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  • Absence

    – Il est où, Daoudal ?

    – Tiens, vous revoilà, vous...

    – Oui, me revoilà. Mais ne recommencez pas vos manœuvres de diversion. Je vous demande seulement où il est. Vous me répondez, c’est tout.

    – Bon, ne vous énervez pas. Il est en Bretagne, pour le mariage de sa fille.

    – Non, sans blague. Il ne faudrait pas me prendre pour une truffe. Il y a un mois vous m’avez déjà fait la même réponse. Faudrait voir à trouver autre chose.

    – Non, il y a un mois et demi, c’était le mariage de son fils. Et c’est la stricte vérité. Pourquoi est-ce que je vous raconterais des histoires ?

    – Mmm... ça me paraît louche. Mais comme je n’ai pas les moyens de vérifier...

    – Ben voilà. Au revoir.

    – Eh ! Ce n’est pas tout ! Il revient quand ?

    – Le 5 juillet, je crois.

    – Vous « croyez » ?

    – Vous verrez bien. Allez, au-revoir...

  • Une mosquée à Limay

    Le 27 juin prochain sera posée la première pierre de la mosquée de Limay (ville à municipalité communiste, juste à côté de Mantes-la-Jolie, de l’autre côté de la Seine ).

    Le projet, porté par l’association Avicenne, date de 2003. La municipalité a posé ses conditions. Elle a d’abord rejeté un projet comportant des salles de classe et de réunion. « Il ne faut pas confondre centre culturel et centre cultuel », a dit le maire, donc l’association a dû revoir son projet à la baisse, sur le plan de la superficie. La mosquée comportera néanmoins une salle de réunion, en plus des deux salles de prière.

    Le maire se vante de respecter scrupuleusement la loi de 1905. Le financement est entièrement privé et transparent, selon lui.

    Mais la mosquée va être bâtie, en face du gymnase Guy Môquet (référence conjointe des communistes et de Sarkozy) sur un terrain que la ville a vendu à l’association Avicenne sur une base de 40,06 € le m2. Un petit tour des agences fait voir que ce prix est très, très sous-évalué. Je vois deux terrains à vendre à Limay, l’un à 400 € le m2, l’autre à 525 € le m2. Celui de la mosquée est miraculeusement dix fois moins cher...

    A Mantes-la-Jolie, de l’autre côté de la Seine , il y a aujourd’hui deux mosquées. La deuxième s’est ouverte en 2006, avant même que le conseil municipal ait voté la cession du bâtiment (un ancien centre social) à l ‘association (du Tabligh) qui s’en occupe. C’est que l’imam est un agent électoral actif du célèbre député-maire Pierre Bédier...

  • Le pape à 33 tours

    Le Vatican publie un motu proprio de Benoît XVI...

    Eh non, ce n’est pas celui sur la messe. C’est un motu proprio sur l’élection de son successeur.

    Dans sa constitution Universi Dominici Gregis, Jean-Paul II avait confirmé la règle de l’élection du pape à la majorité des deux tiers, mais il prévoyait aussi qu’après 33 tours de scrutin la règle soit abandonnée pour celle de la majorité absolue.

    Benoît XVI restitue la règle de la majorité des deux tiers, quel que soit le nombre de scrutins, et il précise qu’au-delà de 33 tours, les cardinaux ne pourront plus voter que pour les deux noms ayant obtenu le plus de voix aux scrutins précédents, et que ceux-ci ne pourront pas participer au vote.

    Ces mesures sont destinées à « garantir le consensus le plus large possible », a commenté le porte-parole du Vatican.

    Mais quand on a besoin de plus de 33 tours de scrutin, c’est la preuve au contraire qu’on n’a pas trouvé de consensus...

    Serait-ce une inquiétante prophétie ? Aucun pape du XXe siècle n’a eu besoin de plus d’une quinzaine de scrutins. Benoît XVI a été élu au quatrième...

    Le porte-parole du Vatican dit que c’est avant tout une mesure « symbolique ». On ne peut que le souhaiter.

  • Un groupe Verts-PCF

    Noël Mamère annonce que les députés communistes et Verts sont parvenus à un accord pour la constitution d’un « groupe technique » commun qui portera le nom de « groupe de la gauche démocratique et républicaine ». Des députés de gauche d’outre-mer en feront également partie.

    Si certains avaient encore des doutes sur le positionnement politique des Verts, les voilà fixés.

    Ils protestaient quand on les disait comme la pastèque, verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur, désormais les quatre Verts seront en outre noyés dans le rouge...

  • On continue de négocier l’adhésion de la Turquie...

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    L’Union européenne ouvre deux nouveaux chapitres de négociations avec la Turquie.

    Que Nicolas Sarkozy soit ou non responsable du report d’un troisième chapitre ne change rien au fait que les négociations d’adhésion de la Turquie se poursuivent, alors qu’il avait affirmé qu’il suspendrait « toutes les négociations ».

    Il est très inconvenant, vis-à-vis de la Turquie , de laisser ce pays continuer de négocier si l’on ne veut pas de son adhésion. Et il est tout aussi inconvenant, vis-à-vis des Français, de continuer les négociations quand on a fait du refus de cette adhésion un argument électoral.

    Dans l’un comme dans l’autre cas se pose un vrai problème de crédibilité du président de la République, et de la France.

