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Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • Le Coran à Sainte-Sophie

    La chaîne d’Etat turque TRT Diyanet a décidé de retransmettre depuis la basilique Sainte-Sophie la prière du matin qui précède le jeûne de la journée, pendant toute la durée du ramadan.

    Il n’y a eu aucune réaction gouvernementale, mais au contraire des applaudissements nourris des médias du régime. Le député AKP d’Istanbul a déclaré que puisque les Etats-Unis embrassent le PKK et que l’Allemagne « est tombée dans le mensonge du génocide » (arménien), il faut qu’il y ait des représailles.

    Cela s’inscrit dans la pression constante et de plus en plus insistante pour que Sainte-Sophie (qui est un « musée » depuis 1934) soit de nouveau transformée en mosquée.

  • Sourire slovaque

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    Le logo de la (première) présidence slovaque du Conseil européen (deuxième semestre 2016) a été dessiné par un jeune artiste féru de typographie, Jakub Dusicka. Sans être génial, il nous change de tant de logos aussi absurdes que prétentieux, et aussi laids qu’idéologiques.

    A première vue on voit une « émoticône » souriante entre « SK » (Slovaquie) et EU2016. Plus amusant est le fait que, sur le site de la présidence, le personnage fait un clin d’œil quand on clique dessus.

    Mais surtout, cette émoticône fait partie d’un ensemble de neuf, qui illustrent toute une gamme d’émotions, et elles sont toutes formées de signes diacritiques de l’alphabet slovaque.

    Jakub Dusicka aimerait que la présidence slovaque de l’UE utilise les uns et les autres selon les circonstances…

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  • En Chine

    La police a encerclé le village de Di Xiao Di Ba, près de Handan dans le Hebei, pour empêcher les catholiques de participer à… une cérémonie de réparation après un sacrilège.

    Le 27 mai, les paroissiens découvraient que le tabernacle de l’église avait été fracturé et que les hosties avaient été jetées à terre hors de l’église. Deux autres tabernacles ont subi le même sort les 26 et 27 mai.

    Le 3 juin, le diocèse a lancé une neuvaine de prière et de pénitence, et d’adoration eucharistique. Le 6 juin devait avoir lieu une cérémonie de réparation en l’église de Di Xiao Di Ba. Mais le bureau des Affaires religieuses de Handan a interdit le rassemblement et décrété que le diocèse n’avait pas la permission de demander aux fidèles des districts avoisinants de venir. Plusieurs prêtres ont été placés en résidence surveillée. Et la police a été postée à tous les accès. L’évêque, Mgr Stephen Yang Xiangtai, a été contraint d’annuler la cérémonie et de demander aux fidèles de prier et faire pénitence chez eux.

    « Que la police et la sécurité publique aient peur d’un rassemblement de prière et de pénitence est vraiment risible, a déclaré un catholique local à Asianews. Il est vrai que nous sommes autour du 4 juin [anniversaire du massacre de Tienanmen], mais les névroses de la police aboutissent toujours à une attaque contre la liberté religieuse. »

  • Ego te tuli

    ℟. Ego te tuli de domo patris tui, dicit Dominus, et posui te pascere gregem populi mei: * Et fui tecum in omnibus ubicumque ambulasti, firmans regnum tuum in aeternum.
    ℣. Fecique tibi nomen grande, iuxta nomen magnorum qui sunt in terra: et requiem dedi tibi ab omnibus inimicis tuis.
    ℟. Et fui tecum in omnibus ubicumque ambulasti, firmans regnum tuum in aeternum.

    C’est moi qui t’ai enlevé à la maison de ton père, dit le Seigneur, et je t’ai fait paître le troupeau de mon peuple, et j’ai été avec toi en tout ce par quoi tu es passé, affermissant ton règne pour l’éternité. Et je t’ai fait un nom grandiose, en comparaison du nom des grands qui sont sur la terre : et je t’ai donné le repos, à l’abri de tous tes ennemis.

    Ce répons des matines reprend ou résume des expressions du message que le Seigneur fait connaître à David par l’intermédiaire de Nathan, dans le chapitre 7 du second livre de Samuel. Le répons supprime ce qui fait l’objet historique du message : c’est Salomon qui construira le Temple. Il ne garde que des éléments messianiques, une partie de ceux-là même qu’on retrouve dans le psaume 88.

  • En Louisiane

    Le 31 mai dernier, le gouverneur de Louisiane John Bel Edwards a signé une loi interdisant l’avortement par démembrement du fœtus.

    C’est la dernière en date des lois qui peu à peu restreignent l’avortement dans cet Etat comme dans plusieurs autres.

    On notera que si la proposition de loi émanait d’un député républicain, le gouverneur est démocrate.

    Le 2 juin, le Sénat de Louisiane a voté une nouvelle loi, interdisant l’avortement de fœtus porteurs d’une anomalie génétique. Le sénateur républicain Dan Claitor qui vote habituellement les lois pro-vie a déclaré qu’il ne pouvait pas voter celle-là, qui est clairement anticonstitutionnelle et sera donc contestée devant les tribunaux. « Toutes les lois que nous votons peuvent être contestées devant les tribunaux. Mais cette loi-là protège la vie des enfants à naître », a répliqué la sénatrice Regina Barrow, qui est… démocrate.

    Il ne reste plus que quatre avortoirs en Louisiane. C’est quand même quatre fois plus que dans le Missouri et le Mississippi…

  • Au Bangladesh

    Sunil Gomes, 71 ans, marchand de fruits et légumes, a été assassiné hier dans son échoppe par des inconnus alors qu’il revenait de la messe. Cela s’est passé à Bompara, dans le district de Natore, « division » et diocèse de Rajshahi.

    Son frère Proshanto Gomes est prêtre dans le diocèse de Dinajpur. Il souligne que Sunil était respecté dans le village et qu’il n’avait pas d’ennemis.

    Le meurtre a été revendiqué par l'Etat islamique.

  • C’est le ramadan !

