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François (pape)

  • Le cardinal Müller continue…

    Dans une interview à un journal allemand, le cardinal Gerhard Müller déclare que donner le dernier mot aux conférences épiscopales sur les traductions liturgiques « détruirait » l’unité de l’Eglise :

    « L’autorité ultime en cas de doute ne peut résider dans les conférences épiscopales, ce qui détruirait l’unité de l’Eglise catholique dans la foi, la confession et la prière. »

    En disant cela il s’oppose ouvertement à François qui a publiquement humilié le cardinal Sarah en disant que le préfet de la Congrégation pour le culte divin avait mal interprété son motu proprio…

    Le cardinal Müller souligne qu’il a « souvent fait l’expérience que les traducteurs employés par les évêques ont dilué les textes bibliques et liturgiques sous prétexte d’une meilleure compréhension ».

  • Mauvaise nouvelle pour François

    Les évêques américains ont élu à la tête de leur Commission pour les activités pro-vie Mgr Joseph Naumann, archevêque de Kansas-City.

    Mgr Joseph Naumann est connu pour son engagement sans faille pour la vie et contre la culture de mort.

    Donc a priori ce n’est pas une nouvelle.

    Sauf que dans les temps que nous vivons ça devient digne d’intérêt qu’un pro-vie soit à la tête d’une organisation épiscopale pour la vie. (Il suffit de voir ce qui se passe au Vatican, avec Mgr Paglia, pour le comprendre.)

    Et surtout c’est, de toute façon, une surprise. Car le favori était Mgr Cupich, archevêque de Chicago, nommé par François, fait cardinal par François, nommé par François à la Congrégation qui choisit les évêques, et proche de François. Celui qui dit comme François que le chômage et la faim c’est aussi affreux que l’avortement. Celui qui qualifie d’« évangélisateur de premier plan » le P. James Martin, chantre des relations LGBT.

    Le Wall Street Journal résume : « La conférence des évêques catholiques américains a choisi mardi un archevêque conservateur pour un poste clef, donnant un signe de résistance à la vision du pape François pour l’Eglise parmi la hiérarchie catholique aux Etats-Unis. Mgr Joseph Naumann, archevêque de Kansas-City, a été élu président de la Commission pour les activités pro-vie. Par un vote de 96 contre 82, il a battu le cardinal Blase Cupich, de Chicago, qui est vu comme un libéral dans l’Eglise et un proche du pape. »

    Le National Catholic (sic) Reporter titre quant à lui que les évêques ont « brisé la tradition », qui veut que les commissions importantes soient présidées par un cardinal, et celle-ci a toujours été présidée par un cardinal : donc c’est Cupich qui devait être élu.

    On rendra hommage à ces progressistes qui tiennent tant au respect de la tradition… Mais pas à leur grossièreté, quand ils écrivent après avoir donné le score : « Sans vouloir trop insister là-dessus, cela revient à dire que les évêques ont fait un doigt d’honneur au pape François. »

    Les Prêtres pour la Vie ont aussitôt salué cette élection. « Nous le connaissons depuis près de 25 ans, dit le P. Frank Pavone, depuis qu’il était directeur de la commission diocésaine pour la vie de Saint-Louis. ll a toujours encouragé nos efforts. »

    En mai dernier, Mgr Naumann avait fait sensation et montré son « conservatisme » en demandant que l’archidiocèse de Kansas-City coupe les ponts avec les « Girl Scouts USA » en raison de leurs liens avec le Planning familial. « Il est essentiel que nos programmes pour la jeunesse et nos paroisses affirment des vertus et des valeurs cohérentes avec notre foi catholique », avait-il dit.

    Life Site cite une excellente question qu’avait posée Mgr Naumann à propos du sénateur Tim Kaine qui se dit à titre personnel contre l’avortement mais vote pour toutes les lois favorisant l’avortement : « Pourquoi le sénateur Kaine est-il personnellement opposé à l’avortement s’il ne croit pas que cela consiste à prendre une vie innocente ? »

  • Pas en phase…

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    Un groupe de mouvements pro-vie a fait circuler aujourd’hui à Rome un camion publicitaire avec une photo de Jean-Paul II accompagnée d’un texte sur le mariage, et un hommage au cardinal Caffara, récemment décédé, principal auteur des « Dubia » et premier président de l'Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille.

    Le camion a été arrêté par la police près de la place Saint-Pierre. Récit de ProVita :

    Sur la via della Conciliazione – incroyable mais vrai – le camion publicitaire a été arrêté par la police en civil et la police en tenue. Un commissaire du quartier de Borgo a demandé à Toni Brandi (le chef de ProVita) par téléphone quel était le but de cette initiative car, a-t-il dit : « le Cardinal Caffarra n’était pas en phase avec le pape François ». Brandi a répondu qu’ils commémoraient un saint homme, un prince de l’Eglise, et non un hérétique ou quelqu’un de séparé du pape régnant.

