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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2817

  • Turqueries et chuchotements

    La présidence finlandaise de l'Union européenne avait imaginé une « solution » (surréaliste) au problème de la non-reconnaissance de Chypre par la Turquie. Une réunion devait se tenir à Helsinki les 5 et 6 novembre, juste avant la publication du rapport de la Commission européenne (dont la rédaction avait été suspendue) sur les (non) « progrès » d’Ankara vers l’adhésion à l’Union européenne. La réunion a été annulée. Pour des « raisons techniques », a d’abord indiqué la présidence finlandaise. « Malheureusement les conditions n’étaient pas réunies », a ensuite déclaré le ministre finlandais des Affaires étrangères.

    En refusant une fois de plus de mettre en cause l’attitude de la Turquie (qu’’il ne faut pas vexer parce qu’il faut absolument aboutir à son intégration), l’Union européenne permet au gouvernement d’Ankara d’en rajouter dans son animosité vis-à-vis de Chypre, ce qui est le contraire du but recherché. Car bien entendu le ministre turc des Affaires étrangères s’est empressé de dire que si la réunion a été annulée c’est la faute de Chypre : «  La Turquie a fortement soutenu les efforts finlandais depuis le tout début, mais malheureusement les Chypriotes grecs ont bloqué le processus. »

    Des diplomates européens, naturellement anonymes, ont laissé entendre que bien entendu ce sont les Turcs qui ont fait capoter la réunion. De confidence en confidence, on peut à peu près reconstituer le scénario. La discussion devait, logiquement, se dérouler entre tous les protagonistes. Mais les Turcs refusent obstinément de discuter directement avec les Chypriotes, puisqu’ils ne reconnaissent pas Chypre. Ils avaient donc exigé que les négociations se déroulent entre la « République turque de Chypre nord » (que personne ne reconnaît en dehors d’Ankara) et la République de Chypre. Ajoutant que s’il y avait des progrès dans les discussions, alors interviendrait une négociation au niveau supérieur, entre la Turquie et la Grèce … Il est clair que les Chypriotes ne pouvaient pas accepter de telles conditions.

    En définitive, le vrai responsable de l’échec est l’Union européenne. Car la solution imaginée était absurde : en échange d’un engagement de la Turquie à commercer avec la République de Chypre, dont elle ne reconnaît pas l’existence, l’Union européenne s’engageait à commercer avec la « République turque de Chypre nord », dont elle ne reconnaît pas l’existence… Un arrangement qui faisait litière du droit international, et qui ne fait pas avancer d’un pouce la reconnaissance de Chypre par Ankara, alors que cela aurait dû être un évident préalable à l’ouverture des négociations d’adhésion.

    Le rapport de la Commission européenne devra donc tenir compte de cet échec. Et alors ? Alors rien. Le rapport sera,  nous dit-on, sévère pour la Turquie , parce qu’elle ne fait pas de « progrès », mais il ne contiendra aucune recommandation (aux 25, qui se réunissent en sommet en décembre) de suspension, même partielle, des négociations… Bref, ce sont les Turcs qui décident des conditions de leur adhésion à l’Union européenne, même quand elles sont inacceptables et contraires au droit international.

  • Il est bon

    Il est bon de confesser le Seigneur et de chanter ton Nom, ô Très Haut ;

    pour annoncer le matin ta miséricorde, et ta vérité pendant la nuit,

    sur la harpe à dix cordes, sur le psaltérion, avec un cantique, et sur la cithare.

    Car tu m'as délecté, Seigneur, par tes œuvres, et j’exulte en voyant l’œuvre de tes mains.

    Que tes œuvres sont magnifiques, Seigneur ! Tes pensées se sont faites si profondes !

    (psaume 91, début)

  • 104

    104 soldats américains ont été tués en Irak en octobre, ce qui est le plus lourd bilan depuis janvier 2005. Ce mois-là il y avait eu 107 morts, mais cela était dû notamment au crash d’un hélicoptère, qui avait fait 30 victimes d’un coup. Le mois le plus meurtrier, avec 137 victimes, reste celui de novembre 2004, marqué par l’assaut sur Falloujah.

  • Bruno Gollnisch sur altermedia

    Altermedia a réalisé une grande interview audio de Bruno Gollnisch. Vox Galliae en a extrait les propos suivants : « Nous croyons encore être dans un système de liberté [...] mais il s'agit en fait d'un totalitarisme insidieux au cours duquel un certain nombre de dirigeants dévoyés essaient d'empêcher les peuples de se défendre pour revendiquer ce qui est leur droit: le droit à la défense de leur identité, le droit de décider s'ils veulent ou non de tant d'étrangers chez eux. C'est un droit des peuples de dire: "non nous sommes désolés, nous ne voulons pas autant d'étrangers autour de nous". C'est le droit de chacun de chacun de préserver sa maison, de préserver son territoire, de préserver sa patrie, de préserver son identité. Eh bien ceci est culpabilisé et on culpabilise dans tous les domaines. »

    Au sujet de la liberté d'expression, Bruno Gollnisch appelle à venir le soutenir lors de son audience au tribunal correctionnel de Lyon, les 7 et 8 novembre, 67 rue Servient, Lyon (3ème) à partir de 9h30. Il s'agit toujours de l'affaire ahurissante de ses soi-disant "propos sur les chambres à gaz".

