14 mai 2013

Au Pakistan

Comme on pouvait le prévoir, le PPP (parti du peuple pakistanais) a perdu les élections, n’arrivant qu’en troisième position derrière la Ligue musulmane du Pakistan (N), qui aura la majorité absolue au Parlement avec l’aide de quelques alliés, et le parti de l’ancien champion de cricket Imran Khan.

Le (N) qui suit Ligue musulmane du Pakistan est plus important que le mot “musulmane”. Il signifie qu’il s’agit du parti de Nawaz (Sharif), pour le distinguer de l’autre Ligue musulmane du Pakistan, dotée d’un (Q), comme Quaid-e-Azzam, le « grand chef », autrement dit Ali Jinnah, fondateur du Pakistan et du parti.

Or Ali Jinnah voulait un Pakistan « laïque ». Son parti est donc un parti musulman favorable à la laïcité, et il en est de même de la Ligue de Nawaz Sharif, dont le (N) indique surtout qu’il s’agit du parti personnel de Nawaz Sharif, l’un des plus riches entrepreneurs du Pakistan, qui a été déjà deux fois Premier ministre.

Le Pakistan est en effet un de ces curieux pays officiellement « laïques » où la Constitution stipule tout aussi officiellement que l’islam est religion d’Etat…

On sait que Nawaz Sharif, qui va donc être Premier ministre pour la troisième fois, n’est guère différent des autres politiciens pakistanais. Ce qui, dans un sens, est rassurant pour les chrétiens. Toutefois, on peut être inquiet du fait que son parti, contrairement au PPP, n’est pas imperméable à l’islamisme.

D’autre part, les chrétiens avaient fini par obtenir des postes au gouvernement fédéral, qui, même s’ils n’étaient que symboliques, étaient, précisément, des symboles. La défaite du triste et inefficace gouvernement PPP (qui n’était plus que l’ombre de la famille Bhutto) est aussi la défaite de Paul Bhatti, qui était héroïquement revenu au Pakistan continuer la mission de son frère le martyr Shahbaz.

Y aura-t-il encore un ministre de l’Harmonie, et un conseiller spécial pour les minorités ? Affaire à suivre…

19 avril 2013

Au Pakistan

C’était le 4 avril dernier, dans un village à 30 km de Lahore, la capitale du Pendjab, au Pakistan. Un groupe de jeunes musulmans pénètre dans le quartier chrétien pour embêter les jeunes filles. Ils insultent au passage une jeune handicapée. Son frère qui est là, Allah Ditta, les écarte. « Un chrétien ne doit pas se permettre cela, parce que les musulmans sont supérieurs et que les chrétiens sont nos esclaves », dit un musulman, et s’ensuit une bagarre. Au cours de laquelle l’un des musulmans tire un pistolet de sa poche et tire sur Ditta, qu’il tue d’une balle dans la tête.

La police arrivée une heure plus tard a conclu à un « incident » : « le coup est parti accidentellement ».

Les avocats chrétiens qui suivent l’affaire ont déposé plainte. L’un d’eux déclare à Fides : "Les chrétiens vivent dans la peur et sous une constante menace de mort. Ils peuvent être assassinés à tout moment. La police, au lieu de faire respecter la loi, accepte des pots-de-vin de la part des auteurs des crimes : c’est épouvantable."

18 avril 2013

Musharraf non grata…

L’ancien président pakistanais Pervez Musharraf était parti en exil en 2008, alors qu’une procédure de destitution allait être engagée contre lui par le Parlement. En 2010, il a créé un nouveau parti, la Ligue musulmane de tout le Pakistan, comme machine électorale destinée à lui faire reprendre le pouvoir. En janvier dernier, il annonçait son retour au Pakistan. Face aux menaces de se faire arrêter dès son arrivée, en raison de ses divers démêlés avec la justice (dont une plainte pour trahison devant la Haute Cour et un mandat d’arrêt dans l’affaire de l’assassinat de Benazir Bhutto), il a reporté son retour. Finalement il est rentré le 24 mars (malgré les menaces de mort des talibans), assurant qu’il venait pour sauver le Pakistan. Mais, mardi dernier, les autorités électorales ont rejeté sa candidature pour les législatives du 11 mai.

