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Le blog d'Yves Daoudal - Page 4

  • Saint Apollinaire

    Le culte dont saint Apollinaire fut l’objet au moyen âge est un reflet fidèle de l’importance que le siège de Ravenne avait prise au VIe siècle, époque où cette ville devint la résidence des empereurs et des exarques. Les tribunaux ecclésiastiques, les évêques et, d’une certaine manière, le Pape lui-même, dans leurs relations avec les représentants des autorités byzantines d’Italie, ne pouvaient pas ne pas compter avec l’archevêque de Ravenne qui était presque devenu ce que, beaucoup plus tard, fut à Naples le Chapelain Majeur, véritable ministre des cultes pour l’Italie.

    Toutefois, tant que cette autorité résida en des hommes d’une valeur morale semblable à celle d’un saint Pierre Chrysologue, elle ne put qu’accroître le prestige de leur sainteté éminente et de leur doctrine. Mais hélas ! En ce monde il n’y a pas que des forts, il y a aussi des faibles. Aussi, quand des hommes ambitieux et intrigants montèrent sur le siège de Ravenne, la lutte avec Rome éclata et l’histoire de l’Œcuménique de Constantinople eut son pendant dans la capitale de l’Émilie.

    Ravenne était, à l’origine, siège suffragant de Rome. Au temps de saint Pierre Chrysologue, on lui reconnut enfin les honneurs métropolitains. Quelques archevêques allèrent encore plus loin : ils tentèrent de se soustraire à l’obédience du pape, et de faire sentir davantage au clergé leur propre omnipotence ; ils le chargèrent d’impôts et prétendirent même que leurs évêques suffragants, ayant laissé leurs sièges, feraient fonction d’hebdomadiers dans la basilique de Saint-Apollinaire, comme les évêques suburbicaires le faisaient au Latran.

    La messe suivante a été rédigée à Rome sous l’impression de ces excès. Le « pape » de Ravenne voulait savoir qui des deux était le plus grand, lui ou le successeur de Céphas.

    Rome répond dans les lectures de la messe, rappelant d’abord aux habitants de Ravenne que leur grand évêque Apollinaire était — selon la tradition alors courante — un disciple de Pierre. Ensuite elle fera parler le Maître lui-même, qui, dans sa Ire Épître, V, 1-11, recommande aux pasteurs de l’Église d’avoir horreur de l’esprit de domination sur le clergé et de l’insolent orgueil, qui trop souvent distingue le pouvoir laïc ; Dieu, en effet, résiste aux superbes qui lui dérobent la gloire, et il donne au contraire sa grâce aux humbles qui lui rapportent tout.

    Cette leçon d’humilité, mise sur les lèvres du Maître de saint Apollinaire et adressée à son orgueilleux successeur, continue dans la péricope évangélique, déjà notée dans la liste de Würzbourg [VIIe siècle] (Luc., XXII, 24-30). Les Apôtres, à la dernière Cène, se querellent pour savoir qui, entre eux, est le plus grand ; et Jésus répond que cette soif d’ambition et de despotisme exercé sur autrui est propre seulement au pouvoir civil, car, dans la hiérarchie chrétienne, c’est tout l’opposé qui doit se produire. Celui qui est chef est tel pour le service commun : il est donc le serviteur de tous, comme le Fils de l’homme est venu pour servir et pour donner sa vie pour le salut d’un grand nombre.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Il vaut mieux qu’ils crèvent ?

    Etonnant, voire stupéfiant, art.3 §6 de la Constitution apostolique Vultum Dei quaerere, qui n’existe pas encore en français (ni… en latin !), « sur la vie contemplative féminine » :

    Bien que la constitution de communautés internationales et multiculturelles manifeste l’universalité du charisme, il faut absolument (sic) éviter de recruter des candidates d’autres pays dans le seul but de sauvegarder la survie du monastère.

    Et cela est assené, me semble-t-il, sans aucune explication dans le long texte de présentation qui précède (mais que j’ai juste survolé).

    Et pourquoi donc ? Pour être sûr que le monastère ne survive pas ? Pour être sûr que le patrimoine du cœur de l’Eglise disparaisse ?

    (Si quelqu’un a une autre explication je suis preneur, d’autant que je n’ai aucune envie de lire la prose bergoglienne, surtout en anglais ou en italien.)

    Addendum

    En pratique, il semble que ce sera presque impossible de démarrer un nouvel Ordre de type tridentin.

    Ceci est la guillotine pour presque tous les monastères en Italie.

    Ce sont là deux très brefs extraits de l'analyse approfondie du document par Hilary White, dont on trouvera une traduction (parfois très maladroite) ici, avec un lien sur la constitution en français. (Merci à "Darc".)

  • La langue de bois se délite

    Maintenant qu’il est certain que le Royaume Uni va quitter l’UE, le discours commence à changer. L’un des pionniers (pour le moment encore héroïque) est le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramenga, s’exprimant dans le Wall Street Journal :

    « Il est très difficile de prévoir si elle [la City] gagnera à ne plus être à l'intérieur de l'UE... Mais je ne l’exclus pas. Nous, les Européens, les 27 autres, ne devons pas sous-estimer le Royaume-Uni. Il existe des incertitudes, mais le résultat final pourrait quand même être bon. »

    Et il ne cache pas que c’est une question d’intérêt :

    « Notre message est que nous voulons aider... Nous ne voulons pas que le plus grand centre financier du monde tourne le dos au centre financier de Luxembourg… »

  • La dictature de la culture de mort

    Communiqué du conseil de l’ordre des pharmaciens mettant fin aux discussions sur une éventuelle clause de conscience :

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    On notera la révérence appuyée à la culture de mort. Au point qu’on se demande comment il a pu y avoir une discussion sur un projet de clause de conscience… Sans doute s’est-on aperçu au fil des discussions que le nombre de pharmaciens pro-vie était énorme et tout à fait contradictoire avec l’idéologie officielle, et qu’il était donc urgent de les faire taire.

