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religion

  • Le Pen et la religion

    Voici des extraits de l’interview de Jean-Marie Le Pen que La Croix publie aujourd’hui.

    Les religions remplissent un rôle irremplaçable parce qu’elles apportent un élément de stabilité dans la société. La religion chrétienne, qui a connu tout de même des déchirements cruels, a aussi eu un rôle pacificateur. Le déclin de la pratique religieuse renforce aujourd’hui un matérialisme latent, qui explique sans doute la décadence des comportements sociaux. Elles encouragent à la sagesse par la notion d’au-delà et l’observance de règles comme les dix commandements. Mais ce rôle de formation des individus, qui s’est exercé jusque dans les milieux très modestes, est moins fort aujourd’hui.

    L’islam se montre sans doute plus réactif que ne l’est la religion chrétienne quand elle est moquée ou vilipendée. Et le monde islamique semble plus craint que ne l’est le monde chrétien. Il est vrai que la religion islamique obéit à un précepte de conquête, ce qui n’est plus le cas de la religion chrétienne. Le dynamisme de l’islam résulte moins de son prosélytisme que de la pression démographique. Il emprunte naturellement le canal religieux car celui-ci bénéficie d’une certaine complaisance ou indulgence. En tout cas, en France, la revendication des mosquées est née avec l’augmentation considérable du nombre des immigrés musulmans, qui sont aujourd’hui environ six millions, dit-on. L’islam est dangereux quand il est dominant.

    Le christianisme a mis en place un système qui n’a pas toujours été sans violence. Mais il a aussi un principe : rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il peut donc parfaitement se concevoir dans la séparation de l’Église et de l’État. En revanche, dans son essence, l’islam a l’immense difficulté de séparer les deux domaines. Quand les musulmans tiennent les commandes, ils soumettent les autres : c’est le cas en Arabie saoudite, en Afghanistan, en Libye, au Soudan. Seuls les États se voulant laïques admettent les religions différentes : c’était le cas de l’Irak de Saddam Hussein.

    La laïcité est le moyen de faire respecter la loi commune par toutes les religions. Certains s’y plient naturellement. Ce n’est pas le cas de l’islam, qui devra sans doute être rappelé à l’ordre. Par exemple, en ne favorisant pas comme on le fait actuellement cette efflorescence extraordinaire de mosquées-cathédrales qui se veulent témoignages d’emprise.

    Je suis contre l’organisation d’une hiérarchie musulmane que la religion musulmane n’a pas elle-même sécrétée. Je suis pour la laïcité de l’État, qui n’a pas à encourager ni à combattre les religions. La loi de 1905 reste une bonne base pour la cohabitation pacifique des religions.

  • A Ploërmel

    medium_clip_image004_002.jpgQuelque 500 personnes ont manifesté à Ploërmel contre le projet d'érection d'une statue de Jean-Paul II, offerte à la ville par un sculpteur russe. La polémique fait rage depuis quelques jours. Ces laïcards qui font honte à la Bretagne ne veulent pas de la statue d'un pape sur une « place publique ». Laquelle place porte déjà le nom de Jean-Paul II. Ils sont d'autant plus remontés que Delanoë, peu suspect de bigoterie, a lui-même baptisé le parvis de Notre-Dame du nom de ce pape, malgré les objurgations des Verts et surtout des radicaux de gauche, farouches héritiers de l'esprit de 1905. A Ploërmel, la polémique est d'autant plus vive que le maire, Paul Anselin, honneur à lui, a prévu d'inaugurer la statue le 9 décembre, jour anniversaire de la loi de guerre contre l'Eglise, dite de séparation des Eglises et de l'Etat.

    Si les manifestants étaient cohérents, ils devraient aussi, et d’abord, demander la destruction de l’église, qui se trouve au centre de la ville, sur la voie publique, visible par tous, insupportable témoignage de l’obscurantisme religieux du XVIe siècle, comme aussi des sombres époques d’oppression politique et sociale, puisque s’y trouvent les tombeaux de deux ducs de Bretagne. Ce serait faire d’une pierre deux coups. Et ils devraient demander aussi que la ville soit débaptisée, puisque son nom veut dire : ermitage de saint Armel, ce qui est une atteinte permanente à la laïcité.

    Mais les laïcards passent, et saint Armel demeure. Il continuera de traîner, par son étole, le dragon qu'il a vaincu...

  • Le soi-disant « temps des fondations »

    Un coffret de trois DVD, destiné aux enfants, prétend raconter « Le temps des fondations » du judaïsme, du christianisme et de l’islam, par trois séries de films d’animations de marionnettes. La production est financée par le CFRT, le Comité français de radio-télévision, autrement dit l’émission théoriquement catholique Le Jour du Seigneur.

    Après les attentats du 11 septembre, dit le producteur, « nous nous sommes dit qu’il fallait donner des informations non seulement sur le récit mais aussi l’esprit des fondations des religions, pour montrer qu’au départ il n’y avait pas d’idée belliqueuse et que souvent il s’agissait même plutôt de gens exclus, comme les Hébreux en Egypte, les chrétiens martyrisés ou le prophète Mohammed chassé de Médine ».

    On voit tout de suite l’amalgame, et à quoi il sert. Cela est souligné par la présentation du DVD sur l’islam : « Le petit Ahmed vit à la Mecque, une cité de pèlerinage encore façonnée par le polythéisme ambiant. Alors que Mahomet reçoit sa première révélation et commence à transmettre la Parole de Dieu, les habitants le dénoncent et l’obligent à fuir vers Médine. Ahmed accompagné de son ami Cyrille, un jeune chrétien, décide de participer à la fuite de Mahomet vers Médine. Petit à petit, il découvre cette nouvelle religion. »

    L’idée est donc de présenter la naissance des « trois grandes religions monothéistes », ou des « trois religions du Livre ». Ces expressions sont fausses, car les musulmans ne considèrent pas le christianisme comme un monothéisme, et les chrétiens ne considèrent pas qu’ils ont une religion du Livre.

    En outre, l’absurdité (la perversité) du projet est évidente quand on voit que le judaïsme est illustré par la sortie d’Egypte et la marche dans le désert : il s’agit là d’épisodes qui appartiennent tout autant à l’histoire sainte des chrétiens qu’à celle des juifs. Le christianisme n’est pas la seconde religion monothéiste, mais l’accomplissement de la première.

    Les films ont été réalisés en République tchèque, sous le contrôle de trois « responsables religieux » : le grand rabbin de Prague, le chef du Centre islamique de Prague, et un pasteur protestant.

    On ne peut qu’être soulagé de voir qu’aucune autorité catholique ne s’est compromise dans ce projet fondamentalement antichrétien par son relativisme militant. Et d’autant plus consterné de voir qu’il est porté en France par les responsables de l’émission catholique de France 2, qui en font la publicité sur leur site.

