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Le blog d'Yves Daoudal - Page 8

  • Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen

    Ceux qui s'intéressent aux cantates de Bach trouveront ci-après l'article que j'ai écrit dans Daoudal Hebdo en 2010 sur les cantates que Jean-Sébastien Bach a composées pour ce dimanche.

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  • 3e dimanche après Pâques

    Ce dimanche marque un tournant dans le temps pascal. La liturgie nous détourne déjà de la seule contemplation du Christ ressuscité pour nous tourner vers l’Ascension, la Pentecôte, et le temps de l’Eglise. Autrement dit le temps de notre pèlerinage sur terre, où nous sommes soumis pour "un peu" aux souffrances de la femme qui accouche.

    Aux matines la lecture est celle de l’Apocalypse. Les répons de Pâques ont disparu. Trois répons chantent le triomphe du Christ selon l’Apocalypse, le Christ ressuscité mais surtout celui qui vient à la fin du temps, à la fin des épreuves des hommes, trois autres répons montrent que ce choix de l’Apocalypse est surtout motivé par l’annonce du temps de l’Eglise, épouse du Christ.

    Voici ces trois répons. Le premier est celui qui reprend les termes de l’Apocalypse pour chanter la venue de l’épouse de l’Agneau, l’Eglise figurée par la Jérusalem céleste. Le deuxième chante l’Eglise qui est la vigne du Seigneur, selon les termes de l’Ecclésiastique. Le troisième chante l’amour du Christ pour son Eglise selon le Cantique des cantiques (les textes sont des versions plus anciennes que la Vulgate, ce qui montre l’antiquité de ces chants) :

    ℟. Locútus est ad me unus ex septem Angelis, dicens : Veni, osténdam tibi novam nuptam, sponsam Agni : * Et vidi Jerúsalem descendéntem de cælo, ornátam monílibus suis, allelúia, allelúia, allelúia. ℣. Et sústulit me in spíritu in montem magnum et altum. * Et vidi Jerúsalem descendéntem de cælo, ornátam monílibus suis, allelúia, allelúia, allelúia.

    Un des sept Anges me parla, disant : Viens, je te montrerai la nouvelle épousée, l’épouse de l’Agneau. Et je vis Jérusalem qui descendait du ciel, ornée de ses colliers, alléluia, alléluia, alléluia. Et il me transporta en esprit sur une montagne grande et haute. Et je vis Jérusalem qui descendait du ciel, ornée de ses colliers, alléluia, alléluia, alléluia.

    ℟. Ego sicut vitis fructificávi suavitátem odóris, allelúia : * Transíte ad me, omnes qui concupíscitis me, et a generatiónibus meis adimplémini, allelúia, allelúia. ℣. In me omnis grátia viæ et veritátis : in me omnes spes vitæ et virtútis. * Transíte ad me, omnes qui concupíscitis me, et a generatiónibus meis adimplémini, allelúia, allelúia.

    Moi, comme une vigne, j’ai produit des fruits d’une odeur suave, alléluia. Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et remplissez-vous de mes régénérations, alléluia, alléluia. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité : en moi toute l’espérance de la vie et de la vertu. Venez à moi, vous tous qui me désirez avec ardeur, et remplissez-vous de mes régénérations, alléluia, alléluia.

    ℟. Véniens a Líbano quam pulchra facta est, allelúia : * Et odor vestimentórum eius super ómnia arómata, allelúia, allelúia. ℣. Favus distíllans lábia ejus, mel et lac sub lingua eius. * Et odor vestimentórum eius super ómnia arómata, allelúia, allelúia. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. * Et odor vestimentórum ejus super ómnia arómata, allelúia, allelúia.

    Qu’elle a été faite belle cette épouse, venant du Liban, alléluia. L’odeur de ses vêtements est au-dessus de tous les aromates, alléluia, alléluia. Un rayon de miel distille de ses lèvres, le miel et le lait sont sous sa langue. L’odeur de ses vêtements est au-dessus de tous les aromates, alléluia, alléluia. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. L’odeur de ses vêtements est au-dessus de tous les aromates, alléluia, alléluia.

  • De la Sainte Vierge le samedi

    Porta hæc clausa erit, et non aperiétur. Pulchre quidam portam clausam, per quam solus Dóminus Deus Israël ingréditur, et dux cui porta clausa est, Maríam Vírginem intélligunt, quæ et ante partum et post partum virgo permánsit. Etenim témpore, quo Angelus loquebátur: Spíritus Sanctus véniet super te, et virtus Altíssimi obumbrábit te: quod autem nascétur ex te Sanctum, vocábitur Fílius Dei; et quando natus est, virgo permánsit ætérna; ad confundéndos eos, qui arbitrántur eam post nativitátem Salvatóris habuísse de Ioseph fílios, ex occasióne fratrum eius, qui vocántur in Evangélio.

