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Le blog d'Yves Daoudal - Page 8

  • Deux points ouvrez les guillemets

    La prophétie d’Isaïe 40, 3 est célèbre parce qu’elle est reprise dans les quatre évangiles, soit pour évoquer saint Jean Baptiste, soit mise dans la bouche même du Précurseur (par l’évangéliste saint Jean), et parce qu'elle se trouve aux laudes de tous les jours de l'Avent :

    Voix de celui qui crie dans le désert : « Préparez la voie du Seigneur… »

    En fait c’est tout le chapitre qui est une claire prophétie christique, puisqu’il annonce la consolation par la rémission des péchés, et la venue du Seigneur dans la puissance mais comme un pasteur qui va paître son troupeau, rassembler ses agneaux et les mettre dans son sein, et porter les brebis pleines.

    La Bible de Jérusalem dit :

    Une voix crie : « Dans le désert, frayez le chemin de Yahvé… »

    De nombreuses autres Bibles modernes (pas toutes, cependant) adoptent cette ponctuation. Parce que c’est celle de la Bible massorétique, stupidement considérée comme le « texte original ».

    La Bible de Jérusalem met une note pour dire que « les évangélistes (…), citant ce texte d’après les LXX (…), l’ont appliqué à Jean-Baptiste annonçant la venue prochaine du Messie ». Toujours cette distanciation, perpétuelle : c’est pas nous, c’est les évangélistes, nous on ne prend pas parti…

    Mais ce n’est pas seulement le texte des Septante. Lorsque saint Jérôme a effectué sa propre traduction (d’après un authentique original, comme l’avaient fait les Septante), il a lui aussi traduit de la même façon : Vox clamantis in deserto : Parate viam Domini.

    C’est un des nombreux exemples où la Bible juive cherche à amoindrir, à estomper, les prophéties christiques, ici à l’aide de la ponctuation.

    La « voix de celui qui crie dans le désert », cela renvoie immédiatement à Jean Baptiste, parce qu’il est la voix qui annonce le Verbe, et qu’il vit dans le désert, ce que soulignait Jésus dans l’évangile de dimanche dernier : « Qu’êtes-vous allé voir dans le désert ? »

    Mais si c’est une voix qui crie qu’il faut préparer le chemin de Dieu dans le désert, ce n’est plus du tout aussi évident.

    Or dans les vrais textes originaux (que nous n’avons pas) il n’y avait pas de ponctuation. La ponctuation qui s’impose naturellement est celle des Septante et de saint Jérôme, ou plutôt celle qu’on a traditionnellement et naturellement et unanimement ajoutée, puisqu’il n’y avait pas non plus de ponctuation dans les manuscrits grecs et latins.

    Non seulement la ponctuation massorétique découpe le texte de façon non naturelle, mais en outre elle met « deux points ouvrez les guillemets » au beau milieu de l’expression qui est devenue en hébreu celle qui veut dire « prêcher dans le désert ». Ce qui souligne encore le côté artificiel de l’entreprise. Artificiel, et surtout antichrétien. Et repris benoîtement par des Bibles « catholiques »…

  • Lourdes

    Au hasard de mes recherches je tombe sur l’allocution de saint Jean-Paul II à la grotte de Massabielle le 14 août 1983, avec ce beau paragraphe :

    Il me semble qu’il y a une grâce particulière à Lourdes. Le message est sobre et clair mais fondamental. Il a été transmis d’une façon spécialement forte, pure et transparente, par une adolescente à l’âme limpide et courageuse. Les signes sont simples: le vent qui évoque l’Esprit de la Pentecôte, l’eau de la purification et de la vie, la lumière, le signe de la croix, la prière du rosaire. Dès le début, les chrétiens sont invités à y venir en foule, en Eglise. Et de fait, c’est comme si, ici, le respect humain et toutes les réticences - qui trop souvent bloquent la conversion et l’expression religieuse - étaient naturellement surmontés. Ici, on prie, on aime prier, on aime se réconcilier avec Dieu, on aime vénérer l’Eucharistie, on fait une place d’honneur aux pauvres, aux malades. C’est un lieu exceptionnel de grâces. Dieu soit loué.

     

  • Montes Israel

    . Montes Israel, ramos vestros expandite, et florete, et fructus facite: * Prope est ut veniat dies Domini.
    .Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum: aperiatur terra, et germinet Salvatorem.
    . Prope est ut veniat dies Domini.

    Montagnes d’Israël, étendez vos rameaux, et fleurissez, et produisez des fruits : le jour du Seigneur est près de venir. Cieux, versez votre rosée d’en haut, et que les nuées pleuvent le Juste ; que la terre s’ouvre et qu’elle germe le Sauveur. 

    Répons des matines, inspiré d’Ezéchiel 36, 8 et d’Isaïe 45, 8.

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    Antiphonaire cistercien de l’abbaye de Salzinnes, Namur, 1555 (se trouve à l’université Sainte-Marie de Halifax, Canada).

  • Une preuve que la police manipule les chiffres

    Le déplacement de Bernard Cazeneuve à Créteil pour faire de la lutte contre l’antisémitisme une « cause nationale » apporte une preuve évidente que la police manipule le nombre des manifestants, ou, pour dire les choses plus clairement, donne le nombre que le gouvernement lui ordonne de publier.

    Le premier chiffre qui fut donné, de participation au rassemblement de Créteil, fut celui de BFMTV : « une centaine de personnes », ce qui correspondait de fait à ce qu’on voyait sur les images pendant le discours du ministre.

    France TV Info parla ensuite de « 300 personnes ». Et l’AFP de « plusieurs centaines ».

    L’information officielle arriva alors : « un millier de personnes selon la police ».

    Comme pour la Manif pour tous, mais à l’envers…

    (Pour mémoire, on notera que Le Monde s’est donné le ridicule d’annoncer 1.600 personnes…)

  • Vraiment ?

    Réagissant à « l’agression antisémite de Créteil », Manuel Valls s’est étonné qu’il n’y ait « pas plus de mobilisation » et a lancé : « On manque d’indignation dans notre société ».