  • La Cour de cassation anticatholique

    La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui condamnait la publicité des créateurs de mode Marithé et François Girbaud détournant de façon blasphématoire la Cène de Léonard de Vinci. Elle décrète qu'en retenant l'existence d'un trouble manifestement illicite, la cour d'appel a violé la loi sur la presse et l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, autrement dit elle a porté atteinte à la liberté d'expression : « La seule parodie de la forme donnée à la représentation de la Cène qui n'avait pas pour objectif d’outrager les fidèles de confession catholique, ni de les atteindre dans leur considération en raison de leur obédience, ne constitue pas l'injure, attaque personnelle et directe dirigée contre un groupe de personnes en raison de l'appartenance religieuse. »

    Cette publicité détournait le célèbre tableau de Léonard de Vinci en remplaçant le Christ et les apôtres par des femmes légèrement vêtues, dans des poses lascives, et un seul homme, torse nu, de dos, était embrassé par "une apôtre". Cet homme est logiquement saint Jean. Selon les "créateurs" de la publicité, il s'agissait de Marie-Madeleine. Dont on ne voit pas ce qu'"elle" vient faire là ; en fait c'était un clin d'œil au Da Vinci Code, où Dan Brown prétend que dans le tableau de Léonard saint Jean est en fait Marie-Madeleine…

    Bref, le blasphème est multiforme et appuyé. L'attaque contre les chrétiens est flagrante et insupportable, car il s'agit de l'événement fondateur du christianisme, et spécifiquement du catholicisme.

    A tel point que l'association Croyances et libertés, émanation de l'épiscopat français, qui ne se manifeste guère et qu'on ne peut pas soupçonner d'être particulièrement susceptible, avait tout de même porté plainte.

    En première instance, Le tribunal avait jugé que l'affichage de cette publicité constituait « un acte d'intrusion agressive et gratuite dans le tréfonds des consciences intimes », et que « l'injure ainsi faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché ». Il avait relevé que « la présence, dans une position non dénuée d'ambiguïté, d'un homme dos nu », parmi des femmes parodiant les attitudes de la Cène , « introduit un motif de dérision inutilement provocateur », et que « la légèreté de la scène fait par ailleurs disparaître tout le caractère tragique pourtant inhérent à l'événement inaugural de la Passion  ». Il avait donc interdit l'affichage de cette publicité « en tous lieux publics et sur tous supports ».

    La cour d'appel de Paris avait ensuite confirmé ce jugement : cette publicité litigieuse « constitue l'utilisation dévoyée, à grande échelle, d'un des principaux symboles de la religion catholique. » En conséquence, l'association Croyance et Libertés était  « bien fondée à soutenir qu'il est fait gravement injure à la foi des catholiques et que cette représentation outrageante d'un thème sacré détourné par une publicité commerciale leur cause un trouble manifestement illicite qu'il importe de faire cesser ». La cour soulignait que cette injure est « au surplus renforcée par l'incongruité de la position du seul personnage masculin, présenté dans une pose équivoque ». Qui plus est, ajoutait-elle, « le choix du mois de mars, inclus dans le carême et comprenant cette année la semaine sainte précédant Pâques, renforçait manifestement l'injure ».

    La Cour de cassation balaie tout cela, au nom de la liberté d'expression, qui permet donc d'injurier les chrétiens dans ce qu'ils vénèrent de plus sacré.

    Telle est donc aujourd'hui la jurisprudence, qu'il sera bien difficile de modifier après un tel arrêt.

    Il est nécessaire de préciser qu'il s'agit d'une jurisprudence spécifiquement anticatholique, et, en ce sens, dans la droite ligne du laïcisme le plus agressif.

    En effet, il est clair que seule la publicité anticatholique est permise par cet arrêt. Une publicité qui serait aussi violemment anti-juive serait lourdement condamnée pour antisémitisme. Elle est du reste, pour cette raison, quasi inimaginable. Encore plus inimaginable serait une publicité du même type, dans sa version anti-musulmane. Car l'annonceur qui s'y risquerait serait la cible d'attentats, et serait rendu responsable du déferlement de violences que cela produirait.

    La Cour de cassation est depuis quelques années en pleine dérive. On en a ici une illustration particulière.

  • L’art du raccomodage

    L’agence Zenit publie chaque semaine l’homélie dominicale du père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale. Elles sont généralement tout à fait remarquables, tant sur le plan spirituel que « pratique ». Voici par exemple quelques extraits de ce qu’il dit du mariage, qui est le thème de la liturgie de demain selon le nouveau calendrier. Je n’en garde que le côté « pratique », qui l’est d’autant plus que le P. Cantalamessa (quel joli nom) en traite toujours avec un langage familier qui le rend compréhensible par tous. Pour le côté plus proprement spirituel, on se reportera à l’intégralité de son texte (qui est toujours bref et concis, ce qui est une autre qualité).

    « Le mariage souffre des conséquences de la mentalité actuelle du « jetable ». Si un appareil ou un outil est endommagé ou légèrement éraflé, on ne pense pas à le réparer (ceux qui faisaient ces métiers n’existent plus désormais), on ne pense qu’à le remplacer. Appliquée au mariage, cette mentalité fait des ravages.

    « Que peut-on faire pour endiguer cette dérive, cause de tant de mal pour la société et de tant de tristesse pour les enfants ? J’aurais bien une suggestion à faire : redécouvrir l’art du raccommodage ! Remplacer la mentalité du « jetable » par celle du « raccommodage ». Désormais presque plus personne ne pratique le raccommodage. Mais même s’il ne se pratique plus sur les vêtements, il faut pratiquer cet art du raccommodage sur le mariage. Repriser les accrocs, et les repriser tout de suite. »

    « Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’à travers ce processus d’accrocs et de raccommodages, de crises et de dépassements de crise, le mariage ne se fane pas mais s’affine et s’améliore. »

    « Si avec de la bonne volonté, et l’aide d’une autre personne, on arrive à surmonter ces crises, on se rend compte que l’élan, l’enthousiasme des premiers jours étaient vraiment peu de chose comparé à l’amour stable et la communion qui ont mûri au fil des années. Si au début les époux s’aimaient pour la satisfaction que cela leur procurait, aujourd’hui ils s’aiment peut-être un peu plus d’un amour de tendresse, libéré de l’égoïsme et capable de compassion ; ils s’aiment pour ce qu’ils ont réalisé et souffert ensemble. »

  • Mgr Cattenoz et l’école catholique

    Dans une interview à Famille chrétienne (à paraître samedi), Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, annonce qu’il prépare une charte de l’enseignement catholique qui « replace le Christ au centre » de l’enseignement catholique dans son diocèse. Car aujourd’hui « beaucoup d’établissements catholiques n’ont plus de catholiques que le nom », et « pour un certain nombre d’établissements, être chrétien se limite à faire de l’humanitaire ». Trop peu de projets éducatifs sont centrés sur « la découverte de la personne de Jésus-Christ ». La priorité, ajoute-t-il, est de « remettre des heures de transmission de la foi dans toutes les classes chaque semaine, et pas entre midi et deux heures ». Car la découverte du Christ « doit faire partie du cursus normal de l’école ». Il faut que l’enseignement catholique « garde vraiment un caractère propre », insiste-t-il, car « à force de faire un catholicisme mou on n’aura bientôt plus de catholicisme du tout ».