    Et pourtant le projet de texte n’était qu’une clause de conscience très affaiblie et très relative :

    « Sans préjudice du droit des patients à l’accès ou à la continuité des soins, le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine. Il doit alors informer le patient et tout mettre en œuvre pour s’assurer que celui-ci sera pris en charge sans délai par un autre pharmacien. Si tel n’est pas le cas, le pharmacien est tenu d’accomplir l’acte pharmaceutique. »

    Marisol Touraine se disait « confiante », car « en tout état de cause, un changement du code de déontologie doit être validé par la ministre des Affaires sociales et de la Santé », et « celle-ci ne laisserait jamais place à une telle disposition ».

    C’est sans doute aussi pourquoi on a arrêté une discussion finalement vaine puisqu’elle se heurtait à la dictature de la culture de mort.

    Laurence Rossignol, ministre « des Familles », s’est « réjouie » de l’arrêt de la discussion, car elle « craint les organisations hostiles au droit des femmes à disposer de leur corps »…

    N.B. Quand on voit que le vice-président que propose Donald Trump est l'un des gouverneurs les plus pro-vie des Etats-Unis, on constate que l'océan entre nous est vraiment très large et profond...

  • Parfaite dhimmitude

    Voici le début d’un communiqué commun du cardinal Barbarin et d’un responsable protestant :

    Interpelés par Monsieur Kamel Kabtane, les responsables des Eglises catholique et reformée de Lyon apportent leur soutien au projet d’un Institut de Civilisation Musulmane dans la Métropole lyonnaise.

    « Interpelés » (c'est dans le texte) ne veut sans doute pas dire qu’ils se sont mutuellement pelés, mais plutôt qu’ils ont été hélés, requis, sommés, d’apporter leur soutien à un projet islamique, et que bien entendu ils s’exécutent aussitôt.

    On croirait un communiqué d’un évêque copte en Egypte sur l’installation d’un riche institut islamique près de sa pauvre cathédrale. A la différence près que l’évêque copte n’a pas le choix (et qu'il mettrait un point d'honneur à ne pas faire de faute)...

  • Un protestant…

    La semaine dernière, Edward Pentin terminait un article en signalant que François venait de nommer un protestant comme directeur de la nouvelle version argentine de l’Osservatore Romano.

    Peu après, Sandro Magister le signalait lui aussi. Et le même Sandro Magister y est revenu dans un article sur François et l’anniversaire de la Réforme luthérienne.

    Mais l’annonce ne fait toujours aucun bruit, comme s’il était somme toute normal que le pape nomme un hérétique assumé comme patron régional de l’organe de presse du Saint-Siège.

    Il s’agit de Marcelo Figueroa, qui faisait partie du trio d’une émission religieuse en Argentine avec Mgr Bergoglio et le fameux rabbin Skorka.

    Bref Marcelo Figueroa est un des amis proches de Bergoglio. Et de fait il va devenir, à partir de septembre, le directeur du cahier argentin (quatre ou huit pages) de l’édition de l’Osservatore romano en espagnol.

    Une telle édition locale est paraît-il une première. Et c’est assurément une première qu’elle soit dirigée par un protestant. Lequel déclare que ces pages évoqueront non seulement des « personnalités catholiques de premier plan comme l’archevêque Victor Manuel Fernandez, recteur de l’Université catholique d’Argentine » (autre grand ami de Bergoglio, pire que lui, et le nègre d’Amoris Laetitia, à ce qu’on dit), « mais aussi des membres d’autres religions, mettant ainsi en avant les efforts œcuméniques interreligieux de François »…

  • Noli me tangere

    La scène de Marie-Madeleine au tombeau est l’une des plus fascinantes de l’Evangile. Elle l’est encore davantage dans son texte originel. Il est regrettable que les traductions (même la Vulgate clémentine) ne respectent pas les temps. Certes, ils ne sont pas employés de façon littérairement « correcte ». Mais c’est évidemment volontaire, et c’est affaiblir la portée du texte que de le « corriger ».

    Voici la traduction littérale :

    Mais Marie se tenait face au tombeau, pleurant (participe présent), dehors. Or comme elle pleurait elle se pencha dans le tombeau, et elle voit (présent : flash !) deux anges en (vêtements) blancs, assis, l’un à la tête, l’un aux pieds, où avait été déposé le corps de Jésus. Et ils disent à celle-ci :

    - Femme, pourquoi pleures-tu ?

    Elle leur dit (présent) :

    - On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis.

    Ayant dit cela elle se retourna (passé simple) en arrière, et elle voit (présent : flash !) Jésus qui se tient là, et elle ne savait pas (imparfait) que c’est Jésus (présent, Jésus : Je Suis). Jésus lui dit (présent) :

    - Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?

    Celle-ci, pensant que c’est le jardinier, lui dit (les trois verbes au présent) :

    - Monsieur, si c’est vous qui l’avez emporté, dites-moi où vous l’avez mis, et j’irai le prendre.

    Jésus lui dit (présent) :

    - Mariam.

    Celle-ci s’étant retournée (passé) lui dit (présent) :

    - Rabbouni

    c’est-à-dire Maître.

    Jésus lui dit (présent) :

    - Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

    Mariam la Magdalène va annonçant aux disciples : J’ai vu le Seigneur, et il m’a dit cela.

    N.B. Le verbe grec qu'on ne peut traduire ici que par "voir" n'est pas le verbe habituel, mais un mot qui veut dire d'abord "être spectateur", puis "contempler" (dans tous les sens du terme).

