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  • A propos...

    Les graphiques que publie "Information is beautiful" sur le coronavirus sont fort intéressants. En voici trois. Les autres sont ici. (Via le Salon Beige.)

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    (Seasonal Flu, c'est la grippe : plus de 1000 morts par jour. 8100 morts l'an dernier en France.)

  • Un curé

    Ça se passe à Villabate, un bourg à la sortie est de Palerme, en Sicile. Don Leonardo Ricotta (qui a eu des problèmes avec son archevêque pour déviations traditionnelles, je ne sais pas où ça en est) fait le tour de sa paroisse Sainte-Agathe avec le Saint Sacrement. Quelques beaux témoignages de foi. Voir notamment à 1’20 cet homme qui descend vite de son camion frigorifique pour faire une génuflexion et un beau signe de croix.

  • Vendredi de la deuxième semaine de carême

    La station de ce jour est à Saint-Vital, basilique construite à la fin du IVe siècle grâce à une riche Romaine nommée Vestine. C’est au « titulus Vestinae » que pendant la peste de Rome en 590 se réunissaient les veuves pour leur procession vers Saint-Pierre, au cours de la « Litanie septiforme » instituée par l’archidiacre Grégoire (saint Grégoire le Grand) pour conjurer le fléau.

    Chronique de Roger de Wendover « Fleurs de l’histoire » (début du XIIIe siècle) :

    L’an de grâce 591, il y eut en Italie un déluge presque au-delà de ce que chacun peut croire, et après un grand trouble lui succéda la peste, dite bubonique, qui ôta la vie d’abord au pape Pélage puis dévasta le peuple en faisant un monceau de cadavres. En ce temps-là remplissait les fonctions d’archidiacre de la ville de Rome le bienheureux Grégoire, qui face à une telle calamité ordonna de faire une litanie septiforme. Elle est dite en effet septiforme, parce qu’en premier lieu furent tous les clercs, en second les abbés avec leurs moines, en troisième toutes les abbesses avec leurs moniales, en quatrième tous les enfants, en cinquième tous les laïcs, en sixième toutes les veuves, en septième tous les couples mariés. Ayant disposé tout cela comme il faut, l’homme de Dieu purgea entièrement la ville de la peste susdite, ayant apaisé la colère de Dieu.

  • Psychodrame

    La faculté de Tolbiac a été évacuée en fin de matinée et elle est fermée jusqu’à nouvel ordre.

    Parce qu’un enseignant a été testé positif au coronavirus.

    A 11h20 les étudiants et le personnel ont reçu un SMS leur demandant de quitter les lieux, et il y a même eu une alerte par haut-parleurs…

     

    Addendum

    Et finalement ce sont toutes les universités et toutes les écoles qui sont fermées. Même là où il n'y a pas de cas (de la maladie qui se guérit à 98%) à 50 km à la ronde... Ce n'est plus une épidémie de peur, c'est une pandémie de panique. Où sont les psys ?

     

    P.S. Un troisième décès dans mon département (94, 92, 90 ans). Il y a des nonagénaires qui meurent. Du jamais vu.

  • Insulte allemande

    La cour d’appel provinciale de Karlsruhe a refusé d’extrader un ressortissant polonais poursuivi pour fraude en raison de ses « doutes quant à la garantie de l’indépendance de la justice polonaise » et du « droit à un procès équitable ».

    Elle a donc « révoqué le mandat d’arrêt et demandé aux autorités polonaises de plus amples informations sur les effets de la réforme judiciaire polonaise ».

    La cour ose ajouter qu’elle ne fait que se conformer à l’arrêt de la Cour de Justice européenne qui oblige les juridictions nationales à examiner la garantie d’un procès équitable en cas d’extradition...

    Les juristes constatent que c’est une première. Les magistrats allemands se transforment donc en militants politiques qui se permettent de juger et condamner le système judiciaire d’un pays voisin, membre de l’UE, et théoriquement ami…

  • Le cardinal Pell

    Après deux jours d’audience, la Haute Cour d’Australie, qui examinait le dernier recours du cardinal Pell, a renvoyé sa décision à plus tard.

    Il va rester en prison encore plusieurs mois. Comme le dit Marco Tosatti, « le calvaire du cardinal, condamné sur la base d’une seule plainte de la victime présumée sans autre preuve et témoignage concordant, et contre au moins vingt témoignages à décharge, se poursuit ».

     

    Addendum

    Jeremy Gans, un professeur de droit de l’université de Melbourne, a affirmé dans The Australian que jeudi avait été une « bonne journée pour Pell » à la Haute Cour et qu’il y avait une chance que le cardinal soit acquitté.
    « Ce qu’il faut retenir de l’audience d’aujourd’hui, c’est que les perspectives de succès de Pell en appel sont bonnes », a tweeté Shannon Deery, journaliste au Herald Sun, ajoutant que la cour « semblait être du côté de la défense » mais « se débattait » avec l’accusation.