Hier, il était convoqué par la justice dans une vieille affaire de limogeage de magistrats. Ce devait être une formalité : une nouvelle prolongation de sa liberté conditionnelle. Mais le tribunal a annulé sa liberté conditionnelle et ordonné son arrestation. Musharraf est sorti précipitamment du tribunal et s’est enfui dans son 4x4 noir avec ses gardes du corps…

Le favori des prochaines élections est l’ancien Premier ministre Nawas Sharif. C’est l’homme qui en 1998 avait nommé le général Musharraf chef de l’armée pakistanaise avant que celui-ci le renverse, juste un an après, par un coup d’Etat…

Addendum 19 avril

Musharraf s'est présenté vendredi matin au tribunal, où il s'est vu notifier sa mise en détention préventive, mais il est retourné dans son ranch où il est de facto en résidence surveillée...

15 avril 2013

Pakistan : condamner les accusateurs comme des blasphémateurs

La commission permanente du Sénat du Pakistan sur l’Harmonie nationale s’est réunie et s’est penchée sur les récentes attaques de quartiers chrétiens suite à des accusations de blasphème. Ces attaques, souligne la commission, portent atteinte à l’image du Pakistan, et il est donc urgent d’adopter des mesures pour éviter de tels incidents.

Le sénateur chrétien Kamran Michael a ajouté que les accusations de blasphème conduisent des gens en prison et qu’il se passe des années avant que l’accusé soit blanchi par la justice, ce qui ne l’empêche pas de courir le risque d’être abattu par un fanatique : « Actuellement, environ une centaine de chrétiens et quelques centaines de musulmans sont en prison parce qu’impliqués dans des cas de blasphème mais pas un n’a été condamné [définitivement]. Il devrait exister une parité de sanction pour la personne qui formule de fausses accusations de blasphème. »

Prévoir la réclusion à perpétuité ou la peine capitale comme sanction à l’encontre des faux accusateurs, a conclu la Commission, constituerait un moyen de dissuasion en ce qui concerne l’abus et l’instrumentalisation de la loi sur le blasphème.

(Fides)

05 avril 2013

Au Pakistan

Hier il y avait la bonne nouvelle de l’acquittement d’un chrétien préalablement condamné à mort pour blasphème.

Mais il y a eu, juste après, de mauvaises nouvelles…

La nuit de Pâques, un chrétien de Lahore, Siddiq Masih, 38 ans, père de quatre enfants, a été enlevé et torturé par une bande de voyous musulmans conduits par son ancien employeur, Shahid Khan. Siddiq Masih travaillait comme chauffeur pour ce riche musulman, jusqu’à ce qu’il découvre que c’était un voleur et un assassin. Il a alors donné sa démission, ce qui a été ressenti comme une trahison. La nuit de Pâques, avec son beau-frère et un bandit local bien connu, Shahid Khan a enlevé Siddiq Masih. Le chrétien, sévèrement blessé, n’a eu la vie sauve que parce qu’il a réussi à s’enfuir, après deux nuits de tortures diverses, en se jetant par la fenêtre du troisième étage…

Les habitants de la région ont dit à l’agence Asianews que « des centaines de plaintes » ont été déposées contre Shahid Khan et sa bande, mais qu’ils ont toujours pu échapper à la police en raison de leurs liens avec des personnes influentes au sein des autorités provinciales…

D’autre part, à Gujranwala, à 80 km de Lahore, une dispute entre jeunes chrétiens et musulmans, dégénérant en rixe, a entraîné mercredi une attaque du quartier chrétien par une foule de musulmans (à l’appel de l’imam) qui ont incendié des magasins et des véhicules, et endommagé l’église catholique. Il y a eu dix blessés, dont un des policiers qui ont mis fin aux troubles. La veille, un musulman était entré dans une église et avait brûlé des imprimés.

