Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Europe

  • Résistance pro-vie de Malte et de la Pologne à l’ONU

    Lors de la réunion de la commission de l’ONU sur le statut de la femme, la Norvège a proposé que la motion de conclusion fasse mention des « droits sexuels et reproductifs » (sexual and reproductive health and rights), expression qui recouvre notamment, sans le dire, le droit à l’avortement, le droit au « mariage » homosexuel, etc.

    Dans ce genre de réunions, l’Union européenne parle d’une seule voix. Mais cette fois, la Pologne et Malte, suivies par l’Irlande, ont rejeté cette formulation. La Slovénie , qui préside l’Union européenne, a dû reconnaître officiellement que l’Union européenne n’aurait pas de position commune.

    Les Etats-Unis avaient prévenu que la formulation poserait des problèmes à de nombreuses délégations. De fait, le Salvador, la Syrie, l’Iran, Kiribati et le Saint-Siège avaient appelé à supprimer l’expression litigieuse.

    On constate qu’il s’agit encore d’un échec de la diplomatie slovène. Dans les commissions de l’ONU, l’UE parle toujours d’une seule voix, parce que la position commune a été discutée et mise au point précédemment. Cela n’a pas été le cas, sans doute parce que la présidence slovène n’a pas vu où pouvait être le problème...

    On constate surtout que Malte et la Pologne n’hésitent pas à faire de la résistance active, au risque d’apparaître, en brisant le consensus habituel, comme les moutons noirs de l’Europe. Le sous-secrétaire d’Etat polonais à la politique sociale a souligné que si son pays s'aligne habituellement sur l'UE en matière sociale, les références de l'UE à la santé reproductive et sexuelle ne pouvaient pas inclure l'avortement. Et le représentant maltais a insisté pour que les déclarations sur les droits des femmes « ne créent en aucune manière une obligation, par quelque partie, de considérer l'avortement comme une forme légitime des droits à la santé reproductive ».

    On doit enfin souligner qu’en ce qui concerne la Pologne il ne s’agit plus du gouvernement Kaczynski mais du nouveau gouvernement libéral : on vérifie ainsi qu’il reste ferme sur les questions de la vie.

    (via Bruges Europe, ici et , d’après c-fam)

  • L’Union européenne et la Serbie

    Intervention de Carl Lang au Parlement européen

    Au sein des instances européennes et dans le rapport de monsieur Kalcin, la Serbie est généralement traitée, non pas comme un Etat souverain mais comme un mauvais élève, un mauvais sujet auquel l'Union européenne s'attribue le droit de distribuer des bons et des mauvais points. Des bons points lorsque la Serbie se dote d'un gouvernement qualifié de "pro-européen", pro-européen signifiant assujetti et soumis aux dogmes en vigueur à Bruxelles et des mauvais points lorsque les Serbes ne mettent pas beaucoup de zèle à collaborer avec le Tribunal pénal international.

    Il est ici utile de rappeler que ce tribunal bafoue deux principes qui sont à la base du droit : la souveraineté juridique des Etats et la liberté d'opinion. Ainsi, Vojislav Seselj président du parti radical serbe qui représente 28 % des électeurs, est emprisonné à la Haye depuis février 2003 et toujours dans l'attente d'un jugement, alors qu'il s'était présenté lui-même volontairement devant le tribunal. Ce tribunal viole ainsi allègrement les principes affichés par l'Union européenne de respect des droits fondamentaux et des droits de l'homme.

    A la vérité, le seul crime de M.Seselj est d'être un patriote serbe.

    En fait, les dirigeants de l'Union européenne qui veulent désintégrer les nations d'Europe ne pardonnent pas aux Serbes d'avoir résisté au démantèlement de leur Etat et notamment à la sécession  du Kosovo qui constitue pourtant le coeur historique de la Serbie.

    Le traitement infligé aux Serbes au Kosovo constitue un avertissement à tous les peuples d'Europe. Si aujourd'hui les Albanais exigent la création d'un Etat Kosovar c'est parce que l'immigration en provenance de l'Albanie et la dénatalité serbe leur ont donné la majorité dans une province où, il y a 50 ans, ils étaient minoritaires.

    L'exemple du Kosovo doit nous amener à réaffirmer le droit des peuples européens à rester eux-mêmes et à disposer d'eux-mêmes, c'est-à-dire à préserver leur identité et leur souveraineté.
    Et dans cette grande Europe européenne des nations et des patries, le peuple serbe devra légitimement trouver toute sa place.

  • Bruxelles se félicite

    « Nous nous réjouissons que les forces pro-européennes aient fait de si bons scores au premier tour », dit une porte-parole de la Commission européenne. Elle pourrait se féliciter dès à présent du score de 100 % des forces pro-européennes au second tour : quel que soit l’élu, c’est Bruxelles qui gagne.

  • La Turquie et l’UE : c’est reparti !

    L’Union européenne a relancé aujourd’hui les négociations d’adhésion de la Turquie, en donnant le feu vert à l’ouverture du chapitre « politique industrielle et entreprise ». Le chapitre sera formellement ouvert à Bruxelles demain matin.

    L’AFP rappelle que le refus turc d’étendre son union douanière aux dix nouveaux Etats de l’UE (extension qui constituerait une reconnaissance de fait de Chypre, à défaut de la reconnaissance formelle qui devrait être exigée) a conduit à la suspension de 8 des 35 chapitres, et ajoute que « cette décision a paradoxalement permis de relancer les discussions sur les chapitres non gelés ».

