre n’était pas un « pauvre » des « périphéries ». Il avait avec son frère une entreprise de pêche et il habitait en ville, à Capharnaüm, où les transactions commerciales se faisaient en grec. Rappelons que dès le siècle précédent TOUTES les inscriptions funéraires juives que l’on a retrouvées sont en grec : deux tiers seulement en grec, un tiers en grec et dans une langue sémitique.

    (Le chanoine considère toutefois que la substance de l’épître est bien de saint Pierre, mais que le texte a été écrit en grec par Silvain – puisqu’il dit : « C’est par Silvain que je vous écris ces quelques mots »…)

  • Le soi-disant "art" bobo au service de l’islam

    Il y a un « artiste » qui s’appelle Christoph Büchel, spécialisé dans la reconstitution de poubelles et de débarras. Il est islando-suisse, parce que la double nationalité c’est intéressant.

    Christoph Büchel représente l’Islande à la biennale de Venise. Pour changer des décharges publiques qu’il affectionne, il a inventé une autre « installation » : faire d’une église (désaffectée) de Venise une mosquée. Et de l’appeler « La Mosquée », en anglais bien sûr : « The Mosque ».

    Donc il a mis en tapis en direction de La Mecque et a recouvert les murs de panneaux avec des versets du Coran. Sur l’autel le crucifix a été remplacé par un mirhab. Pour entrer les hommes doivent se déchausser et les femmes se voiler. L’imam de Venise viendra y faire la prière vendredi prochain… Et les musulmans rêvent de voir l’église Notre-Dame de la Miséricorde devenir une mosquée permanente : la première mosquée de Venise…

  • Trop c’est trop

    Je ne voulais pas commenter le coup de fil de François à Emma Bonino pour qu’elle « tienne bon » (dans sa « lutte contre le cancer »), parce que c’est fastidieux et déprimant de suivre au jour le jour les obscénités du souverain pontife. Je ne vois pas d’autre mot en effet, quand il s’agit de cette propension à téléphoner aux plus pourris des pourris pour les réconforter… et les conforter dans leur pourriture et leur permettre de s’offrir un nouveau tour de piste : « Le pape m’a téléphoné. »

    Mais trop c’est trop. Non seulement le pape a téléphoné à Emma Bonino, mais j’apprends qu’il l’a invitée à « assister au Vatican à la rencontre du Pape avec des milliers d'enfants - organisé par la "Fabrique de la Paix" - afin d'"œuvrer avec lui à la réalisation d'un grand rêve : édifier un monde de paix, tolérance et accueil ».

    C’est lundi prochain, 11 mai, que Emma Bonino sera donc au Vatican, et montrée aux enfants comme une de ces personnalités qui œuvrent avec le pape pour un monde de paix et d’accueil.

    Vous l’entendez, le fou rire du diable ? Il s’en étrangle, il s’en étouffe, mais il n’en meurt pas. Il se demande ce qu’il va pouvoir inventer d’encore plus diabolique à inspirer à François.

    Quand j’ai découvert Emma Bonino, elle était commissaire européen à la Pêche. Et elle mettait en application de façon implacable la politique d’éradication de la pêche artisanale, sans la moindre considération des drames humains, avec un mépris glacial et pleinement assumé des pêcheurs et de leurs familles. Je ne savais pas alors qu’elle était en Italie le symbole même de la culture de mort et de toutes les subversions, militante acharnée du divorce, de la contraception, de l’avortement, de l’euthanasie, puis des droits LGBT, de l’idéologie du genre…

    Emma Bonino avait créé le CISA, centre d’information sur la stérilisation et l’avortement, qui militait pour le droit à l’avortement et pratiquait l’avortement en toute illégalité. En 1974, elle s’était vantée d’avoir pratiqué 10141 avortements clandestins, avec sa célèbre pompe à vélo :

    aborto6.jpg

    « Les avortements sont effectués avec une pompe à vélo, un dilatateur en plastique et un pot dans lequel on fait le vide et où finit le contenu de l'utérus. J'utilise un bocal d'un kilo qui avait contenu de la confiture. Les femmes ne se soucient pas de ce que je n'utilise pas un récipient acheté dans un magasin de sanitaires, c'est l'occasion d'une bonne rigolade » : è un buon motivo per farsi quattro risate.

