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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2422

  • Benoît XVI parle de Schubert

    Lors d’un concert donné dimanche en son honneur à Castel Gandolfo, le pape Benoît XVI a pu entendre Le Voyage d’Hiver, de Schubert, dans une version pour violoncelle et piano.

    Dans son allocution, à l'issue du concert, il a notamment déclaré :

    « Elle est méritée, la reconnaissance qui est attribuée universellement à cet illustre génie de la musique, qui honore la civilisation européenne, et la grande culture et la spiritualité de l'Autriche chrétienne et catholique ».

    « En présentant le Voyage d'hiver à ses amis, Schubert a dit : ‘Je vous chanterai un cycle de Lieder qui m'ont impliqué plus qu'il ne m'était jamais arrivé auparavant. Ils me plaisent plus que tous et ils vous plairont aussi'. Ce sont des paroles auxquelles nous pouvons consentir nous aussi, après les avoir écoutés à la lumière de l'espérance de notre foi. Le jeune Schubert, spontané et exubérant, a réussi nous à communiquer à nous aussi ce soir ce qu'il a vécu et ce dont il a fait l'expérience. »

    « Nous venons de goûter le chef d'œuvre des Lieder de Schubert : Die Winterreise (le Voyage d'hiver). On compte 24 Lieder composés sur des textes de Wilhelm Müller, dans lesquels Schubert exprime une atmosphère intense de triste solitude, qu'il ressentait particulièrement étant donné l'état d'âme de prostration causée par sa longue maladie, et par une succession de nombreuses déceptions sentimentales et professionnelles. C'est un voyage tout intérieur, que le célèbre compositeur autrichien écrivit en 1827, à un an seulement de sa mort prématurée qui le saisit à 31 ans. »

    « Lorsque Schubert prend un texte poétique dans son univers sonore, il l'interprète à travers un réseau mélodique qui pénètre l'âme avec douceur, en portant celui qui l'écoute à éprouver le même regret brûlant éprouvé par le musicien, le même rappel de ces vérités du cœur qui vont au-delà de tout jugement. C'est ainsi que naît une fresque qui parle de quotidien sincère, de nostalgie, d'introspection, d'avenir ».

    « Tout ré-affleure au long du parcours : la neige, le paysage, les objets, les personnes, les événements, dans un flux brûlant de souvenirs. En particulier, ce fut pour moi une expérience nouvelle et belle d'écouter cette œuvre dans la version qui nous a été proposée, c'est-à-dire avec le violoncelle à la place de la voix humaine. Nous n'entendions pas les paroles de la poésie, mais leur reflet et les sentiments qui y sont contenus avec la ‘voix' quasi humaine du violoncelle. »

    C'est un très beau commentaire. Comme on l'avait déjà remarqué, Joseph Ratzinger aurait pu aussi être un remarquable critique musical...

  • Benoît XVI : pour sauver la planète, proposer la foi catholique

    Le 6 août dernier, dans le cadre de ses vacances dans le Sud-Tyrol, le pape Benoît XVI a rencontré le clergé du diocèse de Bolzano-Bressanone. Il a répondu aux questions posées par quelques prêtres et séminaristes. Voici sa réponse à une question sur l’environnement.