    Nul ne peut échapper à la principale nouvelle : aujourd’hui, c’est le premier jour du ramadan.

    A noter, deux premières municipales qui sont les deux premiers grains de sable dans l’harmonie de la célébration du vivre ensemble en bonne dhimmitude.

    La première et la plus commentée, celle de Lorette (la bien nommée), dans la Loire. Les panneaux lumineux municipaux diffusent deux messages : « Avis : le ramadan doit se vivre sans bruit » et : « Avis : la République se vit à visage découvert ». « Les deux messages ont déclenché un tollé sur la toile, mais aussi l’indignation de la communauté musulmane », dit Le Progrès (le progrès de l’islam, bien sûr).

    La seconde est le communiqué du maire d’Argenteuil soulignant que l’ostension de la Sainte Tunique a été pour les catholiques une fête qui s’est déroulée dans la plus complète sérénité et que le ramadan devrait se dérouler de même, sans les débordements de l’an passé, notamment en matière de bruits nocturnes. Et d’en appeler au respect et à la tolérance… envers les non-musulmans.

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  • Saint Norbert

    Après que Norbert eut fait quelque séjour à Floreffe pour en régler la fondation, et contenter la piété d'Ermensende, il en partit pour se rendre à Prémontré avant les Fêtes de Noël. Il avait déterminé ce temps-là pour la profession de ses Religieux.

    Jusqu'alors ils avoient vécu sans aucun engagement. L'exemple de leur chef était la régie de leur conduite, et l'abrégé de leur discipline était de faire ce qu'ils voyaient faire à leur Maître. Ils conspiraient tous ensemble à mener une vie apostolique, mais ils n'y étaient liés par aucune obligation permanente. La charité, qui est le fondement de tous les ordres religieux, faisait le lien de leur société et de son gouvernement. Norbert voulut perpétuer dans son Ordre l'esprit qu'il avait communiqué a ses enfants, et pour le rendre héréditaire, il jugea qu'il était important de les fixer par la Profession au genre de vie qu'ils observeraient à l'avenir.

    Il ouvrit sur cela sa pensée à ses disciples, il leur proposa l'exemple des Apôtres, les Constitutions des Saints Pères, et leur dit que la Religion serait toujours sujette aux variations, et peut-être en danger de se détruire , si elle n'était appuyée sur des règles qui assurassent sa stabilité par une police uniforme et constante; Que fur cette affaire capitale il avait déjà pris conseil des prélats et des abbés, que les uns lui avaient voulu persuader de suivre la profession érémitique, les autres d'embrasser la vie monastique, et de s'unir a l'Ordre de Cîteaux qui commençait de produire ses premières fleurs; mais que n'ayant pas encore consulté le Ciel sur le parti qu'il devait prendre, il les conjurait de joindre leurs vœux aux siens, pour ne rien hasarder sur le choix d'un état qui devait être l’ouvrage du Saint Esprit; Que s'il suivait son inclination, il préférerait la vie apostolique mais qu'il n'y avait point d'autre inclination à suivre que celle que Dieu autoriserait par son approbation ; Qu'ainsi ils devaient tous s'adresser à Dieu avec indifférence, et dans une disposition entière de se conformer à sa volonté, dès qu'il la leur aurait manifestée.

    Ils s'appliquèrent pendant plusieurs jours à de ferventes prières, ils redoublèrent leurs mortifications, pour implorer les lumières du Saint-Esprit. Norbert qui était à leur tête, les animait par ses exemples, et enfin Dieu exauçant les vœux de ses fidèles serviteurs, ils se trouvèrent tous d'accord sur le choix de la vie canonique. S. Augustin que Norbert vit en esprit dans l’ardeur de ses oraisons fortifia leur choix. Alors le Saint ne douta plus que désormais il devait s'attacher à la règle de ce Saint Docteur. Tous s'y soumirent d'autant plus volontiers, que de quarante Religieux qui étaient à Prémontré, il n'y en avait pas un qui dans le siècle n'eût fait profession de la vie canonique.

    Sur ce principe il commença le plan de son Ordre. Il donna pour fin à ses enfants de vaquer avec la grâce de Dieu au salut et à la perfection de leurs âmes. Il joignit à cette fin l'emploi de la prédication, et le soin de sanctifier le prochain, persuadé que rien ne contribue davantage à notre sanctification que de nous dévouer nous-mêmes au salut des âmes, et que rien ne nous rend plus propres à sauver les âmes que de nous sanctifier nous-mêmes. Il rassembla dans son institut le silence et les austérités de la vie monastique avec les fonctions de la vie cléricale. Il prit de la première l'oraison, la retraite, l'abstinence de chair, le chant de l’office divin. Il tira de la seconde tout ce qui peut aider au salut et à la perfection du prochain, les prédications, les missions parmi les infidèles et les hérétiques, l’administration des curés, l'étude de l'Ecriture Sainte et de la théologie sans laquelle on ne peut s'acquitter du ministère de l'Evangile. Sur ce projet il dressa le formulaire de leur profession, qu'ils firent tous avec lui le jour de Noël de l’année 1121.

    Extrait de La vie de saint Norbert par le P. Louis-Charles Hugo, 1704.

     

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  • 3e dimanche après la Pentecôte

    Introït de la messe

    Réspice in me et miserére mei, Dómine : quóniam únicus et pauper sum ego : vide humilitátem meam et labórem meum : et dimítte ómnia peccáta mea, Deus meus.
    Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
    Gloria Patri…

    Jetez un regard sur moi et ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis seul et pauvre, voyez mon humiliation et mon labeur et pardonnez-moi tous mes péchés.
    Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme, ô mon Dieu, en vous je me confie, je ne serai pas confondu.

