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Le blog d'Yves Daoudal - Page 2506

  • En Irlande

    Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern, réélu en juin 2007 pour un troisième mandat, a annoncé hier qu’il démissionnerait le 6 mai de son poste et de la présidence du Fianna Fail. Il a expliqué que c’était une décision « personnelle » visant à éviter que les allégations qui pèsent sur lui n’entravent pas l’action du gouvernement. Un tribunal de Dublin enquête sur des malversations lorsqu’il était ministre des Finances.

    On constate avec étonnement que Bertie Ahern démissionnera un mois avant le référendum sur le traité de Lisbonne, et refilera donc le bébé à son successeur, sans doute l’actuel ministre des Finances Brian Cowen.

    C’est d’ailleurs Bertie Ahern lui-même qui a annoncé dans la foulée que le référendum aurait sans doute lieu le 12 juin.

    Le même jour, le ministre des Affaires étrangères Dermot Ahern a lancé le « Livre Blanc sur le Traité européen », instrument officiel de propagande pour le oui.

  • La Chine des JO

    Hu Jia a été reconnu coupable du « crime » de « tentative de subversion du pouvoir de l’Etat » et condamné à trois ans et demi de prison et un an d’interdiction des droits civiques.

    Il avait écrit à l’intention des Occidentaux qui se rendraient aux Jeux Olympiques : « Vous ne savez peut-être pas que cet enthousiasme, ces sourires, cette harmonie et cette prospérité sont fondés sur l’injustice, les larmes, l’emprisonnement, la torture et le sang. »

    Cette condamnation intervient quelques jours après celle Yang Chulin. Initiateur de la campagne « Nous voulons les droits de l’homme, pas les JO », il a été condamné le 24 mars à cinq ans de prison et deux ans de privation des droits civiques, pour « ‘incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ».

  • Dans le panneau

    Plusieurs nouveaux panneaux de signalisation routière vont faire leur apparition. Ils ont été publiés au Journal Officiel du 13 mars et attendent un arrêté pour être mis en place.

    On retiendra celui-là :

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    Que veut-il dire ?

    « Jardin remarquable ».

    Sic.

    Celui-ci n'est pas mal non plus:

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    Et sa définition est encore plus admirable : « point d'accueil d'un espace naturel sensible ». Non, rassurez-vous, je ne sais pas non plus ce que ça veut dire.

  • Me Antonowicz et la loi Leonetti

    Me Gilles Antonowicz, vice-président de l’ADMD, qui s’est fait récemment connaître comme l’avocat de Chantal Sébire, devait publier en mai un livre intitulé Moi Hervé Pierra ayant mis six jours à mourir. Le livre sort dès aujourd’hui, afin de profiter de l’effet Chantal Sébire.

    En dehors du long post-scriptum sur l’affaire Sébire, le livre est entièrement consacré à une autre affaire, contemporaine de celle Vincent Humbert, celle d’Hervé Pierra, schizophrène qui s’était pendu mais avait été réanimé et se trouvait dans un état végétatif.

    Après la promulgation de la loi Leonetti, la famille en demande l’application. Le 6 novembre 2006, le médecin « explique à haute voix à Hervé que la sonde permettant de l’alimenter va être retirée ». « En cet instant-là, il est de nouveau considéré comme un sujet, une personne capable de compréhension, malgré son inconscience apparente. » Mais l’agonie va durer six jours. « Ce devait être le temps du deuil, de la séparation... Ce fut le temps du désastre, du cauchemar et de la douleur. »

    Cela se veut un plaidoyer pour l’euthanasie. On en retiendra d’abord l’aveu, et la preuve concrète, que la loi Leonetti est une loi d’euthanasie. En quelque sorte une loi d’euthanasie sale, qui permet de faire mourir de soif, alors qu’une loi d’euthanasie propre aurait permis de faire mourir Hervé instantanément. Comme si l’euthanasie sale justifiait l’euthanasie propre.

    On remarque aussi l’énorme hypocrisie qui consiste à considérer Hervé comme une personne capable de compréhension alors qu’il est inconscient. Me Antonowicz veut sans doute dénoncer l’hypocrisie de la loi Leonetti. Mais le meurtre délibéré et sans sommation est pire que l’hypocrisie.

  • Sarko c’est Elvis, dit Bush

    Selon l’AFP, une « haute responsable américaine » a déclaré à Bucarest que George Bush avait chaleureusement remercié Nicolas Sarkozy pour sa décision de renforcer le contingent français en Afghanistan, et a dit que la première visite du président français aux Etats-Unis, en novembre dernier, c’était « comme la dernière incarnation d’Elvis ».