    *

    Lorsque j’ai critiqué la traduction actuelle la plus fréquente du « Μή μου ἅπτου » (ne me retiens pas), notamment ici, je ne me rappelais plus qu’il y avait une raison grammaticale. J’avais lu la règle pourtant, mais sans faire le lien avec ce passage, et je l’avais oubliée. La raison avancée est que l’expression est au présent et que cette défense de faire quelque chose, quand elle est au présent, indique que le quelque chose est en cours et qu’on demande de l’arrêter. « Μή μου ἅπτου », c’est donc « arrête de me toucher », autrement dit : tu ne dois pas me retenir, parce que je doit monter vers mon Père. Si Jésus (ou l’évangéliste) avait voulu dire : « Ne me touche pas », il aurait mis le verbe au subjonctif aoriste.

    Qu’en est-il ? L’argument ne tient pas. Car si cette règle est vraie en grec classique, elle n’est pas toujours appliquée, comme tant d’autres, en grec de la koinè. Et on en a une preuve par le verbe suivant : « Va », qui est au présent de l’impératif, alors que selon la même règle il devrait être à l’aoriste, comme tous les commandements qui impliquent une action précise et ponctuelle.

    Et cela est conforme à ce qu’on lit. Car le texte ne dit nullement que Marie a touché Jésus. Elle a juste dit : « Rabbouni ».

    En outre les traducteurs latins auraient cherché à rendre la nuance du présent, ce qu’ils n’ont pas fait.

    Enfin, ce présent est utilisé à dessein, dans la ligne des autres présents surprenants du texte, qui est le présent de la brusque irruption de l’éternité dans le temps.

    Sur le Noli me tangere, voir ici (en tenant compte de ce qui précède).

    Sur le jardin de Gethsémani renvoyant au jardin du Cantique des cantiques, voir ici.

    Sur Marie-Madeleine et le Cantique des cantiques (en dehors des antiennes – du commun - qui en sont presque toutes issues), voir ici.

  • Sainte Marie Madeleine

    Hymne des vêpres, de saint Robert Bellarmin, traduction Michel de Marolles (Le bréviaire romain suivant la réformation du saint concile de Trente, 1659) :

    Pater supérni lúminis,
    Cum Magdalénam réspicis,
    Flammas amóris éxcitas,
    Gelúque solvis péctoris.

    Père de la lumière suprême, quand vous regardez Magdelaine, vous excitez des flammes d’amour, et vous faites fondre les glaces de son cœur.

    Amóre currit sáucia
    Pedes beátos úngere,
    Laváre fletu, térgere
    Comis, et ore lámbere.

    Blessée qu’elle est d’amour, elle court pour verser des parfums sur les pieds sacrés, pour les laver de ses larmes, les essuyer de ses cheveux, et leur donner des baisers de sa bouche.

    Astáre non timet cruci,
    Sepúlcro inhǽret ánxia,
    Truces nec horret mílites :
    Pellit timórem cáritas.

    Elle ne craint point de se tenir auprès de la Croix, elle s’inquiète auprès du Sépulcre, et sans être touchée de quelque horreur pour la férocité des soldats, l’ardeur de sa charité dissipe les glaces de la peur.

    O vera, Christe, cáritas,
    Tu nostra purga crímina,
    Tu corda reple grátia,
    Tu redde cæli prǽmia.

    Jésu-Christ qui êtes la vraie Charité, nettoyez les souillures de nos crimes, remplissez nos cœurs de vos grâces, et donnez-nous les récompenses de l’autre vie.

    Patri simúlque Fílio,
    Tibíque, Sancte Spíritus,
    Sicut fuit, sit júgiter
    Sæclum per omne glória.
    Amen.

    Gloire au Père, à son Fils unique, et au Saint-Esprit Paraclet, maintenant et toujours, ainsi soit-il. (La doxologie de ce bréviaire était la doxologie commune, différente de l’actuelle : Deo Patri sit gloria, Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, Et nunc et in perpetuum. Amen.)

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    (Dom Guéranger, les Institutions liturgiques)

  • L’esclave le plus cher

    Paul Pogba est le nom de l’esclave le plus cher de l’histoire : il vient d’être acheté 120 millions d’euros par le club de foot Manchester United.

    Une première proposition de 101 millions avait été rejetée.

    Le plus fort est que Paul Pogba appartenait déjà à Manchester United avant 2012…

  • La France en Libye

    A peine le gouvernement français venait-il d’admettre que des soldats français sont engagés en Libye qu’on apprenait la mort de trois d’entre eux. Dans un « accident d’hélicoptère » selon notre gouvernement. Parce que leur hélicoptère a été abattu par les islamistes, selon les observateurs internationaux.

    Cette nouvelle a provoqué des manifestations antifrançaises à Tripoli et à Misrata, organisées par le « gouvernement libyen d’union nationale » qui a dénoncé cette « violation » du territoire libyen par l’armée française.

    Les soldats français prêtent main forte au général Khalifa Haftar contre l’Etat islamique. Le général Khalifa Haftar est le commandant en chef de l’« Armée nationale libyenne », mais cette armée n’est pas celle du « gouvernement libyen d’union nationale » de Tripoli, c’est celle de… Khalifa Haftar, et subsidiairement du « gouvernement libyen » de Tobrouk, et qui est donc un ennemi du gouvernement de Tripoli.

    (Khalifa Haftar était revenu en Libye en 2011, pour participer à l’insurrection contre Kadhafi. Depuis 20 ans il habitait à… Langley : près du siège de la CIA…)

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    On remarque que le T de « intervention » est une croix : c’est une manifestation contre les croisés. Organisée par les musulmans modérés du gouvernement internationalement reconnu, opposés à l’Etat islamique…

  • Le vrai danger

    Titre de EUobserver :

    MEPs fear further 'Putinisation' of Turkey

    Les députés européens craignent que la “poutinisation” de la Turquie s'aggrave.