  • Zoellick à la Banque mondiale

    Comme prévu, Robert Zoellick a été élu à l’unanimité président de la Banque mondiale. L’ancien numéro 2 du Département d’Etat remplace l’ancien numéro 2 du Pentagone, Paul Wolfowitz, débarqué pour avoir favorisé sa petite amie.

    Robert Zoellick s’est surtout rendu célèbre comme représentant spécial américain pour le commerce, dans les négociations de l’OMC. Il a été l’architecte du « cycle de Doha », avec son alter ego européen Pascal Lamy, les deux hommes s’entendant comme larrons en foire pour libéraliser le commerce mondial au profit des Etats-Unis et contre les principes mêmes de l’Union européenne que Pascal Lamy était censé défendre.

    Pascal Lamy est aujourd’hui à la tête de l’OMC... Et son ami « Bob » président de la Banque mondiale. Les deux ténors du mondialisme sans frein vont pouvoir mettre les bouchées doubles.

  • Vive les paysans

    Une cinquantaine de paysans ont déversé le contenu d’une douzaine de cuves de lisier sur les pistes de l’aérodrome de Guiscriff, dans le Morbihan, pour empêcher qu’y soit organisée la rave party annuelle autorisée en Bretagne.

    Le teknival est théoriquement accueilli à tour de rôle dans l’un des quatre départements de la région. Cette année ce devait être en Ile-et-Vilaine. Mais la préfecture a fait savoir qu’aucun site n’était disponible. Deux sites avaient été envisagés dans les Côtes-d’Armor, puis ont été abandonnés. Le choix de Guiscriff n’est pas encore officiellement confirmé.

    C’est le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy qui avait demandé au préfet de région, en 2004, d’organiser cette tournante. On se souvient qu’en septembre 2005 le préfet de région avait écrit à tous les maires du Morbihan pour trouver un site pour le teknival de l’été 2006, et qu’aucun maire n’avait répondu. Sarkozy avait fini par réquisitionner l’aérodrome de Vannes.

    Il est amusant de constater que les paysans de Guiscriff étaient soutenus par des élus UMP arborant leurs écharpes tricolores...

  • Delanoë subventionne la discrimination

    Le site parisien Le Perroquet libéré dénonce la subvention annuelle (10.000 €) accordée par la Mairie de Paris à l’association Cineffable qui organise un festival de cinéma lesbien interdit aux hommes. Cette subvention devrait tomber automatiquement sous le coup de la loi, car elle encourage une discrimination à raison du sexe. Les organisatrices du festival vont jusqu’à proclamer : « La non-mixité est un privilège. » Sic.

    Le Perroquet libéré a saisi la Halde , en octobre 2006. Il n’a eu aucune réponse. C’est une preuve parmi d’autres de la partialité de cette institution, qui ne surprendra que les niais. La Halde a été créée pour renforcer la subversion morale et sociale, pas pour la combattre.

    Dans son argumentaire à destination des conseillers de Paris, Bertrand Delanoë prétend que Cineffable est une association qui a pour objet de « lutter contre tout sexisme » (sic), et que si elle organise un festival « réservé aux femmes » en automne, elle organise aussi une session mixte au printemps. Ces deux festivals sont indissociables, souligne Delanoë, qui croit ainsi échapper aux critiques.

    La parade est habile. Le problème, c’est que Cineffable vient précisément de supprimer sa session « mixte », pour cause de désaffection du public et de déficit croissant. L’alibi de Delanoë ne tient donc plus.

    Cette année, Cineffable a demandé une subvention, non seulement à la Mairie de Paris, mais aussi à la région Ile-de-France et au département de Seine-Saint-Denis, qui s’apprêtent donc sans doute à financer également une manifestation discriminatoire organisée par des extrémistes du lobby lesbien...

  • Sarkozy président de... l’UMP

    Le bureau politique de l’UMP a décidé de remplacer le poste du président du parti par une direction collégiale de six membres.

    Pourtant on n’a jamais vu un parti politique fonctionner correctement avec une direction collégiale. Il faut un patron.

    Mais il y a un patron : c’est Nicolas Sarkozy.

    Jean-Claude Gaudin a été très clair : « Puisque le président de l’UMP est aujourd’hui à l’Elysée, notre formation politique n’a pas besoin de désigner un nouveau président. Nous considérons que, moralement, le président reste Nicolas Sarkozy. »

    C’était ce que disait déjà Jean-Pierre Raffarin le 3 juin : « Personne ne souhaite aujourd’hui qu’il y ait dans l’UMP quelqu’un qui puisse avoir la même légitimité à l’intérieur de l’UMP que Nicolas Sarkozy parce que Nicolas Sarkozy doit rester le leader naturel de l’UMP. Il n’est pas le leader juridique, il doit rester le leader naturel. »

    Lequel Raffarin a répété et précisé cela ce matin sur LCI : il n’y a « qu’un seul patron à l’UMP », Nicolas Sarkozy, qui est le « patron naturel » même s’il n’est pas le patron juridique. La logique est celle d’une direction collégiale « en contact direct avec le président de la République qui reste le leader naturel du parti ».

    Voilà qui « relativise » quelque peu les déclarations de Nicolas Sarkozy affirmant qu’il n’a plus d’attaches partisanes...

