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présidentielle

  • Pourquoi Ségolène à 20h 02

    Cela a beaucoup surpris que Ségolène Royal prononce son allocution (par ailleurs particulièrement vide) à 20h 02. On n’avait jamais vu une telle précipitation de la part du perdant à une élection présidentielle.

    Voulait-elle à toute force être la première à s’exprimer ?

    Oui, mais pas par rapport à Sarkozy.

    C’était à usage interne du parti socialiste. Depuis quelques jours, elle savait qu’elle avait perdu, et elle savait surtout que le règlement de comptes avait commencé, et allait s’afficher à la télévision. Le premier à s’exprimer serait Dominique Strauss-Kahn. Et dès 20h 01 on donna la parole à Dominique Strauss-Kahn. Qui fut aussitôt coupé parce qu’il y avait Ségolène.

    Celle-ci put ainsi faire passer son message personnel : qu’elle allait continuer la rénovation de la gauche, qu’elle assumerait la responsabilité qui lui incombe désormais à la tête de la gauche, jusqu’à la victoire, etc.

    C’était en effet urgent. Car lorsque Strauss-Kahn put reprendre la parole, ce fut pour tirer à boulets rouges sur sa candidate, pour dénoncer vertement le fonctionnement du parti, et pour appeler autour de lui ceux qui veulent faire un vrai parti social-démocrate...

    Ensuite, Fabius ne fut pas plus amène pour la candidate – « la gauche c’est le “nous“, ce n’est pas le “je“ » – et pour ses appels au centre.

    Tandis que Kouchner disait tout le contraire, appelant carrément à un « programme commun » avec le centre.

    Et que les jospinistes, sous la houlette de Daniel Vaillant,  faisaient comprendre que Ségolène Royal ne devait pas conduire la campagne des législatives...

    On a même vu François Hollande parler des « erreurs » de la campagne...

    Bref, c’est apparemment beaucoup plus grave que les inévitables aigreurs de la défaite, et l’empressement de Ségolène Royal à tenter de se poser en chef charismatique des socialistes avant sa descente en flammes n’a fait que souligner la gravité de la situation. La suite promet d’être savoureuse...

  • L’AJC salue l’élection de Sarkozy

    Le Comité juif américain (AJC) a salué l’élection de Nicolas Sarkozy en ces termes :

    « Nous admirons depuis longtemps Nicolas Sarkozy en tant que dirigeant politique pour son profond attachement aux valeurs démocratiques de la France, sa promptitude à affronter les menaces qui pèsent sur ces principes et son implication dans le renforcement des liens transatlantiques. L'AJC apprécie par ailleurs l'empathie exprimée par M. Sarkozy lorsqu'Israël a reçu des menaces, et attend de discuter avec le nouveau président pour savoir par quels moyens la France, en collaboration avec l'UE, pourra contribuer efficacement à la recherche de la paix et de la sécurité en Israël et dans ses pays voisins. »

    Depuis sa prise de fonction au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy entretient des contacts réguliers à Paris, New York ou Washington avec l'AJC qui lui avait décerné en 2003 le prix Simon Wiesenthal pour son action contre le racisme et l'antisémitisme.

  • Entre Cecilia et Fillon

    Les journalistes ont remarqué que Cécilia n’a été aperçue nulle part aux côtés de son mari tout au long de la journée du second tour. Elle n’était ni au bureau de vote, ni dans la voiture lors des traversées de Paris, ni à la salle Gaveau. Elle n’est apparue qu’en fin de soirée, place de la Concorde.

    Il est amusant de constater que Sarkozy est arrivé sur la scène de la place de la Concorde à la fin de la chanson qu’interprétait Faudel. Est-ce que cela avait été minuté ? En tout cas Sarkozy pouvait ainsi arriver en donnant l’accolade à un plus petit que lui...

    Sarkozy avait sa femme à sa droite, et Fillon à sa gauche. Ce qui semble confirmer que François Fillon sera Premier ministre. Compte tenu de la personnalité du personnage, et de son absence de charisme, cela confirmerait que Sarkozy entend mener une présidence à l’américaine, comme le pense Jean-Marie Le Pen. A savoir que c’est le Président, et non le gouvernement, qui décide des affaires politiques. Ce qui est contraire à l’article 20 de la Constitution  : « Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. »

    Il est vrai que tous les candidats, en dehors de Jean-Marie Le Pen, ont mené une campagne de chef de gouvernement et non de chef d’Etat. Comme si la Constitution de la Ve République n’était plus qu’un document du passé dans une Europe qui ravale les chefs d’Etat au rang de gouverneurs.

  • L’illusionniste

    Lors de son point de presse au siège du Front national, dimanche soir, Jean-Marie Le Pen a décrit par le menu la façon dont Nicolas Sarkozy a su se fabriquer son image, comme un produit de grande consommation qu’on lance à la télévision après une enquête approfondie sur ce que souhaite le consommateur, et comme une vedette « people » qui, dans des « opérations de type show-biz », a su « exploiter les événements de sa vie personnelle de façon positive ». Dans un public aujourd’hui « largement décérébré », qui a perdu les structures que construisaient naguère la famille, l’école, la religion, l’armée, il y a « une vacuité qui rend les gens extrêmement sensibles aux opérations de ce type ». C’est une « américanisation » de la vie politique, a-t-il conclu sur ce sujet.

