Mardi, 105 Africains, presque tous en situation irrégulière, et 9 personnes soupçonnées d’avoir organisé leur hébergement ont été placés en garde à vue à la suite d’une intervention policière dans un foyer de travailleurs du XIIIe arrondissement de Paris. A la suite de quoi, 90 de ces immigrés ont été placés en rétention administrative.
Les policiers agissaient sur commission rogatoire d’un juge qui avait été saisi d’une information judiciaire visant des faits d’hébergement de personnes dépendantes dans des conditions incompatibles avec la dignité humaine, de faux documents administratifs et d’usage, et d’aide au séjour irrégulier. L’enquête, précise la préfecture de police, avait mis en évidence l’existence de filières de logeurs hébergeant à prix fort des travailleurs migrants dans des conditions insalubres. Le foyer avait un taux d’occupation deux fois supérieur à sa capacité d’accueil.
Aussitôt, les Verts de Paris ont hurlé à la « chasse aux immigrés » et Besancenot a dénoncé les « rafles ».
Mercredi, Droits devant, Droit au logement, la LCR et les Verts organisaient une manifestation d’Africains (350 selon la police), entre le foyer et la mairie de l’arrondissement, où le maire socialiste Serge Blisko a déclaré qu’il allait demander la libération des personnes interpellées, « en tout cas celles qui ne sont pas impliquées dans des trafics ». Les manifestants scandaient : « Plus que jamais régularisation de tous les sans-papiers ! »
Jeudi, les neuf personnes soupçonnées d’avoir organisé l’hébergement des clandestins ont été remises en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Trois d’entre elles devraient cependant être convoquées ultérieurement par le juge d’instruction.
On était passé de 105 à 90, après nous avoir informés que 2 immigrés étaient en situation régulière. Jeudi ils n’étaient plus que 80 à devoir passer devant un juge de la liberté et de la détention. En début de soirée, deux cas seulement avaient été examinés. Et dans le deux cas les juges ont décidé de ne pas prolonger la rétention. Le parquet a aussitôt fait appel.
Dans le même temps, une centaine de membres du « 9e collectif de sans-papiers » occupaient le Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté. Ils protestaient contre l’opération de police du XIIIe et demandaient la régularisation de tous les sans-papiers... Martin Hirsch a reçu une délégation, et s’est engagé à regarder au cas par cas les dossiers qui lui seront présentés...
Pas besoin d’être devin pour savoir ce qui va se passer maintenant. Il suffit de se souvenir du squat de Cachan, par exemple, où la quasi-totalité des clandestins (plusieurs centaines) ont été discrètement régularisés « au cas par cas ».
Ce que l’on peut souligner ici, c’est le fait de voir de sourcilleux et vindicatifs défenseurs des « droits de l’homme » trouvant scandaleux et inadmissible qu’on mette fin à une situation manifestement contraire à la dignité humaine la plus élémentaire, et se moquer comme d’une guigne de l’impunité dont bénéficient les esclavagistes responsables de cette situation.