Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le Pen et les chiffres du chômage

    Communiqué de Jean-Marie Le Pen

    Nicolas Sarkozy avait une bonne occasion de montrer la « rupture » en suspendant la publication des chiffres du chômage, désormais contestés par tous les économistes et statisticiens, y compris ceux du ministère de l’emploi.

    Mais il a laissé ce ministère publier des chiffres dont tout le monde sait désormais qu’ils n’ont plus aucun sens, mais qui lui servent sur le plan électoral.

    En fait de rupture, il s’inscrit dans la plus déplorable continuité.

  • L’effet Sarkozy

    L’indicateur du « moral des ménages » a grimpé de six points en mai, passant de -20 à -14. Pour les spécialistes, c’est l’effet Sarkozy. Marc Touati relève qu’il faut remonter à juin 1997, lors de l’arrivée de Lionel Jospin à Matignon, pour retrouver une telle progression. Elle avait même alors été de neuf points.

    Mais l’enthousiasme des benêts, qui s’imaginent que Sarkozy va tout arranger et les rendre riches, durera ce qu’avait duré le parfum de la rose socialiste...

    Car le problème, c’est de garder le moral...

  • Zoellick après Wolfowitz

    George Bush a « proposé » que Robert Zoellick prenne la présidence de la Banque mondiale. Paul Wolfowitz, qui s’accrochait pourtant à son poste, a finalement jeté l’éponge, le 17 mai : il était désavoué par tous, et l’unique soutien de Bush n’était plus suffisant.

    Ainsi l’ancien n° 2 du Pentagone sera remplacé, le 30 juin, par l’ancien n° 2 du Département d’Etat...

    Robert Zoellick s’est surtout rendu célèbre comme représentant spécial américain pour le commerce, dans les négociations de l’OMC. Il a été l’architecte du « cycle de Doha », avec son alter ego européen Pascal Lamy, les deux hommes s’entendant comme larrons en foire pour libéraliser le commerce mondial au profit des Etats-Unis et contre les principes mêmes de l’Union européenne que Pascal Lamy était censé défendre.

    Pascal Lamy est aujourd’hui à la tête de l’OMC... Et son ami « Bob » va être président de la Banque mondiale. Les deux ténors du mondialisme sans frein vont pouvoir mettre les bouchées doubles.

    « Le but de la Banque mondiale n’est pas de faire la charité », a déjà déclaré Zoellick. On s’en doutait un peu.

  • Chiffres du chômage : on attend la « rupture »

    Sarkozy avait promis la rupture, mais c’est la continuité que l’on voit, à propos des chiffres du chômage. La continuité dans le mensonge.

    Le ministère de l’emploi a en effet publié, sans sourciller, les chiffres d’avril, alors que chacun sait qu’ils ne correspondent à rien, puisque l’enquête annuelle qui permet de les établir a été reportée en raison des résultats non conformes qu’elle révélait... Pour février, Eurostat avait considéré que le taux de chômage était sans doute de 8,8%, et non de 8,4 comme l’avait annoncé le gouvernement.

    Les statisticiens du ministère ont même fait grève le mois dernier contre la parution de leurs propres chiffres... Aujourd’hui ils organisent des « Etats généraux des chiffres du chômage et de la précarité », et vont encore plus loin en déclarant notamment : « La publication mensuelle d’un chiffre du chômage entretient inévitablement des controverses stériles que les informations disponibles ne permettent pas de trancher. Ce bruit médiatique, qui peut parfois servir la communication gouvernementale, n’apporte rien au débat démocratique qui devrait être organisé dans une plus grande sérénité sur des bases statistiques précises et incontestables. »

    Mais le bruit médiatique qui sert la communication gouvernementale, c’est tout ce que veut Sarkozy...

  • Fillon dans le texte

    En arrivant à Loué, hier, François Fillon a déclaré aux journalistes qui l’attendaient : « Le Premier ministre vient faire une campagne électorale dans la Sarthe , il ne vient pas répondre aux questions des journalistes de la presse nationale. » En fait de campagne sarthoise, il n’a quasiment parlé à ses électeurs que de son magnifique gouvernement...

    Il a notamment fait part de sa volonté de voir le conseil des ministres devenir un lieu « où l’on débat, comme dans n’importe quel conseil d’administration, n’importe quel conseil municipal, n’importe quelle association ».

    Le conseil des ministres comme un conseil d’administration... La veille il avait qualifié Sarkozy de « patron »...

  • Des tracts UMP en turc

    Le député UMP sortant de la 2e circonscription de la Moselle , Denis Jacquat, fait distribuer dans le quartier turc de Metz un tract bilingue français-turc. Où il est présenté par la signataire, Elise Apaydin-Sapci, comme « le meilleur défenseur de nos intérêts à l’Assemblée nationale ». Le meilleur défenseur des intérêts turcs...

  • « La machine populiste »

    Arte va consacrer le 12 juin une soirée au « populisme » en Europe. En première partie, une « enquête » intitulée La machine populiste. En réalité, c’est évidemment Arte qui fabrique et lance une nouvelle machine de guerre contre ce que la chaîne des intellos appelle le « populisme », qui est une horreur : c’est le nationalisme, la xénophobie, l’extrême droite, etc., qui a en « fil rouge » la désignation d’un ennemi intérieur. Sic.

    Et les Français sont bien placés pour le savoir, puisque si les précurseurs du populisme sont apparus dans les années 70 au Danemark et en Norvège, nous dit-on, c’est l’émergence du Front national en 1983 à Dreux qui a donné son impulsion au mouvement. « Dès lors, explique le réalisateur, le FN s’est imposé sur l’échiquier politique français, il a servi de locomotive aux populistes d’Europe, servant de modèle de stratégie d’intégration aux instances démocratiques. L’extrême droite était jusque là mise à l’écart, constituée de groupuscules de type factieux et antiparlementaires. L’influence de M. Le Pen, élu député européen en 1985, a normalisé sa présence au sein du système démocratique européen. » Alors le populisme est devenu contagieux, les thématiques du Front national se sont répandues comme des cellules cancéreuses dans les autres partis, de droite comme de gauche. Résultat : « Le FN a gagné sur le terrain idéologique, et les thèmes populistes ont triomphé en Europe. »

    Il est quelque peu exagéré de dire, hélas, que les thèmes populistes ont « triomphé en Europe », même si en France en effet c’est le cas avec l’élection de Nicolas Sarkozy.

