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Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • La présidente « croate »

    Les médias disent tous que les conservateurs ont remporté la présidentielle croate, que c’est une conservatrice qui devient présidente…

    Conservateurs de quoi ? Pas de la Croatie historique, en tout cas. Kolinda Grabar-Kitarovic est tout simplement la personne qui a fait entrer la Croatie dans l’Union européenne. Elle est la représentante de Bruxelles, de l’OTAN, etc.

    Son parcours est éloquent : après avoir passé son enfance et son adolescence aux Etats-Unis, elle devient diplomate. En 2003 elle devient ministre de l’intégration européenne pour s’occuper de la demande d’adhésion de la Croatie à l’UE et pour mener les négociations, qui commencent en 2005 alors qu’elle a désormais le titre de ministre des Affaires étrangères. En 2008 elle est ambassadrice aux Etats-Unis, en 2011 secrétaire générale adjointe de l’OTAN…

  • Hypocrites

    La revue jésuite Etudes, qui proclame être Charlie, va plus loin que cette seule grotesque assimilation au journal anarcho-blasphémateur. Pour bien montrer qu’à Etudes on sait aussi rigoler de tout, et surtout de l’Eglise, la revue publie quatre unes anticatholiques de Charlie Hebdo.

    Mais, comme l’a aussitôt tweeté Arrêt sur images, la revue « publie des caricatures anti-catho (mais pas les pires) ».

    Eh oui. On veut bien participer à la rigolade anticatho, mais on n’ose quand même pas montrer les pires blasphèmes. Ainsi le lecteur (comme la plupart des Français) croit que Charlie Hebdo est un journal satirique qui s’inscrit simplement dans la vieille tradition anticléricale de notre pays.

    C’est d’une hypocrisie qui est typiquement celle qu’on a tant reprochée aux jésuites : une hypocrisie qui se prétend vertueuse et qui cache un vrai mensonge.

     

    Addendum

    Lire dans les "commentaires" ci-dessous la lettre du P. Jean-François Thomas s.j. à la rédaction d'Etudes.

     

    Addendum 2 - le 14 janvier

    Comme l'indique un commentaire, la page a été supprimée...

  • Déclaration historique du patriarche chaldéen

    Le patriarche chaldéen, S.B. Louis Raphael Ier Sako, a cru bon de « condamner fermement » lui aussi l’attentat contre Charlie Hebdo. Mais tout l’intérêt de cette condamnation est que c’est pour lui l’occasion d’ajouter ce qui suit, et qui est véritablement historique. Car si j’ai toujours eu la plus grande estime (litote) pour Mgr Sako quand il était archevêque de Kirkouk, et si je souhaitais qu’il soit le nouveau patriarche (pour une fois que mon souhait se réalise…), il n’avait jamais osé aller à ce point contre ce qu’impose la dhimmitude :

    « Face à ce qui se passe dans le monde arabe et à l’étranger, qui est sans précédent et menace les relations et la coexistence, nous appelons nos frères musulmans à prendre l’initiative, de l’intérieur, de démanteler cette idéologie terroriste extrémiste et de construire une opinion islamique ouverte et éclairée qui n’accepte pas l’exploitation politique de la religion. »

    « De l’intérieur ». On est très loin du « ça n’a rien à voir avec l’islam ». Il faut que cela vienne d’un pays musulman, et de la frontière de l’Etat islamique. D’un évêque héroïque devenu chef de son petit peuple en débandade. Voilà aussi qui est historique : un évêque en situation de dhimmitude dit la vérité, quand les grands défenseurs occidentaux de la liberté répètent les mensonges de l’islamophilie et se font volontairement dhimmis.

  • Un « coadjuteur » pour Mgr Oliveri

    Il y a les attaques frontales (contre les Franciscains de l’Immaculée, ou contre Mgr Livieres Plano), et les attaques par la bande, discrètes : ainsi la nomination, samedi, d’un évêque coadjuteur de l’évêque d’Albenga-Imperia, Mgr Mario Oliveri.

    Co-adjuteur, donc bientôt successeur…

    Mais Mgr Oliveri n’a que 70 ans, il n’est pas malade (quoique François ait certainement diagnostiqué chez lui plusieurs des 15 maladies dont souffre la Curie), et son diocèse est trop petit pour avoir besoin de deux évêques.