    Au cours des dernières décennies, la doctrine de la création avait presque disparu en théologie, elle était presque imperceptible. A présent nous nous apercevons des dégâts que cela a provoqués. Le rédempteur est le créateur et si nous n'annonçons pas Dieu dans cette grandeur totale qui est la sienne - de créateur et de rédempteur - nous dévalorisons également la rédemption. En effet, si Dieu n'a rien à dire dans la création, s'il est relégué simplement dans un domaine de l'histoire, comment peut-il réellement comprendre toute notre vie ? Comment pourra-t-il apporter réellement le salut à l'homme dans sa plénitude et au monde dans sa totalité ? Voilà pourquoi, selon moi, le renouveau de la doctrine de la création et une nouvelle compréhension de l'indissolubilité de la création et de la rédemption revêtent une très grande importance. Nous devons le reconnaître à nouveau : Il est le Creator Spiritus, la Raison qui est au commencement et dont toute chose naît et dont notre propre raison n'est qu'une étincelle. Et c'est Lui, le créateur lui-même, qui est également entré dans l'histoire et peut entrer dans l'histoire et opérer en elle précisément parce qu'il est le Dieu de l'ensemble et non seulement d'une partie. Si nous reconnaissons cela, il s'ensuivra bien sûr que la rédemption, le fait d'être chrétiens, la foi chrétienne tout simplement, signifieront toujours et quoi qu'il en soit aussi une responsabilité à l'égard de la création. Il y a vingt ou trente ans, on accusait les chrétiens - je ne sais pas si l'on soutient encore une telle accusation - d'être les vrais responsables de la destruction de la création, parce que la parole contenue dans la Genèse - « Soumettez la terre » - aurait conduit à l'arrogance à l'égard de la création dont nous constatons aujourd'hui les conséquences. Je pense que nous devons à nouveau apprendre à comprendre combien est fausse cette accusation : tant que la terre a été considérée comme la création de Dieu, la tâche de la « soumettre » n'a jamais été comprise comme le commandement de la rendre esclave, mais plutôt comme le devoir d'être les gardiens de la création et d'en développer les dons, de collaborer nous-mêmes de manière active à l'œuvre de Dieu, à l'évolution qu'il a placée dans le monde, afin que les dons de la création soient mis en valeur et non piétinés et détruits.

    Si nous observons ce qui est né autour des monastères, comment dans ces lieux sont nés et continuent de naître de petits paradis, des oasis de la création, on constate que toutes ces choses ne sont pas seulement des mots, mais là où la Parole du Créateur a été comprise de manière correcte, où il y a eu une vie avec le créateur rédempteur, on s'est efforcé de sauver la création et non de la détruire. C'est également dans ce contexte que s'inscrit le chapitre 8 de la Lettre aux Romains, où on dit que la création souffre et gémit de la soumission dans laquelle elle se trouve et qu'elle attend la révélation des fils de Dieu : elle se sentira libérée lorsque viendront des créatures, des hommes qui sont des fils de Dieu et qui la traiteront en partant de Dieu. Je crois que c'est précisément la réalité que nous pouvons constater aujourd'hui : la création gémit - nous le percevons, nous l'entendons presque - et attend des personnes humaines qui la regardent en partant de Dieu. La consommation brutale de la création commence là où Dieu est absent, là où la matière est désormais pour nous uniquement matérielle, là où nous sommes nous-mêmes les dernières instances, où le tout est simplement notre propriété, que nous consommons uniquement pour nous-mêmes. Et le gaspillage des ressources de la création commence là où nous ne reconnaissons plus aucune instance au-dessus de nous, mais ne voyons plus que nous-mêmes ; il commence là où il n'existe plus aucune dimension de la vie au-delà de la mort, où dans cette vie nous devons nous accaparer tout et posséder la vie avec la plus grande intensité possible, où nous devons posséder tout ce qu'il est possible de posséder.

    Je crois donc que des instances vraies et efficaces contre le gaspillage et la destruction de la création ne peuvent être réalisées et développées, comprises et vécues que là où la création est considérée en partant de Dieu ; là où la vie est considérée en partant de Dieu et a des dimensions plus grandes - dans la responsabilité devant Dieu - et un jour elle nous sera donnée par Dieu en plénitude et jamais ôtée : en donnant la vie, nous la recevons.

    Ainsi, selon moi, nous devons tenter par tous les moyens à notre disposition de présenter la foi en public, en particulier là où il y existe déjà une sensibilité vis-à-vis de la foi. Et je pense que la sensation que le monde est peut-être en train de nous échapper - parce que nous-mêmes le laissons s'échapper - et le fait de s'inquiéter des problèmes de la création, tout cela donne justement à notre foi l'occasion appropriée de parler publiquement et de se faire valoir comme instance de proposition. En effet, il ne s'agit pas seulement de trouver des techniques qui préviennent les dommages, même s'il est important de trouver des énergies alternatives, entre autres. Mais tout cela ne sera pas suffisant si nous-mêmes ne trouvons pas un nouveau style de vie, une discipline faite également de renoncements, une discipline de la reconnaissance des autres, auxquels la création appartient autant qu'à nous qui pouvons en disposer plus facilement ; une discipline de la responsabilité à l'égard de l'avenir des autres et de notre propre avenir, parce que c'est une responsabilité devant Celui qui est notre Juge et en tant que Juge est Rédempteur, mais aussi véritablement notre Juge.

