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Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • Jeudi de la quatrième semaine de carême

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    Dans le bréviaire mozarabe, ce jour à laudes :

    Tibi soli peccavimus Domine; et malum coram te fecimus: cui quidem non celantur abscondita nostra, quae cordis retinent claustra: et tamen erubescimus pandere, quod non timemus perpetrare. Sed tu Domine, qui non despicis poenitentes, suscipe preces humilium; et veniam tribue peccatorum: ac per potentiam Trinitatis, rectitudinem, qua gradiamur, doceat nos Spiritus Sanctus; et ad sanctitatis gloriam pertrahat spiritus rectus, atque ad iustificationem principalis deducat spiritus: ut unicae virtutis immensa potestas, et Pater regat quos condidit; et Filius custodiat quos redemit; et Spiritus Sanctus repleat quos creavit. . Amen.

    Contre toi seul nous avons péché, Seigneur, et nous avons fait le mal devant toi, à qui certes n’est pas caché ce qui est au plus profond de nous, que les serrures du cœur retiennent ; et pourtant nous rougissons de dévoiler ce que nous n’avons pas craint de perpétrer. Mais toi, Seigneur, qui ne méprises pas ceux qui se repentent, accueille les prières des humbles ; et accorde le pardon aux pécheurs. Et par la puissance de la Trinité, que le Saint-Esprit nous enseigne la rectitude par laquelle nous puissions avancer, et qu’un esprit droit nous entraîne à la gloire de la sainteté, et que l’esprit principal nous conduise à la justification ; afin que l’immense puissance de l’unique force, et le Père dirige ceux qu’il a créés, et le Fils garde ceux qu’il a rachetés, et le Saint-Esprit remplisse ceux qu’il a créés. Amen.

    Cette oraison suit le psaume 50 et lui est étroitement liée. Elle en reprend plusieurs expressions, dont le début qui est le début du verset 6 et qui sert aussi d’antienne. Elle reprend surtout les « trois esprits » que les pères de l’Eglise avaient repérés et où ils avaient vu la Sainte Trinité, ce qui est explicitement le cas ici : l’esprit droit, l’esprit de rectitude (verset 12), est le Fils, l’esprit saint (verset 13) est le Saint-Esprit, l’esprit principal (verset 14) est le Père. Principalis traduit le grec ἡγεμονικός (hègemonikos) : qui guide, qui dirige. L’adjectif substantivé désignait la raison chez les stoïciens, la partie supérieure de l’âme, qui la dirige et l’unifie, concept repris par Clément d’Alexandrie et Origène.

  • Enrichissement

    La Congrégation pour la doctrine de la foi publie deux décrets concernant la « forme extraordinaire du rite romain ».

    Le décret Quo magis donne la possibilité de célébrer la fête des saints canonisés depuis 1960, le jour de leur fête dans le nouveau calendrier, si le jour liturgique le permet. (Ce qui n’est pas très fréquent, vu le nombre de fêtes de troisième classe, comme le reconnaît le décret.)

    Le décret Cum sanctissima donne la permission d’utiliser sept nouvelles préfaces. Trois préfaces qui existaient déjà « en certains lieux », et quatre (de Angelis, de Sancto Ioanne Baptista, de Martyribus et de Nuptiis) qui sont prises « dans le Missel de la forme ordinaire et proviennent pour la plupart, dans leurs parties centrales ou "embolismes", de sources liturgiques antiques ». Dans le principe on ne peut que se féliciter de l'arrivée de nouvelles préfaces, car saint Pie V avait été très avare en la matière. Mais il va falloir examiner ces textes parce que l’expression « pour la plupart, dans leurs parties centrales » n’inspire pas confiance quand on sait comment les textes anciens repris dans la néo-« liturgie » ont été trafiqués.

  • Wigratzbad

    Utámur ergo párcius
    Verbis, cibis et pótibus,
    Somno, jocis, et árctius
    Perstémus in custódia.