    Les citoyens ont donc élu un emballage, une image, une illusion de Président. « Bravo l’illusionniste ! » a lancé Marine Le Pen à la télévision, expliquant que Nicolas Sarkozy avait réussi trois grandes illusions : « avoir fait croire qu’il incarnait la rupture alors qu’il était le candidat sortant, avoir fait croire qu’il avait un bon bilan alors que celui-ci est extrêmement ambigu, avoir porté en quelque sorte les solutions du Front national, mais seulement hélas dans le verbe ». « Nous attendons de voir ses actes, mais nous pensons que ces actes ne suivront pas son verbe pour une raison très simple, c’est qu’en réalité il a accepté les menottes européennes », a-t-elle ajouté.

    « Plaise au ciel que le vainqueur de cette joute se souvienne de ses envolées patriotiques et de son programme réformateur », disait de son côté Jean-Marie Le Pen, ajoutant aussitôt qu’il ne lui accordait aucune confiance. Et de préciser devant les journalistes : « Je ne lui fais pas de procès d’intention, je ne lui fais pas confiance. La confiance, on l’a ou on ne l’a pas. S’il apporte la démonstration que je me suis trompé, je le confesserai devant les Français, et je serai ravi de m’être trompé. Mais, même s’il pensait ce qu’il dit, il n’en a pas les moyens, d’abord à cause de l’Europe, qui empêche toute liberté de manœuvre : il est comme un cul de jatte qui veut gagner le 100 mètres... » Et de rappeler qu’en cinq ans Jacques Chirac n’a même pas pu modifier le taux de TVA sur la restauration, et que plus des trois quarts des lois votées par notre Parlement ne sont que des transpositions de directives européennes.

  • A propos de l’abstention

    Il a été beaucoup dit que l’appel de Jean-Marie Le Pen à l’abstention n’avait pas été entendu, et qu’il s’agissait en quelque sorte d’un nouvel « échec » du président du Front national.

    Le chiffre de la participation annoncé à grands coups de trompe laisse en effet le penser. Mais cela est à nuancer. Et très fortement.

    D’abord le mot « échec » quant au premier tour. Car Jean-Marie Le Pen a obtenu 3,8 millions de voix, et les sept candidats qui en obtenu moins d’un million auraient été heureux de subir un tel échec.

    Ensuite, alors qu’on soulignait partout qu’il y a toujours une augmentation de la participation entre les deux tours de la présidentielle, cette augmentation n’a été que de 88 000 votants entre le 22 avril et le 6 mai. Sur 44 millions d’inscrits, ce n’est pas une augmentation, mais une stabilité.

    Il faut remarquer aussi, comme l’a fait aussitôt Jean-Marie Le Pen à la télévision, que le nombre de bulletins blancs et nul a été trois fois supérieur à ce qu’il était au premier tour : le chiffre est passé de 0,5 à 1,5 million.

    Le résultat est que le nombre de suffrages exprimés est inférieur de près d’un million à celui du premier tour.

    Selon les instituts de sondage, 20 à 25% des électeurs de Le Pen se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Il est manifeste que l’appel à l’abstention a été interprété comme un appel à voter blanc ou nul par ceux qui considèrent que c’est un devoir civique absolu de mettre un bulletin dans l’urne.

    Le plus important est que l’appel lancé par Jean-Marie Le Pen était d’abord la prise de position personnelle d’un homme d’Etat, éclairant ses électeurs sur les enjeux.

    C’est en effet la motivation qui compte, et elle demeure. L’analyse que faisait Jean-Marie Le Pen, et qui reste fatalement identique après le second tour, est que les deux finalistes étaient l’un et l’autre, l’un comme l’autre, des candidats, non pas à la fonction de président de la République française, mais à un poste de gouverneur d’une province européenne, doté de moins de pouvoirs qu’un gouverneur d’Etat des Etats-Unis d’Amérique, puisque ni l’un ni l’autre ne remet en cause le processus de destruction des souverainetés nationales dans l’Union européenne.

    Cela est fondamental, et l’histoire retiendra que Jean-Marie Le Pen fut le seul dirigeant politique à le dire à la nation.

    Il reste ensuite que les électeurs se trouvaient face à un duel entre le représentant de la droite libérale, costume rapiécé d’un patchwork de thèmes du Front national, et une représentante de la gauche, avec dans son sillage tous les cauchemars socialo-communistes de naguère. Nombreux sont ceux qui ont donc voulu conjurer le pire du pire, en votant Sarkozy. On ne peut pas leur donner tort, car les résultats montrent que la gauche et l’extrême gauche se sont fortement mobilisées en faveur de Ségolène Royal, et qu’ils ont donc fait la différence en votant malgré tout pour Sarkozy.