    Ah bon ? C’est vrai ? Maintenant on a le droit de s’indigner d’agissements criminels de musulmans noirs et arabes ?

    Eh bien il fallait le dire clairement ! Parce que jusqu’ici c’était du racisme, non ?

    Ou bien on n'a le droit que lorsque les victimes sont israélites?

  • Pour la famille

    Quelque 200 dirigeants politiques, sociaux, scientifiques, intellectuels… de 39 pays ont présenté au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon un manifeste demandant d’intégrer dans les « Objectifs du millénaire » de l’ONU le renforcement et la protection de la famille naturelle, composée d’un père, d’une mère et de leurs enfants.

    Il est à remarquer que parmi les principaux signataires  il y a quatre ministres, dont… trois Hongrois (le quatrième étant un ministre régional de Castille).

  • Quand François retourne à La Nacion

    C’est semble-t-il la troisième interview du pape dans le grand quotidien argentin.

    Le titre reproduit une phrase de François dans cette interview :

    « Dieu a mis en moi une bonne dose d’inconscience. »

    Sic. Ce qui, assurément, relativise tout le reste.

    Un moment il ne craint pas d’affirmer :

    « Voyez, j’ai écrit une encyclique, bien vrai, c’était un gros travail. »

    Un gros travail, assurément, de signer l’encyclique à l’évidence pensée et manifestement rédigée par son prédécesseur.

    Cette affirmation est une partie de sa réponse à cette question :

    « Est-ce que vous pensez que certains secteurs (de l’Eglise) sont désorientés, pourquoi disent-ils que le navire est sans gouvernail, particulièrement après le dernier synode extraordinaire ? »

    Et François répond d’abord : « Ces expressions me paraissent bizarres. Je n’ai pas connaissance que quiconque les utilise. » Alors qu’il sait parfaitement qu’elle est du cardinal Burke.

    Il lui arrive aussi de faire les questions et les réponses, comme ici à propos des évêques et cardinaux qui ne sont pas sur la ligne Kasper :

    « Vous pourriez me demander : “Est-ce qu’il y en a qui sont complètement obstinés et ne bougeront pas de leurs positions ?”. Oui, il y en a sûrement. Mais ce n’est pas mon problème. L’affaire est de prier le Saint-Esprit pour les convertir. »

    Car, comme le martèle François, c’est le Saint-Esprit qui agit au synode, et qui veut que l’Eglise aille de l’avant… dans la ligne Kasper.

    « Je n’ai pas peur parce que c’est la voie que Dieu nous demande de suivre. Plus encore, le pape en est le garant ultime, le pape est là pour s’occuper du processus. Nous devons aller de l’avant. »

    A propos du paragraphe du rapport d’étape du synode sur les homosexuels, il ose affirmer :

    « Le synode s’est occupé des familles et des personnes homosexuelles en relation avec leurs familles. Nous devons trouver un chemin pour aider ce père ou cette mère auprès  de leur fils ou fille. C’est cela qu’a fait le synode. C’est pourquoi quelqu’un (sic) a mentionné les facteurs positifs dans le premier projet. »

    Mais ce n’est pas vrai. Le rapport d’étape ne parlait pas du tout de l’homosexuel vis à vis de sa famille. Il parlait exclusivement des dons et qualités que les homosexuels ont à offrir à l’Eglise, de leur orientation sexuelle qui doit être « appréciée » par « nos communautés ». François confond avec l’intervention proprement scandaleuse d’un couple (le troisième dont il est question ici), qu’il a trouvé tellement bonne qu’il en a oublié le texte du rapport… (Addendum: il pense en fait au prochain synode.)

    Le blog de Jeanne Smits, NewsVA, La Nacion 1 (en), La Nacion 2 (en)

  • L’Immaculée Conception

    « Chantons tous une hymne de victoire pour les merveilles de notre Dieu qui de son bras puissant a sauvé Israël en se couvrant de gloire. »

    Anne, en ce jour nous célébrons ta Conception, car, délivrée des liens de la stérilité, tu as conçu la Vierge, offrant un abri à celui que nul espace ne contient.

    Exauçant la prière de tes justes aïeux, Seigneur, tu accomplis ce que te demandaient tes saints ancêtres et leur as accordé comme fruit de leurs entrailles ta Mère immaculée.

    Anne dans sa gloire maintenant conçoit puis enfantera la Vierge pure qui, à son tour, en la chair doit concevoir et enfanter le Seigneur incorporel, le Christ, suprême bonté.

    La montagne sainte que d'avance en l'Esprit le Prophète a vue et dont s'est détachée une pierre pour briser les temples des faux dieux par divine puissance, c'est toi, ô Vierge immaculée.

    « Dans l'abîme jadis fut culbutée par la puissance invincible toute l'armée de Pharaon, et maintenant le Verbe fait chair a supprimé le poids de nos péchés, le Seigneur que nous glorifions, car il s'est couvert de gloire. »

    La joie du monde en ce jour est annoncée, elle change en allégresse les douleurs maternelles : la stérilité de la nature désormais deviendra mère de beaucoup d'enfants, comblée par les œuvres de la grâce de Dieu.

    L'agréable palais qui recevra le Christ, le sublime ciel plus vaste que les cieux en ce jour commence d'exister comme effet d'une prière et comme résultat d'une promesse inébranlable à jamais.

    La pourpre du Christ en ce jour est annoncée : toute pure, elle est tissée dans un sein stérile ; c'est d'elle que le Roi de la création viendra au monde en toute sa splendeur, portant la nature des mortels.

    En toi, Dame souveraine, au plus haut point la nature humaine trouve sa joie et sa fierté, proclamant l'étrange merveille de ta pureté et, dans l'allégresse te chantant, te glorifie, Epouse de Dieu.

