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  • Quelques jours de vacances

    Je reviendrai le 6 août, si Dieu le veut.

  • Reconquête N° 239

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    Reconquête N° 239 

  • Des explications de Mgr Amato

    A lire sur le site de Sandro Magister, Chiesa, une longue et très intéressante interview de Mgr Angelo Amato, secrétaire de la congrégation pour le doctrine de la foi, à propos du récent document sur l’Eglise, et du motu proprio sur la messe. En voici quelques extraits.

    Sur le « subsistit in » :

    Ce changement de terme n’est pas et ne peut pas être interprété comme une rupture avec le passé. En latin, "subsistit in" renforce "est". Le fait de subsister de manière continue implique une substantielle identité d’essence entre Eglise du Christ et Eglise catholique. Avec l’expression "subsistit in", le Concile a voulu indiquer que la l’Eglise du Christ était unique et non multipliable. L’Eglise existe en tant qu’objet unique dans la réalité historique. Mais en même temps, le "subsistit in" exprime aussi le fait que, hors de l’ensemble formé par l’Eglise catholique, il n’y a pas un vide ecclésial absolu, mais que l’on peut trouver "de nombreux éléments de sanctification et de vérité… qui en tant que dons propres à l’Eglise du Christ favorisent l’unité catholique".

    A propos des communautés chrétiennes auxquelles on ne peut pas donner le nom d’Eglises :

    C’est douloureux, je le comprends mais, comme l’affirme le Concile, ces communautés n’ont pas conservé la succession apostolique dans le sacrement de l’Ordre, se privant ainsi de l’un des éléments essentiels qui constituent une Eglise. En raison de l’absence du sacerdoce ministériel, ces communautés n’ont donc pas conservé la substance authentique et entière du mystère eucharistique. Pour cette raison, selon la doctrine catholique, elles ne peuvent pas être appelées "Eglises" au sens propre.

    Q. – Cela vaut aussi pour la communion anglicane?

    R. – Oui.

    A propos de la prière pour la conversion des juifs, dans le missel de 1962 :

    Q. – Excellence, le motu proprio "Summorum Pontificum" a été accusé par certains d’être anticonciliaire parce qu’il donne pleinement droit de cité à un missel dans lequel on prie pour la conversion des juifs. Est-il vraiment contraire à la lettre et à l’esprit du Concile de dire cette prière?

    R. – Sûrement pas. A la messe, nous catholiques prions toujours, et en premier, pour notre conversion. Et nous nous frappons la poitrine à cause de nos péchés. Ensuite, nous prions pour la conversion de tous les chrétiens et de tous les non-chrétiens. L’Evangile est pour tous.

    Q. – Mais on objecte que la prière pour la conversion des juifs a été rendue définitivement dépassée par celle dans laquelle on invoque le Seigneur afin qu’il les aide à progresser dans la fidélité à son alliance.

    R. – C’est Jésus lui-même qui affirme, dans l’Evangile selon saint Marc: "Convertissez-vous et croyez à l’Evangile" et ses premiers interlocuteurs étaient ses concitoyens juifs. Nous chrétiens ne pouvons pas faire autre chose que proposer à notre tour ce que Jésus nous a enseigné. Dans la liberté et sans rien imposer, évidemment, mais également sans autocensure.

    Voilà qui répond clairement non à la suggestion du cardinal secrétaire d'Etat de supprimer cette prière sous prétexte qu’elle « inquiète » certains lobbies juifs.

  • La France et les « infirmières bulgares »

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    On ne peut que se réjouir de la libération des infirmières bulgares.

    Mais on ne peut aussi que constater le caractère pittoresque de négociations européennes et planétaires, sur un mode « humanitaire », avec un Etat qui a utilisé de malheureuses femmes comme otages.

    La position en pointe de la France, ou qui apparaît comme telle, ne peut s’expliquer que si nous payons plus que les autres, ou si nous avons en Libye davantage d’intérêts que les autres, notamment pétroliers.

    La politique compassionnelle fait souvent office de paravent.

  • Le taureau sacré condamné en appel

    Le taureau gallois sacré et néanmoins tuberculeux sera sans doute abattu, malgré le jugement du tribunal de Cardiff qui avait fait droit aux hindous : une cour d'appel de Londres a estimé justifiée la décision du gouvernement régional d'ordonner l'abattage du taureau, « au regard du problème très important représenté par la tuberculose bovine ».
    « Evidemment, nous sommes extrêmement déçus de cette décision. Nous allons examiner notre position et voir quelles sont nos options », a indiqué frère Alex, un moine hindou britannique du temple Skanda Vale...
    Plus de 20.000 personnes ont signé une pétition sur le site internet du temple pour soutenir le taureau qui peut être observé en direct par webcam…

  • Grotesque

    Christian Estrosi prétend que c’est grâce à Nicolas et Cécilia Sarkozy que les infirmières bulgares ont été libérées : « Je constate une chose : cela fait 10 ans que tout le monde en parle, que tout le monde dit que c'est une situation inacceptable. Cela fait deux mois qu'il y a un président de la République en France qui s'implique personnellement sur ce dossier, et ce matin il y a la libération des infirmières bulgares. » La « première dame de France » s'est « impliquée personnellement, sans rôle institutionnel bien évidemment, mais en prenant une part personnelle dans un rôle humanitaire ».

