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Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • Premier dimanche de la Passion

    La liturgie du carême change aujourd’hui, pour s’orienter uniquement sur la Passion du Christ.

    C’est l’annonce solennelle, à l’épître, du mystère de la rédemption par le sang de la victime qui est le grand prêtre :

    Le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c’est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient pas à cette création-ci et ce n’est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle.

    C’est le Christ dans l’évangile qui souligne qu’il est Dieu, le même que celui du Sinaï :

    En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham ne vînt à l’existence, je suis.

    C’est le chant de communion (mon corps livré pour vous, le calice de l’Alliance dans mon sang) qui rappelle les paroles de l’institution de l’eucharistie transmises par saint Paul.

    Ce sont les hymnes magnifiques de la Passion :

    Vexílla Regis pródeunt :
    Fulget Crucis mystérium,
    Qua vita mortem pértulit,
    Et morte vitam prótulit.

    Les étendards du Roi s’avancent :
    il resplendit le mystère de la Croix,
    sur laquelle la Vie a souffert la mort,
    et par la mort a produit la vie.

    Ce sont les antiennes et les répons qui désormais sont tous l’écho des souffrances de Jésus dans sa Passion, telles que les psaumes et les prophètes les chantaient déjà, et maintenant elles sont réelles, devant nous.

    Mais le premier répons des matines est différent. Il est l’annonce solennelle de la Pâque, dans quinze jours. Annonce prophétique elle aussi, puisque c’est par une citation du Lévitique que l’Eglise souligne le temps qui reste avant la célébration de la solennité du Seigneur Très-Haut :

    . Isti sunt dies, quos observáre debétis tempóribus suis : * Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est : et in quintadécima solemnitátem celebrábitis altíssimo Dómino.

    . Locútus est Dóminus ad Móyses, dicens : Lóquere fíliis Israël, et dices ad eos.

    . Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est : et in quintadécima solemnitátem celebrábitis altíssimo Dómino.

    Voici les jours de fête que vous observerez en leurs temps : Au quatorzième jour du premier mois, vers le soir, est la Pâque du Seigneur, et au quinzième jour vous célébrerez une solennité en l’honneur du Dieu Très-Haut. Le Seigneur parla à Moïse, disant : Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras : Au quatorzième jour du premier mois, vers le soir, est la Pâque du Seigneur, et au quinzième jour vous célébrerez une solennité en l’honneur du Dieu Très-Haut.

    Ce répons dans l’antiphonaire de Saint-Maur des Fossés, début du XIIe siècle, avec l’initiale « I » spécialement décorée en ouverture de ce temps :

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  • Una Voce

    Una Voce.jpgDans ce numéro 301 d’Una Voce, j’ai écrit un article intitulé La Pâque de Marie-Madeleine, où je synthétise notamment des réflexions menées dans trois numéros du défunt Daoudal Hebdo pour la fête de sainte Marie-Madeleine, et où j’évoque le Dialogo per la Pascua de Schütz, dont le texte est celui de la rencontre entre Jésus ressuscité et sainte Marie-Madeleine.

    Mais il y a surtout dans ce numéro un article d’un moine du Barroux sur les chants de la messe vépérale du Jeudi Saint, un article d’un moine de Triors sur l’office des Ténèbres, et un article d’un dominicain de Chémeré sur une particularité des laudes du Triduum dans la liturgie dominicaine.

  • Les dauphins du désert

    Dans sa traduction du livre de l’Exode, le chanoine Osty parle (cinq fois)  de « peaux de dauphins » utilisées pour couvrir le tabernacle.

    Comme sa traduction, surtout de ces chapitres de l’Exode, est quelque peu fantaisiste, je me suis demandé comment il avait pu inventer cette histoire triplement absurde de peaux de dauphins. (Triplement parce que 1 s’il y avait des dauphins dans le désert ça se saurait, 2 le dauphin est dans la Loi un animal impur et il est inconcevable de s’en servir, a fortiori pour le sanctuaire, et en outre au moment même où la Loi est révélée, 3 on ne peut rien faire avec la peau du dauphin.)

    Or, à ma grande surprise, le dauphin est très prisé chez les traducteurs modernes – qui ignorent donc la Loi qu’ils traduisent…

    Pour s’en tenir aux traductions du site très pratique « Références bibliques », on trouve aussi des dauphins dans les Bibles Second, du Semeur, la Colombe, Pirot-Clamer, TOB, Neufchâtel…

    Crampon se veut original et parle de « veaux marins », tandis qu’une autre traduction parle de « phoques », et que la « Bible des peuples » ne craint pas de voir de la « peau de poisson » !

    Olivetan, ami de Calvin, auteur de la première traduction protestante, donc de la première sur les soi-disant « textes originaux », a vu des peaux de « taissons ». C’est le mot qui à l’époque désignait le blaireau. La King James a repris le blaireau. La traduction juive que donne le site Tanak-sources a également « blaireaux ». Petit problème : le blaireau vit dans les forêts, il a besoin d’un abondant sous-bois, et il n’y en a pas au sud du Liban et de la Syrie.

