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Le blog d'Yves Daoudal - Page 1597

  • Un double aveu de Helmut Kohl

    1 - On a imposé l’euro de façon dictatoriale à des peuples qui n’en voulaient pas.

    2 – L’objectif n’était pas économique mais idéologique.

    Le propos date de 2002. Mais il vient seulement d’être publié, dans la thèse de doctorat d’un journaliste, Jens Peter Paul.

    L’idéologie, c’est l’obsession, d’Allemands traumatisés par le nazisme, de la paix en Europe. C’est une surprise pour moi. Jusque-là je pensais que c’était un prétexte démagogique. Mais Helmut Kohl paraît sincère. Il faut faire l’Union européenne pour garantir la paix. Et pour qu’il y ait une vraie union il faut qu’il y ait une seule monnaie : « Les nations qui ont une monnaie commune ne se sont jamais fait la guerre. Une monnaie commune est davantage que ce avec quoi vous payez. »

    Il rappelle que plusieurs dirigeants européens de l’époque, et surtout François Mitterrand, lui demandaient de pousser à la roue. « Ils pensaient – et ils avaient raison – que si l’Allemagne n’adoptait pas l’euro, personne ne le ferait. Et à propos de la situation en Allemagne, ils disaient : si Helmut Kohl ne le fait pas passer, personne d’autre ne le fera. Les décisions ont émergé de ces positions de base. »

    Il dit aussi qu’il lui a fallu « des années » pour construire la confiance au gré des négociations, pour convaincre les autres dirigeants… « Et cela a payé, par exemple pour la banque de Francfort », dit-il en faisant référence à la concession faite par la France et la Grande-Bretagne que la Banque centrale européenne soit basée à Francfort…

    « Je savais que je ne pourrais jamais gagner un référendum en Allemagne. Nous aurions perdu tout plébiscite sur l’introduction de l’euro. C’est très clair. J’aurais perdu. » A 70 contre 30%. Parce que l’opposition sociale-démocrate « ne serait pas allée sur le champ de bataille en faveur de l’euro », et parce que les Allemands de l’Est venaient de découvrir le vrai deutschemark et n’avaient pas envie de le perdre. Mais « je voulais apporter l’euro parce que pour moi cela signifiait le caractère irréversible du développement européen… Pour moi l’euro était synonyme d’une Europe qui va plus loin… » Mais en mettant ces idées en pratique il a bien conscience d’avoir agi « comme un dictateur ».

  • Margaret Thatcher

    Ce que l’on peut en retenir (si l’on n’est pas irlandais…) :

    « Nous n’avons pas réussi à repousser les frontières de l’Etat en Grande-Bretagne seulement pour les voir réimposer au niveau européen par un super Etat exerçant une nouvelle domination à partir de Bruxelles » (discours de Bruges, septembre 1988).

    « Nos tympans ont été parasités par les tambours français du Bicentenaire » (1989).

    « Bien qu’il eût des manières d’un aristocrate, [Valéry Giscard d’Estaing] avait l’esprit d’un technocrate. »

    « L’Europe est un pays brumeux de cinglés où habitent Jacques Delors et ces partisans de l’Europe fédérale » (Rome, octobre 1990)

  • Menaces islamistes sur le Bangladesh

    Les islamistes ont montré leur puissance au Bangladesh en organisant une gigantesque manifestation contre les « blogueurs athées », réclamant une loi antiblasphème et la peine de mort pour les « blasphémateurs ». Le Premier ministre continue d’affirmer que le Bangladesh est un pays laïque et qu’il n’y aura pas de loi antiblasphème, mais les islamistes paraissent bien partis pour poursuivre et augmenter la pression.

    Tous les détails dans l’article remarquablement documenté d’Eglises d’Asie.

  • Au Sri Lanka

    L’un des très rares pays au monde où les musulmans subissent des avanies est le Sri Lanka, où les bouddhistes extrémistes d’ethnie cingalaise n’aiment pas les minorités religieuses. Quelles qu’elles soient. De ce fait, ils attaquent aussi les chrétiens. La Fondation Barnabé, organisation protestante qui aide les chrétiens persécutés, signale dix incidents pour le seul mois de mars, dont la destruction de la maison d’un pasteur qui y organisait des prières. « Il est très rare d’entendre parler d’autant d’incidents en un seul mois, souligne un membre de la fondation. C’est un signe clair d’un plan concerté de la part de groupes bouddhistes radicaux. »

    (Asianews)