    On goûtera toutefois de voir un adversaire résolu du populisme en arriver globalement à la même conclusion que ceux qu’il dénonce. Mais c’est bien sûr pour en appeler au combat contre cette hydre effroyable.

    En deuxième partie, Arte se penche plus particulièrement sur... la Pologne, bien sûr, qui est en permanence dans la ligne de mire de la pensée unique. Sous le titre Citizens K.

    K comme Kaczynski... et comme Kolossale finesse d’Arte.

    L’un des auteurs de ce « documentaire » explique que les frères Kaczynski « c’est un autre genre de populisme qu’on ne peut pas mélanger à l’extrême droite ». En bref, ce sont des « démocrates paranoïaques ». Comme on le voit, le documentaire est objectif, et les réalisateurs le soulignent eux-mêmes : ils interrogent seulement des gens qui font partie de la galaxie Kaczynski : « Nous n’avons pas voulu exprimer nos opinions mais plutôt amener le téléspectateur à se faire sa propre idée. » Kolossale finesse, là encore. Chacun sait qu’un savant montage de propos de proches d’une personnalité politique peut être beaucoup plus efficace pour le détruire qu’un reportage donnant la parole à un panel diversifié. Avec cet avantage qu’on fait croire en effet au téléspectateur qu’il se fait sa propre idée, alors que c’est de cette façon qu’il est le plus manipulé.

    La journaliste de l’AFP qui présente longuement ces émissions ajoute le coup de pied de l’âne, à propos des frères Kaczynski : « On apprend notamment qu’ils avaient joué à l’âge de 11 ans, dans un film à succès, le rôle de deux enfants méchants... »

    3756d456cbd4743b3cf8c833dc25db19.jpgOr on n’apprend rien du tout. Dès l’élection de Lech Kaczynski à la présidence de la République, la presse avait rappelé que les deux frères avaient été les héros du film pour enfants Sur ces deux-là qui ont volé la lune (dont le succès ne s’est jamais démenti en Pologne). Il s’agit d’une fable gentillette où deux bambins au visage angélique volent la lune et essayent de la vendre... Ils n’étaient pas plus « méchants » dans ce film qu’ils ne le sont devenus aujourd’hui qu’ils cherchent non pas à décrocher la lune mais à sauver leur pays de la pieuvre euromondialiste, ce qui est au moins aussi difficile.

  • Le Pen à Paris samedi

    4aeb30c3f19fd8b55971a0e7321788eb.jpg

  • Le Pen en appelle aux électeurs UMP et UDF

    Jean-Marie Le Pen, hier à Lille : « S’il n’y a pas de véritable opposition à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire s’il n’y a pas d’élus du Front national, l’UMP aura tous les pouvoirs, y compris celui de ne rien faire, ou de faire pire encore... J’appelle donc l’ensemble des électeurs de l’UDF et de l’UMP à aider à constituer cette opposition en soutenant le candidat FN, en particulier au deuxième tour. »

    Jean-Marie Le Pen a rappelé que jusqu’ici l’UMP faisait voter socialiste ou communiste contre un candidat FN au second tour. « Nous allons voir si l’ouverture de M. Sarkozy est strictement réservée à la gauche ou si elle comporte une ouverture plus générale. »

    Et de souligner : « Une seule chose peut contraindre Nicolas Sarkozy à appliquer la politique pour laquelle il a été élu : élire des députés FN qui exerceront une pression permanente sur lui. »

  • National Hebdo N° 1193

    "Législatives : les jeux ne sont pas faits ! LE FN EN CAMPAGNE." Dans ce numéro, compte rendu des deux premiers jours de la tournée de Jean-Marie Le Pen en avion dans les régions, et un grand reportage sur la campagne de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais.

    Dans mon édito, j’évoque essentiellement la politique européenne de Sarkozy, avec son traité simplifié, dont il se confirme qu’il sera pire que la Constitution européenne.

    Béatrice Pereire décrit  le personnage qui occupe désormais l’Elysée : « apothéose du bougisme » et « impayable coucou ».

    Michel Limier examine l’ascension fulgurante de Rachida Dati, et donne des détails sur sa fondation, le Club du XXIe siècle, où se côtoient hommes politiques de gauche et de droite, hommes d’affaires et médecins, tout un gratin de « diversité ».

    Dans ses Réminiscences à bâtons rompus, Jean Bourdier évoque Eric Losfeld, « homme représentant tout ce que j’étais censé détester et déstestant, en principe, tout ce que j’étais censé représenter ». On croise aussi Jean-Marie Le Pen et Pierre Durand.

    A noter une page sur le malaise de la police vu de l’intérieur, avec une recension du livre de Philippe Pichon Journal d’un flic et une interview de l’auteur, qui explique notamment pourquoi Sarkozy a échoué comme ministre de l’Intérieur.