    Il est vrai que l’Elysée a cru nécessaire d’annoncer la libération des infirmières, comme si elle était du ressort de la présidence de la République, et en ajoutant : « Ce dénouement n'aurait pas été possible sans les efforts et la détermination de la Commission européenne, et plus particulièrement du membre de la Commission européenne chargée des relations extérieures, Mme Benita Ferrero-Waldner, tout a long du processus, et sans l'engagement de Mme Cécilia Sarkozy. »

    L’implication de la Commission européenne est évidente, dans la mesure où c’est l’Union européenne qui paie. Mais tout s’est passé exactement selon les volontés de Kadhafi et selon le calendrier de Kadhafi…

    Sarkozy s’était déjà attribué la paternité du nouveau traité européen, dans lequel il n’est à peu près pour rien. Maintenant c’est la libération des infirmières bulgares…

    « Là où on a dénoncé le suractivisme du président sur un tas de dossiers internationaux qui pour l'instant ont montré que la France était de retour sur la scène internationale, le dénouement de ce matin résume à lui seul que chaque Français et chaque Française ne peut qu'être fier de son pays », dit encore Estrosi. Malheureusement, si Sarkozy continue ainsi, il n’y aura pas de quoi être fier, car la France sera la risée des autres pays.

  • L’Esprit Saint

    Voici deux petits extraits du beau message de Benoît XVI pour les JMJ de juillet 2008.

    Chers jeunes, aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue donc à agir avec puissance dans l’Église et ses fruits sont abondants dans la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice. C’est pourquoi il est important que chacun de nous Le connaisse, qu’il entre en relation avec Lui et qu’il se laisse guider par Lui. Mais à ce point, une question surgit naturellement: qui est l’Esprit Saint pour moi? Pour de nombreux chrétiens en effet, Il est encore le «grand inconnu». Voilà pourquoi, en nous préparant à la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir votre connaissance personnelle de l’Esprit Saint. Dans la profession de foi, nous proclamons: «Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils» (Symbole de Nicée-Constantinople). Oui, l’Esprit Saint, esprit d’amour du Père et du Fils, est Source de vie qui nous sanctifie, «puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Rm 5, 5). Cependant il ne suffit pas de le connaître; il faut L’accueillir comme le guide de nos âmes, comme le «Maître intérieur», qui nous introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous permettre d’en vivre chaque jour en plénitude. C’est Lui qui nous pousse vers les autres, allumant en nous le feu de l’amour, et qui nous rend missionnaires de la charité de Dieu. Je sais bien toute l’estime et tout l’amour envers Jésus que vous, les jeunes, vous portez dans votre cœur et combien vous désirez Le rencontrer et parler avec Lui. Rappelez-vous donc que c’est précisément la présence de l’Esprit en nous qui atteste, qui constitue et qui construit notre personne sur la Personne même de Jésus crucifié et ressuscité. Devenons donc familiers de l'Esprit Saint pour l’être aussi de Jésus.

    (…) Une fois encore, je vous répète que seul le Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme; Lui seul est capable d’humaniser l’humanité et de la conduire à sa «divinisation». Par la puissance de son Esprit, Il répand en nous la charité divine qui nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à nous mettre à son service. L’Esprit Saint éclaire, nous révélant le Christ mort et ressuscité; il nous indique la route pour devenir davantage semblables à Lui, à savoir pour être «expression et instrument de l’amour qui émane de lui» (Encycl. Deus caritas est, n. 33). Et celui qui se laisse guider par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Évangile n’est pas une option facultative, parce qu’il perçoit combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle. Cependant, il convient de le rappeler encore, nous ne pouvons être des témoins du Christ que si nous nous laissons guider par l’Esprit Saint, qui est «l’agent principal de l’évangélisation» (Evangelii nuntiandi, n. 75) et «le protagoniste de la mission» (Redemptoris missio, n. 21).

  • Vigile de saint Jacques

    En cette vigile de saint Jacques on lit l’évangile de la vigile des apôtres, où le Christ dit que son commandement est de nous aimer les uns et les autres. Ce qui attire l’attention sur le fait que la première antienne de l’office des apôtres est précisément ce commandement : Hoc est praeceptum meum, ut diligatis invicem, sicut dilexi vos.

    Ce que saint Grégoire le Grand commente ainsi :

    Puisque les Saintes Ecritures sont toutes pleines des préceptes du Seigneur, pourquoi nous parle-t-il de l’amour comme d’un commandement unique : «Ceci est mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres.» Pourquoi, sinon du fait que tout commandement concerne le seul amour, et que tous les préceptes n’en sont qu’un, puisque seule la charité leur donne de la fermeté? Car de même que les nombreux rameaux d’un arbre poussent d’une seule racine, toutes les vertus tirent leur origine de la seule charité. Et le rameau d’une bonne œuvre ne garde quelque verdeur que s’il demeure enraciné dans la charité. Les préceptes du Seigneur sont donc à la fois multiples et un : multiples par la diversité des œuvres accomplies, un par l’unique amour où celles-ci s’enracinent.

    Le Seigneur nous laisse entendre comment demeurer dans cet amour, lorsqu’en bien des sentences de son Ecriture, il nous commande d’aimer nos amis en lui, et nos ennemis à cause de lui. En effet, celui-là possède vraiment la charité qui aime à la fois son ami en Dieu, et son ennemi à cause de Dieu.

    Il en est qui aiment leurs proches, mais [seulement] par le sentiment qui vient de la parenté et de la chair. Sans doute cet amour ne les met-il pas en opposition avec les livres saints. Mais ce qu’on accorde spontanément à la nature est une chose, ce qui est dû aux commandements du Seigneur par une obéissance de charité en est une autre. Et si de tels hommes aiment assurément leur prochain, ils n’en obtiendront pas pour autant les sublimes récompenses de l’amour, parce que leur affection ne s’exerce pas selon l’esprit, mais selon la chair. C’est pourquoi, après avoir dit : «Ceci est mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres», le Seigneur a aussitôt ajouté : «Comme je vous ai aimés.» C’est comme s’il disait clairement : «Aimez pour le motif qui m’a fait vous aimer.»