    La Bible de Jérusalem parle de « cuir fin », comme la nouvelle Bible de la liturgie, qui a abandonné ses dauphins… mais il n’y a pas davantage d’explication pour « fin » que pour « dauphin »…

    La Bible du rabbinat a gardé le mot hébreu du texte massorétique : « tahach ». Car en vérité personne ne sait ce que peut vouloir dire « tahach ». Selon une tradition juive c’est un animal que Dieu avait créé pour les tentures du tabernacle, et qui a disparu ensuite…

    Alors d’où sont venus les dauphins du désert à peau tannée ? Je me demande si à force de chercher une signification à « tahach » on ne serait pas allé voir du côté de l’arabe (ou de l'araméen?). Certes, en arabe comme en hébreu, dauphin se dit « dolphin » (c’est le mot anglais), mais en arabe il y a un mot pour dire « marsouin », et ce mot est toukhas. Ce qui est très proche de « tahach » : le mot arabe s’écrit t-kh-s, et le mot hébreu t-h-sh. En arabe comme en hébreu, h et kh, s et sh sont extrêmement proches.

    Or comme les marsouins sont des dauphins, les tahach sont des toukhas (ou un mot araméen encore plus proche)…

    Et voilà comment on vous fabrique la Bible…

    Mais on n’est pas plus avancé.

    Pour savoir de quoi il retourne, il suffit de se référer aux vrais textes de la Bible. A savoir la Septante et la Vulgate.

    La Septante nous dit que ce sont des peaux « couleur de jacinthe », qui contrastent avec les « peaux teintes en rouge » qui précèdent immédiatement. Dans la plupart des manuscrits de la Vulgate, il s’agit aussi de peaux « couleur de jacinthe ». Donc teintes en bleu, ou d’un bleu tirant sur le violet. Le « Pentateuque de Tours » dit : « couleur de violette », ce qui a été repris dans la Vulgate sixto-clémentine. En latin c’est presque le même mot : « hyacinthinas » et « ianthinas ».

    Quant à la teinture elle-même elle pourrait fort bien provenir de l’indigotier, dont la culture est très ancienne au Proche Orient, et qui donne une couleur bleue tirant sur le violet…

    On peut donc oublier les dauphins du désert et les laisser à l’imagination des faussaires…

  • Saint Benoît

    Depuis la réforme de 1960, la fête de saint Benoît est supplantée par la férie de carême. Mais dans le calendrier bénédictin c’est toujours la solennité du « transitus » du patriarche des moines d’Occident.

    D’autre part l’office romain est simplement celui du commun des abbés, alors que l’office bénédictin est propre, tissé de citations de la vie de saint Benoît écrite par ce grand bénédictin qu’était saint Grégoire le Grand, dont la fête est le 12 mars.

    Voici le premier répons des matines, qui cite tout simplement les premiers mots du texte de saint Grégoire. Le verset quant à lui est pris quelques lignes plus loin, à la fin du paragraphe : c’est la célèbre double expression paradoxale « scienter nescius » et « sapienter indoctus », qui est impossible à traduire à la fois dans sa concision et dans son ampleur : saint Benoît se retira du monde, se faisant ignorant avec science, et inculte avec sagesse.

    .  Fuit vir vitae venerabilis gratia Benedictus et nomine, ab ipso pueritiae suae tempore cor gerens senile ; * aetatem quippe moribus transiens, nulli animum voluptati dedit.

    . Recessit igitur scienter nescius et sapienter indoctus.

    .  Aetatem quippe moribus transiens, nulli animum voluptati dedit.

    Il y eut un homme d’une vie vénérable, Béni (Benoît) par la grâce et par le nom, portant dès le temps de son enfance un cœur d’ancien ; dépassant son âge par ses mœurs, il ne donna son âme à aucune volupté. Il se retira donc, savamment ignorant et sagement inculte.

    Voici ce répons dans l’antiphonaire de Salzinnes (milieu du XVIe siècle), et dans celui d’Einsiedeln (début du XIVe siècle). - Je m'aperçois que le verset n'est pas le même dans ce dernier manuscrit.

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  • Le « visage hideux » de la France

    Selon Christiane Taubira, le Front national renvoie au monde un « visage hideux » de la France.

    Elle a dit aussi que le FN « s'empare de la République pour construire un discours plus séduisant, plus séducteur surtout, de refus de la démocratie ».

    Alors que ce sont les gens de son espèce qui bafouent la démocratie en faisant des alliances contre-nature pour empêcher la juste représentation du FN.

    Il est vrai que les alliances contre-nature, elle en a fait une loi.

  • L’Eglise grecque-catholique de Hongrie

    Le pape a élevé aujourd’hui l’Eglise grecque-catholique de Hongrie, qui était suffragante de l’archevêché latin d’Esztergom-Budapest, au rang d’Eglise métropolitaine sui juris. Elle compte environ 326.000 fidèles.

    L’évêque de Hajdudorog Mgr Fülöp Kocsis devient donc premier métropolitain de Hajdudorog.

    L’exarchat apostolique de Miskolc devient une éparchie suffragante de Hajdudorog.

    Et il est créé une éparchie de Nyiregyhaza, dont le territoire est démembré de celui de Hajdudorog (qui couvrait la majeure partie de la Hongrie).

    L’éparchie de Hajdudorog fut fondée en 1912 par saint Pie X, qui créait ainsi la première juridiction grecque-catholique de l’histoire hongroise.

    Hajdudorog est dans l’est du pays, entre la Slovaquie, l’Ukraine et la Roumanie.

    L’exarchat de Miskolc (ville de la même région, proche de la frontière slovaque) est quant à lui un héritier de l’Eglise ruthène.

  • Désolé mais…

    François a reçu ce matin une délégation de la Commission internationale contre la peine de mort. Il lui a remis un document dans lequel, selon VIS, il propose quelques réflexions sur la contribution de l'Eglise.