    Cette porte sera fermée, et on ne l’ouvrira point. Il y en a qui par cette porte fermée, par laquelle il n’y a que le Seigneur Dieu d’Israël qui entre, sans même qu’elle s’ouvre pour lui faire passage, entendent fort bien la Vierge Marie, qui étant vierge avant que d’enfanter Jésus-Christ, est encore demeurée vierge après l’avoir enfanté. Car elle était vierge non seulement lorsque l’ange lui disait : "Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu." Mais elle est aussi demeurée vierge pour toujours, même après la naissance de celui qui lui avait été annoncé. Ce qui s’est fait pour confondre ceux qui s’imaginent qu’après la naissance du Sauveur elle a eu des enfants de Joseph, parce qu’il y a des personnes que l’Evangile appelle les frères de Jésus-Christ.

    Saint Jérôme, commentaire d’Ezéchiel, lecture des matines, traduction du Breviarium benedictinum (1725)

  • Ça continue…

    Le Parlement polonais a définitivement adopté hier une loi qui vise à empêcher la spéculation foncière et l’achat de terres agricoles par les étrangers pendant cinq ans.

    Cette loi, qui entrera en application le 30 avril, prolonge les dispositions de la période de transition accordées à la Pologne quand elle a rejoint l’UE. Dispositions qui sont censées devenir caduques, et non pas être prorogées…

    Pour les européistes, il est clair qu’une fois de plus les Polonais refusent de respecter les règles européennes et qu’il va falloir sévir. Le site EUobserver a publié dès hier après-midi un grand article pour dénoncer la loi. Et le député PS Pierre-Yves le Borgn’ a saisi d’urgence le gouvernement français pour qu’il dénonce cette loi (au nom des "agriculteurs" français installés en Pologne et discriminés par les méchants Polonais).

  • Islam, sanglant islam…

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    « Islam, sanglant islam, condamné par sa propre doctrine. »

    Cette affiche trône le long de l’autoroute A14 près de Saint-Augustin en Floride, et elle fait polémique. Des habitants veulent qu’elles soient enlevée, et, clamant leur dhimmitude, ils ont lancé une pétition qui a recueilli quelque 32.000 signatures dans le monde (dont seulement 4.480 en Floride) au moment où j’écris.

    Une chaîne locale a contacté la firme propriétaire du panneau. Réponse : le panneau a été loué par un particulier et il s’agit de liberté d’expression.

    Les autorités du comté, contactées à leur tour, ont répondu par cette déclaration :

    En réponse à des préoccupations dans la population, le Comté de Saint-Jean a enquêté sur le panneau d'affichage situé sur l’A1A et Seashore Avenue et a conclu qu’il est en conformité avec toutes les réglementations nationales et locales concernant la signalisation. Bien que son message puisse être offensant pour certains membres de la population, il est protégé par le premier amendement à la Constitution des Etats-Unis, ce qui exclut que le Comté prenne des mesures.

    Quand même il y a des jours où on aime les Américains…

  • Enfin viré

    Le directeur du bureau de presse de l’épiscopat américain, Tony Spence, qui était en poste depuis 2004, a été limogé à cause de ses messages sur twitter qui dénoncent en permanence les lois votées dans les Etats pour garantir la liberté d’expression (et de commerce, et de service) de ceux qui refusent de reconnaître le « mariage » homosexuel. Selon Tony Spence ce sont des lois « discriminatoires » et « stupides ». Il a également dénoncé une loi interdisant aux hommes soi-disant transgenre d’aller dans les toilettes des femmes, et défendu le « droit » des homosexuels à l’adoption.

    Dès 2007, Mgr Burke, alors archevêque de Saint-Louis, avait protesté contre la présentation par le bureau de presse du film « La boussole d’or » comme étant « entièrement en harmonie avec la doctrine catholique » alors que le livre dont le film est tiré est férocement anticatholique.

    En 2009, Mgr Burke, préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique, déclarait que les évêques devaient revoir ce service et lui donner une nouvelle direction.

    Il aura fallu attendre 2016, et les provocations devenues permanentes de Tony Spence, pour qu’il soit enfin viré.

  • Israël et les chrétiens

    Propos de S.B. Fouad Twal, patriarche de Jérusalem des Latins, dans son intervention prononcée le 14 avril à Rome à l’Université pontificale de la Sainte Croix, sur la condition actuelle des chrétiens en Terre Sainte :

    C’est la première fois qu’une minorité chrétienne se trouve à vivre au sein d’un Etat juif avec toutes les conséquences liées au fait d’être une minorité. Et il s’agit du premier cas dans l’histoire où une majorité juive dispose d’un Etat. Mais cette majorité continue à se comporter, et surtout à se défendre, comme si elle était en réalité une minorité, avec la tentation de vivre comme un Etat théocratique, inspiré par la Bible et non pas comme un Etat laïque.

    Même s’il se proclame Etat laïque et démocratique, il se comporte actuellement en réalité toujours davantage comme un régime militaire confessionnel juif.

    En Israël, l’Eglise se meut sur un terrain en majorité arabo-palestinien, se trouvant confrontée aux musulmans et aux défis du monde juif qui, s’il représente pour partie le monde de nos racines de foi, de l’autre représente politiquement l’occupant, celui qui détient le pouvoir.

