A lire, un très beau texte de l’abbé de Tanoüarn sur la foi, avec une mise au point sur la traduction d'un propos du Christ, une explication de l’épisode du figuier maudit, et un coup de projecteur sur une parabole négligée.
Le blog d'Yves Daoudal - Page 1675
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La foi de Dieu
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La mort et la vie
Extrait du message de Benoît XVI aux participants à la session portugaise de la Cour des Gentils qui se déroulait les 16 et 17 novembre au Portugal, sur « la valeur de la vie ».
La mort d'un être aimé est, pour ceux qui l'aiment, l'événement le plus absurde que l'on puisse imaginer: il est inconditionnellement digne de vivre, il est bon et beau qu'il existe (l'être, le bon et le beau, comme le ferait observer un métaphysicien, sont transcendantalement équivalents). De même, la mort de cette personne apparaît, aux yeux de ceux qui ne l'aiment pas, comme un événement naturel, logique (pas absurde).
Qui a raison? Celui qui aime («la mort de cette personne est absurde») ou celui qui n'aime pas («la mort de cette personne est logique»)?
La première position n'est défendable que si chaque personne est aimée par un Puissance infinie; et c'est pourquoi il était nécessaire de faire appel à Dieu. De fait, celui qui aime ne veut pas que l'être cher meurt, et s'il le pouvait, il l'empêcherait à jamais.
S'il pouvait... L'amour fini est impuissant, l'Amour Infini est tout-puissant.
Eh bien, telle est la certitude que l'Église proclame: «Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle» (Jn 3, 16). Oui! Dieu aime chaque personne qui est, pour cette raison, inconditionnellement digne de vivre.
(…)
La valeur de la vie ne devient évidente que si Dieu existe. C'est pourquoi il serait beau que les non-croyants veuillent vivre «comme si Dieu existait». Même en n'ayant pas la force d'y croire, ils devraient vivre selon cette hypothèse; sinon, le monde ne fonctionne pas. Il y a beaucoup de problèmes à résoudre, mais ils ne le seront jamais tout à fait, si Dieu n'est pas placé au centre, si Dieu ne devient pas visible à nouveau dans le monde et déterminant dans notre vie.
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D'abord comme la parole de Dieu...
Le pape à des évêques français, vendredi dernier :
Dans les débats importants de société, la voix de l’Église doit se faire entendre sans relâche et avec détermination. Elle le fait dans le respect de la tradition française en matière de distinction entre les sphères des compétences de l’Église et de celles de l’État. Dans ce contexte, précisément, l’harmonie qui existe entre la foi et la raison vous donne une assurance particulière : le message du Christ et de son Église n’est pas seulement porteur d’une identité religieuse qui demanderait à être respectée comme telle ; il porte une sagesse qui permet d’envisager avec rectitude les réponses concrètes aux questions pressantes, et parfois angoissantes, des temps présents. En continuant d’exercer, comme vous le faites, la dimension prophétique de votre ministère épiscopal, vous apportez dans ces débats une parole indispensable de vérité, qui libère et ouvre les cœurs à l’espérance. Cette parole, j’en suis convaincu, est attendue. Elle trouve toujours un accueil favorable lorsqu’elle est présentée avec charité, non comme le fruit de nos propres réflexions, mais d’abord comme la parole que Dieu veut adresser à tout homme.
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Notules sur un concile (28) "Unitatis redintegratio" (1)
« La restauration, qu’il faut promouvoir, de l’unité entre tous les chrétiens, est l’un des buts principaux du saint concile œcuménique Vatican II », proclame la première phrase du décret sur l’œcuménisme. La deuxième phrase rappelle aussitôt que le Christ a fondé « une seule Eglise », mais que plusieurs confessions chrétiennes prétendent être le véritable héritage de Jésus-Christ. Or cette division est un « objet de scandale » pour le monde et un obstacle à la prédication de l’Evangile. Aujourd’hui un peu partout est né un désir d’unité, et même un « mouvement vers l’unité », qu’on appelle le mouvement œcuménique. Le décret va donc définir l’œcuménisme du point de vue catholique, « après avoir exposé la doctrine relative à l’Église ».