    Cette nomination n’a aucune autre raison que de mettre Mgr Oliveri sous tutelle, comme l’a aussitôt remarqué le journal local Savona News.

    Sous tutelle et sous pression : dépêche-toi de démissionner…

    L’autre incongruité de l’affaire est que l’évêque co-adjuteur, Mgr Guglielmo Borghetti, pour aller dans un diocèse où l’on n’a pas besoin de lui, laisse vacant son diocèse, celui de Pitigliano-Sovana-Orbetello. Diocèse qui a appris samedi avec stupéfaction cette nouvelle « inattendue et déconcertante », comme en témoigne le texte publié sur le site du diocèse. On y déplore le fait que le diocèse va de nouveau se retrouver vacant alors que Mgr Borghetti n’était là que depuis quatre ans, et l’on souligne que ce transfert met fin brutalement à la visite pastorale qu’il avait engagée dans un vicariat.

    Le dernier paragraphe est pour le moins violent, pour un site diocésain, et italien :

    « Bien qu'il soit difficile d'accepter ces décisions et d’arriver à entrevoir, pour notre Église diocésaine, un bien dans ce choix du Pape, nous savons que l'Église universelle est dirigée par un Pasteur, qui est Jésus-Christ, qui utilise ses humbles serviteurs pour faire traverser à son peuple la mer orageuse de l'Histoire; cette certitude n’atténue pas la douleur de la séparation, mais nous donne la certitude de ne pas être à la merci du néant, mais dans les mains de la providence de Dieu. »

  • Le pape, le catéchisme et le yoga

    Le blog Rorate Caeli attire l’attention sur un propos du pape, lors de sa messe de vendredi dernier (qui n’existe pas en français sur les sites du Vatican - la traduction est donc de mon fait) :

    « On peut suivre un millier de cours de catéchisme, un millier de cours de spiritualité, un millier de cours de yoga ou de zen et toutes ces choses, mais aucune d’elles ne pourra vous donner la liberté des enfants (de Dieu). Seul le Saint-Esprit peut souffler à votre cœur de dire “Père”. Seul le Saint-Esprit est capable de bannir, de briser cette dureté de cœur et de le rendre… mou ? Non, je n’aime pas ce mot,… docile. Docile envers le Seigneur. Docile à la liberté de l’amour. »

    Comme d’habitude (et comme dans le même sermon la sortie contre ceux qui « se barricadent derrière la loi »), le vrai sert à atténuer le scandaleux.

    Bien sûr que l’on peut être calé en théologie et être incapable de prier.

    Mais il est scandaleux, d’abord, pour un pape, de mettre sur le même plan le catéchisme catholique et des fausses religions, « et toutes ces choses ».

    Et il est scandaleux, pour un pape, de parler si légèrement du catéchisme, à une époque où dans tant de pays la catéchèse des enfants a été détruite.

    Et de laisser entendre, tout de même, que le catéchisme n’est pas plus performant que le zen ou le yoga. Alors que le vrai catéchisme enseigne, aussi, à prier, et à recevoir le Saint-Esprit de façon efficace.

  • In columbæ specie

    Dans le bréviaire romain, pendant le « temps de l’Epiphanie », les deux répons des matines sont tous les jours les mêmes (contrairement au bréviaire monastique qui en a trois fois trois). Le premier est Tria sunt munera. Le second évoque le baptême du Christ, deuxième mystère de l’Epiphanie dans la liturgie latine, qui sera spécialement commémoré demain 13 janvier.

    R. In colúmbæ spécie Spíritus Sanctus visus est, Patérna vox audíta est: * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.
    V. Cæli apérti sunt super eum, et vox Patris intónuit.
    R. Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui.

