Le ministère des Affaires étrangères a annoncé hier la fin de la « mission humanitaire » dépêchée le 2 avril en Colombie pour secourir Ingrid Betancourt. Car la France et les deux autres pays embarqués dans cette galère (l’Espagne et la Suisse ) ne peuvent faire autrement que « prendre acte de la décision du secrétariat de l’état-major central des Farc de rejeter la mission médicale qui était destinée à venir en aide à Ingrid Betancourt et aux autres otages les plus affaiblis ».
Les terroristes communistes ont en effet refusé la mission médicale, à cause de « la mauvaise foi d’Uribe envers le gouvernement français ». En clair, ils redoutent que le président colombien se serve d’une telle mission pour repérer leurs camps.
On se souvient que, déjà, fin mars, la France avait envoyé un avion médicalisé en Guyane, après les informations selon lesquelles Ingrid Betancourt était quasiment mourante (avant que Kouchner dise qu’elle n’allait peut-être pas si mal qu’on ne le pensait...). L’avion était reparti de Guyane au bout de deux jours...
Toute cette agitation, coûteuse, n’a aucun sens. Elle est commandée par la popularité artificielle de la sénatrice colombienne en France, par le tam-tam politico-médiatique monté autour du fait qu’elle a eu la nationalité française (par mariage avec un homme dont elle est divorcée). Nicolas Sarkozy veut donc se mettre en avant et apparaître comme le sauveur d’Ingrid. A tout prix, à n’importe quel prix. En reconnaissant des terroristes communistes comme des partenaires. En acceptant de recevoir en France ceux qui seraient libérés par Bogota en échange d’Ingrid...
Mais il risque fort de faire les frais de cette sinistre farce, et cela a commencé. Chaque fois qu’il prend une initiative, c’est un fiasco. Parce qu’il ne sait pas de quoi il parle.
Pour en rester à la « mission médicale », il ne sait pas que les terroristes colombiens n’ont jamais, absolument jamais, permis la moindre opération de ce genre. Même sous l’égide de la Croix Rouge. Pour la bonne raison que toute opération de ce genre les met en danger d’être repérés, alors qu’ils sont traqués par l’armée colombienne. Et c’est plus vrai encore depuis que leur chef Paul Reyes a été abattu il y a un mois en Equateur par un raid aérien.
Le spécialiste de la question interrogé par l’AFP, Alfredo Rangel, constate que la France a fait preuve de « naïveté » en pensant que la promesse d’Uribe de suspendre les opérations militaires serait suffisante pour dénouer la situation. Le gouvernement français, constate-t-il, a cherché « un bénéfice sur le plan intérieur à travers un geste médiatique ». On voit que M. Rangel connaît aussi bien Nicolas Sarkozy que les Farc... Mais plus Sarkozy fait de gestes médiatiques, lui-même ou par l’intermédiaire de son préposé aux gestes médiatiques Bernard Kouchner, plus il s’enfonce...