Le numéro de cette semaine de National Hebdo a pour titre : Les libertés bafouées, la France totalitaire. Il est en effet largement consacré à ce thème, depuis mon édito sur le procès de Moscou intenté à Bruno Gollnisch, jusqu’à l’aseptisation dictatoriale dont traite Béatrice Pereire, en passant par les automobilistes devenus un gibier de choix, ou la Halde radiographiée par Michel Limier. A noter aussi une étude de Thibault de la Tocnaye sur l’immigration, et, racontée par Marie-Claire Roy, l’incroyable initiative du FRAC Ile-de-France consistant à exposer comme œuvre d’art une voiture calcinée et à installer Place des Fêtes, dans un quartier… « chaud », une œuvre intitulée Chien de feu, « assemblage temporaire d’éléments urbains et industriels », dont des bidons métalliques enflammés au pied des tours, protégés par des barrières anti-émeutes…
Le blog d'Yves Daoudal - Page 2814
-
National Hebdo N° 1164
-
Recevoir Vatican II ?
Au terme de l’assemblé plénière des évêques de France, Mgr Ricard a de nouveau évoqué la question de « l’accueil de ceux qui gardent un attachement à la messe dite de saint Pie V », qui doit se faire « dans la charité et la vérité », etc. Et il a répété aussi aux évêques qu’il leur restait à « recevoir » Vatican II pour vérifier « que l’on ne met pas sous son patronage des façons de vivre, de penser, de célébrer ou de s’organiser qui n’ont rien à voir avec lui ».
Chiche.
Voici donc, pour en rester à la liturgie, ce que les évêques vont découvrir s’ils veulent « recevoir » Vatican II :
« Obéissant fidèlement à la tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l'Eglise considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu'elle veut, à l'avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières. »
« Absolument personne d'autre [que le Saint-Siège et les évêques], même prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie. »
« L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins. »
« On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple, surtout pour les lectures et la "prière commune", et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple. On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent. »
« Les pasteurs veilleront à ce que les Heures principales, surtout les vêpres, les dimanches et jours de fêtes solennelles, soient célébrées en commun dans l'église. On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l'office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu'ils sont réunis entre eux, voire individuellement. Selon la tradition séculaire du rite latin dans l'office divin, les clercs doivent garder la langue latine. »
« L'Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c'est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d'ailleurs, doit occuper la première place. »
Enfin, il n’est dit nulle part que l’orientation doive être inversée et la messe célébrée face au peuple.
-
La tarte de Majorque fait de la résistance
Entre autres armes redoutables, les ciseaux à ongle étaient déjà interdits. La dernière invention des autorités européennes pour embêter les voyageurs qui prennent l’avion est l’interdiction en cabine de tout ce qui est liquide (au-delà de 10 cl) ou mou. Cela va de l’eau distillée au camembert, l’une et l’autre étant susceptibles de se transformer en terrifiants explosifs.
Mais à Majorque, problème. Dans quelle catégorie classer la célèbre ensaimada ? Les autorités l’avait inscrite sur la liste des produits prohibés. Car c’est une tarte fourrée à la crème ou avec des cheveux d’ange à base de citrouille, donc c’est mou, donc susceptible de faire une bombe. Mais des voyageurs se sont insurgés contre cette classification grossière, faisant remarquer que leur ensaimada n’avait rien de mou car uniquement composée de pâte sucrée dure. En effet, il y a deux sortes d’ensaimadas. La garde civile a vérifié que ces gens-là disaient vrai. Mais elle a aussi constaté qu’il lui était impossible de vérifier toutes les ensaimadas, emballées dans des cartons qui ne révèlent pas de quelle sorte elles sont.
Après deux jours à se demander que faire devant le flot continu de boîtes de carton impénétrables, les autorités ont finalement décidé de laisser passer toutes les ensaimadas… En contravention avec les règlements européens.
L’Espagne va-t-elle se faire condamner pour embarquement de tartes molles ? En attendant n’allez pas aux Baléares. C’est trop dangereux.
-
Circulez, il n’y a rien à voir
Les affrontements violents (il y a même eu des tirs de 7,65) qui se produisent depuis samedi dernier entre Tchétchènes et Maghrébins dans le quartier de l’Ariane à Nice (France) n’ont rien à voir avec des problèmes communautaires ou ethniques, a décrété le parquet de Nice après l’audition par les enquêteurs de 14 personnes interpellées, « majeures et majoritairement tchétchènes ».
« Nous ne sommes pas dans des désordres intercommunautaires ou interethniques, mais dans une affaire pénale de droit commun », a déclaré le vice-procureur.
Il n’y a que des Français d’origine maghrébine d’un côté, et exclusivement des Tchétéchènes de l’autre, mais c’est par le plus grand des hasards.
« On ne peut pas non plus ranger administrativement ces événements parmi les violences urbaines, car les forces de l’ordre n’ont pas été prises à partie », a-t-il ajouté.