    Non seulement elle n’a jamais regretté cela, mais elle a continué dans la même voie, pour la pilule abortive, etc. Il n’y a semble-t-il que sur l’euthanasie qu’elle ait aujourd’hui quelques réticences, en ce qui la concerne personnellement.

  • Saint Grégoire de Nazianze

    Je crois à cette parole de nos sages, que toute âme pure et pieuse, lorsqu’elle a rompu pour s’éloigner d’ici les liens qui la retiennent au corps, mise aussitôt en possession et en présence du bien qui lui est réservé, soit qu’elle se purifie ou qu’elle se dégage des ténèbres qui l’aveuglaient, ou quelque soit enfin cette délivrance, est inondée d’une ineffable allégresse, s’avance fière et joyeuse vers son Seigneur, et, s’échappant de cette vie terrestre comme d’une prison odieuse, secouant les entraves qui enchaînaient ses ailes, goûte cette pure félicité que son imagination seule avait connue. Bientôt elle reprend cette chair sa compagne, avec laquelle elle méditait jadis sur les choses d’en haut (comment se fera cette réunion, c’est ce que sait le Dieu qui a fait et rompu leur première alliance) ; elle associe à la gloire céleste ce corps que la terre lui avait donné et dont elle avait confié le dépôt à la terre : de même que pendant leur première union elle a participé aux souffrances de la chair, elle fait participer la chair à son bonheur, elle se l’assimile tout entière, elle ne fait qu’un avec elle, esprit, intelligence, Dieu même, parce que la vie absorbe la substance mortelle et périssable. Écoutez donc ce que nous dit le divin Ézéchiel sur la réunion des os et des nerfs, ce que dit après lui le divin Paul sur cette maison de terre et sur cette habitation qui n’est point faite de main d’homme, l’une qui doit se dissoudre, l’autre qui est réservée dans les cieux ; il affirme que l’âme qui s’éloigne du corps entreprend un voyage vers le Seigneur, il déplore cette vie commune avec le corps comme un exil, et il aspire avec ardeur au moment de la séparation. Mais pourquoi m’arrêter à ces vaines espérances ? Pourquoi m’attacher au temps ? J’attends la voix de l’archange, la trompette dernière, la transformation du ciel, la métamorphose de la terre, l’affranchissement des éléments, le renouvellement du monde entier. Alors je verrai Césaire lui-même, non plus exilé de sa patrie, ni porté dans ce cercueil, au milieu des regrets et des larmes, mais rayonnant, glorieux, assis au haut des cieux, tel que tu t’es présenté souvent à moi dans mes songes, ô le plus aimé et le plus tendre des frères, soit que je te visse réellement ou qu’un vif désir de te revoir m’apportât cette illusion.

    Mais, laissant de côté les regrets, je tournerai mes regards sur moi-même ; je chercherai si, sans le savoir, je ne porte rien en moi qui mérite mes larmes. Fils des hommes, car c’est à vous que j’arrive, « jusqu’à quand aurez-vous le cœur appesanti et l’intelligence épaisse ? Pourquoi aimez-vous la vanité et recherchez-vous le mensonge ? » pourquoi vous figurez-vous que cette vie terrestre a du prix, que ces jours si courts ont de la durée, et vous détournez-vous de cette séparation si douce et si désirable comme d’un objet plein d’épouvante et d’horreur ? Ne saurons-nous pas nous connaître ? Ne rejetterons-nous pas ce qui paraît à nos sens ? ne regarderons-nous pas ce qui brille à notre intelligence ? Et, s’il faut nous affliger, ne pleurerons-nous pas sur cet exil qui se prolonge (comme le divin David, qui appelle ce monde une maison de ténèbres, un lieu de douleur, une vase épaisse et l’ombre de la mort), sur cet exil durant lequel nous restons enfermés dans ces tombeaux que nous portons avec nous, et nous mourons de la mort du péché, nous qui sommes formés d’une substance divine ? Voilà la crainte qui m’épouvante, qui m’assiège le jour et la nuit ; la pensée de la gloire future et du tribunal céleste ne me permet pas de respirer ; je désire l’une au point de pouvoir m’écrier aussi : « Mon âme est tombée en défaillance dans l’attente de ton secours salutaire ; » l’autre me fait frissonner et me remplit de terreur. Je ne crains pas que ce corps, tombant en dissolution et en poussière, soit entièrement anéanti, mais que la glorieuse créature de Dieu (glorieuse quand elle suit le droit chemin, infâme quand elle s’égare), dans laquelle résident la raison, la loi, l’espérance, soit condamnée à la même ignominie que les bêtes, au même néant après le trépas ; et puisse cette punition être celle des méchants dignes du feu de l’enfer !