    Liturgie byzantine, canon des matines, 1ère ode

    (NB. Dans le calendrier byzantin, la fête de "la Conception de sainte Anne mère de la Théotokos" est le 9 décembre)

  • Cæli enarrant gloriam Dei (ps. 18*) ou : Ad orientem

    Ce matin en disant l’office je voyais à l’horizon le noir de la nuit se transformer en une écharpe bleu foncé, qui s’éclaircit lentement, et peu à peu se mit en place un somptueux décor de nuages qui se colorait en rose et orangé sur le ciel devenu améthyste. Et cela au fil des antiennes des laudes : « Ecce in nubibus cæli… » Voici que dans les nuées du ciel le Seigneur viendra avec grande puissance, alléluia… Voici qu’il apparaîtra, le Seigneur, il ne nous trompera pas ; s’il prend son temps, attends-le, car il viendra et il ne tardera pas… Voici que notre Seigneur viendra avec puissance, et il illuminera les yeux de ses serviteurs, alléluia.

    Peu à peu la lumière se faisait plus vive, les couleurs s’éclaircissaient, le décor était de plus en plus triomphant, écrin de couleurs éclatantes et trône impérial, n’attendant plus que le Souverain, le Soleil de gloire.

    C’était l’heure de prime. Et à l’instant même où je dis l’antienne de prime :

    Ecce in nubibus cæli Dominus veniet cum potestate magna alleluia,

    à cet instant même le soleil parut. Et immédiatement, tout le décor fut balayé comme par un grand coup de pinceau instantané, il fut tout entier englouti dans la lumière, tout l’horizon fut embrasé et il n’y avait plus qu’une seule couleur, celle du cœur de la flamme.

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    * Psaume 18

    Cæli enárrant glóriam Dei * et ópera mánuum ejus annúntiat firmaméntum (…)
    In sole pósuit tabernáculum suum * et ipse tamquam sponsus procédens de thálamo suo
    Exsultávit ut gigas ad curréndam viam * a summo cælo egréssio ejus
    Et occúrsus ejus usque ad summum ejus * nec est qui se abscóndat a calóre ejus

    Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce les œuvres de ses mains. (…)
    Dans le soleil il a planté sa tente ; et il est lui-même comme un époux sortant de sa chambre nuptiale.
    Il a bondi comme un géant pour parcourir son chemin. Son départ est de l’extrémité du ciel,
    Et son arrivée à l’extrémité du ciel ; personne n’est à l’abri de sa chaleur.

  • Deuxième dimanche de l’Avent

    Dimanche dernier nous entendions mainte parole de pénitence et d’avertissement, nous entendions le grondement du tonnerre annonçant le retour du Seigneur pour juger le monde. Aujourd’hui nous entendons seulement des messages joyeux. Nous pouvons les résumer dans cette parole : voici venir le royaume de Dieu. Nous savons déjà ce qu’il faut entendre par ce mot. Le royaume de Dieu a sa manifestation extérieure dans l’Église, l’Épouse du Christ ; dans nos âmes, c’est la vie divine ; du point de vue du Christ, c’est son corps mystique. C’est ce royaume de Dieu que veut instaurer le Seigneur qui va venir. Aujourd’hui nous devons apprendre de nouveau à apprécier le grand bonheur de faire partie du royaume de Dieu. Ce dimanche est une fête du royaume de Dieu. La liturgie nous le montre d’abord dans le symbole de Jérusalem.

    Jérusalem. — Aujourd’hui, l’Église occidentale se rend à la messe à « Jérusalem ». L’église de station, « Sainte-Croix de Jérusalem » était considérée par les chrétiens de Rome comme leur Jérusalem.

    Que signifie pour nous Jérusalem ? Dans les fouilles des cités antiques, il n’est pas rare de découvrir un certain nombre de couches superposées. La ville a été détruite par la main des ennemis et sur ses fondements on en a bâti une nouvelle ; aujourd’hui les fouilles font apparaître ces couches différentes, on trouve pour ainsi dire des villes superposées. Notre Jérusalem présente trois ou même quatre de ces couches.

    Nous voyons d’abord apparaître la Jérusalem du pays de Judée, cette ville vénérable où le Seigneur Jésus a commencé sa mission de Rédempteur, où il a souffert, où il est mort. C’est la Jérusalem juive pour laquelle nous devons avoir un grand respect. Celui qui a le bonheur de faire un pèlerinage en Terre Sainte pénétrera avec un frisson dans cette ville.

    Pourtant cette Jérusalem est périmée. Sur ces fondements, une autre Jérusalem s’est bâtie : la Jérusalem des chrétiens qui est le royaume de Dieu sur la terre, la sainte Église. Cette Jérusalem est toujours debout, c’est elle que le divin Roi doit visiter à Noël. Nous comprenons maintenant pourquoi, dans cette semaine, on nous parlera tant de Jérusalem. Nous devons commencer dès maintenant nos préparatifs pour la visite du grand Roi. Nous devons orner cette Jérusalem et lui donner sa parure de fête. Nous devons mettre en état les chemins et les rues pour que le Sauveur puisse venir. Maintenant aussi, nous comprenons la parole du Précurseur : « Préparez les voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers, toute vallée sera comblée et toute montagne sera abaissée ». Quel message nous apporte donc, aujourd’hui, notre sainte Mère l’Église ? Le Seigneur vient dans la Jérusalem des chrétiens, dans l’Église.

    Mais cette ville a encore un troisième étage. Au-dessus de la seconde Jérusalem s’en élèvera une troisième, la Jérusalem céleste, quand les temps seront accomplis.

    L’Église pense déjà à cette Jérusalem dans ses chants. Dans l’Avent nous attendons aussi le Sauveur qui doit venir au dernier jour pour nous introduire tous dans la Jérusalem céleste.

    Enfin nous pouvons découvrir une quatrième Jérusalem, c’est notre âme. Le Roi veut aussi faire son entrée dans cette Jérusalem et c’est cette Jérusalem qu’il nous importe spécialement d’orner et de préparer — cela aussi est une tâche de l’Avent.