    Et cela pourrait se conclure la semaine prochaine.

  • Prière contre la peste

    Stélla caéli exstirpávit
    Quae lactávit Dóminum
    Mórtis péstem quam plantávit
    Prímus párens hóminum.

    L’Etoile du ciel, qui allaita le Seigneur, extirpa la peste mortelle qu’avait plantée le premier parent des hommes.

    Ipsa Stélla nunc dignétur
    Sídera compéscere,
    Quórum bélla plébem caédunt
    Dírae mórtis úlcere.

    Que cette même Etoile daigne arrêter les astres dont la guerre frappe les hommes d’une cruelle plaie mortelle.

    O gloriósa Stélla máris
    A péste succúre nóbis:

    O glorieuse Etoile de la Mer, libère-nous de la peste.

    Audi nos, nam te fílius
    Níhil négans honórat.

    Ecoute-nous, car le Fils, en ne te refusant rien, t’honore.

    Sálva nos, Jésu !
    Pro quíbus Vírgo máter te órat.

    Sauve-nous Jésus, pour qui la Vierge mère te prie !

    Cette prière, ou ce chant, apparaît en Angleterre au début du XVe siècle. A peu près simultanément (impossible de dater précisément) dans un recueil de prières de Charles d’Orléans, et comme un motet à trois voix de John Cooke. Ces deux personnages étaient à la bataille d’Azincourt (1415), Charles d’Orléans fut fait prisonnier et resta 25 ans en Angleterre, et le motet de Cooke se trouve dans un recueil de pièces qui notamment célèbrent la victoire d’Azincourt. On sait que Charles d’Orléans écrivit de nombreux poèmes pendant sa captivité. Il est possible que Stella Caeli exstirpavit, dont on n’a trouvé à ce jour aucune trace antérieure, soit de lui. Dans les deux décennies suivantes le texte apparaît dans divers livres, tous anglais : avec deux mélodies différentes de plain chant dans deux livres aujourd’hui à Cambridge, avec une troisième mélodie de plain chant dans un processionnal du rite de Sarum, une partition polyphonique à Oxford, une partie de ténor dans un graduel de Sarum, et deux traductions en anglais de l’époque.

    Le chant se répandra ensuite dans toute l’Europe, et le texte sera mis en musique par divers compositeurs (dont Michael Haydn et Joseph Martin Kraus).

    La mélodie qu’on trouve aujourd’hui dans je ne sais quel livre au n° 122 est une autre mélodie que les trois anglaises du XVe siècle. Par le père franciscain Matteo Ferraldeschi :

    On rappellera que dans la chrétienté en temps de peste on ne fermait pas les églises mais qu’on organisait des processions et autres cérémonies pénitentielles.

  • Saint Grégoire le Grand

    Dans le calendrier romain, depuis 1960, c’est la férie de carême qui prime. Mais dans le calendrier monastique c’est la fête de saint Grégoire le Grand. Il fut grand au carré et au cube et au-delà, car il fut un grand bénédictin, un grand pape, un grand docteur de l’Eglise, et le grand ordonnateur de la liturgie latine. Au moment de la « bataille de la messe » j’ai connu un moine qui parlait toujours de la « messe de saint Grégoire le Grand », et non de saint Pie V. Cela pour souligner que la messe traditionnelle n’est pas la messe « tridentine », mais qu’elle était déjà pour l’essentiel codifiée par saint Grégoire le Grand. De fait il aurait été bon de dire « la messe de saint Grégoire », comme les byzantins disent « la divine liturgie de saint Jean Chrysostome » (laquelle s’est fixée à peu près au même moment que se fixait la messe latine, aux XVe-XVIe siècles).

    Le bréviaire bénédictin a donc un office propre, avec une série d’antiennes et de répons, tirés de la Vie de saint Grégoire le Grand écrite par Paul Diacre (VIIIe siècle). L’un des répons, émouvant, est de saint Grégoire lui-même, regrettant le temps où il était moine.

    ℟. Ecce nunc magni maris fluctibus quatior, pastoralis curæ procellis illisus : * Et cum priorem vitam recolo, quasi post tergum reductis oculis, viso littore suspiro.
    . Immensis fluctibus turbatus feror, vix jam portum valeo videre quem reliqui. * Et cum priorem vitam recolo, quasi post tergum reductis oculis, viso littore suspiro.

    Me voici donc maintenant battu des flots de la grande mer, brisé des tempêtes de la charge pastorale. Et lorsque, au souvenir de ma vie antérieure, je jette mes regards derrière moi, à la vue du rivage qui s’éloigne, je soupire.
    Plein de trouble, je me sens emporté par des vagues immenses ; à peine aperçois-je encore le port que j’ai quitté. Et lorsque, au souvenir de ma vie antérieure, je jette mes regards derrière moi, à la vue du rivage qui s’éloigne, je soupire.