  • Jeudi de Pentecôte

    Dans son commentaire de l’évangile de ce jour (Luc 9, 1-6), saint Ambroise répond d’une certaine façon à ceux qui jugent stupide le propos d’une participante au pèlerinage de Chartres : « La sainteté passe par les pieds. »

    Quel doit être celui qui annonce le Royaume de Dieu, les préceptes de l'Évangile l'indiquent : sans bâton, sans besace, sans chaussure, sans pain, sans argent, c'est-à-dire ne recherchant pas l'aide des ressources de ce monde, abandonné à la foi, et comptant que moins il recherchera les biens temporels, plus ils pourront lui échoir. On peut, si on le veut, entendre tout cela au sens suivant : ce passage aurait pour but de former un état d'âme tout spirituel, qui semble avoir dépouillé le corps comme un vêtement, non seulement en renonçant au pouvoir et en méprisant les richesses, mais en écartant même les attraits de la chair. (…)

    De même qu'il est supposé qu'on leur offrira le bienfait de l'hospitalité, de même, s'ils ne sont pas reçus, ils ont ordre de secouer la poussière de leurs pieds et de sortir de la ville ; ce qui nous apprend qu'une bonne hospitalité n'est pas petitement récompensée : non seulement nous procurons la paix à nos hôtes, mais s'ils sont couverts de la poussière légère des fautes, recevoir les pas des prédicateurs apostoliques enlève celles-ci. (…)

    Mais si nous avons là, au sens littéral, la teneur d'un précepte vénérable qui touche au caractère religieux de l'hospitalité, l'interprétation mystérieuse et spirituelle nous sourit. Quand on choisit une maison, on se met en quête d'un hôte digne. Voyons donc si ce ne serait pas l'Église qui est désignée à notre préférence, et le Christ. Est-il maison plus digne d'accueillir les prédicateurs apostoliques que la sainte Église ? qui, pour être préféré à tous, a plus de titres que le Christ ? Il a coutume de laver les pieds à ses hôtes, et du moment qu'il reçoit dans sa maison, II ne souffre pas qu'on y séjourne avec des pieds souillés, mais, si fangeux qu'ils soient de la vie passée, II daigne les nettoyer pour la suite du voyage. C'est donc Lui seul que personne ne doit quitter, dont personne ne doit changer. (…)

    Il est donc avant tout prescrit de s'enquérir de la foi d'une Église : si le Christ en est l'habitant, il faut sans nul doute la choisir ; mais si un peuple de foi mauvaise ou un docteur hérétique défigure la demeure, il est ordonné d'éviter la communion des hérétiques, de fuir cette synagogue. Il faut secouer la poussière des pieds, de peur que la sécheresse crevassée d'une foi mauvaise et stérile ne souille, comme une terre aride et sablonneuse, la marche de votre esprit. Car si le prédicateur de l'Évangile doit prendre sur lui les infirmités corporelles du peuple fidèle, emporter et faire disparaître comme sur ses pieds leurs actions vaines, comparables à la poussière — selon qu'il est écrit : « Qui est malade sans que je sois malade ?» (II Cor., XI, 29) — il doit également abandonner toute Eglise qui repousse la foi et ne possède pas les fondements de la prédication apostolique, de peur d'être éclaboussé et souillé par une foi erronée.

  • Encore Bertone...

    «  La Turquie est un pays définitivement laïque », elle « respecte les règles fondamentales de la vie en commun », et avec des gouvernements qui respectent ces règles « on peut dialoguer et construire ensemble le bien commun dans la sphère européenne », « y compris jusqu’à une entrée dans l’Europe ».

    Déclaration du cardinal Tacisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, dans une interview à La Stampa.

    Les rares chrétiens qui restent en Turquie, qui n’ont aucun droit et surtout pas celui de construire une église, vont être contents...

    Et le parti islamiste au pouvoir doit bien rigoler...

    (Sur de précédentes déclarations du même cardinal, voir ici.)

     

    Addendum

    Suite au commentaire de beatriceweb (voir commentaires). L'AFP et l'ATS (dans leurs premières dépêches) ont commis une belle erreur de traduction. Le cardinal a dit que la Turquie est définie comme laïque, et non qu'elle est définitivement laïque. Dont acte

    Il n'en reste pas moins qu'il est hallucinant, pour un dignitaire de l'Eglise, de prétendre que le gouvernement turc "respecte les règles de la vie en commun". Même la Commission européenne, qui veut pourtant à toute force que la Turquie intègre l'UE, critique les discriminations religieuses dans ce pays. Combien plus un cardinal devrait-il déplorer les persécutions dont les chrétiens sont victimes. A commencer par l'inscription automatique du nouveau-né chrétien comme "musulman"... Et c'est aussi "respecter les règles de la vie en commun" d'interdire obstinément au patriarche oecuménique de rouvrir un séminaire?  Et c'est aussi "respecter les règles de la vie en commun" que de refuser de reconnaître les génocides arménien et assyro-chaldéen ? Et dans un autre domaine, c'est aussi "respecter les règles de la vie en commun" de vouloir intégrer l'UE en refusant de reconnaître l'un des pays membres ? De quelque côté qu'on envisage la question, une telle affirmation est irrecevable.

    Addendum 2 - Je veux bien admettre l’interprétation selon laquelle le cardinal Bertone porterait un jugement hypothétique ou optatif. J’observe toutefois qu’il parle à l’indicatif présent, ce qui n’est pas la façon la plus claire de parler au conditionnel... Mais, même s’il en est ainsi, il reste qu’il se montre favorable à l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne. Il avait déjà tenu des propos similaires en décembre dernier : « Aujourd'hui, la Turquie connaît un système de laïcité particulier et un régime qui tend vers plus de démocratie. Il est de l'intérêt de l'Europe de l'aider à être une véritable démocratie pour consolider toujours plus un système de valeurs… Laisser la Turquie hors de l'Europe risque en outre de favoriser le fondamentalisme islamiste à l'intérieur du pays. »

    Je me permets de rappeler à ceux qui se refusent à toute critique que si le pape n’est pas infaillible en matière politique, a fortiori le secrétaire d’Etat ne l’est pas. Il est donc parfaitement licite de critiquer le cardinal Bertone, et de dire que la Turquie ne doit pas intégrer l’Union européenne, tout simplement parce qu’elle n’est européenne en aucune manière.

  • Niafles, triste exemple

    Dans le village de Niafles, en Mayenne, un prêtre continuait de célébrer la messe selon l’ancien rite. La paroisse de Niafles était inconnue du diocèse, rayée des listes, mais son église était pleine. Le prêtre est mort, et un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre l’a remplacé, avec l’accord de l’évêque, pour... deux mois. L’évêque a proposé aux fidèles une messe « en latin » (selon l’ordo de Paul VI) le dimanche matin à 9h, à... Laval, à 40 km de là. Et il a décidé de fermer l’église de Niafles. Le jour de la Pentecôte.. .