    On vit le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, et on entendit la voix du Père : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances. Les cieux lui furent ouverts et la voix du Père se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

    Ce répons a été modifié (tant dans le bréviaire monastique que romain). Dans les manuscrits, le verset se termine par « audita est » (et non par « intonuit »). Et, le plus souvent, à la fin du répons il y a : « ipsum audite » : écoutez-le. Il en était encore ainsi au XVe siècle, comme en témoigne l’Antiphonarium benedictinum de Saint-Lambrecht (le changement a été opéré, je suppose, dans l’édition de saint Pie V) :

    in columbae.jpg

  • La folie collective et l’indécence

    Sidérés par les médias et la pensée unique (tellement unique qu’elle recouvre véritablement tout le spectre politico-médiatico-religieux), des centaines de milliers de Français participent donc à des processions, en ce dimanche, pour « communier » aux « valeurs de la République » et « rendre hommage » à des histrions anarchistes qui blasphémaient toutes les valeurs (et conchiaient le drapeau français, la Marseillaise et la police).

    Tant il arrive que le manque de religion soit si grand que la première occasion venue, bien orchestrée, jette les « citoyens » sur des ersatz de célébration, des succédanés de dévotion.

    Ces derniers jours, Boko Haram a rasé la ville de Baga, où se trouvait le QG de la force internationale de lutte contre Boko Haram, ainsi que tous les villages environnants (avec leurs églises). Il y a eu des centaines de morts, sans doute même des milliers.

    Mais cela n’a manifestement aucune importance, bien qu’il s’agisse aussi de terrorisme islamiste, et d’un tout autre calibre. Une véritable armée islamiste est en train d’établir un califat au cœur de l’Afrique (grâce en partie aux gesticulations françaises en Libye et au Mali) à coup de massacres à répétition, mais cela ne compte pas. Des milliers de Nigérians ne pèsent rien face à quelques bobos de la presse la plus pourrie.

    Après tout, ce ne sont que des nègres, non.

  • Fête de la Sainte Famille

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    Ce tableau de Max Liebermann, Jésus à 12 ans au Temple, illustre le mystère (joyeux) qui fait l’objet de l’évangile de la messe de ce dimanche : l’évangile du premier dimanche après l’Epiphanie, repris par la fête dite de la Sainte Famille (1).

    Le vrai tableau de Max Liebermann n’était pas tout à fait celui-là. Il ne nous en reste que des esquisses (voir plus bas). Car lorsque le tableau fut exposé, en 1879, il provoqua un tel scandale, tant dans l’Eglise que dans le monde politique, que le peintre le refit pour atténuer le tollé. Dans le premier tableau, Jésus était brun, avec un nez prononcé, il était pieds nus et faisait un geste d’éloquente persuasion. Dans la nouvelle œuvre, il était devenu blond, le nez était rectifié, il avait des sandales, et il était « plus calme ».

    Mais c’était trop tard. Et de toute façon la nouvelle mouture ne pouvait pas être mieux acceptée que la première, en un temps où l’on ne pouvait concevoir Jésus qu’à la mode sulpicienne, et où la bonne société ne pouvait accepter qu’il fût, malgré l’évidence, de la race de David…

    Max Liebermann fut tellement choqué qu’il ne peignit plus jamais d’œuvres au sujet religieux.

    Pourtant ce tableau est un authentique chef-d’œuvre. Y compris sur le plan religieux. Le peintre (juif d’origine mais laïque) s’était imprégné de l’atmosphère des synagogues d’Amsterdam et de Venise. Et sa transposition de l’épisode évangélique me paraît très réussie. Au point que lorsque je prends une image pour ce mystère du Rosaire, c’est désormais la seule qui me « parle ».

    L’attitude des personnages qui écoutent Jésus est d’une profonde vérité psychologique. Ils sont stupéfaits de ce qu’ils entendent, et s’ils se disent « Mais qu’est-ce qu’il vient nous faire la leçon ce gamin », ils ne peuvent pas s’empêcher de reconnaître que ce qu’ils entendent dépasse infiniment ce qui se trouve dans leurs livres, des livres qui s’effacent et s’affaissent devant la Présence. Une Présence qui est lumière, cette lumière surnaturelle qui émane de Jésus (2) et qui éclaire ceux qui sont devant lui, lumière qui est le centre du tableau. Lumen gentium cum sit Christus… (3)

    Et tout en haut, on aperçoit Marie qui dévale l’escalier, vers Joseph qui lui dit : il est là !

    Mais l’important n’est pas la « sainte famille ». L’important, c’est Jésus au milieu de son temple et de son peuple, c’est cette épiphanie, cette irruption de lumière dans le vieux temple un peu poussiéreux, sombre, encombré et devenu étouffant.