  • Le rapport Machelon en marche

    Le ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a reçu Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France. C’est la première rencontre avec les responsables des religions dans le cadre du rapport Machelon, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

    Il s'agit pour le ministre de préparer les suites à donner au rapport demandé par son prédécesseur Nicolas Sarkozy en 2006, pour « réfléchir aux relations juridiques de l'Etat et des cultes », précise le ministère. Cette rencontre s'inscrit « dans le cadre de ses consultations de tous les cultes ». Et le ministre entend de la sorte « recueillir tous les avis avant de formuler très prochainement des propositions au Premier ministre ».

    Sa réflexion est « marquée par le souci du maintien des grands équilibres entre les pouvoirs publics et les cultes », et il s'agira également de mettre en place « des solutions concrètes et pragmatiques pour assouplir techniquement les conditions de fonctionnement des cultes et de leurs structures ».

    En clair, il s’agit, comme l’a longuement explicité le rapport Machelon, de trouver des solutions pour contourner la loi de 1905 afin de favoriser, et d’imposer, la construction de mosquées.

    On ne sait pas si le cardinal Ricard joue le rôle d’otage ou d’alibi. Lors de la publication du rapport Machelon, en septembre 2006, il avait déclaré qu’il attendait d’en avoir pris connaissance pour se prononcer. Depuis lors, sauf erreur de ma part, il n’en a rien dit. Mais le rapport a déjà commencé à trouver un début d’application, avec la complicité de la Faculté de théologie catholique de Strasbourg…

    Michèle Alliot-Marie terminera ses consultations lundi en rencontrant les responsables musulmans…

  • Le traité avant la fin de l’année ?

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    A l’ouverture de la conférence intergouvernementale chargée de rédiger le nouveau traité européen, le ministre portugais des Affaires étrangères, M. Luis Amato, qui préside la CIG, s’est dit « confiant » que l’Union européenne aurait un nouveau traité avant la fin de l’année.

    Il est en effet possible que le texte, en fait déjà rédigé pour l’essentiel, soit signé avant la fin de l’année.

    Mais il faudra ensuite le ratifier.

    La Constitution européenne avait été signée par tous les Etats membres en 2004. Mais elle n’a pas été ratifiée.

    Le Front national demande qu’un référendum soit organisé sur ce traité, comme pour la défunte Constitution qu’on essaie de ressusciter. Il approuve les dirigeants qui envisagent un référendum et soutient tous les mouvements, partout en Europe, qui vont dans ce sens.

    La bataille contre ce honteux traité ne fait que commencer.

  • Victoire islamiste en Turquie

    Communiqué de Bernard Antony, président de Chrétienté-Solidarité

    La victoire électorale écrasante du parti islamiste au pouvoir en Turquie et de ses alliés prouve, s’il en était besoin, combien prennent leur désir pour la réalité ceux qui disent leur confiance en l’affirmation laïque de ce pays au sein de l’Union Européenne.

    Au mépris de son nom (parti de la justice et du développement), au mépris de ce qu’il est, au mépris de ce qu’il fait, nos médias, obéissant probablement à quelque consigne de désinformation, le qualifient tous d’« islamiste modéré » ! Comme si l’islamisme ne pouvait avoir que le visage de Ben Laden !

    Or, le parti de M. Erdogan est tout simplement prudent. Au fil des années, il rogne peu à peu la puissance du laïcisme kemaliste qui est la doctrine officielle de l’armée. Celle-ci, comme celle jadis de l’Iran du Shah, est de plus en plus pénétrée par l’idéologie coranique. Au demeurant, cette armée nationaliste a toujours été fondamentalement anti-chrétienne et la Turquie, laïque ou musulmane, n’a jamais esquissé le moindre début de commencement d’acceptation de reconnaissance du génocide quasi total des arméniens et des autres communautés chrétiennes.

    Le parti islamiste dit modéré, ne tolère en réalité strictement aucune liberté religieuse hormis la tolérance à usage diplomatique d’un infime résidu de chrétiens toujours menacé.

    Il ne tolère lui non plus aucune expression en faveur de quelque repentance du génocide. Ceux qui l’esquissent sont, soit condamnés à de lourdes peines (et l’on sait ce qu’est la prison en Turquie comme dans les pays d’Islam en général), soit assassinés et les assassins rencontrent une grande impunité.

    Enfin, la Turquie ne tolère chez elle aucun autonomisme régional. Elle constituerait donc demain au sein de l’Union Européenne l’ensemble le plus peuplé, le plus militarisé, le plus démographiquement islamiquement expansioniste.

    Si, sur ce point au moins, Nicolas Sarkozy tenait sa promesse de rupture avec la politique chiraquienne et la pression israëlo-américaine pour l’intégration, on ne pourrait que s’en réjouir.

  • Début de la rédaction du nouveau traité européen

    La conférence intergouvernementale chargée de rédiger le nouveau traité européen s’est ouverte officiellement ce midi par une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Elle n’a duré qu’une demi-heure, le temps pour le ministre portugais, Luis Amado, de distribuer à ses homologues le projet de traité : 200 pages dont la moitié de protocoles et de déclarations (sic). Les travaux proprement dits commenceront demain.

    Luis Amado, tout en disant s'attendre « aux difficultés inhérentes à un processus de négociation qui est difficile », sans qu’il y ait de « problèmes insurmontables », s’est dit « confiant » dans le fait que l'UE aura avant la fin de l'année un nouveau traité.