Ainsi, une ville peut être mise à feu et à sang, si les policiers ne sont pas agressés ce ne sont pas des violences urbaines…
Bien. Il n’y a donc ni violences urbaines, ni affrontements ethniques. Il y a juste une affaire de droit commun. Laquelle, au fait ?
Réponse du vice-procureur : « Nous cherchons à l’identifier. »
Sic.
-
Turquie : nouvelle démission européenne
Le rapport de la Commission européenne sur les « progrès » de la Turquie vers l’adhésion de ce pays à l’Union européenne est sans surprise : une fois de plus, les Européens se couchent devant les Turcs, qui refusent obstinément de reconnaître, même par le biais de simples relations commerciales, la République de Chypre.
Certes, comme le rapport doit tenir compte de la réalité, il souligne les « efforts supplémentaires » que les Turcs doivent accomplir dans un certain nombre de domaines, et en ce qui concerne Chypre, il se contente de rappeler que la Turquie doit appliquer « sans discrimination » le protocole qui étend son union douanière avec l’UE aux dix nouveaux Etats membres, et « doit prendre des actions concrètes pour la normalisation de ses relations bilatérales avec tous les Etats membres aussi vite que possible ».
Verbalement, le commissaire à l’Elargissement a constaté qu’aucun progrès n’a été fait en ce domaine et que « l’échec » d’Ankara à se conformer à ses obligations aurait « un effet sur le processus général des négociations ». Et il a lancé une vague menace en disant que si la Turquie n’a pas rempli ses obligations d’ici la mi-décembre, la Commission fera alors des recommandations aux 25 qui se réunissent en sommet à ce moment-là.
Le rapport de la Commission a naturellement été interprété par le gouvernement turc comme une nouvelle démission. Et il a aussitôt déclaré dans un communiqué : « Le problème chypriote est un problème politique et il ne constitue pas une obligation au regard de notre processus de négociations, qui est de nature technique. Il dépendra de la vision politique des dirigeants de l’UE qu’une décision soit prise au sommet européen qui garantisse la durabilité du processus. La responsabilité à ce point incombe plutôt à l’UE qu’à la Turquie. »
Bref, l’Union européenne doit arrêter de nous embêter avec la question chypriote qui n’a rien à voir avec notre adhésion, et doit déclarer explicitement, lors de son prochain sommet, qu’il en est bien ainsi…
Le pire est que les 25 seraient capables de le faire, tant ils veulent à tout prix l’adhésion de la Turquie. Le biais est tout trouvé, gracieusement fourni par Ankara : c’est de déclarer que la question chypriote relève de l’ONU et non de l’UE…
-
Procès Gollnisch : l’exégèse du procureur
Le procureur de la République a requis une peine de 10.000 euros à l’encontre de Bruno Gollnisch, poursuivi pour « contestation de l’existence de crime contre l’humanité par paroles », un délit susceptible d’être puni d’un an de prison. D’où le dépit de Libération : le procureur « n’a requis que 10.000 euros d’amende »…
Le problème était de savoir ce que Bruno Gollnisch avait bien pu dire lors de sa fameuse conférence de presse. Ce que l’audience n’a pas permis de préciser, vu que les témoignages sont contradictoires et que – fait pour le moins étonnant dans une conférence de presse –, les « propos » ne furent enregistrés par aucun journaliste.
A la fin de ces deux jours d’audience, malgré les efforts des témoins... du combat anti-FN, on n’en savait donc pas davantage qu’avant, et l’on ne pouvait pas aller au-delà de ce que Bruno Gollnisch lui-même avait toujours affirmé.
Néanmoins, le procureur s’est livré à une exégèse qui lui permettait de demander la condamnation de Bruno Gollnisch, non sur le sens des propos tenus (ceux qui ont été tenus à l’audience, en fait), mais sur les sous-entendus. Telle est la perversité générale des lois dites antiracistes. Les juges sont conduits à débusquer des sous-entendus, des sentiments non exprimés. Ce qui est contraire au droit, mais inéluctable quand on se met à vouloir condamner non des faits, mais des sentiments (la xénophobie, par exemple, condamnée par la loi, n’est rien d’autre qu’un – mauvais – sentiment).
Le procureur a donc déclaré : « Quand Bruno Gollnisch affirme qu’il reconnaît l’existence des chambres à gaz, mais qu’il n’est pas un spécialiste et qu’il appartient aux historiens d’en débattre, il exprime un doute. C’est une insinuation, une forme déguisée, dubitative, qui crée le doute. C’est dans ce sens que je crois que M. Gollnisch a passé la ligne jaune : tout en jonglant sur le terrain nauséabond (de l’antisémitisme), il a commis une faute, il a dérapé. » Et d’ajouter : « On retrouve bien là les vieux démons de la droite antisémite française », non sans stigmatiser la « mauvaise foi caractérisée du prévenu ». Et le fait de faire une série de déductions à partir d’a priori hostiles qui n’ont rien à voir avec les propos incriminés, ça s’appelle comment ?
Le jugement a été mis en délibéré au 18 janvier.