    Cet enfant est en effet aux affaires de son Père, il fait descendre la lumière de la Trinité au fond de la Synagogue. Par la lumière il prend possession de son saint lieu, et il illumine ceux qui veulent bien l’écouter.

    (1) La Sainte Famille à laquelle nous appartenons par le baptême et dont nous sommes conviés à faire partie pour l’éternité est le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

    (2) Cela fait penser à une étude récente sur le Linceul de Turin, quand on s’est aperçu qu’on pouvait en faire une image 3D : ce qui n’est possible que si la lumière émane de l’intérieur de l’objet « photographié ».

    (3) Premiers mots de la constitution dogmatique de Vatican II sur l’Eglise : « Le Christ est la lumière des peuples ; réuni dans l’Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes les créatures la bonne nouvelle de l’Évangile répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l’Église. »

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  • "Aucun rapport avec l'islam"

    Amedy Coulibaly et Hayat Boumeddienne (sa compagne selon la République, son épouse selon la religion qui n'a rien à voir), sans doute en 2010 dans le Cantal.

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    On sait aussi qu'Amedy Coulibaly avait mal raccroché le téléphone de l'Hyper-cacher et que les policiers ont pu décider de l'assaut "en profitant d'un apparent relâchement du preneur d'otages au moment où il s'était mis à prier". On ne sait toujours pas s'il s'agissait de prières bouddhistes ou animistes, mais ce qui est certain est que "cela n'a rien à voir avec l'islam".

  • Identité culturelle et religieuse

    Le livret de santé remis aux parents des nouveaux-nés dans le Morbihan a sur sa dernière page les « droits de l’enfant », illustrés.

    Le neuvième est le « droit à une identité culturelle et religieuse ». Le dessin montre un couple de Bretons en costume folklorique avec, derrière eux, une mosquée…

    Cet affront à l’identité bretonne, relevé par Breizh Info, avait déjà été signalé il y a un an sur le blog d’Adsav. Il semble que François Goulard, le président UMP du conseil général, soit fier de sa trouvaille.

  • Dans l’Etat islamique

    Au cours d’un ratissage des villages de la plaine de Ninive, les miliciens de l’Etat islamique ont trouvé 10 catholiques chaldéens et syriaques âgés qui étaient restés chez eux. Ils les ont amenés à Mossoul et leur ont demandé d’abjurer leur foi chrétienne. Comme ils ont refusé, ils ont été chassés de la ville. Après deux jours passés dans le froid à traverser le no man’s land, ils ont rejoint Kirkouk.

    « Ils nous avaient chassés de nos villages et de nos maisons pour les occuper – raconte Rachel, l’une des femmes âgées du groupe, contactée par l’Agence Fides – puis ils nous ont rassemblés dans une résidence de Mossoul. Nous avons survécu grâce à l’assistance fournie par un certain nombre de familles musulmanes qui nous portaient de la nourriture et ce dont nous avions besoin. Puis, à un certain moment, ceux du califat nous ont dit que nous pouvions rester là seulement si nous nous convertissions à l’islam. Mais moi, qui me nourrissais toujours du Corps du Christ et allait toujours au sanctuaire pour prier Sainte Barbara, comment pouvais-je renier tout cela ? Je leur ai dit : je ne peux pas le faire. Si vous voulez, chassez-moi ».

    Une fois expulsés de Mossoul, les personnes âgées ont pu entrer à Kirkouk grâce à l’intercession du patriarche chaldéen, qui a convaincu les autorités kurdes de suspendre le blocus des entrées de la ville.

    Mais, bien entendu, « cela n’a rien à voir avec l’islam ».

  • Boko Haram à Baga

    Les miliciens de Boko Haram ont pris et incendié la ville de Baga, dans l’Etat nigérian de Borno, et détruit les villages alentours. Les églises ont également été détruites. Il y a des centaines de morts et plus de 20.000 réfugiés.

    Baga était la ville où se trouvait le QG de la Force multinationale censée combattre Boko Haram…

    « A côté des combattants originaires du Nigeria, Boko Haram a été renforcée par des éléments jihadistes provenant de Libye et du Mali, d’où ils ont été chassés par l’intervention française », souligne une source de l’agence Fides.