    Ah ! puissé-je mortifier les membres de l’homme terrestre ! Puissé-je absorber tout en l’esprit, et marcher dans cette voie étroite où peu s’engagent, et non dans la voie large et facile ! car les récompenses sont glorieuses et grandes, et l’espérance est au-dessus de notre mérite. Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Quel est ce nouveau mystère en moi ? Je suis petit et grand, humble et élevé, mortel et immortel, terrestre et céleste à la fois. De ces attributs, les uns me sont communs avec ce bas monde, les autres avec Dieu ; les uns avec la chair, les autres avec l’esprit. Il faut que je sois enseveli avec le Christ, que je ressuscite avec le Christ, que je sois héritier avec le Christ, que je devienne fils de Dieu, Dieu même. Voyez jusqu’où dans sa marche nous a élevés ce discours. Peu s’en faut que je ne rende grâce au malheur qui m’a inspiré ces réflexions et qui m’a fait désirer plus ardemment de quitter cette terre. C’est là ce que nous apprend ce grand mystère ; c’est là ce que nous enseigne un Dieu qui s’est fait homme et pauvre pour nous, afin de relever la chair ; de sauver son image, de renouveler l’homme, pour que nous ne soyons tous qu’un en Jésus-Christ, qui a été tout en nous avec la perfection qu’il possède, pour qu’il n’y ait plus parmi nous ni homme, ni femme, ni barbare, ni scythe, ni esclave, ni libre, car ce sont là les distinctions de la chair, mais que nous portions seul en nous le caractère divin par qui et pour qui nous sommes nés, et que sa forme et son empreinte suffisent pour nous faire reconnaître.

    Extrait de l’éloge funèbre de Césaire, traduction Edouard Sommer

  • Triste Japon

    Asianews publie une note envoyée par Mgr Tarcisio Isao Kikuchi, évêque de Niigata dans le nord du Japon. Celui-ci commente les dernières statistiques gouvernementales qui indiquent que le taux de population des moins de 15 ans a baissé pour la 41e année consécutive, tombant à 12,7%.

    Le Japon est une société vieillissante avec toujours moins d’enfants, constate l’évêque, mais cela est encore plus sensible dans les zones rurales. Non seulement les Japonais ne font plus d’enfants (comme en Chine, mais sans y être contraints…), mais les rares enfants s’en vont en ville dès qu’ils deviennent grands… des rapports officiels indiquent que vers l’an 2040 quelque 890 communes auront disparu, notamment dans le diocèse de Mgr Kikuchi, où 80% des communes seront mortes.

    Et cette situation sera désastreuse aussi pour l’Eglise catholique. Car les catholiques ne font pas davantage d’enfants que les autres, et dans les églises on voit désormais couramment des vieux faire les servants d’autel à la messe puisqu’il n’y a plus de jeunes. Les paroisses vont donc s’éteindre.

    De même il n’y a pas de vocations sacerdotales, car « il est naturel que les parents soient réticents à envoyer leur fils unique au séminaire »…

    En outre, « la majorité des mariages est entre catholiques et non-catholiques, et il est difficile pour la partie catholique d’engager le partenaire non catholique à suivre l’enseignement de l’Eglise ». Sous-entendu à propos de la morale sexuelle et familiale, sans doute, puisqu’il faut évidemment pratiquer la contraception et l’avortement pour ne pas avoir d’enfants. Ce qui ne paraît pas émouvoir l’évêque outre mesure. Au contraire, il ajoute : « Ce serait irresponsable (sic) pour l’Eglise catholique d’imposer une politique nataliste alors que beaucoup de familles souffrent de difficultés financières pour élever leurs enfants sans beaucoup de soutien du gouvernement et du grand public »…

  • L’Ukip multiplie son score par 4

    Je suis étonné de l’étonnement des observateurs devant le résultat des législatives au Royaume Uni. Je ne croyais pas du tout que les travaillistes puissent gagner. Donc ce sont les conservateurs qui allaient gagner, et ils allaient forcément avoir une très large majorité d’élus en raison de la poussée de l’Ukip. C’est arithmétique. L’Ukip étant devenu le troisième parti, il empêche le deuxième d’avoir autant de députés qu’il devrait avoir avec un système électoral différent. Avec le système britannique, quand il y a deux grands partis dans l’opposition, le parti majoritaire est assuré de remporter une éclatante victoire.