    Il n’y a là rien de paradoxal. Dès l’accord entre les ministres des Affaires étrangères sur les « sanctions », le 12 décembre dernier, Jean-Marie Le Pen avait souligné que cet accord avait pour but de relancer les négociations et non de les geler :

    « Cet accord, nous dit-on, est une sanction qui ralentit les négociations avec la Turquie, en gelant huit chapitres. C’est tout le contraire. Jusqu’ici, Chypre opposait son veto à l’ouverture de tout chapitre de négociation. Puisque l’Union européenne prend des « sanctions », Chypre ne pourra  plus opposer son veto. Donc les négociations, qui étaient au point mort, vont pouvoir s’ouvrir. En gelant les négociations sur 8 chapitres, l’accord européen permet en réalité de les ouvrir sur 26 chapitres. Ce n’est ni une sanction ni un gel, c’est un coup d’accélérateur. Et une trahison de plus des peuples d’Europe. »

    Et le 15 décembre, quand les 25 réunis en sommet ont avalisé cet accord sans la moindre discussion, le ministre finlandais des Affaires étrangères (la Finlande présidait alors l’UE) avait ouvertement déclaré qu’une relance des négociations sur les chapitres qui ne sont pas gelés « serait dans l’esprit des conclusions que nous avons adoptées ».

    Désormais, la Commission européenne et la Turquie espèrent que trois autres chapitres pourront être ouverts pendant la présidence allemande.

    Ainsi l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne peut-elle progresser, alors que ce pays ne reconnaît pas l’un des Etats membres de l’Union, et passe son temps à tout critiquer, jusqu'à la chope de bière de Chirac…

    NB. Dans son discours de Toulouse, Jean-Marie Le Pen a rappelé aux distraits que l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne repousserait la frontière de « l’Europe » à… la Chine, puisque les ressortissants de tous les pays turcophones de l’ex-URSS peuvent acquérir la nationalité turque sur simple demande. Et comme les Ouïgours, les musulmans chinois, sont également turcophones, l’Union européenne pourra même s’étendre jusqu’à l’intérieur de la Chine…

  • Le Pen à Toulouse

    Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 célébraient par de vaines cérémonies le cinquantenaire des traités de Rome, Jean-Marie Le Pen dressait à Toulouse l’acte d’accusation d’une construction européenne dévoyée.

    L’Europe, a-t-il dit, est « un marché de dupes, dans lequel nous avons reçu en échange de nos sacrifices des coups de massue sur la figure ». « Les Français ont sacrifié pendant vingt ans leur pouvoir de décider au profit de Bruxelles, sans s’apercevoir que les pouvoirs confiés étaient immédiatement dilapidés par la Commission européenne au profit de l’OMC, des Etats-Unis, d’un marché commun planétaire. »

    Il faut, a-t-il souligné, instaurer « une autre Europe, celle de l’association libre, celle de la coopération des peuples souverains », il faut « s’atteler à la mise en place d’une Europe des nations, allant de Brest à Vladivostok, et englobant toutes les nations qui sont européennes par la géographie, l’histoire, la religion, la civilisation ».

    Au moment de chanter la Marseillaise , devant la forêt de drapeaux tricolores, comme il est de coutume à la fin de chacun de ses grands discours, Jean-Marie Le Pen a évoqué ceux qui « copient nos méthodes », comme Ségolène Royal qui se met à faire chanter l’hymne national. Les socialistes « ont perdu les paroles de l’Internationale », a-t-il ironisé, mais il est vrai que « cela ferait rigoler tout le monde » de voir les dirigeants socialistes chanter « Debout les damnés de la terre »...

    Aux journalistes qui, avant le meeting, lui parlaient aussi de ce soudain recours à l’identité nationale par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen a noté : « Il y a un peu d’hypocrisie dans tout cela. Un passeport ou une carte d’identité n’ont jamais fait une nationalité, et un drapeau n’a jamais fait un patriote. Le patriotisme, cela se prouve par des actes. » Mais « je suis très content d’assister à cette démarche  qui consiste à dire que Le Pen avait raison », a-t-il poursuivi : « Les Français se disent que tout cela, c’est ce que disait Le Pen il y a quelques années, et donc qu’il avait raison. Ils se disent : On a eu tort de ne pas voter pour lui la dernière fois, cette fois-ci on va rectifier le tir. »

    Et d’ajouter : « Quand j’aurai repris mes billes dans leur sac, mon sac sera plus gros, et le leur sera plus petit... »

  • L’affligeante « Déclaration de Berlin »

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    La « Déclaration de Berlin », dont l’AFP vient de donner une traduction, et qui doit être solennellement signée dimanche par les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l’Union européenne, est un affligeant catalogue des lieux communs de la pensée unique.

    Elle restera à coup sûr dans les annales comme l’étalon de la plus vaine enflure verbale.

    Nul doute qu’elle sera montrée aux enfants des générations futures comme l’exemple type de ce que pouvait donner, au début du XXIe siècle, l’alliance de la langue de bois et de l’impuissance politique.

  • Le Pen et « le traité de Rome »

    Jean-Marie Le Pen a tenu une conférence de presse sur l’Europe, ce matin, à l’occasion du 50e anniversaire du traité de Rome. Dans une allocution préliminaire, d’une longueur inhabituelle, il a dressé le bilan de ces cinquante ans, puisque les thuriféraires de l’Union européenne ne le font pas, et la liste des méfaits et des dégâts causés par « ce rouleau compresseur uniformisateur, égalitariste et liberticide qui est à l’opposé du génie de l’Europe et de ses peuples à la fois si différents et si semblables ».