    Voilà de vraies paroles d’archevêque. Je les cite d’après une dépêche d’agence. Il sera bon d’aller voir l’intégralité de l’interview.

  • Machelon : le rapport islamiste que voulait Sarkozy

    En octobre 2005, Nicolas Sarkozy avait créé une « commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics », présidée par Jean-Pierre Machelon, professeur de droit public. En fait sa mission n’était pas de réfléchir, et il ne s’agissait pas des cultes. Sa mission réelle était de proposer des modifications de la loi de 1905 afin que les pouvoirs publics puissent financer des mosquées.

    Jean-Pierre Machelon a remis son rapport. Il est sans surprise. Puisque Sarkozy dit qu’il faut « toiletter » la loi de 1905 afin de permettre le financement public des mosquées, eh bien le rapport dit qu’il faut « toiletter » la loi de 1905 afin de permettre le financement public des mosquées.

    Il sera donc inscrit dans la loi, si cela est voté par le Parlement, que les communes peuvent subventionner, sans plafonnement, les « lieux de culte ». Et il s’agit bien des mosquées, car le rapport insiste lourdement sur le fait qu’il n’y avait pas de mosquées en 1905, et qu’aujourd’hui il y a 4 millions de musulmans, et comme dit Machelon lui-même, « toutes les religions sont fondées à avoir droit de cité ».

    La loi de 1905 proclame ceci : la République (art. 1) garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après : (art. 2) la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte.

    Dans le rapport Machelon, il n’est pas question de toucher à ces articles, qui sont le fondement de la loi dite de « laïcité ». Doit-on comprendre que les communes ne sont pas la République ? Depuis quand ont-elles fait sécession ? Va-t-on y supprimer les bustes de Marianne et les portraits du président de la République ?

    En fait, le professeur de droit public a trouvé une astuce juridique. Une double astuce tordue, qui n’est vraiment pas digne du droit français. D’une part, explique-t-il, si la loi stipule que la République ne reconnaît ni ne finance aucun culte, cela n’a pas valeur constitutionnelle. Donc on peut s’asseoir dessus… (Je vous promets que c’est vrai, c’est aux pages 20 à 22.) D’autre part, pour ne pas afficher une trop grande contradiction entre ce que dit la loi et ce que l’on va faire, il suffit de modifier l’article 19, qui permet déjà une dérogation au non-financement pour les « réparations », en l’étendant à la "construction". Et il suffit ensuite de modifier le code général des collectivités territoriales pour donner à celles-ci le droit d’accorder des aides à la construction de lieux de cultes.

    Le droit ? Non.  L’obligation. J’attire l’attention sur les pages 27 à 29, où le rapport dénonce les maires qui prétendent s’abriter derrière des règles d’urbanisme pour empêcher la construction de mosquées, et qui se livrent à des pratiques illégales, « rarement sanctionnées », en faisant usage de leur droit de préemption ou en refusant le changement d’affectation d’un immeuble. Ainsi, poursuit le rapport, il faudra dans un premier temps « inciter » les maires, par voie de circulaire, à prévoir des espaces réservés aux mosquées dans leurs documents d’urbanisme. Mais il faudra ensuite modifier le code de l’urbanisme afin d’obliger les maires à le faire. Quoi qu’il en soit la délation et la pression doivent s’exercer dès maintenant : il faut attirer l’attention des préfets sur les difficultés que rencontrent les musulmans pour s’implanter dans certaines communes, et leur signifier qu’en cas d’échec de la concertation ils doivent saisir la justice administrative « de manière systématique ». Et pour dissuader les communes de faire usage de leur droit de préemption, il faut les obliger à consigner les fonds nécessaires.

    Il ne s’agit donc pas seulement de permettre aux collectivités locales de financer les mosquées, il s’agit de les obliger à le faire dès qu’il y a une demande.

    On voit d’autre part que la commission Machelon n’a évidemment réfléchi en rien sur la question spécifique du « culte » musulman. Le professeur de droit public ne connaît rien aux religions, il a été choisi pour cela. Pour lui, comme pour son mentor Sarkozy, les églises et les mosquées, c’est la même chose, sauf que les catholiques ont des églises et que les musulmans n’ont pas assez de mosquées.

    Il n’y a donc eu personne, au sein de la commission, pour rappeler quelques vérités élémentaires à ce propos.

    A savoir que si l’église catholique est effectivement un lieu de culte, la mosquée ne l’est pas, ou du moins pas au même degré, et en outre elle est aussi tout autre chose.

    L’église est nécessaire au culte catholique, parce que c’est normalement dans une église, consacrée pour cela, que les catholiques offrent à Dieu le sacrifice prescrit. La mosquée n’est pas du tout nécessaire au culte musulman, car le culte musulman repose sur cinq piliers, et aucun de ces piliers ne nécessite une mosquée, ce qui est logique puisqu’il n’y a pas de sacrifice en islam (hors le sacrifice annuel du mouton, qui précisément ne se fait pas dans la mosquée).

    La mosquée est un lieu de prière collective et de prêche. Comme l’islam n’est pas seulement une religion, mais une idéologie globale (totalitaire) qui ne fait aucune distinction entre la religion, la politique, le légal, le social et le culturel, la mosquée est aussi centre culturel, centre social, centre politique. Les élus le savent bien, qui contournent la loi en finançant non des mosquées mais des « centres culturels musulmans », comportant naturellement des « salles de prière ». Mais on affecte d’y voir une simple astuce juridique.

    Et c’est de même par une astuce juridique que la République qui ne finance aucun culte va ouvertement  financer l’islam, et obliger les communes à le faire. C’est la suite logique de la constitution du Conseil français du culte musulman, par le même Sarkozy, qui a fait de l’islam, comme l’a remarqué le cardinal Lustiger, une religion d’Etat.

    Un boulevard est donc ouvert pour l’islamisation de la France, désormais aspect majeur, après l’avortement (et les musulmanes n’avortent pas), de ce que Bernard Antony a appelé, il y a 25 ans, le génocide français, et qui s’affirme de plus en plus, sur tous les plans, comme un suicide de notre civilisation.

  • Saint Matthieu

    Matthieu, qui en fait s'appelait Lévi (comme tout le monde) tenait le bureau de douane et d’octroi à Capharnaum (Kfar Nahum), ville située sur le lac de Tibériade et d’où Jésus rayonnait, par terre ou par « mer », dans toute la Galilée. Auteur du premier évangile et l’un des douze apôtres, il évangélisa l’Ethiopie selon une ancienne tradition. Ses reliques sont à Salerne, sur la côte amalfitaine, l’un des plus beaux endroits du monde.