  • Le temps pascal

    Les grandes fêtes sont célébrées par l’Église durant toute une octave. Mais Pâques est la plus grande fête chrétienne, la fête des fêtes ; nous ne la célébrons pas seulement pendant une semaine, pendant sept jours consécutifs, mais pendant sept fois sept jours plus un ; c’est une octave jubilaire. Nous avons vu que le temps qui précède Pâques a été comparé aux 70 ans de la captivité de Babylone d’où le nom : Septuagésime. Le temps pascal dure 50 jours. Or, le nombre 50 est le symbole de la plus grande joie, voire même de la joie céleste. Pendant le Carême, nous avions l’impression d’être exilés ; c’est pourquoi nous n’avions pas le droit de chanter l’Alléluia ; maintenant, pendant le temps pascal, nous avons l’impression d’être au ciel ; c’est pourquoi nous ne cessons de chanter le cantique du ciel, l’Alléluia. L’Église compare aussi, volontiers, le temps pascal à l’entrée des Juifs dans la « terre promise » où coulaient le lait et le miel. Nous devons oublier, pour ainsi dire, pendant ce temps, que nous sommes sur la terre et éprouver comme un avant-goût du ciel. Restons conscients de notre grandeur véritable. Nous sommes les nobles enfants du Père céleste et nous portons le ciel dans notre cœur.

    Dom Pius Parsch

  • Dommage

    Les Alsaciens avaient la possibilité, par référendum, de reconstituer une province française, tout en supprimant une partie de la bureaucratie politicienne, en fusionnant les deux conseils généraux avec le conseil régional. Ils ont boudé les urnes. Il fallait que le oui l’emporte dans les deux départements, il ne l’a emporté que dans le Bas-Rhin, et il fallait que la participation soit supérieure à 25% des inscrits, elle ne l’a pas été.

    C’est donner une trop facile victoire aux jacobins, et c’était une opportunité qui ne se reproduira sans doute pas d’ici longtemps.

  • Une nouvelle grave attaque contre les coptes

    Vendredi soir à Khossous, au nord du Caire, des musulmans ont attaqué l’église copte. Les affrontements ont fait quatre morts chez les coptes et un musulman, et de nombreux blessés.

    Au départ, des enfants faisant des graffiti (une croix gammée) sur le mur d’une mosquée. Selon les musulmans, un homme réprimande les enfants, des coptes, puis insulte le christianisme. Il s’ensuit une dispute, puis l’attaque de l’église. Selon le chef local de la sécurité, les enfants en question étaient des musulmans. Selon les coptes, ce n’est qu’un prétexte, le véritable déclencheur étant la riposte d’une famille chrétienne au harcèlement dont les jeunes femmes de la famille étaient victimes de la part des hommes d’une famille musulmane.

    Lors des funérailles des quatre coptes, hier, en la cathédrale du Caire, les musulmans attendaient la sortie du convoi funéraire pour l’attaquer. Les coptes se sont défendus ; la police a tiré des grenades lacrymogènes dans l’enceinte de la cathédrale, tandis que les musulmans tiraient : un copte est mort.

    Le P. Raphaël, secrétaire général du Saint Synode copte, a délivré un triple message :

    Nous destinons trois messages :

    Le 1er message s’adresse au Ciel, nous croyons en la justice du Ciel, le Christ nous a appris à ne pas oublier le sang des martyrs, bien plus l’enseignement du Christ nous révèle que Dieu n’oublie pas le sang de ses martyrs, si bien qu’Il ait dit qu’Il se venge de cette génération pour le sang des justes qui a été versé sur terre, du sang d’Abel le juste. Même le sang d’Abel le juste ne sera pas oublié devant Dieu.

    Le 2ème message s’adresse à notre pays l’Egypte que nous ne quitterons jamais, c’est notre pays. Le message que nous transmettons à notre pays l’Egypte c’est que le pays ne se développe pas par le sang, ce n’est pas par l’insécurité que les pays sont gouvernés.

    Le 3ème message s’adresse à nous, coptes d’Egypte. Nous ne délaisserons jamais notre foi. Le sang versé nous raffermit d’avantage dans notre foi. Nous gardons préservons aussi nos valeurs et notre amour ; nous ne renoncerons pas aux valeurs de la Bible qui nous apprend à aimer toute la création, quelle que soit le mal qu’elle nous fait subir nous les chrétiens. Ceux qui ont été tués ont reçu la couronne du martyre, quant à nous notre foi s’est intensifiée.