    Certains d’entre eux se sont sans doute aussi laissé prendre au numéro d’acteur du candidat de la « rupture » et de la défense de « l’identité nationale ». Ceux-là ne mettront pas longtemps à déchanter...

  • Nucléaire : étonnante ignorance

    Royal : « Savez-vous quelle est la part du nucléaire dans notre électricité ? »

    Sarkozy : « Nous avons la moitié de notre électricité qui est d’origine nucléaire. »

    Royal : « Non, 17% seulement. »

    Sarkozy : « Ce n’est pas exact. »

    Royal : « Mais si, c’est ça. »

    Il n’y a pas si longtemps, pourtant, EDF martelait une publicité sur tous les médias (audiovisuels et imprimés) vantant le fait que 80% de l’électricité française était d’origine nucléaire.

    (Le taux exact est aujourd’hui de 78%. Le taux de 17% est celui de l’électricité d’origine nucléaire dans l’ensemble de la consommation d’énergie. Celui de 50% ne correspond à rien.)

  • Enfants handicapés : la colère feinte

    Le ministre de la Santé Philippe Bas publie un communiqué pour réfuter les propos de Ségolène Royal sur les enfants handicapés, et les chiffres qu’il donne, s’ils sont véridiques, réduisent à néant le motif de la « juste colère » de la candidate socialiste envers Nicolas Sarkozy.

    Selon Philippe Bas, il y a eu 160.000 enfants handicapés scolarisés à la rentrée 2006, contre moins de 90.000 en 2002. « De plus, 20.000 enfants handicapés bénéficient d’un accompagnement individualisé, contre 4.000 en 2003. »

    Le ministre rappelle que la loi du 11 février 2005 oblige les établissements scolaires à inscrire les enfants handicapés qui le demandent, et que Ségolène Royal a voté contre cette loi.

  • Cinq sur cinq

    Dans un entretien au Monde daté de demain, François Bayrou déclare : « Je ne voterai pas pour Sarkozy. »

    Il dit aussi que Ségolène Royal « s’en est plutôt bien sortie » lors du débat d’hier soir.

  • Derniers racolages

    Ségolène Royal affirme ce matin, en commentant un de ses propos du débat d’hier soir : « J’ai repris une des propositions de François Bayrou qui consiste à dire, et je crois qu’il a raison sur ce point, que toute la marge de manœuvre de la croissance qui dépassera les 2,5% sera entièrement consacrée à la réduction de la dette. »

  • Les candidats de l’impuissance

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    Comme il était prévisible, le débat Sarkozy-Royal n’a pas été un débat présidentiel mais un débat entre candidats au poste de chef de gouvernement, et presque entièrement limité aux sujets de politique intérieure sur lesquels l’Union européenne permet encore d’agir à la marge.

    Il a fallu attendre les dernières minutes pour que les deux candidats bredouillent quelques mots de politique européenne et internationale.

    En ce qui concerne la Turquie , M. Sarkozy, comme sur tous les autres sujets, jouait du pipeau. Il a déclaré qu’il fallait abandonner la règle de l’unanimité au conseil européen, et dans le même temps il a eu recours à la règle de l’unanimité pour dire que si la France disait non, la Turquie n’entrerait pas dans l’Union européenne.

    En réalité, les deux concurrents, comme on le savait déjà, sont favorables à ce que soit liquidée la souveraineté française. Ils se condamnent donc l’un et l’autre à l’impuissance sur le plan européen et international, et ont à peine tenté d’amuser la galerie sur ces sujets en fin de programme.

  • Sarkozy, c’est ça

    « Les Français ont voté non à la Constitution européenne, donc nous n’y reviendrons pas », a déclaré Nicolas Sarkozy. Il a ajouté : « Il faut arrêter la course à l’élargissement tant qu’il n’y a pas d’institutions » qui le permettent. C’est pourquoi il va proposer un traité institutionnel, qui sera voté par le Parlement : il n’y a aucune raison de le soumettre à référendum, puisqu’il ne s’agit pas d’une Constitution européenne, et que « je ne veux pas d’une nouvelle Constitution ».

    Il a été très évasif sur le contenu de son traité. Mais en d’autres circonstances il a été plus prolixe. On sait qu’il s’agit pour lui de reprendre la première partie du traité, la plus courte, en effet, et celle qui est... proprement constitutionnelle. (La deuxième partie est la charte des droits fondamentaux, et la troisième partie est une compilation des traités précédents.)

    Il y est dit que l’Union a la personnalité juridique, qu’elle a un drapeau, un hymne, une devise, une monnaie, et une fête commune. Qu’elle a un Président stable, et une politique étrangère et de sécurité commune que les Etats s’engagent à appuyer « activement et sans réserve », portée par un ministre des Affaires étrangères. Y sont définis les domaines de compétence exclusive de l’Union et les domaines de compétence partagée avec les Etats membres. Y est défini le rôle de chacune des institutions européennes, avec l’accent mis bien sûr la Commission européenne toujours prépondérante.