    Passant en revue les propositions de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, il a stigmatisé le discours contradictoire du premier, qui prétend vouloir être « le président d’une France qui ne transige jamais sur son indépendance ni sur ses valeurs », alors qu’il veut faire ratifier en catimini une Constitution clairement supranationale, et il a constaté que les deux autres n’avaient même pas lu le texte de la défunte Constitution, puisque Ségolène Royal veut y ajouter un protocole social qui s’y trouve déjà, et que Bayrou veut une Union européenne à deux cercles, qui y occupe carrément un chapitre sous le nom de coopérations renforcées.

    Quoi qu’il en soit ce sont trois candidats européistes, candidats non pas à la présidence de la République mais à un poste de gouverneur d’une province, et Jean-Marie Le Pen est le seul qui soit « capable d’incarner cette force de résistance nationale » qui s’est exprimée lors du référendum, et dont le combat politique témoigne depuis 50 ans : il est le dernier parlementaire en activité à avoir voté contre le traité de Rome.

    S’il est élu, Jean-Marie Le Pen s’engage à renégocier les traités européens. Il montre que c’est possible, et il souligne que d’autres personnalités politiques de premier plan, y compris des dirigeants, dans plusieurs pays, sont sur la même longueur d’ondes. Sans parler des peuples auxquels on n’a demandé l’avis que dans quatre pays, dont deux ont dit non. Alors, « pourquoi ne pas envisager un nouveau traité de Rome en 2007 avec Le Pen à l’Elysée, un traité respectueux des souverainetés nationales qui redonnerait, aux peuples et aux nations d’Europe, le pouvoir confisqué par les oligarchies européistes ».

    Un journaliste a remarqué que la renégociation des traités dont parle Jean-Marie Le Pen aboutirait d’une certaine façon à en revenir au traité de Rome, et il lui a demandé pourquoi, dans ces conditions, il avait voté contre ce traité.

    Pour une fois c’était une question intelligente (même si elle se voulait embarrassante), qui a permis à Jean-Marie Le Pen, non seulement de préciser sa position, mais de rappeler ce qu’est fondamentalement la construction européenne telle qu’elle a été conçue depuis un demi-siècle.

    Les premiers traités, a-t-il expliqué, à savoir le traité sur le charbon et l’acier, et les deux traités de Rome (signés le même jour) sur la Communauté européenne et l’Euratom (on constate ici à quel point Jean-Marie Le Pen est précis), étaient en eux-mêmes des traités de coopération, entre six Etats, instituant en gros une Europe franco-allemande. Mais il est allé voir ce que disaient les inspirateurs de ces traités, comme Richard Coudenhove-Kalergi et Jean Monnet. Alors il a vu alors que le « traité de Rome » était conçu comme la première étape d’un projet de constitution à terme des Etats-Unis d’Europe, impliquant à terme la disparition de la nation française. C’est pourquoi il a voté non. Et l’histoire lui a donné raison : les idéologues européistes n’ont pas cessé de faire avancer la construction européenne vers la constitution d’un super-Etat européen, la deuxième grande étape ayant été le traité de Maastricht qui a transformé la Communauté économique européenne en Union européenne à vocation politique, la troisième étape, pour l’instant ratée, étant la Constitution européenne.

    C’est précisément cette inspiration qu’il faut remettre en cause, afin de construire, par un nouveau traité de Rome, une véritable Europe de la coopération entre les Etats et entre les peuples. L’Europe, précise Le Pen, de Brest à Vladivostok.

  • Difficile anniversaire

    La rédaction de la déclaration de l’Union européenne célébrant les 50 ans du traité de Rome n’a pas avancé d’un pouce. Et ça urge : il doit être publié le 25 mars, qui est le jour anniversaire.

    Hier, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a déclaré : « Si jamais je disais que la rédaction de la déclaration ne pose pas de problème, vous ne me croiriez pas. » En effet. Mais il s’est dit confiant que le sommet de jeudi permettra d’avancer.

    Aujourd’hui on a appris comment l’Allemagne entend avancer. Puisqu’il n’y a pas moyen de trouver d’accord sur les termes de la déclaration, Angela Merkel demandera à ses collègues de lui « confier le mandat » de rédiger le texte toute seule. Sic.

    C’est du moins ce qu’a déclaré à Bruxelles un conseiller de la présidence allemande. Qui a également précisé que le terme « Constitution » n’y figurerait pas, parce que « le mot Constitution est un mot difficile ». Sic.

  • Sarkozy et l’Union méditerranéenne

    Nicolas Sarkozy a une nouvelle grande idée (sans doute soufflée par ses amis américains, en tout cas très en phase avec eux) : il veut créer une Union méditerranéenne, sur le modèle de l’Union européenne, dont la Turquie serait le « pivot »…

    « C’est à la France, européenne et méditerranéenne à la fois, de prendre l’initiative avec le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et Chypre, d’une Union méditerranéenne comme elle prit jadis l’initiative de construire l’Union européenne », a-t-il déclaré hier à Toulon.

    On pourrait passer sur le fait que pour Sarkozy le Portugal est sur la Méditerranée , mais que la Slovénie ne s’y trouve pas (ou n’existe pas). Mais ces anomalies géographiques soulignent l’absence volontaire d’indication sur les autres pays « méditerranéens » qui seraient partie prenante de l’Union méditerranéenne.

    Quels sont ces pays ? Mystère. Car jusqu’où va la Méditerranée , si elle ne baigne pas les côtes slovènes mais que le Portugal est concerné ?

    Surtout que Sarkozy explique que c’est dans ce cadre « qu’il faut approcher le thème de la paix au Moyen-Orient » (Moyen-Orient étant la traduction de Middle-East ; en français on dit Proche-Orient). L’Irak et l’Iran seraient-ils « méditerranéens » ?