    Capharnaum est l’un des innombrables exemples des confirmations historiques et topologiques de l’Ecriture sainte par l’archéologie. La ville a complètement disparu. Ce n’est qu’en 1838 qu’on détermina le site. Et à partir de la fin du XIXe siècle eurent lieu des fouilles, qui permirent de mettre au jour une basilique octogonale du Ve siècle, enserrant une maison qui avait elle-même été transformée en lieu de culte, et sur les murs de cette maison on a trouvé des graffitis en araméen, grec, syriaque et latin, avec les mots Jésus, Seigneur, Christ et Pierre.

    Cette maison était manifestement celle de saint Pierre. D’autant que nous avons le témoignage d’une Espagnole qui, dans le récit de son pèlerinage en terre sainte effectué entre 381 et 384, explique qu’elle a vu comment la maison de saint Pierre (où logeait aussi Jésus) a été transformée en église.

  • Pas de contrainte en religion ?

    Au nom de l'AGRIF, Bernard Antony formule 11 questions qu'il faudrait poser à Dalil Boubakeur. Il les présente ainsi :

    « Le docteur Dalil Boubakeur est le recteur de la mosquée de Paris et le président du Conseil Français du Culte Musulman. A ce titre il a été très souvent invité pour réagir aux propos extraits de la remarquable conférence de Benoît XVI à Ratisbone sur le dialogue des cultures et les violences au nom de la religion.

    « Le docteur Boubakeur est un homme respectable, distingué, cultivé, d’une grande religiosité. Les interlocuteurs qu’on lui a opposés, comme l’évêque de Vendée Mgr Santier, étaient hélas bien timorés et même semble-t-il tristement ignorants. Quant au docteur Boubakeur, il a usé et même abusé de l’ignorance compréhensible de la majorité des Français sur l’islam.

    « Nous regrettons qu’on ne l’ait guère convié à débattre avec ceux des non-musulmans qui ne se contentent pas désormais d’une information superficielle. Voici les questions que nous lui aurions volontiers posées. »

    On lira ces questions ici :Pas_de_contrainte_en_religion.doc
  • Quatre-Temps

    Aujourd’hui c’est le mercredi des Quatre-Temps de septembre.

    Le Quatre-Temps ont été rayés du nouveau calendrier. Pourquoi ? Parce que ce sont des jours de jeûne et que l’on ne doit plus insister sur la pénitence ? « Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous », a pourtant prévenu le Seigneur.  Parce que les réformateurs de la liturgie étaient des enfants de la société industrielle et que les Quatre-Temps sont liés aux travaux de la terre ? Parce qu’ils n’avaient plus aucune notion des symboles ?

    Les Quatre-Temps sont la sanctification des quatre saisons, des solstices et des équinoxes. Sanctification du cosmos. Les quatre temps de septembre sont aussi une action de grâce pour les récoltes. C’est la version chrétienne de la fête des tentes. Aujourd’hui on prétend exalter les racines juives de la liturgie chrétienne. Mais on a supprimé les Quatre-Temps qui en étaient un authentique héritage liturgique.

    L’évangile de ce jour est le passage de saint Marc où le Christ guérit un démoniaque que les apôtres n’ont pas pu guérir. Pourquoi n’avons-nous pas pu expulser ce démon ? demandent les apôtres au Seigneur. « Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et le jeûne », leur répond-il.

  • Prière pour le pape

    Voici la prière que je récite tous les jours pour le pape. Elle est plus que jamais d'actualité.

    Oremus pro Pontifice nostro Benedicto.

    Dominus conservet eum, et vivificet eum, et beatum faciat eum in terra, et non tradat eum in animam inimicorum ejus.

    Pater noster. Ave Maria. 

  • Le Saint-Siège et l’islam

    « Nous avons subi une lourde manipulation du texte qui a été transformé en quelque chose d’autre par rapport aux intentions du Saint Père », a déclaré le cardinal Bertone, le nouveau Secrétaire d’Etat du Saint-Siège. C’est le moins que l’on puisse dire, en effet. Le pape a subi le même traitement que celui dont Jean-Marie Le Pen est habituellement victime sur le plan politique dans notre pays. Dans un discours, les journalistes vont chercher une petite phrase, ils la sortent de son contexte, et en font un sujet de polémique contre l’homme à abattre.

    La conférence de Benoît XVI à l’université de Ratisbonne était dans le droit fil de sa longue réflexion, entamée il y a bien longtemps, sur les rapports entre la foi et la raison. Les deux derniers jalons importants de cette réflexion ont été son discours à Caen, lors des cérémonies du 60e anniversaire du débarquement, le 5 juin 2004, alors qu’il était encore préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, et son discours à l’université catholique du Sacré-Cœur, le 25 novembre 2005.

    Cette réflexion conduit Benoît XVI à formuler une critique radicale, non d’abord de l’islam, mais du rationalisme occidental contemporain, qu’il appelle une « pathologie de la raison », qui produit une « pathologie de la religion ». A Ratisbonne, il a fait un long développement sur la rencontre entre le message biblique et la pensée grecque, autour du Logos, qui est à la fois la raison, et Dieu (comme le proclame le premier verset de l’évangile de saint Jean). Déconnecter la raison de la religion, et la science de la théologie, conduit à mutiler l’homme. Et c’est seulement si nous unissons de nouveau la foi et la raison que nous pouvons devenir aptes à un véritable dialogue des cultures et des religions, car « les cultures profondément religieuses du monde » voient dans cette exclusion du divin « une attaque à leurs convictions les plus intimes ».

    On voit que cette conclusion de Benoît XVI dit exactement le contraire de ce qu’on lui reproche.

    Il est nécessaire de rétablir ainsi (de façon terriblement schématique), ce qu’a dit le pape, avant d’examiner ce qu’il a dit en rapport avec l’islam. Il avait choisi, comme « point de départ » de sa réflexion, une controverse entre l’empereur de Constantinople et un Persan musulman. Il cite un propos de l’empereur : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait. » Telle est la phrase qui a mis le feu aux poudres. Non seulement elle n’est pas de Benoît XVI, mais le pape soulignait lourdement que l’empereur s’exprimait « avec une rudesse surprenante qui nous étonne ». Ce qui l’intéressait n’est pas cette phrase, mais la façon dont l’empereur explique que la violence dans la diffusion de la foi est déraisonnable : « Dieu n’apprécie pas le sang, ne pas agir selon la raison – sun logo – est contraire à la nature de Dieu. »

    On remarque que les réactions des musulmans dans le monde entier, qui ont « vivement attristé » le pape, se concentrent sur la question de la violence de l’islam. Les voilà qui protestent que l’islam est une religion d’amour, de paix et de tolérance, et ils le font avec la plus extrême virulence, déclenchant une multitude de violences antichrétiennes. On ne se refait pas. La violence est bien évidemment consubstantielle à l’islam. Si l’on voulait l’expurger, il faudrait supprimer du Coran les innombrables versets d’appels à la violence qui s’y trouvent, dont les versets qui insultent les chrétiens et appellent à les tuer.