    Et le voici dans sa version ambrosienne, par le chœur de la cathédrale de Milan.
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    A comparer avec la version grégorienne:

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  • Saint François Caracciolo

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    Supplément aux Vies des Pères, Martyrs et autres principaux saints, de l'abbé Godescard, chanoine de St-Honoré, par Mgr Doney, Evêque de Montauban, 1845

  • Le Sacré Cœur

    Ces impénétrables richesses de ta gloire, Seigneur, restaient cachées au-dedans de toi, dans le ciel de ton secret, jusqu'au moment où la lance du soldat ouvrit le flanc de ton Fils, notre Seigneur et Rédempteur, sur la croix : les sacrements de notre rédemption s'épanchèrent alors si bien que désormais nous ne mettons pas dans son flanc le doigt ou la main comme Thomas, mais par la porte ouverte nous entrons tout entiers jusqu'à ton cœur, Jésus, siège certain de miséricorde, jusqu'à ton âme sainte, pleine de toute la plénitude de Dieu, pleine de grâce et de vérité, de salut pour nous et de consolation.

    Ouvre, Seigneur, la porte au flanc de ton arche, afin que puissent entrer tous ceux que tu veux sauver à la face de ce déluge qui inonde tout sur terre ; ouvre-nous le flanc de ton corps, afin que puissent entrer ceux qui désirent voir les secrets du Fils, et qu'ils puissent recevoir les sacrements qui coulent de lui en abondance, et le prix de leur rédemption. Ouvre la porte de ton ciel, afin qu'ils puissent voir les biens du Seigneur sur la terre des vivants, tes rachetés qui peinent encore sur la terre des mourants : qu'ils puissent voir et convoiter, qu'ils puissent brûler et courir, ceux pour qui tu t'es fait la voie par laquelle on va là-haut, la vérité à laquelle on va, la vie pour laquelle on va: la voie, exemple d'humilité; la vérité, exemple de pureté; la vie, qui est vie éternelle.

    Guillaume de Saint-Thierry, Oraisons méditatives, 6, 20-21

  • Bruxelles donne son “avis”

    La Commission européenne a émis hier un « avis », dans le cadre de sa procédure concernant « l’état de droit en Pologne ».

    J’ai perdu mon temps à lire le bavardage bruxellois, car il n’y a strictement rien de nouveau. La dictature européenne répète (pour sa plus grande honte) qu’elle reproche au gouvernement polonais et au Parlement polonais d’avoir adopté des lois en respectant les règles de la démocratie et selon le programme proposé aux citoyens.

    En bref les Polonais n’auraient pas le droit de modifier selon les règles de la majorité qualifiée le fonctionnement du Tribunal Constitutionnel, ils n’auraient pas le droit non plus de s’opposer à la magouille du gouvernement précédent concernant la nomination in extremis de juges constitutionnels qui pourraient mettre des bâtons dans les roues de la nouvelle majorité. Et en outre, comme ils sont soupçonnés d’attentats permanents contre l’état de droit, ils sont censés présenter à Bruxelles toutes les lois qu’ils adoptent, or ils ne le font pas… Surtout la loi sur les médias, qu’ils ne communiquent pas malgré les multiples demandes. (Ben oui, la connexion informatique avec la Pologne est impossible depuis Bruxelles, on ne peut pas accéder au site du gouvernement et du Parlement polonais, et quand bien même on le pourrait, ces sournois-là mettent tout en polonais…)

    Donc voici un « avis ». Qui fait toujours partie de la première étape de la procédure de condamnation à mort selon l’article 7 (dont on nous répète une fois de plus qu’elle est utilisée pour la première fois : il faut vraiment être très très méchant, c’est donc la preuve que les Polonais sont très très méchants).

    Si les Polonais continuent de faire la mauvaise tête, on devra passer à la deuxième étape, qui sera une « recommandation » de la Commission. Avant de passer à la troisième étape, celle de l’article 7 proprement dit, où les Etats membres de l’UE « constatent » l’existence d’une « violation grave et persistante de l’état de droit » et où l’on prend des sanctions contre l’Etat voyou…

    Interrogé sur l’affaire, le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a déclaré qu’il n’avait pas lu l’avis : « Il est arrivé hier, je l’ai transmis au Premier ministre et au Président. J’aurai peut-être l’occasion de le lire dans les prochains jours. »

    Le Premier ministre Beata Szydlo a envoyé hier soir un courriel aux militants du PiS, où il n’y avait aucune allusion à cet avis : c’était pour se féliciter de l’accord sur le salaire minimum.

    La porte-parole du groupe parlementaire PiS s’est contentée de réaffirmer que la ligne du parti est que la Commission européenne n’a pas d’autorité pour se mêler des affaires souveraines de la Pologne.

    Si les Polonais sont si tranquilles, c’est qu’ils savent parfaitement que les menaces de la Commission ne sont que des gesticulations à destination des puissances politico-médiatiques dominantes. Pour prendre une décision selon l’article 7, il faut l’unanimité des autres Etats membres. Or Viktor Orban a dit très clairement que la Hongrie ne voterait pas contre la Pologne…

  • Du nouveau dans le diocèse de Quimper

    La Fraternité sacerdotale Saint-Pierre à Bordeaux annonce que l’abbé Eric Courtois est nommé dans le diocèse de Quimper, où le nouvel évêque Mgr Dognin (qui vient également de Bordeaux) confie à la Fraternité « la création d’un apostolat prometteur ».

    Bienvenue à l’abbé Courtois dans le désert (liturgique) bas-breton, et bravo et merci à Mgr Dognin.

    (Selon Riposte Catholique l'abbé Courtois doit « prendre en charge une nouvelle communauté attachée à la forme extraordinaire à Quimper » tout en résidant près de Morlaix... à l'autre bout du diocèse.)

  • Dhimitude pathologique

    Le 4 avril dernier, en la solennité transférée de l’Annonciation, ont eu lieu ici et là dans des églises des cérémonies islamo-chrétiennes (inspirées par la fête instituée au Liban par les autorités politiques).

    A Lyon, on a pu entendre, juste après le Notre Père, la Fatiha : la première sourate du Coran, texte antichrétien de base de l’islam.

    Des chrétiens d’Orient réfugiés dans la région lyonnaise ont été, comme on s’en doute, terriblement choqués par cette initiative.