    C’est donc bien la Constitution européenne que Nicolas Sarkozy veut imposer sans demander l’avis des Français.

    Une Constitution aggravée. Car, dans son texte, la Constitution conservait encore des domaines où était requise l’unanimité des Etats membres pour que soit prise une décision. Il restait donc des vestiges de souveraineté, des sujets où un Etat pouvait dire non. Nicolas Sarkozy veut supprimer la règle de l’unanimité. Cela, il l’a dit ouvertement hier soir, et à deux reprises.

    Pour récolter quelques voix supplémentaires, il a fait son couplet sur la Turquie. Et là, il a dit le contraire de ce qu’il venait de dire. A Ségolène Royal qui lui opposait les négociations en cours, il a répondu : « C’est l’unanimité. Si la France dit non, la Turquie n’entre pas. »

    Mais comme il aura supprimé la règle de l’unanimité, la Turquie entrera...

    Naturellement, Ségolène Royal est également favorable à la suppression de la règle de l’unanimité. Il n’y a en réalité aucune différence entre deux candidats à la présidence de la République française, qui sont tous deux des fossoyeurs de cette fonction. C’est pourquoi ils ont passé le plus clair de leur temps de parole à discuter de sujets qui relèvent du gouvernement, et non de l’Elysée. Et encore, dans la mesure où Bruxelles lui laisse encore une relative autonomie. On aura remarqué que Nicolas Sarkozy s’est donné le ridicule de prétendre que s’il était élu il ferait baisser la TVA sur je ne sais plus quoi. En 2002, Chirac avait promis une baisse de la TVA sur la restauration, qui n’est jamais venue parce que Bruxelles s’y oppose.

  • Le Pen et le second tour

    Voici l’extrait du discours du 1er-Mai de Jean-Marie Le Pen, sur le second tour de la présidentielle.

    Alors pour le deuxième tour, que faire ?

    Bien sûr, vous y avez pensé depuis le 22 avril et chacun pourrait faire selon ses affinités même lointaines ou, au contraire, selon ses craintes.

    Je dois dire qu’en ce qui me concerne, je suis sans états d’âme.

    Il ne reste en lice que deux candidats, tous deux représentants officiels des partis et des politiques qui en trente ans ont amené la France dans l’état déplorable où elle se trouve aujourd’hui, au bord du gouffre politique, économique, social, culturel et moral.
    Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix du 6 mai. Nous devons rester, en revanche, vigilants et engagés à fond dans la campagne législative pour prendre sur eux une légitime revanche, prêts à apporter à notre pays le soutien inconditionnel que lui doivent les patriotes, les vrais !

    Il serait illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du hold-up réalisé sur notre programme par Nicolas Sarkozy. Soutenue par l’extrême gauche révolutionnaire, on sait qu’elle veut, entre autre, régulariser les clandestins.
    Mais il serait aussi insensé d’apporter nos suffrages à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes et de refuser de permettre par la proportionnelle à nos millions d’électeurs d’être représentés à l’Assemblée Nationale et qui, comme la gauche, refuse de nous considérer comme des républicains. Mais à quelle loge faut-il donc appartenir pour être républicain ? Dans quelle magouille et dans quel scandale faut-il avoir trempé pour être sanctifié, à l’instar du milieu des voyous, où il faut, par un mauvais coup, faire la preuve qu’on est digne d’être malfrat ?

    L’amour, même celui de la Patrie , peut faire des miracles et c’est sur le chemin de Damas que Paul, le persécuteur des chrétiens jeté à bas de son cheval, découvrit la vraie foi et s’y convertit. Peut-être l’élu du 7 mai sera-t-il digne de celle du 8 mais j’en doute. Si toutefois, il en était ainsi, les patriotes que nous sommes, face à l’épouvantable désastre, sauront apporter dans le cadre de leur fonction, l’appui nécessaire à toute politique de Salut Public.

    En attendant, et pour que notre geste soit efficace et comptabilisé comme tel, j’invite les électeurs qui m’ont fait confiance à n’accorder leur suffrage ni à Madame Royal ni à Monsieur Sarkozy et à s’abstenir massivement, se réservant pour le premier tour des élections législatives les 10 et 17 juin prochains.

  • Les deux candidats de la fin de la France

    Le lobby frénétiquement européiste EuropaNova a demandé aux deux candidats du second tour s’ils s’engageaient « à tout mettre en œuvre » pour aller plus loin et plus vite dans l’intégration politique européenne. Il leur demandait sept engagements.

    Nicolas Sarkozy a répondu par un courrier bref et clair, Ségolène Royal par une très longue lettre filandreuse enfilant les clichés de sa campagne, à quoi s’ajoutent les réponses spécifiques sur les sept points.

    Nicolas Sarkozy commence par « Chers amis », Ségolène Royal répond à « Monsieur » (Guillaume Klossa, président du collectif EuropaNova).

    Telles sont les différences essentielles entre les deux candidats.

    Tous deux commencent et finissent leur lettre par des éloges dithyrambiques de l’action d’EuropaNova en faveur d’une véritable Europe politique.