04 avril 2013

Après sept ans et demi de prison…

Younis Masih a été acquitté hier par la Haute Cour de Lahore, à l’issue de son procès en appel.

Younis Masih était en prison depuis… 2005.

A la suite d’un différent avec un musulman, il avait été accusé de blasphème, et les imams avaient demandé de punir les chrétiens. Quelque 400 musulmans avaient alors mis à sac le quartier chrétien, contraignant une centaine de familles à fuir. Pour calmer le jeu, la police avait arrêté Younis Masih, le 10 septembre. Le 30 mai 2007, il était condamné à mort.

A l’issue du procès en appel, la Haute Cour a entièrement avalisé les requêtes de la défense et a réformé la sentence rendue en première instance, annulant la condamnation à mort et l’amende de 100.000 roupies.

« Nous rendons grâce à Dieu parce qu’après de nombreuses années, la justice a triomphé pour Younis Masih. Nous sommes confiants dans le fait que cela puisse également être le cas pour Asia Bibi », a indiqué à l’agence Fides l’un des avocats de Younis, Me Mushtaq Gill.

Les condamnations à mort pour blasphème sont généralement annulées en appel. Mais après des années de prison, et le risque qui demeure pour l’ancien condamné de se faire tuer par un fanatique.

19 mars 2013

Une bonne nouvelle au Pakistan

Rafia Mansha, jeune chrétienne fille d’ouvriers agricoles du Pendjab, avait été enlevée en décembre 2012, par deux musulmans, puis contrainte à contracter un mariage islamique avec Muhammad Imran après s’être « convertie ». Sa famille s’est adressée à une ONG évangélique qui a présenté un recours devant le tribunal de Pattoki. Rafia a témoigné avoir été enlevée et avoir subi un mariage et une conversion forcés. Malgré l’opposition de la contrepartie musulmane, la cour a déclaré la nullité du mariage et rendu Rafia à sa famille. La famille de Rafia a également déposé plainte pour enlèvement de personne, demandant à ce que les coupables soient punis. Une source de Fides remarque que « ce cas devrait être un paradigme et servir d’exemple ». Au Pakistan, en effet, au cours de ces dernières années, ont été enregistrés environ 1.000 cas par an de jeunes chrétiennes et hindoues enlevées par des musulmans et contraintes à se convertir à l’islam et à se marier.

D’autre part, une ONG chrétienne a réussi à expatrier discrètement mais légalement l’adolescent (avec sa famille) qui avait été accusé d’avoir envoyé des textos blasphématoires. (Ce sont ses copains musulmans qui avaient emprunté son téléphone…) Il y a deux ans, un chrétien avait été condamné à la prison à vie pour le même « crime ».

11 mars 2013

Ils incendient 178 maisons de chrétiens

Quelque 178 maisons de chrétiens ont été incendiées samedi par une foule islamique à Lahore au Pakistan. Plus de 120 chrétiens brûlés ont dû être soignés à l’hôpital, les autres ont dû fuir leur quartier.

A l’origine de cette explosion de violence antichrétienne, une altercation entre un chrétien, Sawan Masih, et un barbier musulman, Imran Shahid, vendredi. Celui-ci refusait de couper les cheveux de celui-là. S’ensuivit une dispute au cours de laquelle le barbier proféra des insultes envers le christianisme ; puis il se rendit au commissariat et porta plainte contre le chrétien pour blasphème envers le Prophète, l’accusant en outre d’être ivre. Sawan Masih fut arrêté et incarcéré.

Le lendemain matin les musulmans passèrent donc à l’attaque du quartier chrétien, sous les encouragements de l’imam local qui promettait de tuer Sawan Masih dès qu’on le retrouverait.

Une manifestation spontanée de chrétiens, et de fidèles d’autres religions, a eu lieu hier à Lahore. La police l’a violemment dispersée, au motif qu’elle n’était pas autorisée. Deux chrétiens ont eu les jambes brisées. Dans la soirée a eu lieu une veillée de prière devant le siège de l’Association de presse, en présence de l’archevêque de Karachi et président de la conférence épiscopale, Mgr Joseph Coutts, l’administrateur apostolique de Lahore Mgr Sebastian Francis Shaw, et le ministre d’Etat chargé de l’Harmonie, le chrétien Akram Masih Gill.