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Sainte Elisabeth de Hongrie
La jeune veuve, avec ses trois enfants, fut chassée du château de Wartburg et se mit à la recherche d'un lieu où trouver refuge. Seules deux de ses servantes demeurèrent à ses côtés, l'accompagnèrent et confièrent les trois enfants aux soins des amis de Ludovic. En voyageant de village en village, Elisabeth travaillait là où elle était accueillie, elle assistait les malades, elle filait et elle cousait. Au cours de ce calvaire supporté avec beaucoup de foi, avec patience et dévouement à Dieu, certains parents qui lui étaient restés fidèles et considéraient comme illégitimes le gouvernement de son beau-frère, réhabilitèrent son nom. Ainsi Elisabeth, au début de l'année 1228, put recevoir un revenu approprié pour se retirer dans le château de famille à Marbourg, où habitait aussi son directeur spirituel Conrad. C'est lui qui rapporta au Pape Grégoire IX le fait suivant: «Le Vendredi saint de 1228, les mains posées sur l'autel dans la chapelle de sa ville de Eisenach, où elle avait accueilli les frères mineurs, en présence de plusieurs frères et de parents, Elisabeth renonça à sa propre volonté et à toutes les vanités du monde. Elle voulait renoncer aussi à toutes ses possessions, mais je l'en dissuadais par amour des pauvres. Peu après, elle construisit un hôpital, elle recueillit les malades et les invalides et elle servit à sa table les plus misérables et les plus abandonnés. L’ayant moi-même réprimandée à ce propos, Elisabeth répondit qu'elle recevait des pauvres une grâce spéciale et l’humilité» (Epistula magistri Conradi, 14-17).
Nous pouvons percevoir dans cette affirmation une certaine expérience mystique semblable à celle vécue par saint François: le Poverello d'Assise déclara en effet dans son testament, qu'en servant les lépreux, ce qui auparavant lui était amer fut transmué en douceur de l'âme et du corps (Testamentum, 1-3). Elisabeth passa les trois dernières années de sa vie dans l'hôpital qu'elle avait fondé, servant les malades, veillant avec les mourants. Elle essayait toujours d'accomplir les services les plus humbles et les travaux répugnants. Elle devint ce que nous pourrions appeler aujourd'hui une femme consacrée dans le monde (soror in saeculo) et forma, avec d'autres amies, vêtues de gris, une communauté religieuse. Ce n'est pas par hasard qu'elle est la patronne du Tiers Ordre régulier de saint François et de l'Ordre franciscain séculier.
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25e dimanche après la Pentecôte
Les chants sont ceux du 23e dimanche. Les lectures et les oraisons sont du 6e dimanche après l’Epiphanie.
Le grain de sénevé est le Christ mystique qui atteint la taille d’un arbre puissant. Chaque saint, qui lui a été incorporé par le baptême, forme un rameau et le demeure après sa mort. Le nombre des élus est déterminé par Dieu ; aussitôt que le dernier rameau sera fixé sur l’arbre du Christ mystique, la mission de l’Église sera terminée. Maintenant, à la fin de l’année liturgique, nous regardons l’arbre pour voir dans quelles proportions le sénevé s’est développé.
Le levain, c’est la vie divine en nous ; elle doit pénétrer tous les domaines. Les saints nous font mieux comprendre ce que cela signifie. Toute leur vie en a été pénétrée. Mais nous avons trouvé la voie pour réaliser, nous aussi, personnellement, cette double parabole. Il convient particulièrement à la fin de l’année liturgique de nous demander : Comment le Christ a-t-il grandi en nous ? Comment a-t-il agi en nous à la manière d’un levain ? Ici, nous pouvons nous faire l’application de l’Épître : avons-nous « une foi agissante, un amour prêt au sacrifice, une espérance ferme en Notre Seigneur Jésus Christ ? »
Encore une pensée : L’Eucharistie est aussi un grain de sénevé ; elle est le levain. Tous les dimanches, le Divin Semeur jette ce grain dans notre âme et, pendant la semaine, ce grain doit devenir un arbre qui porte feuilles, fleurs et fruits. Tous les dimanches, la « femme », l’Église, mêle à la farine de l’âme le levain de l’Eucharistie (le mot fermentum désignait, dans la primitive Église, l’Eucharistie envoyée par le Pape) ; maintenant notre âme a besoin d’un levain. C’est le rôle de l’Eucharistie : elle n’est pas un arbre, ni un pain levé, mais un petit grain et un levain ; elle est une force et une grâce qui ne deviennent efficaces qu’avec la collaboration de la volonté humaine.