    Selon l’Eglise, donc, dit François :

    La peine capitale est aujourd'hui inacceptable, quelle que soit la gravité du crime.

    Or voici ce que dit le Catéchisme de l’Eglise catholique :

    2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

    François dit ausi :

    La peine capitale enlève au condamné toute possibilité de repentir ou de réparation, y compris celle de la confession et de la conversion intérieure, de la contrition qui porte à l'expiation en vue d'obtenir la miséricorde de Dieu...

    Or cela est contredit par la réalité historique, de Gilles de Rais à Jacques Fesch en passant par Pranzini, pour ne parler que des cas les plus célèbres.

  • La Fondation Lejeune, hélas…

    Je découvre par une affiche pour la manifestation pour la vie à Lyon que la Fondation Lejeune a lancé une « campagne européenne » intitulée #Socksbattle4DS.

    Un concentré de la décadence branchée.

    - Le nom est un « hashtag » de « twitter ».

    - Bien entendu en anglais, et en langage (?) SMS pour : « bataille de chaussettes pour la trisomie » (en anglais Down’s Syndrom).

    - C’est en plein dans la psychose narcissique des « selfies », et ce sont des selfies… des pieds.

    - Et c’est donc le « dress code », comme ils disent aussi à la Manif pour la vie et autres lieux, pour les manifestations de demain : avoir des chaussettes dépareillées.

    Quant à moi, quand j’ai vu cela, j’ai cru d’abord qu’il s’agissait de se moquer des "mongoliens", incapables de trouver deux chaussettes identiques. Mais non. Il paraît que c’est une « interpellation » qui « incite à s’interroger sur la perception des personnes trisomiques ».

    J’aimerais que la Fondation Jérôme Lejeune change de nom.

  • Perroquet français

    Mgr Joël Mercier, nommé en janvier par le pape secrétaire de la congrégation pour le clergé, a été sacré évêque hier, avec rang d’archevêque.

    Ce qui est prioritaire pour lui, a-t-il déclaré, « c’est premièrement, l’enracinement sur le Christ, puis c’est tout ce que le pape actuel apporte sur ce souci d’être vraiment près des brebis, d’être proche des fidèles, de leurs communautés chrétiennes, de s’y donner à fond ».

    Quand on répète ce que répète le pape, ce serait aussi bien que ce soit en situation.

    Parce que, jusqu’à preuve du contraire, être haut fonctionnaire de la curie ne permet pas précisément d’être « proche des brebis ».

    Comme le souligne le fait qu’il est évêque sans diocèse, archevêque de rien, portant son épiscopat décoratif dans les bureaux du Vatican.

  • Réponse équilibrée...

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    En page 5 de l’Osservatore Romano du 19 mars :

    La proposition de loi française sur la fin de vie

    Une réponse équilibrée

    Le "journal du pape" reprend donc tranquillement la position de Manuel Valls sur "l'équilibre du texte". Extrait:

    « Nous sommes bien loin d’une optique euthanasique, et les controverses qui ont été soulevées semblent donc décidément contre-productives et souvent superficielles. »  

    (Bizarre, le grand blanc au-dessus de cet article.)

    Tandis que l'Avvenire, le journal de l'épiscopat italien, titre clairement sur "l'euthanasie à la française".

  • L’Acathiste

    Demain est, dans la liturgie byzantine, le "samedi de l’Acathiste". Parce qu’aux matines on chante l’intégralité de l’Acathiste à la Mère de Dieu, qui a été chanté partiellement les vendredis précédents depuis le début de carême. Les vendredis, parce qu’en général les matines où l’on chante l’Acathiste sont anticipées au vendredi soir.

    Voici, en pensant à la Syrie chrétienne martyrisée, le tropaire initial et le tropaire final, ainsi que l'hymne de la victoire qui conclut le chant des odes et des strophes, dans la tradition d’Alep, chantés par le P. Maximos Fahmé.

    Tous trois en arabe, puis en grec. (Le CD est ici.)
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    Lorsque l'incorporel prit connaissance de l'ordre mystérieux, il se présenta aussitôt dans la maison de Joseph et dit à la Vierge : Celui qui, en descendant sur la terre, a incliné les cieux, demeure entièrement en toi, sans éprouver de changement. Le voyant dans ton sein prendre la forme d'un esclave, de stupeur vers toi je m'écrie : Salut à toi, Epouse et Vierge !
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    L’ange Gabriel, stupéfait de votre virginité, et de l’éclat de votre pureté, s’écria vers vous : « O Mère de Dieu, quelle digne louange puis-je vous offrir ? Comment puis-je vous appeler ? Je suis embarrassé et interdit. C’est pourquoi, fidèle à l’ordre que j’ai reçu, je crie vers vous : « Salut, pleine de grâce ! »
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    A vous les accents de victoire ! Libérée du danger, votre ville, ô Mère de Dieu, vous offre des hymnes de reconnaissance. Vous dont la puissance est irrésistible, de tout péril délivrez-moi, pour que je puisse vous acclamer : Salut à vous, Epouse sans époux !

  • Le Français blanc n’existe pas

    Et il ne peut donc pas bénéficier d’une protection de la justice. Ainsi en a décidé la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, en déboutant l’Agrif qui avait porté plainte contre les auteurs de « Nique la France ».

    C’est une nouvelle affirmation judiciaire qu’il ne peut pas y avoir de racisme anti-blanc.

    Parce qu’on ne peut pas définir la « blancheur »…

    L’Agrif fait appel.