  • Selfies liturgiques

    Lu sur Paix liturgique :

    En marge de son intervention, le cardinal Sarah, a révélé qu’il avait, le samedi précédent, demandé au Pape François de réfléchir à l’irruption des tablettes et des selfies lors des cérémonies : « Nous avons transformé nos liturgies en spectacles. Si nous voulons retrouver la vraie liturgie, a-t-il dit au Saint-Père, vous avez le pouvoir de chasser les photographes de l’autel. »

    On parie ?

    François ayant fondé son pontificat sur la mise en scène de sa personne (cf. le bon billet de Sandro Magister), je parie qu’il ne se passera rien. Ou plutôt que ce sera de pire en pire, comme tout le reste.

  • Aurora lucis rutilat

    L’hymne des laudes au temps pascal est une hymne ambrosienne. C’est-à-dire qu’elle était traditionnellement attribuée à saint Ambroise. On peut toujours l’appeler ainsi, car même si elle n’est (peut-être) pas de l’évêque de Milan (on n’a seulement pas la preuve qu’elle l’est) elle est de son style et de son époque. Il est ahurissant de penser qu’en un temps où personne ne contestait cette attribution le pape Urbain VIII ait entrepris de la défigurer sous prétexte de la « corriger » et d’imposer sa version dans le bréviaire romain.

    La voici par les moines de Solesmes en 1955.
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    Avec une traduction aussi littérale que possible. J’ai déjà donné ici la traduction de Pierre Corneille, et , celle de Lemaître de Sacy.

    Aurora lucis rutilat
    caelum laudibus intonat
    mundus exultans jubilat
    gemens infernus ululat

    L’aurore de la Lumière rutile
    Le ciel résonne de louanges
    Le monde exultant jubile
    L’enfer gémissant hulule

    Cum Rex ille fortissimus
    mortis confractis viribus
    pede conculcans tartara
    solvit a pœna miseros

    Quand ce Roi très fort
    Ayant brisé les puissances de la mort
    Foulant du pied le tartare
    Délivre les malheureux de leur peine.

    Ille qui clausus lapide
    custoditur sub milite
    triumphans pompa nobili
    victor surgit de funere

    Lui qui enfermé par une pierre
    est gardé par des soldats
    Triomphant en noble pompe
    Vainqueur il surgit du tombeau.

    Solutis jam gemitibus
    et inferni doloribus
    Quia surrexit Dominus
    resplendens clamat angelus

    Sont maintenant anéantis les gémissements
    et les douleurs des enfers
    Puisqu’il est ressuscité le Seigneur
    Clame l’ange resplendissant.

    Quæsumus, Auctor omnium
    in hoc Paschali gaudio
    ab omni mortis impetu
    tuum defende populum

    Nous te demandons, auteur de toutes choses
    Dans cette joie pascale
    De tout assaut de mort
    Défends ton peuple.

    Gloria tibi Domine
    qui surrexisti a mortuis
    cum Patre et Sancto Spiritu
    in sempiterna sæcula. Amen.

    Gloire à toi Seigneur
    Qui es ressuscité des morts
    Avec le Père et le Saint-Esprit
    Dans les siècles éternels. Amen.

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  • L’échec de la PMA

    Alors que tout ce qui concerne la procréation médicalement assistée, quand il s’agit de culture de mort et de propagande homosexuelle, fait l’objet d’une publicité obsessionnelle, c’est dans la plus intime discrétion que l’Agence de Biomédecine publie ses statistiques sur le sujet, avec un grand retard, et en espérant que personne ne les verra.

    Ainsi viennent de paraître les statistiques de 2013. On apprend que dans les « centres d’AMP » il y a eu cette année-là 58.035 ponctions d’ovocytes. Que 8,7 ovocytes sont obtenus par ponction, et 4,5 embryons en sont issus. De là, 1,7 embryon en moyenne est transféré. Au final, le « taux d’accouchement issus d’embryons frais » est de 19,7%, et le « taux d’accouchement issus d’embryons congelés » de 14,4%.

    Quant aux « laboratoires d’insémination », ils ont réalisés 50.324 inséminations artificielles en 2013, et le taux d’accouchement moyen est de 10,6%.

    Ce qui fait un taux d’échec respectif de 80,3%, 85,6%, 89,4%... A partir des embryons transplantés. Sans évoquer les embryons « éliminés » qui sont près de trois fois plus nombreux.

    En dehors même du massacre permanent que cela représente, Gènéthique pose la question : comment les autorités sanitaires peuvent-elles admettre une technique comportant un taux global aussi élevé d’insuccès et de pertes ?

  • Le temps et l’espace

    J’ai été trop elliptique l’autre jour sur le temps et l’espace. Je vais essayer d’expliquer ou plutôt de suggérer, avec les mots infirmes du langage rationnel, ce que je comprends dans la phrase de Gurnemanz à Parsifal : « Ici le temps devient espace. »

    Il me semble que c’est une expérience mystique banale, qui correspond aussi à une expérience simplement esthétique, et aussi aux expériences dites de mort imminente.