    Que le Seigneur soit avec vous et vous garde,
    Gloire soit à notre Dieu éternellement, Amen.

  • L’Annonciation

    C’est la mode aujourd’hui de traduire les premiers mots de la salutation angélique par « Réjouis-toi. » Et la sublime prière de l’Acathiste, qui multiplie les saluts à la Mère de Dieu, est elle aussi défigurée par des « Réjouis-toi » à répétition.

    Si l’on demande le pourquoi de cette innovation, on nous répond doctement que c’est parce que le texte grec dit Khairè, et que le verbe khairo veut dire se réjouir.

    Ce qui est idiot. Si le mot khairè vient en effet du verbe qui veut dire se réjouir, cet impératif employé au moment d’une rencontre veut seulement dire bonjour. C’est pourquoi il a été traduit en latin par Ave (dont les dictionnaires soulignent qu’il est l’équivalent de Khairè), et qu’il est traduit en arabe par salam (as-salamou aleiki). Parce qu’en arabe on se salue en disant salam (la paix soit avec toi). Si en arabe et en hébreu il est question de la paix, en grec de la joie, et en latin de rien du tout, et si le christianisme latin a inventé le « salut » (ce qui veut dire : je te souhaite le salut éternel), il est absurde de vouloir ramener le bonjour à ses origines dans chaque langue. (1)

    En revanche, ce que l’on constate dans le texte grec, c’est que khairè est immédiatement suivi de kekharitoménè. Ce mot est le participe parfait passif du verbe kharitoo : combler de grâce. De kharis, qui veut dire la grâce avant de dire la joie.

    L’ange emploie donc deux fois de suite le même mot : une fois pour la salutation, et juste après pour dire à Marie qu’elle est comblée de grâce. L’insistance est évidente.

    Or, lorsqu’on dit bonjour à quelqu’un, on l’appelle par son nom. L’ange ne dit pas « bonjour, Marie ». A la place du nom, il dit « comblée de grâce ». Comme si c’était son nom. Et il veut dire en effet que c’est son nom. Cela nous renvoie au pied des Pyrénées, dix-huit siècles plus tard, lorsque la « belle dame » répondra à Bernadette qui lui demande son nom : « Je suis l’Immaculée Conception. » Saint Maximilien Kolbe soulignera que c’est son nom, car c’est le mot qui la définit dans sa réalité la plus profonde. Or c’est déjà ce que dit l’ange. Car par le participe parfait, il indique que la femme à laquelle il s’adresse a été et demeure totalement emplie de la grâce divine. Ce n’est pas autre chose que l’Immaculée Conception.

    L’ange ajoute : « Le Seigneur est avec toi », ce qui est une insistance supplémentaire : il n’y a pas plus proche du Seigneur que celle qui est remplie de sa grâce. Et en hébreu l’expression se dit Emmanuel, le nom de l’enfant qu’elle va mettre au monde selon la prophétie d’Isaïe.

    Lorsque l’ange dit : « Tu as trouvé grâce auprès de Dieu », il ne contredit pas le pas le fait qu’elle est déjà « Pleine de grâce », il fait référence à Noé, qui est le premier personnage à qui Dieu a dit cela. Parce que Noé est après le déluge le père de tous les hommes, comme Marie sera après le péché originel la Mère de tous les hommes sauvés.

    Ce qu’il dit ensuite pour expliquer ce que sera cet enfant est un extraordinaire tissu de citations de la Bible : Juges, Samuel, Psaume 2, Isaïe, Michée, Daniel (en trois petits versets !). On remarque qu’il modifie la prophétie d’Isaïe (« Une vierge concevra, et enfantera un fils, et son nom sera Emmanuel ») en la mettant, logiquement, à la deuxième personne : tu concevras (toi, la Vierge), et en disant que le nom de l’enfant sera Jésus. Car « Emmanuel » (Dieu avec nous) se trouvait déjà dans « Le Seigneur est avec toi », et il portera le nom de Jésus (Dieu sauve) puisqu’il est le vrai Jésus (« Josué ») qui fait entrer le peuple élu dans la terre promise.

    Enfin, lorsqu’il déclare qu’Elisabeth aussi est enceinte malgré sa vieillesse, il ajoute : « Car rien n’est impossible à Dieu », selon les traductions habituelles. C’est une citation de la Genèse, quand Dieu dit la même chose à Sara qui est stérile. Mais il dit littéralement (dans la Vulgate comme dans le texte grec) : « Point n’est impossible à Dieu toute parole. » C’est-à-dire : Dieu a le pouvoir de réaliser tout ce qu’il dit. Il faudrait pouvoir garder ensemble le thème de la puissance divine et le thème de la parole : c’est toute l’histoire de l’Incarnation.