  • Britanniques clandestins

    Les européistes britanniques sont en verve. Après Gordon Brown certifiant que la Grande-Bretagne deviendra la Corée du Nord si elle se sépare de l’UE, voici Dominic Grieve, l’ancien procureur général (nommé par Cameron qui a finalement dû s’en séparer) : si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, « quelque 2 millions de citoyens britanniques travaillant dans les pays de l’UE deviendraient du jour au lendemain des immigrants illégaux ».

    Et c’est un grand juriste qui ose sortir un tel bobard.

    Il faut dire que c’est le même qui avait proposé que le ministère de l’Intérieur puisse détenir, sans charges, jusqu’à 90 jours, des personnes suspectées de terrorisme. Alors qu’il a été limogé parce qu’il ne supportait pas que les conservateurs envisagent de retirer le Royaume-Uni de la Convention européenne des droits de l’homme...

    Shadok sur Tamise…

  • Jean-Claude Juncker est un croyant

    Le président de la Commission européenne a déclaré sur Europe 1 :

    « Je crois aux promesses de Manuel Valls. »

    Authentique.

  • Chronique des assassins

    Metronews traduit un article du Mirror qui montre très clairement, par un exemple comme il y en a des centaines d’autres, qu’il y a dans notre Parlement une très large majorité d’assassins. A savoir ces élus qui non seulement votent une mesure d’euthanasie, mais en outre rendent contraignante la « directive anticipée ».

    Il s’agit de l’histoire d’une femme de 39 ans qui est subitement atteinte d’une maladie nerveuse aussi rare que très grave. Elle est hospitalisée et plongée dans le coma, dans un état désespéré. On appelle son mari pour qu’il prenne la décision de la débrancher. Or sa femme lui avait clairement signifié que si un jour elle était dans cet état il ne faudrait pas la maintenir en vie. Mais le mari ne peut s’y résoudre. Dix jours après, elle se réveille, et aujourd’hui elle est parfaitement guérie. Et elle témoigne :

    « J’entendais tout, heureusement que John ne m’a pas écoutée, je l’en remercie. Comme la plupart des couples, nous en avions déjà parlé mais je suis très heureuse qu’il ne m’ait pas débranchée. »

    (Via le Salon Beige)

  • Les évêques syriens

    Mardi 17 mars, les évêques catholiques de Syrie ont tenu leur assemblée bisannuelle à Homs. Y participaient également le nonce apostolique et le secrétaire de la congrégation pour les Eglises orientales, en témoignage de soutien de Rome.

    Les interventions prononcées par les Evêques présents ont fait émerger les souffrances et les blessures qui marquent la vie quotidienne de toutes les communautés catholiques syriennes mais ont également rendu témoignage du miracle de la charité qui fleurit dans le réseau des diocèses et des paroisses, au profit de tout le peuple syrien, nous dit l’agence Fides, qui cite ces propos de S.B. Grégoire III, patriarche des grecs-melkites :

    « L’Eglise en Syrie est véritablement glorieuse. Malgré tant de douleur et de souffrance, grâce au soutien de nos frères du monde entier, nous sommes parvenus à secourir directement plus de 300.000 Syriens, surtout au travers de la Caritas, en soutenant des projets d’urgence pour un montant d’au moins 5 millions de dollars ».

    « Alep est depuis des années assiégée, mais Homs est peut-être la ville qui a été le plus martyrisée. C’est pourquoi, depuis que le conflit y a cessé, les chefs des Eglises chrétiennes en Syrie l’ont visitée à de nombreuses reprises. Nous voulons manifester un soin particulier à cette population blessée et accompagner son désir de recommencer. J’ai su que les nouvelles cloches arriveront peut-être bientôt, après que celles qui existaient avant le conflit aient été volées. Nous éprouvons de la peine en voyant la douleur du peuple et nous voyons que nombreux sont ceux qui s’en vont parce qu’ils n’en peuvent plus de la peur et des souffrances. Mais nous sommes également fiers de nos prêtres, de nos religieux et religieuses, qui sont tous restés avec leur peuple, pour cheminer ensemble, dans la foi en Jésus, y compris en ce moment si difficile. »

  • Corse catholique

    Une fois encore on ne peut que remercier CM de la Rocca de nous donner sur le Forum catholique d’émouvantes et spectaculaires photographies de la Corse catholique, à l’occasion du renouvellement du vœu des Magnifiques Anciens de 1656 à la Vierge de Miséricorde (la vraie), par le maire d'Ajaccio et ses adjoints. En présence du cardinal Mamberti.

    Et merci aussi à l’évêque d’Ajaccio, Mgr de Germay, qui a commencé son allocution par ces mots : « La République est laïque, mais la France ne l’est pas. »

  • « Une psychologie de docteurs de la loi »

    Dans son homélie de mardi dernier, François est revenu une fois de plus sur son obsession : faire communier les divorcés soi-disant « remariés ». Et il a accusé ceux qui les en empêchent d’agir comme des « docteurs de la loi » au lieu d’user de la fameuse « miséricorde » kaspérienne :

    Combien de fois, aujourd'hui, dans les communautés chrétiennes, on trouve les portes fermées : "Ah, toi tu ne peux pas... tu ne peux pas. Tu as fauté sur ce point et tu ne peux pas. Si tu veux venir, viens à la messe dimanche mais reste là et ne fais rien de plus". Et ce que fait l'Esprit Saint dans le cœur des personnes, les chrétiens avec une psychologie de docteurs de la loi le détruisent.