    Dans une extase, ou devant une œuvre d’art particulièrement prenante, le temps paraît s’arrêter, alors que s’ouvre un espace nouveau, vaste, lumineux, heureux. Le temps compté et mesquin du quotidien est comme aboli au profit d’un espace illimité de pleine liberté. Un espace « intérieur », certes, comme on peut l’expérimenter dans la prière, dans la liturgie, mais qui peut se révéler comme un espace très réel quoique non soumis aux lois de ce monde (le « troisième ciel », par exemple).

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  • Saint Justin

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    Moi-même, lorsque j'étais disciple de Platon, entendant les accusations portées contre les chrétiens et les voyant intrépides en face de la mort et de ce que les hommes redoutent, je me disais qu'il était impossible qu'ils vécussent dans le mal et dans l'amour des plaisirs. Quel homme adonné au plaisir et à la débauche, aimant à se repaître de la chair humaine, pourrait courir au-devant de la mort et supporter la privation de ses biens ? Ne chercherait-il pas à tout prix à jouir toujours de la vie présente, à se soustraire aux magistrats, bien loin de s'exposer à la mort en se dénonçant lui-même ? Voici ce qu'ont fait les hommes impies, à l'instigation des démons. Ils ont condamné à mort plusieurs des nôtres, sur ces calomnies répandues contre nous ; ils ont mis à la question nos serviteurs, des enfants, de faibles femmes, et par des tortures effroyables ils les ont forcés à nous imputer ces crimes fameux, qu'ils commettent eux-mêmes ouvertement. Que nous importe, puisque nous sommes innocents? Le Dieu non engendré et ineffable est témoin de nos pensées et de nos actions. Pourquoi en effet ne pas confesser en public que tout cela est bien ? Pourquoi ne pas dire que c'est là une philosophie divine; que nous célébrons par l'homicide les mystères de Kronos; que, quand nous nous abreuvons de sang, comme on dit, nous faisons comme l'idole que vous honorez, qui est arrosée non seulement du sang des animaux, mais de sang humain, quand vous offrez, par les mains du plus illustre et du plus noble d'entre vous, une libation du sang des hommes tués; que nous imitons Zeus et les autres dieux en nous livrant sans retenue à des crimes contre nature et à l'adultère? Pourquoi ne pas chercher notre justification dans les écrits d'Épicure et des poètes ? Nous cherchons au contraire à inspirer l'horreur de ces choses, nous apprenons à fuir ceux qui les pratiquent et leurs imitateurs, et c'est encore ce que nous nous efforçons de faire, dans ce discours, et c'est pour cela qu'on nous poursuit de tous côtés. Peu nous importe ; nous savons que le Dieu juste voit tout. Plût au ciel que encore maintenant, du haut d'une tribune on entendît retentir ces tragiques paroles : « Rougissez, rougissez de charger des innocents de vos propres crimes, d'imputer vos fautes, les vôtres et celles de vos dieux, à des hommes qui n'y ont pas la moindre part. Repentez-vous et changez de conduite. »

    Voyant donc que, pour détourner les autres hommes, les mauvais démons jetaient ainsi le discrédit sur la doctrine divine des chrétiens, je me moquai et des mensonges et des calomnies et de l'opinion de la multitude. Je suis chrétien, je m'en fais gloire, et, je l'avoue, tout mon désir est de le paraître. Ce n'est pas que la doctrine de Platon soit étrangère à celle du Christ, mais elle ne lui est pas en tout semblable, non plus que celle des autres, Stoïciens, poètes ou écrivains. Chacun d'eux en effet a vu du Verbe divin disséminé dans le monde ce qui était en rapport avec sa nature, et a pu exprimer ainsi une vérité partielle ; mais en se contredisant eux-mêmes dans les points essentiels, ils montrent qu'ils n'ont pas une science supérieure et une connaissance irréfutable. Tout ce qu'ils ont enseigné de bon nous appartient, à nous chrétiens. Car après Dieu nous adorons et nous aimons le Verbe né du Dieu non engendré et ineffable, puisqu’il s'est fait homme pour nous, afin de nous guérir de nos maux en y prenant part. Les écrivains ont pu voir indistinctement la vérité, grâce à la semence du Verbe qui a été déposée en eux. Mais autre chose est de posséder une semence et une ressemblance proportionnée à ses facultés, autre chose l'objet même dont la participation et l'imitation procède de la grâce qui vient de lui.

    Saint Justin, Apologie au Sénat romain, XII-XIII, traduction Louis Pautigny

  • Historique !

    Abou Dabi a battu le Qatar. Ainsi l’équipe de football du Qatar basée en France (alias « PSG ») n’est donc pas invincible. Elle s’est fait battre hier par l’équipe d’Abou Dabi basée en Angleterre (alias « Manchester City »).