    Tous deux répondent positivement aux sept « engagements » que leur soumet EuropaNova, même si c’est de façon plus ou moins floue.

    Le premier peut être souscrit par tout le monde : il s’agit de s’engager à ce que s’ouvre un débat avec nos partenaires sur l’avenir de l’Union européenne.

    Le deuxième est de « donner un président à l’Union européenne, élu à terme au suffrage universel ». Sarkozy et Royal s’engagent sur la « présidence stable », comme dit la défunte Constitution européenne, mais ni l’un ni l’autre ne s’engage sur l’élection au suffrage universel.

    Le troisième est d’« accorder au Parlement européen des pouvoirs législatifs et budgétaires en tous points identiques à ceux exercés par le conseil des ministres ». Autrement dit que le Parlement européen soit un véritable Parlement supranational.  Les deux candidats sont pleinement d’accord.

    Le quatrième est de « supprimer le vote à l’unanimité entre Etats, c’est-à-dire généraliser le vote à la majorité qualifiée ». En termes clairs, cela veut dire que l’on supprime tout ce qui reste de la souveraineté nationale : tout Etat devra impérativement se ranger à la décision prise par la majorité (et l’on sait qu’en réalité cette décision est celle qui a été déjà prise par la Commission européenne). Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy y souscrivent sans réserve. Il est à noter que cela va encore plus loin que ce qui était stipulé dans la Constitution européenne.

    Le cinquième est d’« œuvrer à la mise en place d’une véritable gouvernance économique et sociale de la zone euro, impliquant la mise en place d’un ministre des Finances de la zone euro ».  Les deux candidats  sont d’accord pour supprimer tout ce qui peut rester de souveraineté nationale en matière économique et sociale. Cela aussi va plus loin que la Constitution européenne.

    Le sixième est de créer un « semestre européen » pour les jeunes, afin de leur permettre de séjourner dans un autre pays que le leur. Les deux candidats sont globalement d’accord, avec des modalités spécifiques.

    Le septième est de « donner une valeur juridique contraignante à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ». C’est la deuxième partie de la Constitution européenne, et naturellement les deux candidats sont d’accord.

    En résumé, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal vont tous les deux, dans le sens de l’intégration européenne, au-delà de la Constitution qui a été rejetée par le peuple français ; ils sont tous deux favorables à une suppression radicale de la souveraineté nationale, que même les rédacteurs du traité constitutionnel n’avaient pas osé formuler de façon aussi claire.

    C’est une première dans l’histoire de France. Une première absolue. Pour la première fois, les deux candidats à la fonction de chef de l’Etat sont tous deux partisans résolus de la fin de la souveraineté française. Chacun d’eux est partisan de l’abdication de la France. Voter pour l’un ou pour l’autre implique que l’on accepte cette trahison historique de la nation française.

  • Sarkozy ne veut pas de l’opinion du peuple

    Nicolas Sarkozy exclut tout référendum : « Si je suis élu, est-ce que vous croyez que je pourrai dire au pays : j’ai encore besoin d’avoir votre opinion ? »

    Pas question de demander l’avis du peuple, sur quelque question que ce soit.

    Une fois élu, il n’a plus à connaître l’opinion des citoyens...

    Et il donne l’explication : « Le référendum voulu par le général de Gaulle n’était pas un référendum cantonal suisse », le président de la République qui lance un référendum doit « engager son destin politique ».

    Si Sarkozy prend le pouvoir, c’est pour le garder. En le verrouillant.

    Jean-Marie Le Pen a réagi par ce communiqué :

    « Les citoyens peuvent dès aujourd’hui constater que Nicolas Sarkozy n’est pas un « Le Pen light », mais qu’il est le contraire de Le Pen.

    « Mon projet était et demeure de rendre la parole au peuple, par le référendum.

    « Le candidat de l’UMP exclut tout référendum, au motif, souligne-t-il, que s’il est élu il n’aura plus besoin d’avoir l’opinion du peuple !

    « Il ne précise pas s’il a l’intention de supprimer l’article 11 de la Constitution. Il est vrai que c’est sans importance, puisque la Constitution française sera quasiment caduque quand il aura imposé la nouvelle mouture de la Constitution européenne. Sans demander son avis au peuple souverain. »

  • Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, bien sûr

    Philippe de Villiers, dimanche 22 avril :

    « Je ne suis pas propriétaire de mes voix, les Français sont libres et je m'en tiendrai à cette déclaration. »

    Philippe de Villiers, mercredi 25 avril :

    « J'invite les Français à faire le choix de la droite et de Nicolas Sarkozy. »

  • Sarkozy à Rouen

    Le discours de Nicolas Sarkozy à Rouen, mardi soir, était stupéfiant. Le candidat de la droite libérale euromondialiste n’était jamais allé aussi loin dans le racolage nationaliste. On aurait dit un discours de Jean-Marie Le Pen rédigé par un récent transfuge de l’UMP.