    Une telle configuration montre l’inconvénient majeur du système électoral à un tour, qui a pourtant sa logique : le PNE, avec deux fois moins de voix que l’Ukip, a 56 fois plus de députés…

    Le PNE, c’est le parti national écossais, qui ne présentait de candidats que dans les circonscriptions écossaises. Sa réussite est encore plus spectaculaire que celle des conservateurs, puisqu’il remporte 56 des 59 circonscriptions écossaises, alors qu’il n’avait que 6 sortants.

    Quant à l’Ukip, avec 3,36 millions de voix, soit 12,6% des suffrages, il multiplie son score de 2010 par 4,2. Mais il n’a qu’un élu : Douglas Carswell, le premier député conservateur qui était passé à l’Ukip et s’était fait réélire sous étiquette Ukip. Le deuxième quant à lui n’a pas été réélu, et Nigel Farage n’a pas réussi à se faire élire chez lui dans le Kent. Les prophètes ne sont pas honorés chez eux…

  • In toto corde meo

    . In toto corde meo, alleluia, exquisivi te, alleluia: * Ne repellas me a mandatis tuis, alleluia, alleluia.
    . Benedictus es tu, Domine, doce me justificationes tuas.
    . Ne repellas me a mandatis tuis, alleluia, alleluia.

    Je vous ai recherché, alléluia, de tout mon cœur, alléluia. Ne me repoussez pas de vos commandements, alléluia, alléluia. Vous êtes béni, Seigneur, enseignez-moi vos justifications.

    Répons des matines, constitué des versets 10 et 12 du psaume 118, avec les alléluias de Pâques. Curieusement, tous les manuscrits qu’on trouve sur internet ont un autre verset : « Vide humilitatem meam et eripe me quia legem tuam non sum oblitus » (le verset 153 du même psaume 118).

    « Je vous ai cherché de tout mon cœur », dit-il à Dieu, « ne me repoussez point de votre loi ». Le voilà qui implore du secours pour garder les paroles de Dieu. Tel est en effet le sens de cette parole « Ne me rejetez point de vos préceptes ». Etre rejeté de Dieu, qu’est-ce à dire, sinon ne recevoir de lui aucun secours? La loi de Dieu si juste, si relevée, est trop disproportionnée à la faiblesse humaine, pour que nous l’observions, si Dieu dans sa bonté ne nous prévenait de son aide. Et ne point nous aider, c’est réellement nous repousser, c’est l’épée de flammes qui empêche l’homme devenu indigne de toucher à l’arbre de vie. Mais qui est digne d’être aidé, depuis que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort qui a passé en tous les hommes par ce seul homme en qui tous ont péché ? Or, cette misère qui nous est due, est guérie par la miséricorde que Dieu ne nous doit point. Car notre interlocuteur qui nous dit ici : « Je vous ai cherché de tout mon « cœur » ; comment le pourrait-il, si Dieu lui-même ne l’avait appelé à lui, quand il se détournait; lui à qui le Prophète a dit: « Convertissez-nous, Seigneur, et donnez-nous la vie »; s’il ne cherchait lui-même celui qui est perdu, s’il ne rappelait celui qui s’égare, lui qui a dit: « Je rechercherai ce qui était perdu, «je rappellerai dans la voie ce qui était égaré ».