    (Sources: FC, VA fr, VA en, vidéo)

    Non seulement c’est contraire à l’Evangile, mais il y a erreur sur la personne : ce sont les « docteurs de la loi » qui permettaient le divorce et le remariage… C’est François qui est du côté des « pharisiens ».

  • Bergoglio et « l’annulation des âmes »…

    Les ineffables duettistes de la Repubblica, Bergoglio et Scalfari, ont encore frappé. C’était dans le journal très laïque daté de… dimanche dernier. L’éditorial de l’athée de gauche Eugenio Scalfari était une fois de plus un éloge de François. Et il rend compte d’une conversation où le pape lui a dit que si l’égoïsme devient excessif « il obscurcit l’étincelle divine » qui est en son âme et « s’auto-condamne ».

    Plus précisément, demande Scalfari, « Qu’advient-il à cette âme ? Sera-t-elle punie ? Et comment ? »

    La réponse de François est nette et claire: il n'y a pas de punition, mais l'annulation (annullamento) de cette âme. Toutes les autres participent à la béatitude de vivre dans la présence du Père. Les âmes annulées ne prennent pas part à ce banquet, avec la mort du corps, leur parcours prend fin, et ceci est la motivation de l'Eglise missionnaire: sauver les perdus.

    « Non c'è punizione ma l'annullamento di quell'anima. »

    On attend toujours le vrai-faux démenti du P. Lombardi… Il s’agit pourtant ici non d’une ambiguïté volontaire, mais d’une énorme et claire hérésie. Même si en italien on dit plutôt « l’annientamento dell’anima ».

    (L'article entier de Scalfari est présenté et traduit chez Benoît et moi.)

    Addendum

     

    Scalfari avait déjà écrit, le 21 septembre 2014 :

     

    Le pape estime que, si l'âme d'une personne se referme sur elle-même et cesse de s'intéresser aux autres, cette âme ne libère plus aucune force et meurt. Elle meurt avant que meure le corps, comme âme, elle cesse d'exister. La doctrine traditionnelle enseignait que l'âme est immortelle. Si elle meurt dans le péché, elle en rendra compte après la mort du corps. Mais pour François, il n'en est évidemment pas ainsi. Il n'y a pas d'enfer, ni de purgatoire.

     

    Et il n’y avait pas eu de démenti du Vatican.

     

  • Saint Joseph

    La messe et l’office de saint Joseph datent de 1714. Surtout l’office, puisque la messe est essentiellement celle du commun des confesseurs, saint Pie V ayant rejeté celles qui existaient à l’époque parce qu’elles étaient récentes.

    On a ainsi un office rationnel flamboyant, si j’ose dire… Les antiennes sont tirées des évangiles, où l’on a pris soigneusement tout ce qui peut se rapporter à Joseph, et se succèdent dans un ordre chronologique sans faille. Les lectures et répons du premier nocturne des matines sont exclusivement consacrés au patriarche Joseph devenu chef de l’Egypte. Les lectures et répons du deuxième nocturne comparent les deux Joseph, et le troisième nocturne célèbre le seul époux de la Vierge.

    Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on fabrique la liturgie. Il y a longtemps que le ver était dans le fruit. Mais alors ce n’était que pour de rares nouvelles fêtes…

    On ne sait pas pourquoi la fête de saint Joseph fut fixée au 19 mars, mais cela a certainement un rapport avec le fait qu’on lit aux matines du troisième dimanche de carême le début de l’histoire de Joseph dans la Genèse. Lecture qu’on est censé poursuivre les jours suivants, et c’est souvent vers le milieu de mars.

    Léon XIII, dans son encyclique Quamquam pluries, affirme qu’un « grand nombre de pères de l’Eglise » ont fait le rapprochement entre les deux Joseph. Mais il ne donne aucun exemple. En réalité, ce que l’on voit chez les pères de l’Eglise, c’est la vision du patriarche Joseph comme figure du Christ.

    Sauf erreur, je ne pense pas que la relation entre les deux Joseph ait été vraiment faite avant que commence à émerger le culte de saint Joseph. Et il est vraisemblable que saint Bernard soit l’un des premiers, ou le premier, à le faire aussi nettement. C’est même pour cela, à coup sûr, que le passage de son deuxième des « sermons sur Missus est » a été mis au deuxième nocturne des matines (et non un texte introuvable d'un père antérieur). [Il est permis et recommandé de me contredire, le cas échéant, avec des références.]

    Ce n’est d’ailleurs pas sans avoir rappelé le parallèle traditionnel Joseph-Jésus que saint Bernard passe au parallèle Joseph-Joseph :

    Si ce Joseph, vendu par l’envie de ses frères et conduit en Égypte, préfigura le Christ qui devait être vendu lui aussi, saint Joseph fuyant la haine d’Hérode porta le Christ en Égypte. Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, refusa de coucher avec sa maîtresse ; le second, reconnaissant sa Maîtresse dans la Vierge mère de son Maître, vécut aussi dans la continence et se montra son fidèle gardien. A l’un fut donnée l’intelligence des songes mystérieux ; à l’autre, il a été accordé d’être le confident et participant des mystères célestes. L’un a mis du blé en réserve, non pour lui, mais pour tout un peuple ; l’autre a reçu la garde du pain du ciel, tant pour lui que pour le monde entier. On ne peut douter que ce Joseph à qui fut mariée la mère du Sauveur n’ait été un homme bon et fidèle. C’est, dis-je, le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi pour être le consolateur de sa mère, le nourricier de son enfance, enfin le seul et très fidèle coopérateur, ici-bas, de son grand dessein.