    Je pense donc qu'il est nécessaire de mettre en tout cas ensemble les deux dimensions - création et rédemption, vie terrestre et vie éternelle, responsabilité à l'égard de la création et responsabilité à l'égard des autres et de l'avenir - et qu'il est de notre devoir d'intervenir ainsi de manière claire et décidée dans l'opinion publique. Pour être écoutés nous devons dans le même temps montrer par notre exemple, par notre style de vie, que nous parlons d'un message auquel nous croyons et selon lequel il est possible de vivre. Et nous voulons demander au Seigneur qu'il nous aide tous à vivre la foi, la responsabilité de la foi de manière que notre style de vie devienne un témoignage, et à parler de telle façon que nos paroles portent de manière crédible la foi comme orientation pour notre époque.

    Dans une réponse à une question précédente, Benoît XVI disait, me semble-t-il pour la première fois en public, qu’il admet la théorie de l’évolution (mais il est bien difficile de revaloriser la Création si l’on admet la théorie qui a été inventée explicitement pour détruire le dogme chrétien de la Création) :

    Lorsqu'à notre époque, nous discutons du caractère raisonnable de la foi, nous discutons précisément du fait que la raison ne finit pas où finissent les découvertes expérimentales, elle ne finit pas dans le positivisme ; la théorie de l'évolution voit la vérité, mais n'en voit que la moitié : elle ne voit pas que derrière il y a l'Esprit de la création.

  • Saint Zéphirin

    La Voie Appienne nous vit pour la troisième fois, mais non pour la dernière fois. Centre des vastes Catacombes qui en font la reine des voies, le cimetière de Saint-Callixte était exploré. Mais dans ce grand faubourg de la ville souterraine on distinguait plusieurs quartiers. Bien que partie intégrante de la Catacombe principale, ils sont désignés par des noms propres et méritent l’attention du voyageur à cause des événements dont ils furent le théâtre. De ce nombre est le cimetière de Saint-Zéphirin, pape et martyr. « Le glorieux pontife, dit Anastase, fut déposé dans son cimetière, près de la Catacombe de Callixte, sur la voie Appienne. » Qu’il l’ait fait ouvrir ou qu’il l’ait seulement honoré par sa sépulture, Zéphirin méritait de donner son nom à cette partie de la Rome souterraine.

    Elevé en 203 sur le trône déjà quinze fois ensanglanté de saint Pierre, il gouverna l'Église pendant la persécution de Septime-Sévère. L'orage fut tellement violent qu'on crut à l'arrivée du véritable Antechrist et à l’approche de la dernière heure du monde. Caché dans les Catacombes, d’où il dirigeait la lutte, encourageait les combattants et leur donnait dans les eaux du baptême des successeurs au martyre, le saint pape sortit un jour de sa retraite, afin de recevoir dans ses bras paternels le plus grand génie de i'Orient, accouru pour voir de ses yeux l’antique Eglise de Rome. Ces bras qui venaient de s’ouvrir pour embrasser Origène s'armèrent bientôt pour frapper Proclus, l’opiniâtre sectateur de Montan. Après avoir encouragé les martyrs, affermi les apologistes et condamné les hérétiques, le souverain pasteur, devenu victime à son tour, monta sur l’échafaud et signa de son sang la foi dont il avait reçu le dépôt de saint Victor et qu’il transmit à saint Callixte l’an 221. La Catacombe de Saint-Zéphirin fut bientôt absorbée dans celle de Saint-Callixte, en sorte qu’aujourd'hui les archéologues romains ne peuvent avec certitude en assigner les limites.