    Car Poutine c’est aujourd’hui l’étalon du mal…

    On peut se demander dans quel monde vivent ces députés européens. Mais depuis quelque temps je reçois les courriels publicitaires de Newsweek et je constate que le danger Poutine est une véritable obsession. Combien d’attentats leur faudra-il encore ?

  • Flop

    Depuis des années se multiplient les initiatives pour un nouvel hymne national suisse, l’actuel étant trop… chrétien (du reste il s’appelle le « Cantique suisse »).

    La Société suisse d’utilité publique (SSUP), qui gère la prairie du Grütli, symbole de la confédération, et y organise chaque 1er août une cérémonie à l’occasion de la fête nationale, avait lancé en 2014 un concours pour modifier l’hymne. L’initiative avait été très critiquée, mais la SSUP avait reçu 208 propositions, alors qu’elle en attendait une cinquantaine. Un jury a sélectionné six textes, puis les Suisses ont été appelés à voter par internet pour choisir entre les trois textes restés en lice. Il n’y a eu que 70.000 votants. La SSUP considère néanmoins le nouveau texte (en fait une seule strophe, sur l’air traditionnel) comme le nouvel hymne national, et a demandé à toutes les communes de l’adopter. Mais, sur 2.300 communes contactées par courriel, il n’y en a eu qu’une seule pour répondre favorablement…

    La SSUP a également contacté les départements cantonaux de l’instruction publique afin que la nouvelle strophe figure dans la « feuille officielle scolaire » remise aux enseignants. A Berne on a dit oui, mais… finalement on a dû y renoncer par « manque de place »…

    Beaucoup dénoncent le forcing de la SSUP qui se comporte comme si le nouvel hymne (la nouvelle strophe) était officiel, alors que seules les autorités fédérales peuvent en décider (après avoir lancé une vraie consultation populaire). Une motion en ce sens avait été déposée en 2008. Sans suite.

    Voici la version française de la nouvelle strophe, qui sera chantée le 1er août sur la prairie du Grütli, et dans l’unique commune (genevoise) qui l’a adoptée… Un vrai chef-d’œuvre de politiquement correct, mais dûment encadré par la croix suisse pour tenter de faire taire les critiques…

    Sur fond rouge la croix blanche,
    symbole de notre alliance,
    signe de paix et d’indépendance.
    Ouvrons notre cœur à l’équité
    et respectons nos diversités.
    A chacun la liberté
    dans la solidarité.
    Chantons d’une même voix:
    sur fond rouge la blanche croix.

  • Les cons ça ose tout

    Titre de Radio Vatican :

    Sainte-Marie-Madeleine fêtée pour la première fois ce 22 juillet

    (En plus, avec le premier trait d'union, il s’agit normalement d’un bâtiment ou d’une institution, et non de la sainte.)

    Mais à la réflexion ce n’est sans doute pas une connerie. C’est une façon de souligner que pour ces gens-là la liturgie catholique a commencé en 1970, comme l’histoire de France a commencé en 1789.

  • Saint Laurent de Brindes

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    Jules-César de Rossi, connu maintenant sous le nom de saint Laurent de Brindes, naquit en cette ville de l'Italie méridionale le 22 juillet 1699. A l'âge de 16 ans, il entra chez les Capucins de Vérone, et dès son ordination au sacerdoce, il fut employé au ministère de la prédication pour lequel il montait de remarquables dispositions. Véritable apôtre, il semble qu'il eut comme ceux qui les premiers incarnèrent ce nom, le don des langues. Il évangélisa l'Italie, l'Allemagne et d'autres contrées et son éloquence, sa sainteté et ses miracles opérèrent partout d'abondants fruits de salut. Informé du rare mérite du jeune prédicateur, Grégoire XIII l'appela à Rome et le chargea de la rude tâche de convertir les Juifs de la ville. Obéissant à la voix du Pontife, Laurent se prépara au travail par la prière, la réflexion, consultant les personnes expérimentées en cette matière et préparant le terrain en faisant tout pour se concilier l'affection de ce peuple.

    Puis, une bible à la main, il se rendit aux endroits où plusieurs d'entre eux étaient réunis. Ses manières affables, son ton courtois le faisait accepter ; il parlait si bien l'hébreu qu'on commença à se presser autour de lui pour jouir de sa belle diction et bientôt il put même prêcher dans leurs synagogues, trouvant dans sa foi et dans son érudition des arguments irrésistibles, les auditeurs étaient ravis sous le charme de sa parole fécondée par la grâce, et les conversions furent nombreuses. Pendant trois ans consécutifs, le saint prêcha tous les samedis aux Juifs de Rome. Plus tard, le Pape Clément VII l'envoya également pêcher aux Juifs à Ferrare, à Mantoue, à Padoue et dans les principales villes d'Italie.

    Le 11 octobre 1611, notre saint sauva la chrétienté d'une invasion musulmane en contribuant puissamment à la victoire. Le duc de Mercœur, qui commandait en second les troupes chrétiennes, déclare même que le saint Religieux avait plus fait dans cette guerre où 18,000 chrétiens mirent en déroute 80,000 Turcs que toutes les troupes ensemble et qu'après Dieu et la Sainte Vierge c'était à lui qu'il faillait attribuer les deux victoires remportées sur les troupes ennemies.