  • La dérive "presbytérienne"

    Hier soir, le district presbytérien de Palisades, dans le New Jersey, a dit oui à la reconnaissance du soi-disant « mariage » homosexuel par l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis. C’était le 86e oui, sur 171 districts (« presbyteries ») : la majorité était atteinte, et l’Eglise presbytérienne reconnaît donc officiellement la parodie de mariage.

    C’est l’an dernier que l’Assemblée générale de l’Eglise presbytérienne (calviniste, d’origine écossaise) avait décidé de modifier sa définition du mariage. Mais il fallait l’approbation d’une majorité des districts.

    Désormais, « le mariage implique un engagement unique entre deux personnes, traditionnellement un homme et une femme, pour s’aimer et se soutenir l’un l’autre jusqu’à la fin de leur vie ».

    Jusqu’à hier soir 41 districts avaient dit non à cette nouvelle définition.

    En 2010, l'adoption de l'« ordination » d'homosexuels non célibataires avait suscité le départ de 150 paroisses (sur environ 10.000).

     

  • La messe en Ecosse

    J’apprends par Rorate Caeli qu’une première messe dans la "forme extraordinaire" a été célébrée dimanche dernier en la chapelle du couvent Saint-Joseph de Dundee, en Ecosse, et que cette messe sera désormais célébrée chaque mois, le troisième dimanche à 16h.

    C’est un groupe d’une soixantaine de fidèles qui a demandé cette messe au nouvel évêque, Mgr Stephen Robson. Lequel assistait, au trône, à la première messe, célébrée par l’abbé John Emerson, de la Fraternité Saint-Pierre.

    L’évêque paraît particulièrement bienveillant. Non seulement il était présent, mais le site internet du diocèse fait une large place à l’événement, avec un article et une galerie de photos !

    « Il y avait environ 130 personnes, dit l’évêque. Le groupe d’origine qui m’avait fait la demande comptait à peu près 65 personnes, donc le nombre de participants a été beaucoup plus élevé que prévu, avec pas mal de jeunes et d’adolescents. La belle grand-messe était célébrée par le P. John Emerson FSSP et servie par nos propres servants de messe, la musique étant interprétée par les étudiants de la chapelle de l’université Saint-André. »

    L’article ajoute que la petite réunion qui s’est tenue ensuite a montré que si la messe dans la forme extraordinaire était célébrée de façon régulière elle serait grandement appréciée.

    La question qu’on se pose immédiatement est évidemment celle-ci : s’il y a une demande aussi conséquente, et si l’évêque est si bienveillant, pourquoi seulement une messe mensuelle et au milieu de l’après-midi ?

    Je crois que la réponse se trouve sur le site de la FSSP Ecosse. Le P. Emerson est manifestement tout seul. Il célèbre la messe à Edimbourg, où il réside, et l’après-midi du premier dimanche du mois à Stirling, l’après-midi du quatrième dimanche du mois à Saint-Andrews, et donc désormais l’après-midi du troisième dimanche à Dundee…

    En bref on demande un prêtre… Ou plutôt au moins trois prêtres… Et Mgr Robson ne semble pas pouvoir en trouver dans son clergé…

  • Louis et Zélie Martin

    Le pape a ordonné ce matin la promulgation d’un décret relatif au miracle attribué aux bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse.

    Habituellement on dit que cela ouvre la voie à leur canonisation. Sauf que, comme aujourd’hui on fait tout à l’envers (ou plutôt n'importe comment), leur canonisation a déjà été annoncée pour octobre prochain (au moment du synode sur la famille)…

    Le miracle est celui de la guérison d'une petite Espagnole du diocèse de Valence, Carmen, née prématurément avec de multiples complications et qui risquait une hémorragie cérébrale qui lui aurait été fatale.

  • Le Japon catholique se souvient

    Hier 17 mars c’était le 150e anniversaire de la découverte, ou plutôt de la manifestation, à un prêtre français installé à Nagasaki, des chrétiens cachés du Japon.

    Les célébrations se sont déroulées du 15 au 17 mars en divers lieux, et se poursuivent les 21 et 22 mars dans la communauté catholique francophone de Tokyo.

    Hier a eu lieu une messe solennelle, concélébrée par vingt évêques, commémorant la rencontre bouleversante que fit le P. Petitjean d’un groupe de personnes venues lui demander « Où est la statue de sainte Marie ? », dans un pays d’où le christianisme avait été éradiqué deux siècles plus tôt. La messe a été célébrée dans l’église même d’Oura, construite par le P. Petitjean, où avait eu lieu la scène.

    On lira la relation de Mgr Riocreux ici.

    Voir aussi ma note (et son illustration) sur le musée dédié aux chrétiens cachés qui s'est ouvert récemment à Nagasaki.

    Et voici l’histoire de l’événement du 17 mars 1865, telle qu’elle est exposée (de façon historique, sans enjolivements ni amplifications) par Eglises d’Asie :

    Un mois environ après l’inauguration de l’église d’Oura, le 17 mars 1865, le P. Petitjean vit de sa fenêtre un groupe de douze à quinze personnes,
    hommes, femmes et enfants, qui se tenaient avec respect devant la porte fermée de l’édifice.