    Les fidèles ont décidé d’occuper l’église, et continuent de demander à l’évêque que la messe puisse être célébrée à Niafles...

    Un site internet a été créé, « en direct de Niafles », qui rassemble au jour le jour des documents sur cette affaire (dont le texte qu’un de mes lecteurs avait publié en commentaire sur mon blog le 1er avril). On lira notamment sur ce site la très belle lettre envoyée à l’évêque par un des paroissiens de Niafles.

    Si certains se demandent pourquoi le pape n’a pas encore publié son motu proprio libéralisant l’ancien rite, l’évêque de Laval leur apporte la réponse. Au nom de l’unité, de la tolérance et du dialogue, la messe de saint Pie V doit rester interdite, quoi qu’en pense le pape...

  • La sainteté par les pieds : mais oui

    Ici et là dans des blogs, certains se piquant de défendre la foi chrétienne, on s’offusque ou on fait des gorges chaudes à propos d’une réflexion d’une jeune fille faisant le pèlerinage de Chartres, devant les caméras de télévision : « La sainteté passe par les pieds ».

    Il s’agit pourtant là d’un thème traditionnel de tout pèlerinage, et dont la signification est très profonde : « Le pèlerinage, c’est la foi qui entre par les pieds », c’est « l’évangile par les pieds ». Cette jeune fille n’a pas improvisé une réponse stupide, elle a parfaitement intégré l’essentiel du processus religieux du pèlerinage.

    Les pieds sont, dans la Sainte Ecriture , directement liés au thème de l’évangélisation. « Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la bonne nouvelle », s’exclame Isaïe, parole reprise dans l’épître aux Romains, appliquée aux apôtres et aux missionnaires.

    De la même manière ils sont « beaux », les pieds du pèlerin qui s’évangélise lui-même par la marche et évangélise les autres par son exemple.

    Le P. Albert-Marie Besnard résumait ainsi son livre sur le pèlerinage : « Le pèlerinage, c'est la créature qui s'offre tout entière à l'Évangile. La Bonne Nouvelle lui pénètre par les yeux, par les pieds, par le cœur, par l'esprit ; la parole divine lui mord le visage avec la bise, sourd dans ses profondeurs comme une eau plus vive que celle qui chante d'aventure, circule dans ses membres comme la sensation étrange d'une bienheureuse et définitive courbature par laquelle une certaine vie est oubliée et la vraie est en train d'être gagnée. »

    Rappelons-nous aussi que là où les évangiles synoptiques racontent l'institution de l'eucharistie, saint Jean raconte quant à lui le lavement des pieds... 

  • Sarkozy et ses ministres

    Nicolas Sarkozy a participé comme prévu à un meeting hier au Havre, agissant ainsi non en Président de tous les Français mais en chef de parti en campagne pour les législatives.

    On peut se demander s’il n’était pas toujours en campagne pour la présidentielle, du reste, avec son discours contre la pensée unique, qu’il a pourtant installée au gouvernement (Juppé, Kouchner, etc.), et ses promesses diverses et variées, dont certaines ont déjà été contredites par des ministres ou par lui-même.

    Il a ainsi surpris tout le monde en déclarant que la déduction fiscale des intérêts sur les emprunts immobiliers s’appliquera à tous les emprunts en cours : « La pensée unique s’oppose à la déduction du revenu imposable des intérêts des emprunts contractés pour l ‘achat de sa résidence principale. Cette déduction, je l’ai promise et je la ferai. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m’y suis engagé, s’appliquera à tous les emprunts en cours. »

    Or, il y a quelques jours, le ministre Eric Woerth avait très précisément dit le contraire : cette déduction ne s’appliquera pas à tous les emprunts en cours mais seulement « aux résidences principales dont l’acte authentique de vente a été signé après le 6 mai 2007, jour de l’élection du président de la République ».

    On veut bien croire que ce soit le Président qui ait raison, mais on aimerait savoir comment son ministre a pu affirmer le contraire de façon aussi claire.

    Pendant ce temps-là, Bernard Kouchner était en voyage. Il s’est rendu au Forum Asie-UE, à Hambourg, où il a parlé du Darfour avec le secrétaire général de l’ONU et avec les Chinois. Il s’en est pris violemment à son homologue birman à propos de Aung San Suu Kyi, et a aussi répondu grossièrement au ministre polonais des Affaires étrangères qui lui expliquait la position de son pays quant aux institutions européennes : « Mais vous êtes contre toute l’Europe ! »

    Et pendant que l’ex french doctor amusait la galerie à Hambourg avant de le faire à Potsdam au sommet du G8, on apprenait que celui qui est semble-t-il le vrai ministre des Affaires étrangères de Sarkozy, Jean-David Levitte, était allé secrètement à Ankara à la fin de la semaine dernière pour « évoquer l’ensemble des relations turco-françaises », selon un diplomate anonyme... Dans l’entourage de Sarkozy, on a confirmé que Levitte était à Ankara « pour essayer de trouver une façon de travailler avec les Turcs ».

    De source diplomatique turque, on confirme que Sarkozy ne mettra pas son veto à l’ouverture des discussions, fin juin, sur trois nouveaux chapitres des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

    A l’issue de son entretien avec Romano Prodi, lundi, Sarkozy avait répété que sa priorité est la réussite du Conseil européen des 21-22 juin, et il avait ajouté : « Pour le reste, et je n’ignore pas qu’il y a une question de négociation, le véritable rendez-vous est en décembre 2007 ». Il faudra donc attendre le Conseil européen qui conclura la présidence portugaise de l’UE pour en savoir plus. En attendant, les négociations d’adhésion se poursuivent, avec un pays d’Asie mineure qui ne reconnaît toujours pas un des membres de l’Union européenne...