    Le séminaire de Wigratzbad a été largement touché par l’épidémie, mais la situation s’est considérablement améliorée. Cette bonne nouvelle s’accompagne, sur le site du séminaire, de plusieurs photos de bouffe et de jeux. Ils ont certes le « droit » de beaucoup s’amuser en confectionnant des gâteaux au chocolat, et de jouer au croquet et aux cartes, et ces photos sont peut-être en décalage avec ce qu’est le réel quotidien du séminaire, mais, franchement, ça n’aide pas les fidèles qui essayent de vivre un vrai carême…

    Ça me fait penser au fait que l’abbaye du Barroux m’envoie chaque année une invitation à une foire aux vins en plein carême. (Cette année elle est annulée, grâce au virus…)

  • Trump

    Donald Trump a déclaré qu’il voulait que les Américains reprennent le travail à Pâques, et donc que toutes les restrictions soient alors levées. Interrogé par Bill Hemmer de Fox News pourquoi il donnait cette date (qui contredit les prévisions des experts), il a répondu :

    « Pâques est un jour très particulier pour moi. J'ai pensé : est-ce que ce ne serait pas génial d'avoir toutes les églises pleines - vous savez que les églises ne sont pas autorisées à avoir une grande partie des fidèles ici. J'ai regardé dimanche en ligne - et c'était génial, de fait - mais en ligne ce ne sera jamais comme être présent. Donc je pense au dimanche de Pâques, et les églises seront pleines partout dans notre pays - je pense que ce sera un beau moment. Et c'est le calendrier que je pense correct. »

    Cette déclaration a évidemment suscité un tollé, comme toutes les déclarations de Donald Trump. On l’a aussi beaucoup critiqué pour avoir dit que la FDA avait donné son accord en urgence pour un traitement du coronavirus à la chloroquine. En fait il n’y a pas eu d’approbation spéciale, mais tout médecin a le droit aux Etats-Unis de prescrire de la chloroquine (il n’y a pas eu de Buzyn ni de Salomon pour l’inscrire en urgence sur la liste des poisons). Dans son dernier rapport, hier, la FDA a condamné l’utilisation de phosphate de chloroquine, qui sert à... éliminer les parasites des aquariums… En ajoutant :

    L'agence met en garde contre toute forme de chloroquine, sauf si elle a été prescrite par un professionnel de santé et obtenue auprès de sources légitimes.

  • Il y a 50 ans (17) : l'Annonciation

    Les experts ayant affirmé que la fête s’appelait « Annonciation du Seigneur » lorsqu’elle fut introduite à Rome, la fête s’appela ainsi dans le nouveau calendrier.

    La réalité est que cette fête a eu de nombreuses appellations, et que dans le vénérable sacramentaire de saint Grégoire elle est appelée Annuntiatio angeli ad beatam Mariam : annonciation de l’ange à la bienheureuse Marie. Et dans les non moins vénérables Ordines Romani c’est Annunciatio sanctae Mariae. Dans le martyrologe romain c’est Annuntiatio beatissimae Virginis genitricis Dei Mariae. Au cours de l’histoire on a vu diverses appellations, comme Annunciatio Domini en effet, ou Annuntiatio dominica, Annunciatio Christi, Conceptio Christi… Mais l’appellation correcte ne peut pas être Annuntiatio Domini, d’autant que cette expression désigne le martyrologe du 25 décembre.

    En outre, chez les byzantins, la fête s’est toujours appelée « Annonciation de la très sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ».

    Le changement de nom, et donc de classification (la fête mariale devient « fête du Seigneur »), a pour but évident de diminuer le culte marial.

    La comparaison entre la collecte du missel traditionnel et du nouveau missel est instructive. Une fois de plus les experts qui prétendaient « restaurer » la liturgie sont pris en flagrant délit de bricolage. Leur collecte est une de leurs inventions Frankenstein habituelles, faites de morceaux disparates accolés.