  • National Hebdo N° 1163

    Le numéro de National Hebdo qui paraît ce jour comporte une grande interview de Jean-Marie Le Pen : « Aujourd’hui, il faut d’abord éviter le pire. » Il y a aussi un reportage sur Le Pen à Tours, ainsi qu’un récit du « miracle de la Toussaint  », l’attentat contre Le Pen, dans la nuit du 1er au 2 novembre 1976, qui fit s’effondrer trois étages de l’immeuble où il habitait, mais ne fit aucune victime. Deux autres anniversaires sont évoqués : celui de l’insurrection anticommuniste de Budapest, et celui de l’opération de Suez, où le lieutenant Le Pen s’était fait remarquer par son respect des morts musulmans. A noter aussi une interview de Marine Le Pen sur son voyage refusé en Israël, et une interview d’Eric Pinel sur le film d’Al Gore Une vérité qui dérange. Mon éditorial traite des banlieues : Un palier dans la barbarie.

  • Une recette d’impunité

    Une polémique a éclaté après la décision du patron de la police de Seine-et-Marne de relâcher une soixantaine d’individus interpellés alors qu’ils venaient de dégrader des véhicules. Les syndicats de policiers se sont aussitôt insurgés contre cette décision et ont réclamé une enquête. Interrogé à ce sujet, Nicolas Sarkozy a déclaré avoir « demandé au directeur général de la police un rapport très circonstancié pour comprendre ce qui s’est passé ».

    Les événements se sont déroulés le soir du 27 octobre. Une bande de « jeunes » déambulait dans les rues de Savigny-le-Temple, armés de battes de base-ball, de pistolets à balles de caoutchouc et de bombes lacrymogènes, dans le but d’en découdre avec une bande rivale. Sur leur passage, les voitures en stationnement étaient les premières victimes de leur haine. Les policiers arrivés sur place les ont encerclés et menottés, mais ils avaient eu le temps de se débarrasser de leurs armes.

     Le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Claude Menault, est arrivé sur place, et a fait relâcher tous les « jeunes ».

    Face à l’émotion suscitée par cette décision, il a tenu une conférence de presse pour se justifier. « Rien juridiquement ne tenait », a-t-il fait valoir. Aucune infraction commise ne pouvait être imputée à quelqu’un en particulier, et il n’y avait donc pas matière à garde à vue : « Il aurait été très difficile de prouver que tel individu était pourvu de telle arme, avait dégradé telle voiture. Je n’allais pas mettre en garde à vue soixante individus, et défaire mon dispositif de sécurité au début d’un week-end “chaud“, pour que tout le monde soit relâché le lendemain. » Il a toutefois ajouté qu’une enquête préliminaire était ouverte.

    Le procureur de la République de Melun a apporté son soutien à Jean-Claude Menault, estimant que « mener 60 gardes à vue pendant 48 heures en même temps, dans une procédure où il faut tout démontrer parce qu’a priori personne ne va reconnaître ce qui lui est reproché, c’est mission impossible. »

    Il est probable que le directeur départemental de la sécurité et le procureur aient raison. Mais c’est là une formidable leçon de stratégie qui est donnée aux émeutiers potentiels. Ils ont déjà appris qu’ils devaient être encagoulés pour ne pas être reconnus, et ils vérifient à chaque émeute qu’ils peuvent agresser les policiers sans que ceux-ci aient le droit de réagir, comme on le voit sur des vidéos qui circulent sur internet. Ils apprennent désormais qu’il suffit d’être assez nombreux et pris sans arme pour être assurés d’être aussitôt relâchés. Nul doute que cette leçon-là va être bien apprise.

  • Mémoire des morts

    Requiem æternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis.

    La commémoration de tous les fidèles défunts incite à penser aux morts en général, aux morts de sa famille en particulier, et, par contrecoup, à notre propre mort. Il y a des gens qui ne pensent jamais à la mort. Je n’arrive pas à comprendre comment c’est possible. Car enfin, s’il y a une seule chose dont on soit certain pour l’avenir, et il n’y en a aucune autre dont nous puissions être certains, c’est que nous allons mourir. C’est donc un événement essentiel. C’est même le seul événement essentiel de notre vie à venir. Or on se prépare pour tous les grands événements. Il faut donc se préparer à la mort. Maintenant, et tout le temps. Cela n’a rien de sinistre. Car penser à la mort, c’est penser à Dieu. C’est se mettre en présence de Dieu, amour, lumière, liberté, miséricorde, plénitude de vie. Si l’on pensait à la mort en permanence, on ne pècherait pas, comme l’ont dit et répété les maîtres spirituels. C’est pourquoi saint Barsanuphe de Gaza donnait cette consigne : « Sois vigilant et attends la mort. » Cette veille constante est un enseignement du Seigneur dans l’Evangile. Il s’agit de veiller en attendant... l’Epoux, qui arrive au milieu de la nuit. Veiller consiste à tenir toujours allumée la lampe de la charité : l’amour de Dieu et du prochain. Attendre la mort, non seulement ce n’est pas triste, mais c’est le secret de la joie.