Plusieurs groupes et partis musulmans, et le ministre de la Justice du Pendjab, ont condamné cette violence. Ce matin, la Cour suprême s’est autosaisie de l’affaire afin de déterminer ce qui s’est exactement passé.

On remarquera la dépêche surréaliste de l’AFP qui raconte, et fait donc raconter aux journaux, qu’« une dispute sur la religion entre un chrétien et un musulman ivres a déclenché l’émeute », et que « ce saccage est un signe supplémentaire des tensions religieuses qui agitent ce pays à plus de 95 % musulman, marquées par une vague d'attentats contre la minorité chiite ». Sic.

06 mars 2013

Pakistan : un « blasphémateur » libéré

Le pasteur protestant Karma Patras, arrêté en octobre 2012 suite à une accusation de blasphème, a été remis en liberté sous caution le 28 février, son accusateur ayant admis l’avoir accusé « de manière erronée »…

Toute l'histoire sur Fides.

23 février 2013

La Cour suprême du Pakistan sous influence islamiste

La Cour suprême du Pakistan a autorisé l’ouverture d’une enquête pour blasphème à l’encontre de Sherry Rehman, ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis.

L’affaire remonte à l’automne 2010, après la condamnation à mort d’Asia Bibi, quand Sherry Rehman, alors député, avait déposé une proposition de loi modifiant les lois contre le blasphème. Un musulman avait porté plainte contre elle après une émission où elle défendait sa proposition de loi, car quiconque critique les lois contre le blasphème est un blasphémateur… Un tribunal de Lahore avait classé la plainte, mais l’homme s’était adressé à la Haute Cour et à la Cour suprême. Celle-ci, dont on pouvait penser qu’elle a autre chose à faire, a jugé la plainte recevable il y a un mois, et vient donc de statuer qu’on peut ouvrir une enquête.

20 février 2013

Un chrétien assassiné pour sa foi au Pakistan

Roshan Masih, un chrétien de 45 ans, a été tué à coups de fusil par un musulman à Lahore, capitale du Pendjab, après une discussion portant sur des questions religieuses.

Pour le musulman Sohail Akhtar, les propos de Roshan Masih étaient blasphématoires. Il est donc allé prendre son fusil et a tiré sur le chrétien, en pleine rue, en plein jour, devant le magasin d’un autre chrétien.

13 février 2013

Au Pakistan

Des musulmans et des… policiers en civil ont fait irruption dans la maison d’une famille chrétienne de Pattoki au Pendjab  et ont malmené les habitants, particulièrement les femmes. Du coup les autres familles chrétiennes ont peur, d’autant que ce n’est pas un incident isolé. Il s’agissait sans doute d’une manœuvre d’intimidation pour que la famille de Fouzia Bibi retire sa plainte. Le village est en effet celui où la jeune chrétienne Fouzia Bibi a été enlevée et horriblement violée. Mais les habitants, au contraire, ont déposé une nouvelle plainte contre les auteurs des violences qui se multiplient.

L’un des deux violeurs de Fouzia Bibi a été arrêté, mais il devrait être relâché faute de preuves. Si la police classe l’affaire, la famille de Fouzia a décidé de s’adresser à la Cour suprême…

11 février 2013

La Cour suprême du Pakistan tombe sur un os. En Suisse

Le Premier ministre pakistanais Youssouf Gilani avait été destitué en juin dernier parce qu’il refusait de demander aux autorités suisses de rouvrir l’enquête sur les soupçons de fraude concernant le président pakistanais Ali Zardari.

Le nouveau Premier ministre (lui-même soupçonné de fraude et dans le collimateur de la Cour suprême) Raja Pervez Ashraf a donc écrit aux autorités suisses.

Celles-ci ont balayé la demande d’un revers de main, indiquant simplement que le président Zardari bénéficie de l’immunité, ce qui est depuis toujours la position des autorités pakistanaises.