    C’est ainsi que notre interlocuteur redresse ses voies en gardant la parole de Dieu, sous la direction et sous l’action de Dieu ; ce qu’il ne pourrait faire de lui-même; aussi Jérémie nous fait-il cet aveu : « Je sais, ô mon Dieu,  que la voie de l’homme n’est point à lui, et que par lui-même il ne saurait marcher ni diriger ses pas ». C’est là ce que demandait plus haut celui qui s’écriait : « Puissent mes voies se redresser » ; et ici encore quand il dit : « J’ai caché vos paroles dans mon cœur, afin de ne point pécher contre vous »; il se hâte d’implorer le secours divin, de peur qu’il n’eût caché inutilement cette parole divine dans son cœur, si elle ne produisait des œuvres de justice. Aussi, quand il ajoute : « Béni êtes-vous, Seigneur; enseignez-moi vos ordonnances »; enseignez-les moi, dit-il, comme les savent ceux qui les pratiquent, non ceux qui s’en souviennent simplement afin de pouvoir en parler. Déjà il avait dit en effet: « J’ai caché vos paroles dans mon cœur, afin de ne point pécher contre vous »; pourquoi veut-il encore apprendre ces mêmes paroles qu’il tient déjà cachées dans son cœur ? Ce qu’il n’aurait pu faire si déjà il ne les eût apprises. Pourquoi donc ajouter : « Enseignez-moi vos voies », sinon parce qu’il veut les apprendre en les accomplissant, et non les retenir dans sa mémoire ou en parler ? Comme donc il est dit dans un autre psaume : « Celui qui a donné la loi donnera aussi la bénédiction »; le Prophète nous dit ici : « Béni êtes-vous, Seigneur, enseignez-moi vos ordonnances». Puisque j’ai caché votre parole dans mon cœur afin de ne point pécher contre vous, vous m’avez donné la loi; donnez-moi aussi la bénédiction de la grâce, afin que j’apprenne en la pratiquant ce que vous m’avez commandé en m’instruisant.

    Saint Augustin

  • Béziers

    Toute la polémique contre Robert Ménard sur le soi-disant « fichage » paraît totalement artificielle et incongrue. Elle l’est, de fait. Mais elle a une raison d’être, qui apparaît très clairement dès que l’on détourne un peu l’attention du tintamarre. Il s’agit en fait d’empêcher les Français de considérer que dans 20 ans Béziers sera donc une ville musulmane, et de réfléchir au fait que plusieurs autres villes de France (comme déjà Roubaix et une partie de Marseille) seront alors musulmanes, avec tout ce que cela implique…

  • De plus en plus grotesque

    pauperisme_lbb.jpg

    Et maintenant quand il va dans les « périphéries », il se déguise en pauvre, avec une soutane soigneusement effilochée…

    Je conseille la lecture de l’article qui accompagne cette photo, joyau de la flagornerie flamboyante, dont le sommet est digne d’Alphonse Allais : ce pape est tellement attaché à la pauvreté que lorsque le mécanisme de sa montre est tombé en panne il voulait changer seulement le bracelet et il a fallu lui expliquer que changer le bracelet coûterait aussi cher que changer la montre pour qu’il accepte une nouvelle montre…

  • Saint Stanislas

    On me pardonnera de reproduire une fois de plus - je ne m'en lasse pas - l’essentiel de la lettre de saint Jean-Paul II à l’archidiocèse de Cracovie et à l’Eglise qui est en Pologne à l’occasion du 750e anniversaire de la canonisation de saint Stanislas. Ce texte de portée universelle est véritablement splendide, et particulièrement émouvant non seulement pour les Polonais mais pour tous ceux qui aiment la Pologne et ont prié un jour devant le tombeau de saint Stanislas, au centre de la cathédrale qui fut celle de Karol Wojtyla - lequel est toujours omniprésent à Cracovie et en Pologne.

    Konfesja_sw_Stanislawa2.JPG

    Le souvenir du ministère de saint Stanislas sur le siège de Cracovie, qui dura à peine sept ans, et en particulier le souvenir de sa mort, accompagna sans cesse, au cours des siècles, l'histoire de la nation et de l'Eglise qui est en Pologne. Et dans cette mémoire collective, le saint Evêque de Cracovie resta présent comme le Patron de l'Ordre moral et de l'ordre social dans notre patrie.