  • Chez Dati : et de onze !

    Un onzième départ du cabinet de Rachida Dati : celui du conseiller diplomatique Pierre Boussaroque, qui intervient peu après le départ de Gaël Tchakaloff et de François Guéant (le fils du secrétaire général de l’Elysée).

    Comme le cabinet de Rachida Dati compte 19 membres, la démission de 11 d’entre eux au fil des mois est spectaculaire.

    Le porte-parole de la Chancellerie, Guillaume Didier, juge au contraire que tout cela est normal, que ça n’a aucun rapport avec le caractère de Rachida Dati, etc. Pierre Boussaroque avait « un projet professionnel personnel », et il n’est pas vrai que Jean-David Cavaillé soit également en partance, comme le dit Le Point... Jean-David Cavaillé « n’est absolument pas sur le départ »... mais il « avait indiqué qu’il était venu pour un an »...

    On se souvient qu’après le départ de son directeur de cabinet et de sept conseillers, interrogée pour savoir si c’était lié à sa réputation d’avoir mauvais caractère, Rachida Dati avait répondu : « Je veux une équipe qui suive. »

    Guillaume Didier mérite un oscar de la langue de bois.

    (Rappelons que Rachida Dati est d’autre part le seul ministre qui, recevant comme ses collègues 200.000 euros pour ses frais de représentations, en dépense 300.000.)

  • Benamou se retire

    Georges-Marc Benamou a logiquement retiré sa candidature au poste de directeur de la Villa Médicis.

    Il a été victime de son inimitié avec Christine Albanel et avec un certain nombre de personnalités du monde de la culture. Il comptait sur le départ de Christine Albanel du gouvernement, mais elle a été confirmée à son poste. Et elle pilote la commission mise en place pour choisir le directeur, après la pétition lancée contre Benamou, dont Patrice Chéreau, membre de la commission, est signataire...

    Mais il est surtout victime de lui-même, ayant doublé l’Elysée en annonçant qu’il quittait le cabinet du président pour prendre la direction de la Villa Médicis. Sarkozy, qui l’avait déjà dans le nez, n’a pas apprécié...

  • Sarkozy fait ce que l’OTAN lui dit de faire

    Au sommet de l’OTAN à Bucarest, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il enverrait « un bataillon » (environ 800 hommes) dans la région est de l’Afghanistan (là où certains secteurs sont contrôlés par les talibans...), et que la France allait prendre le commandement dans la région centre pour un an.

    Le porte-parole du Premier ministre canadien a expliqué que par cette décision la France soulageait les Américains qui allaient pouvoir mettre davantage de troupes dans le sud afin de soulager l’effort canadien. Le Canada, qui a perdu 80 hommes en Afghanistan, menaçait de retirer son contingent s’il ne recevait pas le renfort d’un millier d’hommes...

    Sarkozy a également annoncé que la France allait réintégrer le commandement militaire de l’OTAN « à l’issue de la présidence française » de l’Union européenne (on ne voit pas le rapport), donc le 31 décembre de cette année. Une décision hautement gaulliste, bien sûr.

     

    Addendum. Nicolas Sarkozy a précisé cet après-midi que la France pourrait réintéger le commandement militaire de l'OTAN en 2009 à condition que progresse l'Europe de la défense: "Chaque chose en son temps. Laissons cheminer l'Europe de la défense, et nous continuerons à cheminer vers l'OTAN." Donc, c'est l'un et l'autre, en même temps. Alors que l'intérêt de la France, c'est ni l'un ni l'autre.

  • Les bons racistes

    Aujourd’hui il n’y a plus de directeurs du personnel dans les entreprises. Il y a des « directeurs de ressources humaines ». Je ne sais pas si le personnel se croit ainsi valorisé, mais en ce qui me concerne l’expression « ressources humaines » me fait penser à « ressources pétrolières ». Or en effet, en économie, on définit aujourd’hui deux sortes de ressources : les ressources naturelles et les ressources humaines. Ce qui met l’homme sur le même plan que les minerais.

    On ne dit même plus « directeur des ressources humaines », mais « DRH ». Un sigle qui finit de déshumaniser la « matière » dont il est question.

    Il existe une « association nationale des directeurs de ressources humaines ». Elle émet chaque année des « propositions ». Pour 2008, elle souhaite « la mise en place progressive d’un outil de mesure »... de l’origine des salariés.

