Dans le calendrier liturgique, quand il n’y a pas de fête proprement dite d’un saint, comme aujourd’hui, le jour est dit « de la férie ». Cette expression, qui paraît toujours exister officiellement, a disparu de nombreux calendriers (y compris ceux auxquels on a accès par Le Salon Beige ou par Eucharistie miséricordieuse, qui ne sont pourtant pas des sites "progressistes"), où ce jour est indiqué comme le « jeudi de la 22e semaine du temps ordinaire ».
L'effacement de la "férie" est regrettable. L’emploi du mot férie veut dire que ce jour, même en l’absence d’un saint particulier à fêter, est quand même un jour de fête. Parce qu’en vérité l’Eglise, dans son martyrologe, commémore un grand nombre de saints chaque jour, et surtout parce que pour le chrétien tous les jours sont des jours de fête : tous les jours sont des jours du temps de la Résurrection.
Le mot férie vient du latin feriæ, un pluriel qui désignait à l’origine les jours… fériés, à savoir ceux où l’on chômait en l’honneur des dieux. Certes le chrétien ne fait pas de chaque jour un jour férié en l’honneur de Dieu, mais il doit prendre du repos, dans la prière, chaque jour, en l’honneur de Dieu. Car ce n’est qu’en Dieu qu’on trouve le repos.
Le mot feriæ vient du verbe ferire, immoler des victimes. Or chaque jour, dans le monde entier, l’Eglise immole la Victime.
Ce jour est donc bien une férie.