    Voici la réponse de l’archevêché :

    Dans le cadre des vêpres du Dimanche de la Miséricorde, où étaient très spécialement invités migrants et personnes investies dans les paroisses accueillantes, nous avons proposé que des réfugiés puissent exprimer leurs intentions de prière. Ce choix honorait le travail d’accueil dans les paroisses tel que le pape l’a demandé et comme lui-même en a donné l’exemple.

    C’est dans ce cadre qu’une femme musulmane a chanté quelques phrases en arabe, qui s’avèrent être des extraits de la fatiha, ce qui a choqué nos frères chrétiens d’Orient. La Cellule diocésaine Migrants s’en est expliqué avec eux et regrette que cette prière ait pu blesser ceux qui ont tant souffert de la persécution et de l’exil.

    Merci de votre attention à la démarche d’accueil qui se fait au sein du diocèse de Lyon.

    Tout serait à analyser dans ce communiqué particulièrement dégueulatoire. Restons-en à l’essentiel.

    - Ce n’était pas dans le cadre du dimanche de la Miséricorde mais de la solennité de l’Annonciation célébrée le lendemain.

    - Depuis quand des musulmans peuvent-ils dire leurs « intentions de prière » dans des églises ? Des prières à qui ? Des prières pour quoi ? Pour vouer les chrétiens à l’enfer, selon l’un des refrains du Coran ?

    - « Quelques phrases en arabe, qui s’avèrent être des extraits de la Fatiha ». Non. On ne chante pas des « extraits » de la Fatiha, quand on est musulman. On la chante intégralement, d’autant que c’est très court. Et les comptes rendus ont bien spécifié que la Fatiha avait été chantée.

    Mais l’essentiel est la fin. In cauda venenum. La « cellule » ne regrette pas que ce texte islamique antichrétien ait pu être proféré dans une église, et qui plus est devant des victimes de l’islam. Elle regrette seulement qu’elle ait pu blesser ceux-là.

    C’est-à-dire qu’on est prêt à recommencer, et que bien sûr on recommencera. Mais par souci humanitaire on fera en sorte qu’il n’y ait pas de chrétiens d’Orient dans l’église…

  • Sancti nominis tui

    La collecte de la messe du deuxième dimanche après la Pentecôte est magnifique, mais elle est peu connue puisque ce dimanche est occupé dans les paroisses par la solennité de la Fête Dieu. Ceux qui disent l’office la disent aussi dans la semaine, mais les fêtes se succèdent (du moins dans le bréviaire romain - il y en a moins dans le bréviaire monastique) et empêchent donc également de la dire – sauf aujourd’hui.

    Sancti nóminis tui, Dómine, timórem páriter et amórem fac nos habére perpétuum : quia numquam tua gubernatióne destítuis, quos in soliditáte tuæ dilectiónis instítuis. Per Dóminum…

    Faites, Seigneur, que nous ayons toujours la crainte et l’amour de votre saint nom, parce que vous ne cessez jamais de diriger ceux que vous établissez dans la solidité de votre amour.

    Aucune traduction, je pense, ne peut rendre la rime du latin, ni surtout son sens exact, puisque c’est le même verbe, avec deux préfixes opposés, qui exprime le fait que Dieu ne « destitue » jamais son « gouvernement » chez ceux qu’il « institue » dans son amour.

    Cette collecte est très proche d’une autre oraison, celle qui concluait les litanies du Saint Nom de Jésus dans les anciens livres (dans les livres récents elle a été remplacée par la collecte de ce dimanche) :

    Humanitatis tuæ ipsa divinitate unctæ, Domine Jesu Christe, timorem pariter et amórem fac nos habére perpétuum : quia numquam tua gubernatióne destítuis, quos in soliditáte tuæ dilectiónis instítuis.

    Pour les litanies du « saint nom », on avait enlevé… le « saint nom », et on l’avait remplacé par « ton humanité ointe par la divinité elle-même ». On remarque qu’il ne reste rien de cette formule dans la traduction qu’en donnait Bossuet (peut-être parce qu’elle peut être interprétée de façon hérétique) :

    O Jésus-Christ Notre Seigneur, mettez en nous pour jamais la crainte et l’amour de votre sacrée Personne, et de cette humanité sanctifiée par l’union de la divinité, puisque vous n’abandonnez jamais ceux que vous avez établis en la solidité de votre amour.

  • Tusk démission !

    Un député européen socialiste hongrois, Istvan Ujhelyi (pas tout à fait lambda puisque vice-président de la commission des transports et du tourisme), demande la démission du président du Conseil européen Donald Tusk. Parce que celui-ci a dit, dans son discours devant le PPE, qu’il était fier d’appartenir au même parti que le Premier ministre hongrois Viktor Orban. « Un dirigeant responsable qui veut voir le projet européen prévaloir ne peut tout simplement pas être fier d’être dans le même parti qu’un despote illibéral », a-t-il déclaré.

  • Sainte Angèle Merici

    Prologue de la Règle des ursulines.

    Au nom de la bienheureuse et indivisible Trinité.

    Prologue sur la vie des vierges, nouvellement commencée, et dont le nom est Compagnie de Sainte-Ursule.

    Aux filles et sœurs bien–aimées de la Compagnie de Sainte-Ursule.

    Puisque Dieu, mes filles et sœurs très aimées, vous a accordé la grâce de vous séparer des ténèbres de ce monde misérable, et de vous unir ensemble pour servir sa divine Majesté, vous devez le remercier infiniment de ce qu’à vous spécialement il ait accordé un don si singulier.

    En effet, combien de personnes importantes, et d’autres de toute condition qui n’ont pas, ni ne pourront avoir une telle grâce !

    C’est pourquoi, mes sœurs, je vous exhorte, ou plutôt je vous prie toutes et vous supplie : puisque vous avez été ainsi élues pour être les vraies et virginales épouses du Fils de Dieu, veuillez d’abord reconnaître ce que cela comporte, et quelle dignité nouvelle et stupéfiante cela est.