  • Saints Jean et Paul

    Selon la tradition, Jean et Paul furent les derniers martyrs de Rome, le 26 juin 362, sous Julien l’Apostat qui, un an jour pour jour après avoir fait décapiter ces deux chrétiens intransigeants, mourut en disant : « Tu as vaincu, Galiléen ! » Peu après, saint Hilaire de Poitiers propagea leur culte en Gaule en consacrant une église sous leurs noms, et c’est de cette église (devenue Saint-Hilaire) que Clovis, à la veille de la bataille de Vouillé, vit sortir et se diriger vers lui « la mystérieuse lumière, présage du triomphe qui devait chasser l'arianisme des Gaules et fonder l'unité monarchique ». Plus tard, « lorsque l'issue de la seconde croisade abreuvait d'amertume saint Bernard qui l'avait prêchée, ils apparurent ici-bas pour relever son courage, et lui manifester par quels secrets le Roi des cieux avait tiré sa gloire d'événements où les hommes ne voyaient que désastres et fautes ».

    (D’après l’Année liturgique de Dom Guéranger)

  • Trois profanateurs arrêtés

    Dans l’affaire des profanations sataniques dans le Finistère, huit personnes avaient été interpellées la semaine dernière. Trois d’entre elles ont reconnu les faits et ont été mises en examen pour « dégradations en bande organisée par incendie, et dégradations ainsi que destructions de biens d’utilité publique ». Ce sont trois hommes âgés de 20 à 25 ans, qui résident dans la région de Quimper. Ils ont été écroués dans trois prisons différentes.

    Adeptes du rock « black metal » comme l’indique leur signature TABM (True Armorik Black Metal ») ils voulaient montrer leur hostilité « à la toute puissante religion chrétienne qui a fait disparaître les cultes païens plus anciens », a déclaré le procureur de Quimper. Car ils trouvent « anormal » que « les mégalithes ne soient pas aussi dignes d’intérêt que les calvaires et les chapelles ». Sic. Ils se défendent de tout aryanisme et de tout nazisme, bien sûr, mais aussi de tout satanisme, ce qui ne correspond ni au « black metal » ni à leurs tags de croix renversées.

  • Elysée : la porte n’était qu’entrouverte

    L’Elysée annonce que Nicolas Sarkozy recevra demain matin les représentants des partis politiques « représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat ». Ce qui exclut le Front national. Pourtant il s’agit d’évoquer les résultats du sommet européen : la logique aurait voulu que soient aussi invités les mouvements politiques représentés au Parlement européen... Mais ce serait par trop titiller la pensée unique inquisitoriale d’inviter Le Pen deux fois en une semaine...

  • Dialogue interreligieux

    Comme cela avait été annoncé, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux reprend son autonomie, avec la nomination par le pape du cardinal Tauran comme président. Ce sera effectif le 1er septembre.

    En février 2006, le pape avait mis ce Conseil sous l’autorité du président du Conseil pontifical pour la culture. Il se disait dès lors au Vatican que cette apparente quasi-fusion des deux conseils était provisoire. Elle marquait pourtant bien cette idée, exprimée dans les discours de Benoît XVI, que le dialogue « interreligieux » est d’abord un dialogue interculturel. Il ne peut y avoir de dialogue entre les religions en tant que telles, mais entre des hommes de diverses cultures religieuses : c’est la différence entre le dialogue « œcuménique » et le dialogue « interreligieux ».

  • Turquie : ça continue

    Les ambassadeurs des 27 ont approuvé l’ouverture de deux nouveaux chapitres de négociations avec la Turquie. La présidence allemande de l’Union européenne avait retiré le chapitre concernant la politique économique et monétaire, qui devait également être ouvert. Il se disait ces dernières semaines que la France bloquerait le chapitre économique, et Bernard Kouchner avait laissé entendre qu’il en serait ainsi. Mais le porte-parole du Quai d’Orsay adopte la position officielle de la présidence allemande : « En l’absence d’unanimité, la présidence allemande n’a pas proposé d’approuver la position commune » sur ce chapitre. « Les travaux se poursuivent sur le projet de position commune de négociation sur le chapitre politique économique et monétaire. » Et d’ajouter : « Je n’ai pas d’autre commentaire à faire. »

    Curieux... Quoi qu’il en soit, on voit que Nicolas Sarkozy accepte que se poursuivent les négociations d’adhésion, alors qu’il prétend être contre cette adhésion.

  • Le désastreux accord

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    En contribuant à ce désastreux accord de Bruxelles, qui marque à la fois la fin de la France en tant que Nation Souveraine et Indépendante et la naissance d’un Super Etat européen, Nicolas Sarkozy a trahi la charge que lui ont confiée les Français de Président de la République, garant de l’indépendance nationale.

    Nous aurons l’occasion de revenir en détail sur les principales mesures qui ont été adoptées dans ce nouveau traité constitutionnel qui ne dit pas son nom, mais il est certain que, déjà, le Front National entre en résistance et en sera, dans les mois qui viennent, le fer de lance et le représentant des Français qui, au-delà de leurs divergences, souhaitent le maintien de la France en tant qu’Etat Nation, libre et souverain.

    Je prends date pour la Présidence française du second semestre 2008 et pour les élections européennes de 2009 où je serai l’opposant numéro un à la politique européenne de Nicolas Sarkozy et à ses abandons de souveraineté en matière institutionnelle.