    Voici la collecte traditionnelle :

    Deus, qui de beátæ Maríæ Vírginis útero Verbum tuum, Angelo nuntiánte, carnem suscípere voluísti : præsta supplícibus tuis ; ut, qui vere eam Genetrícem Dei crédimus, eius apud te intercessiónibus adiuvémur.

    O Dieu, qui avez voulu que votre Verbe prît un corps humain à la parole de l’Ange dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie ; accordez à ceux qui vous en supplient que, nous qui la croyons véritablement Mère de Dieu, nous soyons secourus auprès de vous grâce à son intercession.

    Et la nouvelle :

    Deus, qui Verbum tuum in útero Vírginis Maríæ veritátem carnis humánæ suscípere voluísti, concéde, quæsumus, ut, qui Redemptórem nostrum Deum et hóminem confitémur, ipsíus étiam divínæ natúræ mereámur esse consórtes.

    Dieu, qui as voulu que Ton Verbe prît véritablement une chair humaine dans le sein de la Vierge Marie, accorde-nous, nous T'en prions, puisque nous reconnaissons en lui notre Rédempteur, homme et Dieu, d'être associés à Sa nature divine.

    On a gardé quelques mots de la collecte traditionnelle, on a supprimé l’ange, on a ajouté une expression de saint Léon le Grand, et on a inventé une fin, qui insiste sur « Dieu et homme » et reprend hors contexte une formule (modifiée) d’une prière de l’offertoire qu’on a supprimée dans l’ordinaire de la messe…

    On remarque que cette collecte… n’évoque pas l’Annonciation, mais l’Incarnation, avec insistance sur Jésus Dieu et homme, ce qui est célébré à Noël. D’ailleurs l’invitatoire de la fête est celui de Noël, et les trois cantiques de l’« office des lectures » sont ceux de la Nativité dans le bréviaire monastique. Dans tout cet office il n’y a que l’unique répons qui évoque l’Annonciation.

    Ainsi élimine-t-on de la collecte l’ange, qui est gênant pour une religion adulte dégagée des mythes et des superstitions d’un autre âge. On reprend une formule de saint Léon le Grand condamnant Eutychès : veritátem carnis humánæ : le Christ a pris la « vérité de la chair humaine », comme si la tendance actuelle n’était pas plutôt d’estomper sa divinité. Et pour les francophones on remarque que la traduction officielle a omis « veritatem »… Il n’est plus question de la maternité divine de la Sainte Vierge, remplacée par le Christ en deux natures. Et l’on a supprimé l’appel à l’intercession de Marie… A la place, on demande d’être participants de la nature divine, ce que demande tous les jours la messe traditionnelle dans une superbe oraison dont il ne reste que ce lambeau annuel…

  • Annonciation

    Comme je le disais samedi, le kondakion de l’Annonciation est l’hymne finale de l’Acathiste : Invincible chef d’armée. En voici une version émouvante, composée par Thémistocle Polycrate (mais oui, et il y a son portrait vers la fin), qui était fier de ses harmonisations occidentalisantes – par le chœur de la cathédrale orthodoxe d’Athènes, en 1925.

    Τῇ ὑπερμάχῳ στρατηγῷ τὰ νικητήρια,
    Ὡς λυτρωθεῖσα τῶν δεινῶν εὐχαριστήρια,
    Ἀναγράφω σοι ἡ Πόλις σου Θεοτόκε.
    Ἀλλ᾿ὡς ἔχουσα τὸ κράτος ἀπροσμάχητον,
    Ἐκ παντοίων με κινδύνων ἐλευθέρωσον,
    Ἵνα κράζω σοι· Χαῖρε, Νύμφη ἀνύμφευτε.

    Invincible chef d’armée, à vous les accents de victoire ! Libérée du danger, votre ville, ô Mère de Dieu, vous offre des hymnes de reconnaissance. Vous dont la puissance est irrésistible, de tout péril délivrez-moi, pour que je puisse vous acclamer : Salut, Epouse sans époux !

