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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1598

  • Samedi in albis

    Le nom complet de ce jour est « in albis deponendis » : le samedi où les nouveaux baptisés devaient « déposer » le vêtement blanc dont ils avaient été revêtus la nuit de Pâques. Ils doivent redonner le vêtement, mais garder la pureté de l’âme. En fait, c’est le Christ qu’ils ont revêtu par le baptême, et ils doivent vivre de cette vie baptismale. L’antienne de la communion est le verset de l’épître aux Galates qui le rappelle, et qui remplace aux grandes fêtes, dans liturgie byzantine, l’Aghios o Theos : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia. »

    Le début du deuxième chapitre de la première épître de saint Pierre a été choisi parce qu’il commence par « Deponentes » : vous qui déposez ; mais ce que les néophytes déposent ici, c’est toute malice, toute ruse et dissimulation, et envie, et toute médisance… précisément parce que c’est le Christ qu’ils ont revêtu.

    C’est le texte qui se termine par cet admirable propos dont le concile Vatican II a extrait la moelle : « Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière : vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas reçu miséricorde, mais qui maintenant avez reçu miséricorde. »

    Il est curieux de constater que l’évangile (qui est le passage qui précède celui qui a été lu avant-hier), parle aussi de vêtement. Du vêtement funéraire du Christ. Mais de façon très étrange. En effet, les synoptiques parlent du linceul, apporté par Joseph d’Arimathie, dans lequel le corps du Christ est enveloppé. Saint Jean est connu pour donner souvent des détails plus précis que les synoptiques. Or ici, alors que l’on identifie si facilement le linceul avec le linge vénéré à Turin, saint Jean nous parle de bandelettes. Du moins a priori. Le fait est qu’il emploie un mot qui normalement évoque des bandes de tissu, et non un linceul, et qu’il parle en outre du suaire qui était sur le visage. Et pourtant cet évangile est celui où saint Jean, entré dans le tombeau après saint Pierre, dit qu’il « vit, et il crut ». Il vit les linges, et il crut en la résurrection. On ne comprend pas pourquoi. Sauf si. Sauf si il a vu le Linceul affaissé, le Linceul qui avait contenu le corps du Christ, Linceul qui était resté intact mais qui ne contenait plus le corps du Christ. Comme le montre clairement l’icône traditionnelle des saintes femmes au tombeau. Qui montre également non un « suaire », mais la mentonnière qu’on mettait au défunt, à part du Linceul. Et alors les « bandelettes » dont parle saint Jean seraient les bandelettes qui entouraient le Linceul pour le fixer sur le corps (ce que montre souvent l’icône). Et seraient d’une façon générale « les linges », parmi lesquels saint Jean n’aurait pas osé parler spécifiquement de cet incroyable Linceul qui a contenu un mort et qui est resté intact après la résurrection du mort…

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  • Liban: un nouveau Premier ministre

    L’un des dégâts collatéraux de la crise syrienne a été la démission, le mois dernier, du Premier ministre libanais Najib Mikati. Le nouveau Premier ministre sera Tammam Salam, un sunnite (forcément), ancien ministre et fils d’un ancien Premier ministre.

    Hier, Tammam Salam s’est rendu en… Arabie saoudite, où il a rencontré… Saad Hariri, le chef de l’Alliance (chrétienne et sunnite) du 14-mars (anciennement au pouvoir et ces derniers temps dans l’opposition). Il est revenu au Liban dans la soirée, pour participer à une réunion de soutien de l’Alliance…

    Le chef druze Walid Joumblatt a lui aussi apporté son soutien (crucial) à Tammam Salam, soulignant que cela résultait… de ses entretiens à Riyad avec Saad Hariri et des responsables saoudiens... Lesquels responsables saoudiens ont eu des entretiens avec des responsables américains qui ont donné leur aval pour la nomination de Tamman Salam. Lequel Tamman Salam est accepté aussi par le Hezbollah qu’il ne critique jamais, dit-on…

    Addendum 6 avril

    Le président Michel Sleimane a nommé Tammam Salam Premier ministre.