    Sarkozy cite un seul pays : la Turquie. Non seulement comme membre de cette Union, mais comme « pivot ». « C’est la grande ambition commune que je veux proposer à la Turquie  », souligne-t-il.

    Si les mots ont un sens, cela veut dire que la Turquie serait le pivot d’une Union où les Etats auraient abdiqué la plus grande part de leur souveraineté, sur le modèle de l’Union européenne soumise à la Constitution que Sarkozy veut ressusciter et faire ratifier par les parlements nationaux. Il y aurait donc un Conseil méditerranéen qui déciderait sans que la France (ni tout autre pays) ait de droit de veto, une Commission méditerranéenne qui déciderait de lois pour tous les pays méditerranéens, un Président méditerranéen, un ministre des Affaires étrangères méditerranéen, etc. Le tout placé sous l’influence particulière de la Turquie , « pivot » de cette Union.

    Sarkozy fait semblant de ne pas aller jusque-là. Il parle de réunions de dirigeants comme celles du G8, et d’un Conseil méditerranéen comme il y a le Conseil de l’Europe. Mais s’il en est ainsi il ne s’agit en rien d’une « Union méditerranéenne » correspondant à l’Union européenne.

    Une fois de plus Sarkozy trompe ses auditeurs. Car il évoque ensuite des « politiques communes » à élaborer. Le Conseil de l’Europe n’a jamais élaboré de politiques communes. Elles sont uniquement le fait des institutions de l’Union européenne.

    En outre, Sarkozy précise que l’Union méditerranéenne aura « vocation » à avoir avec l’Union européenne des « institutions communes ». C’est même inévitable, en effet, dans la mesure où un nombre important des Etats membres de l’Union méditerranéenne sont aussi membres de l’Union européenne.

    Et cela jusqu’où ? Jusqu’au moment où, naturellement, les deux Unions fusionneront, régies par une même Constitution.

    Sarkozy peut bien répéter ensuite qu’il ne veut pas que la Turquie intègre l’Union européenne. Ça n’a plus aucun sens…

  • Sarkozy et la Constitution européenne

    Le 8 septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours-programme sur l’Europe, dans lequel il se disait favorable à l’élaboration d’un « mini-traité » de l’Union européenne réduit aux seules réformes institutionnelles. Eh bien c’est fini. Son conseiller Alain Lamassoure a déclaré hier : « nous ne parlons plus d’un mini-traité, mais d’un traité ordinaire ».

    « C’est un traité qu’on ne va pas rédiger avec un stylo, mais avec des ciseaux », a-t-il précisé : on reprend le texte de la Constitution européenne, on ne l’appelle plus Constitution, on enlève les « passages superflus » de la troisième partie, on se met d’accord entre les 27 avant la fin de l’année, et le texte est ratifié par les parlements nationaux. « Nous pouvons grâce à cela tenir le calendrier proposé par Angela Merkel », ajoute-t-il.

    Puisque les Français ont mal voté en 2005, on ne leur demandera pas leur avis. Comme le souligne cyniquement Alain Lamassoure, « la seule manière de s’interdire d’échouer, c’est de faire ratifier ce traité ordinaire par les parlements nationaux dans tous les pays de l’UE ».

    « C’est un tournant dans la campagne : Nicolas Sarkozy a décidé de se mettre au service d’Angela Merkel, et non de la France », commente Jean-Marie Le Pen dans un communiqué : « Nicolas Sarkozy ne tient aucun compte du référendum de 2005. Il se moque de la volonté exprimée démocratiquement par les citoyens. Il y ajoute la dérision d’un changement d’étiquette censé faire passer la pilule. »

    Un changement d’étiquette frauduleux : il ne s’agit en rien d’un « traité ordinaire » puisque l’on conserve tout ce qui en fait très précisément une Constitution (président permanent de l’Union, ministre des Affaires étrangères, hymne, drapeau, monnaie, citoyenneté, etc.). C’est seulement pour pouvoir « justifier » qu’on se passe de l’avis du peuple : à un traité « ordinaire » correspond la procédure parlementaire « ordinaire »…

    Nicolas Sarkozy, conclut Jean-Marie Le Pen, « n’est pas candidat à la présidence de la République française, il est l’homme de main de l’européisme destructeur des souverainetés nationales ».

  • Négationnisme

    Interrogée dans La Croix sur la réunion en Espagne des pays qui ont ratifié la Constitution européenne, Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes, souligne que c’est « seulement tous ensemble que l’on pourra trouver la solution ou bien on ne la trouvera pas ». Que ceux-là souhaitent se réunir, « pourquoi pas », poursuit-elle, mais « la famille européenne rassemble aujourd’hui des pays qui ont dit oui, des pays qui ont dit non, et des pays qui ne se sont pas prononcés : c’est une réalité qui s’impose à tous, sachant que pour entrer en vigueur, un traité doit être ratifié par chacun des Etats membres ». De ce fait, « la priorité doit être de forger un nouveau consensus, à 27 ».

    Voilà une réaction mesurée mais ferme, et conforme à la réalité, pensera-t-on. Mais il y a la suite. Une fois ces vérités rappelées, Catherine Colonna dit exactement comme les conjurés de Madrid !

    Il faut, dit-elle, « partir de la base qui existe, celle du projet de traité constitutionnel, qui est le fruit d’un long travail », et il faut « préserver les équilibres qui sont ceux du texte ». C’est presque mot pour mot le texte de la déclaration finale de Madrid.

    Bref, ils sont tous d’accord pour nous resservir le même texte, plus ou moins modifié, plus ou moins enrichi, mais essentiellement identique.