    Pour que ce choc du foot français contre le foot anglais soit un peu plus parlant, voici les portraits du propriétaire du PSG, le cheikh Tamim Bin Hamad al-Thani, émir du Qatar, et de son président, Nasser Ghanim Al-Khelaïfi (président de Qatar Sports Investment) :

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    Et les portraits du propriétaire de Manchester City, Abdul Kareem Sulaiman Al-Mohammad Fahim (représentant de Abu Dhabi United Group, et siégeant en tant que tel au conseil municipal de Manchester), et de son président Khaldoon Khalifa Al Mubarak, qui est aussi, notamment, membre de Abu Dhabi United Group et membre du conseil exécutif de l’émirat d’Abou Dabi (et aussi vice-président du Forum économique mondial…) :

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  • Toujours la Pologne…

    Le Parlement européen a adopté, par 513 voix contre 142 et 30 abstentions, une résolution par laquelle les députés « estiment que les mesures prises par le gouvernement polonais et le Président de la République de Pologne ont conduit à la paralysie effective du Tribunal constitutionnel, ce qui constitue un danger pour la démocratie, les droits de l'homme et la primauté du droit », et « demandent instamment aux autorités polonaises de publier et de mettre en œuvre sans plus tarder les décisions du Tribunal constitutionnel en conformité avec les recommandations de la Commission de Venise du Conseil de l'Europe ».

    Si le gouvernement polonais n’obtempère pas, ils « demandent à la Commission européenne d'activer la deuxième étape de la procédure dans le "cadre pour faire face aux menaces systémiques à l'état de droit", lancée le 13 janvier ».

  • Radicalisé…

    Au Parlement européen, le groupe ECR (composé essentiellement des conservateurs britanniques et polonais) a exclu de ses rangs le député allemand de l’AfD Marcus Pretzell.

    Le mois dernier, le groupe avait demandé aux deux députés de l’AfD de démissionner, faute de quoi ils seraient exclus.

    Le 8 avril, Beatrix Von Storch a quitté le groupe ECR pour s’affilier au groupe ELDD (Ukip et Ligue du Nord).

    Le 12 (hier), le groupe ECR a adopté une motion d’exclusion de Marcus Pretzell.

    Cette exclusion est due à la « tendance » de l’AfD « à se radicaliser » ces derniers mois.

    Hier également, le Parlement de Saxe-Anhalt a tenu sa première réunion depuis les élections qui ont vu l'AfD devenir le deuxième parti du Land...

  • Sinistre première à Aceh

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    Dans la province indonésienne d’Aceh, une chrétienne de 60 ans a été fouettée en public (de 30 coups de fouet) pour avoir « vendu de l’alcool ».

    C’est la première fois qu’une telle peine est prononcée et appliquée depuis que la charia (qui a force de loi à Aceh depuis 2005) a été étendue aux non-musulmans l’an dernier pour certaines infractions au Coran.

    On remarque la gourmandise avec laquelle les musulmans filment la scène.

  • Au Pakistan

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    Cinq jeunes capucins pakistanais ont reçu le 8 avril l’ordination sacerdotale des mains de Mgr Sebastian Shaw, en la cathédrale du Sacré-Cœur de Lahore. Ils s'appellent Lazar Aslam, Adnan Kashif, Azam Siddique, Almas Yousaf et Adeel Mazhar.

    Le même jour, deux autres jeunes religieux étaient ordonnés prêtres en la cathédrale du Saint-Rédempteur de Multan.

  • Le feu rouge et le policier

    Le meilleur commentaire de Amoris laetitia (et de l’idéologie de François en général... et au quotidien), c’est ici. Simple, bref, implacable.

  • Saint Herménégilde

    En ce temps-là, Jésus dit à la foule : Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple…

    L’évangile est celui de la messe Statuit : Si quis venit, justement pour mettre en relief les circonstances spéciales du martyre d’Herménégilde qui, pour défendre la foi catholique, n’hésita pas à prendre les armes contre son propre père qui était arien. Finalement il succomba, victime de la perfidie de son père ; mais, monté au ciel, il lui obtint de se convertir au moment de sa mort, et, avec le salut de l’âme du vieux roi. Dieu lui accorda aussi le retour de toute la nation visigothe à la foi catholique.

    Si l’on juge héroïque l’acte du moine qui abandonne ses parents et sa famille et court se réfugier dans la paix du cloître, que devra-t-on dire de la vertu de ce jeune prince qui, pour défendre la foi de Nicée et son peuple tyrannisé, va jusqu’à prendre les armes contre son père hérétique ? La charité de Dieu devait vraiment être parfaite dans son cœur, puisqu’elle lui fit mépriser jusqu’aux sentiments les plus doux de la nature, par zèle pour l’honneur dû à la divinité du Sauveur.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Le rayon de la miséricorde

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    Le Père Dwight Longenecker, bien connu de la toile catholique anglophone (un site et deux blogs), a d’abord publié sur l’un de ses blogs des photos (c'est lui sur la troisième) de ce qui s’est passé lors d’un pèlerinage de la Divine Miséricorde qu’il organisait, le dimanche du même nom, à Greenville, en Caroline du Sud.

    Or plusieurs photos montrent un rayon de lumière qui vient du ciel frapper la représentation du Christ de la Divine miséricorde, et même, dans l’une d’elles, son cœur.

    Le ciel, dit le P. Longenecker, était parfaitement bleu. Il n’y avait aucun nuage qui pût expliquer le phénomène. Un photographe a expliqué que c’était un phénomène de réfraction dû à la lentille de l’appareil, mais un autre photographe lui a certifié que c’était impossible.

    Après avoir évoqué le phénomène sur son blog Patheos, le P. Longenecker a écrit, sur le même sujet, un bien joli billet dans Aleteia, auquel je renvoie ceux qui lisent l’anglais (courant).