  • Mercredi des Quatre-Temps de Pentecôte

    Inutile de chercher dans le calendrier actuel de l’Eglise. Les Quatre-Temps ont été supprimés, eux aussi. Les Quatre-temps attachés à l’octave de la Pentecôte ont pourtant un mérite tout particulier. C’est celui de rappeler l’origine israélite de la fête, dans sa spécificité de fête des prémices de la moisson. Et de rappeler ainsi aux fidèles, premièrement qu’ils doivent prier pour que Dieu nous accorde les fruits de la terre, deuxièmement qu’ils doivent prier pour la moisson spirituelle, de leur âme, et dans le monde.

    Cet aspect de la fête de la Pentecôte est ainsi présenté par Mgr Edelby dans le liturgicon grec-catholique de l’Eglise d’Antioche :

    « Jésus, devenu les Prémices de l’humanité, envoie ses disciples recueillir le reste de la moisson, et la Pentecôte n’est que l’inauguration de ce labeur spirituel qui occupera désormais toute la durée des temps : la moisson des siècles ! Seigneur, votre moisson recommence toujours dans nos âmes ou dans quelque pays nouveau. Comme le moissonneur juif d’autrefois, nous vous proclamons maître de la terre en vous offrant ces présents chargés de notre amour. »

  • Les clandestins et la « coopération européenne »

    Le gouvernement de Malte a refusé d’accueillir sur l’île des clandestins repêchés au large de ses côtes, réfugiés sur la partie émergée d’une cage d’élevage de thons. La Commission européenne s’en est émue. « Il y a toujours une obligation de sauver la vie humaine », a déclaré le porte-parole de Franco Frattini, se refusant toutefois à condamner l’attitude de Malte : quand il s’agit de naufrages dans les eaux internationales, « ce n’est pas une situation politiquement et juridiquement facile », a-t-il dit, avant d’annoncer une « étude sur l’analyse des lois maritimes applicables » dans ces cas.

    On peut faire deux commentaires, qui découlent l’un de l’autre.

    Le premier est que, contrairement à ce que dit le porte-parole du commissaire Frattini, la situation politique et juridique est très facile. Les clandestins, venant de Libye, ont été récupérés dans la zone de recherche libyenne par un bateau espagnol. Cela concerne donc la Libye , éventuellement l’Espagne, en aucun cas Malte. Et Malte n’avait pas à sauver des vies humaines, puisque ces vies ont été sauvées par des Espagnols.

    Mais si l’incident a provoqué une réaction de la Commission , et cette réaction-là, c’est qu’il doit servir de prétexte pour une nouvelle « avancée » du « droit » européen : l’obligation pour tout pays méditerranéen membre de l’Union européenne d’accueillir sur son sol tout clandestin, quel que soit le lieu où il a été repêché... Une nouvelle pompe aspirante se met en place.

  • Sécu : et voilà la procédure d’alerte...

    L’annonce des « franchises médicales » fait grincer des dents. Or voici que le Comité d’alerte sur les dépenses d’assurance maladie déclenche sa procédure d’alerte, exigeant que le gouvernement prenne des mesures pour redresser les comptes qui vont déraper de deux milliards d’euros cette année.

    Vraiment, le hasard fait bien les choses.

    Petit couac, tout de même : c’est l’aveu qu’il ne s’agit pas de « responsabiliser » les assurés sociaux, mais uniquement de trouver des sous...

  • Pour la Sécu, c’est la continuité...

    Depuis des années la sécurité sociale est en ruines et accumule les déficits. Les gouvernements qui se succèdent n’ont d’autre politique que de diminuer les remboursements et/ou d’augmenter les cotisations, tandis que le déficit continue de se creuser... Ainsi le « meilleur système de protection sociale au monde » devient-il de plus en plus cher pour des patients qui cotisent de plus en plus, en totale contradiction avec ses principes.

    La dernière idée à la mode était de dérembourser des médicaments de plus en plus nombreux, dont on décidait que le service médical n’était pas suffisant. Histoire d’ajouter l’hypocrisie au processus.

    Sarkozy a décidé qu’on arrêtait les déremboursements. Mais on va vers un nouveau trou de 2 milliards d’euros. Il faut trouver une solution. Le truc de Sarkozy, c’est la « franchise ». Plus précisément quatre franchises non remboursées, sur les examens biologiques, les médicaments, les consultations médicales, et les hospitalisations. Ce sera inscrit dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, a confirmé Roselyne Bachelot.

    Bien sûr, ce n’est pas pour boucher un trou, c’est pour « responsabiliser » les assurés...

    Autrement dit, rien ne change. On continue de faire payer de plus en plus cher la gratuité, et en prime, de prendre les gens pour des imbéciles.

    On ne voit pas où est la « rupture ». Mais, au regard du résultat de l’élection présidentielle, on doit admettre, finalement, que prendre les gens pour des imbéciles, ce n’est pas si sot...

  • Du nouveau avec du vieux

    Le ministre de la Défense Hervé Morin, ex-président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, a annoncé au cours d’une conférence de presse la création du « Nouveau Centre », parti politique constitué par les parlementaires UDF qui ont soutenu Sarkozy. Le « nouveau centre » est donc très officiellement membre de la majorité présidentielle.

    Il ne présentera que 80 candidats aux législatives, mais compte obtenir « autour de 25 députés », gracieusement offerts par l’UMP. Ainsi y aura-t-il toujours un groupe « centriste », mais ouvertement supplétif de l’UMP. Comme l'UDF d'avant...

  • Sarkozy comme Prodi

    Si l’on veut savoir jusqu’où va l’européisme de Nicolas Sarkozy, on en a eu l’illustration hier à l’issue de la rencontre entre le Président français et le président du conseil italien Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne et européiste forcené.

    En effet, Romano Prodi s’est dit en accord avec le contenu du « traité simplifié » que propose Sarkozy. Et il a précisé les points d’accord : présidence stable de l’Union, ministre des Affaires étrangères, suppression de la règle de l’unanimité, reconnaissance de la personnalité juridique de l’Union européenne. Prodi a ajouté qu’ils avaient examiné ensemble les problèmes qui seront abordés lors du prochain sommet européen (21-22 juin), « pour lesquels nous sommes unis par une commune volonté de renforcer les institutions européennes ». Et l’on ne peut renforcer les institutions européennes qu’en affaiblissant les institutions nationales. Du reste, si l’on supprime la règle de l’unanimité, les institutions nationales ne sont plus que de simples relais des institutions européennes. « La suppression de la règle de l’unanimité est la suppression de tout ce qui reste des souverainetés nationales », souligne Jean-Marie Le Pen dans un communiqué sur « l’européisme extrémiste de Sarkozy ».