    Ce n’est pas une surprise, dans la mesure où le gouvernement auquel appartient Mme Colonna est politiquement le même que celui qui a signé le texte. Il n’empêche que c’est un énorme déni de démocratie. Si la quasi-totalité de la classe politico-médiatique faisait campagne pour le oui au référendum, les Français ont dit non. Ce n’est pas pour qu’on leur resserve le même texte, plus ou moins fardé de ci de là.

    Mais l’Europe doit continuer d’avancer contre les peuples, et les référendums français et néerlandais doivent n’être que des incidents de parcours qui ne remettent pas en cause le beau travail accompli. Et l’on fait mine de ne pas se souvenir que si deux pays seulement ont rejeté le texte, ceux qui l’ont ratifié ont soigneusement omis (à l’exception de l’Espagne et du Luxembourg) de demander l’avis de leur peuple, et que d’autres ont sauté sur l’occasion pour geler le processus…

    Dans cette optique, on relèvera la fin d’une interview à Libération de l’Allemand Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen. Evoquant le futur nouveau référendum en France, il affirme être « sûr » que « si toute la gauche se mobilise en faveur du oui » la réponse sera positive… Et un non est de toute façon « inimaginable ». S’il y a un deuxième non « après que toute l’Europe a essayé de trouver des compromis avec la France, il faudra poser la question de son appartenance à l’Union ».

    Sic. Que voilà une belle menace… Mais elle n’a aucun sens. Car ce n’est pas « avec la France » qu’il faut trouver un « compromis ». C’est avec tous les pays qui n’ont pas ratifié le traité et qui sont vis-à-vis du texte exactement dans la même situation (car sur la plan juridique il n’existe que les pays qui ont ratifié et les pays qui n’ont pas ratifié). Rappelons qu’une déclaration annexée au traité imagine comme seule difficulté l’hypothèse extrême que deux ans après la signature du traité, donc en octobre 2006, les quatre cinquièmes des Etats membres auraient ratifié le traité et que de rares pays seraient à la traîne. En janvier 2007, on est loin des quatre cinquièmes…

  • Manigances européistes

    Les secrétaires d’Etat aux Affaires européennes et ambassadeurs des pays qui ont ratifié la Constitution européenne se sont réunis aujourd’hui à Madrid, dans le but de « faire entendre la voix des pays du oui », et « d’aider la présidence allemande à trouver un consensus sur le processus de réforme de l’Union ». D’emblée, le ministre espagnol des Affaires étrangères, qui était à l’origine de cette réunion, conjointement avec son homologue luxembourgeois, a déclaré que la Constitution européenne est un « magnifique document qui sert bien les besoins de l’Union et de ses citoyens », et que s’il faut le modifier, à cause des ces imbéciles de Français et de Néerlandais, il faudra « rechercher un consensus pour compléter le traité plutôt que pour le démembrer ».

    Ce matin, d’autre part, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, écrit dans le Financial Times à propos de la Constitution européenne : « Nous appelons tous ceux qui sont concernés à rester suffisamment ouverts pour donner une chance au processus de réforme. Cela nécessite suffisamment de flexibilité au cours des tous prochains mois pour permettre un compromis plus tard. Ce serait bien que dans les pays où des élections sont prévues la Constitution européenne ne devienne pas un thème central de discussions au cours desquelles des positions politiques fermes seraient prises. »

    Autrement dit, M. Steinmeier veut imposer le silence sur la Constitution européenne dans les rangs des candidats à la présidentielle en France. Frank-Walter Steinmeier est l’homme qui disait déjà il y a trois jours : « Si compromis il doit y avoir en fin de présidence allemande, certains devront bouger… Eu égard au fait que les deux tiers des pays ont déjà ratifié le traité constitutionnel, nous devons prendre conscience que certains pays devront bouger plus que d’autres. »

    Jean-Marie Le Pen a publié un communiqué, dans lequel il commente ces deux manigances européistes :

    « Les Etats qui ont ratifié le texte de la Constitution européenne se réunissent entre eux en Espagne pour montrer qu’ils sont majoritaires et qu’ils ont donc raison. Cette démarche est contraire au texte même qu’ils défendent, puisque celui-ci ne parle pas de majorité mais souligne que l’unanimité est nécessaire.

    « Ce même jour, le ministre allemand des Affaires étrangères, M. Steinmeier, du haut de son autorité de représentant de la présidence de l’Union européenne, se permet de demander que la Constitution européenne ne soit pas un thème central de la campagne présidentielle en France.

    « Or bien évidemment la résurrection annoncée de la défunte Constitution européenne doit être un thème central de la campagne. Le peuple français, qui a déjà dit non à la Constitution , doit être alerté de ce que manigancent les eurocrates, et les candidats doivent se prononcer clairement sur ce sujet, qui engage ce qui reste de la souveraineté de leur pays.

    « L’ingérence de M. Steinmeier dans les affaires intérieures françaises est précisément un exemple de l’insupportable dérive supranationale de l’Union européenne qui devait trouver sa consécration dans la Constitution.  »

  • ITS

    « Identité, Tradition, Souveraineté », tel est le nom du nouveau groupe au Parlement européen, qui sera enregistré le 15 janvier au cours de la prochaine session plénière. Bruno Gollnisch, qui en sera le président, a souligné que ce groupe aura pour principes la reconnaissance des intérêts nationaux, des souverainetés, des identités et des différences, l’engagement en faveur des valeurs chrétiennes et de la famille traditionnelle, et qu’il s’opposera à une « Europe unitaire, bureaucratique, et à un super-Etat européen », ainsi qu’à une politique massive d’immigration.