    Au point culminant du Cycle de Noël, à l’Épiphanie, l’Église nous annoncera le message de joie : « Illumine-toi Jérusalem, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » C’est là le but. Aujourd’hui, pour recevoir la visite du grand Roi, nous devons faire des préparatifs dans Jérusalem. C’est la tâche de cette semaine. L’Église dit dans son oraison : « Éveille nos cœurs pour préparer les voies à ton Fils unique, afin que nous puissions le servir avec un cœur purifié ». Nous devons préparer cette Jérusalem en lui donnant les ornements des jours de fête, nous devons construire des routes afin que l’Époux puisse venir. Au temps de l’empire romain, les empereurs aimaient à se rendre de ville en ville et à les visiter, on appelait ces visites : épiphanie ou parousie. C’était pour les villes honorées de cette visite un événement capital ; des mois entiers, on faisait des préparatifs, on construisait des rues... Faisons de même dans la Jérusalem de notre âme.

    Dom Pius Parsch

  • EU Women Caucus

    Le soir du 2 décembre dernier, Stefano Sannino, le représentant permanent de l’Italie auprès de l’Union européenne, recevait dans sa résidence privée de Bruxelles une brochette de femmes dans le but de lancer un nouveau lobby appelé « EU Women Caucus », quelque chose comme « l’assemblée des femmes de l’Union européenne ».

    Pourquoi l’Italie ? Parce que l’Italie veut laisser une trace de sa présidence de l’UE, qui se termine à la fin du mois et dont on n’a pas entendu parler…

    L’EU Women Caucus est la première organisation transversale interpartis et interinstitutions de toutes les institutions européennes pour la promotion des femmes dans des rôles dirigeants. Elle sera présente au Parlement européen, à la Commission européenne, mais aussi au Conseil de l’Europe et dans les représentations des Etats membres de l’UE.

    Son but est de « construire un réseau entre femmes en situation d’influence permettant de maintenir la recherche de femmes dirigeantes au même niveau qu’elle l’est dans les périodes électorales ».

    Et c’est urgent, car il n’y a que 9 femmes sur 28 à la Commission européenne, et le Parlement européen n’a augmenté son nombre de femmes que de 2% aux dernières élections. « A ce rythme-là, il faudra 50 ans pour arriver à l’équilibre de genre. »

    C’est ce qu’on peut lire dans un texte signé des six vice-présidents du EU Women Caucus. Désolé pour le masculin, mais de façon tout à fait étrange il se trouve que l’une des vice-présidentes est un homme. Et a priori il ne semble pas que ce communiste grec moustachu soit un transsexuel…

    L’homme donc est Dimitrios Papadimoulis, du parti grec d’extrême gauche SYRIZA. Il est là comme vice-président du Parlement européen. Ce qui pourrait vouloir dire qu’aucune des six femmes vice-présidentes n’aurait voulu co-présider le Caucus ?

    Les autres sont :

    - Iratxe Garcia Perez, socialiste, présidente de la commission du Parlement européen des droits de la femme et de l’égalité des genres ;

    - Helga Stevens, vice-présidente du groupe des conservateurs et réformistes ;

    - Sophie in t’Veld, vice-présidente du groupe libéral et vice-présidente de l’intergroupe pour les droits LGBT (le plus important intergroupe du Parlement européen) ;

    - Lara Comi, vice-présidente du groupe PPE ;

    - Maria Joao Rodrigues, vice-présidente du groupe socialiste.

    Tous ces co-présidents (encore une fois, c’est la grammaire française qui est affreusement machiste, je n’y peux rien) sont des députés du Parlement européen. Le texte est également signé par Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence (un commissaire à la concurrence qui est le chef de la gauche radicale danoise…), et par l’hôte italien Stefano Sannino, qui est donc censé représenter les représentations nationales. Reste qu’il n’y a personne du Conseil de l’Europe.

    Sur son site internet qui se réduit pour le moment à une simple page avec la « Déclaration de mission », on peut lire qu’une « première étape sera d’améliorer l’équilibre de genre au sein des institutions européennes ». Première étape ? Et la seconde, c’est d’en prendre le contrôle ? Et la troisième, de supprimer les hommes ?

    Il faudra bien un jour, mais ce jour n’arrivera pas de sitôt, qu’un responsable politique, de préférence une femme, dise haut et fort que le fondement du combat de ces idéologues sexistes est la haine de la famille. Car il est clair que ce qu’elles ne supportent pas, c’est que des femmes préfèrent s’occuper de leurs enfants que d’aller faire le guignol dans des hémicycles.

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    On peut voir que la réunion était en fait cornaquée par l’ineffable Viviane Reding, qui est toujours vice-présidente de la Commission, chargée (par antiphrase) de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté.

  • Un président normal

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    Non, c’est l’autre, celui du Kazakhstan.

    Celui qui est déguisé, c’est comme d’habitude un Dupond(t).

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  • Pour le sapin…

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    Voici ce qu’on trouve cette année dans les hypermarchés américains Walmart. L’emblème de l’islam, pour accrocher au sommet du sapin de Noël…

    Et c’est lumineux !

    (Via Fdesouche)

  • Il y a foule à Goa pour saint François Xavier

    On estime à 200.000 le nombre de fidèles qui se sont rendus dans la cathédrale de Goa, en Inde, le 3 décembre, pour vénérer les reliques de saint François Xavier le jour de sa fête. Il y a eu ce jour-là 12 messes, la première à 4 heures du matin…

    L’exposition des reliques de saint François Xavier (« Goencho Saïb », en konkani, c’est-à-dire « le monsieur", voire "le seigneur de Goa ») a lieu tous les dix ans. Elle a commencé le 22 novembre et s’achèvera le 4 janvier. En 2004, il y avait eu 2,5 millions de pèlerins. Un nombre qui pourrait être doublé cette année. Car on assiste à un « grand réveil spirituel à travers la catéchèse, qui anime la formation de la foi dans la famille et favorise la construction de petites communautés chrétiennes », dit le P. Mario Saturnino Dias, directeur du centre missionnaire de l’archidiocèse.