    En tant qu'évêque et pasteur, il annonça à nos ancêtres la foi en Dieu, il greffa en eux, à travers le saint Baptême, la Confirmation, la Pénitence et l'Eucharistie, la puissance salvifique de la Passion et de la Résurrection de Jésus Christ. Il enseigna l'ordre moral dans la famille fondée sur le mariage sacramentel. Il enseigna l'ordre moral au sein de l'Etat, rappelant même au roi que dans son action, il devait garder à l'esprit la loi immuable de Dieu. Il défendit la liberté, qui est le droit fondamental de chaque homme et qu'aucun pouvoir, sans violer l'ordre établi par Dieu lui-même, ne peut ôter à personne sans raison. A l'aube de notre histoire, Dieu, Père des peuples et des nations, nous manifesta à travers ce saint Patron que l'ordre moral, le respect de la loi de Dieu et des justes droits de chaque homme, est la condition fondamentale de l'existence et du développement de chaque société.

    L'histoire fit également de Stanislas le Patron de l'unité nationale. Lors-qu'en 1253 arriva pour les Polonais l'heure de la canonisation du premier fils de leur terre, la Pologne vivait l'expérience douloureuse de la division en duchés régionaux. Et ce fut précisément cette canonisation qui éveilla chez les Princes de la dynastie des Piast, qui était au pouvoir, le besoin de se réunir à Cracovie, afin de partager, auprès de la tombe de saint Stanislas et sur le lieu de son martyre, la joie commune pour l'élévation de l'un de leurs compatriotes à la gloire des autels dans l'Eglise universelle. Tous virent en lui leur patron et leur intercesseur auprès de Dieu. Ils lui associèrent les espérances d'un avenir meilleur pour leur patrie. De la pieuse tradition qui rapporte que le corps de Stanislas, assassiné et découpé en morceau, se serait à nouveau recomposé, naissait l'espérance que la Pologne des Piast réussirait à surmonter la division dynastique et serait redevenue un Etat à l'unité durable. Dans la perspective de cette espérance, dès la canonisation, le saint Evêque de Cracovie fut élu comme le Patron principal de la Pologne et le Père de la Patrie.

    Ses reliques, déposées dans la cathédrale de Wawel, étaient l'objet de la vénération religieuse de la part de toute la nation. Cette vénération acquit une nouvelle signification au cours de la période des divisions, lorsque venant de l'autre côté des frontières, en particulier de la Silésie, des Polonais arrivaient ici, désirant venir auprès de ces reliques qui rappelaient le passé chrétien de la Pologne indépendante. Son martyre devint le témoignage de la maturité spirituelle de nos ancêtres et acquit une éloquence particulière dans l'histoire de la nation. Sa figure était le symbole de l'unité qui désormais était édifiée non sur la base du territoire d'un Etat indépendant, mais sur celle des valeurs éternelles et de la tradition spirituelle, qui constituaient le fondement de l'identité nationale.

    Saint Stanislas fut également le Patron des luttes pour la survie de la patrie au cours de la Deuxième Guerre mondiale, dont l'issue dans notre pays coïncide avec sa fête, au mois de mai. Du haut des cieux, il participa aux épreuves de la nation, à ses souffrances et à ses espérances. A l'époque difficile de la reconstruction du pays, après la guerre, et de l'oppression par des idéologies ennemies, le pays soutenu par son intercession remportait des victoires et entreprenait des efforts visant à un renouveau social, culturel et politique. Depuis des siècles, saint Stanislas est considéré comme le protecteur de la véritable liberté et le maître d'une union créative entre la loyauté à l'égard de la patrie terrestre et la fidélité à Dieu et à sa Loi - cette synthèse qui a lieu dans l'âme des croyants.

  • Hollande c’est Pétain ?

    Propos de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste :

    « François Hollande est un bouclier pour les Français et Manuel Valls est un glaive dans les réformes. »

    Comme chacun le sait, le bouclier et le glaive, cela renvoie à Pétain et à de Gaulle, selon la fonction que Robert Aron attribuait aux deux personnages, vision qui est aujourd’hui considérée comme spécifiquement pétainiste…

  • Une bonne nouvelle du Pakistan

    Les manuels scolaires du Pakistan reconnaîtront désormais explicitement le rôle positif des minorités dans la fondation et la vie du pays. Des extraits du célèbre premier discours officiel de Muhammad Ali Jinnah comme premier président de l’Assemblée nationale du Pakistan devront également y figurer. (Il s’agit du célèbre discours où Ali Jinnah évoque la création d’un pays régi par l’état de droit où seront garanties l’égalité entre les citoyens et la liberté de religion.)