  • La mosquée de Montreuil

    Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la délibération du conseil municipal de Montreuil par laquelle la commune accordait un bail emphytéotique au loyer symbolique annuel d’1€ à la Fédération cultuelle des associations musulmanes de Montreuil aux fins d’édifier une mosquée. Le tribunal a fait droit aux observations de Patricia Vayssière, conseiller municipal MNR, confirmées par le commissaire du gouvernement : ce bail est assimilable à une subvention que ne permet pas l’article 2 de la loi de 1905.

  • Sarkozy et la défense

    Lors de sa visite au Bourget, Nicolas Sarkozy a confirmé les propos d’Hervé Morin, en souhaitant que « la préparation de la prochaine loi de programmation militaire soit l’occasion d’une remise à plat des modalités de définition et de pilotage des programmes engagés ». Et il est allé encore plus loin en indiquant que cette remise à plat doit « s’étendre à la conception et la présentation de la loi militaire elle-même ». Il veut qu’on « réfléchisse à partir d’une expression hiérarchisée des besoins capacitaires, plutôt que de se lancer bille en tête dans un catalogue d’équipements ».

    Et puisque nous n’avons plus les moyens de notre Défense, remettons-nous en à l’Europe... Ce que Sarkozy appelle une rationalisation des programmes d’armement : « L’Europe ne peut plus se payer le luxe, avec des budgets de défense dont l’addition demeure nettement inférieure au budget américain, d’avoir cinq programmes de missiles sol-air, trois programmes d’avions de combat, six programmes de sous-marins d’attaque et plus d’une vingtaine de programmes de blindés ».

    Cela montre seulement, comme le dit souvent Jean-Marie Le Pen à propos de l’Union européenne, qu’une addition de faiblesses ne fait pas une force.

    Quant au reste, la politique de défense ne peut être que nationale. Et même le projet de nouveau traité européen rappelle que les dispositions en matière de défense « ne préjugent pas de la nature spécifique de la politique de sécurité et de défense des Etats membres »...

  • A propos de la Charte

    Dans le texte adopté à Bruxelles, il est prévu que la Charte des droits (ex-deuxième partie de la Constitution européenne) soit mentionnée dans le traité et devienne ainsi « contraignante ». Le Royaume-Uni s’exempte de cette « contrainte », et la Pologne a fait ajouter une « déclaration », marginalisée comme « unilatérale » : « La Charte n'affecte en aucune manière le droit des Etats membres à légiférer en matière de moralité publique, de droit de la famille et de protection de la dignité humaine et de respect de l'intégrité physique et morale de la personne humaine. »

    Cette déclaration reprend en fait celle que la Pologne avait fait ajouter à son traité d’adhésion à l’Union européenne : « La Pologne comprend que rien dans les dispositions du traité sur l'Union européenne et les traités instituant la Communauté européenne, ni dans les dispositions des traités modifiant ou complétant ces traités n'empêche l'Etat polonais de réglementer les questions revêtant une importance morale et celles liées à la protection de la vie humaine. » Ce qui avait suscité une « contre-déclaration » (sic) des 15 Etats membres : « Les déclarations attachées à cet Acte Final ne peuvent pas être interprétées ou appliquées dans un sens contraire aux obligations des Etats membres découlant du Traité et de l'Acte d'Adhésion. Les actuels Etats membres notent que la Commission souscrit pleinement à cette position. »

    En réalité, il n’y a rien de nouveau dans la Charte. L ’article qui pose problème est celui sur la « non-discrimination », qui peut être vu comme un argument pour le « mariage » homosexuel et l’adoption d’enfants par les homosexuels. Mais cet article est repris tel quel du traité d’Amsterdam, qui avait déjà « valeur contraignante ». D’où la première déclaration polonaise.

    Certes, quand on sait comment ça se passe, on peut craindre à juste titre les conséquences lointaines du fait que la charte soit « contraignante ». Il suffira de rattacher à un article ou à un autre les « droits » que constituent les avancées de la culture de mort... C’est pourquoi les Polonais ont raison de tenter d’y mettre une barrière.

    Mais ce que même les Polonais n’osent plus dire, c’est que la Charte est radicalement mauvaise parce qu’elle évacue Dieu.

    Cette charte avait été adoptée au sommet de Nice le 7 décembre 2000 en même temps que le traité du même nom. Quelques jours plus tard, le pape Jean-Paul II écrivait dans sa lettre sur le 1.200e anniversaire du couronnement de Charlemagne que l’Eglise a suivi « avec une vive attention » l’élaboration de ce qui constituerait une nouvelle synthèse des valeurs fondamentales dont doit s’inspirer la cohabitation des peuples européens, un millénaire après la « grandiose synthèse entre la culture de l’antiquité classique, avant tout romaine, et les cultures des peuples germaniques et celtiques, synthèse opérée sur la base de l’Evangile du Christ, qui caractérise la puissante contribution offerte par Charlemagne à la formation du continent ». Mais, ajoutait-il, « je ne peux cacher ma déception pour le fait que n’ait pas été insérée dans le texte de la Charte ne serait-ce qu’une référence à Dieu ». Car Dieu est la source suprême de la dignité de la personne et de ses droits fondamentaux, et « ce fut la négation de Dieu et de ses commandements qui a été à l’origine, au siècle passé, de la tyrannie des idoles, exprimée par la glorification d’une race, d’une classe, de l’Etat, de la nation, du parti, au lieu du Dieu vivant et vrai ».