    Ainsi s’étend inexorablement le califat. Mais, bien entendu, « cela n’a rien à voir avec l’islam ».

     

    Addendum

    Une petite fille d'environ dix ans s'est fait exploser vers midi sur un marché de Maiduguri, faisant une vingtaine de morts. Maiduguri est la ville où se sont réfugiés les habitants de Baga et des villages alentour...

  • Il va vraiment béatifier Romero…

    La commission de la Congrégation pour la cause des saints a reconnu à l’unanimité, le 8 janvier, la reconnaissance du martyre formel et matériel de Mgr Oscar Romero, archevêque chouchou de la théologie de la libération et des guérilleros communistes du Front Farabundo Marti, assassiné dans sa cathédrale le 24 mars 1980.

    Extrait du texte de Zenit :

    « Plusieurs témoins de l’assassinat de Mgr Romero avaient déclaré publiquement qu’il était tué à cause de son amour pour la justice et pour les faibles et non pour sa position “politique”. D’ailleurs, le successeur de Romero, Mgr Arturo Rivera Damas, soulignait sa “fidélité à l’Évangile” par la défense des droits des pauvres et des démunis. Au cours des homélies, Mgr Romero dénonçait la violence et l'abus de pouvoir en exhortant tous à la paix et à la réconciliation. »

    C’est exact. Pour en avoir le cœur net, j’avais lu sa dernière homélie. Il y était question de la défense des pauvres et des opprimés, de la justice sociale, etc. Il n’y avait pas un mot de religion.

    Mgr Romero n’a pas été tué en haine de la foi, mais parce qu’il était considéré (en partie à son corps défendant) comme le héraut catholique de la révolution sandiniste.

    Sa béatification va être l’occasion d’un grand cri de victoire de l’extrême gauche latino-américaine. La revanche si longtemps attendue contre Ratzinger et Jean-Paul II.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    De via perversitátis prodúntur dicere: Virgo concépit, sed non virgo generávit. Potuit ergo virgo concipere, non potuit virgo generare, cum semper concéptus præcedat, partus sequátur? Sed, si doctrinis non creditur sacerdotum, credátur oraculis Christi; credátur monitis Angelórum dicéntium: Quia non est impossibile Deo omne verbum; credátur Symbolo Apostolórum, quod Ecclésia Romana intemerátum semper custódit et servant. Audívit Maria vocem Angeli, et, quæ ante dixerat: Quómodo fiet istud; non de fide generatiónis interrogans, respóndit póstea: Ecce ancílla Dómini, contingat mihi secúndum verbum tuum.

    L’esprit d’erreur fait dire aux hérétiques que Marie a conçu étant vierge, mais qu’elle n’est pas demeurée vierge dans l’enfantement. Comment donc se peut-il faire qu’une vierge puisse concevoir, et qu’une vierge ne puisse pas enfanter, puisque l’enfantement est une suite de la conception ? Mais si on n’en veut pas croire les décisions des évêques, qu’on en croie au moins les oracles de Jésus-Christ et qu’on ajoute foi aux paroles des Anges qui disent nettement « Qu’il n’y a rien d’impossible à Dieu ». Qu’on ajoute foi au symbole des Apôtres, que l’Eglise romaine suit et conserve toujours dans sa pureté. Marie écouta elle-même avec docilité la parole de l’Ange ; et elle qui avait dit : « Comment cela se fera-t-il ? » ne fait plus de question pour s’assurer de la manière dont elle enfantera, mais répond humblement : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

    Lecture des matines du samedi de la Sainte Vierge pour le mois de janvier. Extrait de la lettre de saint Ambroise au pape Sirice, traduction du Breviarum benedictinum, 1725. On remarque que saint Ambroise fait dire à Marie « contingat », alors qu’il s’agit de son très célèbre « fiat ». Ce « contingat » (qu’il arrive, qu’il se produise) paraît aujourd’hui très curieux. D’autant qu’on ne le trouve dans aucun manuscrit de la Vulgate, que « fiat » est la traduction obvie du grec « genito », et que saint Ambroise lui-même dit « fiat » dans son commentaire de l’Evangile de saint Luc…

  • Orto crucis sidere

    Orto crucis sidere,
    Quaeramus summopere
     Regem regum omnium.

    L’astre de la croix s’est levé ; à sa lumière, cherchons le Roi des rois.