Zardari va donc peut-être pouvoir terminer son mandat de cinq ans, qui se termine cette année…

06 février 2013

Ahmadinejad au Caire…

Pour la première fois depuis la révolution islamique à Téhéran, un président iranien se rend en visite officielle en Egypte, alors même que les deux pays n’ont pas de pleines relations diplomatiques. L’événement est donc d’importance.

Officiellement, Mahmoud Ahmadinejad est au Caire pour participer à un sommet de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI). Mais sa rencontre très médiatisée avec le président égyptien, et sa rencontre, non moins médiatisée, avec le grand imam d’Al Azhar (autre rencontre historique, entre le président du grand Etat chiite et la première autorité sunnite), montrent le but réel de la visite : rétablir des liens aussi étroits que possible entre l’Iran et l’Egypte, afin que l’Iran échappe à son relatif isolement. Ce que rend possible l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en Egypte. A ceux qui s’étonneraient de voir des chiites faire la cour à des sunnites, on rappellera que l’Iran soutient le Hamas, qui est 100% sunnite, et que le Hamas, précisément, est une création des Frères musulmans.

On notera le propos du ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, lors de l’annonce de ce voyage : « Les relations avec l’Egypte s’accroissent régulièrement depuis la révolution populaire dans ce pays, et cela découle de la volonté des deux peuples. »

Mohammed Morsi et Mahmoud Ahmadinejad s’étaient déjà donné l’accolade, en août dernier, lors d’un sommet des non-alignés à Téhéran :

pakistan

05 février 2013

Enlevée, violée, torturée

Une fois encore, au Pakistan, une jeune chrétienne d’une famille pauvre a été enlevée, violée et torturée par de riches musulmans. Elle s’appelle Fouzia Bibi. Elle a 15 ans. Alors qu’elle revenait de faire une course à la ville pour le propriétaire terrien chez qui elle travaille, elle a été enlevée par deux personnages influents du secteur qui l’ont violée et torturée à plusieurs reprises avant de l’abandonner inconsciente dans la rue. Son père a voulu porter plainte, malgré les menaces des violeurs. La police a refusé. Il s’est alors adressé à des pasteurs anglicans qui ont contacté une ONG, laquelle a réussi à ce qu’une plainte soit déposée.

Les jeunes chrétiennes sont considérées comme des marchandises par les musulmans. On estime que 700 d’entre elles sont ainsi violées chaque année.

(Fides)

Un nouveau martyr au Pakistan

Younas Masih, comme son nom l’indique, était chrétien. A Chaman, au Balouchistan (à la frontière de l’Afghanistan). Il avait 51 ans. Ses collègues de travail voulaient qu’il devienne musulman. Ils se faisaient de plus en plus pressants. Puis ils sont passés aux menaces. Et, hier, Younas Masih a été la cible de cinq coups de feu alors qu’il rentrait chez lui. Transporté à l’hôpital, il est mort de ses blessures.

Son fils est allé à la police pour porter plainte. La police a refusé d’enregistrer la plainte…

(Asianews)

31 janvier 2013

Condamné à mort puis acquitté

Le chrétien pakistanais Barkat Masih avait été condamné à mort le 1er octobre 2011 pour blasphème envers le Prophète. Comme c’est souvent le cas, il s’agissait d’une vengeance de musulmans qui voulaient s’approprier une parcelle appartenant au chrétien. Lundi dernier, il a été acquitté en appel.

Le P. Nawaz George, du diocèse de Lahore, fait part de son contentement de voir relâchée une personne innocente qui est restée ferme dans sa foi. « Nous espérons que cela apportera un nouvel espoir aux gens qui sont en prison, attendant que justice soit faite. » A commencer par Asia Bibi, qui est en prison depuis le 19 juin 2009 et a été condamnée à mort le 8 novembre 2010…