    Disons qu’il y aura sans doute un traité signé avant la fin de l’année.

    La Constitution européenne avait été signée avant la fin de l’année 2004, et en grandes pompes…

  • Alyah

    L’Agence juive estime que quelque 3.000 immigrants juifs français auront immigré en Israël au cours de l'année 2007, soit un nombre sans précédent depuis 35 ans.

    L'immigration en provenance de France a augmenté de 10% depuis le début de l'année en cours par rapport à la période correspondante de l'année antérieure.
    Le président de l'Etat hébreu, Shimon Peres, en présence de diverses personnalités, doit accueillir mercredi matin à l'aéroport Ben- Tel-Aviv un groupe de 600 immigrants juifs de France.

    Depuis sa création en 1948, Israël a accueilli quelque 80.000 juifs de France.

    Mais l’Agence juive ne donne pas, semble-t-il, le nombre de ceux qui reviennent en France après avoir constaté qu’ils ne pouvaient pas s’intégrer à Israël.

  • Turquie : les élections sans surprise

    Selon les résultats définitifs encore non officiels, le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a obtenu 46,4% des voix aux législatives anticipées, soit 12 points de plus qu’en 2002.

    L’AKP devrait ainsi obtenir 340 des 550 sièges du Parlement. En 2002, il avait obtenu 351 députés. Le nombre est moins élevé car un troisième parti fait son retour au Parlement, le MHP, parti de l’action nationaliste, vigoureusement anti-européen, qui obtient 14,2% des voix et 71 députés. Des députés "indépendants", en majorité kurdes, sont également élus.
    Quant au parti laïque d’Atatürk, le Parti républicain du peuple (CHP), il ne recueille que 20,8% des suffrages et devrait avoir 112 députés.

    Certains commentateurs s’étonnent de voir que la parti laïque n’a pas réussi à « capitaliser » les gigantesques manifestations laïques d’avril et mai dernier. C’est la preuve que des manifestations, aussi immenses qu’elles soient, ne correspondent pas forcément à l’état réel de l’opinion publique. En l’occurrence, cela apparaissait clairement si l’on regardait objectivement la situation. Erdogan ne prenait aucun risque en annonçant que son parti aurait la majorité absolue.

    La conséquence est que non seulement la « crise » n’est pas dénouée, mais que Erdogan, qui est apparu en compagnie de sa femme voilée pour célébrer sa victoire, est plus fort qu’avant, face à l’armée, qui restera le seul garant de la « laïcité » lorsque Erdogan aura fait élire un nouveau président de la République issu de son parti.

  • Il y a 90 ans, Benoît XV

    Lorsque Joseph Ratzinger est devenu pape et a choisi le nom de Benoît, j’ai pensé, tout naturellement (je n’étais évidemment pas le seul), qu’il y avait là deux références : une référence à saint Benoît, et une référence à son prédécesseur du même nom, à savoir Benoît XV. Depuis lors le pape a illustré à plusieurs reprises ces références. Pour ce qui concerne Benoît XV, on pensait d’abord à son action pendant la Première Guerre mondiale. Le pape, en vacances dans les Alpes, est revenu sur cet aspect lors de l’Angelus d’hier :

    Avec son lot de deuils et de destructions, la guerre est depuis toujours, à juste titre, considérée comme une calamité qui contraste avec le projet de Dieu qui a tout créé pour la vie et qui veut en particulier faire du genre humain, une famille. Je ne peux pas ne pas revenir, par la pensée, à une date significative : le 1er août 1917 – il y a exactement 90 ans – mon vénéré prédécesseur, le pape Benoît XV, adressa sa célèbre Note aux puissances belligérantes leur demandant de mettre fin à la première guerre mondiale. Alors que sévissait cet effroyable conflit, le pape eut le courage d’affirmer qu’il s’agissait d’un « massacre inutile ». Cette expression est restée gravée dans l’histoire. Elle était justifiée dans la situation concrète de cet été 1917, particulièrement sur le front vénitien. Mais les paroles « massacre inutile » possèdent également un sens plus large, prophétique, et on peut les appliquer à de nombreux autres conflits qui ont brisé d’innombrables vies humaines.

    (…) La Note de Benoît XV ne se limitait pas à condamner la guerre ; elle indiquait, sur un plan juridique, les chemins pour bâtir une paix juste et durable : la force morale du droit, le désarmement équilibré et contrôlé, l’arbitrage dans les controverses, la liberté des mers, l’annulation réciproque des dépenses de guerre, la restitution des territoires occupés, des négociations justes pour trancher dans les questions qui se posaient. La proposition du Saint-Siège était orientée vers l’avenir de l’Europe et du monde. Il s’agissait d’un projet d’inspiration chrétienne, mais tous pouvaient le partager car celui-ci était fondé sur le droit des nations. Les Serviteurs de Dieu, Paul VI et Jean-Paul II, ont adopté la même formulation dans leurs mémorables discours à l’Assemblée des Nations unies, répétant, au nom de l’Eglise : « Plus jamais la guerre ! ».

    De ce lieu de paix, où l’on perçoit l’horreur des « massacres inutiles » comme plus inacceptable encore, je renouvelle l’appel à poursuivre avec persévérance le chemin du droit, à refuser avec détermination la course aux armements, de manière plus générale, à refouler la tentation de faire face à de nouvelles situations avec de vieux systèmes.