    Ensuite, efforcez-vous de tout votre pouvoir de vous conserver dans l’état où Dieu vous appelle ; et de chercher et vouloir tous les moyens et toutes les voies qui sont nécessaires pour persévérer et progresser jusqu’à la fin.

    Car il ne suffit pas de commencer si l’on ne persévère pas aussi. C’est pourquoi la Vérité dit : “ Qui perseveraverit usque in finem, hic salvus erit ” : celui qui jusqu’au bout aura persévéré, celui-là sera sauvé ”. Et elle dit encore : “ Beati qui audiunt verbum Dei et custodiunt illud ” ; c’est-à-dire : bienheureux sont ceux à qui Dieu aura soufflé au cœur la lumière de la Vérité et aura donné l’inspiration de désirer ardemment leur patrie céleste, et qui chercheront ensuite à conserver en eux-mêmes cette voix de vérité et ce bon désir.

    Sans aucun doute, seule cette personne-là pourra rester fidèle qui voudra aussi embrasser les moyens et voies nécessaires à cela, car il y a peu ou pas de différence entre dire franchement : je ne veux plus servir Dieu, et ne pas vouloir les voies et règles nécessaires pour pouvoir se maintenir à son service.

    Et il faut que nous soyons d’autant plus vigilantes, mes sœurs, que notre entreprise est d’une telle importance qu’il ne pourrait y en avoir de plus grande, car il y va de notre vie et de notre salut, et nous sommes appelées à une vie tellement glorieuse que nous sommes épouses du Fils de Dieu et que nous devenons des reines au ciel.

    Mais ici il nous faut être avisées et prudentes ; en effet, plus l’entreprise où l’on s’engage à de valeur, plus elle comporte fatigues et dangers ; car ici il n’y a aucune sorte de mal qui ne cherche à s’y opposer, vu que nous sommes ici-bas placées au milieu de pièges et de dangers ; si bien que contre nous s’armeront l’air et la terre avec l’enfer tout entier, puisque notre chair et notre sensualité ne sont pas encore mortes.

    Et notre adversaire, le diable, ne dort pas non plus, lui qui jamais ne repose ; mais toujours (comme dit saint Pierre), tel un lion rugissant, il guette, et cherche comment il pourrait dévorer l’une de nous, et avec tant de ruses et d’astuces à lui, que personne ne pourrait les compter.

    Pourtant, mes sœurs, vous ne devez vous effrayer pour cela : car si vous vous efforcez à l’avenir, et de tout votre pouvoir, de vivre comme il est demandé aux véritables épouses du Très-Haut, et d’observer cette Règle comme la voie par laquelle vous devez marcher et qui a été tracée pour votre bien, j’ai cette foi et cette espérance, fermes et inébranlables, en l’infinie bonté de Dieu : non seulement nos surmonterons tous les périls et adversités, mais encore nous les vaincrons avec grande gloire et grande joie.

    Et même, nous passerons cette très courte vie dans la consolation, et chacune de nos douleurs et tristesses se changera en joie et allégresse ; et nous trouverons les routes épineuses et rocailleuses fleuries pour nous, et pavées de dalles d’or très fin.

    Car les anges de vie éternelle seront avec nous, c’est-à-dire dans la mesure où nous participerons de la vie angélique.

    Allons, courage donc ! Embrassons toutes cette sainte Règle que Dieu, par sa grâce, nous a offerte. Et armées de ses préceptes sacrés, comportons-nous si virilement que nous aussi, à la manière de sainte Judith, ayant tranché courageusement la tête à Holopherne, c’est-à-dire au diable, nous puissions retourner glorieusement dans la patrie, où, de la part de tous, au ciel et sur la terre, grande gloire et triomphe éclateront pour nous.

    Maintenant donc, de grâce, soyez toutes attentives, le cœur large et plein de désir.

    Sur sainte Angèle Merici voir aussi mes notes de 2013 et 2015.

  • Parole d’évêque

    « L’Eglise a le devoir de défendre le bien commun. Elle porte un jugement moral sur les questions politiques car on ne peut pas séparer le légal du moral. »

    « En France, une certaine vision de la laïcité, que j’appellerais laïcisme, a souvent servi à étouffer l’expression publique de la foi et à rejeter l’Eglise. Ce fut le cas lors de la révolution française ou de la spoliation de l’Eglise en 1905. Aujourd’hui encore, la violence de cet ostracisme se manifeste lorsqu’on brûle l’effigie d’un évêque, ou lorsqu’un président du Conseil constitutionnel récite une prière blasphématoire. »

  • Compétitifs

    Selon le classement 2016 de l’institut IMD, l’économie la plus compétitive en Europe (et même du monde, derrière Hong Kong qui n’est pas un Etat) est celle de la Suisse. La Suisse qui ne fait pas partie de l’UE. Et dans l’UE, l’économie la plus compétitive est celle de la Suède. Qui n’a pas l’euro.

    La Suède est talonnée par le Danemark (qui n’a pas l’euro), l’Irlande, les Pays-Bas et la Norvège (qui ne fait pas partie de l’UE).

    Sur les 61 économies classées, la France maintient sa... 32e place, entre l’Estonie et la Pologne. (Pour se consoler on peut se dire que l’Espagne et l’Italie et le Portugal viennent encore après ; quant à la Grèce elle passe de la 50e à la 56e place.)