  • Là ça va trop loin…

    « Les Femen françaises sont-elles allées trop loin ? », se demande France Inter en révélant que plusieurs militantes ont quitté l’organisation à la suite de la dernière action en date.

    Mercredi, les Femen ont brûlé un drapeau salafiste devant la Grande Mosquée de Paris pour dénoncer les atteintes aux droits des femmes dans les pays arabo-musulmans.

    Contre le christianisme et contre l’Eglise catholique, et contre les familles qui manifestent pacifiquement, on peut tout faire. Mais brûler un drapeau musulman, là, nous assure France Inter, c’est aller trop loin…

    Les Femen confirment que trois militantes sont parties, mais démentent que ce soit à cause de cette action. D’autre part, on apprend que leurs chefs Inna Shevchenko – celle qui avait abattu la grande croix de Kiev commémorant les victimes du stalinisme – et Oksana Chatchko, ont officiellement demandé l’asile en France. L’Express les voit déjà « bientôt françaises ». C’est là que ça irait, vraiment, trop loin.

  • En Chine

    Li Wenxi tient une librairie chrétienne à Pékin. En décembre dernier, il est allé à Taiyuan, la capitale du Shanxi, avec un stock de livres, pour aider les chrétiens locaux à ouvrir une librairie du même type. Juste après l’ouverture, des policiers sont arrivés et ont confisqué tous les livres. Quelques jours plus tard, ils ont téléphoné à Li Wenxi pour lui dire qu’ils allaient lui restituer les livres. Il s’est donc rendu au siège de la police… et depuis lors on n’a plus de nouvelles de lui. Sa femme Li Caihong a juste pu apprendre qu’il était inculpé de commerce illégal, et qu’il ne pouvait pas être libéré sous caution en raison de la gravité de son crime…

    C’est pourquoi Li Caihong a fini par faire connaître ces faits par internet. Son message a été répercuté plus de 4.000 fois, et a donné lieu à de très nombreux commentaires, dont celui-ci : « Shanxi est l’un des endroits où les chrétiens sont persécutés le plus durement. »

    Les autorités ont tenté de répliquer en publiant sur leur site internet un article où elles se félicitaient d’avoir lutté avec succès contre un groupe de chrétiens clandestins. Le site a été tellement inondé de commentaires virulents que le texte a été retiré…

    Mais ça fait plus de trois mois que l’on n’a aucune nouvelle de Li Wenxi.

    (Asianews)

  • Au Pakistan

    Hier il y avait la bonne nouvelle de l’acquittement d’un chrétien préalablement condamné à mort pour blasphème.

    Mais il y a eu, juste après, de mauvaises nouvelles…

    La nuit de Pâques, un chrétien de Lahore, Siddiq Masih, 38 ans, père de quatre enfants, a été enlevé et torturé par une bande de voyous musulmans conduits par son ancien employeur, Shahid Khan. Siddiq Masih travaillait comme chauffeur pour ce riche musulman, jusqu’à ce qu’il découvre que c’était un voleur et un assassin. Il a alors donné sa démission, ce qui a été ressenti comme une trahison. La nuit de Pâques, avec son beau-frère et un bandit local bien connu, Shahid Khan a enlevé Siddiq Masih. Le chrétien, sévèrement blessé, n’a eu la vie sauve que parce qu’il a réussi à s’enfuir, après deux nuits de tortures diverses, en se jetant par la fenêtre du troisième étage…

    Les habitants de la région ont dit à l’agence Asianews que « des centaines de plaintes » ont été déposées contre Shahid Khan et sa bande, mais qu’ils ont toujours pu échapper à la police en raison de leurs liens avec des personnes influentes au sein des autorités provinciales…

    D’autre part, à Gujranwala, à 80 km de Lahore, une dispute entre jeunes chrétiens et musulmans, dégénérant en rixe, a entraîné mercredi une attaque du quartier chrétien par une foule de musulmans (à l’appel de l’imam) qui ont incendié des magasins et des véhicules, et endommagé l’église catholique. Il y a eu dix blessés, dont un des policiers qui ont mis fin aux troubles. La veille, un musulman était entré dans une église et avait brûlé des imprimés.