21 janvier 2013

Et maintenant Sherry Rehman

On pouvait penser que son poste d’ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis équivalait à une sorte d’immunité, et elle avait été nommée à cette fonction au moins en partie pour cela. Car Sherry Rehman est l’une des personnalités les plus ciblées par les islamistes, depuis que, député, elle avait déposé une proposition de loi révisant les lois sur le blasphème, proposition faite en accord avec le parti au pouvoir, mais que le même parti lui avait fait promptement retirer après les assassinats de Salman Taseer et Shahbaz Bhatti. Sherry Rehman était également présidente de l’Institut Ali Jinnah, du nom du fondateur du Pakistan. Un rapport de cet institut avait montré non seulement que Asia Bibi était innocente mais que le procès était entaché de telles irrégularités qu’il devait être invalidé. Un autre rapport dénonçait la hausse des violences contre les minorités, les premières victimes étant les chrétiens. En février 2011, une plainte pour blasphème fut déposée contre Sherry Rehman, à la suite d’une émission de  télévision où elle défendait sa proposition de loi… La plainte avait été classée sans suite par un tribunal de Lahore. Mais il fut fait appel à la Cour suprême, et celle-ci vient de considérer la plainte comme recevable

16 janvier 2013

Nouvelle menace sur le Pakistan

La Cour suprême du Pakistan a ordonné hier l’arrestation du Premier ministre Raja Pervez Ashraf et de quinze autres personnes pour des faits de « corruption » datant de 2010, quand Ashraf était ministre de l’Energie.

Ahraf avait été nommé Premier ministre en juin dernier, quand la Cour suprême avait contraint à la démission Youssouf Raza Gilani, « coupable » d’avoir refusé de réactiver une enquête pour « corruption » visant le président de la République Asif Ali Zardari.

Ce n’est pas une surprise. Dès la nomination de Raja Pervez Ashraf on savait que ses affaires allaient réapparaître, et que la Cour suprême n’allait pas se priver de les utiliser, pour le plus grand profit de l’armée qui voudrait reprendre le pouvoir et des islamistes qui voudraient le conquérir (les uns et les autres étant étroitement alliés).

Or comme par hasard la Cour suprême a pris sa décision alors que de grandes manifestations secouent le pays, menées notamment par l’islamiste Tahir ul-Qadri, qui a exigé la dissolution du Parlement et la constitution d’un gouvernement provisoire par l’armée et la justice…

Ainsi le président Zardari risque-t-il une nouvelle fois de ne pas aller au bout de son mandat : il n’en est pas loin, c’est en mars, et ce serait la première fois au Pakistan qu’un gouvernement irait au bout de son mandat…

Le problème est que si les dirigeants pakistanais sont « corrompus », et s’ils n’ont guère de pouvoir réel dans le pays, ils sont néanmoins les garants de la « laïcité » officielle et le rempart contre une dictature militaire ou (et) islamiste.

05 décembre 2012

Au Pakistan

Une missionnaire protestante de nationalité suédoise, Bargeeta Almby, 72 ans, œuvrant depuis 38 ans au Pakistan, a été la victime, le 3 décembre à Lahore, de coups de feu tirés par deux hommes en moto alors qu’elle était dans sa voiture. Elle est à l’hôpital dans un état critique. Bargeeta Almby est responsable d’un orphelinat, travaille avec des enfants handicapés et pauvres, gère un cours de formation en obstétrique et autres matières techniques.

Derrière cet événment « se trouvent des forces extrémistes et terroristes qui entendent semer la panique chez tous les étrangers qui travaillent au Pakistan et chasser toutes les ONG qui œuvrent pour la justice sociale et l’instruction », commente le P. James Channan, dominicain, directeur du Centre pour la paix de Lahore.

(Fides)

20 novembre 2012

Rimsha Masih acquittée

La haute cour d’Islamabad a déclaré nulle la plainte pour blasphème à l’encontre de Rimsha Masih.

La jeune chrétienne avait déjà été libérée (sous caution) le 8 septembre, après l’arrestation de l’imam dénoncé par plusieurs témoins comme étant le responsable de la profanation du Coran. Et l’imam avait dit que c’était « la seul façon d’expulser les chrétiens de ce quartier ».

L’issue paraissait donc évidente, à cela près que l’imam et les témoins s’étaient rétractés…

La cour a néanmoins retenu les témoignages comme véridiques.