    Quaeramus humiliter,
    Non panditur aliter
    Cordibus quaerentium.

    Cherchons-le avec humilité : c’est alors qu’il se manifeste aux cœurs de ceux qui le cherchent.

    Jacet in praesepio,
    Spreto regum solio,
    Degens in penuria.

    Il a quitté son trône céleste ; couché dans la crèche, il y réside dans la pauvreté.

    Formam dans quaerentibus,
    Calcatis terrestribus,
    Amare caelestia.

    Pour l’exemple de ceux qui le cherchent, il apprend à mépriser la terre, à aimer les choses célestes.

    Herode postposito,
    Magos cultu debito
    Sequamur celeriter.

    Abandonnons Hérode, suivons en hâte les Mages ; offrons nos vœux avec les leurs.

    Stella duce cursitant
    Ad Regem quem praedicant
    Regnare perenniter.

    A la suite de l’étoile, ils courent vers ce Roi dont ils annoncent le règne éternel.

    Offeramus typice
    Quod illi magnifice
    Tulerunt realiter.

    Offrons-lui mystiquement les dons que leur munificence lui présenta réellement :

    Thus superno Numini,
    Myrrham vero homini,
    Aurum Regi pariter.

    De l’encens comme au Dieu suprême, de la myrrhe comme à l’homme véritable, de l’or comme à un Roi.

    His donis, o lilium,
    Placa nobis Filium
    Repletum dulcedine.

    Lis de pureté ! par ces dons, rendez nous votre Fils propice, ce Fils rempli de douceur ;

    Ut possimus libere
    Secum semper vivere
    Paradisi culmine. Amen.

    Et qu’un jour il nous soit donné de vivre avec lui, au sein de la gloire du Paradis, dans une liberté parfaite. Amen.

    Séquence du missel de Paris 1584, pour un jour de l’octave de l’Epiphanie, traduction dom Guéranger.

  • Ce qui est tragique

    Je ne veux pas commenter ce qui sort des bouches épiscopales ou vaticanesques. C’est trop dur. Ceux qui parlent de Charlie Hebdo avec des trémolos d’éloges et d’hommage sans faire la moindre allusion aux tas d’immondices que déverse constamment cette publication contre ce que nous avons de plus sacré montrent clairement qu’ils ne croient en rien, comme ceux dont ils célèbrent la mémoire.

    Ils ne croient pas que la deuxième personne de la Sainte Trinité, le Verbe de Dieu, se soit réellement incarné et soit devenu petit enfant dans la crèche de Bethléem, que Dieu soit devenu l’un de nous pour que nous devenions l’un de Lui.

    Ils ne croient pas que Jésus le Christ soit mort sur une Croix et ressuscité des morts pour nous pardonner nos péchés et nous donner la vie éternelle.

    Car lorsqu’on croit à cela on ne peut pas ne pas frémir devant les blasphèmes de Charlie Hebdo, et l’on ne peut pas ne pas y faire allusion, au moins par un élémentaire respect envers la Sainte Trinité.

    S’ils ont tellement honte du Christ régulièrement blasphémé dans Charlie Hebdo, et de l’Eglise régulièrement insultée et ignoblement diffamée, ils pourraient au moins marmonner que les dessins de Charlie Hebdo ont blessé beaucoup de croyants, notamment chrétiens et musulmans.

    Mais non. Il n’y aura même pas de service minimum interreligieux.

    Il n’y a que de misérables fonctionnaires d’une ONG en faillite qui ne savent que se raccrocher à la pensée unique pour avoir l’air d’exister encore.

  • Une télé UE russophone anti-Poutine ?

    Le ministre letton des Affaires étrangères Edgars Rinkevics a déclaré à BuzzFeed News que l’Union européenne réfléchissait à la création d’une chaîne de télévision en langue russe pour contrer la propagande de Poutine… Ce ne serait pas une chaîne de propagande européenne, martèle-t-il à plusieurs reprises, mais une « chaîne de télé européenne normale ». Normale mais financée par l’UE et pilotée par le staff de propagande (d’information officielle, pardon) de l’UE…

    La Lettonie préside actuellement le Conseil européen, et selon Edgars Rinkevics, 13 à 15 pays ont déjà exprimé leur soutien à ce projet.