    Il y eut un long couplet sur Jeanne d’Arc, et sur ce que Michelet et Barrès disaient d’elle. En résumé, « Jeanne, c’est la France.  »

    Mais là, comme dans tout le reste du discours, il y a le détail qui cloche et qui ramène au vrai Sarkozy. Reprochant à la droite et au centre d’avoir « laissé Jeanne d’Arc confisquée par l’extrême droite », il ajoute : « Comment pendant si longtemps avons-nous pu laisser confondre le patriotisme qui est l’amour de la patrie avec le nationalisme qui est la haine des autres ? »

    Et ça cloche doublement. D’une part, ce distinguo est absurde. « La haine des autres », ce n’est pas une description du nationalisme, c’est une diabolisation du mouvement national. Le nationalisme à la française n’a jamais été caractérisé par la haine des autres. Il est résumé dans la formule de Le Pen : « Nous ne sommes pas xénophobes, nous sommes francophiles. » D’autre part, Sarkozy fait semblant d’exalter le patriotisme, mais dans tout son discours il évoque à jet continu la nation, très rarement la patrie... Et cela pour une raison simple, c’est que s’il peut facilement relier la nation à la République (et il le fait abondamment), il ne sait pas trop ce qu’est la patrie, la terre des pères, l’héritage des ancêtres.

    Ensuite il y avait le grand couplet sur la France, laïque et religieuse, humaniste et chrétienne, avec une insistance particulière sur les « 2.000 ans de christianisme, 2.000 ans de civilisation chrétienne »... Car « la France c’est Saint-Denis, c’est Reims, c’est Domrémy, c’est le Mont Saint-Michel », etc.

    Il s’agit bien du même Sarkozy qui rejette absolument toute idée de reconnaissance des racines chrétiennes de l’Europe dans un traité européen.

    Puis il y a eu le couplet sur l’autorité, la morale, l’effort, le mérite, l’ordre, etc.

    Et la phrase superbe : « Je n’accepte pas cette mode de la repentance. » Car la France « n’a pas à rougir de son histoire. » Et il va « plus loin » encore. Plus loin, c’est carrément une exaltation de la colonisation : « Tous les colons n’étaient pas des exploiteurs, il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux qui avaient travaillé dur toute leur vie, qui n’avaient jamais exploité personne, qui avaient construit des routes, des hôpitaux, des écoles, qui avaient enseigné, qui avaient soigné, qui avaient planté des vignes et des vergers sur un sole aride, qui ne devaient rien qu’à eux-mêmes, qui avaient beaucoup donné à une terre où ils étaient nés et qui un jour n’ont eu le choix qu’entre la valise et le cercueil. »

    Il s’agit bien du même Sarkozy qui s’incline en Algérie devant le « Monument aux martyrs », à savoir aux égorgeurs du FLN, lors d’une visite « amicale » à Bouteflika qui exige la repentance de la France...

    C’est ensuite la longue litanie « J’ai voulu remettre la France au cœur de la politique parce que... », suivie d’un discours sur la nation qui est « de retour », la nation qui « protège ». Et il faut protéger notre industrie, notre artisanat, notre agriculture... « Le mot protection ne me fait pas peur ».

    Et il dit aussi qu’il veut moraliser le capitalisme financier, qu’il veut favoriser le capitalisme familial...

    Et l’on termine sur une nouvelle exaltation de la France.. .

    Dès le début du discours, le ton était donné, et le mensonge était énorme : « Le peuple français est un grand peuple qui veut continuer à écrire lui-même son histoire. »

    Nicolas Sarkozy est l’homme qui veut faire voter par le Parlement, sans demander l’avis du peuple français, une mini-Constitution européenne qui reprenne la première partie de la défunte Constitution, à savoir les articles qui nient la souveraineté nationale, qui interdisent par conséquent au peuple français de continuer à écrire lui-même son histoire.

    Mais Nicolas Sarkozy n’a pas parlé de son mini-traité.

    Et l’on peut constater que dans son tableau des destructions économiques et sociales dont souffre la France, il n’a pas mis en cause une seule seconde la politique européenne, sinon pour dire seulement que l’euro ne jouait pas le rôle qu’il devrait jouer...

    Lui qui est si disert sur l’identité nationale et sur la protection de la France, il n’a pas parlé non plus de l’immigration. Il n’a pas rappelé ses discours sur l’immigration choisie, repris mot pour mot du Livre vert de la Commission européenne appelant les Etats à accueillir une immigration massive. Il n’a pas rappelé non plus qu’il était favorable au droit de vote des immigrés. Il n’a pas rappelé non plus, lui qui se pique d’être contre les communautarismes, qu’il est le créateur du CFCM, et qu’il a donc fait de l’islam une religion d’Etat.

    Enfin, en entendant ce discours, on ne pouvait s’empêcher d’entendre en contrepoint ce qu’il avait dit à Philippe de Villiers : « Toi, Philippe, tu as de la chance, tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid, je ne m’intéresse qu’à l’avenir. »

    Et l’on ne pouvait manquer de se souvenir de Sarkozy, qui représentait officiellement notre pays, dénonçant aux Etats-Unis « l’arrogance » de la France...