    Daoudal Hebdo n° 27, 19 mars 2009

    (1) Le quatrième dimanche de carême est souvent (pas cette année, certes) très proche de la fête de l’Annonciation. C’est le dimanche de Lætare : « Réjouis-toi ! ». Cet introït est une citation d’Isaïe. Le mot grec n’est pas Khairè, mais Euphranthèti.

  • Dimanche in albis

    Hier c’était le samedi « in albis deponendis », le jour où l’on doit rendre à l’Eglise le vêtement blanc. Aujourd’hui c’est le dimanche « in albis depositis » : le vêtement blanc a été rendu.

    Ce dimanche se dit aussi, ou se disait encore récemment, dimanche de « Quasimodo », vestige du temps où l’on désignait les dimanches par les premiers mots de l’introït.

    « Quasi modo géniti infántes, allelúia : rationabiles, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia allelúia. »

    Il s’agit bien de deux mots : « quasi » et « modo ». Cet introït est en fait un extrait de l’épître de la messe d’hier. Donc de la première épître de saint Pierre, qui parle des chrétiens comme de nouveaux-nés, ce que sont particulièrement les baptisés de Pâques.

    Le texte de l’introït n’est pas exactement celui de la Vulgate. Il s’agit d’une version plus ancienne, qui est restée telle quelle, comme on le voit très souvent dans la liturgie, parce que c’était devenu, précisément, la version liturgique (donc immuable) et parce qu’elle était indissolublement liée à la mélodie de plain chant.

    On a ici un bon exemple de la révision de la traduction par saint Jérôme.

    D’une part, le texte liturgique dit : « Quasi modo geniti infantes ». En français nous disons : « Comme des enfants nouveaux-nés » ("modo" étant à prendre dans son sens temporel : "à l’instant", qui n’est pas le plus courant). Mais, dans "quasi", il y a "si" : quasi veut dire essentiellement "comme si" (et c’est toujours le sens du mot en français). Or ici "quasi" a le sens de "comme". Un sens bien attesté, mais pourquoi ne pas traduire le grec "hos" par son équivalent latin immédiat, qui est "sicut" ? Saint Jérôme a donc remplacé "quasi" par "sicut", et c’est plus clair.

    D’autre part, le texte liturgique parle de ces enfants « rationabiles » : doués de raison, et dans l’Ecriture et la liturgie (des oraisons de l’époque de saint Léon ou de saint Grégoire) ce mot indique une faculté spirituelle, c’est la raison éclairée par l’Esprit, devenue spirituelle.

    Mais, même s’il s’agit d’une image pour désigner les nouveaux chrétiens, les nouveaux-nés ne sont pas dotés de raison. Or il s’agit d’une faute. Tous les manuscrits grecs font de "raisonnable" un épithète de "lait", et non des nouveaux-nés. Ce n’est pas « infantes rationabiles », mais « rationabile lac ».

    Saint Pierre dit que nous devons être comme des nouveaux-nés, désirant le lait "rationnel" et "sans tromperie", afin de croître par ce lait dans le salut.

    L’introït dit que nous devons être comme des nouveaux-nés "rationnels", désirant le lait "sans tromperie".

    Or cela est vrai aussi : nous devons être comme des nouveaux-nés nourris de lait, mais avec la sagesse de l’adulte nourri des aliments solides de l’Eglise.

  • La première nomination de François : franciscaine…

    Le pape François a nommé secrétaire de la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique le P. José Rodriguez Carballo, « l’élevant à la dignité d’archevêque » (une formule – et une réalité - qui ne devrait plus avoir aucun sens après Vatican II qui a si remarquablement précisé ce qu’est l’épiscopat, mais on continue…).

    Mgr Rodriguez Carballo était dans son deuxième mandat de supérieur général des franciscains. Et depuis la fin de l’année dernière il était président de l’Union des supérieurs généraux.

    Le préfet de la congrégation est depuis janvier 2011 Mgr Joao Braz de Aviz, ancien archevêque de Brasilia.

    (Je n’ai jamais entendu parler ni de l’un ni de l’autre.)

    Une belle photo du P. Rodriguez Carballo avec Benoît XVI, sur le mont Nebo, le 9 mai 2009 (cliquer pour agrandir).

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