    Le Père Laurent fut appelé à remplir à peu près toutes les charges de son Ordre, et finalement, à peine âgé de 43 ans, il en devint le vicaire général. Il se mit aussitôt à parcourir tous les pays où il avait des couvents de sa dépendance : Le Milanais, la Flandre, l'Espagne, l'Allemagne et la France. Dans ses visites, il voulait, comme un bon père, voir tous ses enfants et connaître par lui-même tous leurs besoins. Il avait pour les anciens Religieux une grande considération et montrait aux plus jeunes beaucoup de douceur et d'indulgence.

    A tous, il recommandait d'une façon particulière l'obéissance et l'humilité, regardant avec raison ces deux vertus comme les deux basses de la perfection religieuse, Lui-même leur en donnait un exemple continuel ; la Règle était pour lui un supérieur auquel il se soumettait en tout sans restriction et sans réserve et il ne permettait pas qu'on le traitât avec plus de distinction que les autres religieux. Ses pieuses recommandations inspiraient à ses confrères des sentiments si humbles que tous refusaient les dignité et les charges, au point qu'on fut obligé d'insérer dans les Constitutions de l'Ordre des Capucins, ces belles lignes qui, à cause du motif qui les fit écrire, sont à l'honneur des Religieux de cette époque : « Quoique tous les Frères doivent préférer la condition de sujet à celle de prélat, et désirer obéir à l'exemple de Notre Seigneur Jésus-Christ et de notre Père saint François, plutôt que de commander ; toutefois ceux à qui l'obéissance impose les Prélatures ne les doivent pas refuser avec opiniâtreté. Ils doivent au contraire s'efforcer de remplir avec humilité et avec zèle le ministère qui leur est confié. »

    Animé du véritable esprit du saint Poverello, il ne souffrait ni ornement dans les bâtiments, ni luxe dans les chapelles. Lorsqu'on lui représentait que les embellissements nourrissaient les pauvres en faisant travailler les ouvrier et encourageaient les artistes, il répondait : « Oui, c'est vrai, mais ils entretiennent aussi l'orgueil des propriétaires. » Le Saint-Siège confia à différentes reprises des missions de confiance à saint Laurent : il gagna le roi d'Espagne à la ligue catholique et l'arma contre les Maures : nonce à Prague il réconcilia plusieurs souverains, prévenant ainsi de désastreuses guerres civiles ; à Munich, également conne nonce, il lutta avec succès contre l'hérésie et risque plusieurs fois d 'être mis à mort. Il était en Portugal quand il fut atteint de dysenterie, et après avoir annoncé prophétiquement le jour de sa mort, il expira pieusement à l'âge de 60 ans dont 45 passés dans la vie religieuse.

    Fleurs franciscaines (RR PP Franciscains Montréal 1925)

    • En 1959, Jean XXIII le proclama docteur de l’Eglise ("docteur apostolique") et inscrivit sa fête au calendrier romain au 21 juillet.

  • Le vide et le socle

    Lu sur le bulletin de L'Entente catholique de Bretagne (1 rue Charles Le Goffic, 22000 Saint-Brieuc:

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  • La nouvelle salve

    Les nouvelles affiches officielles de la campagne pour le référendum hongrois. Sur le thème : « Le saviez-vous ? » (Tudta)

    Le saviez-vous ? Depuis le début de la crise migratoire, plus de 300 personnes sont mortes dans des attaques terroristes en Europe.

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    Le saviez-vous ? L’an dernier, un million et demi de migrants clandestins sont arrivés en Europe.

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    Le saviez-vous ? Bruxelles veut envoyer en Hongrie un nombre de migrants illégaux équivalent à la taille d’une ville.

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    Le saviez-vous ? Depuis le début de la crise migratoire, le harcèlement contre les femmes en Europe a considérablement augmenté.

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    Le saviez-vous ? L’attentat de Paris a été commis par des migrants.

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    Le saviez-vous ? Rien qu’en Libye près d’un million de migrants veulent venir en Europe.

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    Selon un sondage Pew Research, 76% des Hongrois pensent que les réfugiés accroissent le risque de terrorisme dans leur pays (46% des Français), et 82% des Hongrois pensent que les réfugiés sont un fardeau (53% des Français).

  • Brexit et FMI

    Le Fonds monétaire international ayant averti que le Brexit entraînerait une apocalypse économique, il doit publier des prévisions plus ou moins conformes à sa propagande. Il annonce donc que la croissance britannique ne sera que de 1,3% en 2017, soit 0,9 point de moins que prévu avant le référendum.

    Mais le FMI prévoit 1,2% de croissance en Allemagne et en France…

  • Police belgottomane

    Le soir du 15 juillet, des centaines de Turcs se sont massés devant l’ambassade de Turquie à Bruxelles, pour défendre le gouvernement Erdogan menacé par un coup d’Etat militaire. Comme partout, à l’appel des imams, qui sont tous, faut-il le rappeler, des fonctionnaires de l’Etat turc.

    Il y avait là quelques véhicules de la police belge, qui assistait tranquillement à cette manifestation islamiste illégale. Et voici qu’un imam s’installa tranquillement sur le siège passager d’un de ces véhicules, et se servit du micro et de la sonorisation de la police pour psalmodier le Coran, puis pour se lancer dans un prêche enflammé, ponctué par les « Amen » de la foule. Cela dure quatre minutes, puis la foule scande des « Ya Allah… Allahou Akbar » pendant cinq minutes, sur la vidéo qui a été mise en ligne par les Turcs sur Facebook.

    Un bel exemple du vivre ensemble, je trouve.

  • En Indonésie

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    Des islamistes ont attaqué le domicile du catholique Cahyo Binuko, à Gunung Kidul, province de Yogyakarta, au centre de l’île de Java (Indonésie), mercredi de la semaine dernière, pour qu’il arrête la construction d’un sanctuaire à la Sainte Vierge.