    Le tohu-bohu sur le point de la violence islamique a quasiment occulté l’autre point abordé par le pape, et qui est véritablement le nœud de la question. Le problème, dit Benoît XVI, est que si l’empereur de Constantinople, grec et chrétien, fait tout naturellement le lien entre foi et raison (par le Logos), « pour la doctrine musulmane Dieu est absolument transcendant, sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison ». Et de citer Ibn Hazm qui allait jusqu’à expliquer que Dieu n’est même pas lié par sa propre parole, et que s’il le souhaitait, l’homme devrait même se livrer à l’idolâtrie.

    En effet, selon toute la tradition musulmane, Dieu est « impénétrable », il décide ce qu’il veut, l’homme doit se contenter d’obéir. C’est ce qui explique que ce qui pour nous est incompréhensible dans le Coran est accepté sans problème par les musulmans, à savoir que Dieu commande des choses parfaitement contradictoires, son nouveau commandement abrogeant simplement le précédent.

    Vendredi, alors que la polémique était à son comble, Benoît XVI nommait le nouveau secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats : le Français Dominique Mamberti. Ce Corse né à Marrakech était nonce apostolique au Soudan depuis 2002. Auparavant, il a notamment travaillé au sein des représentations pontificales en Algérie et au Liban. On constate donc que le pape choisit un « ministre des Affaires étrangères » qui connaît l’islam de près. Interrogé par téléphone à Khartoum, Mgr Mamberti a bien évidemment refusé de se prononcer sur l’objet de la polémique, mais il a souligné, après avoir déclaré que le dialogue entre les différentes civilisations, cultures et religions sera une des grandes questions qu’il aura à traiter, que ce dialogue devait être « mené dans la vérité et sur des fondements intellectuels valides ». Ajoutant, au cas où l’on n’aurait pas compris : « Les réflexions du Saint-Père doivent être insérées dans ce contexte. »

    Pour être complet, rappelons que Benoît XVI a dissous le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (et avec lui sa commission pour les relations avec l’islam) dans le conseil pontifical pour la culture. On remarquera que l’expression devenue habituelle est « dialogue entre les cultures et les religions », les deux mots culture et religion étant désormais inséparables. A Ratisbonne, il a évoqué « les cultures profondément religieuses du monde » qui sont choquées par le rationalisme occidental.

    Il y a en effet quelque chose de nouveau dans l’approche de l’islam par le Saint Siège. Ce n’est pas la citation de l’empereur  du XIVe siècle. Certains chefs musulmans en sont certainement conscients. La violence des réactions à la petite phrase doit aussi être appréciée à l’aune de ce contexte.

     

  • Saint Joseph de Cupertino

    medium_image004.gifLa vie de saint Joseph de Copertino (1603-1663) est un gag divin, qui ne le fit pas vraiment rire. Tout petit déjà, on l’appelait « bouche-bée », parce que tout lui était l’occasion de tomber en extase. De ce fait il était incapable de faire quoi que ce soit, puisque lorsqu’il tombait en extase tout lui tombait des mains, et en outre il était quasiment analphabète et avait un air parfaitement ahuri.

    Après plusieurs tentatives infructueuses, sa famille réussit à le faire admettre dans un couvent de capucins, comme simple oblat, avec pour tâche de s’occuper de la mule. Mais il voulait devenir frère franciscain, et prêtre. Et il y réussit. Il passa par miracle l’examen du sacerdoce. L’évêque commença par interroger les premiers candidats, qui étaient si forts en théologie qu’il décida d’admettre tout le groupe, dont Joseph. Du coup, saint Joseph de Copertino est le patron des étudiants qui passent des examens…

    A partir de ce moment-là, il se mit à léviter, et de façon très impressionnante. Avec décollage vertical et atterrissage, accompagné d’un cri rauque, au pied de l’image ou de la statue qui avait provoqué son extase. Un jour il se prit dans les branches d’un olivier et il fallut une échelle pour le faire redescendre. On voulut le présenter au pape, et il lévita aussitôt, ce qui fit peur au souverain pontife. Ses lévitations finirent par le faire soupçonner de diablerie ou d’imposture par l’Inquisition, qui le convoqua. Dès qu’il entra dans la salle d’audience, il se colla au plafond. On l’envoya vivre en reclus dans un couvent. On le dit saint patron des aviateurs. Je ne sais pas si cela est officiel dans l’Eglise, ou provient seulement de la blague de Blaise Cendrars (dans Le lotissement du ciel).

    Joseph de Copertino n’est pas saint parce qu’il lévitait mais parce qu’il fut d’une patience et d’une obéissance héroïques, d’une charité sans bornes et d’une piété exceptionnelle. Lors de son procès en béatification, un témoin dira qu’il en avait davantage appris dans ses quelques conversations avec Joseph que dans tous les livres de théologie.

    Néanmoins l’Eglise n’a pas laissé passer l’occasion de se servir de ce don intempestif pour en donner, cum grano salis, la signification spirituelle, dans la collecte de sa messe : « Dieu, qui avez voulu que votre Fils unique, élevé de terre, attirât tout à lui, faites, dans votre bonté, qu’à l’exemple et par les mérites de votre séraphique confesseur Joseph, nous élevant au-dessus de tous les désirs terrestres, nous méritions de parvenir jusqu’à celui qui, étant Dieu, vit et règne dans les siècles des siècles. Amen. »

  • Piétisme et contemplation

    Les textes des cantates composées par Bach pour le dimanche qui correspond au XVe dimanche après la Pentecôte (les N° 8, 27, 95 et 161, pour le 16e dimanche après la Trinité) sont assez caractéristiques de la différence fondamentale qu’il y a entre le piétisme luthérien et la spiritualité catholique.

    L’évangile de ce jour est celui de la résurrection du fils de la veuve de Naïm (Luc 7, 11-16). Les textes des cantates sont centrés sur la mort de celui qui chante, donc sur la mort de celui qui écoute et participe par son audition à ce chant. Sur ma mort. Sur ce qu’implique la mort pour mon corps et pour mon âme.

    Le commentaire que propose l’Eglise catholique, tiré de saint Augustin, est exactement en sens inverse. Il ne s’agit pas de contempler mon nombril promis au tombeau, mais le Christ et son action dans son Eglise.

    Tout miracle du Christ est un signe, une parabole en acte. Par la résurrection corporelle du fils de la veuve de Naïm, le Christ veut attirer notre attention sur la résurrection des âmes, qui est sa mission terrestre, et qui sera la mission de l’Eglise jusqu’à ce qu’il revienne et ressuscite tous les corps dans l’éternité. Les évangiles rapportent trois résurrections corporelles effectuées par le Christ. Mais dans le même temps il a ressuscité des milliers d’âmes. Nous ne devons pas être devant l’Evangile comme devant un grimoire dont nous admirons la calligraphie sans comprendre le texte, dit saint Augustin. On peut admirer le fait si étonnant de la résurrection d’un corps, mais l’important est de discerner ce que le fait signifie. C’est toujours l’annonce du Royaume, dont l’Eglise est sur terre la messagère et la porte d’entrée. La résurrection du fils de la veuve de Naïm et admirable, mais la résurrection d’innombrables âmes dans l’Eglise, par le baptême et la pénitence, est infiniment plus admirable.