« Le juge a reconnu l’innocence de Rimsha et la machination ourdie à son encontre. C’est la première fois dans l’histoire du Pakistan qu’une procédure judiciaire pour blasphème se conclut de cette manière. Cette sentence constituera un précédent et sera très utile pour l’avenir mais également pour d’autres cas de blasphème présents aujourd’hui devant les tribunaux », a déclaré son avocat catholique Tahir Naveed Chaudry (son avocat principal est musulman).

Paul Bhatti a dédié le verdict à son frère Shahbaz.

Il n’en reste pas moins que l’imam (dont la date du procès n’est pas fixée…) a d’une certaine façon gagné la partie : il avait fait accuser la jeune chrétienne pour que soient expulsés les chrétiens. Or selon Asianews ce sont 600 familles (dont celle de Rimsha qui en outre a dû se cacher) qui se sont enfuies sous les menaces de mort des musulmans.

14 novembre 2012

Younis Masih

Parmi les victimes de la loi anti-blasphème du Pakistan, il y a Younis Masih. Ce chrétien (comme son nom l’indique) est en prison depuis 7 ans parce qu’il a été faussement accusé de blasphème envers Mahomet. Le 30 mai 2007, en première instance, il a été condamné à mort. Son procès en appel devait se tenir hier. Mais l’auteur de la plainte (un musulman qui harcelait les jeunes chrétiennes et auquel s’était opposé Younis) ne s’est pas présenté. L’audience a été renvoyée au 17 décembre…

(Fides)

02 novembre 2012

Un « blasphème » au Pakistan

Un chef musulman de Lahore, Jamia Kareemia Sadidia, qui habite près du lycée privé de jeunes filles Farooqi à Lahore a porté plainte pour blasphème contre le directeur et un professeur du lycée : celui-ci serait responsable d’une traduction « blasphématoire » d’un passage du Coran. Une foule de musulmans ameutée par Jamia Kareemia Sadidia a manifesté violemment devant l’établissement. Le garage dans la cour a été incendié, du mobilier et des ordinateurs ont été détruits.

La police a arrêté… le directeur et le professeur.

Le lycée (non confessionnel) est connu comme une des meilleures écoles du Pakistan. Depuis sa création en 1978 il a reçu 31 médailles du ministère de l’Education.

Mais c’est justement le problème : une école d’excellence pour des jeunes filles, ce n’est pas islamiquement correct…

18 octobre 2012

Une église de Karachi attaquée par des musulmans

L’église catholique de Saint François, la plus ancienne de l’archidiocèse de Karachi, située dans la vieille ville, a été attaquée par une foule de 600 radicaux islamiques environ qui a dévasté la cour intérieure sans cependant parvenir à forcer le portail.

L’épisode, qui a soulevé l’indignation et la préoccupation de toute la communauté catholique de Karachi, a eu lieu vendredi dernier, 12 octobre, à 19.00. Un père franciscain raconte : « Le Père Mohan venait de finir de célébrer un mariage lorsqu’il a entendu des bruits et des cris en dehors du complexe de l’église. Immédiatement, tous les fidèles, les femmes et les enfants ont été mis en lieu sûr, à l’intérieur du presbytère. Les radicaux, hurlant contre les chrétiens, ont fait irruption, commençant à tout dévaster : les voitures, les motocyclettes, les pots de fleur. Ils ont brisé un édicule et pris la statue de Notre-Dame. Ils ont cherché à forcer le portail de l’église, lançant des pierre contre l’église et brisant les vitraux ». Les actes de vandalisme se sont poursuivis pendant une heure après quoi est arrivée la police et la foule s’est dispersée.

(Fides)

13 octobre 2012

Pakistan : un texto « blasphématoire »

A Karachi, un chrétien de 15 ans, Ryan Brian Patus, est accusé d’avoir envoyé un texto « blasphématoire ». L’imam local et deux « témoins » ont porté plainte. Les bons musulmans sont allés saccager et incendier la maison du garçon. Heureusement celui-ci se trouvait à l’hôpital où il était allé voir son père, et le reste de la famille avait préféré abandonner le domicile.