  • Donald Tusk et l’utopie

    Président du Conseil européen, Donald Tusk n’en demeure pas moins polonais. On l’a déjà vu lors du bras de fer (qui se poursuit) entre les institutions européennes et la Pologne, on vient de le voir encore par son discours, hier, à l’occasion du 40e anniversaire de Parti populaire européen (PPE) à Luxembourg. Il a carrément demandé qu’on en finisse avec l’utopie européiste…

    Une intégration européenne toujours plus poussée n’est pas la réponse aux crises actuelles de l’Europe, a-t-il souligné (contredisant ainsi tranquillement le traité de l’UE…). Les hommes politiques européens « font face à la réalité avec toutes sortes d’idées utopiques : l’utopie d’une Europe sans Etats-Nations, l’utopie d’une Europe sans conflits d’intérêts ni conflits d’ambitions, l’utopie d’une Europe imposant ses propres valeurs au monde extérieur, l’utopie d’une union euro-asiatique… »

    Ceux qui prônent une union plus étroite et plus rapide, a-t-il poursuivi, ne comprennent pas ce que disent les gens. « Obsédés par l’idée d’une intégration instantanée et totale, nous n’avons pas remarqué que les gens ordinaires, les citoyens de l’Europe, ne partagent pas notre euro-enthousiasme. Désabusés par les grandes visions de l’avenir, ils exigent que nous faisions face aux réalités actuelles mieux que nous ne l’avons fait jusqu’à présent. »

    Faisant allusion au Brexit, il a ajouté : « Le spectre d’une rupture hante l’Europe, et la vision d’une fédération ne me paraît pas être la meilleure réponse. »

    Puis il a appelé le PPE à faire une synthèse des valeurs portées par les uns et par les autres (mais sans dire comment), pour échapper à la menace populiste : « Soit nous allons comprendre que le point de vue d’Angela et celui de Viktor sont compatibles, et que, ensemble, ils peuvent fournir une réponse complète, soit les gens iront chercher d’autres recettes, brutales et radicales, pour résoudre la crise. »

  • Provoc ukrainienne

    Le président ukrainien Petro Porochenko a nommé le 27 mai Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN de 2009 à 2014, et depuis lors employé de Goldman Sachs, son conseiller personnel.

    En 2014 Porochenko était déjà allé chercher une Américaine du Département d’Etat comme ministre des Finances, un Lituanien (dirigeant pour l’Ukraine du fonds d’investissement international East Capital) comme ministre de l’Economie, un Géorgien (ancien ministre de la Santé de Géorgie) comme ministre de la Santé. Ils ne sont plus dans le nouveau gouvernement, mais plus récemment il a nommé carrément l’ancien Premier ministre de Géorgie Mikheil Saakachvili comme gouverneur de la région d’Odessa… Il prend désormais comme conseiller particulier un ancien Premier ministre danois et secrétaire général de l’OTAN, celui qui a condamné avec la plus grande vigueur l’annexion de la Crimée par la Russie, menaçant de façon un peu inconsidérée qu’il n’excluait pas le « recours à la force » pour arracher la Crimée au « tyran » russe…

    A Moscou, on se marre… « C’est une bouffonnerie, destinée à garder l’Ukraine au centre de l’attention de ses partenaires occidentaux », dit le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma ; et le vice-président de la commission de la Défense remarque que Porochenko ne fait donc vraiment pas confiance à ses compatriotes…

    Il est vrai que Porochenko a bien besoin d’un conseiller. Mais peut-être plutôt d’une armée d’avocats. Président d’un des pays les plus corrompus de la planète, il est mouillé jusqu’au cou dans l’affaire des Panama Papers, il est l’objet d’une commission d’enquête parlementaire et a perdu le soutien de ses deux alliés. L’Ukraine est une fois de plus en plein chaos politique, comme on le voit régulièrement par les empoignades au Parlement.

    En dehors de la minable provocation antirusse, que va faire Rasmussen dans cette galère ? Ramasser du fric tant qu’il est encore temps, au risque de perdre ce qui lui reste d’honneur ? Ou est-il tout simplement le nouvel agent américain au sommet de l’Etat ukrainien ? Mais à quoi bon ?

  • Hommage à l’apostasie

    La Ville de Paris a débaptisé le square Saint-Ambroise (devant l’église du même nom) pour en faire le « jardin des moines de Tibhirine ». L’inauguration en a été faite ce matin par Anne Hidalgo en personne.

    Et cela avec l’aval chaleureux de la… paroisse Saint-Ambroise, où l’on ne se demande pas une seconde par quel miracle il peut y avoir un tel accord entre une paroisse catholique et une municipalité aussi anti-catholique.

    Mais c’est bien sûr qu’à la paroisse Saint-Ambroise on est tout autant philo-islamique qu’à la mairie de Paris et qu’à… Tibhirine, et donc qu’il convient de célébrer ensemble ces hommes qui « ont toujours promu la rencontre et la fraternité avec les musulmans », qui ont « incarné l’amitié, l’ouverture et le dialogue comme une réponse aux drames que vit aujourd’hui notre société »…

    Addendum

    Au vu des commentaires je crains que mes lecteurs n'aient pas pris la mesure de l'apostasie des moines de Tibhirine (d'où le titre de ma note). Par exemple, la plus grande salle du couvent avait été transformée en mosquée. Voir ma conférence sur le sujet. Si les moines ont été tués par des islamistes (puisqu'on n'en est toujours pas certain), ce n'est pas parce qu'ils étaient des moines (le Coran demande de les respecter), mais parce qu'ils diffusaient dans la population leur idéologie syncrétiste. (Il en est de même pour le monastère Saint Moïse qui a été entièrement détruit en Syrie après l'enlèvement de son prieur le P. Dall'Oglio, qui était allé encore plus loin que le P. de Chergé, en créant carrément une communauté islamo-chrétienne.)

  • Marie Reine

    La bienheureuse Vierge Marie est mère du souverain Roi parce qu’elle l’a noblement conçu, comme l’annonce le message que l’Ange lui apporta. Voici, dit-il, que tu vas concevoir et enfanter un fils. Et plus loin : Le Seigneur lui donnera le trône de David son père ; il régnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n’aura pas de fin. C’est comme s’il disait expressément : Voici que tu vas concevoir et enfanter pour fils le Roi qui siège éternellement sur le trône royal, et de ce fait tu régneras comme Mère du Roi, et comme Reine tu siégeras sur le trône royal. S’il convient en effet qu’un fils honore sa mère, il convient qu’il lui donne accès au trône royal.

