Une équipe japonaise, dirigée par Shinya Yamanaka, de l’université de Kyoto, et une équipe américaine, dirigée par James Thomson, de l’université du Wisconsin, ont réussi, chacune de leur côté, à transformer des cellules de peau en cellules souches. C’est une avancée majeure dans la recherche sur les cellules souches adultes, et il semble qu’elle marque un véritable tournant. En témoigne le fait que Ian Wilmut, le célèbre « père » de la première brebis clonée, qui était un adepte de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, a abandonné ses travaux et se dit prêt à se joindre à Shinya Yamanaka, car sa découverte « nous entraîne dans une ère entièrement nouvelle de la biologie des cellules souches ». En témoigne aussi le fait que Robert Lanza, le directeur scientifique de l’entreprise de biotechnologie Advanced Cell Technology (Massachussetts), fanatique des cellules souches embryonnaires et du clonage, s’extasie devant ces résultats, qu’il qualifie de saint Graal, ajoutant que s’il y a encore loin de la coupe aux lèvres, les bénéfices potentiels sont énormes (non, pas seulement financiers...).
Cela pourrait aussi très rapidement montrer l’absurdité (puisqu’ils n’en voient pas l’immoralité) du financement public des recherches sur les cellules souches embryonnaires dans de nombreux pays. En France, on connaît I Stem, le laboratoire du maniaque du clonage Marc Peschanski, financé par le Téléthon...
L’agence Zenit a reproduit les propos de Mgr Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie, au micro de Radio Vatican :
« Si cette technique est confirmée, elle représente une nouveauté que nous pouvons définir comme historique. Maintenant, on n’a plus besoin des embryons, et l’on n’a plus besoin du clonage thérapeutique – soi disant thérapeutique : une page de polémiques et de dures oppositions se tourne. L’Eglise avait fait cette bataille pour des motifs éthiques, encourageant les chercheurs à progresser sur les cellules souches adultes et déclarant illicite l’immolation de l’embryon. Maintenant, ces chercheurs en sont arrivés là non tant pour des motifs de foi, mais pour le succès de la recherche. Le succès s’est présenté et cela permet aussi de dire qu’entre l’éthique et la science – la vraie – il y a une parenté. L’éthique qui respecte l’homme est aussi utile pour la recherche et cela confirme également qu’il n’est pas vrai que l’Eglise est contraire à la recherche : elle est contraire à la mauvaise recherche, à celle qui nuit à l’homme, et dans ce cas, à l’homme-embryon ».
« Il est vrai que nous disons : “Mais la recherche, lorsqu’elle part, ne sait jamais ce qu’elle va trouver“. C’est vrai, mais il y avait déjà des indices faisant comprendre que par les cellules adultes, on obtenait des résultats et rien sur les cellules embryonnaires. Et je n’arrêtais pas de le prêcher sur tous les tons, sur toutes les places. Espérons maintenant que cela suffise. Mais je ne sais pas si ceux qui ont investi de l’argent, qui ont fait des lois pour favoriser cela seront en mesure de reconnaître l’erreur et revenir en arrière. Au moins, je pense que les chercheurs qui voudront obtenir des résultats, iront les chercher là où ils sont. »