    Les deux dirigeants ont également marqué leur accord pour « renforcer la gouvernance économique de la zone euro », ce qui est dans la logique de la monnaie unique, autrement dit de la suppression de la souveraineté économique.

    Jean-Marie Le Pen constate que Sarkozy « veut aller encore plus loin que la Constitution européenne, que les Français ont pourtant rejetée par référendum », et avertit que « si les électeurs veulent garder la France, ils doivent impérativement voter aux législatives pour les candidats du Front National ».

    Romano Prodi a enfin manifesté son accord avec le projet d’Union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy (avec la Turquie comme « pivot »...), et à sa proposition d’une réunion préliminaire des « sept pays méditerranéens » de l’UE pour « donner une signification au niveau opérationnel à la politique méditerranéenne ». Ainsi Romano Prodi accepte-t-il sans sourciller de voir dans les « pays méditerranéens » le Portugal, qui ne connaît d’autre mer que l’océan Atlantique, mais pas la Slovénie , dont la côte touche pourtant celle de l’Italie...

  • Mardi de Pentecôte

    On a vu hier que Luther avait gardé l’octave de la Pentecôte. Bien entendu les orientaux ont aussi cette octave. A une époque où l’on met tant en avant l’œcuménisme, on a là, dans le nouveau calendrier romain, un exemple frappant, parmi tant d’autres, d’une réforme anti-œcuménique…

    Les Byzantins ne parlent pas d’octave. C’est tout simplement la fête qui dure toute la semaine. Il leur serait impensable d’abolir cela. Car le lundi de Pentecôte est la célébration spéciale du Saint-Esprit, selon la règle qui veut qu’on célèbre le lendemain de la fête le protagoniste principal de cette fête (ainsi le 26 décembre c’est la fête de la Mère de Dieu, le 26 mars la fête de saint Gabriel, etc.). De ce fait la Pentecôte, au-delà du récit de ce qui s’est passé en ce jour, est d’abord la fête de la Trinité, puisque la descente du Saint-Esprit boucle la révélation de la Trinité. Et cette Pentecôte qui dure toute la semaine s'achève le dimanche suivant dans la Toussaint, puisque c’est le Saint-Esprit qui fait les saints.

    Chaque jour de cette semaine on dit ce tropaire :

    « Béni sois-tu, Christ notre Dieu, qui as rendu maîtres en sagesse de simples pêcheurs, leur envoyant l’Esprit Saint, et par eux, prenant au filet l’univers entier. Gloire à toi ! »

    Et ce kondakion, qui souligne que la bénédiction de la Pentecôte est le contraire de la malédiction de Babel :

    « Lorsque jadis il était descendu sur terre, le Très-Haut avait confondu les langues et dispersé les peuples. Maintenant qu’il distribue les langues de feu, il appelle tous les hommes à l’unité. Glorifions d’une seule voix l’Esprit Très-Saint. »

  • Le Malien et RESF

    Le vol Paris-Bamako (Mali) d'Air France au départ de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle a été annulé samedi après-midi, après l'intervention de passagers contre l'expulsion d'un homme en situation irrégulière. Peu avant le départ, la personne devant être expulsée s'est levée, nécessitant l'intervention des agents de police l'accompagnant, a appris l'AFP auprès de Laurent Cantet, membre du… Réseau éducation sans frontières (RESF), présent dans l'appareil… Plusieurs passagers se sont alors indignés des « conditions de traitement » du clandestin. « Le commandant de bord a estimé que les conditions de sécurité n'étaient pas remplies », déclare Air France.

    Il n’y a eu aucun commentaire du ministre de l’Intérieur ou de quelque autre personnalité gouvernementale…

    On peut se demander pourtant où est la « rupture » en la matière, puisque, comme auparavant, il suffit d’alerter un lobby pour faire échec à l’application des lois nationales.

  • L’école catholique… catholique ?

    Faride Hamana, le président de la FCPE, première fédération de parents d'élèves, qui tenait son congrès à Montpellier, s'est inquiété dimanche d'une « éclosion d'écoles religieuses, signe d'un repli identitaire et communautaire dont nous ne pouvons qu'être soucieux pour l'avenir », et a appelé à reconstruire un camp laïque « plus fort ». « On observe une forte tendance à la “reconfessionnalisation“ des écoles privées catholiques sous contrat mais il y a aussi des velléités des autres religions de créer leur propre enseignement", a-t-il souligné.

    Pour cet intégriste du laïcisme, l’école catholique devrait donc être laïque…

    On retiendra surtout cette perception du renouveau religieux et « identitaire »des écoles catholiques par un observateur qui en est l’ennemi. Puisse-t-il avoir raison.

  • L’avortement palme d’or

    Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, salue la palme d’or du festival de Cannes attribuée au film du Roumain Cristian Mungiu 4 mois, 3 semaines et 2 jours, qui est « un témoignage bouleversant de l'histoire européenne récente ». Ce film est « un récit cru et puissant d'un avortement interdit sous le régime communiste », souligne l’AFP. « 4 mois, 3 semaines et 2 jours est une chronique saisissante des années Ceaucescu à travers le portrait de deux jeunes femmes solidaires dans l'accomplissement d'un avortement clandestin » selon l’AP.