    Et voici une version toute différente, très ornée, très byzantine, par l'archimandrite Romanos Anastasiadis, moine du monastère Sant-Elie de Roustika près de Réthymnon en Crète :

  • Le Diamond Princess

    Le 4 février le navire de croisières Diamond Princess est immobilisé au Japon et mis en quarantaine parce que dix passagers sont atteints du coronavirus.

    Cette affaire est aujourd’hui terminée. Dans son rapport du 21 mars, l’OMS a indiqué qu’il y avait eu 712 personnes contaminées, et 7 morts.

    Il y avait 3711 passagers et membres d’équipage. Et chez les passagers bon nombre de personnes âgées à risque. Or 712 contaminés (dans un lieu confiné) sur 3711, cela fait moins de 20%. Et 7 morts sur 712, cela fait un taux de létalité de moins de 1%. Sur un nombre de personnes à risques très supérieur à la moyenne.

    En outre, près de la moitié des contaminés, à savoir de ceux qui ont été testés positifs, n’ont ressenti aucun trouble, et la majorité des autres a eu le ressenti d’un gros rhume.

    Ces chiffres sont incontestables.

    Le gouvernement et les médias (et les gens dans la rue) se comportent comme si on était confronté à la peste. Rappelons quand même que le taux de létalité de la peste est de 30 à 100% selon les variétés. Et qu’elle a fait 50 millions de morts au XIVe siècle.

  • Mère Terre tape du pied…

    François nous aura tout fait… Dans une interview filmée, François répond à un journaliste espagnol qui lui demande si le coronavirus est une réaction de la nature qui fait rendre des comptes à l’homme :

    « Les incendies… les tremblements de terre… C’est la nature qui tape du pied, afin que nous prenions soin de la nature… »

    On connaît la nouvelle religion de Laudato si, dont les dogmes sont répétés sans cesse (et un résumé de la doctrine pontificale a paru sous le titre « Notre mère la Terre »).

    En l’occurrence il semble que François ait entendu Leonardo Boff, qui fut l’un des principaux idéologues de la théologie de la libération avant d’être réduit à l’état laïc et de devenir l’un des principaux prophètes de Gaïa. Leonardo Boff (81 ans) a récemment publié un article sur « les origines du coronavirus ». Il y écrit :

    « Ce n'est pas sans raison que James Lovelock, qui a formulé la théorie de la Terre comme un superorganisme vivant et autorégulé, Gaia, a écrit un livre Gaia's Revenge (Intrínseca, 2006). Je crois que les maladies actuelles telles que la dengue, le chikungunya, le virus zika, le SRAS, le virus Ebola, la rougeole, le coronavirus actuel et la dégradation généralisée des relations humaines, marquées par de profondes inégalités / injustices sociales et un manque de solidarité minimale, sont des représailles de Gaia pour les délits que nous lui infligeons sans cesse. Ce n'est pas sans raison que le virus a éclaté là où il y a le plus de pollution. Je ne dirai pas, comme J. Lovelock, que c'est la "revanche de Gaia" parce que, étant la Grande Mère, elle ne se venge pas, mais elle nous donne de graves signes de sa maladie (typhons, fonte des calottes polaires, sécheresses et inondations, etc.) et, enfin, parce que nous n'apprenons pas la leçon, elle fait des représailles contre nous comme les maladies mentionnées. C'est une réaction à une action humaine violente. »

  • Raoult claque la porte

    Le professeur Didier Raoult a annoncé qu’il ne participait plus au Conseil scientifique réuni autour d'Emmanuel Macron depuis le 11 mars.