  • Vendredi de Pâques

    La brève lecture évangélique (Matthieu 28, 16-20) contient en abrégé toute l’histoire de l’Église, la somme de ses droits, sa mission dans le monde.

    Euntes docete : c’est l’affirmation de sa libre puissance d’enseigner partout la loi évangélique, indépendamment du pouvoir civil ;

    baptizantes : c’est l’autorité de paître les fidèles avec les divins Sacrements, dont le baptême est comme la porte ;

    docentes servare omnia quæcumque mandavi : c’est la puissance législative et judiciaire de l’Église, sans laquelle il n’y a pas d’autorité véritable ;

    ego vobiscum sum usque ad consummationem sæculi : c’est l’assurance de l’indéfectible assistance de la vertu divine jusqu’à la fin des siècles.

    Bienheureux cardinal Schuster

  • Israël et les coptes

    Une rumeur court en Israël sur le possible accueil dans le pays de coptes persécutés. Un journal israélien a même donné la parole à un certain Mansour al Samuely, présenté comme un avocat d’origine égyptienne, chef du bureau israélien chargé des permis de séjour, déclarant que 237 familles coptes étaient arrivées en Israël pour y obtenir l’asile en tant que persécutés.

    Un démenti gouvernemental anonyme a été diffusé via le correspondant de la chaîne Al Arabiya à Jérusalem : il est impossible d’appliquer le droit d’asile à des personnes provenant « d’un pays ami avec lequel nous disposons d’un traité de paix ».

    Bref, les coptes ne peuvent pas être persécutés, puisque les islamistes égyptiens sont nos amis…

    Mais il y a un autre aspect de la question. Théoriquement, les coptes ne peuvent pas se rendre en Israël. Car en 1979, après la signature du traité de paix entre l’Egypte et Israël, précisément, le pape Chénouda III avait pris un décret interdisant aux coptes de se rendre en pèlerinage en territoire israélien, en signe de solidarité avec les Palestiniens. Décret qui n’est plus vraiment respecté depuis longtemps, mais qui est toujours en vigueur…

    (Fides)

  • Après sept ans et demi de prison…

    Younis Masih a été acquitté hier par la Haute Cour de Lahore, à l’issue de son procès en appel.

    Younis Masih était en prison depuis… 2005.

    A la suite d’un différent avec un musulman, il avait été accusé de blasphème, et les imams avaient demandé de punir les chrétiens. Quelque 400 musulmans avaient alors mis à sac le quartier chrétien, contraignant une centaine de familles à fuir. Pour calmer le jeu, la police avait arrêté Younis Masih, le 10 septembre. Le 30 mai 2007, il était condamné à mort.

    A l’issue du procès en appel, la Haute Cour a entièrement avalisé les requêtes de la défense et a réformé la sentence rendue en première instance, annulant la condamnation à mort et l’amende de 100.000 roupies.

    « Nous rendons grâce à Dieu parce qu’après de nombreuses années, la justice a triomphé pour Younis Masih. Nous sommes confiants dans le fait que cela puisse également être le cas pour Asia Bibi », a indiqué à l’agence Fides l’un des avocats de Younis, Me Mushtaq Gill.

    Les condamnations à mort pour blasphème sont généralement annulées en appel. Mais après des années de prison, et le risque qui demeure pour l’ancien condamné de se faire tuer par un fanatique.

  • Jeudi de Pâques

    L’évangile est celui de la rencontre bouleversante de Marie-Madeleine et du Ressuscité.

    Noli me tangere…

    Aujourd’hui, la traduction la plus courante est : « Ne me retiens pas. » Alors que Noli me tangere (comme l’original grec) ne peut que vouloir dire : Ne me touche pas.

    Mais les exégètes modernes sont beaucoup plus intelligents que ceux d’autrefois, beaucoup plus intelligents que les pères et docteurs de l’Eglise, qui traduisaient bêtement « Ne me touche pas », alors que cette traduction est absurde. Pourquoi absurde ? A cause de la suite : « Ne me touche pas… parce que je ne suis pas encore monté vers mon Père. » Or, bien évidemment, une fois que le Christ sera remonté vers le Père, Marie-Madeleine ne pourra plus du tout le toucher. Et pour éviter de faire dire au Christ une absurdité, on modifie le texte de l’Evangile.