  • Saint Apollinaire

    Le très digne prélat Apollinaire est envoyé par le prince des apôtres Pierre à Ravenne, annoncer aux incrédules le nom de Jésus. Après y avoir opéré un grand nombre de miracles en faveur de ceux qui croyaient en Jésus-Christ, il fut souvent accablé sous les coups de fouet; et son corps déjà vieux fut soumis à des traitements horribles de la part des impies. Mais afin que les fidèles ne fussent pas ébranlés dans la foi en présence de pareils tourments, il opérait des miracles comme les apôtres, par la puissance de Notre Seigneur Jésus-Christ. Après ses supplices, il ressuscite une jeune personne, il rend la vue aux aveugles, la parole aux muets, il délivre une possédée du démon, il guérit un lépreux, il rend la santé à un pestiféré dont les membres tombaient en dissolution; il renverse une idole et le temple qui l’abritait. O Pontife le plus digne de toute admiration et de tout éloge, qui mérita de recevoir le pouvoir dès apôtres avec la dignité épiscopale ! O courageux athlète de Jésus-Christ, sur le déclin et le froid des ans, il prêche au milieu des tortures avec constance Jésus-Christ, le Rédempteur du monde !

    (extrait de la préface de saint Ambroise pour la messe de saint Apollinaire, cité par Jacques de Voragine dans sa Légende dorée)

  • 8e dimanche après la Pentecôte

    Ecoute, Seigneur, l’hymne et la prière que ton serviteur prie devant toi aujourd’hui ; que tes yeux soient ouverts, et tes oreilles attentives, sur cette maison, nuit et jour. Veille, Seigneur, depuis ton sanctuaire, de ta demeure au plus haut des cieux, sur cette maison nuit et jour.

    (un des répons des matines de ce dimanche, assemblage de formules de la prière de Salomon en III Rois, 8)

  • Une ignominie du Figaro Magazine

    Le Figaro Magazine titre : La science défie l’histoire, et ajoute : « Les chercheurs en sont désormais sûrs : Napoléon est mort d’un cancer. La vérité sur Jeanne d’Arc, Louis XVII, Léonard de Vinci. »
    La première imposture est que l’on vous dit la « vérité » sur tout cela (et autres choses : dix « révélations » en tout !) en… quatre pages (grandes illustrations comprises).

    « La vérité sur Jeanne d’Arc », c’est simplement l’histoire de ces ossements noircis qui sont ceux d’une momie égyptienne. Cela commence ainsi : « C’est une des mystifications les plus ahurissantes de l’histoire de nos saintes reliques. De quoi consterner les adorateurs de la Pucelle. » Or il ne s’agit pas de « saintes reliques » puisqu’elles ne sont pas dans une église mais dans un très profane musée, et que Le Figaro Magazine lui-même, le 4 mars 2006 (alors qu’on annonçait les analyses), soulignait qu’elles n’avaient jamais été reconnues comme telles par l’Eglise… Enfin je n’ai jamais rencontré d’« adorateurs » de la Pucelle, et il n’y a là de quoi consterner personne.

    Le Figaro-Magazine, par la plume de Marc Durin-Valois, ne se grandit pas en publiant ce genre de prose.

    Mais ce n’est rien à côté de ce qui est dit du Saint-Suaire :

    « La datation au carbone 14 est a priori sans appel (…). Cette pièce de lin (…) constituerait donc un des faux les plus troublants de l’histoire. Le procédé utilisé reste encore mystérieux, proche de la photographie, sans doute par utilisation d’oxyde ferrique — bien connu au Moyen-Age — lié par collagène. » Et voici le bouquet : « Quoique considéré comme un faux par l’Eglise depuis 1390, les partisans de l’authenticité du suaire ne désarment pas. »

    Ici la mauvaise foi est portée à un niveau de chef-d’œuvre anticatholique. Il faudrait préciser de quel mois de 1390 on parle. Car en janvier, le pape Clément VII, qui n’avait manifestement pas vu le tissu, ordonne à l’évêque de Troyes de déclarer, lors des ostensions du suaire qui se trouve alors à Lirey, « à haute et intelligible voix », qu’il s’agit d’une « peinture ou tableau du suaire qu'on dit avoir été celui de Notre Seigneur Jésus-Christ ». Mais en juillet de la même année, le même pape permet la dévotion au Saint-Suaire… En 1506, le pape Jules II autorise le culte du Saint-Suaire, « unique linceul dans lequel Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même fut envoyé au tombeau ». Et en 1980, Jean-Paul II se rend à Turin pour le vénérer.

    Le Figaro Magazine deviendrait-il le magazine de la « libre pensée » ?

  • Sunnites contre chiites au… Nigeria

    Cinq chiites ont été tuées et des dizaines de maisons incendiées vendredi lors de représailles sunnites, à Sokoto, dans le nord du Nigeria.

    Ces violences ont éclaté après l'assasinat de l'imam Umar Dan-Maishiyya mercredi à Sokoto. Les sunnites avaient accusé les chiites de l'avoir assassiné, ces derniers ayant rejeté ces accusations.

    Depuis quelques années les heurts entre les deux communautés sont récurrents. Pendant le premier semestre 2005, des batailles entre les deux groupes pour le contrôle de la grande mosquée de la ville avaient fait au moins une dizaine de morts.

    En juin 2005, de nouveaux affrontements s'étaient soldés par de nombreux blessés et l'arrestation de Umar Dan-Maishiyya, considéré comme l'un des meneurs des attaques anti-chiites. Après sa détention, une foule de sunnites en colère avait détruit un bâtiment gouvernemental à Sokoto.