On retiendra tout de même quelque chose d’amusant, dans cette sinistre affaire de police totalitaire de la pensée. C’est le rififi entre Me Jakubowicz, avocat vedette de la Licra , et SOS Racisme. Me Jakubowicz s’étant désisté après avoir obtenu que Bruno Gollnisch reconnaisse que la Shoah a été un crime contre l’humanité (ce qu’il n’a jamais nié), SOS Racisme s’est déclarée « extrêmement choquée » par cette attitude, qualifiant le retrait de Me Jakubowicz d’« abandon en rase campagne » et l’accusant de « torpiller » le procès…
-
Dédicace de la basilique du Latran
9 novembre : « dédicace de l’archibasilique du Très Saint Sauveur », ou basilique Saint-Jean de Latran. (La « cathédrale de Rome » fut d’abord dédiée au Saint-Sauveur, puis reçut comme second titulaire saint Jean Baptiste, au XIIe siècle.)
« Accordez à nos prières, Seigneur, qu’assemblés dans l’enceinte de ce temple pour célébrer l’anniversaire de sa dédicace, nous puissions vous plaire par la consécration totale de notre corps et de notre âme, et qu’à vous rendre ces hommages dans le présent, nous méritions de parvenir, avec votre aide, aux récompenses éternelles. » (secrète de la messe de la dédicace, quand l'anniversaire est célébré dans l’église concernée.)
-
Le sud-Thaïlandais va devenir islamiste
Le nouveau « Premier ministre » thaïlandais, le général Surayud Chulanont, s’est rendu dans le sud du pays. Il a annoncé que la seule condition à l’ouverture de négociations avec les rebelles musulmans qui y mènent le jihad depuis trois ans était qu’ils ne revendiquent pas la partition du pays, mais une certaine autonomie. Il a précisé qu’il souhaitait que les musulmans puissent appliquer la charia islamique, « parce que la façon dont ils vivent au jour le jour est totalement différente de la nôtre ».
Le général Premier ministre a été nommé par le général putschiste Sonthi Boonyaratglin, commandant en chef de l’armée de terre, qui a organisé le coup d’Etat à la mi-septembre. Je faisais alors remarquer que ce général était musulman, et qu'il avait été promu à la tête de l’armée par le Premier ministre Thaksin (qu’il a renversé), pour montrer qu’il n’y a pas de discrimination envers les musulmans. Je soulignais alors que ce n’était pas anecdotique.
Il se confirme que les dirigeants militaires thaïlandais veulent abandonner à l’islamisme une partie du territoire du pays qu’ils sont censé défendre. Cela serait une formidable victoire de l’islam, qui enfoncerait ainsi de façon visible et institutionnelle la « ligne de fracture » du sud-est asiatique entre le monde musulman et le monde non musulman.
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les chrétiens de la région, soumis partout à la violente pression de l’islam.
-
Procès Gollnisch : ils doivent tous se désister
Communiqué de Bruno Gollnisch
Désistements de :
- la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA
- l’Union des Etudiants Juifs de France
- l’Amicale des Déportés d’Auschwitz-Birkenau et des Camps de Haute-Silésie
La Licra et son avocat Maître Jakubowicz se sont, en cours du procès, désistés de la procédure contre moi, en conformité avec l’intention exprimée et après une déclaration sans équivoque de ma part.
Je considère que ce geste correct de part et d’autre devrait être suivi par le Parquet et par les autres associations présentes.En effet les témoignages qui se succèdent à la barre, même les plus hostiles ou tendancieux dissipent tout mal entendu et démontrent à l’évidence que, contrairement à ce que l’on a suggéré durant deux années, rien dans mes véritables propos ne peut être assimilé à la contestation de crime contre l’humanité.
-
Devoir de mémoire
«Tous ensemble, par nos pères, par nos aînés, par nous-mêmes, nous nous sommes attachés dans le passé à une œuvre d'anticléricalisme, à une œuvre d'irréligion. Nous avons arraché les consciences humaines à la croyance. Lorsqu'un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous l'avons relevé : nous lui avons dit que derrière les nuages, il n'y avait que des chimères ; ensemble, et d'un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu'on ne rallumera plus ! »
Ceci est le célèbre propos tenu par le parlementaire socialiste René Viviani à la Chambre des Députés, en allusion à la loi de séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905) et à la violente politique anticléricale qui l’accompagnait. Enthousiaste, la Chambre votera l'affichage du discours.
C’était le 8 novembre 1906, il y a exactement cent ans. On attendra encore pour la repentance républicaine…
Je pense particulièrement à cette tirade la nuit de Pâques. En effet, l’église parisienne de Saint-Julien-le-Pauvre se trouve dans le square Viviani. Chaque année, le soir du samedi saint, la proclamation de la Résurrection, selon la liturgie de saint Jean Chrysostome, se fait au centre même du square, au milieu des chants byzantins du triomphe pascal et des innombrables lumières portées par les fidèles. Le square est ainsi chaque fois tout illuminé des lumières que Viviani croyait avoir éteintes…