    Le camion a été arrêté pendant deux heures. Un interrogatoire a suivi, qui se poursuivra demain à midi au commissariat, où Brandi doit aller expliquer les raisons de son initiative. Le commissaire a dit qu’il était inquiet pour l’ordre public et interdisait que de nouvelles photos soient prises.

    Voici l’affiche incriminée. Quel message subversif contient-elle ? En quoi trouble-t-elle l’ordre public ? Est-il possible que dans un pays civilisé et démocratique, où existe la liberté de pensée et d’expression, on ne puisse pas commémorer un saint homme qui avec le pape alors régnant, Jean-Paul II, passa sa vie à défendre la vie depuis la conception et la famille fondée sur le mariage ?

    Jugez par vous-mêmes :

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    (Sur la photo de Jean-Paul II à Washington le 7 octobre 1979 : « NOUS NOUS LÈVERONS quand l’institution du mariage sera abandonnée à l’égoïsme humain ou réduit à un accord temporaire et conditionnel qui peut être facilement rompu, nous réagirons pour affirmer l’indissolubilité du lien du mariage. »)

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  • Et les femmes diacres aussi ?

    Ce n’est pas un mystère que le synode sur l’Amazonie que François va convoquer à Rome a notamment pour but de permettre l’ordination d’hommes mariés : c’est ce que tout le monde voit en filigrane de l’expression « identifier de nouvelles voies pour l’évangélisation de cette portion du peuple de Dieu ». On sait que le cardinal Hummes, grand ami de François, parrain de la mafia de Saint-Gall, aujourd’hui président de la commission épiscopale brésilienne pour l’Amazonie, est de toutes les dérives modernistes et donc ultra-favorable à l’ordination d’hommes mariés.

    Selon le Messaggero, dont les informations sont reprises par le Telegraph, suite à une demande du cardinal Hummes, François a demandé aux évêques brésiliens d’étudier la question sans attendre le synode (ou pour le préparer).

    On sait que François lui-même l’avait évoquée, dans une interview à Die Zeit, le 9 mars dernier : « Nous devons considérer si les viri probati sont une possibilité. Alors nous devrons déterminer quelles tâches ils peuvent accomplir, par exemple dans des communautés reculées. »

    L’agence autrichienne KathPress cite de son côté des propos de Mgr Erwin Kraüstler, qui est autrichien mais a été évêque de la prélature territoriale de Xingu (Amazonie), aujourd’hui secrétaire de la commission dont le cardinal Hummes est président, surtout connu comme activiste indigéniste et contre la déforestation (thème également du futur synode). Mgr Kraüstler demande que le synode permette l’ordination d’hommes mariés à cause de l’« effroyable » pénurie de prêtres. Mais il demande aussi l’ordination diaconale de femmes, soulignant que de nombreuses femmes sont déjà à la tête de communautés chrétiennes dans la région. Le pape lui aurait répondu : « Parlez-en aux évêques et dites-leur de me faire des propositions valables. » (Mais on ne peut exclure que cette réponse concerne en fait l’ordination d’hommes mariés, tout cela étant maintenu dans le plus grand flou.)

    Leonardo Boff, qui n’est plus rien dans l’Eglise mais qui est toujours le gourou du progressisme latino-américain (et prophète de Gaïa) disait aussi l’an dernier : « Les évêques brésiliens, particulièrement le proche ami du pape le cardinal Claudio Hummes, ont expressément demandé au pape François de permettre aux prêtres brésiliens qui se sont mariés de pouvoir reprendre leur ministère pastoral. » Boff prétend que le pape veut accéder à cette demande, comme une expérience « pour le moment limitée au Brésil ».

    On a du mal à le croire, tant cela serait contraire à la tradition de toutes les Eglises d’Orient et d’Occident. Et il est clair que les journalistes confondent allègrement prêtres qui se marient et hommes mariés ordonnés prêtres (et même femmes diacres). Quoi qu’il en soit cette révolution ne concernerait pas Boff, puisqu’il n’est pas marié avec sa compagne…

  • Le jour même !

    Le P. Thomas Weinandy, capucin, théologien américain de renom, membre de la Commission théologique internationale depuis 2014, a fini par envoyer à François une lettre où il exprime son désarroi face au chaos qui envahit l’Eglise, et dont le pape lui-même est une cause. Naturellement il n’a reçu aucune réponse, car ce pape ne parle qu’à ceux qui sont d’accord avec lui, et de préférence s’ils ne sont pas catholiques. Alors le P. Weinandy a décidé, hier 1er novembre, de publier sa lettre.