  • Au Pakistan

    Agent immobilier près de Sheikhupura dans le Pendjab, le chrétien Nazir Masih, père de famille handicapé d’un bras, recevait le 5 avril dernier trois acheteurs musulmans d’une parcelle de terre. Les parties s’étaient mises d’accord et il ne restait qu’à verser le solde de 250.000 roupies (2.100 €). Mais les musulmans refusèrent, voulant la propriété du terrain sans avoir à débourser davantage. Le ton monta. Les musulmans partirent furieux. Quelques heures plus tard, ils retrouvèrent Nazir Masih dans un champ et le battirent, puis ils l’égorgèrent et lui lacèrent tout le corps et le visage. Comme ils scandaient Allahou Akbar des gens vinrent voir ce qui se passait. Ils dirent qu’ils avaient « achevé l’infidèle », en lançant leurs couteaux en l’air.

    Un fils de Nazir Masih a porté plainte. On connaît les noms des trois meurtriers. Ils n’ont toujours pas été arrêtés.

  • Un nouveau diocèse en Inde

    Le pape a érigé hier le nouveau diocèse de Rayagada, en Inde, dans l’Etat d’Odisha (ex-Orissa), par démembrement du diocèse de Berhampur. Le nouveau diocèse couvre les six districts du sud-ouest de l’Etat. Le premier évêque est le Père Aplinar Senapati, de la Congrégation de la Mission, jusqu’ici curé de paroisse et directeur d’une école.

    Il n’y a guère que 50.500 catholiques sur ce territoire (pour 5,4 millions d’habitants). Mais il y a 49 prêtres, dont 35 diocésains, pour 23 paroisses.

  • A propos de la communion…

    Le site New Liturgical Movement fait remarquer que, si la réforme liturgique avait notamment pour but de permettre aux fidèles d’entendre davantage de textes bibliques au cours des messes sur trois ans, les versets 27-29 du chapitre 11 de la première épître de saint Paul aux Corinthiens ne sont jamais lus, alors qu’on les trouve trois fois dans l’année dans la « forme extraordinaire ».

    Que disent ces versets ?

    C'est pourquoi quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que l'homme s'éprouve donc lui-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice. Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur.

  • Là aussi, ça suffit…

    Du côté des catholiques qui veulent à tout prix sauver François, on martèle, avec une très insolite insistance, que Amoris laetitia doit être lue à la lumière de la tradition, du magistère constant, etc.

    Puisque c’est une parfaite évidence que tout document romain doit être lu ainsi, c’est l’aveu désespéré que celui-là ne peut pas l’être…

    Et alors on ajoute, avec la même insolite insistance, que ce n’est pas un document du magistère.

    Tiens donc. Voilà qui est nouveau. Une exhortation apostolique qui ne serait pas un document du magistère. C’est absurde. Une exhortation apostolique est bien évidemment un acte du magistère.

    Ou alors, il faut préciser que ce n’est pas un acte du magistère extraordinaire. Mais ce serait laisser entendre qu’il n’est pas conforme au magistère constant…

    Toutes ces contorsions sont aussi jésuitiques que l’auteur du texte. Indignes de l’Evangile, de saint Pierre et de saint Paul.

    N.B. Et si une exhortation apostolique ne fait pas partie du magistère, il est bien évident qu'il est illégitime de s'appuyer sur Familiaris consortio pour s'opposer à Kasper et Cie ou pour "interpréter" Amoris Laetitia...

  • Chorus novæ Hierusalem

    En ce jour, dans son Année liturgique, dom Guéranger donne cette hymne de Fulbert de Chartres que l’on trouvait dans l’ancienne liturgie « romaine-française ».

    Chorus novæ Hierusalem
    Novam mellis dulcedinem
    Promat, colens cum sobriis
    Paschale festum gaudiis.

    Chœurs de la Jérusalem nouvelle, célébrez la douceur du miel nouveau ; livrez-vous aux joies innocentes, en cette solennité pascale.

    Quo Christus, invictus leo,
    Dracone surgens obruto,
    Dum voce viva personat,
    A morte functos excitat.

    Aujourd'hui, le Christ, lion invincible, foule le dragon et se lève du tombeau : sa voix éclatante retentit ; elle appelle les morts à la vie.

    Quam devorarat improbus
    Prædam refudit tartarus:
    Captivitate libera
    Jesum sequuntur agmina.

    Le perfide tartare rend la proie qu'il avait dévorée; une foule affranchie de la captivité suit Jésus montant vers la lumière.

    Triumphat ille splendide,
    Et dignus amplitudine,
    Soli polique patriam
    Unam facit rempublicam.

    Son triomphe est splendide; il est digne du triomphateur qui, unissant le ciel et la terre, en fait un seul et même empire.

    Ipsum canendo supplices,
    Regem precemur milites,
    Ut in suo clarissimo
    Nos ordinet palatio.

    Nous, ses soldats, célébrons notre Roi ; prions-le humblement de nous donner place en sa cour magnifique.