    Depuis le début du XIXe siècle, Sokoto est un « sultanat », certains sultans ayant même la prétention au califat. Le sultan porte aussi le titre de sheikh et de commandeur des croyants. Aujourd’hui il est automatiquement président du Conseil suprême des Affaires islamiques du Nigeria (NSCIA). L’actuel sultan, Alhaji Muhammadu Saad Abubakar, règne depuis novembre 2006, après la mort de son prédécesseur, un de ses frères, dans un accident d’avion. Son père, qui a régné 50 ans, avait eu 50 enfants. La « famille royale » comprend un millier de membres…

  • Saint Laurent de Brindes

    Saint Laurent de Brindes (Brindisi), capucin, gravit tous les degrés de son ordre jusqu’au sommet. Il était doté d’une mémoire exceptionnelle et maîtrisait 7 langues : latin, grec, syriaque, hébreu, italien, allemand et français. Il a participé à la Réforme catholique en Autriche et en Bohême où il a fondé des couvents. Il a écrit une dissertation dogmatique sur Luther, un commentaire de la Genèse , et 840 sermons. Canonisé par Léon XIII, il a été proclamé docteur de l’Eglise par Jean XXIII, qui lui a donné le titre de « docteur apostolique ».

    Il fut chargé par les papes de plusieurs importantes missions diplomatiques. En 1601, Clément VIII l’envoie à l’empereur Rodolphe II, commandant en chef des forces catholiques contre les Turcs, en lui disant : « Ce capucin, animateur spirituel, vaut une armée entière. » Effectivement, promu aumônier des troupes impériales, il devient le plus puissant soutien de Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur. Combattant à un contre cinq, les forces anti-ottomanes, galvanisées par leur chapelain, écrasent les Turcs à Szekes-Fejerdars, près d'Albe-Royale, en Hongrie. Au plus fort de l'engagement, saint Laurent, un moment cerné par l'ennemi, est dégagé par ses compagnons de lutte : « Votre place n'est pas ici », lui crient-ils. « Vous vous trompez, répond-il, c'est bien ici que, de par Dieu, je dois être. En avant ! La victoire est à nous ! »

  • Le Pen chez Sarkozy

    Jean-Marie Le Pen a été reçu pendant plus d’une demi-heure par Nicolas Sarkozy à l’Elysée, dans le cadre des consultations que mène le président de la République sur la réforme des institutions.

    A sa sortie, il a déclaré qu’il avait eu un entretien « à la fois sérieux et courtois » avec Nicolas Sarkozy, qu’il a qualifié d’« interlocuteur extrêmement chaleureux ». « J’ai énuméré les divergences de vues que j’ai avec la politique du président, en reconnaissant que son activité était remarquable et qu’elle attirait l’attention du monde entier. »

    Interrogé sur les auditions judiciaires de Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen a répondu : « Je ne me fais pas trop d’illusions sur l’issue de ces recherches. Les loups ne se mangent pas entre eux. Il est vrai que la politique française a été irriguée pendant des décennies par l’argent noir, à l’exception du FN. Jacques Chirac a été un maître, mais je pense que personne n’ira lui chercher des poux dans la tête à cette occasion. »

  • Pour la langue française, contre le protocole de Londres

    Le Comité contre le protocole de Londres, présidé par Claude Hagège, dénonce dans une pétition « les risques d’une éventuelle ratification » de ce protocole sur les brevets européens, signé en 2001, « dont les grandes entreprises étrangères bénéficieraient au détriment des PME et TPE françaises, et surtout ses conséquences dramatiques pour la langue française ».  La ratification de ce protocole « aboutirait en effet, en Europe, à la suppression de l'obligation actuelle de traduire en français tous les brevets rédigés en langue anglaise ou allemande sous prétexte de diminuer le coût des brevets d'invention ».

    Actuellement, ces textes doivent être publiés dans les langues des 32 pays membres de l'Office européen des brevets. Dans le cadre du Protocole, il y aurait trois langues officielles (anglais, français et allemand), et les textes pourraient être publiés dans une seule des trois.

    La ratification, souligne le Comité, « reviendrait à admettre, en réalité, l'usage de l'anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale ». Si actuellement 100% des brevets sont traduits en français, « la part de la francophonie passerait à 7% ». Car à l'heure actuelle 70% des brevets sont déposés en anglais, 23% en allemand et 7% en français.

    Dans une tribune publiée le 12 juillet dans Le Monde, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche , Valérie Pécresse et le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet se faisaient, naturellement, les avocats de la ratification, en prenant prétexte que le Protocole « permettrait d'alléger les coûts de traduction », qui représentent 40% de l’investissement initial en vue de l’obtention d’un brevet. Mais le comité répond que le prix de revient élevé des brevets européens ne résulte pas des traductions, et fait état d’une étude réalisée par l’Office européen des brevets qui l’estime à 15%, et non 40.

    Ils avançaient aussi que le brevet communautaire est « le meilleur instrument car il est le seul qui permette d’avoir un titre unique de protection de la propriété industrielle dans l’Union européenne ». Toujours l’obsession européiste. A quoi répond la Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle : « La ratification serait un cadeau sans contrepartie aux multinationales anglo-saxonnes et japonaises, qui pourraient déposer plus de brevets encore, et renforcer leur hégémonie et la dépendance juridique et technologique de la France notamment. »

    Le Comité rappelle que sur les 31 pays concernés, seuls 13 ont ratifié le texte, et que 17 ont refusé. « L’accord de la France étant indispensable pour que ce traité entre en vigueur, c’est elle qui détient le sort de notre langue et du plurilinguisme ».

    En l’occurrence, c’est la Parlement qui détient le sort de notre langue. Un Parlement dévoué à Nicolas Sarkozy, qui a fait savoir par l’intermédiaire de Valérie Pécresse et Jean-Pierre Jouyet qu’il était favorable au protocole qui permettra de supprimer la langue française dans les brevets européens...