  • Attention, haute théologie

    François, dans son discours officiel (et non dans des propos improvisés) à la Commission théologique internationale, hier 5 décembre :

    « Dans la composition toujours plus diversifiée de la Commission, je tiens à souligner la plus grande présence des femmes – mais pas encore tant que cela… Elles sont les fraises du gâteau, mais nous en voulons plus ! »

  • Saint Nicolas

    Dans son Année liturgique, dom Guéranger cite le répons suivant :

    . Ex ejus tumba marmorea sacrum resudat oleum, quo liniti sanantur caeci : * Surdis auditus redditur : et debilis quisque sospes regreditur. . Catervatim ruunt populi cernere cupientes quae per eum fiunt mirabilia. * Surdis bilis quisque sospes regreditur auditus redditur : et debilis quisque sospes regreditur.

     . De son tombeau de marbre, découle une huile sacrée qui guérit les aveugles dont les yeux en sont oints, * Rend l’ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles. . Les peuples courent en foule, empressés de voir les merveilles qui se font par l’entremise de Nicolas. * Cette huile rend l’ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles.

    Après avoir cité d’autres textes liturgiques sur saint Nicolas, il donne aussi la séquence qui fut la plus populaire, et qui a servi de type à de nombreuses autres. Or cette séquence fut souvent incluse dans le répons Ex ejus tumba, qui était le dernier des matines. C’est ce que l’on voir par exemple dans le manuscrit slovaque ci après (Bratislava IIb). Le répons Ex ejus tumba commence à la fin de la première page (le E en bleu). La séquence commence à la deuxième page (S rouge), et se poursuit sur la page suivante où chaque vers commence par une lettrine. Le dernier mot est « sospes » qui renvoie à la fin du répons : « sospes egreditur ».

    Sospitati dedit aegros olei perfusio.
    Nicolaus naufragantum adfuit praesidio.
    Relevavit a defunctis defunctum in bivio.
    Baptizatur auri viso Judaeus indicio.
    Vas in mari mersum, patri redditur cum filio.
    O quam probat Sanctum Dei farris augmentatio !
    Ergo laudes Nicolao concinat haec concio.
    Nam qui corde poscit illum, propulsato vitio, sospes regreditur.

    Les malades sont rendus à la santé par l’huile miraculeuse. Au milieu du naufrage, Nicolas est d’un puissant secours. Il ressuscite du tombeau un mort étendu sur le chemin. Un juif aperçoit de l’or, et demande le Baptême. Nicolas retire de l’eau le vase et l’enfant qu’il rend à son père ! Oh ! qu’il parut bien le Saint de Dieu, quand il multiplia la farine dans la disette ! Qu’ainsi les louanges de Nicolas soient chantées en cette assemblée. Car quiconque le prie de cœur, met le vice en fuite, et s’en retourne guéri.

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  • Sourire arc-en-ciel

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    Le 25 novembre, alors qu’il allait prononcer son discours au Parlement européen, François s’est fait remettre une écharpe arc-en-ciel par la Verte Ulrike Lunacek, auteur du célèbre rapport contre l’homophobie, elle-même lesbienne militante, co-présidente de l’intergroupe du Parlement européen sur les droits LGBT, et aujourd’hui, en outre, vice-présidente du Parlement européen (même s’il y a 14 vice-présidents, c’est un titre qui compte, surtout pour le lobbying LGBT). Le cadeau se fait sous le regard attendri de Martin Schulz, le président socialiste du Parlement européen, co-auteur du discours du pape si l’on en croit l’Osservatore Romano. François est ravi.

  • Belgique : un pas de plus dans la négation de la famille

    Jeanne Smits constate : « La parentalité est en passe de devenir purement sociale en Belgique, fondée sur la volonté et le désir et non sur les faits. » Comme le genre…

    A partir du 1er janvier prochain entrera en vigueur une loi qui invente le statut de « comaternité » automatique pour les paires de lesbiennes « mariées », grâce à la « présomption de maternité » pour celle qui n’est pas la mère biologique.

    C’est une sorte de singerie satanique inversée de la « présomption de paternité ». Celle-ci vise à protéger la famille en considérant a priori que l’enfant d’une femme mariée est aussi l’enfant du mari. Mais dans la présomption de maternité on est sûr que l’enfant n’est pas de celle qui prétend être sa mère et va l'être officiellement.

  • Le rite ambrosien

    Vient de paraître l’ordinaire de la messe en rite ambrosien dans une brochure bilingue latin-italien réalisée par Signum ambrosianum, disponible en format PDF. Munie du Nihil obstat et de l’imprimatur de l’archevêché de Milan.

    On y trouve aussi ce qui précède la messe dominicale : l’Asperges me particulier (avec tout le psaume Miserere), et les 12 Kyrie de la procession d’entrée.

    Et la partition de tout ce qui est chanté. (On peut constater par exemple que le Gloria qui figure dans ce livret n'a rien à voir avec ce que nous appelons le "Gloria ambrosien". Il est proche de notre Gloria XI : sans doute parce qu'il s'agit aussi du Gloria de la messe dominicale per annum.)

  • Téléthon : le grand silence

    Désormais le grand silence est de rigueur. Le grand silence de la hiérarchie de l’Eglise. La pensée unique recouvre presque tout le territoire ecclésiastique. On ne se bat pas contre le Téléthon. Parce que c’est très mal de critiquer le Téléthon. Le vivre ensemble c’est beaucoup plus important que la défense de la vie. Le vivre ensemble dans le mensonge c’est beaucoup plus important que de se battre pour la vérité.

    Selon la presse qui débusque les salopards de curés qui osent refuser que leur église serve à ramasser de l’argent pour charcuter des embryons, faire des recherches sur le clonage humain et diffuser la propagande mensongère du Téléthon, il y a cette année… DEUX curés qui ont dit non : Le P. Geoffroy Bohineust, curé doyen de Saint Vincent et Saint-Martin, dans le diocèse de Tours, et l’abbé Loïc Bellais, le jeune curé de Saint- Sauveur-de-Belle-Croix et Notre-Dame-du-Marillet, dans le diocèse de Luçon.