    Ainsi la Charte ne peut-elle qu’être défaillante dans la défense des véritables droits, alors que « dans de nombreux Etats européens les droits de la personne et de la famille sont menacés, par exemple par la politique favorable à l’avortement, légalisé presque partout, par l’attitude toujours plus disponible à l’égard de l’euthanasie et, dernièrement, par certains projets de loi en matière de technologie génétique qui ne sont pas suffisamment respectueux du caractère humain de l’embryon ». En bref, disait le pape, « il ne suffit pas de pérorer avec emphase en faveur de la dignité de la personne, si elle est ensuite gravement violée par les normes mêmes du système juridique ».

  • L’avatar

    Un groupe de propriétaires d’un vieil immeuble plusieurs fois rafistolé avait décidé de construire un nouvel immeuble. Certains copropriétaires, constatant que cet immeuble était empoisonné et mettait leur vie en danger, n’en ont pas voulu. Alors on a détruit le nouvel immeuble. Après lui avoir enlevé ses ornements, on l’a mis en miettes. Et on a repris les morceaux pour les intégrer dans le vieil immeuble.  Et l’on a repeint les morceaux pour qu’ils passent inaperçus, avec une couche supplémentaire sur ceux qui étaient les plus toxiques, en espérant qu’ils passeraient ainsi inaperçus, et surtout que leur toxicité ne serait pas trop affaiblie.

    Telle est à peu près, vue en images, l’histoire du nouveau traité européen.

    L’immeuble est cassé : il n’y a plus de Constitution européenne. Il n’est pas inutile de le souligner. Et l’on voit que les plus fervents européistes accusent le coup. Le nouveau traité ne sera pas un texte complet qu’on peut lire du début à la fin, un tout formé d’articles qui se suivent, mais, comme le traité de Nice, une série d’adjonctions aux traités antérieurs. Ce sera strictement illisible pour un non-spécialiste, et cela d’autant plus qu’aux modifications des traités sont ajoutés nombre de protocoles et de déclarations : un diplomate a déclaré ironiquement qu’on devrait l’appeler « traité des notes en bas de pages ».

    En dehors de l’architecture constitutionnelle, et des symboles étatiques, qui disparaissent, on note diverses modifications du texte de la Constitution. Il n’est plus question de « lois » européennes ; on est reste aux « directives ». L’article sur la primauté du droit européen sur les droits nationaux disparaît ; il est remplacé par une « déclaration » rappelant la jurisprudence de l’UE (qui est celle de la... primauté du droit européen, mais ce n’est pas posé en principe). Il y aura un article sur la « personnalité juridique » de l’UE, mais avec une déclaration soulignant que cela « n’autorisera en aucun cas l’Union à légiférer ou à agir au-delà des compétences que les Etats membres lui ont attribuées dans les traités ». Il n’y a plus de ministre des Affaires étrangères, mais comme aujourd’hui un « Haut représentant ». Certes, il gagne du galon, mais la « politique étrangère » de l’UE est en retrait par rapport à la Constitution européenne. Le paragraphe sur les Etats membres qui doivent l’« appuyer sans réserve » est supprimé, et une déclaration souligne que les dispositions en la matière « ne portent pas atteinte aux compétences des Etats membres quant à leur propre politique étrangère » ni à leur représentation propre dans les instances internationales. On signalera aussi cette nouveauté que « les traités peuvent être révisés pour accroître ou pour réduire les compétences de l’Union ». Et enfin que, contrairement à ce que souhaitait Sarkozy, il n’y a aucune extension supplémentaire des domaines soumis au vote à la majorité qualifiée par rapport à ce qui était prévu dans la Constitution européenne.

    Cela étant dit, le poison de la Constitution européenne est bien présent. Ce poison, c’est la « personnalité juridique » de l’Union, qui en fait une entité de droit international. C’est la présidence « stable » de l’Union, qui crée une nouvelle autorité supranationale. C’est l’extension des domaines soumis à la majorité, et plus généralement toutes les avancées européistes plus ou moins camouflées ou amendées par un déluge de « déclarations » et de « protocoles ». C’est enfin le fait de rendre « contraignante » la charte des droits fondamentaux, même si elle n’ajoute guère de droits à ceux déjà définis dans les traités antérieurs.

    Tout au long du texte, on remarque un effort permanent et pathétique pour bien souligner que toute décision doit respecter le principe de subsidiarité. Cela commence par la modification de l’article 11 pour dire que l’UE « n’agit que dans les limites de compétences que les Etats membres lui ont attribuées ». Et cela se poursuit dans un déluge d’ajouts, de déclarations, de protocoles, déclinant ce principe de toutes les façons possibles. Le problème est que tous ces efforts sont vains (et ceux qui accepté ces textes le savent fort bien), car le poison originel les réduit à néant. Ici le poison est celui du traité de Maastricht, où avait été défini le principe de subsidiarité d’une façon exactement contraire à ce qu’il est. Les précisions apportées dans le nouveau traité seront inopérantes tant que cette définition n’aura pas été changée. Et il n’est évidemment pas question de la changer, puisque c’est cette définition qui permet précisément d’aller toujours plus loin dans la construction d’un super-Etat, tout en protestant qu’il n’en est rien...