    (Jean Gaume, Les trois Rome : journal d'un voyage en Italie, 1857)

  • La Birmanie dans l’impasse

    L'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari s’est rendu en Birmanie dans l'espoir de relancer un dialogue entre l'opposition et le régime militaire, mais il n'a rencontré ni l'opposante Aung San Suu Kyi ni le chef de la junte au pouvoir…

    La télévision a montré deux assistants de M. Gambari attendant en vain l'opposante devant la porte de son domicile.

    La dernière mission de M. Gambari en Birmanie remonte à mars dernier et des responsables de l'ONU l'avaient qualifiée de « décevante ». La junte avait alors rejeté une proposition de M. Gambari d'envoyer des observateurs au référendum qui a approuvé en mai une nouvelle Constitution.

    Selon des analystes, ce séjour est même pire. M. Gambari a rencontré samedi le Premier ministre Thein Sein, seulement après avoir prolongé son séjour de 24 heures. Mais Thein Sein n'est pas un des membres les plus importants de la junte et n'a que peu d'influence.

    « C'est un échec. Le Premier ministre n'a pas le pouvoir de prendre une décision quant à une reprise du dialogue. Le pire est de ne pas avoir pu voir Aung San Suu Kyi », a déclaré l'analyste Win Min.

    « La dernière fois, elle l'avait rencontré, mais il n'y a pas eu de progrès depuis... Elle ne veut pas être utilisée par M. Gambari pour dire que sa mission fonctionne », a déclaré Win Min.

  • L’Irak, après 2011…

    Le « Premier ministre irakien » Nouri al-Maliki a annoncé que son pays était parvenu à un accord avec les Etats-Unis : « Il y a un accord entre les deux parties pour qu'il n'y ait plus aucun soldat étranger en Irak après 2011 », a affirmé M. Maliki, selon un communiqué de son bureau.

    Le chef des négociateurs irakiens Mohammed al-Haj Hammoud avait affirmé vendredi que « le travail des négociateurs était terminé » et qu’il se trouvait désormais « entre les mains des dirigeants ».

    Il avait ajouté que George W. Bush avait approuvé le document. Le porte-parole de la Maison Blanche avait répondu que « si les négociations sont en train d'arriver à leur fin (...) il reste de nombreux détails en suspens, et nous pensons être en train de régler ces détails ».

    Les négociations sur le statut futur des troupes américaines en Irak avaient commencé en février et devaient s'achever fin juillet…

     

    Addendum. Aussitôt après la déclaration de Maliki, un porte-parole de la Maison Blanche a déclaré : « Les discussions continuent, nous n'avons toujours pas finalisé d'accord. »

  • Les mariages blancs anglicans en forte hausse

    Le nombre de mariages blancs célébrés par le clergé anglican a augmenté de 400% en quatre ans, selon les chiffres mêmes de l’Eglise d’Angleterre, qui commence à s’en émouvoir.

    Dans le diocèse de Southwark (Londres), le nombre de demandes de mariages est ainsi passé de 90 en 2004 à 493 l’année dernière, une augmentation que l’on retrouve dans tout le pays.

    La législation commune soumet le mariage de tout ressortissant extracommunautaire à la présentation d’un certificat de domicile. Mais cette condition n’existe pas pour les mariages célébrés par l’Eglise d’Angleterre, et les immigrés clandestins en profitent.

    Le gouvernement britannique prétend pourtant que grâce à des contrôles plus stricts, le nombre de mariages suspectés d’être de complaisance est en nette régression, chutant de 3.500 en 2004 à 400 l’an dernier. Sans doute prend-il seulement en considération les mariages civils…

    (via novopress)

  • Schizophrène

    Joe Biden, le sénateur que Barack Obama a choisi comme colistier, a toujours un chapelet dans la poche de son pantalon, révèle-t-il dans un entretien publié hier par le site internet de l'hebdomadaire People.