    Reuters explique : « Le film se déroule dans la Roumanie de Ceaucescu, où l'avortement est interdit. Une jeune étudiante, Gabita (Laura Vassiliu), entreprend d'interrompre sa grossesse avec l'aide d'Ottila (Anamaria Marinca), sa camarade de chambrée. Les deux femmes font appel à M. Bébé (Vlad Ivanov) pour opérer, discrètement dans une chambre d'hôtel. Il se fera payer non pas en argent, mais en nature. L'espace d'une nuit, Cristian Mungiu, cinéaste d'une nouvelle vague roumaine, va nous faire partager les affres et les angoisses d'Ottila, qui met tout en oeuvre, au-delà de l'abnégation, pour aider son amie. »

    Le cinéaste a décidé de consacrer son deuxième film aux avortements sous le régime communiste en apprenant que ceux-ci auraient coûté la vie à un demi-million de femmes roumaines, a-t-il expliqué à Cannes. «À cause des pressions exercées par le régime, les femmes et les familles étaient si inquiètes de ne pas se faire prendre pour avortement illégal qu'elles ne consacraient pas une seule minute à se poser des questions morales», a-t-il dit.

    Bref, ce film montre qu’il est criminel d’interdire l’avortement, et que cette interdiction ne peut être le fait que d’un régime totalitaire.

    Le Salon Beige souligne que le film a également reçu le Prix de l'Education nationale, en raison de son « intérêt pédagogique ». Il fera l’objet « d'un dvd-rom pédagogique qui en facilitera l'approche et invitera à l'analyse et au débat avec les élèves »."A l'analyse et au débat"... avec un pluralisme digne de la Roumanie de Ceaucescu, sans doute, commente opportunément Le Salon Beige.

  • Le retour des points non négociables

    Dans certains blogs et journaux, les « trois points non négociables » tirés d’un texte de Benoît XVI sont devenus le critère quasiment unique, en tout cas primordial, pour juger les candidats aux législatives, comme c’était déjà le cas pour la présidentielle. Au lendemain du premier tour de la présidentielle, j’avais expliqué ce que j’en pensais, et je disais : « Je prends les devants pour les législatives. Comme ça ce sera fait, une fois pour toutes. »

    Si j’y reviens néanmoins, c’est d’une part pour rappeler ma position, d’autre part pour signaler la spécificité des élections législatives.

    Il s’agit d’élire des députés à l’Assemblée nationale. Or plus de 70 % des lois votées par l’Assemblée nationale ne sont que la transposition de directives européennes. Un taux qui ne cesse de monter, et qui va monter encore si Nicolas Sarkozy et ses collègues européens imposent un traité qui généralise le vote à la majorité qualifiée au conseil européen. Car il ne s’agit même plus d’« étendre » le vote à la majorité qualifiée, mais de le « généraliser ». Ce qui va plus loin que ce que prévoyait la Constitution européenne.

    A partir du moment où le vote à la majorité est « généralisé », c’est donc la décision majoritaire qui est appliquée dans tous les domaines et dans tous les pays, et les Parlements nationaux ne sont plus que des chambres d’enregistrement.

    Or l’idéologie majoritaire dans les institutions européennes est celle de la subversion anti-naturelle, à un degré plus fort encore que ce qu’elle est dans les institutions françaises. Pour prendre un seul exemple, on sait depuis l’affaire Buttiglione qu’un commissaire européen ne peut pas être, fût-ce à titre strictement privé, hostile aux relations homosexuelles. Cela est encore toléré dans le gouvernement français, comme le montre la présence de Christine Boutin. Mais si « l’Europe » décide de faire de la jurisprudence Buttiglione une règle universelle, il n’y aura plus de Christine Boutin. Laquelle déjà n’aura que le droit de se taire, en tant que ministre, sur les « points non négociables ».

    Il ne sert à rien d’avoir un député qui défende les « points non négociables » et qui soit favorable à la généralisation du vote à la majorité qualifiée dans l’Union européenne. Il se paralyse d’avance. Pire : il accepte d’avance ce que les institutions européennes décideront en matière de culture de mort et de politique anti-familiale.

    La priorité n’est donc pas de voter pour des candidats qui respectent les « points non négociables », mais pour des candidats qui veulent le rétablissement de la souveraineté nationale.

    Cela paraît être un paradoxe, mais ce ne l’est pas : il vaut mieux voter pour un candidat « nationaliste » qui ignore les « points non négociables » que pour un candidat européiste qui les défend. Car la souveraineté du Parlement est une condition sine qua non. Si le Parlement est souverain, il se donne la possibilité d’œuvrer pour la vie et pour la famille. S’il ne l’est pas, il est aux ordres de la culture de mort, quelles que soient les opinions de tel ou tel député.

    Comme pour moi il est évident qu’au-dessus de la politique il y a la morale, et qu’au-dessus de la morale il y a la religion, j’ai mis longtemps à comprendre le « politique d’abord » de Maurras. On a ici une parfaite illustration de ce principe.

  • Lundi de Pentecôte

    Luther n’avait pas eu l’impiété de supprimer l’octave de la Pentecôte. De ce fait, à Leipzig comme dans le reste de la chrétienté, le lundi et le mardi de la Pentecôte étaient fériés, et le peuple chrétien, protestant ou catholique, continuait de méditer sur le grand mystère.

    Pourquoi, à Leipzig ? Parce que si Luther avait fait comme Paul VI et ses experts, nous aurions été privés de cinq cantates de Jean-Sébastien Bach. Il en a en effet composé trois pour le lundi de Pentecôte, deux pour le mardi (du moins c’est ce qui nous reste).

    Or, en outre, l’une de ces cantates, la BWV 68 pour le « deuxième jour de la Pentecôte » de 1725, est l’une des plus belles.

    Le chœur d’entrée, d’une lumineuse sérénité, est composé sur le choral Also hat Gott die Welt geliebt, qui reprend le début du discours de Jésus à Nicodème dans l’évangile du jour : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique… Dans ce « don » d'amour se récapitule tout le parcours de Jésus-Christ, et toute l’année liturgique, depuis la Nativité jusqu’à la Pentecôte. Et dans sa prière musicale, Bach le montre en faisant allusion à la Nativité de façon très subtile : la mélodie originelle du choral est imperceptible à celui qui n’y fait pas attention, mais elle est soulignée par un cor discret : le cor est l’instrument que Bach utilise pour symboliser l’incarnation.