  • Du racolage au harcèlement

    Quand il s’agit de sexe, le racolage et le harcèlement sont punis par la loi. Quand il s’agit de politique, c’est le sport favori du second tour. A un degré jamais vu, en raison du score de François Bayrou et des interrogations sur son électorat. C’est ce que souligne Jean-Marie Le Pen dans un communiqué :

    « Les opérations de racolage et de harcèlement auxquelles se livrent l’UMP et le PS auprès de François Bayrou et de ses électeurs nous ramènent au pire du régime des partis, et à un niveau jamais vu jusqu’ici. »

    A gauche, le PS fait très fort. Il y a quelques jours, Laurent Fabius martelait que l’UDF est une formation de droite « dont les choix politiques sont contraires aux nôtres », Pierre Mauroy jugeait « inadmissible » la proposition de Rocard d’une alliance Royal-Bayrou, et Jack Lang jugeait cette démarche « immorale ». Hier, tous les éléphants étaient d’accord pour cette alliance... Ségolène Royal a donc pu en appeler à un rassemblement qui ait « toutes les couleurs de l’arc-en-ciel », souligner ses larges points de convergence avec François Bayrou et lui promettre des ministres UDF...

    Il est amusant de constater que cela va tellement vite que les déclarations s’entrechoquent. Ainsi, alors que tout le gratin socialiste était d’accord sur la stratégie à l’issue de la réunion du conseil politique mardi soir, ce matin paraît une interview de Mélenchon, réalisée avant cette réunion, où le sénateur redit qu’il « n’y a pas de majorité présidentielle possible avec Bayrou », qu’une alliance entre le PS et l’UDF serait « contre-performante », que discuter avec Bayrou « c’est du temps perdu » car Bayrou « c’est la droite »...

    Du côté de Nicolas Sarkozy on ne chôme pas non plus. On rappelle jusqu’à plus soif que Bayrou fait partie de la famille, on enregistre avec satisfaction les ralliements de parlementaires UDF, et l’on construit aussi « l’arc-en-ciel », avec les fameux « pôles » de droite, du centre et de gauche. Le pôle du centre pourrait même devenir un nouveau parti centriste, « indépendant de l’UMP », fabriqué par l’UMP. Sic. Où l’on mettrait les ralliés de l’UDF et les anciens UDF de l’UMP...

    Vu le rythme auquel elles apparaissent, ces ahurissantes magouilles vont sans aucun doute se poursuivre dans les jours à venir. Comme le souligne Jean-Marie Le Pen, « les Français peuvent constater à quel niveau le « débat politique » peut descendre quand les combines et les magouilles prennent la place du débat de fond. Un débat qui ne peut avoir lieu entre partis qui n’ont aucune autre doctrine que celle du chien crevé au fil de l’eau sale euromondialiste. Ce n’est là que le début d’un honteux spectacle qui défigure le visage de notre patrie. »

  • « Toujours c’est la fête de la France »

    Suite à mon appel, un cadre du FN, que je remercie, m’a transmis une vidéo par téléphone portable de la deuxième allocution de Jean-Marie Le Pen. Les propos étaient destinés « exclusivement aux militants et aux fidèles » qui se trouvaient sur place. Disons que je les retranscris ici exclusivement à l’intention des vrais sympathisants qui me lisent. Il me semble qu’ils méritent amplement d’être connus au-delà de ceux qui étaient présents à Equinoxe.

    « C’est la force et la grandeur de notre mouvement que d’opposer en toutes circonstances un front sans rides à l’adversité. Nous en avons l’habitude, parce que nous avons marché en parallèle avec notre pays qui a descendu l’une après l’autre les marches de l’histoire d’un grand pays devenu une puissance moyenne, qui a vu capituler ses pouvoirs ente les mains de l’Europe, et qui aujourd’hui – on l’a vu en la personne du président de la République sortant – a été incapable de réformer le taux de TVA sur la restauration en cinq ans. (...)

    « C’est nous qui dans ce combat politique avons été les tenants de la vérité, quoi qu’il puisse en coûter. Et certes, si nous sommes déçus aujourd’hui, ce n’est pas des efforts que nous avons faits. Car nous avons fait tout ce que nous pouvions. Et à partir de là, personne ne doit s’étonner de nous voir boire le champagne, chanter et danser ensemble, car nous avons le cœur pur.

    « Dans cette bataille où la France avait tout à perdre, et où elle s’apercevra demain qu’elle a tout perdu, eh bien nous, nous avons rempli notre contrat. Nous n’avons rien à nous reprocher. Nous nous sommes battus de toutes nos forces pour la patrie, pour la France et pour les Français. Bon, je comprends qu’en particulier pour les jeunes, dont l ‘espoir a été grand à un moment donné, ce résultat soit un peu décevant. Il démontre la force extraordinaire que représentent dans notre société les moyens de pouvoir que sont la télévision, la radio, la presse, et plus généralement l’influence des lobbies et des pouvoirs publics eux-mêmes. Nous luttons à un contre cent. Dans ce que l’on appelle dans les courses automobiles l’indice de performance, c’est-à-dire le rapport entre le résultat obtenu – plusieurs millions de voix – et les moyens mis en œuvre, le rapport est évidemment en notre faveur, et nous sommes premiers à l’indice de performance de la politique française. (...)