    La famille Binuko a entrepris en 2009 de construire ce sanctuaire, sur son terrain, mais ouvert à tous. Le projet a vraiment pris forme en 2012 après la visite de l’archevêque de Semarang. Alors les islamistes ont mis le feu au site.

    Les catholiques continuèrent néanmoins, obtenant même un très officiel permis de construire, ce qui relève de l’exploit dans ce pays (il faut la signature de 60 riverains et du chef local qui est forcément musulman, et souvent les autorités invoquent des « raisons non spécifiées » pour le refuser).

    Les islamistes qui ont attaqué le domicile de Cahyo Binuko l’accusent d’avoir manipulé ses voisins pour obtenir les signatures. Non seulement la police n’a pas arrêté les fauteurs de trouble, mais elle a exigé que Cahyo Binuko signe une déclaration par laquelle il s’engage à suspendre les travaux tant qu’il n’a pas été statué sur la légitimité de son permis de construire…

  • Les anglicans du Canada

    L’« Eglise anglicane du Canada » a décidé lundi qu’elle pouvait bénir les « mariages » de personnes du même sexe.

    En fait, le vote du synode général (évêques, prêtres, laïcs) n’avait pas abouti à la majorité requise des deux tiers, mais des « prêtres » ont fait savoir que leur vote n’avait pas été pris en compte, et finalement on est arrivé aux deux tiers…

    La décision ne deviendra canonique qu’en 2019, après ratification par le prochain synode. Mais il y a déjà des bénédictions de « mariages » homosexuels, et plusieurs « évêques » avaient promis de les permettre, quelle que soit l’issue du vote…

    L’« Eglise anglicane du Canada » a perdu la moitié de ses fidèles en 50 ans (de 1,2 million à 600.000), alors que la population du Canada augmentait de 60%. Selon les projections elle devrait disparaître vers 2050.

  • L’Eglise de Sodome

    La Société américaine de théologie catholique est, assure son site, « la principale association de théologiens d’Amérique du Nord » et « la plus grande association de théologiens du monde ». Elle revendique 1.300 membres, tous plus bardés de diplômes les uns que les autres.

    Lors de sa session du mois dernier, elle a décerné son prix John Courtney Murray au Dr Orlando O. Espin, professeur de théologie systématique à l’université catholique de San Diego. Le prix Courtnay Murray couronne « une vie de réalisations théologiques distinguées ».

    L’association déclare : « Au cours de décennies de recherche, d’enseignement, et de dévouement à l’engagement collectif, ce théologien s’est confronté aux problèmes liés à l’héritage historique et contemporain de la colonisation, de l’esclavage, du racisme, et des préjugés envers les personnes LGBT. »

    Le Pr Orlando Espin est « marié » à Ricardo Gallego, membre du Centre communautaire LGBT de San Diego. Dans son allocution, il a remercié son « mari ».

    En 2012 il a dirigé un atelier sur le ministère LGBT dans la communauté latino, au cours du symposium national de « New Ways Ministry » (lobby homosexuel « catholique » condamné en 1999 et 2000 par la Congrégation pour la doctrine de la foi).

    Au cours de la session de juin de la Société américaine de théologie catholique, le séminaire vedette était intitulé « Les échecs de la justice sexuelle. Recommandations et réponses féministes catholiques ». Il y a eu une conférence sur la possibilité de rendre « davantage possible une justice sexuelle pour les femmes dans le cadre du mariage catholique », et d’aider « l’éthique sexuelle catholique à dépasser l’impasse idéologique entre les pro-choix et les pro-vie »…

  • Saint Jérôme Emilien

    Flagrant délit :

    La messe a les mérites et les défauts des compositions liturgiques récentes. Le rédacteur s’est surtout préoccupé de la place spéciale qui revient à notre Saint dans l’histoire de la bienfaisance chrétienne ; aussi, aidé de la Concordantia, n’a-t-il guère rencontré de difficultés pour citer des textes scripturaires relatifs à la charité exercée envers les orphelins et les veuves.

    Bienheureux cardinal Schuster

    La messe (Effusum). On y reconnaît toutes les qualités et tous les défauts des messes récemment composées. L’auteur a voulu insister sur l’importance prédominante de la charité dans la sanctification. Il ne lui était pas difficile de réunir, à l’aide d’une concordance, les textes de la Sainte Écriture qui ont trait à la charité envers les veuves et les orphelins.

    Dom Pius Parsch

    (Je le dis évidemment avec le sourire et non avec indignation, et avec toute l’admiration que j’ai pour l’un et pour l’autre. M’étonnant de découvrir seulement cette année ce petit plagiat de fortes chaleurs…)

    Addendum

    Le plus érudit de mes lecteurs sur le plan liturgique me signale que dans le livre il y a une note où dom Parsch indique qu'il cite l'opinion du cardinal Schuster. Dont acte.

  • Saint Vincent de Paul

    Ce n’est point la nature, ni aucune des vaines divinités de la fausse science, mais le Dieu des chrétiens, le Dieu fait homme pour nous sauver en prenant sur lui nos misères, qui fut l’unique guide du plus grand des bienfaiteurs de l’humanité dans nos temps. Rien ne me plaît qu’en Jésus-Christ, aimait-il à dire. Non seulement, fidèle comme tous les Saints à l’ordre de la divine charité, il voulait voir régner en lui ce Maître adoré avant de songer à le faire régner dans les autres ; mais, plutôt que de rien entreprendre de lui-même par les données de la seule raison, il se fût réfugié à tout jamais dans le secret de la face du Seigneur, pour ne laisser de lui qu’un nom ignoré.