    C’est le même très catholique Joe Biden qui insiste dans son programme de sénateur du Delaware sur le fait qu’il veut sauvegarder l’arrêt Roe contre Wade, c’est-à-dire la légalisation de l’avortement. Parce que cet arrêt « protège le droit des femmes de choisir ». Et il ajoute : « Croyant que le planning familial peut aider à prévenir de nombreuses grossesses non désirées, le sénateur Biden soutient depuis toujours le Titre X – le programme national de planning familial – qui fournit l’information, les services, le soutien et la recherche en matière de planning familial. »

    Le sénateur Biden, qui a toujours un chapelet dans sa poche (comme un grigri ? En tout cas il doit au moins omettre la dizaine sur la Visitation, qui montre que l’embryon est une personne…), ne l’avait pourtant pas lors de sa présentation comme colistier par Obama : « J'en avais un (plus tôt) sur moi mais j'avais un costume bleu clair et Jill (sa femme) m'a dit: Non, portes-en un sombre. Alors j'ai changé de costume et oublié le chapelet dans ma poche », a-t-il indiqué à People. Le chapelet n’aura donc pas été témoin de cette investiture…

  • Gogols laïcards « défenseurs des animaux »

    Une association italienne de défense des animaux affirme avoir recueilli près de 4.000 signatures sur une pétition demandant au pape Benoît XVI de renoncer à ses ornements en fourrure d'hermine.

    « Depuis la mise sur internet de la pétition le 14 août, nous avons recueilli 3.963 signatures de particuliers et d'associations d'une cinquantaine de pays appartenant aux cinq continents », a affirmé à l'AFP Lorenzo Croce, président de l'association Aidaa.

    « Nous espérons recueillir 10.000 signatures d'ici fin septembre lorsque la pétition sera remise au Vatican », a-t-il ajouté.

    L'association a également récemment écrit au pape et son président espère que ce dernier « accomplira tôt ou tard cet acte d'amour envers les animaux qui sont considérés dans la Bible comme des créatures de Dieu ».

    (Benoît XVI a remis au goût du jour depuis son élection un certain nombre d'habits liturgiques traditionnels dont une petite pèlerine de velours rouge bordée d'hermine blanche, aussi appelée "mosette" qu'il porte l'hiver avec un bonnet de même couleur appelé "camauro", également orné d'hermine.)

  • Dick Roche et le second référendum…

    Le ministre irlandais des Affaires européennes, Dick Roche, qui assistait à l’allocution du cardinal Brady à Ballina (voir ma note précédente), a été interrogé sur la question du référendum, et pour la première fois il a lâché le morceau : « Le ministre reconnaît que nous avons besoin d’un nouveau référendum », titre l’Irish Independant

    « Nous devons être très attentifs à notre situation dans l’UE. Nous devons reconnaître que tous les autres Etats membres – 26 parlements souverains et démocrartiques – auront sans doute ratifié le traité vers la fin de l’année. Cela laissera l’Irlande dans une position isolée. Pour les autres Etats membres, nous empêcherons alors l’UE de se doter des instruments permettant de traiter les nombreux défis politiques et économiques auquels l’Europe doit faire face aujourd’hui. Si nous voulons conserver notre position de membre constructif de l'UE, nous ne pouvons pas camper sur nos positions et continuer de dire 'non' c'est 'non'. Ne pas bouger d’un pouce n’est pas une politique qui puisse être recommandée dans une Europe dynamique qui veut avancer. Nous devons explorer toutes les solutions possibles. Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que, à un certain moment, et dans les bonnes circonstances, il pourrait être nécessaire de consulter le peuple une nouvelle fois. Mon idée personnelle est qu’un référendum est la réponse appropriée à la situation dans laquelle nous sommes. A ce stade, c’est une idée très personnelle. »

    Tellement personnelle que le porte-parole du gouvernement a aussitôt fait savoir : « M. Roche ne demande pas l’organisation d’un second référendum. Ce ne serait pas une réflexion juste. Le gouvernement est plutôt en train de suivre les étapes qu’il avait dites en ce qui concerne les conséquences du référendum. »

    C’était une belle bourde. C’était la preuve aussi que le discours du cardinal Brady n’a pas été vain…

  • Le primat d’Irlande parle du non au référendum

    Il me semble que c’est une première dans le paysage épiscopal européen. Le cardinal Sean Brady, archevêque d’Armagh et primat d’Irlande, a ouvertement déclaré hier que l'hostilité de l'Union européenne envers la religion, et le sécularisme croissant des institutions européennes, a contribué au rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais. Or les menées anti-chrétiennes de l’UE sont un sujet tabou dans les épiscopats, qui chantent tous les bienfaits de la construction européenne.