    Le même jour, le même 1er novembre, la Conférence des évêques des Etats-Unis a fait savoir que le P. Weinandy « démissionnait » de son poste de consultant auprès de sa commission doctrinale, avec effet immédiat. Parce que le travail de cette commission « se fait en soutien du Saint-Père et en collégialité affective (sic) avec lui ».

  • Honte vaticane

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    La Poste de la Cité du Vatican édite ce timbre, commémorant le « 5e centenaire de la Réforme protestante ».

    C’est le crucifix qui se trouve au-dessus du portail de l’église de Wittemberg où Luther, le 31 octobre 1517, afficha ses 95 thèses, aujourd’hui gravées dans le bronze.

    A gauche, Luther et la Bible. A droite, Mélanchton et la Confession d’Augsbourg…

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  • Le cardinal Müller se lâche

    C’est l’un des paradoxes de ce calamiteux pontificat : c’est maintenant qu’il n’est plus aux commandes du dicastère de la foi que le cardinal Müller défend la foi (peut défendre la foi), et de façon incisive et sans concession. Manifestement irrité par la célébration de Luther qui envahit le champ catholique jusqu’au pape, il répond au secrétaire général de la conférence épiscopale italienne, Mgr Galantino (proche de François) qui a fait déborder le vase en qualifiant l’action de Luther d’« événement du Saint-Esprit ». Il est clair que, in fine, le cardinal Müller vise François lui-même.

    Extraits :

    Il y a une grande confusion aujourd’hui dans le discours sur Luther, et il faut dire clairement que du point de vue de la théologie dogmatique, du point de vue de la doctrine de l’Eglise, il n’y eut pas en réalité une réforme mais une révolution, c’est-à-dire un bouleversement total des fondements de la foi catholique. Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance.

    Dans le livre écrit par Luther en 1520, De captivitate Babylonica ecclesiae, il semble tout à fait clair que Luther a tourné le dos à tous les principes de la foi catholique, de l’Ecriture Sainte, de la Tradition apostolique et du magistère du Pape et des Conciles, et de l’épiscopat. En ce sens, il a travesti le concept de développement homogène de la doctrine chrétienne, tel qu’on l’a explicité au Moyen Age, en venant jusqu’à nier le sacrement, signe efficace de la grâce qui s’y trouve ; il a remplacé cette efficacité objective des sacrements par une foi subjective. (…)

    Il est donc inacceptable d’affirmer que la réforme de Luther « était un événement du Saint-Esprit ». Au contraire, elle était dirigée contre le Saint-Esprit.

    Il n’est pas non plus exact d’affirmer que Luther avait au départ de bonnes intentions, en signifiant ainsi que c’était donc l’attitude rigide de l’Eglise qui l’avait poussé sur le mauvais chemin. Ce n’est pas vrai (…)

    Il n’est davantage exact que l’Eglise a refusé le dialogue (…).

    Dans la confusion actuelle qui touche un si grand nombre on en est arrivé à mettre la réalité sens dessus dessous : ils considèrent le pape comme infaillible lorsqu’il parle en privé, mais quand les papes de toute l’histoire ont proposé la foi catholique, ils disent que cela est faillible. (…)

    Une chose est le désir d’avoir de bonnes relations avec les chrétiens non-catholiques d’aujourd’hui, afin de se rapprocher d’une pleine communion avec la hiérarchie catholique, et aussi avec l’acceptation de la tradition apostolique selon la doctrine catholique, autre chose est de ne pas comprendre ou de falsifier ce qui s’est passé il y a cinq cents ans, et l’effet désastreux que cela a eu. (…)

    Il faut évidemment tout lire, en remerciant Jeanne Smits d’avoir traduit ce texte auquel on pourra désormais avoir recours sans modération.

  • Et vlan !

    François a envoyé une lettre ouverte au cardinal Sarah pour lui dire que son interprétation du motu proprio Magnum Principium, sur les traductions « liturgiques », était erronée. Il a explicitement demandé au journal italien La Nuova Bussola, qui avait publié la note du cardinal Sarah, de publier sa lettre in extenso.