    Ce n’est donc pas moi qui importe, mais le Christ qui me ressuscite dans son Eglise. Ce n’est pas ma mort que je dois regarder, mais le Christ, car il est la voie, la vérité et la vie. Dès ici-bas, le chrétien a pour vocation de dire comme saint Paul : ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.

  • Sainte Euphémie

    medium_24_euphemie.jpgSainte Euphémie n’est plus qu’un nom enfoui dans le martyrologe romain. Avant la réforme liturgique, elle était commémorée dans le calendrier monastique bénédictin. En Orient, elle a pourtant reçu le titre rare de « mégalomartyre » (grande martyre), et elle a deux fêtes dans l’année : le jour de son martyre, le 16 septembre, et le 11 juillet. Dans La légende dorée, Jacques de Voragine raconte par le menu comment elle fut martyrisée sous Dioclétien. Mais son destin posthume mérite de ne pas être oublié, particulièrement en France.
    Sainte Euphémie était de Chalcédoine, et sur son tombeau on édifia une grande basilique. C’est cette basilique qui fut choisie pour accueillir le IVe concile œcuménique. Ainsi, comme le dit Dom Guéranger dans L’Année liturgique, « c'est sur sa tombe que fut promulguée la condamnation de l'impie Eutychès, et vengée l'intégralité de la double nature de l'Epoux, homme et Dieu ».
    Selon l’historien Nicéphore, les pères du concile, après des jours de discussions sans fin, décidèrent de demander à Dieu de trancher sur la question de la personne du Christ. Chacun des deux camps déposa dans la tombe d’Euphémie l’exposé de sa doctrine, et les pères se mirent en prière. Quand ils ouvrirent le tombeau, la thèse orthodoxe se trouvait sur la poitrine de la sainte (ou dans sa main droite selon les sources), et la thèse hérétique à ses pieds. C’était le 11 juillet 451, et la deuxième fête de sainte Euphémie commémore donc ce miracle.
    « La grande martyre sembla conserver d'un si auguste souvenir une prédilection pour les hautes études concernant la doctrine sacrée », dit Dom Guéranger. La mégalomartyre était devenue, post mortem, une grande théologienne. Et la faculté de théologie de l’Université de Paris l’honorait comme sa patronne principale. En 1617, le grand maître de l’Ordre de Malte, Aloph de Vignacourt, apporta à la Sorbonne des reliques de la sainte, dont le corps avait été transféré à Rhodes, puis à Malte dans l'église Saint-Jean.
    Que sont devenues les reliques de sainte Euphémie ? La Révolution est passée par là, effaçant le souvenir des anciens martyrs et en faisant de nouveaux.

  • Le pape au cœur de la question

    Des voix nombreuses (dont certaines menaçantes) se sont élevées dans tout le monde musulman, pour dénoncer (de façon le plus souvent virulente) les propos du pape sur l’islam. Ces réactions mériteraient d’être reprises et commentées une à une, tant elles sont importantes, et montrent par contraste l’importance du propos de Benoît XVI. Mais il y faudrait un long article, que je me propose de rédiger pour Reconquête.

    C’est la première fois qu’un pape, dans l’histoire moderne, s’exprime sur l’islam. Même s’il s’agissait plutôt d’une conférence du professeur Ratzinger devant ses collègues de Ratisbonne, sur le thème foi et raison, et non d’un acte du magistère pontifical, le professeur Ratzinger est le pape, il a prononcé ces propos dans le cadre de sa visite pontificale en Allemagne, et il sait pertinemment que tout ce qu’il dit engage sa fonction.

    C’est donc en effet Benoît XVI qui, en substance, a dit ceci : l’utilisation de la violence pour convertir les gens à sa foi, que le Coran prône sous le nom de jihad, est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme, parce que contraire à la raison. Mais pour l’islam Dieu est absolument transcendant, sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison. Ibn Hazm allait jusqu’à expliquer que Dieu n’est même pas lié par sa propre parole, et que s’il le souhaitait, l’homme devrait même se livrer à l’idolâtrie.

    Tel est en effet le nœud de la question islamique, tel qu’on peut le voir de façon évidente dans le Coran et dans toute la tradition musulmane. Dieu est impénétrable, il décide ce qu’il veut, l’homme n’a qu’à obéir. (C’est ce qui explique que ce qui pour nous est incompréhensible dans le Coran est accepté sans problème par les musulmans, à savoir que Dieu commande des choses parfaitement contradictoires, son nouveau commandement abolissant simplement le précédent.) La foi musulmane est ainsi totalement déconnectée de la raison (alors que pour nous Dieu est Logos), et il est légitime d’utiliser la violence contre les infidèles puisque Dieu le dit.

    Les réactions à ces propos sont de deux ordres.

    Il y a ceux qui prétendent, jusqu’au ridicule, que ce que dit le pape du jihad est faux, que l’islam est une religion de paix et de tolérance et n’a jamais usé de violence, contrairement au christianisme avec ses croisades, son inquisition, etc. Le secrétaire général du conseil central des musulmans d’Allemagne va jusqu’à dire que l’expression guerre sainte a été utilisée pour la première fois par le pape Urbain II, alors que guerre sainte se traduit par jihad et que ce mot est un terme fondamental du Coran. On est ici dans le fantasme religieux et historique le plus… déraisonnable.

    Et il y a ceux qui poursuivent leur attaque sur la question de fond. Ainsi Dalil Boubakeur, le président du CFCM. Après avoir lui aussi affirmé que « l’islam est d’abord tolérance et fraternité », il conteste la référence à Ibn Hazm en déclarant que ce théologien n’a pas fait école, et qu’il vaudrait mieux se référer à Averroès, qui a inspiré saint Thomas d’Aquin, au mutazilisme, ou à la Nahda qui a « marqué une demande de retour à l’avènement de la raison ».

    Répondre ici à Dalil Boubakeur permet en même temps de répondre à tous ceux qui hurlent que le pape ne connaît rien de l’islam.

    La vérité historique est tout simplement le contraire de ce qu’avance Boubakeur.

    Ibn Hazm, gloire de l’Andalousie musulmane de l’an mil, considéré par certains comme le créateur de l’histoire religieuse comparée, est la principale référence du courant théologique zahirite : il est toujours une référence chez les juristes musulmans.

    En revanche, non seulement Averroès, lui aussi andalou, n’eut aucune postérité doctrinale, mais il fut persécuté et exilé au Maroc où il mourut.

    Quant au mutazilisme (qui affirmait notamment que le Coran était créé), il eut son heure de gloire au IXe siècle, avant d’être supplanté par le sunnisme. Tous les livres de ce courant de pensée furent brûlés, au point qu’on ne put le connaître qu’à travers les livres qui le réfutaient.