    Aussi la Vierge Marie, parce qu’elle a conçu celui qui porte inscrit sur sa cuisse : Roi des rois et Seigneur des seigneurs, aussitôt qu’elle conçut le Fils de Dieu, fut Reine, non seulement de la terre, mais encore du ciel, ce qui est signifié dans l’Apocalypse par ces paroles : Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une Femme, le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.

    Marie est la Reine la plus illustre par sa gloire, ce que signifie bien le Prophète dans le psaume qui concerne spécialement le Christ et la Vierge Marie, où l’on dit d’abord au sujet du Christ : Ton trône, ô Dieu, dans les siècles des siècles, et un peu plus loin au sujet de la Vierge : La reine s’est tenue à ta droite, c’est-à-dire à la place d’honneur, ce qui s’applique à sa gloire spirituelle. Puis : dans son vêtement d’or, qui représente le vêtement de l’immortalité glorieuse, qui fut attribuée à la Vierge dans son Assomption. Car on ne peut accepter que ce vêtement dont le Christ fut couvert, et qui en outre fut parfaitement sanctifié ici-bas par le Verbe incarné, devienne la pâture des vers. De même qu’il a convenu au Christ de donner à sa Mère la grâce en plénitude dans sa conception, ainsi a-t-il convenu qu’il attribuât la plénitude de gloire en l’Assomption de cette Mère. Et c’est pourquoi il faut affirmer que la Vierge, glorieuse dans son âme et dans son corps, trône auprès de son Fils.

    Marie Reine est encore dispensatrice de la grâce, ce qui fut signifié dans le livre d’Esther, où il est dit : C’est la petite source qui devient un fleuve et s’est transformée en lumière et en soleil. La Vierge Marie, sous la figure d’Esther, est comparée à la diffusion de la source et de la lumière, à cause de la diffusion de la grâce quant à son double fruit : l’action et la contemplation. Car la grâce de Dieu, qui guérit le genre humain, descend jusqu’à nous à travers elle comme par un aqueduc, parce que la dispensation de la grâce appartient à la Vierge non pas par mode de principe, mais par mode de mérite. Par son mérite, donc, la Vierge Marie est la Reine très éminente, par rapport au peuple, puisqu’elle obtient le pardon, triomphe dans le combat et distribue la grâce, et par suite, conduit jusqu’à la gloire.

    Saint Bonaventure (bréviaire)

  • On en est là

    CNN titre « Le scandale du zoo ». Il s’agit du zoo de Cincinnati, où un gorille a été abattu pour sauver un enfant qui s’était introduit dans l’enclos et qui était très manifestement en danger immédiat de mort. Pour CNN il y avait forcément une autre solution. Et la chaîne, qui montre aussi une statue de gorille avec des fleurs à ses pieds, met en lien la pétition « Justice pour Harambe » (c’est le nom du gorille). Faire justice, c’est notamment mettre la mère de l’enfant en prison, car elle n’a pas surveillé son enfant et c’est elle qui est donc responsable de la mort du gorille. Sur Twitter les amis des animaux se déchaînent. On peut lire que les beaux gorilles font de meilleurs parents que ces minables humains…

    Cela s’est produit une semaine après un autre « scandale » : au zoo de Santiago du Chili, un homme s’est jeté nu dans la fosse aux lions (mais oui, pour faire comme Daniel) et a été sauvé in extremis parce que les employés du zoo ont tué les lions. Et cela aussi a provoqué une vive émotion sur les réseaux sociaux : on a osé tuer ces magnifiques animaux pour sauver un cinglé…

  • A double tranchant

    L’anniversaire de la bataille de Verdun était seulement l’occasion pour Angela Merkel et François Hollande de faire de la propagande européiste, piétinant la mémoire des combattants avec le plus complet mépris (d’où ces propos insupportables de notre président et l’ignoble mise en scène avec les jeunes courant dans le cimetière et singeant la mort).

    Le message était clairement qu’aujourd’hui aussi l’Europe est en danger à cause des populistes et de l’extrême droite et de la menace du Brexit, et que face à cela il faut une Union européenne toujours plus étroite et toujours plus intégrée.

    Toutefois le propos est à double tranchant. Car, ce que les autres pays ont vu, c’est une fois de plus les dirigeants allemand et français qui se posent en maîtres de l’Europe et en donneurs de leçons, comme si l’Union européenne était un empire franco-allemand (en fait un empire allemand qui fait croire aux Français qu’ils sont aussi aux commandes).

    Or le spectacle d’hier, vu ainsi, ne peut que provoquer le contraire de ce qu’on en attend : une défiance encore plus grande vis à vis de cette Europe-là. Ce qui est une bonne chose…

  • Paris Football Club

    L’équipe féminine du Paris FC après sa victoire  4 à 1 contre l’AS Vexin féminine samedi dernier.

  • Actualité de l’empire ottoman

    Une gigantesque parade a marqué hier à Istanbul le… 563e anniversaire de la prise de Constantinople. Ce n’était pas un centenaire, mais un anniversaire lambda, pourtant célébré devant un million de personnes transportées gratuitement par autocars et par ferries, devant la plus grande scénographie du monde, nous dit-on, retransmise en six langues, retraçant la prise de Constantinople par Mehmet II « le Conquérant » le 29 mai 1453. Avec les acrobaties de l’armée de l’air, un feu d’artifice, etc., et bien entendu un discours d’Erdogan. Le même jour avait lieu la « fête de la Jeunesse et de la Conquête » à la Corne d’Or, avec divers concours sportifs.

    Difficile de marquer plus clairement et de façon plus spectaculaire que la Turquie reste la Turquie, la puissance ottomane conquérante, qui a vaincu l’empire chrétien et peut toujours vaincre l’Europe des croisés…

     

    La veille a eu lieu devant Sainte-Sophie une « prière » conduite par un imam de La Mecque, c’est-à-dire une manifestation de plusieurs milliers de musulmans demandant que la basilique redevienne une mosquée. « La demande de prier à la mosquée Sainte-Sophie (sic) est faite au nom de centaines de milliers de nos frères », disait le président de la Jeunesse anatolienne. Une pétition circule. Ses auteurs espèrent réunir plusieurs millions de signatures.