    A l’évêché de Tours, on se contente de dire que chaque curé fait ce qu’il veut en la matière.

    A l’évêché de Luçon, on dit la même chose, mais on renvoie au site du diocèse, qui met en garde sur le Téléthon sur sa page d’accueil et renvoie à un bon texte sur la question.

    Il semblerait que ce site soit le seul de son espèce. Je constate que ni le site de Fréjus-Toulon, ni celui de Bayonne, ni celui de Vannes n’évoque le Téléthon.

    Alors honneur aux deux curés qui s’en prennent plein la figure de la part des autorités civiles et médiatiques. Et honneur à l’unique évêque, Mgr Castet qui, discrètement, fait dire tout de même ce qu’il faut dire.

    Bravo aussi aux AFC, puisque désormais il faut dire bravo à ceux qui ne sont pas à plat ventre alors que dans une chrétienté on parlerait de service minimum.

  • Rorate cæli desuper

    Voici le célèbre chant de l’Avent Rorate cæli, avec la traduction de dom Guéranger. On dit souvent que c’est un centon d’Isaïe. J’ai cherché les références. Le refrain et les deux premières strophes sont en effet des citations d’Isaïe, légèrement modifiées, surtout raccourcies. Mais dans la troisième il y a deux citations (modifiées) de l’Exode et la fin est un morceau d’antienne ; et la quatrième provient essentiellement d’un répons de l’Avent inspiré par divers textes prophétiques. Si quelqu’un a d’autres précisions, elles seront les bienvenues. Il y a deux ans j’avais mis un enregistrement qui permet de suivre la partition.

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum (Isaïe 45, 8). (bis)

    Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

    Ne irascaris Domine, ne ultra memineris iniquitatis, ecce civitas sancta facta est deserta, Sion deserta est, Jerusalem desolata est, domus sanctificationis tuæ et gloriæ tuæ, ubi laudaverunt te patres nostri (Isaïe 64, 9-11).

    Rorate caeli desuper, et nubes pluant justum.

    Ne vous irritez plus, Seigneur, ne vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre culte et à votre gloire, où nos pères ont chanté vos louanges.

    Peccavimus, et facti sumus tamquam immundus nos, et cecidimus quasi folium universi. et iniquitates nostræ quasi ventus abstulerunt nos, abscondisti faciem tuam a nobis, et allisisti nos in manu iniquitatis nostræ (Isaïe 64, 6-7).

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum.

    Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre face à nos regards, et vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.

    Vide Domine afflictionem populi tui (Exode 3, 7), et mitte quem missurus es (Exode 4, 13) : emitte Agnum dominatorem terræ, de petra deserti ad montem filiæ Sion (Isaïe 16, 1) ut auferat ipse jugum captivitatis nostræ (antienne de Magnificat, lundi de la deuxième semaine de l'Avent, cf. Isaïe 10, 27).

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum.

    Voyez, Seigneur, l'affliction de votre peuple, et envoyez Celui que vous devez envoyer. Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre; qu'il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu'il enlève lui-même le joug de notre captivité.

    Consolamini, consolamini, popule meus (Isaïe 40, 1) : cito veniet salus tua ; quare mœrore consumeris, quia innovavit te dolor? Salvabo te, noli timere, ego enim sum Dominus Deus tuus, Sanctus Israel, redemptor tuus (Répons Jerusalem du deuxième dimanche de l’Avent, inspiré des prophètes, dont Isaïe 41, 14 et 48, 17).

    Rorate cæli desuper, et nubes pluant justum.

    Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut: pourquoi te consumes-tu dans la tristesse? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.

  • Les Démocrates suédois réveillent la démocratie suédoise

    Il y a plus de 50 ans qu’un gouvernement n’avait pas été renversé en Suède, où la vie politique balançait doucement entre le centre droit et le centre gauche… jusqu’à ce que les Démocrates suédois, en septembre dernier, doublent leur score et deviennent les arbitres, empêchant toute majorité de « centre droit » comme de « centre gauche ». Le gouvernement de « centre gauche » est donc minoritaire, et les Démocrates suédois, en votant contre le budget (en réalité pour le budget présenté par l’opposition), ont fait sauter le gouvernement.

    Des législatives anticipées auront lieu le 22 mars prochain. Et les Démocrates suédois, qualifiés d’extrême droite parce qu’ils sont contre l’immigration et pour les valeurs nationales, pourraient encore gagner des voix et des élus…

  • John McCain et les fascistes

    Vu le niveau de la haine exprimée en permanence par le gouvernement démocrate américain envers le Premier ministre hongrois, il n’est pas facile pour les républicains de se distinguer en la matière. John McCain a cependant réussi, hier, au Sénat, où il a qualifié Viktor Orban de « dictateur néo-fasciste ».

    A propos de John McCain, dont les photos avec celui qui allait devenir le calife de l’Etat islamique ont fait  le tour du monde (c’était en Syrie en juin 2013), j’ai trouvé ceci sur internet :

    JohnMcCainArmingISIS.jpg

    2013 : nous devons armer l’Etat islamique pour battre Assad.

    2014 : nous devons aider Assad à battre l’Etat islamique.

     *

    (John McCain, au Sénat, critiquait le choix de Colleen Bell comme nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Hongrie : «Voilà un pays sur le point d’abandonner sa souveraineté à un dictateur néofasciste qui s’acoquine avec Vladimir Poutine, et on va lui envoyer la productrice d’Amour, gloire et beauté comme ambassadeur !» Colleen Bell est en effet surtout connue comme la productrice d’Amour, gloire et beauté, le plus célèbre feuilleton télévisé du monde. Elle est aussi la belle-fille des créateurs de l’autre grand et interminable « soap opéra » Les Feux de l’amour, Lee Philip et William J. Bell, et donc la belle-sœur par alliance de Lauralee Bell, qui fut longtemps la gentille Christine des Feux de l’Amour… Obama pourrait envoyer toute la famille Bell sonner les cloches à Orban…)

  • « Violence insupportable »

    Le président de la République dénonce la « violence insupportable » du cambriolage de Créteil.