    Cette avancée a été obtenue par l’Association des enseignants des minorités, dirigée par un chrétien, Anjum James Paul. « Ce nouveau développement sera un atout pour réduire l’intolérance envers les chrétiens, les hindous et les sikhs, persécutés et discriminés de diverses façons à travers le pays », dit-il.

  • La charia à Aceh

    L’application de la charia vient de faire un pas de plus dans la province indonésienne d’Aceh. Désormais les classes mixtes sont interdites à tous les niveaux de l’enseignement (pour l’heure la non-mixité est seulement « fortement recommandée » dans les universités), il est interdit à des personnes de sexe différent d’être en même temps sur un deux roues sauf si elles sont mariées, il est interdit aux commerçant de mettre en vitrine des mannequins ou tout décor qui évoque le monde animal (sic).

    Depuis un an sont interdits l’alcool et les vêtements près du corps, et le voile est obligatoire pour les femmes. La charia est appliquée à tout le monde, y compris les non-musulmans et les touristes.

    D’autres provinces indonésiennes, comme Bekazi et Bogor, commencent à être influencées par cette application progressive de la charia. Laquelle est théoriquement illégale selon la Constitution indonésienne…

  • Une école à Montpellier

    PzrSxv6.jpg

    Les écoles maternelles et primaires du Petit-Bard, à Montpellier, sont occupées par les mères d’élèves, qui réclament davantage de « mixité sociale ».

    Comme tout commentaire me conduirait devant les tribunaux et que je n’en ai pas les moyens, je m’abstiens.

  • Des évêques « catholiques » ?

    Sandro Magister a lu la « Réponse de la Conférence épiscopale allemande aux questions » posées pour le synode de 2015.

    Il note que cette réponse est publiée sur le site de la conférence des évêques d’Allemagne en cinq langues, ce qui montre une claire volonté de faire la leçon au monde entier.

    Et cette leçon (pour en rester à ce que rapporte Sandro Magister, ça suffit amplement) est ahurissante.

    Il faut donner les sacrements de pénitence et de communion aux divorcés soi-disant remariés, c’est-à-dire aux adultères permanents (comme cela se fait déjà officiellement en Allemagne), mais « il est suggéré en outre – ce sont les évêques qui parlent - que l'échec d'un mariage soit repensé en droit canon, au plan dogmatique et pastoral, et de développer de nouvelles formes de liturgie » ad hoc. Il s’agit donc bel et bien de changer la doctrine.

    Dans 40% des mariages religieux en Allemagne le conjoint « appartient à une autre confession chrétienne » (en clair il est protestant). Que ce conjoint soit « exclu (sic) de la Communion est perçu comme un obstacle à l’éducation chrétienne des enfants et au vécu de la foi par la famille ». Il faut donc qu’il soit admis à la communion. Le fait qu’il ne croie pas en l’eucharistie n’est même pas évoqué. Cela n’entre pas en ligne de compte. La seule conclusion possible est que les évêques n’y croient donc plus eux-mêmes.

    En ce qui concerne les homosexuels, il convient de faire comme la société civile : reconnaître les partenariats homosexuels et pratiquer à l’église une bénédiction de ces partenariats, « distincte de la bénédiction du mariage », elle-même distincte de la bénédiction des adultères permanents (car il leur faut aussi une bénédiction spéciale).

    L’Eglise qui est en Allemagne n’est clairement plus l’Eglise catholique, du moins quant à ses chefs.

  • Bonum est confiteri Domino

    . Bonum est confitéri Dómino, alléluia, et psállere, allelúia.
    . In decachórdo psaltério, cum cántico et cíthara.
    . Et psállere, allelúia.

    Il est bon de louer le Seigneur, alléluia, et de lui chanter des psaumes, alléluia. Sur le psaltérion à dix cordes, avec un cantique sur la cithare. Et de lui chanter des psaumes, alléluia.

    Répons des matines, formé des versets de psaumes 81,1 et 91,4.

    codex.jpg

    Codex du couvent des cordeliers, Fribourg, fin du XIIIe siècle.

  • Enfants de la République

    Grosse campagne contre Robert Ménard, orchestrée par le gouvernement qui n’a rien d’autre à faire (Hollande en tête), parce que le maire de Béziers constate qu’il y a beaucoup de prénoms musulmans (une majorité) dans les écoles de la ville.