  • Sainte Jeanne d’Arc

    L’office de sainte Jeanne d’Arc a été promulgué en 1909 par la Sacrée Congrégation des Rites. Voici l’hymne des secondes vêpres. Et son interprétation par les moines de Saint Wandrille. On constate qu’ils ne chantent que les deux premières strophes et la doxologie. La troisième strophe est aberrante, en tant que strophe d’une hymne où chaque vers chanté est une unité, et l’on s’étonne que la congrégation ait accepté des rejets qui rendent la strophe incompréhensible si elle est chantée. Car on ne peut que la dire ainsi :

    Oppréssa flammis,
    clámitas Jesum,
    crucémque fórtiter ampléxa,
    ad Ipsum,
    símplicis instar colúmbæ,
    pérvolas.


    podcast

    Salve, virílis pectóris
    Virgo, Patróna Gálliæ !
    Torménta dira sústinens,
    Christi refers imáginem.

    Salut, Vierge au cœur viril, patronne de la France ! En supportant de cruels tourments, tu nous représentes l’image du Christ.

    Voces supérnas áudiens,
    Jesu repléta lúmine,
    Dum fata pandis pátriæ,
    Silent pavéntque júdices.

    Lorsque, entendant les voix célestes, remplie de la lumière de Jésus, tu dévoiles les destins du pays, les juges se taisent, pleins de crainte.

    Oppréssa flammis, clámitas
    Jesum, crucémque fórtiter
    Ampléxa, ad Ipsum, símplicis
    Instar colúmbæ, pérvolas.

    Étouffée par les flammes, tu appelles Jésus, et embrassant étroitement la croix, c’est vers lui que, semblable à la candide colombe, tu t’envoles.

    Choris beátis Vírginum
    Adscrípta, cives ádjuva :
    Te deprecánte, síngulis
    Detur coróna glóriæ.

    Admise parmi les chœurs bienheureux des Vierges, aide tes concitoyens ; que par ta prière, à chacun soit donnée la couronne de gloire.

    Sit laus Patri, sit Fílio :
    Sancto decus Paráclito,
    Qui corda amóre sáuciat,
    Vires et auget lánguidis. Amen.

    Louange soit au Père et au Fils, honneur au Saint Paraclet, qui blesse d’amour les cœurs et réconforte les languissants. Amen.

  • 2e dimanche après la Pentecôte

    Voici la très belle lecture du troisième nocturne des matines. Il s’agit de l’introduction du sermon de saint Grégoire le Grand sur l’évangile de ce dimanche. Ce texte a été choisi parce qu’il convenait tout particulièrement au temps où il y avait une octave de la Fête Dieu.

    Voici, très chers frères, en quoi les jouissances du corps et celles de l’âme diffèrent ordinairement ; les jouissances corporelles, avant leur possession, allument en nous un ardent désir ; mais pendant qu’on s’en repaît avidement, elles amènent bientôt au dégoût, par la satiété même, celui qui les savoure. Les jouissances spirituelles, au contraire, provoquent le mépris avant leur possession, mais excitent le désir quand on les possède ; et celui qui les goûte en est d’autant plus affamé qu’il s’en nourrit davantage. Dans celles-là, le désir plaît, mais l’expérience est déplaisir ; celles-ci semblent au contraire de peu de valeur lorsqu’on ne fait encore que les désirer, mais leur usage est ce qui plaît le plus. Dans les premières, l’appétit engendre le rassasiement, et le rassasiement, le dégoût ; dans les secondes, l’appétit fait naître la jouissance, et le rassasiement, l’appétit.

    Les délices spirituelles augmentent en effet le désir dans l’âme, à mesure qu’elle s’en rassasie ; plus on goûte leur saveur, mieux on connaît qu’on doit les désirer avec avidité ; c’est ce qui explique pourquoi on ne peut les aimer sans les avoir éprouvées, puisqu’on n’en connaît pas la saveur. Qui peut, en effet, aimer ce qu’il ne connaît pas ? Aussi le Psalmiste nous en avertit en disant : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux ». Comme s’il disait formellement : Vous ne connaissez pas sa douceur si vous ne le goûtez point, mais touchez avec le palais de votre cœur, l’aliment de vie, afin que, faisant l’expérience de sa douceur, vous deveniez capables de l’aimer.

    L’homme a perdu ces délices quand il pécha dans le paradis ; il en sortit lorsqu’il ferma sa bouche à l’aliment d’éternelle douceur. De là, vient aussi qu’étant nés dans les peines de cet exil, nous en arrivons ici-bas à un tel dégoût, que nous ne savons plus ce que nous devons désirer. Cette maladie de l’ennui s’augmente d’autant plus en nous, que l’âme s’éloigne davantage de cette nourriture pleine de douceur. Elle en arrive à perdre tout appétit pour ces délices intérieures, par cette raison même qu’elle s’en est tenue éloignée et a perdu depuis longtemps l’habitude de les goûter. C’est donc notre dégoût qui nous fait dépérir ; c’est cette funeste inanition prolongée qui nous épuise. Et, parce que nous ne voulons pas goûter au dedans la douceur qui nous est offerte, nous aimons, misérables que nous sommes, la faim qui nous consume au dehors.

  • Encore un qui a tout compris…

    Le président du conseil de l’"Eglise évangélique en Allemagne" (qui réunit l'essentiel des protestants), Heinrich Bedford-Strohm, souhaite que soient instaurés des cours d’islam dans toutes les écoles du pays.

    Selon lui, c’est la meilleure façon de lutter contre la « tentation du fondamentalisme », et cela permettrait aux jeunes musulmans d’avoir une « approche critique » de leur religion.

    Toutes les religions en Allemagne doivent être compatibles avec la Constitution démocratique du pays, dit-il. « La tolérance, la liberté religieuse et la liberté de conscience doivent s’appliquer à toutes les religions. »

    Qui serait chargé de donner ces cours ? Les associations islamiques…

    Non, ce n’est pas une blague.