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Trop nuls
Hier, François Hollande était à Varsovie. Evoquant la « situation préoccupante » à Gaza, il a déclaré qu’il avait téléphoné au « Premier ministre égyptien Mohammed Morsi ».
Sauf que Mohammed Morsi est le président de la République arabe d'Egypte, et qu’on frise l’incident diplomatique…
La veille, Jean-Marc Ayrault était à Berlin. Et ce professeur d’allemand a qualifié d’« effroyable » (furchtbar) le dialogue franco-allemand : il voulait dire « fructueux » : fruchtbar.
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Egypte : les chrétiens protestent
Les représentants des confessions chrétiennes en Egypte ont annoncé qu’ils se retiraient de l’Assemblée constituante chargée de rédiger la nouvelle Constitution. Le nouveau patriarche en avait évoqué la possibilité il y a quelques jours. La décision a été prise hier à la cathédrale Saint-Marc, lors d’une réunion à laquelle participaient notamment l’évêque copte catholique et le responsable de la communion anglicane qui faisaient partie de l’Assemblée.
Dans le même temps, Ahmed Maher, fondateur du « Mouvement du 6 avril », a anonncé qu’il « s’auto-suspendait ».
Ces démissions ont pour but de tenter d’empêcher le verrouillage de la constituante par les salafistes, alors que le texte de l’ébauche de la nouvelle Constitution doit être publié à la fin de ce mois.
Ces derniers temps, l’université islamique d’Al Azhar, dont on connaît l’influence, et qui est plutôt dans une phase de « vivre ensemble », se montrait plus proche des chrétiens que des salafistes…
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Et maintenant la délation LGBT
Je ne connais pas le site germanophone kreuz.net qu’on dit d’extrême droite (mais ça je connais) et tenant des propos outranciers vis-à-vis des homosexuels, des juifs, des protestants, des libéraux, etc.
Je constate qu’on y trouve une chronique « Homo-Fascismus », et l’on peut comprendre que cette chronique déplaise aux homosexualistes germanophones. Or voici que ces homosexualistes viennent précisément de donner raison à kreuz.net à propos du fascisme homo.
En effet, l’éditeur Bruno Gmünder, spécialisé dans la littérature LGBT, a lancé un appel à la délation, promettant une récompense de 15.000 € à quiconque lui donnerait les noms des auteurs de kreuz.net.
Eh bien les appels à la délation, ça fonctionne toujours. Bruno Gmünder a reçu quelque 600 courriels, dont 10% ont été utiles, et ont permis la dénonciation de cinq prêtres. Cinq prêtres dont on dit aussitôt qu’ils risquent des sanctions pénales et ecclésiastiques en Allemagne.
Mais ce n’est pas si évident que le voudraient les chasseurs de têtes : le premier prêtre est en Pologne, le deuxième a cessé sa collaboration depuis deux ans, le troisième affirme que le site a repris ses textes sans lui demander son avis, le quatrième, qui est suisse, dit également qu’il n’a aucun lien avec le site qui a publié deux de ses textes, et l’on ne nous dit rien du cinquième, mais ce qui semble patent est que les textes de ces prêtres ne tombent sous le coup d’aucune loi.
Et que l’appel à la délation de Bruno Gmünder n’a servi à rien qu’à dépenser inutilement son argent. Sinon qu’il aura sali brièvement la réputation de quelques prêtres en raison du retentissement donné à l’affaire par le Spiegel… et les évêques allemands.
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Notules sur un concile (27) "Ad gentes" (2)
C’est après cela, et seulement après, que le décret demande aux missionnaires de « découvrir avec joie et respect les semences du Verbe » qui se trouvent cachées dans les diverses traditions nationales et religieuses, ainsi que les autres richesses que Dieu a dispensées aux nations, qu’ils doivent « s’efforcer d’éclairer de la lumière évangélique, de les libérer, de les ramener sous l’autorité du Dieu sauveur ».