    Le groupe ITS initial est formé des sept députés du Front national (dont Jean-Marie Le Pen), des cinq députés du parti de la Grande Roumanie , des trois députés belges du Vlaams Belang, des Italiens Luca Romagnoli (MS-FT) et Alessandra Mussolini (Alternative sociale), de l’Autrichien Andreas Mölzer (FPÖ), du Britannique Ashley Mote (ex-UKIP), du Bulgare Dimitar Stoyanov (Ataka).

    Face aux journalistes qui faisaient état avec insistance des réactions des lobbies et de divers politiciens européens s’en prenant évidemment à la « xénophobie », au « racisme », à l’« antisémitisme » de ce groupe « d’extrême droite »,  Bruno Gollnisch a récusé ces accusations « infâmes », dénonçant une fois de plus cet indigne « raccourci fait entre la défense des identités d’une part et le racisme et l’antisémitisme d’autre part. »

    Quand ils ont fini de débiter leur litanie calomnieuse, les « experts » ajoutent que les partis politiques et les personnalités qui se retrouvent dans ITS ont surmonté leurs divergences « dans un intérêt d’ordre matériel », comme dit celui qu’a interrogé l’AFP. En bref, ces gens-là ne sont pas d’accord sur grand-chose, mais ils ont mis leurs divergences de côté pour pouvoir profiter du système.

    Qu’il y ait des différences entre les membres du groupe ITS, ce n’est pas un mystère. Chacun des partis ou personnalités qui le composent ont une histoire différente, des origines doctrinales différentes, dans des contextes différents. Ils s’accordent néanmoins sur l’essentiel, comme le montre le fait qu’ils signent une charte politique commune, et comme le montre d’abord l’intitulé du groupe et l’explication qu’en donne Bruno Gollnisch. A vrai dire, cet intitulé est autrement plus riche de sens que celui de la plupart des autres groupes.

    Quant aux « intérêts d’ordre matériel », il s’agit en effet de profiter de la manne européenne. Non pas pour se la mettre dans la poche, mais pour permettre de rendre plus efficace le combat politique. C’est précisément ce que les gardiens de la pensée unique ne supportent pas : qu’un groupe puisse défendre les souverainetés nationales avec l’argent européen… Et il n’y a pas que les moyens matériels proprement dits (secrétariat, publications, etc.). Le fait d’avoir un groupe permet aussi de bénéficier de davantage de temps de parole, de déposer des amendements, d’avoir accès aux présidences et vice-présidences diverses, de peser sur l’ordre du jour, etc.

    On espère qu’à ses 20 députés viendront s’agréger bientôt d’autres élus, afin que le groupe ITS devienne le grand groupe de défense et de résistance des souverainetés et des identités nationales dans cette assemblée qui a pour vocation de les détruire.

  • Un groupe au Parlement européen

    C’est confirmé. Bruno Gollnisch a annoncé que 20 députés avaient signé pour constituer un groupe autour du FN au Parlement européen (outre les 19 déjà évoqués, il y a un député bulgare, qui était déjà sur les rangs depuis le début des pourparlers).

  • Un groupe au Parlement européen

    A l’automne dernier on évoquait la possibilité pour le Front national et ses alliés de constituer de nouveau un groupe au Parlement européen. L’affaire se précise, selon Bruno Gollnisch, bien qu’entre temps les quatre députés de la Ligue du Nord qui étaient pressentis aient rejoint un autre groupe.

    « Pour le moment, c’est en bonne voie. Ce n’est pas encore fait mais je suis assez optimiste », a déclaré Bruno Gollnisch à l’AFP.

    Pour constituer un groupe politique, il faut réunir au moins 19 députés de cinq Etats membres. C’est l’arrivée des députés roumains et bulgares, dont les pays font partie de l’Union européenne depuis le 1er janvier, qui doit permettre de franchir le seuil.

    Le groupe doit comprendre les sept députés FN, les trois du Vlaams Belang, les cinq du parti de la Grande Roumanie , l’Autrichien du FPÖ Andreas Mölzer, le Britannique Ashley Mote (dissident de l’UKIP), les Italiens Luca Romagnoli (MS-FT) et Alessandra Mussolini (Alternative sociale). Il pourrait être présidé par Bruno Gollnisch.

    « Si ce groupe se fait, j’espère qu’il aura une fonction de catalyseur et que d’autres s’y joindront », ajoute celui-ci, qui espère le ralliement d’autres députés, notamment de Polonais de la Ligue des familles.

    Le groupe devrait être constitué la semaine prochaine, lors de la session plénière qui verra le renouvellement d’une grande partie des postes, dont celui du président de l’assemblée.

    L’importance de l’existence d’un groupe, tant en ce qui concerne les temps de parole que les financements européens et diverses facilités, n’échappe à personne. Notamment à la gauche, qui s’en « inquiète » à haute voix. « Je ne peux que regretter que l’extrême droite progresse et fasse entendre plus sa voix, parce que c’est une voix extrêmement dangereuse pour la démocratie et les droits humains », se lamente la socialiste Martine Roure. Car pour ces gens-là la démocratie ne consiste pas à donner la parole à tous les représentants élus du peuple.

    Le « Réseau européen contre le racisme », qui regroupe de nombreux lobbies « antiracistes » et démocrates à la façon socialiste, appelle carrément les autres groupes à « refuser de travailler avec le groupe proposé ou avec chacun de ses membres », car « nous ne pouvons pas accepter que de telles opinions deviennent des voix politiques légitimes ». C’est pourtant la voix de ces gens-là qui est illégitime, puisqu’ils ne sont pas élus et qu’ils n’ont pour tout argument que la calomnie et le mensonge.