  • Jane Austen inconnue au bataillon

    Un écrivain britannique qui n’arrivait pas à se faire éditer, David Lassman, a fini par envoyer à 18 éditeurs le premier chapitre, suivi d’un synopsis, de trois romans de Jane Austen, en modifiant seulement les titres et les noms des personnages. Certains éditeurs ont ainsi reçu le premier chapitre du célébrissime Orgueil et préjugés, avec sa première phrase, archi-connue en Angleterre : « C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier. »

    Sur ces 18 éditeurs, 17 lui ont renvoyé une lettre de refus type ou n’ont pas répondu. Un seul d’entre eux a reconnu le style de Jane Austen et lui a recommandé d’éviter le pastiche...

    Quant à l’agence littéraire qui représente J.K. Rawling (Harry Potter), elle s’est dite « peu assurée de pouvoir placer ce manuscrit auprès d’un éditeur ».

    Cela a déjà été fait par quelques facétieux, toujours avec le même résultat. On peut se dire que David Lassman vérifie une fois de plus ce que l’on constate partout : pour se faire éditer par un grand éditeur, il faut être déjà connu, ou bénéficier d’un piston.

    L’originalité de l’affaire, ici, est que David Lassman n’est pas un inconnu : il est le directeur du festival Jane Austen de Bath...

  • Prière sans Dieu

    Comme dans d’autres villes de la « Bible belt » (ceinture biblique) des Pays-Bas, les séances du conseil municipal de Montfoort, au nord-est d’Amsterdam, commencent toujours par une prière. Mais les adeptes du laïcisme ont obtenu qu’une solution soit trouvée pour mettre fin à cette situation qu’un élu chrétien-démocrate qualifie de « gênante » (sic). Ce qui était gênant était que certains élus de gauche quittaient la salle pendant la prière...

    Ces élus de gauche voulaient donc supprimer la prière, les libéraux demandaient qu’elle soit remplacée par une minute de silence et de méditation, les chrétiens souhaitaient la garder tout en tenant compte des récriminations.

    Résultat : il a été décidé que la prière serait maintenue, mais sans mention de Dieu, et en supprimant Amen.

    Sic.

    « Mais ainsi, la prière prend une drôle de consonance », reconnaît le chrétien-démocrate...

  • L’inflation des conseillers ministériels

    Les services du Premier ministre ont publié hier un communiqué indiquant que l’effectif des cabinets ministériels est actuellement de 537 membres.

    Cette indication a été communiquée après la diffusion de l’information selon laquelle Arno Klarsfeld allait devenir le 64e conseiller de François Fillon, et la mise au jour d’un rapport d’audit du Conseil d’Etat et de l’Inspection des Finances stigmatisant l’inflation des conseillers ministériels, dont le nombre a augmenté de 148% depuis 1958, passant notamment de 5,3 conseillers par ministre dans le gouvernement de Raymond Barre à plus de 20 dans le gouvernement Villepin. Cette inflation « ne signifie pas plus de politique mais plus de technique dans le traitement des dossiers », et in fine un « déficit de vision stratégique », souligne le rapport, estimant que « le travail de coordination connaît un emballement pathologique propre à la France ».

    On est censé comprendre que 537 membres ce n’est pas beaucoup par rapport aux 652 du gouvernement Villepin.

    Mais François Fillon avait fixé un plafond de 20 conseillers par ministère, et 4 par secrétariat d’Etat. Ce qui fait un maximum de 400 conseillers, et non 537.

    On remarque que Jean-Louis Borloo, pour l’écologie et le développement durable, est entouré de pas moins de 35 conseillers.

    On remarque surtout que le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, qui devrait donc avoir au maximum quatre conseillers, en a dix... Il en faut, du monde, pour mentir adéquatement aux Français sur l’Europe et obéir aux injonctions de Bruxelles...

  • Territoire

    Lu sur Novopress :

    Dès leur première nuit d’installation, les vélos en libre-service du quartier de la Goutte d’Or (18è) ont été saccagés. Christophe Caresche, adjoint à la sécurité au maire de Paris, et élu de l’arrondissement a ainsi déclaré : «il y a dans ce quartier un phénomène préoccupant d’appropriation du territoire, certains ont considéré l’arrivée des Vélib comme une intrusion chez eux, ce qui est inacceptable.»
    On imagine aisément combien certains résidents du quartier doivent se sentir parfois en territoire occupé… mis ceux-ci ne font pas la une des journaux et ne sont pas invités sur les plateaux pour évoquer la discrimination dont ils sont victimes au quotidien…

  • Service minimum ?

    Le Sénat a adopté hier en première lecture le projet de loi dont on nous dit qu’il porte sur le service minimum dans les transports, et dont on rappelle qu’il s’agissait d’une promesse électorale de Nicolas Sarkozy.

    La gauche et les syndicats crient très fort contre ce projet, qui porte atteinte au droit de grève, etc.

    Mais, comme pour la réforme de l’université et la lutte contre la récidive, dont les textes ont déjà été adoptés par les sénateurs, et le « paquet fiscal », déjà adopté par les députés, ce projet de loi est très en retrait des promesses de Nicolas Sarkozy.

    D’abord, l’expression « service minimum » ne figure pas dans ce projet de loi « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres de voyageurs ».