    « Honorons, écrivait-il, l’état inconnu du Fils de Dieu. C’est là notre centre, et c’est ce qu’il demande de nous pour le présent et pour l’avenir, et pour toujours, si sa divine majesté ne nous fait connaître, en sa manière qui ne peut tromper, qu’il veuille autre chose de nous. Honorons particulièrement ce divin Maître dans la modération de son agir. Il n’a pas voulu faire toujours tout ce qu’il a pu, pour nous apprendre à nous contenter, lorsqu’il n’est pas expédient de faire tout ce que nous pourrions faire, mais seulement ce qui est convenable à la charité, et conforme, aux ordres de la divine volonté... Que ceux-là honorent souverainement notre Seigneur qui suivent la sainte Providence, et qui n’enjambent pas sur elle ! N’est-il pas vrai que vous voulez, comme il est bien raisonnable, que votre serviteur n’entreprenne rien sans vous et sans votre ordre ? Et si cela est raisonnable d’un homme à un autre, à combien plus forte raison du Créateur à la créature ? »

    Vincent s’attachait donc, selon son expression, à côtoyer la Providence, n’ayant point de plus grand souci que de ne jamais la devancer. Ainsi fut-il sept années avant d’accepter pour lui les avances de la Générale de Gondi et de fonder son établissement de la Mission. Ainsi éprouva-t-il longuement sa fidèle coadjutrice, Mademoiselle Le Gras, quand elle se crut appelée à se dévouer au service spirituel des premières Filles de la Charité, sans lien entre elles jusque-là ni vie commune, simples aides suppléantes des dames de condition que l’homme de Dieu avait assemblées dans ses Confréries. « Quant à cet emploi, lui mandait-il après instances réitérées de sa part, je vous prie une fois pour toutes de n’y point penser, jusqu’à ce que notre Seigneur fasse paraître ce qu’il veut. Vous cherchez à devenir la servante de ces pauvres filles, et Dieu veut que vous soyez la sienne. Pour Dieu, Mademoiselle, que votre cœur honore la tranquillité de celui de notre Seigneur, et il sera en état de le servir. Le royaume de Dieu est la paix au Saint-Esprit ; il régnera en vous, si vous êtes en paix. Soyez-y donc, s’il vous plaît, et honorez souverainement le Dieu de paix et de dilection ».

    Grande leçon donnée au zèle fiévreux d’un siècle comme le nôtre par cet homme dont la vie fut si pleine ! Que de fois, dans ce qu’on nomme aujourd’hui les œuvres, l’humaine prétention stérilise la grâce en froissant l’Esprit-Saint ! Tandis que, « pauvre ver rampant sur la terre et ne sachant où il va, cherchant seulement à se cacher en vous, ô mon Dieu ! Qui êtes tout son désir », Vincent de Paul voit l’inertie apparente de son humilité fécondée plus que l’initiative de mille autres, sans que pour ainsi dire il en ait conscience. « C’est la sainte Providence qui a mis votre Compagnie sur le pied où elle est, disait-il vers la fin de son long pèlerinage à ses filles. Car qui a-ce été, je vous supplie ? Je ne saurais me le représenter. Nous n’en eûmes jamais le dessein. J’y pensais encore aujourd’hui, et je me disais : Est-ce toi qui as pensé à faire une Compagnie de Filles de la Charité ? Oh ! Nenni. Est-ce Mademoiselle Le Gras ? Aussi peu. Oh ! Mes filles, je n’y pensais pas, votre sœur servante n’y pensait pas, aussi peu Monsieur Portail (le premier et plus fidèle compagnon de Vincent dans les missions) : c’est donc Dieu qui y pensait pour vous ; c’est donc lui que nous pouvons dire être l’auteur de votre Compagnie, puisque véritablement nous ne saurions en reconnaître un autre ».

    L’Année liturgique

  • Ce qui les occupe

    Et ce qui les effraie au plus haut point, mais non, ce n’est pas le terrorisme islamique, c’est que la Turquie puisse rétablir la peine de mort…

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    Et Angela Merkel en personne est montée au créneau...

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  • En passant…

    J’apprends que s’est réuni ce matin le TROISIEME Conseil interministériel de sécurité et de défense depuis l’attentat de Nice.

    Pour quoi faire ? Pour parler de la pluie et du beau temps ? C’est-à-dire de la canicule qui s’est abattue sur tout le pays… sauf à Nice ? Voilà en effet un sujet de discussion. Pour le reste, ils ne feront rien, car le politiquement correct et l’islamophilie obligatoire leur interdisent de faire quoi que ce soit.

    Tout cela, c’est donc du cinéma, comme ce rituel obscène et filmé jusqu’à écœurement des « hommages » des quidams venant déposer leurs fleurs sur les lieux de l’attentat et versant leur larme devant les caméras (t’as vu, j’suis passé à la télé !). On sait que Nice est la ville des fleurs, mais quand même, une telle montagne, on finirait par se demander si les fleuristes sont blanc-bleu dans toute cette histoire…

    Et puis, ce qui est nouveau, semble-t-il, c’est le rituel magique qui a lieu à l’endroit où le terroriste a été abattu : on vient y déposer des ordures, et cracher…

    Entre temps on est allé à la « minute de silence ». La minute du vide absolu, sacralisé par la religion de l’anti-religion.

    On a abandonné la vraie religion, et quand on a peur on invente une pseudo-religion, avec des rites primitifs qui devraient faire mourir de honte leurs adeptes mais qui au contraire les remplissent de fierté : ils sont les représentants certifiés du sentimentalisme compassionnel qui a officiellement remplacé l’intelligence…

  • Une première au Pakistan

    Pour la première fois dans l’histoire du Pakistan, les autorités reconnaissent officiellement deux membres des « minorités », un chrétien, Wilson Wazir Masih, et un sikh, Gormeet Singh, comme « anciens » du système tribal (et fonctionnaires rétribués), dans la province aujourd’hui appelée « Zones tribales administrées par l’Etat fédéral », faisant partie de ce qu’on appelait avant 2010 « province de la frontière du Nord-Ouest » et qui est aujourd’hui le Khyber Pakhtunkhwa, en bref le pays des talibans, les « zones fédéralement administrées » étant celles de la frontière afghane où le pouvoir central tente de s’imposer…

    Autrement dit on souhaite bon courage au chrétien et au sikh, qui représentent à eux deux 30.000 personnes sur 10 millions de Pachtounes inféodés aux talibans...