    La Nativité sera ensuite célébrée de façon plus directe dans l’air de basse : Du bist geboren mir zugute : Tu es né pour mon bien, et ce sont tous les bienfaits apportés par le Christ qui sont ici célébrés, affirmés avec autorité, dans leur globalité.

    Mais il y a d’abord l’air de soprano, d’une joie aussi spontanée que sans mélange, et qu’accompagne un violoncelle piccolo jubilant : Mon cœur plein de foi, exulte, chante, réjouis-toi, ton Jésus est là… Cet air se termine de façon insolite par un trio hautbois, violon, violoncelle, qui est une merveilleuse dentelle sonore, comme un vitrail d’église de campagne sur lequel joue le soleil de printemps.

    Entre les deux airs, le récitatif de basse fait allusion à l’épître du jour : Je suis comme Pierre…

    Le chœur final est composé sur une des paroles du Christ à Nicodème : Celui qui croit en lui ne sera pas jugé, mais celui qui ne croira pas en lui est déjà jugé, car il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. C’est une fugue à deux sujets qui s’affrontent (celui qui croit, celui qui ne croit pas), avant de se conclure sereinement sur le premier thème. Cette fugue, où l’orchestre s’enrichit de trois trombones, a une saveur étrangement archaïque par rapport aux deux airs qui ont précédé. On peut y voir une allusion au fait que la Pentecôte de la nouvelle alliance accomplit la Pentecôte de l’ancienne alliance, dans le nom de Jésus qui sauve.

    Désolé, mais je préfère ce lundi de Pentecôte luthérien en musique à l’anonyme « lundi de la 8e semaine du temps ordinaire »

  • Pentecôte

    La solennité de ce jour, mes bien-aimés, doit être vénérée parmi les fêtes principales, tous les cœurs catholiques le savent. Combien nous devons révérer ce jour que l'Esprit Saint a consacré par le miracle suprême du don de lui-même !

    Ce jour est en effet le dixième après celui où le Seigneur est monté au-dessus de toute la hauteur des cieux pour s'asseoir à la droite de Dieu le Père. Il est le cinquantième jour à briller pour nous depuis sa résurrection, en qui il a commencé. Ce jour contient en lui-même de grands mystères, ceux de l'économie sacrée ancienne et ceux de la nouvelle. Il y est en effet clairement montré que la grâce avait été annoncée par la Loi, et que la Loi a été accomplie par la grâce.

    En effet, c'est cinquante jours après l'immolation de l'agneau que jadis le peuple hébreu, libéré des Égyptiens, reçut la Loi sur la montagne du Sinaï. De même, après la passion du Christ, qui fut l'immolation du véritable agneau de Dieu, le cinquantième jour après sa résurrection, l'Esprit Saint fondit sur les Apôtres et sur le peuple des croyants. Le chrétien attentif reconnaîtra donc facilement que les débuts de l'Ancien Testament étaient au service des débuts de l'Évangile, et que la seconde alliance fut constituée par le même Esprit qui avait fondé la première.

    A partir de ce jour, la trompette de la prédication évangélique se mit à retentir. Dès ce moment, les ondées de charismes, les flots de bénédictions arrosèrent tout désert et toute terre aride parce que, pour renouveler la face de la terre, l'Esprit de Dieu était porté sur les eaux. Pour chasser les anciennes ténèbres, une lumière nouvelle jetait des éclairs. De l'éclat des lampes étincelantes naissaient et le Verbe du Seigneur qui illumine, et la parole enflammée qui, pour créer l'intelligence et consumer le péché, a le pouvoir d'illuminer et la force de brûler.

    (saint Léon le Grand)

  • Sarkozy « beaucoup moins à droite que sa campagne »

    Les grandes manœuvres pour réunifier le parti radical ont été repoussées après les législatives. Le PRG entend d’abord engranger les sièges que le PS lui a promis…

    Mais dans une lettre aux militants de son parti, Jean-Michel Baylet réitère que « l’inventaire des convergences et divergences » entre le PRG et le nouveau gouvernement, qui est un « préalable » à toute perspective de discussion, peut « être plus facilement conduit et complété dans un dialogue entre les radicaux de gauche et les radicaux valoisiens ». C’est ce qu’il a dit à Nicolas Sarkozy lors de leur entretien du 15 mai, souligne-t-il, ajoutant ceci qui justifie sa nouvelle position et qui est fort instructif : au cours de cet entretien, le Président « m’a exposé sa conception du pays : beaucoup moins à droite que sa campagne »…

  • Le Pen et les benêts

    Propos de Jean-Marie Le Pen lors d’une conférence de presse à Hyères :

    « C'est par répulsion pour la gauche essentiellement que M. Sarkozy a été élu (...) J'ai été cocufié par un certain nombre de nos électeurs qui ont préféré voter pour M. Sarkozy par crainte du Parti socialiste. (…) Ceux-là, je leur dis : ne vous laissez pas emporter par le sentiment moutonnier à voter pour l'UMP ! Parce que c'est évident que les 365 députés UMP de l'Assemblée nationale n'ont pas les mérites ni le dynamisme de M. Sarkozy. Reconnaissons lui tout de même une dimension exceptionnelle, sous-tendue par une formidable ambition personnelle. (…) Si M. Sarkozy avait été vraiment “lepénisé“, j'en serais satisfait, mais comme un élève copie sur son copain lors d'un examen, M. Sarkozy a emprunté très largement à notre patrimoine politique. Il avait commencé sa campagne comme libéral et atlantiste, et puis, il a compris qu'il était sur une voie qui le conduisait à l'échec et il est revenu sur une voie nationale, voire même nationaliste. Cela ne correspond pas à ce qu'il pense et ce n'est pas ce qu'il va faire. » Mais, a-t-il ajouté, « les quelques jours qui nous séparent des élections législatives ne vont pas permettre aux benêts de s'apercevoir qu'ils ont été trompés ».

    Aux candidats du FN de montrer aux électeurs qu’ils ont déjà été trompés, et de réduire autant que faire se peut le nombre des benêts…