    Est-ce parce que les victimes sont juives que la violence est « insupportable » ?

    Bien sûr, c’est le cas.

    Mais cela veut-il donc dire que la même violence est supportable quand elle frappe des non-juifs ?

    Sans aucun doute, puisque le président de la République ne dénonce jamais, dans ces cas-là, une « violence insupportable ».

    Cela ne s’appelle-t-il pas de la discrimination ?

    (Et je passe sur la surenchère du Premier ministre : « l’horreur de Créteil », la « démonstration immonde », etc.)

    On se demande si le chef de l’Etat et son adjoint ont bien mesuré qu’ils parlent de « jeunes » de « quartiers populaires » pour lesquels ils ont habituellement tant d’affection (tant qu'ils ne vont pas en Syrie…).

    Addendum

     

    ulysse.jpg

     

  • A propos de la crèche de Vendée

    Je comprends les hauts cris de ceux qui dénoncent le jugement du tribunal administratif de Nantes interdisant qu’il y ait une crèche de Noël dans le hall du conseil général de Vendée.

    Mais, à mon sens, c’est se tromper de combat. C’est oublier que nous vivons sous le régime de la loi de 1905. La loi est très claire, et le tribunal se contente de rappeler les termes de son célèbre article 28 : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. »

    On ne peut pas reprocher à un tribunal d’appliquer la loi.

    Au lieu de critiquer le tribunal, il vaudrait mieux se saisir de l’affaire pour rappeler que nous vivons sous un régime laïque totalitaire. Un régime totalitaire spécifiquement anticatholique (voir sur tout cela ma conférence, dans la colonne de droite).

    Ce n’est pas parce que de temps en temps on oublie d’appliquer la loi, ou que les soi-disant « libres penseurs » locaux ne se sont pas réveillés, que la loi de 1905 n’est plus ce qu’elle est. C’est elle qu’il faut dénoncer, pas ceux qui n’ont pas d’autre choix que de l’appliquer quand on leur demande de le faire.

  • La tradition liturgique a le vent en poupe dans les universités américaines.

    Le blog New Liturgical Movement reprend et illustre un article paru sur un blog du site de la Cardinal Newman’s Society, montrant que grandit dans les universités américaines le soutien aux pratiques liturgiques traditionnelles.

    Au Christendom College de Front Royal, en Virginie, le prêtre célèbre ad orientem deux fois par semaine dans la forme extraordinaire, et deux fois dans la forme ordinaire, une en anglais, une en latin. Le chapelain explique : « L’introduction progressive et la célébration occasionnelle de la messe ad orientem sur le campus, à côté de la célébration versus populum, permet aux étudiants de découvrir la façon traditionnelle et historique de célébrer l’eucharistie sans les heurter et aide à montrer et renforcer pour eux l’herméneutique de continuité, dont parlait Benoît XVI, entre les messes de la période préconciliaire et de la période postconciliaire. »

    Les messes célébrées ad orientem donnent aux étudiants l’occasion de « participer à la prière liturgique qui les conduit à la contemplation », dit le P. Hildebrand Garceau, aumônier au Thomas Aquinas College de Santa Paula en Californie. « Tous font face à l’orient liturgique dans un même mouvement de prière et d’offrande. Cela semble aider grandement à réduire les distractions et à aider les étudiants à se concentrer sur l’action liturgique de la plus puissante prière de l’univers : la Sainte Messe. » La messe est dire chaque matin dans la forme extraordinaire, et les étudiants ont ainsi « une messe respectueuse, calme, contemplative ».

    Au Thomas More College de Merrimack, New Hampshire, on a commencé à célébrer la messe traditionnelle ad orientem tous les vendredis, à la demande des étudiants, « particulièrement impressionnés » par le silence. Un silence qui leur est « très utile », souligne le P. John Healy. Lequel ajoute que les évêques des diocèses où la forme extraordinaire est célébrée notent une forte participation de le jeune génération : cela donne espoir pour la liturgie et la tradition de l’Eglise.

  • Saint Pierre Chrysologue

    Quand la vierge conçoit ou enfante tout en demeurant vierge, ce n’est pas la coutume qui le veut, mais le miracle; non la raison, mais la vertu; non la nature, mais Son Auteur. Ce n’est pas un événement commun, mais unique; quelque chose de divin, non d’humain. Que le philosophe cesse donc de se pressurer le cerveau : la naissance du Christ ne s’explique pas par les lois de la nature, mais par la toute-puissance divine. Elle est honorable à Dieu, non injurieuse. Ce n’est pas au détriment de la Déité qu’elle a été le sacrement de la miséricorde. Elle a été la réparation du salut humain, mais ne fut jamais une diminution de la substance divine. Celui qui, sans naître, a fait l’homme d’un limon intact, c’est le Même qui, en naissant, a fait l’Homme d’un corps intact. La main qui, avec bonté, prit du limon pour façonner notre corps, a pris également la chair avec bonté pour restaurer notre être. Que le Créateur soit dans sa créature, que Dieu se trouve dans la chair, c’est un honneur qui est rendu à la créature, sans porter aucun préjudice au Créateur. Celui qui voit là-dedans un outrage à la divinité, croit donc que le limon est plus précieux que la chair. Peut-être regrette-t-il que l’outrage apporté par le limon à la divinité se soit changé  en un ennoblissement de la chair et en une glorification de l’homme !