    Il ressentit une impulsion intérieure le poussant à aller trouver ces gens, et alla ouvrir la porte de l’église. Il précéda dans la nef les visiteurs, en priant intensément. Il s’agenouilla devant l’autel et adressa au Christ de l’Eucharistie une fervente prière : "Je conjurais le Seigneur, écrit-il, de mettre sur mes lèvres des paroles propres à toucher les cœurs et à Lui gagner des adorateurs parmi ceux qui m’entouraient". Et voilà que, pendant qu’il priait, trois femmes de cinquante à soixante ans s’agenouillèrent tout près de lui. L’une d’elles mit sa main sur la poitrine et lui dit à voix basse : "Notre cœur à nous tous qui sommes ici est le même que le vôtre". Et la conversation s’engagea : "Vraiment ? Mais d’où êtes-vous donc ?"  "Nous sommes tous d’Urakami. A Urakami, presque tous ont le même cœur que nous". Et aussitôt la femme qui avait répondu posa à son tour une question : "Où est la statue de sainte Marie (sancta Maria) ? "

    Le P. Petitjean n’eut plus alors aucun doute : il était bien en présence de descendants des anciens chrétiens. Il conduisit le groupe devant la statue de la Sainte Vierge. De nouveau tous s’agenouillèrent et se mirent à prier. Mais ils ne pouvaient contenir davantage la joie qui débordait de leur cœur : "Oui, c’est bien la Sainte Vierge. Voyez sur son bras son divin Fils Jésus".

    La confiance établie, les questions se mirent à pleuvoir au sujet de Deus-sama, Jesus-sama, Maria-sama (sama est un suffixe qu’on ajoute au nom des personnes, qui signifie quelque chose comme Monseigneur). Puis les visiteurs en vinrent à donner une idée de leur vie chrétienne : "Nous faisons la fête du Seigneur Jésus au vingt-cinquième jour de la gelée blanche. On nous a enseigné que ce jour-là il est né dans une étable, puis qu’il a grandi dans la pauvreté et la souffrance, et qu’à trente trois ans pour le salut de nos âmes il est mort sur la croix. En ce moment nous sommes au temps du chagrin. Avez-vous vous aussi ces solennités ?"

    Le P. Petitjean, qui avait compris qu’il s’agissait du carême, répondit : "Oui, nous sommes aujourd’hui le dix-septième jour du temps chagrin..."

    Ainsi l’espoir qu’avaient au cœur tous les missionnaires ayant pu pénétrer au Japon ces dernières années, n’était pas vain. Il y avait bien encore en cette fin du XIXe siècle des descendants des anciens chrétiens restés fidèles à la foi de leurs ancêtres, malgré plus de deux cents ans de fermeture du Japon à l’étranger, durant lesquels toute manifestation visible d’appartenance au christianisme avait été sévèrement proscrite.

    Pendant ces deux cents ans les chrétiens avaient vécu sans aucun prêtre pour leur administrer les sacrements ou leur venir en aide, sans possibilité d’entrer en relation avec l’Église dans le reste du monde. Et pourtant ils avaient gardé "le même cœur" que les chrétiens d’Europe.

    Bientôt ce fut presque chaque jour que des groupes de chrétiens se présentèrent à l’église d’Oura pour signaler l’existence de la communauté à laquelle ils appartenaient et demander à être instruits davantage. Selon une estimation faite à l’époque environ cinquante mille chrétiens vivaient dans la région.

    Un jour un chrétien venu des Gotô se présenta accompagné d’un "baptiseur" qui, après avoir exposé sa dévotion au chapelet, récité sans Gloria Patri comme c’était la coutume au XVIIe siècle, posa ensuite deux questions : les missionnaires connaissent-ils le chef du Royaume de Rome ? les missionnaires sont-ils mariés ? Le baptiseur se réjouit d’entendre la réponse : le nom du Pape, Pie IX, et l’annonce que les missionnaires gardaient le célibat. Il sembla que, pour lui, les trois signes les plus évidents de la foi catholique des nouveaux arrivés avaient été la dévotion à Marie, l’union avec le successeur de Pierre et le célibat des prêtres.

  • Mercredi de la quatrième semaine de carême

    Dans l’antiquité chrétienne c’était aujourd’hui à Rome le jour du « grand scrutin ». Les candidats au baptême devenaient officiellement catéchumènes, et l’on y accomplissait pendant la messe les rites préparatoires au baptême.

    Avant la messe, ils étaient marqués du signe de la croix par un prêtre qui bénissait le sel et le leur faisait goûter.

    Puis ils ressortaient de l’église et la messe commençait, par l’introït où le Seigneur annonce qu’il réunira ses élus de toutes les nations, et qu’il répandra sur eux une eau purifiante pour laver toutes leurs souillures.

    On faisait appel nominal des catéchumènes, qui rentraient dans l’église. Les parrains et marraines les signaient sur le front, et des acolytes prononçaient sur chacun d’eux trois exorcismes, puis un diacre prononçait le quatrième exorcisme.

    Pendant les deux lectures et les deux graduels, un prêtre faisait sur chacun d’eux le rite de l’Ephpheta (en touchant une oreille).

    C’est semble-t-il toute cette partie qui s’appelait « aperitio aurium », ouverture des oreilles.

    Alors venait quatre diacres venaient déposer les quatre Evangiles aux quatre coins de l’autel. Un prêtre faisait la présentation des quatre évangélistes, et un diacre lisait le début de chaque évangile.

    Puis c’était la transmission du Credo, en grec et en latin, et du Pater. Le tout commenté de façon rituelle.