    Mais le Premier ministre letton Laimdota Straujuma a ensuite déclaré à des journalistes qu’elle regardait fréquemment la télévision russe, qu’elle participait même à une émission de débat sur une chaîne locale, et qu’elle doutait qu’il y ait un accord des 28 pour la création d’une telle chaîne à destination de la Russie.

    Les Américains ont déjà lancé, en octobre, un programme russe financé par Voice of America et Radio Free Europe : une émission d’une demi-heure intitulée « Des faits, pas des mensonges » (sic). Mais la télévision lettone refuse de diffuser ce programme parce qu’il est « unilatéral et ressemble plus à une stratégie de communication qu’à une émission de service public ». On peut le voir sur Youtube, où le nombre de vues stagne autour de quelques centaines (celle du 27 octobre n’arrivant même pas à 200 !)…

  • "Je ne suis pas Charlie et..."

    Un remarquable Pasquin, sur le site de L'Homme Nouveau.

  • Pas moi

    Et je ne suis pas en deuil.

  • Quicumque Christum quæritis

    Quicumque Christum quæritis
    Oculos in altum tollite
    Illic licebit visere
    Signum perennis gloriæ

    Haec stella, quae solis rotam
    Vincit decore ac lumine
    Venisse terris nuntiat
    Cum carne terrestri Deum

    Non illa servit noctibus
    Secuta lunam menstruam
    Sed solam coelum possidens
    Cursum dierum temperat

    Arctoa quamvis sidera
    In se retortis mortibus
    Obire nolint attamen
    Plerumque sub nimbis latent

    Hoc sidus aeternum manet
    Haec stella numquam mergitur
    Nec nubis occursu abdita
    Obumbrat obductam facem

    Tristis cometa intercidat
    Et si quod astrum Sirio
    Fervet vapore, jam Dei
    Sub luce destructum cadat

    O vous qui cherchez le Christ, levez les yeux en haut ; là, vous apercevrez le signe de son éternelle gloire.

    Une étoile, qui surpasse en beauté et en lumière le disque du soleil, annonce qu’un Dieu vient de descendre sur la terre, dans une chair mortelle.

    Cet astre n’est point un de ces flambeaux de la nuit, qui rayonnent autour de la lune: seul, il semble présider au ciel et marquer le cours du temps.

    Les deux Ourses qui brillent au Nord ne se couchent jamais ; cependant elles disparaissent souvent sous les nuages :

    L’Astre divin brille éternellement ; cette Étoile ne s’efface jamais ; la nuée dans son cours ne vient jamais couvrir d’ombre son brillant flambeau.

    Qu’elle pâlisse, la comète, messagère de tristesse ; et que l’astre enflammé des vapeurs produites par le Sirius, soit vaincu par le flambeau d’un Dieu.

    (Hymne de Prudence pour l’Epiphanie, traduction dom Guéranger. Il s’agit en fait des premières strophes d’une hymne de 52 strophes dont plusieurs sont utilisées dans la liturgie du temps de Noël. Et aussi à la Transfiguration.)

  • Charlie Hebdo, c'est ça

  • Un des cardinaux de François

    Mgr Francesco Montenegro, archevêque d’Agrigente fait partie de la liste des nouveaux cardinaux. On a dit ici et là qu’il était aussi l’évêque de Lampedusa. Il se veut en effet l’évêque qui accueille tous ceux qui arrivent à Lampedusa et ailleurs. Il est un apôtre de l’immigration islamique sans frein.

    Novopress rappelle :

    « Mgr Montenegro est également président de la commission de la Conférence épiscopale italienne pour les migrations et de la fondation “Migrantes” pour l’accueil des immigrés. En novembre dernier, interrogé sur les manifestations des quartiers populaires de Rome contre les centres d’accueil pour clandestins, qui pourrissent la vie quotidienne des habitants (« vols, actes de vandalisme, de tapage nocturne »), il avait paisiblement répondu : « Si j’étais un migrant de 20/30 ans, qui doit rester toute la journée sans rien faire, à attendre une réponse sur son propre avenir, après quelques jours moi aussi je deviendrais méchant ! »

    Début janvier 2010 il avait supprimé les rois mages de la crèche de la cathédrale pour protester contre la politique de Berlusconi. Un écriteau disait : « Nous vous avertissons que cette année, l'enfant Jésus n'aura pas de cadeaux : les rois mages ne viendront pas, car ils ont été refoulés à la frontière avec les autres immigrés. »

  • L’Allemagne a réussi sa réunification

    Le taux de chômage est tombé en décembre à 6,5% en Allemagne, le taux le plus bas depuis la réunification.