    Enfin, la Nahda ne fut pas un mouvement musulman, mais un mouvement culturel et politique de renaissance (ou réveil) arabe (contre l’oppression turque), lancé par des catholiques maronites au XIXe siècle. Des théologiens musulmans, notamment en Egypte, en firent aussi un mouvement de renaissance, ou plutôt de réforme, de l’islam, plus ou moins inspiré par les Lumières. Sur le plan religieux, la Nahda a bientôt disparu, réduite à néant par les chefs musulmans, notamment d’Al-Azhar.

    Ainsi le pape a-t-il parfaitement raison de se référer à Ibn Hazm et non à des personnages ou des courants qui ne représentent rien dans l’islam actuel.

    La violence des réactions, qui va sans doute s’accentuer et se déplacer sur le plan politique (le Parlement pakistanais a déjà voté une motion, et le chef des Frères musulmans demande aux gouvernements des pays musulmans de rompre leurs relations diplomatiques avec le Vatican), montre à l’évidence que le pape a visé juste, et que son propos est irréfutable. Puisse-t-il ouvrir les yeux de certains musulmans, et aussi des très nombreux catholiques auxquels a été donnée une vision fausse, absurdement christianisée, de l’islam.

  • Notre Dame des sept douleurs

    Ferrum lanceae militaris, latus quidem Salvatoris, animam vero transivit Viriginis.

    (Si le fer de la lance du soldat transperça, certes, le côté du Sauveur, c’est l’âme de la Vierge qu’il transperça vraiment.)

    La fête (?) de ce jour est moderne, et typique d’une certaine religiosité.  Apparue en 1668 dans la liturgie des Servites de Marie (au troisième dimanche de septembre), elle est ensuite insérée au calendrier universel, et fixée au 15 septembre, donc au lendemain de l’Exaltation de la Sainte Croix, par saint Pie X.

    Le contraste entre les deux fêtes est saisissant, et rude.

    La première est, comme son nom l’indique, et comme il l’indique encore davantage dans le nouveau calendrier, une glorification de la Croix, une célébration de la Croix de gloire. L’instrument du supplice le plus misérable est devenu la porte de la résurrection éternelle. La liturgie insiste sur le parallèle entre l’arbre du paradis terrestre, le bois qui a apporté la mort au monde, et l’arbre de la Croix, le bois par lequel la vraie vie est donnée aux hommes. Cette glorification de la Croix, après la Résurrection du Christ, est le pendant de la liturgie du Vendredi Saint, où le fidèle est invité à contempler la souffrance et la mort du Sauveur.

    La seconde est tout entière centrée sur les douleurs de Marie, au point que tous les psaumes des matines (je parle de la liturgie d’avant la réforme, la seule que je connaisse) sont des psaumes de persécution (alors que normalement, dans les fêtes, les psaumes du deuxième nocturne sont des psaumes de gloire). La liturgie échappe au dolorisme parce qu’il s’agit d’une liturgie catholique et que le dolorisme n’est pas catholique, et elle permet de savourer les sublimes versets du Cantique des cantiques, mais elle fait parfaitement double emploi avec la célébration de… Notre Dame des sept douleurs, le vendredi après le dimanche de la Passion. Et cela est encore souligné par le fait que la messe est la même.

    Ce qui est proprement incompréhensible est le fait, pour un saint pape, d’avoir élevé la fête de Notre Dame des sept douleurs au rang de fête de deuxième classe, alors que l’Exaltation de la Sainte Croix n’était que « double majeure » : cela impliquait que les deuxièmes vêpres de l’Exaltation de la Sainte Croix disparaissent au profit des premières vêpres de Notre Dame des sept douleurs, et que si l’une ou l’autre tombe un dimanche, la liturgie du dimanche prime celle de l’Exaltation de la Sainte Croix, alors que celle de Notre Dame des sept douleurs prime le dimanche. (Aujourd’hui ce n’est plus le cas, parce qu’il n’y a quasiment plus de fêtes qui puissent primer le dimanche, ce qui est un excès inverse.)

    Addendum. Dans le "missel de 1962", les deux fêtes sont de deuxième classe. Celle des sept douleurs ne peut donc pas primer le dimanche, tandis que celle de l'Exatation de la Sainte Croix le peut, car il s'agit d'une fête du Seigneur.

  • Vivifiante Croix

    La fête de ce jour est dans le calendrier romain d’avant la réforme liturgique celle de l’Exaltation de la sainte Croix. On dit aujourd’hui fête de la Croix glorieuse, ce qui est légitime et précise son sens : célébrant le triomphe de la Croix qui est le triomphe de la Vie sur la mort, elle fait le pendant du Vendredi Saint, où l’on médite les souffrances du Christ sur la Croix.

    Dans le calendrier byzantin, elle est celle de l’Exaltation universelle de la vénérable et vivifiante Croix. C’est une fête très importante, au point qu’elle est dotée non seulement d’une vigile, mais que le dimanche précédent est le dimanche « avant la Croix », et le dimanche suivant est le dimanche « après la Croix ».

    Faisant allusion à la victoire d’Héraclius sur les Perses, qui permit de récupérer la sainte Croix qu’ils avaient prise à Jérusalem (c’est l’origine de cette fête), mais lui donnant une portée universelle, le tropaire de la fête chante ceci : « Sauve, Seigneur, ton peuple, bénis ton héritage. Accorde à nos chefs victoire sur les ennemis. Garde par ta Croix ce pays qui est tien. »

    La divine liturgie de la sainte et vivifiante Croix sera célébrée ce jour en l’église Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, exceptionnellement à 18 h 30, en raison de la présence exceptionnelle du patriarche grec-catholique S.B. Grégoire III et de l’archevêque grec-catholique de Tyr, qui font une tournée pour attirer l’attention sur le sort du Liban et des chrétiens du Sud Liban.

    Pourquoi est-ce que j’évoque la liturgie byzantine et Saint-Julien-le-Pauvre ? Parce que c’est ma « paroisse » (d’élection) depuis plus de vingt ans. Puisque de nombreuses Eglises orientales ont un lieu de culte à Paris, j’avais décidé de faire un peu de « tourisme liturgique ». La première église que je visitai fut Saint-Julien-le-Pauvre, parce que c’est une des plus anciennes de Paris et qu’elle est spécialement chargée d’histoire (elle fut la chapelle de la Sorbonne, et l’on y vit saint Thomas d’Aquin, saint Bonaventure, saint Yves, Dante, etc.) Je découvris là une liturgie d’une si intense beauté que j’y suis resté. C’est mon paradis de chaque dimanche, et un peu plus si possible (notamment la semaine sainte). Le chantre, qui a une voix superbe et a constitué une remarquable chorale, est un des meilleurs spécialistes du chant byzantin, et le curé actuel fait des homélies d’une grande profondeur spirituelle, truffées de citations de pères de l’Eglise. A Saint-Julien-le-Pauvre, on est porté tout naturellement à la contemplation, en se laissant porter dans le grand fleuve de la tradition orientale. C’était aussi une façon d’échapper aux tensions, polémiques, crispations qui à tort ou à raison secouaient le mouvement « traditionaliste » (et ça ne s’est pas arrangé par la suite).