10 octobre 2012

Shumaila enlevée, violée, “convertie”…

Le 24 septembre, Shumaila Bibi, 24 ans, était enlevée à la sortie de son travail dans une entreprise de textiles de Nishatabad, un faubourg de Faisalabad. Par un musulman de 26 ans, aidé de plusieurs membres de sa famille (dont sa mère…). Pendant des jours, la jeune chrétienne a été violée et battue. Puis elle a été « convertie » à l’islam et légalement mariée à son kidnappeur. Le 5 octobre, alors qu’elle suivait un cours intensif d’islam, elle a persuadé son instructeur de la laisser partir un peu plus tôt. Et elle s’est enfuie, retournant chez ses parents.

Le musulman a porté plainte contre le père de la jeune fille pour « kidnapping ». La police a avalisé la plainte et ouvert une enquête, soulignant, comme elle le fait toujours, que la jeune fille s’était convertie et mariée de son plein gré...

Aujourd’hui les avocats de la commission Justice et Paix de la conférence épiscopale du Vatican s’activent pour défendre cette famille chrétienne. Car le père risque la prison, et la fille de retourner chez son bourreau.

(Asianews)

04 octobre 2012

La bonne laïcité pakistanaise

Le gouvernement du Sindh (province du sud du Pakistan) a donné par bail emphytéotique de 99 ans aux Sœurs de Jésus et Marie un terrain situé au centre de Karachi, en reconnaissance du travail éducatif réalisé par les Sœurs de Jésus et Marie au Pakistan. Il permettra aux religieuses d’agrandir et de consolider l’école féminine qu’elles gèrent à Karachi depuis 1952.

Récemment, trois hôpitaux catholiques du Sindh ont été exemptés de taxes foncières. Le gouvernement est sur le point d’accorder une exemption fiscale à 40 écoles gérées par le diocèse d’Hyderabad au sein des zones urbaines défavorisées.

(Fides)

01 octobre 2012

« Nous vous tuerons tous »

L’évêque protestant Naeem Samuel a été attaqué alors qu’il sortait de l’église de Youhanaabad, un faubourg de Lahore où vivent environ 10.000 familles chrétiennes. Trois hommes l’ont arrêté, en l’apostrophant à l’aide de phrases telles que : « Vous chrétiens avez offensé notre prophète, nous vous tuerons tous ! » Puis ils l’ont violemment frappé. Il souffre de nombreuses blessures et fractures et a dû être hospitalisé. Naeem Samuel assure la gestion d’un réseau de télévision chrétien par câble à Lahore, réseau qui transmet des cours bibliques, des films religieux et des prières. Raison pour laquelle il avait déjà reçu des menaces. Sa résidence ayant été incendiée voici un mois.

(Fides)

 

24 septembre 2012

L’amour du prophète

Pour se concilier l’opinion publique islamiste, le gouvernement pakistanais avait fait du vendredi 21 septembre un jour férié (c’est le dimanche qui est férié au Pakistan), « journée pour l’amour du prophète ».

Les émeutes à Islamabad ont fait 23 morts et 200 blessés. Six banques, quatre cinémas, deux restaurants et de nombreux véhicules ont été incendiés.

17 septembre 2012

Pakistan : des chrétiens contraints au ghetto

La dernière incursion violente, le 15 septembre, des extrémistes musulmans pachtounes dans le quartier chrétien d’Essa Nagri, dans la périphérie de Karachi, a fait deux morts.

Les précédentes attaques, qui se multiplient depuis des mois, avaient déjà fait deux morts. Les musulmans entrent en moto et exigent le paiement de la jizya.

Pour mettre un terme à l’escalade, et comme la police ne fait rien, les chrétiens se sont résolus à édifier un mur muni d’une seule porte et d’organiser un service de sécurité.

Les quelque 50.000 chrétiens de ce quartier très pauvre vivent donc désormais dans un ghetto. Ce qui paraît n’émouvoir personne.

(Fides)