    Il s’agit de la contribution des « DRH » au vertueux combat pour la « diversité ». Car l’ANDRH travaille à un « label diversité », notamment avec le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Mais pour que le « label diversité » puisse réellement promouvoir la diversité, il faut un instrument qui permette de « mesurer l’équité à l’égard des origines ». Car on ne peut pas demander aux entreprises de progresser si celles-ci n’ont pas de chiffres pour mesurer la discrimination, souligne la « déléguée générale adjointe » Catherine Tripon.

    L’instrument en question serait naturellement « placé sous l’égide de l’Etat, et (ou) de la Halde , et (ou) de la Cnil  ».

    L’ANDRH fait donc pression pour que des statistiques raciales et ethniques (car il s’agit bien de « couleur de peau » et de « consonance des noms ») soient élaborées Afin de pouvoir déterminer s’il y a assez de Noirs et de Mouloud dans les entreprises. Sur quels critères, selon quels quotas ? Cela on ne nous le dit pas.

    Mais le fait de se focaliser par exemple sur un Noir, parce que telle est sa couleur de peau, en évoquant son « origine » noire (!?) sans s’occuper de savoir s’il est français (éventuellement depuis de très nombreuses générations) ou étranger, s’il est plus compétent ou moins compétent qu’un candidat blanc, c’est ouvertement du racisme. C’est faire du Noir une ressource au sens le plus déshumanisé. On appelait cela, autrefois, le bois d’ébène.

  • Gollnisch sur le Tibet

    Dans le numéro 1237 de National Hebdo, on trouvera aussi l’intervention de Bruno Gollnisch au Parlement européen lors du débat sur le Tibet, le 26 mars dernier. Je regrette de ne pas l’avoir vu passer, car elle est remarquable (ce qui n’est pas une surprise). La voici.

    Il y a 113 ans le célèbre socialiste Jean Jaurès s'écriait que "le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage".

    Je dirais plutôt que le communisme comporte l'oppression plus sûrement que les nuages n'apportent la pluie.

    La Chine est ainsi asservie depuis 60 ans à l'une des dictatures qui compta parmi les plus effroyables de l'histoire de l'humanité, pourtant adulée par une grande partie intelligentsia européenne, dont ces apprentis sorciers que furent l'actuel ministre Bernard Kouchner, le philosophe André Glucksman et beaucoup d'autres amis de M. Daniel Cohn-Bendit, tous maoïstes avec enthousiasme.

    Oui, nous n'étions pas nombreux dans les années 60-70 à contester le prêt-à-penser révolutionnaire et à refuser l'asservissement des peuples d'Asie au marxisme !

    Aujourd'hui, l'étau s'est un peu desserré sur le plan économique, et les progrès économiques rapidement réalisés par le peuple chinois, l'un des plus intelligents et industrieux du monde, ont contribué à masquer la réalité du régime politique, qui demeure une dictature. Pas de liberté. Pas de véritables élections représentatives de la population. Pas d'indépendance du système judiciaire. Persécutions, emprisonnements, exécutions des dissidents politiques, intellectuels ou religieux. Comme les Mongols de Mongolie extérieure, les Ouïgoures (ou Turkmènes) du Sin-Kiang, les Tibétains supportent cette oppression qui vise à détruire leur identité.

    Pourtant cette identité tibétaine est différente de l'identité chinoise. Tout les distingue : la population, la langue, l'écriture, les traditions, la spiritualité. (A propos de spiritualité, nous avons raison de reconnaître l'importante influence du bouddhisme lamaïque au Tibet mais pourquoi avoir refusé ne serait-ce que de mentionner dans nos propres Chartes les racines chrétiennes de notre civilisation européenne ?).

    Dans le cas du Tibet, hélas, il n'y a pas que l'occupation militaire ou la répression policière. Il y a aussi le recours à l'immigration comme instrument de la destruction de l'identité tibétaine, et cela devrait nous faire réfléchir. Oui, chers collègues, vous avez des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Mais vous demeurez aveugles et sourds à ces réalités-là.

    Il y a pourtant un point commun à des questions aussi diverses que celles du Kosovo et du Tibet : ce sont les conséquences de la politique d'immigration sur les peuples indigènes. L'immigration albanaise au Kosovo a préludé à l'élimination des Serbes de ce territoire, comme l'immigration chinoise de l'ethnie Han encouragée, organisée, aujourd'hui majoritaire, dépossède les Tibétains de leur territoire et de leurs libertés.

    Ces conséquences sont terribles mais ce qu'il y a de plus terrible encore c'est que, non contents de nous masquer cette réalité, nous laissons de tels processus s'enclencher en de multiples points de nos propres territoires.