  • Lire Benoît XVI

    Les propos tenus par Benoît XVI en Allemagne ne passent pas inaperçus, et l’on ne peut que s’en féliciter. Sans doute cela incitera-t-il certains à aller voir de plus près ce que dit le pape. Et aller voir tout ce qu’il dit (cela se trouve sur Zenit ou sur le site du Vatican). Avec Jean-Paul II c’était impossible, à moins de n’avoir rien à faire de ses journées, tant il multipliait les discours, qu’il n’avait manifestement pas le temps, de son côté, d’écrire lui-même. Ce constat ne vise en rien à diminuer l’importance de l’apport de Jean-Paul II à plusieurs générations de catholiques et à l’Eglise en général, et à moi en particulier. Je veux simplement souligner qu’il est possible de lire tout ce que dit ou écrit Benoît XVI, car il parle beaucoup moins, et de façon beaucoup plus brève, que Jean-Paul II ; et souligner que ce léger effort est très richement récompensé. Qu’il s’agisse de ses homélies, de ses messages, de ses allocutions, et même des plus brèves introductions à l’Angelus dominical, il y a toujours dans ses propos un trésor spirituel, patristique, liturgique, exégétique, philosophique, ou au moins une pépite qui éclaire l’esprit et réjouit l’âme.
    Benoît XVI a semble-t-il inauguré une nouvelle forme de communication, en se livrant à des séances de questions-réponses. Il l’avait fait il y a quelques mois avec des prêtres du diocèse de Rome, il l’a fait récemment avec des prêtres du diocèse d’Albano. Ce qui est frappant est que ses réponses improvisées ont la même densité et la même profondeur que ses textes. Je voudrais donner ici un seul exemple, c’est sa réponse sur la crise de la famille (telle qu’elle a été publiée sur le site Zenit le 11 septembre). Il me semble que ces propos devraient être distribués à tous les jeunes mariés.
    « La présence, le témoignage de ces familles [à Valence] a été vraiment plus fort que toutes les paroles. Elles ont présenté avant tout la richesse de leur expérience familiale (…). Mais le témoignage des crises qu'elles ont traversées a également été important. L'un de ces couples en était presque arrivé au divorce. Ils ont expliqué comment ils ont ensuite appris à vivre cette crise, cette souffrance de la différence de l'autre et à s'accepter à nouveau. C'est précisément en surmontant le moment de la crise, du désir de se séparer, que s'est développée une nouvelle dimension de l'amour et que s'est ouverte une porte sur une nouvelle dimension de la vie, qui ne pouvait s'ouvrir qu'en supportant la souffrance de la crise.
    « Cela me semble très important. Aujourd'hui, on arrive à la crise au moment où l'on s'aperçoit de la différence des caractères, de la difficulté de se supporter chaque jour, pour toute la vie. A la fin, on décide alors de se séparer. Nous avons compris précisément à travers ces témoignages que c'est dans la crise, en traversant le moment où il semble que l'on n'en puisse plus, que s'ouvrent réellement de nouvelles portes et une nouvelle beauté de l'amour. Une beauté faite de seule harmonie n'est pas une véritable beauté. Il manque quelque chose, elle devient insuffisante. La véritable beauté a besoin également du contraste. L'obscurité et la lumière se complètent. Même le raisin a besoin pour mûrir non seulement de soleil, mais aussi de la pluie, non seulement du jour, mais aussi de la nuit.
    « Nous-mêmes, prêtres, tant les jeunes que les adultes, devront apprendre la nécessité de la souffrance, de la crise. Nous devons supporter, transcender cette souffrance. Ce n'est qu'ainsi que la vie s'enrichit. Pour moi, le fait que le Seigneur porte éternellement les stigmates revêt une valeur symbolique. Expression de l'atrocité de la souffrance et de la mort, elles représentent à présent le sceau de la victoire du Christ, de toute la beauté de sa victoire et de son amour pour nous. Nous devons accepter, en tant que prêtres ou en tant qu'époux, la nécessité de supporter la crise de la différence, de l'autre, la crise dans laquelle il semble que l'on ne puisse plus demeurer ensemble. Les époux doivent apprendre ensemble à aller de l'avant, également par amour pour leurs enfants, et ainsi se connaître à nouveau, s'aimer à nouveau, d'un amour beaucoup plus profond, beaucoup plus vrai. C'est ainsi, en parcourant un long chemin, avec ses souffrances, que mûrit réellement l'amour. »
    Ces propos éclairent d’autre part ce qu’il disait en réponse à une autre question, sur le rôle du prêtre et la célébration des sacrements. Je reproduis aussi ce passage parce qu’il répond d’avance à d’éventuelles nouvelles révélations sur une prétendue intention du Saint-Père d’assouplir la position de l’Eglise sur les divorcés remariés.
    « Nous pouvons maintenant mentionner à nouveau le mariage: celui-ci aussi se présente comme une grande occasion missionnaire, parce qu'aujourd'hui — grâce à Dieu — beaucoup de personnes veulent encore se marier à l'église, même si elles ne fréquentent pas beaucoup l'église. C'est une occasion pour amener ces jeunes à se confronter avec la réalité du mariage chrétien, le mariage sacramentel. Cela me semble également une grande responsabilité. Nous le voyons lors des procès en nullité et nous le voyons surtout dans le grand problème des divorcés remariés, qui veulent participer à la Communion et qui ne comprennent pas pourquoi cela n'est pas possible. Ils n’ont probablement pas compris, au moment du « oui » devant le Seigneur, en quoi consiste ce « oui ». C'est une manière de faire alliance avec le « oui » du Christ avec nous. Une manière d'entrer dans la fidélité du Christ, c'est-à-dire dans le Sacrement qu'est l'Eglise et ainsi dans le Sacrement du mariage. C'est pourquoi je pense que la préparation au mariage est une occasion de très grande importance, une occasion d'engagement missionnaire, pour annoncer à nouveau dans le Sacrement du mariage le Sacrement du Christ, pour comprendre cette fidélité et ainsi faire comprendre ensuite le problème des divorcés remariés. »
    Ce qui est vraiment impressionnant avec Benoît XVI, c’est sa façon d’aller à l’essentiel, au cœur spirituel — surnaturel — de la question, quelle que soit cette question, en zappant d’office l’échelon « moral » et toutes les considérations annexes. On a vu aussi l’autre jour comment, en quelques mots, il a défini l’islam dans ce qui est sa spécificité propre, radicalement contraire au christianisme. Il en est ainsi pour tous les sujets qu’il aborde. Deo gratias.

  • 12 septembre

    Et le nom de la Vierge était Marie.

    La fête du saint nom de Marie a été instituée par le pape Innocent XI après la victoire de Vienne contre les Turcs (1683). Le roi de Pologne Jean Sobieski, principal artisan de cette victoire, avait rapporté la tente du grand vizir à Czestochowa, où l'on peut toujours la voir. Cette fête a été supprimée du nouveau calendrier...