    C’est comme pendant les heures les plus sombres de notre histoire, dit le ministre de l’Intérieur, très inspiré…

    « Honte au Maire de Béziers. La République ne fait AUCUNE distinction parmi ses enfants », touitte le Premier ministre.

    Mais il n’existe pas d’enfants de la République. Nous sommes enfants d’un père et d’une mère. Et le catholiques sont enfants de l’Eglise, parce que l’Eglise les fait enfants de Dieu par le baptême. Mais la République n’a jamais engendré personne.

    Je ne suis pas enfant de la République. Et Manuel Valls encore moins, si c'était possible, lui qui est né en Espagne sous une dictature…

    Najat Belkacem « condamne très fermement le fichage religieux des élèves des écoles de Béziers » et demande au recteur de saisir le procureur de la République… Parce que ce « fichage » est « non seulement illégal mais aussi profondément antirépublicain ». Ce qui est savoureux aussi dans sa bouche, elle qui est marocaine, née dans un royaume, et toujours conseillère du roi...

  • Le déshonneur du Front national

    Les instances du Front national se sont donc donné le ridicule de « suspendre » l’adhérent Jean-Marie Le Pen et de prévoir une assemblée générale extraordinaire par courrier (sic) qui supprimera des statuts l’article instituant une présidence d’honneur…

    Ainsi les sinistres jeunes arrivistes et les pauvres vieux courtisans de la bande à Marine ont-ils décidé de l’assassinat en douceur de celui sans qui il n’y aurait pas de Front national. Parce que Marine et ses mignons n’ont pas le courage d’un Brutus…

    Objectivement, ce qui arrive est de la faute de Jean-Marie Le Pen. Il voulait absolument léguer le Front national à sa fille, et il était inutile d’essayer de le raisonner. Lui qui s’est montré si clairvoyant dans tant de domaines, il était totalement aveuglé par sa passion paternelle. Je n’étais pourtant pas le seul, loin de là, à voir qui était Marine et ce qu’elle allait faire – ce qu’elle faisait déjà.

    La dérive du FN était inéluctable. On passait d’un mouvement dirigé par un homme qui avait des convictions (et une culture, et une profondeur humaine, et qui charriait tout l’essentiel de la tradition française) à un parti dirigé par des VRP raisonnant en termes de parts de marché.

    J’en ai voulu à Le Pen d’être si aveugle quant à sa fille. Il le paye aujourd’hui. Il n’empêche que c’est une honte absolue que de le traiter de la sorte.

    Pour ma part, je m’honore et je m’honorerai toujours d’avoir travaillé dix ans avec Jean-Marie Le Pen.

    Quant à la petite Marion, elle ferait bien de mettre un terme à ses états d’âme. Si elle a percé c’est en se faisant appeler Le Pen alors qu’elle ne s’appelle pas Le Pen. Si elle a honte de son grand-père, tout à coup, qu’elle reprenne son vrai nom. Il en est d’ailleurs de même, d’une certaine façon, pour Marine. Car si elle s’était présentée en politique comme Martine Aubry ou Angela Merkel, elle s’appellerait Marion Chauffroy.

    Alors, Marion Maréchal et Marion Chauffroy, si vous voulez tuer le vieux, chiche ?

  • Une statue géante de la Sainte Vierge en Turquie ?

    On croirait un poisson d’avril, mais c’est bien trop tard… Un candidat de l’AKP (le parti « islamiste modéré » au pouvoir) à Izmir (Smyrne) pour les législatives turques du 7 juin prochain, Cemil Seboy, déclare que s’il est élu il demandera au ministère de la Culture d’appuyer son projet d’érection de la plus grande statue au monde de la Sainte Vierge Marie. Son but est clairement de renforcer l’attrait touristique de cette région où se trouvent les ruines d’Ephèse et le site de la « Maison de la Vierge Marie », découvert en 1891 sur la base des révélations de Catherine Emmerich. Il rencontre donc un grand intérêt auprès des commerçants… Cemil Seboy aurait été inspiré par statue du Christ qui domine la baie de Rio de Janeiro, et dans son projet figure aussi la construction d’un téléphérique permettant aux touristes d’accéder au sommet de la colline sur laquelle devrait être érigée la statue de Notre Dame…