    Per sæcla metæ nescia
    Patri supremo gloria,
    Honorque sit cum Filio
    Et Spiritu Paraclito. Amen.

    Au Père suprême soit la gloire ! honneur au Fils ! honneur à l'Esprit Paraclet, dans les siècles sans fin ! Amen.

  • En Norvège

    Le synode de l’« Eglise de Norvège » (qui n’est plus Eglise d’Etat depuis 2012) a décidé par 88 voix sur 115 de permettre le « mariage religieux » des homosexuels et de créer une liturgie ad hoc.

    La Norvège rejoint ainsi le Danemark et la Suède (où « l’évêque » de Stockholm est une femme « mariée » à une femme « prêtre »…).

    Ces « Eglises » sont devenues des coquilles vides, dont les rites n’ont qu’une signification sociale. On y croit ce qu’on veut, et le plus souvent on n’y croit plus en rien d’autre qu’au politiquement correct.

  • Leur mépris

    Le site européiste EUobserver publie aujourd’hui une « Opinion » de Ramses A. Wessel et Adam Lazowski, intitulée « La farce néerlandaise sur l’Ukraine : y a-t-il une issue ? ». L’article commence par en rajouter une couche : « La farce du vote néerlandais sur l’Ukraine pourrait devenir un drame géopolitique. Donc, quelles issues pour les Pays-Bas, l’UE, et l’Ukraine ? »

    Ramses A. Wessel et Adam Lazowski sont deux professeurs de droit européen, l’un aux Pays-Bas, l’autre à Londres. On mesure ici le mépris de ces pontes européens pour les peuples. Et la haine de ces gens qui n’ont que la démocratie à la bouche pour la vraie démocratie.

    Que des citoyens aient obtenu légalement un référendum est une farce. Que des citoyens aient démocratiquement voté de façon non conforme aux diktats européistes pourrait tourner au drame…

    Le pire est que ces gens-là, si satisfaits d’eux-mêmes dans leurs niches eurocratiques, ne se rendent même pas compte de leur ignominie.

  • Regrets

    Plutôt que de lire le texte de François sur la famille, j’ai passé ces derniers jours… en famille.

    J’ai le regret de devoir décevoir quelques-uns de mes plus fidèles lecteurs : je n’ai pas lu, et je ne lirai pas, ce texte. Donc je ne le commenterai pas.

    J’ai regretté d’avoir lu les fatras intitulés Evangelii Gaudium et Laudato si, ce n’est pas pour continuer avec Amoris laetitia. Sufficit. On sait qui est ce pape.

    Ayant quand même regardé le début, je ne suis pas allé plus loin que cela, sur la première page :

    En rappelant que « le temps est supérieur à l’espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit nous conduise à vérité entière (cf. Jn 16, 13), c’est-à-dire, lorsqu’il nous introduira parfaitement dans le mystère du Christ et que nous pourrons tout voir à travers son regard. En outre, dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux. Car « les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général […] a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué ».

    Cela commence par un des fameux faux « principes » de François*, puis ça cause de praxis et d’inculturation, et l’on poursuit par un hyper-jésuitisme que même Pascal n’aurait pas pu imaginer. Enfoncées, les Provinciales. C’est désormais le pire jésuitisme le plus caricatural érigé en dogme.

    Jetant un œil sur les réactions, je vois que chacun voit dans ce texte ce qu’il veut. Tout et le contraire de tout. Quelle déchéance.

    C’est aujourd’hui la fête de saint Léon le Grand. Dont les homélies sont à l’opposé du discours de François. Saint Léon, c’est une absolue précision de la pensée dans une absolue perfection du style, au service du dogme mis en pleine lumière. Plutôt que de s’enfoncer dans les miasmes bergogliens, lisons ou relisons saint Léon. Par exemple son premier sermon de l’Ascension, où il évoque ces jours que nous vivons liturgiquement.

    * « Le temps est supérieur à l’espace » est le premier des quatre « principes » de François exposés dans Evangelii Gaudium. Il est évidemment faux sur le plan spirituel. C’est Wagner qui a raison quand il fait dire à Gurnemanz dans Parsifal : « Ici le temps devient espace. » Nous sommes enchaînés par le temps alors que l’espace est libération, ouverture. Dans le monde de la régénération, il n’y a plus de temps, il n’y a plus qu’espace.

  • Saint Léon le Grand

    Pontife bienheureux * que fit briller l'onction du sacerdoce, * tu as resplendi sous l'éclat de tes vertus.
    Ayant pressé ton esprit * comme grappe mûre, tu as offert * à tous l'allègre coupe de ta sagesse.
    De Pierre le coryphée * tu es devenu, sur son trône, l'héritier, * toi qui avais son esprit et son zèle pour la foi.
    Par la splendeur de ta doctrine tu dissipas * les sombres ténèbres de l'hérésie, * Pontife du Seigneur, divinement inspiré.