  • L’Europe « semble vouloir prendre congé de l’histoire »

    Hier, le pape Benoît XVI a brossé le bilan de son année 2006 devant la curie. A propos de son voyage à Valence, il a évoqué le désastre d’une Europe qui « semble vouloir prendre congé de l’histoire », autrement dit le suicide de l’Europe, qui se déroule sous nos yeux, et en a examiné les causes. Voici ce passage, dans la traduction réalisée par l’agence Zenit :

    Devant ces familles et leurs enfants, devant ces familles dans lesquelles les générations se serrent la main et où l'avenir est présent, le problème de l'Europe, qui en apparence ne désire plus avoir d'enfants, est entré profondément en mon âme. Pour un étranger, cette Europe semble lasse, elle semble même vouloir prendre congé de l'histoire. Pourquoi les choses sont-elles ainsi ? Telle est la grande question. Les réponses sont sûrement très complexes. Avant de chercher ces réponses notre devoir est d'adresser un remerciement aux nombreux époux qui aujourd'hui aussi, en Europe, disent oui à l'enfant et acceptent les difficultés que cela comporte : les problèmes sociaux et financiers, ainsi que les préoccupations et les fatigues jour après jour ; le dévouement nécessaire pour ouvrir aux enfants le chemin vers l'avenir. En mentionnant ces difficultés, apparaissent peut-être également de manière claire les raisons pour lesquelles le risque d'avoir des enfants apparaît trop grand pour un grand nombre de personnes. L'enfant a besoin d'une attention pleine d’amour. Cela signifie : nous devons lui donner un peu de notre temps, du temps de notre vie. Mais cette « matière première » essentielle de la vie — le temps — semble précisément manquer toujours davantage. Le temps que nous avons à disposition suffit à peine pour notre propre vie ; comment pourrions-nous le céder, le donner à quelqu'un d'autre ? Avoir du temps et donner du temps — cela représente pour nous une manière très concrète d’apprendre à se donner soi-même, à se perdre pour se trouver. A ce problème s'ajoute le calcul difficile : de quelles normes sommes-nous débiteurs à l’égard de l’enfant pour qu'il suive le juste chemin et, en faisant cela, comment devons-nous, en faisant cela, respecter sa liberté ? Le problème est devenu particulièrement difficile également parce que nous ne sommes plus sûrs des normes à transmettre ; parce que nous ne savons plus quel est le juste usage de la liberté, quelle est la juste façon de vivre, ce qui constitue moralement un devoir et ce qui est en revanche inadmissible. L'esprit moderne a perdu l'orientation, et ce manque d'orientation nous empêche d'être pour les autres des indicateurs du juste chemin. La problématique va même encore plus loin. L'homme d'aujourd’hui est incertain à propos de l'avenir. Est-il admissible d'envoyer quelqu'un dans cet avenir incertain ? En définitive, est-ce une bonne chose d'être un homme ? Cette profonde insécurité sur l'homme lui-même — à côté de la volonté de posséder toute la vie pour soi — est peut être la raison la plus profonde pour laquelle le risque d'avoir un enfant apparaît à de nombreuses personnes comme un risque qui n'est pratiquement plus envisageable. De fait, nous ne pouvons transmettre la vie de manière responsable que si nous sommes en mesure de transmettre quelque chose de plus que la simple vie biologique, c'est-à-dire un sens qui tienne également dans les crises de l'histoire à venir et une certitude dans l'espérance qui soit plus forte que les nuages qui assombrissent l'avenir. Si nous ne réapprenons pas les fondements de la vie — si nous ne découvrons pas de manière nouvelle la certitude de la foi – nous aurons également toujours plus de mal à confier aux autres le don de la vie et la tâche d'un avenir inconnu. Le problème des décisions définitives est, enfin, lié à cela : l'homme peut-il se lier pour toujours ? Peut-il dire un oui pour toute la vie ? Oui, il le peut. Il a été créé pour cela. C'est précisément ainsi que se réalise la liberté de l'homme et ainsi que se crée aussi le domaine sacré du mariage qui s'élargit en devenant une famille et qui construit l'avenir.

  • Ubu finlandais

    Le Parlement finlandais vient de ratifier le « projet de Constitution européenne », par 125 voix contre 39.

    Sans doute la Finlande voulait-elle se montrer exemplaire en ratifiant la Constitution pendant qu’elle préside (encore pour quelques jours) l’Union européenne.

    Le problème est que la Constitution européenne est morte et enterrée depuis près d’un an et demi : même si les européistes prennent de grands airs pour prétendre contre toute évidence que le débat est ainsi relancé, les Finlandais apparaissent tout simplement ridicules.

  • Triste record

    Quelque 374 immigrés clandestins sont arrivés depuis vendredi aux Canaries. Cela porte le total à 30.259 depuis le début de l’année. Ce n’est pas seulement la première fois que le nombre de 30.000 est dépassé, c’est près du triple du précédent record (9.929 en 2002). Et l’année n’est pas terminée. Rappelons que si ces clandestins prennent la précaution élémentaire de voyager sans papiers, ils sont admis sur le continent, en Espagne, d’où ils peuvent ensuite aller où ils veulent dans l’Europe sans frontières. A moins de tomber sur Sarkozy, mais il semble qu’il ait autre chose à faire ces temps-ci.

    (Même scénario à Lampedusa, île italienne au milieu de la Méditerranée , où 110 clandestins viennent d’arriver, ce qui porte leur nombre à plus de 16.000 depuis de début de l’année.)