    Voilà, grosso modo, ce qui se passait à Bruxelles, pendant qu’on amusait la galerie avec le système de vote. Puisque l’essentiel du contenu de la Constitution européenne est maintenu dans le traité, il va de soi que les citoyens doivent être consultés. Mais pour être consultés, ils doivent d’abord être informés de ce qui se passe. C’est ce que Nicolas Sarkozy ne veut pas. Avec la complicité de toute la classe politicienne, il veut faire passer le traité en catimini, pour que les Français ne sachent pas ce qu’il cache. Et l’on n’en parle déjà plus... Il reviendra pourtant dans l’actualité, lors de la conférence intergouvernementale chargée de le rédiger, puis lors de la signature du texte au Portugal. C’est alors que se posera la question de la ratification. Or les Irlandais ont déjà fait savoir qu’en raison de l’importance des modifications entraînées par le traité ils le soumettraient à référendum...

  • Saint Guillaume

    Roger Ier, roi de Naples, désirait vivement s'entretenir avec saint Guillaume de Verceil; il le fit donc venir à sa cour. Sa conversation tout angélique l'édifia tellement qu'il ordonna de bâtir un couvent de son Ordre à Salerne, juste en face de son palais, afin de pouvoir jouir plus souvent de ses célestes entretiens et de ses sages avis. Saint Guillaume profita de son influence pour porter le roi à la pratique de la vertu et lui rappeler ses importants devoirs. Il exhortait les grands seigneurs de la même façon, tâchant de leur inspirer l'horreur du péché et l'amour de la piété.

    Comme la dévotion trouve des ennemis partout, quelques courtisans persuadèrent le roi Roger d'éprouver la vertu du Saint, qui n'était selon eux, que pure hypocrisie. On chargea une prostituée de le solliciter au mal et de le faire tomber dans le péché. Saint Guillaume feignit d'abord d'acquiescer à ses honteuses propositions et la pria de revenir vers le soir. La prostituée se félicitait de sa réussite, mais lorsqu'elle retourna chez le Saint, elle resta fort perplexe en le voyant se coucher sur un lit de charbons ardents tout en l'invitant à faire de même.

    Ce prodige bouleversa tellement cette misérable femme, que fondant en larmes, elle demanda pardon au serviteur de Dieu en se prosternant jusqu'à terre. D'infâme pécheresse, elle devint abbesse d'un couvent de religieuses fondée par saint Guillaume, à Venosa. Elle est connue sous le nom de la bienheureuse Agnès de Venosa.

    (Bollandistes)

  • Nativité de saint Jean-Baptiste

    La fête du Précurseur prime le dimanche. Ce jour, sur l’ordo du monastère du Barroux, on peut lire : « Ad Benedictus pulsatur campana maior ». C’est-à-dire : au Benedictus, on fait sonner la grande cloche. En effet, le Benedictus est le chant par lequel Zacharie annonce, sous l’impulsion du Saint-Esprit, que son fils qui vient d’être circoncis et auquel il vient de donner le nom de Jean, sera le Précurseur du Celui qui apporte le salut. Le Benedictus est chanté tous les jours aux laudes. Mais aujourd’hui il prend une importance toute particulière. C’est donc la cloche la plus solennelle qui, accompagnant le chant du Benedictus, annonce au monde, en ce jour, la naissance de celui qui annonce la venue du Sauveur.

    « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'Il a visité et racheté Son peuple, et nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de David, Son serviteur, ainsi qu'Il a dit par la bouche de Ses saints prophètes des temps anciens, qu'Il nous délivrerait de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent, pour exercer Sa miséricorde envers nos pères, et Se souvenir de Son alliance sainte, selon le serment qu'Il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder cette grâce, qu'étant délivrés de la main de nos ennemis, nous Le servions sans crainte, marchant devant Lui dans la sainteté et la justice, tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé le prophète du Très-Haut: car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer Ses voies, afin de donner à Son peuple la connaissance du salut, pour la rémission de leurs péchés, par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, grâce auxquelles le soleil levant nous a visités d'en haut, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans la voie de la paix. »

  • Karzai en colère

    Alors que 25 civils, dont neuf femmes et trois bébés, ont été tués dans une frappe aérienne nocturne de l'Otan sur leur village, le président afghan Hamid Karzai a lancé une charge sévère contre les forces internationales. « Depuis une semaine ou dix jours, à la suite d'opérations imprécises et menées sans discernement par les forces de l'Otan et de la coalition, notre peuple a souffert. Cela n'est pas acceptable. Cela ne sera plus toléré », a-t-il dit devant la presse. « Dans le district de Chora, les forces de l'Otan et de la coalition ont effectué des tirs d'artillerie et, selon nos dernières informations, 52 de nos concitoyens sont tombés en martyrs. » Il a également mis en cause les forces internationales pour la mort dans le district de Khas de plus de 10 civils dans de « mystérieux bombardements ».

    Il a poursuivi : « Si l'Otan veut gagner sa guerre contre la terreur, si elle veut sécuriser l'Afghanistan, alors elle doit coopérer véritablement avec le gouvernement afghan. A partir d'aujourd'hui, elles doivent travailler comme nous leur dirons de travailler ici. Point à la ligne. »

    La réaction des Américains sera évidemment : cause toujours, et si tu n’es pas content on mettra un autre à ta place. La réaction de Hamid Karzai, obligé des Américains, est néanmoins significative du ras le bol afghan.