    Homme, pourquoi es-tu si vil à tes yeux, toi qui es si précieux aux yeux de Dieu ? Puisque tu es si honoré par Dieu, pourquoi t’avilis-tu ainsi ? Pourquoi cherches-tu d’où tu viens, au lieu d’essayer de découvrir pourquoi tu as été fait ? Toute cette maison du monde que tu vois n’a-t-elle pas été faite pour toi ? C’est pour toi  que la lumière resplendit afin de chasser les ténèbres qui t’entourent de toute part. C’est pour toi que la nuit est plus fraîche. C’est pour toi que les jours sont mesurés. C’est pour toi que le ciel brille de l’éclat du soleil, de la lune et des étoiles. C’est pour toi que la terre est remplie de fleurs, de bosquets et de fruits. C’est pour toi qu’a été crée dans l’air, dans les champs, dans les cours d’eau magnifiques une multitude admirable d’êtres vivants, pour que la solitude d’un triste monde ne déteigne pas sur la joie du nouveau monde. La raison pour laquelle Dieu t’a fait à partir de la terre, c’est pour que tu sois le maître des choses terrestres; et que tu leur sois apparenté, en partageant la même substance. Bien que tu proviennes de la terre, Il ne t’a quand même pas mis sur un pied d’égalité avec les choses terrestres, puisque, avec ton âme céleste, tu es l’égal des créatures célestes. Et pour que, avec Dieu, tu possèdes une raison en commun, et que tu aies un corps semblable à celui des animaux, Dieu t’a donné une âme qui vient du ciel, et un corps qui provient de la terre. Pour qu’en toi, une concorde soit nouée entre le Ciel et la terre.

    Se demandant ce qu’Il pouvait bien encore ajouter pour te faire honneur, ton Créateur a inventé ceci : Il a incrusté en toi Son image, pour que le Créateur invisible soit rendu présent sur la terre par Son image visible. Et Il t’a donné à toi Son pouvoir sur les choses terrestres, pour que le vicaire du Seigneur ne soit pas frustré de la possession du monde dans toute son étendue. Et s’il en est bien ainsi, pourquoi penses-tu que Dieu subit une avanie quand Il tire avec clémence de Lui-même ce qu’Il fait en toi par Lui-même; et quand Il a voulu, en toute vérité, être vu dans l’homme, dans lequel Il avait voulu auparavant qu’on voie Son image ? A celui qui avait autrefois reçu d’être la similitude divine, Dieu lui donne d’être lui-même Celui que représente l’image. La vierge a conçu, la vierge a enfanté. Que cette conception ne te bouleverse pas; que cette naissance ne te déboussole pas, puisque la pudeur virginale rachète tout ce qu’il y a d’humain. Où se trouve la lésion de la pudeur, là où la Déité s’est associé l’intégrité qui lui est toujours amie; là où l’entremetteur est un ange; où le chaperon est la fidélité, où le mariage est la chasteté, où l’engagement réciproque est la vertu, où le juge est la conscience, où la cause est celle de Dieu, où la conception se fait dans le respect de l’intégrité, l’enfantement dans la virginité, où la mère est en même temps vierge ?

    Sermon 148 (extrait)

  • Union européenne : où ça, la crise ?

    Herman Van Rompuy a donc laissé son poste de potiche européenne au Polonais Tusk.

    Il ne part pas les mains vides. Pour le remercier de n’avoir rien fait (mais de façon fort aimable, paraît-il), comme premier président du Conseil européen par la grâce du traité de Lisbonne, il va recevoir 55% de ses indemnités pendant trois ans, ce qui fait 169.000 € multipliés par trois : 507.000 €. A quoi il faut ajouter une prime de départ de 26.500 €. En tout : 533.500 €. Et après, il recevra 65.700 € par an jusqu’à sa mort.

    L’Union européenne affirme que c’est normal, parce que Van Rompuy ne pourra plus travailler, afin d’éviter les conflits d’intérêt.

    C’est une explication grotesque. Van Rompuy a 67 ans, donc il n’a pas à chercher un nouveau travail. C’est justement pourquoi on lui donnera dans trois ans sa retraite annuelle de 65.700 €. Et de toute façon il lui suffisait de prendre sa retraite de député, ministre, vice-Premier ministre, Premier ministre, président de la Chambre des représentants en Belgique. Mais je suppose qu’il va aussi avoir tout ça…

    Pour José Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission, c’est encore mieux, naturellement (mais lui il a dû travailler un peu) : il va recevoir un total de 611.440 € ces trois prochaines années, puis 128.580 € par an.

    Quant à la potiche des affaires extérieures, la baronne Ashton, elle aura 534.537 €. Comme elle n’a pas encore l’âge de la retraite, on ne sait pas encore ce qu’elle touchera le moment venu.

  • Et hop !

    Un tribunal égyptien a condamné à mort, hier, « au moins 185 » membres et sympathisants des Frères musulmans.

    « Au moins 185 », c’est ce qu’annonce Al Jazira. Reuters dit 185. D’autres agences disent 188. « Près de 200 », dit un journal anglais pour ne pas se tromper.

    Mais quand on aime, on ne compte pas.

    Et l’Egypte vient de battre son propre record absolu de condamnations à mort, reconnu de façon laconique par l’ONU lors de la dernière vague de condamnations capitales.

    C’est Moubarak qui doit être stupéfait, en voyant ce que peuvent faire les démocrates alors que lui il était traité de dictateur à la moindre mesure de répression...

  • Comme ça c’est plus clair

    L’Ukraine a depuis hier un nouveau gouvernement, suite aux récentes législatives. C’est essentiellement le même qu’avant. La principale nouveauté est que le ministre des Finances est… une Américaine.

    Il s’agit de Natalie Iaresko, diplômée de Harvard et de Chicago, qui a occupé divers postes au… Département d’Etat, le dernier étant chef de la section économique de l’ambassade des Etats-Unis en Ukraine. Elle est co-fondatrice du fonds d’investissement Horizon Capital dont elle est la directrice générale. Elle est aussi PDG d’un autre fonds d’investissement, WNISEF. Il y a une dizaine d’années elle était déjà membre du conseil d’investisseurs du président Iouchtchenko (marié à une Américaine qui a travaillé au Département d’Etat…).

    Deux autres étrangers ont été nommés ministres, un Lituanien et un Géorgien. Tous trois ont immédiatement reçu la nationalité ukrainienne par décret présidentiel.