    « C’est nous qui avons raison, c’est nous qui voyons clair, c’est nous qui avons le courage de dire la vérité au peuple français. Il ne nous a pas encore entendus, mais il nous entendra. Et c’est vous, les jeunes, qui à un moment donné serez appelés à prendre les responsabilités dans ce pays.

    « Vous n’avez pas le droit d’avoir à l’égard du peuple la moindre amertume, parce que vous êtes à son service et, même quand il se trompe, comme aujourd’hui, il est respectable, il doit être aimé.

    « Dites-vous bien que vous n’avez rien à vous reprocher, et puisque nous n’avons rien à nous reprocher, la soirée doit être joyeuse. Je vous invite donc à boire, à manger, à danser et à chanter, parce que toujours c’est la fête de la France, même dans ces cas-là. »

  • « Nous ne nous considérons pas comme vaincus »

    On ne peut que remercier Vox Galliae pour la vidéo de la déclaration faite par Jean-Marie Le Pen à l’issue de la soirée électorale de dimanche. Voici l’essentiel de ce qu’il a dit, mais il faut voir cette vidéo, qui montre bien qui est vraiment Jean-Marie Le Pen.

     « Je voudrais vous dire combien votre spectacle est roboratif... Il a pu apprendre à nos compatriotes que nous sommes ceux qui rions dans les tempêtes et qui rions dans les défaites, parce que nous savons qu’après la pluie vient le beau temps, et que la vie est composée d’une série de batailles, et que c’est la dernière qui compte... Nous ne nous considérons pas comme vaincus, et si dans cette affaire il y a des imbéciles et des cocus, ils ne sont pas parmi les électeurs du Front national... On n’a pas toujours les succès qu’on mérite. Il n’en reste pas moins que ce sont ceux qui sont tenaces, ceux qui sont courageux, ceux qui sont persévérants, qui finissent un jour par l’emporter, surtout quand ils ne se battent pas pour leur intérêt personnel mais pour l’intérêt de la patrie. »

    Il s’agissait là de la troisième déclaration faite par Jean-Marie Le Pen au cours de cette soirée. La première était sa déclaration officielle. La deuxième est celle que j’ai évoquée hier. Est-ce que quelqu’un aurait la vidéo ? Il serait bon d’avoir le texte exact de ce qu’il a dit à ce moment-là.

  • Le grand racolage

    La campagne du second tour consiste pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal à racoler les voix qui se sont portées sur François Bayrou et sur Jean-Marie Le Pen. Cela fait certes partie des règles du jeu. Mais on ne s’embarrasse plus de circonlocutions et de sous-entendus. On racole ouvertement, et dans tous les sens.

    Sarkozy continue sur sa lancée du premier tour pour capter les voix de Le Pen. C’était manifeste lors de son allocution de dimanche soir, qui se termina par « Vive la République... et par-dessus tout vive la France ». C’est un appel aux patriotes, et c’est une nouvelle fois la signature du mensonge. Car Sarkozy est l’homme qui veut faire passer en catimini, par un vote au Parlement, le nouveau traité européen qui supprimera la souveraineté française.  Et il est l’homme de l’alignement de la France sur Washington. Autrement dit il est le fourrier du mondialisme.

    Pour ratisser aussi large que possible, il évoque la création d’une « majorité présidentielle multipolaire ». Avec un pôle UMP, un pôle centriste, un pôle de gauche. Sic. Dans le pôle centriste, les parlementaires UDF qui pour être réélus sont en train de quitter Bayrou, et pourquoi pas Bayrou lui-même. Dans le pôle de gauche, Eric Besson, Max Gallo, et... Enrico Macias, qui chante « Sarkozy je suis bien dans tes bras ». Sic.

    Et pendant qu’il explique cette stratégie à ses proches en leur donnant mission de la faire connaître, en public il clame qu’il rejette toute alliance ou ouverture politicienne « au détriment de ses convictions ». Ses convictions de patriote à poigne, de héraut de la nation et de pourfendeur de l’insécurité et de l’immigration...

    Ségolène Royal, quant à elle, tend carrément la main à François Bayrou, après l’avoir stigmatisé comme un affreux homme de droite. L’appel qu’elle lance au « dialogue public avec ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique » concerne certes au premier chef le président de l’UDF, mais il est tellement vague qu’il concerne en fait tout le monde, puisque c’est un appel « au-delà de la gauche à tous ceux qui ont dénoncé le système sortant ».  Avec quelques drapeaux tricolores et quelques Marseillaise, ça concerne aussi les électeurs de Le Pen. On constate du reste qu’elle a conclu son allocution de dimanche soir en disant qu’elle aurait « à cœur de défendre les intérêts de la France » et que « les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen », qui « ne se fera pas à leur insu »...