    Pendant ce temps-là les affaires continuent. L’Afghanistan sous contrôle américain est plus que jamais le premier producteur d’héroïne du monde.

  • La vie des homos

    La dernière enquête (réalisée fin 2004) publiée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) confirme en France l'augmentation des pratiques sexuelles « à risques » entre homosexuels : 19% des hommes ayant répondu au questionnaire affirmaient en avoir pratiqués en 1997, 26% en 2000 et 33% en 2004, rapports « pour 60% pratiqués avec des partenaires » dont le répondant ignore s'il est porteur ou non du virus du sida.

    D’autre part, « les indicateurs de mal être dépeignent des situations préoccupantes, particulièrement parmi les jeunes hommes où les taux de dépression et de tentative de suicide sont bien supérieurs à ceux de la population en général ». 26% des moins de 25 ans déclarent avoir connu une dépression dans l'année écoulée. « La prévalence de tentative de suicide est élevée (19%) et en augmentation de 2 points entre 2000 et 2004 », une proportion « presque 5 fois plus importante que pour les hommes en population générale ».

  • Des droits comme s’il en pleuvait

    Devant le Conseil national de la Jeunesse (CNJ) qui tient sa 9e université d'été à Strasbourg, Roselyne Bachelot a déclaré que parmi les grands axes de sa politique pour la jeunesse il y aura le « droit à l'éducation et la formation » tout au long de la vie, un « droit à l'excellence » dans l'éducation, le « droit à la deuxième chance », ainsi qu'un « droit à une première expérience professionnelle »…

    Elle n’a pas précisé si tous ces nouveaux « droits » seraient « opposables »…

    Elle n’a pas non plus indiqué si à ces nouveaux « droits » correspondaient des devoirs...

  • Vigile de saint Jean-Baptiste

    Un Ange du Seigneur lui apparut, se tenant debout à droit de l'autel de l'encens. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur le saisit. Mais l'Ange lui dit: Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée, et ta femme Elisabeth t'enfantera un fils, auquel tu donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de liqueur enivrante, et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère; et il convertira un grand nombre des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu. Et il marchera devant Lui dans l'esprit et la vertu d'Elie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les incrédules à la prudence des justes, de manière à préparer au Seigneur un peuple parfait.

    (Luc 1, 11-17)

  • Enfin les évêques français évoquent le martyre irakien

    Le cardinal Ricard publie le message qu’il envoie au patriarche chaldéen, pour témoigner de la solidarité des évêques de France avec les chrétiens d’Irak. Enfin. Il y a quelques semaines, lors de la messe annuelle de l’œuvre d’Orient, Mgr Vingt-Trois avait réussi à ne même pas citer l’Irak dans son homélie…

    Extraits :

    « Les nouvelles qui nous parviennent d’Irak, jour après jour, manifestent l’extension de la violence armée avec son cortège de meurtres, de souffrances, de drames humains. Toute la population est ainsi victime de cette situation dramatique, mais celle des chrétiens l’est tout particulièrement. (…) Les catholiques de France se sentent particulièrement concernés par la situation de leurs frères irakiens, membres du même corps du Christ.
    Nous assurons Sa Béatitude Emmanuel III Delly, patriarche de Babylone des Chaldéens, de notre profonde solidarité dans l’épreuve. Nous exhortons la communauté des nations et les gouvernements responsables à agir avec détermination pour arrêter la violence et assurer la paix civile en Irak. Nous implorons le Dieu de Paix et de Justice pour que la conscience de chacun soit interpellée, pour que des actions courageuses soient entreprises par les responsables politiques et religieux et que la force de l’amour du Christ puisse toujours habiter le cœur de ses fidèles. »

    Le texte intégral est publié sur le site de la conférence épiscopale.

  • Une armée de plus en plus désarmée

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    Si l’on en croit le ministre dit de la Défense Hervé Morin, la destruction de la défense nationale engagée par Jacques Chirac doit se poursuivre et s’accélérer sous Nicolas Sarkozy.

    Selon ses déclarations au Bourget, même des programmes déjà engagés ne pourront pas être tenus.

    La perspective est donc celle d’une armée de plus en plus désarmée.

    On ne comprend que trop pourquoi Nicolas Sarkozy a choisi comme ministre de la Défense un euromondialiste : ce ministre peut ainsi annoncer sans le moindre état d’âme que la France a vocation à ne plus être la France.

  • Intéressant...

    Dans une tribune que publie Le Figaro, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon estime que Nicolas Sarkozy pourrait ne pas trouver de majorité au Parlement pour faire passer le nouveau traité européen.

    En effet, comme le traité nécessite une réforme constitutionnelle, il lui faut une majorité des trois cinquièmes. On sait que la plupart des socialistes sont européistes, mais ils sont aussi dans l’opposition... D’autre part, Ségolène Royal avait promis que si elle était élue elle organiserait un référendum sur le nouveau traité. Empêcher Sarkozy d’avoir une majorité des trois cinquièmes, ce serait le contraindre à organiser ce référendum...

  • Minuit : en panne. Midi : en panne. Pourvu que ça dure.

    Hier soir à minuit, le projet de traité simplifié n’avait pas avancé d’un pouce. Ce midi, on en est au même point. Malgré d’intenses discussions, les Polonais continuent de faire de la résistance. Et le problème n’est pas seulement polonais : en fin de soirée, Angela Merkel reconnaissait qu’il « reste beaucoup de questions ouvertes, et des questions très compliquées ».