    En théorie leur titre leur donne le droit de participer à la jirga (l’assemblée tribale) et d’être entendus par les autorités locales et nationales…

    En fait, ce titre donne une existence légale aux minorités chrétienne et sikh et rend donc illégales les discriminations (c’est-à-dire la négation de leur existence). Le problème est que les mots légal et illégal ne veulent rien dire en pays pachtoune…

  • Le débat sur l’orientation

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    Le cardinal Nichols contredit frontalement le préfet de la congrégation pour le culte divin. Le Spadaro du pape aussi évidemment.

    La conférence épiscopale américaine s’y colle itou.

  • Saint Camille de Lellis

    Voici la collecte sur les oblations : « Que l’Hostie immaculée qui renouvelle ici sur l’autel l’excès d’amour de notre Seigneur Jésus, par l’intercession de saint Camille nous protège contre tous les maux du corps et de l’esprit et soit aussi pour les agonisants réconfort et salut ».

    Le génie chrétien a donné un nom très expressif à la divine Eucharistie reçue parles malades près de mourir : elle s’appelle le viatique, c’est-à-dire la nourriture qui sert pour le voyage du temps à l’éternité. Il existe une mystérieuse relation entre l’Eucharistie et notre passage à l’autre vie. En effet, comme l’agneau pascal et les pains azymes furent mangés pour la première fois par les Hébreux à leur départ d’Égypte ; comme Jésus lui-même, la veille de sa mort, institua le divin Sacrement, et y participa lui-même le premier ; ainsi voulut-il que l’Eucharistie fût aussi pour nous le Sacrement qui consacre notre sacrifice suprême et couronne notre vie chrétienne.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • 9e dimanche après la Pentecôte

    Il n’y a peut-être pas d’introït plus violent, ni d’alléluia plus... triste, et en tout cas pas les deux à la fois, dans une autre messe.

    Introit

    Ecce, Deus adjuvat me, et Dóminus suscéptor est ánimæ meæ : avérte mala inimícis meis, et in veritáte tua dispérde illos, protéctor meus, Dómine.

    Voici que Dieu vient à mon aide, et que le Seigneur est le soutien de ma vie. Détournez les maux sur mes ennemis et exterminez-les dans votre vérité, Seigneur, mon protecteur.

    En effet « disperde », ce n’est pas demander à Dieu de les disperser, mais de les dis-perdere, de les perdre complètement, de les anéantir, les réduire en bouillie. Et la mélodie se fait dure et tendue, comme l’arme pour les détruire.

    Cette antienne est empruntée au psaume 53. Les deux derniers mots sont pris, cependant, à d’autres psaumes. L’expression « protector meus » se trouve dans huit psaumes (8 est le nombre du Christ). Elle a été ajoutée afin de terminer le chant par une expression parallèle à celle du début, et l’on conclut par un « Domine » qui permet au chant de terminer sur la formule de la tendre révérence à Dieu.

    Alléluia

    Allelúia, alléluia. Eripe me de inimícis meis, Deus meus : et ab insurgéntibus in me líbera me. Allelúia.

    Sauvez-moi des mains de mes ennemis, ô mon Dieu, délivrez-moi de ceux qui se lèvent contre moi.

    C’est une longue plainte, de bout en bout, tenant tout entière (à une brève exception près) dans une quinte, avec un refrain permanent qui pleure, fa-mi-ré.

    Ces deux pièces sont en relation avec l’épître sur le combat contre les tentations (et les démons qui les inspirent et sont l’ennemi à abattre), et avec l’évangile qui nous montre Jésus pleurant sur Jérusalem et annonçant la destruction de la Ville qui n’a pas connu « le temps de sa visitation » (en grec épiscopès).

    Sur cet évangile voir ma note de 2014.

  • Enfin un langage de vérité

    De François, sur la tuerie de Nice :

    « J’ai souvent dit que s’il y avait du terrorisme, c’est parce qu’il y a des fabricants d’armes. Eh bien, il faut avoir le courage de nommer les coupables. Le coupable de cette affreuse tragédie de Nice s’appelle Iveco. C’est ajouter la honte à la douleur, assurément, que de devoir reconnaître que le coupable est italien, mais c’est ainsi. La vérité nous oblige à dire que la maison Iveco a été créée par Giovanni Agnelli à Turin, et ce monsieur Agnelli, qui était catholique, est le responsable de ce qui s’est passé à Nice. Et l’on me dit que la publicité pour ce camion nommé Eurocargo prétend qu’il “respecte l’environnement urbain”. C’est comme une incitation au terrorisme, non ? »

    *

    En revanche Bernard Cazeneuve (là c’est vrai) a cru bon de souligner que « la modalité de ce crime odieux est-elle même nouvelle puisqu’il n’y a eu utilisation ni d’armes lourdes ni d’explosifs ».

    D’une part notre ministre ignore donc toujours quelles sont les consignes pourtant connues de l’Etat islamique pour faire le maximum de morts avec les moyens du bord et par surprise (et explicitement avec un véhicule et en terminant avec une arme à feu), d’autre part il considère donc qu’un camion de 19 tonnes qui tue 80 personnes en moins d’une minute n’est pas une arme lourde… Bref il se condamne à ne rien comprendre de ce qui se passe.