    (On considère qu’il y a “plein emploi” quand le taux de chômage est inférieur à 5%. L’Allemagne n’en est donc pas loin. Malgré l’euro. Ou pour avoir fait de l’euro le nouveau Mark.)

  • Le Camerounais Stéphane Tiki, président des jeunes de l’UMP…

    "Sa désignation ayant eu lieu en présence de Nicolas Sarkozy, qui l’a validée et en a informé la presse par communiqué daté du 17 décembre, on se dit que le président de l’UMP n’a tout de même pas nommé un Camerounais à la tête de l’organisation de jeunesse du grand parti de la droite… française. Si ?"

    C’est dans Minute, relayé par Fdesouche.

  • L’autre (mauvaise) blague du jour

    Bal tragique à Charlie Hebdo.

    12 morts.

     

    Addendum.

    Les assaillants vêtus de noir ont crié "Allahou Akbar", "le prophète est vengé" : il s'agissait de deux déséquilibrés solitaires.

  • La blague du jour

    « Une société sans mères serait une société inhumaine. »

    Pape François

  • Tria sunt munera

    L’octave de l’Epiphanie a été supprimée en 1955, on l’a remplacée (en… 1960) par un incongru « temps de l’Epiphanie » qui s’inscrit dans le temps de Noël. Ce temps de l’Epiphanie va des premières vêpres de l’Epiphanie jusqu’au 13 janvier. En fait la liturgie est celle de… l’octave de l’Epiphanie, mais pour la messe c’est seulement jusqu’au dimanche suivant…

    Le premier répons des matines est donc toujours celui-ci :

    tria.jpg

    (Antiphonaire franciscain, vers 1300, Fribourg)

    . Tria sunt múnera pretiósa, quæ obtulérunt Magi Dómino in die ista, et habent in se divína mystéria: * In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.
    . Salútis nostræ auctórem Magi veneráti sunt in cunábulis, et de thesáuris suis mýsticas ei múnerum spécies obtulérunt.
    .  In auro, ut ostendátur Regis poténtia: in thure, Sacerdótem magnum consídera: et in myrrha, Domínicam sepultúram.

    Les dons précieux que les Mages offrirent au Seigneur en ce jour sont au nombre de trois, et ils renferment en eux des mystères divins : Par l’or est signifiée la puissance royale ; par l’encens, le souverain sacerdoce, et par la myrrhe, la sépulture du Seigneur. Les Mages ont vénéré l’Auteur de notre salut dans son berceau ; et, de leurs trésors, ils lui ont offert des présents mystiques.

    Le symbolisme de l’or, de l’encens et de la myrrhe est très riche. Le répons fait écho à l’enseignement le plus courant des pères de l’Eglise. Saint Grégoire le Grand disait :

    « C'est un roi : l'or le prouve ; c'est un Dieu : l'encens le manifeste ; c'est un mortel : la myrrhe l'affirme. » Et il ajoutait aussitôt : « Nous présentons au Dieu naissant l'or, preuve de notre foi en son royaume universel, l'encens par où nous confesserons la divinité avant tous les temps de celui qui est apparu dans le temps, et la myrrhe qui affirmera notre croyance en ce Dieu qui, impassible de par sa divinité, est devenu mortel, de par notre chair. »

    Car nous aussi nous devons offrir l’or, l’encens et la myrrhe. L’or est ce que nous avons de plus précieux : notre foi, notre amour pour Dieu. L’encens est la prière. Et la myrrhe, ce sont nos mortifications, nos pénitences, notre ascèse.

  • L’Euro (vraiment la) zone

    Selon une étude de Ernst & Young citée par Die Welt, 3,8 millions d’emplois ont été perdus dans l’Eurozone entre 2007 et 2014, et seuls deux pays ont réduit leur taux de chômage pendant cette période : Malte et l’Allemagne.