  • Toussaint

    Parmi les fêtes chrétiennes qui ont pris la suite de fêtes païennes, la Toussaint est la seule qui n’ait pas éclipsé son héritage païen. L’Eglise a eu beau faire, elle n’a jamais réussi à imposer que la fête de tous les saints ne soit pas d’abord la fête des morts. L’explication ne tient pas, selon laquelle c’est parce que le 1er novembre est férié et que le 2 ne l’est pas. Car le phénomène se constate en des lieux très divers, sans considération des jours fériés.

    C’est du reste fort curieux. En effet on souligne souvent, à juste titre, que la Toussaint a été inventée en Occident pour supplanter la très antique fête celtique de Samain, moment du passage d’une année à l’autre, où il n’y a plus de séparation entre le monde des vivants et le monde des morts. Ce sont des moines irlandais du continent qui l’ont demandée à Charlemagne, et c’est son fils Louis le Pieux qui l’a obtenue du pape. La Toussaint a toujours été particulièrement célébrée en Bretagne. Comme fête des morts. Je me souviens que dans le village où j’habitais il y a une trentaine d’année, c’était le seul jour de l’année où l’église était pleine (en dehors des… enterrements). Mais ce n’est pas seulement celtique. Le 1er novembre fête des morts, c’est aussi le cas en Pologne… ou au Mexique, où l’on nous dit que c’est une coutume aztèque…

    En fait, même si cela doit choquer les pourfendeurs d’Halloween (dont je ne conteste pas les raisons), d’une certaine façon, la Toussaint pourrait avoir davantage son aspect de fête des saints dans les pays où l’on célèbre (ou célébrait) vraiment Halloween. Pour la bonne raison que ce mot veut dire « veille de la Toussaint  » : la veille au soir, où l’on se moque des anciens rites celtiques, dégradés en folklore et allègrement christianisés. En Irlande Halloween est appelé oídche na h-aimléise, la nuit des bêtises. On se déguise et on fait des farces en imitant ce que ferait un mort invisible (comme cogner à une porte et s’enfuir sans être vu). Les enfants se maquillent en noir et blanc, se mettent de vieux habits et des grands chapeaux et font le tour des voisins en chantant ceci : « Halloween is coming and the geese are getting fat. Please put a penny in the old man's hat. If you haven't got a penny, a ha'penny will do. If you haven't got a ha'penny then God bless you, and your old man, too! » (Halloween arrive et les oies engraissent. S'il vous plaît mettez un penny dans le chapeau du vieil homme. Si vous n'avez pas un penny, un demi-penny fera l'affaire. Si vous n'avez pas un demi-penny, que Dieu vous bénisse, et votre vieil homme aussi.)

    Peut-être bien que saint Odilon de Cluny s’est trompé quand, plus d’un siècle et demi après l’institution de la Toussaint , il a inventé une commémoration des défunts le lendemain. Il aurait été plus judicieux de le faire la veille, ce qui aurait peut-être permis à la Toussaint d’être vraiment la fête des saints.

  • Encore le DAL

    Le feuilleton du campement de Saint-Ouen n’est pas terminé. Les trois familles de « sans-papiers » qui avaient été évacuées de la place de la mairie sont revenues. Elles ne voulaient pas rester au centre de Vaujours qui est trop loin de Saint-Ouen, a expliqué le DAL. « Elles ont donc décidé de camper à nouveau devant la mairie et souhaitent obtenir un titre de séjour rapidement. » Peu après, la préfecture faisait savoir qu’elle était en train d’examiner les dossiers de ces trois familles...

    Dans le même temps, les activistes du DAL, accompagnés de quelques dizaines d'immigrés, envahissaient les locaux d’une société HLM de Neuilly (histoire d'embêter Sarkozy), « pour déposer une quarantaine de dossiers de familles récemment expulsées ». Une délégation a été reçue par le maire, et puis la police a fait sortir tout le monde. Le maire, Louis-Charles Bary, a constaté qu'il s'agissait d'une "manoeuvre de provocation tout à fait évidente", faisant remarquer que "quand nous avons proposé de prendre les noms et adresses des demandeurs de logements, ils ont décidé que ça ne rimait à rien et ont rompu les négociations"...