  • Génocide paysan : toujours plus loin

    La Coordination rurale a dénoncé des propos de Mariann Fischer Boel, commissaire européen à l’Agriculture, qui ont été peu commentés. C’était à propos de la réforme de l’OMC concernant le sucre. Selon Mme Fischer Boel, cette réforme n’est pas assez avancée en termes de disparition de nos producteurs. Et cela s’élargissait à tous les autres producteurs :

    « S’obstinant à défendre et mener sa politique de terre brûlée, Mme Fischer Boel appelle ainsi tous les agriculteurs “non compétitifs“ d’Europe à cesser leur activité, des producteurs de canards gras aux viticulteurs en passant par les betteraviers ou les producteurs de lait. A l’heure où les préoccupations des citoyens sont tournées vers le développement rural, l’occupation du territoire et l’environnement, cette attitude irresponsable va à l’encontre de tout bon sens. A quoi sert de consacrer des budgets sans cesse croissants au deuxième pilier, si la grand priorité de la politique agricole est de vider les campagnes du plus grand nombre possible d’agriculteurs “non compétitifs“ ? »

    Et la Coordination rurale de s’interroger sur le coût de gestion et d’administration de cette destruction de l’agriculture. Elle avait déjà interrogé la Commission à ce sujet, et s’était vu répondre que « les coûts de fonctionnement de la DG Agriculture et Développement rural, ainsi que ceux du cabinet de Madame la Commissaire , n’ont pas fait l’objet d’une évaluation ». Sic. Commentaire de la Coordination rurale : « Que la Commission commence par balayer devant sa porte avant de prétendre faire disparaître la catégorie d’Européens les plus indispensables : ceux qui nous nourrissent ! »

  • Benoît XVI en Turquie : les deux mensonges

    La presse a trouvé le moyen de nous fournir deux scoops sensationnels à propos de la visite du pape en Turquie. D’une part, Benoît XVI s’est prononcé pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, d’autre part il a prié dans une mosquée comme un musulman. Ce sont des faits doublement exceptionnels, car dans les deux cas Benoît XVI contredit radicalement ce que professait le cardinal Ratzinger. Et c’est tant mieux, ajoute-t-on, car ainsi il fait amende honorable après sa provocation antimusulmane de Ratisbonne, et il abandonne son opposition au grand mélange des religions.

    Ces deux scoops sont deux mensonges. Aussi énormes que le battage médiatique avec lequel ils sont mis en scène.

    Le pape n’a pas dit (à quelque moment que ce soit de son voyage) qu’il était favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. C’est le Premier ministre turc Erdogan qui a dit que le pape lui a dit… Ce n’est pas du tout la même chose.

    Depuis quand la parole du Premier ministre turc est-elle parole d’évangile ? Surtout quand il est tellement évident que, au moment même où les autorités européennes commencent à tousser face à l’intransigeance turque sur Chypre, le gouvernement turc est prêt à utiliser n’importe quoi pour montrer qu’il a des alliés ?

    Cela dit, il ne serait pas impossible que le pape Benoît XVI n’ait pas, sur cette question, le même avis que le cardinal Ratzinger préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Par exemple, qu’il soit sensible à l’argument des orthodoxes, et du gouvernement grec, qui sont favorables à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, parce qu’ils pensent que ce serait une façon d’obliger les Turcs à respecter les droits des minorités, donc à garantir la présence chrétienne, et une possibilité de renouveau chrétien, en Turquie.

    Mais si le pape prenait cette position, il le dirait, il l’expliquerait. Il ne se contenterait pas de faire dire par un homme politique, musulman de surcroît, ce qu’est sa position. Tant que lui-même n’a rien dit, la plus élémentaire honnêteté consiste à constater qu’il n’a rien dit.

    La plus élémentaire honnêteté consiste aussi à reproduire ce que le pape a vraiment dit en ce qui concerne l’Europe.

    A l’issue de la liturgie célébrée par le patriarche Batholomée Ier, Benoît XVI a appelé les chrétiens à « renouveler la conscience de l’Europe dans ses racines, ses traditions et ses valeurs chrétiennes, et leur redonner une nouvelle vitalité ».

    Dans leur message commun, Benoît XVI et le patriarche Batholomée Ier ont demandé aux catholiques et aux orthodoxes d’« unir leurs efforts pour préserver les racines, les traditions et les valeurs chrétiennes ».

    Voilà ce qu’a dit le pape sur l’Europe. Il n’y est pas question de la Turquie , sauf en creux : faire entrer en Europe des dizaines de millions de musulmans n’est pas forcément la bonne méthode pour revivifier les racines et les valeurs chrétiennes d’un continent déchristianisé…

    Enfin, on se souviendra de ce que le pape a répondu aux journalistes dans l’avion qui l’amenait en Turquie : c’est un pays « charnière entre l’Europe et l’Asie », par le fait que « le dialogue entre la raison européenne et la tradition musulmane est inscrit dans l’existence de la Turquie moderne ». Un pays charnière n’est pas un pays membre.

    Maintenant, la visite de la mosquée.

    Le pape a poliment accompagné l’imam, s’est arrêté avec lui et a acquiescé quand l’imam a suggéré un moment de méditation. Il ne s’est pas tourné vers La Mecque, il est resté à côté de l’imam, qui, lui, était en effet tourné vers La Mecque. Si cet imam, en visite à Rome, était conduit par le pape derrière l’autel de Saint-Pierre, dirait-on qu’il s’est tourné vers Jérusalem ?

    D’autre part, contrairement à ce qu’on prétend, le pape n’a pas adopté une des postures de la prière musulmane, et n’a fait aucun geste propre aux musulmans. Il avait les bras croisés sous la poitrine, et ce que l’on voyait, ce qui apparaissait de façon spectaculaire, c’était sa croix pectorale en or, qui brillait sous les illuminations de la mosquée. C’est la croix du Christ qui est entrée au centre de la mosquée symbole de l’islam turc.