    T'empressant d'apporter à l'Eglise du Christ * la stèle de l'orthodoxie, très-sage Léon, * tu l'as relevée; car, en sa possession, * elle a fait disparaître * les phalanges et les assemblées des hérétiques impies.
    Comblé de la grâce céleste de Dieu, * tu as défendu les enseignements de l'Eglise, * Père illustre, bienheureux Léon, * car tu t'es opposé * à tous les bavardages des hérétiques impies.
    Illuminé par la plus brillante clarté, * tu as clairement exposé * l'ineffable et divine incarnation, * parlant de double nature * et de double énergie dans le Verbe incarné.

    Comme un lion, en vérité, * Bienheureux, tu as chassé * les renards qui prêchaient la confusion * et tu inspiras de la crainte aux impies * par ton rugissement royal.
    Sous le jet de tes enseignements * tu as couvert jusqu'aux traces * des hérésies combattant la divinité, * et tu fis sortir de sa cachette la vérité, * vénérable Père et Pontife sacré.
    De l'occident tu t'es levé * comme l'aurore, Trois-fois-heureux, * émettant pour l'Eglise, comme des rayons, * l'éventail de tes enseignements * pour répandre sur nos âmes la clarté.

    Tu as été le héraut * de la double énergie du Christ Sauveur; * car tu as affirmé * que chacune de ses deux natures * agit en communion avec l'autre, * bienheureux Pontife aux-divines-pensées.
    Tu as reconnu que le Verbe * est égal à son Père en fait de puissance: * tu as cru qu'il s'est incarné * et déclaré qu'il agit selon les particularités de la chair, * sans confondre les deux natures et sans qu'elles subissent de changement.

    Le successeur de saint Pierre * ayant hérité non seulement son trône, * mais encore son zèle ardent, * produit, par divine inspiration, * le tome qui devait bouleverser * les hérésies soutenant le mélange et la confusion.
    Serviteur des mystères ineffables, * tu as prêché, par divine inspiration, * que le Fils unique, le Christ et Seigneur * est né du Père avant les siècles, * que pour nous il fut enfanté par la Vierge * et que, dépassant la nature, il nous est devenu consubstantiel.

    Tu n'as pas donné de sommeil à tes yeux * que tu n'aies totalement déraciné * l'erreur du fol Eutychès, * en t'écriant: Seigneur notre Dieu, * tu es béni dans les siècles.
    Ayant enseigné que le Christ notre Dieu * est une seule personne en deux natures, * en deux énergies et volontés, * tu chantes désormais: Tu es béni, * Seigneur Dieu, dans les siècles.

    Resplendissant comme un soleil, * tu t'es levé de l'occident, * merveille étonnante, en vérité, * pour assécher, Pontife saint, * le mélange et la confusion d'Eutychès * et retrancher la division de Nestorius, * car tu enseignas à adorer le Christ comme unique en deux natures, * sans division ni changement ni confusion.
    Poussé par Dieu, tu as inscrit * les enseignements de la foi * comme sur les tables divinement gravées, * tel un second Moïse apparaissant * au peuple chrétien et à l'assemblée des saints Docteurs * en t'écriant: Bénissez, * et vous, prêtres, célébrez, * peuple, exalte le Christ dans les siècles.
    Comme incarné tu reconnus * celui qui est tout d'abord incorporel, * le Verbe du Père, l'unique Fils coéternel, * comme soumis au temps l'Intemporel, * et tu enseignas qu'est circonscrit dans un corps * celui qui ne connaît pas de limites, comme Dieu créateur, * en t'écriant: Vous les prêtres, bénissez, * peuple, exalte le Christ dans les siècles.

    Désormais tu rayonnes, Pontife du Christ, * paré de la couronne de splendeur * et revêtu de justice, comme Prêtre fidèle, en vérité; * dans le Paradis de délices où tu exultes, Bienheureux, * sans cesse prie le Maître pour les brebis de ton bercail.
    Là où les Patriarches maintenant * siègent sur des trônes selon leur rang, * illustre Léon, tu as mérité de demeurer * en véritable patriarche, resplendissant de grâce et de foi; * c'est pourquoi tous ensemble et sans cesse nous te disons bienheureux.
    Te soustrayant aux remous de cette vie, * tu as rejoint le Christ, excellent pontife Léon, * pour jouir du repos en un lieu de fraîcheur, * là où se trouvent les torrents de délices, la lumière sans soir, * l'ineffable allégresse et l'éternelle jubilation.

    Liturgie byzantine, odes des matines

  • Deuxième dimanche après Pâques

    Répons des matines :

    ℟. Surréxit pastor bonus, qui ánimam suam pósuit pro óvibus suis, et pro grege suo mori dignátus est : * Allelúia, allelúia, allelúia. ℣. Etenim Pascha nostrum immolátus est Christus. * Allelúia, allelúia, allelúia. Glória Patri et Filio et Spiritui Sancto, * Allelúia, allelúia, allelúia.

    ℟. Il est ressuscité, le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, et qui a daigné mourir pour son troupeau : * Alléluia, alléluia, alléluia. ℣. Car notre Pâque, le Christ, a été immolé. Alléluia. * Alléluia, alléluia, alléluia. Gloire au Père au Fils et au Saint-Esprit, * Alléluia, alléluia, alléluia.

    Sur le bon Pasteur, voir ici, et .

    bon-pasteur-1.jpg

    (Monastère de Kykkos, Chypre)