    En oubliant qu’il s’agit de la Parole de Dieu. De la Parole du Verbe même de Dieu. Et que si le Verbe incarné a dit à Marie-Madeleine « Μή μου ἅπτου », « ne me touche pas », il y a peut-être une raison…

    Or, si le Christ ressuscité dit à Marie Madeleine : « Ne me touche pas (maintenant), car je ne suis pas encore monté vers le Père », c’est bel et bien parce que, quand il sera monté vers le Père, elle pourra le toucher. Et si saint Jean a reproduit le propos sans sourciller, c’est qu’il avait parfaitement compris, lui qui puisait les paroles du Verbe sur son Cœur, ce que cela voulait dire.

    Marie-Madeleine, dit saint Bernard dans son 28e sermon sur le Cantique des cantiques, se fiait à son sens corporel de la vue, alors qu’elle aurait dû se fier à son sens spirituel de l’ouïe, pour connaître le Christ par la foi (fides ex auditu), et non par l’expérience. Le Christ lui interdit donc de le toucher, car elle continuerait à utiliser ses sens corporels, mettant « l’expérience plus haut que la foi ». Saint Bernard fait parler ainsi le Christ : « Pour être digne de me toucher, il faut que la foi me considère assis à la droite du Père, non pas dans mon état d’humiliation, mais dans ma divinité. » Alors, quand je serai monté vers le Père, et que je serai dans ma gloire, et que tu me verras ainsi avec les yeux de la foi, alors tu seras digne de me toucher. Alors « tu me toucheras avec les mains de la foi, les doigts de l’amour, l’étreinte de la piété, les yeux de l’esprit. »

    Saint Augustin avait dit équivalemment : « Jésus a voulu que la foi qu’on avait en lui, foi par laquelle on le touche spirituellement, aille jusqu’à croire que son Père et lui ne faisaient qu’un. »

    Dans un sermon sur l’Ascension, saint Léon le Grand souligne que pour nous rendre capables de la béatitude éternelle, Jésus, après avoir réalisé tout ce qu’il devait faire sur terre, mit un terme à sa présence corporelle, et qu’ainsi, « ce qu’on avait pu voir de notre Rédempteur est passé dans les sacrements ». Alors la foi peut s’approcher du Fils égal au Père, elle n’a plus besoin de toucher la substance corporelle par laquelle le Fils est inférieur au Père : « La nature du corps glorifié demeurant la même, la foi des croyants fut appelée là où elle pourrait toucher le Fils unique égal à celui qui l’engendre, non d’une main charnelle, mais d’une intelligence spirituelle. De là vient que le Seigneur, après sa résurrection, dit à Marie-Madeleine, figure de l’Eglise, alors qu’elle accourait pour le toucher : Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. C’est-à-dire : je ne veux pas que tu viennes à moi corporellement, ni que tu me connaisses par le sens de la chair, mais je te réserve des réalités plus hautes, je te prépare de grandes choses. Lorsque je serai monté vers mon Père, alors tu me toucheras plus parfaitement et plus réellement, tu saisiras ce que tu ne touches pas, et tu croiras ce que tu ne vois pas. »

    Saint Léon, comme saint Bernard, comme saint Augustin (etc.), n’était pas un exégète moderne. Il avait le texte latin de l’Evangile : « Noli me tangere. » Et il savait que cela ne peut que vouloir dire : Ne me touche pas. Et, au lieu de rétrécir le texte à la dimension du petit cerveau myope d’un exégète moderne, il le place dans sa juste perspective, dans la lumière de la Résurrection.

    Addendum

    En fait il y a une raison grammaticale à la traduction "Ne me retiens pas". Mais c'est une fausse raison. Voir ici.

  • Normalisation à Prague

    Le nouveau président tchèque, Milos Zeman, a fait hisser aujourd’hui, pour la première fois, le drapeau de l'Union européenne sur le château de Prague, siège de la présidence.

    Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, était présent aux côtés de Milos Zeman lors de la cérémonie. Les hymnes tchèque et européen ont été joués par un orchestre militaire.