    Selon le porte-parole de la présidence française, Nicolas Sarkozy a obtenu que soit retiré du texte l’objectif d’une « concurrence libre et non faussée », dont la gauche avait fait un argument contre la Constitution. Cela ne change rien, puisque la « concurrence libre et non faussée » figure déjà dans les traités. Mais cela pourrait être très mal pris par la Commission européenne. « Il est hors de question que la Commission accepte d’abandonner même une parcelle de ses compétences », a déclaré un anonyme à l’AFP : un propos dont le ton est significatif de la dictature de Bruxelles.

    Toujours selon le porte-parole, Nicolas Sarkozy a obtenu également que soit ajouté au texte le principe selon lequel l’Union « contribue à la protection de ses citoyens ». On croyait que c’était un principe de base de l’Union. On ne voit pas à quoi cela peut servir de le rappeler, sinon de souligner que ce n’est pas le cas ; or ce n’est certainement pas le nouveau traité qui changera quoi que ce soit à la dérive mondialiste de l’UE.

    Pour débloquer la situation avec la Pologne, Nicolas Sarkozy, toujours lui, a proposé cette nuit de recourir au « compromis de Ioannina », qui permet à un petit groupe de pays proches de la minorité de blocage sans l’atteindre de demander le réexamen d’une décision adoptée à la majorité qualifiée. Mais un diplomate polonais a dit que ce n’était qu’un « slogan » qui ne pouvait avoir de valeur que si on y « ajoutait des paramètres », notamment le report (éventuellement à 2020...) de l’entrée en application du système de double majorité.

    Ce même diplomate a ajouté que la Pologne n’était pas pressée d’arriver à un accord et que, « vu l’intérêt grandissant » des autres pays membres pour sa position, il était envisageable que le sommet se termine sans compromis et qu’on en reparle dans six mois...

    On n’a aucun écho d’une éventuelle discussion sur la « personnalité juridique » de l’Union, qui lui donne le statut de super-Etat, ni sur l’extension (ou la « généralisation » que veut Sarkozy) des domaines soumis à la majorité qualifiée.

  • Le Bouchelaleg de Sarkozy

    L’Algérien Cherif Bouchelaleg a été condamné hier à quatre ans de prison, dont deux ferme, pour avoir forcé un barrage de gendarmerie près d’une réunion d’où sortait le Premier ministre Dominique de Villepin, le 29 août 2006, à Sallanches. La gendarmerie s’était empressée de faire savoir que l’intrusion de l’énergumène n’avait rien à voir avec la présence du Premier ministre, preuve en était que l’individu, dont elle ne donnera le nom que plus tard, en était à son troisième vol de voiture de la journée, après avoir commis plusieurs vols avec violence les jours précédents...

    Mercredi soir, à la télévision, Nicolas Sarkozy s’est une nouvelle fois vanté d’être l’homme qui a aboli la prétendue « double peine ». C’est précisément le cas Bouchelaleg qui l’avait fait changer d’avis sur la question. Il avait été ému par le « contexte familial » de ce voyou, qui avait au moins huit condamnations à son actif, et qui était sorti de prison en juin 2002, sous le coup d’un arrêté d’expulsion : il s’était marié en France et avait six enfants (aujourd’hui il en a huit). Le ministre de l’Intérieur fit voter une loi supprimant la « double peine » pour que Cherif Bouchelaleg reste en France. Cette loi fut votée à l’unanimité (c’est-à-dire que même des gens réputés de droite comme Thierry Mariani ou Jacques Myard la votèrent).

    Cherif Bouchelaleg, qui était venu en France à l’âge de 11 ans dans le cadre du regroupement familial (son histoire est vraiment emblématique de bout en bout), est donc resté en France et a pu continuer ses activités... A Sallanches, il est connu pour son comportement violent, notamment envers ses voisins, et envers les employés de l’office HLM qu’il menace régulièrement pour obtenir un appartement plus grand que son... cinq pièces.

    Il vient donc d’être condamné pour une trentaine de délits, dont une vingtaine commis dans les 48 heures avant l’incident Villepin. Tous délits qui auraient été évités si Nicolas Sarkozy n’avait pas été « ému » par le personnage.

    Rappelons que lorsqu’il décida d’assigner Bouchelaleg à résidence, en attendant le vote de la loi, Nicolas Sarkozy n’avait pas abrogé l’arrêté d’expulsion. Il disait alors que tout nouveau trouble à l’ordre public, de la part de Bouchelaleg, entraînerait l’application immédiate de cet arrêté. Et il ajoutait : « Je ne peux pas prendre la responsabilité de balayer tout ce qui s’est passé. S’il refaisait une connerie dans six mois, on dirait que je suis inconscient. » Puis il a fait voter la loi qui empêche d’expulser Bouchelaleg. Lequel a commis non pas une connerie, mais une trentaine de conneries, dont bon nombre avec violence. Plus de six mois après, certes, mais on ne voit pas ce que ça change.

    On peut donc affirmer, sans craindre d’être contredit par l’intéressé, même s’il est aujourd’hui président de la République, que Nicolas Sarkozy est inconscient.

    Et l’on en aura sans doute bientôt d’autres preuves : dans quelques mois, Cherif Bouchelaleg sortira de nouveau de prison...