    Dans son allocution à l’université d’été de Ballina, le cardinal Brady a rappelé que Jean-Paul II, tout en reconnaissant la nature séculière des institutions européennes, avait demandé que le futur traité inclue une référence à l’héritage chrétien de l’Europe.

    Des progrès dans un certain nombre de domaines, comme l’appel à l’Union à respecter le statut juridique des Eglises chrétiennes, étaient l’une des raisons pour lesquelles l’Eglise catholique avait une opinion globalement positive envers le projet européen, dit-il. « Mais il ne s’agit pas d’un soutien inconditionnel. Ainsi que le suggère le récent référendum sur le traité de Lisbonne, certains au moins de ceux qui étaient auparavant enthousiastes à l'égard des objectifs fondateurs de l'UE, sociaux et économiques, expriment désormais un malaise ». Les raisons sont « complexes ». Mais « l'une des raisons qui ont influencé certains chrétiens tient peut-être à ce que le pape Jean Paul II avait qualifié de perte de la mémoire chrétienne dans les institutions et la politique européennes ». « Des décisions successives qui ont ébranlé la famille basée sur le mariage, le droit à la vie depuis le moment de la conception jusqu’à la mort naturelle, le caractère sacré du sabbat, le droit des institutions chrétiennes, dont les écoles, de maintenir et promouvoir leurs valeurs, ces décisions et d'autres encore, ont fait qu’il est devenu pour les chrétiens convaincus plus difficile de maintenir leur engagement, qui était instinctif, en faveur du projet européen. »

    Ceci a « coïncidé avec une culture assez répandue dans les affaires européennes qui relègue la manifestation des convictions religieuses à la sphère privée et subjective ».

    « Il n’est pas rare, par exemple, que des personnes aient à défendre leurs droits à occuper un poste politique ou législatif dans les institutions de l’UE parce qu’elles manifestent publiquement leur foi chrétienne, affrontant parfois une contestation publique très hostile. »

    « Ignorer cette tendance dans l’UE et son impact sur les croyants a d’inévitables conséquences politiques et sociales, y compris au niveau du soutien au projet lui-même. »

    S’exprimant ensuite à la radio, le cardinal Brady a déclaré que « les décisions politiques semblent être souvent prises sans référence aux valeurs et aux convictions religieuses, alors que tant d’Européens ont une foi et des convictions religieuses ».

    Cela a eu un impact sur le référendum, souligne-t-il. Et il prévient que si on ne prend pas en compte ces préoccupations, le malaise demeurera. « Il n’y a aucun doute à ce sujet. C’est dans l’esprit et dans le cœur des gens. »

    « Je demande seulement qu’on réfléchisse calmement à ces choses-là et qu’on les prenne en considération. Ce dont nous avons besoin est une Europe qui ne cantonne pas ses débats à la politique ou à l’histoire, mais prenne aussi en considération les valeurs, les valeurs sociales, la cohésion sociale, la famille, la place de la famille, le respect pour les idées des parents en matière d’éducation. Je demande seulement qu’on réfléchisse à ces questions, spécialement dans le sillage des récents événements. »

    « Je pense que les gens qui sont hostiles à l’Europe ont besoin d’ouvrir les yeux à ce qu’elle a apporté, et que ceux qui soutiennent totalement l’Europe ont besoin d’entendre les préoccupations et les réserves. Nous avons besoin d’écouter avec respect les vues de chaque côté. »

    (Irih Times, Irish Independant)