    C’est extrait du début de ses Dialogues, et Paul Diacre a également cité tout le passage au début de sa Vita. En voici la traduction par l’abbé Henry (1855) :

    Mon esprit, battu par les vagues de mes pénibles occupations, se rappelle le bonheur qu'il goûtait jadis au monastère, alors qu'il voyait à ses pieds tout ce qui passe, et qu'il planait au-dessus de ce monde éphémère. Les biens célestes étaient le seul objet de ses pensées ; dans l’élan de sa contemplation, il secouait les liens de sa mortalité et franchissait les barrières de sa prison de boue ; enfin la mort elle-même, que tous regardent comme un affreux supplice, il la chérissait comme le vestibule de la vie et la récompense de ses travaux. Mais maintenant la charge pastorale le force de subir les tracassantes affaires du siècle, et après avoir joui d'un si doux, d'un si magnifique repos, il lui faut se souiller de la poussière des choses de la terre. Une charitable condescendance l'a-t-elle obligé de se répandre au dehors, lorsqu'il veut rentrer en lui-même, incontestablement il se trouve moins d'aptitude pour ses exercices spirituels. Ainsi je pèse mes souffrances, je pèse mes pertes, et la considération des avantages dont je suis privé rend mon fardeau plus accablant encore. Les vagues de la grande mer me battent de toutes parts, et la tourmente d'une furieuse tempête brise la frêle nacelle de mon âme. Aux souvenirs de ma vie première, je soupire comme à la vue d'un tranquille rivage laissé derrière moi. Mais ce qu'il y a de plus fâcheux encore, c'est que, emporté par les vastes flots, je puis à peine, dans mon trouble, apercevoir le port que j'ai quitté.

    L’une des antiennes dit :

    Dum paginae sacrae mysteria panderet, columba nive candidior apparuit.

    Alors qu’il expliquait les mystères de la sainte Écriture, une colombe plus blanche que la neige apparut.

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    La colombe du Saint-Esprit explique l’Ecriture à Grégoire. Le diacre Pierre est prêt à écrire ce que le pape va lui dicter. Illustration du Registrum Gregorii de Trèves, recueil des lettres de saint Grégoire (fin du Xe siècle).

  • Leur PMA

    Le professeur Michael David, de la faculté de médecine de l’université d’Adelaïde (Australie), spécialisé dans la recherche sur la fertilité, a publié une étude sur 507.390 grossesses dans l’Ontorio (Canada) entre 2012 et 2015. Il en résulte que la fécondation in vitro multiplie par deux le risque de malformation cardiaque du nouveau-né, et par quatre en cas de jumeaux (ce qui est fréquent puisqu’on transfère souvent plusieurs embryons).

    Et l’on a constaté en Australie que 15 bébés sur 1000 naissent avec une malformation cardiaque congénitale.

    Précédents articles de Gènéthique sur le sujet :

    Les femmes qui font une FIV augmentent de 40 % leur risque d’avoir une complication grave à l’accouchement

    PMA: Cinq fois plus de troubles cardiaques mortels pendant la grossesse, selon une étude allemande

  • Les acharnés

    Le vétéran de la théologie de la libération Victor Codina, jésuite de 89 ans, a publié un article dans lequel il affirme qu’une note de Querida Amazonia permet l’ordination d’hommes mariés, de la même façon qu’une note d’Amoris laetitia a permis aux adultères de se remarier à l’église. Trouvaille tellement géniale que le REPAM a aussitôt repris le texte pour lui donner la plus grande diffusion.

    La note (120) dit ceci :

    Dans le Synode a germé la proposition d’élaborer un “rite amazonien”.

    Or, dit Codina, il y a déjà 23 rites dans l’Eglise, et dans nombre d’entre eux il y a des prêtres mariés. Donc le rite amazonien peut permettre l’ordination d’hommes mariés, d’autant que l’exhortation apostolique ne ferme pas la porte puisqu’elle n’en parle pas.

    Sauf que le raisonnement ne tient pas. Le vieux Codina parle des rites comme le faisaient jadis ceux qui ne voulaient pas reconnaître pleinement les Eglises orientales. Ils voulaient n’y voir que des particularités liturgiques. Le P. Codina devrait se renseigner, il apprendrait que depuis Léon XIII déjà, et surtout depuis qu’il y a un code de droit canon des Eglises orientales, Rome reconnaît explicitement l’existence d’Eglises qui ont leurs propres lois. Dont celle de permettre l’ordination d’hommes mariés. Mais il n’est aucunement question de créer une Eglise amazonienne spécifique. Le projet de « rite amazonien » est purement liturgique (si l’on peut dire…).

    En fait le vieux jésuite ne doit pas être si sûr de lui, puisque, ensuite, il évoque ce qui, réellement, ouvre la voie à l’ordination d’hommes mariés : la mention au début de Querida Amazonia que les pasteurs et les fidèles doivent s’engager à appliquer le document final du synode, lequel en appelle à un clergé marié, à des diaconesses, etc.