    Il est vrai qu’il a mieux à faire que servir de caution à une propagande avec laquelle il est en total désaccord, et alors qu’on refuse toujours de sauver les vies de la façon efficace qu’il préconise…

    Hier je lisais ceci dans une de ses interviews :

    « A ceux qui disent qu’il faut trente études multicentriques et mille patients inclus, je réponds que si l’on devait appliquer les règles des méthodologistes actuels, il faudrait refaire une étude sur l’intérêt du parachute. Prendre 100 personnes, la moitié avec des parachutes et l’autre sans et compter les morts à la fin pour voir ce qui est plus efficace. Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c’est ce traitement qui devrait devenir la référence. »

    Sur le moment je me suis dit que là il était exagérément polémique et que sa comparaison n’était pas pertinente. Mais, à la réflexion, elle est parfaitement pertinente. Car c’est bien ce que l’on fait. Il y a les patients traités par Raoult qui sont guéris, et ceux qu’on laisse mourir parce qu’on rejette par idéologie (et pire) le traitement de Raoult. En réalité sa comparaison est très en dessous de la vérité : quand il donne 50 parachutes, ce sont plusieurs centaines de malades (en France) qui sautent dans le vide.

    On a fini par admettre qu’il fallait « tester » la chloroquine… qu’on connaît parfaitement depuis 60 ans. On aura les résultats dans six semaines : quand l’épidémie sera terminée…

  • Mardi de la quatrième semaine de carême

    Le Seigneur monta donc ensuite à la fête, « alors que la fête était en son milieu, et il enseignait. Les juifs étaient étonnés et ils disaient : comment connaît-il les lettres, alors qu’il n’a pas étudié ? » Celui qui se cachait enseignait, il parlait en public et on ne l’arrêtait pas. En effet s’il se cachait c’était pour servir d’exemple ; et si on ne l’arrêtait pas, c’était l’effet de sa puissance. Mais, comme il enseignait, « les Juifs étaient étonnés ». Tous à la vérité, du moins je le pense, étaient étonnés, mais tous ne se convertissaient pas. Et d’où provenait cet étonnement ? C’est que beaucoup savaient où il était né, comment il avait été éduqué. Jamais ils ne l’avaient vu apprendre les lettres, pourtant ils l’entendaient discuter sur la loi, citer des témoignages de la loi, que personne ne pouvait citer sans les avoir lus, et que personne ne pouvait lire sans avoir appris les lettres, et c’est pourquoi ils s’étonnaient. Mais leur étonnement fut, pour le Maître, l’occasion de leur révéler plus profondément la vérité. Partant en effet de leur étonnement et de leurs paroles, le Seigneur leur dit quelque chose de profond qui mérite d’être examiné et expliqué avec plus de soin.

    Que répond donc le Seigneur à ceux qui s’étonnaient qu’il sût les lettres sans les avoir apprises ? « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. » Voici une première profondeur, car ces quelques mots semblent renfermer une contradiction. En effet, il ne dit pas : Cette doctrine n’est pas la mienne ; mais il dit : « Ma doctrine n’est pas à moi. » Si elle n’est pas à toi, comment est-elle la tienne ? Et si elle est la tienne, comment n’est-elle pas à toi ? Tu dis en effet l’un et l’autre : « c’est ma doctrine », et, « elle n’est pas à moi. » (…)

    Si nous examinons avec attention ce que le saint Évangéliste dit de lui-même en son prologue : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu », nous trouverons là la solution de la difficulté. Quelle est la doctrine du Père, si ce n’est le Verbe du Père ? Le Christ est donc lui-même la doctrine du Père, puisqu’il est le Verbe [la Parole] du Père. Comme un verbe [une parole] ne peut être le verbe [la parole] de personne, mais doit l’être de quelqu’un, il a pu dire également, d’une part, qu’il était lui-même sa propre doctrine, et d’autre part, qu’elle n’était pas de lui, puisqu’il est le Verbe du Père. Et, en effet, qu’y a-t-il qui soit plus à toi que toi-même ? et qu’y a-t-il aussi de moins à toi que toi-même, si ce que tu es appartient à quelqu’un ?

    Saint Augustin, sermon 29 sur saint Jean, 2 et 3 (lecture des matines)