    Venait alors le chant de l’évangile de ce jour, qui raconte la guérison de l’aveugle né, symbole baptismal par excellence, et minutieusement expliqué dans cette optique par saint Augustin, dans un sermon qui est toujours la lecture des matines.

    Alors les catéchumènes sortaient, et le saint sacrifice proprement dit commençait.

    « Et nous ? » s’exclame dom Pius Parsch. Il répond :

    La journée d’aujourd’hui présente, à l’âme qui veut faire revivre la grâce du baptême, aliment et lumière. Nous accompagnons, en esprit, les catéchumènes d’il y a environ 1500 ans. Nous entrons dans la basilique de Saint-Paul : il est notre père spirituel à nous aussi ; presque tous les dimanches, sa voix nous exhorte et nous instruit. Renouvelons sur son tombeau la grâce de notre baptême. Le sens de ce renouvellement nous est expliqué dans les lectures : « Je mettrai en vous un nouveau cœur et un nouvel esprit. J’enlèverai de votre poitrine votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » « J’allai, je me lavai et maintenant je vois. » Il s’agit donc d’une nouvelle vie et d’une nouvelle créature.

    Nous recevons aujourd’hui, de la main de l’Église, trois cadeaux précieux : l’Évangile, la profession de foi et le Notre-Père. Baisons le livre des évangiles. L’Évangile remplace pour nous le Christ ; dans l’Évangile, la liturgie voit et honore le Christ. Selon l’esprit de la liturgie, nous devons vivre de la vie du Seigneur. Sur la terre, le Christ a vécu pour nous aussi ; ce qu’il fit alors aux malades, ce qu’il leur dit, il le fait et il le dit pour nous. Quel prix n’a pas l’Évangile ! Il nous manifeste les sentiments, les actions et les paroles du Christ. Chaque parole de la profession de foi a été scellée du sang des martyrs. Au Moyen Age, on la récitait aux mourants. Le Notre-Père est la seule prière que nous ait enseignée le Seigneur. Récitons-le avec respect. Il occupe la plus belle place à la messe ; dans l’antiquité, on le considérait comme un sacrement.

  • Boko Haram

    Le chef d'état-major des forces armées du Nigeria annonce que les forces de Boko Haram ont été repoussées de la quasi-totalité du nord-est du pays.

    Les islamistes contrôlaient une vingtaine de districts, ils n’en contrôleraient plus que trois.

    En espérant que ce soit vrai…

    Mais… ils ont été repoussés où ?

  • La loi d’euthanasie adoptée

    Les députés ont voté la proposition de loi d’euthanasie Claeys-Leonetti, par 436 voix contre 34 (dont aucun député non inscrit).

  • Marocaine dans son rôle

    Elle « regrette et condamne » la décision du maire de Chalon-sur-Saône de supprimer les plats de substitution au porc. « C'est une façon d'interdire l'accès à la cantine beaucoup d'enfants », dit-elle. Et elle demande aux élus de veiller à ce que chaque enfant puisse « manger à sa faim ».

    On en pleurerait d’émotion.

    C’est la Marocaine Najat Belkacem qui s’engage ainsi pour les familles musulmanes. Najat Belkacem qui, par la grâce du roi du Maroc Commandeur des croyants est membre de son Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (avec les émoluments qui vont avec), quoique ministre de la République française.

  • Européisme ordinaire

    Le même jour, hier

    - Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne : « Le temps est venu d’approfondir l’intégration européenne. Il n’y aura jamais d’Etats-Unis d’Europe, mais l’UE doit montrer à ses partenaires où est sa poste de commandement si elle veut être prise au sérieux. Nous devons approfondir l’union économique et monétaire pour une raison simple : notre union monétaire n’est pas optimale. Nous avons une banque centrale européenne. Mais nous n’avons pas de gouvernement européen. Donc nous devons avoir des règles qui remplacent le gouvernement européen que nous n’avons pas. »

    - Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne : « Nous avons atteint un tel degré d’intégration que nous ne pouvons pas seulement imaginer inverser le processus – nos économies sont trop imbriquées. (…) En somme, ma conclusion est qu’il doit y avoir un saut quantique dans la convergence institutionnelle. Nous devons passer d’un système de règles et de directives pour la politique économique nationale à un système de partage plus avancé de souveraineté avec les institutions communes. »

  • Le Foll a disjoncté

    Il y avait déjà eu la nauséabonde réaction de Manuel Valls à l’initiative de Robert Ménard (la rue Hélie Denoix de Saint Marc à Béziers) – il trouvait cela « rance », mais le porte-parole du gouvernement bat les records de l’immonde en twittant :

    Le Foll.jpg

    C’est d’une haine idéologique d’autant plus aberrante que Jean-Yves Le Drian, ministre du même gouvernement, avait écrit à la mort de Denoix de Saint Marc, grand-croix de la Légion d’honneur à titre militaire :

    Grand patriote, résistant de la première heure, déporté à Buchenwald, Hélie Denoix de Saint Marc a mené une carrière militaire prestigieuse en Indochine puis en Algérie. De sa complexité, il faut retenir aujourd'hui la force de son engagement d'officier et la générosité de son dévouement aux hommes dont il était responsable. Par ailleurs, il a su garder à travers les péripéties de l'Histoire, un esprit curieux et novateur, notamment dans le dialogue avec l'ancien ennemi allemand, en publiant avec le colonel August Von Kageneck le livre commun Notre histoire, 1922-45.

    (Via le Salon Beige)