    A priori, on peut supposer que la mention de la « continuité du service public », s’il ne s’agit pas seulement du rappel d’un principe du droit, implique dans un tel texte la définition d’un service minimum. Mais si l’on cherche dans le texte ce qui s’y rapporte, on trouve seulement ceci : la collectivité territoriale définit les « dessertes à assurer en priorité en cas de perturbation prévisible du trafic », pour cause de grève, d’incident technique ou d’aléa climatique, et prévoit un « plan d’information des usagers ».

    Et une fois qu’on a « défini » et qu’on a « informé », qu’est-ce qu’on fait ?

    Il est significatif que cet aspect du texte, qui devait être central, n’est pas critiqué par la gauche et les syndicats. Les hurlements visent deux autres articles, et ce sont ceux-là qui « portent atteinte au droit de grève ».

    Il s‘agit de l’obligation pour un gréviste de se déclarer tel 48 heures à l ‘avance, et de l’instauration d’un vote à bulletins secrets pour décider de la poursuite ou de l’arrêt du mouvement au-delà de huit jours de grève (mais ce vote est facultatif et son résultat n’est pas contraignant !...).

    On comprend que ces mesures gênent les gréviculteurs et les amateurs de piquets de grève (qui ont toujours été illégaux), mais on ne voit pas en quoi elles porteraient atteinte au droit de grève, puisque, au contraire, elles le présupposent, et renforcent la légitimité de la grève déclenchée de façon légale.

    Naturellement, les syndicats ne sont pas contents non plus du renforcement du principe de non-paiement des heures de grève. Il devrait aller de soi que lorsqu’on fait grève on n’est pas payé, mais le paiement des jours de grève était devenu, du moins dans certains secteurs (notamment des transports), quasiment un droit acquis. La nouvelle loi stipule que toute disposition contractuelle contraire au principe du non-paiement est désormais « réputée sans cause ». Ce qui n’empêche pas un paiement « non contractuel »...

    Bref, c’est un projet de loi qui tente de moraliser un peu la grève (il comporte aussi que toute entreprise de transport doit se doter d’un accord cadre de prévention des conflits, il interdit le dépôt d’un deuxième préavis de grève pour les mêmes motifs avant l’échéance du premier en cours...), mais qui ne modifiera pas substantiellement la situation. Comme les autres lois que fait voter Sarkozy.

  • Saint Jérôme Emilien

    Dieu, père des miséricordes, qui avez voulu que saint Jérôme Emilien devienne le secours et le père des orphelins, par ses mérites et son intercession, faites que nous gardions fidèlement l’esprit d’adoption par lequel nous sommes appelés et sommes réellement vos enfants.

  • Ecoeurant

    Dans ses mémoires, un évêque à la retraite dénonce avec vigueur la dérive de l’épiscopat au gré des modes et des langages convenus, le consensus mou, l’absence de paroles fortes, les magouilles des « grosses mitres » pour se répartir les postes clefs, les compromissions avec le pouvoir politique, etc.

    C’est exactement ce que font nombre de hauts fonctionnaires de telle ou telle administration, de tel ou tel service public, lorsqu’ils prennent leur retraite. Alors qu’ils ont toute leur vie défendu la politique qu’ils appliquaient, et diabolisaient ceux qui se permettaient de la critiquer, une fois à la retraite ils se lâchent. Sans jamais un mot de regret pour avoir méprisé et disqualifié ceux qui disaient ce qu’ils disent une fois qu’ils ne risquent plus rien.

     Les mémoires de cet évêque à la retraite n’ont aucun autre intérêt que de souligner que la plupart de nos évêques, au lieu d’être de dignes successeurs des apôtres, ne sont que des fonctionnaires. Et encore, c’est faire injure aux fonctionnaires, car les évêques, quant à eux, ont en réalité toute liberté de parole.

  • Le nouveau traité devait être illisible...

    « Ils ont décidé que le document [le nouveau traité européen] devait être illisible. S’il est illisible, il n’est pas constitutionnel, c’était en quelque sorte leur impression. D’où avaient-ils tiré cette impression, c’est un mystère pour moi. Pour rendre nos concitoyens heureux, faisons un document qu’ils ne comprendront jamais.. Mais il y a là une certaine vérité. Parce que si c’est là le genre de document que la conférence intergouvernementale va produire, n’importe quel Premier ministre – disons le Premier ministre britannique, pourra aller devant les Communes et dire : Vous voyez, c’est absolument illisible, c’est un traité typique de Bruxelles, il n’y a rien de nouveau, il n’y a pas besoin d’un référendum. Tandis que si vous pouviez le comprendre au premier coup d’œil, il y aurait quelque raison d’organiser un référendum, parce que cela voudrait dire qu’il y a quelque chose de nouveau. »

    Ces propos sont de Giuliano Amato, ancien président du Conseil italien, actuel ministre de l’Intérieur (l’original est ici). En l’occurrence, Giuliano Amato a surtout été vice-président de la Convention européenne qui a élaboré la Constitution européenne, et président du groupe portant son nom, qui fut chargé par la présidence allemande de l’Union européenne d’élaborer le traité « simplifié ». le moins que l'on puisse dire est qu'il sait de quoi il parle.

    Ils ont été tenus à Londres, devant le lobby européiste britannique Centre for European Reform, et devaient rester confidentiels. Mais ils ont été enregistrés et se sont retrouvés sur internet, puis dans la presse...

    Ils sont quelque peu embarrassants pour le Premier ministre Gordon Brown, d’autant qu’ils vont évidemment fournir un argument de poids à ceux qui réclament un référendum.

    D’autant, aussi, que, le même jour, le même Gordon Brown, à l’issue d’un entretien avec son homologue irlandais, a commis un intéressant lapsus en disant à la presse qu’ils avaient parlé de la... « Constitution européenne »...

    (Merci au Salon Beige)