    Dans cette lettre, in fine, François exige du cardinal Sarah qu’il envoie cette lettre à tous les sites qui ont publié « la note “commentaire” » « par erreur attribuée à votre personne ». Sic ! « Et à toutes les conférences épiscopales, membres et consultants de ce dicastère »…

    En bref, le cardinal Sarah, dans un texte dûment revêtu des sa signature (publié en français par L’Homme Nouveau), tentait de maintenir un contrôle des traductions « liturgiques » par Rome. Mais le pape a décidé qu’on devait laisser les conférences épiscopales traduire ou adapter comme bon leur semble (sauf pour les formules sacramentelles les plus sensibles).

    Lorsque le cardinal Sarah avait demandé que la messe soit célébrée ad orientem, François avait réagi de façon très humiliante par un simple communiqué du « bureau de presse » du Vatican, indiquant que le propos était nul et non avenu. Cette fois, c’est par une lettre signée de sa main qu’il contredit ouvertement le préfet de la congrégation pour le culte divin. C’est comme si Jean-Paul II avait envoyé une lettre ouverte pour dénoncer les propos du cardinal Ratzinger critiquant la « catéchèse » française…

    Sur le plan « liturgique », tout cela n’a aucune importance, puisque de toute façon il y a longtemps que les évêques (comme pour la catéchèse) n’en font qu’à leur tête, et qu’ils ont poussé le vice jusqu’à fabriquer une « Bible de la liturgie » qu’ils ont mise sous copyright, montrant ainsi qu’il ne s’agit pas de la Bible mais d’une fantaisie de leur création, puisque ce serait un énorme scandale si des évêques vendaient la parole de Dieu.

    Quant au cardinal Sarah, on sait qu’il ne sera plus préfet de la congrégation pour le culte divin le 23 novembre 2019. Mais on se demande comment il va pouvoir le rester jusque-là…

    Voir sur Benoît et moi l’article de La Nuova Bussola et la vive réaction de Denis Crouan, qui n’est pas un « intégriste »… La présentation de l’affaire par la Pravda vaticanesque est ici.

    N.B. Ce 22 octobre, le cardinal Sarah était à Varsovie, au congrès Europa Christi (en français) :

  • Communion…

    On a déjà vu à plusieurs reprises que Amoris laetitia permet aux évêques de dire tout et le contraire de tout sur la « famille », à savoir les familles, divorcées, recomposées, de même sexe, etc.

    Surtout le contraire de la doctrine catholique, conformément à ce que veut François.

    Ces jours-ci on a une illustration saisissante de la contradiction interne qu’inflige François à l’Eglise, avec d’un côté un document des évêques d’Irlande, de l’autre côté un document des évêques de Pologne. Les deux pays qui étaient considérés naguère comme les deux pays les plus catholiques d’Europe. L’un ne l’est plus, l’autre l’est toujours.

    Les évêques d’Irlande font ouvertement la promotion de l’union homosexuelle, affirment que l’amour de Dieu entoure toutes les unions, et ne prononcent jamais le mot « péché ».

    Côté polonais, il suffira de citer cette phrase à propos des divorcés « remariés » :

    « Demeurer dans le péché d’adultère les empêche de recevoir l’absolution et de recevoir la Sainte Communion. »

    Deux petites remarques :

    — Malgré ses deux synodes, François n’avait pas réussi à imposer la reconnaissance des unions homosexuelles. Mais qu’importe. On fait comme si. Les évêques d’Irlande soulignent qu’il y a eu un référendum et que beaucoup de monde a voté, donc le « mariage de même sexe » est un acquis démocratique dont l’Eglise doit tenir compte ; et aux Etats-Unis il y a ouvertement des messes LGBT avec assentiment explicite de l’évêque.

    — C’est sur une question où l’accès à la communion eucharistique est en cause que François casse la communion dans l’Eglise. Et la cassure est chaque jour plus évidente. Le mot grec est schisme.

  • Amazonie…

    François a annoncé hier qu’il convoquait une assemblée spéciale du synode en octobre 2019 sur… l’Amazonie.

    Il s’agit, a-t-il dit, de « trouver de nouvelles voies pour l'évangélisation de cette portion du peuple de Dieu, spécialement les indigènes, souvent oubliés et sans perspective d'un avenir serein, et aussi à cause de la crise de la forêt amazonienne, poumon d'une importance capitale pour notre planète ».

    François veut ainsi renforcer et redorer son image médiatique de pape des périphéries et de grand prêtre de Mère Terre.

    Mais pas seulement, sans doute. On peut supposer qu’il entend faire passer l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, puisque, comme le rappelle Jean-Marie Guénois, il avait autorisé en 2014 la conférence des évêques brésiliens à lancer une commission d'études sur le sujet.

    Ou bien a-t-il un autre coup fourré dans sa besace.

    Au fait, qu’en est-il de son dogme selon lequel on ne doit pas rester plus de cinq ans en fonction ?